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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1919-08, Collections de BAnQ.

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[" La Revue Nationale Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal A AOÛT 1919 PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS A propos de la chapelle de Tadoussac .Abbé Elie-J.Auclair 289 A Le cap Eternité .Albert Savignac 297 Sir Wilfrid Laurier .+ J-C.-0.Bertrand 310 La neutralité des Acadiens .Placide Gaudet 312 Les contes historiques .\u2026 .A.-E.Marquis 816 Les livres nouveaux * # * 323 Rédaction et administration: 296, RUE SAINT-LAURENT > Montréal Abonnement annuel: $1.00.La livraison (chez les dépositaires): 15 sous.Les abonnements à la Revue Nationale commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.\u2014 La revue canadienne-française au plus fort tirage. EEA ALANA MAL AE baba toa aes or a0 an nss + LA SOCIÈTE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL FONDEE EN 1834 Grand aumônier: Monseigneur PArchevêque de Montréal.Président général: Vietor Morin, LL.D, notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler Vice-président général: V.-E.Beaupré, LC.professeur, 676, rue Saint-André.2e Vice-président général: J.-B.Lagacé, M.A., professeur, 836, rue Saint- Hubert.Secrétaire général: Guy Vanier, LL.L., avocat, 97, rue Saint-Jacques.Trésorier général: Joseph Hurtubise, courtier, 2, place d\u2019Armes.Directeurs: L\u2019hon.Le-O.David, sénateur, 391, rue Saint-Hubert; \u2014 Thomas Gauthier, courtier, 11, place d\u2019Armes; \u2014 l\u2019hon.F.-L.Béïque, sénateur, 740 Sherbrooke ouest; \u2014 Victor Doré, professeur, 214, rue Berri; \u2014 J.-V.Desaulniers, courtier en immeubles, 1, rue Saint-Laurent; \u2014 Arthur Courtois, notaire, 97, rue Saint-Jacques; J.-Emile Loranger, commis, 547, rue du Grand-Troac.Chef du Secrétariat: Emile Miller, bureau 1, Monument National.Corporations filiales de la Société: la Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie.La Revue Nationale est publiée à l'imprimerie Adj.Menard, 29, rue Saint-Vincent, Montréal.La \u201cSTRATHCONA\u201d COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE\u2014INCENDIE (Edifice Versailles) 90, rue Saint-Jacques, \u2018 Montréal Cette compagnie essentiellement canadienne-fran- çaise a été organisée en 1908, avec une charte provinciale, et opère dans la province de Québec seulement.\u201c Capital autorisé - - - - - $500,000.Capital souserit - - - - - 300,000.(par au-delà de 400 Notaires qui agissent aussi comme ses agents.) Capital payé - - - - - - $120,000.DEPOT COMPLET AU GOUVERNEMENT Cette compagnie n\u2019est pas contrôlée par la \u201cCanadian Fire Underwriters Association\u201d.A.-A, MONDOU, N.P.J.MARCHAND Président Sec.-Trés.et Gérant-Général Nous invitons les Institutions religieuses et les Fabriques à demander notre tarif spécial. tes accident) cartes tee EEE EE AS PAR A LAS Lt (ed .4 4 à ceicietts H 4 .Hi H ci H H N H EECA I )) AN Q Q =i = = Vs IS le nu Sein ss, La plus importante librairie The i) et papeterie francaise du with Canada.Fondée en 1885.; TU de qu LIVRES RELIGIEUX Sr) CLASSIQUES \u2014À G73 Hyon, 70 FRANÇAIS iit { C0 uv CANADIENS JI FOURNITURES ol DE CLASSES DE BUREAUX qe > DE DESSIN* i ARTICLES RELIGIEUX ET DE FANTAISIE PAPIERS PEINTS TAPISSERIES 4 GRANGER FRÊRES rmes et Notre-Dame O., - | Place d\u2019À ; MON TREAL 15 2) \u2014T\u2014x 57 _ S y EDMOND- J.MASSICOTTE._ ee | | SISSY EEE Vs 7 A = | ÿ Canadiens français © 4 C ÿ I n\u2019est pas nécessaire d\u2019alier dans l'Ouest K (an CY Mais en plein centre canadien-francais, que vous i E soyez artisan ou millionnaire, nous pouvons meubler = Lk 5 complètement votre maison.5 0 > Notre magasin est le plus grand du genre dans tout Xd : el l\u2019est du Canada, et la MAISON N.-G.VALIQUETTE : ; 3 5 est une maison canadienne-francaise.ie 8 | Si vous le désirez, nous vous ferons des termes faciles J te 8 2 qui n\u2019épuiseront pas votre bourse.2 h- 2X \u2019 ie A F9 / 3 | | A NOS SALONS \u201cPATHE\u201d § a S food < i 2 Nous avons tou- ainsi qu\u2019un assor- 5 ; ÿ à jours en magasin Z Su timent complet de £ won à = 30,000 disques lf! PATHEPHONES # We ] s \u201cPathé\u201d I de $60 a $1200 : 1 = 42 3 g © Nos salons Pathé sont à votre disposition.Venez y G | I J : entendre les grands artistes de l\u2019Opéra et de l\u2019Opéra : | 3 5 Comique de Paris.[ i À Comparez le Pathé aux autres phonographes.; ; i 2 Jugez-le au mérite.8 4 \u2014 {1 1 Bf PAPAS, vous devez à votre famille de la distraire: 5 apportez un Pathéphone et un opéra complet à la || | 5 campagne.} = | = | 5 5 = Xt SS A SS SSS SS SS SS SS SS va ~~ ü t 3 TE 2X New Swe = Canadiens français, Le temps n\u2019est plus, d\u2019un patriotisme de discours.Il nous faut maintenant un patriotisme d\u2019action.Savez-vous bien quelle action éminemment patrio- tique constitue la pratique constante de L'ÉCONOMIE ?Avez-vous songé qu\u2019en prenant l\u2019habitude de l\u2019éco- nomie, vous vous rendez service à vous-même ainsi qu\u2019à votre race?LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal vous invite cordialement à venir lui confier vos économies, quelque petites qu\u2019elles soient; elle vous réserve toujours le meilleur accueil et vous donne la sécurité la plus certaine.A.-P.LESPERANCE, Gérant général. Nouveautés Si vous êtes anxieux de trouver définitivement la solution du problème du coût élevé de la vie, achetez à notre établissement.Vous éprouverez un sentiment de légitime fierté et de satisfaction en magasinant ici, car chaque achat représente une économie sensible.Peu importe l\u2019article que vous désiriez, nous l\u2019avons à un prix économique.Les prix les plus bas prévalent en tout temps, cependant la qualité supérieure subsiste quand même.Nous voulons plaire, tous nos efforts tendent vers cet idéal.Malgré la rareté des tissus de toute sorte, notre assortiment ne le cède en rien à celui des années précédentes.Nous avons une grande variété d\u2019étoffes à robes et à costumes, soies et velours de tout genre et pour tous les goûts; doublures de toutes les couleurs, bref nous avons ce qu\u2019il vous faut.| Visitez notre rayon de la mercerie, nous avons des valeurs qui sauront vous intéresser.L.-N.MESSIER MARCHAND DE NOUVEAUTES 847-849-851, AVE MONT-ROYAL EST Tél.Bell St-Louis 3460 iv I INI SP Se SN mn SN an PP PN me PN on qua I En A.-J.LELIEVRE Marchand de fourrures 150, rue Saint-Denis Tél.Est 8581 MONTREAL J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai reçu les modes nouvelles pour la saison prochaine.Il est de votre intérêt de placer votre commande de bonne heure, afin d\u2019avoir un grand choix.Et voici le temps de songer à emmagasiner vos fourrures pour la saison d\u2019été.Espérant qu\u2019il vous plaira de m'\u2019accorder vos commandes, je puis vous assurer qu\u2019elles recevront ma meilleure attention.ELLE A TRIOMPHE DE L'ÉPREUVE L\u2019année 1918 a été la plus extraordinaire de toute l\u2019histoire des compagnies d\u2019assurance-vie.Aux réclamations accumulées par quatre longues années de guerre, sont venues s\u2019ajouter celles causées par la terrible épidémie de grippe espagnole.Ces deux fléaux ont éprouvé l'existence de la COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA, et elle en est sortie sonsciente plus que jamais de sa force et de sa solide organisation.A la fin de 1918, l'ACTIF de la SUN LIFE était de $97 620 378.Son SURPLUS à la même date était de $8 027 378.Si vous recherchez une police d\u2019assurance de tout repos, transigez avec LA COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA Siège Social: MONTRÉAL T.-B.Macaulay, président ATL a, G.LABELLE (Successeur de Jos.Villeneuve) Nos nombreux clients seront heureux d\u2019apprendre que nous venons d\u2019obtenir l\u2019agence des merveilleux phonographes mm Symphonola Nous invitons les amateurs de musique à venir entendre cet instrument et se rendre compte de sa qualité supérieure.Nous avons un assortiment complet de tous les styles, à bas prix, que nous vendrons à des termes faciles pour convenir aux acheteurs.Pour un temps limité, nous donnerons à tout acheteur d\u2019un \u201cSYMPHONOLA\u201d 20 records absolument gratis.Nous avons également un choix considérable de disques, musique en feuille, instruments de musique et pianos de première qualité.UNE VISITE EST RESPECTUEUSEMENT SOLLICITÉE G.LABELLE 305, RUE ST-DENIS TEL.EST 3405 (en face du théâtre Saint-Denis) 48 ANS {existence Tél.Est 635 Maison Filiatrault NOUVEAUTES Tapis, Linoléums, Rideaux Habits sur mesure Jouets, Fonpées, Porcelaine Importations directes d\u2019Europe Achats du fabricant au Canada Feurrisseur des grandes institutions 429-433, BOULEVARD SAINT-LAURENT MONTREAL, Can.vi NNN INNS NLA NSA NN NSPS SPSS TESA TASS SINS NSO Ton vor legs YADA fait des mouds, gate Ww LA BANQUE D'HOCHELAGA Fondée en 1874 Capital autorisé .$10,000,000 Capital versé, Fonds de réserve .7,800,000 Total de l\u2019actif .57,000,000 DIRECTEURS: MM.J.-A.Vaillancourt, président - l'hon.F.-L.Béique, vice-président A.Turcotte, E.-H.Lemay, J.-M.Wilson, A.-A.Larocque, A.-W.Bonner, Beaudry Leman, gérant-général Yvon Lamarre, inspecteur SIEGE SOCIAL: 112, rue S.-Jacques, MONTREAL Bureau Principal: 95, rue S.-Jacques F.-G.Leduc, gérant 120 SUCCURSALES ET 85 AGENCES AU CANADA 42 BUREAUX DE QUARTIERS Tout dépôt D'UN DOLLAR ou plus ouvre un compte à la Banque, sur lequel est payé deux fois par année un intérêt au taux de 3% Van.La Banque émet des LETTRES DE CREDIT, CIRCULAIRES et MANDATS pour les voyageurs, \u2014 ouvre des CREDITS COMMERCIAUX, \u2014 achète des TRAITES sur les pays étrangers, \u2014 vend des chèques et fait des PAIEMENTS TELEGRAPHIQUES sur les principales villes du monde, \u2014 prend un soin spécial des encaissements qui lui sont confiés, et fait remise promptement au plus bas taux du change.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Constituée en corporation par le Parlement, en juillet 1900 Capital autorisé: $2,000,000.00 \u2014 Capital versé et surplus au 30 juin 1919: $3,000,000.00 \u2014 Actif total: au-delà de $31,690,000.00 SIEGE CENTRAL: 7 et 9, place d\u2019Armes, Montréal, Canada CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION BUREAU DE CONTROLE Président: Sir Hormisdas LAPORTE, Les fonds ou argents qui sont con- C.P., ex-maire de Montréal, de la fiés à cette Banque pour son Dépar- maison Laporte, Martin, Limitée, tement d'Epargne sont contrôlés par administrateur du Crédit Foncier un Comité de Censeurs, et les place- Franco-Canadien.ments sont examinés mensuellement Vice-Présidents: M.W.-F.Carsley, par les messieurs qui composent ce capitaliste.comité, à savoir: Tancréde Bienvenu, administrateur Président: Sir ALEXANDRE LAde la Lake of the Woods Milling \"COSTE, CR.Ex-juge en chef de Co.la Cour du Banc du Roi.M.G.-M.Bosworth, vice-président du ; Canadian EE Va Service Vice-Président: l\u2019hon.Narcisse Péro- deau, N.P., ministre sans porte- Limited.; L'hon.Némase Garneau, C.L., Qué- feuille du Gouvernement provin- bec, président de la Cie de Pulpe cial, administrateur Montreal Light \u2019 Heat & Power Co.de Chicoutimi.M.L.-J.-0.Beauchemin, de la Li- M.S.-J3.-B.Rolland, président de la brairie Beauchemin Ltée.Cie de Papier Rolland.M.Martial Chevalier, Directeur-gé- 95 bureaux dans les provinces de Qué- rant Crédit Foncier Franco-Cana- bec, Ontario, Nouveau-Brunswiek dien.et l'Hle du Prince-Edouard.Pour la commodité des travailleurs, etc.des dépôts de toute somme depuis une piastre ($1.00) seront acceptés au département d\u2019Epargne.Intérêt alloué: 3 p.c.sur dépôts d'Epargne.La Société Saint-Jean-Baptiste fait des affaires de banque avec cette institution.vil SSCA SSN LA SOCIÉTÉ D'ADMINISTRATION GÉNÉRALE Incorporée par Acte de la Législature de Québec, le 26 mars 1902 35, RUE SAINT-JACQUES, MONTRÉAL Edifice du Crédit Foncier Franco-Canadien Capital souserit:- $500,009.Capital payé: $125,000 .Réserve et profits non distribués: $140,781.25 Fonds administrés: $9,538-000.00 Administration de Successions, de Fidéi-Commis et de Fortunes privées VOUTES DE SURETE Conseil d\u2019administrations MM.J.-O.GRAVEL, Montréal, Président.J.-H.THORS, Paris, France, Vice-Président.A.TURRETTINI, Paris, France.MARTIAL CHEVALIER, Montréal.Hon.Sir HORMISDAS LAPORTE, Montréal.TANCREDE BIENVENU, Montréal.L.de la VALLEE-POUSSIN, Paris, France.Hon.RODOLPHE LEMIEUX, C.R., Montréal.NAPOLEON LAVOIE, Québec.J.-A.RICHARD, LL.D., Montréal.G.-N.MONCEL, Montréal.Direction: MARTIAL CHEVALIER J.-THEO.LECLERC Directeur-Général Secrétaire Tél Main 2557 Gunn, Langlois & Cie Limitée MARCHANDS DE PROVISIONS Oeufs, Beurre, Fromage, Volailles, Viandes fumées, Saindoux, ete.BUREAU: 105, RUE SAINT-PAUL EST Entrepôts froids: 9-19, rue St-Amable \u2014 1-25, rue St-Vincent \u2014 262, Dorchester Est Tél.Main 8600, 1, 2, 3, 4, 5344 MONTRÉAL vit \u2014st oR ~~ ~~ L'essisuemeux -< |} IO Reg = tr rachenes ce fo Bs Ny re; be = Ha, Fe SA £2 73 À.5 ade 7 24.ne | YY Frs ; a oF ns AE Etes, oy Non, 4 re eZ se 3 7 = 25 7 £7 1 a ne 2.0 Zr 7 aa: 4 : 5 re 2 D 25 7 23 2k Z 2 7 2% a oe CA iy i 2% rn 0 Ce re 2 7 Ge > Ge 7 7s = 2 70) À CL ZZ Ca A 25 j Ce pe 7 i Sat Ce 5 CREDIT FONCIER FRANCO-CA NADIEN À I 35, rue Saint-Jacques, Montréal Hs 8 Argent à prêter sur première hypothèque Capital : $9,647,667.19 \u2014 Actif: au delà de $55,000,000 | t Tél.Main 4601 pa Tél.Est 2005 RAULT & LACRO PEINTRES D\u2019ENSZIGNES PPR 784 EST, RUE SAINTE-CATHERINE MONTREAL ww _- [RP EF Ign, PAPAS SSNS AA La Librairie Notre-Dame achéte au comp- lant el au maximuin de leur valeur commerciale les livres, lots «le livres et bibliothèques.Nous nous rendons à domicile pour l'achat des bibliothèques et des lots de livres importants qui nous sont signalés.Librairie Notre-Dame Tel.Main 7767 28, rue Notre-Dame ouest MONTREAL La Marque ALLIGATOR est pour le consommateur, la meilleure garantie de qualité et de valeur.Avant d\u2019acheter, assurez-vous si la marque se trouve PN A ue PEN pu NN AA INP TT GSS SPINS SPAN NE sur vos harnais, malles, sacs de voyage, etc.LAMONTAGNE LIMITÉE ; 338, RUE NOTRE-DAME OUEST ; BLOC BALMORAL MONTREAL x qu = =f f 4 A 1ère ANNEE \u2014 No 8 LA REVUE NATIONALE, MONTREAL AOUT 1919 A PROPOS DE LA CHAPELLE DE TADOUSSAC Dans son intéressant article sur \u201cNos vieilles églises\u201d, paru dans la livraison de février 1919 de cette Revue Nationale, M.le notaire Gustave Baudouin, un érudit et un homme de coeur, dont je m\u2019honore d\u2019être l\u2019ami à plus d\u2019un titre, nous a raconté \u2018la désolation de nos monuments historiques\u201d avec une délicatesse de tact et cette pointe de noble émotion, que ne désavouerait pas, me semble-t-il, le Maurice Barrès de La grande pitié des églises de France.J'avoue que la lecture de cet article, qui ne m\u2019apprenait peut-être pas tout, mais qui me rappelait tant de choses pitoyables dans leur ensemble, m\u2019a laissé \u201ctriste et pensif\u201d comme le Canadien errant de la chanson.Pourquoi donc, me disais-je, nos compatriotes sont-ils si peu soucieux de conserver les beaux souvenirs de notre passé, monuments et autres?Et j'applaudissais des deux mains, dans le secret de mon bureau, ia conclusion à laquelle s\u2019arrêtait ce notaire au patriotisme éclairé : \u201cFormons chez nous une forte opinion en faveur de la conservation de nos monuments.Encourageons nos sociétés historiques; qu\u2019on en fonde dans chaque district où elles monteront la garde.Multiplions les articles dans les revues et dans les quotidiens.Démontrons la valeur éducatrice de nos monuments.\u201d Eh! oui, M.le notaire Baudouin a raison, ce sont là les vrais moyens pratiques d\u2019arriver au but.Un incident tout récent le fait bien voir.Qu\u2019on me permette d\u2019en entretenir les lecteurs de la Revue Nationale.Disons d\u2019abord, sans vouloir y insister, ce qui dépasserait notre cadre, qu\u2019à la question que je posais tantôt, qui est de savoir pourquoi on s\u2019est montré au Canada \u2014 comme d\u2019ail- 290 LA REVUE NATIONALE leurs en tant d\u2019autres pays, ainsi que l\u2019établit M.Maurice Barrès pour la France \u2014 si peu soucieux de conserver les vieux souvenirs du passé, il y aurait sans doute plusieurs réponses, basées sur l\u2019utilité ou l\u2019opportunité de tel ou tel progrès à réaliser, qu\u2019on pourrait donner qui constituent des circonstances atténuantes à la décharge des gens ou des autorités responsables de ce malheur.Et c\u2019est pourquoi, j'imagine, M.le notaire Baudouin a voulu être si réservé et si discret dans les reproches qu\u2019il a formulés, ce dont pour ma part, en ma qualité d'homme d\u2019Eglise, je lui sais gré.Mais son plaidoyer, pour être très délicat dans la forme, n\u2019en reste que plus fort et plus convaincant.Il faut éveiller l\u2019opinion, ou si déjà elle l\u2019est, ne pas la laisser s\u2019endormir.J\u2019en viens maintenant à l\u2019incident dont j'ai parlé.C\u2019était à l\u2019une des séances de la section française de la Société Royale du Canada, au mois de mai dernier.M.le notaire Victor Morin, notre vice-président d\u2019alors et notre président d\u2019aujourd\u2019hui, nous fit part, un matin, de la communication qu\u2019une dame d\u2019Ottawa, dont j'oublie le nom, avait faite, la veille au soir, à une réunion d\u2019une société historique de la capitale, allant à dire que la vieille chapelle de Tadoussac (un joyau de notre histoire des plus vénérables et très connu des touristes) était dans un état de conservation qui laissait à désirer.J\u2019affirme sur l\u2019honneur que, s\u2019il y eut parmi nos collègues un premier mouvement d\u2019 \u201cinquiétude\u201d, personne ne parut croire à un danger réel.\u201cC\u2019est impossible\u201d, se disait- on, \u201cles gens de Tadoussac aiment trop leur vieille chapelle\u201d.Et même quelqu\u2019un ajouta: \u201cElle leur rapporte trop, à cause des touristes qui vont la voir.\u201d Tout de même on proposa d\u2019écrire aux intéressés, et je fus chargé de m'adresser au curé de Tadoussac afin de savoir au juste de quoi il retournait.Et ce fut tout pour le moment.Yo a #4?à A PROPOS DE LA CHAPELLE DE TADOUSSAC 291 J\u2019ajoute qu\u2019on parla encore de quelques autres monuments, de quelques vieilles églises \u2014 La Malbaie, Rigaud, Saint-Denis-sur-Richelieu \u2014 que des restaurations ont touchées ou menacent, et qu\u2019on exprima le voeu qu\u2019une commission, dite de conservation de nos monuments historiques, soit nommée pour notre province par le gouvernement de Québec, laquelle, soulignait-on, agirait en tout respect auprès des autorités compétentes, religieuses ou autres, pour sauver de la destruction, et tout autant des \u201crestaurations destructives\u201d, ce qui nous reste de nos vieux souvenirs.En tout cela, il me semble bien, nous ne voulions de mal à personne, et, d\u2019ailleurs, il n\u2019y avait pas de quoi fouetter un chat.Mais nous n\u2019avions pas compté avec les indiscrétions de nos journalistes.Le soir même, ces intéressants amis du grand public, à qui il faut tenir compte d\u2019une infinité de bonnes intentions même quand ils nous ennuient, télégraphiaient partout que M.le notaire Morin \u201cavait fait savoir à ses confrères de la Société Royale que l\u2019on était en train de démolir la vieille église de Tadoussac\u201d.Les gens de ia région en furent naturellement surpris.Mgr l\u2019évêque de Chicoutimi lui-même communiqua avec le curé de l\u2019historique village à ce sujet.Et puis, pourquoi ne le dirais-je pas, quelqu\u2019un au Progrès du Saguenay se fâcha, parla d\u2019une royale fumisterie et alla même jusqu\u2019à dire des gros mots à cet excellent M.Morin.\u201cNous nous demandons pourquoi \u2014 écrivait le correspondant du Progrès (5 juin) \u2014 nos sociétaires royaux (cela, c\u2019est le grain de sel) n\u2019ont pas jugé bon de s'adresser directement a qui de droit.\u201d Eh! bien, mais, c\u2019est tout juste ce que nous avions décidé de faire; mais votre collègue de la capitale, cher monsieur, a pris les devants.Que voulez-vous que nous y fassions ? Seulement, je l\u2019ai déjà dit, l\u2019incident a eu son bon effet.Notre \u201cinquiétude\u201d d\u2019un moment au sujet de la vieille chapelle nous a valu la plus intéressante et la plus pittoresque des \u201cinformations\u201d sur le véritable état de conservation de «cette relique de nos premiers âges.Ainsi qu\u2019il avait été convenu, en effet, à mon retour d'Ottawa, j\u2019écrivis à mon confrère, M.l\u2019abbé Georges-Eugène Tremblay, curé de Tadous- sac.Le 29 mai, il m\u2019adressait en réponse l\u2019une des bonnes lettres que j\u2019ai lues dans ma vie.Je la communiquai tout de suite à M.le notaire Morin qui en donna lecture, le lendemain, à ses collègues de la Société historique de Montréal, lors d\u2019une excursion à Caughnawaga.Cette lettre du curé Tremblay n\u2019était pas écrite pour la publicité; mais mon estimé confrère m\u2019a permis d\u2019en extraire la substance pour l\u2019instruction de nos lecteurs.T1 a même eu l\u2019obligeance d\u2019ajouter, dans une seconde lettre, à ses premiers renseignements, quelques précisions que je \u2018lui avais demandées.\u201cTout le monde ici, m\u2019écrivait M.le curé, tient à la vieille chapelle.Un vieillard de 78 ans, le \u201cPère\u201d Alfred Havington, me disait: \u201cMon grand-père est venu se fixer ici voilà au \u201cmoins cent vingt ans.A la fin de sa vie, il parlait sans \u201ccesse des premiers temps.I nous disait qu\u2019il avait vu la \u201cchapelle encore neuve; qu\u2019il avait bien connu ceux que le \u201cPère de la Brosse avait baptisés, instruits, mariés; que de \u201cson temps encore pas un sauvage catholique ne passait à «Tadoussac sans venir demander au bon Père sa protection \u201cpour le voyage.Pour moi et pour bien d\u2019autres, ajoutait ce \u201cquasi-octogénaire, démolir la vieille chapelle, ce serait du \u2018\u201c\u2018coup assassiner notre vieux Tadoussac.\u201d \u201cUn autre citoyen que j'ai interrogé, continuait M.le curé \u2014 celui-là (un M.Denis) c\u2019est le dernier rejeton de la FR LA REVUE NATIONALE % Br jé Lu juré que our M I thy Qe fy A PROPOS DE LA CHAPELLE DE TADOUSSAC 293 race montagnaise à Tadoussac \u2014 me répondait: \u201cSi mon \u201cpère, François Denis, vivait, il dirait bien que le Père de \u201cla Brosse va faire mourir tout le gibier pour nous punir si \u201con jette la chapelle à terre!\u201d \u201cMes marguilliers, gens pratiques, si on voulait démolir la chapelle, protesteraient eux aussi, poursuivait toujours M.le curé Tremblay, car ce serait exposer notre fabrique à perdre une bonne source de revenus, et elle n\u2019est pas riche.\u201d \u201cNos vingt-et-un cochers protesteraient également, eux qui m\u2019affirment que la moitié des voyages qu\u2019ils font pendant l\u2019été ils les doivent à la vieille chapelle.\u201d \u201cEt de même, d\u2019une façon générale, tous mes paroissiens protesteraient, eux qui escomptent chaque année, directement ou indirectement, ainsi qu\u2019il arrive dans chaque ploce d\u2019eau, l\u2019argent que laissent pendant des mois les nombreux visiteurs qui viennent voir la chapelle.\u201d Et le spirituel curé de préciser avec une pointe d\u2019humour qui ne manque pas de saveur: \u201cCette population nomade de nos visiteurs, aussi nomade que les anciens enfants des bois (sauf le respect que je dois à cette dame qui a porté plainte) remplace, pour nos gens, les chasseurs d\u2019autrefois.\u201d Et puis, M.le curé notait avec a propos que la Canada.Steamship Line Co.ferait retentir l'air du cri strident de toutes les sirènes de ses bateaux si ce malheur arrivait, puisque la destruction de la vieille chapelle lui enlèverait nombre de \u201cguests\u201d qui vont loger à son Tadoussac Hotel, attirés toujours par la vieille chapelle.A ces raisons d\u2019utilité pratique, M.le curé de Tadoussac en ajoutait une autre d\u2019un ton plus élevé.Et ici je cite encore: \u201cJe vous donne en plus ma parole, monsieur l\u2019abbé, m\u2019écrivait-il, que je serais prêt à tous les sacrifices pour empêcher la perte d\u2019un trésor aussi précieux que notre vieille chapelle.C\u2019est l\u2019âÂme de ma paroisse, qui n\u2019a guère de valeur que par son histoire, laquelle s\u2019identifie avec celle du pays tout entier.Démolir une relique aussi insigne serait un crime HAMMAN ECM SEALE MA 3: 294 LA REVUE NATIONALE de lèse-patriotisme! Avec l\u2019un des collaborateurs de la Revue Nationale \u2014 une revue que nous connaissons ici \u2014 je regrette amèrement que des cent-seize églises ou chapelles que nous avions en 1760, depuis Châteauguay jusqu\u2019à Tadoussac, il n\u2019en reste plus que dix-huit.C\u2019est bien du moins que nous conservions ce qui nous reste.Il est grand temps que nous prenions conscience que nous avons un passé, et que ce passé doit inspirer le présent et vivifier l\u2019avenir.Quant à notre antique chapelle, en particulier, il faut qu\u2019elle soit conservée telle quelle, coûte que coûte! C\u2019est bien assez dommage que des embellisseurs et des gens pratiques aient passablement défiguré l\u2019oeuvre du Père Coquart (1747) en \u201cornant le pignon bien en pointe d\u2019un larmier doucement incliné\u201d et en adjoignant à la vieille chapelle ce \u201cmisérable jubé qui alourdit sa nef et cette sacristie banale qui encercle le rond-point du sanctuaire\u201d (Joseph-Edmond Roy \u2014 Au Royaume du Sngue- nay).Cette relique d\u2019un autre âge, comme vous dites, doit être respectée.Espérons qu\u2019elle n\u2019aura jamais le sort de ses quatre-vingt-dix-huit soeur du haut Saint-Laurent, dont parle M.Gustave Baudouin dans l\u2019article déjà cité.D\u2019autant plus que notre antique chapelle a des titres au respect que les autres n\u2019ont pas.Elle a été construite en 1747, sur le site même de l\u2019ancienne qui fut commencée en 1656, et dont le Père Albanel prit possession le 21 novembre 1659.Et au \u2018même endroit, depuis 1642, date où les sauvages reçurent le Père de Quen, on y disait la messe dans des cabanes d\u2019écorces et de feuillages érigées exprès (J oseph-Edmond Roy).Même, il n\u2019est pas improbable que la première messe célébrée =n terre canadienne l\u2019ait été à peu près sur le site de notre vieille chapelle tadoussacienne.Quoiqu\u2019il en soit de cette dernière hypothèse, cette vieille masure est évocatrice! Pour \u2018ma, part, depuis que la belle saison est revenue, j'ai passé nlu- sieurs délicieux moments autour, sur le seuil ou à l\u2019intérieur de la vieille chapelle, ou bien encore dans le vieux cime- -tière qui enchâsse la relique.Si j'avais la plume d\u2019un écri- A PROPOS DE LA CHAPELLE DE TADOUSSAC 295 vain, il me semble que j'aurais à vous confier beaucoup d\u2019impressions religieuses et patriotiques faites de toutes les nuances du sentiment, en passant par l\u2019attendrissement, l\u2019indignation et l\u2019enthousiasme.En tous cas, il me semble que tous les morts qui dorment dans ce vieux cimetière font de leur corps un rempart qui rend la vénérable sanctuaire inviolable !\u201d\u201d La communication de M.le notaire Morin à la Société Royale n\u2019aurait-elle eu pour résultat que de fournir l\u2019occasion à M.le curé de Tadoussac de nous écrire cette belle lettre, si justement motivée et si patriotique, qu\u2019il conviendrait encore de nous en féliciter.Mais il y a mieux.J\u2019ai confiance que notre appel aux autorités du gouvernement de Québec ne restera pas lettre morte, qu\u2019une commission de conservation de nos monuments historiques sera nommée et que, grâce à elle, sans pourtant qu\u2019il soit porté atteinte aux droits et prérogatives de qui que ce soit, plusieurs de nos beaux vieux souvenirs seront sauvés de la destruction.* * ® Dans une seconde lettre, M.le curé de Tadoussac a bien voulu préciser en quel état de conservation se trouve la vieille chapelle à laquelle, on l\u2019a vu, il tient autant sinon plus que personne.Cette deuxième lettre est datée du 11 juin.\u201cJe suis allé examiner la vieille chapelle, m\u2019écrit M.le curé, en compagnie d\u2019un bon charpentier-menuisier qui exerce son métier depuis cinquante-deux ans (M.Napoléon Rouleau).Elle est, d\u2019après lui, d\u2019une façon générale, dans un parfait état de conservation.Sans doute, comme tout ce qui vieillit en ce bas monde, \u201celle a subi des ans l\u2019irréparage outrage\u201d.Cependant, elle est encore bien solide, il n\u2019y a aucun danger qu\u2019elle tombe en ruines.Quelques bardeaux commencent à être tannés de faire la lutte \u201cface au soleil\u201d, à la pluie, à la brume et aux\u201cvapeurs salines.La preuve c\u2019est que j\u2019en ai ramassé trois qui jonchaient le sol du cimetière.Une dizaine lr SA LTO pr pA SRNL OLA AN tata 1 dé SATE be EME IE MER EE SEA ELA CHER DEEE AR EME SEL EDEL PI AE REACH AE ES PERLE MRE A MA 296 LA REVUE NATIONALE | d\u2019autres prendront avant longtemps le méme chemin.Quei- a ques pierres du solage se sont aussi désagrégés, mais cela n\u2019est | pas bien ancien.D\u2019ailleurs dans huit jours ces petites misères n\u2019existeront plus.Les longs pans des deux côtés, près des fenêtres qui avoisinent le rond-point, semblent vouloir s\u2019évaser un peu.M.Rouleau me dit qu\u2019il les a toujours vus comme cela.Nous poserons quand même une tige de fer et ce sera fait bientôt, en deux mots, monsieur l\u2019abbé, il s\u2019agit seulement d\u2019entretenir, tout est encore solide.Eh! bien, on a entretenu.nous entretiendrons et on entretiendra la vieille chapelle !\u201d M.le curé avait terminé sa première lettre par ces paroles aimables et significatives, que nous avons réservées pour notre mot de la fin: \u201cOn ne saurait trop louer le patriotisme et la sollicitude pour les antiquités des messieurs de la Société Royale et des Sociétés historiques.Veuillez, monsieur l\u2019abbé, les assurer qu\u2019ils trouveront ici, au bas du grand 8 fleuve, en même temps qu\u2019au bas de l\u2019échelle, des humbles i qui sont heureux d\u2019apprécier leur zèle et de le seconder.\u201d ; Voilà qui est parler d\u2019or! Si j\u2019étais un membre plus assidu aux séances de la Société historique de Montréal, et si on voulait m\u2019y autoriser, je proposerais, qu\u2019à titre honorifi- x que tout au moins, M.le curé Georges-Eugène Tremblay, de i Tadoussac, soit élu membre de notre société montréalaise.; L\u2019abbé Elie-J.AUCLAIR, 3 de la Société Royale du Canada, et de la Société historique de Montréal.x ass oi Ty LE CAP ETERNITE POEME PAR CHARLES GILL Ce poème mérite l\u2019attention plus qu\u2019ordinaire des Franco- Canadiens.Charles Gill est un de nos meilleurs poètes; par le tempérament, il est supérieur au plus grand nombre de ceux de l\u2019époque actuelle.Dans le genre descriptif des paysages du Canada, \u2014 dans ce genre où le poète se marie à la nature et sait rendre les sons, les contours, les couleurs, \u2014 Charles Gill excelle et les surpasse tous; il surpasse même ses prédécesseurs, y compris Fréchette.A la suite de La Légende d\u2019un Peuple de Fréchette, et des Rayons du Nord de Chapman, le Cap Eternité, méme dans sa forme incomplète, entrera dans le cycle des poèmes nationaux.Il est incomplet.La critique serait malveillante d'insister sur ce point, puisque l\u2019auteur lui-même, avant de mourir, a confessé que ce poème est encore en ébauche et qu\u2019il y manque plusieurs coups de pouce.Mais tel qu\u2019il est, nous l\u2019admirons sincèrement.Si l\u2019idée poétique est banale, le sentiment est toujours noble; il est sombre aussi, peut-être trop parfois.Cette gorge noire où coule le flot massif et sourd du Saguenay a évoqué chez notre poète des réminiscences dantesques, et le poème s\u2019en ressent presque tout le long: (p.40) Je vogue glorieux dans un réve de Dante! Les monts qu\u2019a devinés l\u2019immortel Florentin, En trompant mon regard rapprochent le lointain, Par leur fronton géant que l\u2019ombre encore augmente. 298 LA REVUE NATIONALE Les accents que mon âme évoque avec effroi, Expirent sur ma lèvre en proie à l\u2019épouvante.Ton esprit n\u2019est pas loin de ce spectacle, 6 Dante! O Dante Alighieri! mon maitre, inspire-moi! Les accents sont nobles, avons-nous dit.Lisez dans \u201cAve Maria\u201d: O Reine des Martyrs, Mère du Rédempteur! Je veux guérir ma peine en chantant ma patrie.Faites qu\u2019au rêve bleu de votre doux regard Descende sur mon oeuvre un rayon du grand art! Donnez plus de noblesse à ma lyre attendrie: Je veux guérir ma peine en chantant ma patrie.Etoile du Matin, donnez-moi la lumière! Pour chanter dignement les martyrs et les preux, Pour qu\u2019en un style clair, sonore et généreux, J\u2019évoque ces grands morts couchés dans leur poussière Etoile du Matin, donnez-moi la lumières! Lisez encore dans \u201cLe Silence et l\u2019Oubli\u201d : Et j'ai levé le front sans crainte vers les cie.Devant le souvenir l\u2019ange étendit son aile! Tout s\u2019est évanoui, remords, chagrin, rancsenr: J'ai senti le pardon céleste dans mon coeur.Et le souffle de Dieu dans mon âme immortel!le.Il y a un mince filon d\u2019épopée dans ce poème à douze chants.Le poète pour être épique doit redevenir primitif, c\u2019est-à-dire religieux et naif.Charles Gill est sincèrement religieux (\u201cAve Maria\u201d), mais il a préféré être philosophique au lieu, non pas, de s\u2019efforcer d\u2019être naïf, c\u2019aurait été ridicule, mais d\u2019écouter le chant naturellement naïf de son âme.Ce courant de philosophie sombre comme celui qui porte le poète dans un frêle canot d\u2019écorce gâte le poème dans ses plus beaux sujets; la pièce détachée du \u201cCap Eternité\u201d, tont particulièrement.Tout vrai poète cherche à plaire et à convertir au bien, car la poésie doit être sociale et religieuse, et non pas l\u2019apanage égoïste d\u2019un cénacle.Rarement les petites chapelles ont sauvé les religions.Charles Gill a voulu plaire par ces deux côtés de son esprit: la peinture ou la poésie descrin- n LE CAP ETERNITE 299 tive et l\u2019abstraction; l\u2019un naturel et fécond chez l\u2019auteur, l'autre voulu, mais fade, embrouillé et.manqué.C\u2019est dans cette double matrice spirituelle que seront coulés tous les chants de son poème.Il sera tantôt peintre (Le \u201cGoéland\u201d), tantôt philosophe (Cap Eternité) et souvent les deux à la fois, dans la même pièce (Cap Eternité).Le philosophe a beaucoup nui au peintre.La philosophie en vers, si elle n\u2019est pas traitée par des génies comme Lucrèce, de Vigny et Sully- Prudhomme, est toujours ridicule et hors d\u2019élément.Louis Veuillot a remporté de fiers succès sur Victor Hugo en ne le suivant que sur ce chemin où le grand poète a toujours gauchement marché, car il était, dans ces moments, en dehors de la véritable route des poètes.Oh! si Charles Gill avait voulu rester ce qu\u2019il était jusqu\u2019au bout de l\u2019Âme: l\u2019artiste- peintre, le poète descriptif (lisez \u201cVers la Cime\u201d et \u201cla Fourmi\u201d), et s\u2019il avait été plus travailleur, plus soigné, plus propre diront quelques-uns, plus actif aux retouches très nécessaires de ses pièces, nous n\u2019hésiterions pas à le proclamer le plus grand poète franco-canadien depuis la pléjade de 1250.Voulez-vous admirer les sons et surtout le dessin, le contour, le relief, les couleurs de notre poète-artiste, lisez attentivement les quelques vers que nous extrayons d\u2019un peu partout dans son oeuvre, et vous verrez comme il sait bien aiou- ter la nature à son âme et les fait se pénétrer l\u2019une l\u2019autre avec harmonie, avec amour: (p.13) Le soleil moribond ensanglantait les flots, Et le jour endormait ses suprêmes échos.La brise du Surouet roulait des houles lentes.Dans mon canot d\u2019écorce aux courbes élégantes.Sou mes impulsions rythmiques, il glissait, Le beau canot léger que doucement berçait La courbe harmonieuse et lente de la houle.Sur la pourpre du ciel se profilait la \u201cBoule\u201d, Sphère énorme dans l\u2019onde enfonçant à demi, Sentinelle qui veille au seuil du gouffre ami Pour ramener la nef à l\u2019inconnu livrée, Et du fleuve sans fond marquer de loin l\u2019entrée. 300 LA REVUE NATIONALE.La rive paraissait grandir avec la nuit, Et l\u2019ombre s\u2019aggravait d\u2019un lamentable bruit: Plaintes des eaux, soupirs, rumeurs sourdes et vagues.La houle harmonieuse avait fait place aux vagues; Le ciel s\u2019était voilé d\u2019épais nuages gris, Et les oiseaux de mer regagnaient leurs abris.Le \u2018Goéland\u2019 rapide avancait vers la cote Dont la masse effrayante et de plus en plus haute Se dressait.L\u2019aviron voltigeait 4 mon bras, Et je luttais toujours, mais je n\u2019arrivais pas.Le violet des monts se changeait en brun sombre.Vainement j'avais cru traverser avant l\u2019ombre, Car de ces hauts sommets le décevant rempart Egare le calcul et trompe le regard (p.21) Je revoyais aussi les sveltes sauvagesses, Au frôlement silencieux de leurs souliers S\u2019avancer vers l'autel avec les fiers guerriers, En inclinant leur front orné de noires tresses.(p.41) Comme au soleil couchant ies sveltes hirondelles Effieurent le miroir d\u2019un beau lac endormi, Ainsi le \u201cGoéland\u201d fila sur l\u2019eau profonde En rayant d\u2019un long trait la surface de l\u2019onde.(p.46) Mais déjà l\u2019aube terne aux teintes indécises Révélait des détails au flanc du grand rocher; Je voyais peu à peu les formes s\u2019ébaucher, Et les contours saillir en lignes plus précises.Bientôt le coloris de l\u2019espace éthéré - Passa du gris à l\u2019ambre et de I'ambre au bleu pâle; Les flots prirent les tons chatoyants de l\u2019opale; Le gris matutinal en bas régnait encore Quand l\u2019éblouissement glorieux de l\u2019aurore Embrasa le sommet du Cap Eternité Qui tendait au salut du jour sa majesté.(p.85) Quand je me relevai sur le Cap légendaire, Il projetait une ombre immense au roc voisin; Plus le disque écroulé penchait vers son déclin, Plus l\u2019ombre s\u2019allongeait tout au loin sur la terre.Couvrant gorges et monts, ce voile violet En deux plans bien tranchés partageait l\u2019étendue; Déjà l\u2019aile du Soir à droite frissonnait: Jusqu\u2019aux derniers confins où pénétrait la vue, A gauche, tout vibrait dans le ruissellement De l\u2019or et du rubis répandus comme une onde: Le Cap et le Soleil se disputaient le monde, Et Dieu les regardait du haut du firmament.- .- .- .+ 301 LE CAP ETERNITE Etudions le poète, maintenant, comme écrivain et comme ouvrier du vers.Comme écrivain.Comment Charles Gill a-t-il conçu son poème?Au moyen d\u2019un lieu commun.Il y en a trois sortes dans l\u2019art d\u2019écrire: le lieu commun de conversation, le lieu commun moral et le lieu commun philosophique.Il y a un peu des trois dans le Cap Eternité.C\u2019est en conversant avec la femme d\u2019un laboureur qu\u2019il découvre que, dans la maison où il s\u2019est retiré au cours d\u2019un voyage d\u2019exploration, il y a Be aa ae a aa 000 u 0e» un cahier tout rempli d\u2019écriture Et de dessins à l\u2019encre; il est sans signature; Il nous fut confié par un jeune inconnu Je ne sais où parti, je ne sais d\u2019où venu.Comme titre, il portait: \u201cLe Cap Eternité\u201d.et de ce lieu commun de conversation, le poète entre dans le lieu commun philosophique et aussi \u2014 l\u2019un allant raremant sans l\u2019autre \u2014 dans le lieu commun moral.Il relit ce ma- nuscrit (le sien!) et Je me suis permis quelques notes en marge.Voilà la conception.Les notes en marge, c\u2019est une façon de dire, car c\u2019est tout le poème de cet imaginaire cahier que Charles Gill va composer et dans lequel il va jeter les couleurs vives de sa palette et surtout ses abstractions.La composition du poème n\u2019est pas plus habile.Il n\u2019y a aucun plan, aucune architecture, aucune unité dans ce poème ; tout au plus y trouve-t-on un processus élémentaire.C\u2019est le peintre-poète qui remonte le Saguenay et qui, à chaque tournant où une perspective s\u2019offre en relief, en contours et en couleurs, sort son carnet et prend fidèlement des croquis poétiques, à l\u2019instant même.Si c\u2019est un bruit, un écho ou une plainte, vite l\u2019aviron est déposé au fond du canot, et notre poète, rêveur, à demi conscient, mais d\u2019une 302 LA REVUE NATIONALE passivité dirigée, cherche à adapter ces voix à sa pensée.Et toujours il rendra mieux le dessin, la ligne et le ton qu\u2019il ne produira les sons, les chants; son oeil est.plus précis que son oreille est juste ; le peintre ou le poète descriptif l\u2019emportera.toujours sur le chantre ou le poète lyrique.Le poète avait-il une autre mise en oeuvre à nous donner ?Peut-être; et la mort l\u2019aurait arrêté dans ce travail nécessaire.Et comme la composition a un lien de parenté très étroit avec la conception, Charles Gill, concevant pa rlieu commun, composera par le développement du lieu commun: c\u2019est inévitable.Pour ne pas ennuyer, \u2018dans ce cas, il faut avoir un très riche vocabulaire de façon à varier les images que suscitent ces lieux communs.Vous avez remarqué dans les extraits que nous avons reproduits ci-haut qu\u2019à chaque fois que le poète décrit l\u2019image du canot d\u2019écorce qui se berce, il le fait toujours bercer sur \u2018\u2018les houles lentes\u201d, ou sur \u201cla houle harmonieuse\u201d ou sur \u201cla courbe harmonieuse et lente de la houle\u201d (se répétant même ici).Victor Hugo concevait la plupart du temps par lieu commun, mais dans sa composition il le vivifiait, il en renouvelait tellement la face qu\u2019il était régénéré et comme.originalisé.C\u2019est ce que ne pouvait faire l\u2019auteur du Cap Eternité, car ce n\u2019est pas facile pour les colons littéraires du Canada de varier leur vocabulaire.Il composera aussi, dans quelques pièces, par antithèse, mais avec moins de succès encore.Ce procédé de style est très délicat.Employé mal à propos, il expose à la confusion par la diversité des étincelles qu\u2019il provoque, ce qui donne l\u2019effet d\u2019un art affété.L\u2019expression n\u2019est pas plus originale.La langue se sert constamment d\u2019images anciennes.Il traduit bien en images; il copie fidèlement la nature; il reproduit un peu moins bien les sons; mais il sent rarement en images.Or pour être cri- ginal dans son style il faut que l\u2019image \u2014 l\u2019image est la base de tout l\u2019art d\u2019écrire \u2014 soit une sensation et non pas \u2014 - LE CAP ETERNITE 303 une traduction.Et ce qui, surtout, fait paraitre le style de Charles Gill pas du tout original, c\u2019est le pastiche dantesque dont on aperçoit le calque au fond du poème.I! n\u2019y a que dans les tableaux descriptifs, trop rares, hélas! où il sera lui-même, et très intéressant, comme nous l\u2019avons déjà dit.Le style de Charles Gill manque de grâce, de souplesse ; il est souvent filandreux.L\u2019image est grosse parfois et souvent trop minutieusement détaillée, ne laissant aucun jeu d\u2019esprit, aucune réflexion au lecteur.Le style est vague fra- quemment: c\u2019est la faute de sa philosophie.Il est aussi grotesque, parfois, mais très rarement.En parlant de Jésus enfant, il dira: (p.104) Ils ont penché leur front expirant sur leur tige, Quand ils ont vu partir le petit Bébé Dieu.(p.85) Je rentre dans ma cendre oy mon orgueil s\u2019effondre!.Mais comme si la Terre eût voulu me répondre, Une fourmi survint qui trainait un bluet.Ce ne devait pas être un de ces bluets du Saguenay qui \u201cn\u2019entre pas dans le canon d\u2019un fusil, comme disent les gens de la région.- La syntaxe est très faible chez notre poète; mais n'oubliant pas qu\u2019il devait plusieurs fois retoucher son poème, nous omettons de citer les nombreux exemples recueillis pour en rester à cette affirmation générale.Comme ouvrier du vers.Sa métrique \u2014 ou prosodie \u2014 est classiquement bonne.Le compte des syllabes est scrupuleusement observé.La rime, cette pierre de touche pour connaître les véritables poètes, n\u2019offre aucune rareté surprenante, ni ne cause aucune révélation subite, ni aucune illumination intérieure: ceci au point de vue intellectuel; au point de vue accoustique, elle est généralement suffisante, avec quelque éclat de richesse \u2014 et là c\u2019était nécessaire \u2014 dans les tableaux descriptibles.Sou- i (a SEAMED Ls 304 LA REVUE NATIONALE vent elle est banale; mais nous devons dire que nous n\u2019en avons pas rencontré de médiocres ou mauvaises.Il est tellement classique sur la rime qu\u2019il n\u2019a pas osé .sortir une seule fois de la tradition.Il ne rimera jamais un singulier avec un pluriel.C\u2019est exagéré, aujourd\u2019hui, e«r toute latitude est permise pourvu que l\u2019oreille soit satisfaite \u2014 toujours l\u2019oreille! Dans les rimes féminines, la présence d\u2019un \u201cs\u201d, d\u2019un \u201cx\u201d ou de \u201cent\u201d presque jamais n\u2019altèrent le son qui tombe dans l\u2019oreille.Il peut en être autrement, mais pas très souvent, dans les rimes masculines.Ainsi \u201cpeau\u201d a un son plus sec, plus vite arrêté à la rime que \u201cdrapeaux\u201d qui semble traîner ou flotter plus longtemps.Charles Gill n\u2019a pas voulu prendre le risque; il est traditionnel.Vous en verrez un exemple frappant à la page 4 du livre, où à l\u2019exemple de Lamartine qui était coutumier de cette licence, il écrit, en respect de la prosodie traditionnelle, \u201cje reli\u201d pour rimer singulièrement avec \u201coubli\u201d.Il est aussi trop traditionnel quant à la césure.Le vers, presque tout le long du poème, est classiquement coupé à l\u2019hémistiche, toujours en balance monotone.Le ternaire viendra bien quelques fois \u201cdisloqué le grand niais d\u2019alexandrin\u201d, mais timidement et pas assez souvent pour nous le graver dans.l\u2019oreillee Nous sommes un peu surpris de ces scrupules chez Charles Gill; nous le croyions plus révolutionnaire que cela; d\u2019autres diront plus bohème.Plusieurs vers, cependant, négligemment composés, n\u2019ont.pas de césure ; ils doivent subir le châtiment: ce ne sont rs des vers.N\u2019en donnons qu\u2019un exemple entre plusieurs, (p.77) Près d\u2019un torrent que j'entendais déjà gronder.Ce vers, au milieu duquel se trouve un pronom qui ne peut abandonner sa relation, coule continu comme un torrent, c\u2019est-à-dire sans repos ou césure, et partant, sans cadence.C\u2019est à peine, disons-le à la louange du poète, si nous avons pu relever deux ou trois hiatus dans tout le poème, et IRON UE if a = mA LE CAP ETERNITE 305 encore ces heurts ne fatiguent-ils que l\u2019oreille, l\u2019oeil étant satisfait.(p.28) On dirait que Satan à honte de mes crimes (p.45) Rien de ce qui bourdonne et rien de ce qui chante Ou hurle.\u2026.2020200 0010000 1e aa ae ea eau Sa rythmique.Le poème est écrit en rimes meélées.Ceci est tout à fait dans le goût moderne, et brise, cette fois, avec la tradition qui veut que dans le genre descriptif et surtout dans le genre épique, les rimes soient suivies ou plates.Nous préférons le rythme choisi par l\u2019auteur: il est moins monotone, plus en harmonie avec le goût le \u2018variété de l\u2019époque actuelle.Et si une épopée devait nous être miraculeusement donnée, il est très probable qu\u2019elle serait en vers libres, non pas en vers libérés, désiquilibrés et amorphes, mais en vers libres rendant toutes les impulsions de l\u2019âÂme et traduisant toutes les harmonies de son, de couleur, de relief par l\u2019allongement ou le raccourcissement des mètres, ainsi que par les multivles dispositions des rimes riches, rares et variées, en beaux vers libres enfin, comme ont su nous en laisser les modèles, La Fontaine, Corneille plus que Molière, et Musset.Mais à part cette heureuse disposition dans les rimes, la rythmique de Charles Gill est plutot pauvre.Le vers est généralement lourd, rigide sous une apparence d\u2019abandon et de manières simples.Nous ne voulons pas nous rendre esclave de cette formule si diversement applicable : \u201cle style c\u2019est l\u2019homme\u201d; mais en lisant le Cap Eternité, ceux qui ont connu l\u2019auteur et remarqué sa démarche, le reconnaîtront dans son vers qui semble ne regarder personne et marcher lourdement devant lui, les yeux dans la nuit pesante et sourde.Les jeux vifs de la lumière, le vol rapide des oiseaux, il ne voit pas cela très bien, et partant, ne peut le décrire: son rythme s\u2019en ressent et souffre de l\u2019absence de 306 LA REVUE NATIONALE ces ailes alertes, de ces vifs rayons de soleil qui traversent.l\u2019âme, insaisissables.Voici un exemple entre plusieurs: (p.22) Comment suis-je sorti vivant de cette tombe?Je ne sais quels esprits m\u2019ont entraîné dehors, Mais après tant de jours écoulés depuis lors, Le tintement fatal dans ma mémoire tombe! Pourquoi ces vers sont-ils ainsi lourds?D\u2019abord, disposition d\u2019esprit du poète qui veut sans cesse philosopher envers: ceci pour l\u2019intellect.Mais aussi par défaut de rythmique, par défaut d\u2019oreille toujours! et cela est dû à l\u2019absence, à l\u2019intérieur du vers entre les toniques fixes et obligatoires, de syllabes non-accentuées, de syllabes atones, c\u2019ect-à- dire de syllabes se terminant par un \u201ce\u201d muet qui ne s\u2019élide pas, car s\u2019il s\u2019élide il s\u2019emboîte dans le mot suivant et perd la note douce qui s\u2019en détache, comme un soupir, lorsqu\u2019elle se trouve abandonnée à elle-même.Ainsi dans l\u2019exemple que: nous donnons nous ne trouvons dans ces quatre vers si dé pourvus de sonorités qu\u2019une syllabe atone: \u201cmémoire\u201d.Ces: accents rythmiques secondaires, amenés en douceur, font la modulation et assouplissent le corps raidi de l\u2019alexandrin.Mais nous l\u2019avons dit, Charles Gill a meilleur oeil qu\u2019oreille délicate et sensible.Le rejet, \u2014 cette sorte de licence poétique qu\u2019il ne faut.pas considérer comme un simple élément de prosodie mais: comme un effet psychique de la rythmique puisqu'il a pour but de causer une surprise à l\u2019âÂme par un mot ou une courte suite de mots en sortant, tout en surprise, au bout du vers suivant, \u2014 est, chez Charles Gill, généralement banal, prosaïque et sans cette surprise qui, seule, pouvait le rendre intéressant : (p.58) En signes trop profonds pour que notre oeil pénétre La simple vérité des terrestres secrets.et plus loin: Une école demeure: ils se rappellent tous Les mots harmonieux des tendresses premières.LM Wi; : tin LE CAP ETERNITE 307 Ces rejets sont fautifs: ils couvrent toute l\u2019étendue de l\u2019hémistiche qu\u2019ils enjambent ; et le second enjambement, sur-' tout, est très mauvais en s\u2019arrêtant avec l\u2019adjectif \u201ctous\u201d zu son si étouffé lorsqu\u2019il est au masculin pluriel et qu\u2019il prê- cède l\u2019article.Le résultat est cruel au poète : ces vers deviennent inharmoniques, à cet endroit, et se prosaïsent.Le poète devait sans doute assouplir, repolir ces rejets dans ses retouches, car autrement plusieurs vers seraient entachés de prose.Nous en avons rencontré cependant qui nous.ont causé une agréable surprise.Le poète décrit le Cap Fter- nité : (p.63) Défiant le calcul, au sein du fleuve obscur Il plonge; le miroir est digne de l\u2019image (p.14) Le \u201cGoéland\u201d rapide avancait vers la côte Dont la masse effrayante et de plus en plus haute Se dressait.Ces rejets sont beaux, et l\u2019enjambement se fait mélodieusement ; le premier préparant son élan par un mot se terminant en consonne, il est vrai, mais en consonne sonore: \u201cobscur\u201d; et le second s\u2019appuyant sur un mot terminé en voyelle qui ne peut s\u2019élider et prolongeant ainsi la note: \u201chaute\u201d.Et puis les deux rejets: \u201cIl plonge\u201d et \u201cSe dressait\u201d\u201d rencontrent les plus belles exigences de la rythmique moderne, par leur surprise.Charles Gill a aussi pris des licences poétiques que nous.considérons comme fautives: (P.4) Le Cid et Polyeucte!.En esprit je reli Ces chefs-d\u2019oeuvre vainqueurs de l\u2019envieux oubli.Si l\u2019auteur avait eu l\u2019oreille bien aux sons, et s\u2019il avait voulu rompre avec la tradition, qui rend servile en ce cas, it n\u2019aurait pas fait l\u2019ablation inutile d\u2019un membre de la première personne de la conjugaison.Aucune prosodie moderne ne l\u2019aurait blâmé, du reste. 308 LA REVUE NATIONALE Autre licence encore.L\u2019auteur a-t-il voulu se donner la fantaisie d\u2019écrire en \u201cvers blancs\u201d sa pièce: \u201cLe Rêve et la Raison\u201d.Le préfacier du livre, M.Albert Lozeau, nous assure que ce poème non-rimé n\u2019est qu\u2019une ébauche sans musique.Nous acceptons la déclaration de l\u2019ami intime, mais avec doute, parce que la phrase de ce prétendu embryon poétique est trop bien suivie et ordonnée pour n\u2019être qu\u2019une première et grossière coulée.Dernière considération sur la rythmique du Cap Eter- nité.C\u2019est au sujet de la mélodie, de l\u2019harmonie par la variété des sonorités à l\u2019intérieur du vers et à la rime.L\u2019oreille de Gill est indigente, inharmonique à ce sujet.Les sonorités se succèdent trop parentes : Je t'adore, ô splendeur des étoiles sans nombre! Elevant ma pensée à ton niveau géant, J'ai vu l\u2019âme immortelle et nié le néant Car à te contempler, j'ai grandi dans mon ombre! Dans ces quatre vers vous trouverez neuf assonances nasillardes en \u201can\u201d, et rien que dans le dernier vers il y en a trois: c\u2019est très désagréable.| Pour grossir le volume on a mis à côté du Cap Eternité toutes sortes de choses: des étoiles filantes, des sonnets, des chansons ; enfin, \u2014 ce genre ennuyeux, \u2014 des traductions imparfaites du beau latin d\u2019Horace.C\u2019est de mauvais goût.La Cap Eternité n\u2019avait pas besoin de ces appentis appuyés à son rocher majestueux.Ils jurent, comme à New-York, les ha- raques jurent à côté des babéliques immeubles à quarante- cinq étages.Le Cap Eternité pouvait se suffire à lui-même sans ces minces franges attachées gauchement au grand rideau dentelé des cimes du Saguenay.Les sonnets, entre autres, sont presque tous manqués: Charles Gill se sent bien mal à l\u2019aise dans ce corset de Procuste.Trois pièces, capen- dant, méritent d\u2019être lues: \u2018Les Cloches\u201d, \u201cNeige de Noël\u201d et \u201cLes deux Etoiles\u201d.Tout ce que nous avons dit sur la métrique et la rythmique du Cap Eternité s\u2019applique à cette LE CAP ETERNITE 309 dernière partie du volume ; quelques fois, même, nous y avons pris des exemples.Notre but n\u2019a pas été de faire la critique uniquement sur le fond, la pensée du poète.Il ne faut pas oublier ainsi qui l\u2019a très bien dit Gustave Flaubert que \u201cla forme est la chair de la pensée, comme la pensée est l\u2019âme de la vie\u201d.Trop de critiques prétendus autorisés ne se sont bornés à n\u2019étudier la poésie qu\u2019à la façon de traiter la prose; à ne voir que le fond, la grosse roche, sans bien examiner l\u2019hirondelle ci battait délicieusement des ailes sur le sommet.Aussi nos jeunes.poètes n\u2019ont-ils jamais su de la part de ces critiques s\u2019ils écrivaient selon l\u2019Art des vers.Nous avons voulu, nous aussi, étudier l\u2019idée poétique, l\u2019émotion poétique; mais nous av.ns accordé une attention aussi prolongée, et peut-être plus, à.l\u2019expression poétique, à la métrique et à la rythmique, c'est- à-dire à l\u2019Art des vers, sans lequel de prétendues compositions dans le genre ne seront toujours que de la prose poétique.C\u2019est par la forme, seule originalité, \u2014 le fond étart commun à tous, \u2014 que le beau vers se grave durable dans le marbre des siècles, ineffaçable dans l\u2019esprit des hommes ! Albert SAVIGNAC Montréal, ce 5 août 1919. SIR WILFRID LAURIER Prochainement, paraitra en librairie une histoire du Canada destinée à l\u2019enseignement secondaire.Elle a pour auteurs M.l\u2019abbé Ad.Desrosiers, principal de l\u2019école normale Jacques-Cartier, et M.J.-C.-O.Bertrand, attaché au département des Archives fédérales.La critique du monde enseignant appréciera ce traité, enrichi de cartes géographiques et conçu d\u2019après un plan assez neuf.Nous y avons remarqué une heureuse innovation : le développement donné aux événements qui ont suivi la Confédé- raeion.Avec la permission des auteurs, nous reproduisons ici l\u2019article que ce livre contient sur sir Wilfrid Laurier.\u201cSir Wilfrid Laurier était né à Saint-Lin des Lauren- tides le 20 novembre 1841.I1 fit ses études classiques au collège de l\u2019Assomption et ses études de droits à l\u2019université McGill.En 1874 il entrait dans la politique fédérale et en 1887 il succédait à Edward Blake comme chef du parti libéral, lequel il devait conduire au pouvoir en 1896.Le gouvernement Laurier dura quinze ans.\u201cDurant 22 ans (1874-96), Laurier s\u2019employa comme partisan ou comme chef à consolider dans le parti libéral les éléments divers que ses prédécesseur Blake, Mackenzie, Do- rion, Brown et Lafontaine n\u2019avaient pu fondre dans un alliage distinct et surtout durable.Lorsqu'il prit le pouvoir en juin 1896, le parti libéral était composé d\u2019éléments d\u2019origines diverses mais fondues en un tout homogène parfaitement organisé, c\u2019était l\u2019oœeuvre de Wilfrid Laurier, chef de parti.\u201cComme chef de gouvernement, la carrière politique de l\u2019éminent homme d\u2019Etat canadien de l\u2019époque contemporaine a été traversée par une succession d\u2019événements, qui devaient provoquer des contestations et des luttes de partis, des con- | mn fad #0 si {ens der qu de forts il va | pif TES Hye fon entre ni oes Tale om \\ \\ \\ SIR WILFRID LAURIER 311 ms de race et de religion: question des Ecoles du Manitoba (1896), qui souleva tant d\u2019animosité a travers tout le pays; tarif de faveur pour le commerce anglais (1897); construction du transcontinental (1900) ; établissement des provinces de l\u2019Ouest, qui rouvrit la question des Ecoles séparées (1905) ; question des Ecoles bilingues d\u2019Ontario (1908); colonisation intensive et cosmopolite dans l\u2019Ouest (1897-1910) ; tentatives de réciprocité commerciale canado-américaine (1911), si mal vue des manufacturiers canadiens; enfin l\u2019Impérialisme sous toutes ses manifestations successives: guerre sud-africaine, campagne de Lord Grey, conférence de Londres 1907, loi navale 1909-10, voilà autant de problèmes d\u2019ordre économique, politique ou social, encore com'pliqués de la multiplicité des races, de la diversité des religions, de la divergence des intérêts en cause.\u201cA travers toutes ces complications, Laurier n\u2019ambi- - tionne qu\u2019un idéal, promouvoir et consolider l\u2019entente cordiale entre les groupes ethniques du pays afin de rendre la coopération des forces convergentes la pius efficace possible dans ©.Yoeuvre de construction nationale.I resta toujours convaincu que tous et chacun pouvaient travailler à leur propre prospérité sans nuire à celle des autres.\u201cDe nouveau dans l\u2019opposition (1911-19), Laurier fut mêlé aux graves problèmes que notre participation à la grande Guerre soulevait en parlement et dans le peuple.\u201cSes contemporains l\u2019avaient surnommé, à l\u2019exemple de Gladstone, \u201cthe Great Old Man\u201d.Sir Wilfrid Lauirer, parfait gentilhomme et homme d\u2019Etat par nature, est essentiellement un politique canadien exclusivement formé dans notre milieu franco-britannique.\u201cLe 18 février 1919 sir Wilfrid Laurier mourait à Ottawa, à l\u2019âge de 78 ans.Son oeuvre politique est trop vaste et encore trop récente pour être soumise au jugement définitif de l\u2019histoire.\u201d J.-C.-O.BERTRAND LA NEUTRALITÉ DES ACADIENS II Après que Marin et son détachement eurent levé le siège devant le fort d\u2019Annapolis Royal, au printemps de 1745, pour se rendre à l\u2019Isle Royale au secours de Du Chambon, les Acadiens de la rivière Annapolis Royal, que Mascarène et son conseil commencçaient à inquiéter, n\u2019avaient pas attendu la nouvelle de la reddition de Louisbourg pour expliquer, par l\u2019entremise de leurs députés, leur triste situation.Voici la requête qu\u2019ils présentèrent le 21 juin 1745, à Mascarène et aux membres de son conseil : \u201cNous osons nous assurer toujours de votre bonté, c\u2019est \u201cce qui fait que nous prenons la liberté de réclamer toujours.\u201cvotre protection qui nous est nécessaire plus que jamais dans \u201cla triste conjecture où nous nous trouvons: étant accablés \u201cd\u2019un côté et menacés de l\u2019autre.| \u201cVous savez, Messieurs, en quel état nous réduisent et \u201cles Francais et les Sauvages dans toutes leurs courses.\u201cCeux-ci nous ravagent, pillent, tuent ; ceux-là nous accablent \u201cde peines et de travaux ne nous donnant pas le temps de \u201crespirer.Et d\u2019un autre côté, on nous fait entendre qu\u2019on \u201cviendra de Boston pour nous réduire entièrement, à quoi \u201con n\u2019aurait pas grand\u2019peine étant déjà bien abattus en \u201ctoute manière.Quoi, messieurs, voudriez-vous nous aban- \u201cdonner de même que nous présumons autre chose de vous! \u2018ter \u2018re \u201cur à \\ LA NEUTRALITE DES ACADIENS 313 \u201cIl est vrai, messieurs, vos ennemis trouvent de la sub- \u201csistance chez nous.Mais qui que ce soit qui habitent (ici \u201cn\u2019en) trouveront-ils pas également ou de gré ou de force?\u201cOn travaille pour eux dans leurs besoins (mais) l\u2019y force- \u201craient-ils pas vos plus afidés?On leur porte avec un certain \u201cplaisir ce qu\u2019ils demandent ; on le fait par force pour se met- \u201ctre à couvert d\u2019un plus grand mal; et, malgré tout cela, \u201c(ils) nous traitent d\u2019Anglais et nous font-ils mille peines.\u201cDe prendre les armes où en serions-nous?Messieurs, \u201csi nous les avions prises vous auriez ceux qui vous restaient \u201csur les bras à nourrir, dépouillés de tout et tellement ac- \u201ccablés de chagrin qu\u2019ils seraient hors d\u2019état de vous rendre \u201cservice.Et toujours si nous faisons parfois quelque chose \u201cpour vos ennemis selon le sort de la guerre, nous voyez-vous \u201cdès que nous sommes libres de courir à tout ce que vous \u201cdemandez de nous.Avec quelles peines et quelles fatigues \u201cne vous avons-nous pas fourni les bois que vous nous avez \u201cdemandés (et sommes-nous pas) toujours disposés à vous \u201crendre service?À quelle épreuve n\u2019a-t-on pas mis notre fi- \u201cdélité sans que nous ayons rien fait de ce qui peut avoir \u201crapport aux armes.On se plaint à la vérité, messieurs, \u201cqu\u2019il y en (a)' quelques-uns qui ont été infidèles par une \u201ccertaine conduite et indiscrétion.Mais voudra-t-on per- \u201cdre plusieurs innocents pour quelques coupables?Permet- \u201c\u201ctez, messieurs, que nous vous demandions plutôt grâce pour \u201ceux sans prétendre les justifier, et en cas de récidive nous \u201cserons les premiers à les dénoncer.Nous espérons que \u201cvotre clémence surpassera leur malice et leur réchute mé- \u201critera moins de grâces et votre bonté nous attachera de plus \u201cen plus à Sa Majesté britannique et par conséquent aux \u201chonorables personnes qui nous tiennent sa place.Faites donc, \u201cmessieurs par grâce cesser nos frayeurs en nous assurant \u201cvotre protection que nous tâcherons de mériter de plus en \u201cplus par nos attentions à suivre vos ordres à être fidèles au \u201cgouvernement et à offrir nos voeux pour que le Seigneur EERE AEE MH trait EEN MEA EAE SI ML LHI AL AMEN A ME EC Et CAE Et AO 314 LA REVUE NATIONALE \u201cdaigne répandre sur vous ses plus spéciales faveurs, étant \u201cdans un très profond respect, de vos honneurs, les très hum- \u201cbles et très obéissants serviteurs.\u201d (Signé) Jean Simon LeBlanc Marque de X Jos.Robichaux Marque de X Baptiste Pellerain Députés faisant pour les Marque de X Jean Melanson habitants de la rivière Marque de X Charles Giroir d\u2019Annapolis Royal.Marque de X Clode Granger |(Signé) Louis Robichaux Annapolis Royal, ce vingt et unième juin 1745.Louis Robichaud, un des sept signataires de la touchante supplique qui précede, fut déporté de Port-Royal au Massachusetts, en décembre 1755, et, par une requéte datée de Cambridge, le 10 septembre 1756, il dit à Shirley et aux membres de son conseil, à Boston, ce qui suit: \u201cJ\u2019ai toujours vécu parmi les Anglais auxquels j'ai été \u201cfidèle et dévoué, et pendant quarante-six ans ma conduite à \u201cleur égard a toujours été strictement honnête.\u201cAu commencement de la guerre, ma famille et moi avons \u201ctravaillé à la réparation du fort à Annapolis; nous fûmes.\u201cen même temps chargés de la surveillance des voitures qui \u201ctransportaient le bois de construction et c\u2019est en risquant \u201cma vie et celle de ma famille que j\u2019ai réussi à faire transpor- \u201cter ce bois pendant la nuit à l\u2019insu des Sauvages.En outre, \u201cdes membres de ma famille ont averti les Anglais de l\u2019ap- \u2018proche de Du Vivier, envoyé pour attaquer le fort, et si les \u201cAnglais n\u2019avaient pas été avertis à temps, le fort aurait été: \u201cpris.Par suite, j'ai été fait prisonnier deux fois avec ma \u201cfamille ; et après avoir été emmenés au camp français nous \u201cavons eu beaucoup de difficultés à nous faire relâcher.En \u201cdeux occasions on a pillé ma maison et enlevé mes bestiaux ; \u201cet ces faits sont bien connus des Anglais qui résidaient à.\u201cAnnapolis à cette époque.1 Nova Scotia A.Vol.27, fol.29.qui \u201cA \u201d Jor got 4x.ies \u201ce OOF \u2018ue vide LA NEUTRALITE DES ACADIENS 315 \u201cAprès ces évènements j\u2019étais parvenu à me relever un \u201cpeu, lorsque l\u2019année dernière, le major Handfield, au nom \u201cdu gouvernement anglais, m\u2019enleva tout ce que je possédais \u201cet me laissa libre de m\u2019expatrier où il me plairait.Jai \u201cmieux aimé venir dans la Nouvelle-Angleterre, parce que \u201cje croyais qu\u2019ici on connaissait ma fidélité aux Anglais et \u201cque je m'attendais d\u2019y trouver toute l\u2019indulgence à laquelle \u201cj\u2019ai droit.C\u2019est ce méme Robichaud que, le 17 septembre 1761, l\u2019abbé Pierre Maillard, vicaire général du diocèse de Québec en Acadie, autorisa de marier et de baptiser les Acadiens au Massachusetts.L\u2019abbé Bailly renouvela ce pouvoir en 1770.Louis Robichaud naquit à Port-Royal, le 9 août 1704, s\u2019y maria le 7 février 1730 à Jeanne Bourgeois, décéda à Québec le 20 décembre 1780, et fut inhumé le lendemain dans le cimetière des picotés.Il avait quitté Cambridge avec sa famille en 1774 et s\u2019était refugié à Québec.Son fils Otho, un des fondateurs de la paroisse de Nigaouec, sur le Mira- michi, est la souche de tous les Robichaud de cette paroisse.Placide GAUDET * Records of the General Court of the Province of Massachusetts Bay.Vol.21, folio 145. rirtréruaditt ss LES CONTES HISTORIQUES rs DE LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL On sait tout l\u2019attrait, la fascination que les légendes et les contes ont toujours exercés sur tous les esprits, et que les enfants, en particulier, retiennent beaucoup mieux dans leur mémoire ces récits du passé, quand on a su les enve- Jopper dans le mystérieux de l\u2019épique.De plus, rien comme l'image pour graver davantage, sur la cire des jeunes cer- \u2018veaux, la forme, l\u2019action et la couleur locale des événements «que l\u2019on veut sauver du naufrage de l\u2019oubli.C\u2019est ce qu\u2019a compris la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, en prenant l\u2019initiative d\u2019une oeuvre des plus louables en même temps que des plus utiles chez nous.Comme feu Pamphile LeMay, elle aurait pu intituler ses planches coloriées Contes vrais, car les dix premières que j'ai sous les yeux relatent des faits dont l\u2019authenticité historique ne saurait être mise en doute.Quelle aubaine pour les écoliers d\u2019aujourd\u2019hui que ces récits d\u2019oeuvres admirables.de traits historiques, de hauts faits-d\u2019armes, au crédit des hardis pionniers, des missionnaires héroïques et des guerriers sans peur et sans reproche des premiers temps de la colonie.Voilà, à mon sens, un excellent moyen de faire aimer l\u2019étude de notre histoire nationale, étude abhorrée d\u2019ordinaire chez la gente scolaire, à cause de son aridité de jadis.Et je m\u2019en souviens, allez! Alors on nous présentait une longue suite de faits secs et hérissés de dates comme des porcs-épics, et ce n\u2019est qu\u2019après une laborieuse gymnastique i pri gr lst père \u20ac ame bal de eg Jai ft nin | tte wet fhe) foment pte & d'ombre Ya Bptist ses bs pls mis of mi ily Du Tory NB ig LES CONTES HISTORIQUES 317 de mémoire que nous pouvions, aux jours d\u2019Histoire du Canada, réciter, mot à mot, les deux ou trois paragraphes qui constituaient la leçon.Et quand cette leçon n\u2019était pas sue, même après la protestation traditionnelle: \u201cJe la savais comme il faut, hier soir, mais je l\u2019ai oubliée\u201d, \u2014 force nous était de rester après la classe, faire un pensum ou bien encore goûter du vardet.J'ai gardé, pour ma part, bien d\u2019attendrissants souvenirs de mon temps d\u2019écolier, mais, d\u2019autre part, je ne suis pas tenté de faire ici le panégyrisme du procédé employé pour enseigner l\u2019histoire du Canada.Cette étude, avec celle de la géographie sans cartes et des prières latines non comprises, forment des ombres tenaces au tableau riant des scènes de la petite école.Il est vrai, pourtant, que les tableaux sont faits d\u2019ombres et de clarté.Mais revenons aux tableaux de la Société Saint-Jean- Baptiste et rappelons, en terminant, que les dix planches présentées ne forment que le début de la série.Nos écrivains.les plus réputés, de même que nos artistes de talent, sont.mis à contribution dans la composition de ces tableaux.Cha- | cun de ceux-ci contient douze gravures coloriées avec texte: à l\u2019appui.A.-E.MARQUIS | Du Terroir de Québec.: N.B.\u2014Les contes historiques se vendent chez tous les: libraires et dans les dépôts de journaux à 2 sous la feuille. se 1 3 ai - IN i A a be PSE OS ESE BIBLIOTHÈQUES DE SECTION SAULT-AU-RECOLLET ET CHAMPLAIN Renseigner chaque sociétaire selon ses goûts, ses besoins et ses aptitudes, pour l\u2019aider à exceller dans sa sphère, telle est une des préoceupations de notre Société.Aussi, ne peut-elle voir que d\u2019un bon oeil la formation de bibliothèques spéciales, dans les sections, qui ne demandent qu\u2019à devenir de plus en plus agissantes, utiles et pratiques.Pour réunir ces trois qualités en un tout harmonieux, la section doit non seulement s\u2019occuper des intérêts matériels les plus divers, mais il lui faut aussi faire collaborer tous ses membres, tantôt les uns, tantôt les autres, à ses diverses entreprises.Le travail ne saurait manquer, ni le dévouement, pour l\u2019accomplir.L\u2019obstacle à l\u2019activité féconde, nous avons cru le reconnaître, est le cercle par trop restreint où l\u2019on se meut pour penser, discourir et agir.Croyant ne rien pouvoir au-delà de ce cercle et n\u2019y connaissant pas d\u2019autre genre d\u2019activité, la créance de l\u2019isolement, et celle d\u2019une infériorité injustifiée, paralysent les grandes envolées qui favoriseraient incontestablement l\u2019essor économique du Canada francais.C\u2019est donc à briser ce cercle endormeur, qu\u2019il faut s\u2019employer.De cette inspiration est née tout naturellement l\u2019idée de la bibliothèque spéciale.La difficulté de monter une telle bibliothèque n\u2019est pas insurmontable.Il s\u2019en organise une présentement, au Sault- au-Récollet, section 39; et voici par quels moyens.Les membres adresent au bibliothécaire tout ce qu\u2019il peuvent obtenir, par eux-mêmes ou par leurs amis dans les ateliers, les bureaux, les magasins, en voyage, tels que livres, revues, catalogues journaux, annonces-réclames, cartes postales, cartes d\u2019affaires, illustrations de tout genre.Le bibliothécaire classe cette matière selon les différents groupements de nos membres, comme: comité avicole, d\u2019automobilistes, d\u2019action française, d\u2019initiatives industrielles, et d\u2019autres qui existent au sein de la section du Sault; toujours d\u2019après les intérêts = =- =.== j=.=_ = \u2018| ner | foé à tre 1 Is Jr vous le ihésion fier Bit | Imnéa | | | Montréal, 7 août 1919.| BIBLIOTHEQUES DE SECTION 319 particuliers que nous voulons servir et le désir que nous avons | d\u2019exalter le Canada français.Actuellement, nous faisons notre compte d\u2019une bien modeste bibliothèque, mais nous savons que \u201ctout vient a point | à qui sait attendre.\u201d\u201d Une fois complétée, nous aurons | pour chaque groupement de quoi justifier les catégories suivantes: Industrie et commerce, arts et métiers, biographies, histoire nationale, bon langage, récits de voyage, variétés.Moins les cartes d\u2019affaires, les prix courants et les annonces- réclames, tout est prêté d\u2019après le mode de contrôle couram- ramment usité dans les bibliothèques.| Ainsi, dans la jeune section du Sault-au-Récollet, nous | entretenons l\u2019espoir d\u2019être, par cette diffusion de connais- | sances, utiles à nos membres et à la cause nationale.Odilon LEPINE La section Champlain (paroisse Saint-Vincent-de-Paul) remercie pour l\u2019envoi gracieux de cinquante volumes, des- | tinés à la bibliothèque qu\u2019elle organise pour ses membres.Notre nouveau local, situé 1429 est, rue Sainte-Catherine, | nous permettra de faire grandir cette organisation.Et nous ; avons l\u2019assurance que l\u2019on voudra de plus en plus donner son ; adhésion à une société nationale qui sait si bien encourager, stimuler et défendre les intérêts de nos compatriotes de langue française.Gérard MALCHELOSSE, bibliothécaire. pp 0] Le Maximum de Valeur = as gs of dans la Chaussure ve \u2014_\u2014 Jo Grâce à notre politique de donner le maximum | id de valeur pour chaque dollar dépensé,\u2014politique qui fe, a valu à notre établissement ses quinze années de | ent succès constants dans le commerce de la chaussure | i a Montréal,\u2014notre client achète en toute sécurité | wt et toujours avec la certitude d\u2019obtenir pleine et | il entière satisfaction.| | i Dans leurs courses a travers la ville, les nom- top breux et distingués clients de la Revue Nationale md sont particulièrement invités à visiter notre mai- | Kee son, où les attend, même sans intention d\u2019achat, le ; Hi plus cordial accueil.Ji Dans le domaine de la chaussure, le nom seul | lh de DUSSAULT est déjà un sûr garant d\u2019irrépro- 1 ie chable qualité.dos bi g THOMAS DUSSAULT Ut Le bottier fashionable | 0 ÿ VE § 281-EST, RUE SAINTE-CATHERINE fide Prés Saint-Denis % hg x de | icy! tin - LE UN BOUTON-INSIGNE Les membres de nos diverses sociétés Saint-Jean-Baptiste ne se connaissent guère entre eux.Et pourtant ils y trouveraient maint avantage.Car les mêmes sentiments, les mêmes vouloirs guident chacune de nos sociétés nationales: il y a dans cette admirable unité une puissance morale que nous laissons inexploitée.Nous avons sous les yeux un gentil et minuscule bouton- ; insigne qui paraît répondre admirablement à ce besoin de l\u2019heure.Il a reçu l\u2019entière approbation du Collège héraldique \u2018de Montréal.En termes de blason, ce bouton-insigne se décrit ainsi: D\u2019argent à la feuille d\u2019érable de sinople, bordé de gueules, portant les mots \u201cSociété Saint-Jean-Baptiste\u201d.Le dessin en est à la fois simple et attrayant.Sa dimension est une moyenne entre le bouton minuscule et le | bouton par trop ostensible.Bien qu\u2019il soit dépourvu de tout ce qui peut en faire un objet de luxe, ce bouton a cependant ; un cachet de distinction.À ces qualités esthétiques, il réunit | celle de la solidité: le métal et l\u2019_émail se trouvent agencés de manière à durer indéfiniment, sans que leurs couleurs puis- | sent subir d\u2019altération.On observera que la feuille d\u2019érable \u2014 qui vaut à elle seule \u2018tout un long poème\u201d \u2014 est le motif essentiel de cet.insigne.S\u2019il est vrai que nos compatriotes de langue anglaise: ont su tirer parti de la beauté de cette feuille d\u2019érable dans.leurs décorations, \u2014 en quoi ils furent bien inspirés, \u2014 ils ne furent pas innovateurs.A plus d\u2019un titre, cet emblême nous appartient.Il suffirait aujourd\u2019hui que nos compatriotes se décorent chaque jour de la feuille d\u2019érable, pour qu\u2019elle redevint le symbole exclusif de notre nationalité et de ses aspirations propres.Le fait de trouver le même insigne, chez les membres de toutes les \u2018\u201c\u201cSaint-Jean-Baptiste\u201d ne manquerait pas de créer cette impression de plus en plus juste, d\u2019ailleurs, que nos compatriotes avertis sur les questions nationales sont légion et jis gle pik | (Hs.ga As» G.J) > fe Jo (> I [o> oF V ges or fo 6% fits 1e Ga 0 WN Si oN PO ie po J Cat 9 \u2014 dr EA SP fio\u201d & 26 a © i se 2 rg 2 [ANY (Q 8)
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