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Titre :
Québec-presse
Éditeur :
  • Montréal :Association coopérative des publications populaires,1969-1974
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Québec-presse, 1969-11-16, Collections de BAnQ.

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[" [i ' a D } p PR 4 Lucien Saulnier: il a été le \u2018 premier à parler de sombres complots.NO5-1 Rémi Paul: il a dénoncé les communistes \u2018\u2018purs\u201d et annoncé l'arrestation de Michel Chartrand.urice Rousseau: il a accordé lundi à Michel Chartrand un cautionnement qu\u2019il lui a retiré ven- maire Jean Drapeau: il a interdit pour un mois toute manifestation et assemblée dans le domaine \u2018public de la ville de Mont- A.Les journaux en ont abondamment parlé.Miche! Chartrand, président du Conseil central de Montréal, a été trainé devant les tribunaux deux fois en moins de 48 heures.La première fois il était accusé de Sédition, la seconde d\u2019Outrage au Tribunal.Deux accusations inusitées, contraires à l\u2019esprit général du code criminel et rarement portées contre les citoyens au Canada.L\u2019ac- tuei premier ministre du Canada, Me Pierre Elliott Trudeau a d'ailleurs brillamment démontré que l\u2019outrage au tribunal entre autres, était une notion dépassée, contraire aux Droits de l\u2019Homme lorsqu'il défendit le journaliste Jacques Hébert au printemps 1965.Mais nous n\u2019élaborerons pas là-dessus de crainte de tomber sous le coup d\u2019une autre notion confuse, le sub judice.Lors des comparutions le Procureur de la Couronne a souligné que Chartrand avait déjà été condamné pour Mépris de cour (ou Outrage en bon français) le 28 mai 1949 à Asbestos.Des éditorialistes se sont réjouis de ce que Chartrand soit privé du droit de parole et finalement privé de tout cautionnement.Le ministre de la Justice semble avoir fait de Chartrand une sorte d\u2019ennemi commun no un.Mais qui est Chartrand et que faisait-il à Asbestos lors du tragique printemps de 1949?Pierre Vadeboncoeur qui le connaît bien, sans doute mieux que le ministre de la Justice, répond plus bas à la première question.Nous nous occupons dans quelques lignes de la seconde.En 1942 Michel Chartrand était le bras droit de Jean Drapeau, candidat anti-conscriptionniste contre la major-général Lafièche dans le comté d\u2019Outremont.Drapeau se voulait le candidat de tous ceux qui étaient contre, contre la guerre, contre ie gouvernement fédéral qui voulait y participer, contre I'enrôlement obligatoire, contre les marchands de canon et de chair laire, dans Cartier, pour Paul Massé qui devint plus tard membre rti civique.| du ir 1949 Chartrand se joignait a la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, l'actuelle C.S.N.Il y eut la grève d\u2019Asbestos, l'une des pires grèves du mouvement ouvrier québécois ou un gouvernement s\u2019alliait a une compagnie pour écraser les ouvriers.En pleine Cour devant des policiers qui se parjuraient Chartrand osa crier qu\u2019on mentait.Ce que tout le monde savait.Il fut incarcéré.Voilà pour le \u2018\"Mépris de Cour du 28 mai 1949\u201d.Le reste Vadeboncoeur en parle.; Aujourd'hui dimanche Chartrand est toujours aux cellules.Sa voix est absente et il y a un grand vide.Mais il n\u2019est pas seul.Et s\u2019il doit se taire, d\u2019autres parleront.i diront, en fait, d'autre façon peut-être, les mêmes choses.ul iron C JACQUES GUAY A humaine qui eux appuyaient l\u2019ordre et le pouvoir.L\u2019année suivante Chartrand était organisateur du Bloc popu- # Publié par l'Association coopérative É des publications populaires Tél.: 374-1280 adjoint au rédacteur en chef Mario Leclerc, directeur artistique 2.Imprimé aux Editions du Richelieu 2 à St-Jean Tirage etabonnement 325-5210 -11-12 Distribué par Métro Distribution Dépositaires et Kiosques Montréal Tél.: 721-0362 Québec: 1-418-522-7442 Publicité Citation 7 Tél.: 374-1242 # Abonnements 12 dollars par année % Demande de courrier de deuxième classe soumise au ministère des Postes à Ottawa Port de retour garanti Case postale 216, St-Jean, P.Q.La rédaction ne s'engage pas à - retourner les manuscrits qui lui EE 7 A É Composé par les Entreprises Gérard Æ = S SNS CCE RE 7 | QUEBEC PRESSE | 6440 - 25ième avenue Rosemont ; Montréal 409 Tél: 374-4610 # \u201cOn signale la présence de Michel Chartrand dans l'aile est de I'hotel de ville!\u201d a dit une voix Pierre Labeut, nerveuse.; Jacques Guay, Cette phrase, résonnant dans rédacteur en chef le walkie-talkie du policier de Jacques Elliott, faction, a provoqué une hilarité bruyante, mercredi au deuxième étage de l'hôtel de ville.Miamis, et l\u2019agent lui-même, se sont esclaffés! \u201cOui, oui, il est à côté de moi\u201d, a répondu l'agent, \"et il est bien tranquille!\u201d a-t-il ajouté, dans la bonne humeur générale, Michel Chartrand, accompagné d'un groupe, désirait en effet se rendre à la galerie du public, mercredi, lors du débat sur le fameux règlement contre la liberté d'expression.Naturellement, un peu partout, on lui expliqua, d'ailleurs aimablement, qu'il n'y avait plus de place.Mais à sa vue, tous, agents, sont envoyés fonctionnaires, badauds, sou- Dépôt légal riaient du coin de l'oeil, heureux Bibliothèque nationale de voir enfin le phénomène de du Québec près, un phénomène au naturel, et qu'on découvrait jovial, chaleureux, communicatif.et tranquille! 2A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 La verdeur de Chartrand, ses opinions radicales, l\u2019outrance de son verbe, ont beaucoup fait pour répandre de lui une image de communard, de redoutable anarchiste ou de suppôt du diable, que les bourgeois un peu masochistes aiment quelquefois agiter devant eux pour s\u2019épou- cé a gsdacteurs Keabl chel Chartrand, trois ou quatre vanter eux-mêmes.ra odin, acques Keaole, i i 4 Marthe Therrien.journalistes présents, quelques Mais, forcément, on connaît mal Chartrand.Je le connais bien.Je fréquente chez lui depuis vingt ans.Je suis un de ses amis.Nous avons travaillé aux mêmes causes pendant presque toute cette période.Nous nous sommes presque toujours rencontrés sur les principes, et nos désaccords, quand parfois ils se produisent, tiennent à des différences de style, d'analyse pratique, de méthode, ou ont trait à la manière de dire les choses.Sur le fond, nous sommes généralement d'accord.Je l'ai connu vers 1950.Il était déjà un personnage public.Il avait notamment pris part, tout jeune, aux luttes du Bloc popu- taire, avec Philippe Girard, André Laurendeau, Jacques Per- rault, Maxime Raymond.Le pu- ETE 1944, ANDRE LAURENDEAU, leader du Blo blic ne se rappelle probablement pas, détail succulent, qu'il avait pris part à la campagne électorale de Jean Drapeau contre le général Lafièche, et contre la conscription, dans le comté d'Outremont, pendant la guerre.On l'a revu ensuite à Asbestos, pendant la grève.Dans les années 50, il milite au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada.En politique, il devient socialiste, adhère au Parti social démocratique, nom français de la CCF.li se porte candidat dans plusieurs élections, sans succès, sauf dans le comté de Lapointe, en 1958, où après seulement deux semaines de campagne, il passe proche de l'emporter sur Augustin Brassard, candidat libéral.H parti- Cipe au congrès de fondation du N.P.D., puis s'en sépare deux ans plus tard, pour prôner la nécessité d'un parti socialiste proprement québécois.Hl a toujours lutté pour les ouvriers contre ceux qui les exploitent, pour les Canadiens français dominés contre ceux qui les dominent, pour le peuple contre c populaire, ; signe son bulletin de présentation aux élections québécoises du 8 août devant le notaire Léger.À côté de lui, à sa gauche, Michel Chartrand.les politicailleurs, pour la liberté contre les excès du pouvoir.pour la justice contre les abus que l\u2019on fait d'elle, paur les pauvres contre la bourgeoisie.On le connaît mal.On pense qu'il est pour la violence.I! est fondamentalement contre, ce passionné, ce pamphlétaire, cet agresseur d'une démocratie corrompue, ce précurseur de la contestation.On pense qu'il est rude et sans culture: il lit plus et des choses plus importantes que la plupart des hommes de profession que je connais.On le prend pour un marxiste: c'est un humaniste, profondément attaché à des valeurs, qu'il a véritablement assumées et qu'il ne cesse, à sa manière, de servir contre vents et marées.Si on peut le comparer à quelqu'un, à plusieurs de ces égards, c'est, toutes proportions gardées, à Léon Bloy.C'est un des devoirs de l'amitié que de dégager la vérité de la légende et de la calomnie.J'assume le mien.Cela pourra toujours servir un jour sur un point, a l'histoire de la lib \u2018 erté Pierre Vadeboncoeur. Photos Monique Paradis par Me Serge Ménard Si on ne consulte que le Code criminel, la sédition est une notion très vague.Le législateur tout en créant le crime, s'est refusé à le définir.!! a établi des présomptions et reconnu certains moyens de défense.LE CODE CRIMINEL C'est le quatrième paragraphe de l'article 60 du Code criminel qui crée ces présomptions: \u201cSans restreindre la généralité de la signification de l\u2019expression \u201cintention séditieuse\u201d, est présumé avoir une intention séditieuse quiconque a) enseigne ou préconise, ou b) publie ou fait circuler un écrit qui préconise l\u2019usage, sans l\u2019autorité des lois, de la force comme moyen d'opérer un changement de gouvernement au Canada\u201d.Mais l'article 61 ajoute aussitôt: \u201cNonobstant le paragraphe (4) de l\u2019article 60, nui n\u2019est censé avoir une intention séditieuse du seul fait qu\u2019il entend, de bonne foi, a) démontrer que Sa Majesté a été induite en erreur ou s'est trompée dans ses mesures; b) signaler des erreurs ou défectuosités dans i) le gouvernement ou la constitution du Canada ou d\u2019une province.games Ya ee PRÉ TE PAT STO SO ET ea Lesméprisde Cour TT LES PAROLES QU'ON fie (ii) le Parlement du Canada ou la législature d\u2019une province, ou (iii) l'administration de la justice au Canada c) amener, par des moyens légaux, des modifications de quelque matière de gouvernement au Canada; ou d) signaler, afin qu\u2019il y soit remédié, des questions qui produisent ou sont de nature à produire des sentiments d\u2019hostilité et de malveillance entre diverses classes de personnes au Canada.Avant d'expliquer ce qu'est actuellement la sédition, à la lumière de la seule décision de la Cour suprème du Canada qui ait porté sur la définition de ce crime, il faut apporter deux remarques préliminaires.LE LIBELLE DIFFAMATOIRE D'abord le crime de sédition peut se faire oralement, par écrit ou par conspiration.Le libelle diffamatoire, lui ne peut se faire que par écrit.(Ce qui ne veut pas dire que la victime d'une diffamation faite oralement, ne puisse pas poursuivre en dommages-intérêts devant les tribunaux civils; elle ne peut simplement pas en saisir les tribunaux de juridiction pénale).L'on aura compris également que l'expression \u2018Sa Majesté\u201d dans le jargon juridique, signi- les gouvernements fédéral ou provinciaux ou les onze Parlements selon chaque cas.LES TÉMOINS DE JÉHOVAH Vers ia fin des années '40, un dénommé Boucher, témoin de Jéhovah, avait fait circuler ur.pamphlet qui relatait que l'esprit de Satan avait envahi le Québec et qu'il avait corrompu le clergé, les députés, le gouvernement et même les tribunaux.Dans cette veine, le pamphlet était assez virulent et Boucher fut trouvé coupable de sédition.L'étude de son cas permit à la Cour suprême du Canada de préciser et limiter une notion assez vague qui pouvait entrer en conflit avec plusieurs libertés chères aux régimes de tradition libé- raie.Elle imposait à la Couronne un fardeau plus lourd qu'une bonne partie de la doctrine, même anglaise.La Couronne devra prouver une incitation à la violence, à un désordre public ou à une conduite illégale dirigée contre les institutions du pays.Susciter des sentiments d'hostilité entre diverses classes de citoyen n\u2019est pas suffisant, il faut une incitation à la violence.Susciter de l'animosité ou de l'irrespect à l'égard des tribunaux n'est pas non plus suffisant, (certains auteurs anglais le prétendaient) il faut en plus une intention de renverser (\u2018\u2018to defeat\u201d) l'appareil judiciaire, : REPROCHE À CHARTRAND Nous reproduisons ici l'ac- \u201cte d'accusation suivant lequel Michel Chartrand'a.comparu «pour Mépris de Cour le jeudi ;publié dans Montréal-Matin.\u201cL'acte d'accusation en sa ver- :conformé n'a pas été remis aux avocats de la défense ef, .nalistes.Voici: novembre 1969, devant quél- RN paroles suivantes: \u201cLa Justice au Québec c'est Sais abit dense green sé ; À plus forte raison, aux jour-.113 novembre.Tel qu\u2019il a été \u2018sion originale ou en copie \u2018Michel Chartrand a.com: \u201cmis un acte criminel, savoir un mépris de cour, en pro- \u2018\u201d nonçant illégalement, le 11.que deux cents personnes les Satie 45 Su IE D\u2019AVOIR DITES une farce extraordinaire, une farce macabre dans l\u2019ensemble.Le Barreau n\u2019a jamais eu le coeur de prendre.ses .responsabilités.sociales.La magistrature à toujours pris son trou parce que là-dedans il y à des anciens passeurs \u2026.: de télégraphes, des anciens.:.voleurs d'élections et d'an:, ciens concubineurs avec .la\" # = \"quelque deux cents person- 73 nes les paroles suivantes: pègre.J.\u201cNl n'y aura jamais un juge.: (e* est toujours le texte de l'ac- * cusation intégrale) assez fort \u2018pour empêcher un reprèsen- tant du Conseil central de parler.\"ll n'y aura jamais \u201c uh juge ni un gouvernement assez fort pour empécher les \u201c \u201cdes notes, ça fait 30 ans qu'ils \u2018 prennent des discours cul, Rémi Paul mon cul, le: oe AR Poe Ha A iE mf ES travailleurs de manifester\u201d.*\u2026 Commettant par là un acte: criminel prévu par le : _ \u201cCommon Law\u201d.ig Deuxièmement: \u201cà *\u201cMontréal, Michel Chartrand a * commis un acte criminel, \u2018\u2019à.savoir un mépris de cour, = en prononçant illégalement, : -de 11 novembre 1969, à I'éco- le \u2018de Lanaudière, devant : \u2018Depuis 1939, ils prennent \"ci lisse (sic); le chef Gilbert mon juge Rousseau mon cul, alors là « ce n'est pas notre étape.\u201d HEE 2 a 53 ; \u2018déré comme une ou d'empêcher son tonctionne- ment.LES DOUKHOBORS Les autres cours d'appel du Canada avaient déjà été plus loin.On a même déjà trouvé coupable de sédition un Douk- hobor qui avait incité ses cinq femmes à ne pas enregistrer la naissance de ses fils contrairement aux lois de Colombie-Britannique.Cela avait été consi- incitation à défier la loi.Ii n\u2019est pas sûr cependant que l'incitation à défier la loi ne soit plus aujour- d'hui considérée comme un crime de sédition.Mais on peut espérer que les poursuites se feront dans des cas plus sérieux.D'ailleurs, deux choses nous frappent lorsqu\u2019on recherche l'opinion des tribunaux sur la sédition.La première, c'est le très petit nombre de causes rapportées (une quinzaine tout au plus).ll semble que, comme l'outrage au tribunal, ce soit une accusation très rare que l'on ne veuille utiliser qu'en tout dernier ressort dans un pays qui s'est toujours enorgueilli de ses traditions libérales.LES GROUPES MINORITAIRES La deuxième, c'est que ces accusations visent presque toujours des groupes minoritaires tels les Témoins de Jéhovah, les Doukhobors et à une certaine époque, les syndicalistes marxistes affiliés aux Internationales ouvrières.En fait, au cours des vingt dernières années, il s'agit d'un cri- me qui avait pratiquement été oublié par les procureurs généraux.Les accusations portées contre Vallières et Gagnon à propos de \u2018Nègres Blancs d'Amérique\u201d seront sûrement riches d'intérêt pour les juristes car elles donneront sûrement lieu à une jurisprudence plus abondante qui fait actuellement défaut sur cette partie du Code criminel.Mais les décisions qui seront rendues auront certainement une influence considérable sur le développement de notre société.LA LIBERTÉ DE PENSÉE Traditionnellement, au Canada, l'on peut se procurer à peu près tout ce qui se publie dans le monde à l'exception de la pornographie.C'est une conséquence directe des libertés de pensée et d'expression.Cela nous permet également d\u2019avoir, si on le veut, une connaissance approfondie des systèmes qui nous ont opposés et de tous les courants de pensée.Or la définition de publier ou de mettre en circulation s'étend à l'imprimeur, au marchand, au bibliothécaire autant qu\u2019à l'auteur.La Couronne ne poursuit actuellement que les auteurs mais où s\u2019arrêtera-t-elle?Et quelle devra être l'attitude des autorités universitaires comme des conservateurs des diverses bibliothèques à l'égard des textes marxistes essentiels à la connaissance des courants de pensée qui existent sur notre planète que nous le voulions ou non?DE SÉDITION (G.G.) \u201cSi les gouvernements de Montréal et de Québec continuent de faire des lois de bandits, nous ferons comme en Amérique du Sud.Nous prendrons les armes et nous les déposerons\u201d.Cette déclaration incendiaire fut faite le 29 décembre 1968, un dimanche, par le sergent- détective Roger Lavigueur, de la police de Montréal, qui était aussi président de l'Association de bienfaisance et de retraite de la police de Montréal.Sous les applaudissements nourris des quelque mille policiers présents, le sergent-détec- tive Lavigueur ajoutait: \u201cNous sommes la seule force paramilitaire du Québec.Nous constituons une force de frappe et si, pour sauver nos biens et nos droits il faut l'utiliser, nous le ferons.Nos droits ne peuvent pas être anéantis par une bande UN BEAU CAS de politiciens vicieux et iniques\u201d'.taille des employés municipaux qui enlevait à leur contrôle les à leur régime de retraite.Les C'était au moment de la bade Montréal contre le bill 295, contributions de la municipalité employés municipaux et surtout les policiers avaient recours a ce fonds pour faire des emprunts à faible intérêt.La ville, de son côté, traversait une mauvaise passe financière et disait: nous allons mettre cet argent à la disposition de la population dans son ensemble en le versant ri général de la municipa- ité.Le sergent-détective Lavi- gueur, malgré l\u2019indignation de certains éditorialistes à l\u2019époque, re fut aucunement ennuyé.I! faut dire que c'était avant le règne de Rémi Paul à la Justice.C'était l\u2019époque du doux Jean- Jacques Bertrand.QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 3A LES CITOYENS FACE AU POUVOIR ve Mme Jeannine Chartrand: \u2018Drapeau et Saulnier nous ont traités de \u2018faux locataires\".Mme Thérèse Bourdon: gens sont écoeurés de voter\".Le thème \u2018le citoyen face au pouvoir\u201d a suscité chez les personnes présentes au cours d'éducation des adultes une critique du rôle du député et de la valeur des élections, dans le cadre de la question plus vâste: qui a le pouvoir?LE VOTE M.Larocque a fait remarquer dans son exposé que le pourcentage de sièges à l'Assemblée Nationale obtenus par un parti n'était pas proportionnel au pourcentage de votes recueillis par ce parti, et que la majorité des gens ne votait pas aux élections.On s'est alors interrogé sur la valeur des élections et sur le degré de représentativité des députés élus: \u201cLes gens élus représentent-ils la masse, s'est demandé M.Riberdy, du comité des citoyens pour l'hôpital de St-Henri.LE ROLE DE DEPUTE M.Riberdy a ajouté \"Les comités de citoyens ont levé comme des champignons.Les gens se sont aperçus qu\u2019une foule de promesses du gouvernement n'avaient pas été remplies.Ce n\u2019est pas le député qui répond aux besoins de la population.Pour lui, le bénéfice de l\u2019organisateur d'élection passe avant le bien-être de la population.\u201d Tous se sont élevés contre l'hypocrisie du député qui, au moment de son élection, serre les mains et embrasse tout le monde, et qui disparaît le lendemain.\u201cLes députés ne sont pas représentatifs de la population\u201d, a-t-on conclu.Ca se voit en Chambre quand ils défendent une loi impopulaire comme le bil 63: \u201cLes députés préfèrent obéir au parti plutôt qu\u2019à la population\u2019.Des remarques acerbes sur la valeur et l'intégrité du député se sont succédées: \u201cSur le bulletin de vote, il devrait y avoir un endroit où succédé: dire son mécontentement si on n'est pas d'accord avec aucun candidat.LA CARTE D'IDENTITE Selon Mme Thérèse Bourdon, du Regroupement des citoyens M.Riberdy: \u2018Le bénéfice de l'organisateur d'élection passe avant le bien-être de la population\u2019.de Pointe-St-Charles, \u201cle vrai mal\u201d c'est que les gens sont écoeurés de voter parce qu'ils se font voler les élections\u201d.On a alors défendu l'idée selon laquelle les gens iraient voter si les élections étaient plus honnèê- tes.Et un moyen de rendre les élections honnêtes?rendre obligatoire la carte d'identité.Les adversaires de la carte ont prétendu qu'elle coûtait trop cher.Les partisans de la dite carte ripostaient que les dépenses électorales suffiraient à payer deux cartes par individu.Un autre argument voulait que cette mesure, \u201cappliquée dans les pays socialistes\u201d, soit une atteinte à la liberté de l'individu.M.Robert Landreville, ardemment opposé à cette mesure, a expliqué ainsi son point de vue: \u2018Les désavantages de la carte sont pires que ses avantages.Supposons que les gens au pouvoir décident d\u2019éliminer certaines catégories de gens.La tâche leur est facilitée.Dès qu\u2019il y a carte d'identité, le pouvoir a des dossiers sur les gens.Autrement, les renseignements qu'il a sur les individus ne sont que partiels.\u201d ON CRITIQUE LES DEPUTES \u201c Qui a le pouvoir?A cette question on a répondu: buables des caisses électorales, les compagnies de finance, l\u2019Etat \u2018fédéral colonisateur\u2019, la juiverie internationale et plus généralement la finance, c\u2019est-à-dire les Américains.La riposte est venue de toutes parts.La carte de crédit (\"tout le monde va en avoir une bien- tot\u2019) et celle d'assurance sociale peuvent jouer le même rô- le: en effet, on est constamment appelés à s'identifier pour acheter à crédit.Et \"si les policiers ont quelque chose contre vous, ils vont vous trouver, carte ou pas carte\u201d, a conclu une dame.La carte d'identité amènerait- elle plus de gens à voter?Certains le prétendent.Mme Bourdon a affirmé que selon elle \u201cles gens sauraient au moins quand ils viendraient voter que quel- qu\u2019un ne l'aurait pas fait à leur \u2014 J a E10] | = br place, ce qui serait un encouragement a la population.\u201d Cependant aucun accord n'a pu étre fait sur cette question.QUI A LE POUVOIR À cette question, on a répondu: les grands contribuables des caisses électorales, les compagnies de finance, l\u2018\u201cEtat fédéral colonisateur\u201d, la juiverie internationale, et plus généralement la finance, c\u2019est-à-dire les Américains.Plusieurs se sont élevés contre absence de pouvoir de la masse, qui voit opposer à ses demandes des lois.Mme Chartrand # - les grands contri- 7 de Hull et du Nord-Ouest.EBEC-PARTOUT La rubrique Québec-Partout ne parait pas cette semaine.Il en est de méme pour certaines autres comme celles de nos correspondants L\u2019explication n\u2019a rien de sorcier.Québec-Presse a présentement un nombre de pages limité et les événements se sont précipités.Nous avons décidé en dernière heure de modifier le présent numéro pour y entrer deux pages sur Michel Chartrand et la sédition.Partout au Québec les deux arrestations du président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal ont fait du bruit.Nous avons voulu, en toute justice, présenter à nos lecteurs un homme, Michel Chartrand et une accusation rarement portée, la sédition.La Rédaction.4A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 rappelle que lorsque l\u2019association des locataires a fait des démarches à l'Hôtel de ville pour formuler des demandes, Messieurs Drapeau et Saulnier ont dit du groupe qu'ils étaient des \u201cfaux locataires\u201d.\u201cQuand quelqu'un veut donner de l'information à la population, comme c'est le cas pour Chartrand, il est envoyé derrière les barreaux\u201d, a-t-on aiouté.Qui a le pouvoir dans la société?Qui les partis politiques représentent-ils?Dans quelle mesure les citoyens participent- ils aux décisions?Tels sont les problèmes examinés par les quelque 60 participants du premier cours de la série \u201cLes citoyens face au pouvoir\u2019.Cette rencontre a eu lieu jeudi soir dernier au centre communautaire de St-Denis, dans le cadre des activités de culture populaire du Service d'éducation des adultes de la Commission des écoles catholiques de Montréal.LES PARTICIPANTS Les personnes présentes, dont la moyenne d\u2019age était de plus.de quarante ans, représentaient pour la plupart des associations: le Service familial de St-Henri, l'association des parents de St- Henri, le comité d\u2019éducation des adultes de St-Henri, le comité ouvrier de St-Henri, le comité des citoyens pour l'hôpital de St-Henri, le comité des citoyens de St-Zotique, le regroupement des citoyens de Pointe St-Char- les, l'Association des llots Ques- nel-Courson, les Services familiaux de la Petite Bourgogne, des membres du Parti Québécois, du parti libéral et de la Compagnie des jeunes Canadiens.M.André Larocque, professeur de Sciences politiques à l\u2019université de Montréal et Conseiller au programme à l'exécutif du Parti Québécois, a donné un exposé statistique sur le Québec dans les domaines économique, social, politique et culturel, qui a été suivi d\u2019une séance de discussion.CLIMAT D'INSATISF ACTION CHEZ LES PARTICIPANTS Une certaine distance entre le conférencier et l\u2019assistance a semblé exister durant la soirée, et qui s'est traduite par le caractère quelque peu impersonnel des propos: personne ne semblait discuter vraiment de ses problèmes immédiats.Le malentendu qui paraît s'être glissé parmi les personnes présentes pro- vient-il du statut de professeur d'université de l\u2019animateur de la discussion, ou encore de la forme magistrale de l'exposé?Se pourrait-il enfin que les gens, venus dans le but de cueillir des informations en vue de régler leurs problèmes, n'aient pas vu comment utiliser ces informations, parce qu\u2019elles s'éloignaient trop de leurs préoccupations quotidiennes, ne collaient pas à leurs problèmes vitaux?La critique de Mme Jeannine Chartrand va dans ce sens: selon elle, les gens sont préoccupés par des problèmes beaucoup plus concrets, de pain et de beurre, et il sera possible de les réveiller politiquement \u201cquand ils auront quelque chose dans le ventre\u2019.Les cours de cuisine et de couture donnés les années précédentes par la C.E.C.Mont aussi été à son avis des échecs parce qu'ils n'étaient pas adaptés aux ressources financières des femmes de St-Henri.\u201cJe ne sais pas quelle formule serait la bonne.Je cherche.\u201d Quelqu'un a souligné l'absence à peu près complète des ouvriers dans la salle: \u2018On ne peut demander à un ouvrier de venir à une telle réunion.Il serait gêné.C'est à nous de lui donner les premières armes et de susciter l\u2019envie d'apprendre, d'aller plus loin.Il sera peut-être avec nous dans deux ans.\u201d Enfin, les efforts du service d'éducation des adultes sont louables, mais il y aurait des modifications à apporter à la formule de façon à intéresser véritablement les gens du quartier et à les aider efficacement à régler leurs problèmes.ASSEMBLÉE PUBLIQUE DANS MERCIER Dans le cadre de ses soirées d\u2019information, le comité des citoyens de Mercier invite les travailleurs: petits saiariés, chômeurs, non syndiqués et syndiqués, à participer à une assemblée publique le mercredi 19 novembre à 19 heures 30, au local du comité des citoyens situé au 1860 est, boul.St-Joseph.Un syndicaliste et un représentant de la Commission du Salaire minimum informeront les travailleurs de leurs droits, et particulièrement des lois sur le salaire minimum qui règle- mentent les conditions de travail.Pour informations: 525-4341.Bienvenue à tous. cé LE FESTIVAL LÉVESQUE- MICHAUD ET LES LIBERAUX Les jeux sont faits: le Parlement est dans le creux de la vague et le seul intérét de la Chambre, cette semaine, c'était la virtuosité de Lévesque et Michaud, soutenus par Proulx et Flamand, avec le vote de Gaston Tremblay.Le bill 63 passera, la semaine prochaine ou la suivante, mais il passera.La seule opposition est celle du \u2018groupe des cinq\u201d.STRATEGIE La stratégie de la nouvelle opposition est de tuer le temps, de prolonger le débat au maximum, idéalement même de le proton- ger jusqu'à la fin de la session actuelle, le 7 décembre.Si ce coup était réussi c'est peu probable parce que l'épuisement interviendra \u2014 le bill serait automatiquement rejeté, et à la session suivante, il faudrait reprendre tous les débats, à partir de la lière lecture.Méme si cette \u2018\u2018flibusterie\u201d n'empêche pas le projet de passer, elle aura quand même des mérites, dont le principal aura été, sans doute de garder, longtemps, l'attention du public sur cette question, et forcer la réflexion dans les journaux, à la radio et à la télévision, et par conséquent dans les maisons du Québec.Pour le Parti Québécois notamment, ce ne peut être que très rentable, électoralement parlant.En fait, il n'y a que bien peu de députés qui ne songent tous les jours aux réactions de leurs électeurs devant le fameux bill et la tournure que cela prend en Chambre.LE P.Q.Le Parti Québécois, si le portrait-robot de la situation actuelle devient réalité, pourrait fort bien se retrouver, avant même: les prochaines élections, avec trois députés en Chambre, SINON quatre.Ce serait assez extraordinaire de la part d'un parti qui, en 1966, aux élections, n\u2019était pas né encore.Proulx et Flamand sont dans l'attente.Si Flamand n'a pas encore lu le programme du P.Q., il annonce qu'il le lira avec attention; quant a Proulx, il l'a lu et le trouve \u201cneuf, moderne, conforme aux exigences d\u2019une société moderne, fait par des gens compétents et qui ont les pieds à terre\u2019\u2019.Pour les observateurs, leur passage au P.Q.n'est qu'une question de temps et de tactique: leur adhésion devra se faire dans les meilleures conditions possibles et pour eux et pour leur nouveau parti.Quant à Yves Michaud, qui est d'une virtuosité étonnante, en Chambre, il pourrait revenir au parti libéral, si son candidat Bourassa était élu chef du parti.Mais il n'est pas moins sûr que malgré son fédéralisme constamment avoué, il puisse rejoindre Lévesque avec qui, en Chambre, il s'entend à merveille.Il y a toujours le dicton qui dit que seuils les imbéciles ne changent jamais d'idées! LES LIBERAUX Les libéraux ont probableent trouvé la solution à leur angoisse.lls ont voté pour le projet en 2e lecture.Donc, ils ont approuvé le principe sauvegardant les \u2018\u2018droits\u2019 de la minorité, ils ont conservé leur clientèle anglophone, Mais ils pourraient voter contre le projet en 3e lecture, parce que le \"bill\" ne fait pas du français la \u2018langue de travail\u201d.lls donneraient ainsi une jambette a I'U.N., et passeraient, 3 premiere vue, pour plus nationalistes que les \u201c\u2018bleus\u2019.lls voteraient contre le projet, mais après s'être bien assuré qu'au moment du vote, le gouvernement de I'U.N.sera majoritaire en Chambre: ce \u201cbill\u201d odieux, autant en laisser la paternité à l'U.N., après en avoir tiré le meilleur parti électoral possible.LES \"MOBILES\" Quand tout ce brouhaha sera passé, peut-être sera-t-il possible, un jour, de déméler les motifs vrais des motifs officiels invoqués par les ministres nationalistes de voter \u2018\u2019pour\u2019\u2019 le projet.Déjà, le ministre Cardinal a déclaré troidement qu'en votant pour le \u201cbill\u201d, il avait fait son \u2018devoir\u2019.La politique est l'art du compromis, dit-on.Un compromis, comme un service, en attire un autre.S'agit de savoir de quoi sera fait le compromis à venir! REMI PAUL Tous ces problèmes québécois risquent d'entraîner le Parlement dans le régionalisme! Mais heureusement, Rémi Paul est là, qui peut faire planer, de belle façon, les spectres affolants de Castro, Mao ou Podgor- ny sur le Québec.Il a appris au monde, cette semaine, qu'il y avait une conjuration internationale: des 3,000 terroristes québécois (rien que 2,950 de plus que l'estimation de M.Bertrand) certains avaient reçu mission écrite \u201cde faire perdre le contrôle au ministre de la Justice\u201d.Rassurons-nous, notre ministre se porte comme un charme et ce n'est pas Mao qui y changera quelque chose.Rémi Paul est en santé, et fier de lui, si ce n\u2019est pas de la sédition de le dire.LE MAIRE LAMONTAGNE CE N\u2019] QUÉBEC \u2014 \u201cLe maire Gilles Lamontagne, c'est pas encore un Drapeau, mais c\u2019est pas loin d'en être un!\u201d - Phrase entendue cette semaine à une réunion syndicale, à Québec.Lancée sur un ton admiratif.Elle exprime bien le sen- Par Michel Rioux timent de ceux qui regardent les réalisations du maire Lamonta- gne sans aller beaucoup au-delà.Avec fierté, ia Vieille capitale arbore son mini-Drapeau! Et on peut croire que les élections qui se déroulent aujour- d'hui à Québec ne changeront pas tellement les choses.Les observateurs de la scène municipale estiment en effet que, par défaut, M.Lamontagne et la plupart des membres de son parti municipal seront élus.PAS D'OPPOSITION Par défaut parce que l'opposition, comme c'est le cas à Mont- ~ réal avec l'homme en blanc et Mme Parent, n\u2019est pas valable.Comme adversaire à la mairie, on retrouve un ancien échevin du temps du maire Hamel, M.Isidore Deschènes.Le mème qui a .mordu la poussière en 1965 contre M.Lamontagne.Quant au curé de St-Roch, paroisse défavorisée de la basse-ville, Mgr.Raymond Lavoie, sa candidature comme échevin arrive après qu'il eut fait pendant plus d'un an campagne comme futur candidat à la mairie.Ce qui n\u2019est pas sans déconcerter les électeurs.Il a même proposé, il y a quelques semaines, de ne pas se présenter comme échevin si le maire Lamontagne lui assurait le poste d'ombudsman municipal.Sous la bannière du \u2018Cartel du Bien commun\u201d, Mgr Lavoie a attiré trois candidats, à qui l\u2019on accorde peu de chances d'être élus.M.Gilles Lamontagne est un ancien Montréalais, disant de lui-même qu'il est un \"Mont- réalais amélioré\u201d.C'est sans doute ce qui explique le fait qu'il ne cesse de lorgner en amont du St-Laurent, en direction de la grande métropole.Il y puise ta plupart de ces idées qui éblouissent plusieurs Québécois: politique de grandeur pour la capitale, grands travaux visant à donner à Québec le visage d'une cité en pleine expansion.On a remarqué que depuis quelque temps, les pelletées de terre se produisent à un rythme accéléré.A l'instar du maire Drapeau, M.Lamontagne a créé à Québec un parti municipal, le Parti du progrès civique; aux élections municipales de 1965, le P.P.C.a fait élire, en plus du maire, 9 conseillers sur un total de 12.En la personne du président du Comité exécutif Armand Trot- tier, M.Lamontagne a son Lucien Saulnier.COMME À MONTRÉAL C'est à ce stade que l'on rencontre le principal reproche adressé à l'administration municipale: la population ne peut se faire entendre de ses dirigeants.Les décisions se prennent dans le vase clos du Comité exécutif, sans qu'il y ait eu participation ou consultation des principaux intéressés.Le principal attaquant: Mgr Raymond Lavoie, avec son Comité de citoyens de l'aire 10.La majorité des Québécois est cependant restée sourde à ses appels.DEUX APPUIS Au cours des dernières semaines, l'admiration de M.La- montagne envers l\u2019administration Drapeau-Saulnier s'est manifestée très publiquement.Quand M.Saulnier a demandé au gouvernement fédéral d'effectuer une enquête sur les activités de la Compagnie des Jeunes Canadiens, l'un des premiers maires à faire parvenir un télégramme d'appui aux dirigeants montréalais fut M.Lamonta- gne.Remarquons que Québec ne compte aucun membre de la C.J.C.à l'oeuvre dans la population.De même, quand le tandem Drapeau-Saulnier a annoncé son intention de présenter un projet de règlement visant à restreindre le droit de manites- tation, M.Lamontagne s'est empressé de leur faire parvenir son appui.Les choses n'auront pas tellement changé demain matin, sur le plan municipal à Québec, quand les Québécois ouvriront leur journaux.Le nom de Lamontagne y sera encore.QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 5A SORES WR on PAR MARCEL RIOUX rE gi C'est avant de mourir que les classes et les groupes sociaux condamnés à disparaître se raidissent dans des gestes de plus en plus erratiques et désespérés.Contrairement aux cadavres des organismes biologiques qui n'acquièrent cette rigidité qu\u2019après la mort, les groupes qui sentent venir leur fin prochaine durcissent leurs gestes avant même de mourir.C'est le signe le plus sûr qu'ils sont gravement atteints et qu'ils sentent leur fin prochaine.Ce qui se passe aujourd'hui au Québec ne fait pas exception à la règle.Les anciens notables qui détiennent encore le pouvoir dans les administrations publiques (municipalités et assemblée nationale) s'affolent du fait que la population a cessé de les prendre au sérieux.Comme des pantins désarticulés, ils frappent a droi- LE QUÉBEC CHANGE D'HUMEUR te et à gauche pour donner l'illusion de la vie à leurs simagrées et à leurs bouffonneries.Après avoir joué les braves défenseurs du peuple et les hommes de bonne volonté, les voila pris de rigidité cadavérique, celle de leurs piques et de leurs bâtons.lls se sont soudainement rendu compte qu'on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.Un jour vient où de partout on s'aperçoit que le roi est nu et qu'il n'est pas beau à voir.Le raidissement commence.Coup sur coup, on annonce l'abolition du droit de manifester à Montréal et l'arrestation du leader populaire Michel Char- trand.Quelques jours plus tôt, on avait saisi le livre de Pierre Vallières, \u2018Les nègres blancs d'Amérique\u201d.Comme si la condition de nègre blanc devait disparaître avec le volume qui décrit sa condition.Comme si le droit d'empêcher la population de crier sa fureur à ses dirigeants va la faire disparaître.dirigeants allait la faire disparai- tre.Comme si le fait d'arrêter Michel Chartrand va empêcher son rire vengeur de se répercuter aux quatre coins du Québec et de pulvériser tous les monsieur Paul et tous les Drapeau- Saulnier du monde.Tous ces gestes de dernière heure n\u2019em- pècheront personne de renvoyer au cirque tous nos montreurs d'ours et nos charlatans d'opérette.Leurs tours de passe-passe ne font plus rire personne.À peine quelques attardés d'un autre âge y prêtent-ils encore.un oeil larmoyant.La bêtise va bientôt cesser d'être rentable au Québec.Les marionnettes vont devoir toutes retourner dans les guignols de nos places publiques et quitter la direction de notre société.Les Québécois ont donné leur chance à tous ces charlatans.Après deux siècles de patience, ils n'endurent plus qu'on les bafoue aussi joyeusement et aussi cyniquement.|! va falloir jeter à la poubelle tous les vieux disques de tous ies monsieur Paul du Québec.La bë- tise va cesser d\u2019être un état de vie, Tous les cocus contents sont en train de tomber sous le poids de leurs énormes cornes.On aura beau matraquer et emprisonner les Québécois, ils seront de plus en plus nombreux à rejeter et à conspuer cet \u2018\u201cestablis- ment\u201d qui se meurt.Le Québec change d'humeur.Le saint mouton qu'on a fracassé à la dernière St-Jean ne trouve plus d'adorateurs.Nul n\u2019est besoin d'être expert en sociologie, ou en anthropologie, pour accepter le fait que dans toute société dite civilisée, nous retrouvons habituellement une masse de citoyens amorphes, silencieux, et totalement passifs d'une part, et d'autre part, une minorité revendicatrice, exigeante, bruyante.toujours prête à contester l'ordre établi, à fustiger les excès des dirigeants, et surtout, à prévenir que cette masse devienne complètement aboulique et vassalisée.Dans la plupart des pays, ce sont les écrivains, les artistes, les intellectuels et les journalistes qui remplissent ce rôle de \u2018chien de garde\u201d de la démocratie.Et celle-ci ne s\u2019en porte que mieux, du moins dans les pays encore libres de visées impérialistes, de quelque couleur que ce soit (blanche, rouge ou jaune).Ayant suivi de près les évènements de la dernière quinzaine, ayant lu à peu près tous les éditoriaux des principaux quotidiens et hebdomadaires, ayant pris connaissance d'un nombre ahurissant de lettres aux lecteurs, y compris celles de Rémi Savard, Bertrand Rioux, Léon Dion, et autres, ayant assisté (en partie) au \u2018teach-in\u2019\u201d du 28 octobre, au Centre sportif de l'Université de Montréal, et (en totalité) à celui du 30 octobre au Centre Maisonneuve, où d'autres soi- disant membres de notre \u2018lunatic fringe\" tels que Matthias Rioux, Robert Boily, Gaston Mi- ron, Vincent Harvey prenaient la parole, j'ai pu constater que notre jeunesse est drôlement plus renseignée et motivée que voudraient nous le faire croire nos zouaves de \"I'Establishment\u2019'.La majorité silencieuse doit commencer à voir ses effectifs diminuer de jour en jour.Mais qui est au juste cette majorité silencieuse, que représente-t-elle?Si l'on élimine au départ la majorité des étudiants et des enseignants francophones, si on élimine tous les éléments souverainistes, indépendantis- d'éléments socialistes (en in- phones), on réaliserait vite que cluant parmi ces derniers, un nombre grandissant d'anglophones,) on réaliserait vite que le gros des troupes pro-Ber- trand, pro-Emilien et pro-Re- naude aurait comme point de ralliement, le parc West- mount, le centre d'achat Rock- land, et non pas le parc Lafontaine.Essayez de vous imaginer la majorité silencieuse répondant à l'appel de nos parlementaires: puisque tous les citoyens favorables au \u2018bill\u2019 63 y seraient conviés, nous y verrions, Joyeusement représentés, les Cadets de l'air, les Chambres de Commerce, les Clubs de Squash et de Curling, des majorettes, les Clubs sociaux: Rotary, Lions, Shriners les journalistes du Suburban, les grosses madames de Hamp- stead et Ville Mont-Royal (qui ont échangé leur caniche pour un Doberman, ou un chien po- ficier, protection beaucoup plus efficace contre les \u2018\u2019méchants natives\u2019), nous y verrions Pat Burns, venu de Vancouver pour la circonstance, LA MAJORITE SILENCIEUSE, MON OEIL ! Paul Coucke, les journalistes mentionnés plus haut, des majorettes, 89 députés de l'Assemblée nationale, la majorette, pardon, la majorité des députés fédéraux québécois, ou du moins, élus au Québec, arborant à leur'boutonnière le slogan le plus parfât: \u2018Ffnies tes folies\u2019, un nombre impressionnant de professionnels, chirurgiens et dentistes en congé, sacrifiant une partie de golf pour \u2018cet effort collectif en vue d\u2019un mieux-être'', ingénieurs et architectes, à la recherche de contrats (sans préférence de couleur), des majorettes, de nombreux défenseurs des collèges privés, Réal Caouette, Robert Beale, Me Aiban Flamand, de nombreux Américains propriétaires d'industries au Québec, des centaines d'étudiants de McGill, originaires des Etats-Unis, d'Australie, des Barbades, et d'ailleurs, les chevaux de la R.C.- M.P., des majorettes, et la presque totalité des Montréalais anglophones, portant, qui le drapeau unifolié, qui l\u2019Union- Jack, parce qu'après tout, c'est leur droit.Et j'en passe.De toutes façons, je termine cette énumération, parce que des gens comme ceux que j'ai nommés descendent rarement dans la rue.sauf les majorettes et les chevaux de la R.C.- M.P.Celà ne leur est pas nécessaire, et d'ailleurs, ils ne s'y abaisseraient pas.Comme ils représentent l\u2019ordre établi ou s'y identifient, ils peuvent, par manoeuvres de coulisses (certains appellent cela du \u201clobbying\u2019'), entre deux co- quetels ou dégustations de vins et fromages, décider ce qui est bon pour le peuple et ce qui ne l\u2019est pas.Au cas où ils ne le sauraient pas, j'aimerais les avertir qu'il y a quelque chose de changé au Québec.Je l'ai constaté depuis quinze jours, et j'en suis encore tout bouleversé.Les prochains mois s'avèrent extrêmement prometteurs; évidemment, cela dépendra de la minorité vivante, ou.de la majorité silencieuse!!! Maurice Jobin, M.D.N.D.L.R.Des communistes \u201c\u2018purs\u2019\u2019, des nazistes et des autres Des communistes \u201cpurs\u201d ont pour mission de faire passer le ministre de la Justice pour un incompétent.(1) Rémi Paul fait passer le ministre de la Justice pour un incompétent.Donc Rémi Paul est un communiste \u201cpur\u201d.On appelait ça un syllogisme quand j'étais au collège.C'était avant le Rapport Parent.C'était à l\u2019époque de Cité Libre qu\u2019on considérait dans cette noble institution comme une revue dangereuse, gauchisse, à laquelle on préférait l\u2019insipide Notre Temps, journal de chevet de notre professeur de Philosophie et canard faussement intellectuel des maîtres à penser de l\u2019Union nationale.C\u2019était l\u2019époque aussi de la grève de Louiseville et de celle de Mur- dochville.Jean Drapeau tentait d\u2019amener, avec ses cellules de moralité et d'action civique, la majorité silencieuse à délaisser le règne \u2018\u201cde la corruption\u201d pour voter pour son groupe de purs démocrates.Les abbés Dion et O'Neill, d\u2019autres gauchisses, dénonçaient les manoeuvres électorales de Duplessis.Quelques années plus tard on 6A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 qualifiait cette période de \u201cgrande noirceur\u201d\u201d et on glorifiait la révolution tranquille qui consacrait les gauchisses d\u2019hier, héros du jour.Tous ceux qui s\u2019étaient battus durant des années trop longues pour que la démagogie fasse place à la raison commençaient à respirer.n n\u2019était plus traité de gauchisse ou de communisse parce qu\u2019on lisait Marx ou Lénine ou qu\u2019on parlait de gratuité scolaire.On ne parlait plus de sombres complots pour renverser le gouvernement ou tuer les prètres.Fides cessait de distribuer son petit livre illustré où on montrait, sous forme de \u2018\u201c\u2018comics\u201d comment les communistes prendraient le pouvoir au Canada.Et plus personne n\u2019avait confiance en ceux qui durant tant d\u2019années avaient brandi l\u2019épouvantail de la sédition et des espions à la solde des puissances athées et com- munisses.Les années ont passé.Et voilà que de nouveau un ministre de la Justice, comme tel successeur de ce qu\u2019on appelait avant, Procureur général, poste détenu sa vie durant par Maurice Duplessis, parle d\u2019agitateurs étrangers qui ont confié comme mission à des Québécois de fomenter la révolte au Québec et de saboter la confiance de la population à l\u2019égard des hommes publics et plus particulièrement à l\u2019égard du ministre de la Justice.(1) Comment?En lui faisant perdre son calme dans le but de créer l\u2019impression, chez l\u2019élément sain de la population, d\u2019incompétence \u2026 (1) C.Q.F.D.Ce qu\u2019il fallait démontrer.C\u2019est ce qu\u2019on disait aussi au collège quand on avait terminé un syllogisme.Donc C.Q.F.D.Les années ont -passé.Jean Drapeau s'appuyant sur la majorité silencieuse, qui semble avoir changé de camp, se fait donner les pleins pouvoirs d\u2019interdire toute manifestation, tout défilé, toute assem- biée.Il faut agir, lance-t-il, avant qu\u2019on soit obligé de choisir entre le nazisme et le communisme.Tout le monde est étonné, il va jusqu\u2019à prendre la parole à une séance du conseil municipal de Montréal, séance où il y a même un débat.Il ne dit pas de quel côté il sera quand on devra choisir\u2026 Caouette, en même temps, de sa retraite à Ottawa, affirme: \u2018Les communistes ont plus soin de leurs étudiants que nous\u201d.(2) ; Et le même jour le premier ministre du Québec recevait le Consul général de la Tchécoslovaquie.Tout le monde est bien mêlé.Ca serait peut-être le temps de cesser de parler de communistes purs, de sédition, d\u2019espions, de complot.Sous peine d\u2019attendre que dans dix ans une autre génération clame qu\u2019elle vient de sortir de la grande noirceur.Jacques GUAY 1- La Presse le 12 novembre.2- La Presse le 13 novembre. Le a M.GROS, DEPUTE SACRAMAN ! oO Dr P.PSY S.0.RC.LER & et SIBOL, DOC / - , You SAVEZ BIN QU\u2019STACOSE DMA Ferme QU/CHU ICITTE.CE POVR Y FERE PLEB\\R.2 TROUVE QUA FA CHIC D'AVOURER IN PISSIKIATE.\u20ac) N'EMPÉÊCHE.QU'EHTROUVE QU\u2018YA INTA D'GENSES QU'ARA BESOUIN D'VOUS ! L\u2019'AONDE SONT BIN PAROUS! 4 ad 7-3 C\u2019QuoN ENTEND ce: CONTESTASSION POLUSSION ALIEN SSION REPRESSION DÉMONS TRATSION INFLASSION CONSTI PASSION DÉMISSION LIBÉRASS/ON R'VANDICASSION MAN: PULASSION RÉCESSION AGRESSION A MUR SS ION NASSION PRÉSSION RGANIZASSION ANIMÂSSION ' EXT RGEION NQVASSION REVO LUSSION COMMUNIC ASSION ELECSION ÉDUCÂSSION ABÉRASSIQN ANCLISSI oN CS SPÉRÉASSION NES ASSIO SÉORECAS TON CE CORRUPS/ON RENDU PARTICI PRSSION INCOMPREHENSWON.BIN FATIKANT DANSUÈRE RÉSON! DÉSESPOUERE! AVEC TOUTE tA.ve = _ UN JOURNAL DE COMBAT Permettez à un humble membre du Comité des citoyens de Mercier de féliciter les fondateurs, les directeurs ainsi que toute l'équipe de journalistes qui ont réussi à nous donner _ un peu d'espoir en nous donnant un journal qui permettra à toutes les couches de la société de se faire entendre, surtout les plus défavorisées, depuis si longtemps ignorées; après avoir parcouru le premier numéro je vois que ce sera un journal de combat que le peuple attendait depuis des années; mon désir est qu'il devienne quotidien dans très peu de temps.Nous étions écoeurés de lire des journaux attachés à la politique traditionnelle ou à la haute finance.Je souhaite longue vie à Qué- bec-Presse et je ferai mon possible pour encourager sa diffusion, M.Brassard SOMMES- NOUS UN PEUPLE DE \u201cPEA SOUP\u201d ?Les Québécois sont beaux parleurs et p'tits faiseurs de croix sur leur bulletin de vote.Le jour des élections, il y a foule aux élections: les enfants vont voter.Enfants gâtés par les sucreries verbales de nos politiciens mielleux, ou épouvantés par des fantômes économiques.Et quand nous ne sommes plus enfants, nous nous prostituons pour cinq, dix, vingt dollars ou pour un poste de commande quand ce n'est pas pour un verre de bière à la taverne du coin.Si les nègres blancs que nous sommes commencent à se poser des questions, on nous croit traumatisés; si nous fabriquons des réponses, nous devenons des contestataires, et si nous parlons de prendre nos responsabilités, on nous terrorise, on essaie de nous faire comprendre notre manque de maturité.Faut- il que nous restions à jamais sous les jupes rapiécées de la bonne vieille maman Confédération?Cesserons-nous d'être des enfants attardés sous la tutelle de parents défraichis?Sommes-nous un peuple d'hommes libres ou bien une bande d'enfants colonisés?Où va notre Démocratie?Ce mot ne signifie-t-il pas aujour- d'hui hypocrisie, mensonge et lâcheté, vol et tricherie?A quoi sert de voter alors que le candidat pour lequel on vote doit suivre aveuglément un parti financé par la pègre \u2018économique et sociale?A quoi servent les beaux discours de ces hommes, dont l\u2019adhérence au parti signifie qu'ils doivent se la fermer parce que des intérêts supérieurs (?) le leur commandent?L'intérêt supérieur n\u2019est-il pas le peuple lui-même?Ceux qui se croient aujourd'hui les représentants du peuple se moquent éperdument de ce même peuple.On se fait tuer culturellement par ces représentants et demain on va revoter encore pour des assassins.Les laches que les Québécois ont élus les représentent-ils bien?Sommes-nous un peuple de \u2018\u2018pea soup'?Où est donc notre fierté nationale?L'aurait-on vendue avec le reste?Il y a quelques années, on se battait contre les Anglais; au- jourd'hui on en a pitié.Et cette pitié, ils vont nous la chier sur la tête.Quand j'entends les Québécois me dire \u2018ben! Y faut ben respecter les droits des anglâs', j'ai la nausée.Ce n'est pas le respect des autres que nous présente un bill 63, c'est NOTRE DESTRUCTION COLLECTIVE.Louis-M.Aubry, Montréal.M.SAULNIER, QU\u2019ENTENDEZ- VOUS PAR DÉMOCRATIE?Au terme de l'allocution prononcée samedi le 8 par M.Saul- nier, président du Comité exécutif de la ville de Montréal, les Montréalais ont pu voir se dévoiler pour la première fois de façon très apparente le fascisme et la dictature de droite, qui caractérisent depuis quelque temps déjà les dirigeants des gouvernements respectifs de Montréal et de la Province.Le régime politique qui interdit toute opposition entrave par le fait même le processus démocratique car il nie à celui qui le délègue le pouvoir sacro- saint de le réprimander.et il nie alors sa légitimité face au peuple.À M.Saulnier, nous posons ces deux questions: la démocratie au nom de la liberté permet-elle aux forces de l'ordre de s'introduire sans mandats (la semaine dernière, des comités de citoyens se sont même fait saisir des documents de travail), ac- cepte-t-elle que l'individu, qui est l'essence même de cette démocratie, ne soit pas informé honnêtement ou objectivement, donne-t-elle la possibilité ou le droit à une administration de proclamer des mesures qui briment les droits de ceux qui n'ont qu'une voix à faire entendre lors des élections: celle du gagne- petit?Car la classe défavorisée se verra éventuellement refuser l'application de ses moyens de pression (piquetage, marche de protestation, assemblée d'information) sur un terrain public.Les autorités municipales pourront désormais empêcher les Montréalais d'assister à toute conférence ou assemblée à caractère politique selon leur bon vouloir.H est clair, à la lumière de la lanterne de M.Saulnier, que le mot révolution nous ramène au bon temps des \u2018communistes\u201d de l'ère de Duplessis.S'il est des gens qui ne peuvent admettre ni supporter le changement dans la société: ce sont ses dirigeants.Tout système se doit d'évoluer et de changer, c'est là une loi universelle qui n'épargnera pas l'administration municipale dans un avenir prochain.Les gens se plaignent certainement pour rien s'ils n'ont plus de logis (car démolis pour construire des routes ou des habitations à loyer éievé), si on construit des arénas avant de donner des soins médicaux aux nécessiteux qui doivent s'en procurer d'eux-mêmes (St-Jacques), si les employés de la ville ne bénéficient pas de bonnes conditions salariales.Si tout saute, ce sera vous messieurs les dirigeants qui le ferez sauter en croyant posséder la \u2018\u2019vérité tranquille\u201d de la gloire personnelle.M.Saulnier apporte un caractère blasphématoire au mot liberté quand il le prononce.L'abstraction du mot le dépasse si bien qu'il y trouve son sens dans le matériel; dans la propriété privée qui est le propre de l'establishment mais non du peuple.La liberté, c'est avant tout de se sentir chez soi et de savoir qu'on y est maître: voilà ce à quoi les Québécois aspirent.Suzanne Ethier Jean Lapierre Cher concitoyen.deau.de la Justice.des lieux sacrés.et resterez toujours.Lettre ouverte à Rémi Paul J'ai êté élevé à deux portées de fronde de chez vous.Quoiqu\u2019étant un peu plus jeune que vous, je garde un bon souvenir de votre père.C\u2019était un homme méticuleux, dont la maison était toujours bien tenue, et les enfants propres malgré la dureté de la crise.Il n\u2019avait pas la réputation d\u2019être particulièrement intelligent mais il l\u2019était quand même assez pour bien faire son métier de be- Vous voyant évoluer sur la scène politique, je crois que vous êtes le digne fils de votre père.Vous avez, paraît-il, fait décemment votre métier de député jusqu\u2019au jour où les hasards politiques ont voulu que vous deveniez ministre de la justice.C\u2019était vous élever au rang de Pape de l\u2019Ordre Etabli, de la Loi, Au lieu d\u2019aborder votre fonction avec la sérénité et la largeur de vue d\u2019un pape, vous vous y êtes lancé avec vos idées étroites, animé d\u2019un feu sacré, comme un bedeau qui chasse les gamins insouciants, Cher concitoyen, pour votre bon renom et celui de Louiseville, prenez donc un moment de réflexion pour comprendre, si possible, que vous n\u2019avez pas assez d\u2019intelligence pour faire un ministre de la justice mais suffisamment pour faire un bedeau, ce que vous êtes J'espère que ces remarques ne vous blesseront pas car elles sont faites pour votre plus grand bien et celui de Louiseville.anciennement de 4 rue St-Laurent | Paul Ferron Louiseville QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 7A ou x Comme le Bill 63 ve: vu LE BILL 62 EST UN TROMPE-L'OEIL RE oon cn od Après le \u2018\u2019bill\u201d 63, le bill\u201d 62: deux gigantesques illusions! Le second est de la même veine que le premier.Le bill 63 veut laisser l'impression que le gouvernement corrige l'épineux problème linguistique qui étrangle la métropole.De son côté, sous prétexte de réorganiser en le démocratisant l\u2019enseignement public sur l'ile de Montréal, le bill 62 le met sournoisement mais sûrement en tutelle.PSEUDO-DECENTRALISATION Bien sûr , le bill 62 retient une structure administrative à trois paliers: comité d'école, commission scolaire, conseil scolaire régional.Certes, il retient la formule de la commission scolaire unique en vertu de laquelle une seule commission regrouperait, dans un territoire donné, toutes les écoles élémentaires et secondaires publiques.Assurément, ilinscrit dans une loi la participation des parents à la vie de l'école.Mais COMMENT assure-t-il cela et JUSQU'OU va-t-il dans ces voies?Les rapports Parent et Pagé préconisaient des conseils scolaires forts dans chacune des grandes régions administratives.Leur tâche primordiale aurait consisté à planifier et coordonner l'enseignement public dans leur région et d'assurer ainsi une décentralisation: en somme, élaborer et réaliser un plan scolaire régional à l'intérieur du plan d'ensemble qu'établirait le ministère de l'Education.QUEBEC REGIT TOUT En vertu du bill 62, le Conseil scolaire de l'île de Montréal promet bien plus d'être une simple succursale du ministère de l'Education qu'une véritable autorité régionale en matière d'enseignement.Le conseil scolaire du bill 62 ne peut pratiquement rien faire sans constamment obtenir au préalable l'autorisation du mi- \\ \\ zomM! SCOLAI nN RE SEC nistre de l'Education.Méme les règlements qu\u2019il adoptera \u2018\u2019concernant l'exercice de ses pouvoirs et sa régie interne\u2019' devront recevoir la bénédiction de \u2018Dieu- le-Père-qui-est-à-Québec\"\u201d.Une seule question importante lui est confiée et ne requiert aucune autorisation: comme par hasard, c'est le taux des taxes scolaires.Dans ce domaine éminemment délicat, le Conseil portera seul I'odieux de ses décisions.Les nouvelles commissions scolaires pourront méme passer par-dessus la téte du futur organisme régional.Dans certains domaines, elles devront recevoir l'autorisation du conseil régional mais alors, pour plusieurs de ces questions, elles devront également avoir celle de Québec.Dans d'autres cas, elles devront obtenir le consentement de Québec sans passer par le conseil régional.La mainmise de Québec sur le Conseil scolaire de l'île de Montréal va encore beaucoup plus loin.Les membres du conseil régional ne seront pas désignés par les commissions scolaires mais seront tous nommés par le Cabinet, y compris son président et son vice-président.De plus, aucun mécanisme de consultation n'est prévu à cet égard dans le bill 62.Il n'ya ici qu'une seule limite au pouvoir absolu du gouvernement: 11 des 15 membres du conseil régional devront être choisis parmi les membres de chacune des 11 commissions scolaires de l'île.DES SOUS-SUCCURSALES Quant aux commissions scolaires, elles n\u2019ont en pratique.que fort peu de pouvoirs.Pres- 8A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 par Jules LeBlanc BE que aucun dans les domaines administratif et financier, si ce n'est en termes de gestion et la faculté de préparer leur budget.Leurs fonctions sont limitées aux questions pédagogiques, et encore: quels services pour- ront-elles ofrrir légalement?quels services seront-elles en mesure d'offrir compte tenu de leur nombre et du bassin de population restreint sur lequel elles auront juridiction?Le projet est silencieux sur ces sujets.À la lecture du bill 62, les commissions scolaires apparaissent davantage comme des sous- succursales du ministère de l'Education que comme des organismes solidement constitués, relevant du conseil régional Dès lors, on peut se demander si des fonctionnaires compétents ne rempliraient pas mieux un tel rôle que des représentants élus.Enfin, le bill 62 réduit de façon sensible le rôle des parents dans la.vie scolaire, role qui constituait la pierre d'angle des rapports Parent et Pagé.Premièrement.il écarte le rôle principal que ces deux rapports confiaient au comité d'école: celui de déterminer le caractère confessionnel ou non- confessionnel de l'école et de veiller à ce que l'enseignement religieux ou moral réponde aux désirs des parents.Dans les deux rapports, les parents avaient même un droit de veto là-dessus.dans ce domaine que, du moins au début, la participation des parents aurait pu être la plus précieuse et la plus efficace.Deuxièmement, il réduit le rôle des comités d'école dans l'élection des commissaires d'école et des membres du Conseil scolaire de l'ile.Un collège électoral sera compu sé de la moitié des membres de chaque comité d'école mais il n\"élira que le tiers des commissaires, alors que le rapport Pagé préconisait la moitié plus un.Au surplus, les membres de chaque commission scolaire de l'île devaient désigner parmi eux leur représentant au Conseil scolaire de l'Île, ce qui permettait aux parents de jouer directement un rôle important à ce niveau.Dans le bill 62, ceci est moins sûr: le gouvernement nomme lui-même tous les membres du conseil scolaire.Pourquoi ce qui est valable au niveau des écoles et des commissions scolaires n'est-il plus valable au niveau de la région économique?Comme le bill 63, son cousin, le bill 62 a toutes les apparences d'un trompe-l'oeil.Lettre ouverte à Claude Ryan LA CONVOCATION D'UNE CONSTITUANTE QUEBECOISE SOUS LES AUSPICES DE L\u2019 O.N.U.par André Dagenais La langue anglaise comme langue de l'Etat du Québec, comme langue de notre administration politique, est contre nature et illégitime, nonobstant l'article 133 qui dit le contraire; car ce qui est écrit en anglais sur du papier ne vaut rien contre ce qui est inscrit dans la nature de l'Etat auquel ont un droit strict les Québécois, héritiers de Nouvelle-Franae.; ; ; Mais oui, j'estime le bilinguisme de nombreux citoyens québécois! Je suis mème favorable au trilinguisme, et je souhaite que le plus possible de Québécois sachent l'espagnol, langue américaine par excellence, ce qui contribuerait à nous \u2018désasphyxier\u201d\u2026 ; ; Mais le Québec est, par droit, de famille, de culture et de langue française, Tels sont sa nature historique, sa qualité essentiellement civilisatrice et son droit irréfragable.Le reste est occupation linguistique et psychique, exploitation d\u2019une force étrangère et domination impériale.; Deux systèmes d'enseignement public, l'un en français, l\u2019autre en anglais, considérés comme de droit égal, dans l'Etat français du Québec \u2014 et Montréal est au coeur du Québec \u2014 constituent une dénaturation, une oppression illégitimes.Un réseau d'enseignement privé en anglais, subventionné à 80 p.cent, c\u2019est encore un système public sous un autre nom.La loi No 56, en tant qu'elle peut assurer ce réseau \u2014 de Saint-Léonard à McGill \u2014 est entachée d'illégitimité.Et que le Gouvernement de Québec tergiverse, sans orienter vers le bien commun français de la majorité québécoise \u2014 alors qu'une Commission Scolaire autonome a pris conscience de nos droits et de nos devoirs collectifs \u2014 voilà la confirmation, la preuve que ce \u2018pauvre pouvoir de Québec'' n\u2019est, après tout, que de legalité anglaise.; ; ; Pourquoi M.Jean-Jacques Bertrand, cette homme faible \u2014 mais premier ministre, il sera \u2018tenu responsable\u201d de la violence établie qui s'exerce contre nous \u2014 ne nous fait-il pas la grâce de s'en aller?Qu'il nous délivre au pius tot de sa non-existence politique! Et que son Union dite nationale se présente maintenant devant le peuple québécois! UNE LUTTE POLITIQUE NON-VIOLENTE L'Etat français du Québec, captif d\u2019une légalité étrangère, a décidé d'accepter le combat que poursuit contre lui la province britannique de Québec.Il s'agit de la lutte d\u2019un régime politique contre un régime politique, du combat du droit naturel contre un droit positif tyrannique; en effet, celt'-ci annihile une nation qui a fe droit de naître à la souveraineté, selon son être personnel; il la fait avorter, avant qu'elle naisse à la Liberté; it en fait un simple membre, alors qu'elle est une personne.Rappelons ici, M.Ryan, que Londres et Ottawa s\u2019y connaissent en avortement.La résistance nationale et populaire envisagée, c\u2019est la construction même, ta germination et la croissance politiques de l'Etat français du Québec.C'est une action positive, constructive, de nature politique, c'est-à-dire physiquement non-violente.- \"Quand un parti politique combat un autre parti, cela ressemble à une guerre,\u201d m'expliquait un jour un député libéral ami.H y faut stratégie et tactique, adaptation des moyens à la fin, et vigueur.UNE GUERRE DE \"REGIMES D'ETAT\u201d Eh bien, la guerre politique que subit l'Etat français du Québec, de la part d'Ottawa, certes, mais aussi de la province britannique de Québec, cette guerre politique est et doit être analogue à la lutte des partis entre eux, et non pas aux luttes armées, internationales ou civiles.Dans la non-violence, l\u2019Etat français du Québec croitra et s'affirmera.L'Etat français du Québec entreprend ce combat politique d'abord par la Parole, exprimant la Vérité québécoise.Mais la vérité est \u201cviolence spirituelle\u201d, dans un milieu de mauvaise foi et de mauvaise volonté.Puis par la Parole qui devient comportement, c'est-à-dire Action d'Etat.L'E- tat français du Québec, que nous avons fêté le 24 juillet dernier, doit agir maintenant, pour prévenir l'annihilation de la violence légale et les destructions de la violence physique.LEGALITE ELECTORALE ANGLAISE, VICIEE ET VICIEUSE À la suite des Etats Généraux du Canada français, dans la continuation de son action on-violente, le conseil québécois de la légitimité nationale envisage de marcher dans cette \u2018troisième voie\u2019, qui n'est pas la voie électorale, non plus que celle de la violence civile.Le système électoral du Québec \u2014 mais ce n\u2019est pas une exclusivité québécoise \u2014 est dévié à la base, vicié et vicieux.Le dieu Mammon, l'Argent, achète bien ses idolâtres.En doutez-vous, M.Ryan?L\u2019un des membres de la Commission Prévost déclarait à la fin d'août: \"Le crime organisé ne se développe jamais sans une certaine complicité des forces policières et des autorités\"., Montréal, avec une escouade de la moralité si bien organisée, devrait pouvoir enrayer le vice organisé.Le fait que le crime organisé continue est la preuve qu'il y a collusion\u201d.(La Presse, 29 août 1969).- Le régime politique que subit l'Etat français du Québec est entretenu par la pègre, qui a quelque affaire aux élections.N'aurait-on pas vu la mafia à l'oeuvre, à Saint-Léonard?Est-ce que, dans un régime anglo-saxon, la légalité anglaise, d'ailleurs viciée, peut battre la légalité anglaise?Avez-vous une réponse, M.Ryan?Le Conseil de la légitimité souhaite le plus grand succès, un succès débordant, au Parti Québécois qui, sur le plan électoral, parait un instrument nécessaire.Mais telle n'apparait pas la voie propre du Conseil.Cependant ce n\u2019est pas non plus celle de la violence civile.Notre conviction s'axprime ainsi: la violence ne fera ni germer, ni croître l'Etat français du Québec.Il nous faut être plus forts que la violence, plus forts que la violence physique et que la violence légale.LA \"TROISIEME VOIE\", VERS UNE CONSTITUANTE Au delà de la légalité électorale britannique, viciée et vicieuse, et de l'anarchie violente, se présente la conception d\u2019une action politique orientée vers la préparation, vers la convocation et le déroulement d'une Constituante québécoi- con Sous les auspices du Comité de décolonisation de l'organisme des Nations- es.Précisément, les autorités de l'O.N.U.se plaignent de ce que les peuples n'ont pas suffisamment recours à leurs moyens politiques.L'Etat français du Québec se cherchera des amis, des alliés dans le monde, tout en travaillant à la coordination civique des forces vives du Pays réel, de la nation québécoise.La politique de \"notre Etat francais\u201d, cher M.Ryan, est une politique selon la philosophie et selon l'Histoire.H y faut le sens de l'Histoire des Amériques et le sens de l'Homme existant, concret et incarné.Au nom de l'Etat français du Québec, le Conseil québécois de la légitimité nationale travaille à construire, \u2014 que Dieu veille sur cette construction! \u2014 le Temple humain de notre Patrie, selon la légitimité québécoise et dans la nonviolence, physique ou légale, de l\u2019esprit. Ceci est un résumé des opinions les plus frappantes exprimées à mon émission, de 1 heure à 2 heures, au poste CKLM.Ecrivez-moi et vos lettres seront publiées ici mêmes; je les commenterai et ainsi s\u2019établira une nouvelle forme de dialogue.Les lettres doivent être signées, comporter l'adresse et le numéro de téléphone du correspondant et une autorisation de publier avec des modifications que nous pourrions juger nécessaires pour des raisons techniques.Les noms des correspondants ne seront pas révélés s'ils en font la demande.Adressez vos lettres à PIERRE PASCAU, CKLM, 1184 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal.VENDREDI 7 novembre SERVICE MILITAIRE L'idée d'un service militaire obligatoire au Québec, émise par le ministre Claude Gosselin, a fait mauvaise impression.On relie directement le service, l\u2019armée et la guerre; et la guerre, on n'en veut pas.Plusieurs personnes admettent cependant que la jeunesse québécoise est trop gâtée et qu'un peu de discipline ne lui ferait pas de tort.Mais qu'est-ce que la discipline?Imposée d'en haut, systématiquement, comme dans l'armée, elle nie l'individualisme.Inculquée intelligemment par les parents et les éducateurs, elle peut devenir une manière de vivre, un sens civique, une conscierce.Les jeunes Québécois doivent- ils aller à l'armée pour acquérir ces vertus dont notre société aurait grandement besoin?Il vaudrait peut-être mieux transformer la Compagnie des jeunes canadiens en organisme de service civique.Cette idée fait d\u2019ailleurs partie du programme du Parti Québécois.ENCORE GERARD FILION Le président de Marine Industrie avait-il raison de déclarer que les Québécois ont une grande part de responsabilité dans leur stagnation économique?Voici la question précise qu'il faudrait débattre et certains sont assez intelligents et assez honnêtes pour faire un retour en eux-mêmes.lls admettent que souvent la direction d'une entreprise canadienne-françai- se manque d'acharnement à l'ouvrage, se préoccupe trop du \u2018golf l'été et de la mer l'hiver\u201d, tandis que le directeur canadien- anglais arrive au bureau avant ses employés, en repart après eux et ne prend que 15 jours de vacances par an.Immédiatement ces personnes se font traiter de \u2018Mmange- canayens\u201d.Quant à M.Filion, on sort son dossier personnel et on s'attaque à lui-même, à sa personnalité, à son passé; on lui fait des procès d\u2019intention.Ces personnes refusent de se prononcer sur les déclarations de M.Filion.Elles préfèrent s'attaquer à l'homme.Et finalement un homme disculpe les Canadiens français en rejetant le blâme sur la Confédération canadienne, qui enlève au gouvernement québécois les pouvoirs fiscaux qu'il lui faut pour orienter son économie.S'il N'y A Plus DE MANIFESTATION JE PERDS MON e OVER TiME J.NOEL SEN VIENT,,, J'Ail UNE FEMME ET DES ENFANTS Moi Aussi \u2026 LUNDI 10 novembre DRAPEAU V/S MANIFESTANTS Le maire Jean Drapeau, qui accepte toujours aimablement de coopérer avec les journalistes, défend son projet de ré- glement municipal anti-mani- festation.Le Comité exécutif aura le droit d'interdire des manifestations dans des lieux publics.Mais comment définir un lieu public?Le campus de l'Université Mc- Gill ou le Centre Paul-Sauvé sont-ils publics?NON.répond le maire, et les manifestations pourraient avoir lieu là, mais elles seraient interdites aux abords de ces endroits.M.Drapeau n\u2019admet pas que les manifestations représentent une soupape de sûreté pour le mécontentement populaire.Il maintient qu'il y a beaucoup d'autres moyens à employer pour faire connaître sa dissidence.|! ne veut pas croire non plus que, si les manifestations de protestation sont interdites, la violence pourrait éclater au cours de parades pour le pére Noël ou la Coupe Grey.Dernière question: qu'entend faire ta ville de Montréal au sujet des policiers et des pompiers qui se sont mis en grève illégalement, entraînant le chaos en ville pendant plusieurs heures, le 7 octobre?Rien.répond le maire.L'administration municipale n'envisage aucune poursuite judiciaire.Un point, c'est tout.BRAVO DRAPEAU Des auditeurs approuvent l'ad- ministration Drapeau-Saulnier.Ils pensent, eux aussi, que les manifestations sont allées trop loin et que les citoyens rangés ne peuvent continuer à se laisser marcher sur les pieds par une petite minorité de vandales.Ils trouvent aussi que j'ai eu bien du culot de me faire l'avocat du diable en face du maire de Montréal.Quelle effronterie!!! Je devrais savoir rester à ma place et me taire lorsque le maire parle.D'ailleurs, tout l'après-midi on appelle au poste CKLM pour se plaindre de moi, un fou, un énergumène, un insolent, avec toute la panoplie d'épithètes traditionnels: séparatisse, ter- rorisse, communisse, endoctri- neur.LA VIOLENCE DES TAXIS Un appel \u201cviolent\u201d d'un jeune chauffeur de taxi qui se dit prét a tout pour mettre fin aux injustices commises contre ses camarades et lui-méme.D'après lui, les autorités sont nettement du côté de la compagnie Murray Hill et se moquent des chauffeurs de taxi.Seule la peur pourra les faire bouger, et seule la violence peut leur faire peur.Et la prison qu'il risque s'il enfreint la loi?Peu lui importe.D'après lui.la prison vaut peut- être mieux que la vie de chauffeur de taxi.MARDI if novembre ENCORE LE TAXI Les chauffeurs disent qu'ils ne sont pas seulement victimes d'injustices à l'aéroport de Dorval, mais dans les grands hô- teis, les gares, les hôpitaux.lis considèrent que c'est du vol.Pour arriver à joindre les deux bouts, ils seraient obligés de travailler 18 heures par jour, 7 jours par semaine.lls sont excédés.MANIFESTATIONS REGLEMENTEES Il est dangereux d'interdire les manifestations populaires dans une ville comme Montréal.Un auditeur suggère qu'on imite Londres, où un parc (Hyde Park Corner) est ouvert aux contestataires.Le parc Lafontaine, le stade de base-ball ou le parc Jeanne- Mance pourraient devenir le \u201cforum\u201d de Montréal, ot tous ceux qui ne sont pas satisfaits de leur sort pourraient manifester.lls seraient plus faciles à contrôler et ne pourraient faire aucun dégât.C'est pure folie d'interdire toute manifestation publique.C'est comme si on poussait une machine à vapeur à plein régime sans laisser d'issue à la vapeur.Elle finira par exploser.LE F.L.P.Le Front de libération populaire ne tiendra aucun compte du règlement que le Conseil municipal veut adopter.L'un de ses membres maintient que lorsque M.Saulnier prétend protéger la société il veut dire: la haute société.Les petits, les faibles et les pauvres ne comptent pas à ses yeux.Les dégâts causés au cours des manifestations ont toujours été dirigés contre des institutions symboliques, sur la rue Ste-Catherine ou la rue St-Jacques, jamais contre des personnes.MERCREDI 12 novembre MICHEL CHARTRAND Le président du Conseil centra! de Montréal aurait-il plus d'adeptes que ne le suppose le ministre de la justice?- Des auditeurs approuvent Michel Chartrand de parler ouvertement parce qu'il est le porte-parole du petit peuple.On l'admtre et on le soutient.Quant à M.Rémi Paul, it n'est pas le favori de ces dames en ce moment.Ses accusations contre les \u2018communistes purs\u201d, les infiltrateurs qui veulent le discréditer et semer la panique, ont fait mauvais effet.Certains émettent l'hypothèse que les autorités se sentent menacées et serrent les coudes.noyer laminé, bureau avec miroir, commode, lit régulier.SALON: 2 mcx, divan B s'ouvrant pour faire un lit et chaise recouverte de matériel nylon ou de es) CUISINE: 3 mex, table dessus arborite et chaises recouvertes de vinyl.| GRATUIT: ew 2 tables de salon, ÿ 1 lampe de salon, 1 lampe de chambre MEUBLES JACQUES LAPIERRE IS TA) 55 ETE (AZ LAD as Diane Le gouvernement provincial, les dirigeants municipaux et tous les gens en place auraient élaboré une action commune pour se protéger.LES ADOLESCENTS Le docteur Julien Bigras, psychiatre pour adolescents, prend la peine d'appeler pour mettre les auditeurs en garde contre les dangers du règlement municipal anti-émeutes que l'administration Drapeau-Saulnier s'apprête à adopter.I! affirme que les jeunes, sentant leur individualité menacée dans la société des adultes, éprouvent le besoin de se grouper en bandes et se passionnent collectivement pôur des idéaux.|! serait malhabile de leur interdire de manifester.Le docteur Bigras préfère la solution proposée hier par un auditeur, qui suggérait qu'on désigne un endroit précis en ville où tous ceux qui le désirent pourraient manifester.Ce serait bien plus habile et plus sain.LA SURETE DU QUEBEC Le président de l'Association des policiers provinciaux confirme que ses membres ne sont pas satisfaits de leur contrat collectif.Devant l\u2019entètement de l'employeur, certains seraient prêts à imiter le geste des policiers de Montréal, qui se sont mis en gréve le 7 octobre.Une assemblée, a la fin de la semaine, prendra une décision à la majorité sur cette question.Une grève illégale de la PP est du domaine des possibilités.pho STS a TS Se eg rt INC.ARARRARARAN 7448 ST-DENIS, MONTREAL, tél 270-3125 1.a oe ia if ad SES Au Cegep de Jonquière LES ÉTUDIANTS ONT PEUR! par Jean-Paul Tremblay (Alma) \u2014 Les communications avec l\u2019extérieur pour les étudiants du CEGEP de Jonquière sont à ce point difficiles qu\u2019il est impossible d\u2019entrer pour quiconque n\u2019est pas étudiant à l\u2019institution et en possession d'une carte d'identification qu\u2019il doit présenter à des gardiens- policiers.Les seules autres personnes acceptées sont les enseignants.ou les membres de l\u2019administration.Pour parvenir à organiser une rencontre avec un certain nombre d'étudiants pour QUEBEC-PRES- SE il a fallu se fixer un rendez-vous dans un restaurant.Comment les étudiants accep- tent-ils semblable contrainte?\u201cNous ne les acceptons pas, nous les subissons\u2019\u201d\u2019, ont répondu nos interlocuteurs qui refusent qu\u2019on publie lenrs noms, ou même qu\u2019on dise combien ils étaient.\u2018\u201cLes étudiants, ont-ils poursuivi, ont peur.Parce que l\u2019an dernier à la suite de la contestation d\u2019octobre, 20 étudiants ont été expulsés.Peur, parce que cette année ils sentent sur eux une étroite surveillance de l\u2019admi- stration.Peur, parce qu'ils n\u2019ont même pas pu organiser de syndicat cette année.Peur, parce que les autorités ne manquent pas une occasion de faire ressortir les côtés négatifs de la contestation.\u201d TROP DE TRAVAIL Les étudiants prétendent également qu\u2019on les a surchargés de travail, qu\u2019on leur impose ainsi une trentaine d\u2019heures de cours par semaine.\u201cOn eccupe tout notre temps de façon à ce que nous n\u2019ayons plus le temps de dépenser notre surplus d\u2019énergie.\u201d Les \u201cporte-parole\u201d, clandestins, ont également expliqué que la majorité des étudiants vient de familles de travailleurs de l\u2019'ALCAN ou de la Price dont les revenus sont assez élevés.Ces parents incitent selon eux, leurs enfants à ne pas manifester afin de ne pas avoir à payer les pots cassés, s\u2019il y a lieu.NOUS SOMMES BRIMES \u201cNous avons démissionné devant les exigences d\u2019une société en évolution qui nous demande de participer parce que nous sommes brimés.\u201d Malgré tout, un grand nombre d\u2019étudiants du CEGEP de Jonquiè- re ont boycotté, l\u2019autre vendredi, les cours donnés alors qu\u2019on avait promis de reporter à cette date le congé de l\u2019Action de Grâces, pour descendre manifester contre le bill 63 à Québec.\u201cLa seule solution a2 nos proble- mes, c\u2019est le Parti Québécois\u201d, a conclu le groupe anonyme que nous avons rencontéé.Ce n\u2019est pas notre premier contact avec des étudiants.Chaque fois, nous avons été surpris par le sérieux des discussions.Nous nous demandons toujours pourquoi les autorites tentent par tous les moyens de les empêcher de s\u2019exprimer.N\u2019entre pas qui veut à l\u2019Assemblée nationale par les temps qui courent.Aux gens qui se présentent pour réclamer des.laissez-passer, on dit: \u201cC\u2019est plein\u201d.Pourtant, très souvent plus de la moitié des quelque 250 places dispo- vides.: A la question de savoir pourquoi om avait refusé des gens, .on m\u2019a répondu: \u201cOn a des réservations, c\u2019est plein.Et si ce n\u2019est pas plein, en fait, c\u2019est que LE CHAS DE L'AIGUILLE nibles pour les spectateurs sont ceux qui ont les réservations ne sont pas arrivés ou qu\u2019ils ont changé d\u2019idée.\u201d Trente secondes plus tard, deux personnes, sans réservation, mais dont le visage était familier dans les couloirs du Parlement obtenaient des laissez-passer.\u201cOn les connaît\u201d! La Chambre a peur.Alors le peuple ne peut plus entrér dans le \u201cSalon du Peuple\u201d.D st d\u2019ailleurs le seul à en être absent.> : + JK.L\u2019ex-maire de St-Jérôme: \u201cPAS INTÉRESSE!\u201d (J.K.) \u2014 Le député Hubert Murray, du comté de Terrebonne, est le maire défait aux récentes élections de St-Jérôme.Et il n'est pas content.Pas content du tout.Son adversaire, le nouveau maire Aimé Thibault, l\u2019a défait avec l'appui notamment des comités de citoyens de la municipalité.Nous voulions connaître ses réactions.Ce fut en vain.Au téléphone: \u2014 M.Murray?\u2014 C'est moi.\u2014 Pourrais-je vous voir quelques minutes, pour une interview?\u2014 Si c'est au sujet des élec- uns de St-Jérôme, pas intéres- \u2014 Ca ne vous intéresse pas?\u2014 Non, c\u2019est sans importance.Fin du téléphone.10A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 LE CHÔMAGE EST-IL UNE FAILLITE SOCIALE ?Une enquête de Roger Lecourt, André Messier et Pierre Robert.A QUI LA FAUTE?.Face à une remise en question quasi-constante des organismes qui détiennent le pouvoir, tant économique que politique, il y a lieu de se demander comment les autorités en place peuvent tolérer le taux actuel de chômage.Comment la population peut-elle accepter que 6 ou 7 p.cent de son potentiel de travailleurs soit sans travail?Comment les chômeurs eux-mêmes peuvent-ils accepter cet état de choses?Qui sont les responsables?Cette dernière question revient souvent; car une fois qu'on y a répondu, forte est la tentation de dire: \u2018C\u2019est à eux de s'en occuper''.Essayons toutefois d'y échapper et de voir certaines des implications sociales du chômage.LES SANS-VOIX Un minimum d'organisation, voilà un des éléments qui différencient un ensemble de personnes vivant une même situation d'une collectivité qui a une voix, un rôle social.Les chômeurs, c'est bien connu, n\u2019ont pas cette voix, cet organisme qui défende leurs intérêts, qui puisse constituer le traditionnel \u2018groupe de pression\u2019, à l\u2019aide duquel ils pourraient prétendre à une certaine forme de pouvoir.Une première réaction face à ceci, est de penser au mouvement syndical.N'est-ce pas ce dernier qui devrait en fin de compte être responsable de cette organisation?Peut-être bien, mais il semble que dans les faits les dirigeants syndicaux manifestent quelque intérêt envers le chômage en deux occasions bien précises; lorsqu'il y a licenciement massif d'un groupe de syndiqués et à l\u2019occasion de congrès ou colloques dans des déclarations officielles.Quels gestes concrets posent- ils pour les non-syndiqués qui font face au même sort, voilà une question qu'il faut se poser.Si alors les chômeurs n'ont pas de représentants officiels, qui doit exercer des pressions?En dernière instance, c'est à la société, c'est-à-dire à l'ensemble de la population de demander que soit réglé le problème.Mais pour que ceci devienne une réalité, il faut que les individus qui composent cette société considèrent le chômage comme une faillite sociale, comportant un coût économique et social, et non comme une accumulation de problèmes individuels dont la solution reléve de chaque individu concerné.ATTITUDES ENVERS LE CHOMAGE Quelles sont donc les attitudes des gens envers le chômage, envers les chômeurs?Les 170,000 chômeurs du Québec sont-ils des \u2018paresseux\u2019, ou, comme le dit la définition du Bureau fédéral de la statistique, \"ceux qui sont activement a la recherche d'un emploi\u201d, ou encore un peu des deux?Les réactions face à l'assistance au chômeur, c'est-à-dire l\u2019assurance-chômage, peuvent peut-être jeter de la lumière sur cette question.Des enquêtes effectuées en France et aux U.S.A.indiquent un double aspect de l'assistance au chômeur.On considère que ce dernier doit recevoir assez pour vivre pendant une période de temps don- née, mais pas trop de crainte qu'il ne se contente de ce montant sans chercher de travail.Toujours selon ces mêmes enquêtes, on admet que le chômeur qui veut vraiment travailler et est réellement empêché de le faire puisse disposer de ressources suffisantes.Mais en même temps on stigmatise le paresseux qui pourrait profiter des mêmes avantages, on croit qu'une allocation élevée ou le salaire annuel garanti multiplierait le nombre de ces paresseux.De plus on semble croire que certaines gens ne devraient pas toucher d'allocations; par exemple les jeunes qui sont nourris et logés par la famille, ou la femme dont le conjoint ou les enfants travaillent.LE \"BON\" ET LE \"MAUVAIS\" CHOMEUR Les enquêtes n'ont pas été menées au Québ ec ou au Cana- da.Cependant le mythe du chômeur professionnel est une réalité chez nous aussi; on n'a qu\u2019à voir le débat suscité par une proposition de revenu annuel garanti au récent colloque pro- gressiste-conservateur à Niagara Falls.La conscience populaire est profondément divisée avec elle-même et craint un type de chômage qui ne se trouve pas dans les statistiques officielles, le chômage de paresse.Tant que cette crainte, qu'elle.soit fondée ou non, sera présen- \u2018te dans l'opinion publique, peut- on s'attendre à ce que le chômage soit considéré comme une plaie sociale?Tant qu'il existera, comme le \u2018\u2018bon\" ou le \u201cmauvais\u2019 chômage, le \u201cbon\u201d ou Je \u201cmauvais\u201d chômeur, ie chômage sera-t-il perçu comme un échec individuel et non collectif?Se contentera-t-on de palliatifs au lieu de recourir à une solution globale?Voilà quelques questions qui demeurent sans réponse.LE FLP Le Front de libération populaire (F.L.P.) publiait récemment un premier \"\u201cCahier de libération nationale\u201d, portant sur le chômage.Le F.L.P.estime que les grandes causes du chômage sont: le travail saisonnier, la fermeture des usines, l'automation et la réduction de la capacité de production des usines.Le F.L.P.croit que le chômage fait bien l\u2019affaire de l'employeur puisqu'il contribue à baisser le niveau des salaires, en formant une armée de réserve de chômeurs.Ainsi, l\u2019employeur peut tou- Jours se départir d'un tra- ET LE CHÔMAGE vailleur qui demande un salaire trop élevé pour engager un chômeur prêt à travailler pour presque rien.Le F.L.P.pour remédier au chômage, propose le salaire annuel garanti, la création d'usines québécoises particulièrement dans les régions les plus touchées par le chômage, la nationalisation des richesses naturelles, et la diminution des heures de travail pour un même salaire.Mais, à long terme, le F.L.P.croit qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule solution au chômage: la formation d'un Québec indépendant et socialiste.bi rid (CRIQ) \u2014 Tandis que 3,000,000 de citoyens canadiens jouiront d\u2019une baisse appréciable de leur contribution fiscale, trois millions d\u2019autres devront au contraire accroître leur participation à l\u2019assiette fiscale du gouvernement fédéral.Par contre, 750,000 Canadiens, dont près du tiers au Québec seulement, échapperont complètement aux contraintes du &sc alors que près d\u2019un demi-million d\u2019autres dont les revenus excèdent 25,000 dollars verront leur impôt s\u2019alléger.Telle serait du moins ia répartition, au chapitre des particuliers, du fardeau Les bénéficiaires du rapport Benson - Les citoyens au revenu superieur à 25,000 dollars et les grandes corporations tions au titre de la formation professionnelle des adultes tomberaient sous la coupe de cette imposition.De là à prévoir de nouveaux affrontements constitutionnels, il n\u2019y a qu\u2019un pas qu\u2019il appartiendra aux porte-voix des gouvernements provinciaux de franchir.Pour toute compensation, au terme d\u2019un tel bilan qui demeure plutôt triste pour le consommateur aux revenus inférieurs à 5,000 dollars - dont la proportion compose près de cinquante pour cent des ménages canadiens - , la contribution au régime d\u2019assurance-chômage sera affranchie des fiscal si le livre blanc du ministre colonnes d\u2019imposition.Jusqu\u2019aux fédéral des Finances, M.Edgar Benson, était adopté au cours de la présente session des Communes, le premier janvier 1971.Les retraités pour leur part ne bénéficieront que des exemptions maximales de $1,500 sur leurs revenus tandis que l\u2019échelle de leurs allocations enregistre un déficit de plus en plus flagrant sur l\u2019indice du coût de la vie.Pis encore, les prestations d\u2019assurance-chômage, les bourses d\u2019entretien, les bourses d\u2019études et de perfectionnement, les subventions à la recherche et les alloca- Oui et non M.Yvon Valcin, conseiller économique à la CSN: \u201cL\u2019augmentation des exemptions de base pour célibataires et personnes mariées constitue certes une certaine amélioration.Mais pour connaître l\u2019impact réel des mesures du livre blanc sur le petit contribuable, il faudra attendre la publication du livre blanc sur la sécurité sociale et la refonte de la loi d\u2019assurance-chômage.La réforme fondamentale à entreprendre dans le domaine de la fiscalité, C\u2019est celle des impôts indirects car c\u2019est là que le petit est le plus touché.KI aurait fallu, de plus, aligner les exemptions de base sur le salaire que Yon considere aujour- d\u2019hui comme le minimum vital: 4,500 dollars.En résumé, le rapport Benson ne désavantage pas le citoyen a faible revenu mais ne l\u2019avantage guère non plus.\u201d Pas d\u2019équité fiscale M.Jean-Guy Frenette, directeur de \u2018a recherche à la FTQ: \u201cLe principal défaut du rapport Benson est de ne pas maintenir le grand principe du rapport Carter, \u201ccelui de l'équité fiscale.On conti- \u2018nue à taxer ceux qui vivent au-dessous du seuil minimum de pauvreté (3,000 - 3,560 dollars): encore une, fois, la \u2018\u2018société juste\u201d est battue.A la FTQ, on a demandé que les dégrèvements d'impôts pour la femme qui travaille soient de 1.200 dollars et l\u2019on accorde que 300 dollars.De plus, on r\u2019a pas retenu notre proposition d\u2019a-siette fiscale familiale, ce qui affecte encore le travailleur.En général, le rapport Benson avantage le citoyen de revenu inférieur à 6,002 dollars, dont environ 50 p.cent des travailleurs syndiqués militaires qui devront perdre leur régime d\u2019exception en participant désormais à l\u2019assiette fiscale! LES PETITS PROPRIÉTAIRES ONT LE FARDEAU PLUS LOURD Au chapitre des sociétés, ce sont les petites firmes dont les bénéfices n\u2019excèdent pas 35,000 dollars qui seront les plus affectées dans le cas où ce rapport serait cautionné.En effet, bénéficiant jusqu'ici d\u2019un tarif imposable de 21 pour cent, ces mini-entreprises devront plus que font partie.Mais la main-d\u2019oeuvre qui atteint le niveau de 6,000-7,000 dollars, ou elle est désavantagée, est de plus en plus nombreuse.De plus, sans doute sous l\u2019influence de leur \u2018lobbying\u2019, on conserve les privilèges des grosses compagnies, sans aucune incitation à la recherche ou aux investissements.En résumé, l\u2019avantage qu\u2019accorde le livre blanc de M.Benson au petit contribuable est très relatif en ce qu\u2019il maintient l\u2019iniquité fiscale.C\u2019est là, somme toute, la principale réforme fiscale à effectuer.\u201d Les salariés, les plus touchés M.Rémi Morrisset, économiste à la CEQ: \u201cCe sont encore les salariés qui sont les plus touchés par le rapport Benson.Il présente une nouvelle forme de taxation mais le changement ne se fait que dans un sens et c\u2019est encore le salarié qui porte le fardeau.Les sociétés et compagnies, elles, ne sont pas tellement touchées; au contraire, elles sont même favorisées à certains égards.Le seul avantage qu\u2019en tire le petit salarié, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas touché, pour une fois.\u201d Les riches les moins touchés M.Pierre Leahey, économiste au Conseil des Oeuvres de Mtl: \u201cLes 750,000 contribuables maintenant exemptés d\u2019impôt sont surtout des citoyens à très faible revenu, ce qui est certes une amélioration.Un défaut, pourtant; ceux de plus de 30,000 dollars paieront moins d\u2019impôts, sous prétexte que ce sont eux qui investissent et épar- doubler leur contribution originale en versant 50 pour cent de leurs bénéfices nets.Au Québec, une telle décision devient plus oppressive que partout ailleurs dans le reste du Canada, notamment dans le secteur des épiceries puisque les consommateurs fréquentent deux fois moins les grandes chaînes d\u2019alimentation que leurs voisins de l\u2019Ontario.De plus, les récentes données bancaires témoignaient d\u2019un rythme de croissance beaucoup moins rapide pour ces petits détaillants en regard des grands magasins à rayons, par exemple.Quant au taux de croissance du commerce au détail en 1969, l\u2019ensemble des prévisions correspondent à une réduction marquée sur l\u2019année 1968.En ce qui concerne les grandes corporations, les entreprises minières et pétrolières seront les plus affectées, dans un rapport de deux sur trois entre groupes étrangers et propriétaires canadiens d\u2019expression anglaise dans le cas des mines, et à presque 100 pour cent dans le domaine pétrolier détenu par les Américains, Britanniques et Hollandais.Au chapitre de l\u2019imposition des gnent le plus.À mon avis, l\u2019épargne et l\u2019investissement sont beaucoup plus le fait des corporations que des particuliers.La hausse des exemptions de base peut également constituer un avantage relatif pour les citoyens à hauts revenus.Ele- ver les exemptions de base ne den- ne pas plus d'argent a ceux qui déjà n\u2019en ont pas.Enfin, le seuil de pauvreté est beaucoup trop bas en z regard de la réalité.\u201d Des mini- mesures M.Gérard St-Denis, Association des coopératives féminines: \u201cNon, le rapport Benson n\u2019est pas tellement avantageux pour le petit contribuable.Au contraire, ce sont les citoyens à hauts revenus qui sont les plus favorisés.Il apporte certes un certain progrès à la situation du citoyen à faible revenu, mais l\u2019on se contente tout de même de mini-mesures pour favoriser son sort alors qu\u2019il serait possible de l\u2019améliorer davantage.Les petits contribuables sont en retard sur les autres et le restent encore avec le rapport Benson; pis, on accentue l\u2019écart qui les sépare.\u201d L\u2019exploitation continue M.Claude Ricard, du Comité des Citoyens de Mercier: \u201cLe citoyen à très faible revenu se trouve avantagé par les nouvelles échelles proposées par le rapport Benson puisque les quotas déductibles augmentent et passent de 3,000 à 4,000 dollars.Mais la majorité des ouvriers sont défavorisés puis- gains sur le capital, où l\u2019échelle sera gradueilement fixée à 50 pour cent au cours des prochaines années, le rapport Benson vise une partie plutôt infime de la population des nantis canadiens puisqu\u2019on évaluait encore en 1955 à un pour cent la fraction de ceux qui percevaient 40 pour cent des revenus des dividendes émises au Canada.Bien que timide et loin de revêtir le caractère d\u2019urgence que lui conférait le rapport Carter sur la fiscalité, cette proposition met fin à l\u2019un des derniers cataplasmes économiques du monde occidental où les revenus sur le capital étaient déductibles.UN PROGRES RÉCESSIF ÉQUIVALANT A UN RECUL Pour \u201cmonsieur-tout-le-mon- de\u201d, le rapport Benson équivaut davantage à un progrès récessif (impôt stable en regard des augmentations fiscales d\u2019autres secteurs de la population).La spirale inflationniste se chargera du reste: ce progrès d\u2019abord récessif aura tôt fait de se traduire en recul net, selon que la courbe des revenus se déplacera vers le haut.Loin de résorber l\u2019é- qu\u2019ils gagnent en moyenne entre 6,000 et 10,000 dollars et que ce sont ceux de cette catégorie qui devront porter le fardeau fiscal du pays.Tous les avantages salariaux que les travailleurs syndiqués ont obtenus par les conventions collectives récentes se trouvent dès lors amoindris ou annulés.Pour les travailleurs plus défavorisés, de mème que pour les corporations, le livre blanc de M.Benson est une amélioration.Mais on ne fait que corriger les abus les plus flagrants qui existaient auparavant.On continue quand même d\u2019exploiter la classe ouvrière en général et on continue de permettre à ceux qui ont des revenus plus élevés que la moyenne (20,000 et plus) d\u2019être épargnés le plus possible.Bref, M.Benson ne propose aucune modification radicale en ce qui concerne la majorité des travailleurs: ce sont encore eux qui paient le plus.\u201d L\u2019intransigeance du grand capital Ed Smith, vice-président de l\u2019ACEF de Montréal: \u201cUne nette amélioration.Mais on sent la-dessous l\u2019intransigeance du grand capital.La voie semble d\u2019emblée trop hésitante pour marquer un réel progres dans le partage du fardeau fiscal.Les retraités devraient être exemptés d\u2019au moins 2,000 dollars au lieu de 1,500.Les grandes corporations éviteront une fois de plus leurs responsabilités.L\u2019ACEF de Montréal adoptait déjà près de 95 pour cent des recommandations Carter.Notre désillusion n\u2019est que plus grande.Ce livre blanc témoigne de la politique conservatrice que mène le gouvernement Trudeau derrière la façade cart permanent entre les deux couches de la population situées de part et d\u2019autre de la frontière de 3,000 dollars, la dévaluation annuelle de la monnaie, associée en cela aux nouvelles poussées inflationnistes que viennent d\u2019imprimer les industries métallurgiques et pétrolifères à l\u2019économie canadienne, laisse déjà prévoir une accentuation vertigineuse au cours des prochaines années.Ajoutez à cela la proportion décroissante des multiplicateurs d\u2019investissements et d'emplois au Québec, c\u2019est alors qu\u2019on est en droit de mettre en cause l\u2019utilité de rapatrier 360 millions de dollars de plus pour Ottawa.C\u2019est là, en résumé, le sentiment général de porte-paroles de nombreux groupes de pression qui nous ont livré leurs commentaires, la plupart en précisant toutefois qu\u2019ils n\u2019avaient pas encore eu la chance d\u2019étudier les mesures que préconise le livre blanc de façon approfondie.La question qui leur était posée était la suivante: \u2018\u2018Est-ce que selon vous le rapport Benson avantage ou désavantage le contribuable canadien à faible revenu?\u201d d\u2019une société juste.D'ailleurs, n\u2019est-il pas vrai que le premier ministre Trudeau ne s\u2019est jamais prononcé sur les modalités du rapport Carter, mème durant sa campagne électorale de 1968?Peut-être M.Ron Basford aurait-il fait mieux puisqu\u2019il a déjà démontré son intérêt à l\u2019égard du fardeau croissant des petits consommateurs, à titre de ministre de la Consommation et des Corporations.\u201d Le petit contribuable favorisé M.Henri-Paul Labonté JOC: \u201cOui, je crois qu\u2019en général le rapport Benson favorise le petit contribuable, surtout par la hausse des exemptions de base.C\u2019est une mesure qui sera sûrement bien accueillie chez les jeunes travailleurs car ils ont en général un très faible revenu.\u201d Un premier pas vers la société juste me Pierre Lemerise, Association des consommateurs du Québec: \u2018A mon avis, la hausse des exemp- \u2018tions de base constitue un net avantage pour le citoyen à faible revenu.Les plus riches sont plus taxés, et c\u2019est normal.Je dirai même que le rapport Benson constitue un premier pas vers la société juste de M.Trudeau, au détriment d\u2019une \u201ccertaine société\u201d qui n\u2019est pas d'accord.\u201d QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 11A E UF A ETRY RRR Sere QUEBEC-PRESSE livre aujourd\u2019hui à ses lecteurs un dossier sur la municipalité de St-Hu- bert.Après une enquête de plus de deux semaines, notre reporter Gérald Godin a relevé un certain nombre de faits dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont \u2018troublants\u201d.Jusque là, c\u2019est surtout, semble-t-il, une affaire de spéculation.Mais dans ie cas présent, ce qui est infiniment plus grave, c\u2019est que la Commission municipale du Québec exer- Ce sa tutelle s ert depuis ne décision du Co soumises à La ville de St-Hubert s'engage demain dans ce qui sera sûre- | ment une des semaines les plus chargées de son histoire.En effet, dès lundi, le conseil de vil- ie, les députés du coin, probablement le ministre Fernand J.Lafontaine de la Voirie inaugureront les travaux du boulevard Cousineau, un très vieux rêve des citoyens et des édiles de la ville.Le jeudi suivant, dans un tout autre ordre de choses, pour la première fois de son histoire, la ville se lancera dans la rénovation urbaine.Les quartiers touchés sont les plus anciens de la ville: Iberville et Maricourt, quartiers Nos 1 et 4.Tous les citoyens de ces quartiers sont convoqués à une réunion préliminaire à l'école Notre-Dame-de-Lourdes.Enfin, la semaine dernière, les journaux de Montréal rapportaient que pour la huitième année consécutive, les taux de taxes de la ville resteraient inchangés.\"SPECULATION COUNTRY\u201d St-Hubert fait partie de la périphérie de Montréal, caractérisée par d'immenses terrains vagues qui n'attendent que des développements immobiliers pour rapporter de petites fortunes a leurs propriétaires.Mais les taxes sont élevées, aussi voit-on des propriétaires tenter de faire classer leurs terrains comme \u2018terres en culture\u201d, pour payer environ dix fois moins de taxes.C\u2019est ainsi que partout autour de Montréal, des hommes d\u2019affaires, des professionnels de tout poil etc.ont le statut de \u201ccultivateurs\u201d\u2026 quand il s\u2019agit de payer leurs taxes.CENTRE-VILLE St-Hubert n'est pas une \u2018\u2019boom-town\u201d.Son développement est lent.Toutefois, le 14 septembre 1962, le conseil de ville du temps décidait de trans- | Le maire Aldas Boileau 12A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 former des terrains vagues, loin de toutes habitations, en centre- ville.Le projet comprenait à l'époque un hôtel de ville, un poste de polices et de pompiers, un gymnase, une piscine, un aré- na, etc.Un certain nombre de terres furent alors zonées a ces fins spécifiques.HEUREUSE COINCIDENCE Ce n'est que deux ans et quatre mois plus tard que la ville entamait ses procédures d'achat avec les propriétaires, soit le 12 février 1964.Tous les propriétaires du coin l\u2019étaient depuis au moins 5 ans, sauf un, qui l'était depuis moins de deux mois.Il s\u2019appelait Aldas Boileau et de par ses fonctions primo au bureau d\u2019enregistrement de Longueuil et secundo comme commis du notaire attitré de la ville, était un spécialiste des questions de ventes de terrain.La vente de ses terrains devait apporter a monsieur Boileau environ 25,000 dollars.Il s\u2019agissait pour le moins d'une circonstance heureuse.A LA MAIRIE Monsieur Aldas Boileau devait reparaître à la surface 4 ans plus tard, au moment des élections municipales.Le commis du notaire de la ville se présenta comme maire.Son principal opposant était monsieur William Mantha.M.Mantha fit sa campagne sur la coincidence citée plus haut: les cinquante-cinq jours entre l'achat des terrains par monsieur Boileau et le début des pourparlers d'achats entre la ville et MM.Boileau et autres.Monsieur Boileau, pour ne pas être en reste, fouilla lui aussi les documents officiels et en ramena une bonne prise: monsieur William Mantha avait fait classer sa terre au titre des \u2018\u2018terres en culture\u201d et payait ainsi des taxes sur une évaluation de 2,670 dollars au lieu des 26,580 d'évaluation réelle.Monsieur Boileau I'emporta.Est-ce à cause de l'évaluation comme faux cultivateur de monsieur Mantha?Peut-être, mais on dit aussi qu\u2019un facteur fut décisif.Le vote anglais était assuré à monsieur Mantha.Un candidat inconnu, monsieur D.Elvidge, qui était un anglophone, fit soudainement irruption dans le tableau.Le soir du vote, il ne prit que 63 voix, tous anglaises.Et monsieur Mantha fut battu par 44 voix par monsieur Boileau.ENCORE DU TERRAIN Outre ce qu\u2019il vendit à la ville en 1964, monsieur Boileau vendit aussi une partie de ce qui lui restait neuf jours avant les élections et le reste onze mois après les élections à la même compagnie, St-Hubert Construction.Ce qui caractérisa ces ventes, c'est leur bas prix, soit un dollar plus les taxes.UNE COMPAGNIE DE MOINS EN MOINS RÉELLE St-Hubert Construction loge dans le même immeuble que l\u2019étude du notaire Robert Guinard qui est aussi le bureau de son commis, monsieur Aldas Boi- leau.Au sujet de cette compagnie, toutefois, les avis sont partagés.Par exemple, au Service des Compagnies, qui relève du Secrétariat de la province, on déclare officiellement que la compagnie n\u2019a pas soumis de rapport depuis 1963.Le comité de direction à l\u2019époque était présidé par monsieur Augustin Hébert et comptait aussi son épouse, Marie et sa fille Marcelle.À trois personnes différentes, la famille Hébert a déclaré avoir quitté la direction de la compagnie depuis \"trois ou quatre ans\u201d.Nous sommes donc, officiellement face a une compagnie qui n'a plus de direction.Toutefois, les actes de vente de 1968 et 1969 furent signés par un nommé Roger Perrault, qui n\u2019apparait pas dans les archives officielles du Québec.A St-Hu- bert, monsieur Aldas Boileau interrogé là-dessus, affirme le contraire: ''La compagnie a remis ses rapports annuels et a fait part au gouvernement des changements survenus a la direction.Nous avons des documents pour le prouver\u2019.Un seul point reste donc curieux: pourquoi vendre des terrains si bons à si bas prix.Une coincidence aussi: St-Hu- bert Construction et monsieur Aldas Boileau sont dans le même immeuble.UN AUTRE BEAU PROJET De toute manière, St-Hubert Construction, pour un terrain payé très peu cher, se trouve actuellement en position très privilégiée pour amasser un bon profit.Les anciens terrains de monsieur Aldas Boileau se trouvent en effet exactement dans le tracé du boulevard Cousineau.Donc deuxième coup de chance sur ces terrains.Expropriation pour le centre-ville, et maintenant, pour un boulevard dont le ministère provincial de la Voirie défraiera plus de 50 p.cent du coût de construction.UN SOL SPONGIEUX Or, il se trouve que les terrains de ce secteur et en particulier des terres qui appartenaient à monsieur Aldas Boileau et ses voisins sont classées par au moins deux firmes d'ingénieurs comme impropres à la construction lourde.Par exemple, deux écoles polyvalentes, l\u2019école André Laurendeau et l\u2019école Mac- Donald-Cartier devaient être construites à un certain moment près de ce que l\u2019on appelle le centre-ville.Ce qui aurait constitué, pour ces terrains, une troisième chance de rapporter gros.Or, il fut prouvé que la nature du sol: terre noire, glaise et le roc à plus de 12 pieds de la surface oblige à construire sur pilotis, ce qui augmente considérablement les coûts.Résultat: les écoles furent construites beaucoup plus au sud, vers Chambly.Or, malgré cela, le boulevard Cousineau, qui est une construction lourde, passera là, avec ce qu'il en coûtera de plus.ET LE CENTRE-VILLE?Quant au centre-ville propre- .ment dit, qui n'eut pas son hôtel de ville ni son poste de policiers- pompiers, il est encore question, malgré les frais accrus de construction, d'y construire un édifice.Il se nommera \u201crécréathè- que\u201d et, comme son nom l'indique, comprendra piscine, gymnase, aréna, bibliothéque, et quoi encore pour s'amuser.Le gouvernement provinciai porte ce projet dans son coeur et en a même fait une expérience-pilo- te! La maquette est actuelle ment à Québec, dans le bureau d\u2019un ministre et pour montrer toute sa sympathie aux entreprises de loisirs, le haut commissariat aux sports et loisirs a dé- ja versé un montant de $200,000 dollars pour aider à la réalisation du projet.Est-il besoin de rappeler que St-Hubert est \"région bleue\u201d, au point de vue politique.Comme on voit, les coincidences abondent, les questions sans réponse aussi, les affaires payantes sur les mêmes terrains aussi.Normalement, si ces points paraissent obscurs au Ministère des Affaires municipales autant qu\u2019à nous, il décrétera une enquête pendant laquelle ou à l'issue de laquelle, il met la municipalité en tutelle, comme par exemple à Vilie d'Anjou.Mais le malheur avec St-Hubert, c'est que la tutelle s\u2019y exerce déjà.Le 22 février 1961, le gouvernement Lesage décidait de placer la municipalité de St-Hubert en tutelle.La faillite menaçait la ville qui s'était engagée dans des travaux d\u2019aqueduc et d\u2019égout gigantesques.Neuf ans plus tard, la tutelle s\u2019y exerce encore.Le délégué de la Commission municipale à St-Hubert se nomme Bernard Godbout.La tutelle a pour objet premier de remettre une ville en état de fonctionner de façon autonome.Dès que cet objectif est atteint, la tutelle prend fin.Or St-Hubert, qui se targue d'être une des rares municipalités du Québec a ne pas avoir augmenté ses taux de taxes depuis huit ans, est toujours en tutelle.UNE SECURITE SUPPLEMENTAIRE Interrogé là-dessus, le maire Boileau nous a dit que le délégué de la Commission, homme d'expérience, était d'une aide précieuse pour le jeune maire qu'il est.\u201cIci, continue le maire Boileau, nous avons une tutelle modérée, avec laquelle nos relations sont très bonnes.De plus, c\u2019est une sécurité supplémentaire quand on veut par exemple, emprunter de l'argent\u201d.Quant à l\u2019opposition qu\u2019incarne l'Action civique, le maire la dédaigne: \u201cJ'ai déjà essayé de dialoguer avec eux, mais ils ne sont pas sincères, ils font de l'opposition systématique.Quelles que soient les preuves que nous apportons contre leurs avancés, ils les refusent.Je ne discute plus avec eux\u201d. tutelle sur St-Hu- epuis neuf ans.De- leuf ans, toutes les On du Çonseii sont Ises à l\u2019examen de la Commission municipale.C\u2019est donc dire que les faits relatés ont été endossés par la Commission municipa- le du Québec.La mème Commission que les citoyens bien pensants de Ville d\u2019Anjou virent arriver chez eux avec un soupir de soulagement.Faudrait-il douter, aussi, de la Commission municipale du Québec?Nous attendrons la réponse du ministre des Affaires municipales, monsieur Robert Lus- sier.Jen- ans res ter- ints ste- au- une par s le A ERT ETRE a Le maire Aldas Boileau, le jour ou le député délégué au haut commissariat des sports et loisirs, M.Marc Bergeron de Mégantic, remit un chèque de 54 $200,000 a la municipalité pour la construction de la récréathèque, adopté Kg comme projet-pilote par le gouvernement de l'Union nationale.Pour ne pas être en reste avec le gouvernement provincial qui a donné le nom du regretté Daniel Johnson au barrage Manic 5, la municipalité de St-Hubert a aussi donné le nom de Daniel Johnson à un parc public.L'histoire de ce parc est passionnante.Au deux février 1969, la municipalité de St-Hubert possède un terrain bordé par deux rues, les rues Maurice et Michel.Ce terrain est a cette date, réservé à l'aménagement d'un parc public et il fait le bon- à heur des propriétaires riverains qui bénéficient ainsi de calme supplémentaire, n'ayant pas de voisin sur un côté de leur maison et ayant d'ailleurs acheté là précisément à cause du parc.UN ECHANGE Or le trois février 1969, le conseil de ville décide d'échanger ce terrain bordé par deux rues, donc d'une valeur certaine, pour un autre terrain qui lui, n'est bordé par aucune rue et ÿ est situé dans un secteur non encore développé et excentri- i que.1 Au premier coup d'oeil, l'affaire semble bonne.Le premier terrain a une superficie de 36,- 000 pieds carrés et est évalué à 9,000 dollars.Le terrain offert en échange par Eli Brown Realties Inc.appartient en fait à M.John Low- ber, un riche Montréalais.Ce terrain couvre 67,468 pieds carrés et fait partie d\u2019un lot de 123,317 pieds carrés.Donc, au strict point de vue de la superficie, la ville de St-Hubert double son avoir.Elle estime de son devoir de donner à monsieur + x 7 Rs Lowber, un montant de 10,000 dollars.La ville de St-Hubert donne donc à Monsieur John Lowber un terrain évalué à 9,000 dollars mais dont la situation choisie en augmente la valeur.En plus, un montant de 10,000 dollars en guise de compensation.Donc, elle tend d'une main au moins $19.000.Que reçoit-elle en échange?Un terrain de 67,468 pieds partie d'un terrain de 123,317 pieds carrés qui est évalué, au total à $18,060.Toutes proportions gardées, la partie offerte couvrant un peu plus de la moitié, le terrain offert vaudrait, d'après l'évaluation 10,000 dollars.Or, il faut ajouter que la partie du terrain qui longe le boulevard Payer et une partie de la rue Richard reste la propriété de monsieur Lowber.C'est le long de ce croisement que le terrain a la plus grande valeur.Mais la partie offerte par M.Lowber est précisément l'autre, celle qui est derrière sa lisière.MYSTERE OU GENEROSITE EF = Admettons quand même que cette partie inférieure vaut 10,- 000 dollars.Il reste que la ville de St-Hubert a donné un montant d'argent à M.Lowber en plus du terrain d'une valeur certaine qui faisait partie de l'échange.oo Pourquoi?Mystére ou insigne \"générosité?L'Action civique a porté le tout à l'attention de la Commission municipale de Québec, qui, si l'on en croit le notaire Guinard: \u201cadvenant un conflit d'intérêts, serait la première à y mettre un frein\u201d.Or, au moment où nous écrivons ces lignes, la Commission municipale n'a pas encore donné signe de vie à l'Action civique, qui a attiré son attention sur ces faits le 14 mars 1969.Et surtout sur le fait que la ville aurait pu exproprier ledit terrain pour y faire son fameux parc Daniel-Johnson, comme l'y autorise la Loi.DES CHEQUES Certains membres du Conseil avaient contesté la décision de donner à M.Lowber un montant de 10,000 dollars en sus de son terrain.À leur avis, ce montant n'a jamais été versé.Or, en consultant les chèques tirés par la municipalité au cours des derniers mois, on peut voir ces mentions: À l\u2019ordre de Eli Brown Realties, chèque No 9208, pour taxes municipales: 6,967.01 dollars.À l'ordre de Ville de St-Hu- bert, chèque No 9209: 3,032.99 dollars.Total: 10,000 dollars.Mais là, il y a deux mystères.La ville de St-Hubert aurait-elle payé les taxes municipales de Eli Brown Realties au montant de 6,967.01 dollars, et aurait-elle versé à la ville de St-Hubert, c'est-à-dire à elle-même, un chèque de 3,032.99 dollars pour un total de 10,000 dollars qui coincide précisément avec le montant qu\u2019elle devait payer à Eli Brown Realties?Qui peut résoudre ces deux mystères! Ce que l\u2019on sait, c\u2019est que les deux chèques réfèrent à la résolution 4909, celle qui porte précisément sur l'échange des- dits terrains.[ROE La récréathéque, le projet le plus ambitieux de la municipalité de St-Hubert, qui sera construite dans un secteur ou les terrains appartiennenta une compagnie dont on peut difficilement retracer le bureau de direction.Le 11 mai 1968, après une lutte électorale dure, la population de St-Hubert votait dans une proportion de 22 p.cent.De ce nombre, la moitié votait pour monsieur Aldas Boileau.Donc, avec environ 11 p.cent des voix, monsieur Aldas Boileau devenait maire de la ville de St-Hubert.Qui était ce monsieur Boileau?I! était commis chez un notaire, Me Robert Guinard, président récemment élu du Club Optimiste local.Ce notaire avait ceci de particulier que c'était lui qui traitait toutes les aftaires de la municipalité de St-Hubert, depuis 11 ans.Après le 11 mai 1968, il y eût à St-Hubert cette situation complexe où le maire avait sous ses ordres un notaire qui lui avait sous ses ordres un commis qui, précisément, était le maire.Environ un an plus tard, un groupe de citoyens de St-Hubert, groupés dans l'Action civique de St-Hubert, écrivait à la Chambre des notaires du Québec pour attirer son attention sur ce que l'Action civique qualifiait alors \u2018\u2019d\u2019ambiguité\u201d soit le versement de 25,607.95 dollars en honoraires et pour autres considérations au notaire Guinard, par un maire qui était aussi son employé.L\u2019ENQUETE Environ deux mois plus tard, soit le 16 juillet, la Chambre des notaires par la voix de son syndic Louis Baillargeon, communiquait à l'Action civique les résultats de son enquête.Fait à noter, le syndic y disait avoir fait enquête exclusivement auprès du principal intéressé, le notaire Guinard lui-même.Les explications du notaire tiennent en quatre points: 1.- je suis le notaire de la ville depuis 1957 sans discontinuer, 2.- M.Boileau, le maire actuel est à mon service depuis 1964.Le notaire ajoute, dévoilant son coeur de mauvais employeur: \u201cIl a toujours été à mon emploi QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 13A à salaire fixe et même plus, if n\u2019a reçu aucune augmentation depuis son élection\u201d.(Même pas ce l'augmentation annuelle en concordance avec la hausse du coût de la vie!) 3.- \u201cQuant au chiffre indiqué de 25,607.95 dollars, il est inexact, car pour les services rendus en 1968, j'ai reçu des honoraires au montant de 8,- 768.15 dollars incluant mes déboursés d'enregistrement et autres pour la ville, le tout tel qu\u2019il appert à la lettre ci-jointe du trésorier de la ville de St-Hu- bert\u2019.4.- \u201cLa ville est en tutelle depuis plusieurs années et tout ce que la ville fait, doit d\u2019abord recevoir l'approbation de cette Commission.Advenant une possibilité de conflit d'intérêts, ladite Commission serait la première à y mettre un frein\u201d.CONFLIT D'INTERETS?Or l'Action civique, en plus d'attirer l'attention de la Cham- Ç bre des notaires sur une situation à tout le moins curieuse avait produit une liste des chèques tirés par la ville de St-Hu- bert à l'ordre du notaire Gui- nard.Or la somme de ces chèques se chiffrait par 25,607.95 dollars.Le notaire Guinard prétend en avoir reçu trois fois moins.À la municipalité, on dit que la différence s'explique du fait que le notaire a été payé en 1968 pour des travaux exécutés en 1967.Or, en fait, la plus importante question qui se pose est la suivante: y a-t-il oui ou non conflit d'intérêts?Un groupe de citoyens peut-il se satisfaire d'une enquête de la Chambre des notaires, faite exclusivernent auprès du principal intéressé?La question secondaire est celle-ci: le notaire a-t-il reçu pour 25,607.95 dollars de chèques, ou, comme il l'affirme, seulement 8,768.15 dollars? SER y w ie i\u201c 4 PAR LE DR.SE map MSN Ordinairement, un fétiche désigne un objet inanimé qui, pour Certaines personnes, possède ueS pouvoirs magiques.Dans le domaine sexuel, cette définition correspond assez bien à une forme de difficulté qu'on nomme le fétichisme, dans laquelle une partie du corps ou un objet qui la rappelle prend une valeur particulière et presque magique, puisque la satisfaction sexuelle leur est liée.Le fétichisme semble être l\u2019apanage exclusif des hommes.II paraît assez répandu, mais à des degrés bien divers.Tous les hommes sont un peu fétichistes, puisqu'ils sont particulièrement excités par une partie du corps féminin qui n'est pas les organes génitaux eux-mêmes.Ainsi, on voit souvent des hommes qui attachent une importance extrême aux seins.Les vêtements qui recouvrent la partie excitante ou les objets qui y font penser prennent alors une grande va- DEUX CAS VÉCUS Il y a deux ans, j'ai reçu la lettre suivante: \u201cJe suis mariée depuis 5 ans, mais depuis un an c\u2019est le désespoir.Mon mari est sûrement un détraqué sexuel.Nous n\u2019avons que de très rares relations, cela peut s'espacer de un mois à six mois; et quand nous en avons, c'est seulement pour que je ne puisse rien dire, car mon mari n\u2019aime pas faire l\u2019amour, sa joie c\u2019est de se masturber avec une botte de caoutchouc, et cela, presque tous les jours.Au début de mon mariage, il voulait que je couche avec des bottes dans les pieds.Pour lui faire plaisir, j'ai essayé mais je me suis vite aperçue que c'était pour les bottes et non pour moi.Il parlait à ces bottes, comme à une femme.Alors j'ai refusé de les porter, mais monsieur s'est mis à se coucher à des heures impossibles pour pouvoir être seul {entre 7 et 9 heures le soir), et se masturber.Je ne vous mens pas, il a dans une valise fermée a clé quinze paires de bottes de toutes les couleurs.ll a même eu 'audace de me dire: \"Malheur a toi si tu me trompes\u201d.Je I'aimais beaucoup, mais a présent je le déteste pour avoir gâché ma vie\u201d.Et cette autre lettre: \u201cJe suis mariée à un type formidable, fidèle, dévoué, bon père de famille et que j'adore.Mais voici: il est obsédé par les seins de femme.J'ai longtemps toléré L'ORIGINE DU FÉTICHISME Comme pour la plupart des autres difficultés sexuelles, c'est dans l'enfance qu'on trouve la cause du fétichisme.Plusieurs explications sont avancées, presque toutes fondées sur des événements survenus pendant la tendre enfance.Sans doute fournissent-elles chacune une part de la vérité, à moins qu'on puisse arriver au fétichisme par des chemins différents, ce qui serait étonnant.A un niveau quelque peu primaire.on parle d'une sorte de conditionnement.L'enfant aurait été sexuellement excité en une occasion, par exemple au contact de la soie d'une robe de sa mère ou à la vue des sous- vêtements de sa grande soeur.Par la suite, chaque occasion semblable rappellerait le souvenir de la sensation agréable ressentie.À l'âge adulte, l'excitation sexuelle serait associée avec cet objet ou cette partie du corps féminin.Mais comme le note 14A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 leur.Mais tandis qu'habituellement ces objets sexuels plus ou moins près des organes génitaux ne servent qu\u2019à attiser l'excitation, à la faire croître pour conduire finalement à un coit complet, chez certains le moyen d\u2019excitation devient la fin: l\u2019orgasme est atteint à la seule vue du fétiche, et la relation sexuelle ne peut avoir lieu sans sa présence.Des cas vécus nous aideront à mieux comprendre cette difficulté.ses remarques; ses fantaisies et caprices, je les acceptais.Mais j'en ai assez de voir les murs de son cabinet de travail tapissés de photos de jeunes filles aux seins découverts et aux regards provocants.J'en ai assez de me faire broyer dans ses bras comme une poupée parce qu'il aime les contacts physiques très forts.Et depuis la naissance de mon premier enfant, il boit à mon sein comme le fait le petit\u201d.On constate, d'après ces deux cas, un écart considérable dans l'importance que prend ie fétiche.Dans le premier couple, la vie sexuelle mutuelle n\u2019est pas acceptable; dans le second, elle peut l'être davantage, avec la collaboration de la femme.Storr, c'est sans doute insuffisant pour expliquer toute l\u2019origine du fétichisme; \u2018\u2019car bien des hommes peuvent se souvenir avoir été érotiquement excités dans l'enfance par des stimulations variées sans demeurer obsessiverment liés à un objet déclenchant comme c\u2019est le cas du fétichisme\u201d.Et c'est à la théorie psychanalytique qu'il faut faire appel pour trouver une explication profonde de ce comportement.LE FÉTICHE : UN SUBSTITUT .Freud a cru que le fétichisme était directement relié au complexe de castration, cette peur maladive inculquée à l'enfant mâle de se faire couper la verge, en même temps que cette croyance que les femmes n'ont pas de pénis parce qu'il leur a été enlevé.Voulant nier l'absence de pénis chez la femme, le fétichiste symboliserait cet organe par un objet quelconque qui devient son fétiche.En fait, plusieurs psychanalistes se permettent aujourd'hui de mettre en doute l'explication freudienne, et ils en font une adaptation très large.Selon eux, 'e fétichiste serait essentiellement un homme qui a peur de la sexualité et surtout qui doute de sa propre performance sexuelle: il craindrait constamment l'impuissance.Avec ce sentiment d'inadé- quacité toujours présent, il envisagerait chaque relation sexuelle avec anxiété et, tentant de mettre de son côté toutes les chances pour ne pas manquer son coup, il tenterait de recréer une situation où il s'est déjà senti fortement excité.Puisant dans son enfance, il retrouvait un objet ou une situation qui l'a alors stimulé, et c'est cet objet qui deviendrait pour lui la béquille sans laquelle il craint trop pour s'aventurer seul.Pour certains hommes, il paraîtrait que le fétiche est plus qu'un simple instrument de support; il devient un genre de substitut aux organes de la femme qui sont perçus comme trop menaçants: il y a des hommes qui craignent le coit parce qu'ils pensent que le vagin possède des dents qui pourraient couper la verge.De toute façon, que le fétiche soit Un instrument essentiel qui vient à remplacer la fin ou qu'il soit une substitution des organes génitaux, le problème demeure le même: la femme dans sa totalité perd son importance pour un symbole quelconque, qui devient l'excitant véritable du fétichiste, sans même nécessité de la présence féminine, quand le fétiche n'est pas une partie directe de son corps.CONSÉQUENCES Dans les cas de fétichisme avancé, on comprend les problèmes qui peuvent surgir.Les deux cas cités nous permettent de percevoir une première conséquence grave, quand le fétichiste est marié.Une femme peut se prêter à certaines fantaisies pendant un temps, mais lorsqu\u2019elle sent qu\u2019elle est totalement oubliée, elle ne peut poursuivre longtemps: la situation devient dévalorisante.Un autre problème survient quelquefois, que le fétichiste soit marié ou non: le besoin de se procurer certains fétiches qui ne peuvent s'acheter.Par exemple, un fétichiste peut désirer ardemment un sous-vêtement féminin pendu à une corde à linge, et pour se satisfaire, il devra le voler.Dans d'autres cas, le fétiche sera très rare, ce qui fournira peu d'occasions au fétichisme de se satisfaire: par exemple, si les cheveux roux d'une femme l'attirent énormément, il est loin d'être certain qu'il trouve constamment des partenaires consentantes.Les fétichistes sont rarement des gens qui utiliseraient la violence pour satisfaire leurs goûts bizarres.Ainsi que le note Storr, \u201ccomme chaque homme possède en lui des formes embryonnaires de fétichisme, il est à espérer qu\u2019une compréhension plus grande amènera de la compassion pour cette déviation sexuelle commune\u201d.LES RELATIONS ANALES Il arrive que certains hommes, assez nombreux semble- t-il, préférent la pénétration anale à la pénétration vaginale.Pour quelques-uns, cette pratique s\u2019est développée dans leur recherche de relations sexuelles qui soient non fécondantes, et par la suite l'habitude ne s'est plus perdue.L'orifice anal possède une innervation abondante, aussi sa pénétration peut-elle être source de grande stimulation sexuelle pour la femme.Surtout quand la vulve a perdu de son élasticité, les contacts avec la verge peuvent y être plus étroits.La préférence de la pénétration anale peut aussi trouver des origines psychiques.Chez ces hommes qui perçoivent le vagin comme menaçant pour leur organe (complexe de castration), l'orifice anal peut être vu comme plus rassurant.|! y a enfin ceux qui associent, depuis l\u2019enfance, sexe et excrétion.L'anus peut représenter pour eux une attraction spéciale.Légalement, de telles pratiques sont défendues.Esthétiquement, elles répugnent à plusieurs, et jamais l\u2019un ne devrait forcer l'autre.Physiquement, une telle pratique présente peu de dangers, sauf s'il existe des fissures anales ou des hémorroides.Ici encore, la règle d'or ne peut être que celle du consentement mutuel total.SEE AE MES (1) Storr, Anthony, Sexuay Deviation, Pelican Books 1964 Eh He aus al, {Photo Keystone ) - La Chine c\u2019est le qu IX MONDIALE par PIERRE-JEAN MEHU art de l\u2019humanité, une a ca at BAIE rmée de plus en plus puissante qui possède maintenant la bombe atomique.Il n\u2019y a pas de paix possible dans le monde sans la Chine.La Chine inquiète et fait peur.Grande empêcheuse de danser en rond, elle dérange les bonnes consciences de l'Est et de l'Ouest et rend précaire un arrangement entre Grands.Avec elle, on ne peut ni programmer le futur ni faire de la prospective au niveau du globe.Elle se situe hors du jeu.S'en désintéresse et le proclame.La con- tre-société type.Tout en répudiant formellement une guerre nucléaire, elle n\u2019en tient pas moins compte dans sa stratégie.Mieux, elle en fait une pièce maîtresse.Elie croit qu'une confrontation de cette sorte \u2014 si elle lui était imposée \u2014 liquiderait définitivement le système capitaliste et aurait pour conséquence de permettre l'instauration du communisme dans le monde.PEKIN OU TAIPEH Ces considérations prennent leur sens, quand pour la dix- neuvième fois consécutive, les Nations-Unies écartent la Chine de leur sein et préfèrent s\u2019en tenir à la fiction que Formose représente le continent dans les questions d'intérêt mondial.On peut, suivant son humeur, trouver paradoxal ou ahurissant que dans une confortable proportion, la plupart des Etats qui refusent à la Chine la place qui lui revient de droit dans l'Assemblée: mondiale, sont ceux là mêmes dont la puissance repose sur l'ignorance élémentaire des droits de l'homme et dont les gouvernants ne restent au pouvoir qu'en braquant continuellement leurs armes contre leurs propres peuples.On serait d'autant plus mal venu à reprocher à ces Etats leur structure anti-démocrati- que que le droit international n'a jamais posé des règles Mmo- rales à la reconnaissance d'un Etat.!| suffit qu'il contrôle d'une manière complète et effective l'aire sur laquelle s\u2019étend sa juridiction.Ne serait-ce pas le cas en ce qui concerne la Chine?La thèse des deux Chines fut un moment retenu comme solution intermédiaire.C'était une façon de partager la poire en deux pour résoudre le problème.Se ménager les faveurs de Pékin sans mécontenter Taipeh.De Gaulle imagina, lui aussi, d'y recourir.Mais, les deux capitales jugèrent ce procédé bâtard et rent savoir, en tout état de causs, qu'elles préféraient une position sans ambiguïté à une dualité trompeuse.LA QUESTION DE FORMOSE Pékin fait du retour de Formose à la Chine une condition essentielle à la normalisation de ses rapports avec les Etats- Unis.Il est vrai que Tchang kai- chek et les brides de son armée furent littéralement parachutés sur cette île du Pacifique.Mais, sur ce point, la position chinoise n'est pas aussi solide qu\u2019en ce qui concerne l'appartenance au continent des petites îles Quemoi et Matsu.Les Formo- sans sont aussi différents des Chinois que le sont les Tibétains et allèguer que l'Empire du Milieu s'étendait jusqu'à ce point du Pacifique et même au-delà n'est pas un argument très orthodoxe.Les Japonais qui ont occupé cette île de 1895 à 1945 ont-ils pour autant le droit de la revendiquer?LES POSITIONS AMBIGUES Là ou l\u2019hypocrisie est patente, c'est quand des Etats qui entretiennent avec la Chine des relations diplomatiques normales, utilisent des arguments fallacieux pour refuser son admission aux Nations-Unies.A cet égard, l'exemple de la Grande Bretagne est éloquent.Un des premiers Etats à échanger une mission diplomatique avec Pékin, l'Angleterre continue de juger que sa participation aux travaux de l'Assemblée relève de la catégorie des questions importantes qui ne peuvent être votées qu'à une majorité des deux tiers.Même position en ce qui concerne le Canada, l'Italie et la Belgique, qui se sont abstenus.On doit dire à leur décharge, que ces pays n'ont pas encore reconnu la Chine et qu'ils en sont encore au stade des contacts exploratot- res.|| n'empêche qu'il y a là une attitude ambigüe et décevante.LE LOUP DANS LA BERGERIE.L'entrée en masse à l'ONU des nouvelles républiques indépendantes du Tiers-Monde au début de cette décennie aurait pu mettre fin à la majorité automatique des Etats-Unis et permettre à Pékin d'occuper son siège.Surtout qu\u2019à cette époque, la Chine après avoir souscrit aux \u2018Sept principes\u201d de Bandoeng, donnait des \u2018gages de respectabilité\u201d et semblait vouloir s'attaquer uniquement à la résolution de ses énormes problèmes intérieurs.L'occasion ne fut pas saisie.Les pays nouvellement libérés se dégageaient mal de l'emprise des anciennes métropoles et craignaient d'introduire le loup dans la bergerie.Quoi qu'il en soit, il est vain de croire qu'on peut raisonnablement bâtir une paix mondiale sans ta Chine.Forte de 650 millions d'hommes, son poids est trop grand pour qu'on puisse délibérément l'ignorer.La politique de l'autruche n'est valable que pour l'autruche\u2026 AVEC ROCH DENIS ILS REFUSENT LES ACTIONS DE RENAULT LES OUVRIERSFRANÇAIS VEULENT DES SALAIRES DÉCENTS des salaires décents\u2026 (Photo Keystone) \u2014 Les ouvriers français ne veulent pas des actions de la régie Renault offertes par le président Pompidou.lis veulent Le projet n'est pas neuf.En France, comme d'ailleurs dans tous nos pays de \u2018libre entreprise\u201d, les bourgeoisies ont toujours cherché des formules \u201coriginales\u201d pour harmoniser les rapports sociaux, c'est-à-dire essentiellement pour \u2018\u201c\u2018domestiquer\u201d\u2019 la classe ouvrière et ses organisations.LE BANQUET DES RICHES Quand ça n\u2019a pas été fait par la méthode forte, l'opération charme est venue servir les mè- vies fins: les travailleurs, par diverses astuces, ont été conviés au banquet des riches; on leur a offert de partager plus équitablement la plus petite partie du gâteau.Aujourd'hui, en France, face au climat social extrêmement tendu \u2014 on n\u2019a qu'à voir la multiplication des grèves et des occupations d'usines au cours des dernières semaines \u2014 le président Pompidou et son bras droit le premier ministre Chaban- Delmas, tentent à nouveau leur chance.lls invitent les travailleurs, non pas tous, mais d'abord ceux de la régie d'automobiles Renault, à se faire actionnaires de\u2019 leur entreprise.Le projet porte le nom d'actionnariat et il est déposé ces jours-ci, si ce n'est déjà fait, sous forme de loi devant l'Assemblée nationale.LES OUVRIERS-ACTIONNAIRES Rien de bien compliqué, en fait: la distribution d'un certain nombre d'actions aux travailleurs \u2014 le gouvernement songe à 10 p.cent du capital de la régie vise à les intéresser à la \u201cvie\u201d de l'entreprise.Devenus actionnaires, ils seront donc ainsi impliqués directement dans l\u2019économie de la compagnie et par là même plus favorables à la \u2018coexistence pa- cifique\u201d avec le patronat.C'est- en tout cas ce qu'espère le gouvernement.Or, faut-il s'en étonner, les choses se présentent bien mal pour lui.Tous les reportages de la presse écrite et parlée et mè- me ceux de la télévision d'Etat sont forcés de tirer une première conclusion: l'attitude des travailleurs de Renault va du scepticisme à l'hostilité franche en passant par l'indifférence.Seuls les cadres de l'entreprise ont jusqu'à maintenant répondu favorablement au projet d'actionnariat.li n\u2019est pas jusqu\u2019au président- directeur-général de la régie, M.Pierre Dreyfus, qui ne manifeste une réserve toute calculée vis-à-vis du projet.Le président Pompidou ne l'a informé que très tard sur ses intentions précises.UN CADEAU PIEGE Le refus des organisations syndicales C.G.T.et C.F.D.Test catégorique: l'actionnariat est un cadeau piégé.Avant de QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 15A vouloir siéger aux assemblées d'actionnaires, les ouvriers demandent la réduction de leur temps de travail et des salaires décents.Comment en effet l'achat de quelques actions peut-il changer quoi que ce soit au sort des travailleurs?À cet égard, l'exemple de Volkswagen en Allemagne est révélateur: vers 1955, la société avait distribué des actions aux salariés.Afin de combler en partie leur besoin d'argent liquide, ceux-ci les ont revendues à des banques privées dans une proportion de 35 p.cent.Plus significatif encore, l\u2019actionnariat a précédé la dénationalisation de Volkswagen, en 1960.LE GATEAU PRESIDENTIEL Qu'en sera-t-il alors de la régie Renault?Les organisations syndicales posent la question en décelant derrière le projet gouvernemental la première étape d'un plan visant à remettre l'entreprise aux mains des capitaux privés.Le président de la République et le gouvernement s'en défendront bien sûr.Mais les obstacles à la réalisation du projet ne tomberont pas pour autant.Car n\u2019en doutons pas, les travailleurs qui restent les principaux concernés dans cette affaire, n'iront pas à l\u2019Elysée manger du gâteau présidentiel. } En Pour les petits pays, les coln- nies, au Québec, tout se passe toujours ailleurs.C'est aussi le malheur, la grande misère de la culture, des arts: cela va des \u2018hits\u2019 du palmarès de la chanson, aux disques, revues, expositions, films, théâtres aussi, jusqu'aux voyages des cosmonautes.Et, ici, en Occident, tout a lieu, tout se fait, toujours, trop, aux USA.L'impérialisme du complexe militaires-indus- triels vu par un Européen vivant dans le monde du cirque: cela donne \u2018Il faut jeter la vieille.\u201d Si on nous avait parlé des travers de l'Italie?De son gauchisme prudent, celui des vieux princes magnanimes et décadents.De sa manie de l'hyper- sexualité (voir le lot de ses films et ses photos-romans).De son vatican affairiste et, de nos jours, néo-intégriste.De ses communistes qui font brûler des lampions et de ses catholiques qui votent communistes.Tout le monde est bien mélangé, je sais, et le monde, via les média, est bien rapetissé.Et cela me fait rire quand on nous parle de l'entourage du Québec par les USA.Avec la télé, le jet, tout le monde est entouré par tout le monde désormais et le risque, le péril et le défi des Américains est aussi présent en Bolivie, qu'en France ou en Turquie.Ce n'est pas une question de géographie à l'ancienne, il s\u2019agit d'une puissance impérialiste qui menace autant l'Inde que le Québec.Aux USA, il y a la Nouvelle gauche, il y a des centaines de milliers de contestataires, il y a des révolutionnaires mème et tous ces gens n'ont guère de leçons à recevoir des écrivains italiens, allemands, français ou québécois.On a monté \u201cAmerica hurrah\u201d et \u2018Lady Macbird'' et tant d'autre dénon- clations scéniques du fameux \u201ccauchemar climatisé\u201d.Nettoyons chacun nos écuries.Cela est agaçant, la paille ou la poutre, de voir tel auteur allemand dénonçant l'Italien pape Pie XII qu'il trouve bien complaisant en face des nazis et parmi les fascistes, que monsieur \u201cSlutchz\" nous parle plutot du génocide de ses très proches ancêtres, six millions de Juifs tués, c'est un vaste sujet! Or monsieur Jean-Louis Roux, le pape actuel du TNM, qui vit sur le secours direct des taxes des citoyens (presque un demi million en subventions) choisit Dario Fo.RENAUDE LAPOINTE SANS MANDAT Le théatre le mieux subventionné se cherche, c\u2019est le moins qu'on puisse dire.|l le fait a nos frais.Son mandat est loin d'être clair.Et ceux qui en bénéficient sont certainement peu représentatifs de la collectivité québécoise.La démocratie représentative, dans le domaine de la création surtout, voilà le problème de tous! Tel groupe d'activistes représente qui, se demande madame Re- naude Lapointe qui, elle, écrit en notre nom, employant le \u201con\u201d et le \u201cnous\u201d avec générosité.Elle est mandatée par qui, au fait?C'est aussi drôle que le maire Drapeau défendant les hommes d\u2019affaires quand il est juge et partie, marchand lui- même.Lire Roger Champoux qui chiâle sur \u2018le petit peuple qui en a marre\u2019 ou \u2018l'homme de la rue en a assez-et qui s\u2019en va \u201cbecqueter\u2019\u201d loin du \u2018petit peuple\u201d en bon gourmet non-défavo- risé.Revenons à \u2018\u2018notre vieille\".Paul Buissonneau, passé mai- tre dans l'art(!) des \u2018spots\u2019 commerciaux télévisés (et ils sont souvent amusants) est approché.C'est la consécration?De la \u2018roulotte des parcs\u201d, à la \u2018\u201csynagogue rénovée\u201d, il traverse la rue, allant vers le panache et il entre à la cour.Mais le gamin ne défroque pas pour autant.On le verra bien.Tremblay et Brassard furent plus coulants avec leur \u201cLysistrata\u201d.Bon, il lit le texte de Fo et déclare qu'il n\u2019est plus intéressé.Ajoutant, dl.ailleurs, qu'après la démission de Geneviève Bujold et le \u201ccoup\u201d de Charlebois pour le Noël-TNM, il ne pouvait \u2018\u2018faire ça\u201d.L'auguste sénateur peut respirer, Buissonmeau se jette dans l'arène.Cela donne un spectacle fou, genre \u201cSade à Charenton\u201d, incohérent, en un mot \u2018bâtard\u2019.Soyons simples.Pour voir.Faisons une trêve dans nos prétentions.Réalisons un théâtre d'ici, qui nous illustre, nous ressemble, nous critique, nous analyse.C'est de cela que nous avons tous besoin.Pas d'un melting-pot! Fo-Roux-Buisson- neau?Pas bon! Si monsieur Roux veut absolument un texte qui critique la société abusive dite de consommation, il peut le commander aux 50 auteurs de l'Union des auteurs, aux 50 écrivains de la SEC ou aux 50 du Syndicat des écrivains du Québec.C'est impossible?Pourquoi?Mais on sait bien que nos réalisateurs (exception d'un Louis-Georges Carrier) et metteurs en scène, que nos directeurs de troupe (subvention- repaire se 2er nées) sont des apatrides, des déracinés notoires.UNE MACHINE QUI TOURNE A VIDE Ils lisent les revues de Paris et New-York, c'est la \u201cbible\u201d pour programmer.La colonie joue les succès des métropoles.Avec nos sous, ils mènent une \u2018affaire\u2019.Paris, Londres, New- York, c'est de bon ton, de bon bec.Rome parfois.Fo! Cela donne, malgré le talent immense de Buissonneau pour les gadgets visuels, son éblouissant, don pour mettre des groupes en mouvement, une dramaturgie bâtarde.Les spectateurs, dans l'ensemble, sont perdus.On a invité des gens pour leur parler, communiquer, de là les fauteuils, la salle, la scène, les lumières etc.Une fois qu'ils sont passés par la caisse, on les offense gn leur tenant un langage qu'ils fe comprennent pas.Baudelaire peut bien écrire: \u2018nation nigaude\u201d, il ne \u2018\u2018chargeait\u2019\u201d rien, il ne convoquait personne dans I Se De 9 à 5, Buissonneau participe de plein gré à la société répressive.De 5 à 7, il dine, change d'habit, arrache son masque d'homme de service d\u2019'Ajax, d'Artic Power, de F.B.i.jus d'orange, de coke-pepsi, du Maurier, etc.De 7 à 9, il organise les scandaleuses images de dé- \u201cnonciation des aliénations et il s'efforce de crever les balounes qu\u2019il a soufflées durant le jour.ALLO! Cela se nomme de la prostitution d'esprit.Un chat est un chat.Qui peut lui jeter - la première pierre?Vous?Pas moi.Le matérialisme ambiant pousse comme du lierre, tenace et séduisant.Confortable.Nous en sommes tous arrivés là.A qua- \u2018rante ans, nos consciences douloureuses, et chrétiennes au fond, s'ajustent bien mal dans nos contradictions.Artistes et intellectuels ne savent trop comment ils vont [S-NOUS 9 s\u2019en sortir.800,000 jeunes sont aux études secondaires et attendent voir ce qui va nous arriver.Etre exemplaire est épouvantablie.Ceux qui viennent nous observent, moins cruels qu\u2019on pense, intrigués.Au fond \u201cil faut jeter la vieille\u201d a la qualité de nous faire ainsi réfléchir.C\u2019est pas peu.Je lui reproche un langage étranger et qui plus est, manipulé, adapté, mélangé.\u2019 CJ.\u201c 16A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 Et a anna A un lieu public.Ici, le spectateur a payé et deux fois hein?\u2018Argent remis sinon satisfait\u201d?Ca, c'est pas pour ces messieurs de la culture d'Etat! Germain a sorti son \u2018\u2018talent- pop\u201d, celui du regrattier cultivé, Buissonneau a organisé des meubles mobiles étonnants et, encore une fois, a transformé de bons comédiens (Favreau, Loiselle, Guilbeaut, Villeneuve, Millette) en robots mécaniques et obéissants.Je dis \u201cassez\u201d a mon ami Paul Buissonneau.H doit maintenant savoir utiliser aussi I'humanité_ d'un comédien, participer \u201cavec\u201d lui à la création.Avoir des Sentiments pour que le comédien puisse en communiquer.La vie de la poésie même n'est pas que symbolique cartésienne.À quarante ans, on a tous mal et Buis- sonneau aussi va muer et je sais qu'il réfléchit sur tout cela.Cette soirée ésotérique est comme un grand signe, devrait marquer un tournant.Gens de théâtre: pour qui du théâtre?Les esthéticiens salonnards vont faire chorus: \u201c\u2018pour soi-même\"! Et ils pètent, centrifuges, inutiles et coûteux.Samedi soir dernier, la salle est muette, les uns choqués bien entendu, la parodie parfois est lumineuse, les autres (dont je suis) ennuyés par cette sorte d'étonnant gaspillage génial, machine qui tourne à vide par manque d'enracinement, d'identification.C'est l'\u2018\u201cherna- ni\u201d\u201d de notre colonialisme cuitu- rel, tout le monde en sort mécontent.On ne peut contenter tout le monde, c'est connu, on peut embarrasser tout le monde.C'est fait.Madame Brind'Amour méprise \u2018Les belles soeurs\u2019 de Tremblay mais les programme pour la caisse.Il y a, ici comme au TNM, un mépris pathoiogi- que, celui de nos \u2018\u2018élites scéniques\u2019.Ca se soigne.Pour réveiller les aliénés de \u2018la civili- sation-coke-pepsi'\u2019, ici, il faut tenir le langage d'ici.Il se tient par un dramaturge d'ici.Loin des adaptations! A l'affiche du Saint-Denis, LE DIABLE AIME LES BIJOUX brille comme un faux diamant dont la seule valeur est de fournir à Donald Lautrec un premier rôle de Popeye qui démantibule les affreux du gang de l'Aigle d'Or avant de se réfu- PAR ANDRE BERTRAND gier, toutes moustaches frémissantes, dans les bras d'Olive.Des bagarres et des baisers, encore des bagarres et des baisers, le ring et ie matelas, le coup de poing a la figure et les gros tétons débordant du \u201cPopeye\u201d Lautrec dans LE DIABLE AIME LES BIJOUX présenté au Saint-Denis.costume de bain.Assez de violence, de grâce, et que la femme cesse un peu de se répandre en morceaux si elle espère finir ses jours ailleurs qu\u2019au fond d'une \u2018cour à scrap\u2019 vendue par pièces détachées! Catherine Deneuve incarne une autre bourgeoise dans LA CHAMADE, partagée entre un bel aristocrate et un jeune étudiant.Touchante histoire, mille fois racontée! Au sortir du Dauphin, les spectateurs les moins indulgents soupirent, libérés: \u2018\u2018Vite, tirez la chaine!\u201d À voir de préférence: JE SUIS CURIEUSE au Festival, MIDNIGHT COWBOY au Westmount et Z au Vendôme.Z commence où Montréal aboutit, par l'interdiction de manifester dans les rues, et s'achève par l'emprisonnement des contestataires irréductibles.Reste à déterminer si Michel Chartrand, qui parle au nom des travailleurs, sera coffré.Jean Giraudoux a écrit \u201cla Folle de Chaillot\u201d dont l'Anglais Bryan Forbes a tiré THE MADWOMAN OF CHAILLOT présenté à la Place Ville-Marie.L'excellente Katharine Hepburn, Charles Boyer, Edith Evans, Giulet- ta Masina, Donald Pleasance, Danny Kaye et Yul Brynner comptent parmi les protagonistes qui se disputent avec apreté un gisement de pétrole découvert à Paris.A la caméra: Claude Renoir.L'immortel Humphrey Bogart revit cette semaine à la Cinémathèque Canadienne: THE PETRIFIED FOREST le 18 a 21.30, TWO AGAINST THE WORLD le 19 a 19:30 et BULLETS OR BALLOTS ie 21 4 19:30.Le 21 précisément, le Verdi inaugure avec LA RELIGIEUSE DE DIDEROT un festival de film français qui durera 21 jours pendant lesquels autant de films différents prendront l'affiche.Jusqu'au 21, place à Roman Polanski, à DEUX HOMMES ET UNE ARMOIRE et à LA FILLE D'EN FACE.Quelques nouveautés chez Famous Players susceptibles d'intéresser les amateurs de fesses: BABY SITTERS au Ca- pito! et au Snowdon, ALL NEAT- IN BLACK STOCKINGS au Van Horne et enfin LE MEDECIN DE HAMBOURG ou \u2018l'expérience émouvante d'une fille-me- re\u201d au Château, Français, Granada et Versailles.Personnellement, je préfère MON AMIE PIERRETTE et LA CHAMBRE BLANCHE du Québécois Jean- Pierre Lefebvre, et je retournerai ces jours-ci à l'Elysée sans craindre d'être déçu.RTS YORE NN Michèle Magny dans LA CHAMBRE BLANCHE de Jean-Pierre Lefebvre, à l'affiche à l'Elysée.(photo Yves Sauvageau) \u201cREQUIEM POUR UNE VILLE\u201d OU LES TRAVAILLEURS AU POUVOIR (A.B.) \u2014 Plus que jamais depuis \"les Bûcherons de la Ma- nouane\u201d et \"le Train du Labrador\u2019, Arthur Lamothe lutte aux côtés des prolétaires que le Pouvoir écrase: REQUIEM POUR UNE VILLE, son prochain long métrage de deux heures financé par le Conseil central de la CSN, montre même des prolétaires écrasés, ceux-là précisément qui ont péri dans le béton à l'échangeur Turcot.\u2014\"Mais la mort physique n'est pas le seul danger qui menace les ouvriers, observe Lamothe.Il y a aussi la mort so- RY: ciale.Ce sentiment de honte qu'éprouve le père de famille incapable de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants, condamné à des salaires dérisoires ou bien chômeur, c\u2019est quelque chose de terrible.J'ai interviewé des malheureux qui se promenaient devant les chantiers de Radio-Canada dans l'espoir de trouver de l'emploi.lls ne sont pas fiers.Hs réclament.Ils maudissent les policiers qui leur demandent de se disperser sans bruit et de réintégrer tête basse leur bicoque insalubre.S'ils ne disparais- mi \u2026 Ces gens-là vont tout casser dans un mouvement de colère.\u201d sent pas dans le silence, ces gens-là, j'affirme qu'ils vont tout casser dans un mouvement de colère.\u2014Comment vous y prendrez- vous pour mieux traduire leur drame?\u2014Je pense qu\u2019il me faut jouer du contraste et mettre en relief le témoignage de l'homme de la rue en l\u2019opposant à Lucien Saulnier qui annonce de nouvelles taxes à la télévision et à Jean- Jacques Bertrand qui parade au Stade des Expos.De cette manière, le spectateur pourra me- se 5 surer instantanément la distance entre le riche et le pauvre.\u2014Est-il vrai qu'Yvon Des- champs récite quelque part son monologue sur les Unions?\u2014C\u2019était vrai mais j'ai décidé de supprimer ce passage que j'ai remplacé par un sketch à la Charlie Chaplin dont le théâtre est la Petite Bourgogne: à proximité des comptoirs de \u201cHelp\u201d, où les camarades se présentent lorsqu'ils veulent gagner quelques sous en distribuant par exemple des circulaires, un gros monsieur surveille un Charlot qui étend du goudron sur un trottoir, puis se lasse de le surveiller et s'exécute lui-même, à quatre pattes.Ce sketch-là, ça signifie pour qui sait lire: les travailleurs au Pouvoir.\u2014Préparez-vous d'autres films que \u2018Requiem pour une ville\u201d?\u2014Ces jours-ci, j'ai accompagné les étudiants au Gésu lors d\u2019une assemblée contre le bill 63.Je craignais le pire étant donné que le Gésu est une église et que certains jeunes détestent la religion.Je m\u2019attendais donc à des blasphèmes énormes.Je m'attendais à des sacrileges épouvantables.Or, l\u2019assemblée s\u2019est déroulée dans le calme de la première à la dernière minute.Aucun incident regrettable ne s\u2019est produit, rien.Personne n\u2019a tempêté, personne n'a brisé quoi que ce soit pour se défouler.C\u2019est merveilleux, ce calme, cette retenue.Les jeunes ont dépassé le stade de la réaction anticléricale, ils sont d'ores et déjà devenus des adultes.L'HOMME DU JOUR.Un vieux Duvivier dont le héros, Maurice Chevalier, n'a guère vieilli.Au 2 le 17 à 13 heures.LA NUIT DES VAMPIRES.Une horreur de film qui ne manquera certainement pas d'amuser les téléspectateurs qui ont le sens de \"humour.Au 2 le 17 a 23:40.L'HOMME N\u2019EST PAS UN OISEAU.Après \u201cUne affaire de coeur\u201d, le chef-d'oeuvre du Yougoslave Dusan Makavejev.Au ciné-club de Radio-Canada le 18 à 23:40.TOCSIN.Un Luigi Sampa avec Lollobrigida aux prises avec certains curés.Au 2 le 19 à 13 heures.L'AMERIQUE INSOLITE.Documentaire réalisé par le touriste François Reichenbach.Quelque part, magnifique, une poule qui joue au bowling: elle a droit à un grain chaque fois qu'elle réussit un abat.Au 10 le 19 à 14 heures.DROLE DE FRIMOUSSE.Version française de \u2018Funny Face\u201d interprété par Fred Astaire et Audrey Hepburn.Pour les adeptes des comédies musicales.Au 10 ie 19 à 19:30.MARIE-SOLEIL.Avec Danièle Delorme dans le rôle d'une chanteuse de cabaret et Jacques Charrier dans le rôle du séducteur.Extraordinairement bien pour un long métrage de série.Présenté au cinéma Kraft du canal 10 le 20 a 19:30.LA MARIEE ETAIT TROP BELLE.Brigitte Bardot avant la gloire, personnifiant une cover-girl en 1956.Au 2 le 20 a 23:40.L\u2019HOMME DE LA PLAINE.Western d\u2019Anthony Mann avec James Stewart, ou sont pris a parti les commergants qui arment les Indiens.Au 2 le 21 a 13 heures.LA SOURIS QUI RUGISSAIT.Titre idiot pour traduire \u201cThe Moose that roared\u201d ou Peter Sellers et Jean Seberg nagent déjà dans le vin jusqu\u2019au cou.Au 10 le 21 à 23 heures.LES PORTES DE LA NUIT.Drame psychologique de Marcel Carné avec Pierre Brasseur, Serge Reggiani et Yves Mon- tand, qui se déroule à l'époque de la Résistance et aujourd\u2019hui tout aussi bien puisque les fascistes nous entourent, à Québec et à Berlin.Au 2 le 22 à 1:20.QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 17A DIO.TELEVISION.THE pue TS PAR ANNIE BERGERON UN POINT MAL EN POINT \u201cAu Point\u2019, l'information précédera l'événement pour créer l'actualité\u201d, c\u2019est ce que me disait Pierre Nadeau, quelques semaines avant la Première du \u2018\u2018Poirnt\u2019\u2019 à Radio-Canada tous les soirs du lundi au vendredi a 23 heures.\"Nous aurons trois sortes d'images, poursuivait-il, émises par la National Broadcasting Corporation - N.B.C.la C.B.S.et Walter Kronkeit, les satellites et l'agence Vice News.Les correspondants de Radio Canada à l'étranger fourniront leurs propres commentaires sur les films reçus.Les correspondants à l'O.N.U., au Canada et à Washington donneront les compte-rendus de leurs entrevues directement sur les ondes, formulant les questions et donnant les réponses, pour \u201canimer\u201d l'information et la rendre plus accessible au profane en la matière\u201d.Actuellement, la réalité est toute différente et \u2018Le Point\u2019 est\u2026 à la ligne du Télé-jour- nal qui lui ressemble.L'image?Celle des correspondants ou des journalistes-reporters qui font le point sur l'événement.Si Monsieur X meurt demain à Rome, .nous entendrons, en direct de Rome, un reporter nous dire: \u201cMonsieur X est mort\u201d; peut- être même aurons-nous le plaisir de voir son visage sur le petit écran.Pour ce qui est de l'homme de la rue nous ne le verrons ni ne l\u2019entendrons.Ce que nous aimerions?De l'image \u2018\u2018vérité\u2019, du pris sur le vif.De la télévision de participation.Si une manifestation se déroule à Paris, nous voulons voir des manifestants, nous voulons connaître la réaction dés Parisiens: nous voulons être plongés au Pierre Nadeau Rendre l'information accessible au profane coeur de l'événement.Ensuite, nous pourrons faire le point, en connaissance de cause.Sinon?Nous regarderons la radio et.nous écouterons la télévision.A.abit Tai oR ie ori QE A We A SURVEILLER CETTE SEMAINE Au \"10\" le 1 novembre a 11h, l'émission \u201cFranc-Parler\u2019\u201d mettra en présence de Lise Gervais et de Claude Lapointe, le ténor canadien André Turp.André Turp, qui vit a Londres depuis dix ans est natif de Montréal, Il s'est produit sur les plus grandes scènes du monde.* * + Au \u201c2\u201d le 16 novembre à \u201cZoom\u201d, super-tour de chant sous le signe du zodiaque.Invités: Renée Claude, France Gall, Donald Lautrec, Joël Denis, Dick Rivers et les Scarabées.* * 0% Au \u201c2\u201d, à \u201cFemme d'Aujour- d'hui\u201d, le mardi 18 novembre à 15h, rétrospective de la vie et de l'oeuvre d'André Gide, dont on fêtera ce jour-là le centième anniversaire.Egalement une émission de la série radiophonique \u201cdocuments\u201d, intitulée André Gide et l'Amérique, diffusée ceci du 17 au 25 novembre, grâce à des communications directes avec la NASA, via NBC-CTV et aux commentateurs Jacques Lebrun, Roger Beaulu et Gilles Dechesnes.A \u2018Radio-Canada, Marcel Sicotte et Henri Bergeron suivront pour nous le calendrier du vol des astronautes américains.Jean-Paul Nolet et Claude- Jean Devirieux participeront aussi au reportage retransmis en direct.AU THEATRE DE QUAT'SOUS, \u201cA coeur ouvert\u201d de Robert Gu- rik; la sixième pièce du jeune auteur québécois, \u201cune vue transposée des conditions politiques et sociales du monde moderne et de l'individu qui y est confronté\u201d.le 21 novembre à 21h 30.* x % A suivre.la mission Apollo > \u2018 XII.En plus des bulletins spé- 6334.Des billets sont également ciaux, Télé-Métropole présentera disponibles dans toutes les coo- 20 heures d'émissions sur le vol, Pauline Julien AU CEGEP DU VIEUX MONTREAL, vendredi 21 novembre à 21h 30.En première partie, Serge Mondor.Pour réservations, composer 933- pératives étudiantes.- SITE gare AW a Connaissez-vous Arlo Guthrie?Vous savez, le garçon de Woody.Il chante, comme son père; et il sourit.It sourit d\u2019une façon à vous faire croire que les hommes sont bons, et frères.Samedi dernier, il était à la Place des Arts.C'était autre chose qu\u2019un spectacle: une cérémonie.Un = r # 4 # a YL COMME MOISE GUTE FAIT\u201cS INGER\u201d homme sur une scène vit; il parle, il chante, il improvise; tout ce qu'il dit, il l'invente ou le réinvente, ici et maintenant sur cette scène, et l'auditoire communie.C'est un happening, et ce qui arrive, c'est la communion, le love-in.MOISE ET LE FAR-WEST Connaissez-vous Moise?Ar- lo en a parlé ce soir-la.Mdise et son peuple voulaient se séparer du Pharaon.|ls avaient pour eux la foi et l'amour.L'océan s'ouvrait pour les laisser passer, parce qu'ils croyaient assez.Et dans le désert, ils entreprirent leur voyage.Le sable, la sécheresse, la chaleur, la solitude, un fameux bad trip.Et rien à manger.Mais Moise réunissait son peuple, il les faisait chanter, danser, ils swingaient, ils flippaient, c'en était un vrai miracle.lls appelaient ça la manne.Il n'y avait entre eux aucune séparation, pas de gap.Comme il n\u2019y en a pas entre Moise et Martin Luther King, entre Woody et Arlo, comme il n'y en avait plus ce soir-la entre les spectateurs.La Place des Arts littéralement occupée.Et toutes les polices, toutes les lois d'exception que le maire pouvait annoncer le même soir, tous les Pharaons ne peuvent rien contre ça.Arlo chante et c'est du folklore, le chant du peuple.Avec lui, par lui chantent Moise, la Nouvelle-Orléans, le Far- West, il n\u2019y a plus de gap entre les générations.Arlo assume son père, ses pères: il se choisit fils de l'homme.II nous fait retrouver l'idée d'une humanité une, sans gap.La retrouver en la ré-inventant, ici et maintenant, dans le love-in.LE GAP DES LANGUES Je ne change pas de sujet en parlant d'un des hommes que j'aime le plus.|! s'appelle Martin Duckworth.Québécois.Anglophone.Et qui ne veut qu'être un Québécois libre dans un Québec libre.Après les manifesta- tions-love-in contre le bill 63, je lui avais promis que nous irons ensemble à la prochaine manifestation, certain que nous pouvions l\u2019accueillir.Le hasard a voulu que j'aille à l\u2019Opération Libération sans lui.Et quand les cocktails Moiotov se mirent à pleuvoir, j'étais content qu\u2019il ne fût pas là.Je ne change toujours pas de sujet en disant qu'il n\u2019y avait presque aucun francophone à la Place des Arts pour entendre Arlo Guthrie.Quand j'ai voulu acheter ses disques, le stock des disquaires anglophones de Montréal était épuisé, et les disquaires français ne le connaissaient mème pas.Deux love-in.Et le gap entre les deux.Absurde.Arlo Guthrie parle de la liberté et de l\u2019amour dans ses chansons; mon ami Martin dans ses films; les étudiants québécois dans leurs manifestations.Et moi je ne puis dire qu\u2019une chose: un Québec où il n\u2019y aurait pas de place pour Martin Duckworth (ou pour Stan Gray et des milliers comme eux) ne serait pas un Québec libre.Nous ne serons libres que Fran- Çais; mais nous ne serons libres que si les mots et les langues nous servent à faire l'amour et à le dire, et non à exclure.Avec la premiere exclusion apparaissent le gap, la violence, le fascisme.LA LANGUE ET LA FOI Les mots, l'amour et le fun violent le même interdit.Naguère, nos fascistes disaient \u2018si ça grouille, c'est obscène\u201d; aujourd'hui, ils disent \u2018si ça parle, c'est séditieux\u201d.Les manifestations et la poésie interdites dans la rue; l'opposition et Michel Chartrand condamnés au silence; Vallières accusé de sédition pour un livre.Le fascisme dévoile son vrai visage: fini les folies, dit Trudeau, assez c'est assez, dit Drapeau.L'ordre établi affirme sa \u2018raison\u2019: la \u2018libre concurrence\u2019, la \"vraie liberté\u201d, comme dit Drapeau, la séparation, l'aliénation, le gap.Chacun pour soi.Les gens au pouvoir menacent notre langue, nous le savons tous.Mais il y a plus grave: ils menacent la foi.C'est une semaine terrible: les mots persécutés, la liberté bâillonnée.Les semaines qui viennent forceront chacun à choisir: l'Etat policier que nous redoutions arrive.On ne peut plus être neutre.Et alors personne ne me fera oublier que Martin Duckworth est mon frère, comme Vallières et Chartrand.LE FASCISME NE PASSERA PAS Le pouvoir n'a pas fini ses folies ni ses violences.L'obscénité des matraques, le crime du baillon, le lése-humanité\u2019 nous seront peut-être imposés.Mais l'amitié, l'amour, les mots et le fun sont de notre côté.C'est Arlo Guthrie qui chante: \u201cOh Mary don\u2019t you weep, don\u2019t\u201d you bow, Pharaoh's army was drowned in Oh Mary don't you weep.\u201d We shall overcome.Pierre Maheu \u2014 oy 3 io 3 LER HERR NTA grâ- rec- CTV ues Îles da, ron rier éri- 1de- ont 5 en US, Gu- ine vue oli- no- est we > MND 7.- Ak pan ann Pauline Julien Au CEGEP du Vieux-Montréal, le 21 novembre.%* * * A \u201cLa Clé\u2019, dans le cadre de l'Ecole Pie IX, quatre orchestres \u201cpop, le \u201cHiggan Hill\", le \"Albert Failey Blues Band\u201d,® les \u201cDechainers\u201d, et les \u2018Blues Generation\u201d, réunis le vendredi 21 novembre dès 20h., pour un festival de blues et rock.À CJMS LA RADIO PIRATE \u201cNous faisons de la radio pirate\u201d, de dire Bernard Jacques, réalisateur de \"\u201cCampus\u201d, l\u2019émission affaires publiques \"jeunesse\u201d du réseau radiomutuel.(CJMS) \"Nous ne sommes ni limités par la politique ni par l\u2019ingérence.Nous sommes libres de contester l'ordre établi.Notre émission ressemble à une tache d\u2019encre projetée sur une toile, c'est toujours I'lmprévu.oui, finalement la \u2018radio pirate\u201d, c\u2019est un peu du tachisme\u201d.Bernard Jacques a 21 ans.Il est gradué en communications de l'université de Boston.La moyenne d'âge de l'équipe - trente personnes - qui collabore à l'émission est de 22 ans.Les animateurs?Colette Chabot et Raymond Paquin à Montréal, Yves Sauvé à Québec, Gaétan Santerre à Ottawa, Georges Vermette à Sherbrooke et Jean- Pierre à Trois-Rivières.Des chroniques hebdomadaires, par Jean-Guy Cardinal et son \u201cbillet\u201d du mardi, Marcel Dubé et Robert Charlebois.\u201cCampus\u201d, en ondes du lundi au vendredi, de 21 h.à 23 h.; \u201cCampus\u201d?La radio de parti- Cipation.RE.+ RADIO, .TEL VISION.TE CLAUDE LANDRE: \u201cJE CON RAYMOND LEVESQUE: \u201cM ~ - Nous sommes au \u2018Parle ment.\" Celui de Montréal, au deuxiéme étage du restaurant \u201cCastel du Roy\", rue Dium- mond.Les \u2018députés\u2019\u2019, Claude Landré, Raymond Lévesque et, suivant les semaines, Gilbert Langevin, Lawrence Lepage, Pierre Jean et A PA ; LUSh d'autres chansonniers contestataires.Du mardi au samedi c'est ouvert aux citoyens.Au programme, un happening: le spectateur peut monter sur Scène pour participer à l'action.Les thèmes: \u201cFinies les Folies (?)\u201d et \u201cJe conteste.moi non plus\u2019.de \u201cLa contestation\u2019?\u201cC'est lutter contre le désordre établi\u201d de dire Raymond Lévesque.\"Ce qui me scandalise?L'injustice: le fait de ne se préoccuper que de ceux qui n\u2019en ont pas besoin.Moralité, c'est comme au Moyen-Age avec la révolte des gueux: ceux qui \u201cvivotent\u201d se défoulent.A New York, il est dangereux de LE 2 NEBOUDE PAS LES JEUNES ADULTES SI JEUNESSE POUVAIT, diffusée le samedi, de 12 h.30 à 13 h.Et bien oui, il existe une émission pour les jeunes adultes de 17 à 25 ans - à la télévision de Radio-Canada.Cette émission ne dépend pas du secteur \u2018\u2018jeunesse\u2019\u2019, mais du secteur \u2018\u2018affaires publiques\u2019.Elle existe depuis un an, mais a commencé la saison tardivement, faute d'animateur.Celui qui l'animait antérieurement, Yves Corbeil, travaillant maintenant à \u2018Zoom et celui auquel on avait pensé, Michel Mongeau, n'ayant actuellement pas \u2018le droit\u201d de travailler a Radio-Canada, le choix s'arrêta finalement sur Jacques Jobin.Pour ce qui est de Michel Mongeau, on se souvient qu'il fut un des animateurs de l'\u2019émission \u2018Transistor\u2019, au poste C.B.U.F.F.M.de Vancouver.En punition pour une période de 6 mois à l'an, - dès son retour on lui proposait trois émissions qui lui furent refusées par les grands patrons logés à Place Ville Marie - l'animateur purge actuellement sa peine à C.P.G.L.P.M.où il donne les prévisions du temps .et ou il annonce sporadiquement, \"C.F.G.L.-FM, le F.M.qui parle et qui chante\u201d.Le fondateur et directeur des programmes de la station de Vancouver, M.Gérard Binet, est actuellement en congé de maladie, après avoir refusé le joli poste d'évitement qu'on lui offrait pour l'honneur et les services rendus et à cause de sa compétence incontestée en matière de programmation et de relations extérieures.Le poste?Chef publicitaire à la télévision.\"Un poste de responsabilité, oui, mais a condition de pouvoir assumer mes responsabilités\u2019.Pour ce qui est du réalisateur de \u2018Transistor\u201d\u2019, Walter Obé, il occupe actuellement le poste de \u2018\u2018barman\u2019 dans un restaurant mon- TRéalais.ve: : Dans le cadre de \u201cSi jeunesse pouvait\u201d, nous aurons cette semaine un document sur l'association des motards du Québec, une enquête sur le comité des jeunes ouvriers catholiques, un sondage sur le film \u201cZ' et deux représentants de la Fédération d'association de Facultés, qui parleront du problème du parking à l'Université de Montréal.Cette Fédération qui se veut apolitique - contrairement à la défunte A.G.E.U.M.- vient cependant de soumettre un manifeste au-F.Q., contre le projet de loi 63.L'émission sur la Compagnie UN HOMME VOUS Ÿ ÉCOUTE des jeunes canadiens, refusée voici deux semaines par Radio- Canada, sera remise aux Jeunes canadiens qui la présenteront à la commission parlementaire, à titre de témoignage de leur travail.tous les après-midi 13h 30 le Dr Francois Cloutier vous Invite a réfléchir sur l'art d'être heureux RATRE.RADIO.TÉLEVIS sortir le soir dans certains quartiers.Avant de quitter votre appartement, vous devez dire où vous allez.À Paris, il fut un temps où vous pouviez vous faire assassiner à chaque coin de rue vers la Place Pigalle, vous savez?Oui, je parlerai de l'injustice, si la police ne nous enlève pas la iicence\u2026\u201d Au mur du \u2018Parlement\u2019, un jeu de quilles composé de drapeaux.Une idée de Landré.Les cibles: les drapeaux canadien et italien; ceux de Montréal et de la Grande Bretagne; les drapeaux français, américain; le drapeau papal, celui de la Croix Rouge, \u201cpour le sang donné aux soldats américains du Vietnam et les accidentés, les petits cerveaux qui conduisent les grosses voitures américaines\u201d (Claude Landré).\u201cJe suis un chansonnier, de dire Landré, je dénonce les cocasseries d'un système où chacun est \u2018pogné\u2019\u2019.Vous comme moi.J'ai besoin de vous comme vous avez besoin de moi.Moi pour ma publicité, vous pour votre journal.\u201d \u2014 Que cherchez vous?\"L'évasion.comment?par la moto.Oui, pour le risque de l'accident.Le Bill 63?Une provocation directe.Jean-Jacques Bertrand?Un substitut de Daniel Johnson.Trudeau?Le premier agent de provocation au Canada.Mon rôle en tant qu'ar- tiste-chansonnier?Voir sous un jour fantaisiste les cocasseries politiques.jusqu\u2019a la limite de la diplomatie.Bertrand et Lesage assistaient a mon spectacle lors de la conférence des premiers ministres des provinces canadiennes.\u201d must AE D eo - REMY.FAIT QUELQUE chose f) iL FAUT ARRETER CHARTRAND ©, iL EST DE PLus EN PLUS ECOUTE ++ iL VA ME RENDRE FOU, iLA DECLARE \u201d AU DIABLE HÉ BEN S'iL DIT © LES ANGLAIS\" pas vrai\u201d \u2018au DIABLE crest ; V Qu'\u2019il VEUT LES VoiR EN ENFER.PAs VRAL J DONC il VEUT LES TUER \u2026 DONC C'EST UN TERRORISTES C'EST LOGIQUE.ON LE BOUCLES.COMMEN cho ENFER iL FauT y ® ETRE MORT PAS VRAI., \u2018 20A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 PAR GÉRARD ST-DENIS COOPRIX SIX MOIS Le 11 juin dernier, Cooprix ouvrait ses portes.Aprés six mois d'opération, on peut se demander ce qui arrive de cette formule tant attendue des consommateurs.Le chiffre d'affaires de Cooprix n'a pas cessé d'augmenter depuis le début.Chaque semaine, de nouveaux consommateurs viennent cons- A I RE S tater les avantages économiques de la formule coopérative.CINQ MILLE NOUVEAUX MEMBRES Aux 6,000 membres qu'il y avait avant d'ouvrir les portes de Cooprix, 5,000 nouveaux membres sont venus s'ajouter.La grande famille coopérative | sR wa iy.de Cooprix compte donc plus de 11,000 membres.On sait qu'il suffit de payer un dollar pour obtenir une carte de membre, permettant de faire de nombreuses économies.UNE COLLABORATION SOUTENUE DES MOUVEMENTS POPULAIRES Le mouvement coopératif, les Caisses\u2019 populaires, les Caisses d'économie, les Assurances coopératives, les Syndicats et de nombreuses associations continuent d'apporter leur collaboration, en informant leurs membres de l'existence de Cooprix.La publicité gratuite de ces différents organismes dispense Cooprix de dépenses publicitaires exorbitantes qui ailleurs augmentent les prix.Le consommateur peut de cette façon acquérir la marchandise à un meilleur prix.L'IP.I.C., TOUJOURS EN VEDETTE L'implantation à Cooprix du service de l'Institut de protection et d'information du consommateur (I.P.1.C.) apporte une dimension nouvelle à cette entreprise alimentaire.De plus en plus, les consommateurs ont pris l'habitude d'utiliser les services de recettes et d'information qui leur sont donnés par l\u2019Institut.Les renseignements sur les produits saisonniers aident à \u2018boucler le budget\".UNE FORMULE REVOLUTIONNAIRE La formule de protection du consommateur par l'information honnête sur les produits et par la baisse des prix, fait le succès de Cooprix.LA COOPÉRATION CHEZ LES INDIENS DU QUEBEC Le mouvement coopératif québécois, qui connaît une ascension rapide depuis quelques années, s'est gagné des adeptes parmi la population indienne.Au-delà de 1,000 sociétaires sont inscrits dans les neuf coopératives indiennes existants unis au Québec.Ils possèdent quatreératives d'épargne et de crédit totalisant un actif de 255,388 dollars.Ces caisses populaires qui sont situées à La Romaine, Bersimis, Village-Huron et Pointe-Bleue ont un montant d'épargne de 239,374 dollars pour 735 déposants.Seule la Caisse située à La Romaine sur la basse Côte-Nord, possède quelques membres non indiens.La coopérative d'Artisanat indien Micmac, située à Maria comté de Bonaventure est la plus vieille.Elle fut fondée en avril 1963 et possède 64 membres avec un actif de 19,000 dollars.Ces Indiens fabriquent surtout des paniers d'osier, réputés à travers le Canada.La coopérative a vendu pour plus de 136,000 dollars depuis sa fondation.Une autre coopérative d'artisanat nouvellement fondée est située à Schefferville dans le comté de Duplessis.Les 35 Indiennes membres (Monta- gnaises et Nascopis) fabriquent des mocassins, des pantoufles et bottes en peau de loup-marin ainsi que des canadiennes (parkas) en peau de caribou ou de loup-marin.La Coopérative des Pêcheurs indiens de La Romaine, fondée en mai 1965, compte 45 Monta- gnais membres.Elle est affiliée à la Fédération des Pêcheurs Unis de Québec.Plus de 100,000 livres de morue ont été pèchées par les membres cette année.Manouane, à 78 milles d'avion à l'ouest de La Tuque, possède une coopérative de consommation présentement en réorganisation.99 Montagnais en sont membres sur un total de 115 familles.Une des dernières fondées est une coopérative de développement.Elle est située au Vieux- Comptoir (Paint-Hills) sur la baie James.Les 130 membres, qui sont des Cris, s'occupent de pêche et chasse sportives, de la coupe du bois et un peu d'artisanat.Plus au nord sur la baie James, il y a aussi des Cris à Fort-Georges qui, eux aussi, possèdent une coopérative de développement, laquelle s'occupe surtout de pêche et chasse sportives.Comme nous pouvons le constater, la coopération a commencé son entrée chez ce peuple qui constate de plus en plus qu'il doit se serrer les coudes s'il veut pouvoir s'organiser économiquement malgré les distances qui le sépareni des centres importants.L'organisation de ces coopératives est confiée au Conseil de la coopération du Québec, subventionné par le ministère des Affaires indiennes.CETTE SEMAINE DANS LES 125 POINTS DE VENTES BÉNÉFICIEZ DES DE LA GRANDE VENTE 10° MONIE.suivantes.908! L\u2019économie coopérative en marche En plus des produits de marques nationales, le réseau de distribution coopératif offre les marques privées Co-Op et HAR- Plus de 300 produits alimentaires de toute première qualité portent les enseignes NOMBREUX SPÉCIAUX sur les produits et @& LE MOUVEMENT COOPÉRATIF DE LA CONSOMMATION DU QUÉBEC Présente x SON ASSOCIATION DE CONSOMMATION 75,000 FAMILLES QUEBECOISES, MEMBRES + SON RÉSEAU DE DISTRIBUTION 125 MAGASINS CO-OP x SES COOPÉRATIVES D\u2019ENTREPÔT COOPRIX, MONTREAL COOPGRO, RIMOUSKI » SON ORGANISATION CENTRALE LA FEDERATION DES MAGASINS CO-OP +, SES MECANISMES DE PROTECTION L'l.P.1.C.INSTITUT DE PROTECTION ET D'INFORMATION DU CONSOMMATEUR.QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 21A ® i A 5.i à 1 Vous pouvez trouver en magasin plusieurs sortes de saumon en conserve a des prix variés.La différence de prix s'explique du fait qu'il existe plusieurs catégories de poissons qui n\u2019ont pas la même valeur commerciale.Tout en ayant à peu près la même valeur alimentaire, la chair de ces pois- MEME LES ARETES DU SAUMON SONT NOURRISSANTES sons varie en couleur et en qualité.Les espèces à couleur foncée et à haute teneur en graisse sont les plus estimées et par.conséquent les plus dispendieuses.D'autre part, les espèces de couleur pâle, et de prix plus modique, conviendront tout particulièrement aux gratins et aux mélanges cuits ou casseroles.Pour tirer du saumon en conserve tout ce qu\u2019on peut, on doit utiliser le bouillon qui est délicieux; les arêtes étant riches en calcium et en phosphore, on doit les servir avec le poisson, d'autant plus qu'on peut facilement les écraser à la fourchette.TACTIQUES DÉLOYALES DE CERTAINS ÉPICIERS Certaines épiceries refusent de livrer.à la suite de commandes téléphoniques, des spéciaux annoncés.Habituellement, on vous enlève trois ou quatre articles de votre commande et on vous dit rR HLS R= ' Fou fonts vy \u2018®t?zx oi que ces articles sont épuisés alors qu'ils ne le sont pas.Les spéciaux d'épicerie appartiennent à une technique de mise en marché très complexe.On baisse réellement le prix de certains articles (qu\u2019on peut même occasionnellement ven- LS EAN Fong ff dre a perte) pour vous attirer au magasin ou on se reprend sur d'autres articles.On peut mème pousser la subtilité jusqu'à augmenter le prix des ingrédients nécessaires à la préparation de la coupe de viande en spécial.2 2 ré mer = I Te de.VIANDE HACHÉE MÉFIEZ-VOUS DU GRAS-QUI-FOND Les bouchers ne sont pas libres de mettre autant de gras qu'ils le désirent dans le boeuf haché.En effet d'après la Loi des aliments et drogues, le boeuf haché ne doit pas contenir plus de trente pour cent de gras et la viande hachée présentée comme maigre par quelque moyen que ce soit, ne doit pas en contenir plus de quinze pour cent.ll va de soi que plus la viande À SAW {Try \u20ac ne hachée est rnaigre, moins on en perd en gras qui fond durant la cuisson, et plus le consommateur en a pour son argent.Méfiez-vous donc, mesdames, de ces ventes \u2018\u2018ultra- spéciales\u2019 où l'on vous offre du boeuf haché à trois livres pour un dollar; certains bouchers peu scrupuleux ou ignorants ne savent pas lire les pourcentages.Les morceaux à rosbif se vendent à des prix assez élevés.On peut cependant utiliser des morceaux de qualité inférieure qui se détailient à des prix abor- Beurre mou ou margarine Poivre deux côtés avec une fourchette.de poivre.(Ne pas saler.) sens des fibres de la viande.SERVIR immédiatement.UN ROSBIF À BON MARCHÉ BIFTECK D\u2019EPAULE _ ATTENDRI ET GRILLE Une tranche d'épaule (petit os rond) de 1 pouce d'épaisseur environ (compter environ 1/3 Ib par personne) Poudre à attendrir la viande (Meat Tenderizer) SAUPOUDRER le bifteck également et pas trop généreusement de poudre à attendrir, des deux côtés.PIQUER la viande à la grandeur, à LAISSER la viande reposer à la température de la pièce environ 30 minutes.(Couvrir la viande lâchement avec du papier ciré.) RECHAUFFER le gril 10 minutes.Faire ensuite griller la viande à 3 pouces du gril, 5 minutes de chaque côté pour saignant, \u20187 à 9 pour moyen et 9 à 11 pour bien cuit.COUVRIR les biftecks cuits de beurre mou et assaisonner TRANCHER le bifteck en minces tranches diagonales, contre le dables, pour les servir en rosbif à condition de savoir les apprêter.Voici donc une recette qui vous permettra de servir un excellent rôti grillé.1 pouce d'intervalle, des VOTRE MENU DE LA SEMAINE Dimanche, le 16 Hors-d'oeuvre Bifteck de palette ou d'épaule attendri et grillé .Pommes de terre = en robe des champs Pois et petits oignons à la crème Salade: laitue, tomate, piment, radis, échalotte Gâteau, mode de Boston Lundi, ie 17 Foie sauté en julienne Pommes de terre en purée Cubes de navet au beurre et à la muscade Bâtonnets de céleri Chaussons aux pommes à la Lee Biscuits Mardi, le 18 Côteiettes de porc Riz à l'étuvée Bâtonnets de carotte et cornichons Jello aux fruits Mercredi, le 19 Fèves au iard de grand-mère Pain de blé entier Salade: chou, piment, céleri, fromage en dés Bananes tranchées avec crème Jeudi, le 20 Bouilli de Boeuf et de légumes Aspic de tomate et céleri Pouding chômeur Vendredi, le 21 Filets de perche sautés à la poêle Beurre citron Pommes de terre à la crème Salade: carotte rapée, céleri et oignon \" Tarteau chocolat Samedi, le 22 Lasagne Salade: laitue, piment, radis et oignon Sorbet au citron CETTE PAGE EST RÉDIGÉE EN COLLABORATION AVEC L'INSTITUT DE PROTECTION ET D'INFORMATION DU CONSOMMATEUR (1P1C), UN SERVICE DE \u201cCOOPRIX\u201d 22A / QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 8 J LIE AS Par RICHARD JOANNETTE Un bon bâton de ski doit être assez léger et bien balancé: solide, mais pas nécessairement coûteux.COMMENT MESURER LES BATONS La mesure des bâtons doit être prise lorsque le skieur est debout sur un plancher dur et non sur la neige.La poignée doit arriver approximativement à un pouce sous les aisselles, Cette mesure est valable pour toute personne dont la taille ne dépasse pas cinq pieds et huit pouces.Pour les personnes.dont la taille dépasse cinq pieds et huit pouces, la poignée de ski doit être à trois pouces sous les aisselles.Un bâton trop court fera trop plier le haut du corps vers l'avant, et un bâton trop long projettera le Corps vers l'arrière.Comment doit-on tenir un bâton de ski?On enfile la main par dessous la dragonne (courroie) pour ensuite fermer les doigts sur la dragonne et autour de la poignée.LES BONNES FIXATIONS Je me dois d'énumérer les cinq seules bonnes fixations qui existent parmi une quantité de ferraille encombrant le marché.On a beau, chaque année, vouloir apporter sa propre petite invention géniale en ce qui concerne ces harnais de sécurité et faire fortune, on ne viendra pas à bout des grands classiques qui ont déjà été mis en usage depuis longtemps.Quelques fixations de qualité inférieure ont subi certains changements qui les améliorent, mais elles peuvent réserver des surprises sur les pentes aux skieurs non avertis.\u2019 Je ne procéderai pas par ordre de préférence personnelle en insistant sur seulement cing marques de commerce déja trés en demande, puisque chaque modèle, jusqu'à un certain point, dépend relativement du poids de la personne qui l'utilisera.On peut, cependant, choisir une butée et la croiser à une talonnière de marque différente.Ainsi: Marker, Nevada, Ramy, Salomon et Tyrolia sont les fixations auxquelles on se doit de faire confiance.Et, comme c'est le cas pour le choix des skis, le poids et la force du skieur sera a considérer dans le choix des fixations.Par exemple: une personne de cent soixante livres et plus tiendra mieux sur les Ramy, les Marker et les Nevada à cause de la simplicité du mécanisme et de la solidité de confection de ces harnais.Une personne trop lourde affaiblira certaines pièces dé- licates sur certains de ces \u2018\u2018Step- in\" (fixations modernes) agréables a utiliser dans le cas des skieurs intéressés par les bonnes pièces d'équipement.Le modèle dernier cri fait par Tyrolia (2000-3000) est assez solide pour supporter un poids dépassant les cent soixante livres.Par contre, la butée faite par la compagnie Salomon est de qualité égale à celle de Marker, Nevada et Ramy.Le skieur, je le répète, n'a aucun avantage à entrer chez des boutiquiers non spécialisés qui auront peut- être de fortes connaissances en matière de fer-blanc, mais qui n'auront pas la moindre idée de la fonction d'une bonne fixation de sécurité.MONTAGE DES FIXATIONS Le montage des fixations sur une paire de ski n\u2019est pas le travail d'un bricoleur, je vous mets en garde; car plus d'une fois j'ai vu un travail si mal fait que le pauvre skieur harnaché trop en avant ou trop en arrière sur ses skis s'en trouvait handicapé dans ses mouvements.MECANISME DE SECURITE Toutes ces fixations, en plus de se déclencher latéralement, ~ possèdent aussi un mécanisme de sécurité frontal, ce qui élimine beaucoup de mauvaises entorses et surtout des fractures de jambes.Mais cela ne devrait pas inciter les inexpérimentés à se lancer sur la piste en mettant la sécurité des autres en danger.Si le skieur sent le besoin impérieux d'avoir à ses pieds une talonnière de sécurité, il vaut mieux qu'il aille skier sur des pentes moins abruptes.MOT MYSTÈRE NO 4 PAR FERNAND PRINCE SOLUTION DE LA SEMAINE DERNIERE: BERNADETTE put \u2014 16 17 18 19 No 0 Nd AN AN a WN mm pt = ud pt ok ta pt wo Le a Jot ~J \u2014 4 pt © ~[@ KZ Zemin ~ =| 2 ZI Ix Ixvni]mHHImZ = In >R rims m|=[>|c[711>|0[Z2/>IS [WP |Oo/=-[U|AR|7F|HIE FE + FE \u2014 CIMT ITI R IZ Im|IZi=im~ {rea S|[S1\u2014 19-12 [= [6 [MAfAfu Pin 15H [ci [> 1m [m4 - B|-|2 [0/2 |S[OIH|> |œ [0/9 |C [2/9 |>|vH |% A >}S |H]5 1 T1 < MZ [m[PJSIH[= JOIE | =|-1=>|1F10127 - ml HAR > mein 2] CFG PIC AFM ]OO [mm WHC IT r=] 2 mR 19 HJQI< [HAINE Im R]= I< mic xa] 3 wimixlZzIP RR IclnitnltIrticez2lom|rloH |= m [nm [2 [0] |w[B]~ [ENO [nm =~ \u2014- Tm DM IENIC Oz ce > [Em] 1>[N [1716 |=]-|= |Z em HIT In] Rlw>Ic >|» Ci Ppjo 12154131 (2 OAI JO| TI |S [G/>| à OlolMIZICI-HI0ICIricIm nD] = |® mm] =] e NER |e RICE > [Mm o> eRe] » TT [Zz =]T- [HCTF IE Tv == [O7 =] + VAC || [HM orc mHIgR IRI HIM] = Baudelaire Beaumarchais Cc F L N Camus Fénelon Labiche Nouy Chateaubriand Flaubert Lafayette Chénier Fléchier La Fontaine Céline France Lamartine 0 Claudel La Rochefoucauld Ode Corneille G Loti Gauthier Louys P D H M Pagnol Daninos Hugo Malherbe Péguy Daudet Marot Prévert Diderot I Maurois Proust Druon ivre Mauriac DuBellay Molière Duhamel J Montaigne R ; Dumas Jarry Musset Rabelais LA SOLUTION DU MOT MYSTÈRE SERA DONNÉE LA SEMAINE PROCHAINE Racine Rimbaud Ronsard S Sagan Sand Sartre Sue Vv Verlaine Verne Villon Voiture Voltaire FOIE PES CIE i 5 ao 2 MARIAGE COMMERCIALE PAUL HUGRON QUÉBEC-PRESSE - 16 NOVEMBRE 1969 / 23A Un conseil en photographie ?N'ésitez pas à nous téléphoner! PHOTO 1247,est BÉLANGER-tél:274-6589 AAR PRIME ta b \"4 pL Résumé: Nicole Marceau a demandé à un compagnon de travail, Roger Bleau de l'aider à retrouver son ami disparu, Lucien Pageau.Ce dernier semble en lutte avec une secte secrète, un groupe occulte.ll a averti par téléphone, Nicole qu'il allait disparaître pour toujours.Roger accepte, est très intéressé même.Novembre n\u2019est pas beau.Finies les folies colorées des arbres en feu, agonie superbe avant l'hiver.Roger roule trop vite sur l\u2019autoroute des lauren- tides: \u201c\u2014Va moins vite, je t'en prie.J'ai peur maintenant.il me semble qu'on ne devrait pas y aller seuls, Roger.\u201d \u201c\u2014Ecoute bien Nicole, si ton ami Lucien est aux prises avec une sorte d'organisation secrète, c\u2019est mieux qu'on ne s'amène pas avec les gendarmes.\u201d Nicole ne dit plus rien.La vision loufoque de l'animal rose et bleu sur la pelouse du cimetière lui revient périodiquement comme des flash back au cinéma.Elle se souvient mal du chalet d\u2019été où ils se rendent.Les Pageau avaient construit cette maison eux-mêmes.Partois, ils invitaient des voisins et Nicole \u201cse souvient y être allée quelques dimanches il y a longtemps.Au même moment, elle lit l\u2019écriteau qui lui annonce que, déjà, ils y sont: \u201cSAINTE-HYPPOLITE\u201d.\u201c\u2014 Tu vois, on est rendus déjà.Tu vas te souvenir de la maison, Nicole?\u201d \"\u2014 Oui, le père de Lucier était un peintre du dimanche, il s'est amusé à décorer la façade avec une sorte de casse-tête, de cra- zy-work, fait de pièces de terra- zo assemblées en un dessin pas mal curieux, de grands oiseaux imaginaires.\u201d Les grands oiseaux, en couleurs pastel.La maison un peu branlante.Dehors quelques vieux pneus, de vieux barils, une balançoire démantibulée, un vieux sofa aux ressorts défaits, aux coussins éventrés, une carcasse de voiture.\u201c\u2014C\u2019est ici, Roger.Tu vois, les Pageau n\u2019y venaient plus, tout est à la démanche maintenant.Ma foi, on dirait une maison hantée.J'ai peur.\u201d Roger lui tire le bras pour qu\u2019elle descende de sa mustang rouge tomate.En effet, la noirceur fournit au décor de ce rivage des allures peu rassurantes.Et i! fait froid, un brouillard flotte mollement sur le lac.En descendant vers le quai de bois, à moitié écroulé, ils se cognent à des objets divers, bûche de bois et sa hache rouillée plantée dedans, fauteuils- crapaud, réservoirs à eau chaude qu'on a fendus pour en faire des jardinières et puis, soudain, un horrible cri humain.Glaçée de frayeur, Nicole se jette contre Roger qui l\u2019enveloppe de ses bras solides.Autour d'eux, les sapins semblent de grands pics noirs en agression contre le ciel.\u201c\u2014Regarde, là-bas, au milieu du lac, là, tu vois briller ça?\u201d Nicole regarde et voit à son tour une sorte de fanal à cent pieds du rivage.Elle distingue un peu mieux.On dirait une sorte de radeau, une gondole antique avec une grande voile blanche, salie de boue ou de sang, le rouge et l\u2019ocre en font une voile de décor d'opéra tragique.\u201c\u2014Allons-nous en d'ici.Ca va recommencer, tu vas voir.Lucien prépare un autre tour.AI- lons chercher la police de Saint- Jérôme! \u201c\u2014Y a-t-il une chaloupe, ici?\u201d Nicole n'en revient pas, Bleau joue les matamores ou quoi?H semble n'éprouver aucune crainte.Son regard est fixé sur ce vaisseau fantomatique au large.Nicole sent bien qu'il est prét a tout affronter.\u201c\u2014Roger, tu n'es pas sérieux.Regarde, sous le chalet, cette vieille chaloupe doit prendre l'eau.Viens, partons vite.\u201d \"\u2014Jamais de la vie.Aide-moi.\"\u201d Et il s'acharne à pousser la barque dépeinturée au bord de l\u2019eau.Il est en sueurs, il enlève son manteau d'automne.Nicole l\u2019aide mollement.Elle lui répète son conseil de s\u2019en aller.Mais, déjà, Roger installe les vieilles rames usées dans les charnières et il rame vers le radeau, vers cette lueur de fanal vers ces grandes ombres qui, immobiles, l\u2019attirent.\u201c\u2014Je t'en supplie, Roger, n\u2019y va pas!\u201d \"\u2014Tu vas voir, je vais en avoir le coeur net.\u201d Roger, au fond, est ravi, lui qui n'a jamais peur de rien, qui est si curieux de tout, enfin, éprouve un petit frisson.Enfin, il a affaire à quelque chose d\u2019inusité.Il ne croit pas aux fantômes.C'est un gars réaliste Roger Bleau.On ne la lui fait pas à lui, il a tout lu, il sait tout.À quinze ans, déjà, il coupait le souffle à son oncle le prêtre-mis- sionnaire par ses arguments, pleins de lucidité, sur les problèmes théologiques.! rame et il rame sur ce lac à l'eau noire et épaisse, lui semble-t-il, comme du goudron.Il se retourne et ils sont toujours là, les longues silhouettes sombres immobiles.Maintenant, il n\u2019en- tend plus les appels plaintifs de Nicole qu'il a laissée sur la rive mais il perçoit comme le souffle court d'un courseur épuisé et aussi les petits cris d\u2019un goret qui sait qu'on va l\u2019égorger.Nicole remonte vers le chemin derrière le chalet de Lucien.La mustang rouge n\u2019est plus là! La lune n\u2019éclaire que le chemin d\u2019asphalte, désert.Maintenant, en effet, il lui semble avoir entendu tantôt le bruit feutré d'un démarrage non moins discret.Elle tremble.Elle court vers le rivage et elle voit ce drôle de bateau, son fanal plus luisant, la voile plus large encore.lis s\u2019approchent.lls viennent la chercher! Elle se met a brailler et ne sait plus où se cacher.Roger n'est plus sur le lac dans la vieille chaloupe.Elle plisse les yeux et voit un peu mieux.Oui, c'est lui, Lucien, son grand dadais.Il est ficellé comme un saucisson au mât de bois de ce vaisseau du diable.I! la supplie des yeux de s\u2019en aller, lui semble-t-il.NH a du sang barbouillé sur son visage et il en sort de sa bouche édentée qu\u2019il ouvre sans qu\u2019il n'en sorte aucun son! Qu\u2019ont- ils fait de lui et de Roger?songe Nicole qui examine, incrédule, cette dizaine de gorilles à face humaine.D'où sortent ces singes masqués?\"Lucien! Lucien!\u201d == RN 3 £7 RT ls NN Es LIVE PAIE 17 | DE 7 Yi} 5 à 7 il A VI FH UF | fs hE ESS HS BR x === "]
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