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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-01-29, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 7 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Lisa Fischer, la formidable choriste des Stones, sort de la pénombre pour prendre la scène du Corona.Page B 2 Le Monde \u203a Les pourparlers de paix sur la Syrie commencent\u2026 sans l\u2019opposition.L\u2019arrêt des bombardements des zones civiles est réclamé.Page B 9 Zeitgeist \u203a La clé du bonheur n\u2019est pas dans un paradis ?scal.Ou comment des entreprises d\u2019économie sociale changent des vies en donnant une chance.Page B 10 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 7 Mots croisés.B 7 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard est applaudi par des membres de son cabinet, dont Nicole Ménard (présidente du caucus), Stéphane Billette (whip) et Carlos Leitão (Finances).S ur le plan de la communication, il faut reconnaître que le remaniement ministériel a été bien imaginé.Le message qu\u2019a voulu transmettre le premier ministre Couillard est limpide.Après l\u2019austérité, voici venir le temps de la prospérité et de la solidarité.Il aurait pu ajouter qu\u2019il est également temps de commencer à penser aux prochaines élections.Au-delà des figures de style qui sont d\u2019usage en pareilles circonstances, M.Couillard a su faire des choix qui font image.La chaise musicale déclenchée par la rétrogradation de François Blais a permis de faire d\u2019une pierre deux coups.Non seulement le ministre de l\u2019Éducation est puni pour son incapacité à manifester de l\u2019empathie pour les victimes des compressions budgétaires dans les écoles, mais celui qui était l\u2019incarnation même de la politique d\u2019austérité du gouvernement, Martin Coiteux, quitte le Conseil du trésor.Le remplacement de Jacques Daoust par Dominique An- glade, qu\u2019on ne s\u2019attendait pas à voir hériter d\u2019aussi importantes responsabilités, a également une double signification.Il annonce une approche plus moderne du développement économique, à tout le moins dans le discours, et la fin du Boys club qui avait exclu les femmes des portefeuilles névralgiques lors de la formation du cabinet.Le plus facile est fait, pourrait-on dire.Il reste à voir comment cette entrée dans les « eaux tranquilles » de l\u2019après- austérité va se traduire concrètement.Promettre à la fois un Au-delà de l\u2019image MICHEL DAVID R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec À mi-mandat, le premier ministre Philippe Couillard a procédé à un remaniement majeur pour donner «un nouvel élan» à son gouvernement, qui passe d\u2019une difficile phase de compressions à une autre qui sera marquée par de modestes réinvestissements.Dans l\u2019allocution qui a suivi l\u2019assermentation des nouveaux ministres, Philippe Couillard n\u2019a pas promis des «vallées verdoyantes » comme Bernard Landry l\u2019avait fait, mais de naviguer dans «des eaux plus tranquilles ».« Nous avons, maintenant, retrouvé collectivement notre capacité financière pour mieux soutenir les secteurs qui nous tiennent à cœur, comme l\u2019éducation, la santé, le soutien aux familles et aux personnes vulnérables », a-t-il déclaré.Son gouvernement continuera à dépenser moins que ce qu\u2019il récolte, a-t-il toutefois précisé.L\u2019économie demeure la priorité, mais l\u2019éducation en est aussi une.Philippe Couillard ne veut pas que la population ne retienne que sa gouverne comptable.« La vie n\u2019est pas que chif fres », a-t-il dit avant de reprendre en l\u2019adaptant une citation de Robert Kennedy : « C\u2019est aussi la beauté de Philippe Couillard desserre l\u2019étau Le PM remanie son cabinet en promettant des temps moins durs M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es espions des réseaux électroniques du pays ont non seulement épié des Canadiens, mais ils ont en outre partagé des informations sur ces citoyens avec leurs alliés, a révélé le commissaire chargé de surveiller leurs opérations.L\u2019incident \u2014 « involontaire » \u2014 a été décelé fin 2013\u2026 mais n\u2019a été dévoilé au grand jour que deux ans plus tard.Il aura fallu attendre le rapport annuel du commissaire surveillant les activités du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) pour apprendre jeudi que l\u2019organisme a transmis certaines métadonnées de Canadiens à ses alliés sans que ces informations soient « adéquatement protégées ».« Aucun nom » n\u2019a été transmis aux partenaires du Canada et les données « en soi ne comportaient pas assez d\u2019information pour mener à l\u2019identification d\u2019un Canadien», a insisté un fonctionnaire du CST en présentant les conclusions du rapport du commissaire Jean-Pierre Plouffe.Mais reste que ce partage d\u2019informations \u2014 qui n\u2019ont pas été rendues « non identifiables » SURVEILLANCE Ottawa a laissé filer les informations des Canadiens PEDRO RUIZ LE DEVOIR François Barbeau a signé les costumes de plusieurs chefs-d\u2019œuvre québécois.L\u2019hôpital Sainte-Justine fonctionne sans eau potable depuis quatre jours Page A 4 L\u2019ex-ministre tétraplégique Steven Fletcher plaide pour l\u2019aide à mourir Page A 5 F R A N Ç O I S L É V E S Q U E I l est des décès qui, en plus de laisser un vide béant, prennent de court.Mort dans son sommeil à l\u2019âge de 80 ans, le costumier François Barbeau était un artiste célébré doublé d\u2019un être profondément attachant, en témoignent les hommages sentis qui ont fusé de toutes par ts jeudi.Sous le choc, le milieu pleure un grand.Très demandé, François Barbeau avait maints projets, dont les costumes du futur The Death and Life of John F.Donovan, de Xavier Dolan.Ces jours-ci, il planchait sur ceux de Roméo et Juliette pour son complice de longue date Serge Denoncourt.Joint en Serbie, où il travaille en ce moment, ce dernier est revenu sur leur longue histoire d\u2019amour professionnelle.«C\u2019est 25 ans de collaboration, confie Serge Denoncour t.J\u2019étais un jeune metteur en scène prétentieux et lui était déjà un costumier renommé.Ç\u2019a tout de suite été un coup de foudre.Il savait dealer avec mon petit caractère, et moi, je FRANÇOIS BARBEAU 1935\u20132016 L\u2019homme qui faisait parler la fibre Le costumier a marqué de manière indélébile le théâtre et le cinéma québécois VOIR PAGE A 10 : ÉTAU VOIR PAGE A 10 : INFORMATIONS VOIR PAGE A 10 : DAVID VOIR PAGE A 10 : BARBEAU Lire aussi \u203a Nouveau départ.Un éditorial de Bernard Descôteaux.Page A 8 Lire aussi \u203a Les réactions aux changements et le portrait des nouveaux venus.Pages A 2 et A 3 REMANIEMENT L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 2 F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S L a nouvelle ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, aura la pleine et entière collaboration du milieu des affaires au cours des prochains mois, mais celui-ci insiste sur le besoin urgent d\u2019attirer davantage d\u2019investissements privés et de miser sur l\u2019innovation.Saluée pour son « dynamisme » et sa « feuille de route », Mme Anglade, qui était tout récemment p.-d.g.de Montréal International, prend les rênes d\u2019un ministère névralgique au moment où certains déplorent la faiblesse de la croissance québécoise.En plus de l\u2019Économie, Mme Anglade hérite de la Science et de l\u2019Innovation et de la nouvelle Stratégie numérique, sur laquelle le gouvernement Couillard travaille depuis l\u2019automne 2014.Ce croisement de portefeuilles a été bien vu.«Pour nous, l\u2019équation est très simple pour la croissance économique au Québec, a dit le président des Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétrault.Il faut mettre en branle tous les moyens de l\u2019État pour régler nos besoins en main- d\u2019œuvre qualifiée, mais il faut aussi faire du Québec une des nations les plus innovantes au monde.On signe des traités de libre-échange à la pelle, on a l\u2019Europe dans deux ans, le PTP peut-être dans cinq ans\u2026 On n\u2019est pas assez compétitifs.» Au Conseil du patronat, on a souligné l\u2019urgence de «mobiliser tous les acteurs gouvernementaux pour tenir un discours économique stimulant, susciter davantage d\u2019investissements privés et faire de l\u2019innovation une stratégie centrale».Dans sa mise à jour économique de novembre 2015, le gouvernement du Québec a chiffré à 1,5 % la croissance de l\u2019an dernier, grâce aux dépenses des ménages et aux exportations, et a prévu un taux de 1,7 % pour 2016.Aux yeux des MEQ, le ministre sor tant, Jacques Daoust, n\u2019a pas semblé avoir la même sensibilité à l\u2019innovation.Lors d\u2019un point de presse jeudi, M.Daoust a indiqué qu\u2019il demeure quand même au volant du dossier de Bombardier, dans laquelle le gouvernement a promis d\u2019injecter 1,3 milliard pour appuyer le programme CSeries en échange d\u2019une participation de 49,5 % dans le projet.«Il est clair qu\u2019un des vecteurs de croissance de l\u2019économie québécoise sera la recherche et l\u2019innovation», a écrit l\u2019Association pour le développement de la recherche et de l\u2019innovation du Québec.Ce secteur québécois a pris du retard à l\u2019échelle internationale, a mentionné le groupe.«Les études de l\u2019OCDE indiquent que 50% de la croissance du PIB peut être attribuable à l\u2019innovation.» Dans son allocution, le premier ministre Couillard, qui avait promis 50 000 emplois par année pendant cinq ans, a évoqué une économie future « propulsée par deux grandes forces : l\u2019innovation, notamment numérique, et la transition vers une économie plus sobre en carbone ».L\u2019économie québécoise a créé 48 300 emplois de décembre 2014 à 2015.En cumulant le nombre d\u2019emplois créés et supprimés chaque mois, le total est de 37 000, soit une croissance légèrement supérieure à la moyenne canadienne.La nomination de Lise Thériault comme ministre responsable des PME a par ailleurs été saluée par la Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante, qui l\u2019a qualifiée de «femme d\u2019action qui connaît très bien les enjeux et la réalité des PME».Le Devoir ÉCONOMIE Anglade doit mobiliser et stimuler l\u2019innovation La nouvelle ministre de l\u2019Économie est accueillie à bras ouverts, mais fait face à des défis importants J E A N N E C O R R I V E A U L a nomination de Martin Coiteux à la tête du ministère des Affaires municipales et de celui de la Sécurité publique a causé une cer taine surprise dans le milieu municipal.Dépeint comme le maître d\u2019œuvre de l\u2019austérité et de la rigueur budgétaire, l\u2019ancien président du Conseil du trésor devra négocier avec des maires qui convoitent de plus grands pouvoirs.« Je l\u2019avais appelé la recrue de l\u2019année», a rappelé le maire Denis Coderre au sujet de M.Coi- teux qui sera aussi le ministre responsable de la région de Montréal.C\u2019est un homme qui a une très grande rigueur, il connaît déjà les dossiers et c\u2019est un habile négociateur».Le maire Coderre dit ne pas craindre que le départ de Pierre Moreau, qui est passé à l\u2019Éducation, compromette les travaux déjà engagés vers un statut pour la métropole et une plus grande autonomie des villes.Trop austère, le nouveau ministre ?«Le choix de M.Coiteux nous a un peu surpris, mais peut- être que le ministère des Affaires municipales va nous faire découvrir son côté givré », a commenté la présidente de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.Ce qui réjouit Mme Roy, c\u2019est que dans son discours, le premier ministre a indiqué que le gouvernement garderait le cap sur plusieurs enjeux importants, dont le pacte fiscal et la refonte de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme.Directeur adjoint au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger invite le nouveau ministre à renoncer au plan du gouvernement d\u2019accorder aux maires le droit de décréter les conditions de travail de leurs employés.«M.Coiteux a eu l\u2019occasion de négocier dans le secteur public et parapublic et il y a eu un règlement négocié, a-t-il dit.Il a une belle opportunité de ne pas aller dans la voie de l\u2019affrontement mais dans la voie du règlement.» Attendu de pied ferme Pour sa part, Jacques Daoust prendra les rênes du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l\u2019Électrification des transports où plusieurs dossiers chauds l\u2019attendent tels que la réforme de la gouvernance des transports dans la région de Montréal, la refonte du Code de la sécurité routière et le délicat dossier d\u2019Uber.Plusieurs associations de transports, dont Transport 2000 et Vélo Québec, ont apprécié l\u2019importance accordée à la mobilité durable et à l\u2019électrification dans le nouveau nom du ministère.L\u2019industrie du taxi attend le nouveau ministre de pied ferme : « La situation est très explosive actuellement dans le taxi », a fait savoir Guy Chevrette, porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l\u2019industrie du taxi.Selon nous, il n\u2019y a pas de dossier plus urgent que celui du transport illégal dans ce ministère.» Le maire Coderre a rappelé qu\u2019il connaissait bien Jacques Daoust : « J\u2019avais approché Jacques Daoust pour qu\u2019il soit mon numéro 2 à la dernière élection».M.Coderre a eu quelques bons mots pour l\u2019ex-ministre Robert Poëti, rétrogradé au rang de simple député : « C\u2019est un homme d\u2019une grande qualité.Je l\u2019ai appelé pour le remercier, mais c\u2019est la prérogative du premier ministre [de choisir ses ministres].» Le Devoir Martin Coiteux devient le nouvel interlocuteur des maires La nomination de l\u2019ancien président du Conseil du trésor a causé une certaine surprise dans le milieu municipal Dominique Anglade Ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation, responsable de la Stratégie numérique Élue députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, dans le sud-ouest de Montréal, lors de l\u2019élection partielle du 9 novembre 2015.Cette femme d\u2019affaires, ancienne présidente de la Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par François Le- gault, avait quitté la politique pour devenir p.- d.g.de Montréal international en septembre 2013.Les libéraux de Philippe Couillard l\u2019ont convaincue de revenir en politique, en changeant de parti.Le nouveau cabinet Couillard JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Martin Coiteux devient ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique.Le cabinet dévoilé jeudi par Philippe Couillard compte de nouveaux visages.Certains deviennent ministres pour la première fois, alors qu\u2019une députée retrouve des responsabilités qu\u2019elle connaît.Présentation en cinq temps.Sébastien Proulx Ministre de la Famille, responsable de la région de la Gaspésie \u2013Îles-de-la- Madeleine Cet ancien militant et député de l\u2019Action démocratique du Québec (ADQ) a joué un rôle de premier plan auprès du chef Mario Du- mont, entre 2003 et 2008.Il a été leader parlementaire du jeune parti, avant d\u2019être défait aux élections de 2008.Avocat de formation, il est devenu stratège au bureau du premier ministre Philippe Couillard en 2014.Il a été élu député libéral de Jean-Talon, à Québec, lors de l\u2019élection partielle du 8 juin 2015.Luc Fortin Ministre délégué au Loisir et au Sport et ministre responsable de la région de l\u2019Estrie Élu pour la première fois en avril 2014, Luc Fortin a fait son entrée sur la colline parlementaire en 2006 comme conseiller politique.Détenteur d\u2019une maîtrise en science politique de l\u2019Université de Montréal, il est devenu en 2009 conseiller aux communications du premier ministre Jean Charest.En 2012, il a fondé une entreprise de relations publiques.Depuis son élection, il occupait les fonctions d\u2019adjoint parlementaire de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre.Julie Boulet Ministre du Tourisme, responsable de la région de la Mauricie Pharmacienne de profession, elle a été élue pour la première fois députée de Laviolette en 2001 pour occuper ensuite divers postes ministériels à la Santé, aux Aînés et aux Transports.Son passage aux Transports a été marqué par sa comparution à la commission Charbonneau, après laquelle elle avait été expulsée du conseil des ministres.Devant les commissaires, Mme Boulet avait juré ignorer l\u2019objectif de financement de 100 000 $ par ministre.Elle avait ensuite été contredite par son propre chef.La nouvelle ministre a aussi marqué les esprits en mai 2014, quand elle a envoyé un doigt d\u2019honneur à l\u2019opposition péquiste. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 MINISTERIEL A 3 P H I L I P P E O R F A L I L e milieu québécois de l\u2019éducation a poussé un soupir de soulagement collectif, jeudi, après l\u2019éjection de François Blais et son remplacement par Pierre Moreau.Mais si l\u2019arrivée d\u2019un ministre plus accessible est saluée, les questions entourant l\u2019avenir de la réforme des commissions scolaires demeurent entières.L\u2019arrivée d\u2019un cinquième ministre de l\u2019Éducation en cinq ans aurait pu agacer les intervenants de ce secteur.Mais après douze mois des plus difficiles dans la relation entre Québec et le milieu de l\u2019éducation primaire, secondaire et postsecondaire, on accueille à bras ouverts ce nouvel interlocuteur.« M.Moreau est un homme réputé pour sa rigueur dans sa gestion des dossiers.Je lui tends la main.Si on pouvait se parler sur un ton positif, ce serait extraordinaire.Je souhaite aussi qu\u2019on ait droit à une vision claire de la part du ministre pour l\u2019Éducation », a commenté la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, en formulant le souhait que soit abandonné le projet de loi 86 sur la réforme des commissions scolaires, qui abolit notamment les élections au suf frage universel des commissaires.« Ce dont on a besoin au Québec, c\u2019est d\u2019un ministre de l\u2019Éducation solide, qui ne va pas s\u2019attarder qu\u2019à de petites mesures populistes, mais qui va vraiment avoir une véritable vision pour l\u2019éducation et pour la réussite scolaire.On a des défis extraordinaires », a-t-elle ajouté.L\u2019étude du projet de loi devait commencer jeudi, mais a été repoussée à vendredi, puis finalement d\u2019une dizaine de jours pour que le ministre puisse prendre connaissance du dossier.Du côté de la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE), dont les 35 000 membres demeurent sans convention collective, on espère que ce remaniement sera le bon.Le président, Sylvain Mallette, demande lui aussi le retrait du projet de loi 86.Mais les ardeurs des opposants à la réforme des commissions scolaires pourraient être refroidies par la déclaration du premier ministre, jeudi matin à Québec.Le ministre Pierre Moreau « poursuivra le travail amorcé par son prédécesseur dans le but de redonner plus de pouvoirs à l\u2019école, aux parents et aux enseignants, afin que nos enfants réussissent encore mieux », a-t-il notamment déclaré.Au niveau de l\u2019enseignement supérieur, la nouvelle est également accueillie avec prudence.La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) salue le changement de chaise au ministère de l\u2019Éducation, mais somme le nouveau ministre de s\u2019engager à maintenir le réseau collégial.Le ministre Moreau avait ou- ver tement remis en question la per tinence des cégeps dans le cadre du premier débat à la chef ferie du Par ti libéral du Québec, en 2013.« Les étudiants collégiaux sont inquiets de ces déclarations passées.Nous lui demandons simplement de recadrer sa pensée dès au- jourd\u2019hui », af firme Antoine Côté, président de la FECQ.De son côté, l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui regrouperait près de 70 000 membres dans les cégeps et les universités du Québec, n\u2019a pas offert de commentaire.Victime d\u2019un malaise, M.Moreau n\u2019a pas été en mesure de répondre aux questions des journalistes jeudi.Son état de santé ne poserait aucune inquiétude.Le Devoir ÉDUCATION Soupir de soulagement collectif Les intervenants du milieu accueillent Pierre Moreau à bras ouverts, mais sont impatients de connaître ses intentions I S A B E L L E P A R É B outé hors du ministère de l\u2019Éducation, le ministre François Blais retourne à la case départ en reprenant la barre du ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, ministère où il avait lui-même jeté les bases de la très controversée réforme de l\u2019aide sociale portée jusqu\u2019à tout récemment par le ministre Sam Hamad.Jeudi, l\u2019arrivée en poste de ce nouveau porteur de ballon inspirait des sentiments mitigés aux détracteurs de la réforme mise en avant par le gouvernement Couillard, y voyant peut-être un espoir que ce dernier puisse « reculer dans l\u2019honneur et la dignité».Encore cette semaine, lors des consultations sur le projet de loi 70, Sam Hamad s\u2019était attiré les foudres des groupes sociaux, des par tis d\u2019opposition et même de milieux patronaux, qui estiment que cette réforme pourrait aggraver encore davantage la situation des plus démunis de la société.La réforme en cours vise notamment à sabrer de moitié la prestation de 623 $ que touchent à l\u2019heure actuelle les prestataires aptes au travail qui refuseront d\u2019occuper un emploi.« Les discussions étaient devenues impossibles avec M.Hamad, et il y a maintenant une certaine unanimité contre cette réforme», a fait valoir Serge Tardif, por te-parole du Collectif contre la pauvreté.On est toutefois nettement moins optimiste du côté de Québec solidaire (QS), où l\u2019on rappelait jeudi que le ministre Blais, lorsque titulaire du portefeuille de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale pour une première fois, a amorcé les coupes à l\u2019aide sociale en limitant le temps qu\u2019un prestataire d\u2019aide sociale peut passer hors de la province et en coupant le montant du chèque versé à un prestataire partageant son logement.Le ministre Blais est aussi à l\u2019origine du retrait des prestations de 200 $ versées aux personnes en cure de désintoxication, qui a récemment entraîné la fermeture du Centre Mélaric.«M.Blais n\u2019a pas eu un parcours sans faute à l\u2019éducation.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019il n\u2019a pas conquis le monde de l\u2019éducation.Il fallait un changement à l\u2019aide sociale.Est-ce que le message envoyé, c\u2019est de partir sur de nouvelles bases?J\u2019ai bien peur que la même médecine soit appliquée», soutient Françoise David, co-porte- parole de QS.Cette dernière espère aussi que le revenu minimum garanti, que le ministre Blais doit instaurer, sera plus élevé que l\u2019équivalent des chèques d\u2019aide sociale, «qui permettent à peine aux gens de survivre».Chose certaine, le ministre Blais devra rapidement afficher ses couleurs, car les consultations sur le projet de loi 70 reprendront dès le 9 février.Dans son allocation au salon rouge lors du dévoilement de son nouveau conseil des ministres, Philippe Couillard s\u2019est montré quelque peu ambigu à ce sujet.« Je veux que vous sachiez que les décisions que nous prenons, même les plus difficiles, n\u2019ont qu\u2019un seul et unique objectif : améliorer votre qualité de vie et celle de vos proches.» Il a cependant laissé entendre que l\u2019ère de l\u2019austérité tirait à sa fin.« Nous avons maintenant retrouvé collectivement notre capacité financière pour mieux soutenir les secteurs qui nous tiennent tous à cœur, comme l\u2019éducation, la santé, le soutien aux familles et aux personnes vulnérables.» Le Devoir EMPLOI ET SOLIDARITÉ SOCIALE Le retour de François Blais est accueilli avec prudence Québec solidaire se demande si le ministre adoptera un ton différent JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE François Blais redevient ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale.La liste complète des membres du cabinet Lise Thériault, vice-première ministre, ministre responsable des Petites et Moyennes Entreprises, de l\u2019Allégement réglementaire et du Développement économique régional, ministre responsable de la Condition féminine, ministre responsable de la région de Lanaudière Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, leader parlementaire Carlos Leitão, ministre des Finances Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, ministre responsable de la région de l\u2019Outaouais Sam Hamad, ministre responsable de l\u2019Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes, président du Conseil du trésor, ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale Pierre Moreau, ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, ministre responsable de la région de la Montérégie Pierre Arcand, ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, ministre responsable de la Côte-Nord Dominique Anglade, ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation, ministre responsable de la Stratégie numérique Hélène David, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire, ministre de la Sécurité publique, ministre responsable de la région de Montréal François Blais, ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie, ministre responsable de la région des Laurentides Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux Kathleen Weil, ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion David Heurtel, ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Jacques Daoust, ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l\u2019Électrification des transports Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, ministre responsable de la région du Centre-du-Québec Pierre Paradis, ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation Sébastien Proulx, ministre de la Famille, ministre responsable de la région de la Gaspé- sie-Îles-de-la-Madeleine Julie Boulet, ministre du Tourisme, ministre responsable de la région de la Mauricie Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones Dominique Vien, ministre responsable du Travail, ministre responsable de la région de la Chaudière-Appalaches, leader parlementaire adjointe Francine Charbonneau, ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l\u2019intimidation, ministre responsable de la région de Laval Rita de Santis, ministre responsable de l\u2019Accès à l\u2019information et de la Réforme des institutions démocratiques Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie Jean D\u2019Amour, ministre délégué aux Affaires maritimes, ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent Luc Blanchette, ministre délégué aux Mines, ministre responsable de la région de l\u2019Abitibi- Témiscamingue et de la région du Nord-du- Québec Luc Fortin, ministre délégué au Loisir et au Sport et ministre responsable de la région de l\u2019Estrie Stéphane Billette, whip en chef du gouvernement Nicole Ménard, présidente du caucus du parti du gouvernement La Presse canadienne Rita de Santis Ministre responsable de l\u2019Accès à l\u2019information et de la Réforme des institutions démocratiques Avocate décorée par de hautes distinctions, Mme de Santis a travaillé au cabinet Davies Ward Phillips et Vineberg, avant d\u2019être élue députée de Bourassa-Sauvé en 2012.Elle a été porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de commission des droits de la personne et de protection de la jeunesse et d\u2019accès à l\u2019information.Elle a été membre de plusieurs conseils d\u2019administration, dont ceux d\u2019Investissement Québec, de l\u2019Université Concordia et du Centre hospitalier St.Mary.La parité hommes-femmes au fil des ans Le Conseil des ministres depuis le début du siècle 2016 Couillard: 39% (11 femmes sur 28 ministres) 2014 Couillard: 31% (8 sur 26) 2012 Marois: 35% (8 sur 23) 2008 Charest: 50% (13 sur 26) 2007 Charest: 50% (9 sur 18) 2005 Charest: 40% (10 sur 25) 2003 Charest: 33% (8 sur 24) 2002 Landry: 26% (8 sur 31) 2001 Landry: 29% (7 sur 24) JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 J E S S I C A N A D E A U D e mystérieuses particules noires contaminent l\u2019eau de l\u2019hôpital Sainte-Justine, obligeant la direction à mettre en branle les mesures d\u2019urgence et à interdire la consommation d\u2019eau potable depuis quatre jours.Et on ne connaît toujours pas la source ni la composition de ces particules.« On voit dans le verre [d\u2019eau], il y a de petites particules qui vont tomber dans le fond, mais l\u2019eau n\u2019est pas brune, noire ou orange, elle est complètement claire », précise la por te-parole de l\u2019hôpital, Mélanie Dallaire.Quatre jours après la décou- ver te de ces par ticules dans un lavabo, l\u2019hôpital ne savait toujours pas ce que c\u2019était.«On ne sait pas ce que c\u2019est [la par ticule], c\u2019est ce que l\u2019on cherche.C\u2019est pour ça qu\u2019on maintient les mesures d\u2019urgence, parce qu\u2019on veut être certain que ce n\u2019est pas dangereux.» Des analyses sont pourtant en cours depuis lundi, explique Mme Dallaire.Et celles- ci ont démontré que l \u2019eau n\u2019était pas impropre à la consommation.« On a procédé à des analyses pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y avait aucun produit physiochimique comme des métaux lourds et des produits organiques dans l\u2019eau.Les résultats étaient négatifs, c\u2019est pour ça qu\u2019on dit que l\u2019eau n\u2019est pas dangereuse.» L\u2019autre partie du problème, c\u2019est que l\u2019hôpital n\u2019est pas non plus en mesure de cerner l\u2019origine de ces particules.«Le mystère, c\u2019est que ni [le collège] Brébeuf, qui est juste en face, ni le HEC, ni le pavillon Decelles, qui est relié à l\u2019hôpital par un sous-terrain, ne sont affectés par la situation.On ne sait pas d\u2019où ça vient, c\u2019est pour ça qu\u2019on continue les recherches.» Malgré tout ce flou, l\u2019hôpital espère être en mesure de lever l\u2019interdiction « d\u2019ici 24 à 48 heures », af firme la porte- parole.D\u2019ici là, des cruches d\u2019eau sont disposées un peu partout dans les couloirs pour l\u2019usage des patients et du personnel.Les interphones diffusent des aver tissements de ne pas consommer l \u2019eau toutes les 30 minutes.Des affiches ont également été instal lées sur les fontaines, éviers et machines à café de tout l\u2019établissement.Dans la cuisine, on a installé des filtres sur les robinets.Même chose pour les bains des personnes jugées à risque, telles que les personnes im- munosupprimées et aux soins intensifs.Les blocs opératoires et la néonatalogie ne sont pas affectés puisqu\u2019ils utilisent déjà de l\u2019eau stérilisée.Digne du «tiers-monde» « C\u2019est complètement aberrant, je n\u2019ai jamais vu ça, dénonce une source qui travaille à l\u2019hôpital depuis plus de dix ans.C\u2019est une situation digne du tiers-monde.» Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on ne s\u2019inquiète pas outre mesure de cette situation, rappelant que malgré les nombreux avis dispersés partout à travers l\u2019établissement, « l\u2019eau est potable».« Des tests et des analyses se poursuivent en collaboration avec plusieurs centres d\u2019expertise pour identifier la nature exacte et l\u2019origine des par ti- cules », répond l\u2019attachée de presse du ministre, Joanne Beauvais, dans un courriel acheminé au Devoir en soirée jeudi.«Rien n\u2019indique que la situation ait un lien quelconque avec le chantier de construction des nouveaux espaces de l\u2019hôpital », ajoute-t-elle.Le Devoir Problème d\u2019eau contaminée à l\u2019hôpital Sainte- Justine FELIPE DANA ASSOCIATED PRESS Le virus semble associé à des malformations congénitales telles que la microcéphalie chez les enfants nés de femmes ayant été infectées.J E S S I C A N A D E A U L es syndicats de la FSSS- CSN estiment qu\u2019en dépit des beaux discours, les efforts des établissements de santé de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal, qui doivent récupérer 7,4 millions d\u2019ici la fin du mois de mars, affectent réellement les services à la population.« Lorsqu\u2019on nous dit que les restrictions budgétaires ne touchent pas les services directs à la population, pour nous, ce discours-là ne tient pas la route, s\u2019indigne Guy Laurion, vice- président de la Fédération de la santé et des ser vices sociaux (FSSS-CSN).C\u2019est clair que ça a des ef fets directs et, à un moment donné, il va falloir être honnête avec la population, dire quelles sont les coupes de services, et la population pourra prendre des décisions en toute connaissance de cause.» Ce dernier réagissait à l\u2019article du Devoir qui révélait, jeudi, que le centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal était dans une situation financière « alarmante », selon une note de ser vice interne envoyée aux gestionnaires des sept établissements.Le p.-d.g.du CIUSSS, Yvan Gendron, invitait ses cadres à faire preuve de « talent créatif » pour arriver à l\u2019équilibre budgétaire d\u2019ici deux mois, précisant que d\u2019ici là, le fonds d\u2019exploitation devait être « limité à l\u2019essentiel ».En entrevue au Devoir, celui- ci tentait de se faire rassurant, répétant que les services à la population n\u2019avaient pas été touchés.Mais ce sont des paroles en l\u2019air, réplique Guy Lau- rin, qui rappelle que les syndiqués ont manifesté à maintes reprises ces derniers mois pour dénoncer l\u2019impact des compressions, notamment à l\u2019Hôpital Maisonneuve-Rose- mont et à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal, qui font tous deux partie du CIUSSS.On parlait notamment de fermeture d\u2019unités de soins et de services des loisirs, de pertes d\u2019emplois au service d\u2019hygiène et de salubrité, et de certains postes de techniciens et de professionnels qui « augmentent les délais» chez les usagers.«On n\u2019est pas les seuls à le dire, même le protecteur du citoyen et le vérificateur général l\u2019ont dit : on ne peut plus couper davantage sans toucher aux services à la population.On est rendu à l\u2019os, il n\u2019y a plus rien à couper.» Le Devoir Les coupes affectent les services Les efforts budgétaires réclamés dans l\u2019est de Montréal ne sont pas sans conséquence, affirme le syndicat P A U L I N E G R A V E L A lors que le virus Zika se propage de « manière explosive » sur le continent américain, l\u2019Organisation mondiale de la Santé (OMS) prédit de trois à quatre millions d\u2019infections à travers les Amériques au cours de la prochaine année.L\u2019institution réunira le lundi 1e r février un comité d\u2019experts afin de déterminer si l\u2019épidémie actuelle constitue une « situation d\u2019urgence internationale pour la santé», étant donné que le vir us semble être associé à des complications neurologiques, comme le syndrome de Guillain-Barré, ainsi qu\u2019à des malformations congénitales telles que la mi- crocéphalie chez les enfants nés de femmes ayant été infectées durant leur grossesse.La directrice générale de l\u2019OMS, Margaret Chan, fait toutefois remarquer que «même si rien ne prouve encore définitivement que le virus soit responsable des malformations congénitales et des problèmes neurologiques rapportés, le niveau d\u2019inquiétude est très élevé».La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a d\u2019ailleurs tenté jeudi d\u2019apaiser les craintes entourant la propagation du virus Zika après que trois cas eurent été confirmés au Canada.Dans les prochains jours, la Société canadienne du sang refusera les dons de sang de la part des personnes s\u2019étant rendues dans les pays où le virus Zika est désormais présent.Elle précisera sous peu les pays qui seront frappés de cette interdiction.Pour sa part, l\u2019Agence de la santé publique du Canada conseille aux femmes enceintes et à celles souhaitant le devenir de reporter leurs voyages dans les pays où sévit actuellement le virus.Le virus Zika est actuellement présent dans 21 des 55 pays du continent américain.Mais comme il est transmis par piqûres de moustique du genre Aedes aegypti, lequel est présent dans tous les pays d\u2019Amérique, à l\u2019exception du Canada et du Chili, l \u2019OMS croit qu\u2019il risque de se propager à l\u2019ensemble de ces pays.Même s\u2019il est clair que le virus se transmet essentiellement par la piqûre d\u2019un moustique infecté, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont émis l\u2019hypothèse d\u2019une transmission du vir us par contacts sexuels, étant donné que la conjointe d\u2019un biologiste américain ayant été piqué et infecté au Sénégal a développé les mêmes symptômes que son mari alors qu\u2019elle était demeurée au Colorado.De plus, le virus a été détecté dans le sperme d\u2019un résident de Tahiti deux mois après l\u2019apparition des symptômes de l\u2019infection, et même après que le virus Zika eut totalement disparu de son sang.Conditions favorables L\u2019émergence de cette épidémie de Zika en Amérique du Sud s\u2019explique en partie par les conditions climatiques favorables à la prolifération des moustiques qui transmettent le virus, avance Éric Frost, professeur au Département de microbiologie et d\u2019infectiologie de l\u2019Université de Sherbrooke.Le phénomène El Niño, qui sévit cette année, y participe probablement, a souligné pour sa part la Dre Chan de l\u2019OMS.«La meilleure façon de freiner l\u2019épidémie de Zika serait d\u2019éliminer les insectes, ces vecteurs du virus », avance M.Frost avant de rappeler que la Floride met régulièrement sur pied des campagnes visant à éliminer les eaux stagnantes dans les Keys et qu\u2019elle a ainsi réussi à diminuer considérablement les infections transmises par les insectes, comme la dengue.Éric Frost ne prévoit pas que l\u2019infection au virus Zika deviendra aussi prévalente et aussi répandue que le paludisme, qui est endémique \u2014 c\u2019est-à- dire présent en permanence \u2014 dans la plupart des pays tropicaux.«Le virus Zika est très similaire et est un très proche parent du virus de la dengue, qui, après de nombreuses années, sévit par vagues, demeure très localisé et n\u2019est pas aussi prévalent que le paludisme », souligne le spécialiste.« De plus, les personnes atteintes de la dengue réussissent à contrôler et à éliminer le virus de la dengue beaucoup plus rapidement que celles ayant contracté la malaria [paludisme], qui demeurent infectées et infectieuses \u2014 c\u2019est-à-dire qu\u2019elles peuvent transmettre aux insectes qui les piquent le parasite responsable de la maladie \u2014 pendant très longtemps.Pour cette raison, la dengue s\u2019est moins répandue que la malaria, et on peut présumer que le virus Zika se propagera ainsi moins que la malaria », fait remarquer M.Frost.Avec La Presse canadienne et l\u2019Agence France-Presse Le Devoir VIRUS ZIKA L\u2019OMS prévoit jusqu\u2019à 4 millions d\u2019infections Ottawa a tenté d\u2019apaiser les craintes après la confirmation de trois cas au Canada M A R I E - M I C H È L E S I O U I Des 21 compagnies et succursales qui sont clairement liées à l\u2019empire Québecor dans une dizaine de pays considérés comme des paradis fiscaux, environ la moitié ont été créées pendant que le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, était président de Québecor, a révélé jeudi l\u2019émission Enquête de Radio-Canada.En pleine course à la chefferie du PQ, M.Péladeau avait pourtant assuré que sous sa direction, Québecor n\u2019avait « jamais eu de filiales dans les paradis fiscaux».Pouvait-il simplement l\u2019ignorer ?Enquête a posé la question à la fiscaliste et auteure Brigitte Alepin.« Ce n\u2019est pas lui qui faisait toutes les planifications, mais en tant que président d\u2019une organisation, le portrait global de l\u2019organisation, il faut qu\u2019il soit capable de l\u2019endosser», a-t-elle répondu.Évitement fiscal Le lien qui unit Québecor et ces 21 compagnies et succursales \u2014 qui se trouvent à la Barbade, dans les îles Vierges britanniques, en Irlande, au Luxembourg, au Panama et en Suisse \u2014 ne permet cependant pas de conclure que l\u2019entreprise de M.Péladeau s\u2019est livrée à de l\u2019évasion fiscale.« On semble plutôt avoir affaire à ce qu\u2019on appelle de l\u2019évitement fiscal », a commenté la journaliste Madeleine Roy dans son reportage.Enquête a mandaté trois expertes de la fiscalité afin qu\u2019elles analysent les états financiers de Québecor.L\u2019une d\u2019elles a expliqué le stratagème auquel Quebecor World a pu se livrer en utilisant deux compagnies enregistrées à la Barbade.«On va stationner du revenu, et ce revenu-là est imposé à des faibles taux, sinon pas imposé du tout.Et ce qui est magique avec la Barbade, c\u2019est qu\u2019on peut rapatrier ce revenu-là au Canada libre d\u2019impôts», a donc affirmé Brigitte Alepin.Quand même, on ne peut pas prouver « directement » que Quebecor World a utilisé des compagnies et succursales établies dans des paradis fiscaux dans le but de faire de l\u2019évitement fiscal.«C\u2019est à cause de la loi du Canada et du Québec, qui n\u2019oblige pas les compagnies à rendre publiques les informations sur leur structure [d\u2019affaires] et sur la circulation de leurs revenus», a justifié Allison Christians, professeure en droit fiscal à l\u2019Université McGill.Brigitte Alepin a aussi étudié, pour le compte d\u2019Enquête, les états financiers consolidés de Québecor pour la période pendant laquelle Pierre Karl Péladeau en était président.Elle a conclu qu\u2019entre 1999 et 2012, l\u2019entreprise a payé des impôts équivalant à 12 % des 3 milliards de dollars de bénéfices nets qu\u2019elle a engrangés.Pendant la même période, ce pourcentage s\u2019est élevé à 22 % pour l\u2019ensemble des entreprises canadiennes.Questionné à ce sujet jeudi, le chef péquiste a répondu aux journalistes qu\u2019ils «devr[aient] [s\u2019]adresser à Québecor pour avoir les explications ».Pierre Karl Péladeau a aussi écarté la possibilité de quitter son poste avant la fin de son mandat.« Je les rassure, je vais le compléter », a-t-il affirmé.La réponse de Québecor est venue en soirée.« Québecor a payé, pour la période 1999 à 2012, des impôts exigibles requis au Canada, au Québec, dans les autres provinces et partout dans le monde pour un montant total de 774M$ (24% de son bénéfice net avant impôt)», a écrit l\u2019entreprise dans un communiqué.« De plus, Québecor a enregistré un montant de 447M$ (14% de son bénéfice net avant impôt) en impôt repor té.C\u2019est donc dire, comme le démontre la note sur le taux d\u2019impôt apparaissant aux états financiers annuels de Québecor, que Québecor a eu un taux effectif d\u2019impôt de 38% pour la période 1999 à 2012.» Dans son reportage, Radio-Ca- nada a présenté une sorte de bilan du passage de M.Péladeau au sein des entreprises que lui a léguées son père.Du jeune homme d\u2019affaires carburant au pouvoir au politicien indépendantiste qu\u2019il est devenu, Pierre Karl Péladeau ne semble avoir laissé personne indifférent.Sous sa présidence, entre 1999 et 2012, le nombre d\u2019employés de Québecor est passé de 60 000 à 15 000, tandis que le chiffre d\u2019affaires de l\u2019entreprise a vacillé, passant de 8 milliards de dollars à 12, puis à 3,6 milliards.Enquête s\u2019est aussi livrée à un exercice de comparaison afin d\u2019observer de quelle manière les investissements dans Qué- becor ont fluctué au fil des ans.Selon ses calculs, menés de pair avec l\u2019ex-directeur de l\u2019école de comptabilité de l\u2019Université Laval, Maurice Gosselin, 1000$ investis dans Québecor en 1999 auraient permis de mettre la main sur un total de 1796$ en 2014.En comparaison, le même montant investi chez Transcontinental, Telus, BCE ou Rogers aurait fluctué afin d\u2019atteindre 2381$, 2668$, 2987$ et 4027$ respectivement.L\u2019un des seuls ex-collègues de M.Péladeau à avoir accepté de participer au reportage, Luc Lavoie, a remis en doute la valeur de l\u2019exercice.«Vos comparatifs sont absurdes.Je vous le dis en tout respect», a déclaré l\u2019ex- vice-président directeur de Qué- becor, qui a suggéré des comparaisons avec des entreprises comme Tembec, Cascades ou Canwest, par exemple.Le Devoir PARADIS FISCAUX Des révélations contredisent Péladeau Près de la moitié des compagnies ou succursales liées à Québecor auraient été créées pendant la présidence de l\u2019actuel chef du PQ L\u2019accès des Canadiens aux soins de santé demeure sous la moyenne Une enquête internationale effectuée auprès de médecins de soins primaires donne à penser que l\u2019accès des patients canadiens aux soins primaires pendant et après les heures de travail s\u2019améliore.Le Canada demeure malgré tout sous la moyenne pour 19 des 28 indicateurs de soins étudiés dans l\u2019enquête du Fonds du Commonwealth.Le rapport sur les politiques de santé auprès des médecins de soins primaires, publié jeudi par l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS), a sondé des médecins de soins primaires de 10 pays.Ainsi, 70% des médecins de soins primaires canadiens ont dit que, souvent, leurs patients attendaient longtemps avant de voir un spécialiste.Cette proportion est la plus élevée parmi tous les pays sondés.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Programmation complète sur chateauramezay.qc.ca CET HIVER, LE CHÂTEAU FAIT PLACE À L\u2019HISTOIRE DES FEMMES! La petite et la grande histoire des femmes qui ont bâti Montréal Conférence de Francine Descarries Le 1er février à 13 h 30 Membre ami : gratuit | Non membre : 5 $ P auvre Charlotte Ram- pling.Au faîte d\u2019une carrière tout en délicatesse, avait-elle vraiment besoin de cela ?L\u2019actrice franco- britannique en compétition aux Oscar pour le film 45 ans s\u2019est retrouvée la semaine dernière au cœur d\u2019une polémique délétère.Inter viewée sur Europe 1, elle a osé s\u2019opposer au boycottage lancé par des ci - néastes américains qui s\u2019insurgent contre l\u2019absence de Noirs dans la sélection de l\u2019Académie.Le réalisateur Spike Lee est même allé jusqu\u2019à réclamer la mise en place de quotas raciaux dans l\u2019attribution des Oscar.Oubliant que ses propos franchiraient aussitôt l\u2019Atlantique, Charlotte Rampling a répliqué que cet appel exprimait une forme de « racisme anti- blanc ».Et la comédienne de conclure que « peut-être que les acteurs noirs ne méritaient pas d\u2019être dans la dernière ligne droite » cette année.Le scénario est éculé.On ose affirmer que, dans des domaines ar tistiques comme le cinéma et la littérature, l\u2019unique critère devrait être la qualité intrinsèque des œuvres, et l\u2019on vous traite aussitôt de raciste.Car aujourd\u2019hui, rien n\u2019échappe au slogan totalitaire qui proclame que «tout est politique».Voilà donc que l\u2019on fait jouer, malgré elle, l\u2019égérie des Visconti, Oshima, Allen, Lumet et Ozon dans un navet sur la dernière guerre.Comme notre chère Denise Filiatrault, ostracisée pour avoir maquillé en noir un acteur blanc, la grande dame du cinéma français a répliqué par la seule réponse qui vaille : ce silence qui «a le poids des larmes», disait Aragon.C\u2019est ce même silence gêné qu\u2019avait opposé le Festival d\u2019Angoulême à ceux qui l\u2019accusaient de n\u2019avoir inclus aucune femme dans la liste des candidats de son Grand Prix de la bande dessinée.Les organisateurs supprimèrent tout simplement la liste.Compre- nons-nous bien, il se pourrait, et c\u2019est même probable, qu\u2019en ne sélectionnant aucune femme sur une liste de 30 noms, le jury d\u2019Angoulême se soit four voyé.Mais s\u2019il a péché, c\u2019est en méprisant un talent (celui de Claire Bretecher par exemple), peu importe son sexe, et non pas faute de respecter une illusoire parité.Il faudrait donc dorénavant saupoudrer les prix cinématographiques et littéraires de la même manière que Justin Tr udeau compose ses gouvernements.Deux prix pour les Noirs, un pour les sikhs, trois pour les homosexuels et quatre pour les obèses.Où s\u2019ar rêtera-t -on ?Même la France n\u2019est plus à l\u2019abri de cette monstrueuse dictature de la diversité qui a depuis longtemps submergé l\u2019Amérique.Je dis dictature parce que, dans cer tains milieux, on frise aujourd\u2019hui le délire.Pour ne pas of fenser les minorités, dans cer taines universités, on suggère aux étudiants de ne pas se déguiser en Indiens les soirs d\u2019Halloween.À l \u2019université d\u2019Ottawa, on a suspendu un cours de yoga de peur qu\u2019il ne représente une forme d\u2019« appropriation culturelle » (« cultural appropriation ») de la culture hindoue.À par tir de quand la lutte pour l\u2019égalité des droits sombre-t-elle dans la revanche identitaire\u2026 et le ridicule ?Bizarrement, une cérémonie comme celle des César fait beaucoup mieux que celle des Oscar.Et cela, sans jamais invoquer aucune forme de discrimination positive ou de communautarisme, deux expressions honnies en France.Qu\u2019on en juge.L\u2019excellent premier long métrage de la Franco-Turque De- niz Gamze Ergüven, Mustang, obtient huit nominations.Incidemment, c\u2019est ce film sur la condition des femmes, entièrement tourné en Turquie, qui représentera la France aux Oscar.Fatima (sur la condition d\u2019une femme de ménage immigrée) et Dheepan (sur des réfugiés sri- lankais) obtiennent plusieurs nominations.Parmi les meilleurs acteurs, on trouve Soria Zeroual (Fatima), Antonytha- san Jesuthasan (Dheepan) et Loubna Abida (Much Loved).Trois réalisatrices et quatre réalisateurs sont en lice pour le meilleur film et la meilleure réalisation.L\u2019an dernier, c\u2019est Timbuktu, du Franco-Maurita- nien Abderrahmane Sissako, qui avait remporté le prix du meilleur film.Nous voici donc devant les deux paradoxes suivants.D\u2019abord, celui d\u2019une industrie cinématographique américaine néolibérale et mondial isée à souhait qui , comme nous l\u2019avait annoncé Tocqueville, ne cesse de produire toujours un peu plus de « même », de « pareil » et d\u2019uniformité culturelle.D\u2019autre part, celui d\u2019une industrie cinématographique nationale franco-française, largement subventionnée par l \u2019État , dont le « protectionnisme » est régulièrement dénoncé par l\u2019Europe libérale, mais qui produit, surprise, des films d\u2019une étonnante diversi té culturelle.Cet écar t entre les Oscar et les César illustre un choc de civilisations entre une société fondée sur le commu- nautarisme et une autre fondée sur un idéal méritocra- tique républicain, même s\u2019il est souvent écorché.C\u2019est ce parti pris d\u2019universalisme républicain, à l \u2019origine de la Déclaration des droits de l\u2019homme, qu\u2019exprimait Charlotte Rampling.Et si l\u2019égalité républicaine, avec son ignorance des races, des origines et des sexes, était la meil - leure voie d\u2019une diversité qui ne fut pas factice ?À Spike Lee, Omar Sy répondait fièrement cette semaine en couver ture de Télérama : « À Hollywood, je suis un Français, pas un Noir.» crioux@ledevoir.com Un Oscar pour les César M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa F aute d\u2019avoir un représentant du gouvernement à la Chambre haute, les sénateurs pourront bientôt à tout le moins interroger un ministre libéral par semaine.Le ministre des Af faires étrangères, Stéphane Dion, sera le premier à se prêter à l\u2019exercice.Il répondra aux questions des sénateurs, en comité plénier, jeudi prochain.Justin Tr udeau ayant expulsé tous les sénateurs libéraux de son caucus i l y a deux ans, le gouvernement libéral ne compte présentement pas de leader à la Chambre haute.Le premier ministre s\u2019est engagé à en nommer un parmi les cinq premiers sénateurs qu\u2019 i l nommera au Sénat d\u2019 ici quelques semaines.Le Sénat tient normalement, comme la Chambre des communes, une période des questions par jour.À l\u2019heure actuelle, la pratique est abandonnée, faute de sénateur gouvernemental à qui demander des comptes.Si la comparution hebdomadaire d\u2019un ministre est appréciée par les sénateurs, le leader du gouvernement aux Communes, Dominic Leblanc, n\u2019exclut pas de prolonger la pratique même lorsqu\u2019il comptera un homologue au Sénat.Comité consultatif Et d\u2019ici là, qu\u2019adviendra-t-il de la période des questions quotidienne au Sénat ?Si les sénateurs « veulent ajuster leurs règles en conséquence, ils pourront le faire.[\u2026] Ils feront ce qu\u2019ils voudront.On n\u2019est pas responsable de leurs règles », a indiqué M.Leblanc.Le gouvernement a nommé un comité consultatif, la semaine dernière, chargé de recommander des candidats sénateurs au premier ministre.M.Leblanc espère que les cinq premières nominations \u2014 dont une au Québec \u2014 se feront « d\u2019ici fin février, début mars ».Le Devoir SÉNAT Un ministre rendra des comptes une fois par semaine H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 ancien député et ministre conservateur Steven Fletcher a livré un vibrant plaidoyer pro-choix devant le comité parlementaire mixte sur l\u2019aide médicale à mourir.Il a imploré les groupes représentant des personnes handicapées opposées à cette aide de ne pas imposer leur point de vue aux autres.« Je demande aux personnes handicapées qui ont des réserves envers ceci de se montrer plus empathiques envers ceux qui souf frent.Quand des gens souf frent et se laissent mourir de faim dans des résidences pour personnes âgées, dans un hôpital ou à la maison, les forcer à vivre cette souffrance dans la terreur ne rend pas ma vie à moi meilleure en tant que personne handicapée.Ça me rend juste triste.On doit reconnaître cela.Les gens souf frent.Et imposer nos opinions à quelqu\u2019un d\u2019autre n\u2019est pas canadien.» M.Fletcher sait de quoi il parle.Il a raconté comment, après avoir frappé un orignal avec sa voiture à l\u2019âge de 23 ans, il s\u2019est retrouvé à l\u2019hôpital, maintenu en vie par des machines pendant trois mois, conscient, mais incapable de bouger ou parler.Ce qu\u2019il appelle «de la torture bien intentionnée».«J\u2019étais incapable de bouger du cou jusqu\u2019aux pieds.Incapable de sentir le toucher, incapable de sentir le plaisir ou la douleur.Aucun contrôle sur mes fonctions corporelles.J\u2019allais avoir besoin d\u2019aide 24 heures par jour, sept jours par semaine pour le restant de mes jours.» Dès qu\u2019il a été capable de parler, il a mandaté son avocat d\u2019écrire qu\u2019on ne lui fasse plus jamais subir cela.C\u2019était il y a 20 ans, un peu après le jugement Rodriguez de la Cour suprême ayant maintenu l\u2019interdiction au suicide assisté, et bien avant celui de février dernier par lequel la Cour a changé d\u2019avis.Son avocat l\u2019a aver ti qu\u2019une telle demande était probablement illégale.Le témoignage de M.Fletcher était en quelque sorte dirigé vers le Conseil des Canadiens avec déficiences (CCD), qui comparaissait en même temps que lui.Le CCD s\u2019est opposé à l\u2019aide médicale à mourir au nom de la protection des plus vulnérables.Maintenant que cette aide est inéluctable, le CCD exige des garde-fous importants, notamment que toutes les demandes soient tranchées non pas par un médecin, mais par un comité indépendant dirigé par un juge.M.Fletcher n\u2019aime pas cette idée.« Un accès retardé est un accès refusé.» Cette exigence irrite aussi le groupe Mourir dans la dignité.Sa représentante, Linda Jarret, est aussi venue expliquer comment elle désire avoir l\u2019option de mettre fin à ses jours lorsque sa sclérose lui rendra la vie trop difficile.«Nos maladies et nos handicaps nous ont déjà rendu la vie difficile.N\u2019ajoutez pas à notre fardeau en compromettant nos choix et notre autonomie», a-t-elle lancé.Lorsqu\u2019il était encore au Parlement (M.Fletcher a été défait en octobre), il a présenté en vain deux projets de loi pour légaliser l\u2019aide médicale à mourir.Son message aux parlementaires jeudi soir était simple : faites-en le moins possible.À son avis, Ottawa pourrait même ne pas adopter de loi du tout et s\u2019en remettre aux critères établis dans la décision de la Cour.Il estime que tout le reste relève de la compétence des provinces.Le Devoir AIDE MÉDICALE À MOURIR L\u2019ex-député conservateur Steven Fletcher livre un vibrant plaidoyer L\u2019ancien ministre demande aux opposants de ne pas imposer leur point de vue aux Canadiens qui souffrent Les libéraux abrogent deux lois sur les syndicats Ottawa \u2014 Le gouvernement de Justin Trudeau a décidé d\u2019abroger deux lois touchant les syndicats, qui avaient été adoptées par les conservateurs.La loi C- 377 aurait obligé les syndicats à ouvrir leurs livres comptables.Quant à C-525, elle changeait les méthodes d\u2019accréditation syndicale en imposant un vote secret.La ministre de l\u2019Emploi, MaryAnn Mihychuk, a soutenu jeudi que l\u2019annulation de ces deux lois amènera «de l\u2019équilibre et de l\u2019équité».La Presse canadienne ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Steven Fletcher a raconté les souffrances qu\u2019il a endurées à la suite d\u2019un accident de voiture.CHRISTIAN RIOUX à Paris À partir de quand la lutte pour l\u2019égalité des droits sombre-t-elle dans la revanche identitaire\u2026 et le ridicule? L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 6 É C O N O M I E Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Alim.Couche-Tard ATD.B 60.01 -0.27 -0.45 746 Canadian-Tire CTC.A 111.40 2.34 2.15 213 Cogeco CCA 63.96 1.20 1.91 67 Corus CJR.B 9.75 0.06 0.62 742 Groupe TVA TVA.B 4.29 0.04 0.94 1 Jean Coutu PJC.A 19.15 0.03 0.16 272 Loblaw L 64.99 0.31 0.48 727 Magna MG 48.34 -1.08 -2.19 1280 Metro MRU 41.68 1.37 3.40 1225 Quebecor QBR.B 34.99 0.44 1.27 240 Rona RON 11.73 0.32 2.80 235 Saputo SAP 33.90 0.74 2.23 329 Shaw SJR.B 24.00 0.39 1.65 992 Dollarama DOL 73.30 0.95 1.31 288 Tim Hortons THI 99.00 0.00 0.00 0 Transat A.T.TRZ 7.24 -0.23 -3.08 38 Yellow Media Y 15.58 0.12 0.78 25 S&P TSX SPTT12591.93 214.16 1.73 295773 S&P TX20 TX20 457.68 1.82 0.40 104187 S&P TX60 TX60 741.32 13.92 1.91 155508 S&P TX60 Cap.TX6C 819.75 15.39 1.91 155508 Cons.de base TTCS 486.90 5.81 1.21 4803 Cons.discré.TTCD 152.56 0.63 0.41 9776 Énergie TTEN 156.69 7.87 5.29 101898 Finance TTFS 228.84 5.49 2.46 31601 Aurifère TTGD 136.89 -2.89 -2.07 42065 Santé TTHC 104.34 -5.97 -5.41 5939 Tech.de l\u2019info TTTK 50.98 -0.01 -0.02 8611 Industrie TTIN 157.15 3.17 2.06 37510 Matériaux TTMT 157.61 -1.49 -0.94 64596 Immobilier TTRE 263.88 3.73 1.43 6535 Télécoms TTTS 132.28 1.05 0.80 5379 Sev.collect.TTUT 217.79 5.77 2.72 9088 Métaux/minerals TTMN 255.52 1.44 0.57 22385 TSX Venture JX 492.43 2.56 0.52 50010 Cameco CCO 16.76 0.50 3.08 1149 Canadian Natural CNQ 29.18 1.50 5.42 6382 Canadian Oil Sands COS 9.17 0.38 4.32 4094 Enbridge ENB 46.45 1.06 2.34 2885 EnCana ECA 6.15 0.77 14.31 8155 Enerplus ERF 4.42 0.42 10.50 1899 Pengrowth Energy PGF 1.06 0.10 10.42 1840 Pétrolière Impériale IMO 42.96 2.29 5.63 1012 Suncor Energy SU 32.83 1.42 4.52 4371 Cenovus Energy CVE 17.22 0.31 1.83 3343 TransCanada TRP 48.57 1.26 2.66 1445 Valener VNR 19.22 0.34 1.80 84 Air Canada AC 7.74 -0.08 -1.02 2301 Bombardier BBD.B 0.89 -0.10 -10.10 26947 CAE CAE 14.55 0.34 2.39 901 Canadien Pacifique CP 169.14 6.57 4.04 611 Chemin de fer CN CNR 74.17 2.43 3.39 1337 SNC-Lavalin SNC 39.50 1.73 4.58 435 Transcontinental TCL.A 18.13 0.31 1.74 180 TransForce TFI 20.79 -0.55 -2.58 259 B.CIBC CM 90.22 2.54 2.90 1976 B.de Montréal BMO 74.57 0.48 0.65 2684 B.Laurentienne LB 47.30 0.70 1.50 242 B.Nationale NA 38.86 1.29 3.43 3683 B.Royale RY 71.05 2.42 3.53 4409 B.Scotia BNS 56.40 2.10 3.87 3888 B.TD TD 52.75 1.03 1.99 3802 Brookfield Asset BAM.A 41.70 0.78 1.91 996 Cominar Real CUF.UN 14.57 0.21 1.46 455 Corp.Fin.Power PWF 31.61 0.59 1.90 718 Fin.Manuvie MFC 19.13 0.63 3.41 3328 Fin.Sun Life SLF 39.53 0.66 1.70 1197 Great-West Lifeco GWO 34.49 0.71 2.10 322 Industrielle All.IAG 41.14 0.44 1.08 113 Power Corporation POW 29.32 0.54 1.88 668 TMX X 40.00 0.33 0.83 72 Agrium AGU 122.07 1.63 1.35 431 Barrick Gold ABX 13.56 -0.33 -2.38 6223 Goldcorp G 15.56 -0.08 -0.51 2567 Kinross Gold K 2.25 -0.11 -4.66 2450 Mines Agnico-Eagle AEM 40.69 -0.13 -0.32 930 Potash POT 21.72 0.28 1.31 3860 Teck Resources TCK.B 4.99 0.09 1.84 3725 Fortis FTS 39.87 0.92 2.36 845 TransAlta TA 4.73 0.25 5.58 2644 BlackBerry BB 9.67 -0.05 -0.51 1913 CGI GIB.A 59.84 2.12 3.67 872 BCE BCE 55.72 0.72 1.31 1352 Manitoba Telecom MBT 29.52 0.07 0.24 447 Rogers RCI.B 47.29 -0.84 -1.75 1780 Telus T 38.61 1.33 3.57 1800 iShares DEX XBB 31.55 -0.01 -0.03 67 iShares MSCI XEM 23.34 0.27 1.17 9 iShares MSCI EMU EZU 32.77 0.03 0.09 8276 iShares S&P 500 XSP 21.74 0.14 0.65 748 iShares S&P/TSX XIC 19.98 0.34 1.73 448 EMERA INC EMA.IR 36.70 1.60 4.56 28666 ENCANA CORP ECA 6.15 0.77 14.31 8155 WHITECAP RESOURCES WCP 7.62 0.53 7.48 6814 CANADIAN NATURAL CNQ 29.18 1.50 5.42 6382 BARRICK GOLD CORP ABX 13.56 -0.33 -2.38 6223 CRESCENT POINT CPG 14.80 1.23 9.06 5959 ROYAL BANK of RY 71.05 2.42 3.53 4409 SUNCOR ENERGY INC SU 32.83 1.42 4.52 4371 iShares S&P TSX XEG 9.92 0.49 5.20 4120 CANADIAN OIL SANDS COS 9.17 0.38 4.32 4094 MEG ENERGY CORP MEG 5.76 0.89 18.28 2788 ENCANA CORP ECA 6.15 0.77 14.31 8155 HB S&P TSX BULL HEU 7.09 0.67 10.44 402 CRESCENT POINT CPG 14.80 1.23 9.06 5959 VERESEN INC VSN 8.11 0.67 9.01 1217 ARC RESOURCES LTD ARX 18.53 1.53 9.00 1770 WHITECAP RESOURCES WCP 7.62 0.53 7.48 6814 SCITI TRUST SIN.UN 6.11 0.42 7.38 143 HB NYMEX NG BULL HNU 12.86 0.84 6.99 2142 VERMILION ENERGY VET 37.72 2.38 6.73 652 CELESTICA INC CLS 11.68 -2.18 -15.73 2576 HB S&P TSX BEAR HED 20.52 -2.48 -10.78 197 HB NYMEX CL BEAR HOD 23.16 -2.77 -10.68 3054 VALEANT VRX 121.00 -12.19 -9.15 586 CONCORDIA HEALTH CXR 36.68 -2.89 -7.30 714 HB NYMEX NG BEAR HND 18.27 -1.32 -6.74 987 HORIZONS BETAPRO HVU 48.16 -3.35 -6.50 488 RUSSELL METALS INC RUS 15.02 -1.01 -6.30 555 PRETIUM RESOURCES PVG 5.84 -0.38 -6.11 433 NEW FLYER NFI 25.90 -1.28 -4.71 355 CANADIAN PACIFIC CP 169.14 6.57 4.04 611 CANADIAN IMPERIAL CM 90.22 2.54 2.90 1976 CANADIAN NATIONAL CNR 74.17 2.43 3.39 1337 ROYAL BANK of RY 71.05 2.42 3.53 4409 VERMILION ENERGY VET 37.72 2.38 6.73 652 CANADIAN TIRE CORP CTC.A 111.40 2.34 2.15 213 IMPERIAL OIL LTD IMO 42.96 2.29 5.63 1012 CGI GROUP INC GIB.A 59.84 2.12 3.67 872 BANK of NOVA BNS 56.40 2.10 3.87 3888 SNC-LAVALIN GROUP SNC 39.50 1.73 4.58 435 VALEANT VRX 121.00 -12.19 -9.15 586 CONSTELLATION CSU 490.97 -7.02 -1.41 117 CCL INDUSTRIES INC CCL.B 201.88 -5.17 -2.50 130 HORIZONS BETAPRO HVU 48.16 -3.35 -6.50 488 CONCORDIA HEALTH CXR 36.68 -2.89 -7.30 714 HB NYMEX CL BEAR HOD 23.16 -2.77 -10.68 3054 HB S&P TSX BEAR HED 20.52 -2.48 -10.78 197 LINAMAR CORP LNR 55.31 -2.31 -4.01 293 CELESTICA INC CLS 11.68 -2.18 -15.73 2576 FRACO-NEVADA CORP FNV 60.10 -1.39 -2.26 610 ENTREPRISES DE CONSOMMATION DISCRÉTIONNAIRE ÉNERGIE FINANCIÈRES INDUSTRIELLES ENTREPRISES DE MATÉRIAUX SERVICES PUBLICS TECHNOLOGIE TÉLÉCOMMUNICATIONS FONDS NÉGOCIÉS EN BOURSE LES PLUS ACTIFS DE LA BOURSE DE TORONTO LES GAGNANTS EN % LES PERDANTS EN % LES GAGNANTS EN $ LES PERDANTS EN $ LES INDICES DE LA BOURSE DE TORONTO TSX CROISSANCE Consultez toutes les cotes boursières sur www.decisionplus.com M A R C H É S B O U R S I E R S TORONTO S&P TSX 12 591,93 ?+214,16 +1,7% New York S&P 500 1893,36 ?+10,41 +0,6% NASDAQ 4506,68 ?+38,51 +0,9% DOW JONES 16 069,64 ?+125,18 +0,8% PÉTROLE 33,22 +0,92 $US +2,8% ?OR 1116,10 -0,20 $US -0,0% ?DOLLAR CANADIEN 71,18 +0,27 $US +0,4% ?1$US = 1,4048 65,07 -0,03 EURO 1 EURO = 1,5369 INDICES QUÉBÉCOIS Indice Fermeture var.pts var.% IQ30 2088,74 +29,16 +1,42 IQ120 2070,28 +20,92 +1,02 CENTRE D\u2019ANALYSE ET DE SUIVI DE L\u2019INDICE QUÉBEC L\u2019indice Québec est une initiative du Département de finance de l\u2019Université de Sherbrooke et de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine G É R A R D B É R U B É L a croissance de l\u2019économie canadienne pourrait être encore plus faible cette année qu\u2019en 2015.Les prévision- nistes multiplient les révisions à la baisse, la chute continue des cours pétroliers venant tout embrouiller.Jeudi, Marchés mondiaux CIBC abaissait ses prévisions 2016 pour la deuxième fois en un mois.Elle estime que la progression du PIB canadien ne sera que de 1,3 % cette année.Le mois dernier, elle misait sur une croissance de 1,7 %.L\u2019économiste en chef de la CIBC, Avery Shenfeld, invite à ne pas sombrer dans «une sur- dose de pessimisme ».Mais la chute persistante des prix des matières premières, pétrole en tête, force une révision en chaîne des scénarios.« Il est inhabituel pour nous de réévaluer les perspectives d\u2019une année complète à peine un mois après les avoir publiées, mais d\u2019un autre côté, nous traversons une période inhabituelle », a souligné l\u2019économiste.«Même si le PIB du pays est moins lourdement exposé au secteur des ressources naturelles qu\u2019il ne l\u2019était il y a un an, nous n\u2019en sommes qu\u2019aux premières étapes des effets négatifs de débordement dans les autres secteurs.» Budget fédéral La semaine dernière, dans une étude spéciale, les économistes de la Financière Banque Nationale (FBN) ont donné le ton.« Croyez-le ou non, en termes de croissance économique, 2016 pourrait finir par être pire que 2015, qui était déjà le plus mauvais millésime en six ans », ont signé Krishen Rangasamy et Warren Lovely.«Une nouvelle révision à la baisse de nos prévisions pour 2016 situe la croissance nationale à 0,9 % à peine [contre 1,6 % prévu précédemment et 1,2 % estimé pour 2015] [\u2026] Et même cette prévision pourrait encore baisser, notamment si le cours du brut ne remonte pas vers notre objectif de fin d\u2019année de 40 $US le baril.» Le principal frein vient de l\u2019investissement non résidentiel, qui risque de se contracter encore davantage.À moins d\u2019une réaction budgétaire plus forte et plus rapide d\u2019Ottawa, les économistes de la FBN entrevoient une baisse supérieure à 10 % des investissements non résidentiels.«Notre prévision revue à la baisse tient compte d\u2019un coup de pouce de la politique budgétaire de l\u2019ordre de celui promis par le nouveau gouvernement fédéral [\u2026 ] qui se traduirait par un déficit d\u2019environ 25 milliards.Mais comme la politique budgétaire est la meilleure option disponible pour combattre les vulnérabilités économiques sous- jacentes, le Canada a besoin d\u2019une réaction de politique budgétaire plus forte et rapide dans le prochain budget fédéral \u2014 et il en a les moyens», disent-ils.Eaux troubles Sur son site, la Chambre de commerce du Canada évoquait également, jeudi, une année 2016 en eaux troubles pour l\u2019économie canadienne.« La compétitivité du Canada sera durement mise à l\u2019épreuve en 2016.» Dans son rappor t Scruter la boule de cristal : Le Canada dans un monde incertain, il est ressor ti que « les consommateurs canadiens sont parmi les plus endettés au monde et le marché immobilier est surévalué dans plusieurs régions [\u2026] En même temps, nos forces économiques traditionnelles comme les ressources naturelles sont grandement af faiblies.» Et la Chambre d\u2019insister sur son blogue : « L\u2019économie canadienne doit réussir à augmenter ses exportations.» Avec La Presse canadienne Le Devoir CROISSANCE 2016 s\u2019annonce plus sombre pour l\u2019économie canadienne La chute des prix du pétrole et des matières premières force la révision à la baisse des prévisions L a chute vertigineuse du dollar canadien et celle du prix du baril de pétrole ont fait péricliter la confiance des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) du Canada en janvier.L\u2019indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante (FCEI) est tombé à 54,3 ce mois-ci, 10 points de moins que le niveau de croissance économique normal.Il s\u2019agit du pire indice depuis la récession de 2008.Simon Gaudreault, économiste principal à la FCEI, explique que l\u2019Alberta, en pleine dégringolade à cause de l\u2019effondrement du pétrole, entraîne les autres provinces dans sa chute.De plus, ce mois-ci, les coûts liés au taux de change affectent 38% des entrepreneurs, un record.L\u2019indice varie normalement entre 65 et 70 lorsque l\u2019économie réalise son plein potentiel de croissance.À l\u2019échelle des provinces, l \u2019indice de confiance des propriétaires de PME a dégringolé de 26 points en Alberta par rapport à janvier 2015, à 28,8 seulement.Il a fléchi à 58,4 en Ontario, mais l\u2019indice du Québec a progressé à 61,2, un sommet depuis 2013.Il s\u2019est redressé au Nouveau-Brunswick à 62,8.La FCEI signale que l\u2019indice reste faible dans les secteurs des ressources naturelles et de la construction mais il est vigoureux dans les secteurs des services professionnels, de l\u2019information, des arts, de l\u2019hébergement et de la restauration.Les résultats de janvier 2016 s\u2019appuient sur 712 réponses recueillies auprès d\u2019un échantillon de membres de la FCEI.La marge d\u2019erreur est de 3,7 %, 19 fois sur 20.Les CPA déprimés Chez les comptables professionnels agréés, le pessimisme à l\u2019égard de l\u2019économie est à son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre de 2009 conclut un autre sondage, le CPA Canada Tendances conjoncturelles «Le niveau de pessimisme à l\u2019égard des perspectives de l\u2019économie canadienne a grimpé en flèche chez les comptables professionnels occupant des postes de direction», lit-on.Plus précisément, la moitié des personnes interrogées au cours du dernier trimestre de 2015 se sont dits pessimistes quant à la performance de l\u2019économie canadienne au cours des 12 prochains mois.« Le sondage trimestriel n\u2019a jamais révélé de niveau de pessimisme aussi élevé depuis le premier trimestre de 2009, lorsqu\u2019il s\u2019établissait à 83%.» Le prix du pétrole demeure le principal obstacle à la croissance économique canadienne, selon 39 % des participants au sondage.L\u2019incertitude au sujet de l\u2019économie canadienne arrive au deuxième rang (21 % des répondants).Le niveau d\u2019optimisme des comptables professionnels interrogés à l\u2019égard des perspectives de leur entreprise pour les 12 prochains mois s\u2019établissait à 38 % «mais le niveau de pessimisme suivait de près, à 31%».Pour ce qui est du chiffre d\u2019affaires, 51 % des répondants s\u2019attendaient à une croissance au cours des 12 prochains mois.Sur le plan du bénéfice, 48 % des répondants prévoient une hausse.«C\u2019est la première fois depuis le deuxième trimestre de 2009 que moins de 50% des répondants prévoient une hausse du bénéfice», poursuit le sondage.Quant aux effectifs « le pourcentage des répondants qui prévoient une augmentation dans leur entreprise au cours des 12 prochains mois (31%) est essentiellement identique au pourcentage de ceux qui prévoient une réduction (30%), tandis que 38% ne prévoient aucun changement et que les autres ne savent pas.» La dernière édition du rapport trimestriel CPA Canada Tendances conjoncturelles repose sur un sondage effectué par courriel, auquel ont répondu 512 personnes sur les 5760 qui, selon les dossiers de CPA Canada, occupent des postes de haut niveau.La marge d\u2019erreur associée à ce type d\u2019enquête est de 4,2%, 19 fois sur 20.Avec Le Devoir La Presse canadienne La confiance des PME est à son plus bas depuis 2008 Ford : le bénéfice a plus que doublé au quatrième trimestre Dearborn \u2014 Le constructeur automobile américain Ford a témoigné jeudi d\u2019un bénéfice de 1,9 milliard $US au quatrième trimestre, soit plus que le double de sa performance de l\u2019an dernier.Son bénéfice ajusté se chiffre à 58 ¢ US par action.Ses revenus trimestriels ont bondi de 12 % pour atteindre 40,3 milliards $ US, surpassant également les attentes des analystes.Pour l\u2019exercice, Ford annonce un bénéfice avant impôt en progression de 48 % à 10,8 milliards, en raison d\u2019un accroissement de ses ventes mondiales et de sa part de marché.Son bénéfice net s\u2019établit à 7,4 milliards et son bénéfice ajusté à 1,93 $US par action.Ses revenus pour l\u2019exercice ont augmenté de 4 % à 149,6 milliards.Les ventes mondiales ont progressé de 5 % à 6,6 millions de véhicules vendus.Chacun des 53 000 employés horaires de Ford aux États-Unis empochera une prime de 9300 $US.Associated Press Espagne : le chômage à 20,9 % Madrid \u2014 Le taux de chômage a baissé en Espagne de 23,7 % en 2014 à 20,9 % fin 2015, a indi- Royaume-Uni : la croissance a été de 2,2 % en 2015 Londres \u2013 La croissance du PIB au Royaume- Uni a atteint 0, 5 % au quatrième trimestre 2015, en ligne avec les attentes des économistes, après 0,4 % au troisième trimestre, selon des chiffres officiels publiés jeudi.La croissance a atteint 2,2 % sur l\u2019ensemble de l\u2019année 2015 par rapport à 2014, a indiqué l\u2019Office des statistiques nationales.Elle a ainsi ralenti par rapport aux 2,9 % enregistrés en 2014.Pour cette année, les économistes se montrent prudents, soulignant notamment les risques associés au référendum promis par le premier ministre David Cameron sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l\u2019Union européenne, prévu avant la fin 2017 et qui pourrait se tenir dès cette année.Agence France-Presse qué jeudi l\u2019Institut national de la statistique (INE), nouvelle confirmation de la reprise économique que connaît le pays.Le nombre de personnes à la recherche d\u2019un emploi a reculé de 678 200 sur l\u2019année pour atteindre 4,78 millions.Il s\u2019agit de la plus forte baisse jamais enregistrée par l\u2019INE.Agence France-Presse P aris \u2014 L\u2019Iran s\u2019est engagé à acquérir 118 avions moyen et long-courriers du constructeur aéronautique européen Airbus, à l\u2019occasion de la visite du président iranien Has- san Rohani à Paris, pour un montant évalué à 25 milliards de dollars.L\u2019annonce a été faite lors d\u2019une cérémonie au palais de l\u2019Élysée en présence du président François Hollande.Il s\u2019agit d\u2019un protocole d\u2019accord et non d\u2019un contrat définitif en raison de la levée encore par tielle des sanctions contre l\u2019Iran.Le total se répartit en «73 gros-porteurs et 45 monocouloirs », a détaillé Airbus dans un communiqué.L\u2019industrie du transport aérien en Iran était soumise à un embargo américain datant de 1995 empêchant les constructeurs occidentaux de vendre des appareils et des pièces détachées aux compagnies iraniennes, clouant au sol une partie de leur flotte.Le chef de l\u2019aviation civile iranienne avait indiqué à la mi-avril que l\u2019Iran aurait besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie.La flotte iranienne comprend actuellement 140 avions en activité, dont la moyenne d\u2019âge est d\u2019environ 20 ans.Agence France-Presse L\u2019Iran achète 118 Airbus L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 ECONOMIE A 7 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 C É L I N E L E P R I O U X à Bruxelles L a Commission européenne a déclaré jeudi la guerre à l\u2019optimisation fiscale des multinationales, de plus en plus sous pression, comme le montrent les déboires de Google, en Grande-Bretagne et en Italie notamment.« Les jours sont comptés pour les entreprises qui réduisent abusivement leurs impôts sur le dos des autres », a prévenu le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Mosco- vici, présentant son plan de combat à Bruxelles.Cette mise en garde survient au moment où Google est dans le viseur du fisc de plusieurs pays européens.Rome réclame ainsi au géant de l\u2019Internet américain plus de 200 millions d\u2019euros d\u2019arriérés d\u2019impôts.Mercredi, le ministre français des Finances, Michel Sapin, avait estimé qu\u2019un accord de Google avec la France sur ses arriérés d\u2019impôts était «aussi une nécessité ».Quant au redressement fiscal «dérisoire » de Google au Royaume-Uni, conclu vendredi dernier, il suscite de plus en plus de critiques.Jeudi, la collègue danoise du Français Mosco- vici, Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, s\u2019est dit prête à étudier cet accord, pour évaluer si une enquête est nécessaire.« Toutes les compagnies doivent payer leur juste part d\u2019impôts où elles réalisent leurs bénéfices », a de son côté martelé M.Mos- covici, refusant de commenter l\u2019accord britannique avec Google.Le projet, composé notamment de deux directives, qu\u2019il a présenté jeudi s\u2019inscrit dans la foulée d\u2019un plan concocté par l\u2019OCDE, organisation regroupant une trentaine de pays développés.Baptisé BEPS [Base Erosion and Profit Shifting, terme anglais désignant l\u2019optimisation fiscale], ce plan préconise notamment l\u2019échange de renseignements entre administrations fiscales offrant une vision complète et unifiée des indicateurs clés de l\u2019activité dans les dif férents pays des multinationales.Ces dernières seront obligées de détailler leurs résultats et leur charge fiscale pays par pays.Dans une des deux directives de son plan, M.Moscovici reprend quasiment mot pour mot les mesures préconisées par l\u2019OCDE.Mais il souhaiterait aller plus loin et rendre ces renseignements publics.Il a promis de revenir au printemps avec une proposition concrète.Avec la seconde directive, la Commission veut empêcher le recours abusif aux dispositifs «défiscalisants» (prêts intragroupes, déduction d\u2019intérêts, etc.), car nombre de multinationales exploitent les divergences entre législations nationales et les subtilités de la comptabilité pour être taxées le moins possible.M.Moscovici a dit «compter sur le soutien du Parlement européen et le soutien des États membres » pour l\u2019adoption rapide de ces mesures.Les questions fiscales requièrent l\u2019unanimité des 28 États membres, ce qui rend toujours plus compliquée leur approbation.Selon le commissaire, les Pays-Bas, qui assurent au premier semestre la présidence de l\u2019UE, partagent sa volonté d\u2019avancer vite.Ce plan s\u2019insère dans la lutte contre l\u2019opacité fiscale lancée par la Commission européenne après l\u2019éclatement du scandale LuxLeaks en novembre 2014, qui avait profondément terni l\u2019entrée en fonction de Jean-Claude Juncker en tant que nouveau président de la Commission.Il avait mis en lumière un système d\u2019évasion fiscale à grande échelle des multinationales et particulièrement le rôle joué par certains États, comme le Luxembourg, à une époque où M.Juncker était à la fois premier ministre et ministre des Finances.Les propositions de jeudi ont été globalement bien accueillies par les ONG, même si elles estiment qu\u2019elles ne vont pas assez loin.L\u2019eurodéputé français Alain Lamassoure (PPE, droite), qui préside la commission parlementaire sur les accords fiscaux entre États et multinationales, les a jugées « bienvenues ».Mais il a réclamé un second volet : « l\u2019harmonisation de la définition du même bénéfice imposable au sein de l\u2019UE », estimant que le « résultat ridicule du traitement fiscal de Google au Royaume-Uni était la meilleure illustration de cette nécessité ».Agence France-Presse L\u2019Europe s\u2019attaque à l\u2019évitement fiscal Bruxelles donne deux directives pour que les multinationales paient « leur juste part d\u2019impôts » V A L E N T I N B O N T E M P S A N T O N I O R O D R I G U E Z à Paris Google au Royaume-Uni, Apple en Italie\u2026 Plusieurs géants du numérique ont annoncé ces derniers mois des accords, parfois controversés, pour liquider leurs contentieux fiscaux avec des États européens.Une étape décisive, au moment où Bruxelles lance une offensive contre l\u2019optimisation fiscale des multinationales.La plupart des géants de la Silicon Valley, dont les firmes Google, Apple, Facebook et Amazon, souvent présentées sous l\u2019acronyme GAFA, sont régulièrement accusés de vouloir échapper à l\u2019impôt en faisant voyager leurs revenus d\u2019un pays à l\u2019autre grâce des montages complexes, au gré des taux d\u2019imposition.Google a annoncé vendredi qu\u2019il allait payer 130 millions de livres d\u2019arriérés d\u2019impôts au Royaume-Uni.Fin décembre, c\u2019est Apple qui avait accepté de faire un pas dans cette direction, en payant 318 millions d\u2019euros en Italie pour mettre fin à un litige vieux de trois ans.En mai, le géant américain de la distribution Amazon avait pour sa part annoncé qu\u2019il comptabiliserait ses ventes à partir de branches nationales au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Italie et à terme en France, et non plus à partir du Luxembourg, comme il le faisait jusqu\u2019à présent.Car la pression s\u2019accroît.Ces dernières années, les procédures fiscales contre les GAFA se sont ainsi multipliées.En France, Google fait l\u2019objet d\u2019une procédure de redressement fiscal, portant selon la presse sur près de 500 millions d\u2019euros.En Italie, ce sont 200 millions d\u2019euros qui sont demandés au géant californien, selon une source judiciaire.« Jusqu\u2019à présent, il ne se passait rien, les États étaient timorés.Mais c\u2019est en train de changer», estime auprès de l\u2019AFP Éric Vernier, chercheur à l\u2019Institut français de relations internationales.Au niveau international, un processus s\u2019est aussi enclenché, avec la mise en place d\u2019un plan de lutte contre l\u2019évasion fiscale des multinationales à l\u2019initiative de l\u2019OCDE et adopté en novembre par les chefs d\u2019État et de gouvernement du G20 : le BEPS (pour Base Erosion and Profit Shifting).Ce plan est censé empêcher les grandes multinationales de contourner l\u2019impôt grâce à des stratégies comptables sophistiquées.Il prévoit par exemple d\u2019obliger les entreprises à détailler leurs résultats et leurs charges pays par pays.Pas pour autant\u2026 à ce stade.Les accords signés en Italie ou au Royaume-Uni sont en effet des compromis, et ne règlent pas toutes les questions.« Il s\u2019agit de transactions, non de sanctions », insiste M.Vernier.« Même si les sommes sont importantes, on est très loin de ce que les États espéraient pouvoir récupérer.» Au Royaume-Uni, l\u2019accord avec Google a ainsi essuyé de nombreuses critiques, y compris dans les rangs de la majorité.Interrogée sur la BBC, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, n\u2019a pas exclu jeudi d\u2019ouvrir une enquête, estimant que ce type de transactions pouvait être injuste et illégal.«L\u2019administration britannique a agi en fonction du droit applicable et n\u2019aurait probablement pas pu aller plus loin », estime pour sa part la fiscaliste française Laurence Mazevet.L\u2019issue des négociations reste incertaine en ce qui concerne les contentieux passés.Mais l\u2019évolution des règles internationales devrait pousser les géants du Net à limiter, pour l\u2019avenir, leurs stratégies d\u2019évasion fiscale.« Il va y avoir des changements de législation assez importants, qui vont obliger les grandes entreprises à s\u2019adapter», analyse Laurence Mazevet.D\u2019autant que l\u2019ensemble des grands pays, notamment européens, sont désormais décidés à coopérer.Pour Éric Vernier, un dernier élément pourrait jouer en faveur d\u2019une normalisation : la mobilisation croissante des citoyens.« Les entreprises concernées prennent conscience que leur réputation est en jeu», souligne-t-il.Agence France-Presse Les géants de l\u2019Internet règlent leurs litiges La plupart des géants de la Silicon Valley, dont Google, Apple, Facebook et Amazon, sont régulièrement accusés de vouloir échapper à l\u2019impôt en faisant voyager leurs revenus d\u2019un pays à l\u2019autre grâce à des montages complexes, au gré des taux d\u2019imposition.N ew York \u2014 Les cours du pétrole ont nettement monté jeudi, poursuivant leur hausse du début de semaine, dans l\u2019idée d\u2019un accord entre Moscou et l\u2019Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour baisser leur production, même si beaucoup d\u2019observateurs restaient sceptiques.Le cours du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en mars a pris 92 ¢ US à 33,22 $US sur le New York Mercantile Exchange, après avoir gagné quelque 2 $US lors des deux précédentes séances.Malgré un certain scepticisme des analystes: « Je pense que tout se résume à ces gros titres selon lesquels un accord se prépare entre la Russie et l\u2019Arabie saoudite et pourrait les conduire à réduire de 5% leur production, a fait valoir Bart Melek, de TD Securities.Cela conduirait à un déficit de pétrole sur le marché au second semestre.» Alors que le marché avait récemment chuté au plus bas depuis 2003 en raison de l\u2019absence d\u2019espoir quant à la surabondance actuelle, la Russie a annoncé jeudi, par la voix de son ministre de l\u2019Énergie, être prête à discuter avec l\u2019OPEP d\u2019une possible baisse de production, évoquant explicitement ce chiffre de 5 %.«Pour le moment, les ministres du pétrole de l\u2019OPEP n\u2019ont pas été en mesure de confirmer cette réunion, dont la tenue dépendra peut-être de la motivation saoudienne à changer d\u2019attitude», a prévenu Tim Evans, de Citi, tout en estimant que Riyad pourrait s\u2019adoucir en raison du pas en avant de la Russie.Au-delà des spéculations sur l\u2019attitude saoudienne, les analystes énuméraient surtout différents aspects actuels du marché qui laissent difficilement croire à une inflexion aussi marquée qu\u2019une baisse de 5 % de l\u2019of fre.« Le fait que la production augmente en Irak et en Iran risque de bloquer tout accord », a ainsi estimé M.Evans.Aux États-Unis, troisième grand acteur du marché pétrolier avec l\u2019OPEP et la Russie, la production donne également peu de signes de déclin, même si elle vient d\u2019enregistrer son premier recul hebdomadaire depuis près de deux mois.Scepticisme «Actuellement, les pays de l\u2019OPEP tentent de convoquer une réunion en février avec la participation de pays membres de l\u2019OPEP et de pays non membres, a déclaré le ministre russe de l\u2019Énergie, Alexande Novak, cité par les agences russes.De notre côté, nous avons confirmé notre éventuelle participation.» Selon le ministre, lors de précédentes rencontres, l\u2019Arabie saoudite, chef de file de facto de l\u2019OPEP, aurait proposé une baisse de production de 5% pour chacun des pays.Interrogé sur cette question et sur son actualité lors d\u2019une éventuelle rencontre, il a répondu: «C\u2019est justement le sujet qui sera discuté.» Le Kremlin a cependant démenti l\u2019existence d\u2019un plan concret de baisse de production et les analystes restent très prudents au sujet d\u2019un accord avec l\u2019OPEP.Les experts du cabinet Capital Economics se sont dits « sceptiques de voir un résultat concret » étant donné la politique agressive menée par Riyad sur le marché pétrolier et la dif ficulté pour Moscou à remplir d\u2019éventuelles promesses de baisse de production.« La Russie est en récession et compte un grand nombre de sociétés pétrolières en concurrence qui cherchent à vendre le plus de pétrole possible presque à n\u2019importe quel prix », ont-ils prévenu.Les analystes de Schneider Electric ont par ailleurs indiqué que « des obstacles diplomatiques et stratégiques majeurs, [\u2026] notamment les dif férences de vue entre la Russie et l\u2019Arabie saoudite au sujet du gouvernement syrien et son obstination à défendre ses parts de marché».Mais la facture ne cesse de monter pour Moscou, dont la moitié des rentrées budgétaires vient du pétrole et du gaz et qui subit en plus les sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne.Sa monnaie est tombée la semaine dernière au plus bas niveau de son histoire devant le dollar et 2016 s\u2019annonce comme une deuxième année de suite de récession et de baisse du niveau de vie des Russes.Le gouvernement russe s\u2019est dit prêt jeudi à dépenser 9 milliards d\u2019euros pour son plan de lutte contre la crise devant soutenir l\u2019activité économique, sans expliquer où il comptait les trouver.Agence France-Presse Le prix du pétrole remonte Les rumeurs d\u2019une entente possible pour réduire la production donnent espoir aux investisseurs, malgré le scepticisme des analystes Le premier ministre Philippe Couillard a remanié en profondeur ce jeudi son équipe ministérielle.Rendu à mi- mandat, il lui fallait donner un solide coup de barre, ce qu\u2019il a fait, pour corriger les principales faiblesses de son équipe et se donner un nouveau souffle.e gouvernement est selon toutes apparences solidement installé au pouvoir.Face à une opposition divisée, sa réélection est pratiquement assurée.Néanmoins, poursuivre sur sa lancée des deux dernières années risquait de le rendre vulnérable.Ses politiques d\u2019austérité ont soulevé de sévères critiques, la réalité étant que des compressions budgétaires répétées ont réduit la prestation de services, notamment en santé, en éducation, dans les services de garde et à l\u2019aide sociale.Le grand brassage de cartes effectué à l\u2019occasion de ce remaniement visait dans un premier temps à contrer l\u2019image d\u2019un gouvernement obsédé par l\u2019équilibre budgétaire.Le premier ministre a ainsi pris la peine de dire que «la vie n\u2019est pas faite que de chiffres» et même parlé de «réinvestissement».Faut-il croire à un virage?S\u2019il y en a un, il ne sera que de quelques degrés.Car, d\u2019ajouter Philippe Couillard, «nous continuerons de dépenser moins que ce nous gagnons d\u2019année en année».Le dé?cit zéro demeure l\u2019objectif premier du gouvernement, qui entretient par ailleurs cette autre ambition de réduire les impôts des particuliers.Il faut donc écarter d\u2019emblée tout retour à la situation d\u2019avant pour les budgets des ministères.François Blais, à qui on a con?é de nouveau le dossier de l\u2019aide sociale, n\u2019aura pas de véritable marge de manœuvre pour mettre en place la politique de revenu minimum garanti évoquée par le premier ministre.Le nouveau ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Moreau, recevra sans doute quelques millions supplémentaires, pour faire baisser la pression du milieu, mais pas les 200 millions perdus au budget 2015-2016.Quant aux nouvelles places en garderie, parions que, s\u2019il y en a, elles seront dans le réseau privé et non dans le public.Néanmoins, l\u2019arrivée de nouveaux titulaires à la tête des ministères qui ont été ces derniers mois sous le feu des projecteurs devrait aider à rétablir un dialogue constructif avec les acteurs sociaux.La présence de François Blais à l\u2019Éducation n\u2019était plus tenable.C\u2019est clairement une mission spéciale que Philippe Couillard con?e à Pierre Moreau, qui depuis deux ans s\u2019est révélé un des trois piliers de son gouvernement avec Martin Coiteux et Gaétan Barrette.Il lui faut réparer les catastrophes de ses deux prédécesseurs.Sébastien Proulx, qui fait son entrée au conseil des ministres avec la responsabilité de la Famille, aura tôt fait oublier Francine Charbonneau.Le double mandat donné à Martin Coiteux aux Affaires municipales et à la Sécurité publique se devine aisément.Il s\u2019agit de faire atterrir en douceur la réforme des régimes de retraite des employés municipaux et des policiers pour que ce dossier ne vienne pas perturber les prochaines élections.Étonnant toutefois est son remplacement au Conseil du trésor par Sam Hamad.L\u2019idée est sans doute d\u2019éloigner des micros ce ministre souvent trop imprévisible.?La grande faiblesse du gouvernement ces deux dernières années aura été du côté économique.Les 50 000 emplois par année promis en campagne électorale n\u2019ont pas été au rendezvous.Il n\u2019y a pas eu cet effet de stimulation que l\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral devait créer, et les politiques de développement, telles la version 2 du Plan Nord et la Stratégie maritime, n\u2019ont pas eu l\u2019effet escompté.Le contexte économique dif?cile n\u2019est qu\u2019une partie de l\u2019explication, l\u2019autre se trouvant dans l\u2019absence de concertation des acteurs économiques gouvernementaux.Les divergences de vues, de commune renommée, entre le ministre de l\u2019Économie, Jacques Daoust, et Investissement Québec ont eu un ef fet paralysant sur l\u2019action gouvernementale.Jacques Daoust subit une demi-rétrogradation en ce qu\u2019il amène avec lui au ministère des Transports une partie de ses dossiers, l\u2019autre partie allant à Dominique Anglade, dont le mandat à l\u2019Économie intégrera la recherche, la science et l\u2019innovation.Philippe Couillard veut rattraper le temps perdu et passer de l\u2019austérité à la prospérité économique.De retour de Davos, il s\u2019enthousiasme pour la quatrième révolution industrielle, celle du numérique.À raison, il veut projeter son gouvernement dans l\u2019avenir.Sauf que cet avenir est lointain et que la prospérité, les Québécois l\u2019attendent maintenant.Il lui a été reproché l\u2019absence de plan de développement économique structuré qui puisse servir de guide à ses ministres.La critique est juste, et il lui faut l\u2019entendre.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Se faire entendre Hier, j\u2019ai écrit à Justin Trudeau pour lui parler de lutte contre les changements climatiques et du pipeline Énergie Est.À ma grande surprise, quelqu\u2019un (un dénommé Jon) m\u2019a répondu dans un courriel personnalisé qu\u2019il allait transmettre ma lettre (qu\u2019il avait visiblement lue) au bureau parlementaire de M.Trudeau.Peut-être M.Trudeau lira-t-il ma lettre, ou pas.Une chose semble néanmoins cer taine, au moins deux personnes attachées de près ou de loin au Parti libéral auront lu cette lettre.C\u2019est deux personnes de plus.Aujourd\u2019hui, nous apprenons que l\u2019acceptabilité sociale du projet de pipeline pourrait peser lourd dans la balance décisionnelle.Toute personne concernée devrait donc prendre quelques minutes de son temps pour signifier son désaccord au sujet du projet Énergie Est à l\u2019un de ses élus.Nos voix doivent être entendues.Je conclurais par cette citation de Dominique Pestre, historien des sciences, tirée de son ouvrage À contre-science.Politiques et savoirs des sociétés contemporaines (2013) : « [\u2026] L\u2019immense majorité des avancées \u2014 que ce soit en 1800 ou au- jourd\u2019hui \u2014 sont advenues à la suite de mobilisations extérieures aux systèmes of fi- ciels de régulation.Contrairement à ce que manageurs, ingénieurs, politiciens et ex- per ts du risque voudraient nous faire croire, c\u2019est la contestation massive qui conduit les départements ministériels, les industriels, les comités de sécurité et les cours de justice à modifier leurs attitudes.[\u2026] Pour qu\u2019un progrès émerge, pour que la précaution advienne, il est préférable qu\u2019existe une contestation extérieure à l\u2019ordre expert, industriel et régulateur.» La balle est dans notre camp.Isabelle Arseneau Québec, le 27 janvier 2016 Que se passe-t-il après le scandale de Val-d\u2019Or ?Nous n\u2019entendons plus parler du scandale de Val-d\u2019Or, mais la majorité des communautés algonquines croupissent toujours dans la misère et la pauvreté qui sont entretenues par les lois, les politiques et les procédures gouvernementales, le colonialisme.Barriere Lake, une petite communauté algonquine située au Québec, à 300 kilomètres au nord d\u2019Ottawa, se bat ardemment pour faire reconnaître une entente signée par elle et les gouvernements du Canada et du Québec en 1991.Cette entente tripartite, négociée de nation à nation à nation, résultat de consultations franches et honnêtes, qualifiée d\u2019exemplaire du point de vue constitutionnel par plusieurs juristes autant en droit constitutionnel qu\u2019international, ne voit pas le jour d\u2019être implantée.En 2006, les représentants des deux partis utilisateurs de ce territoire, M.John Ciaccia, représentant spécial du gouvernement du Québec, et M.Clifford Lincoln, représentant des Algonquins de Barriere Lake, ont soumis sept recommandations dont un processus de cogestion assurant la protection des zones sensibles et la pérennité des ressources naturelles, l\u2019électrification du village (parce que l\u2019électricité est encore fournie par une génératrice désuète) et un partage des revenus.C\u2019est cette dernière qui fait défaut.Sur les 100 millions de dollars prélevés par le gouvernement du Québec par année de ce territoire, les deux négociateurs suggèrent un retour de 1,5 million à la communauté par année qui servirait au développement socioéconomique.Pendant ce temps, les compagnies d\u2019exploitation minière et forestière, les pour- voiries et le gouvernement du Québec se remplissent les poches tandis que la communauté est aux prises avec des problèmes de transpor t médical pour des soins essentiels au maintien de la vie (plusieurs cas de dialyse par exemple), car Santé Canada a décidé de ne plus compenser les conducteurs de la communauté qui transportaient les patients à la ville la plus proche, qui est Val-d\u2019Or (130 kilomètres).Au lieu de cela, les patients sont tenus de voyager en taxis venant de l\u2019extérieur à plus hauts frais, malgré l\u2019inconfort créé par le racisme dont est victime cette population.Luc Tailleur Oka, le 25 janvier 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N GOUVERNEMENT COUILLARD Nouveau départ C J O N A T H A N L I V E R N O I S Professeur, Département des littératures à l\u2019Université Laval D ans La Minerve du 17 juil let 1920, Claude-Henri Grignon écrivait, comme à son habitude, sans trop s\u2019enfarger dans la subtilité : « Les baves [d\u2019Ar thur Buies] sont complètes et extrêmement écœurantes ».Quarante-trois ans plus tard, le propos n\u2019avait guère changé.Celui qui était devenu, entre- temps, l\u2019auteur de l\u2019interminable téléroman Les belles histoires des pays d\u2019en haut (1956- 1970) clamait haut et fort son dégoût face à Buies, « cet écrivain de gauche là ».Pour se venger de ce dégoût, dirait-on, Grignon avait réservé à Buies le pire des sorts : le neutraliser en en faisant un personnage de son téléro- man, inoffensif, sorte de playboy de Saint-Jé- rôme, interprété par le très suave Paul Du- puis, de 1956 à 1962.Valdombre effaçait ainsi de la mémoire collective le véritable Buies, franc-tireur, anticlérical et, surtout, meilleur écrivain du XIXe siècle canadien-français.Mais voilà que l\u2019espoir renaît : la nouvelle série Les pays d\u2019en haut racontera enfin « l\u2019histoire non censurée », sans qu\u2019on sache trop qui a censuré quoi dans cette histoire.L\u2019histoire non censurée est-elle celle de Grignon, lequel aurait été brimé par\u2026 qui, au juste ?La luxure est peut-être déjà présente dans son roman Un homme et son péché (1933), mais dif ficile d\u2019imaginer que l\u2019auteur aurait concocté, en avance sur son temps, une sorte de Deadwood du bout de l\u2019autoroute 15 et qu\u2019il aurait été contraint, par le clergé de son temps, d\u2019édulcorer son propos.Faudrait pas charrier.L\u2019histoire non censurée serait-elle celle, plutôt, de la vraie colonisation du Nord, plus souffrante que celle dépeinte dans le vieux téléro- man des années 1950 et 1960 ?Il est vrai qu\u2019une main arrachée par de la dynamite, des dents pourries et un curé Labelle qui tapoche des conser vateurs, ça fait plus farouest que les petites chicanes du premier téléroman à propos des réparations du toit du presbytère.«Le vrai monde» Et Buies dans tout ça ?On veut bien laisser la chance au coureur, mais l\u2019impression que rien n\u2019a bougé, de ce côté, depuis le premier épisode télévisé des Belles histoires des pays d\u2019en haut, en 1956, fait mal au cœur.Ce n\u2019est pas le jeu de l\u2019excellent comédien Paul Doucet qui est remis en question.Mais c\u2019est bien plutôt ce qu\u2019on lui demande de jouer.D\u2019emblée, nous sommes toujours en face d\u2019un écrivain.Vous voulez l\u2019identifier parmi les colons de Sainte-Adèle ?Facile : c\u2019est le pochard, mal rasé et les cheveux en bataille.C\u2019est celui qui écrit et ça, c\u2019est dangereux.Pas tant pour le clergé et cet « évêque de marde » (oui, on parle au XIXe siècle comme dans 19-2) qui empêche la parution des textes de Buies.On peut toujours neutraliser un homme de lettres.D\u2019autant que ses textes seraient ennuyeux.C\u2019est Donalda (!?), lisant la réédition de La lanterne (parue initialement en 1868-1869), qui le dit : « Me suis endormie dessus »\u2026 Non content de favoriser le sommeil des colons, Buies les dénonce au nom de « grands principes » : dans ce premier épisode, qui se déroule en 1886-1887, Buies rend un rapport au nouveau premier ministre Mercier, dans lequel il montre du doigt ces « squatters » qui ne défrichent pas leur terre.Le curé Labelle ne le prendra pas, comparant Buies à « l\u2019archevêque » qui l\u2019empêche de faire ses conférences et de publier ses textes.Ce bon curé ne lui envoie pas dire : « Vous êtes pareils\u2026 Deux intellectuels, faut que tout marche comme vous l\u2019avez décidé dans votre petite tête ; mais le vrai monde, lui, le vrai monde dans la vraie vie, il souf fre à cause de vos belles idées.» Insulte suprême.Ce discours, à la défense du « vrai monde », est celui d\u2019un mépris bien de chez nous pour l\u2019intellectuel \u2014 Jean Tremblay n\u2019est pas seul.Les propos du curé sont contemporains, tellement contemporains que l\u2019homme emploie une insulte qui ne fera son apparition qu\u2019une quinzaine d\u2019années plus tard\u2026 en France, dans le cadre de l\u2019af faire Dreyfus.À cette époque, le bon curé est déjà six pieds sous terre.Et Buies suivra bientôt.Il est facile pour un historien d\u2019être un éteignoir.Il vous rappellera, par exemple, qu\u2019il n\u2019est pas normal que le marchand général, un vrai bleu, lise le journal La Patrie du libéral et franc-maçon Honoré Beaugrand.Que le curé Labelle ne fait pas ses 52 ans dans cette série.Mais c\u2019est là le travail du rabat-joie : il faut accepter que la fiction soit une fiction, présentée comme une histoire qui déjouerait les censeurs d\u2019hier, fût-ce au prix d\u2019inexactitudes historiques.Par contre, quand on voit Buies en intellectuel ronflant, alcoolique, parlant comme vous et moi \u2014 alors que sa langue était châtiée \u2014, on se dit qu\u2019il est bien normal que le Québec, au bout du compte, demeure une fiction qu\u2019il ne faudrait pas trop prendre trop au sérieux.D\u2019autant qu\u2019elle reste prise dans ses vieilles histoires.Comme le disait le « vrai » Buies, non censuré : « Depuis plus de deux siècles, bien des champs ont la même apparence, bien des foyers ont entendu les mêmes récits des vieux, morts presque centenaires ; les générations se sont succédé comme un flot suit l\u2019autre et vient mourir sur le même rivage.» Les pays d\u2019en haut ou la nouvelle victoire du père Grignon BERNARD DESCÔTEAUX L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).J O N A T H A N P A Q U I N J U S T I N M A S S I E S T É P H A N E R O U S S E L il faut en croire un grand nombre d \u2019exper ts, les rap- por ts internationaux sont maintenant dictés par une multipolarité émergente, c\u2019est-à-dire par une multiplication des puissances économiques et politiques (comme la Chine, l\u2019Inde et la Russie), dans laquelle les États-Unis demeurent un État très influent, mais dont la puissance est en déclin.Ces transformations sont nées de la conjonction de plusieurs facteurs, dont la croissance des nouvelles économies (que l\u2019on désigne sous des acronymes tels que BRICS) qui ont gagné en influence pendant que les États-Unis faisaient face à la pire crise économique depuis 1929 et qu\u2019ils dépensaient des sommes colossales dans les guerres contre le terrorisme.La croissance fulgurante de l\u2019économie chinoise et l\u2019affirmation militaire de la Russie et de la Chine ne sont pas en reste, et contribuent également à ces bouleversements internationaux.Ceux-ci en inquiètent plusieurs, qui considèrent qu\u2019un ordre international dominé par les États-Unis demeure la meilleure option pour la promotion des intérêts du Canada.Il est donc légitime de penser que le Canada est susceptible de remettre en question sa vision du monde, ses stratégies de politique étrangère et possiblement ses alliances traditionnelles.Quel est donc l\u2019impact de cette multipolarité sur la politique étrangère canadienne?Malgré l\u2019ampleur de telles transformations et les inquiétudes qu\u2019elles suscitent, la multipola- rité n\u2019entraînera probablement pas de changements fondamentaux pour le Canada, et ce, pour deux raisons qui sont intimement liées.D\u2019abord, le sous-système régional dans lequel le Canada évolue \u2014 l\u2019Amérique du Nord \u2014 demeurera sa principale réalité économique, politique et stratégique pour les années à venir.La gestion continentale des enjeux sécuritaires, surtout depuis les attentats de 2001, et l\u2019importance du libre-échange avec les États-Unis, qui demeurent de loin son premier partenaire commercial, ont pour effet d\u2019atténuer les effets de la multipo- larité sur le Canada.Bien sûr, il faut s\u2019inquiéter du fait que les entreprises canadiennes aient perdu des parts de marché au profit des économies émergentes et que les exportations aient plafonné au cours de la dernière décennie.À cet égard, la diplomatie commerciale menée par le précédent gouvernement, laquelle a permis de conclure des traités de libre-échange bilatéraux (notamment avec la Corée du Sud) et multilatéraux avec l\u2019Europe et l\u2019Asie, permettra de résoudre une partie de ce problème.La conclusion de ces ententes suggère que le Canada mise maintenant davantage sur une stratégie commerciale de diversification des échanges plutôt qu\u2019uniquement sur le marché américain.Mais il faut aussi garder à l\u2019esprit que près de 80 % de ces exportations étaient destinées à ce marché en 2015 et que, dans un contexte où le huard est relativement faible et où l\u2019économie américaine a renoué avec la prospérité, il demeurera la source du bien-être économique des Canadiens.Bref, ce sont surtout les effets de la multipolarité sur l\u2019économie américaine qu\u2019il faut d\u2019abord surveiller pour analyser la position canadienne.Politique étrangère Ensuite, l\u2019ampleur des relations canado-amé- ricaines a souvent pour effet de ramener les politiques internationales du Canada à une dimension continentale.Autrement dit, c\u2019est au travers de lentilles nord-américaines que le Canada doit appréhender les bouleversements mondiaux en cours.Par exemple, lorsque Ottawa signifie son désaccord avec les positions américaines, comme ce fut le cas, sous le gouvernement Harper, à l\u2019égard du conflit israélo-palesti- nien, du programme nucléaire iranien, ou encore dans le dossier de l\u2019oléoduc Keystone XL, les responsables politiques à Washington ne manquent pas d\u2019exprimer leur agacement.Ils rappellent que, parallèlement à ces désaccords, Ottawa cherche pour tant à avo ir l\u2019oreille attentive du pouvoir exécutif américain sur des dossiers qui concernent le commerce et la sécurité continentale.En conséquence, tout dés ir de se démarquer des États-Unis, même dans un contexte de déclin américain, entraîne des frictions politiques et possiblement des coûts en termes d\u2019influence et d\u2019accès auprès du principal partenaire et allié du Canada.De manière paradoxale, donc, si la redéfinition de la politique étrangère du Canada, amorcée par le gouvernement Trudeau, doit impérativement prendre en considération la montée en puissance de rivaux sur la scène internationale, ceci doit être fait au travers du prisme de sa relation incontournable avec les États-Unis.Dès lors, le repositionnement du Canada sur une foule d\u2019enjeux, des tensions en mer de Chine aux conflits au Moyen-Orient, en passant par la gouvernance en Arctique, se doit de concilier un désir louable d\u2019indépendance avec la réalité de la primauté des relations canado- américaines.Cette réflexion s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un colloque sur la place du Canada dans le monde, tenu à l\u2019UQAM ce vendredi.Jonathan Paquin est professeur agrégé à l\u2019Université Laval, Justin Massie est professeur régulier à l\u2019UQAM et Stéphane Roussel est professeur titulaire à l\u2019ENAP.POLITIQUE ÉTRANGÈRE Le Canada doit s\u2019ouvrir sur le monde, sans tourner le dos aux États-Unis M A T H I E U G A U T H I E R - P I L O T E Président de FACIL ans un texte publié dans Le Devoir du 12 janvier (« Uber et le nécessaire contrôle social des algorithmes »), le chercheur Yves Gingras soulevait la question fort pertinente de l\u2019opacité des algorithmes utilisés par les services numériques auxquels nous sommes de plus en plus habitués dans notre société (par exemple Uber).Le sujet était à nouveau discuté à l\u2019émission de radio Médium large le 14 janvier.Cet enjeu nous interpelle en tant que citoyens et militants de l\u2019informatique libre.La philosophie du logiciel libre, croyons- nous, jette une lumière essentielle sur les enjeux du numérique et, espérons-le, aidera le public québécois à s\u2019y retrouver un peu mieux.M.Gingras nous invite à exercer un «contrôle social » sur les algorithmes de décision, véritables «boîtes noires » dont on ignore tout.Nous sommes d\u2019accord.La société a besoin de «programmes [informatiques] que les gens peuvent lire, réparer, adapter, améliorer» en lieu et place des «boîtes noires » que nous offrent les principaux joueurs de l\u2019industrie, nous disait Richard Stallman, le fondateur du mouvement pour le logiciel libre, dans un essai de 1994.En ef fet, si nous dés irons exercer un contrôle social adéquat sur les algorithmes, il nous faudra considérer non seulement les lois, les règlements et les institutions, mais aussi le code source des logiciels au moyen desquels les algorithmes sont mis en œuvre.Malheureusement, le code source des logiciels est généralement caché de la vue des utilisateurs par une exploitation abusive du droit d\u2019auteur de la part des développeurs, typiquement les entreprises qui en sont propriétaires.Le logiciel libre fait exactement le contraire, en exploitant le droit d\u2019auteur de façon à protéger les libertés des utilisateurs contre les abus potentiels des développeurs.Scénarios possibles Hypothétiquement, on peut très bien imaginer la communauté des utilisateurs d\u2019Uber (le service en ligne) évoluant indépendamment de l\u2019entreprise Uber, de son modèle d\u2019affaires, de ses pratiques, de son choix d\u2019algorithmes.Que ferait la communauté Uber (les usagers, les transporteurs, les développeurs et les opérateurs techniques) si le service en ligne n\u2019avait pas de propriétaire, qu\u2019il était la chose commune de tous ?Bien des scénarios sont possibles.Parmi ces scénarios, plusieurs qui sont éthiques, légaux et très avantageux autant pour les utilisateurs du service que pour la société en général.C\u2019est le manque de liberté qui empêche la matérialisation des meilleurs scénarios que nous pourrions concevoir.L\u2019opacité des logiciels, il est facile de s\u2019en rendre compte, a occasionné, occasionne et continuera d\u2019occasionner des abus de toutes sortes.Depuis l\u2019affaire Snowden, ce sont les abus relatifs au droit à la vie privée (surveillance de masse) et au droit à la liberté d\u2019expression (censure) qui attirent le plus l\u2019attention du public.Cependant, il faut bien comprendre que la liste des abus possibles au moyen d \u2019un logiciel gardé secret est très longue.Elle ira en s\u2019allongeant au cours des prochaines années, en cette époque où « le logiciel avale monde».Le logiciel libre, remède à l\u2019opacité des algorithmes D epuis jeudi, nous avons au Québec un nouveau conseil des ministres pour répondre au désir du premier ministre d\u2019avoir plus de femmes dans le saint lieu, plus jeunes aussi et venant des régions si possible.Quand vous lirez cette chronique, vous saurez ce que le grand chef a concocté pour nous.Vous aurez vu les appelées et peut-être aussi la mauvaise humeur de quelques messieurs qui estimaient que c\u2019était à leur tour de goûter à la griserie du pouvoir.Les femmes ne le savent probablement pas encore, c\u2019est trop récent, mais elles vont vite découvrir qu\u2019on s\u2019attend à ce qu\u2019elles soient présentes sans prendre trop de place et qu\u2019elles devront rester solidaires de toutes les décisions prises par ces messieurs sans jamais élever la voix ni oser protester.On les veut sages et souriantes.Si elles répondent à ces critères, elles auront le droit de faire partie de toutes les photos importantes, ce que j\u2019appelle « les potiches décoratives».Sinon, si elles se prennent au sérieux, elles n\u2019ont pas fini d\u2019en baver.Elles seront de toutes les causes perdues d\u2019avance, obligées de porter des messages avec lesquels, parfois, elles ne sont pas d\u2019accord du tout, mais «pouvoir oblige ».Il m\u2019est arrivé d\u2019expliquer à des groupes de femmes que la politique intéressait vraiment que la politique tolère les femmes, mais ne les accepte pas.La nuance est importante.Ce que j\u2019entends par là, c\u2019est que les femmes en politique n\u2019ont pas un grand terrain de jeu, contrairement à ce qu\u2019elles pourraient penser.On les juge à leur capacité de devenir rapidement des « hommes politiques », capables d\u2019adopter le ton de ces messieurs, leur vocabulaire aussi, et de mettre de côté ce qui fait qu\u2019elles sont de sexe dif férent.Dans mon temps, certains de mes collègues appelaient ça le «gnangnan» des femmes.Je hurlais devant leur attitude injuste et tellement prétentieuse, alors qu\u2019ils étaient loin d\u2019être tous des génies.Ma crainte, c\u2019est que celles qui ont été choisies par M.Couillard jeudi, à ma connaissance, n\u2019ont jamais défendu les droits des femmes dans leur milieu.Elles ne sont pas connues comme féministes ou même juste engagées dans la lutte des femmes pour l\u2019égalité.Pas plus d\u2019ailleurs que d\u2019autres femmes qui siègent au conseil des ministres depuis l\u2019élection des libéraux.C\u2019est le cas de la plupart de celles qui y sont déjà depuis près de deux ans.Leur silence sur les pertes que les femmes ont vécues à cause des coupes que leur impose ce gouvernement est éloquent.Les nouvelles feront-elles mieux?Qu\u2019en pensez-vous?Si elles ont l\u2019intention de se ranger du côté des femmes d\u2019ici avec l\u2019objectif de leur permettre de vivre en toute égalité avec les hommes qui les entourent, elles se doivent de le dire franchement pour que nous puissions sentir un lien avec elles et peut-être développer une confiance qui n\u2019existe plus avec les femmes de pouvoir quand elles choisissent de devenir des hommes de pouvoir.J\u2019aimerais bien pouvoir lire dans la tête de Philippe Couillard, mais c\u2019est impossible, bien sûr.J\u2019ai cependant tendance à penser qu\u2019il utilise les femmes en politique comme le faisait son prédécesseur Jean Charest, qui se servait des femmes de son conseil des ministres comme boucliers.Dans tous les dossiers difficiles, il envoyait une femme sur la ligne de feu.Sa stratégie était de calmer les colères que des manifestants exprimaient haut et fort en leur envoyant une femme douce, mais solide qui n\u2019allait pas lâcher le morceau.Il en a brûlé combien de cette façon ?Quelques-unes, qui elles, j\u2019imagine, s\u2019en souviennent.Elles ne peuvent toujours pas le raconter, car elles ont été nommées à des postes intéressants à la suite de leurs bons et loyaux services.Ainsi va la vie.Philippe Couillard a préparé son remaniement comme on prépare sa liste d\u2019épicerie : des femmes assez jeunes, et il aurait pu ajouter « jolies » autant que possible (peut-être l\u2019a-t-il fait, d\u2019ailleurs), ambitieuses, mais pas trop, « rangées », comme on disait autrefois, pas des « faiseuses de troubles », en tous les cas.Il a peut- être ajouté que moins elles vont parler, mieux ce sera.C\u2019est pourquoi, malgré tout, je leur souhaite bonne chance.Elles vont vite se rendre compte que la vie qu\u2019elles ont accepté de vivre est exigeante et elles vont réaliser rapidement que leurs collègues aiment bien mieux prendre des décisions « entre hommes » que de perdre du temps à convaincre des femmes qu\u2019ils détiennent la vérité en tout et qu\u2019ils sont bien généreux de nous faire une petite place parmi eux.Prenez de la place, les filles.Ne vous gênez pas.Vous nous représentez toutes, nous, les femmes du Québec, et il serait bon que vous vous souveniez toujours que nous sommes un peu plus nombreuses que les hommes dans ce pays.Nos demandes méritent qu\u2019on les examine avec sérieux.À vous de jouer.On les veut sages et souriantes S\u2019 SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rencontré le président américain, Barack Obama, en novembre dernier à Manille.D LISE PAYETTE L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S réinvestissement dans les services et le maintien d\u2019une gestion rigoureuse des finances publiques ressemble à la quadrature du cercle.«La vie n\u2019est pas que chif fres », a déclaré le premier ministre, mais son gouvernement n\u2019a pas cessé de se comporter en comptable depuis son élection.?Il est permis de croire que Pierre Moreau, un bien meilleur politicien que M.Blais, saura mieux piloter la réforme de la gouvernance scolaire, mais cela ne remplacera pas les psychologues, orthopéda- gogues et autres spécialistes dont le départ a été la rançon du retour à l\u2019équilibre budgétaire.De la même façon, le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, saura certainement s \u2019expliquer plus cla irement que Franc ine Charbonneau, ma is dans quelle mesure le gouvernement est-il disposé à lui faciliter la tâche en adoucissant les compressions additionnelles de 120 mi l l ions pré - vues dans les garderies ?M.Couillard a demandé à M.Blais, de retour à la Solidarité sociale, de réexaminer l\u2019opportunité d\u2019instaurer le revenu minimum garanti qu\u2019il avait préconisé dans une vie antérieure, mais s \u2019 il est le moindrement substantiel, comment serait-il conciliable avec les coupures de 50 millions que Sam Hamad projetait faire dans l\u2019aide sociale ?Si la rigueur budgétaire demeure de rigueur, l\u2019oxygène qu\u2019a promis le premier ministre devra venir essentiellement de la relance de l\u2019économie que le PLQ avait promise durant la campagne électorale, mais qui ne s\u2019est jamais matérialisée.Dominique Anglade a promis de présenter un « plan structuré » que son prédécesseur n\u2019a jamais été en mesure de produire.Le premier ministre a voulu lui enlever une épine du pied en demandant à M.Daoust de conserver le dossier de Bombardier, qui pourrait bien tourner au désastre, mais Mme An- glade n \u2019a aucun moyen de faire remonter le prix des matières premières, qui continue de plomber le Plan Nord, ou de faire redémarrer l\u2019économie chinoise.?Les réactions des par tis d\u2019opposition ne laissent aucun doute sur celle qui deviendra leur cible de prédilection à la reprise des travaux de l\u2019Assemblée nationale le 9 février.Tour à tour, François Legault et Pierre Karl Péladeau ont dénoncé l\u2019absence de vision économique du gouvernement.Mme Anglade ne se fait certainement aucune illusion : elle n\u2019aura droit qu\u2019à une minuscule chance au coureur.Le gouvernement ne donne cependant pas l\u2019impression de se sentir le moindrement menacé, comme en témoigne le retour en grâce de Julie Boulet, malgré son passage pour le mo ins gênant devant la commission Charbonneau, même si elle n\u2019a pas été blâmée formellement.À en croire le dernier sondage Crop, deux années d\u2019austérité n\u2019empêcheraient pas le PLQ d\u2019être facilement réélu et on se demande chaque jour quelle nouvelle tuile s\u2019abattra sur le PQ.Quant à la CAQ, M.Legault peut toujours faire miroiter d\u2019éventuelles défections péquistes à son profit, mais la réalité est que deux des nouveaux ministres de M.Couillard viennent plutôt de sa propre famille politique.mdavid@ledevoir.com nos paysages, de nos créations, le génie de nos inventions, notre esprit, notre courage et la force des liens qui nous unissent, même à travers nos désaccords.Ces choses-là, celles qui font que la vie est plus belle, ne figurent pas dans les comptes économiques.» Le nouveau cabinet compte 29 ministres, en incluant le premier ministre, au lieu de 26 auparavant.Il compte 11 femmes, soit 4 de plus que le précédent conseil des ministres, ce qui est tout de près de l\u2019objectif que s\u2019est fixé Philippe Couillard d\u2019avoir au moins 40 % de femmes dans son cabinet .Cinq députés y font leur entrée, mais deux ministres perdent leur portefeuille : Robert Poëti, aux Transports, et Jean- Denis Girard, ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises.Huit ministres changent de fonctions, tandis que quinze autres gardent le même portefeuille.Bonnes et mauvaises surprises Le président du Conseil du trésor, Mar tin Coiteux, qui voulait changer d\u2019air, remplace Pierre Moreau aux Af faires municipales ainsi qu\u2019à la Sécurité publique.Le nouveau titulaire est chargé d\u2019évaluer d\u2019ici six mois si la fusion des deux ministères est souhaitable afin de former un ministère de l\u2019Intérieur.Il doit aussi négocier avec Régis Labeaume et Denis Coderre un nouveau statut pour leur ville respective.À l\u2019Éducation et à l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Moreau prend la relève de François Blais, qui a connu sa part de difficultés.Pierre Moreau, absent de l\u2019assermentation et transporté à l\u2019hôpital en raison d\u2019un malaise, doit apaiser la grogne de la communauté anglophone, qui s\u2019oppose farouchement à l\u2019abolition des élections scolaires.François Blais retrouve le poste qu\u2019il occupait il y a un an : ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale.Philippe Couil- lard lui a même donné le mandat d\u2019explorer la possibilité d\u2019instaurer, pour remplacer l\u2019aide sociale, le revenu minimum garanti, sa marotte.L\u2019ancienne présidente de la Coalition avenir Québec, Dominique Anglade, devient ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation.Le premier ministre a ainsi rattaché la Recherche, qui faisait partie de l\u2019Enseignement supérieur, à la mission économique.Ce r eman iement a ré - ser vé des surpr ises à certains ministres.«Une surprise agréable», a dit Jacques Daoust, qui se retrouve aux Transports.«Je suis parti à rire hier [mercredi] quand on m\u2019a parlé de ça », a-t-il relaté.Amèrement surpris, Rober t Poëti, de son côté, n\u2019entend pas à rire.Absent du caucus, il a fait savoir à La Presse qu\u2019il était en réflexion.Philippe Couillard ne sait pas s\u2019il demeurera député.« Je le souhaite », a-t-il dit, jugeant que Robert Poëti est «un chic type » victime « des conséquences presque mathématiques de représentation régionale ».L\u2019importance de faire une plus grande place aux femmes a aussi joué contre lui, a-t-on indiqué, lui qui fut rabroué par le chef libéral pour avoir affirmé à des Gaspésiennes qu\u2019elles étaient les bienvenues à Montréal, où il y a «beaucoup de centres d\u2019achats».Sam Hamad se remettait de sa surprise jeudi, lui qui a été promu président du Conseil du trésor, abandonnant un projet mal parti de réforme de l\u2019aide sociale.Il est sans aucun doute soulagé de voir un expert reprendre ce dossier délicat.Le portefeuille du Travail est remis à Dominique V ien.Elle laisse le Tourisme à Julie Boulet, qui fait un retour au cabinet pour redevenir aussi la ministre responsable de la Mauricie.Lise Thériault est revenue de son congé de maladie.Elle reste vice-première ministre et devient responsable des Petites et Moyennes Entreprises.Surtout, elle prend la responsabilité de la Condition féminine des mains de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, dont la fonction n\u2019est pas compatible avec les enjeux, parfois judicia- risés, qui touchent les femmes.Petite porte et piliers L\u2019ancien adéquiste Sébastien Proulx prend les rênes du ministère de la Famille.Charitable, le premier ministre laisse à Francine Charbon- neau la responsabilité des Aînés et de la Lutte contre l\u2019intimidation ainsi que celle de la région de Laval.Autre nouvelle venue : Rita de Santis, dont on loue la consciencieuse intelligence, est ministre déléguée responsable de l\u2019Accès à l\u2019information et de la Réforme des institutions, une tâche dont se débarrasse Jean-Marc Fournier.Le jeune député de Sherbrooke, Luc Fortin, rejoint le Saint des Saints par une petite porte, celle de ministre délégué au Loisir et au Sport.Enfin, il y a ces ministres, souvent des piliers du cabinet, qui n\u2019ont pas bougé.C\u2019est le cas de Gaétan Barrette, qui continue de jubiler à la Santé, selon ses dires, de Carlos Lei- tão, que l\u2019on ne voit pas ailleurs qu\u2019aux Finances, et de Jean-Marc Fournier, dont le nom du secrétariat passe des Af faires intergouvernementales canadiennes à Relations canadiennes.Conser vent aussi leur maroquin Pierre Ar- cand (Énergie et Ressources naturelles), Hélène David (Culture), Kathleen Weil (Immigration), Christine St-Pierre (Relations internationales), Pierre Paradis (Agriculture), sans oublier David Heur tel (Environnement), protégé par Philippe Couillard.Le Devoir Rien pour l\u2019économie, dit l\u2019opposition Aux yeux des partis d\u2019opposition, le premier ministre Philippe Couillard a échoué à faire la démonstration que le développement de l\u2019économie québécoise constitue sa priorité.«Il n\u2019y a pas le coup de barre que nous attendions en matière économique.Les efforts ont été dispersés dans les mains de plusieurs personnes.Nous arrivons à mi-mandat, et il n\u2019y a toujours pas de vision ni de véritable stratégie pour relancer l\u2019économie», a déploré le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.«La situation économique du Québec est inquiétante, mais depuis qu\u2019il est au pouvoir, le premier ministre ne s\u2019en soucie pas.Les Québécois sont étouffés par les taxes et les impôts imposés par les libéraux depuis 2003.Tant que Philippe Couillard n\u2019agira pas en véritable capitaine, le Québec ne voguera pas sur des eaux tranquilles», a ajouté le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.M.Couillard sera incapable de «faire oublier tout ce qu\u2019il a fait dans les deux dernières années, toutes les coupes qui ont touché les parents, les enfants, les écoles, qui ont touché les personnes âgées dans les soins à domicile» au moyen de son remaniement ministériel.«Tout ça, on ne va pas l\u2019oublier», a insisté la co- porte-parole de Québec solidaire, Françoise David.Marco Bélair-Cirino comme il se doit par le CST avant d\u2019être envoyées à ses agences alliées \u2014 a enfreint la Loi sur la protection des renseignements personnels de même que la Loi sur la défense nationale, qui oblige l\u2019organisme d\u2019espionnage à protéger la « vie privée des Canadiens lors de l\u2019utilisation et de la conservation des renseignements interceptés ».Le même article de la Loi sur la défense empêche en outre les espions des réseaux de télécommunications de « viser des Canadiens » .Mais le CST fouille dans « l\u2019infrastructure mondiale d\u2019information » et il « n\u2019y a pas d\u2019endroit où il est inscrit \u201cIci les Canadiens ne sont pas\u201d », a fait valoir le fonctionnaire du CST lors d\u2019une séance d\u2019information avec les médias.« Évidemment, quand vous récoltez des métadonnées [\u2026] vous allez accessoirement récolter des métadonnées sur des Canadiens », a-t-il admis.Dès que le CST s\u2019est aperçu qu\u2019il avait partagé des informations critiques sur des Canadiens avec ses partenaires des Five Eyes (Canada, Royaume-Uni, États-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande), il a suspendu le par tage de façon proactive, a noté le CST.L\u2019erreur \u2014 attribuée à des « lacunes techniques » \u2014 a été détectée fin 2013 et le partage a cessé début 2014.Et le transfert de ces métadonnées ne reprendra pas tant que le ministre de la Défense ne donnera pas le feu vert.« Cette portion [du partage] a été suspendue depuis ce moment-là, et ne sera pas réactivée tant que je n\u2019aurai pas eu l\u2019assurance que les protections à la vie privée seront assurées », a promis le ministre Harjit Sajjan.Inquiétudes Ces informations \u2014 comme des numéros de téléphone, des adresses courriel, ou des adresses IP \u2014 ont-elles toutefois été redistribuées par les agences d\u2019espionnage américaine, britannique, australienne ou néo-zélandaise ?« En termes de garanties, il n\u2019y a jamais de garanties », a consenti le fonctionna ire du CST.Ma is l \u2019agence canad ienne s\u2019est dite convaincue que ses alliés respecteront leur obligation de demander au Canada avant de par tager des informations sur ses ressortissants.Le CST n\u2019a pas précisé combien de Canadiens auraient été touchés ni pendant combien de temps ces métadonnées ont été diffusées.Des spécialistes de la protection de la vie privée arguent depuis des années que les métadonnées sont plus que suffisantes pour identifier un individu en recoupant des adresses IP, des données de géolocalisation ou d\u2019activité Internet.Le commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, rencontrera justement le CST vendredi, car il aimerait lui aussi savoir « la nature et [le] volume de renseignements personnels communiqués et ce qu\u2019il est advenu de cette information », a indiqué son bureau par cour- riel.M.Therrien n\u2019exclut pas de se pencher sur la question.Le SCRS aussi blâmé Et le CST n\u2019est pas le seul à avoir erré dans sa récolte de métadonnées.Un second rapport, du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité cette fois-ci, s \u2019est étonné de constater que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) conserve des métadonnées récoltées pour une durée indéterminée, sans jamais les détruire.Le comité a recommandé au SCRS d\u2019aviser à l\u2019avenir la Cour fédérale de l\u2019utilisation qu\u2019il entend faire de ces données lorsqu\u2019il réclame un mandat au tribunal.Le SCRS a décliné, estimant que la loi « ne confère aucun pouvoir général de surveillance aux juges».Le SCRS s \u2019est en outre vu reprocher de «multiples cas» où il a obtenu sans mandat des renseignements sur les contribuables auprès de l\u2019Agence du revenu.Réforme à l\u2019étude Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goo- dale, a tenu à rappeler que le gouvernement libéral «a entrepris une révision complète du cadre de renseignement et de sécurité».L\u2019objectif : s\u2019assurer que les agences parviennent à protéger les Canadiens, tout en respectant leurs droits et libertés, a-t-il résumé.«Et cette révision amènera un lot de changements.» Mais les libéraux ont refusé d\u2019indiquer s\u2019ils serraient la vis à l\u2019espionnage de ressortissants canadiens.Le chef du NPD s\u2019est montré impatient de voir l\u2019issue de cette réforme libérale.«C\u2019est un problème de base au Canada.Pendant que les conservateurs étaient là, la protection de notre information confidentielle n\u2019a jamais été une priorité», a dénoncé Thomas Mulcair.Les conservateurs, qui étaient au fait du problème au CST depuis deux ans, n\u2019ont pas commenté.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INFORMATIONS savais dealer avec son talent.Et quel talent ! Il faut savoir que ce métier-là, au Québec, c\u2019est lui qui l\u2019a inventé.» Une amie de longue date, Janine Sutto renchérit, émue.«Autrefois, au théâtre, on amenait nos propres costumes, à moins d\u2019une production historique.François a changé ça.Il a fait comprendre aux compagnies la valeur du costume.Pour nous, c\u2019est un moyen d\u2019accéder au personnage.Il était si brillant, si drôle.Assis dans la salle pendant les répétitions, il avait de ces commentaires mémorables ! À une jeune actrice qui pestait que sa robe entravait ses déplacements, il a répondu du tac au tac \u201cLa robe est parfaite: c\u2019est vous qui ne savez pas marcher\u201d.Cher François\u2026 On lui doit tellement.» À la scène Né à Montréal le 27 juin 1935, François Barbeau étudia le dessin au Collège Sir Georges Williams avant de se spécialiser en coupe et en couture chez Cot- noir Caponi.Au milieu des années 1950, Paul Buissonneau lui donna sa chance dans sa célèbre Roulotte.Peu après, il fut embauché aux ateliers du Théâtre de Quat\u2019Sous.Dès lors, les productions s\u2019enchaînèrent, et jamais par la suite François Barbeau ne ralentit-il la cadence.Un éternel pigiste, comme il ne manquait pas de le rappeler, il accepta des contrats d\u2019à peu près toutes les grandes institutions, comme le Théâtre du Nouveau Monde, l\u2019Espace Go, et surtout Duceppe.Très lié au Théâtre du Rideau Vert, il y conçut les costumes de près de 200 productions.Monique Duceppe, Yvette Brind\u2019Amour, André Brassard, Alice Ronfard, Denise Filia- trault, Martine Beaulne, Yves Desgagnés, Lorraine Pintal, Brigitte Haentjens, René Richard Cyr\u2026 La liste de metteurs en scène qui ont collaboré avec lui est sans fin.Idem pour les univers dramaturgiques qu\u2019il visita : Williams, Tchekhov, Dubé, Genet, Molière, Shakespeare, Tremblay\u2026 Parmi ses réussites les plus éblouissantes, on signalera trois des pièces de Michel Marc Bouchard mises en scène par Serge Denoncourt : Les feluettes avec ses robes faites à partir d\u2019habits de prisonniers, Christine, la reine- garçon avec ses tenues tout droit sorties d\u2019un cauchemar halluciné, et récemment, la bien nommée Divine illusion, où le glamour exacerbé d\u2019une star côtoie l\u2019austérité cléricale sur fond de Grande Noirceur.À l\u2019écran C\u2019est avec un coup de maître que François Barbeau fit son entrée au cinéma, en 1973, avec Kamouraska, adaptation du roman d\u2019Anne Hébert par Claude Jutra.Entre lainages, dentelles et fourrures, ses costumes séduisent encore.On peut voir son nom au générique de films tels Les mensonges que mon père me contait de Ján Kadár, Léolo de Jean- Claude Lauzon, ou encore Pour l\u2019amour de Dieu de Micheline Lanctôt, film qui lui valut un prix Jutra et qu\u2019il disait aimer tout particulièrement, à l\u2019instar d\u2019Atlantic City, chef- d\u2019œuvre de Louis Malle.Depuis Laurence Anyways, Xavier Dolan s\u2019était un peu fait son élève.« Je voulais créer mes costumes, les concevoir, au lieu de les chercher partout, explique le réalisateur de Mommy.Je ne savais pas trop comment m\u2019y prendre : je dessinais, mais pas très bien.Je connaissais sa réputation.J\u2019aurais dû être intimidé, mais au contraire, ça m\u2019a stimulé de me trouver en présence d\u2019une personne aussi douée et qui avait autant de choses à m\u2019apprendre.François ne m\u2019a jamais fait sentir qu\u2019il y avait un fossé générationnel entre nous.Il m\u2019a d\u2019emblée traité comme son égal.Les visites à son atelier sont devenues un rituel.Il critiquait mes accoutrements\u2026 Il avait l\u2019esprit aussi vif qu\u2019inci- si f.C\u2019est plate à dire, mais quand quelqu\u2019un d\u2019aussi talentueux et doté d\u2019une telle vision disparaît, on comprend qu\u2019il ne sera jamais remplacé.D\u2019autres gens de talent viendront, mais il n\u2019y aura jamais plus de François Barbeau.» Un passeur Ce n\u2019est pas surprenant que François Barbeau ait accepté de par tager son savoir avec Xavier Dolan.De fait, entre 1962 et 1997, il enseigna à l\u2019UQAM et à l\u2019École nationale de théâtre, où il fut le directeur de la section production, dans le but avoué de transmettre ses connaissances.« Il a formé une, sinon deux générations de scénographes et de concepteurs de costumes, note à cet égard René Richard Cyr.Les meilleurs sont passés par lui.Son legs est inestimable.Les gens ne soupçonnent peut-être pas l\u2019ampleur de son importance.Barbeau, c\u2019était plus qu\u2019un monsieur qui jouait dans la guenille.C\u2019était un fondateur.Il a donné ses lettres de noblesse à son métier.J\u2019ai eu le bonheur de le côtoyer en tant qu\u2019acteur, puis en tant que metteur en scène [À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, Amadeus, Les bonnes, etc.].Je regarde tous les projets qu\u2019il avait devant lui à 80 ans et je trouve ça inspirant.Sa disparition est soudaine, et choquante à cause de ça, mais en même temps, je me console un peu en me disant qu\u2019on l\u2019a toujours connu au sommet de son art.» Des propos qui auraient sans doute réjoui le principal intéressé.En entrevue au Devoir en décembre 2014, François Barbeau confiait en effet : «C\u2019est un métier dif ficile.Or, je me trouve privilégié de l\u2019exercer.Je l\u2019ai choisi, et je le pratique avec la même passion qu\u2019aux premiers jours.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DAVID SUITE DE LA PAGE 1 ÉTAU SUITE DE LA PAGE 1 BARBEAU En termes de garanties, il n\u2019y a jamais de garanties Un fonctionnaire du Centre de la sécurité des télécommunications « » "]
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