Laval médical, 1 septembre 1953, Septembre
[" Vol.18 \u2014 No 7 A QUEBEC L SEPTEMBRE 1953 BULLETIN DE LA CIÉTÉ MÉDICALE DES HÔPITAUX NIVERSITAIRES \u2014~ E QUEBEC DIRECTION \u2014 FACULTE DE MEDECINE, UNIVERSITE LAVAL, QUEBEC.NECROLOGIE Richard LESSARD.GEORGES-ARTHUR RACINE.page 873 COMMUNICATIONS Jean, LIROIS et Yves GOUR- eerie TRAITEMENT UROLOGIQUE DU PARAPLEGIQUE page 878 RT.aes INVOLUTION ET PSYCHOSES.ccvnvnnn.page 885 G.-H.LARUE et J.TELLIER.METASTASES CEREBRALES ET PULMONAIRES D'UNE TUMEUR DE GRAWITZ.page 892 Yves ROULEAU et D.BEDARD.LE TRAITEMENT DE L'ALCOOLISME PAR LES EXTRAITS CORTICAUX DE LA SURRENALE.page 898 Florian TREMPE.ENFILEMENT CRURO-ABDOMINAL PAR UN BATON DE SKI.'tviierrennerenerosensennnsans page 904 Roland THIBODEAU, Gu DEAU et Jacques BRUN \u2014 INTOXICATION SALICYLEE GRAVE CHEZ UN ENFANT.La aa aa aa aa aa a aa ana a a sa uen au 0 6 page 907 Antoine LARUE.STREPTOKINASE-STREPTODORNASE ET PLEURÉSIES.\u2026.\u2026.asc ces ares a 000001 00000000 bage 916 Euclide DECHENE.c.INFLUENCE DES ANTIBIOTIQUES SUR LA CROISSANCE.coiveeeersessonnsnonnessscnsnes page 924 REVUE CHIRURGICALE Antoine PETTIGREW.CONTRIBUTION À L'ÉTUDE DU TRAITEMENT CHIRURGICAL DES HEMORRHOIDES.page 930 \u2014 Nouvelle médication polyvalente.DYSPNÉTAMINE pour le traitement des rhinites vasomotrices et de l\u2019asthme Nocivité antihistaminique réduite ROUGIER FRÈRES, 350, rue Le Moyne, MONTRÉAL 1.| SIROP VALOR ASM \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 isin, USINES CHIMIQUES DU CANADA, INC.1338, LAGAUCHETIERE EST, MONTREAL. a 24 7 pu Sr * Sgt Bs % 3 $ M.le docteur GEORGES-ARTHUR RACINE 1886-1953 Professeur agrégé ; chef du laboratoire de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec ; officier de l\u2019Instruction publique.(5) le Le I Na de le Sans la, ln LAVAL MÉDICAL VOL.18 N° 7 SEPTEMBRE 1953 NÉCROLOGIE GEORGES-ARTHUR RACINE (1886-1952) Le docteur Georges-A.Racine dont nous déplorons la perte fut un bel exemple du médecin de famille, de l\u2019omnipraticien, qui réussit, par la force de son talent et l'étendue de ses connaissances, à faire sa marque dans les milieux universitaires.Il ne rechercha jamais les honneurs ni les postes de commande ; aussi lorsqu\u2019il reçut les premiers et se vit Imposer les seconds, il les accepta d\u2019un cœur égal, sans que rien ne puisse le distraire de son ardue besogne quotidienne.Né à Québec en 1886, Georges Racine quitta Jeune sa ville natale.Il fit ses études primaires chez les Frères des Écoles chrétiennes à Hull, ses études secondaires au Séminaire de Sainte-Thérèse, avec des professeurs privés et à l\u2019université d\u2019Ottawa.Ses études de médecine à Laval furent particulièrement brillantes : titulaire des prix Lemieux, Morrin, Grondin, il fut reçu docteur en médecine le 21 juin 1908.Il n\u2019avait pas encore 22 ans.Le jeune médecm se fixa immédiatement dans le quartier populeux de Saint-Sauveur où 1l exerça sa profession durant 42 ans.Le travail ne le rebutait jamais et comme il ne savait pas dire non, il se dépensa sans compter pour sa famille et pour ses clients jusqu\u2019à ce que ses forces l\u2019abandonnent.Victime d\u2019un pénible et douloureux accident en 1949, il ne voulut Jamais reconnaître la gravité de son état, considérant que 876 LavaL\u2026 MÉDicaL Septembre 1953 c\u2019était démériter que de se reposer.Son grand courage ne l\u2019a jamais abandonné et 1l se plaisait à rassurer son entourage et ses médecins même lorsqu\u2019il réalisait plemement que sa fin était proche.Ses activités paramédicales furent nombreuses.Il fut, à diverses époques de son existence, président de la société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Sauveur, président de la succursale de Saint-Joseph des Artisans, directeur général et 1°\" vice-président de l\u2019Union Saint-Joseph du Canada (Ottawa).Sa carrière hospitalière se déroula à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Le doyen Arthur Rousseau s\u2019adjoignit, dans son Service de médecine, le jeune praticien instruit qu\u2019était Georges Racine, et, en 1925, il était nommé professeur agrégé à la Faculté de médecme.Par la suite et durant quelques années, il fut suppléant du professeur de physiologie, le docteur J.-B.Lacroix.II fut l\u2019assistant de notre regretté maître le professeur Joseph Guérard et termina sa carrière comme chef du laboratoire du Service de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu qu\u2019il dirigea durant 14 ans.Le docteur Racine excellait dans les cliniques de propédeutique.D\u2019une patience sans égale, 1l dirigeait d\u2019une main de maître l\u2019interrogatoire du patient et enseignait aux élèves comment il fallait s\u2019élever du symptôme à la maladie causale.Il parlait simplement, facilement, sans prétention, insistait sur le fait principal pour le bien fixer dans l\u2019esprit de ses auditeurs.Sa grande expérience de la clientèle générale, sa logique rigoureuse, son esprit médical éminemment pratique ont rendu service à plusieurs générations d\u2019étudiants qui l\u2019ont suivi lors de ses visites hospitalières, Admimistrateur du Bulletin médical de Québec dans une période difficile, il ne se déroba pas, lorsqu\u2019en 1923, on lui confia la charge de secrétaire général du 8° congrès de l\u2019Association des médecins de langue française de l\u2019Amérique du nord.La France reconnut ses mérites en le nommant officier de l\u2019Instruction publique, et l\u2019Association des mêde- cms de langue française lui décerna, en 1942, un diplôme d\u2019honneur.Ses confrères l\u2019élirent en 1932 à la présidence de la Société médicale de Saint-Sauveur, dont il avait été un membre fondateur ainsi que le premier secrétaire. Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 877 Entouré d\u2019une famille nombreuse, aidé d\u2019une compagne dévouée, il se plaisait dans le domaine familial.Dans ses conversations, 1l revenait souvent sur la nécessité de la charité qu\u2019il avait si bien pratiquée toute sa vie.Cœur généreux et tendre, il disait quelques jours avant sa mort : « Vous pouvez mesurer les souffrances physiques, mais les souffrances morales d\u2019un médecin qui meurt à petit feu, vous ne les devinerez jamais.» Tel fut le docteur Georges Racine, un des derniers représentants d\u2019une tradition qui tend à s\u2019éteindre.Médecin mstruit, désimtéressé, toujours prêt à rendre service, travailleur obscur, s\u2019oubliant lui-même pour ne songer qu\u2019aux siens et à ceux qui venaient rechercher ses avis ou demander ses conseils, il a bien mérité de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, de la Faculté de médecine de Laval qu\u2019il a servis durant de longues années.Richard LEssARD COMMUNICATIONS TRAITEMENT UROLOGIQUE DU PARAPLÉGIQUE * par Jean SIROIS et Yves GOURDEAU de l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus Dès son arrivée à l\u2019hôpital, alors même qu\u2019il est en état de choc et qu\u2019il n\u2019a pas encore subi les corrections orthopédiques qui s\u2019imposent, le paraplégique pose déjà un problème urologique important.La paralysie flasque dont la vessie est atteinte et la rétention urinaire qu\u2019elle entraîne peuvent emporter le malade par des complications septiques si le problème de la rétention est mal résolu.Comment aborder ce problème?Comment lutter contre cette paralysie de la façon la plus aseptique possible et, enfin, redonner à ce malade une vessie qui s\u2019évacuera spontanément ?RAPPEL PHYSIOLOGIQUE Il est indispensable de connaître les données physiologiques élémentaires de la systématisation nerveuse vésicale.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québce, le 19 décembre 1952.§ el pi Septembre 1953 Lava\u2026 MépicaL 879 On sait que l\u2019acte de la miction relève essentiellement d\u2019une contraction réflexe du détrusor.Ce réflexe, provoqué par la plénitude vésicale, emprunte pour ses voies sensible et motrice les trois nerfs érecteurs émanés de S2, S3 et S4, de nature parasympathique, et a son centre nerveux dans les segments médullaires correspondants.Les centres cérébraux contrôlent le centre vésico-spinal et maintiennent une mhibi- tion continuelle sur l\u2019arc réflexe.De plus, la miction est volontairement contrôlée par le sphmcter strié dont l\u2019imnervation appartient au système nerveux somatique par l'intermédiaire du nerf honteux et du plexus honteux abordant lui aussi la moelle au niveau de S2, S3 et S4.Quant au système nerveux sympathique (L2, L3, L4, et nerf hypogastrique), il joue un rôle sans importance dans l\u2019évacuation vésicale ne servant qu\u2019à véhiculer les sensations douloureuses.PHYSIO-PATHOLOGIE Alonie vésicale.Immédiatement après le traumatisme, la paraplégie s\u2019accompagne d\u2019une atonie vésicale avec rétention urinaire complète et distension.A la suite de cette phase d\u2019hyporéflexie et de paralysie flasque que l\u2019on nomme aussi phase de choc spinal, la vessie récupère une certaine activité réflexe.Le temps nécessaire à ce retour de la motricité est conditionné par l\u2019état général du patient et la présence plus ou moins importante d\u2019infection urinaire.Il peut varier de vingt-quatre heures à dix-huit mois et se manifeste climiquement en deux phases que l\u2019on dit de vessie autonome et de vessie automatique.Vessie autonome.La vessie autonome est le siège de contractions musculaires irrégulières et faibles dépendant de l\u2019activité des centres vésicaux intramuraux.Comme tout muscle\u2019 décentralisé, le détrusor devient hypertonique et la capacité vésicale dimimue.Les contractions de faible amplitude qu\u2019il présente ne permettent pas l\u2019évacuation vésicale.Elles ne font qu\u2019exagérer le goutte à goutte d\u2019une vessie trop pleine et incontmente.Seule une pression assez forte sur la région hypogastrique permet de vider cette vessie.Ce genre de vessie neurogène n\u2019est sûrement pas très satisfaisant.Si la section de la moelle est au niveau des segments sacrés (fracture de 880 Lavar.MÉDicAL Septembre 1953 L1, par exemple) ou de la queue de cheval, les voies d\u2019aller et de retour de l\u2019arc réflexe sont interrompues, la vessie est anatomiquement décentralisée et on ne pourra espérer mieux qu\u2019une telle vessie autonome.Vessie automatique.Le malade, dont la lésion neurologique est au-dessus des voies empruntées par l\u2019arc réflexe, a de bonnes chances de voir se développer chez lui une vessie réflexe automatique.Elle se caractérise par des contractions vésicales assez fortes pour évacuer la vessie en grande partie.Les contractions ne sont pas inhibées par les centres cérébraux et peuvent survenir à tout moment.Elles sont le résultat de la tension intravésicale ou font partie d\u2019un réflexe en masse provoqué par une simple chiquenaude, un pincement de peau ou une pression sur l\u2019abdomen.Le malade, ne pouvant mhiber ces contractions réflexes par les voies nerveuses physiologiques, apprend à connaître les actes réflexogènes et à provoquer le réflexe évacuateur à intervalles réguliers, en temps et lieu opportun.Le sphincter externe, malgré la section des voies de conduction du nerf honteux, garde un certain tonus et on n\u2019observe que peu ou pas d\u2019incontimence.La vessie automatique bien contrôlée n\u2019est pas incompatible avec une vie sociale normale.Le graphique ci-contre illustre bien les différentes formes cliniques que prend l\u2019activité vésicale.Le malade ayant, la première semaine, une vessie neurogène de type atonique ; la huitième semaine, une vessie autonome et, la quatorzième semaine, une vessie automatique.TRAITEMENT Les troubles de la motricité vésicale chez le paraplégique s\u2019accompagnent de stase et d\u2019infection urinaire suivies fréquemment de Irthiase.Ce qui nous amène à poser les trois points suivants : le dramage, l\u2019infection et la formation de calculs.Drainage.Plusieurs moyens de drainages ont été mis en pratique.Durant la première guerre, la méthode en faveur fut celle du cathétérisme répété.L\u2019infection urinaire fut trés importante et le résultat final peu encourageant.lug En Septembre 1953 LavarL MÉDICAL 881 Durant la dernière guerre, la cystostomie haute fut pratiquée presque de routine.Cette méthode n\u2019a pas pu prévenir des mfections urinaires souvent importantes.De plus, on a constaté que la vessie perdait beaucoup de sa capacité et reprenait difficilement son activité réflexe.Des auteurs sérieux comme Young (1929) et Riches (1943), s\u2019appuyant sur le principe que l\u2019infection urinaire rivalise facilement avec la distention pour retarder l\u2019activité vésicale et mettre la vie du malade en danger, ont préconisé la seule méthode susceptible d\u2019éviter l\u2019mfection : EXAMEN CYSTOMETRI QUE 3 M, D.A.56 ans fracture de D NI e = peraplégique.9 60 l semine 8semines 14 semaines g sensation aucune .aucune aucune 50 capacité 7506c 400c6 15066 = courbe de P 1-10 1-32 1-8 © contr, refl, aucune aucune 125 (45) 4 40 résidu rétention rétention 25 z > .~~ Û 30 ; ._- > e Pat 8 347 \u20ac 20 14 $ ~ © ' J- - * ® Lot ~~ $ 10 À bu a 100 200 300 400 500 Quantité intravésicale en oc d'eau.Graphique 1.l\u2019abstention de toute intervention, tout en laissant regorger goutte à goutte le trop plein vésical.Avec cette méthode, il existe toujours un danger de rupture vésicale et de distention de I\u2019arbre urinaire supérieur avec diminution de la fonction rénale.La méthode qui semble donner les meilleurs résultats est l\u2019emploi de la sonde à demeure avec un drainage tidal.Elle n\u2019exclut pas la possibilité d\u2019infection urinaire, mais celle-ci est limitée à la vessie.C\u2019est justement l\u2019infection ascendante qu\u2019il importe d\u2019éviter.Il est classique de conseiller le drainage vésical immédiatement après le traumatisme : la rétention de plus de huit cents cm3 dans la vessie 882 LavaL MÉDICAL Septembre 1953 pouvant retarder l\u2019apparition de l\u2019activité réflexe.On donne comme explication qu\u2019une distension vésicale trop importante lèse les plexus ganglionnaires mtramuraux.De tous les malades que nous avons traités, celui chez qui le retour de l\u2019automatisme vésical a été le plus rapide (4 semaines) est celui qui est arrivé à l\u2019hôpital avec la plus forte distension vésicale (1,500 cm3).Ce malade eut son premier cathétérisme de façon aseptique.L\u2019infection urinaire chez lui fut peu imvortante et c\u2019est à cela que nous attribuons la rapidité du retour des contractions vésicales.Nous croyons que la solution la plus sûre est de hâter l\u2019arrivée du patient au centre organisé où l\u2019on pratiquera un cathétérisme en dé- plovant toute l\u2019asepsie possible.Ce cathétérisme sera fait avec une sonde Foley à ballon de cinq cm* et de calibre 18F.Son faible calibre, sa souplesse et l\u2019absence de diachylon pour la maintenir, éviteront probablement les poussées d\u2019urétrite et d\u2019orchi-épididymite.Cette sonde reste à demeure et on y fixe un drainage tidal.L\u2019appareil tidal est un irrigateur vésical muni d\u2019un siphon dont on peut régler le niveau à volonté.Celui-ci entre en fonction pour vider la vessie lorsque le liquide d\u2019irrigation introduit dans celle-ci attemt la pression intravésicale désirée.Un cystomètre à colonne d\u2019eau, attaché au circuit tidal, nous permet de suivre la courbe de pression intravésicale du liquide introduit.Nous réglons le niveau du siphon à la pression intra- vésicale obtenue par l\u2019introduction de 350 cm3 de liquide au moment de examen.Ceci permet à la vessie de se vider à chaque 350 cm3.De plus, cette courbe de pression intravésicale nous renseigne sur l'état de tonicité du muscle détrusor.Elle nous permet aussi de surveiller l\u2019apparition des contractions autonomes et réflexes qui se traduisent sur le cystomètre par des hausses brusques du niveau de la colonne d\u2019eau.Comme liquide d\u2019irrigation, nous employons l\u2019acide acétique à 0.5 pour cent qui donne de bons résultats et est de préparation facile et économique.Cette irrigation continuelle de la vessie avec une substance acide évite la formation de sédiments urinaires importants dans la vessie.Pour donner à ce mode de dramage le maximum de résultat, on fait de temps à autre des lavages vésicaux avec une seringue à poire.Celle-ci ramène les sédiments, ce que la faible succion du tidal ne permet pas.\u201cPr bi Septembre 1953 Lava\u2026 MépicaL 883 Le changement de position du malade, rendu facile par l\u2019usage du lit orthopédique (Strvker frame), favorise aussi le bon dramage de la vessie et des voies urinaires supérieures.On sait qu\u2019en décubitus ventral les calices du rein se vident beaucoup mieux et qu\u2019il y a moms de tendance à la sédimentation.Infection.Pour combattre l\u2019imfection, en plus de l\u2019irrigation continue au tidal avec une solution acide, nous employons les antibiotiques et les sulfamidés.Les six paraplégiques que nous avons traités depuis juin 1952, ont tous fait de l\u2019infection urinaire.Ils ont fait un certam degré de cystite compatible avec un bon état général et le retour de l\u2019activité réflexe.Deux seulement ont fait des clochers de température que l\u2019on pouvait attribuer à la présence d\u2019une pyélite.Celle-ci a cédé à un traitement à l\u2019auréomycine suivi de thiosulfil.Tous nos malades ont pris régulière- rent de la mandélamine et des liquides en quantité ; ce dernier point étant le facteur le plus important contre l\u2019infection.Lithiase urinaire.La formation de calculs au niveau des calices, bassimets et de la vessie est une complication très fréquente chez les malades alités pour une longue période.L\u2019explication est facile : à l\u2019m- fection et A la stase dans un arbre urinaire distendu et atone s\u2019ajoute une hvpercalciurie provoquée par l\u2019ostéoporose d\u2019immobilisation.Nous luttons contre cette hypercalciurie en conseillant au malade des exercices musculaires des membres supérieurs.La position en décubitus ventral est celle qui encourage le plus le malade à faire ces exercices.D'ailleurs de bons bras et de fortes épaules seront un facteur puissant pour lui aider à redevenir ambulant.La position en décubitus ventral, qui favorise le bon drainage des reins et l\u2019exercice musculaire, est donc une position à conseiller.Toutefois, la crainte de lithiase ne disparaîtra que lorsque le malade pourra mener une vie active en chaise roulante.Il faut faire le dépistage radiographique des calculs, et, s\u2019il y en a, le moment où le patient devient ambulant sera probablement le mieux choisi pour en faire l\u2019ablation.Rendu au centre de réhabilitation où il mène une vie active et où il apprend à contrôler une vessie réflexe bien établie, le paraplégique est en bonne voie de guérison.Il reste un dernier point ; la musculature de la 884 Lavar MéDicar Septembre 1953 vessie réflexe chronique devient hypertrophique.Le col vésical participe à cette hypertrophie et devient une cause d\u2019obstruction.Le résidu vésical augmente pour devenir souvent important.La résection trans- urétrale du col vésical fait disparaître ce résidu et, souvent, ce n\u2019est qu\u2019à ce moment que disparaîtra l\u2019mfection urinaire.RÉSUMÉ Les troubles moteurs vésicaux qui accompagnent la section de la moelle chez le paraplégique, se caractérisent par une paralysie flasque de la vessie et ensuite un retour graduel de l\u2019activité réflexe.Le problème de l\u2019urologiste est de favoriser ce retour et d\u2019obtenir une vessie réflexe automatique en facilitant un bon drainage et tout en luttant contre l\u2019infection urinaire et la formation de calculs.Nous employons le drainage tidal et l\u2019irrigation contimue avec une solution acide.Pour combattre l\u2019infection que le tidal n\u2019a pu à lui seul éviter, l\u2019auréomycine et le thiosulfil sont preserits.Les malades borvent beaucoup et font fréquemment des cures de mandélamine.Le décubitus ventral pour favoriser le drainage des calices du rein, et l\u2019exercice musculaire des membres supérieurs pour lutter contre l\u2019hyper- calciurie causée par l\u2019ostéoporose d\u2019immobilisation, sont conseillés pour prévenir la Irthiase.BIBLIOGRAPHIE 1.CampBeLL, M., Clinical pædiatric urology.2.Dick, T., The urinary aspects of paraplegia, British J.of U., 24 : 101, (juin) 1952.3.FREEMAN, L., Treatment of paraplegia, J.A.M.A., 140 : 949, (déc.) 1949.4.McLEeLLAN, Neurogenic bladder. INVOLUTION ET PSYCHOSES * par Alphonse PELLETIER et Marcel BOISVERT de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange Malgré l\u2019aspect apparemment chaotique de la vie, l\u2019existence de l\u2019homme trace dans son ensemble une courbe uniforme et cohérente.Celle-ci comprend certains tournants d\u2019importance, desquels dépend sa perfection.Ce sont des époques dans la vie de chaque mdividu.Le dynamisme vital est basé sur l\u2019échange humam : échange constitué de phases réceptrices et de phases distributrices.On pourrait sous cet aspect diviser la vie de tout individu.Aujourd\u2019hui, nous envisageons cette phase du « démon de midi », l\u2019époque de l\u2019âge mûr ou, pour parler biologiquement, l\u2019âge de l\u2019imvolution.La femme de quarante ans et l\u2019homme de la cmquantaine sont parvenus au faite, au sommet de leur productivité.Il y a récapitulation, bilan de l\u2019actif et du passif.Orientés à produire et à se produire depuis toujours, voici que sonne un autre appel.Leur monde est ce qu\u2019ils l\u2019ont fait, et voici qu\u2019une autre génération vient les pousser et exiger leur place.Vont-ils démissionner?Vont-ils se révolter?Voilà le problème.Non, ils ont un autre rôle à Jouer, maintenant que sonne l\u2019heure de la contemplation.Ils dorvent voir autrement ce monde qui fait semblant aujourd\u2019hui de les mépriser.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 6 février 1953. 886 LavaL MÉDICAL Septembre 1953 Tout ceci, pour signaler l\u2019importance d\u2019une phase où l\u2019on n\u2019entre pas de plain-pied.Il faut avoir envie de céder, de déléguer son ambition de produire à ceux qui le réclament.Et donc, il faut être satisfait de sa production externe et interne.Il faut que la vie ait façonné l\u2019unité de la personne, sinon, il y a menace de tempête.Et cette menace est imminente premièrement pour une raison psychologique.Comme le dit Noyes (1), « la suggestion est grande de croire qu\u2019ils (les changement endocriniens) ne sont pas si importants per se que les facteurs psychologiques ».Mais, en second lieu, il y a les processus anatomo-physiologiques de cet âge qui ne sont pas des moindres.Weiss et English (2) affirment « qu\u2019on peut dire que la fonction glandulaire semble donner une impulsion aux processus psychologiques ».L\u2019aspect physique chez la femme surtout, sous l\u2019effet régressif des produits endocriniens disparus, perd de son charme, ce qui entraîne des attitudes nouvelles vis-à-vis d\u2019elle-même.L\u2019époque involutive par excellence montre l\u2019interjeu psychosomatique.Les maladies chroniques, les traumatismes apportent souvent un arrière-goût de déception affaiblissant l\u2019élan vers la dernière étape de la vie.Cette époque serait une adolescence, vue par en haut cette fois.On y retrouve les inquiétudes, l\u2019anxiété, les doutes de cette époque.Seul le thème, la couleur en donne un autre aspect.Les espoirs romantiques des premiers sont remplacés par des déceptions variant de l\u2019incolore au gris-sombre chez les derniers.Le mariage et la vie de famille sont vus beaucoup plus globalement.La société, les gloirres humames ont donné leur valeur beaucoup plus.réaliste que d\u2019anciennes ambitions ; en somme, beaucoup d\u2019illusions disparues.Il reste à poursuivre la route avec le matériel acquis.Et, il y a possibilité pour toutes les tentations.Le choix pour la vie est à renouveler, et cette fois avec le bagage du passé.C\u2019est l\u2019appel vers le rôle de guide, de sage, de sénateur.Mais, de même que les adolescents, qui furent ou se crurent comprimés dans les collèges, peuvent se revenger rendus à l\u2019université, de même l\u2019homme qui n\u2019a pas eu ou cru avoir de chance lorsqu\u2019il pénètre dans cette phase, peut se montrer récalcitrant ou se laisser déprimer.Et la tension pourrait être si forte qu\u2019elle éclaterait en psychose.An i Mn a i Septembre 1953 Lavar MÉpicaL 887 PsyCHOSE D\u2019INVOLUTION Tout le monde sait que « ne fait pas une psychose qui veut ».Cette maladie mentale est l\u2019effet d\u2019un ensemble de facteurs, dont le moindre n\u2019est pas le terrain où elle pousse.Les facteurs héréditaires, traumatiques, toxiques, dégénératifs viennent ajouter leurs composantes.La psychose d\u2019involution est un syndrome mental apparaissant à l\u2019âge du climatère, chez une personne auparavant saine d\u2019esprit.Strecker (3) mentionne qu\u2019elle arrive trois fois plus souvent chez la femme que chez l\u2019homme.La forme ordinaire en est la mélancolie.On observe occasionnellement la forme paranoïde.Mais, toute femme passe par le climatère et quelques-unes seulement plongent dans la psychose.Ceci ne fut pas sans attirer l\u2019attention des chercheurs.Kirby (4) a été le premier à identifier ce syndrome, au début du siècle, car Kræpelin et Dreyfuss l\u2019assimilaient à la manie dépressive.Strecker, Henderson et Gillespie, ont adopté l\u2019opinion de Kirby.L\u2019étude biologique de cette phase a été poussée à fond, mais les résultats pratiques et théoriques sont encore attendus.Aujourd\u2019hui, tous les auteurs s\u2019entendent pour affirmer que le terrain est le facteur primordial du déclenchement de cette psychose.Même l\u2019endocrinologiste Paul Abely (5), parlant du « bouleversement global hormonal, par la disparition de la folliculine », affirme l\u2019importance primordiale du terrain.A ce sujet, Noyes est le premier à faire allusion à une personnalité sous-jacente spéciale à cette psychose.Il en a fait part au docteur Titley, de New-York, lequel, en 1936 (6), a recherché en profondeur les caractères de personnalité.Il en établit quinze notes principales.Depuis ce temps, tous les auteurs sont d\u2019accord pour reconnaître le prédisposé à la psychose d\u2019imvolution par sa personnalité.Nous allons vous la décrire d\u2019après Noyes (7) et le docteur Titley.Personnage inhibé, écrasé, toujours de l\u2019avis des autres.Isolé, il ne se fait pas d\u2019amis et, d\u2019ailleurs, la rigidité de sa morale, sa méticulosité, son intolérance les éloignent.C\u2019est l\u2019inquiet chronique qu\u2019une bonne blague ne peut dérider.Entêté dans ses idées, il est tout de même porté à se déprécier.Toujours indécis, 1l souffre d\u2019un sentiment de culpabilité.Il est prude et sa vie sexuelle est madéquate ou pauvrement ajustée. 888 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 En somme, Il est excessivement sensible à l\u2019estime qu\u2019il se porte à lui-même.Craintif et rigide, il vit au-dedans de lui-même.« La personnalité normale a une tendance constante à unir et harmoniser le système des idées qui la font vivre.Ces problèmes psychologiques ne se produisent que lorsqu\u2019une personne ne peut se débarrasser de ses inconsistances », résume Prescott Lecky dans une étude sur la personnalité (7).Or, comment cette personnalité compulsionnelle, arrivant à la ménopause, âge critique par excellence, avec la composante physiologique déficitaire, pourra-t-elle garder une consistance adéquate et, partant, demeurer normale?Surtout, lorsqu\u2019arrivent des facteurs de violence importants dans le déroulement de son existence : difficultés fmancières, familiales, sociales, deuils, etc.La forme de psychose d\u2019involution la plus fréquente est la dépression.Nous allons l\u2019étudier plus en détail, puis nous parlerons de la forme paranoide.MÉLANCOLIE D\u2019INVOLUTION Définition.État dépressif se produisant à la période du climatère et caractérisé surtout par de la tristesse, de l\u2019anxiété, de l\u2019agitation et des \u2018idées délirantes.Symptomatologie.Les premiers phénomènes apparaissent le plus souvent à l\u2019occasion d\u2019un choc émotionnel, un désastre financier, etc.Vivant sous une tension de plus en plus dense, notre sujet aux énergies dispersées tombe dans des malaises de plus en plus insidieux.Il perd le sommeil et l\u2019appétit.Son travail ne l\u2019intéresse plus.II se tâte le pouls à la journée et se cherche quelque maladie motivant son trouble.II maigrit et devient de plus en plus irritable, grognon.Puis, la vraie dépression s\u2019amorce.L\u2019anxiété domine le tableau : anxiété massive, globale, peu élaborée.I! s\u2019agite et gémit des phrases stéréotypées.Il se prend la tête dans la main ou se la frappe sur les murs.Il s\u2019accuse de fautes extraordmaires, réclamant un supplice infernal.Ses troubles hypochondriaques se rendent jusqu\u2019au délire de négation : il n\u2019a plus de corps, d\u2019estomac, ses poumons se dissolvent, on l\u2019a empoisonné.Parfois, il éprouve des hallucinations terrifiantes : le diable, les damnés, etc.0 in, toy thy ey, Septembre 1953 LavaL MEbpicaL 889 C\u2019est le type de déprimé actif et celui qui, le plus fréquemment, cherchera à exécuter ses idées de suicide.Il faut surveiller les tentatives de récidives, car il y est tenace.Physiquement, ses mains sont cyanosées et froides, son pouls est rapide, sa respiration est brève.Il est constipé et oligurique.L\u2019hypertension et l\u2019hyperglycémie sont fréquentes.DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL La manie dépressive.Cette psychose arrive longtemps avant l\u2019âge du climatère.Il y aura donc une notion d\u2019accès dépressifs antérieurs.La pensée du mélancolique cyclothymique est plus ralentie, de même que son comportement.Son anxiété est momms gémissante, plus rentrée.La présentation des idées délirantes se ressemble sensiblement dans ces deux formes de psychose.F ~ Enfin, les personnalités sont complétement différentes : le cyclothymique est un extrovert.L\u2019artério-sclérose cérébrale est accompagnée, lorsqu\u2019il y a dépression, d\u2019une fatigabilité mentale avec simple retard de la compréhension.Légère diminution de la mémoire et de l\u2019initiative.La tristesse est moins profonde et soutenue.On trouve tous les signes physiques ordinaires à cette maladie dégénérative.La névrose d\u2019angoisse.La dépression est alliée à d\u2019autres signes névrotiques.Elle se produit par paroxysmes et, entre chacun, les changements affectifs se contmuent.L'intérêt pour le monde est conservé.On n\u2019observe pas d\u2019hallucmations, ni d\u2019idées délirantes.INVOLUTION ET PSYCHOSE PARANOIDE Palmer et Sherman (8) ont fait une étude détaillée des symptômes de cent cas de mélancolie d\u2019involution et ont trouvé dans cmquante-six pour cent des cas des éléments paranoïdes : méfiance, idées de persécution, etc.La forme paranoïde exclusive est reconnue aujourd\u2019hui.Noyes la décrit dans son traité.Le patient en est à sa première psychose lui aussi.On retrouve la même personnalité que celle décrite plus haut.Mais il s\u2019exprime (6) 890 Lavar MéDicaL Septembre 1953 autrement : au lieu de se déprécier, il accuse les autres.Obstiné, jaloux et rancunier, il est malheureux et toujours méfiant, critiqueur.Son délire se caractérise par un seul thème bien organisé.Le pronostic est peu favorable.TRAITEMENT 1.Hospitalisation et surveillance étroite, constante, à cause du suicide possible.Tous les auteurs insistent sur ce point.2.Convulsivothérapie.Traitement par excellence pour la forme dépressive ; on obtient des résultats excellents dans une bonne majorité des cas.En somme, ils se comportent ici comme les maniaques dépressifs.Les rechutes sont possibles, mais le traitement reste toujours efficace.Kalinowsky (9) insiste pour dire que les malades ayant une teinte paranoïde guérissent moins vite, soit avec vingt traitements, et que la proportion de guérison est moms grande (43,7 pour cent).La forme paranoide pure est pratiquement incurable.3.Traitement physique intense à cause de l\u2019amaigrissement et la déshydratation ordimaire.4.Psychothérapie.Toutes les opinions s\u2019en mêlent.Paul Abely (5) msiste beaucoup à ce sujet.Strecker propose une suggestion forte et continue dés le début, mais rien en profondeur, du moins en phase aiguë.Henderson et Gillespie (12) donnent la même opinion.En somme, l\u2019ensemble des auteurs proposent un traitement actif très intense, et somatique et psycho ogique.L\u2019hydrothérapie ne trouve pas la même taveur partout, à cause de l\u2019agitation et de l\u2019anxiété.ProNosT1IC La mélancolie d\u2019involution s\u2019allie souvent à d\u2019autres syndromes mentaux.Les critères principaux de pronostic sont ceux-ci : a) Plus la personnalité est rigide, moins la guérison sera complète ; b) L\u2019existence d\u2019une forte psychasthénie antérieure réduit également l\u2019espoir de guérison.LR a Septembre 1953 Lavar MÉDicAL 891 Ces éléments pronostics valaient aussi avant l\u2019électro-choc, car la dépression pure est un syndrome affectif qui finit par s\u2019user et évoluer vers la guérison.PROPHYLAXIE Pour le patient lui-même, il doit suivre une hygiène qui convienne à son âge.Hygiène qui tienne compte du ralentissement physiologique et de l\u2019usure organique.Toute psychothérapie devra tendre à assouplir cette personnalité un peu trop « calcifiée », à lui redonner une certaine indépendance et de la souplesse d\u2019esprit.Mais, puisque la personnalité semble, à l\u2019heure actuelle, être un facteur de première importance dans la génèse de cette psychose, c\u2019est donc à la prévention qu\u2019il faut s\u2019attacher.Prévention par une connaissance plus approfondie des facteurs dynamiques du caractère, en insistant sur les phases où la personne est en voie de se créer une mentalité, des habitudes, afin de la garder souple et adaptable à elle-même et à toute la société.BIBLIOGRAPHIE 1.Noves, Modern Clinical Psychiatry, Saunders, 3° éd.Weiss et EncrisH, Psycho-somatic Medicine, p.254.Cité par No Heléne Deutsch, dans Psychologie de la femme, tome 11, p.392.STRECKER, Fundamentals of Psychiatry.Kirky, State Hospital Bulletin, 1 : 459, 1908-1909.Cité par TrTLEY.ABELY, Paul, L\u2019anxiété, Masson, 1947.TriTLEY, Presychotic personality of patients with involitional melan- colia, Arch.Neuro-Psy., 36 : 1933, 1936.7.Prescott, Lecky, Self consistency, a theory of personality, Island Press, New-York, 1945, 8.Parmer et SHERMAN, The imvolutional melancolia process, Arch.Neuro-Psy., 40 : 762-788, 1938.9.Karinowsky, Electric convulsive therapy, Arch.Neuro-Psy., 50 : 655, 1943.| Os a y MÉTASTASES CÉRÉBRALES ET PULMONAIRES D\u2019UNE TUMEUR DE GRAWITZ * par G.~-H.LARUE et J.TELLIER de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange Le 21 mars 1952, arrivait dans notre Service E.R., âgé de soixante- quatorze ans, qui présentait des troubles mentaux depuis un mois environ, Depuis la mort de son épouse, arrivée quelques semaines auparavant, EF.R.était devenu excité, agité, logorrhéique, distrait, mcohérent, désorienté et n\u2019avait plus aucune activité pragmatique normale.Les renseignements obtenus à l\u2019entrée ne donnaient aucune précision ; on ignorait tout des antécédents héréditaires et personnels du malade, et notre patient n\u2019était pas en état de nous éclairer sur les particularités de son anamnèse.Dès l\u2019arrivée et dans les jours qui suivent, Il est soumis aux examens de routine.EXAMEN CLINIQUE L\u2019apparence générale est assez bonne ; nous sommes en face d\u2019un homme de soixante-quatorze ans qui est un peu maigre, mais qui, par ailleurs, n\u2019offre pas d\u2019autres particularités à l\u2019inspection.Du côté oto-rhino-laryngologique et ophtalmologique, tout est normal.L\u2019examen du système respiratoire est difficile à apprécier en raison de l\u2019agrtation du malade.Le cœur est rapide, régulier et assez stable ; il y a un léger souffle systolique à la pointe.La pression artérielle est de 185/105 ; * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 6 février 1953.= \u2014_\u2014 se oo p Septembre 1953 LavaL MéDicaL 893 l\u2019aorte est élargie, déroulée et le siège de calcifications.Les artères radiales sont rigides et en trachée de poulet.L\u2019abdomen est souple, tonique ; on n\u2019y trouve aucun point douloureux ni aucune masse palpable.Le toucher rectal est négatif.Le système génito-urinaire est sans particularité.L\u2019examen du système nerveux est négatif.EXAMEN BIOLOGIQUE Les urines sont normales ; le Bordet-Wassermann sanguin et du liquide céphalo-rachidien sont négatifs.L\u2019azotémie est à 0 30 g pour mille.A l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien, la tension est de 25/20, I\u2019épreuve de Queckenstedt est positive, l\u2019albumine est à 0.39 g pour mille et on retrouve 2 éléments par mm3.La radiographie pulmonaire montre la présence d\u2019un voile au sommet droit.EXAMEN MENTAL Nous avons tout d\u2019abord la notion d\u2019un début brusque.Le patient est vu et questionné à plusieurs reprises à des intervalles rapprochés et suivis.II fait preuve de désorientation spatiale et temporelle ; 1l est agité, excité, distrait, inattentif, incohérent et logorrhéique.Il est impossible de fixer son attention et on a toutes les peines à lui faire simplement répondre oui ou non.Il a un discours volubile et absurde.L'observation contmue de notre malade montre qu\u2019il est généralement euphorique ; toutefois, durant de courts intervalles, 1l passe facilement du rire aux larmes et émet alors des idées de la série dépressive.Dans l\u2019ensemble, à travers ce tableau confus, il ne semble pas exister une baisse intellectuelle tellement marquée, ni de troubles amnésiques profonds.En face d\u2019une telle symptomatologie du type maniaque, on soupçonne un dérèglement de la sphère thymique qui justifie un traitement à l\u2019électroplexie ; après dix séances, le tableau mental demeurant le même, le traitement est discontmué.DrAGNOSTIC En raison de l\u2019âge du patient, en face des troubles de l\u2019orientation, de la perception et de l\u2019idéation, en raison aussi de l\u2019insuccès à l\u2019électro- 894 LavaL.MÉDicaL Septembre 1953 plexie, le diagnostic de psychose sénile est porté.Comme sous-diagnostic il y a l\u2019artério-sclérose.Les lésions pulmonaires sont soupçonnées d\u2019étiologie bacillaire.ÉVOLUTION DE LA MALADIE Du mois de mars au mois de juin, le tableau mental et physique demeure sensiblement le même : quelquefois, l\u2019agitation devient telle qu\u2019on doit mettre le malade sous contention et en cellule.Durant l\u2019été, l\u2019état général du patient devient moms bon ; cependant, il n\u2019y a aucune symptomatologie particulière autre que celle décrite plus haut ; l\u2019état mental demeure toujours le même.La pression artérielle se maintient auprès de 180/100.L\u2019état pulmonaire, qui, en juin, était superposable à celui de l\u2019arrivée se trouve très modifié à la fin d\u2019août : on constate alors une dissémmation aiguë à forme broncho-pneumonique.La sédimentation est normale cependant (17 mm.) et le patient est afébrile.La recherche des bacilles de Koch est toujours négative.En dépit de cette évolution atypique, on tente la médication à la dihydrostreptomycme, à raison d\u2019un gramme aux deux Jours.Le 20 octobre, brusquement et pour la première fois depuis son hospitalisation, E.R.présente un accident cérébral.On constate des crises de contractions cloniques homolatérales du côté gauche ; ces contractions durent d\u2019une minute & une minute et demie et se répétent plusieurs fois durant la journée.Au moment des crises, la téte est aussi le siège de contractions et dévie vers le côté gauche.Entre les crises, le membre inférieur gauche et le bras gauche sont paralysés et en hypertonie.La seule particularité qui est notée à l\u2019examen neurologique est une réflexivité plus vive du côté droit.Le patient est subcomateux.Selon toute probabilité, la circulation artérielle cérébrale est déficiente et une médication vaso-dilatatrice intense améliore progressivement le malade : il sort de son état comateux, les contractions s\u2019espacent et les mouvements reviennent peu à peu.Au bout de cinq ou six jours, tout est rentré dans l\u2019ordre.Dix Jours après ce premier accident, les crises recommencent, et, cette fois, le côté droit est atteint, la face est déviée vers la droite, le membre inférieur droit est le siège \u201cie Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 895 de contractions cloniques, de type bravais-jacksonnien ; les contractions s\u2019étendent et atteignent le côté gauche.Les crises sont fréquentes et durent de une à deux minutes.Les réflexes sont partout présents, plus marqués du côté droit ; à gauche, il y a un Babinski douteux.Le malade est quadriplégié et en hypertonie.L\u2019état général est mauvais, le malade est inconscient, comateux.La respiration est embarrassée, on observe des râles humides et abondants aux deux plages pulmonaires, les expectorations sont abondantes, épaisses, verdâtres.La médication à l\u2019acétylcholine est intensifiée et, une fois de plus, l\u2019état de la circulation cérébrale s\u2019améliore.Ces accidents ont atteint fortement la résistance générale du malade ; sa nutrition est déficiente, l\u2019état pulmonaire s\u2019aggrave et on trouve des zones de ramollissement aux deux hémi- thorax.Le malade s\u2019achemine vers l\u2019exitus et meurt à la fin de novembre.Les causes de décès sont provisoirement ainsi formulées : « État lacunaire cérébral et ramollissements récents du système extrapyramidal du côté gauche ; probabilité de tuberculose pulmonaire.» L\u2019examen nécropsique allait apporter un nouvel élément de diagnostic.Nous ne rapporterons ici que ce qui est en relation avec le diagnostic.1° Les poumons sont farcis de nodules superficiels et profonds variant de la taille d\u2019un pois à celle d\u2019un œuf de poule ; ces nodules sont de coloration nacrée, de consistance ferme ; toutefois, la pression en fait sourdre une substance caséeuse.Les ganglions lymphatiques thoraciques sont hypertrophiés et ont le même aspect que les nodules pulmonaires.2° Le rein gauche pèse 375 grammes, 1l est hypertrophié et adhère aux formations voisines.A la coupe, il est farci de très nombreux nodules d\u2019aspect identique à ceux décrits aux poumons.En outre, la moitié mférieure du rein est occupée par une masse lobulée, partiellement hémorragique, partiellement nacrée.Presque tout le parenchyme est ainsi détruit.A l\u2019examen histologique, on constate que cette néoplasie est une tumeur de Grawitz.3° Le cerveau est de consistance très molle.On constate une sclérose marquée de l\u2019artère basilaire et des artères cérébrales qui en 896 Lavar.MÉDICAL Septembre 1953 naissent, surtout de la cérébrale moyenne.On note en plusieurs points du cortex, de petites zones arrondies présentant une coloration nacrée dont la taille varie entre cinq et dix mm de diamètre.Elles siègent surtout du côté droit, mais on en trouve aussi quelques-unes à gauche.Après fixation, le cerveau est coupé en tranches vertico-frontales d\u2019avant en arrière.On note une asymétrie ventriculaire : le système ventriculaire gauche est plus grand que celui de droite.La tête du noyau caudé à gauche renferme un foyer nécrotique d\u2019environ emq mm de diamètre ; il semble que ce foyer nécrotique rende compte de la dilatation du ventricule gauche.Ce foyer de nécrose intéresse de façon importante le bras antérieur de la capsule mterne gauche.Antérieurement, ce foyer est cavitaire ; postérieurement, 1l intéresse l\u2019ensemble du pallidum qui apparaît de la moitié du volume de son homologue.A l\u2019examen histologique, ce foyer de nécrose a l\u2019aspect d\u2019un ramollissement vasculaire.L\u2019examen histologique de ces artères cérébrales montre de l\u2019artério-sclérose généralisée.A l\u2019examen macroscopique des tranches de section, on note la présence de nombreux nodules arrondis d\u2019aspect métastatique dont la taille varie de quelques millimètres à deux centimètres de diamètre ; ces nodules siègent surtout dans l\u2019hémisphère droit et surtout dans les deux tiers postérieurs de l\u2019encéphale ; cependant, on en note, de très petite taille, dans les deux lobes frontaux.Au niveau du tiers postérieur de la couche optique, 1l existe un gros nodule néoplasique mesurant un centimètre par un centimètre et demi.Normalement, le malade aurait dû présenter durant l\u2019évolution de sa maladie un syndrome dysesthésique marqué qu\u2019il ne nous pas été donné d\u2019observer.De façon générale, ces métastases siègent à la substance grise et surtout au cortex.Les nodules prédomment aux pôles occipitaux.Les deux hémisphères cérébelleux renferment quelques nodules néoplasiques siégeant au fond des sillons ; par ailleurs, le vermis est intact amsi que le tronc cérébral.L'examen histologique de ces nodules révèle le même aspect que la tumeur rénale primitive et, à l\u2019examen des vaisseaux qui entourent ces nodules, on peut constater que c\u2019est la voie sanguine qui a servi de voie de propagation.\u2014\u2014 ee \u201ces tt Septembre 1953 LavaL MEbicaL 897 Quelles conclusions pratiques pouvons-nous tirer de cet exposé?1° Au point de vue mental.À l\u2019arrivée, il était, nous semble-t-il, logique de penser à un syndrome de type maniaque.En faveur d\u2019un tel diagnostic, il y avait la notion d\u2019un début brusque et, surtout, l\u2019état d\u2019agitation et d\u2019excitation de notre malade ; cependant, l\u2019électroplexie toujours très efficace dans ces états d\u2019agitation \u2014 c\u2019est là une de ses grandes indications \u2014 ne modifia aucunement le tableau mental.D\u2019autre part, il y avait l\u2019état d\u2019artério-sclérose qui pouvait nous faire penser à une psychose consécutive à cet état.Nous avons toujours gardé en réserve cette possibilité étiologique.Les raisons pour lesquelles nous avons porté le diagnostic de psychose sénile sont les suivantes : a) l\u2019âge du patient ; on sait, en effet, que la majorité des psychoses séniles débutent entre soixante-et-dix et quatre-vingts ans ; b) l\u2019état de désorientation spatiale et temporelle, qui était aussi conforme à une telle psychose ; c) la négativité absolue de tous les autres examens.De plus, durant toute l\u2019évolution de la maladie, à l\u2019exception des dernières semaines, les examens sont toujours demeurés sans particularité.Le liquide céphalo-rachidien ne rendait aucunement compte de ce qui se passait au cerveau.Il est toutefois probable que l\u2019électroencéphalo- graphie nous aurait donné des signes de lésions en foyers, mais cet examen n\u2019a pas été fait en raison de l\u2019agitation du malade.Les accidents des derniers instants et la médication vaso-dilatatrice efficace ne semblaient pas laisser de doute quant à l\u2019origme artério-scléreuse.2° Au point de vue pulmonaire.L\u2019image radiologique des deux premiers films était très comparable à celle de lésions pulmonaires bacillaires.Bien que l\u2019image des derniers films nous laissait assez perplexes, le malade expectorait continuellement des crachats abondants et verdâtres qui ressemblaient à s\u2019y méprendre aux crachats des tuberculeux.Le rapport histologique des coupes du cerveau attribue autant l\u2019état de déficience mentale à l\u2019insuffisance de la circulation cérébrale qu\u2019à la présence de nodules métastatiques.Toutefois, 1l semble logique de croire que les métastases du début ont possiblement déclenché cet état de démence organique. LE TRAITEMENT DE L\u2019ALCOOLISME PAR LES EXTRAITS CORTICAUX DE LA SURRÉNALE! par Y.ROULEAU et D.BÉDARD de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange Des auteurs américains, notamment Smith, Lovell et Tintera, ont récemment proposé une nouvelle théorie de l\u2019alcoolisme qui expliquerait les manifestations pathologiques aiguës rencontrées dans cette affection et, plus audacieusement, la toxicomanie alcoolique elle-même.Avec de multiples arguments cliniques et biologiques, ils soutiennent, en effet, l\u2019existence d\u2019une msuffisance corticale de la surrénale, laquelle serait fondamentale.Cette théorie, même s\u2019il est encore trop tôt pour juger de son bien-fondé, doit néanmoins retenir notre attention, en raison de son ampleur, de certams succès thérapeutiques auxquels, déjà, elle a donné lieu et, du fait qu\u2019en l\u2019occurrence même d\u2019un désaveu ultérieur, elle constituerait néanmoins un apport scientifique de plus au problème de l\u2019alcoolisme.ExPosÉ DE CETTE THÉORIE Afin de mettre en évidence cette insuffisance corticale de la surrénale chez l\u2019alcoolique, les auteurs ont soumis leurs patients en sevrage aux épreuves suivantes : glycémie, azotémie, chlorurémie, natrémie, kalié- * Présenté À la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 6 février 1953. Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 899 mie, cholestérolémie, lipémie, acide ascorbique plasmatique, 17-kéto- stéroïdes urinaires, créatinurie, lymphocytose, hyperglycémie provoquée, hématocrite.Vu à travers ces épreuves biochimiques, l\u2019alcoolisme aigu leur est apparu très apparenté à l\u2019addisonisme.Ils voient d\u2019ailleurs une similitude d\u2019ordre clinique entre le delirium tremens et la crise addiso- nienne.Dans ces deux états, qui sont parfois le stade terminal respectivement de l\u2019alcoolisme aigu et de l\u2019insuffisance de la corticosurrénale, les nausées et les vomissements sont de règle, la tension artérielle est basse et le pouls petit.Que l\u2019exitus s\u2019annonce mévitable, apparaîtront alors l\u2019hyperthermie, la tachycardie et la tachypnée.Mais le principal argument des auteurs est sans contredit les succès thérapeutiques qu\u2019ils accordent aux extraits cortico-surrénaliens (ACE et Eschatm).En effet, à l\u2019aide de cette médication, ils ont vu régresser les symptômes avec une rapidité que, jusqu\u2019alors, avec le traitement habituel, ils n\u2019avaient que très rarement observée.Quant aux épreuves de laboratoire pratiquées en cours de traitement, les auteurs n\u2019en font à peu près pas mention.Les auteurs ont même étendu leurs investigations biologiques aux alcooliques chroniques avec des résultats de laboratoire qui, pour être IcI moins probants, n\u2019en indiquent pas moins la possibilité d\u2019une insuffisance corticosurrénalienne.Ils ont de plus remarqué chez l\u2019alcoolique chronique certains traits caractériels psychiques et physiques, comme l\u2019immaturité émotionnelle, la crainte des responsabilités, la fragilité de l\u2019hétérosexualité et la disposition féminoide du système pileux, dont l\u2019ensemble constitue une explication psychobiologique de l\u2019alcoolisme fondée sur l\u2019hypoactivité corticosurrénalienne.On sait, par ailleurs, que l\u2019élimmation urmaire des 17-kétostéroïdes provient, chez l\u2019homme, simultanément des stéroïdes corticaux et testiculaires dans la proportion de deux à un alors que, chez la femme, elle est exclusivement d\u2019origine corticale.Il est intéressant de noter que, d\u2019après des dosages effectués par les auteurs précités sur plus de mille sujets mâles alcooliques, ce rapport est très souvent perturbé.Les accidents secondaires de l\u2019alcoolisme, quoique n\u2019ayant pas fait l\u2019objet d\u2019une étude particulière, n\u2019échappent néanmoins pas à l\u2019attention des auteurs.Lovell et Tintera signalent, pour leur part, que l\u2019infiltration 900 LavaL MEbicaL Septembre 1953 graisseuse hépatique traduit un état hypoglycémique quasi permanent et secondaire à un épuisement corticosurrénalien.Le foie ainsi touché dans sa physiologie « is unable to detoxify circulating estrogens with resultant loss of body hair and signs of feminism appearing in the chronic alcoholic male ».Les auteurs ont en outre tenté de démontrer que cette insuffisance corticosurrénalienne serait secondaire a une perturbation hypophysaire, en s\u2019appuyant sur les résultats cliniques obtenus avec l\u2019emploi de l'ACTH dans le delirium tremens.Les mêmes auteurs n\u2019ont même pas oublié de faire intervenir l\u2019hypothalamus pour expliquer l\u2019insomnie et l\u2019ano- rexie.Selon Smith, la perturbation endocrinienne précéderait l\u2019alcoolisme tandis que, selon Lovell et Tintera, si, chez certains sujets, l\u2019insuffisance corticosurrénalienne semble être la rançon de l\u2019abus d\u2019alcool, chez d\u2019autres, l\u2019alcoolisme serait plutôt le refuge d\u2019un état déjà hypocortico- surénalien qui, lorsqu\u2019il n\u2019est pas constitutionnel, serait consécutif à une inaptitude acquise à répondre à des situations « stressantes ».De plus, ces derniers auteurs émettent l\u2019hypothèse que les besoms irrésistibles de boire de l\u2019alcoolique coïncident avec une chute brusque de la glycémie.Leur essais thérapeutiques de l\u2019alcoolomanie sont cependant exceptionnels et d\u2019autant moins éloquents que, chaque fois, ils ont pris soin de confier leurs patients à la Société des alcooliques anonymes dont 1ls vantent les mérites.ExPÉRIENCES PERSONNELLES AVEC LES EXTRAITS CORTICOSURRÉNALIENS À la suite des résultats optimistes des auteurs, nous avons tenté l\u2019emploi des extraits corticosurrénaliens (ACE et Eschatin) dans le traitement de l\u2019alcoolisme aigu.Nos observations préliminaires portent Sur onze Cas.Première observation : Un homme, âgé de trente-deux ans, est hospitalisé après un accident d\u2019automobile : l\u2019alcoolisme n\u2019est pas avoué.Après trois Jours, on remar- Septembre 1953 Lavar MÉpicaL 901 que de l\u2019insomnie, une anxiété marquée, une transpiration profuse, un pouls rapide, et du tremblement des extrémités, En chirurgie, on pense à un choc.Au quatrième jour, apparaissent des hallucinations visuelles dont le patient est conscient : 1l voit des chevaux dans sa chambre et passe la nuit à les pourchasser.Une consultation en psychiatrie est demandée.Devant ce tableau, nous émettons la possibilité d\u2019une psychose hallucmatoire d\u2019origme alcoolique, malgré les protestations du patient et de sa femme.Nous demandons de le traiter comme un alcoolique et prescrivons de l\u2019Eschatin aqueux (dix cm3, intraveineux) aux six heures pendant vingt-quatre heures, à compléter par une préparation huileuse d\u2019ACE (quatre cm3 aux douze heures).Au bout de vingt-quatre heures, le patient est calme, sans tremblements, ni transpiration ; les hallucinations ont disparu.Au bout de deux Jours, le sommeil était parfait.Par la suite, l\u2019alcoolisme fut découvert, le silence ayant été motivé par des réclamations d\u2019assurance.Deuxième observation : Il s\u2019agit d\u2019un homme de cinquante-cing ans, alcoolique chronique, qui, depuis six ans, ne passe pas six mois sans prendre une « cuite ».Il est toujours conduit à l\u2019hôpital dans un état d\u2019ivresse avancée.Avant l\u2019an dernier, il avait toujours été traité de façon classique (strychnine : un quinzième de grain aux trois heures, soluté mixte et vitamine B).En janvier 1952, pour la première fois, il reçoit de l\u2019Eschatin aqueux.Il se sent très bien après vingt-quatre heures, sans anxiété ; 1l conserve encore un léger tremblement et un peu d\u2019insomnie, mais déclare qu\u2019il se sent moins affaissé qu\u2019au cours des traitements précédents.Après quarante-huit heures, il est complètement remis.Il déclare préférer ce traitement parce qu\u2019il se sent plus « vigoureux ».Habituellement, il demeurait affaissé pendant cinq ou six jours.Cependant, il n\u2019a pas observe d\u2019effet plus marqué sur le tremblement et l\u2019insomnie avec cette médication qu\u2019avec la strychnine.Les neuf autres observations sont semblables.Les patients ont remarqué surtout que ce mode de désintoxication était aussi efficace que la cure classique avec, peut-être comme avantage, la disparition plus rapide des sensations de lassitude et d\u2019affaisser ent usuels. 902 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 APPRÉCIATION Il est évidemment trop tôt pour se faire une opinion définitive sur la valeur de cette nouvelle théorie de l\u2019alcoolisme.Qu\u2019on nous permette seulement de souligner certains points et de livrer quelques impressions.L\u2019engouement présent de la médecine à l\u2019égard de l\u2019endocrinologie qui, pourtant, à la lumière des dernières acquisitions scientifiques, se révèle encore plus complexe qu\u2019on le croyait, a conduit les auteurs à l\u2019élaboration hâtive d\u2019une théorie, qui n\u2019est que partiellement véridique et outrepasse les conclusions que l\u2019on peut tirer des arguments qu\u2019ils présentent.Il semble que, dans un premier pas, l\u2019emploi quasi universel de l'ACTH et de la cortisone a conduit les auteurs à des essais thérapeutiques qu\u2019ils considèrent facilement fructueux et décisifs, et que, dans un second pas, ils ralliérent tant bien que mal les arguments cliniques et biologiques.Nous convenons de l\u2019efficacité de ce nouveau procédé thérapeutique des accidents aigus de l\u2019alcoolisme et la croyons quasi superposable aux traitements classiques.En effet, tous nos patients ont été soumis à un sevrage brusque et n\u2019ont reçu que des extraits de cortico-surrénale.Les troubles sont disparus dans un intervalle de 48 à 72 heures.Mais il reste que le critère thérapeutique, en matière d\u2019alcoolisme aigu, est peu probant.L'action thérapeutique demeure facilement discutable et difficilement « dosable » en raison d\u2019une évolution capricieuse d\u2019une maladie, où des rémissions spontanées, voire même spectaculaires, quoique rares, se produiserit en l\u2019absence de tout geste thérapeutique.D'ailleurs, parmi Jes médicaments usuels utilisés, figure une substance antagoniste des extraits corticaux de la surrénale, l\u2019insulme, que Tillim, emploie à doses précomateuses et avec grand succès.Par ailleurs, nous l\u2019avons vu, les essais de cure de l\u2019habitude alcoolique ne sont nullement concluants.Sackler et autres ont observé que histamine, autre substance antagoniste, réduit la « soif alcoolique », il est vrai, chez des schizophrènes.L\u2019hypocorticisme de ces auteurs limite considérablement l\u2019ampleur de la présente théorie.Là où l\u2019insuffisance endocrinienne explique les manifestations pathologiques de l\u2019alcoolisme et la possibilité de leur traitement, elle ne rend pas compte de l\u2019alcoolomanie et de ses chances Septembre 1953 Lavar MÉDICAL 903 de rémission, complète ou non, sous l\u2019imfluence de la thérapeutique préconisée (ACE et Eschatim), et réciproquement.I! est difficile de concilier de façon objective la crise d\u2019insuffisance surrénalienne de l\u2019addisonien et le delirium tremens.Bien que cliniquement, de prime abord, on remarque certaines analogies, on ne rencontre pas toujours l\u2019hyperthermie terminale chez l\u2019addisonien, et la tachypnée et la tachycardie ne sont pas spécifiques de ces états.La contre-preuve « expérimentale », c\u2019est-à-dire, l\u2019investigation biologique post-thérapeutique est pratiquement absente et tous les arguments ne sont appuyés tout au plus que sur des statistiques extrêmement pauvres.Rappelons enfin que les résultats des épreuves de laboratoire, s\u2019ils sont faciles de lecture, demeurent toujours d\u2019une interprétation délicate.Il faut cependant savoir gré aux auteurs de leur contribution à l\u2019élucidation du problème de l\u2019alcoolisme qui, dans sa complexité et sa diversité, souffre d\u2019être réduit à un unique déficit.BIBLIOGRAPHIE 1.Loweur, H.W., et TINTERA, J.W., Hypoadrenocorticism in alcoholism and drug addiction, Geriatrics, 1 : (janvier-février), 1951.2.SACKLER, R., SAckLER, M., MarTI-IBANEZ, F., Co-TUI, et SACKLER, A., On tolerance to and graviag for alcohol in histamme-treated schizophrenics, The Psychiatric Quaterly, (oct.) 1952.3.SMITH, James J., The endocrine basis and hormonal therapy of alcoholism, New-York State J.of Med., 50 : (15 juillet), 1950.4.SMITH, James J., A medical approach to problem drinking, Quartely J.of Studies on Alcohol, 10 : (septembre), 1949.SMITH, James J., The treatment of acute alcoholic states with ACTH, Quarterly J.of Studies on Alcohol, 11 : (juin), 1950.6.TILLIM, S.J., Acute alcoholism treated with imsulm, Am.J.Psychiat., 101 : 396, (nov.) 1944.7.TiLL1M, S.J., Acute alcoholism in mental patients treated with insulin, Am.J.Psvchiat., 104 : 576, (mars) 1948.J) ENFILEMENT CRURO-ABDOMINAL PAR UN BATON DE SKI * par Florian TREMPE de l\u2019Hôpital du Saint-Saccrement L\u2019étrange accident que nous rapportons ici se passe de longs commentaires avec le dessin et la photographie que nous reproduisons.Deux petites sœurs, dont la plus jeune est âgée de 7 ans, décident à la fin d\u2019un après-midi de ski de faire du toboggan sur deux skis mis un à côté de l\u2019autre, tel qu\u2019illustré par le dessin.La côte qu\u2019elles doivent descendre est assez abrupte et elles prennent rapidement de la vitesse.La plus jeune, Lise, laisse trainer un de ses bâtons de ski dans le bas du futur trajet de leur toboggan improvisé ; ce bâton a la pointe tournée vers le haut de la côte et le dessin fait voir de quelle façon la pointe du bâton va accrocher le pantalon de ski de Lise.Sous cet accrochage, le bâton se relève et son autre extrémité pique solidement dans le sol.Le bâton reste là et Lise continue par la vitesse acquise ; c\u2019est le bâton qui l\u2019arrêtera, mais après lui avoir traversé la cuisse, être ressorti de quelques pouces à la région ingumale, et avoir pénétré dans la paroi abdommale pour y effectuer un trajet de quatre ou cinq pouces ; enfin il perfore le péritoine et entre dans la cavité abdommale sur une longueur , * Présenté à la Socièté médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 20 février 1953. Septembre 1953 Lavar MÉpicaL 905 de plus de trois pouces.Le bout est resté coiffé d\u2019une rondelle de pantalon taillée à l\u2019emporte-pièce au passage.On imagine la force de pénétration mise en œuvre pour qu\u2019un bâton uniquement en bois, à extrémité mousse, traverse trois fois la peau, après s\u2019être débarrassé de sa large roulette et avoir replié, comme si rien n\u2019était, le clou fixant cette roulette et, tout cela, sans que le bâton ne se brise.Et c\u2019est amsi enfilée qu\u2019on la transporte à l\u2019hôpital ; elle ne souffre aucunement, n\u2019est pas en état de choc et ne perd aucune goutte de sang : le bâton est tellement serré dans les tissus qu\u2019il fait une hémostase parfaite.Figure 1.B Nous scions le baton a la région inguinale pour pouvoir nous occuper d\u2019abord du bout abdominal, que nous extrayons a ciel ouvert, car nous ne pouvons risquer aucune traction ; le clou qui fixait la roulette est accroché dans les muscles de la paroi comme un hamegon.Par \"orifice péritonéal, nous constatons que rien ne semble avoir été blessé dans l\u2019abdomen ; rien ne saigne et la rondelle de pantalon est encore au bout du bâton ; on referme, plan par plan, sans drainage.On procède de la même façon à la cuisse, où l\u2019on constate qu\u2019aucun muscle n\u2019a été attemnt ; le bâton a glissé respectueusement entre les (7) 906 LavaL MÉDICAL Septembre 1953 masses musculaires de la région antérieure de la cuisse et les vaisseaux fémoraux.Les suites opératoires, avec l\u2019aide des antibiotiques et du fait que l\u2019mtervention eut lieu dans l\u2019heure qui a suivi l\u2019accident, ne présentent rien de particulier.Comme vous pouvez le constater, il s\u2019agit d\u2019un accident par un accessoire de ski, mais en ne faisant pas de ski, à proprement parler ; c\u2019est même ce qui nous a rendu perplexe pendant longtemps, car nous ne pouvions pas nous expliquer qu\u2019un tel accident puisse arriver à une petite fille de sept ans, en faisant du ski.Ce n\u2019est que lorsque les deux petites sœurs ont fini par raconter leur aventure que tout s\u2019est expliqué et cet aveu n\u2019est venu que lorsque la petite victime a été revenue à la maison, c\u2019est-à-dire bien hors de danger ; même à cet Age, ces demoiselles s\u2019habitualent déjà à garder leurs petits secrets de femmes.N.B.La photographie est due au talent de notre photographe, Monsieur Giguère ; le dessin reconstituant la scène de l\u2019accident, œuvre du père de la victime, a été retouché par M.Giguère. INTOXICATION SALICYLÉE GRAVE CHEZ UN ENFANT * (Présentation d\u2019un cas) par Roland THIBODEAU, Guy NADEAU et Jacques BRUNET de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement L\u2019admmistration de salicylates n\u2019est ordinairement accompagnée d\u2019aucun trouble sérieux, mais chez certains individus plus sensibles, des réactions graves peuvent survenir.Le plus toxique des produits salicylés est le salicylate de méthyle (wintergreen) qui peut être ingéré accidentellement ou dans un but de suicide.On rapporte dans la littérature quatre-vingts morts, consécutives à l\u2019ingestion de ce salicylate (1).La dose léthale est parfois mmime.Les autres salicylates sont aussi toxiques et peuvent entraîner la mort.Dans la littérature des dernières années, on rapporte de nombreux cas d\u2019empoisonnement au salicylate de soude (2) et à l\u2019acide acétylsalicylique (3, 4 et 5).La dose toxique est très variable et, chez certains enfants, des doses usuelles ont entraîné un empoisonnement sérieux.Comme l\u2019emploi du salicylate est très répandu dans la thérapeutique courante, il est important de connaître l\u2019aspect clinique de ce genre d\u2019intoxication.On pourra ainsi instituer un traitement rapide et efficace qui réduira la gravité des accidents., * Présenté à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, le 20 février 1953. 908 Lava\u2026 MÉDicaL Septembre 1953 Nous rappertons ici le cas d\u2019une jeune patiente amenée de l\u2019extérieur en état d\u2019intoxication grave au salicylate de soude, à la suite d\u2019un traitement pour rhumatisme articulaire aigu.HISTOIRE DU cas Mademoiselle S.B., âgée de sept ans, est admise à l\u2019hôpital, le 17 Janvier 1953, à 5 heures a.m., sur chaise roulante.La mère nous raconte que l\u2019enfant a toujours eu une excellente santé ; on ne retrouve aucun antécédent pathologique chez elle.A Noël, l\u2019enfant a présenté un léger état fébrile, sans autre symptôme.Tout est entré dans l\u2019ordre après quelques jours.Le 11 Janvier, l\u2019enfant fait une nouvelle poussée de température, cette fois accompagnée de douleurs, de rougeur et de gonflement de la cheville gauche.Cet état persiste jusqu\u2019au jeudi, 15 janvier, sans changement appréciable.Dans la nuit de jeudi, l\u2019enfant commence à présenter des signes d\u2019agitation ; elle ne dort pas de la nuit, a des gestes désordonnés et des paroles incohérentes.Le lendemain, l\u2019agitation diminue, mais la respiration devient rapide et l\u2019état général mauvais.Le même soir, soit vendredi, l\u2019enfant a un épistaxis abondant et le médecin conseille alors son transport à l\u2019hôpital.Examen physique.À l\u2019arrivée, l\u2019aspect général de l\u2019enfant est très mauvais.Elle est angoissée et affaissée.Son facies est pâle, le teint cireux, les yeux cernés et hagards.Il y a battement des ailes du nez.La respiration est facile mais très rapide : une véritable tachypnée.Il n\u2019y a pas de cyanose.L\u2019enfant est semi-consciente, calme.Elle répond à certaines questions, mais parle peu et semble épuisée.Le cœur est rapide et régulier, le pouls à 130.La tension artérielle est de 130/80.À l\u2019auscultation, on entend un souffle systolique à la pointe, difficile à percevoir à cause de la respiration rapide et rude.La fréquence respiratoire est de 45 à la minute.Le murmure vésiculaire est rude aux deux plages, mais on n\u2019entend ni râle, ni souffle.La température rectale est de 99°F.à ce moment.Les réflexes sont normaux, L\u2019examen physique complet ne nous donne aucun autre renseignement. Septembre 1953 Lavar' MÉDICAL 909 Examens de laboratoire.Notons qu\u2019à ce moment, nous n\u2019aviohs pas été prévenus que l\u2019enfant avait reçu du salicylate.Tes examens de laboratoire furent donc très utiles, en face dun tel tableau clique.L\u2019examen d\u2019urine révéle des traces d\u2019albumine et de \u2019acétone en quantité abondante (réaction de Rothera) !.La réaction de Gerhardt au perchlo- rure de fer demeure positive, même après ébullition de l\u2019urme, indiquant la présence d\u2019une substance interférente (salicylates, antipyrme, etc.).L\u2019examen microscopique révèle une abondance de cellules épithéliales et de nombreux petits cylindres granuleux.La formule sangume donne 3,125,000 globules rouges, 9,250 globules blancs et 365,000 plaquettes.La sédimentation globulaire est de 110 mm après une heure.La réserve alcaline nous donne le chiffre extrêmement bas de 9 volumes pour cent ou 4 mEq/L.La chlorémie plasmatique est légèrement abaissée : 4,53 pour mille.Un contrôle de la réserve alcaline nous donne des chiffres du même ordre, soit 7 volumes pour cent ou 3 mEq/L.Le pH sanguin est normal, tandis que celui des urines est acide (5,8).Evolution et traitement.Après avoir porté le diagnostic d\u2019acido- cétose d\u2019origine inconnue, probablement toxique, nous imstituons la thérapeutique suivante.En raison d\u2019une chlorémie sensiblement normale, l\u2019enfant reçoit 500 cm3 de lactate de soude, '/, molaire, suivis de 500 cm3 de sérum glucosé à 20 pour cent avec 40 unités d\u2019insuline.L\u2019oxygène à la sonde nasale est installé.Toute la journée du 17, l\u2019état de l\u2019enfant demeure à peu près le même.Nous conservons peu d\u2019espoir de lui sauver la vie.Cependant, le pouls se maintient à 130, la tension artérielle maxima oscille entre 120 et 100, et, le soir, la réserve alcaline grimpe à 33 volumes pour cent.On note aussi une légère amélioration de l\u2019état général.Dans la nuit, l\u2019enfant est très agitée et présente des mouvements convulsifs de tout le corps.Elle est inconsciente et ne répond plus à .AR 1 +4 ey , aucune question.Sa respiration est rapide, irrégulière avec des périodes d\u2019apnée, le pouls rapide et filant, la tension artérielle de 90/25.On lui 1.Les salicylates n\u2019interfèrent pas dans la réaction de Rothera ou de Légal pour l\u2019acétone.On élimine leur interférence dans la réaction de Gerhardt (au perchlorure de fer) pour l\u2019acide diacétique, en répétant cette réaction sur un nouvel échantillon d\u2019urine qu\u2019on a fait préalablement bouillir en présence d\u2019une goutte d\u2019acide nitrique.Si l\u2019urine contient vraiment de l\u2019acide diacétique, et non une substance interférente, comme les salicylates, la réaction est cette fois négative (volatilisation du corps cétonique). 910 Lavar MéDicaL Septembre 1953 admmistre des stimulants cardiaques aux quatre heures.La réserve alcalme est alors à 29 volumes pour cent, la chlorémie est normale et l\u2019enfant reçoit 250 cm3 de sérum glucosé à 20 pour cent.Le lendemain, 18 Janvier, nous apprenons que l\u2019enfant a reçu dans les Jours précédant son entrée à l\u2019hôpital, une médication pour rhumatisme.Une enquête rapide nous révèle que son médecin l\u2019a vue le mardi, 13 Janvier, et a institué un traitement au salicylate de soude.La dose quotitienne, admmistrée par voie orale, a été de six grammes.Devant la persistance du syndrome infectieux, la dose a été portée le troisième jour à neuf grammes, et cela pendant deux jours.La dose totale admmistrée en quatre jours fut donc de trente grammes, et aucun signe d\u2019intolérance gastrique ne s\u2019était manifesté.Le même Jour, la situation s\u2019améliore.L'\u2019enfant est moins agitée et reprend conscience.La respiration est moins rapide, plus régulière, le pouls mieux frappé, la tension artérielle demeure excellente à 100/40.Le facies est encore pâle, mais les lèvres sont mieux colorées et le regard meilleur.Cependant, la température rectale est à 102°F ; le soir elle attemt 105°F.L'apparition de râles sous-crépitants à la base droite avec une diminution du murmure vésiculaire laisse soupçonner une congestion pleuro-pulmonaire.On admmistre 400,000 unités de péni- cillme S-R.La réserve alcaline est montée à 48 volumes pour cent et on donne 1,000 cm3 de sérum mixte dans la journée.Le 19 janvier, l\u2019enfant est moins affaissée, moms somnolente.Sa température rectale est à 102°F, les signes respiratoires sont moins marqués, le pouls est de 120 et bien frappé, l\u2019état général est satisfaisant.Elle commence à s\u2019alimenter légèrement.La réserve alcaline est de 49 volumes pour cent et l\u2019enfant reçoit 500 cm* de sérum mixte.La pénicilline est continuée quelques jours.Par la suite, les progrès sont constants.L\u2019enfant s\u2019éveille, s\u2019intéresse à l\u2019entourage et s\u2019alimente seule.Son facies s\u2019améliore, sa respiration et son pouls se régularisent.L\u2019enfant semble hors de danger.Malheureusement, l\u2019infection rhumatismale continue d\u2019évoluer, malgré l\u2019absence de signes articulaires.Nous n\u2019osons reprendre une médication au salicylate de soude et nous lui admimnistrons plutôt de l\u2019antipyrme à la dose de quatre grammes par jour.Après une quinzaine de jours de ce Septembre 1953 LavaL MépicaL 911 4 5 6 9 12 18 24 30 104 105 TEMPERATURE 103 102 101 iT 100 / ML.~~ lo\u201d o\u201d \\ 0 130 120 LN 9 te POULS 110 TT 100 Not of N © 45 40 9-0, =, 35 25 30 Mo-ofon L! 20 | : et 60 oot 40 50 bebe | LCALINE 30 20 10 J 120 9 o TN 100 80 60 40 20 Ne © iad - GN 1 2 9 12 18 24 30 912 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 traitement, nous voyons la température tomber, le pouls se ralentir et la sédimentation se rapprocher de la normale (voir graphique).Dans quelque temps, la patiente pourra quitter l\u2019hôpital sur pied et il suffira de surveiller les poussées rhumatismales ultérieures.Discussion La diagnostic de l\u2019imtoxication salicylée est souvent difficile à cause de sa rare occurrence.Mais il devient relativement facile, lorsqu\u2019on sait que l\u2019individu a ingéré des salicylates et que l\u2019on retrouve, chez lui, les signes caractéristiques de l\u2019intoxication.Les signes cliniques sont une dyspnée extrême, véritable hyperpnée, qui s\u2019accompagne au début de signes d\u2019agitation (gestes désordonnés, paroles incohérentes, hallucinations auditives et visuelles).Cette phase d\u2019excitation est suivie d\u2019une phase de dépression, de somnolence, qui aboutit à un coma analogue à celui des diabétiques.De plus, 1l existe parfois des manifestations digestives : anorexie, nausées et vomissements.Chez l\u2019enfant, ces signes sont moins fréquents que chez l\u2019adulte et ils peuvent être complètement absents.Un certain degré de déshydratation existe presque toujours.La présence de troubles hémorragiques est habituelle.Le plus souvent ce sont des épistaxis ou du mélæna.Ces signes seront confirmés par le laboratoire, qui nous révèle des changements importants dans l\u2019équilibre acido-basique du sang.C\u2019est là la variation la plus constante dans l\u2019intoxication salicylée chez l\u2019enfant.La réserve alcaline tombe à 30 ou 20 volumes pour cent, parfois plus bas.Le pH sanguin est normal ou légèrement abaissé.La chlorémie est normale ou un peu élevée.L\u2019azotémie demeure habituellement normale.Le temps de prothrombimne est prolongé dans la plupart des cas.L\u2019examen des urines montre la présence d\u2019albumine, une réaction de Rothéra ou de Légal positive et une réaction au perchlorure de fer persistant même après ébullition.L\u2019examen microscopique révèle de nombreux cylindres granuleux.Un autre examen de laboratoire très précieux est le dosage du salicylate dans le sang.Les signes de toxicité apparaissent généralement lorsque la salicylémie est au-dessus i Septembre 1953 LavaL\u2026 MÉDICAL 913 de 32 mg pour cent, bien qu\u2019ils puissent se manifester à un niveau moms élevé chez l\u2019enfant hypersensible.Chez notre patiente, on a pu retrouver la plupart des signes classiques de cette forme d\u2019intoxication : hyperpnée, agitation suivie de somnolence et de coma, chute de la réserve alcaline, acétonurie, albuminurie, etc.Seul le dosage des salicylates dans le sang manque pour compléter le tableau clinique et biologique.Malheureusement nous ignorions qu\u2019elle avait ingéré du salicylate de soude avant son arrivée à l\u2019hôpital.Lorsque nous l\u2019avons appris, :l était trop tard.Car on sait que, normalement, les salicylates disparaissent du plasma dans les quarante-huit heures qui suivent l\u2019arrêt de la médication.Notons cependant que le test au perchlorure de fer, positif après ébullition, mdiquait la présence de salicylates dans l\u2019urime, selon toute probabilité.Nous nous croyons donc Justifiés devant le tableau clinique, l\u2019évolution de la maladie et les signes de laboratoire, de porter le diagnostic d\u2019intoxication grave au salicylate de soude.L\u2019action toxique des salicylates a été définitivement établie en clmique et on a pu l\u2019étudier expérimentalement (2).Mais, malgré les nombreuses hypothèses apportées, son mécanisme demeure obscur.Selon un groupe d\u2019auteurs, dont Johnson (6), Bowen (7), Williams et Pantmg (8), l\u2019acidose entraînant l\u2019hyperpnée serait le facteur principal à l\u2019origine de tous les troubles.Mais ces auteurs apportent peu de preuves à leurs théories et des études expérimentales récentes s\u2019opposent à cette conception.La plus récente théorie est celle proposée par Troll et Menten (1) en 1945, reprise par Erganian (2) en 1947, et généralement acceptée aujour- d\u2019hui.Elle attribue aux salicylates une action toxique propre qui stimule le centre respiratoire et entraîne une hyperventilation.Cette hyperventilation d\u2019origine centrale est suivie d\u2019une alcalose respiratoire, compensée par l\u2019excrétion au niveau du rem de l\u2019excès de bicarbonates.En même temps que cette perte des bases bicarbonatées, il se produit un certain degré de cétose dans l\u2019organisme par déshydratation et augmentation du métabolisme basal.Il s\u2019en suit une déviation de l\u2019équilibre acido-basique du sang vers l\u2019acidose.Un autre facteur qui favorise cette acidose est la frxation d\u2019une certaine quantité de bicarbonates par 914 LavaL MEpicaL Septembre 1953 l\u2019acide salicylique sous forme d\u2019un composé stable.Ces bases ne sont donc plus disponibles pour le maintien de l\u2019équilibre acido-basique.L\u2019acidose est alors progressive et la réserve alcaline peut s\u2019abaisser à 20 volumes ou méme moins.En résumé, nous pouvons dire avec Walker et Fashena (9), qu\u2019il semble que le déséquilibre acido-basique, qui survient dans l\u2019empoisonnement au salicylate de soude, est un phénomène complexe qui résulte de plusieurs facteurs : la stimulation directe de la respiration, l\u2019acidose par fixation des réserves alcalines, la cétose et possiblement d\u2019autres mécanismes moins bien élucidés.Quant aux troubies vasculaires, selon Meyer et Howard (10) et Link (11), Ils seraient dus à l\u2019action directe du composé salicylé, action comparable à celle du dicoumarol, qui entraîne un prolongement du temps de prothrombme.Le traitement de l\u2019intoxication salicylée est simple.Il est de première importance de cesser l\u2019administration du médicament, dès que des signes de toxicité apparaissent.Cette précaution est généralement suffisante.S\u2019il y à perturbation de l\u2019équilibre acido-basique sanguin, on recommande l\u2019administration de lactate de soude, \u2018/, molaire, par voie intravemeuse.On doit y ajouter des solutés glucosés par voile parentérale.Gennes (12) recommande l\u2019emploi d\u2019insuline et de glucose dans le but de faire disparaître la cétose plus rapidement.Les examens de laboratoire (réserve alcaline, pH sanguin, chlorémie) permettent de rétablir les équilibres acido-basiques et aqueux.Ce sont d\u2019ailleurs ces examens qui nous ont permis de traiter adéquatement notre patiente, bien que nous ignorions, au début, l\u2019étiologre du syndrome.Dans l\u2019intoxication salicylée, on doit donner de la vitamine s\u2019il existe un prolongement du temps de prothrombine ou des accidents hémorragiques.On a d\u2019ailleurs suggéré de donner de la vitamine K chaque fois que des doses élevées de salicylates étaient admmistrées (13).Mais Beckman (14) ne croit pas que cette précaution soit nécessaire.RÉSUMÉ Nous avons présenté un cas d\u2019intoxication grave au salicylate de soude chez une enfant, traitée pour rhumatisme articulaire aigu.L\u2019exa- Septembre 1953 Lavar MépicaL 915 men clinique et biologique révèle que la perturbation de l\u2019équilibre acido- basique est la réaction la plus grave et la plus constante de ce genre d\u2019mtoxication.Le rétablissement de cet équilibre fut réalisé, chez notre malade, grâce à des contrôles répétés de laboratoire et par l\u2019admmnistration de lactate de soude, de glucose et d\u2019insulines vA Ww BIBLIOGRAPHIE .TroLL, M.M., et MENTEN, L.M., Am.J.Dis.Child., 69 : 37, 1945.ERGANIAN, J.A., Forges, G.B., et Case, D.M.,, J.Pediat., 30 : 129, 1947.GirLEpsIE, J.B., et Duses, R.E., Am.J.Dis.Child, 71 : 334, 1947.Poirier, R., et CorBET, R., Canad.M.A.J., 67 : 117, 1952.LipMAN, B.L., Krasnorr, S.O., et ScuLEss, R.A., Am.J.Das.Child, 78 : 477, 1940.6.Jounson, C.C., J.A.M.A., 94 : 784, 1930.11.12.13.14, Bowen, B.D., Roura, J.F., et Crincer, O.W., J.A.M.A., 107 : 276, 1936.WirLiams, S.W., et PANTING, R.M., Brit.M.J., 1 : 550, 1937.FASHENA, G.J., et WALKER, J.N., Am.J.Dis.Child, 6 : 1944.MEYER, O.O., et Howarp, B., Proc.Soc.Exptl.Biol.Med., 53 : 234, 1943.Link, K.D., J.Biol.Chem., 147 : 463, 1943.Savy, P., Traité de thérapeutique, tome 111, Masson et Cie, Paris 1948.ÉDITORIAL, J.A.M.A., 124 : 777, 1944.Beckman, J.S., Treatment in general practice, 6° éd., Saunders, Philadelphie, 1948. STREPTOKINASE-STREPTODORNASE ET PLEURÉSIES * par Antoine LARUE de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul Tillett et Gartner, étudiant diverses souches microbiennes, furent les premiers, en 1933, à retirer d\u2019un filtrat de culture de streptocoque hémolytique (groupe A) provenant de toxi-mfections sévères telles que septicémies, péritonites, méningites, scarlatine, etc., certains enzymes extracellulaires susceptibles de lyser rapidement la fibrine du sang humain.STREPTOKINASE Lors de leurs premières recherches, les auteurs désignèrent cet enzyme du nom de « fibrinolysine », mais après avoir analysé davantage son mode d\u2019action, ils remplacèrent ce terme par celui de « strepto- kinase ».En effet, ce produit enzymatique n\u2019agit pas sur la fibrine par lui-même à moms qu\u2019il ne soit au contact d\u2019une euglobine du plasma (plasminogène), normalement mactive dans le sérum sangum.Le plasminogène peut se transformer en plasmine soit spontanément, comme il arrive dans le sang conservé depuis longtemps en bocal, soit sous l\u2019effet * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 20 mars 1953. Septembre 1953 Lavar.MéDicaL 017 de certains médicaments, chloroforme ou épinéphrine ; mais sa transformation est plus rapide sous l\u2019influence de l\u2019enzyme streptokmase à condition toutefois que le pH du milieu soit neutre, la streptokinase étant inactive en milieu acide ou alcalin.STREPTODORNASE Lors de l\u2019expérimentation thérapeutique, on s\u2019aperçut que des injections de concentrés non purifiés de streptokinase pouvaient aussi bien liquéfier les exsudats purulents que la fibrine des caillots sanguins.Î était évident qu\u2019il y avait dans les produits injectés certams facteurs capables d\u2019agir sur les nucléoprotéines (les désoxyribonucléoprotéines constituant jusqu\u2019à soixante-dix pour cent du pus et étant l\u2019élément même de sa viscosité).Sherry et ses associés 1solèrent alors un nouvel enzyme qu\u2019ils nommèrent « streptodornase ».Contrairement à la streptokinase, qui n\u2019agit qu\u2019en présence d\u2019un composant humain, cette streptodornase agit directement sur les nucléoprotémes de déchets, mais n\u2019attaque pas les cellules vivantes, ni leurs constituants.Son action sur le pus est visible macroscopiquement : l\u2019exsudat visqueux se transforme en un produit laiteux très fluide une heure à peme après l\u2019injection.Le phénomène qui survient se résume ainsi : hydrolyse des nucléoprotéines, molécules relativement grosses, en de multiples fragments (nucléosides -et nucléotides) puis, finalement, en purine et pyrimidine.(Voir tableau 1.) PROPRIETES ET REACTIONS La streptokinase et la streptodoraase sont des substances antigéni- ques susceptibles de provoquer dans Porganisme la formation d\u2019anti- enzymes correspondants.Ces antienzymes, d\u2019après Tillet, sont retrouvés à un taux assez élevé chez les patients atteints d\u2019une infection streptococcique grave, mais à un taux plutôt bas chez ceux qui sont mortellement frappés.On peut aussi les doser substantiellement durant un à trois mois chez ceux qui ont recu de la streptokinase et de la streptodornase, mais la quantité d\u2019anti- 918 Lavar MÉDICAL September 1953 TABLEAU 1 Mode d\u2019action de la varidase * sur le coagulum sanguin et le pus.VARIDASE A STREPTOKINASE (10,0000 unités) STREPTODORNASE (25,000 unités) / D£SOXYRIBONUCLEOPROTEINES PLASMINOGENE | (709% du pus) PLASMINE NUCLÉOSIDES NucLEOTIDES LYSE DE LA FIBRINE DU CAILLOT Purine \u2014 PYRIMIDINE * Produit Lederle.enzymes formés n\u2019intervient que très peu si des doses assez fortes d\u2019enzymes sont injectées ultérieurement.L\u2019emploi de la streptokinase et de la streptodornase provoque immédiatement après l\u2019injection et à son maximum d\u2019activité, après vingt-quatre heures, une exsudation sérique contenant beaucoup de polynucléaires vivants.Selon Johnson, qui a étudié particulièrement les réactions de ces substances, l\u2019exsudat pleural, avant l\u2019mjection du médicament, contient des débris cellulaires, alors qu\u2019après l\u2019usage de strepto- kinase et de streptodornase, le pus est envahi par des leucocytes vivants et frais, aucunement lysés et gardant leur pouvoir phagocytaire.Une élévation thermique de 2°F.à 3°F.est aussi possible.On l\u2019explique par la résorption massive et rapide de produits toxiques résultant de la liquéfaction de l\u2019hématome ou du pus en cavité close.Toutefois, cette réaction ne se produit pas si la même quantité de streptokinase et de streptodornase est appliquée sur des surfaces cutanées lors de grandes brûlures, par exemple, ou dans des fistules à drainage facile.Un cas d\u2019urticaire fut signalé sur deux cent cinquante patients traités par le nouvel adjuvant thérapeutique mais cette réaction ne put y être attribuée exclusivement car le malade recevait aussi de la pénicilline.PSE Septembre 1953 Lava.MÉDicaL 919 Une légère élévation de la leucocytose (de 4,000 à 8,000 éléments blancs) se produit dans les vingt-quatre heures qui suivent l\u2019injection, mais tout redevient normal après quarante-huit heures.Toutes les autres réactions possibles, tant du côté sanguin que rénal ou hépatique, ont été éliminées par des tests appropriés.APPLICATIONS La streptokinase et la streptodornase ont été employées seules dans le débridement des brilures, des blessures et des kystes, ou avec des antibiotiques, s\u2019il y avait infection.L\u2019application clinique de la streptokinase seule a donné de bons résultats dans l\u2019hémothorax stérile où la fibrme domine la réaction.Son emploi doit se faire les premiers jours qui suivent l\u2019épanchement sanguin ; en effet, l injection immédiate serait dangereuse car elle risquerait de dissoudre le thrombus bloquant le vaisseau qui vient de saigner, et l\u2019im- jection tardive, inutile, car alors le caillot est trop bien organisé.Enfin, l\u2019association streptokinase-streptodornase dans les épanchements purulents a été des plus favorables.Elle provoque la liquéfaction du pus, rend la phagocytose plus facile et expose les éléments microbiens à l\u2019action des anticorps et des antibiotiques.Des mjections de 100,000 unités de streptokinase et 25,000 unités de streptodornase se font à tous les deux jours.On profite de ce moment pour retirer le plus de liquide possible avant d\u2019introduire les enzymes fraîchement solubilisés.Ces injections varient en nombre suivant les résultats cliniques, radiologiques et bactériologiques.De toute évidence, l\u2019action sur le pus est manifeste dès la première injection : a) de visqueux qu\u2019il était, le pus devient fluide ; b) le culot de centrifugation est différent avant et après la varidase (streptokinase-varidase) ; c) enfin, l\u2019altération chimique des désoxyribonucléoprotémes prouve l\u2019effet hydrolytique du nouveau médicament.Nous avons traité par la streptokinase et la streptodornase à la Crèche Samt-Vincent-de-Paul deux cas de pleurésies purulentes à staphylocoque doré (résistant à la pénicilline-streptomycine, sensible à 920 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 l\u2019auréomycimne, la terramyceme et la lacétracine, chloromycétine) et deux cas de pleurésies séro-purulentes stériles, possiblement de même origme microbienne.Les quatre patients (un de cinq mois et trois de dix-huit mois) ont présenté une histoire clinique (figure 1) semblable pouvant se schématiser comme suit : 1.Phase pharyngée : Toux légère, coryza, bon état général et rougeur marquée du pharynx s\u2019accompagnant d\u2019une température à 103°-104° de durée assez brève (24 à 48 heures).2.Phase apyrétique : La température est normale ; le patient ne manifeste aucun trouble pendant ces deux a quatre jours d\u2019accalmie.3.Phase pulmonaire : Brusque élévation thermique qui atteint 103° à 105°.L'\u2019auscultation décèle des foyers de pneumonie ou de bronchopneumonie produisant des signes fonctionnels marqués : dyspnée intense, toux quinteuse et fréquente, teint gris ou pâleur syncopale, état général alarmant.4.Phase pleurale : Un examen quotidien de nos quatre malades permet de situer les premiers frottements pleuraux entre le deuxième et le septième jour de l\u2019attemte pulmonaire.L\u2019épanchement, appréciable cliniquement et contrôlé par la ponction, survient entre le quatrième et le onzième jour après le début de la phase pulmonaire.La médication tut plutôt variée.Les trois sulfas furent administrés à la phase pharyngée à trois de nos malades ; le quatrième reçut au cours du même épisode, de l\u2019auréomycine et de la chloromycétine.Tous les quatre, dès le début de la phase pulmonaire et durant toute celle-ci, furent traités par de l\u2019auréomycine associée à un autre antibiotique (chloromycétine, terramycine ou pénicilline-streptomyecine).Les liquides retirés étaient vraiment différents d\u2019aspect selon l\u2019identification microbienne.Les deux épanchements qui donnèrent une (8) Phase Phase LL.Phase pulmonaire à apyrétique 2 \u2014 | pharyngée ] 0 -\u2014 Phase pleurale GG] 1quaidag Phase d'épanchement L 104 F- 103 102 SAN 101 TEMPERATURE, en OF TVOIGFIN TVAYT 100 er to.98 fe = he 1 1 8 10 16 18 TEMPS, en jours 126 Graphique 1. 922 LavaL MEbpicaL Septembre 1953 culture à staphylocoque doré, étaient crémeux, épais et la quantité aspirée variait de quelques gouttes à 10 cm\u2019, Quant aux deux autres liquides, de culture restée stérile, mais contenant quatre-vingt-dix-sept pour cent de polynucléaires, 1ls étaient troubles, citrins et coagulaient dans la seringue ou le récipient qui les recevaient.On en retira de 15 à 105 em\u201d.Lors de la phase pleurale, la varidase (streptokinase et strepto- dornase Lederle) fut introduite dans la plèvre à tous les deux jours.Deux injections seulement furent nécessaires, sauf dans un cas de pleurotomie où on administra trois lavages avec varidase à tous les deux jours également.Dans ce cas, dés le premier traitement, la température jusque-là tenace à 102°, tombe à la normale.Deux autres lavages facilitent l\u2019écoulement et permettent la fermeture définitive de la plaie douze jours après l\u2019utilisation de la varidase.Chez Emma, ou il s\u2019agissait d\u2019un pyopneumothorax, la première ponction retira dix cm?\u2019 de pus crémeux et épais.On injecte un vial de varidase (100,000 unités de streptokinase et 25,000 unités de strepto- dornase).Lors de la deuxième ponction, cinquante cm* de pus ayant l\u2019aspect d\u2019une purée de pois sont retirés.La même quantité de varidase est répétée.Une troisième ponction, le onzième jour après le début de l\u2019emploi du nouveau médicament, ne retire plus que deux cm\u201d de liquide séro-purulent.Chez Clarence, cinq jours seulement suffisent à transformer cent cinq cm?de liquide citrin trouble en vingt cm\u2019 de liquide citrin clair.II faut quinze jours pour guérir notre quatrième sujet chez qui l\u2019on retira au début quinze cm?de liquide citrin coagulant.L\u2019emplo: de la varidase détermine lors de la deuxième ponction une évacuation de cent soixante-quinze cm?de liquide jaunâtre.Enfin une deuxième dose de varidase clarifie les cent cinquante-cing cm\u201d formés.CONCLUSIONS Voici les conclusions de nos observations chez nos malades et sur l\u2019évolution de 1a maladie : 1.Augmentation de la cyanose et de la dyspnée, six à sept heures après l\u2019injection de varidase et jusqu\u2019à la ponction suivante ; SE SP PS Septembre 1953 Lavar MÉDICAL 923 2.Liquéfaction et conséquemment augmentation du liquide d\u2019épanchement : 3.Chute en lysis de la température jusque-là insensible aux antibiotiques seuls ; 4.Assèchement rapide (douze Jours) par la varidase dans un cas de pleurotomie alors qu\u2019antérieurement un drainage complet se serait parfois prolongé pendant des mois ; 5.Aucune infection locale au point d\u2019mjection ni au lieu de pleurotomie ; 6.Aucun effet toxique ou allergique décelé cliniquement.Pour toutes ces raisons, nous croyons que la streptokinase et la streptodornase sont un adjuvant précieux dans les épanchements pleuraux qu\u2019ils permettent de nettoyer en un temps relativement court.Ces pleurésies parapneumoniques à évolution rapide, avec épanchement considérable, nécessitent des ponctions exploratrices précoces et bénéficient d\u2019aspirations rapprochées et répétées au besoin pour éviter au malade que la surabondance de liquide due à l\u2019action de la varidase ne l\u2019expose à une asphyxie ou à une défaillance cardiaque fatale.BIBLIOGRAPHIE 1.CaTHIE, I.A.B., et MacFARLANE, J.C.W., Adjuvants to streptomycin in treating tuberculosis meningitis in children, Lancet, 2 : 784, (16 déc.) 1950.2.GRULER et ELEY, Staphyloccocus pneumonia, in the child in health and disease, p.259-264, Williams ¢» Watkins.3.Swirr, H., Etiology of rheumatic fever, Ann.Int.Med., 31 : 715, 1949, 4.VALLERY-RADpoT, P., Miruiez, P., LArocHe, C., et RENIER, J.-C, Pleurésie purulente aigué traitée par la streptokinase et la streptodornase, Bull.et Mém.Soc.méd.Hôp.Paris, 19-20 : 789, 1951. INFLUENCE DES ANTIBIOTIQUES SUR LA CROISSANCE * par Euclide DÉCHÊNE, F.A.A.P.chef de clinique à la Crèche Saint-Vincent-de-Paul Si la croissance de l\u2019être humamm est régie par certaines lois, dites «lois de la croissance », elle n\u2019en subit pas moins l\u2019influence imdubitable de certams facteurs bien connus tels que l\u2019hérédité, les glandes endocri res, les infections chroniques, certaines conditions sociales, l\u2019alimentation.Nous ne voulons pas vous présenter un cours de biologie mais tout simplement attirer votre attention, avec toutes les restrictions qu\u2019un tel exposé peut comporter, sur un nouveau facteur de variation de la croissance : les antibiotiques.Un antibiotique est une substance produite par un micro-organisme qui arrête la croissance d\u2019un autre micro-organisme.Découlant de cette dernière propriété, nous connaissons le rôle de ces infiniment petits dans la lutte à l\u2019infection.Par quelques cas cliniques, nous exposerons un rôle moms connu de l\u2019antibiotique chez l\u2019homme.Ainsi, R.P.(dossier n° 21054) pèse quatre livres et douze onces à la naissance et son poids demeure stationnaire.Suspectant une syphilis congénitale, nous instituons immédiatement un traitement par la pénicilline, à raison de 400,000 unités par jour pendant dix jours, soit une dose totale de 4,000,000 d\u2019unités.A notre grande surprise, la courbe pondérale prend subitement une * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 20 mars 1953. Septembre 1953 LavaL MEbicaL 925 ascension remarquable.Le cas nous étonne tellement que nous en faisons part aux confrères de l\u2019hôpital.Quelques Jours plus tard, la réaction de Bordet-Wassermann nous revient douteuse, et, dans la suite, devient négative.Nous ne croyons pas que la pénicillime ait agi uniquement par son action sur la réaction sérologique.Nos observations nous portent à croire le contraire.Pendant que cette observation aous entraîne à pousser plus loin nos recherches, notre attention est attirée, au cours de nos lectures, par certains articles de revues pharmaceutiques, vétérmaires et agricoles.Le docteur Louis G.Nickell, chef du laboratoire de phytochimie de Charles Pfizer & Cie, de Brooklyn, a trouvé, en effet, que des quantités infinitésimales de certains antibiotiques ont une action stimulante sur la croissance des plantes.Les expériences du docteur Nickell portent sur une variété de maïs.I! plante quarante-neuf graines dans chacun des deux châssis de sa serre ; 1l arrose les unes avec de l\u2019eau, les autres, avec une solution de terramycine dans les proportions de cinq parties de terramyçine par million de parties d\u2019eau.Après quatre semaines, il note des différences très avantageuses quant à la hauteur, la pesanteur après séchage et la germination du mais traité par l\u2019antibiotique.Ces constatations expérimentales sont très intéressantes et révolutionneront l\u2019agriculture en favorisant la croissance dans les régions comme la nôtre où la saison fertile est plutôt courte.Les pêcheurs, pour leur part, seront certainement heureux d\u2019apprendre que le département des pêcheries du gouvernement fédéral, fortement intéressé par les constatations que nous venons de signaler concernant les plantes, s\u2019est empressé de répéter l\u2019expérience chez les poissons, à l\u2019établissement piscicole du parc national de Jasper.Sous la direction de monsieur W.E.Cable, trois mille truites et trois mille truitelles furent alimentées d\u2019une nourriture additionnée d\u2019une très faible dose d\u2019auréomycine.Après treize semaines, les truites de ruisseau et les truitelles sont plus grosses et plus longues en moyenne d\u2019un quart de pouce que les animaux témoins.Grâce à ce procédé, les truitelles atteignent plus rapidement une taille suffisante pour leur dissémination dans les lacs et les rivières à une époque de l\u2019année plus hâtive et plus avantageuse. 926 Lavar MéDicaL Septembre 1953 Les antibiotiques auraient également une influence marquée sur les animaux.D\u2019après monsieur J.R.Aitken, de la division de l\u2019aviculture, au ministère fédéral de l\u2019Agriculture, l\u2019addition d\u2019antibiotiques, comme la pénrcilline et la bacitracine, à la ration de poussms à croissance rapide ou de porcelets provoque une accélération de la croissance de l\u2019ordre de 12 à 25 pour cent.Les quantités nécessaires à ces accroissements sont extrêmement minimes, soit jusqu\u2019à deux grammes par tonne d\u2019aliments.Cette amélioration serait d\u2019autant plus marquée que l\u2019animal est plus jeune.Il est intéressant de constater, souligne monsieur Aitken, que la stimulation de la croissance provoquée par les antibiotiques est beaucoup plus prononcée pendant la période où l\u2019animal se développe plus rapidement.Beaucoup de rations pour animaux contiennent des antibiotes comme compléments alimentaires.Dans certains cas, cette addition a donné, comme nous vous l\u2019avons signalé, d\u2019excellents résultats ; dans d\u2019autres cas, par contre, il semble que ces antibiotiques se sont avérés inutiles et même nuisibles.Disons même que, dans le cas de porcs normaux en croissance, le fait de donner un antibiotique aurait diminué la qualité de la carcasse.Toutes ces constatations nous mcitèrent à pousser nos recherches de ce côté.Pourquoi ne ferions-nous pas les mêmes constatations chez l\u2019homme?Par une sélection très mmutieuse de cas clmiques, nous vous illustrerons le résultat prélimmaire de nos recherches.Nous ne croyons pas avoir obtenu d\u2019effets nuisibles chez nos enfants, sauf un cas de dermatite, de type eczématoïde, amélioré par la suppression du médicament.Parmi les antibiotiques, nous nous sommes servi surtout de la chloromycétine, occasionnellement de la pénicilline et de l\u2019auréomycine, rarement de la terramycme.Nous avons expérimenté ces nouveaux médicaments chez une cinquantaine de nouveau-nés et de nourrissons scrupuleusement choisis dont le tableau suivant présente quelques cas.De tous les antibiotiques employés, c\u2019est la chloromycétine qu: nous a semblé donner les meilleurs résultats.Elle a permis une reprise rapide de la croissance chez certains de nos enfants, exempts de tout trouble gastrique ou intestinal apparent, présentant uniquement un DURÉE DU Mors Poips AGE ET POIDS .; .; .TRAITEMENT ET Nom NAISSANCE DE A LA ANTIBIOTIQUES AU DÉBUT OBSERVATIONS Co POIDS A LA FIN DU GROSSESSE NAISSANCE DU TRAITEMENT TRAITEMENT M,P.25/ 6/52 9 6.lbs Chloromycétine 1 mois \u2014 6.lbs 2 mois \u2014 9.Ibs Arrêt de la chloro.: perte de poids R.P.6/ 6/52 9 4 « Pénicilline 7 jours\u2014 41 « [25 jours\u2014 6.5 « JA.16/ 2/53 ?4,15 « Pénicilline 14 jours\u2014 5% «| 12 jours \u2014 653 « A R.2/ 9/52 9 62 « Chloromycétine 3 mois \u2014 98 « 7 jours 953 «| Aucune modification pondérale M.P.26/ 6/52 9 5,12 « Chloromycétine 1 mois \u2014 51 « 1 mois \u2014 7.8 «\u20ac Arrêt de la chloro: poids stationnaire A.9/ 9/52 8 45 « Chloromycétine 2 sem.- 4% «| 11 mois \u2014 6* « et pénicilline B.R.7/10/52 Prématuré 4.15 Chloromycétine 6 sem.\u2014 6.1 «| 10 jours\u2014 7.1 « M.R.1/10/52 8 59 « Chloromycétine 7 sem.\u2014 7% «| 28 jours\u2014 9.« L.23/ 2/53 7 3,5 \u20ac Chloromycétine 2 sem.\u2014 35 « 9 jours\u2014 4?« La pénicilline ne donne aucune amélioration B.R.30/10/52 8 5.« Chloromycétine 7 sem.\u2014 7.9 « I mois \u2014 9.5 « .P.9/ 7/52 9 6! « Chloromycétine 3 mois\u2014 72 «| 2 mois- B# « Pénicilline, Auréomycine, Terramycine PR.13/ 7/52 9 5,12 « Chloromycétine 315 mois \u2014 915 « 3 sem.\u2014 112 « B.7/ 2/53 61 454 «à Pénicilline 2 sem.\u2014 3!\u201d «| 3 sem.\u2014 6! « C.R.20/ 8/52 ?7.«© Chloromycétine 314 mois \u2014 10.12?« 1 sèm.\u2014H?« et Auréomycine M.1/ 3/53 8 4.11 Chloromycétine 12 jours \u2014 4.9 «| 8 jours\u2014 5.« J.A.13/ 2/53 9 5,14 « Pénicilline 9 jours \u2014 55 «| 2 sem.\u2014 6° « c.s 11/11/52 9 7! « Chloromycétine 3 mois \u2014 8.12 «| 2 sem.\u2014 10.« Arrét de la chloro.: perte de poids E.V 29/12/52 8 4,14 « Chloromycétine 5 sem.\u2014 6.9 « 2 sem.\u2014 7.° «| Arrét des antib.: poids stationnaire et Auréomycine £661 1quaidag TVOIGZIN TVAVT] LT6 928 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 arrêt, un retard de leur croissance pondérale.Notons bien qu\u2019auparavant nous avions tenté par les moyens à notre disposition, solutés salés ou sucrés, extraits endocriniens, vitamine B12, plasma, transfusions, modifications diététiques appropriées, etc, d\u2019améliorer la courbe pondérale de ces enfants.Ces retardataires pondéraux pesaient entre trois et sept livres.Résumons nos constatations cliniques en disant que l\u2019antibiotique a agi d\u2019autant mieux et d\u2019autant plus vite que l\u2019enfant est plus petit et surtout plus jeune.C\u2019est dire que son emploi est plutôt réservé aux débiles et aux prématurés, c\u2019est-à-dire aux enfants de poids inférieur au poids moyen normal, aux bébés nés avant terme ou encore aux nourrissons aux premiers mois de la vie.Les enfants de trois à six mois en bénéficient moms.Chez les enfants plus âgés la courbe pondérale, en autant que nous pouvons l\u2019affirmer, n\u2019a pu être influencée de façon appréciable par les antibiotiques.Nous ne pouvons affirmer si l\u2019accroissement pondéral porte à la fois sur le système osseux et les tissus mous.L'action des antibiotiques est tellement frappante chez certains enfants que nos garde-bébés sollicitent des antibiotiques pour leurs petits à poids stationnaire.SI nous acceptons cette influence des antibiotes sur la croissance, comment l\u2019expliquer?Trois théories sont possibles : 1° Les antibiotiques modifieraient la flore microbienne de l\u2019intestin en y supprimant les bactéries nuisibles et en y conservant les bactéries utiles ; 2° Les antibiotiques réduiraient le nombre des bactéries intestmales, ce qui permettrait l\u2019utilisation plus complète des aliments Ingérés ; 3° Les antibiotiques seraient des produits ressemblant beaucoup aux vitamines.Notons que ces deux premières théories n\u2019en constituent en réalité qu\u2019une.En somme, les chercheurs ont tenté d\u2019expliquer l\u2019action stimulante des antibiotes sur la croissance par le ralentissement, la diminution ou la suppression du développement des bactéries.II est difficile d\u2019avancer qu\u2019un enfant dont la courbe pondérale n\u2019est pas satisfaisante ne soit pas atteint d\u2019une infection latente.Cette possibilité d\u2019action anti-infectieuse des antibiotiques ne peut être complètement Septembre 1953 Lava\u2026 MÉDicaL 929 mise de côté.L'efficacité de la chloromycétine par son action intestinale reconnue plaiderait en faveur de cette hypothèse.Mais nous sommes sûr qu\u2019elle ne peut suffire à expliquer tous les résultats obtenus.D'ailleurs, la quantité de pénicilline ou des autres antibiotes utilisés est si faible parfois qu\u2019elle ne peut modifier en rien la flore intestinale.Bien plus, il a été prouvé que la pénicillme traitée et rendue non toxique pour les microorganismes, conserve également son action stimulante sur la croissance.Comment expliquer cette action élective destructive à l\u2019égard des bactéries nuisibles et conservatrice à l\u2019égard des microbes utiles ?La troisième hypothèse semble également plausible.II est possible de croire que les antibiotes agissent à la façon des vitamines tout en avouant que leur mécanisme d\u2019action nous échappe comme c\u2019est le cas pour celui des injections de filtrats placentaires.Il est certes trop tôt pour porter un Jugement définitif sur les faits que nous venons d\u2019exposer.Notons que, malgré l\u2019imperfection et la difficulté de contrôle de nos observations, il y a sûrement un fond de vérité et que l\u2019action favorable sur la croissance est d\u2019autant plus marquée que l\u2019enfant est plus petit et plus jeune.Ce furent d\u2019ailleurs les conclusions des docteurs Paul Giraud, J.Espinas et J.Coignet.Chez l\u2019enfant normal, de plus de trois mois, on n\u2019obtient que peu de résultats.Il va sans dire que si ces substances magiques ont une telle activité chez les enfants prématurés ou débiles, elles contribueront sûrement à réduire le taux de la mortalité infantile.II semble permis de croire que les antibiotiques ont ouvert au médecin et plus spécialement au pédiatre un nouveau champ d\u2019action très prometteur pour l\u2019avenir.Ce travail ne constitue qu\u2019un rapport préliminaire que des recherches ultérieures plus précises complèteront.BIBLIOGRAPHIE GrrauD, Paul, Espinas, J., et CoiGNET, J., Le traitement de la débilité congénitale et des retards de croissance du nouveau-né par la pénicilline et les filtrats placentaires, Archives fr.de péd., 9 : 698, 1952. REVUE CHIRURGICALE CONTRIBUTION A L\u2019ETUDE DU TRAITEMENT CHIRURGICAL DES HEMORROIDES par Antoine PETTIGREW, F.A.c.s.chef de clinique chirurgicale à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus HISTORIQUE DES HÉMORROÏDES (1) * Les pertes sangumes ont été, dès le début de l\u2019histoire de la médecine, un des phénomènes pathologiques qui ont le plus attiré l\u2019attention des médecms.Dans l\u2019antiquité, les hémorroïdes, en particulier, ont mfluencé les conceptions médicales.Hémorroïdes dérive du grec et signifie flux sanguin.Hippocrate avait réservé ce terme aux pertes sanguines provenant des veines de l\u2019anus, mais, dans la suite, on employa ce terme comme synonyme d\u2019hémorragie.C\u2019est ainsi qu\u2019Aristote a décrit des hémorragies de la bouche, Celse, Ætius, Paul d\u2019Égine et d\u2019autres ont décrit des hémorroides de divers organes, tels l\u2019utérus et la vessie.* Les chiffres entre parenthèses correspondent aux notes bibliographiques contenues à la fin de ce travail. Septembre 1953 Lavar.MÉDicaL 931 Des hémorroïdes sont mentionnées dix siècles avant l\u2019ère grecque et le temps d\u2019Hippocrate ; l\u2019on dit mème qu\u2019il aurait existé des médecms spécialisés dans le traitement des hémorroïdes en Égypte, avant que Joseph n\u2019ait été vendu comme esclave.Chez les Indiens, elles sont appelées arsa, Dans la Mésopotamie antique, deux mille deux cents ans avant Jésus-Christ, l\u2019importance des hémorroïdes est attestée par des dispositions contenues dans le code Hammourabi, où sont fixés les honoraires du médecin qui les guérit.Livres sacrés et folklore (2) : Epstem prétend que les hémorroïdes ne sont pas mentionnées dans l\u2019Ancien Testament.On trouve cependant dans le Deutéronome le célèbre verset suivant : « L\u2019Éternel te frappera de l\u2019ulcère d\u2019Égypte, d\u2019hémorroïdes, de gale et de gratelle dont tu ne pourras guérir.» Trois siècles plus tard, les Philistins, qui avaient pris l\u2019Arche sate, furent frappés d\u2019hémorroïdes, ainsi qu\u2019on peut le lire dans le livre de Samuel.Et les Philistins appelérent les prêtres et les devimns et leur dirent : « Que ferons-nous de l\u2019arche de Jahweh?Il leur fut répondu qu\u2019ils devaient se garder de la renvoyer à vide, mais y jomdre comme offrande au Dieu d\u2019Israël, cinq hémorroïdes d\u2019or et cinq souris d\u2019or, selon le nombre des princes des Philistms.» Au moyen âge, le terme d\u2019hémorroïdes se perd presque complètement, interdit qu\u2019il était par la bienséance du langage.On le remplaçait par des à peu près, tels que « amouranes », « amourances », « émeraudes ».Toujours à la même époque, on trouve cette affection désignée sous le nom de mal de saint Fiacre.On explique que saint Fiacre, patron des jardiniers, est aussi patron des hémorroïdaires, parce que les tumeurs hémorroïdes ressemblent par leur couleur et leur forme pédiculée aux fruits du figuier.Le mal de saint Fiacre s\u2019appelait également « maladie de saint Antoine ».« La principale maladie dont le dit roy (Henri VI d\u2019Angleterre, sans doute) alla de vie à mort lui vint par feu qui lui print dessoubz au fondement assez semblable que l\u2019on dit estre la maladie saint Antome.» 932 Lava.MÉDicaL Septembre 1953 (MONTRELOT, 1, ch.265).On raconte même qu\u2019en Ille-et-Vilaine, il y a une chapelle dédiée à samte Foy où se rendent les hémorroïdaires pour y faire bénir de petits cierges destinés à être introduits dans le rectum.On ajoute que l\u2019action de ces cierges est surtout efficace pendant le premier quartier de la lune, Puis on parle de guérisons par amulettes, etc .II y avait aussi un traitement qui consistait à faire lécher la région malade par un jeune chien ; au milieu du x1x®© siècle, ce procédé était encore en usage.Quelques hémorroïdaires célèbres (1) : Les hémorroïdes sont une maladie dont on se moque volontiers.Aussi, ceux qui en étaient atteints ne s\u2019en vantaient-ils pas.Cependant, on connaît quelques personnages célèbres qui en souffrirent.Étienne, roi d\u2019Angleterre, qui mourut en 1154 d\u2019hémorroïdes compliquées de péritonite ; Henri VI d\u2019Angleterre et Louis XI.Don Juan d\u2019Autriche serait mort d\u2019une hémorragie, quatre heures après incision d\u2019un paquet hémorroïdaire.Martin Luther, le grand réformateur, décrit d\u2019une façon fort origmale l\u2019affection dont il souffrait depuis sa quarante-cinquiéme année.« Ma maladie était telle qu\u2019au moment des selles, les lèvres de l\u2019anus gonflaient au point d\u2019acquérir le volume d\u2019une noix.Sur elles se trouvait un petit gonflement prurigineux (scabies minutula) de la grosseur d\u2019un petit grain de chénevis.Les troubles étaient plus intenses lorsque les selles étaient molles.Lorsqu\u2019il y avait émission sanguine, J\u2019étais soulagé.L\u2019acte de l\u2019évacuation était une sensation plaisante.Plus il passait de caillots, plus jJ\u2019avais de plaisir et cette sensation plaisante m\u2019engageait à avoir des selles plusieurs fois par jour.En appuyant avec mon doigt, j'avais une sensation excessivement agréable quand le sang commençait à couler.C\u2019est la raison pour laquelle on pense que les selles sanglantes ne doivent pas être arrêtées ou dimmuées.Cette affection est appelée vena aurea et elle est effectivement dorée, car on dit qu\u2019avec tout ce sang, toutes les substances malsaines sont chassées du corps comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une porta Sterquillinii pour tous les maux ; c\u2019est que les gens atteints de maladie de ce genre vivent longtemps comme Dos Nous t Septembre 1953 LavAL MÉDicaL 933 si là se trouvaient en dépôt toute la pharmacie et tous les docteurs en médecine.L\u2019émission se produit à son propre gré et à son propre moment.» Henri Heine a méme fait des vers sur les coliques musicales et la musique hémorroidale du grand compositeur Meyerbeer atteint de colite grave et d\u2019hémorroides.Dans le Faust, Geethe fait allusion aux hémorroides du libraire éditeur Nicolai qui est représenté sous le nom de « Protophantasmiste ».II fait dire à Méphistophélès, au cours de la nuit des Walpurgis : «.et lorsque les sangsues se sont bien régalées sur son cul, il est guéri à la fois des esprits et de l\u2019esprit ».ASPECT ANATOMIQUE ET EMBRYOLOGIQUE (3) Les hémorroïdes sont des tuméfactions résultant d\u2019une agglomération de veines variqueuses développées aux dépens des veines hémorroïdales inférieures, moyennes ou supérieures, qui descendent sous la muqueuse du segment inférieur du rectum ainsi que sous la peau des régions anales et péri-anales.Comme le dit fort bien Buie (4), 11 est impossible de comprendre le fonctionnement ano-rectal et, par conséquent, d\u2019en faire un traitement convenable, sans en connaître la formation embryologique et la structure anatomique.Ce que je m\u2019efforcerai de vous rappeler brièvement.Dans les toutes premiéres semaines de la vie embryonnaire, le segment terminal de l\u2019intestin et le bourgeon qui forme primitivement la vessie et l\u2019urèthre constituent une seule et unique cavité, que l\u2019on appelle cloaque, séparée de l\u2019extérieur par une simple membrane.Ce cloaque se transforme graduellement en deux cavités par la prolifération d\u2019une cloison médiane qui formera le septum ano-rectal, donnant ainsi une région ventrale pour le systéme uro-génital et une région dorsale pour le systéme ano-rectal.C\u2019est alors que la membrane du cloaque est ouverte et communique avec l\u2019extérieur, mettant, d\u2019abord, par une première ouverture postérieure, le rectum en communication avec l\u2019extérieur et, ensuite, la vessie, par une seconde ouverture antérieure, avec l\u2019urèthre.Comme nous le constatons, si ces différentes formations ne se développent pas 934 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 correctement, il peut s\u2019ensuivre des malformations congénitales multiples et variées.On aura de l\u2019atrésie, de l\u2019imperforation anale ou vésicale, de Pintercommunication ou de l\u2019extrophie vésicale, etc.(5 et 6).Le conduit anal, d\u2019une longueur de quatre centimètres, se dirige en bas, vers l\u2019arrière, pour faire communiquer l\u2019ampoule rectale avec l\u2019extérieur.Les parois latérales du canal sont en rapports directs avec les fortes couches adipeuses de la fosse ischio-rectale et sont exposées aux réactions inflammatoires de cette région.En avant, le canal anal est en rapport avec l\u2019aponévrose centrale du périnée et la membrane ou aponévrose uréthrale et bulbaire de Denonvilliers.Le canal anal présente quatre démarcations selon la hauteur : 1.la ligne cutanéo-anale ; 2.la ligne de Hilton ; 3.la ligne pectinée ; 4.la ligne ano-rectale.La ligne cutanéo-anale délimite la partie terminale du tractus gastro- imtestmal.C\u2019est la marge externe des parois de l\u2019anus dans son anatomie normale.L\u2019épithélrum, au-dessus de cette ligne, est disposé en replis par suite de l\u2019action d\u2019un muscle mvolontaire qu\u2019on appelle le muscle constricteur de la peau de l\u2019anus.La ligne blanche de Hilton, chez le vivant, est de couleur bleue et plutôt palpable que visible, Elle marque la limite entre le sphincter interne et le sphincter externe.Elle est située à mi-chemin entre la marge et l\u2019anus et la ligne pectinée.La bande de tissus située entre l\u2019espace intersphmctérien et la ligne pectinée présente une surface unie et luisante ressemblant à une lame de scie dont les dents se dirigent vers le haut.Ces dents s\u2019mterposent avec des colonnes de Morgani pour former les papilles anales qui donnent à cette région l\u2019apparence d\u2019un peigne.Cette ligne pectinée est très importante : c\u2019est l\u2019endroit de la Jonction muco-cutanée, point de départ du prolapsus de la muqueuse à travers le sphincter anal.Tout près de cette ligne, on trouve l\u2019anneau hémorroidal mterne, d\u2019où les hémorroïdes internes se développent.Au-dessous, c\u2019est le point de départ des hémorroides externes.Cette ligne pectinée est aussi la limite des vaisseaux lymphatiques de cette région qui se dirigent dans les ganglions pelviens.Les lymphatiques de la peau, au-dessous, se draînent vers les ganglions des régions sous-ingui- nales.C\u2019est à cette région de la ligne pectmée que se terminent les filets nerveux cérébro-spinaux et sympathiques.Foi fon de! (\u20ac q dans lag bn Le din 0 fh è fe Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 935 La ligne ano-rectale est située à environ 1,5 centimètre au-dessus de la ligne pectinée.Entre les deux, se trouvent les colonnes et les cryptes de Morganr.Les muscles du canal anal sont fortement développés en sphincters.Les fibres musculaires circulaires du rectum se contmuent vers le bas pour former le sphincter interne qui entoure les deux tiers supérieur du canal anal.Les fibres musculaires constituant le sphincter externe sont attachées à l\u2019extrémité du coccyx et au raphé ano-coccygien, derrière le centre du périnée.Lorsque l\u2019anus est fermé, ces muscles sont en contraction et une grande partie du sphincter externe est située à proximité du sphincter interne et le recouvre totalement.Lorsque le canal est distendu par le doigt ou le bol fécal, les sphincters ont une position plus interne et plus externe.Mais encore là, le bord inférieur du sphincter interne est plus haut placé que celui du sphincter externe, que, d\u2019ailleurs, on palpe très bien comme muscle au doigt.La muqueuse anale est attachée lâchement aux parois musculaires, surtout en haut, où elle est disposée en replis verticaux ; ce sont les colonnes de Morgani.À leurs extrémités mfè- rieures, ces colonnes sont réunies à des replis semi-lunaires : les valves anales, lieu des lésions fissurales.Le principal apport artériel du canal anal vient des artères hémorroïdaires inférieures.Les veines hémorroïdaires supérieures et inférieures forment un plexus interne sous la muqueuse et dans le tissu sous-cutané de la région anale (6).Ce plexus présente une bande distincte de veines dilatées formant ce qu\u2019on appelle l\u2019anneau hémorroidal.La veine hémorroïdale supérieure traverse le muscle pour s\u2019unir dans le méso-côlon au tronc commun de la veine mésentérique inférieure.La veine hémorroïdale moyenne se jette dans la veine hypogastrique (iliaque interne) et la veine hémorroidale inférieure se vide dans la veine honteuse interne.Les lymphatiques du rectum et de l\u2019anus se présentent sous forme d\u2019un plexus au niveau de la muqueuse et de la sous-muqueuse.Ceux situés au-dessus de la ligne muco-cutanée vont dans les ganglions de la face postérieure du rectum, pour se continuer le long de l\u2019artère 936 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 hémorroïdale supérieure et se terminer dans les ganglions sacrés et lombaires.Les vaisseaux lymphatiques de la partie basse du canal vont au groupe ganglionnaire médian de la région sous-inguinale pour, de là, aller par l\u2019anneau fémoral se Jeter dans les ganglions iliaques externes.ETIOLOGIE ET PHYSIO-PATHOLOGIE Conceptions anciennes sur la nature des bémorroïdes et de leur traitement : Pour Hippocrate, qui les considère comme des affections bénignes et même utiles, c\u2019est un phénomène de fluxion attribué à la mise en activité d\u2019un flux établi par la nature pour épurer l\u2019organisme en général.Et ce flux hémorroïdal est formé par l\u2019ensemble des déchets de l\u2019organisme apportés par le sang de la rate et de la bile, appelés « l\u2019Atrabile » (1).« Ceux qui ont des hémorroïdes, écrit Hippocrate, ne sont sujets ni à la pleurésie, ni à la péri-pneumonie, ni à la Phagédénie, ni aux furoncles, ni aux pustules, ni peut-être à la lèpre et non plus peut-être à l\u2019alphos ; il est de fait que, guéris intempestivement, plusieurs n\u2019ont pas tardé à être pris de ces maladies et cela d\u2019une manière funeste, » Ailleurs, Hippocrate signale l\u2019ascite comme une conséquence des hémorroïdes, à cause, dit-il, des relations de ces dernières avec les maladies du foie.Dans le livre IV des Épidémies, Galien écrit : « Les hémorroïdes dissipent de même que les varices, les souffrances de la goutte et des douleurs des articulations.» Et lorsque Trousseau appelle les hémorroïdes « goutte larvée », 1l ne fait que reproduire une idée exprimée dix- huit cents ans avant lui par Rupus d\u2019Éphèse (2).Celse, au temps de l\u2019empereur Tibère, considère les hémorroïdes comme moyens de purification.Savonarole, ancêtre du célèbre moine révolutionnaire du mème nom, hésite à savoir si les hémorroïdes sont chose naturelle ou pathologique.Bartholinus Montagna, mort en 1460, professeur à Padoue, croit au rôle physiologique des hémorroïdes transportant le sang mélancolique de la rate.Sor len tou Îue Septembre 1953 Lava\u2026 MÉDicaL 937 Jan de Wal, qui vécut entre 1604 et 1649, apporta une notion nouvelle, à savoir que les hémorroïdes étaient des dilatations veineuses.« Varices venarum ani.» Vena aurea, veines dorées, illustre la théorie hippocratique et galénique.Stahl pense que le fait d\u2019arrêter le flux hémorroïdal engendre toutes les maladies chroniques et surtout la mélancolie.C\u2019est, en somme, l\u2019équivalent du flux menstruel ; c\u2019est un acte vital.J.-L.Petit, Raige Delorme, Bédard Blandin, Jobert, Lambelle et, surtout, Gosselin, attribuérent les hémorroides aux conditions défectueuses de la circulation de la région ano-rectale (7).(Le fameux portrait de \u2019hémorroidaire tracé par Montégre montre, d\u2019autre part, quel rôle Important on faisait jouer, au XVIII siècle, aux constitutions et aux tempéraments : « L\u2019hémorroïdaire est grand, plutôt maigre que gros, il a le teint plombé et jaunâtre, de grosses veines serpentent ses bras, ses mains, ses jambes et ses pieds.Il a les cheveux noirs, un feu sombre anime ses regards ; il est brusque, emporté, ses passions sont violentes, ses résolutions tenaces, Il est gros mangeur, mais indiffé- rent au choix des aliments, souvent tourmenté de flatuosité et presque toujours constipé.») Cela met en évidence l\u2019existence d\u2019une diathèse veineuse bien reconnue aujourd\u2019hui.C\u2019est Quénu qui introduit la notion inflammatoire dans la pathogénie des hémorroides (3).Cela renverse la théorie de fluxion de Stahl qui donna lieu au fantôme hémorroïdal que De Haen, en 1856, reprochait à ses contemporains de voir partout et, à cause de cette hantise, de négliger les autres maladies.Plus tard, à la suite des recherche des physiologistes, la théorie de fluxion hémorroïdaire reçut une sorte de consécration scientifique.Hunter, Briquet et Claude Bernard ont apporté leur contribution.Ce dernier a démontré que l\u2019accès du sang dans les différents organes est réglé par les mouvements des vaisseaux, resserrement et dilatation, soumis à l\u2019influence des systèmes nerveux.(9) 938 LavaL MEbicaL Septembre 1953 Conceptions modernes : Les conceptions modernes de la nature des hémorroides empruntent des idées anciennes.Ainsi Kasper Blond attribue le prurit et l\u2019érythème péri-anal à l\u2019action des produits toxiques stagnant dans les veines hémor- roidales (8 et 9).On peut dire qu\u2019il y a quatre périodes dans l\u2019histoire des hémorroïdes : 1° La période pré-hippocratique, où l\u2019on désigne sous le nom d\u2019he- morroïdes toutes les affections de la région anale ; 2° La période d\u2019Hippocrate et de son école, qui localisent les hémorroïdes au niveau des vemes du rectum, mais en leur attribuant le rôle d\u2019émonctoire du sang atrabilaire ; 3° La période de Stahl et de ses élèves, qui considèrent les hémorroïdes comme l\u2019expression d\u2019une pléthore généralisée ; 4° La période poststahlienne, pendant laquelle on voit s\u2019ébaucher, puis se préciser, les théories encore en cours actuellement : théories constitutionnelle, nerveuse, mécanique et mfectieuse.Les hémorroïdes sont des varices localisées ct leur fréquence, en général, semble difficile à préciser.On peut dire qu\u2019environ la moitié des patients qui subissent un examen proctologique sont porteurs d\u2019hémorroïdes.L'âge varie entre trente et soixante ans ; rarement en bas de dix ans.Quant au sexe, nous en rencontrons un peu plus chez la femme que chez l\u2019homme.Facteurs prédisposants : La vie sédentaire joue un rôle msigniflant comme cause de cette affection.Presque la moitié des patients exercent un travail laborieux de fermier ou de journalier, où un effort physique soutenu est quotidien (10).La grossesse est sûrement un facteur prédominant chez la femme, à cause des changements vasculaires physiologiques qu\u2019elle impose et aussi de la compression du bassin et de l\u2019apport de phénomènes congestifs déterminant un début d\u2019hémorroïdes ou aggravant celles qui existent déjà. Septembre 1953 LavarL MÉpicaL 939 L'emploi abusif de laxatifs est probablement un facteur prédisposant aussi essentiel que les autres, surtout chez les patients s\u2019étant adonnés, dès le bas âge, à leur usage.La constipation, les excès alimentaires, les troubles fonctionnels du foie (cirrhose, en particulier) favorisent donc les hémorroïdes (11).La nature de l\u2019origme et du changement structural de toutes les variétés d\u2019hémorroïdes est essentiellement la même.La vulnérabilité des cryptes anales doit nous les faire considérer comme la porte d\u2019entrée de l\u2019mfection de toute la structure vasculaire et péri- vasculaire de la région ano-rectale.L\u2019hémorroïde est essentiellement une veine variqueuse qui a, d\u2019abord, subi une réaction de ses parois qu\u2019on appelle phlébite : infection de provenance extérieure (alors que la phlébite des extrémités inférieures provient de la circulation).C\u2019est amsi que les parois ayant subi des altérations par l\u2019infection ne peuvent résister à la poussée imtraveineuse.Les veines rectales ne possédant pas de valvules, les parois externes ont peu ou pas de supports et l\u2019on trouve parfois des sujets où les plexus veineux sont très nombreux, ce qui prédispose.Cette théorie est soutenue par le fait que nous trouvons plus d\u2019hémorroïdes chez les sujets hypersthéniques.De plus, l\u2019anatomie des vaisseaux de la région ano-rectale entre fortement en jeu dans la production d\u2019hémorroïdes (12).Nous voyons que les veines ont avec la paroi rectale une relation particulière à mesure qu\u2019elles cheminent de bas en haut du côlon.Les veines perforent les parois du rectum obliquement et les muscles de l\u2019intestin exerçent alors une influence constrictive et obstructive.Dans la position debout, ces facteurs font augmenter la pression veineuse plus que dans toute autre région du corps.Les parois des veines sont sujettes à un poids, à un effort constant qu\u2019elles peuvent normalement soutenir, mais qui devient impossible si elles sont à l\u2019état de phlébite.Amsi l\u2019hémorroïde se forme et, lorsqu\u2019elle est formée, elle peut subir toutes les réactions inflammatoires qui surviennent dans les tissus voisins d\u2019une région vulnérable à l\u2019invasion des micro-organismes, c\u2019est-à-dire œdèm.e, ulcération, thrombose, gangrène, etc. 940 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 La défécation mfluence, par traumatisme répété, sa sortie à l\u2019extérieur ou provoque un certain degré de prolapsus.Les hémorroïdes du canal anal subissent les mèmes réactions.L\u2019hémorroïde externe est couverte d\u2019un épithélium stratifié et squameux dont les couches diminuent à mesure qu\u2019on se rapproche de la ligne pectinée (4).Ici nous avons un épithélium transitoire qui passe au-dessus de l\u2019extrémité des papilles pour descendre dans le fond des cryptes anales.Quelques couches de ces cellules épithéliales sont habituellement trouvées sur les bords des cryptes où la membrane muqueuse les rejoint.Cela est une ligne bien marquée en dedans de laquelle nous avons les cellules cubiques de la muqueuse rectale.C\u2019est la ligne de démarcation entres les hémorroïdes externes et les hémorroïdes internes.Celles-ci sont beaucoup plus vasculaires que les premières.La dilatation veineuse est caractéristique dans les deux formes, ce qui confirme la théorie voulant que la dilatation soit fondamentale dans l\u2019apparition d\u2019hémorroïdes.Il y a plus de tissus fibreux dans la dilatation veineuse de l\u2019hémorroïde externe que dans celle de l\u2019interne.Il n\u2019y a pas d\u2019épaississement des parois des veines, n: hyperplasie musculaire.L\u2019élément élastique des veines dans les hémorroïdes internes est remplacé par du tissu fibreux qui peut réunir ensemble plusieurs veines.Ces caractères se rencontrent aussi dans l\u2019hémorroïde externe, mais la dilatation est alors plus marquée.Si les hémorroïdes sont du type hémorragique, les parois des veines sont caverneuses et composées d\u2019une couche endothéliale très mince.On rencontre alors de multiples thromboses et changements caracte- ristiques d\u2019infection.Au contraire, si les hémorroïdes ne sont pas hémorragiques, on a une prédominance de tissu fibreux, II est possible qu\u2019une artère vienne se mêler aux tissus fibreux : nous aurons alors, l\u2019hémorroïde artérielle.Cela est accidentel et on ne trouve pas de changement dans les parois de l\u2019artère.On trouvera dans les veines des thrombus de tous calibres, de toutes formes et de tous les âges ; on trouvera aussi toutes les réactions inflammatoires, jusqu\u2019à l\u2019abcès et la nécrose.d tir y Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 941 SYMPTOMATOLOGIE SI nous étudions l\u2019histoire de nos cent patients qui ont subi une hémorroïdectomie, nous voyons que, dans la majorité des cas, ils se plaignaient d\u2019une anomalie quelconque dans le fonctionnement ano-rectal.Environ la moitié d\u2019entre eux venaient à nous pour une toute autre raison.Ce n\u2019est qu\u2019à l\u2019examen que l\u2019on constata la présence d\u2019hémorroïdes.Comme symptôme, c\u2019est l\u2019hémorragie anale qui domme.Elle se manifeste après les selles ou en même temps qu\u2019elles.L\u2019hémorroïde est en cause dans 60 pour cent des hémorragies venant du tractus intestinal inférieur.Le sang est rouge, plus ou moins abondant.Les pertes répétées peuvent parfois conduire à de l\u2019anémie grave (12).Ce genre d\u2019hémorragie n\u2019est pas douloureux.Elle survient à certaines périodes et après certains repas copieux ou à la suite d\u2019abus alcooliques.Ce symptdme est, le plus souvent, un signe du début.A un stade plus avancé, le patient aura un prolapsus muqueux.Les hémorroides s\u2019extériorisent aprés chaque défécation, puis il y a récidive du prolapsus, même en dehors des selles.C\u2019est alors qu\u2019elles deviennent irréductibles et qu\u2019elles peuvent s\u2019étrangler lors d\u2019une poussée infectieuse.Comme troisième symptôme, c\u2019est la douleur qui éveille l\u2019attention de l\u2019hémorroïdaire.Elle peut s\u2019accompagner d\u2019un suintement muqueux ou de prurit anal.Stahl (1660 à 1734), dans un traité de la veine dorée, intitulé : Vene portæ, vena malorum, fut le premier à nous en décrire quelques symptômes (1).Le syndrome décrit était caractérisé par des démangeaisons, des brûlures et des piqûres à l\u2019anus, ainsi que par un pouls hémorroïdaire et une fièvre hémorroïdaire épidémique.Il arrive fréquemment que le patient attribue à des hémorroïdes l\u2019asthénie, les phénomènes digestifs divers, sous forme de diarrhée ou de constipation, dont il se plaint et qui doivent toujours nous faire penser à une tumeur rectale ou colique.C\u2019est pourquoi, après un interrogatoire serré, le malade sera examiné minutieusement en position genu 942 Lava.MépicaL Septembre 1953 pectorale ou en décubitus latéral droit, les cuisses fléchies sur l\u2019abdomen (14).L\u2019mspection montrera alors les hémorroïdes externes ou le prolapsus.En déplissant doucement la muqueuse anale, avec le doigt généreusement enduit de lubrifiant, on pourra déceler une fissure parfois masquée par une hémorroïde sentinelle.Le toucher rectal nous permettra de percevoir beaucoup plus facilement la présence d\u2019une tumeur rectale que des hémorroïdes, qui ne seront senties que si elles sont distendues.L\u2019anuscope confirmera le diagnostic en montrant, soit la couronne anglomateuse diffuse et régulière, avec son bourrelet circulaire de muqueuse rouge sillonnée d\u2019un lacis de capillaires, soit des masses bosselées ou sessiles.On pourra ainsi apprécier l\u2019importance de l\u2019mflammation de la muqueuse anale.En retirant l\u2019anuscope et en faisant pousser le patient, on appréciera la présence de prolapsus ainsi que le nombre de paquets hémorroïdaires.On procédera, enfin, à une recto-sigmoïdoscopie pour trouver les affections rectales et sigmoïdiennes et, parfois même, à un lavement baryté si les symptômes cliniques sont douteux.VARIÉTÉS Nous détermmerons la variété des hémorroïdes par leur position, la ligne pectinée nous servant de limite intermédiaire.Les hémorroïdes situées au-dessus de cette ligne s\u2019appellent hémorroïdes internes ; celles qui se trouvent au-dessous, Jusqu\u2019à la marge de l\u2019anus, sont appelées hémorroïdes externes.Si elle est couverte de peau, l\u2019hémorroïde est de la variété externe.Couverte de muqueuse, c\u2019est une hémorroïde interne, même si elle est prolabée en dehors de l\u2019anus.Comme troisième variété, nous avons l\u2019hémorroïde interne-externe, qui désigne une combinaison des deux variétés précédentes.C\u2019est à celle-ci que nous avons affaire, la plupart du temps.DrAGNOSTIC A l\u2019examen clinique, il est facile de déterminer la variété d\u2019hémorroïdes ainsi que les lésions qui les accompagnent.On les classera comme une Uppy i (ele G.Dour CE pol pt Septembre 1953 LavarL MEDICAL 943 hémorroïdes externes, comme hémorroïdes internes ou comme hémorroïdes mixtes ou intéro-externes, selon le lieu de leurs attaches dans le canal anal.Dans la variété externe, on trouvera les hémorroides simples, avec hémorragie, ou prolabées et réductibles, ou encore réductibles mais se reproduisant après réduction.Les hémorroïdes peuvent être compliquées de thromboses simples, de thrombo-phlébite (étranglement) ou, encore, de polype à prurit et fissure (4).On trouvera de petits replis de peau, ou marisques, que les Anglais appellent skintabs.Ce sont en réalité des anomalies locales ou des vestiges d\u2019hémorroïdes thrombosées, rupturées, devenues fibreuses.Quant au diagnostic différentiel, il sera généralement facile à condition qu\u2019un bon examen soit fait.L\u2019hémorroide externe, flétrie, desséchée, ne sera pas confondue avec un condylome, n1 avec un cancer anal, dont la base est ligneuse et dont la sensibilité est très vive au toucher.Il y a aussi les ano-rectites mflammatoires.Chez l\u2019enfant, le polype solitaire amsi que l\u2019angiome sont deux diagnostics à écarter.Si on connaît bien l\u2019anatomie de cette région, il n'y a aucune crainte de se tromper.En cas de doute, une simple biopsie tranchera la question de malignité ou de spécificité, si l\u2019examen au doigt ou à l\u2019anuscope ne l\u2019a pas déjà fait.TRAITEMENT La diversité des conceptions sur la nature des hémorroïdes a rêces- sairement influencé leur traitement.Dans certains passages de ses œuvres, Hippocrate déconseille la suppression des hémorroïdes ; dans d\u2019autres, il conseille de détruire tous les paquets, moins un (1 et 2).Galien employait la saignée du bras pour arrêter l\u2019écoulement et celle du pied pour le rappeler.Galien, Oribase, Anthylbres, se servent de ventouses aux cuisses pour provoquer le flux hémorroïdaire.Celse est contre la suppression des hémorroides. 944 Lavar MÉDicaAL Septembre 1953 Et Ambroise Paré s\u2019exprime ainsi : « Si, dit-il, elles jettent modérément et que le malade soutienne bien l\u2019évacuation sans ennuy, on ne doit pas les arrêter du tout, parce qu\u2019elles préservent de mélancolie, manie, lèpre, strangurie et autres affections comme pleurésie, péri-pneumonie et malins ulcères et qu\u2019on les voulut arrêter, il est bon d\u2019en laisser une.Mais si le flux du sang est démesuré on l\u2019arrêtera car, autrement, il cause hydropisie par la réfrigération du foyer avec une consomption et atténuation de tout le corps.« Pareillement, étant indûment détenu, 1l regorge aux poulmonss rompant quelques vaisseaux qui cause la mort du malade ou du foye: causant la même hydropisie, réfrigérant le dit foye par suffocation de sa chaleur naturelle.» Lorsque les hémorroïdes « sont fort tuméfiées sans estre ouvertes, on doit faire cuire un oignon sous la cendre, et piler ensemble un fiel de bœuf, et de tout ce en faire médicament, qui sera appliqué et renouvelle de cinq en cinq heures.Tel remède est propre lorsqu\u2019elles sont internes ou cachées, et lorsqu\u2019elles sont apparentes on y a appliquera des sangsues ou bien on fera épertion avec la lancette.» Enfin, il y a une multitude de remèdes employés, ce qui fait dire à Ravaton, en 1776 : « Chacun use de remèdes particuliers contre les hémorroïdes parce que ceux qui sont conseillés par les grands maîtres de l\u2019art réussissent assez mal.» Déjà on conseille un régime alimentaire et de vie.Éviter la vie, la débauche, la colère, les exercices violents, l\u2019usage immodéré des femmes.«On pourra permettre le coit, dit Schæffer (1802), mais on devra proscrire sévèrement les lectures érotiques.» Au xviI1® siècle, on ne semble pas avoir été très interventionniste si nous en jugeons par les lignes ci-dessous, extraites du Dictionnaire universel de la médecine (tome quatrième, p.201).«On trouve des personnes qui, ennuyées de la continuité du flux dont nous parlons veulent qu\u2019on le modère, ou qu\u2019on l\u2019arrête.Mais un chirurgien prudent doit faire sentir au malade, lom d\u2019acquiescer à la demande, tous les inconvénients qui résulteraient d\u2019une pareille pratique.% dll Me diy lh » Sans te gift fus sun Septembre 1953 Lavar MÉDICAL 945 Supposé cependant qu\u2019il soit obligé de céder à ses importunités, ou que le flux soit excessif, il peut par le moyen de l\u2019opération et de quelques remèdes convenables fermer quelques-uns des orifices et en laisser un ou deux ouverts comme Hippocrate l\u2019ordonne.Il commencera d\u2019abord, par saigner copieusement le malade, il lui donnera ensuite quelque purgatif rafraichissant et enfin un lavement cinq ou six heures avant l\u2019opération.» Dupuytren n\u2019était pas favorable au cautére, au sujet duquel le chirurgien anglais Bell remarque que la fumée s\u2019élevant de l\u2019anus sous l\u2019influence d\u2019un fer chaud devait impressionner les amis du malade et rappeler le temps de l\u2019Inquisition.La période vraiment chirurgicale du traitement des hémorroïdes commence seulement au xix¢ siécle avec les travaux de Kerby (1818), Brodie (1835) et Smith (1835), en Angleterre et en Amérique ; ceux de Boyer, Amussat, Chassaignac et Benoit, en France.Les procédés chirurgicaux employés sont cependant presque tous connus depuis la plus haute antiquité.Hippocrate parle déjà de guérir les hémorroïdes par la cautérisation avec fer chaud.Écoutez bien ce qu\u2019il écrit : « Vos fers étant chauffés à blanc, vous aurez soin de cautériser jusqu\u2019à dessication et de ne pas les appliquer mollement comme si l\u2019on faisait une onction avec une spatule.» Hippocrate enlevait quelquefois les hémorroïdes par torsion et 1l disait : « Cela n\u2019est pas plus difficile que de faire cheminer le doigt entre la peau et la chair du mouton qu\u2019on écorche ; opérer tout en causant et sans prévenir de ce que vous faites ».Puis, il employait aussi la ligature.On ne doit pas oublier de mentionner le procédé de Chassaignac de I\u2019écrasement linéaire des paquets hémorroïdaires.Il commence pai faire sortir le bourrelet hémorroidal avec l\u2019érigne divergente à branches multiples, sorte de parapluie renversé introduit fermé dans le rectum et attiré au dehors après avoir été ouvert de façon à faire saillir les hémor- roides.Puis, fait suite le traitement à l\u2019électro-coagulation dès le début du xxe\u20ac siècle, amsi que celui des injections sclérosantes.Ce dernier fut, d\u2019abord, pratiqué par les charlatans en Angleterre et aux États-Unis.Dubley Wright, en 1910, publia une brochure sur cette technique. 946 LavaL MEbpicaL Septembre 1953 Aujourd\u2019hui, c\u2019est la méthode par dissection comme celle que nous vous présentons qui est à conseiller lorsque l\u2019opération est indiquée.Elle le sera dans les circonstances suivantes : 1° Hémorroïdes responsables d\u2019une anémie grave ; 2° Grosses hémorroïdes irréductibbles ou celles qui prolapsent malgré les réductions répétées ; 3° Hémorroïdes ulcérées, gangrenées ou étranglées ; 4° Hémorroïdes thrombosées.Il ne faut pas oublier que, comme pour l\u2019ulcère gastrique, le traitement chirurgical des hémorroïdes n\u2019est pas un traitement complet à lui seul.Il faut y ajouter le traitement médical et la diète.Pour des raisons inconnues, il semble que des interventions brutales alent été trop longtemps en usage pour prendre soin d\u2019une région aussi délicate et aussi sensible.C\u2019est depuis quatre mille ans que des moyens de torture sont employés dans le traitement des hémorroïdes.Il est maintenant possible de se servir d\u2019une technique en elle-même fort simple et surtout très anatomique, qui permet, par une dissection soignée, de respecter les fibres nerveuses et musculaires de la région anale, d\u2019éviter les hématomes sous-muqueux et de guérir l\u2019hémorroïdaire avec un minimum de douleur.Anesthésie : La préparation opératoire est simple.Le patient est admis le soir avant l\u2019opération ; un grand lavement au savon est administré, puis le périnée est rasé.Une médication sédative est donnée pour assurer un sommeil profond.Le matim de l\u2019opération, un second lavement d\u2019une chopine d\u2019une solution salée chaude est injectée dans le rectum et immédiatement rejetée.Ce lavage rectal est répété jusqu\u2019à ce que l\u2019eau revienne claire.Deux heures avant l\u2019intervention, on donne une injection de scopolamine ou de morphine, \u2018Je de grain et d\u2019atropine Uisoe de grain.L\u2019anesthésie rachidienne basse est idéale pour le relâchement du sphincter, de même que la caudale si le patient veut bien s\u2019y résigner.Autrement, ce sera du pentothal, avec ou sans curare. Septembre 1953 Lava\u2026 MÉpicaL 947 Technique opératoire (15) : L\u2019hémorroïdectomie a toujours été une opération a laquelle les patients se sont difficilement soumis, à cause des suites opératoires si douloureuses.Bon nombre d\u2019entre eux préfèrent se confier au charlatan.Voilà pourquoi depuis plus de quatre ans nous avons employé une méthode par dissection différant de beaucoup des techniques habituellement employées, tant par la préparation pré-opératoire et la position du malade sur la table que par l\u2019ablation de l\u2019hémorroïde et les suites opératoires.Le lever étant précoce, l\u2019évacuation vésicale et rectale étant favorisée, le retour au travail est rapide.Le confort du patient, du chirurgien et de son assistant est facilité en couchant le patient sur le ventre, les membres imférieurs fléchis à quarante-cinq degrés.Les fesses sont écartées l\u2019une de l\u2019autre par des diachylons de cinq centimètres de largeur partant à sept centimètres de l\u2019anus et fixés au cadre de la table.Après badigeonnage antiseptique et mise en place des champs stériles, on trouve un sphincter anal relâché et admettant facilement deux et trois doigts.Après la dilatation anale faite avec douceur et beaucoup de lubriflant, on applique un écarteur spécial fait en forme d\u2019anneau et fort simple ; c\u2019est un cercle métallique de quinze centimètres de diamètre, avec quatre encoches le divisant en parties égales, que l\u2019on fixe par quatre crms de Florence à égale distance sur la bordure cutanéo-muqueuse.Les crins étant maintenus sous tension sur le cercle par des pinces courbes, nous obtenons alors une vision parfaite de l\u2019anus et du rectum sur une profondeur de cinq à six centimètres.Nous avons aussi un plan rigide sur lequel nous pouvons disséquer facilement l\u2019hémorroïde.La région ano-rectale est maintenant examimée avec soin et le plan d\u2019attaque choisi.Nous plaçons alors une pince triangulaire sur la plus grosse hémorroïde interne, et nous faisons au bistouri une incision longitudinale sur la muqueuse de chaque c6té et le plus près possible du pédicule hémorroïdaire.Puis nous mettons une autre pince triangulaire sur l\u2019hémorroïde externe ou la peau correspondante, et faisons une incision d\u2019un centimètre sur le bord marginal cutanéo-muqueux.Avec le manche du bistouri, on dissèque le paquet hémorroïdaire de dehors en dedans en 948 LavaL\u2026 MÉDicaL Septembre 1953 prenant garde de léser les fibres du sphincter circulaire sous-cutanées et en respectant les petits nerfs sensoriels de l\u2019anus.On a alors une zone de clivage qui nous conduit dans l\u2019espace périanal.On récline le sphincter externe et on remonte jusqu\u2019au pédicule interne de l\u2019hémorroïde.Nous rejoignons alors les incisions latérales ; l\u2019hémorroïde est libérée de toute attache et nous la ligaturons à sa base avec un catgut chromique numéro zéro monté sur aiguille à hernie et nous fixons le pédicule aux muscles longitudmaux du rectum.La muqueuse n\u2019est pas refermée et, dans quelques jours, elle sera combl(e par une granulation intense et souple.Nous procéderons de la même façon pour tous les autres paquets hémorroïdaires.Les fissures, les papilles hypertrophiées ou les cryptes infectées seront enlevées en même temps ou mdividuellement.Il ne faut pas laisser d\u2019hémorroïde secondaire, car il y aurait récidive.Un maximum de muqueuse saine est laissé entre chaque paquet enlevé afin d\u2019éviter tout retrécissement.En laissant la muqueuse sectionnée ouverte, nous évitons l\u2019infection en vase clos et aussi l\u2019hématome sous-muqueux, si douloureux.Après nouvelle inspection mmutieuse à l\u2019anuscope, nous appliquons deux onces de crème anesthésique et analgésique de Diothan (chlorhydrate de diphényluréthane de pipéridinopropanédiol).Pour faciliter l\u2019expulsion des gaz, nous msérons une petite lame de caoutchouc ondulée d\u2019un demi centimètre de largeur sur cinq centimètres de longueur.Elle sera fixée à l\u2019extérieur par une gaze servant de pansement, que l\u2019on maintient en place au moyen d\u2019une bande en « T ».« Avant le départ de la salle d\u2019opération, nous injectons dans la vessie une solution aqueuse de mercurochrome à un pour mille.» Soins postopératoires : Le patient n\u2019est pas constipé.Il ira à la selle dès qu\u2019il en sentira le besoin.Une application de crème de chlorhydrate de diothane sera libéralement faite après chaque évacuation et au moins deux fois par jour.Le lever sera précoce, et une diète riche en vitamme et pauvre en résidus sera instituée.Le lendemain, on donnera un lavement huileux chaud.Tous les soirs, on fera ingérer le mélange d\u2019une once de lait de magnésie et d\u2019une once d\u2019huile minérale, avec jus d\u2019orange.Shi Pi: \u201cagé \u2018er Alyy \u201cery Ty it 1 le 4 ie Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 949 Les seuls calmants que nous sommes obligés de donner, à de rares exceptions près, sont des comprimés d\u2019aspirine composée ou de barbs- turiques.Les suites opératoires sont habituellement sans incident.Nous avons peu ou pas de rétention d\u2019urine ; le lever est précoce ; la durée d\u2019hospitalisation, d\u2019environ cinq jours.Le retour au travail est rapide et la guérison totale s\u2019accomplit dans les quinze jours qui suivent.RÉSUMÉ Après avoir fait une revue de l\u2019histoire des hémorroïdes depuis l\u2019antiquité, on rappelle brièvement l\u2019aspect anatomique de la région ano-rectale ainsi que l\u2019étiologie, la physio-pathologie, les principaux symptômes, les variétés et le diagnostic.On parle ensuite des différents traitements, pour enfin proposer une technique modifiée.TABLEAU Î 100 cas d\u2019hémorroïdectomie \u2014 Schéma des constatations SEXE.52 femmes 48 hommes AGE MOYEN.11111000 .|| Entre trente et soixante ans PROFESSION DOMINANTE.Travailleur manuel VARIÉTÉ DOMINANTE D\u2019HEMORROIDES.Hémorroides internes-externes SYMPTOMES DOMINANTS.~ | Sang et douleur CALMANTS ADMINISTRES .«|| Aspirine composée en comprimés HOSPITALISATION MOYENNE.11110 ; || Cinq ou six jours RETENTION SÉVÈRE D\u2019URINE.LL || Trois cas RETOUR AU TRAVAIL.11111111 1110200 || Sept jours TaApLEaU Il Illustrant le cas des cent patients opérés I eves .qe Réten- Dossier Sexe Age Profession Symptômes Variétés Hospitali- Calmant tion Retour Suites n sation d'urine au travail 55138 M 45 Ingénieur mécanicien Douleur \u2014 Sang Hémorroides internes, 6 jours A.C.C.Non 7 jours Normales externes 58669 M 23 Journalier Douleur \u2014 Sang \u2014 Hémorroïdes internes, 4 jours Cibalgine Non 5 jours Normales Tuméfaction externes 58020 F 40 Ménagère multipare Prolapsus Hémorroïdes internes, 7 jours A.C.C.Non 7 jours Normales externes \u2014 Prolapsus 35177 F 29 Ménagère multipare Douleur Hémorroides internes, 5 jours A.C.C.Non 5 jours Normales externes \u2014 Prolapsus 57488 M 38 Militaire Douleur Hémorroïdes internes 8 jours A.C.C.Non 10 jours Normales 57210 M 54 Ménagère Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes \u2014 5 jours Cibalgine Non 8 jours Normales issure 57273 M 64 Manœuvre Douleur \u2014 Sang Hémorroides internes, 6 jours Nil Non 6 jours Normales externes \u2014 Prolapsus 57166 M 53 Banquier Sang Hémorroïdes internes \u2014 5 jours A.C.C.Sévere 10 jours Normales issure 53582 24 Cultivateur Douleur Hémorroïdes internes 4 jours A.C.C.Non 4 jours Normales 56021 F 74 Ménagère multipare Prolapsus Hémorroïdes externes \u2014 4 jours Allonal Légère 10 jours Normales Prolapsus 56017 M 35 Menuisier Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 4 jours Nil Non 4 jours Normales externes \u2014 Fissure 55242 F 43 Femme de peine Sang Hémorroïdes internes 6 jours Nil Non 9 jours Normales 55150 42 Ménagère multipare Douleur \u2014 Sang \u2014 Hémorroïdes internes \u2014 8 jours A.C.C.Non 15 jours Normales Pus externes \u2014 Fistule 55001 F 30 Commerce Douleur \u2014 Sang Hémorroides internes, 7 jours A.C.C.Légère 18 jours Normales externes 096 TYOIAIAN TVAVT] £66] >1qua1d95 54668 M 42 Constable Douleur - Sang Hémorroïdes internes \u2014 8 jours A.C.C.Non 9 jours Normales issure 54487 F 60 Ménagère multipare Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes \u2014 7 jours A.C.C.Non 10 jours Résection Fissure de papilles 8 jrs après 74848 F 53 Ménagère Tuméfaction \u2014 | Hémorroides internes, 4 jours Nil Non 6 jours Normales Douleur \u2014 Sang externes 75155 F 32 Ménagère Tuméfaction Hémorroïdes internes 7 jours Nil Non 13 jours Normales 75412 M 37 Dessinateur Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes internes, 4 jours A.C.C.Non 5 jours Normales Douleur \u2014 Sang externes \u2014 Fissure 75672 F 47 Ouvrière Douleur \u2014 Hémorroïdes internes, 6 jours A.C.C.Sévère 7 jours Normales Tuméfaction externes 76369 M 66 Industriel Tuméfaction Hémorroïdes internes \u2014 7 jours Nil Non 8 jours Normales issure 76285 M 38 Journalier Tuméfaction \u2014 Hémorroides externes 5 jours A.C.C.Non 6 jours Normales Douleur \u2014 Sang 76840 M 42 Journalier Tuméfaction Hémorroïdes externes 7 jours A.C.C.Non 8 jours Normales 78291 M 55 Cultivateur Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes 9 jours Nil Non 10 jours Normales 44792 F 29 Ménagère multipare Sang Hémorroïdes internes, 5 jours A.C.C.Non 6 jours Normales externes 79418 M 47 Constructeur Sang Hémorroides internes 6 jours Nil Légère 8 jours Normales 81002 M 55 Journalier Prurit \u2014 Sang Hémorroïdes internes 4 jours A.C.C.Nil 4 jours Normales 80979 M 23 Mécanicien Douleur - Sang Hémorroïdes internes, 6 jours A.C.C.Nil 7 jours Normales Prolapsus externes 65435 F 29 Ménagère multipare Sang Hémorroïdes internes, 7 jours A.C.C.Nil 8 jours Normales externes \u2014 Prolapsus 83402 F 24 Commis Douleur Hémorroïdes internes \u2014 4 jours A.C.C, Nil 5 jours Normales Prolapsus 83432 F 52 Commis Sang Hémorroïdes internes, 8 jours A.C.C.Nil 9 jours Normales externes 83829 M 22 Chauffeur Sang Hémorroides internes, 6 jours ACC.Nil 7 jours Normales externes 37744 32 Couturiére Douleur Hémorroides internes 4 jours A.C.C.Nil 6 jours Normales 83880 F 43 Ménagère multipare Douleur Hémorroïdes ulcérées, 4 jours A.C.C.Nil 6 jours Normales externes un ® © + 0 = og + ® O VI w IVOIAI\\ TVAVT] 166 TABLEAU II (suite) Illustrant le cas des cent patients opérés Dossi qe Réten- OSSIET Sexe Age Profession Symptômes Variétés Hospitali- Calmant tion Retour Suites n sation d'urine au travail 84218 F 58 Sang \u2014 Douleur Hémorroïdes internes \u2014 8 jours Barbiturique Nil 10 jours Normales Fissure 84633 F 40 Surintendante Prurit \u2014 Sang Hémorroides internes, 6 jours Démerol Nil 7 jours Normales externes A.C.C.85658 M 28 Journalier Sang \u2014 Douleur Hémorroïdes internes \u2014 5 jours A.C.C.Nil 6 jours Normales issure 94071 F 51 Ménagère Douleur \u2014 Sang Fissure 7 jours A.C.C.Nil 12 jours Normales 20800 F 45 Ménagère multipare Prurit \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 5 jours Démerol Nil 6 jours Normales externes \u2014 Prolapsus de la muqueuse 93950 M 65 Journalier Douleur \u2014 Hémorroïdes externes \u2014 5 jours Héroïne Légère 10 jours Normales Tuméfaction Polype 84367 F 49 Ménagère multipare Douleur \u2014 Sang Hémorroides internes, 6 jours Démerol 1 Nil 7 jours Normales externes 93817 F 61 Ménagère Tuméfaction \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 6 jours Démerol 2 Nil 10 jours Normales Prurit \u2014 Douleur externes \u2014 Fissure 86717 M 36 Journalier Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes internes \u2014 6 jours Nil Nil 7 jours Normales Douleur Fissure 94368 F 49 Cuisinière Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 5 jours Démerol Nil 11 jours Normales .externes \u2014 Fissure 94516 M 43 Chauffeur de taxi Tuméfaction \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 7 jours Démerol Légère 9 jours Normales Prurit \u2014 Douleur externes 94567 F 34 Commerçante Tuméfaction \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 7 jours Démerol Nil 8 jours Normales Douleur externes 94648 F 71 Ménagère multipare Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes internes, 6 jours Démerol Nil 12 jours Normales Douleur \u2014 Sang externes wes / na / 7 / EE | \"fécrrene cuirs cncormes 1 7 poruaen PR 7 cs6 TVDICZ|N TVAYT] £S6I >1que1d95 (on 94395 F 39 Marchande Tuméfaction Hémorroides externes 7 jours Démerol 1 Nil 8 jours Normales 94863 M 57 Journalier Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 3 jours Démerol 1 Nil 4 jours Normales externes \u2014 Fissure 94942 M 40 Garagiste Douleur - Sang Hémorroïdes internes, 6 jours Démerol Légère 7 jours Normales externes 94996 M 37 Cultivateur Douleur \u2014 Sang Hémorroides internes, 6 jours Nil Nil 8 jours Normales externes 68292 F 32 Ménagère Douleur \u2014 Prurit Hémorroïdes externes \u2014 1 jour Démerol Nil 5 jours Normales Polype \u2014 Fissure 95002 F 33 Ménagère multipare Tuméfaction \u2014 Sang \u2014| Hémorroïdes internes, 5 jours Héroïne Nil 11 jours Normales Douleur externes 95308 F 19 Douleur \u2014 Hémorroïdes internes, 6 jours Démerol Légère 7 jours Normales Tuméfaction externes 47963 F 35 Menagère multipare Tuméfaction \u2014 Sang \u2014| Hémorroïdes internes, 6 jours Démérol Nil 8 jours Normales Douleur externes \u2014 Nécrose \u2014 Prolapsus 95801 F 35 Ménagère multipare Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes externes, 7 jours Nil Nil 8 jours Normales Douleur internes 95915 F 56 Ménagère Prurit \u2014 Douleur \u2014 Hémorroïdes externes, 4 jours Héroine Nil 6 jours Normales Sang internes \u2014 Fissure 95800 F 33 Ménagère multipare Luméfaction - Hémorroides externes 4 jours Héroine Nil 11 jours Normales ouleur 96073 F 41 Ménagère Tuméfaction Hémorroïdes externes 7 jours Nil Légère 15 jours Normales 96657 F 27 Ménagère Sang \u2014- Douleur Fissure 6 jours Nil Nil 19 jours Normales 81097 40 Journalier Sang \u2014 Douleur Hémorroïdes internes, 5 jours Barbituriques Nil 8 jours Normales externes 18 F 47 Ménagère multipare Prolapsus - Hémorroides internes, 6 jours Héroïne !/.;4e Nil 7 jours Normales externes \u2014 Fissure 86823 M 46 Chauffeur de taxi Douleur \u2014 Prolapsus Fissure - Hémorroïdes 5 jours A.C.C.Nil 6 jours Normalex internes 65030 F 49 Ménagère Douleur - Prolapsus Hémorroïdes internes, 6 jours A.C.C.Nil 7 jours Normales externes \u2014 Fissure 87461 F 34 Religieuse Douleur \u2014 Prolapsus Hémorroïdes internes \u2014 4 jours A.C.C.Nil 10 jours Normales issure 87512 PF 22 Étudiante Douleur \u2014- Sang Hémorroïdes internes, 4 jours A.C.C.Nil 5 jours Normales externes £66] °91qwua1d3G TVDIGAIN TVAYT] £96 TasrLeau II (suite) NO 2 Hlustrant le cas des cent patients opérés Dossie ; ; Hospitali Réten- OSSier Sexe Age Profession Symptômes Variétés ospitali- Calmant tion Retour Suites n sation d'urine @U travail 89149 F 49 Ménagère Tuméfaction vari- Hémorroïdes internes \u2014 6 jours A.C.C, Nil 10 jours Normales queuse \u2014 Douleur Fissure 90117 F 50 Bijoutier Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes externes \u2014 5 jours A.C.C.Nil 9 jours Normales Douleur - Sang Fissure 90444 F 47 Ménagère multipare Tuméfaction Hémorrcïdes internes, 6 jours A.C.C.Nil 19 jours Normales externes Démerol \u2014 90620 F 32 Infirmiére Tuméfaction \u2014 Hémorroides internes 5 jours Héroïne Oui 10 jours Normales > Douleur \u2014 Sang > 91411 M 35 Contracteur Douleur - Sang Hémorroïdes internes \u2014 8 jours A.C.C.Nil 10 jours Normales Fissure = 15046 M 35 Laitier Douleur Hémorroides internes, 1 jour Nil Nil 2 jours Normales tris externes 9 92271 F 28 Ouvrière Douleur \u2014 Hémorroïdes internes, 6 jours A.C.C.Légère 13 jours Normale: 9 Tuméfaction externes = 92395 M 52 Couvreur Douleur \u2014 Hémorroïdes internes \u2014 5 jours A.C.C.Légère 10 jours Normales Tuméfaction ~ Sang Fissure 37284 M 65 Médecin Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes externes 7 jours Démerol Nil 9 jours Normale Douleur \u2014 Sang 92974 M 57 Pilote Tuméfaction \u2014 Hémorroides internes, 5 jours A.C.C.Légère 11 jours Normales Douleur \u2014 Sang externes wn 93030 M 48 Journalier Tuméfaction \u2014 Hémorroides externes \u2014 4 jours Héroine Légère 5 jours Normales 3 Douleur Thrombose = 42377 F 39 Ménagère multipare Prurit \u2014- Douleur Hémorroïdes internes \u2014 4 jours Démerol 1 Nil 5 jours Normales 3 Fissure uv \u2014\u2014 fe .+ 64571 M 60 Cultivateur Prolapsus - Sang Hémorroïdes internes, 5 jours A.C.C.Légère 6 jours Normales ® externes \u2014 Prolapsus \u2014_ © t 61200 F 32 Célibataire commis Sang \u2014 Douleur Hémorroïdes externes \u2014 6 jours A.C.C.Nil 8 jours Normales J i olype 66302 M 40 Ingénieur civil Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes internes, 5 jours A.C.C.Légere 6 jours Normales Douleur - Sang externes 55992 M 35 Contracteur Douleur Hémorroïdes internes \u2014 6 jours A.C.C.Nil 13 jours Normales Papilles \u2014 Fissure 67335 M 50 Mécanicien Douleur \u2014 Prurit Hémorroïdes internes \u2014 4 jours A.C.C.Nil 6 jours Normales issure 68301 M 46 Journalier Douleur Hémorroïdes externes 7 jours Nil Non 8 jours Normales 67077 M 33 Journalier Prurit Hémorroides internes 4 jours Nil Non 9 jours Normales 69109 F 40 Ménagère multipare Prolapsus \u2014 Douleur Hémorroïdes internes \u2014 6 jours Nil Non 10 jours Normale- Fissure 69690 F 23 Étudiante Sang Hémorroïdes internes.5 jours Nil Non 10 jours Normale- externes 70129 F 49 Acheteuse Nil Hémorroïdes internes \u2014 6 jours A.C.C.Non 10 jours Normale: Prolapsus 71218 M 32 Technicien Douleur - Sang Hémorroïdes internes 5 jours A.C.C Non 9 jours Normales externes 71701 53 Journalier Douleur Hémorroides inernes 6 jours Nil Non 10 jours Normales 72905 F 27 Infirmière Tuméfaction \u2014 Sang Hémorroïdes internes \u2014 5 jours A.C.C Non 7 jours Normales Fissure 73514 F 37 Religieuse Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes internes, 6 jours A.C.C Grave 8 jours Normales Fissure externes \u2014 Fissure 73698 F 38 Comptable Tuméfaction \u2014 Hémorroïdes internes \u2014 7 jours A.C.C.Légère 11 jours Normale: Douleur \u2014 Sang Fissure 73769 M 38 Journalier Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes, 5 jours A.C.C.Non 11 jours Normales externes 34282 F 26 Commis Douleur \u2014 Sang Hémorroïdes internes 6 jours A.C.C.Non 8 jours Normales 74584 h 60 Journalier Douleur \u2014 Hémorroïdes internes \u2014 8 jours A.C.C.Non 14 jours Normales Tuméfaction Fissure 74737 F 38 Journalier Douleur - Sang Hémorroïdes internes, 4 jours Nil Non 6 jours Normales externes 97260 F 44 Commis Sang \u2014 Douleur Hémorroïdes internes, 7 jours A.C.C Non 8 jours Normales externes \u2014 Polype 97387 M 35 Cultivateur Douleur Hémorroïdes internes, 7 jours Démerol Non 9 jours Normales externes 98149 M 38 Cultivateur Sang Hémorroïdes internes, 5 jours Héroïne Non 7 jours Normales externes EG6]| 2Iquaidag TVOIGAIN; TVAVT] 446 956 Lavar.MÉDicaL Septembre 1953 CONCLUSIONS 1.Il faut noter que les hémorroïdes donnent des symptômes seulement lorsqu\u2019elles sont compliquées de lésions résultant de traumatismes, d\u2019infection ou de prolapsus.2.L\u2019hémorroïdectomie doit comprendre l\u2019ablation de toutes les hémorroides, autrement il y aura récidive.3.Le patient qui se plaint d\u2019hémorragie rectale doit avoir un examen complet au sygmoïdoscope pour découvrir à temps un cancer du rectum.4.Soixante pour cent des hémorragies du tractus intestinal bas proviennent des hémorroides.5.La technique employée ici semble présenter bien des avantages : a) L\u2019opéré souffre peu et il est rarement nécessaire d\u2019avoir recours aux narcotiques ; b) La rétention urinaire est rare ; c) Le fonctionnement physiologique de l\u2019intestin est conservé ; d) Le lever est précoce et l\u2019hospitalisation de courte durée ; e) Le patient accepte facilement cette intervention.BIBLIOGRAPHIE 1.BEnsaupE, R., Historique des hémorroïdes, La Presse médicale, (2 octobre), 1937, pp.1391-1397.2.Hourey, C.J., Histoire de la chirurgie hémorroïdaire, Am.J.Surg., 1939, 45-50, (janvier).Quenu, Etude sur les veines du rectum et de \u2019anus, Bull.Soc.anat., Paris, 1892.Buig, Louis-A., Practical proctology, W.B.Saunders Co, 1938.5.Morcan, C.N., Jones, L.F., et Orricer, R., Anatomie chirurgicale du canal anal et le traitement opératoire des hémorroïdes, Lancet, (13 nov.) 1937.GALLANDER, Surgical anatomy, W.B.Saunders, 1940, p.506.7.Recherches sur la pathogénie des hémorroides, Arch.gén.de méd., 1879, 8.MorcAN, C.N., Les hémorroïdes, Brit.N.Journ., (4 mars) 1939, Ww wa x Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 957 9.10.11.12.13.14.15, Morgan, C.N,, La chirurgie des hémorroides, Brit.N.Journ., (25 février) 1939.HaAmirTron, G.I, Les hémorroïdes, leur origine et leur traitement, Am.Journ.Dig.Dis.& Nutrit.(février) 1937.Howarp, C.E., Certames hypothèses concernant l\u2019étiologie des hémorroïdes, Tr.Am.Proct.Soc., 1935.GasrieL, W.B., Traitements des hémorroides, Brit.Med.Journ., (30 décembre) 1939.HirscumaN, L.I., Trait.chir.des hémorroides thrombosiques et prolabées, Am.Journ.Surg., (décembre 1939).Buig, Louis A., Prostoscopic examination and the treatment of hemorrhoids and anal puritis, W.B.Saunders Co., 1932, p.178.PETTIGREW, Antoine, FisHER, John, et Samson, Maurice, Technique d\u2019hémorroidectomie, L\u2019Union médicale du Canada, tome 73, n® 7, (juillet) 1944. REVUE THÉRAPEUTIQUE ANTIHISTAMINIQUES ET INTOLÉRANCES THÉRAPEUTIQUES par G.DAGUET, M.D.Paris) Depuis la synthèse des premiers médicaments antihistammiques effectuée par Fourneau, Bovet et Staub, l\u2019expérience a révélé l\u2019étendue de leur champ d\u2019activité.Les essais climiques mitiaux entrepris en France, dès 1942, avaient laissé entrevoir que ces corps étaient doués de propriétés beaucoup plus complexes que la seule neutralisation des décharges histammiques.Progressivement on reconnut leur action sur fes synapses ganglionnaires, sur les réflexes cardio-vasculaires, sur la sécrétion gastrique et la diurèse, sur la température, sur les processus enzymatiques.Le pouvoir hypnogène des dérivés de la phénothiazme, leur effet anesthésique local ou analgésique, comme leur activité dans la maladie de Parkinson et dans divers syndromes psychiatriques révèlent que leurs propriétés pharmacodynamiques peuvent s\u2019exercer aussi bien dans les centres nerveux supérieurs qu\u2019aux échelons régionaux ou locaux.Selon la constitution chimique des « antihistaminiques », selon leur posologie, leur mode d\u2019application, telle ou telle propriété prédomimne.Les sensibilités individuelles sont très variables.Certams sujets, par exemple, dorment profondément après la prise de 25 mg.de phénergan, d\u2019autres, plus rares, accusent une véritable agitation.De telles varia- sp ty Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 959 tions tirent sans doute leur origme dans les réactions neuro-végétatives propres à chaque sujet.À côté des indications fondamentales des antrhistammiques dans les manifestations anaphylactiques et allergiques, il y a Iteu de faire le point des avantages qu\u2019ils peuvent présenter en association avec certaines thérapeutiques pour en améliorer la tolérance, ou pour lutter contre les accidents qu\u2019elles entraînent.On doit d\u2019ailleurs distinguer cette protection de la synergie médicamenteuse que l\u2019on recherche en associant les antihistammiques à d\u2019autres médications.Qu\u2019il s\u2019agisse de thérapeutiques par composés chimiques de synthèse, par antibiotiques ou par divers agents physiques, la ressemblance de certaines réactions d\u2019intolérance est frappante.La genèse de ces accidents relève sans doute le plus souvent de l\u2019atteinte par le principe actif d\u2019un même système de défense de l\u2019organisme : essentiellement le système neuro-végétatif.Mais si la participation du système neuro-végétatif est constante, il est difficile d\u2019apprécier la responsabilité du trouble initial qu\u2019il s\u2019agit detraiter.On conçoit néanmoins que les antihistaminiques, actifs dans les manifestations les plus authentiques d\u2019anaphylaxie et d\u2019allergie, puissent jouer un rôle protecteur ou curatif dans des accidents où anaphylaxie et allergie sont intriquées étroitement aux phénomènes réactionnels et toxiques.Il faut rappeler aussi les dangers propres de la médication par antihistaminiques : troubles sanguins après cures prolongées à hautes doses.Les intoxications aiguës par prises massives ne s\u2019observent qu\u2019à titre accidentel.L'\u2019interférence des antihistaminiques dans l\u2019évolution des phénomènes immunitaires a pu faire cramdre l\u2019exacerbation et la dissémination d\u2019infections par atténuation des réactions inflammatoires locales.Il a été prouvé au laboratoire que ce risque n\u2019était pas à redouter dans les affections microbiennes humaines communes, ainsi que le confirme l\u2019mnocuité habituelle des antihistaminiques en clinique.I.\u2014 ANTIHISTAMINIQUES ET INCIDENTS DE L\u2019ANESTHÉSIE a) Anesthésie générale : Les antihistaminiques permettent une anesthésie avec des doses restreintes de médicaments, d\u2019où réduction de la toxicité de la narcose. 960 LAava\u2026 MÉDicaL Septembre 1953 Ceci ressort par exemple d\u2019une expérience très simple de Laborit : sur 10 cobayes de 300 g.6 à 8 cm3 d\u2019éther produisent une anesthésie peu profonde.Dix autres cobayes de même poids reçoivent 12 mg.de phénergan une demi-heure avant l\u2019anesthésie : 1 à 3 cm3 d\u2019éther provoquent une narcose profonde et stable (1).En réduisant le métabolisme de base les antihistaminiques favorisent la mise en repos de l\u2019organisme et préviennent le choc (2 et 3).D'autre part l\u2019action bénéfique de ces médicaments est particulièrement nette dans la prévention des nausées et des vomissements postanesthésiques (4) : elle relève vraisemblablement d\u2019une action spasmolytique et centrale.La prémédication par antrhistammiques améliore indiscutablement les suites opératoires, et prévient les complications (c\u2019est notamment le cas au cours des mterventions touchant les zones réflexogènes particulièrement dangereuses).Cette mhibition des accidents irritatifs augmente considérablement la sécurité de certaines interventions (sur le cerveau [5]) et sur le poumon notamment (6).D'autre part, les antihistaminiques sont antidotes des bronchospasmes dus aux curares (7).Enfin on a souvent observé qu\u2019ils réduisaient les hémorragies, en particulier lors de la fermeture des plaies opératoires (8).b) Anesthésie locale : Si les antihistaminiques sont indiqués pour prévenir les accidents graves dus à la procaïne, ils sont également efficaces dans les manifestations d\u2019intolérance cutanée à cet anesthésique (9).Il est sans doute difficile de distimguer le rôle que tiennent à l\u2019heure actuelle les antihistammiques en anesthésie du point de vue de la protection et de celui de la synergie médicamenteuse De toute façon, de plus en plus, les anesthésistes français, intègrent les antihistamiiques aux complexes narcotiques pour en réduire la toxicité.[I.\u2014 ANTIHISTAMINIQUES ET ACCIDENTS DE LA TRANSFUSION ET DE LA SÉROTHÉRAPIE L'amélioration des incidents de la transfusion, quel que soit leur type clinique, par les antihistamimiques fait utiliser ceux-ci fréquemment nt de ti an antl ls Dré ugg : lg k Kr \u20ac nt leur ett Septembre 1953 LavaL MEDICAL 961 a titre préventif (10).Quant aux réactions sériques proprement dites, elles constituent l\u2019une des indications majeures et mitiales de la thérapeutique par antihistammiques (11).Des études expérimentales cherchent à démontrer l\u2019action des anti- histammiques afin de permettre des transfusions de sang de groupes théoriquement incompatibles (12).III.\u2014 ANTIHISTAMINIQUES ET INTOLERANCE AUX ANTIBIOTIQUES Depuis I'mtroduction de la pénicilline, et au fur et 4 mesure de utilisation clinique de nouveaux antibiotiques, divers types d\u2019intolérance ont été observés avec une fréquence trés variable.a) Pénicilline : Ce sont d\u2019abord des manifestations cutanées, prurit, urticaire, eczéma, qu\u2019ont produites les traitements pénicillinés (13).Ces réactions atteignent exceptionnellement une intensité vraiment mquiétante.Cependant ce sont celles que l\u2019on observe le plus fréquemment.Les phénomènes du type choc anaphylactique (14), pneumopathie allergique (15) ou obstruction laryngée sont quasi exceptionnels, mais étant donné la nécessité absolue de poursuivre dans certains cas les traitements péni- cillmés, malgré ces réactions, les antihistaminiques s\u2019avèrent là d\u2019un intérêt primordial (16).Les fièvres et l\u2019exacerbation des lésions que l\u2019on observe au cours de traitements de syphilis récente par pénicillime, et qui reproduisent la réaction d\u2019Herxheimer, peuvent être partiellement inhibées par les antihistaminiques.Si ces réactions sont transitoires habituellement, il est cependant nécessaire de pouvoir les étemdre rapidement, ou de les prévenir, notamment chez les jeunes enfants et chez les vieux syphilitiques atteints de lésions viscérales (17 et 18).b) Streptomycine : Les manifestations d\u2019intolérance à la streptomycimne sont parfois sévères.Si la fréquence des intolérances cutanées, notamment chez le personnel administrant la streptomycine, s\u2019est considérablement ré- 962 Lavar MéDicaL Septembre 1953 duite, des incidents de sensibilisation cutanée surviennent encore de temps à autre, et bénéficient de l\u2019action des antihistaminiques (19 et 20).Mais ce sont surtout les accidents nerveux, troubles cochléaires ou vestibulaires, vertiges, ataxie et même encéphalite, provoqués par la streptomycine Injectée à hautes doses chez des tuberculeux et spécialement pour les méningites tuberculeuses qui constituent un des plus sérieux inconvénients de cette thérapeutique irremplaçable (21 et 22).Dans tous ces cas il est indispensable de tenter une atténuation de ces manifestations d\u2019intolérance par les antihistaminiques ; sans doute ceux-ci sont-ils impuissants à réduire les séquelles indélébiles, mais ils contribuent à permettre la poursuite d\u2019une thérapeutique rigoureusement nécessaire.c) Auréomycine : Les intolérances à l\u2019auréomycine sont jusqu\u2019à présent essentiellement d\u2019ordre digestif, et se manifestent par des nausées, des vomissements et des brûlures gastriques contre lesquels les antihistaminiques ne sont que relativement efficaces (13).Par contre ici encore les réactions cutanées réagissent bien aux antihistaminiques.Il en est de même dans le cas des traitements par terramycine ou chloramphénicol.IV.\u2014 ANTIHISTAMINIQUES ET INTOLÉRANCES A DIVERSES CHIMIOTHÉRAPIES a) Chimiothérapies antituberculeuse et antilépreuse : Il est souvent nécessaire de recourir à la protection par antihistaminiques au cours des traitements par le P.A.S.Les intolérances à ce médicament sont fréquentes, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019éruptions cutanées, de troubles digestifs, de fièvre, de céphalées, et beaucoup plus rarement de troubles sanguins (24 et 25).Les mémes observations sont valables pour les incidents en cours de traitement par le TBI (26), par les sulfamides (27) et les sulfones.Pour ces dernières il faut signaler que les antihistaminiques sont particulièrement utiles au cours des réactions léprotiques aiguës que l\u2019on observe fréquemment avec les traitements sulfonés.Ces réactions Septembre 1953 Lavar.MÉDicaL 963 aiguës pénibles, ne sont souvent que transitoires ; elles autorisent la poursuite de la thérapeutique sulfonée et ceci notamment sous la protection des antihistammiques (28 et 29).b) Chimiothérapies antisyphilitique, antiparasitaire et tropicale : Les accidents de l\u2019arsénothérapie ne bénéficieront que dans une mesure restremte de l\u2019action des antihistaminiques.Pratiquement ce n\u2019est que dans les accidents graves, qu\u2019il s\u2019agisse de crises nitritoïdes, d\u2019apoplexie séreuse ou d\u2019érythrodermie, que l\u2019on aura recours aux antihistammiques (30).Leur action sédative est parti- culièrement appréciable au cours des réactions anaphylactiques, les néphrites dues au bismuth sont justiciables du traitement par les antihistaminiques (31), de même que les réactions d\u2019intolérance au mercure.Cependant il ne faut pas oublier qu\u2019il est souvent préférable de bien observer de petites réactions d\u2019intolérance qui laissent prévoir des accidents plus graves plutôt que de les masquer par une thérapeutique qui n\u2019est alors que momentanément efficace.Par contre on n\u2019hésitera pas à utiliser les antihistaminiques en association avec le B.A.L.au cours des intoxications caractérisées par les métaux lourds.Divers composés chimiques qui constituent les traitements les plus actifs du paludisme (chloroquine, quinacrine {32]), de la maladie du sommeil (lomidme, anthiomaline, glucantime), des leishmanioses (glucan- time), de l\u2019amibiase (conessme) provoquent très fréquemment des réactions passagères d\u2019intolérance, réactions fébriles, éruptions cutanées qui cèdent généralement très rapidement aux antihistammiques.Les manifestations neuropsychiques observées au cours du traitement de l\u2019amibiase par la conessine sont bien prévenues par les antihistaminiques (32 et 33).Il est fréquent d\u2019observer au cours du traitement de filarioses par certains dérivés de la pipérazine (notézine) des troubles d\u2019ordre anaphylactique provoqués par la libération de toxines filariennes consécutive à la destruction des parasites.Qu\u2019il s\u2019agisse de manifestations précoces, prurit, céphalée, hyperthermie, ou tardifs, gastralgies, subictère, vomissements, \"administration d\u2019antihistaminique améne la rétrocession de ces 964 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 symptômes.Il est préférable de prévenir ces réactions thérapeutiques par la prise systématique d\u2019antihistaminiques (34).¢) Chimiothérapie antirbumatismale : Ce qui est valable pour l\u2019arsenic, l\u2019est aussi pour les sels d\u2019or (35) et les sels de cuivre, et le maniement des antihistaminiques devra obéir aux mêmes impératifs.L'association d\u2019antihistaminiques au pyra- midon ou à l\u2019aspirme préviendra efficacement les incidents tout en renforçant l\u2019action de ces deux antirhumatismaux.V.\u2014- ANTIHISTAMINIQUES ET INCIDENTS DE LA PHYSIOTHÉRAPIE ET DES EXPLORATIONS a) Antibistaminiques et rayons X : Dans le mal des rayons les antihistaminiques se montrent actifs à titre prophylactique et curatif.Chez le malade qui tolère mal une première cure de radiothérapie, l\u2019administration d\u2019antihistammiques permet généralement de reprendre et de poursuivre une nouvelle cure sans aucun incident.Si la maladie des rayons s\u2019installe dès les premières irradiations les antihistammiques amendent régulièrement les manifestations d\u2019mtolérance.Les pommades à base d\u2019antihistammique font régresser les réactions cutanées précoces dues aux rayons X (36, 37, 38 et 39).On doit rapprocher de cette action le pouvoir protecteur des anti- histammiques contre certaines intolérances à la lumière et au soleil.b) Il est une bonne précaution de faire précéder les ponctions lombaires de prises d\u2019antihistammiques.Ceux-ci admmistrés 2 ou 3 heures avant la ponction, calment l\u2019appréhension du malade et préviennent les céphalées facilitant ainsi les ponctions ambulatoires.c) De même au cours des explorations urétroscopiques, les antihistaminiques, administrés préventivement, assurent le calme au cours de l\u2019exploration, et évitent les spasmes qui rendent celle-ci très douloureuse (40).d) Les examens radiographiques avec substances de contraste, et notamment produits organo-iodés, provoquent des réactions de type anaphylactique sévères qui sont efficacement combattues par les antihis- tra Con lg tig on 1} jen owe Septembre 1953 LavarL MEbpicaL 965 taminiques (41).Ainsi l\u2019admimistration de phénergan avant l\u2019angiographie carotidienne percutanée permet de conduire cette exploration délicate avec un minimum d\u2019incidents (42).e) L'action sédative des antihistaminiques est également recherchée au cours de la convulsivothérapie ; elle permet d\u2019éviter les accidents osseux dûs aux violentes contractures.VI.\u2014 ANTIHISTAMINIQUES ET INCIDENTS DE TRAITEMENT DUS .a) aux cestrogénes.Les antihistaminiques sont particuliérement efficaces contre les nausées et vomissements survenant aprés administration d\u2019œstrogènes synthétiques (43).b) il faut retenir l\u2019action utile des antihistammiques au cours des désintoxications qu\u2019il s\u2019agisse de sevrages chez les morphinomanes (44), ou de cures antialcooliques par le disulfure de tétraéthyl-thiurane Enfin les antihistaminiques s\u2019avèrent d\u2019un grande utilité dans le traitement de la dermatite, de la conjonctivite atropmiques (45).Il ne faudrait pas déduire de cette revue que les antihistaminiques constituent une panacée commode à administrer pour prévenir toutes les intolérances thérapeutiques.Ce n\u2019est que par l\u2019application d\u2019une posologie prudente, adaptée à chaque malade, que ces médicaments produiront tous leurs effets.BIBLIOGRAPHIE I.LABoriIT, H., Réflexions sur la potentialisation des anesthésiques généraux et les anesthésies combinées, Anesthésie et Analgésie, (1950), VII, 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I ACTUALITE STOMATOLOGIQUE PEDIATRIE ET HYGIENE DENTAIRE * par Marcel LANGLOIS professeur titulaire à la Faculté de médecine de Laval, directeur du Service d\u2019hvgiène maternelle et infantile Le succès remporté par la semaine d\u2019hygiène dentaire a dépassé toutes les prévisions et il convient de souligner le généreux exemple qui a été donné par tous et chacun des membres de la profession dentaire.Une telle contribution à la cause de l\u2019hygiène publique devrait être répétée et imitée le plus souvent possible.Il ne faut pas avoir pratiqué longtemps la pédiatrie, avant de se rendre compte que la santé de l\u2019enfant dépend peut-être autant du niveau atteint par l\u2019éducation en hygiène que de l\u2019application de mesures individuellement requises.C\u2019est ainsi, par exemple, que l\u2019expansion de l\u2019éducation en hygiène maternelle contribue à rendre la femme encemte plus consciente de ses responsabilités, et plus accessible à la mise en application des mesures préconisées pour diminuer les risques et les complications qui pourraient résulter de son état.Tous savent que ce sont surtout les efforts d\u2019éducation qui ont contribué le plus aux réalisations subséquentes, qui ont doté les béné- * Présenté À la société de Stomatologie de Québec, le 18 avril 1953.(11) 970 Lavar MÉDicAL Septembre 1953 ficiaires d\u2019une meilleure santé, et qui ont permis d\u2019établir des points de comparaison entre les divers pays.On peut même ajouter que c\u2019est la pédiatrie qui a contribué le plus à diffuser l\u2019éducation en hygiène.Bien avant la naissance, le pédiatre est obligé d\u2019apprécier toutes les implications de l\u2019hérédité et de l\u2019eugénisme tout autant que celles de l\u2019hygiène prénatale, sur la santé de l\u2019enfant.Tous les facteurs contri- butoires à une bonne santé doivent être connus ou tout au moins soupçonnés, au même degré que devront l\u2019êètre tous ceux qui seraient détri- mentaires.Le pédiatre n\u2019est certes pas en mesure de les contrôler tous également, mais ce sont ceux qu\u2019il peut contrôler qui lui ouvrent toute grande la voie qui conduit aux multiples aspects d\u2019une hygiène particulière à l\u2019enfance.Pour ces motifs et pour bien d\u2019autres encore, l\u2019on conçoit facilement que le pédiatre connaît mieux que tout autre l\u2019importance de l\u2019éducation sur l\u2019hygiène en général et surtout sur l\u2019hygiène conceptionnelle, prénatale, postnatale, préscolaire, scolaire, alimentaire et mentale.Tous les jours de sa vie et plusieurs fois le jour, il est appelé à diffuser quelques-unes de ces notions et plus souvent encore à les mfuser.D\u2019une porte à l\u2019autre, chez les riches comme chez les moins riches, chez ceux qui en savent plus tout comme chez ceux qui en savent moins, il ne soigne jamais un enfant sans distribuer quelque semerce d'hygiène.Cette graine se développera, atteindra parfois d\u2019autres membres de la famille et même, peut-être, se transmettra-t-elle d\u2019une génération à une autre.Semence de qualité variable, bonne ou douteuse, vraie ou fausse, elle fait tache d\u2019huile, et finit par s\u2019implanter pour de bon dans l\u2019opinion publique, d\u2019où il est parfois très difficile de la déraciner.C\u2019est ainsi que finissent par se confondre, vérités et préjugés, légendes et histoires, prévention et scrupule.Un tel jeu et la progression phénoménale de toutes les sciences, nous force à toujours recommencer.Ces perpétuels recommencements et corrections forcent le pédiatre, peut-être plus que tout autre, à prendre conscience de l\u2019importance primordiale de la diffusion des notions d\u2019hygiène dont l\u2019exactitude demande toujours à être contrôlée.Que dire du secteur dentaire en hygiène infantile?Le pédiatre s\u2019en occupe-t-il suffisamment, lui qui peut mieux que nul autre suivre ag, Woy Jute sil vit Septembre 1953 LavAL MÉDICAL 971 le développement, les incidents et accidents de la dentition chez l\u2019enfant ?Toujours, il ouvre la bouche pour exammer la gorge, la langue et les muqueuses, mais combien de fois se laisse-t-il distraire par les dents?À combien de reprises a-t-il envoyé un enfant chez son dentiste, ou encore s\u2019est-il privé de le faire, certain à l\u2019avance qu\u2019une extraction prématurée s\u2019en suivrait?Quoi qu\u2019il en soit, on peut affirmer que l\u2019hygiène médico-dentaire n\u2019a sûrement pas reçu en notre milieu le degré de collaboration médico-dentaire qu\u2019elle exige et qui est indispensable à son plein épanouissement.C\u2019est ici que doivent se rencontrer dentiste et pédiatre.De plus en plus, celui-ci est investi de la confiance de la famille et, à cause de cela, il est le plus souvent consulté au sujet de tout ce qui est du domaine physique de l\u2019enfant.Même si on ne doit pas s\u2019attendre à ce que le pédiatre ait la compétence requise pour faire un examen définitif de la bouche, il n\u2019est pas déraisonnable d\u2019exiger de lui des connaissances suffisantes pour dépister et pour reconnaître certaines anomalies ou déformations grossières qui lui permettront de référer l\u2019enfant au dentiste.Il n\u2019y a pas lieu de discuter ici longuement de l\u2019âge d\u2019apparition des dents de la première dentition.Cette question se pose toujours sur un plan individuel, biologique et physiologique, pas toujours en accord, il est vrai, avec un plan chronologique où il s\u2019agit de moyennes, obtenues empiriquement.Certains facteurs héréditaires ou acquis, tels que des troubles endocrimiens imputables à la thyroïde, à la parathyroïde et à la glande pituitaire, peuvent influencer le moment d\u2019apparition des dents, mais ce n\u2019est pas là un problème d\u2019importance.Quant à l\u2019ordre d\u2019apparition, le problème est quelque peu différent.La plupart du temps lorsque cet ordre est interverti,-1l faut reconnaître une cause locale surtout s\u2019il s\u2019agit de la présence de dents surnuméraires, décelables aux rayons X seulement.Toute anomalie d\u2019apparition devrait donc inciter le pédiatre et le dentiste avertis à exiger une radiographie.Quant au problème de la carie dentaire, on ne peut l\u2019aborder sans admettre qu\u2019il attemt une telle ampleur qu\u2019il constitue un défi à tous ceux qui s\u2019intéressent à la santé publique.En premier lieu, 1l faut 972 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 reconnaître que le nombre de dentistes est encore trop restreint pour satisfaire à tous les besoins dentaires de la population.En second lieu, il faut toujours penser à distinguer entre la prévention de la carie et le contrôle de la carie.A ce sujet, Maury Massler, d.d.s., m.s., professeur de pédodontie postscolaire au collège dentaire de l\u2019université d\u2019Illimois a écrit : « La prévention de la carie tend à prévenir l\u2019mitiation de la carie à la surface de la dent.Elle se résume à prévenir la formation de nouvelles érosions de l\u2019émail.A l\u2019opposé, le contrôle de la carie a trait au ralentissement ou à l\u2019arrêt de toute lésion déjà constituée sur la dent.En dernière analyse, le contrôle tend à protéger la dentine plutôt que l\u2019émail.» « Le contrôle de la carie intéresse le dentiste et le médecm, tandis que la prévention intéresse surtout l\u2019hygiéniste.» Cette distinction est de première importance puisqu\u2019elle nous aide à mieux partager tâches et responsabilités, et à mieux orienter le travail à accomplir.Depuis dix ans surtout la littérature à ce sujet est considérable, et il faut se contenter de n\u2019en retenir que les points dominants.Le tableau suivant, emprunté à Massler, en donne une excellente idée.I.Méthodes de contrôle : A.Le traitement dentaire.B.Contrôle de la carie vs le contrôle du sucre.C.Caries et nutrition.II.Méthodes de prévention : A.Facteurs génétiques dans la carie.Début de carie vs son progrès.B.Hygiène de la bouche et carie.C.Fluorures et caries.1.Fluorures par voies systémiques : a) Fluorures naturels dans l\u2019eau et l\u2019hypothèse de la carie par fluorure ; son at Septembre 1953 LAava\u2026 MÉDicaL 973 b) Fluorures synthétiques : 1) Addition à l\u2019eau de boisson ; 11) Pastilles à prendre par la bouche.2.L\u2019application locale de fluorures : a) Mécanisme de l\u2019action des fluorures ; b) Applications topiques (par le dentiste) ; c) Dentifrices et rince-bouches.D.Composés à base d\u2019ammoniaque et d\u2019urée (dentifrices et rmce- bouches).E.Pénicillme (poudre dentifrice).En partant d\u2019un tel schéma, il est plus facile d\u2019envisager, selon leur ordre, certaines considérations d\u2019intérêt commun aux dentistes, aux pédiatres et aux hygiénistes.MÉTHODES DE CONTROLE Au premier rang des méthodes de contrôle, figure le traitement par le dentiste, à condition que celui-ci voie le malade en temps opportun.On ne saurait trop insister sur l\u2019importance de ce fait, même s\u2019il est déjà largement connu et diffusé.Il y a encore trop d\u2019insouciance tant de la part du public que de celle du pédiatre.Trop de fois encore s\u2019imagine-t-on que la carie est un phénomène exclusivement réservé à l\u2019adolescence ou à l\u2019âge adulte.Plus souvent qu\u2019il se doit, oublie-t-on encore que, si toute amorce de carie était traitée à point, elle n\u2019aboutirait pas si fréquemment à une prothèse prématurée.Peut-être aussi verrions- nous diminuer la fréquence des infections régionales ou systémiques à point de départ dentaire.Au second rang des méthodes de contrôle, se situe la Irmitation des sucres raffimés dans l\u2019alimentation.Il a été amplement démontré que non seulement ils favorisent la carie, mais aussi que leur privation arrête une carie déjà amorcée.A ce propos, 1l est intéressant de prendre connaissance des observations de nombreux auteurs qui ont réussi à M 974 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 établir un parallélisme assez étroit entre la consommation du sucre et la carie dentaire en Europe pendant la guerre.Krohn et Pedersen, en 1945, avaient observé une réduction marquée et progressive du nombre de caries par personne à mesure que se faisait sentir la rareté du sucre.Sognnæs, en 1948, et Toverud, en 1949, ont rapporté que la carie augmentait dans certains pays dès que l\u2019approvisionnement en sucre redevenait plus abondant.Ce fut entre autres le cas de l\u2019Angleterre, de la Hollande, de Ia Suède et de la Norvège.Schour et Massler, en 1947, ont pu démontrer que la courbe du nombre de caries par personne dans un pays donné est en fonction directe de la consommation du sucre.C\u2019est ainsi qu\u2019aux États-Unis en 1948, la consommation moyenne par personne a été de 142 livres de sucre au lieu de la norme de 40 livres, considérée comme suffisante pour couvrir tous les besoms énergétiques.Au contraire, en Italie, où la consommation en sucre est la plus faible du monde, il n\u2019y a pratiquement pas de carie.Suffisamment concluantes en soi, il ne faut pas oublier que ces données s\u2019appliquent aux multiples modalités de la consommation du sucre.Il ne s\u2019agit pas Ici exclusivement de sucre raffiné chimiquement pur, mais aussi de toutes les friandises qui en contiennent et dont l\u2019abus a été introduit dans nos mœurs.Le problème du rationnement du sucre serait de beaucoup facilité si on pouvait s\u2019en tenir au sucre raffiné seulement, mais il devient beaucoup plus complexe lorsqu\u2019il s\u2019agit de s\u2019insurger contre un usage social, une exigence que savent satisfaire à leur légitime profit les fabricants de bonbons et de liqueurs douces.Pour enrayer certains abus, dentistes, médecins et hygiénistes devront persévérer et lutter d\u2019autant plus fort que l\u2019ennemi est mieux retranché.La route à parcourir demeurera d\u2019autant plus ardue qu\u2019il faudra démolir ou modifier l\u2019habitude en soi inoffensive, qui consiste à absorber entre les repas du sucre ou son équivalent.A ce propos, j\u2019al cru intéressant de vous signaler quelques équivalences qui, à première vue, peuvent surprendre.CONTIENT 1 morceau de gomme à mâcher d\u2019un centin & c.à thé de sucre ; 1 beigne de 3 pouces de diamètre 4 c.à thé de sucre ; 15 tasse de gélatine 4 c.à thé de sucre ; 15 de pinte de crème glacée 5 à 6 c.à thé de sucre. Septembre 1953 LavarL MÉDicaL 975 CONTIENNENT 6 onces de Ginger Ale 415 c.à thé de sucre ; 6 onces de Coca-Cola 314 c.4 thé de sucre.CONTIENT 14 tasse de sauce aux pommes non sucrée 2 c.à thé de sucre.Toutes ces données ne sont pas nouvelles, mais elles servent à mieux illustrer la part que devrait prendre le pédiatre dans une campagne que préconise depuis longtemps déjà le dentiste.C\u2019est autant un problème de saine nutrition que de pure prophylaxie dentaire.Au troisième rang des méthodes de contrôle de la carie, apparaît la nutrition.Trop de fois, tant dans les traités médicaux que dentaires, on a préconisé des régimes pouvant avoir un effet salutaire sur la carie.Sans avoir à les énumérer, on peut soutenir que ces affirmations ne résistent pas toutes à une critique rigoureuse.Tous les pédiatres savent bien que l\u2019enfant rachitique ou mal nourri n\u2019en est pas pour cela plus exposé à la carie dentaire ou à son extension.Au contraire c\u2019est à se demander si ça ne lui vaut pas une espèce de protection.Toujours au chapitre de la nutrition, il convient de signaler l\u2019importance Indue encore attachée aux gallons de lait et aux tonnes de calcium que doivent absorber mére et enfant! Au cours des vingt derniéres années, les résultats n\u2019ont pas confirmé le bien-fondé de ces mesures, puisque la carie dentaire demeure en progression.De telles ordonnances constituent une fausse sécurité qui risque de masquer la continuation de la carie.Il en est ainside la vitamine D.Ceci n\u2019mfirme en rien la valeur du lait, du calcium et de la vitamme D sur la croissance osseuse, action très différente du rôle qu\u2019ils sont appelés à jouer sur la carie dentaire.D\u2019ailleurs, à mesure que la science de la nutrition se précise, on sait aujourd\u2019hui qu\u2019au terme de sa première dentition, l\u2019enfant a, depuis longtemps déjà, passé l\u2019âge d\u2019alimentation lactée prépondérante.On sait aussi, ou tout au moins commence-t-on à mieux savoir, que la valeur nutritive du lait écrémé est supérieure dans bien des cas à celle du lait complet.En effet, dans ce dernier la quantité de crème absorbée nuirait à l\u2019utilisation intégrale de la protéine et du calcium que le lait contient même après écrémage.Ensuite n\u2019y a-t-il pas trop d\u2019autres facteurs qui favorisent l\u2019accroissement de la carie 976 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 pendant la grossesse, la lactation et la croissance, pour s\u2019attarder seulement à la carence en lait, en calcium et en vitamine D.MÉTHODES DE PRÉVENTION Ces méthodes sont avant tout un problème d\u2019hygiène publique.C\u2019est sous cet aspect qu\u2019il convient de les discuter 1c1, puisque l\u2019hygiène publique intéresse simultanément et au même degré, les dentistes, les médecins, les pédiatres et les hygiénistes.En ce domaine les techniques particulières à chaque spécialité doivent momentanément être oubliées au profit de l\u2019étude des mesures à prendre en commun.L\u2019hygiène publique n\u2019est pas le fait d\u2019une profession ou d\u2019une spécialité, elle est la somme des efforts de tous ceux qui, directement ou Indirectement, participent à l\u2019orientation de la santé.Ce domaine est presque illimité puisqu\u2019a lui seul il est susceptible d\u2019englober un nombre considérable de professions dont les intérêts immédiats sont nettement divergeants et de participer à toutes les activités humaines.En outre du groupe médico-dentaire et des professions auxiliaires, 1l se sert des législateurs, des admmistrateurs, des statisticiens, des chercheurs, des éducateurs, des diététistes et des publicistes.Toute mesure destinée à prévenir sur une grande échelle la carie dentaire doit donc devenir une mesure d\u2019hygiène publique.Son expansion et son efficacité en dépendent.Au tout premier rang des fonctions assignées à l\u2019hygiène publique se place celle de l\u2019éducation du public.Elle n\u2019a pas conquis cette première place par fantaisie, mais elle l\u2019a méritée en démontrant qu\u2019elle était mdispensable à toutes les autres réalisations.Seule une opinion publique bien mformée et surtout convaincue est capable de faire progresser l\u2019hygiène.Cette opmion publique n\u2019exigera les services dont elle a besoin que dans la mesure où on lui aura vendu leur nécessité.En langage commercial, on peut dire qu\u2019il faut la rendre acheteuse si l\u2019on veut qu\u2019elle consente à se procurer ce que l\u2019hygiène lui offre en vente à st bon compte.C\u2019est là que se trouve la pierre d\u2019achoppement de toute initiative en hygiène publique.Les prétextes pour lesquels la population en général se soucie fort peu de la santé des dents sont mnombrables et peuvent être d\u2019ordre d Ur ai 0 den Wer tty Septembre 1953 LavaL MEpicaL 977 différent, mais il est une raison qui prime tout, c\u2019est le manque de conviction.La responsabilité d\u2019un tel état de choses doit être partagée entre le public, les dentistes, les pédratres et les hygiénistes et ce n\u2019est que lorsqu\u2019on en aura pris pleinement conscience que l\u2019efficacité d\u2019une action concertée pourra être envisagée.L'étude détaillée d\u2019un problème de cette envergure nous entraînerait tellement loin de l\u2019objectif proposé qu\u2019il est préférable de limiter la discussion aux seuls points qui intéressent à la fois le dentiste et le pédiatre.La dentition chez l\u2019enfant est un des épisodes au cours de la croissance et du développement au sujet duquel le pédiatre est constamment consulté.Une des premières questions qu\u2019on lui pose a trait aux phénomènes locaux, régionaux ou généraux qui accompagnent l\u2019éruption dentaire.Les signes locaux sont trop rarement sérieux et quant aux signes régionaux ils se bornent le plus souvent à une conjonctivite ou à une rhinite non infectieuse secondaire à une action réflexe du trijumeau.Comme ces réactions sont lom d\u2019être universelles, elles ne sauraient relever de l\u2019hygiène publique.On ne peut en dire autant des signes généraux, puisqu\u2019il y a grand danger à laisser se répandre le préjugé que la dentition en est responsable.Un bon examen de l\u2019enfant nous révèle toujours un épisode évoluant ailleurs qu\u2019il serait dangereux de ne pas rechercher sous prétexte qu\u2019il coïncide avec l\u2019éruption dentaire.Cette notion doit être le plus répandue possible afm de parer à un danger plus menaçant que celui de l\u2019éruption dentaire elle-même.La seconde question au sujet de la dentition n\u2019est pas assez fréquemment posée au pédiatre, ou bien si elle l\u2019est, il ne semble pas en tenir un compte suffisant.Elle se rapporte aux anomalies dans l\u2019ordre d\u2019apparition des dents, dues dans bien des cas à la présence de dents surnuméraires, troublant l\u2019ordre de l\u2019éruption.C\u2019est une autre notion à diffuser davantage en milieu médical, afin que, par une intervention opportune et appropriée, soit allégé le fardeau de l\u2019orthodontie.Plus souvent, peut-être, le médecim devrait-Il demander une radiographie.D\u2019autres questions de nature à rendre perplexes le dentiste et le pédratre, sont celles qui se posent au sujet de l\u2019alimentation.Nous 978 Lava\u2026 MÉDicaAL Septembre 1953 savons tous que les dents commencent à se former dès le quatrième.mois de la grossesse et que leur formation embryologique relève de l\u2019ectoderme et du mésoderme.L\u2019mvagination du premier donne naissance à des cellules épithéliales, la plupart calcifiées.Le mésoderme donne naissance au tissu conjonctif générateur lui-même du tissu osseux.De cette notion va découler une double indication en regard de la nutrition.La première, c\u2019est qu\u2019il faut à tout prix proscrire à la femme enceinte un régime alimentaire capable d\u2019assurer la kératmisation des cellules épithéliales par l\u2019utilisation du carotène ou de la vitamine A.Quant au tissu conjonctif générateur de tissu collagène, il a besoin d\u2019être protégé par un apport suffisant en vitamme C.Ces deux tissus comptent sur la vitamine D ou sur une transformation intégrale de la provitamme D en vitamme D pour parvenir à leur calcification.Mais ce qu\u2019il faut surtout retenir à ce propos, c\u2019est que l\u2019intervention diététique ne saurait se limiter à un apport suffisant en vitammes.Il faudra, en outre, éliminer toute cause susceptible de nuire au fonctionnement du métabolisme normal, et dépister tous les états constitutionnels endocrmiens ou autres qui pourraient intervenir dans le mème sens.La seconde indication est de beaucoup la plus importante puis- qu\u2019elle a trait à la discussion des voies et moyens à prendre pour attemdre un public toujours plus nombreux.Il faut se souvenir aussi que le point de vue dentaire se trouvera toujours implicitement inclus dans tous les programmes ou réalisations de l\u2019hygiène alimentaire en général, mais peut-être pas de façon suffisamment explicite.Le travail accompli au nom de la santé future de l\u2019enfant ne peut faire autrement que d\u2019avoir une portée immédiate sur la santé dentaire de la mère et de son enfant.Aucun Service d\u2019hygiène maternelle et mfantile ne saurait être complet à moins qu\u2019il ne compte dans ses rangs un dentiste et un hygiéniste dentaire.Même si toute la besogne à accomplir est trop lourde pour une équipe restreinte, cette équipe pourra quand même satisfaire aux exigences les plus urgentes.Que dire maintenant des obstacles qui se dressent en hygiène publique lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019éducation du public.En matière de nutrition et de régime, le premier à vaincre et non un des moindres, c\u2019est la tradition.Tradition qui suit les familles Septembre 1953 Lavar.MépicaL 979 de mère en fille, et qui impose un menu contre lequel 1l n\u2019est pas facile d\u2019mtervenir même par nécessité, Le menu ainsi conçu est devenu partie intégrante du milieu familial au pomt qu\u2019il résiste à toute modification.Les arguments apportés en faveur d\u2019un changement ne sont jamais assez puissants pour entrainer une conviction.Dans d\u2019autres cas, la résistance s\u2019appule sur des considérations d\u2019ordre économique qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de circonvenir.C\u2019est ainsi, par exemple, que l\u2019on voit plusieurs personnes se plaindre que le lait se vend très cher, pendant qu\u2019un montant plus élevé est consacré à l\u2019achat de friandises ou de « liqueurs douces ».Très souvent aussi l\u2019obstination reconnait une origine psychique.Pour certames personnes renoncer à tel aliment veut presque dire qu\u2019ils perdent toute leur sécurité.Celle-ci dépend tellement de ce qu\u2019ils mangent qu\u2019ils confondent volontiers les deux.D'ailleurs les excès qu\u2019ils commettent sont très souvent Imputables à cette notion de sécurité qu\u2019ils éprouvent en les commettant, plus encore qu\u2019à la saveur de l\u2019aliment en cause.Quoi qu\u2019il en soit, en hygiène dentaire, en hygiène alimentaire, tout comme en n\u2019importe quel autre secteur de l\u2019hygiène, pour réussir, il faut trouver, à tout prix, l\u2019argument qui entraîne.C\u2019est la plus grande difficulté toujours présente à n\u2019importe quel niveau de l\u2019éducation.Le pédiatre tout comme le dentiste s\u2019intéresse lui aussi à l\u2019hygiène scolaire.À ce sujet, ne serait-il pas à propos de reviser certaines positions prises?L\u2019examen de la bouche, le repérage et le traitement des caries existantes ne sont qu\u2019un aspect du problème à opposer à l\u2019importance de l\u2019enseignement de l\u2019hygiène dentaire, et cela à partir des toutes premières années d\u2019écolage.Le pédiatre partage encore l\u2019mtérêt du dentiste lorsqu\u2019il est question d\u2019orthodontie, ou de l\u2019étude de toutes les malformations du massif bucco-facial susceptibles d\u2019entraîner une position vicieuse de la denture.La diminution de l'allaitement maternel compte pour beaucoup, plus peut-être à cause des troubles de la nutrition qu\u2019il est susceptible d\u2019entraîner, que par les actions dynamiques en cause.Toujours en regard de l\u2019orthodontie le pédiatre mieux que quiconque connaît l\u2019influence de l\u2019habitude du suçage du pouce.Que jusqu\u2019à 980 LavaL.MÉDicaL Septembre 1953 deux ans ou deux ans et demi elle soit sans importance, sa signification n\u2019est plus la même lorsqu\u2019elle se prolonge au delà de la quatrième année.Même si elle dénote à son origme une insécurité émotive et qu\u2019elle indique la nécessité de rechercher des facteurs de mésadaptation, elle n\u2019est pas sans entraîner des déformations de la cavité orale.Le pédiatre sait aussi que certaines maladies peuvent entraîner un arrêt de développement des os et que, si cet arrêt de développement se produit au niveau des maxillaires, il en résultera une déformation justifiable de correction orthodontique.Comme on vient de le voir, les points d\u2019intérêts communs aux deux professions sont très nombreux même si l\u2019énumération en a été mcom- plete.Tout le problème de la collaboration médico-dentaire reste subordonné au nombre des tâches à accomplir et à leur ampleur.En tout premier lieu, il est soumis au nombre et à la distribution relative des dentistes par rapport à la population de notre Provmce.II est inutile de trop entreprendre, lorsque les chiffres officiels fournis en 1948 donnent pour la province de Québec 1,102 dentistes pour desservir une population de 3,810,000 habitants.Pour n\u2019avoir pas tenu compte de telles données de base, plus d\u2019une initiative en hygiène a dû être abandonnée et le même raisonnement s\u2019applique lorsque certains Services cherchent à s\u2019étendre en horizontale plutôt qu\u2019en verticale.Il vaut mieux conserver un coefficient d\u2019efficacité à un niveau élevé que de vouloir satisfaire à toutes les exigences.Toute expansion horizontale disproportionnée ne tarde pas à rencontrer une insuffisance budgétaire qui interdit la continuité de l\u2019œuvre.Avant que la coopération médico-dentaire puisse porter des fruits, il faudra entreprendre l\u2019éducation des membres des professions en cause.À titre d\u2019exemple, il serait peut-être opportun de mentionner ici l\u2019expérience qui a été conduite au Tennessee.Pour mieux connaître les réactions des clients appelés à se rendre chez le dentiste et aussi dans le but de familiariser les dentistes avec les réactions des clients pusillanimes on organisa une espèce de laboratoire de recherches.A tour de rôle et devant leurs confrères, deux dentistes étaient appelés, l\u2019un à jouer le rôle du client timoré ou rébarbatif, et l\u2019autre celui du dentiste consulté.Après que la scène de la réception eût été jouée puêt Septembre 1953 LavaL MEbicaL 981 par tous les membres participants, l\u2019assemblée était appelée à critiquer l\u2019attitude du dentiste et à proposer les corrections qui s\u2019imposaient.Entre autres choses, cette expérience a mis en relief que l\u2019hésitation des clients à se rendre chez le dentiste posait un problème d\u2019hygiène publique d\u2019importance.C\u2019est une tâche de plus qu\u2019il faudra accomplir non seulement auprès des enfants mais même auprès des adultes.Quelles que soient la multiplicité et l\u2019ampleur des programmes, si grands que puissent paraître les obstacles, la profession médicale et la profession dentaire ne failliront pas.Depuis quelques années il y a des signes évidents d\u2019une collaboration plus intense et, de plus en plus, la médecine reconnaît que l\u2019art dentaire est presque devenu une autre de ses spécialités.En terminant qu\u2019il soit permis d\u2019exprimer un double vœu, celui d\u2019un nombre toujours croissant de dentistes qui s\u2019intéressent ou se consacrent à l\u2019hygiène publique et celui d\u2019une fondation, aux Facultés de médecine, d\u2019une chaire de pédodontie.BIBLIOGRAPHIE 1.Becks, Hermann, Compilation of current publications on food value, University of California.2.DEBRÉ et LELoncs, Pédiatrie, tome I.3.CLiNcH, Lilah, Orthodontics : dental development in children, Brit.Med.J., 1 : 406, (24 fév.) 1951.4.Kronn, C., et PEDERSEN, P.O., Decrease in the incidence of dental caries In six to seven year old Copenhagen elementary school children, 1936 à 1943, Acta Odont.Scandinav., 6 : 130, 1945.ScHour, Isaac, et MassLEr, Maury, Dental caries experience in postwar Italy, J.Am.Dent.A., 35 : 1, 1947.6.MassLER, Maury, Present status of caries control and caries prevention, Med.Clin.of N.Amer., p.13, (jan.) 1950.7.SocNNÆs, R.F., Analysis of wartime reduction of dental caries in european children, Am.J.Dis.Child, 75 : 792, 1948.8.Toverup, G., Decrease in caries frequency in Norwegian children during world war II, J.Am.Dent.A., 39 : 127, 1949.9.WEBER, F.N., Some problems common to the pediatrician and the orthodontist, J.of Pediat., 37 : 878, 1950.vi ANALYSES Report of the Committee on surgical procedures of the National Committee on peptic ulcer of the American Gastroentero- logical Association.(Rapport du comité chargé de l\u2019étude des procédés chirurgicaux par le Comité national sur l\u2019ulcère peptique de l\u2019Association américaine de gastro-entérologie.) Gastroenterology, 22 : 295-500, (novembre) 1952.Ce rapport de trois cents pages est le résultat d\u2019une enquête nationale, conduite par l\u2019Association américaine de gastro-entérologie dans les principaux centres chirurgicaux des États-Unis et du Canada, dans le but de faire une analyse critique des résultats obtenus dans le traitement de l\u2019ulcère par les différents procédés chirurgicaux.Ce travail est divisé en trois sections : I.l\u2019étude de la vagotomie ; II.L\u2019étude de la résection gastrique ; III.L\u2019étude comparative des constatations formulées dans les sections un et deux.PREMIÈRE PARTIE LA VAGOTOMIE DANS L\u2019ULCÈRE Le rapport est basé sur 4,076 cas d\u2019ulcère traités par la vagotomie seule ou associée à d\u2019autres procédés chirurgicaux, avec un follow up de deux ans et demi à trois ans.Une réponse aux cinq questions suivantes fut recherchée.1.La vagotomie est-elle dommageable pour le tube digestif ou d\u2019autres organes ?Le taux de la mortalité attribuable à la vagotomie seule varie de 0.4 à 3,2 pour cent et ne diffère pas sensiblement du taux de la mortalité consécutif à l\u2019adjonction d\u2019un autre procédé chirurgical à la vagotomie (1,0 à 2,2 pour cent).Un petit groupe d\u2019ulcères gastriques traités par vagotomie et gastrectomie fait exception avec un taux de 7.4 pour cent.Une diarrhée persistante fut rapportée dans 2.7 à 3.8 pour cent des cas de vagotomie seule durant la période postopératoire ; plus tard, la one Ip de antes Septembre 1953 LavaL MEDpicaL 983 diarrhée est occasionnelle dans 15 à 30 pour cent des cas.Une rétention gastrite persistante dans la période postopératoire fut observée dans Î1, 7 à 12,6 pour cent des vagotomies seules pour ulcère duodénal par comparaison à 3,1 à 4,0 pour cent, lorsqu\u2019un autre procédé chirurgical est ajouté.Des vagotomisés, 9,7 à 20 pour cent, durent subir un traitement chirurgical complémentaire très probablement en rapport avec cette rétention.Ce retard à l\u2019évacuation gastrique constitue réellement une complication postopératoire qui fut observée chez un nombre considérable de patients au moment de l\u2019observation.Aucune autre complication ne fut observée de façon assez fréquente pour mériter une mention.2.Est-ce que la vagotomie a quelque valeur dans le traitement de l\u2019ulcère duodénal lorsque faite isolément sans gastro-entérostomie ou gastrectomie associée ?Les renseignements recueillis indiquent que la section vagale seule influence favorablement l\u2019évolution de l\u2019ulcère duodénal dans 55,6 à 69,4 pour cent des patients, Pour établir sa valeur, il faut toutefois faire la comparaison avec les autres procédés et évaluer l\u2019importance de ses répercussions néfastes.L\u2019infériorité de la vagotomie seule comparée à la neurectomie complétée par une opération de drainage est bien démontrée par l\u2019étude des critères subjectifs (disparition de la douleur, satisfaction de l\u2019opération, absence des symptômes ulcéreux, possibilité d\u2019accomplir le travail habituel) et des critères objectifs (réapparition d\u2019un ulcère démontré par les rayons X, hémorragie subséquente).La rétention gastrique notée chez 11 à 12 pour cent des patients, la prolongation du temps d\u2019hospitalisation seize à dix-huit jours), la nécessité d\u2019une intervention de drainage ultérieure et l\u2019abandon progressif de cette opération par ceux qui l\u2019ont pratiquée beaucoup, démontrent également l\u2019infériorité de la résection vagale isolée.3.Quelle est la valeur de la vagotomie dans le traitement de l\u2019ulcère gastro-jéjunal apparaissant après : a) une gastroentérostomie ?b) une gastrectomie partielle ?Les compilations montrent que la vagotomie seule donne des résultats favorables dans 81,2 pour cent des ulcères postgastroentérostomie et dans 72,1 pour cent des ulcères postgastrectomie ; ; Jugement porté d\u2019après les critères objectifs et subjectifs cités plus haut.Si l\u2019on tient compte des difficultés créées par l\u2019ulcère peptique consécutif à la gastrectomie, la vagotomie mérite indéniablement une considération spéciale comme mesure thérapeutique.4.Est-ce que la section plus ou moins complète des vagues, telle que déterminée par les tests de fonctionnement gastrique, détermine le succès de l\u2019opération ?Les réponses recueillies ne permettent pas aux rapporteurs de tirer des conclusions. 984 Lava\u2026 MÉpicaL Septembre 1953 5.La vagotomie constitue-t-elle un complément de la valeur à la gastro- entérostomie ou à la gastrectomie dans le traitement de : a) l\u2019ulcère duodénal ?et, b) de l\u2019ulcère gastrique ?Il est impossible d\u2019établir une comparaison entre les résultats fournis par la gastroentérostomie seule et par la gastroentérostomie avec vagotomie, car, actuellement, la gastroentérostomie seule est rarement pratiquée.Aucune conclusion ne fut tirée quant à l\u2019avantage d\u2019adjoindre une vagotomie à la gastrectomie pour traiter l\u2019ulcère gastrique, le groupe de patients traités étant trop réduit.Les résultats de l\u2019étude de la valeur comparative de la gastrectomie avec ou sans vagotomie seront fournis plus loin.Ce travail permet de comparer les résultats fournis par la gastro- entérostomie avec section vagale et par la gastrectomie avec section vagale.Après un follow up de deux ans et demi à trois ans, il n\u2019y a pas de différence statistiquement significative, si l\u2019on se base sur les critères objectifs et subjectifs énumérés plus haut.Il y a, toutefois, une différence significative, quant à la possibilité pour le patient de reprendre ses activités antérieures : 94 pour cent après gastroentérostomie plus vago- tomie, 77,8 pour cent après la gastrectomie plus vagotomie.L\u2019augmentation pondérale fournit une autre différence significative : 68,9 pour cent des patients ayant subi une gastroentérostomie avec vagotomie ont vu leur poids augmenter après deux ans ; 53 pour cent des patients de l\u2019autre groupe.L\u2019injection d\u2019histamime ne provoque pas de sécrétion chlorhydrique chez 82 pour cent des gastrectomisés vagotomisés et 31 pour cent des malades de l\u2019autre groupe.Les hémorragies surviennent avec une fréquence à peu près égale dans les deux groupes : 1,3 à 4,3 pour cent \u2014 2,2 à 6,5 pour cent après gastroentérostomie.La vago- tomie avec pyloroplastie chez un petit groupe d\u2019ulcéreux duodénaux a donné de pauvres résultats.Le résultat final de la vagotomie ne paraît pas dépendre de l\u2019endroit de la section nerveuse sous-au sus-diaphragmatique ni de l\u2019existence ou de l\u2019absence d\u2019hémorragie antérieure.DEUXIÈME PARTIE LA RÉSECTION GASTRIQUE SUB-TOTALE DANS LE TRAITEMENT DE L\u2019ULCÈRE DUODÉNAL ET GASTRO-JÉJUNAL Le but principal de cette étude était de fournir un terme de comparaison avec les patients ayant subi une vagotomie.1,144 cas ont été compilés, dont 108 pour ulcére gastro-jéjunal.En plus de satisfaire au but précité, cette enquéte a permis de tirer les conclusions suivantes.La résection stomacale fournit ses meilleurs résultats quand 70 pour cent de l\u2019organe sont enlevés.Les séquelles, le dumping syndrome > ft per nt Septembre 1953 LavaL MEDpicAL 985 compris, ne sont pas alors plus fréquentes.Il faut s\u2019attendre à de moins bons résultats quand il y a une histoire d\u2019hémorragie antérieure.L\u2019ablation de l\u2019ulcère améliore définitivement les résultats.TROISIÈME PARTIE ETUDE COMPARATIVE DE LA VAGOTOMIE ET DE LA GASTRECTOMIE I.La vagotomie rend-t-elle meilleure la gastroentérostomie et la gastrectomie ?Chez les ulcéreux duodénaux observés dans ces statistiques, la gastrectomie seule, pourvu qu\u2019elle soit faite aux deux tiers, a donné d\u2019aussi bons résultats qu\u2019avec l\u2019addition de la vagotomie.Cette dernière opération donne possiblement plus souvent une achlorhydrie et les observations futures seront nécessaires pour confirmer si ce facteur peut contribuer à diminuer le nombre des ulcères postopératoires ; actuellement, Il est impossible de porter un Jugement sur ce point.II.La gastro-entérostomie complétée par une vagotomie est-elle de valeur égale ou supérieure à la gastrectomie seule ?La gastrectomie seule est supérieure à la gastroentérostomie associée à la vagotomie dans les résultats obtenus chez ce groupe de patients.Un pourcentage plus élevé d\u2019opérés purent reprendre les activités normales après la vagotomie plus gastroentérostomie qu\u2019après la vago- tomie plus la gastrectomie, mais ce ne fut pas le cas quand la vagotomie plus gastroentérostomie fut comparée à la gastrectomie seule.Deux ans après l\u2019opération, le gain pondéral est plus Important après la vagotomie plus la gastroentérostomie qu\u2019à la suite de la vagotomie plus la gastrectomie ; les statistiques ne peuvent servir à faire la même comparaison pour le groupe des gastrectomies sans vagotomie.Dans le groupe des ulcères duodénaux avec hémorragie antérieure, la mortalité fut plus importante à la suite de la résection gastrique isolée qu\u2019après la gastro- entérostomie additionnée de la section vagale.Il est impossible de comparer la valeur de la gastroentérostomie seule, car seulement 19 cas furent rapportés.La résection gastrique isolée a donné de meilleurs résultats que la vagotomie avec gastroentérostomie et ceci sur tous les points comparés, en particulier sur la question de l\u2019absence soutenue des symptômes subjectifs et objectifs de la maladie ulcéreuse.III.La vagotomie est-elle avantageuse dans le traitement de l\u2019ulcère gastro-jéjunal ; est-elle supérieure à la gastrectomie quand celle-ci peut être faite ?La vagotomie a une certaine valeur dans le traitement de l\u2019ulcère gastro-jéjunal, mais dans les ulcères consécutifs à une gastroentérostomie les résultats donnés par la gastrectomie isolée furent meilleurs.La mortalité consécutive à la vagotomie seule fut significativement moindre.(12) 986 Lava\u2026 MépicaL Septembre 1953 RÉSUMÉ Les résultats fournis dans le traitement de l\u2019ulcère duodénal par la résection gastrique isolée furent supérieurs à ceux donnés par la vagotomie associée à la gastroentérostomie et égaux à ceux fournis par la gastrectomie complétée par une vagotomie.La vagotomie avec gastrectomie engendre une achlorhydrie plus fréquemment.La vagotomie Isolée peut être supérieure à la gastrectomie pour traiter l\u2019ulcère gastro-jéjunal consécutif à une gastrectomie et fournit un taux de mortalité plus bas.Jean-Paul DucaL Simon S.LEOPOLD, m.p.Principles and methods of physical diagnosis.(Principes et méthodes du diagnostic physique.) Publié par W.B.Saunders Co., 1952.I s\u2019agit d\u2019un volume abondamment Illustré destiné à l\u2019enseignement de la propédeutique.L\u2019auteur non seulement démontre la façon de s\u2019y prendre pour examiner un malade, mais 1l cherche à mettre en relief les relations qui existent entre les signes physiques constatés et les changements physio-pathologiques qui leur ont donné naissance.Ce volume nous paraît hautement recommandable par le fait que l\u2019auteur se sert beaucoup de clichés (dont 19 en couleurs) et de dessins pour illustrer sa pensée.L\u2019examen du système musculaire et du système osseux, font l\u2019objet d\u2019un chapitre très illustré et particulièrement bien réussi.Laurent PorviN Bela GONDOS.Calcification about the wrist associated with acute pain (periarthritis calcarea).(Calcification au poignet, associée avec une douleur aiguë \u2014 périarthrite calcaire.) Radiology, 60 : 244-251, (fév.) 1953.Douleur aiguë ou sub-aiguë et dépôts calcaires périarticulaires sont considérés comme une entité clinique et pathologique ; c\u2019est la péri- arthrite ou péritendinite calcaire.épaule a surtout été décrite comme le siège de cette affection, mais, on l\u2019a rencontrée dans la hanche, Je genou, le coude, les doigts et les poignets.Les auteurs rapportent une série de huit observations où la péri- arthrite calcaire s\u2019est manifestée au poignet, dans les tendons fléchisseurs et extenseurs du cubitus et du radius.L\u2019étiologie de cette condition est inconnue.Les dépôts calcaires seraient dus à un processus nécrobiotique.Ces calcifications, souvent wi Da) ath eh ig ; sont pet dog gp jeu jui qu et Septembre 1953 Lava\u2026 MÉDicaL 987 symétriques, ou survenant à d\u2019autres articulations, font penser qu\u2019il pourrait s\u2019agir d\u2019une affection du système quoiqu\u2019on n\u2019ait Jamais trouvé aucune modification du métabolisme calcique.L\u2019infection ne joue non plus aucun rôle dans la production de ces calcifications.La condition inflammatoire, cause de la douleur et du syndrome clinique, est toujours secondaire à la déposition calcique.La dculeur est le symptôme primordial et elle est ce pourquoi le patient consulte.La douleur objective est ordinairement bien limitée et peut se localiser dans une région tendineuse.Les mouvements articulaires sont abolis 2 à cause de la douleur.Le gonflement s\u2019observe mieux au poignet qu\u2019à d\u2019autres régions, parce que les structures capsulo- tendineuses y sont plus superficielles.Sandstrom a observé de la fièvre et une sédimentation plus élevée dans ces cas.Cette entité est souvent confondue avec une ténosynovite aiguë, une arthrite infectieuse ou une cellulite.Lorsqu\u2019il s\u2019agit du poignet, 1l faut toujours considérer la périarthrite tendineuse et faire un examen complet y compris l\u2019examen radiologique, sur lequel repose le diagnostic.Avec des radiographies prises en différentes positions, on verra ces calcifications plus ou moins denses, plus ou moins définies selon la chronicité ou l\u2019acuité de la lésion.Dans les cas opérés, les dépôts étaient de consistance laiteuse, pâteuse, crayeuse ou pierreuse.La localisation sur le film de la calcification suggére le tendon affecté.Le siège le plus fréquent est le tendon fléchisseur du cubitus, la calcification se projetant en avant du pisiforme.Une caractéristique de cette affection est qu\u2019elle est bien localisée et que les symptômes disparaissent en moins de quinze jours.Les auteurs ne voient aucune raison de traiter par radiothérapie.L\u2019immobilisation et la chaleur sont les traitements de choix.Les agents chimiques et les antibiotiques ne sont pas indiqués, vu qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une infection.Robert LEssARD Pierre MALLET-GUY et Jacques FEROLDI.Bases pathologiques, expérimentales et cliniques de la splanchnicectomie gauche dans le traitement des pancréatites chroniques récidivantes.La Presse médicale, 28 janvier 1953.Même s\u2019il est facile de provoquer expérimentalement les lésions caractéristiques des pancréatites aiguës, cela n explique pas les récidives de pancréatite chronique qui sont causées par une série d\u2019inflammations aiguës.En vue d\u2019expliquer ce mécanisme pathogénique, les auteurs ont rassemblé les documents d\u2019ordre divers qui leur ont permis de tracer un schéma cohérent de la pancréatite chronique récidivante et dans lequel les interventions sympathiques et, tout particulièrement, la splanchnicectomie gauche trouvent leur justification. 988 Lava.MÉDicaL Septembre 1953 Leur expérience antérieure de la pancréatectomie a prouvé que cette opération exige des conditions précises de réalisation, n\u2019étant logique que si elle assure l\u2019exérèse totale des lésions, en autant qu\u2019elle n\u2019impose pas un sacrifice disproportionné.De plus, des constatations histo- pathologiques, faites sur un pancréas prélevé, témoignent de l\u2019existence de lésions nerveuses possibles ; la stimulation expérimentale du sympathique ou du splanchnique gauche a eu pour effet de produire, soit une nécrose aiguë du pancréas, soit une vaso-dilatation avec de l\u2019ædème et de l\u2019extravasation sanguine, le tout en rapport avec le degré de stimulation.La splanchnicectomie gauche apparaît susceptible de mettre un terme au processus sans cesse récidivant de pancréatite en rompant l\u2019arc réflexe par section des fibres centrifuges.Elle peut prétendre guérir, non la sclérose qui est une cicatrice indélébile, mais des facteurs d\u2019évolutivité subséquents à la sclérose.L\u2019opération sympathique doit-elle être faite à gauche, à droite ou des deux côtés ?Convient-il de substituer à la splanchnicectomie gauche une sym- pathectomie élargie thoraco-lombaire ?Est-elle bien une intervention curatrice arrêtant la maladie pancréatique ou, comme l\u2019estiment le plus grand nombre des chirurgiens américains, une simple intervention palliative, symptomatique, agissant seulement sur le facteur douleur ?À ces trois questions, les auteurs répondent que leurs expériences personnelles ont démontré que la splanchnicectomie gauche a obtenu un résultat favorable dans 83,3 pour cent des cas.Pierre JoBIN René MARTIN, Y.CHABBERT et B.SUREAU.Les associations d\u2019antibiotiques.Etude et valeur de leurs pouvoirs bactériostatique et bactéricide.Applications cliniques.La Presse médicale, 61 : 168, (11 fév.) 1953.Les auteurs étudient les pouvoirs bactériostatique et bactéricide des divers antibiotiques seuls ou associés, en rapport avec la clinique.Divers auteurs ont déja étudié les effets de la potentialisation dans les associations d\u2019antibiotiques et ont fait les constatations suivantes : la pénicilline et la streptomycine ont une action synergique sur certains microbes, en particulier sur les streptocoques ; il y a antagonisme de la pénicilline vis-à-vis le chloramphénicol, l\u2019auréomycine et la terra- mycine, ce fait a été mis en lumière en particulier dans les méningites à pneumocoques ; dans certaines conditions, il y a antagonisme entre la streptomycmne et le chloramphénicol, l\u2019auréomycine et la terramycine.De ces faits, on avait tiré la règle générale suivante : « on ne doit pas associer un agent bactéricide (pénicilline, streptomycine et bacitracine) à un agent bactériostatique (auréomycine, chloramphénicol, terramycine).Dans leurs recherches, les auteurs se sont surtout attachés à l\u2019étude du pouvoir bactéricide des antibiotiques isolés ou associés à l\u2019aide d\u2019une ane) ie que juré Septembre 1953 LavAL MÉDICAL 989 technique mise au point par l\u2019un d\u2019eux (Chabbert) et dérivée du dispositif utilisé pour l\u2019étude générale.10 La technique consiste à répartir également dans des tubes de milieu de culture un nombre connu de germes isolés de l\u2019affection à traiter ; à cette préparation microbienne on ajoute des concentrations de chaque antibiotique isolé ou associé ; les concentrations choisies se rapprochant de celles que l\u2019on retrouve habituellement dans les humeurs.Lecture des tubes est faite après six ou dix-huit heures ; celle-ci consiste à déterminer le nombre de germes survivants par étalement sur des boîtes de Petri.Ainsi, on pourra dire qu\u2019il y a indifférence lorsque le pourcentage des survivants est le même pour une association que pour les antibiotiques isolés qui la composent ; il y a antagoniste lorsque le pourcentage est supérieur à celui obtenu avec l\u2019antibiotique 1solé le plus actif ; il y a synergie lorsque le pourcentage est inférieur à celui obtenu avec l\u2019antibiotique isolé le plus actif.Ces techniques de détermination du nombre des survivants paraissent supérieures pour dêter- miner la valeur des associations d\u2019antibiotiques sur un germe donné.Dans la plupart des cas, elles montrent un réel parallélisme avec les résultats cliniques, ce qui permet d\u2019escompter, presque à coup sûr, le résultat final.Cette technique relativement simple, capable de donner des résultats en quarante-huit heures, permet de préciser l\u2019association médicamenteuse bactéricide de choix, l\u2019association réellement synergique.Les auteurs en font la preuve clinique ; ils citent trois observations d\u2019endocardite maligne parfaitement concordantes.La recherche du pouvoir bactériostatique des antibiotiques par la méthode classique des disques reste encore très utile, elle peut donner de précieux renseignements.Cependant, elle devrait toujours être complétée par la recherche du pouvoir bactéricide.Cette dernière est surtout utile pour déterminer l\u2019association antibiotique de choix ; elle peut aussi servir dans le choix d\u2019un antibiotique isolé.Ainsi, si l\u2019on a choix entre deux antibiotiques inhibant un germe donné, au même degré on devra préférer celui qui a le pouvoir bactéricide le plus élevé.Si l\u2019on est en présence d\u2019un germe dont la culture est inhibée par un antibiotique à faible dose mais qui laisse un fort pourcentage de survivants et par un autre antibiotique qui laisse peu de survivants mais qui n\u2019agit qu\u2019à haute concentration, 1l faudra se demander s\u2019il faut préférer un antibiotique très bactériostatique mais peu bactéricide ou un antibiotique hautement bactéricide mais actif seulement à de fortes concentrations.La nature de l\u2019affection, le siège de la lésion, l\u2019état général du malade, entreront en ligne de compte dans le choix de l\u2019antibiotique.Dans les lésions congestives où les défenses de l\u2019organisme jouent en plein (lésions pulmonaires), un antibiotique à pouvoir bactériostatique élevé suffira le plus habituellement.Lorsque l\u2019affection atteint un organe ou un tissu mal vascularisé, lorsque les germes tendent à s\u2019enkyster dans des poches fibreuses, dans des repaires anatomiques vers lesquels les antibiotiques diffusent mal et qu\u2019ils sont protégés contre les propres défenses de l\u2019organisme, il vaudra mieux employer l\u2019antibiotique le plus bactéricide afin d\u2019assurer une stérilisation extrinsèque la plus complète. 990 LavaL MÉDicaL Septembre 1953 La technique proposée parait être des plus simples ; elle s\u2019est montrée des plus utiles dans de nombreux cas.Elle permet de prévoir les associations antibiotiques efficaces, épargnant ainsi au malade administration de cokctail toujours pénibles à supporter, souvent inutiles, parfois préjudiciables à sa santé.Dans certains cas malheureux, elle permettra de prévoir un échec du traitement, faute d\u2019association antibiotique active.Honoré NADEAU A.MUGLER et A.WACKENHEIM.Efficacité de la colchicine dans le traitement du prurit.Bull.Soc.franc.de dermatologie (réunion de Strasbourg), 489 : (novembre-décembre) 1952, A la Clinique médicale A, de Strasbourg, on s\u2019est intéressé depuis quelques années à rechercher les propriétés antiallergiques de la colchicine.On a depuis longtemps tendance à attribuer un mécanisme allergique à l\u2019accès de goutte, comme l\u2019on connaît, depuis longtemps aussi, l\u2019indication de la colchicine dans le traitement de cette affection.Les auteurs rapportent deux observations de malades souffrant de prurit intense et soulagée définitivement ou dans une grande mesure par l\u2019injection intraveineuse de 3, 2 ou 1 milligramme de colchicine.Le premier malade est atteint de sarcome réticulaire et est soulagé de 40 pour cent de son prurit aprés la premiére injection de trois milligrammes de colchicine.Le second malade est atteint d\u2019ictére par néoplasme de la téte du pancréas avec prurit particulièrement marqué.Une injection de trois milligrammes de colchicme amène immédiatement une disparition pratiquement totale du prurit.Une deuxième injection de deux milligrammes amène une sédation suffisante du prurit pour que le malade n\u2019ait plus à s\u2019en plaindre.L\u2019exposé des auteurs ne constitue qu\u2019une note préliminaire qui sera complétée par une présentation à la Société médicale des Hôpitaux de Paris de plusieurs autres cas semblables.Basée sur l\u2019expérimentation faite, les conclusions des auteurs sont les suivantes : La colchicine n\u2019est pas un antihistaminique.La colchicine sensibilise l\u2019organisme aux effets adrénaliniques - - elle déclenche peut-être un mécanisme adrénalino-sécrétoire.Un certain nombre de propriétés cliniques et biologiques font admettre un mode d\u2019action qui rapproche la colchicine de l\u2019ACTH ou de la cortisone.Les auteurs proposent aussi une explication du mode d\u2019action de la colchicine sur le prurit.a) Par des propriétés vasculotropes adrénalimo-mimétiques, soit par modification de la perméabilité capillaire, soit par vaso-constriction ; nt nt oli paf a Septembre 1953 Lavar MEbpicaL 991 b) Par des propriétés antidiffusantes de la colchinine liées très probablement aux propriétés cortico-stimulantes de la drogue inhibant la diffusion des corps irritants ; c) Par des propriétés antimitotiques.En définitive, l\u2019action anti- prurigineuse de la colchicine résulterait de l\u2019addition de ses propriétés vasculotropes immédiates et de ses propriétés antimitotiques plus tardivement efficaces.Les auteurs terminent en disant : « Si ce sont là des considérations purement théoriques basées cependant sur des données expérimentalement certaines, il faut dire qu\u2019elles ont un intérêt clinique mdiscutable qui peut rendre des services appréciables à ceux qui sont amenés à traiter certains cas de prurit rebelle.» Emile GAUMOND E.P.COLEMAN, et D.A.BENNETT.Syndrome postcholécys- tectomie traité par la vagotomie.Journal of International College of Surgeons, 17 : 865, 1952.Les auteurs étudient soixante-huit malades présentant un syndrome, dit postcholécystectomie, d\u2019intensité plus ou moins grave.Cinquante- quatre de ces patients faisaient partie d\u2019un groupe de 487 malades qu\u2019ils avient opérés dans les dix années antérieures ; ce qui donne 11.09 pour cent de mauvais résultats.Les quatorze autres avaient été opérés ailleurs.Dans vingt-quatre cas, les symptômes ne furent pas jugés assez importants pour motiver un traitement chirurgical.Un cas d\u2019allergie alimentaire fut dépisté.Des calculs du cholédoque étaient responsables des troubles dans douze cas ; quatre malades furent opérés deux fois pour lithiase cholédocienne.Dans ces cas, les auteurs font toujours une cholangiographie peropératoire.Dans cinq cas, un segment important de vésicule avait été laissé en place, un calcul y fut trouvé trois fois.Quatre malades avaient une pancréatite de la tête assez importante pour provoquer des troubles.Chez trois patients supposés cholécystectomisés, une vésicule calculeuse ou inflammatoire fut trouvée.L\u2019exploration chirurgicale permit de constater chez quatorze patients des pathologies diverses dont le rôle est difficile à apprécier dans la génèse des troubles ayant provoqué l\u2019ablation de la vésicule : hernies diaphragmatiques, calculs rénaux, diverticule duodénal, affection gynécologique, affections néoplasiques.Une vagotomie fut pratiquée pour traiter cinq malades souffrant de coliques hépatiques chez lesquels l\u2019exploration des voies biliaires ne montra aucune pathologie évidente.A la suite de cette section, tous les symptômes disparurent.Jean-Paul Ducal REVUE DES LIVRES Bronchologie \u2014 Techniques endoscopiques et pathologie trachéo-bron- chique, par André SOULAS (de Paris) et Pierre MOUNIER- KUHN (de Lyon).Préface du professeur CHEVALIER-JACKSON.Avant-propos du docteur Robert Monop.Un volume de 654 pages avec 304 figures et 24 planches en couleurs.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®), France.Parmi les innombrables acquisitions qui, depuis cinquante ans, ont bouleversé la médecine telle que l\u2019avaient édifiée les grands cliniciens du x1xÉ siècle, la bronchoscopie mérite une place de choix.Elle n\u2019est pas, en effet, qu\u2019une instrumentation nouvelle, mais aussi, et bien plus, la base technique d\u2019une discipline médicale digne de prendre rang parmi ses aînées : la bronchologie.Grâce à la bronchoscopie, de médiate, d\u2019audible ou de visuelle à distance, la connaissance des lésions est devenue directe.Les bruits anormaux, les images perçues à distance ont fait place à des visions directes, à des contacts permettant d\u2019appréhender les lésions elles-mêmes par l\u2019intérieur et non plus d\u2019interpréter leur projection à l\u2019extérieur.S\u2019enfonçant de plus en plus profondément dans les voies aériennes illuminées, le bronchoscope a apporté sur l\u2019anatomie et la distribution des bronches, des notions nouvelles et d\u2019une grande portée pratique ; il a permis de découvrir des lésions à leur extrême début et a ainsi ouvert un chapitre nouveau de la pathologie respiratoire, celui des affections des voies trachéo-bronchiques, qui occupent dans la pathologie pleuro- pulmonaire une place essentielle.Ainsi, la bronchoscopie est-elle devenue aujourd\u2019hui l\u2019auxiliaire indispensable du médecin pneumologue, au même titre que la radio- scople.L\u2019expansion qu\u2019a prise cette nouvelle spécialité justifiait que la masse des notions acquises, encore Éparses, soient réunies dans un ouvrage d\u2019ensemble qui manquait jusqu\u2019à ce jour.L\u2019ouvrage des docteurs Soulas et Mounier-Kuhn, qui fait cette mise au point, constitue ETRE Septembre 1953 LavaL MEbpicaL 993 d\u2019abord, en même temps qu\u2019une base en littérature médicale générale, un précis complet pour le spécialiste.Ce dernier y trouvera d\u2019excellentes et très nombreuses illustrations schématiques d\u2019une technique claire et facile à suivre, et des vues endoscopiques en couleurs qui le familiariseront avec les divers aspects qu\u2019il aura l\u2019occasion de rencontrer.Tout praticien, qu\u2019il fasse lui-même ou non les bronchoscopies de ses propres patients, aura recours à l\u2019ouvrage pour les nombreuses observations et données cliniques qu\u2019il contient.Il n\u2019est pas jusqu\u2019à l\u2019étudiant qui ne doive s\u2019y reporter pour apprendre d\u2019importants principes de pratique médicale et chirurgicale.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Anatomie.\u2014 Topographie et nomenclature bronchiques et pulmonaires.\u2014 Instrumentation et organisation matérielle.\u2014 Technique.\u2014- Exploration endobronchique.\u2014 La bronchographie lrpiodolée.Technique et interprétation.\u2014 Incidents et accidents au cours de la bronchoscopie.\u2014 Le syndrome bronchique.\u2014 Troubles fonctionnels du système bronchique principal.\u2014 Corps étrangers des voies respiratoires.Larynx, trachée, bronches.\u2014 Hémorragies trachéo-bronchiques.\u2014 Trachéites hémorragique.\u2014 Trachéites et bronchites.Broncho-pneumo- pathies non suppurées.Asthme.Bronchites allergiques.\u2014 Tuberculose trachéo-bronchique.\u2014 Tumeurs trachéo-bronchiques.\u2014 Syphilis trachéo-bronchique.\u2014 Les suppurations broncho-pulmonaires.\u2014 Traumatismes, déviations, compressions, fistules et communications trachéo ou broncho-viscérales, malformations et anomalies.\u2014 La bronchoscopie et la chirurgie.L\u2019examen fonctionnel des poumons.Maladies de l\u2019appareil respiratoire, tome 111 du Précis de pathologie médicale, par Fernand BEZANÇON, professeur honoraire à la Faculté de médecine de Paris, membre de l\u2019Académie de médecine.4\u20ac édition refondue.Collection de Précis médicaux.Un volume de 1.054 pages, avec 116 figures.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.Cette quatrième édition manifeste surtout une accentuation des tendances qui avaient retenu l\u2019auteur lors de la précédente édition, parue en 1942.« De plus en plus, écrit-il dans sa préface, nous devons sortir de la conception de maladie d\u2019organe pour entrer dans celle de maladie de système, et nous rappeler que ce qu\u2019on appelle l\u2019état diathé- sique n\u2019est sans doute, pour une grande part, qu\u2019une prédisposition héréditaire ou acquise aux manifestations sur certains systèmes.» Les idées générales qui ont dirigé l\u2019auteur dans la conception de son ouvrage ne l\u2019ont d\u2019ailleurs pas empêché de consacrer à la description des divers états pathologiques de l\u2019appareil respiratoire un développement clair et précis et de définir, avec un esprit didactique, les divers procédés 994 Lava\u2026 MÉDicaL Septembre 1953 d\u2019exploration dont dispose la clinique.Ces descriptions sont 1llustrées de figures qui retiennent l\u2019attention du lecteur et sont d\u2019instructives démonstrations des notions exposées dans le texte.Cette nouvelle édition développe encore la part importante donnée précédemment à la physiologie respiratoire, en particulier aux techniques permettant l\u2019exploration de la fonction respiratoire globale et de chaque poumon séparé.La troisième édition montrait le profond remaniement apporté dans nos connaissances par le perfectionnement de la radiologie, par l\u2019emploi des injections de Irpiodol et de la tomographie.C\u2019est l\u2019avènement de la bronchoscopie qui est cette fois-ci mis en évidence : la pathologie bronchique y acquiert la place qu\u2019elle mérite dans la nosologie.Les merveilleux progrès réalisés d\u2019autre part en thérapeutique par la découverte successive des sulfamides, de la pénicilline, de la streptomycine, ont transformé ou amélioré le pronostic de nombreuses maladies : pleurésies purulentes, pneumonies, broncho-pneumonies, abcès du poumon, etc.Enfin, d\u2019autres affections, certaines considérées comme incurables (dilatation et cancer des bronches), relèvent maintenant de l\u2019intervention chirurgicale, grâce aux perfectionnements de l\u2019anesthésie et de la broncho- aspiration, et à la sécurité acquise contre les suites de l\u2019infection.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Notions préliminaires sur l\u2019anatomie et la physiologie du poumon.\u2014 Maladies des voies respiratoires supérieures et des bronches.\u2014 Maladies du poumon.\u2014 Maladies infectieuses chroniques.Tuberculose pulmonaire.\u2014 Syphilis broncho-pulmonaire.\u2014 Maladies parasitaires du poumon.\u2014 Maladies chroniques de l\u2019appareil respiratoire.\u2014 Cancer bron- cho-pulmonaire et cancer de la plèvre.\u2014 Troubles de la vascularisation du poumon.\u2014 Maladies de la plèvre.\u2014 Maladies du médiastin.Précis clinique et opératoire de chirurgie infantile, par L.OMBRÉ- DANNE, professeur honoraire à la Faculté de médecine de Paris, membre de l\u2019Académie de médecine, avec la collaboration de Marcel FÈVRE, professeur de clinique chirurgicale infantile, chirurgien de l\u2019Hôpital des enfants-malades.5° édition revue, corrigée et augmentée.Collection des Précis médicaux.Un volume de 1.054 pages, avec 1.026 figures.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®), France.La chirurgie infantile englobe d\u2019abord toute la chirurgie générale adaptée à l\u2019âge de l\u2019enfant et, de plus, nombre d\u2019interventions qui, chez les adultes, sont le plus souvent confiées à des chirurgiens spécialisés. | ripen Septembre 1953 LavaL MéEbicaL 995 Aussi un livre de chirurgie infantile complet doit-il présenter a peu prés toute la chirurgie.Et il doit de plus concevoir son sujet, non pas comme un territoire restreint de la chirurgie générale, mais au contraire comme un ensemble de notions complémentaires qui viennent s\u2019adjoindre à la connaissance de la chirurgie générale et même de la plupart de ses spécialités.C\u2019est suivant ce principe que le livre du professeur Ombrédanne a été écrit à l\u2019origine, c\u2019est ce qui a fait son succès auprès de tous les chirurgiens.L'auteur envisage d\u2019abord dans leur ensemble les grands processus pathologiques qui, chez l\u2019enfant, affectent une allure spéciale : traumatismes, dystrophies osseuses, infections ostéoarticulaires, tumeurs.Puis, région par région, il passe en revue les affections et les lésions les plus fréquemment observées en renvoyant aux chapitres initiaux de patholo- gle générale a propos de chaque cas particulier.Écrit pour l\u2019enseignement et la pratique, l\u2019ouvrage laisse de côté les discussions doctrinales, les citations.Il ne préconise, dans la mesure du possible, qu\u2019un seul procédé opératoire, celui que l\u2019auteur a définitivement adopté.La précédente édition, rédigée pendant l\u2019occupation, n\u2019avait pu tenir compte de la littérature médicale étrangère.Cette cinquième édition, rédigée avec la collaboration du professeur M.Fèvre, s\u2019est enrichie des nombreuses nouveautés apportées dans la technique et les traitements par la chirurgie de guerre.Petite chirurgie et technique médicale courante, par G.ROUX, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier.3° édition revue et corrigée.Un volume de 642 pages, avec 385 figures.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VIE), France.Cet ouvrage, dont les deux premières éditions ont été favorablement accueillies, a été écrit pour l\u2019étudiant et pour le médecin.C\u2019est, pour le premier, une initiation aussi complète, aussi minutieuse et aussi pratique que possible à la clinique hospitalière, qui lui facilite l\u2019accès des hôpitaux et lui sert de guide dans ses fonctions d\u2019assistance.Le praticien y trouve de son côté les données nécessaires à sa pratique journalière, celles qu\u2019il doit connaître d\u2019une façon précise pour aborder lui-même les problèmes que pose chaque jour l\u2019exercice de sa profession : c\u2019est ainsi que les principes élémentaires sur lesquels repose la chirurgie adeptique, la préparation des opérés et les soins à leur donner après les interventions de chirurgie générale et spéciale, sont exposés et décrits en détail.L'esprit dans lequel l\u2019ouvrage a été conçu s\u2019est inspiré de la qualité des connaissances que doivent posséder ceux auxquels 1l s\u2019adresse.La description des techniques y est toujours précédée de l\u2019exposé des condi- 996 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 tions anatomiques, physiopathologiques et cliniques sur lesquelles elles reposent.La troisième édition a été revue en totalité et mise au courant des acquisitions récentes.Citons parmi les chapitres ajoutés, complétés ou refondus : les anesthésies en circuit fermé, la réanimation pré-opéra- toire, la transfusion sanguine, la plasmathérapie, l\u2019oxygénothérapie, la sulfamido- et la pénicillinothérapie, la maladie postopératoire, les sérums et les plasmas artificiels, les brûlures, la médication anticoagulante, la méthode aspiratrice et ses applications, la ponction sternale, les soins aux accouchées .DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE L\u2019opération.\u2014 Traitements urgents.\u2014 Méthodes élémentaires d\u2019examen et de traitement.\u2014 Petite chirurgie spéciale : Interventions courantes.Petite chirurgie oto-rhino-laryngologie.Petite chirurgie ophtalmologique.Petite chirurgie urologique.Petite chirurgie gynécologique.Soins aux accouchées.Précis de physiologie, 14° édition, revue, corrigée et mise à jour, par Louis HÉDON, professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Montpellier.Un volume in-8° de 1.032 pages avec 337 figures dans le texte, cartonné : 1.750 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI*), France.Des retouches plus ou moins importantes ont été apportées à presque toutes les parties de cet ouvrage classique, pour mettre sa 14° édition au courant des progrès de la physiologie.Les additions indispensables sont presque compensées par la suppression ou la rédaction plus concise de notions élémentaires, connues des bacheliers et ne nécessitant qu\u2019un bref rappel.L\u2019accroissement du volume a pu être ainsi limité à une soixantaine de pages, illustrées, d\u2019ailleurs, de nombreuses figures nouvelles.Le chapitre Circulation a été entièrement remanié.Il était devenu nécessaire, en effet, d\u2019équilibrer de façon différente ses paragraphes, pour accorder une plus large place à l\u2019étude des mécanismes régulateurs du rythme cardiaque et du tonus vasculaire, qui sont analysés de plus près et présentés sous une forme plus didactique.Les principes de l\u2019électro-cardiographie font aussi l\u2019objet d\u2019un développement mieux en rapport avec l\u2019importance de ses applications cliniques.Dans le chapitre Respiration, 1l est rendu compte du progrès de nos connaissances sur l\u2019organisation et le mode de fonctionnement des centres bulbo-protubérantiels, qui règlent le rythme et l\u2019amplitude des mouvements respiratoires.Le paragraphe relatif à la physiopathologie des asphyxies a été étoffé.Enfin, sans bouleverser le plan adopté dans les éditions précédentes pour exposer les fonctions des différentes parties du Système nerveux, le texte de cette section de l\u2019ouvrage a été repris et complété en maints endroits, pour refléter l\u2019évolution de la neuro-physiologie. Septembre 1953 Lavar MÉDiCAL 997 Ains1 révisé, ce précis reste un livre destiné d\u2019abord aux étudiants en médecine, mais aussi aux praticiens, désireux de se mettre au courant des derniers progrès de la physiologie.Précis de médecine infantile, 6° édition entièrement refondue, par Georges MOURIQUAND, professeur de clinique médicale infantile à l\u2019université de Lyon, médecin des hôpitaux.Collection Testut (ancien Weill et Mouriquand).Un volume in-8° de 1.018 pages avec 249 figures dans le texte : cartonné, 2.200 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI\u20ac), France.i Depuis la 5° édition de ce livre, qui a connu le succès des éditions précédentes, de nombreuses notions nouvelles ont été apportées à la pédiatrie (qui tient si intimement à la médecine générale), non seulement au point de vue de la thérapeutique, \u2014 découvertes les plus frappantes, \u2014 mais également au point de vue de la clinique et de l\u2019étiopathogénie des maladies de l\u2019enfant.Du point de vue clinique, se sont éclairés, pour une large part, le mystère des embryopathies congénitales, le rôle des maladies infectieuses de la mère sur la destinée pathologique du fœtus et de l\u2019enfant : embryopathies rubéoleuses ou autres toxoplasmoses, etc.La syphilis congénitale devant ces faits nouveaux tend à céder certaines de ses positions essentielles.La 6° édition du précis tient compte de ces faits nouveaux.Elle retient la plupart des notions « rénovées » concernant les maladies infectieuses, leur prévention, leur thérapeutique (sérothérapie, vaccination, micothérapie).Le chapitre de la tuberculose a été renouvelé, les indications de la streptomycine précisées.Le livre des dystrophies infantiles a été modifié dans le sens des acquisitions récentes notamment celle des maladies par carence, des hémopathies, des syndromes endocriniens, du rhumatisme chronique.Il en a été de même des maladies du tube digestif où une large part a été faite aux notions nouvelles sur les toxicoses et leur traitement, les cancers viscéraux de l\u2019enfant, etc.Les maladies des voies respiratoires, la dilatation bronchique, la tuberculose pulmonaire, l\u2019atélectasie, etc, ont été l\u2019objet d\u2019une mise au point particulière.Mais le chapitre le plus profondément renouvelé, grâce à la collaboration du docteur Bret, a été le chapitre des cardiopathies congénitales, de leur thérapeutique chirurgicale.Rien n\u2019a été négligé par l\u2019auteur pour rendre actuel le chapitre des maladies nerveuses (méningites, encéphalopathies), des maladies cutanées, les maladies du nourrisson.Un soin particulier a été apporté en tête du livre à la Posologie médicamenteuse si nécessaire au médecin d\u2019enfant pour éviter de graves erreurs de prescription. 998 Lavar.MÉDicaL Septembre 1953 Telle qu\u2019elle se présente dans sa forme rénovée cette 6° édition du , = 56, : ! : Précis de médecine infantile apporte à l\u2019étudiant et au médecin, même fers ae 4 : J spécialisé, l\u2019essentiel des éléments nécessaires 3 sa compétence clinique et à son action thérapeutique.Aspect biologiques de quelques maladies de l\u2019enfant \u2014 Physiologie et biochimie, par G.SCHAPIRA, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, et J.-C.DREYFUS, médecin assistant des hôpitaux de Paris.Avant-propos du professeur R.DEBrÉ, clinique médicale des enfants à l\u2019Hôpital des enfants-malades.Un volume in-8° de 146 pages, avec 18 schémas : 650 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8 place de l\u2019Odéon, Paris (VIE), France.S1, trop longtemps, le médecin praticien n\u2019a considéré le laboratoire que comme un auxiliaire utile certes, mais sans Intérêt propre, il ne peut le faire aujourd\u2019hui.De plus en plus nombreux sont les cliniciens qui reconnaissent que des bases physiologiques et biochimiques sont indispensables à la compréhension de la pathogénie et aux progrès de la thérapeutique.Les auteurs de cet ouvrage se sont efforcés de mettre ces exposés à la portée des médecins même peu familiarisés avec les questions biologiques.Mais les biochimistes y trouveront des mises au point très documentées, et la bibliographie la plus récente.Les sujets traités portent sur les problèmes les plus actuels de la pédiatrie : Biochimie des maladies primitives du muscle (myopathie, myasthénie, myotonie, etc.).Biochimie de la néphrose lipoidique.Les mélituries (étude des sucres dans l\u2019urine).Biochimie du myxœdème.Acquisition récentes de la physiopathologie du fer (notamment dans les maladies du sang, du muscle et du foie).Biochimie du rachitisme.Erreurs du métabolisme des acides aminés.Journées thérapeutiques de Paris \u2014 1948.Sous la présidence des professeurs M.LŒPER et HARVIER.Le curare \u2014 les artérites des membres.Un volume in-8° de 312 pages, avec figures : 1.400 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Parie (VI®), France.Ce volume, comme les deux précédents de 1946 et 1947, traite deux sujets capitaux et de brûlante actualité : \u2014 le traitement des artérites des membres inférieurs sur lequel on n\u2019a jamais tout dit ; Septembre 1953 LavaL MEbicaL 999 \u2014 l\u2019utilisation thérapeutique du curare sur laquelle on commence a dire des choses passionnantes.Le premier est essentiellement pratique.Dans les deux groupes d\u2019artérites, par thromboangéite et par surcharge, ainsi que les désigne Justement Leriche, les auteurs ont récemment envisagé : l\u2019exploration, condition indispensable d\u2019un traitement efficace, les médicaments vasodilatateurs ; les médicaments trophiques comme le soufre et l\u2019insuline, les interventions chirurgicales, exérèse, sympathectomie et même clivage de la couche interne des artères qui est une bien curieuse innovation.Le deuxième est à la fois médical et physiologique, car médecine et physiologie ainsi que l\u2019a remarqué Lapicque y sont étroitement imbriquées.Le curare, ce poisson violent mystérieux du xvi1° siècle, n\u2019intéressa pendant longtemps que les expérimentateurs.Il est devenu un médicament précieux presque spécifique des spasmes, des convulsions.Il facilite l\u2019accouchement, les interventions chirurgicales, supprime les convulsions de l\u2019électro-choc, augmente même la perméabilité des artères et cette dernière action sert de trait d\u2019union entre les deux sujets.Il y a dans ces deux séries de travaux des mises au point intéressantes, neuves, très fouillées, savantes et pratiques à la fois auxquelles ont participé des hommes de science de France, de Belgique, d\u2019Italie, de Suisse.Leurs noms sont une garantie de la perfection de leurs recherches et de leurs conclusions.L'ensemble, véritable petit traité de thérapeutique, ne déparera pas la collection déjà assez fournie et recherchée des travaux de l\u2019Union internationale thérapeutique.Une nouvelle méthode clinique et thérapeutique : l\u2019ostéopathie, par le docteur R.LAVEZZARI.Préface du docteur L.VANNIER.Un volume in-8° de 120 pages, avec 42 dessins en noir et en couleurs de M™¢\u20ac J.de MARE-SARLIN et 19 radiographies : 550 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.Cet ouvrage a pour but de présenter au public médical français le vrai visage de l\u2019ostéopathie, œuvre maîtresse du docteur À.Still.Cette méthode critiquée ou ignorée par les uns, louée sans réserve par les autres et généralement méconnue par la plupart, mérite d\u2019être étudiée et appréciée à sa juste valeur.L\u2019ostéopathie se différencie de toutes les autres méthodes similaires.Elle repose sur des bases scientifiques incontestables.Après un court historique, l\u2019auteur étudie « la lésion ostéopathique », clef de voûte de toute l\u2019ostéopathie.Il en montre la pathogénie, son action dans la genèse de la maladie et son rôle indéniable dans la guérison.Un chapitre illustré de nombreux schémas précise la façon de réduire les différentes lésions par la voie manuelle. 1000 LavaL MEbicaL Septembre 1953 La derniére partie est consacrée uniquement aux observations de malades guéris.Quelques-unes de celles-ci avec reproduction de radiographies prises avant et après le traitement sont très caractéristiques.Cet ouvrage sera lu avec profit par tous les médecins praticiens.La vie par le stade, par le docteur A.THOORIS, chef du laboratoire de morphologie et d\u2019anthropotechnie à l\u2019Institut prophylactique.Prix de l\u2019académie Duchenne de Bologne (1948).2° édition entièrement remaniée.Un volume in-8° de 266 pages avec 170 figures : 850 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®°), France.La première édition est depuis longtemps épuisée.On l\u2019a dit être venue trop tôt, l\u2019opinion n\u2019étant pas encore préparée à une étude scientifique de l\u2019athlète.On ne dira pas que la seconde édition vienne trop tard, car rien n\u2019est périmé encore de la première.Les amateurs d\u2019actualités auraient préféré l\u2019étude de nouveaux athlètes, plus connus des jeunes.Ils n\u2019imaginent pas le travail, le personnel, le matériel, les frais de transport et les concours qu\u2019il a fallu, en son temps, pour réaliser une enquête que les plus riches Instituts de recherches ne pourraient plus mener à bien aujourd\u2019hui.D'ailleurs, les performances nouvelles n\u2019ont pas égalé les anciennes.La plupart des modèles sont des champions olympiques.Ils passent successivement sous le regard de l\u2019anatomiste, du physiologiste, du biologiste et du manager.L\u2019ouvrage leur est dédié.Espérons qu\u2019il trouvera l\u2019audience des nouveaux comme des anciens.Il intéressera surtout ceux qui savent voir ou veulent apprendre à voir les formes vivantes, à les cultiver et à les utiliser.Nous avons tant besoin de maquignons humains dans notre politique sportive.Précis de thérapeutique appliquée, par Jacques CARLES, professeur à Bordeaux.3° édition revue, corrigée et augmentée.Collection Testut.Un volume in-8° de 1,476 pages, avec figures : cartonné, 8.700 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.En ces dernières années les méthodes de traitement se sont profondément modifiées.Avec les sulfamides, la pénicilline, la streptomycine, la thyrotricine, les divers abiotiques ; avec les nouvelles vitamines si actives et à effets si curieux ; avec les œstrogènes de synthèse, encore si délicats à manier ae Er Septembre 1953 Lavar.MÉDicaL 1001 mais déjà si puissants ; avec les hormones préparées synthétiquement, les résultats thérapeutiques magnifiques sont obtenus chaque jour.Beaucoup de nos moyens anciens de traitement s\u2019en trouvent profondément bouleversés ou deviennent désuets.C\u2019est dire que cette 3° édition représente un remaniement important et constitue presque un livre nouveau.De plus, afin de ne laisser dans l\u2019ombre aucune des questions qui peuvent se poser au praticien, elle comporte trente chapitre nouveaux.Certains de ces chapitres seront sans doute particulièrement utiles : par exemple : De quelques règles et de quelques connaissances essentielles pour faire une utile thérapeutique ; le traitement des bronchites pseudo- grippales et des bronchites descendantes ; le traitement des utéro-ovariennes camouflées, etc .Cette nouvelle édition constitue à la fois un précis très complet et une mise au point de toutes les méthodes thérapeutiques actuelles.! Ecrite dans le même esprit que ses devancières, avec le souci constant de répondre aux difficultés de tous les jours et de les résoudre dans les meilleures conditions possibles, nul doute qu\u2019elle ne trouve auprès des étudiants et des praticiens le même chaleureux accueil que les précédentes.Traitement homæœopathique des maladies du cœur, par le docteur Jean POIRIER, ancien secrétaire général du Centre homaeopathique de France.Un volume 1n-16° de 128 pages : 300 fr.G.Doin et Cre, éditeurs, 8 place de l\u2019Odéon, Parie (VIE), France.Pas de phrases inutiles ; des faits probants, des indications scrupuleusement vérifiées des remèdes homæopathiques habituellement usités.Jean Poirier n\u2019a pas cherché à faire étalage de sa science, à présenter une question d\u2019agrégation dont la complexité eût effrayé les nouveaux adeptes de l\u2019homæopathie.Son seul souci a été d\u2019être clair et de leur apporter le secours inestimable de son expérience de vieux praticien.Trop souvent, hélas, on nie l\u2019efficacité du remède homæœopathique dans les affections cardiaques.En réalité, souvent les remèdes sont mal appliqués et les indications précieuses ne sont pas retenues.Poirier s \u2018est attaché à les mettre en valeur, d\u2019une façon remarquable par la précision et la \u2018clarté.Introduction à la pathologie du système nerveux, par le professeur F.-J.COLLET, membre correspondant de la Société de neurologie.Un volume 1n-8° de 368 pages, avec 54 figures dans le texte : 1.300 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.L\u2019auteur s\u2019est proposé de rendre plus accessible la pathologie du système nerveux en présentant une double étude, physiologique et pathologique, menée parallèlement, des principales \u2018fonctions, l\u2019exposé (13) 1002 Lavar MÉDICAL Septembre 1953 même sommaire de leur origine et de leur développement progressif dans l\u2019espèce et dans l\u2019individu pouvant aider à mieux comprendre les détails de leur dégradation.Le livre comprend d\u2019abord l\u2019étude des fonctions élémentaires, motrices ou sensitives, suivies dans l\u2019écorce cérébrale, les voies afférentes et efférentes, à la lumière des techniques anglo-saxonnes et des interventions neurochirurgicales (articles II à VII).Il continue par celle des fonctions motrices spécialisées, motricité oculaire, phonation, articulation, déglutition (articles VIII à XII), des acquisitions sensitives et sensorielles et diverses gnosies (articles XIII à XXII).Viennent en dernier lieu les fonctions plus spécifiquement humaines, la station verticale, la marche debout, la préhension manuelle, la sensibilité stéréognostique, la mimique faciale, l\u2019intonation, la faculté musicale et le langage articulé qui occupent environ le tiers de l\u2019ouvrage.Ces pages qui débordent du cadre des notions médicales courantes pourront être lues avec intérêt non seulement par les médecins et les étudiants, mais encore par toute personne cultivée désireuse de s\u2019Iinitier à la neurophysiologie et à la neuropathologie.L\u2019ouvrage comprend un index biographique où se situent avec leur date et le nom de leur auteur, les principales découvertes concernant l\u2019anatomie et la physiologie du systéme nerveux.Hémoglobines et pigments apparentés (Myoglobines, catalases, peroxydases, cytochromes, porphyrines, pigments biliaires).Étude physiologique et pathologique, par Henri BÉNARD, professeur à la Faculté de médecine de Paris, A.GAJDOS et Marguerite TISSIER, chefs de laboratoire à la Faculté de médecine de Paris.Un volume de 350 pages, avec 66 figures.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI¢), France.Une série de pigments, très répandus dans la nature, ont un squelette commun formé par la réunion cyclique de quatre noyaux pyrroliques, c\u2019est-à-dire par une porphyrine.Cette porphyrine, spécifiée par ses chaînes latérales, constitue le groupement prosthétique de nombreuses substances d\u2019un intérêt primordial aussi bien pour le biologiste que pour le médecin.L\u2019hémoglobine, les catalases, les peroxydases, les cytochromes sont en effet les facteurs indispensables au fonctionnement normal des cellules.Tous ces corps interviennent dans les phénomènes d\u2019oxydation, soit qu\u2019ils transportent l\u2019oxygène à l\u2019état moléculaire ou atomique, soit qu\u2019ils assurent le transfert des électrons.Cette unité d\u2019action est liée à l\u2019unité de structure, chacun de ces composés contenant, comme groupement prosthétique, la protoporphyrine combinée au fer.D\u2019autre part, les troubles du métabolisme des porphyrines peuvent aboutir à l\u2019accumulation anormale de ces pigments dans l\u2019organisme et réaliser soit une maladie autonome, la porphvrie essentielle, soit des ga yor ST oe ee Septembre 1953 LavaL MEbicaL 1003 porphyries symptomatiques accompagnant de nombreux états pathologiques.Enfin, la dégradation in vivo du noyau porphyrinique de l\u2019hémoglobine conduit aux divers pigments biliaires.Les auteurs ont réuni, pour la première fois, dans une étude d\u2019ensemble, les données biochimiques, physiologiques et pathologiques concernant les pigments porphyriniques.Cette monographie, destinée avant tout aux médecins, s\u2019efforce de leur apporter des notions claires et précises sur des chapitres qui appartiennent tout à la fois à la biochimie et à la clinique.Par sa richesse en détails techniques, cet ouvrage constituera en même temps un guide précieux pour les chercheurs.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE 1 Notions chimiques concernant les porphyrines et leurs dérivés, \u2014 Hémoglobine et ses dérivés.\u2014 Applications cliniques.\u2014 Myoglobine et ses dérivés.\u2014 Les dérivés métalloporphyriniques intervenant dans les oxydations intracellulaires.\u2014 Prophyrines.\u2014 Pigments biliaires.Manuel de coprologie clinique, par R.GOIFFON.5° édition revue.Un volume de 252 pages, avec 43 figures et 3 planches en couleurs.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.La coprologie fournit à la clinique des données très importantes et très sûres pour le diagnostic des maladies du tube digestif ou même de troubles plus généraux.D\u2019où l\u2019importance et le succès de cet ouvrage, qui en est à sa cinquième édition.La première partie constitue un rappel des connaissances physiologiques indispensables concernant les aliments et la digestion.C\u2019est ensuite l\u2019analyse des selles, comprenant successivement le prélèvement, qui conditionne le résultat de tout l\u2019ensemble des opérations, l\u2019analyse macroscopique, avant et après dilution, l\u2019analyse microscopique, avec reconnaissance et interprétation des résidus alimentaires ; enfin l\u2019analyse chimique, sur laquelle l\u2019auteur insiste tout particulièrement : elle permet en effet de caractériser divers éléments pathologiques, comme le sang et de doser les éléments normaux et anormaux, comme les graisses et les ferments.Un complément nécessaire est la recherche au microscope des éléments paritaires, protozoaires et helminthes, dont les kystes ou œufs sont assez faciles à reconnaître.Les bactéries intestinales sont étudiées indirectement au cours de l\u2019analyse chimique, mais l\u2019examen microscopique de la flore iodophile est de première importance.Ces données, une fois acquises, permettent de caractériser les syndromes coprologiques et d\u2019en tirer des déductions thérapeutiques. 1004 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Physiologie.\u2014 Les aliments.Stades d\u2019une digestion.Transformation chimique et absorption des aliments.Les sécrétions non diastasiques du tube digestif.La flore microbienne.\u2014 Analvse des selles.\u2014 - Prélèvement des selles et régime d\u2019épreuve.Examen extérieur et réaction.Examen macroscopique après dilution.Examen microscopique.Réactions chimiques.Dosages chimiques et mesures physiques.Recherche et dosage des ferments.Parasitologie.Bactériologie.Champignons inférieurs.\u2014 Syndromes coprologiques.\u2014 Selle normale.Insu- ffsances digestives.Dysmicrobisme intestinal.Signes coprologiques des colites.Hypersécrétion colique.Hyposécrétion colique.Troubles moteurs.Troubles divers.-\u2014 Thérapeutique.\u2014 Orientation thérapeutiques.Indications diététiques.Indications hydrominérales.Vaccinothérapie.Données numériques.\u2014 Éléments de coprologie infantile.\u2014 La coprologie chez le nourrisson.La coprologie chez le grand enfant.Traité du pneumothorax extrapleural, par L.Le FOYER et E.DELBECQ.Un volume in-8° de 368 pages, avec 181 figures : 2.500 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VIE), France.Le Traité du pneumothorax extrapleural vient de paraître.Cet ouvrage était attendu par tous les phtisiologues, tant en France qu\u2019à l\u2019Etranger, car, malgré les discussions passionnées dont cette méthode fut l\u2019objet, elle a acquis aujourd\u2019hui une place de premier plan dans le traitement chirurgical de la tuberculose pulmonaire.Cet important travail de Le Foyer et Delbecq est basé sur 13 ans d\u2019expérience et, maintenant, plus 2,000 cas personnels.Le Traité du pneumothorax extrapleural est une ceuvre qui doit dater dans l\u2019histoire de la phtisiologie.Le lecteur y trouvera clairement exposé les principes de physiopathologie du « collapsus équilibré » qui est à la base de toute collapsothérapie raisonnable et que Le Foyer et Delbecq ont, les premiers, défendu avec ardeur.Les indications du pneumothorax extrapleural sont étudiées avec minutie et tous les problèmes qu\u2019elles posent sont envisagés sous tous leurs aspects.Dans le Traité de pneumothorax extrapleural le chirurgien thoracique et le phtisiologue se familiariseront avec tous les détails, toutes les améliorations de technique que les efforts sans cesse renouvelés de Le Foyer et Delbecq ont permis de mettre au point.De nombreuses figures anatomiques et chirurgicales illustrent cette partie du livre.La technique s\u2019étend encore aux suites opératoires Immédiates, éloignées et tardives, ainsi qu\u2019aux complications et au traitement de celles-ci.Ce sont alors des radiographies démonstratives qui accompagnent le texte.La grande expérience de Le Foyer et Delbecq leur a permis d\u2019avoir une idée d\u2019ensemble sur le pneumothorax extrapleural et de le mettre à sa place dans l\u2019armement antituberculeux.La traduction anglaise Septembre 1953 Lavar MÉDicaL 1005 des points essentiels de chaque chapitre et la traduction intégrale des légendes des figures permettront aux médecins et chirurgiens étrangers de mieux connaître cette méthode de collapsothérapie chirurgicale qui démontre assez la part de l\u2019effort français dans le domaine de la chirurgie thoracique.Manuel de radiodiagnostic clinique, par R.LEDOUX-LEBARD, chargé de cours de radiologie clinique à la Faculté de médecine de Paris, radiologiste des hôpitaux, et Guy-R.LEDOUX-LEBARD, ancien chef de clinique à la Faculté de médecine de Paris, assistant de radiologie des hôpitaux.2° édition entièrement refondue.Un volume de 1,408 pages, avec 2,000 figures : broché en deux volumes et cartonné en un volume.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®), France.Depuis la première édition de cet ouvrage, parue 1l y à quinze ans, le champ du radiodiagnostic médical et de ses applications s\u2019est tellement élargi, et il a suscité, aidé par les progrès techniques et par l\u2019apparition de nouvéaux auxiliaires, des développements tellement surprenants, qu\u2019une refonte totale s\u2019imposait pour la nouvelle édition de ce manuel.Il a dû, de plus, et pour les mêmes raisons, être sensiblement augmenté en importance, et comprend maintenant plus de 1,400 pages.L\u2019introduction de petit texte pour toutes les notions générales ou moins importantes et la suppression de la plupart des précisions techniques (envisagées en détail dans la Technique du radiodiagnostic, ouvrage dont une 2° édition est en préparation) rendent cette augmentation encore plus substantielle.Cet ouvrage d\u2019ensemble consacré à la totalité du radiodiagnostic clinique expose avec précision tous les renseignements que peut apporter au clinicien, pour les divers organes du corps humain, ce procédé d\u2019exploration.II sert à la fois de base à l\u2019enseignement des futurs spécialistes, et de livre de référence à tous ceux qui ont besoin journellement d\u2019un guide leur fournissant toutes les notions classiques du radiodiagnostic courant, ou les renvoyant aux monographies quand il s\u2019agit d\u2019un cas exceptionnel, les mettant en garde enfin contre les innombrables erreurs qui guettent le débutant.L\u2019iconographie normale et pathologique étant un élément de comparaison capital, une place plus grande encore que dans la première édition lui a été réservée : elle a été presque doublée.2,000 figures, dont beaucoup sont originales, illustrent les diverses branches du radiodiagnostic permettent, par des légendes clairement rédigées, de saisir le point particulier que montre le document reproduit.Les nombreuses références bibliographiques ont été mises a jour et la table des auteurs comme la table alphabétique des matières comportent désormais l\u2019indication des figures, permettant de retrouver aisément celles, parfois dispersées, qui se rapportent à un même sujet. 1006 Lavar.MÉDICAL Septembre 1953 Ce livre reste sans équivalent dans notre langue pour rassembler toutes les notions classiques et récentes du radiodiagnostic envisagé dans ses branches les plus diverses.DIVISION DE L\u2019OUVRAGE Production et interprétation des images radiologiques.\u2014 Os et articulations.\u2014 Parties molles.\u2014 Tête et système nerveux central.\u2014 Appareil circulatoire.\u2014 Appareil respiratoire.\u2014 Appareil digestif et annexes.\u2014 Exploration radiologique de l\u2019appareil urinaire.\u2014 Exploration radiologique de l\u2019appareil génital.Appareil génital masculin.Gynécologie et obstétrique.Anthropotechnie médicale, par Jean SCHUNCK de GOLDFIEM.Un volume de la collection Petits Précis (12 X 16), de 190 pages avec 6 tableaux hors-texte et 23 figures : 500 fr.Librairie Maloine, 27, rue de l\u2019École-de-Médecine, Parie (VI©), France.L\u2019Anthropotechnie médicale, avec un style concis et une abondante illustration définit l\u2019anthropotechnie générale et cette nouvelle spécialité qu\u2019est l\u2019anthropotechnie médicale.Celui qui la pratique aboutit à une analyse diagnostique et pronostique jamais égalée de son client : tempérament, constitution, psychologie, terrain morbide et peut en inférer une exquise préclinique : orientation d\u2019éducation physique, scolaire, professionnelle, sociale.Elle permet à l\u2019omnipraticien de diriger préventivement des années à l\u2019avance son patient vers le spécialiste longtemps avant la venue des symptômes alarmants.Il s\u2019agit là du résultat de patientes recherches, statistiques et contrôle de plus de 12,000 cas durant 20 ans, d\u2019un caractère original.Le lecteur y trouvera l\u2019aspect social de l\u2019anthropotechnie médicale, le domaine anthropotechnique du médecin, un condensé d\u2019anthropologie pratique, le déroulement des examens d\u2019anthropotechnie médicale : Anthropométrie, signification du laboratoire, psychométrie avec les différentielles raciales, ethniques, tempéramentales, constitutionnelles.Le médecin est conduit de la constitution physique du patient à la prévention spécialisée : probabilités morbides permanentes, règle des cascades dans l\u2019ordre climatérique, des rechutes réelles ou analogues.Le médecin trouvera à côté de la diagnose constitutionnelle les indications logiques qu\u2019il doit donner sur l\u2019orientation scolaire, professionnelle, sociale.Un chapitre important traite des examens prénuptiaux individuels et mixtes selon la méthode anthropotechnique.Quelques pages de considérations déontologiques seront prisées des lecteurs.On peut dire que l\u2019anthropotechnie a présenté sous la forme la plus réduite, claire, précise, le sens véritable de la médecine sous l\u2019angle technique, pratique, humaniste, suivant la tradition des maîtres du passé fig I) fey {on ls; is Septembre 1953 Lavar MÉDICAL 1007 et l\u2019apport considérable des maîtres de la science contemporaine dans .une synthèse personnelle, originale, fructueuse.Ajoutons que c\u2019est le premier ouvrage publié dans le monde entier sur la question et qu\u2019il ouvre la voie à la médecine constitutionnelle réclamée de plus en plus par les cliniciens.Initiation à la médecine, par le docteur A.-L.PÉCUNIA.Un volume volume 15 X 21, de 760 pages avec 640 figures : broché, 1.800 fr : cartonné, 2.000 fr.Librairie Maloine, 27, rue de l\u2019École de Médecine, Paris (VI°), France.L\u2019Initiation à la médecine s\u2019adresse à toute personne qui, de près ou de loin, par nécessité ou par curiosité, s\u2019intéresse à la science médicale.Divisé en trois grandes parties : I.Anatomie et Physiologie ; II.Pathologie ; III.Pratique médicale, cet ouvrage donne tous les renseignements utiles et indispensables aux étudiants débutants, auxiliaires médicaux, pharmaciens, dentistes, sage-femmes, assistantes sociales, masseurs, directeurs d\u2019hôpitaux et de maison de santé, officiers d\u2019administration, etc.La première partie comprenant l\u2019anatomie et la physiologie, répond à toutes demandes de renseignements sur ces deux grandes parties de la médecine « Que sont : le pancréas ?les trompes utérines ?» ou « Qu\u2019est- ce qu\u2019une bactérie, un aérosol?», etc.La deuxième partie est consacrée a la pathologie, soit à la description des malades ou cas pathologique « Qu\u2019est-ce qu\u2019une aortite ?une bartho- linite ?» ou « Qu\u2019est-ce que la cryothérapie?» La troisième partie pratique et technique, décrit tous les actes médicaux que peut pratiquer un non médecin.Clairement décrits, illustrés de figures, ces actes vont de l\u2019inhalation à la ligature artérielle en passant par la pose d\u2019un bandage, l\u2019entretien d\u2019un microscope, la préparation d\u2019un plâtre ou la stérilisation des instruments.Les matières de ces trois parties sont classées par ordre alphabétique, forment chacune un tout complet et indépendant, et peuvent se consulter comme un dictionnaire.640 figures 1llustrent et éclairent le texte : un index alphabétique très complet réunit en fin d\u2019ouvrage tous les termes techniques cités.Livre unique et indispensable, à qui veut connaître comment le corps humain est fait, comment 1l fonctionne, pourquoi 1l devient malade, les soins à lui donner, ainsi qu\u2019à tous ceux dont le travail toujours obscur et souvent ingrat les fait collaborer au grand œuvre « Santé ». NOUVELLES PHARMACEUTIQUES THÉRAPEUTIQUE NOUVELLE DES LEUCORRHÉES Les connaissances acquises depuis quelques années sur la physiologie vagmale nous ont permis de concevoir plus nettement les règles qui doivent commander la thérapeutique des Ieucorrhées.Ces leucorrhées se définissent : un écoulement vagmal infectieux ou non qui, en plus d\u2019être désagréable, amène localement du prurit, de la mauvaise odeur et une sensation de brûlure.De plus, cette leucorrhée peut s\u2019accompagner de troubles extravagmaux tels : la rectite, l\u2019annexite, l\u2019endométrite, la cervicite et, dans les conditions plus graves, de la pelvipéritonite.Les médecins connaissent bien la quantité considérable de patientes qui les consultent pour de la leucorrhée.Si on ajoute à ce nombre celui des femmes qui en souffrent et pour qui il répugne de consulter pour une telle condition, on peut dire que cette affection se présente dans une proportion assez marquée chez la femme.Des auteurs ont indiqué qu\u2019environ 60 pour cent des femmes, qui consultent pour quelque raison, s'amènent avec une leucorrhée de nature quelconque.De ces 60 pour cent, environ la moitié présente une leucorrhée infectieuse, l\u2019autre moitié fonctionnelle.Le vagin est situé de telle façon qu\u2019il est susceptible de s\u2019infecter facilement.En effet, ce cul-de-sac dans le voisinage immédiat de l\u2019anus, est difficilement en mesure d\u2019être l\u2019objet d\u2019un entretien hygiénique continu.La nature, cependant, a pourvu cet organe de moyens de défense adéquats.Ces moyens débutent dans la constitution même des cellules ou éléments 'épithéliaux qui tapissent cette cavité.Ces cellules se déposent sur une épaisseur d\u2019environ quarante couches d\u2019éléments.Dans ces cellules, Il y a des dépôts de glycogène, forme de réserve du glucose.Le nombre de strates épithéliales de même que la teneur en glycogène sont sous le contrôle de l\u2019ovaire.Disons tout de suite que si le nombre de cellules est diminué soit physiologiquement comme chez la petite fille et la femme ménopausée, soit pathologiquement chez une femme en pleine période fonctionnelle à cause d\u2019une infection chronique prolongée, la quantité de glycogène devient insuffisante.Cette Insuffisance amène une autre condition : la diminution de l\u2019acide lactique dans le vagin.En effet, la glycogène est normalement hydrolysé par des bactéries du groupe lactobacille auxquelles on donne le nom de bacilles de Dôderlein.Cette hydrolyse explique la formation de l\u2019acide lactique ie i it les qu Septembre 1953 LavaL MEbpicaL 1009 qui, lui, est responsable de l\u2019acidité normale vaginale qui oscille entre un pH de 3,8 à 4,4 \u2014 alors, ce bacille de Dôderlein est donc un hôte normal du vagin.Toutes les fois qu\u2019il manque de glycogène, que l\u2019hydrolyse ne se fait pas, il y a tendance à l\u2019acheminement d\u2019un pH vers la neutralité et l\u2019alcalinité - - et si dans ces conditions un élément microbien s\u2019introduit dans le vagin, il y trouve un milieu propre à sa multiplication.Les agents pathogènes responsables le plus souvent des infections vaginales sont : un protozoaire appelé trickomonas ; un fongus appelé monilia et des bactéries dont les principales sont le colibacille, le staphylocoque, le streptocoque, le diphtéroïde.II semble que chacun de ces éléments se développe à un pH optimum.C\u2019est ainsi que entre un pH de 5 et 6, le milieu est favorable à la prolifération du trichomonas ; un pH de 6 et 7 semble idéal pour le monilia ; un pH de 7 à 9 constitue un milieu ionique propre aux flores mixtes incluant les différentes bactéries nommées.Le pH vaginal est donc normalement acide, mais cette normalité peut varier au cours de la période menstruelle.Pendant la menstruation, l\u2019écoulement sanguin alcalinise le milieu et c\u2019est pour cette raison que plusieurs infections latentes en profitent pour se manifester de façon ouverte.Plusieurs femmes, en effet, consultent à cette occasion parce que leurs symptômes de leucorrhée augmentent et s\u2019accompagnent alors d\u2019un prurit assez marqué.Au point de vue du traitement, il faudra considérer un épisode d\u2019alcalinité normale qu\u2019il faudra tout particulièrement surveiller.La thérapeutique des vaginites devra donc se baser sur ces faits physiologiques pour être efficace.C\u2019est ainsi que le Propi-vaginal a été conçu.* Nous avons tenté par ce médicament de favoriser le plus possible les moyens de défense naturels du vagin, de maintenir son acidité normale et d\u2019agir directement sur la flore pathologique par des substances antiseptiques, bactériostatiques, fongicides tout en respectant la flore naturelle représentée par ces bacilles de Dôderlein.Le Propi-vaginal contient d\u2019abord du propionate de sodium et de l\u2019acide propionique dont l\u2019action bactéricide et bactériostatique a été démontrée dans de nombreux travaux.Ce sont des composants de la sécrétion des glandes sudoripares et comme tels, ils sont des antibiotiques naturels.Plusieurs travaux démontraient récemment que l\u2019acide propionique et ses sels étaient parmi les plus efficaces fongicides.Le propanol est un désinfectant.Quant à la ditodohydroxyquinoléine, sa présence dans le Propi- vaginal s\u2019explique par le fait que ce corps possède des propriétés trichomonicides.L\u2019acide borique et l\u2019acide lactique servent à maintenir le pH normal du vagin.Le glucose et le lactose servent de toute nécessité à permettre aux bacilles de Doderlein de parfaire leur hydrolyse pour le cas où la présence de glycogène dans les cellules est déficiente.D'ailleurs, dans un vagin infecté le taux de glycogène est réduit.Quant à la benzocaine, son action analgésique n\u2019est plus à démontrer.* Propi-vaginal \u2014 Anglo-French Drug Cie Ltée. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Nomination au département de bactériologie Le docteur André Potvin, fils du professeur A.-R.Potvin, gradué de Laval 1949, vient d\u2019être attaché par la Faculté de médecine au département de bactériologie où 1l participera à l\u2019enseignement et à la recherche sous la direction du professeur Edouard Morin.Le docteur Potvin est un diplômé de l\u2019Institut Pasteur de Paris où, pendant deux ans, il a suivi, non seulement le grand cours de bactériologie et de sérologie, mais aussi les travaux de recherche sur les anaérobies avec le professeur Prévot et sur les champignons avec le professeur Segretain.L'hiver dernier, c\u2019est à Londres, à l\u2019Institut Lyster, qu\u2019il a consacré sa troisième année de formation scientifique en étudiant les formes L des bactéries et particulièrement les organismes du genre pleuro-pneumonie sous la direction du docteur Klieneberger.En avril dernier, le docteur Potvin est revenu défimitivement à Québec où 1l occupe le matin le poste de bactériologiste dans les laboratoires de l\u2019Hôtel-Dieu sous la direction du professeur Henri Marcoux et, l\u2019après-midi, à la Faculté de médecine au département de bactériologie, chez le professeur Morin.Il poursuit des recherches statistiques sur les organismes du genre pleuro-pneumonre.Don de l\u2019Ambassade de France Monsieur François de Vial, consul général de France à Québec, nous a fait don d\u2019une importante collection de livres de médecine au nom de l\u2019Ambassade de France en Canada.En voici la liste : BELor, J., CHEVALLIER, Paul, GATE, J., et autres.\u2014 Traité de dermatologie clinique et thérapeutique.Tome premier, fascicules 1 et 2.Tome deuxiéme, fascicule 2.G.Doin ¢r Cie, 1933. = bet, 4 que fal Septembre 1953 Lavar MÉDicAL 1011 Faure, J.-L, Sirepey, À.\u2014 Traité de gynécologie médico-chirurgicale.Tome 1 et 2.G.Doin er Cie, 1928.VALLERY-RapoT, Pasteur, HAMBURGER, J., LHERMITTE, F., et autres.\u2014 Pathologie médicale.Tome 2et 3.Éditions médicales Flammarion, 1951.Papin, Edmond.\u2014 Chirurgie du rein.Tome 2 et 3.G.Doin er Cie, 1928.LE DENTU et DELBERT.\u2014 Nouveau traité de chirurgie \u2014 Fascicule XXIV \u2014 Affections chirurgicales du corps thyroïde : goitre, 1929 ; Fascicule XVI \u2014 Maladies du crâne et de l\u2019encépbhale, 1931 ; Fascicule XLITI \u2014 Gynécologie, 1927.Librairie J.-B.Baillère et Fils.JANET, Pierre.\u2014 Les médications psychologiques.Tome 1 et 2.Librairie Félix Alcan, 1925.JANET, Pierre.\u2014 De l\u2019angoisse à l\u2019extase.Tome 1 et 2.Librairie Félix Alcan, 1926.GAILLARD et NocuE.\u2014 Traité de stomatologie \u2014 Fascicule | \u2014 Anatomie de la bouche et des dents, 1928 ; Fascicule X \u2014 Technique ortbodontique, 1928 ; Fascicule XI \u2014 Dentisterie, 1930 ; Fascicule XII! \u2014 Prothèse fixe, 1929.Librairie J.-B.Baillére et Fils.Broca, Robert.\u2014 La médecine infantile.Librairie Armand Colin, 1943.Binet, Léon, BERNARD, Noël, DUJARRIC DE LA RiVIÈRE et autres.\u2014 Les grandes découvertes françaises en biologie médicale.Flammarion, éditeur, 1949.CAULLERY, Maurice.\u2014 Les étapes de la biologie.Presses universitaires de France, 1948.SERGENT, Émile, RiBAnEAu-Dumas, L., BABOoNNEIX, L.\u2014 Maladies des reins.Librairie Maloine, 1940.Guircy, H., L\u2019HrironpEe., Ch.et TuiBAULT, R.\u2014 Prothèse dentaire amovible ou adjointe.Masson er Cie, 1946.HovELACQUE, À.\u2014 Anatomie des nerfs crâniens et rachidiens et du système grand sympathique chez l\u2019homme.G.Doin & Cie, 1927.Brierry, H.et RATHERY, F.\u2014 Introduction à la physiologie des sucres.J.-B.Baillières et Fils, 1935.Poronovsk1.\u2014 Biochimie médicale.Exposés annuels.Masson & Cie, 1951.Lamy, Maurice.\u2014 Les applications de la génétique à la médecine.G.Doin er Cie, 1944.JEANNENEY, J.\u2014 Applications chirurgicales de l\u2019anatomie topographique.G.Doin & Cie, 1945.Lec®uRr, Jacques.\u2014 Hémoptysies non tuberculeuses et hémoptysies sans causes.(G.Doin & Cie, 1945.BENDA, R.\u2014 Le granulo-diagnostic de la tuberculose.G.Doin er Cie, 1945 VaLLERY-RapoT, Pasteur.\u2014 Sujets médicaux d\u2019actualité.G.Doin & Cie, 1945.SEBILE AU, P.\u2014 Cancer de la langue.G.Doin es Cie, 1932.LeveuF, Jacques et BERTRAND, Pierre.\u2014 Luxations et subluxations congénitales de la hanche.G.Doin ¢r Cie, 1946 DuroucèÈre, W., BouLAND, A.\u2014 Atlas de radiographie dentaire.G.Doin & Cie, 1931.TARNEAUD, J.\u2014 Traité pratique de phonologie et de phoniatrie.La voix \u2014 la parole \u2014 le chant.Librairie Maloine, 1941.BAUMEL, J.\u2014 Pratique gastro-entérologique.GC.Doin ¢ Cie, 1942.Lucien, M., Parisor, J., RicHAarD, G.\u2014 Traité d\u2019endocrinologie \u2014 L\u2019bypopbyse.G.Doin er Cie, 1934. 1012 Lava\u2026 MÉDICAL Septembre 1953 Dons à la bibliothèque de la Faculté de médecine a) Par la succession du docteur Joseph de Varennes : Par l\u2019entremise de madame Paul Gagnon, fille du docteur Joseph de Varennes, la bibliothèque de la Faculté de médecine a vu ses collections augmenter par le don de volumes de médecine, anciens mais bien précieux, dont une série du P.M.C.b) Par le docteur Berchmans Paquet : Le docteur Berchmans Paquet a fait don à la bibliothèque de la Faculté de médecine d\u2019une série d\u2019ouvrages au nombre de 130 volumes ; on y remarque principalement le traité de médecine de Roger, Vidal et Tessier.La 18° réunion annuelle de la Société nationale de gastro-entérologie Elle sera tenue à l\u2019hôtel Biltmore, de Los Angeles, les 12, 13 et 14 octobre 1953.Le progrämme comprendra un symposium sur la cirrhose du foie et des discussions organisées sur l\u2019ulcère peptique, les affections du gros intestin et sur les développements les plus récents en recherches concernant le cancer.Les 15, 16 et 17 octobre 1953, le cinquième cours annuel postscolaire en gastro-entérologie sera donné à l\u2019hôtel Biltmore et au College of Medical Evangelist, de Los Angeles, sous la direction des docteurs Oliver H.Wangersteen, de Minneapolis, et I.Snapper, de Chicago.Pour renseignements sur le programme du cours postscolaire, s\u2019adresser à l\u2019Office exécutif de [a National Gastroenterological Association, 1819 Broadway, New-York 23, N.-Y.Assemblée annuelle du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada La vingt-troisième assemblée annuelle du Collège des médecins et chirurgiens du Canada aura lieu à l\u2019hôtel Windsor, de Montréal, les vendredi et samedi 30 et 31 octobre 1953.Les conférenciers invités sont, pour la médecine, le docteur Garfield G.Duncan, de Philadelphie, et, pour la chirurgie, le docteur Daniel C.Elkin, d\u2019Atlanta.Pierre JoBIN. Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Recommandée et prescrite par le Corps Médical dans le monde entier INDICATIONS : ARTHRITISME Rhumatisme aigu, chronique | Une bouteille par jour, soit : Goutte un verre à jeun, un verre à chaque Diabète arthritique | repas et un verre le soir.VIEHY CELESTING EAU MINÉRALE ALCALINE NATURELLE \u2014 PROPRIÉTÉ DE L\u2019ÉTAT FRANÇAIS MALADIES DES VOIES URINAIRES Gravelle urique et phosphatique Une bouteille par jour comme ci-dessus.Albuminurie des goutteux et des Une demi-bouteille par jour : soit : graveleux .Un verre à jeun.Cystites.\u2014 Néphrites Un verre une demi-heure avant le repas du midi.Ae » » Artério-sclérose au début Un verre le soir e MÉFIEZ-VOUS DES IMITATIONS \u2014 PRESCRIVEZ « CÉLESTINS » Représentants exclusifs pour le Canada.HERDT & CHARTON, Inc.2027, avenue du Collège McGill, - Montréal, Canada.Laval Médical, Québec, septembre 1953 \u2014 Vol.18 - No 7 \u2014 31 (Ampoules buvables de 5cc) CHALONE TESTICULAIRE PROSTATOLYTIQUE Ampoules à base d'extrait Hydro-Glycériné Orchitique correspondant à 0 gr.50 de glande fraîche et Plasma défribiné.DANS TOUTES LES PHASES DU PROSTATISME Phase congestive, phase de rétention ou de distention TROUBLES DÉPRESSIFS, SÉNILITÉ, CLIMATÈRE MASCULIN.IMPORTANT : Les ampoules HYPER-PROSTAL suppriment les troubles fonctionnels : Pollakiurie nocturne, Polvurie, Dysurie, facilitent l\u2019intervention chirurgicale.Présentation : Boîtes de 6 et de 25 ampoules (buvables) de 5 cc.Posologie : Prendre une ampoule HYPER-PROSTAL à jeun, au moins |< heure avant le repas pendant 12 à 18 jours consécutifs ou selon l\u2019avis du médecin.DOCUMENTATION ET ÉCHANTILLON ENVOYÉS SUR DEMANDE HERDT & CHARTON, INC.2027, avenue du Collège McGill, Montréal.32\u2014 Laval Médical, Québec, septembre 1953 \u2014 Vol.18 \u2014 No 7 Septembre 1953 Lava\u2026 MÉDicaL 1013 Le Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec Avis concernant les spécialités Les Comités des spécialistes chargés de considérer les demandes de certification se réuniront au cours du mois de décembre 1953.Les médecins dont les études et l\u2019entraînement postscolaires sont terminés, voudront bien présenter leurs requêtes avant le 15 novembre, ceci permettant aux Comités concernés d\u2019obtenir les renseignements jugés nécessaires.Tout aspirant au certificat voudra bien noter que, conformément à nos règlements, des certificats sans examen pourront être émis jusqu\u2019au 1°\" juin 1955.Pour fins d\u2019octroyer des certificats de compétence, le Bureau provincial de médecine du Québec reconnaît les spécialités suivantes : 1.\u2014 Anesthésie.13.\u2014 Urologie.| 2.\u2014 Dermatologie et syphiligra- 14.\u2014 Chirurgie orthopédique.phe.15.\u2014 Oto-rhino-laryngologre.3.\u2014 Chirurgie générale.16.\u2014 Pédiatrie.4.\u2014 Médecine interne.17.\u2014 Pathologie clinique, bactériolo- 5.\u2014 Allergie.gie et anatomie pathologique.6.\u2014 Cardiologie.18.\u2014 Médecine physique.7.\u2014 Maladies pulmonaires & T.B.19.\u2014 Chirurgie plastique et recons- 8.\u2014 Gastro-entérologte.tructive.I 9.\u2014 Neurologie et/ou psychiatrie.20.\u2014 Radiologie : diagnostique et 10.\u2014 Neuro-chirurgie.thérapeutique.11.\u2014 Obstétrique et/ou gynécologie.21.\u2014 Chirurgie thoracique.12.\u2014 Ophtalmologie.22.\u2014 Hygiène.Copies des règlements et normes de formation post-universitaire ainsi que des formules de demande peuvent être obtenues en s\u2019adressant me au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, 1896 - ouest, rue Dorchester, Montréal.\u2014 FI : 5205.Jean PAQUIN, M.D.régistraire.Rôle de l\u2019hérédité dans la paralysie cérébrale Grâce à une subvention fédérale à l\u2019hygiène, l\u2019Hôpital pour enfants malades, de Toronto, entreprend des recherches sur l\u2019importance du rôle que joue l\u2019hérédité dans la paralysie cérébrale. 1014 Lavar MÉDicaL Septembre 1953 Les travaux de recherche sont confiés à M.James R.Miller, adjoint aux recherches en génétique humaine, sous la direction du docteur Norma F.Walker, directrice du département de génétique à l\u2019Hôpital pour enfants malades, et en collaboration avec le Service neurologique de cet hôpital, le département de paralysie cérébrale du Children\u2019s Hospital, de Buffalo (N.-Y.), et les unités de l\u2019Ontario Societv for Crippled Children, de London et de Waterloo.A l\u2019heure actuelle, on croit que la paralysie cérébrale est due originairement à des conditions anormales qui se présentent à l\u2019époque de la naissance.Mais, depuis les dix dernières années, on s\u2019intéresse de plus en plus au développement prénatal des paralysés cérébraux afin de déterminer si ces malades n\u2019ont pas été, dès avant leur naissance, victimes de troubles de la croissance.Les travaux de recherche comprennent une étude de 150 groupes familiaux où est né un enfant atteint de paralysie cérébrale, l\u2019Inspection Ce documents tels que les archives d\u2019hôpital, les examens de médecin, les archives des naissances et des décès, ainsi que des comparaisons, au moyen d\u2019empreintes cutanées, entre la marche de la croissance fætale de chaque malade et celle de ses parents.On essaiera de découvrir si la paralysie cérébrale ou des états connexes se répètent en dedans d\u2019un groupe familial, afin de déterminer si des facteurs génétiques sont en jeu et, dans Paffirmative, comment ils se transmettent par hérédité.On étudiera aussi les facteurs non génétiques qui se rapportent à ce problème.Ce sont des chercheurs médicaux du Royaume-Uni et des Etats- Unis qui ont inspiré l\u2019opportunité de poursuivre des recherches sur les facteurs génétiques dans la paralysie cérébrale ; mais l\u2019enquête qui se poursuit à Toronto est, croit-on la première du genre à être entreprise.Si l\u2019enquête révèle que la paralysie cérébrale est due à quelque facteur antérieur à la naissance, il faudra, en conséquence, élaborer de nouvelles méthodes de prévention.Construction d\u2019hôpitaux à Québec et à Sainte-Foy Des subventions fédérales, pour fins de construction, viennent d\u2019être attribuées au Jefferv Hale\u2019s Hospital, de la ville de Québec, et à l\u2019hôpital Laval, de Sainte-Foy.Ces subventions s\u2019élèvent à $387,700.On est en train de construire un nouvel immeuble qui remplacera le Jeffery Hale\u2019s Hospital actuel.Une fois les travaux terminés vers la fin de l\u2019an prochain, cet hôpital aura 189 lits, une pouponnière de 31 nourrissons, un centre de santé, une résidence de 108 lits pour infirmières, ainsi que tous les Services modernes de médecine, de chirurgie et d\u2019obstétrique.La subvention fédérale dépassera les $298,200.Le reste du coût proviendra de souscriptions publiques, d\u2019une subvention provinciale et de la vente du vieil hôpital.tn Ug OSMOPAK rie FORMULE : OSMOPAK est un pansement osmotique émollient composé de 58% de sulfate de magnésie, de 1 - 2% de benzocaïne et de 1 - 25,000 de vert brillant, dans une base miscible à l\u2019eau.OSMOPAK est recommandé dans tous les cas d'infection en général, clous, furoncles, plaies diabétiques, etc, et dans le traitement d\u2019inflammation ou d\u2019infections locales purulentes des mains, des pieds ou de tout autre tissu sous-cutané.L\u2019OSMOPAK procure le maximum de drainage avec un minimum de perte de tissu.|! est aussi recommandé dans la cervicite et la vaginite.Présentation : Pots de 115 et 577 grammes.Échantillon médical et documentation sur demande.Agents exclusifs au Canada : HERDT & CHARTON, INC, 2027, avenue du Collège-McGill, Montréal, P.Q.SULFARLEM NOUVEAU TRAITEMENT DES AFFECTIONS HEPATHIQUES à base de trithioparaméthoxy-phénylpropène INDICATIONS : Insuffisance hépatique \u2014 Allergies digestives \u2014 Cirrhoses Cholécvstites \u2014 Insuffisance hépato-rénale \u2014 Foie cardiaque POSOLOGIE : Ampoules : Une injection tous les deux jours.GRANULES : Une à deux granules avant chaque repas.PRÉSENTATION : Boîte de 6 ampoules de 1 c.c.\u2014 Boîte de 40 granules.Échantillon et documentation envoyé à Messieurs les Hédecins sur demande.HERDT & CHARTON, Inc.2027, avenue du Collège McGill, - - Montréal.Laval! Médical, Québec, septembre 1953 \u2014 Vol.18 \u2014 No 7 \u2014 33 (14) GOUTTE - RHUMATISME - SCIATIQUE VROPRAZINE GOUT - RHEUMATISM - SCIATICA GRANULÉ EFFERVESCENT Hexaméthylènetétramine, Benzoate de Lithine, PIPÉRAZINE, Bicarbonate de Soude, SOUFRE COLLOÏDAL SPÉCIALEMENT RECOMMANDÉE DANS LES CAS DE : CYSTITE, PYÉLITE, GRAVELLE URIQUE ET DANS LES AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES Échantillon médical envoyé sur demande.LES LABORATOIRES SPARTOL Paris - Montréal.Représentants exclusifs pour le Canada HERDT & CHARTON, Inc., 2027, avenue du College McGill, Montréal, Canada.34 \u2014 Laval Médical, Québec, septembre 1953 \u2014 Vol.18 - No 7 Ny des efi lem a Se Wg Conty Septembre 1953 Lava\u2026 MEDICAL 1015 A l\u2019hôpital Laval, de Sainte-Foy, on pourra recevoir 193 tuberculeux de plus, et installer les Services appropriés, y compris des salles d\u2019opération, des rayons X, des laboratoires et un département de physiothérapie.La subvention fédérale sera de $289,500.On projette aussi, de construire un centre de santé.Quand on aura étudié plus avant les détails de cette partie du programme de construction, 1l sera probablement possible d\u2019augmenter la subvention fédérale.Cet hôpital, que dirigent les Sœurs de la Charité, dessert la ville de Québec et la région.Il est aussi le centre de chirurgie de plusieurs autres sanatoriums.- Subvention fédérale à la Clinique anticancéreuse de Chicoutimi L\u2019Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi recevra une subvention fédérale, d\u2019un montant supérieur à $47,500, qui l\u2019aidera à organiser un nouveau centre anticancéreux et à traiter les victimes du cancer.On fait remarquer que cet hôpital dessert une population de plus de 200,000 âmes, dans une région sise à environ 200 milles au nord de la ville de Québec.Une partie de la subvention fédérale, soit $26,000 environ, servira à acheter du matériel pour la clinique, par exemple du radium et un outillage moderne de radiothérapie profonde ; à payer le traitement du personnel de la clinique, qui comprendra un technicien en radiographie, une infirmière sociale et un secrétaire, ainsi que les Services médicaux et chirurgicaux destinés aux cancéreux que l\u2019on soignera gratuitement.On emploiera le reste de la subvention pour aider à couvrir les frais d\u2019hospitalisation des cancéreux et pour aider d\u2019une façon relative les malades externes.Le dépot de Chorley Park recueillera du sang pour en extraire la gamma-globuline Le gouvernement fédéral vient d\u2019 annoncer d\u2019autres mesures prises en vu d\u2019obtenir pour 1954 le sang nécessaire à une plus grande production de gamma-globuline, substance découverte récemment et qui modifie les effets de la paralysie dans les cas de poliomyélite.Une subvention de $157,000 a été attribuée afin de prévenir la fermeture de la banque de sang de Chorley Park, dirigée à Toronto par Ja Société canadienne de la Croix-Rouge.La gamma-globuline est l\u2019une des fractions de la portion liquide du sang humain normal.Le sang de milliers de donneurs dans tout le pays, contient de grandes quantités de substances qui peuvent neutraliser le 1016 LavaL.MÉDicaL Septembre 1953 virus de la poliomyélite et de certaines autres maladies.Il faut une chopine de sang pour fournir une seule dose de gamma-globuline.Les autorités fédérales de la santé affirment que le fonctionnement soutenu du dépôt de Chorley Park devrait fournir assez de plasma pour la préparation de 60,000 unités de gamma-globuline avant la saison de poliomyélite de 1954, soit de cinq à six fois la quantité qui sera vraisemblablement disponible cette année.Le conditionnement du plasma en vue de l\u2019extraction de la gamma- globuline se fera cette année et l\u2019an prochain aux Laboratoires de recherche médicale Connaught à Toronto, qui possèdent des hommes de science au courant des processus complexes que représente la préparation de cette substance.D\u2019autres subventions fédérales au total de plus de $152,000 ont êté déjà accordées à ces Laboratoires pour les aider à acquitter le coût du matériel spécial et les émoluments du personnel supplémentaire qui exécute le travail de laboratoire.Les approvisionnements de gamma-globuline sont peu abondants cette année ; aussi, un comité formé de représentants des services provinciaux d\u2019hygiène publique, des institutions de recherche et des écoles de médecine des universités a été constitué afin qu\u2019il se tienne toujours au courant de la situation en ce qui concerne la poliomyélite et assure la distribution la plus efficace des stocks limités disponibles.Les autorités fédérales de la santé estiment que ce comité poursuivra son activité en 1954.Le dépôt de Chorley Park a été ouvert en 1951 à la demande du ministère de la Défense nationale afin de fournir du plasma desséché aux forces armées.Une fois cette tâche remplie avec succès, le dépôt devait fermer ses portes parce que la Société canadienne de la Croix-Rouge n\u2019avait pas les fonds nécessaires pour le faire fonctionner plus longtemps.Il en serait résulté que peu ou pas de plasma desséché aurait été disponible pour l\u2019extraction de la gamma-globuline ou pour d\u2019autres besoins en temps critique.En plus de la fraction sanguine utilisée pour la gamma-globuline, les autorités sanitaires comptent que d\u2019autres fractions pourront être mises en disponibilité éventuellement afin de faire face à d\u2019autres problèmes de santé.La subvention fédérale permettra de payer les appointements du personnel, le coût de revient des cliniques mobiles pour donneurs de sang et l\u2019achat de fournitures techniques."]
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