La revue nationale /, 1 février 1924, Février
[" \u201d i \u2018 Ge ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FRVRIER 1924 = _ ; j «© + pe i rd >> + \u20ac A rE Im LA REVUE NATIONALE Orgune de la Société Saint-J ean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Nobles paroles .+ .\u2026 Edouard Blondel La politique internationale et la presse .Clarence Hogue 38 Parlons de nos calendriers .A.Laine 42 Mgr Joseph-Thomas Duhamel .F.-J.Audet 43 L\u2019oeuvre de Benjamin Suite .W.-A.Baker 49 Scène de vie canadienne (suite) .Blanche Lamontagne- Beauregard 51 A travers notre vie nationale .A.Gagnon 54 Chronique de la Société .\" © .Le chef du secrétariat 58 Rédaction et Administration: 296, rue Saint - Laurent MONTRÉAL Abonnement.annuel : $2.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, Les abonnements à accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste. La Société Saint-Jean-Baptiste te de Montréal Fondé\u201d en 1834 CONSEIL GÉNÉRAL: - ét Grand aumônier: Mgr l\u2019ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général: Vietor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler vice-président général : Léon TREPANIER, publieiste, 371, rue Sher- ~ brooke est.Co 2e vice-président général: Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, Saint-J acques.Secrétaire général: J.-A, BARITEAU; \u2018notaire, 347, rue Maisonneuve, Trésorier général: Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.- Seth - - Directeurs: L'Ion.L-0.DAVID, sénateur, 325, etemin Sainte-Catherine, Outremont.\u2018Thomas GAUTHIER, courtier, 11, plage d\u2019Armes.- L\u2019hon.FL.BEIQUE, sénateur, 510, rue Sherbrooke Ouest.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue Saint-Jacques, Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario Est.~ J.-W.CADIEUX, comptable, 530, Tue Grosvenor.J.-W.DEZIEL, administrateur, 182 2, Ave Notre- Dame de Grâces, Chef du Secrétariat: Jean GUERIN, bureau No 1, Monument National, téléphone : Plateau 3768, A Corporations filiales de la Société: La Caisse Nationale d'Economie \u2014.la Caisse de Remboursement \u2014 le .Monument National \u2014 la Sociêté Nationale de Fiducie - \u2014 la Société ~ Nationale de Colonisation.La Direction de la Revue Nationale ne s\u2019engage pas i rendre les manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs ar ticles.: > \u201c La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 206, rue Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR rt DUPONT, imprimeurs- éditeurs, 249, est, ruc Lagauchetière, Tél.: EST 6264.S LA REVUE NATIONALE 33 | Parce quil I eur .LE THE \u2014 Za Rd co a la vente la plus considérable de toutes les marques de thé empaquetées en Amérique du Nord \u2014 Essayez-le.Produits de Qualité Lait pasteurisé, Crème, Beurre, Oeufs, Grème a la Glace det) 1 UMITÉE A ibe anit, 4 dalle of Sn ALARM mama Lda Mn RED tlio 3 ANIL ihr iL re + AA et Worn ar ll Vil « Ar oi AB 3 4 i | He LA REVUE NATIONALE LaBanqueProvinciale du Canada Capital autorisé .$5,000,000.Capital versé .$3,000,000.Fonds de Réserve et Profits accumulés $1,525,000.SIEGE SOCIAL: Tet 9, place d\u2019 Armes, MONTREAL, Canada.CONSEIL D'ADMINISTRATION : Président: Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, Vice-Président du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Président: M.W.-F.CARSLEY ; Vice-President : M.Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co., Ltd.M.G.-M.BOSWORTH.vice-president du Canadian Pacific Steamships Ltd.l\u2019hon.Némèse GARNEAU, C.L., Québec, Président « Les Prévoyants du Canada ».M.Emilien DAOUST, Président de la Librairie Beauchemin Limitée, Commissaire du Port de Montréal.M.S.-T.-B.ROLLAND, Président de la Cie de Papier Rolland, Limitée.122 succursales dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau- Brunswick et l\u2019Ile du Prince-Edouard.CARON FRERES, Inc.233-239, RUE BLEURY, - - MONTREAL FABRICANTS DE BIJOUTERIE Souhaitent une bonne et heureuse année à tous les membres de Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Ecole Technique de Montréal ™ ™ 57 or COURS DU JOUR (Réouverture, le 4 septembre 1923) Préparation aux carrières industrielles ; enseignement théorique et pratique.Inscriptions tous les jours de 9 à midi et de 2à 4 p.m.Samedi, 9 à midi.Prospectus sur demande.COURS DU SOIR (Réouverture, le 2 octobre 1923) Arithmétique\u2014 Chimie industrielle, laboratoire\u2014-(a) Electricité (théorie et laboratoire)\u2014(d) Electricité, cours pratique\u2014 Dessin industriel (mécanique, du bâtiment.etc.) \u2014Automobile (cours préliminaire et avancé\u2014cours spécial pour propriétaires).\u2014 Plomberie sanitaire (théorie et dessin.\u2014Fer- blanterie (dessin et pratique) \u2014Galvanoplastie\u2014Modelage\u2014Fonderie\u2014For- ge\u2014Menuiserie\u2014 (Ateliers) \u2014 Cours théorique de Construction (charpente, menuiserie, technologie, etc.)\u2014Ajustage, préliminaire et avancé (Ateliers) \u2014Ajustage, cours théorique, technologie générale\u2014 Soudure autogène\u2014In- génieurs stationnaires.Ces cours préparent aux examens institués par le Gouvernement Provincial pour l\u2019obtention d\u2019une licence.Prospectus sur demande.Inscriptions tous les soirs de 7.30 à 9.00 p.m.(lundi et samedi exceptés.) Le nombre des admissions est limité dans chaque cours. LA REVUE NATIONALE 3D POUR VOTRE PROPRE SECURITE Faites vérifier vos polices par nous ; vous aurez ainsi l\u2019avantage d\u2019une mise en ordre, et, vous ne le regretterez pas, lors d\u2019une réclamation.Vous les recevrez dans une enveloppe bien appropriée.Cette enveloppe est en cuir et sera très utile pour vos documents officiels comme polices, prêts hypothécaires, débentures, etc.Nous profitons de l\u2019occasion pour porter à votre connaissance le fait de l\u2019ouverture de notre dixième département mettant gratuitement à la disposition de nos clients un service d\u2019administration des biens meubles et immeubles.Les Bureaux d\u2019Assurance GOORA, 10, rue Saint-Jean, Montréal Téléphones : MAIN 912 \u2014 LASALLE 5170-w. 36 LA REVUE NATIONALE Qualité 35 ANS D'EXISTENCE Service LA REVUE NATIONALE imprimée dans nos ateliers, est une preuve de l\u2019exceilence de notre travail.Nous imprimons tout : Cartes d\u2019affaires, entêtes de lettres, programmes, livres, revues, brochures, etc., etc., a des prix très modérés.Tél.: EST 6264 ARBOUR & DUPONT IMPRIMEURS - EDITEURS 249 est, rue Lagauchetiére, Montréal Près de la rue Saint-Denis Le Café \u201cPRIMUS\u201d (Fers-blancs 15, 1 et 2 lbs.) est un mélange des meilleurs cafés, grillés à point, qui donne cet arôme que rien n\u2019égale, cette saveur que rien ne remplace.ESSAYEZ-LE.L.Chaput, Fils & Cie, Limitée DISTRIBUTEURS MONTREAL em PE pS / / Ge ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 1924 if LA REVUE NATIONALE SO es NOBLES PAROLES Dans la savoureuse petite histoire de la paroisse de Char- lesbourg, l\u2019abbé Trudelle écrivait en 1887, ce passage qui vaut d\u2019être relu de temps à autre: «Notre historien Garneau, après avoir parlé des luttes, pour défendre nos droits, auxquelles le nom de Pierre Bédard restera toujours honorablement attaché, terminait par cette réflexion digne d\u2019un historien du peuple canadien : Les Canadiens sortaient d\u2019une nation trop fière et trop savante pour consentir jamais à abandonner la langue de leurs aïeuxr.» « Si ces nobles paroles, ajoute l\u2019excellent abbé, étaient gravées sur les murs des édifices publics de nos villes ou placées en évidence à la ligne qui nous sépare des Etats-Unis, nous aurions moins de défections à déplorer sous ce rapport; on verrait moins d\u2019enseignes dans une langue qui indique mieux qu\u2019on est atteint d\u2019une maladie connue sous le nom d\u2019anglomanie, plutôt que l\u2019on a tel ou tel article à vendre.» Depuis que ces lignes ont été écrites, des progrès ont été accomplis: l\u2019usage du français dans les réclames, les affiches, les enseignes, les avis, se répand un peu partout dans le Québec.D\u2019ores et déjà, l\u2019on peut dire que le triomphe est assuré si les patriotes insistent.U restera à obtenir le timbre et la monnaie bilingues, ce qui demandera plus d\u2019efforts; mais il ne faut pas désespérer.Ne lit-on pas dans le Devoir du 28 janvier dernier qu\u2019une des colonies de l\u2019empire britannique nous fournit un exemple à suivre et à invoquer : «On dit que la nouvelle monnaie sud-africaine est trilingue : inscription latine d\u2019un côté, inscription hollandaise et anglaise de l\u2019autre.Les timbres de l\u2019Union sud-africaine sont depuis longtemps bilingues: hollandais et anglais, «Il n\u2019y a que chez-nous, que paraisse extraordinaire l\u2019idée d\u2019inscrire sur les timbres et les monnaies les deux langues officielles du pays.» Edouard BLONDEL. RRMA AMEE SM AE RAL AMAL Lad bade LA REVUE NATIONALE LA POLITIQUE INTERNATIONALE ET LA PRESSE C\u2019est en cherchant à instruire Jes hommes que l\u2019on peut pratiquer cette vertu générale qui comprend l\u2019amour de tous.MONTESQUIEU.La paix, avec la prospérité réelle et le bonheur de la quiétude qui l\u2019accompagnent, est l\u2019ultime désir de l\u2019humanité.Toutes les nations aspirent à un règne de justice fondé sur le respect des droits et sur l\u2019assurance d\u2019une liberté équitable pour tous.Mais toute une série de raisons, de faits, de lois pourrait-on dire, font que les guerres se succèdent presque sans interruption et que certaines controverses s\u2019entremêlent au point de dégénérer en conflits généraux.Aussi, les hécatombes périodiques qui en résultent deviennent-ils de plus en plus fantastiques par l\u2019incroyable accumulation de morts inutiles, pertes totales de force, d\u2019énergie et d\u2019intelligence pour l\u2019humanité.Depuis des siècles, soit consciente de la dépréciation qu\u2019elle subissait par ces massacres incessants, soit par pur sentimentalisme, l\u2019humanité rêva de paix universelle.Des utopistes imaginèrent des sysètmes devant assurer cette paix sans tenir compte, sans penser à éliminer les causes qui s\u2019y opposaient.Aussi, les faillites successives de chacun de ces systèmes eurent-elles pour résultat de décevoir et de rendre plus malheureux les idéalistes.Pour atteindre un résultat tangible, il falait, ici comme dans tous les autres domaines, remonter aux causes créatrices des états actuels.Il fallait donc trouver une méthode de recherches et d\u2019études qui nous permettrait de reconnaître ces causes de dissensions entre les Etats et en tirer des lois: c\u2019est la philosophie de l\u2019histoire.Des systèmes nouveaux s\u2019élaborèrent à mesure que cette science relativement nouvelle progressait.Des hommes d\u2019Etat, des diplomates à la fois idéalistes et pratiques cherchèrent iy LA POLITIQUE INTERNATIONALE ET LA PRESSE 39 graduellement, à l\u2019apparition de chaque nouveau principe, à concilier leurs désirs de paix et leurs ambitions.Ils voulurent tenir compte de ces lois de l\u2019histoire en les adaptant aux circonstances présentes.Ils s\u2019ingénièrent à étudier, chez leurs adversaires, toutes les causes de conflits, tout ce qui pouvait influer sur les relations pacifiques des Etats, tout ce qui pouvait nuire à un projet d\u2019entente, afin d\u2019en déduire aussi ratio- nellement que possible les droits de chacun, les devoirs réciproques et les intérêts primordiaux de tous.Ils essayèrent de connaître et de comprendre ce qui sépare les nations et les peuples: leur caractère respectif, leurs traditions et coutumes, leurs moeurs, leurs préjugés et leurs passions, leurs aspirations; ils analysèrent leur constitution politique et leur organisation sociale; ils voulurent surtout connaître leurs intérêts immédiats et les ambitions qui en dérivent en examinant sérieusement leurs ressources, en observant les variations de leur commerce et en envisageant sous tous leurs angles les facilités accordées à l\u2019industrie par l\u2019ensemble des lois, par les facteurs géographiques et par l\u2019organisation des moyens de transports.Les accords s\u2019effectuérent sur des bases plus solides ; les ententes furent plus définies.Si une ère de paix n\u2019en est pas résultée, il ne faut pas en accuser la nouvelle méthode scientifique qui consiste à se mieux connaître les uns les autres, mais bien les ambitions démesurées de quelques-uns et les désirs de domination des autres malgré la ferme volonté qu\u2019ont les nations assujetties de restaurer par tous les moyens leur souveraineté abolie.Les guerres modernes furent donc entreprises, pour la plupart, ou dans un but économique ou pour réaliser, dans un cas particulier à chacune, le principe des nationalités.Est-ce à dire qu\u2019il y ait une méthode, un système pour obtenir la paix universelle et permanente?Nous ne le croyons pas.La connaissance, l\u2019appréciation réciproque chez les nations * et le désir réel qu\u2019elles pourront avoir de conserver 1 «Tout le mal que se font les hommes entre eux vient de ce qu\u2019ils ne se connaissent point.Se méconnaître, c\u2019est déià se calomnier.» Jules CLARETIE.\u2014 Voir aussi une belle conférence de Sir Robert Falconer, de l\u2019Université de Toronto, lue devant le Canadian Club de Montréal, le 15 janvier 1922, 40 LA REVUE NATIONALE une paix qui sera jugée avantageuse pour tous ne manqueront certainement pas d\u2019éviter une multitude de guerres déplorables et inutiles.Mais tant qu\u2019il y aura des nations qui, pour de sérieux motifs, seront mécontentes ; tant qu\u2019il y en aura dont les ambitions démesurées seront toujours une menace conire les intérêts légitimes d\u2019autres nations; tant qu\u2019il y aura des Etats progressifs et d\u2019autant exigeants lorsque d\u2019autres iront s\u2019affaiblissants; tant que la bonne foi n\u2019aura pas remplacé !es procédés diplomatiques basés sur la cupidité, l\u2019hypocrisie et l\u2019arbitraire, il est certain que des conflits éclateront à des intervalles plus ou moins rapprochés.Il n\u2019en est pas moins évident, pour cela, que la civilisation fait son oeuvre.Une sorte de code d\u2019honneur, le droit des gens, composé des coutumes ayant, dans le passé, présidé aux relations entre les Etats, et des décisions et résolutions adoptées par les congrès qui se sont succédés depuis un siècle, est généralement observé par les Etats.Aucune autorité supérieure réelle et sérieusement organisée ne force les Etats à observer ces principes de droit international.Mais en raison de la complexité et de l\u2019enchevêtrement des intérêts et des relations économiques, les pays antagonistes doivent de plus en plus tenir compte de l\u2019opinion des neutres.Même à l\u2019intérieur des frontières de chaque contrée, depuis l\u2019avènement de la souveraineté populaire et, surtout, en raison de l\u2019appel général que les gouvernements doivent faire à l\u2019ensemble des forces de la nation, les Etats sont forcés, lorsque l\u2019incitation au chauvinisme et même au vrai patriotisme ne suffisent plus, de convaincre les populations de la nécessité de la guerre.Il est vrai que, dans la plupart des cas, le chauvinisme n\u2019a pas encore perdu son emprise sur les foules pour faire place à un patriotisme éclairé exigeant, pour être tel, un ensemble de connaissances qu\u2019il est presque impossible d\u2019acquérir, excepté pour le spécialiste y consacrant toute son intelligence, toutes ses énergies et tout son temps.Il n\u2019y a done que les partis d\u2019opposition et surtout les journaux qui puissent influencer l\u2019opinion populaire et causer une juste crainte, c\u2019est-à-dire une entrave modératrice aux décisions irréfléchies des gouvernements, à leurs fausses conceptions des véritables intérêts nationaux.La crainte de l\u2019électeur, quand ce n\u2019est LA POLITIQUE INTERNATIONALE ET LA PRESSE 41 pas celle de la révolution tout court, devient alors, pour les dirigeants, le commencement de la sagesse.Pour obvier a la plus basse démagogie qui résulterait des appels contraires et simultanés aux passions populaires, il est devenu nécessaire que les véritables classes dirigeantes, caractérisées par une juste pondération et une culture étendue, fassent connaître aux peuples les faits probants qui devront déterminer, établir et motiver leur volonté.Aussi a-t-on vu dernièrement des conférences internationales dont les discussions, sinon les tractations, furent faites publiquement.Dans les autres cas, les diplomates ont acquis l\u2019habitude d\u2019accorder aux journalistes, après chaque séance de délibérations, des entrevues où les versions de chacune des parties sont expliquées et apparemment prouvées afin d\u2019influencer, sinon de diriger, l\u2019opinion mondiale.D\u2019où nouvelle importance pour les nations d\u2019avoir des spécialistes intègres, modérés, indépendants des systèmes et des coteries, qui jugeront les évènements à leur valeur intrinsèque ; qui donneront le démenti, si cela est nécessaire, aux assertions des diplomates; qui supporteront, contrecarreront ou rectifieront les campagnes de propagande entreprises par les Etats, et, cela, avec la seule ambition de servir l\u2019intérêt supérieur de l\u2019humanité par le respect des droits nationaux et une équitable coopération internationale.Ces spécialistes étudieront les faits particuliers et certains pour les comparer aux conditions générales que la civilisation moderne a imposé aux nations.Cette comparaison ne peut être faite qu\u2019à l\u2019aide d\u2019une profonde culture générale et d\u2019une psychologie des peuples assurée par de véritables et complètes connaissances des conditions économiques, politiques et sociales des diverses contrées.Puis ils feront connaître, avec les principales données des problèmes, leurs conclusions afin que l\u2019ensemble de la population à laquelle ils s\u2019adressent puisse motiver ses opinions sur des faits indiscutables.(à suivre) Clarence HOGUE, Ancien élève à l\u2019école des Hautes études commerciales, Licencié en sciences politiques, Diplômé de l\u2019école de journalisme. 42 LA REVUE NATIONALE POINTES SECHES PARLONS DE NOS CALENDRIERS On clame que les Canadiens français n\u2019ont pas assez d\u2019artistes et nos gouvernants créent des écoles pour en former.Mais lorsque nos jeunes gens savent manier le crayon, la plume et le pinceau, qui achètent leurs oeuvres ?Les grandes institutions qui brassent les piastres jettent- elles un regard secourable sur ces travailleurs qui ont peiné pour atteindre quelque maîtrise ?Voyons par exemple, les calendriers que distribuent, chaque année, certaines maisons de banque, d\u2019assurances ou de courtage, n\u2019est-ce pas que la plupart contiennent des sujets baroques, des fantaisies américaines, aussi coloriées qu\u2019ineptes ?Au lieu de ces images d\u2019une naïveté navrante, pourquoi ne pas commander une scène historique, l\u2019illustration d\u2019une anee- dote patriotique, ou un tableau typique de nos moeurs populaires ou bourgeoises ?L'oeuvre signée resterait à l\u2019institution, deviendrait un actif, sa reproduction apprendrait quelque chose au public, enfin et surtout, une miette de la table des barons de la finance serait tombée dans la sébille de l\u2019artiste.Donc tout le monde y trouverait son compte.Songez-y, hommes d\u2019affaires: il y a tant de calendriers banaux, à notre époque, que ceux qui n\u2019ont pas une particularité artistique ou patriotique n\u2019ont pas chance d\u2019être choisis pour l\u2019ornementation du logis, sinon du bureau.Autrement, le calendrier est jeté au panier avec ce résultat: publicité nulle, déboursés inutiles.A.LAINE, cordonnier.NOTRE CONCOURS LITTERAIRE.-\u2014 Tous les concurrents qui désirent prendre part au sixième concours littéraire institué par notre Société nationale sur nos « Contes et Légendes de chez-nous », se rappelleront que les manuscrits doivent être remis à la Société avant le 1er mars prochain.Que l\u2019on se hâte donc de mettre la dernière main à son travail et de l\u2019adresser sans plus tarder au secrétariat de notre Société, UGR JOSEPH-THOMAS DUHAMEL 43 Me JOSEPH-THOMAS DUHAMEL Premier archevêque d\u2019Ottawa Fils cadet de François Duhamel, cultivateur, et de Marie- Josette Audet, Joseph-Thomas naquit à Contrecoeur, le 6 décembre 1841, et il n\u2019avait que deux ans lorsqu\u2019il vint avec ses parents demeurer à Bytown.Son ancêtre paternel se nommait Thomas ; il était le fils de Jacques Duhamel, marchand de Rouen, et l\u2019un des directeurs de la compagnie de la Nouvelle-France, dite des Cent- Associés.La femme de Jacques se nommait Anne Tranchard, et celle de Thomas, Angélique Bégnier.Ces derniers se marièrent à Champlain le 22 octobre 1698.Le grand\u2019père de Mgr Duhamel, François, fut le propriétaire d\u2019une partie du fief de Contrecoeur, qu\u2019il vendit en 1829, à Joseph Archambault.Il était l\u2019arrière-petit-fils du sieur Claude Volant de Saint-Claude qui, de concert avec son beau- frère, Pierre-Esprit Radisson, et Médard Chouart, sieur des Groseilliers, fut l\u2019un des hardis aventuriers qui fréquentaient les plages de la baie du Nord (baie d\u2019Hudson), au XVIIe siècle, pour y faire la traite des fourrures précieuses.Le jeune Thomas fit ses études classiques au collège Saint- Joseph (maintenant l\u2019Université) d\u2019Ottawa dont il fut l\u2019un des premiers élèves; on sait, en effet, que cette belle institution fut fondée en octobre 1848 par Mgr Guigues.Né de parents pieux, doué d\u2019une vive intelligence, d\u2019une mémoire fidèle et de l\u2019amour de l\u2019étude, le jeune élève fit de PSE RO PEER VE EE EN RAR Ren, = HAY PIRE Be 1 RA rar Ie RR TERT AR DLN Re 44 LA REVUE NATIONALE rapides progrès, et il se sentit de bonne heure attiré vers le sacerdoce.Le 3 septembre 1857, il entrait au séminaire.Il fut tonsuré le 27 juin de l\u2019année suivante; fut fait sous-diacre le 21 juin 1863 ; diacre, le 29 novembre suivant, et il fut ordonné prêtre par Mgr Guigues le 19 décembre de la même année.Il n\u2019avait pas vingt-deux ans révolus.L\u2019on conçoit facilement le bonheur de ses parents; sa mère, qui aimait tendrement son Benjamin, en fut ravie, elle ne se sentait pas de joie; ce fut une grande fête de famille.L\u2019abbé Duhamel fut d\u2019abord vicaire & Buckingham, P.Q., du 81 décembre 1863 au mois d\u2019août 1864, puis curé de l\u2019importante paroisse de Saint-Eugène de Prescott, Ontario, jusqu\u2019à 1874.Par son tact et sa fermeté il réussit à rétablir l\u2019harmonie et la concorde parmi les paroissiens divisés.Il put alors terminer l\u2019église qui fut durant plusieurs années l\u2019une des plus belles du diocèse.Possédant bien la langue anglaise, il allait souvent prêcher dans les missions et paroisses dont les curés ne parlaient pas aussi bien cette langue.Ses sermons attirèrent l\u2019attention de Mgr Bourget, évêque de Montréal, et lui conquirent l\u2019estime et l\u2019amitié de Mgr Guigues, qui suivait ses progrès avec une satisfaction toute paternelle.L\u2019abbé Duhamel accompagna Mgr Guigues à Rome en qualité de secrétaire lors du concile œcuménique tenu au Vatican.Parti en septembre 1869, il était depuis peu de temps dans la Ville Eternelle, lorsque la nouvelle de la maladie de sa mère le rappela en toute hâte au Canada.Il arriva cependant trois jours trop tard ; le 27 décembre 1869, sa mère avait rendu le dernier soupir.Pendant son court séjour au Vatican, il s\u2019était fait remarquer par sa piété, son tact et son esprit vif et pénétrant.Mer Guigues étant mort à Ottawa, le 8 février 1874, l\u2019abbé Duhamel, quoique très jeune, il n\u2019avait pas encore 33 ans révo- lue\u2014fut choisi par Pie IX pour lui succéder.Elu le 1er septembre 1874, Mgr Duhamel fut sacré, le 28 octobre suivant, dans sa cathédrale, par Mgr (plus tard le cardinal) Tasche- reau, archevêque de Québec, son métropolitain.Des adresses de félicitations et de bienvenue furent lues à cette occasion, en anglais, par l\u2019honorable Richard W.Scott, alors secrétaire \u2014 \u2014 \u2014 p\u2014y -\u2014 > es + .TD p\u2014\u2014y A MGR JOSEPH-THOMAS DUHAMEL 45 d\u2019Etat pour le Canada, et en français, par le Dr Saint-Jean, député de la ville d\u2019Ottawa aux Communes.C\u2019est Mgr Lange- vin, évêque de Rimouski, qui fit le sermon de circonstance.Voici le portrait qu\u2019en fait le R.P.Alexis, auteur de l\u2019Histoire de la Province Ecclésiastique d\u2019Ottawa, (Vol.2, p.10): « Intelligence ouverte, il voit vite et bien; volonté « ferme, il hésite rarement, il écoute un conseil, mais il ne subit « point d\u2019influence, il est surtout discret.D\u2019un tempérament « naturellement impérieux, la religion et la responsabilité de sa «charge ont complètement dominé ce côté fâcheux de son « earactère.» Ce tempérament impérieux dont parle le R.P.Alexis, n\u2019était pas aussi « fâcheux » qu\u2019il paraissait au premier abord ; il dénotait plutôt de la fermeté que de la hauteur, de la dignité plutôt que de l\u2019orgueil; c\u2019était un indice de fierté chez un homme bien né, conscient de sa valeur.Ce tempérament, il le tenait de sa mère, femme douce et ferme à la fois, et aussi de son père, qui paraît avoir été un homme de grand sens et d\u2019un caractère résolu et entreprenant.Ceux des frères de l\u2019archevêque que j'ai connus: Laurent, François et Louis, lui ressemblaient beaucoup, au moral comme au physique; ils étaient dignes et réservés dans leurs manières causant peu mais avec un rare bon sens, et ils étaient, généralement parlant, bien renseignés et très agréables en conversation.Mgr Guigues, le fondateur du diocèse d\u2019Ottawa, avait laissé celui-ci prospère.Sous l\u2019habile direction de son successeur, le diocèse fit d\u2019immenses progrès.En 1878, lorsque Mgr Duhamel fit sa première visite ad limina, il put rendre au Saint-Siège un compte exact de son administration et de l\u2019état de son vaste diocèse en ayant déjà, à deux reprises fait la visite pastorale.Un grand nombre de nouvelles paroisses furent créées, plusieurs ordres religieux, Jésuites, Dominicains, Capucins, Maristes, Père du Saint-Esprit, ete., furent appelés à coopérer aux oeuvres du diocèse qui devint bientôt l\u2019un des plus importants du Canada.L\u2019une des oeuvres de prédilection de Mgr Duhamel fut le recrutement de son clergé: son séminaire lui tenait tout particulièrement au coeur, et il ne cessa, jusqu\u2019à sa mort, de s\u2019en occuper activement. 46 LA REVUE NATIONALE En mai 1882, Mgr Duhamel, fut honoré du titre d\u2019assistant au trône pontifical; cet honneur généralement réservé aux seuls cardinaux, montre en quelle estime le tenait Sa Sainteté Léon XIII.Le 8 juin 1886, une nouvelle province ecclésiastique ayant été créée, Mgr Duhamel fut promu archevêque d\u2019Ottawa et métropolitain, avec un suffragant, Mgr Lorrain, vicaire apostolique de Pontiac.Quatre ans plus tard, le diocèse d\u2019Alexandria fut fondé, et le nouvel évêque, Mgr Alexander Macdonell, devint le second suffragant.La province ecclésiastique d\u2019Ottawa s\u2019enrichissait, en 1898, d\u2019un deuxième évêché, celui de Pembroke.Dix ans plus tard, un nouveau vicariat apostolique fut érigé sous le nom de Témiscamingue, et le titulaire, Mgr Latulipe, devint le quatrième suffragant de l\u2019archevêque d\u2019Ottawa.L\u2019administration de cet immense diocèse, dont l'importance allait sans cesse en augmentant, demandait une somme d\u2019énergie et de travail extraordinaire; à la fin, l\u2019âge aidant, la santé de Mgr Duhamel en fut ébranlée.Il tomba malade en 1908, mais ayant pris un peu de mieux, il partit au mois de juin de l\u2019année suivante pour faire la visite pastorale de son diocèse.Il était à peine arrivé à Casselman, Ontario, à quelques milles seulement d\u2019Ottawa, lorsque la mort le surprit inopinément, le samedi, 5 juin 1909.Il expira à 11 heures du soir et la nouvelle fut connue à Ottawa le lendemain matin.Il emportait avec lui les regrets de tous ceux qui l\u2019avaient connu, et surtout de ceux de ses fidèles diocésains.De taille moyenne et d\u2019un certain embonpoint, Mgr Duha- mel avait l\u2019air imposant, mais cet air était toutefois tempéré par ses manières affables et engageantes.C\u2019était un orateur sacré de premier ordre.Ce fut lui qui prononça l\u2019oraison funèbre de sir John Thompson, premier ministre du Canada, décédé au château royal de Windsor, et à qui le gouvernement canadien fit des obsèques magnifiques à la basilique d\u2019Ottawa.Mgr Duhamel se surpassa en cette occasion et son discours fut un véritable chef-d\u2019oeuvre d\u2019éloquence sacrée, au dire des connaisseurs.L\u2019occasion était solennelle, et le sujet à traiter, d\u2019une haute inspiration.Une foule énorme remplissait le vaste temple; l\u2019Etat ainsi que l\u2019Eglise y étaient sis.17 MGR JOSEPH-THOMAS DUHAMEL 47 représentés par leurs plus hauts dignitaires.Le silence était impressionnant lorsque Mgr Duhamel apparut dans la chaire.Dès l\u2019exorde, l\u2019orateur, dont on attendait avec quelque anxiété les premiers mots, sut se concilier les bonnes dispositions de son auditoire distingué, et il s\u2019empara de son attention pour la retenir captive jusqu\u2019à la fin.Il sut trouver des accents émus et sublimes pour décrire la perte que faisait le pays par la disparition de cet homme de bien, citoyen intègre, patriote éclairé, et catholique convaineu, terrassé par la mort pres- qu\u2019aux pieds de sa souveraine, qui venait précisément de lui témoigner son estime et son appréciation des éminents services qu\u2019il avait rendus à l\u2019Etat, en l\u2019appelant à siéger avec les plus grands de l\u2019Empire dans son auguste Conseil Privé.La charité de Mgr Duhamel était grande, et il la manifesta publiquement en plusieurs occasions, notamment, en 1876, lorsqu\u2019un immense incendie dévasta la ville de Saint- Hyacinthe; il envoya $1,000.pour secourir la population en détresse.En 1880, il organisa une quête pour venir en aide aux malheureux Irlandais que la famine décîmait ; il recueillit la somme de $3,240.qu\u2019il transmit à Mer Gilhooly.Au mois d\u2019avril de cette même année, il s\u2019employa à soulager la misère des infortunés citoyens de la ville de Hull, victime d\u2019un incendie désastreux.Mgr Duhamel prit, en 1877, l\u2019initiative d\u2019un mouvement pour l\u2019érection d\u2019un monument à Mgr Guigues; $2,000.furent souscrits pour cet objet, et le bronze s\u2019élève aujourd\u2019hui devant la basilique.La même année, à l\u2019occasion des fêtes jubilaires de Pie IX, il établit dans son diocèse l\u2019oeuvre des conférences ecclésiastiques, et en 1879, il y introduisait la dévotion des Quarante-Heures.En 1879, l\u2019illustre Léon XIII érigeait la cathédrale d\u2019Ottawa en basilique.En décembre 1881, Mgr Duhamel partait pour une nouvelle visite à Rome, dans le but de solliciter le démembrement de son diocèse, grand comme un royaume.L\u2019érection du vicariat apostolique de Pontiac fut le résultat de ses démarches.Ardent patriote autant que zélé pasteur, Mgr Duhamel s\u2019occupa d\u2019une manière active, durant tout le cours de son long Relic 8 mre vou \u2019 TT \u2014\" 48 LA REVUE NATIONALE et fructueux épiscopat, d\u2019éducation et de colonisation.C\u2019est grâce à ses soins que le Collège d\u2019Ottawa fut érigé en université catholique par un bref papal en date du 5 février 1889.Une loi provinciale, sanctionnée le 15 août 1865, avait accordé au Collège le droit de conférer les degrés universitaires.Quant à la colonisation il la favorisa toujours de toutes ses forces, et il encouragea la création de sociétés de colonisation.Il fut le patron de celle du Témiscamingue, fondée par des Canadiens d\u2019Ottawa, et il lui aida de ses deniers ainsi que de ses conseils toujours marqués au coin de la sagesse et de l\u2019expérience.Il faudrait tout un volume pour décrire, et apprécier comme elles le méritent, toutes les oeuvres de cet éminent prélat, mais il faut s\u2019arrêter ; cette notice étant déjà longue.Nous ne pouvons, néanmoins, passer sous silence les travaux qu\u2019il fit faire à sa cathédrale.Les améliorations entreprises par son prédécesseur avaient dû être suspendues faute de fonds.Mgr Duhamel les reprit en 1876 et les termina heureusement.La décoration intérieure de la basilique ne le cède en splendeur à celle d\u2019aucune autre église du pays.A part les honneurs dont nous avons parlé, Sa Grandeur recut aussi le degré de docteur en théologie, et il fut fait grand-croix de l\u2019Ordre du Saint-Sépulcre et comte romain.Dans l\u2019intimité, Mgr Duhamel était d\u2019un commerce agréable, et dans ses rares moments de loisir, il aimait la conversation enjouée, où son esprit vif et pétillant se délassait de ses travaux.Il se permettait même, à l\u2019occasion, des jeux de mots.Après la mort du cardinal Taschereau, le nom de l\u2019archevêque d\u2019Ottawa était sur toutes les lèvres; on parlait de lui comme successeur possible à ce poste d\u2019honneur.À un de ses intimes qui lui exprimait, en badinant, le souhait de le saluer bientôt du titre d\u2019Eminence, Mgr Duhamel répondit sur le même ton: « Epargnez-moi mon ami, vous voulez donc me faire rougir ».La disparition de Mgr Duhamel, comme nous l\u2019avons dit plus haut, fut regrettée de tous et un grand nombre de citoyens distingués de la Capitale et d\u2019ailleurs, protestants comme catholiques, exprimèrent leur chagrin de cette perte, en même temps que leur vive admiration pour l\u2019éminent archevêque et le grand citoyen que Dieu venait de rappeler à lui.Francis-J.AUDET. a = L\u2019ŒUVRE DFE BENJAMIN SULTE 49 L'OEUVRE DE BENJAMIN SULTE par W.-A.BAKER A l\u2019occasion de l\u2019édition du onzième volume des Mélanges historiques de Benjamin Sulte, réunis et compilés avec un soin religieux par M.Gérard Malchelosse, il convient de faire revivre le souvenir d\u2019un écrivain qui fut dévoué tout entier à l\u2019étude de notre histoire et que nous apprendrons à apprécier de plus en plus.C\u2019est le sort des hommes qui, oublieux des conditions pratiques de leur temps, se sont dévoués à une tâche considérable, que la valeur de leur oeuvre ne puisse bien se révéler qu\u2019après leur mort.Tout occupés durant leur vie à poursuivre un travail qui les absorbait par son étendue et son importance, il semble que leur personnalité en couvrait la perspective, et, quand ils sont disparus, leur oeuvre apparaît soudain dégagée de tout apport personnel.C\u2019est ainsi que ce dernier volume des Mélanges historiques nous frappe maintenant que Sulte n\u2019est plus.On ne voit que les sujets qu\u2019il a peints et l\u2019on comprend, en face du tableau avec sa multitude innombrable de personnages si vivants et si intéressants, le but que Sulte a poursuivi durant toute son existence avec une ardeur et un sérieux qui ne se sont jamais démentis.Il s\u2019est passionné comme pris d\u2019une compassion géniale pour ces victimes des plus grands sacrifices.Il suit les péripéties de l\u2019histoire de cette colonie que déciment mille difficultés, mille épreuves.Après une traversée qui durait parfois plus de quatre mois ces chercheurs d\u2019or idéal fondaient un foyer.Leur maisonnette s\u2019allumait comme une veilleuse dans l\u2019ombre mystérieuse des landes à défricher.Peut-être s\u2019y mêlait-il déjà un élément inconscient de précoce romantisme produit par les solitudes sacrées du Nouveau-Monde et Chateaubriand serait en cela leur Homère, le rhapsode des pionniers de l\u2019Amérique du Nord. rer actes fs iH HH HEN i HE IN 28 3 | \u201ciN aN Hl Er Span Lear 50 LA REVUE NATIONALE Le sol inculte, le climat rigoureux, la culture hérissée d\u2019innombrables obstacles avec des instruments fort peu perfee- tionnés, la négligence des chefs indignes d\u2019outre-mer, les dangers, les luttes guerrières, les maladies, la mort même, rien ne terrorisait ces aventuriers du spirituel qui, artistes à leur façon, érigeaient les villages à même les forêts les plus denses et les plus inhospitalières.Et c\u2019est là le spectacle, le merveilleux panorama de l\u2019oeuvre de Benjamin Sulte.Pour peu qu\u2019on s\u2019arrête à le contempler on comprend qu\u2019il ait pu absorber tous les instants de la vie d\u2019un esprit capable comme Sulte, d\u2019analyse, de description et de compassion patriotique.Le découragement s\u2019emparait quelquefois de ces colons, et si l\u2019on songe que le Canada du 17e siecle ne dépassait pas en population une couple de mille ames, on se fait une idée du sort ingrat et stérile qui attendait ces valeureux pionniers.Mais la distinction de certains noms qui reviennent souvent sous la plume de Sulte explique la persévérance de l\u2019immigration francaise à cette époque.Pour ne parler que de ce dernier volume, les noms de Pierre Boucher, des Garneau, de la Mère Marie de l\u2019Incarnation, du Père Paul Le Jeune, de M.Dollier de Casson, de Jean Godefroy, font saisir et comprendre les forces morales qui agissaient si puissamment sur nos premiers colons.L\u2019oeuvre de Benjamin Sulte restera et sa chronique si entraînante en même temps que scrupuleuse de la vérité historique servira aussi à rétablir nombre de faits altérés sinon complètement falsifiés par les légendes populaires et les lanceurs de phrases à la légère que Sulte qualifiait de « plaies de la science historique ».La réunion des articles de Sulte comprendra encore plusieurs volumes que nous relirons toujours avec fruit, grâce au courage et au talent que M.Gérard Mal- chelosse a si pieusement mis au service de la gloire de notre bien-aimé Benjamin Sulte.W.-A.BAKER.Montréal, 10 janvier 1924. SCENES DE VIE CANADIENNE 51 SCÈNES DE VIE CANADIENNE LE RETOUR (suite) Les récoltes furent faites sans retard, car l\u2019automne s\u2019an- noncait hatif.En peu de temps le « Bois noir » était devenu roux.Les petites savanes, où poussaient la mûre et le bluet, avaient pris cette teinte rouge-vin, emblême de la maturité.Puis le rouge disparut pour faire place au brun, à ce brun, couleur des choses mortes.Les champs, les collines étaient nus.Les forêts assombries, effacées et lointaines, semblaient se retirer, s\u2019éteindre comme un rêve s\u2019éteint dans la nuit.Et la campagne déserte apparaissait dans toute sa sauvage grandeur.Puis ce fut la fin d\u2019automne avec ses pluies froides, ses sentiers abandonnés et ses cris d\u2019oiseaux, tristes comme des adieux.La lente décomposition de la terre terminée, la neige commença de lui mettre un linçeul.Lentement, jour par jour, elle l\u2019enveloppa d\u2019un linceul blanc, et quand la nuit apparaissait, le ciel allumant ses étoiles \u2018comme des cierges, veillait seul la terre morte.Un jour, le soleil ayant fondu à demi la neige des chemins, Eusèbe Landry mena ses vaches dans le champ voisin du WEED Lr Te Qu Lo LA REVUE NATIONALE « Bois noir ».Mais vers le soir il n\u2019eut pas le temps d\u2019aller les.chercher avant que la tempéte ne les surprit.Un vent furieux s\u2019éleva accompagné d\u2019une neige épaisse et glacée qui piquait comme des épingles.Les sapins pliaient sous un ciel sombre, et le vent sifflait comme dans les nuits d\u2019hiver.Les pauvres bêtes, affolées, s\u2019étaient blotties sous les.sapins.Elles se pressaient les unes contre les autres pour se réchauffer, et se regardaient avec inquiétude.Il eut grand\u2019 peine à les faire marcher ; elles s\u2019entêtaient à rester là.Une fois debout, elles allaient de côté et d\u2019autre, ne pouvant même plus reconnaître leur chemin.Avec beaucoup d\u2019efforts, il réussit enfin à les ramener à l\u2019étable, mais il avait froid jusqu\u2019aux os.Il alla s\u2019asseoir près du poêle ; le froid courait dans ses veines et ses dents claquaient.Sa femme lui fit prendre une tisane bien chaude.; mais les frissons continuaient à le secouer.Les voisines consultées dirent qu\u2019il fallait le faire suer.Des sacs de blé chaud furent apportés dans son lit, ainsi que des bouteilles d\u2019eau bouillante.On lui recouvrit la poitrine de cataplasmes qui laissaient des brûlures sur la peau.Il devint tout en sueurs, et cria qu\u2019il étouffait.Son frisson disparut mais la fièvre le prit et sa poitrine devint embarrassée.Dans sa gorge, de plus en plus serrée, sa respiration haletante faisait un bruit semblable au ronflement d\u2019un chat, au sifflotement de la brise dans les bois.Cela s\u2019arrêtait parfois, pour reprendre plus fort.Ses poumons gonflés comme sous un orage semblaient vouloir éclater, mais après des efforts inutiles le malade retombait sur son oreiller, pâle et les yeux changés.Le médecin, qu\u2019on envoya chercher en voiture, était un homme silencieux, au visage long, aux sourcils en broussailles.Il ne disait jamais rien en dehors des réponses aux questions qu\u2019on lui posait.Cette fois tout ce qu\u2019on put lui faire dire furent ces trois mots: « J\u2019en réponds pas ».La fièvre et l\u2019essoufflement augmentèrent.Cela dura une semaine.Il vint de belles journées d\u2019automne, des journées presque chaudes où la terre semblait se réveiller.Le soleil, ardent et joyeux, entrait dans la chambre SCENES DE VIE CANADIENNE 53 du malade et faisait sur le mur des desseins flamboyants que les mouches tardives rayaient de noir en voltigeant.Durant un de ces jours magnifiques la fièvre sembla le laisser.Pour la première fois depuis sa maladie il s\u2019intéressa aux travaux.Il demanda à sa femme si la paille avait été mise à l\u2019abri, et si les hommes engagés avaient commencé à battre le blé au moulin.Aucun de ces travaux n\u2019avait encore été fait.Mais pour ne pas l\u2019attrister elle lui répondit: oui.\u2014 « Oh! je suis content de ma terre c\u2019te année!» murmura-t-il.Et ses yeux sombres s\u2019éclairèrent d\u2019une grande flamme.Mais, vers le soir le délire le prit et la fièvre devint plus forte.Son souffle fut soudain rapide et son regard plus étrange.Ceux qui venaient le voir sortaient de sa chambre avec un visage attristé.Le lendemain, il ne parlait presque plus, et pouvait à peine remuer les mains.Quelques heures après, la mère Blouin entrant tout-à-coup dans la chambre, s\u2019écria: « Mon Dieu, il s\u2019en va, il s\u2019en va! » Le curé qui arrivait eut juste le temps de l\u2019administrer.Il essaya de parler, balbutia quelques syllabes, puis ferma les yeux: il était mort.Ne pouvant croire à son malheur Louise Beauchamp s\u2019écroula sur une chaise, le visage dans les mains.Elle sanglota jusqu\u2019au soir, paraissant ne rien voir, ne rien savoir de ce qui existait auparavant.Elle fut pendant plusieurs jours dans une sorte d\u2019inertie qui ressemblait à de la folie.Sa mere venait souvent, et la mère Blouin, sa voisine, ne la quittait pas.Au bout d\u2019une semaine elle commença à manger et à travailler, quoique courbée et faible, puis elle se laissa ajuster des robes et se fit faire le long voile des veuves.Le vide de cette mort semblait se faire de plus en plus grand.La maison assombrie et sans joie avait l\u2019air d\u2019une prison.L\u2019étable elle-même, délabrée, paraissait abandonnée.La « Noune » n\u2019avait pas compris tout de suite le malheur qui la frappait.Tant qu\u2019il fut exposé dans le salon, au milieu des draps blancs, elle crut que son frère dormait, revêtu de ses habits du dimanche.(à suivre) Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD. 54 LA REVUE NATIONALE À TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE UN ACTE DE JUSTICE.Le gouvernement fédéral a nommé M.Georges Gonthier, président du département des vérificateurs pour le pays.C\u2019est une charge d\u2019importance qui exige des connaissances étendues au point de vue commercial et industriel.Par cette nomination, le gouvernement répare en partie l\u2019injustice commise par ses prédécesseurs au détriment des nôtres dans les hautes sphères du service civil.L\u2019élément canadien-francçais jouit à Ottawa, grâce surtout au mécanisme ingénieux de la commission du service civil, d\u2019une infériorité notoire dans le corps du fonctionarisme.La situation en elle-même n\u2019offrirait rien de très grave, si elle n\u2019était l\u2019expression évidente d\u2019un sentiment d\u2019hostilité, et une sorte de consécration du préjugé que le Canadien francais est inapte aux affaires.L\u2019acte du gouvernement aura donc une double portée de justice distributive et de protestation contre un préjugé.Nous l\u2019en félicitons de tout coeur.A QUOI TIENT LE BOYCOTTAGE DES NOTRES.Plusieurs journaux déplorent avec raison le dédain dont le gouvernement fait preuve à l\u2019_égard des Canadiens français à Ottawa et critiquent vertement nos députés de leur flegme \u201cimperturbable devant pareil affront.La vérité est que le gouvernement est dans une sorte d\u2019impasse et doit subir des nominations qu\u2019il ne prise guère.Le gouvernement conservateur lui a laissé en mourant, la tunique de Nessus qu\u2019on appelle la Commission du service civil.Cette dernière est composée de membres inamovibles qui seuls ont le droit de faire les nominations.Ces messieurs qui ont été nommés aux temps heureux du règne Borden n\u2019ont pas de sympathies outre démesurées pour les Canadiens français.La dite commission nomme donc qui il lui plait et ce contre ou suivant le gré du gouvernement. A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 95 Nous compatissons aux ennuis de nos députés, mais nous semble-t-il, il y aurait un moyen terme fort acceptable.Ce serait tout simplement d\u2019amender la loi et de décréter que les Canadiens français devront obtenir la part qui leur est due et en nombre et en importance de fonctions.Ce serait une mesure de stricte justice que nos amis les Anglais, à moins d\u2019être de beaux hypocrites, ne sauraient désavouer.Et puis MM.les commissaires sont susceptibles de revenir au rang de simples mortels.On pourrait le leur faire sentir.UN EXEMPLE.Parmi les faits d\u2019armes de la dite commission du service civil, on cite le trait suivant d\u2019une saveur exquise.On demandait un personnage féru de grec, de latin, de sciences pratiques et théoriques, gradué d\u2019écoles supérieures, bref un puits de science.Un Canadien français doué de ces éminentes qualités se présente avec d\u2019autant plus d\u2019espoir qu\u2019en toute justics le poste devait échoir à un Canadien français.Il avait compté sans la Commission qui avait déjà jeté son dévolu sur un savant de la race supérieure.Aussi lût-il à sa profonde stupéfaction sur les avis officiels que les applicants en plus des connaissances déjà citées devait savoir.l\u2019esquimau que connaissait précisément l\u2019élu de la commission.UN DES NOTRES À L'HONNEUR.Le gouvernement a nommé M.Victor Gaudet, maître de poste du district de Montréal.M.Gaudet est reconnu comme compétence en la matière et il convient d\u2019en féliciter le gouvernement.NOUVEAU MINISTRE.Sir Lomer Gouin a pour succesesur indirect, M.Cardin, député de Sorel.M.Cardin a eu l\u2019heureuse idée à son discours d\u2019ouverture, comme ministre, de protester qu\u2019avant tout il était Canadien et rien autre.Mais il est infiniment triste de songer qu\u2019aujourd\u2019hui il faille s\u2019étonner qu\u2019un Canadien dise qu\u2019il entend servir son pays avant de faire le jeu de l\u2019étranger. 56 LA REVUE NATIONALE LE BULLETIN DE RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.La fameuse version française du bulletin qui paraissait auparavant quelques mois après la version anglaise, vient d\u2019être remise définitivement à date quant à la date de publication.Il est vrai que le texte francais est écourté de moitié.Nous sommes sûrs que le gouvernement entend tout rétablir normalement et qu\u2019il ne voudra pas que la farce prenne un autre aspect guère plus réjouissant que le premier.UN JUBILE.Les révérends Frères André et Marie-Antoine, de la communauté des Clercs de Sainte-Croix, ont célébré il y a environ deux semaines, leur jubilé d\u2019or de profession religieuse.Au nom du frère André restera toujours attaché l\u2019expansion du culte à Saint-Joseph au Canada.Sans argent, sans réclame, sans autre moyens que sa piété, son humilité et sa foi, il a suscité à travers l\u2019Amérique un mouvement religieux qui va sans cesse grandissant.Il a réussi uniquement avec des aumônes à ériger sur la montagne, un temple que visitent annuellement des centaines de mille pèlerins.CETTE FUSION DES BANQUES.Par suite de prêts malheureux, la Banque Nationale a dû, pour éviter un désastre retentissant, disparaître et se laisser englober par la Banque d\u2019Hochelaga.Celle-ci n\u2019y a consenti d\u2019ailleurs qu\u2019en se faisant attribuer pratiquement comme cadeau, une somme de quinze millions par le gouvernement provincial.L\u2019événement est malheureux et de nature à inspirer beaucoup de défiance parmi la petite épargne, surtout si l\u2019on considère que la Banque Nationale a trouvé sa perte en prêtant inconsidérément ses capitaux à une industrie qui pouvait réussir mais qui aussi, ce qui est arrivé, pouvait tomber, étant donné l\u2019extravagante envergure donnée à l\u2019exploitation alors que la demande certaine ne paraissait pas la justifier.De son côté le gouvernement a voulu rassurer la petite épargne.Il eut mieux valu tout en sauvegardant les petits, faire une ts \u20ac _\u2014\u2014., = = 7 ££ = = = == a A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 57 enquête publique approfondie sur les responsabilités encourues dans cette déconfiture de la Banque Nationale.De cette façon on eut pu délimiter les catégories de négligents, d\u2019incapables et de victimes.La loi telle que passée absout tout le monde en bloc et rembourse aux dépens du public des gens qui suivant la saine pratique des affaires eussent dû supporter les pertes qu\u2019ils ont provoquées.De cette façon, l\u2019acte du gouvernement se trouve aux yeux du publie entaché de favoritisme alors qu\u2019une enquête sérieuse eut remis les choses sous leur lumière véritable et exposé les véritables besoins à secourir.CINQUANTENAIRE D\u2019UNE INSTITUTION.L\u2019Ecole Polytechnique de la province de Québec vient de célébrer son cinquantième anniversaire.Son histoire a été celle de toutes nos institutions.Elle a débuté dans une pauvreté évangélique et n\u2019a vécu que par l\u2019abnégation de ses fondateurs.Aujourd\u2019hui elle est en pleine voie de prospérité et compte des centaines d\u2019élèves et peut se glorifier d\u2019une pléiade d\u2019ingénieurs de tout premier ordre qu\u2019elle a formés.LES FRANÇAIS SONT PARTOUT.Sait-on que New-York fut fondée en majeure partie par des Français.Voilà qui certes offusquera nos puissants voisins et qui nuira quelque peu à l\u2019éternelle doctrine Munroe.Mais l\u2019histoire est là qui prouve par les registres de la population que la plupart des habitants portaient des noms authentiquement français.Leurs descendants ont britannisé leurs noms à l\u2019exemple de ce Monsieur Emile Vincent qui s\u2019appela Mr.Onethousand Twenteehundred, et de la famille Bourgoing qui s\u2019appelle Burgoyne.Les Français sont d\u2019ailleurs un peu partout.N'est-ce pas par exemple le cas de l\u2019abbé Ricard, chef du fameux observatoire Santa Maria dont s\u2019enorgueillit l\u2019oncle Sam.Le « great american scientist » comme l\u2019appellent nos voisins est cependant authentiquement d\u2019origine et de langue française.Nous en citerons d\u2019autres à l\u2019occasion.A.GAGNON. dre -.par pCR ce wt an LA REVUE NATIONALE La Croix du Mont-Royal.Notre Conseil général peut se féliciter de l\u2019initiative à laquelle il a eu recours pour faire souscrire à notre population les fonds nécessaires à l\u2019érection de cette croix monumentale.Jusqu\u2019ici la vente du timbre de la croix, par les écoliers catholiques de notre ville, a donné à notre campagne de souscription, un début vraiment encourageant.Il faut de plus considérer l\u2019heureux effet qu\u2019aura produit cette campagne sur l\u2019âme de notre jeunesse, tant au point de vue patriotique qu\u2019au point de vue religieux.Quel légitime sentiment de fierté n\u2019éprouveront pas nos écoliers en apprenant que presque la moitié des fonds nécessaires à cette noble entreprise ont été recueillis grâce à leur sollicitation intelligente et dévouée.Une fois la croix érigée, chacun d\u2019eux pourra se rendre le témoignage d\u2019avoir contribué au succès d\u2019une initiative bien propre à développer chez nos compatriotes l\u2019attachement à nos traditions nationales et à la foi de nos ancêtres.Afin de compléter la souscription si bien commencée, notre Société invite le reste de notre jeunesse étudiante des collèges et des couvents de la province, à offrir le timbre de la croix en vente à la population qui les entoure.Déjà de nombreux collèges et couvents très éloignés, tels le Séminaire de Chicoutimi, le Collège de Lévis et celui de Sudbury, Ontario, ont demandé des livrets de timbres, ce qui laisse bien voir que l\u2019érection de cette croix constitue un initiative d\u2019intérêt national et non seulement local.J] t= _\u2014 > pee > =- 1 CHRONIQUE DE LA SOCIETE 59 Nous espérons bien qu\u2019aucun collège ou couvent ne refusera de souscrire à ce mouvement et fera vendre, par ses élèves, quelques livrets de timbres de la croix du Mont-Royal.Pour nos frères de l\u2019Ontario.Parmi les souscriptions recueillies par nos sections au bénéfice de nos frères d\u2019Ontario, et transmises au Secrétariat à la demande du Conseil général, il convient de signaler tout particulièrement les fructueux résultats obtenus par la section Saint-Stanislas et la section Longueuil.Cette dernière recueillit la jolie somme de $165.60, grâce à un tirage, organisé par elle, dans les maisons d\u2019enseignement de sa localité et grâce aussi au travail de sollicitation individuelle des membres.De son côté, la section Saint-Stanislas a réussi, pour sa part, à former le montant substantiel de $267.57 en organisant sous le haut patronage du curé de la paroisse, M.C.-A.Lamar- che, et avec le concours du cercle local de l\u2019A.C.J.C., une quête à domicile couronnée du plus franc succès.Bravo! et nos félicitations aux membres de Saint-Stanis- las et de Longueuil! On dit que la charité est ingénieuse: en voilà une preuve de plus.Mais que dire quand le patriotisme vient à son aide?Combien d\u2019initiatives de ce genre pourraient être entreprises par nos membres! Elles leur fourniraient une activité capable d\u2019entretenir une vie abondante dans leur section et favoriseraient le recrutement de nouveaux membres qui sentent le besoin de se dévouer pour leurs compatriotes.Les dangers du cinéma.On sait quelle vogue a prise le cinéma chez-nous depuis quelque dix ans et quels dangers il offre à notre population et particulièrement à notre jeunesse, Aussi l\u2019on comprendra que notre Société, qui veut « Rendre le peuple meilleur », ne peut rester indifférente dans cette question.Elle faisait donc parvenir récemment, au procureur général de la province la résolution suivante adoptée, le 14 janvier dernier, lors de sa dernière assemblée conjointe du Conseil général et des présidents de nos sections: a PECAN i aa es EY ers oar) 60 LA REVUE NATIONALE ATTENDU que les autorités du théâtre «Capitol» de Montréal ont fait représenter, durant la semaine du 6 janvier -1924 une pellicule cinématographique intitulée « Flaming Youth » ; ATTENDU que cette pellicule est entachée d\u2019immoralité au témoignage d'hommes responsables et autorisés comme M.le Juge Choquette de Québec et plusieurs pères de familles ; ATTENDU que cette pellicule a néanmoins reeu approbation du Bureau de censure de la province de Québec ; IL est unanimement résolu: que le Conseil général et les présidents des sections de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, réunis ce jour en assemblée conjointe au Monument National de Montréal, protestent énergiquement auprès de M.le Procureur général contre la représentation de cette pellicule et contre l\u2019approbation que lui a accordé le dit Bureau de censure ; Que cette protestation soit également transmise aux autorités du dit théâtre et qu\u2019on insiste auprès d\u2019elles pour que semblable incident ne se répète plus; Que, profitant de cette représentation d\u2019ordre moral, on réclame aussi des autorités de ce théâtre, au point de vue national, que l\u2019on fasse une meilleure traduction française des titres des pellicules représentées à ce théâtre.Formules de douanes en français.On s\u2019est plaint longtemps de l\u2019impossibilité de se procurer à Montréal des formules de douanes en français.Notre Société, qui a réclamé fortement auprès des autorités fédérales à ce sujet, vient d\u2019être informée que toutes les formules désirées en français peuvent être obtenues sur demande aux employés des douanes à Montréal.Il reste donc maintenant à persuader nos marchands canadiens-français ou leurs employés, qu\u2019ils doivent réclamer de telles formules chaque fois qu\u2019ils doivent en utiliser.Que l\u2019on donne à nos réclamations une suite logique chaque fois que nous le pouvons et nous gagnerons ainsi peu à peu le terrain que nous perdions à cause de l\u2019apathie ou de la négligence d\u2019un trop grand nombre.Nouvelle section à Notre-Dame de la Paix.La paroisse Notre-Dame de la Paix de Verdun répondait avec enthousiasme, dimanche, le 3 février, à l\u2019invitation de M.Aimé Parent, trésorier-général de la Société, qui organisa CHRONIQUE DE LA SOCIETE 61 et installa officiellement, ce jour-là une nouvelle section forte de 94 membres.Le conseil immédiatement constitué se compose de MM.Raoul Bergevin, président; Zénon Touchette, vice-président, Alphonse Senay, secrétaire ; Edouard Philippe, trésorier ; J.-I.Bessette et A.-J.Beauregard, conseillers, M.le curé F.-G.Caisse, aumônier.MM.Raoul Bergevin et A.-J.Beauregard sont nommés délégués de la section au Comité régional de Touest.Cette première réunion qui se fit dans le meilleur esprit laisse augurer les meilleurs résultats pour les activités que se propose d\u2019entreprendre cette nouvelle section déjà puissante par le nombre et la qualité de ses membres.Nos meilleurs souhaits de bienvenue à cette nouvelle section et nos félicitations à leurs membres et à leur organisateur dévoué! LE CHEF DU SECRETARIAT.L\u2019'OISEAU BLEU est la revue idéale pour vos enfants.Abonnement annuel au Canada: \"75 sous.296, rue Saint - Laurent - - - Montréal EXIGEZ la marque « AUBRY » sur vos ustensiles de cuisine : ils sont reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos cinquante années d'expérience les placent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers, DELORIMIER, A.AUBRY & FILS, LIMITEE 600 a LE Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914, Garniture de tarte au citron Meadow Sweet 4 tartes : 15 cents.Préparée par les fabricants du fameux fromage MEADOW SWEET, du beurre d\u2019arachides (peanut) et du beurre d\u2019érable, ete. | i 7 i Ww Rs * | 4 A ji ka] MS er ES, Srey REVUE NATIONALE Superbe pour le repassage du linge du Bébé Avec l'EMPOIS CHINOIS Vous serez certains d\u2019un lustre et d\u2019un fini parfait.Chez tous les épiciers Hon.T.FORTIN : Conseil.Perron, Taschereau, Vallée & Genest AVOCATS : Edifice Montreal Trust, MONTREAL Tél : MAIN 8260-8261-8262-8263-8264.Casier Postal 2038 NOTRE PAIN QUOTIDIEN Toute personne voulant avoir un pain qui digére bien, demande a son épicier le pain « VICTORIA » et le PAIN PARISIEN de J.-A.BROSSEAU, fait par des experts.Si votre épicier ne le tient pas, téléphonez au No.Saint-Louis 678.ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES de Montreal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l\u2019industrie et de la finance.BIBLIOTHEQUE ECONOMIQUE, MUSEE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL Délivre les diplômes de « Licencié en sciences commerciales », de « Licencié en scieuces comptables » et de « Docteur en sciences commerciales ».Le diplôme de « Licencié en sciences comptables » donne droit à l\u2019admission dans «l'Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec » et dans « l\u2019Association des comptables de Montréal » (Chartered accountants), Des BOURSES du GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Cours spéciaux, le soir: Comptabilité théorique et pratique, Opérations de banque, Correspondance commerciale anglaise et française, Arithmétique commerciale, Algèbre, Economie politique, Droit civil, Droit commercial, Langues étrangères : Espagnol, Italien, Allemand, ete.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions,etc., s\u2019adresser au DIRECTEUR DES ETUDES.399, AVENUE VIGER - - MONTREAL ES \u2014=oue Le SE {a Free - fe ION S I = a ONE TR / an 7 Un QC, BA TT \u2014 aE) Rat I yu, 7 A7 a À: ETS are Sa ath Carnal @ oO AE SRT 7 hh RAY NEAL D/ 2 = / 7, FA as > TRS æ 2) £3 Ai J 5 rR & i FSI 5 HAY Se À na 2 A WN = A CE a \\ a LS 0 -_ Gc Ci 2 AN Ÿ \u201c rp es #74 GC CE 2 .e CAN oe SE a) A 5 CCE ou \u2014 p= x Vt = === LA = 7 CS ES NS CS FE i EE ; tez- rez | ee 2 = DIRES = \\ CE == Bs | ll | = 2X res Zr) = a.eg ExPorT i \u20ac ; Re >, pres REVUE e : a eo = SP on, 7e ou Les } Fa Re eme = Fa, 3 a v_ 45 es SN SCC 7 AS À SA S ; = EE 7 > S » \u2018 NN NN = 3 Ll S > \\ o XR ga IN Soy Rn Ws & < \u2018 \" => ly = + Bu a = N NATIONALE IMDIA PALE a) = # 2 © es a N { | Let le bouquet e = + = Ÿ 73 2 5) Al Elle en Vaut la Pein fu I «BH XN | pe e / Ë SA j NST SEE Ws Ey WN nN j : 2 < US ; Une ale dont vous appré- ® M ; NY XN > co y J 63 PPR pe as LA REVUE NATIONALE PROTECEZ votre FAMILLE Assurez - vous a \u201cLa Sauvegarde\u201d Polices sur la Vie de toutes sortes SIEGE SOCIAL - - MONTREAL QUAND vous achetez vos harnais, valises, couvertes, malles, ete, etc, exigez toujours la mar- by (UE ALLIGATOR.9) LAMONTAGNE Limitée SES mans 7 338 ouest, NOTRE-DAME, - MONTREAL MADE IN CANADA Québec, P.Q.Winnipeg, Man.ie moe date comen EN L.C.Barbeau & Cie, Limitée IMPORTATEURS ET MANUFACTURIERS d\u2019Accessoires et d\u2019Appareils électriques de tout genre.A = Spécialité : LAMPES DE TOUTES SORTES oT > Tél.M.1040* 320, rue ST-JACQUES Ecole Polytechnique de Montreal GENIE CIVIL\u2014ARCHITECTE\u2014INGENIEUR CHIMISTE\u2014 ECOLE DE PREPARATION Préparation aux examens d'admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Les finissants des collèges classiques sont admis sans examens à l\u2019Ecole de Préparation.COURS D\u2019ETE Des cours d'été spécialement établis pour les finissants des collèges classiques qui désirent entrer directement en 1re année se donnent du 1er juillet au - 15 sept.et préparent les candidats aux examens d'admission de septembre.228, rue ST-DENIS, Tél.Est 3477, MONTREAL BANQUE D\u2019HOCHELAGA Capital versé et réserve.$ 8,000,000.Actif total, plus de .$71,000,000.Fait toutes les opérations de banque.SA CAISSE DE NOEL enseigne et favorise l\u2019économie et l\u2019épargne.Son personnel est à vos ordres.GRACIEUSEMENT OFFERT PAR LA COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE « MONT-ROYAL » 17, RUE SAINT JEAN -.- = -.MONTREAL CE AR BON MONGEAU & ROBERT, LIMITEE 826 EST, RUE MARIE-ANNE Tél.: Saint-Louis 0387-1182-1049.\u2018 MONTREAL Tél : MAIN 8600, 1, 2, 3, 4, 5344 GUNN, LANGLOIS & CIE, Limitée MARCHANDS DE PROVISIONS Oeufs, Beurre, Irromage, Volailles, Viandes fumées, Saindoux.Bureau: 105 est, rue Saint-Paul - - .Montréal MAIN 7107-8-9 FONDEE EN 1865 P.POULIN & CIE, Limitée GROS ET DETAIL .Volaille, Gibier, Oeufs et Plume 36-39, Marché Bonsecours,- Montréal, Quê.MAIS OUI ! 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