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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
vendredi 28 janvier 1944
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1944-01-28, Collections de BAnQ.

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[" Bi L'OEIL DE CARABIN ETUDIANTS D'AMERIQUE Guy Beaugrand-Champagne NEGRE SYMPATHIQUE LETTRE OUVERTE A M.GAUDRY Bernard Desmarais SARTO OUELLET IN MEMORIAM L'ENTRAINEMENT ET NOUS VOICI DES LIVRES .ET DES REVUES APRES LA PLUIE NAUFRAGES A DOUBLE SENS \"L'HOMME QUI SE DONNAIT LA COMEDIE\u201d \u201cLE CHANT DU BERCEAU\"\u201d À L'ERMITAGE LES QUATRE DEVANT LA PORTE DOREE Yves Prévost NOS CARABINS DANS LA LIGUE SENIOR L'UNIVERSITE RAYONNE SAVAIT-ON QUE .VALEUR DE LA CONNAISSANCE Pierre Vadboncoenr LETTRE A FELIX-ANTOINE SAVARD Jean-Louis Roux VIE D'HOTEL MONTRÉAL, 28 JANVIER 1944 y Divecteur: CHARLES-A.LUSSIER Rédacteur en chef: ROGER ROLLAND Sommaire Louis-Philippe Dupuy Denis Noiseux Charles-A.Lussier Sylvain Cousinean Pierre Martineau Jacques Dubuc Jean-Paul Geoffroy Jacques Dubuc Roger Rolland Arthur Beanchesnes Elo; de Grandmont Jean-Louis Roux Jean-Paul Cardinal Jean Parallèle Pierre Trottier André Tessier Chinois 10 SOUS: LE- NUMERO Il | of j 5 ki antl] A TIT IRR I WE TIER MRT i LE VOLUME XXVI,sNo:13 OOD a BASSE ONOOQocoù ; x A A if Don DECOCN oc 00 BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE BILLET DE LA SEMAINE La vie qui va .Premier effet d'une licence: démission de Gaston Pouliot, directeur, et de Fernand Seguin, directeur-adjoint du Q.L.On se souvient des inversions du premier et des aversions du second.Ces deux messieurs (et Gaby Marchand) sont à l'heure actuelle tout désignés pom la rosette du Mérite Universitaire, Félicitons-les de leur beau travail et soubaitons les dire souvent malgré les exigences du Code et du Labo.Qwi a dit que l'esprit étudiant ne valait pas cher?Radio- Canada le paie deux dollars la minute.Avis aux Mark Twain et aux Sacha Guitry.Monsieur Paul Leduc, sous-directeur des programmes, a lancé le ballon: il n'attend plus que les sketches pour le faire crever .de rire.@ Victoire des Carabins dans la Ligne Sénior! Le but: premiè- , re position.Pour continuer la série des triompbes, il suffirait qu'une demi-douzaine d'étudiants assistent aux parties.Question d \"encouragement.Moins heureux, les babitnés du monte-pente interrogent le A ciel en gémissant: \"Mais où sont les neiges d'antan?\u201d Û 4 LE CONCIERGE se ae \" (BA 4 Nu |) putes = A GASTON POULIOT ET FERNAND SEGUIN Au nom de tous les étudiants nous remercions Gaston Pouliot et Fernand Seguin des services nombreux et dévonés qu'ils ont rendus au \u2018Quartier Latin\u201d.La tâche presque toujours ingrate qu'ils ont accomplie au milien de difficultés souvent insonpçonnées demeure leur plus bel éloge: cest à leur labeur que nous devons le progrès continu de notre journal.Puissent leurs examens, cause de leur départ, connaître le même succès! Charles-A.LUSSIER PHOBIE DE L'ÉTRANGER Si vieux que nous soyons individuellement, nous resterons longtemps encore un peuple adolescent.La multiplication du travail, la générosité dans le labeur, la constance de l'effort ne réussiront pas à suppléer I'hérédité des Ages.Aucune tentative d\u2019émancipation prématurée ne saurait contrevenir à l\u2019évolution naturelle d\u2019un groupe ethnique.La rigueur n\u2019existe pas que dans la loi des nombres; nous la retraçons également dans les lois de l'âme.Nous nous répétons souvent, le verbe haut, que nous sommes des fils de la vraie France, que nous en sommes des héritiers directs, que nous avons droit de nous prévaloir de ses titres d'éclat.Ce n\u2019est pas faux.Mais ne serait-il pas plus juste, plus humblement honnête de nous prétendre les fils d\u2019une France nouvelle, à peine mineure, de nous croire des héritiers encore présomptifs de la grande France, de nous contenter du droit à nous ré ouir de sa gloire universelle?L\u2019enthousiasme spontané qui sa sit l'esprit d\u2019un peuple orgueilleux de son ascendance risque d'entraîner la confusion des mérites.Ceux-ci ont une valeur de nombre et de tradition.Valeur acquise sans ces deux influences réciproques, parce qu'il s\u2019agit exclusivement du nombre que la tradition garantit, et de la tradition que le nombre a fixée.Aucun peuple d\u2019Amérique n\u2019oserait lucidement revendiquer de semblables mérites.Nous ne sommes pas les seuls enfants du continent nord- américain; nous sommes peut-être les plus réfractaires à perpétuer nos invitations aux étrangers de marque.Sous prétexte de nous par | Charles A Li ussier suffire à nous-mêmes.Rapprochons cette illusion, quoique inversement identique, de celle du cabotin qui, à l\u2019âge de trente ans, déciderait de se cultiver, comme si, à cette époque de maturité, il était loisible à un homme de se reformer l\u2019âme accessible aux joies de l'univers.Puisque la culture relève en grande partie de l\u2019éducation, elle est l\u2019œuvre d\u2019étapes successives aux âges où nos facultés sont, de leur nature, perfectibles.Elle n'est pas le résultat facile de la documentation, du renseignement.À trente ans, l\u2019homme est irrémédiablement fixé dans le domaine de sa culture personnelle; à trois cents ans, un peuple demeure essentiellement l\u2019élève du vieux monde.Il a besoin de merveilles, il sent la nécessité d\u2019un enthousiasme de plus en plus raisonné,-il cherche un chant\u2019 humain que son enfance lui refuse.L'étranger qui depuis des siècles par ses pères, et sans interruption, vit d\u2019opulence désire à son tour se libérer d\u2019un message.Notre accueil l\u2019en dissuade, nous bravons douze siècles de formation.Il serait aléatoire de compter uniquement sur l'apport culturel du livre pour combler notre ferveur d'adolescents.Les livres sont des richesses d'humanité mais qu\u2019il faut animer par la rencontre en soi d'idées correspondantes.Seuls, nous pouvons parvenir à créer en nous cet état de réceptivité, nous sommes capables de nous éveiller au monde du beau, nous naissons à l\u2019univers tout remplis de joies.Ajouterons-nous cependant qu\u2019il nous sera possible de maintenir notre \u201cpuissance d\u2019émerveillement\u201d, de poursuivre incessamment la \u2018\u201c\u2018quéte de joies\u201d?Les yeux tournés vers nous, nous nous dessécherons mutuellement.Notre Évolution, jusqu\u2019à un certain point, repose sur les contacts prolongés que nous réussirons à établir avec des hommes qui jouissent d\u2019une culture traditionnelle.Nous ne sommes pas mûrs nous-mêmes parce que nous avons produit quelques grandes œuvres isolées.C\u2019est là une manifestation partielle d\u2019épanouissement.Les étrangers, nous l\u2019admettons, ne créeront pas notre mentalité, ils ne seront pas souples au point de s\u2019assimiler tellement à nous qu\u2019ils regrandiraient avec nous.De ces étrangers surfaits ou inconsistants nous n'avons cure.Nous n\u2019entendons pas plaider la cause d\u2019un altruisme sans portée, nous ne songeons pas à susciter dans le cœur des naïfs la lubie du produit importé.Il s\u2019agit d\u2019une œuvre de durée, de pénétration réciproque de deux hommes, dont l\u2019un va dispenser à l\u2019autre, après l\u2019avoir mieux compris, les connaissances vivantes de tant d\u2019êtres et de siècles multipliés en lui.L'on ne peut pas exiger de nous que nous répétions à tout propos des actes de foi au sujet de problèmes qui ne regardent pas le dogme.D'un autre côté, nous avons besoin de croire, de croire en la culture, fût-elle scientifique, artistique, littéraire, nous voulons jouer le jeu de nos aspirations, et nous nous surprenons souvent, au passage d'un étranger de marque, à communier à la vie.La vraie vie est un mouvement continu.La visite d\u2019un personnage reconnu en son domaine produit en nous un arrêt de surprise dans la marche aisée de notre existence isolée.Les visites prolongées de la même personne provoquent en notre intérieur des émotions vives et durables.L\u2019invitation perpétuée serait peut-être pour un grand nombre la source d\u2019une vie de plénitude.Ge SN aie PAGEDEUX -< ECONOMIE HUMORISTIQUE En feuilletant une vicille revue, nous trouvons ce passage d\u2019un jeune Français, étudiant de première.Il traite, dans une dissertation, de l'endettement des états: \u201cIl est vraiment rogrettable que los générations futures ne soient pas ici on cc moment pour so rendre compto par olles-mômes do toutes les choses magnifiques que nous fui- sons avec lour argent .\"\" © ESPÉRANCE .Îls ont adopté l'espérance et l'espérance les n adoptés .Ch.Péguy C\u2019est sans la permission du Comité de libération nationale que nous citons un extrait du discours du Maréchal Pétain prononcée la veille de Noël de 1940.11 faut penser aussi ceo soir à tous coux qui souffrent, à ceux qui ne mettront duns leur chominéo ni bâches ni charbon, à ceux qui enton- dirent jadis parler du réveillon ot qui ne snvont pus ce qu\u2019ils mangeront demain; aux onfants qui ne trouveront pas de joucts dans leurs souliers: aux réfugiés qui n'entendront plus cotte année In cloche de leur village.Je pense aux pauvres, à tous les pauvres, à coux des asiles de nuit et des soupes populaires, à tous les inal- heureux que l'entr\u2019aide d'hiver ne put secourir encore, à ceux qui so raidissent, à ceux qui s'abandonnent.Mes enfants, Noël, ne l\u2019oublioz us, c\u2019est In nuit de l'Espérance, c'ost a l'ôte de la Nativité.La France Nouvelle est néo.Cette Franco, co sont vos épreuves, vos sacrifices qui l'ont faite.Comme vous saurez In fairo bolle dorénavant! Mes amis, ayez confiance, roprenoz courage, faites ce soir le sermont de participer de toutes vos forces à cette grande renaissance pour que vos enfants connuissent de nouvenu Noël dans la joie.Serrez-vous cu soir autour de moi pour que cotte France, une France neuvo ot saine, grundisse et se fortifie.Bientôt vous verrez luire l'étoite qui guidera votre destin.Bon Noël, mes enfants, ot Vive In France! Prions le Ciel que ces vers de Ronsard soient vrais nu moins une fois de plus.Le Français est un saule verdissant Plus on le coupe et plus il est naissant, 11 rojetonne en branches davantage Et prend vigueur do son propre dommage.LATIN Voici quelques anecdotes amusantes racontées par le due de la Force de l\u2019Académie Française.Nous prenons la liberté de les simplifier ?Un rcligieux du moyen âge veut dénoncer au Père Provincial trois autres de ses confrères soit le Père Abbé, le Père Prieur et le Père Hôtelier.Le premier est buveur, le deuxième joucur ct le troisième les deux à la fois.Comme le religieux a promis de ne dire qu\u2019à Dieu ce qu\u2019il sait ct qu\u2019il veut dénoncer les \u201cméchants\u201d au Père Provincial voici ce qu\u2019il chante À In préface: Vere dignum et justum est, nequuim et salutare nos tibi semper ot ubique gratias agere, Domine sanete, Pater omnipotens, acterne Deus et in hoe praesertim monastorio, ubi talin aguntur: Pater Abbas bibit, Pater Prior ludit, Pater Provisor utrumpe faeit, quae quidem, Domine, promisi_me nemini_ dic- turum: nemini dixi, nemini dicam, nemini dico nisi tibi soli Deo meo! Un général de la Révolution demande «es vivres à un riche couvent d\u2019Italie On lui répond cn latin dans unc épître très élaborée qu\u2019on n'a rien à lui donner.Comme ultimatum le général leur sert: \u201cSi vous ne me donnez pas tout de suite des \u201c\u2018vivribus\u201d, je vous fais tous \u201cpenditus\u201d aux \u201cportibus\u201d de votre \u201ccouventibus\u201d.On raconte que les portes s'ouvrirent, que les vivres parurent comme par miracle.INSTITUTION CANADIENNE-FRANCAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITEE i PHARMACIE EN GROS ESPRIT DE TABLE Cette historiette d\u2019après Brillat- Savarin est tirée de la \u201cFrance de ce mois\u201d de janvier 1941.Un buveur était à table ct au dessert on lui offrit du raisin.\u201cJe vous remercie, dit-il, en repoussant l'assiette, je n\u2019ai pas coutume de prendre mon vin en pilules\u201d.LE QUARTIER LATIN OEIL de CARABIN par Louis-Philippe Dupuy IMMIGRATION Tout le monde connaît la requête de la \u201cTnited Jewish Refugees and War Relief Agencies\u201d 3 effet de réclamer du Canada \u201cl\u2019admission de tous les réfugiés du continent européen\u201d.Toute l'affaire sent passablement l\u2019ail.Il y a lieu de croire que l\u2019Amérique de l'après-guerre constituera la nouvelle Terre promise.Le moins qu\u2019on puisse demander aux e nouveaux refugiés c\u2019est qu\u2019ils soient : honnêtes.Il existe de par le monde une population flottante de nationalité bien connue dont le rôle cst de désagréger un pays et d\u2019en profiter tant qu\u2019elle ne se fait pas mettre dehors.On connaît l\u2019histoire européenne des vingt-cinq dernières années, celle de AVIS AUX HOMMES POLITIQUES , uand on ne peut pas dire ce que 1 l\u2019on ponse on finit par ne plus penser ce que l'on dit.Zénon Étudiants d\u2019Amérique par Guy Biaugrand-Champagns NOTRE VIE INTELLECTUELLE (\u201cCarabin\u201d\u201d) Dans le \u201cCARABIN\u201d de Laval, Henri Beaupré attire nos \u201cRegards sur notre vie intellectuelle\u201d.Admettant qu\u2019on ne passe pas huit ans au collège sans qu'il en reste quelque chose, il se demande toutefois si notre culture, tant dans le domaine littéraire que scientifique ou philosophique, est satisfaisante, s'il est vrai qu\u2019elle possède des buses solides?Kn général, le \u201cbagage littéraire du finissant de collège est plutôt négligeable\u201d lorsqu'il arrive à l'Université.Il en est qui s\u2019en rendent compte et qui essaient de l'améliorer, de s'améliorer, Les autres, qui aussi l\u2019ont négli- £é, le trouvent négligeable, et continuent de se négliger.C\u2019est peut-être, comme il le dit, affaire de routine ou de tempérament.Mais, c\u2019est surtout une affaire de manque d'éducation, et souvent d'éducateurs, Beaucoup, n'ont pas reçu à l'école primaire le goût de la recherche, la simple curiosité.Au contraire.Trop souvent des instituteurs, hons et d'esprit simple, étouffent chez l\u2019enfant sa tendance du beau et son goût naturel de recherche et d'inquiétude.Or le force dès l'enfance à être une grande personne raisonnable et pratique qui doit se respecter en faisant comme tout le monde.Et cela, dans tous les pays, surtout les plus civilisés .Le \u201cPetit Prince\u201d aurait certainement quelque chose à enseigner là-dessus.Et trop souvent le milieu fami- linl, hon bourgeois ou fonctionnaire, n'apporte en rien à l'enfant un goût pour \u2018\u201cl\u2019inatile\u201d.Et l\u2019enfant, à demi atrophié, arrive au collège.Ses professeurs sont compétents: ils connuissent certainement la matière qu\u2019ils enseignent.Mais cela ne leur confirme pas le titre d'éduenteurs.Aiment-ils assez ce qu'ils enseignent et com- prennent-ils qu\u2019ils ont charge de réveiller l\u2019enfant qu'on n déjà à moitié endormi?Sont-ils assez dynamiques pour jeter l'inquiétude au coeur de l'enfant, le pousser à Ia recherche et au travail hors de In routine, des habitudes et des genres trop systématisés?M.Benupré a effleuré ce sujet en affirmant que les professeurs ne sont pas assez souvent là pour guider le choix des élèves, les encourager, développer leur goût de eréation, non pas leur penchant au \u201cspectateur pur\u201d.Dans le domaine scientifique, il remarque que l\u2019on a fait un travail énorme pour en rehausser le niveau.Mais encore, on sent de nombreuses déficiences, que M.Beaupré met au compte du facteur temps, mais qu'on peut certainement mettre au compte des déficiences générales d'éducateurs.Les professeurs sont excellents, mais trop souvent aux dépens de l'éducations.On l'écrase sous le prétexte d'instruction nêces- snire.Puis, sur le plan philosophique, M.Beaupré note que: Notre formation philosophique rachète un peu ces déficiences.C'est elle, qui nous prépare le mieux aux divers chmunps d'activité que nous avons choisis.C'est elle qui nous donne cette formation pleinement humaine que nous envient parfois les diplômés des universités anglaises.i\u2019amélioration que l\u2019on note là dépend probablement du fait que les professeurs, au contact de la philosophie, acquièrent eux-mêmes ce qui fait toute la différence.Mais encore, combien en a-t-on vu qui ne l\u2019enseignent que comme une stricte matière de classe, qui doit passer, qui n\u2019a pas plus d'importance qu\u2019une autre, qui, devenue routinière, sèche et inhumaine, ne peut plus donner \u2018\u2018cette formation pleinement ine que nous envient parfois .\u201d Et alors, hommes sur lesquels ont été entassées moult choses oubliées et dont la charpente est à moîtié construite (encore que c'est la base qui manque le plus), \u201cles étudiants, à leur arrivée à l'Université, ont-ils le désir d'augmenter leur culture?\u201d Nous répondrons oui et non, Ils veulent augmenter leur culture en se spéclalisant, mals ils se promettent bien de s\u2019en tenir là pour In plupart.C'est la raison pour laquelle nos futurs professionnels déluissent si rupide- ment tout ce qui ne contribuera pus à les nider dans leurs examens, tout ce qui ferait d\u2019eux des honunes vraiment cultivés.\u201cL\u2019inutile\u201d, on le déluisse parce qu'en réalité on ne s\u2019y est jamais profondément intéressé, parce qu'on à commencé d\u2019avorter dès l\u2019école primaire, et qu'à l\u2019Université on nchève: on se \u201cspéciulise\u201d, alors qu\u2019on n\u2019a jamais commencé de se \u201cgénéraliser\u201d.Et on se met à l\u2019ouvrage.On travaille de ls même façon que tous ceux\u2019 de sa faculté, parmi lesquel ils s\u2019en trouvent de rares qui eux se sont généralisés et maintenant se spécialisent honnêtement.Alors, M.Beaupré observe In vie de l'universitaire en regard de sa profession.Il constate qu\u2019en général l'étudiant fournit un certain travail, plus intense évidemment en Médecine et en Science; qu\u2019il travaille en individualiste: en fait, jamais il na appris à travailler, et aujourd'hui il n'est plus temps de le lui montrer.Ce n'est pas À l'université à refaire la base.Elle la suppose.Et c'est pourquoi L'Université ne serait pleluement un Beu de culture sil les universitaires n'y trouvaient pas une aunblunce Intelletuelle.C'est pourquoi, 1 convient d'étudier la vie intellectuelle des étudiants Indépendamment de leurs travaux obligatoires .Et l\u2019on constate alors que l'étudiant ne lit à peu près pas.l\u2019auvres livres! Ils en sont rédults le plus souvent à se dessécher de longs mols sur lu même table de travail, à s'étioler dans une vaine attente, à mordre lu poussière.'lel étudiant! Ce n'est pus sa faute! C'est entendu, le nulheureux garçon a une Coule d'organisations sur les bras.C'est comme son volsin, 11 faut qu\u2019il cultive ses relations sociales! Et cela demande du temps .Certes, it en est qui lisent encore, qui ont un livre de chevet, qui ont un auteur préféré.Mais chez le grand nombre, \u201cdans ce domaine comme dans les autres, ln part de l'esprit se résume souvent au moindre effort\u201d.On lit done les journaux, des magazines, purfois une revue spécialisée.Alors, le goût intellectuel est-il prêt de s'éteindre?Non pasi In soif de connaître existe chez tous les universitaires.C'est pour cela qu'ils viennent à l\u2019Université.C'est pour apprendre.C\u2019est pour sg'instruire.Que le but qu\u2019ils poursuivent ne soit pus toujours désintéressé, mulgré le caractère désintéressé de toute profession libérale, entendu! Mais comment s\u2019en étonner en notre siècle de vitesse où tout parle argent, où tout crle argent?L'universitaire subit, comme les autres, l'influence des milieux, Et À une époque où tout se pale ct s\u2019achète, Il acquiert peu à peu In certitude que ce qui ne rapporte rien en monnale courante est effort louuble, mais pratiquement inutile.Oh! si vous lui dites cela carrément, il protestera sans doute.11 n'en continuera pas moins à sacrifler chaque jour un peu de son Idénl de'jeunesse à se reconstruire, de ses malus, une conscience plus élastique, une consclence \u201cpratique\u201d.Et de plus en plus il s'attache à l'utile, il s\u2019y lie, s\u2019y intègre.I entre dans ce qu\u2019il appelle la vie après avoir jeté tout ce qu'il y a d'inutile, surtout une vision de la vie, une religion.Et parce qu'on l\u2019a dressé vers le pratique, il va vivre comme tout homme pratique dans des abstractions et des symboles creux que l\u2019on nomme l\u2019étalon-or, la plastre, Ia civilisation, le progrès, la liberté, le gouvernement du peuple, .et la presse libre l\u2019Allemagne en particulier.Sans vouloir excuser en aucune manière la barbarie allemande à l\u2019égard des Juifs, il est tout de même intéressant de lire ces quelques statistiques que je tire de l'Euro tragique\u201d de Gonzague de Reynold.Elles prouvent peut-être l\u2019intelligence israélite, certainement un manque de tact.Duns le barreau de Berlin, sur 3450 avocats, il y evait 1925 juifs et 1525 aryens; à Breslau sur 285 avocats, 102 juifs et 93 aryens; à Franfort-sur-le-Main, sur 659 avocats, 432 juifs et 227 aryons.En 1014, 309, des chairos universitaires étaient déjà occupées par des juifs; en 1932, à la Faculté de médecino do Berlin, lo pourcentage était de 459.Dans les théâtres berlinois sur 29 dirigeants, 23 étaient juifs soit 80%: 75% des pièces de théâtre jouées ces dernières années étaient écrites par des juifs.Devons-nous être surpris qu\u2019il y ait eu une réaction assez brutale?Le moins qu\u2019on puisse dire c\u2019est qu\u2019elle était nécessaire.T1 y aurait lieu pour nous Cana- diens-français d\u2019emprunter à l'élément israélite cette habileté à émouvoir l'opinion publique lorsqu\u2019on nous spolic d\u2019un droit.Nous aurions encore plus de chances de succès et ce parce que nous ne sommes pas, comme eux, surtout braves à distance.VIVRE Qu\u2019on nous permette de citer une règle pour bien vivre.Malheureusement le nom de l\u2019auteur nous échappe.To live content with small - means, to seck elegance rather than luxury and refinement rather than fashion; to be worthy, not respec- able, and wealthy, not rich; to study hard, think quietly, talk gently, act frankly; to listen to stars and birds, to babes and sages with open heart; to bear all cheerfully, do all bravely, await occasions, hurry never.In a word, to let the spiritual, unbidden and unconscious grow up through the common.This to be my symphony.SOURIRE D'un professeur à la Faculté de droit: \u201cDépenser follement son argent, c'est être prodigue.Dépenser celle des autres, c\u2019est ôtre homme d'affaires\u201d.Inutile d\u2019ajouter que le tout était accompagné d\u2019un sourire.NOUVELLE AMBASSADE Nous sommes heureux de souligner le dernier geste du premier ministre le Très Honorable M.M.King.En effet une nouvelle ambassade vient d\u2019être créée à Alger auprès du Comité de libération nationale.C\u2019est une nouvelle consécration de notre souveraineté nationale et il serait mesquin de ne pas reconnaitre que notre premier ministre est un des plus importants artisans de notre évolution en matière de politique extérieure.Notre parfaite neutralité au point de vue politique nous permet de considérer Monsieur King comme un très habile chef d\u2019Etat.Il faut toujours garder bien présent à l\u2019esprit qu\u2019il doit gouverner un pays à tendances diamétralement opposées presqu\u2019à tout point de vue, finance, immigration, politique extérieure ct le reste.On doit remercier la Providence qu'il n\u2019ait pas brisé plus de pots qu\u2019il ne l\u2019a fait.Croyez bien que nous faisons ici un effort notable afin de lui rendre justice et ce, à cause de l\u2019édueution unilatérale que nous avons reçue.Que d'années nous pourrions employer à des tâches plus utiles et plus profitables si nous n\u2019avions pas cette éternelle engueulade et cette spéculation inutile sur la valeur de nos nationalités respectives.\u201cii, .28 JANVIER 194 \u201cIL A BON GOUT DANS LA PIPE!\" B.F., le Baccalauréat en Fumage, est un degré important.Il confère à un homme le droit à des heures de bienheureuse satisfaction tous les jours de sa vie.Prenez votre degré chez le Prof.Picobac \u2014 toujours doux et agréable.TABAC Picobac NÈGRE SYMPATHIQUE Mon ami était un grand négre sympathique.Son sourire au loin simulait l'épanonissement d'une rose noire, tachée de chair et de deux gouttes de rosée; sa figure lointaine était un joyau de bonbeur terrestre, un recueil de béatitude bumaine.H venait, et son visage redisposait son masque régulier; nous causions.Toute remarque Inline, toute communication d\u2019un coeur avec le sien soulevait machinalement son large sourire; mais, comme une mare qui s'agite, sa figure éclairée ne reflétait que mon propre regard: j'ai connu que son sourire était l\u2019armure mouvante de son coeur.Nous causions peu, car il m'\u2019ar- rétait pour dire: \u201cvous connaissez, mais ne comprenez pas\u201d.Il me reprochait ainsi d'oublier le sensible et la part de son être qui le réclamait.Alors je me taisais; lut, il bumait le vent et les froissements d'arbres, suivait les mouvements des bêtes et les absorbait dans Me ji in ses yeux; lentement son grand corps se fondait et se mélait dans les rumeurs du sol; sa présence diminuait peu à peu et s\u2019évanonissait; je ne pensais plus à lui: il était devenu perméable à la vie intime de la nature.Coeur d'enfant enfoui sous une sombre croûte, je l'ai compris.Tu es le re jeton d'une ère lointaine, le précurseur de l\u2019homme blanc; tu as connu avant lui \u201cnotre mère la terre\u201d; tu l'as baisée et mangée le premier, étant son premier fruit et sa première progénitu re, el son goûl l\u2019est resté à la bouche, et tu es plus terrestre que nous.Fils de celle \u201cgrasse mère\u201d, elle l'a formé a pétri, païen magnifique, sombre poète, fruit miiri et noirci dans la longue at tente.Elle t'a donné le rythme de sa vie et rendu sensible à ses jeux.C'est pourquoi maintenant tu l'y intègres à l'y reposes, caillou d'ombre à mon côté.Denis NOISEUX Favori des Canadiens : VERSEMENTS FAITS aux détenteurs de polices de la province de Québec au cours des dix dernières années : $90,000,000 ASSUREE otal], SUN LIFE OF CANADA ws Oe I aC CEE CRY el n gs JANVIER 1944 25 Lettre ouverte a 0% oy etedy erste ete as.EDS RSR OC M.MAURICE GAUDRY J'ai lu l\u2019article que vous consacrez au conseiller P.D.M, dans la dernière édition du Quartier Latin.Vous lui faites beaucoup d'honneur.Si le journal avait plus d\u2019espace et moi plus de temps, je pourrais désarticuler phrase par phrase votre élucu- pration vraiment remarquable par la pauvreté de forme et d'arguments.Je n\u2019ai jamais vu en si peu de paragraphes autant d\u2019âneries accumulées.En un style que vous voulez et croyez spirituel et qui est tout juste grammatical, vous cherchez à tourner en ridicule cet ami des étudiants parce qu\u2019il a fait certaines démarches pour permettre aux étudiants qui le désireraient, et qui en avaient la capacité physique, de travailler au déneigement de nos rues.Ces démarches ont été faites à la suggestion de plusieurs étudiants et, contrairement 4 ce que vous laissez entendre, M.Gaudry, \u201cfutur bour- geoix de demain\u201d, comme vous vous intitulez humblement, plusieurs étudiants ont été contents d'accepter ce travail manuel occasionnel, de prendre un exercice physique très vivifiant et de se faire un peu d'argent de poche.Je connais bien certains étudiants en médecine ct d\u2019autres qui n\u2019ont pus cru déroger en maniant la pelle et qui s\u2019en sont bien trouvés.Ce n'étaient, peut-être que de pauvres roturiers, des fils de familles nombreuses et de ressources modiques, mais tout le monde ne peut être fils à papa.Vous vous indignez que l\u2019on ait fait travailler les étudiants \u201cau vil prix\u201d de 49 cts de l\u2019heure.(Salaire ii eût été mieux que prix, mais passons, je ne suis pas chargé de vous enseigner le français.) Savez- vous, monsieur le bourgeois de demain, que si vous n\u2019étiez pas venu au monde après votre papa, vous auriez peut-être été heureux d\u2019accepter cette rémunération et qu\u2019il y a des gens qui vous valent cent fois et qui ont travaillé, à votre âge, pour beaucoup moins.Savez-vous aussi qu\u2019il n\u2019est pas plus humiliant de pelleter de la neige que d\u2019opérer un restaurant dans une place d\u2019été en faisant concurrence à un brave père de famille déjà établi.La moutarde de vos \u201chot-dogs\u201d vous monte-t-elle au nez, monsieur le restaurateur d'occasion ?\u201cSi javais de l\u2019argent, Je partirais un petit restaurant .\u201d Ce couplet populaire, ça se retient plus facilement que toutes les citations qui agrémentent votre prose et dont le sens vous échappe neuf fois et demie sur dix.Vous digérez mal vos lectures et vos auteurs, cher ami; essayez de pelleter un peu, ça vous déconstipera l'intelligence, malgré toute votre science acquise ou infuse.Vous écrivez que vous n\u2019avez pas répondu à l'appel pour ne pas enlever le gagne-pain aux ouvriers qui manquent de travail.Si vous étiez un peu au courant de la situation, vous sauriez que l\u2019on manque partout de main-d\u2019oetuvre actuellement.Si vous ne le saviez pas, vous auriez toujours pu le demander à un conseiller municipal qui est bien près de vous ct qui vous aurait renseigné, je l\u2019espère bien.Je connais bien les étudiants et votre article ne réflète pas leur opinion, Parlez pour vous-même.\u201cPauci et pauca\u201d.11 me semble avoir traduit quelque chose dans ce genre- là quand j'apprenais le latin.Les étudiants qui ont travaillé à la neige ont été bien traités par les contremaîtres, ils ont pris un bon exercice et ils l\u2019ont fait crânement, comme d'habitude.Et ça leur a permis de n\u2019avoir pas à demander des sous à leurs papas.Il n\u2019y à pas de sot métier, il n\u2019y a que de suttes gens, et souvent ils le sont triplement.A la fin de votre poulet, monsieur le bourgeois .vous citez la phrase de Danton: \u2018\u2018Que m'importe qu\u2019on montre ma tête au peuple, par la suite, elle en vaut la peine.\u201d C'est vous qui le dites; pour moi, la vôtre ne vaut pas cher, et puis, mouchez- vous donc! Bernard DESMARAIS, P.C.Bun des pelleteurs de neige.M.PAUL VIGNAUX À L'UNIVERSITÉ \u2018Théologie et Histoire: les doctrines chrétiennes et l'attitude de l'homme devant son histoire\u201d.C'est le titre de la conférence que fera M.Paul Vi;naux, le 31 janvier, à l'Université, sous les auspices de l\u2019Institut d'Etudes Médiévales.M, Vignaux est un spécialiste de l'histoire des doctrines médiévales.Ancien élève de l'Ecole Normale Supé- \u201crieure à Paris, puis professeur de philosophie, il avait à peine 28 ans, lorsqu'il fut appelé en 1932 à l'Ecole des Hautes Etudes (Sorbonne) pour y en- scigner l'histoire des doctrines dans la chaire occupée jusque-là par M.Etienne Gilson, Dès 1934, M.Vignaux deve- nail directeur d'études à la même Eco- e.Depuis 1930, il a donné au Dictionnaire de Théologie catholique plusieurs articles très élaborés, Il a publié diverses monographies sur les théologiens du XIVème siècle et sur Luther.Il a écrit pour un pubfic plus étendu\u2018un excellent petit livre intitulé La Pensée au I OPTOMETRISTES BUREAUX CHEZ JO.Grows J A Aire Guy Laurier Moyen Age dont \"maints passages, selon la remarque d\u2019un critique autorisé, témoignent d'un parfait discernement, en théologie comme en histoire\u201d.M.Vignaux enseigne actuellement à l'Université de Notre-Dame, Indiana.Ses récentes publications, comme la collaboration qu'il apportait à diverses revues avant la guerre, montrent que l\u2019activité intellectuelle de M.Vignaux ne se limite pas à l'enseignement universitaire.Traditionalisme et Syndicalisme, paru en 1943, est non seulement\u2019 une histoire du mouvement ouvrier en France depuis 1871 mais aussi un magnifique exposé de la tâche présente du syndicalisme chrétien.En in, France, prends garde de perdre ton âme réunit et commente les documents les plus significatifs sur \u201cla spiritualité de la résistance française\u201d.Nul doute qu\u2019à Montréal un auditoire nombreux voudra entendre M.Vignaux traiter un sujet d'un intérêt toujours actuel.MONTREAL \u2018 ENS : hs iW SART À qnze heures et huit hier soir, le gardien du Jardin des Bêtes Sauvages s'excuse au bout du fil de n'avoir pas pensé durant les vacances à dompter une nouvelle bête, Probablement à cause \u201cI'embéter\u201d.e la nuit, son interlocuteur se fiche et décide de * Naturellement, je n'ai pas voulu interviewer Sarto pour me permettre d'être le plus sadique possible.Voici en traits noirs ce que je sais du malfaiteur.C'est d'abord un Québecois: inutile d'expliquer ses retards.Faudrait-il tirer de son origine locale cette figure étroite qui le distingue?Si je voulais déblatérer sur Québec je vous décrirais avec honnêteté l'intérieur profond de Sarto Ouellette ct .vous verriez combien j'aurais manqué mon coup.Hélas! il faut bien les aimer les gars de Québec, ils sont chics.Sarto se rapproche de Montréal.Qu'est-ce qui l'attire?Ses parents.Il demeure à Joliette pour y poursuivre ses études classiques comme un élève .ordinaire je suppose.Arrivé à Montréal, il séjourne à l'Ecole de Hautes Etudes où il termine en ce moment sa troisième année consécutive .dans trois classes différentes.Il faut tenir compte de la thèse à préparer ces jours-ci, et les jardins de toutes sortes en souffrent, sauf apparemment le jardin des \u2018jeunes filles en fleurs\u201d situé à a.Joliette même.L'administrateur \u201cà l'amiable\u201d de ce dernier jardin occasionne des retours au pays .de ses parents, allègue-t-on.Heureux parents, beaux parents! Dec Québec, Sarto a gardé le sourire traditionnel, l'exubérance coutumière à cette cité qui se prévaut jours, \u2018une parenté au premier degré avec la France de tou- Monsieur, le respect est de rigueur dans la société, monsieur Ouellet fut un membre de la Société artistique.Depuis longtemps, les étudiants désiraient s\u2019attacher les services du \u201cmaitre de ballet\u201d du collège Joliette.Personne ne s'en est repenti, excepté lui-même un jour d'il y a déjà des siècles.Je vous dirai en secret que Sarto, depuis trois ans, laisse pousser sa moustache sans jamais la diminuer.Elle point à l'horizon.i Franc, jovial, bout-en-train Sarto pourra-t-il se contenter d'un rond de cuir après sa licence?Non, il lui faudra du travail circulant.Il est prédestiné à diriger une compagnie transatlantique: prix réduits pour les étudiants.Charles-A.LUSSIER In Memoriam Pierre Goudreaultl n'est plus! Ceux qui le connurent n'ont pu l'oublier.Tous ont à la mémoire ce gai luron, n\u2019hésitant jamais à se joindre aux éludiants en maintes occasions; lous se souviennent de l\u2019empressement qu'il apportait partout.Les étudiants qui commencèrent leurs études en Pharmacie à l'Université de la rue S.Denis se souviennent de cet aimable compagnon, notre confrère.Il savait donner son temps sans compler; un ami était-il dans une impasse, notre Pierre lui venait en aide.Jamais on n\u2019a trouvé chez un éludiant autant d'enthousiasme, autant de bonne volonté.En pharmacie, il ne tarda pas à se faire connaître; tous se souviennent de ces heures agréables passées en sa compagnie.Transporté par un enthousiasme débordant, captivé par un surcroît de travail, ses forces l'abandonnèrent.Au début de novembre, Pierre dut s'aliter, et dès lors son cas devint désespéré.Le ler janvier, notre confrère résigné faisait son sacrifice.Il regardait la mort, impassible, employant ses dernières heures à mourir dignement.Le lendemain soir, dimanche 2 janvier, Pierre expirait au milieu des siens.Le mercredi suivant, on lui chantait un service magnifique.| Ceux qui assistaient à celte cérémonie se souviendront de ces moments inoubliables où l'on éprouve une peine immense à perdre un être cher.\u201cSylvain COUSINEAU, \u201c2 Présidént'des\"E:E/Ph.\u201cde Joi En gueuleton L\u2019ENTRAINEMENT ET NOUS Le \u201cQuartier latin\u201d publiait le 17 décembre 1943, page 3, colonnes 1 et 2, un article de C.D.chroniqueur militaire attitré.C.D.résumait les principaux griefs contre l\u2019entraînement militaire et en venait à It conclusion qu\u2019avec une peu de bonne volonté et de patience, on pourrait réduire au minimum les désavantages du C.E.0.C.Je crois plutôt que le principal grief contre l\u2019entraînement est son existence même, ct que le second grief est la méthode d\u2019examen médical.I\u2014EXISTENCE Originairement créé pour la formation d'officiers, le C.E.O.C.est devenu le seul moyen pour les étudiants de s\u2019exempter du service militaire actif.L\u2019étudiant a-t-il fini son cours d\u2019études qu\u2019il est appelé par l\u2019armée et qu\u2019il recommence son entraînement comme s\u2019il n\u2019en avait jamais fait auparavant.Donc, pour son avancement personnel, pour cclui que ça intéresse, l\u2019entraînement qu\u2019il a déjà fait est complètement inuti- e.On reconnait la nécessité de laisser les universités ouvertes pendant la guerre; inutile d\u2019insister: besoin d\u2019hommes capables de résoudre les problèmes d\u2019après-guerre, etc.etc.Donc besoin pour Pétudiant d\u2019étudier (.) 2 plein pouvoir, s\u2019il ne veut pas provoquer des désastres tels que ceux que lui ont préparés ses prédécesseurs.Et voici qu\u2019arrive l\u2019entraînement militaire, simple embêtement, utile ni à l\u2019armée ni à Pétudiant.Deux fois par semaine, pendant plus de six mois, on s\u2019entraîne! Il faut faire son effort: l\u2019Empire a les yeux sur nous.On nous apprend l\u2019utilité du canon, du mortier de 8 pouces, du mortier de 5 pouces, du mortier de 3 pouces; les éléments essentiels du fusil; (on devrait presque dire arquebuse à cause de son ancienneté dans nos rangs); les rudiments militaire: l\u2019officier peut tout, le soldat, rien.Toutes ces choses sont très intéressantes et très formatrices en soi; ce sont de très saines distractions, mais pour ceux qui ont le temps et le goût.\u201c Deux fois par semaine, quatre semaines par mois, six mois par année, cela fait prés de cinquante soirées complètement perdues; cinquante soirées sans étudier, cela équivaudrait à un mois et demi sans ouvrir un livre; et je ne sache pas de professeur qui, en temps de paix, eût conseillé à ses élèves un mois et demi d\u2019abstention totale.Donc l\u2019entraînement militaire des étudiants est inutile pour l\u2019armée, pour l\u2019effort de guerre et pour Pavancement de Pindividu; nuisible aux études, à la profession, à la société.11\u2014L\u2019EXAMEN MEDICAL Chose à considérer: l\u2019étudiant doit faire partie du C.E.O.C.avant d\u2019avoir l\u2019âge militaire, avant de recevoir son appel.Pourquoi cet empressement?Nous ne sommes pas à en juger par la lenteur mortuaire d\u2019autres services de la même armée en état d\u2019alerte.L'examen médical est fait par le médecin du C.E.O.C.; examen fait à la hâte, sans aucune attention, Jai eu connaissance de quelques cas où des étudiants furent acceptés à l\u2019entraînement et qui au premier coup d\u2019ocil auraient dû être renvoyés; négligence coupable qui peut facilement devenir criminelle.Pourquoi ne pas faire faire l\u2019examen médical par les médecins chargés d\u2019examiner les recrues, examen qui compterait aux yeux de l\u2019armée et qui ne laisserait pas le \u201ccadet\u201d dans l\u2019incertitude: est-il véritablement classé À ou E?Mais il se répète un peu partout que les contingents ont intérêt à avoir le plus de monde possible! Voilà, mon cher C, D, les griefs des étudiants contre l\u2019entraînement militaire.Le divertissement des parades de cinéma est douteux! Et l\u2019équipement désuet ou à la page, on sen f£ .Espérons qu\u2019un jour viendra où notre situation se règlera avec logique et bon sens: ces articles sont rares dans la boutique gouvernementale: c\u2019est li guerre.Pierre MARTINEAU Le COLLÈGE ROYAL des MÉDECINS et CHIRURGIENS du CANADA L'examen pour l'admission comme membre \u2018\u2019Fellow\u201d comporte deux parties: l'examen primaire et l'examen final.L'examen primaire comprend les sujets suivants: L'anatomie, comprenant l'histologie et l'embryologie.Examens 1944 La physiologie, comprenant la biochimie.L'examen primaire comprend les sujets suivants: l'anatomie, comprenant entier.L'examen primaire peut se passer en aucun temps après que le candidat aura complété un cours i les examens en anatomie, histologie, embryologie, physiologie et biochimie, dans une Le candidat est tenu de présenter d'études et su cole de Médecine ou une Université approuvées par le onseil.un certificat accompagnant son application.LANGUES EN USAGE POUR LES EXAMENS Au moment de leur application, pour l'examen primaire ou final, les candidats devront mentionner s'ils désirent passer leur examen en français ou en anglais.Des formules d'application sont à leur disposition dans les deux langues.Aucun livre de texte ou abrégé n\u2019est recommandé concernant les différents sujets.> preuve d'une connaissance perfaite des sujets sur lesquels ils seront examinés et devront bien connaître la littérature courante concernant ces sujets.Les réponses, Écrites ou orales, des candidats à l'examen final doivent témoigner d'un bon jugement critique.ENDROITS ET DATES DES EXAMENS \u2014 1944 : I | Les endroits choisis pour les gxamens par écrit sont les suivants: Vancouver, Edmonton, Saskatoon, Winnipeg; London, .Toronto, Kingston, Montréal, Québec et He Coes : Les examens oraux sur les sujets primaires, et les examens oraux et cliniques sur lés sujets finals'euront lieu comme suit : pour les candidats de langue française \u2014 à Québec ou à Montréal \u2014 les 23 et 24 octobre.Les candidats qui se présentent aux examens finals voudront bien se rappeler que:les honoraires d'agrégation:($1 50) : sont payables d'avance.Cette somme sers remise ou candidat s'il bloque ses examens, F STANDARD DE QUALIFICATION lifax \u2014 les 2, 3 et 4 octobre, HONORAIRES D'AGREGATION Les candidats gradués de 1930, ou antérieurement, d'une École de Médecine ou: d'uné Univenité a le Conseil, ne seront pes tenus de subir l'examen primaire, mais devront, à l'examen final, faire preuve d'une connais- |.sance générale et pratique de l'application clinique de la physiologie.: Co À: Cet examen spéciel se fers sous la direction de cliniciens.Toutes les communications doivent être adressées à Wanen S.Lyman, MD, FRCP.(0); * Honorary Secretary, AE Chembre 3018, National Reseerch Laboratories, - Rue Sussex, Ottawa, Ontario.NT ERA Tous les candidats doivent faire 1 wvées par - | à EME Rae oe RAE ne tak Regd te OI PAGE QUATRE & K \u2018 LE QUARTIER 28 JANVIER 194 VOICI «PELLAN» M.Maurice Gagnon présente une nouvelle collection : Art Vivant.Si l'on songe à l'importance qu'a prise la peinture dens la culture, on doit le féliciter de cette initiative.L'intelligence humaine tente de tout réduire à sa logique, et les activités diverses de l'art lui sont un problème que seule une longue étude critique peut résoudre.En effet l'art, et en particulier la peinture, parce qu'il se rattache à l'âme où celle-ci semble perdre sa spiritualité pour créer dans la matière, représente pour la raison cet éternel élément étranger qui la force à retoucher sans cesse son concept traditionnel de l'unité de la personne.Il faut arriver à comprendre que l'âme se reflète dans la matière, et que lorsqu'elle travaille celle-ci, elle ne fait que travailler sa propre image.L'art est un travail intérieur aux résonances matérielles.C'est pourquoi l'étude de l'art requiert une lucidité parfaite, qui puisse réduire en quelque sorte la complexité des choses.Il faut une justesse souveraine dans l'expression.M.Gagnon inaugure lui-même la série Art Vivant par une étude de Pellan.ue va nous apporter cette présence consciente de Pellan dans la peinture et par suite jusque dans la spiritualité?Art Vivant : personne vivante ayant fait l'unité d'elle-même dans une activité humaine et l'inspirant à une oeuvre, voilà ce que laissait prévoir le beau titre de la collection.Or cette étude de Pellan, qu'il aurait fallu lumineuse, aérée et toute imprégnée de l'humilité d'attention que requiert un tel sujet, se revèle gâchée par une foule de considérations étran- ères à la peinture vivante.Que ellan ait exposé dans divers pays d'Europe, que de multiples journaux aient cité son nom, en quoi cela m'enrichit-il?Cela me fait-il vraiment comprendre la vie du peintre et ses recherches ?M.Gagnon aurait dû plutôt nous parler des diverses manières du peintre, de ses progrès et de ses reculs inévitables, de toutes ses recherches, en somme de tout ce qui intéresse la vie même de la peinture.ll ne l'a pas fait et c'est une grave lacune dans sa critique.L'étude se double ici d'une réclame et je me demande à quel public s'adresse agnon.u grand public, peu au fait des recherches de peinture ?Gagnon vaut pourtant plus que cela et ce n'est pas là son rôle.u'il laisse ce travail à d'autres, s'il ne veut pas se compromettre, tout en compromettant Pellan.Apparemment, il semble avoir été gêné par son public éventuel.a voulu concilier deux éléments irréductibles, la foule qui ne juge que par la réclame et qui ne tire pas profit de la peinture, et ceux qui au contraire utilisent l'univers du peintre comme substance de pensée et de sensibilité.Le zèle de M.Gagnon l'a égeré.Il est dommage que cette faute d'attitude corrompe une étude consciencieuse, qui présente des parties d'une réelle valeur.M.Gagnon connaît bien son sujet.|| exprime dans cette plaquette des idées très justes sur la peinture, et je crois qu'il caractérise assez nettement Pellan, malgré tout le fatras du style.Ce style est lourd et trop riche.Evidemment l'auteur ne s'est pas encore clarifié au contact de la critique; pour employer des expressions de chimiste, il demeure brouillé par un précipité colloïdal.Il s'attarde à étaler amoureusement toute l'abondance de son style.parle en poète 13 où il aurait fallu un critique.Cette complaisance sans frein pour ses propres fleurs personnelles étonne, fatigue, rebute et finit par rendre ridicule.M.Gagnon représente une voix pourvue de trop d'autorité pour que nous n'ayons pas le droit d'être exigeants à son égard.Comme son zèle et ses connaissances lui ont acquis une position éminente dans la peinture de notre province, et comme il est un des seuls à parler, sa voix résonne au loin et risque de nous faire tous passer pour des provinciaux.Jacques DUBUC «J'AI VECU DANS PARIS OCCUPÉ.de Pauline Corday Éditions de l'Arbre, $1.25 On aura, non sans profonde amertume, vécu à nouveau ces drames qui, dans notre enfance, nous avaient éblouis : la tragi-comédie des \u2018\u2019bons\u2019\u2019 et des \u2018\u2019méchants\u2019.Nous les avions répudiés ces ineptes palabres de gauchos hirsutes.Et avec quelle sérénité! ous avons eu tort: les méchants existent encore, les bons aussi.Ainsi, Pauline Corday est une \u2018bonne\u2019: elle s'est rangée du bon côté.Maintenant elle témoigne.Pourquoi pas?Le témoignage, comme les frites et le cinéma, ne peut-il faire l'objet d'une petite entreprise cæpitaliste ?Témoignage ?Oui, et qui arrive après bien d'autres pour nous appren- re, à nous, de telles choses que, depuis l'occupation, les agents de la circulation ne parlent pas tous la langue du pays, que des étrangers prennent partout les meilleures places, qu'ils empoisonnent l'atmosphère, que des salonnards ont changé de camp, etc.On a l'impression que ça fait vieux, que ça nous connaît.Si mademoiselle Corday voulait se renseigner davantage sur des situations analogues .et renseigner DES LIVRES certaines gens sur les moyens d'en sortir.\u201cJ'ai vécu dans Paris occupé \u2019 est un livre honnête qui plaira, malgré tout, à ceux qui chérissent l'anecdote, les laits parfois cocasses, parfois fortement significatifs.Les de gaullistes y trouveront une partisane \u2018\u2018impartisle\u2019\u2019; à d'autres, certains jugements paraîtront hôtifs et sommaires.Ainsi cette exécution : \u201cQuand le maréchal souligna les causes de notre défaite \u2018trop peu d'enfants, trop peu d'armes, trop peu d'alliés .L'esprit de jouissance l'a emporté sur l'esprit de sacrifice, nous trouvions qu'il simplifiait rudement les choses et cette leçon de morale parut fort déplacée dans les circonstances où nous I'entendions\u201d.Enfin, la lecture de certains passages fera sourire tout le monde, et, espérons-le, l'abbé Maheux: \u201cLe su plément à la première liste de livres défendus\u201d en raison des propos offensants et injustifiés contre le peuple allemand et son armée \u2018\u2018contenait des livres d'histoire de France\u201d.Jean-Paul GEOFFROY APRÈS LA PLUIE Tranquillement l'écho de votre doux sourire Eveille le vuissean que vous aviez barré Et sur le bord duquel vous aviez enterré Un gros serpent charmé par un pince-sans-rire.Dans le blenissement des grands arbres de cire Voici s'agenouiller les démons désarmés, Les nuages qui sont des anges désormais, Et le jour de nouveau dans un ciel qui chavire A chacun de vos mots qui rencontre un chemin Où se croise en secret la moitié de nos mains.Es quand le sourire met sa robe de chambre Avec des pas de cloître auprès de ma frayeur, Et que la neige éclate en roses sur vos membres, Mun oeil se ferme en rond au bord de voire cueur.Roger-ROLLAND.- NAUFRAGÉS A DOUBLE SENS Dans la cabine du Capitaine, Coque- lin Cadet mauvais penchants s'amusait avec Mounet-Sully.Dans un coin Edouard Rod, Henri Lavedans un Baquet ses pieds car ses Bossuet.Il est attendu par Marcel Sembat, Francisque Sarcy grands mots, Victorien Sardou il s'était caché.Il n'a Paul Hervieux, Anatole France les sourcils.Tout à coup la porte s'écroule car ces deux Goncourt ne peuvent plus la supporter: on la remet en place et Ernest Lavisse.Sur le pout, Emile Faguet et é surprise, on voit sortir Alexandre Dumas.L'équipage s'ément: on wentend plus que mille cris Emile Zola .Dans l'entrepont, François Charmes tout le monde par ses propos: il assomme Guy de Maupassant.Le Segond Weber s'écrie \u2018Ouvre la porte Alphonse Karr Eugene Sue et George Sand.\u201d On voil ne Maurice Barrès sa fenêtre, Jules e Maître du Vaisseau dit à Melchior de Voque vers la Costa de Beauregard.Soudain on berd le gouvernail, on le cherche en vain.Houssaye, Arsène, Houssaye, Henri, demande-t-on?Où- est-ce qu'Etienne Lamy .Maurice Donnay s'il-vous-plaît, nos vies sont en danger.\u201cHalevy, s'écrie Ludovic, nous allons prin demandez a Dienlafoy.\u201d Fréderic Masson air grave, Pierre Loti dans un coin -demande à Théodore Dubois, du Boissier et à Monseigneur Duchesne, Alexandre Ribot.On veut le jeter par la fenêtre.\u201cPas anjourd\u2019bui, De Mun, suggère le Comte Albert, il ne faut Pont Bourget, ce n'est pas un Vandal.C'est trop tard Mizières il fallait le laisser à Paris, s'écrie Gaston.Carolus Duran cette discussion casse le Thureau Dangin, l'on Picot plus court et le vaisseau s'échoue sur l\u2019Isle- Adam.Tous s'installent dans un Poin- carré, à deux milles du plus proche Voisin.Comme ils ne sont pas Richet veulent dépenser, ils se mettent à Fouillée François qui est le seul Coppée.Us lui extraient un franc, Lefranc de Pompi- nan.Il en perd connaissance et on fr couche dans Humbert.On croit qu'il a Lasterrie du Saillant, Massenet rien.Donnez-lui gobelet de Champagne, sil n'est Pommard, suggére Ferdinand qui ne permet pas de Lesseps passer une beure sans le faire Suez.Il dort comme un Reclus, sous la lune Rousse, mais il exhale une odenr qui ressemble Longnon.\u201cPuch\u201d s'écrie Denis, Seves- tre trop fréquentes sentent le Roty.* Nous allons le couper en Saint-Mar- ceaux Sylvestre encore, Carnot Saint- Saens, ne peuvent pas endurer Levas- seur.lls font le Pouchet avec mille roses Emile Olivier.On se bat, on se donne des taloches, le comte met Saignan et donne une raclée à Boni.Alphonse Allais les séparer lorsque l\u2019Abbé Lemire le Ruan, le Rolle, Lassie, le Rostand et le Pelletan qu'on Lockroy tout Cornu.Il est Cruppi, mais il n'a pas Delcassé.Comme Aristide il est Briand, quoiqu'il ait une douleur Verlaine.Soyez sûr que s\u2019il a un autre mal il Voltaire.Vous êtes un traître, dit Saignan.Vous avez Ubl- mo, répond L'Abbé.On le jette à l\u2019eau et il s'esquive sur un Rocquain.Les autres sont recueillis par un Pasteur nommé Louis, qui les sort Delisles, où pendant deux jours ils avaient vécu de Racine et De la Bruyère, dans ces pays où l\u2019on Boileau Despréaux.Ceci s'est passé sur le Pô en l'année Villenessant.Arthur BEAUCHESNES PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) Domicile Outremont: CAlumet 5961 STUDIO: LAncaster 5478 ET DES REVUES Gants du Ciel Le second numéro de \u201cGants du Ciel\u201d réunit quelques articles de choi Mentionnons d'abord un poème de Clément Marchand: \u2018Parole aux Revenant, Voici un poème d'une grande solidité et de large inspiration lyrique Le poète sait affirmer sa vision dans un langage simple et sans recherche.Clq peut-être aussi un défaut: la vision ne semble pas très neuve, et la création verbale est sens prétentions.Le rythme manque curieusement dens la première partie dy poème en alexendrins.Et comme les vers ne sont pas toujours rimés, cette poésie se rapproche de la prose.Elle n'est pas fécondée et illuminée par ie rythme.archand gagne beaucoup en souplesse quand il passe au vers plus court; il atteint perfois à la plénitude de ls poésie dans des strophes d'un rythme recoupé.L'oeuvre est belle et humaine.Elle raconte l'âme d'un homme semblable ; tous les hommes, ses aventures et ses simples pensées.Elle révèle la poésie qui resplendit dans toutes choses, lorsqu'un regard humain s'y pose.L'inspiration est large et ne s'attarde pas à l'image; il est curieux que la justesse de cette inspiration ne se réflète pas dans la sûreté du vers.Le Survenant, de Germaine Guévremont, est un récit très poétique.Le français a été travaillé par tant de poètes, il s'est plié à tant d'expressions diverses, qu'il est gonflé jusque dans sa substance même de sentiment poétique.L'art sûr de Germaine Guévremont en tire très bien parti.Elle retrouve aussi la verdeur de la langue paysanne, et elle réussit cette chose rare de lui conférer une dignité qui la replace dans la littérature.Guy Sylvestre nous parle de Jules Laforgue.Les poètes français contemporains sont peu connus ici.Supervielle, Cocteau et les autres nous rebutent encore.Leur poésie, libérée de la rigidité du rythme traditionnel, travaillant sans formule à la découverte des nouveaux champs de sensibilité humaine, pourvue d'une nouvelle gravité d'émotion et en même temps baignée d'impressionnisme, ne rencontre pas encore nos domaines de vision poétique.L'étude de Sylvestre nous fait connaître Laforgue.Conquête de la forme, de Jean Vallerand, décrit l'entrée en lui du monde de la musique.Le texte est diffus; il nous apprend cependant que la musique requiert d'abord du compositeur qu'il se découvre lui-même.Cest l'éternelle recherche humaine.Raïsse Maritain raconte ses souvenirs, et en particulier sa découverte du Docteur Angélique.Le récit de Raïssa Maritain reflète une grande lumière et une grande sérénité.Notre pensée, notre sensibilité s'illuminent à son contact, Nous y apprenons la fidélité à l'étude et les grandes exigences du travail intellectuel.Nous y voyons surtout que la philosophie est le fruit de l'amour, que là volonté éclairée par la foi guide l'intelligence.Là comme ailleurs, l'activité humaine est un retour à l'homme, à l'homme ici fécondé par la grâce, syant acquis sa synthèse où seul il peut l'atteindre, dans la surnature.Il faut aussi citer la Méditation sur Héloise de Wallace Fowlie.On y découvre des idées d'une grande justesse sur la femme et son amour.Jacques DUBUC Secrétariat de la province de Québec Les Ecoles d'Arts et Métiers, sous la régie du Secrétariat de la Province, offrent à ceux qui se destinent aux carrières industrielles une variété de cours basés sur les besoins de l'industrie et propres à répondre aux aspirations de chacun.Les cours du soir, notamment, ont l'avantage de permettre à l'élève de poursuivre le jour un travail rémunérateur et d'employer, le soir, ses loisirs à des études qu'il reconnait nécessaires et souvent indispensables.Pour renseignements, s'adresser au Directeur général des Ecoles d'Arts et Métiers, 7345 rue Garnier, Montréal.HECTOR PERRIER ministre JEAN BRUCHESI sous-ministre pi Hate lle SHON Ie 0 on = JANVIER 1044 LES DICTS D'UN SALTIMBANQUE Pierre Dagenais s'est donné la comédie, pendent une semaine, dans une solitude désespérante.On ne peut faire autrement que d'être inquiet de l'avenir du théâtre quand on voit notre beau et bon public s'abstenir aussi scrupuleusement de fréquenter un spectacle.\"L'Homme qui se donnait la comédie\u201d est l'histoire d'un détraqué mental lancé dans le roman policier grand genre.Les intentions de l'auteur sont aires mettre à la scène un grand méchant loup aux yeux tendres, une sorte de Joe Louis sentimental et attendrissant.Jusqu'à un certain @oint, ce personnage n'est pas neuf.e n'est nul autre que fridolin manquant d'air dans sa ruelle, qui casse les vitres pour se détendre et qui malgré ça peut pincer jovialement les joues des petites filles des alentours.Personnage peu réjouissant toutefois quand il prend des proportions d'assassin, mais sympathique aux jeunes filles de dix-huit ans et un peu plus.Le texte est organisé de façon à ménager des effets faciles et nécessaires, à créer un climat de romanesque bon marché.J'avoue que ça manque de fraîcheur.Cette atmosphère de renfermé et de morbidité, si britannique qu'elle soit, j'espère que la censure fédérale ne m'empêchera pas de dire que ça me déplaît, que je ne trouve ça ni poétique, ni français.Donnez à des acteurs un texte plein de sève, vous ouvrirez un débouché normal à leur ferveur et à leur talent.Malgré la pièce, l'Equipe a joué d'une façon digne de sa réputation.\"L'HOMME QUI SE DONNAIT LA COMÉDIE\u201d Pierre Dagenais dépasse tous les acteurs de son milieu par sa sensibilité.Il épuise radicalement son Personnage.ême Pierre Brasseur, acteur de bonne lignée, n'a pas dû mieux faire en France.n a bien senti qu\u2019il engageait toute sa personne dans le rôle, qu'il le faisait avec fougue et surtout avec une sincérité qui est rare.Janine Sutto est évidemment une actrice comme nous n'en avons pas à revendre.Qu'on se souvienne seulement des applaudissements agaçants Mais probants qui accueillaient la moindre de ses répliques.Sa composition passait la rampe à merveille.Gisèle Schmidt a une fort belle voix le jeune première dramatique.Elle s'est bien tirée d'un rôle qui, somme toute, n'était pas facile.Lilianne Dorsenn, Roger Garceau et enyse Saint-Pierre ont aussi bien tenu leur parti.Quant à Jean-Pierre Masson on a bien vu que le rôle était un peu faible pour lui.Ce n'est pas se lancer ens la grande louange que de dire qu'il peut jouer des personnages autrement étoffés.Au risque d'arriver comme le parapluie après l'orage, il me semble que \u2018L'Homme qui se donnait la comédie\u201d ne correspond pas \u2018au goût du public u théâtre à Montréal dans son ensemble\u201d.Mais les acteurs de l'Equipe ont un talent qui peut parfois nous faire oublier même le texte qu'ils ont en tête.Eloi de GRANDMONT LA SOCIETE ARTISTIQUE présente et LE 4 FEVRIER LES AUDITIONS POPULAIRES avec WITOLD MALCUZYNSKI, pianiste LE 18 FEVRIER LES CONCERTS UNIVERSITAIRES avec CLAUDIO ARRAU, pianiste chilien Si les épithètes «joli» et «touchant» ont.bien leur place, c'est ici; et je crois n'offenser personne en disant que « Le chant du berceau» est ure pièce sentimentale.On rapporte que lors de sa représentation à Paris, de la jeune fille pieuse au vieil incroyant, tout le monde versait des larmes abondantes; et les soupirs de compassion entendus à l'Ermitage prouvent encore une fois que le genre humain ne demande qu'à s\u2019attendrir, mais préfère Jes attendrissements qui ne portent aucun préjudice à se sécurité.Les péripéties ne se font pas nombreuses durant les deux actes du «Chant du berceau»: l'arrivée de Thérèse, la ple: imprévue du monde, et son départ, fatel, hélas! Le reste: ls vie d'un cloitre avec une légère teinte de caricature qui accentue les petits frottements ente nonnes, l'espiègierie des jeunes novices, la sévérité de mère Vicaire, la bonasserie de mère supérieure, et la bavardise étemelle des femmes.L'auteur a même réussi à indiquer en silhouette le caractère de chaque soeur, et il est amusant de voir se développer dans chacune le sentiment maternel auquel elles avaient pourtant renoncé.|! n'y a aucune philosophie, ni aucune morale à tirer de cette pièce, et je crois que personne n'a voulu, en mettre: ni l'auteur, ni les interprètes.C'est une pièce qui se présente pour ce qu'elle est: un agréable divertissement, pas plus.Rien de ot BILLETS EN VENTE 48 AU MONUMENT NATIONAL Contrôle Ouvert de 10 AM.a 9 PM.Le Dimanche, de Midi à 9 P.M.«LE CHANT DU BERCEAU» À L'ERMITAGE plus frais que de voir ces nonnes, voiles bleus voiles blancs, voiles bruns, se promener sur le théâtre à petits pas pressés ou avec une démarche digne et assurée.Leur converse- tion, un peu folichonne, est remplie de réparties qui arrachent des fusées de rire, irrésistiblement.Les compagnons, ou devrais-je dire, les compagnes présentent un spectacle vraiment intéressant; si le pièce traîne quelques fois et si leurs intonations sont monotones ici et là, per contre, leur jeu, leur manière de se comporter sur la scène sont parfaits; et l'on s'aperçoit à la fin de le soirée que le sourire n'a pas quitté notre visage, surtout au premier acte, à moins qu'il ne soit remplacé par les larmes au dénouement.Il n'est pas de mise chez les «Compagnons» de décerner les prix à chacun, aussi serait-il suffisent de dire que la distribution était excellente., Attardons-nous un peu sur les décors qui étaient ravissants.L'agencement des ogives blanches sur fond bleu, la grille du parloir qui semblait recéler tant de mystère, tout était du goût le plus fin, et surtout, tout s'agençait à merveille avec l'atmosphère de la pièce.En un mot, c'est une pièce qui est au-dessous de le moyenne de ce que présentent les «Compagnons» d'habitude, mais c'est un d ier ordre.wpectacle de premier Jean-Louis ROUX D a 12 Téléphonistes à MA.3251 mer LET RN WK mer Tres LE QUARTIER LATIN Gazette AU CINEMA SAINT-DENIS AU CINÉMA LOEWS AU CINÉMA PALACE AU CINÉMA CAPITOL AU CINÉMA PRINCESS AU THÉÂTRE ARCADE AU ART ASSOCIATION AU LADIES\u2019 MORNING A LA SALLE DE FETES DE L'UNIVERSITE AU PLATEAU AU THÉÂTRE DE SA MAJESTÉ AU THÉÂTRE SAINT-DENIS À L'ERMITAGE artistique \u201cVous n'avez rien à déclarer\u2019.avec Raimu \u201cOrage\u201d, avec Charles Boyer \u201cThousands Cheer\" Kathryn Grayson, Mary Astor \u201cOld Acquaintance\u201d, Betty Davis \u201cDestroyer\u201d, Edward G.Robinson \u2018ls Everybody Happy ?\", Ted Lewis \u201cLe rencontre\u201d avec Marcel Journet et Roger Garceau Les concerts Sarah Fischer mercredi, le 2 février, 3 8 h.45 Orres Pernel, violoniste jeudi, le 3 février, à 3 heures Witold Malcuzinski, le 4 février Noël Brunet, le 4 février Bidu Sayao, le 7 février Dimitri Mitropoulos avec l'Orchestre symphonique de Minneapolis le 7 février Débat mixte de la Chambre de Commerce des jeunes, le 10 février NOEL BRUNET, au Plateau, le 4 février MENUHIN AU MAJESTY'S Louis-H.Bourdon, fidèle à la tradition u'il a établie ici le premier, et de longtemps, de présenter au public montréaleis les princes de l'art, nous fournissait lundi dernier, une nouvelle occasion d'entendre Menuhin.Un immense auditoire avait envahi le Majesty's, pour lequel Menuhin avait préparé un programme substantiel et d'un goût impeccable.Le Sonate à Kreutzer et le Concerto no 4 de Vieuxtemps en constitusient le première part, tandis que le Sonate en sol mineur de Debussy, le Habanera de Ravel, l'introduction et Rondo Capriccioso de Seint- Sains et une danse de Grainger occupaient la dernière partie.Toutes oeuvres exécutées avec cette qualité de fini, ce souci de perfection, qui lui sont caractéristiques.On a admiré en particulier le dépouillement avec lequel, stictement fidèle au texte de Beethoven, il à in té la célèbre Sonate à Kreutzer: toute le plénitude, l'infinie variété sonores que lui a permises le Concerto de Vieuxtemps.Menuhin fournit l'exemple parfait d'une haute conscience d'in te, d'une intelligence et d'une sensibilité artistiques de Qualité rare, servies par una virtuosité sans rivale) mais non point sans pudeur.G.PAU LADIES' MORNING Le Ladies\" Moming ouvrait, jeudi dernier, la deuxième moitié de sa saison per un récital de le célèbre liediste Lotte Lehmann, L'une des plus grandes figures, \u2014 presque une figure de fégende, \u2014 de le musique vocele depuis de nombreuses années, Mme Lehmann prend de l'âge.Sa voix n'en conserve pas moins une pureté, une richesse de sonorités, une puissence extraordinaires.Mais c'est par cette délicate et sûre intelligence des oeuvres qu'elle interprète, per cette intuition de la poésie d'un lied et son art'à la rendre, toute aiche, intacte que Lotte Lehmann à conquis l'admiration universelle et qu'elle n'e pes manqué d'émouvoir zon auditoire montréalais.Des chansons de Schubert, Schumann, Brahms, Wolf, Richerd Strauss, Fauré, Hahn, Duperc composaient son programme.Peu de liedistes chentent Schubert et Schumann avec tant de poésie, de finesse, de véritable émotion.Et tout le reste à l'avenant, seuf une mince réserve quant aux oeuvres du répertoire fran- cais, dont il paraît bien que seuls, ou à peu près, des artistes de race française savent rendre à le perfection l'essence particulière de poésie et d'émotion.G.P.«LES AMIS DE L'ART» L'inscription des nouveaux membres se continue jusqu'au 31 janvier inclusivement \u2014 seuls les élèves des cours réguliers sont admis dans I\u2019 Association, Des leissez-passer sont à la disposition des membres pour le concert d'orgue Casavant, donné à Pe.lise St-André et St-Peul, le 31 envier pr in.Des billets à prix de faveur sont à la dispo- sition des membres le spectacle suivant : Le 4 février à l\u2019Auditorium \u2018\u2019Le Plateau\u201d, récital de violon per M.Noël Brunet, violoniste canedien-français, prix d'Europe 1936 et médaille d'or du Conservatoire de Bruxelles.L'Association souhaite que tous ses abonnés soient bientôt des habitués de le Bibliothèque St-Sulpice de nouveau ouverte su public, pour A LES CONCERTS UNIVERSITAIRES TÉMOIG Dans un récent article intitulé \u2018Music by the people\u201d le critique musical de a \u201cGazette\u201d, M.Thomas Archer, écrivait ce qui suit: .(Les Concerts Universitaires) dre a new and quite striking venture which has already begun with uncommon success.Ît consists of four concerts arranged and sponsored by university students and it began recently with a recital by the tinguished singer, Alexander Kipnis.Other events on the schedule include recitals by Rose Bampton and the pianist Claudio Arrau, with a program by the Orchestra of Les Concerts Symphoniques directed by Désiré Defouw as a finale.\"The students sponsoring this very ambitious series are members of La Société Artistique of the University of Montreal.The subscriptions are low gnough to be within the means of very humble pocketbooks and are open to students of the University of Montreal itself and other regular colleges, schools convents and educational institutions © a similar nature.\u201d PAGE CINQ NAGES \u201cThe series was launched with the aid of Pierre Béique administrator of Les Concerts Symphoniques and has the support of the latter institution.It is without doubt the biggest undertaking of its kind in the history of educational institutions in this city and provinces for its success, it is enough to say that four weeks after the preliminary announcements were sent out, and before Mr.Kipnis' recital, the entire four concerts were sold out.\u201d \u201cIt should remembered in this respect that the peculier value of such à series and its results is that a student body has taken out the responsibility of engaging recitalists of the calibre which is usually restricted to the local management of a professional impressario.They have one this as part of an educational scheme which is to teach their fellow students just what the best in music can ring them in these days.\u201d Thomas ARCHER (Gazette du 11 décembre 1943) Programme des Auditions musicales SEMAINE DU 30 JANVIER 1944 Lundi 31 : Concerto pour violon en \u2018\u2019mi\u2019\u2019 mineur.Mendelsson, artiste : Yehudi Menuhin.Mardi Ter Symphonie du printemps en \u2018\u2018si*\u2019 bémol.Schumann Mercredi 2 Trio no 1 en \u2018\u2019si\u201d\u2019 bémol majeur Jeudi 3 Extraits de Siegfried Vendredi 4 Les Mazurkes Nocturne en \u2018\u2019fa\u2019\u2019 dièze majeur Boston Symphony Orchestra Serge Koussevitzky violon : Alphonse Onnou piano : Karl Schabel Richard Wagner Philadelphie Orchestra Chopin piano : Alex.Brailowsky opin piano : |.Paderewsky HENRIK SZERYNG Sous le patronage du consul générel de Pologne et de Madame Brzexinska, Monsieur Henrik Sreryng, célèbre violoniste, et délégué artistique 4 gouvemement polonais, fut l'invité de l'École Normale de l'Institut péda- gosique, mardi, le 18 janvier.L'Ecole ormale de Musique est sous le direction des islisieuses de la Congrégation de Note- ame.Mille Marie-Thérèse Paquin accompagna le violoniste.Monsieur J.-L.Charbonneau, directeur de la Schola Cantorum de Montréal, présenta le violoniste à l'auditoire.Monsieur Szeryng fit ses études musicales à Paris et remporta le- Ter prix du Conservatoire.Il fit plusieurs ées de \" en Europe.Spécielement dans ces derniers temps, monsieur Szeryng fut accueilli dans les grandes villes de l\u2019Amérique du Sud.Monsieur Szeryng a fait preuve d'une mai- trise tout à fait exceptionnelle.!l contrôlait son instument avec une justesse et une précision émanées d'une technique des plus solide.ll crée une adhésion étroite et subtile entre lui et son auditoire.Et ce qui permettait cette lisison de l'auditoire et de l'artiste, c'était cette intimité entre l'artiste et son instrument.Par une compréhension nette de son art et de son violon M.Szeryng a su rendre plus intensément l'exécution des oeuvres.Son indé- pendeance marquée lui facilitait l'apport de se propre personnalité dans cette transmission intime de l'oeuvre à l'auditoire.Et cels est un des points majeurs de la virtuosité.Plus l'instument, le souci de technique, l'embêtement de l'auditoire (sic), sont loins, plus le champ d'action s'espace et se libère, et cela donne plus de cours à l'extension de la per- sonnelité.Et la personnalité dans l'exécution est un point fondsmental .Piene D'AVIGNON À L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE MUSIQUE D'OUTREMONT C'est souvent loin des lieux consacrés, facilement accessibles, où trop de fois l'art et le talent servent à des fins qui lui sont étrangères, que se peuvent entendre et goûter les charmes les beaux arts; il faut une atmosphère de communion.Les concerts de l'école supérieure de musique d'Outremont font dans cette veine.Que c'est heureux et quelles joies sont réservées aux auditeurs! Samedi eprès-midi, le 22 janvier, on nous résentait Mlle Paul-Aimée Bailly, pleniste.our information, on avait accolé son nom: trophée Kruger 1938, prix d'Europe 1939, prix Archambault 1940, boursière de Juillard, Graduate School de New-York.Mlle Bailly e commencé ses études musicales à l'école de musique d'Outremont.Au progremme, des oeuvres de virtuosité, le toccate en do majeur de Bach, pour orgue, transportée au piano par Busoni, des romantiques avec le Papillon de Schumann, une étude, un nocturne et une ballade de Chopin, des modernes: Debussy et Ravel, 2 ceuvres de chacun.Une surprise agréable fut la présentation par Mile Bailly de cinq pièces courtes, d'excellente musicalité et sens aucune prétention, d'un compositeur totalement inconnu.Nous avons appris depuis qu'il est un de ses comarades de Juillard, E.Stevens.Beau geste de iy part de Mlle Bailly et qui mérite d'ête noté, Mile Beilly possède, en plus d'une virtuosité assurée, un telent indubitable: intelligence du texte et Interprétation nuancée, équilibre.A ces qualités de concertente on pourrait ajouter un autre élément, le charme personnel e l'artiste qui, s'il n'ajoute rien à le valeur de l'interprétation, le sert quand même et admirablement bien.LP.G La \u201cConférence du Rire\u201d Non, mesdames et messieurs, ce n\u2019est pas à la porte d\u2019un magasin de la Commission des Liqueurs que ces gens font la queue, mais aux guichets du Monument National où, depuis samedi dernier, la foule ne cesse de > se prosser afin de se procurer des billets pour ia septième grande séance annuelle de Fildolin, la \u2018Conférence du lire\u201d, Inutile de dire que rien de \u201cfrelaté\u201d nl de \u201créduit\u201d.ne \u2018sera servi aux-spectateurs et qe pette année comme par le passé, le rire ne sera pas rationné à Frid inons 44, Pian six Nous nous sommes trouvés, quatre pélerins, loin du monde, dans la paix, alors que nous aurions voulu nous manifester avec plus d'exubérance.Là non seulement \"tout passe\", mais tout repasse avec une insistance tacite-que personne n'ose contredire, sous crainte de se laisser convaincre.Nous avons compris la puissance du maillet et surtout du rouleau À vapeur qui aplanit tout.La vie paraissait douce, sans heurts, nous étions les victimes d'un avatar complet.Un soir, nous sommes entrés dans le sillon tracé par les valises, Rouvière et le squelette, attirés par cet énorme déplacement d'air, trébuchant dans ce rapide pas de vis qu'est l'escalier.Le premier se précipita dans la chambre qui s'ouvrait devant lui, tout fier de ses deux fenêtres qui lui assuraient une Pr Vs Ls 77-47 2127 LA supériorité incontestable si l\u2019on considère Je point de vue lumineux, le deuxième, grand seigneur (décadence romaine) précédé par son porteur de valises exigea une vue sur le lac, le troisième, satisfait de tout pourvu que la conversation ne languisse pas, le quatrième assez loin pour se permettre des coups d'ocil furtifs dans le tiroir.Tout allait pour le mieux; à dix heures l'obscurité se fit.Tout n'allait plus pour le mieux.Le lendemain matin, brillant lever de soleil vers huit heures.La situation apparaît au clair.Epicure constate que conversation languit bien qu'il affirme que ça lui fera du bien.Tes autorités lui disent \"qu'il sera bienvenu de faire son lit\u201d (sic).Les deux autres romains admirent le paysage qui s'affirme du Nickel canadien.» cuirassés et des On fit cependant le nécessaire pour transformer cette industrie de guerre en une grande industrie prospère Des savants furent chargés de créer de nouveaux alliages de Nickel.Des techniciens furent dépêchés pour trouver de nouveaux usages pour le Nickel canadien dans les industries automobile, chimique, électrique, radiophonique et beaucoup d\u2019autres.ar étape, des nouveaux marchés mondiaux ans l\u2019espace de dix ans, la production du Nickel au Canada dépassait de beaucoup le sommet précédent atteint avec la production de guerre.de temps de paix.Étape furent établis.Aujourd'hui, le Nickel canadien a de nouveau été accaparé par les besoins de la guerre.Mais, maintenant, cette industrie entrevoit avec confiance le retour de la aix.Les plans sont prêts pour développer et accroître aix, vieux ou nouveaux, uisse continuer, par sa propre initiative, à contribuer d\u2019une façon substantielle au bien-être économique du Canada.es débouchés du temps de afin que l\u2019industrie du Nicke (en 25 KING STREEY WEST, TORONTO DE MINERAI DE NICKEL.MAIS PAS DE DEBOUCHES EN 1919, l\u2019avenir paraissait sombre pour l\u2019industrie Grâce à la grande demande pour l\u2019acier au nickel dur employé dans la construction des ièces d'artillerie, les s\u2019étaient multipliés durant la première guerre.mondiale.Depuis, ces marchés avaient disparu.Au bout de quel- ues mois, les usines de Nickel au Canada avaient dû ermer leurs portes et l\u2019exploitation des mines avait cessé.& LE\u2019 QUARTIER LATIN UN MONASTI.ERE-REÇOIT DES-ANATOMISTES EN VACANCES à leurs yeux.Le Spartiate est tout triste de voir que malgré ses deux fenêtres il aura moins de soleil faute d'orientation.Et maintenant, les bouches et les portes se ferment à notre grand désespoir; les Rouvière s'ouvrent, les yeux aussi.La plus grande résignation surveille nos efforts jusqu'à û prochaine cloche qui ne manque pas d'être prochaine.Elle annoncera le silence ou la parole.La paix ici est la conséquence d'une sinusoïde.Malgré toutes les notions de Physique, puisées au P.C.B., nous n'avons pas encore réussi À en trouver la valeur.L'étude de l'anatomie n'a pas réussi à nous expliquer le mysticisme des laïcs pensionnaires, ni pourquoi Prévost est devenu Corriveau, qu\u2019un bon médecin ne doit jamais prescrire les remèdes se Xd A débouchés Snr £2 terminant en \u201cal\u201d comme Iaspirine, parce qu'ils sont dangereux pour la chaux du cerveau, ni pourquoi Marie- Magdeleine est morte, faute de nourriture.Nous sommes encore bien ignorants.C'est extraordinaire, nous a-t-on dit, comme on en apprend tous les jours, Mais malgré tous ces assauts notre \u201cbonne\u201d volonté a résisté, nous marchions (marchons?) encore vite pour nous rendre aux Vêpres et aux complies au risque de nous écraser la tête sur les tuyaux trop bas, embuches des mauvais esprits.(Nous ne mentionnerons pas que l'aventure s\u2019est produite).Nous, anatomistes, avons jugé que le mysticisme ne s'accordait pas avec notre bien-aimé Rouvière et qu\u2019il failait mieux tout oublier pour les quinze jours qui allaient suivre.pps FFE [era sty 5 5 2 = Co LES QUATRE DEVANT LA PORTE DOREE Les premières nuits furent courtes, quelques-uns s\u2019efforcèrent de les prolonger.Sans aucun remords, les Romains se divisèrent sur cette question.Nous dirons discrètement, sans appuyer, ue la décadence romaine atteignit un degré jusqu'alors inespéré par les plus décadents.Un seul Romain fraternisa avec Sparte et ces deux furent ajoutés aux cloches matinales comme amélioration à celles déjà prévues par la règle.Le jour de l'an fut surprenant, surtout que nous n'étions pas très sûrs de la date.Il y a tellement de choses à retenir et nous étions tellement concentrés.Les souhaits affluèrent de toutes parts, le mysticisme plana parmi nous, mais rien à faire, toujours cette \u2018\u2019bonne\u201d volonté qui devenait de plus ap- > 28 JANVIER 194 = .réciable et utile.Cette nuit s'allon es bonnes résolutions disparurent 0 discuta sur la morale.Cependant une pensée nous réconfortait, a nous avai dit en entrant \u201ctout passe\u201d l'examen était donc une chose assurée.Mais nous crûmes bon d'amasser un peu de scien, ce pour appuyer ces douces paroles ç rassurantes.Notre appétit dépassait toute esp, rance, c'est pourquoi nous regardions tristement le potage refroidir au début des repas.Nous savons donc maintenant, le Benedicite au complet ave gloria et oraisons et le tout en rythm;.que grégorienne.La vie de Dom Gy.ranger et celles des Justes nous sop aussi familières \u201crecto tono\u201d qu'en français.Les paniers se remplissaient avec régularité, les jours allégcaient le calendrier, Le jour au jour, pareil.Toutes les après-midis, goûter ct dose de mysticisme.On apprit que quel.qu'un se spécialisait à retenir le à, lendrier et la vie des saints par coeur qu'un autre avait visité l'Europe, la France et la Belgique, qu\u2019un troisième jouait du piano, les yeux bandés, couvert d\u2019un drap, les lumières fermées et probablement le soir dans l'obscurité complète et enfin qu'il existe des femmes assez fortes pour pousser des pianos.Nous sommes reconnaissants à ceux \u2018qui ont procuré ces quelques distractions à l'immobilité complète de notre esprit .L'échange spirituel s'affirmait de plus en plus fréquent entre les chambres.La \u201cbonne\u201d volonté faiblissait.Un appel téléphonique ($2.65) causa la catastrophe.Nous avions le schisme, aussi sec que le bris de la fourchette dont le Romain décadent se rendit coupable dans le réfectoire.Finie la théorie; les schismatiques exigeaient l'action.Pourtant Nietzsche affirme que l\u2019action à distance ne répugne pas.Cette tache restera indélébile dans leur biographie.Ils invoquèrent tous les prétextes, diners de famille, changement d'air, etc; le mépris les accompagna jusqu'au seuil.Il restait deux jours et nous étions deux.Sparte et Rome fraternisèrent et les grandes discussions sur la morale finisent faute de combattants.Rouvière exigea une soumission complète qui ne souffre pas l'arrêt.Ces deux derniers jours s'ajoutèrent aux autres avec leur dose quotidienne de mysticisme et de fromage.Les incorruptibles prirent finalement place dans l'automobile du frère chauffeur où le calme régnait là comme ailleurs.Ce soir-là nous appri- mes trois choses: l'utilité des pelles pour déblayer un chemin de treize milles, l'apaisement des moeurs par la musique, citons seulement \u201cBeau printemps quand reviendras-tu?\u201d (ryhtmique grégorienne) au milieu de la poudrerie, et finalement l'hospitalité de la municipalité de Magog.Pour la première fois de notre vie nous eûmes la chance de sommeiller dans un poste de pompier sur des boyaux d'arrosage.Montréal réapparut, inchangé.Cette fois-ci Rouvière ne précédait plus, mais suivait, contrit, dompté, abattu, mais toujours aussi lourd, Pourquoi regretterions-nous un tel séjour?N'étions-nous pas un peu semblables aux sardines s'enfermant dans leur boîte en laissant la clef dchors!!! Aux trois autres, en souvenir de nos vacances, Yves PREVOST \u201cCHEMINS DE LA MER\u201d Ce nouveau roman que viennent de publier Les Editions Variétés, n'est certes pas le moins important de Mauriac pour nous conduire au fond de ce que le problème de la vie humaine lui inspire d'angoisse et de détestation.S'expliquant lui-même sur ce livre, Mauriac nous dit qu\u2019un des aspects des Chemins de la Mer évoque le \u2018\u201cdésastre suscité par l'argent dans beaucoup de destinées\u2019.En effet, ce boau roman raconte l'histoire d'une famille très riche, brusquement ruinée.Nous sommes, un soir, dans la famille Révolou, dont lo chef est un des notaires les plus importants de Bordeaux.fille de Révolou, Rose, s'habille pour aller au bal.Madame Révolou est dans s8 chambre.Son fils étudie dans une pièce voisine.Soudain la mère d\u2019un jeune homme, Robert, quasi fiancé à Rose, so précipite dans la chambre de Madamo Révolou.Avec une brutalité énouïe et uno avidité sauvage, elle lui révèle que son man s'est ruiné pour une femme et qu'il n plus le sou.SYMPATHIES Nous apprenons à regret la mort de la mère.de Noël Varin, e.e.m.Ses confrères de première lui offrent leurs profondes sympathies.2
de

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