Le Quartier latin, 15 octobre 1964, Supplément artistique et littéraire
[" 1e Quartier Ja tim Montréal \u2014 15 octobre 1964 Vol.XLVIll - Numéro 10 / Anne Chérix: \u201cEn ratraichissant Grand mère\u201d ou le retour de la courte-pointe Dans une salle contiguë à la Galerie Soixante, se tient, simultanément à celle d\u2018Edmund Alleyn, une exposition des tapisseries d'Anne Chérix.Madame Chérix, d'origine Suisse, en est à sa toute première exposition.Monsieur Alleyn qui,lui, est né à Québec (vers 1930), est son mari.Îls sont mariés depuis quelques mois, et on peut se demander si ce ne serait pas ce fait qui provoqua un changement total dans la manière d\u2018Alleyn.Mme Chérix a intitulé son exposition \u201cEn rafraîchissant Grand'mère\u201d, parce qu'elle découvrit, lors de son arrivée dans l'Etat du Québec, que sans le connaître, elle faisait ce que nos grands-mères appelaient courte-pointe.Mais les résultats d'Anne Chérix sont différents.Ses teintes, loin d'être scintillantes, offrent plutôt Un aspect pastel.Des \u2018Après toi le déluge\u201d, \u201cChassez tapisseries comme: la muse\u2019 et \u201cOh Boris\u201d, dégagent une atmosphére marine.On a l'impression de regarder à travers Un aquarium.Sans vouloir faire un jeu de mots, on peut dire que ces tapisseries sont tapissées de filets de péche.Ce ne sont pas des filets, mais de la broderie, simulatrice de filets, Les couleurs sont (en général) sous-marines.Les couleurs vives ne sont pas employées.Elle utilise surtout la couleur verte et la couleur bleue, couleurs marines par excellence, ainsi qu\u2019un étalage assez complet de leurs différentes teintes.Parfois, elle juxtapose à ces couleurs une pièce Supplément artistique et littéraire Beas, EL ; de tissu rose; ce qui suggère un climat de calme, de brume, de repos et de douceur.Porter un jugement appréciatif sur ces deux artistes m\u2018aménerait & donner ma pré- d'\u2018Anne Chérix.Sauf pour quelques toi- férence aux oeuvres les d'Alleyn, j'irais jusqu'à affirmer que ce dernier produit des peintures pour accrocher dans les cuisines ou les salles de bain, Cette atmosphére sou-maori- ne, en ce qui concerne Anne Chérix, et cette influence indienne qu'a subie Alleyn prennent peut-être leur source dans l'atmosphère, les couleurs et le milieu gaspésien ?En fait, ces deux artistes séjournèrent durant tout l'été dons la région de Percé.Marcel SAINT-PIERRE S.Vii est trds surprenant et surtout décevant, voire même inconcevable que les autorités de l\u2018Université n'aient pas pensé à créer Un endroit où poésie, musique, danse et théâtre feraient bon ménage.Si on se fie aux projets de construction de l'Université, on prévoit tout pour le confort de l'étudiant : salles de cours et laboratoires modernes, cafétérias, logements, gymnase, arena, hôpital, etc.Mais pour l'art.Rien de rien.Une des raisons majeures pour laquelle le théâtre et les arts en général ne font que vivoter au Canada français est tout simplement le manque d'intérêt de le part de la population.Ceci est dû au fait que celui-ci n'est pas initié aux diverses manifestations artistiques.Alors, pourquoi ne pas commencer par le début ?Pour intéresser l\u2019universitaire, il faut d'abord lui faciliter, lui donner l'opportunité de côtoyer la chose artistique.Le local est évidemment le premier pas, Une fois ce pas franchi.le reste viendra très facilement.Près de cent étudiants se sont inscrits aux cours d'art dramatique qui se donnent sur la rue Notre-Dame, combien y en aurait-il sur le campus ?Il ne s'agit pas de se substituer au Conservatoire et aux diverses institutions spécialisées.ll est cependant capital de voir à fournir un complément culturel aux étudiants.Dieu sait si plusieurs en ont besoin! Qu'on soit en sciences, en lettres ou en droit, peu importe.La spécialité n\u2019est pas fout.Il semble que les autorités aient maintenant eu vent de cette question.On est même assez favorable à l'idée, du moins le croyons-nous.Espérons que ce ne sera pas renvoyé aux calendes grecques.C'est très beau le courage.Mais la rue Notre-Dame, c'est diantrement loin! Surtout après une journée de cours, une heure et demie d'autobus.Sans compter le retour.L'A.G.E.U.M, octroie $11,425.00 aux diverses manifestations artistiques (cinéma, théâtre, récitals, etc.).Demander des locaux adé- quets à l\u2019Université n\u2019est en définitive que légitime.Les crédits fonciers sont si bons actuellement.Roger SOUBLERE Hommage au soleil de McEwen, à la page 2 Du sel sur les plaies vives de Jean Ethier-Blais En page 3, un nouveau Guy Béart A la page 5, une entrevue avec Solal, réputée jazzman A lu page 7, une rétrospective de l'oeuvre de Bergman \u201c9 * 15 OCTOBRE 1964 \"LE QUARTIER LATIN\" * .: .a 45e 6450610045 \"server *$ Du sel sur les plaies VIVES de JEAN ETHIER-BLAIS Il faut toujours respecter les.choses de grand bge .Mais à la fin l\u2018on s'étonne de se faire cracher sur la tête et de dodeliner niaiseusement.Jean Ethier-Blais dans son article (in Le DEVOIR, 19.9.64, p.13) LA LITTERATURE CANADIENNE ET LA LITTERATURE FRANÇAISE dit qu'il ne faut pas apprendre l'une au détriment de l'autre; ensuite, joliment, il nous trace le palmarès ingénu de ses affections littéraires.A la fin de son article (comme Jean Lemoyne, qui lui, parle de miettes sous la table) Jeon Ethier-Blais dit: \u201cLa littérature conadienne - française est, prise globalement, un phénomène sociologique important dons notre vie.\u201c En ramenant la littérature canadienne-fran- çoise à une simple étude de \u201cphénomène\u201d il diminue la portée réelle de son évolution.Il méprise cette lente conscience qui s'éveille à la vie du XXième siècle ! JEAN ETHIER-BLAIS fait por- tie de ces générations vitreuses des \u201clittéraires\u2019 cloisonnés Jons leur aristocratie ensommeillée : capitalistes culturels d'un outre ôge.Ainsi plus loin il dit : \u201cQuelque magnifique qu'ils soient sur le plan du devenir canadien-français, ce ne sont pos les poèmes de Saint-Denys- Garneau ou d'Anne Hébert qui vont donner à mon ôme et à mon esprit l'empon de tout l\u2018humain, ni nos romans, ni nos essais.lls mettront du sel sur mes plaies toutes vives.Est-ce à quoi doit mener la littérature 7\u2019.Une telle ignorance de notre propre littérature est stupéfiante.JEAN ETHIER-BLAIS n'a pas encore compris que nous avons une littérature qui vit et palpite ou rythme effréné de nos mutations politiques.ll semble vain de vouloir faire de lo littérature canadienne- Théâtre de l\u2018Echange 485, ave Bloomfield samedi soir, 8 h.30 RENAUD et ARMIDE de Jean Cocteau dimanche soir, 8 h.30 DON JUAN de Joseph Mignolet Abonnements et réservations : 276-1527 française un ciel de lit au bleu épouvantail, un miroir timide du Grand Frère Gallimard.Nous devons commenecr por avoir des hommes debouts pour enfin avoir une littérature d'ici \u201cTerre - Québec\u201d.Il est temps de dénoncer ces bornes stériles qui vivent, au point de vue culturel, aux dépens d\u2018une collectivité.Etre fidèle à nous- mêmes cela nécessite une introspection, une très grande humilité devant la tâche à accomplir.Aussi, celo fait pitié de voir ces quelques bibelots séniles et édentés, perdus en invectives qui réclament que nous ayons à nouveau deux cultures, nouveau bilinguisme avilissant .Bientôt, heureusement, l'on étudiera autant la littérature ca- nadienne-française que la littérature française.Il est tout à fait insignifiant et fantasque d'étudier une littérature étrangère (compte tenu des influences) sans étudier en profondeur la sienne propre.Aussi il faudrait changer le titre de Var- ticle de M.Jeon ETHIER-BLAIS et lire: Ne pas apprendre la littérature française aux dépens de lo littérature canadien- ne-française, ce qui arrive depuis un demi-siècle.Jan STRAFFORD HOMMAGE AU SOLEIL DE McEWEN Du 5 ou 17 octobre, lo galerie Lefort présentera une série d'huiles récentes de Jeon Mc Ewen intitulée \u2018Hommage ou Soleil.\u201d Cette exposition des oeuvres de McEwen se poursuivre du 19 au 31 octobre, mais cette fois-ci mettant en montre des aquarelles et des encres.\u201cHommage au Soleil\u201d comprend une série de quatorze huiles qui furent créées en £s- pagne lors d'un récent voyage de l\u2019artiste.Nous y retrouvons des dimensions larges et modulées, mais les couleurs ont été pâlies, l'atmosphère dùe aux glaçures anciennes n'est plus, ayant été substituée par des nuances mates beaucoup plus légères et chatoyantes.Pour ce faire, McEwen utilise un nou- veou procédé; il applique une seconde couche d'huile à la main et obtient ainsi une lex- ture plus lisse gardant un effet de superposition entre les couleurs qui émanent les unes des autres conservant toujours le mêmes champ de verticalité.L'image picturale de McEwen confère à la matière une fonction marginale bien qu'elle l\u2018intègre dans le contexte même de la dimension.GRAND AVEC ORCHESTRE Admission : L'AGEUM présente SAMEDI, le 17 OCTOBRE et tous les samedis suivants la SOIREE DANSANTE MEMBRES : $1.75 le couple NON-MEMBRES : $2.25 le couple Une initiative du Comité des Activités Sociales SALON $6.00 (4 soirées) Hommage ou Soleil\u201d requiert des couleurs qui sont gé- nératement consacrées à ce genre d'hommage, c'est-à-dire, le rouge et le jaune, mais Mc- Ewen ne s'arrête pos seulement à ces dernières.|! pôlit le rouge jusqu'au rose et déteint le jaune sur des contours blancs pour ainsi obtenir une variété de couleurs lumineuses, mais cer- toines d'entre elles, comme le rose, ne s'avèrent pas trés réussies ou du moins sonnent fousses parmi les autres teintes.tesla luminosité acquise dans \u201cl'après-midi d'un rouge\u201d, tout comme dans \u201cMidi et demi jaune\u201d est remarquable par cere espèce de crescendo qui foit en sorte que les couleurs se répètent verticalement, soit de haut en bas ou vice-versa, jusqu'à ce qu'elles prennent l'éclo! définitif pour rendre leur Hommage au soleil.La peinture de McEwen est stylisée, implacoblement gro- vée dons sa structure et xes couleurs.Elle se fixe à l'oeil tout comme l'image d'une lumière éblouissante qui reste collée à la pupille même apres que l'on s\u2018en soit détourné.Nicole BROSSARD Jeudi - Vendredi - Samedi 8 h.30 p.m.Dimanche \u2014 7 h.30 p.m.PRIX ETUDIANT : $1.00 Le théâtre d'avant-garde dans le Vieux-Montréal 3e SEMAINE HAUTE SURVEILLANCE de Jean GENET Mise en scène de Marc CHARTIER LES SALTIMBANQUES Angle ST-PAUL et BONSECOURS - Réservations : LA, 5-2732 avec Rodrigue Mathieu Jean-Claude Guidrard Robert Duparc * Marcel Proulx + * #** CINE-MUET Lundi, le 19 octobre, à 8 h.30 DEUX COMEDIES DE Buster KEATON \u201cSHERLOCK JUNIOR\u201d et \u201cTHE NAVIGATOR\u201d (1924) A ENT \u201cETUDIANT\u201d Premier semestre: 5 films Simple : Double : SALLE P310-318 $2.75 $4.50 GUY BEART?Il chante encore celui-là \u201cGuy Béart?.Il chante encore celui-là?\u201d Voilà ce que tous ceux qui ne le connaissent que par \u201cL'eau vive\u201d se sont dit-en voyant l'annonce de son tour de chant à la Comédie-Canadienne.Et bien, oui, il chante encore.ll a même fait trois disques depuis celui que nous connaissons tous.Trois disques de grande qualité, qui marquent un progrès continu, En effet, si Béart traite toujours les mêmes thèmes, il le fait maintenant avec une technique remarquable, supérieure de beaucoup à celle de ses premières chansons.C'est donc un Béart plus tendre et plus fantaisite que jomais qui est venu nous visiter.La Tendresse La technique poétique de Béart est très bonne dans ses dernières chansons, Les textes de beaucoup d'entre elles (?1 tiennent sans la mélodie, comme un poème; par exem- , ple ce chef-d'oeuvre de la chanson, \u201cDouce\u201d: \u201d Douce, trop douce Un souffle la couche La dormeuse entre vos draps Un autre souffle la prendra.\u201c Ses quatre vers ont une sonorité très savante derrière une apparence de focilité.Béart offre d'autres très beaux poèmes à ses auditeurs, Le texte de chansons comme \u201cLes pas réunis\u201d ou \u201cIl n\u2019y a plus d'après\u201d pourraient fort bien se publier dans un recueil poétique.Il y a progrès technique, mais aussi progrès dans la qualité de son inspiration.Ainsi, à l\u2019occasion d'une chanson d'amour: \u201cNous nous sommes oimés l'hiver On avait rien à se mettre Moi je voyais tout en vert J'ouvrais grandes les fenêtres\u201d il rejoindra l'inspiration des poètes du Moyen-Age tel le troubadour Bernard de Ven- tadour: \u201cJe puis aller sans vêtements Nu en ma chemise Car fin amour me protège De la froide bise.\u201d Son inspiration retourne oux sources de la plus pure tradition poétique française; en plus de cela, elle est soutenue.On ne sent pas que le poète est à bout de souffle après quelques vers, comme c'était le cas dans-\u201cl y a plus d'un an\u2019, cette simple rengaine.De même, il ne se contentera plus de jouer avec les mots comme dans \u201cLaura\u201d.Une des plus belles de ses premières chansons, \u201cLe bal chez Temporel\u201d, était un poème signé André Hardelet dont il n'avait fait que la musique, Depuis, Béart surpasse de beaucoup Harde- let.Humour Beaucoup de progrès aussi dans la chanson humoristique: Nous sommes maintenant bien loin de \u201cL\u2019Agent double\u201d et du \u2019Quidam\u201d qui n\u2019étaient drôles que por quelques vers ou de \u201cL'Obélisque\u201d qui n'était pas drôle du tout.C'est qu'\u2018entre temps Béart a rencontré Marcel Aymé (l'auteur de la \u201cJument verte\u201d), qui a écrit quelques chansons pour lui, chansons drôles, cocasses, comme \u201cAhl quelle journée!\u201d qui a obtenu un très grand succès.Cette rencontre semble avoir beaucoup influencé Bé- art, car à l\u2019école de l'écrivain il a coup sur coup écrit des chansons humoristiques de qualité telles \u201cLe monsieur et le jeune homme\u201d: \u201cUn monsieur aimat un jeune homme Surtout ne nous affolons pas Regardons autour de nous comme Chaque amour va son propre pas.\u201d ou continuant pendant trois minutes à discuter des choses étranges en amour, il terminera en expliquant: \"Il est si doux d'être papa.\u201d Son humour se teintera quelquefois de cynisme: CINE-CAMPUS 8h 00 L'ILE D'ARTHUR de DAMIANO DAMIANI 9h45 LE JOURNAL D'UN CURE DE CAMPAGNE de ROBERT BRESSON N.B.: Le film L'ATTENTE DES FEMMES a été supprimé parce qu'il est présentement à l\u2019affiche au cinéma Empire dans le cadre du Festival Ingmar Bergman.GRATUIT POUR LES MEMBRES DE L'A.G.E.U.M.SAMEDI, le 17 OCTOBRE, à 8 h.p.m., à l'AUDITORIUM de l'U.de M.\u201c_\u2014Chérie, rentre, tu dois rentrer Ton mari est décédé \u2014Mon mari est décédé Y'a plus rien qui puisse l'aider.\u201d et souvent, comme les surréalistes, il se loissera entrai- ner dans un délire verbal surprenant où, à l\u2018école de Marcel Aymé, il observera d'un oeil amusé le comportement de ses semblables.L'érotisme \u201cChandernagor\u201d, comme chacun s'en souvient, était une chanson érotique très subtile où les doubles sens se suivaient à la ligne, Cet aspect se retrouve chez Béart: \u201cMais sa boutique de fruits N\u2019ouvre que la nuit On y trouve, c'est étrange, Couchés sur un lit d'oranges, Des citrouilles, des melons, Des courges en long.\" (Grenades) mais, fait nouveau, celui-ci emploie à l\u2019occasion un langage vert, un peu comme Brassens.Disons tout de suite qu'il est beaucoup moins à l'aise que l\u2019auteur du \u201cGorille\u201d dans ce langage.En effet, il est assez désagréable d'entendre Béart dire.\u2018La moin au cul\u201d.Le chonteur n\u2018a pas la voix ni le physique de l'emploi, Nous ressentons un malaise comparable à celui que nous ressentirions si Bros- sens chantait du Bécaud, par exemple \"L'enterrement de Cornélius\u201d.Que Béart s'en tienne aux sous-entendus ou à un érotisme amoureux où il réussit très bien.La société Un thème latent dans les premières chansons de notre poète tend à se développer davantage dans ses plus ré- sentes.|| s\u2019agit de la société et de l'époque en procès.Chansons à chansons, Béart fait un bien triste bilan de notre civilisation.Les titres sont assez révélateurs à ce point de vue là: \u201cMagazines\u201d, Télé A \u201d \u2018Fille d'aujourd\u2019hui\u201d\u2019, \u201cCinéma\u201d, \u201cLes temps étranges\u201d et \"Cercueils à roulettes\u201d où, à plus de cent à l'heure, les gens roulent \u2018cheveux dans le vent\u201d mais très souvent en sortent \u201cles pieds devant\u201d .En scéne Parallèlement à cette amélioration des paroles, la musique et l'accompagnement ont progressé remarquablement dans les derniers disques.Ses premiers enregistrements, où pour tout accompagnement il n\u2018y avait qu'un accordéon, une guitare et un choeur de non-professionnels nous laissaient une impression de baclé et d'amateurisme.Maintenant, Béart o su retenir les services de chefs d'orchestre remarquables tels François Rauber ou Jean-Michel Defaye qui lui rendent un fier service.Les mélodies savantes sont soutenues par un accompagnement de classe.L'exemple parfait serait \u201cll n'y a plus \u2026 d'après.\u201d Il est évident que, sur \u2018la scène de la Comédie-Cona- dienne, Béart n'était pas accompagné par tout un orchestre.Il avait avec lui un excellent accordéoniste et à la contrebasse un très bon mu- Desjardins, et à la guitare, Guy Béart.En s'accompagnant lui-même, il limite nécessairement le spectacle.Cette limitation est facilement compensée por la sympathie qu'il provoque dans son auditoire.Très timide, il attire notre sympathie et, chez les dames, le sentiment maternel dont elles sont si peu ovares.Cette grande timidité comporte cependant certains inconvénients.Peu sûr de lui, Béart est encore moins sûr de ses effets; il ne les réussit qu'à demi, faute d'aplomb.Béart fait aussi trop de concessions à son public, il insiste trop sur ce qu'il y a de plus facile dans ses chansons au détriment du reste.Par exemple, c'est une bien mauvaise politique que de clore son four de chant avec \u201cLe chapeau\u201d, une de ses moins bonnes chansons (rythme seulement) parce que le mauvais goût de son public le veut.Ces restrictions sont, en fait, secondaires.Béart est un des excellents chanteurs français qui, au temps du yé yé, travaillent à maintenir la poésie dans la chanson, là où elle aurait toujours dû être.| .sicien de chez nous,Roland YVES TASCHEREAU INC.h 6 .Tableaux - Sculptures Le C usse - Lreniers RESTAURATION ANTIQUITE\u201d - ARTISANAT 1380 ouest, SHERBROOKE MONTREAL 845-2062 472 est, CRAIG - Montréal Paul-E.MARTIN, président 845.4779 Gilles GAUVREAU, directeur.L | uw of P961 WAOLI0 SI \u2014 NUVI SNIIVAD 3 » * 15 OCTOBRE 1964 \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d A la Galerie Soixante Edmund Alleyn: une nouvelle peinture pleine de joie Une explosion assez frap- ponte est en cours à Montréol.Il s'agit des ceuvres récentes d'Edmund Alleyn, qu\u2018expose la Galerie Soixante.Jusqu'ici, l\u2019on était habitué à une peinture sévère, sombre, morne, à composition bien centralisée, en fin de compte, passablement siotique.Alleyn nous étonne aujourd'hui, parce que ce côté est totalement disparu.Sa peinture est tout à fait transformée : tout y est joie, exubérance, mouvement.Par les années passées, Al- leyn exposa plusieurs fois à Montréal.Vivant depuis près de dix ans à Paris; il exposa au Salon des Réolités Nouvelles, & la galerie Arditti et Legendre.il porticipa & la biennale de Sao Poolo en 59, et y obtint lo médaille de bronze.les peintures qu\u2019i lprésente maintenont au public montréa- lois sont d'inspiration indienne.En cela même, elles sont frappantes.Alleyn puise et utilise le folklore indien.Ses toiles (pour la majorité) racontent quelque chose : une légende, une demonde en mo- riage, une histoire de chasse, ou une activité de la vie quotidienne.Par ce fait même, on pourrait l\u2019accuser de primitivisme, ou de produire un art facile et trop ottrayant.Pour commenter les iroquoi- series d'Alleyn, on peut transposer un jugement que M.Evan H.Turner (ex-directeur du Musée des Beoux-Arts de Montréal) pronongca sur l\u2019art graphique des Esquimaux.Les toiles de M.Alleyn \"tombent essentiellement dans deux co- tégories : celles qui représentent les faits et les soucis de lu vie quotidienne et celles qui évoquent les rêves et les phantasmes qui constituent un élément des plus important dans les sociétés primitives.La puis- sonce des images se fonde sur lo simplicité de conception, tout comme l'efficacité de la technique assure la compré- Fonsion facils de ces images ce lo port du spectateur.\u201d J'aimerais signaler cepen- dont quelques toiles qui semblent posséder plus de vigueur, \u201cLa beauté est une source inépuisable de joie pour qui sait la découvrir.Car elle se rencontre partout.\u201d Alexis CARREL \u2018\u2019Open-House\u201d, offrent un très vif intérêt; tant au point de vue couleur qu'au niveau de la construction.Une autre toile, intitulée \u201cUn Brave au Gala\u201d, est marquante, fant por sa nouveauté que par sa recherche.En effet, cette toile, empreinte de gaieté et de mouvement, est prolongée hors de son cadre par des pendentifs de couleurs et de découpures différentes.On ne pourrait cependant pas dire qu'il s'agit de \u2018Pop Art\u201d, car on sent bien qu'Alleyn a voulu perpétuer par ces pendentifs, semblables aux rubans des fiesta, le mouvement (très léger | déjà imbriqué sur la toile.\u201cBat & Klan\u201d $1,300) qui ouvrent chronologiquement cette exposition; j\u2019avoue avoir une préférence toute spéciale pour une toile de dimension moins prétentieuse, mais d'une richesse d'autant plus grandiose.La seule d'ailleurs, à mon avis, à posséder une véritable beauté.li s'agit de \u201cBat a Klan\u201d.Cette toile est iraversée verticalement por un jet de mailles noires.On y sent une véritable alchimie du cercle.Cette coulée de cercles en chaîne se métamorphose (à l'oeil) aussi bien en formes spiralées qu'en moilles de tricot.Par cette toile, Alleyn atieint réellement une véritable ma- plus de grandeur.Les peintures Sans vouloir rire des deux niére.Une nouvelle monière.telles que : \u201cEn bon voisin\u201d et grandes toiles ($1,000 et Un nouveau Alleyn.CITATION EN HAUT (868 oma UPSTAIRS l'union foit la force.Oui, ir mais lo force de qui ?gi ® a ALAIN PEt «GENE KRUPA GT SON QUARTETTE 7 /.HOT LIL: N 1827 TEL.: 849-3130 Da P.asquali La seule véritable PIZZA NAPOLITAINE SPAGHETTI - LASAGNA FETUCINE - GNOCCHI RAVIOLI - RIGATONI SUB-MARINE SANDWICH Café expresso 1414, STANLEY :3 I 2 LIRE, C'EST S'ENRICHIR ! Tang EN R73 IL LIT ET GAGNE $500.00 M.Jacques Hébert, au nom de la Bibliothèque du Jour, remet un chèque de $500.00 à M.Jacques Bernard, un étudiant de 16 ans de Saint-Prosper (Dorchester).Les autres gagnants de septembre sont: Mme Alice Deshaies de Macamic ($300), Mile Hélène Lamonde de Les Saules ($100.) Dix prix de $10 ont été gagnés par les personnes suivantes: M.Roland Boutet de Ri- mouski, M.Henri Picard de Normandie, Mme André Boyer de Laforce, M.Robert Lepage de Lac Elaine, Mlle Thérèse Cam- peau de la Conception, M.Gaston Lefrançois de Gagnonville, Mme Joseph Duphily de Varennes, Mme Edmond N.Barribeau de Acadie Siding, Mlle Doris Carbonneau de St-Edmond, Mme Huguette Meunier du 7670 boul.Pie IX à Montréal.UNE BIBLIOTHEQUE CIRCULANTE UNIQUE EN SON GENRE RIEN A ACHETER, RIEN A PERDRE! 1) Remplissez le coupon ci-dessous.Lisez autant de livres que .vous pourrez pour $2.00 par année Votre premier choix: 9) Vous ne vous engagez à RIEN.Romans (Aucun achat obligatoire).R-11 La Rose 3) La Bibliothèque du Jour s'engage de Pierre à vous fournir autant de livres (Yves Theriault) R-6 Un homme en laisse (Jean-Paul Filion) 4) En vous inscrivant, vous indiquez R-8 Poupée sur le coupon le premier livre que (Claire Mendat) vous voulez recevoir.Nous vous C-14 L'épanouisse- l'expédions avec notre catalogue par retour du courrier.Dès que ment sexuel vous l\u2018avez lu, vous le retournez \u201cde l'épouse en indiquant sur notre catalogue {Marie Robinson) votre prochain choix et vous le re- D-4 Le renouveau cevrez par retour du courrier.Et \u2018a ainsi de suite pendant un an.Pour du théâtre au $2.00 par année, c'est une aubaine Canada 3 a peine croyable.français (Jean Hametin) ET CE N'EST PAS TOUT C-7 Psychologie 5) Dans chaque livre emprunté à la de l\u2018enfant Bibliothèque du Jour, vous trou- (Françoise C.Pévrusse) que vous voudrez en lire dans l'année, (parmi les meilleurs de nos écrivains).verez un coupon de participation au plus grand concours du genre 16- Chez Miville.jamais organisé au Canada.\u20ac i si ; : omme si .6) Ainsi toul en lisant autant de li- vous y étiez vres que vous le voudrez (ou le 29- Pourquoi pourrez!) vous avez la chance de gagner un de nos nombreux prix mensuels et annuel dont Je total minimum est de : La patente zou |917,000-00 [Pme DECOUPEZ ET POSTEZ CE COUPON \"=o eccsacan) la Bibliothèque du Jour, Edifice Sournal La Patrie, 180 est, rue Ste Catherine, Montréal.3 Ci-inzlus $2.00 pour un abomement d'un an.Je ne m'engage À aucun achat.Par contre je pourrai écanger des livres aussi souvent que je le voudrai.Je ne paierai alors que 15c.pour les frais de port et d'expédition.J Comme premier choix, je désire recevoir le volume No .Par la suite, vous me fournirez voire catalogue mensuel.Avec chaque fivre emprunté, je recevrai un coupon de participation à votre grand concours.le bill 60 ?(Paul Gérin-Laieie) A joual sur les mots (Renalé Spveie) 32- 33- Nom (en le\u2018tres moulées) Tél.Adresse .Code Q-1 A Gene Krupa et Charlie Ventura à la Casaloma le Jazz Hot ouvrira sa 40e semaine de jazz le lundi 12 octobre avec le champion per- cussioniste Gene Krupa, l'un des premiers musiciens qui donna à la batterie son véritable rôle dans l\u2018orchestde de jazz, Lors de ses concerts au printemps, .Krupo,' dont : le quatuor comprend en outre le célèbre Chorlie Ventura, attira plus de spectateurs que tous les musiciens qui ont joué au Jazz Hot au cours de l\u2018an-\u2019 née.Gene Krupo revient cette fois pour deux semaines, du 12 ou 25 octobre, ABONNEZ-VOUS à REVOLUTION QUEBECOISE REVUE POLITIQUE PARAISSANT LE 15 DE CHAQUE MOIS Abonnement ordinaire Abonnement de soutien .10 dollars Abonnement spécial pour les étudiants : 3 dollars seulement le deuxième numéro est en vente partout depuis une semaine ADRESSE : REVOLUTION QUEBECOISE 3009, MAPLEWOOD - #1 5 dollars \"00e TEL.: RE.9-4373 Ray Mead du siècle Décidément il semble que la Galerie du Siècle se spécialise dans une peinture de géométrie.Après les savants carrés de Molinari et les cercles subtils de Marcel Barbeau, ce sont maintenant les grands dro- peaux de Ray Mead qui tapissent les murs de la Galerie du Siecle.Ray Mead est un peintre né en Angleterre, mais qui s\u2019est installé ou Canada depuis à la galerie 1946.En 1954 il remporta le prix TDF décerné à la peimture d'avant-garde.Il porticipa aux deux premières Biennales Canadiennes et eut de nombreuses expositions tont au Conada qu\u2018aux Etats-Unis.L'année dernière la Galerie du Siècle le présentait au public montréa- lais.Lo présente exposition, qui se poursuivra jusqu\u2019au 18 octobre prochain, déploie toutes les couleurs \u2018du prisme; mais \u2018avec : 5.00 la rigueur de la ligne droite.Des tranches de couleurs peintes verticalement sur la toile, voilà l'exposition de Ray Mead, sauf pour la toile No 9 qui offre un très beau bleu, mais à part cette toile, c'est le règne de la géométrie, de la rigueur et de l'austérité.Les objets ou personnages de Mead sont décharnés, délavés de toute forme vivante.Cette optique tendant à épurer toute vie au moyen d'un langage hermétique et froid me semble parfaitement réussi por Ray Mead, mais elle se défend mal contre une optique de vie régie par la sensualité et la forme mouvante de couleurs vivifiées.Cet arrêt brusque de lo couleur par la ligne droite jette vers des espaces infinis toute dimension qui entre dans chacun des compositions de Mead.L'équilibre entre le fini et l'infini se fait justement por une ligne droite et un changement de couleur.Il va sans dire que toutes les couleurs sont à l'état pur, mortes sous le poids de leur fixités.Nicole BROSSARD Interview de M.Martial Soial, jazxzman français de passage à Montréal Solal à \u2014Comment trouvez-vous Montréal ?Américain ?Oui, peut-être, mais dans le bon sens du mot, par opposition à Paris par exemple.Côté social, une excellente orgoni- sation du travail comme partout en Amérique.Côté touristique, des boutiques ordonnées; À Paris, c'est un fouillis.La dernière fois, au Festival, nous avons \u201cfait\u201d les restaurants, c'était épatont .\u2014Avez-vous déjà travaillé ailleurs en Amérique ?Au Canada, non.Mais, aux U.S.A., oui, à New-York en particulier, au Hickory House deux mois.Je préfère Montréal, c'est dégagé.on élouffe à New-York, \u2014l\u2019Europe est-elle toujours traditionnaliste au point de vue jazz ?Non, parce que Hugues Pa- nassié n'a plus aucune influence.On se fit maintenant à des gens qui possèdent une solide culture musicale .André Ho- deir por exemple.Les goûts sont plus contemporains à couse du marché du disque qui s'améliore constamment.!l y o aussi, en Europe, une certaine population de jozzmen américains modernes.Leo Wright, Dexter Gordon, Kenny Irew, le .vieux Clarke.\u2014L\u2019Europe est-elle le poru- dis des jozzmen, comme on l'entend souvent ?C'est faux; on dit cela pour le peu de musiciens qui ont M A oniréal obtenu le peu de place qui est disponible a Paris, Copenhague, Stockholm, Maintenant, tout doit être pris.\u2014Votre formation ?Humaniste | le lycée comme tout le monde, ensuite à pieds joints dans la musique; j'avais déjà une quinzaine d'années de piono derrière moi .\u2014Si le jozz ne vous avait pes souri, qu'ouriez-vous fait ?J'aurais abandonné la musique et cherché un emploi plutôt que de me forcer à foire des pitreries commandées por un quelconque impréso- rio., \u2014Vos contacts \u201cgrands\u201d ?Assez nombreux, mais brefs.Nous ne tenons jamais de grandes discussions; on aime mieux s'écouter.Jay Jay Johnson ?.le plus sympathique.\u2014Et l'avant-garde ?Coltrane ?J'aime bien ce qu'il fait.Mais il ne faut pas s'en foire, il y aura toujours à toutes les époques des gens pour critiquer ce qu'il y a de nouveau, dans tous les domaines.Cela a du bon pour l'artiste qui est défié de donner ce qu'il a de meilleur.Si un musicien est accepté dès son départ par tout le monde, il y a lieu de s'interroger sur sa musique ou sur ce qu'elle deviendra au contact de tous ces comp i- ments.avec les PRESENTE \u2014Les disques de jazz en Europe ?Le morché est trés satisfaisant, mois ce n'est pas le mar ché américain.Il y a toujours des morques qui sont distribuées par des compagnies européennes, mais aucune ne se spécialise dans le jazz comme Blue Note ou Impulse, La moyenne du coût d'un disque se situe entre cinq et six dollors.\u2014le jazz dans le monde ?I! semble que n'importe quel poys puisse produire du bon jazz surtout à cause de la perfection de ce morché du disque.Evidemment, les noirs oméricains sont dans une situation particuliére, privilégiée au point de vue musical; il faut donc alors créer sa musique selon ses problèmes et non se créer des problèmes pour foire de lo musique.Nous sommes tout à coup interrompus par deux oufres individus qui s'installent à cette même table.lls se présentent.Paul Motiaen et Teddy Kotick batterie et contrebasse.Is s'enquièrent immédiatement du sort de la Tête de l\u2018Art et du Penthouse, Nous les rassu- ront en leur parlant du Black Bottom.et du Jazz Hot.Ils nous quittent tous, s'otia- quent à leurs instruments respectifs et nous avons l'impression de les connaître.leur musique nous est familière .Bertrand DUCHESNE le Clavier - 822 Décarie J.-P.FERLAND et DANIELLE DOMINIQUE VENDREDI ET SAMEDI LES 16 ET 17 OCTOBRE SPECTACLE A 9 HEURES ET 11 HEURES LES SEMAINES A VENIR : JAZZ le VENDREDI \u2014 CHANSONNIER le SAMEDI + \u2014.MILYI YMLVNO 71 r961 JINGOLIO SL » - 15 OCTOBRE 1964 \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d * AUTOPSIE DU SECRET Sur une période qui s'étend de 1939 à 1964, Ernest Pallas-.cio-Morin a trouvé le moyen de publier trois recueils de poèmes.Je dis bien: \"a trouvé\u201d, et j'emploie bien malgré moi la terminologie \u201cpoèmes\u201d, car on rctrouve dans l'un comme dons l\u2019autre de ces recueils une bizarre absence de vocation poétique.Si l'on en croit d'ailleurs la liste de livres publiés par l\u2019auteur jusqu'à ce jour, son premier recueil \"\u201cCLAIR- OBSCUR\u201d groupe des fantaisies.Nous devons attendre 1963 pour voir apparaître le second recueil.Mais compte tenu du terme \u201cfantaisies\u201d (Pal- lascio emploie : \u2018poèmes fantaisistes\u2019}, nous devons croire que \"PLEINS FEUX SUR L'HOMME\u201d (2) est le premier véritable recueil de poèmes de l\u2018auteur.Celui-ci en arrive donc à la poésie sur le tard.Or, on ne se fait pos poète, on l\u2019est de naissance.Et les dons poétiques se révèlent tôt.Dans \u201cAUTOPSIE DU SECRET\u201d, les lacunes sont évidentes.L'auteur manque de sens du vers et manque de mystère.l\u2019image, par exemple, lorsqu'elle est employée à bon escient, n\u2018est pas une mystérieuse association à laquelle le lecteur participe, mais une correspondance horizontale directe entre elle-même et ce qu'elle représente.l'image est d'ailleurs volontairement facile : \"de prendre la vie à pleins [bras, un soir d\u2018orange, ou de refuser l'amour durant [une heure d'accalmie.\u201d La dernière strophe de ce même poème est d'autre part moraliste et particulièrement prosaique : \u201cMais n'est pas libre qui veut, car sur la terre [des hommes on n'invente que des systèmes qui sont [autant de prisons et celui qui se dit libre ne sera vraiment affranchi {de lui-même que le jour où l\u2019on fermera la haute grille de son (étroit mausolée.\u201d Dans le poème qui donne son titre au recueil, nous avons une succession de termes forts à raison d'un par strophe, et qui tendent à démontrer le système de chaînes auquel l'homme est soumis: impitoyable, asservis, accusatrice, condamner, féroces cerbères, chati- ment, mané, thécel, pharès.Les termes sont d'ailleurs (on l'aurait deviné) soutenus par des vers entiers : \u201cMunis d'un impitoyable [scalpel\u201d \u201ca mes désirs depuis [longtemps asservis\u201d Pour ce qui est de l\u2018accusatrice, on ne devinerait jamais de qui le s'agit : de la raison ?de Faventure ?de la femme ?Bien plus facile : il s'agit simplement de \u201cI' accusatrice pom- meraie\u201d.\u2019 Les poèmes sont bourrés d'images faciles: \u201cLa nature a secoué sa torpeur\u201d, \u2018la sève coule dans leurs veines\u201d, \u201cle .?Hon soleil oblique\u201d, \u201cleur odorante corolle\u201d, \u201crepu de sommeil\u201d, \"l'enivrante plaine\u201d, \u201cà pleins poumons\u201d, \u2018le bleu du ciel\u201d, \u201cmon amie la brise\u201d.Mais quand toutes ces \u201cimages\u201d se retrouvent dons le même poè-, me, on peut facilement imaginer l\u2018émotion qu'auraient eu les dames des salons d\u2018un autre siècle à entendre de tels vers.À ce moment, sans doute, l'image était-elle neuve.Trève de mots.Je ne citerai, pour finir, que deux de ses plus brillantes réussites : \u201cLe soleil luit sur sa terre et [la mienne la pluie tombe douce sur {son blé et le mien .\u201d Et le \u201cpoème\u201d va son train par une savanie et riche rime identique durant 14 vers: le mien, la mienne, le mien, la tof } à mienne .Mais le comble des combles, c'est encore ce petit poème que je laisse à votre réflexion : .SONATE A LA LUNE \"Mélodie évadée des heures [sombres de Ludwig malade et [abandonné.Déchirant lamento dont les [notes sont peut-être des visages {aimés.Histoire d'amour aux (tragiques fins, fantômes pôles et gestes de [femmes, à bien vous écouter, on voit [luire des clairs de lune au fond [des yeux.\u201d En somme, Ernest Pallascio- Morin n'a jamais été, n'est pas, et ne sera jamais poète.Ses recueils ne peuvent en aucune façon faire époque dans notre littérature, et il est malheureux que l\u2019on ne l'empêche pas de publier.(1) Editions Bernard Valiquet- te \u2014 1939.Editions Déom \u2014 1963.Editions Garneau (Québec) \u2014 1964.Michel BEAULIEU (2) (3) Les Jo Deuils e Roch Carrier Les Editions du Jour lan- aient (!) récemment des petites tragédies pour adultes, intitulées \u201cJolis Devils\u201d.Roch Carrier, qui en est l\u2019auteur, nous lance réellement des petits contes à la face.À nous de les attraper.Sur un pli de la couverture, Carrier nous dit qui il est : Je suis amoureux.Je suis heureux.J'aime mentir.Dans Jolis Devils, je dis la plus stricte vérité.\u201d Et de conclure: \u2018\u2019J'exagère, dites-vous ?Appre- nez-moi une autre façon de dire ce que je sais.\u201d Carrier semble posséder un talent original, du moins authentique.N\u2019écrit-il pas ou tout début de son livre, que \u201cces petits contes à lire les yeux fermés\u201d furent cependant \u2018\u2019écrits le coeur ouvert\u201d.Tout cela est bien joli, mais il l\u2019est encore plus dans le conte intitulé : \"l'Invention\u201d.Le Professeur Mac Anton, après avoir inventé un moteur extraordinaire, disparaît.Ce moteur, étant trop puissant, on le détruisit avec des obus.Maintenant il ne reste \u201cdu moteur qu'une montagne de cendre étrangement froide.\u201d \u2018De sous la cendre parvenait le rythme régulier d\u2019un bruit sourd.On creusa.Le bruit se précisa.L'on découvrit bientôt un objet rouge, agité, un coeur.\u201d C'est ainsi que s'explique, dans le conte, la disparition du Professeur.Les petits contes de Carrier, me font penser à d\u2019autres contes; aux contes fantasques de Hoffmann (Ce dernier étant, comme chacun le sait, Offenbach.), et non aux contes de Voltaire, ni aux écrits de saint François, comme nous l'indiquait les feuillets publicitaires des Editions du Jour.Il ne s\u2019agit pas, non plus, d'un Hoff- x, mann marchand de sable et encore moins d'un bonhomme Sept-Hheures.Pour ce qui est de Voltaire, on pourrait parler de cynisme, mais il y a un très grand nombre d'écrivains cyniques.Pourquoi Voltaire ?Le Pape.Carrier a malgré tout, un peu de cette touche morbide : \u201cAu bal costumé, Monsieur Cro remporta le premier prix grâce à son idée de se déguiser en guillotiné.\u201d Ou encore : \u201d.autour de la guillotine.Chacun va tour à tour offrir sa tête au couperet.Les têtes tombent, s'amoncellent.Les vivants se vêtent du sang des morts.Dans ce costume de deuil, ils se donnent à la mort.\u201d Quant a \u201cla tendresse de saint François\u201d que peut contenir (par comparaison) les contes de Carrier, elle n'est pas plus de saint Francois que de ma grand-mére, D'accord! HN y a beaucoup de fleurs dans ce livre, beaucoup de petits oiseaux et quelques sourires.Mais tout le monde sait (ou devrait savoir), aussi bien que moi, que les fleurs sont idiotes.Un point c'est tout.Ou à-peu-près tout.Ces contes se terminent généralement par la mort, la disparition de quelqu'un, ou quelque chose de semblable.Il y a donc unité sur ce plan.De plus, ce livre est, je crois, finement écris, admirablement bien fait pour un tel genre.Sauf peut- être, je conte intitulé \"La Paix\u201d; qui me paraît très bon en soi, mais n'ayant pas sa place parmi ces vingt-cinq autres, parce que pas du même niveau littéraire.Parmi les contes que j'affectionne le plus, j'aimerais signaler: \u2019L'Oiseau\u201d et \u201cLa Jeune Filles\u201d, dont les conclusions respectives (\u201cPeu après, des corps s'\u2019émiettérent avec u\u201d bruit de verre.\u201d) (\"Sa tête éclata comme une ampoule de verre .\u201d\u2019) me font étrangement penser au vers célèbre d'Apollinaire : \u201cMon verre s'est brisé comme un éclat de rire\u201d.En outre, j'ai bien aimé : \u201cUn Dompteur de Lion\u201d (qui mange le lion, au lieu de le dresser), \u201cHistoire D'Amour\u201d (et de pompier), \u201cLa Robe\u201d et \u2018Les Pas\u201d.Surtout \u201cLes Pas\u201d (qui est un véritable poème).De tout cela, rien empêche que les fleurs soient spécialement idiotes, sur le costume d'un mort.Marcel SAINT-PIERRE SÉRIE INTERNATIONALE > QUATUOR A CORDES DE COPENHAGUE $ Lo ye i I DALE BARTLETT PIANISTE PZRCUSSION DE PARIS QUATUOR A CORDES DE ZAGREB AUDITORIUM DE L'ECOLE NORMALE JACQUES CARTIER 1301 Sherbrooke est les jeudis 5 nov.9 nov.10 déc.11 fév.18 mars ou les vendredis 30 oct.$5.00 la série JMC 274-4378 1 Rétrospective | Bergman DEPOUILLEMENT D'UNE PROBLEMATIQUE C'est wne têche magistrale que d'essayer de porter des jugements normatifs eur le cinéma que nous présente Bergman.Ne faut-il pas, à défaut de connaître le fruit, tenter d'en savourer le jus fout en évitant d'analyser ce qui n'est pus dissécable?Si l'art doit se définir seus ce point de vue, Bergman est un grand artiste.Mieux que quiconque, il pre- cède au dépouillement d'une problématique qu'il purifie à l'extrême sans lui seutirer peur autant un cheveu de vraisemblance.Choc et fascination Qu'on pense à \u2018la Source\u201d ou au \u201cSeptième Sceau\u201d qui couvrent rétrospectivement le thème bergmanien d'une expression combien dénuée.La valeur de témoignage apporté par chacune de ses productions leur confère une unité qui choque ou qui fascine: elle n\u2019attire pas l'indifférence, D'où il en sort que le message qu'il [A Sauvages\u201d, CLAUDE GAUTHIER Les QUATRE 20 i.17 octobre Billets en ventre : [COMEDIE CANADIENNE 861-3338 8 h.30 PM, Admission : $2.50 - $2.- $1.50 apporte, sil en est un, sera considéré par les uns comme incorporé à une dialectique du désespoir, et par comme un témoignage poussé jusqu'au désir d'un dialogue offréné.Mort dans l'âme Le grand thème de Bergman, de \u201cLa Prison\u201d à \u201cLe Silence\u201c est l'incommunicabilité de l'être, con isolation, l\u2018impossibilité du dialogue, la mort dans l'âme.Ce thème lui-même parcourt une évelu- tion à travers l\u2018oeuvre, traité sous la facette temporelle (Rêves de femmes\u201d, \u2018L'attente des femmes\u201d, \"La Soit\u201c .), pulsionnelle (\u201cLe Silence\u201d .), proprement biologique (id.), ou transcendantale (\u2018Fraises \u201cLe Septième Sceau\u201d, \u201cla Source\u201d .).Cette sélection, impropre de nuances, viole pour une meilleure compréhension la coloration de chacune des oeuvres en la rendant univoque: les meilleures toiles se goûtent à distance et ce n\u2019est qu'au prix d'un acquis qu'on s'en approche sons les détruire de ce fait.Il s'agit ici de dépasser le névrotique apparent pour en arriver à la démarche sincère, bien que douloureuse, Le cadre dans lequel on aperçoit les personnages bergmaniens est partiellement celui d'un passé qui écrase le.présent et se détruit lui-même peu à peu, déchiqueté par le souvenir, les retours en arrière (flashbacks) de moins en moins résignés.les premiers scénarios en sont fortement teintés, et on devra attendre \u201cLa Source\u201d avant que se fasse l'accouchement d'un espoir en l'avenir, avant que s'effectue l'intégration de cette carçasse, que réagisse le malade et qu'il récupère (cf.Le père: \u201cSeigneur, je bôtirai de mes mains une église en ton nom .), que la putain, dans la source purifiante d'une seconde rédemption, puisse enfin se laver la face.Appel à la révolte A ce niveau, le cinéma de Bergman appelle la révolte, il le précède comme seul aboutissement de ce qui apporait d'aucun, la trahison vitale.Cette rével- te sera tantd celle de l'hemme, eu assez souvent celle de l\u2019enfant, L'indisponibilité flagrante, irritante et génialement diversifiée de l'homme aux prises avec un tel recul sur le présent prévoit comme seul aboutissement le désespoir, la résigna- tien, bref le suicide anticipé eu factuel qui cerrespend, comble du paradoxe, à une tentative de disposer de son corps, & le nier.(cf.\u201cla Prison\u201d).Plus profondément, relativement ou dynamisme de la condition humaine, Bergman refusera dans la plupart de ses oeuvres la souffrance des purs, ou peut-être plus exactement des faibles.Cette inoffensivi- té des souffrants, il lincarne particulièrement chez la femme ou l'enfant chez qui on retrouve cette difficulté à orienter, à intégrer la blessure.Devant ce fait, l'auteur se répond indirectement à lui- même dans \u201cle Septième Sceau\u201d lorsque le chevalier demande à la mort, symmole du refus de croire dans le noir: \u201cQu'es-tu fait à cet enfant?\u201d et celle-ci de lui répondre: \u201cN'arréteras-tv jomois de questionner?\u201d Martyr de l'innocence Ce martyre de l'innocent s'impose donc ici d'emblée comme obstacle à lo découverte de l'amour-souffrance.A neuveau, cependant, \u2018Le Source\u201d paraît réussir dans l'ebjectivation religieuse de ce phénomène.Dialogue Bergman \u2014 spectateur Copendant, c'est là réduire l'œeuvre du philosophe qu'il est, que de considérer cet \u201canxiogéne\u201d de façon statique, dialectique, analytique.Le réveur seul y trouve son désespoir, sa trahison.Faut-il qu'une acceptation saine du réel, de lo vulnérabilité, de l'enjeu de la vie; faut-il que le spectateur soit un engagé, un lutteur, pour qu'il goûte la valeur d'une démarche telle que nous la propose Bergman, La relation émotive que les personnages entretiennent entre eux, angoisse ou compréhension osmotique, amitié ou haine informulée, Bergman l'entretient aussi avec son spectateur of c'est dans ce sens peut-être qu'on peut considérer l'acceptation, le refus ou l'insatisfaction de la part de ce dernier, À ce point de vue, qu'il s'agisse d'un monde névrotique ou non, lu commu- - nion du spectateur ne se fait plus au niveau d'une spécula- fion normative, mais elle se consume dans l'engagement, ol choix, lo recherche d'une vérité.A portir de là, chaque personnage retrouve cette authenticité que lui rend la caméra à la fine pointe de l'art et du réalisme.fl ne s'agit plus de conformité & un scénario, et sent confendus le studio et la chambre où bientôt elle viendra pleurer ou rire en cachant de sa main le lentille.On a vite dépassé la fresque, l'énencé preblématique, le description d'une déchéance, que nous apporte sans ascése plusieurs productions moladroites, Et ai l'art épouse le beau, en s'approche alors d'une démarche qui, si elle reste douloureuse, ne crie pas moins la nécessité de V'Espérance, de la Foi enfin découvertes.La production bergma- nienne \u2018n'est pas\u201d, elle \u201cdevient, et je dirais même: elle tend à la vraie synthèse.Folie rationnelle lo complexité de l'amour est enceinte d'une simplicité que la souffrance seule dévoile lentement.De cette simplicité nait l'Art véritable du jour levant, le soleil créateur à jamais source de chaleur vitale.S'in troduire au coeur de cette folie rationnelle, démesurément intuitive surtout, découvrir l'omnipotence du quotidien, la couleur du vent, la clameur des sources, le goût même de ce qui est saveur, la vie, 11 y a peut-être un besoin d'humilité qui commande l'admiration et le respect devant un témoignage si fort.JEAN IALONGO Un mois a | n mois a la campagne La pièce la plus représentative \u2018du génie de Tourgueniev Yvan Tourgueniev fut pendant longtemps un auteur méconnu et son oeuvre ne reçut pas toujours lo juste admiration qu'elle devait provoquer au début du XXe siècle.Relégué au second rang dans un siècle qui acclamait les grands chefs-d'oeuvre de Dostoïevsky et Tolstoï, maintes fois victime de la censure et de.l'interdiction, Tourgueniev devait demeurer l\u2018un des écrivains les plus mal connus du siècle dernier.Et pourtant on découvre, à le lire, qu'il représente l'une des plus belles facettes du génie russe.Originale et complexe, son oeuvre souligne avec choc les drames les plus troublants de l'âme humaine.Les personnages de Tourgueniev sont des êtres tourmentés qui évoluent dans une atmosphère de poésie, de finesse, avec leurs passions refoulées, leur \u2018\u2019mystère intérieur\u201d, de telle sorte que \u2018l'action intérieure\u201d occupe le premier plan dans son théôtre.Et comme le souligne si justement Paul Bourget, Tourgueniev est l'un des plus grands écrivains qui aient écrit avec une complaisance émue \u2018\u2019les songes obscurs, les rêveries inachevées, les décevantes ardeurs\u201d.UN MOIS A LA CAMPAGNE est la pièce lo plus représentative du génie de Tourgueniev.Terminée en 1850, elle fut aussitôt interdite par la censure.Hl faudra plus de 50 ans avant qu'elle ne soit consacrée au Théâtre Artistique de Moscou dans une mise en scène de Sto- nislavsky.Ne dit-on pas que la gloire, pour les écrivains, est souvent pasthume ?Aussi, n'est-il pas étonnant aujour- d'hui de retrouver sur toutes les scènes du monde le nom de Tourgueniev tout près de celui de Tchekhov.= 961 3NGOLIO SI \u2014 MLVT VHLNVNO 34, » * 15 OCTOBRE 1964 \u201cLE QUARTIER LATIN\u201c * hy Coed .; af \u2018Notre C Res At bg ra P Ne CEA CE CS PSP PTE jazz hot - place des arts - boîte à clémence stella - saltimbanque - théâtre de la place champlain - élysée - parisien - western art Cette semaine, la priorité va à la musique.Mardi dernier, la Place des Arts accueillait, pour la première fois à Montréal, l'Orchestre symphonique du Japon, sous la direction du maestro Akeo Watanabe.D'autre part, la faculté de musique de l'Université McGill présentera le 16 de ce mois, à 8 h.30, au Redpath Hall, un récital conjoint de John McKay, pianiste et Sarah Halden, contralto, avec le concours de Bernard Lagacé à l\u2018orgue.Au programme : des oeuvres d\u2019Heinrich Schutz et de J.B.Bach.Il y a aussi, au Plateau, ces cing concerts doubles offerts par les Jeunesses Musicales du Canada.On y présentera le Quatuor à cordes de Copenhague, le pianiste Dale Bartlett, le groupe \u201cPercussion de Paris\u201d, le quatuor & cordes de Zagreb.On se renseigne en téléphonant à 274-4378.Musique Au JAZZ HOT: le batteur Gene Krupa et son ensemble.Depuis vingt ans, l\u2019un des meilleurs jazz men.A LA PLACE DES ARTS, les 19 et 22 octobre, à 8 h.p-m.: \u201cCarmen\u201d.Au pupitre: Zubin Mehta; avec Shirley Verrett, Pierrette Alarie, Richard Verreau et Victor Braun.Une représentation usp- plémentaire (celle du 22 octobre).Voir la critique de Daniel Saint-Aubin dans nos pages.A la COMEDIE-CANA- DIENNE, les 16 et 17 octobre, à 8h.30, récital Claude Gauthier.Admission: pas cher.Gauthier: deux longs- jeu, quelques bonnes chansons, promu au rang de grand chansonnier.Accompagné des \"Quatre Vingt\".A LA BOITE À CLEMEN- CE, pendant le week-end: Jacques Blanchet.Oubliez qu\u2019il est le compositeur du \u201cCiel se marie avec la mer\u201d, sinon vous ne vous rendrez pas chez Clémence.MOUMM.pour les amateurs de musique pa- JAZZ Et care VENDREDI et SAMEDI SOIRS chez MEL 282 ouest, STE-CATHERINE 9 h.pm.\u2014 861-0435 palaire, les lèvres sensuelles de Fernande Giroux, les insipidités de Jacques Des- rosiers et la vulgarité des Jérolas, au cinquième music-hall canadien.A LA PLACE DES ARTS (eh ouil), trés blentét (début novembre).Ajoutons l'éternelle Muriel Millard, a la Comé- die-Canadienne, LE 15 OCTOBRE SEULEMENT (pas de frais de couvert!).Théâtre Au STELLA, à partir de ce soir: \u201cUn mois & la campagne\u201d, de Tourgueniev.Une mise en scéne de Georges Groulx.C'est russe.C'est bon.A l'ANJOU, à partir du 16 octobre: \u2018Moins une\u201d, comédie en 3 actes de Yves Chatelain.Mise en scène de François Cartier.Situation inchangée chez les SALTIMBANQUES (\u201cHaute surveillance\u201d, à voir absolument); chez les APPRENTIS-SORCIERS (\"La visite de la vieille dame\u201d, plus intéressante que celle de la Queen); au THEATRE DE LA PLACE (\u201cle Quadrillé\u201d, du travail propre) et au THEATRE-QUEBEC (\u201cLe P'tit bonheur\u201d).Cinéma Retenus à l'affiche: \u201cLa bonne soupe\u201d, au CHAMPLAIN; \u201cLa femme des dunes\u201d, au cinéma FESTIVAL (très pur.Un homme qui a compris que la liberté est avant tout intérieure et que l'absurde n\u2019a rien d'effrayant, s'il est assumé); \u201cLe procès de Jeanne- d'Arc\u201d, une oeuvre d\u2018ascète, av CINE WEEK-END; \u201cLa peau douce\u201d.et controversée de François Truffaut, à L'ELYSEE (salle Eisenstein).A l'ELYSEE (salle Alain Resnais): \u201cLa femme insecte\u201d, de S.Imamura.Japonais, sous-titres anglais.VOYAGE à Club de Relations Internationales .2222, Maplewood L organisé par le Club de Relations Internationales VISITE AUX NATIONS-UNIES Du JEUDI SOIR 29 octobre au MARDI MATIN 3 novembre Inscriptions jusqu'au 25 octobre \u2014 $32.50 (comprenant transport, chambre d'hôtel) NEW-YORK Denyse DIEUDONNE 2020, Place Henri Bourassa, apt.15 Le critique du \u201cNew York Post\u201d a écrit: \u201cc'est un chef-d'oeuvre\u201d.C\u2019est à voir (dans tous les sens du mot).Au PARISIEN, enfin, \u201cLa Terre à boire\u201d: gonflé, exécrable, un produit d'une publicité bien orchestrée.Les délires métaphysiques de Patrick Sraram n'intéressent personne.Au WESTMOUNT, un film de classe: \u201cA shot in the dark\u201d.A I'ORPHEUM: \u201cLes culottes rouges\u201d, avec Laurent Terzieff et Bourvil.Un bon divertissement.Le cinéma PLACE VILLE- MARIE (grande salle) présente un film qui a fait les beaux jours de la récente \u201cSemaine du film italien\u201d et les délices des critiques- avides-de-cynisme: \u2018\u2019Sedue- ed and abandoned\u201d.Un néo-mélodrame italien.Un film de Pietro Ger- mi.Beaux-Arts 334-3993 | A la DOMINION GALLERY, on peut voir les acqui- 1e Quartier sua t im SUPPLEMENT LITTERAIRE ET ARTISTIQUE Directeur : Serge Ménard sitions récentes de son propriétaire: des sculptures des plus grands artistes européens, Zadkine, Rodin, etc.Espérons que le futur Musée d'Art Contemporain de Montréal aura les fonds nécessaires pour faire de semblables acquisitions .A la galerie WESTERN ART, des oeuvres de femmes artistes: Lise Lajoie, Anne Savage, Louise Carrier, etc.Il est encore possible de voir les huiles 1964 d'Edmund Alleyn, à la Galerie Soixante; les peintures récentes de Jean McEwen à la Galerie Agnès Lefort.Télévision Assistant-directeur : Jacques Elliott A ne pas manquer, chaque soir, de 7h.à 8h, l'émission \u201cAujourd'hui\u201d.Au canal 2.Un véritable chef - d'oeuvre.Remplace avec pertinence la grosse PRESSE en grève.À surveiller, aussi: les téléthéâtres, dont la saison vient de débuter.Roch POISSON Taschereau, Photographe : Serge Proulx.Directeur artistique : Jules Arbec Secrétaire de la rédaction : Sylvie Roche.Collaborateurs : Michel Beaulieu, Robert Benoit, Gilles Blais, Nicole Brossard, Denise Daoust, Bertrand Duchesne, Gilles Gasse, Daniel LaTouche, Roch Poisson, Mark Poulin, Marcel St-Pierre, Roger Soublière, Yves Publicité : Georges Lefebvre \u2014 739-4777 Abonnement pour l\u2019année universitaire : $3.00 C.P.6128 \u2014 Local 707 \u2014 738-9616 2222, ave Maplewood, Montréal 26 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.