Le droit, 28 juin 1975, Cahier 3
[" pan cm > D \u2018wl 3 A a 5 \u201c9 Jha ; cu sa PE À LE < Le 2, | - sy a> «Gr IS ia so à * LEE eo! 3) oft £3 NN +N À ; : 3 2 = a= LY A N N ou =r Es dt Eu N od La + pa Pad eee LP.La \" » Ya g at © RC oN .Ly ovr oR & a+ A hn 5 Les SN 9 Fu (1) LL) > =, y > x [Km RX Se : hy 64 es ; x yl 6) 33% * T i Se, XN Rl La 3 = LIQ ne te bY us.\u20ac 2) $ > svt .aN Nd ht Ad a 4 0 by og + i R; Ca wy \u201c2a Yd par ee ir nie\" A > oJ , ho rN Ee 4 A 38 \u2018od GS a+ Wa CR Le x be x = 4 at sgl D a NN Ad Se Bd 2 y.à AS = 2 \\} \u201c SN > ad +4 »t A] Fe > 5 LA > LL pre, & fy .SN * A hat 3 Re) : \u2014 DC pans di PLT + bo \"3 CL LCR LADY # F a Re 2 x 3 rd 3 + caf = = 4 \u2019 sa = EL È 45 4 + FIR.WAI aun a 5 Sed 5% Et va ad = RA os # éd AY, Vw» of hy > £ 2e < ne cs ve ER or seit ary a w\u201c es oii } LEA Sean ii.Ris dab RABE.AGE: + y APOSTOLAT DE LA \u2018B PRIERE | (1863) 'B _Ligues du Croisade .Sacré-Coeur (1883) eucharistique ¢ 8 g 1 DD ) M Cadets D ACTION À SOCIALE Bulletin des ligues du Sacré-Coeur Ligue missionnaire Pendant 50ans, avant la Révolution tranquille et l'instruction gratuite, des étudiants | les Jésuites, par leurs institutions et leurs écrits, MESSAGER, CANADIEN ont rallié, dirigé formé et informé un peuple laissé à lui-même (1892) PAROISSES Il FORTE INDÉPENDANTE CATHOLIQUE IMMACULÉE- Journal Jeunesse CONCEPTION (1889) ] I : LIGUE Bulletin paroissial (1909) INDEPENDANTE : Action paroissiale (1932) CATHOLIQUE Î Ma paroisse (1945) È .| ; .ÉCOLE SOCIALE autres paroisses autres paroisses POPULAIRE (1912) autres paroisses autres paroisses Total: 150 Les semaines Brochures sociales mensuelles Action paroissiale (1914) \u2018 Sessions intensives - Revue Relations de formation sociale Bibliothèques paroissiales Romans populaires Oeuvre des Tracts Ligue du dimanche DOMAINE DU 7 TRAVAIL Collège Ste-Marie (1848) Ass.professionnelle Ass.prof.des Mont St-Louis (1888) - des industriels auxiliaires sociaux Collège Brébeuf (1928) Les voyageurs » Ass, des hôpitaux de commerce 2 Collège St-Ignace (1927) Association ._| Union catholique 3 des infirmières des cultivateurs 3 : | A.C.J.C.(1904) Ass.catholique i Collèges -Le Semeur -Paroisses des cheminots \u2014 1 Ecole Ecole des relations BR du service social industrielles de l\u2018Un.PRÉDICATION : de I'Un.de Montréal de Montréal (1945) I 5 .Conférence Mignault (droit), Maisons de retraite Chapelle publique ; I Un.de Montréal Villa St-Martin 1 (1914) Le Gésu Conférence Laënnec (médecine), La Brocquerie Un.dé Montréal (1922) 2- 28 juin 1975 ne À in i ~ mer 28 juin 1975 -3 ÈS LS - ogre I Revue a SE meme, = PEACE Hor SAFARI PAR JEAN BLOUIN Parmi les trente-ans-et- plus, rares sont ceux qui n\u2019ont-pas été, à un moment ou l\u2019autre de leur vie, scouts, croisés, cadets du Sacre- Coeur, acéjicistes, ligueurs, zélateurs d\u2019un organisme de charité, fervents lecteurs de feuillets paroissiaux, fré- quentateurs annuels de retraites paroissiales, assidus de processions religieuses, etc.Il était difficile d'échapper à ces innombrables associations qui vous cueillaient sitôt votre âge scolaire atteint et vous enveloppaient te! un lourd manteau; en retour elles se révélaient d'excellents instruments d'éducation populaire et un facteur de vie communautaire réelle.Bien sûr qu'elles portaient l'empreinte de leur temps, hiérarchisées qu'elles étaient, l'Eglise en occupant le sommet, et nullement préoccupées du très contemporain objectif de la participation! Mais les gens s'y sont vite reconnus, il y avait là, indéniablement, un tissu solide, fruit de longues années de contacts et d'activités communes.Toutes ces associations, toutes ces ligues, tous ces mouvements ne tenaient pas du hasard ou de la cigogne: ils constituaient, en dépit de l\u2019apparente autonomie des divers secteurs qu\u2019ils touchaient, un véritable réseau communautaire dirigé par un groupe so- .cial identifiable.Un réseau communautaire \u201cdirigé\u201d (au- jourd\u2019hui on les dit \u201cparticipa- tionnistes\u201d au niveau des décisions et de l'orientation générale) vise chez la population qu'il encadre, la création de comportements individuels et collectifs conformes au système de valeurs (idéologie) du groupe social qui le dirige.Façonner des mentalités, donc, montrer comment réagir, quoi dire, quoi faire, dans telle ou telle situation.Il va de soi que plus un réseau comporte de ramifications, plus il colle a la réalité et plus fortes sont ses chances de plier celle-ci a son modèle.Les Jésuites ont bâti et animé un semblable réseau à Montréal dans la première moitié du vingtième siècle.Ce réseau gagne à être connu parce que la population qu\u2019il à rejointe et formée a influé énormément sur le type de société que le Québec connaît actuellement, et aussi parce qu'il constitue un modèle historique d'action sociale dont on peut tirer certaines leçons.A LA BASE:LA PAROISSE Les Jésuites n\u2019ont pas toujours oeuvré dans le domaine social.Comme leurs prédécesseurs, les Récollets, ils vinrent en Amérique d'abord pour évangéliser et convertir les indigènes.L'opération leur a d'ailleurs coûté quelques \u201cmartyrs\u201d fort célébrés autre- foiss La conquête anglaise mettra une fin abrupte à cette.première période; le corps sera même officiellement supprimé en 1773, défense leur étant faite de recruter de nouveaux membres.À la mort du dernier survivant en 1800, le gouvernement confisque les biens de la communauté.La deuxième période commence à leur rappel au pays par Mgr Bourget en 1842 et, cette fois, nous intéresse directement.L\u2019évêque de Montréal leur confie sur-le-champ la paroisse de Laprairie (ils la desservirent pendant 14 ans) et les charge de fonder un collège bilingue dispensant le cours classique et le cours de commerce: ce sera le Sainte-Marie, qui ouvrira ses portes en 1848 à un premier contingent de.treize élèves.Il s'abritait alors dans une petite maison de bois hâtivement construite à l\u2019angle des rues Dorchester et Saint-Alexandre.Ce second départ est modeste: ils n'étaient que six pères et trois frères.Mais les deux pôles de leur nouvelle action sont maintenant posés: la paroisse, base sociale de leur apostolat, et le collège, voué à la formation des élites.Quand ils se verront confier, en 1884, la fondation de la paroisse de l'Immaculée- Conception (elle n'existera officiellement qu'en 1889), ils trouveront là un tremplin populaire idéal à la diffusion de leur \u201cmessage\u201d social.D\u2019autant plus vite et d'autant mieux que l\u2019année suivante, en 1885, s'ajoutera la pièce centrale du réseau avec le début du scolasticat de l'Immaculée- Conception (école de formation théologique et philosophique).Sise juste derrière l'église, cette institution servira de pépinière au réseau, I'alimentant, selon le cas, des curés, des vicaires, des prédicateurs (\"semeurs de paroles\u201d), des animateurs, des aumôniers ou des écrivains que son bon fonctionnement requerra.De plus c'est dans son aile nord- est qu'emménagera, dès 1901, l'imprimerie du Messager, propriété de la Compagnie, le medium de masse de l\u2019époque, dont les presses ne dérougiront pas tout au long de ces cinquante ans.Y sont hébergés de quatre-vingts à cent cinquante scolastiques, de même qu\u2019une cinquantaine de pères en moyenne (il y en eut plus de soixante durant la décennie se terminant en 1950).Parmi ces derniers, le cas de ceux qu'on nomme les \u201cécrivains\u201d est particulièrement intéressant: il s'agit des pères voués à \u201cl'apostolat de la plume\u201d, auteurs des livres, des brochures, des tracts distribués par le réseau, ou encore d'articles dans les revues du même réseau.Il est impossible de calculer avec précision le nombre des articles de revue qu\u2019on doit à leur plume, mais pour ce qui est des autres publications, un album de la communauté les évalue, en 1942, à 425: elles vont du simple roman à d'austères traités de morale ou de théologie, en passant par les écrits sur les questions socio-économiques, numériquement les plus importants.Chiffre qui serait astronomique même au- jourd\u2019hui! Ce n\u2019est pas sans raison qu'à partir de 1919 on leur confère un statut à part: dans le catalogue, à la suite de leur nom, les mots \u201cdomus scriptorum\u201d {maison des écrivains).Sous la responsabilité a ce moment d\u2019un sous-ministre, leur autonomie s'accroît en 1932 quand ils relèvent alors d'un ministre, en l'occurrence le père Papin-Archambault: on les désigne sous le nom de \u201cdomus scriptorum S.Bellar- mini\u201d.Le \u201cdomus\u201d compte alors dix-sept membres.Autour du scolasticat gravitent les paroisses.D'abord les paroisses formées à même le territoire occupé originellement par celle de I'lmmacu- lée-Conception.Ses 112000 habitants de 1942 ont été répartis en neuf paroisses dans l'ordre suivant: Saint-Eusébe (1897); Sainte-Philomène (1905); Saint-Jean-Berchmans (1908); Saint-Stanislas-Kostka (1910); Saint-Dominique (1912); Saint-Pierre-Claver (1913); Saint-Marc (1917); No- tre-Dame du Saint-Sacrement et Saint-Louis-de-Gonzague en 1926.Ces paroisses relevaient du clergé séculier mais les patronymes jésuites de plus de la moitié d\u2019entre elles indiquent bien les liens qui les unissaient à la paroisse-mère.Le réseau, et son \u201cmessage\u201d, ne se limitera pas à ces seules paroisses grâce à l'initiative prise, en 1909, par le curé de l\u2018'Immaculée-Conception de lancer le Bulletin paroissial.Ce \u201cmessager du curé\u201d (Mgr Charbonneau écrivait à son sujet: \u201cCette revue permet à MM.les curés de renouveler chaque mois leur visite paroissiale\u201d.) connaîtra une expansion exceptionnelle.Dès 1911, il s'étend aux paroisses avoisinantes sous une forme dont il ne se départira plus: la page frentispice au nom de chacune d\u2019entre elles; des notes particulières à chaque paroisse; un fond commun a l'ensemble.C\u2019est la rédaction du fond commun qui est confiée aux écrivains (pères et scolastiques) du scolasticat.La revue deviendra l'Action paroissiale en 1932 (du nom du mouvement qui en a charge depuis 1914) et Ma paroisse treize ans plus tard.Dans son texte liminaire, le Bulletin se donnait comme mission de mettre les paroissiens en garde \u201ccontre les idées fausses qui circulent parfois\u201d et de leur apporter \u201cles directions de l'autorité, (leur) donnant ainsi l\u2019occasion de les avoir sous les yeux, de les relire en famille, de les étudier afin d'y conformer toujours (leur) conduite\u201d.H n\u2019y dérogera jamais.Sauf que le nombre de familles à le recevoir augmentera sensiblement: des 18 000 de 1911, le chiffre atteint les 140000 en 1938, réparties dans 150 paroisses.À partir de cette même année c'est le mouvement de l\u2019Action paroissiale qui prend tout en main: la publication, I'administration et la distribution à domicile de la centaine d'éditions mensuelles.Ce seul travail de distribution nécessite 4 000 heures de travail par mois et fournit de l'emploi à une vingtaine d'hommes (\u201cmembres d'un syndicat catholique\u201d), La revue se vend dix puis quinze sous le numéro pour les familles qui en ont les moyens; les autres la reçoivent gratuitement.Cela explique assez bien la situation financière difficile dans laquelle elle s\u2019est trouvée durant toute cette période.Dans un.rapport interne qui date de 1959, Lucien Saulnier {il a été à l\u2019emploi de l\u2019Action paroissiale de 1934 à 1960) écrit: \u201c(.) le tirage de Ma paroisse (depuis 1945) dans Montréal est le plus fort de tous les périodiques de langue française (.) et se classe parmi les trois premiers pour l\u2019ensemble du marché français au Canada.Il en était de même pour l'Action paroissiale, il ya vingt-cinq ans\u201d.Cette importance sociologique du bulletin nous commande d\u2019en parcourir les pages avec curiosité, ne serait-ce que pour relever les sujets débattus, l'interprétation qu\u2019on en donnait, et le modèle de société offert à ses lecteurs.SAUVER LA FAMILLE D'abord l'attitude générale face à la réalité.Un article paru en novembre 1933, intitulé Opposons-nous, l'indique bien: on y développe la thèse que \u201csi nous valons quelque chose, nous les Canadiens français, c'est que dans le passé nous nous sommes opposés à quelque chose, à l'Iroquois, à la forêt, au froid, à l\u2019envahisseur ou au persécuteur, et que) nous ne valons que dans la mesure où nous nous opposons.\u201d Attitude défensive, donc: il s'agit de protéger son univers contre certains dangers.Au centre de cet univers, la paroisse, division ecclésiastique par excellence et milieu propice a un mode de vie traditionnel, avec ses institutions et ses moeurs.Parmi ces institutions, la famille sous-tend toutes les autres.Sa défense et, par ricochet, son éloge constituent le thème central de la revue.\u201cBonne année à la famille\u201d, proclame le numéro de janvier 1911.Rien de plus normal puisque \u201cla patrie n\u2019est que la famille agrandie\u201d: \u201ctout ce qui ronge la famille ronge la patrie\u201d.Aussi s'en prend- on violemment, au moment de la crise économique, à un système qui plonge des \u201cmilliers de pères de famille\u201d dans le chômage et la misère.Le pas est alors vite franchi: c'est eux que l\u2019Etat doit retourner prioritairement sur le marché du travail.Il faut encourager la création de nouvelles familles (\u2019pas pousser en graine de vieux garçon\u201d), lesquelles devront être nombreuses (\"le bon Dieu bénit les familles nombreuses\u201d).Les enfants y font l'apprentissage du respect de l'autorité incarnée par le père (\"le mari commande avec bienveillance, la femme obéit avec dignité, les enfants se soumettent avec respect\u201d), Représentant de Dieu dans la maison (patriarcat), il s\u2019en voit imputer la responsabilité entière, Le rôle de la mère en est un de conscience (Mesdames, soyez la conscience de votre mari\u201d), d'\u2019ange gardien du foyer\u201d.Cette éducatrice est tenue à \u201cla protection des âmes beaucoup plus que des corps\u201d, ce qui ne fait qu'ajouter à son importance.\u201cCe sont les femmes, y lit-on, qui font et défont les maisons.Quand les femmes sont à la hauteur, les foyers vivent et les nations aussi.La femme tisse l\u2019avenir du pays.\u201d Ce petit monde paroissial et familial est menacé de toutes parts.Son premier ennemi qui contient tous les autres, c\u2019est la ville elle-même: à cause d'abord du contact des protestants et des Juifs qu\u2019elle permet et qui mine lentement les âmes catholiques; aussi parce que les enfants y échappent facilement à la surveillance des parents et succombent à d'innombrables dangers moraux.Le plus dénoncé, le plus \u201cdiabolique\u201d de ces dangers.est le cinéma.On le décrie sans faiblir pour des raisons qui vont de son origine ju- déo-américaine au Caractère lubrique et matérialiste de toute sa production.Ce n\u2019est qu\u2019à partir de la publication de l\u2018encyclique Vigilanti Cura (1937) que la revue acceptera le fait du septième art.Autre danger: la mode.Elle est diabolique aussi: La mode du diable, titre un article de Suite page 4 28 juin 1975 -3 Î i UN FORMIDABLE RÉSEAU décembre 1926.Non seulement faut-il rejeter cet étalage de coquetterie parce qu'il est contraire à la modestie et à la simplicité, mais aussi parce que la mode est le fruit d\u2019un complot maçonnique d'origine allemande en vue de \u201cdéchristianiser la société par la famille, la famille par la femme, et la femme par sa vanité et sa faiblesse.\u201d À fuir de même les dangers \u201curbains\u201d des cabarets, de la danse, de l'alcool, de I\u2019 \u201cautomobilisme\u201d et du luxe.Pas surprenant donc qu\u2019en dépit du fait qu\u2019elle s'adresse à des paroisses urbaines à 95 pc.la revue soit amenée à prôner constamment le retour à la terre de toutes les manières imaginables (petites histoires, entrefilets, articles de fond, photos, images) et ce, pour des raisons évidemment morales {respect des traditions\u201d, \u201csauvegarde de Ja famille\u201d, moeurs saines\u201d, \u2018\u2019société fraternelle\u201d).|! faudra atténdre la crise des années 30 pour qu'apparaissent les .raisons économiques.Dans cet univers, des attitudes sont masculines, d'autres féminines.La cigarette, par exemple, est pour les hommes seulement.De la femme l\u2019on espère \u2018cette retenue, cette mesure, cette pudeur qu\u2019on ne peut s'empêcher d'aimer et même de désirer (.)\u201d et qui en font \u201cle charme et la beauté\u201d.Ainsi appareillée, la jeune fille se rend apte au mariage: la revue multipliera les conseils (sous forme de commandements souvent) sur l\u2019art de se bien choisir un mari.Que le futur, surtout, soit tempérant, pratiquant, et qu\u2019il n\u2019ait pas de dettes.Quant à la question du travail féminin la revue le rejette mais non sans prendre un détour entortillé; après maintes dénonciations des conditions de servitude du travail en manufacture, l\u2019on allègue que si les femmes y accourent quand même, c\u2019est par un amour du luxe qui ne peut que les conduire au péché; heureusement, ajoute-t-on, que \u2018les salaires dérisoires reçus pour leur travail atténuent la gravité de la chute (.) quand on gagne peu, on doit bien vivre de peu, n'est-ce pas?\u201d Finalement, il faut plaindre la fille ouvrière et aménager des conditions sociales qui la garderont au foyer.Le bulletin paroissial défend donc une société de type traditionnel, à un moment de l'histoire québécoise où l'industrialisation et l'urbanisation étaient en train d'en saborder toutes les assises sociales.Le bulletin paroissial remplissait une fonction de trait d'union entre les différentes paroisses (il uniformisait le choix de l'information mise a leur portée et l'interprétation à en dégager): à ce titre, il pourrait être qualifié d\u2019\u201cinterparois- sial\u201d.Par analogie, d'autres composantes du réseau, comme l'Ecole sociale populaire et ses oeuvres affiliées, l\u2019Apostolat de la prière, surtout ce qui a trait à la dévotion au Sacré- Coeur, et les maisons de retraite, seraient qualifiables de \u201csu- praparoissiales\u201d: supra, parce qu\u2019elles ne sont pas nées au niveau d'une ou de paroisses et n\u2019existent pas en fonction de besoins qui se seraient manifestés à ce palier; mais paroissiales quand même, parce qu\u2019elles se servaient de la structure paroissiale pour leur recrutement général, qu'elles y formaient des unités de cette taille et y diffusaient leur propagande, constituant ainsi de nouveaux liens.de resserrement entre elles.Fondée en 1912 sur le modèle français, l'Ecole sociale populaire avait pour but de favoriser l'étude et la solution des problèmes sociaux particuliers au pays.Elle le fera au moyen de conférences (les Semaines sociales), de publications (oeuvre des tracts; brochures diverses; la revue Relations) et par la formation des leaders des milieux syndical et communautaire au moyen de \u2018sessions intensives de formation sociale\u201d: inaugurées à Vaudreuil en 1933, sous la direction du père Papin- Archambault, ces sessions duraient une semaine et se tenaient dans les diverses maisons ou résidences de la communauté.Les Jésuites ont pris la direction de l'Ecole presque au début, en 1914, avec la nomination du père Leonidas Hudon au poste de président.L'année suivante, le père Louis Bon- compain lui succédera.La mainmise sera scellée définitivement en 1928 quand l'Ecole déménagera ses pénates au scolatiscat de l\u2019Immaculée- Conception.Elle relèvera alors directement du \u201cdomus scrip- torum\u201d.D'ailleurs les deux ont le même directeur: le père Pa- pin-Archambault, cetui qui l'a véritablement lancée à partir de 1929.LES QUESTIONS SOCIALES Vingt ans, donc, avant les facultés de Sciences sociales de Laval et de Montréal, les \u201cquestions sociales\u201d devinrent les sujets d'études et de publications d'un groupe dirigé par les Jésuites.On est à mille milles du grand silence générale- .ment accolé à tout ce qui précède 1960! Ces publications atteignaient-elles la masse?Prenons les brochures: en 1950, la collection comprend 487 numéros.Ajoutez à cela 200 numéros de l\u2019Oeuvre des tracts.Ça commence à faire du papier, non?Précisons que ces publications se vendaient dix ou quinze sous, et souvent même étaient données; qu\u2019un des principaux points de vente était le parvis de l'église le dimanche; et qu\u2019on en annonçait chaque parution dans le bulletin paroissial du réseau, lequel atteignait 140 000 familles de quelques enfants chacune.Tirez vos propres conclusions.) La pensée sociale de I'Ecole s'inscrivait dans le sillage des encycliques Rerum novarum (Léon XIII, 1891) et Quadrage- simo anno (Pie XI, 1931).Elle faisait périodiquement la synthèse de sa pensée sous forme de manifeste publié dans le bulletin paroissial.Ecrits avec simplicité (quelquefois l\u2019on s'adresse à l\u2019individu: \u2018\u2018veux- tu savoir\u201d), ces manifestes découvrent les principales préoccupations de l\u2019Ecole.D'abord les syndicats.Elle s\u2019y est intéressée dès le début.En décembre 1919, un long condensé d'une de ses brochures s\u2019intitule: Que pensez- vous des Unions?L'on y dit que toute \u201cunion\u201d pour être bonne doit admettre: l\u2019inégalité des classes, sinon ce serait \u201cla destruction de la société humaine\u201d; l'entente entre patrons et ouvriers (donc toute union qui ne vise pas à dissiper lesméfianceset à cimenter l'entente cordiale avec les patrons est mauvaise et doit être abandonnée\u201d) la liberté de travail, c'est-à-dire la liberté pour chaque individu de continuer à travailler même si le syndicat est en grève; l'autonomie du patron (\u201cchacun est maître chez soi (.), il est libre (.) d'employer les ouvriers qu'il veut, syndiqués ou non\u201d).Suit un appel au rejet des unions internationales au profit des \u2018\u2019unions catholiques\u201d parce qu'elles seules \u201cdésirent conserver à nos ouvriers nos traditions nationales et religieuses, et garantir leur indépendance par les principes de justice et de charité chrétienne.\u201d La grève n'y est pas très populaire.Un seul motif trouve grâce à ses yeux: la lutte contre le travail du dimanche.On sait qu'une Ligue du dimanche avait été créée et était affiliée à l\u2019Ecole sociale.Comme les premières compagnies à avoir obligé leurs employés à travailler le dimanche étaient américaines, cette campagne s\u2019est vite transformée en lutte contre le capital étranger.D'ailleurs le réseau a largement diffusé un roman, le Spectre menaçant (15 000 exemplaires en 1935 seulement) qui raconte l'histoire d'une grève entreprise par les ouvriers affectés à la construction du barrage de l\u2019Isle Maligne, près d'Alma, dans les années vingt, pour protester contre l'obligation qui leur était faite, par leur patron américain, de travailler le dimanche.Le roman se termine dans une apothéose délirante: le gouvernement réfractaire à promulguer une loi interdisant le travail dominical sur tout le territoire québécois est renversé sous le flot de l\u2018indignation populaire et remplacé par les défenseurs d'une pareille mesure.Cette question de la grève est révélatrice: on recherche une société unanimiste, sans discorde.Cela explique qu'on se soit tourné vers l'organisation corporative qui prévoyait des commissions mixtes (genre de tribunal d'arbitrage) dont les jugements étaient exécutoires.Pour harmoniser la société, un pouvoir fort est nécessaire.Aussi ne transige-t-on pas avec le principe: \u201c(.) ce qui n\u2019est pas permis, c\u2019est de mépriser l'autorité\u201d.Et la principale autorité est religieuse, c'est les encycliques, \u201cla voix divine qui vient de Rome\u201d.Cet attrait du modèle corporatif comporte un double repoussoir: celui du libéralisme économique et celui du communisme athée.De façon surprenante, l\u2019on admire Léni- ne pour son courage et son opiniâtreté, et l\u2019on reconnaît au communisme \u2018qui ne peut être un régime durable\u201d qu\u2019il réussira par des méthodes violentes à orienter la législation qui regarde le capital dans un sens de justice et de charité, mettant ainsi un terme aux abus monopolistiques de la grande finance.\u201d En fait, le modèle de société auquel adhère l'Ecole est inégalitaire, une inégalité \u201cvoulue par Dieu\u201d et qu\u2019il faut maintenir pour des raisons pratiques \u201c() car il est dans la société des fonctions humbles mais nécessaires que nul ne voudra remplir si tous sont égaux (.)\u201d.De plus \u201c{.) quelle monotonie si tous les hommes étaient égaux!\u201d La justification finale à cette inégalité rejoint le caractère catholique du mouvement: nous sommes sur lerrc pour nous préparer à la vie éternelle et non pour jouir d'une égalité source de péché.Il doit cependant y avoir lendance à une certaine égalité par le biais dela charité; sinon, c\u2019est la révolte des masses ouvrières, et aussi parce qu'à l'heure de la reddition des comptes, il vaudra mieux pour le riche avoir partagé avec les pauvres un peu de ses biens.Pour permettre de mieux juger des principaux thèmes qu'elle abordait, voici quelques titres de brochures: Les causes et les remèdes de (sic) la désertion des campagnes (1916); Les conditions religieuses de la société canadienne (1920); L'instruction obligatoire (1922): \u2018La tuberculose (1924); Comment lutter contre le mauvais cinéma (1926); La transgression du devoir dominical (1926); Le mouillage du capital (1934); La menace communiste au Canada (1935); L'organisation corporative (1935).De l\u2019Apostolat de la prière, oeuvre jésuite que nous qualifions aussi de \u201csupraparoissia- le\u201d nous ne retiendrons que ce qui concerne la dévotion au Sacré-Coeur.L'ampleur de cette dévotion représente vraiment un phénomène socio- religieux unique dans l\u2019histoire de l'Occident et a été particulièrement remarquable au Québec.C'est à la suggestion d'un Jésuite, le père Point, que les évêques en Concile consacrèrent, en 1873, le Canada français au Sacré-Coeur.Cette consécration d'en haut allait vite se concrétiser en has.Les fameuses ligues du Sacré- Coeur ont été fondées en 1883: elles se donnaient comme mission de lutter contre l\u2019intempérance et le blasphème chez les hommes, et contre l\u2018indifférence à l'égard de l'eucharistie, Elles ont vite pris une dimension incommensurable: en 1889, la campagne de consécration au Sacré- Coeur recueille 41 000 signatures.de pères de famille.C\u2019est pour promouvoir à la fois les intérêts de l\u2019Apostolat de la prière et des ligues du Sacré- Coeur que paraît, en 1892, le premier numéro de la revue le Messager canadien du Sacré- Coeur.Cette revue a connu une fortune \u201ccommerciale\u201d inégalée à ce jour, disposant d\u2019un réservoir de lecture inépuisable en la personne des ligueurs eux-mêmes: en 1940, l\u2019on en compte 300000 au Québec.Les ligues disposent, par ailleurs, de leur propre bulletin.Les manifestations publiques démontrent la grande popularité de ce mouvement.Ainsi, à l'occasion du cinquantenaire de la fondation des ligues, 200 000 personnes se regroupent autour du reposoir, au pied du mont Royal.A l\u2019apostolat se greffent les Cadets du Sacré-Coeur (jeunes de 12-16 ans), la Croisade eu- Suite page 6 4- 28 juin 1975 1) 0 nvm { Den nicotine 0.5 mg | La plus faible en ; nicotine et goudrons de toutes les cigarettes 5 rd oo eu - au pays goudrons 5 mg ih Grâce: ason À \u201cfiltre Polyvent* | \u201cexclusif la Viscount possède une faible \u201c teneur en nicotine | 1 ; \u2026 etgoudrons.§ Essayez une Viscount.Elle \u201cest beaucoup plus savoureuse § ~~ quevous ne le croyez.À \u201cUne marque déposée de BENSON & HEDGES (CANADA) LTÉE vid nt | La cigarette la plus douce au pays Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l\u2019usage \u2014 éviter d\u2019inhaler.Moy.par cigarette King Size: goudrons 5 mg, nicotine 0.5 mg. UN FORMIDABLE RÉSEAU charistique (écoles primaires) vouée à l'apostolat pratique et dont la devise était: prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre {qui ne se souvient pas d'avoir été croisé ou croisillon?), et la Ligue missionnaire des étudiants fondée en 1926 et qui a compté jusqu'à 800 groupes ici.Le but de cette dernière était de développer la connaissance et l'amour des missions: \u201cUn esprit missionnaire -par l'étude missionnaire\u201d.Gérard Pelletier, le ministre, en a été un fervent militant.Dans cette deuxième catégorie entrent aussi, les retraites fermées.Les Jésuites en ont été les initiateurs au Québec.C'est en 1909 qu'aura lieu la première retraite collective officielle au noviciat de la com- : munauté, à Sault-au-Récollet.Son organisateur: un jeune Jésuite, le père Papin- Archambault.L'année suivante, et pendant quatre ans, la Broquerie, maison de campagne des Jésuites à Boucherville, accueillit des retraitants durant les mois d'été.C\u2019est en 1914, à l\u2019Abord-à-Plouffe, que fut inaugurée la première \u201cforteresse du catholicisme\u201d au Québec: il s'agit de la villa Saint-Martin.D'autres maisons de retraite de la compagnie.et d'autres communautées s'ajoutèrent rapidement.La fonction de ces maisons s'apparente, dans le réseau, à celle des stages de formation sociale: on va refaire là-le plein de sa ferveur militante après avoir fait ici le plein des connaissances nécessaires à un bon apostolat.D'ailleurs les retraitants sont à l\u2019origine d\u2018un grand nombre d'initiatives qui - vont durer.À l\u2019intérieur des murs de la seule villa Saint- Martin ont été créées: la Ligue des retraitants; l\u2019Oeuvre du chemin de la croix; l\u2019Association catholique des voyageurs de commerce; l'Association catholique des cheminots; les Semaines sociales; l\u2019Oeuvre des tracts.Comme quoi, le religieux conduisait assez allégrement au social.TRAAIL ET ÉDUCATION Les autres composantes du réseau procèdent de la logique d'un système: celle d'assurer sa présence dans tous les secteurs d'activité; celle aussi de pourvoir à la formation de ses futurs dirigeants.Le réseau s\u2019est étendu au secteur du travail par l\u2019intermédiaire des aumôneries, tant du côté patronal que du côté syndical.Il est inutile d'insister sur l'importance du rôle qui incombait à l'aumônier d\u2019une association syndicale: il \u201cthéorisait\u201d la pratique quotidienne de ses ouailles, le spirituel n\u2019étant qu\u2019une facette de l\u2019idéologique.Par exemple, les Jésuites ont -combattu le syndicalisme américain à cause de sa neutralité confessionnelle et se sont faits, en contrepartie, d\u2019ardents promoteurs d'un syndicalisme québécois officiellement catholique.Cet intérêt des Jésuites pour le syndicalisme et les grandes questions sociales devait les conduire, un jour ou l'autre, à l'enseignement universitaire.Il y avait là un vide important à combler.L'université de Montréal avait bien commencé dans les années 20, sous l\u2019initiative d\u2019Edouard Montpetit, à dispenser des cours en sciences sociales, mais c\u2019était des cours du soir, des cours d'extension pour \u201cadultes cultivés\u201d.Le premier cours proprement universitaire (et en cours du jour) ne commença qu'en 1945, en Relations industrielles.Le fondateur- directeur a été un Jésuite, le père Emile Bouvier.Quant à la faculté même des Sciences sociales, il faudra attendre 1950 avant qu\u2019elle n'existe officiellement.Une école de Sciences sociales existait à Laval depuis 1933, qui deviendra faculté universitaire (cours de maîtrise et de doctorat) en 1943, avec quatre départements; tant l\u2019école que la faculté de Laval seront fondées par un Dominicain, le père Georges-Henri Lévesque.Intéressante cette rivalité entre les Jésuites et les Dominicains.Eminemment idéologique aussi.Les Jésuite sont plus \u201cnationaux\u201d, pour une société et des syndicats confessionnels, et objectivement sympathiques au capital; les seconds sont plus \u201csociaux\u201d, défendent le principe d\u2019une société laïque, des syndicats et des coopératives non confessionnels, donc, et leur sympathie va d\u2019emblée au travail.Cet écart reflète bien les positions respectives des pères Bouvier et Lévesque.Il faut cependant apporter des nuances.Le maintien d\u2019un certain pluralisme dans ses rangs à toujours été une caractéristique bien jésuite.Ainsi parmi ceux qui sont allés se spécialiser en science économique et en sociologie au début des années 40, se trouve le père Jacques Cousineau, appelé à assumer la charge d'aumônier de la plupart des syndicats et associations de travailleurs du réseau.Il incarnera la \u201cgauche\u201d à l'intérieur de la communauté: la même distance idéologique que le père Léves- que le sépare du père Bouvier.ll s\u2019est attiré les foudres du juin 1948 par un article sur les mineurs de l'amiante paru dans la revue Relations (l\u2018équipe sera changée peu après), dans lequel il dénonçait la mainmise étrangère sur nos richesses naturelles et les ravages chez les mineurs causés par une maladie presque inconnue à l\u2019époque: l\u2019amian- tose.(Comme l'histoire se répète, n'est-ce pas?) Un Chef syndicaliste, un journaliste montréalais et un intellectuel de Ville Mont-Royal ont applaudi à cet article: Jean Marchand est un ancien élève du père Lévesque, Trudeau et Pelletier se sont frottés, à des degrés divers, au réseau jésuite montréalais.L'activité sociale et l\u2019activité scolaire du réseau sont indissociables: les collèges servent à former les élites, laïque et religieuse, qui serviront ensuité de têtes de pont dans toutes les sphères de la vie sociale, assurant par là la présence continue nécessaire à toute domination idéologique.Le Sainte-Marie, monstre à quatre têtes (français, anglais, cours de commerce, cours classique) devait fatalement se diviser.En 1888, il léguait le cours de commerce au Mont Saint-Louis, construit à cette fin: puis il se départissait de son bloc anglophone huit ans plus tard, qui deviendra le collège Loyola.Quant au collège Brébeuf, il date de 1928.Il recevra une clientèle sélect (Ville Mont-Royal.Outremont, Westmount).Le Sainte-Marie, en comparaison, avait une vocation plus populaire, dans le sens qu\u2019il recrutait plus bas dans l'échelle sociale, mais pas trop bas quand même: après tout, pour l\u2019année scolaire 1912-1913, les élèves fréquentant les collèges classiques n\u2018équivalaient qu\u2019à 1,6% de l'ensemble de la population scolaire du Québec (8 189 contre 459 636 dans les écoles publiques).- Fait important, le collège de la rue Bleury a été l'un des trois collèges classiques (avec celui de Valleyfield et le séminaire de Saint-Hyacinthe) à l'origine de l\u2019Association catholique de la jeunesse canadienne, l'A.CJ.C.L'idée d'un congrès de fondation sera même lancée par un de ses étudiants, Joseph Versailles, un assidu des rencontres hehdo- madaires organisées par le père Samuel Bellavance au cours desquelles l\u2019on débattait des grandes question d\u2019actualité.Elle sera officiellement fondée en 1904, avec comme devise: piété, étude, action.Toutes nos élites traditionnelles en ont fait partie.Le mouvement comptera jusqu\u2019à 200 cercles et quelque - 3000 membres, avant d\u2019être sabordé, en 1935, par l\u2019épiscopat québécois qui lui préférera les J.O.C.(jeunesse, ouvrière catholique), ).EC.(jeunesse étudiante catholique), J.A.C.(jeunesse agricole catholique), et J.C.(jeunesse indépendante catholique).L'aumdnerie centrale de l'A.C.JC.(ses bureaux étaient situés rue Cherrier, dans l'édifice de la Palestre nationale) et de son journal, le Semeur.relevait des Jésuites (on parle, dans un album, de la \u201crigoureuse surveillance\u201d de l\u2019aumô- nier-directeur), ce qui n'est plus le cas avec les autres \u201cjeunesses\u201d.Enfin, avec le collège Saint- Ignace (1927), la boucle est bouclée, le réseau atteint à son autosuffisance.Ce collège réservé aux candidats à la prêtrise (\u2019aux vocations\u201d, disait-on alors) deviendra la pépinière de la grande pépinière: c\u2019est là que le scolasticat puissera une grande partie de ses effectifs.UN PEUPLE ÉMIET Dès l'après-guerre, un fort mouvement s\u2019est amorcé, dont la Révolution tranquille a été l\u2019aboutissement, qui a peu à peu entevé à l'Eglise son hégémonie sociale et fait passer le Québec du cléricalisme au laïcisme: désormais I'Etat bourgeois occupera des secteurs comme l'éducation, l'assistance sociale, la santé, qui étaient autrefois la chasse- gardée des congrégations religieuses et des fabriques.Expression de cette hégémonie le réseau était voué à l\u2019essoufflement.De fait il n\u2019en reste à péu près rien: le scolasticat a été rasé en 1968 pour faire place à une polyvalente; les éditions du Messager sont devenus les éditions Bellarmin qui n\u2019en ont pas la moitié du quart de l'importance sociologique; quant à l\u2019imprimerie du Messager, elle a été vendue en 1968: la vie paroissiale ne se réalise plus que dans des bingos; le bulletin paroissial, qui s'appelait Ma paroisse depuis 1945, deviendra Actualité en 1960 pour être finalement vendu à des intérêts privés en 1968: les retraites paroissiales et les retraites fermées se font rarissimes: d'ailleurs la villa Saint-Martin sert autant, sinon plus, de lieu de réunions de toutes sortes qu'aux retraites elles-mêmes: les ligues du Sa- cré-Coeur n\u2019existent plus que pour fa forme: le secrétariat est maintenu pour les quelques derniers groupes; le Messager canadien du Sacré- Coeur est disparu depuis 1969; Jeunesse en marche, qui a succédé à la Croisade eucharistique, s\u2019est fusionnée à la Ligue missionnaire étudiante et s\u2019appelle maintenant Ligue missionnaire étudiante et s'appelle maintenant.Mond'ami: mais ce mouvement relève en grande partie de l\u2019épiscopat; devenu l\u2019Institut social populaire en 1957, l'Ecole sociale populaire existe encore sur papier: de ses oeuvres et publications, nombreuses et influentes, il ne reste plus que la très marginale revue Relations,-dont le faible tirage (8000 ex.) est cause de déficits constant; les aumôneries syndicales sont maintenant désuètes.De tout l'appareil scolaire, seul le collège Brébeuf a survécu: les vieux murs du Sainte-Marie qui abritent l\u2019université du Québec - depuis 1968 seront incessamment démolis pour céder la place à un complexe universitaire moderne, de même que la chapelle du Gésu; le collège Saint-lgnace a été vendu et est aujourd'hui cégep.Les Jésuites, eux, ne sont pas tous disparus: la maison Bel- larmin en héberge plus d'une trentaine encore; mais contrairement à leurs prédécesseurs, ces \u201cJésuites sociaux\u201d participent à divers milieux à titre individuel et dénués du prestige d\u2019autrefois; non seulement sont-ils éparpillés physiquement, mais leurs activités touchent un grand nombre de secteurs: animation dans les quartiers défavorisés (le père Couture, par exemple, dans Saint-Henri), collaboration à des revues n\u2019appartenant pas à la communauté (revue Univers, par exemple), fonctionnariat enseignement dans les cégeps ou universités, somme toute, une présence et une influence infimes dans le grand tout social.La question que l\u2019on peut se poser à ce moment-ci est la suivante: qu'\u2019advient-il des communautés que le réseau \u2018encadrait?11 y a de fortes chances qu'elles soient redevenues autant d'individus.Il faut déplorer ce fait et souhaiter la mise en place d\u2019un autre type d'organisation collective.Il en naît d\u2019ailleurs tranquillement qui comblent le vide: comités de citoyens, coopératives, garderies populaires, regroupements sur des problèmes communs.Avons-nous seulement le choix?Ce sera, cette renaissance sur une base collective progressiste ou ce sera la perpétuation d'un pouvoir politique qui fonde justement sa domination sur l\u2019absence d'organisation des populations à lous les niveaux.6- 26 juin 1975 gouvernement Duplessis en - amr mae.a 4 hs pes hry ; a A Cory maaan WY oR SII 1 40 \u201c4 \u20ac , Quand vient la belle saison, on change de peau, de vêtements et\u2026de boissons.Voici trois petits \u201cblancs\u201d tout indiqués pour l'été: le rhum Captain Morgan, la vodka Bolshoi et le gin King Arthur.Ajoutez simplement glaçons, mixer et bonne compagnie.Les boissons à siroter de | Seagram Lar rire TEE mala La Normandie: ; \u2018 | \u201cP'tetben qu'oui qu'non\u2019 i : pi PE PPS gy È A F-41000 UE Lise .\u201ctx ue À kK: 3 Mra 8 a Ta PEGE es pes 3 4 1 \u2014 La troupe folklorique le Trou normand, de Domfront, i interpréte les danses traditionnelles en costumes du pays; 2\u2014 On remarquera, près du toit de la grange, le \u201cfiquefleur\u201d ou épouvantail à étourneaux, qui sert à protéger contre ces oiseaux les pruniers et cerisiers en fleurs; 3\u2014 Le vieux port de Honfleur, d'où sont partis, a au XVIIe siècle, tant de colons pour la Nouvelle-France; = 4 \u2014 Maison de ferme normande, au style typique No de la région, située à Domfront, département de l'Orne; 5\u2014 Vue de la maison de ferme et des vergers ji chez Armand Suvigny, fermier et producteur de calvados x à Saint-Jean-du-Corail, aux environs de Mortain; 6\u2014 Michel Chevalier, né à Paris où il a appris l'art de la poterie, est venu le pratiquer en Normandie, plus précisément à Vindefontaine parce que, autrefois, c'était un village réputé pour ses nombreux i potiers, et il y fait de la poterie de type traditionnel; i 7 \u2014 Cette grotte artificielle, qui abrite sous + BN grillage, une statuette de la Vierge tenant l'Enfant Jésus, ol se trouve & Orglandes, dans la péninsule du 2 Cotentin, au nord du département normand de la Manche.s 8 28 juin 1975 à PAR MARIE DÉCARY ET ANDRÉ GLADU On nous a toujours présenté la France comme le pays des parfums, des vins et des fromages.Or, pour les Québécois, il y à beaucoup plus à voir en France.Marie Décary et André Cladu l\u2019ont découvert en visitant la Normandie, le Perche, l\u2019Aunis et la Bretagne.Historiquement, ces provinces ont fourni un grand nombre de .colons à la Nouvelle-France; c'est dans l'espoir d'y retrouver de vrais liens d'amitié qu'ils y sont allés.Cette semairie, la Normandie.La semaine prochaine, le Perche.Parlez-vous normand?C\u2019est ce que les paysans normands demandaient aux soldats canadiens- français qui venaient de débarquer sur les côtes de la Normandie en 1944 durant la Seconde Guerre mondiale.Quelle ne fut pas la surprise de ces paysans quand ils découvrirent qu\u2019une partie de l'armée de libération parlait normand comme eux! Près de deux cents ans avaient séparé ces cousins! Drôle de famille que celle des Normands qui se rend visite seulement à l\u2019occasion d'événements exceptionnels! Mais, on le découvrira avant longtemps, c'est justement un trait de famille.Avec les Québécois il ne faut pas compter les tours, \u201cy sont pas trop sorteux\u201d; leurs cousins normands, eux, préfèrent \u2018sortir sur place\u201d, c'est- à-dire rencontrer des gens sans quitter la maison: il ne faut donc pas s'étonner! Peut-être parce qu\u2019on nous avait répété depuis l\u2019école primaire que nos ancêtres venaient de la \u201cVieille France\u201d et surtout de la Normandie, avions-nous décidé dans notre voyage de commencer par visiter cette province.Nous avions hâte de découvrir cette province du nord de la France avec laquelle nous sommes censés avoir tant en commun.Ainsi cette visite nous a permis de constater l'influence normande sur notre langage, notre mentalité, notre architecture ancienne, notre musique traditionnelle.Ce rapport de voyage, fait d'observations et de rencontres, ne prétend que souligner Certains traits de parenté avec les Normands dont nous avons toutes les raisons d'être fiers.La Normandie se trouve au nord- ouest de la France, entourée des anciennes provinces suivantes: Picardie, Ile-de-France, Perche, Maine et Bretagne.Elle est divisée en deux: à l\u2019est la Haute-Normandie, région industrialisée avec sa- capitale Rouen, et à l\u2019ouest la Basse-Normandie, plus agricole et traditionnelle avec son centre Caen.À l'intérieur, le territoire est divisé entre les départements de la Sei- ne-Maritime, de l'Eure, de l'Orne, du Calvados et de la Manche.De l'avis de tous ceux qui y sont allés, le printemps est la saison idéale pour découvrir la Normandie.La campagne est d'abord remplie de poiriers et de cerisiers en fleurs puis, vers mai, c'est au tour des pommiers qui rappelleront aux Québécois le comté des Deux- Montagnes ou la région de Saint- Hilaire.La pluie en Normandie fait partie de la vie, un peu comme en Angleterre, et lorsqué les Normands disent que \u2018c\u2019est du beurre qui tombe\u201d, c'est qu\u2019ils la voient comme un bienfait, surtout dans les zones de pâturage où on fait l'élevage des fameuses \u201cvaches à lunettes\u201d normandes, Elles ont fait la renommée dans toute la France du lait, de la crème, du beurre et du fromage normands.\u201cPis commentcé par chez vous?\u201d Selon les statistiques sur l'immigration française au Canada, durant les XVIIe et XVIIe siècles, la Normandie à fourni le plus grand pourcentage de colons.On retrouve donc partout au Québec des descendants de Normands, mais il semble qu\u2019à l\u2019origine ils se soient surtout installés dans la région de Québec, la Côte de Beaupré, l'île d'Orléans et dans la Beauce.Il serait trop long d'énumérer toutes les familles qui sont originaires de la Normandie, nous n\u2019en _nommerons que quelques-unes.D'après les recherches de Julien Déziel, président de la Société généalogique canadienne- française, de la région de Rouen viennent les: Alain, Audet, Boivin, Char- trand, Chevalier, Couture, David, Lavoie, Deschamps, Desmarais, Fortin, Garant, Gauthier, Groulx, Laberge, La- croix, Lalonde, Lemieux, Léveillée, Lé- vesque, Marsolais, Messier, Paquin, Petit, Prévost, Sénécal, Tardif, Vallée, etc.De la région de Dieppe les: Asse- lin, Bérubé, Fortier, Leclerc, Thérien, VaiHlancourt, etc.De Honfleur les: Va- nier, Bégin et Guérard.La famille Marcotte est originaire de Fécamp.De la région de Caen sont venus les: Lauzon, Bacon, Fafard.De Bayeux et des environs les: André, Dufresne, Denis, Desjardins, Berthiaume, Desga- gnés, Langlois, Leblanc, Pilon, Roberge, Roy, Garnier, etc.Dans de régions comme celles de l'Orne et de la Manche nous avons souvent remarqué le long de notre route des enseignes, des vitrines portant des noms comme: Pelletier, Gravel, Héroux, Langevin, Marchand, Gosselin, Hardy, Hébert.Sur ce sujet on peut consulter le guide de M.R.Hollier La France des Canadiens, paru aux Editions du Jour en 1964.La Normandie a toujours agi comme tampon pour le meilleur et pour le pire entre la France et l\u2019Angleterre.Que ce soit pour des raisons militaires ou commerciales, les Normands ont appris très tôt dans leur histoire à transiger avec bien des gens.Ce long apprentissage a façonné avec le temps un type social bien particulier: le Normand est un sédentaire qui a un sens profond de la propriété et qui aime les choses durables, mais c'est aussi un fataliste qui est prêt à recommencer à zéro s\u2019il le faut.Les Normands ont aussi appris à devenir rusés, fins et sont passés maîtres - dans l\u2019art de marchander.ll faut aller dans certains marchés comme ceux de Trouville, Lisieux, Honfleur pour s\u2019en Suite page 10 28 juin 1975 -8 At / * LE BLASON GST UN La carte ci-dessus montre en rouge la Normandie, illustrée en détail plus haut, et délimite d'un trait rouge les autres anciennes provinces < dont on parlera dans nos prochains numéros.10- 28 juin 1975 MOTIF DE CART POPULAIRE NORMAND QU ORNAIT LA PORTE D'UN GARDE MANGER, AVRANCHES (ZI SIÈCLE» rendre compte.On se croirait aux marchés Saint-Roch à Québec et Jean-Talon à Montréal.Le paysan normand est hospitalier, reçevant, mais il reste méfiant.\u201cComment ça vaî\u201d \u2014 \u201cAh! ben comme-ci, comme-ça!\u201d Il semble hésiter mais il veut surtout savoir ce que vous lui voulez.\u201cCa dépend!\u201d: il n'aime pas donner une réponse tout de suite, il veut être sûr avant: \u201cOn verra\u201d.On croirait parler avec des \u201chabitants\u201d du Bas-Saint- Laurent: \u201cBen, si ça adonne.\u201d Son sens de la possession et son Ÿ exprit entêté font qu\u2019on retrouve autant de \u201cprocès de clôture\u201d entre paysans normands que québécois.Moqueur, il adore jouer des tours pour faire perdre la face \u201cà c't'orgueilleux\u201d; cet humour, on le retrouve au Québec chez les Beaucerons.Toutes ces qualités et ces défauts, ils les ont apportés avec eux lorsqu'ils sont venus au début de la colonie, en plus de leurs métiers, leurs traditions, leur manière de bâtir.Le français qu'ils parlaient à cette époque était, selon certains historiens, supérieur à celui de la région parisienne.Le linguiste français M.L.Vignon prétend que c\u2019est le parler normand qui a marqué le plus notre langage au Québec.Souvent au cours des randonnées, lorsque nous avions des renseignements à demander, nous avons été frappés par la similitude du langage et des manières du paysan normand et celles de l'habitant québécois.En Bas- se-Normandie, nous avons eu l'occasion de rencontrer des cultivateurs chez qui on retrouvait la même hospitalité, le même plaisir à expliquer leur méthode de culture.C'est chez eux que nous avons senti le plus de sympathie, le plus de curiosité à échanger ce que nous avions en com- \u2014 282 Gee = Este AIRE.Qu EE À | L FE mun.\u201cPis comment cé par chez vous?\u201d Nous avons également senti l'incompréhension qui règne entre paysans et citadins, parisiens pour la plupart, qui envahissent chaque été la Normandie.Dans les villes touristiques côtières, il est courant d'entendre parler les Parisiens avec mépris des Normands: \u201cCe ne sont que des paysans, vous savez!\u201d Cela nous a fait comprendre l'attitude de certains Français qui arrivent au Québec de nos jours et découvrent soudain que \u201cnous ne sommes que des Normands, après tout!\u201d Pour les Québécois qui s'intéressent plus à la vie traditionnelle des Normands qu'à Paris, il y a en Normandie le Musée d'ethnographie et d'art populaire à Honfleur et le musée de Normandie à Caen.M.André Grossot, violoneux Au Québec, depuis toujours nos gens ont aimé danser et chanter.Ce goût nous vient sûrement de la vieille Normandie où la moindre occasion était prétexte à la danse.Cette coutume, comme toutes les traditions, tend à disparaître maintenant en Norman- die; mais, à l\u2019époque où ils ont immigré en Nouvelle-France, les Normands célébraient par des danses les fêtes de Pâques, la Saint-Jean, la fin des moissons, la Sainte-Catherine, Noël, les Rois.C\u2019est surtout au cours des noces qu\u2019on s'adonnait à la danse avec le plus d\u2019ardeur.Le clergé a souvent essayé d'interdire les danses en Nor- mandie.Mais, comme au Québec, le son du violon était plus fort que toutes les menaces de damnation.M.André Grossot, fermier et violoneux de Saint-Siméon dans l'Orne, nous a raconté comment cela se passait: \u201cAutrefois les noces duraient toute une journée, on organisait une \u201csonnerie\u201d pour les mariés.C\u2019est-à- dire qu\u2019on demandait au violoneux d'accompagner le cortège nuptial de la mairie au nouveau domicile des mariés.Le violoneux marchait en tête en chantant certains airs de circonstances tout en s'\u2019accompagnant au violon.\u201d Nous avons eu la chance de rencontrer M.Grossot grâce à une troupe de folklore normande de la région de Domfront appelée le Trou normand.Vêtus du costume du pays, ils interprètent des danses traditionnelles du milieu du XIXe siècle comme la \u201cdanse villageoise\u201d, les branles simples et doubles (l\u2019équivalent de nos gigues), les rondes.Lorsque nous sommes arrivés chez M.Grossot, vers la fin de l\u2019après-midi, il arrivait du champ avec ses sabots.Notre guide, Bernard Letis- sier, responsable du groupe folklorique, est descendu le premier s\u2019entrete- nr avec Mme Grossot, question d'expliquer d'où venaient ces étrangers et ce qu'on voulait.Après quelques minutes de délibérations M.et Mme Grossot nous ont reçus dans leur cuisine.Lui s'est assis avec nous autour de la table pour parler de musique; elle est restée debout à surveil ler les conversations puis elle est partie, sur l'insistance de son mari, chercher la bouteille de calvados (la goutte).M.Grossot est un violoneux traditionnel, un des derniers de la Basse- Normandie.\u201cVous savez, j'ai pas appris la musique, j'joue de routine (à l'oreille dirait nos violoneux).Jai appris à 17 ans d'un vieux joueur de violon breton qui avait 70 ans.Au début y voulait pas me montrer, y était jaloux, jaloux! Mais à le surveiller j'ai appris à diapasonner mon violon (l\u2019accorder) et à jouer en duo (jouer double) puis à frapper la cadence (taper du pied)\u201d.Les violoneux cajuns de la Louisiane ont dû hériter de ce style de jeu! Eux aussi jouent debout en tapant d'un pied et, comme M.Grossot, ils chantent en jouant du violon.Chez nous le violoneux joue assis, frappe des deux pieds et ne chante jamais en jouant.C\u2019est l'influence celte (bretonne, irlandaise, écossaise) qui a marqué notre musique instrumentale.De leur temps, les violoneux devaient connaître toutes les danses pour être invités lors d'une noce ou d'un bal.\u201cMoi je joue pour faire danser.Les danses que je joue datent de 1850 et avant.\u201d Nous lui avons demandé s\u2019il n\u2019était pas étonné de voir des jeunes s'intéresser de nouveau aux vieilles danses: \u201cMais pas du tout, les vieilles danses ça restera toujours les meilleures! Les gens rcommencent à écouter c'te musique-là parce qu'ils veulent fraterniser!\u201d Alors il s\u2019est levé, il a pris son violon et a joué l'air du mariage: \u201cFallait pas dire oui devant M.le maire, devant M.le maire fallait pas dire oui!\u201d tout en exécutant en sabot le pas de danse approprié.Puis, il s\u2019est rassis au moment où Mme Grossot nous servait un autre verre de calvados.Pour le paysan normand, c'est un\u2018 moyen de faire parler les étrangers.Letrou normand Nous avions gardé un bon souvenir du calvados que M.Grossot nous avait servi et nous voulions en savoir plus long sur la fabrication de cette eau-de-vie de cidre normande que les paysans appellent \u201cla blanche\u201d.Les Normands font du cidre depuis le temps des Gaulois, mais il semblerait que \u201cl'eau-de-vie de sydre\u201d fut produite systématiquement vers la fin du XVIe siècle.Le musée régional du cidre à Valognes, dans la Manche, nous renseigne sur les méthodes de fabrication.On peut y voir l'antique \u201cmoulin à broyer les pommes\u201d qu'on retrouve encore sur certaines vieilles fermes.On peut dire que le calvados est à la pomme ce que le cognac est au raisin.Cette eau-de-vie et le cidre sont produits dans trois provinces de l'Ouest de la France: la Bretagne, le Maine et la Normandie.Depuis 1942, la production du cidre et du calvados est réglementée par l'Etat, c'est-à-dire que la culture des pommes, la fabrication du cidre et la méthode de distillation doivent correspondre aux critères établis par l\u2019Institut national des appellations d\u2019origine.De là on a divisé le territoire selon la qualité des productions régionales.Ainsi, seul le Pays d'Auge mérite l'appellation \"Calvados du Pays d'Auge, appellation contrôlée\u201d, c'est le plus célèbre, puis viennent les calvados à appellation réglementée des régions du Cotentin, du Calvados, de l\u2019Avranchin, du Mortai- nais, etc.C'est dans cette dernière région, à Saint-Jean du Corail, que nous avons rencontré M.Suvigny qui s'annonçait comme suit: \u201cPour vous ou pour offrir à vos amis, vous cherchez un bon vieux calvados fermier; rien de plus simple, il suffit de le commander directement à un producteur agricole.\u201d M.Suvigny nous a fait visiter sa ferme, qui ressemble à celles qu\u2019on trouve dans l\u2019île d'Orléans, et ses installations pour le vieillissement du calvados.Nous n'avons pas manqué de goûter son calvados vieilli un an, trois ans, cing ans et plus.En France on le sert comme apéritif, mais les Normands le préfèrent encore au milieu du repas, c'est ce qu'ils appellent \u201cfaire le trou normand,\u201d ou bien ils le boivent dans leur café à la fin du repas.Dans certains départements, comme la Manche, on peut visiter des fermes de producteurs de cidre ou de calvados; à l\u2018occasion, vous pouvez le déguster et l'acheter.M.Suvigny vend son calvados dans de magnifiques contenants en terre-cuite semblables à ceux qu'\u2019utilisaient les anciens Normands.Nous avions déjà remarqué la beauté de cette poterie au Musée de Normandie, à Caen.La poterie traditionnelle L'économie en Normandie ne repose pas uniquement sur l\u2019agriculture ou l'exploitation des vergers.Plusieurs petites industries issues de la tradition artisanale continuent de produire.C\u2019est le cas des tanneurs de Pont- Audemer, des fondeurs et des artisans du cuivre de Villedieu-les-Poêles, des céramistes de Bavent, des dentellières de Bayeux et d'Alençon, des ferronniers de Conches.Les jeunes Normands manifestent en plus un intérêt croissant pour l'artisanat.Ces artisans regroupés sous le nom d'Artisans d'art se retrouvent plutôt dans la Manche et le Calvados.Bien qu'il soit moins important que le phénomène québécois des Métiers d'art, il a cette particularité d'inciter les jeunes artisans à reprendre les techniques traditionnelles surtout dans les domaines de la vannerie, du tissage et de la poterie.C'est ainsi que nous sommes \u201cabouti\u201d chez Michel Chevalier, jeune potier qui pratique son métier à Vindefontai- ne.Chevalier est originaire de Paris, mais son nom est normand; il pratique son métier depuis huit ans et c'est chez un potier parisien qu\u2019il a appris les techniques de base.Ensuite, comme il nous l\u2019a lui-même expliqué, \u201cil faut tourner, tourner parce que chaque potier a sa façon.\u201d En 1967, il est venu s\u2019installer dans le coin à la suite d'une invitation du maire de l'endroit qui-désirait voir les jeunes artisans reprendre la tradition locale.l'a aménagé son atelier dans une vieille grange en pierre d'une centaine d'années.Il a fallu tout rénover.\u2018Bon, quand je suis arrivé à Vinde- fontaine, j'ai décidé de faire la poterie d'ici parce que c\u2018était autrefois un village de potiers.Il y a cent cinquante ans à peu près, il y avait une douzaine de potiers dans le village qui portait à l\u2019époque le nom de La Poterie.Mais quand\u2018je suis arrivé ici, il n'y en avait plus!\u201d La poterie traditionnelle qu'on fabriquait aussi dans les villages de Saussemesnil, Néhou, Noron la Poterie comprenait toute la vaiselle ordinaire utilisée par les paysans: soupières, pichets, \u201cmoques\u201d (grande tasse pour boire le cidre), pots (à tripes, à miel), terrines, assiettes, canes à café, bouteilles (pour conserver le cidre et le calvados).Chevalier fabrique la plupart de ces pièces ainsi que des éléments décoratifs qu'on remarque sur la toiture de plusieurs anciennes maisons: les taffettes et les épis de faita- ge.Une de ses plus belles pièces est une grande \u201cfontaine\u201d accrochée à l'entrée de son atelier et décorée de motifs populaires.Ce genre de fontaine était installée dans les maisons de ferme normandes et servait à laver les mains avant les repas.\u201cJe crois bien qu'il faut faire la poterie du coin, parce que du moment ou les gens viennent visiter la région ils recherchent une poterie typique et s'ils trouvent la même dans les magasins, ça ne va plus du tout, la poterie moderne on la retrouve partout!\u201d Chevalier écoule sa production auprès des touristes mais, depuis \u2018 quelques années, les gens de I'endroit se réinté- ressent à son travail.Ceux-ci ne sont pas tous acheteurs, du moins ils ne sont plus prêts à jeter leur vieille poterie ou encore à la donner à des brocanteurs pour des prix dérisoires.Comme les cultivateurs québécois, eux aussi ont été exploités par des antiquaires, collectionneurs ou touristes, Tout en trouvant leur accent \u201csavoureux\u201d, ces gens-là n'avaient qu\u2019une idée en tête, réussir à obtenir une pièce de poterie ancienne pour rien! À l'époque, les potiers travaillaient dans des ateliers individuels aidés par leur famille.Ils cuisaient au bois, ce qui était beaucoup plus compliqué qu\u2019au- jourd\u2019hui, mais cela permettait d'obte- Nir certaines teintes et coulées qui ont fait la renommée de la poterie normande.Avant de partir, Chevalier nous a raconté une anecdote au sujet des potiers de Vindefontaine.Dans le temps, les potiers de la région produisaient pour l'Angleterre de grands \u201csinots\u201d (pots) à beurre de cinquante kilos.L'histoire raconte qu\u2019ils avaient eu un procès sur le dos parce que les Anglais avaient fini par se rendre compte que les Normands leur vendaient des sinots beaucoup trop épais, ce qui leur permettait d'épargner sur le poids du beurre! Voyez-vous, ces gens-là sont aussi normands que nous! 28 juin 1975 -11 | 14 QE Ut La petite histoire du grand cidre de chez C'est un nom bien connu chez nous, parce que c'est celui du cidre le plus vendu au Québec.Mais c\u2019est avant tout celui du sympathique petit village qui l\u2019a vu naître.Saint-Antoine Abbé est niché en plein coeur de l\u2019une des plus belles régions pommicoles du Québec, qui s'étend le long de la frontière américaine au sud-ouest de Montréal.Les pommiers s'étendent à perte de vue le long des routes avoisinantes, et rien n'est plus beau à contempler que la période de l\u2019année qui les voit fleurir.A Saint-Antoine Abbé, on est pom- miculteur de père en fils: c'est dire combien on connaît ses pommes \u2026 et son cidre! Car la fabrication du cidre au Québec est une tradition qui re- monte jusqu\u2019à Jacques Cartier.Chaque fermier possédait sa propre recette, qu'il gardait jalousement.Bien sûr, la qualité variait selon les procédés de fabrication de chacun, mais c'était la boisson des célébrations familiales et on aimait bien offrir un p'tit coup de cidre à la parenté et aux voisins, histoire de s'entendre dire: \u201cYépaspiquédes vers, tonp'titboire!\u201d Le grand réve de Fernand Dufour.Les temps ont bien changé depuis cette époque artisanale.Si aujourd\u2019hui, le cidre est vendu partout au Québec, et non plus le long de quelques routes de campagne, il faut remercier la ténacité et le génie d\u2019un homme de chez nous, qui est = © hn É £ = = É 5 1 E :E © v ve L reconnu comme un pionnier de l\u2019industrie du cidre.Après avoir complété ses études à l\u2019Ecole d'agronomie d\u2019Oka, Fernand Dufour se spécialisa pendant deux ans en oenologie, science de la fabrication des vins, à l'université de Berkeley, avec les plus hautes autorités en ce domaine.Fort de cette riche expérience, il s'employa pendantplus de 25 ans à développer en laboratoire des normes de contrôle qui permettraient alors de lancer sur le marché un cidre de haute qualité.En 1967, Claude Lussier, natif de St-Antoine \u20142 SAINT ANTOINE Abbé et fils d\u2019une famille de pommi- culteurs renommés, terminait ses études en administration et offrait à Fernand Dufour de reprendre avec lui les rênes de sa petite entreprise.En 1971, la vente du cidre était légalisée et Claude Lussier fondait Lubec Inc, aujourd\u2019hui la plus importante cidrerie au Canada, à l'emplacement même où Fernand Dufour avait mené ses travaux.ze \u2018 pu La fabrication du cidre chez Lubé De la période artisanale, dE fut longtemps relégué, le cidre e aujourd\u2019hui à la phase industri J Et si le mode de fabrication n'a gg changé, les méthodes, elles, on complètement révolutionnées et dE jetties à un contrôle de qu rigoureux.Chez Lubec, on sélectiq avec soin les meilleures pom cidre; on les presse, et on condulk fermentation pendant environ 6 maines dans des réservoirs en à inoxydable.Ensuite, on fait vieil produit pendant 8 à 10 mois.A depuis le mûrissement de la ponffé on suit soigneusement l\u2019évolutiofl cidre jusqu'à sa pleine maturité.fE des spécialistes le dégustent, évall sa couleur, sa saveur, jugeant dE constitution et appréciant sa fing De tels soins apportés a la fabric de son cidre assurent la qui supérieure des produits Lubec.§§ Abbé et fils d'une famille de pommi- culteurs renommés, terminait ses études en administration et offrait à Fernand.Dufour de reprendre avec lui les rênes de sa petite entreprise.En 1971, la vente du cidre était légalisée et Claude Lussier fondait Lubec Inc, aujourd\u2019hui la plus importante cidrerie au Canada, à l'emplacement même où Fernand Dufour avait mené ses travaux.ee ps = Aes, da ene 4 2 La fabrication du cidre chez Lubec.De la période artisanale, où il fut longtemps relégué, le cidre en est aujourd\u2019hui à la phase industrielle.Et si le mode de fabrication n\u2019a guère changé, les méthodes, elles, ont été complètement révolutionnées et assujetties à un contrôle de qualité rigoureux.Chez Lubec, on sélectionne avec soin les meilleures pommes à cidre; on les presse, et on conduit la fermentation pendant environ 6 semaines dans des réservoirs en acier inoxydable.Ensuite, on fait vieillir le produit pendant 8 à 10 mois.Ainsi, depuis le mûrissement de la pomme, on suit soigneusement l\u2019évolution du cidre jusqu\u2019à sa pleine maturité.Puis des spécialistes le dégustent, évaluant sa couleur, sa saveur, jugeant de sa constitution et appréciant sa finesse.De tels soins apportés à la fabrication de son cidre assurent la qualité supérieure des produits Lubec.Le Saint Antoine-Abbé, le cidre à boire\u2026 et à manger.Le Saint Antoine-Abbé, servi tel quel ou en cocktail, en punch ou a table, est une boisson idéale en toute Lo Soeur Berthe occasion.Et des expertes comme Madame Germaine Gloutnez et Soeur Berthe recommandent hautement le cidre comme boisson d'accompagnement d\u2019une foule de mets autant traditionnels que gastronomiques.La cuisine au cidre vous réserve également d'agréables- surprises.Songez donc: pour apprêter nos bonnes vieilles recettes de chez nous, il nous fallait un crû bien de chez nous! Germaine Gloutnez Le Saint Antoine-Abbé, le cidre bon premier.La popularitédu Saint Antoine- Abbé n\u2019a fait que grandir depuis son avènement.C\u2019est aujourd\u2019hui le cidre le plus vendu au Québec.Et pour cause! LeSaint Antoine-Abbé s\u2019est mérité, en 1974, la médaille d\u2019or de la qualité dans la catégorie des pétillants secs.Selon I'opinion de Claude Lussier, président-fondateur de Lubec Inc.: \u201cQuand il s'agit de bien boire et de bien manger, les Québécois exigent ce qu'il y a de meilleur, et ils se trompent rarement sur la valeur d\u2019un produit.Le cidre que nous fabriquons doit vraiment être d'une haute qualité pour avoir su, en si peu de temps, \u201c conquérir une telle part du marché.\u201d Le cidre Saint Antoine-Abbé n\u2019a rien perdu de sa saveur du terroir qui faisait la joie de nos aïeux; et grâ- ce aux techniques les plus modernes et les plus éprouvées, le Saint Antoi- ne-Abbé garantit l'excellence d\u2019une qualité sans pareille.SAINT ANTOINE-ABBE Il est bon, il est bon premier.C'est un cidre Lube \u2014 \u201c + > 7 a xa Ga pe VAR i = a, Op od Ay; 5 a LN cd 10 Lt Sf hoa PA a =\" Sw æ ze VE hg 4 1 2 if nr es 2% wh RNY cp #, \u20ac Es Deus a i ow = eu Se % À EN \\ Im.NE.AY) a = + = kh} dp ai =; AX >, wa + LME Ë Rh cy 3 x Ber wd sn ver\u201d \u201c FE a A met Eu = £5 = of in 7 LN EN A In Ne sdb À we A > hp ÿ À + a = net sx a Es Baer = sa re 4 SE \u201d Es op a = JRA À Be FH ñ % 4 ; os 1 Ce ' LAS £ Arty } 7 Ra eth Fe a a a Pa RV | \u20ac ; = i kw Eg 4 xs 1 de Le *% = / & a Dy i rn a & Ra i.Nr cs She Pe \u20183 = cp py rez ÿ =\" = cI a.= an 5 = AS ae ; =.53 / i vw a C0 0 5H Bas = as ESF 4 = Æ \"2 ee.Pas bed ; sa X i re \u201cgd 4 = 2 a ~ 4 Fi _- - = > 5 Te hs à BY PS on y BR = Del cs re Ë =» F Je J eas a Te, oe 5 La | rss \u2014 Eo \u201cIrs > du ve fi % a Pa mette ko se EE C.P.6153, Ottawa, Canada.ä ; s'arrêter! ud mm ei UNE OFFRE ALLECHANTE DE PLANTE LE T-SHIRT M.PEANUT?: Pour le recevoir, complétez ce bon de commande et faites-le parvenir, avec votre chèque ou mandat, à: Ofire T-Shirt M.Peanut, C.P.6153, Ottawa, Canada.Nom Add App.Ville Prov.Code postal Indiquez la taitle-et la quantité désirées.Adultes: $2chacun Enfants: $1.50 chacun .PM GG.P_M_G L'offre prend fin le 31 décembre 1975 où lorsque le stock sera épuisé.Veuillez, s.v.p., allouer de 4 à 6 semaines pour la livraison. 20- 28 juin 1975 LE NOIR DES JOURS CHAUDS | Le noir a toujours été une couleur solennelle, sérieuse; triste parfois.On y coupait les robes d'apparat, les costumes religieux et les habits de deuil.On en vétait parfois les petites filles, comme pour leur rappeler d'être sages.Mais c'était pour les envoyer en classe et jamais à l'heure des vacances.Les couleurs ont perdu leur valeur symbolique.Il serait faux de dire qu'elles ne parlent plus, pourtant.Mais leur langage s\u2019est diversifié; leur rôle aussi, d\u2019ailleurs.Une même couleur exprime la gaieté et la mélancolie, fait du sport ou va au théâtre, habille petits et grands, hommes et femmes.Si vous aimez le noir, ne vous en privez plus sous prétexte qu'il fait soleil ou que vous ne pleurez personne.Le noir n\u2018a pas que de la splendeur; il est aussi capable de fraîcheur et d'espièglerie.Il sait jouer, comme nos mannequins vous le prouvent ici.Et s\u2019il aime bien les couleurs vives, le blanc est son meilleur ami.Quelques modélistes, qui adorent le noir, en ont fait cet été des tenues pratiques et fort élégantes.Des tissus qui se lavent facilement et ont un aspect net et doux, ; des formes souples qui laissent bouger le corps avec aisance, des détails amusants.De vrais vêtements de femmes modernes. Pres dass A gauche, long tube rayé et courts manteaux de fin jersey, avec fleur rouge au dos, de la maison Vandy.Au centre, quelques éléments d\u2019un jeu de vêtements de la modéliste Lilly Dee pour Boutique Aventure.Jupes et pantalons de différentes longueurs et chemisettes variées permettent des compositions intéressantes.Ci-dessus, des robes qui font double emploi puisqu'elles se font parfois tuniques, comme ici, Modèles signés Hélène Lavigne pour La Source (en haut) et François Guenet pour Tweed sur des tricots de Favorite Knitwear.En page couverture, tenues fraîches, toutes belles et simples.De gauche à droite, Cole of California, Diane Von Furstenberg et Albert Nipon pour la maison Brodkin.PHOTOS MARC CRAMER PAR ISABELLE LEFRANÇOIS-PERSPECTIVES 28 juin 1075 -21 PS Tr\" | Finis les car il tient ferme.et sont des pieges a miettes sont choses du passé avec le nouveau Super Corega qui tient vous désirez plus de ordinaire.il faut prendre les grands moyens! M - a dentiers qui = tiennent mal et \" deviennent des aN .M pièges à miettes.Voici un super adhésif pour prothèses dentaires, le nouveau Super Corega.Grâce à sa formule révolutionnaire de plastique il tient plus longtemps et plus fermement.Aucun aliment, aucune miette, ne peut se loger entre votre prothèse et votre gencive Désormais les dentiers qui tiennent mal ferme et plus longtemps.Et si votre dentier tient plus facilement, mais que sécurité, utilisez Corega Avec certaines prothèses, Régime Naran: la recette pour maigrir chez soi.Le régime Naran vous aidera à vous débarrasser de vos livres superflues de graisse, et ce sans que vous ayez à sortir de chez vous.Un tel régime est économique et aussi, facile à suivre.Rendez-vous d\u2019abord à la pharmacie et demandez le régime amaigrissant Naran.Chaque emballage contient tous les détails; quant au mode d'emploi, il est clairement décrit sur l'étiquette.Vous n'avez qu'à verser la formule liquide dans un contenant d'une chopine, puis à ajouter du jus de pamplemousse jusqu\u2019à la pleine contenance.Deux cuillerées à soupe suffisent, deux fois par jour, selon vos besoins.Absorbez toutefois le sepplément vitaminique inclus et tenez-vous-en au régime alimentaire quotidien à faible teneur en calories.Dès le premier essai, vous saurez qu'il s'agit là de la meilleure façon, car la plus simple, de diminuer votre embonpoint et de vous redonner grâce et sveltesse.Cou, menton, bras, hanches, poitrine, mollets et chevilles reprendront bonne forme, par suite de la perte de poids excédentaire et des pouces superflus de graisse, Si vous ne retirez pas entière satisfaction au premier essai, retournez-nous la boîte vide: nous vous la rembourserons.Optez donc pour la méthode facile que plusieurs personnes ont déjà expérimentée avec succès.Voyez vous-même avec quelle rapidité les boursouflures disparaitront et le regain de bien-être qui en naîtra.Vous retrouverez votre apparence de jeunesse, votre entrain et votre vivacité.Quoi faire en pays étranger?Un voyage c\u2019est une éducation, mais parfois le changement de régime entraîne, même ici au pays, une attaque de diarrhée.Préparez-vous à y remédier, et vite, avec l'Extrait de fraises des champs du Dr Fowler.{| apporte un soulagement doux et efficace aux enfants et aux adultes, sans constiper.En voyage, à la maison, faites-en provision.Ça marche! EXTRAIT DE FRAISES DES CHAMPS ou Dr FOWLER 22- 28 juin 1975 .ry = kB Ane RCI remboursemen PERSPECTIVES est publié chaque semaine par Perspectives Inc.231 rue Saint-Jacques Montréal Président Jean Robert Bélanger Vice-Président Roch Desjardins Secrétaire Paul-A, Audet Trésorier Charles d'Amour \u2018Directeur de la rédaction Pierre Gascon Les maux d\u2019Hercule Son Honneur Robert Bourassa, Premier minisse, Autel du Gouvernement, Québec.a/s de Guy Fournier Cher Premier minisse, Si je vous écris par la bouche du journalisse chronique Guy Fournier c\u2019est parce que je conte sus lui pour corriger mon français qui est encore plus pauvre que Moi.Comme mon père était habitant, j'écris pratiquement rien au son et si je mets la main à mon crillon, c\u2019est pour vous dire que pour un Premier minisse qu\u2019avait promis de créer ben des jobs, vous êtes en train de crisser dans la rue presquement tout le monde qui a pas trop d\u2019instruction.: Moé, par exemple; j'sus pas ben instruit mais heureusement la Providence m\u2019a doté à ma naissance d'une force herculéenne (ça je sais comment que ça s\u2019écrit parce que mon pére s'appelait Hercule).Rien que pour vous dire comment c\u2019est que j'étais quand j'étais petit, à onze ans, j\u2019pouvais lever la maîtresse d\u2019école rien que d\u2019une main en autant que j'y mette la main à la bonne plasse.J\u2019ai lâché l\u2019école quand que mossieu l'inspecteur m\u2019a pogné à lever la maîtresse.Dans ce temps-là, j\u2019savais pas comment infirouaper les inspecteurs, mais j'ai appris.Comme qu'il y avait pas assez d\u2019ouvrage sus la terre, j'sus allé travailler en ville.Y m'ont tout de suite engagé sus la construction.Dans mon meilleur temps, j\u2019pouvais monter 61 briques rien que d\u2019une main.Faut dire que j'avais la main ben entraînée à cause de la maîtresse.On a beau dire, l\u2019école c\u2019est important.J'ai monté ben vite dans la construction.J\u2019sus devenu délégué de chanquier pis j'ai gradué comme bras.Là, jai pris de la grosse expérience.Y en avait pas un comme moé pour jouer du batte, du tuyau et du deux-par-quatre.Au commencement, je travaillais à l\u2019heure, pis après j'ai décidé de faire ça à la job.Je chargeais au doigt, au pied et au bras.Même si tu fais des bargain, ça va vite en autant que tu frappes pas trop de menuisiers parce ceusse-là, y z'ont rarement leurs dix doigts.Comme sideline, je prêtais de l\u2019argent.A 10 par cent par semaine, ça va vite encore et je me sus acheté un truck pour transporter \u2018de la viande à Pépé Roni {j'pense que c'était un Etalien).Astheur, j'sus barré partout a cause de vos polisses qui tapent toutes les lignes de téléphône.Quoi c\u2019est que vous voulez quand on n\u2019est pas instruit, faut ben téléphôner, on peut pas écrire.C\u2019est facile d\u2019être honnêtes quand qu\u2019on sait écrire.Moé, si je savais écrire, j\u2019pourrais me partir une imprimerie, j\u2019pourrais bâtir des grosses bâtisses (j'connais ça les chanquiers de construction) et pis les louer pour faire des bureaux de gouvernement.Si je pourrais écrire, je pourrais rentrer dans la fonction publique et faire du placement dans les chanquiers (une autre affaire que je connais).J\u2019pourrais aussi draguer dans le fleuve parce que j'ai du bras.J\u2019pourrais être avôcat aussi parce que je connais toutes les triques des gars croches.Une fois avôcat, on peut même se faire élire au gouvernement.Les élections, c\u2019est une autre affaire que je connais ben parce que j'ai oublié de vous dire que jai fait ben des élections à cause de mon bras.; Y a rien qu\u2019on peut pas faire quand qu\u2019on est instruit.Quand qu\u2019on a été à l\u2019école longtemps, on connaît ben du monde qui sont instruits et qui ont des grosses jobs et quand qu\u2019on connaît tout le monde qu\u2019ont des grosses jobs, on peut brasser des grosses affaires.Si on n\u2019a pus d\u2019autre choix que d\u2019être instruit et pis honnête, je vous annonce, son Honneur le Premier minisse, que je vas astheur retirer mon check d\u2019assurance- chômage et que je vas même être obligé de demander votre assistance sôciale.Je ine ici par Sent termine ici parce que là, j'ai le bras mort Le garçon à Hercule.pre PDA EEE Cette année, goûtez les meilleures vacances de votre vie .A BON COMPTE! , Grace au GUIDE COMPLET DU | | CAMPING ET DU CARAVANING .AU CANADA Ce livre fascinant vous indiquera tout ce qu'il faut pour cela! Le Guide complet du camping et du caravaning au Canada vous montrera comment tirer le maximum de votre budget vacances sans réduire pour autant le bonheur de votre famille.Qu'il s'agisse de l\u2019organisation d\u2019une fin de semaine dans la nature ou de vacances entières en plein air, ce livre vous indiquera jusque dans les moindres détails comment procéder.NOUS SOMMES CERTAINS QUE VOUS VOUDREZ ACQUERIR CE LIVRE.DEMANDEZ VOTRE EXEMPLAIRE AUJOURD'HUI.Planifier votre voyage est plus amusant\u2026 Votre famille entière peut utiliser ce magnifique volume avant de préciser où aller, ce qu'il faut apporter et quoi faire une fois rendue à destination.Fini l'à-peu-près en matière de vacances! DES CENTAINES DE TUYAUX POUR PLANIFIER ECONOMIQUEMENT VOS VACANCES! Le Guide complet du camping et du caravaning au Canada est le livre le plus complet sur le camping jamais publié au Canada.Il traite de plus de 50 sujets sur le camping, groupés en neuf sections: e Planifieretorganiser e Sécurité, habilité, e Le savoir-faire premiers soins, ; survie du campeur e Equipement de camping « Survivre dans e Camping spécialisé la nature e Connaissances pratiques + Recettes de e Récréation en camping camping A:Le guide o complet du camping Veuillez m'expédier _______ \u201cGuide du camping ef du caravaning au Cp Canada\" à $65:95 l'exemplaire.Envoyez-moi également, GRATIS, le ira 84 I Journal de bord (un exemplaire est expédié avec chaque Guida, tant qu'il y en aura).Si je ne suis pas entièrement satisfait.je peux retourner le Montréal, Québec H2Y 1M6 Guide dansles 10 jours contre remboursement entier.Le Journal de bord teste ma propriété quelle que soit ma décision.[JS heque ou mandat ci-mnctus payable 0 Portez à mon compte Chargex ou Master Charge No (plus léger 5 7 ditions Optimum.(L'éditeur frais d'expedition).2 assume les frais d'expédition).Nom 1 È Adresse App.ville - Prov.Code SE DÉLAI DE LIVRAISON DE 3 SEMAINES.P 48 0652 & Li se 2.sod i > ty WV Fe od a, o > oa da A ar z Lo \u2018Xx %, m 2 Pa ar a fe BR: ow WN.x 44 Ay a A 2 we wg 67 3 i x ATS + Wawra FRAP Apis ol je Ve 0 ; % ref Es * \u20ac \u201cgg a a 2 op 5 = ass Ageamth Te * & = 4 sgh 4 dN ä + pan Ten : : i pa ¢ 2 a be) at 1 Le = NS > x Ed 5 1 ki + 4 * LS 3 74 46 LS es 5 à Je nr oat, 1 AY ie Ii \u201c16 = 4 2, 14 * \"> vien =31 olf >= i rdw FF.35 if.nie 151%) = 3 As se # 5 © 3 7 iw ad # 1m a 7 = Le 25 \u2014i td a + des & fz si : \\ a 1104 has 2 Ca ¥ .y = ks nr À sa pre get 3 on, AW : ; en eur \u201cmé > 2 = « # : 7 ag y 4 sc , M 5 7 7 Pa 2 à of Fh sf AT = Eu is Fd EN a & ps § A 5 Jus! pe der Q Ye dr # ; Rs ia gp be: Ev 5 3 IN À 4 oe I Li = i 3 fi mé: is, F ESF, * A Ï + io 2d % +5, = = 5 a séhle, on EP: \u201cue ie 1 32 Ts, 23 \u201ce see x Ne % in iF Cle RU # MR KE en A CE Tey, » Ü [27% LS ol Ls) ar 1; Ava, fer ney \u2018o É2R Gas bs + fava, wre SIAR tn A ED FE cr yt + #5 a > is one ad 2e LA AN i 0 | a n J vil ÿ £5 uy i _ 4, 2 2 y, a.EY LE Hk ot Re # hs i \u201ca Ze Pe it 75 | PEI amie Fos we = A G Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croit avec l'usage\u2014éviter d'inhaler.Goudron; 18 mg: nicotine: 1.3 mg."]
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