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Titre :
L'avenir
Éditeur :
  • Montréal, Québec :[L'avenir],1847-1857
Contenu spécifique :
samedi 8 juillet 1848
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Sauvage
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L'avenir, 1848-07-08, Collections de BAnQ.

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[" Juillet, 8 1848.Bureau, 122;, Rue St.Paul, a Montreal.Vol.2, No.56.L\u2019AVENIR Paraît tous les MERCREDIS et SAMEDIS au matin.ABONNEMENT.Pour six mois, Pour un an, 1e 15 .L\u2019abonnement est invariablement payable d\u2019avance JOURNAL .VAVENIR, PUBLIE BANS LES INTERETS DE LA JEUNÉSSE.ANNONCES.Prix: Six lignes et au-dessous, première insertion.Dix lignes et au-dessous, premiére insertion.Au dessus par lignes.Toutes insertions subséquentes, le quart du prix.Déduction libérale faite sur les annonces à être publiée longtems.2 3 nu PUBLIÉ PAR UNE SOCIÉTÉ | EN COMMANDITE DE JEUNES GENS.POESIE CANADIENNE.LA MERE SOULIOTE.(TRADUIT DE L\u2019ANGLAIS.) [Pour I\u2019 Avenir.] C\u2019était au tems du célèbre Ali de Tebelen, Pacha de Janina.L'armée turque avaient envahi les défilés des montagnes.de Souli.Son approche avait contraint un grand nombre de femmes de ce pays de se réfugier sur un pic élevé.Là, on dit qu\u2019elles se prirent à chanter des chants de fête; et que, quand l\u2019ennemi fut en vue, elles se précipitèrent, elles et leurs enfins, du sommet du rocher, pour éviter de devenir les esclaves des Ottomans.Du roc perdu dans le ciel bleu Elle était sur la large cime ! Elle souriait à l\u2019abîme, Son œil noir s\u2019injectait de feu ! .< Le vois-tu, disait-elle, enfant, sous les pins sombres ?« Vois-tu sa claire armure étinceler, là bas ?« Vois-tu son fier cimier ondoyer, dans les ombres ?« Doux\u201dfils, que je berçai sur mon cœur, dans mes bras, « Pourquoi tressailles-tu?Cette vue, O misère ! « Te coûta, l\u2019autre jour, un père !\u201d Sous leurs pieds, dans le val rocheux, Les guerriers de la Selleïde Ne cédaient au sabre homicide, Qu\u2019en semant la mort autour d\u2019eux ! « Il passe le torrent! Le voilà qui s\u2019avanee ! « Malheur à la montagne, à nos pâles foyers ! « Là, le hardi chasseur s\u2019appuyait sur sa lance ! « Là, retentit le son du luth des caloyers ! « Là, mes chants t\u2019endormaient ! Mais le Turc sanguinaire « Nous chasse au bout du cimeterre !\u201d On entendait dans le vallon, Dans les airs et sur la montagne, Ces hautes clameurs qu\u2019accompagne La voix stridente du clairon ! « Ecoute ! ce sont eux ! oh ! l\u2019étrange harmonie ! « Qu\u2019annonce la trompette aux roches de Souli ?« Qui donc enflamme ainsi ta paupière brunie ?« Qui donc fait que ton front, tout-à-l\u2019heure, a pâli ?«Enfant, ne frémis pas ! Les épaules du brave « N\u2019ont jamais ployé sous l\u2019entrave !\u201d Et la raffale, tour-à-tour, Mêélait le cliquetis des armes, Les hurlemens chargés d\u2019alarmes Aux sourds roulemens du tambour ! « Entends tu les éclats de leur rire sauvage ?\u201c Mon fils, Dieu te fit libre au jour que tu naquis ! \u201c Ton père te légua sa gloire et son courage ; « Il t\u2019aima, te bénit, comme je te bénis ! « Et nous, qu\u2019il chérissait, nous porterions la chaîne ! \u2026 \u201c Nous n\u2019en serons pas à la peine !\u201d Lorsque de l\u2019abrupte sommet Le fils et la mère bondirent, Deux longs cris de mort s\u2019entendirent ! Puis, le val redevint muet ! J.LENOIR.Montréal 20 Mai 1848.CORRESPONDANCES.M le Directeur, Depuis mon premier écrit, j'ai continué à suivre avec attention ce qu\u2019on a eu la prétention d\u2019appeller la discussion, expression que vous avez eu la condescendance de répéter.Jai surtout lu votre journal avec une serupuleuse défiance, parceque nos grandes gazettes me disent depuis longtemps que vous êtes un brandon de discorde, un boute-feu, et bien d\u2019autres gentillesses encore, de sorte que je vous crains comme le diable craint l\u2019eau bénite.Je vous écris maintenant le résultat de mes observations faites dans le calme et le silence religieux de la campagne.\u2018\u2018 LE TRAVAIL TRIOMPHE DE TOUT \u2019* Jusqu\u2019à il y a quelques jours, la question n\u2019avait point avancé d\u2019un pas, et je voyais toujours des mystères dans la Minerve, des fariboles dans le Journal de Québec, des injures dans la Revue.Je ne parle pas des Mélanges Religieux ; le nom seul du Journal m\u2019a toujours fait croire que la politique n\u2019était pour lui qu\u2019une affaire d\u2019enrégistrement, comme les mariages et les décès, et qu\u2019il ne fesait que répéter ses confrères politiques; d\u2019ailleurs, j\u2019ai si souvent entendu et lu que rien n\u2019est plus mauvais que de mêler la religion à la politique ; cette alliance de deux principes qui sans être ennemis doivent êtie étrangers, avait été pour le vieux monde une source si féconde de malheurs, de tyran- nics, que j'ai toujours eu une répugnance invincible à faire de la politique avec un Journal qui nous prie au nom de la religion de n\u2019avoir pas d\u2019autres opinions politiques que les siennes.- Je laisse donc les Mélanges en prières, à genoux, et je passe aux autres que j\u2019ai déjà nommés.J'ai donc fait, il y a quelques jours, l\u2019analyse de ces grandes gazettes, et j'ai trouvée pour résultat: Minerve: O Revue: O Journal: O total: rien.Voilà à peu près le progrès qu\u2019elles avaient fait alors dans la discussion de la question.Je croyais qu\u2019il était impossible d\u2019aller plus bas, mais je comptais sans le thermomètre politique qui leur permet de descendre audessous de zéro.lls ont usé de ce moyen là que personne ne leur enviera, et voici comment.Appuyé sur le manifeste de la réforme et du progès, vous demandez la réforme électorale basée sur la population, telle que demandée si souvent par la Minerve, le Journal et la Revue, il ya quelques mois.D\u2019abord, on vous répond que vous êtes des brouillons, des impraticablès.Puis, poussée un peu plus loin, la Mimærve vous dit : mais quand me stüis-je prononcée contre la riforme électorale ?Quelle es- cobardise ! elle a bien soin de ne pas dire qu\u2019elle se pro- fonce pour la réforme, mais qu\u2019elle ne se prononce pas tontre, elle ne dit pas même de quelle réforme elle entend parler, si c\u2019est une simple augmentation de la représentation égale pour les deux provinces, ou une réforme juste et vraie, basée sur la population.C\u2019était un premier pas dans l\u2019ombre, en arrière du manifeste de la réforme et du progrès, c\u2019était pour sonder un peu l\u2019opinion publique, pour l\u2019habituer peu à peu aux monstruosités qu\u2019on lui a débitées plus tard.Ici quelques jours de réflexion pour ne pas étouffer le lecteur bénévole ; on lui fait prendre la dose goutte à goutte.Dans l\u2019intervalle, la Minerve convoque ses bons enfans au foyer maternel, et leur tient à peu près le joli discours suivant : mes chers enfants, nous nous trouvons aujourd\u2019hui dans une position passablement bête; en bonne mère, je dois vous donner mes avis que vous devez écouter avec déférence ; voici l\u2019affaire.IL y a quelque mois tous les libéraux du Bas-Canada ont demandé dans un manifeste certaines réformes qui nous sont absolument nécessaires.Nous avons tous applaudi en chœur à ce manifeste ; nous l\u2019avons prôné, prêché à tout le pays cent et cent fois.La principale réforme demandée est la réforme électorale basée sur la population ; c\u2019est celle que nous avons reclamée avec le plus de zèle et de chaleur, celle que nous avons le plus à cœur.Mais voila-t-il pas que P Avenir s\u2019avise de demander cette réforme lui aussi?Alors la question est bien changée ; il faut que ce soit quelque chose de bien mauvais puisque l\u2019Avenir la demande ; il faut donc s\u2019entendre et prendre les moyens de détromper le public là dessus.II est impossible de parler directement contre la réforme demandée, ce serait une contradiction trop choquante, on nous écraserait de suite.Mais une vieille commère comme moi trouve toujours des expédients, en voici un qui n\u2019est pas tropbête.Le dernier recensement a été incorrect, on ne con- nait pas la population de chacun des Canadas ; dites que la population du Haut-Canada est supérieure à la nôtre, que l\u2019emigration qui va toujours croissant, lui donne chaque année une nouvelle force, une nouvelle vigueur.Ne dites pas la majorité trop forte, on n\u2019en croirait rien, mettons par exemple, 20,000, ce n\u2019est pas grand\u2019chose\u2014 Mais, dit la Revue, il n\u2019y a pas eu d\u2019émigration depuis le printemps de 1847, et il faudrait avouer que nous nous sommes lourdement trompés il y a six mois, il y a deux, trois mois, il y a un mois, que nous mentons grossièrement aujourd\u2019hui ; notre manifeste disait il y a quelques mois que notre population était beaucoup plus forte que celle du Haut-Canada, nous l\u2019avons tous répété, et la population du Haut-Canada ;n\u2019a pas pu augmenter si rapidement d\u2019un jour à l\u2019autie.C\u2019est impossible, nous nous trouverons dans la triste alternative que j'ai déjà signalée, et l\u2019on nous rira au nez.On nous dira : tout le parti libéral s\u2019est donc lourdement trompé, s\u2019est ridiculement compromis ?La Minerve, habituée à ces brusqueries, réplique avec le plus grand sang-froid :\u2014ça ne fait rien, vous verrez.Eerivez que notre population est moindre que celle du Haut-Canada et qu\u2019aussi c\u2019est une absurdité, une sottise de demänder une réforme basée sur la population.Moi, je vais attendre un peu: je persisterai RÉDIGÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATEURS.a dire que je ne me suis pas encore prononcée contre la réforme, (en évitant soigneusement de me prononcer pour) ; je reproduirai vos articles en les recommandant à la plus sérieuse attention de mes lecteurs ; et enfin, quelques jours plàs tard, je frapperai le grand coup; je me prononcerai comme vous contre la réforme électorale, et tout sera fini.\u201d\u2014 Très bien ! très bien ! bené trovatum ! s\u2019écrient le Journal et la Revue qui retournent à domicile avec ces instructions.Qui fut dit fut fait; le Journal de Québec, la Revue et la Minerve ont strictement suivi la marche que je viens d\u2019indiquer.N antenant, comment vont-ils concilier cette nouvelle doc- \u2018ne avec celle qu\u2019ils professaient il y a quelques jours, comment vont-ils excuser l\u2019échauffourrée de tout le parti Hi- béral qui demande une réforme si contraire à nos intérêts ?Quelle confiance devons-nous avoir dans les chefs qui demandent une réforme qui doit nous donner la mort, quelle confiance dans la presse qui leur fait écho pendant une année ?Car ne perdons par de vue que les choses sont au- jourd\u2019hui dans le même état que lors du manifeste et que si la population du Haut-Canada est aujourd\u2019hui supérieure à la nôtre, elle l\u2019était aussi lors du manifeste, parceque l\u2019émigration ne l\u2019a pus recrutée depuis un an.Personne ne prétendra que la population du Bas-Canada étant supérieure à celle du Haut, il y a six mois, de cent mille âmes, le Haut-Canada ait pu dans le cours de ces six mois, sans le secours de l\u2019émigration augmenter de cent vingt mille ames.Vous voyez que ¢\u2019a saute aux yeux, que ç\u2019a n\u2019a pas le sens commun.Pour suivre une telle ligne de conduite, il faut avoir le plus profond mépris pour l\u2019opinion publique, et une bien pauvre opinion du bon sens de ses compatriotes, \u2014 Et vous avec l\u2019effronterie de vouloir diriger l\u2019opinion publique avec de pareils moyens?J'avais done bien raison de dire que loin d\u2019avancer, nos profonds publicistes avaient rétogradé, étaient descendus audessous de zéro.L\u2019 Avenir parle du rappel de l\u2019Union \u2014la Minerve, le Journal et la Revue lui disent: ne parlez pas du rappel, nous aurons la réforme électorale et ç\u2019a nous suffit.IL\u2019Avenir parle de la réforme électorale, et les autres de s\u2019écrier en chœur: OÔ Pinfaime Avenir! voila qu\u2019il parle dela reforme électorale ! Où est la consistance, où est l\u2019honnêteté, où est le patriotisme ?Est-ce dans l\u2019Avenir qui persiste à suivre franchement et loyalement le programme du parti libéral, ou dans les autres qui renient, qui repoussent, ce programme qu\u2019ils ont fait, qu\u2019ils regardent comme absurde et ridicule ce qu\u2019ils ont dit et fait il y a quelques mois à peine 1 Il y a méprise ; à cette époque, il pensaient et agissaient bien, aujourd\u2019hui ils agissent et pensent mal.Is mentaient hier ou ils mentent aujourd\u2019hui : il n\u2019y a pas de milieu, et je crois que c\u2019est aujourd\u2019hui qu\u2019ils mentent.Je termine ici pour aujourd\u2019hui ; que le public juge de quel côté est la VÉRITÉ.Rouville, 28 juin 1848.M.le Directeur, Les événements de 1837 sont maintenant du domaine de l\u2019histoire et chacun en peut raisonner comme bon lui semble.Le passé est un enseignement pour l\u2019avenir.Le Dr.Nelson a été regardé comme un des plus chauds patriotes de 1837.C\u2019est un de ceux qui ont le plus contribué par la violence de ses discours, l\u2019ardeur de son dévouement à la cause patriotique à amener les troubles de 37.A l\u2019assemblée des cinq comtés lui, Cote et Girod se sont fait remarquer par la hardiesse de leur paroles ; tous ceux qui étaient présents se rappellent qu\u2019ils firent pour ainsi dire, violence à M.Papineau, en insistant sur la nécessité, l\u2019urgence de s\u2019armer ; ce sont eux qui ont le plus parlé de balles et de fusils.M.Papirieau a dit et répété tant qu\u2019on a voulu l\u2019entendre, que le seul moyen d\u2019amener l\u2019Angleterre à nous rendre justice, c\u2019était de s\u2019abstenir d\u2019acheter ses marchandises ; que le peuple anglais étant un peuple commerçant, le commerce était tout puissant en Angleterre, que si les marchands voyaient leur commerce en baisse à cause du mauvais gouvernement dont le pays se plaignait, ils se plaidraient à l\u2019Angleterre, conseilleraient d\u2019accorder justice et l\u2019obtiendraient.M.Papineau avait raison.Mais non, les grands férailleurs voulaient se battre à toute reste.Eh bien ! ils se sont battus et ont eu les chances de la guerre, tantôt vaincus, tantôt vainqueurs.Mais la guerre, la prison et l\u2019exil ont fait sur les esprits des impressions différentes ; et je trouve qu\u2019il y a des gens qui sont trop lâches aujourd\u2019hui de ce qu\u2019ils'étaient trop braves en 1837.Quand un homme risque ses biens et sa vie avec connaissance de cause et par conviction, il est respectable et doit inspirer de la confiance à ses concitoyens.S\u2019il le fait étourdiment, sans réflexion, sans raisonner, sans s\u2019assurer qu\u2019il a des motifs suffisants pour l\u2019acquit de sa conscience, v\u2019il entraine dans sa ruine des milliers de ses concitoyens, il estun grand criminel ou un grand fou.Le Dr.Nelson que l\u2019on citait comme le modèle des vrais patriotes, vient nous dire en 48, comme s\u2019il avait honte de sa gloire passée : « Je ne suivrai pas aveuglément les désirs de M.Papineau comme je l\u2019ai fait en 1837,\u201d et il veut rejetter sur M.P.tout le blame des événements de 37.Mais alors le Dr.Nelson, avait une femme et des enfants, il était d\u2019un âge mir, il était à la tête d\u2019un grand établissement manufacturier, où il avait engagé ses capitaux et plus de ceux de ses créanciers peut être que des siens ; car outre des premiers frais considérables, il avait, au tems de l\u2019insurrection, beaucoup de grains pour être manufacturés en whiskey ; il avait payé une partic de ces grains avec des billets négociables et négociés par la plus part; il avait même émis, à un montant assez fort, des billets pour le change et il savait que la plupart de ces billets étaient entre les mains des pauvres et des habitants ; il connaissait donc la perte énorme qu\u2019il allait faire subir à ses créanciers, et au public ; il avait une grande influence dans son comté et dans les comtés voisins ; il savait le trouble où il allait jetter tout le pays.Il avait donc tout les motifs du monde les plus puissants et les plus graves de prendre sa tête à deux mains et de réfléchir profondement avant de se jeter dans le parti violent qu\u2019il adopta.I aurait du penser qu\u2019il n\u2019était pas militaire, qu\u2019il n\u2019avait pas de militaires sous sa main \u2014on n\u2019est pas général parce qu\u2019on en prend le titre\u2014il faut avoir été soldat pour être bon général ; il devait savoir qu'il ne renverserait pag un gouvernement d\u2019un coup de main.Aucune de ces graves considérations n\u2019est entrée dans la tête du Dr.Nelson, tête toujours bouillante ; il a ruiué les siens, ruiné ses créanciers, conduit à la prison, à l\u2019exil, à la mort un grand nombre de ses compatriotes ; il a couvert le pays de ruines et de cendres, et aujourd\u2019hui il vient nous déclarer qu\u2019en 37 il allait en politique comme un âne va au marché\u2014comme on le meéne\u2014c\u2019est son aveu.Mais en 48 il est un tout autre homme ; il est mûri par l\u2019âge et l\u2019expérience ; il voit le danger où il n\u2019y en a pas, son imagination frappée lui interdit même l\u2019apparence de résistance même la plus constitutionnelle ; il pense à sa famille, à ses créanciers, ou il pense pour lui ?En 37 le Dr.N.a fait la guerre avant d\u2019y avoir réfléchi, il a fait ses réflexions aux Bermudes, et se croit converti.Moi, je dis non ! car je trouve qu\u2019il a en 48 la même tête, je trouve qu\u2019il a dans le ton, dans les allures, dans la iscussion, tous les mêmes symptômes physiques et intellectuels de violence et de passions haineuses, entrainantes, indomptables qu\u2019il exhibait en 37.Eh bien ! qui peut nous assurer qu\u2019aujourd\u2019hui il n\u2019est pas un instrument avew- gle et furieux dans la main du gouvernement, du ministère ou de quelques autres ambitieux?Il nous déclare qu\u2019il s\u2019est battu en 37 pour les droits du peuple ; mais qu\u2019il l\u2019a fait en aveugle ; aujourd\u2019hui il combat pour assurer à la race anglaise un ascendance stable et permanente sur la race canadienne-française.Quoique ce ne soit pas tout à fait surprenant de la part d\u2019un anglais, il est pourtant trop bon homme pour le faire par malice et avec connaissance de cause.Dans quelques années nous sauronsqui lui ti- Tait la ficelle en 1848.Nous saurons alors de qui il était l\u2019instrument aveugle.On doit le regarder comme tel sur son aveu malgré tout ce qu\u2019il dira au contraire.On ne sait quand il découvrira le moteur qui le fait aller dans ce moment.En 37 n\u2019auraît-il pas pourfendu d\u2019un coup de sabre (ou d\u2019un coup de lancette) celui qui l\u2019aurait accusé d\u2019être une machine que M.P.mettrait en mouvement ?en 48 il en convient.Je n\u2019ai aucune confiance dans un chef aveugle surtout quand il a le cerveau exalté comme le Dr.Nelson l\u2019a encore, et comme il l\u2019a toujours eu.Le Dr.N.accuse M.P.de l\u2019avoir abandonné, d\u2019avoir fui, d\u2019avoir agi lâchement en 37.D\u2019abord jai trop de connaissance de ce qui s\u2019est passé alors pour admettre la vérité de ce reproche.M.P.a agi de concert avec Dr.N.et Dr.O\u2018Callaghan ; le simple fait que M.P.et le Dr.O\u2018Callaghan se sont retirés dans l\u2019intérieur du pays (sur St.-Hya- cinthe et St.-Pie) au lieu de remonter la Rivière Chambly qui était libre alors, qu\u2019ils ne sont sortis du pays qu\u2019après la bataille de St.Charles et presqu\u2019en même terms que le Dr.Nelson, annonce que les mouvements de M.P.n'étaient pas une fuite.On ne reste pas cinq jours dans la même place, on n\u2019attend pas que presque toutes les issues soient fermées quand on fui.Personne n\u2019a regardé M.P.comme lâche dans ces démarches d\u2019alors ; ce qu\u2019il dit est vrai, il répète aujourd\u2019hui ce qu\u2019il a dit en 37 et 38.Mais pourquoi en supposant le fait vrai) pourquoi le Dr.N.attaque-t-il 1.P.seul ?Dans son discours de portes d\u2019Eglises, le Dr.N.ne nomme pas, il parle à mots couverts, il ne nomme pas tous les hommes qui lui ont mis le cerveau en ébullition en 37 et qui l\u2019ont lâchement abandonné (dit-il) il parle en termes généraux.C\u2019était mal dans la circonstance actuelle.Aussi à la fin de son discours écrit dans la Minerve, il s\u2019apperçoit, ou on lui fait appercevoir, qu\u2019il n\u2019est pas bon de tr dans des généralités; en effet ces allusions peuvent tomber sur M.Lafontaine, sur la bravoure, la consistance et la fidélité duquel on a eu des doutes raisonables, (ici et en Angleterre parmi nos amis) au sujet des affaires de 37, sur M.Morin, sur M.Cartier, sur le propriétaire de la Minerve, bonne pate d\u2019homme luiqui aussi se conduit par le principe \u201c Va comme je te pousse,\u201d et sur combien d\u2019autres ! Le Dr.N.avec une subtilité rare déclare à la fin de son discours que les allusions méchantes qu\u2019ils a faites sur certains personnages daches ne tombent que sur ceux qui Pont attaqué ! Bon là! autant vaudrait dire : \u201c Je reconnais ur les braves et honnêtes gens de 37, tous ceux qui me flattent ou qui me mènent aujourd\u2019hui.Quand le bandeau me tombera des yeux, je saurai bien leur reprocher leur lâcheté et tout ce qu\u2019ils ont fait d\u2019impropre.Messieurs, ménagez le Dr.Vous voyez sa force ! et tremblez ! ! M.Papineau vient-il en 48 renier son passé ?non pas ! 11 nous dit: depuis 30 ans j'ai combattu pour faire obtenir aux Canadiens la somme de droits constitutionnels et de li- L\u2019AVENIR.\u2014 JUILLET, 1848.bertés qui leur appartient comme sujets anglais.Je l\u2019ai fait avec l\u2019assistance de mes nombreux amis et avec l\u2019appui de mes compatriotes: En 37 les ennemis du peuple, en sortant des bornes de la constitution ont malheureusement en- trainé sur leurs pas quelques uns de nous, Quoique je déplore plus qu\u2019aucun autre les malheurs de cet époque de notre histoire, je dois dire qu\u2019ils nous ont beaucoup valu et que le sang de nos compatriotes n\u2019a pas tombé sur une terre stérile.L\u2019Angleterre a été forcée d\u2019ouvrir les yeux.Elle nous a accordé une forme de gouvernement, dit responsable, que Je ne considère que comme un aveu de ce que nous avons droit de lui demander.En nous accordant ce simulacre de gouvernement responsable, elle l\u2019a fait de manière à nous faire sentir amèrement que nous n\u2019étions pas à bout de nos peines avec elle.Elle nous a donné un système de gouvernement despotique.Car elle a soumis les Bas-Canadiens qui sont la majorité aux Haut-Canadiens qui sont la minorité.Elle nous a chargés de la dette du Haut-Canada et a proserit notre langue.Il nous reste donc à reclamer contre des injustices plus criantes que celles dont nous avons eu jusqu\u2019ici à nous plaindre.Je vous ofire toute l\u2019assistance que je puis vous donner.Je marcherai avec le peuple et avec son assistance.Qu\u2019il dispose de moi.Bien des choses me font croire que ceux qui sont préposés à la garde de vos intérêts et qui devraient reclamer énerciquement le rappel de Union ou an moins des clauses gui vous sont particulièrement préjudiciables et qui vous pèsent le plus, sont trop engagés dans cc mauvais système de gouvernement pour agir avec énergie et consistance.Je n\u2019aurai de con- flance en eux qu\u2019en autant qu\u2019ils me prouveront qu\u2019ils ont à cœur vos intétêts et j'attends d\u2019eux des preuves pratiques de leurs bonnes intentions et non des promesses indéfinies.Voilà ce qu\u2019il dit; Et il pourrait ajouter avec vérité, je pense : En 37, j'ai pu voir que des hommes qui faisaient profession d\u2019être de mes amis, qui disaient suivre mes avis et exécuter mes plans, me décriaient en arrière, et me traitaient de tyran et de despote, quand je ne faisais tout plier devant moi, que comme chef de votre nationalité, je mettais à exécution ce qui avait été résolu entre nous, après mûre délibération ; je n\u2019ai jamais essayé de bâillonner personne ; jai toujours voulu la bre discussion, je n\u2019ai jamais aspiré à régner dans un royaume d\u2019aveugles ou de muets.\u2014 Dans le malheur j'ai pu connaitre encore mieux ces dispositions à moi hostiles.J'ai résolu de leur laisser la place pensant qu\u2019ils pourraient faire le bien du pays.J\u2019ai été trompé dans mon attente comme beaucoup d\u2019hommes bien pensants.Quand l\u2019Angleterre vous imposa l\u2019Union sans vous consulter, l\u2019inaction du peuple, son refus passif de prendre part'à cette forme nouvelle de gouvernement embaras- sait l\u2019Angleterre et plus particulièrement le gouvernement du Canada.Vous lui étiez alors un Boulet au pied, force lui fut done d\u2019implorer votre ccopération sans laquelle tout était arrêté, sans laquelle l\u2019Union devenait fatale à ceux qui vous l\u2019avait imposée.Le gouvernement s\u2019adressa alors à M.Lafontaine.Ce monsieur avait beau alors à imposer au gouvernement des conditions suffisantes pour garantir vos droits.Il n\u2019en mit aucune importante à son acceptation du pouvoir et de l\u2019ordre nouveau.C\u2019est là que M.Lafontaine s\u2019est lié d\u2019une manière fatale,c\u2019est là ce qui a compromis vo- treexistence politique Je l\u2019ai pensé ainsi alors que j\u2019étais en France.M.John Neilson, de Québec, homme bien versédans la politique du pays, vous donnait, dans la Gazeite de Québec son opinion dans le même sens ; c\u2019est-à-dire, il considérait le nouveau ministère (le ler Ministère Baldwin-Lafontaine) comme un replâtrage ; le Bas-Canada y était en minorité ; il n\u2019avait}pas été pourvu à ce que leBas-Canada eut sa part légitime de représentation etc, etc.Eh bien ! Je trouve aujour- d\u2019hui qu\u2019au moyen de cette adhésion sans conditions au nouveau gouvernement on a grandement compromis nos intérêts ona rendu notre situation pire qu\u2019elle n\u2019était avant.Si vous en doutez lisez le Pilot organe ministériel du Haut-Canada et dites moi si huit jours avant l\u2019acceptätion du pouvoir par M.Lafontaine pour la première fois, un journal du gouvernement aurait osé publier ce que le Pilot vient de publier contre le rappel de l\u2019Union et d\u2019aucune des clauses du bill d'Union à vous préjudiciables?Voilà ce qu\u2019il pouvait dire.La question du jour est une question d'hommes.Nous demandons que le nombre de représentants soit basé sur lè nombre d\u2019électeurs dans la province, c\u2019est à dire, nous voulons mettre tous les électeurs sur un pied d\u2019égalité.Les ministres (du Bas-Canada au moins) le veulent dit-on.Eh bien ! que le pays en masse se lève ct que les ministres puissent dire: \u201c Voyez si nous sommes souteuus !\u201d Croit- on que le silence de la presse et l\u2019apathie du peuple sur cette grande question, question sur laquelle nos ministres en corps ne seront pas d\u2019opinion unanime, question sur laquelle le ministère se brisera, seraient d\u2019un grand secours à nos ministres?En Angleterre l\u2019opposition triomphe-t-elle par le silence ou par l\u2019agitation du peuple ?La clameur du dehors n\u2019entre-t-elle pour rien dans le triomphe des réformistes ?Toutes les réformes sont dues à l\u2019agitation.Montrez nous un seul succès dû au mutisme du peuple.Qu\u2019est ce que la presse à jamais obtenu quand elle s\u2019est laissé bâillonner ?Mais, dit-on, vous avez confiance au ministère, attendez done qu\u2019il agisse.C\u2019est justement parceque nous avons confiance dans le ministère que nous lui demandons nos besoins ; à quel saint le peuple s\u2019adresse-t-il ?à celui en qui il a confiance.Jamais il ne s\u2019adresse au diable.Aujour- d\u2019hui il expose ses besoins aux ministres, que les ministres portent leurs demandes au conseil, devant la chambre et en Angleterre il répondra à la confiance que Pon a en eux.Qu'ils nous disent \u201c demandez à grands cris !\u201d et nous nous appuirons sur nous pour demander.Mais qu\u2019il ne cherche pas à nous bâillonner.\u2014 Le peuple se sert des hommes pour son avantage.Ne croyez pas qu\u2019il suit tel on tel homme! Non! il pousse devant lui, il porte sur ses bras tel ou tel homme dont les talents et la capacité lui sont nécessaires.Si ces hommes cessent de répéter le cri du peuple, le peuple les lache et ils retombent par terre.M.Papineau répète aujourd\u2019hui le eri du peuple, le peuple le soutient, demande que la race canadienne-Française soit délivrée du joug que lui impose la race Canadienne-Anglaise ; il demande droits égaux dans la représentation.Quelque soitle passé de M.Papineau, quelles ques soient les doutes que vous soulevez contre lui, quelques soient vos calomnies ou vos accusations, il n\u2019en est pas moins aujourd\u2019hui l\u2019homme qui représente frar- chement, bravement et patriotiquement la pensée du peuple ; il a placé la politique du jour surun terrein si beau, si vaste que tout le monde peut l\u2019y suivre et combattre avec lui.Ceux qui ne le suivent pas, qui veuleut nous diviser par des questions d\u2019hommes et d\u2019intérêt sont nos ennemis.Ils prennent le parti tory ils soutiennent que la minorité doit commander à la majorité.Vous n\u2019oterez à M.P.ni ses talents, ni son amour de son pays et de sa nation.M.Nelson qui l\u2019oppose dans l\u2019intérêt tory a tiré d\u2019un seul mot et sans s\u2019en appercevoir la ligne de démarcation entre lui et M.Papineau, entre le peuple et lui.En entrant dans le Canada, en revenant de la Bermude, il a dit à d\u2019anciens amis: \u201c Si je n\u2019avais pas été anglais, j'aurais été pendu.\u201d mot fatal! Combien il dut réveiller d\u2019amertume dans des cœurs canadiens contre l\u2019Angleterre ! quel abyme il met entre Dr.Nelson et le peuple ! ANTI-UNIONAIRE.14 juin-1848.(Les Mélanges Religieux.) M.le Directeur, L\u2019organe du parti Cauchon, Les Mélanges Religieux, trouve fort à redire à l\u2019article de l\u2019Averir sur la nomination de M.Coursol à la place de Coroner à Montréal.Entre autres choses, il dit au sujet de ce monsieur: \u201c M.Coursol \u201c est un avocat, qui déjà s\u2019est acquis au barreau une cer- \u201c taine renommée, par son éloquence ! ! sa manière habile ! \u201c de plaider les causes tant civiles!!! que criminelles !, et \u201c sa facilité à les gagner ! ! ! 1 Je remercie Porgane du parti Cauchon de m\u2019avoir fourni le style jusqu\u2019à présent ; je vais maintenant tâcher d\u2019y mettre un peu du mien.Pour prouver que mon dessein n\u2019est pas de déprécier M.Coursol, je n\u2019essaierai nullement de trouver à redire à la certaine renommée, à l\u2019éloquence, à la manière habile de plaider les causes tant CIVILES que criminelles, à la facilité enfin de M.Coursol de les gagner.Je demanderai seulement à M.Coursol et à l\u2019organe, lequel de chacun d\u2019eux a le plus rougi, ou de M.Coursol en s\u2019entendant dire de pareilles flagomeries, ou de l\u2019organe en les psalmodiant?Quant à moi, jé dois dire que si je me fusse trouvé à la place de M.Coursol, j\u2019aurais trguvé dans cet article ample propos pour aller tirer les oreilles de Por- gane du parti Cauchon.L\u2019organe dit plus bas qu\u2019il ne faut {Mesurer personne ni à l\u2019aune, ni par l\u2019âge.En thèse générale, c\u2019est assez juste.Mais depuis que j'ai lu l\u2019éloge plat et saugrenu que j'ai cité plus haut, je vois que cette règle doit souffrir exception ; car s\u2019il me fallait mesurer l\u2019élogiste autrement qu\u2019à l\u2019aune, je ne saurais, ma foi, comment m\u2019y prendre ; a moins d\u2019adapter aux douches, dont il parait avoir besoin, une échelle supputative.L\u2019organe termine en discutant lequel d\u2019un médecin ou d\u2019un avocat est le plus qualifié à remplir la place de Coroner; et il n\u2019hésite nullement à dire que c\u2019est l\u2019avocat.Ceci joint aux susdites flagorneries, est ce qu\u2019il y a de plus beau dans l\u2019article de l\u2019organe.Un Coroner, dit-il, doit connai- tre les lois civiles et criminelles.Pourquoi doit-il connaître les lois civiles?L\u2019organe voudra bien nous l\u2019apprendre.Que doit-il savoir des lois criminelles?Justement ce que M.Coursol en ignore, et ce que M.Deschamtault a êté obligé d\u2019en apprendre pour devenir médecin.L\u2019organe ignore peut-être aussi, qu\u2019en fait de jurisprudence médicale, le plus humble médecin embarasserait fort M.Cour-.sol; ce qui d\u2019ailleärs ne nuirait nullement à la renommée de ce monsieur, à son éloquence, à son habileté et à sa facilité de gagner ses causes, tant civiles que criminelles.Je suis donc d\u2019opinion, que M.le Dr.Deschambault et M.Coursol, fussent-ils parfaitement égaux en qualification sous tous les autres rapports, la profession du Dr.Descham- bault était une raison de le préférer.Mais je vois que je m\u2019oublie, M.le directer ; je ne voulais pas discuter avec l\u2019organe du parti Cauchon.Car si j'avais voulu faire quatre chapitres de la position, de l\u2019âge, du caractère grave et de la profession de M.Coursol, il m'aurait peut-être, (je dis peut-être) fallu secouer un peu le piedestal sur lequel, Porgane a placé M.Coursol ; ce qui est toujours désagréable.Mon dessein était tout simplement de faire un peu connaître les Mélanges, qui, malheureusement pour ceux qui aiment à rire, sont loin d\u2019être appréciés comme ils le méritent.UN QUI N\u2019APPARTIENT PAS AU PARTI CAV@ON.5 juillet 1848.EBOULEMENT DU CAP A QUÉBEC.\u2014Ces jours passés il s\u2019est.fait une fissure dans le roc du cap au Diamant et on croit que l\u2019éboulement est inévitable.La masse qui se détache est dit-on, de 300 pieds de longueur sur une hauteur de 150 pieds et une largeur moyenne de 40 ou 50 pieds.Une partie des habitants de la rue Champlain qui sont menacés, ont quitté leurs demeures, mais il en est encore qui persistent a y rester \u2014On assure, dit le Canadien du 5 que les observations des officiers du génie constatent un élargissement de la crevasse de près de 4 pouces depuis le matin jusqu\u2019au midi, que depuis ce temps l\u2019ouverture est demeurée la mème c\u2019est-à-dire d\u2019une largeur de 2 pieds.Des pluies nouvelles pourraient gecasionner un nouveau mouvement.\u2014\u2014 \u2014\u2014. L\u2019AVENIR.\u2014JUILLET, 1848.L'AVENIR.Laissons là ceux qui croient que le monde va crouler, parceque tout se remue et s\u2019agite autour d\u2019eux.MONTRÉAL, SAMEDI, 8 JUILLET 1848.ra L\u2019Union, la Nationalité.La réforme électorale et les chiffres du Journal de Québec.La discussion provoquée par Avenir sur les mesures aussi importantes pour le Bas-Canada que le Rappel de l\u2019Union et la Réforme électorale ont laissé entrevoir à en juger par une grande partie de la presse franco-Canadienne un affreux état de morale politique.Jusqu\u2019à l\u2019avènement du ministère actuel ces deux questions avaient été le sujet de vives réclamations de la part de ces mêmes journaux qui les ont depuis combattues en sens contraire, à outrance.Sur l\u2019une et l\u2019autre question la presse dite ministérielle a repoussé les réclamations qui les appuyaient, parce que le ministère libéral était au pouvoir, et qu\u2019on devait attendre beaucoup de lui ; mais demander ce que toute la presse, parlant au nom du pays, avait déclaré être stricte justice, absolue nécessité, alors que le ministère libéral était au pouvoir, c\u2019était l\u2019embarrasser, vouloir sa châte ; demander le Rappel de l\u2019Union, agiter paisiblement, constitutionnellement pour l\u2019obtenir, c\u2019est à dire exercer un droit indéniable pour la réparation de ce que tous appellent une monstrueuse injustice, c\u2019était embarrasser le ministère et renoncer à tous les avantages d\u2019une belle position, disaient ces journaux.\u201c C\u2019était la guorre civile, la pôtence, les fusillades, la mort, l\u2019incendie, sans autre résultat pratique que la chute du ministère.\u201d Remplir cette obligation morale d\u2019un peuple dépouillé de ses droits, reclamer, protester contre l\u2019iniquité de cette monstrueuse injustice, c\u2019était une sottise.Toute la presse qui se dit ministérielle a conseillé, a crié au peuple de se taire et de courher lu tête, car sa situation était belle il ne fullait pas perdre de vue ses avantages.Ce fut là le pivot de toute cette discussion, la panacée universelle des maux du pays, c\u2019était ln belle position du ministère.Puis vint la Réforme électorale ; cette question avait été un des motifs les plus généraux des élections, la presse en avait retenti jusqu\u2019à la veille même de la formation du mi- nistére.Dans le Bas-Canada la plupart des candidats heureux furent ceux qui s\u2019appuyèrent sur cette mesure.Elle étâit donc généralement ressentie comme un besuin, le peuple avoit droit de l\u2019attendre d\u2019un ministère libéral.Et nous pouvons le dire, le public était presque assuré de Pobtenir.Nous ne savons trop si cette question avait été résolue d\u2019avance par les chefs du ministère entr\u2019eux, lors des négociations ministérielles, et si la portion qui représentait le Bas-Canada avait jugé à propos de céder ce petit point aux caprices de la partie du ministère qui représentait le Haut.Quoiqu\u2019il en fût, on dut s\u2019appercevoir, mais un peu tard,que les libéraux du Haut étaient illibé- raux envers le Bas-Canada.Placés dans unc position de supériorité usurpée vis à vis de nous, ils ne jugèrent pas à propos d\u2019y renoncer en nous faisant justice.La position dut être embarrassante pour le ministère Bas-Canadien.Fallait-il renoncer à la possession immédiate du pouvoir, se placer en véritables défenseurs des droits du peuple, et réclamer en son nom un droit inviolable contre lequel dix années d\u2019injuste possesion n\u2019avaient pu prescrire ?C\u2019était courir le risque d\u2019une lutte nouvelle et on était fatigué de celle qu\u2019on venait de terminer.Pour la paix dont on avait résolu de jouir, quand même, on préfera courber la tête devant nos amis du Haut-Canada, se taire sur cette mesure et mentir au pays auquel chaque représentant l\u2019avait promise.Cependant on trouva un palliatif, les journaux qui avaient si fort crié pour, se mirent tous à l\u2019envi a crier contre, on ne sait tsap par quel soudain changement.La Revue, le Journal de Québec, la Minerve avaient prôné cette mesure ; ils se démentirent tous d\u2019un commun accord, car il était impossible de l\u2019obtenir disaient-ils ; il fallait les deux tiers de la chambre ; vouloir persister c\u2019était vouloir l\u2019embarras du ministère.Le Haut-Canada n\u2019y consenti- tait jamais, disait-on, alors pourquoi demander, c\u2019était inutile ; la position du ministère était-elle forte ?il fallait en profiter, et laisser de côté ces questions impraticables.» Tels furent d\u2019abord les arguments, puis craignant que le publie ne les goutât pas, le savant Rédacteur du Journal de Québec se mit à chercher quelques arguments nouveaux en chiffres.Il trouva pour solution à cet affreux probléme de la réforme électorale à peu près ce qui suit.Donner la réforme électorale pour nous, c\u2019est vouloir en jouir pendant cinq à six ans et ensuite le Haut-Canada en aura tout le profit si sa population devient plus forte que la nôtre, et il y a tout lieu d\u2019espérer quelle le sera.Voici d\u2019ailleurs ces fameux chiffres inventés par le Journal, invention qui a tant ébloui la Revue qu\u2019elle l\u2019a déclaré le plus distingué, le plus illustre des écrivains du pays, et le plus profond mathématicien de son siècle.\u201c En 1829 la population du Haut-Canada etait de 200,000] \u201c en 1842, treize ans apres, elle était de 500,000.En 1855 \u201cet avant la fin d\u2019un autre parlement elle sera done, st \u201c l\u2019augmentation continue dans le même rapport (et il n\u2019y a \u201c pas lieu d\u2019en douter à la vue du flot d\u2019immigration qui va \u201c progressant chaque année) elle sera donc de 1,250,000.\u201c Le Bas-Canada en 1831 avait 512,000 habitants ; en
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