Le Quartier latin, 19 novembre 1964, Supplément littéraire et artistique
[" 1e Quartier I.atimn Que tous les lecteurs snobs déchantent; ce titre d'article est sérieux.On ne peut pas parler de la musique composée par Gilbert Bécaud sans tenir compte de ses influences américaines et sud-américaines.Par compte on ne peut pas parler de son récital sans mentionner ni souligner jusqu'à quel point il est original (par opposition aux chanteurs américains faits en série) et par conséquent bien français.TECHNIQUES \u201cMADE IN U.S.A.\u201d Ce phénomène qui débuta en 1953 à l'Olympia en pre- miére partie du spectacle de Lucienne Delyle (!), olla Vannée suivante aux Etats-Unis pour étudier la technique de chanteurs américains tels que Frankie Laine et Johnny Ray.il en profita pour enregistrer quelques disques ovec l'orchestre de Wall-Berg.II reviendra en France marqué par la technique et les rythmes américains.En effet, la musique qu'il composera pour ses chansons sera dans le style américain qu'il s'agisse des négro-spiri- tuels (Alléluia) du style \u201cNew Orleans\u201d (L'enterrement de Cornélius, Je veux te dire adieu, Le mur).ll essayera les sud-américains (Mé-qué, mé- qué) et même le genre hawaïen (Je te promets).Bécaud raffolera aussi des effets techniques d'enregistrement si utilisés chez nos voisins du sud, par exemple il utilisera au maximum l'effet d'écho dans \u201cMarie, Marie\u201d, Toujours à l'affût de nouveaux procédés, il à reenregistré ses anciens succès sur stéréo; d'ailleurs nous avons pu remarquer à la Comédie Canadienne qu\u2019il a fait ajouter un orgue électrique à son orchestre (très à la mode de ce temps-ci).Malgré tous ses emprunts et ses concessions à la mode du moment, la musique de Bé- caud reste très personnelle et se distingue très bien de celle des autres.Il y a une marque Bécaud en musique de chanson et c'est un fait fort appréciable .FAN-CLUB i \u201cMADE IN U.S.A.\" Bien américain le phénomène Bécaud avec ses admirateurs fanatiques qui en 1954 (un an avant Presley), brisé- rent les fauteuils de l\u2019Olympia.Il est le maître d'un fan- club de jeunes filles frénétiques qui n\u2019hésitent pas une seconde à le défendre auprès des journalistes récalcitrants à reconnaître les mérites de leur idole.Un journaliste français qui s'était moqué de Bécaud reçut, durant la semaine suivante plus de cent lettres de menaces où, entre autres, quelques jeunes filles le menaçaient de jouer au billard avec ses.(C'est bien cela, vous avez deviné .).Maintenant, Gilbert Bécaud a 37 ans et ses fans ont vieilli; les adolescents qui l'admirent, le font avec plus de calme.| y o bien d'autres \u201cidoles\u201d .Bécaud continue à vendre ses disques et à emplir les salles, mais dans la tranquillité.QUALITE DES TEXTES Un point évident où Bécaud se différencie des Américains c\u2019est celui des paroles de ses chansons.En général, les textes de ses paroliers sont de bonne qualité.ici, une nuance s'impose tout de suite : la facture poétique des textes des chansons de Bécaud n\u2019a rien à voir avec celle des textes de Bras- sens et Ferré por exemple.Chez les deux derniers nous avons de vrais poèmes tandis que chez Delanoé et Amade Un Américain bien Francais (les deux plus grands fournisseurs de textes de Bécaud) nous ne frouvons qu'un \u201cton poétique\u201d.Ce ton poétique est quand même de très bon goût.On y trouve dès le début un parti- pris de jeunesse comme dans le trop oublié \u201cLaissa faire, laisse dire\u201d : \u201c \"Je ne me couche pas quand la nuit est trop belle je ne résiste pas quand une joie m\u2018appelle laisse faire, laisse dire il faut vivre sa vie.parti pris de jeunesse qui se retrouve encore dans ses dernières chansons comme \u201cHeureusement y'a les copains\u201d.Une autre caractéristique des \u2018 \u2018chansons de Bécaud c'est qu'on y pleure presque jamais, sauf lorsqu'\u2019il s'agit de la perte d'un être aimé (L'absent; Et maintenant), ses chansons sont presque toujours joyeuses, et la vie y est montrée sous son visage riant, qu'il s'agisse des problèmes d'argent : \u201cAh! si j'avais des sous je ferais des affaires mais pour faire des affaires d'abord faut savoir les faire et ensuite avoir des sous .\u201d d'une danse de village : Quand Jules est au violon et Léon a laccordéon faudrait avoir une jambe [de bois pour ne pas danser la polka.\u201d ou encore (toujours) de \u2018amour : \u201cRegardant dans le port son bel amour à terre pris de remords il plongea dans la mer devant ce coup risqué por l'amour provoqué les requins en\u2019 restèrent interloqués .\u201d (Mé-qué, mé-qué) Cette bonne humeur s'épanouit pleinement dans le thème de la camaraderie, le thème majeur des chansons de Bécaud.Ces copains, qui se battaient pour une fille qu'ils oublicaient le lendemain, sont fêtés dans ce petit chef-d'oeuvre de la chanson qu'est \u2018\u2019L\u2019enterrement de Cornélius\u201d : \u201cOn était deux cents à l'enterrement de Cornélius n'en manquait pas un des vieux copains de Cornélius .\u201d Deux cents copains qui vont se saouler tant et si bien qu\u2019à la fin: \u201cCornélius pour (eux) n'était plus mort\u201d.Et le chanteur de conclure : \u201cQuand j'quitterai la terre j'veux qu'on m\u2019enterre comme Cornélius .\u201d UN GRAND SPECTACLE Chansons pleines de gaieté que leur compositeur interprète magnifiquement sur scène.Ici encore, Gilbert Bécaud se différencie beaucoup des chanteurs américains.Alors que ceux-ci se contentent de se trémousser en suivant le rythme puis, quand ils vieillissent, de claquer des doigts toujours en suivant le rythme, Bécaud vit chacune de ses chansons comme s'il la chantait pour la première fois.En effet, \u201cmonsieur 10,000 volts\u201d vibre à chacun des mots qu'il prononce.I! pleure pour vrai en se rappelant son professeur de piano de Varsovie tout comme il finit ivre mort (couché dans son piano) l'enterrement de Cornélius.Il se sert de son orchestre au maximum, bousculant ses musiciens, se faisant interroger par eux sur ses soirées (Alors raconte); les remplaçant en se servant de leurs instruments, il trouve le moyen d'être partout à la fois .Sa chanson la plus \u201cscénique\u201d est sans contredit \u201cla grosse noce\u201d où, à lui seul, il joue une pièce en nous mimant tour à tour : les parents déso- Gilbert Bécaud : lés de perdre leur petite fille, les grosses servantes qui passent les plateaux, le maire qui relève leur jupon, le vicaire scandalisé qui \u201ccherche une prière pour ces moments-la\u201d, les petits amoureux qui n\u2018al- tendent que le moment de monter à leur chambre et le grand- père de plus en plus ivre qui raconte son passage à Paris où il avait rencontré une Françoise \u201ckolossulle .ein gross mamoizell .Donnant ainsi un spectacle de grande classe, Bécaud éclipse, à mon avis, tous les autres chanteurs et interprètes que je connaisse.On peut ne pas vi- mer ses chansons, il est évident, nous l'avons déjà dit, qu'elles ne sont pas de grandes chansons; mais Bécaud les interprète magnifiquement et sur scène, il est le meilleur interprète de la chanson française.Yves TASCHEREAU + * \u2014 19 NOVEMBRE 1964 LE QUARTIER LATIN * Ci SN TTA LE TELETHEATRE présente LE CHANDELIER d'Alfred de Musset avec Monique Leyrac, Roland Chenail, Julien Genay, Georges Carrère et Lise Lasalle.UW \"Rituel nouveau\u201d de Thérése Tardif-Cété D'ordinaire je n'aime pas les expositions de groupe parce qu'elles ne témoignent pas assez des artistes et de leurs oeuvres; et la rétrospective qu'elles se proposent n'est parfois qu'un ric-à-brac d'oeuvres.Cette fois-ci cependant je dois avouer que l'exposition de groupe qui se tient présentement à la mezzanine du 2e étage du Centre Social échappe au coté négatif d'une telle exposition.Pour cette exposition organisée par les Jeunesses Démocratiques du Québec, on a demandé la participation de 15 peintres et sculpteurs qui sont pour la plupart des artistes de grande valeur.A commencer te; des pièces qui reflètent dans une large mesure ce qu'est l'art : de Vaillancourt: la matière dé- : chirée de part et d'autre, la ma- ; tière maîtrisée par l'artiste, mo- ° delée, moulée à la conception et : aux sentiments de l'homme.Il n'y a pas de compromis dans une telle optique de l'art et c'est | l'authenticité de l'artiste qui s'y révèle.SE TT IE JV HIRES TH te Quädrille\u201d Comédie populaire canadienne TOUS LES SOIRS A 9 HEURES Samedi, 2 représentations: 8 hres et 10.30 hres Admission : $2.00 \u2014 Etudiants : $1.25 sur semaine 861-6665 193 REPRESENTATIONS librairie de Michel BEAULIEU 169 est, BEAUBIEN > w a uébécoise SPECIALISTE EN CANADIANA Remise de 20% sans majoration aux étudiants TOUTE DERNIERE NOUVEAUTE : \u201cpour chanter dans les chaines\u201d 4s assscrcesenesrserretertatanreriause \u2014 279-2100 i par le : sculpteur Armand Vaillancourt qui pour sa part expose trois : bronzes et une sculpture de fon- : tri sa ER sa De très belles pièces des sculpteurs Roland Dinel et Jacques Huet annoncent des formes stylisées au possible, surtout pour les oeuvres de Jacques Huet qui semblent beaucoup lus affranchies du matériau par l'élan de leur forme.Par opposition les bois sculptés de Dinel sont plus massifs, travaillés vers l'intérieur même du matériau.Une sculpture de Walter Fuhrer apporte par ses lignes courbes, aérées, une note de spacialité, d'éloignement des formes entre elles.C'est un labyrinthe de lignes où les rencontres se font à des points précis.Dans le domaine de la sculpture mentionnons aussi des oeuvres de Bes- ner, Pierre Heyvaerts, Yves Trudeau et d'Yvette Brisson.Pour cette exposition, le sculpteur Roussil a choisi de nous montrer une série de quatre encres où les lignes courbes s'en- ~.la mezzanine trelacent, se laissent, se rejoignent.Parfois l'encre épaissit les formes, parfois elle marque par de petits filaments des contours réguliers.Depuis 1958, Claude Goulet a participé à plusieurs expositions de groupe.Au mois de février, la Galerie du Siècle le présenta en exposition solo et cette semaine quelques-unes de ses oeuvres sont exposées à la Galerie du Siècle.La participation de Goulet à l'exposition de groupe au Centre Social est certes très importante, même si cet artiste est encore assez peu connu.Sa peinture est entière et vraie, sans fausse résonnance.Thérèse Tardif-Côté qui remporta le Prix du Salon du Printemps de Ville St-Laurent en 1960 et qui participe au Royal Canadian Academy en 1964 (i) présente ici des étoiles assez re- Sculpture de Vaillancourt présentatives de son art.La matière plastique s'approprie les reliefs les plus intéressants et contribue à réunir des formes et des couleurs particulièrement discrètes.Les toiles de Joseph Giunta apportent à cette exposition une note de lyrisme, où les couleurs s'inventent des formes sans pour autant éviter quelques prouesses faciles.Le côté décevant de cette exposition se trouve dans les toiles de Paul-Emile Genest qui font piètre figure au côté des oeuvres mentionnées.Les pseu- do-paysages abstraits de Genest déplaisent surtout par leur amateurisme.Ceite exposition se poursuivra jusqu'au 21 novembre et puis- qu'elle se tient \"chez nous\u201d il serait faire preuve de nonchalance en refusant de s'y rendre.D'ailleurs de telles expositions devraient se tenir plus régulièrement dans le milieu universitaire.Oserons-nous penser à un Centre culturel sur le Campus?Nicole BROSSARD (1) Quand il y a dans un nom les mots Royal et Canadian il est inutile de penser à une traduction française.Le Chasse - Greniers ANTIQUITE - ARTISANAT 472 est, CRAIG - Montréal 845-4779 L | LIVRAISON GRATUITE TEL.735-3623 chez vito PIZZERIA SPAGHETTI, LASAGNA, FETUCINE GNOCCHI, RAVIOLI, RIGATONI CAFE EXPRESSO 5412, COTE-DES-NEIGES | LE FOU EN SANTE La vie d'un mime est toujours très mouvementée, autant que celle de la rue.Un mime, c'est l'état d'urgence du rire.Le rire c'est le propre (et la salle) de l'homme.Et un mime extraordinaire prenait, en fin de semaine, toute la scène de l'atelier des Saltimbanques.ll y avait vraiment sa place.Il la prenait mé- me toute.Presque tous les numéros de mime présentés, prennent leur source dans les événements de la vie quotidienne.Naturellement! ils sont exagérés.C'est précisément ce qui fait rire.Et le rire c'est la santé.Pradel enseigne le rire, car il est philosophe et poète par dessus le marché.Pra- del déclasse facilement nos deux philosophes québécois.Nos phi- osophes du rire.Je pense spécialement à Miville Couture (ou \"La santé par la rigolade\") et à Doris Lussier.L'humour et le rire sont, sans contester les deux principales portes de sortie de ce monde de fous, où nous évoluons tristement.L'humour c'est le médecin idéal.Le rire c'est déjà la santé.Voir Pradel et rire.Voir évoluer Pradel sur scène, c'est immédiatement rire des doigts de pieds jusqu'aux cheveux, en passant par le ventre, la gorge et les yeux.Oui! même les yeux peuvent rire.Pradel, c'est le rire au pied de l'échelle.C'est la vie du cirque, la vie du vrai saltimbanque.C'est la vie du clown.Celle de celui qui veut vous montrer à tout prix une dent absente, et qui se tape sur le ventre et se chatouille les côtes, pour parvenir à mourir de rire.Le rire aux dents.Le rire ris dans les barreaux de l'échel- e.La mort aux dents.Du rire poétique, Pradel, c'est le rire poétique.Le rire fait homme.Pradel, c'est le cheveu tranquille sur la soupe.Le cheveu qui fait rêver.Avec Pradel, même les ombres tournent de l'oeil.Mais ce qui tourne le plus, ce sont les rêves.Avec lui, on passe du gros rire sonore au rire intérieur.Le rire du ventre.Au fait, les plus beaux rires ne sont-ils pas ceux qui ne font pas de bruit.\"Les mimes et les poètes sont vraiment extraordinaires\u201d, pourrait dire René Char.Et il aurait raison.La musique des constituantes de la poésie; et Pradel joue du violon sur ses bretelles.Le rire est roi.Pradel est le dictateur du pays du rire.C'est le roi-rire.Il est un des rares qui puisse dire: le rire, c'est moi! Il commande tellement qu'il vous oblige à rire.Qu'on se souvienne que dans son premier numéro; tout le monde est dans le noir.Chacun dans sa nuit.Puis tout à coup, Pradel fait naître un à un les réflecteurs sur scènes et sur lui.Il est illuminé.Son numéro terminé, il fait disparaître les feux.Un seul reste.C'est le dur-à-cui- re.Pradel doit le faire mourir, tout doit redevenir noir.À cet effet il emploie une fronde.Le réflecteur est touché par la pierre et s'éteint lentement.Maintenant, c'est la vraie nuit.On n'y voit rien.Méme Pradel ne peut retrouver le chemin des coulisses.C'est alors qu'il sort de sa poche une toute petite lampe de poche.Ainsi: à chacun sa lumière.La surprise fait rire.Pradel: le truc.Il n'est pas triste, il est rusé.Qu'on se souvienne entre autre du triste chirurgien, recevant dans son cabinet de consultation, un \u2018\u2019gérant de grande taille\u2019.Le client s'allonge sur la table de travail, le chloroforme travaille; le chirurgien mesure et scie les bouts de jambes en trop.Puis il coud la peau de chaque moignon comme on ferme l'embouchure d'une \u2018\u2019balloune\u201d.Le client se relève, en plus court.Le chirurgien esthétique peut enfin lui serrer la main.Raconter un fait banal en prenant beaucoup de détours rend celui-ci extrêmement comique.C'est pour cela que Pradel devient un rusé.Mais il est aussi un professeur.En effet, il est bon d'apprendre par lui, qu'à souffler une chambre à air de bicyclette, cette première peut s'élever d'elle-même dans les airs et se travestir en aéronef circulaire.Pradel, c'est le clown et la mime réunis.|| charme, avec tout et avec rien.Mais à créer l\u2018homme et la femme, faudrait pas vous prendre pour Dieu le père.Marcel SAINT-PIERRE = NUY1 YHLVYNO M + 1961 3YGWAAON 61 4 _ LE THEATRE D'AVANT-GARDE DANS LE VIEUX MONTREAL PREMIERE DEMAIN LES DACTYLOS MMMMMMMMMM EL.: 849-3130 T = Da Pp.hsquall 2 comédies en 1 acte de M.SHISGHALL ES - La seule véritable .La se Mise en scène : Meters \u201cPIZZA NAPOLITAINE Avec J.-C.GUICHARD MAT CHARLOTTE JONES Gg I, a WILMA GHEZZ) MARC CHARTIER mans odor SPAGHETTI] - LASAGNA x FETUCINE - GNOCCHI RAVIOLI - RIGATON1 SUB-MARINE SANDWICH Café expresso 1414, STANLEY LA.5-2732 Jeu, ven.sam.\u2014 8.30 Dim.\u2014 7.30 \u201c LES SALTIMBANQUES - .as Etudiants : $1.00 Prix d'entrée | Adultes: $2.00 Vis-6894 MMMMMMMMMM * \u2014 19 NOVEMBRE 1964 LE QUARTIER LATIN * Il n'est pas toujours facile, d'aborder une oeuvre théâtrale, avec la pensée d'y découvrir des thèmes ou des catégories, qui répondent d'une façon exacte à ses aspirations idéologiques.Etudier cette oeuvre, dans toute sa multiplicité demande un long travail, dont l'objectif consisterait à la rattacher d'abord aux courants de pensée de l'auteur, ensuite aux vues artistiques du consommateur, deux propositions qui, bien des fois, sont loin d'être concordantes.Le dilemme devient plus sérieux, quand il s'agit d'une pièce, qui, s'intégrant aux conceptions dissymétriques du théâtre moderne, n'offre pos des signaux d'approche, plus ou moins saisissables.Là, on voudrait garder ses opinions, pour ne pas avoir l'air d'un critique, plein de lui-même, qui parlerait seulement pour objectiver ses caprices ou ses monies, CE SOIR LE DRAME DE L'ALCOOL et de l'AMOUR TCHIN TCHIN de François Billetdoux avec ® Marcel Sabourin ® Kim Yaroshevskaya Tous les soirs : 8h.30 Dimanche : 7h.30 Relâche : lundi Égrégore 188 est, boul.DORCHESTER Tél.: 866-9344 Nous avons vu, mercredi soir, au Théâtre de l'EGREGO- RE, TCHIN-TCHIN de François BILLETDOUX.Dire que nous avons été déçus, ce serait accuser, superficiellement, les procédés techniques, employés par l'auteur, dans la mise en lumière des sentiments humains.Dire que nous avons été satisfaits, c'est aussi sous- estimer le dynamisme du théâtre contemporain qui, à notre avis, doit être exactitude de, et précision.Contentons-nous d'interroger seulement l\u2018essence de cette production qui reflète, à n'en pas douter, des caractères assez complexes.Le lecteur s'imaginera deux personnages, aux prises avec l'absurde de l'existence : Pamé- la et Césario.Dès les premières scènes, nous les voyons tourmentés, cherchant dans l\u2019abstrait, leurs raisons de vivre.ll faut tout de suite noter que la rencontre de ces deux personnages n'est pas du pur hasard.Paméla, c'est la femme du Docteur Adrien Pick, et Césario, le mari de Marguerite Grimaldi.Or, il arrive, par des phénomènes ambigus du destin, qu'il existe des relations sentimentales entre notre brave Docteur et Marguerite Grimaldi.Nous voilà en face d'une situation qui pose à nos personnages des problèmes qu'ils doivent résoudre.Paméla n'hésite pas.Elle ira si loin qu'elle fournira à Césario une série de stratagèmes, capables de ramener son mari à la réalité et, ainsi, opter pour le retour de Marguerite au foyer conjugal.Mais, n\u2019anticipons pas.les rôles sont inversés.Paméla et Césario deviennent des amants, comme le Docteur Pick et Marguerite.ki, il ne convient pas, en toute justice, de chercher dans une pareille production quelque morale qui fausserait les données objectives de l'existence.la vie quotidienne est jolonnée de symboles qui dépassent l'entendement moyen.Seulement, nous aimerions trouver dans TCHIN-TCHIN, quelques normes valables, qui justifient le vécu des personna- $2.50 $2.00 En lever de rideau MARIE SAVARD gilles vigneault Jeudi 3 \u2014 Vendredi 4 \u2014 Samedi 5 décembre à 10 h.p.m.La Boite a Clémence 2019, boul.Taschereau Réservez dès maintenant 671-9143 \u2014 677-9101 LABARRE 500 2048, rue de la montagne \u2014 MONTREAL ges qui nous occupent.Nous savons qu'ils font partie intégrante de l'ensemble bourgeois, et qu\u2019il serait arbitraire de les condamner pour n\u2018avoir pas refoulé leurs sentiments.Nous Nous savons aussi que la vie de certains époux est une suite de comédies sans fin.Nous savons tout cela.Cependant chez BILLETDOUX l'homme est dépouillé de ses responsabilités immédiates.Il est avili, pris dans l'engrenage d'une angoisse perpétuelle, et se fait l'objet des faiblesses sociales.Chez BHLETDOUX, il n'y a qu'un seul moyen de réussir: boire.Boire, jusqu'à se nier.Boire, jusqu\u2019à se haïr.Boire, jusqu\u2019à se prostituer tout ce qui peut exalter le sublime humain.Paméla et Césario n'échapperont pas au drame de \u2018alcool.Méme Bobby, un adolescent, sera lui aussi un buveur.Et le spectateur est alors engagé dans des situations dégoûtantes où l'homme et la femme sont présentés comme des êtres amorphes, sans aucun moment de lucidité.Et BILLETDOUX, de réduire Paméla et Césario à l'état de mendiants parce qu'ils auront tout vendu pour boire.Il est indiscutable que ce drame n\u2019a rien en soi qui puisse exciter la pitié, au contaire.Paméla et Césario s\u2019aiment-ils ?Rien en saurait le justifier.l\u2019un et l'autre regretteront le passé.Paméla dira : \u201cJ\u2018ai sacrifié mon époux, ma jeunesse et mon enfant\u201c.Et lui, Césario, sera obsédé par l'image de Marguerite, celle qu'il aime à la folie .TCHIN-TCHIN ou le triomphe de l\u2018aliénation X Sans aucun doute.Les personnages de BIL- LETDOUX nous introduisent dans un monde fermé où se jouent, à longue portée, des drames qui se dédoublent en déchirements contradictoires, refoulements, mépris de l'extérieur; et que savons-nous ! Îls matérialisent pour nous l\u2018image de cette caste d'hommes qui rejettent tout pour faire de la vie une simple plaisanterie.Nous ne voulons pas manifester quelque indifférence à l'égard de l'univers tragique.Mais, réduire, par une sorte de baguette magique, un capitaliste à l'état de mendiant; faire d'une femme bourgeoise un point d'interrogation; c'est, ou bien exposer des vues pessimistes, ou bien montrer les laideurs morales de ceux qui détiennent le pouvoir économique.S'il en était ainsi, les luttes que mènent dans tous les pays les classes pauvres, pour l'humanisation du capital, UNE GALERIE D'ARTISANAT CANADIEN \u2014 tél.: 288-0444 n'auraient pas leurs raisons d'être.Elles n'auraient qu'à se croiser les bras et attendre le moment où les chef d'entreprises deviennent des fous, parce qu\u2019ils ne pourront pas résoudre leurs problèmes sentimentaux.Pourtant, à côté de ces considérations, d'autres points de vue peuvent être placés.dis viseront tout d'abord une mise en scène méthodique, qui met en relief le talent incontestable de M.Edward Gilbert.Monter une pareille pièce suppose une connaissance fondamentale de l'art dramatique : dépouiller l'oeuvre et ordonner ses catégories selon un plan qui exclue le flou et qui tient compte des valeurs de la bonne comédie.C'est ce qui, d'après nous, contribuera au succès de TCHIN-TCHIN puisque le spectateur n'est pas lassé au moment de la représentation.Ajouter à cela, les jeux scéniques de Kim YAROSHEVSKAYA et de Marcel SABOURIN.Du commencement à la fin, Kim a tenu l'assistance en haleine.Elle a pétri son personnage, compris ses variations les plus bizarres dans son expression corporelle.Kim aura assuré l'équilibre psychologique, entre l'acteur et le spectateur, de sorie que, ils établissent entre eux des liens si intimes, qu'on oublie les failles de l\u2019aliénation bourgeoise dont BILLETDOUX s'est fait le porte-parole.Et TCHIN-TCHIN de François BILLETDOUX puis, un naturel dans les déplacements, un timbre vocal, qui répond à toutes les situations dans lesquelles se trouve le personnage; un naturel d'un contenu humain, qui jette l'esprit dans la poésie la plus intime.Quant à Marcel SABOU- RIN, il nous aura appris le charme du métier de comédien.Suivez-le dans son dialogue intime.Aucun décalage dans ses jeux.Un souffle qui séduit, berce, envoûte, métamorphose l'âme.Avili, le personnage l\u2019a compris.Tour à tour, il devient enfant, homme, béte; sans oublier, à aucun moment, que l'acteur doit faire de son mieux, pour que la pièce la plus difficile paraisse comme un chef-d'oeuvre, aux yeux du spectateur.Il fallait ces acteurs pour traduire le pessimisme morbide de BILLET- DOUX.Malgré tout, TCHIN-TCHIN est une pièce à voir.Elle comprend beaucoup d'hésitations, et nos remarques ne peuvent rien enlever à son originalité, toutes les fois que l'on juxtapose son contenu à un courant de philosophie.Et nous ne saurions mettre en doute les capacités dramatiques de BILLET- DOUX, très connu.Seulement, nous n'aimons pas trop les situations aliénantes qui renforcent davantage nos aliénations individuelles, ou collectives.Gérard V.ETIENNE Avis aux chansonniers-compositeurs Etes-vous intéressés à participer au concours de \u201cJeunesse Oblige\u201d de Radio-Canada ?Alors, vous êtes priés de communiquer avec Sylvie Roche, au QUARTIER LATIN (local 707), le plut tôt possible.Une audition aura lieu les 3 et 6 décembre à la boîte à chansons \u201cJeunesse Oblige\u201d.L'adresse ?840, rue Cherrier (Palestre Nationale).Directeur : Serge Ménard 1e Quartier Assistant-directeur : Jacques Elliott Esaatixm VOL.XLVII Numéro 18 19 novembre Photographe : Serge Proulx.SUPPLEMENT LITTERAIRE ET ARTISTIQUE Directeur artistique : Jules Arbec Secrétaire de la rédaction : Sylvie Roche.| Collaborateurs : Michel Beaulieu, Robert Benoit, Gilles Blais, Nicole Brossard, Bertrand Duchesne, Gilles Gasse, Daniel LaTouche, Roch Poisson, Mark Poulin, Marcel St-Pierre, Roger Soublidre, Yves Taschereav.L Publicité : Georges Lefebvre \u2014 739-4777 Abonnement pour l\u2019année universitaire : $3.00 "]
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