La petite revue de philosophie, 1 janvier 1979, Automne
[" | Pa ; \u2014 LA PETITE REVUE DE PHILOSOPHIE + \u201d Cl } SOMMAIRE | Liminaire \u2026 -\" .RE L 1 \u2018 , Comité de rédaction.Lacan.sp, || , La \u201c relation \u201d dans l'oeuvre de Proust\u2019 ; ; Gilbert Bataille .Cen \u2026.p.1 ; Le triangle et I esprit 1 A.0 Bt \u2018 Philippe Thiriart.RE PT .\u2026.p 25 M.| | F \u201c As-tu un p'tit mille a placer?\" Lo.[ x Jean Boisseau .ae .\u2026.,.p.37 Le.nucléaire et l'opinion publique oo \u201c | Andree Robard.p.47 .Les mots delle .| | Jean-Louis Le Scouarnec Cee, p.61 a Aperçu sur l'ésotérisme + Jean- Paul Cardinal.p.65 \u2018 Le trou noir | comme symbole / figure d\u2019 approche critique Jean-Paul Daoust.p.77 Sauvages ou Civilisés?1 Co ' - Réal Rodrigue .Coen kale Cee e p.91 b ; , | Les frustrés 2 oo | Nicole Vincent.een .p.101 a Un travail de critique fictionnelle ; | | Claude Beausoleil .p.121 if , A propos de Thomas More , - Jacques G.Ruelland.Cee p.139 i q Collège Edouard-Montpetit, Longueuil, Québec.| -, mm.\u2014a - \u201cow - oo ES Dass pe Le ew a ot a bred ate TTS ro ser Ti + FRR Ce premier numéro de La Petite Revue de Philosophie est subventionné par les services de l\u2019Edition du collège Edouard-Montpetit.Comité de rédaction: Pierre Aubry Claude Gagnon Claude Giasson Réal Rodrigue Administrateurs délégués: Paul Charlebois Robert Spickler Dactylographie des manuscrits: Agathe Larose Francine Mainville Maquette: Roland Lamarche, recherche Guy Bilodeau, production Denis Lalonde, sigle Luis Furtado, photographie Composition et impression: Imprimerie Rive Sud 345 rue Guillaume, Longueuil, Qué.677-1355 677-3279 Correspondance: | , Secretariat general Collège Edouard-Montpetit \\ 945 Chemin de Chambly, Longueuil, Qué.J4H 3M6 ' Dépôt légal: Bibliothèque Nationale, troisième trimestre de 1979 Périodique semestriel; prix du numéro $2.50 ($2.00 étudiants) [ abonnement institutionnel annuel $10.00 i No.1, Automne 1979 oy > a\u201d - ~~ ny > 2 2 = - pau = - - - v -~ HE Tf.+ by 2.LOY he, 8 > Nn >, eo, m2 7e oie am = a = - > ae or cS.os - -æ dp ay vo - _\u2014 a.er Te.- a dg a = tee a ES - XX - = - - z +.- : fo A : ~~.vo.«oe -~ = dé.+02 _- «a Le : * Ro + ; = = ru > 0e ngs - pA 2 - x 0 ee 2 - 3 res _- - .- Lo CR SPU TS ay =u 23 £3 _ 2 + Pe -r ue LN De a.Data ol) - So A By EL Lace 0 wl a I NEE 7 3 = oo 3 > 3 > 7 ra -r de Philosophie La petite revue > > Ray a TT yt >.\u2014\u2014 a Rind ~~.» * \u2014\u2014 - Tea * + be 1 Pont a5 - ~, EE Lex ue \u2014 tN Ny - - ok ee x cry pn a a 5 Cpr \u201clw \u2014 2 EN - ann.A + 2 co Sa an > > 267 160 Cy mee > NES ry Ca pes Pas >.a - »- a ; a \u2014, se Le pee prie Te = LC) daly « =) Spd LoL Im ergy Lm ge = Pry pre pce pes eu pe Sy Ci + Opry pO pry pe \u201c ry Seta N Ds = at pres re a i RC Sey ; = = TS ay pg p= te: ue CR ro = per 0d og) x ve Der = Pare = (+ oS N = = Re pre AURA D nin arog ving hore Sho py ae = « = 4 Ta Cs px - - Le Lepr t= pect ce pry ry = < = I KY D i = Carts dar Sigurt \u201c rn be ie aE Je A oy : V5 - mt \u2014 3 I RG : Lo me \u2014\u2014\u2014 - PIS è _ _ \u2014-\u2014 ARAN ER - + : a Pa a = vg av prete acces verre re pms rer tr pu pope \u2014\u2014\u2014 re pp rer tar a tr VE SEE rer m\u2014enm at \u2014\u2014 LIMINAIRE On trouvera peut-être que les textes ici rassemblés ne correspondent pas à ce que l\u2019on a coutume d'appeler philosophie.Nous devons donc nous expliquer au sujet du titre.Au lieu de voir la philosophie sous son aspect cristallisé, comme vision du monde achevée ou comme système que certains professeurs auraient pour tâche de transmettre d\u2019une génération à l\u2019autre, nous la voyons comme travail d'expression.Tout comme l'art en effet, elle est une mise en forme relative et donc provisoire de nos pensées et de nos sentiments profonds, de nos convictions et nos intuitions les plus fondamentales.Si les grandes philosophies du passé nous paraissent toujours précieuses, c'est que nous cherchons en elles l'élan qui permet à nos existences de sortir de la ui ta L che 1 08 x oy \"CASE : pu AA ie we dd hai ¢ 2 ER AU PUY 57s THE Ty T8 7 J pa à confusion et du non-sens.Elles ne sont plus considérées en elles-mêmes, comme des systèmes fermés éveillant quelque nostalgie d'ordre, de beauté ou de vérité définitive, mais comme des expressions nécessaires pour mieux vivre son présent, répondre de manière plus sensée aux événements qui trament l\u2019histoire, ou tout simplement apprendre à mieux aimer ses semblables ou l\u2019instant privilégié qui se renouvelle comme le mystère de chaque vie.Il faut donc s'arranger pour comprendre que, tout en étant relative et provisoire, la philosophie obéit néanmoins à quelque nécessité.Sans cette nécessité qui transcende toute société,qui place celui qui réfléchit hors du contingent bien qu'il ne soit pas assure pour autant de toucher l'éternité, aucune sagesse n'aurait de raison d'être.Le philosophe est simplement l'homme qui n'abdique pas sa responsabilité, qui écoute pour ainsi dire ses voix intérieures, un sentiment de survie propre à l'espèce.S'il parle de vérité, c\u2019est qu\u2019il veut assumer sa vie sans tricher avec elle.S'il veut la dire, c\u2019est pour la vivre plus intensément, c\u2019est-à-dire accomplir sa propre essence, se faire en faisant.L'existence en effet, bien qu\u2019elle reste profondément mystérieuse malgré tous nos efforts pour la déchiffrer, permet néanmoins cette fécondité essentielle Bien plus, elle est cette dialectique dans laquelle chacun peut s'engager dans l'espoir d'y trouver non seulement une compréhension plus riche que celle qu\u2019il croyait posséder mais une plénitude que ne soupçonnent même pas ceux qui ignorent tout de la sagesse, une joie qui surgit de l'inexprimable grâce précisément à l\u2019expression.IV ada ag Pour toutes ces raisons, les textes que le comité acceptera de publier ne suivent pas des balises immuables.Ils doivent simplement s'inscrire dans cette conception que nous avons donnée de la philosophie, procéder à cette mise en forme qui appelle l'échange, l\u2019approfondissement, la réponse critique ou l'invention.Le comité ne s'embarrasse pas des cloisons qui séparent la philosophie de la science, de la littérature, de la technique ou de la religion, de l'histoire ou des arts.Il recherche seulement les textes aptes à produire une telle fécondité dans nos vies, qui abordent les problèmes nous touchant profondément qui permettent d'accéder un peu plus à cette sagesse sans laquelle aucune société ne mérite de s'appeler civilisation.Pour finir, nous voulons remercier l'admistration du Collège qui nous a accordé son aide financière, tous les collaborateurs de ce premier numéro et particu- lierement l'imprimeur du Collège, Roland Lamarche, Denis Lalonde, le dessinateur de notre sigle l'épervier en envol.et Louisa Julien, bibliothécaire du Collège Notre-Dame, qui nous a suggéré le titre.Le comité de rédaction TT St NTE PO I REIT Ro EEE SOU al bl i 1d cars e ° A ti SEE har ML a 2 - ._ - ow - _ \u2014 a _ ù - - pe y on a ap LPR vi agit ~~ ne or pn mr \u2014 a wr Ja A RS am ora mel ain ape Ta» = - be __- rg 24 _ a.= .- Te 5 Doc Per pes pa Que Pry Dar aa ee es +> en PR rey De 0 pp Cnr gr ces PE p= Ta 2 De ae pic parte = pi ppt vi Ay be de La be] py 38 ré ue = vente Mt prs Prorat prt ee re es CHa dupa cago pipe Cai prop Pr poe i es RE pt te SYRIA Sve pr reat CPE pg Jac yay Poy yer) he oF = Ea a A pe) ee 7 PrP cree Ca PR pn a pes rec rei Rady fa 3 Pry ws ro te Sr = ay 27e ee EES po pa > og Pa cred pl Eu rt Cited FRAN bes ERE PS Py TI capte PCR res Es : pt SON 1} 3 AY 1e iy UN A 2.te pes 6 [7 > 3 : ARMA æ su ws 180 + 3 ] fi (no fal Fa IN > \u2018oh * [8] A] 3 v HY + pe ! a © Ni 3 rc > WY VY AJ ve hl CORSE RL IAN \\ » HMA EA [DE 3 BORN > 5 ?Li DC RTE RS RENE d Lu \u201cjte on] + AY 4 ky Th Pas Py : a LA \u201cRd AREY - A} on A Aha = 1 + À - La EH Lt se pe Id a : ; LE ' : A : A = La \u2018 relation \u201d De + da LES hs + ht 444 dans l\u2019oeuvre de Proust pi Ie, $s os Rite : 80.Gilbert Bataille ~ 4.i A oe bs D Professeur au département de français fa od ty # A D $,+ Ts $f LR] cM ye Le : À I% 3 - G + RAR A IaeARCHNS ro radbbie Shi PRM RA a ANE ASE ROI sa £0 LANA CARR ACN orné race cata fc Sata AR As edi) fe Professeur du département de français du CEGEP, Gilbert Bataille a préparé une thèse de doctorat d\u2019État sur le sujet suivant: \u201cLa relation dans l\u2019oeuvre de i Proust: à la recherche du temps perdu \u201d.Cette thèse fut is soutenue au cours du mois de juin 1978, en Sorbonne, sous un titre en apparence différent, qui avait été imposé en novembre 1973: \u201c Dialectique de l\u2019analyse et de la synthèse dans l\u2019oeuvre de Marcel Proust \u201d\u2026 1 Les pages qui suivent présentent quelques % aspects essentiels de cette étude. Aux deux collègues, amateurs éclairés de Proust, avec lesquels j'ai soupé un soir à l\u2019'agréable condition, imposée par l'un d'eux, que l\u2019on ne parlât que de cet auteur.|| est toujours possible de parler d\u2019une oeuvre littéraire: on peut en faire remarquer le sujet, reprendre des expressions de l\u2019auteur, étudier le personnage, le temps, \u2014 ou l\u2019actant et l'organisation spatio-temporelle.ll n'est pas question ici de critiquer ces moyens d'approche.| est cependant plus difficile de tenter de définir le \u201c projet\u201d interne ou la forme essentielle qui s\u2019y manifeste des manières les plus diverses.C\u2019est à ce travail que je me suis livré pendant des années dans l\u2019oeuvre de Proust A la recherche du temps perdu.Quels ont été les points de départ de cette étude, quels en sont les résultats, quels sont les différents aspects de ce à quoi on a pu aboutir, quel regard nouveau ceci force-t-il à jeter sur certains ouvrages critiques concernant cette oeuvre, tels sont les sujets abordés ici.poly ae op 5 t Ru sp - per yg rr] ~~ py ME Jad - ea A CET.IC] PO afl Sal nip Shp =a Sax Er a eter baal Seva) TEI Stel ped zï SER YO pia LEE nat ri ° Plusieurs constatations s'imposaient devant cette oeuvre.Un cours donné sur \u201c le roman français contemporain \u201d (en 1965-6), la lecture \u2014 une premiere lecture complete \u2014 de ce long texte, 'étude aussi de divers ouvrages: manuels de littérature, tentatives de présentation des aspects de ce roman, laissaient insatisfait.Proust y était considéré comme un Balzac \u2014 différent, bien entendu.On ne manquait pas d\u2019insister sur l\u2019expérience du temps dans l\u2019oeuvre, sur la mémoire involontaire: la petite madeleine trempée dans du thé\u2026 Mais tout ceci laissait l'impression de quelque chose de superficiel, de facile, de court.L\u2019insatisfaction forçait à trouver autre chose.Singuliere situation: on refuse pour une part les explications offertes, mais on ne sait pas celles qui pourraient être données.On croit qu\u2019il doit y avoir autre chose.Et toute présentation de l\u2019oeuvre, malgré sa cohérence, ses nuances, ses applications diverses, laisse une impression forte d'insuffisance.Des méthodes nouvelles de critique littéraire, parmi celles qui foisonnent depuis quelques dizaines d\u2019années: socio- historique, psycho-thématique, thématique, structuraliste, ne pourraient-elles pas apporter quelque lumière nouvelle?Georges Poulet, dans ses Études sur le temps humain, insiste, évidemment, sur le temps dans l\u2019oeuvre de Proust, ses modalités, ses révélations, son importance.Mais une étude signée par lui sur * l\u2019espace proustien © met en valeur cet autre aspect Jean Yves Tadie, dans sa these Proust et le roman, parue chez Gallimard, considère le * Je \u201d (= le personnage) et le temps, comme principes de \u201c l\u2019esthétique transcen- dantale \u201d de l'oeuvre.À cela, cependant, il ajoute une etude sur architecture du texte, et une autre sur la métaphore.Dans son excellent ouvrage Lecture de Proust, parue chez À.Colin, il attaque l\u2019insistance mise par Georges Poulet sur l\u2019espace.Roland Barthes, qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de présenter au public, voit en l'oeuvre de Proust une manifestation de méta-littérature, parmi celles qui illustrent les lettres françaises depuis un siècle.Le texte est l'attente d\u2019une révélation, il élude continuellement la découverte qu'il finit par présenter.Barthes revient à deux reprises sur cette conceptior:: dans ses Essais critiques et dans Tel quel, théorie d'ensemble.Dans son retentissant Proust et les signes, Gilles Deleuze insiste sur les apprentissages faits dans l'oeuvre: signes vides de la vie sociale, fallacieux de l'amour, véritables de l\u2019art.|! faudra revenir sur ces explications ou ces interprétations.Il est,pien entendu, inutile de répéter ces études.Il faut reconnaître leur intérêt, le progrès indéniable qu\u2019elles permettent au lecteur de faire.Elles forcent également à reconnaître l'importance de cet auteur: Proust, d\u2019abord mal compris, puis plus au moins ridiculisé, à cause de son milieu, de ses origines, de sa manière de vivre, de ses moeurs.On réduit l\u2019oeuvre à l'homme, l\u2019homme à une de ses particularités dont il n\u2019est pas toujours responsable, et le texte se réduit à une élucubration sans grand intérêt.Mais le problème se pose: n\u2019y a-t-il pas quelque aspect plus central, plus essentiel, qui, sans que l\u2019on nie ce qui a été soutenu par des auteurs éminents, en souligne la cohérence, justifie le texte au plan de l\u2019écriture?Sans doute, plus cet élément s'applique à des re res ere ay = _ - = pe = ~ Ce aE a re = ~ oS +, = or ger - Led = = = = - = - TE ae en \u2014 2 ~~ arya 0 ~ = ede A a me 0 pgp Spy Sapp gy egg An 2 As pare _- pre 7 - - > - \u201c~~ ra =~ \u2014~ = x = re wo rr.3 Sry yy PE reir ur yyy res et elim a var o Fa poy A yy yep tr ee te ge Sp sad fa rab hip ae me \u2014 fe dl A EL aE NT ETAT THT LESS.Fray EFI SE Ti SPT ay Dee uy CRIT tyes parer Qu p= pers Ete rgd ESS PE VE qu gag mpeg ada ape Fa pp par va = re RE LL TRS STIRS ne Ae er ie mo Be odd 5 2700007 A Ph alia Ah A adh < Phresh Mtr Age Sprit rhb fi rig D) re de ae DE ey A SN IE IE NE Pte Seiten Sa gt va Ve mu Eads Sadie al A are ee a DPI ee OT Stat mimi .Fathi RAR E A A A fot PE a a A 2 Ri et rir Apa saa pat Abate abner SA rr Eda thle dare brane 0 ras IFA Cait LT A D Last sr adrodhe ER Ea PREP FAN = Jt = pig Sy ve yee = pe Snag iw gr rir tératér at Abc pie - .- - .~ \u20ac 2 - PR - es - pote Cys (PANT apy ign Pps = ru pyre PRE de SC SCT r= nti re en a Sir ely lie-ripr avis naar Lo Say Serra Se ee de eat -\u2014 ~ \u201ca ry he a ~ +\u201d - LL er Fortinet Sod EF domaines différents, plus 1( sera général, \u201c abstrait \u201d en quelque sorte.Mais, point capital, ce même élément force à reconnaître ce que l\u2019oeuvre a de spécifique.Il s'agit ici, non à proprement parler de découverte, mais d\u2019une tentavive de voir un peu mieux, ou autrement, un texte important.À ce souci d\u2019une vue plus globale de l\u2019oeuvre étudiée, dont on ne savait pas à quoi il allait aboutir, on pourrait ajouter d\u2019autres préoccupations plus personnelles, moins littéraires: le besoin de se remettre en question après quelques années d'enseignement, c\u2019est- a-dire apres quelques années pendant lesquelles on a parfois l'impression de se répéter, de refaire la même chose: il faut repartir à zéro, ou, en gardant l\u2019acquis, s'engager dans une autre direction.Autre considération: la liberté laissée au professeur d'enseignement général dans un CEGEP doit lui faciliter la recherche de quelque chose de plus essentiel, selon lui, à donner aux élèves.Et cet essentiel, il faut essayer de le découvrir soi-même, positivement.I! faudra peut-être revenir plus tard sur ce point.Il est facile de contester: on se met en groupe et on crie contre.Il est plus difficile de bâtir.Enfin, certaines expériences, jadis, surtout en 1971, ont imposé la conviction qu'il fallait, pour faire quelque chose de concret et de positif, travailler seul, après avoir constaté la destruction d\u2019un effort commun au plan pédagogique: plus de documents de cours préparés ensemble, de plans d\u2019étude et de bilans de cours faits en commun.Avant d'essayer d'expliquer l\u2019aboutissement de ce travail, il faut quand même mentionner les lectures en apparence inutiles, les notes prises sans que l\u2019on sache ce qu\u2019elles produiront, les chapitres rédigés, mais supprimés plus ou moins rapidement, les questions autour desquelles on tourne, mais sans leur trouver de réponse, la fascination exercée par des études déjà faites, qui immobilisent, limitent à elles-mêmes, alors qu\u2019il faudrait aller plus loin ou dans une autre direction.Ce n'est pas en uninstant, nimême en une heure ou deux que l\u2019on arrive à quelque chose.Il ne suffit pas non plus d\u2019une conversation imprécise, générale, confuse, sur le sujet.Tout se construit lentement, et on se demande si on redige quelque chose sur l'oeuvre, ou si l'oeuvre ne \u201c se rédige \u201d pas autrement en soi, en indiquant peu à peu ce que l\u2019on cherche confusément.Mais le résultat même n'est pas satisfaisant: il laisse devant ce problème capital du langage, ou plus exactement de l'écriture.Gabriel Marcel y verrait un \u201c mystère \u201d, et non un problème.Signalons un aspect plus particulier de cette recherche: l'une des plus grosses difficultés est de trouver les mots qui faciliteront l'expression de ce qui est à dire, qui dévoileront ce qui est à dire.Enfin, imposer tel \u201c cadre \u201d, telle \u201c grille \u201d de lecture à une oeuvre la fait mieux percevoir, mais d\u2019une façon qui reste cependant limitée.Il est possible de résumer cet élément de l\u2019oeuvre de Proust en un seul mot: on peut parler de \u201c relation \u201d.C'est le terme essentiel du titre qui fut d\u2019abord proposé pour le travail préparé sur ce sujet, et qui est demeuré .pour la troisième partie.Mais ce mot nécessite quelques explications, c'est-à-dire d\u2019abord quelques illustrations.Donnons donc tout de suite des exemples: relation entre deux personnages qui se ressemblent ou s'opposent, BR - - - - RCE pe pes pra Care Sp pape ua ME at LR yng pe we LI.I erry ry BIR aN Ay PPS abs pi = - .- R= YC 0e CE wT) roy ine [2 ST nye on ire Sram iy ap ie cite aps ton dpt = late RAMAN AN Lace à HAR ACARI A entre deux apparitions successives du méme personnage, entre deux étapes d\u2019un même amour, entre une vie artistique fausse et une vie artistique vraie, entre deux catégories de souvenirs: le volontaire et l\u2019involontaire, entre deux ou plusieurs points de vue sur un personnage, entre l'impression et la réalité, entre ce qui est dit et ce qui est pensé ou éprouvé, entre deux lieux: Paris et la province, entre l'attente de l'événement et ce qui se produit, entre deux parties de l'oeuvre qui se ressemblent, entre deux types d\u2019amours, différents mais pourtant semblables, entre les deux \u201c côtés \u201d: celui de Guermantes et celui de chez Swann, entre l\u2019objet à décrire et ce qui sert à le décrire: la métaphore, au sens habituel du mot, entre deux moments, dans leur similitude et leurs différences extrêmes, entre deux niveaux de soi, plus superficiel ou plus profond, entre le sentiment et l\u2019objet auquel il s'applique, entre un objet et ce qui l'accompagne et compose avec lui un ensemble, entre un ensemble et un autre, différent mais analogue.Quelques notions peuvent s'ajouter ici pour préciser quelque peu, si on peut parler de précision quand on entend rester au plan de considérations générales: cette \u201c relation \u201d, dont l\u2019oeuvre fournit de très nombreux exemples d'applications et d\u2019étendues variées, fait découvrir l'identité à travers les différences ou les différences dans ce qui semble identique, ou encore, une nhomogénéité dans ce qui est hétérogène, et inversement, les éléments d'un ensemble ou l\u2019ensemble dans les éléments.Ce qui apparaît simple est complexe, et il faut analyser.Ce qui apparaît complexe se réduit a quelque chose de simple, et il faut reconnaître, au-delà des éléments, la synthèse.Identité et différence, homogénéité et hétérogénéité, analyse et synthèse sont des termes différents qui éclairent quelque peu les modalités de cette relation d\u2019abord indiquée.Sans doute, on pourrait réduire ces différentes expressions à leur sens strict.Il faut plutôt considérer, bien entendu, le champ commun qu'elles peuvent recouvrir, tout en reconnaissant leur sens plus spécifique.Dans une conférence à sujet scientifique entendue autrefois, le conférencier parlait de \u201c concept-flèche \u201d, c'est-à-dire de mots, d\u2019expressions à prendre, non dans un sens bien précis, bien connu, mais dans un certain \u201c sens \u201d, disons dans une certaine \u201c direction \u201d, pour décrire un phénomène ou un type de recherche.|| en est de même ici.Les exemples abondent également pour illustrer ces \u201c modalités \u201d de la relation.De façon générale, la métaphore, définissant un \u201c objet \u201d par un autre, illustre une homogeneite à travers ce qui semble hétérogène.La diversité des points de vue sur un même personnage, à un même moment ou successivement, fait ressortir les différences de ce qui est identique.Un même état mental ou un même laps de temps se subdivisent aussi en zones ou en moments bien différents.Un bref silence, un ton différent de voix, un rictus de la bouche, un regard particulier, un jeu de physionomie font percevoir, dans ce qui est dit, le contraire de ce qui est exprimé.Des personnages, considérés d\u2019une manière, sont vus plus tard d\u2019une façon bien différente: ils sont devenus comme étrangers \u2014 hétérogènes \u2014 à ce qu\u2019ils étaient, et pour les raisons les plus diverses: vieillissement, bouleversement des couches sociales, modes, célébrité acquise, æ à À 3 à 14] H 4 OOS BERL AREAS ACRES satiate 0 para A rath A RAN NCE] SALI [co A AAPA A ILIA FSA NPS CETL BLS TR Ali) RICAN RS APS ACRES SEA TIO WHEE 8 changement d'opinion, erreur des groupes sociaux, vice bh d\u2019abord soigneusement caché, puis de plus en plus Te manifeste \u2026 Un même sentiment, le patriotisme, s'exprime ia de façons opposées chez des personnages différents.i Les mots \u201c aristocratie \u201d ou \u201c Balbec \u201d éclatent en personnages, en lieux, en péripéties diverses.Ce qui est | perçu comme différent, comme hétérogène: un texte, ia une voix, est considéré comme intimement uni, dans la i diction d\u2019une actrice de théâtre et dans la lecture faite par 1 la mere pour son fils.Un méme personnage est percu i comme le contraire de ce qu'il était d\u2019abord.Les amours He hetérosexuelles et homosexuelles, sont soumises aux A mêmes lois malgré leurs différences.oe Ce qui est important, dans cette maniére de lire l'oeuvre, ce ne sont plus les catégories traditionnelles de personnage, de temps, d'espace, de métaphore, de souvenir involontaire, ce ne sont plus les \u201c échos \u201d ou les rappels qui sillonnent l\u2019oeuvre; c\u2019est, à travers ces différentes \u201c matières \u201d, une même \u201c forme \u201d: relation de ressemblance dans ce qui est différent, d\u2019hétérogénéité dans ce qui est homogène.Nos éminents collègues du département de philosophie ont immédiatement reconnu une application modeste du vieil hylémorphisme: dans des matières différentes, une même forme.Cette théorie philosophique ne fut pas la seule vers laquelle on s\u2019est tourné.La Critique de la raison pure de Kant, consultée, ne fournit aucune aide pour essayer de voir clair en ce domaine.Un très éminent professeur de philosophie a bien voulu prêter ce livre.Pas davantage n'a été utile la théorie des éléments principaux de la représentation d'Octave Hamelin.Un article d\u2019une revue ji 10 I TP 272 ISA OO SORTE MIT EEE NI Are POPULAIRE VD dc RIRE LTT TER (Revue de Métaphysique et de Morale) sur la métaphysique de Ferdinand Alquié fut d\u2019un secours limité: la recherche des solutions force à s'engager dans des interprétations.On essaie plusieurs clefs sans succès.Ces tentatives faisaient constater qu'il fallait aller dans d'autres directions?Lesquelles?On peut s'arrêter ici à des pages célèbres de Proust, pour en donner une autre interprétation.|! suffit d\u2019ailleurs de connaître ces textes pour se donner à peu de frais un brevet de culture générale.La petite madeleine, vous connaissez?Trempée dans du thé, goûtée, elle ressuscite dans la mémoire un passé considéré comme perdu.Une même sensation (identité) fait se rapprocher deux moments différents; l\u2019un présent, l\u2019autre passé (différences).On a vu, non sans raison, dans cette expérience un fait de mémoire, une présence au temps, et on a bâti là-dessus des exposés qui ne sont pas faux.Ce qui est proposé ici offre une autre lecture.Ces réminiscences involontaires, et plus exactement celles de la fin de l\u2019oeuvre, suscitent, plus qu\u2019une expérience du temps ou de la mémoire, la découverte d\u2019une \u201c forme \u201d, d'une structure applicable a des niveaux différents du texte: niveaux restreints, limités, ponctuels de la métaphore, du souvenir, plus vastes des personnages ou des situations ou des anecdotes qui offrent des traits de ressemblance, plus étendus encore des parties de l'oeuvre; d\u2019une structure applicable encore en des sens différents: sens de la ressemblance ou de la différence, de l'homogénéité ou de l\u2019hétérogénéité.Plus profondément, plus essentiellement, et ici on peut le dire en toute sécurité puisque Proust lui-même le dit \u2014 à moins 11 KY fv or a - pti) ow Te ~ CR rat nf 1a 1a me so ef Pad ae aT aT EW A Q IT ar, oe ~ eee PO Igri ~ 0008 [EI yee hon J Y= hy vg Pt tr ar ps - - Hegre PRI PLT A NS Sg SIAR Rg) PET Fh Abra die Heh our Phy pr ie Pat\u201d et prit Ce strat cote tr Yo rp ae - LE PA db PETIA Sr hor Sut?pr cits J Xt serait a HE) y PE Wie SORT A, MM ER AINE TER \u201c0 Q gp + y N ny we AM, > \"0 *, .LY ONY ' ; Pit SOU rétine SA PAA RAR que, comme certains critiques le laissent entendre, l'auteur lui-même se trompe sur son oeuvre \u2014 cette forme, cette structure est celle d\u2019une écriture quel qu'en soit le champ.L'oeuvre ne se justifie que comme découverte et application d\u2019une manière de dire ou d'écrire qui fut recherchée, attendue, partiellement appliquée dans des oeuvres précédentes, plus systématiquement exploitée dans À /a recherche du temps perdu.Un roman est une \u201c reproduction de la vie \" (1).Des événements sont vécus, des personnages sont rencontrés, des moments historiques surviennent, ou encore, des désirs secrets sont nourris, des complexes minent - Sourdement la psychologie de l'auteur, et celui-ci transcrit ce qu'il vit plus ou MOINs consciemment en lui ou hors de lui, dans un texte.Une certaine facilité d\u2019écriture, une richesse d'imagination ajouteront du charme au récit.Cette conception simple, ou simpliste, de la naissance d'une oeuvre est loin de suffire dans le cas qui nous occupe ici.ll existe dans l\u2019oeuvre de Proust la hantise d\u2019un certain réalisme à proscrire.\u201c La réalité \u201d, traduisible par un mot, n'existe pas.Elle n'est que le fait de rapports, et ceux-ci se manifestent dans l'écriture elle-même, de son application la plus restreinte (la suggestion de l'impression laissée par un être dans une métaphore) à la plus vaste (la similitude de deux parties du récit et de deux amours, par exemple).Le vieux problème de \u201c l\u2019essence \u201d des choses, traduite dans l\u2019oeuvre, conforté par une tradition platonicienne, serait ici sans impor- (1) Selon l\u2019opinion populaire 12 tance, remplacé par la considération des aspects, ou par exploitation d'un jeu des possibles, des variations, des apparitions autres du même, ou des similitudes d'apparition de ce qui est différent.Le temps, considéré comme si important dans cette \u201c recherche du temps perdu \u201d serait \u2014 ne serait que \u2014 un mode ou un domaine de ces apparitions, mais parmi d'autres: espace, point de vue, personnage, langage, description.Il est possible de tirer de ceci la considération suivante, parfaitement discutable et discutée dans le paragraphe suivant, pour fournir au lecteur les armes dont il aurait besoin.Ceci manifesterait, de la part du sujet engagé dans l\u2019oeuvre, deux facultés essentielles: la sensibilité et l'intelligence.Par la sensibilité, le sujet est engagé dans le présent, dans l'immédiat, fasciné par le concret qui s'impose à lui: une fleur, un mot lancé par un personnage, un désir, une impression fugace.Mais ce présent, cet immédiat, ne peuvent suffire à fonder une oeuvre: les reproduire serait écrire n'importe quoi.L\u2019écriture construit sur l'indication de ce qui lui est extérieur, mais avec autre chose.La \u201c relation \u201d entre ce qui est perçu dans l'immédiat, dans le présent, à un niveau, et autre chose, le jeu de ceci avec cela, de ce personnage- ci avec celui-là qui le double, de cette situation-ci avec celle-là qui la répète, de cette expérience artistique-ci inauthentique avec une autre, différente, de cette part de l'oeuvre avec une autre, similaire et dissemblable, traduit une autre présence du sujet, une intelligence, au sens étymologique: \u201c inter-legere \u201d.Elle consiste à lire entre\u2026 deux moments, deux lieux, états psychologiques, personnages, expériences, anecdotes, parties du texte, 13 D ne = ery pe ~ Ss 3 Po ra née rareté 0 pu pa a \u201cpar ps par pet ma ra 3 oe = a Ca LINE ~ - 5 - pw yr \u2014 pr\u2019; = SNE ag tal pr pas pa va peg pub pal = a pale pasar __ > 2 po PORCINE ur ee 1 ASE PAGE mas PSE BTA Ta Sve Sarge cr a Rapa ager yg ogi PIT Sa Tew apy \u2014- 1 .ES 1 2 0 a ww LT a rapper ay 7 ocre PA pri Te Jug EE br ae = TE RES = - pr > - - Le ue Jy Pap y mr aa a oem 1.af ab J! yng ibe - prepa - - - - me) pe re = =x rupees = aa ooops ray Tes 3 \u2014 Pw py pa are prevu Darren are TA ete Te REC gu Tg Zn a eA py - \u2014\u2014 pies Ley Py Cr rn hy inne sey me mr i To Sey ren PE Sit gg iy ab == rend uti hr As an gr ar ri rrr cit Shari LA A ita ge ge A HIRT TDI wdidibsstisliaticd is F p itd Lo des ressemblances et des différences, ou encore, elle \u201c lit \u201d dans un même personnage, dans une même réaction, dans une même répartie lors d\u2019une conversation, deux ou plusieurs aspects différents, elle lit aussi dans ce qui semble vrai sa fausseté, dans ce qui semble profond son caractère superficiel, dans ce qui paraît nécessaire son caractère accessoire.Il est facile de deviner que certains partisans de théories modernes, selon lesquelles c\u2019est le texte qui s'écrit, qui se fait, sans qu'il faille tenir compte de la présence d'un sujet, d\u2019un auteur, ont abandonné ici la lecture, en constatant qu\u2019il était fait mention d\u2019une sensi- bilite, d'une intelligence qui se manifesteraient dans oeuvre.Cette seule explication est, selon eux, parfaitement ridicule et fait s'écrouler tout le reste.On peut donc \u201c traduire \u201d ce phénomène d\u2019une façon différente, avec d'autres mots, qui exprimeront la même chose, mais sans laisser soupçonner la présence d\u2019un sujet dans l'oeuvre.Disons alors que l'immédiat qui s'offre dans le texte ne peut l\u2019être que par la médiation d\u2019autre chose: un moment est saisi par comparaison avec un autre, une impression est traduite par une métaphore qui la définit par une autre expérience; un personnage est perçu dans son originalité par les phases de son évolution qui se différencient l\u2019une de l\u2019autre, ou par des caractéristiques qui l\u2019individualisent parmi d\u2019autres.Il n\u2019y a plus un élément, saisi en lui-même, dans son \u201c essence\u201d, Il n'est plus saisi que dans ce jeu de la distance et du rapprochement par rapport à un autre, ou dans cette variation de lui-même.On retrouve une fois de plus ce jeu 14 : FETE RP TE PE EE O7 OR A I EE LORS OV ET EPET ET OR CU COR RTE CE NT OCRERCPUTTE IPE VOU RIC EI SU ve Lo NNO THOT TT Top Ry ero i: Si Sabie: ine ibibo gic ii TL ti das TRE de l'identité et des différences, ou cette \u201c relation indiquée plus haut.Mais on constate aussi une contestation de cette vieille notion \u201c d'essence \u201d, d\u2019allure platonicienne, que l\u2019on a cru pouvoir retrouver en l'oeuvre de Proust.Ceci était rassurant: on se réfugiait dans une vieille théorie, d'autant plus reposante qu\u2019elle valorise à la fois l'intelligence de l'interprète et l'oeuvre même.Mais ceci peut être spécieux: on impose à l'oeuvre un schéma d'interprétation qui ne lui convient peut-être pas.Dans l'oeuvre même de Proust, on constate deux attitudes différentes, opposées l\u2019une à l\u2019autre.Ceci aide à comprendre d'une autre manière ce qui est expliqué ici.Pendant longtemps le narrateur de l\u2019oeuvre croit qu\u2019il peut découvrir les choses en elles-mêmes, ou encore que celles-ci vont révéler leur contenu, leur mystère, par le seul fait de les voir ou de les fréquenter.Tour à tour, des personnages comme Swann, comme les jeunes filles de Balbec et parmi elles Albertine, comme Gilberte, comme les membres de l'aristocratie: la duchesse de Guermantes, ou Robert de Saint-Loup, des milieux sociaux comme ces mêmes Guermantes, des lieux comme une maison, Balbec ou les \u201c côtés \u201d de Combray ou encore des objets comme les aubépines ou l\u2019église de Balbec, sont conçus comme contenant un secret qui sera possédé, élucidé par leur seule perception ou leur seule fréquentation.Ainsi s'expliquent, par exemple, le désir ardent de pouvoir rencontrer quelqu'un, de lui être présenté, de lui parler, de participer aux rencontres d\u2019un groupe social, de voir une église ou de parcourir un lieu, mais en même temps aussi la déception qui accompagne la réalisation du désir: le mystère de l\u2019autre, c\u2019est-à-dire de l\u2019autre 15 WTF pee rr Ser rn ET RITES EEE A MH AE personne, de l\u2019autre lieu, ne se révèle pas.Mais a cette désillusion, qui concorde avec l'insatisfaction continuelle due à l'absence de toute motivation pour écrire, à l'impossibilité de trouver un objet valable à décrire, et surtout à l'incapacité de découvrir une manière d'écrire, succède la révélation des réminiscences de la fin de l'oeuvre qui, par transfert au plan de l\u2019écriture, indique précisément la \u201c forme \u201d de l\u2019écriture, un point de vue nouveau sur la façon de rédiger l'oeuvre, la résolution de se livrer enfin à cette activité et la découverte de l'objet du texte: la vie, les expériences de celui qui écrit.Ce n\u2019est donc pas en l\u2019objet perçu qu\u2019il faut rechercher son secret: c\u2019est dans l'écriture, la composition de la phrase et du texte qu'il faut \u201c jouer \u201d , prendre sa distance, voir et montrer autrement, revoir, mais d\u2019une façon différente.Un autre aspect de ce problème est à considérer, et dans deux directions différentes, ou à deux niveaux différents: celui du rapport du \u201c concret \u201d \u2014 ce peut être le concret traduit dans les mots de l'écriture \u2014 et de la forme de l\u2019oeuvre \u2014 cette relation \u2014 ; et ceci peut \u2014 doit \u2014 être examiné dans l\u2019oeuvre de Proust et dans certaines attitudes modernes.Celles-ci s'appliquent à un jeu de formes, et comme l'expression est à la mode, et puisqu'il y a aussi des modes en ce domaine, même actuellement, et qu\u2019elles sont suivies fidèlement, elles s'appliquent à un travail de recherche sur les formes, à une expérimentation sur elles.Ce fait expliquerait l\u2019impression de jeu avec les mots, ou de dispositions typographiques, ou de composition monotone ou uniforme, comme un jeu de mécanique qui se répète quand on l\u2019a une fois choisi, ou compris, sans que ce soit davantage 16 justifié.Le public reste distant de ces productions.Comme en d'autres domaines, religieux, politiques ou artistiques, les fidèles inconditionnels s'extasient et admirent, sans justifier valablement ces efforts, et en s'estimant d'autant plus intelligents qu\u2019ils restent isolés: il yatoujours des élites et des élus.En l'oeuvre de Proust, la nécessité d\u2019une forme d'écriture s'impose bien plus vivement: le texte n\u2019est possible que par cette forme qui doit donc se manifester des manières les plus diverses, au plan le plus restreint comme au plan le plus vaste, dans les domaines les plus différents: personnages, langage, temps, espace, événement, partie du récit, sous des formes contraires: rapprochement de ce qui est différent, ou différence, ou différenciation de ce qui est identique.Mais cette \u201c forme \u201d ne supprime nullement \u2014 autre différence d'avec certaines oeuvres modernes qui cultivent l\u2019expérimentation des formes \u2014 une expérience humaine: un regard sur des fleurs, la rencontre de quelqu'un, une conversation, la dégustation d\u2019un poulet rôti, la visite de Swann le soir, la difficulté à s'endormir, un souper, une amitié, un amour, le probème de l\u2019art.Deux citations, ici.L'une, de Proust: \u201c Le style est affaire non de technique, mais de vision \u201d.Différence capitale.Le mot \u201c style\u201d, ici, doit être pris dans son sens le plus large: de la rédaction d'une expression limitée à celle de l'oeuvre dans son ensemble, en passant par celle de la phrase parfois si complexe, si riche, si variée.L'autre citation est de Pierre Henri Simon, dans sa dernière chronique littéraire du quotidien \u201c Le Monde \u201d: \u201c Point de grande oeuvre qui ne soit pas forme; point de grande oeuvre qui ne soit forme \u201d.\u2026 17 Hy .qin 1 Ee \u201cea Halse\" % Li I .L .a .On Saat TH 4 : Xx LW h0 ; ARI NURS RE BY À NH Ll NRTA + AN T° LN > Mw a Hu TRE PEER SAAN Examinons encore trois \u201c fonctions \u201d ou trois \u201c effets \u201d de cette relation, c\u2019est-à-dire de cette structure fondamentale de l'oeuvre, de ce jeu de l'identité et des différences, de l\u2019'homogène et de l\u2019hétérogène.Ceci reprendra ce qui a déjà été dit de façon disséminée dans ce qui précède, et sans toutefois que ces aspects soient bien expliqués.On peut remarquer d\u2019abord une fonction ou un effet critique.On compare deux éléments: personnages, états mentaux, phases d\u2019un amour, mots et sens.moments, mais pour en faire ressortir toutes les différences.Ce qui est presque semblable, ce qui est identique se présente comme différent, ou même différent de soi-même: de Charlus viril est découvert plus tard comme étant une.\u201c femme \u201d! L'art pratiqué en société et celui pratiqué par les véritables artistes et celui qui est découvert par le narrateur sont trois activités qui portent le même nom, mais combien différentes! hétérogènes! On peut remarquer ensuite une fonction poétique: ceci se définit par cela, tout différent, mais se trouve en même temps révélé, créé par lui Cette utilisation de la relation, positive cette fois, entre deux éléments, se constate surtout dans la métaphore, la comparaison, qui font remarquer, dévoiler une identité à travers des différences.Un trait important de ce qui est à dire, et qui n\u2019était pas révélé, dégagé, mis en valeur, l\u2019est au contraire précisément par ce rapprochement de termes.On fait être (c'est le sens profond du mot poésie) ce qui est connu d'une manière banale en le suggérant, en le nommant par un autre moyen.Enfin, on peut remarquer, dans la relation exploitée par l\u2019oeuvre, une fonction esthétique: les rapports de similitude, de variation, de métamorphose,de différences qui se construisent peu à 18 peu entre des personnages, des situations, des amours, des activités sociales bâtissent cet ensemble qu'est l\u2019oeuvre.Elle offre ainsi quelque chose de semblable à la composition d\u2019un tableau en peinture.Comme le disait le peintre Maurice Denis: \u201c Se rappeler qu\u2019un tableau, avant d\u2019être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées\u201d.L\u2019oeuvre dans son ensemble, à travers la variété de ses sujets, offre les applications variées d\u2019une même structure fondamentale.| Quelques études ou quelques positions critiques \u2014 disons quelques manières de lire l'oeuvre de Proust \u2014 peuvent maintenant être considérées, à partir de ce qui vient d\u2019être dit.Ceci reprendra d\u2019une autre façon ce qui a été résumé au début de cet article.Georges Poulet insiste sur le temps, dans l'oeuvre de Proust comme en d'autres, puis sur \u201c l'espace proustien \u201d.Jean Yves Tadié, dans sa thèse Proust et le roman comme dans son autre ouvrage, Lecture de Proust, attaque l'interprétation offerte par G.Poulet, qui insiste sur l'espace.Selon J.Y.Tadié, le personnage et le temps seraient les deux éléments fondamentaux de l'esthétique de Proust.À ceci cependant il ajoute des études sur la métaphore et l'architecture de l'oeuvre.Mais tout ceci ne peut-il pas se regrouper, s'unifier dans cette catégorie plus générale, proposée ici, de relation, à travers l'identité et les différences?De même ce conflit entre des conceptions opposant l\u2019espace et le temps peut se résoudre si on considère en ces deux domaines des applications diverses 19 ES NS Lea « Bi Ot: 1498 MU 30 ji 20 NH fe: 48 pt wi uit 3 Id LE Hi i eu i 1 3 Qu RN LPN i RS ts i it AT De (30) 8 ae HR Ea * Be MA HU I LI ir i It 3 i pu D DR = Là [3 WW \u20ac 7 \u201c hE IN + LE (Ea x A 3 4 4 [ra fu US 1 fu 8! 7 I A N > CN NC art Ja ot rag TES 1q RIA AS a laa LIE er ir it sa) paige rm cr ST lr an WA re ew pp A 3 - \"> (on RL RAR WA f pra A Ra d'une même forme: le rapport des lieux comme des moments, rapport qui peut être de similitude, de différence, d'étrangeté, de répétition, de rapprochement.On ne peut pourfendre R.Barthes de gauche à droite.Chez nos penseurs modernes la droite n\u2019existe plus.Mais il semble bien qu'il y ait lieu de pourfendre.Barthes voit dans l'oeuvre de Proust une \u201c métalittérature\u201d : le texte est l'attente d\u2019une découverte qui se produit finalement en mettant fin au tout.Formules profondes, vertigineuses, d\u2019'allure hégélienne, mais aussi inattention a la forme, à la structure chez l\u2019auteur étudié.En fait, comme: il a été tenté de le démontrer auparavant, le texte est bâti,sur une structure exploitée de manière variée dès le début, et présentée comme matériellement découverte avec la fin même de l\u2019ensemble.Dans Proust et les Signes, G.Deleuze insiste sur la diversité des signes et leur valeur respective.C\u2019est un aspect de l\u2019oeuvre; ce n'est pas le seul.Enfin, la conception thématique du texte, de Jean Pierre Richard, force à s\u2019arrêter à des thèmes, même s'il voit en eux des principes d\u2019organisation, comme dans son très célèbre L'univers imaginaire de Mallarmé.Mais ceci force à s'arrêter à des éléments divers, le plus souvent tirés du monde perceptible, sans aller à ce même mouvement multiforme qui, comme un schéma se répétant sans cesse, ou mieux, comme une manière de voir et d'écrire qui s'applique toujours, soutient le texte.llimporte de dissiper une erreur.On pourrait croire qu'il s'agit ici de grandes théories, ou de conflits entre critiques littéraires.Ceux qui le veulent peuvent très bien s'en tenir là et jongler avec des conceptions philosophi- 20 ques ou des catégories littéraires.On pourrait croire aussi que le texte est le point de départ et le prétexte à élucubrations un peu mystérieuses pour le profane, un peu pédantes.Tel n\u2019est pas le cas.Il s'agit ici, simplement et essentiellement, de mieux lire l'oeuvre, de saisir son originalité, de \u201c savourer \u201d telle alliance de mots, le mouvement d\u2019une phrase, une description d\u2019un personnage à un moment, l'apport d\u2019une expérience.Ceci a déja été suggéré, mais de manière générale, dans les pages qui précédent.On se limitera ici à un exemple très simple, très restreint.Un professeur du département de français me lit, parce qu'il l\u2018adrnire, cette phrase de Proust: \u201c Quand par les soirs d\u2019été le ciel harmonieux gronde comme une bête fauve et que chacun boude l'orage, c'est au côté de Méséglise que je dois de rester seul en extase à respirer, à travers le bruit de la pluie qui tombe, 'odeur d\u2019invisibles et persistants lilas (La Pléiade, |, p.186).\u201c L'odeur d\u2019invisibles et persistants lilas.\u201d Il fut mention auparavant (ibid.p.135) de lilas fleuris, perçus autrefois, lors des promenades, bien visibles aussi, et parfumés.Mais quelque temps après, ils étaient flétris, secs et \u201c sans parfum \u201d (ibid bp.136).Ces lilas perçus: sentis, vus pendant les c\u2026nmenades de \"\u2019enfance, mais pouvant se flétrir, sont gardés dans le souvenir cette fois: invisibles.par conséquent, au regard, mais persistants, toujours présents à l'esprit.On retrouve ici ce jeu du même et du différent: mêmes fleurs, mais visibles autrefois à un moment donné, parfumées, puis fanées et sans parfum, gardées maintenant dans la mémoire, mais de façon continue.Voilà que la lecture du texte prend son relief, sa variété: elle n\u2019est plus \u201c plate \u201d.21 Pont poe ~~ 2 ; FT sepia wry Er yr ye Sit tes Sr AE PE ry A Ie MAR a Ceci th AN MAR A CACPEN Laat hie SE SN SNS 0 React La forme générale décelée ne se soutient que par d'innombrables exemples concrets.Une autre remarque s'impose.On a vu dans l'oeuvre de Proust la production d\u2019un auteur replié sur lui- même, isolé, enfermé dans ses rêves.Si on y fait attention, il y a peu d\u2019oeuvres où on découvre autant de mentions de détails de toutes sortes, qui manifestent une singulière attention au monde extérieur.Sauf erreur \u2014 toujours possible \u2014 dans les notes prises, on peut, par exemple, y constater 41 mentions de noms différents concernant la géologie ou la minéralogie, 37 mentions de grades ou de rôles différents dans l\u2019armée, 14 mentions d'unités militaires diverses, 24 mentions de termes d'astronomie, 67 mentions de moyens différents de locomotion, que ce soit dans les airs, sur terre ou sur mer: zeppelin est nommé 6 fois, yacht 18 fois, vélo 3 fois, vaisseau 13 fois, navire 9 fois, avion 10 fois, barque 18 fois.36 types différents d\u2019étoffe sont nommés, parmi lesquels: andrinople, barège, cachemire, cheviotte, faille, linon\u2026 On découvre encore 28 types différents de bijoux ou de perles, ou d'évocations s\u2019y rapportant.Quant aux mentions des arts, des animaux, des végétaux, du monde militaire, médical, religieux, mythologique, historique\u2026 elles sont très nombreuses.Répétons-le: le soin le plus attentif au texte n'empêche pas l'erreur toujours possible, et ces chiffres sont donnés sous toute réserve.Mais ils contribuent cependant à dissiper une certaine image un peu (ou très) fausse de l\u2019auteur.22 PR NT [AVS ER \u2014V \u2014 || faut indiquer ici, rapidement, quelques aspects différents de ce travail: 1.à l'occasion de son élaboration, des personnages éminents furent rencontrés: leur conversation me laisse un excellent souvenir, 2.malgré différentes demandes à divers organismes, aucune aide ne fut reçue pour la préparation de cette etude.3.dans un domaine tout autre, je dois reconnaitre l'apport très positif des lectures faites, de la rédaction du texte .des réflexions diverses, à mon enseignement, même si les élèves ne s'en rendent pas compte.Le lecteur s'attendait peut-être à quelque recette rapide pour l'aider à lire Proust, et il est déçu.C\u2019est qu'une lecture aussi juste que possible d\u2019une oeuvre importante n\u2019est pas chose facile.Les ouvrages des critiques n'apportent pas toujours les éclaircissements souhaités.Cependant, on peut toujours soutenir que l\u2019oeuvre de Proust est démodée, et la réduire à l\u2019histoire de la petite madeleine.23 - ou 2 - _\u2014 PRS ms LL.- oe = - Tre .ee - - \u2014 - - mu 2 + Mu = - ~ Lu = \u2014- w=, LL Eu me cr Op Er a ER LACE ST Cera compet Ta ep CRIS SRE op Cater poste Rte awd RR A a yy Cade Dr ne ATR ae EN pa Ses EAA a RARE ry a i SN Ti JET tp a ey es CPT = pre ar arr rg raf LIE otal\u201d wpe ail Sir i-th dem i Alsi Sapte ipa PI =r (ES po Tv Leer te Aude 0 are AE pe Zappa PE Re arte Sg Ta ral eT Se sw ee as Dép EE AE pee PE Re Pc rt ete \u2014.a Pat I 7 pnb pw gb +2 2 ~~ pw uy rT a «et pm._ \u2014 ce -\u2014 - \u2014\u2014 RA Sy - ov iw pe ee ee =A pers pry pre Coury A Ra Eee pa PRS Cp os = = pr JO gle pag pab ptr apap pg Je\u201d yp 2.pri = = eS tn Cuers po Fr ely a5 \" Prag æ feng ae be rt ee ute EY pa + Ey Py fo ERS i pi Ee oN oA rs re v on.> pt Er E > \u201c : ae Br \u2014- : ag ec Ta Zz = Las - ed > 2 poe Be vs es 20 La oe 2 Ea py = 2 i A, at Tid : Lp kr Cy a msn oie a en ST ?er £ _ LPI Preis od Pad PN Pr Le Tee Pe) PE Rae Sar) PE SE Scotia, re 7 port VERS A re PAA] pres De RE a er pe = casa _ x \u2014 ve Ce PE, as Pages Pa hall en i ae EERE [A Sas Pre a CARD pio.pese ru ae pr art tait ope Eri So LIEN ECC Pa a [9 E _ « : A .EI - pe 5 pe _ =.= + x\u201c Pas be 3 ~- or a 5 + espri Philippe Thiriart Le Triangle et I\u2019 Professeur au département de psychologie Late N Van ès N ELT NU Leo hoy La matière et esprit La plupart des traditions religieuses supposent l'existence de deux ordres de réalité: matérielle et spirituelle.Cette conception est répandue même chez les personnes qui ne sont pas religieuses ou croyantes à strictement parler.S'il existe deux réalités différentes, les lois qui gouvernent l\u2019une, ne gouvernent pas nécessairement l'autre.S'il existe deux réalités, l\u2019une est sans doute supérieure à l\u2019autre.|| ne vaut pas la peine de se fatiguer à essayer de comprendre le monde matériel par l'étude difficile des sciences naturelles, si c'est le monde spirituel qui est supérieur.Les scientifiques partagent un certain consensus sur la compréhension des phénomènes matériels.Les - bases de la physique, de la chimie et de la biologie sont les mêmes dans tous les pays.Au niveau spirituel par contre, il existe un grand nombre de conceptions qui s'opposent fondamentalement.Dans la tradition chrétienne, la survie de l\u2019âme individuelle est de toute pre- 26 RTE [EN miere importance.Dans certaines traditions orientales, l'individualité n\u2019est qu\u2019une illusion.L\u2019esprit individuel est détaché du grand tout et aspire à y retourner pour s\u2019y dissoudre.Le salut est dans la perte de la conscience individuelle.D'autres traditions encore font appel à la métempsycose.L'âme individuelle passe d\u2019un corps à l\u2019autre avec le temps.|| existe tellement de conceptions spiritualistes variées, qu'il suffit de choisir celle qui nous plait le plus.Les droites et le triangle Réfléchissons sur les rapports possibles entre le corps et l'esprit au moyen d'une analogie.Prenons trois segments de droite, que nous appellerons simplement les droites.Supposons qu\u2019elles existent réellement.Lorsque nous les plaçons d\u2019une certaine manière, elles forment un triangle.Ce triangle est d\u2019un autre ordre de réalité que les trois droites.|| possède des propriétés que ne peuvent pas posséder les droites.Par exemple, il délimite une surface.Mais ce triangle existe-t-il réellement\u201d?pe 27 > PA 2 Ati fo AA dd po AM MAMAN Selon une première conception, des esprits triangles se proménent en attente que trois droites corporelles se placent bien.À ce moment-là, l'esprit se pose sur les trois droites et le triangle se manifeste pleinement, dans son esprit et dans son corps.Effacer une droite revient à tuer le triangle, de sorte que son esprit est obligé de repartir.Platon est vivant Selon une autre conception, celle du philosophe Platon, il est une Essence de triangle, une idée pure de triangle.Ce triangle est le plus réel.Lorsque trois droites se placent dans le bon ordre, le triangle ainsi formé n\u2019est que l'ombre appauvrie du vrai Triangle.Le monde matériel que nous connaissons n\u2019est que le reflet du monde des Idées, le seul véritable.Le monde matériel n\u2019est qu\u2019apparences.|l est imparfait et périssable.Le monde des idées est le seul digne d\u2019étude approfondie puisqu'il est le seul partait.Cette conception vous apparait peut-être bizarre formulée si directement.Pourtant, elle est extrêmement répandue.Sans en être conscient, vous l\u2019utilisez probablement souvent.Beaucoup de discussions humaines portent sur l'Amour, le Socialisme, le Capitalisme, la Femme, etc.Il est courant d\u2019entendre des gens discuter sur ce qu'est le vrai Amour.Ils supposent donc que se trouve quelque part une chose telle que le vrai Amour.Les relations amoureuses que vivent les gens n\u2019ont de valeur que dans la mesure où elles reflètent cet Amour vrai.Bien des gens instruits sont intéressés à réfléchir sur la vraie nature du Socialisme et du Capitalisme, plutôt 28 AN que d'étudier en détail ce qui se passe dans tous les pays.Plus de livres ont été écrits sur la Femme et sa vraie nature, que sur les femmes et leur vie concrète.En psychologie et en psychiatrie, plus de livres ont été écrits sur la nature de la Schizophrénie, de la Paranoïa ou de la Dépression que sur l'analyse détaillée des comportements des gens que nous décidons d'appeler schi- Zophrènes, paranoïaques ou déprimés.Bien sûr lorsqu'un auteur écrit sur la nature de la Femme, du Capitalisme ou de la Paranoïa, il relate certains faits ou comportements qui soutiennent sa conception.Cependant, il ne se préoccupe pas de rechercher tous les faits possibles.Il évite aussi souvent de citer les faits, qui n'entrent pas dans sa théorie.Ainsi, nous sommes tous un peu platoniciens.Nous pensons: les professeurs sont des gens qui.les femmes font telle chose.les capitalistes sont ainsi\u2026 le système est ainsi.etc.Quand nous pensons que les femmes sont dépendantes, nous nous faisons une idée de la nature de la Femme.Les femmes qui ne sont pas dépendantes sont des accidents.En somme, elles sont des exceptions.Elles ne comptent pas dans l'idée que nous nous faisons de la femme.Pourquoi être platonicien?Le monde matériel est complexe et ambigu.Les comportements humains sont souvent imprévisibles.Nous supportons mal l'incertitude.La tentation nous guette continuellement de nous faire une idée approximative de la réalité.Même si cette idée est imparfaite, elle nous rassure, elle nous donne l'impression de savoir 29 RIE IIe gad Rr RUA © vid px prs her Ew aT me eee a LL WE ge er ¥ - aid 2 Ÿ LME CEE SE Re TA ae LA wy Ex \u2014 ts.pa a ET a Ra ane oS Sete at CRAPO Shy era prep dia ir =e gy ce qui se passe.Elle nous permet d\u2019expliquer ce qui se passe, méme lorsque les événements ne sont pas ceux que nous avons prévus.Les doctrines les plus populaires à travers l\u2019histoire permettent de tout expliquer.Elles sont une réponse à tout, ce qui constitue leur attrait pour les hommes.À défaut de pouvoir prévoir exactement les évènements et à défaut de pouvoir agir efficacement sur eux, nous pouvons toujours les expliquer.Le christianisme est populaire depuis vingt siècles.Récemment, la concurrence de la science a poussé les intellectuels à se référer à des doctrines qui ont l\u2019air Scientifique.Le marxisme et le freudisme ont remplacé le christianisme chez de nombreux intellectuels.Ces deux doctrines continuent à avoir l'avantage de pouvoir tout expliquer dans la sphère économico-politique pour le marxisme et dans la sphère psycho-sociale pour le freudisme.Revenons à l'individu.Chacun de nous se construit une représentation du monde.Chacun de nous possède en quelque sorte sa théorie du monde.Comme l\u2019individu moyen et normal ne passe pas son temps à réfléchir sur sa manière de penser le monde, il n\u2019est guère conscient de sa manière de penser.Il pense telle chose, sans s'arrêter à penser qu\u2019il pense telle chose.Ceci permet à l'individu moyen et normal de posséder certaines croyances irrationnelles, inefficaces et incompatibles les unes par rapport aux autres.Il est fascinant de voir comment nous conservons certaines croyances alors qu\u2019elles nous apportent régu- lierement des échecs.La plupart des fous sont des 30 individus qui s'accrochent à des croyances fort inefficaces sur le plan social.ce qui les fait agir de manière deplaisante pour nous.Nous les enfermons lorsqu'ils nous derangent trop.D\u2019autres personnes, que nous jugeons généralement sympathiques, ont des croyances et des comportements socialement assez efficaces.Pour plusieurs spécialistes, la psychothérapie consiste a modifier les croyances et les comportements des gens pour les rendre plus efficaces.Dans ce texte, nous n\u2019approfondirons pas cette voie.Retenons simplement les deux affirmations suivantes: 1.Beaucoup de gens instruits préfèrent étudier le monde des idées plutôt que le monde des choses et des comportements.2.Nous nous faisons tous des idées et nous nous y accrochons parce qu'elles nous rassurent et parce qu\u2019ultimement elles constituent notre identité propre.Je suis ce que je pense et ce que je fais.Changer mes pensées et mes actions, c'est me trahir un peu et c'est affronter l'incertitude.Le triangle comme épiphénomeéne Le triangle existe-t-il réellement?Nous avons vu deux conceptions selon lesquelles le triangle existe en soi, séparément des trois lignes.Selon une troisième conception, le triangle n\u2019existe qu\u2019en autant que les trois lignes sont placées suivant une certaine forme.La matière plus la forme donnent 'e triangle.C\u2019est la conception du philosophe Aristote Le triangle ne peut pas être sans le support des trois lignes ou de la matière.Les 31 Re fo Tear Rag Kd YF Ad #4 trois lignes ne peuvent pas constituer un triangle si elles ne suivent pas une forme donnée.La forme est l'esprit, mais l\u2019esprit n\u2019est pas un être.L'esprit n\u2019est qu'une organisation donnée.La matière organisée permet apparition de phénomènes nouveaux.Trois droites organisées d\u2019une certaine manière donnent naissance à un triangle.Quatre triangles organisés d\u2019une certaine manière donnent naissance à une pyramide triangulaire.La vie n\u2019est que de la matière organisée d\u2019une certaine manière.La pensée n\u2019est que de la vie organisée d\u2019une certaine manière.L'esprit n\u2019est qu\u2019un produit de l\u2019organisation du corps.Les conceptions les plus modernes de l'être humain le considèrent comme un organisme traitant de l\u2019information.Plusieurs recherches en psychologie font appel a des modèles informatiques, où l'homme est considéré comme un ordinateur fonctionnant par raccourcis, par approximations et par sauts.|| n'existe donc qu\u2019un seul ordre fondamental de réalité.Cette réalité est organisée de diverses manières.Les différents niveaux d'organisation correspondent notamment à la physique, la chimie, la biologie, la psychologie, la sociologie et l'économie.Connaître les lois d'un niveau aide à comprendre les lois d\u2019un autre niveau.|| n\u2019est pas possible d'étudier à fond la psychologie sans connaître la bio-chimie.il n\u2019est pas possible de connaître à fond la bio-chimie sans connaître la physique (activité électrique du cerveau).32 Le triangle imaginaire Quoique nous ayons postulé qu\u2019il n\u2019existe qu\u2019une seule réalité fondamentale, nous ne pouvons pas la i connaitre directement.Je ne connais pas la réalité.Je À connais l\u2019image que mes sens ou plutôt mon système ; nerveux m'en donne.Notre cerveau nous donne l\u2019im- pr pression de voir un triangle là oû aucun triangle n\u2019est A effectivement tracé.| Quelle est la realité de ce triangle?Plusieurs fin: contours existent en soi.Des zones blanches et des i, zones noires existent méme si je ne suis pas la pour les L percevoir.De la matière est donc présente, organisée i d'une certaine manière.Sur cette matière organisée, nous projetons en surimpression une organisation supplémentaire: le triangle imaginaire.Cette organi- a .; .\u2018 , gir sation n'est pas dans la matière inanimée.Elle est le Br produit de notre cerveau vivant.Ce triangle imaginaire E n'existe qu\u2019en autant que nous le regardons, qu\u2019en 3 autant que nous le pensons.|| n'existe pas en soi.i | Be Revue Psychologie, février 1978, p.35.ti 33 I RC NIRV RL [PN Ainsi, on peut distinguer deux sortes de triangles: le triangle normal qui existe en soi.Dans ce cas, de la matiere est organisée selon une forme donnée.Par contre le triangle imaginaire n\u2019existe qu\u2019en autant que nous le pensions.Cette forme provient de notre cerveau pensant.Deux types de connaissances Les connaissances humaines ne pourraient-elles pas se répartir grossièrement en deux catégories\u201d D'une part, nous acquérons des connaissances sur le réel.Ces connaissances sont le plus souvent descriptives.Nos connaissances sur le pancréas consistent dans la description de son anatomie et de son fonctionnement, qui sont situés dans l'anatomie et le fonctionnement globaux du corps.Le pancréas existe et fonctionne en soi.Il existait avant que nous le pensions.D'autre part, nous créons ou nous imaginons certaines connaissances, qui sont le plus souvent explicatives.La plupart des érudits admettront que l\u2019âme et le phliogistique constituent de telles connaissances.L\u2019âme a été inventée par les hommes pour expliquer bien des choses.Il s'agit d'une forme imaginée par les hommes.Elle permet de rendre compte de notre impression d\u2019être dans notre corps sans n'être que notre corps.Elle permet d'expliquer l'impression de rester soi-même alors que le corps se décrépit.Elle permet de rendre compte de l'impression que la conscience de soi-même ne peut pas disparaître avec la mort du corps.34 PU VRP ATRIA RTTIER, A Tn ' A ot Wy ER Les connaissances actuelles J'en viens à croire qu\u2019un concept explicatif existe de la même manière que le triangle imaginaire.Un concept explicatif n'existe qu\u2019en autant qu\u2019il est pensé par quelqu'un.Nous ne découvrons pas une explication, nous l\u2019inventons ou nous la créons.Quelle serait alors l'utilité de tels concepts explicatifs?Je croirais qu\u2019une explication est féconde lorsqu'elle permet d'effectuer de nouvelles observations menant à l\u2019acquisition de nouvelles connaissances descriptives sur le réel.On peut espérer que le concept de stress a permis la réalisation de nombreuses observations qui n'auraient pas eu lieu autrement.Par contre, le concept d'âme a surtout nui à l'acquisition de nouvelles connaissances descriptives sur le réel.Semblabiement le concept du phlogistique a freiné le développement de la chimie.Un concept explicatif risque de se substituer a l'observation du réel et c'est ici que nous retrouvons Platon.La contemplation du concept explicatif remplace l'observation du réel et la décourage.Ainsi la presque totalité des psychanalystes a dédaigné l'observation des névroses chez les animaux.Le concept de complexe d'Oedipe empêche à priori l'étude des névroses chez les animaux qui pour la plupart ne connaissent pas leur père.Référence bibliographique Watzlawick, Paul.La réalité de la réalité, Paris, Seuil, 1978.A 35 mh \u201c Lt nl i TT LT tT mn al +0 42 ma ps Sei Wry 22, gr.rei x py 4 eae.mu PE Le om ag ny Ae mg D er LEN, fl Et CB, , 2 SA SIRNAS > rey ne oe Ea . - td ~ ce ey _ _ = EL wa 0 e pyres LAr Nyy = ri = ry rn nan A ar a rr rr rp ae i or ar tt mr me ~ Ce) .\u2014 - re \u2014 I 0 0 \u201cyg gr 2 mue meme \u2014 Le 3e re \u2018Yur\u2019 ~~ = PE se Fell re ty form Mpg?gy = CEA ere ser\u201d eee Mer ur \"pret nd Ape gto OV ape ee [vy ag re dre ps por Pa iS ptit x.- = Ppl _ Pr gi pe ape ar pe aie ip Prip-Pigos Pa AT arr ar ape rs tte mure a Pris r3 To roe Cru i Sumy ad a OT ve 20 eM PT Satta wry pt mm CE Tp pico ep 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geuir fab FRE pn Ea \u2014 veu I ar ar AE Ar Jag pa py Tar pty gy Ba piped ped SRT RETIRE TREE Ç LÉ MR HE \u2018 RAA A NE Expression peu commune chez les Québécois.Nous brillons par notre absence du goût du risque financier.Et pourtant nous battons des records de consommation hédonistique (bière, coke, chocolat, croustilles, automobiles, etc.) sans toutefois envisager, au moins un peu, la possibilité de faire un placement risqué.Comment en sommes-nous arrivés là?Le risque avant la Conquête Avant la Conquête anglaise de 1760, il commen- gait à y avoir un certain démarrage économique dans la colonie française: Jean Talon et d\u2019autres ont favorisé la croissance de petites entreprises primaires et manufacturières comme des fonderies, des forges, des brasseries (dans leur sens premier c\u2018est-à-dire une fabrique de bière), manufactures de cardage et de tissage.etc.On voyait donc chez les colons et les entrepreneurs de l'époque un certain goût du risque d\u2019affaires.Et que dire des coureurs de bois et marchands qui risquaient leur vie et/ou leur fonds pour réaliser un profit.38 Le risque après la Conquête Après la Conquête, l'Eglise catholique s'empare du pouvoir et décide de nous \u201c protéger \u201d des conquérants protestants et de nous-mêmes en nous enseignant le sacrifice, la modestie, la résignation et surtout en rejetant la vile attitude du \u201c cumul des biens de la terre\u201d.Pendant ce temps, dans le Haut-Canada, la Nouvelle- Angleterre et l\u2019Europe, c'était le début de la révolution industrielle et des pays comme l\u2019Angleterre.la Hollande, La Prusse (ancienne Allemagne) et l\u2019Autriche se développaient économiquement à pleine vapeur (c\u2019était la force industrielle de l\u2019époque).Ces pays.d\u2019ailleurs, étaient tous ou protestants ou puritains et bons pratiquants en plus! Il suffit aujourd'hui de voir la qualité et la réputation de leurs produits et leur monnaie forte pour comprendre les effets du risque financier.Le risque des années soixante et soixante-dix Depuis le début des années soixante au Québec, la notion de risque aussi a été assez galvaudée, merci! La seule forme de risque vraiment populaire était la * Taxe volontaire \u201d de sieur Drapeau (\u201c As-tu envoyé ton deux?\u201d).Et quel progrès depuis avec les centaines de gros lots, les prix instantanés, les gratte comme tu peux, les valideuses, les \u201c shows \u201d de Loto-Québec, de Loto- Canada et bientôt (6 extase!) un casino, flottant ou non.Parallèlement à cette surenchère de loteries se développait le plus grand réseau de Bingos du monde, qui servait à financer nos églises! 39 ji we ie A i iy = > CoS 0 Ar np spf pi ple pe oe Coabagi=mbrpn\u2014 as préc m Ey Prados pea Obey FU pie pore aa ule 4 20 SOLE RTS CANNY RRR ey Ar eee en C\u2019est aussi à partir des années soixante que le gouvernement québécois devenait un élément de développement collectif.Ainsi les éléments \u201c progressistes \u201d, les syndicalistes, et surtout les gauchistes et extrêmes- gauchistes exigeaient de plus en plus du gouvernement une sécurité maximale (revenu garanti, permanence d'emploi, salaire, santé, etc.) et en retour demandaient que le gouvernement n\u2019intervienne d\u2019aucune façon dans leurs organisations populaires ou syndicales et qu\u2019eux- mêmes n'aient aucun compte à rendre en terme de productivité, d'efficacité, de qualité à qui que ce soit.Quel paradoxe! Ils voulaient que le gouvernement pense, fasse, organise, risque pour eux.un vrai gouvernement papa-gâteau! D\u2019un autre côté, le gouvernement québécois a bâti une super-structure bureaucratique qui hyper-développa le secteur des services au détriment du secteur manufacturier.De plus, tous les paliers de gouvernement au Québec se lancèrent dans les projets dits de grandeur (l'expo \u2018 67, le Métro, les Expos, les Olympiques, l'usine des Billets Grand-Prix, etc.).Ces projets créèrent des emplois temporaires massifs et des situations inflationnistes (salaires, matériaux de construction, spéculation, vols, etc.).Ce sont des projets qui ont été bénéfiques à court ou moyen terme mais qui ont eu très peu d'influence sur notre productivité nationale et notre position concurrentielle internationale.Montréal est connue internatio- nalement mais nos produits et services le sont-ils autant que ceux des Américains, des Japonais, des Allemands, des Suédois, des Suisses, des Français, des Hollandais, etc.?40 PT TI DTITRTELET SEPORTPET PORT UXT! Pendant I'euphorie des projets de grandeur, les \u201c troisièmes \u201d partenaires, c\u2019est-à-dire les patrons, y sont allés à coeur joie en exagérant de façon éhontée et scandaleuse les coûts des travaux.Qui doit payer pour les colliques olympiques (l'enquête Malouf a tout dit) et le manque de responsabilité des entrepreneurs vis-a-vis le risque?Bien sûr, c\u2019est nous! Les entrepreneurs ont oublié que le profit était la rémunération du risque et non du patronage.Le risque du présent Regardons la situation actuelle du Québec.C'est un pays qui existe artificiellement au point de vue économique.Environ 40% de la population dépend directement du gouvernement pour son emploi.Le secteur économique secondaire (production de biens manufacturés) est chétif ou mou et nos ressources primaires sont expédiées à leur état le plus brut chez nos voisins qui eux risquent du capital dans des usines et manufactures de transformation de matières premières, créent des emplois, et exploitent allègrement leurs produits finis chez.qui?Devinez?Bien sir, chez nous! Nos epargnes sont surtout canalisées vers les cooperatives et les compagnies d\u2019assurances.Les coopératives s'entétent à investir, quand elles le font, dans les secteurs secondaires a faible risque.Les participants - du sommet economique de Montebello ont presque supplie les coopératives de risquer davantage: des milliards d'actifs à investir, c\u2019est un pensez-y bien! Les compagnies d'assurance s'amusent à siphonner une partie de nos épargnes à l\u2019extérieur du Québec.C\u2019est en 41 DAS A SB sale FE 3. -_ er vue ae = paired Tee pe ap TE EE Pas aa arriere RU ep ee UA TRL AS EA XE = am Cl STI 1 - A EW a Wr mp em me ln WW Ne wn wh adh ce = re TI RR DUT RT SH NB, bg OA LMI PE RELAIS Lo CPAS PE Ts SO AD PT RI eens A 1 ERTIES ror ir TT Lod OR > 7 EL OR IE EEE CU partie pourquoi nos institutions gouvernementales doivent souvent emprunter sur le marché international.Probablement que ce même argent payé en primes d'assurances par les Québécois suffirait à satisfaire une grande partie de nos besoins (c'est la thèse fondamentale de Jacques Parizeau)! Une certaine gauche québécoise repousse la notion de profit avec de beaux clichés idéologiques enregistrés sur cassettes standards 120 minutes.Bien sûr que les profits de certaines compagnies nationales ou multinationales sont scandaleux et parfois abusifs.Le profit de la petite et moyenne entreprise au contraire est réalisé avec beaucoup de sueurs, d\u2019efforts, de problèmes de croissance et de survivance.Ces PME ont effectivement besoin de capitaux de risque pour croître et créer des emplois.Et ces PME s'avèrent une solution de développement économique réaliste chez nous, au Québec.On me répliquera: \u2018Je ne sais pas où investir \u201d.Bien sûr, il y a les investissements classiques comme les obligations gouvernementales, les dépôts à terme (dépôts garantis pour une période déterminée sinon pénalité dans le rendement offert), l\u2019épargne logement et l'épargne retraite.Ce sont des investissements sûrs mais qui sont très peu intéressants pour notre développement économique et notre portefeuille! N\u2019y a-t-il pas dans votre environnement une personne qui a besoin de fonds pour ouvrir un atelier, augmenter son fonds de roulement, exporter des produits d\u2019ici, créer une nouvelle compagnie, etc ?ll y a aussi comme alternative un grand 42 nombre de courtiers en valeurs mobilières (actions, .Options, etc.) qui sont prêts à vous renseigner sur les différentes possibilités de placement compte tenu de vos objectifs personnels et financiers.D'ailleurs le nouveau régime d\u2019épargne-actions de Parizeau est une autre forme originale de placement dans nos entreprises québécoises.\u201c Et si je perdais mon capital?\u201d C\u2019est une possibilité mais le risque c'est ça! Un pays ne se bâtit pas à coups d'épargnes de bas de laine, à coups de consommations abusives.|| faut aussi risquer pour se développer.D'ailleurs le risque, à la longue, devient une habitude et même une passion.Le risque de l\u2019avenir Notre élite gauchisante s'objectera de nouveau en disant que si on accorde trop d'attention au secteur économique, le secteur social sera le perdant.Le secteur social se portera d'autant mieux que le secteur économique ira mieux lui-même.L'évolution sociale est dépendante du secteur économique quel que soit le système idéologique (capitaliste, socialiste ou communiste).Finalement, nos bien-pensants internationalistes vont nous indiquer que le genre de développement favorisé par l'investissement industriel crée une société axée essentiellement sur la consommation, sur la fabrication de \u201c gadgets \u201d et la destruction systématique des ressources et des produits (désuétude planifiée).Je ne nie pas que ce soit la réalité quotidienne.Mais je crois aussi que si à court terme on ne revitalise pas notre économie ce sera une toute autre réalité: un hyper- chômage, pire que celui qu\u2019on connaît actuellement.De ics DFR DAS A » Le se PS wy SL gor Xu Hee, od FC ne - ve brel BG + bd rs D =, = 7 \u2019 ; _.\u2014 = = 2 rr - Co A .LL.rs - - - ~~ -~ ~ 0 - a I 9 Le \u2014 4 _ _ ___ _ - re mre ; .: _ on ._._ ] ~~ - - ve a.\u2014 ~~ ~~ - Te 4 = ue.- = ; = Çî a = oo.= pt 3 = : oy _ 3 =\" ù HERE Ex S 3 Ra it wn 3 Re AE RT LT aasate) rR HER rb a eh aaa = > LI AL A var vair Evd aD 1e ATES a ° pe Ly a eg A ag ep eT ET A te Jus ~y A pry rec Stat > dy Cir pings pf Sg agar ai Sui Jy Apr agr-spr Sepa [PNET CORT 1 eh pat py ame fa A RA NM Ra Ar SAE A tnd Ae.Ade ER a A ERE er tp ARE rb Stk ho EE) ob PRET yy pc A RE SE RL Ls Se SRL te TS RAF BEA TE RO A AE ad a ee EE A, MERE Re PE TE A Etats Dt ELL da EE ET poppet it MEI EE PRE EE ES -_- pére \u2014~ Pappy oo : oo.- - OIL ow RO OA ae Le ee a ES 0.on ap à< = AO Fa ee Rp TiC Taare arian AE \u2014 pt ca À Lv = .de ti * .ver Loa [Jaye \u201cbee ly.WE re .% PA EE aft coil HN avait ARR Nails uh GBC RHA , OT a ab I rican a(R ode ARAMA REL ALIA SAR A RAM SAF Sn a CREA SA A I} ACODINRCALRE Fa A Dal A A AE NN MN MA bso rasa HA MACRN toutes façons, il semble clair qu\u2019on devra participer, et cela très bientôt, au développement économique international.Le monde entier vit une récession économique.On entend des bouches: \u201c Ca nous prendrait une bonne guerre pour repartir l'économie! \u201d Les exemples 14 -18, 39 -45 n'ont pas été suffisants pour certaines gens.S'il n\u2019y a pas de développement économique dans les pays en voie de développement, il y aura probablement une troisième et dernière grande guerre pour l\u2019humanité (le Moyen-Orient semble être le point chaud idéal: Juifs et Arabes, Iraniens, le pétrole, etc.).Le président directeur-général du groupe français Lafarge (troisième cimentier du monde), M.Olivier Lecerf entrevoit très bientôt l\u2019industrialisation des pays sous- développés par les pays riches pour corriger les inégalités et favoriser une relance économique mondiale.Imaginez ce que ça prend de lits, de matériel d'irrigation, de meubles, de matériaux de construction, d\u2019infrastructure économique, de routes, etc.pour remettre à flot les pays du tiers-monde.Cela signifierait du travail en abondance pour tous chez nous, des usines fonctionnant à pleine capacité, un respect des ressources, de l\u2019énergie et de l'environnement.Bien sûr, il faudrait que certains puissants groupes financiers comme les Rockfeller, les Lazare et Frères, les Rothschild abandonnent les créances qu'ils détiennent vis-à-vis les pays du tiers-monde qui sont dans l'impossibilité de les rembourser actuellement.Cette optique de développement supposerait aussi qu'on utilise l'énergie nucléaire (la fission nucléaire d'abord puis la fusion nucléaire ensuite) car le pétrole et l'énergie douce (éolienne, solaire, des marées, etc.) 44 RRC PRIE seraient nettement insuffisants.Je vois déjà pour assurer la relance économique mondiale, les écologistes brandir les boucliers en invoquant les dangers nucléaires.Entre le nucléaire pour la guerre et le nucléaire pour la paix je suis prêt à risquer sur celui de la paix: mieux vaut essayer de mettre fin à la faim plutôt que d'attendre dans un confort écologique de pays riche de voir venir la fin du monde.C\u2019est un autre risque à prendre, n'est-ce pas?En conclusion, je crois que pour nous, Québécois, l\u2019investissement de risque est capital: il nous permettra d\u2019abord de réaliser notre objectif commun national, c'est- à-dire structurer une économie saine par des créations d'entreprises manufacturières et par l'exportation de nos produits vers les pays industrialisés.Ceci étant assuré, nous pourrons nous orienter vers le développement économique international.Etil ne s'agit pas là de science fiction économique, car l\u2019Hydro-Québec internationale pourra probablement d'ici peut fournir de l'équipement de transport d\u2019électricité au géant chinois et ainsi créer des emplois au Québec.\u201c As-tu un p'tit mille à placer?\u201d 45 me io EHO pr - - = - - > - s che.co a Wi ~ = va es mr EE _ - gry DE RE Nr Pa - Murs yw aa ager pre urls ep CS pT Sp = em = EER ES apr ~~ JOTI rw wv ow wr wl wr ~~ 4 YT me FT Mp gy Spy \u201cem re = Se oa mh wo So nT \u2014 a 2 rr Ter vr Say \u201cww py cv ry Po \u2014- me pue re of rat ES 2 = px - ÿ au .- = faery û avé 7e mes 750 rte rare DERI an =: Pry ara Es cu ce a RCE pe rire pur ns pa pr er RCs = NT et Jar An LIL pa BN te Te sai pre Ar shir Ay fh Friar shiny Sr Sra ab\u201d Ye pe JR ~via 200\u201d ere mr x pe ue Re im i rao Suis ogy Pr Sap pape Ya pre Ea pr reny 2 rr 2 Papeete ee bre a puérvade mag a 2 a Be - PCE = oT TALE EAVES RT ET rv ww wy as mT era ty na a eu FA = = - aA b br = es Pants 43d .becs a DRC RE Te NE) A 5 pa er ES + er SR AS ES A ES = Cure be - A CAES ere Tete PS of pee bev] 5 By i ns Rs [aa fs ac = Ta * a a 7 3 = = Pre Prarpt-pe - pe PS = = : = x 2 - a y Pi A = + ui A] \\ 3 LY] q CHU N rr - HR \u2019 |] GR N; >.LJ En = 3 3 - EF , Cs p jo \u2018 : AA 5 ge) a ar es vi > c - a ery, Hse ( \u201d ye by 2 - LS Tx Roh vs ë © a, ty ps Cr ga - Wu * QE 3 Pon PE crues rt a Ck a $d BE: Xa go PAT re, Car A 6 ge > ur Ps se ty oa] or, Ahm Ps PRs >.si D ar pren pa ToT PA Rat se A ge Ld \u201d re [rpg Ps [NEP 22070 py PR Rel À 2, rte i.= FE 3 Rh Para - a.Ces a.db vs Pre > Pare Len PS Pare LES - DS CS (A pe nv.pe ».po P) .\u201c% e a.ique a imie bl os sb a 2 opinion pu tr Andrée Robard e 4 eaire e Professeur au département de ch Le nucl RS Si PO OS ?aN 5 ND EEE \\ [IP ro; oti hn h DS, Se, HE SHMUEL Sh ali Depuis 1973, la source d\u2019énergie la plus utilisée au monde est devenue celle qui coûte le plus cher.Face a l\u2019'embargo décidé par les pays producteurs de pétrole, embargo qui a eu pour conséquence d'augmenter la dépendance des pays industrialisés vis-à-vis des pays producteurs, face aussi à l'augmentation prodigieuse du prix du baril de pétrole brut, les pays importateurs ont dû réorienter leur politique énergétique.Bien que le Canada ait été relativement moins touché que d'autres pays, nous avons assisté ces dernières années à une redéfinition de sa politique énergétique.Un rapport du gouvernement fédéral (1) en précisait les grandes lignes: \u2014 réduction de la consommation intérieure par un programme d'économie d'énergie (2) \u2014 diversification des sources d\u2019approvisionnement extérieur 48 : TI RIT ONE Le Un ROM \"ln \u2014 développement des sources énergétiques nationales par l'exploitation des sables bitumineux de l\u2019'Athabasca, par le prolongement jusqu\u2019à Montréal du pipe-line apportant le pétrole de l\u2019Ouest, etc\u2026 \u2014 et, enfin, le remplacement des énergies traditionnelles par des énergies nouvelles.Quand on parle d'énergies nouvelles, on parle d'énergie solaire, d\u2019énergie éolienne, d'énergie géothermique, d'énergie contenue dans la biomasse, d'énergie marémotrice mais aussi.d'énergie nucléaire.Cette dernière est, sans aucun doute, celle dont la technologie est la plus avancée.Mais c'est aussi celle qui est la plus controversée: certains groupes sont farouchement en faveur de cette source d'énergie, d\u2019autres aussi farouchement contre.C\u2019est notre but d'analyser ici quels sont les arguments des \u201c pro \u201d et des \u201c anti \u201d - nucléaires.Avant de commencer, il nous semble utile de nous référer à une étude faite par l'Energie Atomique du Canada Limitée sur l\u2019attitude des Canadiens face à l'énergie nucléaire (3).Cette étude montre en effet que 44% de la population canadienne interrogée ignore que l'énergie nucléaire peut servir à la production d\u2019électricité.Au Québec, ce pourcentage est encore plus élevé (51%) si bien qu\u2019on peut dire en gros qu\u2019un québécois sur deux ignore l'enjeu du débat.Ce sont des résultats qui ne manqueront pas d\u2019étonner.Un autre résultat de cette étude mérite d\u2019être souligné: 21% de la population canadienne sachant que l'énergie nucléaire peut servir à la production d\u2019électricité est contre cette forme d\u2019énergie (69% sont pour et 49 sh vd Ha ich RY ~~ Dad - oe - ee oo \u2014- - Fr - Pate - «ee .- ee ~ \u2014 a rw < x) imp met centrer ci of bab ry oe read EP PEPE PL ELE De ee FE FF = or Bt Pri gid Sal aid EI TE STE ~~ » ol a A QT STN AS aw Prot mdi ra psa hn PEMA Rl STL re Par) 2, \"er pong oy Lop pub palit Pr aarti A .gt 0 La PSE Se - >a re ry pu PET a OL RCA ROUTES pra rir Trap pt yek\u2014abenle Faia - ce ew _\u2014 ee D es yar pref Fatal Po Tor tug Piles rate i pop pe ~~ Zp, atome, fk bradiger 4 - - vv rr A pr pee i TT = pre - = Cy pe rare pe 2h papas agi mr ad pyar apy nd Pr pT Eh we .; os _ que = + Cr of} a 4.bh N v i » 4: ri Où 72 11 PR CORY iA 23983 > ; ; re.I RAH vu IESE ON PR ON RARE PK rated fA Nl ANA RE RAMA HAA Aha xt: Lata mirent AS CAT NN 10% sont indécis).Les différents points de vue exprimés dans le débat ont souvent laissé penser à une bipolarisation des opinions: ceux qui étaient en faveur se plaçaient sur un plan scientifique et technologique et ceux qui étaient contre, en général, avançaient des arguments écologiques, politiques, économiques ou moraux.Or cette étude, qui souligne que 21% des gens informés sont contre, semble montrer que la bi-polarisa- tion du débat est en train de devenir beaucoup plus complexe.Un article récemment publié dans Science Forum (4) met en évidence cette nouvelle orientation du débat autour du nucléaire.Parmi les arguments des gens en faveur de l\u2019énergie nucléaire, on trouve en premier lieu la conviction qu'il y aura dans un futur proche une crise énergétique.Si on considère le cas du Québec, on peut remarquer que la production d'électricité d\u2019origine hydraulique.pourra faire face à la demande prévue jusqu\u2019en 1995 (Baie James jusqu\u2019en 1985, puis autres ressources hydrauliques exploitables pour la période 1985-1995).Pour assurer la demande prévue en 1995, compte-tenu des délais nécessaires entre décision et réalisation, il faudrait faire des choix dès 1985.Or 1985, c\u2019est dans cinq ans à peine et, de toutes les énergies nouvelles, seule l\u2019énergie nucléaire a atteint un développement technologique satisfaisant.Les autres formes d'énergie en effet, bien que prometteuses, n\u2019en sont qu\u2019à leur balbutiement.Et on touche là au deuxième argument des \u201c pro \u201d- nucléaires: le haut degré de technologie atteint par l'énergie nucléaire.On peut en effet remarquer qu\u2019il y 50 avait, au 31 décembre 1977, 521 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde entier totalisant une production de 406183MW.(5).(A titre de comparaison, les travaux de la Baie James lorsqu'ils seront complétés, fourniront 10180MW).Ce sont des chiffres qui, d\u2019après eux, prouvent de façon éloquente la maîtrise actuelle de cette forme d'énergie.En troisième lieu, les gens en faveur d\u2019un développement de l'énergie nucléaire font remarquer le peu d'accidents survenus dans le domaine de l\u2019énergie nucléaire.À ce propos, on peut se référer à un article du Devoir (6) qui résume un rapport préparé par la Commission de contrôle de l'énergie atomique du Canada, agence chargée de défendre le public contre les périls éventuels au Canada.Il nous semble intéressant de citer un passage de cet article: \u201c Pour fabriquer une quantité donnée d'électricité, le nucléaire présente deux fois plus de danger pour la vie et la santé des citoyens que le gaz naturel; par contre il est cinq fois moins dangereux que l'hydroélectricité, 6O fois moins que l\u2019énergie solaire et 200 fois moins que le pétrole ou le charbon.Enfin.le chauffage électro-nucléaire est environ dix fois moins dangereux qu'un chauffage équivalent à l\u2019énergie solaire \u201d.Et, plus loin: \u201c Si ces chiffres peuvent surprendre à première vue, c\u2019est qu\u2019ils essaient de tenir compte de tous les risques pour la santé inhérents à chaque façon de produire l'énergie, depuis l\u2019extraction et la manipulation des matériaux ou des combustibles nécessaires, jusqu'à l'élimination des déchets, sans oublier les risques inhérents au fonctionnement et à l\u2019entretien de chaque système \u201d.51 3 RS 434] ; AEH TN MER EP END EN CPE FAA RA] PERIL RAR C\u2019est évidemment contre de tels arguments \u201c scientifiquement \u201d exposés que s\u2019élèvent les groupes anti-nucléaires en faisant remarquer que ce rapport néglige totalement les aspects écologiques reliés à cette forme de production d\u2019électricité.Parmi les aspects écologiques, le danger des radiations semble être celui qui est le plus redouté (32% des répondants dans l\u2019enquête déjà citée).Et pourtant, dans un rapport récent (7), on souligne qu'à la commission électrique ontarienne, la dose annuelle moyenne reçue par les travailleurs chargés de l'entretien mécanique (travailleurs appartenant aux groupes les plus exposés) représente 44% de la dose annuelle permise suivant les normes retenues par le gouvernement fédéral.La dose annuelle moyenne pour l'ensemble des travailleurs des centrales nucléaires ontariennes représente 20% de la dose maximale auto- risee.Ce sont des données qu\u2019il est certainement utile d'avoir en tête.Dans un autre rapport, W Paskievici (8) écrit: \u201c Notons, en passant, qu\u2019aucun accident mortel attribué à la radioactivité n\u2019a jamais été enregistré pour les réacteurs commerciaux, ni qu\u2019aucune action en justice pour des dédommagements dûs aux effets de la radioactivité des centrales nucléaires n\u2019a encore été intentée \u201d.On peut, à la lumière de ces faits, se demander si le fait de placer en tête le danger des radiations n\u2019indique pas qu'inconsciemment l'énergie nucléaire est encore associée à une explosion atomique dont on connaît malheureusement les effets somatiques et génétiques terrifiants.52 Un autre aspect écologique signalé dans l'enquête citée précédemment et redouté par 17% des répondants concerne la pollution engendrée par le fonctionnement des centrales nucléaires.Deux types de pollution sont généralement cités: la pollution due aux composés radioactifs et la pollution thermique.W.Paskievici compare la radioactivité induite par une centrale nucléaire et celle induite par une centrale au charbon: \u201c La radioactivité sortant des cheminées des centrales au charbon dépasse celle sortant d'une centrale nucléaire (à cause du radium et du radon se trouvant dans les impuretés du charbon) \u201d (8).ll semble donc que l'échappement de composés radioactifs dans une centrale nucléaire soit strictement contrôlé.La pollution thermique, quant à elle, est due au fait que l\u2019eau prélevée dans un lac ou dans une rivière et utilisée comme eau de refroidissement est renvoyée au lac ou à la rivière à une température légèrement supérieure à celle où elle a été prélevée.W.Paskievici souligne les limites relativement sévères auxquelles sont soumises les centrales nucléaires: dépendant de plusieurs facteurs, tels que le débit de la rivière, la vitesse d'évaporation, cet écart de température entre l'eau prélevée et l\u2019eau rejetée est compris entre 5 et 10°C, ce qui est relativement faible.Les types de pollution tels que décrits s\u2019appliquent aux centrales nucléaires en fonctionnement normal.Mais ce que les groupes anti-nucléaires soulignent, -Ce sont les dangers associés aux accidents imprévisibles.53 EAE Cee os va LEE race 75 2 D AS Ce TRY Pepe an rdv ne Tree _ Peas = SE ESC TE gar ester PR ue = mu CX rv pee ye PE ee ES wn a rd ~~ ~~ = su 2e LY Sy por Toa FA = J ree CYT ery PU pare pd pe 20 - JO Lv pee ~ oi me Pi pep PE ew -\u2014 me = a ee.estate RES Paty [AL CT Pa A TS eus La CA Si vyFeigar Siti ie SRE Pty fags BT Lr pps Fa go Jee Ey Tat Pada Le ara A ay TE a PETA op sas oad i wn Fr a pti SEL NE Pa ect Dept PE pares ST a Rae Ne = pr} fT > STI sub Ag PO ar A D pr\u201d Cy) Prt x Daher crever) pi Tape ar race pr Tm be idea nd den SO Jus ese ga phe pg pais PR SISTA pb br par ng ptf = i LIN pb an SEERA pe ER Ep pr hand ces ce\u201d \u2014r Es pare py pr p= a Ea pti - pr} Tey pp fy & ce oi ae) ara 3 \u2014a \"ep Put\u201d Ps Cor Pa ce Pauly Planted Percy TL Pa - MS a pod pt en HAA Si LU Pi ms v i Lay t Nn Li A h à i LL Lh (pra - EY AL 4 Er LE be Pr cm se x ace LIRA a > ES \u2014 rh fo PA 24 Cat I >, o 1 + dé p> 2 fo Le 279 73 Ps Ee & or oy; a po o - .pre 3 fog oo me ee pie Le Fe -.£3 v.\u2014_ Durs ce AVE idm .LE 174 a [ERA mn PET Ab, Cp.) py - ie ty N > Re rue para RTA EE) TRA Ea 2 = 2 vos né Phy AI OF put cran 2 ERP cin) un Shel LRP I Lan oat tn a a ne Le ere, - res ERR \u2026 ma.dy Spe ed 4 pes >) == CT en ME 7 APE, pre pe 4 te LT tle EIR Sa = ey Oo) - a - \u201c.[254 bit 4 fe PEE EIR a 2S PRR.SLI 2 à pr CS - pi - 2 a pa A pres EPP Sa Eo I ashy .EY PR a [a PIE Sieg ER ce pages Pa a TS PPT La a.Faraee _\u2026.\u2026 + Pa or - pl Sr, BY ps ue EER PR Peay pe A On FR re] hoi ERR ET EA, RER Ea LAs , oe POG Fn # oN EE 2 pe fr bars Ee DU - : = roi ga oor = 2 a Les mots d\u2019elle Jean-Louis Le Scouarnec Professeur au département de Philosophie hi, PEARLY pay pc mage agreed lp pa D pet pa ares JON er gn rn = Papper Jn Ay a ~~ __ me on a 20 Sage ra TSA GILT RTS LLIN mage eur de pe mare pe 3 j= up = er A Pty i Depry B > = ere es Se de es Jerre ry Jer Se rem ~~ - mrt ww + Avr Ser Tbr ss ar ve a Teta pa rey props BR 4 ~ BARA NA Il y a des mots dans la langue qui volent, butinent, s'envolent et s'égarent.Ces mots portent des ailes et se posent rarement.Tels certains substantifs: beauté, bien, infini, bonté, bonheur et surtout la longueur massive de la plupart des adverbes comme infiniment, absolument, invariablement, indéfiniment et d\u2019autres adjectifs ou adverbes aussi écrasants et qui n\u2019en finissent pas de sens et d'outre-sens, par exemple: toujours, jamais.Ces mots jalonnent continuellement (encore un autre adverbe) le long de notre dictée verbale, le chemin du langage.\u201c Je t'aime infiniment, mon amour.jusqu\u2019à la folie de ton visage, à l'horizon doux et muet de ton cou; jusqu\u2019à tes mains tièdes et ouvertes à mon rivage, à l\u2019aurore égrené du frisson de tes genoux.Oui, je t\u2019aime, t\u2019aimerai indéfiniment, tel un rêve nourri dans les eaux fortes de mon être et qui, là, devant moi dans la pénombre en désirs, appeile mes yeux à la divine beauté de ta présence.Oui, toujours t'aimer, jamais te quitter, mon amour d'infinité\u2026! \u201d 62 Gerbes somptueuses nées de l\u2019amour et du désir, que toute femme à peine ébauchée en ses seins, au regard à peine éclos du matin aime entendre en chemin d'adolescence et mourir d'ivresse le soir de les reprendre.\u201c Oui, mon amour.toute ma vie.A ma vie.! \u201d Ces mots amarrés dans les lianes charnelles viennent sacraliser \u2019Amour et lui donner dans le temps et l'espace humain une face d\u2019éternité.La réalité ne suit pas les chemins de lumière, elle épouse souvent ie souffle assoupi de la montagne au bord des gouffres jaunes et des antres noirs, tandis qu\u2019en longeant les sentiers avec la besace humaine, elle regarde tremblante au-dessus d'elle les fastes d\u2019or des soleils à parcourir et la béance inquiétante du vide à blémir.\u201c Oui, je t'aime infiniment, infiniment, Mon amour s'offre à tes gestes verrières comme une vasque hésitante d'offrandes en feu.toi, femme au-devant de ma détresse en yeux, de mes mains suppliantes et formées de noeuds, toi, mon amour, mon alvéole, mon iris, ma corolle.oui\u2026 toi! \u201d Les mots regardent le ciel, s\u2019agrippent aux ridelles des nuages et vont rejoindre au loin quelque terrain d'atterrissage d\u2019une galaxie en désertion, l\u2019homme dans les reins du langage, avec les lèvres du désir et la fièvre à finir, mâchonne serrés au fond de l\u2019espoir des mots, marche arrêté d'émotions et lance en l\u2019air les feux de sa passion dans I'éblouissement de la parole.63 Treg SEH KY vus 21 > - oe are 1076 yubr pe gue Dt od mh bred aad Fait Pinhal ae Eee > or Lp or ry ves Ppt yb yd paisa NY IP 7 a a et + _ SE ELT EEC ~ ya 2 fe Tera pu pu éd Pi ears ares re rey Prilhade rp; PES Ce J EL Je a ET Vega A AT fie Jarre sur oy P-gp réa son AA b, , i SIARRNY iH HMR < 7 25 2184 1-00E LA ER fl \"on - à + wy 4.3 EN EE a \\ % ALL TARA hPL EN A IRL JAR IRE ARIS SRY BN RA Maa ah AR A AR BR Riiatia mn ARMA a ù nan ca cati Mots d'elle à dire.Mots d'ailes à bénir.Modèles à redire.À ne point croire parce que c'est faux et pourtant ce n\u2019est point faux d'y croire.C\u2019est la vérité humaine à saisir jusqu'à la vérité du mensonge, jusqu\u2019au mensonge de la vérité.\u201cToujours.Jamais.mon amour.! \u201d lls sont nécessaires ces mots azotés d\u2019espoir, de ferveur et de piété.|| faut les garder dans nos paroles d'homme, les chérir, les porter dans nos yeux, dans nos mains, dans nos cheveux comme de frais mouchoirs, de fols tissus, de fins miroirs et essayer de les remplir de la promesse du mensonge et souffrir que ces mêmes vocables aux ailes orangées du jour, aux paupières bleues de la nuit ne vivront, hélas, que le temps de la rose, l'espace d'un parfum, que l\u2019instant du frémir.En arrière ou en avant de la facticité des mots, de la fugacité des gestes et de la vanité des mes accomplir amoureux, il faut saisir, \u2026.\u201c mon amour.\u201d! que l\u2019homme dans la lagune brouillée de ton corps de fée, écrit son histoire, la terre refait son sillon et que le ciel inscrit au pupitre des oraisons le beau mensonge jaculatoire.64 _ an pe J, i SA 2m Ps LP se ° Pre app ca 00, poor \u2018 inde = 0h a i re fan ae - i Gala LR AE cas cn pr, mue Poe pa ZA a; Mad = Ble EIRP PE ee CI PRE pps me A ut > oR [oa 2 FA fads pau *.apes pa rnc Pp) - cer _.ee pap CRIP SEEN i ty re rr Tp pen EE Pages an pro li hey XN - .Ce PA, 255 I or ; Le EE REITER N - Pye Pa \u201ca rar - MER APE am EI ER EI LE ea eee = a.Pare Pa.RE Spy adn LSP 2 i CE Te Sa Nh D PAE a PARES en pee i TON ap.Loyola Ea pve - PrP PER Lacan pr \"+.2 purest LY Par hr HOE oy ~- ~~ fled > .s + o LE o Por a Paper A - po = 27 py à \u2014- # PP - 32 = ® v erisme A Jean-Paul Cardinal Aperçu sur l\u2019ésot a Professeur au département de philosophie = ~~ pr te =r EE ~~ pu ~ PR a a rr i STP ro voue pee ap vas nd Tl - EE PE ee pa sr ae PE APE dde PE EE Sal J SRDS [Ta po gay Lr Tp reir a at rp oul PP ~~ rr rr pe = = i agit Pt - Es.I I hg I ee 1 uaa\u201d ou po = ~ BIER rE a ao TE SF REEFS ST BE fT EE ~ rr To te Ease hn vp LEY J fv) pente\" vais ne Pree rob- mir ape set EI arbi Sb Sa DEAR] APT , 9.: M eh He MW, oe \u201c<8 LM RUES EE DE GB al N i RATATAT ERE LR Dans toutes les cultures, a toutes les époques, en marge des institutions sociales ou de la communauté, apparaissent des individus qui se mettent a délirer a partir de visions surnaturelles ou à opérer méthodiquement des transformations radicales dans leur perception du monde.Ces individus exceptionnels éprouvent des états d'extase qui les projettent dans des univers parallèles, où ils rencontrent des êtres et des forces étranges, où ils contemplent des savoirs et des sagesses qu'ils retransmettent ensuite aux humains sous la forme d\u2019oracles, d\u2019allégories, de révélations religieuses adaptées à l\u2019entendement limité de leurs auditeurs.Dans les sociétés primitives, les sorciers et les chamanes \u201c se singularisaient par un comportement insolite, par la possession de pouvoirs occultes, par des rapports personnels et secrets avec les êtres divins ou démoniaques, par un genre de vie, un habillement, des insignes et des idiomes qui ne sont qu\u2019à eux.\u201d (Mircéa 66 ERS a Eliade, Mythes, réves et mysteres, Gallimard, 1957, p.99).Le chamane sibérien, mongol, tibétain ou amérindien entre en état de transe et communique avec des forces non humaines qui lui donnent le pouvoir de guérir et de prophétiser.|| assume en ce sens une fonction sociale, mais il demeure un marginal qui perçoit l'Invisible.Des plantes psychotropes étaient parfois consommées par les extatiques: certaines sorcières du Moyen Âge, par exemple, enduisaient leurs corps nus d\u2019onguents a base de plantes contenant de l\u2019atropine, substance psychédélique assimilable par la peau.L'Egypte, la Grèce et la Rome antiques avaient, en marge de la religion populaire, des cultes ésotériques (du grec esô- terikos, ce qui est intérieur et réservé aux seuls initiés) appelés les \u201c Mystères \u201d, constitués de cérémonies secrètes conduisant à des extases et à des visions trans- humaines.L'Inde traditionnelle a systématiquement développé diverses techniques de transe contemplative, les yogas, enseignés de maître à disciple dans des écoles ascétiques marginales, souvent situées dans des forêts, vallées et cavernes difficilement accessibles.Dans la Turquie islamique, nous retrouvons encore de nos jours la secte des \u201c derviches tourneurs \u201d, les Mawlawis, qui partent en extase au cours d\u2019une danse rotative fort rapide, accompagnée des plaintes de la flûte de roseau.Mais ces marginaux extatiques (sorciers, sages, yogis, mystiques, initiés, magiciens et alchimistes) ont fort peu en commun avec les marginaux délirants de nos sociétés actuelles, les fous et les \u201c freaks \u201d.Le délire du fou n\u2019est pas suscité par un effort concerté de sa volonté: 67 EN i tod A od a Pre ; ror Re ov 2 RE ra pli ppp ob PET a Pt Sir 2: Ee pe pra pr pre SPP Sod Save AAR A Si ee eu olan [RL so RMAC CAD) Rica le paranoïaque est la triste victime de forces infra- conscientes, d'une mémoire chargée de traumatismes et de désirs refoulés qui détraquent douloureusement sa raison fissurée.L'extatique est bien au contraire un \u201cmétanoiaque \u201d, un explorateur qui contrôle méthodiquement par sa volonté les conditions objectives le conduisant à des états supra-conscients.Telle est la fonction des cérémonies, rituels, chants, danses, symboles, asceses traditionnellement utilisés par l\u2019extatique: \u201c Les rites ne sont peut-être que des ensembles complexes de dispositions rythmiques susceptibles d\u2019opérer une mise en route des fonctions supérieures de l\u2019intelligence.\u201d.(L.Pauwels et J.Bergier, Le matin des magiciens, 1960, pp.417-418).L'extatique, malgré sa marginalité et son utilisation occasionnelle de plantes psychotropes, n\u2019est pas assimilable pour autant au \u201c freak \u201d occidental.L'utilisation de drogues par certains sorciers ou certaines écoles ésotériques n'avait pas pour but de produire des excitations esthétiques et de se complaire dans des déformations hallucinatoires du monde physique.L\u2019extatique, contrairement au \u201c freak\u201d indiscipliné, utilisait des substances psychotropes dans un cadre rituel et symbolique systématiquement élaboré par une tradition fort ancienne.Les plantes n'étaient pas consommées pour susciter des hallucinations et des bizarreries lumineuses, mais bien pour défoncer les murs défensifs isolant l'être humain des univers parallèles où l\u2019extatique allait chercher un savoir, une sagesse et des pouvoirs nécessaires à son évolution spirituelle.Les fous et les \u201c freaks \u201d étant écartés, les extatiques peuvent être sommairement répartis en trois 68 grandes catégories: le spiritisme, le mysticisme et l\u2019'ésotérisme.Le spiritisme est une expression qui peut désigner, dans un sens extensif, toute manifestation de transe ou intervient un \u201c esprit \u201d ou une force surnaturelle ayant un pouvoir limité aux seuls domaines physique et psychique, sans portée spirituelle supérieure.Le spiritisme se divise alors en deux: une tendance active et une tendance passive.Le spiritisme \u201c actif \u201d est le chamanisme et la sorcellerie, où le spirite utilise des techniques traditionnelles (danses, chants, rituels, orgies) et des \u201cobjets de pouvoir\u201d (fétiches, talismans, plantes .) pour provoquer la présence des forces surnaturelles et se mettre en état de réceptivité face aux esprits qui vont le posséder, l\u2019éclairer ou l\u2019aider dans une tâche précise (divination, guérison, envoûtement, exorcisme, etc.).La \u201c sorcellerie de campagne \u201d européenne, le chamanisme sibérien et le vaudou haïtien en sont des exemples.Le spiritisme \u201c passif \u201d se retrouve chez les individus qui sont possédés par un \u201c esprit \u201d ou qui ont un don paranormal (clairvoyance, voyage astral) les plongeant en transe, sans que ces individus disposent, comme le sorcier, d\u2019une technique traditionnelle de maîtrise.Certains de ces spirites passifs ne sont que des hystériques soumis à leur inconscient traumatisé, alors que d\u2019autres détiennent un don leur permettant d'effectuer des exploits extraordinaires (ex.: le voyant américain Edgar Cayce, célèbre pour ses transes et ses guérisons stupéfiantes).Le spiritisme est une catégorie d'extase qui relève en partie de la psychiatrie et de la parapsychologie, et dont les manifestations erratiques, parfois 69 \"012 5N c EA RE RS ANS UT MAT RES RL EY At A MAMA AeA ARAMA latefétecti ARE rat HA AV A RAA OURS dangereuses, conduisent rarement aux extases et aux visions supérieures du mysticisme et de l\u2019'ésotérisme.La sorcellerie.qu\u2019elle soit \u201c blanche \u201d (bénifique) ou \u201c noire \u201d (maléfique), est encore pratiquée de nos jours non seulement dans certaines campagnes peu civilisées, mais aussi dans plusieurs villes occidentales (ex.: le satanisme du groupe Manson de Californie, responsable de nombreux assassinats).Le mysticisme désigne, dans un sens général, la voie passive des individus qui atteignent des états de conscience supra-humaine de façon involontaire, imprévue, solitaire, en dehors de toute méthodologie systématique.Le mystique \u2018tombe \u2019 accidentellement en extase: il est \u201c ravi \u201d par une force qui s'empare de lui et qui le conduit à un état de vision spirituelle où 11 contemple la source d'un savoir et d'une sagesse supérieure au pouvoir physique et psychique du spirite.|| y a deux principaux genres de mysticisme: 1) le messianisme et le prophétisme, où le mystique se sent investi dune mission religieuse après avoir été ravi et instruit par un être supra-humain; 2) le mysticisme comtemplatit, ou le mystique, le saint.tombe en extase et contemple des réalités spirituelles trancendantes sans recevoir de mission.Le terme\u201c mystique \u201d est souvent utilisé de façon limitative pour désigner seulement le mysticisme contemplatif.Le mystique est frequemment a l\u2019origine, un être religieux déjà engagé dans une voie spirituelle normale et qui se trouve brusquement aspiré dans un état exalté de ravissement et de contemplation, sans qu\u2019il comprenne ce qui se passe (ex.: St Jean-de-la-Croix et Ste Thérèse d\u2019Avila).Il arrive parfois que le mystique 70 ; SERRE TITRE EE ATTY RFP odd RH FYE À A FOR IP A : pA A AE RIES + HRY un heeded Ld RE LM y ow IE JT A 4 IR soit au départ une personne indifférente à toute religion et que sa vie soit brusquement transformée par une intense illumination (ex.: St Paul, St Francois d\u2019Assise).Le mystique est un individu solitaire, relativement passif devant l\u2019Invisible qui l\u2019envahit.Sa technique spirituelle, plus ou moins improvisée, se limite à une ascèse (prière, jeûne, charité) qui le place dans une position isolée et marginale par rapport au groupe religieux auquel il appartient ou qu'il a lui-même fondé.Si le spiritisme se limite à des transes et à des pouvoirs de niveau inférieur, si le mysticisme manque de méthode face à des états spirituels qui le saisissent, l\u2019ésotérisme prétend être la voie active de ceux qui peuvent atteindre les plus hautes extases supra-humaines grâce à une méthode rigoureuse apprise dans une école initiatique.L\u2019ésotérisme ne s'improvise pas de façon solitaire par la lecture ou par une ascèse aveugle.C\u2019est une approche méthodique qui consiste en un apprentissage dans une école ayant développé, au fil des siècles, des théories et des techniques d'exploration du supra- conscient.L'ésotérisme est une voie qui a surtout été développée en Orient, mais qui a aussi donné naissance à un ésotérisme occidental dérivé.L'\u2019ésotérisme oriental peut se diviser en six grandes traditions, par ordre chronologique probable d'apparition historique: 1) le \u201c magisme \u201d (Mésopotamie, Perse, Egypte); 2) l\u2019'hindouisme (Inde: le vedisme, le braha- nisme et les multiples yogas); 3) la kabbale hebraique (forme juive indirectement dérivée du magisme); 4) le taoisme chinois (notamment Lao-Tseu); 5) le \u201c bouddhisme ésotérique \u201d (par contraste au bouddhisme populaire; la 71 wh RA yy Hs ; \u201c.+ TRI I oH COA AN al forme ésotérique est dérivée de l\u2019hindouisme et s\u2019est surtout développée dans ses expressions tibétaines, ch\u2019an chinoise et zen japonaise); 6) le soufisme islamique (les contréries initiatiques en marge de la religion musulmane orthodoxe).L'Occident a connu les traditions ésotériques et semi-ésotériques suivantes, qui sont toutes (sauf le druidisme) dérivées plus ou moins directement de l\u2019ésotérisme oriental, soit par ordre historique d'apparition: 1) le druidisme celte (peu connu); 2) les Mystères grecs (dionysisme, orphisme, éleusisme \u2026); 3) l\u2019hermétisme gréco-arabe (exporté en Europe au cours du Moyen Age); 4) l'ésotérisme chrétien (la prétendue vérité inté- reure du christianisme trahie par le catholicisme); 5) la franc-maçonnerie spéculative (née aux 17e et 18e siècles en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne); 6) l'occultisme contemporain (salade semi-ésotérique fabriquée à partir du milieu du 19e siècle en mélangeant les dérivés de toutes les autres sources orientales et occidentales mentionnées).L'ésotérisme occidental est considéré comme étant inférieur à l\u2019ésotérisme oriental pour quatre raisons: il est beaucoup plus récent; c\u2019est un sous-produit corrompu de l'Orient; il ne présente donc pas la consistance théorique et pratique de l\u2019ésotérisme oriental qui l\u2019ainspiré à l\u2019origine; ses écoles initiatiques sont souvent gratuitement improvisées par des spirites, des mystiques, des intellectuels prétentieux sans qualification ésotérique réelle.I| en est de même pour la très grande majorité des écoles occidentales de \u201c méditation \u201d, de yoga et d'arts martiaux, qui ont été improvisées par des 72 SCO PTE EP AI RIT LY STR LISP IP ETRE IIT: i SERRE ERA EST RTE TR Tb LIE ETA hh ATO AR Rte personnalités fortes, des pseudo-maîtres (quelle que soit leur origine ethnique), très superticiellement \u201c initiés \u201d à l'ésotérisme oriental ( À beau mentir qui vient de loin \u201d) et qui diffusent en Occident un pseudo-ésotérisme populaire et commercial incompatible avec les critères fondamentaux de la tradition ésotérique orientale.Le premier de ces critères, c\u2019est que l'initiation n'est pas accessible à tous (c'est une question de capacités) et elle ne s'achète pas comme une marchandise.Le deuxième critère, c'est que l\u2019'ésotérisme est une recherche privilégiée à temps plein durant une vie entière, et non pas un loisir de consommateur blasé ou une psychothérapie de groupe occasionnelle.Le troisième critère, souvent violé en Occident, c'est qu'une voie ésotérique doit être suivie en respectant l'intégrité de ses règles propres, sans faire de mélange bâtard avec des théories et des techniques hétérogènes.La société de consommation occidentale a réussi à commercialiser, sous une forme extrêmement dégénérée, des bribes de disciplines ésotériques orientales: l'astrologie populaire, les arts martiaux sportifs, le yoga de relaxation, en sont des exemples frappants.Si ces succédanés réussissent à guérir le stress, la névrose et l'obésité, ils n\u2019approchent en aucune façon la voie de l'ésotérisme.Il en est de même dans le domaine des \u201c pouvoirs \u201d paranormaux comme la clairvoyance, la télépathie, la télékinésie et le \u201c voyage astral \u201d.Alors que dans l\u2019ésotérisme oriental la recherche de pouvoirs surnaturels spectaculaires (en sanskrit: les siddhis) est traditionnellement considérée comme une préoccupation inférieure, vulgaire, limitative par rapport à l\u2019extase supra-consciente, elle exerce sur plusieurs Occidentaux 73 RS \u2026 3 LE rT JC A INAS L Cali 2% Ths) 01\" ag MY 2) 7 > - - E Z, So le we - 1 Ce is lps LR.> c \u2018 Ne BH NN PRPÉ AIN SUP TES bala AC LADA RAR A partageant I'ideologie superman ou \u201c homme bionique \u201d a une fascination qui flatte la curiosité et l\u2019appétit de | puissance du consommateur blasé et frustré.S'il est vrai 4 que les sorciers de certaines cultures accordaient beau- i coup d'importance aux pouvoirs paranormaux, les maîtres i de l\u2019ésotérisme supérieur n\u2019y ont jamais vu autre chose que i des jouets plus ou moins dangereux.L'étude et l\u2019expéri- i mentation de ces pouvoirs faisaient l\u2019objet au 19e siècle de | la métapsychique et du spiritisme, alors qu\u2019elles se retrou- | vent aujourd'hui dans les laboratoires américains et sovié- i tiques de la science de pointe appelés \u201c parapsychologie \u201d A ou \u201c psilogie \u201d (mobilisée à des fins militaires).| ll existe dans le public occidental un intérêt crois- A sant, depuis le début des années 1960, pour une diversité a hétéroclite de sujets occultes, fantastiques, paranormaux: A l'astrologie caractérielle, les mystérieuses civilisations i disparues, les extra-terrestres, la sensibilité des plantes i d'intérieur, les \u201c secrets\u201d duyoga et des arts martiaux, pour I n'en citer que les plus connus.Ce courant socio-culturel Iw ape | reçoit des interprétations contradictoires.Les sceptiques y voient un succédané de la religion chrétienne déclinante, une flambée de superstition dans un monde technologique ji et scientifique complexe, un symptôme de la société de Je J Jide ving PET pt Para pau meet 4 consommation et de la décadence bourgeoise.Les sym- i pathisants perçoivent plutôt le présage d\u2019une révolution a .y > «es 3, 1 spirituelle au seuil de l\u2019an 2000 et de I' ère du Verseau \u201d.|! = - ~~ races PSE D ee M mur rire wih pdr bree pL Bu Fair eue ti Prier pr se nr pe existe bien deux formes distinctes d\u2019ésotérisme: d\u2019une part, un occultisme à rabais qui flatte la superstition i populaire (celui des horoscopes et des soucoupes volan- | tes); et d'autre part, le véritable ésotérisme, qui fut élaboré A depuis des millénaires par une pléiade de puissants fi | 74 i esprits et d\u2019excentriques érudits qui n\u2019ont rien à voir avec les sorcières et les diseuses de bonne aventure.Il faut donc nettement distinguer le phénomène socio-culturel d\u2019occultisme populaire de la tradition ésotérique qui remonterait aux sages orientaux de la plus haute antiquité.L'histoire même de la pensée occidentale, limitée par l\u2019orthodoxie académique aux domaines connus de la religion, de la philosophie et de la science, ne saurait être complète sans la reconnaissance du courant intellectuel \u201csouterrain\u201d appelé ésotérisme.La religion catholique et ensuite la science matérialiste ont toujours discrédité, sinon persécuté, cette haute forme de savoir, qui n'a d\u2019ailleurs jamais aidé sa propre cause en cultivant à dessein le \u201c mystère \u201d (car c\u2019est dans sa nature même de rester cachée).N\u2019ayant pas été une étude spécialisée à prétention technique et critique mais une fort superficielle présentation d\u2019un sujet vaste et méconnu, le présent texte n'a eu pour seul objectif que de poser quelques repères et dissiper ainsi certains préjugés communs.La finalité supra-consciente et les méthodes non religieuses de l\u2019ésotérisme ne sauraient se prêter à une définition sommaire et vulgarisée accessible au consommateur pressé.Le lecteur insatisfait et curieux aurait avantage à étudier les ouvrages de qualité écrits sur l\u2019ésotérisme.Il est cependant fort prudent de ne pas s'exposer à la confusion mentale en évitant les trop nombreux livres d\u2019occultisme à sensations (ex.Robert Charroux et Lobsang Rampal).les pamphlets publicitaires des sectes 75 7 = Ne RNA Ay 2 old en Re OE RGA éutilee os di = REST at 4 FRAN vie ni 2 en - ETS or so mu eee pv oy po Jey Pp POT Pe JU i 200 piri radv pune ub pureed pl of Yor pe oi of nb ri Sg Pg FE PE ai ab ert Ste Platcanieilfasthatia Pt ai Pag J 2 J - Fe ue Es PIE pu Tend a Rp te vo 1a ST RT RT STATE TRIOS, = 2 = PA.ee pein » a ah - fa md dL rs Le To SPS SIRET ST NE EE pra pd pr pny Zp por Jo a ye sar pgp 1905 rated Ar id ra vas ape) PETA Pape pe\u2019 apie pets rar A fie ER \"dE ve KR RER Thy Le 1h\u201d i 8 M lf ICRA NN béni A > \u2018y NAN NAB IN KINNEAR RR OR NS 5; pseudo-ésotériques et les \u201c synthèses \u201d batardes de valeur inégale (ex.Le matin des magiciens et les auteurs québécois Hertel, Dussault, Moreau, Languirand).Le petit livre de René Alleau, Les sociétés secrètes (rééd.dans Le livre de poche), est une excellente introduction générale.Une étude du véritable ésotérisme doit nécessairement passer par l'analyse des textes classiques (idéalement dans l\u2019original, à cause de l'impossibilité de traduire certains concepts orientaux dans une langue occidentale).La \u201ccrème \u201d des ouvrages écrits par des Occidentaux érudits et non sectaires demeure l'oeuvre complète de René Guénon et de Julius Evola, auteurs indispensables à une étude de l\u2019ésotérisme qui respecte les traditions originelles sans tomber dans l\u2019occultisme spectaculaire dont les consommateurs occidentaux sont si friands.76 \u2014 ps ER) ga CFA Pe a + \u2019 ES Ma a ui = pve Pra a pas LP PE 2 Ae ty go avs i 147 en it a D pacte Sepp TM > a pe JOO w ~ es a ae = ZAP i A on pre de £0 aa 43 5 ce wy RR ER , A a .= eae Pathe Eat pes à ea re Pare fs a ETN EE PS PERSO PENA, EPR A RO PEN BE - Farr wl eps 27 ETES i 1 ro td fd APPA Nr lee rd Ze [OAR Wal Er pa Eat oa re PSS pe rt oa yt po Ad 2 aie LES PPA Pl 240 Spe ~ = rrp [IRE nn Le CURE Pal gia PrN a PP Se 1a «ea [Asad Pe ve .\u2026.[Acai Docs + xo ae «4 as i.he ji LS \u2018 - vn pe 2 LE TROU NOIR ry A Jean-Paul Daoust comme symbole / figure d\u2019approche critique Professeur de théâtre au département de français Hi pin v A Pos, ARE HUE CRT i Pets: +.8 .5,2 oily EAI PLA ES RES ER NE.nm P SHY ANE Rh \"VY ne D lly a dans le ciel des trous noirs.Immenses.Qui avalent / digerent tout ce qui les touche (les néants existent.plus puissants, plus voraces que les réels tangibles?.).De cette théorie, brillamment décrite par Asimov, le domaine de la littérature peut se servir (Trou Noir comme symbole,,figure d'approche critique d\u2019une oeuvre, et pourquoi pas?).Par exemple, une pièce de Réjean Ducharme, Ines Pérée et Inat tendu (1) pourrait étre le corpus / cobaye.\u201c Deux enfants de vingt ans \u201d sont tombés dans un monde (le nôtre) et de cette aventure nous sommes témoins (par le truchement théâtral).D'ailleurs le théâtre lui-même est une magnifique image de ce Black Hole: c\u2019est le noir, etle temps d\u2019un spectacle, (durée assez minime en général) ce noir s\u2019allume, se colore, vit d\u2019une intensité privilégiée et quand il finit, qu'\u2019arrive-t-il sinon le black-out (qui a tout absorbé).Mais revenons à Ines Pérée Inat Tendu.La première action est la description du décor: (1) Réjean Ducharme, Ines Pérée et Inat Tendu, Théâtre, Leméac / Parti pris, 1976.7/8 \u201c La nuit.Mais aussitôt le soleil se lève.Ines Pérée et Inat Tendu sont réfugiés dans la chapelle ardente désaffectée d'une clinique vétérinaire.Des tentures noires jusqu\u2019à terre.Deux petits cercueils.Le papillon d'Inat Tendu est accroché au fond, bien en évidence.Ines Pérée dort par terre, enroulée avec son violon dans une tenture noire.Inat Tendu est agenouillé près d'elle; il la secoue.\u201d Ce début est impossible.Comment peut-il dire que le soleil se lève si \u201c des tentures noires jusqu'à terre \u2019 (C'est clair) recouvrent le décor.Pasde lumière, pas de soleil (\u2018), (à part Hydro-Québec.et c\u2019est connu, Hydro-Québec fonctionne la nuit.c'est la vaseline Marque Soins Intensifs).Donc, le decor est faux.Strictement impossible.Décor faux.Les personnages aussi.\u201c Deux petits cercueils\u201d.À une lecture littérale correspond un ennui.Mais quand on veut informer.on trace une carte.Montréal-New-York.Cercueils / 2.Ines Pérée (les femmes d'abord) Inat Tendu (et les enfants ensuite.et le Titanic coule!).\u201c Ines Perée et Inat Tendu sont réfugiés dans la chapelle ardente désaffectee d'une clinique vétérinaire .Ils sont morts (même s'ils ne veulent pas mourir).Ines Pérée, sa première phrase:* What?What?qui ça\u201d.Moi?.Pas encore moi?.on pense que c\u2019est fini, qu'on a traversé, ouf.Puis vroush que broush, on se fait bousculer pour tout recommencer.\u201d Comme le re-dit Asimov: \u201c Et si on vivait dans un immense trou noir \u201d.De toute façon, comment une chapelle ardente pourrait- 79 REE + wm a - pur 2003 roi po 4 gr PY ai et pi gulag pr rg 4 TET STATI AT RN LILES HE Pat aA A nL CX DI mp aE = 2 E20 pos pb og aoa PRR pg pg tra) pere Sr 00% Saar Soap Ag gg pg ee pe ey = IT - \u2014 re 70 0e 0e AE - Lo rym p= roy per au J brag Pragati a Sabi ps à A 15H: RC ; COTA NN pre NY IH SELENE RAR FARHAN PCSI BRAY JET PE TR TIE TIL TI ST PT Pa EI TE RCI EI 4 thy V 3 1 p 3 ' a wh : } \u2018 sy + \u2019 ' Saf hia AM derpcr ae RON Hote MRM 29 By - ~ hn gp LE X \u2018 al.n° KH HN Di ADD Nu Var RNG Bi Rha acai MARMARA, \" PA SU EEE RE NS ; elle étre \u201cdésaffectee\u201d?Vide, sans doute.(le monde se tanne).En tout cas, on n\u2019y allumerait pas des cierges pour rien.Donc, le décor, normalement, devrait être noir (c\u2019est vraiment la nuit).\u201cDes tentures noires jusqu\u2019a terre\u2019.\u201cLa nuit.Mais aussitôt le soleil se lève.\u201d Ça aussi c\u2019est un non-sens.Qui a déjà vu le soleil se lever aussi vite qu'il se couche dans les Tropiques.Comme des météorites (ou des anges déchus), ils se réveillent dans un autre monde.\u201c Ils sont tombés \u201d, n\u2019est-ce-pas.\u201cComment nous sommes tombés là.\u201d demande Inat Tendu.Façon de dire tomber morts.La pomme tomba sur la tête de Newton (s'en remit-il?).C\u2019est l\u2019abandon total.\u201c Comment suis-je tombée si bas \u201d dit l\u2019autre.Question?\u201c What?What?\u201d premières paroles d\u2019Ines Pérée.\u201cPremier rake \u201d.\u2026 on pourrait facilement intervenir sur le sens / le jeu ducharmien (cette façon de dire premier acte), est-ce un fourgon, râteau.la mort 'automne.mais ce n'est que le premier acte de la mort comme Barthes, avec lui-même: \u201c même et surtout pour votre corps vous êtes condamné à l'imaginaire \u201d (1).\u201c Premier rake\u201d: \u201c le français est une langue morte: autant en profiter \u201d (2).Deuxième make-what you want.Donc, se réveillant dans un trou noir (relisez le décor), on ne pourra pas, en tout cas m'astiner (vieux français moins 0] Roland Barthes par Roland Barthes, p.40.2) Jean-Jacques Schuhl, Télex no.1, Gallimard, Paris, 1976, p.83.80 vieux que le soleil) là-dessus (relisez le décor (bis): la lumière est en-dehors).d\u2019ailleurs au deuxième acte Ines Pérée et Inat Tendu sortent d\u2019une trappe pour tomber de leur échelle dans la chambre de New-York (religieuse) et pour au troisième acte être définitivement coincés là.Comme Soeur Saint-New-York-des-Ronds-D'Eau ils tournent en rond dans leur mort.Evidemment, ils ne peuvent se suicider (comme Miss Jones en enfer qui se masturbe sans pouvoir jouir).Et les enfants de 20 ans vont finir comme ils ont (faussement) commencé: Ines Pérée \u201c se laisse tomber sur Inat qui ne bouge plus, et ne bouge plus elle-même\u201d.C\u2019est nat qui, agenouillé, (il n'est pas encore debout (\u201c agenouillé \u201d, c'est normal pour \u201c une chapelle ardente \u201d)), lui dira au début: \u201c lève-toi aussi.\u201d Ils sont tombés, ils se lèvent, ils grimpent, ils tombent (comme dans un décor à l'envers\u2026 sortir d'une trappe n'est pas en tomber.).Comme un trou noir qui avale tout (L\u2019Avalée des Avalés) et détruit jusqu\u2019à disparaître lui-même (à part son immense énergie qui augmente d'autant plus), le décor se rapetisse (on finit dans une \u201c cellule \u201d: \u201c on est dans la cellule de Soeur Saint-New-York-Des-Ronds-D\u2019Eau.comme quoi l\u2019infiniment petit rejoint l'infini grand, bof!\u2026), et broyés, Ines Pérée et Inat Tendu s'effondrent jusque dans les cellules de notre cerveau.On n\u2019y peut rien puisqu'on lit / voit et absorbe automatiquement (ça peut prendre du temps.mais avec le temps \u201c tout s'en va \u201d\u2026 le temps (Happy Birthay Einstein!) efface tout.la la la.s\u2019efface).trou noir nous-mêmes nous sommes avalés bien vite a notre tour par.J'exagère?Faites l'arbre généalogique d'Ines Pérée et 81 x ERE.a: E- He + ~ (io pe Fb an a - - a.ps ve ee ee eue pri ST Vr Ne es ae Sas dur are PT A TR an re Se op Ay Spay pe \u2014 -\u2014 ~ ~ Em oer op - - au va = - ELT Tv aera 1 RR Sr Se NLT PRE AN d'Inat Tendu?\u201c Ce qui d'un texte, est intelligible et explicable, ne vaut guére la peine qu\u2019on s\u2019y arrête.\u201d (1) Robbe-Grillet dit du vide: \u201c C\u2019est le vide qui envahit, qui remplit tout\u201d (2).Un trou noir: où la puissance retient sa lumière.L'étoile / le système (la fosse\u2026 crématoire) LA CHOSE (ce trou) ou tout finit ou tout commence?(le lieu tant attendu tant INES PEREE des surréalistes existe SCIENTIFIQUEMENT).Je divague?Well, I've got news for you ! N'a-t-on pas trouvé une étoile en or massif dernierement (cf.La Presse, juin 1978), de quoi dérégler les banques de Genève.après on dira que les poètes perdent leur raison! \u201c Ma pensée est couleur de lunes d\u2019or lointaines \u201d (3).(Robbe - Grillet disait à propos du meurtre dans le Le Voyeur (1955): \u201c L\u2019acte principal, le meurtre, est en creux dans Le Voyeur.Tout est raconté avant le trou, puis de nouveau aprés le trou, et on essaie de rapprocher les deux bords pour faire disparaître ce vide gênant.Mais (bis) c'est le vide qui envahit, qui remplit tout \") Un black Hole?C\u2019est quoi ça?Exemple: un black out: comme au théâtre, au début comme a la fin.L\u2019attente est à son maximum.Exemple: un black eye: et Rimbaud dit: \u201c La vraie vie est ailleurs \u201d (1) Georges-André Vachon, \u201c Note sur Réjean Ducharme et Paul-Marie Lapointe (Fragment d\u2019un traité du vide) \u201d dans Avez-vous relu Ducharme?, Etudes França aises, Oct.1975, p.355.Cahiers du Cinéma, sept.1961, p.18.SE Emile Nelligan, Clair de lune intellectuel.82 AR ANIL IAN SEE A000.7A BE HS wn.oo HIRE NG AE +1 EE A 2% 11 30 2888 Da 38 2 RFT REIL 1 EE PRA SLOAN ESF NTR FEAL BIOL TL REAR EERE ZR 5 i FT ES Exemple: un black-out: durant le black-out de New-York King-Kong était possible.Exemple: un black-out: J'ai trop bu hier soir.Que s'est-il passé?Aucune explication requise (buvez et vous saurez).Exemple: un black-out: elle a perdu connaissance.Vite, des popper\u2019s! L'action est à son maximum.C\u2019est quoi ça le maximum: demandez à James Dean au volant de sa corvette (ou était-ce son ami?) durant le crash fatal: il venait de rencontrer un black hole et tout à coup Hollywood s'effondra.Greta Garbo a voulu disparaître: elle aurait dû.Etre.La grande clarisse d'Hollywood lumineuse: black hole.Où suis-je! Dans un trou noir.Comme le E muet dans je t'ai eue! Comme Ines Pérée et Inat Tendu prisonniers de Harvey Jonction, l\u2019asile.Or, tout le monde sait que l\u2019asile est un black hole bienfaiteur / communautaire et.\u201c Telles sont les métaphores du capitalisme.Une métaphore représente une substitution ou un transfert de sens, d\u2019une situation ou les choses semblent être littéralement ce qu\u2019elles paraissent sembler, à une autre situation dans laquelle un terme est changé pour rendre le discours moins littéral mais plus exact, dans le sens d\u2019une poésie de la folie (ou d\u2019une folie de la poésie).\u201d (1) Des vampires.Une des figures les plus célèbres de trous noirs serait le vampire.I! suce aspire détruit tout en continuant à vivre et contaminant tout sans cesse (lesquels contaminés contaminent à leur tour et les signifiés (1) David Cooper, Le langage de la folie, Paris, Seuil, 1977, p.25.83 LEANN] PSE HE ATE EN HIN EN YR NRK RENNIN SECAM à RR SOE, a te M il } I a 0 MAP Rr trace OM] disparaissent dans cet immense signifiant qu\u2019est le Vampire / DRACULA).lis ne vivent que la nuit, n'est-ce pas.Isalaide est un trou noir en formation: elle dit: \u201c Les fusées les météores qui s'élanceraient de MO! SI J'OSAIS SI j\u2019OUVrAiS, SI je laissais tout aller Folie douce ou solitude amere! choisis! Des enfants sont venus et ont sonne l'heure de la terreur.\u201d (p.58) : Isalaide est un vampire qui se réveille.elle dit \u201c Les éclairs dans ma tête je veux! Les eclate- ments dans mon ventre.j'exige! Donnez-moi plus que tout ou donnez-moi moins que rien! \u201d (p.58) Et comme tout bon vampire, elle vivra vieille: elle dit: \u201c Mais mon vertige! Un pas et je chute! Je tombe pendant des heures, pendant des siècles! Je glisse du haut en bas des airs.\u201d (p.58) Et pendant que Pauline-Emilienne, en vain, crie Allo?\u201d.les lumières se ferment et comme dit Ducharme: \u201c NOIR \u201d Les spectateurs, en même temps, sont vampirisés par le noir.Jusqu'à la fin de la pièce, Isalaide essaiera son manège infernal: \u201c Avant je demandais l'hospitalité, maintenant je l'offre.\u201d (p.98) Comme le vampire son baiser.Mais ce trou infernal, tous sont déjà contaminés.Pierre- Pierre à la fille Aidez-moi.Alors Isalaide dit, avant de disparaître: \u201c Dites-lui que je me serais glissée dans ce lit si elle ne l'avait pas infecté avec ses spirochètes 84 = ee ee > de petite putain! \u201d (p.100) Qui a séduit qui?EtInes Pérée et Inat Tendu en proie à ce monde de vampires vérolés.Et les deux enfants de 20 ans refont l\u2019action du début, mais à l\u2019envers (comme Isalaide qui entre avec le docteur Escalope \u201c elle d\u2019avance, lui à reculons\u201d, p.28): C\u2019est Inat qui est dans un black-out et happé par lui, Ines Pérée \u201c se laisse tomber sur Inat qui ne bouge plus, et ne bouge plus elle-même \u201d (p.113), pendant qu'Aidez-Moi, hystérique, les supplie de ne pas rester là.Où peuvent-ils aller, puisque, comme disait Ines: \u201c C\u2019est mon seul voyage et je le rate.\u201d (p.82) || faut bien comprendre qu\u2019lsalaide, comme un vampire dans un miroir, est plus réelle qu\u2019absente.Ines Pérée, à la fin, comprend que toute porte de sortie est inutile (comme les black holes dans The Yellow Submarine des Beatles): \u201c Nous sommes tombés dans un autre repère de Lussier-Voucru! Patin! (A Inat).Sais-tu ce que c'est signe, pauvre enfant, quand on commence a retrouver les mêmes gens à tous les coins de rue! Je sais: c\u2019est signe que le voyage recommence, qu'en d'autres mots, il est foutu, il est fichu, il est fini.\u201d (p.102) Le reste, c'est la décadence pour la forme (ils voudront boire et manger pour rien).D'ailleurs, manger quoi!: \u201c Des caillous! Tout ce chemin pour des caillous! Les mêmes peut-être que ceux où nous avons dormi quand nous sommes tombés sur ce littoral!\u201d (Ines Pérée dixit, p.117).85 Loe ARERR] fr Qui peut se vanter d'avoir vu Réjean Ducharme?De di l'avoir revu\u201d M C\u2019est un monsieur Black Hole.A la Greta Garbo.\u201cBut.ia Of course, there is a slim chance that the robot i might survive after all.According to some theories hi: the Black Hole might act as a Wormhole or a L passageway to another par of the universe.If so, i the robot would almost instantaneously emerge elsewhere.\u201d (\u201cA visit to a black hole\u201d, Time, p.57, i 1978).1 Le triangle des Bermudes?i La métempsychose?® La réincarnation?oa _es extra-terrestres?a Les vampires?Dans La Presse de samedi (4 novembre 1978), on peut ba lire l'anecdote d'un homme enlevé par des extra-terrestres \u201csans qu'apparemment personne ne les voit \u201d.Comme E beaucoup d'oeuvres.Comme beaucoup de facettes a possibles d'une oeuvre, comme beaucoup de regards J présentement.ME Madame Bovary racontant à Ann Landers son désespoir.i Gide suppliant Anita Bryant de le comprendre.Garbo a fuyant les caméras.Rimbaud aspirant les critiques Bar- i thes inclus).Damnée Manon et Sacrée Sandra dispa- A raissent, tel Elie, dans la lumière.Howard Hugues (est-il E vraiment mort\u201d) cloïtré au sommet de ses hôtels ultra- I chics.Nana qu on reconnaît à sa chevelure.La fiction du i réel: elle est bien bonne.q \u201c L'art ne recourt au réel que pour l\u2019abolir, et lui i substituer une nouvelle réalité.\u201d (Jean Rousset) i 86 ¢ PRIMES Lge gre ae ge ve )s Siar i TSI PP TOIT PAPE VE Pc STR 0 RENVETAY ST SP) vu [pot [FY 1 4 PRA ald th ST IEEE RME SRE 2 85 FOUR CC > f ; + Trou noir comme symbole, figure d\u2019 approche critique de la littérature.Et pourquoi pas?(bis).\u201c Le symbole est toujours le produit des impératifs bio-psychiques par les intimations du milieu \u201d (1) Quand \u201c Pierre-Pierre entre avec un grand chandelier électrique à plusieurs branches \u201d et qu\u2019ines Pérée le branche (!), \u201c il se produit une détonation et toutes les lumières s'éteignent: elle débranche: les lumières se rallument et il se dégage du chandelier une fumée qui fait tousser Inat et Ines, mais qui se dissipe aussitôt \u201d (p.109).Fausse lumière comme cette couleur \u201c jaune \u201d des murs de la cellule qui singe inutilement la lumière de l'extérieur, et on a beau remplacer les images saintes de soeur New-York par des images de sexe et de violence, Ines sait qu\u2019ils sont coincés dans un trou: \u201c Essaie, même en rampant, de sortir de cette maison, de cet état sinistre et ridicule où nous nous sommes mis.Nous ne savons plus ce que nous faisons.et si.nous nous endormons ici.nous réverons si mal que rien ne sera plus possible.(presque plus capable de parler) ah et puis.\u201d (p.119) Aidez-Moi aura beau crier: \u201c NONL!.NONL!.NONL!.\u201d le trou noir les a définitivement happés.Et comme le finit Ducharme.il écrit: \u201c C\u2019EST TOUT \u201d (on sait que le Tout est Rien.Pour Bugs Bunny c'est: \u201c that's it folks! \u201d).The end.\u201c A va finir dans un trou | pis c'est toute c\u2019qu'a mérite\u201d (1) Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l'imaginaire, Paris.Borduas, 1969.p.121 87 Ay + Fp # clament les voisines d\u2019En Pièces Détachés de M.Tremblay.Impossible, pour elles aussi, de sortir.Entassées dans un fond de cour, Robertine, elle, reste terrée derrière son blind (!).Aveugle for good.Carmen, soleil de la Main, va finir ben raide dans un trou noir (une balle dans le tête, c\u2019est nécessairement un black-out).Qui est trou noir?Carmen morte?Ines Pérée et Inat Tendu endormis?Ou le reste de l'univers?Black-in for who?Et alors le quartier noir de Détroit ou le Harlem de New- York.les trous blancs et les trous noirs selon quelles perspectives?Quand allons-nous sortir de nos black holes / trous universitaires.La science et ses découvertes devraient illico être au service des écrivains.Que les universités, les cegeps se remplissent d'ordinateurs, et qu\u2019on joue.Le faux-sérieux nous garde prisionniers du Moyen-Age.Entéka, nous vivons dans un black hole mental des plus déprimant.Platon et le trou noir de sa caverne.Encore.TROU NOIR: | \u201c Nous serions alors dans l\u2019un d\u2019entre eux.Et parle truchement des merveilles de la pensée et de la raison, il se peut que de notre observatoire perché sur un planète perdue dans les profondeurs de l\u2019un de ces Univers, nous nous soyons dessiné à nous-mêmes une image de l\u2019existence et du comportement de tous et de chacun d\u2019entre eux.\u201d (1) (1) Isaac Asimov.Trous Noirs, Montréal, L'Étincelle, 1978.88 BIBLIOGRAPHIE |Isaac Asimov, Les trous noirs, Montréal, L\u2019Étincelle, 1978.Roland Barthes par Roland Barthes.Paris, Seuil, 1975.David Cooper, Le langage de la folie, Paris, Seuil, 1977.Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l'imaginaire, Paris, Borduas, 1969.Jean Chevalier et Alain Gheerbrant.Dictionnaire des symboles, Paris, Seghers, 1969.Gilles Marcotte, Le Roman a l'Imparfait, Essais sur le roman québécois, Montréal.La Presse, 1976.Avez-vous relu Ducharme?, Études Françaises, oct.1975.Jean-Jacques Schuhl, Telex no 1, Paris, Gallimard, 1976.Réjean Ducharme, Ines Pérée et Inat Tendu, Theatre, Montreal, Lemeac / Parti pris, 1976.OOO 89 _ -, ._- - ~~ 22 = _ 2 nu = D wEov- a= pes M pe - pence ro [Sa RTT STE Cuers ry pov eee Cp Te er te re ee Epp ue re se a ppt 7 ae pe PS 0 beat Pda cree, Es pes ar py _ = pire pr 22 le RAT Ji?pr ia pe Patrie signe yi + \u2014- \u2014 AT Sp A a rr iy pee A Ser pro part rar putt tory pred =.rare ree, a ar 97 __ a CE - és Lreaceer SC Si =r A A ile 3 + pe} A Ce = A A re, pa CS past pu pa D cap =\" Pi ES Ct pe ces re IIo pe Ne por abe Le ser Mad de - > a hy bale 3 pa rs [2 ra para py en Pao autre = 3 - pdr) FR rere 2 + pa pr Praia a Py ~ Fob .4 3 \u20ac NTI POS RARES ANRT 0 \u2018ous « A] f - RRL 3 SH - .FUN I AO a A LY LLIN] yo.Fat oo PIE 0 AY a A A in py f AAT .pa A S GA LJ ERY + 1 R POLAR PAIN À By hi \\ » é A d A) ; % ce \u2018 \u2014_ pre pr pa JE res * n a Sauvages ou civilisés\u2018?Réal Rodrigue \u2018 Professeur au département de philosophie if Uy oi AN N AA SOINS vois COATES L\u2019écoute sympathique de l\u2019Amérindien, pour longtemps encore sans doute, restera le fait d\u2019une minorité parmi les Blancs.La majorité en effet considère que les communautés amérindiennes doivent normalement disparaître.C\u2019est que nous pensons leur développement en \u201ctermes évolutifs: nous posons en principe que les communautés traversent inéluctablement une phase primitive avant de connaître la phase civilisée.Ce schéma, fortement enraciné dans notre mentalité, nous fait trouver \u201cnormale\u201d la disparition de ces communautés primitives.C\u2019est ainsi que très tôt nous avons compris et en conséquence supprimé les différences amérindiennes.Si nous ne réussissons pas à vaincre ce prejuge, car c'en est un, on ne voit pas comment et pourquoi les gouvernements des hommes blancs agiraient dans l'avenir autrement que par le passé.L'histoire nous éclaire sur le comportement politique du Blanc; Sitting Bull résumait de la manière suivante sa vision des faits: \u201c Quel traité le Blanc a-t-il respecté que l'homme rouge ait rompu?Aucun.Quel traité l'homme blanc a-t-il jamais 92 passé avec nous et respecté après?Aucun \u201d (1).L'homme blanc, selon le témoignage unanime des Amérindiens, fut à peu près toujours destructeur et menteur (2).ll n\u2019y a pas si longtemps, soit en 1972, lorsque le gouvernement du Québec décidait de construire des barrages hydro-électriques sur les rivières et les bassins de la Baie James, il le faisait sans considérer le droit des Cris qui habitaient ce territoire depuis des siècles.De façon similaire, lorsqu\u2019aujourd\u2019hui le gouvernement du Canada envisage de faire passer un oléoduc dans la Vallée du Mackenzie, il ignore les droits des Denes.Tout en ayant bonne conscience, nous continuons \u201c d'ignorer \u201d dans les faits les peuples aborigènes, leurs coutumes, leurs droits, leur philosophie.Comme par le passé, portés par les mêmes prétentions à jouer les civilisés, nous continuons de réduire leurs différences.lls proclament pourtant leurs différences a qui veulent les entendre.Non seulement la plupart d\u2019entre les hommes blancs, encore aujourd\u2019hui, ne les entendent pas, mais ne savent même pas qu'existe une véritable \u201c renaissance amérindienne \u201d (3).Pour pouvoir les entendre, il est sans doute nécessaire de reviser la façon de penser notre rapport aux autres.Sans cette mise en question radicale, on ne voit pas comment pourrait être déraciné le vieux préjugé suivant lequel nous serions, nous les Blancs, les civilisés, et eux, les Amérindiens, les sauvages.1 2 3 Ibid., p.93.93 Pieds nus sur la terre sacrée, Paris, Denoel Gonthier, coll.Médiations, p.89.La renaissance amérindienne, revue Monchanin, vol.VIII, no.1.Montréal.I ETE RE A te > TON.pret is 1e : TETAS, LY» RE AL JR key L re he} _ caer.Er) AACR.Aw etd - CAE ru PRO hy ap when - \u2014 2 ma Sms me pp 2 = Le Lee re Jy erat iat an XI pi, AAC AR a Bt ea = A, NE a que RTE BNO har lg Or.iON aE ea > NER I LIE a AC EY RE 1088 BRST da 7 + Ra - radars ae o> AT: ; \\ - + \\ y = ie - x - me; mn > h Ji p NLR EERE ol a.FEA > N KARA ARIRIP RAR RANK CHEN WAIL 3 PRONE NSE ICE Te «y, ON} SIAR aoe] yu JIAO pe = gy na N H 3 INNER ERAN Wee RCE RE SHAT MAN RR RRL ANS IRE ATE A BION TL EN YAR EARNS WWTP HEE STAY ARTY AN AGG NL HR LN CO ARE AM cata A WY A AME [A h A , , Fe CP Te Pl i pi\" DR rire rok rb RS a Co Tt RN CERI ELEC RE EES LE It reg \u2014 poy pipe \u201cFIRE ata og ub pe Notre propos est d\u2019aider a cette remise en cause de notre façon habituelle de penser l\u2019autre, en occurrence à ici l\u2019Amérindien.La lecture critique que nous ferons de la 3 première relation des Jésuites en Nouvelle-France n\u2019a i pas d'autre but: apprendre à découvrir ce préjugé tenace, 4 cache mais non pas invincible, prendre conscience que notre façon de penser l\u2019autre a consisté à toute fin 4 pratique dans ce cas précis à le supprimer.Si l\u2019intolé- | rance peut être définie comme la suppression de l\u2019autre | en tant qu'autre, on verra que la philosophie qui s\u2019inscrit en marge de cette critique ne peut manquer d\u2019être i tolérante, car elle obéit aux différences et les respecte, hi cherche le respect de soi dans le respect de l\u2019autre.Une A telle philosophie, ouverte et respectueuse de l\u2019autre en i tant qu\u2019autre, rencontre pleinement celle des Amérin- | diens.parer Erg = - rl re ra = sa lh mo al il wt pry SAE a ~ pny poy ie Nous nous proposons donc d\u2019examiner ici la relation du père Biard.Ce texte, rédigé en 1611, est d\u2019autant plus intéressant qu\u2019il émane d\u2019une personne qu\u2019on pourrait dire fiable, et non pas de quelques marchands ou trafiquants de l\u2019époque évidemment intéressés à obtenir en échange de quelques babioles les fourrures qui seront revendues à fort prix sur les marchés européens.Au contraire de ces gens intéressés et portés à déformer les faits pour sauvegarder leurs intérêts, l\u2019auteur doit être en principe et en pratique imbu d\u2019une réelle charité | chrétienne.Mais tout imbu de charité chrétienne qu\u2019il soit, cela ne l\u2019'empêchera pas d'établir des comparaisons erftre les Blancs et les Amérindiens, et d\u2019utiliser significativement lui aussi les termes de civilisés et de sauvages pour qualifier leurs différences.ci FAN HAP ge te ae ee [Tra a or.~ or aw ee = ms .\u2014 \u2014 - TS tar a pre eee pe CAT a ES ST EE Je EEN Zt Jury prete Br a a a a a EEE En Eee Pari corn te Ber RTA Ca ae NE PUS ETES TAC pT Ape mae me pes Se Far ses ae ee A a a a DE su a PU TAT ET RS NTI A us ~ Pg 94 Dès l\u2019abord, ce qui est fort intéressant à remarquer dans la relation, c\u2019est l\u2019admiration, voire l'enthousiasme, que le père jésuite manifeste à l'endroit des Amérindiens qu\u2019il lui a été donné de connaître.Décrivant leur vie de semi-nomades, il ne peut en effet s'empêcher d'en signaler tout le charme réel: \u2026\u201c leurs iournées ne sont tout que beau passe-temps.Ils n\u2019ont iamais haste, bien diuers de nous, qui ne sçaurions 1amais rien faire sans presse et oppresse dis-ie, parce que nostre désir nous tyrannize, et bannit la paix de nos actions \u201d (4).Comme s'il avait besoin de se persuader qu'il ne rêve pas ou qu'il veut être pris au sérieux par son supérieur, il poursuit la comparaison un peu plus loin et en tire les mêmes conclusions: \u2026 \u201c Ils ne s'offencent guere qu\u2019on sache; ie dis, qu\u2019on sçache, car nous n'en auons rien veu, ains tousiours un grand respect et amour entre eux, ce qui nous donnoit vn grand creue-coeur, lors que nous tournions les yeux sur nostre misere: car de voir vne assemblée de François, sans reproches, mespris, enuies et noises de l\u2019un à l\u2019autre, c'est autant difficile que de voir la mer sans ondes, ne tust dedans les clois- tres et couuents, ou la grace predomine a la nature.\u201d Dans la même veine, il ajoute que ce respect et cet amour mutuel s'expriment de la manière la plus concrète: \u201clls ne sont nullement ingrats entre eux, ils s'entre- donnent tout.Nul n'oserait esconduire la priere d'vn autre, ny manger sans luy faire part de ce qu\u2019il a.\u201d (4) Relations des Jésuites, 1611-1636, tome 1.éd.du jour, p.11.95 - - 10m 2 Ù Te - ELIS br ar QE px pe duly leer Ay PT OT ae pt Neer fos pr rat airy re pape Pete at aude ru Sp Le br pe a EC CO se 4 2 4 0 To Pom Sw oes =~ ae pa Le \u2014_ - a va Te D per es ype ~.i Smee sa BE A TE ~~ CRI Ts Ney ry apt pe a vy At anf yt do) Arr in er Shar As Arr Ui Dec MIEN war AN eeCNPCR Ahteth: B LS) 1 HEY AS Y ns 0006 \"0 ROIS RD NS LRN NO EN NE RR.ARN RAHA 23 hI AY Mais, a un moment donne, quelque chose d\u2019'important se produit dans le texte.Au chapitre suivant en effet, aussi étrange que cela puisse paraître, il les décrit nommément comme des sauvages: \u201c Aduisez combien veritablement et emphatiquement a parlé le sainct Esprit par la bouche d'Isaie de ces pauvres Sauvages dispersez, soubs la metaphore propre et conuenable d\u2019vn grand verger ou parterre sauvagin et forestier.|| ne faict que fleurir encore; sur le temps de la recolte, dit-il, il germe quand il deburoit estre venu à maturité \u201d (5).Tout se passe comme si, fidèle jusque là à rapporter les faits tels qu\u2019il a pu les observer, il devait changer d'attitude: après avoir été observateur sympathique de cet autre, ne pas oublier qu'il est d\u2019abord et avant tout missionnaire.C\u2019est pourquoi sans doute, contre l\u2019évidence et son sentiment intime, il déplore ce manque fondamental: quoiqu'ils mènent une vre libre et heureuse, qu\u2019ils pratiquent manifestement entre eux et avec les étrangers l'amour fraternel, ils ne sont tout de même pas civilisés! Précisément, que leur manque-t-il donc?Voici ce que laissait entendre le métaphore tirée du livre d'Isaie: \u201c Car certainement ce pauvre peuple, comme vn grand plant de Sauuageons mal nez et de mauvaise venue, quand par le laps et experience des siécles il deburoit estre venu à quelques perfections des arts, sciences et raison, qu\u2019il en deuroit auoir produit fruict abondant en philosophie, police, moeurs et commoditez de la vie, qu\u2019il deburoit estre desia disposé à la maturité du sainct Euangile, pour estre recueilly en la maison de Dieu, voilà qu\u2019on ne le void sinon chetif et rare \u201d (6).(5) Id.p.15.(6) Id.p.16 96 PIE ES EME TE A EUR || est évident ici qu'il est davantage intéressé à justifier la mission de l'homme blanc qu\u2019à tenir le rôle de fidèle observateur.Ici, c\u2019est le civilisé qui parle, c'est-à- dire quelqu'un qui se croit chargé d\u2019une mission.Et c'est peut-être le trait le plus caractéristique du civilisé: il vient apporter les Lumières de sa culture aux nations sauvages.Les Lumières sont: les techniques, les sciences et la philosophie européennes, les lois, la morale et le confort, l'Evangile.Mais ce qui est curieux, c'est l'espèce d'auto- aveuglement du \u201ccivilisé\u201d ou du \u201cchargé de mission\u201d.Il ne voit pas du tout, malgré le récit qu\u2019il a fait antérieurement et qui parle de lui-même, que les Amérindiens disposaient à leur manière d\u2019un code de bon comportement, d'une science, de techniques, de commodités, etc.La relation du père, manifestement, n\u2019est plus objective à partir d\u2019un certain point mais complètement régi par ses a priori culturels.Nul doute, pour lui, malgré la preuve du contraire (en se basant sur ses observations personnelles), que la culture des Européens soit supérieure a la culture sauvage.L'évaluation n\u2019est pas faite sur la base des faits mais d'a priori culturels.|| est évident qu\u2019il a pu se demander, alors même qu'il était en train d'écrire, si le contraire n'était pas vrai.Il disposait lui-même, à partir de son expérience personnelle, de la preuve du contraire.Ainsi écrira-t-il au chapitre X: \u201c ie ne sçay si en verité ils n\u2019ont point de bonne raison de preferer comme ils font, leur felicité à la nostre \u201d (7).(7) Id, p.20.97 A PL Mais en se ravisant, en s\u2019écoutant, en écoutant seulement ce qu'il croit, sans considération pour ce qu\u2019il connait des Amérindiens, décide-t-il de porter ce jugement lourd de conséquence pour l\u2019histoire\u2019 \u201c Il est vray, neantmoins, qu'ils sont purement et absolument mise- rables, tant parce qu'ils n\u2019ont aucune part en la fecilité naturelle qui est en la contemplation de Dieu et cognois- sance des choses grandes et perfection des parties nobles de l'âme, comme principalement parce qu\u2019ils sont hors la grace de nostre Seigneur lesus-Christ \u201d (8).Ainsi, en dernier ressort, le seul critère sur lequel puisse s'appuyer le père jésuite pour en faire des sauvages repose sur des considérations strictement religieuses.En dehors de ces dernières, il lui faudrait admettre que les Amérindiens ont raison somme toute, comme il l\u2019a écrit quelques lignes auparavant, de préférer leur mode de vie à celui des blancs.Or, les considérations sur lesquelles il s'appuie s'avèrent à l\u2019analyse extrêmement fragiles.Est-il vrai qu\u2019ils ignorent la félicité de la vie contemplative, qu\u2019ils n\u2019aient pas de connaissance au sujet de l'esprit, qu\u2019ils soient hors de la grace?Ce qui est vrai, c\u2019est que leur façon de contempler Dieu diffère considérablement de celle des civilisés.Le Dieu qu'ils remercient c\u2019est le Dieu qui a fait la Terre et leur envoie chaque jour de quoi vivre heureux, l\u2019Esprit qui fait que le castor devient abondant et que le cerf se multiplie.Chaque animal, pour le chasseur amérindien, était comme un don de l'Esprit.C\u2019est pourquoi d\u2019ailleurs (8) Id.p.20.98 témoignait-il pour l'animal, vivant ou abattu, un tel respect.C'est en respectant la nature, en l\u2019aimant, qu\u2019ils manifestaient leur amour pour Dieu.On ne comprend rien à ce respect, celui-là même qu'avait pu observer le père jésuite, sans aller au coeur de cette spiritualité naturelle.À ce propos, nous nous contentons de citer le témoignage d'Ohiyesa: \u201c Dans la vie de l'Indien, il ny a qu\u2019un devoir inévitable - le devoir de prière - la reconnaissance quotidienne de l\u2019Invisible et de l'Eternel.Ses dévotions quotidiennes lui sont plus nécessaires que sa nourriture de chaque jour.|! se lève au petit jour, chausse ses mocassins et descend à la rivière.|| s\u2019asperge le visage d\u2019eau froide ou s'y plonge entièrement.Après le bain, il reste dressé devant l\u2019aube qui avance, face au soleil qui danse sur horizon, et offre sa prière muette Chaque fois qu\u2019au cours de sa chasse quotidienne, l'homme rouge arrive devant une scene sublime ou éclatante de beauté.1l s'arrête un instant dans la position d\u2019adoration.Il ne voit pas le besoin de distinguer un jour parmi les sept pour en faire un jour saint puisque pour lu tous les jours sont ceux de Dieu ™ (9).Comme nn le decouvre rapidement.le Dieu gu'ado- ralent les hommes blancs à cette epoque apparait en contraste in Dieu plus ethére En eftet.pour les Blancs qui croient, Dieu se révele non pas naturellement mais Je \"maniere privilégiee unique a travers Jesus-Christ En résumé l\u2019opinion selon laquelle 'Amerindien serait UN sauvage paraît davantage ur préjugé qu'une (9) Pieds nus sur la terre sacrée, Denoel, p.42 99 FARRER £1 TR RAE Ire A Ja A eg \u2014 PASE Sr ER anil RFRSASACOO MM ca ATEN tatètes AN ÿ 4 AS réscochreé roue A ces HELE Sa sas N Cae vérité.Au contraire, sur la base de ce seul texte, on serait porté à croire que les blancs qui entrèérent en son contact se méprirent totalement sur son compte.N\u2019était-il pas, en réalité, hautement civilisé au sens noble du terme?Quoiqu'il en soit, ce que la descendance a retenu, comme on sait, c\u2019est que tous les Indiens furent cruels, idolâtres, anarchiques (sans lois ni tribunaux dûment mandatés par le Roi ou l'Etat), polygames, bref des \u201c sauvages \u201d.Malgré la force du préjugé et le bloquage psychologique qu\u2019il crée encore de nos jours chez la majorité des descendants européens, il est cependant possible aujourd\u2019hui - pour toutes sortes de raisons dont nous ne voulons pas faire état ici - de devenir plus critique à l'égard de cette façon de penser.Les travaux des ethnologues, mieux encore les témoignages des Amérindiens eux-mêmes (et des Inuit), permettent un tel renversement.En relativisant de la sorte notre point de vue sur l\u2019autre, nous nous exposons en conséquence à une transformation politique radicale: passer d\u2019un règne d'ignorance et d\u2019intolérance à un règne de reconnaissance et de justice.Mais comment réussir cette distanciation, ce recul, comment rendre désirable cette transformation radicale sans d\u2019abord porter un regard plus attentif à la réalité amérindienne, écouter d\u2019une oreille moins distraite ce que l\u2019Amérindien lui-même a à nous dire?C'est alors que nous verrons apparaître nettement nos préjugés, ce que nous avons appelé nos a priori culturels dont le plus dévastateur est peut-être que nous sommes, nous les Blancs, \u201c civilisés \u201d OO 100 08 æ = # x N° À = 7 3 UE = = x Jaspe I _ -\u2014 abe A [SRS FSR PER - =e a gr ESR Ra OER AP dager oh A [PEND atari dt on Pa = poh Lars a EP iN ed asc st A Sr ST ce A ares \u2014e 2 ES A N mn pes Last a > Page, .D i oa fo Ed ES CR Las 22 : MA se - a = = A ™ Le) ai # ; ; i ë Ls Ë P- Les Frustrés 2 par Nicole Vincent de Claire Brethécher Professeur au département de français _ Ew = = = LE Ee ES \u2014 arr ~~ me per pure ape pd = Law ae pa Fa = ro = [Joe monies ot Rabat Sie gu CU - aor seb - A PE ol Tre par So Prigtahi Sirs -~ Fos py Pag upg al war Fa MT Mp cen} \u201cap Sed PH ined Jae Eri pur idle y aii iy PAS Arahat d= tar org ri [RP tivo cai ya pate rer wy ppetior agi Dans la Préface du recueil de bandes dessinées Les Frustrés 2, Jean Daniel souligne de façon pertinente la dimension politique de l\u2019oeuvre icono-linguistique de Bretécher.Selon lui, \u201c la chronique politique qui pouvait le mieux représenter le Nouvel Observateur \u201d est \u201c la page remplie chaque semaine par les dessins de Claire Bretécher \u201d: c'est, dit-il, \u201c l\u2019une des chroniques les plus efficacement politisées de cet hebdomadaire \u201d.À la vérité, si l\u2019on partage avec Jean Daniel sa conception de la politique, à savoir: \u201c la vie dans la cité, les rapports entre les êtres, mais aussi les comédies que les êtres jouent à l\u2019intérieur de ces rapports \u201d, alors, ces 102 dessins / textes humoristiques de Claire Bretécher - s'ils se veulent un divertissement - assument, par leur dimension critique, une fonction de dénonciation à laquelle seule la dérision pouvait conférer, à un second degré, une efficacité certaine.L'univers évoqué par Bretécher n\u2019est pas le monde en général mais bien un monde imaginaire qui tire sa réalité de la fiction de ses représentations du monde; mais si ce monde ressemble étrangement au monde réel de Paris, à une portion particulière de la société parisienne qui est la classe intellectuelle bourgeoise, c\u2019est que la fiction qui l\u2019a produit est fabriquée à partir d'éléments réels, choisis et structurés en fonction d\u2019une représentation vraisemblable de cette réalité.\u201c C\u2019est en se tordant qu\u2019elle (Bretécher) met en histoires nos tics, nos réflexes, nos secrets accommodements avec le ciel des idéologies.Elle est notre contre-pouvoir \u201d, dit Jean Daniel dans cette même préface.En effet, c'est en regardant vivre que l'auteur a réussi à traduire comment est l'univers qui l'entoure.C\u2019est par le dessin caricatural et le texte persiflant qu\u2019elle a réussi à représenter ses réactions face à un monde qui l\u2019exaspère Les Frustrés 2 a été publié en 1976.Il est constitue de 56 planches \u2018 ou histoires drôles d\u2019une page chacune, qui ont toutes fait l\u2019objet d\u2019une parution antérieure - mais recente - dans le Nouvel Obs, au rythme d'une histoire par semaine.Ces histoires droles s\u2019adressent donc avant tout au public - adulte et intellectuel - , lecteur du Nouvel Obs, diffusé d\u2019abord à Paris et dans le reste de la France puis, dans la majorité des pays francophones.103 FAL ERI WUE A SNA Ae 3 ¢ CR uit a \u20ac RS FORM IRL RENAN 4 ER SCR N cu SPORNN CIN NRA RC -1 \u2018er M R \"fl R ol it a+ ps .+ N AM SENS 1 NN PR ASS IRE G1 ON MAR CMS RCE RIRE a LI VU TE RUN CRA CHR TN a I ogg % ) - - ~ ~~ 20 ie gw io on - = .2 ~ re ee 1 8 4 .ter por Su or Tei mr - pts rates pe 3 v3 7 gr ~~ pie VOD pu 21 at pr D A a SAE re, 4 Di oa PL gd à Que.ER Te ES EE da cie pe pd = prépa purple D pr BETES PE vl ro by + pe ES ~ fo 57 x Py =z = PT Tt pee pr pe Tr pp ety - CRP To PT Sa tu phe pay Prods ey gy Pps antral + a wr mr ES ~~ 4 2 - - yrs LRTI SL Soap Pg ge papa ar - a 04 2 0 ~ ~ rp - ~ Cr =>; - ae pe pur = ; ~~ I sm ov ip mw = ped ~~ ur Sp me , ESS a TT er ES pee re ii PET Te rr en lege Tit ug B = Ra RE Se PE er RE Se a SL LL SL HSE Nor SA 5 or IE aS AST gl eS NE ER ES s == RITES ES SE TE EE EE ee re - - ve a ~~ ow , Cr wo - PET Er Pt MTP TU EL Sy SR et pr Yep i repr py ema Tae I SR NU NIN LE TG Ppt Se tay i - - Na vv.= ~ an \u201ca.Jy ry Mp Nou Ei) Se TT tg Jt Ry Ter rr.Cups Spt Yiget =r ra pert pie A S-Series Ans dS Ses personnages sont presque tous des intellectuels sinon des bourgeois relativement nantis.Les femmes y occupent, en nombre et en actes, une aussi grande place que les hommes; les militants gauchistes (hommes et femmes) y sont particulièrement ridiculisés.Majoritairement, ces histoires mettent en scène des personnages qui parlent, qui discutent.Sur 53 histoires observées (1), 28 représentent des gens assis en train de parler, soit plus de 50% des planches.De ces 28 histoires, 18 se passent dans un salon, 5 dans un café- restaurant; les autres, dans une chambre, dans une cuisine, dans une station de métro, devant la télé, à la plage.L'intellectuel de salon, affalé dans un fauteuil ou sur une chaise de café a donc la préséance chez Bretécher.|| est étonnant de constater que 2 histoires seulement concernent des couples qui discutent au lit.Mais si l\u2019on note que le milieu social des \u201c figurants \u201d est davantage exploité que le milieu familial / intime, on s'en étonnera moins.Les autres scènes représentent des personnages qui discutent debout ou en action.Sur 9 histoires concernant des gens debout, l\u2019action de trois d\u2019entre elles se situe à la maison, une au restaurant, trois au travail, une sur la rue et une autre dans un aérogare.Donc, près de la moitié mettent en scène des \u201c gens de salon \u201d ou de café qui discutent.De toutes les situations évoquées, 2 seulement décrivent des personnes qui travaillent.(1) Trois histoires ont été délibérément écartées parce que difficiles à inclure dans le cadre de cette analyse à cause de leur marginalité.Ce sont les pages 19, 23.65.104 ne a Ar rE YT ES Parmi les 14 scènes de personnages qui discutent en action, 5 se situent à la maison, 4 sur la rue, 3 au travail, 1 dans un magasin et une dernière illustre des gens en tourisme à l\u2019étranger.La répartition ici est plus dispersée mais il est à remarquer que le quart des histoires seulement mettent en valeur des personnages en mouvement.L'impression générale de l\u2019album reste donc celle de personnages statiques (75%) en train de parler ou de discuter entre amis, camarades, copines ou conjoints.Le témoignage apporté par Bretécher est celui d\u2019une société en représentation dans des groupes restreints, donc dans des situations qui favorisent l\u2019extériorisation de soi que ni la foule ni la difficulté de l\u2019intimité ne viennent gêner.La mise en lumières des moeurs bourgeoises parisiennes dont Les Frustrés font l\u2019objet motive en quelque sorte cette tentative: celle de relever et de commenter les histoires évoquant: a femme libérée.(ou pas?); e militant de gauche.(ou la révolution en chambre); a mode féminine.(ou l\u2019aliénation); es contradictions de la société bourgeoise; e langage bourgeois.(ou l'évacuation du sens); a société de transition: les rôles nouveaux.À chaque fois que le choix s'imposait (histoire de ne pas allonger démesurément ce texte), un parti a été pris de jeter un regard sur la situation, les attitudes et les comportements de la femme, tels que Bretécher en donne l'image.105 A ut p 4 AN - HE Ar wiry ar.= ped - um = ~~ i - (are ipo Fer wipe - AR = Es 7 rte an A py Nor gare CL ty Jer Arie pond _\u2014 pa opr tuée Jason verre gets A SEA Feet \u2014 a Le Les valeurs traditionnelles Bretécher ressasse un certain nombre de clichés sur les valeurs traditionnelles (stéréotypes traditionnels), clichés qui nous font encore sourire s'ils ne nous font plus réagir.Elle met en scène une femme qui reçoit des invités et qui assume tout: fricot, couvert, conversation.Notre ménagère court ou plutôt, elle vole.Les invités font preuve d'une inaptitude totale à l'assister, à la soulager.Isolée dans sa cuisine, exténuée de fatigue, elle devra assumer les corvées qui incombent traditionnellement à la \u201c femme-de-maison \u201d.L'auteur n\u2019aura pas oublié de faire intervenir le mari, à la toute fin, quand il est trop tard, pour offrir ses services.Le scénario est bien connu (Help, p.25.) Cependant, la jeune femme ira boire du whisky en cachette pour supporter poliment la visite de belle- maman, une belie-mêre classique: protectrice à l\u2019égard de son fi-fils, enveloppante, défendant les valeurs familiales sauvegardées (selon elle) par la présence de la mére à la maison et par la venue des enfants.Evidemment, de son discours émanera toute l\u2019hostilité inhérente à la désapprobation dans laquelle elle tient la conduite de sa bru; la connivence avec le fils aura tôt fait d\u2019isoler la jeune femme et de la culpabiliser.Faute de pouvoir utiliser la parole, cette dernière trouvera dans l\u2019alcool la force de résister.Schèmes traditionnels où la seule conduite possible est celle \u201cd\u2019écraser\u201d (Belle-maman Blues, p.16).Au travail, la jeune femme subira une pression psychologique et morale odieuse quand elle veut démissionner pour aller travailler ailleurs où on lui fait de 106 meilleures conditions; si elle ne considère pas son patron comme un bienfaiteur, elle sera traitée de salope.Rappel des préjugés contre les femmes à qui on fait une faveur quand on les embauche (Cher bienfaiteur, p.41).Que dire aussi de Mme Lemercier, institutrice rejetée, haïe, dont le désarroi: est exploité subrepticement; le maître d'école qui se jette sur elle obtient vite son assentiment: une femme malheureuse ne doit-elle pas recevoir comme cadeau céleste, ce phallus empressé?(Sensation, p.39).Bref, une impression de résignation et d'impuissance se dégage de ces images traditionnelles de la femme.oo La femme libérée.ou pas?La femme libérée, assoiffée d'égalité n\u2019est pas non plus boudée par l'ironie de Bretécher.Le compromis que la femme accepte de faire (celui d'un voyage obligé) est assorti d'une discussion- bidon préalable.histoire de résister un peu.Le flot de paroles prend le pas sur le tact et s'il y a une stratégie, c\u2019est celle de faire mériter au mari la concession consentie.Ici, le discours-prétexte libère de la sensation d\u2019être possédée, dominée (Stille Nacht, p.40) Situation similaire dans Amazone .61) ou la résistance à la domination de l'homme est teinte dans un discours-prétexte.En effet, cette femme-forte-libérée- indépendante bascule vite dans le mythe de celle-qui-a- moralement - besoin - de - s'appuyer - sur - un - homme des l'instant où elle sent abolie la résistance de l'homme à 107 3 CN A N AVNET a MAN REN HRT BE RN NY SD ARN na WU l\u2019image projetée de la femme autonome.Quel jeu (de vilain) l\u2019auteur prête-t-elle à cette femme libérée?Simple besoin de vaincre des résistances, d'assujettir l'homme a sa guise?Ou bien, exploite-t-elle le changement de registre qui s'opère dès que la femme se sent admirée et qu\u2019une certaine intimité lui permet de s'abandonner?Disparition du paraître au profit de l'être quand la situation oblige à quitter le ton de parade?Quoi qu'il en soit, la libération des femmes, dans cette B.D., est davantage discours que vécu; bien qu\u2019elles aient \u201c pratiqué \"(!) des tas de garçons, elles cherchent toujours la grande histoire sentimentale et s'intéressent vivement à ce que ces \u201c Phallocrates \u201d pensent d\u2019elles! (Guide des passions, p.35).Dans Nouveaux contes de fées (p.27), on croirait lire l'image rêvée de la femme libre, dégagée de la dépendance traditionnelle des femmes-en-amour à l'égard de l'homme.C'est l'homme qui discourt (ils sont tous deux au lit), il témoigne de son admiration pour l'intelligence de sa partenaire, pour son indépendance, sa beauté.Il se sent à égalité avec cette femme qu'il dit \u201c formidable \u201d.La faiblesse de l'homme est à signaler: s\u2019il décrit sa compagne comme formidable, c\u2019est précisément parce qu'il peut parler avec elle après l\u2019amour; or, il jacasse et elle se tait.Puis, il lui avoue son sentiment tout net: \u201c Au fond, tu es un mec \u201d! Elle rit\u2026 de façon démente.La femme dépouillée de sa fonction mythique ne peut plus être une femme aux yeux de l'homme.Le dernier exemple invoqué à ce chapitre montre la femme libérée, tranquille et sereine même si l'homme 108 (le mari) fait preuve d\u2019une incompréhension totale, voire d\u2019une impuissance manifeste à se dominer.Les cris du mari opposés au silence de l'épouse confèrent à cette dernière la supériorité évidente de celle-qui-domine-la- situation.En bref, on annonce à la télé le nouveau livre de Raymonde Amineau aux Editions des Femmes (Nevermore, p.11).Cette publicité provoque chez le mari une réaction violente: \u201c Ca suffit! \u201d, \u201c on ne voit plus que des femmes.on n\u2019entend plus parler que des femmes.il n\u2019y a plus que les femmes qui existent \u201d.Puis, il se justifie: il n\u2019est pas contre, elle fait bien ce qu\u2019elle veut, quoi.il ne l'emmerde pas.elle n\u2019est pas opprimée! Devant son mutisme, il repart en guerre: \u201c Bouclez-la \u201d, \u201c les hommes ont fini de se laisser trainer dans la boue \u201d! Puis, le vieux rêve (mysogyne?) resurgit à la surface: pourquoi pas le harem comme en Afrique?.ou 'homme reprendrait sa place de seigneur adulé et adoré?Et comme convaincre ne s\u2019'exerce pas sans un minimum de séduction: \u201c Tu adorerais ¢a, si, si.\u201d Cependant, l\u2018esprit caustique attendait dans le revers d'une idée: \u201c ça te rendrait plus aimable parce que tu aurais de l\u2019émulation\u2026\u201d.A la fin, la femme muette se contente de lui tirer le nez comme on le ferait à un enfant qu\u2019on ne veut pas rabrouer mais qu\u2019il est impossible d'écouter plus avant.La libération des femmes a rejoint l'Afrique; le contestataire court après un cerf- volant qui lui a depuis longtemps échappé! Si Bretécher montre, de la libération des femmes, une image tantôt faible, tantôt affermie, il est évident par ailleurs que l'évolution de ce phénomène est tributaire de la résistance des hommes d\u2019une part et de celle des femmes d'autre part aux mythes qui encombrent notre 109 TN Me - MS Lo EE = a I 8 La, 5 B IR - i BN a 8 H BS A DSP AE PCA D REC A em oe .[Ep\u2014 J PO .~ A .Fa PS A srl eme = PA Lo .: eee B RN o - PP papa MRC dE TEE a de he in Ta So ta NN SAT CS me a mit mae ol i Wn a in = a als aioe II CTI i SP TO A I A ARTE Tl SE a II SEE ON PS IA RE Rs SAR ts PRIA Rr TY hn Me Soke 2 PS Tr Pers NE IE, a } PT PO Y a I Pt PRS 3 \u2019 Pang) a x PE PA a rod E _ A Ë , : + wat.; ; - .- or i - .# - - + > was IN a 2 = - PR .; Reg Lane.con 2052 si =, aah Side a a iy A 1 .- _ ce - - - - - - - \u2014- - ~ \u2014 0 0 ar ~~ ve aw we rae a > va CES poh ue \u2014 - ~~ ee - - - ~~ > \u2014 ~ rv v~ ep es ee = ~ Lo .= me ~~ co ~ oo - Cy ES [JE nb TP Sp fan pu Jeu a Mp TY ph Sp og pre te pe a = Va oui yu ipa py r= puree Sag Ty re eile a ed = gr pb peg ey a py Spy Jf Tay oo - ani 7 dE py py 2e à rs oo a TIMI TPT far ge a a ra Tag Sir Yk Spat = Cr SU et WP ray ag ural rg Eber ay Aga p> Spe pit re da pa pg ig Se rub at) POY P= ps Jpn SP Jap gi pg PU PP pe A Jka a yt pire sa au og Eg pd pie iy - a.ce oo py cn Re Co Tn or a Rem en met my PR A RS AT SRE TT hh EE SM SE RE a AS A LT ; RE A al Ref : - R = ty BN AA LT.Pra TES Ras - - Pubs SPA A AN JS 4 A .> Pa A A ES A A Raby JT Jer te BI ate aw bp eal ra Se Se ee DOA EE A TTA ~~ mater Samar B grog a be Ym a pr a ar Ar ro rr way Pe pres pire pe) a eat at -~ ey EE [per Tener ~ A a a.Lager gprs yep par ind =.ee TIS th Ml ie hii) Par Roches pee rt ur : AN KIL UA OSI PRSNCIEAR AR * PR us 26 » ht fa y (Py 44: 9.9} i A0 ÉD > 9ÉRCT, ER Sp sn At ES PR ES A EE A EE SN bie HL STI i ite lb oo HAN AACA) ciel idéologique.La libération n'est-elle pas un courant politique qui n'a d'existence que si ses idées sont pratiquées et assumées individuellement?Autrement, il n'est que fanions qu\u2019on agite\u201d?Le militant de gauche.ou la révolution en chambre L'image de lintellectuel-militant de gauche qui émane des histoires de frustrés de Bretécher n\u2019est pas plus rassurante que celle de la femme libérée.Ou plutôt, cette caricaturiste ne vise-t-elle pas à faire éclater les contradictions que vivent ces penseurs en dichotomie avec une société capitaliste, divisés entre l'être et le | devenir, entre la nécessité et le désir, entre la réalité et l'idéal social\u201d?represent at a Le militant rappelé à l\u2019ordre par deux filles de joie: \u201c Je parie que pendant ce temps-là, ta nana fait du secrétariat pour te permettre de penser\u201d, vit assurément cette dichotomie (Apostolat, p.15).D'autre part, l'illustration de la pratique du militantisme marxiste par une femme dont le motif d\u2019action est l'intérêt individuel - faire endêver son mari, échapper à son emprise - tourne cette activité en dérision.C\u2019est ici une occupation subventionnée par le mari jusqu\u2019à ce que la femme puisse \u201c se trouver un job créatif et se tirer\u201d par la suite (Le bras droit du directeur, p.56).Que voir en cette mere qui, parce qu\u2019elle a subi les processions de la Féte- Dieu quand elle etait enfant, veut absolument faire participer de petits mômes à une manif contre les essais nucléaires: motif personnel ou nouvelle religion?(Histoire | des religions, p.7).110 TE [FE TROL Quant à Un homme simple (p.8), c'est une histoire qui met en évidence, avec tout le comique nécessaire, le fatras de mots et de justifications entourant toute activité, quelque futile qu\u2019elle soit.Ici, le conditionnement idéologique de l\u2019initié s'érige en barrière et se substitue a toute forme de réflexion dynamique à l\u2019intérieur même du vécu.\u201c Dans ce débat, dit le personnage, il faut être honnête et je vais l'être.je le dis et je l\u2019avoue très simplement, tout intellectuel de gauche que je suis.et sans du tout chercher à me justifier car j'estime n\u2019avoir pas besoin de justification.je veux dire et je n\u2019hésite pas ale dire parce que c'est VRAI et NORMAL.encore qu'il faille expliciter le concept de normalité mais ça nous éloignerait de notre propos.je veux dire qu\u2019au niveau de la DIS- TRAC-TION.bien sûr je pourrais prétendre que je cherche à intégrer la demande culturelle de la masse des travailleurs, ce qui ne serait pas entièrement faux\u2026 mais je ne veux pas me réfugier dans cet argument facile.je dis seulement que de temps en temps parce qu\u2019il ne faut rien exagérer\u2026 bien sûr c\u2019est seulement quand je suis crevé, quand j'ai eu une journée particulièrement épuisante.et je n'ai pas peur de le dire, je l\u2019avoue très simplement et ca me semble trés important.le soir, eh bien, il m'arrive de regarder des imbécillités à la télé.\u201d Maniérisme, refoulement du sujet par des artifices savamment habillés, imposture du langage?ll sera question, dans un chapitre uitérieur, des particularités du discours bourgeois.Les femmes militantes gauchistes de Bretécher sont particulièrement agressives et excessives.Dans le groupe FEMMES créé par elles, on ne parle que de sexe 111 taf cité fa CAER A a A \"MR a dh if) 1M VIT MACACA ACAI et d'avortement dans une perspective \u201c d\u2019élimination totale des mecs de la surface du globe \u201d.(Les militantes, p.68).Le mariage y est vu comme une trahison, une forme de démence.La lutte des femmes n\u2019y est illustrée qu\u2019en activité publique - obligatoire - (des articles dans le Torchon brûlé, la permanence au M.L.A.C., qui confèrent l'indépendance intellectuelle, physique et économique) ettoute tentative d\u2019être une partenaire intime de l'homme est considérée comme une soumission au conditionnement idéologique qui pousse à se conformer aux stéréotypes traditionnels.La militante qui \u201c décroche \u201d pour épouser un homme ordinaire se trouve incapable de trouver et de formuler (à sa copine convaincue) la moindre justification plausible.Ses désirs secrets sont inavouables et sa position intenable dans un groupe social où les idées (à la mode) conditionnent essentiellement le sens à donner à l'existence (Les collabos, p.63).Mode féminine et aliénation || serait intéressant, à cette étape de l'analyse, d'insister précisément sur le thème de l\u2019aliénation; les normes imposées aux femmes par la mode font l\u2019objet de plaisanteries (sic) acerbes de la part de l\u2019auteur.Dans Oeil de lynx (p.69), quelle torture que celle du maquillage des yeux.a tout prix! Quant aux blue jeans, si la mode contre-culture le veut, femme le veut.méme si son \u201c cul est un camion \u201d (p.55).Après le jeans, le chiffon pour se sentir \u201c follement femme \u201d (Frivolités, p.53).Les seins, elle se les fera triturer jusqu\u2019à ce qu'ils soient parfaits\u2026 à moins qu\u2019ils ne lui poussent sans devant-derrière! (Seins suspense, p.67).Pour ce qui est de la cellulite (problème no.1), la nouvelle manière de s'en débarrasser consiste à 112 DOUTE RE RTE PT lle ff LORS PTT A EE Tr rrp yme RCAC \u2014_\u2014 ET er a te \u201c dissoudre la graisse fibrosée en injectant des corti- coides \u201d et a faire \u201c fondre les muscles qui ont une forme défectueuse \u201d.\u201c Bientôt, ils vont nous attaquer au marteau-piqueur \u201d de répliquer l\u2019une des victimes.Soulignons cependant que la solution proposée émane de la revue Marie-Claire et que la riposte de la victime éventuelle n\u2019outrepasse pas ici la limite du simple commentaire (Les vampires, p.45).Par ailleurs, le culte du bronzage y est célébré comme un rituel sacré\u2026 avec le mutisme de la vénération (Culte, p.51).La femme française illustrée par Bretécher est assujettie à la mode comme au regard de l'homme conditionné par l'idéologie courante de la beauté et de la perfection physique féminine.Cependant, dans Cuisse de nymphe (p.43), la femme devient défaitiste: toute émotion sensuelle est évacuée, l'acceptation de soi, impossible.La mise en valeur de son corps, s'il ne répond pas aux normes, donne lieu à un acharnement qui ne fait que nourrir la dépréciation de soi et entamer le désir.Le corps réifié tient lieu d'objectif de l\u2019activité sexuelle.La motivation ultime.c\u2019est son corps au goût du jour.Toutefois, malgré leur découragement, les deux copines n\u2019abandonneront pas.La règle du jeu leur impose de se conformer.La critique ne résorbe pas la contradiction.Les contradictions de la société bourgeoise La société bourgeoise, telle que décrite par notre auteur-dessinateur, n\u2019est pas non plus à l'abri des contradictions.L\u2019affection maternelle y est, entre autres, balayée au profit du prestige; le prétexte de la \u201c culture \u201d des 113 Det RS St RE a 0: \"SLR \u201c4 FET FL Tv ody YL RT I ry TPIT IPI TY FLATTS TOIL, RETNA RAND) HY A TN enfants recouvre I'abandon des responsabilités, la déle- gation de pouvoir.\u201c Vivement qu'il ait 5 ans, dit la mere: il aura commencé son analyse \u201d.(L\u2019enfant à névrose, p.37).L'activité organisée et \u201c culturante \u201d tient lieu de vie familiale où l'investissement émotif reste sans intérêt.Occuper les enfants au karaté, à l'expression picturale, en poterie, reliure, sculpture, litho, expression corporelle, conversation anglaise, sport équestre, tout est souhaitable pour autant qu\u2019on \u201c canalise les dons \u201d.Déjà consommateurs de culture organisée, les enfants, absents de la maison, permettront aux mères de faire librement shopping / culture / consommation (Les mères- poules, p.57).Quand il y a motivation de la part des parents à éduquer eux-mêmes leurs enfants, elle est écartée, oblitérée par un autre objectif: celui de l\u2019intérêt particulier; l'éducation rêvée serait celle où l\u2019enfant nourrirait en permanence les ambitions parentales (Ode à Tintin, p.17).Et si les mômes deviennent odieux, il faut n\u2019en blâmer que les impératifs du standing social (L'enfance nue, p.12).Il en est de même de cette mère attentive aux moindres malaises de sa fille: sa sollicitude n\u2019a finalement d'objet que son propre confort; \u201c à la moindre des choses, le gynécologue t'enlèvera tout \u201d, de dire la mère à sa fille, \u201c on sera plus tranquille \u201d.Le risque de vivre ne vaut pas l'inquiétude qu\u2019il implique! L\u2019amputation vaut mieux que la peur de perdre un membre.L'intérêt ponctuel autant que le souci d'efficacité ont priorité sur le bon sens (La totale, p.62).114 rr oar Par ailleurs, le chantage, passé aux mains des jeunes gens, devient l'instrument rêvé pour se faire \u201caccepter\u201d des parents (Vers l\u2019abime, p.33).L'autorité de l\u2019adulte supprimée, la gifle n'a donc plus aucune justification à moins qu\u2019elle ne fournisse à l\u2019enfant giflé une arme susceptible de lui permettre une persécution odieuse (Histoire, p.38).Le chômage, d'autre part, pousse les jeunes gens à se tirer d'affaire en faisant n'importe quoi: jouer dans des films porno, par exemple (Vers l\u2019abîme, p.33), pendant que le jeune cadre, sortant d\u2019un stage de créativité subventionné par sa boîte, ne rêve que de nouvelles vacances (Le repos du cadre, p.46).Les raisons invoquées pour mettre au monde ou pas un enfant sont étayées autant par le sentimentalisme que par la menace de la déstabilisation du couple.À bout d'argument, on abandonnera au hasard le fardeau de choisir (L'appe/ de l'espèce, p.21).La représentation du monde du travail (de bureau) est marquée de laisser-aller (Le pigiste, p.34); il n'y a qu'en vacances qu'on est bien; on se plaint d\u2019avoir mal au côté, de trop travailler.La psycho-somation se guérit au café- valium puisque les toubibs ne sont que des incompétents (Les maîtres du monde, p.24).En soirée, on s'ennuie ferme, on le dit puis, on s'accommode de l'ennui: on dénonce ce que l'on contribue à perpétuer par le seul fait de sa presence (Fantasia, p.26).Méme le non-conformiste sera récupéré par le snob: celui qui apportera en vacances Guy Des Cars, Placid et Muzo quand les autres se tapent Zola, Proust, Michaux, Lacan, Barthes, lllich et Stendhal sera considéré comme un étre merveilleux.un poète, quoi! (Contre-culture, p.47).115 u ++ À, te Gt PR 1 TE Para KA SAN Or Gr APRrReet RAT I L\u2019attitude devant l\u2019argent donne lieu à la description de comportements complètement aberrants.Le partage d'une addition de $140.par 6 personnes occasionne une supputation sans fin.et des emportements ridicules (Le partage de midi, p.13).Autrement, le désir spontane de garder pour soi de l\u2019argent trouvé provoque un discours faux, surfait qui évacue complètement le problème en justifiant la veulerie: les préjugés contre le patron du café qu\u2019on traite de \u201c Tête de gargotier \u201d, et contre le garçon qu\u2019on dit trop aliéné, auront tôt fait de laisser s'évanouir tout scrupule (Nos consciences, p.31).La conscience sociale de deux touristes français va jusqu'a reconnaitre que leur \u201c activité \u201d de touristes en Afrique du nord constitue une provocation à l\u2019égard d\u2019un peuple plus démuni qu'eux.\u2019 Remarque qu\u2019ils ne vivent pas mal, ils mangent!\u201d, ajoutent-ils.En colonialistes conquérants, ils ne répudient pas le \u201c viol culturel et économique \u201d dont ces pays sont l\u2019objet: leur présence même en atteste quand, par ailleurs, ils affirment qu\u2019une éducation politique enlèverait à ces colonisés l\u2019envie de posséder.La possession tranquille de la vérité aura rendue impensable toute auto-critique, la sécurité intérieure, permis toutes les contradictions.Le paternalisme politique (ou la raison du plus fort) incitera nos héros a justifier de façon rationnelle, à pardonner l\u2019attitude du colonisé (Le vice et la vertu, p.52).Et que dire de cet intellectuel qui décrie les études imposées aux moutards et vante la valeur équilibrante du travail manuel: \u201c Les démerdards, c\u2019est nécessaire dans une société \u2019\u2026 du moment que son fils a son bac! (Le secret du bonheur, p.22).De toute façon, n\u2019y a-t-il pas 116 uy.RP PA TY CET TIP EP TREO Im h 1g Ay AION AA 3 SR) SF PSE H Poy A que les privilégiés qui réussissent, en création particulièrement (p.66)?Le langage bourgeois ou l\u2019évacuation du sens Dans cette perspective, observons cette scène d\u2019aérogare où toute la volonté de contestation est résorbée par l\u2019émission de critiques verbales où le dire tient lieu de l\u2019agir (Mouton vole, p.49) ou bien, une discussion de couple sur les vacances prises séparément, où le sujet est refoulé, le sujet véritable (la liberté sexuelle), où les arguments fallacieux voilent des motifs plus profonds.La discussion se termine sur une accusation, projection flagrante du désir inavoué, désir que l\u2019on attribue à l\u2019autre: \u201c Avoue quand même que ce qui t'intéresse là- dedans, c'est te faire sauter tranquillement \u201d (La biai- seuse, p.48).Le discours ici est imposture; il camoufle, biaise, récupère tout.Dans Nos amies les bêtes (p.54), la situation difficile (financière et amoureuse) dans laquelle se trouve notre héros est voilée par l\u2019épate: on \u201c s'éclate \u201d, on se tire en l'air, on se passionne pour le \u201c renouvellement du concept d'oeuvre \u201d.La séparation du couple se résorbe dans le travail fou où on \u201c s'éclate comme des bêtes\u201d.La légèreté devient l'indice de bien-être, le \u201cnouveau style celui du renouvellement.Il suffisait d\u2019y penser.Le vivre se fige en une série de masques.de masques de vainqueurs.L'esbrouffe a aliéné la parole, fait éclater le senti.La parade tient lieu d'échange avec autrui.La communication - à sens unique - n\u2019est plus qu'un montage savant de ses velléités de devenir.117 RE TE OS SN [EE TS TO LE I IAL wR noe = om ss £ \u201cmdr È = 2 \"Et pe Le pub pa 7\u201d ee Sv LE RE OPA ae TE Ea ; Erk ok et Th nt Pirate er ol.- RR J \u201d \u201d ds SE erg ry Sa Sri pre Crar-Tuly eg eraser Sars phi is ERA i ARON D0 SAAN FACET NE EAN AAALFASACRTRL I BEL ALAA PET AEE NN Pareillement, le voyage à l'étranger n\u2019est justifié que par le travail à y accomplir, le simple plaisir du touriste curieux est boudé.L'enthousiasme réel est considéré comme une attitude démodée.Les déplacements en Corse, à la Martinique ou en Thaïlande sont évoqués dans un discours d\u2019indifférence surfaite où seul le fastidieux des démarches de visa est digne d\u2019être signalé.L'intérêt véritable est refoulé au profit d\u2019un exhibitionnisme blasé où le rapport aux mots est disloqué (Aliénation, p.44).Cependant, lors du voyage occasionné par le boulot, l\u2019aliénation des personnages est visible en ce qu\u2019ils ne réussissent pas à se dégager de l'étau imposé par lui; la jouissance de vivre (voyager, en l'occurrence) trouve son expression dans l\u2019importance affichée de l\u2019activité intellectuelle; le vécu est supplanté par la complaisance du regard sur soi.Société de transition: les rôles nouveaux Une certaine complaisance n\u2019est pas absente dans les rôles de transition que vont assumer les femmes de Bretécher.Dans le parc naturel à femmes-objets (Nostalgie, p.60), l'auteur renverse le mythe de la femme-objet: le rôle de dominateur y est joué par la femme.Il s\u2019agit en quelque sorte de l\u2019histoire d\u2019un homme-objet qui débourse de l'argent pour aller soulager ses frustrations, ses nostalgies; programmée comme un parcomètre, la femme sait les mots et les gestes qui mettront l\u2019homme à sa merci.Non seulement ce service constitue le gagne-pain de la femme mais il contribue à faire d\u2019elle le pourvoyeur de la maison et à lui conférer l\u2019autorité qui y est attachée.Par 118 contre, la femme ne fait qu\u2019y endosser l'aliénation du travailleur-de-neuf-a-cinqg: l\u2019autorité/la contrainte du \u201c maître-de-maison \u201d n\u2019a fait que changer de sexe.La femme libérée ressemble ici au scorpion qui se pique avec son propre venin.Même tactique pour la lesbienne qui se met en ménage et dont l\u2019aliénation de femme-au- foyer est qualifiée (par elle) d\u2019infernale (Ma moitié de citron, p.70).La libération récente occasionne, chez Guiguitte, une désinvolture exempte de toute inhibition, balayée des contraintes imposées par le tact le plus élémentaire envers son mari (Guiguitte et les hommes, p.33).La caricature de Bretécher dénonce, ainsi, une société où les pressions idéologiques inhibent l'authenticité du vécu et refoulent le discours sensible.Bref, Bretécher imaginerait-elle, à grands traits noirs incisifs, ce regard fragmenté d\u2019une société sur elle- même qu'elle en aura dénoncé la complaisance, l\u2019affectation.Dure, farouche, intransigeante, elle attaque; la stylisation, l'amplification, la surenchère servent ici un propos qu'elle n'impose pas plus qu\u2019elle ne propose: seul son regard vif et lucide suffit.Le doctrinal y est relayé par l'ironique, voire le satirique.Elle voit ce qui est.\u201c Le réalisme, disait Brecht, ce n'est pas comment sont les choses vraies, mais comment sont vraiment les choses\u201d.Cependant, si le \u201c comment sont vraiment les choses \u201d semble assumé, le pied-de-nez, à la fois caustique et désabusé n'est toutefois pas interdit.PAC 119 \u2018 DEER SU DI SRI SAE A A â [FRIES ri KCCI RENE) SEIN ETS A 4 TEA ER RS REED PE RTI LT at M 8 H EN APR j A Eh 4 mw M VAS + ST A RR PAT SE EASE SL Lan see pit Lon 2 ty - _\u2014 pes ee tyr is pce age as PS proc ep a ae ae ap Ce TA SC Sa Tap, Tr SPH SO JN Ye Je Sgt Ya er eg me pr pn IRR tri Joe apr pr re 2 4 0 ny > ~~ \u2014 wn - oo ~ ~ a oe - a xx - ren + - _ me Sp es rs - 2, ~ _ ~ a i ~ > os a une = + + pi _ Prey NT Coat Fg ipy-angry CS 2 Pre pers Créé a hat etes pro as ta ga ce TINte Sn ae STE OA STANT TI PLATES Sieh oi A ee CE DO SE aa To rd Er Ea ENO phere pate Aa DE al rea pet Se EA tre gr rey CE wr Tet uw yy BCU Tp a Se Eta pe er Tar ve Lg Cy= £3 =, a EE D I rr pe pe - mr CIP fe a hr PRCT LE rt pes ES ae Aaa Froth prov \u201c - cy PY] pe - æ pes Fe ar ae Sd = oo ty =r 03 Tr re nu SPE GE aie PS EO IP RP EIR Ppt = =n = x\u201c Pre pS we => BS = Page Ep = LE = nat _- aa Pama pa pas = er 1 4 Li \u2018 A 3 ANI - 2 La LA ANH 3 AFS pb van PERRY AR J a De hb ) DEY \u201c v Al Li od + wy = ~ AA bois bh) A A MINAS A 1 h « * * S NL 3h A 0} \u2018 \u201c (9) WY - A} « A \u2019 A ee By ~ ac ne a cre ary a r= re mé me \u2014 ey rt eee rm cm a \u2014\u2014\u2014 4 ow TE ag pp RIE re ae _ mi p= mers J.= \u2014 + wiz.Un travail de critique fictionnelle Claude Beausoleil : Professeur au département de français Let fi Fe RHE SRA Ca A M bt petra) J Ppp et prem gb rape BtulraiNel An at pate, PEA BR RAN Tf 5 poe rebriple Se pial RSH, SERA RN AR LG NWN Rat A 3 Sy sars WR IAN 0 MY A iY > URINARY N : [ACA A AS LATE A RAN fy MAPRCATRE He AAA PATO NN On pourrait penser la critique comme une immense et intimiste entreprise d\u2019expérimentation.Poser l\u2019activité critique comme une utilisation créatrice, sorte de va-et- vient continuel entre la FICTION et l\u2019ANALYSE.Dans le texte qui suit un angle est privilégié et à partir de cette méthodologie s'insinue l\u2019analogique.Le Jeu de Monopoly et le Jeu de la Critique servent de vase communiquant pour esquisser un travail de critique fictionnelle.Cette tendance critique n'est qu\u2019un des aspects que peut prendre l'éclatement des genres, éclatement auquel participe une grande partie de l\u2019entreprise littéraire actuelle.Lançons les dés, pour voir 122 \u201cll s'agit de se jouer, cartes sur table, pour que ça se meuve.Je n'ai pas de power trip à faire.Aucune précau- ÿ tion à prendre.\u201d LL Yolande Villemaire \u201c jobserve clandestinement le plaisir de l'autre, jentre dans la perversion; le commentaire devient alors a mes yeux un texte, une fiction, une enveloppe fissurée.\u201d Roland Barthes \u201c Le Monopoly pis le Risk c\u2019est peut-être ça qui m\u2019a sauvé la vie.\u201d Pauline Harvey n ; ih! Br A UN 1 23 A nd Ia ed Ge er es oop (es CITT SR ALL SLAP) 2 - he WP.[IT SE TI rt ro \u201cgr programy np pe aye gee gs À 8 EE EE ENS QUE RENNES A 3% 9 NT) NRE a a RUE KR Wy EN NEL QE CE PR NAA BTL A ALE eA A À > = y RE EN EN TRE RS EN 1% À TR SRE IN REA ETES ER RRR te * Q \u201d : A 3 = < a be, rw rr + ~~ an te or pry gray Cg Sag Sp v.\u2014 - PT pe TA A EE Lp pg Sn pe ae MERE RTS ONE ESS PPS pa a pry Anne _ mg \u2014r ~~ JAM Ta Rire arte + rr -.er \u2014 Tn 1 a ww aw ae ed Ces ES eee ar - - = = = ET = a en a = a 2 Ae we A A A rn = em bam 29.Fehr Na, WE \u201c se ) ar ar } DAS À 1) ) gi ) b J) | v ny i CHIH LH di.tues RICE t j À à \u2018WALKIE + ii ' if i HART DR M ASE DEMAIN SU Sh [ERNE 1.Le jeu: La critique est une prise de posi- D'ÉLÉCTRISITÉ tion/affichage au second degré se-atocation est de toile .y .montant indiqué par les dés.du ludique et de l\u2019analytique.Si on possède deux \u201cservices publics\u201d, la location est de 10 fois le montant indiqué par les dés.Valeur de l'hypothèque $75.Equipement du jeu d'échange par le ludique se définir comme participant à l'ensemble au tout alors résorbé le sujet du jeu se jouant devient l'alternative le point de départ: on rassemble un groupe des lecteurs surtout autour d\u2019un pivotement qui pourrait être vu comme des valeurs immobilières des significations des formes des repères pris ensemble dans le temps du jeu ils se confronteront dans un code uniforme dans lequel même le hasard est calculé et où même ies possibilités sont limitées: la phrase est un véhicule dont les structures minimales nécessitent une adhésion à la notion de jeu le ludique du texte est dans la phrase mais son lieu d'anticipation est une question de Chance et de Caisse commune.124 me ee \u2014\u2014\u2014\u2014 RELL Sa Lie si areas LALA Il n'y a pas de jeu sans joueur comme il n'y a pas de phrase sans phraseur comme il n'y a pas de joueur sans phrase tout s'énonce alors et commence ce qui permet au sujet d'exister concrètement: le JEU ses avenues s'étalent en paragraphes plus ou moins découpés enlignés distribués avec un relatif air d'aller rectiligne au fond tout est comme une suite on écrit toujours ce qui suit et dans ce jeu de l'écriture de l'encodage et du décodage les joueurs peuvent être assez nombreux ce qui est la base de l\u2019entretien demeure le désir de jouer c'est dans cet espace que tout prend forme les autres assauts sont des ramifications de ce désir.Le point étant fait lancer les dés comme pour bousculer \u2018ordre de la lecture.Le critique finalise ses hallucinations quand son stylo se ance dans la partie.Dé à coudre à découdre à lire à jouer chapeau chien bottine fer à repasser automobile pinte de lait cheval les personnages sont dans un dédoublement symbiotique la représentation peut commencer les avis se distancient les formes interposées s'approprient les objets du désir on joue on lit on parle souvent l'atmosphère .se tend comme si l'extérieur prenait place dans cette schize hautement volontaire.On lit comme on joue et le temps s'écoule sur la carte colorée sur les rayons bien serrés de la bibliothèque analogique Play ball et Ball point J'ajoute à cette ambiance un certain penchant pour les microcosmes 125 PME TEEN marie imite 10 etal palate 0H EMIIEIS RAGS ARRAN RHA ALC LR EOL CRU PP cP Caran ro Ira PEA \u2014 NCE wo.a Ratt \u201c(jan SAN ARE FIL DIACRISTINN 11 SUN MRE EA NY, RASA \u2014 Mais que me disiez-vous au sujet de cette question du jeu\u201d Alors reviennent les fragments les rapports les pions les mots la couche représentative toujours à fleur de peau comme l'oeil qui ne peut se dissimuler plus avant dans la phrase dans le texte dans l\u2019âme du jeu \u2014 Le temps serait donc monochrome ajouta un lecteur Regarder la carte posée sur la table elle se confond maintenant avec les genoux du lecteur et le fauteuil .et le journal.\u2014 Le Critique est-il toujours en état de recherche ou est- il au contraire un être paresseux parasite indécent auteur refoulé La question se repose se cale un peu dans son fauteuil pendant que la dactylo dont le bruit agace l'atmosphère dequis quelques minutes continue à frapper juste \u2014 Et les dés vous y croyez?Des questions des voies une certaine qualité d\u2019ambiguïté Les personnages installés autour de la table ouvrent l'ouvrage fraîchement publié un a déjà choisi le cheval un autre le chapeau tout se fait assez machinalement il me reste l'automobile et je lance les deux dés blanc et noir polis crémeux comme des os comme une osmose comme de l'ivoire question d\u2019y voir plus clair \u2014 Vous jouez souvent ajouta une amie d\u2019enfance?La soirée allait commencer et la musique des dés sur le carton dur et peint et le froissement des pages \u2014 Mais c'est un jeu d\u2019obstinés (bruit d\u2019une dactylo pendant que les premières phrases du texte sont répétées en superpositions) 126 2.L\u2019enjeu: sf Les dés: déconcerté par la teneur CHE ong des choses le critique s'affirme Location 525.> .Si on possède 2 c.de f.50.dans la pulsion lecture/écriture.ne 3 + 0% 4\" 200.Valeur de l'hypothèque $100.\u2014 Mais de quoi s'agit-il?\u2014 Mais il s'agit évidemment d'investissement Investir s'investir parler à haute voix de son corps dans le jeu de ses idées de ses phantasmes dans le texte celui de l\u2019autre son propre texte le texte social le texte ludique L\u2019enjeu c\u2019est celui qui joue \u2014 On ajoute des terrains à sa banque des sens à son potentiel des avenues à ses territoires souterrains C\u2019est dans ces termes qu\u2019un des joueurs s\u2019exprimait il venait d\u2019ouvrir la revue au sommaire et pour lui le mot investissement semblait être le catalyseur d\u2019autres joueurs pensaient autrement hypocritement ils parlaient de froideur d'informations de compte rendu objectif Le premier joueur sourit referme l\u2019ouvrage après avoir placé une carte postale des Antilles en guise de signet il jette un coup d'oeil circulaire les autres aussi le regardent la partie va bon train \u2014 Mais le livre son impact sa construction ce en quoi il est spécifique qui en parlera ajouta la dactylo en voix off (bruit d\u2019une dactylo) 127 Lea ae YES DENTS SUN QU CN \\ ROCCO NRA NE UECER ANTHRO REE we } Ars 8 5 aA ES NA SONT IN ih x ÈS Ry BEEN ai asada ate o0h cidade.De à SRSA AN A FCO AI ARNIS Ata AUER RAPA PAAR RA > - - de dE elt au 2950 = 7 5 = Pr dE rs PE a ra PE cd PT Fal - LEE EE TN ET EEE RER \u201c - \"RE DE PROPRIÉTÉ § i 3.Jeux divers: | hi AVENUE VERMONT na he LOCATION $6.Ne 13 Lire/écrire: l\u2019enjeu est dans l\u2019es- we masons '% | ver maisons 270.pace de ces deux compléments.*e maisons 400.Avec HÔTEL $550.i Valeur de l'hypothèque $50.| Cout des maisons $50.chacune 1 Hôtels, $50.plus 4 maisons ; NN fn $1 un joueur possède TOUS les lots de tout HN groupe de même couleur, la location est doublée i sur les lots non améliorés de ce groupe.: On parle beaucoup on jase on ratisse les librairies le M mental la mémoire les yeux fatigués les jambes qui i piquent une idée d\u2019enfance dans l\u2019escalier s\u2019entasser 4 entre amis pour jouer toute la journée laisser le jeu la pour a le temps du souper et plus tard tout laisser sur place i jusqu\u2019au lendemain matin on doit enjamber le jeu pour monter l'escalier on surveille son jeu a Aussi on se retire dans un autre coin vers le balcon sous M l\u2019auvent pour lire des livres empruntés à la bibliothèque | du quartier lire ouvertement sans cachotterie mais dans une cachette au soleil lire seul pour se plonger dans les i personnages les lieux ailleurs puis se retrouver le lendemain a jouer en groupe la téte pleine de personnages de i paysages reprendre groupe rire dans l'escalier toute la bande est là et dans le temps du jeu on échange des mots des livres des comics Tartine est très populaire le i Prince Vaillant Pacific Avenue Oriental Avenue le réve du 9 déplacement premières lectures premiers jeux de l\u2019indi- + viduel au collectif apprendre à faire le tour de soi des racoins des autres se retrouver j'y repense din 128 | KN He 05 I | RE | JE LT i A » i i 2 i : , 48 i 1 1 } IE i \u2018Wi ie À i De.Re.li y Im a i (LR | \u2018oi ! 138 : TA | JA ZE i Ci | 1 | Ji ! \u201c48 \u2018PER RES Ni PORN chs trait ia SE IE RSS PSE Levis i\" PT [PI Rr Rv RT LTT I I A M A ow at aks ve [FE A (PRIT IT À Lau, as MST N Vo.5 PON IN FERRER D A) OO ARR IES OBO OL a he ka Se RICE UCR et pe Ahan ANR Op Na dalle.EE bd ALK ca \u20ac a A cy. \u2014 Mais le Critique est un être sérieux il sait il énonce il tranche \u2014 Tu lis trop viens souper (d\u2019une voix plus forte) \u2014 C'est à ton tour de jouer (bruit des dés brassés et jetés sur la table) 4.Et la position critique: TRE DE PROPRIÉTÉ .AVENUE ATLANTIQUE Situer les rapports qui existent CATION 522 entre la démarche du joueur et n,m 20 Avec 3 maisons 800.celle du lecteur.L'analogique ++ aisors 975 Avec HÔTEL $1150 serait un mode de fonctionnement Valeur de l'hypothèque $130.Coût des maisons $150.chacune pour un décodage de ces rapports.Hôtels, $150.plus 4 maisons Si un joueur possède TOUS les lots de tout groupe de même couleur, la location est doublée sur les lots non améliorés de ce groupe.\u2014 La position critique est-elle finalement elle-même un personnage?La parole dans un semblable contexte est hypothéquée soupesée dans ses formes et ses sens les possibilités critiques sont nombreuses celle de l\u2019accompagnement du jugement de la soumission de l'immersion de l\u2019intrusion de la définition La critique devrait être ouverte amorale et singulièrement créatrice motrice elle-même d\u2019un processus et de fiction et de critique pour remplir ces étapes le ludique est un tremplin fertile \u2014 Mais êtes-vous influencé par les jugements critiques ajoute un auteur assez nerveux?129 M TN REET MAMAN AA Le texte critique s'immisce dans la page pour vous dans l'oreille et il parle il se parle s'esquisse se définit se propulse se profile il parle de lui et du texte dont il parle dans le texte dont il parle il rend scintillants les aspects qui l\u2019agitent Critiquer c\u2019est s\u2019énerver Dans ce domaine tout flegmatisme devient suspect Quand on joue on se joue \u2014 La position critique est-elle finalement elle-même un personnage\u201d \u2014 Mais des critiques vous en lisez?\u2014 Je préfère l'émotion Les retombés d'un texte critique sont d\u2019abord de l\u2019ordre de l'addition du texte sur et dans du texte qui s'ajoute prolonge parle dans ce qui parlait et cette retombée corollaire pose surtout la question du lecteur La communication envisagée comme globale tient compte du texte critiqué et du texte critique privilégiant alors la lecture qui peut se muter en écriture alors commence la critique celle qui englobe dynamique et plurielle Tout lire est une utopie La critique ressemble à ce projet \u2014 La position critique est-elle finalement un délire?Dans l\u2019espace du texte critique se promènent les miroirs de la fiction les traces échangeables du jeu les avatars les résidus les moteurs du désir d'écrire et de lire dans l'espace du texte critique se promènent les lecteurs \u2014 La position critique est-elle finalement elle-même?130 Le UE .STUER] fo FUE i VERTE DPF SIGNES eke tat a EVER \\ Pere A Ta i BAg re VE 3 TOR AIO BE Th RUIN rr aa Re RAT RR SABO Rr WORT STA Pia SCORE.TERI.».RAT TRY STS 5.Promouvoir: = Critiquer: mettre en relief aux | PE i on posséde un \u201cservice pu- sens, le sérieux de l'amusement, blic\u201d, la location est de 4 fois le montant indiqué par les dés.Si on possède deux \u201cservices le contraire de se taire.publics\u201d, la location est de 10 fois le montant indiqué par les dés.Valeur de l'hypothèque $75.\u2014 Mais la vente?Son rythme ahurissant les rires les gloussements l\u2019argent comme s'il contenait la signifiance comme nécessité arbitraire Pas d'argent véritable mais tous les terrains sont là comme tous les livres comme tous les possibles à nous de jouer à nous de gagner à nous d'acheter jusqu\u2019à l'ivresse L'hyper-promotion celle qui fait capoter tous les joueurs: la possession La vérité est dans tous les livres mais plusieurs joueurs croient qu\u2019elle n\u2019est qu en eux Un plat de peanuts bien grasses passe d'un joueur à l\u2019autre les doigts huileux tirent des cartes tirent des dés repassent le plat \u2014 Comprennent-ils ce qu\u2019ils font?(rires étouffés) 131 Bh = Lu » vy I e Pace; A 6.La chance et l\u2019illusion: de \\ TITRE DE PROPRIÉTÉ AVE DU PACIFIQUE Parler ici du monopoly et du LOCATION 526 Avec 1 maison $ 130.Monopole du Sens.Savoir se jira 300 Avec 4 maisons 1100.se perdre dans les dédales allusifs.Avec HOTEL $1275 Valeur de I'hypothéque $150.S\u2019inscrire méme jusqu \u2018au risque.Coût des maisons $200.chacune Hôtels, $200.plus 4 maisons Chance fh EE PT Allez marchez sur la Promenade Avancez votre jeton sur la Promenade La profusion ou la ruine mais l\u2019oscillation surtout le social comme faux-hasard Payez la taxe des pauvres $15.; Avancez votre jeton au chemin de fer le plus proche et payez le double de la location au propriétaire Rendre ses droits à la Chance Si le chemin de fer n\u2019est pas vendu vous pouvez l\u2019acheter de la banque Reculez de trois espaces Votre édifice et votre prêt prennent de la valeur Réclamez $150.Du sens à pleine page du débordement ordonné tout le hasard est truqué comme tout le texte est manipulé on écrit on lit on triche la règle est d\u2019avancer dans le jeu tourner la page inscrire son avis en lettres de chance se risquer même si l\u2019on se perd même si l\u2019on connaît la perte Avancez à l\u2019Avenue Illinois Américainement on se construit au présent comme tout récit s'écrit au présent Le texte peut se déplacer Avancez à GO La critique est un geste illusoire 132 YY ITEP RTTS IAT IIIT IN LIF TV PL DRURY NYY EPRI Sn DEP p PROC EN EI IAT! CPU N PPP A Wo A \u201chi Rul! ARR OUT 5 ER RUT, NISRA TRAST HART HARA CTI RS US ROLE Th IT aT CARE 1 CEE AO oy TITRE DE PHOFRIÉVÉ AVENUE NEW YORK LOCATION $16.Avec 1 maison $ 80.Avec 2 maisons 220.Avec 3 maisons 600.Avec 4 maisons 800.Avec HOTEL $1000.7.L\u2019ardeur: Note: des traces d\u2019enfance dans l'attitude, le critique donne de l\u2019intonation à ce qui à l\u2019origine étaitle ton.Dans un contexte précis (celui du Jeu) critiquer c\u2019est perdre le sens du hasard.Valeur de l'hypothèque $100.Coût des maisons $100.chacune Hôtels, $100.plus 4 maisons Si un joueur possède TOUS les lots de atout groupe de même couleur, ta location est doublée sur les lots non améliorés de ce groupe.(entre les répliques bruits de dés brassés et jetés sur la table) \u2014 Je l'ai \u2014 Tu me dois $16.\u2014 La partie va être longue (rires mélés) \u2014 Tu commences c\u2019est un double \u2014 On peut faire des échanges Ventnor contre Pennsylvania \u2014 Non St-Charles peut-étre mais pas Pennsylvania \u2014 Passe-moi les dés \u2014 Les maudits train ga l'air de rien pis on tombe toujours dessus \u2014 Joue \u2014 Chance: voyagez par le chemin de fer Reading si vous passez Go réclamez $200.\u2014 Bon c't'à moi \u2014 J'bâtis \u2014 On fais-tu un échange \u2014 Passe-moi les dés \u2014 Hey mettez-vous pas contre moi \u2014 J'achète \u2014 Bon ben c\u2019est fini pour les terrains \u2014 Ah toé j'te vois v'nir \u2014 Bon ben joue là c\u2019t\u2019à ton tour encore 133 PEST ply Sh hh Sa SES tt is HOY \" - > Schur ra oy PE TEX Shy pA th pA Sa vai p= pA CLAN sai pat de Pe A 9 Ta ~ ow aw 4 a Ter Cd ob th.ES Jerre TPA aii pt Sight hie Sra Sr ers Cy ERA vgs SY Nr AE pr Mr ey whe ek ru _ 1 HRT ARIAT PTE PRE PIC Wy Oh RRR JL N MATE RE 40422605 RA, IAL i EAE] HEY hh CN QR aro AR oY ATRL aid WR Ary NN\" ue b pill CHE ARE a RAR MY AE At oo AU.all lh a DES AAA akin, AR PACU 01 8.Lire: \u201cWCAVENUE DE LA BALTIQUE § LOCATION $4 Ave: } maison $20.Revenir sur le texte.S\u2019appliquer@ 2 maisons eo Ave: 3 maisons 180.le ponctuer, le situer, le dérider.\"ress ue Un sourire peut être théorique.Valeur de l\u2019hypothèque $30.Coût des maisons $50.chacune Faire son jeu propre.Hôtels.$50.plus 4 maisons | St ur joueur possède TOUS les iots .groupe de méme couleur, a lncation est du tiée sur les lots non améliores de ce groupe.On a le texte en main on le regarde on le retourne il a l\u2019air d'une image de sa propre image de son propre contour l'exercice consiste à relier le réel à l\u2019imaginaire l\u2019exercice peut se faire avec rigueur et débridé Essayer son jeu dans les marges du texte lire en faisant des élisions se disperser dans les lignes l\u2019exercice peut être répétitif on a le texte en main on le regarde Passer d'abord à travers ses lignes le traverser pendant que par reflux il accomplit le même geste le va-et-vient du texte et du lecteur la joute du sens caché du sens apparent étale ses composantes Tenir compte de l'écriture du concret des caractères typographiques des rythmes des séquences Un texte parle à tout le monde mais à une personne à la fois Le lire dans un moment précis Le lire pour soi Le faire parler pour qu\u2019il nous fasse parler L'exercice est sans limite on a le texte en main on le regarde on le retourne Il n\u2019y a pas de monopole du sens (froissements de feuilles tournées rapidement) 134 Id ise a rg IPI THT RER ES RE APR } \u2019 be V Fe ca 8° RARE = a.RA 7.\u20ac dx pag + \u20ac 9.La Caisse et l\u2019Énergie: : TITRE DE PROPRIÉTÉ > | AVENUE KENTUCKY A .2 LOCATION $18.gi Ici je songe à la notion de parallé- se:nam sx E.lisme.Circonscrire ce qui se scrute Avec 3 masons 700.= Avec HOTEL $1050.Ru.et se cherche.Amas de mols E Valeur de l'hypothèque $110.Les , : Coût des maisons $150.chacune Bry, poses la Sur la ca rte, Sur la pa ge.Hôtels, $150.plus 4 maisons E Si un joueur possède TOUS les lots de tout En Brasser du sens.fs i pt Cour, ston so Eo Caisse commune A Remboursement de l\u2019impôt sur le revenu Bi Reclamez $20.i Recevez $25.pour vos services Ll La critique n\u2019est jamais innocente elle reçoit des prix de E Beauté \" $10.10 livres des frais de texte de contexte de coterie de a bon sens de marketing d'habitude d'amitié de haine .d\u2019assurance-sens qui s'accumule fi Reclamez $100.i Réclamez le pouvoir = Réclamez le jugement définitif , Réclamez la vérité i La critique est un opéra réclamez $50.de chaque joueur a pour places du soir de première .Le texte est un détail .La critique une sottise LL Vous héritez du sens gh BN ÿ MARY 135 Bik SE NAR CHEN OOS - - ~ - po - > = ~~ py .Cee - - .Soop Peter = oY SWI or = IS si pel EE S ESS TS pa - 2 ant - ieee ap\u201d vue pr a pa the a mt alm a® ry LF Ey i ah eb preys poy EE 3 A pp De a ele palate TA Pn Sp eb = le To iS a Rabe Ta Tl Fe Ra alk piu pt eda a as pa pS Tk nk ml Pe Lb D Rt iy ap A a PS eras) pata ha Ai A ME Tale ol ale al TT MOT ES TETE ES Pay ~ 7 RR ; RES RE A A A - pap [ae 0 \u201cLes 4 - \u2014 ~ wr .a due ma PP oy et malo al ed pr J pratt Kalil PE rg a Ta 4 A ~ 25 Le MES Ce - TY re reg pag TE T= ur re pum phate har yeti\" rptrinde rary a Pri ETL 4 aidé Ada Me erst ab creDe ni iedbench.ARLEARL amid MALO Jadiea pil rd AAR Rte coratiabe EMIS a le coolvibes MMAR ph tadience © MARINES Mn ie NN Te ARDENNE ES A A de Ha ER A MES A SCIE SE OR ANR AC ES AN TRE A A NE RCE + AE MEE OCR SHRINE COR AAA RCA DELA RAD LT AA MANN RAC RSS A TE NEA NN M A GE eT A I BR ERR er 10.Partir donc: Un tour de table comme un tour P= \"a d\u2019horizon.Entrevoir un temps in- www are a défini dans lequel se faufilentles acim: \u2018io Avec 3 maisons 1400.aléas de l\u2019indéfini.Mettre en crise.Avec maison 1700.Avec HÔTEL $2000.Le jeu et les nerfs.Les deux ta- Valeur de l'hypothèque $200.Coût des maisons $200.chacune bleaux se confondent.C'est une Hôtels, $200.plus 4 maisons S: un joueur possèd *S tes lots de tout groupe de.même couiL .a -ocation est doublée histoire de mémoire et d'actuel.*\u201c*#\"\"# ; Un autre joueur s'impatiente il lance les dés tombe sur une carte de Chance: Go to jail \u2014 Bon alors vous croyez au métalangage à la communication \u2014 Je voyage beaucoup Je lance les dés: sept \u2014 Un deux trois quatre cinq six sept Avenue Atantique je l\u2019achète \u2014 Mais au juste qui tient le rôle de la Banque et que signifie-t-il?\u2014 Ah vous n'allez pas recommencer avec vos lectures et vos dialectiques La mere d'un des joueurs arrive avec des Eskimo Pies la partie se déplace à nouveau et le temps disparaît (bruits de dactylo puis silence et les dés sont jetés sur une table) janvier - février 78 Au printemps 78 une première version de ce texte a été lue à Radio-Canada dans le cadre de la série Documents.OOOO 138 Ar 75 aly dg 3 A hy wy > lr a - etd pat ery an > Pre ae ee Qu] Le So A es Teak ae ey ipl bo om LI pL PEL ODS ETI veri TL gh oT pe NY Se Jp ST ps ve i ee ILE SY IP PY ra ar vy YY Coe PIS 2 a A nr oT gr Tey A abe.\u201cmag pr a.Lee pap gab ATP CP ps cs prey a a.Eo et poy te wo ETS Eg pr ve or = = FInd re) - ps pig poy pores > py \u201c \u201chd a = À id = - ak <= see a ETS pese mt vo al ari, Ase = Lo rey ea Si SYR 3 yey Xo CLI mi ry TS vers re EE ere nan fy Re ood Ra = pry BYP ore Sk OW ri PC Me cme, a 2 IIR ITE Sy F< amas.MY Ir a J Paes oats pA ray dg 0 pe US pt f= 00 J se yy J JO ea pg Pp dP TETE pr > bre => pe ren oe Iv a Ae ue pod Sa pue oy Ny Sy cs 2 Te A at are Nore 4 [Tigre pr CNX Ppp es pepe ae ee cz ces ça ve +a ste PLT an PAPI =e.Nigra Spry Ln JC Ae ony a FP Nr iy Seles aw.A La.She 2a ay Er ee Jr Tr ay van PY rp se Pair aa ar aa Posy Ve ape ye pC EO Pg Sea PO A IO Nr SMC ip prs Rr 0e ey ni Pr pa Prarie) pep ppt Da r= rie ya pp «Ama a.ee = pes MTP ro pe rig pry I= Sp np: =) Pie a Pre Ral Tol Sa PR Jr pp tin i LES [yer PLES ie sie pr pipe wpe Se pe LL eal LE - Pr LES PON pag Es ry ppb [pg = Es Las i Crd > = = = = i = + pe = Le ay à a De Para I Da a £2 PE ° Pre pe Le Pape Pe Pages wT FSC VE re pp a pe Pre ae pue Za Te Ep pay ye Pouf Py S ET =.fo ; 2 \\ .ll 3 ?0) i Dee r AHA Ps A A REY IETS 9 \u2018 [STYRY LN A of sé) i + + uk RESTO pes DER Va TE J x wh Q ve a\u201d Q EH a (PNY {hy N NE) Argel * APN AU RIES IN: IN + .DEN Xl +» 28 2 A) \u2019 rr Lee IRN ANH) ie [ RQ Û U TY ge * E IS [Ran ue >.2 p= ER \u201c æ - PO a Ea Pa Le 5 = > > E z 12 à pe ; a - ; 2 0 À RU Lu D SA MA \\ fi ly ks We NY [ A \\ \\ Se s N .qui 0 + > \\ [} LS RER û \\ he \u2018 } A > ivre dans l\u2019Utopie de Thomas More Jacques G.Ruelland D 0 5 fi MU VEN MAR) Vo \\ } A OS À propos de Thomas More Ecole d\u2019Aérotechnique de St-Hubert s Professeur au département de philosophie, ; Li imeriez-vous v A Se EE Le Non, personnellement, je n'aimerais pas vivre dans l\u2019'Utopie de Thomas More, parce que la vie des habitants y est réduite à l\u2019'observance de lois rigides, très sévères, qui briment la liberté tant individuelle que sociale des habitants.L'Utopie est un Etat idéal, gouverné par des préceptes démocratiques et socialistes.La vie des citoyens y est régie par des règles qui s'inspirent de La République de Platon, mais qui poussent encore plus loin, à certains égards, le rôle que doit y jouer l'Etat.Ce rôle omniprésent de l'Etat n\u2019est pas sans rappeler celui que l\u2019on trouve actuellement dans les pays socialistes.La description de l'Ile d'Utopie par une sorte de relevé typographique qui fait penser que la nature elle- même est complice du fait que l\u2019Utopie est ce qu\u2019elle est: la forme de croissant, si elle est accidentelle pour Utopie, devrait être artificiellement imitée si l\u2019on voulait construire une deuxième utopie.Comme dans le Royaume de 140 Thomas d'Aquin, on trouve dans l'Utopie de More un souci écologique et géographique déterminant.Le fait que la nature joue en l'Utopie, un rôle favorable est, de la part de l\u2019auteur, l\u2019indication que son projet d'Etat utopique est conforme à la nature, bon de par l\u2019approbation de la nature, et donc béni de Dieu, le maître de la nature, cette dernière demeurant alors un modèle pour toute ent: eprise humaine.Le méme paralléle peut étre fait avec La Republique de Platon, ou toute la Cité ne doit étre que le reflet, dans ses institutions, du monde des Idées que cherchent a connaître les philosophes-gouverneurs.La démystification de certaines valeurs culturelles, propre à l'Occident, joue un rôle important dans l'Utopie.Par exemple, l\u2019or n\u2019a plus aucune valeur en Utopie, pas plus que l\u2019habit ou la parure.La pauvreté, lorsqu'elle est universellement répandue, n\u2019est plus la pauvreté mais une simple condition d'existence.C'est ce que Marx a, entre autres, tenté d'expliquer dans tout son grand oeuvre.Les valeurs de l'or et de l\u2019habit ou de la parure ne sont combattues dans l'Utopie que dans la mesure où elles singularisent un être parmi les autres, c'est-à-dire dans la mesure où elles créent une classe privilégiée, et donc des conflits de classe.Les classes que l\u2019on trouve en Utopie ne sont pas des classes déterminées par la possession des moyens de production, mais par la fonction sociale; cette fonction n'est envisagée que dans son rôle de fonction, départie de tout caractère lucratif ou privilégié.La division travail manuel - travail intellectuel demeure dans l'Etat d'Utopie, mais seulement en 141 NST D PASSES PALEY x : Te de.vA he a . ro 1 LA TO Ty ee Ne De Frade rd bb rol pnd dent Tabb ary A M ab SA Sta ib ~~ og ee 2 pp pari Sule iio Sheba tl - \u2018- PY rm Fryer ded Sek 2 ret 1) Praia ed Fy 0e pré ud Sapir SE RE Pete - _ 1 = _ pay rv r= pm 4 [or D8= par x= yews Yo i Sai pipe perde \u201cvga NO gy Lore an Tp pee Popo gym ia-raip=) o BC ee (Ere Ji pe hube ate cog hy ~~ er a = ar et me ar a a Sw rer po ES rs prairie y rr A a ape car a Cao a INE Ea Sr NT aie ee Se re 7 Fab TIGR Sut SECA ya Ta PORATED TUE i bir pi ey .TL vg date ua\" PAIE 24e po a ~ rr pu me ahr ar re a = _ CET = LM REIS TERE ESTE SATA 0 ren Aa Ra Kai PORES REARS HSCEI CSL OMENREEL 1 1 \u2018 1 SASH A RO OU EE IRR ENR AE AS AIRE RE ARSE RRR RATE fonction des dispositions de chacun.Chaque citoyenale droit de devenir sycophange, et d'étudier, s'il en a la capacité physique et intellectuelle, mais il n\u2019y est pas forcé, et ce n'est pas un privilège de classe que de le devenir, alors que dans La République de Platon le caractère élitiste des fonctions sociales importantes privilégie une certaine classe de citoyens aux dépens du reste de la population.I! n\u2019est pas jusqu\u2019à la personne humaine, en tant que valeur, qui ne soit démystifiée.C\u2019est en effet par une démystification du culte de l'homme - culte naissant au siècle de More - que l\u2019on peut juger du bien-fondé de l'esclavage en Utopie.Contrairement au système économique de l'Antiquité grecque, basée sur l\u2019existence et le maintien d'une classe complètement asservie, les esclaves de l'Etat d'Utopie ne sont qu'un complément dans les forces productives de l\u2019Etat, et non son soutien essentiel.Ce sont les condamnés, les forçâts, les bagnards qui sont asservis, et leur asservissement est \u201crécupéré \u201d par l'Etat pour s'ajouter aux forces productives.Leur asservissement sert ainsi à garantir aux citoyens libres la défense des privilèges illusoires qui leurs sont octroyés, mais que l\u2019on peut chercher en vain dans tout le livre.La principale critique que l\u2019on peut apporter au livre de More demeure, en effet, le fait que la réglementation de la vie des citoyens déshumanise la société, la rend esclave de l\u2019État, la relègue au rang d\u2019instrument entre les mains d'une institution qui semble autonome, l'Etat, et non pas entre les mains d\u2019un dictateur ou d\u2019une oligarchie.L'Utopie de More ne permet pas de penser que ce sont des hommes qui font les lois et les institutions: 142 on dirait plutôt que ces dernières existent par-delà l'intervention humaine.Ceci est d'ailleurs paradoxal lorsqu'on lit cette phrase de la page 102 de l\u2019Utopie, phrase que l\u2019on croirait écrite par Marx: \u201c Quel est l'homme qui aura le plus d\u2019'audace à bouleverser l'Etat?N'est-ce pas celui qui ne peut qu\u2019y gagner, parce qu'il n\u2019a rien à perdre?\u201d et que l\u2019on ne peut s'empêcher de rapprocher de cette pensée de Marx: \u201c Les prolétaires n\u2019ont rien à sauver qui leur appartienne: ils ont à détruire toutes garanties privées, toutes sécurités privées antérieures \u201d.More envisage l'exercice du pouvoir pour le bonheur du peuple (p.101), mais l\u2019état qu\u2019il décrit force les citoyens à être heureux, et les hommes, même les plus abouliques, ne tolerent pas de se voir imposer une ligne de conduite qui leur donnerait, au nom d'une majorité démocratique, un bonheur auquel ils seraient contraints de participer.L'Utopie de More, même si elle est l\u2019archétype du socialisme et a même inspiré Karl Marx, ne relève pas moins d'une conception servile du mode de production, car elle instaure, pour justifier une sorte de communisme avant la lettre, une exploitation du prolétariat incompatible avec les aspirations individuelles de chaque homme, et par la contradictoire avec la notion marxienne de dictature du prolétariat.En outre, cette exploitation du prolétariat n\u2019est justifiée, somme toute, qu\u2019au nom de la seule raison d'Etat, fort à la mode à l'époque de More, et qui, d\u2019ailleurs, n\u2019a rien perdu de son charme.C'est en effet cette même raison d'Etat qui fait adopter aux gouvernements actuels des pays de l\u2019Europe 143 PV STE IE TE HY mm rar) A hah HAN EA UR 5 ETS È ; HANI LL dhs 1 à - + ot CHR ER hi BND, RAGE B AN Pi BARON : Pas 20 085 TA WD oh + de l'Est des réglements et des lois que nous trouvons déja dans l'Utopie et que nous retrouvons maintenant en Pologne ou en Bulgarie, comme, par exemple, les restrictions aux déplacements des citoyens à travers leur pays (p.136) ou encore l'abolition des droits à l'exercice d\u2019une religion autre que la sacro-sainte religion d'Etat qu\u2019est la croyance au bien-fondé des directives du gouvernement (p.184).Même si l\u2019on peut déceler, à la lecture de 'Utopie, un certain cynisme de More pour les sociétés qu'il vise dans sa critique, et même si l\u2019on peut reconnaître maintenant, dans les institutions des pays occidentaux, certains traits marquants de l'Utopiee comme, par exemple, la tendance des gens à suivre aveuglément une mode ou bien le manque d'ambition et d'indépendance d'esprit de la majorité des individus, on peut mieux encore reconnai- tre les sociétés qui vivent de l\u2019exploitation, franche ou masquée, du prolétariat.Mais pas un seul pays, de l'Orient à l'Occident, ne fait alors exception (sauf, peut- être la Chine, pour ce que l\u2019on en connaît).Toute idéologie a pour raison d\u2019être de faire croire que le bonheur n'est pas utopique, mais qu'il ne peut néanmoins se réaliser que dans une société calquée sur celle d'Utopie, et cela, pourtant, demeure utopique et trompeur.BIBLIOGRAPHIE Thomas More, L'Utopie, coll.Les classiques de l\u2019Europe, Paris, Éditions sociales, 1976.Platon, La République, trad.franç.de Robert Baccou, Paris, Garnier- Flammarion, 1966.Saint Thomas d'Aquin, Sur le gouvernement des princes, Livres | et Il.Karl Marx et Friedrich Engels, Le manifeste du parti communiste, coll.10 - 18, Paris.Union générale d'édition, 1974.<\u2014e-eeecece_e_ecce 144 [EEN IT mr \" er ne ot ee Capon +r rm mm smn ~~ p\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014y TABLE DES MATIÈRES E Liminaire Be Comité deredaction .p.| Eu La \u201c relation \u201d dans l\u2019oeuvre de Proust ;.Gilbert Bataille .p.1 \u2026.Le triangle et l\u2019esprit il Philippe Thiriart.LL.p.25 .\u201c As-tu un p'tit mille à placer?\u201d .Jean Boisseau .oo p.37 Le nucléaire et l'opinion publique il Andrée Robard.o.oo oll p.47 fu Les mots d\u2019elle | Jean-Louis Le Scouarnec.p.61 L Aperçu sur l\u2019ésotérisme n Jean-Paul Cardinal.p.65 Le trou noir comme symbole / figure d'approche critique Jean-PaulDaoust.p.77 Sauvages ou Civilises?Réal Rodrigue.0.000000.p.91 Les frustrés 2 Nicole Vincent.p.101 Un travail de critique fictionnelle Claude Beausoleil .p.121 A propos de Thomas More Aimeriez-vous vivre dans I'Utopie de Thomas More?| Jacques G.Ruelland.p.139 145 di oa TELE a, + PE T - -_ \u2014 ~~ x d - - - ~~ _ I.- Tr a - en ar ref vv - - a oo ~~ rv ~ ow = ages Le A ei) ee pb pe hs et ay e - : ae na Liv Riri ar Yap Ere) 4 vag qe Fes tete oN 0e 2e pe 4, nes per pa ee pee) Jo = _ el =~ = ve pry vt Terr PAT a ITs: pr ae ELEY 2 Lowry BA hy gah ped Pict poy 2 IN 2 rasé abris = ye mette hy poh to ww TOIT pet es 2 Coo ava Pr poy ery a pry ee Cris re ~ rpg + sy 3 parent br rinse err 4 rv me ee ne me eT ar se kD Pri iv dec ea post Ce ES Sh MEN = PCE mer phe 1a MA rt CASTS os MAS 0 MS 0 Le ape Se a a hy by > oh \u201d » re Fu Cu = Pr Ei = Prete maul cts ppg ae SF BN Pg a Pa pA + pA p= 2X pl rp parade rab gd a = ve M) En AAA AR {gs CEES NAY DIAS > 3 \u201c=.AR) \u201c .LA) pi v A PERL LL IRS FAS \\] « ' (I : h Ax] 1 oN px = (AHR 4 4 D D : AN J es AR Les + \u2018.A H A x D nu 1 rey 1 Vu.1 (IHN \\ A D py BL ) ARH | t 5 af LW 4 11 A) {0 1) h i Ne } 3 ep 2 ES Cr _ iS Pr QG 2 ps I'l 2 = 5 Li = LS e : mprimerie le 15 août 1979.Rive Sud Achevé d'imprimer sur les presses de pe ote Tt ar mire eee + fe = ne = 2 Ne Tr\u201d an bs 20 0 0e AE pres + > A5 = es Za 2 pore ey pes - 5 ere _ À Lee oe, .v4 Lu yor vi ho ey + ; ve Panty ioe ~ UT RE rd Sr prt ge vem.Shey on Jac YT \u201care Jo PT Jy pli JY YO Jpg a PLT Sry rey 2 Pg P= SA Ae A Ta = \"4 res Lay NO Pr J ie Se CES PON re PT es Far ed EE see Pad rey [Ir po VIP py 2 > = ee PON el 2-3 Pt Pd [2 900 ra a om.[gy = tN ro ry Ir oi * XY = = = = ces, Ta vy ES Zot on en x as _ i.Ty ao ey Po pores ee pe Sy Ares a Sh vg sl ir 92 fa tae.Cpr rp ny Tyra wy ek pe > Ya Pred KEI = ps 5 a = J JO SE piper Po pe rier SE [Sr eg a Job = re pry a ain, pag es ES pp ag ni, FA pone ng Jo pe ni pr Rs TR ps 14 pee = ry Pp es 3 Ie or I oF Py RSE ar = - Ces 4 4 hor AT LS uen Se Ce = = a & 2 3 < Le Lex pce - Ce Lan Sr x ER 2 2 pere pe er ali?oT a ry Ee Ce pe pir ull rv Spy COR pr pir Py pt, Pp pies Em el re - \"> - PS - > ay png dls = ca = py fr 2 Eres - pren \u2014.ee caca ae Ny 3 ; La pt Pa ps \u2014 024 PE .\"oi el 1} a2 N VIR \u2018 IN SR 1 ISI] NE PES SEE ETES) [Y 23 A a3 PS PRE RUE [SR] 13 » À LS [SES LYST a.= pr Z - pos , 2 _ vr re ms 40m fra wa ab a ar al ee 2 ry ar ar 4\u201d ~ ) > Py a rg = a re 0 pa \u2014_ a ~ - - PS ~~.= a û ry ey ETE 3 Era pa pray CART SE VT hs rd pepe uri Paes) Rat ru Sau gy pr S PS pbs Sh EC AT > re CIE y 1] 1 pn) SE Ç a P cr Pa £3 STA pa bari a Eagar ung ui ~~ iy _ pv [3e\u201d meh i a ar ve, _ - _ -£ + - oe - = - - RE RS = care BR LEC Ere pair bry = hey cd Pres ES = ps i = we a 29-1 - - pb = => 2 3 - = mm < + Hmmm ay.oe REY i ny a u me, / 3 ny ee .+58 > 5 4 « = oo - Lee W a $ = rv a + ke ant ALU ?yt i.14 yr?F pa S SFR Tr.Ng < \u201c r~ te \u2014 3 wd S a0 xe na - ee ce ra pe > Po -\u2014 ae \u2014 ate "]
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