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Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Novembre-Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Fichiers (6)

Références

Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1941, Collections de BAnQ.

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[" No 6 Dixième année LE JOURNAL de L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL fh fg fe a die al, SA NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1941 ru A Cérébro-lécithine TIRAGE CERTIFIÉ : 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE du No 6 Novembre-Décembre 1941 LE NOUVEAU PAVILLON DE L\u2019HOTEL-DIEU | © 1 Note de la rédaction .\u2026 .365 ALBERT JUTRAS : Un mot de présentation \u2026 \u2026 \u2026 367 S.E.Mgr JOSEPH CHARBONNEAU : Les débuts de l\u2019Hôtel- Dieu .367 Révérende Mère ALLARD : L\u2019oeuvre de Jeanne Mance 371 L\u2019Honorable HENRI GROULX : Jérôme Le Royer de la Dauversière 375 | OSCAR MERCIER : L'Hôtel-Dieu et les médecins à Montréal \u2026 378 * * + | NOËL MAILLOUX, O.P.La psychologie clinique ,[ .385 GERARD ST-ONGE : Un.cas de brûlure traité par du plasma sanguin .396 PIERRE MEUNIER : Traitement des cervicites chroniques .409 GERARD POUPART : Cas d\u2019ictére par rétention 417 * * * P.D.\u2014 La Revue canadienne de biologie 425 PAUL DUMAS : Visite anticipée à l'exposition ¢ des chefs- d\u2019oeuvre de la peinture .429 Table des matiéres pour l\u2019année 1941 : Table alphabétique par noms d\u2019auteurs 435 _ Table des articles par ordre alphabétique 438 Tonique nervin, récalcifiant, régénérateur du sang, apéritif, nutritif.Ac.Nucléinique Gluconate de Calcium \u2026 2 grs.0.13 Ovo-lécithine Glycérophos de Sodium.4 grs.0.26 Glycérophos dePotassium 2 grs.0.13 Vitamine B1 \u2026 \u2026 \u2026 320 unités intern.Vitamine C_\u2026 \u2026 \u2026 800 unités intern.Guaranine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 1gr.0.06 DÉSÉQUILIBRE PAR DÉFICIENCE UNE OU DEUX CUILLERÉES À THÉ VITAMINIQUE.AUX REPAS.LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE MONTRÉAL RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSE AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone : PLateau 3821 AGENCES : QUÉBEC - WINNIPEG - RÉGINA - EDMONTON - VANCOUVER I ETHER rv < pour Anesthésie De la plus haute qualité possible, telle qu\u2019employée par les principaux hôpitaux à travers l'Amérique.MALLINCKRODT CHEMICAL WORKS, LIMITED 378, RUE SAINT-PAUL OUEST MONTRÉAL II J.A.FILLION, C.A.COMPTABLE AGREE CHAMBRE 425 - ÉDIFICE TRANSPORTATION 132 OUEST, RUE ST-JACQUES MONTRÉAL Tél.LAncaster 2148-49 III La Médication salicylée spécifique contre la GRIPPE Calme la fièvre et les céphalées Réduit l\u2019hypersécrétion des muqueuses Diminue la dyspnée.Présentée en tube de 20, flacons de 100, 500 1000 comprimés.8 LABORATOIRES POULENC FRÈRES ou CANADA, LTÉE 204, Place Youville \u2014 Montréal \u2014\u2014\u2014 TAX REEDUCATEUR TYPE DE L'INTESTIN Laboratoires LOBICA S A N S Suc.Continental Laboratories Ltd.Londres J.EDDÉ Ltée, Agents ACCOUTUMANCE ton ur demon Iv re 0 n 2e ES X20 rs EN Fa For ta a po ed A Ur Ty ki a ol ER 30 Tr 5 2 wr Ses = sr a 3 Rs = Ro ry 5 > i 55 ig & = x Es @ i + Te = af i ac $a 5 \u20ac = Ii 2 as He 52 = 62 A 2 Fe oe 2 + i Py 7 ae I i HA se a, S 5 2 = ÈS 328 sy vi 255 gh 3.nez « gi & i Z Ati SA ai RE ; \u20ac Tix Ped = a Œ 2 nal er += = > is W .2 i 5 3 comin.beni.A 32 2h > = § = oy Le 4 wd = i Si 4 © ns se oS Fr = a i 5 des, A 3 5% 2 à Gr 4 > cr ç 5 & s #2 2 = RK > AS Ed # = = Iv.»'e 2 ed = i Ls Lis i er A = 4 ; LAS y \u201c ÉRF w & ve - x > 9a ¥ + 2 >, 3 = Ps A 2 % t Oe 0 À a A 7 Hs cs - a .i Fe - ae a LE gs ds ES 5 a rr i + 5%.FPR 3 ee + BR) i ê 72h 5 5 Aw iy + ov 8 AT Fp = ; | ; We Aus Sn B SF 5 Ë its 22 Lame Se i > à E TA 35 a La dé RE us Lara AS a Pécs Lead bi od y \u20ac - Fi 24 4 - .38a er of AA fe Ti aE Si 8 & Le F i 47 * = i, + : a KE Ce Le iY Ta Es ÿ 5 7; 3 + Hs iD EN has * ai = Lr ri & 2 be pa fyi z Ke i! of hE ES, A 4 a vy «¥ a oa ARS A 3 cn i dl 2) 31d BS ANTISPASMODIQUE 2 ie 4 3 A I dis æ 5 2 ANTISEPTIQUE wb \u20ac A, Gs ( A 2 My a: = J RESPIRATOIRE n°5 a Zhe ADULTES:\u2014240 gouttes.ENFANTS:\u201412 gouttes par année d'âge.| = A prendre en 4 fois, loin des repas, Ry Us dans une tasse de lait sucré.Gd Sx A $ = & vi se Ss 9 $7 5 4, 5 ES Re i Soak pad ks oY Feb 5 (7 pi et 0: h [eut 4 Hi i! Eat, De 8 A or a YA Fit ay Cope: 4 Ô 7 3 ph e ey Ly À a a; 1 % Lu x 5 in pa 5 > + a 9 ! il | \\/ P [ MULTIPLIE LES INDICATIONS POUR LES ULTRA-VIOLETS .ET POUR CETTE LAMPE G.E.MODERNE ET PEU COÛTEUSE L\u2019emploi de la lampe à ultra-violets G.E.procurera toujours à vos patients et à vous-mêmes des avantages nombreux.Mais c\u2019est surtout pendant l\u2019hiver qu\u2019on appréciera ses bienfaits, alors qu\u2019une foule d\u2019affections saisonnières peuvent découler d\u2019une privation d\u2019ultra-violets.C\u2019est donc pour vous le moyen propice de songer aux remarquables possibilités de cet agent thérapeutique.Cet appareil, connu sous le nom de modèle \u2018\u201cF\u2019?est le plus récent d\u2019une série réputée et il comporte de nombreuses améliorations qui en facilitent le rendement clinique et en diminuent le coût d\u2019opération.La radiation intense du modèle \u2018\u2018F\u2019\u2019 par exemple, est un foyer extrêmement riche cn bandes spectrales reconnues pour posséder les meilleurs effets physiologiques.Le dosage du traitement est toujours précis, parce que cette radiation est uniforme en qualité et en quantité, Bien plus, ces traitements sont courts, car le brûleur \u2018\u2018Uviare\u2019\u2019 est fiable et atteint rapidement son haut degré d\u2019intensité.Il va sans dire, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un produit General Electric que vous pouvez compter sur la longue durée, l\u2019absence de tout ennui et le bas prix d\u2019opération du modèle \u2018\u201cF\u2019\u201d, VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.DISTRIBUTORS FOR GENERAL UV) ELECTRIC X-RAY CORPORATION 4 TORONTO: 30 Bloor St, W.«+ VANCOUVER: Motor Trans.Bidg., 570 Dunsmuir St.MONTREAL: 600 Medical Arts Building - WINNIPEG: Medical Arts Building Le modéle \u2018\u2018F\u2019\u2019 est d\u2019emploi si facile, d\u2019indication si nombreuses et si produe- tif d\u2019excellents résultats qu\u2019il vous prouvera sa valeur comme il l\u2019a fait pour un grand nombre d\u2019usagers répandus dans S.V.P.me faire parvenir tous renseignements utiles concernant l\u2019emploi clinique et le coût de la le monde entier.NOM.cree Nous tenons à votre disposition de la 442 qe .Adresse littérature concernant les indications courantes et saisonnières de la thérapie par ultra-violets et traitant du modèle \u2018\u2018F\u2019°.Ville 1 1 1 | 1 i J 1 I I I | i ! 1 | lampe G.E.à ultra-violets, modèle \u201cF\u201d.I | I | ! | i 1 | I { i i } 1 i § Il n'y a qu\u2019à signer la formule ci-contre.La VI Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal Fondé en 1932 par Oscar Mercier \u2014 Léo-E.Pariseau \u2014 Ernest Prud'homme \u2014 Ernest Trottier BUREAU DE DIRECTION ALBERT JUTRAS, Président LÉO-E.PARISEAU, Vice-Président EDOUARD DESJARDINS, Secrétaire-trésorier REDACTION ANTONIO BARBEAU, Reédacteur-en-chef PAUL DUMAS, Secrétaire de la rédaction Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu est un journal médical rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuls responsables des opinions émises sous leur signature.No 6 Novembre-Décembre 1941 LE NOUVEAU PAVILLON DE L\u2019HOTEL-DIEU Discours prononcés à l\u2019occasion de la pose de la pierre angulaire du pavillon Le Royer de la Dauversière NOTE DE LA RÉDACTION: \u2014 Nous publions dans le présent numéro, le texte des discours prononcés lors de la bénédiction de la pierre angulaire du pavillon Jérôme LeRoyer de la Dauversière, Ie 6 novembre 1941.Le public médical a sans doute appris par les journaux, que l\u2019Hôtel]- Dieu de Montréal, marchant toujours dans la voie du progrès, allait augmenter le nombre de ses lits de près de 200 en édifiant ce nouveau pavillon.Cet événement marque une date dans l\u2019histoire de notre hôpital et dans la vie médicale de la Métropole, et nous avons cru intéressant de présenter à nos lecteurs les allocutions de son Excellence Monseigneur Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, de la révérende Mère Allard, supérieure de lHôtel-Dieu de Montréal, de l\u2019honorable Henri Groulx, ministre de la santé, de monsieur le professeur Oscar Mercier, président du comité exécutif de l\u2019Hôtel-Dieu et de monsieur le docteur Albert Jutras, président du bureau médical.Nous reproduisons à la page suivante une vignette du procès- verbal de la cérémonie qui a été déposé à l\u2019intérieur de la pierre angulaire. a ey RR pA or CN ores sort rare caritt SRE > 4 SEVEN : Ba Daudete le Pape Fe xn .220 pustékseut Foe sourd Pierre, Roibife Suprême de f El vaiverselle: .ft 4 régne de nofre Gracious Souverain.fa Le.\u201cSa Mapeste Georges vi ?pe \u201c : Roi de Grande Breligne, d'Irlande ot do Cone, Empereur dos Ts ches be Buri, CEE PIERRE ANGHAIRE DU PAVILLON JEROME LE ROVER DELA DANERIARE érige à l'œccasion do Ds exrdenaite de la frodation de Fontrial + de son Préraier hapdal, P Hotel Dieu, \u201cœuf bone ot scollée + Son Escollente Worse igneur Loch Lobos.sipiome dvogque.el quatrame archovêqes de Miordrest * of pease.par honorable Min Go, Wickes de ts Bake + d Brer- ghee Bo nl, be sixième gout à du ves de novembre vn fan Bigraer et, 5 deraot: léprscopat i de Sos Eine le cardicat FM: Whereis, omy, ; vingtième Évêque à baième fetes # etes ; qualriame cécdinal du Canad Lu et Jor Termes: d'effice de san É,cellonce Manceigneur Néfonée Anton Duties Apostolique Au Canada ea Toere- \u2018Meus ve du F d Msriieur Siri raid MI dy combs d'Athlone, seizième Qouverneur gévoral du Co + du Tri Honcrable Vallon Lyon Packerzie Ke - premier mnstre do, Canada , È r t fievtenant- er & Québec, & l'honorable BALL God premier \u201cministre d de Eon Worcs Monsieur Aires or Foti bled, mobil 2 ALLOCUTION DU Dr ALBERT JUTRAS 367 UN MOT DE PRÉSENTATION\" Allocution du Dr Albert Jutras Excellences, Monsieur le Ministre, Monsieur le Maire, Révérende Mère, Mesdames, Messieurs, Votre présence ici constitue un témoignage décisif de l\u2019intérêt que vous portez à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Par la puissance de la charité, cette maison a connu des jours de gloire.Si beau que soit ce passé de bien, vous inaugurez en ce moment une ère nouvelle.Les Religieuses Hospitalières, ces admirables continuatrices de Jeanne Mance, ont toujours eu à coeur de rythmer leur dévouement sur l\u2019évolution des sciences médicales et sur les progrès de l\u2019hospitalisation.Votre sympathie, vos contributions à leur oeuvre, votre participation à cette solennité qui sans vous perdrait tout éclat, les transportent de reconnaissance et les engagent à persévérer.En leur nom comme au nom des médecins, leurs fidèles collaborateurs, j'ai l\u2019honneur d\u2019ouvrir cette réunion en vous offrant, avec leurs respects, l'hommage de leur cordiale reconnaissance.LES DEBUTS DE L\u2019HÔTEL-DIEU Discours de S.E.Monseigneur Joseph Charbonneau Révérende Mère Supérieure, M.le Ministre, Messieurs les médecins, Mesdames, Messieurs.Il y a un instant j'avais le bonheur d\u2019appeler, au nom de l\u2019Eglise, les bénédictions du bon Dieu sur ce nouvel édifice en construction destiné à compléter bientôt notre Hôtel-Dieu de Montréal.La formule que la liturgie mettait sur mes lèvres rappelle que c\u2019est le bon Dieu qui est l\u2019auteur de tous biens, ! Les titres des discours sont de la rédaction. 368 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU que c\u2019est lui qui en assure le maintien et en garantit la croissance dans les âmes comme dans toutes les oeuvres humaines.Comme c\u2019est le bon Dieu qui a veillé avec une particulière tendresse sur les origines de cet hôpital, nous le supplions aujourd\u2019hui de prendre sous sa protection ce pavillon si bien commencé et de relever pour notre bien les espoirs pieux que ces murs qui s\u2019élèvent font naître dans nos coeurs.Cette courte cérémonie nous fournit done une occasion de choix d\u2019évoquer brièvement les débuts de notre Hôtel-Dieu, et de lui rendre, en cette année de son troisième centenaire, l\u2019hommage de notre admiration, le témoignage de notre gratitude.Le 17 mai 1642, au cours de la première messe célébrée dans notre île, le père Vimont avait appliqué à nos fondateurs la parabole évangélique du grain de sénevé \u2014 cette semence si petite contient la promesse d\u2019un grand arbre \u2014 et aujourd\u2019hui, elle était jetée en terre par des mains si pieuses \u2014 que sans aucun doute, elle devait pousser, grandir, se multiplier, se répandre de toutes parts.Nous reconnaissons que cette prophétie a reçu dans le développement prodigieux de Montréal un accomplissement magnifique.Ne s\u2019applique-t-elle pas encore, avec autant de vérité à l\u2019histoire de notre Hôtel-Dieu ?Que M.de la Dauversière, dès le 2 février 1630, ait été sollicité par une voix du ciel, à instituer un nouvel ordre religieux d\u2019hospitalières, en l\u2019honneur de S.Joseph, et d\u2019établir dans l\u2019île de Montréal, en Canada, pour le soulagement et l\u2019instruction des malades, un Hôtel-Dieu qui serait desservi par des filles de cet institut: voilà qui tient déjà du merveilleux; c\u2019est bien là tout de même une donnée de l\u2019histoire sur la première origine de notre institution. DISCOURS DE S.E.Mgr JOSEPH CHARBONNEAU 369 Au printemps de 1642, c\u2019est Jeanne Mance qui arrive pour exécuter ce projet, pour fonder l\u2019hôpital, pour supplier les religieuses qui ne pouvaient tout de suite venir.C\u2019est elle qui de 1642 à 1659, comme infirmière admirable de Ville-Marie, prendra soin de nos malades et de nos blessés \u2014 à même le fort on lui avait réservé de petits quartiers, où commence humblement notre premier hôpital.Trois ans plus tard un édifice distinct fut construit; un bâtiment de bois mesurant 60 pieds de long et 24 de large: ce fut notre premier Hôtel-Dieu à Montréal.Quelqu\u2019un avait dit à Jeanne Mance, avant son départ de France qu\u2019il était bon que dans cette entreprise, elle s\u2019oubliât elle-même ; mais qu\u2019il était bon aussi que d\u2019autres en eussent le soin nécessaire.Et c\u2019est Madame de Bullion, la première bienfaitrice de l\u2019Hôtel-Dieu, qui a diverses reprises donna les fonds nécessaires à la construction, au fonctionnement de l\u2019hôpital.Cette oeuvre ainsi lancée, par des mains si désintéressées et si généreuses, devait connaître bien des inquiétudes, des angoisses, des épreuves.Heureusement que Jeanne Mance est là.A un moment critique même elle n\u2019hésitera pas à sauver la colonie, préservant les volontés de ses amies de France, pour mieux sauver et stabiliser son oeuvre.Confidente de M.de la Dauversière, Jeanne Mance ne sera satisfaite que quand elle aura réalisé le dernier projet de sa vie \u2014 faire venir les hospitalières de LaFlèche et leur confier définitivement son Hôtel-Dieu de Montréal \u2014 ce qui fut fait arriva en 1659.Dès lors notre Hôtel-Dieu \u2014 de nouveau reconstruit, toujours intimement lié à la vie et au salut de la colonie, et confié maintenant à un ordre religieux qui en garantit la stabilité \u2014 peut regarder l\u2019avenir avec espoir. 370 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Le feu pourra le détruire en 1695, il renaitra de ses cendres pour reprendre son oeuvre rue St-Paul avant de se fixer enfin au pied du Mont-Royal.Pendant tout ce temps, grâce au dévouement intelligent et discret de nos infirmières religieuses à la compétence exceptionnelle de nos maîtres en médecine et en chirurgie, notre hôpital a conservé toute la confiance de notre population.C\u2019est que, la direction spirituelle donnée par S.Sulpice, l\u2019esprit de foi, de zèle, de charité délicate et profonde, chez qui la recherche et la perfection dans l\u2019art de guérir, considéré comme un art divin, la science et la conscience professionnelle qui président à cette oeuvre, font d\u2019elle une Maisbn-Dieu, un Hôtel-Dieu, comme le moyen âge aimait déjà à désigner les demeures hospitalières que la piété et la charité de nos pères élevaient de concert à Notre-Seigneur dans ses malades et dans ses pauvres.Pendant tout ce temps \u2014 treize autres hôpitaux, conduits par nos hospitalières de St-Joseph, au Canada et aux Etats-Unis, doivent leur fondation à notre maison de Montréal.Le souvenir qu\u2019ils gardent de la maison-mère se traduit par une nostalgie, un mal du pays natal tout à la gloire et l\u2019honneur de notre Hôtel-Dieu de Montréal.Pendant tout ce temps notre Hôtel-Dieu, qui abrite les restes mortels de Jeanne Mance, collectionne des souvenirs, des faits \u2014 des trésors historiques \u2014 que nous serons tous si heureux de mieux connaître en cette année jubilaire.De nos jours, pour répondre aux besoins d\u2019une population cosmopolite, qui dépasse le million, d\u2019autres hôpitaux, qui ont leur mérite aussi, se dévouent dans le soin de nos malades.Mais notre Hôtel-Dieu, par ses origines, son histoire, ses services doit nous rester particulièrement cher.Aussi nous réjouissons-nous aujourd\u2019hui de le voir prendre de nouveaux développements qui viendront dilater encore les bienfaits de son hospitalité. DISCOURS DE LA RÉVÉRENDE MÈRE ALLARD 371 Et de même que Mme de Bullion a daigné se faire la douce providence de nos débuts, de même aujourd\u2019hui nos autorités provinciales, que nous remercions de tout coeur, se sont empressées d\u2019accorder généreusement l\u2019aide de leur appui et de leur encouragemnt.Nous avons donc tout lieu d\u2019espérer que notre Hôtel- Dieu, dans des conditions singulièrement améliorées, continuera chez nous sa grande oeuvre de bienfaisance chrétienne et contribuera à faire rayonner dans notre ville, dans notre province, dans tout le pays, l\u2019excellent renom de nos médecins catholiques et canadiens-français.L\u2019OEUVRE DE JEANNE MANCE Discours de la Révérende Mère Allard, Supérieure Excellence Révérendissime, Excellences, Monsieur le Ministre, Monsieur le Maire, Honorables Messieurs, Monsieur le Supérieur de Saint-Sulpice, Messieurs du Clergé, Mesdames et Messieurs, Qu\u2019il soit permis à l\u2019humble supérieure de l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal de prolonger aujourd\u2019hui une tradition vieille de trois siècles.A l\u2019exemple de Soeur Judith Moreau de Brésoles, première supérieure du primitif Hôtel-Dieu de Ville-Marie, c\u2019est un hymne de reconnaissance à Dieu que je veux entonner, pour le remercier de ses bontés envers notre maison, et dire tout haut merci aux hommes, instruments des bontés de Dieu.En ce 6 novembre 1941, date anniversaire de la mort du fondateur de notre oeuvre, Jérôme LeRoyer de la Dauver- sière, je voudrais aussi dire merci à Notre-Dame et à saint Joseph pour tant de grâces qui ont été versées sur l\u2019antique Hôtel-Dieu de la rue Saint-Paul, au cours du vieux bourg de Ville-Marie, et sur l\u2019hôpital actuel qui date de 1861.Plus appréciables encore que les faveurs temporelles sont les 379 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU grâces spirituelles: grâces de persévérance finale ou de conversion, grâces de ciel conquis par la souffrance.Puis- je signaler un texte essentiel de nos constitutions qui se lit ainsi: « que les soeurs exercent l\u2019hospitalité de telle sorte que les malades soient portés à servir et honorer Dieu, par le bon usage de leurs maladies, et que, sortant de l\u2019Hôtel- Dieu, ils remportent la santé de l\u2019âme avec celle du corps, et que ceux qui y meurent puissent aller au ciel.» Les religieuses hospitalières de Saint-Joseph, conscientes des devoirs et des responsabilités du présent \u2014 la cérémonie d\u2019aujourd\u2019hui le prouve \u2014 veulent ne pas oublier qu\u2019une base morale, une vie de foi surnaturelle, est avant tout nécessaire à leur oeuvre.Il n\u2019est pas surprenant qu'\u2019elles aiment à feuilleter les pages du passé, pour y retremper leur courage, y réchauffer leur charité.Regardant le vaste chantier de construction de 1941 avec ses promesses d\u2019avenir, elles se souviennent des humbles débuts du temps de Soeur de Brésoles, de Soeur Macé, de Soeur Maillet et de leur première novice canadienne, Soeur Morin.Notre foi grandit, notre espérance s\u2019affermit, à relire la description que nous donne notre première annaliste de l\u2019Hôtel-Dieu que connurent Maisonneuve et Jeanne Mance.La voici en quelques lignes : « L\u2019Eglise avait 50 pieds de long sur 24 de large ; la salle des hommes joignait la dite église et avait environ 40 pieds de long, de même largeur que l\u2019église.Au bout de la dite salle, une grande et forte cheminée pour chauffer les malades et fournir à tous leurs offices.Derrière la dite cheminée, il y avait une chambre d\u2019environ 15 pieds de long et d\u2019égale largeur que la salle, sans cheminée pour mettre les femmes malades.Au-dessus des deux salles était l\u2019appartement de nos soeurs, on y montait par un petit escalier de vingt marches, fort étroit.Tout ce monastère consistait en une chambre d\u2019environ 15 pieds en carré, dans laquelle 11 y avait une cheminée à feu.c\u2019était ma soeur Macé qui faisait la DISCOURS DE LA RÉVÉRENDE MÈRE ALLARD 373 lessive ; elle était aussi cuisinière et dépensière et balayait partout.Ma soeur Maillet fut mise hospitalière, cuisinière et dépensière des malades.Ma soeur de Brésoles qui était supérieure prit l\u2019apothicairerie qu\u2019il fallut dresser entièrement dans un petit coin où l\u2019on ne voyait clair que par un faux jour.Elle fit de ses mains la plus grande partie de ses ustensiles, comme fourneaux et boîtes, tablettes, etc.Elle était médecin à ses heures et ordonnait les remèdes dont elle était fort capable.» « L'hiver, ajoute Soeur Morin, l\u2019eau qu\u2019on mettait sur la table pour boire s\u2019y glaçait en l\u2019espace d\u2019un quart d\u2019heure.» Voilà les débuts de notre oeuvre, voilà la crèche de Bethléem où naquit l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Le temps a marché depuis et l\u2019Hôtel-Dieu aussi.Un mode de réfrigération artificielle a remplacé la réfrigération « naturelle » d\u2019autrefois.Je veux quand même affirmer, en la circonstance solennelle de ce jour, que notre plus intime désir est de garder en notre âme et au coeur de notre communauté, dans ces temps nouveaux, la même force de caractère, la même charité ardente, le même dévouement total que nous admirons, à trois siècles de distance, dans nos devancières, ces trois premières mères françaises qui étaient, selon l\u2019expression de Soeur Morin, « les fondements de cet édifice où la Divine Majesté de Dieu doit être servie et honorée jusqu\u2019à la fin des siècles, par un grand nombre de religieuses qui offriront leur vie et leur santé pour être sacrifiées au service des pauvres malades.» La mort fauche les humains, les siècles rongent les plus beaux édifices; mais l\u2019Âme humaine est immortelle et immortelle aussi la beauté qu\u2019on lui donne.De grandes âmes, des coeurs généreux se sont récemment penchés sur notre oeuvre pour en favoriser les progrès dans tous les domaines.Citer des noms serait difficile.Mais il me semble que l\u2019esprit de justice se joint au sentiment de 374 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU la reconnaissance pour me forcer a dire tout haut un merei spécial à certains hommes d\u2019Etat, c\u2019est-à-dire au gouvernement de la province de Québec, qui a permis l\u2019entreprise de 1941-42.Veuille M.le Ministre de la Santé et du Bien-Etre social transmettre à qui de droit l\u2019expression de notre profonde reconnaissance en gardant toutefois pour lui-même la large part qui lui revient.Que Monseigneur notre digne Archevêque veuille bien trouver ici l\u2019expression de notre profonde reconnaissance pour son paternel et bienveillant encouragement particulièrement à la cérémonie de ce jour.Qu\u2019il me soit aussi permis de rendre hommage au dévouement de nos architectes, de même qu\u2019à la bienveillance et à la compétence de notre dévoué entrepreneur général M.Alban Janin.En terminant, je rappelle le souvenir de deux bienfaitrices insignes de notre hôpital, de notre ville, et je réclame pour elles les pavillons auxquels elles ont droit, J \u2019al nommé : Jeanne Mance et Madame de Bullion.D\u2019avance, je remercie tous les futurs auxiliaires et bienfaiteurs de l\u2019Hôtel-Dieu qui nous permettront de parachever l\u2019oeuvre commencée sous de si favorables auspices et je les prie d\u2019agréer, dès maintenant, l\u2019hommage de notre gratitude.Excellence, Mesdames et Messieurs, les religieuses hospitalières de St-Joseph vous remercient avec émotion ; elles prient Dieu de vous rendre, en bienfaits et en consolations, la charité que manifeste votre présence chez elles, en ce jour.MERCI.6 novembre 1941. ALLOCUTION DE L\u2019HONORABLE HENRI GROULX 375 JEROME LE ROYER DE LA DAUVERSIERE Allocution de \"Honorable Henri Groulx Excellence, NosSeigneurs, Révérende Soeur Supérieure, Monsieur le Maire, Monsieur le Président du Conseil Médical, Mesdames, Messieurs, À raison de circonstances d\u2019un ordre tout-à-fait spécial, l\u2019Honorable Premier Ministre de cette province s\u2019est vu dans l\u2019impossibilité absolue de se joindre à nous cet après- midi.\u2019 I] m\u2019a prié de vous dire combien il regrette ce contretemps qui le prive du plaisir de rendre, lui-même, hommage aux religieuses dont le rêve depuis longtemps caressé se réalise, ici même, sous nos yeux.Certains motifs personnels m'\u2019incitent, pour ma part, à déplorer l\u2019absence de Monsieur Godbout.J\u2019aurais voulu lui exprimer, en votre nom et au mien, toute notre gratitude pour la sympathie avec laquelle il a accueilli le projet d\u2019agrandissement de l\u2019Hôtel-Dieu et l\u2019appui généreux qu\u2019il m\u2019a prêté afin que ce projet devienne réalité.Ces sentiments que nous entretenons à son endroit méritaient, certes, d\u2019être soulignés en sa présence.* x x Nous nous sommes réunis, aujourd\u2019hui, pour assister à la bénédiction de la pierre angulaire du pavillon « Jérôme le Royer».Cette imposante cérémonie se gravera pour toujours dans le souvenir de ceux et celles qui vivent ces heures réconfortantes.Rien, eg effet, à notre époque si troublée, ne saurait mieux nous réconcilier avec notre temps que le spectacle de cette oeuvre de charité et de bienfaisance dont nous sommes les témoins.L\u2019Eglise et l\u2019Etat, comme cela se produit si communément dans la Province de Québec, se donnent la main, une fois de plus, non seulement pour manifester la collaboration dont ils ont toujours fait preuve, mais encore pour assurer à nos malades un nouveau temple de santé.Ce n\u2019est pas sans une émotion profonde que nous assistons à 376 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU l\u2019édification d\u2019oeuvres comme celle-ci, sous l\u2019égide des deux puissances qui se partagent l\u2019autorité.Il ne m\u2019appartient pas, peut-être, de faire l\u2019éloge des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de l\u2019Hôtel-Dieu.Je ne puis, cependant, cacher l\u2019admiration et le respect que m\u2019inspire leur travail, celui en particulier de soulager ies malades et de venir en aide aux malheureux.La charité, quand elle s\u2019exerce avec une telle abnégation, l\u2019aumône, quand elle se fait avec tant de discrétion, l\u2019assistance publique sous la direction de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat, présentent contre les doctrines subversives un rempart que ne peuvent égaler en efficacité tous les efforts des réformateurs.Les Religieuses de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, pour s\u2019être données aux oeuvres de cette nature, ont droit à la reconnaissance de nos concitoyens.Elles s\u2019emploient à soulager les malades, sans distinction de classes, à promouvoir les sciences de la chirurgie et de la médecine et à faciliter les recherches y attenantes.Ce sont de véritables soeurs de charité; et un pays qui n\u2019aurait pas de soeurs de charité serait un corps sans âme.Sans ces êtres secourables, que deviendrait la masse?Le dévouement, l\u2019esprit de sacrifice, l\u2019abnégation, le détachement, le désintéressement, l\u2019oubli de soi-même de la religieuse sont le plus bel actif d\u2019une nation.Sous l\u2019impulsion généreuse de la communauté qui l\u2019administre, l\u2019Hôtel-Dieu a pu se placer aux premiers rangs de nos hôpitaux.Puisque nous assistons à une cérémonie qui sert de prélude à la célébration prochaine de fêtes historiques, il n\u2019est que juste de proclamer le mérite de ceux et celles qui ont assuré le développement de cette institution.C\u2019est vraiment un geste délicat et des plus louables que la communauté a posé à la mémoire de son fondateur, Jérôme Le Royer de la Dauversière, lorsqu\u2019elle a voulu donner son nom à ce superbe édifice qui sera complété dans quelques mois.Il est heureux qu\u2019on ait pensé à consacrer sur des bases aussi solides le souvenir de celui à qui, de l\u2019aveu de ALLOCUTION DE L\u2019HONORABLE HENRI GROULX 377 son confesseur et des historiens qui ont relaté le fait, «la voix divine ordonna de fonder à la Flèche un Hôtel-Dieu et des soeurs hospitalières, et d\u2019établir ensuite à Montréal une colonie, puis un hôpital où ces religieuses iraient un jour se consacrer au soulagement et à l\u2019instruction des malades ».L'histoire a démontré jusqu\u2019à quel point ces prédictions se sont réalisées.La cérémonie d\u2019aujourd\u2019hui et les fêtes du tricentenaire donneront à des voix autorisées l\u2019occasion de chanter les mérites de ce noble personnage qui, avec les missionnaires, les communautés, les découvreurs et les colons, a uni dans un même et généreux dessein la prolongation de la France et l\u2019établissement de la foi romaine sur le nouveau continent.A ce nom de Jérôme Le Royer de la Dauversière, comment ne pas associer celui de ses compagnons et de ses compagnes des premières heures?« O grandes et nobles âmes, s\u2019écriait Son Excellence Monseigneur Bruchési, de Bullion et Jeanne Mance, Olier, de la Dauversière et Mai- sonneuve, déjà, je n\u2019en doute pas, vous avez reçu du juste juge, au regard duquel rien n\u2019échappe, la récompense de vos sacrifices et de vos apostoliques travaux.Dans l\u2019éternelle gloire où vous êtes entrée, que vous importent les ovations de la terre et les pauvres louanges que nos lèvres vous balbutient?Mais qu\u2019il nous soit permis de vous chanter, pour l\u2019acquit de nos consciences de patriotes et de chrétiens, et pour l\u2019édification du peuple dont vous restez l\u2019impérissable honneur.Grâce à Dieu, la flamme sacrée allumée en vous par la foi s\u2019est communiquée aux continuateurs de vos oeuvres et elle ne s\u2019éteindra pas ».Oui, Mesdames, Messieurs, le feu divin de la charité et du dévouement brûle encore dans le coeur des Soeurs de l\u2019Hôtel-Dieu.Je ne puis m\u2019empêcher de faire appel au passé glorieux pour justifier le présent.La fête d\u2019aujour- d\u2019hui comporte en soi une signification: n\u2019est-elle pas l\u2019aboutissement logique des visions de Jeanne Mance et de la Dauversière? 378 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Le premier pasteur, comme autrefois, occupe la première place.Il bénit la pierre angulaire d\u2019un édifice où tant de malades viendront chercher le soulagement de leurs maux et la guérison de leurs plaies.Que l\u2019oeuvre de l\u2019Hôtel-Dieu vive à jamais et protège la santé de notre population.Dieu soit loué de nous avoir donné depuis trois siècles des pasteurs zélés, des religieuses dévouées et ds médecins soucieux de notre bien-être.L\u2019HÔTEL-DIEU ET LA MÉDECINE À MONTRÉAL Discours du Dr Oscar Mercier Excellences, M.le Ministre de la Santé, M.le Maire, Révérende Mère supérieure, Mesdames et Messieurs, Lorsque au matin du 18 mai 1642, deux petits voiliers et deux chaloupes amenèrent enfin dans l\u2019Ile de Montréal Maisonneuve, Jeanne Mance, accompagnés de Madame de la Peltrie, bienfaitrice de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, et sa recrue avec quelques Jésuites, l\u2019histoire médicale de Montréal et celle de l\u2019Hôtel-Dieu prenaient origine.M.Faillon nous rapporte le fait suivant: « M.de Maisonneuve en arrivant à Tadoussac fut agréablement surpris d\u2019y trouver un de ses amis intime, M.de Coupron amiral de la flotte de Compagnie de Nouvelle- France.Il lui raconte la perte de son chirurgien dont les services lui auraient été indispensables dans la formation du nouvel établissement qu\u2019il ne pouvait faire sans qu\u2019il y eut bien du sang répandu.M.de Coupron lui offrit généreusement son propre chirurgien et celui-ci, informé du besoin qu\u2019on aurait de lui, se présenta gaiement, fit descendre son coffre dans la chaloupe préparée pour M.de Maisonneuve et partit avec lui pour Québec.» Ce chirurgien se nommait Jean Pouppé.Il assista à la première messe que célébra le Père Vimont dans l\u2019île de Montréal et devint le premier.médecin et chirurgien du DISCOURS DU Dr O.MERCIER 379 petit hôpital que Mlle Mance avait fait construire dès la fin de 1642.Au mois de novembre 1648, nous retrouvons dans les papiers de l\u2019étude de Jean de Saint Père, la signature de Jean Pouppé qui assista à la naissance des premiers enfants issus de parents européens à Montréal.Entre temps, le petit hôpital devenait une réalité.Le 12 janvier 1644 le contrat de fondation de l\u2019Hôtel-Dieu fut signé à Paris par Mme de Bullion.Maisonneuve et Jeanne Mance firent alors exécuter promptement les travaux en 1645 et bientôt la construction de l\u2019Hôtel-Dieu devenait un fait accompli.Nous n\u2019avons pas ici l\u2019intention de dresser l\u2019histoire entière des médecins de notre institution.Cette tâche nous serait irréalisable, d\u2019une part par la destruction des archives de l\u2019Hôpital lors des deux incendies au début de la colonie et d\u2019autre part par le court laps de temps dont nous disposons.Notre désir est de brosser un tableau général qui nous permettra de comprendre l\u2019influence que les médecins de l\u2019Hôtel-Dieu ont exercé sur l\u2019évolution de la médecine à Montréal.Le premier médecin qui ait passé un contrat régulier avec les autorités de notre hôpital se nomme Etienne Bou- chard.Arrivé en 1653, avec la recrue, il demeure à Montréal jusqu\u2019à sa mort, survenue en 1676.Avant son départ de France, il s\u2019était engagé par contrat à demeurer cinq ans a Montréal.Pendant ce temps, il devait être logé et couché, fourni de tous les instruments nécessaires pour exercer son art et recevoir 150 livres de vingt sous par an.Il est intéressant de noter que le premier curé Sulpicien de Montréal, l\u2019Abbé Gabriel Souart, débarqué, en 1657, donna des soins aux malades de l\u2019Hôtel-Dieu entre 1660 et 1684.Il avait étudié la médecine et on prétend que le Souverain Pontife l\u2019autorisa à soigner, s\u2019il était nécessaire.Il fut l\u2019exéeuteur testamentaire de Mlle Mance qui mourut le 18 juin 1673.Il veilla à l\u2019accomplissement de son voeu 380 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU suprême: le dépôt de son coeur dans la chapelle de l\u2019Hôtel- Dieu.Nous sommes justifiés à nous demander si l\u2019Abbé Souart, puisqu\u2019il était médecin, n\u2019aurait pas été celui qui aurait prélevé le coeur de notre héroïne.En temps que lui, Rapin dit la Musette est inscrit sur la liste des chirurgiens de notre hôpital pour les années 1679 et 1686.Deux chirurgiens de l\u2019Hôtel-Dieu, Antoine Forestier et Jean Martinet de Fonblanche sont engagés par cet hôpital par un acte de Mauzue en date du 13 juillet 1681.Les deux chirurgiens s\u2019engagent à servir l\u2019hôpital, à panser et médicamenter tous les malades, à se rendre par quartier de trois mois en trois assidus à visiter les malades sur les sept heures d umatin, par chaque jour et autres heures si nécessaires, l\u2019un pour l\u2019absence de l\u2019autre, à requisition, moyennant 75 livres par an, chacun, les remèdes étant fournis par l\u2019hôpital.Ils indiquèrent ainsi aux générations futures des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu de commencer leur service tôt.L\u2019un et l\u2019autre semblent posséder le sens des affaires.Forestier fit établir par le tribunal (24 avril 1711) que les officiers des troupes n\u2019avaient droit d\u2019être traités gratuitement que pendant leur séjour à l\u2019Hôtel-Dieu.| Martinet de Fonblanche est le premier médecin de Montréal qui ait recours à un avocat pour réclamer les honoraires.En effet, le 11 février 1670 le juge de Montréal condamnait Louis Losel a lui payer 20 livres pour services de chirurgie.Martinet de Fonblanche a encore le mérite d\u2019avoir été le premier professeur de médecine au Canada.Il fit école Le 15 février 1674 il engage son beau-frère Paul Prud\u201d- Homme.Le 16 décembre 1681, François Tardy devient son engagé pour trois ans.Enfin, le 19 novembre 1686, Pierre Malidor, fils d\u2019un chirurgien lyonnais, choisit le sieur Martinet pour lui enseigner l\u2019art de chirurgie pendant 4 ans.Le premier écrivain médical de Montréal fut un médecin de DISCOURS DU Dr O.MERCIER 381 notre hôpital, J.C.Gaillard qui, en 1667, écrit un curieux rapport sur le décès d\u2019un consomptif à la Pointe St-Charles.Joseph Benoist est le premier Montréalais à exercer la médecine dans cette ville.Né à Montréal en 1712, il semble être l\u2019élève de Thaumur de la Sorce chirurgien de notre hôpital en 1689.Il figure sur la liste de nos chirurgiens entre les années 1715 et 1726.C\u2019est avec lui qu\u2019eut lieu au Canada la première dispute avec les Irlandais.En effet, en 1718, arriva à Montréal un médecin irlandais Timothy Sullivan, dont le nom francissé répondait à celui de Thimothée Silvain.Débarqué sur nos rives, il se serait installé à Varennes où, en 1720, il épousa Marie Renée Gauthier, fille de la Vérendrye.Il obtient par l\u2019influence du sieur Gauthier, qui venait de découvrir les montagnes Rocheuses, un brevet de médecin du Roi.Ses démélés avec la justice sont nombreux et ses chicanes avec les autres médecins du temps multiples.Son nom n\u2019apparaît sur la liste de nos médecins que durant les années 1725 à 1730; il est probable que les autorités de l\u2019Hôtel-Dieu ne l\u2019ont eu à leur service que durant 5 ans à cause de son violent caractère.Le temps s\u2019écoule rapidement et nous voilà déjà au centenaire de l\u2019Hôtel-Dieu.Etaient alors Médecins et Chirurgiens de cette institution: \u2014 Messieurs Joseph Benoit, décédé en 1742; Laboisière, originaire de St-Corentin et Charles Joseph Alexandre Ferdinand de Feltz, né à Rabstat en Autriche.En Nouvelle-France, les familles sont nombreuses et nous notons qu\u2019un des Chirurigens de l\u2019Hôtel- Dieu était père de 22 enfants.Il s\u2019agit de Louis Nicolas Landriaux, dit La Lancette, surnom médical sans doute, chirurgien de notre maison en 1760 lors de la sécession.La domination anglaise est une période plus rapprochée de nous.De 1760 à 1860, date de l\u2019établissement de l\u2019hôpital sur les terrains actuels, les chirurgiens et médecins suivants figurent sur notre liste : D.de Bonne, F.Auger, À.Vallière, Ed.Sym.W.Siebi, P.Beaubien, R.Nelson, célèbre au cours de la rébellion de 1837, W.Vallée, P.Munro, L.G.Bibaud, 382 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU G.Pelletier, J.C.Coderre, E.H.Trudel, Thomas D\u2019Orson- nent, L.Boyer, J.P.Rottot.Au début de la domination anglaise, jusqu\u2019en 1872, les médecins anglais sont les seuls artisans de la profession.En 1822, ils fondent l\u2019Université McGill, et en 1847, le Collège des Médecins et Chirurgiens de Québec.En somme la médecine canadienne-française est inexistante au point de vue influence.L\u2019Hôtel-Dieu a bien en 1860 déménagé et construit sur le site actuel, l\u2019hôpital le plus moderne alors d\u2019Amérique, les médecins canadiens français n\u2019ont aucune influence sur les directives médicales.Le collège des Médecins et des Chirurgiens de Québec est dirigé par les Médecins anglais et seule l\u2019Université McGill enseigne la médecine à Montréal jusqu\u2019en 1872.Vers cette époque, l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, dite Ecole Victoria fondée en 1843 par des médecins anglais, passe au contrôle de nos confrères et prend un caractère nettement français.Son personnel comprend des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu, Munro, Nelson, Bibaud, Pelletier, Boyer, Coderre, Trudel, D\u2019Orsonnens.En 1874 grâce à l\u2019aide généreuse de notre hôpital, un édifice sera construit sur l\u2019Avenue des Pins, face à nos immeubles pour y loger l\u2019Ecole Victoria.Celle-ci jusqu\u2019en 1878 enseignera seule à Montréal la médecine fran- caise.Le ler janvier 1872, le premier numéro de l\u2019Union Médicale du Canada paraissait.La majorité de ses parrains étaient médecins de l\u2019Hôtel-Dieu.Son Rédacteur en Chef le Dr J.P.Rottot quitta notre institution en 1880 pour fonder l\u2019hôpital Notre-Dame.A.T.Brosseau qui devient chirurgien en chef de la nouvelle institution et E.P.Lachapelle, futur doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval, l\u2019accompagnent.Ils sont de chez-nous.En 1877, le Collège des Médecins et Chirurgiens de Québec qui avait été depuis sa fondation en 1847 sous le contrôle anglais, passe sous la direction de nos compatriotes.Trois médecins de l\u2019Hôtel- Dieu en 1877 en dirigent les destinées ; Rottot est le Prési- DISCOURS DU Dr O.MERCIER 383 dent, Dagenais le secrétaire et E.P.Lachapelle le trésorier.Sir William H.Hingston qui a jeté tant d\u2019éclat dans notre institution, est le second Président de 1886 a 1889.En 1900 la médecine canadienne-francaise franchit une autre étape dans son perfectionnement scientifique.La Société Médicale de Montréal est constituée et son premier Président en est Hervieux, médecin chef de l\u2019Hôtel-Dieu.Entre temps, notre institution fournit des éléments à la direction des affaires de Montréal et du pays.Sir William H.Hingston est élu maire de Montréal et membre du Sénat.J.J.Guérin occupe le poste de premier magistrat de la métropole et est député de Ste Anne à la législature fédérale.Au point de vue scientifique, les médecins de l\u2019Hôtel- Dieu continuent la course en avant.Marien, imbu des idées de Pasteur, revient d\u2019Europe en 1898 et installe les premières salles d\u2019opérations aseptiques.De plus, nous voyons plusieurs de nos médecins nous quitter pour répandre les notions scientifiques ailleurs ou fonder de nouveaux hôpitaux.Le professeur J.E.Dubé est le premier président du bureau médical de l\u2019Hôpital Ste-Justine que des dames charitables, parmi lesquelles figure Mme Beaubien, viennent de fonder (1907).Il crée en 1911 l\u2019Institut Bruchési et plus tard ses colonies de vacances.Après la grande guerre un nouvel hôpital Ste-Jeanne d\u2019Arc est érigé en 1919 pour répondre au besoin hospitalier croissant; son fondateur le Dr François de Martigny est chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Enfin, le dernier hôpital construit à Montréal, St-Luc, a pour organisateur scientifique le professeur P.Z.Rhéaume, chirurgien de notre maison de 1910 à 1932.C\u2019est parmi le personnel médical de l\u2019Hôtel-Dieu que l\u2019on puise pour remplir les cadres de l\u2019Hôpital Laval en 1914; son commandant, le Dr Georges Beauchamp, son médecin chef, le professeur P.Z.Rhéaume, sont de notre maison.Mesdames et Messieurs, je m\u2019exceuse de vous avoir exposé si rapidement l\u2019influence que les médecins de l\u2019Hôtel- Dieu ont exercé sur l\u2019évolution de la médecine au Canada 384 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL DIEU français.Les origines de la médecine à Montréal sont dans cette chambre de famille à la Flèche, où M.Jérôme Le Royer de la Dauversière, dont nous célébrons aujourd\u2019hui la mémoire, réunissait les siens aux alentours de 1630 pour leur faire part de son projet d\u2019instituer un ordre de Religieuses hospitalières qui honorassent St-Joseph et d\u2019établir à Montréal, au Canada un hôpital qu\u2019elles desserviraient.Les médecins de cet Hôtel-Dieu que Mlle Jeanne Mance fonda grâce à la générosité de Mme De Bullion, surent se montrer au travers des siècles digne des gestes héroïques posés par les fondateurs de Ville-Marie.Ils surent tenir, au cours de l\u2019évolution scientifique de la médecine, la première place et, souvent même, agir en précurseurs.Nous ne croyons pas que la génération actuelle des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu ait dégénéré.Leur désir et leur ambition est d\u2019imiter leur prédécesseurs.Vous savez que la modernisation du système hospitalier consiste dans une spécialisation intelligente complétée par la collaboration intime entre les divers services.Depuis quelques années le Bureau Médical a procédé à la réorganisation de ses départements pour réaliser cet idéal.La construction de ce nouveau pavillon « Jérôme Le Royer de la Dauversière » permettra, non seulement de loger plus confortablement les malades privés de notre maison, mais, aussi, de compléter cette réorganisation intelligente jointe au traavil de collaboration entre les différentes spécialités.Celle-ci sera totale, lorsque le projet de construe- tion des autres pavillons sera réalisé, Les médecins de l\u2019Hôtel-Dieu, dont je me fais l\u2019interprète, sont donc heureux de l\u2019événement qui nous réunit aujourd\u2019hui.Ils me prient de remercier d\u2019une part, le Gouvernement de la Province de Québec et d\u2019autre part les Religieuses Hospitalières de St-Joseph qui ont fourni les capitaux nécessaires à l\u2019édification du pavillon de La Dauversière, qui marquera une étape dans l\u2019évolution scientifique de notre maison. LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE 385 LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE Par NOËL MAILLOUX, O.P.Pour une jeune science qui vient de prendre conscience d\u2019elle-même, rien n\u2019est plus difficile, souvent, que de conquérir sa place au soleil.Son originalité consiste proprement en ce qu\u2019elle nous suggère un angle de visibilité qui, soudain, fait passer au premier plan certains aspects jusque là négligés d\u2019une réalité autrement familière.Il n\u2019est pas rare, en effet, que ne soit ouvert à l\u2019observation aucun domaine vraiment nouveau, bien plus, que les procédés d\u2019exploration mis en oeuvre restent, dans l\u2019ensemble, ceux-là mêmes qui servirent à d\u2019autres fins.Quoi d\u2019étonnant, dès lors, si quelques esprits perspicaces et créateurs entrevoient seuls la portée des recherches à entreprendre et la fécondité des résultats attendus ?Pour les autres, au contraire, la tentation est forte d\u2019alléguer paresseusement le respect dû à une Tradition, à une Ecole, et de s\u2019accrocher obstinément à la routine.Comme celui des autres sciences, le développement de la psychologie présente deux phases bien distinctes : la première, consistant surtout dans un effort de généralisation, puis de systématisatton organique de données universelles et abstraites; la seconde, dans l\u2019utilisation de ces données pour une connaissance plus approfondie et plus nuancée de l\u2019individu, dans une tentative d\u2019application aux cas particuliers apparemment les plus divers.Démarches souvent parallèles, entravées l\u2019une et l\u2019autre par une opposition tenace qui, aujourd\u2019hui, ne trouve plus pour s\u2019exprimer que quelques voix retardataires.Sur le plan théorique, d\u2019abord, la psychologie nouvelle se heurta aux préjugés d\u2019une spéeu- lation philosophique décadente, et la violence de sa réaction l\u2019entraîna dans des égarements regrettables !.Plus tard, ! Nous référons, à ce sujet, à la très suggestive introduction que MORTIMER J.ADLER vient d\u2019écrire pour le nouveau livre de R.E.BRENNAN : Thomistic Psychology.The Macmillan Co., New York, 1941. 386 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU sur le plan des applications, elle devait affronter, dans le domaine particulier qui nous intéresse présentement, 1\u2019incompréhension hostile des psychiatres 2.Au moment ou nous écrivons, certes, il serait exagéré de prétendre que la psychologie clinique soit parvenue à circonscrire parfaitement le champ de ses activités, que ses méthodes de diagnostic et de traitement soient de tout point irréprochables.Il appartient à celle, parmi les disciplines récentes, qui peut se vanter d\u2019en être arrivée là, de lui jeter la première pierre ! En attendant, à ses détracteurs, il convient de répondre avec Galilée : « Eppur si muove !» En effet, depuis le début du siècle, on a vu les cliniques se multiplier sur ce continent, et les services rendus par le psychologue consultant y sont appréciés, désormais, comme ils le méritent.Il s\u2019agit done d\u2019une voie éprouvée.Aussi, les circonstances nous ayant permis de nous renseigner, par l\u2019étude et par l\u2019expérience immédiate, sur la théorie et la pratique de cette profession nouvelle, estimons-nous opportun d\u2019encourager ceux, parmi nos étudiants, qui sont doués d\u2019une solide intelligence et sont capables d\u2019initative, à s\u2019y engager résolument.C\u2019est à eux, surtout, que ces pages s\u2019adressent.Mais, pour sûr, médecins, éducateurs, prêtres et assistantes sociales, doivent demeurer dans l\u2019orbite de nos préoccupations, puisque leur collaboration de tous les instants est souvent indispensable et même essentielle au bon fonctionnement de la clinique psychologique.D'ailleurs, on ne tardera guère à apercevoir jusqu\u2019à quel point sont complémentaires les rôles assumés par chacun de ces spécialistes, lorsqu\u2019il s\u2019agit de découvrir une issue au laby- ?La crainte de perdre des positions péniblement conquises aurait- elle été à l\u2019origine de cette résistance?Une remarque de C.M.LOUTTIT tend à le faire croire : \u201cIt is in point to mention here that psychiatry itself has not had a ready acceptance by the other medical specialists.Before the War it was the Cinderella of the medical family; since then, while it has made considerable advance, it is still far from wholly accepted by the nonpsychiatric physician (The Nature of Clinical Psychology.Psychological Bulletin, 1939, 36, p.380)\u201d. LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE 387 rinthe de difficultés où se trouve parfois emprisonnée une personne humaine.Méthodiquement, nous allons nous appliquer à préciser les conditions de ce travail en collaboration, après avoir ébauché une description sommaire de la clinique psychologique.I Dans le monde médical comme dans le grand public, l\u2019idée que l\u2019on se fait du psychoclinicien s\u2019avère presque toujours en désaccord plus ou moins accentué avec la réalité.Assurément, l\u2019imprécision et même l\u2019inexactitude rencontrées là n\u2019ont pas de quoi surprendre, entretenues qu\u2019elles sont par une double équivoque que nous tenterons, tout de suite, de dissiper.D\u2019une part, le recours incessant, à défaut de mieux, à un vocabulaire emprunté au médecin (clinique, diagnostic, traitement, etc.), contribua fortement à faire croire que le psychoclinicien s\u2019intéresse principalement aux débiles mentaux et aux anormaux.Dans la bouche d\u2019un grand nombre, psychologie clinique est synonyme de psychologie médicale ou de psychothérapie, et, volontiers, on considère l\u2019intervention du psychologue comme une partie intégrale d\u2019un examen clinique et d\u2019un traitement complets.D\u2019autre part, l\u2019extrême popularité dont jouissent, depuis quelques années, les tests d\u2019intelligence, d\u2019aptitudes, de personnalité, explique que bien des médecins, des psychiatres, des pédagogues et des assistantes sociales, ne possédant qu\u2019une connaissance superficielle de la psychologie, en sont venus à confondre la psychologle clinique avec la psychométrie.De toute évidence, l\u2019intervention du psychologue en psychopathologie est pleinement justifiée, car elle concourt à rendre plus efficace l\u2019action du médecin-psychiatre ou neurologiste.À la suite de récentes expériences, on entrevoit même la possibilité, en s\u2019appuyant sur les techniques 2388 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU psychologiques, d\u2019atteindre à une individualisation du dia- gnostie qui permettra de procéder moins à tâtons dans l\u2019application des traitements en usage et de mieux délimiter les conditions de leur efficacité !.Mais, devant les prétentions de ceux qui persistent à réduire le rôle du psychoclinicien à quelques opérations de mesure et à le cantonner dans le champ étroit de l\u2019anormal et du pathologique, ce dernier ne manquera pas de s\u2019insurger énergiquement.À ses yeux, en effet, la psychométrie est loin de représenter une méthode exclusive d\u2019aborder l\u2019étude d\u2019un problème individuel, et, tout autant que la psychothérapie, le traitement moral, social et pédagogique l\u2019intéresse !.Peut-être, fera-t-on ressortir de façon plus concrète le caractère particulier des préoccupations qui l\u2019animent, en rappelant avec S.D.Por- teus ?que son client lui apparaît, non pas comme un «patient », mais comme un « cas ».Après avoir écarté des malentendus qui peuvent aisément se perpétuer dans l\u2019esprit de ceux qui, de par leur formation, sont demeurés étrangers au véritable point de vue du psychoclinicien, c\u2019est à ce dernier qu\u2019il convient de demander comment il conçoit son rôle.Pour cela, au lieu d\u2019accorder toute notre attention à quelques voix isolées, nous croyons plus simple et plus prudent de nous rallier à une description qui a obtenu l\u2019assentiment général des membres de 1\u2019 « American Psychological Association » s\u2019intéressant particulièrement à la psychologie clinique, et qui revêt 1Cf.WALTER C.SHIPLEY and FRITZ KANT, The Insulin-Shock and Metrazol Treatments of Schizophrenia, With Emphasis on Psychological Aspects.Psychological Bulletin, 1940, 37, p.270; NOEL MAILLOUX and MAURICE NEWBURGER, The Work Curves of Psychotic Individuals.The Journal of Abnormal and Social Psychology, 1941, 36, pp.110-114.1 \u201cClinical Psychology is not psychometrics; it is not medical psychology, nor does it deal primarily with the subnormal or abnormal.The field includes all of these, but it is broader than any of them.\u201d (C.M.LOUTTIT, Loc.cit., p.370.) 2 Cf.The Practice of Clinical Psychology.American Book Company, New York, 1941, p.7. LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE 389 de ce fait un caractère semi-officiel.Voici donc les éléments essentiels de cette description : a) La psychologie clinique est une branche de la psychologie appliquée.En d\u2019autres termes, il s\u2019agit d\u2019un art appliquant à la connaissance de l\u2019individu un certain nombre de données fournies par la psychologie générale.Mais, bien que ce rapport de continuité nous renseigne sur l\u2019orientation générale de son développement et sur les principes qui le gouvernent, il va sans dire que, dans ses applications, certaines modalités accidentelles sont dictées à la psychologie clinique par les autres sciences de l\u2019homme.b) La psychologie clinique vise à déterminer le potentiel d\u2019action d\u2019un individu, i.e.à englober dans un schème unique son comportement actuel et son comportement possible.Dans ce but, elle tâche de fixer d\u2019une façon précise ses talents, son information, ses aptitudes, son niveau d\u2019intelligence.e) Elle vise, aussi, à définir les modalités caractéristiques de ce comportement individuel ; à découvrir les motivations, les inhibitions, les bouleversements émotifs qui les ont provoquées.d) Quant aux techniques qui ouvrent l\u2019accès à l\u2019intelligence de cette conduite individuelle, elles peuvent être empruntées au laboratoire de psychologie ou aux expérimentateurs qui travaillent dans un domaine voisin.On pourra même recourir simultanément à la mesure (tests), à l\u2019analyse, a l\u2019observation (case history).e) Enfin, interprétant les résultats ainsi obtenus dans la lumière des données fournies par les examens physiques et l\u2019étude des influences extérieures qui ont agi sur l\u2019individu au cours de son développement, on s\u2019efforce de résoudre les difficultés présentes et de suggérer les conditions d\u2019une adaptation meilleure. 390 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Actuellement, dans le pays voisin, la clinique psychologique est trés souvent attachée a une institution sociale ou philantropique : école, organisation charitable, maison de santé ou de correction, tribunal pour enfants, ete.Mais on s\u2019accorde généralement à reconnaître qu\u2019elle trouve sa place naturelle dans un Institut de Psychologie universitaire, comme la clinique psychiatrique ou neurologique trouve la sienne dans un grand hépital.Dans ces conditions, en effet, les étudiants en psychologie peuvent plus facilement s\u2019initier à la pratique sous la direction des maîtres, et, surtout, les recherches sont entreprises et poursuivies avec plus de zèle.De nos jours, encore, l\u2019enfant semble accaparer à son profit la plus grande part de l\u2019intérêt.Mais, de plus en plus, des cliniques s\u2019organisent dont la clientèle est constituée exclusivement d\u2019adultes.On imagine facilement la variété et la complexité des motifs qui détermineront ceux-ci à recourir à la compétence du psychologue.Quant aux difficultés les plus ordinaires qui amèneront les parents, une organisation charitable, l\u2019autorité scolaire ou judiciare, à consulter le psychoclinicien au sujet d\u2019un enfant qui leur est à charge, tout récemment, après avoir compulsé de nombreux dossiers, un psychologue de nos amis, maintenant attaché au tribunal pour enfants de Columbus, Ohio, les ramenait à trente-cinq principales.Un examen attentif permet de les répartir en dix catégories qu\u2019il peut être utile d\u2019énumérer ici.On a done : 1) des difficultés dont l\u2019école est responsable, et qui peuvent être d\u2019ordre académique, ou se présenter comme des désordres de la conduite; 2) des difficultés provoquées par les déficiences du milieu familial; 3) des mé- sadaptions de la conduite : réactions anti-sociales ou anormales; 4) des délits pouvant être envisagés sous l\u2019angle moral ou social; 5) des déviations de la sexualité; 6) des troubles du langage; 7) des troubles physiques : organiques ou fonctionnels; 8) des troubles glandulaires; 9) des LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE 391 problèmes d\u2019orientation ; 10) enfin, des situations où la détermination du niveau mental de l\u2019enfant est exigée, v.g.lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019arrêter un programme de rééducation, d\u2019attribuer une bourse d\u2019études, etc.De nombreuses monographies sont consacrées à chacune de ces diverses catégories dont la liste pourrait être allongée.Déjà, même, la littérature est assez vaste et les techniques assez différenciées pour qu\u2019il soit avantageux, dans une clinique bien organisée, de confier à des psychotechniciens différents, les cas d\u2019orientation scolaire, éducationnelle et professionnelle; les cas de crime et de délinquance ; les cas d\u2019enfant d\u2019age pré-scolaire et de mésadaptations familiales; le diagnostic de la débilité mentale et la solution des problémes que posent les enfants infirmes, ceux dont la vision est déficiente et le langage défectueux®.Quant aux ouvrages qui contiennent un exposé synthétique des principales catégories de cas rencontrés, des procédés de diagnostic, des méthodes de traitement, nous nous contenterons de citer ceux de C.M.Louttit de P.M.Symonds?, de K.C.Garrison 3, du personnel de 1\u2019Institute for Juvenile Research de Chicago *, de S.D.Porteus °.Il Nous venons de décrire sommairement l\u2019activité du psychoclinicien.À mesure que l\u2019on se rend mieux compte de l\u2019ampleur et de la complexité de sa tâche, on aperçoit davantage la nécessité pour lui d\u2019une franche collaboration 1 Cf.S.D.PORTEUS, Loc.cit., p.29.1 Clinical Psychology.Harper & Brothers, New York, 1936.2 Diagnosing Personality and Conduct.D.Appleton-Century Co., New York, 1931.3 The Psychology of Exceptional Children.The Ronald Press Co., New York, 1940.4 Child Guidance Procedures.D.Appleton-Century Co., New York, 1937.5 The Practice of Clinical Psychology.American Book Company, New York, 1941. 392 LE JOURNAL DE L'HÔTEL DIEU avec les autres spécialistes ®.L\u2019isolement, pour le psychologue, est un non-sens.D'ailleurs, il en va ainsi pour le médecin et le sociologue dès qu\u2019ils prétendent interpréter un comportement individuel.En s\u2019appuyant sur de nombreux exemples, les divers spécialistes de la clinique de Chicago \u2018 n\u2019hésitent pas à reconnaître, avec une modestie et une largeur de vue qui n\u2019enlèvent sûrement rien à leur compétence, qu\u2019il est impossible d\u2019en arriver, dans ce domaine, à un traitement efficace et bien équilibré qui ne soit le résultat d\u2019un échange de points de vue.L\u2019apport des uns permettant de compléter ou de nuancer celui des autres, on finit pas s\u2019entendre sur un certain nombre de conclusions pratiques, que l\u2019on assouplira encore si les difficultés de l\u2019application l\u2019exigent.Bref, on se rend parfaitement compte, ici, que l\u2019infinie variété des cas individuels comporte trop d\u2019imprévu pour s\u2019accommoder des cadres rigides d\u2019un dogmatisme pédant.Mais, maintenant que nous savons à quoi nous en tenir sur le rôle du psychologue, essayons de définir rapidement celui qui revient à ses collaborateurs immédiats dans une clinique de ce genre.Le médecin.Pour définir les relations qui existent entre la médecine et la psychologie, la « White House Conference on Child Health and Protection » créa une commission spéciale dont tous les membres, sauf un psychologue, étaient des médecins.D\u2019une part, la commission reconnaît très explicitement, dans son rapport, que le médecin est habituellement mal préparé pour juger de la portée d\u2019une mésadaptation de la conduite et pour tenter une réadaptation de la $ C\u2019est dans cet esprit que nous avons tenu, nous-même, à aborder l\u2019étude des principaux problèmes éducationnels.Psychologues, médecins, psychiatres, neurologistes, philosophes et moralistes eurent leur mot à dire dans les Congrès que nous avons organisés à cette fin.Cf.L\u2019Hygiène mentale et l\u2019éducation et Les parents et l\u2019enfant.Les Editions du Lévrier, Ottawa, 1940-1941.1 Cf.Op.cit, chap.X, pp.148-155. LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE 393 personnalité !.D\u2019autre part, un psychologue averti sait fort bien qu\u2019il serait téméraire de vouloir interpréter une conduite sans tenir compte de l\u2019état physique général de son sujet.Il n\u2019est que trop évident que son attitude et les procédés auxquels il aura recours, varieront du tout au tout, selon que les désordres d\u2019un comportement donné s\u2019expliquent par les déficiences du milieu familial, ou par une lésion organique du système nerveux central, un trauma, un trouble endocrinien.De même, si l\u2019assistance du psychologue s\u2019avère précieuse dans le traiement des névroses et des psychoses, il demeure indubitable qu\u2019il revient au psychiatre et au neurologiste d\u2019en assumer la responsabilité.Bref, on rencontre, en clinique psychologique, des cas assez nombreux où l\u2019intervention du pédiatre, du neurologiste, du psychiatre, ete, pourra être indispensable et même prépondérante.Pour ce qui est des cas plus fréquents, où une intervention directe n\u2019est aucunement nécessaire, pour le traitement, l\u2019examen médical continue d\u2019être un élément essentiel de l\u2019interprétation adéquate et prudente de la conduite ! L\u2019assistante sociale.Habituellement, l\u2019un des membres du personnel de la clinique psychologique a pour mission d\u2019étudier chacun des cas qui se présentent en relation avec le milieu.Selon des techniques spécialisées il s\u2019efforce, par exemple, de recueillir, concernant la famille d\u2019un enfant, ses compagnons de jeux, son milieu scolaire, toutes les informations susceptibles de faciliter une interprétation plus exacte des données fournies par l\u2019examen psychologique.1 Cf.C.M.LOUTTIT, The Nature of Clinical Psychology.Psychological Bulletin, 1939, 36, pp.380-381.Sur les relations entre psychologue et médecin, le président de la commission, le Dr B.Crothers, écrit dans un ouvrage personnel : \u201cAt worst, I think, the psychologist will be recognized as a reliable purveyor of intelligence quotients.At best, his advice will be sought and considered in problems as diverse as those connected with neurological diagnosis and those involved in arranging for convalescent supervision after contagious disease (cité, Ibidem)\u201d.1 Cf.THE STAFF OF THE INSTITUTE FOR JUVENILE RESEARCH, Op.Cit., chap.VI, pp.54-80 et chap.IX, pp.129-147; C.M.LOUTTIT, Clinical Psychology, Part IV, pp.554-633. 394 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Particulièrement averti des ressources mises par la société à la disposition de ses membres et maintenant un contact étroit avec les diverses institutions charitables, philantro- piques et sociales, il veille, lors de la discussion du cas, à ce que les suggestions avancées par les autres spécialistes n\u2019excèdent pas les limites du possible.Souvent, aussi, il est chargé de surveiller l\u2019exécution adéquate du traitement prévu et d\u2019en contrôler les résultats.Le prêtre.Lorsqu\u2019il s\u2019est préparé à cette tâche par des études spéciales de psychologie ou de psychiatrie, il est évident que sa présence dans une clinique psychologique sera d\u2019une très grande utilité.Son exceptionnel prestige moral lui permettra souvent d\u2019exercer sur le sujet, lui-même, ou sur son milieu familial, une influence décisive.Aussi, l\u2019efficacité de son intervention a-t-elle été reconnue, non seulement pas le personnel des cliniques catholiques !, mais encore par celui de certaines cliniques neutres ?.Sa compétence spéciale, losqu\u2019il s\u2019agit de situations où la conscience se trouve engagée, à supposer qu\u2019elle se voit renforcée par une connaissance sérieuse de la psychologie, le désigne tout naturellement, dans nombre de cas, pour collaborer diree- tement avec le médecin ou avec les autres membres du personnel ° Le pédagogue.Dans les cliniques organisées pour retenir les enfants sous observation pendant un certain temps, 1 À titre d\u2019ememple, parce que nous avons eu l\u2019avantage d\u2019en étudier de près le fonctionnement, nous citerons ici le cas de la clinique organisée par la Direction des « Catholic Charities » de l\u2019archidiocèse de Cincinnati, Ohio, dont le chef est un de nos compatriotes, le Dr Lavallée.?Cf.THE STAFF OF THE INSTITUTE FOR JUVENILE RESEARCH, Op.cit., p.25.À l\u2019occasion de recherches que nous poursuivions dans un asile d\u2019aliénés, aux Etats-Unis, un médecin juif fit, plusieurs fois, appel à notre collaboration pour le traitement de ses patients catho- iques.3 Cf.C.H.VALENTINE, The treatment of Moral and Emotional Difficulties.Student Christian Movement Press, London, 1937.Ce livre d\u2019un clergyman anglais, préfacé par un psychoclinicien, est extrêmement suggestif sous ce rapport, et nous en conseillons la lecture à tous les jeunes prêtres qui s\u2019adonnent à des études de psychologie. LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE 395 on fait souvent appel à un pédagogue spécialisé pour mener à bonne fin une rééducation de l\u2019enfant dans un domaine particulier.De même, son concours est souvent indispensable pour assurer une réadaptation, ou simplement une adaptation meilleure, au milieu scolaire, sur le plan académique comme sur le plan social.Il n\u2019est pas rare, en effet, qu\u2019un enfant ayant échoué dans une discipline quelconque en vienne à prendre l\u2019école en aversion et à développer, dans ce milieu, des habitudes de conduite franchement insupportables.Inutile de dire qu\u2019une compétence peu ordinaire est requise pour lui faire rattraper les autres dans cette discipline, le réconcilier avec l\u2019école et le ramener à une ligne de conduite normale.CONCLUSION Dans un article aussi succinet que celui-ci, nous ne pouvions offrir qu\u2019une description sommaire du fonctionnement de la clinique psychologique.C\u2019est tout juste si nous prétendons en avoir fait connaître les rouages essentiels.Peut-être, aussi, avons-nous réussi à écarter certains préjugés qui, chez-nous comme ailleurs, ne manqueraient pas d\u2019entraver l\u2019essor d\u2019une jeune science et d\u2019une institution bienfaisante dont l\u2019enfance, surtout, a le plus pressant besoin.Des techniques auxquelles on a recours pour le diagnostic et le traitement *, nous n\u2019avons rien dit faute d\u2019espace.Nos visées, d\u2019ailleurs, n\u2019étaient pas si ambitieuses : aider à comprendre la nécessité d\u2019organiser, au plus tot, un enseignement qui orientera vers une carriére nouvelle et attrayante toute une jeunesse studieuse, indiquer quelques sources d\u2019information aux jeunes médecins hardis et laborieux qui rêvent de spécialisation, c\u2019était là tout notre but.Collège des Dominicains, Ottawa.! À ce sujet, on consultera avec profit C.R.ROGERS, The Clinical Treatment of the Problem Child.Houghton Mifflin Co., Boston, 1939. 396 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU UN CAS DE BRULURE TRAITE PAR DU PLASMA SANGUIN Par GERARD ST-ONGE La notion de choc chez les briilés et les grands blessés suscite toujours un vif intérêt parmi chirurgiens et biologistes.Depuis dix ans, de nombreuses théories\u2018 et facteurs pathogéniques ont été énumérés à la suite d\u2019expérience multiples, sur lesquels s\u2019édifia une thérapeutique du choc, quasi nouvelle et pleine de promesses pour l\u2019avenir.Je n\u2019entrerai pas ic: dans cette physiopathologie du choc.Je rapporterai toutefois une observation concluante à ce sujet due à l\u2019amabilité du docteur Edouard Desjardins et du docteur Gaston Bellemare.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un brûlé en état de choc à qui une thérapeutique adéquate a sûrement contribué à une guérison rapide sinon à lui sauver la vie.Quelques définitions et aperçus pathogéniques, une revue du traitement actuel du choc chez le brûlé, voilà les quelques considérations que je voudrais exposer.OBSERVATION F.L., religieux de 25 ans, est hospitalisé d\u2019urgence le 11 juin 1941 à la suite d\u2019un incendie.Il souffre d\u2019une brûlure du 2e et 3e degré couvrant les deux avant-bras jusqu\u2019au coude et toute la face.À son arrivée, état général: bon, pouls: 68, respiration: 20 température: 98 3/5.Le lendemain soir, le 12, les effets de la résorption toxique se manifestent d\u2019une façon dramatique: le pouls est incomp- table, la température à 103 3/5, frissons répétés, état de choc manifeste.À l\u2019examen: coeur, poumons, abdomen, urines \u2014 nil. BRÛLURE ET PLASMA SANGUIN 397 La cytologie révèle : hémoglobine 75% hématies 5,610,000 leucocytes 22,500 Azotémie : 0.325°/00.Un traitement énergique par injection intra-veineuse de plasma sanguin conservé, avec d\u2019autres médications associées, est institué dans l\u2019ordre qui suit sur le tableau no I.Le tableau no II montre la courbe que suit la température à la suite des injections de plasma.(Tableaux nos I et II).Le 18 juin, une nouvelle eytologie révèle : hémoglobine 80% hématies 7,200,000 leucocytes 15,400 Azotémie: 0.330°/00 Hématocrite : 42.9 Protéine totale : 12.8% Chlore plasmatique : 5.72°/00.Le malade présente une diaphorèse intense, s\u2019accompagnant de diarrhée.Conclusion.\u2014 Du 12 au 15 juin, notre malade présente un état de choc incontestable avec oscillations thermiques, frissons répétés et vomissements, hémoconcentration, et à ce moment, hypoprotéinémie probable.Il a reçu 440 c.c.de plasma, protéines exogènes qui ont comblé le déficit, remonté la pression osmotique des albumines, et aussi la mécanique circulatoire.Les injections de 30 grammes de chlorure de sodium et de percorten ont maintenu la chlorurémie plasmatique et combattu le déséquilibre K Na.Le 16 juin, le malade, considéré comme guéri, avait une diète généreuse.L\u2019analyse du 18 juin révélant une hyper- 398 \u20ac 300 cc 50cc 50c © LE JOURNAL DE L'HOTEL-DIEU Courbe de bk lem 7800c.c.1400e c.Date Srailormert inslilué dec Mau 14 Juin.Serum Plas rma serum So - do Premiers soirs ., , re Je wn Jv Se.Sel lemme foc zor Bercocler el divers Serta anlilélarique Dee /fau 73 - - 7000
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