Le Quartier latin, 24 octobre 1935, jeudi 24 octobre 1935
[" J Ate ) ¢ } | Montréal, jeudi 24 octobre 1935 10 sous BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE Dix-huitiéme année - No.4 REUSSIR OUR réussir, surtout aux heures graves que nous vivons, P il faut que la jeunesse porte en sa poitrine un coeur, en ses flancs une force, sur sa tête une glorieuse ambition.Il faut une jeunesse qui prie, une jeunesse qui pense, une jeunesse qui veut, une jeunesse fidèle, une jeunesse qui combat.Le sens patriotique doit occuper une place de choix dans le coeur des jeunes.Aimer Dieu, aimer son prochain, c'est la base de l'amour de la patrie.Mais il est naturel qu\u2019il y ait ascendance dans l'amour.Les uns ont plus que d'autres des droits à notre affection, à nos privilèges.C\u2019est le sang, c'est la langue, c'est la communauté d'origine qui créent ces droits imprescriptibles, et ce sont là des mobiles puissants pour le développement de l'esprit patriotique.La jeunesse est appelée à donner au pays des citoyens intègres, à la race de véritables fils soucieux des vertus ancestrales, à notre religion de fermes défenseurs.Il ne faut pas discourir longtemps pour montrer ce que peut pour son pays, un jeune homme qui veut réussir.Fidèle à sa famille, fidèle à Dieu, fidèle aux bonnes traditions ancestrales, peut-il être autrement fidèle à sa patrie ?La Patrie, c\u2019est son chez-lui, c'est là qu\u2019il a toutes ses affections, c\u2019est la terre qui l\u2019a vu naître, c'est là qu'il reposera.La Patrie, ce n'est pas pour lui un vain mot, une affaire de position ou d'argent, un jour de suffrage: la Patrie pour lui est le château-fort qui renferme trois précieux trésors : sa langue, ses droits et sa foi.C'est au sacrifice de sa vie, s\u2019il le faut, qu'il doit défendre ces trésors, les transmettre intacts à ses descendants, comme il les a reçus de ses aïeux.Les voies ne sont pas nombreuses pour arriver au succès.On dit que les gymmnases dressent des athlètes, que les exercices militaires préparent \u2018\u2018nos\u2019\u2019 soldats pour .l'Europe, mais l'Université a un but encore plus élevé, puisque là on fait, on forme des hommes, qui sont appelés à devenir plus tard les piliers de la société.Pour réussir, les personnes faibles attendent l'occasion, les personnes fortes la font naître.Les personnes qui ont atteint le succès ne sont pas celles qui ont attendu la chance, mais celles qui ent été au devant d'\u2019elle, qui l'ont conquise et s\u2019en sont servi.Les occasions nous sont constamment offertes, et nous pouvons toujours les saisir, si nous sommes prêts à agir.Sachons agir, ayons un esprit résolu, habitué à prendre Vivement un parti et à ne point hésiter devant les difficultés.N'oublions jamais qu\u2019une décision prompte alliée à une action énergique balayent tous les obstacles.Ne perdons pas un temps précieux à hésiter car l'occasion s'échappera à tout jamais.Pour réussir, il faut diriger toute son énergie vers un seul but immuable.Ne jamais traîner rien en longueur avec de vaines hésitations.Il ne faut jamais penser à toutes sortes de choses en même temps, mais à une seulement, constamment et opiniâtrement.Une goutte d'eau qui tombe continuellement réussit à percer le roc, tandis que le torrent impétueux l'inonde sans laisser de trace.La grande différence entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent ne consiste pas dans l'intelligence qui préside à leurs travaux.Beaucoup de ceux qui échouent lamentablement travaillent assez pour obtenir le succès, mais leur travail est livré au hasard; ils bâtissent d\u2019une main et démolissent de l'autre.Ils Ne saisissent pas les circonstances pour en faire des occasions de téussite.Ils ne savent pas transformer d\u2019honnêtes défaites en Marcel PREVOST | (Suite à la dernière page) PREMIER DEBAT UNIVERSITAIRE En En SOMMAIRE page 2 Etudiants du monde neue Jean Lebrun Stupidités Yankies Bernard Nantel page 3 Premier Congrès de l\u2019ACFAS \u2026\u2026\u2026.\u2026crensarencnees Pierre Demers A la salle St-Sulpice .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026neersese cossécsensaenterenaencamcrsees G.H.CliniQUE .\u2026.\u2026.cresscccarrrsraroncrseenanerrercene rene cennane resserre Jean Denis page 4 L\u2019oeil dans l'corridOr \u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.esenesnnennnnnnnnnn L'agent 100 L'orangisme entre la vie et la mort .\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.s Thomas Irving Le journalisme contemporain Alfred Michelin Adresse au Dr.Georges Baril Guy Cousineau page 5 Les étudiants chez eux.page 6 McGill remporte la victoire au tennis .Francois Paquin Ici et 18 .\u2026.uvcocscsrrcrerrensrarersrrrenenenrrerteaneveseonaneareanereenveene Amateur page 7 Tournoi de Ping Pong chez les EEE.D.André Sabourin Fumée de gloire \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026eesnnnesnnnnnnnnn page 8 E.R.Schmitz res -Thalie et carabisi \u2026\u2026\u2026\u2026iesi Le cinéma .(L'Unité) \u2026\u2026\u2026\u2026meennmnnnnnnnns Jean Madore Edouard Bélque .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026rrsceseeresanesnennnünnnnnnnnnn N.D.En page 9 La 60iéme est revenue de Shawinigan .Jacques Bertrand Sir Edward VW.Beatty \u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026erereceemennennnnn Lionel A.Ross Les Ombres sanglantes (roman) .\u2026\u2026irrsrees Fred Freud En page 10 Cr mT Réflexions sur I'essence de la poésie .Jean Vallerand Ça n\u2019a pas de titre (poésie) \u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026snennens Shahabaham L'écrivain \u2026\u2026.snnnsennenennnnnnnnnnnnnnnn Jules Léger En page 11 De I'influence du costume sur humeur .Jean Frederick Souvenirs Un fait \u2026\u2026.\u2026.cesiseensennennennnnnnnnn En page 12 Enquête de l\u2019action nationale \u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026es (Communiqué) De l\u2019action ere La formation française ABONNEMENT.Tu \u201cPage 2 \u201cJEUNESSE CATHOLIQUE\" PARIS E considère qu\u2019il existe aujourd\u2019hui trois sortes de chômage: le premier est le vrai celui dont tous ont parlé et que peu ont guéri ou cherché à atténuer par des moyens efficaces; le second est le chômage des volontés qui tardent à s'affirmer dans le domaine des réalisations; le troisième est le chômage des âmes qui ne prient plus, des corps qui ne travaillent plus et des facultés qui s\u2019étiolent.Quand allons-nous réagir?SENS UNIQUE Chômage .J'aurais voulu ne pas écrire ce mot: il suggère des tableaux de solitude et de misère qui jettent, parmi nos propos, des notes regrettables de tristesse.Peut-être étonnera-t-il en cette page?C'est que, pour certains, l'étudiant, dans l'insouciance de son âge et de sa situation, ignore totalement les malheurs des autres; pour d'autres cet être toujours gai, aux muscles forts et bien faits, d\u2019allure élégante et décidée ne saurait attendre le moindre démenti de la vie.Cependant, c\u2019est bien de son chômage qu'il s'agit, chômage futur mais réel.Il est courant pour beaucoup, normal, de considérer les années d'études passées à l'Université comme un apprentissage sous la direction de maîtres qui joignent à leur science l'agrément de personnalités variées.pendant lequel seuls les printemps et parfois les automnes sont des époques de difficultés passagères et au souvenir bien doux lorsqu'elles n'ont été que les signes de l'enfantement d\u2019un diplôme qui confère à son possesseur une valeur commerciale.Hélas, ces apprentis ne sont pas mieux lotis que les autres.Pour eux, dernier hommage à leur culture, on qualifie les remèdes autrement: Orientation est l\u2019idée à la mode.J\u2019 avoue qu'elle m'effraye un peu: j'ai peur qu'elle paraisse séduisante à quelque ministre heureux de nous prouver sa vigilante et bienveillante bonté, Alors je pense aux ceps trop généreux, aux épis trop beaux et trop nombreux .: je pense que demain, peut-être, un contingentement stupide interdira de se livrer aux études de son choix et je m'en attriste, car je demeure au nombre de ceux qui restent persuadés que ce que l'on cherche dans une carrière, c\u2019est moins un gain matériel que la satisfaction et l\u2019épanouissement des dons et des facultés qui ont déterminé la vocation.Etablir en soi les conditions nécessaires à la réalisation de sa vocation, en un mot trouver sa personnalité \u2014 expression de l'indépendance du choix dans l'exercice de sa volonté, dans la recherche de la connaissance et dans la nature de ses actions, de cette indépendance qui donne comme un avant goût de l'immortalité \u2014 voilà le sens naturel, mais trop souvent délaissé, de la vie d\u2019un étudiant.Pour qu'il le retrouve ou pour qu\u2019il s\u2019y maintienne, l\u2019enseignement de professeurs dont l'influence ne peut s'exercer le plus souvent qu'en des rencontres officielles aux conditions médiocres pour un rayonnement heureux et total, et l\u2019activité faite seulement de manifestations futiles d'ardeurs cependant nécessaires à la poursuite fructueuse d\u2019un idéal, ne suffisent pas.Il faut autre chose: valeur humaine, valeur professionnelle, valeur spirituelle sont les éléments essentiels d\u2019une personnalité.Les acquérir, les développer, les harmoniser en soi: voilà tout le problème dont la solution, pour nous, doit tenir compte de l'orientation générale de notre vie chrétienne.Mettre à la disposition de tous les étudiants de bonne volonté, pour le résoudre heureusement, pour s\u2019orienter exactement les moyens nécessaires à chacun, en marge de sa faculté, de sa famille et de ses occupations, telle est notre manière de servir dans un esprit de franche et cordiale collaboration.E.LAGET Président de l\u2019A.C.E.A.CANADA ET HAITI Il existe encore des Européens pour croire que le Canada est aa Est-ce qu\u2019il n\u2019existe pas aussi des Canadiens qui pensent que 0 pays avoisinants sont peuplés d'arriérés et de demi-civilisés.Lee RE lL Je dois cette remarque à notre nouveau confrère venu d\u2019Haiti, M.Philippe Cantave.Il est venu nous faire connaître son pays et étudier le nôtre.Nous avons des confrères belges et français.Pourquoi ne pas chercher à nous renseigner mutuellement.Tous auraient à y gagner.frontières.La civilisation comme la science n'a pas de ENCORE! .MN y a une couple d'années, des touristes venant des Etats- Unis arrivaient à Montréal avec, dans leurs bagages.des raquettes, des skis et tout l\u2019attirail approprié.Ils s'en venaient sans doute jouer aux sports d'hiver.Un fait à peu près analogue vient de se produire à Winnipeg où des étrangers au pays sont débarqués avec des vêtements assez chauds pour vivre au Pôle Nord, quand il y fait le plus froid.P.B.commente dans le Canada ces divertissants faits divers.Il! faut bien dire: divertissants, car il y a déjà longtemps que nous avons cessé de nous sentir diminués du fait que notre contrée semblait bien peu connue, même à une distance de quelques cents milles.Le rédacteur au Canada ajoute la note suivante: \u201cNotre pays, notre climat, nos moeurs, sont bien mal connus parfois des Américains.Des Européens aussi, pourrait-on ajouter.Nombreux sont les étrangers qui nous prennent pour des sauvages, qui ne croient pas trouver ici une civilisation bien avancée.Il y a quelque temps, un Anglais débarquait à Québec avec une malle rempie d\u2019armes diverses.Comme on lui demandait des explications, il répondit qu'il voulait se protéger contre les bandits, les voleurs de grand chemin et les attaques de toute sorte.Dans son esprit, nous en étions encore à l'époque de la course vers l\u2019or du Yukon ou au temps de Fenimore Cooper\u201d.Fenimore Cooper, c\u2019est bien cela! On étudie trop souvent notre pays dans des livres de contes où un David la Gamme joue de la flute pour divertir le dernier des Mohicans.Avec Maurice Constantin-Weyer, c'est un ex-fermier du Wild West qui sutt la piste de sa femme et de son enfant dans les campements des trappeurs indiens.Avec Louis Hémon, c'est une famille canadienne-française qui vit dans la grande solitude, à des milles et des milles de la civilisation des grands centre urbains comme .Boston.Comment voulez-vous que les étrangers en sachent plus long sur nous et notre pays?Dans le domaine du roman, qui est la littérature la plus répandue et le plus à la portée de la majorité, c\u2019est à peu près tout ce qu'on a à offrir.Aussi n\u2019est-il pas surprenant de trouver dans un compte rendu romancé des fêtes du jubilé royal de mai dernier, dans un journal parisien, des allusions aux \u2018\u2019trappeurs du far west canadien qui écoutent dans leurs cabanes les discours irradiés par tout le globe\u2019\u2019.Et puis encore, cette phrase de René Saunier, dans l\u2019hebdomadaire \u201c1935\u201d (\u2018\u201cNormandie\u201d ambassadeur de France): \u2018\u2019Du fond du Canada, des lettres d'inconnus demandant une photo.\u201d On sent toujours que c'est bien loin et bien petit le Canada.Mais encore une fois, il ne faut pas être du tout surpris après une bourde comme on en a fait une l\u2019année dernière au sujet de Trois-Rivières.On a tourné un film du passage au pays de la mission française, avec bien des longueurs de discours, des gros plans et des fondus.Par un hasard qui ne laisse pas d\u2019être bien curieux, les cameramen ne se sont pas montrés à Trois-Riviéres.Aussi lorsqu\u2019il fallut dire au moins un mot de cette modeste bourgade qui fétait alors son tricentenaire, la voix du monsieur qui expliquait le film, sur la bande du son, déclara que la Mission s\u2019était arrétée quelques heures à Trois-Rivières, en se rendant de Québec à Montréal.Et l\u2019image animée faisait voir un rapide tout en acier qui quittait une petite gare du réseau du Canadien-Pacifique.Et cette gare, sauf erreur, était celle de Portneuf! Heureusement que MM.Flandin, Bordeaux, Gregh, Nobé- court, Contenot et tous les autres en ont vu et en savent plus long.Mais si, des fois, on n'allait pas les croire! .J.-M.F.ETUDIANT ET POETE (Moselle-Etudiant ) L'étudiant est un peu bohème.Il aime la vie libre, les grandes pensées serties des-fleurs du verbe; il-aime les émotions'de sonsjéune Billet de la semaine STUPIDITES YANKIES OU TE bêtise se paie.Fort bien.Seulement il y a payer et payer.J'ai voulu voir \u2014 excusez le barbarisme suivant \u2014 un programme amateur.Je m'y suis embêté à en avoir mal au cerveau.C\u2019est une sensation rare que je ne vous recommande pas trop.Sa répétition à intervalles trop rapprochés pourrait même vous conduire à un établissement bien connu situé à l'extrême est de l'Île.Par contre, si certains étudiants ou leurs amies veulent faire pénitence d\u2019excentrique façon.qu'ils m'imitent.Qu'ils aillent voir cette monstruosité qu'on nomme \u201cprogramme amateur\u201d .Non, mais ce que j'ai souffert!!! La représentation eut lieu dans un cinéma de l\u2019ouest qui se distingue par l\u2019inconstance de sa politique.Une assistance disparate; petites vieilles décaties, gros bourgeois enfrômagés, employés de bureau en mal de fausse culture, midinettes délurées, romanesques mères de famille, etc, etc.À tout hasard je prends un strapontin inoccupé au milieu d\u2019un clan de mâcheurs de gomme invétérés.Mon voisin de gauche me glisse confidentiellement : \u201cIl fait chaud en .icite\u201d.Celui de droite grogne parce qu\u2019il doit tenir son paletôt sur ses genoux cagneux.Ouf! ça va mal.On commence quinze minutes après l\u2019heure fixée.Simple histoire de nous mieux faire apprécier le divertissement, je suppose.Un gras compère, mastiquant ses mots comme de la pâte de guimauve.vient d'\u2019abord nous annoncer que c\u2019est \u201cgrâce .si on peut dire .à la Laiterie de la Chatte Rouge que nous allons entendre des jeunes talents ignorés, des jeunes talents canadien-frangais etc.\u201d Après son petit boniment, qui dure une bonne demie-heure, le défilé des bouffons inconscients commence.Premier numéro: un orchestre de jazz nomme \u201cVagabond Nuts\u201d nous exécute le fameux \u201cBlack Moon\u201d de John Big John.Je voudrais faire des commentaires mais le coeur me manque.Deuxième numéro: le Petit Trio.dont l\u2019ensemble doit bien peser huit cents livres .nous chante \u2018\u2018Pdsse toé l'amour\u201d du célèbre compositeur Apalice Karlove.Troisième numéro: un disciple de Jean Clément nous braille \u201cIl pleut sur la ville* avec une voix de sirène.dam.bulance.Quatrième numéro: Népocumène Titrémouille dans des imitations de cris d'animaux.En bon Canadien-Français il rate tout, si ce n'est le bélement du mouton.Et ceci c\u2019est authentique .Je pourrais continuer sur ce ton pour chacun des douze numéros que comportait le programme.Ce serait abuser de Uindulgence des gens de bon sens.Quelque chose m'a particulièrement révolté.J'étais assis au milieu de mes mâcheurs de gomme et nous avions vu la moitié de la représentation quand j'aperçus, fiché sur l\u2019avant-scène, un micro.Non contents d'avoir séduit les quelques milliers de spectateurs dans la salle on relançait les autres jusque dans leur foyer! Depuis ce soir tragique je fouille le Code Criminel avec l'espoir de découvrir un article protégeant le bon goat contre de telles entreprises.Je cherche en vain.On fourre en prison de pauvres bougres qui ne troublent pas la moitié autant l\u2019ordre social que ces tapageurs mégalomanes.Il y a une censure à Montréal.Une censure dont le principal rôle est de surveiller la morale.Soit, seulement la censure ne devrait pas s'occuper \u2018que de morale.On ne devrait pas tolérer en notre ville \u2014 qui ne vaut déjà pas tant! \u2014 ces stupides imitations des plus stupides stupidités yankies.Bernard NANT EL âge; il aime les rêves qui assaillent son esprit en gambades.Il a de ces expansions de coeur pareilles à des fusées multicolores et multiformes.Bref, l'étudiant est un Poète à sa façon.PENSEE L\u2019aurore a pas menus musarde sur les toits Et je sens sa douceur qui dans mon coeur pénètre, L\u2019aurore aux bras rosés entr\u2019ouvre ma fenêtre Et porte\u2018à mon chevet tout l\u2019azur de ses doigts.La clarté qui m\u2019inonde est fraîche comme un rire De fillette courant dans les sentiers des bois, La clarté du matin carrillonne et chavire Sur le blanc des rideaux, inquiets, quelquefois.Tant de lumière ébauche à mon esprit blasé Des rêves d'autrefois, légers et sautillants; Des flocons de soleil sur mes réveils d\u2019enfant Fleurissaient mon espoir timide et dorloté.Je me plais à revoir la fin des primeroses, À l\u2019heure où la lumière est reine de beauté, Et je caresse encor cette vision de roses, Avec le doux regret de ceux qui ont aimé.Jean LEBRUN + QUARTIER L À Page 3.T IN Le 3ième Congrès de l'Acfas E troisième congrès de l\u2019Ac- fas s'est clôturé mardi soir, après trois jours pendant lesquels nous avons eu le plaisir d'accueillir et de revoir nos amis de Québec, de l'Ontario et des Provinces maritimes.L'Acfas constitue ainsi un lien précieux entre nos universités, permettant à leurs membres d'échanger, dans une atmosphère de cordiale amitié, les résultats de leurs études et de leur expérience.L'esprit d'union, qui nous fait si malheureusement défaut sur d\u2019autres terrains, ne nous manquera certes pas dans le domaine des sciences.En reconnaissance de cette entente et de cette collaboration entre Laval et Montréal, et des mérites personnels de M.l'abbé Alexandre Vachon, directeur de l'Ecole de chimie de Québec et de la Station de biologie marine de Trois Pistoles, notre recteur, M.l'abbé Olivier Maurault, lui a décerné, à la salle St.Sulpice dimanche soir, le grade de Docteur ¢s Sciences, honoris causa.A M.I'Abbé Vachon, M.Sc., Ph.D, D.Sc., M.S.R.C., président du Conseil national de recherches ., je désire, au nom des élèves de la Faculté des Sciences, exprimer le très vif plaisir que nous cause ce nouvel honneur qui lui est conféré, comme à un homme remarquable de notre nation, éminemment digne de représenter cette Université amie.Les séances des neuf sections ont réuni un public nombreux et averti; 150 se sont inscrits; 117 communications originales ont été présentées, fort intéressantes pour la plus grande part.Sous la conduite du R.F.Marie-Victorin, visite, lu n di après-midi de trois jardins botaniques: celui, à peine commencé, de Maisonneuve; celui des Frères des Ecoles chrétiennes à La- val-des-Rapides; et, le plus avancé, celui du Frère Adrien du Collége Notre-Dame.A ce college, ouverture le soir même de l'extraordinaire exposition des C.J.N., qui réunit les travaux de 300 cercles, de tout le Canada et méme du Yukon.Elle est un témoignage de la remarquable et féconde activité des jeunes naturalistes; sous la direction du F.Adrien et du F.Marie-Victorin; elle montre jusqu\u2019où un chef éclairé et décidé peut nous conduire: nous ne manquons pas de bonne volonté, mais d'initiative.Mardi après-midi, visite des laboratoires encombrés de l'Université, puis nous montons au nouvel édifice.Nous entrons par un escalier monumental, entre l'hôpital universitaire (les trois ailes ouest) et les corps des facultés (les trois ailes est).Nous visitons l\u2019amphithéâtre, la chaufferie et une partie d'une aile.L'on ne peut laisser d'être impressionné par ces salles froides, vides, immenses et bien éclairées, qui attendent pour être finies et employées \u2014 avec quel avantage \u2014 que l\u2019on fasse les divisions et les revêtements: les briques nécessaires sont empilées sur les parquets; les portes attendent d\u2019être posées .Certaines sections de l'immeuble sont achevées et n'attendent plus que le mobilier.Il ne faudra considérer que l\u2019œuvre nationale, nécessaire, qu'est une université.Or son rôle d'enseignement et de recherche, la nôtre ne peut pas le remplir raisonnablement dans ses locaux actuels.Le docteur Georges Baril, secrétaire de la Faculté des Sciences, a été élu président, en remplacement de M.Adrien Pouliot, professeur de mathématiques à l'Ecole supérieure de Chimie.Nous disons au revoir à nos amis, en attendant de les rencon- trrer de nouveau, au moins l'an prochain, à Québec.Pierre DEMERS.AVIS I y aura assemblée régulière du Conseil de l\u2019A.G.E.U.M.samedi prochain, le 26 octobre, à 2 hrs p.m.à la Maison des Etudiants.Tous les membres sont priés d\u2019être presents, Le secrétaire, Jacques MARCHAND.MISE AU POINT Par un oubli bien involontaire, nous n\u2019avons pas mentionné, dans la page 9 du deuxième numéro du \u201cQuartier Latin\u201d, qu\u2019une vignette nous avait été gracieusement prêté par M.Oswald Mayrand, de \u201cLa Patrie\u201d.A chacun son dû.MESSE UNIVERSITAIRE Une messe spéciale pour les étudiants des diverses Facultés et Ecoles de l\u2019Université est célébrée à 9 heures 30, chaque dimanche et fête d'obligation, à la Maison des étudiants.Cordiale bienvenue.A LA SALLE ST-FULPICE Gala Universitaire À Société des Débats annonce son premier débat universitaire.\u2018Etes-vous en faveur du mariage d'amour ou du mariage de raison?\u201d Tel est le sujet sur lequel les 4 orateurs auront à disserter.Messieurs Maurice Rinfret ee.d.et Genest Trudel ec.e.d.soutiendront le mariage de raison tandis que d'autre part, messieurs Guy Gauvreau he.c.et Paul-Emile Pigeon h.e.c.défendront le mariage d'amour.par un trio vocal dont la renommée n'est pas à faire et que les radiophiles connaissent bien, le Trio Charmant, composé de mademoiselle Annette Hébert, soprano, de madame Sylva Ala- rie, mezzo-soprano et de madame Paul Langis, contralto, sous la direction du docteur L.A.Hébert, accompagnateur.Ici, messieurs les étudiants, j'attire votre attention sur le fait qu'avec présentation de votre carte d'immatriculation, \"POUR LE MARIAGE D'AMOUR\" * P.E.Pigeon H.E.C: Guy Gauvreau H.E.C.\u201cPOUR LE MARIAGE DE RAISON\u201d Maurice Rinfret E.E.D: Monsieur l'abbé Olivier Mau- rault p.s.s., notre dévoué et distingué recteur, a bien voulu accepter la présidence d'honneur et ainsi rehausser de sa présence l'éclat de cette première soirée.Monsieur Louis Trudel, le populaire président de l'Association générale, en sera le président actif.Le verdict sera rendu par un jury compétent composé à l'occasion de l'Exécutif de l'Association générale: Messieurs Jacques Marchand, Roland Filion, Sarto Beaudoin et Roger Du- fresne.Les intermèdes seront rendus Genest Trudel E.E.D.vous êtes admis gratuitement aux séances de la Société.Cette soirée de gala se tiendra a la SALLE ST-SULPICE, RUE ST-DENIS, LE JEUDI 31 OCTOBRE PROCHAIN, a 8.15 précises.Les billets sont en vente à la Maison des Etudiants, pour la modique somme de trentecencameaseunsameanenmensonr La 60ième est revenue de Shawinigan AUIOURD'HUI nous pouvons tous répêter à l\u2019unisson: Si nous devions mourir, nous ne nous rappellerions pas avoir vécu, nous ne nous souviendrions que de cette excursion mémorable.En effet, ce voyage a scellé, j'oserais dire, des amitiés que nous voudrons conserver longtemps.Plusieurs d'entre nous, après avoir peiné ensemble, en exil, pendant les longs mois d'été, s'étaient déjà liés d\u2019une amitié sincère.Ce voyage unique dans notre vie de Polytechniciens suffit à nous unir.à nous former en un bloc solide, à faire que chacun de nous considère maintenant chacun de ses trente-trois confrères comme un ami à qui il devra prêter main-forte dans le besoin et à qui il pourra à son tour demander secours, sans crainte d'essuyer un refus.Je suis bien convaincu que chacun éprouve ces mêmes sentiments que j'exprime bien médiocrement, hélas! Après un heureux voyage jusqu'à Trois-Rivières, chaque groupe se paya durant la soirée sa distraction favorite.Tous étaient sur pied jeudi matin pour visiter le filtre de la ville ainsi que l'usine de la Wa- basso Cotton Co.Ltd.Après un excellent dîner l\u2019on visita les usines de la Canada Iron Found- nes Ltd.De là, notre autobus nous transporta à Shawinigan, et durant le trajet, favorisés par une température idéale, nous fûmes à même d'admirer la magnifique vallée du St-Maurice.Notre première visite en cette ville fut celle de la division du Carborundum de la Shawinigan Chemical Co.Nous nous retirâmes ensuite au \u201cCascade Inn\u201d, les hotes de la Shawinigan Water and Power Après une soirée remplie d\u2019amusements les plus variés, tous furent heureux de retrouver un bon lit moelleux.La journée de vendredi fut vouée aux visites suivantes: Avant-midi: barrage et usine hydroélectrique et Aluminium Co.of Canada Ltd., à Shawinigan.Après-midi: Canada Paper and Power Corporation, barrage, usine hydroélectrique et pont suspendu à Grand\u2019mère.Samedi, pour terminer, division du carbure et du gaz acétylène de la Shawinigan Chemical Co et le filtre de la ville de Shawinigan.Sur le chemin du retour, inspection du barrage et de l'usine hydroélectrique à La Gabelle.Arrivée à Montréal à 8 heures samedi soir.Nous n\u2019avions tous qu'un seul regret: la courte durée de notre voyage.Quelqu'un écrivait: \u2018Il faut être bien philosophe pour prendre les choses comme elles viennent, mais il faut l'être encore plus pour s\u2019en séparer comme elles s\u2019en vont\u2019.L se dessine actuellement, chez nos compatriotes anglo-ca- nadiens, un mouvement qui vise à un rapprochement entre les deux grandes races française et anglaise du pays.Comme le faisait remarquer le brillant administrateur du Quartier Latin, dans son article de la semaine dernière, cet heureux mouvement est destiné à établir une coopération plus étroite entre les représentants des deux grands éléments ethniques du peuple canadien.Nos compatriotes d'origine anglo-saxonne cherchent à nous mieux connaître pour nous mieux comprendre et nous mieux apprécier.Et les êtu- diants de nos universités anglaises, réalisant l\u2019importance d'une mutuelle entente faite à base d'égalité et de compréhension, coopèrent sérieusement au rapprochement intellectuel de nos deux grandes élites.Cest, transposée sur un terrain local, la continuation de l'Entente Cordiale d\u2019Edouard VII, et de la fructueuse coopération diplomatique franco-britannique lors de la Conférence de la Paix et dans le présent conflit italo- éthiopien.Figures Universitaires Sir Edward VW.Beatty Chancelier de l'Université McGill Etudiants de la grande université française d'Amérique, nous devons nous sentir encouragés par ce témoignage de sympathie, et collaborer dans une large mesure à l\u2019établissement de cet heureux mouvement d'entente.Mais pour mieux comprendre nos confrères anglais, il nous faut les mieux connaître.Et c\u2019est en prenant contact avec les grands universitaires, les chefs qui veillent à la formation de l'élite intellectuelle anglaise, que nous pourrons réaliser cette mutuelle compréhension.Qu'il soit donc permis à l\u2019un des vôtres, d'origine anglo-saxonne mais de coeur bien français, de vous présenter dans une série d'articles quelques-unes des grandes figures universitaires canadiennes.Si son humble geste peut contribuer à l'édification d\u2019une patrie plus unie, plus grande et plus belle, ce sera pour lui un faible moyen de remercier les admirables éducateurs qui lui ont donné sa formation intellectuelle française.e Oo eo Il est à propos de méditer ces mots et de réaliser comme ils s'appliquent bien à notre cas.Nous avions un beau rêve à réaliser, nous l'avons vécu, nous en sommes heureux, et nous en garderons le plus précieux souvenir.À chacune des réunions que nous réserve l'avenir, nous en reparlerons et nous vivrons de nouveau ensemble ces jours heureux.En terminant je me fais l'interprète de tous pour remercier Monsieur le Directeur de nous avoir facilité ce voyage et pour exprimer à notre dévoué professeur Monsieur Ernest Mackay notre plus vive reconnaissance pour son amabilité et la grande indulgence dont il fit preuve devant notre enthousiasme débordant.Le secrétaire de la 60e Jacques BERTRAND Edward-Wentworth Beatty, fils de Henry Beatty et de Harriet Powell, naquit à Thorold, Ontario, le 16 octobre 1877.1! reçut son éducation à l'Upper Canada College, à l\u2019Ecole Modèle et à l\u2019Institut Collégial Harbord de Toronto, à l\u2019Université de Toronto et @ Osgoode Hall.Admis au Barreau de la Province d'Ontario en juin 1901, il entra immédiatement au Contentieux du Canadien Pacifique.Avocat général en 1910, il devint Conseil général en 1913.Son ascension au plus haut poste de la compagnie fut excessivement rapide.Vice-président en 1914, il fut élu président en 1918.La solide réputation juridique qu'il se fit au département légal du grand réseau de chemins de fer, lui valut le titre de Cor-zil du Roi pour la Province a Untario en avril 1915, et pour tout le Dominion en juin de la méme année.Sir Edward ne limita pas ses activités a la présidence ou au directorat de multiples organisations financières.Il se signal également dans le domaine philanthropique et éducationnel.l'Hôpital Victoria, il sut se pencher sur Gouverneur de la souffrance humaine et contribuer largement à toutes les initiatives entreprises pour son soulagement.Les enfants infirmes et les déshérités de la fortune bénéficièrent considérablement de sa générosité.Page 9 Mais c\u2019est surtout dans le domaine universitaire que M.Beatty mérite notre admiration.Chancelier de l'Université Mc- Gill, le grand centre éducationnel anglais de la Métropole, il continua la lignée des hommes de valeur qui se succédèrent à la tête de cette institution.Sir Edward donna tout son dévouement et tout son cour à la charge qui lui avait été confiée.Le domaine des arts et des sciences connaît, sous son administration actuelle, un singulier développement.Il a su également imprimer à toutes les autres facultés un merveilleux essor.Conscient de l'influence prépondérante que doit exercer tout organisme universitaire, il demanda la création du poste de directeur des relations extérieures de McGill.Le choix qu'il fit du sympathique colonel Bo- vey comme titulaire de la charge, fut particulièrement heureux.Avec la collaboration de ce précieux auxiliaire, il encouragea l'expansion des cours de français à l\u2019Université, et chargea des professeurs fort compétents de la direction de ces cours.Sa Majesté Britannique, voulant reconnaître les immenses services que M.Beatty a rendus et rend encore à la cause de la philanthropie et de l'éducation, lui décerna le titre de Chevalier de I'Empire.Coincidence heureuse, l'investiture eut lieu sous l'administration du Très Honorable Comte de Bessborough, dont le souvenir restera si vivace au coeur de tous les Canadiens- français.Lionel A.ROSS, E.E.D.N.de la R.\u2014 Pour le bénéfice de nos lecteurs, nous publions un résumé des trois premiers tableaux.N ETUDIANT, Lorenzo Dubois, qui, au collège, avait été un élève modèle, premier prix de bon langage, etc., est lancé seul dans le grand Montréal, sans aucune directive.I se laisse entraîner par un mauvais camarade, et un bon jour tous deux s\u2019en vont faire bombance dans Un café.Aux petites heures, Lorenzo quitte ce lieu de réjouissances abruti par moult libations.Il marche rue St-Denis.Arrivé en face de l\u2019Université, il n\u2019en peu plus, enjambe la clôture du parterre, s'étend à l\u2019ombre d'un des canons qui pointent devant la bâtisse et ne tarde pas à s\u2019assoupir.Collin, le méchant, fait sa ronde Nocturne, assoiffé de sang et en quête de quelques sous pour ses dépenses de cigarettes; il aperçoit Lorenzo, flaire une proie facile, lui assène un coup sur la tête et \u2018fait ses poches\u201d.Pas même un nickel.Il ligotte sa victime et se hâte de prendre la fuite.i lie vant sonra od PE A: à .Grand roman psychanaliste en vingt-cinq tableaux, Quelques minutes plus tard, un sectaire des \u201cSapeurs du désordre Enre- £istré\u201d passe par là et tente à son tour de soulager le blessé de sa monnaie, dans le dessein de grossir la caisse de son parti.Il doit lui aussi s\u2019en retourner bredouille.A la pointe du jour, Jos Lavallée, restaurateur des étudiants, se dirige vers son estaminet.Il voit cet homme étendu, reconnaît bientôt un de ses bons clients et vole à son secours.La radio-police arrive sur les entrefaites, croit prendre sur le fait un apache et sa victime, les amène tous deux au poste et incarcère Jos, tandis que l\u2019on harcèle Lorenzo de questions.Notre pauvre carabin ne peut parvenir à ramasser ses idées.Probablement stupéfait par la physionomie bienveillante (!) des constables, il s'affaisse sur le parquet, privé de connaissance.QUATRIEME TABLEAU AFRES interrogatoire, Jos est incarcéré comme témoin matériel dans l'affaire, en attendant l'enquête.Lorenzo, encore tout nerveux et fatigué, se dirige vers sa cham- so a ; Lo x par Fred Freud bre.Il ne peut réaliser vraiment ce qui s'est passé la veille.Tout ce dont il a connaissance, c\u2019est l'arrivée de la police et I'arrestation de Jos.Lorenzo croyait bien Jos innocent de ce forfait.En effet se disait-il: \u201cComment Jos un aussi gentil garçon aurait-il pu me ligoter et me voler?Ah! non, pas possible?Il faut fournir caution et le faire sortir\u201d.Dans l'après-midi Lorenzo se rend aux cours.La il raconte à ses confrères l'aventure de la veille.Tous n\u2019y comprennent rien.On pose mille questions à Lorenzo.Un mouvement de sympathie s'empare du groupe.On se met à crier: \u2018\u2019On veut Jos, on veut Jos\u2019.On se décide de passer le chapeau dans toutes les facultés au cours de cinq heures pour ramasser de quoi sortir Jos de prison.La collecte se fait et rapporte suffisamment pour le cautionnement requis.Il est entendu qu'on se rencontre le même soir en face de la Maison des Etudiants et qu'on va chercher Jos aux quartiers généraux de la police.A sept heures et trente, deux a trois cents étudiants avec cannes et béréts sont préts pour une promenade joyeuse.Lorenzo et quelques confrères précèdent le groupe, se rendent au poste et font les démarches nécessaires à la libération du restaurateur si populaire qu'est Jos.Comme Jos sortait de prison, les photographes de journaux l\u2019attendaient, ainsi qu'un groupe de reporters.Une dizaine d'éclairs illuminent nos amis.Les reporters se pressent autour de l'homme du jour et le harcèlent de questions: \u2018\u2018Etes-vous marié?Combien d'enfants?Combien vendez-vous de Coca- Cola?Jules Audy va-t-il gagner la course de six jours?Le Canada va-t-il.participer au conflit Italo-Ethiopien?Que pen- sez-vous de la défaite de Bennett?Jos répond de son mieux à toutes ces questions indiscrètes.On entend des cris, des boums, des chants.Voilà les gars qui s'avancent.On embarque Jos sur les épaules et on le porte en triomphe à travers les rues de la ville.On entend les chants favoris: \u2018\u201cLéona, Les jeunes filles en hiver, Ti pit t'es pas fidèle.Si la police fait son faraud'' etc.Les meneurs crient: \u2018On s\u2019en va au Vienna voir Hector\u2019.On est donc décidé de célébrer la libération provisoire de Jos.La promenade se continue.On arrive au populaire cabaret pour trinquer.Tous entrent en criant et en chantant.Les clients ont peur en voyant entrer les étudiants, car ils ont encore à la mémoire l'affaire du Walkaton et d'autres sorties non moins tapageuses.Les gais lurons s\u2019attablent Photographe attitré des étudiants.Rue STE-CATHERINE, (Près St-Denis).- Pél.LAncaster 5478 \u2014 Rés.ATlantie 3695: 1 et commencent à se désaltérer.La gaieté règne.Le groupe s'amusait ferme quand quelques-uns décident de s'en aller.Parmi ceux-là étaient Jos et Lorenzo.Ces derniers sortent et prennent la rue De- montigny, filant vers l\u2019ouest.Deux hommes masqués qui les suivaient depuis quelques instants se ruent sur eux et les couvrent d'un drap noir.Nos amis se débattent, mais ils étaient déjà ligotés.On siffle Un auto s'approche du trottoir, deux individus descendent et foncent eux aussi sur les deux malheureux.Les quatre bandits entrent Jos et Lorenzo dans l'auto.L'auto démarre à vive allure et file à grande vitesse à travers les rues mornes et sombres du China Town.Où vont-ils les conduire?Que va-t-il leur arriver?(Suite au prochain numéro) æ v + Page 10 Réflexions sur l'essence de la poésie \u201cLa plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague que ce vague même de leur idée est pour eux la définition de la poésie\u2018.\u2014 Paul Valéry.A cette question: qu'est-ce que la poésie?bien des critiques.bien des théoriciens ont proposé des réponses.chacun apportant sa définition qui jamais ne contentait personne sauf son auteur.Aussi, ne tenterai-je pas l'aventure: je veux simplement exprimer quelques idées qui se sont répandues et qui ont fait quelque peu scandale dans le monde des lettres, surtout à la suite des ouvrages de l'abbé Brémond.(Cf.La poésie pure.Prière et poésie.) Une première distinction s'impose.(c'est d'ailleurs presque une vérité de La Palisse): la poésie et la prose sont deux choses bien différentes.dans leur essence, dans ce qu'elles expriment et dans leurs conséquences sur l'intellect humain.La prose.dit le Larousse, c'est tout ce qui s'écrit ou se dit et qui n'est point en vurs.À ce compte.on pourrait affirmer de la poésie qu'elle est tout cc qui s'écrit ou se dit et qui n'est point en prose: nous aurions fait un grand pas vers la vérité! Les auteurs de l'illustre dictionnaire confondent également poésie et versification! Malgré tout le respect que j'ai pour les grammairiens, je connais quantité de vers qui ne sont que de la prose.Ainsi: J'aime sur le théâtre un agréable auteur Qui.sans se diffamer aux yeux du spectateur, Plait par la raison seule et jamais ne la choque.(Boileau.Art Poét.chant ITI vers 413-415 Si la poésie n'était que l'art de faire des vers, il faudrait admettre que Boileau a atteint ici le sommet du Parnasse.À cela.je me refuse, Afin de mieux préciser cette différence intime entre prose et poésie.qu'on me permette de citer l'abbé Brémond: \u2018Tout ce que l'analyse du grammairien ou du philosophe dégage du poême.tout ce qu'une traduction en conserve: le sujet ou le sommaire mais aussi le sens de chaque phrase.la suite logique des idées.le progrès du récit, le détail des descriptions et jusqu'aux émotions.directement excitées: enseigner.raconter.peindre, donner le frisson ou tirer des larmes, à tout cela suffirait largement la prose\u2019.(Poésie pure.) J'affirme donc qu'un poème, même obscur, où la raison ne trouve aucune nourriture, un poème comme: Le éimetière marin.ou L'Après-midi d'un faune, peut atteindre à la plus pure poésie.Qu'on me comprenne bien: je ne pose pas cette obscurité comme une loi de la poésie.Je prétends seulement qu'elle ne gêne pas sa naissance.Je ne défends pas les poètes obscurs, je constate un fait.Dans L'Art Romantique, Baudelaire dit des tableaux de\u2019 Delacroix, que même de loin.alors que le spectateur n'en peut encore tien distinguer ou analyser du sujet.lorsqu'il ne ressent qu\u2019une vague impression rétinienne.ces tableaux laissent déjà une sensation de beauté.Il en est de même des poèmes: je veux dire ceci: même si la raison n'est pas satisfaite.il peut arriver qu'ils laissent une conviction profonde de beauté.Cela explique pourquoi un simple vers: Mais où sont les neiges d'antan?\u2014 ( Villon.) ou même un fragment de vers: Or moi, bateau .(Rimbaud: Le bateau ivre.) est déjà plein d'un sens poétique ineffable et réel.Tout ce que pourront dire les défenseurs de la raison (que d'ailleurs je n'attaque pas) ne peut rien faire à la chose.Idées.images, sentiments, voilà le domaine de la prose.Dans la prose, la raison qui veut tout posséder, tout envahir, même le mystère, est chez elle.Si dans un poème, la raison peut saisir quelque chose.et cela est certes souhaitable, tant mieux pour elle.Mais encore une fois, ce qu'elle saisit, ce qu\u2019elle pèse, ce qu\u2019elle juge, cela n'est pas la poé- sic.La raison peut en faire son deuil: la poësie n'est pas son domaine.Demander à la poésie d'être par essence raisonnable est aussi impossible que demander à l'oreille de voir.On ne demande pas à la musique d'être un livre ouvert pour la raison raisonnante.La poésie est du domaine de la musique.Ce qu'elle exprime, elle le fait comme la musique, par des sons.Les sons de la poésie, ce sont, non pas les mots, mais les idées que ces mots représentent.(A suivre) : : Jean VALLERAND alesle bien FAICLE LES LIVRES L'AME FRANCO-AMERICAINE, par Joséphat Benoit.\u2014 Un volume de la série des Documents Sociaux, aux Editions Albert Lévesque, 1735, rue Saint-Denis, Montréal.N se souvient de l\u2019intérét que sou- lèva, il y a quelques mois, la brillante soutenance de M.Joséphat Benoit devant la Faculté des lettres de l\u2019Université de Paris.Tous attendaient, avec impatience, la publication de la thèse qui lui valut son titre de docteur (mention honorable de la célèbre Université.Les EDITIONS ALBERT LEVESQUE ont l'avantage de présenter cet ouvrage au public canadien et franco- américain.M.Benoit expose d\u2019abord les FAITS qui entourèrent la naissance et le développement du groupe franco-amé- ricain; il indique ensuite les CAUSES qui ont facilité sa survivance, ct enfin, les obstacles qui peuvent en compromettre l'avenir.M.Benoit d'une imposante bibliographie géné- a enrichi son volume tale qui suffit à établir par quelle étude en profondeur il s\u2019est prépare à la discussion du sujet.L'ouvrage ré- véle un remarquable esprit de synthèse, habile à saisir, dans la masse des documents, l\u2019essentiel; l\u2019esprit d\u2019un homme dont la poussière des in-fo- lios n\u2019a jamais brouillé les lunettes.Après avoir raconté, dans la pre- partie de \u201cAme Franco-Américaine\u201d, l\u2019établissement des Français et des Canadiens aux Etats-Unis, après avoir défini les causes de leur survivance; la famille, la paroisse, l\u2019école, la presse ,les sociétés nationales, l\u2019auteur, conscient de ses responsabilités, ne craint pas de mettre le doigt sur les plaies.Les plaies?Ce sont le milieu anémiant, le manque de fierté nationale, et surtout, là comme ailleurs, la fatale désunion.L'oeuvre de M.Benoit se termine sur une note de confiance, confiance autorisée par les multiples consolations, du présent et l\u2019espoir en une jeunesse ardente à qui ce livre sincère est dédié.Ca n'a pas de titre.Te reposant sur la beauté Qui m'a réduit en esclavage, Tu me fais à loisir hommage, Fidèle en infidélité.\u20ac De quelque incartade nouvelle Qui me fait enrager beaucoup, Mais que je pardonne à tout coup.Puisque mon coeur qui se rebelle Ne peut, hélas! se libérer, Puisses-tu savoir, femme infâme, Pour le châtiment de ton âme Qui se plaît à me torturer, Jusqu\u2019à quel point je me méprise En songeant que, malgré cela, Pour t\u2019acheter du chocolat Je pourrais vendre ma chemise.SHAHABAHAM OMME notre littérature fait pitié! Elle est tellement loqueteuse que quelques-uns des nôtres préfèrent en nier l\u2019existence.Sans vouloir ranimer une querelle déjà ancienne, il est facile de constater la pénurie de notre trésor littéraire.Nommez- moi trois poètes de génie, autant d'historiens véritables, quelques romanciers intéressants.Il nous faut les chercher dans un dédale assez peu éclairé d\u2019une production de second ordre.Et encore, on n'est pas tellement certain de les y découvrir.Notre littérature existe depuis l'année le grâce 1778 alors que les frères Mesplet lancérent à Montréal le premier numéro de la \u2018Gazette littéraire\u2019.Qu'avons-nous fait depuis dans le domaine de la pensée?Avons- nous gaspillé ces cent-cinquante ans de vie nationale?Nous sommes encore indulgents en disant que nous ne les avons pas rendues bien féconds.Et Crémazie.et Fréchette, et Nelligan, et Morin.et Choquette qu'est-ce que vous en faites?Et nos historiens Garneau, Groulx?Oui, c'est entendu.Nous avons quelques réputations solidement établies.Mais y en a-t-il un parmi ceux que je viens de nommer qui ait fait école?Pas un.Il est inutile de se le cacher, nous n'avons pas de maîtres.Faisons le compte des circonstances si vous le voulez; il n'en reste pas moins que celui qui veut former son intelligence doit puiser dans des auteurs étrangers une pensée L'ECR qui n\u2019est pas adaptée à sa nationalité, pensée que souvent il ne comprend même pas.Souve- nez-vous que nous suivons les périodes littéraires françaises comme des boiteux qui arrivent toujours en retard.Au commencement du XIXe siècle, la France assiste à l\u2019éclosion merveilleuse de la flore romantique; ici, Crémazie, Fréchette, Chapman, nous en apportent quelques fleurs vers 1860.Verlaine et Rimbaud créent le Symbolisme bien avant la fin du même siècle; chez-nous, le mouvement ne prend de l'ampleur qu'en 1915.Nous aurons probablement notre Claudel dans quelque cinquante ans.Encore, si malgré notre retard nous pouvions présenter certaines oeuvres de premier plan qui attireraient sur nous les yeux du monde intellectuel.Rien.Et l'on s'étonne de ce fait bizarre et déplorable.Est-ce parce que nous manquons d\u2019aptitude?La civilisation environnante a-t-elle tellement détérioré notre personnalité que nous ne puissions plus nous souvenir de nos origines catholiques et françaises?Je me le crois pas quoique trop de symptômes, hélas! le laissent prévoib.Non.Il existe encore chez-nous un fond latent de patriotisme qui saura s'éveiller a l'occasion.| VAIN Malheureusement, «1 lui faudrait un de ces nobles élans qui transportent les peuples les plus dépourvus de sens ethnique.Ce réveil, il s\u2019opérera de la même façon au point de vue littéraire.Indiquez-moi un homme désireux de consacrer sa vie uniquement a lu littérature et je vous dirai: voilà un grand pas de fait.Trouvez-en dix: je vous dirai: demain nous aurons une littérature.Dans notre pays, un écrivain c\u2019est un homme qui, ayant une certaine culture, daigne accorder à l\u2019art quelques loisirs d\u2019une vie agitée, remplie par ailleurs d\u2019occupations de toutes sortes.Et on croit pouvoir incuber des chefs-d\u2019oeuvre tout en demeurant rond-de-cuir ! Y a- t-il un artiste véritable qui ne s\u2019est pas donné complètement à son art, qui ne s\u2019est pas laissé ronger le coeur par cette amante jalouse et qui a produit une oeuvre sublime ?Mais, me direz-vous, la littérature ne fait pas vivre son homme: celui qui se vouerait à elle crèverait de faim.Qu'en sa- vez-vous ?Personne n\u2019a essayé.Qui vous dit que devant une beauté plus resplendissante que celles auxquelles on l\u2019a habitué notre peuple ne secouerait pas sa léthargie ?Nos bons campagnards sont-ils restés insensibles au charme de Marie Chapdelai- ne ?Nos salles de concert sont- elles tellement vides quand on présente ies Cosaques du Don, les Ballets Russes, les Concerts Symphoniques ?Aussi n'oublions pas que, si l\u2019un des nôtres réussit à nous donner le chef- d'oeuvre attendu, il y a par delà les mers un peuple, \u2014 le plus intelligent de la terre, \u2014 qui saura apprécier à sa juste valeur l\u2019écrit d\u2019un frère oublié.Ce n\u2019est pas le marché qui manque, c'est la qualité.Avant de terminer, permet- tez-moi une autre réflexion.Tant que nos écrivains feront de la littérature un but, ils rateront leur coup; la production littéraire n\u2019est pas un but, c'est un résultat.On veut composer sans avoir jamais observé; on veut arrimer une pièce poétique sans avoir senti profondément, intensément.Alors on confectionne des livres-clichés, reproductions souvent inconscientes mais toujours livresques d'auteurs qui ont mieux écrit que nous.Nos bibliothèque sont infestées de ces vers à la Hugo, de ces romans \u2018\u2018hémonisants\u2019\u2019.Et pourtant, il est un pays immense, beau, vierge, qui nous appartient et qui abonde en paysages uniques, comparables aux plus merveilleux sites du monde.Nos coeurs seraient-ils écrasés par cet amoncellement de richesses?Nos pères qui nous y ont conduit, nous ont façonné une âme plus virile et plus noble.Jules LEGER re rT Ay rm om 2e en + Fe TR mi Ss eae ET aT rane ornate a PP PE HHATONS-NOUS, tout d'\u2019abord, de prévenir les cha- Jeureux et enthousiastes disciples du froid et marmoréen Pythagore qu'ils ne trouveront pas ici matière à satisfaire leur inextinguible soif géométique; et ce- ja pour de multiples raisons qu'il serait oiseux d'énumérer ici.Que si nous avons choisi un titre sentant un peu le funambulesque, cela tient sans doute à cette épidémie de réclame \u2018\u2018be- bête'' et ridicule qui ne possède que l'avantage, très relatif d'ailleurs, de combler le vide d'un lot vacant par l'énormité d'un \u2018\u2019Kolossal'\u2019\u2019 cheval noir; quand ce n'est pas celui de renchérir sur la banalité de certains de nos journaux, par une scéne conjugale tragi-comique provoquée par les funestes vapeurs d'un café \u2018non daté\u2019.Mais revenons à nos moutons, et tâchons de retrouver dans le cours historique des temps \u2014 sans toutefois remonter jusqu'au déluge \u2014 certaines manifestations de ce que nous pourrions appeler les réactions de l'humeur vis-a-vis du vêtement.Arrétons-nous, au cours de notre marche ascendante, au peuple juif, et vous n'aurez, je crois, aucune objection.Nous retrouvons donc de vénérables pharisiens qui, pour mieux témoigner leur componction au Très-Haut.se jetaient, a grand renfort de gestes, des monticules de cendre sur la tête, et ne craignaient pas de demeurer le chef ainsi auréolé, parce que cela, paraît-il, les incitait à une plus profonde pénitence; ce dont je ne veux pas douter un seul.instant.C'est encore chez ce petit peuple que nous rencontrons De l'influence du costume sur l'humeur de braves Hiérosolymites qui trouvaient bon de déchirer le col de leurs vêtements \u2014 (et cela sans sourciller le moins du monde) \u2014 pour exprimer leur douleur ou pour s\u2019exciter à mieux ressentir l'irréparable perte d'une belle-mère adulée.Laissons les Juifs reposer en paix à l'ombre de leur féérique Temple d'Hérode pour nous arrêter, en revenant, aux pompeux Romains, à ces nobles protagonistes du \u2018\u2019Senatus populus- que Romanus'', à ces vénérables Sénateurs, qui doivent beaucoup de leur apparat et de leur dignité à l'ample toge dans laquelle ils se drapaient si majestueusement.Il eut fallu vraiment être bien réfractaire pour ne pas sentir cette espèce d\u2019atmosphère de dignité qui émanait des plis harmonieux de la \u2018\u2018toga romana\u201d\u2019.Puis, dans un élan vertigineux en arrière, nous tombons en plein XVIIIe siècle, devisant galamment dans les couloirs du Petit Trianon, tout en demeurant ébahis devant cette merveille de légèreté et ce tour de force d'équilibre, que devait être cette \u2018coiffure à la Belle Poule\", s\u2019élevant à la respectable hauteur de 72 pouces.Et nous ne pouvons nous empêcher de penser en notre for interne qu'il nous eût fallu une forte dose de maturité et de sérieux, pour ne pas sentir notre pauvre cervelle s'évaporer frivolement au milieu de ce frou-frou de rubans et de chiffons, et de ces étages de tulle transparent et de gaze légère.Il y aurait bien encore quelque chose à dire depuis les crinolines de nos grand'mères jusqu'aux \u2018\u2018shorts\u2019\u2019 de l'été dernier; mais cela nous entraînerait certainement trop loin.Aussi je me bornerai à vous confesser que les \u2018\u2018shorts\u2019\u2019 ont pour moi l'inappréciable avantage de me remettre en mémoire une réponse de catéchisme sur les ocuvres de miséricorde corporelle, où 1! est question \u2018\u2018de vétir ceux qui sont nus\u2019.Abandonnons maintenant l'histoire qui conserve toujours malgré tout un certain air de vétusté et un relent de papier jauni, pour remarquer comment dans le cours ordinaire de notre petite vie, les costumes réagissent sur notre humeur.Je ne vous citerai pas le cas de ceux qui se croient indisposés parce qu'ils ont négligé \u2018\u2018de se faire la barbe\u2019, pour la bonne raison que ce cas est trop commun, et aussi parce que la barbe quoi qu\u2019en disent les Douko- bors, n'est pas un vêtement complet.Il n'est personne, je crois, qui n'ait connu dans son entourage un de ces valétudinaires chancelant sans cesse entre une crise rhumatismale et une attaque cardiaque, et qui, le pantalon frais presse, la main serrant une paire de gants couleur \u2018beurre frais\u2019, et le teint tout regaillar- di par un vigoureux massage, parvient à nous donner l'impression de la santé.On croit dur comme roc que notre homme enterrera tel ou tel de ses héritiers, lorsque, un beau matin, il meurt, le monocle encore à l'oeil et le plastron immaculé.Et tout le monde de demeurer consterné devant une mort aussi inopinée.S'il est de ces majestés crânes et de ces hommes de tenue, il existe aussi une autre catégorie de gens chez qui le vêtement produit un tout autre effet.J'ai connu, il y a quelques années, un homme qui n\u2019avait qu\u2019à revêtir sa robe de chambre en temps opportun, pour se sentir malade.Hâtons-nous de dire pour rassurer les fervents d'enquêtes municipales, qu'il ne s'agit pas ici d'un agent de police.S'il arrivait par hasard à ce pauvre bonhomme d'être réveillé d'urgence un matin où il n\u2019était pas de service, devant la perspective peu alléchante de revêtir l'uniforme et de boucler la ceinture il était tout surpris de se trouver la paupière un peu lourde.Après avoir constaté que son pouls était légèrement \u2018\u2018concentré\u2019\u2019, il n\u2019hésitait pas à endosser sa robe de chambre.Mais la robe de chambre ne tardait pas à opérer: elle lui donnait d'abord l'air \u2018un peu défait\u2019, ce qui impliquait le cortège du bain de moutarde et de la tisane aux herbes amères: toutes choses qui, avec un peu d'imagination, ne tardent pas à mettre \u2018\u2018au lit\u201d un homme \u2018\u2018en robe de chambre\u201d.Et personne ne viendrait, je crois, mesurer l'influence du costume, s'il arrivait qu'un de ces valétudinaires à plastron que nous avons enterré tout à l'heure, passait, un bon soir, de vie à trépas pour avoir malencontreusement endossé la robe de chambre, le matin même.Jean FREDERICK E soir, je ne suis pas comme les autres soirs.C\u2019est drôle.C'est très drôle.On dirait que je deviens sentimental.Ça m\u2019étonne beaucoup car, vraiment, je n'en ai pas l\u2019habitude.J'ai bien la réputation d'être un original, un mystique.On ne m'a jamais dit que j'étais un senitmental.Je comprends pourquoi je ne parvenais pas à analyser le tréfonds de mon subconscient.Je viens de m\u2019asseoir devant ma table de travail.Incapable de m'absorber, de me concentrer sur ce problème de mathématiques.Ça y est; je suis atteint de la maladie mystique d'un coeur de vingt ans.Maladie contagieuse faisant des victimes même au milieu de ceux qui se croyaient invulnérables.Mon imagination vagabonde entraîne mon esprit.Elle me ramène sur les bords pittoresques du lac Saint-Joseph où avec quelques camarades j'ai passé mes vacances.Ma mémoire, d'habitude si infidèle, qui ne sait qu'oublier, est aujourd'hui fidèle.Elle ne sait ou ne veut pas oublier, : Elle me reporte a Saint-Adol- phe et déroule devant mes yeux les épisodes de ma vie sentimen- SOUVENIRS \u201cNous vivons dans le souvenir.\u201d \u201cIl n\u2019y a rien de plus doux qu\u2019un souvenir\u201d \u201cLe souvenir est un poète.\u201d tale.Pourtant, à ce moment, je me défendais de faire du sentiment.Cette vie, la partie la plus intime de ma villégiature, a néanmoins laissé une profonde empreinte dans mon coeur.Pourquoi ?\u2018Le coeur a des raisons que la raison ne comprend pas\u201d.Je suis assis sur mon fauteuil ; en fermant les yeux, je me croirais au cinéma.Les lignes sont un peu brouillées, les contours un peu défaits, les décors estompés.On ne peut pourtant pas se tromper.C\u2019est moi qui erre par un beau clair de lune dans ce sentier raboteux bordé de sapins.C'est moi qui vogue sur ce lac dans lequel viennent sombrer les dernières lueurs du soleil couchant.C\u2019est moi qui longe ce chemin s\u2019enroulant autour de la nappe d'eau.C\u2019est moi qui cause moëlleusement étendu sur ce divan.C\u2019est bien moi.Et, je ne suis pas seul.Une forme blonde ou brune mais une forme adorable est à mes côtés.Des yeux \u2018bleus ou noirs, tous aimés tous beaux\u201d mais des yeux cd- lins.Un profil grec ou romain mais un profil aux lignes souples et harmonieuses.Une voix douce et suave.Un rire argentin semblable au bruissements de la fleur agitée par le vent.Heures perdues! heures agréables.Suis-je néviopathe?Non! Ces souvenirs ont laissé un goût d'amour.J'ai enfin échappé le mot que ma plume tentait de retenir.Mais, c'est cruel, il ne faut pas jouer avec l'amour.Musset a même écrit: \u2018On ne badine pas avec l'amour\u201d Heures de joies fugitives que ma mémoire conserve ! Au moindre appel de mon imagination, ma mémoire me tend ses images.Elle a tout gardé.La vision de ce chemin témoin de tant de causeries badines.L\u2019dpre odeur de ces bois de pins.Le goût du vent et du grand air qu\u2019avaient nos bavardages.Le spectacle de cette flotille se balançant sur les eaux calmes au doux refrain de nos chants.Le charme et la vie de ces réunions amicales.Comme le papillon, je sautillais de fleur en Fleur.J'en savourais le parfum et l'exquise beaute un moment plus ou moins long avant de repartir.Tout cela maintenant n'est plus qu\u2019un souvenir.Si j'étais poète, je décrirais en strophes rythmées et cadencées ces scènes évoquées devant mes yeux.Ces rêveries, ces causeries, ces promenades .en vers ne seront pas racontées.C\u2019est dommage.J'aurais tant voulu offrir en hommage à mes amies, à mes amis, ces souvenirs que j'ai dévoilés.Assez rêver! Remettons-nous au travail plus dispos.I me faut trouver cette solution.Ça m'a fait du bien de laisser s'épancher le trop plein de ma pensée.Oublions pour ne pas regretter.Marcel THERIEN Fél.HA.8928 - 1649 St-Denis ECLAIR VALET SERVICE Nettoyage français, .85c Pressage - - - - - - .25¢ Nous allons chercher et, livrons les habits sans frais.V.Thivierge, Prop.Page 11 UN FAIIEI E voyageur, enfoncé dans la housse de son siège, ne devine pas les sinuosités de la voie ferrée.Tout ce qui l'entoure décrit les mêmes courbes.Notre course nationale n'a-t-elle pas, elle aussi, de ces inconsciences?Cependant nous avons nos chefs de train et nos avertisseurs.M.l'abbé Groulx, pour n\u2019en nommer qu\u2019un, n'\u2019essaie-t- il pas depuis nombre d'années de nous prévenir et de nous prémunir contre les chocs dangereux et les descentes abruptes?Ne disons pas qu'il ait totalement échoué.Dans certains milieux, des groupes se forment, groupes de jeunes surtout, qui se sentent une âme nouvelle, profondément française et fortement ancrée au sol canadien.Trop des nôtres croient que l'action nationale ne trouve sa formule que dans de grands discours et accusent, de ce chef, la plupart, de n'en point faire.Des discours pour les orateurs?Concédé.Des discours pour tout le monde?Objecté.Si chacun cherchait a devenir une valeur d\u2019homme, ne ferait- il pas autant pour sa nationalité qu\u2019à imiter les haut-parleurs?\u201cVivre sa vie\u201d et y placer un brin de rêve, voilà la recette.Vivre sa vie \u201cVivre sa vie\u2019, qu'est-ce, sinon un vilain jeu de mots?Je réponds: \u2018Pour vivre sa vie, il faut découvrir en soi les puissances que le Créateur y a recelées.\u201cLa vie, a écrit Bordeaux, ce n'est pas la distraction et le mouvement du monde.Vivre, c'est sentir son âme, toute son âme'\u2019.Chasse, donc, à la personnalité, à l'originalité de son être! Mais combien ne trouvent leur voie qu'après s'être fourvoyés toute une vie! Serait-ce CET EEE .et le meilleur \u201cchangement pour le mieux\u201d GRADS parce qu'en se cherchant, ils ne se seraient pas assez comparés, mesurés?Au contact du génie, le génie s'informe.Nul ne se connaît bien avant de pouvoir affirmer une préférence pour certains écrivains, s'acharner aux pas de quelque héros de son choix.Cette élection répond à notre fonds -psy- chologique individuel.Ainsi, st je préfère Racine à Corneille, Musset à Victor Hugo, Maurice Barrès à Paul Bourget, c'est que l'héroïsme tout d'une pièce de Polyeucte s'accommode mal de la complexité d'âme, plus humaine, d'Andromaque ou de Bérénice, c'est que parfois pleurer vaut mieux qu'\u2019écouter une fanfare, c'est peut-être aussi que l'énergie nationale et le culte des grands morts m'apparaissent pas plus chargés d'émotions que l'analyse spectrale de l'âme d'un bandit.Chacun a ses goûts; à lui de les cultiver.De même, chacun a ses idoles, à lui de travailler à leur ressembler.Pour être un grand coeur, il faut aimer les grands coeurs, et pour les aimer, il faut les connaître d'abord.Le héros se découvre dans le héros qui lui ressemble.Et il y en a encore.Je me refuse à croire que leur génération soit épuisée.En chacun de nous probablement sommeillent des forces insoupçonnées qui nous grandiraient, à nos propres yeux, si nous les connaissions.: Après les études passionnantes qu\u2019il aura faites sur les autres et sur lui-même, le jeune homme sera prêt à \u2018Vivre sa vie\u2019', dans toute la force que je prête à cette formule déjà vieille.Maurice ARCHAMBAULT (Dans un second article, nous montrerons comment il faut \u2018\u2018réver sa vie\u201d.Un tabac un peu meilleur préparé avec un soin minutieux, \u2014 voilà ce qui assure un surplus de satisfaction aux milliers de gens qui fument les GRADS.D2 \u201cMains de Bridge\u201d en série ou non sont acceptées L.O.GROTHE LIMITÉE MAISON CANADIENNE ET INDÉPENDANTE CONSERVEZ LES \"MAINS DE BRIDGE\u201d Warm a ¢ Bias - Page 12 Le Quartier Latin Devise: Bien faire et laisser braire.\u201cQuartier Latin\u201d est l\u2019organe officiel de l\u2019Association générale des étudiants de l\u2019Université de Montréal.C\u2019est un journal hebdomadaire, paraissant le jeudi de chaque semaine, du mois d'octobre au mois de mai.Son but est de fournir aux étudiants un organe pour l'expression de leur pensée et de tenir les étudiants et le public au courant de la vie universitaire.Ce journal est le fruit de la collaboration bénévole de tous les étudiants sous la direction du persnnel suivant: DIRECTION Directeur: J.- GERARD JONCAS.Censeurs: Chanoine Emile Chartier, Abbé Georges Deniger.Sccrétaire: J.-P.Des Chatelets.Aviseur: Gérard Ducharme., \u201c I.REDACTION MRéd.en chef: FRANÇOIS PAQUIN.Nouvelles: Marcel Prévost.Littérature: Jules Léger.Genest Trudel.Théâtre: Nantel David.Chroniqueur: Jean Lebrun.Rédacteurs: René Ménard, Gustave Lachance, Guy Morin.Roland Guy.Bernard Nantel.Philippe Cantave Thomas Irving \u201c ADMINISTRATION Admin.: ADRIEN DESCOTEAUX Circulation: Paul! Potvin.* + + Direction ct administration: 539 Est, rue de Montigny, Tél.HA.0530.* * * Rédaction et impression: Ateliers de \u201cL\u2019Eclaireur de Montréal, Inc.\u201d 1725, rue Saint-Denis, Tél: PL.2321 L'Enquête de l'«Action Nationale» sur l'éducation nationale N se souvient de la retentissante enquête poursuivie au cours O de l'année 1934, par la revue \u201cL\u2019Action Nationale\u201d sur la question de l'EDUCATION NATIONALE.Chaque livraison apportait de nouvelles preuves d\u2019un état vraiment alarmant, et faisait le point des théories à mettre en vigueur pour améliorer une situation que tous s'entendent à trouver d'une extrême gravité.Monsieur l'Abbé Lionel Groulx et ses collaborateurs s'attachèrent tout d'abord à définir le droit naturel et positif; le devoir national, l'intérêt individuel et national pour étudier ensuite l'application des principes d'éducation nationale à l'enseignement primaire, à l'enseignement secondaire, aux écoles normales, au couvent, à l'Université et jusqu'a usein des familles.On -retrouve toutes ces études publiées en volume aux Editions ALBERT LEVESQUE.\u201cNotre intention, dit l'abbé Lionel Groulx, dans un magnifique avaht-propos qu'il faudrait citer en entier, est bien, en tout cas, de ne pas nous attarder à peser les responsabilités anciennes, non plus qu'à faire oeuvre de critique désobligeante et négative.L'effort constructif importe seul.Oeuvre essentiellement vivante, l'éducation ne saurait jamais s'arrêter au moule ni à la formule statique.Les maîtres de notre jeunesse nous accorderont sans peine, croyons-nous, que l'époque est de celles qui requièrent au fond des âmes un dynamisme exceptionnel .Ce que nous cherchons, en demandant pour notre peuple une éducation plus activement nationale, c'est de lui donner une dignité, un sens de fierté qui soit plus digne de sa foi; c'est de faire, de notre petit peuple, une puissance culturelle plus vigoureuse au service du spiritualisme catholique: c'est d'obtenir qu'en ce pays où deux cultures s\u2019affrontent et collaborent, notre collaboration soit plus féconde dans le domaine spirituel, parce qu\u2019elle sera plus originale.Et c'est déjà servir notre catholicisme, estimons-nous, que de lui permettre de plonger dans une humanité plus riche parce que plus intégrale\u201d Un tel livre arrive à point et mérite l'attention de nos éducateurs tout d'abord, et du grand public que ne saurait laisser indif- férent la discussion du problème vital de l'EDUCATION NATION ALE, seule garantie de survivance.On trouve l'Enquête sur l'EDUCATION NATIONALE aux EDITIONS ALBERT LEVESQUE, 1735, rue S.Denis.Montréal, et dans toutes les bonnes librairies, au prix de $0.75 l'unité, Dans la même série des Documents Sociaux, ont récem- \u201cNos problèmes d'enseignement\u201d, par Mgr Camille par René Fandrich et \u201cEn par l\u2019hon.Athanase David.Prix spécial à ment parus Roy: \u201cL\u2019Ecole Primaire Supérieure\u201d, marge de la politique\u201d, la quantité, et pour les membres de la Société des Mécènes.REUSSIR La formation (Suite de la première page) f .rançaise victoires.Avec une habileté suffisante et du temps en abondance ; \u2014 deux éléments de succès \u2014 ils sont constamment occupés à (Est un licu commun de dire que lancer leur navette vide, et la trame de leur vie n'est jamais tissée.LA créature la plus faible peut, en concentrant son énergie sur un seul objet, accomplir de grandes choses; ptus fort et le plus habile, qui disperse ses forces sur beaucoup de n \u2019 .choses, n'en accomplit aucune.Pour réussir, il faut créer l'occasion.les occasions et les connaissances abondent comme jamais aupa- tavant, comment pouvons-nous rester assis, les mains croisées ?Le monde est plein d'oeuvres à faire.La nature humaine est ainsi constituée que souvent un mot plaisant ou une légère assistance peut arrêter un désastre qui menaçait un compagnon et le placer sur le chemin du succes.que dans l'effort honnéte, sérieux, persévérant, nous trouvons notre plus grand bien.De nobles exemples nous encouragent À oser et à agir, et chaque moment nous offre de nouvelles occasions.Du reste, n'attendons pas l'occasion; je le répète, créons-la.Créons-la comme le fit le petit berger Ferguson quand il calcula la\u2018 distance des étoiles avec une poignée de perles enfilées à une Créons-la comme le fit Napoléon dans plus de cent Créons-la comme tous les conducteurs d'hommes, soit en temps de guerre, soit en temps de paix, ont créé eux-mêmes leurs chances de succès.passent à côté des paresseux sans qu'ils sachent en faire usage, mais les gens pratiques et travailleurs savent convertir les occasions les plus ordinaires en occasions extraordinaires.ficelle.situations impossibles.du succès, Ia l\u2019étude de la langue maternelle forme l\u2019esprit du peuple qui la parle ct que la perfection de la langue parlée indique le degré de civilisation que l\u2019on a atteint.On ne pense pas avec netteté quand on parle une langue indécise, on n\u2019est pas un peuple adulte tant qu\u2019on parle une langue en formation, on est en décadence dès que la langue se charge d\u2019éléments mal as- Si donc nous voulons rester français, il faut que la pure langue française soit notre langue de tous les jours et de tous les instants.tandis que l'homme le Nés dans un pays où similés.Tout le monde ne semble pas saisir la justesse de cette conclusion.Tous ne semblent pas comprendre qu\u2019on a perdu le génie d\u2019une langue et d\u2019une race, qu\u2019on n\u2019est plus de cette langue et qu\u2019on s\u2019écarte de sa lignée, quand Nos facultés sont ainsi faites on groupe ses mots sous une tournure étrangère et qu\u2019on les emploie dans un DE L\u2019ACTION RADIEUSE jeunesse, aux yeux droits, aux épaules solides, 3 la démarche joyeuse, sportive, aux muscles durs, aux narines frémissantes, a la lèvre sérieuse ou rieuse .étes-vous sans inquiétude?Vous avez mis plus d'air dans la vie que vos pères.Vous marchez la tête haute et vous vous créez des besoins qu'ils n'ont pas soupçonnés.Vous avez une morale qui n'est pas la leur et une asurance qui les étonne tous.Pour vous, la dureté de l\u2019heure compte.Le désordre est maître ct vous vous en rendez compte.Vous sentez sans pouvoir toujours le préciser que la vie matérialiste ne doit pas prédominer.Elle ne doit pas passer avant le reste.Jeunesse! ouverte à toutes les plus nobles aspirations, moins bavarde que la précédente génération.Jeunesse qui veut de l\u2019action, où vas-tu?Nous vivons dans le chaos.Nous sommes enveloppés, sertis dans un réseau d'idées ambiantes souvent fausses.Il vous manque de savoir distinguer le vrai du faux, le beau du laid.Tout ce qui nous entoure est bas et vulgaire, commun, quelconque.Et nous nous débattons comme la mouche sur la toile d'araignée.En attendant d'être dévorée, la mouche s\u2019englue les pattes sans pouvoir se dégager.Subirons- nous cette destinée?Serons-nous broyés, triturés emmitouflés dans !l'infecte bave du monde?Vous étes de la génération qui peut, qui doit faire quelque chose.Si chacun d'entre-nous a du courage, de la volonté, du caractère, vos oeuvres seront saines.Vous sauverez le principal: l'intelligence et le coeur.Vie droite dans la vérité.Vie pure dans la force.Vie active dans le domaine social.Pour y parvenir: travail sur vous-mêmes.Vous reculerez toujours le but que vous vous assignerez.Il doit être indéfini en ce sens qu'il dépassera les limites du fi- Chaque jour, vous vous imposerez une tâche, voire une corvée \u2018\u2018en faveur des autres\u2019 C'est peu, dites-vous, pour nous sortir du chaos.C'est beaucoup, multiplié par dix mille personnes.Vous augmentez le capital de la solidarité humaine, c\u2019est-à-dire le plus grand de vous-mêmes.Cet effort commun développera les possibilités de rapprochements sociaux.Avouons-le.Nous vivons sans penser aux autres et cet égoïsme général se trouve à |, base des mésententes.Egoïsme partout, dans la vie rivée comme dans la vie professionnelle, Or cet amour de soi-même nous empêche d'élargir notre compréhension des hommes.en société, nous Nous vivons n'avons pas le droit de l'oublier.Nous ne sommes pas sur la terre pour rentrer dans notre coquille, mais pour en sortir.Ce n\u2019est pas vivre pleinement que de ne penser qu\u2019à soi.Arrière les petites duperies, les mesquines ambitions, les détestables insouciances.Ne soyons pas des velléitaires, redoutons les ne font rien, L'homme d'action ne s\u2019agite pas il agit après avoir réfléchi.Ceux qui font beaucoup de bruit ne font pas tou- phraseurs qui vainement; jours beaucoup de besogne: ils perdent leur temps et le font perdre aux autres.Pendant que vous êtes forts, ardents et jeunes, dépêchez-vous de faire quelque chose pour les autres.Plus tard, tard.il sera trop Marcel THERIEN sens inexact.On trahit par la son origine exotique ou son manque d\u2019instruction.Et si tout un peuple parle ainsi, c\u2019est que ce peuple évolue et qu\u2019il ne sera jamais demain ce qu\u2019il fut hier.Or, la caractéristique principale de l\u2019esprit français, c\u2019est sa capacité d\u2019analyse et de synthèse.Le Français aime à décomposer un tout en ses parties, à classifier ses éléments selon leur importance, puis à reconstituer l\u2019ensemble qu\u2019il regarde sous un angle choisi et qu\u2019il orne de couleurs préférées.Il cherche ensuite à le faire voir aux autres comme il le voit lui-même.Qu'il s\u2019agisse d\u2019une pièce de littérature, d\u2019une entreprise, d\u2019une machine ou d\u2019un événement, le Français aime à démontrer, à examiner, à recomposer.Il n\u2019est pas le seul, puisque c\u2019est là une tendance de l\u2019esprit humain, mais il y excelle plus que les autres, il pousse parfois ce goût jusqu\u2019à la manie.C\u2019est là, si je ne me trompe, ce qui distingue le clair génie français: capacité d\u2019analyse, de classification, de synthèse.Avec pareille inclination, tout devient sujet d\u2019étude ct d'observation.Les esprits rompus à cette gymnastique éprouvent un véritable besoin de voir clair et de se rendre compte, une irrésistible passion pour les constructions.En jurisprudence, en stratégie, dans les arts ou la littérature, ils veulent que tout s\u2019enchaine et soit ordonné.Ils projettent impitoyablement de la lumière partout où ils pénètrent.Ils mettent ainsi à nu la fragilité de bien des structures qui paraissaient d\u2019abord imposantes et montrent la solidité de bien des structures qui avaient l\u2019air de rien.Voilà l\u2019esprit français, fait de lumière et de logique, ennemi du demi-jour AL.Les meilleures occasions C'est la clef 161 7, rue St-Denis Marcel PREVOST.Ecoutez nos émissions: Studio A.B.B.Poste C.K.A.C.5.45 P.M.BENOIT-BENOIT DOCTEUR EN OPTIQUE DE PHILADELPHIE OPTICIEN OPTOMETRISTE .Membre perpétuel de la Société Astronomique de France.\u201cVoir c\u2019est Vivre\u201d Verres Protectal 100 p.100 précis.Tél.HArbour 0732 et de l\u2019à-peu-près.C\u2019est ce que nous devons cultiver si nous prétendons rester, par l\u2019esprit, de pure race française.L'entreprise est considérable.Dans notre milieu, à cause de notre isolement et des influences qui nous entourent, il est plus difficile qu\u2019en France de former des esprits français.Déjà, malheureusement, on remarque que notre peuple devient empirique, qu\u2019il est moins curieux que les Français de remonter de l\u2019effet à la cause.Ce manque de curiosité intellectuelle, cette inconstance dans la recherche scientifique, cette paresse d'esprit que nous déplorons si souvent entre nous, sont 'indice que nous subissons une transformation cérébrale qui n\u2019est pas un progrès.Il faut, si nous ne voulons pas déchoir, nous attacher à développer les aptitudes d\u2019intelligence que nous avons reçues de nos ancêtres.Ne nous illusionnons pas avec la théorie du travail facile et des méthodes expéditives.Il n\u2019y a qu\u2019un bon moyen de nous former: l\u2019effort pénible et fécond qui développe nos pouvoirs d\u2019observer et de réfléchir.C'est par un travail de patience et d\u2019application qu\u2019on se forme peu à peu un esprit apte à la critique et aux sciences.Il faut inconsciemment prendre les plus précieuses habitudes de travail.Le jeune homme intelligent qui se sera imposé pendant des années ce travail de pénétration et de discernement ne sera pas exposé plus tard à se reposer dans des situations fausses ou à se contenter du clair-obscur.En toutes choses, il aimera les données simples, la marche logique, les exposés limpides.Encore une fois, si les Français ont aujourd\u2019hui l\u2019universelle re, nommée d\u2019avoir l\u2019esprit lucide, c\u2019est qu\u2019ils se forment depuis des siècles par l\u2019analyse et la synthèse, par la recherche de l'expression juste et du mot pittoresque.Nous n\u2019arriverons pas au même but en suivant d\u2019autres chernins.Richard ROBERT, e.c.d.CO Pees\u2019 Oe *, o, 0, oe 2 Seale $Qreg0ed0el0elseSoeSoeleeloetnatealstoatontoedoeteodee deel Se See 007101007000 0e dE po 00 0 dE 0 00 Sd 00 01 00 0120030, Route eo te0 tea 0, ae 5 À.° * ° oo, eo.» © ae?* À, * \u2018sf * 0000 ® * 335 Est, rue Ste-Catherine tree; Une réduction de 10% est autorisée aux étudiants.Emile Thisdale Vêtements, Merceries et Chapeaux Pontet 0\u201d eels steele RY - 20 Tae\u2019 XTX Poco acte 00e °.0.z-s MONTREAL ë Qeeles ptit tete tt b 2000000000 LE JOURNAL PAR EXCELLENCE Lisez\" Le Quartier Latin\u201d IL FAUT LE LIRE POUR Var genes mama LOAN ve FT RS \"pee "]
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