Le devoir, 6 juillet 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 4 9 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Le d.g.de la CSDM quitte ses fonctions, plus d\u2019un an après avoir été suspendu avec solde.Page A 2 Économie \u203a Fonds-FTQ.Le « portefeuille Québec » sauve la mise.Page B 1 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m JAZZ L\u2019UNIQUE LAURYN HILL ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019imprévisible et indomptable Lauryn Hill occupait mardi soir la scène Wilfrid-Pelletier dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.À lire sur le site Web du Devoir.Lire aussi \u203a Nos autres textes sur le festival.Page B 8 A N T O I N E C H A R à Montevideo L\u2019 Uruguay a été le premier pays de la planète à avoir légalisé la production, la consommation et la vente du cannabis.C\u2019était en décembre 2013.Près de trois ans plus tard, la mise en œuvre de la loi réglementant le marché de cette drogue douce s\u2019avère plus compliquée que prévu.Tout le monde connaît la loi 19.172 en Uruguay.Elle permet à ce petit pays de 3,4 millions d\u2019âmes, coincé entre le Brésil et l\u2019Argentine, de vivre une expérience unique au monde qui sera peut-être suivie l\u2019an prochain par le Canada : produire, consommer et distribuer de la «mari» à l\u2019air libre.Chacun des 200 000 consommateurs réguliers de cette drogue douce, jugée « très dangereuse » par les Nations unies, peut déjà posséder six plants de cannabis.La production à domicile, pour un usage personnel, ne doit pas dépasser 480 grammes par an.Il y aurait déjà 40 000 « cultivateurs de salon ».Si un Uruguayen n\u2019a pas l\u2019«espace vital » pour faire pousser son herbe préférée, il peut le faire au sein d\u2019un club cannabique.Il existe une vingtaine de ces clubs à Montevideo, tous assez loin d\u2019une école.« L\u2019adhésion coûte une for tune, près de 500dollars de frais d\u2019entrée et une cotisation mensuelle d\u2019une centaine de dollars», rappelle Ismaël L\u2019Uruguay face aux défis de la légalisation du cannabis La vente de « mari » doit se faire en pharmacie, mais ce projet rencontre des difficultés SOURCE CANAL VIE André Montmorency a laissé sa trace comme acteur, metteur en scène et comme un exemple d\u2019affirmation pour la communauté gaie.J É R Ô M E D E L G A D O I l a été Friponneau dans La ribouldingue, Christian, le premier personnage homosexuel de la télévision québécoise (dans Chez Denise), et surtout un mémorable Monsieur Jour- dain dans Le bourgeois gentilhomme de Molière.Décédé mardi à l\u2019âge de 77 ans, André Montmorency n\u2019a pas seulement été un grand acteur, de ceux propulsés par la famille Michel Tremblay-André Brassard, il a aussi laissé sa trace comme metteur en scène et comme un exemple d\u2019affirmation pour la communauté gaie.Actif encore au début de l\u2019année, l\u2019animateur de la défunte émission Sor tie gaie, à Canal Vie, était hospitalisé depuis le mois de mai.Selon son agente, Diane Riel, c\u2019est une pneumonie mal soignée qui a eu raison de lui.Il s\u2019est éteint à l\u2019hôpital Notre-Dame.Dès les années 1970, le nom de Montmorency est associé à l\u2019univers de Michel Tremblay.C\u2019est lui qui a créé Damnée Manon, Sacrée Sandra au Théâtre de Quat\u2019sous avec Rita Lafontaine, en 1977.On lui doit le fait d\u2019avoir révélé Tremblay au Canada anglais, avec sa mise en scène de À toi pour toujours ta Marie-Lou à Toronto, en 1974.Né à Montréal en 1939, André Montmorency amorce sa carrière avec de petits rôles à la télévision au milieu des années 1950, notamment dans Le ANDRÉ MONTMORENCY 1939-2016 Friponneau, Christian et M.Jourdain orphelins I S A B E L L E P A R É A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es demandes d\u2019aide à mourir qui ont avorté en cours de traitement ne font actuellement l\u2019objet d\u2019aucun examen poussé, même si une compilation réalisée par Le Devoir révèle que près de 60 % de l\u2019échec des demandes non administrées découlerait de délais ou de ratés survenus durant le traitement de l\u2019ultime requête faite par ces patients.Selon les chiffres complets sur les demandes d\u2019aide à mourir faites dans l\u2019ensemble du Québec depuis décembre 2015, si on exclut les 16 patients qui se sont volontairement retirés du processus, 57 % des refus découlent de ce qui semble être une détérioration trop rapide de l\u2019état de santé des patients pour que le processus soit complété.En effet, sur ces cas de refus non attribuables à la volonté du malade, 19 patients sont décédés, 9 ont plutôt reçu la sédation palliative terminale et 7 sont devenus inaptes à consentir avant qu\u2019on AIDE À MOURIR Pas de comptes à rendre en cas de refus Près de 60 % des échecs découlent de délais ou de ratés durant l\u2019étude des demandes VOIR PAGE A 8 : ORPHELINS VOIR PAGE A 8 : CANNABIS L\u2019identité sexuelle sur les documents of?ciels, une exigence à abolir?Page A 3 Absoute par le FBI, Hillary Clinton tient un 1er rassemblement avec Obama Page B 5 VOIR PAGE A 8 : MOURIR L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 514 861-0469 | ymavocatsmtl.com J E S S I C A N A D E A U P H I L I P P E O R F A L I P lus d\u2019un an après avoir été suspendu avec solde, le directeur général de la Commission scolaire de Montréal, Gilles Petitclerc, abandonne son poste, mais continue tout de même à travail ler pour la CSDM.« Gilles Petitclerc a décidé, pour des raisons personnelles liées à sa santé, de se désister de ses fonctions de directeur général à compter du 1er juillet 2016, écrit le Bureau des communications de la commission scolaire dans un message envoyé à tous les employés la semaine dernière.Si sa santé le lui permet, la CSDM l\u2019af fec- tera à un autre poste répondant aux besoins de l\u2019organisation.» Questionnée par Le Devoir, la CSDM s\u2019est faite avare de commentaires mardi, se limitant à ce message laconique.Suspension La gestion de Gilles Petit- clerc, en poste depuis 2008, a été durement critiquée dans un rappor t de la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) rendu public au printemps 2015.Ce rapport, commandé par Québec pour faire la lumière sur la situation financière de la plus grande commission scolaire du Québec, proposait notamment l\u2019embauche d\u2019un accompagnateur externe.Contre toute attente, le directeur général avait alors proposé de donner le contrat, évalué à près d\u2019un million de dollars, sans appel d\u2019offres.Cette proposition avait été jugée « complètement inacceptable » et « indécente » par cer tains membres du comité exécutif.Dans les semaines qui ont suivi, la CSDM a suspendu Gilles Petitclerc.La présidente, Catherine Harel-Bourdon, évoquait la « per te du lien de confiance entre le conseil des commissaires et le directeur général ».Dans les jours qui ont suivi, ce dernier s\u2019est placé en congé de maladie.Enquête externe En parallèle, l\u2019administration avait mandaté une firme externe pour enquêter sur la gestion de M.Petitclerc.Rapport en main, la présidente Catherine Harel-Bourdon fulminait en janvier dernier, car Québec bloquait le congédiement du directeur général par le projet de loi 86.En effet, un article du controversé projet de loi empêchait les commissions scolaires de procéder à tout changement dans l\u2019équipe de direction jusqu\u2019à son adoption.Selon Québec, c\u2019était pour éviter que les élus scolaires profitent de leurs derniers moments d\u2019influence pour régler leurs comptes avec la haute gestion.À l\u2019interne, on affirmait alors qu\u2019il était « scandaleux » de dépenser « une fortune » pour maintenir en poste le d.g., alors que ce deuxième rapport n\u2019était « pas très flatteur » à son égard.Depuis, Québec a abandonné le projet de loi.Est-ce que la CSDM aurait alors pu congédier M.Petitclerc ?La CSDM refuse de répondre à cette question et de préciser les conditions ayant mené au désistement et à la relocalisation de l\u2019ex-d.g.Le Devoir Le d.g.de la CSDM quitte ses fonctions La commission scolaire avait déjà voulu congédier Gilles Petitclerc, mais Québec l\u2019en avait empêchée L e ministère québécois de l\u2019Éducation dit avoir octroyé tous les points qui étaient associés à la fameuse question 22 de l\u2019examen d\u2019histoire obligatoire de quatrième secondaire.Québec avait décidé d\u2019annuler cette question de l\u2019examen national en juin, après que du contenu « suf fisamment explicite » de la question eut largement circulé dans les médias sociaux, donnant un avantage indu aux élèves qui l\u2019avaient vu.Le ministère avait alors dit que la question annulée ne compterait pas dans le résultat final, «par souci d\u2019équité pour tous».Or le ministère a affirmé par communiqué, mardi, que « tous les élèves qui ont passé l\u2019épreuve d\u2019histoire de juin 2016 ont reçu l\u2019ensemble des points associés à la question annulée».Ainsi , les é lèves ont ré - pondu à la question, mais les résultats n\u2019ont pas été comptabilisés et tous les points ont été accordés.Le por te-parole du ministère, Bryan St-Louis, a justifié la décision en disant qu\u2019 i l s\u2019agissait d\u2019un « souci d\u2019équité pour l\u2019ensemble des étudiants » et que c\u2019était la décision « qui représente le moins d\u2019impacts ».La question annulée valait près du quart de l\u2019épreuve et il s\u2019agissait de la seule question à développement de l\u2019examen.Le porte-parole du ministère n\u2019était toujours pas en mesure, mardi, de dire s\u2019il s\u2019agissait de la question intégrale, mot pour mot, ou uniquement du sujet de la question qui avait circulé dans les médias sociaux.Le ministère ne pouvait pas non plus confirmer qui avait divulgué les informations et d\u2019où elles provenaient.« Les vérifications se poursuivent », a dit Bryan St-Louis.Le ministère ajoute qu\u2019il « entreprendra des travaux en vue d\u2019augmenter la sécurité et la confidentialité entourant les épreuves ministérielles ».Aucune mesure concrète n\u2019a pour le moment été annoncée.La Presse canadienne Question annulée de l\u2019examen d\u2019histoire : tous les élèves ont reçu les points MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Les moustiques peuvent s\u2019inviter clandestinement sur un vol ou sur un paquebot et être introduits de cette manière au Québec.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T M ême si le risque que le virus du Zika s\u2019installe au Québec est très faible, la santé publique prend la menace suffisamment au sérieux pour établir dès cet été un programme de surveillance entomologique.L\u2019objectif est de déceler la présence des moustiques du genre aedes, qui peuvent transmettre la maladie.Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a confirmé au Devoir que neuf stations de surveillance entomologique seront en fonction dès cet été.Les pièges à moustiques seront installés aux postes frontaliers, en Estrie et en Montérégie.En effet, si on pense que les moustiques du genre aedes ne sont pas présents au Québec, des populations sont installées dans les États de New York, du Vermont et du New Hampshire.Des stations de capture seront également installées à l\u2019aéroport et au port de Montréal.Les moustiques peuvent s\u2019inviter clandestinement sur un vol ou sur un paquebot et être introduits de cette manière dans la province.Les pièges serviront aussi à surveiller la présence d\u2019autres moustiques porteurs de virus en émergence comme le vir us du Nil occidental, l\u2019encéphalite équine de l\u2019Est et le Chikungunya.Afin de faciliter la sur veil- lance d\u2019une émergence possible du vir us au Québec, le MSSS compte également faire ajouter le Zika à la liste des maladies à déclaration obligatoire.Un certain risque à long terme Comme le moustique vecteur de la maladie n\u2019est pas établi au Québec, les experts de l \u2019 Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estiment que le risque que la maladie se transmette dans la province à court et moyen terme est très faible.Ils pensent toutefois que ces moustiques seront introduits tôt ou tard.Il n\u2019est toutefois pas certain qu\u2019ils pourraient se reproduire au Québec ou survivre à l\u2019hiver, même si des études ont montré une survie des œufs à des températures sous zéro.Mais encore, pour que le moustique transmette le virus du Zika, ce dernier doit pouvoir se multiplier au sein du moustique.Pour cela, le virus du Zika nécessite des températures de plus de 22 degrés pendant plus de sept jours consécutifs, sans interruption.Même pendant les canicules, ces conditions ne sont pas réunies.Avec les changements climatiques, il n\u2019est pas exclu que des conditions favorables soient réunies dans les prochaines décennies.Dans un avis publié la semaine dernière, l\u2019INSPQ recommandait par conséquent à Québec de mettre en place un programme de sur veillance, demande à laquelle le MSSS a répondu rapidement.Précautions pour les voyageurs Si le vir us du Zika ne se transmet pas ici, des voyageurs l\u2019ont ramené comme souvenir d\u2019un séjour plus au sud.En date du 4 juillet, 21 personnes infectées au virus Zika ont été signalées au Québec.Il y a eu 136 cas au Canada.Un seul cas de transmission sexuelle a été rapporté au pays.Depuis qu\u2019il a émergé en Amérique en 2015, le virus se transmet actuellement dans 35 pays des Caraïbes, de l\u2019Amérique centrale et du Sud.Les femmes enceintes ou qui prévoient le devenir doivent éviter tout voyage dans les pays à risque, selon le comité d\u2019ex- per ts du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.Ils recommandent même à toutes les femmes en âge de procréer d\u2019utiliser un moyen de contraception ef ficace au moins jusqu\u2019à deux mois après leur retour d\u2019un pays affecté.Comme le vir us semble sur vivre assez longtemps dans le sperme, on recommande aux hommes de porter le condom lors de relations sexuelles pendant six mois après leur retour d\u2019un pays touché et en tout temps avec une partenaire enceinte.Le Devoir Zika : Québec met un programme de surveillance en place H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e Parti libéral du Canada a peut-être dépensé plus que ses adversaires pendant la dernière campagne électorale, mais il a quand même amassé moins d\u2019argent que la formation de Stephen Harper.Le parti de Justin Trudeau va mieux, mais il ne fait toujours pas le poids face au Parti conservateur.Les rapports financiers annuels des principales formations politiques ont été rendus publics mardi par Élections Canada.On y apprend que le Parti libéral du Canada (PLC) a, en 2015, récolté 21,3 mill ions de dollars auprès de 93 426 donateurs.I l s \u2019agit d\u2019une amélioration spectaculaire des per formances du PLC.Dans ses plus sombres années, à l\u2019époque du chef Stéphane Dion, la formation avait récolté moins de 6 millions de dollars pendant l\u2019année électorale de 2008 auprès d\u2019à peine 31 000 donateurs.Même en 2011, la dernière année électorale, le parti avait eu une performance moitié moindre que celle des conser vateurs, autant au chapitre de l\u2019argent amassé (10 millions) que des donateurs (près de 50 000).Tendance renversée?Si la performance est meilleure maintenant, elle ne fait quand même pas le poids face à celle du Parti conservateur.En 2015, ce dernier a amassé pas moins de 29 millions de dollars auprès de 118 253 donateurs.Cela fait des années que le PC trône au sommet de ce palmarès financier, autant en matière d\u2019argent amassé que pour ce qui est du nombre de personnes ayant contribué à la caisse.La tendance serait peut- être sur le point d\u2019être renversée.Pour les trois premiers mois de 2016, le Parti conservateur a eu 10 % moins de donateurs que le Par ti libéral (32 500 contre presque 36 000).Quant au Nouveau Parti démocratique, ses données ne sont toujours pas disponibles.Le parti a demandé à Élections Canada une prolongation jusqu\u2019à la fin d\u2019août, qu\u2019il a obtenue.Le parti explique ce délai par le fait que l\u2019équipe de comptabilité est réduite.Or, 2015 ayant été une année électorale, les transactions à retrouver et les déclarations à remplir ont été beaucoup plus nombreuses.Et le par ti devait en même temps organiser son congrès bisannuel s\u2019étant tenu au printemps.Le rapport du Bloc québécois était pour sa part toujours entre les mains d\u2019Élections Canada et non disponible au moment d\u2019écrire ces lignes.Le PLC s\u2019est vanté i l y a quelques semaines d\u2019avoir dépensé 43 millions de dollars pendant la campagne électorale de 2015, soit 1,2 million de plus que les conservateurs.Le Devoir RAPPORTS FINANCIERS Les conservateurs toujours plus riches que les libéraux Trudeau rejette Northern Gateway Quelques jours après le rejet du pipeline Northern Gateway par la Cour d\u2019appel fédérale, le premier ministre Justin Trudeau a fermé mardi la porte à ce projet conçu pour exporter du pétrole albertain à partir de la côte ouest.«Est-ce que le projet est mort?» a demandé une journaliste en s\u2019adressant au premier ministre lors d\u2019un point de presse à Montréal.M.Trudeau a répondu sans détour, et à deux reprises, que la région naturelle visée pour la construction, la Great Bear Rainforest, «n\u2019est pas un endroit pour construire un pipeline de pétrole brut ».Le rejet de Northern Gateway risque par ailleurs d\u2019accroître la pression sur le Québec pour la construction du pipeline Énergie Est, de TransCanada.Il faut dire que la production quotidienne des sables bitumineux doit atteindre 3,4 millions de barils en 2025, soit une hausse de 40 % en 10 ans.Le Devoir Normandeau conteste la tenue de son procès Québec \u2014 Nathalie Norman- deau et les six autres coaccusés arrêtés dans un vaste coup de filet de l\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC) à la fin de l\u2019hiver dernier contesteront la tenue même d\u2019un procès dans le cadre d\u2019une enquête préliminaire.Leurs avocats en ont fait la demande mardi matin lors d\u2019une brève audience au palais de justice de Québec devant le juge Alain Morand, de la Cour du Québec, en l\u2019absence des accusés.Les accusés ont aussi choisi de subir un procès commun devant jury.Ils devront tous être présents à une conférence de gestion le 29 août.La contestation du renvoi en procès modifiera le cours de l\u2019enquête préliminaire.La Couronne devra ainsi faire sa preuve sur les éléments essentiels de l\u2019infraction, a expliqué le procureur de la Couronne, Pascal Lescarbeau.«Cela fait une enquête préliminaire qui est complète, avec un juge de paix qui aura à déterminer, à la fin de l\u2019ensemble de la preuve, s\u2019il doit citer à procès chacun des prévenus sur les chefs [d\u2019accusation] qu\u2019on leur reproche», a-t-il déclaré après l\u2019audience.La Presse canadienne A L C O O T E S T Le sénateur Brazeau plaide non coupable Gatineau \u2014 Le sénateur Patrick Brazeau, accusé d\u2019avoir refusé de se soumettre à un alcootest, a plaidé non coupable au palais de justice de Gatineau mardi.M.Brazeau, actuellement suspendu du Sénat et exclu du caucus conservateur, n\u2019était pas présent lors de l\u2019audience.Son dossier a été remis au 26 octobre.Les faits reprochés au politicien de 41 ans remontent au 3 avril dernier, à L\u2019Ange-Gar- dien, en Outaouais.C\u2019est la deuxième fois que M.Brazeau fait face à la justice pour ce type de méfait, alors qu\u2019il a été accusé en 2014 de garde et contrôle d\u2019un véhicule avec les capacités affaiblies.Le verdict n\u2019a pas encore été rendu dans cette affaire.Le sénateur désormais indépendant a eu d\u2019autres démêlés avec la justice.Le 28 octobre dernier, il avait accepté de plaider coupable aux chefs d\u2019accusation de voies de fait simples et de possession simple de cocaïne, après que celui \u2014 bien plus grave \u2014 d\u2019agression sexuelle eut été retiré.Il a obtenu l\u2019absolution de la cour pour cette affaire qui avait été à l\u2019origine de son expulsion du caucus conservateur.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa S exe ?Rien à déclarer.La présidente de la Commission canadienne des droits de la personne estime qu\u2019il est grand temps que le gouvernement fédéral s\u2019interroge sur la pertinence de demander encore aujourd\u2019hui aux citoyens s\u2019ils sont des hommes ou des femmes.Cette conception binaire de la société heurte les personnes transgenres et n\u2019est peut-être pas utile.« C\u2019est fait par habitude alors que la question fondamentale que les autorités doivent se poser, c\u2019est quel est le rationnel [la logique] derrière cette demande de s\u2019identifier », dit en entrevue avec Le Devoir la présidente de la Commission, Marie-Claude Lan- dr y.« Il faut repenser quand on demande cette question quel en est le rationnel qui la sous- tend.S\u2019il n\u2019y a pas de rationnel \u2014 par exemple pour des questions de recherche, pour démontrer que certaines catégories de personnes ont moins accès à l\u2019emploi que d\u2019autres \u2014, alors cette information ne devrait pas être demandée.Parce que quand on demande l\u2019information, on met une étiquette sur quelqu\u2019un.Et ce qu\u2019on entend, c\u2019est qu\u2019il ne devrait pas y avoir d\u2019étiquette sur les gens.[\u2026] Ce n\u2019est pas parce qu\u2019une pratique est là qu\u2019elle est bonne et est en soi acceptable.» La Commission a mené des tables rondes dans plusieurs villes du pays pour entendre les préoccupations de la communauté transgenre.(Celle de Montréal aura lieu d\u2019ici quelques jours.) La préoccupation principale entendue ?L\u2019omniprésence des « petites cases » précisant l\u2019identité sexuelle sur les documents gouvernementaux d\u2019identification.Certains s\u2019en plaignent parce qu\u2019étant en processus de transition, il est difficile de répondre à la question.D\u2019autres déplorent que la présence de cette case impose aux personnes transgenres de faire modif ier leurs documents lorsqu\u2019ils changent de sexe.D\u2019autres enfin n\u2019aiment pas devoir choisir un sexe alors qu\u2019ils ne s\u2019identifient à ni un ni l\u2019autre en totalité.Réflexion générale Le gouvernement de Justin Trudeau se dit disposé à entreprendre cette réflexion.«Nous sommes en train d\u2019ef fec- tuer une révision de l\u2019ensemble des circonstances dans les - quelles le gouvernement exige ou produit des documents d\u2019identité afin de ne pas exclure les gens dont l\u2019identité de genre ne correspond pas à la norme binaire.Ça pourrait inclure la neutralité dans plusieurs situations », indique l\u2019attaché de presse du premier ministre, Cameron Ahmad.Un des documents qui sera certes dans la ligne de mire du gouvernement est le passeport.Déjà en 2012, Passeport Canada disait s\u2019interroger sur la pertinence d\u2019inscrire le sexe du détenteur sur son document de voyage.Quel a été le résultat de cette réflexion ?Personne n\u2019a répondu aux demandes du Devoir mardi.Marcella Daye, qui est responsable de ce dossier à la Commission, estime que la question pourrait être réglée facilement.Elle rappelle que l\u2019Organisation de l\u2019aviation civile internationale (OACI), qui établit les normes internationales de conception des passeports, permet déjà que l\u2019espace prévu pour spécifier le genre du détenteur soit rempli d\u2019un « X ».« Cela peut indiquer que l\u2019individu se déclare comme un X ou que l\u2019État émetteur du passeport a décidé de ne pas préciser le genre des individus.» « Le fait qu\u2019on permet ce champ d\u2019être rempli par un X nous donne peut-être une indication qu\u2019on peut avoir des passepor ts qui procurent un bon niveau de sécurité et assurent une identification correcte sans que le genre de l\u2019individu soit précisé, continue Mme Daye.Cela laisse entrevoir la possibilité d\u2019instaurer des méthodes d\u2019identification plus inclusives.» Mme Daye ser t cependant une mise en garde à ceux qui voudraient faire l\u2019économie d\u2019une réflexion en profondeur.« Cer taines entités suggèrent d\u2019of frir le X comme troisième choix, que ce serait une solution acceptable.Mais nous invitons les organisations à penser à cela attentivement.Les personnes transgenres nous ont dit que si elles sont obligées de cocher X, elles seront forcées dans les faits à se révéler.» Et cela aussi pourrait déranger.Le Devoir Homme ou femme?Pourquoi poser la question ?L\u2019omniprésence des « petites cases » précisant l\u2019identité sexuelle sur les documents gouvernementaux d\u2019identification préoccupe la communauté transgenre JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre Justin Trudeau, accompagné du premier ministre Philippe Couillard, a confirmé la participation financière fédérale dans divers projets de transport en commun et dans les équipements de traitement de l\u2019eau potable et des eaux usées.J E A N N E C O R R I V E A U O ttawa et Québec ont convenu d\u2019une entente qui permettra de financer des projets d\u2019infrastructures totalisant 2,5 milliards de dollars sur trois ans.Mais le plan présenté mardi ne compor te rien pour le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et pour le Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec.De passage à Montréal mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau, accompagné du premier ministre Philippe Couillard et du maire de Montréal Denis Coderre, a confirmé un financement fédéral de 1,2 milliard dans divers projets de transport en commun et dans les équipements de traitement de l\u2019eau potable et des eaux usées.M.Tr udeau a parlé d\u2019investissements « historiques » dans le domaine des infrastructures.Déjà, en avril dernier, le premier ministre avait annoncé que son gouvernement pourrait investir jusqu\u2019à 775 millions de dollars dans le Grand Montréal au cours des trois prochaines années pour les transports en commun.Pour l\u2019ensemble du Québec, le financement fédéral de projets de transport en commun atteindra 924 millions, alors que 364 millions seront consacrés à des projets de traitement d\u2019eau potable et d\u2019eaux usées.Mise à niveau des équipements Québec est la première province à conclure une entente avec le gouvernement fédéral en cette matière.La première phase du plan d\u2019investissement fédéral prévoit notamment 17,5 millions pour retaper les voitures de métro MR-73 et 25,8 millions pour l\u2019achat de nouvelles voitures de train de banlieue pour l\u2019Agence métropolitaine de transport (AMT), en plus de projets de mise à niveau des équipements existants, comme celui du métro de Montréal.En matière d\u2019infrastructures d\u2019eau, Montréal entend prioriser les travaux de protection de la prise d\u2019eau de l\u2019usine Atwater, a indiqué le maire Coderre.Mais le prolongement de la ligne bleue, le Réseau électrique métropolitain (REM) et le SRB entre Québec et Lévis ne figurent pas pour l\u2019instant dans la phase 1 du plan d\u2019investissements.« Les gros investissements viendront dans les nouveaux projets qui feront par tie de la phase 2 », a promis Justin Trudeau.Partage de la facture La formule de partage du financement des projets municipaux a aussi été revue.Ainsi, Ottawa paiera 50 % de la facture des projets retenus alors que Québec assumera une par t de 33 % des coûts et les municipalités, 17 %.« Mais le 33 % est minimal, a précisé Philippe Couillard.Pour les petites municipalités, il est sûr qu\u2019on va mettre plus que 33 %.Il y a des municipalités de petite taille qui n\u2019ont simplement pas la capacité technique et fiscale de même mettre 17 %.» «Pour ce qui est du transport en commun, la très grande majorité des fonds vont être mis par le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec », a ajouté le premier ministre québécois.Rappelons que, dans son budget 2016, le gouvernement Trudeau avait annoncé un plan d\u2019investissement de 120 milliards sur dix ans, dont 3,4 milliards sur trois ans pour le transport collectif à l\u2019échelle du pays.Le Devoir INFRASTRUCTURES Ottawa et Québec s\u2019entendent pour investir 2,5 milliards A L E X A N D R E S H I E L D S M ême s\u2019il n\u2019est pas « heureux» de la poursuite des forages pétroliers sur l\u2019île d\u2019Anticosti, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré mardi son intention de respecter le contrat qui oblige le gouvernement à investir au moins 57,7 millions de dollars dans des travaux d\u2019exploration, y compris un nombre non défini de forages avec fracturation.Interpellé mardi dans la foulée des révélations du Devoir que le gouvernement a autorisé le prélèvement de 30 millions de litres d\u2019eau dans des rivières de l\u2019île, le chef libéral a répété que l\u2019État est lié par une entente dont il ne peut se dégager.« Le contrat étant ce qu\u2019il est, on doit le suivre.C\u2019est ce que nous faisons », a dit M.Couil- lard, évoquant du même souffle un «contrat malheureux».Malgré les autorisations accordées pour la réalisation de trois premiers forages exploratoires sur Anticosti, il a de nouveau plaidé en faveur de sa protection.« [Le respect du contrat] ne signifie pas qu\u2019on soit heureux de ce qui se passe sur l\u2019île d\u2019Anticosti et qu\u2019on ne veuille pas protéger, et on va le faire, cet écosystème unique.» Forages à venir Avant d\u2019espérer « protéger » l\u2019île sise en plein cœur du golfe du Saint-Laurent, Québec doit cependant aller jusqu\u2019au bout des travaux prévus dans le cadre du contrat signé en 2014 par l\u2019ancien gouvernement péquiste.Ce contrat prévoit que la première étape doit être complétée avec les trois premiers forages avec fracturation, qui seront terminés en 2017.Toutefois, des « travaux supplémentaires» incluant d\u2019autres forages pourraient suivre dans le cadre d\u2019une deuxième phase d\u2019exploration.C\u2019est seulement après cela, vraisemblablement, qu\u2019une décision pourra être prise sur une éventuelle exploitation commerciale.Cette décision pourrait devoir être prise en pleine année électorale, soit en 2018.Avant cela, le gouvernement ne peut se retirer de la société en commandite Hydrocarbures Anti- costi.L\u2019autre entreprise qui injecte des millions de dollars dans les travaux, Maurel & Prom, a pour sa part négocié une clause de retrait une fois que le premier forage avec fracturation aura été complété.Infrastructures coûteuses Pour extraire d\u2019éventuelles ressources fossiles, les investissements en exploitation et en infrastructures seraient majeurs.En fait, des études menées à la demande de Québec dans le cadre de l\u2019évaluation environnementale stratégique concluaient que chaque forage pourrait coûter 8,8 millions de dollars.Qui plus est, les coûts de transport uniquement pour le gaz de schiste se chif fre- raient en milliards de dollars.Selon un scénario «optimisé» de développement commercial, l\u2019exploitation sur l\u2019île pourrait durer 75 ans.Au cours de cette période, qui doit en théorie mener à une élimination mondiale du recours aux énergies fossiles, l\u2019industrie pourrait forer pas moins de 4155 puits répartis sur 445 plateformes.Le Devoir ANTICOSTI Un « contrat malheureux », mais qui doit être respecté, dit Couillard Le contrat étant ce qu\u2019il est, on doit le suivre.C\u2019est ce que nous faisons.Philippe Couillard « » TOM HANSON LA PRESSE CANADIENNE Déjà en 2012, Passeport Canada disait s\u2019interroger sur la pertinence d\u2019inscrire le sexe du détenteur sur son document de voyage. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Avis dans le journal : C.c.Q., art.795) Prenez avis que Lorraine LE- FEBVRE, en son vivant domiciliée à Laval, est décédée à Laval, le 12 juillet 2015.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Josée FORTIN, notaire, située au 3131 St-Martin Ouest, bureau 340, Laval, Québec, H7T 2Z5.Donné ce 4 juillet 2016 Nicole FRAPPIER, liquidatrice CANADA DISTRICT DE LONGUEUIL NO: 505-22-024639-165 COUR DU QUÉBEC (Chambre civile) NISSAN CANADA INC.Demandresse c.JEAN-PIERRE BOULET Défendeur Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Jean-Pierre Boulet de vous présenter au greffe civil du district de Longueuil situé au 1111, boul.Jacques-Cartier Est, Longueuil dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Olivier Gaucher, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la demande introductive d'instance.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 4 juillet 2016 Olivier Gaucher, Huissier de justice AVIS est donné de la clôture d'inventaire pour la Succession Ronald BRUNET, du 190 McNi- coll, Dorval, Qc, H9S 3W4, décédé le 2 avril 2016.L'inventaire préparé par la liquidatrice GINETTE TESSIER, est situé à : Notaire Pierre Robert, 3374, Notre-Dame, Lachine, Qc, H8T 1W7.ORDONNANCES Avis est par les présentes donné que les ordonnances ci-après décrites ont été décrétées par le conseil d\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de- Grâce de la Ville de Montréal, lors de sa séance ordinaire tenue le 27 juin 2016.RÈGLEMENT SUR LE BRUIT (R.R.V.M., c.B-3, article 20) \u2022 Ordonnance permettant le bruit d'appareils sonores diffusant à l'extérieur selon les sites et les horaires des événements identifiés au tableau 1.RÈGLEMENT CONCERNANT LA PAIX ET L'ORDRE SUR LE DOMAINE PUBLIC (R.R.V.M., c.P-1, articles 3 et 8) \u2022 Ordonnance permettant de vendre des articles promotionnels, de la nourriture, et des boissons alcoolisées ou non alcoolisées ainsi que de consommer des boissons alcoolisées selon les sites et les horaires des évé- nements identifiés au tableau 1.RÈGLEMENT SUR LA CIRCULATION ET LE STATIONNEMENT (R.R.V.M., c.C-4.1, article 3, paragraphet 8 o) \u2022 Ordonnance permettant la fermeture des rues ou le ralentissement de la circulation selon les sites et les horaires des événements identifiés au tableau 1.RÈGLEMENT INTERDISANT LES GRAFFITI ET EXIGEANT QUE TOUTE PROPRIÉTÉ SOIT GARDÉE EXEMPTE DE GRAFFITI (RCA11 17196, article 15) \u2022 Ordonnance permettant la création d'une murale sur le côté sud de la palissade de béton (crépi) du bâtiment privé, situé au 2316, avenue Marcil; \u2022 Ordonnance permettant la création d'une murale sur le côté est de la palissade de béton (crépi) du bâtiment privé, situé au 6080, rue Sherbrooke Ouest.Toute personne intéressée pourra obtenir une copie des ordonnances et du tableau 1 au bureau Accès Montréal de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce situé au 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée.Le tableau 1 est également disponible sur le site Internet de l\u2019arrondissement dont l\u2019adresse est : ville.montreal.qc.ca/cdn- ndg, en cliquant sur « Avis publics ».FAIT À MONTRÉAL, ce 6 juillet 2016.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Avis public Arrondissement de Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce ORDONNANCES ÉDICTÉES PAR LE CONSEIL D\u2019ARRONDISSEMENT PRENEZ AVIS que le conseil d\u2019arrondissement a édicté, lors de sa séance du 5 juillet 2016, les ordonnances nécessaires en vertu du Règlement sur le bruit (R.R.V.M., chapitre B-3, article 20), du Règlement d\u2019urbanisme afin d\u2019autoriser l\u2019installation de bannières (01-280, chapitre IV, article 531), du Règlement concernant la paix et l\u2019ordre sur le domaine public (R.R.V.M., chapitre P-1, article 8) et du Règlement sur la circulation et le stationnement (R.R.V.M., chapitre C-4.1 article 3, alinéa 8), pour la tenue des événements suivants : Nom de l\u2019événement Lieu (x) Date (s) Fête de quartier parc Ignace-Bourget 6 août 2016 Festival Vivre ensemble parc Vinet 10 septembre 2016 L\u2019Gros Luxe pour tous parc de la Stelco 28 août 2016 BBQ corporatif parc Ignace-Bourget 10 septembre 2016 Festif-Pôle Lionel-Groulx parc des Marchands-de-Bois 18 septembre 2016 Journée citoyenne sur l\u2019accès aux soins de santé parc Vinet 17 septembre 2016 Fête des camps de jour du Sud-Ouest parc Gadbois 4 août 2016 EID Prayer parc Vinet 6 juillet 2016 Festival des jeux de société terrain municipal situé tout près de la terrasse du Marché Atwater 9 juillet 2016 Vente-débarras rue Laprairie entre la rue de Châteauguay et la rue Grand Trunk 6 août 2016 Ces ordonnances sont disponibles pour consultation au Bureau Accès Montréal situé au 815, rue Bel-Air, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.Montréal, le 6 juillet 2016 Pascale Synnott, avocate Secrétaire d\u2019arrondissement AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 193 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL Avis est donné que le 29 juin 2016, la Ville a autorisé l\u2019accomplissement des formalités prévues à l\u2019article 193 de l\u2019annexe C de la Charte, afin que la Ville soit libérée des restrictions qui affectent ses titres dans l\u2019usage futur des lots suivants : - lots 1 155 680, 1 155 882, 1 155 975, 1 155 976, 1 156 252, 1 156 255, 3 590 104 et 3 590 105 du cadastre du Québec, situés au nord de la 43e Avenue, entre les rues De La Gauchetière et Victoria, dans l\u2019arrondissement de Rivière-des- Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles (DA166896008) Montréal, le 6 juillet 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d\u2019offres : 16-15391 Descriptif : Fourniture d\u2019un service d\u2019agents de sécurité pour les points de service de la cour municipale de la Ville de Montréal Date d\u2019ouverture : 25 juillet 2016 Dépôt de garantie : 5 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Badre Eddine Sakhi, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-454 Appel d\u2019offres : 16-15378 Descriptif : Acquisition d\u2019équipements en ser - vices alimentaires pour le Biodôme de Montréal Date d\u2019ouverture : 25 juillet 2016 Dépôt de garantie : 5 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Francesca Raby, agente d\u2019approvisionnement : 514 872-4907 Documents : Les documents relatifs à ces appels d\u2019offres seront disponibles à compter du 6 juillet 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro - nique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communi - quant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en con - sultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 6 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres APPEL D'OFFRES PUBLIC \u2013 TRAVAUX DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS Soumission CDN-NDG-16-AOP-TP-041 Construction de dos d\u2019âne allongés sur rue en revêtement bitumineux par planage et rapiéçage 2016 Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 heures, le 22 juillet 2016, au bureau Accès Montréal, 5160, boulevard Décarie, rez- de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9.Les soumissions seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception, et ce, pour la soumission CDN-NDG-16-AOP-TP-041.Renseignements : Direction des travaux publics - Bureau des études techniques Courriel : simon.taillefer@ville.montreal.qc.ca Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 6 juillet 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat doivent obligatoirement se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents doivent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin dans une enveloppe cachetée, clairement identifiée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 6 juillet 2016.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Arrondissement de Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce Services institutionnels Gestion et planification immobilière Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5850 Descriptif : Réfection intérieure du CPE et travaux connexes L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 29 juin 2016 est reportée au 11 juillet 2016 à 14 h au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Montréal, le 6 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction de l\u2019épuration des eaux usées Appel d\u2019offres : 7309-AE Préparation de sites pour le projet de désinfection L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 18 juillet est reportée au 8 août 2016 à 14h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, 6 juillet 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Service des infrastructures de la voirie et des transports Direction des infrastructures Appel d\u2019offres : 329704 Travaux de reconstruction des traverses piétonnières, de trottoirs, de bordures, de voirie, d\u2019éclairage et d\u2019architecture du paysage sur la côte du Beaver Hall, rue McGill et place d\u2019Youville L\u2019ouverture de la soumission prévue pour le 6 juillet est reportée au 11 juillet 2016 à14h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019Hôtel de ville.Montréal, le 6 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES \u2022 HEURES DE TOMBÉE Tél.: 514-985-3344 | Fax: 514-985-3340 | Courriel : avisdev@ledevoir.com Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics | www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12h00 le vendredi | Publications du mardi: Réservations avant 16h00 le vendredi I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es inquiétudes concernant l\u2019échec des garçons à l\u2019école ces dernières années ont amené beaucoup d\u2019enseignants à présenter aux enfants une vision moins égalitaire des sexes, a constaté le Conseil du statut de la femme (CSF) dans une nouvelle recherche.« Les professeurs vont dire que les garçons et les filles ont des besoins dif férents, que l\u2019école n\u2019est pas faite pour les garçons, que l\u2019école est trop féminisée et que tout ça concourrait à expliquer que les garçons ne se reconnaissent pas à l\u2019école », explique la chercheuse du CSF Hélène Charron.Cela a pour conséquence qu\u2019on va davantage les encourager que les filles à pratiquer des sports.«Le problème, c\u2019est que ce n\u2019est pas appuyé sur les connaissances qui sont disponibles sur ces questions-là.» L\u2019équipe a fait ces découvertes dans le cadre d\u2019une recherche sur la place donnée au thème de l\u2019égalité dans l\u2019enseignement.Les résultats complets doivent être dévoilés dans un avis au début de l\u2019automne.Pour obtenir ces renseignements, les chercheurs ont soumis un questionnaire à un peu plus de 400 enseignants du primaire et du secondaire.« Ce n\u2019était pas notre premier angle de recherche, mais ça ressort de façon transversale par tout », poursuit Mme Charron.Les dif férences de classe jouent un plus grand rôle que les différences de genre, sou- ligne-t-elle.« Ce que les recherches nous disent, c\u2019est que les meilleures approches pour lutter contre le décrochage de certains groupes de garçons, c\u2019est de dé- construire les stéréotypes de sexe.Les garçons qui réussissent moins bien ont une conception de la masculinité très virile, en opposition avec ce que ça prend pour réussir à l\u2019école, comme s\u2019asseoir, écouter quelqu\u2019un et essayer de se conformer aux règles.» Elle ajoute que, « dans les milieux favorisés, il n\u2019y a à peu près pas d\u2019écarts entre les garçons et les filles » et « qu\u2019il y a beaucoup plus d\u2019écarts entre les milieux sociaux qu\u2019entre les sexes en général ».Les adolescentes craintives quant à la sexualité Dans une autre étude, le CSF s\u2019est penché, ces der niers mois, sur la vie amoureuse et sexuelle des adolescentes.Là aussi, on a trouvé les signes d\u2019un retour aux valeurs traditionnelles.«On a réalisé à quel point les modèles anciens sont encore très forts.Notamment le double standard, le fait qu\u2019on n\u2019accepte pas qu\u2019une fille ait des par tenaires multiples alors qu\u2019on l\u2019accepte chez les garçons.» L\u2019enquête a été menée auprès de neuf groupes de jeunes filles de 12 à 17 ans de Québec, de Montréal et de la région de Saguenay.Autre constat, la peur : « Les filles appréhendent la vie sexuelle avec de la crainte.On ne les entend pas parler de plaisir, signale Mme Charron.Elles n\u2019anticipent pas ça comme quelque chose de positif et considèrent qu\u2019une des conditions fondamentales à l\u2019activité sexuelle, c\u2019est le fait d\u2019être en couple avec \u201cle bon\u201d.» Ces résultats sur viennent alors que le gouvernement se prépare à rétablir les cours d\u2019éducation à la sexualité à l\u2019école.L\u2019an dernier, le ministère de l\u2019Éducation a lancé un projet-pilote de deux ans pour tester la formule.Le Devoir Échec des garçons à l\u2019école : le comportement des profs a changé De vieux stéréotypes s\u2019imposent en milieu scolaire, constate le Conseil du statut de la femme On a réalisé à quel point les modèles anciens sont encore très forts.Notamment le double standard, le fait qu\u2019on n\u2019accepte pas qu\u2019une fille ait des partenaires multiples alors qu\u2019on l\u2019accepte chez les garçons.Hélène Charron, chercheuse au Conseil du statut de la femme « » L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 P H I L I P P E O R F A L I C ent trente et un ans après la pendaison de Louis Riel, près d\u2019un siècle après avoir condamné à la clandestinité l\u2019enseignement du français et 30 ans après que la Cour suprême a déclaré illégales toutes ses lois unilingues, le Manitoba pose un ultime geste de réconciliation envers sa communauté francophone.Adoptée à l\u2019unanimité à la veille de la fête du Canada, la loi 5 protège une fois pour toutes les services en français dispensés par la province.Une geste impensable il n\u2019y a pourtant pas si longtemps.Jacqueline Blay n\u2019oubliera jamais l\u2019incendie des bureaux de la Société franco-manitobaine.C\u2019était en 1983, alors que le Manitoba traversait l\u2019une de ses pires crises linguistiques, des militants francophobes y avaient carrément mis le feu en pleine nuit.C\u2019est pourtant le calme plat aux bureaux de l\u2019organisme, boulevard Provencher à Saint-Bo- niface, depuis l\u2019adoption jeudi de la Loi sur l\u2019appui à l\u2019épanouissement de la francophonie ma- nitobaine (loi 5).Pas d\u2019appels haineux, encore moins de colis suspects.« C\u2019est à peine s\u2019il y a eu un court texte dans la presse anglophone.Les mentalités ont évolué.Il y a aujourd\u2019hui de 25 000 à 28 000 enfants inscrits en immersion française tous les ans.Les gens valorisent le bilinguisme.Les services en français, c\u2019est tout à fait normal.Ordinaire, même », estime l\u2019historienne et actuelle présidente de la Société.La mesure législative a principalement pour ef fet d\u2019enchâsser dans la loi de nombreuses pratiques du gouvernement en matière d\u2019offre de services en français.Elle précise que ces services doivent être «manifestes », « facilement disponibles et accessibles » et « de qualité comparable à ceux of ferts en anglais », et ce, pour toutes les institutions publiques manitobaines, des ministères aux sociétés d\u2019État.On vise également une « augmentation graduelle de la gamme de services », et le gouvernement dévoilera sous peu le Conseil consultatif des affaires francophones qui sera chargé d\u2019examiner les plans de services en français que seront désormais tenus d\u2019élaborer ces organismes publics.La province se joint ainsi à plusieurs autres qui ont adopté des lois sur les services en français depuis le milieu des années 1980.Bouée de sauvetage « Le projet de loi oblige tout gouvernement à avoir un ministre responsable des Affaires francophones, qui est spécifiquement identifié comme un défenseur des francophones [dans l\u2019appareil gouvernemental]», a souligné par ailleurs dans un entretien au Devoir l\u2019ex-premier ministre néodémocrate du Manitoba, Greg Selinger, dont le gouvernement avait présenté un projet de loi à peu près identique avant sa défaite électorale, en avril.Pour l\u2019avocat spécialiste des droits linguistiques Mark Power, la loi 5 en dit long sur l\u2019évolution des mentalités envers le français à l\u2019échelle du pays.«Le fait qu\u2019un gouvernement, juste après les élections, prenne l\u2019initiative de mener à terme un projet initié par ses prédécesseurs, c\u2019est du jamais vu, au Manitoba ou ailleurs.Et ça montre à quel point le Manitoba a mûri.On voit une majorité anglophone de plus en plus francophile, qui n\u2019a plus peur de la francophonie et qui réalise, espérons-le pas trop tard, qu\u2019il faut prendre des mesures pour assurer sa pérennité » , précise le juriste, qui a croisé le fer avec de nombreux gouvernements pour faire reconnaître les droits des francophones en milieux minoritaires.Et puis après?Reste à savoir ce que changera, concrètement, dans le quotidien des Franco-Manito- bains, ce nouveau texte de loi.Le jeune réalisateur Gabriel Tougas aimerait bien le savoir.Les défis actuels que doivent affronter les Franco- Manitobains comme lui ne sont plus tant légaux ou juridiques que personnels, croit-il.« Il n\u2019y a plus d\u2019antagonisme humain, il y a juste de la fatigue et de l\u2019insécurité linguistique » \u2014 terme utilisé pour décrire le malaise vécu par cer tains francophones minoritaires à l\u2019idée d\u2019utiliser leur langue maternelle, de crainte qu\u2019elle soit imparfaite, notamment devant des locuteurs québécois \u2014, dit-il.La loi 5 désormais adoptée, il importe que la communauté francophone du Manitoba poursuive sa propre réflexion sur son avenir.« La communauté est en train d\u2019avoir cette discussion avec ses états généraux sur la francophonie manitobaine.Ce qui est fun à voir, c\u2019est que plusieurs des priorités de la loi 5 reflètent nos propres discussions », conclut le jeune documentariste.Le Devoir L\u2019épanouissement de la francophonie manitobaine La province des Prairies réhabilite le français, et sa communauté francophone, avec une nouvelle loi adoptée unanimement Pour caractériser sa francophonie, le Manitoba adopte, dans la loi 5, une définition qui dépasse le strict critère du français comme langue maternelle.À l\u2019instar de l\u2019Ontario, qui officialisait en 2009 une Définition inclusive de la francophonie (DIF), la province voisine considérera désormais comme francophone toute personne ayant «une affinité spéciale avec le français » ou qui s\u2019en « ser[t] couramment dans la vie quotidienne, même s\u2019il ne s\u2019agit pas de leur langue maternelle », ouvrant ainsi la porte à un élargissement possible de l\u2019offre de services en français qui tiendra compte de la nouvelle diversité culturelle, en raison notamment de l\u2019afflux important d\u2019immigrants ayant le français comme langue seconde ou tierce.Selon les données actuelles, le Manitoba compterait près de 50 000 francophones, soit environ 5 % de la population, et presque autant d\u2019anglophones en mesure de s\u2019exprimer en français.Une francophonie « inclusive » JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Je suis prêt à reconnaître qu\u2019il peut y avoir de la gentrification, dit le maire d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, mais il n\u2019y a pas eu une éviction massive des gens sur la base de la construction de condos.» J E A N N E C O R R I V E A U H ochelaga-Maisonneuve s\u2019embourgeoise et l\u2019érosion du parc de logements locatifs contribue à ce phénomène, reconnaît le maire Réal Ménard.Selon une étude dévoilée mardi, le quartier aurait perdu 835 logements au cours de la dernière décennie.Dans la foulée des actes de vandalisme sur venus en novembre 2013 et perpétrés pour dénoncer l\u2019embourgeoisement du quartier, le maire de l\u2019arrondissement de Mercier\u2013 Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, avait commandé une étude à l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS) sur l\u2019état du parc immobilier.Les chercheurs Gilles Sé- nécal et Nathalie Vachon ont donc épluché les rôles fonciers de 2003, de 2010 et de 2014 pour dégager des tendances.Ils ont ainsi obser vé que 3247 condominiums, ou copropriétés divises, s\u2019étaient ajoutés en dix ans et que ce type d\u2019habitation représentait 12 % des logements du quart ier.Et en recoupant certaines données, i ls ont pu conclure que les copropriétés indivises, une formule privilégiée pour faciliter l\u2019accès à la propriété, comptaient pour 3 % des logements.Les chercheurs ont aussi constaté une perte de 835 logements locatifs entre 2003 et 2014.«Ce résultat de 835 logements peut, à bien des égards, paraître faible si on considère que le quartier compte plus de 27 000 logements.Nous croyons, au contraire, qu\u2019il préfigure d\u2019un phénomène qui ira en s\u2019intensifiant », indiquent les chercheurs dans leur étude.De nouveaux résidants Ces changements, qui ont attiré entre 6000 et 7000 nouveaux résidants mieux nantis, ont eu un impact sur le quar tier.« La par ticularité dans notre quartier, c\u2019est que les premières générations de condos se sont sur tout faites dans d\u2019anciens bâtiments industriels, souligne Réal Mé- nard.Donc, je suis prêt à reconnaître qu\u2019il peut y avoir de la gentrification, mais il n\u2019y a pas eu une éviction massive des gens sur la base de la construction de condos.» Dans Le Plateau-Mont-Royal, les autorités estiment à 500 le nombre de logements locatifs qui disparaissent chaque année en raison, notamment, de la conversion de logements en copropriétés indivises, une manœuvre qui donne lieu à l\u2019expulsion de locataires.L\u2019explosion des valeurs foncières à Montréal contribue aussi à transformer des quartiers comme celui d\u2019Ho- chelaga-Maisonneuve et à faire bondir le prix des baux.L\u2019étude de l \u2019INRS rappelle que, dans ce quar tier, la valeur moyenne d\u2019un duplex est passée de 111 000 $ en 2003 à 368 000 $ en 2014.Réal Ménard entend poursuivre la réflexion sur le phénomène de la gentrification en organisant, en mai 2017, des « assises » sur cet enjeu.« On va essayer d\u2019analyser le phénomène à partir d\u2019études scientifiquement établies », a-t-il dit.Ainsi, l\u2019arrondissement compte trouver des solutions pour maintenir une mixité et un développement harmonieux et mieux connaître le profil des résidants qui se sont établis dans le quartier au cours de la dernière décennie.Des contextes différents Le conseiller Richard Ryan, dans Le Plateau-Mont-Royal, convient que le phénomène de la gentrification dif fère d\u2019un quartier montréalais à l\u2019autre.«Dans certains cas, la gentrification est un long continuum alors qu\u2019ailleurs, c\u2019est assez brusque, comme dans Saint- Henri.En l\u2019espace de quelques années, Saint-Henri a complètement changé de visage.» Selon lui, il faut travailler sur la création de logements abordables, mais aussi sur la préservation d\u2019espaces commerciaux à prix raisonnable et le maintien de lieux d\u2019emplois.Il cite l\u2019adoption d\u2019un règlement pour maintenir les ateliers d\u2019artistes dans le secteur Saint-Viateur Est.« Si on ne l\u2019avait pas fait, il n\u2019en resterait plus cinq ans plus tard, dit-il.La pression immobilière est telle qu\u2019on peut perdre la diversité dans le type d\u2019emploi.[\u2026] Il faut sor tir du marché du pied carré.» Rappelons qu\u2019en février dernier, Hochelaga-Maison- neuve avait été de nouveau le théâtre d\u2019actes de vandalisme.Puis, en mai, une trentaine de personnes masquées avaient fait irruption dans une épicerie fine du quar tier Saint- Henri, dans le Sud-Ouest, pour s\u2019emparer de produits sur les étagères et apposer des affiches dénonçant la gentrification du quartier.Le Devoir ÉTUDE Hochelaga-Maisonneuve s\u2019embourgeoise En 10 ans, 3247 condos se sont construits et 835 logements locatifs ont disparu A L I C I A C H A N G à Pasadena L a sonde spatiale américaine à énergie solaire Juno est parvenue à se placer en orbite autour de la planète Jupiter dans la nuit de mardi à mercredi.Les contrôleurs de la NASA ont annoncé que la sonde avait transmis des signaux radio, confirmant qu\u2019elle avait réussi à se placer en orbite autour de la plus grosse planète du système solaire, cinq ans après son décollage de la Terre et un voyage de quelque 2,8 milliards de kilomètres.« Nous y sommes.Nous sommes en orbite.Nous avons conquis Jupiter », a dit le scientifique en chef de la mission Juno, Scott Bolton.La manœuvre d\u2019inser tion dans l\u2019orbite était délicate.La sonde l \u2019a ef fectuée de manière entièrement autonome, sans l\u2019aide des contrôleurs de la NASA.La sonde avait pris au cours des dernières semaines plusieurs images de Jupiter et de ses lunes.Les scientifiques ont été surpris de voir que la deuxième lune en importance, Callisto, semble plus terne que ce à quoi ils s\u2019attendaient.La caméra de Juno et d\u2019autres apparei ls avaient été éteints à l\u2019approche de Jupiter et aucune image n\u2019a ensuite été disponible.Les scientifiques ont toutefois promis des clichés inédits après la mise en orbite, pendant cette mission de 20 mois et 1,1 milliard $US (1,4 milliard $CAN).Jupiter est un monde extrême, une gigantesque boule d\u2019hydrogène et d\u2019hélium, contrairement aux planètes telluriques comme la Terre, Mars et Vénus.La planète s\u2019est probablement formée lors des premiers instants du système solaire, après l\u2019apparition du Soleil.Percer les secrets de sa formation pourrait aider à mieux comprendre l\u2019évolution du système solaire.Nommée en l\u2019honneur de la femme de Jupiter, la sonde est seulement la deuxième à avoir été conçue pour étudier cette planète.La sonde Galilée, lancée en 1989, était restée en orbite autour de Jupiter pendant 14 ans et avait renvoyé des images splendides de la planète et de ses multiples lunes.Elle a découvert des signes d\u2019un océan ancien sous la surface glacée d\u2019Europa, ce qui en fait une cible de premier choix pour la recherche de vie loin de la Terre.Percer les secrets Juno tentera de percer l\u2019atmosphère nuageuse de Jupiter pour en car tographier l\u2019intérieur depuis sa position unique au-dessus des pôles.Elle voudra notamment savoir si la planète contient de l\u2019eau et si elle dispose d\u2019un cœur solide.Elle essaiera aussi de comprendre pourquoi les aurores boréales de Jupiter sont les plus lumineuses de tout le système solaire.« La mission de Juno est de regarder sous la surface, a expliqué M.Bolton.Il faut regarder à l\u2019intérieur, voir comment [la planète] est faite, en percer les véritables secrets.» Et puis il y a le mystère de la «Grande Tache rouge » ; de récentes observations du télescope spatial Hubble ont déterminé que ce monstre vieux de plusieurs siècles fond.Longue d\u2019environ 15 000 kilomètres et large d\u2019environ 12 000 kilomètres, la «Grande Tache rouge » est plus grosse que la Terre.Les appareils de Juno seront rallumés prochainement, mais la mission ne débutera véritablement qu\u2019au mois d\u2019août.La sonde devrait s\u2019approcher à 5000kilomètres des nuages de la géante gazeuse, soit plus près que toutes les autres missions, pour en mesurer la gravité et les champs magnétiques.Les ordinateurs et autres instruments électroniques de Juno sont cachés dans une voûte de titane qui devrait les protéger de radiations aussi puissantes que 100 millions de radiographies dentaires.Malgré tout, comme Galilée avant elle, la sonde plongera volontairement dans l\u2019atmosphère de Jupiter en 2018 pour éviter toute contamination accidentelle de ses lunes.Associated Press La sonde Juno s\u2019est placée en orbite autour de Jupiter EgyptAir : les pilotes essayaient d\u2019éteindre un incendie à bord Le Caire \u2014 L\u2019enregistreur de conversations de poste de pilotage du vol d\u2019EgyptAir qui s\u2019est abîmé dans la mer Méditerranée en mai révèle que les pilotes essayaient de maîtriser un incendie à bord.Des enquêteurs égyptiens ont révélé, sous le couvert de l\u2019anonymat, que ces enregistrements correspondent aux signes de chaleur, de flammes et de fumée détectés précédemment près d\u2019une salle de bain et du secteur de l\u2019avionique.L\u2019écrasement du vol entre Paris et Le Caire a coûté la vie aux 66 personnes qui se trouvaient à bord.Les pilotes n\u2019ont lancé aucun appel de détresse et aucun groupe n\u2019a revendiqué la destruction de l\u2019appareil.Les enquêteurs n\u2019écartent aucune hypothèse, y compris celle du terrorisme, puisqu\u2019il est très rare qu\u2019un incendie important se déclare à bord d\u2019un avion.Associated Press Les titanesques dépassements de coûts du projet de cimenterie de Ciment McInnis, en Gaspésie, ont de quoi inquiéter.Les contribuables québécois ont malgré eux investi massivement dans le projet et pourraient devoir encore ajouter de l\u2019argent.Une réédition partielle ou complète de la malheureuse aventure de la Gaspésia n\u2019est pas à exclure, d\u2019autant que les leçons qu\u2019on en avait tirées ont été ignorées.abord, les chiffres : entre 400 et 450 millions de dollars de dépassements de coûts ! L\u2019équivalent d\u2019un amphithéâtre de Québec.Comparable à ce que le Québec, sous dif férentes formes, a accordé en aide initiale à ce projet évalué au départ à 1 milliard de dollars.Les politiciens soutiennent qu\u2019il n\u2019y a pas de subventions comme telles, mais on nage ici dans l\u2019argent public : prêt de 250 millions par Investissement Québec (IQ).IQ y a ajouté une participation de 100 millions de dollars en capital-actions.En?n, la Caisse de dépôt et placement (CDPQ) l\u2019a imité.Dans une vidéo promotionnelle, il faut entendre le président- directeur général de Ciment McInnis, Christian Gagnon, soutenir qu\u2019une « équipe chevronnée», avec des « investisseurs chevronnés», s\u2019occupera de mener à bien ce projet.Quelques mois plus tard, on apprend, par le truchement du Globe and Mail, que les « chevronnés » ont laissé le plafond être défoncé.Comment expliquer l\u2019explosion des coûts ?Les réponses à cette question ont varié énormément.La poursuite du concurrent Lafarge ?Les exigences environnementales ?Les ajouts aux projets ?La porte-parole de Ciment McIn- nis en a fait rire plusieurs avec cette comparaison : «C\u2019est comme si, pendant la construction d\u2019une maison, on décidait d\u2019ajouter une salle de bains.Le projet devient plus cher.» Autre explication : l\u2019accélération des travaux visant à respecter l\u2019échéancier\u2026 Cela rappelle étrangement une maxime, placée en exergue du rapport Lesage de la commission d\u2019enquête sur le ?asco de la Gaspésia : «Précipitation est mère du regret.» Depuis le départ, en fait, on a le sentiment que ce projet sera source d\u2019énormément de regrets.Il fut annoncé par Pauline Ma- rois avec un électoralisme dégoulinant.Lors de la conférence de presse, elle avait af?rmé que la circonscription de Bonaventure avait fait «un très bon choix » aux élections précédentes.Car on pouvait constater, avec l\u2019aide à la cimenterie, « les résultats [\u2026] de ce choix »\u2026 Les Gaspésiens doivent voter du bon bord, on le sait.Puis, le gouvernement Couillard s\u2019est laissé convaincre que c\u2019était un bon projet.Il semble toujours prêt à aider Bombardier (dont un des administrateurs et actionnaires, en passant, est l\u2019ancien premier ministre libéral Daniel Johnson, qui fut entre autres maître de la transition entre les gouvernements Marois et Couillard).Et on sait que le PLQ rêve de reconquérir des circonscriptions dans la péninsule.Électoralisme\u2026 Autre fait transpartisan\u2026 et cocasse, la Coalition avenir Québec s\u2019opposait à l\u2019aide de l\u2019État à ce projet.«J\u2019aime bien les Gaspésiens, mais pas le gaspillage», s\u2019amusait à dire François Legault.Son ami et ancien député «économique» à la CAQ, Christian Dubé, ne ratait pas une occasion de critiquer cet engagement de l\u2019État, de dire que la Caisse risquait trop gros.En juillet 2014, à la Commission des ?nances publiques, il déplorait que le dossier ait été «quand même assez politisé».Or, c\u2019est M.Dubé, aujourd\u2019hui vice-président à la CDPQ, qui est chargé du dossier pour elle\u2026 C\u2019est lui qui, au- jourd\u2019hui, garantit que ce projet sera rentable, grâce au marché américain.Espérons-le.Pour l\u2019instant, il demeure un des projets industriels les plus polluants de l\u2019histoire du Québec.Et les autres cimenteries québécoises \u2014 qui fonctionnent à 60% \u2014 et des sénateurs américains y voient une concurrence déloyale.Ces derniers le contesteront-ils en vertu de l\u2019ALENA?C\u2019est un projet très risqué, dont ont rêvé jadis \u2014 on l\u2019a su à la commission Charbonneau \u2014 Michel Arsenault et l\u2019entrepreneur «controversé » Tony Accurso.Aurait-il vu le jour si certaines recommandations de la commission Lesage sur la Gaspésia avaient été appliquées ?Pensons à la recommandation 21 : « Qu\u2019un comité d\u2019experts indépendants [\u2026] soit constitué avant toute décision d\u2019injecter des fonds publics importants pour la réalisation d\u2019un grand projet.» Ou encore à la 5 : «Que la gestion des prêts consentis par IQ soit confiée à une institution financière non gouvernementale et que les rapports sur cette gestion soient accessibles au public.» On peut en douter\u2026 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S À propos de la nation : et si Trudeau avait raison ?Le mot «nation» n\u2019est pas des plus aisé à utiliser politiquement car il est polysémique et peut servir à désigner plusieurs types de groupes humains.Les nationalistes québécois sont montés aux barricades à la suite de la déclaration de Justin Trudeau lors de la fête du Canada parce qu\u2019il a dit qu\u2019il y avait une nation au Canada.Trudeau a utilisé le sens juridique du concept de nation, et non son sens sociologique dont se réclament les nationalistes québécois.Il emploie le mot «nation» pour désigner un ensemble de citoyens qui est titulaire de la souveraineté, ce qui est exact pour désigner le Canada qui est reconnu comme tel par les autres nations.Les nationalistes québécois soutiennent pour leur part que le Québec forme aussi une nation dans le cadre du Canada, mais il ne s\u2019agit pas du même type de nation ou du moins ce n\u2019est pas une nation au même titre que le Canada.Il s\u2019agit d\u2019une nation virtuelle et qui ne le deviendra de plein droit que lorsque les Québécois décideront de sortir du Canada et de devenir à leur tour souverains.Les nationalistes entretiennent l\u2019ambiguïté et semblent vouloir jouer sur deux tableaux en revendiquant une double identité : canadienne et québécoise.L I B R E O P I N I O N T E X T E C O L L E C T I F * L e Devoir a publié le 6 juin un article intitulé «La garde partagée sous toutes ses formes est en train de devenir la nouvelle norme», suivi, le 16 juin, d\u2019une réplique : «Des enfants rendus vulnérables ?» En tant que chercheurs s\u2019intéressant aux transitions familiales associées à la séparation des parents, nous souhaitons réagir à ces deux textes en rétablissant quelques faits concernant la garde partagée.Les lecteurs des textes susmentionnés pourraient être tentés de conclure que la garde partagée constitue la nouvelle norme en matière de partage du temps parental après une séparation.Or, les données révèlent un portrait beaucoup plus nuancé de la réalité des familles séparées.Rappelons que malgré l\u2019augmentation considérable de l\u2019octroi de la garde partagée, cette modalité représente, dans les faits, moins de 30 % des ordonnances de garde au Québec.De plus, il faut rappeler qu\u2019au-delà des ordonnances de garde, il y a les modalités de garde telles qu\u2019appliquées dans la « vraie vie ».À ce propos, les données disponibles montrent également qu\u2019une minorité de jeunes Québécois partagent de façon équivalente leur temps de résidence chez leurs deux parents après la séparation.Lorsque la question de la garde d\u2019un enfant est en litige devant les tribunaux, le seul critère applicable est celui de l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant.Il n\u2019existe donc pas, au Québec et au Canada, de présomption légale de garde partagée.Les quelques analyses de la jurisprudence qui se sont penchées sur les décisions des tribunaux montrent que l\u2019octroi d\u2019une garde partagée est balisé par des critères précis (par exemple, la proximité des résidences et la capacité des parents à communiquer) et que d\u2019autres principes que l\u2019accès maximal aux deux parents sont aussi considérés, notamment la stabilité de l\u2019enfant et les compétences parentales.Un sondage d\u2019opinion réalisé auprès d\u2019un échantillon représentatif de Québécois et Québécoises indique que la garde partagée d\u2019enfants âgés de trois ans et plus est perçue comme la meilleure modalité de garde après une séparation.Or cela ne se traduit pas, sur le plan populationnel, par des choix individuels et familiaux allant dans le sens de cet idéal.Si les raisons de ce paradoxe sont mal connues, nous posons l\u2019hypothèse que la garde partagée comporte des exigences coparentales, pratiques et économiques qui ne sont pas à la portée de nombreuses familles.En appui à cette hypothèse, des données montrent que les parents séparés qui choisissent la garde partagée sont en général plus scolarisés, plus à l\u2019aise financièrement et moins en conflit que ceux qui optent pour la garde exclusive.Les inquiétudes exprimées par Maude Mar- quis-Bissonnette dans une lettre d\u2019opinion intitulée « Des enfants rendus vulnérables ?» à propos du traitement des litiges entourant la garde dans un contexte de violence conjugale ont le mérite d\u2019attirer notre attention sur des enfants qui ont un besoin impérieux de plans parentaux sécuritaires et taillés sur mesure.Il nous apparaît cependant prématuré d\u2019affirmer, comme le fait l\u2019auteure, qu\u2019il y a une « quasi totale absence de mécanismes pour reconnaître ces cas de violence conjugale et la volonté délibérée d\u2019ignorer ces situations ».L\u2019existence même des ressources de super vision des droits d\u2019accès au Québec témoigne à tout le moins d\u2019une sensibilité de la Cour aux situations qui compromettent la sécurité des enfants ou celle de leurs parents.Il demeure cependant légitime de se demander si les dispositifs visant la protection des enfants dont la garde est disputée sont suffisants, si les allégations de violence conjugale sont examinées avec toute l\u2019attention qu\u2019elles requièrent et si la garde partagée est fréquemment imposée par la Cour dans un contexte de violence conjugale.La recherche n\u2019apporte actuellement que des réponses très partielles à ces questions.Par ailleurs, il est à notre avis un peu court d\u2019af firmer que « très peu de recherches ont été conduites sur l\u2019ef fet d\u2019une garde partagée sur les enfants », alors que 21 études sur ce sujet ont été recensées entre les années 2000 et 2015.Le constat général qui en ressor t est que ces jeunes vont aussi bien, voire mieux, que ceux en garde exclusive.De plus, ils entretiennent des relations plus positives avec leur père et la relation entre les parents est plus coopérative, ce qui a en soi des bienfaits, au-delà du mode de garde.Il serait dans les faits plus juste de dire que certaines populations ont été sous-étu- diées : celle formée des familles qui vivent une garde par tagée imposée par un tribunal ou comportant de très jeunes enfants.Il va donc de soi que l\u2019état de la recherche ne nous permet pas de statuer sur les bienfaits, l\u2019innocuité ou les dangers potentiels de la garde partagée dans ces cas précis.En somme, bien des questions demeurent sans réponses.Puisque la société continue d\u2019avancer malgré la lenteur obligée de la recherche, il est tentant, voire parfois nécessaire, de combler le manque de connaissances par des opinions.Nous avons souhaité ici rappeler ce que les études dans ce domaine permettent d\u2019avancer, car il y a un risque réel à faire dire à la recherche ce qu\u2019elle ne dit pas.Ont signé ce texte : Élisabeth Godbout (Université de Toronto), Marie-Christine Saint-Jacques (Université Laval), Amandine Baude (Université Laval), Michael Saini (Université de Toronto), Tamarha Pierce (Université Laval), chercheurs au Partenariat de recherche sur la séparation parentale et la recomposition familiale.Garde partagée : ce que la recherche dit\u2026 et ne dit pas FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Il est intéressant de comparer la prose du 1er juillet avec le discours prononcé par Trudeau à l\u2019occasion du 24 juin.Le premier ministre canadien entretient lui aussi l\u2019ambiguïté, car il ne nie pas une forme de spécificité québécoise dans la mesure où il parle de la fête nationale du Québec, en y associant aussi la fête de la Saint-Jean-Baptiste pour inclure les Canadiens français dans ses vœux.En plus, il reconnaît explicitement que les Québécois forment un peuple : « Aujourd\u2019hui, à l\u2019occasion de la Fête nationale du Québec, nous célébrons l\u2019histoire dynamique du Québec, ainsi que la culture et l\u2019identité uniques de son peuple.» Quand un peuple devient-il une nation ?Quand il est titulaire de sa pleine souveraineté.Trudeau ne reconnaît-il pas implicitement que si les Québécois veulent être une nation, ils n\u2019ont qu\u2019à le décider ?Tant qu\u2019ils ne le feront pas, ils font partie de la nation canadienne.Son message est clair et plus cohérent que celui des nationalistes.Denis Monière Le 5 juillet 2016 costi est inacceptable, inadmissible.Comment des gouvernements peuvent- ils autoriser une telle situation quand l\u2019eau est l\u2019élément le plus essentiel à la vie alors qu\u2019on en retirera une quantité astronomique ?Des millions sinon des milliards d\u2019êtres humains sur la planète peinent chaque jour à s\u2019enquérir d\u2019eau potable afin de survivre.C\u2019est une aberration et d\u2019un mépris inimaginable pour tous les citoyens ; on impose des règlements pour l\u2019utilisation de l\u2019eau dans les municipalités et ces maniaques du profit qu\u2019est Pétrolia osent en faire fi à la face des citoyens et des autorités pour retirer cette précieuse ressource.Cette farce a assez duré et Pétrolia doit quitter l\u2019île Anticosti.Ils ont à peine commencé leur projet d\u2019exploration que déjà le grabuge est amorcé.Je n\u2019ose même pas imaginer la destruction de cette ressource si l\u2019exploitation du pétrole d\u2019Anticosti a lieu.Pendant ce temps, nos gouver ne- ments se pavanent en nous fa isant croire qu\u2019ils sont les grands défenseurs de l\u2019environnement, alors qu\u2019avec ces faits, i ls nous démontrent qu\u2019il n\u2019en est rien.Monsieur Heur tel , la por te ! Ça presse ! Jacques Sideleau Montréal, le 4 juillet 2016 Inacceptables forages à Anticosti Le prélèvement de millions de litres d\u2019eau aux fins d\u2019exploration a l\u2019île Anti- D\u2019 COÛTS DE LA CIMENTERIE DE PORT-DANIEL Cimenterie et « menteries » ANTOINE ROBITAILLE L\u2019octroi de la garde partagée représente moins de 30 % des ordonnances de garde au Québec L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.A L A I N N A U D Médecin au CHU de Québec \u2014 Université Laval onsieur le Ministre de la Santé et des Ser vices sociaux du Québec, Gaétan Barrette,de récents reportages ont permis de mettre au jour l\u2019existence dans cer tains établissements publ ics de pol i - tiques internes en contravention de la loi 2 et susceptibles d\u2019entraver sérieusement les droits constitutionnels des malades d\u2019avoir recours à l\u2019aide médicale à mourir (AMM).De sérieux doutes planent actuellement sur de potentielles actions délibérées visant à en restreindre l\u2019accès.Je vous demande respectueusement de mettre en place dès maintenant des mécanismes formels et permanents d\u2019évaluation de toutes les demandes, autant passées qu\u2019à venir, d\u2019AMM qui ont été retirées ainsi que celles qui n\u2019ont pas abouti à la procédure réclamée par les malades.Un récent reportage du Devoir révélait que le tiers des demandes d\u2019AMM n\u2019ont pas été administrées, soit parce que le malade a retiré sa demande, soit parce qu\u2019il est décédé ou est devenu inapte à consentir avant la procédure.Le Devoir dévoilait aussi récemment l\u2019existence de contraintes importantes à l\u2019accès à l\u2019AMM au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), en totale violation de la loi.Nous apprenions du même souffle qu\u2019au Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM), seul un médecin pouvait agir comme témoin à la signature d\u2019une demande d\u2019AMM par un malade, aussi en flagrante transgression de la loi.Il est permis de se demander quels objectifs et intérêts ser vaient ces politiques internes contraires à la loi, puisqu\u2019à l\u2019évidence elles ne servaient pas les intérêts des malades.Il y a là un risque potentiel mais important de dérapages qui ne peut être ignoré.La loi statue clairement qu\u2019un malade qui formule une demande d\u2019AMM doit le faire de façon éclairée et libre de toute contrainte extérieure.Il doit en être de même pour ceux qui désirent après coup résilier une demande.Concernant les malades qui ont retiré leurs demandes formelles, de quelle façon s\u2019assure-t- on présentement qu\u2019ils l\u2019ont fait de façon libre et éclairée, et non pas sous la contrainte de soignants ou d\u2019autres personnes voulant imposer leurs propres croyances et convictions ?Comment s\u2019assure-t-on que ces malades n\u2019ont pas annulé leur demande à la suite de la transmission, intentionnelle ou non, d\u2019informations erronées sur l\u2019admissiblité et les critères requis, notamment sur celui de fin de vie ?Par exemple, un malade à qui on aurait dit qu\u2019il deviendrait admissible seulement dans sa dernière semaine (ou dernier mois) de vie ?Rappelons ici que l\u2019interprétation du Collège des médecins du Québec de ce critère précis veut que la fin de vie soit comprise dans un espace temporel allant jusqu\u2019à douze mois.Concernant les demandes qui n\u2019ont pas abouti à la procédure souhaitée par le malade, y a-t-il des cas où le malade est décédé ou est devenu inapte à consentir trois ou quatre semaines après avoir signé sa demande officielle parce que celle-ci n\u2019avait pas encore été évaluée ?Ou parce que le deuxième avis médical n\u2019avait toujours pas été produit ?Ou encore parce qu\u2019on lui aurait imposé un délai d\u2019attente de trois semaines entre l\u2019acceptation et la procédure, en violation totale de la loi québécoise qui n\u2019impose aucun délai minimal ?Ou parce qu\u2019on lui aurait imposé d\u2019autres consultations ou contraintes administratives non requises par la loi ?Bref, est-il possible que des délais aient été imposés volontairement à ces malades souffrants en espérant qu\u2019ils changent d\u2019idée, deviennent inaptes ou décèdent entre-temps?Y aurait-il des malades dans ces établissements (ou ailleurs au Québec) qui auraient souhaité recourir à l\u2019AMM et qui ont été découragés de signer une demande of ficielle sur la base de telles politiques internes qui ne respectaient pas la loi, d\u2019interventions directes d\u2019individus, ou sur la foi d\u2019informations inexactes qui leur ont été transmises?On ne doit pas se contenter de constater que le tiers des demandes formulées n\u2019ont pas été administrées.Il m\u2019apparaît urgent d\u2019en connaître les raisons détaillées.Un doute s\u2019est installé, à savoir qu\u2019on aurait pu refuser à certains malades souffrants en fin de vie un soin légitime en leur niant le droit de recourir à l\u2019AMM.Et ce doute doit être dissipé.Tous les médecins ont des obligations professionnelles et déontologiques et doivent répondre de leurs actes, pas seulement ceux qui participent à l\u2019AMM.De même, tous les établissements publics de la province sont obligés d\u2019offrir l\u2019AMM et de se conformer à la loi à cet égard.N\u2019y aurait-il pas lieu de confier à la Commission des soins de fin de vie, aux Conseils de médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) et au Collège de médecins du Québec (CMQ) le mandat de procéder à l\u2019étude détaillée de tous les cas d\u2019AMM non administrées?L\u2019examen des causes et circonstances devra forcément inclure une validation auprès des proches de ces malades puisqu\u2019ils ne sont plus là pour en témoigner.Rappelons enfin que toutes les procédures d\u2019AMM administrées font l\u2019objet d\u2019une déclaration obligatoire à la commission ainsi qu\u2019aux CMDP des établissements, dans les 10 jours de la procédure, au moyen d\u2019un formulaire de neuf pages qui requiert environ deux heures pour être rempli.Tous les cas de refus ou de non- administration ne font actuellement l\u2019objet d\u2019aucune étude ou déclaration.Sans compter la possibilité, en amont, que cer tains malades aient été découragés, délibérément ou non, de présenter une demande écrite.Depuis de nombreuses années, les opposants à l\u2019AMM invoquent les risques de dérapages avec l\u2019AMM.Et si les réels dérapages étaient plutôt liés aux actions de ceux-là visant à restreindre délibérément l\u2019accès des malades à ce soin légitime, qui est aussi pour eux un droit constitutionnel?Ces doutes doivent être rapidement dissipés.Il en va, Monsieur le Ministre, de la crédibilité du processus, de la qualité des soins dispensés dans nos établissements publics et du respect absolu des droits fondamentaux de ces malades vulnérables qui sont souffrants et en fin de vie.AIDE MÉDICALE À MOURIR Le vrai dérapage ?La multiplication des obstacles.J A C Q U E S L É T O U R N E A U Président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) es Québécoises et les Québéco is n\u2019ont aucune ra ison de se ré - jouir du prévisible surplus budgétaire record de 1,7 milliard de dollars engrangés durant l\u2019année financière 2015-2016.C\u2019est sans compter la somme de 1,5 milliard versée au Fonds des générations.Le vrai record, c\u2019est que la population est tarifée plus que jamais tout en subissant des coupes records dans les services publics.Demandez aux familles qui confient leurs enfants aux CPE et qui ont vu leur facture exploser en produisant leur dernière déclaration de revenus, si c\u2019est une bonne nouvelle.Expliquez aux parents qui voient l\u2019aide diminuer de jour en jour dans les écoles pour leurs enfants en difficulté, que ce surplus est souhaitable.Convainquez les personnes malades ou âgées en CHSLD qu\u2019un bain par semaine et moins de fruits et légumes frais, c\u2019est une bonne décision\u2026 Les exemples concrets de l\u2019austérité sauvage pour en arriver à ce surplus gênant se multiplient depuis l\u2019élection des libéraux de Philippe Couillard.Pas de quoi pavoiser.Le surplus se fait sur le dos des citoyennes et des citoyens.Le Fonds des générations, ou taxer l\u2019avenir Visiblement, le gouvernement Couillard choisit d\u2019engranger des sommes colossales alors que la population manque de ser vices pourtant jugés essentiels et que l\u2019économie a grandement besoin d\u2019un électrochoc.Le gouvernement choisit de verser le surplus au Fonds des générations, au nom des générations futures, justement .Ce sont pour tant ces mêmes fu - turs adul tes qu i sont pr ivés , dès maintenant et quotidiennement, des ser vices auxquels ils ont droit dans le Québec qu\u2019on s\u2019est donné.C\u2019est une drôle de manière de voir l \u2019équité entre les générations.Nous ne sommes pas dupes .L\u2019objectif véritable de ce gouvernement est de ratat iner l \u2019État dans un dessein purement idéologique.Pourtant, durant la campagne électorale du printemps 2014, les libéraux n\u2019ont jamais annoncé aux électrices et aux électeurs qu\u2019ils visaient le démantèlement de l\u2019État québécois.Alors que de plus en plus d\u2019instances (FMI, OCDE) reconnaissent l\u2019impor tance des mesures d\u2019austér ité dans les cr ises actuelles, le gouvernement de Philippe Couillard continue de faire la sourde oreille.D\u2019autres choix sont possibles.Dans la conjoncture trouble que le Québec vit, suspendre les versements au Fonds des générations et investir massivement dans nos ser vices publics serait un geste responsable et raisonnable.FINANCES PUBLIQUES DU QUÉBEC Des surplus records, mais à quel prix ?E n 2015, le gouvernement français invitait le milieu de la restauration parisienne à plus de civilité.L\u2019air bête de ses garçons de table étant devenu aussi imperméable que leurs fameux tabliers, il fallait intervenir.La campagne a porté ses fruits et on peut aujourd\u2019hui dîner à Paris sans, du même coup, cultiver un complexe d\u2019infériorité.Peut-être le gouvernement québécois devrait- il émuler le geste pour ce qui est des immigrants?Un reportage de Danny Braun à l\u2019émission Désautels le dimanche souligne à gros traits ce qu\u2019un rapport de l\u2019OCDE effleurait récemment : le Québec peine à garder ses immigrants, même francophones.« Beaucoup quittent la Belle Province faute de trouver un travail, une situation et une culture qui les intègrent.» On parle ici de personnes sélectionnées après un long et fastidieux exercice par le gouvernement du Québec.Des personnes éduquées, choisies en fonction des besoins du marché, des personnes triées sur le volet qui ne demandent que ça : travailler.Jusqu\u2019à 25 % de ces per- sonnes-là partent pour l\u2019Ontario (en majorité) après un ou deux ans passés ici.« J\u2019aurais mieux fait de me diriger tout de suite en Ontario», dit le Camerounais Patrick Bertholin, qui a tenté sa chance d\u2019abord à Montréal, ensuite à Gatineau, pour enfin se retrouver à Mississauga, en banlieue de Toronto.« Le gouvernement québécois devrait réaliser qu\u2019il y a un problème.» Et comment.Quand ces immigrants soigneusement sélectionnés parlent français, par-dessus le marché, il faut se poser des questions.Qu\u2019y a-t-il à Toronto qu\u2019il n\u2019y a pas à Montréal?Qu\u2019est-ce qui explique, surtout, que le taux de chômage des immigrants torontois s\u2019estompe après 10 ans, devenant à peu près égal à celui des Canadiens de souche, mais pas à Montréal?Dans le reportage, l\u2019Ivoirien Gérard Kouassi parle de deux catégories de gens : « les Québécois et les autres ».La Française Marine Sibileau renchérit : «Il y a un regard un peu plus accusateur au Québec.» Est-ce à dire que Montréal est plus raciste, plus xénophobe que Toronto?Pour avoir vécu six ans là-bas, je n\u2019y crois pas pour deux secondes, bien qu\u2019il soit vrai qu\u2019on y trouve beaucoup plus de gens de dif férentes origines, pas seulement dans la rue mais également au Toronto Star et à la CBC.La V ille reine, morne et sans relief il y a à peine 30 ans, s\u2019est trouvé une personnalité, voire une identité, en ouvrant grand les bras à l\u2019immigration.Devenue aujourd\u2019hui une des villes les plus multiculturelles au monde \u2014 près de la moitié de ses habitants sont nés ailleurs \u2014, c\u2019est à elle qu\u2019on pense quand Justin Trudeau s\u2019épanche sur la diversité canadienne.Montréal, elle, a une tout autre personnalité.Comme l\u2019ensemble du Québec, sa force c\u2019est son histoire, sa langue et sa culture.C\u2019est son côté latin, un peu échevelé, qui fait qu\u2019elle vous saute dans les bras alors que Toronto, malgré son étonnante diversité, demeure toujours un peu retenue, froide, toujours un peu WASP (white anglo- saxon protestant).C\u2019est cruel à dire, mais ce qui précisément rend le Québec plus intéressant, culturellement parlant, toutes ces questions iden- titaires combien essentielles mais aussi, combien compliquées, militent contre nous pour ce qui est de l\u2019intégration immigrante.Mme Sibileau ne s\u2019y est pas trompée : «Au Québec, les gens sont toujours sur la défensive pour la protection de la langue.C\u2019est bien, mais il y a une carapace dure à percer.On laisse moins entrer d\u2019autres cultures.» On peut même se demander si ce repli sur soi n\u2019explique pas également ce que l\u2019OCDE établit comme le « paradoxe » montréalais.Pourtant jeune, universitaire et culturellement vivante, la ville traîne de la patte pour ce qui est de la création d\u2019emplois.Nous donnons trop dans de «petites entreprises peu innovantes tournées exclusivement vers le marché local», dit le rapport.Pour des raisons identitaires, on est davantage intéressé par son nombril à Montréal qu\u2019on l\u2019est à Toronto.Les Ontariens ne sont pas plus vertueux, ouverts ou tolérants pour autant.Seulement, l\u2019immigration leur a donné quelque chose plutôt que de leur enlever, a ajouté à leur réalité plutôt que d\u2019y soustraire, comme c\u2019est trop souvent perçu au Québec.À l\u2019instar de la France, le gouvernement a donc toute une campagne de sensibilisation à faire pour percer cette « carapace », pour amadouer les peurs et les appréhensions vis-à-vis de l\u2019étranger.Si c\u2019est possible de se faire servir une blanquette de veau avec un sourire à Paris, il doit bien être possible d\u2019être Québécois sans froncer les sourcils face à l\u2019Autre.fpelletier@leveoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 L\u2019accommodement raisonnable FRANCINE PELLETIER ISTOCK On ne doit pas se contenter de constater que le tiers des demandes formulées n\u2019ont pas été administrées.Il est urgent d\u2019en connaître les raisons détaillées.Pourtant jeune, universitaire et culturellement vivante, Montréal traîne de la patte pour ce qui est de la création d\u2019emplois L M L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 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arrive!» Dans les pharmacies La vente doit se faire dans les pharmacies, nerf de la guerre contre le marché noir avec son chiffre d\u2019affaires annuel d\u2019une quarantaine de millions de dollars.Elle est annoncée tous les mois pour être chaque fois différée.Mais cette fois semble la bonne et elle devrait commencer ces jours-ci dans une cinquantaine de farmacias.Pourquoi si peu de pharmacies?L\u2019Uruguay en compte tout de même 1200.«Les pharmacies ont peur d\u2019être dévalisées!» croit Julián González Guyer, professeur à la Faculté des sciences sociales de l\u2019Université de Montevideo.L\u2019ancien guérillero des Tupamaros (extrême gauche), jeté au cachot pendant sept ans sous la dictature (1973- 1985), jure ne pas fumer.Comme d\u2019ailleurs José « Pépé » Mujica, l\u2019ex-président (2010- 2015) qui a fait voter la loi 19.172 pour couper l\u2019herbe sous le pied des narcotrafiquants.« Pépé » a aussi été emprisonné et torturé, « mais pas dans la même cellule que moi», précise Guyer, 67 ans, avec un timide sourire.C\u2019est également pour des raisons d\u2019éthique professionnelle que la grande majorité des pharmacies hésitent à mettre sur leurs rayons la drogue la plus consommée au monde.En vendre, c\u2019est comme offrir du tabac ou de l\u2019alcool, déclare une employée d\u2019une succursale de Farmashop, qui en compte 92 en Uruguay.«Le faire pour des raisons médicales passe encore, mais le cannabis récréatif, non », soutient Zuella Porido.Comme le rappelle Jorge Suárez, président du Centre des pharmacies de l\u2019Uruguay, «une pharmacie c\u2019est pour guérir, pas pour rendre malade».Pour le professeur Guyer, l\u2019opposition vient surtout de l\u2019extérieur de Montevideo.«Dans les petites villes, les pharmaciens se disent: \u201cQue vont penser mes clients si moi, je me mets à vendre de la drogue?\u201d» De manière générale, au moins 60 % des Uruguayens s\u2019opposent encore à la «régulation » de la marijuana, comme d\u2019ailleurs l\u2019actuel président de gauche, Tabaré Vázquez, un cancérologue de 76 ans qui, lors de son précédent mandat (2005-2010), a fait de l\u2019Uruguay le premier pays latino- américain à bannir le tabac des lieux publics.Même s\u2019il juge «incroyable» la vente de cannabis dans les pharmacies, il a promis de ne pas abroger la loi du charismatique Mujica, surnommé « le président le plus pauvre du monde».«Pot» gouvernemental Le gouvernement est convaincu que les pharmacies finiront par accepter d\u2019en vendre.Elles devraient faire un profit de 30% sur chaque gramme vendu à 1,17$, prix jugé assez élevé pour ne pas encourager la consommation et assez bas pour concurrencer la marijuana de mauvaise qualité venant surtout du Paraguay voisin.C\u2019est sous strict contrôle de l\u2019État qu\u2019elles pourront stocker deux kilogrammes de cannabis dans leurs locaux et se réapprovisionner tous les 15 jours.Deux entreprises privées ont été choisies afin de produire entre six à dix tonnes d\u2019«herbe» par année sur une vingtaine d\u2019hectares.Aucune publicité ne sera permise et le gouvernement mènera des campagnes de prévention comme il l\u2019a fait pour la cigarette.À terme, la production devrait s\u2019élever à une vingtaine de tonnes annuellement pour satisfaire la demande.Pour l\u2019heure, les pharmacies vont offrir trois variétés, choisies par l\u2019État, avec différents niveaux de composés de psy- chotropes.Leurs noms ne sont pas encore connus.La vente de ce «cannabis gouvernemental» ne doit pas dépasser les 40 grammes (1,4 once) mensuellement par client.Il doit être âgé d\u2019au moins 18 ans et donner ses empreintes digitales par voie électronique.Pour éviter le « tourisme du cannabis », les étrangers ne pourront pas en acheter.En contrôlant le commerce de la «mari», qui représente 70% de la consommation de drogue en Uruguay, le gouvernement assure qu\u2019elle sera de meilleure qualité que sur le marché noir.«Sûrement, mais la production et la vente sont trop réglementées.La loi 19.172 avec ses nombreuses restrictions n\u2019est pas pratique», regrettent Ismaël, Joaquin et Carlos, satisfaits quand même de la légalisation du cannabis dans leur pays.Les trois fument ce qui reste de leur joint, sourient et remontent tranquillement l\u2019avenue du 18-Juillet, la grande artère de Montevideo.Collaboration spéciale Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CANNABIS accède à leur demande.Plusieurs établissements évoquent des cas de patients en état de delirium.Somme toute, ces situations totalisent pas moins de 14 % des demandes totales d\u2019aide à mourir.Pourquoi ces refus?Or, si la loi oblige la Commission sur les soins de fin de vie (CSFV) à examiner à la loupe chacun des rapports des médecins sur l\u2019aide à mourir pour s\u2019assurer que celle-ci a été accordée selon les conditions prévues par la loi, elle n\u2019oblige ni les médecins ni les établissements à faire rapport lorsque des cas d\u2019aide à mourir avortent en cours d\u2019évaluation ou sont refusés.Contactée mardi, la Commission sur les soins de fin de vie a confirmé qu\u2019elle ne peut se pencher d\u2019emblée sur les raisons et les circonstances de chacun des cas « non administrés », puisqu\u2019elle ne reçoit aucun formulaire ni information à cet effet.Comme le prévoit son mandat, elle se penche plutôt sur les rapports médicaux exigés dans chacun des cas d\u2019aide à mourir administrée.D\u2019ailleurs, la CSFV a écrit à de nombreux médecins ces dernières semaines, exigeant d\u2019eux de justifier par écrit pourquoi ils avaient jugé qu\u2019un patient était «en fin de vie» ou qu\u2019il n\u2019était pas «inapte à consentir».Pour certains médecins pratiquant l\u2019aide à mourir, cette façon de faire n\u2019a aucun sens si le but est de s\u2019assurer que les droits des patients sont respectés en toutes circonstances.Par son silence, la loi permet que subsiste une zone d\u2019ombre sur les demandes qui échouent en cours de processus ou qui font l\u2019objet d\u2019un refus.C\u2019est du moins ce qu\u2019estime le Dr Alain Naud, un médecin du CHU de Québec qui a reçu pas moins de sept ou huit lettres de la CSFV ces derniers mois.Dans un cas, on lui a demandé de préciser pourquoi il avait jugé un patient apte à consentir, et ce, même s\u2019il avait requis l\u2019opinion d\u2019un psychiatre et d\u2019un oncopsychiatre pour attester de la capacité d\u2019un patient à prendre une décision éclairée.«On s\u2019acharne sur les médecins qui par ticipent à rendre l\u2019aide à mourir accessible, mais s\u2019assure-t-on que des délais indus n\u2019ont pas été imposés aux patients qui sont mor ts ou devenus inaptes pendant qu\u2019on traitait leur demande?Comment s\u2019as- sure-t-on que ceux qui ont changé d\u2019avis l\u2019ont fait façon de façon libre?» soulève le Dr Naud.Dans une lettre publiée dans Le Devoir (page A 7), ce dernier demande au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de « mettre en place des mécanismes d\u2019évaluation pour toutes les demandes d\u2019aide à mourir», qu\u2019elles aient suivi ou non leurs cours.«Est-il possible que des délais aient été imposés volontairement à ces malades souffrants en espérant qu\u2019ils changent d\u2019idée, deviennent inaptes ou décèdent entre-temps?» souligne le médecin, qui s\u2019inquiète que le taux de demandes non administrées au Québec dépasse les 30 %.« À l\u2019heure actuelle, tous ces refus restent des statistiques anonymes.Je ne crois pas qu\u2019il faille sabler le champagne et dire: \u201cBravo, la loi comporte des garde-fous.\u201d Il faut se pencher sur les causes de ces taux de refus», ajoute le Dr Naud.Des chiffres qui parlent Selon une compilation de la totalité des rapports remis par les établissements du Québec réalisée par Le Devoir, 252 personnes ont réclamé l\u2019aide médicale à mourir depuis le 10 décembre dernier, et 166 l\u2019ont reçue.Dans près de 34% des cas, soit 85 patients, l\u2019aide médicale à mourir n\u2019a pas été administrée, ce qui confirme la tendance soulignée en juin dernier par Le Devoir, grâce à des données partielles.Dans 16 cas, les patients ont changé d\u2019idée en cours de processus, ce qui représente moins de 7% des demandes totales et un cinquième des demandes non administrées.Dans 27 cas seulement, soit près de 11% des demandes totales, il y a eu refus parce que les patients ne correspondaient pas aux critères de la loi.Rappelons que le patient doit être majeur, apte à consentir aux soins et être en fin de vie.Atteint d\u2019une maladie incurable et grave, le patient doit vivre un déclin «avancé et irréversible » de ses capacités et éprouver des « souf frances physiques ou psychiques constantes, insupportables et qui ne peuvent être apaisées dans des conditions jugées tolérables».Une demande marginale L\u2019analyse des rapports sur l\u2019aide à mourir révèle en outre que pendant la même période, 249 personnes ont reçu la séda- tion palliative terminale \u2014 une procédure qui plonge le patient dans un coma irréversible menant à la mor t \u2014, soit à peu près le même nombre que celles ayant requis l\u2019aide médicale à mourir.Somme toute, l\u2019aide à mourir demeure pour l \u2019instant marginale : elle ne compte que pour 0,6% du nombre total de soins palliatifs déclarés par les établissements dans ce premier rapport.Sur le total des décès prévus en six mois, l\u2019aide à mourir représenterait en fait moins de 5 décès sur 1000 pour l\u2019instant, si l\u2019on extrapole les données de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ) qui font état de 65 000 décès en 2015.Selon le ministère de la Santé, la proportion de demandes d\u2019aide à mourir compte pour environ 2 % des décès dans les pays qui ont adopté des lois autorisant ce soin de fin de vie.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MOURIR Motifs de refus de l\u2019aide à mourir Demandes d\u2019aide à mourir refusées ou acceptées survenant et CF-RCK.Le jeune acteur sera ensuite adopté par les « dames du Rideau vert », Yvette Brind\u2019Amour et Mercedes Palomino.Il incarne alors Frontin dans L\u2019heureux stratagème de Marivaux, y compris au théâtre Sarah-Bern- hardt de Paris, en 1964.Un héros C\u2019est après une tournée européenne, notamment avec des représentations à Paris et à Moscou, que Montmorency prend les traits colorés de Friponneau.C\u2019est là, dans La ribouldingue (1967-1971), aux côtés de Jean-Louis Millette, qu\u2019il devient le héros des enfants.Normand Brathwaite fait partie de ces enfants.Une dizaine d\u2019années plus tard, à peine sorti de l\u2019école, Brathwaite entame sa carrière dans Chez Denise, téléroman culte de Denise Filiatrault.Aux côtés de Montmorency.«C\u2019est bien frais dans ma mémoire.J\u2019étais très impressionné de me retrouver en compagnie d\u2019André, que je connaissais pour l\u2019avoir vu à la télé, confie l\u2019animateur de Belle et Bum.Je n\u2019ai que de bons souvenirs, parce que ce n\u2019était pas dur de travailler, c\u2019était plaisant.» Dans cette caricature campée dans un restaurant, Brathwaite incarne un plongeur noir, André Montmorency, un coiffeur gai.Deux véritables ovnis, qui s\u2019affrontent.Le jeune comédien apprend du talent d\u2019improvisateur de son vis-à-vis, ainsi que de sa grande franchise.« Si les gens sont tombés amoureux de Christian, es- time-t-il, c\u2019est parce qu\u2019il était sincère.Moi aussi, j\u2019étais une caricature, mais on croyait aux personnages.» Laurent McCutcheon, longtemps porte-parole de toute une communauté par son implication auprès de l\u2019organisme Gai écoute, considère André Montmorency comme un véritable pionnier.«Oui, son Christian était excentrique et ef féminé et donnait une image de l\u2019homosexualité qu\u2019on n\u2019aimait pas, mais il s\u2019agissait du premier gai au petit écran.Il fallait le faire, note-t- il.Avec lui, les homosexuels existaient.» Par la suite, Laurent McCutcheon a connu le vrai André Montmorency et le salue pour avoir affiché son orientation sexuelle sans gêne et «donné une image positive de l\u2019homosexualité».Son travail au micro lors de l\u2019émission culturelle Sor tie gaie (1998-2003) a aussi permis d\u2019abattre des murs, estime le militant, parce qu\u2019il donnait à la communauté gaie la possibilité de s\u2019exprimer.Le grand rôle d\u2019André Montmorency demeure celui de Monsieur Jourdain, joué entre 1987 et 1989.Le personnage central du Bourgeois gentilhomme, il l\u2019a incarné près de 200 fois, d\u2019abord au Trident à Québec, puis au Paul- Hébert de l\u2019île d\u2019Orléans, au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) à Montréal et au Centre national des arts à Ottawa.«C\u2019était une performance d\u2019acteur formidable», se souvient Loui Maufette, qui est arrivé au service de presse du TNM des années après.Le bourgeois gentilhomme, avec Montmorency dirigé par Guillermo de Andrea, est parmi les grands succès de la salle montréalaise.André Montmorency a une histoire d\u2019amour avec le TNM.Sa présence dans Le roi se meurt d\u2019Ionesco, sur cette scène, lui vaut le Prix la critique.« Je me souviens d\u2019André Montmorency dans ce rôle au TNM en 1988 [mise en scène de Jean-Pierre Ronfard], qui m\u2019avait arraché des larmes, émotion aggravée par le grotesque de son entourage», écrivait le critique Michel Vaïs, dans Jeu, en janvier 2013.Loui Maufette, lui, se souvient d\u2019André Montmorency comme d\u2019un grand homme de théâtre, et pas seulement pour son travail d\u2019interprétation.«On pense souvent à ses rôles, mais il était un très bon metteur en scène.Il y avait chez lui beaucoup de délire et d\u2019imagination », com- mente-t-il en citant Le malade imaginaire, de Molière, monté par Montmorency à la fin des années 1980.Auteur et peintre à ses heures, André Montmorency a aussi été présent au grand écran.En 1973, il est Sandra dans Il était une fois dans l\u2019Est, réalisé par André Brassard et coscé- narisé avec Michel Tremblay.Il fait des apparitions dans une variété de titres, notamment Ding et Dong : le film (Alain Chartrand, 1990), Histoires d\u2019hiver (François Bouvier, 1998) ou, son tout dernier, Mars et Avril (Martin Villeneuve, 2012).Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ORPHELINS SOURCE LES PAPARAZZI Une scène du Bourgeois gentilhomme présentée au TNM en 1989.Avec André Montmorency et Jean-Louis Roux.José Mujica "]
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