Le devoir, 26 janvier 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 4 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Programme Éco- Performance.La décision de ?nancer la pétrolière multimilliardaire Suncor est justi?ée, selon le ministre Arcand.Page A 3 Actualités \u203a Rentrée parlementaire.Énergie Est en?amme les débats aux Communes.Page A 2 Culture \u203a Cinéma.La passion d\u2019Augustine et Corbo récoltent dix nominations aux Jutra.Page B 8 Avis légaux.B 4 Décès.A 4 Météo.B 4 Mots croisés.B 6 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m UN ENFANT SUR NEUF VIT EN ZONES DE CONFLIT ZEIN AL-RIFAI AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019UNICEF a besoin de 2,8 milliards pour répondre aux besoins urgents de 43 millions d\u2019enfants dans 63 pays.L\u2019organisme prévoit consentir 25% de son effort humanitaire à l\u2019éducation.En photo, des écolières retournent à leur maison dans les rues ravagées du quartier de al-Shaar, dans la ville syrienne d\u2019Alep.Page A 5 R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec E nviron 60 % des immigrants adultes qui ne connaissent pas le français en arrivant au Québec refusent de suivre les cours de français qui leur sont of ferts gratuitement par l\u2019État, une proportion en nette progression ces dernières années.Selon le rapport annuel de gestion 2014-2015 du ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI), des 13 455 immigrants reçus qui déclaraient ne pas connaître le français en 2012, seulement 3689 s\u2019étaient inscrits à un cours de français dans les deux ans qui ont suivi, soit un pourcentage de 27,4 %.Mais comme les cours offerts par le MIDI ne représentent que les deux tiers des cours de français offerts aux nouveaux arrivants, a-t-on précisé au ministère \u2014 l\u2019autre tiers est le fait du ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) \u2014, il s\u2019agit d\u2019un peu plus de 40 % des immigrants anglophones ou allo- phones qui jugent bon d\u2019apprendre formellement le français dans les deux ans qui suivent leur arrivée.Or en 2008, la proportion était inversée : 60 % des nouveaux arrivants ne connaissant pas le français assistaient aux cours offerts par l\u2019État, évaluait-on au ministère.On s\u2019inquiétait toutefois du fait que 40 % d\u2019entre eux choisissaient de bouder les cours.Délais et budgets en baisse On montrait du doigt les longs délais que les immigrants devaient subir avant de pouvoir participer à un cours de français.Ces délais n\u2019ont plus cours aujourd\u2019hui.« En matière de francisation, le Ministère répond à la demande et les budgets sont ajustés en conséquence », a soutenu dans un courriel la porte-parole du MIDI, Karine Baribeau.Et les budgets sont revus à la baisse : réduction de 1,45 million en 2012-2013, de 809 000 $ en 2013-2014 et de 3,4 millions en 2014-2015, pour un total de 5,7 millions, soit près de 10% du Les cours de français boudés Une majorité d\u2019immigrants qui ignorent le français refusent de suivre les cours offerts par l\u2019État P H I L I P P E O R F A L I Déjà confronté à la diminution du poids démographique de la population d\u2019âge scolaire, le Cégep du Vieux Montréal fait face à un autre défi de taille : les grèves étudiantes, qui, des années plus tard, poussent toujours de nombreux étudiants potentiels à s\u2019inscrire ailleurs, a appris Le Devoir.Le printemps érable et celui de 2015 auront coûté cher à la maison d\u2019enseignement du Quartier latin.Épicentre avec l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) de ces protestations étudiantes, l\u2019institution se retrouve au- jourd\u2019hui en fâcheuse posture, les demandes d\u2019admission et les inscriptions ayant chuté beaucoup plus sévèrement au Vieux Montréal que dans les autres cégeps de la métropole, au cours des dernières années.Aujourd\u2019hui, 12 % moins d\u2019étudiants s\u2019inscrivent au Cégep du Vieux Montréal qu\u2019en 2010, montrent les données obtenues par Le Devoir.Pour les étudiants du parcours préuniversi- taire, les données sont encore plus frappantes : ils sont 14 % moins nombreux à opter pour le Vieux Montréal.Pendant ce temps, les inscriptions ont crû de 3,2 % à l\u2019échelle du réseau collégial québécois.CÉGEP DU VIEUX MONTRÉAL Les grèves nuisent aux inscriptions J E S S I C A N A D E A U D ans le cadre d\u2019une vaste enquête internationale, Greenpeace dénonce la présence de produits chimiques potentiellement dangereux pour la santé et l\u2019environnement dans la très grande majorité des produits de plein air.Après avoir découvert, l\u2019automne dernier, des traces de polyfluorocarbures (PFC) dans des recoins encore vierges de la planète, Greenpeace a décidé de poursuivre son enquête pour déterminer d\u2019où viennent ces contaminants.Rapidement, le groupe de défense environnementale a ciblé les produits de plein air.Les PFC sont utilisés pour rendre les vêtements imperméables et empêcher la saleté d\u2019y adhérer.Au cours des derniers mois, la filiale allemande de Greenpeace a testé une quarantaine de produits de plein air \u2014 manteaux, gants, sacs de couchage, cordes, etc.\u2014 fabriqués par différentes marques et achetés aux quatre coins de la planète.«On a ciblé les plus grandes compagnies, parce que ce sont elles qui déterminent les ENQUÊTE Des produits nocifs dans les vêtements de plein air ARTISTICCAPTURES/ISTOCK I S A B E L L E P O R T E R à Québec On dit souvent que les yeux sont « le miroir de l\u2019âme».Or des chercheurs québécois sont en train d\u2019en faire la preuve scientifique.En examinant la rétine des enfants, ils pensent bientôt pouvoir détecter les risques de développer la schizophrénie et d\u2019autres maladies mentales.«Nous sommes à l\u2019aube de grandes découvertes scientifiques», a déclaré lundi Yves De Konninck, le directeur du Centre de recherche à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec (CRIUSMQ).Son Centre a lancé en conférence de presse un ambitieux projet de recherche expérimentale baptisé « Hope » pour suivre les enfants de personnes souf frant de maladies mentales.Ces derniers ont 15 à 20 fois plus de risques de développer la maladie que les autres.Pour l\u2019humoriste P.A.Méthot, c\u2019est une nouvelle fabuleuse.Porte-parole de l\u2019Institut depuis quelques années, M.Méthot est lui-même atteint de bipolarité et d\u2019un TDAH.Aujourd\u2019hui, il vit bien avec sa maladie au point d\u2019en faire des blagues, mais il s\u2019inquiète pour sa fille de quatre ans.« Merci, a-t-il dit.Au nom de tous les parents qui sont atteints de maladies mentales qui, chaque matin, chaque soir, se demandent si leur enfant aura les mêmes symptômes, si leurs enfants vont grandir normalement et n\u2019auront pas à vivre ça», a-t-il dit.Pour l\u2019heure, le test demeure expérimental, mais les résultats sont prometteurs.En L\u2019œil, ce miroir de l\u2019âme Des chercheurs québécois vont diagnostiquer la maladie mentale en analysant la rétine des enfants VOIR PAGE A 8 : FRANÇAIS VOIR PAGE A 8 : GRÈVE VOIR PAGE A 8 : RÉTINE VOIR PAGE A 8 : PLEIN AIR Québecor et paradis ?scaux.Péladeau nie tout acte répréhensible.Le patient dans l\u2019ambulance.Une chronique de Michel David.Page A 3 M A R C O F O R T I E R L es partis de l\u2019opposition préparent une série de questions pour le ministre Sam Ha- mad en vue de la commission parlementaire sur la réforme de l\u2019aide sociale, qui commence ce mercredi à Québec.Le député péquiste Dave Turcotte compte soulever les contradictions du ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale au sujet de l\u2019obligation d\u2019accepter un «emploi convenable».Le ministre Hamad a déjà déclaré qu\u2019un assisté social de Montréal qui se fait of frir un emploi convenable à Québec devrait l\u2019accepter.Il a aussi dit au Devoir, la semaine dernière, que personne ne serait forcé de déménager à cause de cette clause de la réforme.«Le ministre ne veut pas obliger les gens à déménager, mais ils devraient faire Montréal- Québec pour aller travailler ?C\u2019est contradictoire », dit le député de Saint-Jean.Dave Turcotte estime que le ministre fait reposer de grands pans de sa réforme sur les épaules des agents d\u2019aide sociale, ce qui ouvre la porte à l\u2019arbitraire, selon lui.« Ce ne sont pas les agents le problème, c\u2019est le ministre», dit-il.Le gouvernement Couillard tente de donner un grand coup de balai dans l\u2019aide sociale en forçant les nouveaux demandeurs à suivre des programmes d\u2019aide à l\u2019emploi.Ceux qui suivront les directives de Québec recevront une prime de 250 $ par mois, mais ceux qui omettent de se conformer aux programmes perdront jusqu\u2019à la moitié de leur chèque.Il faut « briser le cercle vicieux» de la dépendance à l\u2019aide sociale d\u2019une génération à l\u2019autre, a dit le ministre Hamad.«On ne peut pas, comme société, accepter que je suis un enfant de l\u2019aide sociale et que mon ambition, à 18 ans, c\u2019est d\u2019aller chercher un chèque d\u2019aide sociale», a-t-il dit au Devoir.Pour un groupe de professeurs en travail social de l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR), la réforme de l\u2019aide sociale se base sur des «préjugés» démentis par la science.« Jamais, depuis l\u2019existence de l\u2019aide sociale en 1969, un gouvernement n\u2019était allé aussi loin dans le workfare [travailler pour recevoir de l\u2019aide] et la négation des droits fondamentaux des plus pauvres de notre société», a écrit le professeur Jean-Yves Desga- gnés, directeur du module de travail social de l\u2019UQAR.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Abonnements et achats à la boutique action-nationale.qc.ca au téléphone 514 845-8533 (sans frais: 866 845-8533) par la poste L\u2019Action nationale, 82 rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H2X 1X3 12 $ 144 pages Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es parlementaires devraient se soucier de la cohérence nationale lorsqu\u2019ils encadreront l\u2019aide médicale à mourir, afin d\u2019assurer une cer taine uniformité de pratique à travers le pays.C\u2019est du moins le message que sont venues leur livrer lundi les représentantes du ministère fédéral de la Santé.«De manière générale, il y a un désir d\u2019uniformité», a indiqué Abby Hoffman, sous-ministre adjointe à la Santé, au comité de députés et sénateurs devant recommander au gouvernement un encadrement législatif à l\u2019aide médicale à mourir.Selon Mme Hoffman, les provinces s\u2019attendent à ce qu\u2019Ottawa tranche les questions portant sur les critères d\u2019admissibilité, le type d\u2019aide offerte et le droit des médecins de ne pas of frir cette aide.Mais elle reconnaît que la compétence en santé relève autant du gouvernement fédéral que des provinces.Aussi, dit-elle, «une approche fédérale étroite, qui proposerait des changements minimaux au Code criminel, of frirait plus de flexibilité législative et réglementaire aux provinces et territoires tandis qu\u2019une approche fédérale plus exhaustive apporterait plus d\u2019uniformité.» Le strict minimum L\u2019avocat spécialisé dans les droits des pat ients Jean- Pierre Ménard, qui comparaissait devant le comité lundi, a proposé de « scinder le processus en deux ».«On a une contrainte importante, une contrainte de temps», a-t-il rappelé.Ottawa doit accoucher d\u2019un cadre législatif avant le 6 juin prochain.Il suggère donc qu\u2019Ottawa modifie immédiatement le Code criminel, de manière très minimale, pour autoriser l\u2019aide à mourir et qu\u2019il reporte à plus tard la finalisation des détails de cette aide.Dans son jugement de février dernier, la Cour suprême a invalidé les articles du Code criminel interdisant le fait d\u2019aider quelqu\u2019un à mourir et le fait de consentir à sa propre mort, mais seulement dans les cas où on a affaire à un adulte lucide atteint de «problèmes de santé graves et irrémédiables » lui causant des souf frances « persistantes » et « intolérables ».Selon Me Ménard, la façon la plus rapide d\u2019agir serait d\u2019ajouter aux deux articles du Code criminel un paragraphe explicitant qu\u2019ils ne s\u2019appliquent pas à ces cas de figure.« La Cour suprême a établi un premier régime de base.À court terme, on peut s\u2019en satisfaire.» Toutes les questions relatives aux modes d\u2019administration de la mort ou encore à la façon de consigner le consentement des malades pourraient, selon Me Ménard, être réglées plus tard, sans que le législateur soit assujetti au calendrier serré imposé par la Cour suprême.Le constitutionnaliste Peter Hogg, qui comparaissait en même temps, a jugé pour sa part cette proposition irrecevable.Selon lui, le jugement de la Cour suprême rend obligatoire l\u2019instauration de garde-fous à l\u2019aide médicale à mourir en même temps que sa légalisation.Selon lui, Ottawa doit dicter des règles claires, car rien ne garantit que toutes les provinces se doteront d\u2019un encadrement comme l\u2019a fait le Québec.Notons que les parlementaires membres du comité semblent ne pas trop savoir par où commencer leur travail.Les questions vont dans de nombreuses directions : accessibilité en milieu rural ou nordique, impact sur l\u2019assurance- vie, rôle des infirmières.Certains en étaient encore à questionner les témoins sur la différence entre euthanasie et suicide assisté.Les questions conservatrices, elles, ont surtout porté sur l\u2019offre de soins palliatifs au pays.Les opposants à l\u2019aide médicale à mourir font souvent valoir que cette aide ne serait pas réclamée des malades s\u2019ils avaient de bons soins de fin de vie.En l\u2019absence de Gérard Deltell, c\u2019est Harold Albrecht qui a pris le relais, portant à trois sur trois le nombre de députés conservateurs pro-vie dans le comité.Le Devoir Aide médicale à mourir : attention à l\u2019uniformité ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La chef conservatrice, Rona Ambrose, et le premier ministre Justin Trudeau s\u2019apprêtaient à entrer en Chambre pour la première période de questions de l\u2019année, lundi au Parlement.Mme Ambrose a déclaré que « le premier ministre devrait cesser d\u2019utiliser son téléphone pour des égoportraits avec Leo DiCaprio et [plutôt] appeler Denis Coderre afin de se battre pour les ressources naturelles».M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e Parti conservateur a fait son nid dans le débat entourant le projet d\u2019oléoduc Énergie Est.La chef par intérim du parti, Rona Ambrose, croit, comme ses collègues de l\u2019Ouest, qu\u2019après avoir profité pendant des années de la péréquation, le Québec doit maintenant avaler la couleuvre Énergie Est.Il en va de « l\u2019unité nationale».Au premier jour de la reprise des travaux parlementaires, les conser vateurs ont fait du controversé projet de pipeline un de leur cheval de bataille en se plaçant comme les grands défenseurs des travailleurs du secteur énergétique de l\u2019Ouest.« Le Canada a toujours été un pays où les gens se serrent les coudes quand les temps sont durs.En fait, c\u2019est justement ce qu\u2019est censé être l\u2019esprit de la péréquation, a fait valoir Rona Am- brose lundi.Quand les gens qui paient une grande part de la péréquation en ont besoin, et qu\u2019ils ont besoin de l\u2019appui de ceux qui la perçoivent, et qu\u2019ils ne sentent pas ce soutien en retour, ce n\u2019est pas la façon canadienne de faire les choses.[\u2026] D\u2019autres régions du pays leur disent maintenant que ce qui pourrait justement aider leur avenir et les aider à avoir un emploi un jour \u2014 soit le pipeline Énergie Est \u2014, ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019ils veulent appuyer», a déploré la chef intérimaire du PC et députée albertaine.Les Albertains et les Saskat- chewanais sont inquiets, a relaté Mme Ambrose, en prévenant par la même occasion que la guerre de mots que se livrent le maire de Montréal Denis Coderre et les politiciens des Prairies «menace l\u2019unité nationale».«Ce projet ne devrait pas diviser le pays», s\u2019est-elle désolée, en sommant le premier ministre Justin Trudeau de se porter publiquement à la défense des projets d\u2019oléoducs.«Il doit le faire, car comme ça, il enverra un message à son ami Denis Coderre, à ses amis de Queen\u2019s Park, que c\u2019est important pour le pays.» Le premier ministre n\u2019a pas obtempéré, aux Communes, en réitérant plutôt que son gouvernement consulterait les provinces, les villes et les communautés pour s\u2019assurer d\u2019avoir «une acceptabilité sociale, de la surveillance, la responsabilité environnementale [\u2026] pour sortir nos ressources sur le marché de façon responsable, parce que c\u2019est ce qu\u2019il faut au XXIe siècle».Son ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, n\u2019a pas non plus précisé l\u2019opinion que se fait le gouvernement libéral du projet Énergie Est.Mais le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a rejeté l\u2019idée que l\u2019exploitation des ressources naturelles menace l\u2019harmonie du pays.« La péréquation est un processus de solidarité canadienne qui n\u2019a rien à voir avec nos débats.Quand [Mme Am- brose] ajoute que ça met en cause l\u2019unité canadienne, le Canada est beaucoup plus fort que ça.Le Canada ne sera pas mis en cause parce qu\u2019on a des débats tout à fait normaux au sujet de pipelines.» Le sort d\u2019Énergie Est scellé?Le chef bloquiste, Rhéal Fortin, s\u2019est réjoui de la sortie du maire de Montréal puisqu\u2019il « vient de régler la question », selon lui, en retirant cette «acceptabilité sociale » dont les libéraux ont toujours dit qu\u2019ils auraient besoin pour donner le feu vert à un projet d\u2019oléoduc.Mais Denis Coderre n\u2019a pas rassuré le chef du NPD, Thomas Mulcair, qui a accusé le premier ministre de renier sa promesse de soumettre tous les projets d\u2019oléoducs présentement à l \u2019étude à de nouvelles normes d\u2019évaluation environnementale.Trois mois après son élection, le gouvernement libéral n\u2019a rien fait.La preuve, selon M.Mulcair, qu\u2019 i l « a renoncé à sa promesse » .« M.Trudeau doit donner suite à son engagement \u2014 personne ne l\u2019a forcé à le faire », a scandé le leader néo- démocrate.Le ministre Carr a réitéré qu\u2019i l y aurait une « phase de transition» pour ces projets en cours d\u2019examen, sans toutefois en préciser la teneur ni à quel moment elle entrerait en vigueur.Quant au maire Coderre, le premier ministre a indiqué à sa sortie des Communes qu\u2019il avait « hâte » de le rencontrer «bientôt ».Ce tête-à-tête, prévu ce mardi matin, n\u2019a rien à voir avec la prise de position du maire contre Énergie Est, selon le bureau de M.Trudeau.Il s\u2019agit plutôt d\u2019une rencontre de routine comme celles qu\u2019a tenues M.Trudeau avec les maires d\u2019autres métropoles depuis son arrivée au pouvoir.Le Devoir RENTRÉE PARLEMENTAIRE Énergie Est enflamme les Communes La péréquation justifie le projet, selon le Parti conservateur Le maire de Montréal, Denis Coderre, a répliqué lundi aux partisans du projet de pipeline Énergie Est en critiquant l\u2019attitude de TransCanada dans le dossier.«On nous arrive avec un projet, avec une compagnie très arrogante, qui ne veut pas nous parler, qui pense que ce n\u2019est pas important, qui nous regarde de haut et qui se dit, de toute façon, qu\u2019elle va s\u2019arranger avec les autres paliers de gouvernements», a déploré M.Coderre.Il est vrai que TransCanada n\u2019a pas participé aux consultations menées par la Communauté métropolitaine de Montréal.L\u2019entreprise a également refusé de déposer une étude d\u2019impact pour son pipeline, malgré les demandes répétées du gouvernement du Québec.«Nous n\u2019avons pas pris une décision contre les Albertains ou contre les gens en Saskatchewan.Nous avons fait un travail rigoureux, avec plus de 200 intervenants, 150 mémoires, des consultations publiques et nous avons rendu public le rapport, a aussi souligné le maire.Je me suis battu pour ce pays toute ma vie, donc personne ne viendra me donner de leçons sur l\u2019unité nationale», a ajouté celui qui a siégé aux Communes de 1997 à 2013.Alexandre Shields Denis Coderre, intraitable RÉFORME DE L\u2019AIDE SOCIALE Des questions pour le ministre Hamad Le Québec accueillera une conférence internationale sur la radicalisation Québec \u2014 Le Québec accueillera à la fin de l\u2019année une conférence internationale importante sur la radicalisation et le terrorisme.Cette conférence sous l\u2019égide de l\u2019UNESCO pourrait accueillir entre 400 et 500 experts et chercheurs de partout dans le monde.La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, en a fait l\u2019annonce dans une entrevue lundi, moins de deux semaines après l\u2019attentat terroriste sanglant perpétré contre des Québécois notamment, à Ouagadougou, au Burkina Faso.Ce sommet portera plus précisément sur la lutte à la radicalisation menant à la violence par l\u2019entremise d\u2019Internet.La date et le lieu de la conférence restent à déterminer.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e chef du Parti québécois, Pierre Karl Péla- deau, persiste et signe.Aucune succursale dans un paradis fiscal n\u2019a été créée sous sa direction, dit-il.Des explications qui soulèvent des questions chez ses adversaires politiques et certains observateurs.Après La Presse vendredi, Radio-Canada a dif fusé dimanche un repor tage exposant l\u2019existence de compagnies ou de succursales semblant avoir des liens avec Québecor, qui ont été actives dans des paradis fiscaux.L\u2019émission Enquête a recensé une trentaine de ces compagnies ou succursales dans une dizaine de pays, de la Barbade aux îles Vierges britanniques, en passant par Hong Kong ou l\u2019Irlande.Le reportage décrit de potentielles pratiques d\u2019évitement fiscal, un stratagème légal, mais considéré comme problématique par l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).M.Péladeau a refusé notre demande d\u2019entrevue, mais s\u2019est exprimé lundi matin au micro de Paul Arcand, sur les ondes du 98,5 FM.«Je n\u2019ai jamais créé de société dans des paradis fiscaux, a-t-il affirmé.Est-ce que Québecor a fait l\u2019acquisition d\u2019entreprises, qui elles, éventuellement, allaient avoir des filiales dans des paradis fiscaux?Oui.Et je m\u2019en suis rendu compte récemment.» Le chef de l\u2019opposition officielle a par exemple soulevé le cas de deux succursales de Vi- déotron créées par la famille Chagnon avant que Québecor ne fasse l\u2019acquisition de l\u2019entreprise.«On ne peut m\u2019accuser de les avoir créées et c\u2019est ce que Radio-Canada fait », a-t-il lancé.M.Péladeau concède qu\u2019il était au courant de l\u2019existence de structures d\u2019évitement fiscal au moment où il était membre du conseil d\u2019administration de Quebecor World, l\u2019imprimeur dont Qué- becor était actionnaire de contrôle jusqu\u2019en 2009.«Oui, je le savais, mais ce n\u2019est pas parce que je le sais que j\u2019ai le pouvoir de dire \u201con va changer ça\u201d», a-t-il dit sur les ondes de la radio parlée.Sous la présidence de M.Péladeau, Québecor a-t-elle utilisé des structures d\u2019évitement fiscal déjà en place?«Il faudrait que vous demandiez à Québecor.Moi, je n\u2019en ai pas de connaissance personnelle», a soutenu le politicien.Dans un communiqué publié en après-midi, Québecor a appuyé les propos de M.Péladeau en indiquant qu\u2019elle n\u2019a jamais créé de compagnies dans « des juridictions qualifiées de \u201ccomplaisantes\u201d en matière de fiscalité ».« Les compagnies QUEBECOR LTD Cayman Islands, TCG VIDEOTRON CAYMAN LTD et Le Groupe Vidéotron ltée à la Barbade n\u2019ont jamais été créées, détenues, ni même utilisées par Québecor ou Québecor Média», affirme l\u2019entreprise.Dans un message publié lundi sur sa page Facebook, Pierre Karl Péladeau a en outre qualifié de «gros pétard mouillé» le reportage de Radio- Canada et n\u2019a pas écarté la possibilité de poursuivre le diffuseur public.Le directeur des relations publiques de Radio-Canada, Marc Pichette, a indiqué par courriel que la société d\u2019État ne répondra pas au message de M.Péladeau et qu\u2019elle diffusera l\u2019émission Enquête consacrée au sujet des paradis fiscaux jeudi, tel que prévu.Pas une situation «anodine» À Milan, où il prend par t à une mission économique, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a réagi prudemment.« Ça illustre la situation dans laquelle lui-même se place : il est l\u2019actionnaire de contrôle de l\u2019entreprise dont il est question et il est chef de parti.Ce n\u2019est pas une situation anodine et ça ne doit pas être traité de façon anodine», a-t-il fait valoir.S\u2019exprimant en marge du caucus de ses députés à Bromont, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a affirmé que l\u2019évitement fiscal n\u2019est pas « souhaitable», mais n\u2019a pas voulu s\u2019étendre sur le cas de M.Péladeau.Plus cinglante, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, s\u2019est dite «profondément inquiète» à la lumière des nouvelles informations diffusées par Radio-Canada.«Pratiquer l\u2019évitement fiscal trahit l\u2019idée de souveraineté nationale et de contrôle de nos richesses», a-t-elle déclaré.Reproches envers les médias, menace de poursuites, nombre d\u2019entrevues limité : Thierry Giasson, professeur de science politique à l\u2019Université Laval et spécialiste de la communication politique, considère que la réaction de Pierre Karl Péladeau aux révélations le concernant a été «maladroite ».Selon lui, Pierre Karl Péladeau devrait s\u2019expliquer « sereinement » et « simplement» auprès des Québécois.« Il y a plusieurs Québécois qui vont peut-être regarder ce qui se passe et se dire que c\u2019est symptomatique de problèmes qui semblent arriver au Parti québécois avec l\u2019arrivée de Pierre Karl Pé- ladeau comme leader, remarque le professeur.C\u2019est un homme qui a été à la tête d\u2019une très grande entreprise [\u2026], mais c\u2019est aussi un homme qui arrive peut-être avec un cer tain nombre de casseroles.» Avec La Presse canadienne Le Devoir PARADIS FISCAUX Pierre Karl Péladeau nie avoir « créé » des succursales A L E X A N D R E S H I E L D S L e ministre Pierre Arcand a défendu lundi l\u2019octroi d\u2019une subvention de 1,7 million de dollars à la pétrolière alber taine Suncor dans le cadre d\u2019un programme gouvernemental mis sur pied pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).Ce financement public permettra de réduire les émissions de la raf finerie de Montréal de 0,9 %.Le Devoir révélait lundi que le gouvernement Couillard a accordé une «aide financière» au géant pétrolier des sables bitumineux dans le cadre du programme ÉcoPerfor- mance.Ce programme vise notamment la réduction de « la consommation de combustibles fossiles ».Pour le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, la décision de financer une pétrolière multimilliardaire était justifiée, selon les critères d\u2019ÉcoPerformance.«Ce sont des programmes [balisés], donc nous ne faisons pas de discrimination par rappor t aux entreprises.Est-ce qu\u2019elles sont riches ?Est-ce qu\u2019elles sont pauvres?Ce sont les fonctionnaires qui reçoivent les propositions et qui ont des critères afin de décider », a-t-il expliqué en entrevue au Devoir.« Ce sont des investissements qu\u2019ils n\u2019auraient peut-être pas faits s\u2019ils n\u2019avaient pas eu cette mesure incitative », a-t-il ajouté.Selon le classement « Global 500 » des plus grandes entreprises de la planète publié en 2015 par le magazine Forbes , Suncor se classait en 317e position, avec des revenus de 36,6 milliards de dollars.Est-ce qu\u2019il ne faudrait pas revoir les critères du programme, d\u2019autant plus que cet octroi de fonds publics se fait dans un contexte de rigueur budgétaire?«L\u2019objectif premier demeure de réduire les gaz à ef fet de serre, a répondu le ministre.S\u2019il y a des entreprises rentables au Québec, tant mieux, parce que ça signifie plus d\u2019emplois et plus d\u2019activités.» Ouvert aux fossiles Selon M.Arcand, les entreprises qui œuvrent dans le secteur des énergies fossiles ont aussi tout à fait le droit de participer au programme.« On ne peut pas faire de discrimination au niveau des entreprises.On ne peut pas dire que parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une entreprise de pétrole qui met en place un procédé de réduction des gaz à effet de serre, on fait de la discrimination.» Le ministre estime que, globalement, ce type de mesure est de toute façon «bénéfique pour le Québec».Dans le cas de Suncor, les 1,7 million de dollars de fonds publics doivent ser vir à améliorer l\u2019ef ficacité du procédé industriel de la raffinerie de Montréal, de façon à réduire la consommation de gaz naturel nécessaire pour chauffer le pétrole brut dans le processus de raf finage.Selon les précisions fournies par le cabinet de Pierre Arcand, le projet de la multinationale permettra de réduire les émissions annuelles de GES de la raffinerie de 10 000 tonnes.En prenant en compte des données officielles sur les émissions de GES disponibles auprès du ministère de l\u2019Environnement du Québec, la raf finerie de Suncor de Montréal a produit en moyenne 1,1 million de tonnes de GES chaque année, et ce, de 2012 à 2014.Cela signifie que les mesures mises en place permettent de réduire les émissions annuelles de 0,9%.Reste que la pétrolière Suncor, qui produit plus de 400 000 barils de pétrole des sables bitumineux chaque jour, souhaiterait traiter ce type de pétrole à Montréal.Est-ce possible de concilier ce type d\u2019or noir, réputé plus polluant, avec nos cibles de réduction de GES ?« La transition énergétique est commencée au Québec », a dit le ministre, avant d\u2019ajouter que l\u2019industrie pétrochimique « ne sera pas en grande expansion au cours des prochaines années».Suncor mise pour tant sur la croissance de l\u2019industrie des sables bitumineux au Canada, en y investissant des milliards de dollars.Son président et chef de la direction, Steve Williams, qui est inscrit comme lobbyiste au registre québécois, a aussi fait la promotion du projet de pipeline Énergie Est.Il faut dire que ce pipeline pourrait permettre d\u2019approvisionner en partie la raffinerie montréa- laise de Suncor, où des investissements ont été annoncés en 2013 dans le but de permettre le raf finage du pétrole de l\u2019Ouest.Le Devoir ÉCOPERFORMANCE La décision de financer une pétrolière multimilliardaire est justifiée, dit le ministre Arcand I l y a une vingtaine d\u2019années, la publication de l\u2019essai Le syndrome de Pinocchio d\u2019André Pratte avait provoqué un intéressant débat sur le mensonge en politique qui n\u2019a rien perdu de sa pertinence, comme en témoignent les explications chaque jour plus emberlificotées de Pierre Karl Péladeau sur l\u2019utilisation des paradis fiscaux par Québecor.Une expression utilisée par Thomas Mul- cair, alors député libéral de Chomedey, avait inspiré le titre de ce livre.Dans un entretien avec l\u2019auteur, M.Mulcair l\u2019avait reconnu d\u2019emblée : « Malheureusement, de manière générale en politique, le calcul c\u2019est : est-ce que je vais me faire pogner ?Sinon, les gens se sentent assez libres de manipuler les journalistes et de dire n\u2019importe quoi ».Encore faut-il se montrer habile et s\u2019assurer de ne pas être contredit par les faits.Dans le cas qui nous occupe, M.Péladeau n\u2019a malheureusement fait ni l\u2019un ni l\u2019autre.Au cours de la dernière année, on a pu constater sa maladresse et son manque de jugement politique, mais il n\u2019y avait pas de raison de douter de sa parole.On ne peut plus faire autrement.On avait qualifié André Pratte de naïf parce qu\u2019il exigeait que les politiciens disent toujours la vérité.L\u2019intérêt public ne commandait- il pas de taire certaines choses ?Chez les commentateurs, le consensus semblait indiquer que la restriction mentale pouvait parfois être acceptable, voire même nécessaire, mais qu\u2019on ne devait pas affirmer ce qu\u2019on savait être faux.?Quand il s\u2019est lancé dans la course à la chefferie du PQ, M.Péladeau a assumé pleinement son passé en matière de relations de travail.Ne pouvant nier des faits connus de tous, il a plaidé le fait que la survie de ses entreprises exigeait qu\u2019il ait recours au lockout.Malgré leur préjugé favorable envers les syndicats, les militants péquistes ont accepté de passer l\u2019éponge au nom de la cause sacrée de l\u2019indépendance.Dès le départ, il aurait très bien pu reconnaître que Quebecor World, que contrôlait Québe- cor, avait utilisé les paradis fiscaux pour payer moins d\u2019impôt, comme toutes les multinationales le font en toute légalité.Pouvait-on exiger que ce fleuron de Québec inc.compromette sa compétitivité pour démontrer son sens civique ?D\u2019ailleurs, peu de gens y voyaient un problème éthique à l\u2019époque.Le problème n\u2019est pas que Québecor utilisait des paradis fiscaux, mais qu\u2019il s\u2019entête à dire qu\u2019il n\u2019y était pour rien ou encore qu\u2019il s\u2019en est rendu compte tout récemment, comme il l\u2019a affirmé à Paul Arcand.Son insistance à jouer sur les mots ne fait que renforcer la suspicion.Il a beau répéter que lui-même n\u2019a pas créé de filiales dans des paradis fiscaux, il savait parfaitement qu\u2019il en existait dans son empire.S\u2019il a donné l\u2019instruction qu\u2019il n\u2019y ait pas de « structures fiscales exotiques » au sein de Québecor, comme il affirme l\u2019avoir fait, cela a bien dû laisser des traces écrites quelque part.Comment croire qu\u2019un homme qui exerçait un contrôle aussi étroit sur ses entreprises ait pu ignorer ce que faisaient ses adjoints ou que ceux-ci aient pris le risque de désobéir à ses ordres?Il ne pouvait tout de même pas lui échapper que son empire avait des filiales dans des pays où il n\u2019exerçait aucune activité.Coup sur coup, deux enquêtes journalistiques en sont arrivées à la même conclusion, et on peut être certain que les avocats de La Presse et ceux de Radio-Canada ont passé les reportages au crible avant de donner le feu vert.M.Péladeau peut multiplier les mises en demeure ou les poursuites autant qu\u2019il le voudra, le mal est fait.Si, aux yeux du PQ, le premier ministre Couillard n\u2019avait pas la crédibilité pour lutter contre les paradis fiscaux, sous prétexte qu\u2019il a déjà eu un compte en banque à Jersey, qu\u2019en est-il aujourd\u2019hui de M.Péladeau?À entendre Agnès Maltais, tout va pour le mieux au PQ, mais il est clair que le comportement erratique du chef est devenu un énorme problème qui occulte tout le reste.Les choses en sont au point où les députés péquistes doivent vivre dans la hantise de sa prochaine gaffe.En visite à Milan, M.Couillard s\u2019est bien gardé de vouloir se mêler des problèmes de M.Péladeau, ce qui ne l\u2019a pas empêché de tourner le fer dans la plaie : «Ça illustre la situation dans laquelle lui-même se place : il est l\u2019actionnaire de contrôle de l\u2019entreprise dont il est question et il est chef de parti.Ce n\u2019est pas une situation anodine et ça ne doit pas être traité comme une situation anodine.» Même si les malheurs de M.Péladeau ne peuvent que le réjouir, François Legault a dit se fier à sa parole.En politique, il n\u2019est pas recommandé de « tirer sur l\u2019ambulance ».Le patient paraît si mal en point qu\u2019en remettre deviendrait contre-productif.La question est maintenant de savoir combien de temps il va pouvoir tenir et si le PQ a les moyens de s\u2019of frir un autre psychodrame.mdavid@ledevoir.com Le patient dans l\u2019ambulance MICHEL DAVID JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le chef de l\u2019opposition péquiste à l\u2019Assemblée nationale, Pierre Karl Péladeau, nie que des succursales d\u2019entreprises aient été créées dans des paradis fiscaux à l\u2019époque où il était président de Québecor.L\u2019insistance de PKP à jouer sur les mots ne fait que renforcer la suspicion L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE CHARLEVOIX-MAISON À LOUER Sabbatique?Période d\u2019écriture?Saison de ski?Projet spécial?Retraite?Maison dans la montagne à La Malbaie (Pointe-au-Pic) avec une vue magnifique sur le fleuve.Entièrement 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matin devant l\u2019hôtel de ville de la métropole.Les quelque 8000 cols blancs de la Ville de Montréal seront tour à tour en grève au cours des prochains jours et tiendront une journée de grève générale le 1er mars.Ils tenteront de se faire entendre dans le cadre du renouvellement de leur convention collective, qui est venue à échéance le 31 décembre 2011.Au cours de la période de débrayage, les cols blancs n\u2019effectueront aucun travail en heures supplémentaires, mais assureront tous les services essentiels.Le Syndicat des cols blancs et la Ville de Montréal tentent de trouver un terrain d\u2019entente devant un conciliateur depuis le 15 janvier.J E A N N E C O R R I V E A U L e flot de réfugiés attendu à Montréal ne s\u2019est pas matérialisé jusqu\u2019à maintenant.Alors que la Ville s\u2019attendait à recevoir 4300 réfugiés parrainés par l\u2019État, elle n\u2019en a accueilli que 19 à ce jour.Le rythme d\u2019arrivée des réfugiés devrait s\u2019accélérer au cours des prochains mois et, afin de gérer cet accueil sur une plus longue période, l\u2019administration Coderre a annoncé lundi la mise sur pied d\u2019un bureau permanent pour coordonner l\u2019arrivée des nouveaux arrivants.En novembre dernier, le nouveau gouvernement de Justin Trudeau avait annoncé que le Canada accueillerait 25 000 réfugiés syriens d\u2019ici la fin de 2015.Les objectifs ont été revus depuis.Au 21 janvier 2016, ce sont 12 729 réfugiés qui sont arrivés au Canada alors que 5623 demandes ont été traitées et que 14 828 autres sont en cours de traitement.Montréal a reçu 1427 réfugiés à ce jour, mais la majorité d\u2019entre eux sont parrainés par des organismes privés, et seulement 19 sont parrainés par l\u2019État, a indiqué la Ville dans un rapport rendu public lundi.Estimant que la Ville ne pouvait maintenir « l\u2019état d\u2019alerte» pour une plus longue période que celle initialement prévue, le coordonnateur embauché par l\u2019administration, Michel Dorais, a recommandé à l\u2019administration qu\u2019un bureau permanent soit mis en place pour gérer ce dossier dans les mois à venir.Le Bureau d\u2019intégration des nouveaux arrivants à Montréal prendra donc le relais du Comité de coordination montréa- lais pour l\u2019accueil des réfugiés mis en place à la fin de l\u2019année dernière par l\u2019administration.Un maximum de 10 employés y travaillera, a précisé M.Dorais.Une partie de la somme d\u2019un million de dollars déjà réservée pour l\u2019accueil des réfugiés sera utilisée pour ce bureau.En conférence de presse, M.Coderre a décrit le nouveau bureau comme un « guichet unique intégré » .« Ce n\u2019est pas une couche de bureaucratie supplémentaire.C\u2019est l\u2019exper tise qu\u2019on a développée », a-t-il indiqué.Contrat controversé Quant à M.Dorais, dont l\u2019embauche avait fait beaucoup jaser, il terminera son contrat sous peu.Rappelons que l\u2019administration Coderre avait engagé à forfait Michel Dorais, un ancien sous-ministre d\u2019Immigration Canada, à un salaire de 1800$ par jour afin de coordonner l\u2019accueil des réfugiés à Montréal.Son contrat de trois mois prendra fin en février.M.Coderre juge toujours que l\u2019embauche de M.Dorais était une bonne décision compte tenu de son expertise.«Je pense que c\u2019était nécessaire», a-t-il dit.L\u2019enjeu du logement pourrait être problématique pour l\u2019accueil des réfugiés à Montréal bien qu\u2019il soit moins aigu qu\u2019à Toronto ou Vancouver, où les appartements sont rares.Il y aurait 800 logements disponibles à Montréal, estime la Ville, mais il faudra de grands logements pour les familles qui comptent plusieurs enfants.Le Devoir Montréal met sur pied un bureau pour les nouveaux arrivants J E A N N E C O R R I V E A U Non seulement Robert Bouvier était un ami personnel de Denis Coderre, mais il a aussi été un solliciteur de fonds pour le par ti du maire lors de la campagne électorale de 2013.En lui octroyant un contrat sans appel d\u2019offres, le maire Coderre a enfreint les règles d\u2019éthique de la Ville en matière d\u2019approvisionnement, soutient l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville.Projet Montréal reprochait déjà au maire Coderre d\u2019avoir, à trois reprises, accordé des contrats de gré à gré à des proches.En épluchant le rapport financier d\u2019Équipe Denis Coderre pour l\u2019année 2014, les élus de l\u2019opposition ont découvert que M.Bouvier avait été dûment enregistré comme solliciteur de fonds pour le parti en 2013 et en 2014.Il aurait ainsi récolté au moins 1400 $ pour la caisse d\u2019Équipe Denis Coderre, a précisé l\u2019opposition.Rappelons que Robert Bouvier, ancien président de Teamsters Canada, a été embauché à un taux de 670 $ par jour par la Ville afin de participer, comme représentant de la partie patronale, aux négociations avec la Fraternité des policiers de Montréal.Le prix maximal de sa rémunération a été fixé à 24 999 $, tout près de la limite de 25 000 $ qui oblige la Ville à procéder par appel d\u2019offres.Or, il s\u2019agit aussi d\u2019un ami de Denis Coderre.Règles d\u2019éthique Projet Montréal juge inacceptable que la Ville puisse accorder des contrats à des collecteurs de fonds du parti au pouvoir.«Trouver 1400$ pour avoir le droit à un contrat direct de presque 25 000 $, c\u2019est un très bon rendement, a fait remarquer le conseiller de Projet Montréal, Guillaume Lavoie.Certains diraient que c\u2019est même un peu plus que \u201cMonsieur 3 %\u201d en termes de rendement.M.Coderre doit faire un choix : ou bien tu travailles pour la Ville.Ou bien tu travailles pour ramasser de l\u2019argent pour M.Coderre.Tu ne peux pas faire les deux.» Les règles d\u2019approvisionnement de la Ville de Montréal précisent qu\u2019avant d\u2019octroyer un contrat de gré à gré, un service doit faire une demande de prix auprès de plus d\u2019un fournisseur, ce que l\u2019administration n\u2019a pas fait, soutient l\u2019opposition.Précisons que, selon la Ville, le contrat de M.Bouvier a pris fin le 31 décembre 2015 et qu\u2019il n\u2019a pas été renouvelé.Au total, M.Bouvier a travaillé dix demi-journées et a reçu une rémunération totale de 4020$.Un dossier clos Questionné lors de la séance du conseil municipal, le maire Coder re a vanté l\u2019exper tise de Rober t Bouvier pour justifier l\u2019octroi de contrat.« M.Bouvier est l\u2019ancien président de Teamsters Canada.C\u2019est quelqu\u2019un qui a siégé au Conseil du travail du Canada.C\u2019est quelqu\u2019un qui a travaillé avec les syndicats.Tout a été fait dans les règles de l\u2019art et M.Bouvier a bien servi sa cause parce qu\u2019il a travaillé pour l\u2019intérêt de la Ville.Pour moi : dossier clos.C\u2019est une occasion unique.Quand il y aura d\u2019autres personnes comme ça qui seront capables d\u2019arriver à trouver des solutions, je pense qu\u2019on devrait saluer ça.» L\u2019administration Coderre estime que l\u2019opposition a tort de faire une corrélation entre les activités de sollicitation pendant la campagne électorale de 2013 et un contrat accordé deux ans plus tard, en novembre 2015.«Le fait qu\u2019il n\u2019était plus solliciteur, pour moi, il n\u2019y a pas de problème.J\u2019ai avant tout une personne exper te dans le domaine et qui rend de nombreux services à la Ville en établissant des canaux de communication entre les syndicats et la Ville de Montréal.[\u2026] On peut par ticiper à la vie démocratique tout en étant un expert », a dit le maire.Même si le contrat a pris fin, Projet Montréal estime que le maire Coderre doit des explications aux Montréalais sur ce que l\u2019opposition qualifie de «conflit d\u2019intérêts ».Le Devoir CONTRAT SANS APPEL D\u2019OFFRES Le fournisseur embauché par la Ville a sollicité des fonds pour le parti du maire B romont \u2014 Le contrôle des armes à feu ne passe pas nécessairement par la mise en place d\u2019un nouveau registre québécois, a déclaré lundi le député caquiste André Spénard, porte-parole du dossier de la sécurité publique pour son parti.M.Spénard a affirmé que le caucus de la Coalition avenir Québec est divisé face au projet de loi 64, présenté en décembre par le gouvernement.«On est en train d\u2019en discuter ; comme dans toutes les formations politiques, il y en a des pour, il y en a des contre, alors on va analyser la situation», a-t-il dit.Cette initiative a été annoncée par Québec à la suite de la décision du gouvernement fédéral d\u2019abolir le fichier national des armes d\u2019épaule.Selon le député caquiste, le registre envisagé par le gouvernement du Québec déplaît parce qu\u2019il traiterait les détenteurs d\u2019armes d\u2019épaule comme des criminels en resserrant les contrôles.La mise en place du projet québécois nécessiterait des investissements de 17 millions de dollars et son coût d\u2019exploitation annuel serait de 5 millions.En marge d\u2019un caucus des députés de la CAQ en Montéré- gie, M.Spénard a évoqué d\u2019autres mesures de contrôle qu\u2019un registre, qui pourraient passer par un meilleur contrôle de la carte d\u2019acquisition d\u2019armes à feu, de l\u2019achat de munitions ou de l\u2019achat de permis de chasse.Après le dépôt du projet de loi 64 par le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, M.Spénard avait pourtant participé à un point de presse en compagnie d\u2019un regroupement pour le contrôle des armes à feu constitué dans la foulée de la fusillade de l\u2019École Polytechnique à Montréal.Le député a affirmé lundi que personne n\u2019avait encore lu le projet de loi.La Presse canadienne Le contrôle des armes ne passe pas nécessairement par un registre, selon la CAQ S É N A T Ottawa débouté par la Cour d\u2019appel fédérale Ottawa \u2014 Le gouvernement fédéral n\u2019a pas réussi à obtenir l\u2019annulation d\u2019une poursuite intentée contre lui concernant les sièges vacants au Sénat.L\u2019ancien gouvernement conservateur avait porté en appel le refus d\u2019un juge de la Cour fédérale de rejeter d\u2019emblée la plainte.Ottawa a toutefois été débouté, lundi, par un comité composé de trois magistrats de la Cour d\u2019appel fédérale.Aniz Alani, l\u2019avocat de Vancouver ayant remis en question devant les tribunaux le droit du premier ministre de laisser des sièges de la Chambre haute vacants indéfiniment, a révélé que le comité lui avait accordé 1500 $ en frais judiciaires.M.Alani a lancé la poursuite l\u2019an dernier alors que Stephen Harper était encore premier ministre.Harper a arrêté de nommer des sénateurs en mars 2013.La Presse canadienne T O R O N T O Policier Forcillo : le verdict Toronto \u2014 Le policier James Forcillo a été reconnu coupable de tentative de meurtre pour avoir abattu un jeune homme de 18 ans, Sammy Ya- tim, dans un wagon de tramway vide à Toronto, ce qui avait suscité l\u2019ire de la population.Après six jours de délibérations, le jury de 11 personnes a acquitté le policier de l\u2019accusation plus grave de meurtre non prémédité pour la mort du jeune en juillet 2013.James Forcillo, 32 ans, avait plaidé non coupable aux deux chefs d\u2019accusation portés contre lui.Les événements avaient été filmés par des téléphones cellulaires et les images étaient devenues virales sur Internet.L\u2019accusation de meurtre non prémédité était liée aux trois premiers coups qu\u2019il a tirés \u2014 qui ont été mortels \u2014 et l\u2019accusation de tentative de meurtre a été ajoutée en raison de la deuxième salve de coups de feu.La Presse canadienne 1400 $ auraient été récoltés par Robert Bouvier lors de la campagne électorale de 2013 pour Équipe Denis Coderre L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Le p\u2019tit bonheur, Moi, mes souliers.65 ans plus tard, comment l\u2019œuvre de Félix Leclerc peut-elle éclairer la complexité de notre présent ?À LIRE DEMAIN : La toujours di?cile défense de l\u2019aide sociale, sur l\u2019air de 100 000 façons de tuer un homme, sous la plume d\u2019Éric Desrosiers.I S A B E L L E P A R É U n enfant sur neuf vit désormais dans des zones frappées par la guer re ou les conflits violents, soit près de 250 millions d\u2019enfants à travers le monde, estime l\u2019UNICEF.Une situation critique qui double le risque de décès de causes évitables chez les petits de moins de cinq ans, vulnérabilisés par la malnutrition, les maladies infectieuses et l\u2019absence de soins de santé.L\u2019organisme qui se consacre à l\u2019enfance a chiffré lundi à quelque 2,8 milliards $US le financement nécessaire pour répondre en 2016 aux besoins urgents de 43 millions d\u2019enfants, dans 63 pays où perdurent des crises humanitaires provoquées par des conflits ou des catastrophes écologiques liées aux changements climatiques.Pour la première fois de son histoire, l\u2019UNICEF prévoit consentir pas moins du quar t de son ef for t humanitaire à l\u2019éducation, soit deux fois plus qu\u2019à l \u2019ordinaire, compte tenu des besoins pressants observés chez des millions d\u2019enfants déplacés à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur de leur pays.Dans plusieurs des régions touchées, une grande par tie des écoles ont été démolies ou sont totalement dépour vues des ressources humaines et matérielles nécessaires pour poursuivre leur mission.« C\u2019est un investissement crucial, car les écoles permettent d\u2019of frir un lieu sûr pour les enfants, de poursuivre une vie relativement normale et d\u2019obtenir les connaissances de base qui seront essentielles pour leur avenir ainsi que pour reconstruire leur pays », fait valoir Carleen McGuinty, directrice adjointe des programmes et des politiques internationales pour UNICEF Canada.L\u2019éducation d\u2019abord La part des fonds d\u2019urgence versés à l\u2019éducation des enfants dépassera ainsi en 2016 celle dévolue à la lutte contre la malnutrition (15 %), et celle prévue pour of frir l\u2019accès à l\u2019eau potable et aux infrastructures sanitaires (21 %), ou à des soins de santé (12 %), affirme la porte-parole de l\u2019organisme.Grâce à ce nouvel appel à l\u2019aide humanitaire, l\u2019UNICEF espère faire passer de 4,9 à plus de 8,2 millions le nombre d\u2019enfants d\u2019âge scolaire qui pourront retrouver l\u2019accès à une éducation minimale dans les pays dévastés par la guerre, dont cinq millions d\u2019enfants touchés par le conflit syrien.En Syrie, où bon nombre d\u2019écoles ont été dévastées, une grande part des fonds sera injectée dans des programmes d\u2019« autoformation » qui permettront aux élèves d\u2019accéder à des manuels scolaires et à du matériel de base chez eux ou dans des camps.Au Liban, où sont réfugiés dans des camps pour personnes déplacées des milliers d\u2019enfants syriens et leur famille, l\u2019apport de l\u2019UNICEF permettra de financer des classes alternées de jour et de soir dans les mêmes bâtiments scolaires.« Des professeurs y recevront aussi une formation psychosociale spécifique pour pouvoir intervenir auprès d\u2019enfants qui ont vécu d\u2019importants traumatismes», ajoute Mme McGuinty.L\u2019Afrique touchée Ces besoins à l\u2019éducation de base dépassent la seule zone du Moyen-Orient, et se font aussi pressants dans la région centrafricaine, notamment au Nigeria, là où le mouvement insurrectionnel islamiste Boko Haram a poussé à l\u2019exode près de 1,2 million de personnes, dont de nombreux enfants.«Les enfants ne sont plus envoyés dans les écoles qui sont devenues des cibles de Boko Haram.Toute une infrastructure est mise en place dans les camps pour leur permettre de poursuivre leur éducation», soutient la porte-parole d\u2019UNICEF Canada.En plus de se voir nier l\u2019accès à une éducation de base, les enfants pris au piège dans les zones de conflits sont témoins de violences indicibles, se voient souvent forcés de travailler pour aider leurs parents à subvenir aux besoins de la famille, ou mariés de façon précoce pour alléger le fardeau financier de leurs parents appauvris.Ils sont aussi la proie des divers groupes armés qui les recrutent comme esclaves ou comme enfants-soldats, ajoute Mme McGuinty.«Les enfants migrants, que ce soit au Yémen, au Soudan du Sud ou dans toute la région syrienne, sont exposés au risque de mauvais traitements, d\u2019exploitation et de trafic d\u2019êtres humains, sans compter les risques potentiellement dévastateurs pour leur santé », a ajouté lundi David Morley, président d\u2019UNICEF Canada.Somme toute, le gros de l\u2019aide réclamée par l\u2019organisme humanitaire, soit plus de 1,6 milliard de dollars, vise à aider les populations syriennes déplacées dans les pays limitrophes de la Syrie, alors que 188 millions sont jugés nécessaires pour venir en aide aux enfants victimes de la violence qui sévit dans le nord du Nigeria.Le Devoir Un enfant sur neuf vit en zones de conflit L\u2019UNICEF a besoin de 2,8 milliards de dollars pour répondre aux besoins urgents de 43 millions d\u2019enfants dans 63 pays MOHAMAD ABD ABAZID AGENCE FRANCE-PRESSE Pour les enfants chassés par la guerre de la ville de Daraa, en Syrie, une école sous une tente a été ouverte dans un camp de réfugiés du sud du pays.B E N S I M O N L\u2019 obésité chez les enfants de moins de cinq ans atteint des taux « alarmants » et est devenue « un cauchemar explosif » dans les pays en développement, en particulier en Afrique, où le taux a doublé depuis 1990, a averti lundi l\u2019OMS.Les auteurs du rapport, membres de la Commission sur la fin de l\u2019obésité infantile de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignent que, pendant longtemps, ce phénomène n\u2019a pas été vu comme une question de santé majeure et était même considéré par certains comme le résultat d\u2019un comportement choisi au sein de la famille.Mais l\u2019enquête menée pendant deux ans dans plus de 100 pays a conclu que les gouvernements et les politiques de santé publique à travers le monde doivent être en première ligne pour enrayer cette épidémie.« Quel est le principal message ?C\u2019est que ce n\u2019est pas la faute des enfants », a déclaré Peter Gluckman, coprésident de la Commission.Causes multiples Des facteurs biologiques, un accès inadapté à une alimentation équilibrée, une baisse de l\u2019activité physique dans les établissements scolaires et la non-réglementation du commerce des produits faisant grossir figurent parmi les causes d\u2019une aggravation de l\u2019épidémie, qui exige une réponse coordonnée globale, estime le rapport.Si rien n\u2019est fait, « l\u2019épidémie d\u2019obésité pourrait réduire à néant les nombreux progrès en matière de santé qui ont contribué à l\u2019allongement de la durée de vie dans le monde », prévient la commission.M.Gluckman a reconnu que les recommandations mentionnées dans le rapport peuvent sembler découler du simple bon sens : promotion de bonnes habitudes alimentaires, exercice physique, suivi psychologique des jeunes obèses.Mais comme le soulignent les auteurs, ces principes de bon sens n\u2019ont pas été suffisamment mis en pratique par les gouvernements et le nombre d\u2019enfants en surpoids est passé de 31 millions en 1990 à 41 millions en 2014.« Jusqu\u2019à ce jour, les progrès dans la lutte contre l\u2019obésité infantile ont été lents et irréguliers », indiquent-ils.Inégalités entre riches et pauvres L\u2019obésité infantile «est un cauchemar explosif dans le monde en développement », a af firmé M.Gluckman.En Afrique, le nombre d\u2019enfants de moins de cinq ans en excès de poids ou obèses a presque doublé entre 1990 et 2014, passant de 5,4 millions à 10,3 millions.Le taux d\u2019augmentation en Asie est plus difficile à calculer, a relevé M.Gluckman, mais près de la moitié (48 %) des enfants considérés comme obèses dans le monde vivent dans les pays asiatiques.Un quart vivent en Afrique.Le rappor t souligne que, dans les pays riches, les enfants issus de familles pauvres ont plus de probabilités d\u2019être obèses, en raison notamment du prix bon marché de la nourriture fast-food à haute teneur en sucre.En revanche, dans les pays pauvres, les enfants de familles aisées sont davantage exposés au risque d\u2019obésité, en par ticulier dans les pays où, « culturellement, un enfant en surpoids est souvent signe de bonne santé », indique le rapport.Processus biologiques Selon les auteurs du rapport, deux processus biologiques exposent un enfant au risque d\u2019obésité après la naissance.Le premier, appelé «décalage», résulte d\u2019une malnutrition même légère pendant la grossesse et la petite enfance, qui peut avoir un impact sur les fonctions génétiques et rendre un enfant beaucoup plus enclin à prendre du poids plus tard.Le second processus, dit du développement, peut survenir lorsque la mère enceinte est elle- même obèse ou souffre de diabète.Cela «prédispose l\u2019enfant à un excès de graisse associé à des troubles du métabolisme et à l\u2019obésité », indique le rapport.Les auteurs réclament une réponse globale des politiques, des institutions de santé mondiales et des individus, mais M.Gluckman a souligné qu\u2019encourager les gens à manger mieux et à faire de l\u2019exercice ne suffit pas.«Les régimes et le sport à eux seuls ne sont pas la solution, a-t-il prévenu.Nous avons des responsabilités à l\u2019égard des enfants dans le monde pour les empêcher de devenir obèses.» Agence France-Presse PAYS EN DÉVELOPPEMENT L\u2019obésité infantile, un « cauchemar explosif», selon l\u2019OMS Graham James obtient une libération conditionnelle de jour Laval \u2014 Graham James, un ancien entraîneur de hockey junior qui a agressé sexuellement des joueurs, a obtenu lundi une libération conditionnelle de jour.L\u2019homme âgé de 62 ans a comparu lundi devant la Commission des libérations conditionnelles dans un pénitencier de Laval.La libération est assortie de conditions strictes et est bien en deçà de la libération totale qu\u2019il demandait.La Commission a dit qu\u2019une libération totale serait prématurée au moment présent et que Graham James devrait montrer plus d\u2019empathie.L\u2019homme purge actuellement une peine de sept ans pour avoir agressé sexuellement des joueurs qu\u2019il entraînait vers la fin des années 1980 et au début des années 1990 avec l\u2019équipe des Broncos de Swift Current de la Ligue junior de l\u2019Ouest.Les conditions incluent une interdiction d\u2019être en présence de personnes de moins de 18 ans et d\u2019avoir des contacts directs ou indirects avec ses victimes.Il doit aussi aviser un travailleur social de relations potentielles ou actuelles.L\u2019homme avait plaidé coupable en juin à d\u2019autres accusations en lien avec un joueur qui a décrit l\u2019ex-entraîneur comme son tortionnaire et un démon.La Presse canadienne 250 millions d\u2019enfants vivent en zones de conflit en 2016 Le présumé tueur de La Loche a comparu devant le tribunal L\u2019adolescent accusé d\u2019avoir tué quatre personnes dans une école et une résidence du nord de la Saskatchewan a regardé fixement au sol au cours de la majeure partie de sa première comparution devant le tribunal, lundi.Grand et maigre, le jeune âgé de 17 ans était revêtu d\u2019une combinaison orange.Il portait des entraves aux jambes et aux mains au moment de son arrivée dans la petite salle comble de Meadow Lake, une municipalité située à environ 350km au sud de La Loche.Il a répondu d\u2019une voix douce au juge qui lui demandait s\u2019il comprenait qu\u2019il ne pourrait pas entrer en contact avec plusieurs personnes qui sont aussi impliquées dans cette cause.L\u2019accusé restera détenu jusqu\u2019à sa prochaine comparution, prévue le 22 février.Celui dont l\u2019identité ne peut être dévoilée conformément à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents est accusé de quatre chefs d\u2019accusation de meurtre au premier degré et de sept autres de tentatives de meurtre.Un professeur et une assistante à l\u2019enseignement ont été tués par balle, à l\u2019école secondaire de La Loche, vendredi.Sept autres personnes ont été blessées.Deux frères ont aussi été abattus à mort dans une résidence à La Loche.La Presse canadienne Le virus Zika « va continuer à s\u2019étendre », mais pas au Canada ni au Chili, selon l\u2019OMS Genève \u2014 Le virus Zika, provoqué par une piqûre de moustique et responsable potentiel de graves malformations du fœtus, «va continuer à s\u2019étendre» à tout le continent américain, à l\u2019exception du Canada et du Chili, a indiqué lundi l\u2019Organisation mondiale de la santé, qui y voit «un sérieux sujet d\u2019inquiétude».Le virus, lorsqu\u2019il atteint une femme enceinte, est soupçonné de provoquer des microcéphalies chez son bébé, qui naît avec une boîte crânienne particulièrement petite.Le virus est déjà présent dans 21 des 55 pays du continent américain, a indiqué l\u2019OMS dans une déclaration.Or, ajoute l\u2019organisation, le moustique appelé Aedes aegypti, qui peut également transmettre la dengue ou le chikungunya, est déjà présent dans tous les pays d\u2019Amérique, à l\u2019exception du Canada et du Chili.En conséquence, l\u2019OMS déclare «anticiper que le virus Zika va continuer à s\u2019étendre et sans doute concerner tous les pays et territoires de la région où le moustique est présent».«L\u2019expansion très rapide du virus Zika à de nouvelles zones géographiques, où la population n\u2019est que faiblement immunisée, est un sérieux sujet d\u2019inquiétude [.]».Agence France-Presse e chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a choisi de mettre de côté ses ambitions personnelles pour l\u2019intérêt de son parti.Il était le candidat tout naturel pour devenir chef en titre de son parti et candidat à la mairie de Montréal à l\u2019élection de 2017.De lui- même, il a conclu que son image de politicien dogmatique était devenue si enracinée dans l\u2019opinion publique qu\u2019elle pourrait coûter la victoire à son parti.Cette image de politicien dogmatique, Luc Ferrandez ne l\u2019a pas usurpée.Il n\u2019est pas de ce type de politicien roseau qui incline au vent, à gauche un jour, à droite le lendemain.Il a tenu tête à tous.Il s\u2019est fait élire comme maire du Plateau-Mont-Royal avec un programme pour redonner à ses concitoyens leur arrondissement, avec l\u2019adoption de mesures d\u2019apaisement de la circulation et l\u2019aménagement de nouveaux espaces urbains.Ce qu\u2019il a dit qu\u2019il ferait, il l\u2019a fait.Les électeurs du Plateau-Mont-Royal ont majoritairement aimé cette politique citoyenne, puisqu\u2019ils l\u2019ont réélu en 2013.Néanmoins, ce qu\u2019on a retenu en dehors du Plateau est la grogne des commerçants dénonçant la réduction des espaces de stationnement dans les rues et la réorientation de certains axes de circulation qui rendent dif?cile l\u2019accès à leurs boutiques.Ils sont encore nombreux à crier au meurtre, même si leurs dif?cultés, bien réelles par ailleurs, ne tiennent pas qu\u2019aux actions de Ferrandez.Les adversaires de Projet Montréal ont frappé sur ce clou, faisant une adéquation rapide entre le dogmatisme du maire du Plateau et le parti Projet Montréal, le sous-texte étant que seules les politiques pratico-pratiques du maire Coderre sauraient contrer la menace d\u2019une « plateau-montroyalisation » de Montréal.L\u2019argument a beau avoir de forts relents de démagogie, il a porté, puisque Luc Ferrandez jette l\u2019éponge tout en faisant le pari que quelqu\u2019un d\u2019autre saura mieux faire face à Denis Coderre.Ce geste d\u2019abnégation de Luc Ferrandez n\u2019est pas que cela.On peut y voir aussi un aveu d\u2019impuissance face à Denis Co- derre.Au ?l des mois, celui-ci a réussi à attirer dans ses ?lets plusieurs conseillers d\u2019opposition, dont le fondateur de Projet Montréal, Richard Bergeron, qui acceptent son approche consensuelle comme mode de fonctionnement du conseil municipal.En fait, il ne reste plus comme opposition que Projet Montréal.Par son retrait, Luc Ferrandez reconnaît en quelque sorte que son parti se doit, pour espérer gagner la prochaine élection, d\u2019adoucir les angles et de revoir son discours\u2026 et un chef qui saura convaincre les Montréalais que Projet Montréal n\u2019est pas la menace dépeinte par certains.L\u2019impasse électorale sans précédent dans laquelle se trouve Haïti découle du renversement de Jean-Bertrand Aristide, expulsé de la présidence en 2004 par la communauté internationale.Les Haïtiens réclament ici qu\u2019on leur rende leur souveraineté et les rênes de leur développement démocratique.Leur exaspération n\u2019exprime pas autre chose.l ne s\u2019agit pas tant d\u2019aider Haïti que «d\u2019aider les Haïtiens à s\u2019aider eux-mêmes parce que c\u2019est à eux de choisir leur chemin».Dixit le Brésilien Celso Amorim, chef de la mission électorale de l\u2019Organisation des États américains (OEA).On y croirait davantage si la communauté internationale (États-Unis, France et Canada, plus précisément) ne s\u2019était pas employée depuis dix ans à coopter les élites nationales et à leur imposer ses desiderata.En fait, on y croirait davantage si les Haïtiens y croyaient, eux: il est au contraire devenu clair depuis des années qu\u2019ils n\u2019ont plus aucunement con?ance dans le système électoral et les politiciens corrompus et corruptibles qui en émergent \u2014 ainsi qu\u2019en témoignent les taux de participation proches de zéro qui caractérisent la tenue des scrutins.C\u2019est qu\u2019a succédé au renversement d\u2019Aristide, chassé du pouvoir sous prétexte of?ciel qu\u2019il souffrait de dérive autoritaire, une espèce de dictature internationale qui ne dit pas son nom.La société haïtienne aura enduré le très mal élu président Michel Martelly, imposé en 2010 par les États-Unis au terme d\u2019une présidentielle désertée par les électeurs et entachée par la fraude.Elle refuse aujourd\u2019hui de se résigner à la mascarade électorale qui vise à porter non moins frauduleusement au pouvoir son successeur désigné, Jovenel Moïse.Ce qui est encourageant, c\u2019est qu\u2019une dizaine de candidats de l\u2019opposition, à commencer par Jude Célestin, arrivé deuxième au premier tour tenu en octobre, se soient coalisés pour dénoncer les manipulations électorales.Et que, contre l\u2019avis des donateurs internationaux exigeant que se tienne à tout prix le deuxième tour, le Conseil électoral provisoire (CEP) ait eu la lucidité, fût-elle momentanée, de suspendre, pour «des raisons évidentes de sécurité », la tenue du scrutin qui devait avoir lieu dimanche.Cela pourrait annoncer l\u2019amorce d\u2019une recon?guration utile de la scène politique haïtienne.Vrai qu\u2019Haïti est à tous égards dans un état épouvantable.Reste que les événements des dernières semaines sont l\u2019expression exceptionnelle de la colère et du désenchantement de la rue haïtienne face à une communauté internationale qui, sous le couvert d\u2019assistance à personne en dif?culté, a usurpé le pouvoir et dis- quali?é les tentatives de construction d\u2019un État un tant soit peu indépendant.«C\u2019est la première fois que les choses sont aussi nettes, disait l\u2019écrivain Lyonel Trouillot la semaine dernière, en entrevue au quotidien Libération.Un conflit s\u2019est installé entre la population haïtienne et \u201cl\u2019international\u201d.C\u2019est la première fois que les Haïtiens expriment un rejet massif de ce diktat sur la réalité haïtienne.» Se présente ici une occasion pour les Haïtiens de faire un certain ménage.Encore faudra-t-il qu\u2019ils soient entendus.Dans un premier temps, qu\u2019on laisse retomber la poussière dans la mesure du possible.Et que le Canada, pour ne parler que de lui, aide vraiment les Haïtiens «à s\u2019aider eux-mêmes».Dans cette veine, il est impensable que Martelly soit autorisé à rester au pouvoir au-delà de la ?n de son mandat, le 7 février prochain.Il faudra, en toute logique, qu\u2019un gouvernement de transition consensuel soit mis sur pied et qu\u2019un nouveau CEP, recrédibilisé, reprenne depuis le début le processus électoral a?n que les électeurs puissent en?n se doter d\u2019un président qui ne leur aura pas été imposé.L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S De nécessaires réformes fiscales Au For um économique mondial de Davos, Oxfam révélait que la concentration des richesses s\u2019est accélérée au point que « les 62 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les Le vrai Justin se révèle Sa sociabilité excessive, sa magnanimité souriante, sa tolérance exacerbée, ses bons sentiments puérils, son pacifisme juvénile, ne seraient-ils qu\u2019une habile façon de camoufler son manque de profondeur, de vocabulaire et\u2026 de jugement.Cette qualité essentielle pour réussir en politique appelée charisme n\u2019est pas toujours directement proportionnelle aux capacités intellectuelles de l\u2019individu.À preuve : Justin Trudeau.À preuve aussi : Stephen Harper.Tenant compte du charisme de chacun, serais-je en train de prétendre, un peu laborieusement j\u2019en conviens, que Stephen Harper serait moins bête que Justin Trudeau ?Tout à fait ! De là à prétendre que Stephen Harper serait plus intelligent que Justin Trudeau, il n\u2019y a qu\u2019un pas à franchir\u2026 que je franchis allègrement.Certains prétendront que, par ces propos, je manifeste un manque flagrant de jugement.Peut-être.Mais beaucoup moins que tous ceux qui ont voté PLC uniquement pour battre Harper.Certains, de plus en plus nombreux, se disent bien déçus du pas Harper qu\u2019ils ont élu.Louis Dion Le 22 janvier 2016 Besoin d\u2019emplois dans l\u2019Ouest canadien?Des leaders politiques de l\u2019Ouest tentent de faire porter au Québec, dont plu- FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N HAÏTI Pour en finir avec l\u2019arnaque LUC FERRANDEZ Le parti d\u2019abord I L J A C Q U E S D U F R E S N E Éditeur de l\u2019Encyclopédie de l\u2019Agora P ierre Graveline, directeur de la Fondation Lionel Groulx, invitait récemment les Québécois (« Le Québec, parent pauvre du Wikipédia », Le Devoir, 22 janvier) à faire un meilleur usage de Wikipé- dia, dans le but de connaître et de faire connaître leur histoire.Pour rendre son invitation plus alléchante, il a cru bon de faire un éloge inconditionnel de ce site.Nous serions bien fous en effet, semble-t- il penser, de ne pas profiter au maximum d\u2019un outil si ef ficace qui nous est offert gratuitement.Telle est la doxa.Nous devrions pourtant savoir que les Américains n\u2019ont pas la magnificence des Romains, que chaque fois qu\u2019ils font un cadeau à un pays satellite, c\u2019est pour en faire un futur client captif.Quand, au début de la télévision, ils ont installé gratuitement un studio de télévision à Montréal, ils faisaient un excellent calcul financier.Depuis ce jour, le Canada utilise la norme américaine en télévision et il en est captif.Google, YouTube, Facebook sont des cadeaux encore plus empoisonnés.Un peu par tout dans le monde, les fermetures de journaux dues au transfert de publicité vers ces géants le prouvent assez.Hélas, lesdits géants nous fascinent à ce point par leur utilité que nous nous y attachons sans réfléchir au fait que cet attachement est une chaîne.Qui contrôle vraiment Wikipédia ?Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que les rapports entre la Free Encyclopedia (sic) et Google ne sont à aucun égard d\u2019une transparence absolue.Quoi qu\u2019il en soit, les pièges tendus par ce site sur le plan culturel justifient à eux seuls qu\u2019on prenne ses distances par rapport à lui.Ces pièges, les voici : quel peut être, sur le plan culturel, le meilleur outil d\u2019un empire mondial comme celui de nos voisins du sud ?Une œuvre commune dans laquelle tous les citoyens du monde se retrouvent et se reconnaissent en tant qu\u2019individus, mais à condition d\u2019être complices d\u2019une mise à l\u2019écar t de tout sentiment d\u2019appartenance à des groupes nationaux et idéologiques.Les louables objectifs de neutralité et d\u2019objectivité, l\u2019élimination des jugements de valeur au profit des faits nus (ou prétendus tels) que vise ce haut lieu du Soft Power ont pour effets secondaires d\u2019empêcher l\u2019apparition de tout mouvement d\u2019opposition à l\u2019empire.Essayez, Monsieur Graveline, de faire converger sur Wikipédia un grand nombre d\u2019articles (sur la liberté, les nations, les droits de l\u2019homme, etc.) orientés, par exemple, vers le projet d\u2019indépendance du Québec.Vous vous heurterez vite à la règle du consensus.À supposer qu\u2019un auteur québécois publie un article défavorable au pipeline Énergie Est et les objections afflueront de partout au Canada.Un arbitre tranchera à la condition qu\u2019il parvienne à mettre les parties d\u2019accord sur un texte commun.Pour ce qui est des encyclopédies en ligne, un réseau mondial d\u2019encyclopédies nationales était et demeure possible.Il y eut des démarches en ce sens.Vaines démarches, car la plupar t des nations avaient déjà renoncé à leur souveraineté.Des réseaux mondiaux étaient aussi possibles dans le cas des sites sociaux et des sites de recherche.Personne ne semble se souvenir qu\u2019au début des années 1930, des pays comme le Canada ont créé leur radio nationale pour résister à l\u2019invasion américaine.Sommes-nous donc aujourd\u2019hui pauvres et impuissants au point de devoir recourir à ces Américains pour nous élever jusqu\u2019à notre Je me souviens?Wikipédia et l\u2019histoire du Québec GUY TAILLEFER BERNARD DESCÔTEAUX 3,6 milliards de personnes les plus pauvres.» La moitié de l\u2019humanité ! Alors, même si pour l\u2019instant « La réforme fiscale du PLC coûtera plus cher que prévu » (Le Devoir 22 janvier), elle va dans le bon sens : faire payer leur juste part d\u2019impôt aux plus riches.Oui, comme le dit l\u2019auteur, « cer tains tenteront de réduire l\u2019impôt qu\u2019ils auront à payer grâce à des échappatoires fiscales.» Mais c\u2019est précisément tout le travail du Projet BEPS de l\u2019OCDE-G-20 de colmater ces échappatoires fiscales.J\u2019espère que ce projet aura le soutien é n e r g i q u e d u p r e m i e r m i n i s t r e Trudeau.À noter que les riches des pays pauvres utilisent aussi les échappatoires fiscales.C\u2019est une plaie mondiale.C\u2019est pourquoi j\u2019incite M.Trudeau à inclure au prochain budget canadien une augmentation de l\u2019aide aux pays en développement, pour la santé et l\u2019éducation, bien sûr, mais aussi pour améliorer dans ces pays, la collecte d\u2019impôts ! Pourquoi ?Parce que ce sont des premiers pas cruciaux pour réaliser d\u2019ici l\u2019an 2030 le projet collectif le plus ambitieux de notre époque exprimé par les Objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies.Le premier de ces objectifs : éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde.Gageons que plus de justice entraînera plus de paix.Pamela Walden-Landry Montréal, le 22 janvier 2016 sieurs citoyens s\u2019opposent au pipeline Énergie Est, la responsabilité des pertes d\u2019emplois dans le secteur du pétrole.Mais qui dans le ROC s\u2019est ému de la répartition injuste des contrats dans la construction navale dont le Québec n\u2019a obtenu que des miettes par les conservateurs?Pendant des années, les chantiers Da- vie ont été soumis à une espèce de boycottage inique du Canada en faveur de leurs concurrents, dont personne ne s\u2019est plaint à Vancouver ou à Halifax.On n\u2019a jamais plus entendu parler d\u2019une supposée enquête de la part du NPD.Harper prétendait que les chantiers canadiens étaient gavés de contrats.C\u2019est à croire que la Québec ne fait déjà plus partie du Canada pour lui.Les chantiers Davie ont été au régime sec et il a fallu une promesse électorale de dernière minute pour assurer 1000 emplois sur deux ans.Et ces chantiers, parmi les plus grands au Canada, pourraient en consolider beaucoup plus.Qu\u2019en sera-t-il en 2018 quand les contrats actuels seront échus?Guy Roy Lévis, le 22 janvier 2016 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).N A T H A L I E C A S E M A J O R Professeure au département des sciences sociales de l\u2019Université du Québec en Outaouais révu pour l\u2019automne 2015, le Monument aux v ict imes du communisme a été dénoncé par des cr it iques qu i ont mené à la suspension du projet .Le nouveau gouver ne- ment fédéral doit décider prochainement de son sort.Au fil des mois, le débat s\u2019est surtout concentré sur l\u2019enjeu de la localisation du monument à Ottawa.Initialement prévu dans le Jardin des provinces, légèrement excentré par rapport aux édifices fédéraux, le projet a été déplacé à l\u2019initiative du gouvernement conservateur vers un lieu central et hautement symbolique : au cœur même de la colline parlementaire, face à la Cour suprême.La controverse autour de ce monument est l\u2019occasion d\u2019interroger la gouvernance démocratique d\u2019un art mis au service de la mémoire nationale.Parce que l\u2019espace public de la capitale est un terri- to ire de représentat ion de l\u2019identité collective, il est souvent instr umentalisé à des fins partisanes.Un retour sur la chronologie du projet, en par t ie révé lée par des demandes d\u2019accès à l\u2019information, permet de lever le voile sur ses ressorts politiques.Il me semble en particulier important de revenir sur un enjeu clé du débat, souvent esquivé dans les interventions publiques : le thème même du monument.Pour étudier la recevabilité du pro jet de monument, la Commiss ion de la cap itale nationale (CCN) a mandaté un comité externe non partisan, composé d \u2019éminents historiens et spécialistes des études canadiennes.En fé - vrier 2009, ce comité a rendu un rappor t négatif.Les experts ont unanimement jugé que le thème n\u2019était pas central dans l \u2019h isto ire canadienne.Ils estimaient aussi que le sujet était présenté de manière partiale, et que l\u2019absence de pluralité de points de vue orientait le projet vers un geste politique plus que commémoratif, risquant de créer des divisions au sein de la population.Les experts ont recommandé de réorienter le monument vers un thème parallèle : le Canada comme terre de refuge pour les populat ions fuyant la persécution politique ainsi que les désastres économiques et env ironnemen- taux.Thème ô combien pertinent au jourd \u2019hui , dans le contexte de la crise des réfugiés syriens.Le passé réinterprété L\u2019organ isme por teur du projet, Hommage à la liberté (Tribute to Liber ty), refusa d \u2019abandonner la référence centrale au commun isme .Après de longues négoc ia- tions, le terme « totalitaire » fut a jouté au t itre, a ins i qu\u2019une référence à l\u2019idée de refuge .F in 2009, le monument s\u2019intitulait donc « Monument aux victimes du com - munisme totalitaire \u2013 Canada, terre d\u2019accueil ».En 2012, le gouvernement renforça son contrôle sur le projet en rapatriant la responsabilité de sa gestion au sein du ministère du Patrimoine canadien.La tournure du projet changea rap idement : John Ba ird, alors ministre responsable de la CCN, inter vint pour faire ret irer toute ment ion du terme « totalitaire » dans les rapports d\u2019activité de l\u2019organisme, modifiant ainsi discrètement le titre du monument.Une source citée par l\u2019Ottawa Citizen rapporte que le gouvernement voulait éviter de suggérer que cer ta ines formes de communisme puissent être « acceptables ».L\u2019enjeu politique de la mémoire collective tient au fait que le passé est constam - ment recadré et réinterprété en fonction des intérêts du présent.Lors d\u2019un dîner de financement d\u2019Hommage à la liber té en 2014, Stephen Harper a claire - ment assimilé l\u2019idéologie communiste aux pires figures criminelles : «Nazisme, marxisme-léninisme, aujourd\u2019hui, terrorisme \u2014 ils ont tous un point commun: la destruction, la fin de la liberté humaine», affirmait-il.Cette formule lapidaire, hautement politique et par t isane, g l isse sous le tap is cer ta ins ép i - sodes peu glorieux de l\u2019histoire canadienne, sous couver t d\u2019une célébration de la « liberté ».Notre chasse aux sorcières Car cette commémoration, tournée vers les crimes étrangers, passe sous silence la mémoire des atteintes aux libertés civiles commises en sol canadien durant l\u2019épisode de «chasse aux sorcières», amorcé dans l\u2019entre-deux-guerres et amplifié durant la guerre froide.Dans ce climat paranoïaque, le gouvernement canadien, appuyé par le clergé et par les par tis de droite comme de gauche, a mis en place un système de répression politique contre les sympathisants communistes (avérés ou supposés), employant la surveillance de masse, l\u2019intimidation et la censure.Au Québec, le gouvernement Duplessis adopta dès 1937 la Loi du cadenas, visant à protéger la province contre la propagande communiste.Il l\u2019utilisa pour imposer la fermeture de plusieurs journaux.Cette loi fut déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême vingt ans plus tard.Pour aider à la surveillance des fonctionnaires canadiens, la GRC créa un instrument particulièrement ignoble, baptisé «fruit machine».Utilisé jusqu\u2019à la fin des années 60, cet appareil de mesure biologique servait à faire passer des « tests d\u2019homosexualité» aux employés, qui étaient renvoyés au moindre soupçon, par crainte que l\u2019ennemi ne leur soutire de l\u2019information sensible en menaçant de révéler publiquement leur orientation sexuelle.Le climat social était si malsain que ceux qui osaient soulever la question des libertés civiles, ou qui militaient pour la paix avec l\u2019URSS, étaient taxés de communistes et furent eux aussi victimes de l\u2019intolérance.Certains justifient ces méthodes extrêmes par un impératif de protection de l\u2019État face à l\u2019adversaire soviétique.Tout à fait inacceptables, ces dérives autoritaires témoignent de la fragilité des libertés civiles en temps de guerre.Doit-on les célébrer en portant l\u2019anticommuniste canadien, y compris ses formes de persécution les plus inconstitutionnelles, au pinacle de la colline parlementaire, sur un site jouxtant la Cour suprême, plus haut symbole national de la justice?Est-ce faire un «hommage à la liberté» que de légitimer la violation des libertés civiles à des fins de persécution idéologique?Dans cet hommage à la liberté, ce n\u2019est pas seulement la liberté des peuples étrangers débarrassés du joug totalitaire que l\u2019on célèbre, c\u2019est aussi la liberté de persécuter, en sol canadien, tous ceux et celles qui remettent en question l\u2019idéologie dominante.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et à gtaillefer@ledevoir.com.MONUMENT AUX VICTIMES DU COMMUNISME L\u2019art de passer nos torts sous silence S I M O N P O I R I E R Candidat au doctorat à la Queen\u2019s University de Kingston en études politiques onsieur Trudeau, Votre gouvernement se trouve confronté à un ensemble de choix qui sera déterminant pour l\u2019économie canadienne au cours des prochaines années.Alors que le prix du pétrole est en chute libre, que le dollar canadien perd de sa valeur et que les déficits s\u2019annoncent plus grands que prévu, votre gouvernement doit résister à la tentation de limiter son endettement pour les années à venir comme le prônent le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique.L\u2019économie canadienne est à la croisée des chemins.Un investissement massif dans cette économie est nécessaire et cela seulement pourra permettre de remettre le pays sur la voie de la croissance.De multiples raisons justifient ce choix.Je vais les détailler plus bas, pour ensuite conclure sur les moyens de financer ce choix.Le piège du déficit zéro est grand, mais le Parti libéral l\u2019a déjà mis de côté pendant la campagne électorale, et c\u2019est tant mieux.Alors que le Canada retournera encore une fois en récession \u2014 ou en période de croissance presque nulle \u2014, il est temps de réorienter la production canadienne vers des domaines autres que celui des ressources naturelles.Le Canada, sous le règne des conservateurs, a succombé à ce qu\u2019il convient d\u2019appeler la malédiction du pétrole.La présence de celui-ci en grande quantité permet à des gouvernements d\u2019investir très peu dans la recherche et le développement, de taxer faiblement les grandes for tunes et les banques, tout en ayant suffisamment de revenus pour assumer les dépenses courantes.Ce grand afflux d\u2019argent facile est un piège pour de multiples raisons, comme l\u2019aspect non renouvelable de la ressource ou la grande fluctuation et l\u2019imprévisibilité des revenus qui pourront en être tirés.Le développement d\u2019une ressource naturelle si universelle tend à rendre paresseux le développement économique.La baisse de régime actuelle de l\u2019économie canadienne, tout comme les engagements que le Canada a pris à Paris, appelle à une réorientation majeure de la production canadienne vers d\u2019autres options.Les nécessaires mesures keynésiennes Pour ce faire, seul un investissement massif et stratégique du gouvernement fédéral peut faire une dif férence, et ce, pour trois raisons principales.D\u2019un, les provinces n\u2019ont tout simplement pas les revenus nécessaires pour faire les investissements nécessaires à ces changements.Elles sont prises avec des déficits et une croissance de leurs dépenses dans le filet social (principalement en santé) causé notamment par le vieillissement de la population.De deux, une restructuration majeure de l\u2019économie canadienne nécessiterait une coordination importante afin d\u2019en maximiser les effets.De trois, les autres solutions pour faire croître l\u2019économie canadienne sont inapplicables ou elles sont une mauvaise idée.Les baisses d\u2019impôts pour les entreprises décrétées par le gouvernement précédent n\u2019ont pas mené à un réinvestissement massif dans l\u2019économie, mais plutôt à une augmentation des dividendes ou bien à un stockage massif de ces liquidités \u2014 dans des paradis fiscaux pour plusieurs.Quant à elle, la poursuite du déficit zéro a démontré ses limites en Europe depuis le début de la crise de 2008.Elle est toujours aux prises avec d\u2019importants problèmes de croissance et de chômage, tandis que seuls les États-Unis se sont massivement endettés depuis la crise de 2008 pour enfin avoir un chômage autour de 5 % et une croissance appréciable du PIB.Il est primordial que votre gouvernement investisse massivement dans l\u2019économie canadienne, et non pas seulement dans les infrastructures « solides », comme les routes ou les canalisations.Un plan d\u2019action stratégique doit être mis sur pied et les fonds nécessaires à sa réalisation doivent être disponibles.Un soutien majeur à une économie autre que celle basée sur l\u2019extraction doit être mis en place.Ces changements seront bons pour les travailleurs, pour l\u2019environnement et pour ces nouvelles entreprises qui seront créées.Revoyons la contribution des plus fortunés Le nombre de solutions pour financer ces mesures n\u2019est pas infini.Bien sûr, une régularisation de l\u2019économie canadienne devrait mener à une augmentation des revenus du gouvernement par une augmentation des impôts des particuliers, des entreprises et des revenus provenant de la taxe à la consommation.Cependant, il s\u2019avère que ces nouveaux revenus seront probablement insuffisants pour continuer de financer cette restructuration, mais aussi qu\u2019ils ne seront pas suffisants pour parer au pire ou à la prochaine crise économique.Il faut mettre une chose au clair, ce ne sont pas les mesures contre-cycliques qui sont problématiques, mais bien la partisanerie qui amène les gouvernements à augmenter les dépenses ou à imposer l\u2019austérité en temps de crise et à baisser les impôts lorsque la situation redevient positive.Pour contrer un endettement croissant continu, pour rembourser les dépenses encourues pendant cette restructuration et pour avoir un pécule pour la prochaine crise, le gouvernement doit également s\u2019engager à augmenter les taxes et les impôts sur les plus grandes fortunes et les banques.On apprenait la semaine dernière dans un rapport d\u2019Oxfam que les 62 plus grandes fortunes mondiales possèdent autant que la moitié la plus pauvre du monde ; alors que le 1 % possède autant que les 99 %.Il est grand temps que cette infime partie de la population contribue à sa juste part au fonctionnement de la société et de l\u2019économie.Dans la plupart des cas, ces fortunes ne sont pas tombées du ciel, mais elles ont été créées par des consommateurs faisant par tie du 99 %.Une augmentation de leur contribution, mais aussi une chaude lutte pour contrer l\u2019évasion fiscale à laquelle la majorité de ces fortunes s\u2019adonnent doivent également faire partie de votre plan de relance stratégique de l\u2019économie canadienne.Sortir de la malédiction du pétrole DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages de leur publication.Cette semaine, un extrait du dernier numéro de la revue ESPACE art actuel (espaceartactuel.com).P M ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau au Forum économique mondial de Davos, le 22 janvier dernier.Un soutien majeur à une économie autre que celle basée sur l\u2019extraction doit être mis en place par le gouvernement canadien, selon Simon Poirier. L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S projetant un jet de lumière dans l\u2019œil, on peut recueillir énormément d\u2019informations, explique le Dr Marc Héber t.« On utilise l\u2019œil comme miroir du cerveau », résume-t-il.Lors du développement de l\u2019embryon, la rétine enregistre dif férentes informations en provenance du cerveau, dont certaines anomalies.« On capte l\u2019information dans la rétine un peu comme ce qu\u2019on fai t avec l \u2019é lectrocard io- gramme », signale-t-il.Chez les personnes qui sont déjà malades, les chercheurs peuvent distinguer une personne atteinte de schizophrénie d\u2019une personne qui n\u2019en est pas atteinte dans 99 % des cas.Pour la bipolarité, le test est efficace à 98 %.M.Hébert et ses collègues ont déjà détecté « des anomalies » chez les enfants dits « à haut risque » (au moins cinq membres de leur famille étendue sont atteints).Ils veulent maintenant raffiner leur technique et établir à partir de quel âge il est possible de le faire.Attention, précise-t-il toutefois.« On ne peut pas arriver dans la population et mesurer tout le monde.C\u2019est toujours le médecin qui est à la source.[\u2026] On espère que ça va s\u2019ajouter aux outi ls des médecins pour dire \u201cOK, i l y a quelque chose.Ce patient-là, je vais le suivre de plus près.\u201d» Un outil pour faire de la prévention Lundi, l\u2019Ordre des infirmières et l\u2019entreprise Bell ont of ficialisé des dons de 250 000 $ et 1 million respectivement pour accélérer la recherche.L\u2019argent destiné au projet Hope (Horizon Parent Enfant) va permettre de tester le nouvel outil tout en offrant un suivi des enfants les plus à risque.On cible des jeunes de 5 à 17 ans de Québec nés d\u2019un parent atteint d\u2019une maladie psychiatrique majeure.Les patients devront être envoyés par un médecin ou un professionnel en raison d\u2019inquiétudes particulières.Dans la région, on estime à 12 000 le nombre d\u2019enfants de parents atteints.Pour le psychiatre Marc Guérin, c\u2019est une avancée extraordinaire.«C\u2019est une aide au diagnostic importante.Je n\u2019ai rien vu de comparable, a-t-il déclaré en marge de l\u2019annonce.C\u2019est un test non invasif, qui est facile à faire.Je pense qu\u2019on va avoir une percée extraordinaire au niveau du traitement.» Sans régler la maladie, on pourra, selon lui, réduire ses impacts négatifs, limiter les psychoses chez les personnes qui en souffrent et augmenter leurs chances de vivre une vie normale.«Les familles vont savoir ce qui s\u2019en vient.Par exemple, si vous avez un garçon ou une fille qui arrive à l\u2019âge de l\u2019université et que vous savez qu\u2019il a un risque de développer la schizophrénie ou une ma- niaco-dépression, vous n\u2019allez pas l\u2019envoyer faire des études en Afrique du Sud, illustre le psychiatre.Vous allez vous assurer qu\u2019il soit encadré et que, si quelque chose se produit, vous puissiez intervenir plus rapidement.» Au-delà du diagnostic, le Dr Guérin salue les autres aspects du projet Hope qui table sur un suivi à long terme des enfants.Une équipe interdisciplinaire incluant des infirmières au rôle accru pilotera les dossiers.Ses activités doivent débuter officiellement à l\u2019automne.En plus de la schizophrénie et de la bipolarité, « l\u2019électrorétinographie » est efficace pour identifier des marqueurs de dépression ou de troubles anxieux graves.Les chercheurs espèrent en faire le premier test reconnu de détection précoce de «vulnérabilité» à ces maladies.Reste à financer la suite.« Il faut savoir que ces programmes de recherche coûtent énormément d\u2019argent.On est rendus à 4 millions d\u2019investissements, relève le Dr Marc Hébert.On aura à investir environ 10 millions d\u2019ici deux ans pour arriver à développer un outil reconnu par Santé Canada avec toutes les validations.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉTINE Cette baisse du côté du Cégep du V ieux Montréal a été particulièrement prononcée à l\u2019automne 2012 ainsi qu\u2019à l\u2019automne 2015.Entre les rentrées scolaires 2011 et 2012, 200 étudiants préuniversitaires en moins ont intégré les rangs de l\u2019établissement de la rue Ontario, une baisse de 14,2 %.Pour l\u2019ensemble de la métropole, cette diminution a été d\u2019à peine 1,4 %, et à l\u2019échelle de la province, de seulement 0,7 %.La grève de 2012 s\u2019était échelonnée sur une période de six mois et un jour au Cégep du Vieux Montréal.La session d\u2019automne n\u2019avait pu débuter que le 15 octobre 2012 pour cette raison.Après deux années de croissance en 2013 et en 2014, le Cégep du Vieux Montréal a connu de nouveau le déclin en 2015, avec une chute de 10% des inscriptions préuniversitaires et de 6% tous programmes confondus.Cette année-là, les étudiants du Vieux avaient déclaré la grève le 23 mars, pour ne retourner en classe que le 16 avril.Pour la métropole dans son ensemble, on parle d\u2019une réduction de seulement 0,3% des inscriptions et, pour l\u2019ensemble du Québec, de 0,2% d\u2019étudiants en moins par rapport à 2014.«C\u2019est certain que le printemps 2012 a eu un impact, on ne le nie pas.Pour la grève de l\u2019hiver 2015, il est un peu tôt pour arriver à une telle conclusion», estime la directrice des études du Cégep du Vieux Montréal, Nathalie Giguère.« C\u2019est sûr que c\u2019est un élément qui peut nous inquiéter, notamment pour la vitalité de certains programmes », ajoute-t-elle.Dans au moins un programme technique, celui de l\u2019éducation à l\u2019enfance, la chute connue en 2015 a mené à la fermeture d\u2019une classe, faute d\u2019étudiants.Ce programme étant offert dans d\u2019autres cégeps de la région de Montréal, les étudiants sont vraisemblablement allés suivre la formation ailleurs.Comme le financement public du collège dépend grandement du nombre d\u2019étudiants qu\u2019il accueille, cette variation dans les effectifs est lourde de conséquences.D\u2019autant plus qu\u2019à l\u2019échelle du Québec, les effectifs à l\u2019enseignement ordinaire à temps plein dans le réseau collégial public doivent passer d \u2019environ 150 000 cette année à 138 000 d\u2019ici 2020 en raison de facteurs démographiques comme le vieillissement de la population.Après un automne occupé en raison des grèves \u2014 du personnel, cette fois-ci \u2014 et des compressions budgétaires, l\u2019équipe du collège entreprendra au cours des prochaines semaines des travaux plus poussés pour tenter de comprendre ces baisses et de trouver des pistes de solution.Un problème d\u2019image Pour le titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l\u2019UQAM, Bernard Motulsky, ces statistiques sont limpides : le fait que le Cégep du Vieux Montréal soit associé de si près au mouvement étudiant, dans les médias notamment, lui nuit.«Si le Cégep ou l\u2019UQAM font la manchette au mois de février, au moment de l\u2019admission, ça peut pousser plusieurs étudiants potentiels à réfléchir.On se dit \u201cpeut-être que je vais aller ailleurs\u201d, explique l\u2019expert.Cela peut aussi avoir un impact sur l\u2019entourage.Les jeunes vont se faire dire \u201ct\u2019es sûr que tu veux vraiment aller là?\u201d » Pour se dépêtrer de la situation dans laquelle il se trouve présentement, le Cégep du Vieux Montréal ne peut faire comme si de rien n\u2019était.«On ne peut pas cacher ce côté militant de l\u2019institution.Quand ça brasse, on baisse le dos et on attend que ça passe », analyse M.Motulsky.Afin de remonter la côte, ou, de façon plus réaliste, de ralentir la diminution de ses effectifs, le Cé- gep devrait chercher à se distinguer, par exemple dans son offre de programmes\u2026 et pourquoi pas par son côté militant.«L\u2019UQAM a longtemps eu comme slogan \u201cPrenez position\u201d.On misait sur son côté urbain et engagé.Ça peut ef fectivement être plus intéressant pour certains étudiants.Ce n\u2019est pas nécessairement un repoussoir», ajoute M.Motulsky.Le Cégep du Vieux Montréal exploite déjà cette partie de son ADN au moment de recruter de nouveaux étudiants, révèle Mme Giguère.«Plusieurs de nos élèves viennent pour l\u2019engagement citoyen et culturel.Ce sont des étudiants avec des causes qui leur tiennent à cœur.Ça fait partie de qui on est, même si c\u2019est sûr que pour d\u2019autres, ça peut contribuer [à leur décision d\u2019étudier ailleurs].» L\u2019Association générale étudiante du Cégep du Vieux Montréal n\u2019a pas souhaité commenter la situation.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GRÈVE budget consacré à la francisation des immigrants par le MIDI.Selon la porte-parole, la diminution de l\u2019an dernier est due à une baisse de fréquentation des cours à temps complet alors que le nombre d\u2019immigrants qui suivent des cours à temps partiel s\u2019est maintenu.Près de 10 800 immigrants se sont inscrits au cours à temps complet, soit 15% de moins qu\u2019il y a deux ans, contre 15 350 à des cours à temps partiel et 3000 à des cours en ligne, pour un total d\u2019un peu plus de 29 000 étudiants de tous les niveaux de connaissance du français.En deux ans, la proportion des immigrants qui ne connaissent pas le français et qui ont accepté de suivre un cours de français de l\u2019État est passée de 36,9% à ces 27,4% déjà cités, alors que le MIDI voulait atteindre un objectif de 36,5% en 2014-2015.De ces 9866 immigrants qui se sont passés des cours de français, la moitié parlaient anglais.Le MIDI ne sait pas combien d\u2019entre eux travaillent et dans quelle langue.Une majorité d\u2019entre eux sont des requérants principaux (60%) par rapport à des conjoints.«Pour mieux évaluer la situation, le Ministère a entrepris l\u2019analyse de la par ticipation aux cours de français et des facteurs qui l\u2019influencent », peut-on lire dans le rapport annuel de gestion.Mais une dizaine de mois après avoir produit ce document, les fonctionnaires n\u2019ont pas encore d\u2019explications probantes à fournir.« Il apparaît cependant clair que l\u2019explication est multifactorielle et qu\u2019on ne peut déterminer avec précision le poids relatif de chacun des facteurs», a indiqué Karine Baribeau.Les changements dans la provenance des immigrants seraient un de ces facteurs, avance-t- elle.Ainsi, « les personnes de la sous-catégorie des travailleurs qualifiés originaires des pays du Maghreb, de l\u2019Afrique subsaharienne francophone, d\u2019Haïti et de la France, comptaient pour moins de 10 % des personnes admises en 2010, alors qu\u2019elles sont passées à près de 40% des personnes admises en 2012.Même si ces personnes n\u2019étaient pas toutes francophones et que certaines peuvent avoir déclaré ne pas connaître le français, elles proviennent de pays à for te densité francophone et sont souvent francophiles », a fait valoir la porte-parole.Une possibilité n\u2019est pas envisagée par le ministère : c\u2019est que ces immigrants puissent vivre et travailler dans la grande région de Montréal sans connaître le français.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FRANÇAIS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Des immigrants d\u2019origine népalaise suivent des cours de français à Québec.procédés et influencent le marché», explique Charles Latimer, porte-parole de Greenpeace Canada pour la campagne Detox.Des traces de PFC en plus ou moins grande quantité ont été relevées dans 36 des 40 produits testés.« Toutes les marques en utilisent dans au moins un de leurs produits, mais quelques rares produits étaient exempts de PFC », résume M.Latimer en entrevue au Devoir.Arc\u2019Teryx est le seul produit canadien à avoir été testé, mais plusieurs grandes marques, dont The North Face, Patagonia, Mammut et Columbia, font partie des habitudes de consommation des amateurs de plein air québécois.« On n\u2019a pas fait de tests sur les marques purement québécoises, mais on réalise que c\u2019est très répandu à travers toute l\u2019industrie, ce sont les mêmes procédés qui sont utilisés partout », ajoute M.Latimer, qui précise toutefois que quelques petites compagnies européennes se distinguent du lot.Principe de précaution Greenpeace demande aux compagnies de produits de plein air d\u2019arrêter d\u2019utiliser les PFC sous toutes leurs formes.« Ce sont des compagnies qui font de l\u2019argent avec la nature et qui ciblent les gens qui font du plein air, ils devraient être les champions de la protection de l\u2019environnement.» Dans son rapport, Greenpeace parle de « produits chimiques dangereux et persistants, nocifs pour la santé humaine et pour l\u2019environnement ».Le porte-parole canadien nuance un peu : « Il y a des études qui ont été faites \u2014 pas encore assez \u2014, qui démontrent que les PFC ont des ef fets nocifs sur les animaux.Des tests en laboratoire ont démontré que ça inter férait avec les hormones et que ça pouvait causer des tumeurs.Comme on voit des impacts sur les animaux, on peut faire le lien avec les humains».Sur le plan environnemental, Greenpeace juge que le problème est « irréversible », puisque les PFC sont pers istants dans l\u2019environnement et contaminent la chaîne alimentaire.« On demande aux compagnies d\u2019arrêter d\u2019utiliser les PFC jusqu\u2019à ce qu\u2019on sache les dangers réels de ce produit, selon un principe de précaution», soutient l\u2019environnementaliste.Ce dernier rappelle que, dans certains cas, les impacts sont tellement difficiles à prouver que, lorsque ceux-ci sont enfin confirmés, le produit est déjà omniprésent dans l\u2019environnement.La rameuse québécoise Mylène Paquette s\u2019est associée à la campagne de Greenpeace, car elle croit à la nécessité d\u2019informer les consommateurs.«Si j\u2019avais eu ces informations lorsque je m\u2019équipais pour ma traversée, j\u2019aurais certainement fait des choix dif férents.Je ne savais pas que le matériel contenait des PFC, mais j\u2019aurais aimé le savoir, pour ma santé et pour l\u2019environnement.C\u2019est en étant informé que l\u2019on peut faire de meilleurs choix et amener les fabricants à changer leurs comportements.» Nouvelle génération de PFC La compagnie The North Face n\u2019a pas mis de temps à réagir.Sur son site Internet, la compagnie a annoncé lundi son intention d\u2019éliminer complètement les PFC d\u2019ici 2020.Entre-temps, elle a opéré une transition pour passer des PFC de longue chaîne aux PFC de courte chaîne, qui seraient moins nocifs.« C\u2019est une bonne chose qu\u2019une marque d\u2019importance comme The Nor th Face commence à réaliser qu\u2019il y a un problème et que tous les PFC doivent être éliminés de la production de chaîne, répond le porte- parole de Greenpeace.Néanmoins, la cible de 2020 ne témoigne pas du leadership que la communauté de plein air attend de cette compagnie.Ce n\u2019est tout simplement pas assez ambitieux.» Questionnée sur ses intentions, la compagnie canadienne Arc\u2019Ter yx a renvoyé Le Devoir à un blogue, mis en ligne sur son site Web il y a quelques jours.On y explique que la compagnie a elle aussi effectué le transfert de l\u2019ancienne à la nouvelle génération de PFC, mais sans prendre d\u2019engagement formel autre que de poursuivre la recherche pour limiter son empreinte écologique.« Jusqu\u2019à maintenant, nous n\u2019avons pas réussi à trouver une alternative sans PFC qui rejoint nos standards en termes de performance et de durabilité.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PLEIN AIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR Action contre l\u2019austérité en avril dernier Toutes les marques en utilisent dans au moins un de leurs produits, mais quelques rares produits étaient exempts de PFC Charles Latimer, porte-parole de Greenpeace Canada pour la campagne Detox « » ISTOCK "]
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