Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 1 mars 2016, Mars
[" HS MEN Sieh y IY 55 ur.VAS = 1 DS æ NE 4 À PER /UE DE LA SOCIÉTÉ, 8] 3-339 D DES PROFESSEURS: / BAnQ = TOIRE DU QUEBEC: yz - mi == LE pd CX Ÿ Ur?= Lg Ng >.TY 0 IRA CX (K HN 7-04, GX (4 AS AS > RQ 4 3 (4 oN CAD oF Af pr À LN a, PT Von Jo ai SAY pF Ee ~ Le = 22 qf = 6 SN en P Ze de] = | w JT 7 [JA 5 AA 17 PES EN \\ TT.A ZA Uf 4 | 2 7 IX & 7 84 | iE 7 ip 71 \u201c5% br] 7 Xt pr.® AIX.2d | 5 YA ¥, Td Tat, + EF VS ar | LA bt LY Nagy Ne Sir Ni Ay iP JE (4 | y x =f A Nh N \u2014 5 fr > \u201c41 0 ; of ; - ; \u201c i.{A ; \u2018 { H $ A : cd 2 TR NT NRA ® 7/3 =] Pi ; W We Mac és LR PAST |} j [rn po ~~ 7H \u201c 7 + \u2018 Ro et aq we ay 5 ve ns \u201c4 \u20ac 2 1 #4 » & % Yi J At = 7 A ae\" $: \"AN A} Kat TL 4 * .ae) eu yo 1 J AT / A 9 3 Qu / £ : A : a AY À wh y ye FA RA t \u20ac 3 wd NN if Rd EAR \\ \\ von 7 è = 0.sa che \"nd CS, arf \u20140 ad Bar A» 8 vie EY ne \\ Fx a AN y pre y 4 a (3 Ms xd Ne \u201c| se À = ze ee \u2014r \\ WY + 5.8 LIA Ç SN i Hd La Wt \\ = pr - >.oD NE La ne a he iS aA SHA aa Sans «= - ve 4 SSSR, 2% hPa! = hé 0 A 3 se M 4) =) \u2018es 1g AS 0 iQ es ot ul RS vi an ak, ; c ig 3 À ve di pe fs! 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vie des premiers habitants de ce pays.Autres temps, autres mœurs, la vie et les coutumes d\u2019autrefois peuvent nous paraître désuètes et pourtant, après plusieurs siècles et une tempête de neige, elles ont inspiré notre projet de musique et de Chansons démodées.Un hommage au passé, à la ténacité et à la joie de vivre des anciens.Le livre-disque contient 60 pages de textes sur l\u2019histoire de la Nouvelle-France, une préface de Serge Bouchard, 19 reproductions de toiles anciennes, 18 chansons et musiques d\u2019époque ainsi que quelques compositions originales.Et puisque nous vivons dorénavant dans un siècle où les communications voyagent à une vitesse que mes ancêtres n\u2019auraient jamais pu imaginer.il vous est possible d\u2019entendre aussi quelques extraits musicaux.Il suffit de commencer la « navigation » à l\u2019adresse suivante, pour entreprendre le voyage\u2026 https://www.youtube.com/ watch?feature=player_detailpage&v=12ETIQvxtIA Olifant Musique et l\u2019Atelier du Conte en Musique et en Images ont pour mission de sensibiliser le jeune public et toutes les générations à la musique ancienne et aux instruments d\u2019époque au cœur de notre histoire.Pour en savoir plus sur leur mandats respectifs, visiter acmimusique.org et www.olifantmusique.com.: WWW.Quelques détails sur le livre-disque Chansons démodées * Nominé aux PRIX OPUS 2016 \u2014 Album de l'année - Musique du Monde Coproduction : Olifant Musique & Atelier du Conte en Musique et en Images (ACMI) + Réalisation, arrangements et textes : Philippe Gélinas « Préface de l\u2019anthropologue, Serge Bouchard + 60 pages contenant 19 reproductions d\u2019œuvres d\u2019art * 16 plages avec 23 musiciens, voix d\u2019enfants et d\u2019adultes + Partitions musicales disponibles sur le CD-ROM A noter que Chansons démodées est la continuité du travail de vulgarisation de la musique ancienne amorcé par Philippe Gélinas auprès des jeunes et des familles, via l\u2019Atelier du Conte en Musique et en Images, il y a déjà 25 ans.Depuis, près de 4 500 représentations ont été réalisées dans toutes les régions du Québec et au Canada.Parmi les diverses créations de l'organisme, le concert Le Ménétrier a reçu en 1999 le PRIX OPUS dans la catégorie Meilleur spectacle de l\u2019année Jeune Public.L\u2019album Philippe Gélinas \u2014 Ménétrier (OLCD 9545) a été en nomination au gala de l\u2019ADISQ, en 2003.Le livre-disque Chansons démodées (OLCD 9548) a été en nomination aux PRIX OPUS 2016, dans la catégorie Musique du monde.Philippe Gélinas est diplômé de l\u2019Université McGill, en interprétation, de l\u2019Université de Montréal, en pédagogie, et de l\u2019Université Northwestern de Chicago.Il a participé à plusieurs tournées en Amérique et en Europe.|l a travaillé principalement avec compagnie musicale La Nef et il a collaboré, entre autres, avec différents groupes musicaux, dont Les Sonneurs, Le Toronto Consort, le Strada et l'Ensemble Anonymus.| l'Ensemble Claude-Gervaise, le Studio de Musique ancienne de Montréal et la | 8 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 fl Marc pre sous er pout [liso fcr Das f ine leçons amecdo asia muscle menée paru Techer bien (encor ep {fang eli la pr dedi kl.Drs] Ce\u201d & la des m (ers, tty; sale] lng; Aa Fug Mange toy li lé il Ulf Revue K.I log ls Mlsiy fry Wn RL hy Vise.ej pi Ime g Soie, Pog - Visy CW mn, dees \u2014 Mie.en Mis.ules éqar Piles ans, Dep iles divers [oink T'ADISO 5 a care\u201d Faire apprendre l'histoire Marc-André Éthier Professeur de didactique à l'Université de Montréal Compte rendu de Jadoulle, Jean-Louis (2015).Faire apprendre l\u2019histoire.Pratiques et fondements d'une « didactique de l'enquête » en classe du secondaire.Namur, Belgique : Érasme.igné par Jean-Louis Jadoulle, un nouvel ouvrage amène à se rencontrer deux solitudes qui parfois se croisent dans le monde de l\u2019enseignement, mais souvent s\u2019ignorent mutuellement bien qu\u2019elles partagent pourtant un même objectif, celui de faire apprendre l\u2019histoire aux élèves du secondaire : la pratique et la théorie.Dans Faire apprendre l'histoire, l\u2019historien et didacticien s\u2019intéresse en effet à la conception et à la mise en œuvre de leçons pour la classe d\u2019histoire, mais sans s\u2019en tenir à des anecdotes ou des recettes ni, au contraire, à des généralités abstraites ou à des développements méthodologiques trop musclés.Il s\u2019appuie sur une réflexion profonde et riche, menée durant de longues années sur le terrain et nourrie par une étude minutieuse d\u2019un impressionnant volume de recherches empiriques européennes et nord-américaines, bien que toutes les interventions de bon aloi ne puissent (encore) s'appuyer sur des recherches empiriques, ainsi que par la confrontation de différents programmes d\u2019études (français, québécois, suisse roman, wallon).Le livre est divisé en trois parties d\u2019inégale longueur dont la progression et l\u2019emploi systématique d\u2019exemples tirés de différents programmes d\u2019études servent bien le propos de M.Jadoulle, sans dogmatisme.Dans la première partie, l\u2019auteur pose un regard aiguisé sur ce qu\u2019apprendre l\u2019histoire veut dire, sur ce qui fait l\u2019objet de l\u2019apprentissage : des faits, des concepts, des habiletés, des méthodes, des attitudes, des valeurs ?Tout cela, certes, mais comment ?Avec quels moyens ?Et comment en évaluer l\u2019effet ?C\u2019est à répondre à ces questions que s\u2019attèle la deuxième partie de l\u2019ouvrage, de loin la plus longue.À cet effet, l\u2019auteur explore de nombreux outils qui peuvent être exploités de diverses manières (y compris les manuels, les TIC, les caricatures, les musées et le cinéma) et touche de très nombreux thèmes, allant des concepts et du transfert (à partir des enseignements de B.-M.Barth) à l'évaluation (Gl explore autant les questionnaires à choix multiples que des pistes concrètes pour améliorer la validité et la fiabilité de l\u2019évaluation des compétences, productions Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Xa LOUIS AGDE FAIRE APPRENDRE L'HISTOIRE PRATIQUES ET FOMDEMENTS \u2014 OLOACTIQUE DE LINO TE.CLASSÉ DU SECONDAIRE od d\u2019élèves à l\u2019appui), en passant par la planification et la situation-problème.L\u2019accent mis sur le concept de famille de situation est fort éclairant.| S\u2019il met \"accent sur l\u2019enquête comme ossature du cours d\u2019histoire, M.Jadoulle le fait en ayant en tête que la meilleure méthode est celle qui est adaptée aux fins poursuivies et au contexte d\u2019enseignement, de sorte que des enseignants très différents les uns des autres pourront y trouver leur compte et faire une place qui au récit, à la découverte ou à la recherche guidée, qui à la chronologie ou à la problématisation et aux thèmes.La troisième partie s\u2019intéresse aux fondements épistémologiques, psychologiques, sociologiques et politiques de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Saluons l\u2019une des originalités de l\u2019ouvrage : son recours à des encarts intitulés «Oui, mais», dans lesquels l\u2019auteur examine avec honnêteté, réceptivité et nuances des questions (faussement) naïves adressées à ses thèses principales ou des apories ou objections du discours de sens commun envers celles-ci.Pour conclure, il en ressort un maître ouvrage qui plaira aux plus exigeants des enseignants, experts comme novices.En dépit d\u2019un format qui ne cache pas sa destination, ce manuel universitaire (mais avec de nombreux tableaux et planches, dont plusieurs en couleurs, notamment pour illustrer des concepts complexes) peut être aussi considéré comme un essai, dans la mesure ou il permet d\u2019entendre la voix d\u2019un auteur, dont le projet est clair : faire état des dernières avancées de la recherche pour servir l'enseignement quotidien.Cette vision bien assumée donne au livre une cohérence qui manque trop souvent aux ouvrages écrits à l\u2019intention de ce public.En résumé.il s\u2019agit d\u2019une somme dont on ne peut que louanger la pertinence et la valeur considérables, ainsi que son adaptation autant à la réalité du Québec qu\u2019à celle de la Belgique.L'auteur sait mettre à profit le travail de générations de chercheurs et d\u2019enseignants, dont les résultats et expériences sont à la fois éparpillés et trop mal connus.C\u2019est peut-être l\u2019œuvre d\u2019une vie, c\u2019est certainement un chef-d\u2019œuvre.TRACES | Volume 54 no 2 9 en HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA .2° cycle, 3° secondaire DES,MANUELS, DES CAHIERS D'APPRENTISSAGE ET L'OFFRE NUMÉRIQUE LA PLUS INTERACTIVE! cheneliere.ca/memoire étre ICH ELIERE SD) erect EDUCATION = ___________} 10 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 rrr 2016 À .7 TD OST) | HD) de 1, ® 1 L {Suit en lan créa nls sphère (ei dimens profes civile, fois & du mr didach aborde fea i so Cas su de hi ar fi à lee Que; mo fog ; env {nou | Wet Noust Des é Plus ha SP line, Pug ory iy ig, fre Reve A Breve histoire de la SPHQ La recension des écrits Olivier Lemieux, doctorant en didactique de l\u2019histoire à l\u2019Université Laval Avec la collaboration de Jean-François Cardin, professeur en didactique de l\u2019histoire à l\u2019Université Laval e texte qui suit est le premier résultat d\u2019une recherche de longue haleine entreprise au printemps 2015.Celle-ci vise a se pencher sur la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) en tant que groupe de pression.En effet, depuis sa création en 1962, cette société a œuvré à faire valoir les intérêts de ses membres en intervenant dans plusieurs sphères tant politique, administrative que médiatique.Ces interventions, qui prennent parfois de grandes dimensions (alliances avec des organisations politiques ou professionnelles, mobilisation des membres et de la société civile, intervention dans les médias), s'effectuent d\u2019autres fois à plus petite échelle (collaboration aux travaux du ministère, participation à la production du matériel didactique).Or, selon les époques, ces interventions abordent diverses thématiques révélant les préoccupations de la SPHQ et de ses membres.Ces thématiques, encore là, sont d'ampleur variée : se concentrant dans certains cas sur des sujets très pointus entourant l\u2019enseignement de l\u2019histoire, la SPHQ étend dans d\u2019autres cas son regard sur les orientations de l\u2019éducation en général et même, à l\u2019occasion, sur les orientations politiques de la société québécoise.Ainsi, nous jugeons que cette entité est un objet d\u2019analyse des plus révélateurs pour l\u2019analyste souhaitant prendre connaissance des préoccupations des enseignants d\u2019histoire du Québec moderne.En ce sens, il nous apparaissait nécessaire d\u2019entamer notre recherche en parcourant la littérature entourant la SPHQ, en tant qu\u2019entité politico-administrative, ainsi que son évolution.Nous trouverons ici le bilan de cette recension.Des études globales Plusieurs études, sans s\u2019être précisément penchées sur la SPHQ.l'ont abordée en périphérie.Parmi celles-ci, l\u2019une des plus éloquentes est l\u2019article de l\u2019historien Julien Prud'homme (2007) intitulé Réformer l'enseignement et réformer les maîtres : La transformation des programmes d'histoire nationale et ses acteurs au Québec.1963- 2006 au sein duquel il propose une analyse à mi-chemin entre l\u2019histoire administrative, l\u2019analyse stratégique des Revue de la SPHQ | Printemps 2016 politiques publiques et la sociologie des organisations.Dans cet article, Prud\u2019homme tente de cerner quels étaient les acteurs se trouvant derrière la mise au point des programmes d\u2019histoire du Québec depuis la Révolution tranquille, puis de dégager les moyens déployés par ces derniers pour promouvoir leurs intérêts et leurs idées.Parmi ces acteurs, la SPHQ occupe une place de choix.S\u2019apparentant d\u2019assez près à l\u2019étude de Prud\u2019homme, Daniel Moreau (2004), dans un article portant sur le Rapport Lacoursière déposé en 1996, aborde les réformes de l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale depuis la parution du Rapport Parent.Dans cet article, 11 rend compte des actions de la SPHQ et du jeu d\u2019alliances auquel elle a participé pour provoquer les réformes de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec.Dans la même lignée, l\u2019historien Robert Comeau (2008) s\u2019est penché sur le mouvement de contestation orchestré depuis la fin des années 1990 contre la réforme du Renouveau pédagogique et le programme d\u2019Histoire et éducation à la citoyenneté (HEC).En effet, dans son chapitre publié dans ce collectif, 1l retrace les jeux d\u2019alliances entre les groupes déjà existants ou créés dans ce contexte au sein desquels apparaît la SPHQ.Aussi, dans un chapitre consacré aux années 1970-1983 de la première synthèse sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec intitulée L'Histoire nationale à l'école québécoise Regards sur deux siècles d'enseignement, le didacticien de l\u2019histoire Félix Bouvier (2012a) a consacré quelques lignes à la SPHQ, lesquelles présentent ses réactions vis- à-vis des publications gouvernementales.Bref, ces contributions n\u2019ont pas pour objet principal la SPHQ et il semblerait que les seuls articles l\u2019ayant prise comme objet central ont été publiés dans le Bulletin de liaison de la société, qui deviendra la revue Traces.Ces articles apparaissent surtout à l\u2019occasion d\u2019anniversaires de la société.En effet, dans la littérature, nous n\u2019avons croisé que deux exceptions, soit un texte descriptif des archivistes Frédéric Hommel et Caroline Jacques (2001; 2006) offrant une courte histoire administrative et faisant office d'introduction à l\u2019outil de recherche du fonds TRACES | Volume 54 no 2 il d\u2019archive de la SPHQ, ainsi qu\u2019un article des didacticiens de l\u2019histoire Geneviève Racette et André Lefebvre (1983) proposant un portrait statistique des thématiques abordées par le Bulletin de liaison de la SPHQ entre 1962 et 1982.C\u2019est à la recension de ces articles que seront vouées les prochaines parties, lesquelles suivront le même découpage chronologique.Quinzième et vingtième anniversaire C\u2019est l\u2019historienne et didacticienne de l\u2019histoire Micheline Dumont!, qui, la première, offre une rétrospective sur les réussites et les échecs des premières années de la SPHQ.Elle le fait dans deux textes.Dans le premier (1977a), elle présente quelques bribes de résultats d\u2019une recherche menée pour le quinzième anniversaire de la société.Elle se penche alors sur le Bulletin de liaison en explorant les différents logos qu\u2019a connus la SPHQ de 1962 à 1977 et en examinant rapidement les orientations de la revue.Pour Dumont, plus qu\u2019une simple revue, le Bulletin de liaison est la « grande affaire » de la société, car il est le seul contact permanent entre les membres.Le second article (1977b) va plus loin, car il présente l\u2019entièreté de ses résultats.Dumont a compulsé les archives de la SPHQ, l\u2019ensemble des Bulletins de liaison (63 numéros), les procès-verbaux des réunions et les correspondances de l\u2019exécutif.De surcroît, elle a interrogé de nombreux dirigeants de la société comme Pierre Savard, Konrad Fillion, Christian Laville, René Durocher ou Michel Allard.Dans son article, elle présente en détail les évènements ayant conduit à la création de la SPHQ, puis elle s\u2019étend sur les premières années (1962-1967), qu\u2019elle appelle les débuts prometteurs.La deuxième période, quant à elle, serait celle de la crise (1967-1971).Ici, Dumont relate de nombreuses difficultés rencontrées par la (les) société(s) \u2014 puisque la SPHQ est à ce moment divisée en deux, c\u2019est-à-dire la section de Québec et la section de Montréal \u2014 comme la démission de Fillion, l\u2019aventure de la revue Le Professeur d'histoire, le départ précipité du père Giguère, l\u2019affrontement entre les sections pour le siège au Conseil pédagogique interdisciplinaire (CPI) ou le passage rapide à la direction et le départ foudroyant de Laville et de son équipe.Si nous passons rapidement sur ces évènements, c\u2019est parce que nous y reviendrons plus en détail dans un article subséquent.Enfin, Dumont fait débuter en 1971 la troisième période, celle de la transformation de la SPHQ en groupe de pression de 1971 à 1977.Quoi qu\u2019il en soit, les deux textes de Dumont ont pour principale qualité de fournir, plus que toute autre étude, un aperçu précis des premières années de la SPHQ.Surtout, Dumont se risque à ce qui semble la première périodisation de la société, laquelle sera parfois, du moins en partie, récupérée par d\u2019autres auteurs.12 TRACES | Volume 54 no 2 Quelques années plus tard, c\u2019est pour souligner le vingtième anniversaire de la SPHQ \u2014 et plus précisément de son Bulletin de liaison \u2014 que Racette et Lefebvre (1983) font paraître, dans la Revue des sciences de l'éducation, l\u2019analyse statistique mentionnée plus tôt.Dans cette étude, les chercheurs procèdent à une première catégorisation divisant les textes en quatre volets, soit les généralités (30 %), l\u2019histoire au primaire (10 %), l\u2019histoire au secondaire (48 %) et l\u2019histoire au post-secondaire (13 %).Pour commencer, les généralités se composent de l\u2019histoire en général (7 %), de l\u2019enseignement en général (S %) et de l\u2019enseignement de l\u2019histoire en général (18 %).Ensuite, ils ne divisent pas la catégorie « l\u2019histoire au primaire ».L'histoire au secondaire aborde l\u2019enseignement de l\u2019histoire en général (11 %), l\u2019initiation à l\u2019histoire (10 %), l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale (25 %) et l\u2019enseignement de l\u2019histoire contemporaine (2 %).Enfin, l\u2019histoire au post-secondaire traite de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au collégial (9 %), l\u2019enseignement de l\u2019histoire à l\u2019université (1 %) et la formation des enseignants d\u2019histoire (3 %).Au final, les chercheurs présentent tour à tour les articles en les résumant en quelques mots et ils en viennent à la conclusion que la revue témoigne d\u2019une production didactique importante \u2014 probablement la plus importante au Québec \u2014 laquelle est issue des enseignants eux-mêmes.Vingt-cinquiéme anniversaire Pour souligner le vingt-cinquiéme anniversaire de la société, le Bulletin de liaison rassemble des articles faisant le bilan des actions de la SPHQ.Parmi ceux-ci, les enseignants Lise Hébert et Luigi Trifiro (1987), après s\u2019être penchés sur les origines ainsi que sur les réussites et échecs de la société, ont défendu que deux constantes sont visibles dans l\u2019histoire de la SPHQ, soit son rôle de groupe de pression et celui de promoteur de la didactique de l\u2019histoire.Ils développent cette idée en prenant appui sur des exemples tirés des dernières années (1973-1986) comme le lien qu\u2019entretient la société avec le MEQ ou la création de SPHQ Nouvelles, une revue publiée pendant peu de temps et visant a renseigner les membres sur les activités pédagogiques entourant l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Enfin, Hébert et Trifiro proposent une périodisation, laquelle s\u2019articule autour de deux périodes, la « corporatiste » (1962-1973) et la « collaboratrice » (1974-1987).Ensuite, Louis-Édouard Augé (1987), du comité de rédaction, présente une analyse du contenu éditorial depuis la création de la revue.Il montre que, sauf quelques exceptions, il faut attendre la période 1971-1977 pour qu\u2019apparaissent régulièrement des éditoriaux, lesquels critiquent de front le MEQ.Enfin, toujours selon les Revue de la SPHQ | Printemps 2016 ah js à cours { silence se Ano elle [his qu société es an fis! doce il, a quele de li pren de de 194 ani surlar des pr (png const l'art réfom Clog En pr quelg fegerd $k Ses ss denne cons kA al Ceper an igi pal Pam Ig Dugy lid De « igre i ty Ley, $ Cin .I pl tne Premier: ks, Vi ig tn \u201cmee fen ger anil This; Wigan 04 Miss: 1e (5, Ë 12% Ent Su L de [hie iE: I RISE oie Ten i.Signs I RE NOMI son re addins endl ff [ise AQ je erie > IRE not = ps rs observations d\u2019Augé, il semblerait que, de 1977 à 1987, les éditoriaux traiteraient surtout de l\u2019implantation du cours d'histoire nationale, bien qu\u2019ils ne passent pas sous silence d\u2019autres problèmes comme l\u2019« essoufflement » de la SPHQ ou le fossé secondaire-collégial.À nouveau, Dumont (1987) propose un article dans lequel elle explore le passé de la SPHQ.Elle tente alors d\u2019inscrire l\u2019histoire de la société dans celle plus large de l\u2019éducation au Québec et dans le processus de modernisation de la société québécoise qui s'affirme de plus en plus au cours des années 1950.Pour elle, cette histoire est liée à la laïcisation du métier d\u2019enseignant.C\u2019est donc à la lumière de cette laïcisation et de la massification de l\u2019éducation \u2014 et, du même coup, de celle du métier d\u2019enseignant \u2014 qu\u2019elle explore le rôle de la SPHQ dans le développement de la didactique au Québec et dans l\u2019apparition des premiers didacticiens de l\u2019histoire.Enfin, l\u2019enseignante et ex-présidente du comité de rédaction du programme de 1982, Louise Charpentier (1987), a elle aussi offert un article dans ce numéro au sein duquel elle s'est penchée sur la mission de la SPHQ, puis sur ses réactions vis-à-vis des prescriptions gouvernementales en matière d\u2019histoire (programme, devis, etc.).Cependant, force nous est de constater que la SPHQ n\u2019est pas vraiment l\u2019objet central de l\u2019article : Charpentier s\u2019intéresse davantage aux diverses réformes menées par le MEQ.Cinquantième anniversaire En prévision du cinquantième anniversaire de la société, quelques chercheurs font paraître des articles offrant des regards rétrospectifs sur l\u2019histoire, les acquis et les défis de la SPHQ.Par exemple, le Conseil d'administration (2008) s\u2019est penché sur la fondation de la société, sa constitution, ses statuts et ses règlements.Aussi, en 2010, Allard s\u2019est centré sur la période 1966-1968 et, plus précisément, il a consigné ses souvenirs entourant l\u2019histoire de la section de Montréal, une division régionale s\u2019étant formée en parallèle à la division originale, soit celle de Québec.Cependant, il faut attendre le numéro spécial de l\u2019été 2012 pour qu\u2019une véritable série d\u2019articles apparaissent, lesquels explorent le demi-siècle parcouru par la SPHQ et par l\u2019enseignement de l\u2019histoire en général.Parmi les articles de ce numéro, les didacticiens de l'histoire Jean-François Cardin, Félix Bouvier et Catherine Duquette (2012) ont offert un tour d horizon de la pensée didactique originale de la SPHQ dans les années 1960.De son côté, Allard (2012) a fait part de son opinion sur l\u2019évolution de la SPHQ depuis 1962 jusqu\u2019à son cinquantième anniversaire.Pour sa part, Dumont (2012) a procédé au mème genre d'analyse qu\u2019Allard, mais en explorant cette histoire à travers les luttes qu\u2019elle a menées pour défendre l\u2019histoire et son enseignement au Québec.Le Revue de la SPHQ | Printemps 2016 didacticien de l\u2019histoire Félix Bouvier (2012b) est quant à lui revenu sur les évènements ayant causé le schisme entre la SPHQ et l\u2019'AQEUS et il a fait part de ses sentiments face à ceux-ci.De plus, l\u2019un des ex-présidents de la SPHQ, Jean-Vianney Simard (2012), a raconté comment il avait participé, à titre d\u2019étudiant en histoire de l\u2019Université Laval, à la création de la SPHQ.Bruno Deshaies (2012), historien et ancien administrateur du MEQ, a interrogé les réformes entourant l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec à la vue de ce qu\u2019il considère comme les cinq dimensions de l\u2019acte pédagogique, soit la dimension pédagogique, la dimension des objets d\u2019étude, la dimension scientifique (et artistique), la dimension psychologique et la dimension des choix sociaux.Finalement, l\u2019historien, éditeur et ancien administrateur du MEQ, Denis Vaugeois (2012), est revenu sur son passage au MEQ.Sur cette base, il critique le dernier programme et l\u2019attitude qui l\u2019accompagne, soit celle voulant donner à tout prix une utilité à l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Enfin, quelque peu dans la même lignée que les articles précédents, Dumont (2011) a procédé à un exercice s\u2019apparentant à ceux d\u2019Allard, Simard, Deshaies et Vaugeois dans le chapitre d\u2019un ouvrage collectif dirigé par les spécialistes de l\u2019enseignement de l\u2019histoire Marc- André Éthier, Jean-François Cardin et David Lefrançois.Dans ce chapitre, elle présente de façon très détaillée son expérience, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, au sein du Comité de régie du Brevet « À », lequel avait pour fonction de vérifier le niveau universitaire de l\u2019enseignement en général et de l\u2019enseignement de l\u2019histoire plus particulièrement (sous-comité).Ensuite, elle se rappelle le contexte de fondation de la SPHQ, puis elle présente ceux qu\u2019elle considère comme les pionniers de la didactique de l\u2019histoire au Québec.Enfin, elle s'étend, sur plusieurs pages, sur les tractations politico-administratives entourant l\u2019enseignement de l\u2019histoire et ses nombreuses réformes.Le Bulletin de liaison et Traces Enfin, il nous semble qu\u2019une revue de littérature entourant l\u2019évolution de la SPHQ serait bien incomplète sans la mention d\u2019une série d\u2019articles rédigés par les didacticiens de l\u2019histoire Félix Bouvier, Jean-François Cardin et Catherine Duquette.Cette série d\u2019articles, entamée en 2008, est issue d\u2019une recherche traitant de l\u2019évolution des idées didactiques au Québec à travers les textes publiés dans le Bulletin puis dans Traces.D'ailleurs, pour bien comprendre le contexte au sein duquel est née l\u2019idée de cette recherche, mais également son déroulement et, en quelque sorte, ses visées, nous pouvons nous référer à un article de Duquette (2012), publié lui aussi à l\u2019occasion du cinquantième anniversaire de la SPHQ.TRACES | Volume 54 no 2 Le premier article (2008a) explore la décennie 1960, une décennie qu\u2019ils jugent assez pauvre en matière de contributions didactiques.Le deuxième (2009a) s\u2019intéresse à la première moitié de la décennie 1970, une période de confrontation avec le MEQ contre l\u2019examen unique, le Plan d'études 625 (une version abrégée des publications gouvernementales concernant l\u2019enseignement de l\u2019histoire au secondaire paru depuis 1966 et jugé rétrograde, arbitraire et fédéralisant) et, surtout, l\u2019optionalité du cours d\u2019histoire nationale au secondaire, alors que le troisième (2009c) complète cette décennie et s'étend jusqu\u2019à 1982, soit l\u2019année de la présentation du nouveau programme d\u2019histoire nationale.Le quatrième article (2010) couvre la période d\u2019implantation du nouveau programme de 1983 à 1989.Pour leur part, les périodes 1990-1992 (2011a; 2011b) et 1993-1995 (2013a; 2013b) sont chacune réparties sur deux articles (quatre au total), lesquels couvrent en détail cette période charnière de préparation de laréforme des années 2000.Les deux derniers articles (publiés jusqu\u2019ici) couvrent la période 1996-1997 (2013c), laquelle est marquée par les États généraux sur l\u2019éducation, le Groupe de recherche sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire (Lacoursière) et la publication du rapport Lacoursière, ainsi que la période 1998-1999 (2014), qui appréhende fébrilement l\u2019arrivée des nouveaux programmes.Enfin, Moreau (2009) a adressé une critique vis-à-vis de cette étude au sein de laquelle il souligne l\u2019absence des cadres de la recherche.En cela, il n\u2019a pas tort.En effet, riche en renseignements, cette recherche a la qualité de répertorier et résumer de nombreux articles.Cependant, elle semble s\u2019étendre à plus d\u2019articles qu\u2019à ceux didactiques.Du coup, il n\u2019est pas évident de saisir la ligne directrice, puisque très peu d\u2019analyses accompagnent ce vaste répertoire.Dans leur réponse, Bouvier, Cardin et Duquette (2009b) rappellent toutefois que ces textes ne sont qu'un « débroussaillement, [.] une mise en ordre chronologique initiale des textes à caractère didactico- pédagogique » (p.10).Conclusion Au final, dans les lignes précédentes, nous avons rapidement parcouru les études ayant pris pour objet de recherche la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec ou, encore, son Bulletin de liaison ou la revue Traces qui lui succède en 1988.Comme nous l\u2019avons vu, il est remarquable d\u2019observer que, à moins qu\u2019ils ne nous aient échappé, aucun mémoire de maîtrise, thèse doctorale ou monographie n\u2019ont pris la SPHQ comme objet principal de leur recherche.Cependant, cela ne signifie pas, pour autant, que la littérature n\u2019offre pas, a celui qui s\u2019y intéresse, d\u2019assises sur lesquelles appuyer ses recherches.En effet, nous avons relevé un très grand nombre de petits articles, dans la très grande majorité des cas issus de numéros spéciaux visant à souligner un anniversaire de la société, ayant dégagé ici et là des périodes de l\u2019histoire de la SPHQ.Cependant, aucun d\u2019entre eux n\u2019a encore offert de regard global sur cette histoire.C\u2019est ce à quoi sera consacré notre prochain article.Note au lecteur : Si vous avez connaissance d\u2019une étude ayant pour objet la SPHQ et qu\u2019elle ne se retrouve pas dans notre recension, nous vous serions très reconnaissants de nous en faire part à l\u2019adresse suivante : olivier.lemieux.2@ulaval.I Veuillez prendre notre qu\u2019à cette époque, Micheline Dumont signe Micheline Johnson, plus tard, Micheline Dumont-Johnson et, enfin, Micheline Dumont.Par contre, dans cet article, par souci de clarté, nous la désignerons simplement comme Micheline Dumont.Bibliographie Allard, M.(2010).La section de Montréal de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (1966-1968).Traces, 48(3), 5-9.Allard, M.(2012).L'apprentissage sur le tas, dans les années 1960.Traces, 50(3), 13-19.Augé, L.-É.(1987).Quart de siècle éditorial.Bulletin de liaison de la SPHO, 25(5), 7-8.Bouvier, F.(2012a).Les mutations accélérées se poursuivent : Les années 1970-1983 au secondaire.Dans M.Allard, P.Aubin, F.Bouvier et M.-C.Larouche (dir), L Histoire nationale à l\u2019école québécoise : Regards sur deux siècles d\u2019enseignement (346-376).Québec, Québec : Septentrion.Bouvier, F.(2012b).Mes dix ans au C.A.de la SPHQ.Traces, 50(3), 33-37.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2008a).Recherche 14 TRACES | Volume 54 no 2 didactique sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec : Les années 1960.Traces, 46(2), 27-34.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2009a).Les années 1970-1975 en didactique de l\u2019histoire dans le Bulletin de liaison de la SPHO.Traces, 47(1), 24-34.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2009b).« Recherche didactique sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec » : Une critique.Réplique de Félix Bouvier, Jean-François Cardin et Catherine Duquette.7races, 47(2), 10.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2009c¢).L\u2019évolution de la didactique de l\u2019histoire entre 1975 et 1982 dans le Bulletin de liaison de la SPHO.Traces, 47(3), 8-19.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2010).Recherche didactique : L\u2019implantation de nouveaux programmes et ses suites entre 1983 et 1989.Traces, 48(3), 15-31.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 pau dix 9 asie {ide pi Bou, {ida pt Boi! ida pi Baur fel ili Bowie der Trac Cardin, An fre Chae fas Comea su La Ma Cosel Soe 3] Disha hu Dur del Dmor M Beye uy ely, hig Ver, (ay ; \u20ac es (êtes TN eg CT dé, > ig in Pur ob OI dy Cu RYE Ty, UTR RE NOUS \u20ac doctorale 00 pr fe pas, oy Gi qui 65 recherche mi de pei 5 185 rsa de je l'histoire encore offen + à quoi ne étude aa as dans fol ts de nls Bula.¥ | nL | mi Qube |, Lès es fo Bll Lu Rae Il (ude Jar Fa\" | its qui\" ) Rae\u201d IES d® pp Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2011a).Recherche didactique, Des années de vitesse de croisière : 1990-1992, 1° partie.Traces, 49(2), 6-14.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2011b).Recherche didactique, Des années de vitesse de croisière : 1990-1992, 2¢ partie.Traces, 49(3), 5-17.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2013a).La réflexion didactique dans la revue Traces : Les années 1993-1995 (1% partie).Traces, 51(1),9-17.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2013b).La réflexion didactique dans la revue Traces : Les années 1993-1995 (2¢ partie).Traces, 51(2), 28-36.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2013c¢).La didactique de l\u2019histoire dans la revue Truces en 1996-1997.Traces, 51(3), 10-24.Bouvier, F., Cardin, J.-F.et Duquette, C.(2014).Les articles de nature didactique dans la revue Traces en 1998-1999.Traces, 52(3), 12-24.Cardin, J.-F.et Bouvier, F.avec la coll.de Duquette, C.(2012).Aux origines de la SPHQ, une pensée didactique novatrice.Traces, 50(3).8-9.Charpentier, L.(1987).Qu\u2019avons-nous enseigné ?Bulletin de liaison de la SPHQ, 25(5), 31-36.Comeau, R.(2008).La place de l\u2019histoire dans l\u2019enseignement secondaire au Québec depuis 1994.Dans R.Comeau et J.Lavallée (dir.), Contre la réforme pédagogique (145-168).Montréal, Québec : VLB éditeur.Conseil d\u2019administration de la SPHQ.(2008).Origines de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec.7races, 46(2), 5-11.Deshaies, B.(2012).Les réformes en éducation, une clé pour en sortir.Traces, 50(3), 42-47.Dumont, M.(1977a).Évolution du bulletin de la SPHQ.Bulletin de liaison de la SPHO, 15(4), 11-13.Dumont, M.(1977b).La SPHQ, quinze années d\u2019histoire.Bulletin de liaison de la SPHO, 16(1), 28-32.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Dumont, M.(1987).De 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développés sur le même modèle en Nouvelle-France ou au Bas-Canada à travers les années, certains endroits font exception et ne suivent pas tout à fait ce canevas.Prenons, à titre d\u2019exemple, le village de I\u2019 Abord-a-Plouffe, qui se situe sur l\u2019île Jésus, île qui constitue aujourd\u2019hui, dans son entièreté, la ville de Laval.Ce village, d\u2019abord intégré à la paroisse de Saint-Martin, devint un village à part entière en 1915.Lui aussi établi à proximité d\u2019un cours d\u2019eau, dans ce cas-ci la rivière des Prairies, il s\u2019est développé en partie grâce à un autre facteur : la présence des cageux.Car /à où s'arrêtent les cageux se dressent des villages.Le commerce du bois En plus de se développer au bord des cours d\u2019eau, plusieurs autres facteurs ont favorisé la création de différents villages, par exemple l\u2019exploitation d\u2019une ressource naturelle.La proximité avec une ressource telle que le bois, la pierre ou les métaux encourageait l\u2019arrivée massive d\u2019habitants et d\u2019entrepreneurs venus travailler à l\u2019exploitation de ces ressources.Bien entendu, cela créait des besoins pour les hommes venus s\u2019établir dans le secteur et, dans bien des cas, un village prenait forme, avec un magasin général, un bureau de poste, un forgeron et autres commodités nécessaires à la vie quotidienne.Au village de l\u2019Abord-à-Plouffe, la situation fut un peu 16 TRACES | Volume 54 no 2 Crédits Bibliothèque et Archives Canada.semblable et le développement du village se fit en grande partie grâce au commerce du bois.Pour mieux saisir les raisons pour lesquelles le commerce du bois a été un facteur de développement important dans ce secteur, il faut comprendre le contexte politique et économique de l\u2019époque.La décennie de 1760 marque un tournant majeur pour la Nouvelle-France.Après la Conquête en 1760, la colonie passe des mains de la France à l\u2019Angleterre.Le traité de Paris de 1763 met un terme à la guerre de Sept Ans, officialisant la cession des territoires français à l\u2019Empire britannique.Puis, avec la Proclamation royale, délivrée quelques mois plus tard, l\u2019Angleterre entend réorganiser les territoires d\u2019Amérique du Nord qu\u2019elle vient d'acquérir, en créant notamment la Province of Quebec.Le territoire de l\u2019ancienne Nouvelle-France portera ce nom jusqu\u2019en 1791, où l\u2019Acte constitutionnel amena la création du Bas-Canada et du Haut-Canada.Ce court rappel historique fixe quelques balises pour expliquer le changement de garde qui s\u2019opéra au Canada.À présent colonie britannique, ce territoire, qui deviendra ultérieurement le Canada, devait désormais transiger avec un nouvel empire.Ce détail devient important en 1806, alors que Napoléon, empereur français, met sur pied le Blocus continental dans le but avoué de ruiner l\u2019Angleterre en l\u2019empêchant de commercer avec le reste de l\u2019Europe.Les ports de la mer du Nord et de la mer Baltique furent alors fermés aux bateaux anglais.Isolée sur son île, l\u2019Angleterre se retrouva ainsi à court de ressources, dont le bois.C\u2019est à ce moment que l\u2019Empire britannique s\u2019est tourné vers ses colonies afin de s\u2019approvisionner de cette Revue de la SPHQ | Printemps 2016 goss pour de von mn @ gaint Las 0 pur | rat Quia0 na à fon Phil ail ( Les [ato fie Qué Vorag lem com Gil ES ml troncs des colle troie Hal à sim de a Tropi ein sur Ping ln bse JTW Be B= Pew ten gn: Je commer: 01 impor sie pol: 1760 ma ce As de a Fra meme: ps temo Mocha l'Angeere pe du No Jo Prov.velleFane pons (adh aes Jo ls jin mi! a pi ef 18 ur pid i pe | Fut je lv\" y so is es pigs if devil mse ressource essentielle a la construction de navires de guerre.Pour le Bas-Canada, il s\u2019agissait la d\u2019une occasion en or de commercer, puisque la région des Outaouais possédait une des plus importantes forêts de pins qui, avec le chêne, étaient les deux familles de bois les plus en demande.Les commerçants de la colonie y ont vu une opportunité pour faire de l\u2019argent et ont rapidement commencé à organiser l'exploitation et l\u2019exportation du bois des Outaouais vers l\u2019Angleterre.Les camps de bûcherons ont vu le jour dans la région, notamment grâce à l\u2019exploiteur et homme d\u2019affaires Philemon Wright, qui créa la société Philemon Wright & Sons, devenue la Wright, Batson and Currier de Hull au fil des différentes associations.Les hommes partaient travailler dans le bois à la fin de l\u2019automne et durant l\u2019hiver.Dès le printemps, on pouvait finalement transporter les immenses troncs d\u2019arbre vers Québec.Voyager sur les rivières Le transport du bois vers Québec était une organisation complexe à l\u2019époque où le chemin de fer n\u2019était pas encore répandu sur le territoire canadien.L'acheminement de la ressource vers le port de la capitale devait se faire par voie maritime.C\u2019est donc en descendant les rivières que les troncs de pins et de chênes se rendaient à destination.L\u2019une des activités bien présentes dans l\u2019histoire et l\u2019imaginaire collectif au Québec est la drave.On serait ainsi porté à croire que ce sont les draveurs qui dirigeaient le bois de Hull à Québec.Or, il n\u2019en fut rien.La raison en est bien simple : de Hull à Montréal, les cours d\u2019eau sont parsemés de rapides et de chutes qui rendent la drave impossible.Trop dangereuse pour les hommes, elle aurait également entraîné le bois à se fracasser dans les bas-fonds.De surcroît, le chêne, l'un des deux types de bois prisé par I\u2019 Angleterre, est un bois lourd, qui coule.Il se serait donc retrouvé au fond des rivières.C\u2019est ici qu\u2019entrent en scène les cageux.Une cage au milieu des Rapides de Lachine.Photo : Collection Archives photographiques Notman Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Pour parvenir à transporter le bois jusqu\u2019à Québec, les büûcherons attachaient ensemble les troncs d\u2019arbre, pour former des radeaux, que l\u2019on appelait cribes ou drames.On attachait ensuite ces structures ensemble pour former ce que l\u2019on appelait les cages.Et ce sont les cageux qui dirigeaient ces cages jusqu\u2019au port de Québec.Chaque radeau était formé de deux séries de rangées de troncs d'arbre.Comme le chêne est un bois qui coule et que le pin, lui, flotte, on cordait les troncs de pins en dessous, puis, ceux de chênes en une deuxième rangée, au-dessus.De cette manière, on s\u2019assurait que le chêne ne traîne pas au fond de l\u2019eau.Les cages, cette succession de radeaux attachés les uns aux autres, pouvaient être composées de 20 à 100 radeaux, transportant ainsi parfois jusqu\u2019à 2 000 billots en une seule expédition.Le nombre d\u2019hommes voyageant sur les cages pouvait également varier, allant d\u2019une trentaine à près de 100 hommes.Sur les cages, on retrouvait un aménagement servant de cuisine et des tentes étaient installées pour abriter les cageux, puisque le voyage durait plusieurs jours.Les cageux avaient donc le nécessaire à la vie quotidienne sur les cages.Les repas étaient principalement composés de fèves au lard, que les hommes préparaient sur le feu, dans un gros chaudron.Pour éviter les incendies, du sable était transporté sur les radeaux, pour éteindre le feu et y plonger les chaudrons brûlants.Aux temps les plus forts de ce commerce, le voyage entre les Outaouais et Québec prenait environ six jours.Cependant, les premières expéditions prirent environ deux mois à se rendre à Québec.1] faut comprendre que la rivière des Outaouais était difficilement praticable avec ses nombreux rapides.Avec les années, les entrepreneurs construisirent des systèmes de glissoires qui permettaient aux radeaux de traverser les rapides, un à la fois, de manière plus sécuritaire.D'ailleurs, les cageux étaient équipés d\u2019immenses rames de 10 mètres, pour diriger les cages et les éloigner des côtes.En temps calme, les cages se laissaient porter par le courant, parfois même par le vent avec un système de voiles, ou encore elles étaient tirées par des chaloupes en l\u2019absence de bourrasques.Mais l\u2019arrivée dans les rapides entraînait des déplacements plus difficiles.Aborder la terre À l\u2019approche des rapides, les cageux devaient alors accoster sur les côtes des rivières et désassembler les cages pour traverser les rapides, un radeau à la fois.Un processus assez laborieux considérant que les cages pouvaient être composées de dizaines de radeaux.Les cageux descendaient donc les passages plus dangereux.radeau par radeau, puis, ils réassemblaient les cages et poursuivaient leur chemin.Ils pouvaient ainsi aborder la TRACES | Volume 54 no 2 17 i ora terre de différents villages lors de leurs passages.C\u2019est ici que nous retrouverons le village de l\u2019Abord-à-Plouffe.Sur l\u2019île Jésus, au bord de la rivière des Prairies, on retrouvait le village de l\u2019Abord-à-Plouffe.Situé approximativement aujourd\u2019hui entre les quartiers Chomedey et Laval-des- Rapides, entre le boulevard Curé-Labelle et l\u2019autoroute 15, ce village aux abords de la rivière était établi entre différents rapides, notamment le Gros-Sault et Sault-au- Récollet.Il se trouvait également pratiquement a mi- chemin entre Hull et Québec, ainsi qu\u2019à proximité de Montréal, ce qui en faisait un arrêt d\u2019autant plus intéressant.Pour traverser les différents rapides du secteur, les cageux auraient alors abordé la terre de la famille Plouffe.S\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019un arrêt de passage au départ, aborder à ce village devint rapidement un incontournable pour les voyageurs des rivières.Les cageux en profitaient pour faire le plein de provisions, nourriture ou matériaux, faire réparer des outils ou encore soigner des hommes malades.On recrutait même parfois de nouveaux cageux pour remplacer les blessés.L\u2019Abord-à-Plouffe s\u2019est ainsi particulièrement développé tout au long du XIX® siècle grâce aux nombreuses escales des cageux.Si les voyageurs n\u2019étaient que de passage au départ, la situation changea rapidement.Tout d\u2019abord, après avoir livré le bois à Québec, les cageux devaient revenir vers les Outaouais, parfois par bateau, d\u2019autres fois par carriole.L\u2019arrêt à l\u2019Abord-à-Plouffe était également de mise sur le chemin du retour.De plus, le commerce du bois était un travail saisonnier.On bûchait dans les forêts durant l\u2019hiver, on transportait le bois au printemps, mais à l\u2019arrivée de l\u2019été jusqu\u2019à l\u2019automne, la majorité des bûcherons et des Ty ogni cageux se retrouvaient sans emploi.Grâce aux liens créés à l\u2019Abord-à-Plouffe, plusieurs voyageurs revenaient au village pendant la saison estivale et la saison des récoltes pour aider et travailler avec les habitants et les cultivateurs.La proximité avec Montréal permettait également d'aller trouver des emplois en ville.La plupart des cageux logeaient chez les habitants au départ.Puis, certains ont commencé à s\u2019établir dans le village, à s\u2019y installer et à fonder une famille.À la fin de l\u2019automne, ils retournaient vers les Outaouais pour reprendre le travail du bois et revenaient au village vers la fin du printemps.Au plus fort de ce commerce, deux familles sur cinq voyaient leur chef de famille s\u2019engager comme cageux.Une époque révolue Le travail de cageux sera finalement voué à disparaître vers la fin du XIX®* siècle avec l\u2019apparition des chemins de fer, moyen de transport plus rapide et plus efficace pour le bois.Ce métier aujourd\u2019hui disparu et assez méconnu, fut cependant d\u2019une grande importance dans le commerce du bois du Bas-Canada, mais aussi dans le développement d\u2019un village en particulier, celui de l\u2019Abord-à-Plouffe.On suppose que d\u2019autres villages ont également pu croître au fil du passage des cageux, mais on en retrouve malheureusement peu de traces aujourd\u2019hui.Il est néanmoins fort intéressant de s\u2019attarder à ce métier disparu, bien que l\u2019on doive porter attention à démêler les faits du folklore.Car, sans que l\u2019on s\u2019en doute, les légendes québécoises nous parlent entre autres des cageux par l\u2019entremise de l\u2019un de leur plus célèbre représentant, le plus grand que nature, Jos Montferrand.eT reed - u % Ed => Une cage à l'approche du pont du Canadien Pacifique à Lachine Photo : Collection Samuel Guérin communication.Réseau ArtHist est un organisme à but non lucratif qui, par la production d\u2019outils culturels et d'événements, vise la promotion de l\u2019histoire et du patrimoine matériel, humain ou en devenir.Présent comme exposant lors du dernier congrès de la SPHQ en 2015, Réseau ArtHist a également tenu un atelier intitulé « Là où s\u2019arrêtent les cageux se dressent des villages », un atelier présenté en classe par un historien animateur.Le présent article est un complément sur le contenu de cette 18 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 adopte religion le Queb déduit feed) 2 out d alien dquo SOULS au Qué qui à dé pars.| suffrage Afin de ES Une ang français des disc des fem Lesof Les po pac grin) arte Opes di coms Mopres Nord | Wing femme adit Mong Les ra dm; Moins \u2018 À to ln Reve - 0 dE char à pis fes EU à Ne NODE Ces 25 RUN ds thir, hs nase vor WERT be celle 3 Le suffrage féminin entre l\u2019Église et les politiciens Alexandre Dumas, étudiant au doctorat à l'Université McGill \u2018est en 1940 que les femmes du Québec obtiennent le droit de vote.Cela peut nous sembler très tardif, le Canada et les États-Unis ayant respectivement adopté le suffrage féminin en 1918 et en 1920.Comme la religion catholique est un des principaux traits à distinguer le Québec dans l\u2019ensemble nord-américain, nous avons déduit que l\u2019Église catholique était la grande responsable de ce « retard » du Québec.Le gouvernement du Québec a tout de même accordé le vote aux femmes avant le gouvernement français, traditionnellement anticlérical et qu\u2019on ne peut certainement pas accuser d\u2019avoir été soumis à l\u2019Église catholique.En fait, le vote des femmes au Québec a connu un développement semblable à celui qu\u2019il a connu dans la plupart des pays, c\u2019est-à-dire qu\u2019il a été subordonné aux agendas politiques des différents partis.Il semble nécessaire de replacer le débat sur le suffrage féminin au Québec dans un contexte plus large.Afin de déterminer l\u2019influence de la religion et les réelles motivations des décideurs politiques, nous présenterons une analyse sommaire des positions du clergé canadien- français, des débats à l\u2019Assemblée législative et finalement des discussions qui mèneront à l\u2019adoption du droit de vote des femmes par le gouvernement Godbout en 1940.Le suffrage féminin dans le monde Les politiciens discutent rarement du mérite ou de la capacité des femmes à user de leur droit de vote.II est généralement question de ce que le suffrage féminin peut apporter à la société.Le débat ne se résume pas à une opposition entre la gauche et la droite, entre progressistes et conservateurs.Les arguments des deux camps sont propres à chaque contexte, à chaque pays.En Europe du Nord, le suffrage féminin est considéré comme une mesure nationaliste et conservatrice.Donner le droit de vote aux femmes vise à leur permettre de contribuer à maintenir les traditions nationales'.Aux États-Unis, le conservatisme national pousse au contraire à rejeter le suffrage féminin.Les racistes craignent de donner une voix aux femmes d\u2019immigrants et surtout aux femmes noires, considérées moins dociles que leurs maris\u201c.Les politiciens approuvant le droit de vote des femmes croient souvent que celui-ci favorisera leur propre agenda politique.En Nouvelle- Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Zélande comme au Manitoba, le suffrage féminin est présenté comme un moyen d\u2019obtenir la prohibition et de combattre la corruption.Au Canada, le vote féminin est introduit par le premier ministre Robert Borden et sa Loi du vote en temps de guerre, qui accorde le droit de vote aux épouses, mères et sœurs de soldats.Borden croit alors que les familles des soldats voteront forcément pour son parti, considéré le plus susceptible de mettre un terme rapidement à la guerre.Le suffrage féminin joue ici un rôle purement électoral\u201d.Comparons maintenant le Québec aux autres nations catholiques, où le vote des femmes est principalement vu comme un outil conservateur et est pour cette raison rejeté par la gauche libérale, républicaine et socialiste.Rappelons que le pape Benoît XV approuve le suffrage féminin dès 1919*.En Autriche, les catholiques croient que le vote des femmes permettra d\u2019empêcher une révolution semblable à celles vécues en Allemagne et en Russie\u201c.En Belgique, en France et en Italie, la gauche est divisée entre son désir d\u2019égalité et sa peur de l\u2019Église.On considère les femmes trop peu éduquées et trop influencées par le clergé pour qu\u2019il soit prudent de leur accorder le droit de vote.En France, les républicains et les socialistes croient que le suffrage féminin entraînerait la chute de la République et le retour de la monarchie.Georges Clemenceau allait jusqu\u2019à affirmer que le vote des femmes ramènerait la France au Moyen-Age®.Les politiciens catholiques, quant a eux, ne sont pas convaincus que le suffrage féminin leur serait favorable et donc ne le revendiquent pas avec grande énergie.L\u2019octroi du droit de vote aux femmes dans les pays catholiques dépend en grande partie de la capacité des organisations féminines à convaincre les différents partis qu\u2019elles représentent une force politique suffisante pour faire pencher la balance lors d\u2019une élection\u2019.Les différents partis approuvent le suffrage féminin dès lors qu\u2019ils sont convaincus que cela jouerait en leur faveur.La question est donc beaucoup plus politique que religieuse.C\u2019est également le cas au Québec.Le suffrage féminin vu par l\u2019Église catholique Au Québec, libéraux et conservateurs s\u2019unissent dans leur refus d'accorder le droit de vote aux femmes.TRACES | Volume 54 no 2 19 Contrairement à l\u2019épiscopat français, les évêques québécois ne font pas face à une gauche anticléricale organisée.Les partis ouvriers du début du siècle sont une force tout à fait marginale\u201c.Voilà qui explique que l\u2019épiscopat canadien- français n\u2019ait guère vu d\u2019intérêt à utiliser les femmes catholiques comme auxiliaires politiques sur la scène provinciale.Les évêques semblent unanimement opposés au suffrage féminin.C\u2019est du moins ce qui ressort dans les années 1920.Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec, affirme que l\u2019entrée des femmes en politique serait un malheur que rien ne justifie\u2019.Mgr Paul-Eugène Roy, son successeur, considère le suffrage féminin comme « un attentat contre les traditions fondamentales de notre race et de notre foi »'°.Mgr Georges Gauthier de Montréal croit quant à lui que la femme devrait « déserter la politique pour se consacrer à la charité »''.Après cette intervention formulée en 1928, les évêques restent discrets sur la question, bien que la question du suffrage féminin soit débattue annuellement à l\u2019Assemblée législative.Il faut attendre 1940 pour qu\u2019un évêque prenne à nouveau publiquement position.Ce n\u2019est pas que le clergé soit unanimement opposé au vote des femmes.Le sulpicien Léonidas Perrin, le père franciscain Marie-Ludovic et le père dominicain Marie- Ceslas Forest figurent parmi les grands défenseurs du vote des femmes'\u201d.11 ne s\u2019agit pas pour eux d\u2019une question religieuse.Le bien public exige la participation des femmes à la vie publique, puisqu\u2019elles y apportent une perspective unique et permettront la mise en place de réformes désirables et durables sur le plan social.La femme mérite le droit de vote au même titre que l\u2019homme, puisqu\u2019elle soutient elle aussi les charges de l\u2019État.II existe donc des dissensions dans le clergé.Ces quelques religieux sont toutefois bien peu de chose face aux évêques, qui semblent quant à eux unanimement opposés au vote des femmes.Le suffrage féminin entre les mains des politiciens Au Québec, le vote des femmes est débattu annuellement à l\u2019Assemblée législative'*.De 1922 à 1940, quatorze projets de loi sont présentés pour octroyer le droit de vote aux femmes.Au cours de cette période, vingt-neuf députés parlent en faveur du suffrage féminin et vingt-neuf s\u2019y opposent.Les députés en faveur du vote des femmes, principalement des montréalais, font remarquer que la province de Québec est isolée sur ce plan dans le contexte nord-américain.Les défenseurs du suffrage féminin ne revendiquent pas l\u2019égalité des femmes, mais leur différence.Les femmes, -disent-ils, sont plus vertueuses, plus responsables et plus désintéressées.Elles contribueront à assainir la politique 20 TRACES | Volume 54 no 2 et ne seront pas aveuglées par l\u2019esprit de parti.Elles apporteront également un point de vue unique et aideront les politiciens à s\u2019intéresser aux causes sociales.Les femmes étant également plus modérées, elles contribueront à éloigner la société du radicalisme et du communisme.Certains députés croient également qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un témoignage de reconnaissance envers les femmes pour les services rendus pendant la Première Guerre mondiale et pendant la crise économique.Puisque les femmes participent désormais à la vie économique, il est juste de leur donner une voix politique.L\u2019argument religieux est présent, puisque quelques partisans du suffrage féminin appellent à l\u2019autorité du pape et de certains théologiens.Les députés libéraux citent le ministre fédéral de la justice Ernest Lapointe, chef de l\u2019aile québécoise du parti libéral fédéral, qui est également un partisan du suffrage féminin.Nous avons mentionné que dans de nombreux pays, le vote des femmes était associé à une cause particulière.Au Canada français, les défenseurs du suffrage féminin le présentent surtout comme un outil pour moraliser la politique, ce qui ne semble pas avoir été très mobilisateur.Les députés opposés au suffrage féminin, majoritairement ruraux, affirment que les Canadiennes françaises ne souhaitent pas obtenir le droit de vote.À preuve, elles ont voté massivement aux élections fédérales de 1921 contre le gouvernement conservateur.Elles ont ainsi puni le parti qui leur a donné un droit dont elles he voulaient pas.L\u2019argument religieux est étonnamment peu utilisé.Certains députés mentionnent l\u2019opposition du pape au féminisme, mais se gardent de rappeler sa position favorable au droit de vote des femmes.L\u2019argument nationaliste est davantage évoqué.La province de Québec, dit-on, n\u2019est pas une province d\u2019imitation.Le suffrage féminin est une invention anglo-protestante qui ne convient pas à un peuple franco-catholique.Les opposants au vote des femmes affirment également qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une menace au principe de l\u2019autorité familiale et qu\u2019il pourrait être une cause de divorce.La femme doit se consacrer entièrement à sa famille et laisser la chose publique entre les mains de son mari.À ces arguments s\u2019ajoute une misogynie non déguisée.Le député libéral Joseph-Éphraïm Bédard de Québec-Comté croit que les femmes qui revendiquent le droit de vote sont simplement inconscientes des limites de leur sexe : « L\u2019homme connaît mieux la femme qu\u2019elle ne se connaît elle-même.»'* La meilleure façon d\u2019aider les femmes, dit le député libéral Arthur Bélanger de Lévis, n\u2019est pas de leur accorder le droit de vote, mais de leur fournir une machine à laver et de l\u2019électricité à bas prix'*.Le libéral Pierre-Émile Côté de Bonaventure craint quant à lui que le vote des femmes ne mène un jour à l\u2019élection de femmes Revue de la SPHQ | Printemps 2016 epuie ots ¢ doute.\u201d pas 35 ja bel quad | sal fen La ra du deb gérée pati qu'en dans green i ach camp.suffi Le dro pili appui progres Teele (Qui pouvo Ihéral Major conser Fisan (Sura déba ter Algsa 1225 dif putin tat fists] RIE HH IT LA i fr bug QT fp py We lig, Sti | My \u201cgi, | Si de enne Me EE mag \u20ac les lm Tee | lige gc rege foi, 5 Blog elgg pani ry | Iege ini; À RUN pays & ¢ patil Tage imi | Morale | mobile draenei fares re À 0, les on 21921 cons As] pui ul ps se Cena u fn, favorable & Honalste à dia, nes fémimn vient pa : vol ds © mena qui être IR erst Tes mars ist À geo Came più de fur psc ps fermé 5 pôle ; fut y Jeter (à Inge : | | de fenrié députées « Sans doute, au point de vue esthétique, nous y gagnerions, mais au point de vue pratique, j\u2019en doute.»'® Non seulement les femmes ne sont, selon lui, pas assez instruites pour jouer un rdle politique, mais les belles auraient forcément un avantage sur les laides quand viendraient le temps de convaincre leurs collegues masculins, ce qui placerait ces derniers dans une situation fort embarrassante.La tradition catholique influence donc les deux côtés du débat.L\u2019idéalisation de la femme, cet être « moral », généreux et désintéressé, que mettent de l\u2019avant les partisans du suffrage féminin, est conforme à l\u2019image qu\u2019en donne l\u2019Église catholique.On retrouve également dans la tradition catholique cette idée que la femme doit être entièrement dévouée à sa famille et s\u2019en remettre à son mari pour tout ce qui concerne la vie publique.Ajoutons à cela que l\u2019Église est appelée en autorité par les deux camps.La religion a donc influencé autant les partisans du suffrage féminin que ses opposants.Le droit de vote des femmes est un outil pour les partis politiques.C\u2019est le cas en France, où certains sénateurs appuient le suffrage féminin uniquement pour paraître progressistes, convaincus que la majorité de leurs collègues rejetteront la proposition\u2019.C\u2019est également le cas au Québec, où le débat est lourdement affecté par les jeux de pouvoir à l\u2019Assemblée législative.Jusqu\u2019à 1935, le Parti libéral de Louis-Alexandre Taschereau constitue l\u2019immense majorité de la députation québécoise.L\u2019opposition conservatrice est impuissante et frôle l\u2019insignifiance, ne faisant élire que neuf députés en 1927 et onze en 1931 (sur un total de 90).En fait, les libéraux monopolisent le débat sur le suffrage féminin.Cela engendre des scènes farfelues telles que celle où le premier ministre Louis- Alexandre Taschereau, violemment opposé au vote des femmes, ridiculise un de ses propres députés parrainant le projet de loi'®.Les seuls conservateurs à intervenir sont les députés anglophones tous en faveur du droit de vote des femmes.Maurice Duplessis ne prend pas position sur la question, mais exige qu\u2019on permette aux suffragettes de venir défendre leur cause à l\u2019Assemblée législative'?.Il ne s\u2019agit pas pour lui d\u2019aider leur cause, mais de prendre une position opposée à celle du premier ministre.La plupart des parrains du projet de loi sur le suffrage féminin figurent parmi les plus jeunes députés de l\u2019Assemblée législative, Le plus jeune, Gaspard Fauteux, est âgé de 35 ans lorsqu\u2019il parraine la mesure.Le suffrage féminin est également une préoccupation très urbaine.Des onze parrains du projet de loi, huit sont Montréalais.Finalement, on remarque une distinction linguistique et culturelle.Les députés anglophones et juifs prennent unanimement position en faveur du suffrage féminin.En 1935, le Parti libéral est menacé pour la première fois de perdre le pouvoir, ne faisant élire que quarante- huit députés sur quatre-vingt-dix.Avec le nouveau parti de Paul Gouin, l\u2019Action libérale nationale, qui s\u2019allie au Parti conservateur de Maurice Duplessis pour former l\u2019Union nationale, une forte opposition contient désormais une majorité de députés en faveur du suffrage féminin.Vraisemblablement pour marquer une fois de plus son opposition avec Taschereau, Duplessis affirme clairement être en faveur du suffrage féminin®.Alors que des rumeurs courent quant au départ du premier ministre et à une division éventuelle du parti, les députés libéraux veulent montrer leur union en présentant un vote unanime.Les quarante-trois députés libéraux présents en chambre votent contre le suffrage féminin.De ce nombre, huit ont voté pour auparavant, dont le ministre Edgar Rochette, parrain du projet de loi en 1935.Le vote des femmes est donc encore une fois repoussé.\u201cs LE PNT EIL Lea ama 01 nIWCUEA0 0 = LE DEVOIR = vous CE que vues mecs aies Sommet SR 1 7 » am (10 QUEBEC Depuis hier soir, le suffrage féminin est devenu loi dans la province de Quebec Le Couseil Léginlauif adopte Ie bil! Godbout pe ye de 13 contre 5 \u2014 L'amendemcnt Martin, pour us erendurm sur , ent té \u2014 (enani-gouverneur sanctionne \u2014 protestations féminines pendast le discours de M.Médéric Martin » mntrus vais iv cames (or @ moe ame mous | Li 204 mm - rt mr à rs rca: = ii tar rei iio i ' i 1 { - ter et Po es Gm mA da me net rn learn te seu Laman os 4 0b 0 © PUR BU Pats Sein of § in a \u2014 bem, po ve em pa [a \u2014 _ pervers =a Cr Sg pe Be Mae de ben de rt M 100 660 vanne tn SN re 4 oh Ma fn oes came wn rude Core 0 - Sree wan pe hat setmas a man stat Néon cat ee = bees \u2014 Les élections de 1936 amènent pour la première fois Maurice Duplessis au pouvoir et donnent une majorité écrasante à l\u2019Union nationale, qui fait élire 76 députés sur 90.C\u2019est désormais l\u2019Union nationale qui monopolise le débat sur le suffrage féminin.Un nouveau projet de loi, présenté en 1938, voit s\u2019opérer un renversement de positions semblable à celui vécu chez les libéraux en 1936.N'ayant plus devant lui un chef libéral fortement opposé au vote des femmes, Duplessis semble avoir perdu tout intérêt pour la question.Six députés de l\u2019Union nationale votent contre le suffrage féminin après l\u2019avoir appuyé dans le passé.Quatre d\u2019entre eux sont désormais ministres, ce qui peut les avoir poussés à afficher une union de pensée avec leur LF DEVOIR La Une du journal Le Devoir du 26 avril 1940 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 chef.Le projet de loi est encore une fois battu.TRACES | Volume 54 no 2 21 En 1939, Maurice Duplessis permet à une délégation de suffragettes dirigée par Thérèse Casgrain de se faire entendre pour la première fois à l\u2019Assemblée législative.Il souligne que l\u2019ancien gouvernement libéral leur avait toujours refusé ce droit.Les arguments présentés sont les mêmes que ceux martelés depuis 1922! Le comité ne mène à aucun résultat puisque le premier ministre ajourne le débat indéfiniment.1940 : les femmes obtiennent le droit de vote Lors de l\u2019élection de 1939, l\u2019Union nationale est défaite.Le Parti libéral d\u2019Adélard Godbout reprend le pouvoir avec une majorité de 70 députés sur 86.Le suffrage féminin, qui figure au programme du Parti libéral depuis 1938, est le premier projet de loi à être présenté à l\u2019Assemblée législative.Le député Alexis Caron de Hull explique ainsi la volte-face du Parti libéral : « En 1936 [.], alors que j'étais député à Québec, j'ai voté contre le suffrage féminin, croyant que la majorité des femmes n\u2019en voulait pas.Il m\u2019apparaît depuis que leur sentiment a changé et si j'ai fait une erreur à leur endroit, soyez sûrs que je la réparerai.»\"?Le seul parti s\u2019étant unanimement opposé au vote des femmes devient soudainement son plus grand défenseur.Le 4 mars 1940, quelques jours après que le premier ministre lui-même ait déposé à l\u2019Assemblée législative le projet de loi accordant le droit de vote aux femmes, le cardinal Villeneuve publie un communiqué où 1l exprime son opinion : « Nous ne sommes pas favorable au suffrage politique féminin : 1 - Parce qu\u2019il va à l\u2019encontre de l\u2019unité et de la hiérarchie familiales; 2 - parce que son exercice expose la femme à toutes les passions et à toutes les aventures de l\u2019électoralisme; 3 - parce que, en fait, 11 Nous apparaît que la très grande majorité des femmes de la province ne le désire pas; 4 - parce que les réformes sociales, économiques, hygiéniques, etc, que l\u2019on avance pour préconiser le droit de suffrage chez les femmes, peuvent être aussi bien obtenues grâce à l\u2019influence des organisations féminines en marge de la politique.»* Les arguments invoqués sont fort semblables a ceux évoqués par les députés au cours des treize dernières années, la misogynie en moins.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une injonction de la part du cardinal.Il présente plutôt son communiqué comme une mise au point : « Pour répondre à de nombreuses instances et mettre fin à diverses opinions qu\u2019on Nous prête à propos du projet de loi accordant aux 22 TRACES | Volume 54 no 2 femmes le droit de vote aux élections provinciales, Nous croyons devoir dire Notre sentiment.»** Le lendemain de la publication du communiqué, à l\u2019Assemblée législative, Maurice Duplessis demande à Adélard Godbout s\u2019il a l\u2019intention d\u2019accorder le droit de vote aux femmes malgré l\u2019opposition de l\u2019archevêque de Québec.Godbout lui répond qu\u2019il a l\u2019intention de tenir parole\u201d.Sitôt sorti de l\u2019Assemblée législative, le premier ministre écrit au cardinal pour lui faire part de « l\u2019émotion » que lui a causé la publication de son communiqué.Villeneuve lui explique qu\u2019il a été « sollicité de divers côtés » et qu\u2019il devait « dissiper l\u2019équivoque » à laquelle prétait son silence.Il l\u2019assure toutefois qu\u2019il n\u2019a pas l\u2019intention de lui causer d\u2019embatras inutiles et dit comprendre que le premier ministre ne peut maintenant plus reculer.I dit avoir plernement confiance en son « esprit chrétien »°.Il donne au premier ministre l\u2019autorisation de publier sa lettre s\u2019il le juge opportun, de façon à ce qu\u2019on cesse d\u2019utiliser son opposition pour lutter contre le projet du gouvernement.Le cardinal vient également en aide à Godbout en ordonnant à un de ses prêtres, l\u2019abbé Pierre Gravel de Saint-Roch de Québec, de mettre fin aux démarches que celui-ci avait entreprises pour soulever l\u2019opinion publique contre le suffrage féminin\u201d.À l\u2019Assemblée législative, Maurice Duplessis souligne l\u2019incohérence de la position d\u2019Adélard Godbout, qui parraine lui-même le projet de loi sur le vote des femmes après s\u2019y être opposé sept fois dans le passé.Le premier ministre répond que c\u2019est le contexte qui a changé et non sa position\u201c.Alors que les députés libéraux se sont unanimement opposés au suffrage féminin en 1936, ils sont cette fois unanimes en sa faveur.Sur 65 qu\u2019ils sont à donner leur appui au vote des femmes, 26 ont voté contre auparavant, dont 19 à plusieurs reprises.Du côté de l\u2019Union nationale, la plupart des députés s\u2019opposent cette fois-ci au suffrage féminin.Seuls deux députés unionistes (ruraux, soulignons-le) appuient le projet de loi.Ainsi se termine une lutte parlementaire de dix-huit années.Conclusion L\u2019historien Jad Adams observe une constante quant aux rapports des hommes politiques et de la population en général au suffrage féminin : le vote des femmes est accepté lorsque l\u2019expérience démontre qu\u2019elles votent de la même façon que les hommes.En effet, aucun pays n\u2019a vu s\u2019opérer de changement radical au lendemain de l\u2019adoption du droit de vote des femmes\u201d.C\u2019est ce qui explique que l\u2019Union nationale n\u2019ait pas cru bon de revenir sur la question une fois de retour au pouvoir.Le résultat de l\u2019élection a démontré que le vote des femmes était divisé de la même façon que le vote des hommes.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 rd pi wh i pod! piste aie js qui hind or fes plus gen 00 deviendra wh of Pan lib Dou me: JA Mg.Lh ; Vale Moe 1 ke \u20ac lids 6 Sum! Die iL: i] Jessi Barta 4 Los lize 0.Leg Que Fini La lel: + Lani Hig p gy fs i thy go 4e 4 Daho Revie & ; XI Tree, IY ell NE Sm a C\u2019est influencé par Thérèse Casgrain et Ernest Lapointe que les libéraux provinciaux se sont laissés convaincre de devenir les défenseurs du droit de vote des femmes après l\u2019avoir rejeté si souvent dans le passé\u201d.Comment expliquer cette voite-face ?Il paraît peu vraisemblable que les députés libéraux, comme l\u2019affirme Alexis Caron, aient subitement réalisé que les femmes désiraient le droit de vote et qu\u2019ils aient modifié leur position pour cette raison.Il est plus probable que Thérèse Casgrain et ses collègues aient convaincu Adélard Godbout que les femmes deviendraient majoritairement des électrices libérales et que le suffrage féminin contribuerait donc à maintenir le Parti libéral au pouvoir.De toute évidence, le vote des femmes n\u2019a pas constitué un enjeu majeur pour les élus, qui l\u2019ont pour la plupart considéré comme un simple élément de leur jeu politique.Si la misogynie et la religion ont bien pu susciter l\u2019opposition de certains députés au suffrage féminin, c\u2019est la partisannerie et l\u2019électoralisme qui ont retardé puis facilité son adoption.Comme ce fut le cas dans bien d\u2019autres pays, le gouvernement a accordé le droit de vote aux femmes après avoir été convaincu par des associations féminines que les femmes représentaient une force politique suffisante pour permettre à un parti de remporter une victoire électorale.Malgré sa tradition catholique, qu\u2019on a accusé d\u2019être à la source de son retard dans l\u2019adoption du suffrage féminin, le Québec a suivi une évolution semblable à celle de la plupart des pays.1.Jad Adams, Women and the Vote: A World History, OUP Oxford, 2014, p.194.Ibid, p.172-174, Yvan Lamonde, Histoire sociale des idées au Québec : 1896-1929, Montréal, Fides, 2000, p.100-101.4.Jad Adams, op.cit, p.283-285.Ibid., p.288.ro wd 6.Susan K.Foley, Women in France Since 1789: the Meaning of Difference, Palgrave Macmillan, 2004, p.151-152.7.Jad Adams, op.cit, p.289-308.Andrée Lévesque, Virage à gauche interdit : Les communistes, les socialistes et leurs ennemis au Québec 1929-1939, Montréal, Boréal Express, 1984, 187 p.9.Louis-Nazaire Bégin, « Au sujet du vote des femmes », La Semaine religieuse de Québec.vol.34, 1922, p.536.10.« Lettre de S.G.Mgr Roy, auxiliaire (aujourd\u2019hui coadjuteur) de Québec, aux membres du Comité de propagande contre le suffrage féminin », Le Devoir, 18 février 1922.11.« La femme doit déserter la politique pour se vouer à la charité », Le Devoir, 5 avril 1928.12.Léonidas Perrin, « Le suffrage des femmes », La Semaine religieuse de Québec, 19 décembre 1921: Marie-Ludovic, 1921, p.9: Marie-Ludovic, o.f.m., « Causerie donnée aux membres des associations professionnelles », La Bonne Parole, décembre 1921, p.9; Marie-Ceslas Forest, « Droit de vote, suffrage féminin et féminisme », La Revue dominicaine, vol.32, 1926, p.385-404.13.Les textes analysés sont tirés des débats reconstitués de l'Assemblée législative, textes colligés par la Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec.14.Débats de l'Assemblée législative, séance du 23 février 1928, p.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 342-343 15.Débats de l'Assemblée législative, séance du 20 janvier 1932, 399 16.Débats de l'Assemblée législative, séance du 23 février 1928, 344- 347 17.Steven C.Hause et Anne R.Kenney, Women 5 Suffiage and Social Politics in the French Third Republic, Princeton University Press, 1984, p.228-239.18.Débats de | Assemblée législative, séance du 22 février 1933.p.239.19.Débats de l'Assemblée législative, séance du 22 février 1933, p.240-241; séance du 21 février 1934, p.313.20.Charles-E.Pelletier, « La Législature refuse de nouveau aux femmes le droit d\u2019aller voter », L'Action catholique, 28 mai 1936.21, « L\u2019étude du bill des femmes est ajournée par le comité », L'Action catholique, 29 mars 1939.22.« Les libéraux accorderont le droit de suffrage aux femmes, déclare M.Caron », Le Droit, 20 octobre 1939.23.« Le cardinal Villeneuve est opposé au suffrage féminin », Le Canada, 4 mars 1940.24.Ibid.25.Débats de l\u2019Assemblée législative, séance du 5 mars 1940, p.94.26.Archives de l\u2019archevêché de Québec, Gouvernement du Québec, lettre de Rodrigue Villeneuve à Adélard Godbout, 6 mars 1940.27.Archives de l\u2019archevêché de Québec, Pierre Gravel, lettre de Rodrigue Villeneuve à Pierre Gravel, 8 mars 1940.28.Débats de l'Assemblée législative, séance du 18 avril 1940, p.290- 295.29.Jad Adams, op.cit, p.245-246.30.Jean-Guy Genest, Godbout, Sillery, Septentrion, 1996, p.111-112.TRACES | Volume 54 no 2 23 À HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA re 3e secondaire 2 | ad it 4 g À 7 1 X \\ Ih 0/ « Gus (JAY a ai à 0 \\ Lm \u201crh \\ ê nt ] 7 D> es 23 (Al tn» AT xv.x= Ng \u201c+ > = g Ih \\ iy N pd p \\ \u2014 A be een ~ af 7 os, A) Fa a == > .» A AE Le => eue - QUE Clues add a Fer pn re rere.pe pon gee pre Se [eg pre re pe VE à e 3 w ha S po edonne a et [rf 5 A {ge | & * s incomparables! REN a es Rt A © | Ji) à Etoile dike: cesta?days fg Marg 4 A Ar X-files Rigs a ls age % len 6 = nt lini Aft eNtissage ! il, \"A Au | 16 Ren collection Gitte tly - & | dé k mo tg lang CTP k 0g ATLA Tey Sis tl 24 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Rey q nisi \u201c6, Sir 1, 7 it mis ¢ Si .Fw Pur ref Ay Woy (Cracptenucæct ribam A sou oor Toe nd EK Crit 4 foreorecrl Îtes- rege.2b 8 Jif ection oh a Lis wal Se Cou rend Martin Landry, enseignant d'histoire en 4° secondaire et directeur pédagogique du contenu historique pour Montréal en Histoires Déneigement à Montréal res irae re Lace dE 4 ot Lar, ee ILE pures Er wl is aug! nag oe lilo fon nT ie 0 À > pes 77 tine 2% 0 sa > > BA Le tés or ws Be LK 4.Kory + Lo ct x Le Pas , 2 Ana gaccasse 18 Tire à Han rs Bt re fo veers arme a) 0s des À PCs poilue \u201cdore evene lire | EE Le a Fete des Lares Ta pre Noses ons _ _ rein Sabino disenre Ay ies Be \u201c © an rene De Gt Trg en Bin .~ § A Spe rer rq Le fi badit 5% (et eta Dec \u2014 Se Vas saravk oF Sem at _ , Grant Lo tiniy Gorman an A bratI5e pret A FE ee So Oeslore Sormers LG I Can Vo M Tiicuises ar Las Dis laesea Pt Deny .; Co devoung ln md grace la Goto pein Diora\u201d CAirse cata texte se Feu Lever fs sascs po Foi 4 2, Frangamess Sete path 20s Ti ve thay ce 7 « cerner 92 D Snore esos ae yo don san HEA races ar Ter ar fT us > Le re de - 5 os Dame FA Los 2 ès pes dansé Boe \u201cprés Ge Awan LE mou Ags Ter\u201d Fog reas Lo Geir Pas Dre da trs re ES de féscrin 0069 From 12016 + Lo vos pa ficadang Frd on res fons Dee Crefip pare pad PIE woud te fn AE Ao mist Sir \u201c3 ou pected 1 \u20ac 7 (eral Ai al ha Bey, it mas heen re gee | Son ~ a \u2014 (onl mm dE Geom\u201d Wa on TYSYLHOW % +5 \u2014 = \u2018a, 5 se FrccosfiEs44 SAA SX e.La EN x mn Lad >» er od ere 4 ggg 7e 2 1 eg mean - pene Fe huis Let beminDe rp lrasas fun ette archive est une ordonnance pour l\u2019enlèvement de la neige dans les rues de Montréal, écrite par le lieutenant général Jacques Joseph Guiton de Monrepos en décembre 1749.Elle fait partie des premières tentatives des autorités pour encadrer le déneigement de la ville.Au 18° siécle, les administrateurs montréalais désirent adapter la ville aux réalités de l\u2019hiver.En effet, à partir de 1747, hiver après hiver, Guiton de Monrepos tente d\u2019établir des règlements au moyen d\u2019ordonnances, comme le montre cette archive, pour que les citoyens s\u2019impliquent dans le déneigement des rues et soient obligés d\u2019enlever la neige devant leur habitation sans toutefois la jeter dans la rue.Or, en l\u2019absence d'espace où laisser la neige.ces règlements sont peu respectés.Malheureusement, aucun système n\u2019existe pour évacuer la neige à l\u2019époque où il publie ces ordonnances.Le seul outil disponible pour les Revue de la SPHQ | Printemps 2016 BANQ 06M_TL451_D5477_00001 06M_TL451_D5477_00002 citoyens est la pelle qu\u2019ils utilisent généralement pour pousser la neige au milieu de la voie publique.Cette habitude crée des buttes de neige inégales qui compliquent beaucoup les déplacements dans les rues.En fait, dès l\u2019arrivée des premiers colons en Nouvelle- France, la neige pose problème.Habitués aux hivers européens, les nouveaux colons ne sont pas préparés à affronter le froid canadien et les chutes de neige répétées.Les habitants des campagnes s\u2019en tirent un peu mieux parce qu\u2019ils ont l\u2019espace suffisant pour pousser la neige et dégager les chemins.Ils peuvent aussi avoir recours à des moyens de transport adaptés comme les raquettes et les traîneaux.Les gens qui vivent à Montréal sont moins avantagés et doivent composer avec les amoncellements de neige plus ou moins compacts qui encombrent les rues.Autrement dit, une petite tempête suffit à paralyser complètement la ville et à empêcher les déplacements des TRACES | Volume 54 no 2 25 habitants.Au printemps, la fonte de la neige engendre l\u2019apparition de véritables ruisseaux qui partent des hauteurs de la ville et qui coulent vers le fleuve.Dans les rues qui sont parallèles au fleuve Saint-Laurent, la neige forme plutôt de grandes flaques d\u2019eau sale et stagnante qui nuisent à la santé publique.Lorsque la neige fond trop rapidement au printemps, sans qu\u2019on ait le temps de la dégager, les sous-sols des maisons montréalaises sont inévitablement inondés.La première fonction des égouts était de faire ruisseler sous terre l\u2019eau de pluie mais aussi celle issue de la fonte de la neige, souvent nauséabonde.Le premier égout du genre est le collecteur William sous l\u2019actuel rue de la Place d\u2019Youville finalisé en 1838.Au début du Régime britannique, la situation est assez semblable, mais on assiste quand même à quelques nouvelles mesures de déneigement.En 1796, les soldats qui sont en garnison à Montréal sont chargés de déneiger les rues.L\u2019administration engage aussi 24 hommes pour dégager les grandes voies de communication dans les faubourgs de la ville.Au 19° siècle, les citoyens ont davantage tendance à taper la neige dans les rues plutôt qu\u2019à l\u2019enlever.Les règlements sur l\u2019enlèvement de la neige sont aussi de plus en plus précis.En 1841, les citoyens doivent s\u2019organiser pour qu\u2019il n\u2019y ait pas plus de deux pieds de neige devant leur habitation, 24 heures après la tempête.En 1842, seulement quatre pouces de neige sont tolérés sur les trottoirs.Dans les années 1870, les citoyens disposent d\u2019une heure pour enlever la neige des trottoirs après la fin de la chute.Si la neige est tombée dans la nuit, le délai est repoussé jusqu\u2019à 9 h du matin.Encore une fois, ces règles sont difficiles à appliquer.Par ailleurs, les citoyens les mieux nantis sont ceux qui les respectent le moins.Ils souhaitent que l\u2019administration de la ville s\u2019occupe elle-même du déneigement en imposant une taxe pour le financer.Cette mesure est toutefois écartée parce qu\u2019elle pénaliserait les citoyens les plus pauvres.Graduellement au cours de ce siècle, de nouvelles techniques de déneigement voient le jour.En 1866, la charrue attelée à un cheval fait son apparition dans les rues de la ville.Elle permet de dégager les voies lorsque la neige n\u2019est pas trop tapée.Elle sera utile jusque dans les années 1930 pour déblayer les rues et surtout les trottoirs.Dans les années 1880, les citoyens ont parfois recours à des corvées au cours desquelles les habitants d\u2019une même rue s\u2019entraident pour le déneigement au moyen de pelles et de pioches.La neige est jetée dans des traîneaux puis transportée dans des endroits appropriés pour la recevoir.Cette technique n\u2019est vraiment pas idéale parce que les citoyens ne peuvent pas s\u2019adonner à leurs occupations habituelles et continuent à avoir du mal à se déplacer.En 1892, un changement majeur modifie les habitudes de déneigement de la ville.Cette année-là, les tramways électriques font leur apparition dans les rues de Montréal.La compagnie de transport est maintenant responsable de dégager les rues où passent les tramways.Auparavant, les tramways tirés par des chevaux utilisaient des traîneaux pour circuler en hiver.Avec l\u2019électrification, on décide de les munir d\u2019une pelle placée à l\u2019avant pour pousser la neige sur leur passage.C\u2019est une nouveauté très utile! Vers 1904, les premières voitures qui circulent à Montréal adoptent aussi cette méthode.En 1905, la ville de Montréal décide de prendre en charge le déneigement des rues du Vieux- Montréal.En 1910, elle étend cette mesure à toutes les rues de la ville.Elle achète alors 24 charrues et paie des hommes pour le déneigement à la pelle.La véritable révolution qui transformera à jamais le déneigement voit le jour en 1925.Il s\u2019agit d\u2019une création du Montréalais Arthur Sicard qui invente cette année- là la première souffleuse en adaptant le principe de la moissonneuse batteuse.Une rue et un parc ont été nommés en l\u2019honneur de l\u2019inventeur dans l\u2019arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.Deux ans plus tard, la ville d\u2019Outremont achète un exemplaire de son invention baptisée « charge-neige automatique ».En 1928, c\u2019est au tour de Montréal d\u2019acheter deux souffleuses pour déneiger ses quartiers éloignés.La facture s\u2019élève à 26 000 ! L'invention de Sicard tombe à pic puisqu\u2019entre 1880 et 1927, la population montréalaise a plus que triplé.Cette situation entraîne l\u2019expansion du réseau routier, une plus grande quantité de voitures et, évidemment, l\u2019augmentation du nombre de routes à dégager.Le réseau routier s\u2019est développé à Souffleuse à neige inventée par Arthur Sicard Ville de Montréal Revue de la SPHQ | Printemps 2016 [ep | pel ir (ad eens Ale eset gl à dem Dans | fs of qi it Docun He Bai vor | Reig um, I, bn 1% ; Big, 3 Vol I, ; Joey, Wy ttes aig Rit; ISd ne ni: Wien d K: ; egy, Ou free, Pat a 5 unie dlr ks beng Ls, 5 de Monte: tsporsahk arava 5 ds mi On déc USER le! Vers eal ad outed ues do Ve 2 à fours à el ae 3 3 Jam : ie Ra cète an mmeixe de pete nom Tongs: listo i on IE\" »H It y ouf ES pipe Jase 3 8 ss Le de soi gant jvc\" qe l'époque grâce à l\u2019argent rapporté par la Commission des Liqueurs.Le Québec était alors l\u2019un des rares territoires américains qui n\u2019était pas sous la loi de la prohibition.Cet état de fait attire nombre de touristes étrangers qui dépensent de grosses sommes en alcool et autres plaisirs.À l\u2019abandon de la prohibition, les autres provinces suivent l'exemple du Québec et créent leur propre société des alcools.À partir de l\u2019hiver 1928-1929.on commence ainsi à déneiger les grandes routes de la région métropolitaine.Dans les décennies suivantes, les chasse-neige Sicard et les chenillettes Bombardier se joindront à la souffleuse qui sera aussi modernisée.Ces inventions faciliteront grandement le déneigement à Montréal.Documents consultés Beauchemin, Daniel, Benoît Gagnon, Maxime Faucher et François-Vincent Talbot.Protic-Deneigement (2003), Musée McCord.en ligne a .Robert, Mario.« Chronique Montréalité no 25 : Brève histoire du déneigement à Montréal », Archives Montréal, 2015, en ligne à .Turcot, Laurent.« Mœurs, sociabilités et mentalités montréalaises : la vie quotidienne dans la ville au XVIII* siècle », dans Dany Fougères, dir, Histoire de Montréal et de sa région, Tome 1 : des origines à 1930, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2012, p.271-272.Hochelaga ar LA TERRA DE HOCHELAGAI | NELLA NOVA FRANCIA] .Porras Tema Hod B.Strada princi polechevaall pars Pin arma 5, Cafa dil Re Agochina.E.La Cone dela café MR, Kilivo F.vo Sie dis rade ell Ci.Ea i G Vas delle al pra H Cone anil fines dove fi cvs ra de estos la Ciné dou ep wo HE aro - me elon cégionsidfuor disc eds circa dele Cort.HEBEL H fete N Tausloogiorte 4 dato lei 10 della Ci \u201cill © Conte bau Kano ocr pc D po Z iva FP.Pam) yomins al x Ei.\u2018 yy acwo died tra vas anol, l'aloa, ht\u201d out élordimente che cale sauce: cides Cini pv 8.Faoechcèes rom pe ir che mano all edie rreclostiuc.I.Eh ee A Bender.Archives de la Ville de Montréal \\Ramusio's Plan of Hochelaga, 1536.ette gravure, de l'Italien Giacomo Gastaldi, intitulée La Terra de Hochelaga Nella Nova Francia, figure dans l'ouvrage Navigationi & viaggi de Giovanni Battista Ramusio, publié à Venise vers 1556.On peut y voir le village iroquoien d\u2019Hochelaga visité par Cartier en Revue de la SPHQ | Printemps 2016 ; 2 : Vm6-D4000-3-1 Archives.\u2018es de la Ville de Montréal 1535, tel qu\u2019il était imaginé par les Européens de l\u2019époque.[1 faut toutefois spécifier que, d\u2019après les résultats des fouilles archéologiques menées sur d\u2019autres villages iroquoiens de la même période et d\u2019après les récits d\u2019autres explorateurs, cette représentation du village TRACES | Volume 54 no 2 27 d\u2019Hochelaga est peu réaliste.En effet, plusieurs éléments laissent croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une vision plutôt européenne de l\u2019urbanisme de l\u2019époque de la Renaissance italienne.C\u2019est le cas de la place centrale en forme de carré et de la disposition très régulière des habitations.La gravure donne donc une bonne idée de la façon dont les Européens percevaient les Amérindiens à l\u2019époque, en fonction de ce que les récits des explorateurs leur apprenaient.Cette gravure est unique en son genre parce qu\u2019elle a été créée selon les descriptions contenues dans la seule source fiable qui témoigne de l\u2019existence du village d\u2019Hochelaga : la relation du deuxième voyage de Jacques Cartier au Canada (1535-1536).Tout d\u2019abord, Jacques Cartier entreprend un premier voyage au Canada en 1534 pour le compte du roi de France, François I\u201d.Grâce aux découvertes prometteuses qu\u2019il y fait, le roi finance rapidement une deuxième expédition dans l\u2019espoir qu\u2019il trouve des métaux précieux et une route vers l\u2019Asie.Jacques Cartier prend donc la mer à Saint-Malo le 19 mai 1535.Il arrive dans le golfe du Saint-Laurent quelque cinquante jours plus tard et poursuit l\u2019exploration qu\u2019il avait entamée l\u2019année précédente.Les Amérindiens qui l\u2019accompagnent depuis son dernier voyage lui montrent alors la route vers le fleuve et Cartier s\u2019y engage, sans ses interprètes cependant.Cartier et ses hommes arrivent sur l\u2019île de Montréal, à Hochelaga, le 2 octobre 1535.Le terme iroquoien « Hochelaga » signifierait « entre deux monts » et renvoie vraisemblablement à l\u2019emplacement du village situé près du mont Royal.Or, il est aussi possible que « Hochelaga » soit une variante de « Osekare » (chaussée des castors) ou de « Osheaga » (gros rapides).A son arrivée, Cartier est chaleureusement accueilli par les Iroquoiens d\u2019Hochelaga, comme on peut le voir sur l\u2019illustration évocatrice ci-contre.La réception prend presque des allures de cérémonie religieuse alors que les Iroquoiens lui présentent leurs malades à guérir et que Cartier leur fait la lecture de l\u2019Évangile selon saint Jean et de la Passion du Christ.Cartier ne reste qu\u2019un jour à Hochelaga, mais il a le temps de comprendre les indications des Amérindiens qui lui décrivent la route vers le Saguenay qui, espérait-on, contenait beaucoup d\u2019or, d\u2019argent et de cuivre.Son récit de voyage Brief recit & fuccincte narration, de la nauigation faicte es yiles de Canada, Hochelage & Saguenay & autres, auec particulieres meurs, langaige, & cerimonies des habitans d\u2019icelles : fort delectable a veoir, présenté au roi, inclut une description du village d\u2019Hochelaga et de ses habitants.Cartier mentionne l\u2019existence d\u2019un village situé à proximité de la montagne qu\u2019il nomme mont Royal.Il précise aussi que le village 28 TRACES | Volume 54 no 2 est entouré d\u2019une haute palissade de pieux et de poutres de bois ayant une seule porte d\u2019entrée.À l\u2019intérieur, une cinquantaine de maisons longues abritent les habitants qui seraient entre 1 000 et 1 500 selon l\u2019ethnologue Bruce Trigger (Paul-André Linteau, Brève Histoire de Montréal, p.12).Selon les informations découvertes par les fouilles archéologiques et celles contenues dans la description de Cartier, on sait que les habitants d\u2019Hochelaga appartiennent à la famille des Iroquoiens du Saint-Laurent, qui occupent à l\u2019époque les basses terres du Saint-Laurent, entre le lac Ontario et l\u2019estuaire du fleuve.Les Iroquoiens du Saint- Laurent sont un peuple ayant formé une famille culturelle spécifique dès les années 1300.Contrairement aux Algonquiens, les Iroquoiens sont sédentaires.Ils vivent principalement de l\u2019agriculture et cultivent le maïs, la courge, le haricot et le tabac.Ils s\u2019alimentent aussi grâce à la pêche et au commerce qu\u2019ils entretiennent avec les chasseurs-cueilleurs algonquiens, de qui ils obtiennent des fourrures et de la viande en échange de leur maïs.Chez les Iroquoiens, la société est organisée selon le modèle matrilinéaire.Les femmes sont donc à la tête de la famille et du clan.Ce sont elles qui s\u2019occupent de l\u2019agriculture, qui fabriquent la poterie et qui nomment les chefs civils.Comme l\u2019a écrit Cartier, les Iroquoiens vivent dans de grands villages entourés de palissades de bois qui servent à les protéger et à décourager les attaques de leurs adversaires.Le village compte plusieurs maisons longues d\u2019environ trente mètres dans lesquelles vivent les gens issus du même clan maternel.L\u2019histoire des Iroquoiens du Saint-Laurent que Jacques Cartier rencontre en octobre 1535 est entourée de mystères.En effet, si Cartier les côtoie lors de ses deuxième et à CARTIER, 44 moe 296 MT SUR Jacques 416) rl ul MY ee Bibliothèque et Archives Canada No MIKAN 3030192 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 vil Faut dns al i cé Par lam ly fog Hne le Près kl; Til i Tig Me Tam te se los Hog Tit ley, : lt J i N es beg Mg bg te Montée être utilisé par les Amérindiens pour désigner le village, tandis qu\u2019Hochelaga aurait plutôt renvoyé à toute la région de Montréal.Malheureusement, une importante partie du manuscrit original de la troisième relation de Cartier a été perdue et il est donc difficile d\u2019avoir des réponses à ces interrogations.troisième voyages au Canada (1535-1536 et 1541), on sait que Samuel de Champlain ne trouve aucune trace de leur présence a Montréal lorsqu\u2019il y passe en 1603, seulement une soixantaine d\u2019années plus tard.Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer leur disparition, mais aucune d\u2019entre elles n\u2019est certaine.Le refroidissement du climat après 1550 aurait pu entraîner une baisse stip i importante de leur production agricole et les forcer a itn quitter la région pour se relocaliser ailleurs.Les contacts Qty avec les Européens auraient peut-étre introduit chez eux Leek | des maladies infectieuses d\u2019origine eurasienne contre ES du So, lesquelles ils ne possédaient pas d\u2019anticorps, entraînant de [| graves épidémies.Des guerres d\u2019agression avec d\u2019autres TU g peuples autochtones engendrées par le commerce des ts [iy marchandises européennes auraient aussi pu décimer la ry population.Enfin, une combinaison de plusieurs de ces facteurs pourrait étre responsable de leur disparition.A les to À .ls | Bien qu\u2019on ignore encore [emplacement exact du village d\u2019Hochelaga, il a été désigné lieu historique national en 1920.En 1925, une plaque commémorative a été installée sur la rue Sherbrooke Ouest, tout près de l\u2019entrée principale de l\u2019Université McGill, pour témoigner de l\u2019existence de ce village sur l\u2019île de Montréal.Les Premières Nations à Montréal La présence des Premières Nations sur l\u2019île de Montréal remonterait à au moins 4 000 ans avant aujourd\u2019hui ass ri : ; LS 1 ; et même beaucoup plus tard.En effet, on sait qu\u2019il y a 5 lai partir de 1580, il n\u2019y a plus d'Amérindiens installés de Environ 6 000 ans, la grande région de Montréal est ; hie façon permanente sur l\u2019île de Montréal.fréquentée par certains peuples qui y laissent quelques klum Le second mystère qui entoure les Iroquoiens du Saint- traces archéologiques.On retrouve des vestiges sée selon L Laurent est celui de l\u2019emplacement de leur village, aucun archéologiques datant de l\u2019archaïque laurentien (6 000- k LEE vestige d\u2019Hochelaga n\u2019a été retrouvé.Encore une fois, les 4 200 AA) sur le site de pêche de Pointe-du-Buisson.Ces i open de spécialistes ont relevé plusieurs emplacements possibles, peuples vivent principalement de la chasse, de la pêche et Ë mak mais les fouilles archéologiques n\u2019ont pas été concluantes.de la cueillette.Ils se déplacent beaucoup sur le territoire et entrent en contact pour s\u2019échanger des ressources, des matériaux, des idées et des techniques.On sait aussi que la rivière des Prairies est utilisée par ces peuples comme route d\u2019eau pour relier la rivière des Outaouais x et le fleuve Saint-Laurent.Par contre, on a retrouvé peu Joie sien sdebosqu ques de lus ons longs ent les gs Il faut donc se fier à l\u2019interprétation du récit de Cartier.Si l\u2019on croit qu\u2019il est arrivé sur l\u2019île par le fleuve, on peut prétendre qu\u2019Hochelaga est quelque part entre la montagne et l\u2019actuelle rue Sherbrooke.Certains experts situent le village dans l'arrondissement actuel de Ville-Marie, à la we logs dems june à temp Fol oi hauteur de I\u2019avenue Docteur-Penfield.Il pourrait aussi être dans l\u2019arrondissement Plateau-Mont-Royal ou Outremont, autour du parc Outremont ou du parc Pratt.Toutefois, si l\u2019on interprète le récit de Cartier différemment, le célèbre navigateur pourrait être arrivé par la rivière des Prairies.Dans ce cas, Hochelaga serait de l\u2019autre côté de la montagne.Malheureusement, le mystère demeure entier et le récit du troisième voyage de Cartier ne fait qu\u2019ajouterà l\u2019incertitude.En effet, lorsque Cartier remet les pieds sur l\u2019île en 1541, il constate la présence de deux stations de pêche, l\u2019une près du courant Sainte-Marie et l\u2019autre près des rapides de Lachine.Or, il ne mentionne plus le nom d\u2019Hochelaga, mais utilise plutôt celui de Tutonaguy, qui signifierait « le peuple en dessous des montagnes ».La signification de Tutonaguy est très proche de celle d\u2019Hochelaga, mais on ne connaît pas la différence entre les lieux que ces deux noms désignent.Il est possible que les Iroquoiens aient déplacé leur village entre les deux voyages de Cartier.Ils en avaient effectivement l\u2019habitude, périodiquement, lorsque les terres agricoles devenaient moins fertiles.Hochelaga pourrait donc être le nom du premier village et Tutonaguy, celui du deuxième.Tutonaguy aurait aussi pu Revue de la SPHQ | Printemps 2016 de traces archéologiques sur l\u2019île de Montréal qui datent d\u2019avant l\u2019arrivée des Européens.Cela ne nous permet pas de savoir à quel moment l\u2019île commence à être habitée de façon permanente, mais on sait qu\u2019il y a 4 000 ans, elle l\u2019est au moins de façon temporaire.Plusieurs sites sont effectivement fréquentés par les Amérindiens qui en exploitent les ressources naturelles.Par exemple, la pêche est pratiquée aux rapides de Lachine, sur l\u2019île aux Hérons et sur l\u2019îÎle aux Chèvres dans l\u2019actuel arrondissement LaSalle.On cueille aussi des petits fruits dans l\u2019ouest de l\u2019île : à Dorval, Pointe-Claire, Beaconsfield, Baie-d\u2019Urfé et Sainte-Anne-de-Bellevue.On peut facilement imaginer que la situation géographique de l\u2019île, au carrefour des grandes voies d\u2019eau, en fait un lieu vivant de circulation d\u2019objets et d\u2019idées.Cette situation stratégique serait probablement la cause de quelques tensions entre les différents peuples qui désirent s\u2019en approprier le contrôle.Sans être confirmée, cette hypothèse permet toutefois d\u2019expliquer pourquoi les occupants de l\u2019île laissent peu de traces : pour éviter d\u2019entrer en conflit ouvert avec d\u2019autres groupes, les peuples amérindiens préfèrent rester en périphérie de l\u2019île.Montréal serait surtout un lieu de passage et d\u2019échanges, sans être un lieu TRACES | Volume 54 no 2 29 où l\u2019on s\u2019établit en permanence.L\u2019autre possibilité serait que certains peuples tentent d\u2019imposer leur autorité sur l\u2019île par la force des armes, mais qu\u2019aucun d\u2019entre eux n\u2019y parvient.Montréal demeurerait donc un territoire « neutre » où l\u2019on n\u2019ose pas s\u2019installer définitivement.On peut au moins affirmer avec certitude qu\u2019en 1535, à l\u2019arrivée de Jacques Cartier, 1] y a un groupe d\u2019Amérindiens sédentaires sur l\u2019île, les habitants d\u2019Hochelaga.Ceux- ci appartiennent à l\u2019une des deux grandes familles linguistiques réparties sur le territoire québécois : la famille des Iroquoiens du Saint-Laurent, sédentaires et vivant de l\u2019agriculture; l\u2019autre grande famille étant celle des Algonquiens, nomades, et vivants surtout de la chasse et de la pêche.Bien que ces deux groupes occupent principalement des régions distinctes, il leur arrive aussi d\u2019entrer en contact.C\u2019est ainsi qu\u2019on sait que les Algonquiens fréquentent parfois l\u2019île de Montréal.Ils la nomment Minitik8ten entag8giban, ce qui signifie « l\u2019île où il y avait une bourgade » selon les Relations des Jésuites de 1642.Les Mohawks ont aussi un nom pour désigner Montréal TiohTiä:ke, signifiant « là où le groupe se sépare », terme toujours utilisé de nos jours par les Mohawks.Quelques emprunts à la langue amérindienne Comme Jacques Cartier est le premier visiteur européen à Montréal, c\u2019est lui qui donne son nom au mont Royal et c\u2019est ce nom qui servira éventuellement pour nommer toute l\u2019île (mont Royal, mont Réal, Montréal).Cependant, il ne faut pas oublier l\u2019apport considérable des Amérindiens à la toponymie de la ville et de toute la province.À Montréal, Jacques Cartier a conservé « Hochelaga », et ailleurs au Québec, plusieurs grandes villes portent des noms amérindiens issus de cette époque des premiers contacts avec les Européens : Québec, qui signifie « là où le fleuve rétrécit »; + Saguenay, qui signifie « d\u2019où l\u2019eau sort »; + Chicoutimi, qui signifie « jusqu\u2019où c\u2019est profond »; * Tadoussac, qui renvoie aux « mamelles », les caps qui entourent l\u2019embouchure du Saguenay où les baleines se nourrissent; * Gaspé, qui signifie « bout, fin, extrémité »; + Canada, Kanata qui désigne un « village »; La langue française parlée au Québec a d\u2019ailleurs emprunté beaucoup de mots aux Autochtones tels qu\u2019« atoca », « ouananiche », « caribou », « kayak » et « mocassin ».Pour la traduction des hiéroglyphes ojibeés, le 8 ou plutôt & dans l'alphabet algonquin est utilisé pour transcrire le son [u] et a une valeur phonétique équivalente au W anglais comme dans water.Selon l'équipe de Diane Bélanger et Jean-François Leclerc qui sont les auteurs de Montréal des Premières nations, ce chiffre fait office d'un son impossible à prononcer avec l'alphabet occidental.Jacques Cartier Né à Saint-Malo en Bretagne en 1491 et mort en 1557, Jacques Cartier était un navigateur français important.ll a notamment voyagé avec l'explorateur Giovanni da Verrazzano avant de se voir confier une expédition vers le Nouveau-Monde par le roi de France.Dans l\u2019extrait ci-contre des registres originaux des comptes, on peut lire qu\u2019en 1533, le roi François I\" accorde à Jacques Cartier 6 000 livres pour financer son voyage d\u2019exploration.L\u2019année suivante, Cartier prend la mer en route vers ce qu\u2019il nommera le Canada.L'objectif de son voyage est bien précis.Cartier est chargé d\u2019explorer ce continent inconnu pour trouver de l\u2019or et des métaux précieux.I] doit aussi tenter de découvrir un passage vers l\u2019Asie.À l\u2019époque, l\u2019Espagne a déjà commencé à importer de grandes quantités d\u2019or et d\u2019argent en provenance de l\u2019Amérique, et les autres grandes puissances européennes espèrent faire de même.Les épices et les soieries venues d\u2019Orient sont aussi très convoitées par les Européens, mais très coûteuses, c\u2019est pourquoi les explorateurs comme 30 TRACES | Volume 54 no 2 (> 77 \u2014\u2014 \u2014 Pet dete SRL Rs arcs 2 es a 4 + SEER 7 ST or ~ SF -~ - F3 Tops fe Com on PN infudinmia FT £425 al al EST Ep re anda h] | Up - 32, FE co i } (rames ap eS D ES TRE \u2018 | A ; À mets (Su po oy Ze 1/5 pt oN ip ze Li .PERE Lm a Extrait + iste: originaux + comptes concernant un paiement de 6 000 livres accordées par le roi de France à Jacques Cartier en 1533 pour financer un voyage d'exploration.Fonds français 15 628, fol.213 v, 214 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 lg Sng à hog Moye ti Wis ory ally C6 ys IS Cony rd w Ss i ile ene Aa B50, nat pic Al fon Cartier tentent de trouver un passage direct vers l\u2019Asie qui leur assurerait un meilleur approvisionnement.Lors de son premier voyage en 1534, Cartier explore le golfe du Saint-Laurent.Il passe par les territoires qui se nomment aujourd\u2019hui Terre-Neuve, l\u2019île Brion, les îles de la Madeleine, l\u2019Île-du-Prince-Édouard, la baie des Chaleurs et le cap d\u2019Espérance.À Gaspé, il fait la rencontre d\u2019Iroquois.C\u2019est là qu\u2019il pose une croix symbolique pour officialiser la prise de possession du Canada au nom du roi de France.Il ramène en France deux Iroquois qui pourront lui servir d\u2019interprètes.À son retour, le roi lui offre un nouveau financement pour qu\u2019il poursuive ses explorations.Cartier repart en mai 1535.C\u2019est lors de ce voyage qu\u2019il visite Hochelaga.En 1541, il effectue un troisième et dernier voyage.Il rentre en France triomphant avec ce qu\u2019il croit être de l\u2019or et des diamants.Malheureusement pour lui, il s\u2019agit plutôt de pyrite de fer et de quartz.Malgré ce succès mitigé, Jacques Cartier offre un cadeau précieux à ses contemporains ainsi qu\u2019aux historiens.Il est en effet le premier à cartographier les côtes du golfe du Saint-Laurent et à découvrir le fleuve qui deviendra l\u2019axe principal de transport et de communication de l\u2019empire français en Amérique.Sa découverte est le véritable point de départ de l\u2019occupation française du continent.I] laisse aussi des récits de voyage qui donnent de précieuses informations sur le mode de vie des Amérindiens du nord- est du continent.Documents consultés Le Montréal des Premières Nations : Guide de découverte du patrimoine et des cultures des Premières Nations de la région de Montréal.(2011).Montréal : Centre d\u2019histoire de Montréal, en ligne a .Gagné, Michel.« Hochelaga », L'Encyclopédie canadienne, 2013, en ligne a .Linteau, Paul-André.« Chapitre 1 : Hochelaga », dans Brève histoire de Montréal, Montréal, Les Éditions du Boréal, 2007.Saguenay-Lac-Saint-Jean.Mots d'origine amérindienne, en ligne à .Trudel, Marcel.« CARTIER, JACQUES (1491-1557) », Dictionnaire biographique du Canada, 1966,enlignea.Viau, Roland.« L'esprit des lieux : Montréal avant Cartier », dans Dany Fougères, dir, Histoire de Montréal et de sa région, Tome 1 : des origines a 1930, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2012, p.41-69.Viau, Roland.« Sur les décombres d\u2019Hochelaga, 1535-1650 », dans Dany Fougères, dir, Histoire de Montréal et de sa région, Tome | : des origines à 1930, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2012, p.71-80.Perrault, Claude.« La découverte de Montréal par Jacques Cartier », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol.20, n° 2, 1966, p.236-261.Nom géographique \u2014 Île de Montréal http://Www.rncan.gc.ca/ sciences-terre/geographie/noms-lieux/origine-noms- geographiques/9219.Jouez avec l\u2019histoire et relevez le défi Montréal en Histoires.Plus de 300 questions, 6 catégories et un chrono de 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Éditions Grand Duc élan PEAS aT seotz Ë 0 Ig sey © ac chefs es BrVICEE 1 800 567-3671.\u2018ile GRAN DDUGENLIGNÉE COM (ty lng 32 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Re a ad Dui hl Le génocide arménien : Martin Destroismaisons cent ans plus tard M.A.Histoire, enseignant au Collége Saint-Louis L'objectif réel de la déportation était le vol et la destruction; il s'agissait réellement d\u2019une nouvelle méthode pour massacrer : lorsque les autorités turques lancèrent les ordres de déportation, elles annonçaient à tout un peuple sa destruction: elles en étaient parfaitement conscientes et, dans leurs conversations avec moi, les officiers turcs ne firent aucun effort particulier pour me dissimuler ce fait.\u2018 \u2019année 2015 a vu de bien tristes célébrations se tenir à travers le monde.En effet, cette dernière marquait le centième anniversaire du génocide arménien.Ce massacre, peu connu du grand public car ayant eu lieu sur le versant oriental de la Première Guerre mondiale\u201d, est souvent considéré comme étant le premier génocide moderne de par son importance et la planification gouvernementale qui fut nécessaire à sa réalisation.Cinq éléments concomitants furent nécessaires pour que ce carnage ait lieu : le racisme de ses planificateurs, la haine religieuse\u201c, l\u2019idéalisation des paysans comme le véritable cœur de la nation, le déclin de l\u2019Empire Ottoman et la Grande Guerre\u201c.Le texte qui suit vise à jeter un éclairage sur certains des aspects les plus noirs de ce triste événement, et ce, d'hier à aujourd\u2019hui.1) Qui sont les Arméniens ?La civilisation arménienne est l\u2019une des plus anciennes du monde.Existant depuis plus de trois millénaires, celle-ci se développa majoritairement dans un territoire montagneux d\u2019une superficie de 300 000 km?situé a I\u2019Est de l\u2019Asie mineure.Comprise entre la mer Caspienne et la mer Noire, le Caucase et la Mésopotamie, l\u2019Arménie historique recouvre la République arménienne actuelle et des parties de l\u2019Azerbaïdjan, de la Géorgie, de l\u2019Iran, de l'Irak et, évidemment, de la Turquie.Cette civilisation fut souvent soumise, de par la position géographique de son œcoumène, aux invasions de divers peuples de la steppe.De tout temps, les Arméniens durent donc lutter pour leur indépendance nationale et, plus souvent qu\u2019autrement, ils vécurent sous domination étrangère.C\u2019est d\u2019ailleurs sous l\u2019Empire perse de Darius 1°\" que le mot « Arménie » apparaît pour la première fois.Il désignait une satrapie de la dynastie des Achéménides entre -522 et -519.C\u2019est au XIX® siècle que les linguistes établirent que la langue arménienne, dont l\u2019écriture ne remonte qu\u2019en 405, Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Henry Morgenthau Sr., ambassadeur américain à Constantinople de décembre 1913 à janvier 1916 avait pour racine le thraco-phrygien.On parle donc ici d\u2019une langue indo-européenne, ce qui contraste avec les langues parlées par les peuples limitrophes de cette civilisation.Au niveau religieux, les Arméniens adoptèrent la religion de Zoroastre avant de se tourner vers le christianisme.Ils fondèrent ainsi le premier État chrétien du monde au début de IV siècle.Ce faisant, ils devinrent les ennemis implacables des Perses sassanides.C\u2019est d\u2019ailleurs ce choix religieux qui allait marquer négativement les relations entre les Arméniens et leurs voisins dès lors que ces derniers optèrent plutôt pour l\u2019islam.À l\u2019époque de la Grande Guerre, la population arménienne vivant au sein de l\u2019Empire ottoman était estimée à près de deux millions de personnes.Cette dernière occupait les trois régions centrales de l\u2019Empire, à savoir la capitale Constantinople, les villes côtières de la mer Égée ainsi que les provinces orientales de l\u2019Anatolie\u201c.On retrouvait aussi beaucoup d\u2019Arméniens au sein de l\u2019Empire russe, un détail d\u2019une importance capitale pour la suite des événements.2) Les causes du génocide La sociologue Helen Fein a jadis suggéré quatre motifs permettant de rationnaliser les génocides\u2019.Dans le cas qui nous intéresse, ces motifs sont tous applicables.Le génocide arménien obéit d\u2019abord à un motif développemental, c\u2019est-à-dire que l\u2019État ottoman a ciblé une population en vue de l\u2019exterminer ou de l\u2019expulser de ses frontières afin de s\u2019assurer un enrichissement facile.En effet, une des causes de 1915 fut, à l\u2019instar de ce que l\u2019on allait voir quelques décennies plus tard avec la Shoah, l\u2019envie d\u2019opérer une spoliation pure et simple des victimes.C\u2019est ainsi qu\u2019après avoir procédé à l\u2019extermination des Arméniens occupant l\u2019Anatolie orientale, le gouvernement fit main basse sur des terres et des propriétés qu\u2019il a ensuite redistribuées ou mises au service de ses fins dirigistes®.Il est d\u2019ailleurs avéré que maintes familles de membres du Comité Union et Progrès (CUP)® bénéficièrent des TRACES | Volume 54 no 2 33 biens des Arméniens déportés d\u2019Ankara ou de Kayseri'®.Le pouvoir ira même jusqu\u2019à s\u2019accaparer les capitaux de ses victimes.Cette captation des biens arméniens sera d\u2019ailleurs institutionnalisée lors de la promulgation de la Loi d\u2019Expropriation er de Confiscation de septembre 1915\".Cette dichotomie dans le traitement d\u2019habitants d\u2019un même pays et le manque de protection offerte aux Arméniens par leurs voisins turcophones s\u2019expliquent par le fait que les premiers ne furent jamais traités comme des citoyens à part entière au sein de l\u2019Empire.À l\u2019aube du génocide, cela faisait déjà des siècles que la minorité arménienne était soumise à un impôt spécial\u201d et qu\u2019elle était écartée de toute participation gouvernementale'* car elle n\u2019était pas de confession musulmane.Il s\u2019agissait donc d\u2019un groupe qui était défini comme étant à l\u2019extérieur de l\u2019univers des obligations islamiques; la violence pouvait ainsi être légitime à son endroit'*.Pis, ce peuple représentait une cible facile puisque désarmé; il fallut attendre 1911 pour que ses représentants aient le droit de posséder des armes.Privilège qu\u2019on s\u2019empressa de leur enlever dans les semaines qui précédèrent le génocide.Le second motif expliquant le génocide arménien est d\u2019ordre despotique.Pour l\u2019État, il s\u2019agissait de réduire à néant un danger interne.Cette menace diffuse (et imaginée) fut sans cesse, dans les années 1912-1924, mise de l\u2019avant par divers intervenants turcs.Un des exemples les plus connus de ce genre de triste whistler blower fut Ziya Gôkalp (1876-1924).Ce sociologue et éditorialiste exigea, à plusieurs reprises, l\u2019élimination des Arméniens avec pour raisonnement que ce groupe « étranger » représentait une menace pour la cohésion du jeune État turc'*.Cette paranoïa fut malheureusement partagée CT WITTE TTT La.> Déportation de la population arménienne de la ville de Kharpout par les soldats ottomans, avril 1915.34 TRACES | Volume 54 no 2 par l\u2019institution militaire.À la suite de la lourde défaite de Sarikamis (décembre 1914 - janvier 1915), bien des soldats désertèrent l\u2019armée.Or, saisi d\u2019une haine religieuse et d\u2019une peur irrationnelle et désirant bénéficier de boucs émissaires afin de se disculper de toute responsabilité vis-à-vis des revers militaires'®, l\u2019état-major affirma que la désertion ne frappait que ces « traîtres d\u2019Arméniens » qui sympathisaient apparemment avec les Russes.En fait, la réalité sur le champ de bataille n\u2019indiquait aucune surreprésentation des Arméniens parmi les déserteurs.Pis, lors de l\u2019implosion de l\u2019Empire, on put remarquer que le conflit mondial dans la région se transmua en un combat opposant milices arméniennes et forces ottomanes.Des deux côtés, la crainte joua un grand rôle.Les milices voulaient parer au génocide ayant cours et l\u2019armée s\u2019alarmait d\u2019une future vengeance arménienne'\u2019.Dès lors, l\u2019armée fut un instrument plus qu\u2019obéissant au régime qui lui proposa l\u2019extermination « d\u2019ennemis intérieurs ».Le troisième motif derrière ce génocide concerne une rétribution.Pour les Jeunes-Tures, 1l fallait éliminer les Arméniens afin d\u2019accéder à une position privilégiée au sein de la société.C\u2019est que moult Turcs considéraient avec envie et suspicion les relations commerciales entretenues par certains Arméniens avec les Occidentaux'®.Celles-ci rendaient les Arméniens trop prospères au goût du CUP.La quatrième cause est d\u2019ordre idéologique.Les Arméniens furent massacrés afin d\u2019assurer le triomphe d\u2019un État fort et homogène centré autour de la race turque et de la religion musulmane.En fait, le génocide peut être considéré comme l\u2019épilogue violent de l\u2019exacerbation des nationalismes centrifuges de l\u2019Empire ottoman'°.Les Jeunes-Turcs instaurèrent donc un programme politique dont le fruit inique était de turquifier l\u2019Anatolie et de la nettoyer de tous les « étrangers » qui y habitaient.C\u2019est donc en partie la soif de transformation de l\u2019Empire ottoman en un État-nation moderne qui fit en sorte que vola en éclat toute tolérance religieuse ou ethnique\u201d.Les nouvelles élites turques excitèrent ainsi la plèbe à la haine de l\u2019Autre.Le génocide représentait donc une fin en soi\u201d! et la justification en fut le fait que, selon les élites turques, les Arméniens avaient poignardé l\u2019État dans le dos\u201d?en conspirant avec l\u2019Empire russe?lors de la guerre.Il existe d\u2019autres causes expliquant ce génocide.Citons ici le fait que les nombreux pogroms des décennies Revue de la SPHQ | Printemps 2016 er die a IH mn Phi dip pou ou Ru al toy Uy te by Ces * lige kre bou ngs dima que Mir h Russ py lil ay eels ig fer ue J 4 comba Tangs.Des ès milices à l'amée Dés lo, Ree US, ème une lr es ite ale ie aver retenues (ells wl?ine.Ls °tnonphe ae Que peu le acetaion mn\u201d Lis politique old la gs © donc ei patio de aon qe voi ples Js lt 3 pik nn of ah 0.hon ene fas ud pq els ented pi précédentes ont légitimé le recours à la violence à l\u2019encontre des Arméniens.Ces pogroms furent d\u2019ailleurs beaucoup plus fréquents à partir de la fin des années 1880, à la suite de la naissance des partis révolutionnaires arméniens qui rendit plus concrète la menace de séparatisme.Menace que voulut justement juguler le sultan par des massacres dissuasifs.Ces derniers eurent lieu dans l\u2019Est anatolien mais aussi à Constantinople.Dans ce dernier cas, le rôle de la police dans les tueries des années 1895 et 1896 est attesté par de nombreux témoins\u201c.Ces dernières firent environ 300 000 victimes\u2019°.Parmi celles-ci, les gens éduqués furent particulièrement visés car le sultan croyait que ces derniers étaient les plus aptes à devenir des révolutionnaires®.En fait, les Arméniens furent la cible récurrente de violences collectives au sein de l\u2019Empire ottoman, et ce, plus particulièrement sous le sultan Abdul Hamid I! (1876-1909)\"\".3) Le modus operandi du massacre Si les massacres commis à l\u2019encontre des Arméniens au tournant du XX\u201c siècle se firent avec une incroyable cruauté et moult bestialités publiques, force est d\u2019admettre que le génocide de 1915 ne démarra pas de la même façon.Ce dernier débuta plutôt par le désarmement de soldats arméniens servant dans l\u2019armée ottomane.Regroupés ensuite en bataillon de travail, ces derniers furent discrètement assassinés par petits groupes de 50 ou 100 individus\u201c.Ensuite, les autres Arméniens (âgés entre 25 et 60 ans) furent incorporés dans des bataillons et à leur tour massacrés à partir de l\u2019hiver 1915.Les hommes valides disparus, le génocide n\u2019en sera que facilité.On procéda ensuite, à Constantinople, dans la nuit du 24 au 25 avril 1915, à l\u2019arrestation de plusieurs centaines de notables arméniens\u201d°.Plusieurs historiens considèrent que cette action est celle qui démarra le génocide.On exigea aussi des Arméniens qu\u2019ils donnent leurs armes à l\u2019État.Fait ironique.certains en achetèrent et les remirent immédiatement afin de prouver qu\u2019ils coopéraient\u201d ! Puis, le 29 mai 1915, on décréta la Loi Tehcir (Loi de déportation temporaire) qui permettait au gouvernement de déporter toute personne jugée représenter un danger pour la sécurité nationale*'.Cette décision fut prise avec pour prétextes les lourdes défaites militaires, les quelques soulèvements nationalistes arméniens et l\u2019accueil enthousiaste des populations arméniennes envers les troupes russes.La liquidation physique des Arméniens ne devait donc pas passer par des pogroms mais plutôt par une vaste déportation vers les déserts de Mésopotamie et de Syrie*.La décision de déporter les Arméniens fut prise par les « trois Pacha » (Enver*, Djemal* et Talaat**) qui avaient Revue de la SPHQ | Printemps 2016 pris le pouvoir et qui dirigeaient l\u2019Empire avec le seul CUP.C\u2019est Enver Pacha qui convainquit ses collègues de « libérer » l\u2019Anatolie de tous ses habitants non- musulmans\u201c et subséquemment d\u2019utiliser, pour ce faire, l\u2019organisation Teskilâti Mashusa (Organisation spéciale\u2019\u201d).Cette dernière, constituée en 1914 afin d\u2019espionner et d\u2019opérer des missions de sabotages à l\u2019encontre des forces alliées, reçut pour nouvelle mission de poursuivre les buts et les idéaux nationaux afin de garantir l\u2019harmonie au cœur de l\u2019État.En fait, l\u2019objectif nouveau était de préparer l\u2019anéantissement des Arméniens des six provinces orientales turques\u201c.Cette idée funeste n\u2019était pas une nouveauté puisque les archives ottomanes nous révèlent que le meurtre de centaines de milliers d\u2019individus avait été proposé comme « solution » à la question arménienne dès 1912°°.Le programme de déportation consistait en l\u2019expulsion d\u2019environ 870 000 personnes.Pour ce faire, on comptait les faire marcher ou, parfois, on avait recours aux chemins de fer.L'identification des victimes était malheureusement aisée puisqu\u2019elles étaient connues de leurs voisins, des collecteurs de taxes et des administrateurs\u201c.Au cours de ce processus de /abellisation, nulle fraternisation ou secours n\u2019était permis.Ceux qui aidaient les déportés pendant leur « voyage » pouvaient s\u2019attendre à subir le même sort que ceux qu\u2019ils tentaient d\u2019aider.I] y eut donc des instances où des Turcs furent fusillés, en Anatolie, manu militari pour avoir aidé des Arméniens pendant le génocide*!.Après avoir mis de côté les Arméniens, on tuait les hommes avant d\u2019envoyer leurs femmes et enfants sur les routes.Les biens des infortunés étaient enregistrés par la bureaucratie ottomane avant d\u2019être bradés par le CUP.Quant aux possessions transportées par les déportés eux- mêmes, elles furent rapidement confisquées\u201d\u201d soit par des policiers turcs, la population locale ou des tribus kurdes.Les déportations se firent dans des conditions inimaginables.Des centaines de milliers d\u2019Arméniens périrent, avant même d\u2019être arrivés à destination, de froid, de faim, de soif, de viols, d\u2019épuisement, de maladies ou de violences physiques®.Il s\u2019agissait en fait de véritables marches de la mort.Il y eut également des femmes et des enfants qui furent vendus dans des marchés d\u2019esclaves improvisés à la sortie des villes**.Bien des enfants arméniens furent aussi placés dans de « bonnes » familles musulmanes afin de les convertir\u201d.Les convois de déportés convergeaient vers Alep, en Syrie, où une Direction générale de l'installation des tribus et des déportés les répartissait selon deux axes.On envoya une partie des déportés vers le sud de la Syrie, le Liban et la Palestine.Les autres furent exilés à l\u2019Est où des camps de concentration les attendaient.Ce n\u2019est qu\u2019après tous TRACES | Volume s4 no 2 35 ces mouvements que les survivants furent poussés vers les déserts de Mésopotamie et de Syrie où on les assassinera par petits groupes ou par la soif.Selon l\u2019historien Balakian, l\u2019épicentre de la mort fut la région de Deir ez-Zor où de pauvres hères furent massées dans des caves et asphyxiées par des feux de broussailles*, anticipant de façon bien morbide l\u2019horreur d\u2019Auschwitz.Lors de ce processus ignoble, seuls les Arméniens de Constantinople et de Smyrne (Izmir) n\u2019étaient pas trop inquiétés car le CUP ne voulait pas alerter l\u2019opinion internationale.Le modus operandi du génocide arménien se caractérise aussi par le fait qu\u2019il répond au modèle du « triomphe des perdants\u201d\u201d ».Ce génocide doit une large part de son existence aux affres de la Grande Guerre; guerre totale que l\u2019Empire ottoman perdit.C\u2019est d\u2019ailleurs lors de son grand repli anatolien face aux forces de l\u2019Entente que les Turcs perpétrèrent leurs plus horribles massacres.Selon les sources arméniennes, les déportations et les massacres de 1915-1916 coutèrent la vie aux deux tiers des Arméniens habitant l\u2019Empire ottoman en 1914; c\u2019est- à-dire qu\u2019entre 1,2 et 1,5 millions de personnes périrent au cours du génocide**.En 1923, on constata même la quasi- disparition des Arméniens au sein des nouvelles frontières turques; 1l en demeurait sans doute moins de 300 000 dont une centaine de milliers vivant à Istanbul, protégés par le traité de Lausanne\u201d°.Quant aux Turcs, encore aujourd\u2019hui, ces derniers nient toute velléité d\u2019extermination de la part de leurs aïeux et considèrent que cette « guerre civile » n\u2019a fait que 300 000 victimes chez les Arméniens®.Nous reviendront plus tard sur ce négationnisme d\u2019État.4) Les conséquence du génocide de 1915 Outre les innombrables morts causées par le génocide de 1915, ce désastre humanitaire eut aussi pour effet de créer des centaines de milliers de réfugiés.Aujourd\u2019hui, A Corps de plusieurs Arméniens abattus alors que se déroulait le génocide des Arméniens.Photo publiée dans Ambassador Morgenthau's Story, ouvrage rédigé par Henry Morgenthau senior et publié en 1918.36 TRACES | Volume 54 no 2 la diaspora arménienne est largement constituée des descendants des survivants des déportations et des massacres.Ces derniers se retrouvent dans certaines cités du Moyen- Orient comme Alep, Mossoul, Beyrouth et Jérusalem mais aussi en Europe, aux États-Unis, en Australie et au Canada\u2019.Une fois installées dans leur nouvel cecoumeéne, ces communautés établirent rapidement des structures aptes à assurer la pérennité de leur culture ancestrale.C\u2019est que le principal combat que mènent les différentes organisations et associations qui naquirent au sein de ces communautés déracinées fut et est encore la préservation de l\u2019identité arménienne en exil.Ce but est atteint, en large partie, par la construction d\u2019écoles\u201c\u201d et d\u2019églises ainsi que par la fondation de journaux et de clubs culturels et sportifs dont la visée est toujours la défense de la langue et des traditions arméniennes\u201d.Une autre conséquence du génocide de 1915 en est une d\u2019ordre juridique.C\u2019est à la suite de cet épouvantable événement que l\u2019on forgea, au niveau international en mai 1915, le concept de « crime contre l\u2019humanité** » dont on allait subséquemment se prévaloir pour criminaliser la barbarie nazie lors du procès de Nuremberg (1945-1946).Cent ans après le génocide, la conséquence la plus frustrante de cet événement pour les Arméniens ne concerne plus les morts ou l\u2019exil forcé de centaines de milliers d\u2019entre eux.Il s\u2019agit plutôt du négationnisme turc.C\u2019est que pour l\u2019État turc, il n\u2019y a pas eu de génocide mais bien une regrettable guerre (mondiale puis civile) au cours de laquelle 300 000 Arméniens trouvèrent la mort cependant que dix fois plus de Tures périssaient*.Le mot « génocide » est d\u2019ailleurs proscrit en Turquie : on parle plutôt de la « question arménienne\u2018® », un euphémisme confinant en l\u2019occurrence à l\u2019absurdité.Aussi près de nous qu\u2019en 2005, la version du Consulat général de Turquie à Berlin concernant le génocide fut qu\u2019en 1915 les Arméniens et les Turcs auraient été à titre égal les acteurs d\u2019événements tragiques.Ces derniers auraient été organisés par des forces étrangères cherchant à détruire l\u2019Empire ottoman\u201d\" ! Pis, certains historiens turcs affirment qu\u2019il y a eu un génocide turc, perpétré cette fois par les Arméniens, sur le front du Caucase entre 1917 et 1919.Ce nationalisme poussif et révisionniste prit même forme matérielle lorsque l\u2019on érigea un monument commémorant ce « génocide » a lgdir en 1999.Ce refus de reconnaître la réalité se transmet en Turquie depuis maintenant un siècle, et ce, dès la plus tendre enfance.Dans ce pays, il est possible d\u2019organiser un concours de dissertation récompensant l\u2019élève ayant le mieux nié l\u2019existence du génocide arménien\u2018.Ce négationnisme se transmet même jusqu\u2019aux archives Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Rey Wllge te sg dès qi Mon Fry Wey Roun, Sucre, deste fe M des Tesi Ale, gy lessons Whig lage 8 Ig Duvantabe Mal en ma \u2018domton iaiser le 45-1046 eh pis is Te Maines de Honnisme grove ove a ai la mor © Lem :o rk premsie J ies de amer) de jan du] ks pent ie à dérure firme pr à 09 pe fone peor ) ugh i ee pier 0 Eu a Fle es militaires dont l\u2019accès a longtemps été inacessible aux historiens n'ayant pas la confiance de l\u2019État-major turc.Il est particulièrement frustrant pour les chercheurs travaillant sur ce génocide, dont la plupart sont Arméniens, de constater le nettoyage des archives civiles ou militaires qui a eu lieu en Turquie\u201c.Aujourd\u2019hui, il est donc extrêmement ardu en Turquie d\u2019aller à l\u2019encontre de cette dénégation étatique qui s\u2019appuie sur des historiens, des intellectuels et même des syndicalistes\u2018'.La raison derrière ce front commun n\u2019est pas seulement d'ordre pécuniaire\u201c, elle est aussi historique.Dès les premières années de la République turque, Mustafa Kemal assigna au discours historique un rôle déterminant dans la construction de-la nation turque.Cette primauté de la discipline historique se justifie car « l'adhésion au mythe national et républicain est une des conditions d\u2019existence de la République fondée par Atatürk.Ÿ renoncer, c\u2019est mettre en danger l\u2019unité nationale®* ».Donc, en accusant d\u2019un crime aussi odieux qu\u2019un génocide les batisseurs® de la République, on en arriverait à contredire la narration historique officielle qui définit la Turquie comme un pays « trahie par ceux qu\u2019elle tolérait et nourrissait dans sa grandeur d\u2019dme® ».Ce qui est, pour un Turc nationaliste, inacceptable.Cette situation aberrante fut rendue possible car Ankara a réussi, après la Grande Guerre, à se dérober aux tentatives britanniques d\u2019établir un tribunal international\u201c.De plus, l\u2019Occident a toujours cherché à éluder la question du génocide puisque celle-ci avait le don de courroucer un pays à l\u2019importance stratégique (puisque membre de l\u2019OTAN) et économique indéniable\u201d.La Turquie ne reconnaîtra sans doute jamais le génocide arménien et n\u2019hésite pas à faire pression sur les pays, institutions et personnes qui veulent le commémorer ou en faire un objet d\u2019enseignement ou de recherche®®.Elle alla même jusqu\u2019à menacer le Canada et les États-Unis d\u2019annuler des contrats et de réduire sa coopération militaire au sein de l\u2019OTAN\u201c° afin de s\u2019assurer que ceux-ci ne commémorent point le génocide arménien.Officiellement, l\u2019histoire turque est un « carrefour harmonieux entre nombre de civilisations, cultures et religions\u201d ».Se posant en faux cette altération régressive de la mémoire historique, la diaspora arménienne, maintenantaidée dans cette tâche colossale parlarépublique d'Arménie, dénonce ce négationnisme étatique et n\u2019a de cesse de vouloir obtenir une légitime reconnaissance de la tragédie qui a frappé les siens\u201d'.Pour le moment, force est d\u2019admettre que la campagne menée n\u2019a eu que des succès parlementaires et, là encore, mitigés.Moult États importants n\u2019ont toujours pas reconnu officiellement ce génocide dont les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni, la Chine, le Japon et même des pays aussi progressistes que la Norvège, le Danemark et la Finlande.Le combat pour la reconnaissance ne fait donc que commencer.I Henry Morgenthau, Mémoires suivis de documents inédits du Département d\u2019État, Paris, Flammarion, 1984, p.267-268.2 Janine Altounian, « Comment hériter d\u2019une douloureuse joie de vivre ?», Imaginaire & Inconscient, 2005/! (no.15), p.73.Contrairement à ce qui fut affirmé dans maints quotidiens en 2015, le désastre qui toucha les Arméniens ne fut pas le premier génocide du XX\u201c siècle.Ce triste honneur revient au génocide héréro qui eut lieu dans l\u2019actuelle Namibie en 1904-1905.À la suite de pressions politiques et économiques menaçant leur style de vie et des mauvais traitements subis aux mains de leurs colonisateurs allemands, le peuple héréro se souleva.La réponse du Il* Reich fut terrible.On dépêcha sur place le général von Trotha avec pour mission de réduire la rébellion par tous les moyens.Or, ce dernier considérait que les normes de la guerre européenne n\u2019étaient point applicables aux « sauvages » Héréros.Sur place, il fut frustré par la guérilla pratiquée par ses adversaires et opta pour la mise en place d'une stratégie militaire proprement génocidaire.Les prisonniers, les femmes, les vieillards et même les enfants héréros furent massacrés.On repoussa les survivants vers le désert d\u2019Omaheke.Ceux-ci furent ensuite internés dans d\u2019horribles camps de travail.On pense qu'entre 24 000 et 100 000 Héréros perdirent la vie.Malheureusement, ce génocide est si obscur qu\u2019à notre connaissance aucune monographie francophone le concernant n\u2019a été écrite à ce jour.Ceux désirant en savoir plus devront se tourner vers la langue de Goethe.Voir à ce sujet : Gerlach, Jens.Das Herero-Massaker und die anderen Deutschen.Berlin, Spotless- Verlag, 2005.95 pages.[99] Revue de la SPHQ | Printemps 2016 4 Enavril 1909, les Jeunes-Turcs déposèrent le sultan Abdul-Hamid II et adopterent comme idéologie le panturquisme qui était un mélange de chauvinisme et d\u2019intolérance religieuse.5 Rebecca Joyce Frey, Genocide and international justice, New York, Infobase Publishing, 2009, p.73 et 74.6 Vincent Duclert, « Les historiens et la destruction des Arméniens », Vingtième siècle.Revue d Histoire, 2004/1 (no.81), p.137 et 138.7 Cité dans : Alex Alvarez, Genocidal crimes, New York, Routledge, 2010, p.47-48.8 Abram De Swaan, « Régimes génocidaires et compartimentation de la société », Actes de la recherche en sciences sociales, 2014/1 (no.201-202), p.37.9 Le Comité Union et Progrès (CUP), aussi appelé « les Jeunes- Tures », était un parti politique nationaliste révolutionnaire et réformateur ottoman qui renversa le sultan Abdul-Hamid Il, planifia le génocide arménien et la turquification de l\u2019Anatolie.10 Norman Stone, Turkey.A Short History, New York, Thames & Hudson, 2014, p.147-148.11 Peter Balakian, Le tigre en flammes.Le génocide arménien et la réponse de l'Amérique et de l'Occident.Paris, Éditions Phébus, 2005, p.213.12 Joyce Frey, Genocide \u2026, p.76.13 Israël W.Charny dir.Le livre noir de l'humanité.Encyclopédie mondiale des génocides.Toulouse, Éditions Privat, 2001, p.112.14 Helen Fein, \u201cA formula for genocide: comparison of the Turkish genocide (1915) and the German holocaust 1939-1945\u201d, dans Lattimer.Mark dir Genocide and Human Rights.Burlington, TRACES | Volume 54 no 2 37 Ashgate, 2007, p.182.40 Helen Fein, \u201cA formula for genocide \u2026\u201d, p.190.15 Joyce Frey, Genocide ., p.75.41 De Swaan, « Régimes génocidaires .», p.31.16 Balakian, Le tigre en flammes.p.203.42 Burdy, « La Turquie candidate .», p.79.17 Alexandre Toumarkine, « Historiographie turque de la Première 43 Burdy, « La Turquie candidate \u2026 », p.79.Guerre mondiale sur les fronts ottomans : problèmes, enjeux et 44 Chaliand et Ternon, 1915 \u2026 p.9.tendances », Histoire@ Politique, 22 (no.1, 2014), p.13.45 Balakian, Le tigre en flammes \u2026 p.205.18 Joyce Frey, Genocide \u2026, p.76.46 Balakian, Le tigre en flammes \u2026, p.201.19 Jean-Paul Burdy, « La Turquie candidate et le génocide des 47 De Swaan, « Régimes génocidaires \u2026 », p.42.Arméniens : entre négation nationaliste et société civile », Pôle 48 Chaliand et Ternon, 7975 \u2026 p.12.Sud, 2005 (no.23), p.79.49 Burdy, « La Turquie candidate .», p.80.20 Omer Bartov, « Les violences extrêmes et le monde universitaire», 50 Olivier Masseret, « La reconnaissance par le Parlement français du Revue internationale des sciences sociales, 2002/4 (no.174), p.génocide arménien de 1915 », Vingtième Siècle, Revue d'histoire, 562.2002/1 (no.73), p.139.21 Fein, \u201cA formula for genocide .\u201d, p.200-201.51 Vicken Cheterian, « Histoire, mémoire et relations internationales : 22 Accusation que malheureusement partagèrent, en Allemagne, les la diaspora arménienne et les relations arméno-turques », Relations Juifs suite à cette même Première Guerre mondiale.internationale , 2010/1 (no.141), p.28.23 Fein, \u201cA formula for genocide .\u201d, p.181.52 Le Québec ne fait pas exception.Les écoles arméniennes Sourp 24 Noémi Lévy, « La police ottomane au tournant des XIX' et Hagop et Alex Manoogian sont là pour en témoigner.XX\" siècles : Les mémoires d\u2019un commissaire d\u2019Izmir », Revue 53 Cheterian, « Histoire, mémoire et relations internationales \u2026 ».p.d'histoire moderne et contemporaine, 2007/2 (no.54-2), p.154.29.25 Gérard Chaliand et Yves Ternon, 1915, le génocide des Arméniens.54 John Home, « Guerres et réconciliations européennes au 20° Bruxelles, Éditions Complexe, 2006, p- 29.siecle », Vingtiéme Siecle.Revue d histoire, 2009/4 (no.104), p.8.26 Fein, \u201cA formula for genocide .\u201d, p.188.55 Duclert, « Les historiens et la destruction \u2026 », p.143.27 Bartov, « Les violences extrêmes\u2026 », p.562.56 Toumarkine, « Historiographie turque \u2026 », p.2.28 Chaliand et Ternon, 1975.p.7.57 Vera Durkheim, « Le Brandebourg, l\u2019Allemagne et le génocide 29 Burdy, « La Turquie candidate \u2026 », p.79.arménien », Outre-Terre, 2005/3 (no 12), p.355.30 Fein, \u201cA formula for genocide \u2026\u201d, p.190.58 Duclert, « Les historiens et la destruction \u2026 », p.142.31 Joyce Frey, Genocide ., p.73 et 80.59 Christian Kakam, « Propagande politique et désobéissance civile.32 Jacques Sémelin, « L\u2019utilisation politique des massacres », Revue De la désobéissance mentale comme rempart contre le harcèlement internationale de politique comparée, 8 (2001/1), p.10.idéologique et politique », Le Philosophoire, 2006/1 (no.26), p.33 Enver Pacha (1881-1922), de son vrai nom Ismail Enver, fut un 171.officier militaire turc et l\u2019un des chefs de la révolution Jeunes- 60 Toumarkine, « Historiographie turque \u2026 », p.5.Turcs.À l\u2019époque qui nous intéresse, il était le ministre de la 61 Duclert, « Les historiens et la destruction \u2026 », p.138.guerre de l\u2019Empire ottoman.62 Évidemment, toute reconnaissance du génocide arménien serait 34 Ahmed Djemal Pacha (1872-1922), fut un chef militaire ottoman suivie de demandes de réparations qui pourraient coûter fort cher a et ministre de la Marine.11 reçut le surnom, dans le monde arabe, la Turquie.de «Djemal Pacha le Boucher ».Les camps de concentration etles 63 Duclert, « Les historiens et la destruction \u2026 », p.143.sites d\u2019extermination de Syrie étaient sous son autorité.64 À noter que Mustafa Kemal et ses troupes éliminèrent les débris de 35 Mehmet Talaat Pacha (1874-1921) fut un grand vizir et un la communauté arménienne lors d\u2019une nouvelle série de massacres personnage influent de la Sublime Porte de 1913 à 1918.Il fut le et de déportations entre 1921 et 1923.principal organisateur du génocide arménien.Le 15 mars 1921,i1 65 Cité dans : Hamit Bozarslan, « Les minorités en Turquie », paya de sa vie ses actions délictueuses passées lorsque Soghomon Pouvoirs, 2005/4 (no.115), p.111.Tehlirian, membre de l\u2019opération Némésis, le tua en pleine re à 66 Horne, « Guerres et réconciliations européennes \u2026 », p.8.Berlin.67 Masseret, « La reconnaissance par le Parlement français \u2026 », p.36 Joyce Frey, Genocide \u2026, p.73 et 79.140.37 Bien des membres de cette organisation étaient en fait des criminels 68 Bartov, « Les violences extrêmes \u2026 », p.567.libérés afin d\u2019accomplir les basses œuvres du CUP.69 Charny dir.Le livre noir de l'humanité \u2026, p.597.38 Vahakn N.Dadrian et Alexandre Niess, « L'État, le parti et les 70 Cité dans : Hamit Bozarslan, « Les minorités \u2026», p.102.parlementaires turcs face au génocide arménien (1908-1916) », 71 Masseret, « La reconnaissance par le Parlement français \u2026 », p.Parlement[s].Revue d'histoire politique, 2008/2 (no.10), p.70.139 39 Joyce Frey, Genocide \u2026, p.73 et 78.Sélection bibliographique Sources Phébus, 2005.507 pages.Morgenthau, Henry.Mémoires suivis de documents inédits du Département d'Etat, Paris, Flammarion, 1984, 408 pages.Ouvrages Alvarez, Alex.Genocidal crimes.New York, Routledge, 2010.202 pages.Balakian, Peter.Le tigre en flammes.Le génocide arménien et la réponse de l'Amérique et de l\u2019Occident.Paris, Éditions 38 TRACES | Volume 54 no 2 Bozarslan, Hamit.Histoire de la Turquie contemporaine.Paris, Éditions La Découverte, 2004.122 pages.Chaliand, Gérard et Yves Ternon.1915, le génocide des Arméniens.Bruxelles, Éditions Complexe, 2006.213 pages.Charny W., Israél dir.Le livre noir de l'humanité.Encyclopédie mondiale des génocides.Toulouse, Éditions Privat, 2001.718 pages.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 one fi ti Aloo Re agg dy le Hg, malig 50, Polti ees fg nls.9 Ts au lt 0 Mpg koi SAGE hl.harelment 6p Eni eral a oiler es deb de MARY Tur 8.je Pa ge! pes pd I ml rE Gerlach, Jens.Das Herero-Massaker und die anderen Deutschen.Berlin, Spotless- Verlag, 2005.95 pages.Joyce Frey, Rebecca.Genocide and international justice.New York, Infobase Publishing, 2009.389 pages.Lattimer, Mark dir.Genocide and Human Rights.Burlington, Ashgate, 2007.571 pages.Stone, Norman.Turkey.A Short History.New York, Thames & Hudson, 2014.192 pages.Articles de périodiques Altounian, Janine.« Comment hériter d\u2019une douloureuse joie de vivre ?», Imaginaire & Inconscient, 2005/1 (no.15), p.69-81.Bartov, Omer.« Les violences extrémes et le monde universitaire », Revue internationale des sciences sociales, 2002/4 (no.174), 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turque de la Première Guerre mondiale sur les fronts ottomans : problèmes, enjeux et tendances », Histoire@Politique, 22 (no.1, 2014), p.194- 214.Embauche de 35 000 personnes partout au Canada au Recensement de 2016 Heures de travail : flexibles, mais le candidat doit s'engager à travailler au moins 20 heures par semaine Période de l'emploi : du début de mars jusqu'à la fin de juillet 2016 (la date de début de l'emploi varie selon l'affectation) Taux de rémunération : 16,31 $ à 19,91 $ l\u2018heure, plus les dépenses autorisées Exigences : le candidat doit être âgé de 18 ans ou plus et autorisé à travailler au Canada Postulez dès maintenant / Dites-le à un ami www.recensement.gc.ca/emplois 1-877-325-2016 ATS (un appareil de télécommunications pour personnes sourdes) : 1-866-753-7083 Ben me er Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Canadä TRACES | Volume 54 no 2 39 Le droit de vote des femmes au Québec Lorraine Pagé Enseignante, conférencière et conseillère à la ville de Montréal Ce texte reprend essentiellement le contenu d\u2019une allocution prononcée au Congrès de la SPHQ, le 22 octobre 2015.\u2019année 2015 marquant le 75° anniversaire de l\u2019obtention du droit de vote pour les femmes au Québec, il y a lieu de se demander s\u2019il faut souligner que cela fait seulement 75 ans.ou déja 75 ans ?I] ne fait aucun doute dans mon esprit que les deux perspectives sont justes.Oui, il y a seulement 75 ans que les québécoises, apres de nombreuses années de revendications et bien après les femmes de d\u2019autres pays et des autres provinces canadiennes, ont obtenu le droit de vote.Et oui, il y a déjà 75 ans que ce droit a été acquis, mais les inégalités demeurent toujours relativement à la place des femmes en politique active.Un petit survol historique Il importe de rappeler qu\u2019« 1l n\u2019est pas possible de parler de féminisme s\u2019il n\u2019y a pas, à la base, une révolte contre la position sociale subordonnée des femmes » Pas surprenant donc que, dans cette perspective, le droit de vote des femmes ait été, à travers le monde, une lutte et une conquête emblématiques du mouvement féministe.ll est encore moins surprenant de constater que cette revendication a soulevé une opposition farouche.Un très court survol historique s\u2019impose si on veut bien comprendre la lutte pour le droit de vote des femmes au Québec.Peut-on dire que la première manifestation politique du féminisme, révolte contre la position sociale subordonnée des femmes, se situe au moment de la Révolution française sous la plume d\u2019Olympe de Gouges avec la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?Pour ma part, c\u2019est ce que je crois.Née en 1748 et guillotinée en 1793, c\u2019est à elle qu\u2019on doit la rédaction de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dans laquelle elle ose compléter les libertés civiles par les libertés individuelles.40 TRACES | Volume 54 no 2 Elle y proposait la révision du mariage; réclamait des secours pour les filles-mères; demandait l\u2019octroi d\u2019une pension alimentaire en cas de divorce.Elle y écrivait que tous les citoyens et citoyennes doivent être « également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics \u2026 sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».Cette déclaration sombra dans l\u2019indifférence et son auteure dans l\u2019oubli.Malgré son audace politique et ses idées très en avance sur son temps, Olympe de Gouges n\u2019a eu droit qu\u2019à une ligne ou deux dans les manuels d\u2019histoire et sa première biographie n\u2019a été publiée qu\u2019en 1981.Si l\u2019oppression des femmes remonte loin dans l\u2019histoire, ce n\u2019est qu\u2019en 1837 que le terme « féminisme » a été inventé.Il fait son apparition en 1876 dans le discours militant.Il a cependant émergé véritablement autour de 1882.Les revendications et les luttes des femmes allaient maintenant porter un nom.Le droit de vote, une lutte et une conquête Le droit de vote est l\u2019un des principaux enjeux des mouvements féministes naissants au 19° siècle qui voit les femmes se rebeller contre la tyrannie masculine et le rôle de second plan qu\u2019on leur attribue dans la société.En France L'Union française pour le suffrage des femmes voit le jour en 1909.Cependant, le mouvement suffragiste français n\u2019atteint pas les dimensions de son homologue britannique.Réticent à recourir à l\u2019action directe, il n\u2019adopte pas non plus les méthodes radicales qui ont fait la renommée des « suffragettes » d\u2019outre-Manche.Le droit de vote pour les femmes est voté par la Chambre des députés en 1919, mais le Sénat le bloquera à plusieurs reprises, Il faudra attendre une ordonnance en 1944 pour que les femmes françaises acquièrent le droit de vote.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Fr Gr (ef ie omen ik ie el fis vient fr © là | au (n & nest ile | entr fed nl Herm fa pol hin i | Ba (imp Far hy i nid Auf la | Any Tou ni ip leg bay he dois Yevge eh des croi d'une ei qe « évalement is publi.set de leurs diférece et politique 2 de Gouges les manuel bls quen histoire.2 TEL urs mln.e 1882.Les tmarnierant enjeux ds ; qu votes pe ele id oil jour go Toni cai: ep per ; Chante jl fod put Je rep = > En Grande-Bretagne Une première organisation militante pour le droit de Au Canada En 1913, Carrie Derick (1862-1941) fonde la Montreal vote des femmes apparaît en 1897, la National Union of Suffrage Association, premier mouvement organisé et Women s Suffrage Societies (NUWSS).En 1903, l'Union orienté vers l\u2019obtention du droit de vote des femmes au sociale et politique des femmes, la Women's Social and niveau fédéral.En 1918, les Canadiennes obtiennent le Political Union (WSPU), voit le jour.Ses membres plus radicales n\u2019hésitent pas à employer des moyens militants, voire même violents ou illégaux, pour défendre leur cause.Un article du Daily Mail de 1906 leur donne le nom de « suffragettes ».On assiste alors aux premières arrestations au nom du droit de vote pour les femmes, qui seront nombreuses par la suite.Pour protester contre leur incarcération, les suffragettes font la grève de la faim.Le gouvernement britannique, déterminé, réplique en les gavant.Le gavage arrête en 1913 avec la loi sumommée « le chat et la souris » qui prévoit la libération des femmes affaiblies par la grève de la faim et une nouvelle incarcération dès que leur état de santé s\u2019améliore.La population trouve cette loi cruelle et les suffragettes gagnent ainsi la sympathie de l\u2019opinion publique.Le mouvement se calme avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914.Finalement, en 1918, les femmes de plus de 30 ans, chefs de famille ou mariées et propriétaires, obtiennent le droit de voter ce qui représente 40 % des femmes du Royaume-Uni.Il faudra attendre 1928 pour que l\u2019âge soit réduit à 21 ans et que les conditions du droit de vote des femmes soient les mêmes que celles des hommes.Comparativement au Royaume-Uni, la lutte dans certaines parties de l\u2019Empire a été beaucoup plus paisible.En 1893, la Nouvelle-Zélande est le premier pays à avoir reconnu aux femmes d\u2019origine européenne, mais aussi maoris, le droit de voter et d\u2019être candidate aux élections.Aux États-Unis d\u2019Amérique La lutte des suffragettes britanniques inspirera les Américaines.Le Mouvement abolitionniste et le mouvement du droit des femmes sont étroitement imbriqués aux États-Unis.En 1920, l\u2019État fédéral adopte un amendement à la Constitution reconnaissant le droit de vote des femmes au niveau fédéral.Toutefois, les différents États accorderont ce droit aux femmes américaines sur plusieurs années et les afro-américaines ne verront leurs droits reconnus qu\u2019en 1965.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 droit de vote au fédéral si elles ont plus de 21 ans, sont sujets britanniques et répondent aux mêmes critères qui donneraient le droit à un homme de voter.Les Autochtones devront attendre 40 ans pour obtenir ce droit.Pendant ce temps au Québec Le contexte politique n\u2019y est pas du tout favorable à l\u2019émergence du mouvement féministe.L\u2019échec de la rébellion de 1837 a considérablement affaibli la petite bourgeoisie libérale et a permis au clergé de raffermir sa position dans de multiples secteurs : éducation, santé, assistance sociale, culture et information.Mgr Bourget préconise la domination de l\u2019Église sur l\u2019État et la soumission de la société civile à l\u2019Église et au pape.Alors que l\u2019Acte d\u2019Union accorde le droit de vote aux femmes, les parlementaires du Bas-Canada avaient manifesté, dès 1834, l\u2019intention d\u2019exclure les femmes de la catégorie des électeurs et Louis-Joseph Papineau appuie cette volonté.En 1849, le droit de vote est retiré aux femmes qui se retrouvent alors privées de droits politiques, comme les autres canadiennes.Même si les premiers mouvements politiques en faveur des droits de la femme apparaissent au milieu du XIX® siècle en Europe et aux États-Unis, c\u2019est seulement à compter de 1900 que « le vent est au féminisme » au Québec.Le mouvement se heurte tout de suite à des forces d\u2019opposition puissantes : le clergé, la bourgeoisie canadienne-française qui exerce le pouvoir politique et l\u2019élite intellectuelle.La presse, par la voix des journalistes masculins Henri Bourassa et Olivar Asselin pour ne nommer que les plus connus, s\u2019oppose ouvertement aux positions féministes.Les prêtres ne sont pas unanimes.Quelques-uns soutiennent que le féminisme a l\u2019Église pour auteur puisque c\u2019est le Christ qui a délivré la femme de l\u2019esclavage.D\u2019autres estiment que le féminisme est un mouvement pervers qui menace les bases de la famille et de la société.L\u2019opposition a été d\u2019autant plus vive au Québec que l\u2019origine du mouvement féministe était anglo-saxonne et protestante, ou athée dans la France républicaine.Pendant cette période, le mouvement suscite donc une grande réprobation sociale, exprimée dans presque tous les lieux où s\u2019exerce le pouvoir.TRACES | Volume 54 no 2 41 Au Québec, les premières luttes pour le suffrage se dérouleront aux paliers scolaire et municipal.Depuis 1892, les femmes veuves et célibataires répondant aux critères de propriété peuvent voter au palier scolaire car la loi ne précise pas le sexe des propriétaires.En théorie, la loi permet aussi l\u2019éligibilité de ces dernières, mais elle sera modifiée pour retirer aux femmes non pas le droit de vote, mais celui d\u2019éligibilité.Du côté municipal, le conseil municipal de Montréal tente en 1902 de \u2018Ç retirer le droit de vote aux femmes locataires veuves ou célibataires ayant ,Ç | les qualités financières prévues à la loi.La mobilisation des féministes A J me et des réformistes fait échouer le projet et c\u2019est l\u2019une des rares victoires A Th des suffragettes québécoises.I] faut noter cependant que cette victoire ÿn ne touche, dans les faits, qu\u2019un nombre restreint de femmes (environ KX | 5 000) car celles qui sont mariées sont juridiquement des incapables et ne gr i Jouissent d\u2019aucun droit a cet égard.Marie Gérin-Lajoie pa La lutte pour le vote des femmes a éclipsé toutes les autres dans la Photo : BAnQ, Centre sms ro : .A > .d'archives de Montréal mémoire collective.Elle est importante, même si c\u2019est une lutte parmi d\u2019autres.C\u2019est celle qui a suscité le plus d\u2019opposition parce que l\u2019inclusion des femmes dans l\u2019exercice du suffrage mettait fin à leur écart de la vie publique et représentait une menace à l\u2019ordre démocratique et à l\u2019autorité masculine dans la famille.I] faudra donc attendre 1940 pour que le droit | de vote soit accordé aux Québécoises.[| SN ÿ ul 24 l'in emo sas (ima Mais qui donc étaient ces « suffragettes » québécoises ?Pam id Long Les militantes féministes ne sont pas nombreuses : il ne s\u2019agit pas d\u2019un mouvement de masse, elles représentent ce qu\u2019on désigne couramment comme l\u2019élite de la société.y ys ll y a eu d\u2019abord Marie Gérin-Lajoie (1867-1945), la pionnière du & 1 in féminisme organisé au Québec.Elle fonde en 1907 la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, avec Caroline Dessaules-Beique et Joséphine Marchand-Dandurand, et milite activement pour le suffrage féminin._ Idola Saint-Jean Il y a eu aussi Idola Saint-Jean (1875-1945), une des premières Photo : Bibliothèque et Archives nt théoriciennes du féminisme, qui fonde en 1927 I\u2019Alliance canadienne Canada/C-68508 pour le vote des femmes du Québec, un organisme très militant.Il y a enfin Thérèse Forget-Casgrain (1893-1980), fondatrice de la Ligue des droits de la femme, et dont le nom reste intimement lié à la lutte pour le droit de vote des femmes.Au-delà des divergences idéologiques, les deux associations, l\u2019Alliance et la Ligue, collaborent étroitement et organisent diverses manifestations publiques et font campagne dans les médias.Au cœur des stratégies féministes figure, dès 1922, le pèlerinage annuel à l\u2019Assemblée législative où des déléguées assistent des tribunes au débat entourant le dépôt d\u2019un projet de loi accordant le droit de vote aux femmes et déposé par un député sympathique à la cause.Cette guerre d\u2019usure, pas plus que le dépôt d\u2019une pétition de 10 000 signatures en 1935, ne vient pas à bout des résistances.Le déblocage ne survient que grâce à Thérèse Casgrain qui, profitant de sa position de vice- présidente du Club des femmes libérales, parvient à faire inscrire cette question au programme du parti lors du Congrès de 1938.Élu, Adélard Thérèse Forget-Casgrain Godbout fait adopter la loi en avril 1940.Photo : Bibliothèque et Archives Canada/PA-178170 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 La bataille des femmes pour le droit de vote s\u2019est étendue sur plus d\u2019un siècle.Nous étions en droit de croire que cette étape franchie, la place des femmes en politique irait de soi assez rapidement.Pourtant, nous sommes encore bien loin du compte.Entre égalité de droit et égalité de fait, un grand écart subsiste toujours.Passer du droit de vote à l\u2019éligibilité effective Il n\u2019y a jamais eu autant de femmes à la tête de parlement à travers le monde, mais elles ne comptent que pour environ 7 % des chefs d\u2019état.17 % des parlementaires à travers le monde sont des femmes, mais si elles représentent 40 % dans les pays nordiques, elles sont 7 % dans les pays arabes.Quelle est la situation 75 ans après l\u2019obtention du droit de vote au Québec et près d\u2019un siècle au Canada ?Il faut malheureusement constater que les femmes sont encore sous-représentées en politique active.Quelques statistiques en témoignent.Au sein du Parlement du Canada, on retrouve 24,7 % de femmes élues députées.Au Québec, les femmes représentent 17 % des maires, 32 % des conseillers municipaux et 27 % des députés.Parmi les dix villes les plus peuplées de la province, quatre ont atteint la zone paritaire parmi leurs élus, soit Montréal, Longueuil, Québec et Sherbrooke.Plus spécifiquement, à Montréal, à la suite de l\u2019élection de 2013, on compte trois femmes mairesses d\u2019arrondissement sur 19 postes.22 femmes sont conseillères de ville sur 65 postes; 21 femmes sont conseillères d\u2019arrondissement sur 38 postes.Au Québec, la présence des femmes a beaucoup progressé avant de connaître une certaine stagnation aux environs de 30 % à partir de 1998.Leur place a évolué selon un modèle « plateau », c\u2019est-à-dire que leur présence a progressé pendant un certain temps puis a été suivie d\u2019une longue stagnation.D\u2019autres qualifient ce plateau de « plafond de verre », difficile à briser si l\u2019on ne change pas les règles du jeu.Depuis 1997, on trouve environ 20 % de femmes en politique fédérale.Ni le taux de candidatures féminines, ni le taux de femmes ministres au Canada n\u2019ont encore rejoint ceux atteints au Québec.Il est temps d\u2019agir Les causes de la faible présence des femmes dans les institutions politiques sont multiples et bien connues.Elles ont été exclues du pouvoir politique pendant plusieurs siècles.La socialisation des filles est différente.Le partage inégal du travail domestique est encore la règle observée.Les partis politiques recrutent et présentent moins de femmes candidates et le font plus souvent dans des comtés où la victoire est loin d\u2019être assurée.Il est donc essentiel d\u2019agir sur plusieurs fronts pour atteindre la parité, ou du moins s\u2019en rapprocher.Des modifications visant les éléments structurels de la politique doivent être entreprises; des réformes sont nécessaires dans quatre domaines : le recrutement des candidates, l\u2019articulation travail-famille chez les élus, la socialisation politique des femmes et le financement des projets structurants pour soutenir la participation politique des femmes.En guise de conclusion La lutte pour le droit de vote a été longue et dure.I] importe maintenant qu\u2019elle donne tous ses fruits et que la présence paritaire des femmes en politique devienne une réalité.Les femmes comptent pour la moitié du monde; une démocratie réelle ne peut les exclure de l\u2019exercice du pouvoir politique.Lorraine Pagé a été enseignante au primaire et au secondaire à Montréal.Elle a été présidente de l\u2019Alliance des professeurs et professeures de Montréal de 1985 à 1988, présidente de la CEQ (aujourd\u2019hui la CSQ), de 1988 à 1999, devenant ainsi la première femme présidente d\u2019une centrale syndicale au Québec, puis directrice des communications de cette centrale jusqu\u2019en 2003.Depuis 2003, elle a agi comme conférencière, entre autres à l\u2019Université du troisième âge de l\u2019Université de Sherbrooke, et comme consultante auprès de diverses organisations syndicales et féministes.Elle est membre du Conseil supérieur de la langue française depuis 2002 et a été membre du Conseil des montréalaises de 2008 à 2011.Elle est également présidente du Conseil d'administration de la Fondation Léa-Roback.Elle a été élue en novembre 2013 comme conseillère de ville à Montréal et est devenue cheffe de la troisième opposition au Conseil municipal.! Elle a été récipiendaire du Prix Chomedey-de-Maisonneuve remis par la Société Saint-Jean-Baptiste | de Montréal (1987).Le Gouvernement du Québec lui a décerné en 1990 l\u2019Ordre des Francophones d'Amérique.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 TRACES | Volume 54 no 2 43 ms NY Prix de la SPHQ 4 au Parlement des jeunes 2016 d La SPHQ est fière de récompenser des jeunes élèves allumés et talentueux qui ont participé l'édition 2016 du Parlement des Jeunes.En compagnie du vice-président de l'Assemblée nationale, François Ouimet, le président de la SPHQ, Raymond Bédard et Véronique Charlebois, membre du conseil d'administration, ont procédé à la remise de deux prix de 100 $ de la SPHQ, peu avant la clôture de ce parlement.rtd a) fe Joel den dep qe Gregory Martel, Whip de la deuxième IE opposition officielle et étudiant au ail Collège Héritage de Châteauguay, a | bla obtenu le prix remis à l'élève s'étant le plus illustré par la qualité de son discours.à pr mom 0 plist fin mp fil fem fist isi la by le a J A : ks Félix Boucher, parrain du Projet de loi y wil me = # k : A Del nunéro 2 \u2014 Loi modifiant les critéres } 15 Tl boa Pe CH fd du permis de conduire du Code dela | } -5 gal |, anal: | 1 a - sécurité routière, de l'École secondaire [E{ © = a Fernand-Lefebvre, a obtenu le prix A\" 3 de l'élève s'étant le plus distingué pars A: 7 \u2018Air v a | Eu son adhésion aux valeurs de respect, Say h k Stig d'ouverture et de tolérance.sf / 5 IE a 1 rly Min omy lg hey By tay tg « 1 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Pade el Spy edn py La bande dessinée : un outil pédagogique méconnu Laurence Murray-Dugré et Katryne Ouellet Étudiantes à la maîtrise en éducation, profil didactique, à l'UQTR n octobre dernier avait lieu le 53° congrès annuel de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec.Des ateliers offerts aux acteurs du milieu scolaire rattachés de près ou de loin à l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, nous avons assisté à celui animé par le dessinateur et scénariste québécois de bandes dessinées, Jocelyn Jalette.Dans son atelier, Jalette présente ses dernières œuvres et nous invite à réfléchir aux façons d'exploiter la bande dessinée en classe d\u2019histoire.Les élèves vivant aujourd\u2019hui dans un contexte où l\u2019écran tient une place prédominante dans leur vie (Baribeau, 2004) et où le plaisir s\u2019énonce en termes d\u2019images (Missiou, 2012), la bande dessinée serait en effet un outil pédagogique à privilégier selon nous.Bien qu'elle soit porteuse de nombreuses possibilités en histoire (Guay et Charette, 2009), les enseignants manquent souvent de temps pour amener les élèves à travailler avec la bande dessinée de façon appropriée (Belton et Pons 1996).Pour maximiser son potentiel, il nous a semblé ici opportun de proposer aux enseignants du primaire et du secondaire un canevas qui permet d'amener les élèves à interpréter dans un contexte historique toute bande dessinée pertinente à cet effet.À la suite d\u2019un aperçu partiel de l\u2019état de la recherche sur la bande dessinée en contexte scolaire, nous établirons le parallèle entre l\u2019exploitation de celle-ci en classe et les programmes d\u2019histoire au primaire et au secondaire.De là, nous vous proposerons un canevas permettant aux élèves l'interprétation historique de bandes dessinées tout en posant un défi à leur portée et en rejoignant les orientations ministérielles.Etat de la recherche sur la bande dessinée en contexte scolaire Même élevée au rang de 9° Art, la bande dessinée, communément appelée la BD, ne semble pas toujours faire l\u2019unanimité (Mayeux, 2011).Notamment, le professeur Jacques George (2000) se positionnait clairement en défaveur de son utilisation en classe et n\u2019hésitait pas a clamer les faiblesses et les limites de l\u2019exploitation d\u2019un tel outil en éducation.Qualifiant la BD de « laide » et « peu amusante », le « polémiste » français (Jarraud, 2006) attirait l\u2019attention sur le danger d\u2019utiliser la BD en classe d'histoire comme détour publicitaire pour séduire Revue de la SPHQ | Printemps 2016 les élèves.Du même souffle, il invitait les enseignants à prendre garde au risque d\u2019effacer la distinction entre histoire et fiction chez les élèves.Là où certains voient des inconvénients, d\u2019autres cependant voient des avantages à exploiter la BD en classe.En contraste aux qualificatifs de George (2000), Martel (2007) semble plutôt miser sur le fait que la BD suscite spontanément l\u2019intérêt des jeunes lecteurs.En effet, selon Lebrun (2004), l\u2019intérêt pour la lecture de BD au secondaire est bien présent chez les garçons (79,4 %) et presque autant chez les filles (62,4 %).Guay et Charette (2009) vont aussi en ce sens en affirmant que l\u2019exploitation de la BD en classe permet généralement aux enseignants de capter et de maintenir l\u2019attention de nombreux élèves.En outre, déjà en 1993, Mitterand et Ciment soulignaient que la BD semble donner aux élèves le goût de l\u2019histoire.Thiébaut (1993) indiquait pour sa part que le besoin de trouver des moyens pour intéresser les élèves et leur donner le goût de l\u2019histoire était pressant.La BD faisant office de récit, tout en présentant aux lecteurs de nombreuses mises en images de contextes historiques, était en ce sens source de solutions plausibles selon lui.Comme nous l\u2019avons déjà mentionné, George (2000) évoquait aussi dans son article que l\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire menait les élèves à ne plus faire la distinction entre histoire et fiction.Michaux (1997) explique que ce ne sont en effet pas toutes les BD qui présentent une teneur historique pertinente.D\u2019après Guay et Charette (2009), cet élément en apparence négatif peut toutefois être exploité pour développer chez les élèves la pensée critique.En quête « du vrai », Martel (2008) indique que les élèves doivent ainsi être amenés à dépasser le stade du divertissement pour prendre une position de « lecteur-enquêteur ».C\u2019est en se positionnant dans ce rôle et en développant et en utilisant la démarche historique (Michaux, 1997) que les élèves pourront juger de la légitimité de cette source d\u2019information et par conséquent construire de justes connaissances (Martel, 2008).Bordage (2008) souligne aussi cet avantage en affirmant que l\u2019exploitation de la BD en classe permet d\u2019amener les élèves à travailler et à distinguer « les concepts de vérité et de fiction » (p.34).Par le fait même, dans un TRACES | Volume 54 no 2 45 contexte de développement de la pensée critique, Martel (2011) est d\u2019avis que l\u2019exploitation de la BD en classe encouragerait aussi la discussion et l\u2019argumentation, par ailleurs directement liées aux exigences du référentiel.Dans une perspective d\u2019apprentissage, c\u2019est ainsi dire qu\u2019en plus de développer des compétences disciplinaires et de construire des connaissances liées aux programmes d\u2019histoire, l\u2019exploitation de la BD en classe permettrait également de développer bon nombre de compétences transversales.L\u2019exploitation de la bande dessinée et l\u2019enseignement des programmes d°histoire L\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire comprend ainsi plusieurs avantages.Notamment, elle permet le développement de certaines compétences transversales et disciplinaires mises de l\u2019avant par le programme ministériel actuel.Pour des raisons méthodologiques ainsi que par intérêt de recherche, c\u2019est plus spécifiquement l\u2019exploitation de la BD auprès des élèves du troisième cycle du primaire et du premier cycle du secondaire que nous approfondissons dans cet article.Ainsi, dans le cadre de l\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire, il serait possible de développer selon nous deux principales compétences transversales au troisième cycle du primaire comme au premier cycle du secondaire.Premièrement, la BD, dans un contexte d\u2019apprentissage de notions historiques, permettrait de développer la capacité des élèves à exploiter l\u2019information par l\u2019appropriation des contenus de cette dernière.L\u2019élève serait ainsi amené à reconnaître certains éléments dans la BD et à en « dégager des liens entre ses acquis et ses découvertes » pour finalement en « discerner l\u2019essentiel de l\u2019accessoire qui se présente » (Ministère de l\u2019Éducation du Québec [MEQ], 2001, p.16; Ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport [MELS], 2005, p.36).Deuxièmement, à notre avis, l\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire développerait aussi la compétence transversale visant à exercer son jugement critique proposée par le programme de formation.Dans ce contexte spécifique, l\u2019élève devrait dégager certains faits de la BD exploitée, en vérifier l\u2019exactitude à l\u2019aide d\u2019autres sources d\u2019information et finalement les mettre en perspective (MEQ, 2001; MELS, 2005).Rappelons par ailleurs que Bordage (2008), Martel (2008) ainsi que Guay et Charette (2009) montrent qu\u2019un avantage d\u2019exploiter la BD en classe consiste entre autres au développement d\u2019un jugement critique chez les élèves.Bien que l\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire permettrait le développement de certaines compétences transversales, il semble toutefois d\u2019autant plus pertinent de mettre de l\u2019avant son impact possible sur le développement de compétences disciplinaires en histoire.Toujours pour 46 TRACES | Volume 54 no 2 des raisons méthodologiques, nous avons fait le choix de prioriser deux compétences proposées par le référentiel que nous jugeons être principalement développées grâce à l\u2019exploitation de la BD en histoire.Ainsi, dans un premier temps, au troisième cycle du primaire, l\u2019exploitation de la BD permettrait de développer chez les élèves leur capacité à « lire l\u2019organisation d\u2019une société sur son territoire » (MEQ, 2001, p.172).Nous situons le développement de cette compétence comme étant la base d\u2019un questionnement à caractère historique au primaire.En effet, cette compétence disciplinaire exige principalement de l\u2019élève d\u2019être capable de situer à l\u2019aide d\u2019outils la société ainsi que son territoire dans l\u2019espace et dans le temps.Elle suppose que l\u2019élève soit capable d\u2019établir des liens entre des caractéristiques de la société et l\u2019aménagement de son territoire (MEQ, 2001).Plus spécifiquement, l\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire permettrait aux élèves de réintégrer des connaissances en dégageant certains éléments de l\u2019outil, en identifiant certains acteurs et en se questionnant sur leur présence dans un contexte lié à l\u2019apprentissage de l\u2019organisation d\u2019une société sur son territoire.Comme la BD peut contenir des éléments de fiction (Michaux, 1997), nous en venons donc à prioriser son exploitation dans une situation de réinvestissement des connaissances préalablement acquises plutôt que dans une situation d\u2019apprentissage de nouvelles connaissances.Dans un deuxième temps, au premier cycle du secondaire, l\u2019exploitation de la BD en classe d\u2019histoire par les élèves leur permettrait entre autres de développer leur capacité à « interpréter la réalité sociale à l\u2019aide de la méthode historique » (MELS, 2005, p.347).Selon le MELS (2005), l\u2019interprétation devrait ainsi passer par la méthode historique qui se décline en trois étapes.La première vise l\u2019établissement de faits présentés dans chaque réalité sociale en se questionnant, en se documentant et en identifiant les acteurs.La deuxième étape de la méthode historique se caractérise par la détermination de liens entre différents éléments permettant alors l\u2019établissement de causes et la compréhension de conséquences qui en découlent.Troisièmement, cette méthode se concrétise par l\u2019exploitation d\u2019une dimension critique découlant de l\u2019interprétation des liens proposés.Ce dernier élément fait par ailleurs référence au développement de la deuxième compétence transversale précédemment présentée, soit d\u2019exercer son jugement critique.Ainsi, dans le cadre de cet article, nous situons la méthode historique par la définition suivante : « c'est poser, raisonner et expliquer un problème à partir des sources et des faits historiques » (Boutonnet, 2009, p.30).Dans ce contexte, nous sommes d\u2019avis que c\u2019est donc grâce à cette démarche de raisonnement que l\u2019élève pourra réinvestir ses connaissances acquises, distinguer la vérité de la fiction et, à la suite de cela, poser Revue de la SPHQ | Printemps 2016 are BD (need po sed BH Les fs él fis 87 à sis J pepe & Equisagé Com espe rés an ler den niques (eu j'aceion \\ an modèle 9 ahd pos fut ai Considérant À une lage fr d'eselgremen mois trois He 20081.le vane fasse à en comprend Ce nce Ge Ua 4 QU Revie ty ® le & k Hite Phi Tite; Sin Wem lig, ly tye; Sei su 5 Sugg | él la base Pie y Wilde go I emp Ir des fe Menagemen; gene, Permetra dégageant 1S aces contestellé té su sn mens de priori aslisement gps dans Naissances, Second, res elèes Ur apne ja méthode le MELS fa melhode ère VIS ue rae ant à en 3 mél 1 de lis phissement es qu'en CRIS squat de nen 3 deuvièe qi, So pire dec fen poète ufone Js qe ell gus op! mp NS un jugement critique quant à l\u2019information qui se dégage de la BD.Un canevas pour l\u2019exploitation de la bande dessinée en classe d\u2019histoire Les liens établis préalablement avec les programmes d'histoire au primaire et au secondaire nous conduisent à considérer l\u2019exploitation de la BD en classe dans une perspective de réinvestissement des connaissances.Envisagé comme un complément à l\u2019apprentissage, le canevas présenté a ainsi été conçu pour amener les élèves à interpréter dans un contexte historique toute BD pertinente en leur demandant de réutiliser leurs connaissances acquises.Ceci étant dit, le canevas proposé ne se veut pas d\u2019exception.Nous estimons en ce sens qu\u2019il représente un modèle parmi d\u2019autres permettant d'arriver à notre objectif et pouvant librement être modifié pour convenir à toute situation envisageable.Considérant que l\u2019enseignement de l\u2019histoire occupe une plage horaire officielle de plus ou moins une heure d\u2019enseignement par semaine au primaire et de plus ou moins trois heures par semaine au secondaire (MELS, 2008), le canevas est conçu pour que l\u2019interprétation se fasse à l\u2019intérieur d\u2019une période d\u2019environ 60 minutes.II comprend deux documents : un guide de l\u2019enseignant et un cahier de l\u2019élève.Respectivement, le premier présente les étapes de réalisation de la situation avant et pendant l\u2019exploitation de la BD en classe ainsi que certaines pistes d\u2019idées et d\u2019actions.Le deuxième, soit le cahier de l\u2019élève, est quant à lui conçu de façon à ce que chacun en ait un exemplaire en sa possession et le complète, et ce, même si les élèves sont amenés à travailler en équipe.En suivant chacune des étapes, le cahier amènerait donc selon nous chaque élève à interpréter une BD en contexte historique.Il se divise pour sa part en deux parties distinctes, mais complémentaires : un guide de lecture ainsi qu\u2019un guide d\u2019interprétation de la BD.Conclusion En somme, nous ne recommandons pas de mettre de côté toutes autres sources historiques pour la seule exploitation de la bande dessinée en classe d\u2019histoire.Il faut plutôt l\u2019envisager comme un outil pédagogique complémentaire qui offre une diversification des moyens d\u2019apprendre pour les élèves.En proposant ce canevas, nous espérons ainsi contribuer à faciliter l\u2019exploitation de la bande dessinée en classe d\u2019histoire en permettant aux enseignants de proposer aux élèves une situation de réinvestissement qui tiendra compte de leurs intérêts en tant que Jeunes lecteurs tout en maintenant l\u2019attention d\u2019un bon nombre d\u2019entre eux.Ainsi, gageons que, de cette façon, la bande dessinée regagnera ses lettres de noblesse dans votre bibliothèque.Cannevas proposé e Guide de l'enseignant e Cahier de l'élève SE Voyages éduestits PAIS.ct jamais Classetrotteur.com 450-321-2443 800-347-2443 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 sons (Hisvoirel VOYAGES ÉDUCATIFS FE TRACES | Volume 54 no 2 47 48 \u201c Extrait choisi (pages) : Guide de l\u2019enseignant Étape 1 : Choisir la bande dessinée et l\u2019extrait à donner aux élèves Le but de cette première étape est de faire le choix de la BD considérée la plus pertinente en fonction du sujet et de ce que l\u2019on souhaite réinvestir comme connaissances.Lebrun (2004) et Martel (2011) proposent plusieurs choix de bandes dessinées a teneur historique ou a exploiter dans un contexte historique.Choix de la bande dessinée : Étape 2 : Décider de la façon dont les élèves réaliseront la situation de réinvestissement En équipe de ___ élèves pour un total de équipes Étape 3 : Élaborer la ou les question(s) de recherche 7 Rp Les deux premières possibilités \u2014 correspondent davantage aux Possibilités : exigences du primaire tandis que la dernière possibilité s\u2019insère principalement dans les objectifs [ ] Fournir à tous les élèves la même question de recherche [ ] Proposer plusieurs questions de recherche et laisser les élèves choisir du programme d'histoire du secondaire.Cependant, les élèves [ ] Proposer aux élèves de créer une question de recherche à faire approuver: devraient déjà être habitués à faire par l\u2019enseignant ce genre d EXErcICES pour pouvoir réaliser la situation en moins d\u2019une heure.L'enseignant demande aux élèves de créer leur propre question de recherche, ou propose d\u2019inviter les élèves à poser une question ouverte comprenant idéalement des éléments comme « comment, pourquoi, pouvez-vous ?».Question : Étape 4 : Vérifier les connaissances acquises des élèves sur le sujet Cette situation vise le réinvestissement de connaissances et suppose alors un enseignement préalable de connaissances en lien avec les éléments proposés lors de l\u2019exploitation de la BD.PTIT ASR LT Tam Tee TTe Taie T ee : Étape 5 : Superviser la situation de Connaissances acquises que les élèves devront réinvestissement en classe et retour réinvestir dans le cadre de cette situation : Durant la situation de réinvestissement, l\u2019enseignant joue le rôle de médiateur.Il guide les élèves en les aidant à filtrer l\u2019information pertinente.Il en va de même lors du retour où les élèves, en équipe, présentent au groupe-classe leur question de recherche, leur hypothèse ainsi que leur oD ee conclusion.TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 TN ee AWAWEARWAGAWSN NASA RW WS WARE DAWEWS NWA A NW WA A US A SN WW EW WW AW WW EV Nom de l\u2019élève : Cahier de l\u2019élève Interprétation d\u2019une bande dessinée en contexte historique Consigne générale À partir d\u2019un extrait d\u2019une bande dessinée que tu as reçu, tu dois répondre à une question de recherche.Pour ce faire, dans la partie « Guide de lecture », tu dois premièrement repérer les éléments importants aE qui te permettront de bien comprendre le contexte de la bande dessinée.Deuxièmement, dans la partie « Guide d'interprétation », tu dois compléter les différentes étapes proposées.Celles-ci te permettront | d\u2019interpréter l'extrait de la bande dessinée que tu as reçu dans le but de répondre à la question de recherche.sali! | .4 mi | Guide de lecture 2 i hs 1.Lis les questions ci-dessous.2.Lis l\u2019extrait de la bande dessinée que tu as reçu.3.Réponds aux questions ci-dessous qui te permettront de bien situer le contexte de la bande dessinée.2.À quelle époque a lieu l\u2019histoire ?_ À 1.Où se déroule l\u2019histoire ?3.Qui sont les personnages principaux ?le 4.Que font les personnages principaux ?5.Pourquoi le font-ils ?Too op eee pee Toe Too PE Revue de la SPHQ | Printemps 2016 TRACES | Volume 54 no 2 49 te» * . OJO/OJO (OO /O/OJO (00/0 (0/0 (0/Oj0 (0 ) Guide d\u2019interprétation i | he 1.Question de recherche : felon {ee Forge, put si {iver 2.Hypothèse de recherche : Bouton pe fh an (ere.3.Quels éléments dans l\u2019extrait de la bande dessinée te permettraient de répondre à la question de fl recherche ?Gi idan lama], a netil Pole 1) 4) no ve wn \u2014 Lehn, (dr, 4-70 Mare siore fee be 4.En te référant à tes lectures et notes prises en classe, distingue les éléments trouvés au numéro 3 qui Hote, sont historiques de ceux qui relèvent de la fiction.d'un à pa La ve 6) Éléments fictifs Éléments historiques | Ha social - Mare hums - :- lee.5.En fonction des éléments historiques repérés dans l\u2019extrait de la bande dessinée, réponds à la ; i question de recherche en justifiant ton point de vue.| CARIN VEIN TR IE A TI AN TT TN TT A TT TT TS TT IAT TTT i TETETOTE TET Te DEE EEE 5 TT 50 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Ree LL IZ 1 1 NZ 1 11717 à | ALAN POSTS YIN TN TY TS TT YYZ ITN ZY ITNT INIT TIS TIS TIT I Références Baribeau, C.(2004).Les habitudes de lecture.Dans M.Lebrun (dir.), Les pratiques de lecture des adolescents québécois (p.25-44).Québec : Editions Multimondes.Belton, P.et Pons, C.-M.(1996).BD.de Bécassine à Délirius.Québec : Télé-Université.Bordage, F.-M.(2008).Contribuer au développement de la pensée critique des élèves en histoire au collégial : la bande dessinée à caractère historique.(Mémoire de maîtrise inédit).Université du Laval, Québec, Boutonnet, V.(2009).L'exercice de la méthode historique proposé par les ensembles didactiques d'histoire du 1\u201d cycle du secondaire pour éduquer la citoyenneté.(Mémoire de maîtrise inédit).Université de Montréal, Québec.George, J.(2000).Je n'aime pas la BD.Cahiers pédagogiques, 382, 17-18.Guay, L.et Charrette, D.(2009).La bande dessinée : un outil didactique pour enseigner I\u2019histoire.Traces, 47(2), 1-7.Jarraud, François.(2006).Pédagogie Jacques George est décédé.Repéré a http://Www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2006/03/index070306_ PedagogieJacquesGeorgeestdecede_.aspx Lebrun, M.(dir.) 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DÉ QUÉBEC gens auraient même soupçonné que la région de Québec a subi, au XVIII siècle, une Météo et chiral.1534-1831 augmentation des températures, a connu des séclieresses et des feux de forêt à répétition et a dû faire face à des invasions de sauterelles et de chenilles, autant de signes associés à une période de réchauffement climatique.Cette augmentation des températures du XVIII® siècle est attestée autant par les impressions des colons et les relevés de températures que par des études physiques comme celles de la dendrochronologie.La météo d'ici n'avait jusqu'à ce jour pas d'histoire.Yvon Desloges, chercheur retraité de Parcs Canada, rattaché au Département des sciences historiques de l'Université Laval depuis 2010 à titre de professeur associé, a su combler cette lacune Histoire parlementaire du Québec, 1928-1962 La crise, la guerre, le duplessisme, l\u2019État providence Christian Blais, Québec, Septentrion, 2016.L'hôtel du Parlement fut \u2014 et demeure \u2014 un important creuset de l'histoire du Québec.Grâce aux débats reconstitués de l'Assemblée législative, il est maintenant possible de renouer avec les paroles et les actes des députés québécois depuis 1867.L'histoire parlementaire du Québec, 1928-1962, permet d'approfondir une époque riche en événements.La crise économique des années 1930 et son cortège de chômeurs, la Seconde Guerre mondiale et la volonté centralisatrice du gouvernement fédéral, le duplessisme et la défense de l'autonomie provinciale et la naissance de l'État-providence québécois sont les thèmes prépondérants de la période.Les premiers ministres Louis-Alexandre Taschereau, Adélard Godbout, Maurice Duplessis, Paul Sauvé, Antonio Barrette et Jean Lesage ont, chacun à leur façon, marqué l'histoire du Québec.Des ministres et des députés se sont également illustrés par leur désir de contribuer au bien commun.De grands discours ont été prononcés dans «le Salon 52 TRACES | Volume 54 no 2 Revue de 1a SPHQ | Printemps 2016 - de la race» et, certes, les débats d'idées ont soulevé les passions.DE MENTAIRE \u201cCe livre témoigne d'une époque charnière entre l'administration provinciale du Québec OU QUEBEC et l'émergence d'un État québécois moderne.Il permet de nuancer la pensée des ù hommes politiques influents qui ont dirigé les destinées du Québec et, plus encore, de ; 1928-1362 1962 Jeter un éclairage nouveau sur ceux qui furent les principaux protagonistes de l'actualité > , wast uo e parlementaire.L'ÉTAT PROVIDENCE co .Lo.\u2014 Avec la participation d'Aryane Babin, Christian Blais, Olivier Coté, Gilles Gallichan, TT Frédéric Lemieux, Jules Racine St-Jacques, Marc-André Robert, Stéphane Savard, Raphaël Thériault, Nicholas Toupin et Alexandre Turgeon.Ê- tre L'Île Sainte-Hélène avant l\u2019Expo 67 ; { Paul-Yvon Charlebois et Sylvain Daignault, Québec, GID, 2016 Petite sœur de l\u2019île de Montréal, l\u2019île Sainte-Hélène a connu un développement qui se veut à plus petite échelle que celui du Québec et du Canada.D'abord habitée par les peuples iroquoiens, l'île Sainte-Hélène est rattachée à la seigneurie de Longueuil avant de devenir la possession d\u2019un Britannique qui contrôlera le commerce de la farine.L\u2019île Sainte-Hélène devient ensuite propriété du gouvernement britannique puis du gouvernement canadien qui la cède plus tard à la Ville de Montréal.L'île Sainte-Hélène traverse plusieurs étapes pendant cette période, passant du statut d\u2019ile invisible \u2014 Jacques Cartier n\u2019en fait nullement mention dans ses carnets de voyage \u2014 à un endroit d\u2019amusement et de villégiature où les amateurs de musique y croisent les familles en pique-nique et les adolescents à la recherche d\u2019émotions fortes.Entre ces deux extrémités, comme l\u2019expose cet ouvrage, l\u2019île Sainte-Hélène abritera, entre autres, une microsociété composée de civils et de militaires avant de se transformer en camp de prisonniers lors de la Deuxième Guerre mondiale.André-Carl Vachon Les Acadiens Les Acadiens déportés qui acceptèrent l\u2019offre de Murray déportés qui acceptèrent André-Carl Vachon, Tracadie-Sheila, La Grande Marée, 2016 l'offre de Murray Après son livre, Les déportations des Acadiens et leur arrivée au Québec, publié en 2014, André-Carl Vachon poursuit sa démarche historique sur le sort des Acadiens déportés.La première partie présente la situation des Acadiens déportés dans les colonies britanniques américaines.Celle-ci résume la vie des Acadiens en proscrits non désirés, qui furent éparpillés loin des autres et dont les enfants furent majoritairement enlevés à leurs parents pour devenir des apprentis ou des « servants ».Après le traité de Paris de 1763, des négociations avec le gouverneur Murray amènent ce dernier à offrir aux déportés, après avoir prêté le serment d\u2019allégeance sans condition, la possibilité de s\u2019établir dans la Province of Quebec.C\u2019est ainsi que | 293 Acadiens du Massachusetts, du Connecticut, de Pennsylvanie et de New York choisissent cette voie.La deuxième partie suggère au lecteur plusieurs récits rédigés dans le passé sur l\u2019histoire des Acadiens au Québec.si Les évènements traumatiques qu'ont vécus les ancêtres acadiens furent à la base de récits mythiques.Notamment os der concernant la bravoure et la force de ceux qui réussirent à quitter la Nouvelle-Angleterre pour rejoindre l\u2019ancienne colonie canadienne ou l\u2019ancienne colonie acadienne.La troisième partie porte sur l\u2019histoire des Acadiens qui bénéficièrent de l\u2019offre du gouverneur Murray, entre 1765 et 1775.Ils reçurent une terre gratuitement avec un congé de taxes pendant deux ans, ainsi que des provisions pour hes subvenir a leurs besoins pendant un mois a partir de leur arrivée.Au total, ce sont donc environ 3 143 Acadiens qui s\u2019installèrent au Québec après les déportations.Cela signifie que près de 27 % de la population acadienne s\u2019établit dans l\u2019ancienne colonie canadienne entre 1755 et 1775.Selon la thèse de Josée Bergeron, 74 % des Québécois ANS | d'origine canadienne-française ont au moins un ancêtre acadien.Ce qui correspond à 4,8 millions de Québécois qui ont des origines acadiennes ! Revue de la SPHQ | Printemps 2016 TRACES | Volume 54 no 2 53 5 2 | isd .cOté musées ?MUSEE POINTE-A-CALLIERE 350, Place Royale, Vieux-Montréal {Du 20 mai au 16 octobre 2016) Des chevaux et des hommes Le temps d\u2019une exposition, Pointe-à-Callière invite à admirer ce noble animal à travers le regard d\u2019un homme passionné.Le Musée présentera en exclusivité mondiale l\u2019exposition Des chevaux et des hommes \u2014 La collection Émile Hermès, Paris.Pour la première fois de son histoire, la maison Hermès a accepté de faire voyager plus de 300 objets remarquables issus du cabinet d\u2019amateur du 24, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.D\u2019une richesse inouïe, tant historique que patrimoniale, la collection retrace l\u2019histoire du cheval et de sa relation avec l\u2019homme.À ce jour, seuls quelques privilégiés ont pu visiter la collection conservée-à un étage réservé de la prestigieuse adresse parisienne.Au fil de l\u2019exposition réalisée par Pointe-à-Callière en étroite collaboration avec la maison Hermès, le visiteur viendra à mieux connaître la personnalité d\u2019Émile Hermès en prenant plaisir à découvrir sa collection.Cet amoureux du monde équestre et de tout ce qui s\u2019y rattache a collectionné sa vie durant des milliers d\u2019œuvres d\u2019art, tableaux, livres, objets rares et insolites, ou objets d'usage et de goût.Fondée à Paris en 1837, la maison Hermès voit le jour comme manufacture de harnacheur-sellier à l\u2019époque où le cheval est roi.C\u2019est sous la gouverne d\u2019Émile Hermès (1871-1951), petit-fils du fondateur, que l\u2019entreprise prend son essor, adaptant ses produits aux nouveaux modes de vie d\u2019une clientèle d\u2019élite.Tandis que l\u2019automobile prenait inexorablement la place du cheval dans le quotidien, le sellier devenu maroquinier et couturier d\u2019avant-garde sentit l\u2019urgence de sauvegarder le trésor menacé du patrimoine équestre.Selles, étriers, éperons et colliers d\u2019attelage du monde entier ne sont que quelques-uns des nombreux objets qui entraîneront le visiteur sur la piste du cheval et le feront chevaucher sur quatre continents, de l\u2019Antiquité à la Renaissance, et jusqu\u2019au XX* siècle MUSÉE QUÉBÉCOIS DE LA CULTURE POPULAIRE 200, rue Laviolette, Trois-Rivières (Jusqu'au 11 septembre 2016) En chair et en muscles \u2014 Le phénomène des hommes forts québécois Qui sont les hommes forts québécois ?D\u2019où vient ce phénomène ?Comment ont-ils marqué l'histoire et la culture populaire québécoise ?C\u2019est à ces questions que répond l\u2019exposition.L\u2019admiration vouée aux hommes forts semble intrinsèquement liée à notre l\u2019histoire et à nos racines.La force et les performances physiques « surhumaines » ont été valorisées par le peuple dès la colonisation française.La force humaine, nécessaire à la construction d\u2019un pays, a contribué à faire des hommes forts une sorte de modèle pour les populations et de façon plus marquée aux 19% et 20° siècles.L'exposition présente les facteurs historiques, sociologiques et culturels Revue de la SPHQ | Printemps 2016 Lele sal pes! edie! Jig! file aus quit Fr cha culture MUSÉE 4, côte 100 an Fn 19 fang Canad By Lipo dise fen che Uney Rel dong lich d'ordre mem linen (ete Tain \u201cee passionne le Horm, LTS Hong mori ton gi I ste | Dresiieuse el troie ur vendra a prenant de équestre JI ars 1 Dogue où le mis prend bil pena onde ent alse: do et le fron a cutie ec JEL ape outre ss Le phénomène des hommes forts connait son apogée a la fin du 19¢ et au début du 20° siècle.Perçus à la fois comme des amuseurs publics et des athlètes, leurs exploits se manifestent désormais lors de spectacles de variétés ou de représentations organisées qui se déroulent dans les parcs d\u2019attraction, les halls, les foires, les théâtres, etc.Très populaire.ce divertissement fait le délice des foules ! Pour se démarquer, certains hommes forts personnalisent des tours de force.Il s\u2019agit par exemple de proposer un lever particulier ou d\u2019utiliser d\u2019autres parties du corps comme le dos, la mâchoire, les cheveux, etc.Louis Cyr est certes l\u2019un des plus connus, mais plusieurs autres sont présentés dans l\u2019exposition.Nourrissant l'imaginaire collectif, les hommes forts, héros populaires québécois, ont légué un riche héritage et sont une source d\u2019inspiration privilégiée dans l\u2019art populaire, la musique, la littérature, les légendes et à l\u2019écran.L\u2019exposition En chair et en muscles permettra de découvrir l\u2019univers des hommes forts québécois et la façon dont ils ont marqué la culture populaire au Québec.MUSÉE ROYAL 22° RÉGIMENT 1, côte de la Citadelle, Québec (Exposition permanente) ÿ La Citadelle 7 de Québec MUSÉE ROYAL 22° RÉGIMENI 100 ans d'histoire du Royal 22° Régiment En 1914, lors de la Première Guerre mondiale, le 22° Bataillon canadien- N français voit le jour en réponse à la demande populaire.Il permet aux Canadiens français de servir dans leur langue.Des francophones du Canada et des États-Unis joignent ainsi le 22° Bataillon (aujourd'hui le Royal 22° Régiment) et vont combattre en Europe.L'exposition permanente « Je me souviens » suit l'épopée du « 22 » à travers les moments marquants de ses 100 ans d'histoire et la vie des militaires qui ont formé et forment cette unité d'infanterie.Des bornes interactives présentent l'aventure humaine des militaires avec des témoignages, des vidéos d'archives, des cartes de bataille interactives, et des objets jamais exposés auparavant.Un espace est consacré à l'histoire de la Citadelle de Québec, de l'époque de la Nouvelle-France jusqu'à l'arrivée du Royal 22° Régiment sur le site, en 1920.Le patrimoine militaire bâti de la Citadelle est aussi valorisé grâce aux voûtes d'origine de la casemate Est, bâtiment historique où se trouve le Musée, et dans les bornes d'interprétation traitant de l'architecture de la Citadelle.Dans une ambiance solennelle, la salle « Honneur et mémoire » présente la collection d'ordres, de décorations et de médailles du Musée.Avec plus de 300 ensembles de médailles ayant appartenu à des membres du Royal 22° Régiment, la salle « Honneur et mémoire » permet au public de découvrir l'homme derrière l'ensemble de médailles grâce aux biographies accessibles sur des bornes interactives.Cette exposition a été rendue possible grâce au soutien financier de Direction Histoire et Patrimoine de la Défense nationale et de donateurs.MUSÉE DES HOSPITALIÈRES 201, avenue des Pins Ouest, Montréal De pierre et de foi : Les Hospitalières de Saint-Joseph et l\u2019Hôtel-Dieu au pied du mont-Royal 1861-2016 Au moment où l\u2019hôpital quitte ce lieu, l\u2019exposition De pierre et de foi évoque l\u2019histoire et la vie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, longtemps animé par la foi, la charité et le travail des Hospitalières ainsi que par de compétentes équipes de soin.Dès aujourd\u2019hui, découvrez avec intérêt l\u2019équipe des soignants, l\u2019évolution scientifique et les bâtiments de l\u2019Hôtel-Dieu de 1861 à 2016.Musts DES HOSPITALIÈRES BL BOIL NAL DO MOSTES AS Administratrices depuis 1676, les Hospitalières doivent céder en 1967 le terrain et les bâtiments de l\u2019hôpital à la corporation de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, constituée par la Loi des hôpitaux de 1962.Elles détiennent trois sièges au conseil d\u2019administration jusqu\u2019en 1996, au moment où l\u2019Hôtel-Dieu est intégré au CHUM.Revue de la SPHQ | Printemps 2016 TRACES | Volume 54 no 2 55 Formulaire d\u2019adhésion Devenez membre de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec dès maintenant et recevez gratuitement les quatre numéros annuels de la revue Traces.IDENTIFICATION NON! eects sree esses sess eres sees PrENOM © oer sees esses errors Nom de l\u2019organisme (s\u2019il y a lieu) : Adresse : VIE © ets sesso serene esses settee nesses essere Code postal : ee PPOVINCE © orescence mss sesso sree PAYS © orescence eee Téléphone : Courriel : FONCTION OU ORGANISME AN , O Établissement d\u2019enseignement D Enseignant O Directeur d\u2019école oo 0 Commission scolaire Conseiller pé Q Étudiant D Conseiller pédagogique CJ AUF © oer ORDRE D'ENSEIGNEMENT O Primaire O Secondaire D Collégial 0 Universitaire OI Autre : COTISATION 1 AN 35 $ Étudiant ou retraité 65 $ Enseignant 75 $ Organisme ou institution 2 ANS 65 $ Étudiant ou retraité 125 $ Enseignant 145 $ Organisme ou institution MODE DE TRANSMISSION Retourner le formulaire rempli accompagné d\u2019un chèque à l\u2019ordre de la SPHQ à l\u2019adresse suivante : Madeleine Vallières, trésorière 36, rue Frost, CP 48 Fort-Coulonge (Québec) JOX 1V0 Ce formulaire est également disponible sur le site : http://sphq.recitus.qc.ca TRACES | Volume 54 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2016 mecs J 25 ne ns ms \\ v ent f jon u ution E ps W se nee tick aa 4 po 7 = A LÉ A = >, ça ier Fm J Se \u2014 fiir TT.Ze ZL Te esp SEE re ten Adresse de retour \u2014=1 er; mite ct \u2014 \u2014_\u2014 af 2 = EN y Longueuil, QC, 14) 3X1 1 = POSTES PUBLICATIONS »- Gi ee A EA = > x N ! ) x A j =.ê ES Tan.¥ % PE = oy = SPHQ, 1319-A, Chemin de Chambly 3] = al = He tions ms oe pam Sas NUMERO DE CONVENTION 40044834 PERS RÉ, \u2014 > pot ; 2 or ee E a ! Le 2 Serre me === = I= og FF ee = ~ be A = à me = EY à Fd D Fa 7 ji] a ah] N CF La { 3 of Et TES iE oa te Zs -% 3A] I g re rn Tn Pry tn oC \u2014 | et ie Æ# Cac : x @ I ON mes \u2014 Sm em O SIÈBE« dns im J a LE Lo bla ae a Te cna eT ye ah pe = PS NS La vas A I see + «6 GA SL Er nt py \u2014 a a DESTINATAIRE 5 2 \u2014 - eal TRS 2> & 3 fy, = = Sen ao 22 = TiS ÊTES tal CN L oF A de SN æ $ \u2014at ry NE =.5 CL F : td (OE v v & KR A \u201cai : = OS aid "]
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