Technique : revue industrielle = industrial review, 1 décembre 1955, Décembre
[" = ne se mir rt ii munie Tee om re, emer oe \u2014 xx > i 76 nn 02, nm 5e all ad cos = RZ rates, add = etats mE tin x \u20ac, sacre aD Su ei eet nn, ie ros ri my a I TTT mes Ge ee ae RE TIE CS mi EE ESS manier RES Tre = GE Sr = es SEE sen Aas ES gas si Bis t23tad.ie 3) HT %; 3 Ste vl RL 3 HCE ad 3 Rs es re SE es 2 a SEER AER = = ect es Lo == ses EE > ee rea Eres os SES = a es > se Ee Om Ford a = es RE Er ZE FT Ze Ie = EE = PR FEES > Res 3 s 5 ls a = Les Tes cac pets = BRE ara ae = EES po = RES es 27 SE ES ae ae ae - cs es Les Er oa Lor SAA == PS es Yo.Ei a Pt oS 0 RR 3 TR A x = S cu 3 aN RN NH © x .RX RRR NR = [a NN 8 ND N SR =.a S SA NN 3 5 ss SN BR ce > OR ON N N SERS Ra Ne S a NN NN = =., NN N S NN 0 = Nn S , RD 3 ORY A = NS La .= HS = Ra & .NW S WN Re NB 3 = = a Nh = S Ra NX 2D TRY XN 5 5 > a A A = NR = =.aN a S DE 2 Se S = > = Na Ey à SN = te aN a RE , .ss DN = = S ol = 5 a SN + 3X WN ER 5 NS = se = x AR S $.= 3 Su a a 5 NR EN $ = AR = = se = 2 AY = .TR D se BN NN NY S = = Se BY SERRE = RN NE = 3 = Se SE Ry 8 SE = ss + Sn = ss sy $ = = Ne >» ss A Ba SN 8 NE a i Ss = sx 3 3 3 = x = 4 5 3 \u20ac a S $ NW SS a a = RS Si, A Ns a = = Ww S 5 = Si S = = se S = S 7 se HH = NE = Xe SE > ao a 5 =.5 = Sa = = 5 es 8 = = = se Ni S se = = NE x = = $ = , WE i > ns = = > - = 5 = = $ S ce se A S NY = se = Ke Sa = \u20ac = NN = a Se en \u201cie S se 3 ES Sh RD N SE EE i Ny 3 = ox 2 = SS > = = 3 À = 5 3 5 = = S © 3 ss A > = = ES = eR = = = = a = 2 he S 5 = 3 2 ES = KR Ne = ee = #2 = od 3 5 AR = = ES S aN AT = - S = = 2 = = = se 5 $ i = » AR TY Sr © oF Ne pi = 3e > = + SS 2 ; 5, = ES = = SEN ss = = x = SN Se ky i axis & se se WY SE 200 = = AR en = = SE Ea N 5 Eo oS = = a ce = 3: qe so = SNE N > S SN = s$ S .= S SES ee 8 x se SR = a Be Sc sa ss = + S S .; .>.$ 3 a a 4 i S = = S.x sr S nN 2 3 sant , % = = i S ses at ss = ed Ne ss ss $ aw a se % aid & BS = Ny ig Sa PRE A Fon 5 = = RX + a 3 2 i = iB Re = \u20ac = TR = & = ® SR \u20ac $ iE 2 Sd a À ok = ss.= TR NS 3% NB = % i $ = WN + = AR = 5 = « AR S ss = SS 5 nN a S25 N XR HR 3 .= = = AS sm se ie Gol = RS S & = $ SE 0 WW Xo RX = = = Hr = See ¢ À N = = A AEN a ss $ = se.+ se A LA & » = i 2 S Th * %; = =.3 $ i s 5 vs Nae = 5 = = A < $ > NEw 5 3 a = 2 É ; 5 À Z 22, oF £ < 4 à S Fa TY x $ .2 Son Xe se 4 © A RN .yi se = = 3 + Xx \\ wd + = = + Ney RR i S 6 oN \u201c 43 Bs ~ = = ES wr $ $ po: RR Es MW A tes 4 S 5 4 a EN F _ = le i Ey 5 = 2 E, % à.36 RES > | TN + > = dx SY 5 od RPE A 5 = & 4 a = i = 5 + + = SRE Ne = = RRR, = » \u20ac oi 3 = = 48 = æ 4 2 + À S S ih % = & = ; & RY $ S x.\u2018 » = nN ® qi = Se 2 IN x + S - i = < a Se a $ S = = a Z Nig i $ a Ÿ 3 = = a 2 2 Go Sha, % Se 5 2% By se.$ = 5 = s x i = gs s = SE % 2 AER - \u2014 \u2014u rrr 4 5 5, S - ; Pe: \\ GE ¢ = 5 ~ ing, N i 2 7 a # Se $ à 5 + POPULAR POUR TOUS La revue de l\u2019Enseignement spécialisé de la P ROV INCE de UEBE The Vocational Training Magazine of the of Q C Ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse Department of Social Welfare and Youth Décembre 1055 Vol.XXX No 10 December Directeur, ROBERT PREVOST, Editor Secrétaire de la rédaction, EppY-L.MACFARLANE, Assistant Editor CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Boarp OF DIRECTORS Le conseil d\u2019administration de la revue The magazine\u2019s Board of Directors con- se compose des membres du Conseil des sists of the members of the Principals\u2019 directeurs des Écoles de l\u2019Enseignement Council of Vocational Training Schools spécialisé relevant du ministère du coming under the authority of the Dep- Bien-Etre social et de la Jeunesse artment of Social Welfare and Youth (province de Québec).(Province of Quebec).PRESIDENT \u2014 PRESIDENT directeur général des études de l\u2019Enseignement spécialisé JEAN DELORME Director General of Studies for Vocational Training DIRECTEURS \u2014 DIRECTORS Rédaction Editorial Offices - a .2 ê 4 Maurice Barrière \u201cVoie! de directeur sénérel dede 294, carré ST-LOUIS Square Montréal (18), P.Q.- Canada directeur, Office des Cours par Correspondance SoNIo ROBITAILLE Director, Correspondence Courses Bureau directeur des études pour les Écoles d'Arts et Métiers GASTON TANGUAY Director of Studies for Arts and Crafts Schools .Administration Business Offices » Ecole Techni de M éal ROSARIO BELISLE Montreal Technical School 506 est, rue STE-CATHERINE St.E i PauL-EMILE LEVESQUE fool dor Miter Sante Montréal (24) PQ Canada i L.-PHILIPPE BEAUDOIN Geol des Arig Deaphiaues i GasTON FRANCOEUR École de papeterie à Abonnements Subscriptions K .A JEAN-MARIE GAUVREAU Ferrinre-Making Schoo Canadas B20) on ; Autres pays - $2.50 - Foreign Countries j , GEORGES MOORE Ecole des Textiles P _ an | D L Ecole Technique de Québec 1 numéros par an pie ARIE AFLAMME Quebec Technical School Issues per year École Technique des Trois-Rivières J .-F.THERIAULT Trois-Rivières Technical School MARIE-Louis CARRIER École Technique de Hull Autorisé comme envoi postal de ute Cou choo 2e classe, Min.des Postes, Ottawa _ École Technique de Ri ki et École de Mari ABBÉ ANTOINE GAGNON Rimouski Technical School and \u201cMarine School Authorized as 2nd class Mail, ALBERT LANDRY Silkinigen Péchnical Shot Post Office Dept., Ottawa École d\u2019Arts et Métiers de Matane FrANÇOIS VINET Matane Arts and Crafts School École d'Arts et Métiers de Joliette J.-L.MARCHAND Joliette Arts and Crafts School SECRÉTAIRE \u2014 SECRETARY directeur adjoint, École Technique de Montréal WILFRID W.WERRY Assistant Principal, Montreal Technical Scheol «La seule revue bilingue consacrée a la vulgarisation des sciences et de la technologie» a EN OC PCSI D TPE SCO Rani Sommaire Summary Les « Bâtisseurs de Cathédrales » par E-L.MacFarlane .4 Those Ingenious Inventors .2 222211210111 © Il Une vie nouvelle dans les « montagnes qui marchent».15 NOTRE COUVERTURE Les ingénieurs sont parfois équilibristes .2224 1, 17 Détail de la porte de bronze de la 2 Cathédrale de Pise (Italie): la « Fuite La lourde mission de la défense civile par Robert Prévost .19 en Egypte » (XIVe siècle).Twelve Nations to Sponsor 45 Antarctic Stations by Ann Ewing .25 Atomic Radiation Danger to Human Future Still Mystery by Watson and Helen M.Davis ., 26 « Vêtir ceux qui sont nus » par Roger Boucher .27 Bibliotheque du technicien .| 31 Concrete Goes Modern by Helen M.Davis .32 Projets d\u2019ébénisterie par Gérard Parent .33 New Machines and Gadgets.36 Photo E.L.MacFarlane Nouvelles de l'Enseignement spécialisé.2.| 37 \u2018 FRONT COVER Part of the bronez door of the Cathe- Un hommage à l'artisan par excellence de l'Enseignement spécia- Iral of Pisa (Italy): \u201cFlight to Egypt\u201d arate Nv een: © \u201cEYP lisé \u2014 2,000 heures de travail pour fabriquer sa propre automo- 4 bile \u2014 Unique Automobile School Being Greatly Extended in Montreal \u2014 Trois Ecoles d\u2019Arts et Métiers ont un nouveau directeur \u2014 M.Jean-Guy Locas parle du chronographe \u2014 M.André Sources Credit Lines Landry et l\u2019Aide à la Jeunesse \u2014 Plusieurs centaines d\u2019élèves ont Pp.4-10: E-L.MacFarlane; pp.11-13: reçu le prix du ministre \u2014 Récentes promotions et permutations Our Sun, Sun Oil Company; pp.14-16: « D'une pierre, deux coups» \u2014 Intérêt grandissant des jeunes et The Lamp, Standard Oil Company ; (New Jersey); p.17: Steelways, Ameri- des éducateurs pour l\u2019Enseignement spécialisé \u2014 La rééducation des ; : I i ; p.: .A .L., Technique pour tous: p 21: ub Sun handicapés physiques \u2014 Prix spécial accordé à un collaborateur Sun Oil Company; p.23: College ca- de Technique pour tous \u2014 Le congrés annuel de la Corporation nadien de la Défense civile; p.25: Cd Science Service, Washington; pp.28 des l'echniciens a remporté un vif succès \u2014 Nouvelles des chapi- et 29: Roger Boucher; p.32: Science ., \u2026 .Service; pp.38-35: Gérard Parent; p.tres \u2014 Troisième Dièdre salue Technique \u2014 M.Marcel Charron.36: Science Service; p.37: Service pro- => vincial de Ciné-photographie; p.38: J.-G.Borgia; pp.39, 41, 45 et 47 (haut), Service provincial de Ciné-photogra- phie; p.47 (bas), « La Presse»: pp.48 et 49: Ecole Technique de Trois- Rivières.\u201cThe only bilingual magazine devoted to the popularization of science and technology\u201d ee RER re =.RRA es \u201cdâtisseurs de Cathédrales \u201d par Eddy L.MacFARLANE JB \"Ps un peu plus d\u2019un siècle, on a souvent cité en exemple, soit sur le plan spirituel, soit sur le plan technique, les « bâtisseurs de cathédrales » sans trop savoir qui «ils» étaient et surtout comment « elles » avaient été faites.Certains littérateurs, pour en tirer des effets faciles, certains historiens peu familiarisés avec l\u2019archéologie ont contribué à répandre sur leur construction de nombreuses idées fausses, idées bientôt reprises et diffusées par maint manuels scolaires.Ainsi, pour tout un public non averti, c\u2019est l\u2019« immense élan de foi de l\u2019an mille » qui en quelques années couvre l\u2019Europe de cathédrales, et cet élan, pour lui, se concrétise souvent par les magnifiques spécimens du gothique commençant, postérieurs d\u2019un siècle ou deux au nouveau millénaire.C\u2019est également l\u2019histoire, dix fois lue, de ces grands vaisseaux de pierre construits sous l'impulsion de milliers de fidèles offrant leurs bras et leurs écus en prévision d\u2019une fin du monde imminente; c\u2019est aussi le mystérieux secret des maçons, les connaissances mathématiques, désormais perdues, des constructeurs, ceux-ci étant indifféremment appelés architectes ou maîtres d'oeuvre.A la faveur des dernières recherches, quelle est dans cette confusion la part des légendes et du réel?des faits concrets et du romantisme ?Miniature de la fin du XVe siècle, découpée d\u2019un « Recueil des Histoires de Troie\u201d par Raoul Lefevre.L\u2019enluminure est attribuée à Jean Colombe.C\u2019est l'une des représentations les plus complètes d\u2019un chantier.(Berlin, Cabinet des Es- lampes) RO ER rene nr «AS PO = ect de saa mans - + -_- =\u2014 ORTANT des catacombes et des lieux où jusqu'ici ils se sont littéralement terrés pour remplir leurs obligations religieuses, les premiers chrétiens n\u2019ont guère, à de très rares exceptions près, construit d\u2019églises avant le début du IVe siècle; encore s'agit-il de petits édifices, d\u2019oratoires, et non d'\u2019églises telles que nous les entendons au- jourd\u2019hui.Il faut attendre la proclamation, en février 313, du fameux édit de Milan, signé par l'empereur Constantin, dans lequel celui-ci reconnaissait aux chrétiens la liberté du culte, pour voir surgir ici et là de très modestes sanctuaires.C\u2019est simplement, parfois, l\u2019'humble retraite de quelque saint ermite, consolidée ou rebâtie tant bien que mal par des mains pieuses, autour de laquelle s'agenouillent les fidèles.Exceptionnelles, à cette époque, sont les basiliques, même modestes, spécialement conçues avec baptistères, comme celle dont on a retrouvé les plans et fondations à Ostie (Italie); encore se trouve-t-elle discrètement dissimulée dans les substructions d\u2019un établissement thermal.Après la chute, en 476, de Romulus Augustule, dernier empereur d\u2019Occident, ce seront à travers tout l\u2019empire en voie de christianisation, d\u2019anciens temples dédiés à Cybèle, à Mercure, à Cérès, plus fréquemment encore ceux dédiés à Mithra, ou des édifices civils devenus sans objet, qui, aménagés, consolidés, partiellement reconstruits selon les besoins du nouveau culte, serviront de lieu de réunions et de prière: a Rome au Ve siècle, c\u2019est une partie de la « bibliothèque » du temple d\u2019Auguste qui est consacrée a la Vierge; une salle rectangulaire, dépendance du temple de la Paix, contiguë au Forum est dédiée par le pape Félix IV (526-529) aux saints Côme et Damien; la tour de la salle du Sénat, bénie par Ho- norius Ier (625-638) devient l\u2019Eglise Saint-Adrien.Au haut moyen-âge encore, c\u2019est dans la basilique Julia et dans le temple d\u2019Antonin et Faustine que logèrent les premières églises Santa Maria in Cannapara et San Lorenzo in Miranda.Sanctuaires sévères, dépouillés de tous ornements, où la statuaire et la peinture murale n\u2019ont point de place, les Pères de l\u2019Eglise tenant toutes représentations humaines ou autres pour idolâtres et perverses.Il faut attendre en France, l\u2019avènement et la consolidation de la dynastie mérovingienne, \u2014 il reste La petite chapelle de sainte Non, mère de saint David près de Caerfai Bay.Un des plus anciens monuments chrétiens du Pays de Galles.(VI-VIIe s.) quelques rares cryptes de cette époque \u2014 puis des Carolingiens, et plus spécialement de Charlemagne, pour parler de « cathédrales », non au sens administratif, mais comme nous l\u2019entendons ici, dans le sens le plus large du mot, c\u2019est-à-dire d'églises d\u2019une certaine importance, en y annexant les nombreuses abbatiales, collégiales, etc.Les plus grandes gardent des temps antiques le plan des basiliques, à la fois tribunaux et marchés; de formes rectangulaires, construites en petit appareil, recouvertes d'une charpente en bois, sans aucun caractère artistique.Hélas! on ne sait plus bâtir comme jadis les maîtres romains! Villes et villages élèvent leur église au petit bonheur, selon les besoins et avec les moyens du bord.Oeuvres précaires dont il ne restera bientôt plus rien.N s'est fondé sur une phrase du moine Raoul Glaber pour accréditer la légende de « L'an mille »: « La troisième année après Pan mille, écrit-il vers 1040, il arriva que presque partout dans le monde, mats spécialement en Italie et dans les Gaules, on se mit à rebâtir les églises, bien que plusieurs encore fort convenables n\u2019eussent pas besoin de cette restauration.C\u2019était comme une émulation d\u2019un peuple à l\u2019autre.On aurait cru que le monde, secouant ses vieux haillons se revétait partout de la blanche robe des églises neuves.Bref.presque toutes les églises, cathe- drales, un grand nombre d\u2019églises monastiques et jusqu\u2019aux oratoires de villages furent alors restaurés par les fidèles (*).Dût en souffrir l\u2019aspect sentimental de la question, ce n\u2019est pas par génération spontanée que s\u2019épanouit au XIe siècle cette radieuse floraison.Il a fallu une conjoncture nouvelle, une longue période de gestation, avant d\u2019en arriver à cette expression de puissance et d'équilibre qui caractérise le style roman dont nous pouvons toujours, et sans nous lasser, admirer au- jourd'hui encore le rayonnement dans ses manifestations esthétiques.Après les « invasions» qui furent, ne l\u2019oublions pas, pour la plupart pacifiques mais augmentèrent sensiblement l\u2019indice démographique de l\u2019Europe occidentale, \u2014 aujourd\u2019hui nous dirions immigration massive \u2014 après les troubles dynastiques et l\u2019échec définitif de l\u2019Arianisme, après le marasme économique qui prend naissance sous l'Empire Romain, est la cause première de son effondrement et se prolonge jusqu\u2019à la fin du IXe siècle, il semble que s\u2019ouvre une ère nouvelle.Les peuples pansent leurs blessures, prennent conscience de leur personnalité dans le cadre de la «villa» ou du bourg, relèvent les ruines de l\u2019église qui a souvent servi de forteresse.À l'autarcie villageoise va se substituer lentement une économie plus large, des courants qut égaleront et dépasseront bientôt ceux qu\u2019entretenait Rome.Cet essor, cette renaissance intellectuelle, artistique, économique, est personnifiée par Charlemagne, couronné à Rome empereur d\u2019Occident, le jour de Noël 800, des mains du pape Léon III.De ses voyages, des rapports avec son homothète byzantin, il a gardé le souvenir des basiliques majestueuses avec leurs grands dallages, leurs revêtements en marbres rares, leurs riches dorures, et ces délicates et scintillantes mosaïques vitrifiées qui jouent si harmonieusement avec la lumière que diffusent les baies plus largement ouvertes.Sur le plan intellectuel c\u2019est d\u2019Angleterre, d\u2019Irlande et d\u2019Ecosse, seuls lieux où s\u2019est maintenue en Occident depuis le VIe siècle la culture classique dans les diverses disciplines, que l'empereur fera venir les hommes qui auront la charge d'organiser l\u2019enseignement, pièce intégrante de Le re ca Ici vivait au VIe siècle, un ermite.Il creusa son oratoire dans le roc; d\u2019autres vinrent.Ainsi fut créé au VIIe siècle Penmon Priory (Ile d\u2019 Anglesey) qui fut longtemps un lieu de pèlerinage très suivi.la notion de l\u2019Empire tel que l\u2019a conçu Charlemagne et cet empire est une théocratie (2).C\u2019est dans ce climat que nait un souci esthétique; il sera propagé a la faveur des échanges commerciaux plus nombreux; on peut reparler d\u2019industrie, sous une forme encore artisanale il est vrai; c\u2019est dans le cadre de cette renaissance où se développe harmonieusement le progrès matériel et spirituel que l\u2019art carolingien s\u2019affirme, magnifique prélude à l\u2019art roman.La chapelle palatine d\u2019Aix, la construction de l\u2019ancienne cathédrale de Maestrich, dans le Limbourg hollandais, portent au loin l\u2019écho prestigieux de la volonté de l\u2019'empereur.« La ligne de démarcation entre la « manière » carolingienne et l\u2019art pré-roman, écrivent Emile Amann et Auguste Dumas dans leur « Histoire de l\u2019Eglise » (*), ce n\u2019est pas en l\u2019an mille qu\u2019il convient de la placer mais au moins une génération plus tôt, aux temps où s\u2019affermit, en Allemagne, la dynastie ot- tonienne, où se prépare, en France, la troisième race de ses rois ».C\u2019est aussi la période où le plan prendra une forme quasi défini tive et servira de modèle classique aux constructions ultérieures.On allonge l\u2019édifice, on adorne la façade de tours et de clochers; on l\u2019oriente en plaçant l\u2019abside à l\u2019est; 6 on conçoit le transept, le déambulatoire qui permettra aux pèlerins de défiler devant les reliques sans gêner l'office, sans provoquer d\u2019encombrement.Ainsi naîtra une nouvelle division du sanctuaire : le choeur.En fait le XIe siècle voit surtout, en concordance avec l\u2019essai de réforme monastique s\u2019élever de nouvelles abbatiales.Le mouvement part de Cluny et l'Ordre essaime prodigieusement.Toutes ces filiales requièrent de nouveaux édifices.On restaure les monastères abandonnés, on crée de nombreux prieurés, mais en réalité on construit relativement peu pour les fidèles laïcs.Il faudra attendre le XIIe siècle et surtout le XIIIe siècle pour voir s\u2019élever en un splendide essor les cathédrales et les grandes paroissiales qui sont encore aujourd\u2019hui, l\u2019orgueil des pays d'Europe et l\u2019étonnement du dilettante.B= érudits se sont penchés sur elles, les ont étudiées et décrites en leurs moindres recoins; certains ont discouru des conditions d'équilibre de leurs voûtes, parlé du fumeux «nombre d\u2019or», de « secrets », d'immenses chantiers où toute une population dans un élan de foi apportait son travail et son obole; d\u2019autres encore se sont attachés à en découvrir les auteurs mais personne, à notre connaissance, n\u2019avait abordé leur « génétique » ainsi que l'a fait Pierre du Colombier dans un remarquable Siège d\u2019un évêché depuis le VIe siècle, la cathédrale de Si-David reste un des plus intéressants sanctuaires du Pays de Galles.Les Offices s\u2019y font généralement en gallois.Commencée en 1180 sous Pierre de Leia, 3e évêque normand, il n\u2019en reste que la nef; en 1220 la tour centrale s\u2019écroula et entraîna dans sa chute choeur et transept.Tout fut fidèlement reconstruit en 1250, compte tenu des causes techniques de l\u2019effondrement. Gh la nM ouvrage d\u2019érudition: «Les Chantiers des Cathédrales » (#).Les matériaux les plus divers ont servi à l\u2019auteur pour reconstituer l\u2019 « économie » de ces vastes édifices dont la capacité nous étonne toujours eu égard à l'importance du bourg qu'ils desservent; il livre des chiffres, analyse les problèmes de financement de maint monuments à une époque où le prêt à intérêt était, sinon inconnu, du moins réprouvé, à plus forte raison défendu lorsqu\u2019il s'agissait d\u2019édifices religieux.Et cette insouciance de l\u2019équilibre financier de l\u2019entreprise, pour nous qui ne pouvons plus séparer le problème économique d'un projet quelconque, nous parait d\u2019une ahurissante extravagance.En abordant le chapitre consacré a la main d\u2019oeuvre, Pierre du Colombier dissipe une légende: « ces chantiers, écrit-il, n\u2019ont point connu les foules de ceux d'Egypte; 2ls étaient d\u2019une certaine importance, non d\u2019une importance énorme.Chaque fois que les documents nous livrent un chiffre, nous le trouvons plutôt faible ».Hors quelques rares serfs, et dans les monastères convers et oblats qui sont rarement gens de métier, plus souvent manoeuvres, les ouvriers sont de condition libre; mieux encore, cette main-d\u2019oeuvre, mouvante à l'extrême, échappe dans bien des cas à l\u2019organisation urbaine, si stricte pourtant, des corporations.Le statut de ces travailleurs n\u2019en est pas moins établi par l'usage; ils savent parfaitement se protéger de toute tentative abusive de la part des entrepreneurs, discutent librement des conditions de leur embauche, vivent sur le chantier et le quittent s\u2019ils croient trouver ailleurs un avantage.Sensiblement égale aux normes des autres grandes corporations la durée du travail varie entre 8 heures 34 et 12 heures 14 selon la saison; la journée est entrecoupée d'une heure de repos pour le diner et de une ou deux pauses de 15 a 30 minutes.Avec les dimanches et en Angleterre les samedis après- midi, \u2014 vieille tradition comme l\u2019on voit \u2014 plus la quarantaine de jours fériés, nous arrivons selon Beissel pour l'Allemagne, Knoop et Jones en Angleterre, à une moyenne de 5 jours de présence hebdomadaire sur le chantier.Nous sommes loin de cette misérable condition humaine qu'ont décrite complaisamment certains PE PP I IE INTC I ETN NN 0) historiens, plus romanciers que chartistes.Le problème des salaires est plus complexe.Dans les « Chantiers des Cathédrales » où cette épineuse question est analysée, toutes références à l'appui, on constate d\u2019abord que l'éventail des salaires est extrêmement large; il varie facilement du simple au triple rien que pour la catégorie des maçons et le tarif d'hiver où les journées sont moins longues, est à peu près égal aux 2/3 de celui d\u2019été.En 1212, en Angleterre, les maçons touchent de 3 à 415 pence par jour ouvrable, les tailleurs de pierre, 4 pence.En France, l\u2019ordonnance de 1354 fixe le salaire des mêmes maçons à 26 deniers ce qui, compte tenu du pouvoir d\u2019achat des deux monnaies ,est sensiblement égal.On pourrait en conclure, d'après les statistiques et les essais d\u2019équivalence qu\u2019une fois nourrit le maçon du moyen-âge dispose d\u2019une somme supérieure à son collègue de 1955.Celui-ci il est vrai s\u2019est créé de plus grands besoins.Il y a aussi les avantages en nature, et ils ne sont pas négligeables, dont bénéficient en général les contremaîtres, architectes et spécialistes.Ils sont souvent logés et chauf- fés, quelquefois nourris.Au XIIIe siècle, pour l'ordonnance du manoir de Vincennes, Eudes de Montreuil touche 4 sous par jour, présent ou absent, plus une prime de 100 sous; Martin de Lonay pour la direction des travaux de Saint- Gilles en Provence perçoit 100 sous par an mais est nourri ainsi que son cheval; dans le contrat que passent en 1129 l\u2019archevêque de Lugo et Maître Raymond, il est stipulé que ce dernier recevra par an pour prix de ses services: 6 marcs d'argent, 36 mètres de toile, 17 charges de bois, 2 sous par jour pour sa nourriture, 1 mesure de sel, 1 livre de chandelle, des guêtres et des souliers, ce qui met cet homme prudent à l\u2019abri des éven- tueiles fluctuations économiques.On se fera une idée plus juste de la valeur du sou à l'époque, en relisant ce charmant mélange d\u2019éléments narratifs en prose et d\u2019éléments lyriques, composé dans la première moitié du XIIIe siècle: « Aucassin et Nicolette ».Aucassin triste d\u2019avoir perdu son chien, erre dans la forêt et rencontre un pauvre cultivateur, loué à un riche vilain, qui, lui, a perdu un boeuf de charrue, son meilleur boeuf, dit-il, et risque pour cela la ruine totale et la prison.Construction de « La Madeleine » de Vézelay, sous la direction de Berthe, femme de Girart de Rousillon.Miniature du XVe siècle, in « Historia de Charles Martel et de ses successeurs » (Bruxelles, Bibliot.Royale.Manuscrit 6, fol.554) \u2014 « Et que valait ton boeuf, dit Aucassin?\u2014 Seigneur, on m'en demande 20 sous, répond l\u2019autre, et je n\u2019en peux faire abattre une seule maille.\u2014 Tiens, fait Aucassin, voici les 20 sous, répond l'autre, et je n\u2019en paie ton boeuf.» Le ton du récit fait apparaître que ces 20 sous sont une somme vraiment exorbitante, même pour un boeuf exceptionnel.J Eran des batisseurs?Hum! Il existait certainement chez les donateurs et dans le clergé; mais les terrassiers, les maçons n\u2019y mettaient probablement pas plus d\u2019entrain que pour la construction d\u2019un vulgaire bâtiment civil ! Ce n\u2019étaient pas de petits saints! Il n\u2019est pour s'en convaincre que de relire la chanson de geste des « Quatre fils Aymon » dont nous citerons ici un passage: Renaud de Montauban pour expier ses fautes propose ses services, sans rien révéler de sa personnalité, au maître- maçon occupé à construire la cathédrale de Cologne: Maistre, ce dist Renaus entendez que dirai, Un homs suis d\u2019autre terre, à des- pendre m\u2019en ai.Maistres, si voliés, ge vos aide- rat, Bien porterai la pierre, d\u2019assoir rien ne sai, Et l'eve et le mortier car aidier bien me sai.Le maitre qui est « prudhomme » I'embauche, le prévenant qu'il sera payé selon ses mérites, Au terme de la journée, Renaud s\u2019est montré si habile, a abattu une telle besogne, que l'entrepreneur, pour garder ce bon travailleur, lui offre un salaire supérieur à celui des autres compagnons, mais Renaud ne prend qu\u2019un denier, juste de quoi assurer sa subsistance.En fin de semaine, les ouvriers fort inquiets se concertent: ce garçon va gâter le métier en avilissant les prix.Li diable d\u2019enfer l\u2019ont ici amené, disent-ils.Là-dessus, ils décident de Honfleur.Eglise Ste-Catherine.Sauf les fondations, elle est entièrement construite en bois.Les maçons étant surchargés de besogne après la guerre de cent ans, les « Maîtres de haches » (charpentiers de la marine) construisirent eux-mêmes leur église.Les deux nefs jumelles et les deux bas-côtés sont couverts de 2 vaisseaux de bois, à charpentes apparentes, soutenues par des piliers en bois.Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Cavelier de la Salle vinrent y prier quelques heures avant de sembarquer pour le Canada.l\u2019assommer à coups de marteau et sans autre forme de procès jettent son corps dans le Rhin.Il semble à la lecture de ce récit que la simple charité chrétienne ne régnait pas chez les bâtisseurs de la maison de Dieu.(°) fos avons pris depuis longtemps la mauvaise habitude de parler indifféremment de l\u2019architecte ou du maître d\u2019oeuvre lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un bâtiment ancien.C\u2019est là une grave erreur.Dans la partie maîtresse de son oeuvre, dense par ce qu'elle nous apporte de connaissances nouvelles, Pierre du Colombier nous démontre qu\u2019il s'agit, sauf exceptions très rares, de deux personnages bien distincts.Le maître d\u2019oeuvre doit être en général considéré comme l\u2019intendant, l\u2019économe de l'oeuvre, voire le surveillant des travaux.Quant à l'architecte, son rôle, tout au moins jusqu\u2019au XVIIe siècle est mal défini et les documents connus assez contradictoires; il fait tout ou partie des plans, est quelquefois entrepreneur, propriétaire de carrières, sculpteur dans certains cas.Il est aussi appelé, et souvent très loin s\u2019il a quelque renom, en qualité d'expert mais sa science est purement expérimentale et il est bien loin de posséder les connaissances mathématiques que nous nous plaisons à lui donner et qui l\u2019apparenteraient à nos modernes ingénieurs.Ses procédés sont nettement empiriques.Il possède des recettes, non des secrets.Aucun des documents que nous possédons ne portent traces de calculs de résistance ou autres; l'esprit ne s\u2019en dégage même pas.Jusqu'à l'avènement du roman point de graves problèmes; la voûte en cul de four, facile à réaliser, la règle du plein cintre, depuis longtemps ont fait leurs preuves.La construction est massive.Mais la nef ne cessera de s\u2019agrandir tant en longueur qu\u2019en hauteur pour atteindre des proportions extrémes avec la venue du gothique; à la charpente classique on substitue pour réduire les risques d'incendie, la voûte qui exerce sur les murs une pression dans le sens de la pesanteur mais aussi latérale, qui tend à les faire s\u2019écarter l\u2019un de l\u2019autre.Ce n\u2019est que par tâtonnement que l'architecte du moyen- âge résoudra ces problèmes, \u2014 il n\u2019en a d\u2019ailleurs que plus de mérites, \u2014 et l\u2019Orient lui donnera des exemples où la voûte a « tenu ». Les Croisés rapportent de leurs équipées des recettes et « la Sicile musulmane, devenue normande, fera entrer dans l\u2019Occident chrétien des formes, au nombre desquelles pourrait bien être l\u2019arc brisé, nous dit Georges Marçais dans son « Arts de l'Islam ».Ainsi les Mozarabes de Fspagne reconquise et les pèlerins de Saint-Jacques introduiront le dessin et la polychromie des arcs de Cordoue jusqu\u2019au coeur de l\u2019Auvergne » (5).Rien ne semble trop grand.Rien ne semble trop beau.La voix puissante de saint Bernard s\u2019élève pour condamner l\u2019esprit du siècle qui envahit la Maison de Dieu.Dans une lettre à son disciple et ami, Guillaume de Saint-Thierry, il prend parti contre la hauteur des églises, leur longueur démesurée, l\u2019inutile ampleur de leur nef.L\u2019église de Fontenay, une des trois filles de Clairvaux, construite de 1139 à 1147 avec son cadre où l\u2019ascétisme exclut toute vaine parure lui semble le maximum des proportions à atteindre.Peu avant de mourir, ayant eu vent des projets de Maurice de Sully, évêque de Paris, il clame encore: « L'Eglise couvre d'or ses pierres et laisse ses fils sans véte- ments.» La construction de Notre-Dame de Paris n\u2019en sera pas moins entreprise en 1163.dix ans après la mort du terrible abbé.Elle ne sera achevée qu\u2019en 1345; ses flèches ne seront jamais posées.La profonde vocation spirituelle 3 LONRRUDL ORL SM ticettt tot out du grand rétormateur de Citeaux ne l'empéchait nullement d\u2019avoir sur les gestions temporelles des idées bien assises.C\u2019est folie pour lui que ces entreprises.Il pressent les calamités économiques qu\u2019elles susciteront et les dangers que courra l'Eglise à vouloir les résoudre.Farouche défenseur de la Foi, de la Foi toute simple, sans vaines préoccupations philosophiques, à l'affût de tous les schismes en puissance, de la moindre discussion suspecte d'hérésie, il s\u2019en prend aux Clunisiens qui ornent de sculptures les tympans, les chapîteaux et jusques aux piliers de leurs cloîtres.Il s'élève contre «ces ridicules monstruosités\u2026 ces corps curieusement difformes que lon aime mieux passer le temps à considérer qu\u2019à méditer sur la loi de Dieu.» Les partisans de l'imagerie ripostent, en appellent au pape.Mais que pouvait-on contre celui qui avait prêché la croisade de 1146! À tort ou à raison, de grandioses projets n\u2019en virent pas moins le jour.Au surplus l\u2019élan était donné, avait été donné précisément par Cluny.L\u2019abbatiale, St-Pierre le Vieux, ne répondant plus a cette sorte de primauté spirituelle que l'Ordre avait acquis, saint Hugues de Semur entreprenait en 1088, quelques années avant la naissance de saint Bernard, la construction d\u2019une nouvelle église; achevée en 1109, les voûtes de la nef s\u2019écroulent en 1125.Instruit par l'expérience, les constructeurs la relèvent quelques années plus tard; des arcs Split.(Yougoslavie) l'intérieur du Palais qu\u2019il fait construire, Dioclé- tien (245-315) élève le mausolée où il reposera.Au VIIe siècle, le mausolée deviendra cathédrale.En voici l\u2019en- tirée gardée par un sphinx importé d'Egypte par l\u2019Empereur.Réception rituelle de compagnons charpentiers par le Grand Maitre de l'Ordre Hospitalier de Rhodes sur le chantier des fortifications de la ville assiégée par les Turcs en 1480.Miniature fin du XVe siècle.\u201cDe casu regis Zizini\u201d, par Guillaume Caoursin, écrit et enluminé peu après les événements.(Paris, Bi- bliot.Nation.) Caen.L\u2019Abbaye aux Dames.Fondée par la reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant, en 1060.À l'instigation de l\u2019illustre Lanfranc qui sera le premier Abbé de l'Abbaye aux Hommes, fondée par Guillaume. ee si EE er ar ear er AR transversaux soulageront les murs; elle sera pour longtemps la plus vaste de la chrétienté, ne sera dépassée en ampleur que par St- Pierre-de-Rome, et servira d\u2019exemple pendant quatre siècles à tout architecte en renom qui se doit de la visiter et de l\u2019étudier.Il faudra la fureur révolutionnaire de 1792 pour la détruire.De combien d\u2019effondrements, de lézardes hâtivement palliées, d\u2019essais malheureux sera faite la science de l'architecte?Ces cas foisonnent dans toute l\u2019Europe.La Cathédrale St-David au Pays de Galles n\u2019en est qu\u2019un exemple entre cent.L\u2019absence de tout plan financier dans ces colossales entreprises, avons-nous déjà écrit, ne laisse pas de nous étonner.À dire vrai, peu furent achevées et d\u2019autres si lentement, les chantiers étant parfois délaissés plus de 10 ans, que vint se greffer sur le style primitif d\u2019autres styles.L\u2019histoire de Beauvais est encore d\u2019un autre ordre; sa cathédrale du Xe siècle fut brusquement jugée insuffisante.On fit appel à l\u2019amour- propre des diocésains; on conçut des projets grandioses, enchérissant sur les réalisations de Chartres, de Reims et surtout d\u2019Amiens dont on a pu dire qu'elle est le Parthé- non du gothique.Nous voyons Beauvais aujourd\u2019hui encore, telle qu'elle fut laissée, sans nef, avec son choeur et ses deux courts transepts.De la première construction subsiste la nef qui aurait dû être rasée pour achever la seconde.Telle, elle reste une curiosité.Rien n\u2019illustre mieux les difficultés pécuniaires, les expédients auxquels recourent les fondateurs que la paroissiale St-Frambourg de Senlis (France).Elevée au Xe siècle, en l'honneur de ce solitaire qui vivait au Ve siècle dans les forêts d'Orléans et du Maine, par la piété de la reine Adelaïde, femme de Hugues Capet (4) Historiarum III, IV, in « Collection de Textes pour servir à l\u2019étude et à l\u2019enseignement de l\u2019histoire ».Paris 1886.Les médiévistes accordent de moins en moins de crédit à cet auteur.(2) Les conditions historiques de cette renaissance ont été remarquablement développées par notre regretté maître, Emile Bréhier, membre de l\u2019Institut de France, dans « La Philosophie du Moyen-Age ».Collection: « Evolution de l'Humanité ».Albin Michel, Edit.Paris 1937.(8) T.VII; « L\u2019Eglise au pouvoir des laïques » (888-1057).Bloud et Gay, Edit.Paris 1940.(4) Editions A.et Y.Picard, Paris 1953.Avec 19 fig.in texte et 32 planches hors texte, dont les 3 miniatures que nous reproduisons dans cet article.(5) Bien d\u2019autres faits sont consignés dans les archives des fabriques: gréves pour l'obtention d'un meilleur salaire, d\u2019une ration supplémentaire de vin; demandes d\u2019exclusion d\u2019un intrus 10 qui lui portait une dévotion particulière, cette église tombait déjà en ruines au XIIe siècle.Les Chanoines implorèrent l'assistance du roi Louis VII et celui-ci présida le 15 mai 1177 une ostention solennelle des reliques en compagnie des évêques de Senlis et de Meaux, deux des plus importants évêchés de l\u2019époque, et d'une multitude de seigneurs et de clercs.Le cardinal- légat Pierre harangua la foule et promit la rémission des péchés à ceux qui aideraient à sa reconstruction; quelques jours plus tard, l'archevêque de Reims augmentait ces indulgences.En 1257, les travaux étaient loin d\u2019être terminés et le pape Alexandre VI expédia deux bulles recommandant aux fidèles la générosité.Tout un trafic se fit sur lequel il n\u2019est pas opportun de s'étendre, comme l\u2019appréhendait saint Bernard.Plus tard, les hautes autorités religieuses émues par un certain nombre de faits analogues exigèrent avant toute fondation des dépôts de fonds substantiels et la constitution de rente pour l'entretien.L\u2019ère de la « folle cathédrale » chantée par Verlaine était close.Cathédrale de Tournai (Belgique).Chapiteau pré-roman; Frédégonde présente à Chilpéric le sceptre, fruit du meurtre de Sigebert.Roi de Neustrie de 561 à 586, il sera assassiné à son tour par Frédé- gonde.briques, bois.Que qu\u2019il en soit, elles sont là aujourd\u2019hui et nous transmettent par-dessus les générations leur message spirituel.Souvent mutilées par des aménagements maladroits, des restaurations intempestives, la fureur du temps et surtout des hommes, elles se dressent toujours majestueuses et portent à travers tant de vicissitudes, témoignages d\u2019une époque que certains, fiers du « progrès moderne », préfèrent considérer avec une bien inopportune condescendance.Et cependant.qu\u2019avons-nous, avec nos énormes moyens techniques, a proposer aux générations futures?Au roman succèdent les styles gothique, renaissance; on aura encore au XVIIe siècle un style éphémère appelé bien improprement « jésuite » qui prend son inspiration au-delà des Alpes.Depuis on chercherait vainement un style pouvant symboliser tout ou partie des trois derniers siècles.La « primauté matérielle » semble avoir définitivement figé nos modernes bâtisseurs de cathédrales dans le néo-roman, le néo-byzantin, le néo-gothique.Hors quelques essais méritoires d\u2019Auguste Perret, mais 1l s\u2019agit plutôt chez lui de l\u2019introduction d\u2019un nouveau matériau dans la construction de l\u2019église que de la recherche d\u2019un style (\u201d) et tout récemment de Le Corbusier, d\u2019une audace peu commune en fait d\u2019Art religieux, mais probablement sans lendemain (#), on construit grand, lourd, riche pour masquer notre indigence créatrice.C\u2019est proprement insuffisant pour cristalliser les préoccupations esthétiques d\u2019une époque! Si tant est qu\u2019il y ait encore place pour de telles préoccupations.E.McF.Photos inédites de l\u2019auteur.Reproduction interdite sans auton- sation.tel ce Renaud de Montauban; désertion du chantier parce que non payé au jour dit, etc.(8) Edition Larousse.Paris 1946.(7) Eglise du Raincy, dans la banlieue de Paris; 1922-1923.Ce fut la première église construite par raison d'économies en ciment armé.Jusque-là on employait des matériaux dits nobles: pierres, (8) C'est la première église conçue par le célèbre architecte pour remplacer Notre-Dame-du-Haut, lieu de pèlerinage situé dans les Vosges (France), détruite par la guerre en 1944.A l\u2019intérieur, les fidèles s\u2019agenouillent sur les dalles comme dans les églises primitives.Une seconde église en plein air, peut- on dire, jouxte la première, le « Choeur» de celle-ci étant seul protégé des intempéries par un large auvent.Les rainures du ciment sont restées à l\u2019état brut « l'empreinte du coffrage donnant un épiderme au ciment », déclare Le Corbusier. Mo Car is Complete Without the Gadget Dreamed up by (hose Ingenious Inventors Or upon a time, gentle reader\u2014it was, as a matter ol fact, in the 1850\u2019s\u2014the U.S.Federal Government proposed constructing a shiny new building to house the Patent Office.Wanting, naturally, the very best advice, the Government asked the opinion ol the then U.S.Commissioner of Patents.The Commissioner's counsel is still on file.It was not to build too large or expensive building since, in ellect, there just wasn\u2019t much of anything left to be invented.But the Commissioner had failed to discern, lurking in his crystal ball, the more than 2,000,000 patents granted in the U.S.since that time.More particularly, the Commissioner had foolhardily reckoned without the Messrs.Thorp, Pelton, Grant and Karl and their wonderous automotive devices.It is our mission here to set the record straight, to bring forth as it were, these four gentlemen and to grant them, in some small measure, the recognition they deserve.For how could we, in conscience, forget the inventor of the automobile whose engine was mouünted in a life- sized dummy horse?Or the man who created the device positively guaranteed to solve the parking problem\u2014just tilt your car up on its backend?Or the benefactor who made it possible for you to wash your clothes by the motion of a car jouncihg over a rough road (the rougher the better)?Or the designer of an elegant gadget which, when your car bumps a pedestrian, unrolls a blanket under him and suspends him softly and sanitarily from injury?For these are the wonderous works dreamed up by the Messrs.Thorp, Pelton, Grant and Karl.And not only dreamed up, but soberly filed with the U.S.Patent Office.Many automotive inventions Probably no other invention has ever had so many supplementary inventions as has the automobile (one among many little points the Commissioner had not foreseen).Though the four mentioned above reach a sort of high-water mark, there have been others equally strange.In 1917, for instance, you could buy an oven which could be attached to the motor of the car.Its inventor claimed it would bake a potato.Then there was a \u201cseparable\u201d car, the front end, consisting of a motor and two wheels, could be attached to any body style you preferred for the day.Another car, operating on the well-known dump-truck principle, raised the body of the car away from the chassis, exposing the innards for easy repairs.Happily, not all the inventions were impractical; many stayed to become standard parts of today\u2019s modern automobile\u2014fenders, in 1906, and windshields, in 1912, were inventions which were first sold separately as accessories.But still the horse car, the upended parker, the running board washer and the pedestrian-preserver mark a certain level in automotive ingenuity, representing a scintillating verve and unique daring by their inventors.Mr.Thorp\u2019s horse car The first of our inventors is Thomas J.Thorp, of Chicago, Ill.Concerned, no doubt, with the neuroses heing inflicted on old Dobbin by the advent of the horseless carriage, Mr.Thorp entered the list of inventors in 1893.His contribution was a two-part horseless carriage, complete with horse.The back part was a carriage and the front part was\u2014you guessed it\u2014a horse.No, Junior, not a real one.A life-sized dummy, bound in horsehide, with galloping, motor-driven feet.And practical?As Mr.Thorp rather modestly admits, in his patent, he \u201cinvented certain new and useful improvements in self-propelling vehicles.\u201d In 1893, it should be noted, almost any change in automobiles would have been an improvement.Mr.Thorp, at any rate, solved the problem for Dobbin.Now, when confronted by a horseless carriage, Dec.21, 1926.1,611,310 J.L.GRANT CLOTHES WASHING ATTACHMENT FOR VEHICLES Filed Nov.2, 1925 NNN SSI SSSSSSSSSSSSSSSSS S , Fo =F THE RUNNING-BOARD WASHER Aug.3 , 1926.1,584,687 L.PELTON AUTOMOBILE Filed Feb.27.1923 aA 2 Sheets-Sheet 1.THE UP-END PARKER (Mo Model.) 2 Sheots\u2014Sheet 1.T.J.THORP.SELF PROPELLING VEHIOLE.No.496,531.Patented Apr.18, 1893.MR.THORP\u2019S HORSECAR June 28, 1932.H.KARL 1,865,014 AUTOMATIC DEVICE FOR HORSELESS VEHICLES FOR THE PROTECTION OF PEDESTRIANS AND THE VEHICLE ITSELF Filed Sept.2, 1930 2 Sheets-Sheet 1 pr ZN ei ~L) T1 1 b EAN TaN NL] 2 pre ee.THE PEDESTRIAN PRÉSERVER Dobbin no longer would bolt in panic.Instead, he would pass Mr.Thorp\u2019s carriage placidly by, his only reaction being, perhaps, to wonder who that high-step- ping filly was?Mr.Thorp\u2019s horse not only was real enough to fool, well, say another horse, but it fulfilled about all the functions of a horse except eating hay.\u201cThe detachment of the vehicle body from the front wheels will manifestly leave a three-wheeled vehicle upon which one may ride as upon horse- J2 back .\u201d murmurs Mr.Thorp.He offers, however, no explanation to horsemen why they shouldn\u2019t just ride real horses.But Mr.Thorp stopped just short of fame and fortune, with one foot on the threshold, to coin a phrase.It seems possible that with a little more creative thought, a few more improvements, success would have been his.Why not, for instance, get a horse?This way, the electric motor could have been dispensed with entirely.Not only that, but what's likely to frighten one horse less than another horse?Secretly, we suspect that Mr.Thorp didn\u2019t really believe in all this nonsense about horseless carriages.Still, as long as people were crazy enough to shell out good money for them, one might just as well get in on the ground floor.Next in our gallery of inventors comes Leander Pelton of Des Moines, Iowa.Mr.Pelton discovered in 1923 that American motorists were faced with a serious problem, known in those days as \u201cthe parking problem.\u201d Mr.Pelton also discovered the answer to the problem.If, figured Mr.Pelton, the space an automobile required for parking could be reduced, parking space would increase.He was off to a dandy start.But how to cut down on space without reducing the size of the car?Mr.Pelton figured out a very simple solution\u2014 don\u2019t leave your car parked full-length: just tilt it up on its backsides and right away look at all the space you save.Of course, to upend an automobile takes a great deal of strength; even Mr.Pelton was willing to concede that.So, he sat down and figured some more, and first thing you know, \u201cEureka,\u201d he had it.Make the front end of the car lighter and the backend heavier.It might be necessary to make a few minor adjustments, such as moving the engine and other parts of the automobile to around the rear axle; but that shouldn't be too difficult.With all the weight in the back of the car, it would be a simple matter to grab the front bumper and lift.In order to keep the back of the car from getting too mashed when the auto was upended, Mr.Pelton designed a platform which evenly distributed the weight.Then came the true stroke of genius.With his scheme, two cars (upended) would occupy the space formerly required for one car in the prone position.But, comes time to let your car back down on four wheels, where do you get the room?Under the Pelton plan, the car ahead of you doesn\u2019t leave enough space.So, Mr.Pelton supplied his platform with casters.Little wheels.Now it was complete.Drive up to your half-a-car parking space, upend your car, roll it into the space; to leave, reverse the process.But let\u2019s let Mr.Pelton explain it: \u201cMy invention is especially advantageous for persons who desire to park their automobiles in districts where the traffic is congested.At the present time in every city there are districts in which only a small per cent of the people who desire to park their automobiles can find parking space (he\u2019s telling us\u2014Ed.).With my improvement, a greatly increased number of automobiles may be parked in a given area and when this is to be done, the operator gets out of the car (and a good thing, too\u2014Ed.), whereupon the weight of the automobile is nearly balanced upon the rear axle, there being just enough weight in front of the rear axle to == hold the car in its normal position.He can then grasp the front of the automobile and tilt it to an upright position, where it will rest upon the caster and when it is in this position, it may be moved through an ordinary doorway or a very large number of them could be stored or parked in a comparatively small road or floor area and before being placed in the upright position, the wind shield and canopy may be moved to their folded position.\u201d Parking in the living room Somewhere in the back of Pelton\u2019s mind must have been the thought of bringing the car into the house, perhaps storing it in the living room.Notice that peculiar phrasing about being able to move the car \u201cthrough an ordinary doorway.\u201d At any rate, the world was not vet ready for Leander Pelton.No more is heard from him.The next niche in our gallery is reserved for Toseph L.Grant, who, like Thomas Thorp, was from Chicago.There may be a commentary there.It was Mr.Grant who proposed taking laundering out of the basement onto the open road.He patented a contrivance which, for all its simplicity (it looked like a coffin), promised to revolutionize the business of washing clothes.The contrivance took the form of an oblong metal box attached to the runningboard of the automobile.At each end of the box were powerful springs and centered underneath the box was a semi- cylindrical piece of metal on which the box rested.As the automobile jounced over a rough road, the box acted for all the world like a see-saw, each end rising and falling with the expansion and contraction of the springs.Inside the box was the family wash, sloshing back and forth, getting as much of a drubbing as the occupants of the bouncing car.Good roads wreck washer plans Mr.Grant\u2019s invention, incidentally, is an outstanding example of adherence to the old maxim, \u201cturning adversity to advantage.\u201d Bad roads, Mr.Grant figured, are here to stay, so we not only will bear with them, we will turn their very roughness to advantage.His days were numbered, however.Roads, unfortunately, got smoother and smoother and it became harder and harder to find a really good rough road.And anyway, by 1940, running boards were a thing of the past.Back to the automatic washers, girls.Our final entrant in this abbreviated Hall of Fame is Mr.Heinrich Karl of Jersey City, N.J.In 1930, Mr.Karl became the proud patentee of a device whereby pedestrians stuck by automobiles would not be uncivilly hurled to the ground, but instead would be swept up in a capacious blanket and held there safe from harm.Mr.Karl's contrivance is a complicated contraption consisting of many bars, ropes, wedges, rings, bolts and hooks.Perhaps it might be best to let Mr.Karl tell us just what his invention is.\u201cThis invention relates to a simple device for installation on automobiles, motor trucks and like vehicles and in a modified form also on electric street cars, etc., for preventing the injuring and killing of pedestrians when struck by said vehicles, and said device also serves for the protection of the automobile or motor truck, etc., against damage when it collides with another vehicle, a stable structure or tree trunk, etc.More particularly, this device embraces means for preventing a pedestrian who has been struck by an automobile or motor truck equipped with said device, from being run over by the wheels of said automobile or motor truck, etc., whereby also a blanket of cloth or rubber, or a canvas, will be spread to a certain extent in front of the front wheels of the automobile, etc.in such manner that the falling person who has been struck will not only fall upon said blanket, etc, which will not lie directly on the ground, thus preventing injuries to said person.\u201d In order to explain his simple device, Mr.Karl continues on for another 8000 words, including etc.\u2019s.His diagrammatic drawings show 91 separate parts.Mr.Karl's patent includes, incidentally, a similar device for the back of the car.Mr.Karl undoubtedly felt pedestrians were likely to get it coming or going.Victim can operate device One of the intriguing things about Mr.Karl's invention is that the victim can voluntarily operate the device, saving, as it were, his own skin.Mr.Karl suggests that pedestrians about to be plowed under grab a bar extending across the front of the automobile rig (there is a similar bar at a lower level for children).By grabbing the bar, the alert pedestrian\u2014who, heretofore, has been too dull-witted or sluggish to get out of the way of the automobile\u2014sets off the mechanism releasing the blanket.Tn the voluntarv operation, as opposed to the involuntary one.it is of course, important that pedestrians, to the greatest extent possible.refrain from allowing automobiles to sneak up on them from behind.While not\u2014at any rate, not today\u2014standard automobile equipment, Mr.Karl\u2019s invention had a modified relation in the nets which, many years ago, were attached to the front of trollev cars.The nets whose function it was to snare incautious pedestrians in much the manner of Mr.Karl's blanket, were mounted on each end of the trolleys.Unfortunately, no important data on their effectiveness survive.We wonder if Mr.Karl ever tested his invention and who the hardy model was.In anv event, the world failed to beat a path to the doorway of the man who invented a better pedestrian trap.Pioneers all With this short report, then, we conclude a somewhat abbreviated survey of some automobile inventions of interest of a bygone day.Tt should be remembered that while their inventions were unique, Messrs.Thorp.Pelton, Grant and Karl stood not alone.If we have singled them out and been amused by their gadgets, no harm was intended to them.For who can say todav which of the hundreds of inventions still being patented for the automobile will be retained as not only useful, but necessary?Who could have assessed, at the time of their invention, the value of directional signals, mud guards or foxtails?After all, there was once a familiar slogan, invented by a wit in a horse-drawn wagon.Heard faintly from the past, it sounds something like: \u201cGet a horse.\u201d R.L.K.Reprinted from \u201cOUR SUN\u201d, Sun Oil Company ste to, =, J, et ee er - iy ce ee, ap = to STEAL Sim = \u2014 ess ES _ PS sis riens rs a ro na ar tr = = _æ No Te rn oe: i= iro, doses ve = RS = TT Chait, ein oes \u2014 Less 5 = ATI or le ey LL E e598 = 2 ss ES 53 Faas Ei SRC z on se cr ri = pans = re 2 ee ces = ë \u20ac ont ST a eT RT ei aie A À 8 ; CE re i Ss mC = 3 2 eZ Se py se as = or.Be = cu 4 or rg a Ge 2 i 2 A = nd 4 55 pA \u201d ET = 2, 20 pr rr ss ant C: ge so = 2 INF % 2 ce - x a XP = A % i oN 3 2 = a 3 a 5 2 Zi SO É 7 = 5 = SE = 2 5 7 A 2 Sod 5 2.i 2 3 .5 $ = 4% co Ge sa 5 xR i 2 Li Fi te be \u2018 20 = i i 2 oF a = 57 7 5 sé 2 2 22 i 3 % Kr 4 2 = oh 2 7 2 = 2 i = 7 .sa = ce = x 5 in ths ; i = 5 a Sh i % 5 3 - © = 2 a \u20ac 35 3 i = 2 a oy 5 2 = = gs 20 Sa Ha =.se 2 2 Le St 2 = æ , à A 7 ey f a.2 i 2) iS Na 5 A 6 = a pi 4 at a = 2 Le + a 5 x E Buk is i i 2 = ow Ri a fi Vi se SS i 2 a a se 2 i = = a i Sa = = oe ES Æ .ES i PS: a 5, ot GE = Pu had ae = i > .= Sécu 5 i we Se + a 2 45 Si 5 = a se + ri » i SY yu M = x = = ies 7 : = = ax 2 ng 7p = 5 od = 5 fi 5 x Si 3 Pas Ga Jan \u201ca 2 i Cine .ce a 2 a .= 3 fix & os ca 2 7 523 ; 4 x 2e oe es Ga 2 = = 3 RR di ; 2 fa: ES Si aI i ares 7% 5) py = i i i 5 % 3 se se és 2 Fi ie 3 5 a 4.état 7 is = 2 if A gd i bo 2% 2 ie ai ig # ; ik A jou - 4 2e Go y Æ 6 = 7 ow 4 d $ = se se 53 CE Ry a 2 # ce 2 Ps ce © 2 = # a i = SE a 2 Gi a 3 Er x ; : i 3 3 .i 5 = Ha = fs is PE So a rd i 2 fi ; ce ce a = = = iS ss se x i 53 a a es _ za id i: ia se 2, 2 se 5 a 2 = 2 Se Hi $5 5 2 se i a So = 2 2 Sal 2 D a © zed > = = 5 od Re 5 Say 5 So Se = i 7 St x i .3 of : .A So rs 2 .> i x % i ee 5 Si ; 2 .Ga a i ; 2 2 5 3 5 7 2 2 2 2 se i = 2 os & = i 5 Se SY 2e 2 a 5 as i i = ei # 2 a ; 5 ; Zh nN 5 = = A, 3 S ; ce se i 5 = Ge A i i Se i se = i a .= pee ok 5 i 5 Es E.Es Rg Es = 2 2 + se = 2 i = - 5 = 2 cu x $ 2 su 2 SE 2 ge ca 2 = i Se a { se or = = Es ; ; 5 se i L i i i 5 i 2 > 7 = i = 5 x 2 ce £5 .ne i 5 = 5 Le = Pe i à xX So Ë SN, XN \u20ac 5 i i ¥ 8 > & SR iiss i oR = 3 se or i De $ : = 5 A) 5 2 #2 a i a $ * CE ë \u201cor Sh Bow Ge i 2 LE 5 2 UE & 2 22 \u2018 a 7 .> = = $ 274 5 Ë a 2 > #0 + ; i A és.5, 2 N, RL 2 GA >.5 = ies Gi 4 Li i i ces 5 72 7 : = Us buy Vi 2 5 7% = ; 2 Sl i sa 5: 7 2 es § = es E > Pp yo Z i à $ GE er %: a i i 0 a RR Fa of # o> a tL 2 c oe 2 oh Ga 7 3 2 5 % = y 3 oi dt \u201d 0 .cons nues ce O on conne La mécanisation libère le sud de l\u2019Italie de son isolement régnant, depuis des siècles Une vie nouvelle dans les « MONTAGNES QUI MARCHENT \u201d D la province de Matera, dans le sud de l'Italie, on dit que les montagnes marchent.C\u2019est ce que rapporte la revue \u201cThe Lamp\u201d.Or ce dicton vient du fait que les paysages ont Iréquemment changé a la suite des tremblements de terre et des glissements de terrain.Il s\u2019agit d\u2019une contrée d\u2019apparence sauvage et bouleversée, coupée de plaines nues et jaunes creusées par l\u2019érosion et de plateaux fauves ridés par la boue et la lave solidifiées.Pourtant, dans cette désolation sinistre, il se trouve une beauté étrange et terrifiante.Peu de gens, sauf ceux qui y vivent, ont pu apercevoir cette beauté.Car, pendant des siècles, la province de Matera a été presque complètement isolée du reste du monde, derrière ses sommets déserts.La majeure partie de ses routes ont disparu parmi les rochers escarpés et les pins rabougris, aux alentours de la capitale qui porte aussi le nom de Matera.Pour atteindre les villes sises à quelques milles de distance, il faut des heures de marche dans les sentiers d'âne qui serpentent dans les montagnes.Le peuple, presque entièrement constitué de fermiers, vit dans un isolement complet, tentant d\u2019arracher sa subsistance des rares étendues de terre poudreuse.C\u2019est un numéro de \u201cThe Lamp\u201d, organe de la Standard Oil Company (New-Jersey), qui écrivait récemment cette région pittoresque.À cause de l'isolement, les changements dans lu vie de ces gens se sont produits bien lentement.On rapporte que les réseaux de cavernes creusées dans les montagnes au-dessous de ce qui est aujourd\u2019hui la ville de Matera étaient habités dès l\u2019an 1500 avant Jésus- Christ.Depuis ce temps-là, les familles ont vécu dans les mêmes cavernes, avec leurs mules et leurs poules, dans la poussière et l\u2019'humidité.Aujourd\u2019hui, plusieurs de ces cavernes présentent des façades peintes qui leur donnent l'aspect de maisonnettes.À l\u2019intérieur, ce ne sont que des chambres de roc nu, quelques-unes éclairées à l\u2019électricité, mais aucune n\u2019est munie d\u2019eau courante, ni des commodités sanitaires.Cette section de Ja ville s'appelle sassi ( « les rochers » ) Pour ceux qui ont vu Matera, il est plus que surprenant de constater que cette province constitue au- jourd\u2019hui une force nouvelle dans le développement A droite : Dans le quartier appelé «sassi», les cavernes de Matera ont servi de logis depuis lan 1500 avant Jésus-Christ.Aujourd hui, elles sont graduellement abandonnées.Ci-dessous : Mules et véhicules motorisés se rencontrent aujourd\u2019hui sur les nouvelles routes du sud de l'Italie, portant au marché les produits de la ferme.rae tre \" RY! HA aan futur du pays.Toutefois, les récents événements indi- pay > NS quent parfaitement qu\u2019il en est ainsi.Une heureuse décision Ces événements ont débuté avec la décision prise par le gouvernement italien d\u2019i inaugurer un programme appelé Plan pour le sud, qui vise à relever le niveau de vie et à créer une stabilité économique dans toute la région sise au sud de Rome, y compris la Sicile.Avec l\u2019aide technique et financière des Etats-Unis, le plan fut lancé en 1950.Aujourd'hui, il produit déjà une vie nouvelle dans cette région.Les projets comportent le défrichement de vastes étendues de terrain dénudées par l\u2019érosion, la redistribution de terres à des milliers d\u2019anciens [ermiers, la construction de canaux d\u2019irrigation et de centrales hydroélectriques, l\u2019érection de nouvelles écoles, de maisons et même de villages entiers, la mécanisation des fermes et l\u2019établissement d\u2019un lien entre le nord et le sud du pays par un réseau de bonnes routes.Chaque phase de ce projet ambitieux a fait naître cles espoirs.Les longs rubans noirs de l\u2019asphalte franchissent maintenant les tortueux sentiers muletiers.Sur les routes principales, les camions apportent les matériaux essentiels à l'équipement des usines du nord et rame- nent ensuite les produits agricoles du sud.Autour de Matera, comme dans les autres provinces du sud, les routes construites entre les fermes ont accru le travail de défrichement.Les ingénieurs ont en effet découvert que le sud possède une abondance de terres fertiles et incultes, qui n'avaient besoin que d\u2019une route pour être exploitées.Chaque mille de route en territoire inexploité ouvre des milles carrés à la culture.Les nouvelles routes ont aussi permis aux cultivateurs d'accroître la quantité des produits qu\u2019ils peuvent porter au marché.Ainsi, un producteur de blé de Matera qui avait I\u2019habitude de porter au marché, quatre boisseaux de blé sur ses mules, en transporte maintenant 40 fois plus par la route, avec un camion loué.Il s\u2019est aussi créé une nouvelle catégorie de propriétaires de fermes, grâce au nouveau programme de redistribution des terres, selon lequel des ouvriers et d'anciens cultivateurs achètent au gouvernement des lopins de terre.Ces nouveaux propriétaires peuvent également suivre des cours où ils apprennent les méthodes de l\u2019agriculture moderne.Par des prêts à taux réduits, le gouvernement les encourage à délaisser leurs vieilles charrues, soit des planches munies de longs clous, en usage dans le sud depuis des centaines d\u2019années, et à se servir de tracteurs.On espère même qu\u2019on comptera bientôt un tracteur par 50 acres.La mécanisation assurée par les nouvelles routes et les machines aide aussi le sud à réaliser d\u2019autres phases importantes de son vaste plan.Ainsi, pour la première fois depuis des siècles, les gens abandonnent les sass: de Matera, pour aller s\u2019installer a La Martella, dans un nouveau village de maisons modernes conçues par quelques-uns des plus réputés architectes de l'Italie.La Martella, qui se trouve dans les plaines, à 8 milles de la Ville des rochers, possède des écoles, une clinique médicale, une église, un dispensaire, un hôtel de ville, un poste de police, un entrepôt commun et un silo, ainsi que des magasins.D'ici peu de temps, trois autres villages semblables seront construits dans le voisinage.En conséquence, les sassi seront bientôt déserts, restant un monument inanimé d\u2019un passé amer.À cause de ces développements, le sud a amélioré sa situation économique et il commence à hausser ses standards de vie.Partout, surgissent de nouvelles entreprises commerciales.On construit, par exemple, plusieurs nouveaux hôtels pour recevoir les touristes qui visiteront le sud grâce aux nouvelles routes.Quelque 700 industries, telles celles de la laine et du textile, des centrales hydroélectriques, ont été installées en ces dernières années et plusieurs autres sont en voie d\u2019aménagement.Pourtant, aucun de ces changements ne s\u2019est produit avec rapidité, les problèmes du sud sont trop complexes et s\u2019étendent à un trop vaste territoire.On s\u2019est résolument mis au travail et il n\u2019est nullement question de s'arrêter.Le comte Carlo Sforza a déjà qualifié les gens du sud comme étant « parmi les plus intelligents au monde ».De fait, quelques-uns des esprits les plus brillants de l\u2019Europe ont été nourris au sein de la beauté sauvage et de la désolation de ces montagnes et de ces vallées.Tel est le cas du dramaturge Pirandello, du philosophe Croce, de l'homme d\u2019Etat Crispi, pour ne citer que ceux-là.Tous les gens du sud sont reconnus pour leur facilité à s'exprimer.Le soir, vous pouvez les voir sur les places publiques de chaque village, assis aux cafés ou groupés autour des fontaines, centre social de toute l\u2019activité humaine; ils parlent d\u2019abondance avec cette voix qui exprime leur passion et leur ardeur naturelles.Mais, aujourd\u2019hui, il y a dans leur conversation une nouvelle note d'espérance.Ils ont enfin commencé à se libérer des fardeaux qui les ont écrasés pendant des siècles.Les architectes les plus réputés de l\u2019Italie ont conçu ces maisons pour le village de La Martella, l\u2019un des nouveaux centres d\u2019habitations érigés dans le Sud.Ces villages ont de bonnes routes, des écoles, des magasins, des dispensaires et des entrepôts. cage, les ingénieurs décidèrent de FE N'EST PAS UNe mince entre- la placer sur une bille d\u2019acier de prise que d\u2019ériger une colonne mé- deux pouces de diamètre légère- talique de 250 pieds de hauteur ment enchâssée dans une plaque sur un terrain marécageux.La Bri- de métal.Des câbles d'acier ancrés tish Insulated Calender\u2019s Construc- au sol retiennent la colonne en tion Co., Ltd s\u2019est récemment trou- place, mais ils ont une certaine vée en face d\u2019un tel problème lors- flexibilité afin de parer à la pres- qu\u2019on lui confia l\u2019instalation d\u2019une sion des vents.Quant à la bille \u2014 cheminée permettant de brûler des sorte de joint articulé \u2014, elle per- gaz inflammables à une hauteur met à la colonne de se déplacer qui ne mettrait pas en danger les légèrement sur sa base offrant ainsi édifices environnants.L\u2019entreprise une résistance que la force des clevait être exécutée pour le compte vents vaincrait autrement.d\u2019une raffinerie située au pays de Ce magnifique exemple du génie Galles.inventif de l'homme a récemment Au lieu d\u2019appuyer la lourde co- été révélé par Steelways, organe lonne sur des fondations s\u2019enfon- de l'American Tron and Steel Ins- çant profondément dans le maré- titute.Un ouvrier place la bille d\u2019acier qui recevra la base de la colonne géante pesant vingt-six tonnes LES INGENIEURS sont parfois EQUILIBRISTES Les flammes surgissent au sommet de la colonne d\u2019acier, brûlant des gaz inflammables à une hauteur sécuritaire L\u2019ASSOMPTION o ST-JÉROME js ANTOINE Z MASCOUCHE Les deux cartes illustrant cette page délimitent les quatre zones qui seraient atteintes su une bombe à hydrogène ayant 2,100 fois la puissance de la bombe atomique tombée sur Nagasaki, venait exploser au coeur de la st dae métropole ou de la capitale provinciale.Dans le cas de Montréal, le point de chute se situe au carré Dominion, et dans le cas de Québec, à l'hôtel du Parlement.Comme on le voit, les dégâts, allant des plus lourds aux plus légers, se produiraient a l\u2019intérieur d\u2019un cercle de 52 milles de diamètre.STE - THERESE J] e ST-EUSTACHE ST-IÉAN /0\\e IBERVULE VALLE YFIE LD} 2 SHERRINGTON IL BEAVPORTY LES DEGATS Ie .3 - NO.VES LAUVREMTIDES Cs Première zone : peu d\u2019incen 3 sTenuÉGESe 0, dies en raison de la destruction G ou de l\u2019effondrement des édif:- Le ces; rues bloquées par les décom- HONTMORFNCŸ bres; seuls restent debout les structures en béton armé suffisamment solides pour résister aux tremblements de terre.LF D'URLEANS BEAUPORT \"HARLES Bou ia e e GIFFARD ¢ Deuxiéme zone: les immeubles sont gravement endommagés et les décombres bloquent les rues; un grand nombre d'incen- A dies font rage, menaçant de dé- ANCIENNE ° QUEBEC générer en conflagration.LORETTF STE- Foy e Je ROUGE Troisième zone: les immeubles subissent des dégdts moyens et resteront inutilisables jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient réparés; un grand nombre de petits incendies éclatent; des décombres s'amoncèlent près des immeubles.@sr-ROMUALD Quatrième zone: dommages ) : légers aux immeubles; menus dé- 9 sy: NICOLAS {i ST-HFNRI® bris dans les rues; quelques petits 5 E incendies surgissent ici et là. LA LOURDE MISSION de la défense civile par Robert PREVOST RGR EPO RPI RPAROERP BRAS Il y a quelques semaines, le directeur de Technique pour tous a eu l'avantage de participer à une série de cours d\u2019une durée de trois jours organisés par les autorités fédérales au Collège canadien de la Défense civile (Arnprior, Ontario), à l\u2019intention d\u2019un groupe de journalistes et de commentateurs de la radio représentant toutes les provinces.Il résume et commente ci-dessous quelques-unes des communications présentées par les experts invités à exposer et à discuter les problèmes relatifs à la défense civile en face de la menace atomique et thermonucléaire.Il est bien évident que ses remarques ne revêtent aucun caractère officiel et qu\u2019elles lui sont personnelles.HOMME de la rue énonce à l\u2019égard de la défense civile des opinions allant du plus noir défaitisme à la confiance absolue.Il a tort.Dans le premier cas, le pessimisme provient du rejet à priori de toute préparation devant l\u2019impossibilité d\u2019épargner tous les êtres humains d\u2019une zone-cible.Dans la deuxième, l\u2019optimisme résulte d\u2019une foi aveugle en l'esprit de survivance qui anime l\u2019humanité, et qui, espère-t-on, proscrira tout recours à des engins susceptibles de sonner le glas de la civilisation.Et ces deux extrêmes se traduisent malheureusement par une même attitude négative.LA DEFENSE CIVILE, CE N'EST PAS L\u2019AFFAIRE DU VOISIN.RACINE OVER Ici comme ailleurs, le juste milieu reste l\u2019attitude recommandable: même si la défense civile ne peut sûrement pas mettre tous les citoyens à l\u2019abri, n\u2019oublions pas que son organisation n\u2019aura pas été vaine, même si elle ne parvient qu\u2019à sauver quelques vies humaines.Il ne lui en faudra pas plus pour proclamer la noblesse de sa cause.C\u2019est l\u2019impression que l\u2019auteur du présent article a rapportée d\u2019un récent séjour au Collège canadien de la Défense civile, situé à Arnprior.Magie des chiffres Il vient un moment, lorsque tout profane aborde les mathématiques, où les chiffres semblent perdre leur valeur.C\u2019est précisément la difficulté qui surgit pour qui veut évaluer, de façon vulgarisée, la puissance des nouveaux engins.Au cours de la première Grande guerre, deux cargos se télescopaient dans le port d\u2019Halifax.Il en résulta l\u2019explosion de 2,000 tonnes de tonitrotoluène (T.N.T.).Cette tragédie prit alors figure de cataclysme et elle devint un point de comparaison pour l\u2019évaluation de la gravité des catastrophes subséquentes.Continuons cette tradition.La puissance libérée par l\u2019explosion de la bombe atomique lancée sur Nagasaki par les Américains, au cours du récent conflit, correspondait à celle que dégagerait l\u2019explosion de 20,000 tonnes de T.N.T.(soit dix fois autant que la tragédie d\u2019Halifax).Pour le commun des mortels, cette image suffira-t-elle?Ajou- Lons que cette même puissance équivaut à celle que l\u2019on obtient en faisant brûler 7,000 tonnes de charbon, ou encore à celle que produisent 23 millions de kilowattheures d\u2019énergie électrique.Pour les fervents de la vulgarisation, ajoutons que si cette puissance était utilisée de manière appropriée, elle pourrait élever un navire des dimensions du Queen Mary à une hauteur de 70 milles! Enfin, elle correspond à l\u2019énergie globale que le soleil donne, au cours d\u2019une journée ordinaire, à une surface de deux milles carrés. Voilà qui suffit, direz-vous, à donner la frousse au plus stoïque.Pourtant le cataclysme de Nagasaki ne marquait que le début de ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler l\u2019ère atomique, et au cours des quelques années qui se sont écoulées depuis, l\u2019être humain a conquis des puissances destructrices beaucoup plus grandes.Dans les quelques mois qui suivirent la chute de la première bombe atomique, un savant viennois, le Dr Hans Thirring, publiait des calculs dont on concluait à la possibilité de produire un engin terrible à l\u2019aide de l\u2019hydrure de lithium.En janvier 1950, le président Truman enjoignait la Commission de l\u2019énergie atomique des Etats-Unis de fabriquer la première bombe à hydrogène.L'année suivante, l\u2019opération Greenhouse, à Eniwetok, établissait la possibilité de construire un dispositif d\u2019essai.En novembre 1952, l\u2019opération fvy, à Eniwetok également, éprouvait ce dispositif, démontrant la possibilité d\u2019une réaction de fusion; la puissance de ce dispositif correspondait à 5 millions de tonnes de T.N.T.(soit 250 fois plus grande que celle de la bombe de Nagasaki).Pendant ce temps, les Russes travaillaient fébrilement de leur côté et, en août 1953, ils faisaient l\u2019essai d\u2019un dispositif beaucoup plus puissant qu\u2019une arme à fission ordinaire et faisant usage de substances plus économiques que celles employées par les Etats-Unis.Tes hommes de sciences américains ne ralentirent pas leurs recherches et ils en arrivèrent aux résultats suivants: ler mars 1954, deuxième bombe à hydrogène équivalant à 12 millions de tonnes de T.N.T.: 26 mars de la même année.(roisième bombe, avec puissance de 17 millions de tonnes de T.N.T.: avril 1954, quatrième bombe équivalant à 40 millions de tonnes de T.N.T.Voilà où nous en sommes présentement, selon les informations pouvant être divulguées.Il n\u2019a cependant pas été révélé si cet engin a véritablement éclaté.Le bilan de ces résultats n\u2019est pas rassurant.La plus récente bombe à hydrogène (40 mégatonnes) a donc une puissance égale à 2,000 fois celle de Nagasaki.C\u2019est dire que si elle éclatait demain au-dessus d\u2019une région, la puissance qu\u2019elle libérerait équivaudrait à 20,000 explosions simultanées de l\u2019ordre de celle qui s\u2019est produite dans le port d'Halifax, au cours de la première Grande guerre! Brel, sa puis sance se comparerait à celle que produiraient sur la même région pas moins de 10,000 soleils brillant instantanément! Ravages de la bombe atomique Examinons maintenant les ravages que peuvent causer ces engins.Commençons par l\u2019humble bombe atomique, et prenons pour base celle de Nagasaki: puissance de 20,000 tonnes de T.N.T.Il est évident que la destruction résultant de son éclatement dépend de nombreux facteurs parmi lesquels l\u2019altitude de l\u2019explosion semble le plus important.La hauteur considérée comme la plus avantageuse est évidemment celle pouvant davantage détruire la cible.Lorsque la bombe éclate au-dessous de la hauteur idéale, les dégâts sont plus considérables, mais la superficie atteinte moins étendue, et vice versa.Supposons, pour les fins de cet article, qu\u2019une bombe atomique éclate à une altitude de 2,000 pieds au-dessus d\u2019une ville canadienne; les effets sont de trois ordres: chaleur, radiation et onde de choc.Chaleur.Au moment de l\u2019explosion, il se forme un gros globe de feu ayant un diamètre de 900 pieds; sa température interne correspond à 20 millions de degrés centigrades (chaleur égale à celle du soleil), et il s\u2019élance dans l\u2019atmosphère à une vitesse de 200 milles à l\u2019heure.À mesure qu\u2019il se refroidit, un panache de fumée s\u2019élève à un rythme de 100 à 150 milles à l\u2019heure et, après une demi-minute, il atteint 25,000 pieds.Selon les conditions atmosphériques, il peut atteindre de 40,000 à 60.000 pieds.L\u2019éclair brûlant peut durer trois secondes, 75 pour cent de la chaleur se dégageant pendant la première.Les autres 25 pour cent dimt- nuent pendant les deux autres secondes tandis que le globe de feu se refroidit et s\u2019élève.Quelle est la portée de cet éclair?Tout dépend de l\u2019humidité de l\u2019air.S\u2019il fait beau, des incendies peuvent s\u2019allumer dans les matières inflammables jusqu\u2019à une distance de deux milles du point de chute.Le brouillard et Ja pluie diminuent cette portée.Radiation.Elle se produit sous deux formes: immédiate et rémanente.La radiation immédiate provient des rayons gamma et des neutrons dégagés au moment de l\u2019explosion.Cet éclair gamma, comme on l\u2019appelle communément, peut tuer jusqu\u2019à une distance de 3,900 pieds du point de chute et il est dangereux jusqu\u2019à 6,000 pieds; ici encore, la fumée et l\u2019humidité présentes dans l\u2019air peuvent servir d\u2019écran dans une certaine mesure.Quant à la radiation rémanente, ou contamination radioactive, elle provient de l\u2019émission de rayons gamma provenant de substances rendues radioactives par des neutrons: les matières non lissionnées ou les produits de la fission provoqués par l'explosion atomique en constituent aussi une source.Onde de choc.Selon les experts, l'onde de choc d'une bombe explosive dure moins d\u2019un centième de seconde et ressemble à un claquement cinglant tandis que celle d\u2019une bombe atomique a plutôt le caractère d\u2019une poussée jusqu\u2019à une distance de 3,000 pieds du point de chute, et elle dure trente-sept centièmes de seconde.Lorsqu'il] s\u2019agit d\u2019une explosion aérienne, la poussée se dirige évidemment vers le bas, et elle sS\u2019accompagne d\u2019un effet d\u2019écrasement.Etendue des dégâts.Pour évaluer l\u2019étendue des dégâts infligés par la bombe atomique, il convient de diviser la région atteinte en quatre zones concentriques.Dans la première, située dans un ravon d\u2019un demi-mille du point de chute, très peu d\u2019incendies sont allumés en raison de la destruction ou de l\u2019effondrement des édifices, les rues sont bloquées par les décombres; seuls restent debout les structures en béton armé suffisamment solides pour résister aux tremblements de terre.Dans la deuxième zone, située dans la partie d\u2019un rayon compris entre les distances d\u2019un demi-mille et d\u2019un mille du point de chute, les immeubles sont gravement endommagés et les décombres bloquent les rues; un grand nombre d\u2019'incendies font rage, menaçant de dégénérer en conflagration ou en tornade de feu.Dans la troisième, située dans la partie d\u2019un rayon compris entre les distances d\u2019un mille et d\u2019un mille et demi du point de chute, les immeubles subissent des dégâts moyens et resteront inutilisables jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient réparés; un grand nombre de petits incendies éclatent; Jes décombres sont peu considérables au centre des rues, mais s\u2019amoncèlent près des immeubles.Quant à la quatrième zone, située immédiatement au-delà de la troisième, les dommages aux immeubles s\u2019avèrent plutôt légers: plâtre endommagé, fenêtres brisées, etc.; les rues sont jonchées de menus débris et quelques petits incendies surgissent ici et là. Ravages de la bombe à hydrogène La plus récente bombe à hydrogène, nous l\u2019avons vu plus haut, a une puissance égale à 2,000 fois celle de la bombe atomique dont la force destructrice vient d\u2019être décrite! Ici encore, l\u2019altitude à laquelle éclate l\u2019engin joue un rôle important; en effet, si l'explosion se produit au ras du sol, il en résulte un grand cratère au point de chute et toutes les conduites souterraines des services publics deviennent inutilisables, ce qui n'est pas le cas pour la bombe atomique (sauf si l\u2019explosion est souterraine, bien entendu).Chaleur.Environ une seconde après la détonation.le globe de feu atteint son diamètre maximum (31 milles) et il en résulte une bouffée turbulente de gaz surchauffés qui monte dans l\u2019espace à une vitesse de 300 pieds par seconde: cette ascension se poursuit jusqu'à ce que les gaz se refroidissent à la température des éléments environnants.Pendant l\u2019ascension.le nuage prend la forme familière du champignon.Le sommet de ce champignon, au début, est le siège d\u2019un vigoureux bouillonnement qui décroît à mesure que V\u2019élève le nuage.TI] a une épaisseur d\u2019environ 10.000 pieds et se stabilise à la base de la stratosphère, soit à une altitude variant entre 30,000 et 40,000 pieds.Le dégagement de chaleur dure environ 10 secondes avec les effets thermiques suivants sur les êtres humains: brûlure du 3e degré dans un rayon de 6 milles.brûlures du 2e degré dans un ravon de 10 milles et brûlures du ler degré dans un rayon de 15 milles.Radiation.L'explosion de la bombe à hvdrogène pose en ce domaine deux problèmes distincts: émission immédiate de rayons gamma ne durant qu\u2019un peu plus d\u2019une minute, mais dont Ja portée moyenne des doses mortelles est d'environ 234 milles (ce qui est évidemment bien en-deca de la zone de destruction totale résultant de l\u2019onde de choc) et précipitation de particules radioactives qui ne posait aucun problème grave dans le cas de la bombe atomique.L'explosion d\u2019une bombe à hydrogène au ras du sol creuse un cratère, soulevant des milliers de tonnes de terre, et ces particules radioactives, retenues tout d\u2019abord prisonnières par le nuage, s\u2019en détachent à mesure que le vent entraîne celui-ci, pour retomber au sol.Les spécialistes estiment qu\u2019environ 50 pour cent de ces débris radioactifs reviennent au sol en l\u2019espace de 24 heures.Quelle serait l'étendue de la région contaminée?Située en aval du point de chute (puisque c\u2019est le vent qui entraîne les particules), elle aurait une forme elliptique s'étendant sur 200 milles de longueur par 40 milles de largeur! Evidemment, ces chiffres ne constituent pas une documentation dont l\u2019exactitude a été prouvée et il en résulte que l\u2019on ne peut établir de façon certaine le degré de contamination à l\u2019intérieur de cette région elliptique.D'ailleurs, plusieurs facteurs peuvent l'influencer, tels que la puissance de la bombe, la nature des éléments qui la composent, l\u2019altitude de l\u2019explosion, la nature du sol au point de chute et les conditions atmosphériques.Cette radioactivité s\u2019atténue rapidement: presque la moitié de son intensité disparaît au cours des premières 24 heures.Cependant, il n'en est pas ainsi des rayons gamma qui se sont installés à demeure, pour ainsi dire, dans un secteur de quelques milles de diamètre autour du point de chute.Là-dessus, les hommes de science se refusent à tout détail précis.Les spécialistes du Collège canadien de défense civile ont récemment déclaré aux journalistes réunis à Arn- prior que la région atteinte par les rayons gamma ne peut se décontaminer, comme on pourrait le faire pour EE un secteur atteint par la guerre biologique.Dans ce dernier cas, les effets nocifs de certains produits chimiques peuvent être arrêtés par d\u2019autres produits chimiques.Le rayon gamma, lui, résiste à toute tentative de neutralisation rapide; seul le temps peut avoir raison de son opiniâtreté.De l\u2019avis d\u2019un expert entendu à Arnprior, la radiation gamma peut, dans certains cas, prendre quelques milliers d'années à s\u2019effacer, selon la nature des éléments.Or, en se basant sur les composants d'une bombe à hydrogène semblable à celle que la science met présentement au point, il est d\u2019ores et déjà certain qu\u2019une ville dévastée ne pourrait pas être léoccupée par les êtres humains avant un demi-siècle, sûrement pas avant la génération suivante! Onde de choc, la bombe à hydrogène produit une onde de choc d\u2019une durée de cinq secondes et, comme dans le cas de la bombe atomique, son intensité varie selon le degré d'altitude de l\u2019explosion. Etendue des dégâts.Point nécessaire d'en décrire long sur ce sujet: il est évident qu\u2019une telle arme détruira une localité de fond en comble, et que sauf dans le cas de villes les plus vastes, les dégâts s\u2019étendront au-delà des limites urbaines, jusque dans la campagne.Toutefois, si l\u2019on veut obtenir une idée des ravages causés aux immeubles, on pourra comparer les chiffres qui suivent à ceux qui ont été cités plus haut pour la bombe atomique.Les effets de l\u2019onde de choc n\u2019augmentent pas proportionnellement au surcroît de puissance de la bombe à hydrogène.L\u2019augmentation est calculée en multipliant la racine cubique de la puissance de la bombe par les rayons de dévastation.Ainsi.la bombe à hydrogène dont la puissance est de 2,000 fois celle de la bombe atomique tombée sur Nagasaki ne dévaste pas tout dans un rayon 2,000 fois plus grand.La racine cubique de 2,000 est d\u2019environ 13.C\u2019est dire que les dégâts de la première zone (tels que précisés pour la bombe atomique), s\u2019étendront dans un rayon de 61, milles, et ceux des deuxième, troisième et quatrième zones, dans des rayons respectifs de 13 milles, 191; milles et 26 milles! C\u2019est dire que si une bombe éclatait au-dessus du centre de Montréal, il resterait peu de chose de la métropole! Important rôle de la défense civile Devant des chiffres qui donnent à l'être humain l\u2019impression que son importance est à peine plus grande que celle d\u2019un grain de poussière, qui lui font réaliser combien infinitésimales sont ses chances de survivre si le hasard le place dans un rayon de six milles et demi du point de chute d\u2019une bombe à hydrogène, comment ne pas douter, à prime abord.du rôle que peut jouer la défense civile.Devant la redoutable éventualité d\u2019un tel cataclys me, l\u2019homme de la rue affiche à priori un fatalisme bien compréhensible.S\u2019il se ressaisit et applique à sa ville ou à sa région les données scientifiques que les spécialistes nous révèlent sur la puissance de destruction des engins modernes.il comprend l'impossibilité pour la population de croire que toute défense civile.quelle que soit l\u2019excellence de son organisation.pourra l\u2019épargner complètement.Pour lui, la cause est entendue.Pourtant, les journaux nous rapportent souvent que des centaines de bénévoles n\u2019hésitent pas à parcourir la forêt pendant des heures pour retrouver un enfant perdu; que des dizaines d\u2019avions patrouillent certaines régions pendant des journées entières afin de sauver un prospecteur manquant à l\u2019appel; que les autorités gouvernementales n\u2019hésitent pas à dépenser des sommes souvent importantes pour venir en aide à un Esquimau que la maladie a atteint dans son iglou.Malgré le matérialisme dans lequel nous a plongés la civilisation moderne, la société continue d\u2019attacher beaucoup de prix a la vie humaine.Si la défense civile, advenant qu\u2019une bombe à hydrogène éclate au- dessus de Montréal, ne parvient qu'à sauver un faible pourcentage de la population selon un plan d\u2019évacuation préétabli, elle n\u2019aura pas trahi sa mission.Lorsqu\u2019éclata la première bombe atomique, une certaine panique s\u2019empara des esprits et l\u2019on songea immédiatement, à travers le monde, à établir des plans d\u2019évacuation pour la population des grandes villes.En face des problèmes colossaux qu'\u2019offrait une telle mesure préventive, et avec l\u2019admission par les savants qu\u2019une forte proportion des habitants d\u2019une cité pouvaient survivre à la condition de se soustraire aux radiations en se terrant, les experts en défense civile encouragèrent la construction d\u2019abris.Certaines entreprises privées entreprirent même la mise au point d\u2019un abri de type familial et mirent certains modèles sur le marché.En 1951, le ministère de la Santé nationale et du Bien-Ftre social (Canada) publiait une plaquette intitulée Protection personnelle contre l\u2019attaque atomique et un chapitre de cet ouvrage était consacré aux moyens à prendre par les civils pour se construire des abris, soit au sous-sol de leur demeure, soit à l'extérieur.Mais la bombe à hydrogène a révélé depuis sa terrible puissance, et il a fallu revenir au concept de l\u2019évacuation.Même si le citoyen parvenait, dans un abri, à se protéger de l\u2019onde de choc et à se prémunir contre l\u2019émission immédiate de rayons gamma, à quoi cela lui servirait-il si la région où il se trouve reste contaminée pour un demi-siècle?Au cours des journées d\u2019études auxquelles l'auteur du présent article a assisté, à Arnprior, le coordonnateur adjoint de la défense civile pour le Canada, le major-général G.-S.Hatton, a déclaré que, dans son ensemble, notre pays possède certains avantages en face d\u2019un guerre thermonucléaire possible.T1 y a tout d\u2019abord l\u2019absence probable de cibles ayant suffisamment d\u2019importance stratégique pour porter l\u2019ennemi éventuel à recourir contre elles à la bombe à hydrogène; ensuite, la population se trouve disséminée sur de vastes étendues, à l\u2019exception de deux villes: Montréal et Toronto; de plus, nous jouissons déjà d\u2019un excellent système d\u2019alerte; enfin, le nombre d\u2019autos privées est tel que l\u2019évacuation des villes en serait facilitée.Voilà certes des facteurs qui ont leur importance.mais il en est d\u2019autres non moins négligeables, jugez-en vous-mêmes.Selon le major-général Hatton, le réseau de radar présentement en service permettrait à une ville comme la métropole d\u2019être alertée de huit à douze heures avant que les avions ne nous survolent; il a été déclaré par un autre spécialiste que la deuxième ligne d\u2019alerte en voie de construction et appelée Dew (pour Distant Early Warning) nous vaudra une heure additionnelle de grâce.C\u2019est à la fois inestimable et peu, Comment évacuer une ville comme Montréal en un tel espace de temps?C\u2019est la question que les journalistes ont posée.Le major-général F.-F.Worthington, coordonnateur de la défense civile, à répondu, chiffres en mains.Il a cité l\u2019exemnole d\u2019une expérience d\u2019évacuation tentée aux Etats-Unis et au cours de laquelle une moyenne de 2,713 véhicules sont sortis d\u2019une ville par heure sur chacune des pistes que comportaient les routes conduisant vers l\u2019extérieur.T1] admet, évidemment, que les résultats ne seraient pas aussi excellents advenant une véritable évacuation organisée dans la panique.Le major-général Hatton a déclaré, pour sa part, qu\u2019il était logique de penser à la possibilité d\u2019évacuer 9,000 personnes par heure sur chaque piste.Voyons ce qu\u2019une telle entreprise représenterait s\u2019il fallait évacuer Montréal d'urgence.Nous savons tous que la métropole se trouve sur une ile (et comment pourrait-on l\u2019ignorer avec les problèmes de circulation que cette situation géographique représente pour tous ces insulaires?).Or, huit ponts pour automobiles et camions relient l\u2019île à la terre ferme, dans toutes les directions.Etant donné que la circulation deviendrait à sens unique advenant une alerte et en considérant que chaque pont a une moyenne de trois pistes, on obtient un total de 24 pistes.Multiplions ce total par 9,000 et nous en arrivons au résultat théorique suivant: il y a possibilité d\u2019évacuer 216,000 personnes par heure.Théoriquement, il suffit donc de moins de dix heures pour transformer Montréal en ville fantôme.Evidemment, rien ne prouve que l'ennemi éventuel s\u2019efforcera, pour lancer son attaque, de choisir une belle journée, alors que les routes et les ponts seront libres de neige ou de glace; rien ne prouve non plus que cet ennemi n'aura pas entraîné des équipes de saboteurs pour détruire les ponts.Cette dernière possibilité à elle seule pourrait faire l\u2019objet d\u2019un long article: il est vrai, d'une part, qu'advenant toute déclaration de guerre, les autorités militaires prendront les dispositions nécessaires à la protection de nos points stratégiques, mais il n\u2019est pas moins exact de dire que les équipes de sabotage peuvent maintenant procéder à leurs missions au moyen d\u2019explosils & grande puissance (il est lort possible, par exemple, de produire une petite bombe à hydrogène pouvant se dissimuler dans une mallel).Mécanisme de l\u2019évacuation Advenant une déclaration de guerre, les autorités canadiennes de la défense civile n\u2019attendront pas la première alerte pour mettre en branle le mécanisme des plans d'évacuation, à la condition que ceux-ci s\u2019appuient sur une organisation sérieuse.L\u2019évacuation d\u2019une grande ville pourra s\u2019effectuer selon quatre phases bien déterminées.Première phase.Avant la première alerte \u2014 soit aussitôt qu\u2019il y a raison de croire en la possibilité d\u2019une attaque \u2014, il faudra procéder à l'évacuation des personnes dont la présence ne s'avère pas essentielle au maintien des services publics, au fonctionnement des usines, etc, soit: les invalides, les gens vivant dans les institutions, les élèves et étudiants, les enfants en bas âge et leurs mères.D'un seul coup, selon les experts, la population de la ville se trouve réduite d\u2019environ 40 pour cent.Pour Montréal, cette première évacuation, s\u2019exécutant dans des conditions idéales (c\u2019est-à- dire sans la panique que générerait la proximité immédiate d\u2019une attaque), soulagerait la ville de 600,000 personnes (en se basant sur une population de 1,500,000).Cette population devra être orientée vers des points déterminés à l\u2019avance, soit vers des petites villes et des villages dont on aura établi la capacité d'absorption de ce surcroît de citoyens.Il faudra prévoir en même temps l\u2019évacuation de certains quartiers qu'il ne serait pas possible de vider au cours de la deuxième phase, après que l'alerte aura rententi.Deuxième phase.L\u2019alerte sonne, et il ne reste que de huit à douze heures pour compléter l'opération.C'est ici que le succès dépendra du nombre de véhicules capables de quitter la ville selon les voies de communications existantes.Toute circulation vers la ville doit être instantanément orientée en sens inverse, de manière à ce que les routes deviennent à sens unique.Les plans d\u2019évacuation sont mis en application, la po- Celte photo nous montre les délégués de la province de Québec qui ont assisté au cours donné à l'intention des journalistes du pays au Collège canadien de la Défense civile, à Arnprior.De gauche à droite, MM.Irwin Shulmann, correspondant à Ottawa du \u201cMontreal Star\u201d, Frank Kennedy, du \u201cHerald\u201d, et Robert Prévost, directeur de \u201cTechnique pour tous\u201d, le général F.-I'.WVorthingion, coordonnateur de la défense civile au Canada, MM.Arthur Prévost, du \u201cPetit Journal\u201d, René Mont- petit, de \u201cLa Presse\u201d, Claude Lapointe, du poste CKAC, et J.Marcotte, de la Société Radio-Canada.RIRE ?Û , ARE | ES eR pulation de chaque secteur devant être dirigée vers une région préalablement désignée.Les services de police, les pompiers et les escouades spécialisées de la défense civile devant rester sur place pour assurer la protection de la ville se retirent sur la périphérie, ou mieux encore dans des abris construits à leur intention, se tenant prêts à lutter contre les conflagrations, à procéder au sauvetage des survivants qui n\u2019ont pas eu le temps de fuir, à mettre un frein à l\u2019activité des pillards qui ten- reraient de dévaliser les établissements commerciaux et les foyers, etc.Troisième phase.La bombe a éclaté.Il faut guider et assister les survivants qui ont pu se terrer dans les abris et procéder à leur évacuation, maintenir le mouvement des colonnes de véhicules vers l\u2019extérieur, déterminer le secteur qui recevra les particules radioactives transportées par le vent afin d'en avertir la population qui s\u2019y trouve et procéder au déblaiement des artères qui pourraient encore servir à l\u2019évacuation.(On remarquera qu\u2019il n\u2019est pas question ici de la tâche qui incombera aux pompiers, policiers, ingénieurs et autres spécialistes pour combattre les conflagrations, procéder aux sauvetages, maintenir l\u2019ordre et autres tâches à l\u2019intérieur même des secteurs atteints par l\u2019explosion, ces préoccupations n'ayant pas directement trait à l\u2019évacuation.) Quatrième phase.Celle-ci est probablement celle qui posera les plus grands problèmes.N'oublions pas que les civils évacués au cours de la première phase auront été dirigés jusqu\u2019à des localités situées à une centaine de milles de la ville abandonnée, et ceci afin de réserver les petites villes et les villages à la population évacuée massivement pendant la deuxième, soit immédiatement après l'alerte.Lorsque les sirènes feront entendre leur lugubre voix, il ne sera pas question pour chacun de parcourir la ville en tous sens afin de grouper des êtres chers pour fuir avec eux, mais bien de déguerpir au plus coupant.On conçoit donc que la tâche de la quatrième phase en est une d'aide aux évacués et de rétablissement.Elle englobe tous les aspects du bien-être social: enregistrement rapide des évacués à chaque point de réception afin de réunir les familles et de rassurer tous les citoyens évacués sur le sort des êtres qui leur sont chers (aucune réorganisation ne sera possible si cette mesure n\u2019est prise; il en résulterait autrement un moral brisé que rien d'autre ne contribuera à rétablir), soins médicaux aux blessés, (l\u2019évacuation d\u2019une partie des médecins et du personnel des hôpitaux est prévue dès la première phase afin de parer à ce problème), approvisionnement en denrées des centaines de localités qui auront vu leur population croître démesurément en quelques heures (un relevé a démontré qu'aucune localité ne posséderait de nourriture pour plus de 72 heures devant une invasion aussi massive de nouveaux citoyens, même en maintenant un rationnement strictement essentiel), installation de cuisines de fortune pour préparer les aliments nécessaires (avec mise en commun préalable de toute la nourriture), redistribution de la population (pour éviter de créer des concentrations humaines qui pourraient constituer de nouvelles cibles), réorientation des ouvriers vers de nouvelles industries (car la production de guerre ne doit pas cesser), réorganisation de l'enseignement au cours des semaines suivantes (puisque la génération montante doit continuer de s\u2019instruire), distribution générale de vêtements, d'argent et autres nécessités (la plupart ayant fui leur ville sans avoir eu le temps de réunir d\u2019effets personnels), maintien de l\u2019observance des lois (des citoyens provenant de toutes les classes de la société vivront en commun et de nombreux citoyens honnêtes souffriront de troubles émotifs à la suite des expériences qu\u2019ils auront vécu), décontamination des zones atteintes par les particules qui se sont détachées du nuage radioactif, etc, etc.On le voit la tâche est colossale, mais une bonne organisation de défense civile peut s'acquitter de beaucoup de ces problèmes, non seulement au moment où l\u2019alerte survient, mais dès maintenant, en procédant à d\u2019épuisants relevés pour déterminer les possibilités de chaque point de réception éventuel, en divisant chaque ville-cible par secteur où chaque citoyen saura à l\u2019avance la direction dans laquelle il devra fuir, en emmagasinant des stocks de denrées, de couvertures, de vêtements, de médicaments, etc.dans les régions qui seront subitement envahies par les civils déplacés, en organisant tout de suite des bureaux d'enregistrement pour les réfugiés, en vue de réunir les familles, en entraînant des équipes spécialisées en circulation afin de maintenir l\u2019ordre sur les routes, etc, etc.Lorsque l\u2019on songe au rôle de la défense civile en vue d\u2019une attaque atomique ou thermonucléaire, il ne faut pas limiter son attention aux services qu\u2019elle peut rendre pendant la durée de l\u2019alerte et au moment où la tragédie se produit, mais pendant les semaines et les mois suivants.Evidemment, ce court article ne répond pas à toutes les questions, ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas sa prétention (ni celle de l\u2019auteur, bien entendu).I] convient, pour terminer, d'énumérer quelques considérations générales: advenant une guerre, il n\u2019est pas démontré que l\u2019en- uiemi éventuel aura recours aux engins atomiques et thermonucléaires (les belligérants, au cours du récent conflit, n\u2019ont pas utilisé l'arme biologique, bien que les gaz aient joué un rôle important lors de la première Grande guerre); s\u2019il y a recours, rien ne prouve qu\u2019il considérera la métropole canadienne comme une cible d\u2019une valeur stratégique suffisante pour l'attaquer de cette façon.Par contre, quelques blocbusters conventionnels comme il en est tellement tombé sur les villes anglaises et allemandes pourraient fort bien lui être destinés, afin de porter atteinte au moral de la population, et l\u2019on voit d\u2019ici le précieux apport d\u2019une défense civile bien organisée en de telles circonstances.Enfin, n'oublions pas que notre pays pourrait fort bien devenir une sorte de tampon entre les Etats-Unis et la Russie (puisqu'il faut l'appeler par son nom) si, comme il est maintenant raisonnable de le croire, les bombardiers empruntent la voie du nord pour effectuer la livraison de leurs cargaisons de mort: en somme, le Canada jouerait sur une grande échelle, dans une guerre aérienne entre ces deux puissances, un rôle identique à celui que la Belgique s\u2019est vu imposer, au cours des deux guerres mondiales qui ont marqué la première moitié du présent siècle, dans les opérations terrestres entre l'Allemagne, d\u2019une part, et la France, d\u2019autre part.On nous dit que l'aviation stratégique des Etats-Unis est prête à répliquer dent pour dent, et nous devons noûs en réjoijir, mais si des bombardiers ennemis venant par le noïd et porteurs d\u2019engins atomiques ou thermonucléaires destinés aux grands centres industriels des Etats-Unis sont interceptés en cours de route, c\u2019est dans le ciel du Canada que se livreront les combats aériens, et avouons que si Montréal ne constitue pas pour l\u2019ennemi une cible de première grandeur, elle pourrait devenir une cible alternative tout indiquée! - ew r + I i ANTARCTIC STATIONS PLANNED.This map shows the location of 26 proposed bases to be e in the course of the International Geophysical Year 1957-58, as well as a few of the stations planned for sub-Antarctic waters stablished on Antarctica Ar stands for Argentina, A for Australia, B for Belgium, C for Chile, F for France, GB for Great Britain, J for Japan, NZ for New Zealand, N for Norway, SA for South States.Three of the proposed stations do not appear others, by Chile.Africa, R for Union of Soviet socialist Republics, and US for United on this map.One is to be established by Great Britain, and the two TWELVE NATIONS TO SPONSOR 45 ANTARCTIC STATIONS Population of \u201cDown Under\u201d Continent Will Be Increased 10 Times Two Years From Now A\" least 45 stations will be operated by 12 nations on Antarctica or in sub- Antarctic waters during the International Geophysical Year, a world-wide probe of the earth we live on in 1957-58.Their cooperative programs will mark the first time so many nations have combined efforts to learn the secrets locked in the White Continent.Part of an international look at the earth, its seas and air, plans for the Antarctic expeditions were made recently in Paris by delegates from the 12 countries.Members of the expeditionary forces are expected to raise Antarctica\u2019s popu- By ANN EWING lation at least 10 times, from its present 80 to no less than 800, not including Emperor penguins.Of the 45 \u201cdown under\u201d stations now planned, 26 will be on the continent itself, nearly three times as many as were expected when Antarctic plans for the International Geophysical Year were made in 1954 at Rome.Five new nations, Belgium, Chile, Japan, the Union of South Africa and the USSR, announced at the Paris meeting their intentions of setting up Antarctic bases for coordinated scientific observations during 1957-58.LL RE Lane casernes RL + ake EARLE RRA A The United States will operate three of the new bases, bringing to six its total number of stations on the White Continent.These will be located at the new Little America, the South Pole, McMurdo Sound, Vahsel Bay.Knox Coast and in Marie Byrd Land.Russia revealed that her scientists, for the first time, will man two, and perhaps three, bases on the continent.One is planned for the Knox Coast ai 104 degrees East longitude, another several hundred miles inland on the same meridian.The third possible station would be another 200 to 300 miles farther A 1 2 i a inland and to the west of the second, the Russian delegate suggested at the Paris Antarctic Conference.The seven nations that previously agreed to operate existing or new stations on Antarctica during 1957-58 are Argentina, Australia, France, Great Britain, New Zealand, Norway and the United States.At least 40 countries are now coordinating their research efforts for the International Geophysical Year, or IGY, to improve our knowledge of this planet.Dr.L.M.Gould, president of Carleton College and chairman of the Antarctic Committee of the U.S.National Committee for IGY, called the Paris meeting \u201chistorical.\u201d \u201cNever before,\u201d he said, \u201chave nations cooperated on such a large-scale enterprise.Previous expeditions to the Antarctic have largely been by individual nations working alone.The international, cooperative plans now being made insure the gathering of much more information than if each nation were acting independently.\u201d One example of the \u2018\u2018unprecedented\u201d international cooperation is acceptance by the U.S.of responsibility for handling weather information for all nations.For the first time, daily weather maps will be issued for the Antarctic region.Representatives at the Paris meeting agreed that all stations in the Antarctic and in sub-Antarctic waters, as well as field parties, would regularly radio their local weather conditions to the central facility, which will be located at the new Little America.There, all reports will be consolidated and, based on this overall picture, weathermen will make forecasts for the individual areas.Their predictions will be broadcast daily to the other stations.The frequencies to use for weather forecasts and other required radio communications are being worked out by an international committee, each country designating one person to the working group.Radio facilities will be divided into mother, daughter and relay stations.Prediction of the best usable frequencies for radio communications six months or a year in advance will be made by Australian scientists.U.S.radio experts will make the short-term forecasts.Next November, in \u201cOperation Dcep- freeze,\u201d the U.S.is sending two icebreakers, (wo or three freighters and a tanker to the Ross Sea, taking advantage of the Antarctic summer of 1955-56 to establish the new Little America near Kainan Bay.Another icebreaker will explore the Vahsel Bay area.Aircraft will make reconnaissance flights over Byrd Land and the South Pole, laying ground for airlifting supplies to field forces during 1957-58.Other bases announced at the Paris meeting include: Argentina, on the Weddell Sea, at 78 degrees south, 37 degrees west.Chile, two stations on the Palmer Peninsula; two on the South Shetland Islands and two in southern Chile.These are all existing bases that will have increased staffs for International Geophysical Year observations.Belgium, on the Queen Mary Coast at 95 degrees east.Japan plans to set up a summer station on Peter I Island.Although most of the 45 stations awe widely scattered, two sets of three each are relatively close together, one group on the Knox Coast, which is almost directly south of Australia, and the other on Vahsel Bay, which lies south of Argentina.Belgium, Russia and the U.S.will operate the Knox Coast bases, all within 500 miles of each other.In the Vahsel Bay area, Argentina, Great Britain and the U.S.will have stations within 200-300 miles of each other.The close proximity of the two groupings will allow scientists to make a much needed, detailed study of the two regions, something never before attempted in Antarctic exploration.Research programs at these stations will be coordinated.The U.S.scientific program for IGY is under the direction of the National Academy of Sciences, with Dr.Gould as chairman of the Antarctic Committee.Logistic and expeditionary forces will be directed by the Navy for the U.S.National Committee for ICY.Rear Adm.Richard E.Byrd is in overall charge of these operations, and Rear Adm.George E.Dufek is field commander.Dr.Georges Laclavere, Secretary-Gen- eral of the International Union of Geodesy and Geophysics, called the Paris Antarctic Conference and was subsequently elected its chairman.In addition to the 45 permanent stations, at least four lengthy overland expeditions are planned, one of which will cross the continent.The British and French now expect to send one each, and the U.S.expects to send two.ATOMIC RADIATION DANGER TO HUMAN FUTURE STILL MYSTERY A\u201c extensive \u201ccrash\u201d program which might extend for a decade is needed to tell whether the future of the human race is being endangered by even the low level of atomic radiation that is building up in the world, even without H and A bombs exploded in war.Dr.IT.C.Carter, of Britain's Medical Research Council and Atomic Energy Establishment, told the International Conference on the Peaceful Uses of Atomic Energy that science knows far too little about the structure of human populations and the inducing of changes in human heredity due to radiation.\u201cWe know enough to be apprehensive about the genetic dangers,\u201d he said, in urging that a very lavish international research program be set up to discover really what the world\u2019s stream of life faces in the atom.In the civilized world, Dr.Carter said, the idea is accepted that it is permissible to do harm to a few individuals when this is the unavoidable by-product ol doing good to many, he explained.For example, airlines are operated and automobiles are used even though some people are killed as a result.In these cases, however, a person has a free choice whether to expose himself to the risk.In the case of even the peacetime use 26 By WATSON and HELEN M.DAVIS of nuclear power there is no possibility of choice on the part of individuals as to whether they expose themselves to radiations that may affect their children and their children\u2019s children.The unlucky individual who suffers the genetic damage is not the one who exposed himself voluntarily to the risk.Dr.Carter wants an extension of fundamental studies of mutations, or sudden genetic changes in the germ cells duc to radiation.This needs to be done over long periods and for very low doses of radiation.What the scientists call \u201cgenetic death,\u201d or the disappearance from the carth ol a person's passing on of life, is not well understood, Is it due to sterility, not wanting to have children, inability to attract a mate, susceptibility to infection or accident?ls it associated with mental defect and does it put a burden on the community through hospitals and pri sons?Or is the price of being a Beethoven or a Newton likely to be genetic death?Dr.Carter wants these questions answered along with the discovery of what the debris of atomic power plants and bombs will do to the future human populations.Reasoning from what happens in mice to what can affect man, Dr.E.L.Russell of the U.S.Oak Ridge National Laboratory warned that there may be danger to the immediate offspring of atomic energy workers even with the low weekly dose of radiation now allowed.A total accumulated dose limit may have to be established to prevent defects in even the first generation.The scientists have been most worried heretofore by the effect on future generations through hereditary defects that hide in a person\u2019s children and appear in their descendants.Dr.Russell's mouse experiments some months ago alarmed atomic energy operators when they showed that animals get about ten times as much the genetic damage out of radiation as fruit flies upon which carlier estimates werc based.For flowers and other plants, radiation tay be useful for producing new varieties.A team of scientists from Brook- haven National Laboratory told how white carnations were tinned into a permanently red variety through heavy doses of radiation.Dr.Knut Mikaelsen of Norway found that chronic gamma radiation produced white spots on petals of red carnations.But as severe radiation is damaging or lethal for man, so too much radiation stops or distorts plant growth, changing flowers to leaves or mussing up the processes of the plant.\u2014 \"WETIR CEUX QUI SONT NUS.\" par Roger BOUCHER, M.A., L.Ph, B.Péd., Dipl.MPCN, Directeur des Etudes, Ecole des Textiles de la Province de Québec, St-Hyacinthe «|, ORSQUE, avec ses enfants vétus de peaux de bêtes\u201d, notre lointain aïeu! errait dans la solitude des forêts ou dans l\u2019immensité des savanes, cherchant hors de la grotte-abri où dormait la horde, de quoi satisfaire sa faim, il était habillé en dépit du bon sens.La fourrure ne convient en effet que pour l'hiver, et si l\u2019été, la famille primitive résolvait sans doute élégamment le problème par la pratique d\u2019un nudisme ingénu, n'empêche que le manque absolu de linge devait, en toute saison, rendre assez malpropre la tenue de nos ancêtres! Nul ne saura jamais quel inventeur génial pensa le premier à entrecroiser, d\u2019abord des crins ou des brins d\u2019herbe suffisamment tenaces peut-être, puis des fils obtenus par torsion des fibres de laine.Merveilleuse invention qui se répandit partout; dans les tribus les plus primitives, on trouve presque toujours des métiers à tisser où se produisent, parfois par des moyens mécaniques d\u2019une invraisemblable rusticité, les mouvements grâce auxquels la trame déroulée d\u2019une navette aux incessantes allées et venues se glisse entre les nappes des fils tendus parallèlement à une longue « chaîne » allant d\u2019un bout à l\u2019autre de la pièce.Invention tellement merveilleuse que le principe du tissage n\u2019a pas évolué depuis des milliers d\u2019années: les métiers figurés dans les hypogées égyptiens des époques de pharaons ne diffèrent guère de ceux qui fonctionnent encore chez les petits tisserands des campagnes.Mais dans le détail, que de modifications, que d\u2019ingénieux changements! Ainsi toute une batterie de navettes chargées de fils divers est-elle prête à l\u2019action, les groupes de navettes se succédant selon un rythme automatiquement réglé.Ainsi, des mécaniques systèmes Jacquard ou autres permettront de modifier la commande des fils, selon des perforations faites sur de longues bandes en carton, afin d\u2019obtenir, sans intervention du tisserand, des eftets variés au point de réaliser des sortes de tapisseries.Ainsi des combinaisons de mécanismes délicats provoquent l\u2019arrêt instantané d\u2019un métier lorsque casse un seul til: d\u2019où possibilité pour le lileur de surveiller à lui seul dix, vingt métiers.\u201c Un récent perfectionnement, toutefois, atteint le principe du tissage: c\u2019est l'emploi de la navette à course continue, réalisé 11 y à quelques années, sous des [ormes différentes, dans des usines les unes américaines, les autres lyonnaises.Aux incessantes allées et venues de la navette qui passe et repasse entre les nappes croisées de l\u2019ensoupie avec une vitesse que limite l\u2019inertie de la pièce, est substituée la course continue, bien plus rapide, d\u2019une navette sens unique qui, guidée circulairement, ne tisse pas une bande, mais un tube: ce qui est un avantage si l\u2019on tisse, par exemple, de la toile a sac.Fibres artificielles L\u2019inventeur de la rayonne, \u2014 dite soie artificielle, \u2014 est-ce Hilaire de Chardonnet qui exposa en 1889, aux yeux ébahis des visiteurs de la grande exposition parisienne, les premiers spécimens du nouveau textile fa- briqué dans une usine bizontine?Est-ce l\u2019inventeur anglais Weston qui reçut en 1882 un brevet pour la fabrication d\u2019un filament à base de collodion, ou le technicien suisse Audemars, qui fut breveté en 1855 pour la fabrication d\u2019un fil confectionné en partant du mûrier?Non: le premier qui eut cette idée géniale fut un physicien et naturaliste bien connu par sa création d\u2019une échelle de thermomètre, Réaumur.1! écrivait, en 1734, après avoir décrit la façon dont s\u2019y prenait la chenille du bombyx pour contectionner le cocon soyeux: « la soye n\u2019étant qu\u2019une gomme liquide qui se desseche, me pourrions-nous pas nous-mêmes, Jaire de la soye avec nos gommes ou nos résines.Cette idée, qui pourroit d\u2019abord paroître chimérique, ne semblera pas telle lorsqu\u2019on viendra à l\u2019approfondir\u2026 » Et Réaumur de donner comme exemple la soie de verre préparée en étirant très linement le verre fondu.Mais il y a loin d'une idée à sa réalisation pratique, et c\u2019est seulement vers le début du présent siècle que l'industrie parvint à fabriquer des rayonnes suf- lisamment solides et bon marché pour concurrencer la soie véritable.Ce ne fut pas sans peine que l'on obtint des produits de qualité; les primitives rayonnes perdaient, mouillées, toute leur solidité, et les actionnaires des premières manufactures de soies artificielles connurent de longues périodes où les années se suivaient\u2026 en se ressemblant par l\u2019absence de tout dividende! Puis vint le succès, un succès total, le développement de la nouvelle industrie prenant une allure peut-être sans précédant dans l\u2019histoire économique.A l\u2019origine, on partait du coton, d\u2019abord nitré, c\u2019est-à-dire transiormé en coton-poudre, après quoi venait une dissolution dans un mélange d\u2019alcool et d\u2019éther, le collodion obtenu étant finalement transformé en £il, que l\u2019on devait dénitrer dans des bains de composition convenable.Il fallait récupérer les solvants coûteux, et les fils obtenus, très combustibles, n\u2019étaient pas très solides.Puis on imagina de dissoudre la cellulose dans une solution ammoniacale de sel cuprique, lequel devait également être récupéré.Enfin la solution du coton, ou plutôt des cetluloses moins chères faites par traitement chimique des bois, lut réalisée plus économiquement dans des bains de soude caustique en faisant intervenir un peu de sulfure de carbone: on fabrique ainsi les rayonnes de viscose qui supplanterent pratiquement toutes les autres.mais qui sont maintenant concurrencées par des produits plus nouveaux de qualité supérieure: rayonnes d\u2019acéta- cellulose, d'une remarquable tenue à l\u2019état mouillé, rayonnes de vinyon, labriquées en partant de l\u2019acétylène, rayonnes de nylon, labriquées en partant du phénol, d\u2019une extraordinaire ténacité.N\u2019oublions pas la silionne, la verrane, dont les fibres sont constituées par du verre.Et enlin mentionnons les fibranes ou coton artificiel, analogues aux rayonnes avec cette dif- lérence que les fibres élémentaires, au lieu d\u2019être démesurément longues, sont des brins de quelques centimetres seulement.La fabrication des libres artificielles est en principe assez simple.La silionne par exemple est faite avec du verre fondu dans un four chauffé électriquement, la masse liquide sortant à la partie inférieure par les minuscules trous de filières en platine.Une centaine de brins viennent se réunir pour former un fil qui s\u2019enroule sur une bobine après avoir été imprégné d'un peu de matière lubrifiante qui facilite le glissement des fibres les unes sur les autres, matière dite ensimage.C\u2019est l\u2019extrême petitesse des brins élémentaires qui donne à la silionne sa souplesse.Alors que le diamètre des libres du produit dit ouate de verre, utilisé depuis longtemps au laboratoire pour filtrer les liquides caustiques, était d'environ 25 microns (le micron est le millieme de millimetre), les fibres textiles en verre mesurent seulement de quatre a six microns de dia- metre, moins que celles de la soie et du coton, qui mesurent respectivement sept et dix microns.Quant a la verrane, elle est fabriquée à peu près comme la silionne, mais les fibres sortant des filières sont entraînées dans un fort courant d\u2019air puis, légèrement mouillées d\u2019ensimage, sont aspirées et plaquées à la surlace d\u2019un cylindre perforé d\u2019où la mèche formée va s\u2019enrouler sur une bobine.La rayonne de viscose, de beaucoup la plus répandue, est produite en traitant par la soude des feuilles de cellulose, \u2014 analogues à cette sorte de feutre de papier dont on lait des disques sur lesquels on pose les bocks, dans les catés, \u2014 puis en faisant agir le sul- [ure de carbone: il se forme des solutions qu'on doit laisser muûrir assez longuement, le sirop obtenu étant envoyé sous pression dans des filières immergées, d\u2019où sort le fil au sein d'un bain acide qui coagule sa masse.Pour obtenir la fibrane, ces [ils sont coupés, et la masse qui en résulte est soumise aux procédés normaux de cardage ou peignage, et de filature.Des méthodes analogues sont employées pour les rayonnes d\u2019acéto-celluloses, mais pour acétyser la cel- iulose, on emploie des procédés spéciaux relativement compliqués, et la solution fillable est obtenue au moyen d\u2019un solvant spécial, l\u2019acétone, qui est finalement récupéré.Rayonnes et fibranes d\u2019acétocelluloses sont bien supérieures en qualité aux fibres à base de viscose: la fabrication américaine produit depuis peu d\u2019années de nouveaux textiles artificiels encore bien plus solides que les textiles acétylcellulosiques.Il s\u2019agit du nylon, à base d'un composé organique complexe présentant cette particularité de contenir de l\u2019azote, comme la soie naturelle, composé préparé en partant du phénol (voir tableau ci-dessous).D'autres fibres artificielles contiennent aussi de l'azote, comme en contient la laine: ce sont les laines artificielles dont la plus connue, le lanital, est produit en grande quantité dans quelques usines italiennes, au moyen de caséine résiduelle des laiteries, les fibres caséinées étant insolubilisées par action du formol.Si bien que les rayonnes remplaçant la soie, les libranes le coton et le lanital la laine, la collection est maintenant complète des textiles artificiels, dont la qualité va croissant alors que baisse le prix: c\u2019est évidemment, peut-être à brève échéance, la disparition de l\u2019élevagé du ver à soie, la régression des cultures cotonnières\u2026 Filature mécanique Quelle que soit sa dextérité, la lileuse à la quenouille ou au rouet ne peut former, de la masse des libres en bourre qu'elle étire et qu\u2019elle tord, qu'un seul lil.Sa production est donc inévitablement très faible.Et lorsqu\u2019a la fin du XVIIIe siècle les tisseurs anglais développèrent beaucoup leurs exportations, les lileuses ne parvinrent plus à suffire aux demandes.C'est alors qu\u2019un artisan spécialiste de la confection des l'acide adipique (CS F119 O4).|.\u2014 La distillation des houilles 2.\u2014 d\u2019où l\u2019on retire le phénol 3.\u2014 \u2026 qui donne par hydrogéna- produit le coaltar.(CS H* O).Lion le cyclo-hexanol (C6 H'2 QO).|.\u2014 lequel est oxydé pour avoir 5.\u2014 L\u2019action de l\u2019ammoniac en présence d\u2019un catalyseur le transforme en nitrile adipique (C8 H8 N*) qu\u2019un chauffage suffit à transformer en hexaméthylène tétramine (C8 H!6 N°).6.\u2014 La condensation de C$ H!° O4 et de C® H'® N2 donne un polyamide: le nylon.Fig.1 \u2014 Schéma d\u2019un métier à tisser.La navette va et vient successivement au travers de la pièce tissée.peignes, Higg, conçut un appareil grâce auquel une seule personne pouvait filer à la fois plusieurs fils; il construisit un métier à six broches, rustique ancêtre des appareils modernes avec lesquels un seul fileur peut commander le travail de plus de mille broches, c\u2019est-à- dire assurer la production simultanée de plus de mille fils.- Le métier Higg tut rapidement perfectionné par Hargreaves; puis le barbier Arkwright, actif, entre: prenant, intrigant, lance définitivement l\u2019affaire; il meurt millionnaire et baronnet: la filature mécanique était née, Elle comporte deux stades, au lieu de l\u2019opération unique primitive des fileuses à la quenouille, les machines de préparation transforment d\u2019abord la bourre en mèches, où les fibres textiles sont simplement rangées bien parallèlement pour former des sortes de rubans n'ayant aucune ténacité, puisqu\u2019il n\u2019y a aucune torsion.C\u2019est ce qu\u2019il faut, les mèches étant doublées et étirées par une sorte de laminage de manière à parfaire l\u2019'homogénéité du ruban. Ce ruban, dans le métier dit continu de la filature, est à la fois étiré, tordu et enroulé sur la bobine que supporte chaque broche de par le mouvement de rotation, à des vitesses différentes de la bobine et du guide en ailette, mécanisme analogue, en principe, à celui du primitif rouet.Ainsi l\u2019opération de filature, réalisée en plusieurs stades, permet un travail plus régulier, donne un fil de même ténacité sur toute sa longueur, et ceci au prix d\u2019une main-d'oeuvre réduite à moins du centième de ce qu'il fallait jadis.Mécanique à lire les dessins: Jacquard On trouve chez les commerçants spécialistes des ouvrages de dames de rudimentaires métiers à tisser sur lesquels il est facile d'étudier le principe du tissage.En effet, le métier le plus perfectionné de nos usines modernes diffère peu ou prou, quant au principe de fonctionnement, des rustiques assemblages de bouts de bois dont se servent depuis des siècles les tisseurs de peuples primitifs.Sur tous les métiers à tisser du monde, les fils qui formeront la chaine, réunis en une longue ensouple enroulée à l'arrière, sont séparés en deux nappes sous l'action des lames en sorte que puisse être lancée la navette dans l'intervalle.Après qu\u2019un peigne serre le [il de trame qui vient de se dérouler contre les précédents fils de trame, les deux nappes de fils de chaîne changent entre elles de position, et tout recom:- mence.(fig.1) \u2018Tout ceci suppose le tissage d'une toile.Mais le travail se complique pour des étolles dont les armures ou systèmes d\u2019'entrecroisement des fils, sont moins simples.Le métier doit comporter plus de deux lames, des mécanismes à cames provoquant l\u2019action de telle ou telle paire de lames, selon la nécessité du moment.Et lorsque le tisseur travaille à des façonnés avec toutes sortes de combinaisons de [ils colorés formant des motifs décoratifs, voire parfois des scènes de genre ou des portraits de notabilités \u2014 c\u2019est une forme de la gloire que de figurer sur les mouchoirs de poche ou sur les foulards de soie! \u2014 alors le relevage des fils de chaîne devient quelque chose d'extrêmement compliqué.Jadis, le tisseur confiait la besogne à des gamines, les « tireuses de lacs » dont toute l'attention devait à longueur de journée être tendue pour éviter les erreurs.Mais maintenant, ce sont des mécaniques qui assurent automatiquement, simplement, sûrement, la manoeuvre des fils de chaîne, si nombreux soient-ils, et si compliquée que soit leur manoeuvre.La première de ces mécaniques, dont il existe maintenant divers systèmes, fut inventée par le fameux mécanicien lyonnais Jacquard, qui avait perfectionné un dispositif réalisé par le célèbre Vaucanson.Tout le monde connaît Jacquard, et le détail de ses malheurs, mais sans généralement savoir comment fonctionne sa machine.Ce n\u2019est pourtant pas tellement compliqué! Les fils de tirage des éléments de la chaîne du métier peuvent être, à chaque pulsation, si l\u2019on peut dire, du mécanisme, relevés par le mouvement d\u2019une traverse supérieure grâce à des crochets engagés sur de petits ergots.Mais le crochet ne s'engage sur l\u2019ergot correspondant qu\u2019autant qu'un palpeur horizontal poussé par un ressort à boudin pénètre dans le trou d\u2019un carton per- loré garnissant la face en regard d\u2019un bloc tournant.Par conséquent, là où il y a un trou, le fil de chaîne est relevé, et là seulement.Donc, il suffit de perforer dans un certain ordre une série de cartons reliés les uns aux autres en chaîne sans fin, pour que se succè- DORE RNA RON dent tous les mouvements convenables de commande des fils sur le métier.Etoffes d\u2019aujourd\u2019hui et de demain Si l'on n\u2019a guère modifié le principe du tissage, on produit maintenant couramment de nombreux genres d\u2019étoffe formés par des arrangements de fils jadis inconnus.C'est ainsi que les métiers de bonneterie permettent de façonner les articles les plus compliqués soit au moyen d\u2019un seul fil qui remplace la trame, soit rien qu'avec les nombreux fils d\u2019une sorte de chaîne.C\u2019est ainsi que dans la gaze, les éléments doublés de la chaîne maintiennent avec sûreté les fils cle la trame, et que dans le tulle, le fil de trame entoure complètement le fil de chaîne là où tous deux se rencontrent.C\u2019est ainsi que dans les bouclés, les velours et peluches, les tapis, Lils de trame et de chaîne servent de support à des fils spéciaux faisant d\u2019innombrables saillies à la surface de l\u2019étoffe (fig.2).Mieux: on sait faire des tissus sans fils, rien qu'avec des fibres relativement courtes emmélées ensemble cle telle façon qu\u2019elles sont confondues au point de devenir inséparables.C\u2019est le feutre, fabriqué avec des poils animaux ayant subi un apprêt chimique spécial, le secrétage qui donne aux brins élémentaires la propriété de s\u2019accrocher les uns aux autres.Bien mieux encore: on fabrique des pseudo-tulles en moulant entre les rouleaux linement gravés d\u2019une sorte de laminoir, des solutions, concentrées au point de devenir pâteuses, de dérivés cellulosiques: le réseau se solidifie rapidement au sortir des cylindres à mouler, et la pellicule ajourée produite, si elle n\u2019a pas toutes les qualités d\u2019un tulle véritable, en offre parfaitement l\u2019apparence! Ces solutions cellulosiques, produites maintenant par quantités énormes pour la fabrication des rayonnes et fibranes, ont été d'autre part directement transformées en des sortes de frêles feutres, de très curieuse façon, par un inventeur français, M.Beltzer.Le procédé, jusqu\u2019à présent, ne fait encore l\u2019objet d'aucune application pratique, mais nous le croyons très riche TARY = x ZYTE7Z A Avant Velour après Sn = ANY Boucle coupe coupe Teri om apis persan Gaze Tulle Tricot Fig.2 \u2014 C'est en variant l\u2019entrecroisement des fils que l\u2019on obtient les multiples variétés d\u2019étoffe. de possibilités, et sans doute appelé au plus fécond avenir.Uine solution de viscose, c\u2019est-à-dire de la pâte cellulosique, à base de bois, dissoute dans une lessive de soude contenant un peu de sulfure de carbone, quand on l\u2019étale en mince couche à l\u2019air, donne naissance, sous certaines conditions, non point, comme c\u2019est généralement le cas, à la formation d\u2019une pellicule semblable à celles par exemple du celluloïd, mais à un [eutrage de fibres enchevêtrées qui se sont formées spontanément, comme par une sorte de cristallisation.N'est-ce pas là, en principe, la possibilité d\u2019une méthode qu'emploieront peut-être les tailleurs de l'avenir, ou pour mieux dire, puisqu\u2019il ne s\u2019agira plus de tailler, les habilleurs sur mesure du monde qui vient?Munis de quelque pistolet pulvérisateur, le ci-devant coupeur n\u2019aura plus à prendre de mesures; il projettera sur le client dévêtu de lines gouttelettes de feutre dissous, et quelques instants plus tard notre élégant sera vétu d\u2019un complet qui lui ira naturellement comme un gant.Notons enlin que les propriétés de certains plastiques, en particulier les plastiques vinyliques permettent de les façonner en pellicules remarquablement souples, pratiquement infroissables, suffisamment solides pour qu\u2019on les puisse substituer aux étoffes dans certaines applications: les variétés colorées servent à la confection de vêtements imperméables; les variétés incolores, souvent imprimées, sont employées surtout comme linge de table « insalissable » pour protéger les nappes.Toilette du tissu: « apprêt et teinture » Telle qu\u2019elle sort du métier, l\u2019étoffe n\u2019a parfois pas très belle apparence, c\u2019est pourquoi il est indispensable de procéder à son « apprêt ».On rend parfois ainsi le tissu complétement méconnaissable, cependant qu\u2019il acquiert, grâce à l\u2019apprêt, de précieuses propriétés nouvelles.Souvent l\u2019apprêt consiste tout simplement à plaquer sur la surface du tissu une sorte de colle chargée de matières adoucissantes, raidissantes, hydrofuges, ignifuges ou antimites, après quoi l\u2019on procède au séchage.Avec les apprêts au caoutchouc, à la paraffine, aux sels d\u2019alumine, on obtient des étoffes imperméables; avec des apprêts chargés de talc, de kaolin, on a des tissus ayant l'apparence d\u2019une qualité supérieure.Souvent, l\u2019apprêt exerce sur la fibre une action plus profonde: par exemple, il la fixe dans une position qu\u2019elle conservera désormais longtemps; c\u2019est ainsi que les draperies sont décaties sous l\u2019action de la vapeur, que le laux astrakan conserve ses boucles superficielles caractéristiques.Enfin, certains apprêts modifient chimiquement la substance des fibres.Lorsque, par exemple, on baigne une cotonnade, soigneusement tendue, dans un bain de soude caustique, auquel succède rapidement un bain de lavage à l\u2019eau, le tissu acquiert le brillant de la soie; il est mercerisé, comme on dit depuis que le chimiste anglais Mercer découvrit cette curieuse action de la soude sur la cellulose.Le jute, soumis au même traitement, est lanifié et son apparence rappelle un peu celle de la laine.Dans certains cas, la fibre textile est complètement détruite par l'apprêt: un traitement ce ce genre ne s'applique guère qu\u2019au traitement de ce que l\u2019on nomme des broderies chimiques lesquelles sont en réalité des sortes de dentelles artificielles.Ces curieuses imitations de dentelles sont brodées par exemple avec du coton sur un lainage très bon marché, la broderie étant prévue de manière que 30 ses points se tiennent entre eux, et puissent conserver leurs dessins même après disparition de l\u2019étoffe support.Puis on traite à l\u2019autoclave par une lessive alcaline qui dissout complètement la laine: il reste les seules parties brodées, qui constituent la pseudo-dentelle! Un des apprêts textiles le plus souvent appliqué est le blanchiment, surtout appliqué aux toiles et cotonnades.Naguère encore, on blanchissait les toiles par une longue exposition sur l\u2019herbe des prés, ceci alternant avec des lessivages: et cela durait plusieurs mois! Maintenant, grâce à l\u2019emploi de traitements chimiques convenables, on obtient la même blancheur en quelques jours.Mais, dira-t-on, la solidité du tissu ne souffre-t-elle pas de ce traitement accéléré?Nullement, s'il est appliqué soigneusement; du moins elle ne souffre pas davantage que lors du blanchiment sur le pré, car le tissu écru a toujours été meilleur à l\u2019usage que le tissu parfaitement blanchi.Et si nos chemises durent moins longtemps que celles de nos aïeux, c\u2019est tout simplement parce que, faute de posséder des armoires bondées de linge, nous faisons blanchir nos chemises bien plus souvent qu\u2019on ne le faisait jadis! Fils ou étotfes ne sont naturellement pas colorés; leurs nuances sont pâles et ternes.Mais grâce à la teinture, on peut leur donner toutes sortes de coloris.Les teinturiers de jadis se servaient surtout de tinctoriaux d'origine végétale; en particulier les racines de la garance, l\u2019indigo provenant des feuilles de l\u2019indigotier, donnaient des couleurs d\u2019excellente solidité; mais on employait aussi quelques substances d\u2019origine animale: par exemple, les cadavres séchés des cochenilles, sorte de pucerons exotiques, donnant un beau rouge, et l\u2019on sait que la fameuse pourpre antique était obtenue avec un « coquillage » méditerranéen.Au total, on disposait que d'un très petit nombre de matières tinctoriales, et l\u2019on ne pouvait guère teindre en couleurs très solides qu\u2019avec très peu de nuances.C\u2019est vers le milieu du XIXe siècle, que divers chimistes découvrirent les premières matières colorantes artilicielles, préparées en partant de composés divers extraits du coaltar: banzène, naphtalène, anthracène, etc.Et comme les premières de ces brillantes teintures provenaient de l\u2019aniline, elle-même dérivée du benzène, on les nomma couleurs d\u2019aniline, nom maintenant tout a fait impropre.Le succès considérable de ces produits nouveaux, la commodité de leur emploi, l\u2019infinie variété des nuances qu\u2019ils donnent, suscitèrent la création de puissantes usines pour leur fabrication, et les recherches de nombreux techniciens eurent un succès tel que c\u2019est par milliers que l\u2019on connaît maintenant les colorants synthétiques, quelques centaines seulement étant d'ailleurs couramment labriqués, car les meilleurs seuls sont d'intérêt pratique.Certains de ces produits sont tout bonnement identiques à ceux que contenaient les plantes tinctoriales: c\u2019est le cas pour l\u2019indigotine, pour le rouge d\u2019'alizarine, remplaçant respectivement l\u2019indigo et la garance.Mais la plupart des tinctoriaux artificiels sont entièrement nouveaux: la synthèse met donc à la disposition des teinturiers une infinité de possibilités nouvelles.En fait, on peut maintenant employer en teinture des méthodes bien plus simples que celles seules connues jadis, on peut teindre à bien meilleur marché, on peut aisément obtenir toutes les nuances possibles, enfin, en dépit de l\u2019opinion courante ,on peut teindre maintenant en grand teint (c'est-à-dire en coloris d'excellente solidité) pour avoir toutes sortes de nuances qui jadis = \u2014\u2014 a \u2014 \u2014\u2014
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.