Le Quartier latin, 3 mars 1966, Le cahier des arts et des lettres
[" DES ARTS ET DES LETTRES Une production du N.T.U.: TCHEKOV nouvelle vague\u2026 L'équipe du Nouveau Théâtre Universitaire présente cette semaine trois pièces du Russe Tchekov.Le tour de force que voilà ! Une mise en scène soignée, de talentueux acteurs, des décors et costumes impeccables, un éclairage adéquat, telle se présente la nouvelle production du N.T.U.Seulement, avant d'en arriver à présenter aux étudiants du campus universitaire un spectacle convenable (le moins que l'on puisse en dire), la jeune troupe a fait face à un nombre considérable de difficultés tantôt d'ordre ad- tantôt d'ordre ministratif, Hélène SAVARD, dont nous .connaissons déjà les talents: de comédienne, joue une fois de plus dans une production du Nouveau > tre,Universitaire.Ici, avec; Jacques Crd rite: technique.Les conditions de travail déplorables que dit affronter le groupe, augmente 4 nos yeux son mérite.Conditions souvent absurdes, toujours révoltantes: 1) absence d'un local permanent de répétitions; 2) absence d'un entrepôt pour la disposition du matériel: 3) impossibilité de planifier dans la répartition des tâches à cause du nombre réduit de collaborateurs; 4) problèmes financiers, certains coûts immédiats étant défrayés par les membres; Un reportage d\u2019 Henri Frickx 5) -problèmes techniques: confection des costumes, construction des décors, éclairage, et enfin, le plus tragique des manquements: 6) absence d'une scène propice à la présentation\u2019 de pièces de:théâtre.Le budget alloué au NT.U.pour son spectacle actuel ést d'environ $2,500 dollars, \u201crépartis en différents items: rh MAR Costumes: $400; décors: $300; accessoires: $400; éclairage: $180; location du Grand Salon du Centre Social: $460; publicité: $350; plus, diverses acquisitions, tel un cadre métallique: $175, un ridcau, etc.II faut mentionner, ici, le béné- \u2018volat des collaborateurs.Si l\u2019on demande à Lucien Ha- melin, directeur de la troupe, si le budget est suffisant, il répond que tout le montage d'un spectacle reviendrait à bien moins cher si ce n'était des problèmes techniques.Trois pièces de.Tchekov:: mariage\u201d.Un metteur en scène: Lucien Hamelin.Des décorateurs: Gilles Lalonde, Jean-Claude L'Espérance et J Jacques Thérien.Trois comédiens dans sept rôles: Hélène Savard, Jacques Crête, Yves Corbeil.La mise sur pied d'un spectacle d\u2019une heure trente demande environ 2 mois de préparation.Les fidèles du N.T.U.auront remarqué les Hélène Savard, Jacques Crête et Yves Corbeil dans une scène de LA DEMANDE EN talents de ses comédiens amateurs et les dons plus discrets du reste de l'équipe.\u201cPour l'instant, on produit\u201d, de dire Lucien Hame- lin, \u201cplus tard, on créera\u201d.H F.(PHOTO-REPORTAGE pege 3) Rd 2 OC TES dans \u20ac ce e numéro Pages 5 à 8 Ision u age 9 rr Roch Carrier.Page 11 un - Page 10 m Numéro de création.La vieille dame deme indigne 3 MARS 1966 * LE QUARTIER LATIN Aux Editions de l'Estérel Le journaliste haïtien Gérard V.Etienne vient de publier aux Editions de l'Estérel, dirigées par Michel Beaulieu, une plaquette intitulée Lettre à Montréal.Des extraits de ce texte avaient été publiés l'an dernier, dans le Quartier Latin, à l'occasion du Supplément de création.M.Etienne est étudiant à la Faculté des Lettres de l'Université de Montréal et signe, à l'occasion, quelques articles dans Métro Ex- - press.Il est très préoccupé par les problèmes racistes: il a déjà signé un essai sur la \u201cnégritude\u201d, paru dans son pays \"aux orangers en fleurs\u201d.les bijoux de Braque Les bijoux que Braque dessina vers la fin de sa vie seront exposés au Musée des Beaux-Arts de Mont- séai jusqu'au 16 mars.Les bijoux font partie d\u2019une collection de 150 joyaux représentant les dernières oeuvres créées par Braque avant sa mort.Le peinte- sculpteur qui fut une des premiers fauves et, avec Picasso, l\u2019inventeur du mouvement cubiste en 1909, est mort à Paris en 1963 à l\u2019âge de 81 ans.Le lapidaire parisien Henri- Michel Heger de Lôwanteld, réalisateur des dessins de Braque, suit l'itinéraire de l'exposition (du moins sera-t-il à Montréal et Québec pour la durée de la manifestation.Braque a fait des gravures ou des bois à diverses périodes de sa vie.l1 à illustré, par exemple, des poèmes de St.John Perse, le Piège de .Méduse d'Erik- Satie (le compositeur des surréalistes), et la Théogonie d'Hésiode.Braque commença à s'intéresser aux pierres précieuses en 1982 lorsque, à l\u2019occasion de son 80e anni- \u2014versaire, il voulut offrir un cadeau à camée à l\u2019image d\u2019un profil inspiré - de la Grice antique et, pour le rég- liser, il s\u2019adressa au baron Heger de Lowenfisd.Ce dernier tailla dans l\u2019onyx un bijou qui enthousiasma le peintre.La bague reçut le nom d'Hécate, déesse grecque descendante des Titans, qui préside à la magie et se plait à enchanter.Les deux créateurs décidèrent de travailler ensemble dans le but d'assujettir le minéral aux plus hautes -: exigences de l'art.On retrouve dans lès bijouk:tés thèmes préférés de Braque: l'oiseau, - le.poissen, les étoiles, la tite de demi-déesse.Les formes sont seu vent tailiées dans les surfaces lisses de gemmes étincelantes, contrastant avec la texture érodée de leurs montures d\u2019or ou de platine grené, entrelacé ou treillissé.Ce soir aux JMC : quintette Eichendorff C'est ce soir qu'aura lieu 3 la salle Claude-Champagne le cinquième et dernier concert de la Série internationale des Jeunesses Musicales.Un quintette à vent composé des instruments habituels (flûte, clarinette, hautbois, basson et cor) donnera en concert des oeuvres écrites pour quatuor, quintette et sextuor (avec l'addition d'une trompette).Leur programme comprend, en plus des oeuvres classiques et romantiques, des oeuvres de contemporains tchèques et viennois.C\u2019est pour interpréter les compositions d'isa Krejci et de Kurt Schwertsik qu'un tompettiste accompagne, cette année, le quintette Eichendorff.L'an dernier, cet ensemble fit une tournée pour les centres JMC du Saguenay, du Lac Saint-Jean et de la Côte Nord.Tous gradués de l'Académie de Musique de Vienne, les membres du Quintette Eichen- dorff se sont réunis en 1960.L'ensemble, qui a emprunté sôn nom au poète Joseph Freiherr von Eichen- dorff, a acquis une bonne réputation surtout par ses 'sérénades aux châteaux d'Autriche\u201d.Le programme de ce soir est le suivant: Divertimento en si bémol majeur, K.270, de Mozart, \u201cKasace\u201d d'Isa Krejci; \u201cChants de folklore russe\u201d d'Anatol Lyadov; '\u2018Proviant\u201d de Kurt Schwertsik; Concertino pour quintette à vent, de Jan Novak.Le Cahier : fin de saison Le Cahier, que vous avez selon toute apparence sous les yeux, est le numéro 18 d'une série qui en comprend 22.Notre dernier numéro paraîtra tout probablement le 31 mars.\u201cTout probablement\u201d, parce que neus faisons face, à l\u2019heure actuelle, à Certaines difficultés financières (comme le Quartier Latin régulier d\u2019ailleurs).Ces difficultés pourraient même nous empêcher de publier jusqu'au 31: nous ferons évidemment tout ce qu'il sera possible pour ne pas écourter notre saison.Il a été question, un certain temps, de publier jusqu\u2019à la mi- avril (il y eut, souvenez-vous, une interruption de deux semaines au mois de novembre), mais l'idée fut vite écartée à cause d'impératifs - financiers.- Au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons l'assurance de publier un Cahier jusqu'au 31 mars.Nomination Henri Frickx, étudiant & la Faculté des Sciences sociales, succède i ; 5 a Jean Bélanger au poste de rédacteur en chef du Cahier.M.Frickx, qui demeure toujours chroniqueur cinématographique, occupait \"\u2019officieusement\u201d les fonctions de rédacteur en chef depuis un mois: la chose est maintenant officielle.Dans une lettre ouverte qu'il faisait parvenir à Daniel Saint-Aubin, et qu'on peut lire dans le Quartier Latin d'aujourd'hui, M.Bélanger souhaitait que le lecteur sache qu'il a été \u201csuspendu\u201d.C'est déja fait.Pourquoi ?Le comité éditorial du Quartier Latin n'a pas été convaincu par le mémoire de 13 pages que M.Bélanger leur avait soumis et qui demandait la démission pure et simple de Daniel Saint-Aubin.Dans ce \u2018texte, le directeur du Cahier était accusé d'opportunisme, de mégalomanie, d'orgueil, d'hypocrisie, et le reste.Nous aurions vojontiers tu ces enfantillages mais on nous le demandait.2 + TCHEKOV (suite) \u2014 99é1 SYVW \u20ac NILYT V3LAVNO 3 Les panneaux, une fois installés, il faut à nouveau les retirer: soit pour les peindre, les retoucher, ou encore parce qu'on ne peul se permettre de les laisser au Grand Salon une semaine avant les représentations.La mise en place des décors est Ci-haut, les couturières se fiant à des dessins très précis, UneÉtape importante vers la réus- confectionnent les habits qui serviront aux représentations.- \u2018site.On voit ici, Jacques Thérien Sur notre photo: Ginette Dupuis, Josée Vanase et Made- \u201c4 (prêtre) de la régie permanente lcine Leduc.du N.T.U.Photos DANIEL RÉMI Les répétitions, avec costumes et décors, ont enfin lieu.Sous la direction du metteur en scène, les acteurs doivent reprendre une scène difficile de LA DEMANDE EN MARIAGE.Du coürage et de la bonne volonté.Le directeur du N.T.U., Lu- .clen Hamelin, est également ,metteur en scène.Pour i HTCHEKOV:: des \u201ctrucs, \"dc ot Pl'esprit, de la\u2018ferveûr.Le { ex À = Uk _ : \u201cDes conditions de travail pénibles, une atmosphère déprimante, mais malgré tout, u \u2018brillant résultat/Bientôt, pénis.une, de NT HONE Les répétitions ont 'déja commence: ar * 3 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN ( LA MUSIQUE ) Au Centre Social dimanche Le choeur des étudiants de l'université de ; Toronto Centre Social de l'Université de Mont- réol, dimanche 29 Février.Un ensemble vocal admirable ! Hs ont atteint un degré d\u2019excellence remarquable.Le conduc: teur Llyod Bradshaw dirige avec beaucoup d\u2019aisance ct obtient une sonorité envoûtante.Ce qui fait cette sonorité merveilleuse, je pense, c\u2019est le grand nombre de voix féminines: presque trois voix féminines pour une masculine.L'ensemble produit une sonorité très douce, Quant à la technique, c\u2019est un problème qui n\u2019en est plus un.Aucun excès dans les transitions, beaucoup d'expression sans que l'on sente l'effort.On a pu remarquer un bel cffort dans la prononciation lorsqu'il s'agissait de pièces françaises ou latines.L'accent saxon se trouvait réduit À sa plus simple expression.Les pièces au programme étaient variées, bien choisies et de difficulté variable.Notons dans les pièces difficiles: \u201cPavane\u201d de Gabriel Fauré, \u201cAve Maria\u201d de Rachmaninoff ct \u201cPater Noster\u201d de Stravinsky.Pour terminer, l'Orchestre de Queen's Park, s\u2019est ajouté au chocur pour interpréter très brillamment le \u201cGloria\u201d de Vivaldi.C'est surtout ici que l\u2019on a pu constater la qualité et la maitrise de cet ensemble.Cette fois, l'Orchestre et le choeur étaient sous la direction d'un jeune chef talehtueux (et fort nerveux !) Wilson Swift.Notons au passage que le chocur de l\u2019Université de Toronto a représenté le Canada au \u201cFestival Choral International\u201d.Cet ensemble se trouve actuellement en tournée.Côté bilinguisme (!), ils ont interprété O Canada en bon français et puis.ce fut tout.La présentation sc fit en anglais.Heureusement.on avait distribué un programme bilingue.Ces échanges universitaires ne devraient-ils pas être l'occasion de manifester Vexis- tence \u2014 si existence il y a \u2014 de ce fameux bilinguisme ?Pour revenir à l'aspect musical, je tiens à faire remarquer la qualité de ce petit orchestre nouveau qui s'appelle l\u2019Orchestre de Queen's Park.Sous la direction de leur chef très dynamique, ils - en sont arrivés à une très belle sonorité, si l'on ne tient pas compte, bien entendu, de quelques grincements.L\u2019hautboiste a été fameux dans le solo du \u201cGlo ria\u201d.Quant au pianiste, il avait beaucoup de métier; les dimensions de la salle ne le favorisait pas toutcfois.Lucien LORIOT Photo: Daniel Rémi RENÉE CLAUDE à la Comédie-Canadienne A la Comédie Canadienne, le 14 février, récital de Renée Claude.Quelques chansons: \u201cMon pays\u201d, \u201cBilissi\u201d, \u201cl'idiote aux cloches\u201d, \u201cJe suis une marguerite\u201d, TX\", ete, \u201cChanson pour Aprés de nombreux spectacles dans les boites a chansons et des tournées un peu partout dans la province, Renée Claude a franchi les portes de la Comédie-Canadien- ne.Nous qualifierons ce suc- cés de relatif, mais pas de triomphe cette étape que l'interprète québécoise vient d'accomplir, bien que nous concevions qu'elle puisse y exceller parfaitement un jour.Car Renée Cloude a beaucoup de talent.Une voix prenante et choude.Les sentiments vécus d'une interprète douée d'une passion très intense.Mais toute la bonne volonté d'un individu ne suffit pas pour accéder a la perfection.|! faut, en plus, une technique sûre de la voix, une souplesse noturelle dans le comportement sur scène, et enfin, un répertoire qui convienne bien à lo personnalité de l'interprète.Une salle de grandes dimensions, comme la Comédie Canadienne, exige, et surtout des chanteurs, une diction parfaite et une voix bien timbrée, pour se faire entendre distinctement de tous.Et si l'artiste utilise le micro (tel fut le cos), il doit savoir s\u2018en servir.Renée Claude est telle- AVIS À TOUS LES COMEDIENS Le N.T.U.recherche des comédiens et comédiennes qui ne sent pas occupés et désirent saison 66-67.\u2014 Qualifications: un peu d'expérience; beaucoup ne nuirait pes.Spectacle: Antigone d\u2019Anoulth wee présente Hin mei, dans le cour d'honneur de l'U.de M.Préparcr un eutreit du réle qui vous intéresse DATE DES AUDITIONS: SAMEDI S MARS Heure des auditions: 2h.30 p.m.ment passionnée que tout son étre explose dans une chanson.Nos oreilles aussi ! A cause de cela, bien des phro- ses furent incompréhensibles, des finales non soutenues et sacrifiées.Renée Claude brille surtout dans les chansons qui évoquent la passion des sentiments humains.Lo fantoi- sie lui sied mol.Miche! LUPIEN participer à \u2018le BILLETS : $250, 92.00, $4.00, ss.00 - .Les Ecoles J.PERETZ présentent LE CHOEUR DES ÉTUDIANTS de l'Université de Montréal dirigé par Fernand Graton dans la cantate \u201cLA FETE DES ARBRES\" et autres oeuvres MARTHA SCHLAMME \u201cSongs of Many Lands\u201d TALMON HERZ violoncelliste israélite dans des oeuvres de PAUL BENCHAIM et OTTO JOACHIM SAMEDI, 19 MARS 1966 PLACE DES ARTS 842-2112 dans \u201cAvant de te connaître j'avais rencontré le malheur, te désespoir.Avant de te connaître, allons donc, ces mots n'ont pas de sens.Tu sais bien qu'en te voyant pour la première fois, c'est sans la moindre hésitation que je t'ai reconnue\u201d.André Breton Hector sc levait naturellc- ment de mauvaise humeur.Les matins l'exaspéraient, la lumière, les idées cartésiennes, les explications rationnelles.M attendait pour boirc et manger parce que la Science tardait à réchauffer J'eau de la cafetière et à rôtir ses tranches de pain.Autrefois, il sc levait de bonne heure parce que les autorités du collège avaient décidé qu'il 3e couchcrait tôt, sans intuitions, suns poésie, sans amour.11 fumait, songeant 4 I'immuable horaire de cette journée nouvelle, songcant aux licux qu'il reverrait immanquablement: la cafétéria.lc salon, la bibliothèque.La bibliothèque mal foutue où les élèves se font vis-à-vis.A part le Quartier latin, dont il attendait jadis la distribution avec unc certaine impatience, seul le cours de monsieur Rosset le retenait aux alentours de l\u2019université durant l'après-midi.M y avait de plus en plus de monde à ce cours, comme si Hector n'était pas lc seul à penser de même.Jusqu'à scize heures trente, jusqu'à ce que Rousscau, Balzac ou Zola le désennuicnt, il s'agissait donc de tuer lc temps.D'ordinaire, la salle U-1 pouvait suffire.Hector s'y installait et regardait distraitement passer les gens, les filles surtout.Quelques-unes valaient la pcine d'être vues.Quand par hasard il \u2018ouvrait un livre, la noncha- lence de son esprit le lui faisait bientôt refermer: les associa- \u201cdjons de mots, les: balancements de phrases, les subtilités lc déroutaient.Il sc croyait profond parce qu'il était lent à réagir et difficile à émouvoir: cette lenteur, cette difficulté creusaient des abimes centre le monde ct sa personne.Il préférait le soir au matin, le rêve à la vice réclle.Il pouvait rester des heures debout, à siroter de mauvais cafés, sans voir, les ycux ouverts sur le vide, Se caler mollement les fesses dans un fauteuil était néanmoins son attitude favorite, son yoga, sa façon habituelle d'attendre que la messe du jour achève et que sonnent les cloches nocturnes de l'inspiration.Elles faisaient beaucoup de bruit, ces cloches, peu de musique cependant.Ce jeudi-là, Hector avait la très nette impression qu'il arrivait à la croisée des chemins, que pour une fois, un événement capital romprait la trame de sa paisible existence.Roulant vers Montréal une chanson d'Edith Piaf l'obsédait: une voix déchirante lui disait que l\u2019amour était le moyen d'entrevoir ct non d'atteindre un plus grand bonheur \u2014 ct que ce rc- flet d'absolue félicité pouvait mener au suicide.En temps normal, ces grandes idées de suicide ct de bonheur incffable n\u2019efflcuraient même pas l'esprit d'Hector.À la limite, il pouvait concevoir que certaines personnes s\u2019y intéressent mais pour sa part, il avait résolument pris le parti de les ignorer.11 était profond, il le pensait encorc et le disait parfois; mais à partir de cet instant, il dut reconnaître à contrecoeur que sa profondeur ne s'exerçait que dans le détail.Sa voiture resscrrant davantage le noeud de Ja circulation, Hector déboucha en plein trafic.IL, n'avait cnyic d'aller nulle part.d'arrêter tout à coup pour dormir au coin des boule- vardstiDécaric et-de\u2019la Savane, La semaine des quatre jeudis bercé par la polonaise improvi- séc d\u2019une fanfare de klaxons.A la hauteur de Côte des Neiges, il n\u2019était plus question d'assister aux cours dc grammaire et de linguistique où les professeurs sc bataillaient pour des subjonctifs ct des gérondifs qui le rendaient malade.Ruc Ma- plewood dont le nom anglais lui apparaissait comme unc souillure, il passa tout droit devant les escaliers mobiles aménagés dans le Mont-Royal.It s'arrêta non loin du Centre Social et cscalada l'édifice jusqu'au septième étage, jusqu'au local du Quartier latin où il faisait semblant de travailler, incapable d'écrire une seule ligne convenable.Désocuvré, il en redescendit peu après et vit la jeune fille des sciences sociales, la fille en vert.HI s'arrêta, comme si on lui cut asséné un coup de poing.Lui qui d'ordinaire ne remarquait pas, ni la couleur des vêtements, ni la couleur des yeux, il n'y voyait plus clair.Et ce jeudi-là, le cours de littérature lui parut moins intéressant: Hector aurait aimé l'entendre avec Quelqu'un.Il essaya par la suite de reconstituer la scène mais s\u2019il .retraçait parfaitement chacune de ses impressions, il avait peine à évoquer leur objet.Le merveilleux trésor s'était envolé du coffre merveilleux qu'il avait redécouvert au fond de lui-même et il décida de s\u2019y cnfermer à clé jusqu'à la semaine suivante.Les événements se précipitèrent.- Le matin du deuxième jeudi, Hector se leva d'humeur égale.11 attenidit patiemment que la science daigne réchauffer l'eau de la cafetière et- rôtir ses: tranches de pain.11.fuma, songeant à la fille qu'il reverrait, à toutes les filles en vert:Tl\u2018y avaît.tant la musique, la boisson, le rêve, se plonger dans le plaisir en illuminant la nuit: à deux, inventer de nouvelles étoiles.Hector redevenait naïf.La spontancité de ses sentiments, leur entièreté contrastait parfois avec l'attitude critique de son intelligence.En amour une nouvelle d\u2019 ANDRE BERTRAND il était fou ct prenait naturellement sa folic pour de la profondeur, car il était aussi profond.A quinze heures trente, en U-1, il sirotait de mauvais cafés, sans voir personne, les yeux ouverts sur le \u2018vide.Des silhouettes s'avançaient de profil, passaient, repassaient devant fui.ll savait qu\u2019un être de chair viendrait enfin, Jà, à ses côtés, qu'il lui parlerait.Qu\u2019aux interrogations banales succéderaient, éventuellement, des confidences plus attachantes, puis des soirées de mots, puis des nuits de mots ct de tendresses.C'était toujours la même histoire.Un enfant ?Hector y pensait parfois: le meilleur de lui- même ct le meilleur d'un autre se conjuguant.C'était normal: C'était merveilleusement normal, de quoi vouloir faire.des .enfants toute \u2018sa\u2019 vic.Pourquoi la vie était-elle autre chose que\u2019 ça ?\u2018Il engagea avec la: fille cn vert, merveilleusement ;charnelle au milieu des silhouettes \u2018va- Pporeuses, une conversation qui .nc:mena nulle part;;Des banalités, des questions d'usage.Ses espoirs.avortèrent quand la .demi-douzaine de fantômes \u201cd'amour et si péignant: le soirA\"squ'il connaissait vinrént le \u201csa; luer.1 se rabattaient autour d'eux, fondaient sur leur bonheur comme une nuée d\u2019insce- tes.La fois suivante, Hector se leva malgré tout persuadé de réussir.Mais un mauvais plaisant accaparait la scène, un mauvais plaisant à barbiche, triomphant de stupidité.Cette grosse guêpe ne lâchait pas son abcille.Déçu, il s\u2019cnvola vers d'autre cieux.ll y avait tant d'amour ct si poignant: pourquoi s'acharner, tourner autour d'une seule fleur où déjà s'est arrêté un bourdon hideux, ailes déployées, tout à secs affaires de micl, tout à son entreprise de séduction ?Hector comprit cnfin que la fille en vert l'avait précipité dans les sphères du réel, qu'un jardin s\u2019étendait à perte de vuc, bourdonnant de suc ct de fièvre, de fleurs et de papillons.Il y avait tout a coup des filles en bleu, des filles en noir, des filles en jaune: toutes droites, élan- cécs, accucillantes.BI s'agissait d\u2019en aimer unc pour toujours, fc temps, l'éternité, quelle que soit sa couleur puisque la matière n\u2019est que l\u2019image d\u2019une âme universelle fractionnée diverse- \u2018ment.Mais le matin du quatrième jeudi, it ne pouvait se réspudre.I ne pouvait choisir là ma- titre, la fleur, la fille dont il atteindrait.I'ime.Hector était lâche ct profond.11 éteignit sa cigarette \u2018et se rendormit de \u2018fort mauvaise humeur.Le sôm- meil lui tenait lieu de suicide: il ne sc jugeait plus digne de -s\u2019éveiller.à nouveau.:.11_s\u2019éveilla quand même et se \u2018remit à courir d'une semaine, à l'autre.Il.jouait; de\" la {late .pour l'amour deiDieu.* \u2014 9961 SaVW \u20ac NILVI #3l13VNO :317 * 3 MARS 1966 LE QUARTIER LATIN \u2014 ANCIENNE LETTRE Surtout ne vous en faites pas pour mui, et n'allez pas Faire semblant de pleurer, maudite bande de salauds.Je ne vous ai pas animés, vous me l'avez bien rendu.nous sommes quittes.J'ai toujours vômi mon sort, vieux copains de misère.Je n'avais même plus un trou de rat pour beurrer mes tartines de lard.Que vouliez-vous donc que je fasse ?Je n'avais personne pour me plaindre.el je ne pouvais même pas mourir à crédit.J'étaits condamné à vivre, plus moyen de m'échapper nuile: part.Je suis mort cent fois, depuis l'année dernière.J'ai tout préparé, cette fois-ci.Je m'embarque ce mntin sur un vieux rafiot de basse mer.el je nagerai bientôt par mille pieds de fond avec mes vieux frères de l'ombre.Tout à été p:évu.J'aurai une pierre aux pieds.l'autre au cou, ct je me Flançue- rai une balle dans la cervelle uvant de sauter, pour ne pas rater le voyage.N'essayez pas de me retrouver, je vous en prie, et si vous me voyez rôder dans les parages, dans quelques jours.dites-vous bien que c'est une illusion, faites semblant de ne pas me reconnallre, je voudrais tant partir pour de bon, une fois.Ceci sera ma dernière lettre, je le pressens.Si vous en recevez d'autres.ce ne sera pas vrai.el jetez-les au panier.Sur la rue, si vous croisez quelqu'un qui me ressemble.je vous en prie, ne le saluez pas, Il Faut que je puisse imaginer ma mort.jusqu'à y croire, Si vous y tenez.je serai entre la mer de Chine et l'océan Indien.flottant peut- être entre deux eaux, continuant éternellement le voyage.Je n'ai pas su m'arrêter nulle part.Que voulez-vous que j'y fasse maintenant.Je n'ai plus le coeur aux remords.Mais comment, dites, me libérer de moi ou de vous ?N'y existerait-il pas une porte dérobée, un raccourci.pour passer de vie à trépus ?Faut-il donc que cette mort aussi soit pleine de formalités C'est tuant.toutes ces signatures, confirmations, d'une @lacière à l'autre.et moi qui n'aime pas le froid.Mnis dites donc.quand commence-t-on à être vraiment, mais vraiment, raide, et qu'on inspire les corbeaux ?Répondez-moi dans l'au- delà, mais faites vite.avant que je n'aie perdu toute In mémoire de ma déguâtante et si belle vie de chien.Puis saignez-moi encore, si vous croyez me revoir.Seulement au cas où j'aurais le goût de revenir.François BEAULIEU Pour douter du chemin.peut-être.sla terre pour lit | nu tial: Tie a toujours quelque feu\u201d \u201cchienner.Sencld Richerd Ronald Richord VOYAGE Une route s'est creusée Qui me projette jusqu'à toi Par un voyage D'impossible tendresse Embusquée, terrifiée, Qui cherche ta main en moi.= PAROLE Voltige d'invisibles espaces En apparence de temps; Main, bouche, front, Nus A la barre des mois, des gestes, des lumières, Quétant la transparence L'impossible miroir inviolé Où la parole est source, La goutte naissance Réveil Primitif rayon d'une limpidité: Vestige d'impalpables lieux En permanence d'instants.> J'ai ton départ tout en poussière De souvenirs et de tendresses Coulés entre mes mains ouvertes Qui ne retiennent que l'espace En la demeure d'une chair: J'arrondis mon geste d'ennui Sur la courbe glacée Où je touche une absence lointaine Lourde, touffue, Que pas un cri n'habite, Et\u2018 je me tais de peur: Michelle \u201cDUBOIS LIS TES RATURES J'ai donc quitté ce monde où rien n'allait plus.De tout ce dont on y parlait, je ne parlais pas car je ne pensais rien.De tous ces gens, je ne voyais que l'extérieur, et ne soupçonnais pas ce qu'ils pouvaient être vraiment.Et même si quelquefois j'écoutais quelque chanson dire ce que je ressentais, ou si je lisais quelque texte allant dans le sens de mes pensées.j'y demeurais indifférent: aucun chansonnier, aucun auteur n\u2019allait assez loin pour moi, je les avais dépassés.J'étais dans les corridors d\u2019un autre monde, d\u2019un monde inaccessible aux intelligents, (et pis que les \u201cintelligents\u201d: les \u201cbien équilibrés\u201d.) interdit à ceux qui \u2018veulent vivre.d'un monde où, obligatoirement, on est seul, on n'y va que seul, on s'y fait seul.Obligatoirement, car on se le construit soi-même, ce monde, comme une forteresse.on se le construit, car on y est acculé.On voudrait que les choses soient autrement, et que l'on n'ait pas eu à se réfugier dans cet autre monde, où l'on finira de se dévorer soi-même.J'ai donc quitté ce moñde, y laissant esprit et espoir.\u2026.: pour sauver l'esprit, il y avait l'espoir; mais l'espoir s'était dissout dans la vie.\u201cet pour concentrer l\u2019espoir\u2026 il n'y avait personne.J'étais l'obstacle, l'impasse à moi-même.Tout s'était \u201cagencé\u201d lentement, pendant des ans, mais pour éclater brusquement, en quelques mois.J'étais: orgueil, paresse (inavoué), timidité (évidente), le tout à l'extrême: l'impossibilité de communiquer, l'INERTIE TOTALE.Mais parfois, on se sentait plein d\u2019évidence à dire, à répéter, à crier: ; on croyait posséder une parfaite compréhension de tout ce qu'était le monde, le monde merveilleux, beau ou laid.Mais si l'on voulait le moindrement transmettre ce que l\u2019on ressentait durant ces brefs moments, on n'en avait guère les moyens.: parler ?mais comment, et, surtout\u2026 à qui ?puisqu'on était fin seul; ou bien écrire.bien sûr, mais pour écrire, il fallait se concentrer tant soit peu, \u201cse borner\u201d, (ce qui était.inacceptable); ct alors, vite: tout SSEVAPORAIT.On écrivait quand méme, mais seulement pour dire.que l'on n'avait plus rien À dire: ca faisait des textes \u201cnoirs™.sordides.Pourtant, écrire, c'était le seul moyen de tenter de communiquer qu\u2019il restait\u2026 mais, pour ce qu'on y disait.: son néant, son regret, sa nostalgie, et surtout: son inertic totale.C'étaient des textes qui auraient choqué l\u2019esprit le moindrement équilibré; et le problème était qu'il n'y avait pas de lecteur éventuel, à ce bas niveau, ct qu\u2019il n\u2019y en aurait jamais, personne.(Mais qu'est ce texte-ci, sinon.) Et d'ailleurs on se disait: \u201cPourquoi vouloir faire connaître à ces gens intelligents, bien équilibrés, que de pauvres \u201cêtres\u201d, \u201cbêtes\u201d à l'extrême, imbéciles, idiots, crétins.existent et se promènent parmi eux ?\u2026 Puisqu'ils ne les voient pas et ne s\u2019en rendent pas encore complètement compte.?Pourquoi dire aux gens intelligents que l'on n\u2019est rien ?Pourquoi vouloir communiquer du néant 7.\u201d Pourquoi ?C'était que, secrètement à soi-même et chimériquement.on désirait atteindre, au fin fond d'une personne qui hantait les restes du pauvre esprit, - atteindre un point (de folie.) sensible, .(un goût d'aventure gratuite.pour le sauvetage d\u2019esprit en détresse.), pour qu\u2019elle comprenne, et qu'elle vienne.Mais il se posait un dilemme: la personne que l'on désirait atteindre, on la voulait très intelligente, et on la voyait ainsi, et même plus: équilibrée parfaitement.et, contradiction, chimére.: on la voulait avec avec le brin de folie aventuriére.assez pour qu'elle vienne désenliser l'esprit qui s'enfonçait dans les noirceurs de la solitude.Peu importait le dilemme: puisqu'on ne tentait rien.Et puisque, même si l'on osé follement lui parler, à cette lointaine incarnation d'un espoir imaginaire, elle aurait fort probablement envoyé promener radicalement ce pauvre fou qui tentait déraisonnablement de s'accaparer un peu de son attention, un tout petit peu de sa VIE.J'ai quitté ce monde où VIT cette \u201cpetite\u201d fille à laquelle je songe parfois, souvent, ou constamment; je songe à d'autres, je songe aux \u201camis\u201d perdus, au frère lointain.je ne communique avec personne sur quoi que ce soit d'intelligent.Mais je me demande même si je fus déjà dans leur monde ?; Mon esprit se meurt, se referme dans une monde de folie aux espoirs chimériques: mon corps exsitera encore: quelques temps.Gaétan \u201cGUY Avec mes\u2019 bibites épnfrèrés 4 AF \u201c\u20ac 4 .Fran, Tn ° VE L » \u2014 9961 S¥VYW £ NILVT ¥311VNO-I1 * LE=QUARTIER LATIN \u2014 J MARS 1966 Germance La montagne furoncle de terre a germé tranquillité crime et potence on sent le noeud glacé marquer le coup tordu: résurrection.Bernard B.COURTEAU J'avais l'amour de choses et autres: l'envers du Calvaire, c'est un peu comme ça.Arrêt dès que le geste eut dépassé le réel l'unique trouva accord en la sève du verbe image aux fers coupés rouges raidie plein volcan à la bulbe du sang tu passes en ce rond-point rallumant tous les réverbères de la ploce teinte depuis quatre saisons orange et de parvenir en ce rouage tu retrouves sous l'ongle la cicatrice Où fu venais séduire l'univers jailli ce globule d'où nous pouvions voir l'étoffe et le fil de nos corps dialogue rappelle-toi de l'espèce sauvage.Nicole BROSSARD CYCLE Dame blanche, poitrine découverte, Poitrine mi-nue.Et l'enfant s'est tu: L'enfant-bleu tète.It est alors de longs jours de laine, De clapotements de menottes, De longs jours d'ébène Engloutis par l'avide hotte.Dome froissée loisse échapper Glopissements inaudibles De l'enfant lossé, Lessé des soins et des bibles.Enfant blanche, poitrine découverte, Couchée le long De l'homme noir qui fait se fête De l'enfant aux deux tétons, Marie-Claire HEROUX Spécialiste malgré lui de la mise en boite: homme-poisson.homme-cosmonaute.PRENDRE NOTE À cause de certaines difficultés financières, il nous a été impossiblé de publier tous les textes jugés les meilleurs.Nous nous proposons donc d'en faire un-ou deux chaque semaine \u2018dans le Cahier jusqu'au 31 mars. = LE CINEMA ) \u201cREPULSION?\u201d de Polanski: sous le signe de la violence On retrouve dans le dernier film de Roman Polanski, REPULSION, tout ce qui avait contribué & faire du COUTEAU DANS L'EAU, un film admirable: le même style incisif et brillant, cette souplesse et cette continuité ou niveau du scénario qui sont la marque des grands cinéastes.REPULSION est un film étonnant, d'une violence inouïe.On ne peut s'\u2019empé- cher de faire des rapprochements avec des films dont la valeur corrosive est certaine: VIRIDIANA, LES ABYSSES.Nous touchons ici un point essentiel: il faut bien se rendre compte que REPULSION n'est pas un film en quête de sensationnalisme ou dont lo violence est frelatée; un tel point de vue serait mesquin et contraire à l'évidence mé- me.Par-delà le déroulement des faits qui sont simples \u2014 une jeune fille frigide s\u2019enferme dans un appartement et commet des meurtres \u2014 il y a la maniére de les raconter.Et c\u2019est ici qu'éclate et s\u2019évapore la distinction passablement vide de sens entre le fond et la forme.Car ce style propre à Ponlanski, dont nous avons parlé, ne peut être qu'en même temps sa façon de sentir, d'être, enfin de compte d'exister.En ce sens, REPULSION apparaît comme un film profondément engagé, d\u2019un engagement tout intérieur qui s'incorne dans la créotion artistique.Mais revenons au contenu proprement dit, à cette sombre histoire de folie et de mort dont lo présentation est exceptionnelle.Sous le coup de l'ennui et du dégoût, une jeune manucure sombre lente- AU COEUR bide, P.-L.en P.M.a CINE-CAMPUS (français) un film de Robert Enrico \u201cJe ne sais pas encore l'accueil que réservera le public français \u2018à ce film insolite; peut-être sera- t-il dérouté par un style lent, raffiné jusqu'à la préciosité, par un goût prononcé pour le mor- l'insupportable, la tension lentement accrue.dommage; le monde poétique de Robert Enrico a une consistance propre, ne se borne pas à décalquer celui de Bierce.\" THIRARD.- Au-même programme: La Petite Cuiller court métrage de Carlos Vilardebo Je-m'balade dans Moscou i un\u2019 filmide Georgui Daniela\u201d Gratuit pour les membres de l'A.G:EU.M.\"SAMEDI, LE 5 MARS ; \u2014 AUDITORIUM DE L'U.DE M.DE LA VIE Ce serait | ment dans lo folie.C'est lo premiére partie du film, toute remplie de ce cheminement.Par des détails significatifs, un art fait de subtilités, le spectateur assiste à cet effritement: les images au salon de beauté, en montrant l\u2019atmosphère étouffonte, ces lents regards jetés par l'héroi- ne sur des religieuses jouant au ballon, la répugnance qu\u2019elle éprouve au contact physique des hommes.Lo deuxième portie du film est marquée au début par un sursaut de révolte \u2014 nous voyons dans une scène particulièrement frappante lo jeune femme couper le doigt d\u2019une de ses clientes \u2014 mais cette révolte ne sert à rien et c\u2019est la réclusion dans l'appartement, la folie furieuse, les cauchemars, la décomposition rapide de tout l'être.Ici encore joue le talent de Polanski qui imprègne le fantastique chocune des images, souvent d'une réalité brutale.Qu'on pense à l\u2018assassinat du propriétaire à coups de rasoir, ou lapin en train de pourrir sur une table du salon, aux hallucinations de l\u2019héroïne qui se voit saisir par des mains gluantes sortant des murs.Comme nous le faisions remarquer au début, ce qui toujours caractérise ces scènes \u2014 comme d'ailleurs une bonne partie du film \u2014 c'est cette volonté de destruction, cette constance dans la violence.Ici on ne peut s'empêcher de penser à la première et à la dernière image du film.Le générique nous montre un très gros plan de l\u2019oeil du personnage principal et l'effet est immédiat: un oeil c\u2019est très beau, mais vu de trop près, il s'en dégage quelque chose d'horrible et d\u2019inhumain; quant à la fin, elle est elle- même en ce sens significo- tive: la caméra glisse lentement vers une photo de la jeune fille, au sein de sa famille, lorsqu'elle était enfant, toute habilitée de blanc, et ce regard sur l'enfant, sur cette adulte en puissance est d'une lucidité cruelle, pénétrante et destructrice.En somme, REPULSION est un film très beou, très moderne, mais qui ne se regarde pas facilement et qui, surtout, ne laisse pas indifférent.On reconnait por là que son auteur s'est profondément engagé.Et cet engagement, remarquable dans tout le jeune cinéma polonais \u2014 dont Polanski est le plus brillant représentants le rattache aux très grands cinéastes plus traditionnels que sont Munk et Waida.Pierre LAMARCHE £3 8p sak M0 MPa d'aide, Sa 0 A et ; EST 8 pr EEE FIL 4g 0 phote):seront 4 Ia Grande Safle de Place des Ep apres ~ » \u2014 9961 Sävw \u20ac NILV1 Y3LL8VNO 31 10 * 3 MARS 1966 Une-vieille-dame-pas-si-indigne-que-ca.LE QUARTIER LATIN La vieille dame indigne, film de René Alfio, d'après une nouvelle de Berthold Brecht, Images de Denys Clerval.Avec Sylvie, Molka Ribovska, Victor Lanoux, Etienne Bierry.A l'Elysée.Ce film de René 'Allio a dé- ja connu les festivals du monde et a acquis ainsi un certain nombre de prix.Rio de fanciro, Venise, Hyères, Acapulco, Montréal, ces villes ont accueilli La vicille dame indigne avec enthousiasme.Il faut remarquer la sobriété de l'histoire et à la fois de la manière dont elle est contée.Sobriété de style, de goût, d'action.H faut, pour conduire un récit sem- blabie, user de prudence, même de délicatesse.De ce PETS Ng \u201cdid % côté-là, Allio a excellé.Toute l'importance et la valeur du film réside en sa simplicité.Naturel, qui mène au réalisme.L'histoire présente un aspect de la vie sur lequel on ne s\u2019attarde habituellement pas, le problème de la vieillesse.Voilà le récit moralisateur tant attendu.Au spectacle de cette dame de 70 ans, Mme Bertini, \u2018\u2019roulée\u201d par des enfants ingrats ct qui a été à leur service toute sa vie, cel qui, enfin, à la mort de son mari, prétend profiter un peu encore de la vie, on ne peut qu'être ému.Enfin libérée, la vieille dame rompt avec son passé, va au cinéma, se crée une jeune amie (Rosalie), achète une voiture, prend des vacances.Vê- tuc d'une éternelle robe noire et coiffée d'un chapeau noir également, elle passe sur l'écran et sa silhouette accroche lc coeur dans cc qu'il a de plus profond.Sylvie est grande dans son rôle.Une magnifique interprétation.Pourtant, La vieille dame indigne est le premier film dont elle tienne le rôle principal.Sur certains points, le film fait songer à l'oeuvre de Bergman, Les fraises sauvages, à cause du thème de la vicillesse sans doute.La vieille dame indigne ne laissera personne indiffé- rent.H.F.EN PRIMEUR WINTER KEPT US WARM Tel est le titre du film fait par des étudiants de l\u2019Université de Toronto.Ce film, produit et réalisé par David Secter, 22 ans, à été acclamé à Toronto et en Angleterre pour sa franchise et son naturel.En effet, les cviti- ques du Canada ont loué la réussite du film qui raconte les relations anormales de deux jeunes étudiants: ho mosexualité à l'état latent.C'est avec un budget de 8,000 dollars que ces jeunes sont parvenus à produire Winter: ce qui prouve qu'avec de bonnes intentions, de l'imagination et du courage, On peut faire la leçon aux plus techniquement évolués et aux plus cossus que soi.\u201cWinter Kept Us Warm\" sera projeté au Physical auditorium de McGill, jeudi, vendredi et samedi de cette semaine à 9 heures (vendredi ct samedi à 7 heures, éga- lément).À «retenir.ihe 4 Pap P= 0 \u2018Une scène du film Winter Kept Us Warm qui est présenté à l\u2019Université McGill.Heu- -Féux
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.