La revue nationale /, 1 septembre 1920, Septembre
[" Lil RIV Publiée par la SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL Directeur et gérant: ARTHUR SAINT-PIERRE MONTREAL, Nouvelle série, vol.I, No IX.ALFRED LALIBERTE L\u2019ENGERBEUR ONAL \u201c\u2018 Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s\u2019échappe vers le ciel\u201d Edmond ROSTAND.je » CANADA, 15 SOUS La copie : SPATS-UNIS, 2007 2 LA REVUE NATIONALE la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal Fondée en 1834 Mgr VARCHEVEQUE DE MONTREAL.Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.V.-E.BEAUPRE, 1.C., professeur, 676, rue Grand aumônier : Président général : ler vice-président général : Saint-André.2e vice-président général : J.-B.LAGACE, M.A, professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général : Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, rue Saint-Jacques.Trésorier général : Joseph HURTUBISE, courtier, 2, place d\u2019Armes.DIRECTEURS : L\u2019hon.L.-O.Dawid, sénateur, 291, Victor Doré, professeur, 214, Berri.rue Saint-Hubert ; J.-V.Desaulniers, courtier en 1im- .: , meubles, 1, rue Saint-Laurent ; Thomas Gauthier, courtier, 11, place Arthur Courtois, notaire, 97, rue , , ; , Saint-Jacques ; L\u2019hon.F.-L.Béwque, sénateur, 740, J-Emile Loranger, commis, 547, rue rue Sherbrooke ouest ; du Grand-Tronc.Chef du Secrétariat : Emile MILLER, bureau 1, Monument National.Corporations filiales de la Société : La Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie.: Pour lire en vacances AU PAYS DE L\u2019ERABLE IVe concours littéraire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1919.Un volume in-8° de 192 pages, orné de 12 hors-texte en demi-ton, 80 sous, franco 90 sous.Murie-Alice, par Mme Yvette-O.Gouin, est la touchante carrière d\u2019une jeune maîtresse d\u2019école au lac Saint-Jean.\u2014 Les bœufs, de Sylva Clapin, nous conduisent sur les bords du Richelieu, au cœur du terroir national.\u2014 Nestor et Piccolo, de Mlle Marie-Rose Turcot, est la drôlatique odyssée d\u2019un enfant terrible des Cantons de l\u2019Est.\u2014 Avec Pour l\u2019honneur, fr.Arsène analyse les sentiments d\u2019un conserit arraché à son pays des Laurentides.\u2014 Le retour au foyer, par fr.Robustien, est une curieuse légende du « jour des morts » à Saint-Pierre, île d\u2019Orléans.\u2014 La visite de Monsieur le curé, par J.-E.Lariviére : naïve réception organisée par l\u2019institutrice du rang de Salvail, aux Cantons de l\u2019Est.\u2014 Dans La fin d\u2019un traître, Eugène Achard nous reporte aux jours troublés de la rébellion de 1837, parmi les patriotes de \u2018Saint-Jean-d\u2019Iberville.\u2014 La Noél à Saint-Hilaire, par Camille Perras, fait l\u2019histoire intime d\u2019un terrien qui, fasciné par Pattrait de la ville, regagnera bientôt son « pays » pour ne plus le quitter.\u2014 Claire Desroches, par Joseph Courteau, est une fine étude de psychologie : comment une fille d\u2019habitant, à Vauvert, comté de Glengarry, sait prendre part à la lutte pour l\u2019école bilingue, en Ontario.\u2014 Le mariage du fils de Jacques Latouche, par Joseph Patry, c\u2019est le récit d\u2019une veillée de noces, dans une paroisse d\u2019en- bas de Québec.\u2014 Dans Le petit docteur Alice, Mlle Clara Saint-Arnaud nous raconte comment une jeune citadine prouva d\u2019éloquente manière qu\u2019elle avait eu raison de se faire docteur en médecine.\u2014 Avec Mathias L'Anglais, fr.Elie raconte l\u2019étrange destinée d\u2019un orphelin que les Abénaquis ont emmené avec eux, après leur raid sur Deerfield, en 1704, et dont la descendance s\u2019est multipliée par toute la province, et notamment à la Rivière-des- Prairies.\u2014 Les Souvenirs ineffaçables de J.-F.Simon, qui terminent le recueil, nous reportent au milieu des sympathiques populations de la région de Joliette.\u2014 I] faut lire cette heureuse tentative de régionalisme littéraire, dont les treize nouvelles portent des noms d\u2019écrivains avantageusement connus et ceux de jeunes plumes pleines de promesses.POUR L\u2019EDUCATION DU PATRIOTISME LES CONTES HISTORIQUES En plusieurs couleurs, 14\u201d x 1014\u201d pouces, en feuilles volantes et en albums.\u2014 La première série, entièrement épuisée, sera prochainement rééditée.\u2014 La 2ème série, et la 3ème série, \u2014 qui vient de paraître, \u2014 comprennent les sujets suivants, présentés dans l\u2019ordre chronologique : CONTE PAR ILLUSTRE PAR Jacques Cartier - _ _ _- _- -Fr.Méthodius, des E.C.Nap.Savard.Samuel de Champlain - - - - R.P.Alexandre Dugré, s.j.J.MeIsaac.Georges Latour.A.-S.Brodeur.O.-À.Léger.Nap.Savard.Claire Fauteux.Etienne Brûlé Jules Tremblay Robert Giffard Abbé Ivanhoë Caron Mère de l\u2019Incarnation - - - - Laure Conan Jean de Saint-Père E.-Z.Massicotte Marguerite Bourgeoys - - - Yvonne Charette Lambert Closse l_- _ - - - - E.-Z.Massicotte O.-A.Léger.Dollard des Ormeaux _ - - - E.-Z.Massicotte 0.-A.Léger.Le comte de Frontenac .- - Fr.Elie, des E.C.J.-B.Lagacé.Le siège de Québec mar Phipp Abbé A.Couillard-Després Bruno Bertrand.Charles Le Moyne et ses fils Victor Morin J.Melsaac.Pierre Le Moyne d\u2019Iberville - Fr.Elie, des E.C.J.Melsaae.La lutte suprême -_- - _ _ Fr.Elie, des E.C.J.Melsaac.Charles-Michel de Salaberry Fr.Elie, des F.C.J.MeIsaac.Monseigneur Langevin - - - R.P.Rod.Villeneuve, O.M.1.J.MeIsaac.On se procure les Contes historiques au secrétariat de la Société, Monument National, ainsi que chez les libraires et les marchands de journaux, aux conditions suivantes : en feuilles, 2 sous chacune ; en albums de 16 feuilles, 50 sous, franco 55 sous.Nouveautés Nous ne saurions vraiment nous soustraire au devoir qui nous incombe de remercier tous ceux qui ont assist?& notre vente d\u2019inauguration.Le succès remporté est une preuve indéniable que les valeurs et les réductions offertes ont eu le don de plaire à nos clients.[a mobilisation de toutes les \u201cValeurs\u201d et le ralliement de toutes les\u2018\u2018Réductions donnent un cachet particulier et intéressant EN TOUT TEMPS à nos magasins.Si vous magasinez à nos magasins, vous vous enivrerez d\u2019une telle ivresse d\u2019économies que vous voudrez revenir, vous voudrez goûter longuement, comme une liqueur incomparable, la satisfaction intime d\u2019avoir magasiné avec économie.Les va- | leurs offertes entourent, pénètrent et font une | atmosphère des plus r confortantes.L.-N.MARCHAND DE \u2014839 à 851 \u2014 Avenue Mont-Royal est fesster NOUVEAUTES Téléphone : St-Louis 3460.LIK si § Tu) Nil fp Torts, quie Je du mon [ES D DUH Ur qui ser Jique \u20ac paquet 13 ns à celte d trite} Le apt dis d ies, millier 4 ony bit tide consid { partie sous { tien, | | i ty ; ed a ' les, B Cor Wig - Mel \u2018et; fa) Tie ify Te 1 li Muy vey es Tipe | êlle ¢ Tiga flag 1 Fi Ê Sait-on que les climats les plus délicieux de l\u2019Europe sont ceux du Portugal, d\u2019une partie de l\u2019Italie, région de Naples, et de la Turquie ?Et cependant beaucoup d\u2019étrangers, et même de Turcs, vous affirmeront que le climat de la Turquie ne leur va pas à l\u2019heure actuelle.oO o Les Lapons sont les hommes les plus petits du monde, et les Patagons, les plus grands.o o LES DIVERSES SIGNIFICATIONS DU MOT BALLE :\u2014 On appelle balle une petite pelote sphérique qui sert au jeu de ce nom ; une petite boule métallique destinée à être lancée par la poudre ; un paquet assez gros, destiné au transport, par exen- ple la balle d\u2019un colporteur ; l\u2019enveloppe des graines, dans l\u2019avoine et autres graminées.Dans cette dernière signification il est préférable d\u2019écrire bale.Le © Le Vatican s\u2019élève sur l\u2019emplacement qu\u2019occupait dans la Rome antique, le cirque et les jardins de Néron.C\u2019est une immense réunion d\u2019édifices, élevés à diverses époques, qui contient des milliers de pièces de caractères différents.Bon nombre de ces pièces sont convertis en musée et la bibliothèque, unique au monde et prodigieusement riche en manuscrits, occupe elle aussi un espace considérable.On sait que la chapelle Sixtine fait partie de l\u2019ensemble des constructions désignées sous le nom générique de palais du Vatican.oO o Comptez l\u2019argent pour rien, les places pour rien, la popularité pour rien.C\u2019est la presse qui est tout.Achetez la presse et vous serez les maîtres de l\u2019opinion, c\u2019est-à-dire les maîtres du pays- (Mot d\u2019ordre de Crémieux, aux loges maçonniques, en 1842).o o Bonne ou mauvaise, menteuse ou véridique, corruptrice ou justiciére, maniére de de suffrage universel permanent et mobile, qui n\u2019a pas d\u2019autre appel que soi-même.Elle crée l\u2019opinion publique, c\u2019est-à-dire les mœurs ; elle renforce ou détruit la famille et l\u2019école ; elle fait ou défait les renommées ; elle renverse ou édifie les ministères ; elle a même le droit terrible de la paix ou de la guerre.Les hommes publics, écrivains, artistes, politiciens, fonctionnaires, sont à genoux devant son pouvoir multiforme et mystérieux .La presse enveloppe l\u2019école et le Parlement ; elle les péne- tre ; elle va où ils ne vont pas, elle atteint et dirige les profondeurs de la conscience populaire, elle s\u2019imposë bon gré mal gré à l\u2019élite- Contre sa royauté indéfinie et anonyme rien ne prévaut.(La Conscience nationale, Henri Bérenger).© © Un décret de la Congrégation du Saint-Office «déclare que les prétendues visions, révélations, prophéties, etc., qu\u2019on a coutume de désigner sous l\u2019appellation «les faits de Loublande », ainsi que les écrits qui s\u2019y rapportent, ne furent et ne peuvent point Être approuvés ».Il s\u2019agit du cas bien connu de la voyante « Claire Ferchaud ».LA REVUE NATIONALE Les jardins de Versailles, sont les plus magnifiques de France, ceux de Stow, près de Buckingham, les premiers d\u2019Angleterre.© oO On raconte que Pythragore avait une très haute idée de l\u2019excellence de la femme.Il faut dire que ee philosophe prétendait avoir été femme lui- même, dans une vie antérieure.Il différait done beaucoup des autres sages antiques qui, certes, ne se faisaient pas faute de railler finement ou de rabaisser durement \u2014 suivant leur genre de caractère\u2026 et de sagesse ! (sic !) la gent féminine.Pythagore rêvait l\u2019incarnation de la vieille sagesse dans un beau type féminin.Ce type il pensa l\u2019avoir trouvé dans sa propre famille.Damo, sa fille, devint son disciple le plus ardent ; il la voua aux dieux par un vœu de virginité perpétuelle, lui confia tous les secrets de sa psychologie et lui laissa, dit-on, ses écrits en lui faisant promettre qu\u2019elle ne les publierait jamais.Damo, l\u2019étonnement et l\u2019admiration de la Grèce, eut le courage de l\u2019obéissance.Elle mourut avec les secrets de l\u2019illustre vieillard.oO Q Il n\u2019est pas plus haute seigneurie que celle de soi-même.Léonard de VINCI.7 Place d\u2019Armes, - - - => GOHIER & BIGRAS COURTIERS D'IMMEUBLES Montréal.Téléphone : Main 3220.importante Librairie et Papeterie .Francaise du Canada.< À (Fondée on 1885, ies Ca=-\\ \u201chadiennes et Fran caises! Li of es t articles religieux.Li vres ct) fournitures de classes jArticles de \u201cbureaux 617 fanidis Travaux, d\u2019 impriniér TT Xreliurés | GRANGER FRERES \\ Libraires, Papetiers, Imporlateurs 43 NotreDame Quest, Montréal k BN Catalogues sûr demande; Poon J MASSICOTT Capital versé et réserve bas taux de change.Capital autorisé_ _ _ _ _ Total de actif, au dela de_ _ _ _ Siège social : MONTREAL Banque d'Hochelaga Fondée en 1874 $10,000,000 7,900,000 71,000,000 CONSEIL D'ADMINISTRATION : M.J.-A.VAILLANCOURT, président.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, vice-président.A.TURCOTTE, l\u2019hon.J.-M.WILSON, E.-H.LEMAY, A.-A.LAROCQUE, A.-W.BONNER ; BEAUDRY LEMAN, gérant-général.\u2014 151 succursales et 144 sous-agences au Canada \u2014 41 succursales dans la cité et le district de Montréal.La Banque émet des lettres de crédit circulaires payables dans toutes les parties du monde, ouvre des crédits commerciaux, achète des traites sur les pays étrangers, émet des traites, des chèques et fait des paiements télégraphiques sur les principales villes du monde, prend un soin spécial des encaissements qui lui sont confiés et fait remise promptement aux plus INTERET ALLOUE AU PLUS HAUT TAUX COURANT SUR TOUS LES DEPOTS D\u2019EPARGNE DE $1.00 ET PLUS | | 4 LA REVUE NATIONALE JEUNES GENS! Qui song.z à l\u2019avenir!.\u2026.N'oubliez pas L.-G.St-Jean, cie Ltée 20-ouest, rue Notre-Dame Tél.Main 1756.MONTREAL Le Jarry & Frère Salle de Ventes : Satisfaction CAL : 1091 assurée.Garage : .CAL + 1191 Service de premier ordre.2828, rue Saint.Laurent, pres Beaubien.Canadiens francais Nous vous invitons avec plaisir à venir pour tous appareils dans l'électricité, Nous occupons un endroit très central : 810 rue Papineau, angle Mont-Royal.Nous sommes en mesure de vous procurer tous les appareils électriques les plus modernes et à des prix défiant toute compétition.REPARATIONS \u2014 Nous nous occupons de tous genre de réparations, ainsi que de la pose des fils, des réinstallation de moteurs, réparations de cloches et de téléphones.Nous vous recevrons avec la plus grande courtoisie, toujours anxieux de vous créer un logis des plus enviables.GROS ET DETAIL D.VANASSE MARCHAND ELECTRICIEN 810, rue Papineau, MONTREAL.Faisant partie de l'association des entrepreneurs électriciens ; vous avez en ceci la garantie d\u2019ouvriers compétents et à des prix uniformes.Tél.St-Louis 1076.À (r (r= Le livre français triomphe La Librairie DÉOM 251-est, rue Sainte-Catherine MONTREAL DERNIERS LIVRES REÇUS : MONTPETIT _____ A.GUINDON, p.s L'abbé GROULX FOURNIER ______ VEILLEES DU BON LAMONTAGNE POTVIN Amis, lecteurs, rendez-vous ou écrivez à la Librairie DEO MONTREAL Vous y trouverez toujours le plus beau choix de livres français en Canada.Téléphone : EST 2551.Ee 251- EST, 9 rue Ste- Catherine ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTREAL GENIE CIVIL \u2014 ARCHITECTURE INGENIEUR CHIMISTE Ingénieurs spécialistes : MINES \u2014 ELECTRICITE ECOLE DE PREPARATION (UNE ANNEE COMPLEMENTAIRE) Préparation aux examens d\u2019admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Les finissants des collèges classiques sont admis sans examens à l\u2019Ecole de Préparation.COURS D\u2019ETE Des cours d\u2019été spécialement établis pour les finissants des collèges classiques qui désirent entrer directement en 1ère année se donnent -du ler juillet au 15 septembre et préparent les candidats aux examens d\u2019admission de septembre.POUR RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU DIRECTEUR.228, rue Saint-Denis, Tél : Est 3477.Montréal: | \\\\ Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal PREPARANT AUX SITUATIONS SUPERIEURES DU COMMERCE, DE L\u2019INDUSTRIE ET DE LA FINANCE Bibliothèque économique, Musée commercial et industriel Délivre des diplômes de « Licencié en sciences commerciales », de « Licencié en sciences comptables » et de « Docteur en sciences commerciales ».Le diplôme de « Licencié en sciences comptables » donne droit à l'admission dans « L'institut des comptables et auditeurs de la province de Québec » et dans « L'Association des Comptables de Montréal » (Chartered accountants).Des BOURSES DU GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Cours spéciaux, le soir : Comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, correspondance commerciale anglaise' et française, arithmétique commerciale, algèbre, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères (espagnol, italien, allemand) etc.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions, etc, s\u2019adresser AU DIRECTEUR DES ETUDES 399, AVENUE VIGER MONTREAL 2 i 1 ct i carrière ppt ls i ; + a gas er Ja vie lie fered} L'âme ima ihre Femneres | Reflesions (ath - Lysine] [a vie quot Charles Pi La nouveal Le martvre Le combat Nentalté d Da salon à Ce qui ep Notte] lg à ouvrage, Must Laliberté tpi tr; gravy \u2014_\u2014 LA A UE Enregistré \u2026 Abonnemen {alse dig \u2014 Le ani ave y 145 de an 8 Jy \u201cMig der I i En Ue may in ole Tous Sim Ly jo lige @ Ling Jit Say \u201cJos 7 iy ey ly.Aig | \u201csauts le \u201cdes Me ti lng da \u2018cn 0 Ÿ \" 3 | \\ À M N Sommaire : La situation économique de la classe ouvriére ._ _ _ _ ._ _ _ _ _ _ _ Arthur SAINT-PIERRE Sur un portrait (poésie) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Jacques LAUBE Les jardins (poésie) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Harry BERNARD: Le Vétéran de l\u2019hospice Gamelin (nouvelle illustrée) - 1._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Marie GUIBERT Vers le million = _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Emile MILLER La vie littéraire, quelques poètes - - - - Henri D'ARLES Lettre du Manitoba - - - - - - Louis-Philippe GAGNON L\u2019âême irradie sa lumière (nouvelle dialoguée, illustrée) -_- _ _ _ _ _ _ _ - Charlotte DUFRESNFH.Kernevez (roman illustré \u2014 suite) _ Mile PAPE-CARPENTIER Réflexions fantaisistes sur la graphomanie, Marie-Claire DAVELUY Çèà-et- là _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Jeanne CLOSSE La sainte Thérése de Gérard (poésie)___ Maurice de GUERIN La vie quotidienne de Ste-Thérèse (extrait) _ Maurice BARRES Charles Péguy (extrait) _ _ _ _ _ _ _ _ _ Daniel HALEVY Un nouveau concours _ _ _ _ _ _ _ _ _ Marraine ODILE Le martyre du P.Viel _ _ _ _ _ _ _ _ _ _Claire NADEAU Le combat de la Place d\u2019Armes - - - - Madeleine ROUSSEAU Mentalité différentes (illustré) - -_ _ _ _ _ _ _ _ ESTHER Du salon à la cuisine _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Perle SATIN Cequisepasse - _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Hewridu VALLIER Notre revue.\u2014 Carnet d\u2019un curieux.\u2014 Correspondance graphologique.\u2014 Correspondance de Marraine Odile.\u2014 Le panier à ouvrage.\u2014 etc, etc.Illustrations : Gravure frontispice : L\u2019Engerbeur de Alfred Laliberté ; deux compositions originales de A.-S.Brodeur ; une composition originale de Edmond-J.Massicotte ; le Canada illustré ; gravures de modes, portraits, ete.LA REVUE NATIONALE est publiée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, administrée par la Société Nationale de Fiducie.Rédaction et administration, 286, rue Saint-Laurent, Montréal.Elle est imprimée par l'Imprimerie Maisonneuve, 478, avenue Lasalle.Directeur et gérant, Arthur Saint-Pierre.Enreristrée comme matière de seconde classe.Tous droits réservés.Abonnement annuel : $2.00, strictement payable d\u2019avance.Les demandes de changement d'adresse doivent être accompagnées de la somme de 5 sous.* Notre Revue Les amis de notre revue, \u2014 ceci comprend tous ses lecteurs \u2014 se réjouiront avec vous de la faveur rapidement grandissante dont elle jouit auprès des annonceurs, ls auront d\u2019autant plus raison de s\u2019en réjouir sans arrière pensée, que, si l\u2019augmentation de notre clientèle d\u2019annonceurs nous a obligé de restreindre un peu l\u2019espace consacrée à la matière à lire proprement dite, nous nous sommes arrangés pour donner la même quantité de cette matière à lire, soit de 40,000 à 50,000 mots ou l\u2019équivalent d\u2019un assez fort volume, qui coûterait en librairie, 75 sous, et peut-être\u2019 une piastre.Nous y sommes parvenus en employant du caractère plus petit et en tassant un peu le texte, tout en ayant soin de sauvegarder la belle apparence artistique et typographique de notre publication- L'intérêt intellectuel et l\u2019agrément de nos lecteurs étant ainsi entièrement sauvegardés, la présence d\u2019une abondante publicité dans notre revue.se justifie facilement.Elle se justifie d'abord par l\u2019intérêt matériel de nos lecteurs eux-mêmes.Avec la complexité de la vie commerciale moderne et les multiples assauts que subissent nos bourses, de la part de tant d\u2019entreprises commerciales et autres plus ou moins recommandables, il est important que nous ayons sous la main un guide sûr pour nous indiquer les maisons et les hemmes d\u2019affaires à qui nos pouvons confier nos commandes en toute sécurité.Ce guide sûr, les pages d'annonces de la Revue Nationale le sont déjà, et veulent le devenir dans une plus large mesure encore.Nos solliciteurs d\u2019annonces ont instruction de ne s\u2019adresser qu\u2019aux institutions les plus recommandables et tout annonceur de la Revue Nationale, contre qui en pourrait nous présenter des plaintes graves et justifiées, serait impl- toyablement banni de nos colonnes.De plus la lecture des annonces fera connaître à nos lecteurs des ocen- sions de faire quelque achat avec plus d\u2019économie, ou de se procurer quelque objet utile, dont l\u2019existence leur était peut-être inconnu et, ainsi, la lecture intégrale de notre revue leur aura été doublement profitable: | La présence d\u2019une abondante publicité dans notre revue se justifie enfin, par un accroissement constant et rapide des frais de publication.LA REVUE NATIONALE 5 Machines à Coudre Economisez 44\u201c, sur l\u2019achat de votre machine à coudre M achine à Coudre \"MARVEL\" Nous offrons aux lecteurs de la Revue Nationale l\u2019avantage d\u2019acheter une excellente machine à coudre | à un prix d\u2019économie ex- , traordinaire.La \u201cMarvel\u201d est une machine de tout premier ordre ; 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LA REVUE NATIONALE FUBLES de Salle à Diner, de Chambre à Coucher, de Salon, de Vivoir.LA PLUS HAUTE NOUVEAUTE.LITERIE Lits en cuivre et en fer, Sommiers et Matelas tous garanti par la manufacture.TAPIS, RUGS, PRELART, POELES, FOURNAISES, ETC.Nous défions toutes compétitions.Votre crédit est bon.E.Germain & Fils 953 rue STE-CATHERINE EST Tél.Bell : EST 2244.Entre Papineau et Cartier.LA MAISON O.SAINT-JEAN Invite cordialement les lecteurs de La Revue Nationale a faire leurs achats chez elle.Depuis 1860, voila prés de 60 ans, le nom de St-Jean est honorablement associé au commerce de la bijouterie.Même avant 1860, on rapporte que les membres de cette vieille famille canadienne-française étaient bijoutiers et horlogers, ne s\u2019occupant cependant qu\u2019à fournir aux demandes de leurs compatriotes ; et l\u2019on peut bien affirmer que notre maison est la plus ancienne des maisons canadiennes-fran- çaises de bijouterie.Une maison d\u2019affaires possédant un passé semblable et qui 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population, comment elle est composée et les richesses accumulées sur notre sol à son intention par une Providence magnifique et toute puissante.Voyons maintenant, tout aussi rapidement, car notre programme est vaste et le temps nous presse, comment vit cette population, vers quelles occupations elle se porte de préférence ct quelle est la nature des relations qui s\u2019établissent entre ses diverses classes.En d\u2019autres termvs abordons, après des préliminaires un peu longs, mais qui m\u2019ont paru indispensables, le fond même de notre sujet.Distribution par industrie, de la population active D\u2019après le recensement de 1911 \u2014 le dernier en date et dont je n\u2019utiliserai les statistiques qu\u2019en l'absence de plus récentes \u2014 la population active de riotre pays, les femmes et les jeunes filles ne travaillant pas pour un salaire exceptées, se composait de 2,723,634 individus, dont 2,358,813 hommes et 364,821 femmes.Sur le total, l\u2019agriculture réclamait 917,848 hommes et 15,887 fera- mes,\u2019 soit 933,735 personnes, ou un peu moins du tiers.Les industries manufacturières venaient ensuite avec un personnel de 491,342 personnes, dont 98,561 étaient des femmes ; puis le commerce, qui employait 283,087 individus dont 42,184 femmes ; les métiers de la construction, ou du bâtiment, qui en employaient 246,201, dont 211 femmes seulement ; les transports, 217,544, dont 6,852 femmes ; le service domestique et les soins personnels, 214,012, dont 138,879 femmes ; les professions libérales, y compris le personnel enseignant et le clergé, 120,616, dont 57,835 femmes ; le fonctionnarisme fédéral, provincial et nfünicipal, 76,604, dont 4,073 femmes ; l\u2019industrie minière, 62,767, dont 61 femmes seulement ;® les forêts, 42,914, dont 13 femmes ; la chasse et la pêche, 34,812, dont 265 femmes.\u2018 Faire-valoir direct et prolétariat agricole Notre population rurale se compose.en très grande partie, de propriétaires terriens.Les fermiers et métayers sont peu nombreux, de même que les domestiques de ferme.C\u2019est ainsi qu\u2019au recensement spécial des provinces des Prairies, qui a été fait en 1916, on a trouvé que près de 83% des terres en cultures étaient exploitées directement par leurs propriétaires.En écartant les très grandes et les petites exploitations, pour ne tenir compte que des exploitations d\u2019une superficie de 159 acres, en moyenne, la proportion des propriétaires mon - tait à 93%.Il n\u2019y a aucun doute que dans les autres provinces, où les très grandes exploitations sont moins nombreuses que dans les trois provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l\u2019Alberta, la proportion des propriétaires ruraux est encore plus élevée.C\u2019était, du moins, le cas pour la province de Québec, en 1910, comme le prouvent les statistiques suivantes, empruntées par l\u2019intermédiaire de l\u2019annuaire statistique de la province de Québec (1914) au recensement de 1911.Superficie totale (en acres), des terres occupées, 15,576,809.Mode de tenure de ces terres : en propriété, 14,800,074 ; louées ou affermées, 776,735.Les terres exploitées directement par leurs propriétaires formaient donc plus de 90% du total des terres occupées.Le recensement de 1911, nous apprend encore que le nombre des journaliers agricoles était à cette époque, de 144,078, dans l\u2019ensemble du Canada- Ce chiffre est manifestement exagéré, si on voulait l\u2019appliquer aux journaliers qui s\u2019adonnent exclusivement à l\u2019agriculture.Il comprend sans aucun doute une forte proportion d'hommes de peine, qui se livrent en passant à l\u2019agrieul- ture\u201d mais qui vivent habituellement en ville.Une statistique que j'ai trouvée dans la Gazette du Travail (1917) jette une vive lumière sur ce point.Elle indique que dans l'hiver 1915- 1916, exactement 10,313 ouvriers ont travaillé sur les fermes du Manitoba.Au printemps le chiffre montait à 22,025, plus du double.Il subissait au cours de l\u2019été une nouvelle et forte hausse et atteignait à l\u2019automne, 39,137.Pour la même année, le nombre total des domestiques de fermes, c\u2019est-à-dire des hommes qui se font une carrière du travail salarié sur la terre n\u2019était que de 5,098.Ces chiffres démontrent que le prolétariat agricole ne forme qu\u2019une part infime de notre population rurale, même dans l\u2019Ouest et, à plus forte raison, dans les vieilles provinces de l'Est.La rareté de la main-d\u2019œuvre agricole est.du reste, l\u2019un de nos nombreux problêmes économiques.Le machinisme, qui envahit de plus en plus l\u2019agriculture.lui donne une solution partielle, à laquelle vient encore aider, chez nos cultivateurs canadiens-français, le grand nombre d\u2019enfants dont la Providence favorise nos foyers, surtout nos foyers ruraux.Malgré tout, le problème demeure et ne sera jamais, suivant toutes proba- TONLE \u201cLe porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s\u2019échappe vers le ciel\u201d Edmond ROSTAND.:p » CANADA, 15 SOUS La copie : STATS-UNIS.20 \" bilités, entièrement résolu à cause, pour une bonne part, de l\u2019irrégularité de l\u2019emploi que les campagnes peuvent offrir.Personnel et salaires dans l\u2019industrie manufacturière Un recensement effectué par correspondance en 1916 et dit : Recensement postal des manufactures, nous donne sur les industries manufacturières des renseignements du plus vif intérêt.Ce recensement a porté sur l\u2019année 1915.Il nous apprend que cette année-là, il y avait en activité au pays, 21,306 établissements manufacturiers, ayant un capital de près de 2 milliards, oceu- pant 52,638 employés et 462,200 ouvriers ; utilisant des matières premières pour une valeur de plus de 800,000,000, et dont la production s\u2019élevait à 1 milliard quatre cents millions en chiffres ronds.On a pu obtenir de 14,597 patrons employant 394,597 ouvriers \u2014 soit 85% environ du total des ouvriers recensés \u2014 des renseignements détaillés sur les salaires payés par eux à leur personnel.Des statistiques compilées à l\u2019aide de ces renseignements, extrayons quelques chiffres.Sur les 394,597 ouvriers et ouvrières, 11,656 gagnaient moins de $4.00 par semaine.On trouve, dans cette catégorie, 3,154 ouvriers de moins de 16 ans, 5,310 ouvrières, et 3,192 ouvriers de 16 ans ou plus.Prenons maintenant $10.00 par semaine comme salaire maximum.Nous trouverons que 150,000 ouvriers et ouvrières des deux sexes, soit 38% du total, retiraient un salaire hebdomadaire inférieur à cette somme pourtant modeste et que cette catégorie de petits salariés comprenait sans doute 8,192 enfants, mais aussi 54,838 femmes et plus de 84,000 hommes.Le même recensement a révélé que la très grande majorité des ouvriers des deux sexes, soit 291, 450, gagnaient moins de $15.00 par semaine.Les ouvrières adultes et les enfants n\u2019entraient ici que pour 74,906, laissant 216,544 hommes avec un salaire hebdomadaire inférieur à $15.00.Le salaire de la majorité des ouvriers de 16 ans et plus oscillait entre $12 et $15 par semaine, alors que celui de la majorité des ouvrières âgées de 16 ans ou plus était de $6 à $7 par semaine.Ceci pour les travailleurs en ateliers.Si nous considérons un instant la catégorie si intéressante des travailleurs à domicile, nous avons tout de suite l\u2019impression que le recensement à leur sujet est loin d\u2019être complet.Il n\u2019en mentionne en effet que 17,713 (dont 12,082 hommes.et 5,631 femmes) pour toutes les industries dans l\u2019ensemble du pays.C\u2019est là un chiffre manifestement et de beaucoup inférieur à la réalité.En cherchant bien on trouverait probablement plus d\u2019ouvriers et d\u2019ouvrières à domicile dans la seule ville de Montréal.L'insuffisance du recensement sur ce point s'explique par le fait qu\u2019en général ce sont les grands industriels qui ont le plus fidèlement ré- LA REVUE NATIONALE pondu au questionnaife du gouvernement.Or, ceux-là ne font guère travailler à domicile, du moins directement.i Quand leurs fabriques deviennent insuffisantes, ils se contentent de confier le surplus de leurs commandes à des sous-entrepreneurs.Quoiqu\u2019il en soit, il faut bien prendre le recensement tel quel, puisqu\u2019il est notre seule source de renseignements.Que nous dit-il encore?Que ces 17,713 travailleurs à domicile ont retiré ensemble, en salaires, durant l\u2019année 1915, $3,- 875,212, ce qui fait pour chacun, $219 par année, ou une moyenne de $4.20 par semaine.Voila au moins un renseignement qui paraît bien confirmer ce que nous savions déjà de la modicité des revenus des travailleurs en chambre.La situation générale au point de vue des salaires Sur les salaires payés dans les autres industries, je n\u2019ai pu me procurer que des indications fragmentaires et se rapportant à des périodes différentes, ce qui rend à peu près impossible toute comparaison sérieuse.Dans ces conditions, peut-être pouvons-nous, sans trop d'imprudence, considérer les chiffres concernant les employés de manufacture, comme donnant une assez bonne idée de la situation à cet égard de toute la classe ouvrière.Sans doute il y a, dans l\u2019industrie manufacturière, des occupations réclamant peu d\u2019aptitudes intellectuelles ou physiques et où, par conséquent, les salaires sont réduits à leur minimum.Par contre, beaucoup d\u2019établissements manufacturiers réclament des ouvriers d\u2019une grande habileté technique ou d\u2019une grande vigueur physique et recevant, par suite, les plus hauts salaires- De plus, il faut tenir compte du fait que les quelque 500,000 ouvriers de manufacture parmi lesquels ce recensement a été effectué, forment plus de 25% des travailleurs urbains.La situation économique d\u2019une partie aussi importante de la classe ouvrière doit commander, dans une certaine mesure du moins, la situation économique de la masse.D\u2019où l\u2019on peut conclure, non pas avec certitude sans doute, mais avec vraisemblance, que, dans leur ensemble, les ouvriers de manufacture ne sont pas plus mal payés que les autres.Acceptant donc sous réserve le salaire inférieur à $15 par semaine comme ayant été celui de la majorité de nos ouvriers en 1915, et le salaire inférieur à $8.00 par semaine, comme celui de la majorité des ouvrières, comparons ces chiffres avec le coût de la vie à la même époque.Les salaires et le coût de la vie D\u2019après la Gazette du Travail de janvier 1917, le budget hebdomadaire d\u2019une famille de 5 personnes, était, en janvier 1915, de $14,26, en avril de $13.78, en juillet de $13.76 et en octobre de $13.66, donnant une moyenne pour l\u2019année de $13.84.Or, l\u2019on sait que les.budgets types préparés par notre département du Travail ne comprennent que les dépenses de nourriture, de logement, d\u2019éclairage, et de chauffage et laissent de côté des dépenses considérables et essentielles, celles qui se rapportent à l'habillement par exemple.En ne perdant par de vue ce détail important, et en comparant ce budget incomplet de $13.84, avec le salaire hebdomadaire inférieur à $15 de la majorité de nos ouvriers, il semble impossible de ne pas conclure que la gêne, et même la misère devait être établie à demeure dans bien des foyers canadiens en cette année 1915.La situation était-elle meilleure ou plus mauvaise cette année-là qu\u2019à l\u2019ordinaire ?C\u2019est ce que nous allons essayer maintenant de découvrir.La tâche ne sera pas facile et nous devrons nous contenter d\u2019une vérité approximative, car le recensement des manufactures de 1916, est la seule occasion où notre département du travail ait tenté de se procurer des renseignements détaillés sur les salaires des travailleurs, classés par catégories d\u2019age.Le meilleur élément de comparaison nous fait donc défaut.Voici cependant, d\u2019autres statistiques donnés par le même département et qui nous permettront au moins d\u2019entrevoir la vérité sur la question vitale qui nous occupe.Voyons d\u2019abord pour les salaires.En 1900, il y avait 14,650 établissements manufacturiers, employant 339,178 employés et ouvriers des deux sexes et leur payant un salaire global annuel de $113,249,350, soit une moyenne annuelle de $333 et hebdomadaire de $6.40.En 1905, le nombre des ouvriers et employés était de 389,920, le total des salaires de $162,155,578, la moyenne annuelle de $422 et la moyenne hebdomadaire de $8.00 en chiffres ronds.En 1910, les chiffres se présentaient comme suit : nombre d\u2019ouvriers et employés, 515,203 ; salaires payés $241,,008,- 416, salaire moyen annuel $470.25, salaire hebdomadaire moyen $9.05.Enfin, en 1915, nous trouvons les statistiques d\u2019ensemble que voici : nombre d\u2019ouvriers et employés 571,678;° salaires payés $283,311,505, soit un salaire annuel moyen de $495, et hebdomadaire de $9.50.\" De tous Jes chiffres que je vient de citer, il ressort clairement que les salaires, comparés de 5 ans en 5 ans, ont constamment augmenté de 1900 à 1915, la différence entre les deux points extrêmes étant d\u2019un peu plus de 67%.Sur un portrait Sous les ramilles d\u2019une glace J'ai vu le portrait d\u2019un ami, Dont le front se cache à dem Dans le feuillage qui l\u2019enlace.Par la fenêtre au vent qui passe Soudain la verdure a frémi Et l\u2019ombre des feuilles à mis Sur lui comme un chagrin fugace.Alors j'ai compris que souvent, Comme dans la paix des ramilles, Chacun rêve des jours tranquilles.Mais qu\u2019il suffit d\u2019un moindre vent Pour que bientôt sur l\u2019âme émue L'ombre de nos chagrins remue.Jacques LAUBE.Qu\u2019en a-t-il été du coût de la vie ?Pour le savoir, nous interrogerons d\u2019abord les nombres- indices.En 1900, le nombre indice des prix de gros était à 108 ; en 1905 à 114 ; en 1910 à 124 et en 1915 à 150.L'augmentation des prix de gros aurait done été de moins de 50%, d\u2019où il semble qu\u2019il faudrait conclure que, de 195 à 1915, inclusivement, non seulement le salaire nominal mais encore le salaire réel a augmenté et que par suite, comparée à ses devancières, l\u2019année 1915 a été bonne pour les cuvriers.Prenons maintenant l\u2019autre méthode classique de calculer les fluctuations du coût de la vie, celle du budget hebdomadaire type, pour une famille de cinq personnes.D\u2019après l\u2019Annuaire du Canada, (1918), ce budget aurait été de $9.38 en 1900, de $10.51 en 1905, de $12.79 en 1910, et ainsi que nous l\u2019avons déjà vu, de $13.84 en 1915.Comparés avec les salaires moyens, ces budgets donnent les pourcentages suivants : en 1900, le salaire hebdomadaire représentait 68.22% du budget ; en 1905, 76% ; en 1910, 70% et en 195, 68%.Et nous voici en présence de résultats sinon contradictoires, du moins différents.Cette différence est dû sans doute, du moins en partie, au fait que les éléments qui servent à établir les nombres indices ne sont pas les mêmes qui entrent dans les budgets.Pour ne citer qu\u2019un exemple, le loyer, qui constitue l\u2019un des items importants des budgets, n\u2019entre pour rien dans les nombres indices.Ces derniers par ailleurs enregistrent les fluctuations des prix du vêtement, dont les budgets ne tiennent aucun compte.Mais, si les budgets ne peuvent guère se comparer aux nombres indices, il fournissent quand même leur réponse à la question de savoir si l\u2019année 1915 a été économiquement meilleure ou pire que les autres années pour la classe ouvrière.La réponse des nombres indices est qu\u2019elle a été meilleure.Celle des budgets indique qu\u2019elle est restée plutôt dans la moyenne : inférieure sans doute à l\u2019année 1905, mais semblablé à 1910 et 1900.Et de tous nos caleuls paraît bien se dégager la conclusion que, non seulement en 1915, mais d\u2019une façon permanente, la gêne et la hantise de la misère, accompagnent la majorité de notre classe ouvrière le long de la vie, Est-ce là de l\u2019histoire ancienne Peut-être sera-t-on porté à dire que c\u2019est là de l\u2019histoire ancienne, et que les ouvriers ont pu se faire donner en ces dernières années des salaires tels que, malgré l\u2019augmentation phénoménale du coût de la vie, leur situation économique en a été notablement améliorée.Cela me paraît incontestable pour certaines catégories, à la vérité assez nombreuses, de travailleurs.L'industrie des transports, les métiers de l\u2019imprimerie et ceux du bâtiment paient aujourd\u2019hui des salaires remarquablement élevés.Les tâcherons, les journaliers eux-mêmes, reçoivent à l'heure actuelle, dans certains cas, des salaires qui font soupirer d\u2019envie bien des employés à faux-col et à manchettes immaculés.C\u2019est que, en effet, la gêne et la peur du lendemain ne sont malheureusement pas disparues de notre vie économique, elles se sont seulement, dans une large mesure, déplacées.Maintenant, ce sont, pour la plupart du moins, les commis, les préposés aux écritures, les employés de bureaux \u2014 moins les sténographes \u2014 les fonctionnaires et la grande et noble phalange de nos éducateurs que tourmente le problème du budget à équilibrer.Mais il est incontestable qu\u2019il y a encore des industries importantes où l\u2019augmentation des salaires n\u2019a pas tenu le pas avec l\u2019augmentation du coût de la vie.Dans sont édition du 14 mai, le Droit d\u2019Ottawa a donné au sujet de l\u2019une de ces industries, des statistiques auxquelles j\u2019emprunte les deux chiffres suivants : l\u2019industrie du coton emploie 16,000 ouvriers et ouvrières, à qui elle paie un salaire moyen de $10.00 par semaine.Il est évident que pour ces ouvriers du moins, si l\u2019on veut bien me permettre ce cliché classique, le Pactole est encore à découvrir.Concluons donc sur ce sujet : en dépit des salaires élevés qui ont cours depuis peu dans certains métiers, le problème de s\u2019assurer un revenu «suffisant à faire subsister l\u2019ouvrier sobre et honnête» (Rerum Novarum), reste posé en permanence devant la majorité de nos travailleurs.Le chômage .Ce problème est encore compliqué par les crises de chômage, que peu de travailleurs peuvent se vanter de n\u2019avoir pas connu.Il n\u2019existe pas de statistiques officielles complètes sur le chômage involontaire en notre pays.De fait, il semble que de telles statistiques ne peuvent être établies que là où, comme en Angleterre, existe un système national d\u2019assurance contre le chômage.Nos seules sources de renseignements sont les rapports des bureaux de placement, où les chômeurs peuvent se présenter pour inscrire leur demande de travail.Ces bureaux sont de diverses sortes.Il y a les bureaux commerce aux, fonetionnant pour le bénéfice de caux qui les dirigent et où, trop souvent, la pire forme d\u2019exploitation, celle du pauvre, se donne libre cours.Ces établissements ont soulevé les critiques les plus vives et sont aujourd\u2019hui, en théories du moins, sévèrement réglementés.Pour leur faire concurrence, et sous la pression des associations ouvrières, les autorités municipales | AC ilo els | nis fi 5\" fir de en A prix i t + ! 4 , | \u2018 1 | | noi Jig 5 hard à leurs M | ion eus dr els pi 8 qua avalon porn Jes 18] (uette tig \u2018 approx année métier ke soit de dû sentir temps 0 8 me gr venus 3 due Mage d'eurr feet \u201c P Tratio! dt are LE dim MN amère te fig mr) cond es p ne fut I dal d parce Ë des où fé Meurs side Mont, Tisgen ur lestah ley ne p Ë Yim ley i | 0 dre Jom, À thr, Sati i: at Hong Tin bit Ma ty fa ion d'abord, provinciales ensuite, ont établi des bureaux de placements officiels qui rendent les plus grands services.Enfin, depuis 1918, nous possédons une loi fédérale, touchant le placement, qui a pour but de coordonner l\u2019action des bureaux de placement provinciaux et de suppléer, au besoin, à leur insuffisance.J\u2019allais oublier de mentionner que les associations ouvrières et diverses institutions charitables s\u2019occupent aussi de trouver du travail à leurs membres ou à leurs protégés sans emploi.Avant l\u2019intervention fédérale dans la question du placement, il n\u2019existait aucun lien entre ces divers services, dont les statistiques, quand elles étaient tenues, restaient dispersées, de sorte qu\u2019il est à peu près impossible aujourd\u2019hui d\u2019indiquer par des chiffres le mouvement du chômage involontaire au Canada pendant une période déterminée.On pourrait cependant, en analysant les rapports mensuels des correspondant de la Gazette du Travail, puis en synthétisant les renseignements ainsi obtenus, se faire une idée approximative des variations de l\u2019emploi d\u2019une année et d\u2019une saison à l\u2019autre, dans les divers métiers.On apprendrait ainsi, par exemple, qu\u2019à la suite de la déclaration de la guerre, une crise de chômage a éclaté au Canada, qui s\u2019est fait sentir durement dans l'hiver 1914-15 et au printemps de cette dernière année ; que l\u2019enrôlement en masse de nos jeunes gens et la fabrication sur une grande échelle des munitions de guerre, sont venus bientôt changer cette situation du tout au tout, si bien qu\u2019en 1917 et 1918 la crise de chômage avait fait place à une crise de la main- d\u2019œuvre ; qu\u2019après la signature de l\u2019armistice, la fermeture des usines de munitions et la démobilisation ont ramené, mais pour très peu de temps et avec beaucoup moins de gravité la crise de chômage du début de la guerre.Et ceci nous amène à l\u2019année 1919, époque à laquelle le service fédéral de placement a commencé à fonctionner.Nous disposons, depuis lors, pour juger des conditions de l\u2019emploi dans notre pays, de données plus précises, quoique encore incomplètes et, ne fut-ce que pour cette raison, inexactes.Les statistiques du service fédéral-provin- cial de placement sont incomplètes et inexactes parce que d\u2019abord, elles ne couvrent que l\u2019activité des bureaux officiels de placement provinciaux ou fédéraux ; parce que, aussi, beaucoup de chômeurs cherchent et trouvent du travail sans s\u2019aider du concours d\u2019aucun bureau de placement.Malgré leurs défectuosités elles n\u2019en fournissent pas moins des renseignements précieux sur le chômage dans notre pays et valent incontestablement la peine d\u2019être consultées.Il est seulement à regretter qu\u2019elles ne couvrent pas une période de temps plus étendue.Elles nous apprennent que de mars 1919, au 3 janvier 1920, le service fédéral-provincial de placement a enregistré 370,171 demandes d\u2019emploi et 375,359 vacances et qu\u2019il a effectué 259,- 783 placements réguliers et 37,905 placements d'occasion ou pour une durée de moins de 8 jours.A s\u2019en tenir à ces chiffres, on devrait conclure, que, durant les dix mois couverts par ces statistiques, la question du chômage ne s\u2019est pas posée au Canada, puisque les offres d\u2019emploi ont excédé les demandes.Analysons-les cependant et nous verrons que tout en étant exceptionnellement favorable, la situation n\u2019était pas tout à fait aussi brillante qu\u2019elle nous paraissait au premier abord.Que nous révèle en effet un examen plus attentif de ces statistiques ?Ceci, que les demandes de main-d\u2019œuvre ont excédé les offres surtout à l\u2019époque où les travaux de la terre réclament beaucoup de bras, c\u2019est-à-dire depuis la fin de mai jusqu\u2019à la mi-octobre et que l\u2019ouverture des travaux d\u2019exploitation forestière a aussi contribué pour une part à cet excédent des positions offertes sur les positions demandées.Et comme un certain nombre de travailleurs ne veulent pas, tandis que beaucoup d\u2019autres ne peuvent réellement pas se livrer à la culture ou se faire LA REVUE NATIONALE LES JARDINS Il est de grands jardins de roses, De tulipes, de lis moroses, Et d'willets blancs, et de névroses, Dedans mon cœur.De frais jardins où se balance La douce et triste somnolence Du rêve frêle et du silence, \\ Dedans mon cœur.Des jardins aux longues allées, Par où, jadis, s\u2019en sont allées, Des musiques échevelées, Dedans mon cœur.Avec un jet d'eau qui recèle, Dans chaque goutte, une étincelle, Sanglotant jet d\u2019eau qui ruisselle, Dedans mon cœur.Des jardins vastes où, brisées, Gisent sous des pierres rosées, Les dépouilles de mes pensées, Dedans mon cœur.Où, jours d\u2019hiver, des avalanches, Parmi l\u2019entrelacs noir des branches, Sèment des fleurs en neiges blanches, Dedans mon cœur.Harry BERNARD.blcherons, il en est résulté que la proportion des placements relativement aux offres et aux demandes d\u2019emploi a baissé à mesure que les offres venant de la campagne se faisaient plus nombreuses, et que par suite la crise du chômage dans les villes n\u2019a pas été notablement allégée par la crise de la main-d\u2019œuvre agricole.Aussi, à l\u2019automne, la saison active sur la terre étant terminée, les offres d\u2019emploi ont commencé à excéder les vacances à remplir.Durant quatre semaines, du 13 décembre au 3 janvier, il y a eu 36,899 demandes et 22,194 offres d\u2019emploi, laissant un surplus des demandes sur les offres de 14,705.Durant le seul mois de janvier, les demandes d\u2019emploi ont excédé les vacances de 20,008, et en février de 9,295.Aussi à cette date, le nombre des sans-travail inscrits au bureau central fédéral, s\u2019élevait-il à 26,242.A partir du mois de mars la situation a commencé à s\u2019améliorer de nouveau et il est certain qu\u2019au début de cet été le chômage au Canada était réduit à sa plus simple expression.Mais il ne faut pas oublier que depuis quelques années, nous traversons une période exceptionnelle de prospérité industrielle due directement ou indirectement à la guerre.C\u2019est ce qui explique pourquoi, pendant tout ce temps le problème du chômage n\u2019a eu pour nous qu\u2019un intérêt occasionnel, saisonnier.Mais précisément parce qu\u2019elles est anormale, cette situation ne pourra malheureusement pas se prolonger indéfiniment.Déjà de nombreux indices font prévoir un rälentissement de l\u2019activité industrielle, avec son inévitable contrecoup de la mise à pied d\u2019un grand nombre de travailleurs.Dans les manufactures de chaussures et les établissements de confection en particulier on a commencé à réduire la production.Aussi tout en se défendant de le prédire, on ne peut s'empêcher de redouter un hiver dur aux pauvres.Ces faits (comme du reste, et avec beaucoup plus de force encore, l\u2019histoire économique de tous les pays à grande industrie) démontrent qu'il serait absurde d\u2019espérer supprimer le chômage ou de se flatter d\u2019écarter pour toujours les crises industrielles.Mais si on ne peut le supprimer, on peut du moins le réduire à son minimum, ce à quoi vise notre système national-provincial de placement.Mais cela ne suffit pas et l\u2019on doit encore s\u2019efforcer d\u2019en amortir les douloureux contrecoups par l\u2019assurance contre le chômage dont les difficultés d\u2019application ne doivent pas nous faire perdre de vue l\u2019urgente nécessité.Travail des femmes et des enfants Tout comme le chômage, le travail des femmes et des enfants est une ombre au tableau de notre prospérité industrielle, ombre qui va toujours grandissant.En 1891, les femmes ne formaient que 11.07% des salariés, en 1911 la proportion était montée à 14.31%.En 1891, il y avait 111 femmes sur 1,000, qui travaillaient à salaire ; en 1911, il y en avait 143° La guerre ayant, dans ce domaine comme dans beaucoup d\u2019autres, exercé son influence néfaste, le prochain recensement enregistrera sans aucun doute une aggravation de cet état de chose, aux conséquences si funestes.Le recensement de 1911 fixait à un peu plus de 25,000 le nombre des enfants de 10 à 14 ans qui étaient employés à salaire à cette époque.Ce chiffre était formé de 17,376 garçons et de 7,777 fillettes, ce qui représente 4.91% des garçons de cet âge, et 2.26% des filles.Tout en déplorant qu\u2019il se trouve même un petit nombre d\u2019enfants de moins de 14 ans qui se trouvent dans l\u2019obligation de gagner, au moins partiellement leur vie, il faut bien admettre que ces chiffres n\u2019ont rien de déprimant.On peut seulement se demander avec inquiétude dans quelle mesure les parents qui cachent l\u2019âge véritable de leurs enfants pour les mettre plus tôt à l\u2019ouvrage ont pu contribué à les fausser.Je n\u2019ai trouvé aucune statistique comparée qui m\u2019eut permis de juger si le nombre des enfants qui travaillent a une tendance marquée vers la hausse ou la baisse.En l\u2019absence de ces statistiques,\u201d° espérons que nos lois provinciales qui tendent à supprimer, ou du moins à réduire le plus possible le travail des enfants, atteignent dans une large mesure, sinon complètement leur but et souhaitons que leur champ d'action, trop restreint à l\u2019heure actuelle, soit considérablement étendu.Durée de la journée de travail Quelles sont maintenant les heures de travail de toute cette population ouvrière ?Le ministre du Travail a répondu à cette question, au cours de la conférence industrielle nationale tenue à Ottawa en septembre 1919, en résumant les conclusions d\u2019une enquête conduite par son département auprès de 8,500 firmes canadiennes.L'enquête a provoqué 6,250 réponses, couvrant le cas de 615,000 travailleurs environ, soit approximativement 50% du personnel des industries nationales.Et voici les renseignements qui s\u2019en dégagent sur la longueur de la journée de travail au Canada : 9,088 des ouvriers recensés travaillaient 7 heures ou moins par jour, 7,818 travaillaient 7.30 heures par jour ; 266,- 226 ou 43.4 du total travaillaient 8 heures ; 33,267 travaillaient 8.30 heures ; 152,729 faisaient la journée de 10 heures et 11,000 seulement travaillaient plus de 10 heures.\u201d Ces chiffres seraient des plus satisfaisants S'ils s\u2019appliquaient à l\u2019ensemble de nos ouvriers et employés.Malheureusement, ici comme dans le cas des ouvriers à domicile, il ne s\u2019agit que des grandes entreprises où, en thèse générale, la journée de travail est plus courte que dans les petits établissements et il ne semble pas téméraire d'affirmer que la journée de 10 heures et plus reste la journée normale sinon de la majorité du moins d\u2019une très forte proportion de nos travailleurs.(Le mois prochain : Malaise industriel et organsiation professionnelle ouvrière).! Voir la Revue Nationale d'août.= Il est évident que le Bureau du recensement a fait entrer dans le premier chiffre tous les axriculteurs, hommes, propriétaires ou salariés, mais n\u2019a tenu compte que des femmes travaillant à salaire.8 L'emploi des femmes dans les mines, est interdit dans toutes les provinces du Canada, où l'industrie minière a pris quelque développement.Tous ces chiffres sont extraits du vol.VI, du recensement de 1911, pp.XVIII et XIX.® Le recensement a eu lieu en été (fin de juin), saison où les campagnes tirent en grand nombre des villes les travailleurs qui leur font défaut.S Ce chiffre est extrait du recensement postal, p.XI, tous les autres proviennent de l\u2019Annuaire 1918 (p.61), dont le tableau 42, a servi de base à mes calculs.\u201c On a bien compris qu'il s\u2019agit ici du salaire moyen de tous les ouvriers sans distinction d'âge ou de sexe.5 Recensement de 1911.vol.VI, tableau 6, p.XVI.* Ibid.tableau, 8, p.XVIII., 1 Ceci n'est pas une affirmation que cette statistique n'existe pas.1 Conférence industrielle nationale, Rapport officiel des débats, p.70. 10 LA REVUE NATIONALE Le vétéran de l\u2019Hospice Gamelin (3ème prix au concours) Personne assurément n\u2019aurait pu prétendre, que le vieux Laurendeau, qui vivait ,il y a quelque vingt ans, n\u2019était pas un homme heureux.I] n\u2019avait à s\u2019inquiéter ni de la nourriture ni du logement, ni de son vestiaire : le gouvernement lui fournissait tout cela en échange de sa jambe gauche qui, en 1870, était restée à l\u2019attaque du fort Garry, dans la trop célèbre expédition contre les Métis de l\u2019Ouest.Milicien volontaire, la vie de soldat avait souri à son goût d'aventures et de généreux dévouement.Il avait bon sommeil et bon appétit et, n\u2019étant naturellement pas gourmand, il n\u2019aurait pas échangé contre la table d\u2019un ministre ou d\u2019un banquier, l\u2019ordinaire de l\u2019Hôpital.Il se portait fort bien, sauf quelques douleurs aux changements de temps, dans la jambe qu\u2019il n\u2019avait plus ; et comme il était fort adroit de ses mains il gagnait à faire des cartonnages, plus d\u2019argent qu\u2019il ne lui en fallait, pour son tabac et ses menus plaisirs.Il y avait pourtant une ombre sur le bonheur du vieux Laurendeau.Ce qui produisait cette ombre, faut-il le dire, c\u2019était l\u2019orgueil et un orgueil jaloux.Laurendeau était de l\u2019avis de César qu\u2019il valait mieux être le ler dans un village que le second à Rome.Or il était loin d\u2019être le 1er dans Rome, c\u2019est- à-dire à l\u2019hospice Gamelin, quoique depuis un an déjà, il en fut le doyen ; et dans son idée c\u2019était là une grande injustice.Dans les premières années, alors qu\u2019il n\u2019était que nouveau pensionnaire et que l\u2019hospice possédait avec lui quelques autres glorieux mutilés du dévouement ou du travail, il trouvait tout simple de rester au dernier rang, lui dont les dernières armes,ne dataient pas de 10 ans.Mais ne devait-il pas grader par rang d\u2019an- ciennzté, marcher en tête de ses compagnons, faire la loi en cas de contestation ?Eh bien ! oui cela aurait dû être ; mais cela n\u2019était pas ; et dans les groupes qui se chauffaient au soleil durant les beaux jours ou qui se serraient autour des poêles durant les longs hivers, ses récits que tout le monde savait par cœur, pâlissaient devant ceux des héros de 1885, et tous étaient éclipsés par ceux de Gendron, l\u2019unique représentant de l\u2019expédition Sud-Africaine; quelquefois même, au grand dépit du narrateur, l\u2019assemblée s\u2019oubliait au point d\u2019éclater en ovations à l\u2019honneur de Louis Riel et de l\u2019abbé Ritchot.Peu au courant de la trame des événements, la politique n\u2019était pas son fait ; vieux soldat canadien, il n\u2019admettait pas qu\u2019on pt refuser son admiration à des hommes qui poussent le dévouement jusqu\u2019au mépris de leur vie.Mais on a beau être patriote, c\u2019est dur d\u2019écouter toujours les récits des autres sans pouvoir se faire entendre ; c\u2019est dur de se faire dire, quand on commence une histoire : Connue ! père Laurendeau, vous nous avez dit celle-là- plus de cent fois.Si bien qu\u2019un jour le vieux Laurendeau, qui ne sortait jamais, que pour aller porter ses cartonnages \u2018et en toucher le prix et qui avait toujours jugé les galeries et les cours de l\u2019Hospice assez vastes pour ses promenades, s\u2019y trouva tout- à-coup gêné et résolut d\u2019aller prendre l\u2019air du dehors.Il est vrai, que ce jour-là, Laurendeau était poussé à bout ; cet impertinent de Gorinet, qui possédait une jambe de moins que lui, ne s\u2019était-il pas avisé d\u2019insinuer, qu\u2019après tout, les Métis n\u2019étaient pas des ennemis si difficiles à vaincre! Des gens qui n\u2019étaient pas seulement capables de lancer un obus! On voyait bien que Gorinet n\u2019était jamais entré au Manitoba et ne connaissait pas même Winnipeg.Laurendeau, longea péniblement la rue Ste-Catherine, et alla s\u2019installer au carré Viger, face au grand jet d\u2019eau.C\u2019était par une belle soirée de juillet ; la vie étäit partout ; les insee- tes bourdonnaient, les moineaux pépiaient, les rayons solaires se jouaient tout dorés à travers la verdure, on n\u2019entendait que les ébats joyeux des enfants en vacances.Laurendeau commença par jouir de tout cela, en s\u2019étonnant de n\u2019avoir pas eu plus tôt la bonne idée de venir dans un lieu si agréable ; puis, comme un changement d\u2019habitudes amène toujours un peu de mélancolie, ses pensées prirent insensiblement une teinte grisâtre.Rien que des visages inconnus autour de lui, cela n\u2019était pas gai et là-bas, toutes ces physionomies connues qu\u2019il retrouverait en rentrant, ne lui feraient pas déjà tant plaisir à revoir.C'était une autre affaire quand Garnier et Paulus et ce bon vieux Martineau étaient encore de ce monde ! de vrais amis ceux-là, et qui vous écoutaient et ne plaisantaient jamais mal à propos.Mais ils étaient partis l\u2019un après l\u2019autre, et.Eh bien! oui ce sera bientôt mon tour : à soixante- quinze ans il faut s\u2019y attendre.Ici Laurendeau fit une moue.Pourquoi ?Ce n\u2019était pas qu\u2019il craîgnit la mort : sa conscience était trop paisible pour cela, et il n\u2019avait pas de bien fortes raisons pour tenir à la vie.Mais l\u2019homme aime à se survivre et mêmé sans enfants, s\u2019il laisse un héritage si petit soit-il, il désire le suivre par la pensée et savoir qui en profitera.Or Laurendeau avait de petites économies.Pendant longtemps, il les avait destinées à fournir, quand il ne serait plus, du tabac et quelques douceurs à ses trois amis pour lesquel il avait l\u2019habitude de payer lorsqu\u2019ensemble ils achetaient quelque chose.Mais Laurendeau survivait à ses trois amis ; à qui donc lèguerait-il son épargne ?Ce ne serait sûrement pas à Gorinet ! Comme il rêvait, la tête penchée, une boule roula jusqu\u2019à lui et vint heurter contre sa jambe de bois.Laurendeau leva les yeux : un gracieux garçonnet, de quatre à cinq ans, qui courait après la boule, poussa un franc Tr A Portez armes ! éclat de rire.Jeannette ! s\u2019écria-t-il, elle a réveillé le Monsieur.Fi donc! André, que c\u2019est vilain ! dit d\u2019une voix sérieuse la jeune fille qui suivait : Pardon, Monsieur, veuillez l\u2019excuser, il est espiègle mais non méchant».«Il n\u2019y a pas d\u2019offense, je ne dormais pas, répondit l\u2019invalide, charmé des attentions de la jeune bonne.Quel joli petit garçon vous avez là ! Quel âge a-t-il s\u2019il vous plaît ?Moi, Monsieur, quatre ans, répondit André, en se plantant debout devant lui.Quatre ans ! mon gaillard, on t\u2019en donnerait bien sept ; à vingt ans, tu feras un fameux soldat ! Oui, moi soldat, comme oncle Paul ! dit crânement le petit.C\u2019en était assez pour capter toutes les bonnes grâces du vieux vétéran.L\u2019oncle de l\u2019enfant est volontaire ,dit la jeune fille et mon frère s\u2019est enrôlé dans le même bataillon.Ah ! votre frère est soldat ?C\u2019est bien, cela, dit Laurendeau, en la regardant avec intérêt.Etes-vous de Montréal, demanda-t-il, témoignant d\u2019une sympathie croissante.« Non Monsieur.Je suis de la campagne en bas de Québec ».Tiens, ajouta-t-il, nous sommes de Ia même région Je suis né dans la Beauce, moi aussi, seulement il y a longtemps.De quel endroit êtes-vous ?de Ste-Marie.Ah! je con- st yb?7% nais ça, c\u2019est un gros et riche bourg.Moi je suis de St-Joseph, à quelques lieues plus bas.Est-ce que la Chaudière fait encore des siennes ?Êtes-vous descendue quelquefois à Saint-Joseph ?La jeune fille y était allée ; et Laurendeau se mit à lui demander des nouvelles du village, de l\u2019Eglise, de la place où l\u2019on dansait, des arbres, qu\u2019il avait vu planter, des gens qu\u2019il avait connus.Ceux-ci n\u2019existaient plus, mais Jeannette lui parla de leurs enfants, c\u2019était presque la même chose ; et l\u2019invalide fut tout aise d\u2019apprendre que c\u2019était toujours un Duval qui tenait la scierie et que les arbres étaient devenus aussi hauts que les maisons.Le petit André que ces discours n\u2019amusaient guère vint interrompre la conversation.André, soldat ! dit-il.Oncle Paul apprendra exercice à André.Veux-tu que je te l\u2019apprenne moi ?demande «l\u2019Ancien » en riant ?Quand viendra oncle Paul, tu lui montreras que tu es aussi bon soldat que lui.Oh ! oui, dit le petit, tout rouge de plaisir.Voilà le bâton qui fera le fusil.Attention au commandement.Portez armes ! Pas mal, fantassin ; mais la main est mal placée et le bras droit doit être serré au corps comme ça ; attention nous allons recommencer.Ah ! très bien cette fois.Et Laurendeau plaçait lui-même l\u2019enfant dans la position réglementaire et riait de se voir instruisant un pareil conserit.L'enfant lui, ne riait pas ; il serrait ses lèvres roses et s\u2019effor- cait de faire la «drill », comme un vrai soldat.Jeannette s\u2019était assise, achevant une broderie.Repos, fit l\u2019invalide, s'adressant à sa jeune recrue ; contre le banc, de sa béquille et du bâton, il simula un faisceau ! Vous aimez l\u2019ouvrage à ce qu\u2019il paraît, Mademoiselle Jeannette ! Qu\u2019est- ce que vous faites donc là ?J\u2019achève un travail que je dois livrer ce soir.Le salaire est destiné à grand\u2019mère qui est restée au-pays.Ah ! vous avez votre grand\u2019mère ?Ça doit lui faire de la peine que vous soyez partie ?Jeannette soupira.Puis ne voulant pas laisser croire qu\u2019elle avait quitté sa grand\u2019mère par caprice, ou par amour de la grande ville, elle conta sa simple histoire.De sa nombreuse famille il ne lui restait que son aïeule et un frère.Bien qu\u2019infirme, la grand\u2019mère n\u2019aurait pu se résigner à abandonner la maisonnette et le jardin qui la faisait vivre.Le séjour dans un asile, répugnait à ses goût et à son amour du pays natal.Ayant trouvé une position avantageuse, chez les parents de ce petit garçon, dit la jeune fille, j\u2019épargne tant que je peux sur mes gages afin d\u2019envoyer chaque mois un modique secours à celle que j'aime la plus au monde.Si devant moi je pouvais mettre quelques centaines de piastres, j'irais retrouver grand\u2019mère, j\u2019ouvrirais une petite épicerie et nous serions heureuse ensemble.Mais j'ai beau faire, ma bourse ne grossit pas vite.et ma grand\u2019mère vieillit.Le père Laurendeau était devenu songeur.Il se leva.« Voila le soleil qui , baisse, il est temps que je m\u2019en aille.ic Adieu André.» Au Revoir Jeannette ; Jeannette Dupras m\u2019avez-vous dit ?de Ste-Marie en Beauce n\u2019est-ce pas ?Moi je me nomme Laurendeau.A demain vous reviendrez ici, j\u2019espére.J\u2019apporterai un petit fusil à mon jeune soldat.Au revoir Monsieur Laurendeau, dirent ensemble André et Jeannette.Le lendemain, l\u2019enfant et la jeune fille arrivés de bonne heure au » Rendez-vous « attendirent en vain l\u2019invalide.André refusa de jouer et pleura quand il lui fallut reprendre le chemin du logis.Ce n\u2019était pâs la faute du vieux Laurendeau s\u2019il n\u2019avait pas apporté le fusil promis à son petit ami.Le matin en descendant pour déjeuner la tête lui avait tourné, il était tombé évanoui.Le docteur appelé en toute hâte avait hoché la tête d\u2019un air mécontent ; et à l\u2019heure, où André et Jeannette l\u2019attendaient Place Viger, le vétéran était dans son lit, revenu à lui, mais faible, d\u2019une faiblesse qui fit dire aux camarades réunis dans la grande cour : « Encore un qui va nous quitter.» .Vers le soir, Laurendeau, qui était resté longtemps assoupi, sortit comme d\u2019un rêve.La religieuse qui le veillait se pencha vers lui.« Eh bien.» Père Laurendeau, lui dit-elle, comment vous trouvez-vous ?Prenez cette cuillerée de potion, cela vous fera du bien.Merci, ma sœur, ça va aussi bien que possible.Non pas de potion, mais rendez-moi un petit service ; s\u2019il vous plait allez me chercher la mère Supérieure.La Sœur étonnée céda à son désir.que d ; quvres pus à \u2018A gti en cdot bid EE.eo ii d reg ; pre © gpd uel pe mur Ck i tims * use Pfs et | ; envie i vers ( ho lv fie fans Om [Ale tance dela; seulen aisées mais 10 0 qu hes Le Ï wil Merci rier 5 d je vent, Tete Wy iy M a, Jone ug lent ray ih; la) fis] mr Psy ny on + I 8: jen 5p lui, rat, js ar lle fz qi 3.ès Ine les jis le J og i LA REVUE NATIONALE 11 Vers le million L\u2019oeuvre du livre français Nous faisons, depuis quelques années, une sorte d\u2019apprentissage à la générosité envers les œuvres de salut national.Qui ne reconnaît que nous allions de mieux eh mieux au sens de la tradition cet autre sens qui consiste à comprendre les impératifs besoins du moment, \u2014 ce qui peut s\u2019appeler le sens de l\u2019évolution ?Aujourd\u2019hui, nouvelle sollicitation : il s\u2019agit de compatriotes qui réclament instinctivement le livre, le livre qui nourrit, qui éveille, qui tonifie et qui sauve.Est-il possible, de nos jours, et dans les conditions où vivent tant des nôtres, de garder intact, sans lecture, le dépôt de la tradition française et de se tenir en état d\u2019avantageuse comparaison avec l'ambiance anglo-saxonne ?D'ailleurs, il convient que, selon le précepte évangélique, ceux qui possède le superflu se montrent généreux envers ceux qui manquent de l\u2019indispensable.C\u2019est de pareilles pensées qu\u2019est née l\u2019Oeuvre du livre français.Pour être plus juste, il faut dire qu\u2019elle s\u2019est inspirée d\u2019un exemple européen.Voici comment.Paul Drouet racontait naguère dans une revue de France, les Marches de l\u2019Est, comment le Selsvig, province danoise annexée à l\u2019Allemagne, en 1864, avait su organiser la résistance par le livre, pour contrebalancer l\u2019influence de la germanisation par l\u2019école officielle.Là, non seulement les jeunes filles de familles un peu aisées s\u2019étaient mises à faire la classe en danois, mais pour suppléer à l'insuffisance du livre danois on avait établi un système d\u2019échange par lequel les livres qui ne servaient plus aux gens riches étaient tout de suite distribués dans la foule et devenaient le noyau ou l\u2019aliment de bibliothèques populaires danoises.x * * Depuis ses débuts, qui remontent à sept ans, notre Oeuvre a recueilli et distribué quelque 750,000 volumes et numéros de revues.Nous le rappelons beaucoup moins pour louer son travail que pour inciter tous ceux chez qui la solidarité n\u2019est pas un vain mot à lui faire de nouvelles et plus considérables générosités.Car elle constate que sa tâche ne fait que de commencer.Tout d\u2019abord l\u2019Ontario a profité des ressources de l\u2019Oeuvre.Dans une récente.lettre, M.J.- Ecmond Cloutier nous informe que l\u2019Association d\u2019Education de l\u2019Ontario,.dont il est le dévoué secrétaire, a placé des livres de l\u2019Oeuvre dans 78 centres canadiens-frangais de la province.L\u2019an dernier, ce fut au tour de deux catégories d\u2019isolés: l\u2019Ouest et la Côte Nord du golfe Saint-Laurent.Cette année-ci, les appels surgissent d\u2019un peu partout, mais particulièrement du côté de l\u2019Acadie.A Moncton, un comité composé de M.l\u2019abbé D.-F.Léger, de la Côte-d\u2019Or, Cocagne, de M.le docteur F.-A.Richard et de M.A.-N.Roy, rédacteur à l\u2019Evangéline, assume avec empressement la tâche de partager entre une quinzaine de paroisses acadiennes tous les envois que nous pourrons lui adresser L\u2019ile du Prince-Edouard en demande pour six paroisses, et les îles de la Madeleine pour cing.Il faudrait en outre faire à l\u2019Association des instituteurs acadiens une contribution qui lui permît l\u2019établissement d\u2019un certain nombre de bibliothèques scolaires.En somme, pour répondre aux demandes les plus pressantes, l\u2019Oeuvre voudrait disposer, d'ici un mois, de 200,000 volumes et numéros de revues.Que faut-il donner ?Chacun y va selon ses moyens et sa générosité.Lorsqu\u2019on n\u2019a pas sous la main ce qu\u2019on voudrait donner, il y a de grandes chances de le trouver chez les libraires.Dans un élan généreux, réunissons tout ce que nous avons de volumes, qui peuvent être sacrifiés à cette œuvre, et faisons-le savoir au secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste qui, su/ un simple appel au téléphone (Main 8355), enverra un porteur à votre domicile.* * * Beaucoup des nôtres ne lisent pas parce que l\u2019occasion leur manque.Mais on ne saurait ignorer qu\u2019il y a, jusque dans nos jeunes régions de colonisation, plus d\u2019une paroisse qui possède sa petite bibliothèque.On la trouve installée dans la sacristie ou au presbytère.Jeunes et vieux vont y quérir de la lecture, après la messe.Or, il s\u2019agit de multiplier le nombre de ces modestes sources de lumière, de force morale et de gaieté.N\u2019allons pas méconnaître ce goût vivace, qui répond à un instinctif besoin d\u2019aliment intellectuel.Ce besoin, pourvu qu\u2019on le satisfasse, nous le croyons capable d\u2019amener une ascension de la vitalité française chez les nôtres, de renforcer les liens de solidarité de race et de mieux unir moralement tous les membres de la communauté nationale.Nous avons trop lu de ces lettres, les unes qui sollicitent, les autres qui remercient avec l\u2019effusion de la reconnaissance, pour croire que ces modestes envois ne profitent pas à ceux qui nous les ont demandés.Si nous voulions une pensée française capable de rayonner victorieusement, partout où le nombre et le contact journalier des non-francisants anémient intellectuellement les nôtres ; si nous voulons procurer à tous une arme que des lois iniques ne pourront briser, \u2014comme l\u2019école, hélas ! \u2014 mettons-leur un livre à la main.Dès demain, pourvoyons de réconfortante lecture française tous ces groupements de compatriotes qui continuent à jeûner des mots, des pensées, des sentiments français.Emile MILLER.Le Vétéran de l\u2019Hospice Gamelin Ma Réverende Mère, dit Laurendeau, dès qu\u2019il aperçut la Supérieure c\u2019est pour vous dire Merci et Adieu d\u2019abord, puis ensuite pour vous prier d\u2019écouter mon testament.La Mère Supérieure voulut le rassurer.Non, non ma Mère je sais bien ce que je dis, je m\u2019en vais.Pour ce qui est de mon testament, si vous voulez bien vous en charger, j'ai de petites économies que je voudrais laisser à quel- qu\u2019un.Très bien, mon brave je les lui remettrai moi-même de votre part : dites-moi son nom et son adresse.Son adresse ?je ne la sais pas ; c\u2019est une jeune fille que vous trouverez dans l'après-midi au carré Viger, près de la grande fontaine ; elle tient toujours un ouvrage de broderie en main et travaille tout en promenant un joli enfant de 4 à 5 ans.Pauvre petit je lui avais promis un fusil.Ma Mère vous direz à Jeannette de lui acheter un fusil de ma part.Elle s\u2019appelle Jeannette Du- pra ; je veux lui laisser mon argent, pour qu\u2019elle puisse retourner vers sa Grand\u2019mère, qui les fera vivre toutes deux.André, sans doute ira passer là-bas, la belle saison et ainsi, il y aura au monde des personnes qui se souviendront du vieux Laurendeau.Le lendemain, le malade pris de faiblesse parlait difficilement ; il sollicita lui-même la visite de l\u2019aumônier qui s\u2019empressa d\u2019accourir et de verser les suprêmes consolations de la foi dans cette âme fruste mais droite.Puis, à la mère Supérieure qui était revenue à son chevet, il murmura d\u2019une voix éteinte : Ma mère il ya sept cents piastres, six cents à Jeannette et cent à Gorinet pour s\u2019acheter du tabac.Le vétéran ne parla plus et s\u2019éteignit bientôt.Il était mort sur une bonne pensée.Il avait pardonné à Gorinet, son dédain pour les Métis.Son dernier vœu fut exaucé.Il y a maintenant dans une petite boutique deux épicières : une jeune et une vieille, qui ne laissent pas passer Un jour sans prier pour le vieux Laurendeau.MARIE GUIBERT (Mariette-) Sous la loupe PERVENCHE \u2014 Très intelligente personne, de sentiments distingués.Cause beaucoup, avec plaisir et grande facilité, L'esprit est fin, vif à la riposte ; elle aime taquiner et discuter mais sans aucune âpreté.Je ne crois pas ma correspondante très robuste.Elle est nerveuse, impressionnable facilement, mais elle a une grande facilité pour «se reprendre », pour oublier, pour s\u2019égayer.Tempérament un brin sentimental ; souvent pensive et mélancolique \u2014 soucieuse même \u2014 elle a un joli rire et une gaîté franche \u2014 voire même communicative \u2014 quand elle en a la bonne occasion.La volonté n\u2019est pas très agréable : elle est un peu capricieuse \u2014 (Pervenche l\u2019est parfois) \u2014 elle manque de fermeté, d\u2019énergie à certains moments ; elle se déprime même.Mais quel entrain, quelle aimabilité, quelle souriante personne en autre temps ! Pervenche a énormément d\u2019imagination.Cela pourrait la porter à l\u2019exagération ou à de trop faciles sympathies ou antipathies.Donec, attention, Mademoiselle ou Madame Pervenche | Elle a de 1 ordre, du goût et fait avec grand soin le travail qui l\u2019intéresse.Capable d'être consciencieuse jusqu\u2019au scrupule.Vive suffisamment active et très débrouillarde, ne dédaignant tout de même pas une heure de bonne flânerie.Généreuse, de goûts larges, aimant l'élégance, portée à la dépensivité.Soigneusement discrète pour ses propres affaires : elle ne montre pas beaucoup son « vrai moi».Elle a de l\u2019orgueil, elle est contente d\u2019être ce qu\u2019elle est, mais ce n\u2019est pas une poseuse ; elle a une simplicité aimable dans ses relations.Elle est fière surtout, délicate et parfois suceptible.Je lui vois des aptitudes artistiques et aussi sûrement des aptitudes ménagères.Elle est jeune, Pervenche et originale.SEUL \u2014 Caractère agréable et enjoué : l'humeur est égale.Il est très enthousiaste, démonstratif et bon causeur quand il s\u2019y met.Très sensible, aimant, franc beaucoup plus qu\u2019expansif, un brin susceptible.L'orgueil est grand mais il est très intelligent, il ne sera pas un fat.Il a du goût et de l'imagination mais le jugement maîtrise « la folle du logis » et conduit tout.Il n\u2019est pas égoïste \u2014 le rare homme tout de même ! \u2014 il a quelques petits caprices : mais généralement il est consolant.Il a la décision nette, ferme, prompte : la volonté est assez énergique à l\u2019occasion : elle est plutôt calme, souvent influençable : il est capable d\u2019obstination quand il le veut bien.Esprit fin et distingué.SEULE (Québec) \u2014 Ne pas confondre, s\u2019il vous plit cette analyse graphologique avec celle que j'ai donné plus haut à SEUL.Ma correspondante est enjouée et aimable, elle est bonne, et bienveillante.Elle a parfois de petits caprices égoïste, un peu à la façon d'un enfant gaté.Elle est jeune et pas encore trés sérieuse.Cependant l'esprit est fin, très éveillé ; elle s'intéresse à une foule de choses, parmi lesquelles les choses intellectuelles ne sont pas les dernières.Elle n\u2019est pas constante pour tout mais elle sait «tenir bon » quand elle le veut bien.Capable de fermeté et de persévérance donc, elle est aussi parfois influençable quand elle aime on estime beaucoup.Elle a beaucoup d\u2019imagination mais plus encore de jugement et elle est susceptible de devenir l\u2019une de ces personnes dont on dit volontiers «elle est pleine de bon sens».Elle adore, causer, elle est franche, ingénue.Elle est douce mais a une certaine tendance à se plaindre quand les choses vont mal.Elle es plus affectueuse et sensible qu'elle ne le fait voir.Il y a des choses qu\u2019elle dissimule volontiers et elle ne se montre pas à tous sous son vrai jour Sous la loupe, on voit cela et aussi que «seule» a un goût exquis et un tempérament d'artiste.Est-ce là ce que vous croyiez voir en cette.amie ! Mais l\u2019amie.est-elle bien différentes de vous.« Gaby » ?AMIE DE JEANNETON \u2014 Très originale ma correspondante ; je trouve cela tout de suite et le dit sans qu'on me le demande mais qu\u2019importe ! Il y a tant de banalité, hélas ! dans ce « pauvre monde » ! JEANNETON - - Beaucoup d\u2019égoïsme, nature capricieuse et souvent peu constante.L\u2019esprit est fin mais superficiel : aucun sérieux.De goûts et d\u2019idées larges : portée à la dépensivité.Vive, prime \u2014 sautière, portée même, je crois, à la distraction, à l\u2019étourderie.Enthousiaste et influençable.Taquine, et à l\u2019occasion, un brin tracassiére, et agressive.Une certaine fatuité.Ma correspondante est-elle.un correspondant 7.par hasard ! Nerveuse et parfois un peu susceptible.Peu d'énergie ; la volonté n\u2019est pas égale, et manque de constance, de fermeté.Cependant, elle prend volontiers un petit ton autoritaire, impatient et se croît alors absolument importante.Elle n'est pas toujours aimable.Elle est beaucoup plus « sensible » pour ce qui la regarde que pour le compte d\u2019autrui.Elle est plus impressionnable par nervosisme et faiblesse physique que par une véritable sensibilité.Elle aura parfois ses heures de sentimentalité car elle a de l\u2019imagination, mais le jugement empêche tous les excès chez cette demoiselle ! Franche, avec une certaine candeur, elle est tout de même capable de dissimulation et de légers mensonges.Le sens pratique est developpé.Elle est souvent hésitante et timide.Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'elle souffre de fréquentes palpitation de coeur.C'est un tempérament maladif.Nullement robuste quoiqu\u2019elle en dise, enjoué mais facilement déprimé.Etes-vous contente ?MUGUETTE SAUVAGE \u2014 Jeune, gaie, enthousiaste et si franche, si droite ! De l'activité, de l\u2019entrain, une causerie facile, amusante et fine, un peu malicieuse parfois.nullement méchante, tout de même.Sensible et aimante, rarement susceptible, pas du tout égoïste.Elle a du gofit, aime l'élégance, et le monde, s\u2019intéresse aux choses d'art et a le sens esthétique très développé.Très bienveillante, elle est, néanmoins prudente en ses amitiés et en ses confidences qu'elle ne prodigue pas.L\u2019imagination est active, gracieuse et sentimentale sans préciosité ni sensiblerie.Consciente de sa valeur, elle garde malgré cela une simplicité et une humilité rares.La volonté est égale, constante et ferme sans raideur.Elle est généralement douce : taquine volontiers, se fâchera peut-être un brin en discutant mais Muguette ne se mettra jamais en colère ! Elle est assurément fine et originale et c\u2019est là tout ce ou\u2019a trouvé « ma loupe au grand pouvoir».Oui c'est intéressant la graphologie et la tâche m'est très agréable car mes correspondants sont, en général gentils et.patients ! FEU-FOLLET \u2014 J'ai renvoyé le manuscrit en question.J'ai bien déchiffré l'adresse au moins ?Goût et distine- tion.Sens esthétique très développé.Ardeur, enthousiasme et entrain.Bienveillance et bonté.Tempérament vigoureux.L'imagination est vive.Elle est nerveuse et impressionable mais nullement à la façon maladive.Elle est exubérante et cause avec plaisir.Elle est gaie et très spirituelle dans ses réparties.Elle est suffisamment sensible pour être aimante mais elle ne fait aucun excès de sentimentalité ou de sensiblerie.Seulement, il faut avouer qu\u2019elle à l'air plus (Suite de la page 22) 12 LA REVUE NATIONALE La Vie Littéraire Commençons par quelques poètes.Voici des Symphonies, signées d\u2019un nom qui chante : Léo d\u2019Yril.C\u2019est un ouvrage d\u2019élégante apparence, orné de vignettes qui s\u2019essaient à traduire par l\u2019image les secrets enfermés dans les vers.Ces secrets sont du reste assez faciles à deviner : il s\u2019agit d\u2019amour.D\u2019un bout à l\u2019autre de ces Symphonies, l\u2019auteur joue des variations sur un thème unique, en l\u2019honneur de celle qu\u2019il appelle sa divine.Deux cent trente pages consacrées à l\u2019expression de son sentiment, \u2014 c\u2019est un hommage qui doit suffire.Il est vrai qu\u2019il en est où ne se trouvent que quatre vers, d\u2019autres trois, d\u2019autres deux seulement.À ce compte, l\u2019on bâtit un volume à peu de frais.Si l\u2019on défalque les vides qui, si habilement disposés qu\u2019ils soient, ne sont que des trompe- l\u2019œil, il reste tout au plus la matière d\u2019une plaquette.Et je veux bien que toutes ces ardeurs s\u2019adressent à un symbole, et non à un être en cher et en os : « J\u2019ai feint d\u2019assimiler l\u2019Idéal à Psyché .» il n\u2019en est pas moins qu\u2019un accent voluptueux y perce trop souvent.C\u2019est là le plus grave reproche que nous ferons à Léo d\u2019Yril.Son rêve d\u2019Art s\u2019incarne de façon trop sensible.I] veut être mystique, et il a des aspirations, des descriptions dangereusement réalistes.Et sa langue manque de simplicité et de clarté.Il est à la recherche du mot rare, du mot extraordinaire, en sorte qu\u2019il faut toujours, en le lisant, avoir le dictionnaire à la main.Et s\u2019il n\u2019y avait que les vocables qui fussent étranges ! Mais beaucoup de phrases, sinon de pièces tout entières, le sont à un point que j'ai renoncé à en comprendre la signification.En dépit de tout cela, Symphonies est l\u2019œu- vre d\u2019un vrai poète, d\u2019un artiste qui ne s\u2019ignore pas lui-même, puisque, dans sa Dédicace, il parle « de son âme d'artiste », et qu\u2019il ajoute : « Je sculpte, de mes mots au rythme souple et rare.» Ces compliments qu\u2019il se décerne pourraient nous dispenser de lui en faire.Et cependant il en mérite, pour ses qualités subtiles et fines, son sens de l'harmonie.Je lui souhaite de se libérer des influences de certaines écoles ultra-fantaisistes, qui, sous prétexte d'éviter la banalité, inventent des modes compliquées, brisent tous les vieux cadres.M.Léo d\u2019Yril a l\u2019étoffe d\u2019un poète.Son talent gagnerait à se soumettre aux règles antiques.M.Léon Daudet, dans le Monde des Images, nous dit que les poètes sont utiles à la société.« Les poètes ne sont pas des parures de luxe, dont pourrait se passer une nation ».Sans aucun doute.Mais n\u2019est-ce pas à la condition que l\u2019on puisse les suivre dans leur vol, et que leurs rêves et leurs formules soient accessibles au commun des mortels ?À tous les caprices de sentiments, aux préciosités verbales qu\u2019offrent les Symphonies, nous devons ajouter ceci, qui est un comble : elles se terminent par deux pièces anglaises.* + * .Avec les HEURES SOLITAIRES, de M.l\u2019abbé Arthur Lacasse, nous revenons aux thèmes qu\u2019ont surtout traités les poètes de « chez nous ».Est-il besoin d\u2019affirmer que leur charme agit toujours, et que nous sommes bien aises d'entendre exposer à nouveau les grandes idées traditionnelles qui ont façonné notre race et lui ont donné sa physionomie ?Religion, Famille, Patrie, \u2014 ce sont les divisions de ce recueil, premier-né de l\u2019auteur.« La coupe n\u2019est pas d\u2019or, mais on y boit l\u2019eau pure », dit de son ouvrage le prêtre-poète.L\u2019eau qu\u2019il nous donne à boire est claire comme les sources qui se cachent au creux des grands monts laurentiens d\u2019où lui sont venues tant d\u2019inspirations ; et, quel que soit le métal de la coupe dans laquelle le breuvage nous est présenté, j'en aime le dessin correct et solide.Ce n\u2019est pas à dire que tous les vers soient également hen- reux.Ainsi, dans Le Soir, méditation par où s\u2019ouvrent les Heures Solitaires, le poète s\u2019écrie, à la troisième strophe : « O moment suave où le jour tombe, et, rieur.» ce qui est d\u2019un rythme plutôt faible.Et la pièce intitulée : Les enfants des riches, contient une strophe, la deuxième, qui est contournée, laborieuse, et pour tout dire, peu française.La partie de ce recueil qui me semble la plus personnelle, la plus pensée, la plus sentie, est celle où l\u2019auteur chante la Famille.Tel de ses petits poèmes, par exemple, Au pied du crucifix, est presque du Sully-Prudhomme chrétien.Tel autre, Un Berceau, est d\u2019une grande délicatesse, et tout en nuances.Dans l\u2019Ame des choses, je remarque, à la troisième strophe, un vers de onze pieds : « Pourquoi te chérir, 6 maison paternelle ! >» - Faute d'impression, évidemment- Mais les fautes d\u2019impression, en poésie, sont doublement graves.C\u2019est pourquoi je me permets de signaler celle-ci.Et la strophe qui suit serait à reprendre : « Et le perron croulant avec ses quatre marches » « Ou nous montions, le soin, fatigués de nos marches.» Je crois que la pièce : Le tic-tac de mon horloge eût été mieux à sa place à la fin du volume, sous la rubrique : Au Caprice de la Muse, que dans la partie intitulée : Religion.Mais elle est bonne, au demeurant.J\u2019en veux citer ces vers exquis : « Tic-tac !.et mon horloga, insensible et méchante,» «Jette dans le passé ce qui fut l\u2019avenir .-.» Ce dernier vers a belle allure, et l\u2019autre révèle chez l\u2019auteur un don précieux, celui de trouver la véritable épithète.* * * LA CHANSON DU PAYSAN, de M.Ulric Gingras, vaut comme promesse, comme indice, .«.car, poète à vingt ans.» dit l\u2019auteur dans l\u2019Epilogue.Et il invoque cet Âge comme excuse aux faiblesses que la critique ne manquera pas de relever dans son ouvrage- Et pourtant, on a vu des poètes qui, à vingt ans, et même plus jeunes, faisaient déjà des vers immortels : «Mes premiers vers sont d\u2019un enfant » « Les seconds d\u2019un adolescent.» ~ Ici, au contraire, nous avons quelque chose d\u2019assez primitif : langue et prosodie sont souvent défectueuses dans la chanson du paysan.De ces vers lourds, gauches, informes, et de ce style tout au plus digne d\u2019un « commen- cant », il se dégage une espérance de moisson future.Le germe latent que l\u2019on découvre dans cette œuvre me semble être le talent de la description.L'auteur sait voir, et c\u2019est déjà beaucoup.Mais il lui faut travailler, se mettre à l\u2019école des grands modèles, apprendre l\u2019art d\u2019écrire, s\u2019initier aux secrets des rythmes souverains, s\u2019il veut que son don naturel de vision s\u2019épanouisse en des productions qui soient vraiment de la poésie.Il me paraît avoir, dès son premier coup d\u2019aile, embrassé un bien vaste horizon.Publier tout un volume de vers à vingt ans, c\u2019était présumer de sa force.Les génies ont de ces hardiesses- Et j'ai cité l\u2019exemple de Musset.Mais de pareils cas seront toujours l\u2019exception.Les autres, si bien doués qu\u2019ils soient, doivent savoir attendre, et se donner patiemment la formation nécessaire, avant de chanter.Qu\u2019ont-ils besoin, comme premier essai, de vouloir faire vibrer toute la lyre ?« Un bon sonnet vaut un poème », affirme le maître de la critique française.L\u2019on dit de José-Maria de Hérédia qu\u2019il faisait deux ou trois sonnets dans son année.Mais c\u2019étaient des choses définitives.Tant qu\u2019il y aura du goût dans le monde, et tant que l\u2019esprit latin n\u2019aura pas été noyé sous le flot germanique, la qualité l\u2019emportera sur la quantité.Peu, mais bien, tel est l\u2019idéal français.Je souhaite que nos jeunes artisans d\u2019art ne l\u2019oublient pas- Max 1 file Bibliographie\u2019 Observations sur l\u2019Histoire de l\u2019Acadie françoise, par l'abbé Az.Couillard- Després, 1 vol, Montréal, 1919, $1.00._ Dans ce livre abondamment documenté et profondément fouillé, l\u2019auteur rétablit avec vigueur la réputation du fondateur de l\u2019Acadie, Charles de La Tour.M.Moreau, dans son Histoire de l\u2019Acadie françoise, avait \u2014 cela paraît aujourd\u2019hui évident \u2014 presque arrangé les textes dans le sens de ses préférences ; et son héros, Charles de Charnisay, était apparu comme le sauveur et le colonisateur de l\u2019Acadie.Il y avait de cela un demi-siècle, mais ce livre très mal inspiré avait déjà duré.M.l\u2019abbé Couillard-Després en a fait une analyse très serrée, une critique très forte qui tend impitoyablement à le démolir page par page ; cette attaque, aussi justifiée qu\u2019impartiale, aura des conséquences radicales, parce qu\u2019elle a infirmé des assertions hasardeuses, risquées et qu\u2019elle a ébranlé bien des témoignages devenus suspects.Que restera-t-il vraiment du livre de M.Moreau ?sinon une œuvre lézardée, décrépie, croulante, parce que les Observations, comme des sources, se sont infiltrées dans les fondements mêmes de cet ouvrage mal bâti.Camille BERTRAND.! Cette appréciation de l\u2019ouvrage de M.l\u2019abbé Couillard Després, est composée depuis deux mois déjà, mais il nous a été impossible de la publier avant le présent numéro. Poe / det ite Sly ai ent LA REVUE NATIONALE 13 Les absents nous écrivent Congres national et élections au Manitoba Je ne crois pas qu\u2019il soit trop tard pour rappeler deux manifestations émouvantes de notre vie française, bien qu\u2019elles datent déjà d\u2019un peu plus de deux mois.Parlons d\u2019abord du Congrès de l\u2019Association d\u2019Education qui a réuni à ses assises des 22 et 23 juin dernier, plus de 300 délégués, désireux d\u2019assurer à la race des principes de survivance et de prospérité.Sa Grandeur Mgr Béliveau, qui domine de toute sa taille l\u2019œuvre fondée et continuée sous son égide, assistait aux délibérations de ce congrès ; il y prit une part active et réitéra dès le premier jour, la formule d\u2019espoir et d\u2019énergie que d\u2019autres circonstances analogues l\u2019ont toujours trouvé prêt à nous donner.Monsieur Noël Bernier, président de l\u2019Association, a présenté aux congressistes un rapport magnifique, d\u2019un intérêt presque dramatique et qui lui a valu l\u2019attention soutenue de l'auditoire.En termes d\u2019une correction parfaite, à force d\u2019arguments brefs et concluants, il a enfoncé dans tous les cœurs la notion de nos devoirs actuels ; il a montré le bienfait d\u2019une association telle que la nôtre, il nous en a dépeint la vie intime, il a insisté sur la nécessité du sacrifice si nous voulons la maintenir- La discussion qui a eu lieu sur le recrutement du corps enseignant, qui plus que jamais multiplie ses efforts pour maintenir la barque à flot.en a fait voir «la grande pitié ».Les délégués ont entendu l\u2019appel qu\u2019on leur a jeté et sont repartis convaincus qu\u2019il fallait suppléer à l\u2019insuffisance numérique de nos instituteurs et institutrices et disposés à mobiliser leurs fils et leurs filles, pour la sainte corvée de l\u2019enseignement catholique et français dans notre province.Voici la conclusion qui s\u2019est dégagée de la discussion : il importe de faire comprendre aux parents qu\u2019en cette matière, il n\u2019est pas juste d\u2019exiger que le dévouement ne vienne que de celui ou de celle qui donne l\u2019instruction ; s\u2019ils veulent arriver à une solution de ce problème angoissant, ils se doivent d\u2019offrir une rémunération suffisante pour faire vivre un instituteur, un homme qui deviendra père de famille et qui ne se verra pas forcé d\u2019abandonner sa profession pour être en mesure d\u2019élever ses enfants convenablement.Telle est la courbe qu\u2019il fallait imprimer à notre action ; un corps enseignant stable, voilà ce qu\u2019il faut assurer aux nôtres, et la première condition de cette stabilité, c\u2019est que le personnel soit masculin.; Le Révérend Frère Joseph que l\u2019on avait chargé d\u2019étudier la question, a prouvé par une statistique écrasante que.dans.l\u2019apport respectif de chacun des individus au maintien de l\u2019architecture sociale, le travail de l\u2019instituteur est le plus mal rétribué.: Comment expliquer ce fait ?Toujours, l\u2019indigence a semblé être l\u2019aliment de l\u2019intelligence ; la plupart des penseurs et des découvreurs dont nous glorifions la mémoire, ont vécu dans la misère et c\u2019est après leur mort, bien souvent, que leur mêrite s\u2019est imposé, L\u2019homme doit répandre au dehors le trop-plein de sa pensée, à titre de membre d\u2019une société, il ne peut pas jouir égoïstement de la vérité et de la science qu\u2019il détient sans en faire part, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, à ceux qui sont moins favorisés.Voilà pourquoi la vocation de l\u2019enseignement ne saurait être délaissée.Le fluide intellectuel est comme l\u2019eau des rivières, il aspire au niveau en vertu\u2019 d\u2019une force souveraine.Reste à savoir si, à la hausse du salaire, correspondra chez l\u2019instituteur un degré de compétence plus marqué, si son dévouement s\u2019en accroîtra en raison directe et si, au bout du compte, le niveau moral du corps enseignant s\u2019en trouvera sensiblement amélioré.L\u2019avenir le dira.En attendant, l\u2019Association d\u2019Education rend hommage à une intention droite en faisant sienne la cause de l\u2019instituteur.Je ne saurais reproduire ici les débats du congrès ; ils ont été inspirés par les plus nobles motifs et ont toujours revêtu un caractère de grave dignité.- Il me fait plaisir de signaler la réélection de M.Noël Bernier à la présidence de l\u2019Association.Ce choix, tous le souhaitaient et tous s\u2019en félicitent.Le président est entouré d\u2019un Exécutif qui a fait ses preuves.Si l\u2019œuvre s\u2019est développée, c\u2019est grâce au zèle de quinze membres qui se sont fait un devoir d\u2019assister aux réunions bi-mensuelles et qui se sont appliqués à résoudre les problèmes qu\u2019on leur soumettait d\u2019un peu partout- L\u2019habitude de ridiculiser les discours de la Saint-Jean-Baptiste est passée dans nos mœurs.Je suppose que les orateurs qui, le 24 juin, célébraient nos gloires nationales, avaient, jusqu\u2019au 24 juin suivant, une façon bien drôle de faire profiter l\u2019héritage des aïeux ; on trouvait sans doute que les actes de ces personnages étaient peu conformes à l\u2019orthodoxie patriotique de leurs paroles.LA LUCIOLE Avez-vous vu la luciole, Quand il commence à faire noir, Vous éblouir de l\u2019auréole Qu'elle promène dans le soir ?Lorsque l'angoisse vous désole, Ne vous a-t-elle pas souvent Distrait de tout, la luciole, Au rayonnement décevant ?Faible lueur mystérieuse, Traversant l\u2019ombre de la nuit, Elle semble une âme peureuse, Quand on la cherche, elle nous fuit ! Son charme est fait de son mystère Qui trouble les savants soucieux.Ils ne savent si c\u2019est la terre Qui la fit naître, ou bîen les cieux.Elle est comme une sensitive Qui, sous le toucher qui l\u2019atteint, Ferme ses pétales, craintive ; Trop près des yeux, elle s\u2019éteint.Ne cherchez pas à la connaître, C\u2019est perdre votre temps pour rien ! Quelqu\u2019un en souffrirait peut-être.La luciole le sait bien.L\u2019ombre du soir est son domaine, L\u2019inconnu pour elle, un besoin.C\u2019est la petite souveraine ; Qui se fait adorer.de loin ! Un penser, peut-être, l\u2019affole : C\u2019est qu\u2019en brillant trop près d\u2019un cœur Dont s\u2019éprendrait la luciole, Les pleurs n\u2019éteignent sa lueur.MADDY.Quoiqu'il en soit, nous souffrons d\u2019un besoin inné de nous faire bercer par le verbe ; il est difficile de dire jusqu\u2019à quel point peut nous enivrer celui qui sait rouler une période, mais, chose certaine, contrairement à l\u2019anglais dont chaque parole « means business », l'idée de nous payer de mots ne nous déplait pas.A ce jeu-là, sans doute, notre pécule ne grossit pas, mais compte-t-on pour rien la satisfaction de prendre la vie par son bon\u2019 côté ?Vouloir abolir les discours de la Saint-Jean- Baptiste serait aussi insensé que de vouloir bannir la poésie de la société.Il est bien doux de sa sentir emporter par un orateur au souffle puissant qui a le don de faire résonner bien haut une note de fierté, On a beau dire, cela ne rend pas moins canadien-français.Je veux en venir à la célébration de notre flte nationale, organisée par la Société Saint- Jean-Baptiste de Saint-Boniface, sous la vigoureuse impulsion de son président, M.Arthur Cusson.Le 23 au soir, feu de la Saint-Jean et discours prononcés par le R- P.Lacasse, O.M.I., M.l\u2019abbé Léonide Primeau, son Honneur le juge Prud'homme et M.le docteur Raoul Tassé, devant un auditoire nombreux et enthousiaste.Le lendemain, messe solennelle à la Cathe- drale, sermon de circonstance par le R.P.Mé- nard, C.S.R., lecture d\u2019une adresse à Mgr l\u2019Archevêque de Saint-Boniface par Monsieur le Président de la Société, réponse de Sa Grandeur- Le traditionnel pique-nique eut lieu, l\u2019après- midi, dans les cours du Collège de Saint-Boniface.La section d'organisation de la fête avait prié les patrons anglais qui emploient des Canadiens- français de donner congé à ces derniers pour la circonstance.La plupart se sont rendus de fort bonne grâce à cette requête ; mais quelques-uns d\u2019entre eux chez lesquels le fanatisme parle plus haut encore que le sens des affaires ont accordé le congé en rechignant.Ce furent de belles démonstrations et bien propres à nous donner conscience de nous-mêmes.Sauvegardons les traditions.* * x Un mot de la campagne politique qui s\u2019est poursuivie d\u2019une façon très calme pour se terminer par le scrutin du 29 juin.L\u2019affaiblissement du Gouvernement Norris est tel qu\u2019il peut boucler ses malles, à la première alerte.Avec 22 députés sur 55, s\u2019il veut rester aux affaires, le cabinet devra avoir bien des moyens de séduction.Car tout indique que le parti agraire, pas plus que le parti conservateur ou le parti ouvrier, ne se prêtera à la stratégie ministérielle- Cinq députés canadiens-français, élus comme indépendants, siègeront à la prochaine législature.Ce sont M.Joseph Bernier (Saint-Boni- face), M.J.-R.Boivin (Iberville), M.P.-A.Talbot (LaVérendrye), M.Joseph Hamelin (Sainte- Rose), M.Maurice Duprez (Carillon.) Nous pouvons donc dire avec fierté qu\u2019un parti canadien-français existe en puissance au Manitoba, capable de jouer, dans une Chambre aussi morcelée, un rôle prépondérant.Voilà que s\u2019est accomplie.le plus naturellement du monde, sans tapage, l\u2019insurrection contre les perséeu- teurs.Une nouvelle étape vient d\u2019être franchie dans notre vie politique et, pour ma parts je parierais que la vie française n\u2019en souffrira pas.Jamais nos députés n\u2019ont eu la partie si belle ; fasse le ciel qu\u2019ils ne la perdent pas.Louis-Philippe GAGNON. 14 LA REVUE NATIONALE NOUVELLE DIALOGUÉE L\u2019Ame irradie sa lumière Deuxième partie Un \u201cliving \u201d attenant au salon des Marois qui reçoivent quelques amis.Soirée dansante.I l est neuf heures et demie.Les sons d\u2019une musique entraînante pénètrent assourdis dans la pièce close.Des roses, des œillets sont distribués partout à profusion.Une lampe très haute -coiffée d\u2019un large abat-jour rose dispense sa lumière, propice aux tendres propos.Meubles clairs.Murs recouverts d\u2019un papier gris-perle où sont jetés de fins bouquets de roses.Debout près d\u2019une table, Gabrielle Marois redresse en les respirant quelques fleurs, tout en serutant la physionomie pensive de son frère André, accoudé à la cheminée.GABRIELLE, ANDRE André \u2014 (se tournant vers sa soeur.) Ne dissimule pas, ma chère.Les reproches t\u2019étouffent.Exprime-les.Je suis patient à mes heures.GABRIELLE \u2014 Soit.André, tu n\u2019es pas du tout gentil, ce soir.Tu fuis des gens qui sont ici, à notre demande, après tout.ANDRE \u2014 Je m\u2019incline.C\u2019est même.GABRIELLE \u2014 Pourquoi.ne pas t\u2019incliner devant une de nos danseuses ?ANDRE \u2014 Tu as de plus en plus raison.GABRIELLE \u2014 Tu vexeras mes amies.ANDRE \u2014 Ceci, Gabrielle est trop flatteur.L'amour fraternel t\u2019abuse.GABRIELLE \u2014 Qu\u2019importe ! écoute.; André \u2014 (riant).Petite rouée ! GABRIELLE \u2014 Voyons, André, sois sérieux.ANDRE \u2014 Mais, comme l\u2019on change.Tu me reproches sans cesse ma gravité.GABRIELLE \u2014 (perdant patience).Dieu, que tu es assommant lorsque tu t\u2019y mets !-.(D'un ton indifférent).André, que fait donc, Liane ?L'heure avance.ANDRE \u2014 (impassible).Je me le demande comme toi.GABRIELLE \u2014 Madame Dumesnil, hier, m\u2019a si bien assurée qu\u2019elle se joindrait a4 nous.(Un silence).Cher, quelle victoire, nous remportons ! Liane assister à une soirée dansante ! Ça me semble une sorte de miracle.ANDRE \u2014 Oui ?GABRIELLE \u2014 Comment ! Mais tu connais l'hostilité de Mme Dumesnil pour les plaisirs du siècle, pour nos us et coutumes modernes, en particulier, Le fox-trott, les jazz-band, les toilettes vaporeuses, tout cela la fait bondir.ANDRE \u2014 (vivement).La fine distinction de Liane Dumesnil cadre mal avec ces extravagances.GABRIELLE \u2014 (lui envoyant un baiser du bout des doigis).Merci, amoureux, pour tout ce qui n\u2019est pas Liane, Mais admettons que tu aies raison.Ne te semble-t-il pas que la détermination de Mme Dumesnil, qui passe outre ses répugnances, a un motif grave ?Tu le devines ?ANDRE \u2014 Pas du tout.Les femmes quel que soit leur âge, me déconcertent.GABRIELLE \u2014 Est-ce un compliment ?ANDRE \u2014 N\u2019en doute pas.Nous sommes souvent vos dupes.GABRIELLE \u2014 Et vos supérieures intelligences méritent mieux ?.(Elle rit).Mimi eroit-.(elle s\u2019absorbe de nouveau auprès des fleurs).que le couvent recommence à exercer son attraction sur Liane.ANDRE \u2014 (tressaillant).Vraiment ?GABRIELLE \u2014 (elle regarde soudain son frère bien en face).Aussi, pourquoi, en amoureux maladroit, avoir entrepris ce long voyage dans l\u2019Ouest, ces derniers mois ?l\u2019évidence Savoure, mais ANDRE \u2014 (agacé) Mon avenir professionel n\u2019est rien, je suppose ?.Que vous étes singu- lieres, 6 douces jeunes filles !-.Et toutes les m3- mes, vraiment !.En dehors de I'amour, d'un beau mariage, vous ne savez rien voir, rien comprendre.GABRIELLE\u2014Ne t\u2019exaspère pas ainsi.Cela nuit à ton jugement.Tu sais bien que la plupart des femmes n\u2019ont qu\u2019un seul avenir profess\u2018onnel : le mariage ! Elle sont très sages de ne l'oublier jamais.ANDRE \u2014 (tronique).Tu as des arguments sans réplique ce soir.: GABRIELLE \u2014 Liane et toi étiez devenus de bons amis en juillet dernier.Vois-tu, André, il fallait tout de suite\u2019 achever ta conquête.ANDRE \u2014 En étais-je même là ?GABRIELLE \u2014 Allons donc.Toi seul mettais parfois un éclair dans ses yeux.ANDRE \u2014 (amère).Parfois.GABRIELLE\u2014Que veux-tu ! C\u2019est une conquête difficile que celle de Liane.Je t\u2019en avais avertie .(voyant se froncer les sourcils de son frère).Pardonne-moi.Je deviens indiscrète.Mais je t'aime tant.Ton bonheur me rend perspicace.(Après un silence, d\u2019une voix qui supplie).André!.ANDRE \u2014 Qu'est-ce encore, sœur despote ?GABRIELLE \u2014 Suis-moi au salon.Sois aimable malgré ta déception.Danse et souris.Tiens ! souris comme seuls savent si bien le faire les hommes très graves.ANDRE\u2014Enjôleuse ! (Se résignant).Allons, viens !\u2026 (Tous deux se dirigent vers la porte donnant sur le salon, à gauche, mais elle s\u2019ouvre vivement et Mimi.tombe dans les bras d\u2019André).LES MEMES, MIMI, PUIS JULES MIMI \u2014 (se dégageant en riant).Homme heureux ! Les femmes se jettent à votre tête.ANDRE \u2014 Mais elles n\u2019y restent pas.Mimi, un bon mouvement.Revenez.Mes bras restent tendus.Allons fox-trotter ensemble.MIMI\u2014 Non.Je ne me laisse pas attendrir.Et pour votre plus grand bien, ô danseur émérite ! (Se tournant vers Gabrielle).Je te cherchais.Liane vient d\u2019entrer.Chère, quelle beauté liliale pare en ce moment ton salon.Ces messieurs ne voient plus qu\u2019elle.Par exemple avec de l\u2019admiration, les figures de tes hôtes trahissent autre chose : l\u2019ébahissement.Qui aurait cru cela, Gaby ?L\u2019austére Mme Dumesnil laissant Liane pactiser avec nos réjouissances perverses.Savez-vous, André.(mais le jeune homme n'est plus lo.Il s\u2019est esquivé dès que le nom de Liane à été prononcé).Bien !.Monsieur a pris la fuite ! (Riant).Et mon fox-trott !.Avais- je raison, Gabrielle, de repousser ces tendres bras s\u2019offrant au sacrifice ?3 GABRIELLE \u2014 Reviens au salon, pauvre délaissée- Tu trouverais facilemnet un consolateur.MIMI \u2014 (mollement).Crois-tu ?GABRIELLE \u2014 Ce que tu es jolie dans ce rose vaporeux ! MIMI \u2014 (ravie).Tu me trouves folie Gaby ?.Plus jolie que.(Elle se mord les lèvres, contrariée de son indiscrétion, puis avec sa fougue ordinaire).Que cela me fait plaisir ! (Elle embrasse Gabrielle, et, nonobstant le conseil de 2elle-ci s\u2019installe dans un fauteuil et n\u2019en bouge plus, les yeux perdus).GABRIELLE \u2014 Mimi, que fais-tu là ?Et tes danseurs ?MIMI \u2014 Bah ! .- Avec moi c\u2019est : Cherchez, Mimi, et vous ne la trouverez pas.Ne la cherchez pas, vous la trouverez.GABRIELLE \u2014 Je vais te trahir.MIMI \u2014 Tu ne le saurais, noble jouvencelle.GABRIELLE \u2014 Enfin, Mimi.- MIMI \u2014 Chère, permets, que je me repose un instant.tu ne sais pas, Gaby, comme c\u2019est salutaire les méditations au bal- GABRIELLE \u2014 Petite rusée! Une danseuse solide comme tu l\u2019es avoir besoin de repos!.Et la singulièré retraite fermée que tu feras là !.Mimi, ce n\u2019est pas toi, ce sont tes raisons qui ne tiennent pas debout.Enfin, je n\u2019insiste plus.À tout à l\u2019heure- (Elle veut sortir).MIMI \u2014 Gaby ?.J\u2019oubliais.dresse).GABRIELLE \u2014 Quoi donc ?MIMI\u2014I y a un nuage sur le front de Liane.Mme Dumesnil est très souffrante ce soir.C\u2019est ce qui a empêché notre amie d\u2019apparaître plus tôt.«Il a fallu que sa mère l\u2019exige », m\u2019a-t- elle soufflé à l\u2019oreille Mme Dumesnil souffre du cœur.Le savais-tu ?GABRIELLE \u2014 Oui.MIMI \u2014 Liane a toute ma sympathie.Si ma mère était une cardiaque, je ne saurais non plus danser en paix.On meurt si rapidement, parfois.-.(Elle frissonne).GABRIELLE \u2014 Veux-tu te taire, Mimi ?Tu es lugubre ! MIMI \u2014 C\u2019est vrai.Va alors, Gabrielle.Abandonne-moi.Vois-tu, tout ce rose, sur moi, autour de moi, ca me semble une provocation.Le noir prend sa revanche.Mais, je le broierai seul !-.Va, te dis-je.(La porte s\u2019ouvre à cet instant.Jules paraît._Lentement, les yeux fixés à terre, il s\u2019avance jusqu\u2019au milieu de la pièce.A sa vue Mimi ne peut réprimer un mouvement d'humeur.Gabrielle, qui les regarde tour à tour, finit par sourire.Elle devine).JULES \u2014 (s\u2019apercevant qu\u2019il n\u2019est pas seul).Oh-.pardon !.(Il veut rebrousser chemin).GABRIELLE \u2014 Non, non, Jules.Votre présence m\u2019est utile Tenez, faites comprendre à cette petite personne (elle désigne Mimi qui ne bronche pas) que c\u2019est un crime de se dérober ainsi aux charmes de la cadence.Sermonnez, sermonnez jusqu\u2019à la conversion.Et bon succès, je me sauve.Mes devoirs abondent ce soir.C\u2019est pour cela que j\u2019invoque de l'aide.(Elle sort en riant).(Elle se re- MIMI, JULES JULES \u2014 Dormez, rêvez, Mimi.Je vais lire.(Il feuillette un volume).Tiens ! « Les détours du cœur» ! Ça me va ! (Il s\u2019installe, lui aussi, dans un fauteuil et disparaît derrière le livre.) MIMI \u2014 (elle ne souffle mot d\u2019abord, puis appelle faiblement).Jules !.JULES \u2014 (froidément, derrière son volume)» Avez-vous parlé, Mimi ?MIMI \u2014 (qui redevient de glace.) Non.(Un temps.Un gros soupir).JULES \u2014 (toujours dans la même attitude).Pourquoi soupirez-vous ?Vous avez tort.Vos nombreux soupirants pourraient s\u2019en charger- MIMI \u2014 (très douce).Mes soupirants sont trop heureux pour se livrer à cet exercice.(Nouveau silence -.Nouveau soupir).\u2019 JULES \u2014 (fermant brusquement son livre).Que diable ! Pourquoi êtes-vous triste alors ?MIMI \u2014 (indignée).D\u2019abord, je ne suis pas triste.Je soupire parce que.Ah ! vous n\u2019êtes pas folâtre comme compagnon de chaîne ! JULES \u2014 (à bout de patience).Vous en avez assez alors, n'est-ce pas ?Moi aussi- (Il se lève, s\u2019assied sur le sofa, et d\u2019un ton de commandement).Mimi, venez ici.(Mimi hausse les épaules, mais obéit}.Bien.(S\u2019apercevant que les\u2019 coussins deviennent encombrants, le jeune homme les lance ici et là, sur d\u2019autres meubles).MIMI\u2014 Oh! Jules!.JULES \u2014 Eh bien,\u201d quoi ! Je soulève, j\u2019écarte les obstacles.LA ! Plus rien ne nous sé pare.(Il est tout près de Mimi).Et puis je veux réfléchir.Ah! se at 0s gt be pla qu qui res Jet nd pop vous jay leu Vin Lac Ti quai dan is dm tai in og ti Tog Ty ti, J Mi if | Yi Lis fy ly i] i | Teng | \u201c, i in le \u20ac da.Hl, isl! li pg als § re Tt: a Ce sir, paraître y Mad, ire du Sim in plus k, par- ni Ty brie, Ur mo, mn.Le rina te ine frs à jis 4 iene atu, 3 seul), hei).re prè- nire à qui ne fiber | Mone, sed , Cet sort jvais | cles le, je J pil lune) Nie ide) Vs gt pu dé.fir) os! gis ES | piles | os i {i il y gl alé jen ; a alé ws LA REVUE NATIONALE 15 MIMI \u2014 Pourtant il reste entre nous, ces trois derniers jours, si longs, si désagréables.C\u2019est ça qui sépare ! JULES \u2014 J'ai tout oublié.MIMI \u2014 Pas moi.Vous avez été (elle compte sur ses doigts,) stupide, orgueilleux, colère, cruel.(Jules se penche et baise au passage les doigts souples)- JULES \u2014 Un criminel, quoi ! MIMI \u2014 Inconstant, sans goût.JULES \u2014 Ah! mais non, pas sans gout.Vous vous calomniez.MIMI \u2014- Ne faites pas le naif.Vous savez de qui je veux parler.JULES \u2014 Non! Parole d\u2019honneur ! \u2018MIMI \u2014 (avec effort).Claire Beaulieu.JULES \u2014 Ah !.C'est ça la mouche qui C\u2019est la cou- Oubliez qu\u2019elle vous pique depuis trois jours ! sine de ma cousine.Bah!.existe-.Nous ne pouvons pourtant pas l\u2019écraser comme un moustique, la cousine de ma cousine.MIMI \u2014 Elle vous plaît ?JULES\u2014C'est vous qui me plaisez, Mimi.MIMI\u2014Alors, pourquoi buvez-vous les moindres paroles de Claire ?JULES \u2014 (runt).Je bois tout ce que l\u2019on m\u2019offre ! MIMI \u2014 C'est du propre !.JULES \u2014 Et puis, vous exagérez.C\u2019est dans votre nature.MIMI \u2014 Merci.JULES \u2014 Oui, (s0- lennel).Mademoiselle Mimi, je suis bien élevé.La cousine de ma cousine a droit à des égards.MIMI \u2014 Ca c'est vrai, aprés tout.Mais quand même, vous ne danserez plus avec elle, ce soir.JULES \u2014 Donnant, donnant, chère.Vous agirez de m'me envers certains danseurs.MIMI \u2014 Jules, c\u2019est impossible Nous ne sommes pas libres, nous, de nous soustraire à certaines obligations mondaines.JULES \u2014 Très bien.Je serrerai de nouveau sur mon cœur, les parents de mes parents.MIMI \u2014 Faites cela, Jules, et vous vous en repentirez.JULES \u2014 Allons, calmez-vous, ma colombe.Je grillerai simplement deux ou trois cigarettes en vous attendant.(Un silence, et soudain, d\u2019un air légèrement embarassé).Mimi, savez-vous que je suis tout à fait décidé à .-.(Il s\u2019inter- rempt.MIMI \u2014 (intriguée).Décidé à quoi, Jules?JULES \u2014 (gaiement).Vous le saurez bientôt.Ah ! chère, chère Mimi !.(Il saisit sa main, puis, tout à coup, se penchant, dépose un baiser retentissant sur la joue satinée).Baiser Ne vous alarmez pas ! (Entre LEON \u2014 Mimi, je vous réclame.(à Jules).Mille regrets, mon cher.Léon).LES MEMES, LEON JULES \u2014 Allez, Mimi, allez- MIMI \u2014 (se levant).J\u2019ai votre promesse, Jules.Vous ne bougez pas ?JULES \u2014 Non, tyran adorée.(Il ouvre son étui, choisit une cigarette, et l\u2019allume tout en saluant profondément Mimi).MIMI \u2014 A tout à l\u2019heure, mon chat.(Mimi et Léon sortent).JULES, (seul) (Enfoncé dans un fauteuil, le jeune homme réve .-) Exquise, cette Mimi !.Je l\u2019épouserai!.bientôt !.(Riant)- Sale petit caractère tout de même !.rempli d\u2019imprévu-.de cahots !.Bah! C\u2019est de tout cela qu\u2019est fait le bonheur d\u2019un mari.Et puis.(très fat) elle n\u2019aime que moi, ça devient quasi un devoir.(Il aperçoit, délaissé sur le sofa, un fin mouchoir bredé, le mouchoir de Mimi.I sourit et le cueille délicatement).Salut, petit mouchoir !.Petit mouchoir parfumé de Mimi !.Oh!.on t'a froissé ! Tu souffres ?Mais tu es discret, brave petit mouchoir ! .Dis nous la chérissons bien, Mimi ! Petit mouchoir, je te garde !.-.Là !.Tu es à la rançon ! .(Il le serre).L\u2019on entend à ce moment lu voix d\u2019André.Il approche).Bien !.D\u2019autres occupants qui s\u2019ameénent ! Mais c\u2019est la Place d\u2019Armes que ce «living»! ZZ André, \u2014Liane, je vous = en prie ! » _ Mme Le Goaz, blême, les yeux dilatés, écoutait comme si elle avait peine à comprendre.«Et puis, reprit Mme Girault ,sans faire attention à Jacquette, nous nous disions tous deux : Ce chagrin-là ne leur fait de mal ni à l\u2019un, ni à l\u2019autre.Pierre n\u2019est qu\u2019un enfant.Si son amour est assez solide pour que deux existences puissent s\u2019y appuyer, cette épreuve le mûrira.Pendant ce temps, Marik s\u2019instruit.Elle n\u2019est plus la petite servante élevée par charité.Elle est une institutrice pleine de dignité, et que chacun estime.La distance sociale qui les séparait n\u2019existe plus.Egaux d\u2019âmes, ils le sont devenus d\u2019intelligences.Lorsque Jacquette aura A= x 7 z 1 En moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour l\u2019écrire, Pénorme chien s\u2019élança sur le corbeau.vu que son fils ne change point de sentiment, mais qu\u2019en même temps il reste le meilleur et le plus dévoué des fils, nous lui parlerons, nous lui dirons.» Alors Jacquette, au paroxysme de la fureur, déborda en cris de colère, en phrases hachées, qu\u2019elle commençait sourdes pour les faire éclater ensuite : ; « Non, non, madame Girault ! ni aujourd\u2019hui, ni jamais ! Moi qui comptais sur vous pour ra mener mon enfant dans le chemin de la raison ! La créature dont vous parlez est une fine mouche; elle a su vous tromper aussi ; mais, je vous le jure, comme je l\u2019ai déjà juré à Pierre, honnête ou non, cela m\u2019est égal, jamais je ne lui ouvriral ma maison ! Jamais elle n\u2019y rentrera.moi vivante ! Mon consentement, tu ne l\u2019auras jamais ! Et, si tu veux passer outre, fais-moi des sommations et va-t-en, va-t-en avec cette fille où tu voudras ! Je ne te reverrai de ma vie ! » Elle ne se connaissait plus.En disant ces dernières paroles, elle saisit le bras de son fils qui se tenait debout devant elle, les lèvres serrées et exangues, et le secoua violemment.Comme si Pierre, trop ému.eût chancelé sur ses jambes, ce mouvement l\u2019envoya contre la cheminée, où son front heurta.Le coup n\u2019avait pas été assez fort pour entamer la chair.A la vérité, il n\u2019y eut certainement là que la coïncidence de l\u2019affaiblissement antérieur du jeune homme, de la chaleur excessive, de la vive émotion qu\u2019il ressentait, et du choc contre le manteau de la cheminée ; mais le sang s\u2019échappa du nez de Pierre avec une abondance telle, qu\u2019en un instant le devant de sa chemise, sa veste, ses mains, qu\u2019il porta à son visage, tout en fut inondé.Avec un cri, les deux femmes s\u2019élancèrent en même temps vers lui.Elles l\u2019assirent dans le grand fauteuil de paille, lui bassinèrent la figure, les tempes, d'eau fraîche, cherchant avec affolement de quelle blessure pouvait couler ce ruisseau rouge.Et soudain, en un de ces revirements qui constituaient le fond même de sa nature, Jac- quette terrifiée se jeta sur son fils, lui parlant avec passion.« Mon Pierre ! mon chéri ! Je t'en prie, je t\u2019en supplie ! Je ne l\u2019ai pas fait exprès, tu le sais bien, n\u2019est-ce pas ?Moi, ta mère, t\u2019avoir fait mal ! à toi ! Tu sais bien que je ne t\u2019ai jamais frappé, jamais, jamais ! même quand tu étais enfant.Tu sais bien que j'aimerais mieux que tout le mal de la terre tombât sur moi ! Seigneur ! Est-ce que ce sang ne va pas s'arrêter de couler ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on pourrait donc faire ?Attends, que je te mouille un peu, là, près de la tempe- Et quand je pense que c\u2019est moi\u2026 Ah ! les pauvres gens qui se mettent en colère ! Il faut les plaindre, madame Girault ! Il faut avoir pitié d\u2019eux ! On souffre tant ! Mon petit ! Mon petit ! regarde- moi.Voilà que ça va mieux ; cela s\u2019arrête.Ris- moi un peu, ris à ta maman qui n\u2019a que toi au monde ».Je ne sais si Pierre fut peu touché par ces effusions d\u2019une affection désordonnée, ou si son abattement était tel qu\u2019il le rendait indifférent à tout.Il regarda sa mère, les yeux vagues et comme hébétés.Par bonne volonté, il esquissa un sourire, un navrant sourire d\u2019agonisant ; puis, épuisé sans doute par le sang perdu, il laissa retomber sa tête comme ces enfants malades qui ont encore plus besoin de tendresse que de remèdes ; mais ce fut sur l\u2019épaule de Mme Girault qu\u2019il la laissa retomber.Attendrie en voyant ce grand garçon, si robuste quelques semaines auparavant, aujourd\u2019hui sans couleur et sans force, celle-ci arrangea sur un oreiller la pauvre tête défaillante, y déposa un baiser long et recueilli ,à l\u2019endroit où commencaient les beaux cheveux ondés, et resta là, debout, tenant sa main fraîche appuyée sur le front brûlant.Quelques minutes après, les yeux de Pierre étaient fermés.Il dormait : et sa figure avait soudain revêtu la rigidité d\u2019un masque qui avait ses traits et ne lui ressemblait pas.Il dormait : et des soubresauts le secouaient fréquemment, sans interrompre toutefois cet extraordinaire sommeil.Les regards de Mme Girault tombèrent alors sur Jacquette.Agenouillée devant le fauteuil, tenant encore la cuvette à demi pleine de sang, ses mains tremblaient, ses lèvres s\u2019étaient contractées en une expression d\u2019angoisse infinie, ses regards si durs étaient transfigurés par le navrement de leur adoration.Dans sa robe noire, aux plis roides, on eût dit quelque Vierge Mère, agenouillée au pied de la croix.en un de ces calvaires de granit qui se dressent devant les églises de Bretagne.Quelques instants après, comme le sommeil du jeune homme se prolongeait, Mme Girault, sur la pointe des pieds, se dirigea vers la porte pour aller donner des ordres et envoyer chercher le médecin.Mme Le Goaz la suivit.« Vous ne croyez pas qu\u2019il va mourir ?dites, vous ne le croyez pas ?» fit-elle d\u2019une voix qui demandait grâce.Et Mme Girault eut grand\u2019pitié de Jacquette.XXXIV On était en vacances depuis quinze jours.Devant la petite maison d\u2019école, à laquelle des croisées fleuries de géranium, des vitres claires, un toit d\u2019ardoise neuve donnaient une apparence confortable et gaie, Marik était assise, un ouvrage de couture à la main.« Pour Mlle Le Gall ; dit le facteur en tendant une lettre à travers la grille .\u2014 Merci, facteur >.La missive venait de Mme Girault ; Marik l\u2019ouvrit précipitamment.« Ma chère fille, « Arme-toi de courage.Je n\u2019ai ni la force ni la liberté d\u2019esprit nécessaires pour combiner des phrases.«Pierre est très malade.I a la fièvre typhoïde.Depuis dix-sept jours, nous ne vivons pas.Le médecin, même, qui, au début, était plein d\u2019espoir, n\u2019essaie plus de nous cacher son inquiétude.(Suite à la page 80) 18 LA REVUE NATIONALE Réflexions fantaisistes sur la graphomanie Le dilemme est troublant.Je le déclare même sams issue.Voyez.Ou vous êtes graphomane, c\u2019est-à-dire atteint d\u2019une névrose toute particulière, très distinguée, et qui vous place au rang de ceux et de celles « qui écrivent sans raison, sans raisonnement et sans but, qui écrivent, écrivent ! .» Ou, vous avez au contraire une haute vocation littéraire, sur vous pèse la responsabilité spirituelle et artistique d\u2019un grand talent.Oui, c\u2019est ainsi, ou graphomane, ou écrivain génial !.Quoi! votre agréäble exubérance, Monsieur 2 .Madame, votre fantaisie, votre grâce modeste ?.\u2014 Non, plus rien ne vaut » \u2014 Gure, plutôt ! Méfiez-vous ! Ce sont là symptômes maladifs sur lesquels il faut avoir l'oeil.La graphomanie peut apparaître même avec ces dispositions pémignes.Qui sait ! La fièvre brûle peut-être déjà les étapes, et vos jolis doigts .Croyez-mot, c\u2019en est aussi bien fini du plaisir délicat que vous éprouviez, hier, à suivre le jeu de votre esprit dans le domaine des connaissances humaines.Si vous écrivez, \u2014 il le faut maintenant, \u2014 ayez un but précis, et.du génie ! Rien que cela, ou .soignez-vous ! - meet Le livre de M.Ossip-Lourié : « La graphomanie, essai de psychologie morbide » est fort déprimant au premier abord.Sa lecture, accomplie dans un état d\u2019esprit candide, rend inquiet.L'on regarde avec une véritable angoisse, la plume que demain l\u2019on fera courir docilement sur le papier.D'ailleurs, la fidèle, la crâne petite travailleuse, frémit et s\u2019indigne elle- même.Ces élucubrations la condamment sans merci.Par fierté, par \u201c crainte de lu déchéance, ne désire-t-elle pas se soustraire, à l\u2019avenir, à su besogne coutumière.Et comment, de notre côté, la glisser avec la sérénité paisible de jadis, entre nos doigts hésitants, et dépourvus de tout gémie ?M.Ossip-Lourié que votre diagnostic nous apparaît impitoyable, dur, écrasant ! Avec qu\u2019elle assurance, vous avez prononcé : « La graphomanie, le besoin d'écrire, aberration de l\u2019esprit, aberration redoutable, contagieuse, très répandue, envahissante ! La surproduction littéraire s\u2019explique par le développement et la contagion de cette affection » Nous avions pourtant eru jusqu'ici, que seul le génie méritait le nom de névrose.Privilège de grand seigneur, après tout.Cela nous consolait.\u2014 Nous supportions mieux, nos disgrâces plébéiennes, notre teint trop rouge, l\u2019absence de nuances délicates et des « chères pâleurs ».Notre abuis- sement, c\u2019était notre robustesse.Et si les hautes et sublimes régions de l\u2019esprit nous demeuraient fermées, du moins, nous nous réjouissions de conserver ce « mens SANA IN COYPOTE SUNO D.Mais un jour, M.Ossip-Lourie vint.Et la douce illusion nous fut ravie.Dans un docte livre, l\u2019homme de l\u2019art decréta avec une magnifique abou- dance verbale, et la résonnance imposante des mots médicaux, que les esprits moyens n\u2019étaient plus à l\u2019abri des tares nerveuses.Sa précision * courtoisie révèla et circonstrit une plaisante névrose.Lu graphomanie naquit sur les lèvres érudites et narquoises de M.Ossip-Lourié.En rendant votre jugement, n\u2019avez-vous pas un peu « pusculiser », cher Monsieur ?Jadis, souvenez-vous, l\u2019auteur des « Pensées », dont l\u2019âme fut si profonde, si triste ,et la vision d\u2019esprit si aiguë, a prononcé que les pauvres humains étaient tous, plus ou moins, des insensés ! Et alors, voyez-vous, ce que nous purtageons avec tous les humains, avec les beaux et lumineux génies, avec vous-même, M.Ossip-Lourié, qui êtes un philosophe sans faiblesse, ne devient-il pas une infirmité à laquelle on peut se résigner ?Nous accueillons avec beaucoup de douceur, la nouvelle et bizarre névrose.Tenez, je sens même, M.Ossip-Lourié, que la graphomanie ne m\u2019enlève pas ma bonne humeur.Elle vaut mieux que tant d'autres, après tout, cette tendance .comment dites-vous ?.psychopa- thique à écrire ! .ne aie ne [THERE Heures lyriques La Sainte Thérèse de Gérard Thérèse de Jésus, 0 ma sainte adorée Amante du Seigneur, colombe consacrée, J\u2019ai votre imuge enfin ! Du jour où je connus Votre vie admirable, et du jour où je lus Ces ouvrages de vous où votre amour suprême À fait naïvement un céleste poème Je résolus d\u2019avoir en ma possession Vieil ou neuf, un portrait qui portât votre nom.Le ciel enfin m'a fait trouver une gravure Comme je la voulais, d\u2019une empreinte fort pure, Et donnant un dessin assez digne de vous.ee Votre sainte figure Est vivante de grâce et d\u2019expression pure ; Elle est belle a passer devant vous tout un jour Sans bouger ; elle est belle à donner de l\u2019amour ; Mais l\u2019artiste, manquant de foi, n\u2019a pas pris garde Que vous y regardez celui qui vous regarde, Que les chrétiens priant tiennent les yeux baissés Et que des yeux ouverts ne pridient point assez.LL En la chambre où je vis, cellule toute nue, Thérèse, vous voilà compagne devenue D\u2019un chrétien mal dépris de ce monde mortel Et qui traine du pied en marchant vers le ciel.Vous voilà suspendue, 6 ma chère peinture ! Thérèse, mon amour, reine de ma cellule, À Vous voyez bien souvent combien le front me brûle, Et pêcheur que je suis, qu\u2019il m'arrive, le soir, De baisser devant vous mes yeux, de peur de voir | Vos angéliques traits qui font rougir ma face.i Car dans l\u2019âme souvent telle chose se passe 1 Qui fait que l\u2019on n\u2019a pas assez de ses deux mains : Pour cacher son visage, et que des yeux sereins, Le ciel pur, la beauté de toute la nature, Une simple colombe à la blanche parure, i Tout cela nous tourmente, et qu\u2019on semble avoir peur | De la douce innocence et de toute blancheur- | Quand j\u2019aurai peur de vous, ma vierge, oh ! je vous prie, Détournez vos regards de mon dme flétrie ; Ne nous regardons plus l\u2019un l\u2019autre, seulement Ménageons entre nous un accommodement.Point de regards, c\u2019est dit.En pareille occurrence Vous m\u2019aurez en pitié ; moi, j'aurai confiance, Et le bénitier blanc qui pend auprès de vous Nous fera seul alors correspondre entre nous.Vous y déposerez, en matière d\u2019aumône, Un peu d\u2019eau pour mon mal, de cette eau qui se donne Aux âmes en faiblesse, et moi, nécessiteux, Défaillant, je prendrai l\u2019aumône dans ce creux.Maurice de GUERIN.SA me em a my ++ SCD J me S Chez ncus.L\u2019« Illustration » de Paris, a donné dernièrement un substantiel compte-rendu de nos fétes du Monument Dollard.Une gravure met sous les yeux du parisien l\u2019œuvre si belle du sculpteur Laliberté.\u20ac oO Mme Gérin-Lajoie fait en ce moment des démarches pressantes, afin d\u2019obtenir le droit de vote municipal, à Montréal, aux femmes mariées sous le régime de la communauté.Ses excellents arguments ont fait la meilleure impression sur nos administrateurs.oO oO Les délicieuses et captivantes chroniques que nous donne M.Albert Lozeau dans le Devoir ! Ce pote, qui s\u2019entoure si volontiers de fleurs, et les défend quelles qu\u2019elles soient à l\u2019occasion, dirige en ce moment sa délicate observation sur les mœurs des hirondelles.oO © L'on se félicite de voir s\u2019égayer, enfin !.la maison d\u2019un premier ministre du Canada.M.et Mme Meighen ont trois enfants, deux fils et une fille.Une pareille constation n\u2019avait pas été faite depuis de longues années.Sir Robert Borden, Sir Wilfrid Laurier, et avant eux les ministres Thompson et Abbott, n\u2019avaient pas d\u2019enfants.oO o a La Women\u2019s Intitute est à l\u2019œuvre dans l\u2019Ouest.Elle travaille de toutes ses forces à l\u2019assainissement, à la moralisation du cinéma dans ces régions- Quel devoir impérieux de l\u2019heure en tous lieux ! © oO Ailleurs.Il faut citer les courageuses et hautes paroles de Mme Maria Verone, avocat du barreau français, au Congrès féminin de Genève.Chacun sait que les femmes Belges n\u2019étaient pas présentes, au Congrès, et que l\u2019Allemagne y était représenté officiellement par Mme Marie Stritt.« Nous femmes, a déclaré, Mme Vérone, nous sommes contre la guerre, parce que nous sommes contre toute idée de vengeance et tout sentiment de haine, car la haine engendre la guerre.Mais entre les collectivités internationales, comme entre les individus au sein des nations, la sincérité s\u2019impose.« Que chacune de nous rentre en elle-même et fasse un sévère examen de conscience ; qu\u2019elle recherche si son pays n\u2019est pas responsable des atrocités qui ont ensanglanté le monde entier.Certes, les femmes ne sont pas responsables de la guerre, puisqu'elles n\u2019avaient pas voix au chapitre ; mais encore est-il nécessaire que celles dont les gouvernants ont assumé la responsabilité de tous les crimes abominables, qui furent commis, notamment contre des femmes et des enfants, n\u2019acceptent avec eux aucune solidarité.A elles d\u2019avoir le courage civique de dire publiquement, sincèrement, loyalement les regrets qu\u2019elles en éprouvent.« Alors, mais alors seulement, nous pourrons travailler en commun pour assurer définitivement l\u2019œuvre de paix et de solidarité universelle ».© o En Italie et en France, l\u2019on songe déjà a préparer les fêtes du sixième centenaire de Dante, qui auront lieu le 14 septembre 1921.Ravenne surtout, verra dans ses murs, des cérémonies grandioses et inoubliables.Le grand poète, on se le rappellera, est mort dans cette ville.° © Vingt-six millions de femmes, aux Etats- Unis, prendront part cette année aux futures élections présidentielles.LA REVUE NATIONALE Portrait d\u2019aïeule.Une grande dame d\u2019autrefois JA BARONNE LE MOYNE DE LONGUEUIL 1756-1841 La quatrième et dernière baronne de Longueuil de race française.« Née Marie-Charles- Joseph Le Moyne de Longueuil, elle était l\u2019unique enfant de Charles-Jacques Le Moyne, troisième baron de Longueuil et de Marie-Catherine Fleury Deschambeault.Le 7 mai 1781, par license spéciale, elle épousait à l\u2019église anglicane de Québec, David Alexandre Grant, capitaine du 84ème régiment.La baronne de Longueuil résida alternativement à Moritréal, et à Québec- L'île Saint-Hélène fut aussi pour elle une place de prédilection, elle y vivait dans une maison construite par ces ancêtres et communément appelée le Manoir.Ses jardins étaient magnifiques pour le temps et jouissaient d\u2019une grande réputation».(Histoire de Longueuil, par Jodoin et Vincent, 1889.) « Malgré ses deux ou trois quartiers de noblesse, la bonne dame qui avait toujours pratiqué une des vertus chères à la bourgeoisie, l\u2019économie, était devenue quelque peu bizarre.A Montréal, son cheval fut durant quelque temps aussi célèbre que le Bucéphale d\u2019Alexandre ; voici comment advint cette réputation.Obéissant à ses idées d\u2019économie, la baronne de Longueuil avait attelé à sa voiture aux formes préhistoriques, un vieux cheval, d\u2019allures plus que tranquilles, et qui pendant plus de quinze ans avait été au service d\u2019un boulanger.Les gamins d\u2019alors, à la seule fin de rire un peu, et de faire endiabler la baronne, ne manquaient jamais, en rencontrant l\u2019attelage, de la faire arrêter dix ou douze fois dans la même rue.Il leur suffisait pour cela de crier Bread (pain).A ce mot magique, l\u2019animal, fidèle à ses anciennes habitudes, s\u2019arrêtait court, et ni le fouet, ni les nuées ne l\u2019eussent fait avancer.Madame la baronne se trouvait obligée de descendre, et ce n\u2019était qu\u2019une foisremontée, que le quadrupède se mettait en march».(Histoire de l\u2019ile Sainte-Hélène, par M.A.Achintre).La baronne de Longueuil, est morte à Montréal, le 17 février 1841.dans sa quatre-vingt- sixième année, regrettée de tout le monde et surtout des pauvres.\u201cElle pratiqua constamment la charité la plus vive.Diverses œuvres pies se réclamèrent de l'autorité et du prestige et de son nom, entre autres l\u2019Orphelinat catholique de Montréal, dont elle fut la première présidente.(1832).A la mort de la baronne, le titre de la baronie de Longueuil passèrent dans les rangs de l\u2019aristocratie anglaise, au fils qu\u2019elle avait eue de M.David Alexandre Grant.Ainsi s\u2019éteignit l\u2019illustre famille des Le Moyne de Longueuil, les descendants de l'héroïque Charles Le Moyne et de la douce Catherine Primot.19 Sur les rayons de la bibliothèque.CHARLES PEGUY Daniel Halévy L\u2019un des beau livres appréciant la vie et l\u2019œuvre de cet écrivain- Nous y détachons ce parallèle saisissant entre Peguy et Maurras.Péguy, s\u2019il n\u2019avait rencontré Maurras, aurait peut-être été le maître de toute une jeunesse.Mais Maurras est là, et son génie différent, dictatorial, fait autour de Péguy une sorte de vide.Maurras, Péguy : entre eux que de contrastes ! L\u2019un, Maurras, né de souche bourgeoise honnête, tout accoutumée aux services de l\u2019état, magistrature, armée, toute façonnée par la pratique de ces services ; l\u2019autre, Péguy, issu de cette paysannerie qui se méfie de l\u2019état, qui évite ses fâcheux contacts, ses enrôlements, ses fiscalités, et ses gênes ; Maurras, un ancien dévoué à ses dieux et aux lois qu\u2019ont donné ses dieux, lois civiles ou canoniques, lois certaines, écrites et prescrites ; l\u2019autre tout Bourbonnais, trempé de verte Loire, enfant des herbages, des coutumes humaines, un celte paysan qui voit clair, qui prend garde où il pose ses pieds, mais qui entend toujours le légendaire appel, qui ne résiste pas aux voix aventureuses.Maurras, élève des prêtres, fidèle à l\u2019Eglise, indifférent au Christ.Péguy, un élève de l\u2019école laïque, un dénicheur de nids, païen, chrétien, selon les jours : joyeux à la Noël, triste au Vendredi-Saint.Comme ils sont séparés : Maurras est un Méditerranéen, un tragique ; son esprit conçoit des formes nettes, terminées par la mort ; Maurras, c\u2019est Cassandre, Demosthène ou Machiavel, le cœur ardent et l\u2019esprit dur qui ose voir et prédire la mort de son peuple.Péguy chrétien ne croit pas à la mort, il croît à la vie et aux renaissances éternelles.Là est le point extrême du contraste : Maur- ras connaît la mort et Péguy ne veut pas la connaître.Il faut sauver : tous deux le sentent et le disent.Mais chez l\u2019un c\u2019est le cri du croyant, un acte de foi en même temps qu\u2019un appel : chez l\u2019autre c\u2019est le cri de l\u2019homme qui sait la dure histoire pleine de peuples morts.Péguy le grand poète, la grande voix lyrique de la France contemporaine, acceptait sa patrie blessée, abîmée comme il la trouvait, et l\u2019encourageait par l\u2019amour, la foi et l\u2019espérance, par le refus de la désespérance.De cette France auxieuse Maurras fut la voix, la volonté tragique.Daniel HALEVY.La vie quotidienne de + » \\ Sainte-Thérese Extrait d\u2019un article de M.Maurice Barres, paru dans « La Revue critique des idées et des livres» A propos d\u2019une ceuvre inédite de Sainte- Thérése : Un commentaire du Cantique des Cantiques, traduite par le Comte de Prémio Réal, et qui doit paraître prochainement chez Crès : asus Qu'est-ce que le génie littéraire de Sainte Thérèse ?La splendeur de sa foi, un cri d\u2019amour, des images saisissantes, et continuellement un don prodigieux d\u2019analyse, mais sans les ressources de l\u2019homme de lettres qui ajoute à son inspiration du savoir-faire et du métier.Thérèse n\u2019a aucune visée littéraire: Avec un goût parfait qui lui vient de son humilité, elle se propose d\u2019écrire comme elle parle, et elle parle comme une femme de bonne race à des filles pleines d'esprit.On est dans les nues, à la hauteur du plus audacieux vol des aigles, mais fort à l'aise, avec la respiration la plus aisée.Elle a beaucoup de grâce, une sorte d'humour continuelle.Ainsi quand elle dit : « O mes filles, je sais bien que nous ne pouvons pas vivre sans péchés, mais du moins ne commettez pas toujours les mêmes, afin d'éviter qu'ils ne s\u2019enracinent davantage».Et ceci encore : « Je ne dis pas qu\u2019il faille souhaiter être exempt de tentations et de troubles.Il y a souvent dans ces alternatives une grande grâce du Seigneur ; l\u2019âÂme s\u2019améliore par ce moyen.Nous ne pouvons pas prétendre être des anges ici-bas, puisque ce n\u2019est point là notre natures.Ce sont des femmes, et qui sourient, j'en suis sûr.Je me rappelle toujours avec une joie parfaite ce morceau excellent d\u2019une de ses lettres : « Dites, s\u2019il vous plaît, à la Sœur Saint- Jérôme qui signe sa lettre Mulador (fumier), que je demande à Dieu de tout mon cœur que son humilité ne soit pas seulement dans ses paroles.Maurice BARRES. 20 LA REVUE NATIONALE \u2014 DU SALON A LA CUISINE = les plus simples.SII J TOILETTE DE CHARMEUSE NOIRE SUR MOUSSELINE DE SOIE BLANCHE, MODELE DE LA MAISON DUPUIS FRERES.4 le tout très souple.vre-chefs moins simples, est d\u2019être LA MODE SIMPLE ET JOLIE Les tièdes après-midis de septembre sont favorables à l'élégance et une promenade dans la rue Sainte-Catherine, vers cinq heures vous inspirera mieux, Madame, pour le choix de vos toilettes, que vingt chroniques ne le pourraient faire.menade, comme c\u2019est le cas pour celle qui trace ces lignes., Les robes d\u2019après-midi que j'ai aperçues, tant à la devanture des magasins, que portées par des jolies flâneuses, sont simples et charmantes, c\u2019est-à-dire que les plus charmantes de ces toilettes sont Car la simplicité n\u2019exclut pas l\u2019élégance ; seulement c\u2019est une élégance partieu- lière et qu\u2019on n\u2019apprécie pas toujours à sa valeur.A moins que la chroniqueuse n\u2019ait fait pour vous cette pro- T] faut pour se rendre compte de cette élégance qui est la seule véritable, un goût très sûr, un sentiment intime de la beauté qui tient aux lignes de la silhouette, à l\u2019harmonie qui existe entre une robe et celle qui la porte, à la perfection des menus détails.Une ceinture trop haute ou trop basse, un col qui n\u2019a pas la forme voulue pour s\u2019allier au vêtement qu\u2019il complète, des plissés ou des fronces, placées de façon à briser l\u2019harmonie de la ligne, suffisent pour qu\u2019une robe ne soit plus au point, et souvent une personne inexpérimentée est mécontente de sa robe sans savoir exactement quel défaut corriger, quelle ligne modifier pour que l\u2019ensemble ait la grâce qu\u2019elle souhaitait.Je vous ai dit souvent qu\u2019il ne fallait pas choisir telle robe ou tel manteau parce que le dessin qui les représente a de jolies lignes; ni commander un modèle parce qu\u2019il paraît charmant sur le « mannequin » qui le porte ; chacune de nous sait, à l\u2019avance, si elle est mince ou forte, grande ou petite, ce qui doit conduire à choisir précisément une robe seyante à la taille qu\u2019on a, un modèle qui puisse cacher quelques petites imperfections, amincir ou étoffer lersque c\u2019est utile.- Les tendances actuelles de la mode sont aux tailles très longues ; c\u2019est charmant pour celles qui sont grandes et minces, mais peu avantageux pour les autres.Les manches courtes continuent de faire fureur ; espérons que pour l'hiver, elles allongeront quei- que peu.Car, malgré le charme d\u2019une mode qui réalise tous les désirs et plaît à tous les genres, nous en sommes à appeler autre chose de plus défini ; espérons en les révélations de l\u2019hiver.Pour le moment, le taffetas donne presque uniformément les volants plissés ou les paniers modérés.Avec du taffetas très souple, on a recours parfois à la jupe zouave, sans ourlet et relevée sur elle-m\u201cme par un point intérieur à la doublure.On forme alors l\u2019effet de tunique droite derrière et s\u2019ouvrant sur un tablier.Pour enlever la sécheresse du tissu, nous aurons les tabliers garnis de petite frange tom-pouce.Le corsage posé sur la jupe sera à courte basque, elle-même bordée d\u2019une frange et d\u2019une extrême simplicité.J\u2019ai noté aux courses plusieurs jeunes femmes très élégantes et distinguées, qui portaient ce modèle.Son effet de petite casaque sur jupe droite le rapproche un peu du tailleur : il garde cependant la souplesse d\u2019une robe.Pour sortir en taille, nous voyons beaucoup de blouses russes, ouvertes à l\u2019encolure, mais très longues, évasées du bas sur un fond étroit.On choisit pour cela un tissu plus riche que pour les mo- -dèles à volants ou les tuniques.Mi-septembre.\u2014 Les chapeaux de paille devraient être encore de saison.Du moins, il y a quelques années, c\u2019était la règle.Mais nous avons changé tout cela.Portez tout ce que vous voudrez, Mesdames, sauf de la paille.Le feutre taupé est le dernier mot de l\u2019élégance.\u2014 Comme chapeau de sport en beige, gris, voire même crème, il a fait fureur ce dernier mois et nous le retrouvons dans des coloris plus sérieux comme coiffure de demi-saison, très appréciée à la ville.La teinte loutre, toujours très seyante, est distinguée et va avec tout ; le violet sombre, le beige soutenu, le vert foncé, le bleu roi, sont les nuances les plus recherchées.Comme forme c\u2019est le genre canotier qui domine avec calotte volumineuse et bords plutôt étroits, Le chapeau de feutre taupé, doublé en dessous de paille fine et mat a beaucoup de chic et est moins banal que la forme exclusivement en feutre.Comme garniture, le simple ruban à nœuds plats, de \u2018couleur différente parfois, mais le plus souvent très soigneusement assorti au chapeau.Le seul inconvénient de ces coiffures, très pratiques pour permettre d\u2019attendre l\u2019époque de coud\u2019un prix relativement élevé, mais il faut noter que les feutres de belle qualité se teignent et se reforment indéfiniment et que les modistes ont vite fait de vous demander plusieurs piastres de la plus modeste de leurs créations \u2014Même après que la mode de ces cha- .peaux sera passée à la ville, elle restera en honneur, très certainement, pour la campagne, les voyages, voire même les journées de déluge si préjudiciables aux velours et autres tissus fragiles qu\u2019une ondée abîme immédiatement.Pommes de terre Lorraines.\u2014 Faites un roux avec de l\u2019huile et de la farine, laissez bien roussir sans noircir ; mouillez de deux ou trois cuillerées d\u2019eau, pas plus ; mettez-y du poivre, du sel, un bouquet de persil, ciboule, du lard coupé en dés ; lorsqu\u2019il est à moitié cuit, mettez-y les pommes de terre pelées et coupées.Tenez la bouchée.Servez.Quand elles sont cuites, PERLE SATIN.Crème d\u2019été.\u2014 Faites tremper pendant douze heures le zeste de huit citrons dans une chopine d\u2019eau.Retirez le zeste et faites dissoudre dans cette eau dix onces de sucre pulvérisé auquel vous ajoutez le jus des huit citrons et le blane de sept œufs battu avec un seul jaune.Faites bouillir sur un feu doux en remuant constamment, jusqu\u2019à ce que le mélange forme une crème épaisse.Mangez très froid, presque glacé.casserole bien dégraissez ct Les Coiffures Nouvelles La mode de n\u2019avoir plus de cheveux a vécu.On avait fait table rase, ou, plus exactement, tête rase des boucles, des frisettes, des chichis ; coûte que coûte, il fallait escamoter le chignon, dût-on pour cela recourir au moyen héroïque de la tonsure ; bref, on s\u2019évertuait à réduire au minimum le volume des manières différentes mais également gracieuses de placer le peigne d\u2019écaille pour maintenir le chignon.eux So se 47 0% cheveux qui, tirés à la chinoise autour du visage et plaqués sur le crâne en dessinaient la forme d\u2019aussi près que possible.De cet excès pourrait bien naître l\u2019excès contraire.Les coiffures s\u2019agrémentent aujourd\u2019hui de chignons si opulents qu\u2019on se demande comment ils peuvent se caser dans les chapeaux.Comment, en effet, associer les toques en amande ou en turban, les petits tonkinois ou les capelines de tulle à clair avec le volumineux rouleau ou le chignon en promontoire : on ne voit pas ceci campé sur cela.À coiffures nouvelles, chapeaux nouveaux, direz-vous.Sans doute en sera-t-il ainsi mais les qu\u2019ici les modistes ne paraissent pas s\u2019en soucier.Aussi le succès de ces coiffures à chignon saillant s\u2019affirme-t-il surtout le soir.Elles sont prétexte à un luxe de peignes qu\u2019on ne connaissait plus ; à la vérité, aucun ornement n\u2019est mieux approprié, qu\u2019il serve d\u2019assise au chignon ou qu\u2019il serve à le fixer d\u2019une manière gracieuse.Confitures de tomates.\u2014 Echaudez de belles tomates par six à la fois pour ne pas trop les amollir.Pelez et pressez légèrement chaque tomate pour en exprimer l\u2019eau et les pépins.Pesez trois quarts de livre de sucre par livre de fruit ; mélangez le sucre aux tomates et laissez macérer pendant une nuit.Mettez au feu et faites cuire pendant deux heures et demie avec une cuillerée à thé d\u2019essence de vanille.Passez et mettez en pots, encore tiède.ee EEE = Ge LA REVUE NATIONALE FZ MARRAIN CONCOURS DE MARRAINE ODILE Premier prix, classe des « grands » LE MARTYRE DU PERE VIEL Eh bien ! Pierre, toi qui viens d\u2019obtenir le premier prix d\u2019histoire du Canada, ra- conte-nous donc l\u2019histoire du Père Viel et de son néophyte Ahuntsic.\u2014 Je ne la sais pas, répond Pierre, elle « n\u2019y est pas dans mon livre» ! \u2014 « Alors, raconte-là nous, Marie ?s\u2019écrient simultanément Jacques et Cécile.\u2014 Bien volontiers., Les Récollets dont le Père Viel faisait partie, furent, vous le savez, nos premiers missionnaires.Ils arrivèrent au Canada en.-.\u2014 En 1615, interrompit Pierre.Ils étaient quatre, mais le Père Viel n\u2019était pas de ceux-là ! Ca j\u2019en suis sûr.\u2014 En effet le Père Nicolas Viel arriva de France, en 1623.Il se joignit au Père Le Caron pour évangéliser les Hurons établis sur les eaux du Niagara.Ceux- ci se convertirent nombreux à leur parole, mais le démon comptait aussi bien des adeptes parmi les sauvages.Il s\u2019en trouva gui cherchaient à empêcher le « Grand-Esprit» de régner sur leur nation et d\u2019autres qui en voulaient au Père à cause du prestige qu\u2019il s\u2019était acquis par son courage et sa bonté.Un brave français Etienne Bruslé fut massacré au cours de l\u2019hiver de 1624- 1625.Au printemps le Pére Viel quitta la tribu des Ours avec un jeune néophyte Ahuntsic, pour se rendre à Québec exposer la situation à Champlain- Une bande de Hurons les accompagnaient aussi.Ils descendirent le fleuve jusqu\u2019à la Rivière des Prairies.C\u2019est là que les méchants indiens voulurent faire périr le Père et le néophyte.Ils les noyèrent tous deux au dernier sault de cette rivière.Et notre paroisse se nomme depuis le « Sault-au-Récollet ».\u2014 C\u2019est beau ! dit Pierre.Et soudain s\u2019'animant : « Moi aussi je serai missionnaire et martyr._\u2014 Garde ton enthousiasme mon petit Pierre, lui répondis-je : tu devras peut- être un jour, comme tes compatriotes on- tariens, lutter pour la défense de ta langue et de ta foi.Il te faudra remplir ton âme des souvenirs de ton histoire- Alors rappelle-toi «nos martyrs canadiens », pense à ceux qui ont donné leur vie à la bataille, à ceux qui ont combattu dans l\u2019arène politique.Toujours, garde notre devise : « Sou- viens-toi » mon petit Pierre ! Claire NADEAU.(«Claire Vimont », 17 ans).\u2014\u2014\u2014 -_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 LE COMBAT DE LA PLACE D\u2019ARMES Deuxième prix, classe des « petits » Montréal, 4 juillet 1920.Un jour je m\u2019amusais avec mes compagnes ; lasses du jeu, elles me demandèrent une histoire.Je leur relatai le combat de la Place d\u2019Armes, comme il suit : Les compagnons de M.de Maisonneuve lui demandaient pour aller à la rencontre des ennemis, les Iroquois ; mais il leur répondait qu\u2019il n\u2019était pas encore temps, mais ils insistaient.Un jour, qu\u2019il leur avait dit qu\u2019il n°était pas temps, ils murmurèrent entre eux que leur chef devait être peureux.Il les entendit et leur commanda de se préparer pour aller au-devant de l\u2019ennemi audacieux qu\u2019était l\u2019Iroquois.Ils partirent donc.Arrivés à un endroit qu'on nomme aujourd\u2019hui la Place d\u2019Armes, en souvenir du combat, les Iroquois arrivèrent la hache à la main, affamés de massacres.Les Français se défendirent de leur mieux, mais les Iroquois étaient plus nombreux qu\u2019eux.Ils perdirent beaucoup des leurs.Cette triste perte vue, M.de Maisonneuve ordonna la retraite, mais lui, resta avec l\u2019ennemi pour donner le temps à ses compagnons, de rentrer au fort.Il tua le chef de cette bande infernale, et pendant que les sauvages se pressaient autour du corps de cette brute, il regagna à son tour, le fort.La victoire resta aux Français, grâce à ce chef hardi- Madeleine ROUSSEAU, 10 ans.(Pomponnette.) CAUSERIE DE MARRAINE ODILE A propos d'un nouveau concours et d\u2019un envoi de Monsieur Miller.Mes chers filleuls.J\u2019accuse tout d\u2019abord réception d\u2019un.intéressant envoi de Monsieur Miller secrétaire de la Société St-Jean-Baptiste et je le remercie de cette aimable attention.Avez-vous lu les « Contes historiques» publiés par notre société nationale ?Je les regarde un à un et je repasse avec plaisir quelques-unes des plus belles pages de notre histoire.Joliment illustrés en couleur à la façon de l\u2019imagerie d\u2019Epinal, que vous aimez tous j'en suis certaine, rédigés par quelques-uns de nos meilleurs écrivains, ils plaisent, ils instruisent, ils exigent une place dans nos bibliothèques.À côté de vos livres favoris, placez la série complète de ces contes de chez-nous, mes chers filleuls.D\u2019une façon très agréable vous respasse- rez ainsi votre histoire, et vous aurez un bel album à feuilleter avec vos petits amis pendant les longues veillées d\u2019automne.Tout cela m\u2019a donné l'idée de vous proposer ce concours : « Quel est le «conte historique que vous préférez et « pourquoi le préférez-vous aux autres > ?Le concours est ouvert à tous mes filleuls, aux tout petits comme a leurs aines \u2014 jusqu\u2019à dix-huit ans.; Les concurrents seront classés en deux catégories, ceux de 12 ans ou moins formant la première, et les autres, jusqu a 17 ans, la seconde.Il y aura deux prix pour chaque catégorie.; , Les manuscrits seront reçus Jusqu'au 15 octobre.Ils ne devront pas dépasser 150 mots.La liste des lauréats sera publiée dans la Revue de novembre., Les envois devront être signés d\u2019un pseudonyme et porter, bien en vue, l\u2019âge de leur expéditeur.Une enveloppe cachetée, renfermant les nom, adresse, pseudonyme et âge du concurrent devra accompagner chaque envoi.Le tout sera adressé à Marraine Odile, Revue Nationale, 286, rue St-Laurent.(Suite) Marie arrivait, tous les jeudis et tous les dimanches, pour tenir compagnie à sa chère petite compagne, et, ces jours- là, Béquillarde reprenait un peu de couleurs et un peu de gaieté ; puis le soir, quand on avait reconduit l\u2019écolière à la pension : « N\u2019est-ce pas, petit père, n\u2019est-ce pas, petite mère, qu\u2019elle est aimable, ma Marie,» répétait Angèle avec une insistance qui amenait souvent des larmes dans les yeux du pauvre papa et de la pauvre maman ; car ils devinaient l\u2019arrière-pensée de leur bonne petite fille lorsqu\u2019elle leur parlait ainsi.Un jour que Béquillarde se sentait plus faible que de coutume, et que Marie, assise à côté d\u2019elle, la regardait avec anxiété, osant à peine lui adresser la parole, de peur de la fatiguer, la petite malade fit signe à son amie de s'approcher tout près d\u2019elle.\u2014 Marie, lui dit-elle bien bas, je sens que le bon Dieu ne tardera pas à me changer en petit ange.Mais n\u2019en parle pas à maman, cela, lui causerait trop de chagrin, pauvre mère ! J\u2019aurais bien aimé faire ma première communion avant d\u2019entrer en paradis, mais je n\u2019ose pas en parler, de peur de faire pleurer maman.cela ne m\u2019empêchera sans doute pas de voir le bon Dieu! Je ne veux pas toutefois m\u2019en aller près de lui avec un péché ; j'en ai beaucoup voulu à nos compagnes de la pension de m\u2019avoir habillée en fée Carabosse, mais à présent je leur pardonne.\u2014 Elles avaient l\u2019intention de s'amuser et non de rire de mon infirmité, j'aurais dû le comprendre.Et puis, je suis cause qu\u2019elles n\u2019ont pas pu jouer leur belle charade, puisque à cause de mes larmes, on les a fait rentrer à l\u2019étude.\u2014 Elles m\u2019en ont voulu de les avoir privées de ce plaisir.c\u2019était bien naturel, n\u2019est-ce pas, Marie ?Alors, moi, je les ai crues méchantes ! mais j'ai réfléchi depuis que je suis malade, et je vois bien à présent que c\u2019était vraiment moi qui avais des torts envers elles.\u2014Bonne petite Angèle '.voulut interrompre Marie.\u2014Chut ! amie, écoute-moi encore un instant.Pour leur prouver que je ne leur ai pas gardé rancune de leurs malins tours et du surnom qu\u2019elles m\u2019ont donné, je désire que tous mes joujoux et divers objets à mon usage soient pour elles.Les plus grandes auront mon buvard, cet album, cette boîte de couleurs, ce joli livre de messe, ces belles gravures.Tu distribueras aux plus petites mes poupées, mon ménage, mes autres jouets, et tu leur diras à toutes que c\u2019est le souvenir, l\u2019adieu de Béquillarde.N'est-ce pas, chère Marie, que tu le leur diras ?Mais tu ne demanderas à mes parents la permission de prendre ces divers objets que lorsque je n\u2019y serai plus, ce n\u2019est pas la peine de les chagriner inutilement d'avance.(Suite et fin au prochain numéro) GAT nmmene 22 LA REVUE NATIONALE TEL.EST 8184.S.ROBERT TAILLEUR Habits nettoyés, pressés, réparés.Prix Modérés.Habits faits sur mesures.244, rue Saint-Hubert, - - Montréal.NATIONAL STUDIO 402, rue Ste-Catherine E - Montréal.LA ROYALE, LIMITEE Compagnie d'assurance sur la vie et contre l'incendie.Wm.MACKAY, gérant-gén.La plus puissante compagnie J.-H.LABELLE, gérant-adj.d\u2019assurance-feu de l\u2019univers.ACTIF : $135 000 000 Représentants à Montréal : HURTUBISE & SAINT-CYR, 2, Place d\u2019Armes Agence établie en 1860.Téléphone : MAIN 1287.Stand : EST.9480 Rés : ST-LOUIS 7777 Ls-Ph.COMEAU AUTOMOBILES A LOUER à l\u2019heure ou à la journée 1211, rue Chabot, Montréal Tél : St-Louis 3745 ALPHONSE HEYSE ENTREPRENEUR PEINTRE Spécialité : Tapissage, Blanchissage, Imitation, Raccommodage de murs.142, rue Saint-Denis, MONTREAL Tél : Est 5593 ODILON DESOURDY MARCHAND-TAILLEUR 137, rue Saint-Laurent, MONTREAL Tél : EST 5785 D.NADEAU LIBRAIRIE \u2014 PAPETERIE Spécialité : Tapisserie.828, rue Ontario Est Montréal Tél : MAIN 3538 J.-A.BOISVERT PLAQUEUR en nickel, cuivre, doreur, argenteur sur tous genres de métaux et finisseur en cuivre.Ornements d\u2019Eglises, garnitures de voitures et lampes- Bureau : 82, rue Saint-Gabriel Montréal A.MORISSETTE 18 années d'expérience Expert dans les orgues et pianos 87, rue Poupart, MONTREAL AU MOIS PROCHAIN Un peu fatiguée et surchargée de travail, La-Dame-qui-lit, n\u2019a pu ce mois-ci préparer son courrier.Elle s\u2019en excuse auprès de ses fidèles lecteurs et leur donne rendez-vous, au mois prochain.KERNEVEZ (Suite de la page 30) Marik marche, marche, le coeur battant.Avec une émotion que chaque minute accroît, elle reconnaît tout : le chemin qui monte au phare, les maisons, les bouquet d\u2019arbres, la croix du carrefour.Elle irait les yeux fermés.Elle n\u2019a point peur, mais, à mesure qu\u2019elle presse, et elle finit par courir.Enfin, voilà Kergoz ! l\u2019avenue d\u2019ormes, le grand portail.Elle longe le mur, elle entre.Là-bas, tout au bout des bâtiments de droite, il y a de la lumière à une fenêtre.Marik reconnaît la chambre de Pierre : c\u2019est là qu\u2019il est.Mort ou vivant ?Il lui semble qu\u2019elle n\u2019osera jamais entrer pour le savoir, et qu\u2019elle va tomber sur le seuil.Au même instant, dans son lit, Pierre se soulève : « C\u2019est elle! C\u2019est elle! La voilà ! sa voix détimbrée par la maladie.» fait Et il semble chercher autour de lui, dans la chambre.« Hélas, non ! dit Mme Girault avec un soupir.Si quelqu\u2019un d\u2019étranger avait franchi la porte, Mona aurait aboyé.\u2014 C\u2019est elle, je vous dis que c\u2019est elle ! répète Pierre obstinément.» Mme Girault soulève le rideau.Elle voit une ombre traverser la cour, entrer dans la cuisine ; elle n\u2019ose rien dire, de peur de se tromper ; mais la porte s\u2019ouvre doucement sur le seuil apparaît Marik, en manteau de voyage, son petit sac à la main.« Ah ! c\u2019est toi ! c\u2019est toi ! s\u2019écrie Mme Gi- rault en serrant la voyageuse dans ses bras.Je savais bien que tu viendrais ».Mme Le Goaz regarde et n\u2019a pas l\u2019air de comprendre.Eh quoi ! cette dame, vêtue à la mode des villes, ce serait Marik ?Ni l\u2019une ni l\u2019autre ne se disent rien.Marik va droit au lit.Depuis que\u2019lle est entrée, Pierre s\u2019est dressé, inquiet, avec les yeux égarés que donne le délire.Marik s\u2019approche de lui : Il la regarde avec étonnement.Cherche-t-il quelque souvenir perdu dans son pauvre cerveau malade ?Sa figure prend une expression de déception profonde ; il se laisse retomber sur son oreiller.- «Non.non.Puis sa réverie navrée le reprend : il appelle Marik.Elle, debout à côté de lui, ne peut détacher ses yeux du visage ravagé.Combien Pierre est changé, hélas ! Qu\u2019il est pâle ! Ses traits semblent affinés, rendus plus réguliers encore par la maigreur, mais une immobilité de marbre les fixe en un extraordinaire aspect que ne donne pas toujours la mort.Ses cheveux et sa barbe, qu\u2019on a laissés croître durant la maladie, font paraître ses joues encore plus décharnées ; mais ce qu\u2019il y a dimpressionnant surtout, ce sont ses prunelles dilatées, au feu augmenté par la cavité des orbites, et par cette torture sans rémission qu\u2019est la fièvre.La jeune fille se rapproche de nouveau, prend la main du malade, lui parle avec une tendresse, une pitié infinies : « Je suis Marik, mon ami, votre Marik.\u2014 Non ! répond-il durement ».Les trois femmes se regardent, consternées.Tout espoir est donc perdu.La pauvre enfant se sent gagner par les larmes.Elle s\u2019est assise au pied du lit, sans mot dire, si triste ! Pas plus que les autres elle ne pourra rien.Le dévouement le plus entier, l\u2019abnégation la plus ardente ne comptent pas : l\u2019impuissance humaine n\u2019a qu\u2019à s\u2019incliner devant la mort.Et, tandis que Marik reste ainsi, - muette, accablée, quelque chose la frôle et vient lécher sa main.C\u2019est Mona, Mona vieille, impotente, traînant sur le sol ses pauvres jambes tordues.Le cocher, Magalon, ont parlé à Marik comme à une étrangère ; Mme Le Goaz a eu toutes les peines du monde à accepter que ce fut elle ; Pierre la repousse dans son délire ; mais Mona, paralysée et mourante, sa fidèle amie d\u2019autrefois, l\u2019a tout de suite reconnue.Au bout de quelques instants, Mme Girault retourna au Couédic jusqu\u2019au lendemain matin.Il y avait de longues nuits qu\u2019elle et Mme Le Goaz veillaient sans relâche ; leurs forces commençaient à s\u2019épuiser, et le médecin voulait qu\u2019alternativement, une des deux se reposit.Marik insista pour que Mme Le Goaz allât se coucher aussi.« Merci, répondit sèchement Tacquette.Je ne quitterai jamais mon fils ».ce n\u2019est pas encore elles.il geint, Tout ce qu\u2018elle consentit à faire, ce fut de s\u2019étendre dans le grand fauteuil, placé au chevet du malade.Pierre continuait à s\u2019agiter, à prononcer, en bredouillant, des flots de paroles incohérentes, parmi lesquelles le nom de Marik revenait sans cesse, comme dans l\u2019obsession d\u2019une litanie.A un de ces appels, d\u2019une ténacité plus déchirante encore que les autres, la jeune fille tenta un dernier essai.Elle se pencha vers le malade.« Pierre, je suis là ; ne voulez-vous pas me reconnaître ?» Il la regarde anxieusement, puis laisse re- tember sa tête, dans une expression de découragement suprême : «Non! Non!» Tandis que Marik se relevait, désolée, ses yeux tombèrent sur la glace, placée au-dessus de la cheminée, et dans une illumination subite : « C\u2019est vrai, murmura-t-elle ; c\u2019est vrai, je ne suis plus Marik ».(à suivre) SOUS LA LOUPE (Suite de la page 11) froide qu\u2019elle ne l\u2019est en réalité.Elle se surveille et se domine bien ; elle a beaucoup de volonté et d\u2019initiative.Parfois même, elle aime « commander » et se montre autoritaire et un peu hautaine.Franche et ouverte mais sachant être discrete pour son compte et celui des autres.Sagement pru- ente.\u2014ELISABETH \u2014 Une distinction exquise.d\u2019imagination.Une sensibilité fine mais contenue et sans exagération.De l\u2019enthousiasme et des goûts d\u2019iñtellectuelle.Tendance à l\u2019égoisme.Volonté faible et facilement influençable.Un peu d\u2019impatience et volontiers autoritaire.Quel- oues caprices mais généralement constante.Fierté et orgueil, de « complaisance en soi».Débrouillarde et vive.De l'ordre du soin pour les détails, grand amour du passé et des traditions.Elle doit collectionner « con amore » les souvenirs et les portraits.Elle aime le Beau et l\u2019élégance.Elle est économe et pratique.CUB MASTER \u2014 MAGOG \u2014 Je le regrette infiniment mais je ne pourrai vous en dire long.Vous écrivez sur papier rayé et à la mine et « par dessus \u2018le marche » à peine une page ! Enfin voici ! Enthousiaste mais prompt à se décourager et à se « refroidir ».Vivacité et étourderie parfois.Très jeune et candide.Agréable caractère tout simple et aimant à plaire.Gai, taquin et actif, ardent au travail mais souvent rêveur.Franc, loyal et droit.Volonté pas très égale ni très énergique et cependant capable de quelques petits entêtements.Pas beaucoup d'ordre.Originalité allant jusqu\u2019à l\u2019excentricité.Délieat, honnête, consciencieux jusqu\u2019au serupule, chevaleresque et idéaliste.Aime ardemment les sports.JAIME ADOLPHE \u2014- Non seulement pas banale mais très originale et très fine.Idées et goûts larges.Nature un peu orgueuilleuse, fière et très distinguée sans aucune sotte prétention.Bienveillante et douce, aimante et bonne, prenant gentiment gens et choses.Généreuse et portée à la dépensivité.Beaucoup d\u2019imagination et de goûts.Gaie mais se déprimant vite, se fatiguant également.Distincte, réservé avec les étrangers.Agréable avec les siens.Taquine et malicieuse mais aucune méchanceté ni mesquinerie.Discrète et sage.Volonté combattive et ferme.Beaucoup Pacifique Canadien Montréal\u2014Québec Les heures indiquées ci-dessous sont d\u2019après l'heure normale qui est une heure en arrière sur l'heure de l\u2019économie de la lumière du jour.Gare Windsor, Montréal et Québec \u201cLe Frontenac\u201d quitte Montréal, gare Windsor, tous les jours, à 9.45 a.m., arrivant à Québec à 3.00 p.m.Au retour, \u2018\u2019The Frontenac\u201d quitte Québec à 2.00 p.m., tous les jours, arrivant à la gare Windsor, Montréal à 7.15 p.m.Place Viger, Montréal et Québec Vers l\u2019Est Les trains quittent Montréal, Place Viger, tous les jours, dimanche excepté, à 7.30 a.m,, et 4.15 p.m., et 10.45 p.m., tous les jours, arrivant à Montréal, Place Viger, à 2.30 p.m., 9.20 p.m.et 5.30 a.m., respectivement.Vers l\u2019Ouest Les trains quittent Québec tous les jours, dimanche excepté, à 7.50 a.m., 4.20 p.m., et 10.45 p.m., tous les jours, arrivant à Montréal, Place Viger, à 2.30 p.m.920 p.m.et 530 a.m, respectivement.La compagnie attire tout spécialement l\u2019attention des voyageurs sur \u201cLe Frontenac\u201d qui laisse Montréal, gare Windsor, à 9.45 a.m.tous les jours (temps régulier de l\u2019Est).Au retour, \u201cLe Viger\u201d quitte Québec à 4.20 p.m.tous les jours, dimanche excepté, ce qui veut dire 5.20 p.m., heure de l\u2019économie de la lumière du jour, et permet de faire le voyage à la fraîcheur de la soirée.Ces deux trains se composent des wagons les plus modernes comprenant des voitures de première et seconde classe, wagon-salon, wagon- salon-observatoire et wagon-buffet.amid - Wr CATA TEC aT ASA EEC] [ES ZATEN 7 STATE A Le © LAWENR?Monsieur Joseph Cardinal, INDUSTRIEL, Vient de trouver une solution à ce problème familial Quel est le père de famille qui ne songe pas au bonheur de ses propres enfants, qui ne travaille pas à leur faciliter la vie au moment où ils embrassent une carrière, profession ou métier .quand rien n\u2019est fait et que tout reste à faire ?Pour ma part, je suis du nombre de ceux qui n\u2019hésitent pas à donner un coup d\u2019épaule aux miens quand ils entreprennent la lutte pour la vie et je crois de sage politique de leur prêter un appui, même financier, lorsqu'ils entrent dans cette période décisive de l\u2019exis- M.JOSEPH CARDINAL, tence.La Caisse Nationale d\u2019Economie par son système de pen- Président de la Compagnie sions viagères réservé aux enfants m\u2019a paru l\u2019auxiliaire indispen- COURSOL, CARDINAL LIMITÉE sable dans ce cas.Ses rentes annuelles atteignent parfaitement le but que je désirais.1° Donner à mes enfants un appoint suffisant pour boucler un budget dans les premières années de leur établissement.2° Leur procurer un revenu assez fort pour qu ils puissent continuer leurs études ou faire leur université, si je meurs prématurément.nfiniment plus profitable que l\u2019_épargne ordinaire à 3% et durant 40 ans ou même plus, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à la mort.JOSEPH CARDINAL.3° Faire pour eux un placement i dont les profits se multiplieront La Caisse Nationale d\u2019Economie 286, RUE SAINT-LAURENT : -W.PATENAUDE, r Main 4577-8.A Soh MONTREAL ANNIANNNIONANNAROARANALNT LA REVUE NATIONALE ENTALITÉS DIFFÉRENTES E haserd avait réuni quelques dames, l\u2019autre jour, chez Madame V.Nous étions une dizaine, et.nos maris n\u2019en croiraient rien, la conversation languissait!.La maîtresse de maison se rappelant sans doute, et fort opportunément, que «la bouche parle de l\u2019abondance du cœur » mit sur le tapis ce sujet toujours intéressant «les enfants».Le truc réussit à merveille.Jamais chargeur ou chauffeur ne saurait mieux attiser un feu ! Madame Cervelle d\u2019oiseau nous parla avec véhémence, de son, unique fillette, bambine de six ans, trois mois, onze jours, belle à croquer, fine comme tout, qui sait écrire Papa, Maman et le nom dont elle est affligée.Fleurette.et dont le professeur de danse est tout-a-fait satisfait.Elle apprend la danse ?fit Madame Timorée : « Mais oui », continue l\u2019autre ; « pour qu\u2019une jeune fille soit gracieuse et sache bien danser, il faut qu\u2019elle ait été, dès le bas âge, formée à ce sport délicieux»! Madame Timorée toussa.peut-être pour dissimuler un haut-le-cœur, tandis que Madame Poupin continuait « Délicieux, en effet, danser ! Mes jeunes filles apprennent la danse et je leur fais apprendre à coudre, aussi.La mode est capricieuse et pour la suivre, s\u2019habiller un peu comme les autres», (on sait ce que cela veut dire, s\u2019habiller comme les autres) «il faut qu\u2019une jeune fille puisse faire, défaire et refaire ses toilettes» \u2014 « C\u2019est vrai», fit Madame Pratique», mes jeunes filles apprennent à coudre \u2014 l\u2019économie l\u2019exige et le savoir-faire reste toujours l\u2019ennemi vainqueur de l\u2019oisiveté ; le travail et la prière, voilà le programme d\u2019une bonne enfant.» Madame Timorée allait applaudir, quand la voix fêlée \u2014 comme sa tête, j'imagine \u2014 de Madame Pasdévote, nous cria-: «II ne faut toujours pas, de nos filles, faire des bigotes ! » Nous sommes aujourd\u2019hui dans un cercle vicieux, pensais-je, et j'allais tenter un autre sujet de conversation quand Madame Bonsens apparut.« Nous parlions d\u2019études, Madame Bonsens, dites-nous done quelles leçons vous donnez ou faites donner à vos jeunes filles.Et cette femme à l\u2019âÂme haute et vaillante répondit ainsi : « Mes jeunes filles, leurs études terminées au couvent, n\u2019ont qu\u2019à bien conserver le souvenir de ce qu\u2019elles ont appris là et je tâche de leur faire constater, que le bonheur, en ce monde est tout dans l\u2019observation des bons principes, qu\u2019elles connaissent.Je m'\u2019applique à leur donner des leçons de bonheur, si je puis ainsi m\u2019exprimer.Des lecons de bonheur ?firent plusieurs voix.Oui, mesdames, en leur enseignant à aimer, aimer encore et toujours, aimer le Bon Dieu, d\u2019abord, la famille, les pauvres, les malades, à donner aux uns et aux autres un peu de leur temps avec leur sympathie \u2014 aimer la prière, le devoir, à aimer la vie en un mot, en toute justice pour Dieu qui nous la prête, et à l\u2019employer de manière à éprouver le bonheur promis à la bonne conscience.Bravo ! firent plusieurs voix.Et nous continudmes à causer, chacune ayant une parole élogieuse pour les demoiselles Bon- sens, « petites fleurs cachées que le grand soleil du Bon Dieu sait bien trouver et vivifier ».Seules mesdames Cervelle d\u2019oiseau, Poupin et Pasdévote ne parlaient plus, mais elle avaient ouvert les yeux.Un bon mot est parfois toute une révélation.Quand les yeux s\u2019ouvrent, l\u2019âme aussi peut s\u2019ouvrir !\u2026 Ouvrez-vous, âmes créées pour la lumière ! Que le faux clinquant des vanités de ce monde ne vous trompe point ! Ephpheta ! Ephpheta ! ESTHER.Juin, 1920.Tél : EST 3688 Rés : EST 3688 LACOSTE & LACOSTE MARCHANDS DE Farine, Foin, Grain, Bois et Charbon, Ete.GROS ET DETAIL 566 - 568, rue Panet, MONTREAL Tél : ST-LOUIS 408 ERNEST MEUNIER MARCHAND - TAILLEUR Tél : ST-LOUIS 5617 JOS.JUTEAU Marchand détaillant de CHARBON SCRANTON 378, rue Rachel Est, MONTREAL Tél : EST.6066.Rés.: Tél.ST-LOUIS 4407 A.RIOPEL & CIE COUVREURS EN TOLE, GRAVOIS Satisfacti ti ET CIMENT atisiaction garantie.Ainsi que spécifications Barrett.534, rue Rachel Est, MONTREAL 137, avenue Papineau, MONTREAL Tél : EST 9491W Rés : 467, rae Panet, Montréal Tél : ST-LOUIS 1468 Rés : 1225, rue Saint-Hubert ESNEST HARDY PLOMBIER SANITAIRE Ferblantier couvreur et Electricien, Poseur d\u2019appareils à gaz et à eau chaude.Tout ouvrage exécuté avec soin et à prix modéré.Atelier : 495,rue Panet, MONTREAL 2ème porte du Parc Lafontaine.LUDGER GRAVEL R.DROUIN \u2014 Tél : Privé Est 3925 Bureau : 26, Place Jacques-Cartier, Montréal.Tél : Main 512.GRAVEL & CIE Ouvrage ornemental en fer, balcons, escaliers, marquises, échelles de sauvetage, toutes sortes de soudures, ete.255a, rue Craig Est.Tél: EST 5650 JOS.GALARNEAU MARCHAND DE Bois, Charbon, Foin, Grain, Paille, Etc, Etc.Membre de l\u2019Union Ouvrière et aussi membre de Union Saint-Jean-Baptiste.Canadiens-français encourageons-nous.425, rue Rachel Est, MONTREAL Tél : Est 4841.N.THIBODEAU EXPERT SERRURIER ET MENUISIER Réparations générales 5414, rue Robin Montréal Tél.Est 518 Bureau et Atelier : 210, rue PLESSIS, prés Ste-Catherine.H.TRUCHON ENTREPRENEUR ELECTRICIEN Résidence : 1030, rue BORDEAUX.Tél.Est 3343.TEL : EST 2025.A.GALARNEAU Plombier, ferblantier et couvreur.459 rue Panet, - - - Montréal Tél.St-Louis 3002 W.D.PARE PLATRIER Enduits faits au contrat ou à l\u2019heure avec entière satisfaction.716, rue Papineau, près Marie-Anne, Montréal.Tél.EST 3140, STUDIO ONTARIO AGRANDISSEMENTS, POSES D'ENFANTS ET MARIAGES Spécialité : Ouvrage d'amateurs par service Ouvrage d'amateurs par serviec postal.714, rue Ontario-Est - - Montréal.ETABLIE : 1850.TEL.EST 5519.L.À.COTE LE PHOTOGRAPHE BIEN CONNU Nous vous invitons de venir avec vos enfants.\u2014 Nous posons le jour et le soir.\u2014 Tout ouvrage est garanti.803, rue Ste-Catherine Est, MONTREAL Tél.St-Louis 945 J.-A.LAMARCHE ENTREPRENEUR PLATRIER Blanchissage \u2014 Tapissage \u2014 Peinture.Ouvrage fait avec soin et à prix modérés 646a RUE DROLET, MONTREAL CHS.ARCHAMBAULT NOTAIRE 755, rue Mont-Royal Est, MONTREAL Téléphone St-Louis 6421.LEONARD & AIME JOYAL Entrepreneur de peinture sur auto.Ouvrage de première classe garanti au plus bas prix.1462, RUE BORDEAUX, Montréal.Ouvrages de toutes sortes.Tél.St-Louis 6793W E.-O.SENECAL ENTREPRENEUR ELECTRICIEN Avant de donner votre contrat d\u2019électricité consultez-nous.847, rue Marie-Anne Est MONTREAL 752, rue Papineau A.BOUCHER HORLOGER, BIJOUTIER et GRAVEUR Spécialité : Réparation dans la bijouterie.75, rue Mont-Royal Est, * MONTREAL Retencz votre tour par téléphone.Tél.Est 9143 RAOUL THIBAULT SPECIALISTE OPTICIEN, OPTOMETRISTE Gradué en 1904 425, rue Amherst, MONTREAL En face de l'Eglise Ste-Catherine, près de la rue Robin.Tél : EST 9888w RAOUL LEONARD TAILLEUR Spécialité : Pressage et mettoyage Français.Nous allons chercher et délivrons la marchandises à domicile.764, rue Ontario Est, 2ème étage, Montréal \\ + TO TK ¥' vo 7 Réseau du Pacifique Canadien Un trophée que l\u2019on peut gagner dans les forêts du nord de la province de Québec.Rapportant un chevreuil abattu de grand matin à l'orée de la forêt.EL CANADA ILLUSTRE Une page \u201cfaite expres pour le plaisir des yeux\u201d diront les chasseurs.et les autres.Chasseurs de Montréal qui ne reviendront pas bredouille de la région de Labelle.Retour d\u2019une expédition de chasse aux environ du lac Edouard, P.Q.Superbe pièce, comme il s\u2019en rencontre encore beaucoup dans les Laurentides, au Nouveau-Brunswick et dans les Cantons de l'Est.Chasseurs faisant rôtir des tranches d\u2019un orignal abattu dans la région du Témisgamingue.HN ATH VI HTVNOILVN sa 26 LA REVUE NATIONALE Téléphone : St-Louis 1599.ULDERIC PIGEON PHOTOGRAPHE MONTREAL.806, rue Papineau, - - Tél : Main 7154 BEAUDOIN LIMITÉE COMPTABLE Membre du Service de collection américain.Suceursale à Québec : 64, rue Saint-Joseph.Chambre 6060 \u2014 7la rue Saint-Jacques, Montréal Fél : ST-LOUIS 4449.W.LEBRUN & CIE BOUCHERS Viandes de choix \u2014 Gros et Détail.1267, avenue de l\u2019Hôtel de Ville Montréal Tél : ST-LOUIS 1811 E.PAIEMENT Marchand de bois, charbon, grain, foin, son, moulée, etc.Briquettes à l\u2019huile $2.00 moins cher que le charbon dur.Transport de toutes sortes prix modérés.1552, rue Cadieux MONTREAL Tél.Bell : CALUMET 1677 GAUDRY FRERES BOULANGERS Boulangerie établie depuis 4 ans.Donnant toujours pleine et entière satisfaction.SPECIALITE : Pain de Fantaisie.2946-2948-2950 rue Saint-Hubert, Montréal Tél : EST 1777 JOSEPH LABOSSIERE AUTOMOBILES À LOUER Mariage \u2014 Baptême \u2014 Sépulture.788, rue Ontario Est MONTREAL TELEPHONE : MAIN 4679.A.DEROME & CIE Etampes en Caoutchouc 20, rue Notre-Dame-Est, Montréal.Résidence : 524 FRONTENAC.R.THIBAULT MARCHAND DE BICYCLES Mécanicien : \u2014 Réparations des bicycles à des prix modérés \u2014 Bicycles à louer.MONTREAL 387, rue Frontenac Tél : EST 3776 J.-B.NADEAU SELLIER SPECIALITE : Réparations de harnais et d\u2019articles en cuir.Marchand de chaussures et valises.919, rue Ontario Est MONTREAL, Tél.St-Louis 4770.J.-P.L'HERAULT Pneus Vulcanisés Spécialité : Non-Skid et Retred.984, rue Papineau, - - MONTREAL Tél : EST 2486 EUGENE DOUCET IMPRIMEUR MONTREAL 281, avenue Papineau COURRIER DE Marraine Odile YOLANDE \u2014 Bonjour Yol ! Mais que vous vous faites.rare ! Que devenez-vous, là-bas, si loin ?Chantez- veus toujours ?Votre carte est bien jolie et je vous en remercie affectueusement.Je n'ai pas reçu la réponse que vous deviez menvoyer pour le concours.En voici un second.Vite griffonnez-moi quelques jolies pages et bonne chance ! CLAIRE VIMONT \u2014 Monsieur le Directeur de la Revue Nationale a bien voulu me passer la gentille lettre que vous lui avez adressée en recevant votre premier prix.Je vous félicite cordialement et, vous invite à nous revenir.Nous avons un nouveau concours ici \u2014 même, aujourd\u2019hui .- ne l\u2019oubliez-pas ! M.A.M.\u2014 J'ai failli vous appeler cette semaine, mais je vous dirai plus tard, pourquoi je ne l\u2019ai pas fait.J'ai tout de même souvent pensé à vous, vous ne pouvez en douter, n\u2019est-ce pas ?Je vous en prie, prenez votre temps, ne décidez rien sous le coup de l\u2019émotion, de la fatigue.Et courage ! La vie est ainsi faite qu\u2019après l'épreuve, il faut vite songer que de bonnes heures viendront.Sans \u2018cela comment pourrions-nous vivre ?Ecrivez-moi, j'en serai heureuse.HELENE, A.\u2014 Me voici toute contente d\u2019avoir trouvé une gentille correspondante pour l\u2019amie Furet.Jé lui donne immédiatement votre adresse et lui demande de vouloir bien commencer l\u2019échange.Je serai heureuse de vous lire encore et ne vous gênez pas : j'ai de très grandes filleules.si bien, que vous n\u2019êtes pas l\u2019ainée ! Je me souviens d\u2019être passée où vous demeurez.Le délicieux endroit ! Vous êtes une « heureuse mortelle », savez-vous d\u2019habiter un aussi joli coin ! PETITE LUCIENNE \u2014 Est la bienvenue.Vous écrivez gentiment, il faut écrire pour le consours ! Et vous demandez d\u2019une si aimable façon, que je vous dis « oui » bien vite et vous attends tout bientôt ! UN GROUPE D'ACADIENNES \u2014 À vous toutes aussi, « bienvenue » ! J'aime bien les gens de chez-vous.Revenez moi et lisez bien ce que j'écris au sujet de notre concours.Ecrivez simplement, tout comme vous causez, entre petites amies.JUMELLE \u2014 Allez-vous nous revenir ?Nous sommes tous contents d\u2019avoir ici une bonne petite pianiste ! Vous allez dire : « Bon, voilà que ça commence bien !.\u2026.» Ma petite amie à votre place je trouverais bien ennuyeux de n'avoir pas de piano chez moi.Assurément, vos études peuvent en souffrir un peu et le travail est moins intéressant.Mais le temps passe si vite ! A votre Age, on trouve cela long et décourageant d\u2019attendre, cependant les jours heureux finissent par arriver eux aussi.Imaginez votre joie, le jour, la vie étant moins chère, vous avez enfin !\u2026 enfin, l\u2019objet si longtemps, si impatiemment attendu ! J'imagine que vous aurez continué courageusement vos études et que vous serez devenue alors non pas une fillette qui pianote n\u2019importe quoi mais une vraie petite artiste.songez à votre bonheur.Vous serez tellement contente, tellement recompensée ! Et vous leur devez beaucoup, à vos parents, car vous verrez plus tard comme c\u2019est exquis et reposant une heure de bélle musique, vous saurez comme cela élève l\u2019âme et réconforte parfois d\u2019entendre par exemple, du Beethoven ou du Bach ! Pour vous encourager \u2014 car je vous assure que je comprends bien, vos soucis \u2014 lisez \u2014 si vous aimez à lire parfois \u2014 d\u2019intéressantes biographies de musiciens.Vous en trouverez dans « La Musique et les Musiciens » de Lavignace \u2014 par exemple et dans les «Légendes de Trianon» de Madame Julie Lavergne, à part les autres belles histoires qu\u2019il y a là, vous pourrez apprendre de délicieuses choses sur Mozart enfant.Et! enfin !.quand vous serez un peu ennuyée encore, vous viendrez chez Marraine nous conter vos gros chagrins et vous verrez, que les nuages noirs se dissiperont vite.À bientôt, n\u2019est-ce pas, ma petite amie et « Vive labeur » ! FURET Je suis enchantée de vous avoir fait plaisir et vous allez encore être bien contente aujourd\u2019hui.Mademoiselle Hélène A.\u2014 demande à correspondre avec vous.Vous avez dû recevoir son adresse ces jours-ci du reste ?Vous pouvez lui écrire dès maintenant.Je crois que vous aurez une bien gentille correspondante et peut-être d\u2019autres encore voudront-elles échanger avec vous lettres ou cartes.Ne vous découragez pas.Si votre médecin a pu guérir votre pauvre oeil si malade, il pourra certainement guérir l\u2019autre aussi, mais avec le temps.Surtout, ne vous fatiguez pas trop la vue.Je suis toujours contente de vous lire mais je crains toujours aussi que vous abusiez de vos yeux pour môn compte.Je vous écris, précisément le soir de votre anniversaire.Bonne fête, petite Furet.Quelle bonne idée vous avez eu de demander un tel cadeau ! Un bonjour affectueux.FANFAN \u2014 Demande à ses amis les filleuls de Marraine Odile, \u2018quelle différence il y a entre une anglaise et une couturière ?Furet vous fait dire qu\u2019elle a hâte de correspondre avec vous et qu\u2019elle vous trouve déjà bien gentille.UN VERSIFICATEUR, Sherbrookois \u2014 « Bonjour » aimablement les filleurs de Marraine et leur souhaite mille succès dans leurs travaux et dans nos concours.Votre réponse à la question de Fleur d\u2019Irlande est très bonne.La femme du sacristain est la soeur du curé: Voici l\u2019amusante devinette que vous proposez à tous les petits amis de Marraine.« Trois évêques français schismatiques partent très « tard le soir pour aller dans un champ ou ils dégustent une « bouteille de liqueur délicieuse ! ! Je demande la grandeur «du champ en ares, hectares, centiares et le prix d\u2019un «ares.Je donnerai la réponse le mois prochain.Cela m'a beaucoup amusée, et je vous attends encore bientôt petit ami de Sherbrooke ! LULU \u2014 J'ai eu, à votre égard, une foule de bonnes intentions ces jours-ci.et c\u2019est tout, hélas ! J'ai bien pensé à vous.J\u2019ai deviné \u2014 il me semble \u2014 que l'ennui vous gâtait tout en ce moment.Je vous dirai bien- tét, pourquoi je n'ai rien fait encore pour vous.Mais il est temps encore peut-être, quoi que vos vacances soient finies.Nous en recauserons sous peu, si vous le voulez bien.Le poète dont vous me parlez et Loti doivent être les deux écrivains les plus « déprimants » qui existent.Quand au style, j'avoue qu\u2019il y a chez-eux de quoi vous enchanter ! Avez-vous un peu soigner votre vue, au moins ?Je suis très intéressée dans la question, car j'aime bien vos lettres et vos cartes qui m\u2019arrivent de temps en temps et me font toujours regretter que vous soyiez si loin.Je vous attends, revenez-moi au plus tôt.J\u2019ai des projets pour l\u2019automne.Je vous ferai part de cela tout bientôt.MARRAINE ODILE.L\u2019Ame irradie sa lumière (suite de la page 15) ANDRE \u2014 (décsuragé).Alors, vous ne m\u2019aimez pas ?c\u2019est que LIANE\u2014 (pressant nerveusement ses mains).Comme vous me faites souffrir !.Et c\u2019est tantôt vous, tantôt ma mère ! -.Oh ! je ne sais plus où est la vérité.(Elle voile de ses mains, sa figure douloureusement contractée).ANDRE \u2014 Liane, vous ne comprenez pas le pourquoi de votre angoisse ?Moi, si.Votre cœur trop partagé rend votre volonté sans force.Laissez alors, laissez ceux qui vous aiment décider à votre place- (D\u2019un ton très doux, mais où vibre quand même la passion.) _Croyez-vous qu'un amour tel que le mien, si profond, si entier, existe vainement, qu\u2019il n\u2019ait pas aussi ses droits ?.Liane, c\u2019est vers moi qu\u2019il faut venir !.La, est votre voie!.-.Liane!.ma bien aimée!.(La jeune fille lève ses yeux purs, si tendres sur le jeune homme.Un demi consentement s\u2019y exprime .mais .- la porte s\u2019ouvre soudain l- vrant passage à Gabrielle et à Mimi.Elles semblent très émues.Mimi va vers Liane, tandis que Gabrielle fait un signe d\u2019appel à son frère.Ils échangent quelques mots à voix basse.André recule tout à coup.) LES MEMES, GABRIELLE, MIM], PUIS JULES MIMI \u2014 (s\u2019appuyant cdlinement sur Uépaule de Liane).Ma chérie tu nous as fui ?(Elle frissonne).LIANE \u2014 (regardant avec attention Mime).Qu\u2019y a-t-i1?Tu sembles bouleversée ?(André s\u2019approche à son tour, très pâle.Un affreux pressentiment serre alors le cœur de la jeune fille.Elle se lève et chancelle.Un cri lui échappe).Oh ?ma mère ?.ANDRE \u2014 (la soutenant).Venez, Liane.Je vous le disais à l\u2019instant.Au premier appel, nous serons près d\u2019elle.(Une compassion infinie se lit dans ses yeux).LIANE \u2014 (elle se dirige avec Gabrielle et André vers la porte du fond, mais faiblit tout a coup et d\u2019une voix déchirante) Gabrielle, elle n\u2019est pas.(Un sanglot étouffe sa voix.Jules entre à ce moment).GABRIELLE \u2014 Courage, Liane.attend.(Ils sortent)- Elle vous MIMI, JULES JULES \u2014 (s\u2019approchant de Mimi dont la téte demeure penchée).Dites, est-ce que la pauvre Liane a deviné juste ?MIMI \u2014 (d\u2019un ton raugue).Oui.fini.JULES \u2014 (il reléve la téte de Mimi et voit doux grosses larmes descendre lentement .- S\u2019énervant).Oh! Mimi !.(Puis il se souvient.Prenant le petit mouchoir en sa possession, doucement, tendrement, il enlève les deux larmes.La petite toile parfumée est remise ensuite au même endroit.Mimi trop douloureusement secouée, ne prête attention à quoi que ce soit).Tout est MIMI \u2014 Jules, voulez-vous m\u2019accompagner chez Liane, et communiquer ensuite avec ma mère ?Vous la rassurerez.Je ne puis, non je ne puis demeurer loin de Liane durant cette longue première nuit.JULES \u2014 (attendri et l\u2019entourant de ses bras).Je ferai tout ce que vous voudrez, Mimi.Venez, ma brave, ma sincère petite Mimi ! Charlotte DUFRESNE.(à suivre.) ma = = = T J Ce pain = térstiqe, oli Appeler St H \u2014_\u2014 , Telephone: mari ra a rie ver rc rire cat oS, Ave i Bal.in 2 Telephone Be \u2014_\u2014 Téléphone. to led ifr LA REVUE NATIONALE Tél: ST-LOUIS 863 Médard Paquette BOULANGER Canadiens-francais n\u2019oubliez pas que la maison Paquette est en mesure de vous fournir un pain de première qualité, puisqu\u2019elle compte parmi les toutes premières boulangeries canadiennes.Essayez notre Pain « KNEIPP » 18, Boulevard Saint-Joseph Ouest, MONTREAL | | \u2014 I mprimerie M aisonneuve 478, AVE.LASALLE Impressions commerciales, Catalogues, Pamphlets, Revues, Programmes, etc.TELEPHONE: LASALLE 2354 DIGNE DE VOTRE PATRONAGE LE PAIN \u201c VICTORIA \u201d ou \u201c PARISIEN \u201d DE LA BOULANGERIE J.- A.BROSSEAU, Limitée 49 à 75 RUE BOYER , , Ce pain \u2014 cuit sur la sole \u2014 est sain et nourrissant.Il est, à cause de sa saveur caractéristique, l\u2019aliment préféré de tous les âges.Appelez St-Louis 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cette marque de fabrique.Symbole de la qualité Le coton, depuis des siècles, est préféré à tous les autres tissus pour la fabrication des sous-vêtements féminins.Et aujourd\u2019hui, plus que jamais, il occupe la première place dans la toilette des belles dames de bon goût.Toutes celles qui ont l\u2019habitude de n\u2019employer que du meilleur coton, admettront que la marque de commerce ci-dessus est une garantie de bonne qualité.Cette marque de commerce a toujours obtenu le suffrage de la sage maîtresse de maison et s\u2019identifie à tout ce qu\u2019il y a de beau en fait de draps de lit, de taies d\u2019oreillers, de vêtements de nuits, de patrons, de toile à voile, etc, etc.Dominion Textile Co., Limited MONTREAL, TORONTO, WINNIPEG.NE TARDEZ PAS à nous donner votre commande de teinture et nettoyage de manteaux, costumes, gants, robes de toilette et effets de ménage.TEL.EST 5000 Dechaux Rrères LIMITEE Teinturers.Dégraisseurs.Tél.Bell St-Louis 6283 E.LECLERC HORLOGER-BIJOUTIER Membre des C.-Colomb Canadiens-franc¢ais, n'oublicz pas que la maison E.LECLERC, 111 rue Mont-Royal Est, occupe une place très importante dans la bijouterie à Montréal, et nous vous invitons à passer chez nous pour le constater.111, MONT-ROYAL EST, MONTREAL BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Constituée en corporation par le Pariement en juillet 1990.Capital autorisé : $5,000,000.00 \u2014 Capital versé et surplus au 30 juin 1919 : $3.000,000.00 \u2014 Actif total : au-delà de $34,000,000.00.SIEGE CENTRAL : 7 et 9, Place d\u2019Armes, _ _ _ _ _ _ _ _ Montréal, Canada.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION BUREAU DE CONTROLE Président : Sir Hormisdas LAPORTE, Les fonds ou argents qui sont con- C.P., ex-maire de Montréal, de la fiés à cette Banque pour son Départe- maison Laporte, Martin, Limitée, ment d\u2019Epargne sont contrôlés par un administrateur du Crédit Foncier Comité de Censeurs, et les placements franco-canadien.sont examinés mensuellement par les Vice-Présidents : M.W.-F.CARSLEY, messieurs qui composent ce comité, à Tancrède BIENVENU, administrateur savoir : de la Lake of the Woods Milling Co.Sal .ir D M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du TTC He Bajos mur andre LACOSTE, Canadian Pacific Ocean Services du Bane du Roi imited.\u2018 L\u2019hon.Némése GARNEAU, C.L., Qué- Vice-Président : hon.Narcisse PERO- bee, président de la Cie de Pulpe de DEAU, N.P., ministre sans porte- Chicoutimi.feuille du Gouvernement provincial, M.L.-J.-0.BEAUCHEMIN, de la Li- administrateur Montreal Light Heat brairie Beauchemin Ltée.& Power.M.Martial CHEVALIER, Directeur-gé- M.S.-J.-B.ROLLAND, président de la rant Crédit Foncier franco-canadien.Cie de Papier Rolland.95 succursales dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et I'lle du Prince-Edouard.CE QUI SE PASSE La guerre russo- polonaise : Avec l\u2019aide des officiers, des canons, des avions et des mitrailleuses de la France, les Polonais ont décidément repris le dessus sur les troupes de la Russie Rouge.Par une contre-offensive hardie, qui rappelle par certains côtés la première bataille de la Marne, les Russes ont été rejetés loin de leur objectif, qui était Varsovie, et obligés de chercher leur salut dans la fuite.Il semble bien que cette victoire est décisive et amènera bientôt la fin de cette guerre, qui aura été désastreuse pour la Pologne, quelque soit le résultat des négociations pour la paix entreprises à Minsk depuis quelques jours.© oO La Russie et les autres :\u2014 Cette question des relations à établir avec la Russie, qui a déjà été la cause de frictions entre l\u2019Angleterre et la France, a failli amener une autre crise, durant ce mois.Pendant que les Anglais entamaient des négociations avec les délégués des Soviets Kameneff et Krassin, la France se décidait à reconnaître le gouvernement anti-soviétique du général Wrangel, actuellement maître de la Crimée et d\u2019une partie des provinces du Caucase.Cette décision, annoncée subitement par une agence de nouvelles francaise, a fortement mécontentée les autorités et le public anglais.Cependant, quelques explications échangées entre Londres et Paris ont de nouveau ramené le calme.- Mais il faudra bien finir par en venir à une politique commune à l\u2019égard de la Russie, et l\u2019entente ne semble pas facile à faire sur ce point.oO oO L\u2019incident Mannix :\u2014 L\u2019Angleterre, terre classique de la liberté de pensée et de parole, a armé ses croiseurs, durant ce mois, contre un vieillard, prélat d\u2019origine irlandaise Mgr Mannix, archevêque de Melbourne, coupable d\u2019avoir manifesté un peu trop vivement ses sympathies à l\u2019égard de sa patrie, la malheureuse Irlande.Certes, l\u2019incident n\u2019a rien qui fasse honneur au gouvernement Lloyd George, et la plupart des journaux anglais ne se sont pas génés pour le lui dire.Em- pécher une vieille mére d\u2019embrasser son fils, qu\u2019elle n\u2019a pas vu depuis plus de vingt ans, simplement parce que celui-ci n\u2019approuve pas la politique odieuse que l\u2019on pratique actuellement à l\u2019égard de l\u2019Irlande, l\u2019acte n\u2019ajoutera pas à la gloire de l\u2019homme d\u2019Etat anglais et de ses collègues.© oO Le coût de la vie :\u2014 Non content de servir à ses clients un gaz d\u2019une qualité inférieure, elle l\u2019a elle-même admis, la Montreal Light, Heat and Power Co.a réussi a obtenir de la commission des services publics l\u2019autorisation de porter -le prix de ce produit de $1.00 à $1.25 du 1,000 pieds cubes.Pendant ce temps, la compagnie des tramways faisait porter le prix de ses billets à 634 sous, soit quatre pour 25 sous, à la suite de l\u2019augmentation de salaire accordée à ses employés ; les compagnies des chemins de fer et celle du téléphone Bell sont en instances auprès de la commission des chemins de fer pour obtenir l\u2019autorisation d\u2019augmenter leurs taux, et il n\u2019y a pas de doute qu\u2019elles l\u2019obtiendront.Voilà des faits qui ne nous permettent pas d\u2019espérer pour bientôt une baisse dans le coût de la vie.o° © Un hommage bien mérité :\u2014 L\u2019Union Saint-Joseph du Canada,au cours de son dernier congrès, tenu à Ottawa, a nommé M.Samuel Genest, président de la commission des écoles séparées de la capitale, conseiller honoraire à vie, en reconnaissance des services rendus à la cause des petits Canadiens-Français de la province d\u2019Ontario.Voilà qui fait honneur à la fois au vaillant champion de la cause des écoles françaises dans l\u2019Ontario et à l\u2019Union Saint- Joseph du Canada.o o L'affaire Ponzi :\u2014 Un mot sur cette affaire, qui a fait tant de bruit depuis quelques semaines, n\u2019est pas déplacé dans cette chronique.Ce Ponzi, qui n\u2019en est pas à ses premières armes dans ce domaine, paraît-il, promettait à tous ceux qui lui remettaient leurs épargnes entre les mains de leur faire gagner des profits de 50 et de 90 pour cent.Comme toujours, les gogos se hâtèrent d\u2019accourir à son appel, et des millions lui furent confiés.La justice s\u2019en mêla, arrêta Ponzi et ses opérations, et il semble bien que des millions seront perdus, produit de l\u2019_épargne populaire.Nous n\u2019osons croire que ce nouvel exemple des résultats tragiques de la con- flance que l\u2019on accorde toujours trop facilement à ces spéculateurs véreux, aura des effets bienfaisants- Depuis Law, chaque fois qu\u2019il s\u2019est élevé un financier promettant mer et monde à ceux qui voulaient bien lui remettre leur fortune, il a toujours trouvé des milliers de dupes.oO © La conférence de la presse :\u2014 Durant le mois d\u2019août, le Canada a eu l\u2019honneur, nous n\u2019osons dire le bonheur, de recevoir la visite des délégués de la presse impériale, venus tenir leur congrès à Ottawa.Il y eût bien des discours, bien des éloges de distribués, mais il est impossible, à l'heure actuelle, de définir quels seront les effets de cette visite.Une chose est certaine, c\u2019est que tous ces journalistes d\u2019outremer ont fait le possible et l\u2019impossible pour convertir tous les Canadiens qui ne l\u2019étaient pas déjà, aux dogmes de l\u2019idée impérialiste.La bataille politique :\u2014 Dans l\u2019arène fédérale, l'avènement de l\u2019hon.M.Meighen au poste de premier ministre et de chef du nouveau parti libéral-national-conserva- teur, a eu pour effet de donner un regain d\u2019activité aux politiciens de tout acabit.M.Meighen, qui aime les situations bien tranchées, apparemment, n\u2019a pas tardé à énoncer tout ce qu\u2019il pouvait de son programme, et à jeter le défi à ses adversai- res- Protectionniste, il l\u2019est et il ne comprend pas que l\u2019on puisse prê- ge ep fs qi el jt all à viqusês (ale pineipé \u20ac violé ois #/ fal?(sf su | quon ent und quis i Yegh! Jags.i qu él Puis.proviné lx eC pos l'ouest unie, cage Lis dl fs [e! par ha écrite soi Te M, Tas tabl d le Îherte Fait à nier ni | Abit tages.ly nt 0h ti tous Je qui ré hen tar dé LU [nig tique du ph de me fig fo De (Aug i (ivy le $25 Jars ote Me ton Alay {imp sain Ment y lr cher une autre doctrine politique en ce pays.Partisan de l'entente entre les races, il l\u2019est, au moins depuis qu\u2019il est devenu premier ministre, et il ne comprend pas qu\u2019il puisse y avoir de divergences d\u2019opinions sérieuses entre Canadiens-Anglais et Canadiens-Français.Fort de ces principes, il a ridiculisé les libéraux et violemment dénoncé les fermiers- unis, qu\u2019il semble craindre tout particulièrement.\u201d Ces derniers n'ont pas jugé à propos, de relever le gant, mais l\u2019hon.M.King, chef du parti libéral, en plusieurs discours prononcés dans la province d\u2019Ontario, a proclamé hautement les principes libéraux d\u2019au- jourd\u2019hui, qui sont les mêmes qu\u2019hier puis il a refusé au gouvernement Meighen le droit de gouverner ce pays, tant qu\u2019il r\u2019aura pas obtenu un mandat du peuple pour ce faire.Puis, M.Meighen part pour les provinces maritimes, où ses nouveaux ministres, MM.Wigmore et McCurdy ont à faire face à une vive opposition, et M.King s\u2019en va dans l\u2019ouest, château-fort des fermiers- unis.Décidément, la bataille est engagée.oO oO Les Mennonites dans Québec :\u2014 Les Mennonites, chassés de l\u2019ouest par la législation scolaire injuste et étroite qu\u2019on voulait leur imposer, sont venus demander à l\u2019honorable M.Taschereau la permission de s\u2019établir dans la province de Québec, où ils espèrent qu\u2019on respectera leur liberté de conscience et leur langue- Fort des encouragements du premier ministre, ils sont partis pour l\u2019Abitibi, pour en étudier les avantages.La province de Québec, cet incident en est une nouvelle preuve, est en train de devenir le refuge de tous les persécutés et de tous ceux qui veulent jouir de la liberté et du bonheur, que l\u2019on est à chasser de tant de pays, actuellement.o © L'Union, excellent organe de l\u2019Union Saint-Jean-Baptiste d\u2019Amérique, nous apporte des statistiques du plus vif intérêt sur la générosité de nos compatriotes des Etats-Unis à l\u2019égard de leurs paroisses et de leurs institutions d\u2019enseignement.De juin 1918 à juin 1920, les Fran- co-Américains ont versé en réponse à divers appels, l\u2019_énorme somme de de $2,828,427.59 pour le soutien de leurs églises et de leurs écoles.Encore faut-il noter que cette somme ne comprend que les souscriptions extraordinaires, faites au cours de campagnes ou « drives « rendues nécessaire par des besoins particulièrement urgent.L\u2019appui financier constant, régulier que nos frères d\u2019ou- tre-quarante-cinquième accordent à leurs institutions religieuses et scolaires n\u2019y entre pour rien.Cette générosité des Franco-Amé- ricains, témoigne hautement de leur fidélité à leurs traditions religieuses et nationales, et est un gage assuré de leur survivance ethnique dans le grand tout américain.Henri du VALLIER.Tél : ST-LOUIS 7488.ZOTIQUE PILON MARCHAND DE CHAUSSURES DIE CHOIN 430,.rue Rachel Est, Entre Saint-Hubert et Saint-André.i LA REVUE NATIONALE L\u2019 Industrie Canadienne de la Chaussure PEU de gens se rendent compte du développe- co.,.: ment prodigieux de l\u2019industrie de la chaussure au Canada.C\u2019est aujourd\u2019hui la sixième en irnportance au pays, comprenant 150 fabriques, représentant un capital de plus de trente millions de dollars et produisant chaque année quatorze millions de paires de chaussures d'une valeur de cinquante millions de dollars.La Province de Québec est le principal centre de cette industrie puisqu'elle possède 82 des 150 fabriques de chaussures; c\u2019est l'industrie qui dans cette province paie le plus fort montant de salaires \u2014 une industrie où l'élément canadien- français occupe une place prépondérante.COMME OUTILLAGE, nos manufactures de chaussures ne le cèdent en rien aux fabriques les mieux outillées au monde.COMME QUALITE, les chaussures canadiennes se comparent favorablement aux meilleures chaussures importées.D\u2019autre part, le Canada étant grand producteur et exportateur de cuir, le manufacturier achète à la source première des marchandises de choix, ce qui lui permet de confectionner des chaussures de haute qualité à un prix raisonnable.COMME STYLE, la chaussure canadienne est exactement la même que la chaussure importée; cela s\u2019explique par le fait de la proximité de notre province de Boston, le centre de la fabrication de chaussure dans la Nouvelle-Angleterre.COMME PRIX, les chausssures de fabrication canadienne, sont, prix pour prix, supérieures aux chaussures importées.Aujourd\u2019hui vous pouvez acheter une chaussure de fabrication canadienne qui satisfera complètement vos exigences quant au style, au confort, à la qualité et au prix.Achetez donc en toute confiance des chaussures canadiennes qui, prix pour prix, sont de meilleure qualité et coûtent moins cher que l'article importé.Association des Fabricants de Chaussures du Canada © Tél: MAIN 1689 Rés : Tel.EST 6412 E.W.CARON Marchand de MONTREAL PROVISIONS : FARINE ET GRAIN DE L'OUEST Tous les boulangers canadiens-français sont bienvenus chez nous ! 137-139-141, rue des Commissaires Est, MONTREAL 30 LA REVUE NATIONALE Vous aurez de belles et bonnes dents ce qui contribuera plus que toute autre chose à votre apparence, si vous confiez le soin de votre bouche au Dr PINAULT CHIRURGIEN DENTISTE Gradué avec très grande distinction et médaille d\u2019or de l\u2019Université Laval.Toujours à votre disposition pour traiter et extraire vos dents sans douleur : on ne fait que des travaux de première qualité.Prix modérés et satisfaction garantie.Ouvert de 9 am.à 9 p.m.2602, Ste-Catherine Est, angle Létourneux.Tél.Las.2709 Résidence : Tél.Bell EST 1739.Léon Limoges Maître-Charretier Voitures doubles de première classe et automobiles pour mariages, baptêmes, enterrements, ete, etc.579, rue Papineau, Montréal TELEPHONE EST 2029 La Maison Gravel, Enr.LIBRAIRIE \u2014 PAPETERIE \u2014 IMPRESSION \u2014 JOUETS Représentant du Phonographe Perfection.Disques et Aiguilles.384, rue Ste-Catherine Est - - - MONTREAL La Cie de Pianos et Phonographes AMIOT & AMIOT La supériorité de nos pianos sur tout autre consiste en ce qu\u2019ils sont montés sur agrafes, voilà pourquoi ils ont un son velouté, comme les pianos à queue.Réparations : de tout genre en fait de pianos et phonographes.78, rue Christophe Colomb, MONTREAL La Patisserie Parisienne JOS.RONDEAU, Prop.Médaille d\u2019or, Paris 1899, Le plus grand choix de pâtisseries françaises.Assortiment complet de bonbons fins ! ! 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Enfin ! Il faisait nuit noire, et peu de voitures stationnaient dans la cour de la gare, à cette heure tardive ; seulement des omnibus d\u2019hôtels, pour la ville : hôtel de l\u2019Epée, du Pare, du Lion d\u2019or.Par extraordinaire, Ran- cillac, le loueur de voitures, attendait des voyageurs pour les conduire à Phôtel Le Clinche, à Bénodet.«Je vais à Kergoz, dit Marik au cocher.Si vous ne pouvez me conduire jusque-là, ça ne fait rien.J\u2019irai à pied de Bénodet.\u2014 Comme vous voudrez, madame.Ce n\u2019est pas bien loin, mais à cause de la nuit, je pourrai vous accompagner quand j'aurai mis mes chevaux à l\u2019écurie.\u2014 Merci.Je connais le chemin ».Je crois bien qu\u2019elle le connaissait ! Elle monta dans la voiture.Des Anglais qui s\u2019y trouvaient déjà gardèrent un silence bourru, ou échangèrent quelques mots dans leur langue.Personne n\u2019adressa la parole à Marik.Dieu merci ! car sa gorge se serrait, à mesure qu\u2019elle approchait du terme de son voyage, et elle n\u2019eût pu répondre sans éclater en sanglots.Lorsqu\u2019elle descendit et paya sa place, le cocher lui offrit encore de l\u2019accompagner quand il aurait dételé et, sur son refus, regarda avec étonnement cette dame de Paris qui connaissait si bien les chemins du Finistère.« Bonne route, alors, madame !» fit-il sans se douter qui elle était.C\u2019était un vieux garçon du pays qui, lorsque Marik était toute petite file, l\u2019avait maintes fois sauter sur ses genoux.Quelques pas plus loin, elle croisa Magalon ; selon ses ordinaires habitudes, celui-ci se promenait à l\u2019heure où les autres dorment.Elle vit très bien que c\u2019était lui avec son grand chapeau, son bragou- braz effrangé, et, en vérité, son Kioko sur l\u2019épaule.«Bonsoir, madame.Dieu vous garde à pareille heure ! » fit-il de sa voix lente.Lui non plus ne la reconnaissait pas.(suite à la page 22) J-A.PROUILX HORLOGER \u2014 BIJOUTIER Réparations de montres, horloges et bijoux.Spécialité : Joncs de mariage, bagues à diamant.\u2014 Assortiment d\u2019argenteries et verre taillé, \u2014\u2014 1016, rue Ontario Est, MONTREAL Troubles de la DIGESTION : \u2014 Maladies d\u2019ESTOMAC, dù FOIE, des INTESTINS et de la PEAU.TRAITEMENTS ELECTRIQUES Dr J.-M.-E.Troubles des fonctions URINAIRES et SEXUELLES : Maladies de la VESSIE, des REINS et des ORGANES GENITAUX.PREVOST Des hôpitaux de PARIS, LONDRES, NEW-YORK MEDECIN-SPECIALISTE 460, RUE ST-DENIS, (Coin Sherbrooke) :\u2014 BUREAU : EST 7580 \u2014 RESIDENCE : EST 6791.Téléphones MONTREAL ) Tél : EST 635 49 ANS D'EXISTENCE Maison Filiatrault Le seul magasin à Montréal faisant le commerce exclusif des TAPIS, LINOLEUMS, RIDEAUX Importations directes d\u2019Europe.Achats du fabricant au Canada- Fournisseur des grandes institutions.AUSSI TOILES et COTONS POUR USAGE DOMESTIQUE 429, boulevard Saint-Laurent, Montréal, Canada M.Filiatrault est membre de la Société St-Jean-Baptiste, section d\u2019Ahuntsic.Téléphone : ST-LOUIS 2013 Heures de Bureau : 9 à 9.J.Dede QB EIS I Examen de la vue attentif et minutieux.Verres correcteurs garantis et échangés gratuitement dans les 30 jours si nécessité il y a.Spécialité : Yeux artificiels, loupes, télescopes et jumelles assorties.N.B.\u2014 Nous faisons nos verres nous-mêmes.880, Avenue Mont-Royal Est, MONTREAL Téléphone : EST 5417 Dr.J-M.-A.VALOIS SPECIALISTE : des maladies des rognons, du foi et des voies urinaires.40, rue Saint-Denis, MONTREAL _ cali.+ ii ey \\ LT J.-C > Praile, Ha wi Inctromrn doit, 4e \u201cSinger\u201d BD, = Pont Un ley Ÿ \"tr ?a, fy I, By.3 ter Cd, Me, ln à, ME co, Tle, Ji Dada, À se Hig.ergy: bony 3 gir! 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Honneur au Travailleur ! consciencieux et prévoyant.AR son travail constant, sa vie économe, il contribue pour sa pleine part à diminuer le coût de la vie ; \u2014 il est le meilleur ami de son patron et de la société.la Banque d'Epargne de la Cité et du District de Montréal fondée en 1846 pour les travailleurs \u2014 les invite cordialement à cette bonne pratique de prévoyance qu\u2019est L\u2019ECONO- MIE.\u2014 Nous vous réservons toujours le meilleur accueil.NL A.-P.LESPERANCE Gérant-général.Fête du Travail À 1920 "]
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