Le Quartier latin, 6 novembre 1962, mardi 6 novembre 1962
[" FET TRAST rR ras.J'IRAI LE VOIR Le 31 octobre dernier, le Syndicat des Employés du Centre Social et l'administration de l\u2019Université de Montréal signaient une Convention collective les unissant pour deux ans.De l\u2019avis des deux parties au contrat, les négociations se sont déroulées dans un esprit de bonne entente et de conpréhension.Nous n'en voulons comme preuve que le choix d'un arbitre privé en cas de conflit pendant la mise en execution de la Convention collective.Quel rôle les étudiants de l'AG.EU.M.ont-ils joué pour 4 la réalisation des meilleures conditions de travail que connaîtront désormais les employés du Centre Social?Nous savons que te sont trois étudiants Michel Pelletier, Simon Venne et Roland Pépin qui ont essayé de tallier les employés à ce projet et qui ont permis que les premières clémarches soient faites auprès de la C.S.N.dans ce sens.Nous connaissons aussi le travail fourni par les étudiants pour soutenir le syndicat contre l'op- SIGNATURE PORT PAYE À MONTREAL Journal bl-hebdemadeire de l'Association Générale des Etudiants de l'Université de Montréal! BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MONTREAL, 6 NOVEMBRE 1962 position venant de l'Université et des employés du bâtiment central.Les étudiants ont organisé des panels d\u2019information groupant toutes les parties intéressées et, à la suite de ces panels, ont organisé une grève de sympathie envers les employés du Centre Social.Il est donc clair que notre rôle sans avoir été peut-être, décisif, à sûrement été très important.Et pourtant, nous avons reçu de M.Jean-Robert Ouellet négociateur pour le Syndicat National des Employés de l'Université de Montréal un communiqué qui nie implicitement ce travail des étudiants, et surtout celui effectué par la grève.Le communiqué après avoir fait mention de la grève de sympathie des étudiants s'empresse de la contredire en affirmant que l'université avait agi devant la C.R.O.de plein droit, ne s'était pas servi de ce droit pour retarder les négociations puisqu'avant même que la décision de la C.R.O.ne soit rendue les parties avaient déjà conclu une entente D'UNE CONVENTION DE TRAVAIL A L'UNIVERSITE générale.Nous nous demandons alors comment il se fait qu'en avril dernier le conseiller technique de la C.S.N.lors du panel d'information qui allait décider de cette grève nous avait clairement indiqué que la façon d'agir de l'Université dans ce cas était nettement anti-syndicale.Cette dernière en demandant que les employés du Centre Social minoritaires se joignent à tous les employés de l\u2019Université pour ne former qu'une seule unité syndicale savait que la majorité ainsi formée ne voulait pas de syndicat et qu'ainsi il n\u2019y en n\u2019aurait pour personne.Nous devons nous réjouir du changement d'attitude de l'Université, mais, pour notre part, nous ne croyons pas qu'il résulte d'une vocation syndicale tout à coup découverte à l'administration de l'Université par un conciliateur de la C.S.N., mais bien plutôt aux pressions extérieures qui ont pesé sur elle.Michel LORD REGARDEZ VOLUME XLV \u2014 NUMERO 35 UN MANQUE DE BONNE FOI Certains parlent en faveur de la nationalisation de l'électricité, d'autres parlent contre.Tous les canadiens-français crient à l'injustice, mais refusent en général, à cause de leur apathie généralisée de se grouper.Comme le malade refuserait de voir le médecin.Il existe malgré tout certaines Compagnies essentiellement ca- nadiennes-françaises : parmi celles-ci, la Melcher's, seule distillerie de l'univers à ce titre.À un coquetel présidé par M.Sarto Marchand, le 29 octobre dernier, au Salon des Messieurs du Centre Social, il n\u2019y ävail pas une seule bouteille venant de chez Melcher\u2019s.Inutile de décrire l'humeur de M.Sarto Marchand, car, pour ceux qui l'ignorent, M.Marchand est le Président de cette distillerie.C'est là, il me semble, un manque de diplomatie de la part des autorités du Centre Social.Mais il y a plus grave, et M.Bernard Landry l\u2019a souligné, c\u2019est qu'à qualité et prix égaux, nous devons acheter canadien- français.Inutile de parler de force si nous ne nous groupons pas ; telle est une remarque que nous pouvons (et devons) aussi taire.Nous sommes donc en mesure d'exiger, \u2014 et le terme n'est pas trop fort, \u2014 que les autorités du Centre Social se procurent notre boisson à la seule distillerie canadienne-française au monde : la Melcher\u2019s.Michel BEAULIEU LES ANALES BON JOUR LES AFFREUX ! François Cousineau aussi connu sous le coquet vocable de « go-thic-go» jazzera gaiement le 9 novembre au grand salon.All the Gothics will be there.Une chance inouie pour tous les gothicophiles de nous voi tous ensemble en personne.Courage, Bruno Verdon.Il n'y à pas de pirhanas au Congo.Hélas! Pour l'eshaudissement de tous, voici un extrait de la lettre que m\u2019écrivait récemment le dit Verdon : « Je connais ici un Ha:tien qui s'appelle Grimard.II se demande encore pourquoi j'ai éclaté de rire quand il m'a dit son nom.La plaisanterie de la semaine : Daniel Johnson a prédit pour le 14 novembre une victoire de l'Union Nationale.La plaisanterie du siècle : Louise Parent-la-pas-fine se déclare satisfaite du scrutin (702 Bros votes, pensez donc !).Elle ua une mouche au plafond la Parent.Voulez-vous rire ?Lisez son interview dans le Petit Journal du 28 octobre.Qu'est-ce qu\u2019une vierge ?C\u2019est une petite fille très très laide.Les oeuvres qui sont très lues, cette semaine au Select 706 sont : Les cotes morales du Centre diocésain du cinéma (pissant) le Pseudo-Denys), les âneries comn- plètes de Maurice Bellemare, « Réal Caouette vous parle ».Denys Arcand à André Du- bois: Quelle différence entre les immortelles de Jean-Pierre Ferland et Le temps des cevises ?Dubois : Je ne vois pas.Arcand : Tu as bien raison.ERNEST ET QUSTAVE C\u2019est un fameux suspense, et nous ne sommes - qu\u2019au premier acté-f\u2014\u2014 a ey AT PAGE DEUX DES LE QUARTIER LATIN CAMPAGNES ELECTORALES.M.Lesage a qualifié M.Johnson de « Marie-Madeleine »; M.Fournier (de regrettée mémoire) a traité M.Drapeau de « dictateur »3 M.Sévigny a choisi un pays au hasard et l\u2019a jugé « communiste ».Et alors?En quoi ces remarques rchaussent- elles le débat?Nos hommes politiques parlent beaucoup, mais ils disent généralement peu.Ce faisant, ils méprisent le peuple.Qu'ils persisient à prendre les gens pour des imbéciles et ils se retrouveront seuls devant leurs boîtes à serutin.A force de choisir les termes les plus vagues, à cause de leur habitude de ne pas s'engager sur les questions vitales de la nation ou, à un autre niveau, du Canada, ils finiront par dégoûter les plus patients.Ces tergiversations n\u2018\u2019intéressent pas les électeurs.D'où le slogan de plusieurs: «bleu ou rouge, Cest la même poche.» Alors la porte est ouverte aux comédiens.Ceux qui ne taxeront plus, qui annihileront le chômage en un clin-d\u2019oeil, qui distribueront le bonheur et des dollars à tous les citoyens, qui aussi briseront les reins des syndicats et mettront sur pieds un affreux monopole d\u2019E- tat, ceux-là n\u2019ont plus qu\u2019à s\u2019avancer.Le terrain est déblayé, le plancher leur appartient.Les insignifiants sont relégués dans l\u2019opposition, les raconteurs d'histoires siègent.Nous avons élu vingt-six créditistes le 18 juin dernier.Une démocratie malade conduit à une dictature.L\u2019indifférence du peuple ouvre la porte au tyran.Dès lors, il n°existe plus qu'une façon de vivre convenablement dans un système démocratique, c\u2019est de composer avec les citoyens.Les politiques doivent éviter de mépriser les électeurs, eur devoir est de les tenir au courant des problèmes réels de la collectivité.Cela demande du caractère.Il est tellement plus facile de flatter les gens.En un mot, il faut désirer le pouvoir pour travailler; pas seulement pour la puissance et les honneurs.En regardant les partis en lice dans la capagne provinciale actuelle, nous cons- taions les deux faits suivants: parti libéral, bien qu\u2019imparfait, tend à améliorée notre contexte politique, certains de ses éléments ET DE DANIEL JOHNSON essayent de dialoguer avec le peuple; l\u2019Union nationale représente le groupe le plus abject de notre société, elle table sur de vieux mythes pour se faire élire, elle tente de maintenir l\u2019ignorance au sein de la population.L\u2019Union nationale répugne surtout à cause de son chef.Daniel Johnson est dangereux pour les Canadiens français.Tout d\u2019abord, et il faudrait bien que le clergé se prononce sur la question, il réduit la religion catholique au rang de fétiche.ll se complait à brandir les encycliques avee ardeur.Cela n\u2019a guère d\u2019importance en soi.Sauf qu\u2019il oppose toujours les déclarations des papes à celles d\u2019hommes comme René Lévesque.Le raisonnement suivant s\u2019opère alors dans l\u2019esprit de l\u2019auditeur: le Pape a dit ceci, Lévesque ne dit pas la même chose, donc, puisque le pape est infaillible, Lévesque a tort et Johnson a raison.Cette façon de raisonner n\u2019est pas encore disparue au Québec.De plus, je n\u2019ai rien contre la doctrine sociale de l\u2019Eglise ni contre Mater et Magistra, mais que signifient l\u2019une et l\u2019autre dans la bouche de l\u2019ancien ministre du cabinet Duplessis?Qu\u2019en savons-nous, peut-être Jos-Damuase Bégin et cie n\u2019ont-ils jamais cessé de mettre en pratique les enseignements de Rome?Par ailleurs, Daniel Johnson ne s\u2019engage pas sur les questions essentielles de la nation.Il n\u2019a pas d\u2019opinion (encore moins de conviction) sur la nationalisation de l\u2019électricité; il s\u2019inquiète surtout de la confessionnalité de l\u2019enseignement et néglige de parler gratuité scolaire ou changement au département de PInstruction publique; il est parti en chasse contre la «médecine d°Etat », Radio-Canada, l\u2019université de Montréal, etc.En résumé, le chef de l\u2019Union nationale essaie de cacher à l\u2019électorat les problèmes de l\u2019Etat québécois, il entretient une religiosité dégoûtante que l\u2019Eglise devrait être la première à condamner, il retarde l\u2019éducation politique de la nation.Somme toute, Daniel Johnson est un personnage assez méprisable, pleinement repoussant et très dangereux pour le Québec.André SMITH 6 NOVEMBLE Ing \u2014\u2014 \u2014 Séminaire International au Pakistoy (juillet et août 63) L\u2019Entraide Universitaire Mondiale (E.U.M.) organise son l4iéme Séminaire International.Trente-ing bourses sont décernées aux universitaires canadiens, don, aux étudiants de l\u2019Université de Montréal.Ce Séminaire aura lieu au Pakistan et aura pour thème: « Le Pakistan carrefour de l\u2019Orient et de l\u2019Occident ».Des conférence, séances plénières, tables-rondes, discussions, permettron aux étudiants de connaître les aspects religieux, culty.rels, sociologiques, scientifiques, politiques, historique et économiques du Pakistan.Des excursions seront organisées afin de visiter le pays.Ce séminaire commencera à la fin de juin pour terminer au milieu d\u2019août.Tous les étudiants intéressés peuvent s\u2019inscrire, IL doivent cependant remplir les conditions suivantes ; l\u2014Etre citoyens canadiens de naissance ou par nationalisation, ou être établis à demeurer au Canada, Z2\u2014suivre des cours réguliers dans une université ou collège canadien reconnu.3\u2014Etre en bonne santé.4\u2014Avoir de la maturité d\u2019esprit, une grande capacité intellectuelle, des qualités de chef.5S-\u2014Etre disposés à participer aux discussions soit en français soit en Anglais.6\u2014De retour au pays, partager les fruits de leur expérience et prendre une part active à l\u2019oeuvre de PE.U.M.Tout étudiant désirant s\u2019inscrire, peut se procurer les formules de demande au local 608 du Centre Social en s\u2019adressant à Michel Vadeboncoeur.Les inscriptions doivent être remises avant le 20 novembre.Les noms des étudiants choisis seront annoncés vers le 17 décembre.Tous les étudiants peuvent y participer.LE QUARTIER LATIN \u2014 journal bi-hebdomadaire de l\u2019Association Générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal Membre de le Corporation des Escholiers Griffonneurs Directeur : Jacques Girard Rédacteur en chef : Michèle Rivet .Secrétaire à la rédactoin : Paule Beaugrand-Champagne Comité éditorial: Denys Arcand, Pierre Beausoleil, Guy Bertrand.Gabriel Fortin, Guy Lord, André Pairier, Claude Roy, Stéphane Venne, Christiane Verdon, Antoine Zalatan.Section artistique; Ray: mond Levasseur, Michel Beaulicu, Guy Robert, Jacques Tardif, André Brochu, Michel Amyot, Mireille Dansereau, Yves Laurendeau.Section économique: Hubert Lapierre, Michel Paquin, André Smith, Georgé Dahmen.Section de l'Education: Lina Goerlach, Camille Limoges, Francois Gagné, Michel Lord, Roger Tessier.Section Internationa: Pierre Hogue, Neuville Lacroix.Section Nationale : Richard Pouliot Francine Tougas.Section des Nouvelles: Maryse Hogue, Louis Richer, Gisèle Tremblay, François Dorlot, Daniel Jacoby.Section Scientifique: Lorne Bouchard, Raymond Lafontaine, Pierre Rivest Lise Prescott.Carnet: Gilles Marien, Serge Grenier.Caricatures: Cler, Stobin.Photographes: Jean-Marie Dorlot, François Dorlot Danièle Sauvage, Pierre Savard, Michel Vadeboncoeur.\u2014\u2014 Publicité: Georges Lefebvre \u2014 RE.7-6561 Abonnement pour l'année universitaire: $3.00 C.P.6128 \u2014 Local 707 \u2014 RE.8-9616 2222, ave Maplewood, Montréal 26 Imprimé à 975, rue De Buillion, Montréal 18 DE LAMIRANDE INCORPOREE Le Ministère des Postes à Ottawa, .a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi EN wi = comme sbjet de deuxième-classe dé-là présente publicution.- Jats fp ps ap Ln aa 2 Rat ORES Ra 6 NOVEMBRE 1962 \u2014\u2014 La déclaration de M.Lesage sur la libération politique du Canada français a provoqué un tonnerre d\u2019applaudissements et a semblé soulager les nombreux « trouillards » présents dans la salle.Ayant été moi-même l\u2019instigateur des propos tenus par M.Lesage, j'ai cru bon d\u2019ana- Jyser le contenu de la réponse du premier ministre de l'Etat «inexistant >» du Québec.Paternalisme Certes je comprends qu\u2019un homme de votre âge qui a subi les humiliations et les frustra- 1 tions du gouvernement fédéral, qui a connu les tracasseries et la politicaillerie des anciens gouvernements provinciaux, cherche une compensation quelque part.cales et non pas horizontales.La seule liaison horizontale importante est celle de l\u2019Ontario.Il existe en effet une « INTER- DEPENDANCE » entre l'économie québécoise et l\u2019économie de l\u2019Ontario (environ 409,).Ce sont là 2 économies complémentaires.Aussi advenant l\u2019indépendance du Québec aucune des 2 provinces ne seraient intéressées à briser les liens économiques, surtout que l\u2019économie de l'Ontario est beaucoup plus sensible à la demande que celle du Québec.HI n\u2019y aurait donc pas inévitablement la création d'un corridor.Le Québec : une réserve Quant à la réserve, j'ai l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit là de notre LE QUARTIER LATIN glais.Or cette minorité démographique qui tend à devenir majorité sociologique détient environ 80% des privilèges, alors que 80% de la population n'en détient que 20%.Ce sont donc eux qui concourent à l\u2019assimilation et les Américains.Or si les privilèges étaient contrôlés par les Canadiens français, les Américains seraient bien forcés de respecter leur langue et de leur accorder toutes les chances de promotions sociales.Les compagnies américaines installées en France traitent de leurs affaires en français, et les Français participent à la promotion sociale.Mais ici c\u2019est la minorité démographique et non la présence des Américains (ceci n\u2019étant qu\u2019un effet).qui force l\u2019assimi- la tête.Les décisions économiques sont entérinées par les décisions politiques.La nationalisation de l'électricité ne pourra se réaliser que par une décision politique : l\u2019appel au peuple.Vous aurez beau avoir les plus belles intentions, le meilleur plan économique pour assurer le développement du Québec, si vous n\u2019avez pas les instruments politiques pour le mettre en vigueur vous aboutirez à une impasse.Or le gouvernement provincial ne contrôle ni les moyens d\u2019empruntes, ni les Banques, ni le crédit ni les Cies d\u2019assurances, ni le commerce, qui sont les plus puissants instruments politiques pour mettre en branle un développement économique.D'ailleurs, M.Lesage, qu\u2019avez- vous à reprocher au Québec ?PAGE TROIS çais de leur économie, le manque de capitaux des Canadiens français.mais vous ne vous êtes jamais arrêté à vous demander POURQUOI?Au lieu de cela vous avez la malhonnêteté de perpétuer un mythe: celui de la libération ECONOMIQUE sans la libération POLITIQUE.Pourtant vous devriez connaître l\u2019histoire du Canada ct avoir lu le rapport Durham.Au lieu de cela vous jouez au moraliste.Vous avez accepté la morale que vous a imposée votre Maître sans la passer au crible de la critique (la morale étant toujours un produit du Maitre pour l'esclave ct non pour lui-méme.Vous êtes l'expression canadienne - francaise du Caid musulman qui servait d\u2019intermédiaire entre le Maître et OPINION DU LECTEUR M.LESAGE: | UN AUTRE BÉNI \u2014 OUI \u2014 OUI Aussi semblez-vous avoir trouvé votre « fétiche » : celui de l\u2019Eco- nomie (avec un grand E).Cette affirmation peut sembler péremptoire mais elle vaut celle de M.Lesage qui semble croire que l\u2019on se tourne vers le séparatisme par simple frustration.Je demanderais donc à M.Lesage de bien laisser de Côté ses remarques paternalistes et de les réserver pour ses enfants.Analyse Examinons maintenant la réponse de M.Lesage : La monnaie Selon M.Lesage, la création d'une nouvelle monnaie signi- j fie le risque d\u2019inflation.Or cela $ ©t aussi stupide ou aussi banal j qu\u2019il risque de pleuvoir la semaine prochaine ou encore que j parce qu\u2019il y a des nuages, il } ost possible qu'il pleuve.La cré- 1 ation d'une monnaie n\u2019implique pas nécessairement l'inflation.Le Québec : un corridor « L'indépendance du Québec aménerait l\u2019établissement de harrières douanières, couperait | le Québec et le réduirait à l\u2019état de réserve, de corridor.» Or qu'est-ce qui nous empêche M.Lesage d\u2019avoir un marché mn avec le reste du Cana- liaisons importantes sont verti- } \\ \u2018a ?Vous devriez avoir que les: situation présente.Selon la définition de Larousse, le mot « réserve » signifie territoire réservé aux indigènes.M.Lesage cherche bien davantage à nous cantonner sagement dans notre petite réserve avec notre petit gouvernement provincial jusqu\u2019à ce que le sort réservé aux Indiens devienne le nôtre.Vous admettrez donc avec moi que ces premiers arguments de M.Lesage sont plutôt vides de sens et me reposent sur aucun fait précis.Arguments sérieux Abordons maintenant les arguments « sérieux » de M.Lesa- ge.La Confédération La Confédération prétend notre premier ministre sert de frein à l\u2019assimilation américaine.Or il faut bien que M.Lesage soit assez ignorant du milieu dans lequel vivent les Canadiens français.M.Lesage semble avoir le don de poser des faux problèmes et de marcher sur la tête.La recherche de la cause première constitue le centre vital de la question.I faut plutôt se demander ce qui a provoqué l\u2019expansion de cette influence américaine.Les capitalistes américains viennent au Québec pour inves tir et, ce qui est normal, traitent avec ceux-qui détiennent les privilèges ie.les Canadiens- an- lation.Cette présence des Américains leur permet certes, d\u2019exercer une domination sur notre économie, mais il s\u2019agit là d\u2019un problème externe.Avant tout il s\u2019agit de se débarrasser du problème interne qui est la domination de la minorité sur la majorité.J'admets que cette réponse est incomplète mais le manque d\u2019espace (mais non le manque d\u2019idées) ne me permet pas dans cet article de faire une démonstration complète.Cependant au cours de prochains articles vous aurez l\u2019occasion d\u2019avoir une vue plus générale de ce problème.Le moins que je puisse dire c\u2019est que je ne me suis pas contenté d'affirmations gratuites mais que j'ai essayé d\u2019apporter certains faits qui seront repris plus tard au cours d\u2019autres exposés.Inutilité de se séparer Quant au principe à savoir qu\u2019une fois la libération économique acquise la nécessité de se séparer deviendra caduque, il s\u2019agit encore là d\u2019une affirmation gratuite basée sur aucun fait précis.Ce que je reproche ici à M.Lesage c\u2019est d\u2019entretenir un mythe, mythe créé par Lafontaine- Etienne Parene, à savoir qu\u2019il suffit d\u2019être indépendant économiquement pour contrôler notre destinée.Je regrette encore une fois de vous dire M.Lesage que comme le pére Hegel vous marchez sur Le Québec n\u2019est-il pas une province économiquement développée et comparable sur ce point à plusicurs autres pays ! Si vous consultez le livre de M.André Raynauld sur la structure économique de Ja province de Québec, vous screz aussi surpris que moi de l\u2019apprendre.Alors d\u2019où vient ce malaise sinon de la situation coloniale.Doléances Ce que je vous reproche M.Lesage, ce sont vos affirmations gratuites, vos réponses vides de sens, appuyées sur aucun fait précis.Ce que je vous reproche c\u2019est votre suffisance intellectuclile, votre manque de courage pour aller au fond des choses.Ce que je vous rcproche, c\u2019est qu'à cause dc votre manque d\u2019analyse vous allez déclencher des phénomènes que vous ne pourrez même pas contrôler.Comme la plupart, vous avez la « trouille » d\u2019aller au fond des choses de peur de découvrir des phénomènes qui vous cffrai- raient.L'article de MM.Dai- gneault et Cliff (La Presse: la Démocratie au Québec: 10 octobre 1962) constate la peur des Canadiens francais.Vous n\u2019avez pas eu le courage M.Lesage d\u2019essayer de comprendre les phénomènes.Certes, vous en voyez les manifestations telles que le « joual », les sacres, le crédit social, l\u2019absence de contrôle par les Canadiens fran- \\ vo le colonisé.Acceptant la morale projetée par le Maître sur vous et reflétée par vous sur les esclaves vous représentez pour moi l\u2019image du Caid musulman ou cncore comme on le surnommait le prototype achevé du beni- oui-oui.Cc que je vous reproche ce n\u2019est pas d\u2019être anti-séparatiste c\u2019est plutôt votre absence de critique, votre suffisance intellec- tuclle, votre verbiage.Soyez contre, d\u2019accord, mais au moins ayez l'honnêteté de nous présenter des arguments appuyés par des faits précis.Le plus étonnant dans toute cette histoire c\u2019est que malgré votre opposition acharnée à l\u2019égard de M.Caouctte votre attitude s\u2019est révélée à peu près semblable, et la foule dans la salle a réagi de la même manière que les partisans de M.Caou- ette.Aussi la chose du Québec la mieux partagée à l\u2019heure actuelle semble être LE BENI- OUI-OUISME politique.Conclusion J'ai essayé de montrer au cours de cet exposé que M.Lesage, à cause de sa mauvaise vision PUREMENT ECONOMI- QUE du Québec, déclenchera à plus ou moins longue échéance des phénomènes qu\u2019il ne pourra contrôler.mures an paddy 7 Neuville LAGROIX - = PET bad \" PTO PAGE QUATRE LE QUARTIER LATIN NOTRE ENFER La majorité des individus tiennent géréralement à leur coin de cervelle.La question n'est donc pas de savoir si l'on veut la paix.Il s'agit de savoir de quelle façon, on y arrivera.Temps nouveaux A chaque saison, les Américains rencontrent les Russes pour voir s'ils vont jouer à la bombe A ou H, au prochain « surp ise party ».Pendant ce temps, les filles de New-York, de Washing: ton et de Californie cherchent à voir Kennedy de près, à le toucher comme un Grand-Pré- tre, et à garder sa grilfe, comme une relique.Au Canada, nous avons des fusées sans ogives nucléaires, des bases militaires qu'un pays étranger dirige, et enfin une armée qui danse au rythme du Pentagone.Advenant une attaque de la part de Moscou, les pots se casseraient au-dessus de notre tête et l'exercice T'ocsin serait justement notre dernier signe de vie.En attendant, nous avons toujours un ministère de la Défense nationale.Les jeux se font sans nous Face aux Grandes Puissances, un moyen où petit pays qui sSume jusqu'aux dents, resseni- ble à la guêpe sur l'oreille d'un cliphant, les U.S.A.et l'U.R.S.S.sont libres de déclarer la guerre.Le Canada suivrait, sous prétexte de défendre sa liberté, ses langues et les drapeaux qu\u2019il n\u2019a pas encore.Le Canada, pour s'imposer el se réaliser comme pays, doit opter non seulement pour la paix, mais pour une politique de dé- savmement, ce qui le délivrerait politiquement de Washington et de Londres, et le rendrait libre de fréquenter Paris, Shan- ghaï, Tokio et Cuba, et de re- cour.le front haut, à l'assistance de l'O.N.U., par suite d'entente précise à ce sujet.Une politique de désarmement C'est parce qu'une alliance g pose Fae PACE CRE ESA EE raie jl'Inde, au militaire est nécessairement néfaste sur le plan politique, que nous aimerions voir notre pays devenir un membre libre et indépendant à l'O.N.U.(Ce thème est d'ailleurs longuement dève- loppé dans «Our Generation against Nuclear War » de R.S.Bigelow).Ainsi.à la suite de circonstances économiques qui sont propres à notre pays, notre « Conseil de Recherche pour lu Défense » nous semble être à première vue, un « Conseil de la recherche de ce que les U.S.À.sont en train de faire chez eux ct chez nous ».Cependant, il y a d'autres réalités à considérer : (1) depuis 1950.le Canada à donné $531,670,000, surtout à >akistan ct au Ceylan, par l'intermédiaire du plan Colombo; (2) à la suite de l'article 26 de la Charte des U.N., les U.N.ont formé une commission de désarmement comprenant tous les membres du Conseil de sécurité avec, en plus, le Canada, et un sous-comité du désarmement lormé des 4 membres permanents du Conseil de Sécurité (autre que la Chine) et du Canada; (3) « Les richesses atomiques du Canada.exige qu'il devienne arbitre entre les pays, pour l'emploi de ces richesses » (1.Hamon, Tome IV, La Défense Nationale, Institut Juridique de Nice) (1) Un des nôtres, Pearson, a joué un tel rôle, sur le plan international, qu'il s'est mérité le prix Nobel de la Paix.Ces quelques indications montrent un peu que le Canada peut aspirer à jouer un rôle d'Etat neutre, par la suite d'une volonté de désarmement.La Question Economique L'économique de la paix ou de la guerre est la suivante.En ce moment même, un milliard et demi d'êtres humains n\u2019ont pas les biens essentiels qu'il faut pour manger et devenir normale ment adultes, pendant que les Grands se demandent s'il faut employer le couteau ou la bombe H pour assurer l'équilibre économique Est-Ouest.Actuellement $1.00 sur $3.00, du budget canadien est affecté a la Défense Nationale.La production de guerre n\u2019étant pas un bien consommable, notre économie se voit donc continuellement menacée par l'inflation.En 1959, les dépenses affectées à la production (inutile) d'avions et de res, et de chars de combat, se chiffraient a un total de $236,514,000.Il est à remarquer que cette somme était de $42,000,000 supérieure aux dépenses prévues par le gouvernement fédéral, pour la santé et l'enseignement.Ce n'est pas un régime d'austérité que réclame un pays riche comme le nôtre, c'est une économie propre à engendrer la construction véritable du pays, en travaillant chez nous nos matières premières, ce qui permettrait à chaque citoyen de trouver un emploi, sans avoir recours à la profession militaire, qui est une solution illusoire au chômage.Historiquement, c'est un fait que les hommes politiques ont toujours prôné la valeur et la liberté des sujets ou des électeurs, et que, pour défendre cette liberté, ils les ont toujours conduits en rangs d'oignons, sur les champs de bataille.Pendant que le sang coulait, les économiquement forts ont toujours mangé le gros morceau du gâû- teau .entre les discours patriotiques.C'est parce que ceux qui sont forts ne veulent pas l\u2019économie de la paix, qu'ils la disent impossible.Depuis des siècles et surtout depuis 50 ans, les économistes ont fait des acrobaties pour relever les finances dévastées pa les politiques guerrières des chefs d'Etat.Puisque la guerre a échoué, il reste aux économistes de révéler les possibilités de la paix.Jean-Guy LAUZON navires militai-|- 6-NOVEMBRE 14 \u2014 \u2014 LUNDI, 12 NOVEMBRE 1962 a 8:30 P.M.Palais du Commerce 1650 rue Berri ® Hon.Jean Lesage ® Hon.Georges Emile Lapaime ® Hon.René Lévesque © M.Guy Gagnon présentera l\u2019Hon.Jean Lesage \u2014 Candidat dans St-Jacques \u2014 Attaché de Presse du Chef du Parti Libéral \u2014 UN AUTOBUS PARTIRA DU CENTRE SOCIAL \u2014 RUE MAPLEWOOD - à 7:45 P.M.Association des Etudiants Libéraux de l'Université de Montréal Pierre Chaput, président 735-2761 hr 4 NOVEMBRE 1962 \u2014 Depuis les cinq dernières an- nés, une tendance accrue aux incertitudes politiques s\u2019est manifestée.La province de Québec, tant au fédéral qu'au provincial, a dérouté nos experts du moins en ce qui concerne les résultats électoraux.Inutile d'ajouter que des incertitudes politiques se manifestent même au sein du parlement.Il est évident que cet état chaotique est dû en grande partie à l'indécision du peuple.Celui-ci ne sait plus qui croire.Eveillé par la dénonciation très forte de scandales survenus tant dans l'administration fédé- ralc que provinciale, aiguillonné par des déclarations telles que celles des abbés Dion et O'Neil, il reste cependant peu éduqué.Ne nous empressons pas trop de lui jeter la pierre.Le peuple porte certainement une partie des responsabilités quand il affectionne une ignorance crasse, cependant nos hommes politiques semblent avoir oublié que l'éducation ne se fait pas en deux mois.Aujourd\u2019hui, la population de la province est aux prises avec les déclarations contradictoires de ses leaders, car, à partir de la sincérité, de la démagogie et de la théorie, je laisse le lecteur [aire les combinaisons qui peuvent se rencontrer sur nos tribunes politiques.Pourquoi ce point d\u2019interrogation se manifeste-t-il avec autant «le persistance ?Dans les comtés ruraux et semi-utbains, deux personnalités politiques ont occupé -la scène au cours de ces vingt dernières annees, l'homme peu instruit mais {ui a le don de soulever les fautes en jouant sur les chiffres de façon extrêmement habile.x à aussi l'orateur grand stile qui nous vante les valeurs du drapeau et des chèques bilingues, Ces deux personnalités politiques se sont retrouvées à des degrés divers dans la plupart de Nos comtés ruraux.Elles sont Souvent accompagnées de corruption dlectorale.Durant ces vingt dernières années, plusieurs comtés passèrent du stade rural au stade urbain.Je n\u2019en saurais pas malheureusement préciser le nombre._ Parallèlement, la mentalité a évolué.On peut affirmer sans que le risque d'erreur soit trop grand que ces comtés devenus nd - Le semi-urbains ne sont plus à l'époque des discours de St-Jean-Bap- tiste destinés aux mamans-de- mon-beau-comté.L'ouvrier d'au- jourd\u2019hui attend plus de ces leaders.Je m'explique.Comme mentionné plus haut, il a été éveillé et aiguillonné.Même auparavant, le changement s'était opéré de façon de plus en plus sensible dans les années 50.On est plus intéressé tout d'abord au programme « point de mire » de René Lé- vesque, même si parfois on ne comprend pas tout.Ce fait se remarque assez à la recrudescence d'intérêt aux problèmes internationaux, alors que, souvent, les problèmes nationaux et provinciaux sont délaissés.Le peuple a faim de savoir.A ce moment Réal Caouette entre en scène.Ne partageant pas ses idées, je le considère tout de même comme un homme ayant une personnalité très attachante.De plus, il s'avère un grand maître de la propagande.Usant de.la technique actuelle la plus efficace, la télévision, il réussit à convaincre plusieurs comtés ruraux, et semi-urbains de voter pour son parti aux élections fédérales de 1962.Il emploie les techniques de la formule simpliste (on a rien à perdre et tout à gagner, ou encore, consonmmation production).Il allie la démagogie à une théorie monétaire personnelle.Le succès de monsieur Caouette s'explique par le mécontentement envers les vieux partis, etc.Mais il s'explique aussi par la propagande (T.V.et porte en porte).La sienne s'adapte parfaitement aux mentalités semi- urbaine et rurale.Tout le monde a poussé des hauts cris devant le succès dans la ville de Québec même.Une personne qui a habité Québec peut en partie attribuer celui-ci à la mentalité de «grand village » qui fait le charme particulier des Québécois.En mentalité, Québec est resté région semi-urbaine.Le succès de leur Carnaval ne saurait être expliqué seulement en termes de clen- sité de population ou de superficie.C'est évident.(Cette opinion m'est venue à la suite d\u2019une expérience personnelle.Mais comme tout'angle de vue, celui-ci deumeure relatif).Ces deux sortes de comtés ont donc connu- deux sortes de politiciens pour la + plupart.Le poli- LE QUARTIER LATIN ticien, peu instruit, mais habile à jouer sur les chiffres, ainsi que le politicien instruit et épris de phrases ronflantes.Ils ont été naturellement l\u2019objet de corruption électorale et de patronage.Aujourd'hui, le peuple, éveillé à la question politique et aiguillonné par des écrits célèbres, veut apprendre.Il prend ce qu'on lui donne.Représentant des vieux partis, monsieur Lévesque est le seul homme politique qui se donne la peine d'expliquer au peuple, sans pour cela faire du porte en porte.Ce fait est significatif.Comment le fait-il?Avec des cartes géographiques dessinées spécialement, un tableau noir et de la craie.Son langage est celui du peuple.Sans parler de fausses théories en elles-mêmes, sans avoir recours aux chiens et aux loups, au lieu de dire « I'industrie secondaire » i) dira « vous savez, l'industrie de transformation de l'acier en casques d'acier.».Cette méthode nous paraît ridicule, mais comme Jean-Jacques Bertrand nous disait, il faut descendre dans la plaine pour comprendre ces gens-là.Dans ce cadre, je vois très mal le mot « industrie secondaire» placé au milieu d'une phrase ronflante.L'attitude de certains hommes politiques (qui se disent sérieux) est, à cet égard, condamnable.Peu importe le parti auquel ils appartiennent.Oubliant les principes élémentaires de propagande, dans un moment aussi crucial, ils peuvent causer de sérieux torts a la province.Il est toujours plus ardu d\u2019expliquer à la façon de René Lévesque, il est par contre si tentant de s'écouter parler, quoique cette méthode peut donner encorc certains résultats.Il est indéniable, cependant, que la méthode Lé- vesque prêterait moins à confusion dans la délimitation du vrai et de la démagogie.Si cette méthode avait été pratiquée sur une période de temps plus longue par un plus grand nombre d'hommes politiques, la crise actuelle, supposant qu'elle existerait même dans ces conditions ne s'avèrerait certainement pas aussi aiguë.En face d\u2019un peuple désireux de connaître, la première mission du véritable politique devrait être celle d'un éducateur.Jacques POULIN __ he .PAGE CINQ ere en =.ue Poe AV, \u201cLES AFFAIRES DE L'ETAT.» NÉCESSITÉ D'UNE RÉFORME DANS LA PROPAGANDE DES PARTIS \u2018par JACQUES POULIN = R \u201ci PAGE SIX LE QUARTIER LATIN AIMEZ-VOUS Selon les fécondes théories qui circulent en milieux renseignés, l\u2019Université est essentiellement une institution de haut savoir, le pivot de toute nation, l\u2019axe eur lequel se règle la valeur d\u2019un peuple et qui engendre la périphérie de son potentiel.Par corollaire, l\u2019Université forme une élite de penseurs et de chercheurs nécessaires à toute société, en éclairant les intelligences et en stimulant l\u2019action intellectuelle des futurs licenciés, maîtres et docteurs.Donc, de l\u2019Université jaillissent des bouillons de culture et émergent des courants d\u2019idées, issus de cerveaux constamment tenus en éveil par Phumanisme, la science et le progrès universel.Par extension, les étudiants et les doctes professeurs mènent l\u2019action collective et conduisent le peuple dans sa lutte pour la justice, la vérité et la liberté.Ils forment la pierre angulaire de l\u2019édifice social, et tout va pour balancer, ou la constipation, au risque de pressurer les deux fruits sociaux, lentement mûris par trois siècles d\u2019Histoire.Le moment était venu de m\u2019inspirer des sages conseils sans doute prodigués, me dis- je, par les bons offices des chaires universitaires et des organismes estudiantins.Mal m\u2019en prit, car je constatai que les cénacles du Mont-Royal ne divulgusient pas d\u2019oracles eur ces sujets.D\u2019autant plus étions-nous à quelques jours près des éliminatoires, et l\u2019on m\u2019informa que l\u2019Université se morfondait dans l\u2019anxiété au sujet des séminaires tenus à Montréal, New York, Chicago et Détroit.Transporté d\u2019espoir, je courus les résultats de ces graves colloques, serutant les moindres débats.Les punitions y tenaient une place imposante: sans doute des cabotins qu\u2019on coiffait, en tout honneur, du bonnet d\u2019âne.Lorsque les Canadiens furent LES UNI le mieux dans le meilleur des mondes.Ma nature m\u2019interdisant la erédulité et l\u2019angélisme béat (tare génétique sans doute), j'ai tenu à vérifier, pour un, des théories sujettes à caution, comme toutes les théories.Mon premier mouvement fut de consulter les journaux, les revues, la radio et la télévision, afin de connaître les dernières découvertes bienfaisantes de notre milieu universitaire.Jeus oui-dire, avec étonnement, de séances d\u2019initiation, de bals costumés, d\u2019une réquisition d\u2019autobus et de l\u2019emprunt d\u2019un fauteuil noblement réchauffé à l\u2019Hôtel-de-Ville.Plusieurs jours durant, je tentai de découvrir la beauté et le sens profond, éducatif et spirituel, le message implicite de ces actes mystérieux, dont la eubtile psychologie dépassait mon entendement.Aucune éruption philosophique n°émanant de mon intellect, je résolus d\u2019abandonner la tâche.Déjà, à gauche et à droite, on chuchotait sur le séparatisme, l\u2019école non-confession- nelle, la nationalisation, l\u2019éducation et les institutions.Ces problèmes me tarabustaient, et j'étais bien près de la démission, prêt à choisir entre la purgation, qui risque de tout déclarés hors-concours, je versai des larmes amères: sans doute la dialectique d\u2019outre 45e l\u2019avait-elle emporté sur le thomisme de nos gladiateurs.Que n\u2019ai-je rencontré plus tôt un informateur digne qu\u2019on le crût eur-le-champ, m\u2019affirmant qu\u2019il ne s\u2019agissait nullement de joutes philosophiques .Depuis cette dernière tentative de compréhension intellectuelle, je suis demeuré inconsolable, et mon scepticisme, relativement aux valeureuses théories que vous connaissez déjà, empire de façon toute pathologique.Je sens un mal grave et irréparable envahir mon psychisme: l\u2019univer- sitophobie.Mais assez de digression, et revenons à nos moutons (ne pas confondre le sujet et l\u2019objet, la nature de ce mot étant équivoque face aux conjonctures actuelles).Ainsi, par définition, l\u2019Université est une institution de haut savoir, où se démélent les plus inextricables problèmes, quant à l\u2019orientation de la nation.Cela suppose que les universitaires, en robe et en habit, professeurs et étudiants, distillent dans le peuple la culture qu\u2019ils sont censés avoir digérée.Or, si nous regardons les faits bien en face, nous cons- tatons que cela ne se passe pas exactement ainsi; les phares universitaires n\u2019éclairent pas souvent le peuple; entre la théorie et la pratique, le décalage apparait notablement marginal, et il se nomme matérialisme.Ce petit prétentieux couche avec ses maîtresses: l\u2019ignorance, la bêtise, le cabotinage et l\u2019égoïsme, et cette honteuse fornication s\u2019accomplit à l\u2019ombre des murs, au pied de la vénérable enceinte universitaire.En général, les étudiants semblent ignorer les problèmes sociaux.En chacun d\u2019eux sommeille un Kid Untel qui, lorsqu\u2019il se réveille, se rendort aussitôt après avoir lancé quelques galéjades sur le superficiel du problème.Il ne s\u2019interroge pas sur les positions à prendre; il choisit le plus simple et le plus sûr: ne pas en prendre.Il se vautre dans sa petite sécurité maladive et chevrotante, entretenue par la flamme vacillante de la peur, signifie ce mot chez l\u2019universitaire?Assez souvent il désigne un ennemi héréditaire du milieu, un minabie animal servile qu\u2019on méprise et qu\u2019on dépouille en abusant de la dignité du grade.Seulement, l\u2019étudiant semble oublier plusieurs vérités désagréables.Le peuple, c\u2019est celui qui fournit chaque année quelques centaines de milliers de dollars pour les étudiants, c\u2019est l\u2019artisan, l\u2019ouvrier ou le collet blanc qui, dans quelques années, paiera le gros prix pour consulter l\u2019ex-étudiant, devenu un monsieur respectable et dont il faut acheter la vue.Le peuple désigne aussi l\u2019origine de 75% de nos étudiante, dont pas un n°est sorti de la cuisse de Jupiter, et dont seulement un quart arrivent de chez les faux aristocrates et les bourgeois.Le peuple, c\u2019est cette famille qui s\u2019est privée de tout pour mener son reje- ton au parvis de l\u2019Université.6 NOVEMBRE 194 d\u2019ordre patriotique.Nous 4, vons pertinemment que ling.dent a débuté par un accident involontaire, et que la préoe cupation patriotique, inventée après coup, a servi de fourre.tout.Qu\u2019accomplissent les êtu.diants pour le peuple?En \u20ac, ceptant ceux des Sciences Sociales, qui malgré tout ne font pas tellement sentir leur pré sence, et dont une bonne m, jorité finiront comme chefs de personnel, le bilan de leur activité humaniste se solde par un zéro tellement évident qu'il ressemble à s\u2019y méprendre à un zéro.«Les factures de l\u2019Histoire finissent toujours par rejoindre leurs débiteure», écrivait Pierre-Jérôme.Le jour où le peuple en aura assez de sa servitude, il peut bien décider d\u2019agir seul, ce qui signifie qu\u2019une foule exaspérée peut tout flanquer au dépotoir, même les choses utiles, et que les complices de son mauvais VERSITAIRES?qui n°existera plus le jour où il soufflera sur son subconscient: Il se refuse à toute pensée créatrice, à toute réflexion sur le sort du peuple.Il refuse son propre perfectionnement.L\u2019apathie générale de nos étudiants et le profond sommeil des autorités ont fait de nos Universités des machines qui produisent a la chaine des licences, des maitrises, des doctorats.L\u2019Université, chez- nous, est typique: elle munit ceux qui la fréquentent de di- plomes leur permettant de jouer aux arrivistes et de s\u2019enrichir en tout mépris du peuple et d\u2019eux-mêmes.Que seront demain ces petits peureux, ces petits esprits sécuritaires et utilitaristes?Ils iront, pour plusieurs, rejoindre l\u2019armée de ces médecins pratiquant surtout de soula- geantes opérations sur les goussets, ces notaires coupe- jarrets, ces avocassiers, plaideurs à la petite semaine et tripoteurs en politicaillerie, ces tâcherons de l\u2019enseignement sinistres et cyniques, funestes à la jeunesse, ces pseudo - professionnels auxquels leur seule mémoire permet d\u2019encaisser.J'ai mentionné, à quelques reprises, le mot peuple.Que Et le peuple est précisément Pobjet des études de l\u2019étudiant, qui se forme à une discipline afin d\u2019éclairer les lanternes.Le rôle primordial de l\u2019Université est de former l\u2019élite qui éduquera le peuple et le libérera.Dans les pays où l\u2019on accomplit actuellement une oeuvre valable, l\u2019évolution, voire la révolution, lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire éclater les structures pourries de système anachroniques et oppresseurs, est menée de front par les universitaires, qui constituent une partie vitale de la nation.Ça devrait pourtant se savoir.Or, quel effort nos universitaires canadiens-français accomplis- sent-ils en vue de déraciner la peur et le monolithisme qui régentent encore, malgré une apparente liberté, nos institutions et notre vie québécoise?Les étudiants se scandalisent seulement lorsque leurs intérêts personnels entrent en jeu (par exemple si on augmente le tarif des transports en commun; cet exemple est aussi une preuve que beaucoup d\u2019étudiants viennent du peuple: ils vont à pied).II n\u2019y a pas lieu de croire non plus que certains faits, comme le renversement de la clôture de sort, ceux qui auraient dû parler et se sont tus, risqueront de faire les frais de la noce.Les exemples de !\u2019Histoire pourtant assez frappants, mê me s\u2019ils ne sont pas actualisés.Si les étudiants refusent d'a gir par amour de la vérité, de la justice et de la liberté.qu'ils réfléchissent un peu ct ils agi ront quand même, ne fitce que par souci de conserver l\u2019apparence de leur raison d\u2019être et pour garder leurs privilèges.Ne menez pas d\u2019enquête su le campus, ces propos ne vien nent pas du milieu, vous ne comptez pas de traître parmi vous.Les doléances que vous terminez viennent d\u2019un ro blard né parmi le peuple « qui n\u2019entend pas renier se origines.Qu\u2019on attaque la for me, si l\u2019on veut: je ne possède aucun titre universitaire et m\u2019exprime très mal.Mais je défie n\u2019importe quel parven de nier le fond; la seule façon dont il s\u2019y puisse prendre, sera d\u2019agir en véritable hum niste, en véritable champion de la culture, en véritable uni versitaire.Avant de se coiffer d\u2019un titre, messieurs, il faut le mériter.gy an Bien à vous, LA COCARDE Ville Mont-Royal, aient été CG VY RS STRESS FSU NAT SE EDR STRESS 3X05 BRIS y CRA As MEE # SE CA PE RE I a ER RR TAT RR RK?3 3 pa Eo X pa ES a $ KS Rs 47 3 x & EP) [3 » LA RQ + 3 2 by E IN a | 6 NOVEMBRE 1962 mette CE A CE etm TE CT AEF TERR Ree Te Ws Te i ry few MEER F MATRA SR = Pour comprendre la vie politique intérieure en Pologne, et our aborder la question des libertés dans un système socialiste, il faut d\u2019abord mettre de côté nos notions occidentales de liberté et de démocratie: car en comparaison au genre de libertés dont nous jouissons au Canada, le système polonais nous apparaîtrait inacceptable.Cette parole n\u2019est pas de moi, mais d'un professeur de droit à l'Université de Varsovie.Les Polonais et les membres du parti eux-mêmes, sont conscients et admettent qu'avec nos notions statiques de liberté, nous trouvions inacceptables les restrictions faites à certaines libertés en Pologne.Les mots démocratie, liberté, égalité, ont des significations et des résonances tellement différentes en pays socialistes, que lorsque nous employons dans une conversation sans en connaître l'optique socialiste, nous risquons de mener un dialogue de sourds.(Par exemple, égalité chez nous veut dire égalité des opportunités, alors que là- bas, cette notion a un sens beaucoup plus concret.) Pour pouvoir évaluer honné- tement les réalités politiques et sociales de la Pologne populaire, il faut se placer dans une perspective historique et dynamique.\u2014 rss JAC QUES LÉVESQUE Voyons donc quelques réalités polonaises actuelles que nous chercherons ensuite à évaluer selon cette perspective, Citons quelques points sur lesquels les libertés (comme nous les entendons) sont restreintes, puisque c'est malheureusement ce qui intéresse le plus les occidentaux qui s'interrogent sur les systèmes socialistes.D'abord, quelques mots sur le système électoral et les partis politiques.Il y a en Pologne, 3 partis politiques organisés : Le POPU (parti ouvrier polonais unifié) d'inspiration marxiste, qui est le parti majoritaire, le parti paysan et le parti démocratique (groupement d\u2019intellectuels socialistes).Il existe aussi un groupement parlementaire de plusieurs députés indépendants, dont un grand nombre est catholique.Aucun parti ou député qui s'oppose au socialisme (pas nécessairement au sens marxiste du mot) n\u2019est admis à la diète polonaise.(Tout comme le parti communiste est hors-la- loi, aux Etats-Unis, nous men- tionne-t-on.) Un front d'unité nationale où chaque parti est proportionnellement représenté, décide en collaboration, après des sondages, des candidats qui seront présentés aux élections.(Soulignons la prépondérance du POPU qui est majoritaire).Une liste est DL, + LE QUARTIER LATIN alors soumise aux électeurs, à l\u2019intérieur de laquelle ils ont à choisir un certain nombre de députés.Un seul programme politique est présenté au peuple, par ce front d'unité nationale.« Les partis ne sont pas ici des partis d'opposition.Ils rassemblent leurs travaux pour la construction du socialisme, nous rlécla- rait un député polonais.« Harassé par les questions provocantes de certains délégués canadiens, un Polonais nous dit : «Il n'y a pas ici, comme dans la « démocratie» américaine, plusieurs partis identiques et identiquement dominés par des intérêts économiques privés, qui se font la lutte en exploitant l'opinion publique sur certaires questions rentables électorale- ment, en ne s'attaquant pas aux problèmes essentiels et fondamentaux ».Que répondre à une répartie si juste, que les Polonais ont d'ailleurs puisé chez l'auteur américain C.Wright Mills.Deux autres restrictions qu\u2019il importe de souligner, reposent sur les points suivants.Il est défendu de s'opposer (dans les journaux et publiquement) à la base socialiste du système polonais.C'est-à-dire qu\u2019on peut critiquer le gouvernement, ou le socialisme tel qu'appliqué par le POPU, mais il faut le faire dans une ligne socialiste.L'amitié avec l\u2019Union Soviétique est aussi un sujet restreint.Il est défendu de critiquer ou de combattre les bonnes relations de la Pologne avec l\u2019Union Soviétique, qui sont considérées comme essentielles au bien de la Pologne, pour les raisons que nous avons vues dans l\u2019article précédent.Pour ce qui est des libertés de parole ou de circuler, il faut vraiment avoir des idées d'Alice Poznanska-Parizeau pour se sentir suivi ou épié à Varsovie.(La question délicate de la liberté de culte et de la situation de l'Eglise en Pologne, fera I'objet d'un prochain article.) Pour imposer les restrictions que nous venons de voir, les gouvernants polonais ont plusieurs raisons qu\u2019ils n'hésitent pas à nous donner.Au moment de la première guerre, la Pologne n\u2019existait pas.Elle était partie intégrante des puissances qui se la partageaient.Elle avait un peu perdu I'habitude de se gouverner, et n\u2019avait jamais eu celle de le faire dans un système démocratique.C'est pourquoi les institutions démocratiques qui furent données à la Pologne reconstituée à la fin de la première guerre, fonctionnèrent mal, et le pays se retrouva bientôt (1926) sous la dictature d'un militaire, le maréchal Pilsudski, qui aurait réprimé la montée du socialisme qui se faisait sentir à cette époque.A cause du manque d\u2019entrai- nement démocratique, et a cause de cette expérience d\u2019entre les deux guerres, les gouvernants polonais -prétendent \u2018que laisser n'importe lequel parti se pré Ts Er Is Tene wpe PAGE SEPT LA QUESTION DES LIBERTES EN POLOGNE senter aux élections, constituerait un danger pour la Pologne de sombrer entre les mains d\u2019un régime fasciste et réactionnaire.Le régime actuel est, semble- til, plus démocratique que celui d'avant la guerre, et con:ti- tue une étape historique d'apprentissage dosé de la démocratie.On nous mentionne un autre argument historique, en faveur du système actuel, et qui pourrait se relier au premier.Pour établir tout nouveau système politique, il faut nécessairement passer par une certaine phase d\u2019'intolérance relative.Pour établir la démocratie en France, après la Révolution, il a fallu supprimer plusieurs libertés, et même, des milliers de personnes ont passé à la guillotine.L'installation du socialisme en Pologne, sans avoir fait les morts que l'installation de la démocratie a fait en France, marque l\u2019arrivée d\u2019un nouveau système politique qui doit bouleverser les anciennes structures.À cause des bouleversements qu\u2019il a provoqués, le socialisme a besoin d\u2019une certaine période d\u2019ajustement qui nécessite une stabilité politique.\u2018C\u2019est pourquoi certaines libertés sont temporairement suspendues.Nous disons temporairement, parce qu\u2019une fois le système stabilisé, les passions calmées, les libertés pourront revenir sans qu\u2019elles constituent un danger pour le socialisme de base.C'est là la vision dynamique qu'on se fait du système.Puisqu'en bons occidentaux, c'est toujours le point de vue statique qui nous intéresse, voyons un peu les réactions du peuple polonais devant le système dans son état actuel.\u2018 D'abord, je crois que ceux qui sont les plus insatisfaits- du régime actuel, ce-sont-les-intel- lectuél.Je voudrais à ce propos citer le témoignage d\u2019un honnête étudiant anti-communiste tchèque rencontré à Prague : « Le système socialiste s\u2019est avéré néfaste pour les intellectuels, mais je dois dire que pour les classes laborieuses, c\u2019est-à-dire la majorité du peuple, il a été un bienfait ».Je crois que c'est un peu la même situation en Pologne.Les intellectuels (ce qui ne veut pas dire tous les intellectuels) sont les plus insatisfaits du régime dans son état actuel, parce que les restrictions faites aux libertés dont nous avons parlé plus haut, les concernent presque exclusivement.De plus, à cause de la guerre froide et de la non-in- terchangeabilité des monnaies (ce qui rend pratiquement impossible les voyages en Occident) les intellectuels sont isolés de leurs collègues occidentaux, ce qui constitue un autre élément de frustration.La majorité du peuple que représentent les classes laborieuses, avait avant la guerre le droit théorique de s'exprimer publiquement sur n\u2019importe quoi, mais comme pratiquement elle ne pouvait le faire, elle ne souffre donc pas des restrictions faites actuellement à cette liberté, Tout ce qu\u2019elle demande, c\u2019est la sécurité sociale, l\u2019amélioration des conditions et du niveau de vie, et cela, le socialisme le Jui a apporté et continue de l\u2019accroître.De plus, maintenant, les ouvriers et les paysans sont appelés à donner leurs opinion: aux comités locaux des syndicats et des coopératives et apprennent ainsi à participer à la direction de leurs affaires; et pour les entraîner à cette tâche, des cours sont donnés le soir pour les travailleurs désireux de s\u2019instrui- reu me oe ere amas
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