Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
A l'affiche, Maison théâtre : bulletin d'information /
Éditeur :
  • Montréal :la Maison,1985-1991
Contenu spécifique :
Octobre - Novembre 1989, vol. 6, no 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

A l'affiche, Maison théâtre : bulletin d'information /, 1989, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" FER A-929 EX.2 4, I~ = em came Lomme Pa \"Re n° L octobre-novembre 1989 \u201ci Ar Fe Lan Ww FE ds.\"2 æ.æ st 5 i: % ét 5 5 $ 0e $ $ + Py 5 Ws *+ a ig Ÿ, A \u20ac A tie Ë @ = ve ce fe 4 > ik, & ¥ Ug Les % eni.c = Anh ; hi #5 A a À n &) rg 2 \"+55 &+ ih kA Se RAR Mis INR pe dard] + fh Nad % \u201cE ne pet ¥ y # x of (x 4 ft x UN MOT DE LA RÉDACTION À L'AFFICHE fait sa rentrée La Maison-Théâtre, c'est la rencontre dynamique du public et des artistes qui créent le théâtre enfance jeunesse.Le regroupement de 23 compagnies aux pratiques diverses, qui fait l'originalité de la Maison- Théâtre, doit permettre un foisonnement d'idées.de projets, de réflexions.Eh bien! c\u2019est dans cet esprit que souhaite s'inscrire notre «nouvel» À L'AFFICHE.En plus donc de mettre en lumière les créateurs et leurs productions présentées à la Maison-Théâtre, chaque numéro comportera dorénavant un DOSSIER: différents points de vue pour aborder un sujet particulier.Ainsi, la Maison-Théâtre offre pour la première fois cette année une série de spectacles destinés spécifiquement à la petite enfance.Elle l\u2018installe même hors ses murs, à l'Espace GO qui devient pour l'occasion la Maison-Théâtre Annexe.Qu'a-t-il donc de particulier ce théâtre qui s'adresse aux tout petits ?C'est le sujet de notre premier DOSSIER.Il y aura aussi les CHRONIQUES: sur la maison permanente, sur le travail et les réalisations des membres «sur toutes les scènes», sur ce qui se mijote ailleurs «au-delà des frontières».Un bloc d'INFORMATIONS, souvent présentées sous forme de questions.Puis, en clin d'oeil, LES PROPOS DE LAURENCE, comme une autre façon de réfléchir à «tous ces sujets si sérieux » (répété cing fois, c'est excellent pour la diction et le sens de l\u2018'humour!).Et pour créer un lien direct avec notre public lecteur, on vous ouvre le COURRIER.Alors.bonne rentrée ! Et tiens, faites donc de notre slogan votre leitmotiv pour démarrer la saison: «Cette année, je lis À L'AFFICHE!» .Et écrivez-nous! Jacinthe Potvin, REDACTRICE EN CHEF Pour recevoir À L'AFFICHE chez vous, appelez-nous: (514) 288-7211 À L'AFFICHE est publié par la Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse, 255, rue Ontario est, C.P.5456, suce.C, Montréal (Qc) H2X 3N3.Tél.(514) 288-7211 - Tirage 8,000 exemplaires Rédactrice en chet: Jacinthe Potvin Comité de rédaction: Hélène Beauchamp, Annie Gascon, Serge Marois, Jacinthe Potvin Collaboration à ce numéro: André Courchesne, Ghyslain Filion.André Lachance, Laurence, Pierre Tremblay Photo de la page couverture: Jean Blais Conception graphique: Roman-Fleuve Merci à Pascale Ratie et Chantale Cusson Dépôt légal, 4e trimestre 1989 Bibliothèque Nationale du Québec ISSN 0828-5551 La Maison-Théâtre est subventionnée par: Le ministère des Affaires culturelles du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.Commanditée par: La Société Alcan, La Presse, La SunLife du Canada, La Banque Nationale du Canada, Le Bureau laitier du Canada, Pétro-Canada, Culi- nar, L'Alliance des professeures et professeurs de Montréal Le personnel: Rémi Boucher, directeur général; Céline Laberge, adjointe aux opérations; Serge Rivest, directeur financier ; Martyne Robertson, directrice des communications; Daryelle Belzile, adjointe aux communications; Monique Bérubé, directrice des services à la clientèle; Bruno Lemieux, adjoint aux services à la clientèle ; Daniel Collette, directeur technique ; Mari-José Ploutfe.secrétaire: André Ruel, préposé à la billetterie; Pierrette Reid, coordonnatrice de l'équipe bénévole.Le conseil d'administration: Pierre Gauvreau, président, Société d'investissement Desjardins; Clothilde Cardinal, vice-présidente, Théâtre de la Marmaille; Alain Grégoire.secrétaire-trésorier, Théâtre le Carrousel.Administrateurs: Joseph M.B.Beaupré, La Société Caldwell International ; Hélene Blanchard, Théâtre des Confettis; Diane Boivin, Bureau du Coordonnateur fédéral du développement économique; Annie Gascon, Théâtre Petit à Petit; Sylvain Hétu, Les Productions Ma chère Pauline: Robert Lebeau, La SunLife du Canada; Reynald Robinson.Théâtre du Gros Mécano; Paule \u2018Tardif Delorme, Paule Delorme et associés.LE POINT DE VUE DE LA MAISON-THÉÂTRE photo: André Cornelier Maison-Théâtre a cing ans Cinq années de «préfiguration».Où on expérimente, on teste, on pose des assises; où en sommes-nous maintenant dans la réalisation de nos projets ?D'abord, avec 49 spectacles différents accueillis à la Maison-Théâtre, 700 représentations offertes et 235 000 spectateurs rejoints, avec une augmentation de près de 40 % du nombre de spectacles et de spectateurs, de 1984 à 1987, et lorsque l\u2019on considère que de toutes les institutions théâtrales canadiennes, la Maison-Théâtre est celle qui bénéficie proportionnellement de l\u2019appui le plus important du secteur privé, on peut dire sans doute que côté rayonnement, excellence et engouement pour le projet, c\u2019est assez concluant.Pourtant, il reste beaucoup d\u2019avenues à explorer.J'ai rencontré Rémi Boucher, directeur général de la Maison-Théâtre.«Jl faut pouvoir faire davantage.La Maison-Théâtre devrait permettre aux compagnies de donner 40, 50 représentations de leurs spectacles \u2014 plutôt qu\u2019une vingtaine comme actuellement \u2014 dans les meilleures conditions matérielles possible, notamment en leur versant des cachets plus substantiels compte tenu de la qualité de leur travail.En plus de cette importante «vitrine» qu\u2019est la Maison-Théâtre, il faut aussi créer un lieu aux conditions physiques et techniques qui permettent aux créateurs d\u2019aller au bout de leurs projets artistiques.Parce que la diffusion à l\u2019école suppose des paramètres bien précis parfois contraignants.Ce que l\u2019on devrait pouvoir se permettre, c\u2019est d\u2019avoir le choix d\u2019élaborer des projets pour l\u2019école et d\u2019autres pour la salle.Et que l\u2019un ou l\u2019autre de ces choix soit viable.Et la Maison-Théâtre voudrait contribuer à donner ce choix aux créateurs.Parce que c\u2019est essentiel à l\u2019évolution de la création.Et donner ce choix également au public, parce que c\u2019est essentiel d\u2019avoir accès à des approches multiples.Et pour ça, il faut aussi que d\u2019autres salles s\u2019ouvrent pour accueillir ce théâtre.Et les critères de qualité dans lesquels la Maison-Théâtre et ses 23 compagnies membres inscrivent leur façon de pratiquer le théâtre jeune public doivent avoir un effet d\u2019entraînement sur la façon dont on traite ce théâtre au Québec.La Maison-Théâtre est une référence.Elle est là pour stimuler l\u2019engouement qui existe pour le théâtre jeune public.Elle doit trouver comment rejoindre ce public dans sa curiosité et son audace.Et puis, la Maison-Théâtre doit être aussi le lieu des grandes questions qui concernent l\u2019enfance.Elle doit créer des liens avec les organismes qui s\u2019intéressent à l\u2019enfance dans le monde.Et il faut que les enfants d\u2019ici aient conscience de ça, et y participent ! » \u2014 Et pour commencer?«Tout.Le projet est ample et il faut le prendre dans toute son ampleur.» PROPOS RECUEILLIS PAR JACINTHE POTVIN LES SPECTACLES À L'AFFICHE octobre-novembre 1989 LES TROIS PREMIERS SPECTACLES LANCENT LES TROIS SÉRIES DE LA MAISON-THÉÂTRE Terre promise / Terra promessa ENFANCE NR SÉRIE Les fantaisies de Monsieur Whipple PAR LE COAD CANADA PUPPETS 1 er ENFANCE NR PETITE E I R PAR LE THEATRE DE LA MARMAILLE du 11 au 29 octobre Terre Promise, de Giacomo Ravicchio, Monique Rioux, Niro D'Introna, Daniel Meilleur, Michel Robidoux (musique originale) et Graziano Melano.MONTRÉAL TURIN, UNE RENCONTRE EXCEPTIONNELLE En 1985, la Marmaille et le Teatro dell\u2019Angolo, forts d\u2019un passé théâ- qui se ressemble et animés d\u2019un même désir de recherche, jumellent leurs énergies créatrices et conçoivent un projet de spectacle intercontinental sur la mémoire collective, la Terre promise.L'expérience est audacieuse compte tenu de la distance, de la langue, des cultures différentes et de deux démarches très personnalisées.Les deux compagnies profitent des tournées internationales pour se retrouver en sessions de travail.Cinq rencontres au total.Ils choisissent comme méthode l\u2019improvisation à deux voix: l\u2019une italienne, l\u2019autre québécoise.Ce choc des cultures provoque une ouverture sur les images et le contenu.ll en résulte neuf scénarios et vingt-deux cassettes vidéo.du au 19 novembre LES FANTAISIES D\u2019ARLYN ET LUMAN COAD photo: Roger Kerkham Pierre Tremblay, président de l\u2019Association québécoise des Marionnettistes, s\u2019est entretenu avec Luman Coad.PT.- Monsieur Whipple est un spectacle sans paroles.Cette forme vous attire particulièrement ?LC.- L'absence de paroles implique activement le spectateur dans le processus créateur et lui permet d\u2019investir, par son imagination, l\u2019univers proposé.À l\u2019instar du film muet ou des feuilletons radiophoniques, un spectacle sans paroles incite le public à combler l\u2019espace laissé vide, créant ainsi en lui une forte impression.Nos meilleures productions sont celles où il n\u2019y a pas de paroles.Le temps d\u2019une représentation est si court, et sans reprise possible.Il faut viser juste pour établir la communication.PT.- Vous vous adressez habituellement aux tout petits.Pourquoi ?Paul-Émile Rioux photo : Comme la création s\u2019étale sur trois ans, on imagine forcément des frustrations quant à la fréquence des échanges.Tout au contraire! La distance laisse le temps faire son oeuvre, permet le mûrissement des idées et oblige à des discussions concises.Le thème s\u2019épure.La langue ne s\u2019est jamais posée comme un obstacle au travail.Et le choix d\u2019un spectacle non verbal n\u2019est pas lié à la diffusion ; c\u2019est une conséquence de l\u2019exploration.En effet, c\u2019est la trouvaille de la «bande», ce concept formel qui offre une vision réduite de la scène, qui déclenche tout le processus de création, et insuffle les mouvements de la musique.L'intensité dramatique qu\u2019elle provoque écrasait la parole.Et c\u2019est ainsi qu\u2019en cours de travail, les mots se sont tus.Pourtant, Terre promise n\u2019est pas un spectacle silencieux.L'univers sonore, calqué sur la vie, enveloppe et intensifie les images.Le plateau est amplifié par des micros au sol.Pas de bande sonore.À chaque représentation, les acteurs réinventent les sons par leurs déplacements et leurs mouvements.Les intensités varient et, parfois même, le silence s\u2019écoute.L'environnement sonore et visuel grandit les objets et, ainsi, une simple pierre, témoin de la vie tout au long du spectacle, devient personnage.Les regards et les visages sont absents pendant la presque totalité du spectacle.Cette particularité exige une grande dose d\u2019humilité chez des acteurs habitués à établir un rapport direct avec le public.L'efficacité du jeu repose sur une énergie «explosive» et le rapport scène salle s\u2019établit au-delà des conventions traditionnelles.La rencontre de deux compagnies est toujours un événement.Parfois elles se court-circuitent, parfois elles «s\u2019éclatent».Le projet de Terre promise a favorisé des échanges riches et stimulants, a vu naître des complicités inébranlables, a permis à des créateurs souvent isolés dans leur travail de se ressourcer de façon inespérée, tant sur le plan collectif qu\u2019individuel.Avec Terre promise, la Marmaille et l\u2019Angolo aspirent à une parole ouverte sur le monde et manifestent une confiance absolue au théâtre, aux créateurs et aux spectateurs.ANNIE GASCON LC.- Nous préférons ce public à tout autre.Il est exigeant, difficile, mais tellement honnête.La réponse des tout petits est franche, immédiate.Jouer, créer pour eux, c\u2019est très excitant.Et puis, il existe sans doute un rapport privilégié entre ce public et la marionnette.Celle-ci permet d\u2019interrompre temporairement la réalité.C\u2019est là un jeu auquel les tout petits se prêtent très facilement alors que l'adulte, lui, regarde, analyse, évalue et puis, lentement, se détache de sa réalité.PT.- Parlez-nous un peu de votre méthode de création.LC.- Arlyn et moi travaillons conjointement à la réalisation du scénario.Par la suite, Arlyn se consacre à la scénographie et à la conception visuelle des marionnettes.Elle voit ensuite à la réalisation des personnages tandis que je me charge, sous sa supervision, de la construction des décors.Je travaille seul à la mise en scène du spectacle.Je me sers maintenant de caméras vidéo pendant les répétitions et, après les premières représentations, j\u2019effectue les ajustements nécessaires selon les commentaires d\u2019Arlyn et les réactions du public.Nous avons tenté de travailler avec des éléments extérieurs.Mais voilà, nous avons des idées très précises sur la direction que doit prendre notre travail et sur l\u2019art de la marionnette.Cela laissait peu de marge de manoeuvre à nos collaborateurs.PT.- Cet art de la marionnette, il vous tient beaucoup à coeur ?L.C.- Nous l'avons enseigné dans plusieurs universités, dont celle d\u2019Hawaï tout récemment, et nous donnons régulièrement des ateliers dans le cadre de festivals.Nous comptons d\u2019ailleurs intensifier cet aspect de notre travail dans le futur.Parallèlement, nous oeuvrons à la réalisation du Charlemagne Press une publication destinée aux marionnettistes et diffusée internationalement.En effet, améliorer l\u2019art de la marionnette et partager nos connaissances dans ce domaine, cela représente une dimension essentielle de notre démarche artistique.PT.- Vous avez piqué notre curiosité, Luman.Nous serons là pour rencontrer Monsieur Whipple lors de son séjour à Montréal. C\u2019est ce soir qu\u2019on soûle Sophie Saucier.ET QU'ON RETROUVE MA CHERE PAULINE! E JEUNESS SÉRIE du 8 au 26 novembre un texte de Sylvie Provost, en collaboration avec Sylvain Hétu et Jean Lessard photo: François Le Pailleur Ma chère Pauline, c\u2019est Sylvain Hétu, Sylvie Provost et Jean Lessard.DU THÉÂTRE POUR LES «14 ANS ET PLUS» Pauline, fabuleux personnage à trois têtes, pousse l\u2019illusion théâtrale jusqu\u2019à l\u2019ubiquité.Depuis cinq ans, elle crée, en alternance, des spectacles en tournée scolaire «pour adolescents », et d\u2019autres en salle fixe «pour adultes».Dissension entre les genres?Écartèlement entre les publics?Pauline, de connivence avec ses trois directeurs-auteurs-comédiens, bouscule ces frontières en rejoignant un seul public: les « 14 ans et plus».Le milieu scolaire lui offre un lieu de diffusion privilégié pour présenter aux adolescents des oeuvres de qualité qui interrogent leurs préoccupations.Elle enfonce les barrières des préjugés en intéressant les étudiants au théâtre et anime leur désir de voir d\u2019autres pièces, au-delà de l'encadrement scolaire.Simplement pour le plaisir, le plaisir du théâtre.Avec Le troisième fils du professeur Yourolov, une production dite «pour adultes», Ma chère Pauline a pu réaliser ses objectifs.Après avoir vu un autre de ses spectacles en milieu scolaire, Tiens res rêves, de nombreux jeunes ont manifesté un grand enthousiasme pour Wurolov et ont poursuivi de façon autonome leur rencontre avec la troupe et le théâtre.Ce spectacle a donc connu le succès auprès d\u2019un public élargi, diversifié, où chacun était d\u2019abord touché par le contenu dramatique.Et pour Pauline, le phénomène doit être réversible.Pourquoi un contenu dramatique dit «pour adolescents» n\u2019intéresserait-il pas un public adulte ?Il suffit que ce public se sente concerné.Qu'elle parle de l\u2019amour, de la mort, de la sexualité ou de l\u2019alcool, Ma chère Pauline parle toujours des choses de la vie et ça, ça concerne tout le monde.La communication, le bien-être, le «mal-être» sont au coeur de ses préoccupations et l\u2019âme de ses productions.Elle désire simplement exploiter la richesse dramatique de certaines situations si particulières à l\u2019adolescence pour enrichir sa théâtralité.Quant à la pédagogie, au sens étroit d\u2019exigences scolaires ou de contraintes d\u2019ordre didactique, elle est exclue de sa démarche.Tout art porte en soi sa propre vision des choses et, en confrontant des perceptions, des valeurs, il suscite la réflexion, le questionnement.Tout cela s'inscrit en termes d\u2019évolution et de changement, pour le mieux, on l\u2019espère.Est- ce que cela, en soi, ne fait pas foi de pédagogie?Avec Tiens tes rêves, Pauline a remporté le prix de La Meilleure Production Jeunes Publics, décerné par l'Association des critiques de théâtre.Elle est ambitieuse.Elle veut poursuivre sur cette lancée avec son tout nouveau spectacle C\u2019est ce soir qu\u2019on soûle Sophie Saucier.ANNIE GASCON du 28 novembre au 24 décembre Le Théâtre de Quartier La nuit blanche de Barbe-Bleue série enfance/ 5 ans et plus du 24 janvier au 11 février Le Théâtre de la Vieille 17 (Ottawa) Petite histoire de poux série enfance/ 6 ans et plus du 7 au 25 février Le Théâtre Le Carrousel Une lune entre deux maisons (version française, anglaise et espagnole) série petite enfance/ 3 à 5 ans du 14 au 25 février Le Théâtre du Sang Neuf Faut y croire pour le voir série jeunesse/ 12 ans et plus du 7 au ll mars Les Productions Geordie From you to us to you two série enfance/ 6 ans et plus du 21 mars au 8 avril Le Théâtre de Carton Oui ou non série enfance/ 6 ans et plus du Il au 29 avril La Compagnie Gare Centrale (Bruxelles) Petit pois série petite enfance/ 3 à 6 ans du 18 avril au 6 mai Les Productions Médium médium - Ecole Nationale de Théâtre du Canada Je n't'abandonnerai jamais série jeunesse/ 12 ans et plus du 9 au 27 mai Le Théâtre L'Arrière-Scène Monsieur Léon série enfance/ 5 à 8 ans SÉRIE ENFANCE / SÉRIE JEUNESSE Maison-Théâtre - salle Le Tritorium (métro Berri-UQAM) 255, rue Ontario est, Montréal SÉRIE PETITE ENFANCE «Maison-Théatre Annexe» (Espace GO) 5066, rue Clark, Montréal UN SEUL NUMERO DE TELEPHONE: 288-7211 N° 1, octobre 1989 LE DOSSIER À L'AFFICHE LE THÉÂTRE ET LES MOINS DE CINQ ANS: REJOINDRE LES TOUT PETITS Des moins de cing ans au théâtre?! par Hélène Beauchamp mpossible.Impensable.Ridicule!!! Ceux qui ont détesté entendre brailler des tout jeunes pendant un spectacle vous le diront avec force le théâtre est un art de la scène qu\u2019on apprécie seulement quand on peut rester assis dans un fauteuil, sans bouger, pendant au moins une heure ! En revanche, ceux qui ont déjà vu un auditoire de tout jeunes (50 ou 75 spectateurs) être attentif à un spectacle créé et joué pour eux vous diront exactement le contraire, et avec autant de force: les moins de 5 ans aiment le théâtre ; ce sont des spectateurs attentifs et capables de concentration.Qui croire?ÉCHOS DE MATERNELLES ET DE GARDERIES Pour en avoir le coeur net, j'ai posé la question à des éducatrices de garderie et de maternelle qui ont déjà tenté l\u2019expérience du spectacle avec leurs groupes.Elles m'ont dit que les jeunes apprécient l\u2019histoire, les personnages, les costumes, les objets-accessoires ; qu\u2019ils réagissent aux sentiments exprimés et savent, revenus à la garderie, donner leur opinion sur le spectacle.Les croire, elles ?J'en fus fort tentée, surtout qu\u2019elles répondaient à mes questions avec enthousiasme, qu\u2019elles étaient convaincues de l\u2019importance de l'intégration des arts dans la vie des tout jeunes et qu\u2019elles disaient vouloir continuer leur implication en ce sens! Bien sûr, ont-elles ajouté, il faut préparer les tout jeunes à l\u2019aventure théâtrale, bien les sécuriser quant au déplacement, quant à ce lieu nouveau qu\u2019ils vont connaître (un théâtre), quant aux émotions qu\u2019ils sont susceptibles de vivre.1 faut, en tant qu\u2019adultes, prévoir la complexité de l\u2019expérience pour ces spectateurs de 3, 4 ou 5 ans, qui sont différents des adultes, qui ne connaissent pas tous les mots, ni toutes les émotions, ni tous les tempéraments, ni toutes les expressions du visage, ni tout le vocabulaire gestuel, ni\u2026 Leur expérience du monde est toute récente, mais leur capacité de compréhension, de mémorisation et d'imagination est énorme.Peu de parasites, de préjugés pour encombrer leur esprit.Se pourrait-il, dès lors, qu\u2019ils composent un public différent, qu\u2019ils aiment des spectacles différents ?LES DIFFÉRENCES ET LEURS CONSÉQUENCES Si l\u2019on admet que le théâtre est d\u2019abord une rencontre entre des artistes et des spectateurs, peut-on penser qu\u2019il y a des artistes différents pour s'adresser à ces tout jeunes ?Des artistes qui ont envie de s'adresser à eux par goût, par affinité, par désir.Se pourrait-il, en plus, que cela soit légitime ?Apparemment, certaines personnes aiment parler aux enfants, leur raconter des histoires, jouer avec eux, pour eux, les faire entrer dans un jeu, dans l\u2019imaginaire, dans le fictif.Apparemment, même, certaines personnes en auraient le talent.Penser à son public.Penser au lieu où l\u2019on va jouer.Penser à faire plaisir dans une communication réussie.Penser à l\u2019échange et à la complicité.Se demander à quoi l\u2019autre pense, surtout s\u2019il est différent de soi, et mettre tout son art et toute son âme à une écriture forte, à la composition d'images puissantes.Penser à soi, à ce qui nous importe.Penser à une parole, à des images.Écrire.Jouer.Décrire les créateurs en théâtre pour la petite enfance ?Créateurs cons- Leur expérience du monde est toute récente, mais leur capacité de compréhension, de mémorisation et d\u2019imagination est énorme.cients, ils ont des choses à dire aux tout jeunes.Ils le désirent, ils aiment cela.lls ne le font pas par défaut, mais bien par plaisir.Du théâtre pour les moins de 5 ans?Oui! Ca existe en Italie, en Belgique, en France, en Russie, au Japon et\u2026 au Québec.Pourquoi ?Parce qu\u2019il y a partout des moins de 5 ans et des fous du théâtre.JOUER GAGNANT Bon, d'accord, certains auteurs, metteurs en scène, comédiens aiment créer et jouer pour-avec-devant de jeunes personnes.On le comprend, ce sont des artistes et des fous.Mais il y a plus grave: des administrateurs de théâtres et de compagnies qui programment des spectacles pour les tout petits.Voilà qui est suspect, l'opération n\u2019étant sûrement pas rentable.Mais la rentabilité n\u2019explique pas tout en art! «Ce théâtre doit exister, explique Rémi Boucher, directeur de la Maison-Théâtre, et dans de bonnes conditions.Ce que l\u2019on espère, c\u2019est l\u2019effet d'entraînement, sur les créateurs et sur les diffuseurs.» Ginette Noiseux, directrice artistique d\u2019Espace GO, ce lieu qui accueillera LA SÉRIE PETITE ENFANCE, explique qu\u2019elle avait envie depuis longtemps d\u2019ouvrir son théâtre aux petits.Et de les voir enfin envahir leur espace procurera un immense plaisir à toute l\u2019équipe.L'Espace GO veut créer des ponts, renouveler constamment son sens de l\u2019exploration et de l\u2019expérimentation et, dans cette optique, l\u2019idée d'accueillir les moins de 5 ans dans un lieu où de grands créateurs travaillent régulièrement est particulièrement attrayante.C\u2019est pour cette raison que la proposition de la Maison-Théâtre a été reçue avec autant d'enthousiasme.1L S'AGIT BIEN D'UN CHOIX Les tout jeunes trouveront donc cette année, à une adresse bien précise, du théâtre comme ils l\u2019aiment.C\u2019est là la preuve de la bonne santé du théâtre québécois et un exemple d'ouverture artistique et culturelle.Quand un théâtre est en bonne santé, tous les spectateurs sont pris en considération.Quand un groupe social offre aux tout jeunes la possibilité d\u2019entrer dans le jeu des arts et de la création, c\u2019est qu\u2019il est en bonne santé! Les artistes et les tout jeunes, c\u2019est là leur chance, sont souvent au point de départ des aventures les plus exaltantes ! Entrevue avec Suzanne Lebeau réalisée par Ghyslain Filion ofondatrice du Théâtre Le Carrousel, Suzanne Lebeau est l\u2019une des rares auteures en théâtre pour enfants de 3 à 5 ans.En fait, elle est la pionnière du théâtre pour les tout petits au Québec.Elle a écrit deux textes: Une lune entre deux maisons et La marelle, deux succès étincelants et un troisième est en chantier: Conte du jour et de la nuit.Nous l\u2019avons rencontrée afin qu\u2019elle nous livre quelques- unes de ses réflexions sur cet art si particulier.G.E - Dans votre démarche, vous privilégiez une approche qui adopte le point de vue de l'enfant.Comment cela se traduit-il dans la pratique ?S.L.- J'écris pour essayer de répondre à des questions sur la vie, l\u2019histoire, le monde, l'univers.Peut-être parce que je ne suis jamais certaine de rien.P\u2019écris pour les enfants et pourtant je suis une adulte, bien consciente d\u2019avoir quitté le monde de l\u2019enfance depuis longtemps.Aussi, pour m'aider à assumer ces contradictions, j'essaie de rester très proche des enfants, je tente de connaître tout ce qui les touche et de comprendre comment et pourquoi cela les touche sans m\u2019imposer de règles fixes, sans suivre de recette.Chaque thématique a ses propres besoins et d\u2019un projet d\u2019écriture à l\u2019autre je dois redéfinir ce que je veux aller chercher auprès des enfants et comment je vais aller le chercher.Cela peut se faire par des animations avant l\u2019écriture ou dans des jeux dramatiques sur les personnages, les situations ou par des lectures d\u2019une première version du texte.Par contre, je pars toujours du postulat de base qui établit que les enfants vivent dans le même monde que nous, les adultes, avec les mêmes réalités et dans une gamme d\u2019émotions aussi variée.Par exemple, jai par rapport a la mort des interrogations qui ressemblent beaucoup a celles de ma fille de 3 ans et a celles de mon fils de 13 ans mais tous les trois, nous allons les formuler différemment.G.E - Est-ce qu'il y à un type de langage théâtral à privilégier dans le théâtre pour les 3 à 5 ans?S.L.- Je crois que le théâtre est un art qui rejoint particulièrement bien les 3 à 5 ans.Parce qu\u2019ils sont très près du jeu, ils sont très proches du théâtre.Ils jouent la réalité pour la découvrir.Ils jouent les émotions pour les comprendre.Le jeu est leur mode d\u2019appréhension de la réalité.De plus, l\u2019apprentissage de la pensée symbolique se fait à cet âge: le petit commence à reconnaître et à décoder les multiples signes qui l\u2019entourent.Et le théâtre est justement un art de signes et de symboles.Comme créatrice je me sens donc tout à fait à l\u2019aise d'écrire pour ce public de tout petits si sensibles au langage des images, bien convaincue moi-même que tou- tes les choses de l\u2019univers sont étroi- La marelle tement reliées entre elles et que rien photo: Robert Etcheverry Une lune entre deux maisons, à la Maison-Théatre en février 1990 «ILS SONT TRÈS PROCHES DU THÉÂTRE.ILS JOUENT LA RÉALITÉ POUR LA DÉCOUVRIR.ILS JOUENT LES ÉMOTIONS POUR LES COMPRENDRE » n\u2019est innocent dans l\u2019organisation de la vie naturelle ou sociale.J\u2019établis donc, dans mes textes, la communication avec les petits à travers des jeux d'images susceptibles de les toucher à ce moment de leur développement intellectuel, émotif et psychologique.Des images qui expriment tout d\u2019abord la réalité (par exemple la lune est un astre qui nous dit que c\u2019est la nuit), mais qui font aussi naître des émotions et des connotations particulières (la lune c'est aussi la peur de la noirceur, de l'inconnu).Une autre de mes préoccupations d\u2019auteure trouve un écho chez le public des petits: comment structurer le temps dramatiquement ?Entre 3 et 5 ans, les enfants ne sont pas attachés à une organisation rationnelle du temps et ils n\u2019ont pas besoin d\u2019une structure linéaire pour se retrouver dans l\u2019histoire ou les situations qui leur sont présentées.Je peux donc jouer avec le passé, le présent, le futur dans des interrelations plus poétiques que réalistes, avec une grande liberté d\u2019action.G.E - Pour la plupart des enfants de cet âge, c'est le premier spectacle de théâtre auquel ils assistent.Est-ce qu'un pédagogue doit les préparer à cette expérience ?S.L.- S\u2019il s\u2019agit d\u2019enfants d\u2019âge scolaire, je ne pense pas qu\u2019on doive obligatoirement les préparer au théâtre ou à un spectacle en particulier.Par contre, quand il est question des tout petits, il est important de leur dire qu\u2019ils vont voir du théâtre et il peut aussi être amusant de leur parler des différents éléments du langage théâtral : le décor, les personnages, les costumes, la musique, la lumière\u2026 Sans jamais parler directement du spectacle, sans raconter l'histoire, l\u2019enseignant ou l\u2019animateur peut stimuler l\u2019imagination, la sensibilité et la créativité des enfants en évoquant un ou des éléments du spectacle.Le titre à lui seul peut être un excellent déclencheur d\u2019activités.Une lune entre deux maisons.Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ?Qu\u2019est-ce qui va arriver?Qui habite les maisons ?On en parle, on fait un dessin, on fait un jeu mimé.on invente, on raconte avant et après.Tout ce qui peut être opportun à ce moment-là dans le groupe\u2026 puisqu\u2019en animation, pas plus qu\u2019en création, il n\u2019y a de recette infaillible.Une bonne relation d\u2019animation suppose d'être attentif à tout ce qui se passe dans son groupe et d\u2019être capable de réagir rapidement à différents stimuli.Je crois que l\u2019enseignant devrait se servir du spectacle comme d\u2019une pomme qu\u2019un enfant aurait apportée en classe.D'où viennent les pommes?Es-tu déjà allé (suite à la page 8) Patrick Berger photo: photo: Théâtre de l'Oeil Qu'est-ce qui motive les créateurs et les compagnies à s'adresser à la petite enfance?par Serge Marois N'ayant jamais travaillé moi-même pour ce groupe d\u2019âge, j'avais envie d\u2019entendre parler des plaisirs, de la nécessité et peut-être même de l\u2019utopie liés à ce type de création.J'ai rencontré André Laliberté (directeur artistique du Théâtre de l\u2019Oeil) et Louise LaHaye (auteure et directrice artistique du Centre de création et de diffusion de Longueuil).PRÊT POUR L'AVENTURE e Théâtre de l\u2019Oeil est en ce moment en processus de création d\u2019un premier spectacle spécifiquement destiné à la petite enfance.André Laliberté parle de page blanche quand je lui demande comment on aborde ce groupe d\u2019âge.C\u2019est d\u2019abord par goût de l\u2019aventure et par choix artistique que la compagnie créera ce spectacle.Devant mon insistance à vouloir croire qu\u2019il faille une étude poussée de la psychologie des 3 à 5 ans, André me rassure par son refus des ghettos.Il aborde cet âge avec intuition, sensibilité et respect, en tenant compte bien sûr de certaines contraintes de base comme 1l y en a toujours, d\u2019après lui, dans tout acte de création.Quand on a compris que pour les 3 à 5 ans, 1l faut tenir compte de la durée du spectacle, de son format, du contact et de l\u2019environnement, la création semble posséder beaucoup de liberté et cette liberté, il y tient, il y croit.11 assume très bien la part de naïveté et d\u2019intuition qui le guide.N\u2019est-ce pas le propre de l\u2019art justement ?Ça y est, me voilà rassuré sur la liberté créatrice et André ne veut pas établir de règles, de marche à suivre, il attend la rencontre avec son public pour en dire davantage.Pour l'instant, c\u2019est le désir et l\u2019espoir qui règnent au Théâtre de l\u2019Oeil.Mais pour une compagnie, programmer un spectacle pour la petite enfance signifie une rentrée d\u2019argent inférieure à celle d\u2019une autre production.Le risque financier est d\u2019autant plus grand quand on sait que, déjà, le théâtre jeune public roule à la limite du seuil de rentabilité.Là- dessus, André est clair: l\u2019Oeil ne pourrait pas produire que ce type de spectacle.En ce moment, d\u2019autres productions plus rentables permettent à la compagnie cette aventure artistique.Pourtant, il y a un besoin dans ce marché.Mais les fonds manquent indéniablement.C\u2019est un débat que l\u2019Oeil a envie de poursuivre: répondre à une demande, faire la preuve qu\u2019il est nécessaire de créer pour la petite enfance et sensibiliser les sub- ventionneurs aux besoins financiers reliés à cette clientèle.Comme André, je pense qu\u2019il faut toujours aller au bout de nos désirs Pas de ghetto: À dos de soleil (1979) rejoignait déjà les tout petits.artistiques et tenir en parallèle un discours qui revendique le droit à la viabilité particulièrement dans les champs d\u2019activités reliés à l\u2019enfance, déjà si peu valorisés socialement.André Laliberté aborde cet âge avec intuition, sensibilité et respect.\u2026 faire tout ce qu'elle peut pour permettre au théâtre jeune public d'exister dans des conditions dignes de l\u2019art théâtral.Le risque et le plaisir de la création (Le cocodrille).© DES ÉLANS ET DES CONTRAINTES e pressentais, en rencontrant Louise LaHaye, que je serais confronté à une vision déstabilisante et provocante du théâtre pour le jeune public.Au fil des années, Louise s\u2019est retrouvée à vivre la création à la fois de l\u2019intérieur et de l\u2019extérieur.Elle a écrit pour les tout petits, pour les plus grands, elle a un spectacle pour adultes en chantier et elle a aussi été maître d\u2019oeuvre d\u2019événements comme le Festival international de Théâtre Jeunes Publics du Québec.La voilà aujourd\u2019hui directrice du nouveau Centre de création et de diffusion de Longueuil ; un itinéraire qui lui permet d'aborder la question sous des angles variés.D'abord je m'adresse à l\u2019auteure et je veux savoir s\u2019il y a des spécificités dans l\u2019écriture pour la petite enfance.Oui, les tout jeunes enfants ont des modes de perception très différents des adultes et même des enfants un peu plus vieux.Comme auteure, Louise est passionnée par les études de Piaget et se sert de certains postulats que le maître a énoncés avant de s\u2019investir dans l\u2019écriture pour la petite enfance.Le défi de l\u2019efficacité face à un public qui a des particularités la stimule, déclenche son processus de création.Louise se définit comme une conceptuelle ; mettre (suite à la page 8) photo: Robert Lamoureux LEBEAU cueillir des pommes\u201d As-tu déjà vu un pommier?Qu'est-ce qu\u2019on fait avec les pommes?La préparation n'est pas nécessaire, mais tout spectacle peut devenir un merveilleux centre d'activités ludiques et créatives.Et pourquoi l'enseignant ne lirait-il pas le texte du spectacle qu\u2019il à choisi pour sa classe?1! comprendrait alors rapidement comment il peut exploiter une thématique.des situations, comment il a envie de vivre ce spectacle avec ses petits.G.F - Er après le spectacle, quel genre d'interventions l'enseignant peut-il faire ?S.L.- Il n\u2019est pas nécessaire de faire raconter aux enfants toute l\u2019histoire pour vérifier leur compréhension.Ce n\u2019est pas encore facile (et pas non plus essentiel pour son plaisir) pour un petit de 3 ans d\u2019aligner dans un ordre logique tous les éléments de l'histoire.Par contre, l\u2019animateur attentif va tout de suite reconnaître les allusions, les références (comme dans le spectacle, l'autre fois.te rappelles-tu?) et par des questions il peut faire développer la pensée des petits et leur permettre d\u2019élaborer leurs impressions du spectacle.Tout comme pour nous, les adultes.Nous n'avons pas toujours le goût de raconter l\u2019histoire du spectacle.Par contre, nous avons souvent envie de partager nos impressions.Il faut donc donner à l'enfant la possibilité de réinvestir ses impressions dans des activités ludiques comme la marionnette, les jeux d\u2019ombres, les dessins, etc.G.E - Est-ce que le théâtre pour les tout petits a un avenir au Québec ?S.L.- Il est difficile de dégager des tendances dans le théâtre pour les 3 à 5 ans.Les expériences.on en parle encore après dix ans d\u2019expérience et c\u2019est bien normal car on peut compter sur les doigts d\u2019une seule main les spectacles qui s'adressent spécifiquement à ce groupe d'âge.C'est facile à comprendre.Le spectacle pour les petits nécessite des conditions d'intimité et de complicité qui ne s'entendent pas particulièrement bien avec les critères de rentabilité et, à la limite, de saine gestion d\u2019une compagnie de théâtre.11 faut l'aimer passionnément pour en faire un peu.Il faudrait une volonté publique et politique de soutenir vraiment la création pour les petits.Pour cela, il faudrait que la société reconnaisse aux tout petits une place réelle.Je rêve souvent qu'à toutes les premières de théâtre pour les enfants de tous les âges le ministre des Affaires culturelles se précipite, sa serviette sous le bras.«C\u2019est ainsi que ça se passe chez nous», me racontait un ami suédois.LAHAYE son besoin et son goût d'écrire au service de certaines données, c\u2019est un défi dont elle a besoin.Est-ce qu\u2019écrire dans ces conditions ne se rapproche pas un peu de la commande ?Probablement, et ce sans connotations péjoratives car, dans sa démarche d'efficacité, Louise est amenée à modifier certains codes dramatiques et ainsi, à chaque fois, à prendre le risque et le plaisir de la création.Avant même d\u2019être en poste à Longueuil, Louise avait fait le choix de prendre une distance par rapport à l\u2019écriture pour le jeune public.Y aurait-il dans ce métier des contraintes, des utopies et peut-être même du déplaisir?Là-dessus Louise est tranchante ; elle choisit de s\u2019éloigner du ghetto parce que pour elle, il y a ghetto.On décide d'écrire pour le jeune public pour se protéger de la jungle, parce qu\u2019il y a des combats qui ne nous intéressent pas, parce qu'on tient à notre fragilité, à notre sensibilité qui nous donnent des affinités avec le monde de l'enfance.Mais le jour où on réalise que ce ghetto nous laisse en marge des autres créateurs, de la reconnaissance, et qu\u2019à l'intérieur même du ghetto se développe aussi une atmosphère de jungle, on décide de quitter l\u2019oasis et de franchir le mur du son des adultes avec le risque de mourir mais aussi le risque de se retrouver à côté de ceux qui ont droit au regard du monde.Et si Louise ne veut plus s'impliquer comme auteure en théâtre jeune public, elle reste profondément sensible à la création.Elle veut faire tout ce qu\u2019elle peut, dans son nouveau rôle, pour permettre au théâtre jeune public d\u2019exister dans des conditions dignes de l\u2019art théâtral: offrir aux compagnies un lieu de diffusion en souhaitant qu\u2019un réseau finisse par s'installer (enfin!), réseau qui donnerait accès aux créateurs, de façon permanente, à des outils dignes de leur métier.Louise croit au développement du théâtre jeune public et c\u2019est de l\u2019autre côté de la barrière qu\u2019elle veut y travailler.On perd un auteur, temporairement, mais on gagne un interlocuteur sensible aux besoins de la création.On ne réglera jamais le sort du théâtre pour enfants comme on ne changera pas le monde mais, au moins, donnons-lui la possibilité d\u2019exister vraiment.Ensuite, ce sera une question de choix personnel, de frustrations assumées, et de plaisirs retrouvés.Il est toujours stimulant d\u2019aller voir ailleurs si l\u2019on y est\u2026 aussi ou mieux.LE COURRIER POURQUOI CE COURRIER?[0 Pour vérifier vos connaissances.© Vérifier si nous sommes lus.C] Parce que nous sommes à court de textes.\u2018N] Parce que nous voulons que nos textes se croisent.Oui.Créer un chassé-croisé d\u2019opinions, de questions ou de réflexions, autour du théâtre jeune public\u2026 et de ce public lui-même, de sa place dans la culture, dans la société.Prenez le crayon, ou le clavier, pour nous répondre, nous relancer, vous positionner, interpeller, ou réver.Cet espace sera le vôtre.Sans MAISON-THÉÂTRE À L'AFFICHE/LE COURRIER C.P.5456 suce.C Montréal (Qc) CANADA H2L 3N3 vous, il demeurera triste et blanc. SUR TOUTES LES SCÈNES Le Théâtre de la Grosse Valise fera, du 6 au 30 novembre, une tournée en Allemagne.Avec Des masques et vous, un spectacle qui a connu un vif succès à la Maison- Théâtre en octobre 1988.Le Théâtre de Carton offrira L'amour guérit, d\u2019après Molière, son dernier spectacle grand public, au Théâtre de la Bordée, à Québec, à compter du 17 octobre.Puis, au tout nouveau Centre de création et de diffusion de Longueuil, du 21 novembre au 15 décembre.Le Théâtre Petit à Petit joue aussi pour le grand public: Les amis, de Kobô Abe, mis en scène par Claude Poissant, prendra l'affiche à l'Espace GO, du 24 octobre au 8 décembre.Bonne fête Willy, du Théâtre de POeil, prendra l'affiche à l\u2019Atelier du Centre National des Arts d\u2019Ottawa le 14 novembre pour une série d\u2019une vingtaine de représentations.Le Théâtre 1000 tours, de Drum- mondville, sera ce mois-ci dans la région métropolitaine pour une série de représentations de Kilalo, un scénario de Louis-Dominique Lavigne, mis en scène par Gaston Labonté, réalisé pour l\u2019A.C.D.1.Le Carrousel célèbre brillamment son 15e anniversaire cette année.Il effectuera cet automne une importante tournée en France et en Belgique, notamment au Festival du Jeune Théâtre à Liège, avec Gil.Puis, du 23 novembre au 17 décembre, 1l créera le plus récent texte de Suzanne Lebeau, pour les 7 à 12 ans, Comment vivre avec les hommes quand on est un géant.À la Salle Fred- Barry, à Montréal.Du 28 août au 7 septembre dernier, le Théâtre de la Grosse Valise offrait un atelier Jeu Shakespeare, auquel ont participé une vingtaine de comédiens et comédiennes.Cet atelier était dirigé par Guy Freixe, anciennement du Théâtre du Soleil d\u2019Ariane Mnouchkine.Quand on parle de formation continue! LES CHRONIQUES À L'AFFICHE Terre promise a reçu le prix de La Meilleure conception visuelle et sonore du Festival de Théâtre des Amériques de 1989.Puis, elle a remporté un éclatant succès à Lyon, en France, lors des Rencontres Internationales Théâtre et Jeunes Publics (RITEJ).Jeunesse En Scene (JES) continue son petit bonhomme de chemin sous la direction d\u2019Héléne Beauchamp, membre associée de la Maison-Théâtre et professeure au département de Théâtre de l'UQAM.Ce projet de recherche subventionné (CRSH) interroge le rapport des adolescents au théâtre: celui qu\u2019ils font, celui qu\u2019ils aiment voir.Voulez-vous collaborer?Composez le (514) 987-8437, et demandez JES.Jasmine Dubé, l\u2019auteure de Bouches décousues (présenté à la Maison-Théâtre au printemps 1987), s'envole pour la Suisse.Elle assistera à la première européenne d\u2019une adaptation de sa pièce, produite par le Théâtre Claque de Lausanne.Dynamo Théâtre et son spectacle Mur-mur se balladent un peu partout au Canada et aux États-Unis.En décembre, la compagnie donne une série de représentations.en Floride! Si vous n\u2019avez pas encore vu le spectacle, quelle belle occasion! QUAND JE SERAI GRANDE, JE SERAI PERMANENTE.note de l'auteure : La Maison- Théâtre, logée au Tritorium du CÉGEP du Vieux-Montréal, bien sûr, c\u2019est temporaire.C\u2019est le lieu destiné à la période dite de « préfiguration».Mais où en est la réalisation du projet de maison permanente ?Nous avons surpris une conversation passionnée entre deux personnages-clés de l'aventure: Maison-Théâtre et son Dégé (directeur général), Rémi Boucher.M.T.\u2014 (Quand j'ai lu le titre de la chronique, je me suis précipitée dans son bureau.) Mais je SUIS grande! Ca fait cinq ans que je vis, que j\u2019éclate en centaines de illustration: Stéphane Ballard représentations, en milliers de spectateurs réjouis! Et justement, j'étouffe dans mes vieux habits de préfiguration! La! Dégé - Respire.Alors?On na plus d\u2019humour?M.T.- (C\u2019est une chose que je ne veux pas perdre.J'ai souri.Jaune.) \u2026 Dégé - Écoute.L'impatience, je comprends.Mais.«O.K.Everybody?Take a valium.» MT.- (Jai eu l\u2019air étonné.) m Dégé - Je cite René Lévesque ! C'était rapporté par Aislin au lendemain des élections en 1976.(Et il ari.) Écoute.(Là, il est devenu sérieux.) Je pense réellement qu\u2019on ne se rend pas compte de tout ce qui a été fait en cinq ans.À quel point l\u2019ensemble du projet de la Maison-Théâtre est É- NOR-ME.(II insistait vraiment sur le mot.) M.T.- Oui\u2026 bien sûr.Mais\u2026 la maison permanente?! Tant qu\u2019on ne l\u2019a pas, tous nos projets en-dehors de la diffusion des spectacles, ils s\u2019essoufflent! Non ?!! (Et en entendant mon ton de voix, j'ai repensé à la citation.J'ai souri.) Dégé - D'abord, je pense qu'il ne faut pas «attendre» la maison permanente! C\u2019est un dossier parmi d\u2019autres.Et s\u2019il prend beaucoup de place présentement, c'est qu\u2019il est sur le point d\u2019aboutir.Mais cela ne nous empêche pas d'avancer.À tous les niveaux.Et quand on arrivera dans notre maison permanente, on l\u2019occupera entièrement.Parce qu\u2019on aura déjà amorcé un travail sur tous les plans.On peut voir le rêve entre quatre murs.On peut aussi comprendre que le rêve est partout.Qu'il se loge partout.M.T.- (J'ai aimé ça.Mais j'ai insisté.) Oui.mais.les murs.?(Cette fois, c\u2019est lui qui a souri.) Dégé - Apres cing ans, on connaît clairement nos besoins.On sait ce qu\u2019on veut et ce qu\u2019on ne veut pas.L'étude rendue publique en juin dernier nous a permis de revenir à notre projet de départ, celui de 1984.Et nous n'avons fait aucune concession sur ce point.La maison permanente, ce sera: une construction \u2014 pas une rénovation \u2014 autonome, au centre- ville: trois salles, comprenant un espace pour les expositions; un centre où les enfants pourront venir passer une partie de la journée parce qu\u2019il y aura d\u2019autres activités.Grâce à une subvention de 25 000 $ de la Ville de Montréal, Cultur\u2019Ine a réalisé avec nous cette mise à jour.Et ça inclut une étude d'implantation.Et J'ajoute que ce travail d'élaboration de notre programme architectural et scénographique a été passionnant.Maintenant, la Ville de Montréal accepte de nous fournir un site.Nous avons identifié les plus favorables pour notre projet.Dès l'attribution de celui-ci par la ville, le ministère des Affaires culturelles du Québec accepte de procéder.Et présentement, nous sommes en pourparlers avec le gouvernement fédéral pour ce qui est des équipements.Alors?Je pense que nous sommes sur la bonne voie.(à suivre) JACINTHE POTVIN AU-DELÀ DES FRONTIÈRES Théâtre pour les tout petits.en Belgique Savez-vous qu\u2019il s\u2019est créé en Wallonie, de 1973 à 1988, pas moins de 29 spectacles pour les tout jeunes?Qu\u2019en moyenne, chacun été joué 400 fois ?Que, bon an mal an, au moins dix compagnies sont fidèles à leurs jeunes spectateurs ?Que des auteurs, des comédiens, voire des scénogra- phes s\u2019identifient (aussi) à ce théâtre à titre de créateurs?C\u2019est ce que nous apprend, entre autres, Théâtre pour les tout petits, dossier réalisé par Catherine Simon pour le Centre Dramatique de Wallonie pour l\u2019Enfance et la Jeunesse* et paru en mai 1989 (56 p.).On y retrace le développement de ce théâtre en Wallonie, on y pose des questions de fond (animation ou théâtre ?petit ou grand spectacle?peur ou émotion?) et on y demande leur avis aux institutrices concernées.Les textes de réflexion réunis par Catherine Simon (auteure de pièces pour les tout petits) sont anciens (1973) ou nouveaux (1988) et ils donnent la parole à onze créateurs belges et français dont : Agnès Limbos (dont on verra Petit pois cette saison), Émile Hesbois (animateur extraordinaire et auteur de Les enfants et la création collective \u2014 Editions de Boeck), Chantal Lempereur (auteure et comédienne), Alain de Neck (comédien au Théâtre de Galafronie), Françoise Pillet (ex- directrice artistique du Théâtre de la Pomme Verte).Un texte et des extraits de quatre pièces complètent le dossier par ailleurs agrémenté de nombreuses photos où costumes, décors et marionnettes sont en évidence.Cette publication est importante.Elle dit bien qu\u2019il y a une forte demande pour ce théâtre.Elle confirme l'intérêt que portent les artistes aux tout jeunes malgré le peu de satisfaction financière qu\u2019ils en tirent.Dans un tel contexte, «l\u2019offre» ne correspond sûrement pas à la «demande» et, faute de petits sous, les créateurs doivent parfois s'abstenir.de créer.C\u2019est dommage\u2026 HÉLÈNE BEAUCHAMP * Rue des Canadiens, 83 - 7060 Strépy-Bracquegnies, Belgique.INFO-INFO-INFO-INFO Les grandes époques et les moments importants du théâtre, Côté cour LE PASSEPORT FAMILLE Si la rencontre d\u2019un art faisait naître le désir d\u2019en rencontrer un autre?Pour soutenir sa campagne d'abonnement à la saison 89-90, la Maison-Théâtre a créé le PASSEPORT FAMILLE en s\u2019associant au Musée des Beaux-Arts, à l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal, à IMAX et Expotec.Ainsi, jusqu\u2019au 30 juin dernier, s'abonner à la Maison-Théâtre donnait accès à tout un éventail d\u2019activités culturelles destinées à la famille.Une réussite côté marketing: on amorce présentement la deuxième phase de la campagne avec un nombre d\u2019abonnés déjà supérieur au nombre total de ceux des années précédentes ! Et des liens se tissent: la Maison-Théâtre tenait un kiosque d\u2019information au Musée des Petit pois, du 11 au 29 avril prochain a la Maison-Théâtre photo: Luc d'Haegeleer 10 Beaux-Arts, les 23 et 24 septembre dernier, alors que celui-ci lançait son projet éducatif.Et c\u2019est Côté cour, une installation-théâtre du Théâtre l\u2019Arrière-Scène qui animait l\u2019événement de sa présence.THÉÂTRES UNIS ENFANCE JEUNESSE Le milieu du théâtre enfance jeunesse s\u2019est beaucoup développé et structuré au Québec ces dernières années.THÉÂTRES UNIS ENFANCE JEUNESSE est l\u2019un des organismes dont il s\u2019est doté.TUEJ regroupe les producteurs (compagnies) de ce théâtre et compte actuellement 20 membres, actifs et stagiaires, parmi les compagnies les plus importantes du Québec et du Canada francophone.En mettant en commun certaines réflexions d'ordre administratif liées aux projets artistiques de leurs compagnies, les membres de TUEÏI contribuent à l\u2019amélioration des conditions de travail et de gestion de leur secteur d\u2019activité.Par la signature d\u2019une entente avec l\u2019Union des Artistes visant l\u2019harmonisation des règles de scène, par l\u2019étude et la proposition de recommandations éclairées sur les politiques culturelles des divers paliers gouvernementaux, TUE) participe à l\u2019avancement de la qualité du théâtre enfance jeunesse d\u2019ici.ANDRÉ LACHANCE Président de TUE] photo: Paul Livernois LA LOI 107 En décembre dernier, l\u2019Assemblée Nationale a voté une loi portant sur la refonte de la Loi sur l\u2019instruction publique, et dont la majorité des dispositions sont entrées en vigueur le ler juillet 1989.Les dispositions qui touchent le plus le théâtre enfance jeunesse reposent sur le principe de l\u2019accessibilité libre, gratuite et universelle au système d'éducation québécois.Ce principe s\u2019étend à toutes les activités, dont le théâtre, qui sont présentées sous le couvert ou à l\u2019intérieur d\u2019un cours.Pour ces activités, donc, l\u2019accès doit être gratuit pour tous les élèves.Comme on le sait, le budget des activités théâtrales est faible dans les écoles et celles-ci font souvent appel à un comité de parents pour financer ces activités.La Loi 107 amplifiera cette pratique car, dorénavant, aucun montant ne pourra être demandé aux enfants pris individuellement.Compte tenu des ressources limitées des comités de parents, un des effets possible de la Loi serait la diminution de la diffusion de spectacles pour jeunes publics et une pression à la baisse sur les prix de vente.TUEJ suivra attentivement auprès de ses membres l\u2019évolution du marché scolaire lors des prochains mois.ANDRÉ COURCHESNE Le Carrousel ndlr: Si vous souhaitez réagir à l\u2019une ou l\u2019autre de ces nouvelles, qui se veulent aussi des questions: LE COURRIER est là! LES PROPOS DE LAURENCE\u201d Thé-au-riz Marc \u2014 c\u2019est mon père \u2014 laisse tout traîner.Papiers, vêtements, vaisselle, cigarettes, littérature et collections de choses inutiles, tout se mélange au fil des jours.Il s\u2019y retrouve mieux ainsi.Et il ne compte sur personne pour ramasser le tout parce qu\u2019il a une belle éducation.Alors moi, je ne touche à rien (car j'ai appris le mot «respect» à coups de taloches \u2014 c\u2019est une image) sauf si ça me concerne.Le problème c\u2019est que ça me concerne toujours parce que mon père est enfantologue de profession.C'est-à-dire qu\u2019il essaie d\u2019établir des théories (il dit ce mot-là de façon saccadée et avec la mâchoire tendue) sur la jeunesse pour s\u2019assurer que la planète est bien ronde.Par exemple, l\u2019autre jour, quand je lui ai dit que je voulais aller au théâtre, il a paniqué.Comment s'assurer qu\u2019un spectacle m\u2019est destiné ?«D\u2019abord, tu dois te fier au titre du spectacle», me dit-il d\u2019un ton ferme.«Les spectacles pour enfants ont des prénoms dans le titre, ou tout au moins une identité identifiable.Max et Millie.Gil.Denis St-Onge.Sophie Saucier.Monsieur Léon.Tu vois, c\u2019est facile.» Il enleva ses lunettes quand je lui annonçai que j'irais donc voir Richard IH et me conseilla de m\u2019inspirer plutôt des noms de compagnies.«Marmaille, Oeil, Illusion, Chiffon, tu vois c\u2019est facile.» «Qu'est-ce qui est le meilleur au Petit à Petit, osai-je, Les Feluettes ou Les Amis?» Marc nettoya ses lunettes vigoureusement et regretta un instant de m\u2019avoir envoyée dans une école alternative.Découragé, mais voulant montrer son ouverture d\u2019esprit, il me conseilla d\u2019aller voir Les enfants n\u2019ont pas de sexe ?sans se douter qu\u2019à mon école je l\u2019eusse déjà vu quatre fois.«Comprends-tu qu\u2019il y a des thématiques pour les jeunes et d\u2019autres pour les adultes?» Pour lui faire plaisir, je feignis de ne pas comprendre le mot «thématique».Pour les revaloriser.Lui et le mot.Et si je regardais les affiches, tout simplement ?«Bonne idée ma chérie», rétorqua-t-il le front perlé de sueur.Et il me recommanda de m'\u2019en tenir aux publicités affichant des animaux.«C\u2019est une garantie de divertissement», insista-t-il, souhaitant au fond de lui que je fisse excursion au Zoo de Granby.Et que j\u2019y élusse domicile.Alors j'ai vu Un simple soldat, à cause du mouton sur l\u2019affiche, que j'ai bien aimé.A mon retour, toute la maison était à l\u2019ordre, Marc ronflait dans son bain d\u2019algues marines et sur mon lit, il y avait le dépliant de la Maison-Théâtre qu\u2019il avait dû retrouver en rangeant ses théories, et une note: «Laurence, ta mère passe te prendre ce soir.» * Vous reconnaissez Laurence ?En 1985, dans Les Maldisances, le quotidien du Festival international de Théâtre Jeunes Publics du Québec, elle livrait déjà ses opinions.Aujourd\u2019hui Laurence a grandi: elle a neuf ans.Elle écrit.Et se prononce.Absolument sur tout.11 LES COMPAGNIES MEMBRES DE LA MAISON-THÉÂTRE SE PRODUISENT PARTOUT AU QUÉBEC.APPELEZ-LES! Atelier-Théâtre Les mains Au pays de nulle part (6 à 12 ans) La boîte mystérieuse (3 à 10 ans) Ventrecreux et Ventreplein (3 & 10 ans) (514) 272-9497 Théâtre L'Arrière-Scène Monsieur Léon (5 à 8 ans) Côté cour (9 ans et plus) (514) 467-4504 Théâtre de l\u2018Avant-Pays Charlotte Sicotte (5 à 12 ans) (514) 844-6084 L'Aubergine de la Macédoine Bibliofolie (5 a 12 ans) Duo et débat (5 à 12 ans) (418) 529-0677 Théâtre Bouches décousues Le mot de passe (3 à 7 ans) (514) 521-0510 Théâtre Le Carrousel Gil (9 ans et plus) Les petits pouvoirs (6 ans et plus) Comment vivre avec les hommes quand on est un géant (7 à 1Z ans) Une lune entre deux maisons (3 à 5 ans) (514) 364-9810 Théâtre de Carton Oui ou non (5 à 12 ans) (514) 674-3061 Dynamo Théâtre Mur-mur (9 ans et plus) (514) 274-7644 Théâtre des Confettis Comment devenir parfait en trois jours (6 ans et plus) (418) 692-2550 Les Productions Geordie From you to us to you two (5 ans et plus) (514) 845-9810 Théâtre du Gros Mécano Le cabaret à légumes (5 à 12 ans) Le secret couleur de feu (6 à 12 ans) Rouge Tandem (6 à 12 ans) (418) 694-0181 Théâtre de la Grosse Valise Des masques et vous (5 à 12 ans) (514) 288-4700 L'Ilusion.Théâtre de Marionnettes La crèche de Bethléem (pour tous) Cirque (pour tous) (514) 843-4173 Les Productions Ma chère Pauline C'est ce soir qu'on soule Sophie Saucier (14 ans et plus) (514) 597-2263 Les Marionnettes du Grand Théâtre de Québec Le petit cheval bleu (5 à 12 ans) (418) 643-1512 Théâtre de La Marmaille Terre promise/ Terra promessa (8 ans et plus) Parasols (8 ans et plus) Clairière (514) 593-4417 Théâtre de l'Oeil Bonne fête Willy (4 ans et plus) (514) 524-8838 Théâtre Petit à Petit La magnifique aventure de Denis St-Onge (12 ans et plus) (514) 526-1164 Théâtre de Quartier La nuit blanche de Barbe-Bleue (5 à 1Z ans) La peau de l'autre (14 ans et plus) (514) 845-3338 Théâtre du Sang Neut Fais de beaux rêves (12 ans et plus) Faut y croire pour le voir (12 ans et plus) Entre parenthèses {12 ans et plus) (819) 567-7575 Théâtre 1000 Tours Grain de sable (7 ans et plus) Kilalo (12 ans et plus) (819) 477-3788 Youtheatre Shades (12 ans et plus) (514) 844-8781 LES MEMBRES ASSOCIÉS: MICHÈLE BAZIN, HÉLÈNE BEAUCHAMP, JOSEPH M.B.BEAUPRÉ, DIANE BOIVIN, MICHEL-MARC BOUCHARD, MICHELINE BRO- CHU, GILLES CHOQUETTE, RICHARD CLARE, PAULE DELORME, CLAUDE DES- LANDES, RENEE DESROSIERS, LISETTE DUFOUR, PIERRE GAUVREAU, MICHELINE GOBEILLE, LOUISE LAHAYE, LAURENT LAPIERRE, LOUIS-DOMINIQUE LAVIGNE, ROBERT LEBEAU, CLAUDE LEFEBVRE, MICHEL H.LEONARD, ANDRE MAILHOT, GINETTE PICHE, DONALD RIENDEAU, NICOLE ROBERT, ROBERT SALETTE, FRANCOIS STE-MARIE, HELENE P.TOMLINSON, PIERRE TREMBLAY.DEVENEZ MEMBRE ASSOCIE ET SOUTENEZ LES ACTIVITES DE LA MAISON- THEATRE.COMMUNIQUEZ AVEC CELINE LABERGE: (514) 288-7211 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.