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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 25 février 1954
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1954-02-25, Collections de BAnQ.

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[" FA 4 : Sh 23 aad SY AA EE Re Roisin nd A a AOC a Ce ne A A ES - 182 os ETT es % = ER « ba i = 3 Le z IIH UJI D Ti 4 | 72 Bien hais got hs \u2018bräïre I 2.| ) \u2014 J Ji A Tout EE CORA ag Se .He SE F.N.E.U.C.demanderait l\u2019aide provinciale $4,026.50 aux étudiants \u2014 Sportifs bloqués par la neige \u2014 FNEUC \u2014 Une troisième vice-présidence Cinéma vs hockey \u2014 Psychologie de la présidence : à plein temps Grâce à la collaboration de tous, la ion débute vingt-cinq minutes en Fra, Un nouveau délégué élu: Gilles Paquette de Techno-médicale.Radio-Quartier distribue $4,026.50 en salaires 3 Présenté par Yvon Côté, Bernard Benoist expose les réalisations de Radio-Quartier Latin: 22 émissions régulières des \u201cHorizons universitaires\u201d, 5 émissions occasionnelles à Radio-Canada, \u201cAutour du Micro\u201d, et diverses autres.À date 5 étudiants sont placés en radio.Le bilan de l'année montre que grâce à Radio Quartier-Latin 66 étudiants ont reçu $4,026.50 sans qu'il nous en coûte un sou.Bernard précise qu\u2019il pourrait obtenir une vingtaine de positions d'été, commandant des salaires de $50 et plus s'il disposait seulement d'une enregistreuse.L'exécutif du Quartier Latin se fait l'interprète de l'AGEUM en offrant ses félicitations à Bernard.Les commissaires Marchand gelés L'absence ce soir du rapport de la commission Marchand est\u2019 due à la tempête de la semaine dernière qui a empêché les commissaires de se réunir.Pour des experts du cross-country .Le mémoire de FNEUC Ve Rosaire Beaulé donne ensuite lecture du mémoire de FNEUC au gouvernement de la Province.Il expose à partir de statistiques tirés du Quartier Latin et du Financial Post la situation financière de l'étudiant ct conclut par ses recommandations à ce sujet.Après une interruption causée à 8h.22 Îls sont partis, pensons-y encore ! N.D.L.D.Ce texte devait paraître la semaine dernière.Il a été retardé pour raison d'ordre technique.Nous prions les intéressés de bien vouloir nous excuser.Is nous ont quitté dimanche après- midi après trois jours de fraternité.Le programme était lourdement chargé et c'est avec enthousiasme que tous les participants du Varsity Week-End l'ont réalisé.Diners, coquetels, réceptions, discussions, voyages dans le nord, ont défilé avec une rapidité incroyable.C'est à peine si nous avons eu le temps de nous dire un dernier adieu lorsque le train emporta définitivement nos amis de Toronto .jusqu'au prochain Carabin Week-End.L'espace ne nous permet pas un long commentaire de la fin de semaine.D'ailleurs nous avons parlé suffisamment du programme la semaine dernière.Certains malins ont assez mal interprété l\u2019article et nous n\u2019y reviendrons pas.Il semble que de toutes les activités de la fin de semaine avec nos confrères et consœurs de Toronto c'est encore la discussion de samedi après-midi qui a suscité le plus d'intérêt de part et d'autre.Le sujet: \u201cCanada ou canadiens ?\" offrait un champ très vaste à l'échange des opinions.Dans un fran- fais très élégant Jane Farquhson de U.de T.a traité du bilinguisme vu sous l'angle ontarien.Elle nous a prouvé que, du moins en ce qui ron- cerne les étudiants et la classe cultivée en général, nous ne différons pas tellement de sentiment sur ce sujet d\u2019une Province A l'autre.Jane nous disait en substance que nous devons envisager le bilinguisme non pas sous l'aspect Commercial d'abord et avant tout, mais aussi sous la raison culturelle et dans Un effort de confraternité mutuelle et de libre échange.\u2026- Quant à Jean Roquet parlant au nom de l'U.de M.il a donné du même Sujet une vision québécoise ou \u201clatine\u201d Comme dirait Mgr Maurault.Jean fous assure, et la majorité se ralliait à son Opinion, que le bilinguisme pour tout le monde apparaît comme une utopie.Il considère, en conséquence, e bilinguisme sous son, aspect idéolo- fique.Il suggère que le bilinguisme lité conte plutôt une question de menta- du C.-à-d.une présence de l\u2019esprit et « cœur à la langue, à la religion, aux ®urs, 3 la'ciltire\u2019de nos voisins.\u201d La discussion s'est amorcée sur les différents aspects du problème tel qu'exposé et par Jane et par Jean.L'esprit des participants semblait ouvert à l'idée exprimée par Jean Roquet.Pour créer ce bilinguisme de mentalité dont il parlait on suggère certaines réformes dans l\u2019enseignement du français en Ontario et de l'anglais dans le Québec.On demande par exemple des échanges de professeurs entre les provinces.On exige de multiplier les échanges qui existent entre les étudiants.les Varsity Week-End ne seront jamais trop nombreux.Et la discussion se continue chaudement, ramenée à une plus juste notion des choses lorsqu'elle menace de tourner au pessimisme.Si la discussion, évidemment, constitue le meilleur medium d'échanges d'idées le week-end en son ensemble n'a pas d'autre but.Qu'il nous procure une occasion de nous amuser franchement et, pour les uns, de faire un beau voyage, pour les autres, de recevoir de bons amis.d'accord! Mais si le Varsity Week-End n'apportait à ceux qui y participent que Ces avantages mondains, il ne vaudrait pas les sueurs® et le mal qu\u2019il donne à ses organisateurs.Fort heureusement il contribue actuellement et pour l'avenir à une fraternité de plus en plus élargie entre des étudiants aujourd'hui, des professionnels demain, hommes et femmes sans doute du même sang mais parce qu\u2019ils sont nés sous d'autres cieux ont parfois du mal à se connaître et à s'apprécier mutuellement.C'est l'unique raison d'être de ces échanges annuels entre étudiants de deux universités éloignées de quatre cent milles.Et pour cette unique raison ces étudiants n'hésitent pas à dépenser leur temps, leur argent afin de se mettre dans cette atmosphère de bilinguisme mental dont nous parlions lors de la discussion.Ces étudiants souhaitent que leur geste joyeux mais parfois coûteux entraîne de nombreux imitateurs.\u2018Fr Côté\u201d par l'arrivée Gaboury, (premier ex-vice-prés.de FNEUC) le mémoire est adopté.François Aquin expose ensuite le résultat de ses démarches auprès du gouvernement de la Province et des autres universités.Celles-ci apportent un äppui purement théorique à ce mémoire.Aquin explique que les circonstances ayant changé il trouve le mémoire inopportun.C'est négliger le programme de FNEUC: incorporation syndicale et étude des autres unions étudiantes, pour de l'accessoire.Quoi qu'il en soit, ne voulant pas faire opposition à la présentation de ce mémoire il a offert sa démission comme vice-président de FNEUC.Nous en sommes donc à la troisième vice-présidence pour cette année.Omer et Rosaire se chargeront de piloter le mémoire.Quelques coupures ES L'exécutif propose ensuite de cesser pour cette année la publication de la revue \u201cProjections\u201d.La proposition suivante soulève l'opposition d'Aquin: il s'agit en effet de couper le budget des Actualités filmées alors que l'on n'a consulté ni Ostiguy ni le Quartier Latin.Le budget ne sera que suspendu.Mais cela met le cinéma en question: pourquoi les déficits?Choix des films, des dates .Cette semaine par exemple il y aura ici, \u201cbarn dance\u201d mardi, concert JMC jeudi, cinéma vendredi et hockey samedi.On décide donc de reporter le cinéma au 13 mars.Il semble qu\u2019il manque de coordination entre les activités universitaires: rien pendant un mois puis tout ensemble.Ne pourrait-on pas prévoir une cédule plus rationnelle ?Président à plein temps?André Guérin met sur la table une motion demandant aux délégués si l\u2019on devra étudier dès cette année la question de la présidence à plein temps.La question provoque de brillantes sorties .en dehors de la question! Le reporter du Quartier Latin se déclare incapable de couvrir plus de quatre réunions à la fois, dans le corridor, autour de la table, dans la salle, etc .de sorte qu'il passe sous silence ce charabia de suggestions, de confessions, de vérités et de caucus.La conclusion est que rien ne sera changé d'ici le fer mars mais que la nouvelle constitution sera à l'étude.L'année est donc virtuellement terminée pour l'AGEUM puisque lundi prochain ce sera l'élection à la présidence.Félicitations à Omer et vive .Mais au fait, vive qui?.Yves Guérard du vice-président, Jacques De sérieuses enquêtes ouvertes récemment dans nos milieux étudiants ont projeté devant nos regards inquiets, le tableau sombre d'une situation bouleversante qu'on a affublée par ironie du qualificat \u2018\u201c\u2018condition économique\u201d.Aujourd\u2019hui, l'étudiant se voit forcé de travailler pour parvenir à boucler son budget.Devenu financier par la force des choses, il constate avec anxiété que l\u2019étude n\u2019est plus sa fonction d'étudiant mais une espèce d'entre-mets à sa vie mercantiliste.Et l\u2019État de qui l'apogée ou le déclin suit le rythme de la ferveur ou de la langueur intellectuelle ne se soucierait pas de pourvoir à son propre lendemain?Illogisme brutal! Ceci n\u2019est que le portique du dédale dans lequel nous pénétrons.Mais nous en sortirons.Et le pour et le contre soupesés minutieusement, enfin nous saurons, oui nous saurons .C'est samedi soir, le 27 février, 8.30 heures, à l\u2019auditorium de Pension de vieillesse aux étudiants cette grande manifestation annuelle de la Ligue Villeneuve des Débats Interuniversitaires met en lice Laval, Montréal, et Ottawa.Le même sujet est discuté à la même heure dans les trois universités, où l\u2019équipe locale défend l\u2019affirmative pendant que l\u2019équipe en visite soutient la négative.Nous représenteront à Québec, MM.Rosaire Beaulé, et Michel Côté, tous deux étudiants à la Faculté de Droit.Notre équipe locale composée de MM.Vianney Therrien et Victor Melançon, également de Droit, bataillera contre nos adversaires d'Ottawa, MM.Gérald de la Chevrotière et Claude Ruelland.M.Pierre Brabant, pianiste, sera notre artiste Invité.Les membres de notre jury seront: Me Yvan Sabourin (St-Jean), M.le Dr Stephen Langevin, et Me Anthime Bergeron, cependant que Luc (Koko) Geoffroy sera notre maître de cérémonie.\u2019 Jean Sauriol, président de la Société l\u2019université.Ottawa vs = .- sy Ces noms, outre une règle de grammaire\u2019 française, me rappellent les activités qui se sont déroulées en fin de semaine dans les deux universités de Laval et McGill.En effet, la fin de semaine dernière a été marquée dans le domaine des loisirs universitaires par deux carnavals.En plus des bals de clôture, ces carnavals comptaient plusieurs autres attractions toutes plus originales les unes que les autres et qui furent de vrais régals .Dans ces deux universités, les manifestations débutaient le jeudi soir pour se terminer le samedi soir.À Québec, on avait organisé une partie de hockey \u2018\u2018Laval contre les has-been des Citadelles\u201d*; il y avait aussi au programme une excursion au Lac Beauport, plusieurs danses, un couronnement de reine, etc.Incidemment, disons que notre équipe de ballon-panier féminine a dû baisser pavillon devant les Castoriettes de Laval au compte de 14-17.: Le Carnaval de McGill nous offrait cependant une revanche par notre magnifique victoire de vendredi soir au hockey contre les Redmen.Ce n\u2019est d'ailleurs pas la seule activité du Carnaval à laquel- MARDI-GRAS Après tous les bals formels les étudiants cassés en reviennent à la bonne vieille coutume des danses de \u2018\u201c\u2018chez nous\u201d.Le Mardi Gras verra le Hall d'Honneur rempli de carabins et de poutchinettes en chemises carreautés et en jupes paysannes dansant des sets canadiens, en somme ce qu\u2019on appelle en bon francais un \u201cbarn dance\u201d.Comme par les années passées on arrête la danse à minuit moins quart pour commencer le carême à minuit par l'Office des Cendres à la chapelle.Swiné la guenille - Dans l\u2019coin du Hall Le 2 en file Au \u2018\u2018Carnaval\u2019\u2019 Mumbo su' l\u2019dos Les femmes ont chaud Tango dans I'coin Ca Pair de rien Rhumba, Polka Samba, Raspa - En veux-tu, en v\u2019là Et ai tu aimes Sur la Ridonlaine Faut qu\u2019tu l\u2019amènes Cent-cinquante cennes (Ia paire) (on.commence à 8h.30) OLE Wc Montréal; |.des Débats.AEN Bals, régals, carnavals le participait I'U.de M.: Samedi aprés-midi, une équipe de folklore nous avait aussi dignement représentés au spectacle de variétés donné au Moyse Hall.Le Carnaval de MCGill offrait encore à ses participants une soirée sportive À la montagne ainsi qu\u2019une excursion de ski au Mont Gabriel: le tout à des prix ridiculement bas.Enfin, pour l'avoir constaté de visu, nous pouvons dire que le Carnaval de McGill fut un succès?Deux universités ont manifesté leur esprit étudiant dans des activités hivernales typiquement canadiennes; elles ont ainsi augmenté leur renom! Quand les Services Universitaires présenteront-ils le Carnaval de l\u2019U.de M.?JPB Double perte Nous avons l'honneur de posséder une œuvre d'un sculpteur dont la France regrétte aujourd'hui la perte.La Jeanne d'Arc qui orne notre Cour d'Honneur est en effet un don de son auteur, le sculpteur Maxime Réal del Sarte.Elle est une réplique exacte de celle qui orne la place du -marché de Rouen et dont une copie se trouve aussi à Buenos-Aires.La statue fut dévoilée dimanche le 8 avril 1951 par Son Excellence le Président de la République française, M.Vincent Auriol, associant ainsi la France officielle à l'hommage de l'artiste.Maxime Réal del Sarte était'né à ° Paris en 1888.\u2019 *, Plusieurs ont eu, l'automne dernier, l'avanta, de connaître M.Josès Piller à l'occasion d\u2019une série de cours et de conférences qu'il a donnés dans notre université.Il décédait la semaine dernière sans s'être jamais complètement remis d'un accident qui a attristé son retour parmi les siens, En Les étudiants et l'Université \u201cde Montréal s'associent cette semaine \u2018à ce.double .deuil que.-déplorent le: s °F milieux cultivés de veille Eürg \u2014 Open \u2014 - journal hebdomadaire de l'Association générale des Étudiants de l'Université de Montréal Exécutif de la P.U.C.Abonnement pour l'année universitaire: $2.50 2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Local D'219a \u2014 AT.9616 ÉQUIPE DU QUARTIER LATIN: Directeur: Yvon Côté.Co-directeur: François Vachon.Rédacteur en chef: Fernand Côté.Secrétaire à la rédaction: Gilles'\u2019Mathieu.Chef des nouvelles: Yves Guérard.Assistant-chef des nouvelles: Jean-Pierre Blais.Directeur du Gallup: Paul Frappier Directeur du Radlo-Journal Quartier Latin: Bernard Benoist.Directeur du Quartier Latin filmé: Jean-Paul Ostiguy.Directeur des Éditions du Quartier Latin: Fernand Benoît.Mademoiselle Quartier Latin: Joanne Quesnel.Photographe: Jean Thiffault, Rédacteurs: Claude Asselin, Juliette Barcelo, Rosaire Beaulé, Claude Béland, André Belleau, Claude Bélanger, Jean Bergeron, Rémi Boismenu, Robert Bourassa, Pierre Brassard, Jacques Brière, Jacques Brossard, Jean-Réal Brunette, André Clermont, Guy da Silva, Lilliane Delaquerrière, Louis Des- biens, Mireille Desjardins, Emerson Douyon, Alfred Dubuc, Jacques Gareau, Guy Gilbert, Jacques Godbout, Luce Guilbault, Lise Langlois, Jules Léger, ean-Jacques L'Heureux, André Morel, André Ouellet, Jean-Guy Pilon, Gérald ivest, Jean-Paul St-Pierre et Jean-Maurice Tremblay.Correspondants spéciaux: Hubert Aquin, Luc Cossette, Gilles Duguay, Luc Geoffroy, Georges Lahaise, Jean-Noël Rouleau, Gaétan Legault.Imprimé por LA PATRIE, 180 est, rue Sainte-Catherine \u2014 Montréal Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Deux témoignages éloquents Devant la Commission Tremblay comparaissaient hier l\u2019Université de Montréal et ce matin même l\u2019Association générale des étudiants.Comme nous le prévoyions, les-mémoires soumis à cette occasion démontrent à leur face même le sérieux, l\u2019objectivité et la franchise avec lesquels ils ont été rédigés.Il faut les lire simultanément pour prendre conscience de toute la situation qu\u2019ils décrivent, situation fort difficile dans laquelle se trouvent l\u2019Université elle-même et, principalement, les étudiants qui en sont la raison d\u2019être.Car enfin c\u2019est en ceux-ci d'abord que se concrétise, s\u2019incarne la condition tragique de la première.Nous aurions voulu dégager des mémoires en question les révélations qui intéressent davantage les étudiants.Le temps nous manque qu\u2019exigeait une étude approfondie des textes, avec toute l\u2019attention et tout le respect auxquels ils obligent.Nous y reviendrons.(On trouvera dans les pages de ce journal la reproduction intégrale du mémoire des étudiants de même qu\u2019un exposé synthétique des points principaux du mémoire de l\u2019Université.) * k * Le mémoire de l\u2019Université constitue un document complet et extrêmement nuancé sur le problème crucial de l\u2019enseignement universitaire dans la Province.Son ton toujours réaliste semble plus tragique en définitive que maints appels angoissés.Nul doute qu\u2019il marque une étape dans la prise de conscience et dans l\u2019analyse du problème à l\u2019étude duquel il servira sûrement de point de repère devenu essentiel.A eux seuls l\u2019ordre des idées qu\u2019on y exprime et la construction des chapitres où elles s\u2019intègrent dans un ensemble fort cohérent révèlent une intelligence juste de ce que doit être une Université.Nous nous réservons évidemment la liberté de différer d\u2019opinion sur quelques modalités, peut-être même sur quelque concept y énoncé, mais nous sommes convaincus que l\u2019ensemble du mémoire doit s\u2019accepter à la manière d\u2019un fait.Du moins dans la description de l\u2019état actuel de l'institution et des conséquences inhérentes.Ce travail courageux et lucide mérite sans réticence notre réelle admiration.%* kk Le mémoire de l\u2019A.G.E.U.M., toute proportion gardée, partage la nature pondérée et rigoureusement objective du précédent.Il demeure pour ainsi dire la photographie exacte de la condition Mae l\u2019étudiant universitaire 1953-1954.Ses conclusions \u2014 acceptées par tous les représentants de ses membres, sans exception \u2014 possèdent une sagesse à laquelle ne s\u2019attendaient peut-être pas ceux qui persistent à sous-estimer la gent estudiante; elles valorisent, le témoignage de cette dernière.Aussi faut-il, dans la personne des trois rédacteurs de notre mémoire, féliciter l\u2019A.G.E.U.M.de sa participation spontanée et passablement importante à l\u2019œuvre de la Commission Tremblay.Que celle-ci voit dans notre geste la confirmation expresse de l\u2019estime que nous lui portons et de la nécessité urgente que nous reconnaissions à sa formation par le gouvernement provincial.Quelle soit assurée de la confiance de tous les étudiants! La présentation de ces mémoires aura été la preuve de la plus entière coppération des administrateurs et des étudiants de l\u2019Université de Montréal aux recherches entreprises par l\u2019État provincial pour résoudre \u2018enfin le problème des universités, avec toute la clarté possible.La parole est désormais à cet État, qui possède responsabilité et.pouvoir.Qui tient dans ses mains, avecile sort des universités, la\u201cvie même de son:peuple.| we LE QUARTIER LATIN Le règne de la femme De récentes statistiques démographiques, venues du Sud, découvrent un phénomène troublant pour notre Amérique: après des années de lutles sournoises et profondes, les femmes ont dépassé les hommes quant au nombre et lendent à prendre la majorité! À mon avis, ce fait est prometteur de transformations, pour notre saint continent (qui ne l'est pas toujours).En effet, jusqu'à nos jours, l'Amérique, en promesses et d'immigration, prenait une Jace surtout masculine.La femme était considérée comme un facteur rare, un produit clairsemé! elle était recherchée, choyée, adulée.Elle régnait en quelque sorte par son petit nombre.C'est probablement de là, et, en même temps, du tréfond de la nature humaine, qu'est venue la commercialisation de la femme.De là, ces affiches de cinéma toutes pareilles, avec décolleté calculé au pouce, sur un fond de baiser ou de violence; ces annonces de club de nuit par des poupées en raccourci; ces calendriers de garages ou de manufactures de machines agricoles arborant un animal splendide, aux lignes félines: ces romans bleus ou roses qui offrent de la sentimentalité à dix sous; l'amour facile des chansonnettes françaises mêlé avec la sensualité balourde des hits américains; la lexture souvent répétée de nos programmes de cinéma nord-américains.Jusqu'à date, cela s'expliquait.L'homme n'élait pas sûr de trouver une compagne et il ne pouvait jouir de la présence féminine que d'une façon artificielle ou collective.Mais nous n\u2019en sommes plus là.Le mythe américain de la Femme branle sur ses assises.Il perd de son inconnu, de son mystère, avec l'accroissement des petits mystères individuels.L'homme ne désire plus un mystère qui le recherche, qui le côtoie.Est-ce que la force de notre monde nord-américain va changer, se transformer, se féminiser?Il serait amusant de voir le monde commercial, surtout celui des loisirs, se tourner vers l'homme, de voir surgir le type pin-up masculin, la mode masculine, les concours de beauté pour hommes.Imaginez un peu! Les affiches de cinéma centrées vers l'homme?On le contemple dans des attitudes provocantes, des tenues rudimentaires, violent, musclé jusqu'au nes: dans les clubs de nuit, à la lumière violette des réflecteurs, 1! dévoile les charmes de sa personnalité; dans les romans de kiosques à journaux, il est dépeint amoureusement, avec ses problèmes de sentimentalité intime, ses amours incomprises; à l\u2019Université, il se senl un, pex perdu parmi toutes ces étudiantes, ne comprend pas toujours Madame le professeur, il ne se sent vraiment à l'aise qu'à la Société Masculine.Évidemment nous sommes rendus à l'extrême, au pays de l'utopie.Mais le fait reste là, tout de même.L'Amérique compte de nos jours plus de femmes que d'hommes.IL est très possible, par conséquent, que l'idée américaine de la femme évolue et se transforme, que l'idée de la star, de la reine de Beauté, de la reine de ci et de ça, perde de son importance.Cela voudrait dire une transformation de la mentalité américaine, laquelle nous influence d'une certaine façon.De toute façon, je verrais sans chagrin, un changement dans notre genre de publicité fémino-physique; je voudrais que l'on cesse d'annoncer des pelles mécaniques à coup de sourire, jambes ou épaules féminines, pour ne pas dire plus; j'aimerais bien que les cinémas cessent de tromper, par des affiches menleuses, la sensualité des badauds, qui s'y laissent tromper à chaque fois; je ne serais pas fâché de voir les pocketbooks trouver d'autres trucs de vente que ceux qu'ils arborent présentement.Je ne suis pas un moralisie, Dieu m'en garde; je ne voudrais pus passer pour un moraliste non plus.Je ne suis qu'un pauvre gars qui croit que l'on en a trop mis el qui espère que le vent vu tourner, avec les nouvelles statistiques.Gilles Mathieu Bienvenue L'Université a l'honneur de recevoir aujourd'hui Sir Edmund Hillary, vainqueur du Mont Everest.Nous: nous joignons aux autorités pour souhaiter au célèbre alpiniste la plus cordiale bienvenue\\sur notre colline universitaire.Le Quartier Latin particulier les United States, terre de GEORGES LAHAISE, ANDRÉ MOREL et ALFRED DUBUC (quatrième année de Droit) qui ont présenté ce matin \u2018à la Commission Tremblay le mémoire de l'AGEUM, dont ils sont les auteurs.(\u2018Étudiant qui es-tu?\u201d NOUS INCONNUS Il faut bien l'admettre, un fort pourcentage de notre société est constitué \u2018\u2018d\u2019hommes à la serviette\u2019 qui partent tous les matins les livres sous le bras à destination des collèges et des universités.Il s\u2019en trouve de tout âge, du stage de l'apprentissage à celui de la spécialité d'où cet axiome \u201cl'étudiant n\u2019a pas d'âge et tant qu\u2019il est à l\u2019école, pour tous il n\u2019est qu\u2019un écolier\u201d.Ceci vaut pour la masse, mais que dirait le spécialiste, que dirait le sociologue aussi bien que l\u2019anatomiste?.je suis sûr que chacun, en regardant déambuler l\u2019étudiant, verrait quelqu'un d'autre et déjà nuancerait la masse d\u2019étudiants en différentes catégories.Pour l'anatomiste il y aurait les gros et les chétifs, les nerveux et les lymphatiques et que sais-je combien d\u2019autres catégories! Le sociologue à lunette y verrait autre chose, le vingt pour-cent qui travaille et le quarante pour-cent qui flâne, le dix pour-cent qui opte volontairement pour le célibat et le soix.e pour-cent qui sort et cela sans oublier le trente pourcent d'indécis.Chacun son optique et je m\u2019excuse ici d\u2019avoir emprunté ces exemples inédits.Mais réste vrai que la masse d\u2019étudiants n\u2019est pas homogéne d\u2019ou le second axiome: \u201cOn est comme on nait et chacun son autonomie!\u201d Faut donc accepter, en parlant sociologie, qu\u2019il y ait une classe étudiante comme il y a une classe ouvrière; une classe \u2018\u2018d\u2019étudiants\u2019\u2019 a la vocation bizarre qui est celle d\u2019étudier, de se lever tôt le matin, de déjeuner et partir pour revenir le soir en se demandant: qui a dagné le souper?.Drôle de vocation, drôle de classe, drôle de réalité d\u2019où le troisième axiome: \u201cL\u2019étudiant est un homme qui ne rapporte pas!\u201d Oui, économiquement c\u2019est tristement vrai: l\u2019étudiant vit comme un rentier huit mois par année, il reçoit, il ingur- dite sans jamais rien donner; il est ce qu\u2019on pourrait appeler un \u201cparasite temporaire'\u2019 et Dieu sait combien peut être dur pour cet homme de vinét-cing ans, de n'être rien d'autre qu\u2019un \u2018\u2018gobeur\u2019 au crochet de la société, d\u2019où le quatrième axiome: \u201cUn étudiant qui serait indépendant, serait un homme heureux\u201d.Ily a trois catégories d'étudiants.L\u2019étudiant qui travaille, l'étudiant qui pense et l\u2019étudiant qui végète.L'étudiant qui travaille.Celui qui doit gagner ses cours et qui est tellement hanté par la \u201c\u2018piastre\u201d\u2019 qu'il en oublie sa vocation d\u2019étudiant.Le soir il laisse son emploi aux petites heures et c\u2019est un peu pourquoi il oublie d'étudier.Pour lui c\u2019est une question d'examens: ou il passe ou il ne passe pas.Tout s'évalue selon un critère économique et la simple nouvelle de la hausse des Prix du café l\u2019a empéché de dormir plusieurs heures aprés s\u2019étre couché \u201cL\u2019étudiant qui travaille est un êtu- diant préoccupé.\u201d C\u2019est l\u2019axiome qui découle de sa vie agitée.11! faut conclure sur son compte, qu\u2019étudiant il ne l\u2019est le plus souvent qu\u2019à moitié puisqu\u2019ayant opté pour le fait de la richesse, il n\u2019a pas tout à fait la qualification requise de l'étudiant véritable, qualification que nous pourrions résumer dans cet axiome: \u201cL'étudiant véritable est l\u2019étudiant cassé.\u201d L\u2019étudiant qui pense.est quelquefois dilettante, Forcément idéaliste il ignore le problème financier et ne prend pas comme son prédécesseur l\u2019accessoire pour le principal.11 étudie, c\u2019est son métier, reportant à plus tard la question \u201cQu'est-ce que jJ\u2019apporte à la société\", sachant très bien que l'avenir seulement effacera ce point d'interrogation.L\u2019étudiant qui pense est donc l'étudiant heureux et c\u2019est parce qu\u2019il est heureux qu'il est véritablement étudiant.D'où le septième axiome: \u2018\u201cl\u2019étudiant qui pense n\u2019a d'autre préoccupation que l'étude\u201d.L'étudiant qui végète.Triste catégorie! II ne faut pas se faire d\u2019illusion, il s\u2019en trouve un bon nombre.L'étudiant qui végéte n\u2019a pas d'habit, il peut aussi bien avoir le bout des manches usé, que de se promener le jour et aussi la nuit, dans sa voiture privée.C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas en fait de parasite \u201ctout court\u201d, il n\u2019y a, et c\u2019est le huitième axiome \u201c\u2018que des étudiants assis\u201d.Pour \u2018obéir à cette vérité philosophique que l\u2019idée mène à l'acte, il faut d\u2019abord que l'étudiant qui végète ait commencé dans son esprit.II faut donc l'oublier, c'est d\u2019ailleurs l'attitude de l'histoire de \u2018faire passer inaperçus ces êtres qui d'eux-mêmes ont opté pour le silence.L'étudiant qui se tait n\u2019est déjà plus étudiant.Ainsi aurait parlé Balzac sil avait vécu.Qu'est-ce que je dis?11 aurait certes fait cent fois mieux, car il avait le style et je n\u2019avais qué les yeux! D'où le dernier axiome: \u2018Il ne faut pas m'en vouloir de n'avoir pu faire mieux.\u201d André Clermont école sont nulles.AVIS DE MISE EN NOMINATION ÉLECTION À LA PRÉSIDENCE DE L'A.G.EUM le ler mars 1954, à 7h.30 p.m.Mise en nomination: 27 février 1954, à midi Les candidatures reçues après cette heure ou encore non adressées par lettre recommandée par un Comité de Régie de faculté ou Le Secrétaire du Conseil, | ric 25 FÉVRIER 104 .Q re - ENEU.C \u2014 Comédie et drame Acte 1 \u2014 Retour au foyer Nous regagnons les cadres de FNEUC, mais les conditions, exigées ar l'AGEUM en 1952 pour notre re- Pour n'ont été que très partiellement emplies- L'essentiel, c\u2019est-à-dire une cotisation portée de $0.25 à $1.00 et une réorganisation en deux sections, l\u2019une destinée aux universités et l'autre aux collèges, n\u2019a pas été obtenu.Nous n'avons réussi à obtenir qu\u2019un président à plein temps.A ce poste, on désigne Antonio Enriquez, Mexicain qui séjourne ici pour la durée de ses études.Pourquoi un étranger?Enri- quez lui-même laisse entendre qu\u2019il aurait été préférable de choisir un Canadien comme président.Devant ces faits, demandons-nous pourquoi nous sommes revenus à FNEUC?Il semble qu\u2019il s'agisse là d\u2019un jeu de coulisses.Acte II \u2014 FNEUC au travail Rosaire Beaulé présente à I'AGEUM le programme de FNEUC pour l\u2019année.Ce programme, -il faut l\u2019avouer, est formidable, mais l\u2019homme propose et la divinité dispose.Jacques Gaboury, vice-président régional de FNEUC, démissionne, et pour combler ce vide, on fait appel à François Aquin qui accepte le poste, désireux de se dépenser libéralement dans ce nouveau champ d\u2019apostolat.Mlle Thérèse Brochu nous représente à la 4è Conférence Internationale des étudiants à Istamboul.Qui estelle?Une étudiante à sa retraite ou inscrite pour l\u2019année académique 1954- 55?On est en train de breveter la réponse.Rosaire Beaulé vient devant l\u2019assemblée de l\u2019'AGEUM présenter le rapport prévu de FNEUC.Il dévoile que ce dernier n\u2019est pas encore né.Mais vous comprenez.un tas de raisons d'ordre interne et d'ordre externe.SAMEDI LE | Acte III \u2014 Crise chez FNEUC Le vice-président régional démissionne.Cette défection suit la présentation prévue d\u2019un rapport.} ,_ Rosaire Beaulé, devant des attaques injustifiées, donne une liste.de quelques-unes des réalisations de FNEUC.Président national à plein temps, secrétariat permanent (sic), participation par ses membres à la Ligue Villeneuve et à la Presse Universitaire Canadienne, telles sont les véritables réalisations de FNEUC en 20 ans.Ceci a amené des relations très intenses entre quelques individus seulement.Quant aux autres réalisations, commentons-les brièvement.Plans de bourses et d\u2019échanges d'étudiants: réalisations plutôt morales.Réductions sur les articles de sport, les billets de chemin de fer et abolition de la taxe de vente sur les manuels de classe: cela s\u2019obtient sans l\u2019aide de FNEUC (collèges classiques, par exemple).Mémoire à la Commission Massey: ce mémoire ne représente malheureusement pas l\u2019opinion de la majorité de nos étudiants.Quant aux autres item (voyages à prix \u201c\u2018réduits\u201d, projet d\u2019un séminar national annuel, part active aux conférences internationales des étudiants), il ne vaut pas la peine de s\u2019y arrêter.Enfin l'obtention d\u2019une réduction des droits d'auteur confirme la rumeur qui dit que FNEUC veut monter un opéra.En plusieurs milieux, on chuchote que François Aquin démissionnerait de FNEUC pour se consacrer plus entièrement à l'étude du droit planétaire.Que penser de FNEUC?À cette question, on doit répondre qu'il s\u2019agit là à la fois d\u2019une comédie et d\u2019un drame.Comédie, parce que FNEUC s\u2019est payé la tête de l'AGEUM et de la masse étudiante en général, Il n\u2019est pas besoin de disserter longtemps pour le démontrer.Ce qui précède suffit.Drame, parce qu'une telle 27 FÉVRIER Débat Villeneuve OTTAWA vs Auditorium: 8 h.30 p.m.MONTRÉAL Admission: Public $0.75 Étudiants:gratuits sur présentation de la carte de membre de l\u2019AGEUM.760 rue Sherbrooke ouest I LE FLEURISTE ses \u201ccousins\u201d Jes clients ec ROBERT LETENDRE, nec a le proprio .encore plus royalement ses copains les étudiants.Escompte de 15% LOUIS XV traite royalement MA.3661 = un [ \u2014 Sa comédie nous coûte $1,200.La Société Féminine, l\u2019'AGEUM, la Société Artistique, pour ne citer que quelques cas, ont de maigres budgets et ne peuvent remplir convenablement leurs tâches.$1,200 les auraient certainement aidées.Que faire?FNEUC, en soi, part d\u2019un bon principe, i.e.de l\u2019intention de grouper tous les étudiants canadiens dans un même mouvement.Malheureusement, l\u2019orientation donnée à FNEUC est mauvaise, et, certains groupements s\u2019en servent à des fins de propagande, ce dont tous peuvent facilement se rendre compte.En un mot, l\u2019action de FNEUC, celle libre de toute influence étrangère, est très contrariée et à peu près nulle.Si on jette un coup d\u2019œil sur les journaux de plusieurs universités canadiennes, on constate qu\u2019il existe partout un malaise À ce sujet.De plus, le comité local doit enregistrer sa dissidence devant les motions des autres universités sur la politique générale de FNEUC.Nos propositions sont sans cesse repoussées.Ceci tient au fait que nous ne pouvons faire nôtre la politique nationale de FNEUC, car elle va contre nos intérêts.On se demande ensuite quelle est la raison d'être de l'U.de M.dans la FNEUC ?C\u2019est pourquoi la meilleure solution à apporter au problème de FNEUC serait que nous nous retirioris de ses cadres, jusqu\u2019à ce que les conditions, fixées par l\u2019AGEUM en 1952, soient dûment remplies.Dans l'intervalle, cette sortie nous permettra d\u2019assainir quelque peu nos finances et surtout d\u2019éviter les déboires qui, jusqu'ici, ne nous ont pas beaucoup mérité l\u2019admiration de nos confrères et consœurs des autres universités canadiennes.Délégué(e)s à l\u2019AGEUM, la parole est à vous.Jacques Girard, membre du comité local de FNEUC.PRIX GERARD PARIZEAU 1954 Il sera décerné au banquet des finissants offert par les Diplômés de l\u2019U.de M.Ce prix est une fondation des Diplômés de l'Université de Montréal, créée par M.Gérard Parizeau, professeur à l'École des Hautes Etudes Commerciales, membre du comité du Fonds des Anciens des Diplômés.Ce prix annuel, au montant de $50.00 est destiné à reconnaître le mérite d\u2019un étudiant finissant d\u2019une faculté ou école affiliée, qui pendant le cours de ses études s'est signalé par ses travaux d'ordre intellectuel accomplis dans les cadres de l'A.G.E.U.M.Est éligible, tout étudiant finissant d\u2019une faculté ou école affiliée, qui soumet son dossier en se conformant aux règlements suivants: Conditions du concours 1.Faire parvenir au secrétariat des Diplômés (ch.C'303) un dossier dactylographié portant les noms du candidat et la désignation de la faculté et contenant une liste des travaux d'ordre intellectuel accomplis par le candidat dans les cadres de I'A.G.E.U.M.(v.g.collaboration continue au Quartier Latin, fondation, direction des cercles d'études ou de tous autres roupements favorisant le travail intel- fectuel des étudiants, participation active à ces mouvements, publications, conférences, etc.).2.Ce dossier sera mis sous enveloppe cachetée et ainsi libellée: \u201cJury du Prix Gérard Parizeau\u201d Diplômés de l'U.de M.3.Aucun dossier ne sera accepté après le 27 mars 1954, à minuit.4.Le jury se composera de membres du Conseil des Diplômés de l'Université de Montréal.5.Le prix sera remis lors du banquet offert par les Diplômés de l'U.de Maux finissants des facultés ou écoles, le 6 avril, à l'hôtel Mont-Royal.6.Copie du présent avis sera envoyée au secréjaite de chaque faculté ou école pour affichage dans un endroi bien en Fe de la dite faculté ou-école.Le secrétaire, Roger Bordeleau, O:D.* Les étudiants de la Faculté de Droit sont dans l'angoisse: députés et mem- bres-officiers du Barreau discutent d'une année de leur vie! ç Doit-on ramener le cours A trois ans ?.\u201c =».Plusieurs députés ont apporté des arguments en faveur de l'abolition.D'autres en ont apporté en sens contraire.Conclusion: la nécessité de la quatrième année est fort discutable.De quel droit peut-on disposer d'une année complète d\u2019une vie de jeune homme pour une question fort discutable ?Ici, comme ailleurs, on devrait tenir compte du bénéfice du doute.+ * x % = # .Pourquoi pas une 6° et 7° année en médecine?N'est-ce pas qu'il en ressortirait des médecins plus compétents ?+ & # # 5 8 .Pourquoi pas une 5° année en Pharmacie?N'est-ce pas que nos pharmaciens pourraient se lancer dans la pratique beaucoup mieux préparés?.* % % % 32% Il paraît qu'en un cours de trois ans, il est impossible d'apprendre tout le droit ériminel! Cette parole a été lancée au Comité des Bills Privés.C'est dire que tous les avocats qui pratiquent aujourd\u2019hui et qui ont fait leur cours en trois ans n\u2019ont jamais appris tout leur code criminel.Quelle honte d'avoir laissé aller des avocats si peu préparés!.\u201c & 5% % 8 Petites annonces déclassées: On demande jeune homme de 20 à 40 ans, belle apparence, parole et promesses faciles, actif, comique, ayant le \u2018\u2019sens\u2019 social et le \u2018centre social\u201d, sachant dicter à une secrétaire, étant étudiant et voulant sacrifier un an, pour devenir président de l\u2019'AGEUM.Bon salaire.Inutile de se présenter 'si on n\u2019a pas les qualifications requises.Expérience pas nécessaire.RE.7-6561.\u201c & fk Kk x Yves Guérard, le nouveau chef des nouvelles, a vu un de ses brillants articles, \u2014 celui sur le Présalaire, \u2014 publié dans le journal matinal \u2018Le Devoir\u2019.Ce n\u2019était pas un article à sensation pourtant, mais \u2018Le Devoir\u201d l\u2019a publié quand même.Bravo Yves!.» + * \u201c = + Définition: Opéra: spectacle où lesgens qu'on poignarde se mettent à chanter plutôt qu\u2019à saigner.esses La Nature a donné aux femmes un tel pouvoir que la loi, sagement, leur en a laissé fort peu.+ + & # # % A un examen, un étudiant cherche fébrilement dans un dictionnaire.Le professeur demande: \u2018\u2019Que cherchez-vous ainsi dans ce dictionnaire ?\u201d L'élève: \u2018Je cherche l'épellation du mot banqueroute\u2019\u2019.Le prof.: \u2018Alors pourquoi cher- chez-vous à la lettre \u2018\u2018c\u201d ?\u201d\u201d L'élève: \u201cBien! Je sais comment écrire \u2018banque\u2019.Je cherche maintenant le mot \u2018\u201c\u2018croute\u2019.x x * # # A la bibliothèque: \u2014 \u2018Vous n\u2019auriez pas un livre sur les problèmes matrimoniaux ?J'en ai épousé un! .\u201d* « «-#*.D'après Bernard Tellier, le président de l'Entr'Aide Universitaire Mondiale, la vente des allumettes a été un succès.Les rapports plus détaillés seront dévoilés plus tard.* & & % % 3% Si ces derniers jours vous avez vu au carrefour des chemins l'Université un signal *\u2018d\u2019arr@t\u201d, c'est que vous avez rêvé.Et appelle un \u201cbeau rêve\u201d.qui entourent c'est ce qu'on * & & x & 9 Au bal: la poutchinette à l'escholier: Excuse, mon chou.Est-ce que nous pourrions arrêter de danser un peu, TES pieds me fatiguent!.Claude Béland Dernièrement, au cafétéria, le clan des chiennes blanches et des moins blanches a de nouveau étaler son complexe par un petit chant où l'on dévoilait son dépit de ne pas être admis en chienne dans un salon .et où le mot \u2018\u2018chienne\u2019\u2019 revenait comme une idée fixe .En résumé: une thienne de chanson! +» +=» # 3 À la dernière partie des Carabins, vendredi soir au Forum, contre McGill, à l'occasion de leur carnaval ce fût une orgie de points.L'enthousiasme.des nombreux supporteurs de l'U.de M.y était peut-être pour quelque chose .On aurait dit cé soir-là que c'était plutôt le Carnaval de Montréa ®x % % 2 x # La semaine dernière, sur l'heure du midi, il fallait prendre son courage à deux mains pour traverser la cour d'honneur .On y pratiquait un nouveau sport violent sur le campus: le combat de pelotes de neige .au grand désespoir de certains fonctionnaires de l\u2019aile administrative .* ¥ % #% = Derniers développements officieux, au sujet du Bill du Barreau: on ajouterait une cinquième année au cours de Droit et un examen du Barreau après chaque année du cours .De plus, les jeunes avocats ne pourraient pratiquer que l'avant-midi et devraient faire du tribunal-école l\u2019après-midi pour une période d'années indéterminée .J.P.B.Nr\u201d à \u201cMA BANQUE\u201d, ¢ où les comptes des étudiants sont bien reçus.Vous pouvez ouvrir un compte avec un dépôt d'un dollar seulement. PAGE QUATRE INTERVIOU | C\u2019est une cave comme il en existe plusieurs en cette ville.Une cave où l\u2019on boit, où l\u2019on chante, où l\u2019on a l\u2019air de régler les plus grands problèmes artistiques de l'heure, alors qu\u2019en fait on se perd en discussions.On se donne l'illusion, tout de même.Les hommes aiment tellement à se faire croire à leur utilité, à leur importance, à leur nécessité.Et l\u2019on est heureux parce que l\u2019on se ment.À la bonne vôtre! Il y a là des habitués.Ils font groupe et s'interpellent de distance en distance.Ils possèdent en commun la négligence vestimentaire voulue.Les \u201cgens bien\u201d les appellent parfois les ratés; eux, ils se nomment les existentialistes.Qu'est-ce que cela veut dire ?Ils ne le savent pas tous très clairement.Pour beaucoup d\u2019entre eux, c\u2019est plus une mode et une attitude sociale qu\u2019une façon de penser.Bien plus, allez.Il y a aussi les gens de passage.Ils prennent le moins d'espace possible et regardent.Ils voudraient passer inaperçus.Ils redoutent intérièurement les vilains tours que peut leur jouer leur curiosité.Ils en ont tellement entendu parler de ce Saint-Germain des Prés.A l\u2019heure venue, le rideau s\u2019ouvre sur une petite scène.Une jeune femme s\u2019avance.On dit que c\u2019est une déesse.Une reine en tout cas.Ses longs cheveux noirs miroitent sur ses épaules.Une 2.mèche s\u2019est égarée sur sa gorge, et cela\u2019 intrigue longuement.Elle porte un chandail noir à col roulé, et son front se laisse deviner derrière cette richesse de cheveux qu\u2019on compte, paraît-il, parmi les plus beaux du monde.Et elle chante.Juliette GRECO chante, et à travers sa voix, on croit entendre le sang, la chair, le désespoir et l\u2019amour perdu.Cela s\u2019appelle \u201cLe Cœur Cassé\u201d, \u201cL\u2019Amour est parti\u201d, \u201cComme un enfant puni\u201d.Des chansons réalistes, comme ils appellent ça.Peut-être bien.En tous cas, des chansons vraies, évocatrices de tous les espoirs humains si souvent déçus.Juliette GRECO reste humble devant l\u2019ovation empressée qu\u2019on lui réserve chaque soir.Un sourire bref illumine ses yeux, et elle poursuit son idée première: chanter la douleur humaine.Et elle délaisse les chansonniers pour emprunter aux poètes des accents plus vrais et plus retentissants.François Mauriac a écrit spécialement pour elle une chanson qui nous entre dans la tête et dont on conserve longtemps le souvenir, une fois qu\u2019on l\u2019a entendue: L'OMBRE.Aëüx jours où la chaleur arrétait toute vie, Je cherchais votre cœur comme je cherchais l\u2019'ombre.\u201d C\u2019est ensuite la mélodie si fraîche dont Raymond Queneau de l\u2019Académie fA GINAIRE AVEC JULIETTE GRECO _LE-QUARTIER LATIN PLUS QUE GRANDE Goncourt a écrit les paroles: \u201cSi tu tf\u2019imagines.\u201d Et puis des chansons de Prévert-Kosma, et enfin, pour finir, (est-ce un hommage secret ?) c\u2019est de Jean-Paul Sartre qu\u2019elle chantera deux chansons écrites encore spécialement pour elle: \u201cLa Fourmi\u201d et \u2018Rue des Blancs Manteaux\u201d.A cet instant, la lumière revient et ravit Juliette Gréco.Je sais qu\u2019elle ne reviendra pas sur cette scène; que ce soir, elle ne chantera plus de sa voix grave, sobre et vraie.Et je me retrouve dans un étroit couloir, au bout duquel une lumière éclaire une fenêtre, près du plafond.Et là, tout en-dessous, sur une chaise droite, Juliette Gréco retient sa figure dans ses mains fines et pâles.J'avance d\u2019un pas léger et hésitant; je la regarde de toute la mémoire de mon regard.Je voudrais que cette image s\u2019imprime en moi pour n\u2019en plus disparaître.Elle s\u2019est levée et me tend la main, sa main émue qui me dit dans son langage de chaleur et d'humidité qu\u2019il ne faut pas insister ce soir.L'interviou que je venais lui demander ce soir, elle préfére le remettre au lendemain, a seize heures dans un petit café de la rive gauche, tout prés de la Seine et des bouquinistes.Elle me griffonne l'adresse sur un paquet de cigarettes que j'ai réussi à retrouver dans mon gilet.Je la quitte en m\u2019enfongant dans le couloir, a reculons, et s\u2019éloignent en méme temps la petite lumière agrippée au plafond et la jeune dame aux longs cheveux qui rêve en-dessous.\u20140\u2014 Le lendemain, bien avant l'heure fixée, j'étais de garde à la terrasse du café.Je surveillais l\u2019arrivée des clients, je surveillais la rue, je surveillais les voitures qui ralentissaient devant moi, je dévisageais tous les passants, des deux côtés de la rue.J'étais presque sûr qu\u2019elle ne viendrait pas, après quelques minutes qui m'avaient paru très longues.Je voulus jeter un coup d'œil sur le journal que je venais d\u2019acheter, mais un inexplicable brin de vent me fit échapper une feuille et je dus la ramasser sous une table voisine.Quand je revins à ma chaise, Juliette Gréco était devant moi et me tendait la main.J\u2019eus peine à la reconnaître, avec le bérêt blanc qu'elle portait.Je laisse mes yeux sur elle, ayant peine à m\u2019imaginer que cette jeune femme toute simple qui est assise devant moi, sera ce soir la vedette de renommée internationale.Elle est calme.Elle a de grands yeux, avec beaucoup de blanc autour de la pupille, comme pour le rêve et la poésie.Et nous levons nos verres \u2014 un blanc de blanc bien honnête \u2014 en trinquant, sans aucun rapport, à la gloire de la France, du Canada et de la poésie.DEMANDEZ LA CIGARETTE - la Plus Douce | - laPlus Savoureuse Je lui dis tout de suite qu'au-delà de l\u2019océan, on raconte toutes sortes de légendes sur elle et le milieu où elle évolue.Et je m\u2019empresse d\u2019ajouter que je n'y ai jamais cru.Nous en rions.\u2014 Nous habitons le monde, me dit- elle avec un air triste qui cache sa souffrance.\u2019 \u2014 Aimez-vous la vie, Juliette Gréco ?\u2014 Oui, beaucoup.Je ne ferais pas ce métier, si je ne donnais pas la chance à la vig, si je ne faisais pas confiance à l\u2019homme.\u2014 Mais pourquoi donc alors ne chantez-vous jamais Votre joie de vivre ?Pourquoi votre répertoire semble-t-il se confiner dans la tristesse et peut-être dans une certaine forme de désespoir ?\u2014 Peut-être parce que je n'aime pas la facilité.Avouez qu\u2019il est assez simpliste de chanter que la vie |' : est belle, que nous sommes heureux, alors qu\u2019en fait, rien dans la réalité de l'homme d\u2019aujourd\u2019hui ne donne ouverture à une aussi large exaltation.J'essaie d'être de mon temps, et, sans l\u2019augmenter, de voir bien en face l'angoisse de ma génération.Les murmures volontairement romantiques me paraissent absolument périmés.Et je pense qu\u2019il est plus honnête de ne pas se faire d\u2019illusion.\u2014 Je voudrais savoir ce qui vous guide dans le choix des chansons que vous interprétez.\u2014 Je chante ce que j'aime, c'est tout.\u2014 Mais comment expliquer que quelques-uns des grands écrivains de ce temps aient écrit pour vous des chansons ?\u2014 Je ne sais pas.Sans doute parce qu\u2019ils croient à la chanson.Sachez que je suis très fière d\u2019avoir l\u2019exclusivité d\u2019une chanson de François Mauriac, par exemple.\u2014 Mais qu\u2019est-ce qui vous pousse, en fin de compte, à chanter ceci plutôt que cela ?\u2014 Je dois d\u2019abord vous dire que je ne chante pas les chansons de tout le monde, celles qu'on retrouve au répertoire de toutes les diseuses.J'aime surtout créer une chanson.Et lorsque j'examine une chanson nouvelle, je regarde de très près son authenticité, i.e.ce cachet qui fait qu\u2019une chanson est vraie et humaine.Et poétique, évidemment.Parce que je pense que la chanson qui n\u2019est pas poétique n\u2019a que peu de valeur, à moins d\u2019être une caricature habile, comme \u2018Les Dames de la Poste\u201d, pour vous citer un exemple.\u2014 Viendrez-vous au Canada un jour ?.\u2014 Je l\u2019espère bien.Je connais peu la géographie humaine de votre pays, mais je connais bien ses poètes.Je sursaute et lui dis: \u2014 Les Canadiens connaissent leur pays d\u2019une façon tout à fait différente.Mon étonnement est grand.Juliette Gréco veut s\u2019expliquer: Au Parlement-École L'Université demeurera sur son site montagneux! L'édifice universitaire ne déménagera définitivement pas à l'angle des rues de Bullion et Craig, comme le demandait le P.P.P, (Parti Populaire du Peuple), à tendance communiste plus que légère.Ainsi en a décidé le parti démocrate au pouvoir lors du Parlement Ecole Provincial organisé jeudi soir der- mier au Palais du Commerce par le Comité des Affaires Juridiques de la Jeune Chambre de Commerce.Pour l'occasion, ce Comité du Jeune Commerce avait reçu la collaboration d'un fort groupe d'étudiants en droit.Malgré le bill comique du début sur l'université, les discussions furent assez sérieuses.Les \u201cdéputés\u201d eurent l'occasion de mettre en pratique les règles mêmes qui régissent les débats à l'A ssem- blée Législative.Deux autres bills furent présentés.Les discussions ferent vives, les points d'ordre soulevés très nombreux; le P.P.P.fut même expulsé en bloc à cause d'idées trop subversives.Mais pour melire un comble à toutes ces décisions, le gouvernement a été défait sur une question de confiance, posée à la suite de présentation du troisième bill prévoyant la création d'un ministère de collection, et le parlement a été dissous.Ainsi finit le règne éphémère d'un soir du Parlement Ecole organisé par la Jeune Chambre de Commerce en collaboration avec la Conférence Mignault de PU.de M.J.P, B.ny 13-2254 Juliette Gréco, \u2014 (dessin à la plume de Jean-Paul Parent.) \u201cElle a des millions dans la gorge, disait d'elle un jour Jean-Paul Saerre; c'est pour voir mes mots devenir pierres précieuses que j'ai écrit pour elle des chansons.\u201d \u2014 Je me procure tous les livres de poésie qui paraissent au Canada.Et elle ouvre son-sac à main pour en tirer une plaquette que je connais trop bien.\u2014 Elle me la tend pour que je la signe et me tend aussi une photo d'elle.Je regarde la photo et je regarde Juliette Gréco.Elle est devenue transparente.Le vent la soulève légèrement.Et comme une écume de vagues, une mélodie blanche tombe de ses mains tendues.Elle est maintenant vêtue d\u2019une grande robe couleur de lilas qui sent la nuit de juin en mon pays.Elle sourit.Et le vent la soulève encore un peu, et elle devient moins visible, comme un volute de rêve qui nage au-dessus de l'herbe mouillée.Ses cheveux s\u2019enroulent autour d\u2019une chanson triste.Je voudrais me lever, la rejoindre, la prendre dans mes bras, la garder, mais je ne puis quitter ma chaise qui repose maintenant sur un minuscule rocher entouré de vagues tourbillonnantes.Et comme une étoile, à l\u2019arrivée du matin indiscret, Juliette GRECO se dissout complètement dans la complicité du rêve.\u2014 oO \u2014 \u2014 Mais change donc le disque, me dit Céline.\u2014 Je la regarde, n'y comprenant absolument rien; et j'ai la naïveté de lui demander: \u2014 Quel disque ?\u2014 Mais celui de Juliette Gréco, If commence à tourner pour la sixième fois consécutive.A regret, à grand regret, je change le disque.Jean-Guy Pilon Le Secrétariat de la Les fonctions du Secrétariat de la Province de Québec sont tout à fait d'ordre social.L'œuvre qu'il accomplit est d\u2019une importance capitale pour le développement de la Province.Depuis quelques années, la population toute entière a comyris l\u2019importance de I'Instruction publique.e Secrétariat de la Province n'a rien négligé pour répandre l\u2019enseignement primaire et supérieur, afin d'outiller notre jeunesse, dans la préparation de son avenir.Outre les allocations octroyées aux universités et aux collèges classiques, il assure, avec le Département de l'Instruction publique, le maintien de l'enseignement primaire, dans les villes et surtout dans nos campagnes.Il a la haute direction des principales écoles d'enseignement supérieur: l'Ecole Polytechnique, l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales, les Ecoles des Beaux-Arts, le Conservatoire de Musique et d'Art dramatique, la Bibliothèque Saint- Sulpice, directement subventionnés par lui, et qui\u2019 visent à la formation d'une élite dans le monde de la finance, du commerce et des arts.Chaque année, des cours du soir sont donnés gratuitement pendant plusieurs mois, permettant aux jeunes travailleurs sérieux dé continuer leurs études et d'acquérir des connaissances nouvelles, souvent indis- Jean Bruchési, - Sous-secrétaire.+ Province de Québec pensables dans l'exercice de leurs devoirs journaliers.Le Secrétariat de la Province s'intéresse aussi au progrès des sciences, des lettres et des arts et chaque année, il distribue plusieurs milliers de dollars en prix décernés aux auteurs des meilleurs ouvrages présentés A ses concours littéraires, scientifiques et artistiques, et en bourses accordées à des jeunes méritants, afin de leur permettre de compléter des études \u2018spécialisées à \u2019étranger.Le même ministère attache une importance toute spéciale au progrès de l\u2019art musical dans cette province.En plus d'avoir fondé le Conservatoire de Musique et d'Art Dramatique, il a donné une vive impulsion à l\u2019enseignement du solfège.Dans le but de conserver notre patrimoine artistique et de le faire mieux connaître, il poursuit depuis plusieurs années un inventaire des œuvres d'art, contribuant ainsl à sauver de la destruction et l\u2019oubli des trésors artistiques qui, sans cette contribution, seraient _aujourd hui perdus pour la collectivité.Et voila le résumé succinct des principales activités du Secrétariat, qui occupe sa place bien à lui dans le Gouvernement, et dont l'importance primordiale ne peut être mise en doute.Omer Côté, C.R., Sécrétaire de la Province. 2 arid ta ès 25 PEVRIER 1954 ES POINT DE VUE CONSTITUTIONNEL \u201cNous ne voulons pas d'intervention fédérale dans le domaine de l'éducation et nous considérons que les subsides courants aux universités constituent une pareille intrusion.\u201d Cette phrase, Jue nous extrayons du volumineux Mémoire que notre Université présentait, hier, à la Commission Tremblay, définit assez bien sa position en ce domaine.Il serait toutefois injuste de vouloir la réduire en ces termes.Le problème constitutionnel, chacun peut le soupçonner, est extrêmement complexe et l'Université ne s'est pas contentée, pour appuyer sa solution, des arguments désormais classiques.Deux points méritent en particulier d'être soulignés.1) Le texte de l'article 93 Je l'AANB ne traite que de l\u2019enscignement et des écoles.Des universités, il n'est pas nommément question.C'était assez pour soulever à leur sujet, parmi les juristes, la querelle que l\u2019on sait.Mais comment pouvait-on parler, en 1867, des universités alors que toutes les institutions consacrées à la f ormation professionnelle portaient à ce moment le nom d \u201cEcole\u201d: Ecole de Médecine, Ecole de Droit, etc., comme aujourd'hui encore d'ailleurs l'Ecole Polytechnique et l'Ecole des H.E.C.?Les Pères de la Confédération n'étaient peut-être pas aussi oublieux que certains ont voulu le laisser entendre! 2) D'un autre côté \u2014 et ceci nous semble un argument absolument neuf \u2014 l\u2019article 113 régit le partage entre l'Ontario et le Québec de fonds qui constituent des dotations dont le revenu doit servir au maintien soit de l'Université soit de l\u2019éducation supérieure.\u2018\u201c\u2018Si les universités, conclut le Mémoire, avaient été considérées comme devant entrer sous la juridiction fédérale, très évidemment c'est celle-ci qui aurait dû prendre possession de ces actifs.\u201d et non les provinces.C'est donc de ces dernières qu'on a voulu que l\u2019enseignement universitaire relevât.- S'il est juste d'affirmer que les universités relèvent des provinces, Ottawa, en leur offrant des octrois permanents, avoue par le fait même lever des impôts pour une fin provinciale; il empiète donc clairement sur les droits des provinces.À ce problème, le Mémoire propose deux solutions: ou bien conserver le pacte fédératif actuel et exiger que le gouvernement central abandonne au profit des provinces les champs de taxation provinciaux qu'il occupe actuellement; ou bien remanier la Constitution et opérer une nouvelle répartition des pouvoirs de taxation./ BESOINS FINANCIERS DE L'UNIVERSITÉ Une fois établie sa position sur le problème proprement légal, l'Université aborde la question non moins complexe de ses besoins financiers.Dans un rapport à une Commission gouvernementale d'enquête, la tentation est grande de réclamer de l'Etat la solution de toutes ses dificultés.Il faut savoir gré à l\u2019Université de n\u2019y avoir pas succombé.À son avis, les revenus des universités devraient idéalement se répartir comme suit: octrois gouvernementaux, un tiers; dons, un tiers; frais de scolarité a également un tiers.a) dons: Les fonds de dotation de l'Université ne représentent qu\u2019une somme de $400,000 dont seulement $34,450 ne comportent aucune affectation particulière.Ce montant est de toute évidence nettement insuffisant; d\u2019où la nécessité de faire appel à l'Etat qui doit, en conséquence, prélever de nouvelles taxes.Et ainsi les personnes qui Invoquaient le fardeau déjà lourd des impôts pour justifier leur inactivité dans le domaine philanthropique se voient forcées d'agir malgré elles.C\u2019est un\u2018\u2018cercle vicieux, note le Mémoire, qu'il est important de rompre\u201d, car il entraîne \u201cle danger de l'intervention politique et d\u2019une administration bureaucratique des services philanthropi ues sans oublier une diminution probable de l'efficacité et de l'effort volontaire de la population\u2019.Les anglo-saxons pourraient s une sérieuse leçon.\u2018un des points susceptibles de nous, mmédiatement est sans aucun doute celui des frais de scolarité.L'Université envisage-t-elle la possibilité d'un enseignement gratuit?Elle déclare que ce n'est pas à elle d\u2019en décider, mais à l'Etat.Favorise-t- elle tout au moins cette solution ?\u2018Idéalement elle est d'avis, comme la Commission américaine, qu'il vaut mieux au niveau universitaire que les étudiants paient une certaine proportion du coût de fonctionnement des universités, proportion qui doit être limitée aux stricts frais d'enseignement d'une part, et qui, de l'autre, ne doit pas dépasser une certaine norme objective\u201d.En outre, la moyenne actuelle, trois cents dollars, lui \u2018\u2018paraît raison- ec 24 LE QUARTIER LATIN ee, pms Coup d'oeil sur le Mémoire de l'Université nable parce qu'elle représente environ 3{ du colt moyen de la vie d'un étudiant pendant l\u2019année académique\".Dans ces termes, la position est certainement défendable.Compte tenu de tout le contexte toutefois, l'on pourrait chicaner longtemps.Référant à l'enquête Cossette-Bélanger sur la condition financière des étudiants, le rapporteur note qu'un tiers des étudiants (35% exactement) doit travailler durant l\u2019année académique.C'est juste.Mais il ajoute: \u201cpour le plus grand nombre d'entre eux le temps ainsi dépensé ne dépasse pas, lorsqu'il l'atteint, cinq heures par semaine, ce qui n'est as excessif .\u201d Cela nous paraît une inexactitude nota- le.Si l'on consulte en effet les résultats de l'enquête, l'on constate que le pourcentage des étudiants qui travail- \u2018lent de une à cinq heures par semaine durant l'année académique n'est que de 20.6%, ce qui est loin de représenter \u2018'le plus e rand nombre\u2019\u2019.La situation n'est pas aussi rose que l'Université semble le laisser entendn .En réalité, 48.5% des étudiants, soit la presque majorité, doivent travailler de 10 à 25 heures et plus par semaine.Ce qui nous paraît excessif.Le Mémoire de l'AGEUM à la Commission Tremblay analyse d\u2019ailleurs à fond ce problème: l'on n'a qu\u2019à s'y reporter.Quant au travail d'été, nous reconnaissons avec l'Université qu\u2019on ne doit plus s\u2019en étonner; il peut constituer une expérience humaine irremplaçable, pourvu toutefois, ajouterons-nous, qu\u2019il n'absorbe pas la totalité des vacances et permette à l\u2019universitaire de se reposer quelque peu pour être en mesure de reprendre ses cours sans être complètement exténué.Est-ce bien ce qui se produit lorsque l'on y consacre 13 semaines et plus de ses vacances ?c) professeurs: À propos de la rémunération des professeurs, le Mémoire remarque que, pour remédier à la pénurie de professeurs de carrière et pour contre-balancer la concurrence des Etats-Unis en particulier, l\u2019échelle des traitements devrait non seulement être élevée sensiblement, mais portée à un niveau plus haut qu'ailleurs.Il faudrait actuellement $235,000 de plus par année pour que les salaires de nos professeurs puissent simplement se comparer avec ce qui est payé à l\u2019Université McGill et à Université de Toronto.Une somme additionnelle de $100,000 serait nécessaire pour opérer un semblable rajustement pour les professeurs à la leçon.d) programme d'expansion: Des chiffres intéressants nous sont également fournis sur la souscription de 1948 qui avait rapporté $12,907,000.Sur ce montant, près de quatre millions sont engagés dans le Centre social \u2018\u2018dont l'importance est pourtant primordiale pour la constitution d'une véritable communauté universitaire\u2019, et $1,750,000 sont réservés au fonds de retraite.L'on apprend d'autre part que les gouverneurs et la province se sont entendus sur le principe de la construction d'un Centre de diagnostic.Il servira d'antichambre à l'hôpital universitaire qui serait aménagé (le Mémoire emploie le temps conditionnel) dans la section ouest des bâtiments actuels.L'on n\u2019en finirait pas d'exposer les améliorations projetées pour chacune des facultés.Vingt-quatre pages du Mémoire y sont consacrées.Et pourtant \u2018\u2019le programme, n'a rien d'ambitieux.Il est tout simplement réaliste\u201d.Ces réalisations, il va sans dire, nécessiteront des capitaux considérables.Nous ne pouvons résister à la tentation de citer intégralement cette partie du Mémoire: \u201cl\u2019Université de Montréal aurait besoin de voir ses octrois de soutien d'ordre courant portés dès maintenant à $1,500,000 par an, avec augmentation graduelle à $2,000,000 au bout de trois ans, le tout évidemment à condition qu'aucune crise ou spirale inflationnaire ne vienne déjouer les calculs.Aux dépenses capitales, il lui faudrait un octroi de l'ordre de $1,000,000 par an pendant une ériode de six ans.Nos pronostics ne vont pas plus loin.Pes octrois capitaux pour Polytechnique et le Centre de diagnostic doivent être comptés en sus et prendraient probablement $2,500,000 par an sur trois ans.\u201cCes desiderata sont des minimums et restent très inférieurs aux budgets d'autres universités canadiennes et américaines.\u201d La population sera probablement appelée en sus à collaborer.Il ne reste plus, pour l'instant, qu\u2019à suggérer aux intéressés de consulter le texte complet du mémoire à la bibliothèque de l\u2019université.C'est un document d\u2019un extrême intérêt qu\u2019il fera bon consulter.Yvon Côté Récital JMC au Plateau HF SL -_.LE MAITRE PAUL TORTELIER Le maître musicien est celui qui s\u2019établit comme le terme d\u2019une relation essentielle avec soninstrument, considéré comme une personne vivante.Il.en résulte que chaque oeuvre musicale devient le lieu d\u2019une conquête miraculeuse de cet instrument, d\u2019une expérience amoureuse, unique et passionnée.En ce sens, le violoncelliste Paul Tor- telier que nous avons entendu au Plateau, l\u2019autre soir, est véritablement un maître.Si le Quartier Latin manifestait moins de sévérité à l\u2019endroit des textes qu\u2019on lui soumet et me permettait de divaguer à mon aise (il le permet bien à ses éditorialistes!), je me lancerais dans une charge à fond de train contre ce que nous appelons communément: critique musicale; j'en montrerais la profonde inanité, le caractère faux et bâtard, les périls et les chausse- trappes.Il n\u2019y aurait, pour étayer mes dires, qu\u2019à citer les comptes rendus de concerts du petit Gilles Marcotte du Devoâr.En définitive, je voudrais que l'on sente bien qu\u2019une oeuvre recréée par Tortelier n\u2019appelle pas chez l\u2019auditeur honnête de jugement critique.En matière musicale, aussi banal que cela puisse paraître, c\u2019est l\u2019amour sincère de la musique qui prime tout.Et quand Tortelier se met à racler de son violoncelle dans une sorte de combat contre l\u2019Ange, cet amour commande une adhésion totale.* Des trois sonates qui composaient le concert, celle de Beethoven (la majeur, opus.69) fut la plus attachante.Voila de la musique qui devient tout a coup simple et limpide comme une chanson d\u2019enfant et parle amicalement à l\u2019oreille un langage de vérité et de beauté.Je ne suis pas loin de croire que seule la musique de chambre peut parler un tel langage.John Newmark, ce parfait gentil- -|homme de la musique, se révéla, à son habitude, \u2018un concertarit idéal.Le hongrois Kodaly est sans doute un philosophe; sa sonate pour violoncelle solo abonde en contradictions.On y chercherait vainement l\u2019unité.Mais quel mouvement! Et quelle force! Elle laisse l\u2019auditeur haletant et ébloui.Du point de vue strictement technique, il semble inconcevable qu\u2019on puisse la rendre au long sans défaillance.Tortelier y a réussi.En début de concert: une sonate de Sammartini, vieux musicien milanais, très classique de forme, au surplus charmante et facile.Newmark dialogua avec le même accent distingué.Non loin de ma place, bien engoncé dans son fauteuil, un musicien avantageusement connu à Montréal dormait profondément.Que voulez-vous?On ne peut pas demander à \u201cout le monde de comprendre .André Belleau VE LA BANQUE 1846 DÉ LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL mn A \u2014 D\u2019EPARGNE 1953 cent septieme Espèces en caisse et dans les banques .courante .la valeur courante .rante .par des valeurs en nantissement .BILAN GENERAL AU 31 DECEMBRE 1953 actif Obligations des gouvernements fédéral et provinciaux, n'excédant pas la valeur courante.Obligations de corporations municipales et - scolaires canadiennes, n\u2019excédant pas la valeur : Autres obligations et débentures, n'excédant pas Valeurs diverses, n'excédant pas la valeur cou- Prêts à demande et A courte échéance, garantis rapport annuel « .$ 18,105,846:35 121,352,532.22 33,668,477.23 7,921,635.10 .353,063.98 3,529,796.71, Js Le CRI et ses échos.Autres prêts à courte échéance.© 249,285.73 3 CENTRE DE PUBLICATIONS INTERNATIONALES ° Prêts aux fabriques de paroisses ou aux corpora- 1.850.386.26 5 .e : .TR» so ons religieuses .2 + + + 0 859,386.ë A EEE ul veut étre délé e a 1 ONU ?Prêts sur première hypothèque .+ = 4,547,168.30 Fonds de charité, placé sur obligations du Gou- oo.vernement provincial et de municipalités cana- ; ; Les 26 et 27 mars prochain, le] Du 19 au 24 avril, l'Association Jiennes, approuvées par le Gouvernement - 150.000.00 A 5112 Ave.Papineau, MONTREAL-34, Canada Montreal Y.M.C.A.tiendra à Mont-|of International Relations Clubs \u2014 : oC = $101:767,191.88 - : réal sa Se Assemblée-modèle des|qui groupe plus d\u2019une centaine de Immeubles de la Banque (siège social et suc- $ 2000,000.00 | ; Nations-Unies.Au dire des journaux | C.R.I.d'Amérique du Nord \u2014 tiendra Autrestitres 2 2-20 + 20210007 181474 _.comme des spectateurs et des partici-|ses assises à New-York.Le C.R.I.$ .2,001.814.74 pants, la de Assemblée fut un succès local espère y être représenté comme \u201c$193,769,006.62 complet; notre CRI y avait délégué | à l'ordinaire, malgré \u2026 .les examens.' passif \u2014 deux magnifiques équipes \u2014 très!et les finances (il est en effet plus Av Publi passi remarquées \u2014 pour représenter la important de représenter Laval à Dépôts portant Intérêt, avec intérêt à ce Jour .$183,272.62 6.16 France et la Belgique @ noter qu'il Montréal et Montréal à Laval, qu\u2019une Depots ne portant sae M a à TE TTOOIE SZ n\u2019y avait que trois équipes de langue Université de langue française parmi Fondsdecharité .ss + + + 180,000.00 frangaise sur 30 pays représentés).plus de cent universités et colleges Comptes divers .eee BT2835 Cn sées, trois ou quatre questions inter- FINISSANTS we 's 14606367 nationales d'actualité seront discutées.Dentiste louerait : un de Tiss 760, 00662 .SPÉCIALITÉS PHA Si vous désirez l'honneur de représen- ses bureaux.Moderne.: cn a Le RMACEUTIQUES ter l'un des 60.pays membres des Avantages spéciaux.Pour le consell d'administration; \\ La dire vrpénériti - ' > \u2019 érir à: Pr pT a \u201cde directeur- Er SY 350, rve LeMOYNE, MONTREAL || Nations-Unies, adressezvous & Roger |] S'en.72640u GUY VANIER ~~ \u201cPIALPHONSE'PERREAULT - | \u2018Chquinard-ou à Jacques Brossards-de | [ 2557 Blvd Rosemont: - AN TR NET ARE Droit.Co : EE DU +, > oo \\ : 0008 TO mR re : B de: LE QUARTIER LATIN 20 PÉVRIER To M M © e © e ° INTRODUCTION sités sont à la fois des écoles de |couches sociales dans la province| 27% des étudiants sont aidés par dait des privilèges aux escholiers et ROLE DE L'UNIVERSITE: Par sa fin même, qui est l\u2019appréhension des principes majeurs qui régissent les différentes disciplines intellectuelles, l'université doit jouer un rôle de premier plan dans la recherche et le rayonnement de la vérité.Carrefour des disciplines intellectuelles, l\u2019université offre à la société le fruit de ses découvertes et les hommes qu\u2019elle a préparés à devenir des guides dans les champs multiples de l\u2019activité humaine.Elle est en quelque sorte le pivot de la nation dont la vie et l\u2019épanouissement sont intimement liés au travail de cette élite.\u2014 gr DROIT A L'EDUCATION: Exigence à ce point fondamentale que la législation de tous les pays, de façon plus ou moins explicite, a reconnu la nécessité Ja + du _ travailleur intellectuel au sein société.de la sociêté.La Russie(1), l\u2019Inde(2) et l\u2019Argentine(3), par exemple, ont consacré le droit au travail intellectuel, dans un texte formel de leur constitution.La Déclaration des Droits de l'Homme ne décrète-t-elle pas que: \u2018l\u2019enseignement supérieur doit être accessible à tous, en pleine égalité, en fonction du mérite de chacun, et rendu progressivement gratuit.\u201d\u2019 (4) Chez nous, toutefois, ce droit ne découle qu\u2019implicitement de diverses dispositions 1égislatives.(S) L'histoire de notre peuple peut en grande partie expliquer ce qui, à première vue, semblerait une carence de notre législation.Nos plus anciennes universités ne sont-elles pas à peine centenaires?Ajoutons cependant que \u2018\u2018dans le domaine intellectuel, comme dans le domaine économique, ce qui était hier un luxe peut être aujourd\u2019hui une nécessité.\u201d\u2019(6) Ce que l'on jugeait, à l\u2019époque de l'adoption de notre code civil (1866) et de notre Constitution (1867), une éducation convenable, serait en 1954 considéré nettement insuffisant.Devant cette évolution, il serait à souhaiter que nos textes de lois reflètent avec pilus de justesse les réalités nouvelles et que se développe une conscience plus aiguë de la nécessité du travail intellectuel, surtout de celui qui s'oriente vers la recherche désintéressée.M.Pierre-Henri Simon, mêlé, il y a quelque temps à peine, à notre vie universitaire, n\u2019écrivait-il pas récemment dans \u2018\u2018Le Monde\u201d: \u2018\u201cNos cousins d'Outre-Atlantique ont a faire sur ce point une sérieuse révision de leurs valeurs.\u201d JEUNE TRAVAILLEUR INTELLECTUEL: On a défini le travail intellectuel: \u2018\u2018I\u2019ensemble des activités psychologiques humaines en tant qu\u2019elles sont orientées vers l\u2019acquisition des connaissances intellectuelles quil permettent à l\u2019homme, soit de se construire lui-même, de devenir un microcosme par la conquête de la vérité spéculative, soit d'organiser son action en vue d\u2019atteindre le bien ou la destinée qui est sienne par la conquête de la vérité pratique, soit de transformer certaines matières ou de canaliser les forces de la nature pour la production d\u2019œu- vres d'art (travail scientifique).\"*(7) Cette définition, croyons-nous, convient particulièrement au travail de l\u2019universitaire.Il est véritablement un jeune travailleur intellectuel car, par la formation acquise avant son entrée à l\u2019université, il est en mesure de poursuivre d'une façon plus personnelle et autonome son analyse critique des réalités qui l\u2019entourent et d'en dégager des principes et des lois.\u2018L'éducation eupérieure, écrivait M.Jean Désy(8), est essentielle au prestige et à la vie d'une nation.En effet, les univer- haute formation intellectuelle, morale et sociale, et des laboratoires de recherche scientifique dont l\u2019action profite à la fois au relèvement général du niveau de la culture, au raffermissement des institutions politiques, aux services professionnels et administratifs, à l'industrie et au commerce.\u2019\u2019 / Travail capital, absolument nécessaire au plein développement de la société, mais qui exige que celui qui s'y livre puisse le faire dans une atmosphère d\u2019entière liberté.Son apport au bien commun, pour être parfois plus obscur, n\u2019en est pas moins aussi réel que les services rendus par d\u2019autres dans des domaines différents.\u2018\u2018Il peut donc exiger d'être reconnu comme ung membre utile au corps social, au même titre que ceux qui exercent une profession ou un métier.\u2019\u2019(9) * * % I \u2014 SITUATION DES UNIVERSITAIRES Quelle est: la situation des étudiants de l\u2019Université de Montréal?Pour apporter à cette question les réponses qui refléteront les divers aspects d\u2019un problème aussi complexe, nous nous appuierons particulièrement sur de récents travaux de recherche poursuivis à l\u2019intérieur même de notre Université.(10) Force nous sera d'emprunter, dans les lignes qui vont suivre, le langage des chiffres.Nous admettons que ce langage présente certains \u201cdangers, surtout lorsqu\u2019il prétend traduire des phénomènes aussi impondérables que les problèmes humains.Il faut toutefois reconnaître que statistiques et pourcentages demeurent un précieux moyen d'établir sur des faits les données du problème et d'éviter une évasion facile et dangereuse hors du réel.* * * 1.REPRESENTATION DES DIF- FERENTS GROUPES DE LA SOCIETE A L'UNIVERSITE: Les renseignements basés sur les fichiers de l'Immatriculation ont permis d\u2019établir la couche sociale à laquelle chaque étudiant appartient et la proportion plus ou moins grande dans laquelle chaque couche est représentée à l'intérieur de l\u2019Université.Qu\u2019y constatons-nous?Sur un total de 2,919 étudiants ayant indiqué l'occupation ou l\u2019état de leur père: 631 sont fils de professionnels; 152 sont fils de fonctionnaires des services civil et civique; 752 sont fils d'hommes d'affaires, financiers, agents, commerçants, etc.; 267 sont fils d'employés de bureau, de banques, des chemins de fer et du tramway, etc.; 407 sont fils d'ouvriers, dont la majorité (274) exerce un métier spécialisé et dont très peu sont fils d'ouvriers d'usine (les réponses apparaissant aux fiches d\u2019immatriculation sont très peu précises sur ce point); 233 sont fils de cultivateurs; 119 sont membres de communautés religieuses ou de séminaires; 97 sont fils de personnes retirées, pensionnaires, invalides et de rentiers; 261 étudiants ont perdu leur père.Transposés en pourcentage, ces chiffres nous révèlent que les fils de professionnels, financiers, commerçants, hommes d\u2019affaires et fonctionnaires du service civil forment 53% de la population universitaire, tandis que les cultivateurs en représentent 7.36% et que les ouvriers spécialisés et non spécialisés en groupent 13.93%.Si nous comparons ces résultats de Québec, nous obtenons le tableau suivant: A l\u2019Uni- Dans la versité province Professionnels.21.69, 4.4% Hommes d\u2019affaires (finance, commerce) .26.1% 6.09% Employés de bureau, banque, chemins de fer, tramway, etc.9.179, 15.99, Ouvriers spécialisés et non spécialisés.13.939, 43.1% Cultivateurs.7.369%, 16.6% Autres.22.129, 14.09 Ces chiffres nous obligent à constater qu'environ la moitié de la population universitaire origine des groupes plutôt fortunés de notre société qui ne représente cependant qu\u2019un dixième de la opulation active de la Province.es neuf-dixièmes n\u2019auraient-ils roit qu\u2019à l'autre moitié?Notre ontexte social ne nous permet idemment pas de prétendre à un uilibre strictement mathémati- ue; la disproportion actuelle nous paraît toutefois aussi injuste qu\u2019anormale.Le mur d'argent qui divise déjà trop souvent les divers groupes de notre société ne serait-il pas ici encore l\u2019une des causes principales de cette situation?\u201c\u2018Qu\u2019ils soient professionnels, techniciens, agriculteurs, artisans, ouvriers, qu\u2019ils soient jeunes, adolescents ou adultes, qu\u2019ils soient pauvres ou qu\u2019ils soient riches, tous éprouvent au- jourd'hui le besoin de se livrer dans une mesure variable à un travail intellectuel.\u201d\u2019(11) Une enquéte semblable conduite dans les universités Laval et McGill offrirait vraisemblablement des résultats plus tragiques encore, puisque les étudiants de l\u2019Université de Montréal proviennent du milieu le plus prolétarisé de la Province.\u201cSi l\u2019argent est le seul critère d'accès à l\u2019université, comme l\u2019écrivait J.Y.Morin, et si le talent et la vocation ne sont plus que des critères d\u2019examen, il se produit graduellement une asphyxie intellectuelle des milieux éduqués; que sert-il alors de parler de renouveau de culture canadienne-française et de se leurrer de phraséologie et de conférences?\u2019\u2019(12) Mais ce n\u2019est là qu\u2019un aspect d\u2019un problème qui comporte des implications plus profondes encore.En effet, qui sommes-nous?\u2018\u2018Des chrétiens ou des adorateurs du veau d\u2019or.Nous ne faisons même plus preuve de cette vertu de charité qui rétablissait autrefois les injustices de la fortune: les choses sont comme elles sont et cette parodie du principe d\u2019identité justifie toutes nos attitudes sociales.\u2019 (13) * * * 2.SITUATION FINANCIERE DES ETUDIANTS DE L'U.DE M.: Le tableau déjà sombre que nous venons de tracer devient plus pénible encore lorsqu\u2019on analyse la situation financière des étudiants de l\u2019Université de Montréal qui, on l\u2019a déjà vu, viennent dans une proportion de près de 50% des milieux plus fortunés de notre Province.a) REVENUS: Une autre enquête menée, il y a quelques mois à peine, nous révêle en effet que la somme totale des dépenses que doit rencontrer annuellement la moyenne des étudiants est de $1,000 à $1,500.1272 étudiants ont répondu au questionnaire qui leur a été distribué.Les résultats ont révélé que 36% seulement des étudiants reçoivent de leurs parents l\u2019argent nécessaire pour acquitter toutes leurs dépenses: frais de scolarité (y compris les frais de manuel et d\u2019équipement), frais de pension (nourriture et logement), frais d'entretien (vêtement, transport, loisirs).Mais les montants que doivent trouver 62% des étudiants(13a) se avecla représentation de ces mêmes répartissent selon les pourcentages suivants: To MA.leur famille, sauf pour une somme de $400; 16% des étudiants sont aidés par Jeur famille, sauf pour une somme de $750; 4% des étudiants sont aidés par leur famille, sauf pour une somme de 3850; 15% des étudiants ne reçoivent aucune aide de leur famille et doivent se procurer de $1,200 à $1,500.Trente-cing pour cent des étudiants ne peuvent donc compter que sur leur initiative personnelle pour trouver des sommes allant de $750 à $1,200 et plus.Il va sans dire que le travail pendant la vacance d'été s'avère la principale source de revenus: 94% des étudiants recourent en effet à ce moyen.$100.4.29, $200.1% $300.14.59%, $400.17.1% $500.18.19%, $600 et plus.37.0% Moyennes des salaires gagnés par les étudiants qui travaillent durant la vacance d\u2019été.A souligner que 88% de ces étudiants travaillent pendant plus de huit semaines de leurs vacances: De 1 à 4 semaines.1.29, De 4 à 8 semaines.10.89, De 8 a 12 semaines.38.67), 13 semaines et plus 49.49, Un rapide coup d\u2019œil pourrait nous laisser croire que le salaire gagné pendant la vacance d'été apportera à l\u2019étudiant le montant dont il a besoin.Mais si on en déduit ses dépenses de l'été et ses frais d\u2019habillement, d'achat de livres, etc., on constate que ce salaire demeure nettement insuffisant.Aussi 35% d\u2019entre eux doi- vent-ils envisager la pénible obligation de travailler même pendant l\u2019année universitaire: De 1a 5heures.20.69, par semaine De 5a10 «\u201c .30.89, De 10215 «\u201c _ 18.0% De 1520 «\u201c .10.59%, De 20225 «\u201c .12.89, 25 heures etplus.7.29, Moyennes du temps pendant lequel les étudiants travaillent chaque semaine durant l\u2019année universitaire.$ 1.à $ 5.par semaine.18.69 $ 5.à $10.és 27.5% $10.a $15.
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