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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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Références

La revue nationale /, 1930-08, Collections de BAnQ.

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[" de ANNEE \u2014 Nos 8-9 MONTREAL AOUT-SEPTEMBRE 1930 Organe | de Bont aint-|ean-Baptiste Se Size: ) Ga \u2014 \u2014 MMALRE: La fête des Provinces françaises .\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.ver phases area nre recent nee ne naar essence sc0ne Jules Ledoux 197 Les conférences populaires \u2014 L\u2019enquéte de notre revue.\u2026.\u2026.\u2026cererrrerernccccrscencene Réponses du R.P.P.-E.Farley, C.S.V., M.l\u2019abbé Edouard Beaudoin, M.l\u2019abbé Cyrille Gagnon .\u2026\u2026.\u2026.neccsscrse sense sea ne ere ren nc ces 200 Notre fête nationale .\u2026\u2026\u2026.ssscrreecesserceneure Monument Vauquelin \u2014 Feu de la Saint- Jean \u2014 Messe solennelle \u2014 Cortège his- torique\u2014 Réception et goûter\u2014 Feu d\u2019artifice \u2014 La fête dans les sections .vaucssecsrscrcecssssuen Alphonse de la Rochelle 205 Aux souscripteurs de la féte nationale .eee J.-V.Désaulniers 220 Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL LA SOCIÉTÉ: SAINT- JEAN BAPTISTE DE MONTRÉAL na Fondée en 1834 Comber + = - .Vem ims Ne 2 OE, Se wm : 2 Conseil général Aumônier général: Mgr l\u2019ARCHEVEQUE DE MONTREAL.A Assistant- œumônier général 7 M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supérieur de'l\u2019 Externat.Saint-Sulpice, 1000, bd Crémazie est.Président général: GUY VANIER; C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.¥ ler vice-président général: AIME PARENT, trésorier de la ville de Verdun, 21 avenue Galt, Verdun.2e vice-président général: Ernest BROSSARD, gérant de banque, 410, \u2018rue Beaubien est.Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C.professeur, 3732, rue Saint-Hubert.Trésorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LLL, \u201ciotaïre, 1609, rue Maisonneuve.Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint- Ja acques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 1016, rue Dorchester, ouest, J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur-gérant, 55, rue St- Jacques ouest.Joseph-R.POIRIER, comptable, 2445, rue Saint-Antoine.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.Alfred BERNIER, voyageur de commerce, 48, rue Hazelwood, Outremont.Emile GIGUERE, professeur, 7590, rue Drolet.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.Louis POULIOT, employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Chef du secrétariat: Alphonse de la ROCHELLE, notaire.Bureau No 1, Monument national.Tél: ILAncaster 4364.Organisateur et propagandiste: T.-Auguste POUPART.7125, rue Christophe-Colomb.Téléphone: CAlumet 8284-W.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Uaisse de Remboursement \u2014 le Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014.la Société Nationale de Colonisation.La direction de la Revue nationale ne s\u2019 engage pas à rendre les ma- nuserits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.TE La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Inc.imprimeurs- éditeurs, 1723, rue Saint-Dénis.Tél.: HArbour 8216.40 pures Qt it Ti alk Li Tots fA oom - - « * Wessel 7 = ° usa 3 74 9 23 J 4 à À | i A oF $A 8 1d a i ; Bi Fh gn i 2 NU RÉ Ÿ = 28 IA DHS VisEZ \\ A a À L'INDÉPENDANCE par la pratique constante de L'ÉCONOMIE LA BANQUE D'EPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL \"La Grande Banque des Travailleurs\u201d Fondée en 1846 Succursales dans toutes Coffrets de sûreté à toutes les les parties de la ville.Succursales.Service de \u2018\u2019La garde S.519 des titres au Bureau Principal. 194 LA REVUE NATIONALE Ce que notre Banque vous offre: Le service d\u2019un personnel courtois.Des services techniques complets.Une collaboration intelligente.Une garantie de sécurité exceptionnelle.La même sincère bienvenue, que vos épargnes soient petites ou considérables.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège Social \u2014 Montréal EXIGEZ la marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une tiës grande durabilité et nos cinquante- six années d\u2019expérience les placent parmi les meilleurs sur le mars ché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers.A.AUBRY & FILS, LIMITEE 79% ONTREAL Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.INCOMPARABLE POUR TARTES ! \"15¢ 1a boite - ges a Refusez { suffisant pour 4 Tartes ~ Sted , toutes === oN ir > imitations Encouragez nos annonceurs TE 11 LA REVUE NATIONALE 195 Contes Historiques L\u2019Histoire du Canada, avec texte et images en couleurs 16 contes, reliés en un magnifique album \u2026.\u2026.\u2026.oo $0.30 franco En feuilles détachées: le cent .cee eve veer vues once vote $0.80 franco Edités par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 1182, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL BANQUE CANADIENNE NATIONALE Capital versé et réserve, $14,000,000 Actif, plus de $152,000,000 LA GRANDE BANQUE DU CANADA FRANÇAIS 265 suceursales au Canada dont 224 dans la province de Québec Nos ressources sont à votre disposition NOTRE PERSONNEL EST A VOS ORDRES Tél.: CAlumet 4168 Membre de la Section Saint-Edouard J ~A.ST- AMOUR Ltée, ENTREPRENEURS ELECTRICIENS Assortiment complet d\u2019accessolres électriques.La Croix du Mont-Royal est une preuve de l'excellence de notre travail.6579, rue SAINT-DENIS - - - - MONTREAL Succursale: SAINT-HYACINTHE MEMBRES DE LA SOCIETE Abonnez vos garçonnets et vos fillettes à L\u2019OISEAU BLEU Revue illustrée pour In jeunesse LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL 1182, rue Saint-Laurent, Chambre No 1 Un numéro vous sera envoyé gratuitement sur demande K.C, SATISFACTION GARANTIE Tél : BElair 0408 ERNEST MEUNIER Membre de la section Saint-Jean-Baptiste No.13 TAILLEUR FASHIONABLE 994 est, RUE RACHEL - - - - MONTREAL Prés du Parc LaFontaine Tél.: LAncaster 7700-3378 LA CIE J.& C.BRUNET Limitée PLOMBERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ELECTRICITE \u2014 CHAUFFAGE 1095, BOUL.SAINT-LAURENT - - - MONTREAL Encouragez nos compatriotes 196 LA REVUE NATIONALE CRÈME À LA GLACE pour Réceptions ou pour Desserts :: elle est toujours appréciée :: Aujourd\u2019hui nous la livrons paquetée avec de la Dry-Ice (glace sèche), ce qui fait un paquet absolument propre et élimine l\u2019eau salée et les désagréments qui en résultent LIMITÉE PEPTONINE Nourriture Idéale pour les Bébés \u2014 COUPON \u2014 LA PEPTONINE 1590, Ave de Hotel de Ville - - - MONTREAL, Qué.Veuillez m\u2019adresser gratuitement votre brochure NOM: _.\u2026vovcocsonsenrerroreresrererauranaanereneesescesen rentes rene I seVensén ares cesser ecran eS00v000E ADRESSE: _.\u2026\u2026errccrsavrrrarenereneneneerenmerennsererreracerncrnenentscaaseesrrcecean nc avana sc erse0000E pagnie J Assurance surla Vie MONTREAL Téléphone: AMherst 3038 OVIDE LEPAGE, ENR.ENTREPRENEUR ET IMPORTATEUR Marbre, Tuiles, Terrazzo, Tableaux en ardoise naturelle Atelier et bureau: 4094, RUE \"ARTHENAIS (près rue Rachel) MONTREAL Ja Saubegarde ve £102 : Ox FC Ces jae ne i (nose ne vu pe Ëlrg log, Vio: (mop tt de aay iy fer Bas; &(; 12e ANNEE \u2014 Nos 8-9 MONTREAL AOUT-SEPTEMBRE 1930 LA REVUE NATIONALE La Fête des Provinces françaises Paris, dimanche 22 juin 1930.\"OCEAN, auquel j'ai dit adieu dimanche dernier, me sépare L du Canada.Vagues sur vagues, ondulations après ondulations, plaines marines infinies, rues de la mer que l'imagination multiplie par delà l\u2019horizon sans cesse reculé.Que d'eau! Que d\u2019eau! disait un pochard et que la rue Sainte-Catherine est loin! Cette année je ne verrai pas la procession de la St-Jean-Baptiste.C\u2019est un spectacle d'art qui nous fait honneur.Depuis deux ans, j'ai eu la bonne fortune, quoique voyageur toujours par monts et par vaux, d\u2019y assister en compagnie d'amis très chers.Le calendrier tout à l'heure consulté a évoqué dans mon esprit, que tant de choses sollicitent à l\u2019arrivée à Paris, le souvenir vermeil de la fête nationale toute proche.Dans la solitude volontaire de ma chambre d'hôtel, en cette soirée dominicale, paisible sur la rive gauche et que je sais si tapageuse là-bas, rive droite, sur les boulevards, avenue des Champs- Elysées, à Montmartre, je mêle, dans une songerie un peu mélancolique, ponctuée par la voix nasillarde des avertisseurs d'autos, des visions de vingt-quatre juin à l'évocation des fantômes les plus émouvants de la vieille France de nos aïeux.Qu'ils m'ont paru charmants hier, ces fantômes, parés des prestiges des vieilles danses et des vieux chants.A Luna-Park, parc Dominion parisien, un grand journal avait inauguré la Fête des Provinces françaises, avec six cents participants en costumes régionaux.Beau raccourci du monde d'après- guerre que ce film du passé donné dans un \u2018\u2018dancing\u2019\u2019 (langage parisien), à côté des bruyantes machines d\u2019amusement importées de Coney Island! Les sereines ou riantes images de la tradition in- Re A pu 'B Ë Wi 198 LA REVUE NATIONALE sérées pour une couple d'heures dans la cohue de la bacchanale moderne! Les danseurs et les chanteurs, ce sont des provinciaux de la capitale, de petits groupes plus ou moins compacts, des îlots flottants des provinces de jadis morcelées en départements.\u201cIls ont beau essayer de parler patois, ce n\u2019est plus du tout cela\u2019, disent mes voisins.Mais les costumes sont authentiques, et d\u2019une telle variété, l'entrain communicatif.Les acteurs sont à eux-mêmes un spectacle.Ils s'amusent autant que les spectateurs.Souplesse, grâce, aisance naturelles des Latins! Les beaux gars et les gracieuses et belles filles dans les atours du pays! Après la procession dans le parc, les binious des Morvandiaux ouvrent la soirée en jouant les vieux airs.Vestes de velours, souliers à grandes boucles, chapeaux ronds à rubans, culottes et bas des hommes, bonnets de dentelle tous plus coquets les uns que les autres, élégants corsages, pourpoints, amours de jupes, c'est une noce bretonne.C\u2019est un coin de Bretagne qui s'amuse, danse et chante.Un coin de Bretagne et non la Bretagne, car chaque village a son genre de coiffe, son costume particulier.Jacques Cartier et ses compagnons ressemblaient peut-être à ces figurants d\u2019un passé moribond.Les danses du Poitou évoquent aussi une région d\u2019où de nombreux Canadiens tirent leur origine.Puis défilent et évoluent des groupes qui manifestent sous des traits divers \u2018\u2019le visage innombrable\u2019\u2019 de la France.Le club sportif de la vallée du Rhône, bérets bleus, culottes et jupes blanches ,groupe merveilleusement discipliné et souple, anime le plateau de la verve, de la poésie, de la beauté de la Provence.Un conte d Alphonse Daudet se réalise sous nos yeux fascinés.La farandole est ravissante, même sur cette scène nue et comme je rêve de la voir un jour sur le pont d'Avignon, ou dans les blanches rues d\u2019 Arles.Et les quadrilles d'autrefois! Les cornemuses et les vielles jouent les vieux airs du Berri et les paysans de la baronne du Devant (Georges Sand) ressuscitent et dansent à ravir, avec quelle fougue et quel ensemble! Les chanteurs de Franche-Comté rendent avec succès l\u2019Ane de Marianne et chants francs-comtois.Le chibruli et le rigodon exécutés par \u2018Les Enfants de l\u2019Ain\u2019\u2019 exhalent la gaieté du terroir.Puis ce sont les chanteurs limousins de Paris dans leur répertoire de danses et choeurs harmonisés par M.Larderet.Vrais artistes, ils suscitent de vifs applaudissements par leur précision et leur élégance.Pout I) mat ga fis i | ts Ld © ri io bs i tio.tit tar uw ok (IC, aux Qu del date sq pit fore (ts J Font LA FETE DES PROVINCES FRANÇAISES 199 Point de ces hésitations ou de ces flottements remarqués chez certains groupes.C'est net et brillant comme les émaux de Limoges.Pour la première fois, je vois danser une bourrée.Quelle vivacité de mouvements! Quelle gymnastique! La rudesse et la santé de l'Auvergne éclatent dans ce rythme allègre.C\u2019est une des régions les plus originales et les plus savoureuses de France.Autres montagnards magnifiques, les Basques brillent par la robustesse et l\u2019agilité.Un quatuor d'hommes exécute dans la perfection la danse de Satan, la gavotte, la danse du verre.La belle race pleine de sève! Ces gaillards excellent à joindre la force à l'élégance en dansant ou en jouant à la pelotte.L\u2019Alsace, malgré le conflit de l'après-guerre, garde toute sa popularité.On acclame les rubans noirs bien connus fichés dans les cheveux.Une américaine pousse des gloussements d'admiration.Elle voudrait tant se coiffer à l\u2019alsacienne.Les filles au teint fleuri et les gars rieurs chantent et dansent avec un entrain qui n\u2019a rien de germanique.Puis c\u2019est au tour de la Lorraine, la province soeur \u2018En passant par la Lorraine\u201d.Les rondes lorraines déroulent leurs anneaux vivants, comme au temps de Jéhanne.J'ai réservé pour la fin la Normandie.Si blasé qu'on se croie, on ne résiste pas à l\u2019émotion de retrouver des visages pareils aux visages de nos \u2018\u2018habitants\u2019 et un accent pareil à l'accent de Québec.Rappelez-vous le deuxième volume de l'histoire de France de Michelet, cette évocation des régions de la mère patrie, ce tableau chatoyant de ces pays si divers qui forment la France, chacun ayant ses qualités propres, son sol, ses paysages, ses vins, sa cuisine, son patois.C'est dans le terroir que la France puise le meilleur de ses forces.Paris est une mangeuse d'énergies.Vain spectacle, divertissement d\u2019une heure, ces provinciaux, ces provinciales de Paris, dans leurs pittoresques costumes, renonceront tout à l\u2019heure aux battues, aux entrechats, aux contre-danses, aux \u2018\u2018tourniquets\u2019\u2019, aux virevoltes, aux \u2018\u2018ailes\u2019\u201d de pigeons, pour valser à la viennoise, tanguer à l\u2019argentine, fox-trotter à la gan- qui, jusqu\u2019aux petites heures du matin.Horreur qui n\u2019a rien de sacré! Le régionalisme, qui est la beauté, la diversité, la tradition, cède à l\u2019internationalisme, le laid, l\u2019uniformité, l\u2019artificiel.Trésors de la vieille France, où disparaissez-vous le plus vite, dans Québec ou en Europe?Jules LEDOUX pra; Ap tis a A a 3 3 Ru Be A RG [ie au 200 LA REVUE NATIONALE LES CONFERENCES POPULAIRES L'ENQUETE DE NOTRE REVUE Réponse du R.P.P.-E.Farley, Préfet des études Séminaire de Joliette, 15 mars 1930 A M.À.de la Rochelle Directeur de la Revue Nationale Monsieur, Je viens de recevoir votre lettre par laquelle vous voulez bien me faire part d\u2019un projet de conférences populaires dû à l\u2019initiative de la Revue nationale.J'applaudis de tout coeur à cette idée, et trouve, avec vous, que cette méthode de propagande ne manquerait pas d'être efficace.L'article de M.Guy Vanier me paraît une analyse fort juste de notre situation présente.Il appartenait à la Société Saint-Jean- Baptiste de continuer par de nouvelles et fructueuses réalisations le travail qu\u2019elle accomplit depuis longtemps en notre pays.Mieux que moi cependant vous concevez la difficulté, chez nous, d\u2019une telle forme d'action.Excellente en elle-même, elle se heurtera nécessairement à bien des obstacles.Le mot \u201cconférence\u201d est presque un épouvantail auprès de notre population canadienne- française.Tout de suite, il donne l'impression de quelque chose d\u2019austère, d\u2019ennuyant, disons le mot, \u2018\u2018d\u2019assommant\u2019.Chose bien étrange: notre peuple aime la parole publique, raffole des discours et déteste les conférences.Au cours des élections politiques, on franchit des milles et des milles pour assister à une assemblée, on reste 13 pendant des heures sous un soleil ardent ou même sous une pluie battante; et tant qu'il y a des orateurs il y a des auditeurs.Comment se fait-il donc que, pour une conférence, les organisateurs, qui parfois se donnent beaucoup de mal, restent impuissants à réunir un auditoire convenable?La cause en est, me semble-t-il, à ce que nous avons mal conçu le genre \u201cconférence\u201d.I'rop souvent, des hommes de grand mérite et même de grands talents sont venus lire devant le peuple des travaux trop sérieux et rédigés en une forme trop dense.Si les orateurs de \u2018\u2018hustings\u2019\u2019, fort médiocres, vous le _ gril qui 1 ok se qui pls ad oral: - ut : nous à ques pour à qu.fain | prgr: franc parer tons ie Mig \\ anc bi ton\u201d A ins Maures le 1 À qu ré LES CONFERENCES POPULAIRES 201 savez bien, retiennent quand même la foule, c'est qu'ils savent se mettre à sa portée, déploient de l\u2019esprit, content des anecdotes, amusent les gens tout en les instruisant.À vrai dire, ils ne les instruisent pas toujours.Mais leur manière n\u2019en reste pas moins celle qui a chance de réussir auprès du peuple.Et que dire des assemblées contradictoires?Voilà qui pique la curiosité, attire la foule, suscite des discussions parmi les auditeurs non moins que chez les orateurs.En France, les conférences sont nombreuses; mais il y en a pour tous les goûts et de tous les degrés.M.le chanoine Desgranges nous a conté, autrefois, les grands succès de ses conférences apologétiques.D'ailleurs, pas n\u2019est besoin de faire venir ici Sébastien Faure pour animer la discussion et mettre en relief les arguments catholiques.On peut fort bien organiser des conférences contradictoires entre gens bien-pensants.Ce qui importe, c'est de présenter un programme vivant, passionnant, amusant au besoin, avec des conférenciers qui n\u2019ont pas trop besoin de leurs feuilles, mais qui savent parler dans les yeux, debout, avec des gestes un peu éclatants.Quelle découverte merveilleuse feraient nos conférenciers, s'ils se rendaient compte que le genre populaire est celui qui convient le mieux au peuple ! Vous n'êtes pas en peine de \u2018trouver les idées qu'il faudrait répandre.Tout est à dire: et quand on l\u2019a dit, il est déjà temps de le répéter.Voulez-vous, quand même me permettre une suggestion?Il me semble que l\u2019éducation devrait avoir une plus large part dans nos réflexions et dans notre action intellectuelle.On discute beaucoup à Montréal, autour de l'éducation.La Commission scolaire fait l\u2019objet de commentaires quotidiens.Mais on pénètre très peu la question elle-même.On juge les hommes, on étudie fort peu les méthodes.Les étrangers qui nous visitent sont fort édifiés de nos familles nombreuses, mais ils le sont beaucoup moins du peu de peine que nous nous donnons pour bien élever nos enfants.Y a-t-il dans le Dominion une province qui dépense moins que la nôtre, à proportion évidemment de sa population, pour l'instruction publique?Nous avons des écoles en bon nombre, il est vrai, mais combien avons-nous d'oeuvres post-scolaires?Notre littérature est encore jeune, mais je crois que son chapitre le plus pauvre est encore celui de la littérature enfantine.Nos revues se multiplient, chaque année, surtout nos revues pieuses.Mais ne croyez-vous pas qu'il vaudrait mieux, même pour le bien de la religion, avoir quelques \u2018\u2018bonnes Réponse de M.l'abbé Edouard Beaudoin MLAS SENN Fa ri MIS LEHANE AACN pc it car ati tite AE 202 LA REVUE NATIONALE annales\u2019 en moins, et posséder une bonne revue pédagogique pour les parents?D'où vient le mal?De ce que notre peuple ne comprend pas suffisamment l'importance de l'éducation, et l'obligation qu'il y a pour chacun de travailler à préparer la génération qui va suivre.Ne vous semble-t-il pas qu\u2019une propagande en ce sens pourrait, non seulement stimuler les parents au travail qui s'impose auprès de leurs enfants, mais encore propager un grand nombre d'idées utiles à la formation de notre peuple.Le souci de l'éducation me paraît la forme suprême d\u2019action intellectuelle, celle qui englobe toutes les autres ou.du moins les entraîne.Les parents comprendront fort bien la nécessité de conserver notre langue dans toute sa pureté, quand ils voudront entreprendre de la bien faire parler à leur fils.Ils seront de meilleurs patriotes, s'ils ambitionnent d'enseigner la patriotisme à leurs enfants.Et si, par exemple, les conférenciers se mettaient à ce point de vue, ils auraient plus facilement l'oreille des pères de famille.Voilà, cher monsieur, quelques idées que je vous adresse dans une forme improvisée, mais qui sont peut-être le fruit d'une longue réflexion.Puissiez-vous y trouver quelque profit?C\u2019est mon unique désir.Avec l'expression de mon profond respect, je vous prie d'accepter l\u2019assurance de mon religieux souvenir.Le Préfet des études P.-E.FARLEY, C.V.S.Professeur à l\u2019Ecole d'agriculture, Sainte-Anne-de-la-Pocatière Le 15 mars 1930 Monsieur Alphonse -de la Rochelle Directeur de la Revue nationale Montréal Cher monsieur, Après avoir lu avec plaisir l'article de Monsieur Guy Vanier, paru en novembre 1929, dans la Revue nationale, vous me demandez, en vue d'enquête, RD PRO Ur, LES CONFERENCES POPULAIRES a) «2 que vous pensez de cette forme d\u2019action intellectuelle?C'est la \u2018méthode la plus rationnelle et la plus effective pour les intellectuels de faire profiter leurs compatriotes de leurs études antérieures; d'orienter les nouvelles générations vers un but pratique et patriotique.b) sur quelle idée il paraît le plus urgent de faire porter la propagande.Sur l\u2019idée d\u2019économie, qu\u2019avaient nos pères, que perdent les descendants au contact des méthodes américaines.C\u2019est l\u2019économie du peuple français qui fait sa résistance surprenante, et c\u2019est le peuple le plus économe qui à la longue aura la victoire finale.Et le moyen de la faire pratiquer, c\u2019est la tenue des recettes et dépenses, et à la fin de l\u2019année, l'analyse des surplus ou des déficits.c) les motifs qui déterminent vos préférences.C\u2019est qu\u2019il nous faut reconquérir petit à petit notre domaine national envié et possédé en partie par le capital étranger.Ce sont les économies de tous qui nous rendront indépendants.Pour la classe agricole, la comptabilité, l'analyse des bilans annuels, est le meilleur moyen de faire pénétrer les méthodes nouvelles d'exploitation, et de faire adopter rapidement les meilleurs moyens de comtr£ie, pour l'achat et la vente en coopération.Vous félicitant pour cette campagne entreprise, et vous souhaitant de la mener à bonne fin, je demeure votre tout dévoué.Edouard BEAUDOIN, ptre Réponse de M.l'abbé Cyrille Gagnon Directeur du séminaire de Québec Québec, 15 mars 1930 Cher monsieur, Voici, en un premier jet, ce que je pense des Conférences populaires.a) C\u2019est une excellente forme d'action catholique et nationale, fort utile et fort opportune aussi.Dieu veuille qu'à Montréal, à Québec et dans toutes nos villes on en donne de plus en plus.LN ES ESN FER FUN RR A I ERR ICU NN ROY RAT 204 LA REVUE NATIONALE b) Les sujets ne manquent pas certes, et ceux que l\u2019article mentionne sont parmi les plus importants.Permettez-moi d'ajouter: 1.La vie de famille; 2.Les Oeuvres de jeunesse; 3.Le respect de l\u2019autorité, religieuse, civile, domestique et même patronale; 4.Le sens de la justice et de l\u2019honnêteté; 5.Le sens national, au sens de la nation canadienne comme au sens de la nationalité canadienne-francaise; 6.L\u2019action sociale catholique ou I'apostolat laique, si important 2 'heure actuelle; 7.Nos traditions religieuses, en commençant par leur fondement: une foi sincère, profonde, faite de convictions et non de formules vides ou de pratiques purement \u201c extérieures.c) Ces sujets, et peut-être d\u2019autres encore, me paraissent de première importance pour maintenir dans notre peuple la vraie mentalité catholique et nationale qui doit le caractériser, la mentalité de nos pères qui est en train d'être supplantée par la mentalité protestante et américaine.Ne constatez-vous pas, dans nos grandes villes, un concept de la vie qui diffère de plus en plus du concept des ancêtres, et qui se rapproche de plus en plus du concept américain ?L'argent, la vie facile, les plaisirs sont en train de passer au premier rang de nos préoccupations; sans doute nous restons catholiques .jusqu\u2019à un certain point, par la pratique extérieure des rites, mais l'esprit se vide des fortes convictions dont s\u2019inspiraient nos pères, et nous devenons fort conciliables des façons de faire, ou des attitudes de pensée et de parole qu'ils abhorraient, les jugeant absolument incompatibles avec leur foi chrétienne; ainsi les toilettes des femmes, les théâtres, le cinéma, les danses lascives, les fréquentations.Ainsi les clubs neutres, les idées larges, la tolérance religieuse, la liberté d'opinions (!) religieuses, etc, et que dire de l\u2019observation du dimanche chez nous?travail et amusements?et que dire de la déformation de la conscience professionnelle et en affaires?Bref, il y a ample matière à conférences intéressantes.Bien vôtre en N.-S.Cyrille GAGNON, ptre t NOTRE FETE NATIONALE 205 Notre fête nationale Manifestations splendides: dévoilement du monument Vauquelin, feu de la Saint-Jean, messe au parc LaFontaine, ralliement patriotique, cortège historique, feu d\u2019artifice.E N\u2019AI pas la prétention de faire en quelques lignes le récit détaillé des manifestations qui ont marqué cette année la Pad célébration de notre fête nationale.Le souvenir de cette journée est resté vivace dans toutes les mémoires et m'en dispense.MONUMENT V AUQUELIN Jean Vauquelin naquit à Dieppe en 1727.Il s'illustre à la Martinique et à Louisbourg.En 1758, il reçoit le commandement de deux frégates.Il quitte la France et fait voile vers le Canada pour y tenir en alerte la flotte de Wolfe, qui a mis le siège devant Québec.Lorsque cette ville capitule, il s'embarque avec ses marins, afin d\u2019empêcher ses vaisseaux d\u2019être compris dans l'acte de capitulation.Après la victoire de Lévis à Sainte-Foy, il prend position à l\u2019Anse-au-Foulon et fait des reconnaissances de nuit.Les Canadiens vivent dans l\u2019anxiété.Tous les regards sont tournés vers la France, mais hélas! c\u2019est une flotte anglaise qui apparaît au lointain sur les eaux du Saint-Laurent.Elle attaque la flottille française qui riposte avec bravoure.Vauquelin sur l'Atalante, échouée à la Pointe-aux-Trembles (en bas), supporte le feu des frégates anglaises jusqu'à complet épuisement de ses munitions.Sur le mât d'artimon qui n\u2019est plus qu\u2019un tronçon, Vauquelin y plante son pavillon, ordonne à ceux de ses hommes que la mitraille n\u2019a pas touchés, d'aller rejoindre l\u2019armée du chevalier de Lévis, jette son épée dans le fleuve pour ne pas la rendre et attend, impassible, au milieu de ses blessés, sur son navire devenu -la proie des flammes.il, si j'avais eu de la poudre; quant à abattre mon pavillon, vous Les Anglais surpris de ce silence lui demandent de continuer le feu ou d'amener son pavillon.Je n\u2019aurais pas cessé le feu, répond- 206 LA REVUE NATIONALE pouvez le faire si c\u2019est votre désir, mon affaire ayant toujours été de faire abattre celui des autres.Cette intrépidité excite l\u2019admiration de Swanton, commandant anglais.L'héroïque marin obtint sa liberté et le privilège de retourner en France en amenant avec lui ceux qu\u2019il désignerait.Le capitaine reçut l\u2019ordre de le conduire et de le débarquer au port qu\u2019il choisirait lui-même.Le monument, oeuvre du sculpteur Benet, inauguré le 22 juin, dans l\u2019après-midi, sur la place Neptune, entre l'Hôtel de ville et le Palais de Justice, à Montréal, rappelle ce fait d'armes qui immortalisa à jamais Vauquelin.FEU DE LA SAINT-JEAN Le 23 juin au soir, vers 10 h.le R.P.Georges Robichaud, S.J., curé de la paroisse de I'Immaculée-Conception, délégué de S.G.Monseigneur l'administrateur du diocèse, bénit le superbe bûcher, préparé avec grand soin, sur le terrain de jeux du parc La Fontaine par M.J.-F.Gingras, président actif du Comité du feu de la Saint- Jean.Ce bûcher se composait de 224 barils vides, de 200 traverses fournies par la Compagnie des Tramways de Montréal et de 40 \u2018charges de branches sèches.Le feu allumé par M.Guy Vanier, président général, se communiqua très vite à cet amas si inflammable.Les applaudissements des 25 ou 30 mille personnes qui encerclaient le brasier crépitèrent avec autant de vigueur et d\u2019ardeur que les flammes elles-mêmes.La flambée fut magnifique; elle dura plus de trois heures.La foule chantait nos chansons populaires sous la direction de M.Guillaume Dupuis, maître de chapelle à Notre-Dame, accompagnée par la fanfare de l\u2019Institut Saint-Antoine et par l\u2018'Harmonie de Montréal.MESSE SOLENNELLE Le 24 juin, le soleil se leva brillant, :mais vers 8 h., des nuages le dérobèrent aux regards de la foule qui se dirigeait déjà vers le kiosque du parc La Fontaine tout décoré de banderoles, d'écussons et de drapeaux.A 9 h., S.G.Monseigneur Gauthier, archevêque-coadjuteur, pour continuer la tradition, célébra lui-même la sainte messe, assisté de M.l'abbé Charles-Auguste Labelle, vicaire à Saint-Louis-de- France, et de M.l'abbé Romuald Chayer, ce dernier agissant aussi comme maître des cérémonies.nal du centre, prononça le sermon de circonstance ce jour-là.SERMON DU R.P.ALEXANDRE DUGRE, S.J.NOTRE FETE NATIONALE 207 Le R.P.Alexandre Dugré, S.J., aumônier du Comité régio- \u201cPosui verba mea in ore tuo, et in umbra manus meae protexi te, ut plantes coelos et fundes terram™ .\u201cJ'ai mis mes paroles dans ta bouche et je t'ai couvert de l'ombre de ma main, pour étendre les cieux et fonder une terre\u201d.(Isaïe, c.51, v.16) Mes frères, Heureux le peuple dont la célébration patriotique s'ouvre par un hommage national, dans le décor de sa grande nature, au Dieu créateur du monde, au Christ, roi des nations; Heureux le peuple dont la plus belle fête n\u2019est pas un anniversaire de rivalité contre un voisin, un exploit de guerre et l'écrasement d\u2019un plus faible, mais la glorification d\u2019un saint protecteur, dont la mission unique de préparer sur terre les voies du Seigneur ressemble étrangement à celle de la race française en Amérique; Heureux le peuple que la parole de Dieu dirige à ses origines et dès avant son existence: \u2018\u2019Posui verba mea in ore tuo\u201d\u2019; que la main du Seigneur contient miraculeusement lorsque les secours ordinaires l\u2019abandonnent et que les puissants désirent sa mort: \u201cEt in umbra manus meae protexi te\u201d; que Dieu a élevé à une oeuvre de ciel dans une paisible conquête catholique du sol: \u201cUt plantes coelos et fundes terra\u201d.Quelle fierté pour nous de penser que notre petit peuple, comme peuple, a été utile aux desseins de la Providence dans le monde; que non seulement comme individus servant Dieu dans l\u2019intime de nos âmes et de notre foyer, mais comme peuple notre passé, notre présent, notre avenir, toute notre existence n\u2019ait sa raison d'être que dans une conquête religieuse; si bien que le jour où nous démissionnerions indignement de cette mission si haute et si rare, aucun autre caractère ne nous distinguerait plus des voisins, et nous serions mûrs pour l'assimilation.De même que saint Jean-Baptiste fut proclamé par le Christ \u2018le plus grand des enfants des hommes\u2019\u2019 parce qu\u2019il était né pour 208 LA REVUE NATIONALE être le précurseur, l'annonceur du Messie arrivé sur terre; parce qu'il eût le courage de s'opposer aux vies licencieuses, de prêcher la pénitence, qui était bien tombée de mode, et de ne pas se laisser entraîner lui-même par le courant général de jouissance et d\u2019impiété, acceptant la prison et la mort pour tenir tête au pouvoir abusif d'Hérode, mené par une danseuse; ainsi notre race canadienne- française s\u2019est attirée, elle s'attirera encore la protection de Dieu et le respect de l'histoire, tant qu\u2019elle restera elle-même, distincte des autres qui n\u2019ont pas la foi, qui n\u2019ont pas reçu la mission bien définie d'apporter ici l'Evangile avec les mots de France, d'ouvrir le ciel aux tribus indigènes et à leurs missionnaires et d'ouvrir la terre à la semence divine, de peupler une patrie de la terre qui soit orientée vers le peuplement de la patrie du Ciel: \u201cUt fundes ter- ram et plantes coelos\u2019\u2019; en sorte que nous pouvons développer chez nous l\u2019amour national sans arrière-pensée, sans crainte de jamais dépasser la mesure tant que nous pratiquerons le mot admirable de Mgr Bourget: \u2018Notre religieux patriotisme fait que le bon citoyen aime et défend sa patrie comme s'il était simple citoyen\u201d.C\u2019est aux jours les plus catholiques de la France, après la conversion d'Henri IV, et après les victoires de Richelieu sur les protestants de La Rochelle, aux jours de la plus belle langue et de la plus belle civilisation, que notre Champlain réussit à faire triompher son rêve d'un pays qui ne soit pas seulement un poste de commerce, une série de comptoirs à enrichir des marchands, mais pays neuf, de missions chez les indigènes, et de fondation agricole française à même la forêt, une suite de défrichés toujours agrandis, le long du fleuve et des rivières, qui deviendrait une Nouvelle- France, une nouvelle-Eglise: le nouveau monde offert au Christ par nos croix plantées par les prises de possession officielle.Le rêve était trop beau, trop divin: la mesquine politique humaine empêcha la France de voir assez grand, d'envoyer assez de familles ici pour devancer les colonies rivales; et tandis que cent mille puritains anglais persécutés se consolidaient au bord de I\u2019 Atlantique, seulement huit mille Francais, en cent cinquante ans, arrivaient a Québec, pour occuper le territoire jusqu'au Détroit, jusqu'aux Montagnes Rocheuses, jusqu'au Golfe du Mexique.Rêve immense de coeurs généreux qui sentaient en eux le désir apostolique de voir la vraie foi établie dans tout le continent: Posut verba mea in ore tuo.ut fundes terram;\u201d rêve malheureusement incompris des ministres d'Europe, qui ne pouvaient bâtir un empire ici, trop occupés à démolir les voisins là-bas.C\u2019est ainsi TE SEE SEE A RARE Gi pe 8 ti ti {a i # sas pike pou Cu tn ton de; tx frs; NOTRE FETE NATIONALE 209 que deux rois de France, l\u2019un orgueilleux, l\u2019autre viveur, ne furent pas assez prévoyants pour deviner l'Amérique, pour la couvrir de ces beaux hommes qu\u2019ils faisaient tuer dans des guerres jalouses, et pour offrir à Dieu un admirable nouveau-monde.Pourquoi I\u2019 Amérique n\u2019est-elle pas aujourd\u2019hui toute catholique et française, de la Baie d'Hudson au Mexique?Parce que la politique de la France n\u2019a rien vu, rien compris à la grandeur future entrevue par Champlain, par Talon et par les missionnaires, et à la nécessité de préparer la survivance du plus fort, dans cette lutte de 1760, où nos pères n'étaient que soixante-dix mille contre deux cent cinquante mille Anglais.Pourquoi, du moins, le Canada, lui, n\u2019est-il pas aujourd'hui presque tout catholique et français, puisque nos pères y étaient tout seuls, après la conquête?C\u2019est que nos gens, depuis 1760, ont trop douté.Notre peuple est deux fois victime de l'imprévoyance: d\u2019un manque d'immigration française pendant la moitié française de son histoire et d\u2019une pénible émigration canadienne dans la seconde moitié.Quelle douleur aujourd'hui de regarder cette carte géographique, du nord au sud, et de nous dire: \u201cTout ce continent serait à Dieu et à notre civilisation si nos pères eussent été amenés plus nombreux vers ces forêts vierges: et de l\u2019est à l\u2019ouest: \u2018\u2019Ce grand Canada serait en majorité catholique et français, si les fils de nos pères n'étaient partis si nombreux pour des villes étrangères où 1ls ne comptent plus pour nous.Notre race a-t-elle trompé l'attente de Dieu?Cette vérité que Dieu avait mise dans sa bouche pour la faire pénétrer dans des terres, des cantons, des provinces: ut fundes terram; ces peuples à convertir qui habitaient l'Amérique, et ceux que les transatlantiques du dernier siècle ont jetés dans le fondoir anglo-matérialiste, s'ils étaient donc tombés dans un continent catholique; s'ils s'étaient donc fusionnés à la majorité de partout, qui eût été la notre .Oh! mes frères, il est presque ridicule d'envisager cette idée d\u2019une Amérique toute à nous, avec New-York, Halifax, Vancouver, la Nouvelle-Orléans, villes et ports de mer français, plus français que notre Montréal: oui elle serait risible cette idée, cette vision-là, si elle n\u2019était souverainement triste, si elle ne rappelait une effroyable maladresse des dirigeants d'autrefois qui ont fait tuer de splendides Français pour de stériles et orgueilleuses victoires, alors que cent mille, que cinquante mille de ces beaux soldats eussent cons- au rs de gan Se Rr) eo! [9 15 \"a rv {he i 210 LA REVUE NATIONALE truit ici l\u2019empire des siècles, l'Eglise qui eût peuplé le ciel.Du moins, frères, ne réussirons-nous pas à sauver, à développer notre tronçon de race encore au Canada?Nous avons donné aux Etats-Unis depuis cent ans une moyenne de dix mille jeunes gens par année, cinq mille foyers possibles, vingt-cinq paroisses de deux cents familles, et cela au moment où les immigrants venaient prendre chez nous les terres et les places que nos pères avaient retenues pour nous, et que l\u2019on ne nous aidait pas à prendre.Nous avons donné nos gens; les étrangers sont venus; nous ne sommes plus que le quart des Canadiens nous qui étions les cent pour cent jadis, et que Dieu a comblés de si belles familles, pour que nous continuions toujours la conquête catholique.Où donc faut-il jeter la faute de cette navrante absence de calcul, de stratégie, de clairvoyance?Des voix se sont levées depuis un siècle, pour empêcher la perte de la jeunesse par l\u2019émigration: c\u2019étaient presque toujours des voix d'évêques et de prêtres, patriotes autant que missionnaires, désireux de consacrer quelques étendues de plus au Créateur de la terre, et d'offrir au Roi des peuples un peuple présentable, un peuple qui s'impose par le nombre, par la qualité, par le territoire occupé.Nous qui pouvions être la moitié de l'Amérique, nous avons tellement perdu de nos enfants grandis, de ces grands garçons et de ces grandes filles de nos campagnes, qui allaient chercher en exil des foyers que la patrie ne leur aidait pas à créer, que nous sommes devenus chez nous une race minoritaire, acculée à une défensive qui ne défend pas grand\u2019chose, resserrée dans une réserve dont nous ne prenons même pas pour nous et pour nos fils l'espace fertile où fonder de nouvelles paroisses et les ressources qui fassent surgir de nouvelles villes.Nous perdons le nombre, nous perdons le territoire, nous perdons la qualité.Cette force catholique apportée ici par nos mères et qui nous a beaucoup plus défendus que nous ne l'avons alimentée nous-mêmes, cette note distinctive de tout notre peuple, elle nous gardera encore dans la mesure où nous la garderons.Tout le spiritualisme se tient.Le jour où nous nous assimilerions aux rivaux dans une diminution de notre qualité d'âme, devenus petits de nombre, petits de territoire, petits même par la spiritualité, exprimant en mauvais français des pensées matérialistes américaines sur la vie aisée, la licence, l\u2019absence de famille, nous aurions démissionné des ambitions nobles de jouer en Amérique le rôle magnifique de la France en Europe, nous serions la faillite de trois siècles d'efforts contre la NOTRE FETE NATIONALE 211 barbarie et contre les hommes, nous aurions été une espérance menteuse, une vocation perdue, une démission lâche de la belle confiance que Dieu avait placée en nous \u2014 et tout cela par notre faute.Notre histoire serait donc une banqueroute?La vue de ce que nous aurions pu être ne saurait-elle conclure qu\u2019au pessimisme et aux regrets stériles?Ah non! Ce que nous appelons des demi - résultats, ces doublements de notre population restée chez nous, font l\u2019admiration des étrangers; mais, que nos possibilités étaient donc plus belles! Grâce à Dieu, il est temps de nous ressaisir encore.Il faut, pour intéresser un peuple comme le nôtre, lui présenter une grande entreprise, le discipliner pour une croisade, une conquête, une revanche où il puisse donner cours à ses énergies; autrement il perd ses forces constructives en courses désordonnées, en vil merce- narisme au profit des rivaux: cette richesse de coeur, de muscles et de débrouillardise héritée des premiers défricheurs, et que nos chefs à nous ont oublié de faire servir au profit de notre expansion nationale, du territoire à conquérir, du nombre à augmenter, de la qualité à embellir, et de notre mission divine à étendre sur une plus srande partie de notre patrie conquise au catholicisme.Notre peuple est encore à se faire, à chercher sa voie; il trépigne, il bouillonne d'une ardeur qui tournera encore contre lui, si nous ne l\u2019utilisons pour son épanouissement; nos campagnes regorgent de belle et forte jeunesse ,que nous devons enfin guider avant qu'elle ne se donne à l'exil et à la vie brûlante des villes; nos forêts cultivables veulent produire mieux que des bûches pour journaux américains: elles veulent se muer en fermes, en maisons qui chantent, en églises qui prient, en diocèses nouveaux ajoutés au domaine de Dieu: ut fundes terram et plantes coelos .En dépit d\u2019apparences défavorables, notre peuple n'est entamé que sur les bords; le coeur de la race, les vieilles familles chrétiennes qui n\u2019ont pas senti la touche corrosive de la légèreté américaine, puisée dans les voyages, dans les lectures et dans les spectacles, nos Canadiens tranquilles, cloués au labeur de chaque jour, et peu éblouis de ce qui choque leur merveilleux bon sens,ne peuvent se résoudre à comprendre, à accepter certaines exagérations scandaleuses dans le domaine de l'éducation de la vie de famille et de la vie du pays.C\u2019est sur cette bonne Vieille Garde de notre race qu'il faut toujours compter, qu\u2019il faut bâtir nos espérances de grandeur nationale.Gardons-nous de le laisser contaminer par des doctrines et par des exemples néfastes, ce bon peuple de chez nous.Tenons-le bien « \u2018 i Bi i A; Ddidabidide 212 LA REVUE NATIONALE à l\u2019abri des mauvais courants d\u2019air et de directions qui affaibliraient son âme traditionnelle: laissons-lui son dimanche, sa moralité, son amour du foyer.Ne permettons pas à des touristes, du dehors ou de chez nous, d\u2019aller profaner les yeux de ses fils et de ses filles en profanant son beau coin de pays dans des excursions qui eussent révolté nos grands-pères.Ne lui enlevons pas la gloire du passé en partageant avec de nouveaux venus, opprobre et fléau des nations que Dieu veut punir, des droits qu\u2019il a payés d'un siècle et demi de luttes, y compris la prison et le sang versé.Que la santé des corps, que la santé des coeurs, la santé intellectuelle et la santé nationale soient bien, ce matin, avec la fierté religieuse dans notre prière pour ce peuple, pour toutes les classes de notre peuple, afin que Dieu continue à mettre sa parole dans notre bouche, qu'Il nous protège et qu\u2019Il nous fasse fonder une patrie et peupler le ciel de nos missionnaires.Monseigneur, qu\u2019il me soit permis d'exprimer notre reconnaissance à Votre Grandeur en ce jour de fête de la patrie, de la fête du saint Précurseur qui voulut en vain amener au Christ ses compatriotes peu friands de pénitence et de Messie pauvre, \u2014 d'exprimer notre reconnaissance religieuse et nationale pour la grande parole où vous avez réclamé à notre Canada, et particulièrement à notre ville de la Croix sur la Montagne, leur caractère trois fois séculaire et immortel de pays chrétien.Que certains errants, appelés par l'Histoire la \u201crace destructive\u2019 et le \u2018\u2018fléau des nations coupables\u201d\u2019, aient pu s'installer chez nous, même en jurant d'observer nos lois de pays chrétien: c\u2019est déjà trop; mais qu'ils aient, après trente ans de vie mystérieuse, décidé de profiter d\u2019une bonté poussée à la bonasserie pour former un Etat dans l'Etat, et qu'ils obtiennent, pour devenir maîtres chez nous, l\u2019aide de nos libertés si chèrement payées et de notre argent si mesuré à nos instituteurs et institutrices, et si souvent refusé à des oeuvres d'expansion de notre race, cela, Dieu ne le veut pas, et c\u2019est, Monseigneur, par votre geste de défense de Bon Pasteur qu\u2019IIl nous a protégés une fois de plus: \u2018\u2019J\u2019ai mis mes paroles dans ta bouche, je t'ai couvert de l'ombre de ma main, pour étendre les cieux et fonder une terre\u2019.Ainsi soit-il.Ce fut pendant ce sermon que la pluie commença de tomber lente et fine sur l'assistance recueillie.Les fidèles n'en restèrent pas moins jusqu\u2019à la fin pour recevoir la bénédiction papale de Sa Grandeur.Dirigé par M.Guillaume Dupuis, un choeur exécuta des chants pieux et des cantiques, accompagnés par M.Benoît-F.Poi- NOTRE FETE NATIONALE 213 rier, organiste à Notre-Dame.Les solistes étaient M.Henri Chevalier, maître de chapelle à Sainte-Rose, et M.Jean-Marie Magnan.Cet office religieux avait été préparé par les soins du Comité régional du centre.CORTEGE HISTORIQUE Et j'en arrive à cette autre manifestation de notre fête nationale, celle-là que les organisateurs annoncent dans tous les journaux du Canada et des Etats-Unis, celle-là que notre population appelle de ses voeux et qui pousse les visiteurs étrangers et touristes à visiter notre ville pour être témoin de ce spectacle maintenant renommé et en faire connaître, de retour dans leur foyer, les beautés et les enseignements.Il m'est agréable de me rappeler que les cadres de ces défilés annuels, leurs auteurs et animateurs, leurs participants, s'appuient déjà sur une tradition de plusieurs années.La coordination des efforts a permis d'atteindre des résultats surprenants.J'ai vu à l'oeuvre, M.Guy Vanier, président général, qui se donne toute la peine voulue pour que le succès réponde en tous points à la conception qu\u2019il s\u2019est faite \u2014 et qu'il a placée très haut \u2014 des parades historiques de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Il n'a de cesse que lorsqu'il a vu, de ses propres yeux vu, à tous les détails des chars allégoriques, des figurants qui les occupent, de l'ordre dans lequel processionneront les agents de paix de la ville, le corps des pompiers, les directeurs généraux de la Société, leurs invités d'honneur, les membres des Comités régionaux et des sections, les délégués des sociétés nationales, les corps de cadets, les fanfares, les porteurs de drapeaux et de bannières, les représentants de l'Eglise et de l'Etat.J'ai vu de plus la collaboration intelligente et empressée qu'il recevait de M.E.-Z.Massicotte, folkloriste renommé, pour qui le passé historique de notre pays n\u2019a point de secret, de M.Jean-Baptiste Lagacé, professeur d'histoire de l\u2019art et artiste lui-même, auteur des dessins des chars allégoriques, et de M.Elzéar Roy, metteur au point, si bien préparé à comprendre ses collaborateurs et à rendre vivants les souvenirs et réminiscences de notre passé historique, si fertile en hauts faits et en gestes héroïques.Vers midi, des menaces incessantes de pluie faisaient se demander aux directeurs de la Société, réunis au secrétariat général, si le défilé aurait lieu à l\u2019heure indiquée.Par le moyen de la radio, ils firent savoir à la population que la parade ne commencerait que vers i w tae tH 214 LA REVUE NATIONALE 5 h.Dès 2 h, une foule innombrable avait envahi les estrades et les trottoirs de la rue Sherbrooke, depuis la rue Papineau, point de départ de la parade, jusqu\u2019à la rue Atwater, où elle devait prendre terme.Après une longue attente, la foule vit s'avancer en tête du défilé M.H.Langevin, directeur du Service de la police à Montréal, entouré de son escorte, le corps des pompiers et sa fanfare, les Vétérans de la Grande guerre, les bannières de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et de la Société Saint-Jean-Baptiste, le bataillon des Zouaves pontificaux, les membres du Conseil général et leurs invités, les diverses sections de la Société, les corps de cadets, les gardes indépendantes.Que fallait-il le plus admirer?Le brillant cortège lui-même ou la patience inlassable de cette multitude que le chef de police et les journaux ont évaluée à 500,000 personnes?Impossible de noter tout ce qu\u2019il y aurait à dire sur le cortège lui-même et sur les chars allégoriques qui le composaient.Tous les journaux du 25 juin, sans exception, anglais et français, ne tarissent pas de félicitations et d\u2019éloges à l'adresse des organisateurs, des donateurs et des participants.Pour une fois, c'est un concert unanime sans la moindre note discordante.Ce flot humain s'écoule, entre deux haies de spectateurs, dont les applaudissements saluent au passage les chars les plus brillants et les plus artistiques.Le premier le Bon vieux temps met sous nos yeux une de ces élégantes scènes des jardins de Versailles que plusieurs seigneurs et des colons établis en Nouvelle-France, avaient vues avant leur établissement au Canada.Il est précédé des sections Duvernay, Jac- ques-Viger, Notre-Dame, Montcalm et des cadets de la section La Fontaine.Le second, l\u2019Ordre de Bon temps, précédé des sections Etienne- Parent, Saint-Etienne, Saint- Arsène, et de la fanfare Saint-Martin, nous reporte à Port-Royal, en Acadie, au cours de l'hiver 1606- 1607.Nous y trouvons MM.de Champlain, de Poutrincourt, Lescarbot, Louis Hébert, en compagnie de onze autres joyeux lurons.Ils fondent le premier cercle social d\u2019 Amérique qu\u2019ils appellent l\u2019Ordre de Bon temps.À tour de rôle, chaque compagnon était maître d\u2019hôtel pendant quinze jours et devait, en allant à la chasse, en rapporter le meilleur gibier.C\u2019était une façon de festoyer et de passer dans la gaieté les longues soirées d'hiver. 215 NOTRE FETE NATIONALE Le troisième, le Contrat de mariage, faisait revivre la scène : charmante qui se produisit lorsque fut dressé par-devant le premier notaire de Montréal, Me Jean de Saint-Père, le 24 juillet 1657, le contrat du Major Lambert Closse et de Mlle Elisabeth Moyen.M.de Maisonneuve, gouverneur de Ville-Marie, Jeanne Mance, les RR.PP.Ragueneau, Pijart, Le Mercier, Duperon, jésuites, plusieurs bourgeois et dames assistaient à la cérémonie.Ce char était précédé par le groupe des Syndicats catholiques et nationaux et leur fanfare l'Harmonie syndicale.Les sections L.-O.David, Saint-Remi, Acadie, Saint-Lambert, la fanfare Saint-Jean-de-Matha, les sections Longueuil et Saint- Charles précédaient le quatrième char, la Nuit de Noël, qui représentait une église toute blanche de neige entourée de quelques maisons non moins blanches, que domine une colline de sapins.Deux anges tiennent en leurs mains le message apporté à la terre: Paix aux hommes de bonne volonté.Un corps de cadets et la section Louis-Hébert, précédaient le cinquième char, le Feu de la Saint-Jean au 17e siècle.Ce char rappelait quels préparatifs nos ancêtres faisaient pour rendre brillant le spectacle du feu traditionnel de la Saint-Jean.La solennité la plus éclatante que l\u2019histoire nous a conservée fut celle de 1666, quand Monseigneur de Montmorency-Laval, revêtu de ses habits pontificaux, bénit le bûcher, entouré de son clergé, en présence du vice-roi, M.le marquis de Tracy, de M.le gouverneur de la colonie, de M.l\u2019intendant, des membres du Conseil souverain, des militaires, fonctionnaires et bourgeois de la ville de Québec.Le sixième char, la Lessive au ruisseau, que précédaient les sections Desnoyers, Sainte-Clotilde, Saint-Zotique, les cadets de Saint- Henri et les sections Saint-Henri et Saint-Irénée, nous reportait aux temps anciens où le blanchissage du linge se faisait sur le bord des ruisseaux et des rivières.La langue des commères devait sans nul doute battre l'air tout autant que les battoirs dont elles se servaient pour débarrasser le linge des saletés qui le souillaient.Le septième char représentait le Ban au tambour ou la Publicité autrefois.\u2018A Montréal, aux Trois-Rivières et à Québec, il y avait des sergents royaux, des huissiers, des archers de la maréchaussée qui se chargeaient des publications aux principaux carrefours, aux portes des églises, sur les places d\u2019armes ou sur les places de marché\u2019.Il était accompagné des sections Saint-François-Solano, Saint-Marc, Saint-Jean-Berchmans et de l'Harmonie Sainte-Elisa- beth.EEE ARE EE EE a AY it} 2 216 LA REVUE NATIONALE La fanfare du Mont Saint-Louis, les sections Notre-Dame-de- Grâce et Iberville étaient suivies par le huitième char: la Bénédiction du jour de l'An.Cette scène s\u2019inspirait du dessin de l'artiste Ed- mond-J.Massicotte, qui l\u2019a ainsi popularisée partout.La fanfare ,le Régiment des Zouaves, la section Bourget, Son Honneur le Maire de Montréal, M.Camillien Houde, accompagnaient le neuvième char, le Mardi gras chez les jeunes, scène joyeuse et animée.Le dixième char, l'Epluchette de blé d'Inde, accompagné de la section Saint-Jacques, de la fanfare et des cadets de l\u2019Institut Saint- Antoine, rappelait les veillées où les campagnards se réunissent tantôt chez l'un, tantôt chez l\u2019autre, et amoncellent autour d'eux, tout en s'amusant le plus possible, les feuilles de maïs et les épis jaunes, blancs ou rouges de blé d'Inde.Mais gare à la voisine de celui qui découvre un épi aux grains rouges! La section Saint-Octave, les employés de la Compagnie des Tramways de Montréal, leur fanfare, les sections Francois-Xavier- Garneau et Sainte-Claire, précédaient l\u2019un des chars fréquemment applaudis par les spectateurs, Comment voyageait l\u2019Intendant en 1752.Une barque aménagée pour l'intendant Bigot lui permettait de faire le voyage de Québec à Montréal en six jours.Sans nul doute qu'il était nécessaire d'emporter des vivres, des liqueurs et des bagages pour un aussi long voyage.À la tombée du jour, la barque atterrissait et l\u2019intendant et sa suite passaient la nuit chez quelques habitants.Le douzième char, la Récolte des pommes en Acadie, était précédé de la fanfare Saint-François-Solano, de la section Notre-Dame- du-Saint-Sacrement et du groupe des anciens Retraitants.Cette cueillette des pommes présentait le plus joli spectacle.C\u2019était un pommier véritable que l\u2019on avait coupé tout exprès pour la circonstance.Le treizième char, le Guet \u2014 le couvre-feu et les rondes de nuit, était accompagné des sections Saints-Anges et Saint-Sacrement, de Lachine, Saint-Pierre-aux-Liens, de la fanfare de l'Harmonie de l'académie Piché, des sections de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et Saint-Paul, de la fanfare Rossa.Ces coutumes, en honneur au pays de nos ancétres, avaient été implantées par les colons dans la Nouvelle-France.Le quatorzieme char, le Sanctus a la maison, précédé de la fanfare du Sault-au-Récollet et des sections de l\u2019extrême-nord de la ville, nous reportait à la campagne, lorsque sonne le sanctus à l'église du NOTRE FETE NATIONALE 217 village.Une femme, agenouillée près du berceau de son dernier né, récite le chapelet pendant qu'à l'extérieur une grand'mère enseigne à son petit-fils le miracle qui s'opère sur l\u2019autel de l\u2019église.Cette scène a été très admirée.Un corps de cadets, les sections Immaculée-Conception, Saint- Denis et Dollard, 1\u2019 Association catholique des Voyageurs de Commerce du Canada accompagnaient le quinzième char, la Partie de fi cartes au corps de garde.Cette scène représentait un groupe de sol- # dats qui, au corps de garde, entre deux relèves, s'empressent de mêler les cartes pour jouer une partie, avant que le tambour ne batte le rappel ou la générale.Le seizième char, le Reposoir de la Fête-Dieu, était accompagné des sections Sainte-Hélène, Notre-Dame-de-la-Paix, de Verdun, que suivait la fanfare des Royal Highlanders.Ce char fut vivement applaudi.Il rappelait si bien l\u2019une des cérémonies religieuses les plus imposantes de notre pays.Le dix-septième char, la Veillée au chantier, précédé de la section Saint-Joseph, faisait revivre cette coutume de nos bûcherons i qui, la brunante venue, se réunissent pour chanter, raconter des his- à toires, se livrer à divers jeux de force et d'endurance, ou pour entendre de bons joueurs d\u2019accordéon ou de violon.Le Compérage faisait voir quatre calèches anciennes et illustrait on ne peut mieux cette coutume qui poussait nos ancêtres à choisir avec un soin méticuleux les parrains et les marraines de leurs enfants.Les applaudissements s\u2019élevaient drus et vifs sur le passage de ces calèches précédées des sections Père-Marquette et Préfontaine.Le dix-neuvième char, les Communiantes, l\u2019un des chars les plus jolis et les plus émouvants de tout le défilé par la cérémonie religieuse qu\u2019il représentait, était précédé des sections Saint-Léon de Westmount, Saint-Viateur, Sainte-Madeleine d\u2019Outremont, Saint- Louis-de-France et par la fanfare des Carabiniers Mont-Royal.Les Ë petites communiantes sont groupées autour d\u2019une religieuse, Dame A de la Congrégation, dans un jardin a l'arriére d'une chapelle.Une i statue de la sainte Vierge placée sur un piédestal parait les protéger.i Le vingtième char, le Bouquet à la seigneuresse, rappelait cette i coutume en vogue sous le régime francais qui consistait a offrir un pi bouquet au seigneur ou à la seigneuresse le jour de sa fête patronale.Eb Les sections Saint-Ambroise, Saint-Vincent-Ferrier et les cadets de la ; paroisse de Saint-Vincent-Ferrier l'accompagnaient.fr Le vingt et unième char, la Partie de dames devant la forge, était accompagné des sections Saint-Clément, Maisonneuve, de Sala- ET TEI TI MITC ION IP IOI MS I EE NE 218 LA REVUE NATIONALE berry et d\u2019une députation des Polonais de Montréal avec leur fanfare.Avant la cession du Canada à l'Angleterre, les parents recouraient aux bons offices des Instituteurs ambulants, en raison de ce qu\u2019ils allaient de paroisse en paroisse.Ils \u2018\u2019rassemblaient les enfants du voisinage pour leur apprendre les rudiments des lettres et de l'écriture\u201d nous apprennent divers mémorialistes.La loi de 1841 sur les écoles, écrit M.E.-Z.Massicotte, mit fin à leur rôle de propagateur de l'instruction publique.Ce char était précédé des sections Saint-Enfant-Jésus, Saint-Jean-de-la-Croix et de la fanfare de Bordeaux.Le Remmaillage des filets en Gaspésie était précédé des sections Saint-Pierre-Claver, Saint-Stanislas et par l'Harmonie de Granby.Ce sont les femmes à qui est confiée cette opération et elles y apportent une habileté remarquable.Les sections Champlain, Papineau et la Philharmonie de la Salle, des Trois-Rivières, précédaient le char le\u201dplus remarqué de toute la parade, le Premier bal officiel sous le régime français qui fut donné en 1667.L'\u2019élégance des figurants et l'éclat de leurs costumes provoquèrent de longs applaudissements sur tout le parcours du défilé.Le vingt-cinquième char, le Cinquantenaire de notre hymne i national, accompagné des sections Sainte-Philomene, Saint-Jean- Baptiste-de-la-Salle, Saint-Jean-Baptiste-Vianney, la Nativité d\u2019Ho- % chelaga et de la fanfare de Montréal-Est, présentait des personnages allégoriques: le Canada, la Paix, le Progrès, et à l'arrière plan, la Foi entre les portraits de Basile Routhier, auteur des paroles, et de Calixa Lavallée, auteur de la musique de notre chant patriotique.4 Venait en dernier lieu, le vingt-sixième char précédé de la fan- w fare du 2e bataillon de l\u2019Artillerie de Montréal et de la section Saint- Jean-Baptiste.Ce char portait un enfant ayant près de lui un + agneau et représentant saint Jean-Baptiste.RECEPTION ET GOUTER Les directeurs de la Société et leurs invités d'honneur furent priés, avant de se séparer, de passer au salon des Ecoles ménagères provinciales où les attendaient une charmante réception et un goûter préparé par les soins de Mlle Antoinette Gérin-Lajoie, directrice, et de ses dévouées auxiliaires.Cette délicate attention fut vivement appréciée de tous. NOTRE FETE NATIONALE 219 FEU D\u2019ARTIFICE Plus de 200,000 personnes se groupèrent le soir au parc La Fontaine pour être témoins du feu d'artifice préparé par la Presse, de Montréal.Il était environ 10 h.30 quand la dernière fusée monta vers les étoiles.Le peuple, heureux d\u2019avoir fêté comme il convient son saint patron, reprit avec contentement le chemin du foyer.LA FETE DANS LES SECTIONS Il faudrait mentionner toutes les sections de la Société qui ont célébré la Saint-Jean-Baptiste par une fête particulière.Citons au moins à l\u2019ordre du jour les sections Saint-Arsène, Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, Jacques-Cartier, de Bordeaux, Père-Marquette.Elles ont organisé-le jour même de la fête ou le dimanche suivant une messe solennelle suivie de diverses démonstrations.Jacques-Cartier et Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours organisèrent de plus un défilé dans les rues de leur paroisse respective.Nos sociétaires de Longueuil ont maintenu la réputation de leur section.Sous la direction de M.J.-Ovila Moquin, directeur général de la Société et président de la section Longueuil, les invités et la foule se réunirent auprès du monument saint Jean-Baptiste, à côté de l'Hôtel de ville.M.Moquin déposa une couronne de fleurs au pied de ce monument.Puis, le défilé se mit en marche vers l\u2019église paroissiale, escorté par les officiers de police, la garde Saint- Edouard, les dignitaires de la section et les invités.M.l\u2019abbé J.-G.Payette, curé de la paroisse, prononça le sermon de circonstance à la grand\u2019messe.Il y eut distribution de pain bénit.Après un goûter au collège, des allocutions.furent prononcées par M.Moquin, M.le notaire L.-J.-E.Brais, maire de Longueuil, M.Alfred Bernier, M.Alphonse Phaneuf, directeurs généraux, M.le docteur A.-À.Lefebvre, président du Comité régional du centre, M.Auguste Poupart, propagandiste, et le R.F.Directeur du collège.La fanfare Van der Meerschen donna un concert dans l'après- midi au parc Hurteau.Ce corps de musique avait été gracieusement mis à la disposition des organisateurs par l'honorable J.-H.Rain- ville.Le chef du secrétariat, Alphonse de la ROCHELLE LA REVUE NATIONALE Aux souscripteurs de la fête Nationale A CELEBRATION de la Saint-Jean-Baptiste a obtenu, le L 24 juin dernier, un succès qui dépasse celui des années pré- SRE] cédentes.Les lettres de félicitations et les messages de satisfaction que le président général de la Société, ses collègues du Conseil et leurs collaborateurs si dévoués ont reçus, nous autorisent à faire cette affirmation.C\u2019est l'avis unanime d\u2019ailleurs de tous ceux qui eurent l'avantage d\u2019être témoins des diverses manifestations de notre fête patronale et du défilé historique de la rue Sherbrooke en particulier.Le thème de la parade, si bien résumé dans la devise même de notre province: Je me souviens, évoquait de la façon la plus heureuse les coutumes en honneur chez nos ancêtres et rappelait quelques- unes de leurs attitudes, leurs occupations de tous les jours, leurs manières de s'habiller et de vivre.Le cortège offrait par la variété de ses figurants, par le grand nombre de drapeaux et par la beauté des chars allégoriques, un spectacle évocateur de souvenirs et tout plein de leçons et d'enseignements.Songe-t-on assez au travail intense que doivent s\u2019imposer les organisateurs d\u2019une pareille démonstration et aux frais très élevés qu'elle exige pour être bien réussie?Le Comité de finances, formé par le Conseil général, se fait un devoir de porter à la connaissance des membres de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et des citoyens de notre ville, les noms de ces donateurs généreux qui savent alléger la tâche difficile qui lui incombe \u2014 recueillir les souscriptions \u2014 et d'adresser à tous et à chacun d'eux les remerciements chaleureux des directeurs de la Société.LISTE DES SOUSCRIPTEURS Rs $3000.00 \u201cThe National Breweries Ltd\u201d .500.00 Brasserie Frontenac eine 250.00 Alliance Nationale eee eee en carre cn aan 100.00 Banque Canadienne Nationale rene 100.00 Banque Provinciale du Canada encre 100.00 Caisse Nationale d'Economie cernes 100.00 Hon.J.-H.Rainville, avocat Pee esses trees habe sabes tases esas a ee pet apa rt 3 + 7 SOUSCRIPTEURS DE LA FETE NATIONALE Société Nationale de Fiducie .ccooiiiin nnn \u201cDiamond Taxi Cab Ass'n., Ltd\u201d.50.00 \u201cDominion Rubber Co., Ltd\u201d oi eeceaen ee 37.50 Assurance Mont-Royal .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.cecesecsscraccene caen rennes 25.00 Cie de Publication \u201cLa Presse\u2019 essences 25.00 Arthur Décary, pharmacien essences 25.00 Chas Desjardins & Cie (limitée) secs 25.00 \u201cGénéreux Motor Co., Ltd\u201d areas 25.00 Genin, Trudeau & Cie (limitée) cree 25.00 \u201cCharles Gurd & Co., Ltd\u201d eenac cena ee cea annee 25.00 Zéphirin Hébert, marchand «on 25.00 Joseph Ponton Enrg.ceeeeees 25.00 Alphonse Racine, (limitée) .o 25.00 \u201cRitz-Carlton Hotel Co.\u201d iii case seen 25.00 \u201cSlater Shoe Co., Ltd\u201d \u2026.ue nee eeen nes Lens 25.00 \u2018\u2019Tétrault Shoe Mfg., Co, Ltd\u201d .\u2026.uccccccccaneecesss nee 25.00 Philias Vanier, bourgeois .\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026essesssssanseaanenn ere 25.00 Laurendeau & Laurendeau, avocats screens 20.00 Crédit Anglo-Français (limitée) career 15.00 Antonio Perrault, avocat .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026crerersesercee rene 15.00 L.-G.Beaubien & Cie, banquiers eee 10.00 L.-C.Barbeau, (limitée) .\u2026\u2026.\u2026.\u2026crcesssccnsesee cree 10.00 \u201c\u201cCanada Flooring Co., Ltd\".10.00 David & Frères (limitée) .cooiiiiii 10.00 VS J.-J.Joubert, (limitée) oo ne see scene 10.00 Vv Sir Hormisdas Laporte, C.P.ae ee 10.00 Dr Damien Masson, M.D.\u2026.\u2026.\u2026.cus cena cena caca scene 10.00 J.-A.Paquin, notaire .\u2026.\u2026.ccesceaneseee resserre 10.00 Georges Pratt, courtier .oococooiiiiiiiiin 10.00 Trust Général du Canada .coociiiiiii, 10.00 Vaillancourt (limitée) \u2026\u2026.crerrescr eee nee nen sacs 10.00 Girouard Taxi (limitée) .ocooiiiiiiiiii i, 8.00 Librairie Beauchemin (limitée) .RE 5.00 Quincaillerie Bernier .5.00 Damien Boileau (limitée) .ccccca creer sance rase canne 5.00 J.Brunet (limitée) 2 2e ees care ee nec en ne enr aeeeneee 5.00 \u201cCanadian Auto Sales\u201d LL eee era s acer anna nana na 5.00 Napoléon Charest, industriel .coo, 5.00 Wilfrid Clermont, (limitée) .\u2026.\u2026.rcecnre eee rce eue 5.00 Dr R.Doré, M.D.Lee eeee eee een a a ecrans een e 5.00 Dr J.-A.-Henri Dufresne, M.D.eee RNY 222 LA REVUE NATIONALE \u201cH.Fortier Co., Ltd\u2019 eee ee naar aan n nanas 5.00 Théodore-A.Grothé, bijoutier rec csreces eee rea une 5.00 \u201cHodgson Sumner Co., Ltd\u201d .cl.5.00 Hôtel Place Viger 20 iii, 5.00 Hurtubise & St-Cyr, courtiers en assurance 5.00 © Zéphirin Joubert, industriel cr crcnnccrrre 5.00 ~ J.-A.Julien, avocat .ccoooiiiiiiiii e nee eee 5.00 Lanctét & Hamelin, avocats .PP 5.00 A.-S.Lavallée, marchand de chaussures 5.00 {| J.-A.Lessard, (limitée) eee ner ere nine nr rares 5.00 À Alphonse Milette, administrateur encres 5.00 | Morency Fréres (limitée) .5.00 i! Dr Jean-L.Moreau, M.D.eee een rare 5.00 ha Cie J.-B.Rolland & Fils .5.00 i Paul Seurot, ingénieur Le cer care ec rene n as 5.00 a Rod.Tourville, négociant .cccocccciiiiiiiiiil.5.00 A B.Trudel & Cie .eee seen are rence sance ares 5.00 % Justinien Vanier, agent mercantile .5.00 * Viau & Venne, architectes .c.ccee 5.00 4 Ovide T'aillefer, quincaillier een ane ses 2.50 i Bertrand, Foucher, Bélanger Inc.cnrs.2.00 4 Edgar Doucet, imprimeur .coooiiviiiiiiiiiiii 2.00 4 C.Martin, marchand cr esce crane arr a res ren nnenne ne 2.00 À O.Brouillard, négociant .\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.srrrerrecceececes 1.00 I Raoul Gélinas, marchand eee enr e ne cn a rnnnrne 1.00 À Dr Louis-P.Hébert, M.D.eee ea ee nr nr area 1.00 TOTAL DES SOUSCRIPTIONS : $5107.00 Le Comité de finances réitère à tous ces donateurs et collaborateurs l'expression de ses remerciements et de sa vive reconnaissance.Le Comité de finances, J.-V.DESAULNIERS Président .223 80 de vos clients jugent votre maison d\u2019après votre papeterie et vos imprimés.Nous sollicitons votre patronage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté à vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPORE Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers TROIS ETABLISSEMENTS - BEAUCEVILLE MONTREAL DRUMMONDVILLE Ecole Technique de Montréal 200, HUE SHERBROOKE OUEST Fondée par le Gouvernement Provincial ORGANISATION DES COURS Cours réguliers Cours abrégés a) Techniques (3 années) Mécaniciens d\u2019autos (2 à b) Métiers (2 à 3 années) 6 mois) Cours d\u2019Apprentissage Cours du soir Imprimerie (3 années) Nombreux Cours libres DAMIEN BOILEAU, AIME BOILEAU, ADRIEN BOILEAU.Président et Gérant Vice-Président Secrétaire-Trésorier Outremont Outremont Tel.: ATlantic 4279 Tél.: ATlantic 3368 IY * ° r DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Bdifiees Religieux EDIFICE \u201cTRUST & LOAN\u201d, 10, RUE SAINT-JACQUES EST Téléphone: HArbour 4858 MONTREAL Ne négligez pas vos yeux VU: Poñeau, E-N.Boileau, Prés.-Gén.Sec.-Trés.c\u2019est un bien qu\u2019on ne perd ULRIC BOILEAU, Limitée qu\u2019une fois ENTREPRENEURS Examen de GENERAUX la vue Lunettes élégantes, etc.A.-L.PHANEUF 4869, rue Garnier Optométriste-Opticien MONTREAL 1767, rue Saint - Denis Téléphone: HArbour 5544 Bureau: Tél.: CHerrier 3191-92 Spécialité: Edifices Religieux ER A RU PT A Ad EE OM MO PE EER pM AM ADAMI, CALMED EMEA SEM Ea Ea E PLACEMENT DE L\u2019AVENIR, c\u2019est celui que l\u2019on fait dans nos rentes viagères.Le placier est non seulement certain de retirer un revenu exceptionnel; mais il est de plus protégé contre ses propres tentations, il faut qu\u2019il profite coûte que coûte de ses épargnes.LETTRES EXPLICATIVES SUR DEMANDE CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE SOCIETE DE RENTES VIAGERES 55, St-Jacques O.\u2014 MONTREAL \u2014 HArbour 2185 4 NO} AUTREFOIS, on pouvait atteindre au succes et jouir en paix du fruit de ses efforts; mais la complexité des faits économiques a tout changé ca.AUJOURD\u2019HUI, le succès atteint, il faut travailler davantage, et sans être sûr de pouvoir conserver ce qu\u2019on a ramassé \u2014 à moins qu\u2019on ait recours à la SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE 55, rue Saint-Jacques ouest, 55 MONTREAL \u2014 \u2014 HArbour 2185 PRE H COMITES PERMANENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1929-1930 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Guy VANIER Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU Membres: MM.Aimé PARENT, Jos.-R.POIRIER, Alphonse PHANEUF COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.J.-Ovila MOQUIN Membres: MM.Guy VANIER, J.-Albert BARITEAU, J.-Ernest BROS- SARD, Louis POULIOT COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE Membres: MM.Olivier MAURAULT, p.s.s., Alfred BERNIER, J.-R.POIRIER, J.-Ernest BROSSARD, Emile GIGUERE, Alphonse PHANEUF : COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Emile GIGUERE 1 Membres: MM.J.-Albert BARITEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Ovila MOQUIN, Louis POULIOT, Alphonse PHANEUF CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor MORIN ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- ve fF ELLETIER, Aimé PARENT, J.-Ernest 'BROS- Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN Secrétaire: M.Henry L.-AUGER Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, J.-Ovila MOQUIN EEN HE pu ) \u2014 TE ais a I COMPLIMENTS SN DE LA a = = BRASSERIE DOW =} Ng = = ET DE LA SI = N BRASSERIE DAWES Sy.SI TTI =I 1 / Nn \\\\ NATION AL BREWERIES LIMITED Imprimerie de I'Eclaireur Ine., 1728, rue St-Denis, Montréal 53-40 ple, et eee DORE ECO RH PR RII RRR 1 "]
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