Chroniques, 1 juin 1975, Juin
[" Li apps re en 8 vol.1, no 6/7 JN © rat Les juin / juillet 1975 ÿPER dl lV se C-89 Lës conditions de l'écriture L'écrivain matérialiste écrit pour celles et ceux qui veulent renverser l\u2019ordre bourgeois, expérimente la langue porteuse de connaissances, de rythmes, de désirs.Pourquoi, comment, pour qui écrire au = Québec en 1975 ?Des textes de Vic- tor-Lévy Beaulieu, Claudette Charbonneau- Tissot, Jean-Claude Clari, Roger Des Roches, Madeleine Gagnon, Michel Garneau, André Gervais, Philippe Haeck, André Roy, Claire Savary, Patrick Straram le Bison ravi, France Théorêt.Le cinéma, bien, mais plus que le cinéma 1 y a un terrorisme du héros positif qui pourrait bien desservir les combattants sur le terrain.Peut-être va-t-il falloir effectivement reconsidérer sérieusement \u2018\u201cLe cuirassé Potemkine\u201d\u2019, exemple inaugural mémorable, auquel on devrait tout un cinéma de propagande adialecti- que, ne faisant des luttes marxistes que l\u2019envers exact de l\u2019ennemi à abattre, l\u2019impérialisme américain. \u2014 == B23 Æ É = x &r = == es = == ad \u2014 8 2 = od = = nf = = = ee Lia) a al I a AC SCA, > ee et ee mr errs we rx ry baud « 8 a ; £ = = É 7 oct \u2014 as ou SL BE Ie SN oe LA ER sommaire 5; Vol.1, no 6 / 7 = juin / juillet 1975 D 2.LIGNE OUVERTE 3.EDITORIAL Les conditions de l\u2019écriture au Québec 12.TEXTES L'action, dans le très urgent de sa littérature par Victor-Lévy Beaulieu -page 13 Un hasard contrôlé par Claudette Charbenneau-Tissot-page 23 Un modèle d\u2019éeriture par Jean- Claude Clari-page 29 (Entre autres) comment mes textes m'écrivent par Roger Des Roches- page 41 Pourquoi, comment, pour qui écrire?par Madeleine Gagnon-page 47 Une vingtaine de raisons d\u2019écrire entre autres\u2026par Michel Garneau- | page 61 En ce métalangage que je risque par André Gervais-page 69 Les yeux complémentaires par Philippe Haeck-page 75 Fragments, Roy-page 85 Quand Lacan manque la femme par versions par André {| Claire Savary-page 90 pb Un écrire critique une érotique / politique par Patrick Straram le Bison ravi-page 97 Au retour du refoulé, la fiction par France Théorêt-page 109 113._ = CHRONIQUES La pensée de Mao Tsé-toung n\u2019est pas stalinienne par Jean-Marc Piot- te-page 113 Les sciences humaines, servantes du pouvoir ou de la population par Céline Saint-Pierre-page 117 \u2014 Le journal Asteur: un exemple d'écriture militante par Madeleine Gagnon-page 122 ba question du style par Philippe Haeck-page 127 Le Grand Cirque Ordinaire par Thérèse Arbic-page 131 - L'ère de l'avant-gardisme par Lau- rent-Michel Vacher-page 135 Du coke, de la bière et du poulet frit à la Kentucky par Réjean Jacques- page 139 Le cinéma, bien, mais plus que le cinéma par Patrick Straram le Bison ravi-page 144 Pour une langue québécoise- 2 par Léandre Bergeron-page 150 156.INFORMATIONS gpg se pte Bie nu tH H Se i Ry: fa! ty OUV erte Mon cher Jean-Mare, J\u2019ai lu attentivement ton article dans le dernier numéro de \u201cChroniques\u201d sur la lutte des classes et la question nationale.A prime abord, jai cru quil y avait peut-être eu une erreur de reliure à Journal-Offset, et qu\u2019on avait oublié d\u2019insérer quelques pages, ton raisonnement me semblant un peu court compte tenu de la richesse dont ta pensée est capable.Mais surtout, il m\u2019a semblé que tu as singulièrement tronqué le texte si riche de Mao sur la Contradiction dans l\u2019application que tu en fais à la situation québécoise.Rappelle-toi cet autre passage du même texte: \u201cNos dogmatiques sont des paresseux; ils se refusent à tout effort dans l'étude des choses concrètes, considèrent les vérités générales comme quelque chose qui tombe du ciel, en font des formules purement abstraites, inaccessibles à l\u2019entendement humain, nient totalement et renversent l\u2019ordre normal que suivent les hommes pour arriver à la connaissance de 2 9 la vérité.Un autre passage du même texte de Mao me semble à moi, toute néophyte dans l\u2019étude du matérialisme dialectique que je sois, digne d\u2019être retenu dans ce débat sur la \u201cquestion nationale\u201d, 2.\u2018 \\ 4 - se de Pékin.-.et c'est celui-ci: \u201cLorsque superstructure (politique, culture, etc.) entrave le développement de la base économique, les transformations politiques et culturelles deviennent la chose principale, décisive.Allons-nous à l'encontre du matérialisme en disant cela?Non, car tout en reconnaissant que dans le cours général du développement historique le matériel détermine le spirituel, l\u2019être social détermine la conscience sociale, nous reconnaissons et devons.reconnaître l\u2019action en retour du spirituel sur le matériel, de la_ conscience sociale sur l\u2019être social, de la superstructure sur la base économique.Ce faisant, nous ne contredisons pas le matérialisme, mais, en évitant de tomber dans le matérialisme mécaniste, nous nous en tenons fermement au matérialisme dialectique.\u201d Les citations sont tirées de | \u2018édition des \u201cEcrits choisis\u201d publiés par Maspéro, vol II, pp.19, 38 et 39.Je sais que cette édition est contestée en certains milieux, mais à la librairie La Commune, à Paris, où je l\u2019ai achetée en 72, on m\u2019a dit qu\u2019il était impossible à ce mo- ment-là d'obtenir l\u2019édition françai- Je serais ravie si tu faisais état de cette lettre dans un prochain numéro de \u201cChroniques\u201d.Je ne | crois pas que l'analyse des conditions de libération en vue de cet objectif, puissent être tranchées à coups d\u2019échange de citations des \u2018classiques.Une telle démarche est plus-proche de la scholastique dont § on a nourri notre adolescence que du\u2019 matérialisme dialectique.Cependant j'ai trop de respect pour ton intelligence et trop d\u2019admira- | tion pour le texte de Mao que tu cites pour rester indifférente devant l\u2019article qui a provoqué cette lettre.Evelyn Dumas | Amicalement wo.aN Gt eek se Go IN GB OF Aad WOE ns al Sin oma a ioe Pw CC Les conditions de l'écriture au Québec \u201cNous\u201d ne sommes pas d\u2019accord avec ceux qui- donnent a la littérature et à l\u2019art une importance tellement exagérée qu\u2019elle devient une erreur, mais nous ne sommes pas d\u2019accord, non plus, avec ceux qui sous-estiment leur importance.La littérature et l\u2019art sont subordonnés à la politique, mais ils exercent, à leur tour, une grande influence sur elle.La littérature et l\u2019art révolutionnaire font partie de l\u2019ensemble de la cause de la révolution, dont ils constituent une petite roue et une etite vis.\u201d P - Mao Tse-Toung La pratique d\u2019une écriture matérialiste au Québec est très difficile; si la cause première de cette situation demeure les conditions de vie que ménage à la plupart la classe bourgeoise dirigeante ou possédante des moyens de production, conditions qui ne seront changées que par l\u2019organisation des travailleuses et des travailleurs pour reprendre en mains le contrôle de leur travail et par la création d\u2019un parti ouvrier, les \u2018écrivains et les enseignants peuvent commencer à préparer l\u2019avènement d\u2019une telle écriture.Les écrivains: le recours à la théorie Actuellement la pauvreté théorique de la plupart des écrivains nous donne des oeuvres spontanées \u2014 absence de critique\u2014, abstraites\u2014hors de la vie quo- tidienne\u2014, ennuyeuses\u2014 sans invention\u2014.De telles oeuvres ne peuvent qu\u2019entretenir l\u2019idéologie de la classe dominante; la bourgeosie est toujours prête à.faire semblant d\u2019être fière de ces êtres rares, de ces martyrs de la création littéraire.C\u2019est que de tels êtres - lui permettent à la fois de louer à travers eux le génie artistique et de le mépriser-en le tenant à l\u2019écart de l\u2019histoire; le refrain est connu: les.grands écrivains écrivent \u2018to the happy few\u201d et pour les femmes et les hommes des siècles à venir.Pour renverser une telle situation les écrivains ont intérêt à penser les deux questions suivantes: pour qui écrire?, pourquoi la littérature?Il est temps que les écrivains cessent \u201d d\u2019entretenir le mystère sur leurs activités créatrices, de tenir des propos idéalistes (par exemple: J\u2019écris pour personne.J\u2019écris pour tout le monde.La littérature ne sert à rien.La littérature sert à être libre.).À la première question nous ne pouvons répondre \u2018 qu\u2019en ayant recours à la théorie marxiste (lire Sur le réalisme de Bertolt Brecht et Interventions aux causeries sur la littérature et l'art à Yenan de Mao Tse-Toung).Celle-ci permet de ne plus considérer l\u2019activité littéraire comme un champ autonome: on ne fait plus de la littérature pour la littérature, on fait de la littérature pour intervenir dans le champ idéologique lui-même déterminé par les champs politique et économique.Faire de la littérature pour la littérature c\u2019est vouloir perpétuer la mythologie du génie littéraire et de sa gloire éternelle; au contraire faire de la littérature un moyen d\u2019intervention idéologique,une arme à renverser l\u2019idéologie de la classe dominante, brise toute croyance à cette mythologie, permet à l\u2019écrivain d\u2019écrire pour les femmes et les hommes avec qui il/ elle vit, avec-qui il/ elle lutte quotidiennement: l'écrivain n\u2019est plus un être à part respirant l\u2019air raréfié du ciel littéraire mais un citoyen respirant l\u2019air pollué de la cité.em == \u2014 P= = Ir =x.Fe.= Dans la mesure où l\u2019écrivain a conscience que la bourgeoisie exploite le prolétariat, où il/elle désire que cette exploitation cesse, il / elle doit travailler sans cesse à combattre les traces de son éducation bourgeoise qui propose des systèmes idéalistes aux futurs intellectuels et des systèmes répressifs aux futurs cadres.Les premiers qui sont souvent des enseignants ont l\u2019impression d\u2019être libres, d\u2019avoir tous les pouvoirs: ils les ont effectivement tant qu\u2019ils restent à l'intérieur de leurs systèmes idéalistes.La théorie marxiste montre qu\u2019en fait ils ne sont la plupart du temps que les doubles des seconds, ils font la police des idées: il y a les bonnes'idées qui ne nuisent pas à l\u2019ordre établi, et il y a les mauvaises idées qui pourraient en révélant l\u2019exploitation de la plupart par une minorité susciter des mouvements de toutes sortes: tentatives d\u2019unir des forces éparses, formation de groupes d'action idéologique, etc.Mais les écrivains en grande majorité ne se préoccupent pas de combattre leur formation bourgeoise: les lecteurs sont si rares, s\u2019il fallait qu\u2019ils/ elles s'aliènent les lectrices et les lecteurs de formation bourgeoise ils/elles ne seraient plus.lus.Quelles améliorations une révolution socialiste pourrait-elle apporter à leur situation?Pas beaucoup; il est même à prévoir qu\u2019ils / elles perdraient quelques privilèges: leur position d\u2019intellectuels *\u201c\u2018libres\u201d de toute attaché, de tout parti, de toute classe, prendrait fin car ils / elles auraient des comptes à rendre, il faudrait que leur travail soit utile à la majorité de la population (aujourd\u2019hui c\u2019est l\u2019inverse: leur travail sert à endormir la majorité de la population au profit d\u2019une minorité; il faut croire qu\u2019il est plus facile d\u2019endormir que d\u2019éveiller).Ils / elles perdraient aussi leur prestige d\u2019intellectuels car nous ne sommes pas sans savoir que, dans notre société où la division du travail est une règle d\u2019efficacité, le travail intellectuel est: mieux TALI considéré que le travail manuel: il y a ceux qui ont été à l\u2019université et il y a les autres.Or dans une société communiste il est à\u2019 prévoir que toutes les femmes.et tous les hommes seront capables de penser et de se servir de leur corps: il faudrait alors que celles et ceux qui font carrière dans la théorie et la fiction se dépassent, que leurs théories et leurs fictions aident à améliorer les pratiques de tous (dans notre société les intellectuels améliorent sans cesse leurs théories par de nouvelles théories, leurs fictions par de nouvelles ficitons, sans se soucier de leurs effets pratiques: voir le nombre très important de thèses et de livres qui - constituent ce cercle vicieux).\u2018 Pourtant quelques écrivains commencent ici à écrire de la fiction pour des lectrices et des lecteurs qui comme eux/elles veulent travailler à renverser la classe bourgeoise, que ces lectrices et ces lecteurs soient encore peu nombreux importe peu car il n\u2019y a plus d'aventure, de vie, à écrire pour le public bourgeois: la fiction ne prend sens que pour qui veut inventer un monde neuf, une vie neuve.Les militants commencent à Être moins sévères pour les écrivains,à se douter qu\u2019il y a intérêt à produire des fictions, sans se soucier de leurs effets pratiques: voir qui travaillent à la révolution car la vie n\u2019est pas que politico-économique., À la deuxième question, pourquoi la littérature, on peut répondre à partir de la conjonction dg Nietzsche et de Freud (livre Le livre du philosophe du premier et Métapsychologie du second).Lire Nietzsche, si on évite les récupérations fascistes auxquelles a donné et donne lieu cette oeuvre à partir d\u2019un courant élitiste qui traverse toute l\u2019oeuvre, permet de comprendre la nécessité du travail d\u2019intellectuels progressistes contre l\u2019apathie générale entretenue par la norme des mass media contrôlés par la bourgeoisie.Le travail de Nietzsche à partir d\u2019une réflexion constante sur la f langue arrive à rendre moins catégoriques les distinctions entre poésie, science et philosophie (il doit cela à sa lecture des présocratiques); montrer que le langage est toujours métaphorique permet de redonner à la fiction une valeur que le discours scientifique tente souvent de nier (alors que le langage scientifique lui-même n\u2019est fait que de métaphores).Ce travail opère d\u2019une part la ruine de la pensée systématique, figée, métaphysique (c\u2019est la critique des érudits\u2014historiens, philologues, etc.\u2014 incapables d\u2019avoir des idées amples, d\u2019ensemble, vivantes) et d\u2019autre part de la pensée commune, qui va de soi (c\u2019est la critique des incultes cultivés qui ont des opinions sur tout et qui ne savent rien vraiment).Nietzsche aide à comprendre d\u2019une façon active ce qu\u2019il faut entendre par culture, ni érudition ni lieux communs, mais mouvement de la pensée saisissant le devenir humain.Le rappel insistant qu\u2019il fait sur l\u2019importance de l\u2019apprentissage de la langue maternelle comme base de toute culture invite à fouiller le corps de la langue: c\u2019est par elle que je suis dit(e) et que je dis mes rapports au monde.La pratique de la fiction devient ainsi un lieu privilégié pour voir la langue à l\u2019oéuvre, pour voir ses effets sur la pensée; c\u2019est 1a que l\u2019écrivain s\u2019il (si elle) sait garder l\u2019oeil ouvert peut aider à la transformation des esprits en marquant la nécessité pour chacun(e) de ne pas accepter passivement son héritage culturel (la langue maternelle est le support de cet héritage, support qui constitue la part la plus importante de cet héritage) mais à le travailler, à reconnaître ses origines \u2014l\u2019importance de l\u2019histoire\u2014 et ses caractéristiques\u2014l\u2019importance de la science\u2014.Quand Nietzche invite à l\u2019esthétique, au style, il invite non à la reproduction de valeurs bourgeoises (la consommation passive des chefs-d\u2019oeuvre) mais à la production de valeurs neuves, à l\u2019invention; pour lui la fiction serait la conjonction de la connaissance (histoire, science) et de la musique (art, poésie).Cette conjonction de l\u2019analyse et du rythme Nietzsche l\u2019espérait toujours, voir son enthousiasme, en désespérait toujours, voir son angoisse quand il regarde l\u2019époque où il vit (lire, par exemple, Sur l'avenir de nos établissements d'enseignement).\u2018Pour tirer parti de l\u2019oeuvre de Freud il ne faut pas s\u2019attarder aux usages surréalistes de la psychanalyse: si les surréalistes ont fait des récits de rêve, des simulacres de folie, des associations libres, des jeux de mots, cela en fin de compte relève plus de techniques littéraires visant à bouleverser le champ littéraire que\u2019 de techniques psychanalytiques visant à aider l\u2019individu à remonter dans son histoire (le roman familial), à faire lever les barrières qui lui rendent obscures ses peurs, obscurs ses désirs.Ce qui est à remarquer c\u2019est la démarche même de Freud: il faut le lire dans le texte pour voir comment le (son) texte est une aventure .pleine de détours, d\u2019hésitations, de triomphes, -de culs-de-sac; ce qui est en jeu dans une telle démarche 7 c\u2019est encore une fois la coupure entre la théorie et la fiction,on n\u2019arrive plus à voir comment l\u2019objet du discours théorique ne serait pas dépendant du sujet qui tient ce discours.Ce que Freud montre malgré toutes ses affirmations pour s\u2019en tenir à un discours scientifique, c\u2019est que ce discours est tenu par un sujet qui y poursuit son désir: que pour lui l\u2019écriture soit tour à tour le corps maternel (la langue maternelle toujours) et le procès-verbal qui efface soigneusement les traces d\u2019un meurtre (le fonctionnement de la censure).indique bien que dans la langue grouillent des forces insoupçonnées.Ces forces ne viennent pas du ciel, elles viennent de l\u2019histoire du sujet; et c\u2019est encore au langage que vient de représenter cette histoire, d\u2019en cacher-révéler les traces.Si Freud a souvent recours aux oeuvres de fiction ce n\u2019est pas par hasard, c\u2019est que l\u2019écrivain est amené dans son expérimentation du langage à révéler d\u2019une façon plus forte, plus intense, les désirs qui courent le corps- esprit des sujets.Bref: l\u2019écrivain matérialiste écrit pour celles et ceux qui veulent renverser l\u2019ordre bourgeois, écrit c\u2019est-à- dire expérimente la langue porteuse de connaissance(s), de rythme(s), de désir(s).Les enseignants: le recours à la pratique Actuellement l\u2019enseignement de la littérature dans les écoles secondaires, les cégeps et les universités est souvent laissé au goût de chaque enseignant; il n\u2019y a pas eu de la part des enseignants un effort pour organiser à partir de leur enseignement une action culturelle concertée.Ceci est dû au sentiment qu\u2019il serait impossible d\u2019en arriver à une entente: les choix d\u2019oeuvre et les méthodologies variant trop d\u2019un enseignant à l\u2019autre.Pourtant il faut bien commencer à proposer des réponses cohérentes à ces deux questions: quelles oeuvres mettre au programme?comment enseigner la littérature?Pour celles et ceux qui veulent travailler à l\u2019avènement d\u2019une écriture matérialiste il n\u2019y -a pas cent mille réponses.\u2018Si on veut que la fiction soit active, qu\u2019elle produise un maximum d\u2019effets, il vaut mieux enseigner des oeuvres québécoises contemporaines.Pour les deux raisons suivantes: 1.le moment de la parution d\u2019une oeuvre est le meilleur temps pour la lire, son temps le plus actif, et le lieu de la parution d\u2019une oeuvre est le meilleur lieu pour le lire, son espace le plus actif: ceci est valable si on choisit des écrivains qui écrivent pour aujourd\u2019hui et pour les femmes qui écrivent avec qui ils/ elles vivent\u2014les autres écrivains ne sont pas intéressants\u2014; 2.Lire des oeuvres québécoises contemporaines facilite la critique des mythologies littéraires: le chef-d\u2019oeuvre éternel, le génie créateur, la littérature au-dessus des classes; etc.S'il faut d\u2019abord faire lire aux étudiants d\u2019ici les oeuvres québécoises les enseignants devraient également lire ce qui se fait ailleurs et ce qui s\u2019est fait avant: ces lectures devraient permettre de situer aux étudiants la place des oeuvres qu\u2019ils lisent dans le.champ littéraire: une oeuvre littéraire ne vient pas de nulle part, elle est toujours un effet des oeuvres antérieures.- Comment enseigner la littérature?En montrant l\u2019interdépendance de la lecture et de l\u2019écriture.Pour cela il faut éviter les deux pièges suivants: Î.faire des étudiants des glossateurs des textes des \u2018\u201c\u2018grands\u201d écrivains, leur dire que la création est réservée à celles et ceux qui ont du talent (mais d\u2019où vient le talent?), les forcer à exécuter des exercices scolaires stériles comme l\u2019explication de texte traditionnelle ou la dissertation; 2.faire écrire les étudiants à partir de trucs: soyez spontanés, racontez vos expériences, essayez les jeux surréalistes, etc., sans leur ; montrer à lire la production actuelle.Tomber dans les pièges de la \u201cculture\u201d (lire les oeuvres importantes) ou de la \u201ccréativité\u201d (essayer des techniques) c\u2019est là deux façons de nuire à la production de fictions nouvelles: les étudiants \u2018\u201ccultivés\u201d\u2019 ont peur d\u2019écrire, convaincus qu\u2019ils sont de la grandeur des écrivains qu\u2019ils ont analysés, les étudiants \u2018\u201ccréatifs\u201d\u2019 ont l'impression que tout ce qu\u2019ils produisent est bon puisqu\u2019ils sont spontanés.Pour promouvoir la production de fictions neuves il faut insister en méme temps sur la quantité de lectures et la pratique de l\u2019écriture; il faut exiger deux choses: 1.lire beaucoup (surtout la production contemporaine); 2.écrire en tenant compte des trois aspects suivants: production de connaissances (étude du matérialisme historique et dialectique), de rythmes (invention d\u2019une syntaxe) et de désirs (\"exposition du sujet).Les enseignants ont également intérêt à exiger des étudiants qu\u2019ils forment de petits groupes de travail. Es eT ~ Pour deux raisons: d\u2019abord parce que le nombre d\u2019étudiants par enseignant est souvent trop grand (au collégial un enseignant a environ cent vingt étudiants par session), l\u2019eñseignant ne pouvant donc donner beaucoup de temps à chaque étudiant, la formation de petits groupes permet aux étudiants de s\u2019entraider; ensuite parce que c\u2019est un moyen d\u2019échapper a l\u2019action individualiste qui est souvent le type d\u2019action de celles et ceux qui écrivent.Les amener à former des groupes d\u2019études et d\u2019interventions permet une économie des forces individuelles et une plus grande efficacité (rédaction de prises de position communes, publication de textes dans le milieu de travail ou dans les revues culturelles existantes); on peut espérer que certains groupes continueront à travailler les cours finis: la multiplication de tels groupes ne peut qu\u2019aider à faire du champ culturel un terrain -actif prêt à appuyer des transformations politiques et économiques.- \u201cBien que la vie sociale des hommes soit la seule sburce de la littérature et de l\u2019art, et qu\u2019elle les dépasse infiniment par la richesse vivante de son contenu, le peuple ne s\u2019en contente pas et veut de la.littérature et de l\u2019art.Pourquoi?Parce que, si là vie comme la littérature et l\u2019art sont beaux, la vie reflétée dans les oeuvres littéraires et artistiques peut et doit toutefois être plus relevée, plus intense, plus condensée, plus typique, plus proche de l\u2019idéal et, partant, d'un caractère plus universel que la réalité quotidien- ,» ne.: MaoTsé-toung \u201c ~ Ph.H./ pour le collectif textes Voici la liste des questions que nous avons envoyée aux écrivains à qui nous avons demandé un texte sur LES CONDITIONS DE L'ECRITURE, chacun demeurant libre d\u2019 aborder le sujet comme il lui convenait: ° - e comment écrivez-vous vos livres?comment avez- : yous écrit tel livre?pour qui écrivez-vous?pourquoi écrivez-vous?e les liens entre le travail littéraire et le travail politique?e quelles sont les lectures qui aident votre écriture?| comment vous situez-vous par rapport aux courants littéraires actuels?e qu\u2019attendez-vous des critiques littéraires des journaux et \u2018des revues?e comment percevez-vous le milieu littéraire?les | chapelles; les rivalités, etc.?e l\u2019état devrait-il prendre des mesures pour aider les éditeurs et les écrivains?e quels livres avez- -vous envie de publier?pour- £ quoi?pour qui?(cette question s'adresse aux éditeurs, aux directeurs de collection).Ein 1 fig 1 In à Ir ta RB © 1 14 # a Le l\u2019action, dans le très urgent de sa littérature par victor-lévy beaulieu Des fois, il arrive que ça s\u2019arréte, comme ¢a, avant méme que la phrase ne vienne, ou parce qu\u2019elle est venue et qu\u2019il ne servirait a rien de la détenir davantage pour lui imposer l\u2019immobilité.Puisque rien n\u2019est sûr, pas même le mouvement, ce mouvement de moi s\u2019inscrivant sur du papier, dans quelle tentative mon dieu, et pour juguler quoi, ces viscères des mots que je ne sais pas toujours écrire, qui se mentent à force de trop se crier de vérités, je ne sais pas sauf que je suis pris par ça, ce ça par quoi je suis constitué et qui se fuit dans ses propres devenirs contradictoires èt inquiets, à à croire qu \"il n\u2019y a de vie que spirale fiévreuse, à croire que je ne saurai jamais la qualité \u2018des sangs qui hors de moi coulent, devenant livres manufacturiés, devenant gestuelles d\u2019écrivain courant aprés le livre de soi-même \u2018- mais je ne sais pas ce qui \u2019s\u2019écrit, je crois parfois comprendre, dans les demi-mots du texte mais qu\u2019en est-il dans le vraiment du dit (comme une meurtrissure au centre du corps, cette \u201c amoureuse peine qu'il y a dans toute existence qui se gaspille, comme une boule de neige sur un mur de briques, et que je vois fondre bien que j'ignore le sens de l\u2019i Limage et je ne sais pas davantage fermer les parenthèses pour en être une moi-même dans ce moment du travail où, assis devant ma petite table, dans l\u2019encombrement des livrés, un dessin de ma fille Julie-sous les yeux, un pot de vaseline à côté du cendrier, et cès poils, et ces brous de noix, et je n\u2019en finirais plus de décrire tout ça qui fait qu\u2019assis devant ma petite table, je m'interroge : sur le sens que je voudrais donner à mes ouvrages) - je ne sais vraiment pas parce que je n'en ai pas fini, avec auçun de mes personnages, même pas Job J.Jobin, je croyais, j'en étais sûr, il y avait Blanche et les baleines du golfe et tout ce qui se mourait en eux- j'ignore si vous savez ce qu\u2019est un cri qui se gonfle en deux cents pages pour aboutir dans sa mort de Gespeg, i ignore si vous savez ce qu\u2019est l\u2019écriture de ce cri, ce que ça mange en Sof dans l'horreur de la colère rentrée, j'ignore si vous savez et je persiste \u2018pourtant à continuer parce que je ne peux pas faire autrement - il y a un mois seulement que Blanche forcée est terminé et voilà que l'urgence de reprendre m\u2019assaille, m empêche de bien dormir la nuit (il y avait Richard Blass dans le rêve et deux é énormes guns-dans mon dos, 13 \u201c » je ne comprenais pas pourquoi il voulait que je désemplisse la grosse b| in caisse de livres au beau milieu de mon, bureau à l\u2019Aurore, je neb gu comprenais pas davantage pourquoi il voulait que je me recroqueville #| 4 dans cette caisse et que je suce mon pouce tandis qu\u2019il me martelaitta} jx ; 4 y tête de coups de crosse - comme un cow-boy épuisé qui faisait jaillir maf;; F cervelle, et cette balle qui a troué mon ventre et est allée se ficher dans l\u2019oeil sombre de Malcom Lowry!).C\u2019est peut-être seulement parce quef| je suis fou, d\u2019une folie à pas écrire puisque renaissant sans cesse de ses Fly cendres, une folie de mots, ceux toujours à venir et qui se tiennent par}, les coudes et en rang d'oignons dans ma tête, rien que pour y être sans fy doute et me forcer à tituber, me faire comprendre ce que je me refuse à} y, comprendre parce que trop triste, parce que trop dur à-admettre - Thx j'aimais tellement tout ce qui se cache sous Blanche et que j'ai essayé def |; terrer sous le déguisement \u2018de men moi devenu Job J Jobin.Dans ce rituel d\u2019une mise à mort qui n\u2019a rien tué et ne m\u2019a redonné que magh, passion dévorée de Blanche - (ce renard que je voyaïs à Sainte-Emmélie 1.del\u2019 Energie, le museau enfoncé dans les entrailles chaudes de la brebis, Cp et qui me faisait songer à mon amour de Blanche, dans le mondefk, désordonné de mon amour d\u2019elle, désir du corps - jamais je n \u2019aimeraif | TE = 5 A autant et jamais je ne finirai d\u2019aimer autant) - et voici que dans cep.a moment du texte je voudrais parler du Melville que je connais mal, qui, fi est l\u2019écrivain de mes admirations les plus secrètes, les mieux entrete a nues depuis ce jour où j'ai ouvert Mobby Dick (ces si grand a commencements de livre, ce \u201cje m \u2019appélle Ishmaël\u201d, quelques mot 9 tout simples par quoi se fait le récit, et sur lesquels je glisse, tou a égarouillé, comme assommé par tant de beauté, comme angoissé pair | tant de beauté, et déjà j je dérive, à peine tenu au mât melvillien, à pein : conscient de ce qui s\u2019écrit, des mots que je suis en train d\u2019aligner sur.papier blanc, les yeux de mon écriture jetant trop de feu pour que idl puisse m\u2019y reconnaître et venir, et venir ailleurs que dans le rare plaisi du texte - Car je ne sais pas encore, il est trop tard pour que j'y songe d toute façon, ma vie d\u2019éditeur m\u2019épuise parfois et j'ai sommeil devan ; ma table, juste assez consciént pour me rendre compte que le pot d A vaseline dont je parlais tantôt est plutôt un pot de Vicks, ce qui m\u2019es ui lourd de Conséquence: me trompant là-dessus, pourquoi ne m | tromperais -je pas sur le reste?Pourtant, et \u2018malgré mes bâillements j'insiste, pour repousser la nuit et ameuter la suite de mon mondè À b LC El 8 (Après qu\u2019il eût écrit cela, il fallait ajoutèr: \u201cEt je n\u2019ai jamais v§ iy, a Blanche non plus.\u2019 Après qu\u2019il eût écrit cela, il faillit ajouter auss® |; À \u201cElle a rien dit, Blanche a rien dit parce qu\u2019elle était plus là, plut ki a \u2018jamais 1a\") - hig .) \u2014 Mie c ; =.; .le Mais \u20ac ce fut comme ça laissé en plan, ma main comme stoppée.C\u2019es \"in mon métier d\u2019éditeur qui me force curieusement à ce silenar fel momentané - court- circuité dans l\u2019organisation du texte, et pourqua| Jig 14.2° .R Ji | à : donc?Alors que les personnages à venir sont comme des parasites dans mon corps et me réclament leurs phrases, ce qui de moi à eux s\u2019écoule comme une mélasse brune, sans que j'aie besoin de pousser beaucoup: c'est là et ça demande à venir tout simplement.Bien inutile de préciser si c'est moi qui forge le désir des personnages ou si ce sont eux qui me façonnent et m'astreignent à cette invention qui s\u2019en va je ne sais pas vers où - je crois que ça sera long, comme tout le reste, comme les prochains livres à fabriquer, comme le pays à creuser.C\u2019est que je n\u2019ai plus d'autre ambition que de mener tout ça à bien, dans les fronts ;| communs pour l'inévitable conjugaison de nos temps enfin présents.Même là, je ne sais pas trop bien ce que je dis, le nez en l\u2019air,en train d'écouter les bruits de la maison, les petits ronflements espacés de ma fille Julie, les cris curieux que pousse parfois Mélanie dans son sommeil, moi presque dans l\u2019obscurité pour ne pas troubler la nuit de ma femme juste à côté de moi, comme un chat dans le lit, un chat à paupières lourdes qui ne comprend pas toujours pourquoi il me faut [ veiller si tard et si seul quand déjà je ne suis pas là de la journée, à mon || bureau d\u2019éditeur, à ce qui de moi s\u2019y gruge et pourtant ne m\u2019atteint pas dans ma multiplicité d'homme à neuf vies (bien que ça ne soye pas sûr même s\u2019il faut faire flèche de tout bois et qu\u2019étant fait pour manger c'est dans l\u2019éparpillement de mes dédoublements que je m\u2019apaise et me trouve dans ma substance - cette relativité de l\u2019observateur et de ce qui s'observe.Pourtant, ce n\u2019est pas ça que je cherche à exprimer et pas davantage à expliquer - depuis quelque temps, je dois laisser tant d'histoires ouvertes, qui ne demandent pourtant qu\u2019à se refermer! Une question de jours tout au plus puisque le roman est aussi un jeu de ficelles ou la perpétuation folklorique de l\u2019art de la courtepointe.Ça se laisse faire de soi-même, il suffit d\u2019inventer la bonne pièce au bon moment et de tirer le joint proprement, et laisser sa chance à ce qui du texte n'est pas encore venu, à ce qui de la phrase tombe mal en point, à ce qui des mots sautillent dans l\u2019impudeur de tout ce qui s\u2019écrit\u2026Pourtant, ce n\u2019est pas ça que je cherche à exprimer et pas davantage à expliquer.Il me faut revenir au corps de ce texte, à ce moment précis de la coupure.Elle n\u2019est pas venue n\u2019importe comment, elle est venue parce que le téléphone s\u2019est mis à sonner et que j'ai dû aller répondre pour éviter de mauvais rêves à mes enfants.Mais le temps que ça m'a pris pour satisfaire cet étudiant qui me posait des questions trop pertinentes sur cet éditeur qui est en moi, voilà qui m\u2019a bien éloigné du sujet de ce texte - comme des oeufs brouillés sur toutes les phrases alors que je ne sais toujours pas trop pourquoi j'écris ceci, peut-être pour le simple plaisir de voir toutes ces lignes qui se noircissent et peut-être aussi-parce que rien ne saurait jamais me | contenter, même pas d'aller au bout de ma vie.Ce grand égarement, ce | Mouvement fou se nourrissant de papier, ce projet d\u2019écriture que je ne vois pas très bieri parce que ma vue est courte et que je ne choisis | Tien, même pas mes personnages - je voudrais dire rien d\u2019autre que ma | joie du Melville - grande joie qui souffre parce que ça serait trop aisé s\u2019il y avait seulement le Melville dans l\u2019actualité de ma vie.Adoncques ceci |à quoi je pense en roulant rue Sainte-Catherine, pour m\u2019extraire du.15. \" - , a ventre de Montréal et traverser cette meurtrissure qu\u2019est Pie IX, avant } : de monter l'escalier qui mène à l\u2019appartement emprunté de la rue ;|, Ethier.Julie et Mélanie m\u2019y attendent avec leurs jouets et ma femme : me fait voir cette jupe orangée qu\u2019elle vient de s\u2019acheter.C\u2019est la méme bl qu'il y a deux jours je voulais lui offrir lorsque je me suis arrété pour me p|; réchauffer dans cette boutique de la rue Saint-Paul.Si je le lui dis, me à croira-t-elle?\u2026 Décidément, tout se mêle parce que tout ça se vit en même temps et comme à l\u2019extérieur de son vécu.Comme dit le Melville: \u201csi vraiment c\u2019est sage, ça a l'air sot, et si c\u2019est sot, ça vous a une sorte }| d'air de sagesse\u201d - c\u2019est cette phrase qui pour le moment me trotte dans by la tête alors que je mange le pâté chinois, Mélanie assise sur mes BL, genoux, gazouillant dans I'incohérence du pré-langage.Tantôt ma jh, femme lassée du fait que je ne répondrai plus à ses questions, allongera fj, le bras en direction de la table qu\u2019il y a dans notre chambre, pour me }} signifier par là qu\u2019il est temps de me remettre à ce texte spongieux } puisque je serai devenu -sourd - mais auparavant prendrai-je soin de dire à ma femme: \u2018\u2018décroche le téléphone, je t\u2019en prie\u201d - d } 1 (Après qu\u2019il eût écrit cela, il faillit ajouter: \u201cEt Blanche s\u2019étaigj dévêtue à son tour, avait pris la main de Ruth pour la conduire à so sexe.Sa bouche entrouverte, tout.ce qui affluait en elle, ce désir insens qui lui venait de ce doigt dans sa fente.On ne pouvait pas résister à ça\u201d\u201d)- \u2018 - e : ; fie Mais tôt ou tard, ça se trouvera.Ça qui est en traif de s\u2019écrire et quiti s'en va vers on ne sait où, nourri par sa propre parole, constitue en faitek,, un gémissement.Gémissement du Melville à qui il faudra bien e arriver car c\u2019est là le sens de l\u2019oeuvre, celle qui s\u2019agite en moi, paw laquelle je suis pris et dont j'ai décidé de me défaire.Mais ce n\u2019est pa facile parce que je suis un homme ébranlé par tout ce qui m'\u2019es demandé de faire et qui me laisse mal armé devant l\u2019écriture, avec bieth{éry une seule phrase authentique qui m\u2019enlèverait tout remords, qui mi fy rendrait à ma vie, a cette fonction pour laquelle je me sens fait maislum qui, absurdément, me défait.D\u2019un livre à l\u2019autre, je me sens qubkp d'avantage seul.Ce que j'ajoute m'est enlevé et je ne voudrais pas sé Bi cher et je-ne voudrais pas que plus rien ne se passe et je ne voudrais pa.|yj, mourir sans que rien ne se soit passé autrement que dans ces mots qui en je n'ai aucun mérite à faire venir - lorsqu\u2019on n\u2019a pas le choix, il n\u2019y a pa li: de prix a ce choix.Je suis un homme qui commence seulement a se ren Sey, dre compte du mal qu\u2019il fait, de tout ce qui se trouve brisé parce qu Bus, tout lui échappe, parce que rieñ ne dure jamais, parce qu\u2019il n\u2019y a pas di ny | sens - Tantôt, alors que j\u2019écrivais ce qui déjà est si loin derrière, j'ài re Hie, 16. poussé ma fille Julie, je ne lui ai pas permis de s\u2019asseoir sur mes genoux comme elle fait souvent, j'ai refusé de lui donner cette feuille qu\u2019elle me demandait et sur laquelle, sa petite tête penchée sur la table, elle aurait dessiné ce rhinocéros qu\u2019elle affectionne tant, dont il existe déjà des dizaines de reproductions, toutes méconnaissantes du rhinocéros: quelques traits au stylo feutre, des pattes de mouches d\u2019une conscience qui a déjà sa mémoire - et pourtant j'ai repoussé ma fille Julie.Elle n\u2019a d\u2019abord rien dit, elle s\u2019est assise à côté de moi sur le coussin tombé du lit et elle m\u2019a regardé écrire, et ces mots qui déjà sont si loin derrière, ne , me sont plus d\u2019aucun recours, comme avalés par la page écrite, comme avalés au fur et à mesure qu\u2019ils s\u2019écrivent, pour rien, seulement pour arriver ailleurs - (pendant ce temps, qu\u2019arrive-t-il au livre?) - je me posais la même question cet après-midi au bureau, en écoutant cet auteur nègre qui m\u2019apportait son pays en manuscrit, ne voyant que lui, que cette encre déjà délavée, peu de chose et qui n\u2019irait pas plus loin.~ Tout ce qui s\u2019écrit! Et tout - (savez-vous que les mots blancs sont les | plus tenaces parce que se sentant négligés ils courent dans votre tête, .fantômes du dire, revenante mémoire piégeant l\u2019écrit?Il n\u2019y à vraiment \u2026 pas moyen de leur échapper, ça se.glisse dans la main gauche, le stylo i feutre en est comme électrifié, et vous avez beau songer à n\u2019importe i quoi c'est toute autre chose qui vient - sb \u201cA él yf ; (Après qu'il eût écrit cela, il faillit ajouter:.\u201cQuant à Melville, il y i \u2018 avait déjà cent ans que son Moby Dick s\u2019était écrit.11 ny avait donc pas i de presse et l\u2019on pouvait le laisser dans les limbes, à tourner en rond iil autour de la baleine blanche - une pincée de tabac au vieux serpent ill de mer, telle avait été la premiere parole du Job J pour Blanche\u201d) - a i : h | Beaucoup de choses ne se laissent pas écrire.Non pas parce que ça ne im} demande pas à être écrit.Il y aurait qu\u2019à décapuchonner le stylo feutre nj, et qu\u2019à faire courir les mots - d\u2019une grande simplicité tout ça.Mais il ya È i le temps, ce qui manque dans le temps quand on est éditeur et qu\u2019en i gg plus l\u2019une de vos pièces sera jouée bientôt et qu\u2019en plus il faut aller chez i nd le médecin à cause des oreilles de Mélanie et qu\u2019en plus vous attire le i 14 spectacle du monde quand il fait beau et qu\u2019il y a tous ces bruits dans la i pif Tue, comme du printemps désaisonné - pas bon pour l'auteur de roman, p pi ça.On s'imagine qu\u2019écrire est simple.On a raison de s\u2019imaginer 5 qu\u2019écrire est simple.C\u2019est le reste qui ne l\u2019est pas, ce réseau de vie à nd gaspiller dans les multiples fonctions de l\u2019être, pour tant d\u2019actions qq différentes que dévore le pays - cette consommation un peu folle dont | à pat -hier je n\u2019arrivais pas à me sortir et qui a fait que pas une seule ligne ne ë ei] s'est écrite (mais qu\u2019est-ce que mon écriture sinon le désir profond de la grande tribu, du collectif à faire naître, par toutes sortes de mots et sd toutes sortes d\u2019actions, dans le don quichottisme du rêve écarquillé, à «| brailler et à chanter dans la litanie du texte, pour repousser la fin et - 17. EEE Co _ _ .[Ea BN > tout ce qui, en elle, symbolise tant d\u2019impossibles déjà vécus?) - Ma réalité depuis quelques mois est bien simple: alors que je ne devrais être que dans les livres à produire, tout se passe comme si je devais en être détourné, mon temps fuyant dans les tous bords et les tous côtés de I'agir, que j\u2019en suis comme écrasé, avec bien peu de ressources, pareil à un chien fou, celui de Pavlov, fonctionnant à la sonnette, dans ces déguisements continuels pour ne pas sombrer et préserver en moi ce qui peut encore être sauvé - ce filet créateur, ce pour quoi je me sens fait, ce par quoi je me rends fou sans raison précise, parce que j'aime écrire, que je m\u2019y fascine, crois m\u2019y rendre meilleur, crois m'y changer pour le mieux dans mon monde.Je me suis toujours vu comme écrivain bénédictin, moine penché sur ses grimoires, enluminant le manuscrit, tâche de la solitude collective, très humble finalement puisque prise à même le bien de tous, ce que j'ai mis long à comprendre.Et maintenant que ça s\u2019est appris, voilà que je ne suis guère plus avancé: la force des choses, l\u2019exigence du pays et l\u2019urgence du pays m\u2019ont tordu la main gauche d\u2019auteur, me forçant à créer ailleurs, et comme pour prolonger l\u2019écriture - sans le vouloir vraiment, je juge dès manuscrits et j'en fais paraître beaucoup; sans le vouloir vraiment, je me fais homme d'action douze heures par jour, je m'oublie, je me mets de côté comme écrivain 4 et un autre moi s\u2019installe en moi, comme un golem brûlant de l\u2019énergie pour que la fiction et le commentaire de cette fiction, pour que la vie et § le commentaire de cette vie, pour que le pays et le commentaire de ce pays puissent être et conduisent tout droit au partage.Ça demande toutefois un temps tellement vaste qu\u2019il risque de tout avaler.Pourquoi écrirais-je tout ceci s\u2019il ne s\u2019agissait pas de ça?Cette impression d\u2019être parfois coincé, écartelé dans les contradictions du pays et de ne pas i pouvoir en sortir autrement que par la multiplicité des niveaux d\u2019être, b de toutes les façons possibles et dans une boulimie qui, comme ce soir, me laisse éreinté, avec rien que ça à dire - ~ h - \\ (Après qu\u2019il eût écrit cela, il faillit ajouter: \u201cLa charette brinqueballait dans le sentier tout creusé par les érosions.La grosse jument tavelée marchait au pas en arrachant par ci par là une gueulée Dj.d\u2019herbes.On la ldisait faire.Ruth et Job J étaient assis sur les deux sacs d\u2019avoine tandis que derriére, bien chainée, la vieille barque, tournée sur le côté -\u201d\u201d) - i ) - .\u2018comment savoir et à quoi bon savoir?(Ce pays n\u2019est qu\u2019une sorte d\u2019impudeur, elle-même froide abstinence de soi, d\u2019où le refoulement de la vague sans limites, spirale inusable et hybride se reprenant toujours, .mais rien de plus, créant de la fatigue molle, de sorte que ç\u2019a toujours ! i l'impression de tourner en rond, dans sa place même et incertain de tout travail, à remettre toujours en cause et pour cause, mais rien de plus, comme s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019issue autre que dans le chantage et tous - A les terrorismes, mais rien de plus.Cette grande noirceur mais rien de bj; 18. - ta CBO co Co \u2014 \u2014 plus.Ces mots qui flottent dans l\u2019espace du pays, ces mots qui se déboutent, ces mots qui ne vivent pas longtemps et tombent comme des mouches dans l\u2019oeil parce qu\u2019ils ont du mal à s\u2019appartenir, parce qu\u2019ils ne se prolongent que par eux-mêmes - et cette indifférence contre quoi \u2018| il faut se battre, ce gaspillage d\u2019énergies à juguler, pour canaliser le .devenir et l\u2019obliger à être) - Agir n\u2019est pas un choix mais une fureur.Et la suprême exigence du désir, sans autre espoir que le désir, sans autre , désespoir que le désir.Tout ce qu\u2019il me devient urgent d\u2019être dans toutes les parts de mon être, joyeuse folie à rendre éncore plus folle pour qu\u2019éclatent toutes les limites et que s\u2019y défoncent toutes les réalités.C\u2019est par le collectif qu\u2019on devient soi et que ce soi est rendu, , mille fois plus prégnant, à l\u2019espace du pays - les mots n\u2019habitent pas » d'autres lieux s\u2019ils ont des antennes et les antennes ne bougent que s\u2019il y ; a contradictions.(C\u2019est pourquoi s\u2019est ouverte cette parenthèse qui m\u2019a | fait passer de mon bureau à l\u2019Aurore à cette chambre où je suis tout seul, assis à ma table de travail, le texte en train de se faire devant moi, dans ses ratures et ma démangeaison de continuer.Mais le mémoire d'éditeur s\u2019est installé bien comme il faut par-dessus tout ça et me voici forcé à autre chose, à d\u2019autres mots - CE N\u2019EST PAS SI SIMPLE.Et je m'y perds.Curieusement sans moyens, ne trouvant à l\u2019intérieur de moi qu'une imagerie trouble.Je rêve au mémoire et à cette autre mémoire qui se perd.Brutalement, me voici assis devant Robert Bourassa, dans son bureau de l\u2019Hydro-Québec, pour cette entrevue sollicitée par cette \u2018part de moi qui est éditeur et qui voudrait que les mots, les miens 19. propres comme ceux du pays, ne fassent pas seulement que courir, tornade blanche et inoffensive, mais soient rendus à eux-mêmes, donc signifiants pour tous.Le Premier ministre m\u2019accueille comme il doit accueillir les amis, trouvant ma main sous la pile de livres que je lui apporte et qu \u2019il ne regardera pas, trop occupé à me sourire - tandis que, dans la pièce, des yeux jugent.Bien assis dans mon fauteuil, je sens à peine que Je suis écouté, je parle, jouvre mon sac, i \u2018explique .ma passion et je mé demande en même temps ce qui de moi passe en lui, _ que je dois faire passer, qu \u2018il devrait comprendre puisque tout livre est une déchirure par quoi l\u2019avenir pourrait entrer, puisque tout livre est - homme, fils d'homme et père d\u2019homme à la fois, créé et recréé et se recréant de la création même, puisque tout livre fait naître du pays pour le rendre à sa grosseur, puisque tout livre n\u2019est rien d\u2019autre que du - demain - je parle mais j'ignore toujours ce-qu\u2019il entend, coupant dans mes mots à l\u2019impromptu, y substituant les siens, cette assiette fiscale, cette souveraineté culturelle, cet enfer de pavés de bonnes intentions - - tout ce qui fait triste dans l\u2019homme et sa fonction (et je le vois dans ce temps où il devait porter ses petites culottes à carreaux, je le vois ainsi | alors qu\u2019il me parle, et les gestes de ses mains, réguliers et secs, font des rectangles devant sa face, et je-le-vois toujours en culottes à carreaux, | quelque part dans une ruelle de l\u2019Est, son petit sac d\u2019écolier sur les épaules, frêle et vulnérable dans ses genoux, avec des parents qui ne le laissaient pas jouer avec les autres, et tout ce petit passé vit dans les os A de ses mains, sous l\u2019habit de tweed anglais - quand il était debout a tantôt, ce dos voûté, toute cette morphologie contradictoire des 7 membres supérieurs, jusqu\u2019à ces cheveux comme malheureux d\u2019être sur pareille tête, se rebrouspoilant, et ces lunettes épaisses pour diminuer le nez (comme un bec de buse sans précision), et ce gonflement curieux def i la 1évre supérieure - un grand oiseau sans plumes d\u2019ailes et de poitrine$ mais surtout un petit garcon dans ses culottes courtes a carreaux, a l\u2019acné bientôt.Et pendant que me vient dans la tête tout ça qui m\u2019est ay envoyé par tui, nous continuons toujours de parler, moi reprenant mon a mémoire d\u2019éditeur, tout ce que jai écrit et que je lui dis pour que les § a | -mots l\u2019atteignent et atteignent ce qui en lui n\u2019est ni l\u2019homme ni sa a fonction - et tout ce qui vole bas malgré que Ça veuille s \u2018élever (cette des livres que je lui ai apportés, pour lui lire quelques lignes, pour lui lire l\u2019émotion, pour lui lire cet espace du pays ému, comme Michel dans sa voix, mais nul dans Toronto, personne pour écouter, que la voix a et les mots de Michel Garpeau comme des balles de ping-pong sur les 8 murs - rien que de l'indifférence toujours) - Le Premier ministre parle et 3 je regarde ce qui se parle par lui, et ça ressemble à pas grand- -chose et floue, cette méconnaissance et cette illusion du bien faire - lef * piétinement, le gonflement du capital, le petit nombre et tout ce qu _ sourd dessous ça: presque rien et ce qui ne peut devenir langage - | 20.\\ quelque part dans une ruelle de l\u2019Est, déjà inquiet parce qu\u2019il y auraf tentation qui me vient d\u2019ouvrir dans le hasard de la page n\u2019importe quel} 5 : Garneau a fait l\u2019autre soir dans Toronto, mettant tellement de désir} ça donne prise sur rien.Combien avant moi se sont assis comme moi à devant lui et qu\u2019en est-il resté?Cette malformation du pays, cette cartel j - ; | (Après qu\u2019il eût écrit cela, il faillit ajouter: \u201cLe Malcolm de Macbeth dit tout dans une petite phrase qui prépare la vengeance, l\u2019attire et la rend souveraine: - N\u2019émoussez pas votre coeur, enragez-le!) - k oo.ça qui jadis's\u2019était nommé Jack Kérouac prétendait qu\u2019il existe deux sortes de livres, les sacrés et les profanes, impossibles à écrire de la même façon.C\u2019est pourquoi ça qui jadis s\u2019était nommé Jack Kérouac rédigea On the Road directement à la machine, n \u2019éprouvant pas pour - cet ouvrage le besoin d\u2019y retrouver le mouvement de sa main et tout ce qu'une main, surtout de gaucher infirme, change sur le papier, ce rythme des phrases, cette coulée de mots faisant une musique sacrée dans la tête (grandes orgues orgueilleuses du Buxtéhude monté) \u2019et conférant à l'oeuvre en travail tout son sens, ce que la machine annihile parce qu \u2018elle crée une distraction coupable entre ce qui est dans la tête et ce qui s\u2019écrit - comme des interruptions dans le silence de l\u2019écriture.Alors qu\u2019il faudrait écriré dans une petite chambre nue et blanche, vêtue d\u2019une longue robe brune pour n\u2019être que femelle surexcitée,-ou- vert au monde du texte, avec seulement soi et le monde du texte à faire , venir, au centre de cette épiphanie qu\u2019est tout livre en voie d\u2019être fait - (et j'appelle écriture tout ce par quoi je suis vécu, ma femme rare et mes deux enfants sauvages; ma maison dans Sainte-Emmélie de l\u2019Energie que je laisse à elle-même par manque de temps, dont le bois respire pour rien, dont le bois craque pour rien, en attente de moi - froide grande pièce solitaire, avec les photos de Hugo, de Riel, de Melville et les.lunettes épaisses de Joyce et les portraits de la grande tribu aux murs et rendus flous parla poussière, en instance de canonisation littéraire.D\u2019appelle écriture tout ce par quoi je suis vécu, mon bureau à l\u2019Aurore, - avec ce pupitre sur lequel s'accumulent les mots des autres (juste à côté est celui de Gilbert La Rocque, romancier comme moi, aux prises lui aussi avec le pain quotidien, sa femme rare et ses deux enfants sauvages - est-ce que ça le gruge alors qu\u2019il pense aux chevaliers sans tête de Gunther Grass, Gaulois sacrifiés à la décollation?\u2014 et Roger DesRoches, une: longueur rousse de ses cheveux \u2018en avance sur la typographie, famille grasse et corps plein pour faire de tous les \u2018 manuscrits des livres - et Gilles LaMontagne, petit moine assis et producteur, et Mario Leclerc, ce marquis maquette couvrant la multitude des textes plus ou moins sexés.- le monde en inventaire- d'écriture, ce par quoi je suis vécu dans tous mes niveaux d\u2019être, pour que mes mots en changent et se gorgent de vie.l'appelle écriture tout ce par quoi je suis vécu, ce qui de la rue Saint-Denis à la I rue Ethier m\u2019entre dans l\u2019oeil, flot d\u2019automobiles, parfois un cheval, caléché Place D\u2019Armes, bruyanteur des autobus, affiches anglaises, visages d\u2019hommes et de femmes éphémeéres tout comme moi, coursant contre la mort - usines de toutes les morts, poumons plats comme des œufs au miroir, poumons amiantosés, fabriques de cercueil 21. % Las\u201d I AN i, 1 i H i H iE HM i déambulatoires, tant de sentiments sur ces faces que jenchevétre, grande émotion du troupeau dans la ville blanche, dont je sais peu, que le peu qui se laisse voir - peuple usé dans ses genoux, toupie torpillée dans la démangeaison de son réel, dans la démageaison des rêves de son réel - et le seul profil de Robert Bourassa à la télévision, dans l\u2019économie des mots préfabriqués avant la grande sortie des gorilles - ça aussi s\u2019appelle écriture car ça aussi c\u2019est par quoi je suis vécu dans mon quotidien des mots, sans mythes ni même que sans histoire.Le drabe de hi | .| la vie, tortues des Galapagos du pays à virer à l\u2019envers! (Vous faites un | livre pour vous délivrer de tout ce qu\u2019il peut représenter, pour aller au-delà du silence, pour rendre rouge l\u2019absence et forcer cet amas aliéné à éclater, espérant qu\u2019une fois ça accompli, vous allez vous retrouver pour ainsi dire neuf, dans une grande lumière créatrice, mais.ce-n\u2019est jamais Ça qui se passe: le dernier mot n\u2019est-il pas écrit que vous vous retrouvez comme suspendu dans l\u2019air, en train d\u2019attirer sur vous toutes ces phrases qui s\u2019 y promènent et qui, pareilles À des sangsues à sang chaud, se collent à votre peau et vous obligent à commencer un autre livre, et pas nécessairement celui que vous pensiez - et ça devient finalement intenable, vous comme crucifié à la dure croix de votre création, vous comme mot tournänt sur la broche du désir, vous comme écartelé, fractionné à l\u2019infini par tout ce par quoi vous êtes-vécu, sans distinction de réel ou d\u2019imaginaire, tout À la fois livre et substance du livre, comme si écrire dans la fureur où vous êtes, dans le simple drame | de votre fureur, vous rendait inapte à toute émotion qui ne serait pas celle de l\u2019écriture - aussi ne sais-je plus qui de moi est l\u2019écriture et quoi de l\u2019écriture se retrouve en moi, tout élément de n'importe quelle vie s\u2019y greffant pour y perdre son autonomie et se fondre dans le tout de l\u2019oeuvre.(On comprend, il faut à ce moment précis comprendre qu\u2019on F ne peut plus y échapper, que toute écriture n\u2019est que la queste de mon Saint-Graal à moi, dans tout le réel de ma vie.) - L'individualisme est un crime, disait Flaubert, bien que je ne crois pas à l\u2019individualité et pas davantage au crime.Alors que je ne voudrais qu\u2019être bon pour mes deux filles sauvages et ma femme rare et créer, dans les mots de tout le texte à venir, cet amas de cabanes que je vois de ma fenêtre et qui s\u2019en va je ne sais pas où dans la mollesse de son quotidien, peut-être très loin du Job J et du Melville et de tout ce qui, brusquement, me devient } urgent d\u2019écrire - .- 2.il Fl te, (le li ls lent fre me a | du ame pas quot | es (de L'on mon cet et itl sen loin vient un hasard contrôlé par claudette charbonneau-tissot La façon dont j'écris se caractérise paradoxalement par \u2018un mouvement de contrôle rigoureux et, en même temps, par un refus de tout déterminisme préalable ou extérieur au texte.Le mouvement de contrôle que j\u2019exerce sur mes textes est basé sur la mise en garde constante, le refus et la lutte contre tout ce qui peut collaborer à rendre le texte faible, superficiel et fade.Le \u2018\u2018mièvre\u201d\u2019, c\u2019est-à-dire l\u2019expression d\u2019émotions, de sentiments, même les plus forts, de façon touchante, prolixe et pathétique, est, à mon avis, un des pires pièges pour l\u2019écrivain, et probablement davantage pour l'écrivain féminin puisque, socialement et culturelle- ment, on a toujours attribué à la femme non seulement une grande sensibilité mais aussi beaucoup de sensiblerie.Un écrivain féminin est - presqu\u2019automatiquement considérée, souvent même avant que ses textes soient lus, comme un écrivain \u201cà l\u2019eau de rose\u201d et, pour ces raisons, le principal public d\u2019un écrivain féminin est féminin, ce qui est bien dommage.Et il faut bien l\u2019admettre, i est vrai que beaucoup de textes d\u2019écrivains féminins sont \u2018\u2018mièvres\u2019\u2019, mais ce n\u2019est pas là une règle obligatoire et générale et il est vrai, aussi, que beaucoup d'écrivains masculins, même très bien cotés, cèdent au \u201cmiévre\u201d avec une fréquence déconcertante.Personnellement, le \u2018\u201cmièvre\u201d\u2019 est ce qui m\u2019a toujours choquée le plus dans un livre.Avant d\u2019écrire Contes pour Hydrocéphales Adultes, j'avais écrit plusieurs textes dont deux romans non publiés, et qui ne le seront \u2018 Jamais puisque, dans ces textes, je cédais au \u2018\u2018mièvre\u201d.C\u2019était en quelque sorte mon apprentissage.J\u2019ai appris, en écrivant ces textes, ce qu\u2019était le \u201cmiévre\u201d et combien il était facile d\u2019y succomber.Lorsque j'ai commencé Contes pour Hydrocéphales Adultes, je ne savais pas encore au juste ce que je voulais mais je savais avec certitude ce que je ne voulais pas.Pour éviter de retomber dans le \u2018\u201c\u201cmièvre\u201d, je savais qu\u2019une des choses à éviter était d\u2019écrire sous l\u2019influence d\u2019une émotion directe ou dans une situation stressante ou exceptionnelle.Pour bien traduire uñe émotion, 23. Bre prt Si He ¢ i i in 1 A 1 il faut non seulement qu\u2019elle soit \u201crefroidie\u201d mais que l\u2019on en soit détaché suffisamment pour étre capable de la déplacer (un peu comme | le rêve opère-avec les idées latentes) sur quelque chose de totalement™ différent de ce à quoi, dans la réalité, elle était rattachée.C\u2019est une des bases et même des définitions de ce que j'appelle la fiction.Car la ' fiction n\u2019est pas la simple création de quelque chose qui n\u2019est pas arrivé \u201cpour vrai\u201d, mais ce déplacement, ce travail sur le réel, (et plus encore, bien sûr, comme nous le verrons un peu plus loin).\u2019 Dans le même sens, il fallait éviter d\u2019utiliser l\u2019écrituré comme simple véhicule d\u2019une histoire.Car si l\u2019écriture ne sert que de moyen de transport pour l\u2019histoire, et \u2018si cette histoire peut être racontée PO PUS verbalement, traduite en scénario ou même résumée sans y perdre § vraiment quelque chose, même si cette histoire est très intéressante et que l\u2019idée er est géniale, il ne s\u2019agit pas, à mon sens, de véritable littérature.- Ÿ Si on ne fait que raconter une histoire, on-aura tendance à rester au niveau des faits visibles et tangibles car ce sont ces faits qui sont les plus #; faciles à raconter.Mais lorsque l\u2019on veut rendre quelque chose qui se fi situe en -deça ou au-delà des faits, les mots ne suffisent parfois pas.On peut certes dire \u201celle était triste\u201d, \u201cil I\u2019aimait\u201d, \u201celle avait peur\u201d, mais cela ne fait qu\u2019ihformer sans rendre vraiment l\u2019essentiel.Pour traduire reproduire une structure mentale profonde.Ce système, c'est le texte A méme: : Comme nous le verrons plus loin, il ne s\u2019agit pas de créer une | structure artificielle et de compliquer délibérement les choses.Il faut | laisser la structure mentale organiser elle-même le texte.Le contrôle à f exercer ne consiste donc pas à créer arbitrairement là structure du texte mais bien à refuser tout ce qui ne vient pas directement de la structure mentale fondamentale, et ce, en rejetant entre autre les éléments } \u201cmiévres\u201d\u2019, les phrases-messages etc.; Bien sûr on peut se demander comment on peut arriver à discerner } ce qui vient de la structure mentale et ce qui vient du simple goût de >| \u2018\u201c\u2018raconter\u201d\u2019.À force d\u2019écrire de cette façon, on en vient à déceler ces | différences de niveau d\u2019écriture.Ainsi, dans un texte \u2018\u2018fort\u201d, il-y ab presque toujours une condensation de plusieurs éléments de telle sorte » que l\u2019élément donné ne réfère pas à une seule chose mais à plusieurs à la fois, ou encore, on ne restreint pas l\u2019élément à un seul de ses sens, k mais-on les considère tous À la fois.De la sorte, la force de l\u2019élément est M: multipliée.De plus, cela permet, au cours du texte, la transformation * d\u2019un élément par un passage d\u2019un sens à un autre.-Cela élargit le sens »| référentiel direct du texte et charge le texte d\u2019une dimension - fantastique et mythique qui permet de changer de niveaux et, ent: partant de faits ou d\u2019éléments en apparence banaux, de rejoindre le niveau de l\u2019inexprimable.\u2018 [ Il se produit, par cette condensation d\u2019éléments, une sorte: d\u2019économie dans le texte de telle sorte que, pour dire deux choses! |.24._ - } l\u201c\u201cinexprimable\u201d, c\u2019est une structure qu\u2019il faut, un système capable de || ÿ Ni.In tte | is On | ais | lite | de [ ite | ue} - fut led- Be | ture | eus me | tde gs y sorte |.rs if sens, ot et ation > seu 15000 1, ie sre (hoses différentes, on peut employer le méme élément en le faisant simplement glisser d\u2019un sens à un autre.Il se produit donc peu à peu un système de répétition dans lequel chaque élément avancé est réinvesti plus loin, à un autre niveau.et ce système de répétition tend à reproduire un séreau obsessionnel inhérent à la structure mentale sous-tendant intérieurement l\u2019émotion, l\u2019impression ou la pensée que l\u2019on veut rendre.Dans mes textes, la structure mentale se manifeste aussi d\u2019une façon presque inverse à la première.Si par un jeu de condensation et de glissement le texte réussit à nous faire passer du niveau des faits au niveau de l\u2019inexprimable, il réussit aussi à transformer l\u2019inexprimable en faits.Il s\u2019agit certes, là aussi, d\u2019une opération de déplacement.Le texte actualise les fantasmes, les désirs, les besoins, les angoisses en les transformant en faits au niveau de l\u2019histoire mais aussi en les imbriquant, au niveau de l\u2019écriture, dans le système obsessionnel des répétitions et des renvois.Un exemple de cela serait probablement utile.Dans le premier texte des Contes pour Hydrocéphales Adultes, Les Petits Trains, le personnage a un \u2018\u201c\u201cblocage\u201d\u2019 sur un fait passé.Au lieu d\u2019expliquer son état psychologique, le texte transforme cet état en fait: le personnage, qui ne sait même pas, au début du texte, ce qui se passe en elle (donc pas besoin de dire \u2018\u2018elle avait un blocage; elle se rappelait le passé et cela la faisait pleurer\u201d puisqu\u2019elle ne sait-_même pas qu\u2019elle a un blocage et qu\u2019elle est supposée être triste\u2026) ressent le besoin pressant de faire sortir, physiquement, quelque chose qui est en elle.Ce quelque chose, c\u2019est une histoire qu\u2019elle se met à écrire sur les murs (même les personnages de cette histoire sont matérialisés puisque la femme dit qu\u2019une fois nommés, les personnages restent enfermés dans les murs et attendent qu\u2019elle s\u2019endorme pour sortir des murs et reprendre leur vie).Le blocage n\u2019est donc pas exposé puis analysé psychologiquement mais il est traduit par cette impossibilité dans laquelle est le personnage de faire autre chose que d\u2019écrire sur les murs cette histoire qui, en fait, matérialise, puisque le personnage s\u2019aperçoit bientôt qu\u2019un des personnages de l\u2019histoire lui ressemble et que les lieux semblent être les mêmes que ceux dans lesquels elle écrit, matérialise donc le retour du personnage à son point de blocage puis sa libération lorsque l\u2019histoire est terminée.Dans ce même texte, on peut trouver une illustration du phénomène .de condensation et de transformation d\u2019un élément.Au début du texte on s'aperçoit que le personnage a fait sortir tous les objets de la maison sauf, dans une chambre au sol carrelé, un jeu de dames rouges et noires qu\u2019elle fait bouger pour se satisfaire.Un peu plus loin dans le texte, les dames, qui étaient apparemment de simples pions de bois, deviennent \u201cde petites dames rouges, noires silencieuses dont les lèvres et les ongles devaient être peints de rouge violacé\u201d, page 18.Plus loin encore \u201cje m\u2019apercus que chacune des petites dames rouges et noires avait une main rabattue surla bouche d\u2019où sortait encore, malgré l\u2019occlusion, des mugissements\u201d, page 20.C\u2019est ensuite qu\u2019apparaissent autant de petits 25. t i er IH i) + A i I H 1 \\ ; +1 i i ; he 5 ne te He \\ in i 3 iH lits, d\u2019enfants et de pères qu\u2019il y a de dames, et que s\u2019anime chacune de }| ces scènes minuscules qui reproduisent et actualisent la scène que le }|y personnage refuse d\u2019écrire donc de matérialiser.Sur l\u2019élément \u2018\u2018dames\u201d A se sont donc effectué des condensations puis des transformations qui, F loin d\u2019être un simple jeu sur les mots, ont été l\u2019aiguillage d\u2019un change- I ment de niveaux qui nous a mené à l\u2019inexprimable.J Pour arriver à faire du texte un système serré où chaque élément est Ë imbriqué de façon dynamique dans une structure qui permet des },# changements de niveaux conduisant du fait a I'inexprimable et de jib l\u2019inexprimable au fait, je considère qu\u2019il faut, au début en tous cas ji (c\u2019est à dire pour les premiers livres) s\u2019astreindre à la concision.La E|ÿ nouvelle est à mon avis la forme littéraire qui se prête le mieux à un texte \u201cfort\u201d, tel que je l\u2019entends.Certes il y a beaucoup de nouvelles \u2018\u201cmièvres\u201d.Mais ce n\u2019est pas de celles-là dont je veux parler.La À nouvelle, la vraie, est, par rapport au roman, ce que le cri est à la i parole.Les points morts, les passages superflus y sont plus rares.Tout a doit y être concentré et, lorsqu\u2019on y crée un système complexe a susceptible de reproduire une structure mentale, il y a moins de risque .pour l\u2019auteur (et le lecteur par après), de s\u2019y perdre (bien qu'on s\u2019y }|™ perde parfois quand même.) \u2018 , C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas que le piège du \u2018\u2018mièvre\u2019\u201d\u2019 qui guette l\u2019écrivain.TI Fly y a aussi celui selon lequel on veut écrire vite et beaucoup.Et Elu s\u2019astreindre à la concision et s\u2019obliger à éliminer toute la partie de simple \u201cracontage\u2019\u201d d\u2019histoire qui remplit si vite et si aisément des pages, exige une discipline et un renoncement souvent frustrant.Alors que d\u2019un côté, j\u2019exerce un tel contrôle sur le texte, d\u2019un autre côté, je laisse au texte toute sa liberté en le maintenant à l\u2019écart de tout déterminisme préalable et extérieur.Pour un écrivain qui ne veut que \u201craconter une histoire\u201d, il est préférable qu\u2019il ait, avant de commencer, un plan et certains renseignements sur son sujet.Mais pour le genre de textes que j'écris, un plan ne peut être que b nuisible.D\u2019ailleurs si, avant d\u2019écrire un texte, je savais déja ce qui allait § se produire, je ne prendrais probablement pas la peine de l\u2019écrire # puisqu\u2019il ne s\u2019agirait alors que de raconter, transmettre un donné préalable.Pour m\u2019intéresser, l\u2019écriture doit représenter pour moi une aventure et comporter une part de risques (celui par exemple de se retrouver devant quelque chose que l\u2019on aurait jamais cru en soi, ou quelque chose que l\u2019on aurait jamais osé s\u2019avouer, mais qui est là, difficile à reconnaître parce que déplacé, transformé, mais là, quand même).~ Lorsque je commence un nouveau texte, je pars donc de rien, duf; moins de rien de précis.(Je dois avouer que cette méthode de travaillé i demande non seulement beaucoup de patience mais beaucoup de temps lg aussi).J\u2019écris, au hasard, les quelques phrases isolées qui me viennent+ ® jusqu\u2019à ce \u2018que l\u2019une d\u2019elles soit assez forte pour en attirer une seconde#}\u201c 26.| ge ji ia the as 1 jte out ins | que [ait i ne 56 0 thy aod - , 0 ga gil nent onde _ puis une autre (cela peut prendre du temps.).Une fois qu\u2019une phrase est suffisamment puissante pour en engendrer une seconde puis une autre, il se crée alors peu à peu non seulemeñt un enchaînement de phrases mais une suite logique qui s\u2019édifie au fur et à mesure que les phrases s'ajoutent, et crée une progression à laquelle le texte ne peut bientôt plus échapper et à laquelle j je dois forcément me soumettre en éliminant tous les éléments qui ne coïncideraient pas à cette logique autonome que je n\u2019avais pas pensée et construite préalablement mais qui s\u2019est édifiée elle-même, au fil des enchaînements, à à partir non pas du souffle inspirateur d\u2019une muse céleste mais à partir d\u2019une structure mentale qui se situe, en moi, juste en deça ou au- -dëlà de la conscience claire et rationalisante.- Et quoique l'on puisse penser, cette logique est souvent plus solide, parce qu\u2019elle fait appel à des structures profondes et qu\u2019elle naît d'associations involontaires, que la logique que l\u2019on pourrait, arbitrairement et de l\u2019extérieur, donner au texte.Mais tout en étant plus solide, cette logique est souvent plus complexe et échappe aux normes d\u2019intelligibilité que l\u2019on applique, d\u2019ordinaire, à la - compréhension des faits quotidiens.Si donc on essaie d\u2019appliquer la grille d\u2019 interprétation des faits quotidiens au texte, il est certain que le texte semblera illogique.Mais si le lecteur parvient à se détacher de cette \u2018\u201cillusion réaliste\u201d et À se situer à un niveau semblable à celui où l'écrivain s\u2019est situé (cela demande une certaine disponibilité, une certaine ouverture au hasard), la logique inhérente et exclusive au texte lui apparaîtra dans toute sa force.; > Pär ce mouvement de contrôle étroit et-de refus dé déterminisme extérieur, je cherche à créer une écriture qui convienne parfaitement-a ce que je veux faire en écrivant, soit exprimer Finexprimable, d dire ce qui ne se dit pas.L'écriture est pour moi un moyen de dépasser le niveau habituel de conscience dans lequel\u2019 nous vivons quotidiennement, un moyen d'accéder à l\u2019invisible en lui donnant, par le texte, une structure visible.- Mais en plus de cet aspect introspectif, l\u2019écriture représente aussi une recherche esthétique qui consiste entre äutre à créer dans le texte une harmonie à plusieurs niveaux en même temps, aussi bien au niveau des sonorités et de la structure des phrases qu\u2019à celui des images mentales que le texte provoque.Il s\u2019agit de faire du texte un bel objet qui offre autant de satisfaction esthétique, à la lecture, que la vue d\u2019une belle \u2018toile ou du détail d\u2019un bijou finement ciselé.Et puis, socialement, l\u2019écriture est pour moi une forme de dénonciation du niveau superficiel dans lequel nous vivons, et c\u2019est ,|- aussi une proclamation de la beauté de cette part de folie qu\u2019il y a en chaque être humain que, socialement, il faut récuser, dissimuler et mêne nier.L'artiste est probablement un des seuls à qui l\u2019on donne l'autorisation (restreinte, évidemment) de montrer (partiellement, bien 27. en a.sûr) cette folie, mais encore faut-il qu\u2019il sache observer les limites qu\u2019on } lui impose car d\u2019original, il pourrait bien passer pour fou.I » J harbonnea I} A) DEF N Ü A Dis gi hd J ii pe pa mg pa ie Hs {IVE = LL TET ee rs gr ry Da mg px geet je zx .br cts = ic Hl A fod Ce i rg ep EEE if fi tit} 3 LU ay Ma \"hy bg] Wg | Bil , hy Buy ley, i, 28.ICH rd 1 Lop 243 40 1 0 ee we un modèle d'écriture - par jean-claude clari * DEFINIR ET RUSER Les remarques** qui suivent ont pour objet de cerner les schemes sous-jacents à la pratique de masse de la critique littéraire, .qu\u2019illustreront trois exemples puisés dans les suppléments culturels hebdomadaires.Il s\u2019agit de ruser avec la langue, c\u2019est-à-dire déjà l'idéologie qui, plutôt que dénoncée, sera manifestée dans l\u2019esquisse d\u2019une compréhension du procès critique à un niveau donné, celui du journal, à une époque donnée.Les articles choisis sont datés, mais non dépassés *+#; les schèmes qu\u2019ils sous-tendent régissent encore notre aventure.LIVRER Dans la culture-loisir, \u201cl\u2019auteur\u201d se réduit \u2018au rôle d\u2019amuseur et le critique, entre lui et le public, a celui de\u2019 présentateur.Cet intermédiaire a pour tâche de lire, de mâcher\u2018(les mots d\u2019un autre), de digérer, de livrer l\u2019esseptiel d\u2019un message.Occupé à son travail de filtrage,il fait écran, occulte la réalité du livre (comme travail).dans la réalité sociale, la situation du producteur, et enfin la nature même du produit (marchandise).Ce filtrage peu innocent prend vite l\u2019aspect d\u2019une mise en ordre, d\u2019une organisation de la production dans le choix qu\u2019on dit obligatoire, et d\u2019une mise au pas d\u2019un produit particulier, le tout s\u2019exerçant dans le sens de l'idéologie.Inutile d\u2019 ajouter \u201cdominante\u201d, car être dominante, c'est ie propre de l\u2019idéologie qui traverse le processus littéraire (matériel et intellectuel) de part en part, présidant à l\u2019origine et au terme de sa hen Samy | nr ARYAN AR * Jean-Claude CLARI, romancier.En 1973 paraissait au CLF le Mot chimére a deux \u2018sens: prépare son cinquième roman.** Basées sur les travaux de J.Dubois, J.Lenhardt, F.Gaillard, D.Racelle-Latin parus dans Littérature No 12, Paris, Larousse, déc.1973 et de P.Hamon, Littérature No 14, mai 1974, ainsi que de J.Bya dans le \u201cColloque de Cluny II\u201d, Nouvelle Critique, No spécial 39 bis, Paris, 1970.+++ La Sorcière assassinée\u201d R.Martel sur La Mariecomo de R.Brun, La Presse, 12 octobre 1974.*\u2018La profonde humanité de Monsieur André Langevin\u201d J.Ethier-Blais et J.Brauit \u201cTransgression des transgressions\u2019 sur Une Chaîne dans le Parc de A.Langevin, Le Devoir, même date.\u2018\u2018La démarche et le quichottisme\u201d F.Ricard sur le Don Quichotte de la démanche de Y.L.Beaulieu, Le Jour même date.29. vie » et culture | ; NGC] of : cahier des arts et lettres vie \u20ac( culture Bl NGC TRO cahier des arts et lettres vie et culture NI GLC TRO cahier des arts et lettres | vie et HE | cahier des arts j lettres i i 30 à) { - hi mise en place, dans un circuit enfin, qui, pour le critique comme pour I'éditeur et le libraire, en est un de livraison.EXPLIQUER MEDIATISER CONSOMMATION Le discours critique, même dans sa grandiloquence parfois théâtrale, ne cesse jamais d\u2019être explicatif; il se dresse en appareil à lire, dont les constituants immédiats sont les irréfutables critères, perpétuateurs du \\ ; goût et d\u2019une tradition qui se renouvelle par contradictions, dont la | moindre n\u2019est pas l\u2019originalité.Cet appareil qui se veut souvent l'exercice d\u2019une subjectivité ne parle pas moins de normes et ce -discours-écran voulant paradoxalement épouser les méandres du texte _ se trahit comme normatif, soücieux de relever les écarts, révélant ainsi i le code qui le conditionne, l\u2019idéologique.Discours de sens, il se propose comme message d\u2019un autre message, a | établissant la communication, mettant'le texte et le public \u2018\u2018en ligne\u201d: discours linéaire donc, comme l\u2019entend Philippe Sollers: \u201ccelui qui - asservit le texte à une représentation, un sujet, un sens, une vérité\u201d, \\ se situant et situant le texte dans le circuit idéologique, intégré à # l'infrastructure par le circuit marchand: le critique interpelle le lecteur | possible (s\u2019interposant, doublant l\u2019interpellation du producteur - { assurant à l\u2019idéologie toujours-déjà-là son canal privilégié) comme f l\u2019interpellent le texte et l\u2019auteur, les sommant de se livrer en les livrant I au public, dans la fournée hebdomadaire des auteurs et des livres nouveaux.« Ce discours s\u2019avoue comme substitut de la parole du producteur, narration déplacée, métonymie (le signe pour la chose signifiée) où la f | médiation se fait texte.Devant une insuffisance présumée du texte, le discours critique ; déguisé en roman du roman se doit d\u2019élucider \u201c\u2018l\u2019intention\u2019\u201d du * producteur, de mettre au clair Pinexplicite de la \u2018\u2018création\u201d, son , mystère.Insuffisance présumée qui \u201cjustifie\u201d le discours critique \u2018 comme emballage nécessaire, un conditionnement au sens industriel.\u2018 Le critique voit la vraie nature de l\u2019oeuvre, son sens réel, qui est , autre, dit-il généralement; il travaille sur la différence, au propre comme au figuré: il diffère la lecture par son incitation même, et son travail, laborieux, porte sur l\u2019écart (par rapport aux normes), écart qu\u2019il réduit ou élargit pour mieux l\u2019absorber.Son premier effort s\u2019attache à la singularisation où il établit la * .« .° ° filiation oeuvre-auteur,qui authentifie l\u2019oeuvre, qui en certifie l\u2019identité, qui reconnaît le produit humain.Singularité aussi, car ce n\u2019est que très rarement que le critique va tenter de lire le pluriel d\u2019une oeuvre donnée, indiquer la pluralité des plans de lecture, faire l\u2019inventaire des possibles.; 1 S\u2019il dénombre ces-plans, c\u2019est pour aussitôt les -dissoudre dans 31. = l'oeuvre, lui restituant une unité \u201cqui s\u2019accorde à son.unicité qui à - n\u2019empêche pas le critique de considérer le texte comme redondance J} qu\u2019il faut corriger et réduire pour en extraire une substance qu\u2019il livrera |i sous forme de résumé, comprimé qu\u2019il enrobe pour le rendre propre à la consommation.IS ADEQUATION Pour l\u2019intermédiaire qu\u2019est le critique il s\u2019agit ainsi de concilier le à # texte et le public, de naturaliser le premier et de l\u2019intégrer au donné, X culturel du second; il rend le texte acceptable pour le public par qui il croit être mandaté, alors que c\u2019est l\u2019appareil qui le mandate: appareil ou la \u201clittérature\u201d n\u2019est qu\u2019un moyen d\u2019assurer la conformité à l\u2019idéologie dominante et la reproduction de celle-ci et, par ce biais, de Ful l\u2019infrastructure.L\u2019enrobage critique dore la pilule, dissimulant les réalités au profit des petits faits qui font l\u2019authentique.L\u2019emballage habille et masque |p les hiatus, normalise les transgressions.= RECONNAISSANCE Cette reconnaissance se fait dans la connotation, où s\u2019ébat le Bin critique: il traduit l\u2019esprit et non la lettre; il interprète.La connotation est le lieu privilégié de l\u2019affectivité et du goût, partant celui de Biel l\u2019idéologie.: So \u2014 C\u2019est là que se reproduisent indéfiniment les codes, c\u2019est le lieu du résidu culturel, du surcode, du lieu commun \u20ac à tous), du \u201ccomme on §: dit\u201d, du familier._ - La mise en ordre s\u2019appuie sur le connu, le nommable dont le critique invafiablement balise le texte, grâce à quoi il cerne son identité pour § l\u2019intégrer à son espace culturel.Ce nommable et ce connu élucidés F occuttent l\u2019idéologie manifestée par le texte - parce que relayée, pi réinvestie, reproduite.CISIBLE TOUJOURS LA CONSOMMATION Le critique qui par déplacement dissimule le code, qui fait un discours de tous les extraits ou joue I'idéologie, accroit la lisibilité du fi.texte, le légitime, lui ayant coupé ses ailes subversives.Etranglant le.ny langage dans le goulot critique, il tend alors a reconduire les inhibitions J} culturelles et en assure la reproduciton.; i! ta He I \u2018ind (lion ¥ hur Yin Cette lisibilité est assurée par la forme idéologique et non le contenu, ; car la subversion du contenu reste lisible dans la forme récupérée par w» l\u2019esthétique.La polysémie de l\u2019oeuvre, ses possibles et son infini devien- ol i nent une vérité révélée par le critique.: wo Ith Le critique investit du sens dans le sens, assure son crédit et pousse a i la consommation.Il ratifie et garantit les discours, dont le sien, celui de hi Lidéologie. A N c'est-à-dire de former (enseigner) et de reformer (normaliser), | reconduisant ainsi la pensée dominante et ses règles, position qui invite .a une lecture du code idéologique et de ses modalités.CL L'appareil qui l\u2019emploie régit sa fonction: il a charge d\u2019informer, LE SORCIER A GAGES 5 Le lecteur habitué à prendre connaissance des articles de R.Martel sait qu\u2019il faut s\u2019attendre à voir une colonne consacrée à des réflexions générales, sortes de préambule qui prépare, à la façon des précautions.; oratoires, à recevoir le message.C\u2019est le biais par lequel il aborde le ; livre, et dans le cas qui nous occupe il s\u2019agit d\u2019une brève sociologie de la littérature québécoise à laquelle succèdent, coiffée du sous-titre \u2018le vif du sujet\u201d, celle de la littérature acadienne et enfin, sous \u201cvérité sans ; qualité\u201d la théorie martélienne de la création littéraire.L article se clôt sur une question \u2018\u201cle chiac c\u2019est quoi?\u201d qui conditionne l\u2019avenir de la / littérature tant au Québec qu\u2019en Acadie.Le titre, nous disent les linguistes et les stylisticiens, a une fonction déïctique; opérateur de marque, embrayeur, il constitue également le \u2018texte en marchandise.Montreur, son référent n\u2019est ni définitif ni immuable: c\u2019est encore et toujours le règne de la connotation.\u201cLa Sorcière assassinée\u201d, outre qu\u2019elle est en capsule le sort de la Mariecomo (l\u2019image de marque, la marque de fabrique), indique le sort - que Martel réserve à l\u2019auteur qu\u2019il assassine dans l\u2019esprit du lecteur, à j?qui il casse les reins, mais aussi le sort de la littérature acadienne mort- rf Née s\u2019il est confié à des auteurs du genre de Régis Brun et nn a en} l\u2019officielle Acadienne, Antonine Maillet, intégrée, elle, au circuit.Si je dis littérature, ce n\u2019est pas sans intention: l\u2019article embraie sur e|, ces mots: Les lettres, en majuscules.Encore une marque de commerce, or] dont l\u2019innocence serait difficile à défendre.\u2018Sociologie portative: pour R.Martel, si l\u2019éclosion de la littérature 'ÿ québécoise a tant tardé, c\u2019est parce que, dit-il, \u2018les élites écrivassières \u2018ne croyaient pas qu\u2019on dût ou qu\u2019on pût créer une telle littérature\u201d.Il | s'agit là pour le moins d\u2019une occultation singulière de la lutte de libé- ; ration nationale et des conflits historiques et de classes.Sur le mode léger, il résume le laborieux cheminement, feignant (mais à peine, car le Wf point culminant d\u2019üne histoire littéräire n\u2019est-elle pas le livre de di} cuisine?) de méconnaitre les contraintes des conditions de diffusion et tk] propose qu\u2019on soit content qu\u2019elle existe, cette littérature.» Pour l\u2019Acadie, le démarrage ne fait pas problème, car avec A.Maillet j ON assiste à une quasi-révolution; cet auteur qu\u2019il voit en porte- {-Parole a réalisé la transgression agréée désormais, le genre mixte, #} hybride du roman-poème.Mais son \u2018succès inquiétant\u201d ne lui fait pas \u2018; dire le mot qu\u2019on attendrait, c\u2019est-à-dire récupération.Son tourment 4 est celui du législateur des lettres: cette mode subie par l\u2019Acadie lui est gi\" préjudiciable, puisqu\u2019on risque d\u2019éditer- n'importe quoi.Le sort de id.Régis Brun est scellé.33. acadienne et pour le prouver, R.Martel réduit le propos, à la manière des capsules imprimées (comme autant d\u2019étiquettes) au dos des livres \u201cC\u2019est l\u2019histoire d\u2019une bonne femme assez extraordinaire, sorcière - valorisation de l\u2019auteur (unique) rejoint les \u2018\u201célites écrivassières\u201d décident de l\u2019éclosion d\u2019une littérature, mais donnñë également les trait: 0 unitaires: qui s\u2019aviserait d\u2019amuser sans profondeur et sans truculencé th manquerait son coup.R.Brun a produit, nous dit le critique, un livre 5 sans aucune organisation interne, un collage\u2014le propre de qui n\u2019est = pas un artiste.Imperméable a la natire distincte du roman de Brung ; qu'il veut se voir conformer: au modéle de Maillet, Martel reconnaiff\u2019 cependant que le Mariecomo est vraie et vivante (le personnage, non le gi livre): mutilation obligée de la reconnaissance sur le mode idéologi##\" que - la vérité et la vie n\u2019ont, à tout prendre, rien à voir dans I'exercicd™ littéraire.Sauf pour R.Martel qui, la vie posée comme condition essen tielle, situe le rôle de I'artiste: \u201cdire des vérités de qualité\u201d, pendan moral de la fonction de divertissement du roman.lent rer ous fon Is ire Vie: c\u2019est-à-dire personnages, qui se racontent \u2018des histoires que chacun sait\u201d - les extraits du métatexte.Cette forme dialoguée n\u2019agréd pas à R.Martel qui reproche à Brun d\u2019avoir fait assumer aux person£ nages les interventions dites du narrateur et d\u2019avoir fait parler so narrateur comme un personnage.C\u2019est une chose assez curieuse pouf un critique qui ratifie la fusion des genres de censurer cette transgres# sion.C\u2019est tout le problème de la forme idéologique et de sa lisibilité ; tnd ie en AT \u2018\u201c\u2018Délicat problème de l\u2019insertion de la langue populaire dans 1e littérature écrite\u2019, nous dit Martel, reprochant encore à Brun d\u2019avoit transcrit l\u2019acadien \u2018\u2018au son\u2019\u2019.Cette innovation est irrecevable idéolo giquement.: \u201d 4 * 2 \u2019 * | A .3 (et Et le lexique annexé par l\u2019éditeur à ouvrage se révéle insuffisantl q hye contenant trop de termes québécois, transposant ainsi l\u2019opacité qu y existe apparemment entre le québécois et le français entre l\u2019acadien eff A le québécois.Cette question de langue en est encore une d\u2019idéologie » H 5° peut 5 La \u201cforme\u201d n\u2019étant pas respectée, \u201cce n'est pas encore de la litté fy, ; rature\u201d\u2019, décrète R.Martel qui blame I'éditeur de n\u2019avoir pas produit erly à lieu et place du roman de Brun un livre de recettes.Songe-t-il à des, 3 recettes littéraires sur le modèle agréé de A.Maillet?Wii ; : Qui 3 PLONGEE HUMANISTE ~ - oo] i D'entrée de jeu, les indices sont là: Monsieur André Langevin, don, la dignité sociale est garantie par le \u2018monsieur\u2019, indicateur du cody, social, ne peut déroger à l\u2019humain, valeur fondamentale, malgré leif 34. n| apparences.Ne soyez pas rebutés, semble dire J.Ethier-Blais, il est ik comme vous et moi.Chose curieuse, cette humanité se situe en x| profondeur, où loge en général \u201c\u2018l\u2019instinct\u201d.- : uf Pour J.Brault, le livre de À.Langevin tfanscende la norme, transgresse la transgression, c\u2019est-à-dire qu\u2019il la restitue, l\u2019affermit.Si R.Brun restait en deçà de la littérature, À.Langevin va au delà, mais où est la norme, en définitive, sinon partout: le lieu même de l'idéologie._ Quand en sous-titre R.Martel se demande \u2018\u2018le chiac, c\u2019est quoi?\u201d af c'est le nommable qu\u2019il questionne comme J.Ethier-Blais interroge wih l'enfance vue par A.Langevin, Ethier-Blais se replie sur le connu nla aussitdt, comme Martel sur le québécois du lexique: l\u2019enfance, c\u2019est y obligatoirement la Comtesse de Ségur et ses personnages.Ceux de\u2019 ult Langevin s\u2019écartent de l\u2019idée reçue: J.Ethier-Blais les trouve avancés {Pour leur âge; contradiction, dit-il, mais qu\u2019il escamote en parlant du 1h, Milieu qui marque \u2018des Êtres tout de cire\u2019\u2019.Pierrot, le personnage, est gf Pourtant récupéré: \u2018\u2018notre ami\u201d, dit Ethier-Blais, en dépit de ses in}, questions de grande personne; \u2018\u2018comme il est sympathique!\u201d s\u2019exclame J le critique.Il est vivant, il est vrai, semble-t-il, vraisemblable surtout, ql.oll se reconnaît l\u2019idéologie par le biais du familier, malgré les réserves (on retranche les détails qui indisposent).\u201cPierrot mon ami\u201d appar- -tient à ce type de vocabulaire qui fait dire à Ethier-Blais l\u2019Extrême- { Orient montréalais pour l'Est de Montréal et venelles pour ruelles.\u2018 1 Nous avons également droit 4 \u2018la vie grouillante du menu peuple\u201d: \"I comme c\u2019est beau, a-t-on envie de s\u2019écrier, à l\u2019instar du critique, mais _ aussitôt pour se demander pourquoi le peuple en est réduit à une vie de larve et, s\u2019il est menu, n\u2019est-ce pas parce qu\u2019on l\u2019a diminué?= bte ou 1 ; if _ À cette résorption plus ou moins habile de l\u2019écart succède bientôt le déve littéraire selon Ethier-Blais, théorisation sentimentale qui | Telève les trois traits qui font de l\u2019homme un écrivain: \u201c\u2018il note ce qu\u2019il 0 y ressent\u2019 (sentiment), \u2018\u201c\u2018se dit son coeur a lui-méme\u201d (unicité), \u201cne Of i So demande qu\u2019à aimer\u201d (sympathie, émotion).\u2019 Cette profonde humanité, reprise, est soulignée par l\u2019âme véritable | (la vérité sous l\u2019apparence rebutante) de 'oncle: \u201cles instants-privilé- | giés\u201d parmi \u2018\u201cles faits bruts de la vie\u201d\u2014Langevin n\u2019est pas que ce \u2018I narrateur-a, nous dit le critique\u2014, le miracle de la laideur devenue $1 beauté, \"imagination: La vérité est encore, selon la règle établie par R.té] Martel, transformée parla qualité.J.Brault aime le livre de Langevin, « dit-il, parce qu\u2019il \u2018\u201cme laisse la possibilité infinie d\u2019accéder par la lecture à l\u2019illisible\u201d: les choses ineffables que l\u2019artiste a à dire, selon Ethier-Blais, mais également le rêve, car pour Brault, le livre est une { machine à faire rêver, fonctior à rapprocher du divertissement.\u201cL'artiste\u201d est faiseur d\u2019illusions, lieux de la connotation où se dissout 4 toute transgression, assurance que le livre est relativement inoffensif.ii Illusions à fort caractère religieux, exigeant communion (profonde) et gt complicités, la première assurée par les secondes, celles-ci étant les a références culturelles, croyances partagées assises sur des valeurs E 35.1 ; oo. - allusion aux Affinités électives.pas sans rappeler les propos de Freud sur Dostoievsky; \u2018\u2018l\u2019instinct\u201d estf _ me pour le menu peuple, cette représentation (drame du réel) exige ung paresseuses, pas de violences inutiles (encore que les \u201cdéfauts\u201d soien reconnues.Complicité: connaissances partagées\u2014 pour Ethier-Blais, | c\u2019est Dostoïevsky qui est reconnu: Humiliés et offensés, les Frères Karamazov et Goethe: Wilhelm Meister, que confirme Brault pa Ces complicités s\u2019inscrivent darts le cadre du vraisemblable: \u2018\u201cC\u2019est le: lot naturel des faibles et des esclaves de l\u2019histoire: n'est-ce pas ce queff \u201d, nous sommes devenus?\u201d Cette illusion a pour condition paradoxale la sacré (a ey en est pourtant réduit à & présenter une galerie id fre portraits faisant \u2018\u201c\u2018vrai\u201d où l\u2019homme est reconnu comme idéaliste et | Joe femme, réaliste (Ethier-Blais): fie Si par aventure un personnage est \u201cméchant\u201d, comme Gaston, c\u2019est pr par l\u2019émotion qu\u2019il est récupéré.L\u2019affectivité sé traduit par la musique code culturel affleurant, qui réserve la consolation et permet l\u2019échappa toire, \u201csans quoi, dit Ethier-Blais, il ferait sauter l\u2019univers\u201d\u2019, ce qui n\u2019est socialisé, normalisé par l\u2019art.Retournement et récupération: les I méchants et les laids en apparence sont humains en profondeur,commdg Monsieur Langevin.Ce méchant lui-même appartient à une tradition culturelle, terre de _ connue, balisée par Gélinas et Dubé.Cette reconnaissance idéologique dissout Je texte, dans l'intervention terroriste du réel: \u201cla vie des pauvres médiocres est ainsi\u201d, nous dit Ethier- Blais, et c\u2019est, dit-il, cett évocation qui fait la force et la poésie de M.A.Langevin: cet ainsi es® découvert par l\u2019immense talent (démiurgique) qui nous le fait revivre# Exemple caractéristique de la bonne forme idéologique agréée \u2014com langue et une pensée nobles.C4 _ J.Brault ratifie: aucune distorsion de mauvais genre, pas de bavure: récupérés et hormalisés: \u201cun grand livre est grand par ses défaut aussi\u201d, dit-il).\u201cLa transgression la plus remarquable, ajoute- til, est la juxtaposi tion du jour et de la nuit.Les péroraisons de chacun se recoupent.Pour J.Ethier-Blais \u201c\u201cl\u2019honneur de\u201cnos lettres est, dans des oeuvres comme celle-ci où se retrouve l\u2019homme québécois dans la réalité dynamique de sa poésie\u201d.On \u2018distingue ici le schème martélien: l\u2019honneur (la qualité] i transformant la réalité (la vérité) en poésie qui est, et c\u2019est Brault qui cu nous l\u2019a dit, accession à l\u2019illisible, qu\u2019il répète en concluant: \u201cnou parlons pour se taire ensemble\u201d: cet ensemble intégré reconduit lé schème interpellation-redonnaissance-soumission.La boucle es%; bouclée et le système a sa reproduction assurée.C\u2019est à Braulf d'ajouter: \u201cchut!\u201d\u2014c\u2019est-à-dire ne.troublons pas l\u2019ordre établi.36.: _ AR RER AA INFOS RE SNA AO OO I Hg lt rl Ce Que 0tale 0 d fonde dans Je Ce Le ere de se et lai on, dg sigue Chappe qu'est.nt\u201d ef lon: Leg}.commef \\ le, test au vie des A cette angi es] LEVÉ.oO ge vol : bavures- s° soient défauts Uxtapos t f t s i i fer Bai, i 00 8 pil quil ue ; Brad abl i _ UNE DEMARCHE DEMANCHEE \u2018 Le journal dévoile ici la complexité des contraintes qui font et défont l'information; le titre de l\u2019article tel qu\u2019il apparaît se lit \u2018\u2018la démarche\u201d \u2014-malheureuse coquille (si c\u2019en était une) révélatrice.La démarche de l\u2019auteur s\u2019avoue comme démanche, dislocation, ce qui en musique permet de tirer des sons plus aigus.Se démancher, révéle le dictionnaire, c\u2019ést également se donner beaucoup de mal pour organiser quelque chose, mais sans le pronom, c\u2019est simplement retirer le \u2018manche: priver de prise.L\u2019oeuvre se présenterait comme opaque.Le - second terme du titre livre le deuxième axe de I'article\u2014Ie.quichottis- me, privé du \u201cdon\u201d, serait une prolétarisation de la chevalerie, d\u2019où on pourrait inférer un réinvestissement de la langue populaire ,dans l'écriture, mais ce que retient François Ricard, c\u2019est surtout le trait second\u2018du don Quichotte, son caractère chimérique.D\u2019emblée, nous sommes donc en présence d\u2019éléments déjà repérés: le champ culturel, la pratique littéraire comme illusion, la \u201cforme\u201d, et dès le premier sous-titre \u201cl\u2019écrivain confronté à son oeuvre\u201d, le palmarès grossit: la recherche d\u2019identité, Cette identité s\u2019authentifie dans la deuxième partie de l\u2019article: cette désorganisation (forme) correspond à l\u2019obsession de la mort, ce qui dévoile, pour Ricard, un ressort de la création chez V.-L.Beaulieu: il écrit pour échapper à la mort et l\u2019écriture est physiologique: l\u2019oeuvre est ün haut-le-coeur.Cette osmose est également culturelle; la chimère chevauchée entraîne un recensement des sources d\u2019 invention: d'où l\u2019obsession de la littérature\u201d (de sous-titre).Peu de surprises, nous dit F.Ricard, dans ce nouveau livre.C\u2019est le familier qui nous attend, la terre connue, où pourtant l\u2019écriture se renouvelle (sans quitter cependant la forme agréée).Le discours \u2018critique invariablement dresse un tableau des tics et des défauts de l'auteur où se mêlent les considérations morales sur la scatologie, mais il y a réduction de l\u2019écart que l\u2019on reconnaît, et cette normalisation s'opère par l\u2019apparition de trois traits nouveaux chez V.-L.Beaulieu, selon Ricard, la tendresse, l\u2019épanchement, la naïveté.Le lecteur n\u2019a pas à s'en faire, car s\u2019il est dérouté, la débandade n\u2019est jamais entière: le connu, confortable par définition, se matérialise dans l\u2019émotion ; (profonde humanité, dirait Ethier-Blais, assurant la récupération).Quant à l\u2019unité et la singularité, l\u2019unicité et l\u2019identité, elles sont confirmées par le narrateur, qui n\u2019est autre que l\u2019auteur devenu personnage.L'écart martélien est.ici normalisé.L\u2019authenticité se découvre dans l\u2019essentiel, par la démiurgie, où la \u2018\u201c\u2018pensée\u201d est \u2018\u2019insufflée\u201d: le mythe du créateur qui a une \u2018âme perdure.L'occultation des conditions socio- -économiques : se poursuit par l'élucidation de l'oeuvre.L'oeuvre, nous dit le critique; est habitée par le néant et la noirceur, conséquence du \u201cvaste haut-le-coeur\u201d.F.Ricard parle \u20ac d\u2019 inspiration profonde-et de ferment des romans de v.-L.37.~ 4 Beaulieu; l\u2019inspiration fait pendant à la pensée insufflée et le ferment à la physiologie de l\u2019oeuvre vue comme produit de la digestion (haut-le-coeur et scatologie).) : Le titre du roman ne suffit pas au critique: à l\u2019évidence qui crève les yeux, il ajoute les \u2018\u2018allusions habiles\u201d qu\u2019il voit dans le livre.Il indique la ressemblance entre le personnage de V.-L.Beaulieu et celui de Cervantès: il exerce la reconnaissance et déplie ainsi,le code culturel.\u201cSa présence dans le monde ne se distingue pas de sa-présence en lui-même\u201d, écrit-il, voyant là l\u2019imagination toute-puissante, alors qu\u2019il f \u2018 s\u2019agit en fait de l\u2019intériorisation des institutions, autre définition de l'idéologie.Le Don Quichotte parodiait les romans de chevalerie, le Don Quichotte québécois semble paraphraser la littérature, comme le suggère F.Ricard; \u2018\u201c\u2018imaginaire, dit-il, avant tout livresque\u201d, mais \u201cfécondé et réactivé\u201d, ajoute-t-il.Ici se manifeste un des traits essentiels de l\u2019irruption du métatexte tel que défini par J.Dubois: l\u2019itération.\u201cPlus que l'inspiration\u201d, dit éncore le critique, pour ajouter \u201cpossession\u201d.La compulsion répétitive du code idéologique par le biais culturel a pour effet la prise de possession du texte par le métatexte our le mimétisme se révèle aliénation, réification.Ce dépistage perspicace de F.Ricard ne l\u2019empêche pas d\u2019opérer la réduction nécessaire à laÿ mise en circulation de la marchandise.Le repérage des emprunts, la délimitation du champ culturel visent à assimiler le produit à des modèles préexistants: Joyce, Melville, Ferron, Cervantes et surtout Malcolm Lowry (Au-dessous du Volcan) qui pèsent sur l\u2019ensemble de I'ceuvre.Ricard explicite, médiatise: la \u2018\u2018présence voilée\u201d de\u2019 M.K Lowry, il la dévoile et ses termes, \u201cimitation\u201d, \u201ctransposition\u201d, | sous-entendent plagiat.La singularité qu\u2019il s\u2019était efforcé de dégager doit se résorber (c\u2019est là le paradoxe du critique) poür être acceptable.| re Op.C\u2019est pourquoi le critique doit tendre à réduire l\u2019écart, doit baliser le | texte, y marquer le connu, le familier, faire apparaître à sôn insu, et& pour le reconduire, le code culturel.La normalisation du texte comme marchandise passe par l\u2019inévitable unité, cohérence qui n\u2019est autre que celle que se donne le code idéologique (condition fonctionnelle de reproduction).: \u2014 pg Et si F.Ricard propose de reconnaitre a travers les romans de V.-L Beaulieu la cohérence des schèmes indiqués par son titre, ce n\u2019est plus) le texte qu\u2019il vante comme marchandise, mais le métatexte, c\u2019est-à-dire; le code idéologique.On pourrait voir dans cette \u201c\u2018démanche\u201d, non pas l\u2019inévitable héri tage joycien, mais un indice de plus de la désaffection du roman pour lai représentation qualitative des vérités illusoires, valeurs culturelles de Ia bourse idéologique./ 38.: 1 A i Ged Ces remarques ne sont qu\u2019un inventaire partiel des traits constitutifs du modèle d'écriture que propose la critique dans sa pratique journalistique, mais on peut toutefois en inférer qu\u2019évolutif, il lui sert de patron pour assumer son rôle qui est, par le procès littéraire, celui de la reconduction du contrat social, canalisant les marchandises selon les besoins d\u2019un marché fictif, celui de l\u2019idéologie dominante.ee 39. ee = = = = = ss = =.=O = = SF Fem ow E&OE ar = ee = = -\u2014\u2014 -Québec.Ils auront été catalyseurs de nombreuses énergies et de nom- jg breuses tendances, ce qui les aura désignés souvent comme éclecti- g J ques, sans l\u2019être, je crois, fondamentalement.-Ils ne voulaient pas mettre tout dans un même sac, mais mettre chaqu'e chose à sa place, | donner la chance à de nombreux écrivains de travailler dans un climat meilleur.Et nous avons presque tous écrit nos meilleurs choses là.C\u2019est peut-être un signe.Ils décentralisaient, ou décentraient l\u2019écrivain, le I sortaient, par cette- même animation, conversaient, informaient.A la vitesse ou j'écris présentement, je ne puis nommer, désigner #| mieux les Herbes Rouges, je tombe dans les clichés, pense-t-il, et je ne Eu risque de ne faire que de l\u2019apologie pure et simple.- | od - - .- ~ ° | Wl Les Herbes Rouges ont une importance, c\u2019est dit, c'est vu par lagu Et de moins-en moins.Et on songe à.lâcher?- rt .\u20181 7 .= [ Il y a beaucoup de questions a poser.Dans des situations comme | celles que nous vivons, les incongruités ne manquent -pas et ne n manquent pas de m\u2019étonner.; - In li in 201% Co , à (Questions sur le texte: cet article semble baclé vers la fin.Trouvez les} © différences de style, d'expression, qui l'indiquent.Notez si les-phrasesk,, - - - 7 - i i Ee il plupart d\u2019entre nous maintenant, mais malgré tout ça, rien ne se vend.nel .Roger Des Roche .\u201c o Ui ety Vent de al 10.def I peg place \u20ac climat Ct in, fi It, signe Lime par la | pend} comme el ne | Roches Sr vez les phrases \u2018soit plus contestée: tous les domaines du savoir et de l\u2019action compor- pourquoi, comment, pour qui écrire ?par madeleine gagnon POURQUOI?D'abord pour ne pas en finir avec une histoire la mienne et celle des autres.Seule façon de déjouer la mort.Toute la mort, c\u2019est-à-dire, toutes les sortes de morts quotidiennes: exploitation, dominations, exclusions.Travail de lecture historique d\u2019abord.Ensuite, travail de rupture.À la fois-reconnaissance et refus de ce qui nous constitue sujets de l'histoire.Donc, pour en finir avec la mort.Parce que la lecture et surtout l'écriture furent l\u2019affaire des hommes.Parce que le sujet de l\u2019écriture de tous temps fut mâle et son objet femelle.Pour avoir droit à l'inscription de ce sujet dans l\u2019histoire.Pour avoir droit à son procès.Pour inscrire une marque.Pour tracer une différence.Parce que le procès du logocentrisme ne s\u2019effectuera pas sans son corrolaire, le phallocratisme.Parce que les binarités de la signifiance sont à lier au signifiant phallus et ses représentants.Pour n\u2019être plus représentée.\u2026 mais produite en un discours où la référence et ses connotations ne sont plus inscrites dans un seul ordre symbolique de la loi-du-Père.Du nom- , du-Père et de ses interdits.Pour n\u2019être plus objet dans le fantasme de l'autre.Pour me constituer différence et non plus miroir ou reflet.Pour que cette différence admise par tous, les antagonismes sexuels séculaires s\u2019estompent.Pour que le texte étranger, anormal, hystérique, de l\u2019autre, soit reconnu comme discours frère,parallèle, symétrique, du seul fait de son inscription.Pour contribuer à ce que les femmes \u2018| prennent la parole et non plus l\u2019hystérie.Pour que nous prenions notre \\ part de désir et de révolution.Parce que les révolutions ne peuvent être , faites que par les exploités et les opprimés.Parce que le pouvoir ne se - donne pas, il s\u2019arrache.Parce que le pouvoir ne se garde pas,il se \\ partage.J'écris pour déjouer la langue.Pour tenter de transgresser tous les codes.Pour ne pas me rallier au fonctionnement conforme.Fonctionner normalement, c\u2019est accepter l\u2019idéologie en place.La loi du plus fort.La loi de l\u2019impérialisme économique, politique, culturel.La loi du profit, la loi de l\u2019exploitation capitaliste généralisée qui consiste essentiellement en ceci: une minorité qui possède les moyens de production et qui retire une plus-value d'une majorité qui doit vendre sa force de travail pour un salaire.Une minorité qui possède et domine pour qu\u2019à tous les niveaux d\u2019une société la loi des profits ne 47. \u201c je peux transformer je au texte en tu, il, nous, vous, ils, elle, elles \u2014 AS SE M A at étiéttén.nrédinetiathen] tent une série de règles \u2014 supposément naturelles à observer.Règles boi scolaires.Règles sexuelles.Règles juridiques.Règles d\u2019arithmétique.ç|# Règles musicales.Règles de la raison.Règles de grammaire.En défier } 1s les lois, en comprendre le pourquoi et les fonctions, signifie d\u2019abord b/s les maîtriser.Les contrôler pour mieux subvertir, pour mieux x.transgresser.Pour contribuer à redonner aux masses exploitées la 8 maîtrise et le contrôle du code linguistique.Pour que la compétence et } x la performance ne soient plus l'affaire des classes favorisées.Parce à \u2018im qu\u2019aucune révolution ne s\u2019est faite sans discours.Sans parole.Sans pri texte.Pour dire que si j'ai droit au désaccord du participe passé; à Li l\u2019imparfait du subjonctif quand je décide; si je peux écrire je pluriel; si Fi, it in A qu mé inc tek a im \u201cpa fabriquer mes propres shifters c\u2019est parce que l\u2019esthétique bourgeoise accepte des poètes seuls ces dérèglements.J \u2018écris pour qu\u2019un jour la parole déréglée \u2014 ou les jeux sur le code \u2014 soit l\u2019affaire de tous.Pour que les fous qui discordent le discours de la représentation sortent des asiles où on les enferme parce que leur parole étrange fait peur.Pour que les dérèglements discursifs \u2014 le délire) \u2014soient un jour assumés par tous y compris par les sages.Quand les critères de la santé, de la _morale, de la syntaxe, du- style, ne serviront plus à entretenir, à renforcer, le pouvoir d\u2019une minorité qui utilise tout, y compris la science, pour se maintenir.J'écris pour contribuer à sortir la parole dé son carcan idéologique.Pour que l\u2019association libre des fantasmes conduisant au désir ne soit plus le privifège des bourgeois et des intellectuels.En société capitaliste, seule l\u2019écriture permet a lajy psychanalyse de n\u2019être plusl\u2019affaire d\u2019une classe.Pour que sans avoir à payer l'on puisse accéder au désir- Pour que les fous commencent à écrire leur manifeste et que les psychiatres commencent à se taire.Pour que tous les gardiens de l\u2019ordre et dü\"statu quo soient remplacés par ceux qui défient l\u2019ordre.Pour que les ordres démasqués l\u2019on puisse remonter aux pourquoï-des censures et aux pour qui des lois.J'écris pour mettre en crise la matière textuelle (1).Mais alors, combien faut-il en connaître la langue pour mieux s\u2019en servir comme outil de lutte \u2014 \u201cpetite vis de la révolution\u201d \u2014 l'erreur de certains gauchistes (ou anarchistes) consiste à er négliger la puissance.À la fois re-connais-§ sance et refus de ce qui nous constitue sujets de l\u2019histoire.COMMENT?- | Indique la réalité elliptique du surgissement, letravail préalable a 1 mise en forme.C\u2019est le premier moment celui de l\u2019élaboration.Travai de sourdine \u2014 comme taupe \u2014 pour une bonne part inconscient qui s manifeste par bribes, parcelles discursives qui jaillissent dans le prétexte des rêves ou du fantasme.Emiettement.Atomisations multi} ples qui structurent la future mouvance du texte.Ses conditions ap) paragramme.Sa capacité individuelle de performance.Elle se complatk|, (1) Cette première partie travaille un texte déjà produit et qui paraîtra dans le livre ay Patrick Straram le Bison ravi et les étudiants de l\u2019atelier d\u2019écriture de 'ATEM or ; préparé, sur I'écriture.Aux éditions de l\u2019Aurore au cours de la prochaine année.; 48.oT wird f Kent à e Pour} cs pa use} Jécrsf: fat[ ue =f = fs; tes (ouf, ouais, aux paradigmes.À ce stade, elle n\u2019est qu\u2019associations, que suggestions, que citations éparses et titres décousus.Beuts de ficelles flottantes, de l\u2019histoire du sujet et de la collectivité.Pas encore attachées (connectées) et continues.Une contiguïté ténue et tenace les supporte: de s\u2019y reférer dispose au mouvement ultérieur.Ces moments de tension, de mijotte- ment, pourraient produire autre chose qu\u2019un texte de fiction; par exemple, une parole libre et désirante, un amour, un geste politique.Comme disait Maïakovski en 1926 dans Comment faire les vers, \u201cIl faut prendre la plume seulement quand il n\u2019y a pas d\u2019autre moyen d\u2019 \u2018expression que le vers\u201d\u2019 (Maïakovski, vers et proses, éd.français réunis, p.363).Toutefois, c\u2019est sans doute l\u2019écriture qui colle le plus au fantasme, qui permet d\u2019avantage de dépister, de suivre, de s\u2019insérer p dans le frayage du désir.Pour peu que l\u2019on veuille, en plus de son expression dans l'amour, sa saisie ou sa compréhension.C\u2019est sans doute l\u2019écriture qui se rapproche le plus de la \u2018\u201c\u201cparole de la scéance\u201d\u2019; le mérite de Lacan, en ce qui concerne ce travail précisément, est de nous l'avoir indiqué et explicité.D'autant plus que l\u2019inconscient tissé (matériellement) d\u2019hiéroglyphes (Freud, Lacan, Derrida) est lui-même écriture et que le déchiffrement ou décryptage de ses inscriptions s'opère du travail même de l\u2019écriture.En fait, ce que Lacan nomme \u201cparole de la scéance\u201d devrait se dire écriture, même si elle est parlée, malgré le paradoxe.La parole de l\u2019analysant ne faisant alors que re- produire, le plus fidèlement possible, les diverses inscriptions du _ désir mais aussi les inscriptions de symptômes par voie (et voix) d'associations libres de fantasmes imprimés.La distance entre cette reproduction (parlée) et les inscriptions (écriture) réside dans les émotions et affections inhérentes au transfert qui supportent les sujets de l\u2019analyse.Pour le travail d\u2019écriture de fiction, la distance est analogue: elle se situe entre deux sujets, de l\u2019énoncé et de l\u2019énonciation.Ce premier travail mouvant d\u2019élaboration est donc profondément sexuel: il élabore le champ paradigmatique du sujet dans son histoire amoureuse et pelitique.Ce qui suppose toutes les institutions, tous les discours,toutes les croyances, tous les gestes qui l'ont inscrit(e) comme sujet de l\u2019histoire.Ces moments d\u2019élaboration peuvent ne pas avoir l\u2019air d\u2019un travail.Ils peuvent durer des jours, des ; semaines ou des miois, selon les délais fixés par les commandeurs du ; texte (parfois l\u2019auteur qui (se) détermine un projet de publication, , parfois \u2014 mais plus souvent \u2014 des demandes extérieures, pour une revue ou un livre écrit en collaboration).Moments qui peuvent paraître.* pénibles et angoissant on ignore que \u2018l\u2019inconscient travaille\u201d.Déjà, au même texte cité, Maïakovskil déplorait de passer pour paresseux ou fainéant en ces périodes.J\u2019ai l\u2019air {- de ne rien faire, disait-il, de niaiser ou d\u2019être dans la lune, parce qu'on -ne me voit pas assis à ma table de travail avec un stylo, mais je travaille.Ça se passe dans ma tête.À ce moment de fluctuations diverses, correspond aussi l\u2019ouverture immense, le besoin de tout connaître, tout enregistrer,tout comprendre: lectures multiples, films, musiques, \"3 manifestations politiques, rencontres, discussions.Ce travail ne peut se - -49. concevoir dans le calme et la tranquillité.Il appelle les tâches, souvent contraignantes en apparence, les implications affectives et intellectuelles prégnantes.Traversé d\u2019affollements sporadiques \u2014 de délires passagers \u2014 l\u2019implication sociale ultime y est cependant sa condition d\u2019actualisation ultérieure.Le travail d\u2019élaboration implique donc morcellement(s) et force.: Le second moment, d\u2019actualisation dans une forme d\u2019écriture concréte, je le nommerais travail de segmentation.Le-seul dont la plupart des linguistes, rhétoriciens ou styliciens parlent, c\u2019est celui de la linéarité ou de l\u2019ordre syntagmatique.Essentiellement elliptique,ce qu'il produit dans le texte écrit, c\u2019est une série continue et contigué de manques et d\u2019absences.Ce -qu\u2019il choisit d\u2019écrire, c\u2019est la chaîne signifiante segmentée, découpée.D\u2019une part, parce qu\u2019il laisse loin derrière (consciemment ou non) plusieurs associations,suggestions, citations, titres, parcelles de rêves, de discours, de textes ou de fantasmes; d\u2019autre part, parce que le champ paradigmatique dans son ensemble doit se conformer aux contraintes du code et des normes linguistiques de même qu\u2019à la compétence linguistique (lexicale, _ syntaxique, stylistique) du sujet écrivant.C\u2019est donc sur un double manque que s\u2019inscrit le texte \u201cfinal\u201d, puisque le travail premier de I'inconscient opérait sur un manque-a-étre du désir et que le travail second de mise en forme-textuelle se produit dans les contraintes linguistiques dont je viens de parler.Quoiqu\u2019elliptique,il n\u2019en demeure pas moins complexe et fascinant.Seule, la mise en forme continue et contigué, permet la performance linguistique.Seule, la linéarité permet d'indiquer la mouvance paradigmatique (ou paragrammatique) du premier registre.Indiquer, je dis bien, et non \u2018pas exprimer ou représenter ou refléter.Ld'mise en forme textuelle agit, dans toutes ses composantes (lexicale, phonétique,prosodique, syntaxique, rhétorique, sémantique), comme shifter ou embrayeur de tout le discours du sujet (manifesté dans le premier travail).Ces composantes agissent toutes comme autant de formes du sujet de l\u2019énoncé renvoyant (shiftant) à un sujet dans son énonciation (ou sa parole écrite) qui les déborde et les supporte.Le sujet de l\u2019énoncé textuel n\u2019est pas seulement le \u201cje\u201d de la premiére personne de la conjugaison; il est toutes les autres personnes, tu, il, elle, nous; vous, ils, elles (elles agissent toutes comme shifters): mais il est aussi, toutes les composantes de la performance segmentée.a : 7 Ce moment de la segmentation ou du choix linguistique est \u2018donc travail (plus ou moins conscient).Il se pose les questions suivantes: quelle(s) personne(s) de la conjugaison choisir?Quelles images?Quelles formes syntaxiques?Quel rythme?Quelle ponctuation?Quelle citation?Quel temps?Quels concepts?Et par dessus tout peut-être \u2014 du moins.est-ce le cas chez les \u2018\u201c\u2018formalistes\u201d\u2019 acuels \u2014 quel lexique?C\u2019est sans doute ce qui caractérise le plus la poésie actuelle (au Québec): une explosion de la -performance lexicale et a fortiori une 4 extension de la compétence.Cela se manifeste de différentes façons: 4 jeux de dictionnaire (Ducharme); associations phoniques/\u201d sémanti- 50.TT F a ity ques des lexèmes (Nicole Brossard); inventions de nouveaux lexèmes \u2014 lg néologismes \u2014 (Vanier).L\u2019utilisation du \u201c\u2018joual\u201d est a situer du c6té de Ms cette extension/ explosion lexicale, condition, bien sfir, d\u2019étendre la lim | compétence linguistique et non de la diminuer.Pour cette extension de ine la performance lexicale, parfois, le(s) dictionnaire(s) n\u2019entrent même pas en ligne de compte dans le travail direct de la trame textuelle: assez ie | curieusement une mémoire surgit que seul le travail d\u2019écriture permet; | des mots ou parcelles de mots émergent.Il s\u2019agit de la compétence th | linguistique inconsciente du sujet écrivant que le travail d\u2019écriture | semble débloquer au même titre que la \u201cparole de la scéance\u201d.Le procédé, que privilégiaient, par exemple, les automatistes, en est, l\u2019association libre de fantasmes ou d\u2019idées.Appelée aujourd\u2019hui production libre de fantasmes ou d\u2019idées pour indiquer le travail qu\u2019elle .sous-tend./ Cette mémoire surgissanté ne concerne d\u2019ailleurs pas uniquement la + compétence lexicale: elle agit sur les formes sonores, syntaxiques, grammaticales, stylistiques, rhétoriques, rhythmiques, conceptuelles.C\u2019est d\u2019ailleurs de ce surgissement que le travail textuel devient véritablement jeu.C\u2019est en elle que se joue l\u2019imprévisible, l\u2019éclatement de la mouvance textuelle.C\u2019est en ce jeu précis que les anciens voyaient - poindre l\u2019inspiration ou les muses.La plus pure, la plus grande, le coeur des huit muses, n\u2019était-elle pas Mnémésis, la mémoire du poète?Nous savons maintenant parce \u2018que la psychanalyse nous l\u2019a appris, que cette mémoire ne vient ni du ciel ni des dieux.Euphorisante bien sûr quand elle s\u2019ouvre elle est le résultat d\u2019un long travail d\u2019élaboration MP (inconscient) et d\u2019un travail acharné de segmentation (plus ou moins up conscient) dans le but de produire diverses textures, sonores, lexicales, \u201c| syntaxiques, sémantiques, etc., visantà saisir et manifester concrète- a ment le sens du désir et de l\u2019histoire.à i En ce qui concerne mon propre travail de segmentation, je crois als | pouvoir dire que ce sont les jeux grammaticaux, syntaxiques, les titres Jim et citations qui m\u2019intéressent davantage.Ma perfofmance lexicale 4s | N'est pas très étendue.Les jeux lexicaux m\u2019intéressent dans la mesure \u2018eh | OÙ ils peuvent faire parler diverses conjonctures, (québécoise, française, ns américaine), diverses couches sociales (écriture bourgeoise, écriture \u2014 intellectuelle, écriture \u2018\u201cpopulaire\u201d\u2019), divers niveaux de langue (français are |, Parlé / français écrit; québécois parlé / québécois écrit).Mon projet le.; plus immédiat concerne le retour au (x) dictionnaire(s) et la lecture des : poètes, trop de lectures théoriques ayant pour un, temps étouffé une doe _ certaine mémoire.Me reste à ajouter un point au travail de segmen- alt | tation: c\u2019est celui du \u201cplaisir du texte\u201d qui vient a la fois du travail et WS du jeu et sans lequel tout effort serait vain, toute production textuelle (uk - inutile, tellement le désir qui ne se (re)trouve pas sans jouir ne ferait que \"| traduire le manque (métonymie) ou le surplus sans histoire (métaphore) sé et qu\u2019une lecture ne s\u2019y (re) trouverait jamais.On n\u2019a pas besoin de le | l\u2019énoncé des frustrations (manque) et des symptômes (surplus) à moins y; de poursuivre un but thérapeutique, ce qui n\u2019est pas celui de la lecture.| [| a .BL Mais le comment écrire implique une série d\u2019autres questions qui lee IE ge hing loin J ons, ide.Sn mes J cale wuble À er de val |.pines mele le Er EE malt | Hattori NAAR AM ANI MACMILLAN APL LS MER PALE SPERANCIE bb soo bl IE DEREN Mbt 4 bk bb ML concernent toutes -les \u201cconditions d\u2019émergence du texte\u201d (France Vernier): les lectures, les courants littéraires, les chapelles et rivalités, la critique.Le sujet écrivant n\u2019écrit pas seul.Ses compétences et sa mémoire individuelles sont le produit de diverses institutions, dont sa famille; d\u2019un ensemble de coutumes, rituels et philosophies; de classes et d\u2019antagonismes inhérents à celles-ci; de pratiques discursives.En d\u2019autres mots, d\u2019une histoire concrète.D\u2019idéologies.De divers codes (et normes) de transmission de celles-ci.Que le sujet écrivant en soit plus ou moins conscient n\u2019y change rien.Il(elle) est produit d\u2019une histoire et les textes qu\u2019il (elle) produit en portent les traces.Je prendrai donc ces questions une à une.* LES LECTURES | La question posée ne concerrie pas tellement le comment tire: elle dit, plus simplement, quelles sont vos lectures?Autrefois, on disait, parlant aux \u2018\u2018gens de lettres\u201d, quelles sont vos influences?Multiples et diversifiées.D'ailleurs, cette mémoire dont on parlait précédemment est issue en grande partie de lectures; absorbées au fil des années et au gré des contraïftes (la plupart du temps scolaires) et des désirs d\u2019 apprendre.Je ne retracerai pas les nombreux titres qui sont à peu près les mêmes pour tous les enfants des classes favorisées, ici au Québec.Qu\u2019 il suffise de-dire que ça allait de Homère à Claudel, en passant par Thomas d\u2019Aquin, Descartes et la Bible; des morceaux choisis et manuels de toutes sortes; les \u2018\u201c\u201cséries\u2019\u201d\u2019 d'aventures, quelques bandes dessinées; \u201c quelques \u201cgrands étrangers\u201d dont Goethe et Shakespeare; les \u201cexistentialistes\u201d et les \u2018poètes maudits\u201d\u2019.Une salade.Depuis quelques années, divers champs me semblent organiser ces lectures: le matérialisme historique (Marx, Lénine, Mao, Brecht, Vernier etc.); la psychanalyse (Freud, Lacan, Derrida, etc.); la psychologie / anthropologie (Bio- -énergétique, Gestaldt, feeling therapy, lilly, Casta- dena, O\u2019Browne, etc.); ['écriture féministe (des dizaines dé textes dont, récemment, ceüx de H.Cixous); la sémiologie; la théorie littéraire; les écrivains et poètes (surtout québécois); les écritures militantes d'agit- Prop; l'anti-psychiatrie; les délires de \u2018\u2018fous\u201d- (dont surtout Emma § Sant0z); les journaux ou revues de combats (d\u2019ici et d\u2019Amérique); et le reste.Donc, tout ce qui peut me permettre de saisir les articulations \u2014 les points de rencontres et de chocs \u2014 entre l\u2019individu/ sujet et l\u2019(es) histoire(s) contradictoires qui le déterminent.Et sur lesquelles il peut intervenir.Ces lectures, pour répondre plus précisément à la question, aident mon écriture.Mais en plus des lectures: les pratiques respectives qui les supportent.LES COURANTS La question est bien: \u201cComment vous situez-vous par rapport aux courants littéraires actuels?\u201d S\u2019il s\u2019agit de (mon) écriture, je ne saurais trop en dire.Ce sont justement divers courants économiques, politiques, idéologiques, littéraires qui en inscrivent, pour une large part, les possibilités et les limites.La question est vaste et complèxe.Je dirais 52.5 | .IIT TITLE PES E PE PT donc brièvement, n\u2019ayant-aucun désir actuellement de -me constituer mon propre historien, que mon écriture se situerait entre l\u2019écriture directe d'agitation propagande et les écritures dites formalistes travail-_ lant beaucoup plus la matérialité textuelle qué la matérialité historique E (voir la conclusion de ma Chronique sur l\u2019écriture dans ce présent numéro).Mais, se \u2018\u2018situer entre\u201d deux types d'écritures, ça ne définit pas grand'chose.Disons davantage \u201cécriture historique\u201d, pour parler comme Philippe Haeck.Et actuellement, il faut bien-l\u2019admettre, nous sommes peu nombreux à chercher dans les formes poétiques ce qui est écriture de lutte de classes et pourrait devenir écriture communiste, c'est-à-dire, formes poétiques propres à une société sans classes.Travail isolé, quasi solitaire, travail de taupe.pour le moment.Dénoncé par plusieurs et surtout les critiques officiels qui n\u2019y voient souvent que dogmatisme, relents de Jécisme (voir les critiques de Jean Basile et celle, ; plus récente, de Pierre Ouimet sur Chroniques dans La Presse).Mais: 5 définitivement je me situe \u2018du côté des écritures féminines.Cela est Ee amorcé dans Pour les Femmes et Portraits du voyage (écrit en collaboration avec Jean-Marc Piotte et Patrick Straram le Bison ravi).Et se continue dans plusieurs textes en chantier.Nous n\u2019avons plus le , choix.\u2018\u201cEcriture en train de s\u2019écrire.Parole en train de se jouer.C\u2018est , histoire que nous tramons et non plus les intrigues.La poésie sera pour tous,le jour où elles y plongeront toutes.Nous ne serons plus jamais le sexe des autres.Nous ne serons plus jamais l\u2019autre sexe; Nous serons tous ensemble autres et mêmes.Différents et semblables.i! Combats et amours.Luttes et tendresses.Elles revendiquent pour tous.RB b Elles atteignent le coeur du double, de la doublure, du logocentrisme.E | Elles ajoutent des signifiants nombreux au signifiant phallus.Un, Fil 1 | deux, trois autres signifiants.Elles ne simplifient pas.Elles mutliplient.E / Elles atteignent l\u2019Autre du phallus en sa loi même.La loi-du-Père.La 2 b loi de I'ordre,le iom-du-Pére.Elles s\u2019attaquent 4 I'ordre du langage.i, | Refoulées de l\u2019histoire, elles ont compris l\u2019ordre des interdits pour y , 5 | avoir servi dans l\u2019échange comme nombre.Elles ne sont plus dans le i JP refoulé ou ne veulent plus s\u2019y mourir\u201d.(Le Devoir, 10 mai 75).Ou n| encore, lire dans le même Cahier du Devoir, le très beau texte de Nicole k{- Brossard \u201cL\u2019interdit posé sur le féminin\u2019\u2019.Nous sommes nombreuses, -|;, Maintenant, à vouloir nous insérer dans le discours de l\u2019Autre.+ Nombreuses à ne plus vouloir être situées dans la référence du discours if } phallocrate comme étrangère, différente, hystérique.Comme autre de 1 |- l'Autre.Nombreuses à revendiquer notre place de sujets dans l\u2019histoire.5| À revendiquer notre place de je dans les discours et textes d\u2019une histoire où jusque là nous n\u2019étions que représentées et non produites.Représentées dans les binarités, dans les doubles \u2014 comme reflet, miroir, fantasme \u2014 du discours logocentrique.Ce dernier procès, amorcé par.Berrida, ne peut se poursuivre \u2014 et produire des textes de - > | transgression \u2014 sans celui qui lui est relié (ce que Derrida n\u2019a-pas vu), ° : le phallocratisme.Donc, pour revenir à la question des courants, ce | sont deux luttes précises qui tissept mon écriture: lutte de classes et 1 ; lutte féministe.; .oo > oo 53. LES CHAPELLES: Ilyena plusieurs, me dit-on.De façon générale, la petite histoire et les commérages m\u2019intéressent très peu.Souvent c\u2019est la critique (de journaux) qui organise le monde en chapelles et qui renvoie aux divers groupes constitués des images stéréotypées qui sont loin de correspondre à la réalité de ces groupes, c\u2019est- -à-dire, à leurs pratiques sociales respectives.Dans une époque de temps du creux de la vague, il est normal que les diverses luttès menées par différents groupes donnent l'impression d\u2019 \u2018émiettements, de forces atomisées, rivales et _ : ~ 9 + a > H n ol qa ep i il tee { ¢ (de 1 ver : | de que le, pg | by gt { conflictuelles.Lorsqu'il n\u2019y a pas de parti de masses structuré et agissant comme organisateur des luttes partielles, la petite-bourgeoisie intellectuelle se retrouve éparpillée, individuellement ou par clans, tentant d'imaginer (l\u2019imagination, c\u2019est ce qui la caractérise), divers moyens de (se) sortir du marasme économique, politique et culturel dans lequel elle baigne.Les \u2018\u2018artistes\u2019\u2019, littéraires ou autres, n\u2019échappent pas à cette règle.Ils y sont même les premiers à plonger, les domaines qu'ils explorent offrant peut-être moins de points de repère (et d'ancrage) précis que les autres.D'autant plus que-les états capitalistes actuels valorisent l\u2019efficacité et le rendement technocratiques (voir le projet de \u2018loi cadre\u201d sur le cinéma).Tous les moments de crise de l\u2019histoire \u2014 et non les moments de lutte ou de paix véritable \u2014 ont contribué au morcellement des- intellectuels.Relire l\u2019histoire des \u2018Modes\u2019, des chapelles, des querelles littéraires, à la lumière de l'histoire de la lutte des classes.Toutefois, il faut savoir reconnaître en ces groupes le travail qu\u2019y s\u2019y produit, les luttes diverses qui se dessinent.Is y sont beaucoup plus souvent groupes de travail efficaces que chapelles organisées.Pourquoi alors la critique journalistique au Québec (voir l\u2019article de ce même P.Ouimet déjà cité) y cherche-t-elle toujours la mouche?Pourquoi fomente-t-elle des complots?Y voit-elle des dénonciations qui (s)\u2019ignorent?De façon générale, il faut l\u2019admettre, le rôle de cette critique consiste à diviser les forces en lutte parmi les intellectuels.Rôle de flic, fonction de méconnaissance de ce qui s'oppose à l'idéologie dominante, elle ne pourrait sans doute survivre de ne pas s\u2019y conformer.Du moins dans la conjoncture répressive qui est notre.Où les journalistes avaient choisi depuis longtemps l\u2019auto-censure pour ne pas avoir à subir la censure.Mais où, depuis quelques temps, plusieurs d\u2019entre eux franchissent un autre pas du côté du pouvoir.Ils dénoncent.LA CRITIQUE - ; Je viens d\u2019en parler.Mais j\u2019ajouterai ces quelques notes.Je partage les opinions émises par Jean-Claude Clari sur la critique littéraire des quotidiens (texte du présent numéro).Sa fonction première en est une de re-connaissance de l\u2019idéologie dominante: elle est donc, de façon générale, bourgeoise et phallocratique.Elle re-connaît les modes et parfois les crée de toutes pièces.Elle dénonce ce qui ne suit pas la mode et le re-connaîtra des années plus tard quand ça ne dérange plus personne.Prenons pour exemple la revue Parti pris, dénoncée, dé-criée par la critique, il y a dix ans.Depuis quelques mois, on n\u2019arrête plus, de samedi en samedi, de la consacrer.On y sacre donc \u2014 au sens où les manuels, morceaux choisis et académies ont toujours sacralisé la \u201clittérature\u201d \u2014 non pas un travail, qui fut efficace au Québec au temps où il se produisait, mais un nom (ou des noms), un courant, une mode.Cette fonction de re-connaissance des normes et codes en vigueur qui caractérise la critique journalistique opère essentiellement selon deux modes qui lui permettent d\u2019éviter systématiquement l'analyse fouillée et cohérente des textes dont elle prétend parler: l'allusion et la citation 7 55. éparse.Ne possédant pas l\u2019outillage méthodologique sur lequel se tisse le travail de fiction d\u2019un nombre grandissant d\u2019écrivants, elle ne fait bien souvent que refléter les idéologies philosophique, religieuse, morale et psychologique que la tradition esthétique nous a tous confiées.Incapable de dépasser ces fragments d\u2019idéologie, elle n\u2019opère donc aucun découpage scientifique des- textes dont elle veut rendre compte, à plus forte raison si ces textes déconstruisent les idéologies qui l\u2019animent et tentent d\u2019en proposer de nouvelles.La citation éparse et l\u2019allusion lui permettent donc de justifier sa fonction.Pas surprenant qu\u2019elle se réfugie au passé: entre les textes déjà codifiés \u2014 faisant partie des programmes de Cegep, d\u2019universités, des revues savantes.et des manuels \u2014 et elle, des fragments d\u2019analyse viennent au moins supporter son discours.Pour revenir au même exemple: ce critique qui, dans La Presse, dénonçait Chroniques à coüps de citations éparses (toujours les plus \u2018\u2018choquantes\u201d pour le lecteur) sans en avoir effectué une lecture totale, intelligente et honnête, et sans proposer d\u2019analyse véritable, terminant sur une fausse envolée de style, tristement rétro: nous.regrettons l\u2019absence de Parti pris! Alors qu\u2019aucun indice, dans son F texte, ne justifiait ce re-tour.Rien ne disait au lecteur que la lecture et l\u2019analyse de Parti pris avaient été menées par son auteur.Et tout portait à croire, du moins pour le lecteur averti, qu\u2019en son temps, ¢ cette lecture n\u2019avait jamais eu lieu.__ Donnons un autre exemple de cette fonction de re-connaissance posthume: la valorisation, soudaine, par la critique officielle, de ce que l\u2019on nomme au Québec,le courant formaliste.Cela se voit a plusieurs indices, mais entre autres, l\u2019attribution récente du Prix du Gouverneur Général à Nicole Brossard et la publicité tapageuse dont lui fait grâce actuellement la critique journalistique.Ça n\u2019est pas § seulement Nicole Brossard-écrivain que tous ces juges de l\u2019institution littéraire priment: c\u2019est un mouvement, une tendance de notre poésie depuis quelques dix ans, un travail sur la matérialité textuelle qu\u2019elle ne fut pas seule à poursuivre mais pour lequel elle fut sans doute la plus proléfique initiatrice.Or,paradoxalement peut-être en apparence, cette re-connaissance de la critique officielle coïncide avec l\u2019émergence de trois facteurs historiques nouveaux, dont cette critique ne saurait parler actuellement: 1) la remise en question, par Nicole Brossard elle-même, pi du formalisme littéraire et la percée qu\u2019elle tente maintenant d\u2019effectuer du côté de l\u2019écriture féministe impliquant une lecture / cri- Bj: tique militante de cette écriture: \u2018Pendant dix années j'ai modulé sur _un registre-d\u2019emprunt que j'ai fini par faire mien.Tout ce que je lisais Jjn et qui me stimulait avait été écrit par des hommes, des hommes qui au Jj fond avaient pu écrire avec autant d\u2019acuité et de sensibilité parce qu\u2019ils #t avaient réussi douloureusement, au risque même et dans la folie fini parfois, à tirer d\u2019eux-mêmes leur part de féminité; ou d\u2019autres hommes qui s\u2019étaient approprié.une part féminine en la puisant directement ig dans les forces vives du corps et de ses manifestations qu\u2019ils voyaient se # déployer chez les femmes qu\u2019ils aimaient.Et puis ce fut radicalement ifitui impossible de continuer dans la trajectoire masculine.La brèche venait | Fun; 56 } | lie | fai le fogs re Tre qu Xe F Tay; | par- à des por: dans ours ge able Trg ee fait ture ace de s'ouvrir.Le pot aux roses était découvert.Tout était à re-vivre, à re-penser, à explorer.Ce qui auparavant était supportable, voire même naturel\u201d, allant de soi, devenait quotidiennement un affront, une blessure,un insupportable lot objectivement (socialement) et subjectivement.Pendant dix ans, j'ai eu une chambre à moi et suffisamment de temps libre pour écrire avec régularité.Cela fut heureux et productif.Ce fut sans conflit, consciencieux et explorateur.Mais aujourd\u2019hui, il m'est difficile de retrouver cette \u2018\u2018naïveté\u201d de l\u2019écriture tout axée sur le désir.\u201d (N.Brossard, Le Devoir, samedi 10 mars 1975): 2) l'avènement d\u2019écritures militantes de plus en plus nombreuses (écritures féministes et écritures de lutte de classes), reléguant le formalisme dans.l'ombre et opérant, dans le champ de la fiction, une coupure histori- | que; 3) la récupération du \u201cformalisme\u201d pas une droite fascisante qui s'en coiffe et s\u2019en glorifie (ex.Cul-Q), alors que les promoteurs de ce même formalisme sont maintenant ailleurs.L\u2019on voit bien,par ces trois facteurs que la re-connaissance des juges officiels de l\u2019institution littéraire signifie: un couronnement de ce qui n\u2019existe plus; une re-connais- sance de ce qui ne conteste plus mais de ce qui encourage l'idéologie dominante: le formalisme actuel fascisant; une mé-connaissance du travail en son temps révolutionnaire, poursuivi dans le champ de la fiction,par nos premiers formalistes (Gauvreau, Nicole Brossard, etc.), travail d'approfondissement de la matérialité du langage, d\u2019appropria- # tion des sujets de l\u2019écriture, sans lequel les mises en relations histori- heli ques actuelles n\u2019eussent pas été possibles: enfin, une mé-connaissance, à y da dont pes Hiog = ie |, off elle pls | cette e de atler éme | gant fo Sur sas i 1] is folie ime gent i$ elf Xx ui! Spontanéistes, le texte analysé n\u2019étañt que pré-texte aux effusions per- j donc, une censure, un interdit, un silence, de ce qui se travaille actuellement au Québec dans les nombreuses fictions subversives.En ; d'autres mots, les porte-paroles officiels de la bourgeoisie que sont la \u201c majorité des juges littéraires, occultent (censure passive) le véritable travail révolutionnaire et priment ce qui est bon pour le musée.C\u2019est ainsi que la critique littéraire joue le rôle pour lequel l'histoire litté- _raire a toujours excellé: classer, caser, étiquetter, dans une diachronie statique ce qui a le don de ne plus faire problème.Pour le reste, ce qui , dérange, ce qui grouille, ce qui transgresse, elle occulte.Jusqu\u2019à ce que , les individus ou groupes soient rangés, muets ou morts.C\u2019est là que sa j fonction première de re-connaissance du statu quo et de l\u2019en-place rejoint cette autre fonction, indissociable d\u2019ailleurs de la première: celle : de mé-connaissance de ce qui défie les modes et les valeurs véhiculées | par elles.Et lorsque des individus ou groupes osent parler de ce qui : bouge, de ce qui lutte, de ce qui tente de subvertir l\u2019idéologie dominante, la critique journalistique, à quelques exceptions près, , panique et dénonce.Ce que j\u2019affirme de cette critique, s\u2019applique à la majorité des-critiques \u2018\u2018universitaires\u201d de revues.Toutefois, ces derniers possèdent un avantage: ils connaissent mieux la matérialité \u2018textuelle.Ils lisent.Ils sont souvent à la fine pointe des diverses théories .littéraires et savent manier les méthodes, alors que la critique journalistique semble mépriser la formation scientifique.Pourquoi?On ne le sait trop, mais on assiste le plus souvent à des lectures subjectivistes, 57. \u2018 ouvrières).Rien ne dit mais tout porte à constater.À voir si nous / sonnelles les plus débridées.Il n\u2019est pas suffisant de lire les poètes pour en parler.Toute écriture s\u2019inscrit, consciemment ou non, dans une conjoncture économique, politique, idéologique et\u2026théorique, dont il n\u2019est pas facile de rendre compte si ces divers éléments échappent à la lecture.D\u2019autant plus que le texte poétique (poème, roman, etc.) ne les re-produit pas mais les travaille et les transforme \u201cdans toute la mouvance qui caractérise son mode d\u2019utilisation du langage.- Pourtant, rien ne dit que les critiques de quotidiens ne devraient pas se lier aux autres intellectuels qui tentent d\u2019opérer un travail de dé- construction de l\u2019idéologie dominante et un travail de mise en formes d\u2019idéologies subversives lié à des pratiques de luttes (populaires et pouvons tenter des liens et des regroupements qui s'imposent dans les moments répressifs et dénonciateurs que nous vivons.POUR QUI ECRIRE?Sans reprendre les questions soulevées déjà par Lénine (Ecrits sur l'Art et la littérature), Mao Tsé-toung (Interventions aux Causeries sur l'Art et la littérature à Yénan), Jean-Paul Sartre (Qu'est-ce-que la littérature?), Roland Barthes (Mythologies et Le Degré Zéro de l'Ecriture), et bien d\u2019autres (Brecht, Sollers, Vernier, Prévost, Thibau- deau), sur le hiatus entre les masses et les intellectuels, sur l\u2019efficacité indirecte et à long terme du travail artistique par rapport au travail politique, dans notre conjoncture historique actuelle, au Québec, nous pourrions dire que toutes les écritures de lutte (lutte de classes, lutte féministe) s\u2019écrivent pour deux lecteurs: un lecteur virtuel et un lecteur actuel.Parlons du second, c\u2019est plus facile.Le lecteur actuel, est composé, en majorité, d\u2019intellectuels: étudiants, enseignants, journalistes et quelques autres.Ils sont peu nombreux.Une chose les caractérise: ils sont (encore) intéressés par la \u201clittérature\u201d.Quant au lecteur virtuel, il est multiple: ce sont \u201celles\u201d et \u201cils\u201d, pour qui, par qui, nous écrivons: travailleurs exploités, femmes dominées et sur-exploi- tées, enfants dominés, fous ou prisonniers.Tous ceux qui n\u2019ont pas accès à la parole libre et à la liberté de leur travail et des désirs.Mais quand ils commenceront eux-mêmes à rédiger leur propre manifeste, quand ils écriront leur folie, leur aliénation, leur exploitation, les À poètes, qui s'étaient donnés pour tâche de parler ces dominations par le langage, ne seront plus isolés ou à part.Nous serions tous poètes si la révolution rejoignait pour tous le lieu même où prennent formes les premiers interdits \u2014 et tous les autres \u2014 le langage.Utopie?Non, si ff: plusieurs y travaillent.Mais aujourd\u2019hui, ce ne sont pas quelques poètes isolés(es) qui transformeront seuls(es) ces lectuers virtuels en| lecteurs / écrivants actuels.Un travail, à plusieurs facettes et niveaux À doit être entrepris.Comment transformer les coutumes, les habitudes fin aliénantes et passives des masses exploitées et dominées?Comment (fil: amener des individus\u201d sujets de classes, à la rencontre des fantasmes et 9m de l\u2019ordre symbolique du langage (des interdits) qui ne sont souvent que Min l'introjection des censures et l\u2019acceptation forcée (abnégation) des: iin wy ET ip conditions réelles de domination et d\u2019exploitation?Il n\u2019est pas suffisant mw d'expliquer aux femmes et aux ouvriers leur état objectif d\u2019aliénation.nj li Le discours politique est nécessaire mais rion le seul.Au Québec, une ih révolution de masses n\u2019aura pas à se préoccuper d\u2019analphabétisme tls [| (comme ce fut le-cas en Russie, en Chine et à Cuba), mais bien d\u2019a- ch] culturation.L'école aura appris à tous à signer un nom et à lire une ; facture, mais combien sont coupés de la lecture \u2014 et, de l\u2019écriture?Un travail idéologique en profondeur \u2014 au sein de la lutte politique \u2014 qui négligerait cet apprentissage serait voué, à plus ou moins long terme, à l'échec.Ça n\u2019est pas pour rien que les poètes furent les premiers, dans l\u2019histoire (avant la psychologie et la psychanalyse) à parler du lieu même où les idéologies prennent forme pour des sujets: c\u2019est que le travail, le jeu sur les formes linguistiques, concerne principalement ce lieu (voir, à ce sujet, les commentaires de Freud, Lacan, R.Gentis).Ca n\u2019est pas pour rien qu\u2019ils avaient intuitionné le fonctionnement même, Ÿ dans le langage, des mécanismes propres à déjouer la censure (et à la ÿ comprendre) et que ces mécanismes nommés par eux \u201c\u2018figures de style\u201d 'wff ou tropes, furent repris par -Freud et Lacan (et bien d\u2019autres, dont sw} Jakobson et Lévi-Strauss) pour décrire scientifiquement les modes de eh fonctionnement de l\u2019idéologie dans l\u2019inconscient.La pratique d\u2019écriture ) it et de lecture se voit donc refusée à la majorité des nôtres (et quand je dis bw-jf écritures, j'entends aussi écriture musicale, visuelle, le travail\u201d jeu sur uit ff ces formes permettant peut-être (?) autant l\u2019analyse et la libération du wi} fantasme et de l\u2019ordre symbolique).Je ne suis.pas surprise quand je msl\" constate les politiques répressives de nos gouvernements concernant la ef démocratisation de ces-pratiques: politiques touchant les subven- ter; tions, l\u2019édition, la production et toutes les formes de diffusion des arts.|tff Ils ont intérêt à continuer cette a-culturation comme tous les états um} réactionnaires ont toujours intérêt à conserver les masses derrière un caf rideau opaque d\u2019analphabétisation que seules, dans l\u2019histoire, les nt au révolutions ont réussi à lever.Je ne suis pas surprise de constater au ri} Québec, qu\u2019un cinéaste parlant pour les classes exploitées est censuré, phi qu'un poète, progressite ou révolutionnaire est lu.par 500 lecteurs, Ÿ pas qu'un groupe de musiciens voulant oeuvrer dans les milieux exploités se Misf; voit coupé ses subventions; alors qu\u2019un film réactiortnaire genre Bingo ist [Rest vu par 60,000 spectateurs, qu\u2019un livre de recettes est vendu à 1 s};100,000 exemplaires (mesdames! ne rencontrez pas vos désirs, prkff cuisinez!), que les consortiums américains et français envahissent la sih} production cinématographique et celle du livre, et que tous les films de guerre ou de cul sont vus par le peuple: (la porno, pour les pauvres; ni {l'érotisme sophistiqué pour les riches;) Ça n\u2019est pas en nous culpabili- \u2018 dus sant individuellement de ce marasme culturel \u2014 et en braillant dans js) nos écrits à ce sujet \u2014 que nous pourrons avancer.C'est en travaillafit, eaux chacun dans nos domaines respectifs, écriture, édition, maisons de ii?productions, etc., que nous réussirons à renverser l\u2019hégémonie cultu- ot relle de la bourgeoisie.Mais ¢a n\u2019est pas, non plus, en nous appelant nt travailleurs culturels que nous pourrons tous rendre la culture (ses qu! concepts, ses méthodes, ses techniques) accessible aux groupes J js dominés.Je crois que pour atteindre ces lecteurs virtuels, il nous faut, à pas él mes Set nos } S les | b - È i ET rhe oe gy me on ES oe CRT ETS +H HH 1 notre tour, devenir les lecteurs actuels de leurs conditions de vie.Travailler à la culturation des masses pour que leur révolution ne soit pas statique mais agisse, en profondeur, là où rien ne leur dit plus leurs aliénations, dominations et folies multiples, parce que l\u2019idéologie dominante s\u2019est introjectée en eux, par la censure, sous toutes ses formes, c\u2019est travailler aussi avec eux.Il y a actuellement, au Québec, plusieurs groupes de militants politiques et plusieurs militants culturels.Pour l\u2019instant, quelques liens se tissent entre ces intellectuels.En plus de l\u2019organisation de masse des travailleurs, il faudrait aussi que ces liens se concrétisent.> une vingtaine de raisons d'écrire entre autres.par michel garneau .j'écris pour jouer avec ma sève ER \\ redevenir un arbre dans l\u2019histoire être un phoenix domestique pour accepter l\u2019héritage de la parole et pour dire des choses sur les choses pour parler-de la haine de la nature chez les humains qui vont étre contents dans leur rage vengeresse jusse quand y-z-auront bien conchié vénus et qu\u2019aux pointes de toutes > les étoiles penderont des effiches de papierd\u2019toilette pour toujours dire qu\u2019au moment où j'écris ceci quelqu\u2019un en Sibérie ou à deux milles d\u2019ici écrit la même chose inimitablement ; /\u2018 pour l\u2019humour total et tendrement illuminé qui nait dans la conscience nourrie par le savoir simple et constant que le monde arrive tout\u2019 Ptemps et que moi l\u2019homme sommes en train de naître et de mourir d\u2019être torturé et de torturer et que moi l\u2019homme il n\u2019est pas un trois millième de secondes où je ne fais pas l\u2019amour dans un bonheur pétillant comme braises aussi ben que dans un vlimeux malheur : 61. pour dire ma haine des hermétismes qui cachent les drôleries du vide et jettent les cultures dans des espoirs intemporels | | alors qu\u2019un beau grand désespoir rageur quotidien nous ramenerait à l\u2019évidence .du plaisir de respirer J et en respirant ensemble contre toutes les \u201cchutes\u201d mn i on nettoierait le monde du malheur insupportable i apporté par les espoirs intemporels 1° ail i Co 1g i j'écris par juteuse vengeance partageable | p 3 pour une récréation du monde et la nomenclature | ; A des désordres qui heurtent l\u2019ordre de chacun - Iv 3 dans l\u2019ordre éternel toujours violenté hl 3 c\u2019est un réglement de compres une violence qu 4 de la sorte de lâches qui- revendiquent fn fi _ Ja non-violence et qui sont des nomme-violencés : fl ] dans le choix heureux de cette lâcheté-là | ur 3 puisque toutes les violences corporelles | 1 is en tout cas sont des désordres de plus ju Hf : - _ il 4 - j'écris dans un premier geste personnel = Pi q toujours au commencement d'une harmonie - | qu +f = quime dépasse et pour jouer à être l\u2019oeil | d\u2019un petit dieu un gros regard total embrasé Ll par action qu\u2019il regarde et participant passivement a | \u201cà partir de l\u2019harmonie originelle ou future (la même) ~ i à LS dieu était dans la tombe et regardait cain ° \u2019 in M et victor était en lui-même où il regardait ; ue 4 dieu regarder cain qui regardait en lui-méme al ; abel le regarder et en abel dieu regardait 2 i 3 \"cain qui cerné par dieu de toutes parts 9 se mit à écrire et engendra l\u2019anonyme qui - Æt J engendra homère qui engendra victor qui engendra 1 ä james joyce et jacques ferron - | - - ) , {i ] j'écris aussi pour dire qu\u2019en langage ñ 4 il n\u2019y a que poème .- i 1 plus on s\u2019crosse moins on aperçoit - 3 l\u2019union mystique de l\u2019homme et de la femme | = et plus on utilise-subit le langage PL 3 62.\u2019 ' hors de la jubilation du respir-cadeau moins on sait qu\u2019il est écopeaux du poème - dans la jubilation du respir-cadeau dans le merveilleux chaos de l\u2019univers > qui est une grosse infinie (peut-être) on s\u2019en sacre)) structure giclante bâtir des petites structures communicantes est une des choses les plus amusantes qui soient et qui peuvent toujours servir d'hommage écrire structuré comme un bateau pour que ça flotte sur le plaisir d\u2019être pour dire que l\u2019utopie le dire toujours {que l\u2019utopie est travaillable chacun dans ses moments de bonté comprend que la sainteté d\u2019être est le beau scandale par quoi tout peut arriver - , même les saints (en dehors de la maniaquerie religieuse « qu\u2019il leur était nécessaire de manifester pour justifier JF leurs jobs dans la société) étaiënt des crieurs d\u2019utopie révant dans leurs têtes de toucher les coeurs pour que tout arrive un bon siècle par capillarité I'illumination de tous sans exception jusqu\u2019au plus mongol des politichiens se fera dans la communication dans le réseau de capillarité créé par les âmes pensantes oh est-ce que chu un élitiste quand je su certain \u2018 que bourassa ou nixon-ford ou n\u2019importe quel général - ont jamais eu une pensée originale mais qu\u2019ils sontaient des robots culturels \u2018 ; 2 \u201c == i \u2014 1 J'écris je me venge et j'attaque des robots culturels et des robotisations , j'veux dire en écrivant qu'il faut travailler à ce que chaque humain entende que le langage est une construction commune et la force politique la plus aigue et la plus dangereuse j'écris en compagnie grandissante de l\u2019humour | ° 7 63. j pit parce que l\u2019humour nettoie le regard et doit 0 2 être consommé chaque jour en quantité excessive pour le moment parc\u2019c\u2019est l\u2019hiver chez l\u2019humain L et qu\u2019y faudrait ben s\u2019rendre au printemps .: .oot ! arrivés en innocence \\ H disponibles comme de la peau d\u2019 fesses | i nous glissons dans la corruption f | + _ bien huilés par les robotisations - 4 et nous avons besoin de la plongée folle = jo tragique comique sublime naturelle dans toutes E\" les puretés pas naives indiquées par les bouddhas, christs, \u2014 i\" i | freud et jung et bakounine et marx tous les soleilleurs A A qui ont chanté au soleil tragique _ pa ! les orteils frémillants dans le marécage pleurnichard , 4 parc\u2019qu\u2019ou ben-on s\u2019secoue du choc-d\u2019être né Lb M et on apprend à vivremourir comme tout un chacun ju 4 dans la fraternité obscure du cosmos - J 1 i ou ben on reste des foetus abasourdis BW td tout pognés dans la promiscuité peureuse Lo ju i de merveilles déchues en déréliction - | 4 = empétrés dans le magma culturel comme si: - Ji # c\u2019étaitlavie T7 \u2014 te of incapable de regarder la solitude et de sentir ; g i la fraternité et d\u2019ourdir solidairement l\u2019utopie ge 4 dans la conscience du glorieux passage 5 Be : q Ù je suis un glorieux passage w À à part de d\u2019ça chu indistinct de l\u2019être | Hi _ \"TT ; .] ¢ 0 j'écris dans le magma culturel i 4 pas pour les robots culturels 0 \" 4 mais ils flacotent dans l\u2019étang de tous k 3 et j'en deviens une bebitte un écriv\u2019poet\u2019artisse oC | i \u2018 mais j\u2019écris-quand même pour qu\u2019il n\u2019y ait plus ! de robots culturels : # pendant qu\u2019en attendant l\u2019admiration des robots \u2026 - Ait ë m\u2019aide à subsister dans la société comme les maniaqueries des saints et c\u2019est l\u2019habit | de cochonnerie que chacun porte et c\u2019est ben | - important de nommer les ordures qui nous habillent - 64.~ parc\u2019que pas l\u2019faire fait qu\u2019on devient inévitablement - les ordures qui nous habillent et combien de frères _ humains ne sont que des habits.sur une ordure par respect pour l\u2019Être ÿ je me différencie des hommes ?et par respect pour l\u2019homme: \u2018 je ne me différencie pas d\u2019avec l\u2019être et je me choisis bebitte écriv\u2019poét\u2019artisse pour me promener dans le monde avec mon bouquet de fleurs en papier dont chaque fibre d\u2019arbre est choisie par moi .pour faire chanter Putopie comme elle \u2018chante en moi quand j'écoute l\u2019être - ne j'écoute aussi les gros camions péteux _ sur l'autoroute et faut ben que je ris que je rise que je fasse risette à la forte folie | qui nous fait charroyer des oeufs d\u2019un bout à l\u2019autre du monde quand y'a des poules partout j'écris mon émerveillement tout l\u2019temps devant l'héritage dela parole \u2014 la seule chose qui au coeur de 'amour ~~ ressemble à mon émerveillement devant la ciboulette car je suis aussi Ô gens sérieux de la sorte de frappé , qui a l\u2019intuition sympathique et saugrenue joliement f| comme une grenouille qu\u2019il y a certainement quelque part une planète entièrement couverte î de ciboulette gazonnante avec des millions d\u2019arbres bleus doux debout sur des troupeaux de collines entourées de lacs et de rivières bleus blonds une planète peuplée par tous les animaux mais tous de la grosseur et du tempérament dès chats et par des couples doux et souvent hilares où la mort est une suave apoplexie donnée - { \u201cdans le hasard d\u2019un orgasme si vibrant | }~ que les couples montent en graines, certains - Ï s'abolissant à douze-treize ans d\u2019autres très vieux- | mais tous sachant qu\u2019en faisant l\u2019amour 7 { ils conquièrent la chance de mourir ensemble PR ee = i i re 65. j'écris tout l\u2019temps mon -émerveillement / devant I'instrument réalisant de la parole | ; et mon respect pour cette âme collective ; { à une multitude de tranchants coupants ' I comme des feuilles de quenouilles , je dis aussi sans vergogne que dans le jeu s 4 des métiers ceux de poètes et de menuisiers de musiciens ef de boulangers et toute engeance w d\u2019artistes et d\u2019artisans et de travailleurs utiles i me semblent plus ouvrant à la liberté que ceux a de prêtres ou-n\u2019importe quel intermédiaire voleur légal \u20ac} \u201c ou militaires ou polices | A A et que la plus humble utopie stipule : \u2018 A que tous chantent-parlent et jouent du son : - fa Sf Ain iy .\u2018 { | 4 66. de la couleur de la matière et jubilent gratuitement dans une sanité collectivement assurée et que tous les métiers du présent désastre \u2019 soient tout juste remémorés en tant que curiosités de l\u2019ancienne farce tragique je est bien content d\u2019avoir commencé à être du chant dans l\u2019espoir toutde reste de mes raisons et circonstances est insdistinct de l\u2019être et dépasse même l\u2019avènement du plaisir partagé par tous et habite de tout temps dans le silence du gros fonne originel appelez ça dieu grand manitou p\u2019tit minou l\u2019un ou le quatre et d\u2019mi \u2019 émile ou pitou la vie éternelle j je m\u2019en n jubile | - je m\u2019en ainsisoitil je m\u2019en gargarise avec la voie lactée .au Moins une fois par été et je ne vous félicite pas - de crier des noms connus à l\u2019indicible a I'innommable au geste tellement aimable * - RE de ce qui n\u2019a de nom dans aucune langue l\u2019incréé que tout le créé fait semblant de reconnaître pour source .par l\u2019entremise de nos voix , \u201cqui cherchent plaisemment b d\u2019où c\u2019est qu\u2019a peuvent ben v\u2019nir i et qui chantent quand même les chansons - d'exister comme à partir du souffle = de l\u2019incréé en rythmant seulement le créé et nous n\u2019avons à célébrer que nous-mêmes en faisant confiance à l\u2019intuition qu\u2019en nous-mêmes ne se cache pas mais apparaît tout .- encore faut-il vouloir être tout et c\u2019est pas facile à entreprendre un de ces quat\u2019matins surtout quand y pleut depuis trois si on a pas la certitude comique que c\u2019est déjà entrepris et qu\u2019en sautant dans le vide \u2019 d\u2019une façon désinteressée aussi bien : 67. ra ae hi: = que courageuse on saute dans la vie glorieuse 5 comme un lapin ) qui aurait l\u2019intelligence qu\u2019il est un lapin et qui en reviendrait pas d\u2019la chance d\u2019être un lapin - \u2018tout en considérant gravement mais pas trop jusse c\u2019qu\u2019y faut les risques que ça entraine _ mais minimes quand même comparés à l\u2019occasion invraisemblable d\u2019être un lapin dans le monde pourquoi un lapin parc\u2019qu\u2019ça moins mauvaise réputation que humain pis c\u2019est moins chiâleurs et moins tanrïants pis moins méchant tellement qu\u2019y m\u2019semble qu\u2019on comprend mieux la chance d\u2019être quand j\u2019dis lapin .parc\u2019qu\u2019à part la cocomberie sublime et le génie de l\u2019humain et son drame de se connaître soi-même - j'vois pas la différence .si j'étais pas un humain: - ¢a m\u2019f\u2019rait rien d\u2019être un lapin. | en ce métalangage que je risque - par andré gervais l'écriture me vient d\u2019un mouvement irrésistible.Ne pas parler sur, à | propos de.Ecrire, de l\u2019intérieur, trouver une description de la brisure.En ce pli, cette implication, historique, mon corps se (dé)fait, j'arrive ; par le graphe itinéraire, germinateur, je (dé)parle, l\u2019aire des graffiti, des | inscriptions, des fragments où se retourne ce vers, cette phrase, cette |} unité reçue bouleversée, d\u2019où dérive cet itinéraire qui entraîne (de) l\u2019écriture et que(de) l\u2019écriture désigne.En cette bibliothèque un champ |i s'étale, en ce champ, une bibliothèque s\u2019étale, dispositif négatif * désirant où l\u2019écriture (se) taille ses talles, (se) touche ses couches, saillit \u2018 en l\u2019aire.En retard, toujours, en vers,.en phrases, différée de l\u2019 origine qu\u2019elle abolit en cours de route, de sentiers (paths), en cours [ d'élaboration, patchwork in progress, travail forcené de l\u2019intime signi- - fiant itinéraire, positions sémanticorporelles (économie du texte), : positions de l'inconscient (économie du-sujet), positions de classe | (économie des rapports de production), lieu revêtu de contradictions, tendant son réseau, son tissu en leur résolution toujours déjà provisoire, toujours déjà possible.En ce lteu critique, métaphores infiltrées, profilées de métonymies, celles-ci, justement, dés, j'habite.Tel lieu, critique en cette justesse de la signifiance qu\u2019il dépense, se constitue en ceci, tuant toute condition préalable, qu\u2019il (se) déplace en ce champ, pré b allable, toute question.En semer ta langue, âge d\u2019homme, se lève la mienne, que je risque.Le texte sauvage d\u2019hommes et de femmes, travailleurs, de ces poèmes et proses, suit la découpe, fragment par | fragment, exibant sites et cites qu\u2019il ouvre, véhémentes blessures, laissures, lissures, incorpore à pore, orifils sans origine, corps et graphie I de la peau, de la page, de la perte, des déséquilibres.: - En ce lieu d\u2019hisse hygiène intime entame jusqu\u2019a la rature la roture l\u2019ancienne lancinante antienne.L'ordre de l\u2019aire est politique.L\u2019or, très pour très, du signifiant, que produisent sans délai ceux et celles qui y .écrivent, se dépense à délire.Le faire s\u2019oxyde au contact de l\u2019aire, saisi aux fragments, à ce point qu\u2019il en (g)rouille, indéfiniment, ça s\u2019exéite.Comment t\u2019erres sur, retors, commentaire sur, superfils y, lieu critique, partir de là et circuler au pire, qu\u2019homme en terre sûre, qu\u2019homme hante aire sûre, \u2014 comment taire sûr ce ° graphe épris dans la glotte, 69.{ È ng QT x Ci i Ni \\ H 1: À Un th ; du cette prime aire se féconde aire d\u2019 ékhos des corps vers toute aire et/ où ça parle.Ce texte on est tout à aire et ouvert.De la glose, je risque le rapt, telle mise à nu est mise en jeu, mise en mots, enjeu de la main, mise.Tout un éventail de tactiques.Le fragment, flio)riture locale, ne calcule pas un plein, ne fait pas voile d\u2019, vers une somme, mais hors d'eux met en oeuvre un mets, l\u2019etc.L\u2019épars pillage, la brisure.Le total, r y taire et circuler, à partir de la, schize.Point d\u2019autres, points de fuite, -en qu\u2019hors ce lieu, critique.Je me fais Un nom, c\u2019est pour mieux le perdre en des échardes d\u2019une brisure, \u2018c\u2019est pour moi, poreux, pour eux, qu\u2019il s\u2019ignifie, ard en des brindillés d\u2019indices, éclate en des éclisses de munitions.Je le fais surgir, s\u2019agiter là, inescamotable phrase incandescente, danse, dense.And, conjonction, jointure / articulation, narration.End, fin, coupure-cas- sure\u201d différence, fiction.Ré écriture, enclenchements qui s\u2019enchevêtrent en crête, en croûte, jusqu\u2019 à l'eau de l\u2019épuisement d\u2019un possible; vers, d\u2019autres possibles, jusqu\u2019à l\u2019ersatz de la recette.Ce texte, scriptible jusqu\u2019à la scrap, là s\u2019andre.Ger, j\u2019erre, j\u2019aire, incinéraire itinéraire, lieu de la production, du rejointoiement foudroyant poudroyeux, les travailleurs savent ce qu\u2019ils font.Gerv, verve, verge, entre(nt) les gerbes de lire, 'herbe du pré nom que j'énerve, j'innove aire où je vais vers je, qu\u2019ils lisent.Sait-il ici te façonner cette illicite mut(il)ation, sait-il ce qu\u2019il en est?Ce texte, très exactement, décline (articule, y coupe) mon nom, se tait.Je risque.Prestiges.Comment taire, il faut le faire parler, le faire rire, le faire jouir.Ce qu'il \u2018fait.Toutes les conditions de l\u2019écriture, de l\u2019homme, de la femme, hissent ou vers je, y sont tiges de tout ce qui pousse (en) ce-pré, y convergent.J'écris, s\u2019étend le pré.L'écriture, c\u2019est en le pré l\u2019incision de la lecture, l\u2019une labourant l\u2019autre, l\u2019une récoltant l\u2019autre, se frayant des passages, vers, à travers les organes, en l\u2019inouï(e) d\u2019une végétation, d\u2019une géologie, métaphores, défilées, métonymies.Sentiers fragmentés, d\u2019une lecture dans le pré, prélèvements greffés, d\u2019une lecture du pré.Là, des abeilles, des couches, précises en le travail de leur jeu, ; considèrent le fragment.Ce pollen, tel intérêt au microscopique, métagramme, le relief qu\u2019il transforme, dont il oblitaire l\u2019origine.Cette strate, tel intérêt au macrocospique, syntaxe, le relief qu\u2019il transforme, dont il obliterre l\u2019origine.Délire, relire.En ces figures, le fonctionnement du pré est forêt du texte, foré(e) de texte.Toute une taille du fragment, entre végétation et géologie, entre temp(e)s, j'ai un pré, lude n\u2019éluder, il n\u2019est pas l\u2019unique.D\u2019autres toujours déjà le jouxtent, le textent, s\u2019y délimitent, de multi/ polu/ pluri à dissémi, tout un semis, il n\u2019y en a pas assez, à partir de lui, ils jouènt de beaux coups d\u2019écriture, les travailleurs de plusieurs lectures, plusieurs intensités de lire.Sutures, dépenses,.bifurcations, permutations, épargne.Alluvions, lèvres, elliptiques.Pro(li)férations.In(si)stances, stratégies.Toute une énergétique tremblée.Ca jouit du corps de la brisure, en tous les sens, ça (se) fait jour et nuit, noir et blanc, encre et semen, ça s\u2019ouvre, ça s\u2019aère, ça erre, de toutes ces virgules qui sévissent,ongles qui graffignent la peau du texte, griffes d\u2019 encrenage du texte de la \u2018peau, 70.\\ ele ; lie ny Ut, ire Eo degrés de flottaison des segments de lignes.Du fragment, ¢a chemine en la fente, en l\u2019amante, déjà, du champ, plusieurs cols alités, tu _chantes, en des fragments.Le véritable amour est toute une fabrique végétale.| - J'écris, je tire du mouvement de mon écriture, les ge(rvai)stes possibles, du texte.Toute écriture s\u2019installe, est-ce le sens?Oui, mais non.Fauchée, renversée, déchiquetée.Jépelle, en tous les sens, j'appelle, je retourne, jé verse, toutes les (re)connaissances que j'ai à \u201clibérer ce trajet erré, ce sujet, qui est-il?A sa mort, ce qui s\u2019écrit mordre l\u2019ordre, fendre l\u2019andre, supprimer centre, sait qui c\u2019est, crie.Il n\u2019y a pas qu\u2019une langue unique, les langues se touchent à parler ma langue en d\u2019autres langues, articuler ce qui est bé, québécois, sans cesse, autre et même, glaise.A l\u2019aise, en l\u2019aire.Je remonte, de secousses, d\u2019élans, en quelle dérive, autre et même, glose, le cours des langues, mon corps, (dés)altéré de désir, éparses qu\u2019il n\u2019y a(it) pas de causalité, j\u2019écrisque.Et qui, libre, est j\u2019?J()apostrophe.Le chien, en sa niche, maitre de maison, jappe, ronge son os, (ne) sait (pas).- I Aire de l\u2019écriture, raies, écriture de l\u2019aire.Ce champ n\u2019est pas un présupposé, mais un pré.Face à la vie d\u2019écrivain ou d\u2019ouvrier, ce qui est la même chose en, osant son champ propre, sa.différence, telle métaphore filée, forcenée, faufilée, j'apprécie de quel pluriel déjà elle \u201c joue, cette surface où se superposent, se déposent des couches, des codes, des textes, des fragments de toute nature, je l\u2019écris vite et lentement sur le sol, sous le sol, face et pile, graphe et pille, envers et \u2018avertissement, dans la poussée matérialiste, historique, et les bouleversements politiques qui l\u2019inscrivent, et s\u2019inscrivent ici.Les travailleurs sont tous les jestes possibles, ont toutes les tâches, (de) leurs _ textes.Interminable transformation, fouillis fouillé, d\u2019une situation, opératoire(s), de citations.Parcours d\u2019écriture, de lecture, indéfiniment inachevé, \u2018de réécriture, de relecture, mains à plume et à charrue, - callosités, mines, par corps minutieusement appliqués, précieusement baladeurs.Production d\u2019un travail critique, lucide, amoureux, bouleversant, pré.Il y a du politique dans l\u2019écritûüre parce qu\u2019il y a de \u201cl'écriture dans le politique.L'écriture est intertextuelle avant d\u2019être collective.Pulsions, plusje.nous Peut-être.En ceci que ce cirque inscrit , de(s) fragments éclate, en telle économie particulière, l\u2019émotion colle - » » | des sites, cite des sols, scie des lots, s\u2019amuse aux interstices, sème aux cimes du simulacre, le pré prend, toute la place; pousse, encore un tel - lacis précis, vert, rouge et jaune, noir et blanc.Quelle orée, j'ouvre par : jets, je trouve à manger, en ce mets à langage que je risque, quelle place | de ma langue propre, mon fiom, l\u2019etc, en ce battement du désir, (de) la : lutte, telle version du pré.Je parade, la parole rassie de mes pores, grâce à ma peau matricule de crapaud qui bat si bien qu\u2019elle, est la trace où je m\u2019attrique en crapule.Quelle façon de parer, ce pré d\u2019un marécage, là, perversion à for(g)er cette phrase,- j'en grouille, frog.Titres des textes, raies, textes des titres Grammes du pré.Brico(Dlage d\u2019hybrides, compact programme.Hom storm grom / / 71 * lamelles que ferme et ouvre sur le texte l\u2019homme, qui ferme et ouvre sur l\u2019homme le texte, homxte, andre, anthrophie, men at work in prograss, ruts, rots, grhommellements, chant agronomme de la comptine Scolies.Quelques-unes.Tempête, tourmente, assaut, storm, store à.Jongh 5 quo à mod.À prime désignant ceux et celles à qui ser attribué un rôle particulier dans le jeu textuel, colégrammes de la violence, colis inquiétants, scorie qu disque fund transi \u201chors \u20ac Tny pare frage les (dem fra hag A decape fing gli Le a qu'une mon tinge Remo sarelur \u201ccod: dijon pertes, di, in ag Opus d mont Cincy lie life.thagug dis gy fra Way th de | bry Somme | Nacasy Hore Ite 10grag Moi Gs J Scorig ! : A + d\u2019origine, scopies entre les tempes, scotties de la douceur, écume, excréments, scum, mie de, pain, douleur, etc, et ce m de fragm qui mord, coupe jusqu\u2019à la lie, la lecture, la remarque, le sol.Suivi de Pré prisme aire urgence.Etat d'urgence, en sème, état langage, que je risque l\u2019internement, l\u2019interdiction, isthme d\u2019homme à femme, épris l'un à l\u2019autre, et cet r qui crie, surpris entre les matières, premières, non transformées, et la matière\u2019 déviée, décomposée, ou verte, sans serrure, hors euphorie, qui s\u2019imprime, toujours déjà d\u2019y aire, excédente.Trop plein pollen / Fragments lucides.Le pollert écrit toujours à l\u2019etc parce que l\u2019eau écrit toujours au pluriel.Il n\u2019y a pas de solution parce qu\u2019il n\u2019y a pas de problème.nous Peut-être, ample exemple.Ça se fragcite, sèchement.Plutôt le \u2018fonctionnement, le mécanisme, le sillon, le sillage, sa justesse, son retour, son détour ne ment, majeur, (se) (dé)mangeant, son écume, ses scories.Se faire friche de tout champ littéraire (litter area), s\u2019ignifier simulacre.Pousser, du sens.Et les fragments dérivent, s\u2019arrachent à la rive (à la rive s\u2019oppose, ici, la décape, décapitation, décapitulation, décapitalisation), tanguent en ce angage où ils désinvestissent toute interprétation, mettent à nu, en guise d\u2019appendice, tout déguisement.: \u2018 L'état présent de, pris en ce (m)étale langage (fagots figés, jalons gelés, débris bridés)-que je risque, en tout lieu, poèmes et proses, n\u2019est qu\u2019une approximation démontable phrase que je, livre, faille, méandre non moindre où tout est à refaire reprendre recouper, à réactiver 2 réinscrire réécrire.Arts et aire.Violence, politique, de Iécriture.Remous, ramifications, piqûres, aiguillages, blessures, coupes, sarclures, articulations horticoles, machines\u201d agricoles, décalages, : décodages, ihfimes détails, intimes retailles, inclusions, glissements, disjonctions, sèches raies, retours, ratures, tritures, coutures, repères, pertes, épargnes, dépenses, infinitésimales, sismiques, superficielles, etc, in(c)lassable Mouvement.Très particulier et très réel maquis de ° fragments (ce m, polémique, qui remue; démonte, mange l\u2019acquis), opus d\u2019opacités dépecées jusqu\u2019à l\u2019ersatz de l\u2019os de la représentation, montage «généralisé d\u2019un corplü)s (véritable film conducteur d\u2019inconduites, de fragm) ouvert sur les axes du langage, de la page, de - l\u2019aire, de la lutte, l\u2019écriture én lame \u2018incessante \u2018du relief et de l\u2019infra-mince, à ne céder à chaque je, sinon à personne, à ne s\u2019aider de chaque je, sinon de personne.Le pré sonne.Les possibles s'agitent, ces dés dansent, mets ta langue sauvage d\u2019hommes et de femmes, travailleurs, i want to grasp things with the mind (the mind factory) the way the penis is grasped by the vagina.Lud\u2019icité de la lucidité, lucidité de la lud\u2019icité.Justesse tissée de(s) mots justes.Mes écritures.nos écritures Peut-être.Arts et métiers.Pulsions, plusje.En ce mai à langage que je risque, je faillis, je saillis, de partout.Ce que nous § sommes me somme, je suis irrepérable, irréparable.Je (frag)me(nts) fracasse en letc._ En ce résultat toujours déjà provisoire, toujours déjà revolé, quel travail de sape, où nous s'apparente, s\u2019éploie, pré sismique, à sa paroi, IE A SX \\ je, rouage que risque en corps, en fin indéfinie, sa proie.Ca diffère, ça poudroie.Est-ce vain cre, ici?Sa différence m\u2019étale, engage que je risque cet angle, ce tangage, cette implication, cette violence.En ce saccadé où je mets ma main, c\u2019est-à-dire moi corps, je ne désire que ça, nous, \u2018s\u2019avoue, se savoure, en soi, en des formes nouvelles, en lutte.fs p À regarder les journaux, les revues, les départements de français des cégeps, les journalistes, les critiques, les enseignants, telle débandade \u2018s\u2019installe, on dirait, telle inanité.Attention si peu suivie, concertation si peu élaborée, face à telle éclosion culturelle, telle montée étudiante.Une mollesse, on dirait, un vide.On ne sait plus, pas comment s\u2019y prendre.Toute une gamme de procédés, de techniques, d\u2019idées, répond à, suscite une plus sérieuse désorientation.Trop encore, le journaliste anecdote, fè.critique juge, l\u2019enseignant professe.Stéréotypes.Il s\u2019agit de faire lire.\u2018Mais faire aimer la lecture, c\u2019est faire aimer l\u2019écriture.Vouloir lire, c\u2019est vouloir écrire.À partir de n\u2019importe quel texte, indiqué, incomparable.Arrhes gardées, ça se fait encore trop peu, trop - parcimonieusement.Il s\u2019agit de transformer lire.Mais transformer la lecture, c\u2019est transformer l\u2019écriture.Que sera-t-elle?En ce lieu, il s\u2019agit de mettre en crise les stéréotypes et le(ur)ls discours (mission, - \u2018propagande, \u2018vérité, sérieux, science, loi, entre autres).Alors, rien n\u2019aura lieu que le lieu critique, en l\u2019interdit de la lecture et de l\u2019écriture (faire qu\u2019elle sorte et se retourne sur eux, les supplémente, les déçoive, désir et violence), excepté peut-être une révolution, en qu\u2019hors les mots, le texte.- 8 Vi À quequ Geman Cra Québe ada dela Il faut se mettre, se faire à l\u2019écoute de l\u2019aire.Tel champ ne laisse pas - indifférent, l\u2019or du signifiant.se dépense en mes oreilles.- Au lieu de rédiger sur, à propos de, il y a lieu d\u2019écrire, avec, à partir de (distanciation), grâce à telle précise mise en scène de ce lieu, de lier amoureusement métalangage et langage au point que l\u2019un prenne le risque (de déborder, d\u2019éclatet, de rire,) de devenir l\u2019autre \u2014 de revenir le même, come together, pulvérisation et rejointement.Il y.a lieu de , montrer l\u2019écriture en.la faisant-et en le disant, et non uni(vo)quement en le disant, ce serait la reporter, la déporter ailleurs en croyant l\u2019englober (le métalangage ne veut-il pas dépasser et englober le langage pour tenter de le décrire, l\u2019étudier, l\u2019analyser, l\u2019asservir), ce serait en faire le reportage, lé rapt.Il y a lieu de produire sur beaucoup, de ~ je, travaux du je au nous, du nous au je, in(si)stances de s\u2019historiser, un mouvement dans le langage.L'écriture, alors, a des conditions que la lecture connaît.LY] Sema hit gi I lg 8 ls fn, 8 lie ea A M ry Pie déciy Une it ly fa 3 lc 04 Iie dés ide! ns fe, 5 ong ite 5 te lire 1, op ra agit ion, rien lite ie ofs, @ ue, les yeux complémentaires .« | par philippe haeck \u201c aux venantes, aux venants = 1 ~ .Co Nn \u201cWilfrid la Démanche dont le nom, comme on va le voir, avait quelque chose de prédestiné \u2014 car ce pays s\u2019est surtout en-allé en { démanche parce que brisé dans son imaginaire et étouffé dans sa créativité.\u201d (Victor-Lévy Beaulieu, Manuel de la petite littérature du Québec).Ny a des livres que jai fini de lire, je n\u2019y reviendrai pas, il y en a d\u2019autres que je n\u2019ai pas fini de lire, parmi ces derniers Don Quichotte de la démanche.2 1.\u201cJai eu le sentiment que Beaulieu racontait ma vie, qu\u2019il me serrait de près, qu\u2019il me forçait à une formidable ivresse où toutes nos histoires (les siennes, celles d\u2019Abel Beauchemin) se recoupaient.\u201d (Ph.H.).2.\u2018Dans ce livre, qui est sans doute notre première oeuvre épique réussie, Beaulieu arrive à faire une grande oeuvre réaliste en décrivant les fantasmes des histoires familiales de l\u2019écrivain Abel Beauchemin; ce ÿ livre fou fait comprendre mieux que beaucoup d\u2019essais l\u2019_ébranlement q de la famille et la force du couple.\u201d (Ph.H.).3.\u2018Don Quichotte de la démanche est l\u2019écriture de fiction la plus \u2018importante qui ait été publiée au Québec depuis longtemps.D\u2019abord parce que le récit se déroule en tant qu\u2019analyse fondamentale du procès d\u2019écriture.Ensuite parce que des cauchemars décrits se dégage June dérision qui rend compte de la spécificité québécoise 4 (dépossession).\u201d (Patrick Straram).\u2014 : - 75.oN EAA AA Sr 4° él \u2018 Pond adit ie 0M MAM A sans ont de fis.Pa pis, son bu Toutel voire | inferro \u201cDa habitus écrire préc Préfac lai [ 4 ae ¢ aire ji miley safisfy mie eh l'autey lautey fg [leh qu'on] fg Te le Mix ame fy Mon fi Com 76.PIN 4.\u2018\u201cDérision: ironie tournée vers soi-même, auto-critique où se disent et se jouent ses contradictions vérités.(Connaissez-vous un livre québécois où la dérision est poussée à un point aussi extrême que le Ÿ Don Quichotte de la démanche de Victor-Lévy Beaulieu?Aurait-il pu ~~ | la dire s\u2019il n \u2019avait pas senti sa mort?).Tout devient dérision.Avant tout soi-même.\" (Jean-Marc Piotte).3 ~ \u201cON DIT QUE LA TERRE TOURNE, ALORS ATTENDS QUE MA MAISON PASSE PAR ICI.\u201d Malcom Lowry.En attendant je suis _ sans maison, je change de maison, souvent.Ceux qui me connaissent ont de la difficulté, souvent, à me retrouver.\u2018\u201cJ\u2019aime les préfaces.Je les lis.Parfois, je ne vais pas plus avant, et il est possible qu\u2019ici, vous non plus, n\u2019alliez pas plus avant.Dans ce cas, cette préface aura manqué son but, qui est de rendre l\u2019accès de ce livre un peu plus facile.Toutefois, lecteur, ne considérez pas ces pages comme un affront à votre intelligence.Elles prouvent plutôt que, par endroits, l\u2019auteur interroge la sienne.\u201d (M.L.Préface d\u2019Au-dessous du volcan).\u201cDans la préface qui précede son ouvrage, un auteur explique habituellement le but qu \"il s\u2019est proposé, l\u2019occasion qui l\u2019a conduit à écrire et les relations qu\u2019 à son avis son oeuvre soutient avec les traités précédents où contemporains sur le même sujet.\u201d (G.W.F.Hegel, \u2014_ Préface de La Phénoménologie de l'esprit).La face de l\u2019auteur.La face du lecteur.Celui-ci se trouve face à face avec celui-là quand le critique littéraire rédige ces préfaces pour d\u2019autres- yeux.= 4 \u2018\u2019Et puis, il comprit qu\u2019il allait mourir.Cette pensée lui vint au beau milieu d\u2019une phrase, alors qu'il cherchait ses mots et n\u2019était pas satisfait de ceux qu\u2019il trouvait.\u201d La mort au beau milieu du lit, au beau mi-lieu du livre, au beau lieu du livre.Je lis.Il cherchait ses mots, il cherchait sa mort.Je lis.Le lecteur face à l\u2019auteur, il s\u2019entretiennent, le lecteur attend de l\u2019auteur une phrase, l\u2019auteur attend du lecteur une phrase, ils s\u2019entre-tiennent, à la fin fatigués d\u2019écouter ce qui ne vient pas ils se quittent rapidement.Il cherchait ses mots: comprenez il cherchait d\u2019autres mots que ceux qu\u2019 on lui avait donnés, il n\u2019était pas safisfait des mots reçus parce qu\u2019 \u2018ils n\u2019étaient pas vraiment a lui, 5 \u201cJe parle seulement pour moi et quelques autres puisque beauçoup de ceux qui ont parole se déclarent satisfait.VOYEZ LES MANCHETTES.\u201d (Gaston Miron).j\u2019écris, j\u2019écris, à faire un fou de moi à me faire le fou du roi de chacun volontaire aux enchères de la dérision mon rire en volées de grelots par vos têtes.\u201d (G.M.) Comméncez-vous à voir ce qui se trame.ici, quelles nattes je tresse - -_ 77. je tiens ma -lenteur partout \u2014 si oui vous me laisserez bien vite maugréant contre mon byzantinisme, mais ce qui vous paraît tel est ma clarté, ma jouissance, autant vous en prévenir pour éviter une confusion 4 pin.0 ie supplémentaire).: A j se \u2018pour vous (mais vous, peut-être pressé, devant toute cette lenteur, mon ; plaisir, avez-vous envie de sauter des lignes pour vérifier rapidement si ; amis bers Po dome?morsiré Mes fils québécois: Gaston Miron, Victor-Lévy Beaulieu, Patrick ÿ.Straram, Jean-Marc Piotte.Ou plutôt: le texte-Miron, lef texte-Beaulieu, le texte-Straram, le texte-Piotte.Le lecteur\u2019 ne connaît que les textes mais s\u2019il sait lire autour de lui les paroles écoeurantes, il \u2018 n\u2019a pas tort de penser que les textes-à-faire-un-fou-de-moi sont beaux, } si beaux qu\u2019ils réussissent à contrer les paroles dégoûtantes (familiales, ecclésiastiques, policières, bourgeoises).6 | } JENE SUIS PAS SATISFAIT DE CE QUES ENTENDS AUTOUR DE MOI, ALORS J'ECRIS.| ;\u2018 + \u2018 7 - \u201cles mots n\u2019arrêtaient plus de se bousculer en lui; ils venaient de partout, de la plante de ses pieds, du bout de ses ongles, du lobe de ses oreilles et des poils de son pubis.\u2019\u2019 Il est six heures du matin, j'écris parce que je ne peux plus dormir, je pense trop à ce texte que jai commencé hier soir par un heureux hasard qui m\u2019a fait trouver le titre dans un article d\u2019Hélène Cixous: \u2018La fiction et ses fantômes\u201d (Prénoms de personne).Il m\u2019arrive de j jouer dans les poils de mon pubis quand je\u2019 pense aux fictions que j'aimerais nous produire.Les mots viennent de toutes les parties du corps: des pieds la marche du texte parfois de longues enjambées, d\u2019autre fois une lenteur calculée, des ongles la parure, je me nettoie les ongles, je les coupe, ou la graffignure, des oreilles le rythme, la joie de certains-sons, des poils du pubis les fils entremélés de la fiction, mes doigts dans les poils de la fiction, quelle humidité, \u2018\u201cje me délecte à trouver humide la plus grossière métaphore\u201d - (La publicité discrète).Certains soirs je n\u2019arrive pas à dormir les mots se bousculent autour réveillant mes fantômes; je cherche mes mots, je cherche mon corps dont l\u2019éducation publique, familiale d\u2019abord, m\u2019a privé presque totalement.Je cherche mes mots parce que ceux qu\u2019on m\u2019a donnés je ne les ai pas demarfdés (j'écris parce que j'ai su que j'allais à ma mort avec des mots empruntés, qui manquent de joie).(à) la viè.\u2018 8 Co Réjean me citait hier un passage de Nattes: \u201cpendant que je suis dans la bibliothèque, entouré de milliers de fétiches, des hommes, des .femmes, des enfants, travaillent sans arrêt, à l\u2019usine, à la maison, à l\u2019école, à la mort.\u2019 Vivre nos contradictions, je n\u2019ai pas le goût de jeter à mes livres quand je connais si peu de -personnes à retenue; si je ne lisais pas il y aurait à ma place un corps sec en marche 78.;[ ~ qui parler sans | \u201cIn qe fi pie fps.Joop | frp maitrise prêt \u201cJ it des régit j'écris d passion dit po gi na arti mainte: plus lo \u2018la tomans tapait à Ses vey connai culture 8 fout où Couper decesd hte fry Ru Depuis que j'ai trouvé quelques-uns des mots que je cherchais je tiens § Jene Ch écri Qui se D Pas ob Qu ge qe Puss de s\u2019effriter avec l\u2019usure quotidienne.Je me souviens de cette remarque amusée de Roger Des Roches à propos de Nattes: \u201cOn dirait que tu écris pour être cité.\u201d Rien de plus vrai: j'écris pour être pris et pour donner l\u2019envie d\u2019être pris.\u2018\u201cMange-moi.Je ne crains pas ta langue, ta morsure c\u2019est là ce que je veux.Tes yeux sont des dents.\u201d (Tout va bien).Quand j\u2019écris je (ré)cite les livres que j'aime, je ne crains pas de dire celles et ceux que jaime.- a 9 \u201cIl n\u2019arrivait plus à maîtriser les battements de son coeur.Il pensa que si cela continuait à s\u2019accélérer, bientôt son coeur jaillirait de sa poitrine et tomberait quelque part devant lui; et son sang lui serait repris, violemment comme dans les westerns de Pakampas, alors qu\u2019on voyait la balle pénétrer dans la poitrine et, en ralenti, le flot de sang trop rouge qui se mettait à gicler.\u201d Comment dire que la fiction est la maitrise, imaginez-vous la tension rigoureuse de la passion, le coeur prêt à sortir de lui-même tant il est fou de, en même temps le coeur qui fait des efforts inouis pour rester en\u2019 place à assurer la circulation régulière du sang.Cela donne ce léger déplacement connu: \u2018je crie, j'écris.L'écriture c\u2019est la passion au ralenti, l\u2019écriture est après la passion ce geste pour la retenir.\u2018\u201cPleurer, il n\u2019y avait plus que cela qui était possible.\u201d Quand je lis il arrive que certaines écritures me forcent à retenir mes larmes tant je suis ravi, serré embrassé que je suis de partout, puis peu à peu le calme revient avec cette sensation unique de maintenant mieux respirer comme si l\u2019air était plus pur, qu\u2019il pénétrait plus loin dans mon corps.\u2018 10 4 \u2018Il avait peut-être écrit un million de-mots en sept ans d'énormes romans d\u2019une petite écriture serrée, qu\u2019il coupait de moitié lorsqu\u2019il les tapait a la machine parce qu\u2019il se lassait d\u2019eux comme on se fatigue de ses vieux amis qu'on écoute plus que distraitement pour trop les connaître et deviner en eux ce qui n\u2019est que radotage et bouillie culturelle mal ingurgitée.\u201d Il y a peut-être des écrivains qui tiennent à couper leurs textes ou d\u2019en abandonner des pans entiers, je fais partie de ces derniers comme Abel Beauchemin.Je réduis tant certains de mes textes qu\u2019on pourrait croire que je n\u2019ai gardé que les phrases assez coupé ont été coupés et sans doute plus que les autres.11 : Je ne suis pas d\u2019accord avec toi Abel Beauchemin quand tu dis plus on écrit et plus l\u2019on se sent obligé d\u2019écrire, et moins l\u2019on comprend ce pas obligé d\u2019écrire, si j'écris c\u2019est que plus j'écris plus je comprends ce qui se passe en moi et dans le monde.J\u2019écris pour voir clair.Je te soupçonne Abel de jouer au possédé alors que tu n\u2019es pas sans savoir que tu écris pour entrer en possession de toi, pour arrêter d\u2019être possédé.Voir clair cela ne veut pas dire expliquer, du moins pas au sens 79.RY AT tout publier ce qu\u2019ils ont écrit, il y en a d\u2019autres qui ne cessent de dures pour être citées.Même les textes où il semble que je n\u2019ai rien qui se passe en soi et hors de soi.Pour tout te dire\u2019 Abel je ne me sens.de te = rt Ep I Se Pr ES REIN i .que les\u2019professeurs de littérature donnent a ce mot: dévoiler I'unité du ; gis \u2026.texte, au sens où je l\u2019entends expliquer c\u2019est déplier le réel sous nos ¥ \u2019 { yeux, lever tous les coins di réel, c\u2019est montrer la complexité (ce qui terre lo n\u2019est pas l'obscurité) du réel.II serait bon Abel Beauchemin que tu hat parles avec Victor-Lévy Beaulieu; pour lui ävoir parlé deux ou trois fois | sit je crois qu\u2019il pourra t'aider à y voir clair dans ce métier que nous us 4 pratiquons quand nous ne pouvons pas dormir.\\ fo à 12 ; Qi \u201cTu finiras par te rendre complètement fou si tu ne t\u2019arrêtes pas à - {i temps.Viens te.coucher, Abel.Viens te coucher!\u201d J\u2019entends ma mère Jeu dire à mon père: \u201cQuand est-ce que tu vas te coucher?Qu'est-ce que ça Ni 3 te donne de tant lire?Lucien viens te coucher!\u201d C\u2019était le même hur monologue qui se répétait presque à chaque soir; mon père ne Fred , Tépondait pas, pas parce qu\u2019il n\u2019avait pas entendu la question mais es gi parce qu\u2019il ne savait pas comment quoi répondre.Il essayait de dire à §irds ® ma mère qu\u2019il lisait parce qu\u2019il voulait savoir ce qui se passait dans le fast i monde, ma mère lui laissait entendre qu\u2019elle ne voyait pas ce que ça fue 4 pouvait changer à sa vie, à leur vie.Mon père quand il était jeune lisait Bg ji * beaucoup de romans-historiques \u2014\u201cil avait presque tous les romans B d'Alexandre Dumas dans la collection Nelson, des romans de Michel J â Zevaco dont les couvertures m'attiraient: c'était des dessins sombres @ \"#\" avec des couleurs fades\u2014; ma mère ne lisait pas: elle raconte souvent #4 M comment mon père quand il la fréquentait essayait de la faire lire, elle \u201cff | se souvient d\u2019un roman qui s\u2019intitulait le Roman des deux roses ou JM i quelque chose de semblable, roman qui avait pour toile de fond un Rs à _ épisode de l\u2019histoire anglaise, elle avait gardé le roman six mois puis le % ul lui avait remis, elle n\u2019avait pu lire que quelques pages.Peu 4 peu mon FHM 4 père a délaissé le roman historique pour des revues historiques où les Jr historiens racontaient l\u2019histoire comme _dans les romans: c\u2019était une Mit façon pour lui de justifier ses lectures: il ne lisait plus des histoires- ÿ eng fictives, il lisait des faits réels, historiques, non inventés.Cette Ries dénégation de la fiction a brisé notre imaginaire et étouffé notre À | créativité; cette dénégation servait à montrer qu\u2019on était sérieux #Æ, 3 c\u2019est-à-dire qu\u2019on n\u2019était plus jeune.Un peuple sans.fiction est un I | peuple de vieux, un peuple qui ne sait pas voler, qui ne sait pas rire, qui J Hui a ne sait pas s\u2019inventer.Qui est responsable de cette dénégation?Il faut pen i bien qu\u2019il y ait des coupables: \u201cNous ne sommes pas tous coupables de fus dl tant de souffrance Sourde et minérale dans tous les yeux affairés, la \"# in | même, grégaire.Nous ne sommes pas tous coupables d\u2019une surdité Pilg aussi générale derrière les tympans, la même, grégaire.\u201d (G.M.) \u2018Ma # mère travaillait depuis l\u2019âge de seize ans dans des manufactures pour mex gagner quelques petites cennes, elle était I'atnée d\u2019une famille de huit gn, enfants, elle faisait souvent des heures supplémentaires: comment Bi aurait-elle eu le temps de lire?elle n\u2019avait que le temps de se trouver un Fy mari pour sortir de sa famille en espérant que da vie serait alors plus Fu facile, plus belle.\u201cPleurer, il n\u2019y avait plus que cela qui était possible.\u201d Yi, Comment pourrait-elle jamais lire de la fiction celle qui a été obligée de Rm quitter l\u2019école après sa huitième année, celle qui vivait dans une maison Mt, + ~ QI où les seuls livres étaient des livres de messe, l\u2019almanach et le catalogue d\u2019Eaton?Mon père vivait chez ses parents qui cultivaient une grande d terre louée à Côte-de-Liesse; la maison était immense, chacun avait sa ÿ chambre (ma mère n\u2019a jamais eu sa chambre: allez lire Une chambre à avait montré les plaisirs de la lecture \u2014 chez lui il y avait ses parents qui lisaient les nombreuses annales religieuses auxquelles ils étaient tJune chance de parler c \u2018est-a-dire quand quelqu\u2019 un l\u2019écoute \u2014 les fem- es qui n\u2019ont pas pu apprendre à lire, à écrire sont souvent réduites à Être des moulins à paroles \u2014 il lui lance: \u2018\u2019T\u2019es bien une : Dumas, tu se- une Dumas.).Et ma mère répond: \u201cA chale moi donc pas pour uné fois Que j'ai quelqu\u2019 un avec qui parler.\u201d 13 - x A Maintenant que jai commencé a lire, à écrire je sais que je dv\u2019 arréterai pas de lire, d\u2019écrire.Je ne pardonne pas à ceux qui sont responsables de l\u2019absence de lecture et d\u2019écriture chez ma mère et chez Yombien de femmes et d\u2019 hommes du milieu ouvrier.Je n\u2019aime pas non lu livre: ce sont des magiciens au service de la bourgeoisie.La lecture et { écriture restent les principaux moyens pour réduire I\u2019ignorance, pour ormer un esprit critique: je lis et j\u2019écris & mon rythme.) \u201cAlors il avait Jegardé son père et il avait vu que son père n\u2019avait plus d\u2019yeux, qeulement d\u2019épaisses rides blanches qui n\u2019exprimaient rien: d\u2019autre \u2018qu\u2019une souffrance inouïe et qu\u2019une insupportable solitude.\u201d 14 | \u201cEn tout cas, il n\u2019aurait pas voulu qu\u2019elle s\u2019en aille et c\u2019était purquoi il avait dit: \u2018Vous n\u2019avez pas d\u2019autres questions à me poser?\u201d lle rit encore, montrant toute la blancheur de ses dents.\u201d C\u2019est ujours la sortie de Dora qui me fascine: Dora, c\u2019est le pseudonyme e donne Freud à une jeune fille qu\u2019ôn lui avait amenée \u2018en nsultation (voir Cinq psychanalyses), le 31 décembre 1899 abandonne \u201ccure\u201d de son propre gré, Freud pour des raisons que des femmes pmmencent à deviner aurait voulu prolonger la \u2018\u2018cufe\u201d jusqu\u2019à la érison.Je laisse.parler Freud: _\u201cSerais-je parvenu à retenir la jeune le si j'avais moi-même joué vis-à-vis d\u2019elle un rôle, si j\u2019avais exagéré la leur qu\u2019avait pour moi sa présence et si je lui avais montré un intérêt us grand, ce qui, malgré l\u2019atténuation qu\u2019y eût apporté ma qualité de .#5, édecin, eût un peu remplacé la tendresse tant désirée par elle?Je ne je is.Comme une partie des facteurs qui s\u2019opposent à nous en tant que #¢ Kistance nous restent, dans tous les cas, inconnus, j'ai toujours évité ion Le 81.soi de Virginia Woolf), il avait eu la chance d\u2019avoir un professeur qui lui - ESS res x {un emo Donne mel pnédee aime de jouer-des rôles et me suis contenté d\u2019une part psychologique plus modeste.Malgré tout l\u2019intérêt théorique, tout le désir qu\u2019a le médecin : d'être secourable, je me dis qu\u2019il y a des limites à toute influence ; psychique et je respecte de plus la volonté et le point de vue du patient.\u201d Ce texte est un de mes fantômes parce qu\u2019il met en jeu cet objet | ambivalent pâr excellence: la jeune fille.Comment dire que la jeune fille est sur le seuil, entre l\u2019enfance et la non-enfance, entre l\u2019homme et j#* la femme, comme si elle n\u2019avait pas choisi son sexe.Si je veux retenir la fi\" jeune fille c\u2019est qu\u2019elle est indécidable, folle, qu\u2019elle peut m\u2019aider à ir b sortiF de mon rôle, du rôle qu\u2019on m\u2019a donné.La jeune fille m\u2019embarras- gr! se (je pourrais dire la méme chose du jeune homme).Avez-vous entendu?La jeune fille m\u2019embarrasse.N\u2019y a-t-il pas dans ce dernier mot _ quelque chose de barré qui pourrait surgir une fois la barre levée sous une de ces formes: (je voudrais que) la jeune fille m\u2019embrasse, je veux embrasser la jeune fille.Mais comment embrasser celle qui ne se décide pas, celle qui est indécidable?A moins que la jeune fille ce soit moi.f** \u201cElle rit encore montrant toute la blancheur de ses dents.\u201d Sit | : .15 _ a \u201cFreud compare la paranoïa à la philosophie, la névrose isto obsessionnelle à la religion et l\u2019hystérie à l\u2019art.Cette nuit, j'ai donc été Jet un grand artiste, tombant derrière ma table de travail, au coeur de mon Déleir hystérie.\u201d Le 19 octobre 1970 Unica Zürn met fin à ses jours: \u201cElle negli croit même pas que cela ait quelque chose À voir.avec l\u2019\u201camour\u201d\u2019, ce serait plutôt avec la frayeur profonde et inguérissable qu\u2019elle a | éprouvée lors de sa rencontre avec lui, rencontre que la vision deg Sul l\u2019'Homme-Jasmin avait très exactement préparée.En réalité sa \u201ccervelle pis de poulet\u201d est trop faible, trop petite pour supporter, une grande fie cmp commotion avec fierté, pour pouvoir, comme l\u2019a fait Herman Melville, isl) par exemple, bâtir une oeuvre sur ce choc émotionnel.Ah! ce défau han d\u2019intelligence \u2014 elle n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un poulet qui rive ses yeux etl sur l\u2019aigle tournoyant dans le ciel et qui se laissera tordre le cou dans} to une admiration hystérique.Et elle sent douloureusement les limites, § te l\u2019étroitesse, la monotonie qui sont parfois celles de la vie d\u2019une femme.\u2019 he, à (L'Homme-Jasmin).\u201cOn lui apporte \u201cson Moby Dick d\u2019Herman hl Melville.Pourquoi, pourquoi ne comprennent-ils pas que tout cela est k ks fini, qu\u2019elle devrait lire dix fois chacune des phrases de ce livre qu\u2019elle\"; Mag aime tant, pour finalement n\u2019arriver à en comprendre aucune?\u201cIl fautgkç que tu travailles.Il faut que tu travailles!\u201d Et, désemparés une fois deght plus, ils s\u2019en vont et elle souhaite de ne plus avoir de'visites.\u201d (L'Hommefht a \u2018y dap ml i ns -Jasmin).grand | 16 | pe DEPUIS PEU MON CORPS SE COUVRE DE FEMININ.| - .17 | Vous n\u2019avez pas d\u2019autres questions 4 me poser?Etes-vous contentesls,, + - .7 A ' i et contents de mes réponses?Quoi?Vous trouvez que c\u2019est plutot&ki; ES .\u2014 ° .+ # d\u2019autres questions.Je ne vous contredirai pas.\u2018Savez-vous que j'ai tuéghi, 82.7 : 1ÿ ma mère vendredi passé et que ce n\u2019est que depuis l\u2019accomplissement W de mon meurtre initiatique qu\u2019elle a commencé de vivre en moi?«fl Donne-moi le sein.\u201d Monsieur Beauchemin vous n\u2019êtes pas un peu fou .avec toutes vos histoires à tête et queue.\u2018Vous êtes tendu, dit le #ÿ médecin.Vous avez trop travaillé.Reposez-vous un peu.Prenez ça nf aisément pendant quelque temps.Vous écrivez, je crois?Toute création : est angoisse, j'espère que vous savez au moins ça.Cela finit par faire un li} gros noeud dans la région du coeur.Le bordel, ça ne vous dit rien?Je 1 veux bien que vous vous payiez ma tête, docteur, mais pourquoi en sg retour faudrait-il que je paye pour mon cul?\u201d.ofl 18 4 \u201cil y avait dans le corps nu de\u2019 Judith une bienheureuse force n d\u2019apaisement, des vibrations extrémement calmes abolissant tout le {mal qui avait pu s\u2019accumuler\u201d.L'écriture fonctionne parfois comme le y fcorps nu d'une femme qu\u2019on aime depuis longtemps.On écrit comme si gon avait toujours écrit, les phrases se déroulent sans heurt, ça fait @plaisir d\u2019écrire sûrement, la joie de l\u2019artisan.On fait l\u2019amour simplement, on retrouve toutes les caresses, on\u2019 se fait plaisir.Les mquestions sur l\u2019écriture et sur l\u2019amour sont alors de trop, elles se perdent dans les gestes.\u201cil regardait Judith toute nue au pied du lit.m}D'elle irradiait uné lumière éblouissante.Un grand roman d\u2019amour, ô (ma Judith, cela ne serait peut-être pas une si vilaine affaire.\u201d Ie BN À ° 19 ; \\ | \u2018| \u2018Seule le ressuscitait la lecture d\u2019une bonne page de Moby Dick dont di | possédait des dizaines d'exemplaires en toutes sortes de langues qu\u2019il ,ÿ Pe\u20ac comprenait pas mais qu'il s\u2019obstinait pourtant à gueuler.\u201d Je n\u2019ai ilk pas lu Moby Dick, c\u2019est un livre qui m\u2019attend comme Au-dessous du dr olcan et La Mort de Virgile.\u201cSome years ago \u2014 nevermind how long qi precisely \u2014 having little or no money in my purse, and nothing parti-.y ular to interest me on shore, I thought I would sail about a little and is Ee the watery part of the world.It is a way I have of driving off the 2 pleen, and regulating the circulation.\u201d C\u2019est ainsi que j'aime lire, ma i ibliothèque est comme un navire en pleine mer, je compare, je rappro- e les feux des étoiles disséminées dans la nuit.Il m\u2019arrive souvent y \"imaginer que je dors sur un navire, le matin il me semble que je vois ; fans le ciel le miroitement de la mer.J\u2019entends le chant des sirènes, je ost Jouve belle la méduse.\u201cUne folle, je n\u2019attire que les folles.Je te le pot \u2018pete, c\u2019était magnifique! Mais de quoi parles-tu, Johanne?Elle riait, \"bs grandes dents blanches brillaient dans sa bouche, et elle entrainait bel derrière elle, le tenait par la cravate, hystérique, dansant le char- ston dans la rue Saint-Denis, racontant toutes sortes d\u2019histoires formes et incompréhensibles.\u201d 20 ges Les yeux complémentaires.J\u2019aime vous regarder dans les yeux même [ a {Je dois détourner mon regard plusieurs fois pour ne pas tomber au à i nd de vos yeux.Ça brille, j\u2019aime que ça brille \u2014 essayez d\u2019imaginer 83. FLL 3 PT A comment la pâleur brille.LA DENT DE L'OEIL DECHIRE LE } TEXTE.| Ceo A EE (Après-coup.Ce texte qui voulait rendre compte de ma fécture « de Don Quichote de la démanche d\u2019une façon plus serrée par l\u2019ajout# d'arguments à mes deux propositions initiales s\u2019est détourné du lit que # je voulais lui faire emprunter.Ce changement de lit, ce glissement du nat texte-Beaulieu au texte-Haeck, une dure façon de lire parce qu'elle - rappelle constamment que \u2018le sujet qui lit et parle et écrit sa'lecture n\u2019est # pas un sujet abstrait mais un sujet historique pris dans des trames dont} il n\u2019est-pas le centre: trame familiale, trame imaginaire, trame# littéraire; il y a d\u2019autres trames qui n\u2019ont pas- été écrites, qui apparaissent peut-être à son insu: trame sexuelle, trame didactique.) ; pare de | pari J piss; heures ET ce qu' Ines 4 Sarthe \u2018 Ii Cons Tava d i Hat Loinme Riou dl dique Lp AC éeby fragments, versions par andré roy parce qu\u2019 (par ce qu\u2019) il écrivait, il savait qu'il se compromettait de la réception de la lettre-circulaire de Philippe H.m\u2019invitant a participer à ce numéro de Chroniques à aujourd\u2019hui, quelques notes prises: d\u2019un horaire chargé, il m\u2019a été impossible de prendre quelques heures continues en vue d\u2019un article (souhaité complet et précis) sur ce qu\u2019il trouble, ce qu\u2019il implique rhétoriquement et idéologiquement, il n\u2019est pas besoin d\u2019en étaler les qualités: un livre comme le Roland Barthes par Roland Barthes est probant sur ce point.Le mien, point conséquent à une situation matérielle de travail.Ainsi, floué je dirais d\u2019avance, ai-je tenté de renflouer ce texte par des versions il souhaitait tout dire, en finir avec ces questions, qui par la situation historique même demeurent infinies, et il-ne disait rien.\u2018Comme si, après deux mois de déplacements, d\u2019un horaire épuisant, \\ ]n'ayant pu écrire et ayant si peu lu, il sentait un vide tout autour depuis quelques années, mais laps de temps encore trop court, ce que jen sais de l\u2019écriture: ce désir, par la production textuelle, d\u2019attendre, d\u2019élaborer une langue inédite, non point pour quelque différence me marginalisant à tout prix, non point par originalité économique et élitiste ou menées carriéristes, mais pour en finir avec la représentation, l\u2019expression, le reflet, la littérature bourgeoise.Atteindre, élaborer ine angue en cours, articulée à ce change politique et idéologique, de pair avec l\u2019histoire des sciences, des événemetits socio-économiques depuis + quelques années, une pratique efforcée qui n\u2019apporte ni repos ni tracé ni, \u2014 un procès continu, je n\u2019en doute plus mais comment savoir si es textes ont posé des avancées, où j'ai trouvé des garanties?< 85.{ \u201cles conditions de I'écriture\u201d\u2019.Du discours fragmentaire, ce qu\u2019il casse, ludique ni mat, mais tient à quelque chose de castré et de plat,- ; 3 1.IN HH _ veuillent point savoir comment il y'a jouissance, voilà à quoi se refusent@muy, Hg \u2018expulsé tous les mots, ce avec quoi il vivait.Désarmé (il utilisait }! ure \u20ac plantes dus le de livre en livre: des crises 210375 le travail (pour la maison d'éditions), d'une force centripète, avait Ÿ me l'écriture, en effet, comme une arme), il demeurait muet; aphasie se }\" voir 1 répercutant: durant deux mois, des notes prises, ce n'était que chicots.| Pis encore: il flairait ces fragments comme une immense prétention.Se {.«! ravisait-il, et encore la avait-il peur de se sentir: n'étaient-ce point des bmw objectifs fixés depuis qu'il avait décidé de devenir écrivain, d'en faire sa $atir: pratique sociale?T que le pulsions et censures, L'Espace de voir en procède.A la fois appeler les#/ fl mots, et lorsque répandus, les barrer, les refouler.D\u2019où la matière in coagulée et pantelante des poèmes, son mouvement dur et vacillant, son boi rythme acté et discontinu textes tordus par une volonté de casser non#, i seulement toute fascination, certes, mais, en autant que souvenir se r fi peut, toute émotion galvanisante, d\u2019éteindre les effets mystifiants i i depuis toujours accordés à la poésie (ce mot de poésie m\u2019écorche, me déplait).Détruire la caresse des mots, fissurer leur opacité charnelle (ce qui ne voulait pas dire leur donner une transparence), \u2014 malgré, tout@b fm au long du recueil, indiqué par les titres, le blason du corps: tas contradiction axiologique! Ça fonctionnait comme refus de N'importe® mme qu'elle page (que tous ou presque avaient aimé).Hypothéqué, je Pétaisifsnti me beaucoup par mon premier livre 220375 SR ca ne circulait plus, ça ne formulait plus.Désemparé devant des notes 1e Pomme qui, contorsionnées, révélaient une impossibilité de s'exprimer.Cela le} rendait moins malheureux qu'extrêmement fatigué, déprimé.Pendants de longues heures, en ce samedi ensoleillé, il remettait, pour lui, tout en® inp question: allait-il arrêter d'écrire?| | vii de ce que ça jouit en relisant leurs propres écritures, mais qu\u2019ils nef pos bon nombre de nos écrivains, à savoir, si on creuse un peu, une peur sepliu pointe que cela ne tienne pas devant l\u2019appareil critique, que tout serait i bien mal foutu pour leurs livres et jusqu\u2018a leurs revenus retirés de leurs i situation d\u2019écrivain propulsée par les pions universitaires eif, in gouvernementaux 22230375 °° hi i I souhaitait qu \u2018au moins par intermittence, même lorsqu'il allait d'une Joly pièce à l'autre, regardait la perruche picoter son miroir, préparait leg repas, le pouvoir des mots revienñe.Tout avait fui.Face à Cet kim événement, se répétant chaque fois d'ailleurs, faut-il l'avouer, lorsqu'il® Tis \u2018a une \u201ccommande\u201d à remplir, il voulait devenir indifférent, oublieux, Ke; incurieux.Il sursautait: \u201cMais je deviendrais un imposteur!\u201d Thy I que l\u2019on y veuille ou pas, signifiant et signifiant sont indissociables, nef; se suppriment Mun l\u2019autre, mais sont en rapport contradictoire etfftiidé; complémentaire; ce que le texte semblait évacuer, comme d und | vengeance de la modernité s\u2019imposait la littéralité du texte, Ia À se matériälité de l\u2019écriture; du moins cela m\u2019apparaissait ainsi 2303754 \u201cQuoi! que m'arrive-t-il?Il écartait la question, se tournait vers uñ m , 86.oo i ; autre objet (éplucher une banane, se curer les ongles, examiner les .plantes): rompre cet état ulcéreux.Suffit-il.Le soir venait lentement\u2026 dans le temblement des toiles, des muscles, dans le tremblement de la lumière, des images, l\u2019espace du corps divisé, mutilé (sur L'espace de voir et En image de ça) \" ~ ces recueils, avant même d\u2019être écrits, puisqu\u2019il me fallait les concevoir chacun globalement, avaient un espace numérique fixé, arbitraire (36, 16, 24), non pas pour leur tracer une clôtute, mais pour que le dispositif permette aux sens de circuler, de se disperser: pour un pluriel de langues 23260375 et il n'avait pas résolu le cas, et combien voulait-il dépasser cette - impuissance qu'il souhaitait momentanée.Fallait-il téléphoner à Ph.H.pour qu'il rature son nom sur la liste des participants.Fuir?Même en fuyant, de quelque façon, il savait qu'il demeurerait sur place.Le défi avait été lancé: il n'en pouvait plus de l'écarter, il revenait, irrémédiablement, comme un boomerang.la forme que prennent ces fragments, qu\u2019en est-il?Je l\u2019imagine transgressive car, fort probablement, l\u2019aurait-on voulu tout autre: @ comme un vrai discours théorique, \u2014 un redan.Et que ne l\u2019aurais-je @ souhaité ainsi, ne serait-ce que pour m\u2019apaiser: le calme des situations précises, clarifiées, les contradictions démélées (effacées?).Ici même, ne m\u2019enfoncé-je pas dans mes contradictions un sens recherché \u2014 @comme un bien confortable, alors qu\u2019à tout confort moral, je me refuse; jamais de \u2018\u2018place\u201d\u2019 sûre 23270375 \u2018 Wimpliqué douloureusement.Travaillé en profondeur.l'écriture, ici, j'était point heureuse.Il aurait voulu que ses fragments l'étonnent; et sa pensée formulée ainsi un peu courtement le désolait, l'écoeurait presque.Comme pour se \u2018\u2018racheter\u2019\u2019, il s \u2018était mis à écrire, ce qu'il n'avait fait depuis longtemps, très longtemps lui semble-t-il cette peur de me répéter, de répéter ainsi le discours ambiant (aveugle, castrateur de notre société): de me servir de tics (ces tics sont peut-être gles limites de mon style), d\u2019utiliser des procédés, d\u2019employer des écanismes (rusés) de l\u2019écriture.De cette patique (d\u2019une sclérose \u2014 Esthétique et politique, car c\u2019est la fin du procès),\u2014 que je me dis, vient en effet la poursuite de mon écriture un-cèrtain complexe d\u2019infériorité: pomme si la poésie était un genre mineur, une parole restreinte et rrispée face aux discours fictionnel et scientifique, un acte répugnant {car le plus souvent sans référent au réel) qui sacrifie sur la dépense, ans proportion avec ce qui est en jeu dans la société, un Texte lecondaire.L\u2019expérience poétique, chez plusieurs encore, est Jonsidérée comme maladive et intérimaire pourtant le poème, insistant e sens, les disperse sournoisement, perversement.Dérober, détourner es sens, tout en s\u2019en pénétrant et en les contournant 27300375 ontre la désolation et le dilemme, l'écriture venait de s'offrir comme oyen prophylactique.Pourtant, de la supposée fonction thérapeuti- 87. que de l'écriture, il n'en croyait rien.Contre son gré donc, il s'agissait & ainsi.Cet état le troubla Cl cela apparaissait peut-être bien prétentieux: avec En image de ça, de x retrouver la matérialité de I'écriture.D\u2019ol1 inévitable, certes, la pluralité ¥ de I\u2019écrit, son \u201c\u2018illisibilité\u201d obligée par le procès de transformation de # l\u2019écriture.Et le cinéma, matériau moderne, ne pouvait être qu\u2019un ; \u201cbon\u201d pré- \u201ctexte pour agir la modernité.Comme l\u2019(en)jeu cinématographique, ici, dans ce qu\u2019il tient aussi de la musique, tout est entièrement porté, par les mots et les signes, sur les rapports entre les \u201c\u2018espaces\u2019\u2019, la durée des \u2018\u2018plans\u2019\u2019, le déplacement des \u2018\u2018cadrages\u201d\u2019, la narration et le commentaire des \u2018\u2018images\u201d\u2019.Ça se déplace par blocs, ça court, rapide et discontinu, par séquences traversées d\u2019érotique.Puis, péut-être, à regarder comme à- montrer ceci: deux corps qui, par jeux de forces et de reconnaissances, s\u2019attirent, se repoussent, se poursuivent, s\u2019illustrent, s\u2019exacerbent et se confondent: écriture et cinéma qui béent: une mise en scène qui raconte et montre (temps « et | geste) sa production 300375 QU, - il se relisait: est-ce lui?est-ce moi?Ce corps qui j parle n'a pas le même style que le mien; (il semblait avoir entendu ça quelque part).Donc .comme s\u2019il avait interrompu son être.De cet-état \u2014 d\u2019altérité?\u2014 le phrases, comme de la seiche l'encre, profusaient ce qu\u2019on dit de mon écriture: féminine (veut-on dire féminisée?).Alors | elle.dépasserait, sur sa- gauche et sa féminité, celle de Nicole Br.Féminoïde, assurément, mais nullement féminoïaque tout Texte moderne devrait transgresser le langage comme dans une violence § érotique ai-je voulu montrer que l\u2019écriture n\u2019est pas \u2018\u2018naturelle\u201d mais.qu\u2019elle procède d\u2019un travail qui, lui-même, apparaît comme stratégie: déplacements, défapages, subterfuges, subversions, \u2014 mise en cause radicale du texte, Texté de notre société.Critique.\u201cRiuckgrage\u201d.300375 devant ce déferlement,-il eiit peur et s'interrompit que veut proposer la collection \u2018Ecrire\u2019?Des écritures, justement, et § d\u2019aujourd\u2019hui.Qu\u2019elles mettent en jeu, comme fiction, leurs mécanismes de fonctionnement et de représentation, et, comme Ÿ: ouvrage de recherche, qu\u2019elles interviennent comme travail idéologique.Qu\u2019 elles puissent contribuer à l\u2019évolution et à la propagation d\u2019une pensée contemporaine et québécoise 100475 - ~\u2014 il se commettait - a i de fo if le i q Ut, i fi s em on lg or ac B: | ex en re mai 133 ge aus Eu | X it, i feu mi id fu PES 89. = quand lacan | manque la femme ou \u2019 ~.du manque de! écriture féminine chez lacan par claire savary - \u2018Telle est la femme derrière son voile: c'est l'absence du pénis qui la fait phallus, objet du désir.\u201d Jacques Lacan \u2014 x - \u201cTelle est la puissance féminine, \u2018 qu'emportant la syntaxe, rompant ce fameux.fil (juste un tout petit fil, disent-ils) qui ser aux hommes de substitut de cordon pour s'assurer, sans quoi ils ne jouissent pas, que la vieille mère est bien toujours derrière eux, à les regarder faire phallus, elles iront à l'impossible.\u201d Parler dés femmes, écrire des femmes, quand on est une femme est évidemment subjectif.aussi évidemment it L\u2019objectivité nécessite une \"paralysie totale de l'être, nécessite d\u2019être \u2018objet\u201d\u2019, donc d\u2019être \u2018un manque- -à- -Etre.90.: 0, Pour Pour Rie! A ko Pourc \u2018 Du Du d Fri! ime désirer | Lele Jonge CE dé Mines Méclogi femmes de toute Apommes hit de fit Qui.ent du un fn ans [ec i: [tor Lab Ë mé Guns H élène Cixous 8: Or, la femme comme l\u2019homme est sujet.Pourquoi paralyser le sujet d\u2019un désir qui ne demande qu\u2019à s\u2019écrire?À voilée / (violée), dans une écriture toujours masculine(isante)?Et encore plus, pourquoi faire de la femme un(e) Autre?Pourquoi, enfin, la faire \u201cobjet de désir\u201d\u2019?Du désir de qui?Du désir de l\u2019homme?glui-même qu\u2019autre que le désir de la femme.Car la femme peut ne pas désirer le phallus; elle désire même aut(re) chose que le phallus, parce qu\u2019elle ne gravite pas comme l'homme autour du pénis, et ce, depuis longtemps.Ce désir du phallus a été mis par les hommes sur les épaules des ffenimes- omises, pour combler un autre manque: le manque gidéologique / politique / économique, manque maintenu chez les gfemmes tenues, écartées de leurs droits, par les mâles (gouvernements) Wie touteis les é époques.Mais le pire de tous les maux entretenus par les.@#1ommes dans une société malsaine, c\u2019est, en réduisant là femme à leur Pb jet de désir, de l\u2019avoir empêchée d'accéder à son langage, en tant que sujet d\u2019un désir.: rient du fait que depuis ma naissance, on m\u2019a tissée par la trame nat fun langage masculin.On m\u2019a fait croire que je n\u2019avais rien à faire i lans l\u2019écriture et dans la parole.Alors qu\u2019au contraire tout est à écrire le l\u2019écriture féminine.pour ; 5 La béance symbolique de la femme n\u2019est pas c(a)I(c)aire.mr \u2018 Et même si l\u2019imaginaire a été et restera l'arme principale des Ciro \u201cL\u2019imaginaire des femmes est inépuisable, comme là musique, la peinture, l' écriture: leurs coulées de fantasmes sont inouies.\u2019 Hélène Cixous nt?Pourquoi ne pourraient-elles pas accéder à l\u2019ordre symbolique, au - mé engage, à l\u2019écriture?comme si la femme n\u2019était que l\u2019Autre #/#4 Mais la femme est capable de l\u2019autre.Pourquoi perpétuer le mythe de la femme toujours mystérieuse,\u2018 Et si le désir de l\u2019homme n\u2019était pas le désir de l\u2019Autre, s\u2019il n\u2019était Oui, je sais aujourd\u2019hui que ma difficulté de structurer mon langage : Sr la femme est capable de désirs\u201d : 4 Le désir de la femme est un Désir / Femme qui ne peut pas être À plein / plaine en demeurant à l'ombre de la Loi-du-Père.ü .- .æ- \u201ca \u201cC'est dansle Nom-du-Père qu'il nous faut reconnaître le support de la fonction 1 symbolique qui, depuis l'orée des temps symboliques, identifie sa personne à la SR figure de la loi.\u201c Fik, - \u201d Jacques Lacan àif » \u201cFEcrire.Pour devenir enfin partie prenante®\\ et initiante a son gré, pour son droit à elle, }ilf dans tout système symbolique, dans tout procès politique.\u201d IER Héleéne CixousY \u2014 LA 3 Il est nécessaire pour une meilleure accession à l\u2019écriture féminine de ; remettre en question la \u2018\u2019fameuse\u201d\u2019 et \u2018\u201c\u201cinnée\u2019\u201d Loi-du-Père qui réduit au départ le Désir /Femme au désir de \u2018la Mère qui ne prend son | importance qu\u2019en devenant encore l\u2019objet du désir de l\u2019enfant (identification primaire), la- première étape vers la résolution de l'Oedipe comme complexe, vers l\u2019identification de l\u2019enfant au Père, vers | l'entrée\u2019 du fils dans l\u2019ordre symbolique du langage.Il faut, pour que-le Désir / Femme s\u2019écrive, renverser le schéma ; proposé par Lacän qui laisse s\u2019annuler même le désir de la Mère au profit de l\u2019apparition du Phallus comme signifiant souverain, schéma} qui s'inscrit comme suit: | Nom du Père ésir\u2014d è Nom du Père Désir-deta-Mère Signifié au sujet Phallus Car si le Nom du Père est une métaphore, la Mère aussi est une métaphore, [( et le Désir / Femme est surtout bien ancré(e) en moi.J'ai envie d\u2019écrire phantasme.A la main.Avec un ph.Pourquoi écrire phantasme avec un ph?Parce qu\u2019un PH a longtemps hanté mon Désir / femme. es es Brac arya 3 9 7 Na Pe one ar a ST Sy tetas ane esi ie 1 be SRR cn i tai mt pete seo eV ok SN = an SO ee Ean, Ny.Uf £ ZT 7 A il ff iif 1] i = J Ÿ O4 Eu ro ge © 7 WX aie 2 ab Eh] + tay : \\ A \u20ac Og Y \u2014 4} SG + py Nd ™) A, Pad 1 \"EME emma re a 1 a a3 CR Fy $, ec MAIN 31); [Sn As a SA LAS Line r= > aN ESP ; ve ve Rg ea ace 37 9 D tite a oo a ee aR arme § SL ete» reeves von oc, 0 3227 ep FE] cvs Ao à 4 WD on ee wh 4 rer Lie > te ae YP 5 £ Tomy === 22 \u2014 = = \u2014\u2014T enant = == = 5 = 3 \u2014 = = = a == = = Ou parce qu\u2019on a déjà écrit un texte comme PH qu\u2019on désire récrire,\u2018 mais qui nous échappe, qu\u2019on manque sans manquer parce qu'il se, situait historiquement dans une structure préconsciente au bord de sag lo : .+ censure.donner \u2018\u201cL'inconscient est ce chapitre de mon nu histoire qui est marqué par un blanc ou fi _ occupé par un mensonge: c'est le chapitre # : : censuré.\u201d§ 40 - © J.Lacang gs Lu \u2018l'inconscient, l'autre contrée sans finn limites est Je lieu où survivent les refoulé(e)s: - À les femmes.\u201d | : .: \u201c Hélène Cixous ~ Ou encore,parce que c\u2019est mon désir, notre désir.Parce que je crois qu\u2019il existe d'autre plaisir et que je désire en jouir jusqu\u2019à I'impossible.Wi limi : LAUTR \u201cEt si je me substituais à moi-même?\" Wii \u2018Est-ce que je peux jouir de ne pas être moi-même?\" Le H.Cixous x \u2018 / \u201cCar le désir est une défense, défense § d'outre-passer une limite dans la jouissance, \"9 Um J.Lacan | \\ , a 25 9 ru \u2018Mon trouble est grand, mon désir est y grand: mon chagrin est plus grand que mon on désir multiplié par mon trouble.\u201d | Maj - H.Cixous 0 beg : rem Mon texte est trouble.Mon désir est femme.Jaime Lacan, sauf quand il me manque.Ne me parlez pas de la castration comme complexe: Phallus \u2014_\u2014 Pénis - - (MIROIR) Pourquoi est-ce toujours l\u2019organe érectile qui en vient à symboliser la place de la jouissance?Non, il ne suffit pas d\u2019un (manque du) phallus \u2018 \u201cprédestiné a\u2019 pour donner corps a la jouissance, dans la dialectique du désir.Car si le désir est une défense: - mon désir / femme est le désir dé-fente(s) mon désir / Homme est un désir- sans \u2018fente et tous deux sont désirs qui s\u2019enfantent désirs qui phantasment ensemble.Il faut travailler autant du féminin au masculin que du masculin au féminin.: C\u2019est ce que Lacan ne fait pas.C est ce que Freud avait commence a ne pas faire \u2018La façon qu'a l'homme de sortir de Blui-même dans celle qu'il prend non pour l'AUTRE mais pour sienne, le prive, le Ssait-il, de son propre territoire corporel.\u201d _H.Cixous \\ Une des erreurs de Lacan: .Ne pas inscrire l\u2019hystérie des femmes dans un ordre symbolique social.Mon hystérie en est une en voie de révolution (sociale).Ma jouissance est plurielle et textuelle.e ne suis pas poète ni écrivaine: j'écris des textes et je produis ibrement mes phantasmes à la main, avec un ph./ ~~ \u201cCertaines formes de poésie peuvent | s'apparenter au rêve et suggérer le même S \u2018 mode de structuration, introduire dans les formes normales du langage ce suspens de sens que le rêve projette dans nos activités: J.Lacan 95. \u201cI IMAGINAIRE DES FEMMES EST INEPUISABLE, COMME LAg MUSIQUE, LA PEINTURE, L'ECRITURE: LEURS COULEES DE FANTASMES SONT INOUIES.\u201d \u201c den H.CIXOUË ne ¢ Et que le-sens y soit ou non, la sensation reste en suspens.\u2026et la femme reste la maîtresse du signifiant.Q par pi x Qi: He mort critique est la : colabor \u201cartist & in tly \u201cSend Toy RTE | lang Ve those qu d'enrele RES pomp fs ; Te ly À ng a fre Alu) PE OO PNEU un écrire critique june érotique/politique par patrick straram le bison ravi pour François le Renard peu à peu et Marcel Hébert Il est parfaitement erroné de regarder la critique comme quelque chose # de mort, d\u2019improductif et de \u201cpoussiéreux\u201d.C\u2019est cette conception de la critique que veut répandre Monsieur Hitler.En réalité, l\u2019attitude critique est la seule productive, la seule digne d'un homme.Elle signifie collaboration, continuation et vie.Sans une attitude critique, lé vrai plaisir Fartistique est impossible.Bertolt BRECHT depuis Marx, Nietzsche, Freud, la critique, la déchirure des enveloppes | idéologiques dont notre société entoure le savoir, les sentiments, les conduites, les valeurs, est le grand travail du siècle.Roland BARTHES \u201cEcrire\u2026 Pour quoi?Pour qui?(Dialogues de France-Culture, D.R.T.F./ Presses Universitaires de Grenoble).> Roland Barthes (avec Maurice Nadeau, le 13 mars 1973): \u201cA partir du moment où il y a une pratique d\u2019écriture, on est dans quelque hose qui n\u2019est plus tout a fait la littérature, au sens bourgeois du mot.4) appelle cela le texte, c'est-à-dire une pratique qui implique la subversion - des genres; dans un texte ne se reconnait plus la figure du roman, ou la figure de la poésie, ou la figure de l'essai.\u201cLe texte contient toujours du sens, mais il contient, en quelque sorte, {les retours de sens.Le sens vient, s\u2019en va, repasse à un autre niveau, et insi de suite; il faudrait presque rejoindre une image nietzschéenne, celle de l\u2019éternel retour, l\u2019éternel retour du sens.Le sens revient, mais comme ifférence, et non pas comme identité.(.) \u201cA propos de I'engagement, je voudrais d'ailleurs préciser un point.comment est-il possible d'imaginer I'engagement dans le probléme du_ monde, d'une part, et d\u2019autre part une activité qui paraît effectivement gratuite, désengagée, de pur plaisir?On ne peut répondre que par une titi at cit sa AM M PAM PARMA AMS PRESS LULE PER ALAA AL S A PAP PEMA M VAM MMARE I MLD M21 option de type philosophique.Je comprends très bien qu\u2019on n\u2019admette pas la pci contradiction.Personnellement, je dirais que je soutiens fermement, en pi tout cas au niveau de moi-même, la possibilité d\u2019une conduite et d\u2019une*ÿ&s; i pratique plurielles.C'est-à-dire que, d'une part, jadmets très bien qu\u2019on fi Lu coïncide aussi profondément qu\u2019on le peut avec les problèmes militants de ghee son époque, mais qu\u2019en même temps on ne se croie pas obligé, pour cela, des!\" censurer l'activité érotique d\u2019écriture.C\u2019est une option: cela dépend si l\u2019on a pire une philosophie moniste ou une philosophie pluraliste.Bi pif - : ie gil) aie, tse po el, Au pions al me lure \u201cL'engagement dans l\u2019écriture passe par des médiations, et constitue une méditation.Il faut accepter l\u2019idée de pratique médiate, de pratique\u2018 médiatisée.On peut penser qu\u2019on s\u2019engage dans l'Histoire par un travail sur l\u2019écriture, mais évidemment on ne s'engage pas dans l'Histoire présente, immédiate, par l\u2019écriture.Car si vous vouliez vous engager dans l'Histoire\u201c présente et immédiate, dans les crises qui nous entourent, par l\u2019écriture, vous rencontreriez de très grandes difficultés, obligé que vous seriez de passer par le relai d\u2019un langage stéréotypé, qui, précisément, ne serait plus ## une éeriture.ls pls \u201cEt c\u2019est là que je défends'la possibilité d\u2019une philosophie pluraliste qui@gn consiste à se diviser en tant que sujet, à engager une certaine partie deJl#s/% soi-même, ou de son propre sujet, dans la vie absolument contemporaine, bn d\u2019une part, etàen engager une autre partie dans une activité d'écriture qui Tn se situe sur une autre longueur historique, mais qui reste historique, pros- gts pective, et animée d\u2019une sorte de dynamique progressiste de libération.\u201d Mk Voici, que je contresigne, qui suffirait pour répondre aux questions que} si pose sur les conditions de l\u2019écriture, pour \u201cChroniques\u201d, Philippe Haeck leg i) Lézard compte tenu du mot.\u2018 pi Feria Mais pourquoi résister au plaisir, ce travail (l'entendre comme \u201cle métier, i Moet cet étrange réconfort\u201d de Malcolm Lowry), de pousser plus avant § I investigation, de m\u2019investir plus avant dans ce champ de l\u2019écriture, auquel, L.I a la fois je suis réductible et qui m'illimite \u2014 I'écriture valant d\u2019abord pour, Li moi par le devenir de sens qu \u2018elle ajoute au vivre?, my | Tenir ce pari \u201cinsensé\u201d: être un écrivain / écrivant, dont le texte coincid@ffiçy; ; avec l\u2019amour / camaraderie, le projet qui m\u2019absorbe le plus, compris dans l&ffux|, projet marxiste de transformation des structures de la société captialisteli {; (cette société déterminée par l'idéologie blanche judéo-chrétienne).Bu ls Tout ce que j'écris critique un monde de l\u2019Injustice, l'Inconsistance et tique l\u2019Indifférence, où il est impossible que s\u2019accomplisse intégralement un: fi § individu du désir affranchi, libéré, moteur.Autrement dit, je vise à ce que ¥* i plus projet marxiste et modèle nietzschéen se concrétisent l'un par l\u2019autre, Minty Freud et Brecht ici balises indispensables (a ce niveau matérialisme dialec- ley tique et utopie sont complémentaires et non antagonistes).i \u2019 Il + Il est incontestable que la éontradiction principale aujourd\u2019hui est celle Peu entre Capital et travail, que de la lutte des classes dépend qu\u2019il y ait ou non den transformation .du monde, la modification des rapports humains\" entièrement subordonnée à celle des productions.Mais occulter le culturel dj au seul profit du politique est erroné et aberrant (qui autorise toute forme\u201c bing de \u201ccontre-culture\u201d et toutes les démissions, a partir de quoi s\u2019amorcent gig toutes les nouvelles sortes de mythologies, qui sont autant d\u2019obstacles; nouveaux au mouvement révolutionnaire tel que compris par Marx, Engels, J¥m; Lénine, Mao Tsé-toung, Hô Chi Minh, Castro).Ne modifier que les rapports by en d'une de production, que les structures économiques et juridiques, ne sert à rien.L'individu est fonction du déroulement possible ou non de son procès \u2018est qu\u2019un consommateur, sans aucune possibilité de consumation qui le pécifie.Ne pas comprendre ceci est réduire le projet marxiste à un seul aspect mécaniste, et la dictature du prolétariat (transition absolument né- - @cessaire) n\u2019engendrerait que sa bureaucratie et un nouvel Etat totalitaire: @e projet marxiste dans sa totalité prévoit dépérissement de l'Etat puis ociété sans classes.C\u2019est dès maintenant que, parallèlement au travail {>pécifiquement politique, doit être entrepris un travail spécifiquement pritique, qui transgresse tous les codes sur lesquels se fonde l'idéologie de la classe possédante / dominante.L'idéologique aussi est principal, et le cultuel.Aucun des intellectuels petits-bourgeois au service du prolétariat les plus réticents à une production culturelle dès maintenant critique de l\u2019ordre Métabli ne vit sans un inconscient, un imaginaire,un désir, un besoin de \u201cculture\u201d forrdamentaux.Le risque, dans une action commune, est grand de ruptures, qui écarteraient du-travail révolutioñnaire les plus conscients et les plus engagés.Dire qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019eux, c\u2019est adopter la thèse du @spontanéisme des classes travailleuses / productrices, ces classes exploi- tées-/ opprimées qu\u2019aliène de plus en plus l'idéologie de la classe possédante / dominante (dont les appareils sont assez puissants pour briser ou récupérer tout spontanéisme).Le reste est affaire de mauvaise conscience et de dissimulation fondamentales des intellectuels dè gauche.Quant à moi, je ne peux vivre qu\u2019en effectuant un traväil critique dans tous les champs, sans tolérer refoulements ou mensonges de circonstance ou par omission, accrois-je ainsi au point extrême de désespoir ma bâtardise (ainsi conçois-je e politique, et I'acte \u20acrotique d'amour / camaraderie).~ Ecrivain / écrivant: ce que j'écris se / me transforme par son procès de production spécifique, et, dans un même mouvement, est en prise directe sur le réel, sur l'Histoire, que l'écriture rejoigne le politique, le serve._ Bertolt Brecht: \u201cL\u2019ennemi le plus dangereux, le seul ennemi réel du- Rascisme est le communisme, comme le sait le fascisme lui-même.Il est prroné de chercher à évaluer si le communisme est suffisamment fort à \u2018heure actuelle: il s'agit de le renforcer.Après le fascisme, sur ce point Qlussi le national-socialisme a raison, ne peut venir que le communisme, et \u2018ien d'autre.La culture s\u2019effondrera ou résistera avec lui.\u201d \u201cPlate-forme pour les intellectuels de gauche\u201d, \u201cEssais sur le fascisme\u201d, \u201cEcrits sur la politique et la société\u201d (l'Arche éd.).Ecrire n\u2019aurait pour moi aucune \u201craison l'être\u201d si ce devait être dans une perspective d\u2019effondrement, ne relève- ait plus alors que de son aspect névrotique, dont je ne saurais me ontenter, c\u2019est pourquoi l\u2019acte singulier d\u2019écrire que j'actomplis est indisso- iable de l'Histoire qui le motive et à laquelle il renvoie (j'écris le quotidien e l'individu que je suis \u2014 cet écrivain \u2014 tel que le détermine l'Histoire, où tervenir \u2014 cet écrivant).0 _ Je n\u2019écris pas dans n'importe quelles conditions, si en quelque circons- ance que ce soit je peux vouloir écrire certaines choses sous forme de notes carnet de notes rouge \u201cBuffalo\u201d).Il est certain qu'après un interrogatoire u Bien-Etre Social ou à l\u2019Assurance-Chômage je suis impuissant à écrire - uoi que ce soit, ou s\u2019il faut que pour manger quelque chose ou m'acheter es cigares j'aille emprunter de.l'argent à Gaston ou à Kowalsky à la \u2018faverne Wilson.~ -\u2014 Pourquoi certains jours I'écrire coule-t-il de source, pourquoi certains ° 99. autres un blocage empêche-t-il l'écrire?L'inconscient commande une partie \u2019 essentielle de l\u2019écrire quelles que soient la part d'analyse préalable et la part de décision.Il faut à l\u2019écriture une mise en situation (la nuit passée, : premières préoccupations dès -le réveil, faire l\u2019amouf ou non, culture * physique, cuisine, lecture des journaux ou d\u2019un livre, courrier, aller d\u2019abord dans la rue ou non, etc.\u2014 ce texte même a été retardé de 24 heures parce que j'ai reçu le dernier de mes chèques de l\u2019Assurance-Chômage, après quoi Roger Vailland a tout dit à ce sujet aux pages 32 et 33 de \u201c325.000 francs\u201d (éd.Buchet-Chastel / le Livre de Poche 986).Un dead-line peut \u201cforcer\u201d à écrire: mais rien ne prouve qu\u201d\u2018autrement\u201d on n\u2019aurait pas écrit mieux (explicitant mieux le propos et l\u2019inscrivant dans une dynamique intrinsèque lë faisant circuler plus complètement).Ecrire sur commande aide, mais retarde d'autant un autre texte auquel on tient particulièrement \u2014 Quand finirais-je le \u201cBlues clair\u201d?Il m'est arrivé d\u2019écrire tous les j jours pendant une , semaine ou deux; je \u2018N\u2019ai pas encore essayé d\u2019écrire tous les jours de telle à \u2018 telle heure.Il m'arrive de me réveiller avec en tête une correction à | apporter au texte que je suis en train d\u2019écrire, ou la phrase enchaînant exactement avec la dernière écrite la veillé: je peux alors travailler une heure ou deux, avant de penser a faire autre chose (faire 'amour avec une | femme s\u2019il y en a une avec moi, ou prendre un petit déjeûner, par exemple).Je me résouds très mal à entreprendre d\u2019écrire si je n'ai pas devant moi un temps disponible suffisant (si j'ai un rendez-vous ou autre chose à faire dans .deux ou trois heures, je reporte au lendemain l'écriture).J'écris au crayon et râture ou jette, puis je réééris en tapant à la machine \u2014 un effort physique souvent pénible (mal au cou et au dos qui lamine): Tout ceci procède d\u2019affects et d\u2019influx propres au travail d\u2019écriture, sans aucun rapport % avec je-ne sais quelle transcendance de génie créateur (cette autre mytholo- À gie bourgeoise afin de diviser le travail, et bourgeoisie signifie toujours à un * moment donné fascisme).Rien n\u2019est moins innocent qu\u2019écrire, qui parfois prend complètement par surprise.Ecrire, dépense d\u2019énergie, intellect et : libido conjugués, ne se produit qu'àssans se ménager se dérouler excès.Ce qui me saisit le-plus dans l\u2019acte d\u2019écrire, ce sont la concentration et les intensités, une exaltation fiévreuse et le cheminement laborieux, la part de | l'inconscient et le recul sur soi constant, l\u2019abandon et l\u2019analyse.On est ici à la limite de l\u2019érotique, dont il faut bien convenir que l'écriture l\u2019implicite.Ici, je pense (je n\u2019écris jamais sans être à proximité, selon les mots que jaligne, l\u2019articulation du, discours, d\u2019autres textes \u2014 Bertolt Brecht: \u201cIl pensait dans d\u2019autres têtes; et dans la sienne d\u2019autres que.lui pensaient.C\u2018est cela la vraie pensée.\u201d \u201cLa vraie pensée\u201d, \u201cNotes sur la Philosophie\u201d, \u201cEcrits sur la politique et la société\u201d (l\u2019Arche éd.), c'est pourquoi je ne - conçois pas d\u2019écriture qui ne se fonde sur un réseau de citations, à la fois lui fournissant un champ historique et la singularisant), ici; je pense à Roland Barthes, écrivant dans \u201cLes sorties du texte\u201d, intervention au colloque de - Cerisy-la-Salle \u201cVers une Révolution Culturelle: Artaud, Bataille\u201d, dans \u201cBataille\u201d (Union Générale d\u2019Editions, 10 / 18 805): \u201c.notre société, qui se croit \u201cérdtique\u201d, ne parle jamais des pratiques réelles de I'amour, du corps en état d\u2019amour: c\u2019est ce que nous connaissons le moins les uns des autres \u2014 non peut-être par tabou moral, mais par tabou de futilité.Il faudrait en somme \u2014 et ce ne serait pas si banal que ça en l'air \u2014 il faudrait repenser (el | mid pis ¢ pes Repens ue, à Lu 8 rat p 4 pocent à ur je nai pu qu'aller errer à la librairie Lettre / Son, boire duj pee V / 8 et du thé a la Wilson, lire \u201cL\u2019empire des signes\u201d au parc Lahaie en j plein soleil, le soir retrouver L.I.A.M.A.4).Une question importante est.celle de la forme, comme la forme d\u2019un sportif au moment d\u2019une épreuve \u2014 | Toute ( pnse à d'autant la nudité.En fait, pour nous, le nu est une valeur plastique, ou même éroti- co-plastique; autrement dit, le nu est toujours en position de figuration (c\u2019est l'exemple même du strip-tease); lié étroitement à l'idéologie de la représentation, c'est la figure par excellence, la figure de la figure.Repenser le nu voudrait donc dire, d\u2019une part, concevoir la nudité comme un concept historique, culturel, occidental (grec?), et, d\u2019autre part, la faire, passer du Tableau des corps à un ordre des pratiques érotiques.\u201d Toute écriture que je produis, fragment d\u2019un livre ou une simple chronique, a certainement pour inter-texte, que j'en sois conscient ou non, des pratiqués érotiques.J'ai su dès avant écrire, dans ce vide si actif où l\u2019on pense a ce que l'on va écrire, qu\u2019interviendraient ici telles images, et avec d'autant plus d\u2019insistance qu\u2019elles \u201cillustrent\u201d les deux versants que je tente d'équilibrer en un mouvement dialectique -dans tout texte: un radical du faire amour avec l\u2019Autre (le texte) ét le \u201cvertige du déplacement\u201d de certaines \u201ccombinaisons\u201d à plusieurs sujets (les citations).Ecrire est une mise à nu, (pour) une pratique érotique.L\u2019écrivant tente un travail de la plus petite vis (qui vaut selon les rapports qu\u2019il démontre avec d\u2019autres); l\u2019écrivain accomplit le plus intégralement possible le sujet qu\u2019il est (que spécifie son procès désir / plaisir).Ecrire est certainement une sorte d\u2019auto-justification.J'élucide et #légitime par son texte le sujet que je suis.Mais le texte n\u2019existe qu\u2019à partir §de sa lecture, de mon rapport À / avec l\u2019Autre (tous).Narcissisme et ouverture à l\u2019Autre (tous).-Le pluriel d\u2019écrire en manifeste ici l'instance #dialectique qui le génère.oo Serge Doubrovsky: \u201cFaire et, en faisant, se faire: cette loi de I'existence humaine vaut aussi pour I'écrivain.A queun moment, la conscience de soi Yn'est connaissance et possession absolue de soi: c\u2019est parce que, comme tout homme, l'écrivain se manque, que, pour se trouver, il n\u2019écrit pas, mais continue à écrire.\u201d \u201cQu\u2019est-ce que le littéraire?\u201d, \u201cLa querelle des Anciens et des Modernes\u201d, \"Pourquoi Ta nouvelle critique\u201d (Coll.\u201cMédiations\u201d 103, - Denoël / Gonthier éd.).En exergue à ce livre, Jean-Paul Sartre (\u201cSituations\u201d 1, Gallimard éd.): \u201c\u2026la fonetion du critique est de critiquer, ÿc'est-à-dire de s'engager pour ou contre et de se situer en situant.\u201d - Quel est cet autre auquel je m'ouvre en me situant, en tant que sujet mais gnulle part ailleurs que dans l'Histoire?- A la fois l\u2019écrivain et le politique, l'écrivain d'avant-garde et le politique _ de gauche,et la femme aimée, et ce lecteur inconnu (probablement jeune) pour lequel mon écriture sera un démarreur: Soit des intellectuels petits-bourgeois, susceptibles d\u2019éprouver un plaisir esthétique et d\u2019un engagement dans la lutte des classes, qui ne relèvent pas de l'idéologie de la classe possédante / dominante, mais visent à là détruire.(Il est à peu près dément d'écrire sans feed-back.Mais en ce qui concerne critique et cliques littéraires au Québec, où il n\u2019est envisagé de \u201cliberté\u201d que elle du monde des affaires, de Jacques Godbout à Jean Basile, quelques ots de Serge Doubrovsky suffisent, qui les réduisent à leur in-signifiance bligée, occupées qu\u2019elles sont à planifier leurs profits et privilèges dans f'ordre établi, où je ne me sais pas de place: \u201c\u2026la critique traditionnelle, et est le rôle essentiel que la société lui assigne, est, dans tous les domaines, ne immense machine à traduire l\u2019original dans le banal.(.) \u201cL'âge u fondamental recommence\u201d, disait un personnage de Malraux en pleine .; 101.- Aa on re Cer Era rt = rts Ka 8 % & \u2018a % hy 2%, \u201cee 9.% % % Ss, © Ye % + %, % % % Se à, a Ss \u2014 % % % Ve ne % 103 t % *% So So \u201c%, 9.?% > / % So Ye.7e 9, % % 2 % < % ©, a % % Yo So 4 9, % % \u201c%, Co ou concrétiser son accomplissement, son vivre\u201d ou 16 fragments dd itt ice ty \u2018qu\u2019imposent à cinéma et télévision leurs moyens de production, leur - propriétaires).Bien que tout soit fait pour éliminer de l\u2019enseignemen 1; 1 fl + I À A I guerre civile espagnole.Dans notre époque de prospérité, tant que la vieille} critique tient bon, le fondamental ne commence pas.\u201d D\u2019ou précisément la nécessité d\u2019une vigilance intellectuelle et d\u2019une pratique dans le champ spécifique de la critique.) Le problème de-la lisibilité et de l'audience 1 n'en est pas un pour moif Bertolt Brecht: \u201cEcrire pour de petits groupes ne veut pas dire que l\u2019oi méprise le peuple.Tout dépend de savoir si à leur tour ces groupes servent les intérêts du peuple, ou si au contraire ils travaillent contre eux.\u201cS'adresser à tous\u201d, \u201cA propos de popularité et réalisme\u201d, \u201cFormalisme et réalisme\u201d, \u201cSur le réalisme\u201d (coll.\u201cTravaux\u201d 8 / l'Arche éd.).\u201cCe que beaucoup n\u2019ont pas encore saisi, c\u2019est ceci: face aux exigences toujours nouvelles d\u2019un environnement social en constante transformation, s\u2019en tenif aux formes anciennes et conventionnelles, cela aussi, c\u2019est du formalisme \u2019 \u201cLe débat sur l\u2019expressionisme\u201d, \u201cFormalisme et réalisme\u201d, \u201cSur I réalisme\u201d (coll.\u201cTravaux\u201d 8 / l'Arche éd.).\u201cSi c\u2019est du formalisme que de chercher toujours des formes nouvelles pour un contenu identique, c\u2019est du formalisme que de vouloir garder pour un contenu nouveau des forme anciennes.\u201d \u201cSur le réalisme socialiste\u201d, \u201cSur l\u2019écriture réaliste\u201d , \u201cSur lé réalisme\u201d (coll.\u201ctravaux\u201d 8 / l\u2019Arche éd.).1 C'est dans ce sens que j'écris des graffiti / folk-rocks disant mon expé rience de la Californie 68 ou un portrait de Gilles Groulx le Lynx inquiet ex 1971, des chroniques à propos du cinéma ou un questionnement socra / cri / tique à la fois analyse et journal, une fiction à propos du \u201cvéritable problèg me de l\u2019intellectuel qui choisit.de vivre selon sa lucidité: relier dialectique mine, que son conditionnement fait s'opposer à à lui minablement, bête ei totalitaire, mais sans laquelle il ne peut s\u2019inscrire dans l\u2019Histoire, seul \u201clieu\u201d \u201cpoésie / journal\u201d valant par destinataires, citations et images.Après que le cinéma et la télévision aient polarisé l'attention, I'écrit v{ reprendre une importance décisive (ne serait-ce qu\u2019à cause des limites hn histoire et philosophie, qui fondent toute écriture, le besoin / désir d'écritu re et celui de lecture, et l\u2019absolue nécessité pour toute société modern d\u2019une culture ayant pour superstructure un discours le plus près possible dg redevenir principal (s\u2019il a jamais cessé de l\u2019être).A ce sujet, et quelque autres, lire Henri Lefebvre.Encore faut-il faire éclater le livre conventionnel, éviter que le sclérose là normalité.En ce sens je trouve tout à fait remarquable \u201cPortraits d et moi relatant chacun de son point de vue un même événement, le voyage à q j * prie J ite Josie Ar ju pal le pneoulré genres} dling ; pres Hero frp our m0 élire \u201cCan Bye ini Is 2 @ Le rs Borie, did Basten, Mars de tition teem ie fit pr ment l\u2019accomplissement de soi et le devenir de la collectivité qui le déterg: 10 ans i, LI gles Bre i lat Lau ie ou \u201cLe Yon URCES ALGO son langage, sa parole, autant d\u2019éléments qui me font penser que écrit va £3 Tage u N M Ley col Une fo ° .\u2019 one, voyage\u201d, Jean-Marc Piotte Pio le fou, Madeleine Gagnon la gentille Lionngg l'acide de Pio (coll.\u201cEcrire\u201d / éd.de l\u2019Aurore).Il est certain qu\u2019a la lecture §: plusieurs, si justement préconisée par Philippe Haeck le Lézard compt# tenu du mot, devra correspondre une écriture à plusieurs.A condition dg.retenir ce que dit Renaud Zuppinger dans \u201cNotes étourdies écrites pendant un séminaire de Roland Barthes\u201d: \u201cAu-delà de la complicité, accepte assumer la contrainte de toute pratique textuelle: tout individu est condamné sa peau en tant qu\u2019enveloppe,plusieurs cerveaux ne dirigeront jamais une seule main: il y a sans doute des écrivances collectives, jama + Veil ent d'écritures.\u201d \u201cBarthes\u201d (\u201cL'Arc\u201d 56).Ce qui est intéressant, c'est de multiplier les \u201cpoints de vue\u201d, d'écriture, à l\u2019intérieur d\u2019un même livre.Ce que j'avais fait dès 1961 en proposant l'aventure d\u2019\u201cEcrits de la taverne Royal\u201d (éd.de l'Homme).Ainsi ce livre écrit avec les participantes et participants de la fabrique d\u2019une écriture, où sont cumulées lectures, rencontres avec écrivains, leurs communications, écritures, au long de 24 tl@séances pendant l'hiver 74-75.Nous étions une vingtaine au début, plusieurs ts'éliminèrent très rapidement, comprenant n\u2019avoir rien à faire là, si .fcertaines et certains demeurèrent,voulant se servir de l'atelier à fins I fd\u2019 ego- trip ou de thérapie, finalement le travail s\u2019effectuant à 8, une pratique by pour moi exemplaire et passionnante (qui demande à être approfondie, julaméliorée).; ! oy Chacun n\u2019écrit jamais qu\u2019une seule et même chose: c'est la pluralité des perspectives utilisées qui fait le corps d\u2019une écriture dans son ensemble \u2014 pluralité elle-même accrue par la mise en commun d\u2019écriturës en un même torps, ce corps dont les différences constituent l'authentique et l\u2019efficace.Le reste est littérature, commerce, bourgeoisie.- Ecrire, un texte, ce plaisir, cette angoisse\u2026 Je déclare avoir reçu, pour 8 ouvrages publiés en 4 ans, en tant que droits \\«fl'auteur, depuis le 4 avril 197t, 157 dollars et quelques cents \u2014 plus 200 ik@Mollars d\u2019avance pour une préface au \u201cTalon de fer\u201d de Jack London, que tMRéédition-Québec ne publia pas \u2014 (pendant ces 4 ans aucune demarde de - miflexte ne me fut faite par un journal ou un magazine pouvant me payer, il ne tijfline fut proposé aucune émission de radio ou de télévision).de bête 4 d'ie mis © \u201c100 ans de solitude\u201d; il faut que j'aime drôlement vivre pour tenir le oup, L.I.A.M.A.4.Il est possible qu'on voit dans ces pages subsister un certain \u201cidéalisme\u201d! 'eut-être est-ce l\u2019interstice par lequel se dissémine la jouissance, sans quelle tout politique est voué à la réification.C\u2018est assez le \u201csens\u201d qu\u2019en ernière instance j'aimerais qu\u2019ait l\u2019écriture, ce sens qu\u2019inconsciemment lutant qu \u2018analytiquement je tente de produire au moyen d\u2019un écrire ritique qui soit une érotique / politique.\u201cLe Monde\u201d.Vendredi 2 mai 1975.La fin du conflit du Vietnam.LES ORCES REVOLUTIONNAIRES ONT PRIS LE CONTROLE DE AIGON QUI DEVIENT \u201cVILLE-HO-CHI-MINH\u201d.Ces page sont à la fois pour le numéro spécial de \u201cChroniques\u201d (C.P.747, cc.N, Montréal, Québec) sur les conditions de l'écriture et pour le livre rit en collaboration avec celles et ceux qui participérent a la fabrique une écriture à l\u2019Atelier d\u2019Expression Multidisciplinaire (1237 B rue anguinet, Montréal, Québec, 866-4159).ét mi D, le Teme Jar moder ssl écrit quel Jone! nis e Ji ot Joctur j on! ition : ; per gpeep oil ?9-12 mai 75 Patrick Straram le Bison ravi A nee 2 l'air est bon à manger L\u2019avez-vous vu, c\u2019est-à-dire avez-vous jasé avec lui, pendant un cocktail littéraire, quand tous les Poètes s\u2019affairaient en chefs de rayons d\u2019un Grand is Magasin terne et torve?Moi, la dernière fois, c\u2019était au Gobelet, à 4 i ; \u2018 quent l\u2019exubérance rustique de grands respirs comme danses carrées et vieugh.journaux où s\u2019est inscrit entre les manchettes pittoresques l\u2019intime d\u2019udif gi quotidien fléché.Avec Gaston Miron l\u2019homme agonique pioché d\u2019un ma or d\u2019épieu, Jean-Jules Richard était le seul à sa place dans la place.gous hist Pendant le bref temps que je fus \u201clecteur\u201d pour les éditions Parti Prisgim avant qu\u2019on me trouve plus utile au secrétariat à la rédaction de la revue, jeff dénonçai violemment la \u201cfabrication\u201d et les \u201cbrouillages\u201d de \u201cPleure pa à a Germaine\u201d que Parti Pris ne pouvait publier que par opportunisme, san9fmesle changer un mot de ce qu\u2019elle avait écrit j'aidai Clémence-la-Magnifique ban de DesRochers a construire / composer un livre beau et important: \u201cLe monde} \u2018ru sont drôles\u201d suivi de \u201cLa ville depuis\u201d, j'écrivai quelques pages où l\u2019enthoudfistie! siasme le plus débordant l\u2019emportait.sur le déchiffrage critique poumlffne de recommander qu\u2019on publie absolument \u201cLe journal d\u2019un hobo\u201d (pages quifflrnires servirent pour \u201cLe manuscrit trouvé à même la terre Québec\u201d, artiele dang gee \u201cParti Pris\u201d vol.3-/ nos 3 / 4, ocbotre / novembre 1965 \u2014 \u201cJ'ai longtemp®iium}, cherché un livre québécois de cette qualité-là, une somme voulue pour son Mose authenticité, conçue et faite tentative d\u2019être réellement une totalité.\u201d Auli \u201cUne fatrasie envoûtante, monumentale, d\u2019un grotesque ésotérique fu, tragique au sens le plus élevé du mot, qui ne saurait avoir d'autre identité que québécoise.\u201d / \u201cUn effarant traité de l\u2019aliénation québécoise, mais aussLfj & y une épopée, un conte et une parabole entre fantastique et science;fictionglgjj dans l'acceptation la plus\u2019universelle des termes, et encore un documen ety taire, d'un réalisme presque journalistique.Le récit insolite, aberrant , oy Ce oo Jel obsessionnel, cri contenant la totalité dont il jaillit, d\u2019un itinéraire psychi, que, \u201cau cours\u201d d\u2019un voyage \u201créalisé\u201d à travers une histoire, une condition humaine, des sociétés remarquablement \u201cdécrites\u201d: voilà ce quest enfin col yy : ' livre d\u2019heures vécues a vif.\u201d / \u201cMerci, Jean-Jules Richard, pour ce crf déchirant et révolutionnaire d\u2019une ame a linverse.\u201d).Et, un soir à la taverne Wilson, c\u2019est en pensant à ce livre et à l'homme (s#i signifiance), qu\u2019à Claude Robitaille m\u2019exposant son projet d\u2019un journal ini d\u2019écritures et d'images parallèle a \u201cOvo\u201d je suggérai -le titre hu ae \u201cHobo / Québec\u201d.\u2018 _ Il y a une spécificité de l'écriture de Jean-Jules Richard qui la fait uniqu@& Bp sur la scène de la production littéraire québécoise: son A / NORMALITEM\u2018 ir (au sens qu'a l\u2019alittérature, encore que J.-J.R.aimerait sans doute que lg pui oe bornent & l'anormalité de leurs petits dictionnaires tous les cuistre dacacadémies).By 9, .4e ce guy = Pas Mais aucun n\u2019a su dire comme lui certains génériques; ainsi dit-il lé ng trains comme seuls les cinéastes américains ont su les montrer, Ruy, commencer par le plus magistral d'entre tous, Buster Keaton, et jusqu\u2019at ug plus moderne des classiq ang.ues, donc le plus classique des-modernes, Fritz Un livre.Ce qu\u2019est le faire selon le contexte socio-politique ou il a lieu, -J.R.l\u2019explique dans une Note que toute publication d\u2019avant garde se devrait aujourd'hui de \u201creproduire\u201d initialement à son travail.Ce livre dit lès 1950 ce qu\u2019il faut dire, qu\u2019on fait toujours tout pour-ne pas dire, et en 1974 encore, et c'est-à-dire l\u2019essentiel: le spécifique concret.Ce liyre, dont la extualité est indiquée dans la première et la dernière lignes, \u201cC\u2019est encore ne fois la fin du monde.\u201d / \u201cAlors, on reprend en choeur, avec coeur ou oqueurs: Vivent les Syndicats catholiques!\u201d, informations et écritures ans égales ici et plus que jamais nécessaires, j'aurais voulu en rédiger un \u2018communiqué de presse\u201d pour le dos de la couverture servant d'informa- ion qui serait \u201ccritique\u201d: ° cockta 1 Gry ele, {vie ne d'u um EE L'histoire du Québec s\u2019écrit a partir de celle des luttes ouvrières.Peu I'écrivains, done, 'osent.Jean-Jules Richard a choisi de faire le \u201crécit\u201d l'une grève qui a tout \u201cchangé\u201d ici.Le romanesque authentifie, authenticise \u2014 et avec ce romanesque-ci nul danger que l\u2019amiante mène à Ottawa.A ?\u201cBravers le prisme d\u2019une anecdote,d\u2019un fait-divers, d\u2019un \u201croman d\u2019amour\u201d (ou hl}foman de \u201cmoeurs\u201d), un peuple, l'Histoire, les théories prennent corps, où Mike \u201cre-connaître\u201d, et l'éclairage, qui dé-mesure, donne à une histoire et à ui@ Histoire leur seule vraie mesure juste.C'est cela, écrire, considéré comme Elune des plus belles choses au monde: le travail en soi\u201d.L'une des {s{Mlernières fictions possibles dans la modernité.Et même.Sans travail, c\u2019est kif: genre de livre d\u2019un \u201cgenre\u201d redoutable, où la plupart se brisent.Pas jefichard.Ecrire comme on ressent et y \u201ccombiner\u201d actualités.Besogner ses W#nots que le \u201craconter\u201d soit producteur d\u2019un sens, que les faits confirment.Il.itt faut a 'école \u201cPetit manuel d\u2019histéire du Québec\u201d et dans la vie quotidienne tiBe femme et homme québécois \u201cLe feu dans l\u2019amiante\u201d, un outil pour daipprendre à comprendre, comme un outil au travail ou un outil ménager, et sus=ui est un outil de plaisir écrit comme il l\u2019est.Le-livre est ici matériau idig'agitation-propagande et signe d'une culture prolétarienne.Il a uxilexemplarité du \u201cTalon de fer\u201d de Jack London.On n\u2019a jamais eu BESOIN eriomme aujourd'hui de lire \u201cLe talon de fer\u201d aux Etats-Unis et \u201cLe feu dans K\u2018iamiante\u201d au Québec, besoin de LIRE JACK LONDON et JEAN-JULES ni ICHARD.Qu'on ait besoin de la lecture marque la nécessité de l'écriture: aïra qualité, son efficience.i § i Pr VUE, ep ean-Jules Richard.\u201cLE FEU DANS L'AMIANTE\u201d (Réédition-Québec).- lé ; qu, , tire © J'aurais voulu analyser des mots auxquels je pense lorsque je pense à -J.R.:saignant, juteux, étoiles filantes, robustesse / rugosité, vagabonda- e(s) / ancrage de tendresse, l\u2019artisan partisan.Et puis, il y a Jean-Jules Richard, et puis ensuite Réjean Ducharme, il n\u2019y qu'à lire ce geyser de diamants bruts (à miroitement micas Ponge) qu'est \"hiver de force\u201d (merci Madeleine Gagnon, livre de gentille Lionne le fait Meilleur encore et destine bien à qui de droit service de presse).hus, eu qu Et si j'ai goût qui ne s\u2019égale ni s'égare pour Cézanne et Max Ernst, et il flasson et Friedlaender, et plus que tout Klee et Soulages, c\u2019est bien plaisir el ssi que je prends à regarder quelque torrentiel d\u2019une campagne calme par if anet où sourit nue son rêve éveillé une femme-à Modigliani à regarder CC : 107.= ru ptacotitt patiné 000 Pet MIME MARRS passer la roulotte comme un Tapiés de Philippe Gagnon violonant / nasi- { lant sa garouine, et voilà-t-il pas en plein Dubuffet Jéan-Jules Richard, cetteë ill géologie grouillante garrochée à la face plate de tous les plumitifs et lesÿfe plumiers?: un écrivain qui vit.B Patrick Straram le Bison ravij par In Montréal / 2 février 74% (2 février 1973: Laberge, Charbonneau et Pepin, accusés d\u2019outrage au ; tribunal lors de la grève dans la fonction publique doivent se rendre eriflg - prison.) Cette note avait été écrite pour un numéro de Hobo / Québec consacré à Jean-Jules Richard qui ne fut jamais fait: qu\u2019elle serve ici de salut a ur grand écrivain québécois mort prématurément.À lys Mar pur) oad Marsan Winns Mine, in NS Le disc \u201cOn ne parle bien que de ce qu'on est.De ce qu'on Fm connait.Je veux dire de ce qui est non sa cause, non Le tete son but (le pourquoi, le pour-qui), mais de sa pratique {fv (d\u2019une arme, d\u2019une machine, de son corps, du langage, Fu - et il faudrait être re complet): autrement dit de son Yi comment.ky.\u201c ARAGON isan (\"Thédtre / Roman\u201d, éd.Gallimard).| is 0 Fem; ES GUE Lin gion, , Il m\u2019arrive de penser que les romans ont pour but § bs ont de ramener l\u2019homme à la situation de l'enfance, briser tts, ce cadre qui le limite, que les romans tendent à le Wing; mettre dans là situation d\u2019insatisfaction de enfant, (ii; A qui veut toujours en savoir plus.En tout cas, si \u2018 eue À j'écrivais des romans, moi, ce serait pour cela.Je ny; lis des romans pour cela, pour retrouver cette avidité |, _ de connnaître, pour cesser de me satisfaire de ¥,, I Farithmétique élémentaire qu'on m\u2019a enseignée.% a \u2018 En savoir plus.1 seu fits ARAGON (\u201cBlanche ou l'oubli\u201d, éd.Gallimard) ty u retour du refoulé, la fiction ra par france théorêt tier ll eg bre at UF Je pense du côté des guenilles d\u2019Edwarda.Je ne veux pas être ou je, ne peux pas être; indécidable.Ça s\u2019est imposé du dehors.Longtemps, le Pcorps a dormi.Les soirées d\u2019 hiver sont longues.Les images du père sont écrasantes.Au détour, la décharge libidinale prend l\u2019allure du .fantasme de mort.J\u2019assume avec peine le corps médiatisé, féminin, troué, intermédiaire.Le corps féminin est une passoire: Je sang, \u2018enfant, le sperme.Cela se perd par intermittence.- Le discours clos est toujours faussement clos.La clôture du texte et lugià répétition appartiennent aux discours familialistes de-toutes sortes.,mP-\u20ac texte clos s\u2019érige et (se) durcit.Il est dieu devant les guenilles ti: l'Edwarda.L\u2019hotmme appartient à l\u2019histoire, la femme à l\u2019espace c\u2019est mpBbourquoi \u2018elle se prête plutôt à la pervefsion que je tiens pour celle de bu homme.\u201d (Lacan, in Télévision p.64).Suivre, faire partie, adhérer, a ndosser, voilà la place.Geindre, se punir, voilà l\u2019étalement de l\u2019impuissance.Paradoxalement, pourtant, l\u2019impuissance ça ne lui appar- (0 dient pas.Chaque fois, il s\u2019agit de l\u2019autre en son rapport ramené: la ul Blibération des femmes\u201d est impossible.Y a-t-il autonomie d\u2019un corps ntermédiaire, délibéré?_ LES GUENILLES SONT AUSSI LES NYMPHES Les nymphes, dryades, naïades, napées, néréides, océanides, oréades urgissent, elles hantent les humains puisque telle est leur\u2018 fonction.W les ont traversé les textes, objets chimériques de représentation.vi je éesses des eaux et de la terre, écriture des surfaces, elles sont devenues nb ésirs et images d\u2019épinal.L'écriture féminine quand elle s\u2019éloigne du sb Jiicide emprunte souvent le relfet composé par cette écriture anté- \u2026sÿ Jeure.Avec les nymphes, une partie devient le tout, métonymie pk Frphorique, le corps global.On ne peut en dire autant des guenilles.jit §lles sont où \u2018elles sont, peut-être même liées à l\u2019infection.Elles se ink férobent ou s\u2019offrent toujours liées à la dépense.Cachées ou montrées, ge 'S guenilles font surgir le permis, le défendu, l\u2019inter-dit.Elles sont ri hargées de la négativité du signe.\\ 109. 5 0 LA (A FC TION a (1 Ne SN du ~ - ~ \u2014~\u2014 \\ : sat ne ft _ _ Lens \u201cNS ~ 7 ro 7x, N, 7 8 i 7 (a § pond 5 \u2014 Le a _ pelle, Le PA =, fi Fa Der Fa TN - .x pensabl 2 à oh.en 9 ~ ; Ia S CF Cepen ~ \\ 1 ve.A en bas de 7 CS 3 i he SN etre =~ 7 ly A v -n Wz éductio i + 7 ~ Noo z N= Si x à - ic i [WS NX T2 =, > 7 WN fans la gy \u2018 = > ee a d'agure > 1) - Se.ae \\ \u201c e delay A \u2018en 501 eX fA a J 7 \u2014~ TN ENCORE Ci ~~ À A4 A 12\" SA , N= extes I + Sn moderat ty CS, 2 TN are, Po =, fy YJ CP \\ ws L ive de * 7 7 À ~~ \u2014 #1 NU ae - ~~ / 1] \u2014\u2014 / |» \u2026 JE ME \u201c2 4 x NOUS | x J ly \\ \u201c2 = ss.7 , > Quand Ii \\ 7 AS \u20184 À ement d \u2014\u2014\u2014 4 7 R | iH NN > + NT ngage ~ \u201cex NE 4 parle-t-{ NN 7 { ] | S boa =f 0 7, A fiction LC N He 3 A Res Boat | S part la f FES Z 4 \\ Hl éd \\ J DOSE leur kK > ~~ AISAN \u2018 oe -\u2014\u2014 ; \\ ~« , - 7 ~ oem) 5 Brie - 2 \u2019 v ~~ : 0 M place \\ a ; » a > \u2014\u2014 AA ; N° k CON EN \u201cNG PROCES oy oo - > y, Cet, pique, { \\y TN ! dersée Qui Da E08 110.TT \u2014_ LS An PO JOR, LA FICTION N'EST PAS INCONDITIONNELLE.LA FICTION INCONDITIONNELLE EST LA MOINS INCONDI- IONNELLE DE TOUTES.+ L'existence des \u2018\u201cchapelles\u201d\u2019 et des rivalités prouve que nous commen- - @gons à sortir du confusionnisme entretenu par la fiction inconditionnelle.Les \u2018\u2018chapelles\u201d\u2019, tout comme les rivalités sont des éléments indis- Bpensables peut-être même les conditions de notre existence culturelle.#Cependant, là-dedans, je souhaiterais que les combats se passent moins en bas de la ceinture.Car pour ainsi dire chaque groupuscule cherche à étruire ce qu\u2019il ne comprend pas chez l\u2019autre.La recherche d\u2019une ÿéduction nivelle les préoccupations.Ainsi il serait à conseiller de parler d'ici, politiquement, au sens large du terme, d\u2019inverser quelques mots dans la phrase ou de signaler le désir de faire sa révolution formelle, d'ajouter des citations significatives ou d\u2019écrire entre les citations, enfin die délayer à sa manière des concepts triés avec soin pour qu\u2019ainsi ils n\u2019en soient plus.Vous voilà à l\u2019avant-garde, si tant est qu\u2019on utilise -@ncore ce mot.mais il me semble justement que ce mot est banni des extes.Il y a là tous les garde-fous de la pensée.La raison raisonnable et ÿnodératrice connaît les normes, les gages de réussite, l\u2019a-priori néces- aire.Pour changer puisque le changement lui-même fait partie du jeu: uivre de près la \u201cligne juste\u201d et évacuer toute question théorique.E ME DEMANDE SI NS NOTRE CONTEXTE CULTUREL \u2026 QNOUS POUVONS PENSER LA TRANSGRESSION?Quand on parle de la transgression\u201d je remarque qu\u2019on est généra- gement déjà du côté du transgressé ou de l\u2019alternative.C\u2019est fait, le Yangage est renouvelé, reposé.D'où cela parle-t-il?Et pour qui cela parle-t-il puisqu'on nie dans la transgression l\u2019acte de transgresser et la f'égativité qu\u2019il implique?Or, le mouvement de la transgression investit {?fiction liant la question de Ja subjectivité à la loi en plaçant la @égativité dans l\u2019histoire.S\u2019il y a d\u2019une part le mouvement et d\u2019autre art la fin ultime, il semble que je connaisse surtout des textes ayant josé leur fin ultime, ayant déjà vécu leur révolution du langage OU \u2018AISANT COMME SI cette révolution était faite.Ainsi, j'en donne exemple de la croyance en la parole féminine nécessairement sub- ersive \u2014 et conséquemment parole de vérité \u2014 puisqu\u2019elle n° a pas eu a place dans l\u2019histoire.\\ CONTRE-COURANT, JE VEUX RETROUVER L\u2019ACTE, LE 'ROCESSUS, LA LUTTE, LE PASSAGE C'est ainsi que l\u2019analyse de la conjoncture et des coordonnées his- priques est liée à un travail dans la langue.La conjoncture: une raversée du sujet.Qui parle n\u2019est plus un individu, on l\u2019aura compris.Il reste qu\u2019en : foignant la question de celui qui parle on évacue aussi l\u2019histoire mais 111. au nom de la science cette fois.Au nom du formalisme et ultérieurement au nom de la science on a rejeté l\u2019instance de prononciation.Lag fiction paraît refoulée au nom du formalisme, de la science et parfois,, contradictoirement, au nom de la jouissance.Elle m\u2019apparait] détournée aussi au nom d\u2019 utopies cc contre-culturelles vécues en vase clos._ Là elle se perd au nom du vécu.Dans les courarits littéraires je me situe au niveau d\u2019une certaineÆ tradition symbolique à départager dans la langue.Ainsi, je signale # quelques traces.Si la conjoncture traverse-le sujet elle laisse quelques sédiments dans la langue.La langue telle que je la connais a été apprise, désapprise, reprise, perdue,corrigée, rejetée et plus encore.j Elle est marquée par les archaïsmes du langage paysan, le joual, le franglais, l\u2019argot et toutes les formes de collusion avec I\u2019anglais, les lectures, les expressions hermétiques, les choix \u2014 momentanés \u2014 de parler comme on écrit et inversement.tout cela n\u2019est pas à masquer.f C\u2019est à dire simultanément dans un même texte de fiction.Mon E ham \u201cAk dal | develo lourde, deel rei tein comme Tag diet \u2018 l'ndus - surf leg ny der] Qu pe k live; de Ve \u2018 ily ¥ In \\ | sans espoir, avec conviction | Jean-Marc Piotte La pensée de Mao Tsé-toung n'est pas stalinienne A la priorité absolue qu\u2019accordait le modèle soviétique au développement de l\u2019industrie lourde, Mao (1) oppose un développement simultané de l\u2019agriculture, de l\u2019industrie légère et de l'industrie lourde, en prenant comme base de développement l\u2019agriculture et comme principe directeur, le développement de l\u2019industrie lourde.Au lieu de sacrifier le développement agricole au profit de l\u2019industrie lourde en utilisant tous les surplus agricoles au profit de celle-ci, Mao préconise un développement harmonieux des trois secteurs, ce qui permettrait, en plus, d\u2019élever Je niveau de vie des masses, niveau de vie qui dépend directement du_ développement de l\u2019agriculture et de l\u2019industrie légère.\u2014 Dans la pensée Mao Tsé-toung, le développement des forces productives est une condition nécessaire, mais loin d\u2019être suffisante pour la progression du socialisme.Le développement économique doit répondre à des objectifs politiques (lutte pour la réduction des écarts de salaire, pour l\u2019unification de la campagne et de la ville, pour le rapprochement entre travailleurs manuels et travailleurs intellectuels, pour la limitation des stimulants matériels, etc.), sinon il peut dévier des objectifs socialistes, en renforçant, comme dans les pays de l\u2019Est, la division du travail, une bureaucratie étatique et une concentration de pouvoirs aux (1) Toutes les citations de cette chromique seront tirées du recueil Mao Tsé-Toung et lu construction du socialisme (coll.politique, éditions du Seuil.Interventions de \u2018Mao colligées par les Gardes Rouges\u2019 durant la Révolution Culturelle.113. mains de technocrates.\u2014 Comme nous l\u2019avons vu antérieurement (chroniques, vol 1, no 4),\"la voie chinoise de développement économique a différé du modèle stalinien, avant tout parce que la Chine avait des conditions économiques et s\u2019est heurtée à des problèmes économiques qui étaient sensiblement différents de ceux auxquels était confrontée l'U.R.S.S.Mais sur des bases économiques différentes, s\u2019est développée la pensée de Mao Tsé-Toung qui a, en retour, directement influencé la voie chinoise.La pensée Mao Tsé- Toung diffère sensiblement de la conception du monde de Staline, et notamment sur les points suivants: une vision dialectique, le rôle du politique par rapport à \"économique et la ligne de masse.Une conception dialectique du monde Pour Mao, la contradiction est inhérente a chaque chose et a chaque phénomène.Toute réalité est un faisceau de contradictions, dont l\u2019une est principale, et dans chaque contradiction, il y a un aspect principal et aspect secondaire.Mais ces contradictions ne sont pas figées, elles demeurent en mouvement.Car, comme le dit Mao, \u2018\u2018il y a toujours déséquilibre.L'équilibre et le déséquilibre sont les deux aspects d\u2019une contradiction.Le déséquilibre est l\u2019aspect absolu tandis que l'équilibre est I'aspect relatif (.) Les contradictions et les luttes sont des choses absolues.L\u2019unité, l'unanimité et la solidarité sent passagères, donc relatives\u201d (p.123).Mao formule, en 1937, cette 114.conception de la dialectique dans, son essai De la contradiction, e on la retrouve à l\u2019oeuvre, à l\u2019éta pratique, dans toutes ses analyses concrètes.Dans le Manuel d'économie® politique, dont la structure fut}.élaborée sous Staline, on.ne retrouve pas à l\u2019oëuvre la contradiction, mais bel et bien une façon mécaniste de poser les problèmes.De plus, le Manuel tombe dans lef dogmatisme, dans la mesure où il ne cherche pas à trouver les contradictions inhérentes aux problèmes économiques par une analyse concrète de la situation concrète\u2014ce qu\u2019est le marxisme selon Lénine\u2014mais part des postulats qu\u2019il applique mécaniquement à la réalité.Le point de départ du Manuel \u2018\u2018est toujours des lois, des théories, des princi-j pes et des définitions.Cette approche a toujours été refutée par le marxisme-léninisme.On n\u2019obtient les théories et les principes qu\u2019après des analyses et des.études.Indubitablement, l'homme acquiert d\u2019abord connaissance par le contact avec les phénomènes; puis, à partir de\u2018 ceux-ci, il découvre les théories et les principes.Mais le Manuel fait le contraire.\u2018La méthode qu\u2019il emploie n\u2019est pas une méthode d'analyse, mais une méthode de déduction (.) A propos n'importe quel problème, le Ma- - nuel donne toujours une: définition d\u2019abord, puis utilise celle-ci comme prémisse majeure dans ses déductions.Les auteurs du Manuel ne comprennent pas qu\u2019une prémisse majeure doit être le résultat de l\u2019étude d\u2019un problème.Si l\u2019on veut découvrir et vérifier des théories et des principes, il py Tu p ne INL # je co Tout is À arf die de de lao deol J ft el fe ?être à 1 je on profond de dhe ER sous a \u201cnocrale \u201cdirecteu comiéd Edu ping FUN pays reprises sal principe rises § Mental de en \u2018système d'tend le Sable ç nig de je Vg | LS PV Ey.Tp 7 Feuseme Capita \u201ction Ëf sk Mii dccorgé ax dif Ahn J, I 0 Jan, Wen} in, of i It mom fe fig ON 78 0g fio Jèmes ans 2où ir | Sa ru lati HST 0 Baan int de Lou ines Cen efile faut passer par une analyse concrete\u201d.(pp 112-113).La politique au poste de commande | Tout au long de ses commentaires, Mao reproche a Staline de sacrifier à l\u2019économisme, c\u2019est-à- dire de sousestimer l'importance de la superstructure, du travail idéologique et des masses dans le développement économique, bref de négliger l\u2019importance du politique.Pour Mao, la politique doit Être, à tous les niveaux, au poste de commande, ce qui influe,.profondément, sur la voie chinoise de développement économique.En Russie, les entreprises sont sous la responsabilité d\u2019un technocrate tandis qu\u2019en Chine le directeur d\u2019usine dépend du comité du Parti: \u2018\u201cLe Manuel parle d'organiser la production selon le principe du chef ünique.Dans un pays capitaliste, toutes les entreprises adoptent ce système.Le principe de la gestion des entre- | prises socialistes doit être fondamentalement différent de celui des entreprises capitalistes.Le système que nous adoptons, qui rend le directeur d\u2019usine responsable sous Comité du Parti, diffère rigoureusement du système de gestion en vigueur dans les entreprises capitalistes\u201d.(p.112).Cette position entraîne, d\u2019une part, la _ subordination de l\u2019économiique au politique par le rôle dirigeant accordé aux organismes du parti aux différents niveaux et, d\u2019autre part, la participation des différents organismes du Parti à la planification économique tandis qu\u2019en Russie celle-ci se joue la direction du directement entre les organismes centraux de planification économique et les directeurs d'usine.L'accent en Russie est mis sur l'aspect technocratique au détriment du politique et du role déterminant des masses: \u2018\u2018Pour eux, le technique décide.de tout.Ils mettent l\u2019accent sur le côté \u201cexpert\u201d et non sur le côté \u201crouge\u201d, sur les cadres et non sur les masses\u201d.(p.41).Au contraire, pour Mao, les cadres politiques .doivent diriger les cadres techniques.De p lus, le développement économique ne dépend pas avant tout de ces deux types de cadres, mais bel et bien des activités des masses.C\u2019est pour\u2019empêcher les - cadres de se Couper des masses\u2014 seule véritable force de transformation sociale\u2014que Mao lutte pour réduire les différences entre \u2018le travail manuel et le travail intellectuel: \u2018\u201cChez nous, les cadres participent au travail manuel et les ouvriers à la\u2018 gestion des entreprises.Nous envoyons les cadres travailler à la campagne ou dans les usines afin de les former.Nous abolissons les vieilles règles et les vieux systèmes.Tout cela touche à la superstructure, c\u2019est- à-dire à l\u2019idéologie.Staline parle uniquement d\u2019économie; il n\u2019aborde pas la politique\u201d.(p.34) \u201c C\u2019est dans le même ordre d'idées que Mao s\u2019opposera à la primauté qu\u2019accorde Staline au développement technologique par rapport au développement de la conscience politique des masses: \u201cA maintes reprises, le Manuel met l\u2019accent sur le rôle joué par les machines dans la transformation socialiste.Mais, comment les choses peuvent-elles bien marcher si l\u2019on n\u2019élève pas la conscience i ; 115. politique des paysans, si l\u2019on ne: transforme pas l'idéologie des hommes, et si l\u2019on ne s'appuie que sur les machines?\u201d., (p.87).De la même façon, Mao s\u2019opposera aux stimulants matériels\u2014maniére capitaliste de stimuler la production en s\u2019appuyant sur les désirs de promotion individualiste des travailleurs\u2014en favorisant le travail idéologique de formation: \u201cLe Manuel ne manque jamais une occasion de parler des intérêts , Matériels personnels comme s\u2019il cherchait sans cesse à faire appel à ces intérêts pour attirer les gens (.) \u2018C\u2019est le reflet (\u2026) d\u2019une situation dans laquelle le travail politico-idéologique n\u2019a pas retenu suffisamment I attention\u201d.(p.120) Co La ligne de masse La ligne\u2019 de masse est fondée, d\u2019une part, Sur le rôle dirigeant du Parti et, d\u2019autre part, sur le rôle déterminant des masses dans toute transformation sociale.C\u2019est au Parti, après avoir synthétisé et théorisé les expériences des masses,, de précise les .directives politiques masses peuvent ensuite s'emparer pour transformer les sociales.Jamais le Parti ou le Gouvernement doit agir à la place des masses.La ligne de masse s\u2019éclaire particulièrement si on dont les réalités .l\u2019étudie à la lumière de là réforme agraire.En Russie\u2014dans des conditions , historiques évidemment différentes\u2014c\u2019est l\u2019Armée qui a imposé la réforme agraire aux paysans riches et même aux paysans moyens et, dans les pays de l'Est, la réforme agraire s\u2019est faite de façon bureaucratique, par des directives gouvernementales.En Chine, au contraire, lorsque l'Armée s\u2019est dirigée vers le Sud, elle a emmené avec elle des cadres politiques qui pénétraient\u201d profondément dans les villages, faisaient des enquêtes sur les conditions de vie des paysans pauvres, puis les rassemblaient et les organisaient peu à peu en lignes de paysans.Ces lignes de paysans s\u2019engageaient \u2018dans des luttes de classes et c'était, lorsqu\u2019ils étaient convaincus de la nécessité de la réforme agraire, Qu\u2019ils expropriaient les paysans riches et qu\u2019ils redistribuaient la terre sur une base égalitaire entre\u201d les paysans pauvres et les paysans moyens de couche inférieure.Dans certains villages, la réforme agraire ne s\u2019est imposée qu\u2019au bout de deux ou trois ans, mais ce sont les masses qui la faisaient sous la direction politique du Parti.C\u2019est cela la ligne de masse, qui, on le voit, est bien différente de toute conception bureaucratique du rapport Parti-masses./ \u201cLes textes littéraires sont agents de transformation dans la mesure où üs sont résultats et lieu de Cm transformation.\u2019 (Tirées de L'écriture et les textes, de France Vernier, Editions sociales, 1974, p.110) Ws scien Depuis ine plac iene i rod 2 Québec, CEGEPS Humaines mil | cial predic Wigs ment ly Fons ( fr ue féborch qe gf ni.] cent Dar que If, Is lis fi dns T7 / éline Saint-Pierre Depuis une quinzaine d\u2019années, es sciences humaines occupent une place importante dans l\u2019en- la production idéologique au Québec.Avec l\u2019apparition des JCEGEPS, les options en sciences umaines offertes aux étudiants be multiplient.Cette formation de spécialistes s'accompagne d\u2019une cifiques qui concernent directement la société dans laquelle nous vivons.Cette production s'appuie pur une mise en circulation et débouche sur l\u2019utilisation.politique et idéologique du travail \u201cscientifique\u201d.Je vais tenter de ffoulever ici un certain nombre de questions liées à l\u2019étude de ces conditions en me reférant à là ociété québécoise et à la société laméricaine de cette dernière décennie.- (1) Thème d'un panel organisé par l\u2019Association des sociologues de langue française les 21 et 22 mars et'auquel j'ai participé.seignement universitaire et dans - production de connaissances spé- Les sciences humaines, servantes du pouvoir ou de la population © Croissance et diversification de la production en sciences humaines Les lieux de production de connaissances reliées aux sciences humaines se sont multipliés au Québec depuis 1965 et les bases de regroupement de chercheurs se sont diversifiées.Concentrée dans un premier temps dans les.universités, la recherche s\u2019est d'abord déplacée vers des centres de recherche universitaire et para-universitaire et vers l\u2019appareil d'Etat.Au début des années \u201860, l'extension de l\u2019appareil d'Etat québécois lié au développement du capitalisme manopo- liste a entrainé la croissance des interventions de l\u2019Etat principalement dans les secteurs de l\u2019éducation et des politiques sociales, ce\u2019 qui a nécessité une intervention directe de sociolo- Te 117. gues, d\u2019économistes, de psychologues et de politicologues au sein même des ministères.Dans les universités, la recherche théorique continuant d'occuper une place dominante, la recherche appliquée sera menée surtout dans les ministères sur-une base ponctuelle.Par ailleurs, et c\u2019est là le trait marquant des changements qui se sont opérés au Québec depuis 1965, des coopératives de recher- ches-formées sur une base volon- \u2018taire se sont mise sur pied.Elles répondent à la nécessité d\u2019échapper aux contraintes politiques de la recherche menée dans les appareils d\u2019Etat et à l\u2019urgence de lier les objectifs de recherche aux intérêts des classes dominées.Pour contrer les sciences humaines pénétrées par l\u2019idéologie bourgeoise et la philosophie idéa- \u2018liste, se développe le matérialisme historique et dialectique comme science de l\u2019histoire fondée essentiellement sur la lutte des classes.Ces coopératives de recherche ont pour tâche non seulement de produire l\u2019analyse de questions sociales définies.comme prioritai- \u2018res mais aussi de diffuser les analyses produites a ceux qui directement concernés pourront s\u2019en servir pour accroitre .leur conscience de classe \u201cet définir plus.clairement les enjeux qui sont\u2019 les leurs.L\u2019appropriation des connaissances en sciences humaines, un enjeu politique Pour bien comprendre comment la production et l\u2019appro- Jamais expliqués mais sous-en- § 118.recherche ont été subventionnési .jeünhe chercheur, universitaire ou - 3 § priation des connaissances e $ sciences humaines deviennent des a enjeux d\u2019une lutte politique, je Lisl prendrai comme indices Pattrif bution des subventions gouver fh nementales et la diffusion desÿ£ fs connaissances produites.Le durs subventions gouvernementales} i sont attribuées dans une très; grande proportion aux universités ee et aux.centres de recherches qui sont rattachés.Quelques projets pomiset phase présentés par des coopératives de 165 ques .qu'à nel mais ils demeurent très limités.) ps Par ailleurs, pour qu\u2019un projet a soit étudié par les comités d\u2019attri- ppt | bution de subventions, il doit être parrainé par un universitaire pont cel reconnu.Les possibilités pour u i [| 4) \u2019 , , ouf, non, d'obtenir des fonds def ; recherche sont a peu prés nulles.§\" La politique gouvernementale, au\" niveau provincial et fédéral, con- Ÿ eernant la recherche, est une Juste politique de contraintes à Ja, rf production et les\u2019 restrictions À lie posées font des activités del ny recherche des chasses-gardées§ i pour docteur spécialisés, oeuvrantg | dans les universités et couvrant à\" 4 és champs scientifiques dont la Ÿ\" * | légitimité est reconnue par les À\" gouvernements et leurs représen-@\"*s! tants.Our |e ikation dis L\u2019appropriation des connais- 3\" sances en \u2018sciences humaines pose Cine la question de la diffusion com- Pre prise à deux niveaux: celui de la CR distribution et celui de l\u2019accessi- Png bilité.Les limites de I'accessibilité J a sont définies par plusieurs fac- À\" teurs: le code* utilisé (jargon #* scientifique dont les outils ne sont M lat J J dé iri} van gi r Is bi :ciences Pompte dans la détermination des endus) se constitue en barrière ui restreint les sciences humaines à urf cercle de spécialistes; les Joûts élevés des bouquins et rap- ports-de recherche distribués dans es librairies spécialisées limitent les réseaux de circulation; l\u2019idéo- jogie libérale fondée sur la liberté cadémique et le corporatisme ndividualisent la fonction du -Mhercheur universitaire et auto- Momisent son travail surtout dans a phase qui préside à la définition les questions de recherche.Jus- ju\u2019à quel point, les chercheurs en humaines tiennent-ils priorités de recherche, des pro- plèmes sociaux et politiques qui ont ceux du Québec, problèmes lont la compréhension devient técessaire pour arriver à formuler les propositions de transforma- ions sociales et politiques?Dans a conjoncture actuelle, il n\u2019y a plus de tergiversations possibles à partir d\u2019arguments comme ceux le la neutralité scientifique et de \"autonomie complète du travail jcientifique par rapport à la pratique politique.À cet égard, je fonne un exemple de l\u2019utilisation jui est faite par les militaires iméricains, de spécialistes en iences humaines.(2) L\u2019évotution ur le moins désastreuse de la ituation au Vietnam em 1964 onduisit establishment militaire | se rafter a la thése de Michael \"I.Conley rattaché au Centre de echerche sur les systèmes sociaux CRESS), organisme financé par e Pentagone: \u2018\u201cla nature profonde le la guerre insutrectionnelle est politique et la contre-insurrection ne peut arracher la victoire que si elle fait preuve d\u2019habilité dans le lomaine politique.\u201d A la suite de cette constatation, Seymour J.Deitchman, membre du Service de recherche et d\u2019ingénierie de la défense, informe le Congrès américain que \u2018\u2018le département de la défense a sollicité la collaboration de spécialistes (anthropologues, psychologues, sociologues, politi- cologues, économistes) qui, par leur travaux sur le comportement humain, seraient en mesure de fournir d\u2019utiles contributions\u201d dans le domaine de \u2018\u2018la recherche au service des opérations contre- insurrectionnelles.\u201d (3) L'Institut de prospective de la défense (IDA) conclut à la nécessité \u2018\u201cd\u2019appliquer la méthodologie des sciences sociales à l\u2019étude des changements sociaux dans les pays sous-développés, pour élaborer des stratégies d\u2019intervention poli- tico-militaire dans les zones menacées par une insurrection.\u201d (4) Le projet CAMELOT mis sur pied en décembre 1964 et confié au Service de recherches sur les opérations spéciales (SORO) de l\u2019Université de Washington, constitue une des premières initiatives de ce type.Le projet fut découvert et dénoncé par la presse \u201d de gauche chilienne et le gouvernement américain fut forcé de mettre un terme à l\u2019ensemble du projet.Devant la réticence des milieux universitaires américains à travailler pour le Pentagone, il (2) Klare, Michael T.\u2018\u2018Intellectuels et universitaires dans la contre-insurrection\u201d, Le Monde Diplomatique, février 1975, p.13.(3) Chambre des représentants, Commission des Affaires Etrangères, Behavioral Sciences and the National Security Hearings, 89e Congrès, 2e session.1966.1ère partie, p.72.(4) Le Monde Diplomatique, op.cit.119. (PP LL fut proposé au Département de la défense de créer un organisme indépendant chargé de mener les travaux de recherche délicats au sujet des pays étrangers.C\u2019est maintenant la reponsabilité de l\u2019Agence pour le développement international (U.S.-Aid) et du département de la santé, de l'éducation et du bien-être.Cet exemple permet de démontrer qu\u2019il n\u2019est plus possible pour les Etats-Unis de s\u2019en remettre uniquement à l\u2019intervention armée dans les pays du -Tiers-Monde pour étendre leur aire impérialiste.Ils doivent recourir davantage à l'analyse des systèmes sociaux et politiques de ces pays pour mieux ajuster leur tir.Par ailleurs, il faut noter que le nombre de radicaux en sciences humaines se multiplie en même temps que les luttes menées deviennent de plus en plus âpres.; Les sciences humaines, - outil d'intervention | et de transformation de la société québécoise S'il demeure difficile de contrôler l\u2019utilisation qui est faite des analyses produites par les chercheurs en sciences humaines, il est possible d\u2019agir sur leurs conditions de production et de mise en circulation.Le travail de l\u2019intellectuel progressiste en sciences humaines doit nécessairement s'accompagner d\u2019une intervention dans la lutte idéologique et politique.Son silence est une caution du système capitaliste qui régit la société québécoise, 120.historiens, tout comme sa soi-disant neutralité scientifique.Le travail théorique ne peut se concevoir séparé Æ d\u2019une pratique de transformation! sociale, tout comme la pratique def transformation sociale ne .peut s\u2019envisager sans travail d\u2019appro- _fondissement théorique et sans le développement d\u2019outils d\u2019analyse de situations concrétes.pe Cette prise de consciençe doit se traduire chez les enseignants, les chercheurs.et les étudiants en = hp (is 1 entre ¢ Gis qu pied gr aile Bis | altar fasse | As Quéec ges pri is and! Marches sciences humaines, par une lutte contre l\u2019académisme stérile, contre l\u2019empirisme développé à trad vers l\u2019approche fonctionnaliste, contre le théoricisme qui devient de l\u2019obscurantisme, contre une certaine phraséologie - marxiste qui relève du slogan et se pose en obstacle à une analyse en profondeur des structures sociales et de la lutte des classes dans une conjoncture donnée, sur qu'\u2019intellectuels liés à des analyses que pourront se réapproprier ces classes aux fins de leurs propres objectifs de lutte.\u201c Les sociologues, les anthropologues, les politicologues, le les.économistes, criminologues, sont des intellectuels qui, dans la société quebé-: coise, occupent une place déter-, minée dans la structure sociale de § par leur fonction même d\u2019intellectuel.Ils appartiennent généralement à la petite-bourgeoisie (traditionnelle et nouvelle).Ce-.dans la pendant, au Québec, construite: la base du matérialisme historique et dialectique.En tant ¥ la défense, des intérêts des classes exploitées, fren il nous faut nous mobiliser et; produire des outils de recherche et; yal i stat ¢ be domi amoufl pt fondé tdi liste + peri ides som els or ingens fing; dira! hii se à Mri ai ell bir Int did \u201cen Res may Pts to les i ily Rar fs ie ng} line ini { Prince \u2018 din Petra] d Eling Mori ar tio Jue dg Peut pp ans ili lits 5, le 1s of lu 10 à ta lit ii un rs se oi di iid fon À | (0% for iti J cher Mois; onjoncture actuelle, leur position de classe varie.La majorité d\u2019entre eux ont une position de classe qui les rapproche davantage de la bourgeoisie, une minorité, par ailleurs, a une position de classe qui.la polarise vers le prolétariat.Cette position -de classe traverse leur production scientifique, et c\u2019est ainsi qu\u2019au Québec, on peut distinguer trois axes principaux qui sous-tendent es analyses produites par les phercheurs en sciences humaines: \u2014 il y ales études qui reposent sur e statu quo, redoublent I'idéolo- ie dominante et contribuent à ramoufler la réalité sur laquelle est fondée la société québécoise, \u2019\u2019est-à-dire le capitalisme monopoliste et la dominance de \"impérialisme américain; ces é- udes sont le produit des intellec- Quels organiques de la classe pourgeoise canadienne et améri- raine; il y a les analyses de la société juébécoise qui rendent compte lirectement des intérêts de la Rlasse a laquelle appartient la najorité des intellectuels québé- elles servent directement eurs intérêts de petits-bourgeois @ndividualistes, réformistes et ouvent nationalistes.Ces analy- les mettront à jour la nécessité de ransformer la société en ne lévoilant qu\u2019une partie de ces mécanismes de fonctionnement.Elles insisteront davantage sur ine analyse du Québec comme thnie dominée, dont la libération iendra d\u2019une lutte pour l\u2019indé- endance politique, l\u2019adversaire rincipal étant le gouvernement entral d'Ottawa dirigé par les nglo-saxons; il y a les analyses de la société québécoise centrées sur l'étude des classes sociales et de la lutte des classes.Elles ont comme objectifs premiers de dévoiler dans toute leur complexité, les structures fondamentales de la société et de démarquer les antagonismes propres au capitalisme: antagonismes fondés sur des contradictions dont la résolution peut être amorcée par des réformes mais ne pouvant être réglées que par une transforma-\u201d tion radicale, révolutionnaire, du mode de production capitaliste: ces analyses sont le produit, d'intellectuels progressistes cherchant à s'aligner sur les positions du prolétariat et elles se constituent en outils permettant de définir les voies du socialisme au Québec.Bien que les sciences humaines possèdent des règles propres qui leur confèrent une autonomie - relative, elles se situent dans un rapport de classes: ou elles se constituent en support du capitalisme; ou elles dénoncent le système capitaliste par une lutte au sein de l\u2019idéologie dominante; ou elles interviennent dans la transformation radicale de la société en se donnant comme outils de conscientisation, d\u2019une lutte pour le socialisme.Il n\u2019y a pas d'autres issues, il n\u2019y a pas de neutralité possible, l\u2019objectivité n'ayant rien à voir avec la neutralité.Vous qui êtes sociologues, anthropologues, historiens, économistes, politicologues, criminologues, travailleurs sociaux, linguistes,.OU ETES-VOUS DONC?121. MIRIAM AMA bg abet derrière les barreaux Madeleine Gagnon {un i A plis ud ¢ pets {aie Ri 5 le\" à forge 8s! Saisies.Bou omic ud eos ie pe Mes sorts fe a 10 pscgna ver fn gran ment rt Sia evolu tour { Dans un fs pa autre catégorie d\u2019écrivains nor Le journal ASTEUR: un exemple d\u2019écriture militante ASTEUR.LAOS reconnus (dont le travail militant Jes, bulletin du quartier centre -sud A consiste à utiliser P'écriture dansiyiq le but de décrire, d\u2019analyser, defn; susciter et soutenir des luttes).Jeu veux parler du travail réalisé pa un - groupe de militantes duff i quatier Centre-sud avec le journalg: tu ASTEUR.Le journal ASTEURE in en est à sa deuxième année; il ny À CENFRE-SUD, publie cinq numéros par année elf ry.UNE JOURMNEE DES FEMMES cay .est distribué dans le quartier; soggh.SUR LES GARDERIES ., tirage est de 600 exemplaires.BR por - À Semb Dans ce numéro spécial de Les objectifs du 9 lite Chroniques sur les conditions journ al E \u2018it.politiques de l\u2019écriture, il me ogy \u201csemble.important d\u2019accorder la ASTEUR, c\u2019est le résultat d Ty parole, à côté des écrivains travail d\u2019un \u201ccomité de rédac-Ruy, reconnus et en quelque sorte tion\u201d composé de quelques mili- Beg, \u201cprofessionnels\u201d (dont l\u2019écriture tantes, intellectuelles comme vous boy constitue un métier, un travail et moi, mais qui ont décidé defy ; sur la matérialité textuelle) à une mettre léurs énergies au service ti 122. d'un des quartiers les plus gexploités de Montréal.Le Cen- Jtre-sud est composé en majorité de petits salariés, de chômeurs, d'assistés sociaux, de ménagères assistées sociales \u2018\u2018chefs de famille\u201d; dans le Centre-sud, Ia bourgeoisie ne réside pas: elle y est cependant présente par ses usines: CARTER WHITE LEAD, POUPART, CORBEIL SHOE, etc.; quant à la petite bourgeoisie, elle est composée majoritairement de petits commerçants de \u2018toutes sortes et de quelques membres de la nouvelle petite-bourgeoisie: enseignants et \u2018\u2018animateurs sociaux\u201d\u2019: ces derniers se retrouvent en grand nombre, malheureusement réformistes et vaguement sociaux-démocrates, -issus de la \u201crévolution tranquille\u201d, gravitant autour du P.Q.et du R.C.M.Dans un tel quartier, traversé à la pourgeoisie et par celles de la petite-bourgeoisie réformiste, le @ravail d\u2019ASTEUR est loin d\u2019être Mais _laissons-leur la \u201cOù allons-nous mettre nos énergies?- dans des élections qui fondamentalement ne changeront rien à notre'condition; -ou à s'organiser sur nos propres bases, en faisant ensemble l\u2019expérience d\u2019une lutte, l\u2019expérience de notre solidarité, l\u2019identification de nos véritables ennemis?.ASTEUR prône la deuxième olution.(1) Celle de mettre nos Fnergies dans les luttes de quar- ier: en particulier, celle de la taxe d'eau qui est pour nous une @éritable alternative.Le pouvoir Pe \u2018ois par les contradictions de la _ ne s\u2019arrache pas par des élections mais quand les gens a la base: les travailleurs, les ménagéres du quartier, les assistés sociaux et toutes les couches exploitées décident de mener ensemble, à la base, \u2018des expériences collectives (vol.2, .no.2, p.15).(Ce travail d\u2019 organisation étant entendu par l\u2019équipe comme premier pas essentiel vers le pouvoir).- Ces objectifs, on n\u2019a qu\u2019à lire tous les numéros, ASTEUR les réalise - pleinement.S\u2019adressant aux groupes populaires du quartier et voulant \u201c\u2018favoriser la Jiaison, le contact et la circulation d\u2019information entre les groupes\u201d (vol.2, no.1), il s'avère qu\u2019une cinquantaine d'articles ont été écrits par les groupes populaires et qu\u2019avec ces groupes, \u2018\u2018Asteur a réussi a faire des bilans de l\u2019expérience de la Maison du Quartier, de l\u2019expérience de la lutte contre les Bien-Etre malhonnêtes, de l\u2019expérience de la journée des femmes dans le quartier\u201d (vol.2, no.1, p.5).Ajoutons les analyses de luttes sur: les garderies populaires, les camps familiaux, les\u2019 hôpitaux du quartier, le CLSC, les élections municipales, les incendies du centre-sud-en-feu, les greves du quartier (Carter White Lead, Poupart, Corbeil Shoe), etc.ASTEUR constitue donc: un \u201coutil d\u2019analyse et de réflexion du travail de quartier\u201d (vol.2, no.1, p.6), insistant surtout sur les - (1) Pour ASTEUR, les élections, comme tout autre forme de lutte, ne sont pas a rejeter.Mais dans la conjoncture actuelle, il faut développer les luttes et les organisations à la base, afin de créer les conditions nécessaires à l'émergence ou a la consolidation d'un parti révolutionnaire.123.officiers du\u201d luttes populaires (vie familiale, scolaire, santé, loisirs, êtc.), mais ne négligeant pas et les reliant toujours aux luttes ouvrières (vie de l'usine).ASTEUR est cons- cient\u2014et toutes leurs analyses le démontrent\u2014 que si les luttes économiques et politiques sur les lieux de [Iexploitation directe (l\u2019usine) sont fondamentales, les nombreuses luttes contre toutes les formes de discrimination et d\u2019oppression des appareils qui supportent le système d\u2019exploitation (appareils d\u2019Etat familial, scolaire, juridique, hospitalier, etc.) sont aussi essentielles.D\u2019autant plus que ces luttes populaires concernent la majorité du quartier qui n\u2019est pas à l\u2019usine, les femmes, et quelles\u201d permettent de poser les conditions spécifiques de la double exploitation et de l'oppression de celles-ci.D\u2019ailleurs parmi les quelque quinze groupes populaires (garderie dépannage, ADDS, Atelier du meuble, Projet COIN, Sourithèque, Rue.des Pignons, Comité des Femmes, CRICS, Comité de soutien aux luttes ouvrières et populaires, etc.) oeuvrant dans le quartier et .collaborant à ASTEUR, la \u2018majorité des membres sont des femmes (80%).Le rôle du CRICS Le Rôle du CRICS: Si ASTEUR est rédigé par un petit comité de rédaction (quelques cinq militantes) et-par la collaboration de ces groupes populaires, il constitue cependant l\u2019un des principaux instruments de propagande du CRICS (Centre de Rencontre et d'Information Cen- tre-Sud); les autres instruments 124.RE RTT TRIS OC CPE PEER garderies ou camps familiaux, le \" bilan-autocritique: lutter pour de meilleures condi- § IaH étant: les manifestations populai- \u2018 res, les manifestations concrètes de soutien aux luttes ouvrières du quartier et d\u2019ailleurs, la participation à la démarche de certains groupes, le travail dans les | gré 8 dep De fur PA vempo à Carte À ouvrier rs, 10 à sous ET Parl aval oft fonnen nec la M poire BL Pour nous le travail de pi.Jet [4D prio femme sur le voudra dé ur d'ompre de dif comité chaînes théâtre d\u2019agit prop (CRICS), etc.Au début de sa seconde année d\u2019existence (aut \u201974), le CRICS dressait ainsi la liste de ses! objectifs, après avoir fourni son \u2018Alors en réfléchissant, on en est arrivées aux principes suivants qui sont un peu le \u2018\u2018pourquoi\u201d\u2019 de) tant d\u2019activités qui en apparence n\u2019ont pas de liens entre elles: 1- quartier, fait par des groupes populaires, - c\u2019est très / important.Ce travail-la doit mener les | citoyens de Centre-Sud à prendre conscience qu\u2019ils sont exploités- par le système dans lequel on vit.Mais ce n\u2019est pas tout d\u2019être conscient il faut s\u2019organiser.2- S\u2019organiser, ça veut dire mettre sur pied des services communautaires qui répondent vraiment à nos besoins et aussi | tions de vie en mettant toujours de l\u2019avant les luttes pour le contrôle de ces conditions de vie.3- Mais cela, on ne peut pas le | faire tout seuls.D\u2019ailleurs on n\u2019est pas tout seuls à Centre-Sud à se faire exploiter par le gouvernement, la ville, les propriétaires, | etc.Il y a d\u2019autres quartiers qui | nous ressemblent à Montréal | (Pointe-St-Charles, Hochelaga).Il | y a aussi dans notre propre quartier 200 usines qui -font travailler des ouvriers et ouvrières, 1 J - À généralement dans des conditions déplorables.Des ouvriers qui combattent leur patron parce qu\u2019il les laisse à Carter, ça nous concerne.Ces ouvriers pourraient être nos maris, nos femmes, nos frères, nos soeurs, nos fils, nos filles.ET MAINTENANT.travail du CRICS a un sens.En effet, les militantes du CRICS se donnent pour tâches principales, avec la collaboration des autres groupes.1- de développer davantage le travail avec les femmes.Le CRICS et TADDS pensent que c\u2019est une Ppriorité de donner la parole aux femmes pour qu\u2019elles s\u2019expriment sur les changements qu\u2019elles voudraient dans leur vie.Il y a Rdéjà un comité de femmes qui comprend des femmes (bien sûr) Jde différents groupes.C\u2019est ce comité qui va décider des prochaines activités.2- de transformer ASTEUR pour qu\u2019il devienne davantage un instrument de réflexion.Là aussi le CRICS ne travaille pas tout seul puisqu'ASTEUR a - maintenant son comité de rédaction.dire vices dent aussi ordi rode rile 3- de consolider le comité de soutien.C\u2019est déjà commencé avec l'appui à à la lutte de la taxe d\u2019eau menée par l\u2019ADDS.4- de continuer à travailler avec iFcertains groupes pour garder les pieds bien à .terre mais aussi participer à des luttes importantes.\u201d (vol.2, no.1, pp.50-51) Le CRICS est donc \u201c un lieu où se fait une réflexion politique, s\u2019empoisonner au plomb, comme - Partant de ces principes, \u2018le c'est-à-dire où on tente de comprendre pourquoi le gouvernement nous met des bâtons dans les roues à chaque fois qu'on tente de s\u2019en sortir.Un lieu où les groupes savent qu\u2019ils trouvent un - appui dans leurs luttes.\u201d (vol.2, no.I, p.51).Et l\u2019un des principaux instruments de ce lieu: le journal ASTEUR.+ Une autre écriture Une autre écriture: si le travail d\u2019ASTEUR nous dit que l'écriture peur servir directement le travail politique (l\u2019écriture devient alors outil d\u2019agitation ou de propagande) il nous indique aussi les difficultés spécifiques à ce type d\u2019écriture.Prenons pour exemple cette réflexion du comité de rédaction: \u2018\u201c\u201cOn nous a fait encore de \u2018\u2018dures\u201d critiques sur la présentation du journal.Nous le savons, c\u2019est notre gros péché.Les articles sont trop longs, trop dehses, la lecture demande beaucoup de concentration, il n\u2019y a'pas assez de photos et de caricatures.Vraiment, nous allons faire un gros effort pour améliorer la situation.\u201d (vol.2, no.3, p.3).C\u2019est donc ici, clairement,- le - problème de la lisibilité qui est posé.Car si le journal, à court terme, rejoint des militants du quartier, ce sont les masses -populaires du même quartier qu\u2019il vise, à long terme, et ces masses n\u2019ont pas accès aux moyens (de lecture et d\u2019écriture) des classes favorisées.Ce problème de lisibilité, s\u2019il .détermine l\u2019efficacité de l\u2019écriture direéte (d'\u2019agitation, de.propagande), ne devrait toutefois pas être étranger aux autres types 125. d'écriture, par exemple à l\u2019écriture dite littéraire dont Îe travail concerne d'avantage la matérialité textuelle, les recherches for- \u2018melles (grammaticales, syntaxiques, etc.) Mais ces diverses formes ne sont-elles pas supportées par un ensemble de codes et normes eux-mêmes traversés par des idéologies précises (dominantes ou subversives)?Ces idéologies ne sont-elles- pas à leur tour garantes d'organisations économiques et politiques de production et de classes?Une écriture = .- / 1 \u201c \u201cCette fonction de représentation qui est attribuéet aux textes littéraires est elle-même à interroger dans ses modalités et ses présupposés comme un des purement littéraire (matérialité } textuelle) et éloignée de l\u2019écriture directe (matérialité historique) peut constituer une avant-garde, une mode, et se voir récompenser | par les considéfations de la bourgeoisie (prix littéraire, médailles, subventions, etc.).Mais elle ne peut prétendre au réalisme.(2) (2) Sur ce problème précis, voir: B.Brecht Phil Sur le Réalisme; Philippe Haeck, L'A ctionttt.Restreinte; les numéros 6/7 et 7/8 de lai revue Stratégie.Je reviendrai ultérieurement suf cette-notion d'écriture réaliste} + éléments constitutifs du phénomène littéraire.Elle ne va nullement \u2018de soi\u201d cause, qu'UN, ENTRE AUTRES, des rapports se complexes aux autres éléments de \u2018la réalité\u201d qui définissent le fonctionnement du phénomène: littéraire.I n'y a pas \u2018des textes littéraires\u2019: face - au \u2018\u2018réel\u2019 mais des textes qui sont partie du réel.Cette fonction de \u2018représentation\u2019 est elle-même déterminée à chaque époque, dans chaque système social par les rapports effectifs, VARIABLES, qu'entretiennent le langage d'une part, les normes esthétiques de l'autre, avec l'ensemble de la réalit \u2014 2 - sociale.(Tirées de L\u2019 écriture et les textes, de France Vernier, Editions sociales, 1 974, p.! 08) et n'est, en tout état de: La Act produ sont d Non-fy Sir py ql ln ome travail drant{ J egy Cette 4 fir og + nly ing, Que le fy la circulation des lettres Philippe Haeck La question Actuellement les écrivains qui produisent des textes poétiques @ sont divisés en formalistes et en @ non-formalistes.Les premiers sont préoccupés par les formes de la langue, les seconds par les formes de l\u2019esprit.Ceux qui travaillent les formes se soucient avant tout de style, ils manifestent # une grande attention à la langue; ÿ cette attention produit une écriture et une lecture ralenties qui nous amènent à voir que la langue ,,Û est un système: de là quelques-uns il concluent que.la langue est ie }animée d\u2019un mouvement propre, nu aue le champ de la langue est \u201c suffisant pour mener de nom- du style a breuses expérimentations (entendez: déplacements infinis des éléments du système et de leurs fonctions).Les autres qui veulent produire des forces considèrent la - question du style comme secondaire, ce qui ne les empêche pas d\u2019y travailler beaucoup et sans doute plus que les premiers, la force du sens est pour eux première: la langue n\u2019est pas un système autonome, elle est liée à des histoires individuelles et collectives.Bref il y a deux styles: 1.le style formaliste qui pratique des transformations linguistiques, 2.le style historique qui pratique des interventions idéologiques.127 L'aspect progressiste du style formaliste est de montrer que la langue est une matiére qui se travaille, son aspect réactionnaire est de proclamer Fabsence de sens, de pratiquer l\u2019insignifiance ~ \u2018s\u2019immobilise, (cette insignifiance sert à qui?).Le style historique ne comporte pas d'aspect réactionnaire s\u2019il suit les deux règles suivantes: 1.ne pas négliger le travail du style, 2.travailler le sens à partir de la théorie psychanalitique (histoires individuelles) et de la théorie marxiste (histoires collectives).AT Monsieur Fish Louis-Philippe Hébert dans Textes extraits de vanille (coll.- \u201cEcrire\u2019\u201d\u2019, L\u2019Aurore) indique bien à quel style il appartient: \u201cImpossible dans ce cas de prédire ce qui peut se produire, où la fable - s'arrêtera et sur quelle conclusion, aussi inoui de donner à ce divertissement un sens, serait-ce celui de l\u2019absence.\u201d Donc pas de conclusion, pas de sens, seule- -ment le travail du style, \u2018\u201cla danse de l'écriture\u201d; ce \u2018style qui se surveille, qui fait des clins d\u2019yeux complices au lecteur est celui du poète à qui on ne la fait pas (la quoi?la poésie): \u201cQue voulez- vous, dans une vie qui tient plus du verre d\u2019eau que de la rivière, toute émotion est considérable; par bonheur cette partie-la\u2014de mon existence reste cachée aux yeux de la population ambiante: mes locataires ne me jugent que sur l\u2019apparence.\u201d J'aime cette retenue, cette distance face à la poésie, c\u2019est une des bonnes façons de se servir d\u2019elle, ce que j'aime moins c\u2019est cette volonté de 128.travail l\u2019auteur de ne pas faire sens et pour cela de prendre eau de partout, de devenir poisson, girafe, boeuf, homme marécage, etc.Louis-Philippe Hébert cultive les contes de fée: \u201cPlus le jardin plus on regrette avec amertume de ne pas vivre la réplique fidèle d\u2019un conte de fée\u201d; pour cela il invente des fable pleines de comparaisons et de 1 métamorphoses surprenantes.Le de Textes extraits dd vanille peut se ramener aux deux points suivants: 1.Le travail du style: \u2018Je me suis assigné le travail permanent d\u2019une fontaine, u mouvement inlassable (et pour tant comme j'en suis fatigué par moments)\u201d, la plume-fontaine magique, productrice de fables, de l'auteur\u201d est lassante: les]fowl surprises sont en trop grandi nombre, elles s\u2019annulent; 2.laff,\u2019 remontée dans l\u2019enfance: \u201cCettofm investigation ne me conduit nullegits \u2018a part, si ce n\u2019est au cornet géant del mon enfance et encore, unique-gfi | ment par l\u2019efface de la mémoire\u201d ; giraile cette remontée a moins un but&rby historique\u2014voir comment les an-Wfukio nées d\u2019enfance laissent des tracesfffesiion dans une histoire individuelle\u2014ffiey tir qu\u2019un but esthétique: pouvoir Bts prendre le regard dit émerveillé defy l'enfant: \u201cChaque objet, comme}.: chaque corps, chaque livre, con- Jum, tient sa rivière et quelqu'un pouf\"fis y la regarder couler, ses chutesgilii aussi, ses rapides, ses ruisseaux\u201d ts in Je- crois de plus en plus que le iri regard émerveillé de l'enfant est une fiction des adultes qui aiment ing mieux fermer les yeux sur la Jo réalité.Les textes de Louis-Phif ; lippe Hébert coulent dans I'es-Sujy, sence de l\u2019enfance donnant ainsilghiy, une version rassurante du stylefiy li y pat urchar Textes aide \u2019 gant F Lou phe ill déplier mene Trop ids Andre grconst fre fe) horn phil es ref es abe £05 of a ; ral À te te | pré eh ie | le fable ff 5 d deu al à ra ed a t hain 20g a ij ers = |'pulsion poudreuse\u201d\u2019, gent\u201d: 2.gions poudroient\u201d, - res jonctions\u201d Plistoriques de la matière ouvrière Æz'est le croisement: poétique, mais en même temps la surcharge du merveilleux dans Textes extraits de vanille nous aide peut-être à effacer \u2018le cornet géant de mon enfance\u201d: je sens à lire Louis-Philippe Hébert l\u2019atrophie du merveilleux, cela par un déploiement large et -terne du merveilleux lui-même.a matière ouvrière Trop plein pollen.Fragments lucides (Les Herbes Rouges no 23) d'André Gervais, \u201cce scrabble en circonstance d\u2019abeilles\u201d, est un autre texte quiécrit sur le texte, et pourtant\u2019 c\u2019est comme si on en parlait pour la première fois tant es références aux mouvements des abeilles sont constantes et nouvelles (les références proviennent de l\u2019ouvrage de Karl von Frisch, The Dance Language and Drientation of Bees).L'écriture les \u2018\u2018abeilles ouvrières polysèmes en lutte\u201d est caractérisée par deux raits: 1.le poudroiement: \u201cla mitraille du pollen\u201d, \u201cla poudre ur la page\u201d, * \u2018un.texte pollinisé\u201d, \u201cprécises bositions poudreuses\u201d, \u2018\u2018the pow- Biery thread of effraction\u201d, \u201cpas- gages polliniques\u201d, \u201celles corpus- lulent parcellent bribent pol- le croisement: \u201cles onctions I'exécutent\u201d, \u201cles jonc- \u201cpoudreuses \u201cplaisirs sur en d\u2019au- , \u201cles articulations tollisions\u201d, natrice\u201d, \u201c\u2018frétillantes intersec- ions où je suis semée\u201d.Trop plein pollen est une bonne illustration e la définition de l'écriture noderne: polysème (c\u2019est le pou- roiement du sens) et historique \u201cpratiques inguistiques / pratiques sociales\u201d).Ces textes sont un petit traité d'écriture et de lecture utile à qui veut \u2018\u201cparler sa langue dans d\u2019autres langues\u201d, on a là le fonctionnement du sens sous les yeux, il reste aux lecteurs à partir de ces éléments à inventer leurs trajets (\u2018\u201cje trajet travail\u201d, le jet du je.sa trace, son travail pour \u201cproduire sur beaucoup un mouvement dans le langage\u201d).Un livre difficile par son style qui omet volontiers les \u201cmots de liaison, son trajet ressemble à \u201cla mitraille du pollen\u201d, une série de points qui marque le dessein d'écrire clairement; ce livre formaliste annonce dans sa\u2019 deuxième partie des-textes historiques à venir, du moins c\u2019est ce que je lis dans la phrase suivante: \u2018\u201cdans le langage il y a la problématique claire la vérité pratique/ la pratique sociale\u201d.Tout se passe aujourd\u2019hui comme si les jeunes écrivains éprouvaient d\u2019abord le besoin de connaître leurs matériaux de travail avant de produire historiquement: voir des livres comme Suite logique de Nicole Brossard ou Au \u2018sujet\u2019 de la poésie de François Charren dont le seul sujet est l\u2019écriture elle-même.De tels livres étaient nécessaires pour révéler le fonctionnement de l'écriture mais aujour- d'hui ils commencent à l\u2019être moins: nous avons hâte que les jeunes écrivains se servent de leurs matériaux pour nous apprendre des choses neuves sur nos vies.Naked women - -La publicité discrète (les Herbes rouges no 25) de Roger Des Roches est un tissage de caresses, de langues et de sexes.On croit toujours que le-style formaliste n\u2019a 129. plus rien a écrire sur la sexualité et pourtant à chaque saison ou presque nous avons à lire des textes qui reprennent cette conjonction.II faut commencer, devant ces productions si heureuses, à chercher comment cette conjonction de style formaliste et de la sexualité favorise ces bonheurs.J'aligne ici quelques raisons: 1.l\u2019exploration du féminin: la langue maternelle et le corps féminin; 2.le principe de plaisir: plaisir d'écrire, plaisir de faire l'amour; 3.un.élément commun: la langue; 4.l\u2019écriture par définition étant subversive (elle transforme l\u2019usage courant de la langue) n\u2019est-ce pas la renforcer que de traiter d\u2019idées subversives comme la transformation des rapports sexuels?Mais à tant écrire sur la sexualité et de façon si discrète \u2014 voir toute l\u2019humidité accumulée et tous les glissements auxquels on fait des allusions \u2014 n\u2019est-on pas en train de reconduire la mélancolie romantique: \u201cla santé d'un lit défait\u201d est rare comme \u201cde bons gestes\u201d\u2019 qui remplissent de satisfaction.Dans quelle mesure tous ces glissements produits dans le texte par\u2019 les parenthèses, les guillemets qui retiennent -une langue familière ou anglaise, les notes en bas des pages, l\u2019usage des italiques, les mots inachevés, ne.nous donnent-ils pas comme modèle une excitation à fleur de peau qui éloigne de la satisfaction?Une phrase comme celle-ci \u201cla bulle des lèvres contre le poil tiède\u201d me fait penser au voile discret des photographies d\u2019adolescentes de David Hamilton; et si l\u2019auteur du texte était cette \u201cadolescente travailleuse\u201d qui produit \u201cCe doux rêve de sperme calfeu- 130.dos, ne développe pas pourtant de \u2018contentant de \u2018\u2018tourner autour du.RAR) trant ma bouche, bonhomme\u201d! Comment lire cette note: \u2018\u2018mais je dans ton ventre ou je dans ton tendresse, mais sûrement assez #.goulu gofgé qui me regarde bien.(tournant autour du pot)\u201d?Dans Thé quelle mesure le discours discret.J?sur les comportements sexuels ou à leur\u2019 opposé les pratiques } sexuelles multiples (par la diffé- ÿ rence des partenaires, leur nom- J bre qui marque souvent que je ne choisis pas) ne conduisent pas à #; l\u2019absence d\u2019amour, à une méca- \u201d nique sexuelle qui me laisse vide, silencieuse ou silencieux, qui me j- laisse à moi, à rien, serré (e) dans } l\u2019étau sexuel, à juste bon(ne) à j pleurer sur qui, ou encore a une J.évocation stérile d\u2019excitations qui ne seront jamais satisfaites, cette ## évocation tenant lieu de plaisir (la sublimation court toujours), se pot\u201d?Comment lire ?Comme le texte moderne est polysème pourquoi ne le lisons-} nous pas ensemble au lieu de rester démuni (e) -dans nos lectures solitaires?Comme lef texte moderne est historique À\" pourquoi ne cherchons-nous pas, quels bouleversements idéologiques il entraîne?Et puis n\u2019hésitons pas à écrire nos lectures, c\u2019est | ainsi que nous deviendrons selons£.le mot de Brecht nos propre historiens(ne)s.La lecture qui n\u2019est pas accompagnée de l\u2019écriture est souvent \u201cperdue\u201d, elle vient augmenter les traces in-Æ.conscientes au lieu d'\u2019aider àŸ éclaircir nos rapports aux autres.Pour cela préférons le style L.historique au style formaliste.A ER lig\" lis 1 top: ant de- age een Dang?ie els oy ques (iff on: Jo pis ECs Vide, Ii me dans Ke à à Um 5 qu cet sir (a J, 5 ur \u20ac Je song a 14 x righ 5 Pi ol This La 0 se op 0 [get ds bi fr i sit te sur le théâtre hérèse Arbic > Grand Cirque Q rdinaire Etiez-vous là quand il passa le peau carosse éblouissant de \u2018la 'évolution promise?° Le plaisir que vous éprouvez à a Tragédie américaine de l'\u2019en- ant prodigue du Grand Cirque Drdinaire tient à l\u2019atmosphère ans prétention du spectacle, à ine musique qui correspond au ipontanéisme du jeu, à la part l\u2019improvisation, au plaisir des icteurs et, au théâtre retrouvé.win d\u2019un naturalisme vériste, ju\u2019utilise la majorité des auteurs uébécois, le spectacle du Grand Cirque Ordinaire intègre et dé- nystifie toutes les techniques héâtrales: danse, chant, musi- ue, jeu et- texte, décors, costu- es, éclairages, avec une telle lvidence que toute confusion héâtre / vie s\u2019en trouve dissipée, tout en dénonçant par la satire le rôle de la famille dans notre société ainsi que les courants d\u2019idées \u201cpop\u201d et \u201chip\u201d, le terrorisme, un intellectualisme déséché et un certain militantisme doctrinaire et étroit qui a caractérisé les dix dernières années, tant au Québec qu\u2019en Amérique du Nord.Leur dénonciation porte sur la \u2018société en général, dans les champs même choisis par le courant contre-culturel: transformation des rapports interpersonnels, acceptation des rapports sexuels hors les cadres étroits du.mariage, recherche d\u2019un\u2019 partage meilleur des biens personnels, expérimentation d\u2019une vie communautaire, etc.La critique porte évidemment sur Un mode de vie et le spectacle aboutit à un constat 131. d'échec de toutes ces expériences.(1) Un théâtre pour qui ?.L'insistance et la complaisance narcissique dans le jeu\u2014auquel « s'identifie tout spectateur et acteur atteints d\u2019exhibitionnisme et qui caractérise actuellement le métier d\u2019acteur transforment notre \u2018plaisir en déplaisir, je dirais, jusqu\u2019à l\u2019exaspération.La longue énumération descriptive des champs de dénonciation ramène toujours le spectateur au même constat d\u2019échec en passant par un cheminement et\u2019 des procédés satiriques identiques.Un choix de style de jeu d\u2019acteur qui diffère selon les époques représentées\u2014 que l\u2019on retrouvait également dans L'Opéra des pauvres et l\u2019utilisation de l\u2019improvisation égarent parfois le spectateur et ralentissent le rythme pour le sdul plaisir des acteurs.Du théâtre pour comédiens où chacun fait son numéro simplement.pour le plaisir de jouer.A la fin du spectacle, deux enfants innocents aux espoirs déçus, broyés par la vie et trahis par les \u2018\u2019autres\u201d accusent, soutenus par le choeur des comédiens: \u201cEtiez-vous là quand il.passa le beau carosse éblouissant de la révolution promise?\u201d Le -thème central de la pièce s'apparente aux thèmes développés dans une grande partie de notre dramaturgie nationale en passant par Aurore l'enfant martyre, Ti-Coq, Les Oranges sont vertes, La Charge de l'orignal épormyable, Wouf Wouf et combien d\u2019autres: l\u2019enfant maltraité, le bâtard ou poète incompris, l\u2019innocent souillé et abandonné par la société que la 132.MERCI PS révolution promise n'a pas com- ¥ blé.pur La révolution promise fi Au début des années \u201960, y pendant que le Québec vivait sa pts _révolution tranquille, les Etats- we Unis vivaient leur \u201crévolution\u201d 5 culturelle.Pour protester parti-§*\" -culiérement contre la guerre au pin Vietnam et, de fagon plus géné- gs rale contre le mode de vie pia américain centré sur le profit et la ff\" consommation, toute une généra- JP tion d\u2019Américains, puis de Cana- a \" diens et enfin de Québécois ont i tenté sur des bases individualistes de changer leur façon de vivre en protestant contre toute .forme d\u2019autorité et tout conformisme.A la suite de la génération beatnik aux Etats-Unis, des mouvements | sont nés tels que les Yippies et les Hippies (au théâtre c\u2019est du Living Theatre, au Bread and Puppet, au San Francisco Mime Troupe et au El Teatro Campesino à qui l\u2019on doit les premières expériences de transformation de l\u2019esthétique théâtrale et, partant sociale).Ces mouvements, ont donné naissance à deux orientations principales: d\u2019une part, une génération de Mopper Jon, un Que ma fes out jucatio François ie) jeux, 1 \u2018adieu # À cu lire Jause de Ie Ki Pipe Fenty clue drop-out, \u201cde clochards célestes ff de en quête d\u2019une vie béate hors la §oip vie, rebelles solitaires sans danger Juli pour l'ordre établi\u201d ceux qu'on Pil appelle les tenants'de la contre- fl pa culture qui proposent des formes Pits de vie nouvelle, vie anarchiste Fin dont l\u2019expression de soi et, ce [ni qu\u2019on a appelé le \u2018\u201c\u2018ici\u2019\u201d, mainte- fi tsp nant\u201d et le \u2018Paradise Now\u201d [thy s\u2019articule dans une grande mesure Py, (1) La même constatation s'impose d\u2019ail- re leurs après la Semaine de la contre-cultu- | re qui vient d\u2019avoir lieu à Montréal, à la fin d'avril, où les rencontres se sont déroulées dans la confusion la plus complète.Wii {ler lr - SOIT Com.lise 4 ai § État Uion'§ part Me à a e vid tet ener Cam) is on fst mea form me eat Ter et le Livin 4 cet lt, ces de gigs ) sl pal on 0 eles ors fang: qi ont jm eh it ob ai} Nr mi gi pci Al jou ple.ur des philosophies orientales.\u2019autre part, une génération de ilitants qui s\u2019attachent, surtout wx Etats-Unis et au Canada nglais, à \u2018\u2018instaurer des démo- rraties locales, dans les quartiers, es écoles, les usines et\u2014contrai- ement aux \u201ccités libres hippies ui fonctionnent en circuit fermé, epliées sur elles-mêmes, totale- nent en marge de la société, \u2014es \u2018structures parallèles\u201d mises en place par les radicaux (les mili- ants) ne veulent pas seulement ffrir une solution de rechange tux structures officielles ni déve- opper une \u2018\u2018sous-culture\u201d d\u2019éva- ion, underground et psychédéli- Jue mais donner au mouvement les outils d\u2019organisation et d\u2019é- \"70, Créer plusieurs théâtres [hédtral, automne leux, trois, \u2018radicaux\u201d.) .A cause de la situation parti- ruliere du Québec, c\u2019est-a-dire a rause de la question nationale et le la recherche de l\u2019identité du peuple québécois, cette deuxième rientation a, au Québec, dévié en juelque sorte, principalement 'ers des mouvements nationalises.Cependant, parallèlement des nilitants ont mis sur pied des vomités de Citoyens, par quartier mais par la suite certains d\u2019entre lux se sont regroupés en Comités l\u2019Action Politique.Actuellement, tes militants travaillent en groupes restreints au développement le la conscience de classe des buvriers et à l\u2019organisation de la lasse ouvrière.Ils ont .favorisé \u2018apparition de troupes de théâtre l\u2019agitation-propagande qui, à \u2018heure actuelle, sont seules à lenter sur des bases prolétarien- lucation: de radicalisation.\u201d\u201d Frangoise Kourilsky in Travail nes un travail de conscientisation de la masse des ouvriers en milieu populaire par les moyens du théâtre.(Voir l\u2019entretien du Théâtre Euh! dans le numéro S \u2018de la revue).Pourquoi ce détour historique ?Les comédiens du Grand Cirque Ordinaire animés de préoccupations sociales évidentes depuis T'es pas tannée Jeanne- d'Arc, T'en, rappelles-tu Pibrac?et maintenant avec La Tragédie américaine de l'enfant, prodigue flirtent pour ainsi dire avec le politique.Dans un entretien qu\u2019ils accordaient à la revue Stratégie (No.9 été 1974) le Grand Cirque Ordinaire avouait: \u201cOn n\u2019est pas pamphlétaires et on ne le deviendra jamais.Cependant, nous sommes conscients que for- -cément, ce que l\u2019on fait devient social et politique.Je dirais davantage social car j'ai peur de dire politique.\" Depuis Dario Fo Faut jeter la vieille et Mystero Buffo, auteur italien adapté a Montréal pour la scène du TNM\u2014dont les sujets ne sont évidemment pas québécois\u2014 aucun spectacle .théâtral n\u2019a poussé aussi loin la dénonciation de la société actuelle québécoise.Mais La Tragédie américaine de l'enfant prodigue dénonce, non seulement sans articulation politique et en occultant les rapports de force qui opposent les classes sociales en mode de production capitaliste mais én ridiculisant même les champs explorés par la contre-culture.Le pessimisme du spectacle me semble caractéristique d\u2019une situation bien concrète que vivent 133. les comédiens dans notre système.L'espoir déçu de pauvres victimes innocentes et impuissantes ainsi qu\u2019ils se présentent à la fin du spectacle, camoufle les causes réelles du malaise.Le Grand Cirque Ordinaire, après dix années de :travaili\u2014même dans des conditions exceptionnelles puis- qu\u2019il a bénéficié dès ses débuts d\u2019une aide financière du gouvernement québécois par l\u2019entremise du T.P.Q.\u2014est ramené, après chaque spectaclé, au point de\u2019 départ c\u2019est-à-dire à la recherche .de subventions et d\u2019une scène où il \u2018pourrait \u201c> trouve-t-il pris au piège du circuit commercial des théitres profes-.table: | | ; sner à coup de gun, de matra-g sionnels.De toute évidence, les choix sont difficiles pour les comédiens d'aujourd'hui: soit d\u2019une part, ils souhaitent gagner leur vie avec ce métier mais il leur faut d\u2019abord \u2018attendre: qu\u2019on \u201cdécouvre\u201d\u2019 leur \u201ctalent\u201d (2) ou \u2014et c\u2019est là que le choix du Grand Cirque Ordinaire demeure ambigu\u2014 après une analyse concrète de la situation, ils choississent de travailler avec les moyens du théâtre (sans pour autant tomber- dans l\u2019anecdote - politique) à la transformation sociale pour que les conditions objectives permettent aux divers métiers des gens de théâtre d\u2019être considéré au même titre que tous les autres métiers et ne constituent pas uné chasse gardée pour les seuls \u2018\u2018happy few\u201d que le marché actuel peut absorber.C\u2019est un des rares métiers, actuellement, où le chômage est chose admise et \u201callant de soi\u201d pour ceux qui ne travaillent pas, puisqu\u2019ici travail et.succès sont systématiquement liés à \u201ctalent\u201d.Sur 1,500 comé- 134.- - compromis! s\u2019exprimer\u2019\u2019 et ainsi se .Eel diens, chanteurs, danseurs, de l\u2019Union des Artistes, les enquêtes ont démontré qu\u2019à peine 250 per-Ï sonnes gagnent leur vie convenablement et ce, au prix de quels «On est la génération perdue, nous autres» + = Faure Sans cette analyse et Iarticull lation politique et économique de la situation du théâtre au Québec tant d'efforts risquent de conduire dans une impasse où les lamen tations n\u2019en finiront plus de perpétuer une situation inaccep4 i\" table: \u201cNous on s'est fait assas-# que.Ils nous ont tués.(.) On est} la génération perdue, mous autres.On est entre les deux.(.) Ton ce genre de théâtre qui est nouveau ici, t\u2018amene à rompre avec les-autres théâtres traditionnels et ce qu\u2019ils véhicülent.\u201d -refus du système t\u2019amène a faire] Iya ous om (Grand Cirque Ordinaire dans -#oi\"| Bus der Stratégie).Pour être efficace, le refus du système doit obligatoirement s\u2019accompagner d\u2019une analyse du système et d\u2019une réflexion sur les moyens à prendre pour le changer: c\u2019est habituellement là que se situent la peur et la faiblesse des anarchistes-et la force des militants.Mais la révolution ne se fera pas par certains pour ceux qui croient la mériter.C\u2019est ensemble, avec les ouvriers, que nous devons tion encore à venir.> eile 4 Piston Joram; es styles ubisme | Dale | | tion Stoke qu crobate leno ki lis .auf ' construire maintenant ce \u201cbeau } 5 carosse éblouissant\u201d de la révolu- fu, jy Dom À fn, (2) Talent: vertu accordée dès leur nais- La by sance par une opération magique a ceux|| iL \u201ci Ci H qui ont du- \u2018\u2018succès\u201d\u2019.I RE EY I, i Wuete Indu lames us { 1a00ep 55 Mat 0nd Autry JT à fi là Om (itn ent il fs à ns 6 rk che qs 656 ; qu gle y à on der \u201cho b io formes des choses, peinture de la vie d aurent-Michel Vacher L'ère de l'avant-gardisme Il y a au moins trois choses éjouissanteés dans l\u2019article de \u2018om Wolfe \u2014 \u201cThe Painted Vord\u201d (1) \u2014 que je signalais le nois dernier: une satire psycho- jociale du petit monde des arts lastiques contemporains; un pa- jorama caricaturé de l\u2019évolution Les styles de 1945 à nos jours, du ubisme à l\u2019art conceptuel; une malyse acrobatique du rôle de aution que tient dans toute cette histoire le discours théorique de la ritique d\u2019art.Satire, caricature, .icrobatie, ce petit texte a de urcroit un mérite non négligeable: il est vrai, quatrième motif de éjouissance.Pour moi, cet article aut qu\u2019on s\u2019y arrête; il est un ptome: le modernisme s'é- uise, l'ère de l'avant-garde tire à a fin.,ifla bohème et la mode LA | Depuis le dix-neuvième siècle, Jin scheme assez simple régit les rapports de l'artiste et de la société: l\u2019artiste se marginalise, ce qui lui permet de produire de la différence et de la nouveauté, matière première dont la grande bourgeoisie a doublement besoin, d\u2019abord pour se distinguer, en- suité pour se renouveler (ce qu\u2019on appelle la mode).Dans les deux cas (pour les artistes et pour la grande bourgeoisie) il s\u2019agit principalement de snobisme: rien ne compte plus que de se distifiguer du commun, du peuple, du monde ordinaire, des philistins, de \u2018la \u2018classe moyenne\u201d.Pour l\u2019artiste, cela se nomme la bohème; pour les riches et pour l\u2019\u201célite\u201d\u2019, il s\u2019agit d\u2019être l\u2019arbitre des élégances.La bohème et le chic sont les deux mamelles de l\u2019art moderne.(1) Dans: Harper's Magazine, avril 1975, pp.57-92.135. Comme le montre T.Wolfe, il en résulte trois traits notables.1: le monde de l\u2019art est un village qui vit en vase clos.Quelques milliers d'artistes, quelques milliers de connaisseurs de l\u2019Occident.2: la moitié de ce \u2018\u2018village\u201d (le \u2018\u2018beau monde\u2019 et les connaisseurs) surveille l\u2019autre (la bohème) dans l\u2019attente de quelque chose d\u2019inédit, de \u201cmoderne\u201d, de neuf.3: la bohéme se compose de cénacles, d\u2019écoles, de cliques, de coteries qui chacunes recherchent l\u2019idée nouvelle propre à les faire sortir de l\u2019ombre.Le fait que, par leur non-conformisme nécessaire, les artistes ne soient plus associés.organiquement aux classes sociales dont ils servent la vision du monde, engendre naturellement la formation d\u2019un processus de rencontre (T.Wolfe dit: un rituel matrimonial) destiné à conjoindre la bohème \u201c\u2018anti-bourgeoise\u201d et ses acheteurs-bailleurs de succès \u2014 les grands bourgeois et l\u2019intelligentsia.: Cette \u2018\u201c\u201cdanse apache\u2019 a lieu en deux temps: d\u2019abord artiste \u2014 qui ne réve secrétement, comme l\u2019a dit Freud, que de célébrité, de fortune et de triomphe sexuel \u2014 promène son produit et ses idées \u2018révolutionnaires\u2019 parmi les cliques, les cafés et les soupentes de - la bohème \u2018\u2018avant-gardiste\u2019\u2019, avec l\u2019air de ne penser qu\u2019à son oeuvre et de mépriser souverainement les critiques, les marchands et les collectionneurs de la haute société.En second lieu, les envoyés du \u201cgrand monde\u201d (directeurs de revues, directeurs de - musées, directeurs de galeries, etc.) jettent leur dévolu sur tel ou tel courant, style ou école jugé suffisamment original ou \u2018\u2018scandaleux\u201d.L\u2019artiste, qui n\u2019attend que ça, résiste plus ou moins, pour la forme, puis s\u2019abandonne aux délices de- la gloire Il a trouvé ce qu\u2019il cherchait.En ce qui concerne le 136.grand bourgeois, il est assuré def!\" régner sur la mode, de seg distinguer de la foule (et des !! riches incultes); il se sauve de la médiocrité de l'argent, il sef¥ dédouane.Avant que, par l\u2019en-#lË« tremise des mass-média et duo prét-a-porter, le grand public neff soit mis au courant, la mode a#s ?tranché \u2014 les beaux quarters cultivés \"de Milan et de Newgm® York, de Paris et de Munich, on: rendu leur verdict: ce sera l\u2019annédi qu du Pop, l\u2019année de l\u2019Op, l\u2019anné&#- du Minimal.Etre à la mode c\u2019est# pour eux être \u2018\u201c\u201cmoderne\u201d\u2019, choisit [4 le neuf, le paradoxal, le jamais-vu.La différence avant toute chose.aud - De La valse des dollars {ii ausif Les arts plastiques sont servis: ff tie toutes leurs avant-gardes ont étégun ainsi fabriquées, assimilées, a-Ÿrmtl chetées, encensées.Au cinéma, auf i: théâtre, en littérature, il y a trop} de sens et trop de complexité, fi c\u2019est pourquoi on trouve des fi novations progressistes dont la jum force subversive n\u2019a pas été Jui totalement diluée dans la recon-#'pa naissance pare snobisme culturel#t tu de-l\u2019\u201célite\u201d.Mais dans les arts} plastiques! Tom Wolfe exagere?j li Pas tant que ça.Vous auriez dii§®u visiter le mois dernier, a la Galerie §u/; Waddington, sur la rue Sher- pti brooke Ouest (bien entendu), | di cette belle exposition rétrospective }tlin de l\u2019art, surtout abstrait, améri- {ent cain surtout, des années 50-60: ji j une sélection de quelques artistes Yh, assez connus, représentatifs de fa fi l\u2019Expressionnisme abstrait, du jn, \u201cColor field painting\u201d, du Pop- jou Art.Des exemples?Sam Francis, It y; White Green Pink, 1950, huile sur } ii toile, 654 x 38 pouces: $95,000.! te y Hans Hoffman, Surf, 1959, huile : iy; sur toile, 724 x 604: $90,000.Jig, Milton Avery, Dark Inlet, 1963, in huile sur toile, 50 x 60: $90,000.Hg sa per er ¢ ae ond eu n° ÿ nement | théorie justifie, @ paradoxes définitifs et profonds, par quelques sentences sans ap- Morris Louis, Horizontal N° 11, 1962, acrylique sur toile, 14 x 10044 : $54,000.Andy Warhol, Mao Tsé-toung, 1972, acrylique sur toile, 82 x 64: $47,500.! (Et ce ne sont pas là les valeurs exceptionnelles d\u2019artistes illustres consacrés par le temps: mais bien les prix de vente d\u2019oeuvres récentes de second plan.On voit par cette liste partielle qu\u2019il ne s\u2019agit pas du cas isolé d\u2019un quelconque Picasso.) ~ La réduction au discours pur De cette première analyse découle logiquement ce qui suit au sujet des styles et du rdle de la théorie.Du cubisme à [art conceptuel, les écoles qui jalonnent l\u2019histoire de l\u2019art occidental de la seconde guerre mondiale à nos jours ont des traits communs: nouveauté soudaine; absence de réalisme (ou, à la rigueur, détour- aussi formaliste que possible d\u2019un apparent réalisme: Pop-art, Photoréalisme); abolition @ de toute fonction évocatrice (du réel, de \u2018significations, d\u2019émotions); réductionnisme.Ah, le réductionnisme! Tom Wolfe voit tout l\u2019art \u2018moderne\u2019 comme une entreprise monomaniaque de réduction: on s\u2019est débarrassé du réalisme narratif, de toute représentation de l\u2019objet, de la profondeur, de la touche, du dessin, de la toile, du mur, de tout visible» Et au fur et à mesure qu\u2019on se débarrassait de tout, que les oeuvres devenaient plus formalistes, plus abstraites, plus décharnées, plus vides, il fallait coûte que coûte que le discours de la par quelques pel, cette production \u2018qui, sans mot de passe, aurait eu trop l\u2019air de ne rien vouloir dire.Ce que Rosenberg et Greenberg ont fait pour l'Action\u2019 Painting et l\u2019Ex- pressionisme abstrait, ce que Leo Steinberg a fait pour le Pop Art \u2014 et aussi ce que Fernande Saint- Martin a fait pour les Plasticiens | \u2014 c\u2019est de fournir un discours savant qui soutient et- justifie l\u2019entreprise réductionniste de l\u2019avant-gardisme en lui prêtant une substance.Il faut dire et redire ces choses.Il faut aussi, comme j'ai voulu le faire dans mon Pamphlet sur la situation des arts du Québec.(¥) replacer ce devenir de la pratique artistique \u2018\u2018moderniste\u2019\u2019 dans le cadre du fonctionnement économique de la société de consommation.Il faut se méfier, bien sûr, de tomber dans le piège du conservatisme et du rejet global, sous prétexte de \u2018\u2018décadence\u2019\u2019, de toutes les recherches et de tous les accomplissements esthétiques de l\u2019époque (2): la toile de Sam Francis (White Green Pink, 1950) dont je citais plus haut le prix est aussi un tableau admirable.En attendant, ces charges contre I'\u201c\u201cart contemporain\u201d ne peuvent qu\u2019être saines, si elles contribuent à démonter les ruses de l\u2019ambition, les tentations du snobisme, le culte de la différence.(\u201cLe Chic (glamour) ne peut exister si l\u2019envie sociale n\u2019est pas un sentiment commun et répandu.La société industrielle, qui est allée en direction d\u2019une démocratisation et n\u2019a fait que s\u2019arrêter à mi-chemin, est la\u2019 société idéale pour engendrer ce sentiment.La recherche du bonheur individuel a * Editions de l\u2019Aurore, 1975.(2) Mais le discours du conservatisme est bien différent de celui de Tom Wolfe: c\u2019est celui, par exemple, de J.E.Muller dans L'Art et le non-art, Paris, Somogy, 1970, 192 p.137. été reconnue comme un droit universel.Mais les conditions sociales réelles font que I'individu se sent impuissant.Il vit dans la contradiction entre ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il voudrait être.Ou bien il devient conscient de la contradiction et de ses causes, et rejoint alors le combat politique pour une démocratie authentique (ce qui implique, entre autres choses, le renversement du capitalisme); ou bien il vit en étant continuellement en proie à une envie qui, associée à son sentiment d\u2019impuissance, se dissout dans le rêve éveillé perpétuel (3).\u201d) Dénoncer les snobismes que permet l\u2019avant- garde formaliste est l\u2019une des tâches de l\u2019heure.Interroger le réductionnisme en est une autre.Lorsque Marcel Saint-Pierre, dans un esprit qu\u2019on peut supposer proche de celui du , groupe français Support-Surface, expose (à Média Gravures et Multiples) des toiles enroulées et trempées dans la peinture, puis, | déroulées et accrochées au mur, offrant au regard un.dégradé régulier de taches, on a beau savoir que le discours de la matérialité picturale, de l\u2019écriture plastique et de sa déconstruction, pourrait efficacement s'appliquer aux aspects critiques de ce travail, comment ne se sentirait-on pas mal à l\u2019aise devant une recherche sans-la-théorie-pour- | pure qui, aller-avec (comme dirait T.Wolfe), a objectivement pour principale fonction d'imposer une nouvelle avant-garde et d\u2019épater le béotien (4)?(3) John Berger et al Ways of Seeing, B.B.C.& Penguin Books, 1972, p.148.(4) A défaut d'avoir accès aux textes du groupe évoqué (par exemple la revue Peinture, pendant artistique de Tel Quel), on lira les passages consacrés à Support- Surface dans: A.Tronche, L'Art actuel en France, Balland, pp.274-83, et: Jean Clair, Art en France: Une nouvelle génération, Ed.du Chêne, pp.90-111.\u201cAussi importe-t-il d'étudier la nature historique des diverses médiations, variables selon les époques et les modes de domination des idéologies dominantes, par lesquelles passent les rapports entre infrastructure, autres éléments des superstructures et phénomène littéraire dans une société donnée, à une époque donnée.C'est à partir de là que l'on pourra déterminer les lois qui régissent ces rapports.(C'est à partir de là que pourra précisément .s'analyser le travail spécifique de l'écrivain.)\" (Tirées de L'écriture et les textes, de France Vernier, Editions sociales, 1974, p.49) ik thy Rép avant Service Une in 4 sation mie | Justify dete Mani ag fio d LE À Parle À io à Tithe PU [ tl i ate ele EN § Lat i Mi | Titi a ng 0 fit opt entre fre it 0 [ \u201d ports nh it) i télévision/idéologie Réjean Jacques choses.Mais c\u2019est d\u2019abord et avant tout une institution au service de l\u2019entreprise capitaliste, une institution dont le discours de propagande opère pour la réali- | sation du profit maximum: en même temps qu\u2019il reproduit et justifie le système qui le détermine et lui permet de sé manifester.Il'justifie, tout en le masquant, le procès de produc- \u2018tion de l'objet publicisé.L\u2019arme principale: la privation d\u2019Histoire par le mythe.Barthes écrit dans* Mythologies (p.239): \u201cen lui (le mythe), l\u2019histoire s\u2019évapore; c\u2019est une sorte de domestique idéale: elle apprête, apporte, dispose, le | maître arrive, elle disparaît silencieusement: il n\u2019y a plus qu\u2019à jouir sans se demander d\u2019où vient ce bel objet\u201d (1).Pendant une partie de hockey, la publicité \u2014 je retiendrai le texte et sa programmation \u2014 indique assez bien comment se génère, s\u2019édifie et se Du coke, de Ia bière et du poulet frit à la Kentucky La publicité, c\u2019est beaucoup de conserve une idéologie qui main- tient- en place les rapports de production.Ces rapports maté- - riels s\u2019évaporent dans une mythologie qui donne d\u2019un message à l\u2019autre l\u2019image d\u2019une cohérence naturalisée.L\u2019essence divine d\u2019Esso Impérial _ Dans le premier message, le maître se présente, se fait connaître et reconnaître comme Sujet.Il est marqué de l\u2019effigie royale: Esso Impérial.Sa mission, elle, tient de l\u2019essence divine: trouver de nouvelles sources d\u2019énergie, es renouveler la vie comme Dieu ' dans la mythologie judéo-chré- tienne avait pour mission de transmettre l\u2019origine de la vie.L\u2019infrastructure est mise en place, déplacée cependant dans.son historicité: la crise actuelle de l\u2019énergie, reliée à des conflits d'intérêts économiques est bien - 139. nee ee YT re a rr IC ARSE RIIE SLIM Me aH ae ata sûr occultée dans la représentation du Sujet.Le travail d\u2019Esso Impérial dans le grand Nord Canadien est un \u2018\u201ctravail d\u2019exploration\u201d \u2019 non d\u2019 exploitation.Le discours dominant réserve le terme \u2018\u2018exploitation\u2019\u2019 aux salaires que la compagnie doit payer à ses employés.Dans le dernier texte de la soirée, Esso renseigne les actionnaires sur ses opérations financières.Le Sujet informe ses sujets mais l'information qu\u2019il présente est donnée sur la base d'un dollar.Le -Capital est minimisé, le gain totalise au plus une fraction.Le dieu impérialiste américain est un dieu infiniment bon, infiniment aimable et juste envers ses sujets.Le système capitaliste avancé a aussi ses héros: ici, dans le premier message d\u2019Esso: l\u2019aéroglisseur.Il possède toutes les caractéristiques du héros antique, du Christ aussi.Comme lui, il naît de l\u2019union des forces célestes et terrestres, il a le pouvoir magique de marcher sur terre et sur eau.La force physique de l\u2019aéroglisseur est peu commune: il est-\u2018\u2018une solide bête de somme\u2019\u2019; sa force spirituelle, presque.surnaturelle: \u201cil peut acoster là où 1l n'existe pas de quai\u2019.Privé de son origine, l\u2019 aéroglisseur se fait homme comme le Christ se fait chair.Par le Verbe: tous les procédés de personnification du discours.I subit.aussi le baptême initiatique qui le prépare à sa mission: \u201crete dernier, ce véhicule a participé pour la premiere fois aux travaux d\u2019Esso Impérial\u201d.Comme le - héros antique, il est le substitut du roi au combat, un combat é épique: il aide Esso dans sa \u201c\u2018tâche coûteuse et longue de trouvet de mouvelles sources d\u2019énergie\u201d\u2019.L'essence de \u2018sa fonction est guerrière: vaincre l\u2019ennemi, le mal, bien sûr naturels: l\u2019épuisement des forces énergétiques qui 140.met en danger la survie de l\u2019homme.Son combat est un combat singulier au service de la collectivité.Guide spirituel et matériel, l\u2019aéroglisseur achemine le matériel et le personnel sur cette terre de Caïn.Justifié par la nécessité de renouveler les sources d\u2019énergie, l\u2019aéroglisseur n\u2019a-t-il pas comme mission finale, comme le Christ d\u2019ailleurs, de renouveler iy pi ded fit à fouma Lin pele | # nelle: 9 l'autre la vie, de racheter le monde?Sous | le masque du PROGRES, nouvelle mythologie du renouveau | chrétien, adaptée dans sa forme au développement technologique- capitaliste avancé, le même discours idéologique dominant ne se \u2018 reproduit pas moins.La mythologie du héros antique finit, en dernière instance, par justifier le |} libéralisme.économique et par effacer la présence impérialiste américaine dans notre économie.La représentation idéalisée de la force combative individuelle du héros, avec l\u2019assurance de maintenir la vie, garantit une valeur fondamentale dans la mythologie capitaliste - moderne: la liberté individuelle et celle-ci transposée sur la plan économique, le droit à la liberté du Capital.L'objet ainsi publicisé, devient un objet de langage qui le coupe de sa productivité historique, le déforme pour l\u2019inscrire dans la regénération de l\u2019idéologie dominante.C\u2019est aussi de cette façon que se présente le dieu Esso Impérial.Coca-cola et l'appareil familial Pour convaincre de son image (c\u2019est le rôle du discours de propagande dans la publicité), pour faire accepter sa représentation, le maître met en place ses appareils idéologiques.Le message de Coca-cola prépare le terrain - à ~ nie, va mi Ë ge côté ui Cupid Tostar mg couple Ales toute Bien CONSE me, | normal ner côté\u201d, quà \" 9 Librt Mauss liaison, nF affirme dmem.aa Une 1 prépar {imi uals str Monde tous le AUSS À mâle à mâle a} femelle Suffisn our ol Ÿ de ; tie Kiple, By fy I tie a à l\u2019appareil idéologique familial qui apparaîtra d\u2019une façon explicite dans les messages du poulet frit a la Kentucky et de la fournaise Esso.L\u2019individu est d\u2019abord interpellé en sujet-libre: le sujet-fe- melle: \u2018\u2018si je peüx rencontrer à l\u2019autre bout du monde un gars qui va m\u2019enjoler\u201d, le sujetpmâle: \u201csi je peux rencontrer dans la rüe d\u2019à côté une fille qui va m\u2019emballer\u201d\u2019.Cupidon décoche ses flèches, Tristan et Iseult boivent le philtre magique: le coke bien glaçé: \u2018\u2018un couple se lie plus souvent d\u2019amitié au-dessus d\u2019un bon coke que de toute autre boisson gazeuse\u201d.Bien plus, le couple accède à une conscience universelle de lui-même.D'abord sa relation est normalisée par cette conscience universelle: dans \u201cla rue d\u2019à côté\u201d\u2019, il se passe la même chose qu\u2019à \u2018l\u2019autre bout du monde\u201d.L'objet publicisé, le coke, élevé lui aussi au rang mythique, assure la liaison.Comme tantôt l\u2019aéroglisseur.Ensuite le discours normatif affirme un modèle de comportement.La relation du couple est une relation fermée, ne | prépare-t-elle pas la structure familiale\u2014, le couple est individualiste avec une conscience abstraite universelle: \u2018\u201c\u2018tout le monde est notre joie d\u2019être enfin tous les deux\u201d.La relation est aussi une relation de dominant: le mâle à dominée: la femelle.Le | mâle à le rôle actif, il \u201cenjole\u201d, la femelle, le rôle passif, elle a suffisamment d\u2019attributs naturels pour \u201c\u2018emballer\u201d celui qui ose la regarder.L\u2019idéologie du partage et de l'amitié universelle reprend |la mythologie de la grande fête | universelle, de la réjouissance des peuples.Le mythe-de la Paix et de |la Bonne Entente viennent renforcer ce qui était déjà introduit dans le premier message d\u2019Esso: l'effacement historique des con- flits politico-économiques qui sont à la base de la soi-disante crise de l'énergie.Le discours dominant évoque, ici, Un monde idéal, paradisiaque, purifié ou vidé de toute tragédie ou conflit.\u201c La suite logique: le mariage, le \u201csavoureux mariage Citron-Li- mette.C\u2019est la\u2019 normalité du couple.Le discours idéologique naturalise l\u2019institution sociale; il s'agit bien du mariage naturel du citron et de la limette.L\u2019effet, lui, est exemplaire: c\u2019est \u2018\u2018savoureux\u201d\u2019, c\u2019est une boisson claire, désaltérante, d\u2019une fraîcheur transparente\u2019.Le mariage transforme, renouvelle: de l\u2019énergie neuve, quoi! Le héros mythique n\u2019a-t-il pas droit aux tendances passion- elles normales?N\u2019a-t-il pas droit à la descendance?L'image de l\u2019arbre.généalogique de Sprit -associe le mariage à la procréation.Autre mythologie du renouveau: il pousse de nouveaux arbres sur les bouteilles de Sprit, à la portée de la main comme le poulet à la Kentucky d\u2019ailleurs.La magie du colonel Sanders et de la Ford Le message du poulet commence ainsi: \u2018\u2018au bout de l\u2019arc- _ en-ciel, de prince et la princesse \u2018trouvèrent un festin de roi\u201d.Cette imagerie est ensuite remplaçée par celle de la villa et du poulet du Colonel Sanders.Le festin est accessible: la villa est dans notre voisinage.Le couple-sujet se reconnaît, à deux pas de chez lui, dans le Couple-Sujet, il se reconnaît même dans le Sujet: il peut déguster un festin de roi.La \u201cmagie opératoire des fines herbes jalousement gardée secrète transforme le quotidien le plus immédiat de la famille (les conditions de production de sa nourriture) en Ed ARE tata ts esta LL pert de réf dans | un univers dont les structures sont propriété privée: \u2018\u2018être proprié- celles du conte merveilleux.Com- _taire d\u2019une Torino procure éco- me si tout cela descendait du ciel: nomie et autonomie\u201d.Le com- la mythololgie de la Manne céles- portement culturel familial- se te.La symbolique de l\u2019arc-en-ciel, modèle sur les bases mêmes de symbole du pont entre le ciel et la l\u2019entreprise capitaliste.Le-combat terre, d\u2019un renouvellement de la singulier, la compétition interin- vie, d\u2019une création protégée par la dividuelle acquierrent leur droit bienveillance divine, transposée d\u2019aînesse: la voiture sportive dans la villa, protège, tout en la\u2019 \u201cpersonnelle et plus sensation- masquant, toute une hiérarchie, nelle que jamais offre maintenant une division sociale et technique l\u2019option d\u2019un moteur V 8\u201d.du travail aussi: le Colonel L'utilisation de la voiture-sport Sanders a le pouvoir: celui du dans notre société moderne a secret, sa représentation en image remplacé la compétition chevale- est celle de la sagesse du druide resque moyenne-ageuse.Les qui ne divulgue pas la magie de pneus sont ceinturés d\u2019acier com- Bi sou Dan l'amus con | que model du co québé pri sées c son pouvoir -pour assurer une distribution plus \u201céquitable des biens naturels; il a sa force de travail: ses aides a travers le monde entier; il ,assure ses rapports de production dont le \u2018consommateur en compose üne partie.Par le mythe de la féérie, la division des classes est aplanie.Le familial, l\u2019harmonie universelle.Cette figure de l\u2019harmonie traver- * autres-messages.\u2014 Une famille moderne se doit de poulet frit garantit le bonjeur se tout le réseau mataphorique de l\u2019idéologie dominante impérialiste qui se manifeste ici et dans les me la monture et la cuirasse du chevalier.Ce dernier se battait pour la conquête de sa belle.Ici, il l\u2019achète: la voiture est déifiée,\u2014 s\u2019accouple à l\u2019imagerie bourgeoise de la femme: en 1975,-la Torino ; offre \u2018\u201cplus de lignes élégantes, on .ne la regarde plus de la même façon cette année\u201d.Elle commence même à s\u2019autodéterminer: elle a \u2018un cerveau frein\u201d, \u201cun cerveau direction\u2019\u2019.Mais elle reste aussi ménagère: elle redouble le confort au foyer.Elle est confortable, spatieuse, elle a un toit .renouvelé.Bref, elle est maternelle comme la \u201creine du foyer\u201d.La posséder sa voiture.Pendant que mère mais la fournaise Esso Ford Canada vend son nouveau aussi.La maternité, comme la modèle de Pinto ou de Mustang chaleur de la fournaise, est tout M, il vend aussi un modèle de un \u201cévénement pour la maison- comportement culturel.En plus, c'est simple comme tout.Aussi un système pour le confort au accessible que le festin du Colo- foyer\".° nel Sanders.Il suffit de s\u2019inscrire - 2 a temps au programme de boni L'appareil idéologique familial comptant qui donne au client une est aussi le point de départ de la ristourne qui peut servir de reconnaissance de l\u2019ordre établi: à premier versement.Subitement, travers l\u2019image du père, l\u2019Autorité le client se voit conférer les est respecté.Le maître se repro- pouvoirs magiques du héros my-, duit dans une sous-représenta- thique: il aura la puissance de sa tion, celle du père.Le père voiture.Le contrôle aussi.Le organise, le plus souvent, l\u2019in- mythe de la puissance, de la frastructure économique de la valeur individuelle est concrétisé, famille: il achète une fournaise rendu possible par le droit à la Esso pendant que son fils est déjà 142.- ; .Re I née\u201d, \u201cle point de départ de tout - adig Molsr peuple héros?loisirs des cl 8 tion de récupé J bce gagner 3 ip LEUR hockey rege tela ry Quest due tell.| Hour my ke don MU sue Sn : ore 46 tout dix \u201cfe ÿ Os 4 Vlg i la fa prévu, inscrit, écrit comme sujet de remplacement: le fils s\u2019amuse dans la boîte de la fournaise.Et la Molson souveraine Dans le discours publicitaire, l\u2019amusement n\u2019est jamais innocent.Un autre appareil idéologique, celui des loisirs, vient modeler les pratiques culturelles du couple, de la famille et du québécois collectivement.Ces pratiques sont bien sûr naturalisées: chez nous, c\u2019est parce qu\u2019on a du goût qu\u2019on boit de la bière Molson.N\u2019avons-nous pas été un peuple élu, n\u2019avons-nous pas nos héros?L'appareil idéologique des loisirs tend aussi à aplanir la lutte des classes.Dans une compét: tion de ski, l\u2019_échec personnel est récupéré par la bière Laurentide.Avec celle-ci, \u201ctout le monde peut gagner\u201d.La bière, c\u2019est aussi \u201cdu ski pour tout le monde\u201d.Dans le salon, en regardant une partie de hockey! Le loisir, dans cette représentation, récupère un échec ÿ de classe et un échec historique.L'impérialisme américain et an- glo-canadien exploite notre particularisme national pour renforcer sa domination de classe.La question nationale est folklorisée, réduite à une distinction culturelle.Le nationalisme est à son \u2018tour mythifié.Il a son héros: Tex, le dernier des vrais.-Derrière lui, un sujet collectif: les québécois.Son idéologie nationaliste tient les coutumes presque ancestrales sont réinstallées.Chez nous, \u2018\u2018on aime la bière, \u201con aime la vie\u201d, \u201con s\u2019'paye la traite\u201d, \u201con compte pas les tours\u201d, les gens du Lac St-Jean sont particuliérement accueillants pour le Colonel Sanders.Le discours impérialiste encore d\u2019une idéologie ruraliste: s'\u2019accomode de nos particularités linguistiques, les utilise à des fins de renforcement de l\u2019infrastructure qui elle nous échappe.L'impérialisme américain s\u2019intéresse à notre fierté nationale: il croit en \u2018\u2018l\u2019avenir du Québec\u201d, \u201cveut en rencontrer les artisans\u201d.Encouragé, le nationalisme réactionnaire bourgeois entretient une représentation idéalisée du prolétariat québécois.L'association de la bière avec le nationalisme n\u2019est pas lui non plus innocent.My- thologiquement, la bière est un.symbole de souveraineté, une boisson royale offerte à la classe guerrière.C\u2019est un signe de l\u2019immortalité de cette classe.Le prolétariat québécois n\u2019assure-t-il pas sa survivance par la folklori- sation de ses pratiques culturelles?Par \u2018\u2018sa souveraineté culturelle\u201d aussi?Langage apparemment inoffensif, le discours publicitaire, ici, n\u2019en est pas moins dans sa forme un discours d\u2019endoctrinement.L'information transmise est plutôt affirmation d\u2019une stratégie où le constat, \u2014la nature proverbiale du discours\u2014, fixe une représentation idéalisée de l\u2019objet, réalise en image le mythe d\u2019une société d\u2019abondance.Le consommateur dirigé n\u2019a plus qu\u2019à se conformer à l'identité révélée dans l\u2019objet pour accéder à un mieux-être culturel et économique.Il acquiert aussi un statut et avec lui, l'illusion de participer au grand corps social.L'institution publicitaire s\u2019est substituée à l\u2019institution religieuse: le discours publicitaire recouvre la vérité absolue du sermon des curés, a la force impérative des dix commandements de Dieu.Le spectacle n\u2019a fait que changer son lieu de représentation.Nous sommes à l'époque des croisades de la Couple Stanley.143. | ! ; d ; A H i i! \u2018i J \"ES À 8 À hi i: i IR i A i vu i] i iH H A A le cméma, bien, mais plus que le cinéma Patrick Straram le Bison ravi Le problème est de savoir si on écrit l\u2019histoire ou si on crée une mythologie.- Il n\u2019y a pas d\u2019art neutre: la neutralité de l\u2019illusion est une illusion de neutralité.- rien ne dissimule mieux la réalité que la simulation de la réalité.Le cinéma est l\u2019art de toutes les simulations, l\u2019art même de la simulation.Christian Zimmer «Cinéma et politique» Il ne sera pas question ce mois-ci de cinéma suisse, comme prévu.Je n'avais pas prévu la médiocrité affligeante de l\u2019ensemble cinématographique suisse que présentait la Cinémathèque Québécoise fin mars et début avril.La grande déception: \u201cLa Paloma\u201d de Daniel Schmid, _ cette boursouflure rétro, à propos de laquelle délirait une intelligent- zia parisienne décidément stérile à force de s'inventer du \u201csens\u201d là où il n\u2019y a que \u201cstyle\u201d pour rendre \u201cattraction\u201d l'impuissance.À peine si intéressaient, mais avec trop de ratés, \u201cErica Minor\u201d de Bertrand van Effenterre et \u201cLa mort du direc- teür du cirque de puces\u201d de Thomas Koerfer.Quant a \u201cL\u2019escapade\u201d de Michel Soutter, j'ai trouvé confirmé ce que j'écrivais dès février 74, alors que ses-\u201cArpenteurs\u201d faisaient l\u2019unanimité de la critique, alors que je parlais de son \u201cinvention comme 144.RIOTS PEPIN FT HET PTS TES PLT ICP ~\u2014 figée par une articulation trop mécanique.Il y a là scintillante et mordante adresse à la Marivaux, sans l\u2019efficace critique d\u2019un Beaumarchais.\u201d \u201cL\u2019escapade\u201d n\u2019est plus que du boulevard prétentieux.le conjugal bourgeois Il n\u2019y a sans doute pas de problématique plus capitale que celle du rapport femme / homme, qui ne se comprend lui-même qu\u2019inserit dans l'Histoire, \u2018soit aujourd\u2019hui dans la - contradiction principale Capital / travail et la lutte des classes, où les pratiques dépendront souvent du rapport amoureux qui existe ou non.L\u2019alternative a long terme suicidaire, que par le plaisir); en nul lieu n\u2019est analysé le \u201ccontre-culturelle\u201d 4 propose des expériences sexuelles (qui valent plus par le \u201ccheap thrill\u201d, désir dun sance heel - tion à tes da ln mr intégr dans yan géré moins pie Bui Intern que il sans | tes, 5 Rss) © La gedise lamou i midi ils ie sa & lili ! a désir de la femme et de l\u2019homme d'un couple.On parle avec suffisance de la nécessité de faire éclater la cellule familiale (à fins d\u2019intégration au flux des machines désiran- tes dans un espace-temps planétaire!); nul ne se préoccupe de penser un rapport amoureux qui satisfasse intégralement femme et homme dans vie quotidienne et Histoire.(Il y aurait beaucoup à dire sur le sens générique de \u201ccontre-culture\u201d.Au moins une démonstration sans ambi- guité fut-elle fournie à l\u2019occasion de la déplorable et sinistre Rencontre Internationale de la Contre-Culture qui eut lieu à Montréal du 21 au 27 avril 75\u2014rencontre \u201cinternationale\u201d sans la Chine, sans pays socialistes, sans pays latino-américains, sans pays du Tiers-Monde!) La version spécifiquement bourgeoise et encore dominante de l'amour est le conjugal.Ingmar Bergman a tourné pour la télévision suédoise \u201cScènes de la vie conjugale\u201d, dont il a fait ensuite un film-fleuve, qui est \u201cle succès\u201d monstre ce printemps-ci.Monstre, en effet.Scènes, déchirements, frustrations, injustices, rages, impuissances s'ajoutent à scènes, déchirements, frustrations, injustices, rages, impuissances, s\u2019engendrent ad infinitum, se répètent mécaniquement.La technique est éblouissante, qui ne sert qu'à figer cette représentation de l'enfer conjugal bourgeois, à quelles fins d\u2019aliénation d\u2019un spectateur confirmé dans I'inéluctable, le \u201cnaturel\u201d, le ce-qui- va-de-soi de son \u2018propre enfer?Doit-on se marier ou ne pas se marier?Posons-nous la question de toutes les façons qui démembrent le plus, sans mettre un terme au conjugal, sans analyse des rapports de force et des structures idéologiques, eux-mêmes déterminés par les rapports de production en place dans la société et dans l\u2019Histoire où ce conjugal a lieu, institutionalisé, qui occulte tout amour.Cette fois, et 145.=.mo oh Cir ERIM MEAL 14 plus encore que dans le désolé / désolant \u201cCris et chuchotements\u201d, le cinéma métaphysique de Bergman est pris à son propre piège: il n\u2019est plus que cinéma reflet de la bourgeoisie, sans questionnement, sans critique, le film \u201cScènes de la vie conjugale\u201d n\u2019est plus qu\u2019images et sons spécifiques du conjugal bourgeois, le re-produisant avec une lâche passivité coupable.Au moins \u201cLa femme de Jean\u201d de Yannick Bellon, sans être un film qui inscrive suffisamment dans l\u2019Histoire l\u2019analyse du couple (la brève séquence avec l\u2019étudiante en médecine algérienne, qui vit dans une \u201czone défavorisée\u201d de Paris, nest vraiment pas suffisante), propose- til le récit du cherinement d\u2019une femme qui se libère progressivement du conjugal bourgeois dans lequel elle s\u2019étaif d\u2019abord annulée.Et comme il plait que la femme dise calmement et résolument non à son mari quand celui-ci veut la \u201creprer= dre\u201d,surtout qu'à l'écran c'est une actrice pas connue, Franche Lam- biotte, admirable,q ui ledit à l\u2019époux super-star Claude Rich! 146.le fascisme existe quand le monde des affaires n\u2019a plus d\u2019autre recours, et qu\u2019idéologiquement les classes exploitées/opprimées y sont prêtes \u201cLast grave at Dimbaza\u201d est un film rudement réussi pour un film tourné \u201cclandestinement\u201d.L'équipe anonyme, britannique, qui a ainsi filmé la situation des Noirs en Afrique du Sud a fait un documentaire qui peut donner bonne conscience a certains libéraux, mais qui ulcère ceux que préoccupent cinéma et révolution.Voir \u201cAttica\u201d de Cindy Firestone.\u201cLe massacre de Kafr Kassem\u201d de Borhan Alaouié (Liban) est un film voulu partie intégrée / intégrante J d\u2019un combat révolutionnaire.\u201cSi on Æ saisit le massacre de Kafr Kassem comme résultat d\u2019un processus quotidien, cela nous donne la possibilité d\u2019analyser ce quotidien, de voir les tendances politiques qui s\u2019y expriment.Ainsi s'exprime Bor- han Alaouié.Mais qu\u2019exprime \u201cLe massacre de Kafr Kassem\u201d?Que le combat palestinien est indispensable et juste, ce qui est bien, et qu'il faut tuer tous les Israéliens, tous les Juifs (c\u2019est ce à quoi le film incite toute personne éprise de justice), ce qui est beaucoup plus discutable.L\u2019émotionnel ici commande seul au discours filmique, il n\u2019y a ni contradictions ni analyse, le message est unilatéral et inconditionnel.Une dramaturgie aussi dogmatique me parait extrémement nuisible, et a son terme plus confusionniste qu\u2019opérationnelle.Il y a un terrorisme du héros positif qui pourrait bien ; Jesse! ter foie ment exe \u201cque 0 PIO os | ont ils?Le sompt Bes etl monté geo pari marqu Sacha fim g die (en ta ele tables lors da di - monde 3 Comme lire ot desservir les combattants sur le terrain.Peut-être va-t-il falloir effectivement reconsidérer serieuse- ment \u201cLe cuirassé Potemkine\u201d, exemple inaugural mémorable, auquel on devrait tout un cinéma de propagande adialectique, ne faisant des luttes marxistes que l\u2019envers- exact de l'ennemi à abattre, l\u2019impérialisme américain, ou le fascisme.Le fascisme est le sujet du film somptueux et saisissant d'Alain Resnais -\u201cStavisky\u201d.Quelle qualité de cinéma! Découpage (surtout), montage, cadrages sont d\u2019un cinéaste qui possède une maîtrise sans pareille du langage qu\u2019il utilise (remarquablement servi par l\u2019image de Sacha Vierny).Et \u201cStavisky\u201d est un film qui vaut premièrement par la dialectique sur laquelle il se fonde (en tant que film).On pense au meilleur Visconti (d'avant les lamentables \u201cDamnés\u201d, inégalé jusqu\u2019à- lors dans la description d\u2019un faste et du sens politique qu\u2019il prend.Le monde des affaires, en France, comme en Europe, en 1933, a besoin du fascisme.Qui fait des affaires avec le gouvernement s\u2019enrichit impunément et va avoir accès- au pouvoir, qui fait des affaires hors le gouvernement, sinon contre lui, servira aux fins idéologiqües grâce auxquelles les classes exploitées / opprimées seront prêtes pour qu\u2019elles endossent ce fascisme.Un scandale financier dans une conjoncture de crise économique, rien de tel pour incendier opinion publique.L'affaire Stavisky fait éclater les émeutes fascistes à Paris le 6 février 34 (moins \u2018d\u2019un mois après.ma naissance).(Quiconque ne voit pas les affaires Stavisky qui s\u2019dceumulent aux Etats-Unis et au Québec est aveugle ou complice du fascisme en train).Alain Resnais fait une, analyse très brechtienne de l'affaire Stavisky, bien mise en situation dans la Belle Epoque, et ses fortunes et ses mythomanies, autres facteurs qui serviront à manipuler idéologiquement les classes exploitées / opprimées.Pourtant ce film m\u2019a déçu.Pourquoi?Sans PRIT doute dans la mesure où l\u2019analyse est proposée au spectateur via un héros positif auquel il s\u2019identifie d'autant plus que le personnage est joué par une super-vedette, Jean- Paul Belmondo (comme Burt Lancaster \u201cdiminuait\u201d \u201cLe Guépard\u201d de Visconti).Et puis Stavisky n\u2019est pas une crapule, c'est un malade, une victime! Si le film est profondément dialectique à tous ses autres niveaux, il y a une unilatéralité qu\u2019imposent destin individuel comme grille d'analyse et Belmondo.Et puis si somptuosité et démesure sont prodigieusement transcrites et signifiantes, il manque à l\u2019ensemble que s'y insèrent des informations ou des effets de distanciation (ils n\u2019y sont qu'implicites, jamais dans la matérialité du film).A moins qu\u2019il faille prêter à Resnais la volonté d\u2019un film essentiellement \u201cparodique\u201d; soit plus encore brechtien que je ne l'ai vu - mais je crois qu\u2019il n\u2019a alors qu\u2019imparfaitement réussi ce film si exemplairement parfait.À revoir.~ Ce qui est simplifié a 'extréme et ce qui est caricatural,-dans \u201cTout va bien\u201d, cela sert à un grossissement qui révèle sans le moindre cache les limites des individus et un mécanique du politique.Godard donne à plusieurs séquences Çarché)typiques une dimension de farce qui.accuse le tragique des événements sans plus trace du moindre pathos.Les séquences sont des affiches populaires, mais le militantisme n\u2019y est pas partisan dans un sens restreint ou réducteur, les slogans, comme les fenêtres satiriques Rosta de Maiakovski, ont pour fonction de faire se questionner le spectateur sur le rapport individu / lutte des classes.D'ailleurs, ainsi dérangeant, la parodique indique une mauvaise conscience de ceux qu\u2019il gêne, petits- bourgeois de gauche ou travailleurs entièrement manipulés idéologi- quement.Ce que précisément dénonce sans cesse \u201cTout va bien\u201d.148.act objets sans nécessité L'événement le plus important du printemps cinématographique à Montréal me semble être le refus du jury de décerner un prix à l\u2019un des cinéastés qui avaient mis en compétition un film au Festival du Cinéma Artisanal Québécois.J'ai proposé que le prix soit attribué à Jean \u201cJohnny\u201d Gagné le Maringouin surprenant pour \u201cChroniques\u201d 1).Mais cefit été rendre impossible le geste que nous devions absolument poser, et c\u2019eût été desservir Jean Gagné qu\u2019entretenir en le \u201cprimant\u201d un état de fait extrêmement grave.Non, faire un film n\u2019est pas en soi un geste révolutionnaire.Qu\u2019on le demande à Solanas, Godard, Cindy Firestone ou ici Gilles Groulx le Lynx inquiet.Le soir d\u2019inauguration de la Semaine du Cinéma Québécois (entreprise sur laquelle il serait bon qu\u2019on s'interroge) Robert Daudelin a lu un texte que nous avons voulu analyse concrète d'une situation concrète et mise' en garde nécessaire: | c - Afin d\u2019être le plus bref, et surtout le plus clair possible, nous avons préparé un texte qu\u2019en tant que porte-parole du jury je voudrais ; vous lire.\u2018Le jury du Festival du Cinéma Artisanal était composé de Robert Daudelin, Gilles Groulx, Jacques Leduc, Luc Perreault.et Patrick Straram le Bison ravi.Bien que chaçun de nous ait été opposé à l\u2019idée de compétition, de jury et de prix, et bien que la notion de \u201ccinéma artisanal\u201d nous soit apparue comme dangereusement vague, nous avions néanmoins ac- | cepté l'invitation de l'Atelier d\u2019Expression Multidisciplinaire parce qu\u2019à l\u2019occasion de ce concours il y avait 5,000 dollars de disponibles pour aider -un jeune cinéaste a \u201cL\u2019 ou \u2018L\u201d (voir - Qi 9 rl pasarde Or.fms e après \u20ac Jp jos n'aceor { cont posi Tagen § lprd 3; selon d les inté Les bien qu voir les des fi quoi 0 min ât sion pit per ou M gorrel ser en BR semaine débat o cinéaste A titel Dat A Tous re J anno 1 mer Jisis avec les TOUS ve Signaler Ont mat Leng ong y d'Or Ast Mission À ls lin 2Ôsenge Motion, lg ly I |, bly \u20ac ré Ft ke la rlout ons que dra ne ober! ques fri travailler dans des conditions moins hasardeuses.Or, après avoir vu les quelque 30.films retenus pour la compétition, et après en avoir longuement discuté, le jury, à l'unanimité a décidé de n\u2019accorder aucun pfix.Nous voulons cépendant recommander aux responsables du Festival de rendre l'argent de ees prix disponible pour la production de films nouveaux \u2014 selon des modalités a définir avec les intéressés.- .Les membres du jury savent fort bien qu'une telle décision va décevoir les cinéastes qui avaient inscrit des films au concours.C'est pourquoi nous -avons décidé, d\u2019un commun accord, de rendre notre décision publique dès ce soir, pour couper court au suspense habituel à ce genre de compétition et vous propo\u201c ser en quelque sorte que cette semaine devienne l\u2019occasion d\u2019un débat où spectateurs aussi bien que cinéastes s'interrogent sur l\u2019état \u2018actuel du cinéma québécois.D'autre part nous ne voulions pâs nous retirer dans le confort d\u2019une annonce de \u2018dernière heure.Les membres du jury sont tout disposés à s'expliquer de leur décision | avec les cinéastes et dès maintenant ,nous voudrions, rapidement, vous signaler les principales raisons qui ont motivé notre décision.L'ensemble des films que nous avons vus \u2014 et que vous pourrez voir au cours des prochains jours \u2014 constitue un terrible constat de démission.Ces films, dans leur ensemble, témoignent d\u2019un défaitisme, d\u2019une absence d'engagement et même d'\u2019émotion, qui en font, dans presque tous les cas, des objets sans nécessité.Les auteurs de ces films semblent \u201ccondamnés à vivre\u201d et ils se réfugient dans la voie- d\u2019évitement dé la contre-culture, le folklore de l'aliénation ou, pis encore,\" dans un dogmatisme politique impuissant.En un mot, aucun de ces films ne nous a semblé refléter la réalité québécoise actuelle.Malgré le nombre impressionnant des luttes ouvrières des dernières années, malgré les questions d\u2019actualité déterminantes qui occupent le premier plan de l'information même la plus officielle, ces films démjssionnent devant la réalité, refusent de s\u2019ins- ecrire dans l'Histoire et se complaisent à n\u2019être uniquement que le reflet des ambitions de quelques individus.De plus, ces films témoignent d\u2019une démission presque totale devant le cinéma.Ils se complaisent dans un langage indéfini, mou, sans passion et sans imagination, et ils reproduisent des expériences déjà faites il y a plusieurs années dans le cinéma québécois.Mais ce ne sont pas les artisans de -ces films en tant qu\u2019individus que nous voulons attaquer par ces remarques qui peuvent sans doute vous paraître sévères.Ces films, plus que l'oeuvre de quelques jeunes cinéastes québécois, sont les produits d\u2019une situation plus générale.Ce sont les résultats du développement mercantile de notre cinéma depuis 10 ans, de la paresse velléitaire de la critique cinématographique et de toutes les entreprises de recupération idéologique qui se sont récemment attaquées au cinéma québécois.Ces 30 films que vous allez voir au cours de cette semaine constituent \u2018pour nous un très lourd bilan, ils nous rappellent, par la négative, que seule une culture nouvelle, une culture de libération, pourra permettre des produits culturels dynamiques, neufs, passionnés, capables de nous surprèndre-et de nous transformer.Le 14 avril 1975 8'mai 75.Une culture de libération qui permette des produits critiques assez des structures actuelles de la société pour la transformer.149. re avec Pimpétuosité dé l'avalanche et la force de la foudre Léandre Bergeron - \u2014 Pour une langue québécoise 2 Précisions.Une langue est un moyen de communication que partagent tous les membres d une société donnée.Tous les mots d\u2019une langue constituent son lexique.\u2019 La grammaire d\u2019une langue est \u2018 l'organistion des mots pour communiquer un message.L'organisation particulière (grammaire) des mots (lexique) d\u2019une langue pour communiquer constitue une norme linguistique.Cette norme qui pendant long-_.temps dans l\u2019évolution d\u2019une société est simplement une entente tacite et inconsciente sur la façon de dire telle ou telle chose peut à un moment donné être codifié dans une grammaire officielle (grammaire) et ur diction- \u2018naire officiel.(lexique).150., - classe dominante et ceux Les sociétés dites primitives et sans classes avaient des normes linguistiques non codifiées, c\u2019est- à-dire que tous les membres du groupe s\u2019entendaient sur des sons-mots pour nommer les choses et- l\u2019arrangement des sons- mots pour articuler pensées et émotions.La création de mots et de- structures grammaticales se faisait selon la nécessité.- vv, \u2019 .~ Avec la naissance de l\u2019agriculture surgirent les classes sociales avec des propriétaires de troupeaux et de terres qui formaient la qui faisaient le travail productif, des esclaves pour la plupart, qui.formèrent la classe dominée.Pour consolider sa domination, la classe possédante / dominante créa l\u2019Etat, appareil de,coercition avec son armée, .sa.police, ses tribunaux, sa fonction publique.En.même temps elle s\u2019établit comme classe dirigeante de sa j a 1 sociéié ment \u20ac celui! (ere fon dé des dl rider Énquis mie { fo lang toutés temple gui te/do homme crois \u20ac et les MR demme collec domair comm collet primi la ca demeu sédant con j les ma iit | pour le langue I y a loamy à te de ls diy les à 4 Classe domi Be co lay Plexi dati .\u2018 i bi Sng LE ete société et favorisa le développement culturel dans la mesure où celui-ci pouvait servir ses intérêts.Cette première grande révolution de-l\u2019humanité, la naissance des classes sociales, bouleversa évidemment le comportement linguistique.La démocratie pri- | mitive qui existait dans l\u2019usage de la langue commune comme dans toutes remplacé par la domination linguistique de la classe possédante / dominante / dirigeante.Les hommes qui décrétérent leurs droits de propriété sur le troupeau et les terres qui étaient précédemment à l\u2019usage de toute la collectivité firent de même dans le domaine linguistique.La langue commune forgée par toute la collectivité dans une démocratie primitive passa sous le contrôle de la classe dirigeante.La langue demeurait commune à tous, possédants et dépossédés, mais le contrôle de la norme passa entre les mains des possédants.Il n\u2019y avait pas une langue distincte pour les possédants et une autre langue pour les classes dominées.Il y avait une langue commune (grammaire et lexique communs) avec des variahtes lexicales pour les diverses classes sociales selon leurs activités propres, argets de | classes, de métiers.Mais la classe dominante imprimait sur la langue commune son orientation.sel mes \u2018ext 5 du des cho 00: sel ts el 5 5 La langue commune se complexifiait à mesure que le champ d'activité des collectivités menées par leurs classes possédantes s'étendait dans divers domaines, commerce, guerres de conquête, législation, développement des connaissances, recherche artistique, etc.Certaines collectivités en les autres activités fut conquirent d\u2019autres et les soumirent à leur domination.Dans bien des cas, la répression de la langue de la collectivité conquise était un des moyens employés pour maintenir cette domination.Dans certains cas les conquérants et leur langue étaient à la longue absorbé par la collectivité conquise.La langue des Normands qui conquirent l\u2019Angleterre vit une bonne partie de son lexique absorbé par la langue anglaise comme les Normands eux-mêmes dans la nation anglaise.Par contre, d\u2019autres collectivités subissent la domination pendant des siècles et conservèrent dans une quasi-clandestinité leur langue comme outil de ralliement contre l\u2019oppression.C\u2019est le cas des peuples occitans, bretons, catalans, etc.\u2018 Le peuple québécois est né d\u2019un bourgeon de France en territoire d'Amérique bientôt conquis (1760) par la nation anglaise.Le peuple avait au départ un code linguistique (grammaire francaise de l'époque, lexique français de l\u2019époque).Cette rupture d\u2019avec la France amena la création d\u2019une véritable nation avec toutes ces caractéristiques propres, un territoire commun, une langue commune, une histoire commune, une évolution commune.Nos ancêtres du 19e siècle n\u2019étaient pas des français exilés en Amérique mais bien des Canayens- Québécois aujourd\u2019hui c\u2019est- à-dire des êtres humains membres d'une nation distincte dans le processus historique.Et la langue qu'ils parlaient était fondamentalement la langue française mais avec un certain nombre de variantes grammaticales et lexi- 151. LES ee See oY Music SAM eae LE MARMARA CAMILA MLM ELIAS cales.Le peuple, d\u2019une part, avait tendance à fonctionner linguistiquement comme une collectivité primitive, c\u2019est-à-dire à sentir d'abord que sa norme linguistique Était ici, sur les bords du Saint-Laurent, parmi eux, les Canayens, et à apporter des variantes grammaticales et lexicales selon les besoins tandis que, d'autre part, l\u2019élite instruite de la nation québécoise (je ne dis päs classe possédante parce que la propriété des moyens de production passa rapidement dans les mains -de la bourgeoisie -anglo- phone) se rattachait linguistique-_ ment à la norme française.je crois que si la Rébellion de 1837 avait réussi et.que notre petite bourgeoisie était arrivé au pouvoir, il y - aurait eu réconciliation des deux courants linguistiques et la formation dès cette époque d\u2019une langue québécoise cômme 1l y a eu formation d\u2019une langue américaine à partir de l\u2019anglais commun aux Treize Colonies d\u2019Amérique.Mais la défaite de la Rébellion a accentué les différences.L'élite cléricale qui monopolisa les \u2018appareils idéologiques (écoles, églises) chercha à réduire au silence la langue populaire et à promouvoir une langue française étriquée, sclérosée qu\u2019elle avait elle-même beaucoup de difficulté a articuler.Réduits aux conditions de vie de paysans pauvres ou de cheap labour dans les foréts et les usines, le peuple canayen subit pendant notre grande noirceur (1850-1960) une violence idéologique rare.La pensée (pratique de conscience critique) était absolument interdite au peuple et la langue, véhicule de pensée, fut réduite dans son lexique et dans sa grammaire à l\u2019expression de 152.\" ama as api 4j ve a! wi Jule\u201d Nong Mais re sso èle de Me de lc bi ek ler 1 I qc me bb inisa ue Renta Avoir pileur fe ie aa éndance èce fai i, fe prmen Wine fy bebe e Ron à hte messages utilitaires et esthétiques d\u2019une société statique, déculturée, folklorisée, sans prise sur la | réalité.Le peuple canayen n\u2019avait le droit ni à la vie quotidienne de colonisés\u2014crétinisés encadrée de récitations de chapelets et d\u2019envolées de la Bonne Chanson.Pendant ce temps, le clergé | \u201c\u201céduquait\u2019\u2019 l\u2019élite dé la nation en | apprenant aux fils d'habitants un : français emprunté, artificiel et \u2018deux langues mortes, le latin et le grec, trois langues qui, dans le contexte québécois, devaient servir a dire la messe, prononcer des ; sermons à la Bossuet, faire des diagnostics savants et rédiger des § actes notoriés.Quelques éléments réussirent malgré tout à maîtriser la langue française mais pour se retrouver\u2018 en exil (de préférence en France).comme François Hertel) ou agents idéologiques d\u2019une certaine France réactionnaire (Lionel Groulx) § ou encore contestataires isolés du \u2018peuple (Albert Laberge).Dune part la langue populaire réprimée, inhibée dans son développement et sa culturation comme le peuple lui-même réfugié au fond de lal campagne québécoise comme un ep refus de mourir.D\u2019autre part, une J.langue francaise importée, mal fy, digérée, avec une norme a 3000 ii, milles d'ici dans un autre pays J avec sa nation bien distincte, son Ki, évolution historique distincte, ses = traditions, sa pensée etc.Deux langues fondamentalement dis-, tinctes?Non.La langue popuülaire4# im; canayenne \u2014 maintenant québé-# coise \u2014 a un lexique tiré pour la plus grande part de sa maman# française comme elle a, mais inhibé, déformé, atrophié, une} grammaire qui la rattache à sa pe qui js vai \u20ac de sde) ope 1500, ng nn Sn de et le s le gr r des des 7 des sien ing ure ae) gent Frany roui les du Dud rime men Pi de it me Uf it, UK: p, Ma ; 100 ¢ ga j je, S08 cle, s Dal maman, la langue française.\u2018\u2018Y as-tu venir?\u201d se comprend d\u2019un grançais habitué à entendre \u2018\u2018Va- -il venir?\u201d comme le québécois peut comprendre le \u2018monte dans voiture\u201d qu\u2019il dit, lui d\u2019habi- ude \u2018\u2018embarque dans l\u2019char\u201d.N\u2019exagérons pas les différences.ais reconnaissons-les.Et recon- laissons le fait de deux normes, elle de la langue québécoise, et cle de la langue francaise.Celle i, bien enracinée dans notre euple qu'il faut développer, arti- uler, structurer, cultiver à mesu- è que le peuple québécois lui- rême se dépouille de cent ans de rétinisation, s'interroge, remet a question sa situation, se relève veut assumer sa condition pour ouvoir la transformer.Et celle ailleurs, de France, très corrè- ue ta-bas sans doute, mais une prme qui nous est étrangère, et ui perpétue chez nous une dé- endance, un asservissement et, > ce fait, une mentalité de colo- sé, frein grinçant à notre déve- ppement.Vouloir imposer la \u2014r prme linguistique de France au uébec, c\u2019est vouloir conserver un prdon ombilical linguistique ngtemps après notre naissance (mme peuple et nous assurer de jamais grandir et assumer en lulte notre réalité mais plutôt venir un être collectif difforme mplètement foqué (à la Pierre raudry).Ce qu'il faut faire, c\u2019est d\u2019abord Æcepter notre norme d'ici, assu- fer notre langue avec son acquis Jon lexique et sa grammaire, son @cent, son \u2018banc de neige\u201d, sa ÿiraffe\u201d, son dns pour autant rejeter \u2018\u2018 \u201cTu t'est-tu vu?\u201d congè- \", \u2018\u2019bock\u2019\u2019, \u201cEst-ce que tu t'es 2\u201d), développer notre grammai- re pour nos besoins en ne craignant pas d'emprunter du français ou de l\u2019anglais ou de créer de nouvelles structures.(\u2018Il a été tiré dans le dos\u201d se comprend très bien.Ce n\u2019est pas français.Bon.On y retrouve un passif que privilégie la langue anglaise.Ca n\u2019en fait pas de l\u2019anglais pour autant.Ca ressemble.C\u2019est une création québécoise.Emprunté de l\u2019anglais?Peut-être.Et puis, quoi?Si ça dit que l'individu a reçu une balle dans le dos, le-message est saisi.Le mot \u2018\u2018canceller\u2019\u2019 disparu de la langue française au 16e siècle, mais emprunté par l\u2019anglais se retrouve dans la langue québécoise.Le bannir parce que ce n\u2019est pas \u2018\u2018français\u2019\u2019, c\u2019est s'assujettir à la norme française, comme de fidèles et nigauds sujets et appauvrir notre langue d\u2019autant.Nous revient-il par le détour de la langue anglaise ou était- il toujours dans notre fond lexical?J'sais pas mais peu importe en fait puisqu\u2019il est utile et dit ce qu\u2019il a à dire.\u2018Pourquoi donc l'appeler langue québécoise si elle est si près de la langue française?Parce que nous sommes un peuple bien distinct et qu'il est normal qu\u2019à un certain moment de notre évolution vers la maturité comme peuple nous assumions notre-langue.Ca c\u2019est jamais fait, dit-on.Et les Américains qui, eux, disent qu'ils.parlent anglais?Ca _c\u2019est fait dans notre siècle au moins une fois.Le peuple flamand qui dans la Belgique se voyait opprimer culturellement par les Wallons (francophones) tirèrent de leur patois, le Thiois, grammaticalement et lexicalement presque identique au néerlandais, une 153. langue qu\u2019ils appellent la langue flamande.lls osèrent nommer /an- gue flamande leur parler pourtant si semblable à celui de leurs voisins.Il y a maintenant une langue flamande parce qu\u2019il y a un peuple flamand.Il est normal qu'il y ait une langue québécoise parce qu\u2019il y a un peuple québécois.Et les Américains?Eux ont été colonisé culturellement par l\u2019Angleterre (et aussi l\u2019Europe) jusqu\u2019à - la 2e guerre mondiale.Dans leur esprit leur langue, c\u2019était l\u2019anglais comme certains de notre élite ici affirment que nous parlons français.Mais déjà dans leur Webster ils parlaient en fait du American English.Is n\u2019eurent pas à changer le nom de leur langue à ce qui aurait dû s\u2019appeler sans doute la langue américaine car ils s\u2019imposaient économiquement comme la puissance impérialiste qui remplaçait l\u2019Angleterre et la France comme force hégémonique internationale.Leur \u201cEnglish\u201d devenait \u2018The English Language\u201d et l\u2019anglais d\u2019Angleterre devenait du \u201cBritish\u201d.La norme de la langue utilisée aux USA se trouve bien aux USA avec des variantes régionales.Même si les Américains ont pu s\u2019accaparer du nom de la langue, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019on devrait peut-être l\u2019appeler la langue américaine comme le font d\u2019ailleurs déja certains traducteurs français.\u2018\u2018Traduit de l\u2019américain par.\u201d Mais les Américains n\u2019en sont pas à une incohérence près.Leur langue ne devrait pas s\u2019appeler américaine pas plus qu\u2019eux devraient s'appeler Américains.Ils ne sont qu\u2019une des nâtions de l\u2019Amérique.Ils n\u2019ont.154.aucun droit de monopole.Les} latino-américains l'ont compris qui les appellent les norte ameri- canos, ce qui est un peu mieux mais nous mèle, nous, a nos} voisins du sud.Ils les appellent plus justement les Yanki et parlent de l'impérialisme Yanki.Nous devrions employer ce terme nous aussi.Et puis bien faire} comprendre aux Yankis qu\u2019ils parlent non l'anglais mais Ig Yanki.En parlant d\u2019impérialismgy Yanki on peut se demander si og fait bien d\u2019attirer l\u2019attention su une domination culturelle frang çaise (par le débat sur la langue er nation culturelle française ung contradiction secondaire.Ne def, i vrait-on pas plutôt mobilise, i toutes nos forces dans le cham bs culturel contre l\u2019ennemi princi pal qui nous envahit par Ig i cinéma, la TV, la radio, le livre ÿ le magazine, le journal, le comick, ë la contre-culture et le reste, i bien entendu par la langue yank ne La lutte contre l\u2019impérid\u2026fy 7; lisme yanki, c\u2019est le peuple qui vi hy la mener sans doute avec le led, dership de certains intellectuel ; ; Mais ces intellectuels, pour êtr ge plus efficaces que ceux de notr passé,doivent d\u2019abord faire con fiance au peuple et aider le peuplf, à se servir des outils qu\u2019il a pouf combattre l\u2019impérialisme yank Un de ces outils, c\u2019est sa langue la langue du peuple avec sa norng, sur son territoire.Valorisons If.langue du peuple québécois pouf qu\u2019elle se développe et deviennk un objet de fierté. pr Jo i con este 6 jon mpi equ el fee ou À de 1 aire Of le pe fap 0 fo 4 jong ça 104 i ois jai pb ÿmal, -Le peuple préférera passer à dl'anglais plutôt que d'accepter la norme française.Sa logique est simple: \u201cVous dites que chparle que chparle .un \u2018lousy rench\u201d\u2019.Oké d\u2019abord, j'vas arrêter die parler.Ma parler quei, alors?Le français de France?Jle connais pas pi apart de ça, entre e français pis l'anglais, c\u2019est Yr anglais quié plus utile icitte\u201d.ais si on va contre le courant.traditionnel de notre élite qui n\u2019a Bpas cessé de dire au peuple qu\u2019il parlait mal, si on commence à dire au ronde qu\u2019il parle bien, qu\u2019il a le droit à la parôle, qu\u2019y glise c\u2019'qu\u2019y a à dire; pis qu\u2019y forge les moyens linguistiques nécessaires par, des \u2018emprunts et les .créations, 1a, le peuple embarque, part du positif et avance.Le désarroi dans l\u2019enseigne- nent de la langue française dans los écoles indique justement la évolte viscérale des jeunes à imposition de la norme françai- e.Ils refusent pour la plupart I apprendre a articuler la langue Francaise (dans sa grammaire omme dans son lexique) parce u'on nie de prime abord tout eur bagage linguistique.\u2018\u2018vous parlez mal.Je vais vous appren- Te à bien parler\u201d.Réponse: @ Mange d\u2019 la marde\u201d.| \u2018La jeunesse des écoles \u2018publi- ues est pour la plupart celle de la asse ouvrière qui associe lg.bon arler français qu\u2019on veut lui nseigner à la classe bourgeoise.on refus d\u2019apprendre le fran- ais est un rejet de la classe bour- eoise, une manifestation in- pnsciente de la lutte des classes.videmment, tant que ce refus emeure simple.refus et canton- ement dans une langue de néga- tions, la lutte n\u2019avance pas.Mais est-ce qu\u2019il est possible de faire avancer la lutte dans les écoles actuelles, de passer du refus (négatif) au développement de la langue québécoise articulant une pensée de transformation politique et économique (positif)?Sans doute, mais seulement dans la mesure\u2019 où il y a concertation des enseignants dans un projet de développement de la langue québécoise.Sans ça, c\u2019est la plus totale anarchie qui fait toujours le jeu du système.Il faut que les associations de professeurs progressistes et la CEQ en particulier mettent à leur programme un tel projet et au plus tôt.Il faut que sorte bientôt un manuel d'enseignement de la langue québécoise.On a remarqué sans doute, que je n'ai pas employé le mot \u201c\u201cjoual\u2019\u2019.C\u2019est que ce mot indique un mépris de la classe dirigeante vis-à-vis la langue populaire, la langue de la clässe ouvrière -québécoise, comme on dit \u2018\u201cpepsi\u201d, \u201cwop\u201d et \u201csauvage\u201d au lieu de \u201cQuébécois\u201d, \u2018\u2018italien\u201d - et \u201camérindien\u201d.C'est un mot à bannir du langage progressiste.On a remarqué également que je ne fais plus accorder les participes passés conjugués avec avoir et être.Je veux indiquer par là par où doit commencer une transformation de la langue écrite pour la rendre plus fonctionnelle et plus accessible à un monde solicité davantage par l\u2019image.Mettons-y du rationnel peu à peu.L'an prochain on pourrait peut- être commencer à remplacer le ph par le f _ (à suivre) 155.RON a TE LC | E Les travailleurs contre l'Etat bourgeois Les travailleurs contre l\u2019Etat bourgeois, avril et mai 1972.Un livre de Diane Ethier, Jean-Marc Piotte et Jean Reynolds.Cet ouvrage, fruit d\u2019un travail de plus de deux ans, veut cerner .ce qu'a été le Front commun intersyndical dans la fonction publique et para-publique en 1971-72.Il a pour objectif d'aider les militants syndicaux (et \u2018les autres) a.mieux comprendre le Front commun qu\u2019ils ont vécu durant cette période et de leur donner des outils qui leur permettront d\u2019amélièrer la qualité de leurs luttes syndicales et po- litiques\u2014tout en leur offrant une image détaillée et précise de l\u2019état du syndicalisme au Québec à l'heure actuelle.~.(Collection Luttes / \u2018 l\u2019Aurore) M.G. Contre-culture ) L'une des choses que beaucoup déplorent \u2014 ou méprisent \u2014 dans Chroniques, ce sont nos attaques sur la \u201ccontre- culture\u201d.Nous avions pourtant cru bon d\u2019accorder (dans le no 4) une bonne place à l\u2019annonce de la Semaine de la contré-culture, tenue fin avril à la Bibliothèque nationale.Cette pitoyable mascarade ne fut pourtant pas faite pour nous donner tort.Le désarroi et l\u2019inconsistance des \u201ccontre-culturels\u201d y ont revêtu l'allure d\u2019une débandade.La \u2018plupart d\u2019entre eux, se racero- chant à n'importe quoi, tentaient de sauver les meubles et la face: Walter Boudreau fit l\u2019apologie de la grande musique classique et de I'Orchestre symphonique de Montréal, Michel Morin, celle de la souffrance et de la cruauté, la Mère Michel souligna que le Canada est la meilleure et la plus | libre démocratie du monde, tout un chacun s\u2019entendit pour proclamer que le tort irréparable du marxisme, c'est de méconnaitre les \u201cvaleurs spirituelles\u201d et le = \u201cbonheur individuel\u201d.Plus ou moins conscient de leur offrir un spectacle ridicule, on injuria au passage quelques Américains et Français qu\u2019on avait invités là et dont le regard éberlué constituait sans doute un trop humiliant miroir.- gieux, La \u201ccontre-culture\u201d, faite de rêve, de mollesse intellectuelle, de désespoir, d'évasion et de désir, a quelque chose de vraiment poignant.Mais elle a aussi quelque chose de dangereux, c'est qu\u2019elle cultive assez de confusion pour servir d\u2019écran de fumée, et assez d\u2019inconscience historique pour réactiver naïvement les opiums idéalistes, reli- spirituels, individualistes, les plus complaisants.Il y avait, \u2018dans le sous-sol de la Bibliothèque nationale, tant de pensées égarées en quête d\u2019un projet fascinant, qu\u2019on craignait l\u2019arrivée, parmi \u2018cette troupe incertaine, d\u2019un orateur habile et _ puissant: quelle secte d\u2019illuminés ou quelle ligue de fanatiques ne pourrait naître d\u2019un tel magma d'émotions et de notions flottantes?Heureusement (si l\u2019on peut dire) que, sous-culture productrice de: quelques modes rentables, la \u201ccontre-culture\u201d se § laisse pour l'instant dorlotter § dans son rôle convenu de \u201cnon- conformiste\u201d de service par une société libérale et moderniste (qui lui laisse volontiers le soin de canaliser le mythe \u2014 et les besoins réels \u2014 de la \u201cjeunesse\u201d).LM.V.f Pour un nouveau cinéma Le Comité d'action cinématographique est en mesure de* .faire parvenir aux participants des Rencontres Internationales pour un Nouveau Cinéma (Montréal, 2-8 juin 1974) les premiers d'une série de 5 Cahiers qui fourniront la documentation relative au traväil extrêmement important effectué à cette occasion. Ainsi le Cahier 3 propose-t-il les textes des conférences et interventions de Thomas Gu- back, Guido Aristarco, Fernando Solanas, Julio Garcia Espinoza, Jean-Patriek Lebel et Simon Hartog.Très bientôt des vidéogram- mes retraçant plusieurs des aspects de ces Rencontres s seront disponibles.Par ailleurs des contacts ont été établis avec le Bureau des Cinéastes du Tiers-Monde d\u2019Alger, la Fédération Panafricaine des Cinéastes et le Comité des Cinéastes Latino-Américains dans le but d\u2019élaborer la publication d\u2019un bulletin internatio- .Une réunion nal de liaison.devrait avoir lieu cet été dans un pays scandinave afin de préparer une seconde Rencontre en 1976.Comité d'action cinématographique:.360 rue McGill, Montréal, Québec \u2014 861-3461.~ P.S.Le Parti Communiste Québécois et le P.C.Canadien Le Parti Communiste Québécois et le Parti Communiste Canadien dont le premier fait partie sont autant critiqués que peu connus.Pour mieux connai- tre leurs orientations, on peut lire: le bi-mensuel Combat, relié au P.C.Q.(abonnement annuel $3.00, 356 est, rue Mont-Royal, Montréal); l'hebdomadaire Canadian tribune relié au P.C.C.(abonnement annuel $6.00,' 924 King Street West, Toronto); la revue théorique et \u2018 politique .communist viewpoint, qui paraît tous les deux mois, reliée au P.C.C.(abonnement annuel $4.00 a / s Progress Subscription Service, 487 Adelaide St, W.Toronto.133).On peut aussi lire le programme politique du P.C.C.adopté à leur XXIe Congrès en 1971 (La voie vers le socialisme au Canada) et l\u2019opuscule du.dirigeant du P.C.Q., Walsh (Pour un parti de masse fédéré.des travailleurs,.nov.1973).On peut se procurer ces différentes publications à la Librairie Nouvelles Frontières, 96 ouest, rue Sherbrooke, Montréal., \u2014- 5 JM.P.4 Dernier Tango A TOutremont \u2014 revue-pro- 1 i\u201d 4] 1 A Samuel ly jit 11 vok gramme sur demande: 277-4145 ou 277-2001\u2014, le 11 juin à 19h.\u201cLF.Stone\u2019s weekly\u201d de Jerry , | - Bruck Jr., un documentaire intel- digent sur ce militant américain qui pendant.des années publia chaque semaine un hebdomadaire qu\u2019il faisait tout seul et qui : faisait trembler les appareils \u2018 gouvernementaux, le 24 juin: à - 19h.\u201cLe cavalier sauvage\u201d de , Frantz-Joseph Spieker, une ana- | lyse implacable de l\u2019américanisation de l'Allemagne fédérale, ce même 24 juin à 21h.30 \u201cLes _subversifs\u201d de Paolo et Vittorio Taviani, les examens de conscience après la mort de Togliat- ÿ ti donnés à voir par deux des j cinéastes fondamentaux de la: modernité (dont on ne voit évi- _ demment pas les films au Qué- \u201c bec), les ler, 2 et 3 juillet à 19hen version française et à 21h.30 en version originale (très préfé- j rable) \u201cLe dernier tango à Paris\u201d au de Bernardo Bertolucci, ou, pre moyen d'un des cinémas les plus lucides et les plus passionnés d'aujourd'hui, toutes les complexités de la sexualité et le déclin d'un Américian dans un Paris en voie d'extinction, Marlon Brando magistral.Que ceci ne vous empêche pas de téléphoner à Micro-Cinéma Ltée, 849-2384, pour vous indigner qu'on annonce à l\u2019Outre- mont \u201cL\u2019amour fou\u201d de Jacques Rivette en version abrégée.P.S.Camarade Angela Elle a profondément marqué les 3 ans que j'ai vécu en Californie.L'étudiante qui obtint à la Sorbonne un diplôme pour un travail sur Robbe-Grillet et pour laquelle Sartre est un terrain de pensée toujours actuel, la femme sur la liste des 10 personnes les plus recherchées par le F.B.I.et l'amoureuse de l\u2019exemplaire George Soledad Brother Jackson, Angela Davis raconte sa vie.Jamais autobiographie ne fut plus indispensable que celle de cette Noire superbe, qui a tenté \u2018l'impossible le plus nécessaire: concilier positions théoriques et pratiques immédiates; du Black Panther Party et du Parti Communiste Américain.\u201cAutobiographie\u201d par Angela Davis (éd.Albin Michel).P.S.\\ chroniques Case Postale 747, Succ.N.Montréal Collectif de production: Thérèse Arbic, Noël Audet, Léandre Ber- } geron, Madeleine Gagnon, Philippe Haeck, Réjean Jacques, Jean-Marc Piotte, Céline Saint-Pierre, Patrick Straram le Bison ravi, Laurent-Michel Vacher, secrétaire à la rédaction.- 1 Courrier de la deuxième classe: Enregistrement no 3451.Dépôt Æ légal à la bibliothèque nationale du Québec.__ Maquette, composition: Agence de presse libre du Québec; j couverture: Mario Leclerc.Impression: Journal Offset.7 - a Abonnement d\u2019un an (douze numéros): $20.00; Abonnement de soutien: $40.00 et plus.Veuillez expédier votre chèque ou.mandat à l\u2019ordre de: CHRONIQUES, case postale 747, succursale \u201cN\u201d, Montreal, Qué. Ber es, ison Jeni Dec: fe 4 état Let pte IMA aE i #8 \u201cil y a toujours foul déséquilibre, rll L'équilibre et le OU déséquilibre sont les bu: deux aspects'd\u2019une hii contradiction.Le a déséquilibre est Ouf: l'aspect absolu io tandis que Un l'équilibre est $0 l'aspect relatif (\u2026) iC ¢ Les contradictions et les luttes sont des p choses absôlues.d i L'unité, l'unanimité et la solidarité sont 0 pl! passageres, donc relatives\u201d t HI bn | Mao Tsé-toung x 7 i Lege ad iA) \u20ac 01g Numéro double: $4.00 LES il th "]
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