Vol. ..., 12 septembre 1973, mercredi 12 septembre 1973
[" Tom SX feet LOT > > 2 = 15 NEY Til ï pd b JE TL 8 SN \\ Hi Y ) \\ \\ 6 14e = A! a 2S WN , Wis on I 1228 4% N ce ri Per Se 3 hat \u2014 Pe N Ÿ cu S ur = a J \\ \\ AR 1 \\ 3 | = \\ C8 $4 == ps px) NN ee | sa \u201c + > A < MA = er mimi \\ fe LE GAS RY \\ a a ee TH S ni i, Fee) Rd Fa Ne ay ps pi SN Lu oa NN li gr?NA \u2014\u2014 ve, LI oo Le \\ } a \u2014_ CSS ~~ VOLUME CINQUANTE A \u201c+, )\\N S PF = N = \u2014 Ta am N 7 ie NN hmm = mere ou À me = SOS > â ir EEE CEE 14 KY N IA Tr 12 01m = SES ol LENS S \u20ac 3 + MR ND x Bel eg mea\u2019 ETS 1 7 LA Cu, Pr PAS < Ses i hemes.1 TIT ie?SN 08 5 AS er\u201d 2 I \\ jo N 5 = \u2014 E> ) pres NES À i La! _\u2014 > IY 3 Css a HAN ) / LD DEN SL Xx NY = eo Pac & iy 7 BE Nf A z rr [3 PE a TT > NN | 5 A Le AS =: Nx \\) \\ US 2 4 $& NX = LA A \u2014 7 ES Ye XN AN) = wa EY a A) il 3] \u2014 SN SE S 7 N vu _ ) [x \u2019 SIX DU QUARTIER LATIN Ne - tT QW == i SN Fd d c S i AAR page 1 »N A À I pe £, SDS 5.y 4 Le, 9 SN sue S N roy v9 WY NN = 33 : 8) re 2 at R ~~ 4 Na SNS Nes = 0 A S SN NUMERO 1 xX ON Vi N WIR SR \\ NS (Np e A) 44d S oN EAT ~~ od I i y pa CS a» a NN 2, r A re oy LR 8 24.Fa Le EN ny \u2014 Fr 2 ES a \u20182 a _\u2014 \u2014 \u2014 os pee CP RS RR ERS IW) Pas, 1e S.da 4 LA EN ç aq AP rk rp ES rr messes Sas IN > NN > J Za 3 EE 4 = y, ES Se pe ps oe a.ood S Sd N NS Ÿ ~ \u2014 Py Lg * AT es ve LS > he ~N = 7 +p.SE 3 La 2 AS DN 3 ) Ax ba 1 \u201d po.\\) Se a ÈS Le oe vn ae Sem TRAE ra v2 S ZA va ame, NS - _ PENN ee rt a = ad == Ld i 3 id} A he a or = XJ wa PRO, PET AN oS par! 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N pue Ze > 3 PP Eee hélas \u201ca. \u2018Un journal qui sort d'ou Services-Campus existe depuis la dissolution de PAGEUM en 1969 et a hérité de tous les actifs de la défeunte Association générale, soient les machines distributrices, Ile Café-, Campus et le chalet.Elle posséde en plus a l'heure actuelle un magasin (ex- coop) et un journal: VOL 56 (56e année du Quartier Latin) que vous avez en main.C\u2019est une compagnie à buts non lucratifs qui a pour membres tous les étudiants de l\u2019Université -de Montréal de même que les employés permanents de la compagnie elle-même.L'assemblée générale de ces membres est l\u2019instance suprême de décision.Elle délégue ses pouvoirs à un conseil d\u2019administration élu annuellement après avoir tracé les grandes lignes politiques.Le conseil se réunit une fois par mois en moyenne ou lorsque des questions urgentes le nécessitent.Il fixe les objectifs pratiques, tranche les questions litigieuses et mandate un exécutif de cinq personnes; ce dernier enfin applique les décisions du conseil, régle la vie de tous les jours, tient une réunion par semaine et répartit son travail entre deux permanents.Il y a enfin un administrateur engagé pour contréler et vérifier toutes les opérations de Services-Cam- pus et trois gérants (magasin, café, distributrices) qui assurent le fonctionnement de ces différents services.LES PROJETS Services-Campus réussit à faire des profits (les états financiers de chaque année sont toujours publiés dans le journal) mais comme il ne s\u2019agit pas à proprement parler d'une coopérative, l'argent est utilisé pour le maintien ou la création d'un certain nombre de services peu ou non ran- tables mais utiles.L\u2019utilisation de ces argents est d\u2019ailleurs décidé en assemblée.générale.L\u2019an passé Services-Campus a soutenu concrètement la lutte sur les frais de scolarité en mettant des facilités matérielles a Ia disposition des étudiants militants (5,000 en frais divers, surtout impression de tracts, Telbec, etc.) En plus de subventionner divers groupes qui en font la demande (Québec Presse, les étudiants occupant le CICC, le Comité d\u2019organisation des étudiants de l'UQAM, Ie groupe Cinéma Québécois, etc.) Services-Campus a voté un prét de $40,000 a \u2018Agence de presse libre du Québec pour la mise sur pied d\u2019une imprimerie populaire afin de promouvoir la présence d'une presse libre au Québec.Ce dernier groupe sortira d\u2019ailleurs un journal: RUPTURE d'ici le 15 octobre prochain.ll y a d\u2019autres projets discutés actuellement: la mise sur pied d'une garderie sur le campus dont beaucoup de monde ressent la nécessité.Le comité de régie de Dr.N.Seat, 0».Optométriste - spécialiste de la vue e Examen de la vue e Verres de contact e Lunettes médicales 374 ouest, Sainte-Catherine 861-3761 RE p.2 / Vol.56, No.1, 12 septembre 1973- l\u2019université étudie actuellement une demande de Services-Campus pour ia création de cette garderie.Services-Campus pos- séde également un chalet à Saint-Sauveur dans les Laurentides en face des pistes de ski 70, 71 et 72.Celui-ci a été converti l'été dernier en une auberge de jeunesse et on étudie actuellement la possibilité de poursuivre l\u2019expérience.Plus ça va, plus on s\u2019aperçoit que Services-Cam- pus est une infrastructure fort précieuse pour les éfudiants, tant pour les services collectifs que por financer des projets politiques.Le dernier projet est donc d\u2019aider les étudiants de l'UQAM à mettre sur pied une organisation équivalente chez eux; c\u2019est le projet \u201cLe Collectif\u201d qui vise a permettre aux étudiants de cette université d\u2019acheter et de gérer les machines distributrices de leur campus.Pour mettre fin aux rumeurs de toutes sortes: Services-Campus n\u2019opére pas les cafétérias de l\u2019Université de Montréal et ne fait pas partie des Services aux Etudiants gérés tous deux par l\u2019administration de Pru.de M.\u2014 Services-Campus est complètement autonome.LA NEGOCIATION AVEC LES EMPLOYES Services-Campus est partagé dans le dilemme de fonctionner comme une entreprise capitaliste tout en ayant des prétentions politiques (du moins par le biais du conseil d\u2019administration depuis sa fondation).Comme alors négocier avec les 60 employés?Doit-on leur redistribuer tous les profits puisque c\u2019est leur travail qui fait vivre la baraque, ou essayer de leur en donner VO156 le moins possible.On a choisi une position mitoyenne qui permet toutefois d'assurer aux employés des conditions de travail et de salaires à l'avant-garde dans la fonction publique, si bien que l\u2019université ne pourrait jamais essayer d\u2019administrer elle-même les services car elle ne pourrait se permettre d\u2019assurer les mêmes conditions à ses employés.En 1973 le salaire le plus bas, versé à un plongeur, est de $110.par semaine soit $2.75 l'heure.Les salaires s\u2019échelonnent jusqu'à $160.12 ($4.27 Pheure) pour un mécanicien A.E 1974, ils seront entre $120 et $172.07.Les employés ont 18 jours de maladie, en plus d\u2019une assurance maladie payée à 75% par Services-Cam- pus et une assurance invalidité, Au chapitre des avantages marginaux, il y a trois semaines de vacances après un an de travail, quatre après sept ans ef cing après dix ans.De plus on doit donner aux employés un avis de deux mois pour mise à pied, Enfin un projet de congé spécial est à létude; il s\u2019agirait d\u2019un congé d\u2019études sans solde avec participation de Services- Campus au coût des études.Cette convention entre Services-Campus et ses employés membres du Syndicat canadien de la fonction publique peut avantageusement étre comparée à la revendication du $100.minimum du Front commun de 1972 et également à celle qu\u2019ont signée les empoyés de l\u2019université l'an dernier.COLLABORATION PIERRE COUTU BERNARD DANSEREAU DANIELLE DANSEREAU PAUL-ETIENNE LALIBERTE LOUIS MCCOMBER DANIEL PAYETTE DONALD PELLETIER NORMAND RHEAUME DESSINS COME FELLX DANIEL SYLVESTRE Dépot légal: Bibliothèque Nationale Lithographié par Journal Offset Inc.254 Benjamin-Hudon, Ville Saint-Laurent.The eo In R .AUTOMOBILE nous représentons 21 compagnies L.M.DESILETS Inc.Montreal 467-9311 861-5395 Québec 872-7186 Taux de groupes pour professeurs, employés et certaines catégories d\u2019étudiants. I NE CERISE A DEIN FACEN Il y a quelques jours Gaby Loubier,- le \u201ccheuf\u2019\u2019 du parti de l\u2019Union Nationale, a annoncé publiquement la nomination d\u2019un vice-président de la FTQ au poste d\u2019organisateur général du parti.Son nom: Normand Cherry.Alors que du côté de l\u2019Union Nationale on se frottait les mains d\u2019aise et de satisfaction, a la Fédérations des travailleurs du Québec la consternation suivait la surprise.Surpris, les cadres syndicaux l\u2019étaient parce que ti-jos Cherry n\u2019a pas télégraphié son geste; en d\u2019autre mots sa volte- face n\u2019a pas fait l\u2019objet de discussion ou de débats avec d\u2019autres membres du bureau de direction de la FTQ.Consternés parce que les intérêts de classe qui sont respectivements affirmés par la FTQ et I'UN sont antagonistes, théoriquement pour les militants pour qui la pratique syndicale cons- titue- une tâche importante de la longue bataille engagée contre le Pouvoir et le Capital.Par ailleurs concrètement aussi, il se glisse des arrivistes et des opportunistes de bas étage qui, le temps requis, utilisent une prose agressive et revendicative de la pensée des travailleurs jusqu\u2019au moment où leurs intérêts profond les mènent à des tâches de servilité bien monnayée.De marchand à Cherry (d\u2019odieuse mémoire) les exemples de vice-capot sont très nombreux tant le milieu syndical se compose d'hétérogénéité et tant son discours politique est pauvre.À notre sens, les permanents syndicaux sont parfois des alliés objectifs des tenants du statu quo capitaliste parce qu\u2019ils en profitent.D'autre part, les débats politiques larges sont rares sinon les quelques bribes qui montent à la surface lors des congrès.Cela rend les choix difficiles.Les travailleurs ont de plus en plus de mal à sélectionner des représentants intègres; et quant à se fier au flair d\u2019autres permanents.vaut mieux se munir d\u2019une bonne dose de ndiveté! En décembre \u201971, lors du congrès de la FTQ, les permanents du SCFP (Syndicat canadien de la fonction publique) ont chaleureusement recommandé l\u2019élection de Normand Cherry, soi-dant qu\u2019il était un militant de grande expérience et que son honnêteté ne souffrait d\u2019aucune lésion.Quant à nous, la nomination de Cherry ne nous surpend guère, pas plus qu\u2019elle ne doit étonner, d\u2019ailleurs, les responsables du département de Relations Industrielles qui forment justement des cadres malléables et compréhensifs dans un climat de bon entendement avec les boss.Bref, trop de cognac et pas assez de sueur.L'affaire est tellement poreuse que même les permanents ne peuvent distinguer parmi eux les cerises à deux faces! Objectivement et dans le cadre actuel des choses, les intérêts politique et économiques des permanents syndicaux ne sont pas les mêmes que ceux des travailleurs.MADELEINE JACOUEN REENGAGEL Madeleine Jacques, anima: trice des activités socio-culturelles à St-Hyacinthe a eu gain de cause dans l\u2019arbitrage de son congédiement par le college Bourchemin (cam- ÿ pus St-Hyacinthe).On se souviendra que c\u2019est au début d\u2019octobre 1972 qu\u2019au Campus St- Hyacinthe, un débat sur l\u2019autogestion des services aux étudiants allait engendrer un conflit qui dura plus de deux mois et demi dont quarante jours de grêve des étudiants et la création d\u2019un cegep parallèle.De plus, les professeurs prirent position en faveur du projet d\u2019atelier en s\u2019alliant dans la lutte aux étudiants.C\u2019est dans le cours du conflit que 6 professeurs, dont quatre anciens président de syndicat furent congédier sous prétexte d\u2019avoir causé un préjudice à la réputation du collège.Suite à la signature d\u2019un règlement intervenu le 21 décembre, un comité avait été créé pour étudier un projet d'atelier des services aux étudiants, de plus les professeurs iraient en arbitrage devant le juge Cliche et Madeleine Jacques gagnait un recour devant un arbitre.Les professeurs ont été réengagé suite à leur aribtrage.Le réengagement de Madeleine apparaît maintenant comme le couronnement de la lutte; sans doute, plus que jamais les conditions sont posées pour réins- tall er le projet d\u2019auto-gestion au JAE.Au cours de l\u2019été nous apprenions par la voie du syndicat du cegep de St-Hyacinthe que le directeur du campus qui avait pris la décision de congédier Madeleine Jacques et recommandé le congédiement des professeurs a remis sa démission et a quitté le college.Semble-t-il qu\u2019il aurait formulé une demande de congé sans solde auprès du CA local, et que celui-ci l\u2019ayant refusé (certains membre du CA ont trouvé son attitude pendant le conflit pour le moins ALARMISTE) Jules Comptois a décidé de quitter.C\u2019est probablement un bon débarra pour tout le monde à St-Hyacinthe he! XN) DE SERVICE CAMPUS Le C.1.D.de Service-Campus Un centre d\u2019information et de documentation peut être un outil technique important pour ceux qui se préoccupent de saisir la nature réelle de l'E- cole dans ses relations avec les structures sociales.Principalement les structures politiques et économiques de l\u2019E- tat capitaliste.Dans ce sens, des militants ont engagés le travail dès\u2018l\u2019automne '\u201972 afin de rendre utilisable une masse impressionnante de documents accumulés depuis nombre d\u2019années.Afin que cette démarche puisse se poursuivre,, le C.A.de Service-Campus, lors d\u2019une réunion tenue en mai dernier, a accepté la mise sur pied d\u2019un centre d\u2019information et de documentation qui porterait spécifiquement sur l'Ecole.\u201c0.1 - Le Centre a pour fonction essentielle de recueillir l\u2019ensemble des publications et documents ayant trait à l\u2019éducation afin que les divers groupes et citoyens intéressés par la lutte dans l\u2019Ecole puisse en faire une utilisation maximale.\u201d Dans l\u2019été, le Centre s\u2019est consacré à des tâches de tri, de classification et d\u2019abonnement dont l'aboutissement se situe vers la fin septembre.L'ouverture officielle du CID (Centre d\u2019information et de documentation) est prévue pour le 8 octobre alors que la constitution des dossiers et la classification des périodiques seront complétées.L'horaire d\u2019opération du Centre sera conn prochainement.Pour information complémentaires communiquer avec Normand Rhéaume a 733-5393.LESPUY).Go - L ADMINISTRA Aaa NEGOCIATION L\u2019an dernier, l'administration de l\u2019Ugam avait signifié à 55 professeurs leur non-ré- engagement.Le Spug (syndicat des professeurs de l\u2019Université du Québec) avait décidé de combattre cette décision de l\u2019administration.Celui-ci avait déposé des griefs sur les 55 cas.Actuellement une trentaine de professeurs ont vu leur cas réglé.1 y a deux semaines, l\u2019arbitre dans le règlement de litiges a rendu un verdict comme quoi lorsqu\u2019il y a une convention collective entre un syndicat et l\u2019administration, cette convention fait office de loi dans l\u2019université.De ce fait les décrets de l\u2019administration, touchant la\u2019presque totalité des 55 non-réengagement, ne sont donc pas valides.Par contre, l\u2019administration de l'Ugam va probablement aller en appel.Bien que dans l'actuelle convention collective, expiré depuis longtemps, le verdict de l\u2019arbitre dans une cause de grief soit sans appel.La cour d\u2019appel a déjà reçu une cause d\u2019appel dans le cas d\u2019un professeur où l'arbitre avait rendu un jugement favorable à celui-ci.La cour a renversé la décision de l\u2019arbitre.L'administration de l\u2019Université ne se pliera probablement pas au jugement de l'arbitre et ira en appel.Il est à prévoir que dans les négociations actuellement en cours, l\u2019administration veuille réussir à amener le Spuq à accepter des conditions inférieures à celles\u2019 qui existent présentement.II est clair que le jeu de I'administration est de négocier une convention qui laisserait les mains libres aux hautes instances administratives dans la plupart des décisions importantes.Vol.56, No.1, 12 septembre 1973 / p.3 Ca recommence.Ca dure depuis 15 ans, 16 ans, 17 ans&&& Comme si la vie était taillée sur mesure pour les banes d\u2019école.Le pupitre n\u2019a pas tellement changé; au début il y avait des trous dans le coin droit pour l\u2019ancrier mais depuis les stylos billes il y a plus de trou dans les pupitres.Les sac d'école ne sont plus aussi rudimentaires non plus: l\u2019attaché-case a remplacé les sacs à dos en cuir; pour le reste on n\u2019est pas tellement dépaysé.Le prof est toujours en avant sur une tribune à parler tout seul, à répondre à toutes les questions, à faire les mêmes blagues d\u2019une année à l\u2019autre.Les classes sont toujours dans l'attente rangée du savoir.Mais là on arrive au bout quand même! On arrive près du diplôme, près du moment où on va être compétent.Plus ça va, plus on prend au sérieux le train-train du gavage scolaire.On a d\u2019abord une forte tendance à se penser bon parce que des trente-deux gars ou filles qu\u2019on était en huitième année, on est seulement deux ou trois à avoir passé le cap des études collégiales.Les autres travaillent.Pour la plupart, les étudiants gardent leurs illusions et ne remettent que rarement en question l\u2019institution qu\u2019ils cautionnent par leur présence attentive.Après tout, qu\u2019est-Ce qu'on pourrait faire d\u2019autre?On connait tous des chums qui ont lâché l\u2019école parce qu\u2019ils comprenaient que l\u2019université est à peu près toujours coupée de la vie, que les programmes proposés sont souvent de la perte de temps et le choix s\u2019est imposé simplement.Certains en sont sortis pour s\u2019éteindre complètement, pour ne plus jamais penser que la pensée a toujours appartenu aux autres.D\u2019autres en sont sortis pour affirmer une alternative à la pensée académique, pour inventer ailleurs, autrement.IIs se sont réunis en troupe de théâtre et ont demembré le vieux théâtre, ils ont catapulté la musique dans une autre époge, ils ont brisé le langage en le mettant au service de ce qu\u2019ils ont à dire au lieu de ce qu\u2019il fallait dire, ils se sont approchés de manifestations de la vie que la science universitaire ne peut méme pas reconnaître.Et ça a donné qu\u2019ils ont ensorcellé la vie sans qu\u2019on n\u2019y prête attention; au point que dans les bungalows, dans les appartements studieux, les étudiants consciencieux écoutent Buffy Ste-Marie avec des écouteurs en stéréo, apprennent leurs leçons dans les accords de Dylan, avalent leur ennui au rythme de Janis Joplin.Au Bouvillon, au Café-Campus les étudiants-futurs-boss délaient leur routine dans le swing de ceux qui ont \u2018\u2018jumpé\u201d.De ceux qui ont même jamais décidé mais qui ne seront jamais boss.De quoi s\u2019agit-il au bout de ce dropping out?La nouvelle culture?Qu\u2019est-ce qui se passe exactement, vers où s\u2019en va ce monde qui ne se marie plus, qui ne va plus chez le barbier.?Certainement en tout cas vers l\u2019effrite- p.4 / Vol.56, No.1, 12 septembre 1973 ment du mode de vie capitaliste traditionnel et de ses appareils les plus nécessaire: la religion, l\u2019école, la famille.\u2026 POURTANT L\u2019ECOLE A VIEILLI Pendant ce temps l\u2019école elle-même vieilli, n\u2019a plus ses trait de jeunesse de la révolution tranquille, de la réforme scolaire, du rapport Parent.Même si la masse tudiante se force pour croire en ses vertus, l\u2019école toussote de plus en plus, crache de toutes part.Comment?: 1.Sa crédibilité sociale est largement remise en question.La réforme scolaire n\u2019a pas entraîné le développement économique comme le prévoyait les politiciens de la \u201crévolution tranquille\u201d.Les premiers à s\u2019en apercevoir, ça été les boss, puis le gouvernement qui tente d\u2019orienter ailleurs les priorités de l'investissement public.Les deuxièmes, ce sont les étudiants qui n\u2019arrivent pas mécaniquement à la terre promise de la job prévue.Plus il y en a qui obtiennent des diplômes, plus ces mêmes diplômes sont déclassifiés sur le marché du travail.2.Inconsidérément de la job prévue, le déeloppement du savoir est de plus en plus lié directement aux nécessités de l\u2019économie capitaliste.Or la recherche qui suppose l\u2019autonomie conceptuelle se rebelle contre la fonction qui lui est assignée; surtout quand les chercheurs comprennent les effets de l\u2019utilisation capitaliste de leurs recherches.Des médecins refusent la médecine élitiste des facultés, des criminologues refusent a logique pénitentiaire, des physiciens, des mathématiciens, des biologistes.refusent l\u2019utilisation militaire de leurs travaux, des anthropologues refusent d\u2019être la caution de l\u2019impérialisme, des travailleurs sociaux d\u2019être les comptables de la misère, les géographes.des sociologues.des avocats.À mesure que la logique capitaliste est forcée de s'appuyer sur des \u201cfaiseurs de sens\u201d pour se maintenir, les \u2018\u2018faiseurs de sens\u201d sursautent et posent des questions.Le projet de la baie James est-il vraiment justifiable?Faut-il détruire les espaces verts dans les grandes villes?Faut-il réduire la consommation d\u2019énergie?Pourquoi maintenir la rareté dans une société d\u2019abondance?.3.L\u2019école a de plus en plus tendance a devenir permanente pour tous.65,000 travailleurs sont actuellement en \u2018\u201crecyclage\u201d: en chômage camouflé quoi! Puisque le marché du travail se réduit inexorablement (chômage de 2-3% dans les années 50, de 5% dans les années 60, de 10% en 70-71)-surtout au Québec ou les secteurs de pointe sont largement déficients, on étudie de plus en plus pour l\u2019étude, pour tuer le temps, en pensant toujours pouvoir se trouver une job.Pourtant l\u2019illusion d\u2019accéder à une vie meilleure se pulvérise facilement et il est facile pour tous d'observer les spasmes de l\u2019économie capitaliste.Le chômage et la hausse vertigineuse du coût de la vie touchent les citoyens dans leur vie de tous les jours.Watergate explique au monde occidental que l'Etat est une marionnette à la solde de factions de la bourgeoisie, que la corruption politique ronge le coeur de l\u2019Etat le plus prestigieux du \u2018\u2018monde libre\u201d.Au Québec les insinuations lourdes de conséquences des journaux sur les affaires Saulnier-Laporte laissent clairement comprendre que loin d\u2019empêcher octobre 70, les pouvoirs publics (Ottawa et Québec) ont laissé faire sinon participé activement au développement hystérique de l\u2019affaire.DEUX QUEBECOIS SUR TROIS SUR DES BANCS D\u2019ECOLE! Le paysage politique, économique et culturel est en fait assez nuageux pour que les milliers d\u2019étudiants occupés a pelleter de l\u2019air sur des bancs d'école se demandent £i un orage ne va pas leur éclater sur la tête.Or avant que Sodome et Gomorrhe ne s\u2019écroulent sur nos têtes, avant de savoir si on va s\u2019en aller, quitter l\u2019école pour construire quelque chose ailleurs ou y rester, avant tout se pose la question du pourquoi vivre, du comment vivre actuellement avec le potentiel scientifique et technolgique dont on dispose.Mais il n\u2019y a peut-être pas d\u2019autres façons de trouver réponses à ces questions sans se donner des moyens.Déboulonner l\u2019école (puisqu\u2019on y est) dans ses joints les plus \u201clousses\u2019\u201d\u2019, comprendre ce qu\u2019y s\u2019y passe, élaborer à la mesure de nos capacités du moment une nouvelle manière de vivre, de travailler et d\u2019apprendre, voilà un peu la tâche que l\u2019équipe du VOL.56 juge prioritaire.II nous paraît essentiel de répondre au travail isolé de l\u2019école par un travail collectif, au travail inutile de l\u2019école par un travail social, au travail compétitif de l\u2019école par un travail qui se fonde sur la solidarité.Proposer à travers le journal une alternative à l\u2019ennui, au travail aliéné, autant par les problèmes abordés que par la façon de les aborder permet de contribuer à la réappropriation de devenir social à partir d\u2019individus isolés.Notre analyse ne remet pas seulement en cause les rapports de domination capitalistes mais la forme avancée et actuelle de cette domination qui se présente souvent sous la forme d\u2019une aliénation confortable.FORMULER UN DESIR REVOLUTIONNAIRE Une telle proposition politique ne se décrète pas; elle se désire.Le journal ne cherche pas à décréter une ligne juste mais à contribuer à formuler un désir révolutionnaire à l\u2019intérieur de l\u2019université bourgeoise.D'ailleurs le journal est né de la nécessité d\u2019un outil de liaison entre les diverses batailles menées sur le campus.Les gens qui y travaillent on toujours été directement liés aux événements politiques: le soutien à la grève des étudiants d'anthropologie appuyée par presque tous les départements de lettres et sciences sociales et l\u2019occupation du Centre international de criminologie comparée en 1972, enfin la mobilisation sur les frais de scolarité l\u2019an dernier.Donc le travail mené depuis deux ans au journal (VOL.54, 55 puis maintenant 56) qui a pris la relève du défunt Quartier Latin a toujours été lié de très près aux activités politiques du campus.L\u2019an passé à la suite de la grève des frais de scolarité, alors que des centaines d\u2019étudiants ont débrayé non tant pour ne pas payer leurs frais qu\u2019en sursaut au type de vie mené à l\u2019école, le journal a été à l\u2019origine de la formation d\u2019une organisation politique des étudiants.L'OPEUM (organisation politique des étudiants de l\u2019U.de M.) succédait au \u2018comité de lutte\u201d de 1971-72.Il s\u2019agissait de regrouper sur une base politique minimale des étudiants ayant participé au débrayage de l'an passé et ceux également qui menaient un travail dans leur département afin de fouiller collectivement une alternative à l\u2019école.Conçu comme un front large l'OPEUM devrait susciter des débats sur les questions importantes pour les étudiants et sur tout ce qui peut s\u2019élaborer spécifiquement au niveau de chaque département.De plus 'OPEUM devrait être un endroit privilégié de concertation lors de mobilisation plus générales.Des étudiants se sont réunis tout l'été afin de définir une analyse minimale de l\u2019école, de faire une étude du mouvement étudiant depuis 1960 et d\u2019élaborer des perspectives d\u2019action.Mais 'OPEUM ne sera que ce que les étudiants en feront; l\u2019organisation révolutionnaire doit se rapprocher le plus possible dans ses pratiques du type de changement souhaité et, dans l\u2019école, toute organisation qui se voudrait direction du travail des autres reproduirait la forme même de l\u2019école.L'ORGANISATION DU JOURNAL En fait il est difficile de constituer une équipe de journal.Ce n'est pas une affaire fermée et toutes les réunions de 54 comme de 55 ont toujours été annoncées à l\u2019avance dans le carré de rédaction.Curieusement l\u2019équipe de l\u2019an passé s\u2019est trouvé devant le problème de la prise de parole; alors que la pratique quotidienne des étudiants est la lecture et l'écriture, il y a comme une difficulté insurmontable à utiliser l\u2019écriture pour dire ce qu'on pense ou pour mener une recherche extérieure à un cadre scolaire.L'équipe est formée d\u2019un noyau de personnes assurant la régularité de la parution du journal auquel s'ajoutent des collaborateurs plus occasionnels.Les réunions (deux par semaine) réunissent tous les gens intéressés aux sujets traités dans le journal: une réunion pour définir le contenu des numéros, une autre pour lire et discuter des articles et pour faire la mise en page.L'équipe peut également disposer d\u2019un certain budget voté par Sevice- Campus pour assurer un minimum de revenu à tous les collaborateurs, ainsi que pour les services de photographes, graphistes ete.Les réunions ont en général lieu le lundi et le jeudi.En pius de l\u2019U.de M., nous comptons également diffuser systématiquement à l'UQAM cette année; des collaborateurs du bas de la ville ont donc grossi les rangs de l\u2019équipe sur la base d'accords politiques avec le projet du journal.De plus suite à l\u2019expérience \u2018Du curé au flic, l\u2019école hier et aujourd\u2019hui\u201d diffusé nationalement en février dernier et aux commentaires plus que favorables de cette expérience dans le milieu collégial, l\u2019équipe tente d\u2019établir des contacts politiques et techniques dans les principaux cegeps pour diffuser six ou sept parutions nationales.CE QU\u2019ON PROPOSE.Cette année la conjoncture pour l\u2019automne se dessine comme particulièrement chaude.Après l\u2019annulation de la session de 2,700 étudiants au cegep St-Laurent, le problème en suspens de la déclassification de 40% des enseignants de cegep, l'application partielle du nouveau régime pédagogique au collégial, l\u2019annulation des inscriptions des étudiants de sciences juridiques et de sexologie à l\u2019UQAM, le resserrement dans la perception des frais de scolarité à l\u2019université, d\u2019élections provinciales à l\u2019automne.Le journal se propose donc d\u2019inviter tous les étudiants du campus désireux de participer au travail qui s\u2019y mène à poursuivre les objectifs suivants: 1.Expliquer ce qu\u2019est l\u2019école, en décrire les rouages, la fonction en pays capitaliste avancé et plus particulièrement au Québec (le cheminement scolaire à partir du primaire, comment s\u2019y fait la production en cours de route de cheap labour, etc).2.La mise à jour du type d\u2019individu produit par l\u2019école et passé au moule de la soumission à l\u2019autorité \u2018\u2018légitime\u201d\u2019.A partir des bands d\u2019écoles a l\u2019âge de six ans et parfois avant, comment on apprend à subir la plus grande partie de notre vie comme quelque chose d'extérieur, d'imposé et d\u2019ennuyant sans même y réagir.3.La critique du savoir véhiculé par l\u2019école, des formes de son inculcation, qui peuvent aller de l'exposé magistral archi autoritaire à la \u2018\u201c\u2018participation\u201d des étudiants à des cours pourtant tout aussi arbitraires.La critique de l\u2019utilisation du savoir, au profit de ce qu\u2019il est imposé, etc.4.Soutenir les tentatives d\u2019organisation qui fournissent une ébauche d\u2019alternative à la vie imposée par le capitalisme, que ce soit en milieu étudiant, en milieu ouvrier, au Québec ou ailleurs.5.Lier les luttes menées par les étudiants avec celles des travailleurs et avant tout avec les travailleurs au sein même de l\u2019école: professeurs et employés de soutien.Vol.56, No.1, 12 septembre-1973 / p.5 ) SV a= S ) VE 4818 Dans le but d'élargir les débats sur l\u2019éducation (son rôle, ses buts, etc.) nous proposerons dans cette chronique certaines idées susceptibles de dé- mustifier les institutions reproduisant la société actuelle.Cette semaine nous présentons une synthèse d'un texte d'André Gorz, \u201cDétruire l\u2019Université?\u201d paru dans Les Temps Modernes en avril 1970.Pendant plusieurs décennies, l'idéologie scolaire prétendait que les études assuraient la promotion sociale.Mais à partir du moment où un nombre considérable- d'individus furent en mesure d'user de ce droit démocratique, ce qui ne s'était pas produit dans le passé, la contradiction éclate: si une majorité d'individus (encore faudrait-il voir d'où ils proviennent) peut théoriquement étudier, tous ne peuvent occuper un poste privilégié dans la hiérarchie sociale.L'Université perd donc sa fonction de \"sélectionneuse naturelle\u201d des candidats.La société devra donc instaurer des mécanismes de sélection autres que les études ou bien limiter l'accès à l'Université de façon radicale.Mais ici il y a le jeu dangereux, pour un gouvernement, d'imposer une sélection trop radicale.En effet, les études basées sur le \u201cmérite\u201d maintiennent auprès des classes- appui de la bourgeoisie l'illusion d'une possibilité d'élévation dans la hiérarchie sociale.Donc l'Etat doit sauvegarder le mythe de l'accessibilité pour tous aux études supérieures mais doit quand même se débarrasser des étudiants inutiles; on verra donc l'instauration de limitations de toutes sortes: frais de scolarité, limitations administratives, dévaluation des diplômes ou dévaluation plus subtile de certaines facultés ou universités (UQAM, par exemple).La valeur marchande des diplômes ayant disparu à cause de leur trop grand nombre et la fonction de sélection de l'Université régressant de plus en plus, que va-t-il arriver à celle-ci?Ou bien on considère les études universitaires comme inutiles et comme une perte de temps et l'on débarrasse la société de cette charge qui n'est rentable ni pour les étudiants ni pour le système capitaliste; ou bien on les considère comme un luxe que la société peut bien se payer.Cette deuxième solution suppose cependant que ceux qui vont s'user le fond de, culotte à l'Université y vont par intérét personnel même s'ils savent qu'ils deviendront employés, ouvriers, etc\u2026; les études doivent présenter un intérêt intrinsèque.C'est à partir de là que l'on prend conscience de la contradiction de l'Université et de son inutilité.Contre la sélection, les étudiants défendent le droit pour tous d'aller à l'Université.Ce combat est réformiste mais il s'en dégage cependant des positions anti-hiérarchiques et égalitaires: il faut, pour que tous puissent étudier, que les études cessent d'être un privilège de classe et également cessent de procurer une job privilégiée, c'est-à-dire accepter que les diplômés travaillent de leurs mains; refus de la division sociale du travail et de toute forme de hiérarchisation des tâches.Mais à partir du constat que les études universitaires ne débouchent plus sur une \u201ccarrière\u201d, il faut redéfinir leur nature, leur contenu et leurs sens.L'économie capitaliste n'ayant plus besoin d'universitaires il faut donc que l'Université réponde à la demande de ceux qui y vont et qui veulent changer la société: contre une \u201cculture inutile\u201d (mais inutile au système) il faut donc une \u201cculture rebelle\u201d.L'Université cependant ne dispense pas, de par sa nature, cette culture \u201crebelle\u201d, d'autant plus que celle-ci ne s'apprend pas à l'Université.Tout ce que l'Université dispense est un savoir coupé de la réalité et ne conduisant à aucune pratique; une culture \u201cuniversitaire\u201d.Bref, il n'y a plus d'intérêt pour personne à fréquenter l'Université.\u2018II ne peut donc s'agir de réformer l'Université, mais seulement de la détruire pour détruire tout à la fois la culture séparée du peuple qu'elle incarne (celle des mandarins) et la stratification sociale dont elle reste malgré tout l'instrument.\u201d p.6 / Vol.56, No.1, 12 septembre 1973 = TRH gr we see\u201d TR TRY oo ge gm a wy.an ETT TTT TR .Le futur module de \u201csciences juridiques\u201d n\u2019ouvrira pas cette semaine à l\u2019UQAM.Ainsi en a décidé au début de l\u2019été le conseil d\u2019administration de la fameuse \u201c\u2018université populaire\u201d qui a annulé les admissions déjà effectuées et renvoyés à septembre 74 la mise en place du programme.Depuis plus d\u2019un an un groupe d\u2019avocats et de professeurs de droit, collaborant avec divers syndicats et groupes populaires, chargés de mettre sur pied un programme de \u2018\u2018sciences juridiques\u201d à l\u2019UQAM, avaient fermement résolu de former un nouveau type d\u2019avocats et de juristes moins préoccupé de la \u2018\u2018piasse\u201d que d\u2019être au service du \u201cmonde ordinaire\u201d.Le programme qu\u2019ils avaient préparé avait tour à tour reçu l\u2019approbation et les éloges de tous les organismes (CA, CREPUQ, Conseil des Universités) qui doivent veiller à ce qu\u2019on enseigne pas n\u2019importe quoi (et surtout pas une critique de la société capitaliste) dans nos bonnes et braves universités.Fin avril le projet était si avancé que les futurs étudiants du module avaient reçu: réponse (positive pour 70 d\u2019entre eux) à leur demande d'admission.Une lettre (dite de \u2018\u2018désinci- tation\u2019\u2019 parce qu\u2019elle avait pour but d\u2019exposer clairement toutes les exigences en terme de motivation et de disponibilités des études en \u201c\u2018sciences juridiques\u201d\u2019) envoyée par les professeurs à tous les candidats à l\u2019admission allait servir de prétexte au volte-face des autorités de l'UQAM.Comme la lettre laissait entendre que le droit, au Québec, sert une couche de la population en particulier et que cette classe so- ciale-là n\u2019a pas la réputation d\u2019être la plus démunie ni la plus opprimée, l\u2019ineffable ministre Cloutier dénonça, devant une commission parlementaire, les \u2018\u201c\u2018orientations révolutionnaires pseudo-marxistes\u201d du programme et menaca de couper les fonds au futur module.Et l\u2019illustre directeur du Devoir d\u2019approuver le \u201cspichia- tre\u201d dans son éditorial du lendemain matin.Moins de trois semaines plus tard le conseil d\u2019administration de I'UQAM, qui n\u2019avait pas grand chose à dire mais beaucoup à se faire pardonner (notamment son at- TPE EHR PI eo eo \" titnde molle au début de la grève sur les frais de scolarité) le conseil d\u2019administration donc, fidèle marrionnette du pouvoir, décidait de court-circuiter les instances décisionnelles inférieures et de reporter d\u2019un an l\u2019ouverture du module.Cette décision lui permettait en outre de reprendre le processus des admissions en utilisant les critères traditionnels fondés sur l\u2019origine sociale (et non sur l'intégration du candidat aux groupes populaires actifs comme on l\u2019avait d\u2019abord fait) et, éventuellement de se débarasser des professeurs déjà engagés mais dont le contrat expire en mai \u201874.Cette décisicn de l'UQAM s'explique d\u2019abord, bien sûr, par l'influence, en coulisse, de certains groupes opposés au projet.L\u2019exécutif de FU de M (et Paul Lacoste entre autre) voyait d\u2019un mauvais oeil de perdre une clientèle fort rentable (l\u2019étudiant en droit ne coûte pas cher et rapporte bien!).Mais c\u2019est surtout le Barreau qui fit tout en son pouvoir notamment déposer un exemplaire de la lettre de dé- sincitation dans le casier de chaque professeur de droit de I'U de M pour empêcher l\u2019ouverture d\u2019un module qu\u2019il jugeait \u201crévolutionnaire et séditieux\u201d\u2019 et qui échappait déjà à son emprise.Pourtant si cette décision a été prise de carrément bloquer le programme, ce n\u2019est pas de cette seule \u2018\u2018influence\u201d.C\u2019est avant/tout en raison de la communauté d\u2019intéréts qui existe entre ces groupes réactionnaires et le gouvernement libéral.Les arguments invoqués contre le programme des sciences juridiques a l'UQAM (processus de sélection \u201cidéologique\u201d et caractère \u2018\u201cséditieux\u201d du contenu de l\u2019enseignement) correspendent exactement aux deux orientations principales de l\u2019offensive gouvernementale actuelle dans le domaine de l\u2019éducation: - accroissement de la sélection (cf.frais de scolarité) notamment pour réduire les coûts de fonctionnement de l\u2019enseignement supérieur (faut bien payer la Baie James!) - accentuation du contrôle du contenu enseigné (cf.contingentement ou fermeture des départements jugés inutiles ou trop \u2018\u2018contestataires\u201d\u2019) TR PAS DE SCIENCES -_ JURIDIQUES \u201cA L\u2019UQAM: assemblée générale, SEE UE .vin x Lh ew Tal Lowes wa Les \u201c\u2018ex-futurs-étudiants-de- sciences-juridiques\u201d ont tenté de ne pas se laisser imposer la décision de reporter l\u2019ouverture du module.IIs ont entrepris des procédures devant les tribunaux pour faire casser la décision du CA de 'UQAM.Leur demande d\u2019injonction a toutefois été rejetée à la fin juillet.Compter sur une victoire constituait sans doute une illusion: le droit n\u2019est pas neutre et ne peut servir, selon la nature de la cause ou l\u2019habileté des avocats, à la bourgeoisie ou au monde ordinaire.L\u2019échec de cette action a constitué leur premier cours de droit: on est toujours perdant sur les plates-bandes de la classe dominante.Dès lors les ex-futurs étudiants de sciences juridiques se sont regroupés en deux comités.Le premier a mis sur pied une série de cours hebdomadaires qui se veulent un endroit ou peut se poursuivre collectivement la réflexion critique sur la nature du droit au Québec.Le second comité, pour sa part, doit essayer de porter la lutte à l\u2019intérieur de l\u2019UQAM.La lutte politique car c\u2019est bien de ça qu\u2019il s\u2019agit.si l\u2019on considère que la décision de l'UQAM vise à désamorcer toute tentative d\u2019aborder le droit sous une perspective critique - cette lutte politique donc que mènent les étudiants de sciences juridiques ne doit pas demeurée une lutte isolée.Les étudiants de l\u2019UQAM, dont beaucoup comprennent la nécessité \u2018d\u2019opposer une vive ésistance aux mesures répressives de l\u2019administration, ont voté, lors de leur dernière d\u2019exiger collectivement l\u2019ouverture du module dès janvier 74 avec le même programme, les mêmes professeurs et le même mode de sélection.Comme l\u2019université a jusqu\u2019au 30 novembre pour signifier aux professeurs de sciences juridiques leur non-réengagement, les étudiants de l'UQAM sauront bien vite si l'administration tient compte de leur revendication.Il faut espérer que les étudiants et les professeurs de l\u2019université de Montréal (et plus particulièrement ceux de droit) sauront également mesurer l\u2019importance de soutenir selon leurs moyens la lutte des étudiants de sciences juridiques. la rentrée à l'UQAM: UN REGARD DUR SUR LA LIGNE MOLLE L\u2019année scolaire 1972-73 à I'Ugam fut marquée par un_ long conflit entre les étudiants de cette université et l\u2019administration.La lutte connut son point culminant lors de la grève de 5 semaines qu\u2019ont menée les étudiants en réponse à l\u2019attitude de l'administration qui voulait empêcher les étudiants ayant des dettes de pouvoir se réinscrire à l\u2019université.La grève n\u2019a pas réglé le différent.Les étudiants sont rentrés dans l\u2019\u201c\u2018institution de haut savoir\u201d sans pour autant avcir des garanties que l\u2019université n\u2019expulserait personne.Par contre, ils se promettaient bien de reprendre le combat en septembre.Pour ce faire, ils voulaient consacrer l\u2019été à préparer la rentrée à l\u2019Ugam.1.Le travail d\u2019été Les militants du Cope (Comité d'organisation provisoire des étudiants de l\u2019Ugam) n\u2019étaient pas sans connaître les difficultés inhérentes au travail d'été: absence de plusieurs militants, vacances, désintéressement partiel, etc.IIs ont quand même décidé de relever le défi.Ceux-ci ont fonctionné en comités qui analyseraient certaines variables en rapport avec les luttes étudiantes; analyse des luttes étudiantes depuis le début des années \u201960, structure du pouvoir dans l\u2019université et dans le système scolaire en général, offensive de l\u2019état dans le domaine de l\u2019éducation et finances-techni- ques pour des problèmes plus terre à terre.Il est à noter qu\u2019aucun de ces comités n\u2019avait à se pencher sur la rentrée scolaire.Le travail de ces comités, tout en concevant qu\u2019il pouvait être important, s'est révélé inapproprié par rapport à la lutte que l'on devait menée contre la direction universitaire.Les discussions sur les \u2018tactiques face aux inscriptions n\u2019ont eu vraiment lieu qu\u2019une semaine avant la rentrée.2.La problématique de la rentrée Des discussions et propositions de l\u2019attitude à prendre face à la rentrée et plus précisément aux inscriptions du mois d\u2019août, nous pouvons dégager deux attitudes qui se sont manifestées.La première position consistait à revendiquer I'inscription 2 $7.50 et advenant un refus de la part de l\u2019administration, que la ligne de surveillance qui devait contrôler les inscriptions se transforment en ligne de boycottage.Cette position reposait sur la nécessité d\u2019opposer à l\u2019administration de l\u2019Ugam une ligne aussi dure que la sienne.La grève de l\u2019an dernier avait démontré que les étudiants étaient sensibles aux problèmes des frais de scolarité mais plus encore, qu\u2019ils étaient prêts à se battre.La rentrée de mars dernier n\u2019avait rien réglé.Il fallait engager tout de suite le combat contre l\u2019administration.L\u2019autre position était beaucoup plus nuancée.La revendication principale consistait aussi à revendiquer une inscription a $7.50.La complexité provient de la position a développer si l'administration refuse cette revendication.Certains voulurent exiger des directeurs de module qu\u2019ils prennent position dans le conflit, évidemment en faveur des étudiants.D'autres croyaient possible, de boycotter l'inscription financière mais de s'inscrire soit sur des feuilles en blanc, soit sur des feuilles préparées par le Cope.Enfin un groupe d\u2019étudiants proposaient que l\u2019on laisse s\u2019inscrire ceux qui peuvent payer, que l\u2019on enregistre ceux qui ne le peuvent pas et que l\u2019on mobilise les étudiants sur les expulsions.Malgré certaines divergences, ces modalités recousraient à une même réalité.I fallait entrer dans l\u2019université.Il fallait s\u2019inscrire.Les défenseurs de cette position ne croyaient pas possible de mobiliser les étudiants si ceux-ci n\u2019étaient pas à l\u2019université.Les discussions au Cope ont tourné autour de ces deux options.Aux dernières réunions du Cope qui ont précédées les inscriptions il fut débattu de ces propositions.C\u2019est finalement à l\u2019assemblée générale du mardi 21 août que fut voté l\u2019amendement qui amoindrissait le contenu de la proposition principale en permettant une partie du processus d\u2019inscription.Le Cope à la réunion du 19 août avait rejeté ce type d\u2019amendement.Mais les tenants de la thèse qu\u2019il faut rentrer à l\u2019Ugam sont revenus à la charge à l'A.G.3.L\u2019échec du boycott Les inscriptions à l\u2019Ugam ont débuté par les Maîtrises les 22 et 23 août.Le boycott de celles-ci fut un relatif succès.Seulement une vingtaine d\u2019étudiants \u2018sur une possibilité de plus de 400 se sont effectivement inscrits.Par contre la semaine suivante avaient lieu les inscriptions du bace.L\u2019échec y fut total.Presque tous les étudiants se sont inscrits.Comment expliquer cet échec?Nous ne croyons pas qu'il soit dû à l\u2019apathie des étudiants, ni que ceux-ci n\u2019étaient pas ou peu informés, ni qu\u2019il était trop tôt pour agir.Nous croyons au contraire que l'échec est redevable à deux causes.1.L'amendement que les dirigeants du Cope ont présenté à 'A.G.a compliqué inutilement la proposition.Plus, il en changeait™ le sens.D'une proposition qui parlait de boycott des inscriptions devant un refus de l'administration d\u2019accéder à la requête du $7.50 les amendeurs ont complexifier la proposition.Il s'agissait maintenant de permettre \u2018\u2018aux étudiants de s\u2019informer quant aux horaires de cours et à déterminer leur choix de cours par les consultations requises auprès du module.\u201d Est-ce que l\u2019on boycott ou non?On boycott quoi exactement?Il fallait à chaque fois expliquer la proposition.De plus, il devenait très difficile d'arrêter la machine administrative une fois le mouvement parti; lorsque l\u2019étudiant commençait à s\u2019inscrire il devenait presque impossible d\u2019interrompre le processus.Une proposition très claire et très précise aurait probablement faciliter la tâche.2.La direction du Cope a peu contribué au bon fonctionnement de l'opération.D'une part elle a ramené devant l\u2019a- semblée générale des amendements qui avaient été défaits à la réunion précédente du Cope.D'autre part, la direction était assez peu présente, tellement qu\u2019à la dernière assemblée du Cope, le rapport du Coco, soulignait le même fait.Le problème -prend toute son importance lorsque l\u2019on sait que le- Coco a constamment refusé de combler les postes vacants.En gros, par ses attitudes le Coco a réussi, à éloigner des militants du Cope.Certains membres du Coco sont même intervenus dans le processus d\u2019inscription pour permettre à certains étudiants de s'inscrire (module d\u2019histoire).En faut-il plus pour que certains quittent le Cope?En gros on ne peut faire porter l\u2019échec du boycott sur le dos des militants de l\u2019Ugam, ni sur l\u2019ensemble des étudiants.Si l'on avait présenté en assemblée générale une proposition précise, qui énonçait clairement ce que l\u2019on voulait faire, les étudiants de l\u2019Ugam auraient pu prendre position pour ou contre la proposition, mais en étant sûr d\u2019avoir compris le sens de celle-ci.I] n\u2019est pas juste non plus de critiquer le Spuq (syndicat des professeurs de\u2019 l\u2019université du Québec).Le syndicat a pris position contre les expulsions de l\u2019université.Le Spuq a même accepté de participer à un comité conjoint.Peut-on demander plus à un allié, notamment en période ou l\u2019organisation qui mène la lutte est en réflexion sur l\u2019attitude à développer?De plus, la lutte doit être menée par le Cope, et non par le Spuq ou le Seu- qam (syndicat des employés de l\u2019Ugam).On pouvait devoir compter sur leur appui mais non leur demander de mener le combat pour nous.4.Perspectives pour le Cope L\u2019échec du boycott a profondément marqué le Cope.Celui- ci, ne devant son existence qu\u2019aux luttes qu\u2019il doit mener, doit réaffirmer sa position à l\u2019intérieur de l\u2019université.Devant l\u2019échec, l\u2019homogénéité toute relative du Cope a fait place à l'affirmation de leur présence par les quelques groupes de militants.Les militants du Cope ont maintenant a choisir entre différentes positions.Sur le type d\u2019organisation à construire les positions sont les plus fermes.Si tous les militants refusent un type d'organisation comme l\u2019ont été les anciennes associations étudiantes du temps du l\u2019Uceq et de l\u2019Ageum, un groupe de militants (qui politiquement sont rattachés au Frap) soutiennent qu\u2019il faut regrouper la masse des étudiants.Les étudiants disent- ils ont des revendications propres, en ce sens il faut bâtir une organisation qui permettraient aux étudiants (autant ceux qui sont des militants actifs, que ceux qui ne le sont pas mais qui sont susceptibles -de le devenir) de définir ses recendications et de mener des luttes en conséquence.L'autre type d'organisation, proposée par de nombreux groupes dont le Mreq, le Gmr et le \u201cjournal Ecole\u201d, pourrait se définir comme suit: une organisation large ouverte à tous les étudiants mais où, il y a une plateforme politique minimale, et qui mène des luttes en fonction de cette plate- forme.D\u2019après eux les étudiants ne forment pas un groupe homogène, et l\u2019on doit les regrouper politiquement dans une organisation qui défend des objectifs politiques.Les militants du Cope ont donc une double décision à prendre.Ils doivent opter pour un type d\u2019organisation mais aussi pour un type de lutte à mener par cette organisation.Ce choix est urgent.Que le problème de la direction au Cope se pose avec acuité, il ne doit pas empêcher de voir un certain nombre d'objectifs à atteindre pour le Cope.Le Cope ne doit pas sombrer dans l\u2019organisation pour l\u2019organisation (phénomène par ailleurs trop fréquent, tant dans les organisations ouvrières, socialistes qu\u2019étudiantes), les militants doivent réaffirmer leur direction sur l\u2019organisation qu\u2019ils veulent avoir.Ils ne peuvent se permettre de déléguer les pouvoirs à des directions plutôt chancelantes.La base militante doit veiller à ce que les pouvoirs de décisions ne lui échappent pas.Si les militants du Cope veulent toujours une organisation de combat, ils doivent s\u2019efforcer d'axer les débats sur les luttes à mener et éliminer les débats oisifs, souvent proposés par le \u201cjournal Ecole\u201d et le Gmr sur la structure du mouvement étudiant, le rôle de l\u2019étudiant, presque la place -de l\u2019étudiant dans l\u2019histoire.Le débat qui s\u2019est ouvert depuis I'échec du boycott engage l\u2019avenir du mouvement étudiant à l\u2019Ügam.I] importe donc aux militants d\u2019être très vigilants.Vol.56, No.1,-12 septembre 1973 / p.7 $0 Cette coutume qui consiste annuellement à initier [3 les nouveaux étudiants m'\u2019oblige & prendre la plume |} pour témoigner de mon désaccord face a tant de |; médiocrité enfoncée et mûrie.D'abord, le vocabu- laire s\u2019avère impropre quant à la désignation exacte B Perse du phénomène.Une initiation est censée nous introduire dans milieu, montre à faire des grimaces.On nous parle d\u2019initia- filon alors qu\u2019on initie personne à respecter l'Auto- or l'initiation actuelle n\u2019insére lx .* personne dans la vie universitaire sinon qu\u2019elle nous |E .- rité, à dire bonjour madame, merci monsieur le pro- [#- fesseur, a écouter attentivement et avec déférence les propos soi-disant scientifiques de sommités uni- |: versitaires, à accepter sans mot dire le programme pédagogique, à ne pas savoir les relations étroites |x: qui s\u2019exercent entre l\u2019Université et le pouvoir politique ou les trusts pharmaceutiques, à ignorer les implications dramatiques du rôle de l\u2019universitaire en société capitaliste, à se consacrer plutôt à des questions assommantes et vides mais qui mènent au |.succès, à ce succès mystérieux mais combien alléchant qui vous fait bander de tension et d'angoisse, à atteindre ces objectifs qui vous font déclarer, si vos parents sont ouvriers, que vous au moins vous serez |+- quelqu'un, ou, si vos parents sont bourgeois, que |.vous ne serez rien de moins que ceux qui vous ont enfanté, à comprendre l'envie répétée de cet étudiant |\u2019 qui rêve d'avoir un char avec des pneus aussi gros que son cul, pis un cul aussi beau que son char pis avec ben des plottes pour se sentir un homme, un vrai, à saisir l\u2019idée saugrenue de cette étudiante qui |: - aspire au savoir universitaire mais qui se contenterait bien d'un beau grand \u201cboutte\u201d avec une belle maison en banlieue pis des p\u2019tits vers 26-27 ans, a s\u2019abreuver du mythe fallacieux de l\u2019intégrité universitaire, à vider de notre mémoire les événements d'importance comme la solidarité des étudiants avec les employés lors de la grève d\u2019octobre \u201971, comme l\u2019effort collectif des étudiants pendant la grève d'anthropologie en '72, comme l'affaire du CICC (Centre internatignal de criminologie comparée) dans ses relations avec les pays fortionnaires du Tiers- Monde, comme le scandale de la construction du garage étagé, comme le congédiement d\u2019employés et.; de profs militants, comme le fait que les administrateurs de l\u2019Université sont des mercenaires retraités de l\u2019entreprise privée, comme les relations du prof Torelli avec I'OAS (Organisation armée secrète) qui est notoirement reconnue comme une organisation fasciste qui est intervenue contre les algériens durant la guerre de libération au début des années \u201860, as [EN LA PRE \u201ca QUI PP, wt 1 Wl Lar 5 War LT Os Toe ot: sad Gas p i {A comme l\u2019organisation idéologique de l\u2019université au profit des boss, comme tout ce qui est caché et que vous ne manquerez pas de révéler cette année comme vous l'avez fait dans Vol 55, j'espère! On ne nous initie jamais à ce que sera notre rôle dans l\u2019université de façon directe.On ne le fait pas -X1 iparce que ça pourrait susciter des questions sur le fonctionnement de l\u2019université, et des questions qui circulent Kbrement dans la masse c\u2019est dangereux, alors les questions, il faut les camoufler, ou les mettre en commissions de façon à préserver le grand calme du sépulcre drabe de l'ancienne rue Maplewood.On ne dit rien du contenu.Mais on fait preuve subtilité et d\u2019efficacité machiavélique; on crée un atmosphère, un climat propice à une débilité contrôlée, on installe un environnement fait de grandes aspirations mais d\u2019une quotidienneté pleine de médiocrité et de bêtise.Or ce qui est important c\u2019est justement ce quotidien qui charrie son convoi de routine, d\u2019immobilité tranquille et de fausse quié- ftude intellectuelle.On nous démarque de la vraie vie avec autant de couleurs et d'électricité qu\u2019il est possible d\u2019en produire.On nous emmène à l\u2019enclos gen- fiment, sans aucune résistance parce qu\u2019on nous a insufflé le beat de la soumission.En fin de compte on est toujours des ti-culs qui écoutent ei obéissent comme dans le temps des bicycles à trois roues pis des bollos.Et le rite de l'initiation est là pour nous le rappeler, avec son cortège d\u2019insignifiance et de niaiseries.Si on nous initie c\u2019est pour nous montrer, sous-un masque d\u2019euphorie et d'imagination sclérosée, qu\u2019on est toujours prêt à faire n\u2019importe quoi et n\u2019importe comment.Les gros fotons de Valérie masquent des chemins de dérision à parcourir, en silence.L\u2019initiation.Le phénomène initiation nous ramène fout droit à un folklore qui date des années les plus sombres de l\u2019histoire étudiante.Tout juste sous le règne duples- .siste, à cette période où l\u2019élection de Miss Quartier | Latin constituait un événement d'importance majeure pour la COLONIE universitaire.Et puis il y a cette étudiante ou cet étudiant qui ignore ces choses et qui s\u2019en crisse parce qui compte c\u2019est le papier, le foin pis la notoriété qui vient avec, il y a chose qui lira même pas la lettre parce qu\u2019il n\u2019y a plus rien et pis qu\u2019on est aussi ben de faire du fric, pis y a l\u2019autre au Café qui marche sur les speeds qui en peut plus et qui pèse sul gaz, fuck.Et l'Université de Montréal de cautionner et d\u2019organiser une semaine d'initiation! lis sont habiles n\u2019est-ce-pas?\\ ; RANA a A N UV) A Ha CAS A ¥/ 1 As 1 AGEN p.8 / Vol.56, No.1-12 septembre 1973 "]
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