Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2016-07-11, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C V I I N o 1 5 3 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Tensions raciales aux États-Unis.Les manifestants se font entendre, le poing levé.Page A 3 Culture\u203a Festival international de jazz de Montréal.Le bilan en moments clés de nos journalistes.Page B 7 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Postes Canada retire son avis de lockout pour mieux négocier Page A 2 À la rencontre des rues et des boulevards, véritable squelette de la ville Page B 5 L\u2019espace de quelques semaines, Le Devoir troque le Point chaud pour la minisérie d\u2019été Mises aux points, portant sur les signes de ponctuation.Premier cas : le point-virgule, mal- aimé du système.Autrefois assez prisé par les écrivains, le doublé n\u2019a plus la cote.Ou n\u2019est-ce pas plutôt qu\u2019il ne se retrouve plus là où on l\u2019attend?MISES AUX P?INTS Vie et survie du point-virgule Au top 10 des signes de ponctuation, voici le dernier de la liste S T É P H A N E B A I L L A R G E O N I l n\u2019y a pas de journée mondiale de la ponctuation et c\u2019est bien injuste.Allons-y donc plutôt avec le 8 septembre, Journée internationale de l\u2019alphabétisation.À cette date symbolique l\u2019an dernier, Le Devoir publiait 51 textes, l\u2019équivalent d\u2019un petit livre, avec des milliers de mots et des dizaines de milliers de signes, et pour tant pas le moindre point-virgule.Ce jour-l, Le Monde publiait 97 textes.Le point-virgule y apparaît une dizaine de fois : dans un article sur la Mostra de Venise, il sert à diviser la présentation d\u2019acteurs par ordre de leur entrée en scène sur le tapis rouge du Lido ; dans un texte sur le design branché de Paris, il sépare les expositions présentées à la queue leu leu ; dans une analyse de la probable candidature de François Hollande à la présidentielle de 2017, le signe sépare les constats d\u2019un conseiller politique.Ce n\u2019est pas rien, c\u2019est même mieux que rien, mais ce n\u2019est pas beaucoup non plus.«L\u2019usage du point-virgule est en régression, et c\u2019est même un des signes de ponctuation les moins utilisés», dit au Devoir Olivier Houdart, réviseur au site le- monde.fr.Le constat était déjà dans son livre La ponctuation ou VOIR PAGE A 8 : POINTS B O R I S P R O U L X L a décision de la Cour suprême de limiter la durée des procès mettra de la pression sur le système de justice, qui devra trouver une manière de traiter les nouveaux dossiers au plus vite, sans quoi de possibles criminels pourraient passer dans les mailles du filet.De l\u2019avis de juristes appelés à commenter ce jugement très suivi, il est temps de repenser ce qui cloche dans le système.Désormais, chaque procès débutera avec une date de péremption qui, si dépassée sans justification, libérera les accusés.«Je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose», affirme Stéphane Beaulac, professeur titulaire à l\u2019Université de Montréal.De son avis, le jugement forcera l\u2019administration de la justice à plus de rigueur et d\u2019efficacité.Les futures causes échappées par des délais interminables mettront de la pression pour que soit amélioré le système.«Les procureurs vont peut-être demander à la ministre de la Justice [Stéphanie Vallée, au provincial] plus de moyens, plus de ressources.» La Cour suprême a tranché, vendredi, que l\u2019administration de la justice serait mieux servie en imposant des durées maximales aux procès.Sauf circonstances exceptionnelles, les procès devront durer au maximum 18 mois pour les causes entendues en cour provinciale, et 30 mois pour celles devant la Cour supérieure.Dans un jugement rendu à cinq juges contre quatre, le plus haut tribunal du pays, qui note une «culture de complaisance» dans l\u2019administration de la justice, DÉLAIS DE PROCÈS La justice québécoise sous pression Plus de moyens pourraient être nécessaires pour éviter la fin abrupte de procès MICHAEL SOHN ASSOCIATED PRESS L\u2019attaquant Éder (no 9) a marqué à la 109e minute, provoquant l\u2019euphorie de ses coéquipiers sur le terrain du Stade de France.J E A N D I O N A lors que l\u2019équipe du Portugal et lui-même connaissaient un début d\u2019Euro 2016 plutôt ordinaire, Cristiano Ronaldo a souligné que l\u2019important dans un tournoi de ce type consiste à monter en puissance et à se trouver à son apogée quand ça compte le plus.On peut tout perdre en phase préliminaire, mais on ne peut pas tout y gagner.Le capitaine de la Selecção a vu juste et, même si privés de ses propres services pour l\u2019essentiel du match, ses coéquipiers ont trouvé le moyen de serrer les coudes et de conquérir le titre de champions d\u2019Europe des nations avec une victoire de 1-0 contre la France après prolongation en grande finale dimanche au Stade de France.C\u2019est un but de l\u2019attaquant Éder \u2014 qui joue en club à Lille \u2014 à la 109e minute, en période supplémentaire, qui a dénoué l\u2019impasse dans une rencontre partagée où les quelques bonnes chances de marquer s\u2019étaient jusque-là butées soit à des gardiens vigilants, soit à un poteau ou à une barre transversale.Ou alors, les tirs manquaient de précision.D\u2019une vigoureuse frappe du pied droit d\u2019une vingtaine de mètres, le joueur originaire de la Gui- née-Bissau, qui inscrivait ainsi son tout premier filet EURO 2016 Le Portugal tient enfin un premier titre VOIR PAGE A 8 : JUSTICE VOIR PAGE A 8 : SOCCER P R O J E C T S E M I C O L O N .C O M Lire aussi \u203a Pendant que les Portugais célébraient à Lisbonne le sacre des leurs, les Français exprimaient leur frustration dans les rues de Paris.Page B 4 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 P ostes Canada a abandonné dimanche soir sa menace de lockout pour lundi.La société d\u2019État a retiré s o n a v i s d e l o c k o u t d e 72 heures lancé la semaine dernière.Elle a indiqué, par voie de communiqué, que « le service postal ne sera pas interrompu pendant que les pourparlers continuent ».La partie patronale pouvait légalement décréter un lockout de ses 50 000 employés syndiqués ce lundi, dès 0 h 01.Elle a dit s\u2019attendre à ce que « le syndicat respecte son intention, maintes fois répétée publiquement, de ne pas émettre d\u2019avis de grève ».Selon elle, « le fait d\u2019avoir l\u2019assurance des deux par ties que le système postal demeurera en fonction pendant que nous négocions fournira aux Canadiens et à nos employés la cer titude qu\u2019ils recherchent ».Intenses négociations La société et le syndicat sont engagés dans d\u2019intenses négociations supervisées par trois médiateurs du gouvernement fédéral.Malgré le refus du syndicat de se soumettre à une « trêve » de 30 jours de négociations intensives suivie d\u2019un arbitrage obligatoire, les deux par ties ont continué de négocier tout le week-end.François Senneville, directeur national pour le Québec hors Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, était au bureau dimanche.«On fait des allers-re- tours incessants à la table de négociations.On reste très tard le soir, on dort la nuit, et on recommence très tôt le matin.» Les discussions avancent bien, selon le syndicat, qui ne précise pas quels enjeux sont toujours litigieux.«On réussit à s\u2019entendre sur certains points.On est en train de trouver un terrain d\u2019entente pour les autres », résume François Senneville.Supervision du fédéral Plus tôt dimanche, la ministre de l\u2019Emploi, du Développement de la main-d\u2019œu- vre et du Travail, Mar yAnn Mihychuk, s\u2019était déclarée « très heureuse qu\u2019il y ait eu des développements et que des progrès soient réalisés à la table de négociations ».Par voie de communiqué, elle a encouragé les deux par ties à poursuivre les discussions au-delà du délai de préavis de lockout, retiré plus tard par Postes Canada.« Je continue à suivre la situation de près », concluait-elle.« Nous sommes très contents que la ministre soit impliquée dans la discussion », a noté François Senneville, du syndicat.«C\u2019est un bon message.» Aux deux médiatrices qui étaient déjà à la table de négociation depuis la fin du printemps s\u2019est ajouté un médiateur supplémentaire, début juillet.Avec La Presse canadienne Le Devoir Postes Canada retire son avis de lockout pour négocier RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Bombardier a jusqu\u2019ici deux commandes fermes pour des appareils CSeries (ci-dessus à l\u2019assemblage).L\u2019aide éventuelle d\u2019Ottawa pourrait servir à développer le marché, a dit Philippe Couillard, en visite au salon d\u2019aéronautique de Farnborough.A L E X A N D R E R O B I L L A R D à Farnborough L e soutien financier du gouvernement fédéral au programme d\u2019avion CSeries de Bombardier n\u2019est pas nécessaire dans l\u2019immédiat, a déclaré dimanche le premier ministre Philippe Couillard.M.Couillard a fait cette déclaration, au Royaume-Uni, peu après avoir participé à un vol du nouvel appareil CS100 de l\u2019entreprise, dont le gouvernement québécois est partenaire.«On a soutenu ça au moment où c\u2019était critique, au moment où c\u2019était nécessaire, au moment où l\u2019on avait besoin de notre manifestation d\u2019appui, a- t-il dit.Je suis très, très fier qu\u2019on l\u2019ait fait, tant mieux si Ottawa embarque avec nous, c\u2019est pour la flexibilité à plus long terme du programme.» À la veille de l\u2019ouverture du salon de l\u2019aéronautique de Farnborough, M.Couillard a répété que l\u2019aide financière d\u2019Ottawa est encore attendue p o u r d é v e l o p p e r l e p r o - gramme CSeries de Bombardier.« L\u2019aéronautique au Québec est ce que l\u2019automobile est en Ontario », a-t-il dit dans un point de presse.M.Couillard a cependant précisé que Bombardier, qui a bénéficié d\u2019une prise de participation de 1 milliard du gouvernement, a suffisamment de liquidités pour aller de l\u2019avant avec les commandes en cours.« À court terme, moyen terme, le programme est en voie, le pipeline de commandes est plein, a-t-il dit.Il y a des liquidités dans la compagnie, assez pour faire avancer le programme et pour remplir toutes les commandes qui sont actuellement devant nous.» M.Couillard a indiqué que du financement supplémentaire sera nécessaire plus tard dans le développement du programme.«Le financement supplémentaire sera nécessaire pour assurer plus de flexibilité à l\u2019avenir, dégager de nouveaux marchés, développer de nouveaux modèles, a-t-il dit.C\u2019est à Ottawa de prendre sa décision.Nous, on l\u2019a prise, la décision.Et si cette décision n\u2019avait pas été prise, on ne serait pas là aujourd\u2019hui.» Hommage de Bombardier L\u2019aide d\u2019Ottawa est attendue depuis des mois par le gouvernement du Québec et Bombardier, qui a réussi à conclure deux importants contrats avec Air Canada et Delta, depuis l\u2019annonce du partenariat avec le gouvernement québécois.Présent au salon britannique, le président et chef de la direction, Alain Bellemare, a rendu hommage à la décision du gouvernement québécois de prendre une participation de 49 % dans le programme de la CSeries.« Il y a un an, les gens se demandaient si le programme allait être là, a-t-il dit.Aujourd\u2019hui, on a un carnet de commandes qui va nous permettre une mise en production qui est exactement ce qu\u2019on avait prévu il y a un an.» M.Couillard a amorcé à Farnborough une mission européenne de près d\u2019une semaine, qui doit le mener également en Allemagne, où, après sa stratégie aéronautique, il fera la promotion de son plan de développement du secteur maritime au Québec.La Presse canadienne CSERIES Couillard juge que Bombardier peut se passer de l\u2019aide d\u2019Ottawa\u2026 pour l\u2019instant L E E B E R T H I A U M E à Kiev L e premier ministre Justin Trudeau signera, lundi, le tant attendu traité de libre- échange avec l\u2019Ukraine.Justin Trudeau est arrivé en Ukraine dimanche, après avoir fait une visite chargée d\u2019émotion au camp de concentration d\u2019Auschwitz-Birkenau, en Pologne (voir encadré).Après une première participation au sommet de l\u2019OTAN la semaine dernière, le premier ministre doit séjourner dans ce pays d\u2019Europe de l\u2019Est jusqu\u2019à mardi pour y rencontrer des leaders politiques et des groupes de la société civile.Avant son entretien avec le président ukrainien, Petro Porochenko, lundi, M.Trudeau visitera divers sites à travers la capitale où les forces nazies et soviétiques ont perpétré des atrocités au cours du XXe siècle.Sept ans plus tard C\u2019est le gouvernement de Stephen Harper qui avait amorcé les négociations pour un traité de libre-échange, en 2009.Elles se sont soldées par une impasse quatre ans plus tard, après l\u2019élection du président prorusse Viktor Ianouko- vitch.Les pourparlers ont repris après qu\u2019il a été écarté du pouvoir.Les retombées de l\u2019entente ne seront pas des plus considérables, mais les Ukrainiens espèrent que le traité attirera des investissements canadiens et sur tout, facilitera leur virage occidental.Après sa rencontre avec le président, Justin Trudeau se rendra à la place de l\u2019Indépendance, où les manifestations de 2014 ont contribué à la destitution de Viktor Ianoukovitch.Plus de 100 personnes y ont laissé leur vie lors d\u2019affrontements entre manifestants et policiers.M.Trudeau en profitera aussi pour encourager les ef for ts de réforme de l\u2019Ukraine et discuter de sa lutte contre la corruption.Dans un communiqué publié le 20 juin, le cabinet de M.Trudeau avait souligné que la visite du premier ministre vise à réitérer « l\u2019engagement de longue date et continu du Canada à l\u2019égard du peuple ukrainien et son soutien ferme en faveur de la souveraineté et de l\u2019intégrité territoriale de l\u2019Ukraine».Le Kremlin appuie les rebelles indépendantistes.La Russie a annexé la péninsule de la Crimée en 2014.Lors du sommet de l\u2019OTAN, vendredi dernier, le Canada a annoncé le déploiement de centaines de militaires en Lettonie, de même qu\u2019une frégate et jusqu\u2019à six avions de chasse ailleurs en Europe de l\u2019Est, en soutien à une mission de l\u2019OTAN.Les membres de l\u2019alliance cherchent à dissuader la Russie de tenter des agressions ou des intrusions dans les pays qui longent ses frontières à l\u2019ouest.La Presse canadienne Trudeau à Kiev pour parler libre-échange et démocratie Le premier ministre devrait signer cette semaine un très attendu traité de libre-échange avec l\u2019Ukraine Visite émotive à Auschwitz Cracovie \u2014 Le premier ministre Justin Trudeau a effectué une visite très émotive dimanche à l\u2019ancien camp de concentration nazi d\u2019Auschwitz, en Pologne.M.Trudeau a franchi les clôtures de fil barbelé pour explorer les chambres à gaz où plus d\u2019un million de personnes, en très grande majorité des Juifs, ont été tuées durant la Deuxième Guerre mondiale.Un survivant du camp, Nate Leipci- ger, 88 ans, qui vit à Toronto, l\u2019a accompagné durant ces trois heures.M.Leipciger racontait son expérience dans le camp, où il est arrivé en 1943, à l\u2019âge de 11 ans.Justin Trudeau n\u2019a pas pu retenir ses larmes devant la chambre où la mère et la sœur de M.Leipciger ont perdu la vie, il y a 70 ans.« Il a pleuré avec moi, a dit M.Leipciger.Il a partagé ses larmes avec moi.» M.Trudeau a laissé pour message dans le livre des visiteurs que « l\u2019humanité doit apprendre à aimer les différences» et que « la tolérance n\u2019est pas suffisante».L\u2019aide d\u2019Ottawa est attendue depuis des mois par le gouvernement du Québec et Bombardier Londres \u2014 Le centre d\u2019entretien que la compagnie Air Canada s\u2019est engagée à utiliser aura besoin de plus que les seuls appareils CSeries de Bombardier pour être rentable, a déclaré dimanche le président d\u2019une entreprise d\u2019outillage du secteur de l\u2019aéronautique.Éric Ledoux, qui dirige le Groupe DCM, croit qu\u2019il faudra élargir le bassin d\u2019appareils et de transporteurs qui seraient accueillis par l\u2019installation.M.Ledoux fait partie d\u2019une délégation de 33 entreprises québécoises qui accompagnent le premier ministre Philippe Couillard au salon de l\u2019aéronautique de Farnborough, dans la grande banlieue au sud-ouest de Londres.En échange de l\u2019abandon d\u2019une poursuite pour forcer Air Canada à maintenir à Montréal l\u2019entretien lourd de ses appareils, le gouvernement du Québec a obtenu l\u2019hiver dernier l\u2019engagement du transporteur de con?er ce travail à une installation montréalaise qui reste à créer.Dans les locaux de la Délégation générale du Québec à Londres, où il se trouvait dimanche avec d\u2019autres représentants d\u2019entreprises participant à la mission, M.Ledoux, dont la société vend notamment des pièces à Bombardier, a estimé qu\u2019il faudra plus que la clientèle d\u2019Air Canada seulement.«Avec seulement la Série C, non, ça prend un contexte un petit peu concurrentiel pour exporter ce savoir-faire dans plusieurs pays avec plusieurs plate- formes et plusieurs compagnies aériennes, pour éviter justement cette dépendance envers juste un opérateur ou un manufacturier», a-t-il dit.La CSeries est «un bon départ», mais il faut «d\u2019autres appareils, d\u2019autres transporteurs», a-t-il indiqué dans un point de presse.Entretien : les nouveaux Air Canada ne seront pas suf?sants ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau, à son arrivée à Kiev Demande d\u2019action collective Un retraité de Postes Canada, Réal Robillard, dépose une demande d\u2019action collective contre la société d\u2019État, car la couverture d\u2019assurances médicaments à laquelle ont droit les employés ne serait pas conforme aux exigences de la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ).Postes Canada affirme qu\u2019en tant que société fédérale, elle n\u2019a pas à se soumettre aux exigences provinciales.La poursuite affirme quant à elle que la société est tenue d\u2019appliquer les exigences des lois de compétence provinciale qui n\u2019entravent pas l\u2019application des lois fédérales.La RAMQ établit un plafond annuel qu\u2019un citoyen doit débourser pour ses médicaments.M.Robillard, qui souffre de la maladie de Parkinson, aurait payé des milliers de dollars en trop, selon la poursuite.M.Robillard cherche à obtenir un remboursement des sommes payées en trop pour les 25 000 travailleurs et retraités de Postes Canada qui auraient été affectés.Il demande aussi 2000 $ en dommages pour les employés.Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 M on auto m\u2019a lâché.J\u2019ai passé un moment à faire différentes manœuvres pour la ressusciter.Mais comme je ne suis pas du genre à croire aux miracles ni à me rendre aux dernières extrémités du bouche- à-bouche financier nécessaire pour réanimer un simple tas de ferraille, je l\u2019ai finalement laissée crever sur le bas-côté de la route.Je l\u2019ai même aidée un peu à mourir afin qu\u2019elle arrête de souffrir et de me pourrir la vie.Il a donc fallu en trouver une nouvelle.Pas une neuve, entendons-nous.Une nouvelle vieille.D\u2019un garage à l\u2019autre, en écoutant distraitement les beaux parleurs que sont les vendeurs, j\u2019avais en tête une nouvelle étude sur la protection offerte aux passagers d\u2019une automobile en cas d\u2019accident.Aux États-Unis, 1600 personnes sont mortes en 2014 alors qu\u2019elles étaient assises côté passager.Les assureurs ont essayé de comprendre pourquoi.Le Insurance Institute for Higway Safety, un centre de recherche financé par les compagnies d\u2019assurances, a simulé des accidents côté passager sur plusieurs véhicules.Selon le New York Times, les résultats montrent que des fabricants ont négligé d\u2019accroître la protection du passager au cours des dernières années pour se concentrer sur celle du conducteur, au prétexte que ce siège, lui, est toujours occupé lors d\u2019un accident.Pour être plus en sécurité, il s\u2019agit donc de circuler sans être accompagné.À en juger par les files d\u2019automobiles qui n\u2019ont pour seul passager que leur conducteur, on se demande d\u2019ailleurs pourquoi les constructeurs persistent encore à équiper leurs bagnoles de plus d\u2019un siège.Dans ce vaste trou noir qu\u2019est l\u2019univers de l\u2019automobile, j\u2019ai toujours préféré les voitures manuelles.À tort ou à raison, il me semble qu\u2019une boîte de vitesse manuelle m\u2019offre un peu plus de contrôle sur mon cheval d\u2019acier, tout en limitant quelque peu les frais nécessaires à épancher sa soif d\u2019essence.Mais moi qui ne suis pas un lecteur assidu du Guide de l\u2019auto, je découvre maintenant seulement que la plupart des fabricants ne proposent plus de boîte manuelle sur la plupart de leurs modèles.J\u2019ai demandé à Philippe Laguë, l\u2019ancien chroniqueur automobile du Devoir au- jourd\u2019hui à Radio Circulation, si j\u2019avais la berlue.Il me répond ceci : «Les boîtes manuelles sont en voie de disparition.Et c\u2019est encore plus vrai de ce côté-ci de l\u2019Atlantique.Le pourcentage des ventes des versions munies d\u2019une boîte manuelle est tellement faible en Amérique du Nord que certains constructeurs, asiatiques ou japonais, ne les exportent plus.» Et Laguë ajoute : « Même des voitures sport comme Porsche ne sont plus of fer tes avec une boîte manuelle.» Une déception pour moi qui avais toujours rêvé de m\u2019of frir une Porsche pour rouler sur les chemins en gravier défoncé de ma campagne adorée\u2026 Même les mirages de l\u2019automobile « sport » sont donc passés en mode automatique.Laguë dit au fond l\u2019essentiel en une formule : « Les Nord-Américains aiment se laisser conduire.» Sur les ondes de NPR, la radio nationale américaine, on dif fuse depuis 1977 Car Talk, une émission où les deux animateurs, les très amusants frères Magliozzi, se sont employés jusqu\u2019en 2012 à répondre aux questions du public.Depuis leur retraite, les vieilles émissions sont rediffusées.Quel intérêt y a-t-il à entendre parler d\u2019un Chevrolet Impala brun 1969 qui a cumulé trois fois le tour de la terre au compteur ?En écoutant ces reprises, on s\u2019aperçoit en fait qu\u2019il n\u2019est pas tant question de mécanique dans ces émissions que de traits communs à une société envisagés à partir de l\u2019observation de questions mécaniques.Oui, la voiture apparaît comme un formidable révélateur social.Où allons-nous désormais si on en juge par notre conduite ?C\u2019est bien le rêve automatisé de la Tesla qui triomphe, celui de la voiture pilotée en mode totalement autonome.Un rêve de luxe, rempli à ras bord d\u2019un alibi écologique, où notre rapport à l\u2019avenir est soumis à l\u2019obéissance enthousiaste à des règles qui sont déterminées sur un mode robotisé auquel on souscrit jusqu\u2019à en mourir.Nos choix collectifs sont de plus en plus guidés par un même type de pensée automate aux visées mécaniques.On veut que les autos se conduisent seules et que la société soit automatisée au nom de la rentabilité plutôt que gouvernée au nom de l\u2019humanité.Cela nous donne des projets de ports pétroliers le long du Saint-Lau- rent, de gros éléphants blancs édifiés au nom du ciment, des rivières à saumons asséchées par ceux qui ont soif de profit, une éducation réduite en bouillie, une aide aux démunis passée au tamis.Puisque tout cela va dans le sens des objectifs qui ont été assignés, qu\u2019importe alors de se retrouver tous à manger des patates en poudre?L\u2019automatisation de notre conduite culmi- nera-t-elle au point où des machines décideront des sacrifices que nous devons faire collectivement ?Peut-être que l\u2019ère de ces engins est déjà arrivée.Nous roulons en tout cas déjà à fond de train sur nos vies pour en arriver à obtenir à si grand prix un surplus budgétaire de 1,8 milliard de dollars.Il y a décidément quelque chose qui m\u2019échappe dans notre conduite, sur la route comme ailleurs.jfn@ledevoir.com La conduite JEAN-FRANÇOIS NADEAU Des fabricants ont négligé d\u2019accroître la protection du passager au cours des dernières années G U I L L A U M E L E V A S S E U R L a semaine meur trière s\u2019est close dimanche soir par d\u2019autres manifestations dans plusieurs villes à travers les États-Unis.Après une soirée mouvementée samedi, les policiers de Baton Rouge ont procédé dimanche à l\u2019arrestation d\u2019une douzaine de manifestants qui tentaient de s\u2019engager sur l\u2019autoroute dans la ville où Alton Sterling a été abattu par des policiers mardi.La veille, plus de 200 manifestants avaient été interpellés au pays \u2014 principalement à Baton Rouge et à St.Paul, au Minnesota, où un autre homme noir, Philando Castile, a été abattu mercredi.DeRay Mckesson, un militant impor tant du mouvement Black Lives Matter, fait partie des personnes interpellées samedi.Il diffusait en direct la manifestation lors de son arrestation.Selon les documents fournis par le shérif de East Baton Rouge, Mckesson aurait été arrêté pour avoir bloqué une autoroute.Il se serait placé sur la voie de circulation, malgré plusieurs avertissements préalables des policiers.Selon d\u2019autres militants, l\u2019activiste se trouvait sur l\u2019accotement au moment de son arrestation.Il a été relâché dimanche.À St.Paul, au Minnesota, les policiers ont ar rêté samedi près d\u2019une centaine de manifestants.Selon le StarTribune, un média local, environ la moitié des arrestations se sont produites lorsque des manifestants bloquaient une autoroute.Une vingtaine de policiers auraient été blessés par des projectiles ; aucune blessure grave n\u2019aurait été rapportée.De nouvelles informations concernant le tireur de Dallas ont par ail leurs été rendues publiques.Lors de son affrontement avec les policiers, Micah Johnson se serait mis à chanter et à tenir des propos décousus.L\u2019ex-mili- taire de 25 ans aurait également écrit les lettres « RB » avec son sang sur les murs du garage où il s\u2019était barricadé.Les policiers ne savent pour le moment pas ce que les lettres signifient.Le chef de police de Dallas, David Brown, a également justifié sur les ondes de CNN l\u2019utilisation d\u2019un robot armé d\u2019une charge explosive pour tuer Johnson.Il a affirmé avoir pris cette décision parce que les négociations ne menaient à rien et pour ne pas mettre inutilement la vie d\u2019autres policiers en danger.Barack Obama se rendra à Dallas mardi, écourtant son séjour en Europe, pour rendre hommage aux victimes.En conférence de presse, le président américain a rappelé la légitimité des critiques de Black Lives Matter tout en réitérant son soutien aux forces de l\u2019ordre.Pour rappel, Atlon Sterling a été tué lors d\u2019une altercation avec des policiers à Baton Rouge.Il aurait résisté à son interpellation et a été tué par balle alors qu\u2019il était maintenu au sol par les policiers.Le 6 juillet, Philando Castille aurait été abattu à Falcon Heights au Minnesota par un policier lors d\u2019un contrôle routier.Sa conjointe a diffusé en direct son agonie sur Facebook dans une vidéo vue par des millions de personnes.Un jour plus tard, Micah Johnson tuait cinq policiers blancs lors d\u2019une manifestation à Dallas.Avec La Presse canadienne Le Devoir TENSIONS RACIALES AUX ÉTATS-UNIS Poing levé, les manifestants se font entendre JOHN MINCHILLO ASSOCIATED PRESS Des manifestations se sont tenues chaque soir à travers les États-Unis depuis les événements de la semaine dernière.Dimanche, la foule s\u2019était rassemblée au parc Washington à Cincinnati.Un rassemblement avait aussi lieu à Baton Rouge, où un homme noir a été abattu par un policier dans un stationnement.F R É D É R I C A U T R A N à New York L orsque les premiers coups de feu ont retenti dans le centre-ville de Dallas, les policiers visés n\u2019ont pas compris d\u2019où ils venaient.De longues secondes se sont écoulées, puis les tirs ont repris, d\u2019un autre endroit.Et d\u2019un autre encore.Dans un premier temps, les autorités ont fait état d\u2019au moins trois tireurs, positionnés en hauteur et en triangle pour ne laisser aucune chance aux victimes.En réalité, le massacre perpétré jeudi soir, en marge d\u2019une manifestation contre les violences policières, a été commis par un seul homme, préparé et entraîné.L\u2019enquête ne fait que débuter.De nouveaux éléments émergeront au cours des prochaines semaines.Ils permettront d\u2019af finer le trait.Mais d\u2019ores et déjà, un premier profil de Micah Johnson, l\u2019auteur de cette tuerie, se dessine.Celui d\u2019un vétéran noir américain, fasciné par les armes et rongé par un racisme grandissant.«Il voulait tuer des Blancs, a expliqué le chef de la police de Dallas.En particulier des policiers blancs.» Douze agents sont tombés sous ses balles.Cinq d\u2019entre eux, âgés de 32 à 55 ans, en sont morts.Ancien réserviste Ce très lourd bilan, le pire pour les forces de l\u2019ordre américaines depuis le 11 septembre 2001, s\u2019explique par plusieurs facteurs : l\u2019effet de surprise, la position surélevée du tireur et son aptitude au maniement des armes.Le massacre n\u2019était pas improvisé.À son domicile, les autorités ont découvert un arsenal de guerre: du matériel servant à fabriquer des bombes, des fusils, des munitions, des gilets pare-balles et un carnet de tactiques de combat, dans lequel il avait écrit sur la méthode dite du «shoot and move» \u2014 tirer, se déplacer et recommencer.Une technique qu\u2019il a mise à exécution jeudi avec une efficacité glaçante, faisant croire à l\u2019existence de plusieurs tireurs.À un quotidien local, des voisins ont raconté l\u2019avoir vu effectuer dans son jardin ce qui ressemblait à des «exercices d\u2019entraînement militaire».Fasciné très jeune par le monde militaire, il suit à l\u2019adolescence un programme de formation, soutenu par l\u2019armée américaine.Dès sa sortie du lycée en 2009, il s\u2019engage comme réserviste dans une brigade du génie.Spécialiste en maçonnerie et charpenterie, il est déployé en Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014.Selon plusieurs médias, sa mission aurait été écourtée après des accusations de harcèlement sexuel.Il quitte finalement l\u2019armée au printemps 2015.Vengeance Depuis le drame, sa famille reste silencieuse, à l\u2019exception d\u2019un message posté sur Facebook \u2014 et effacé depuis \u2014 par sa jeune sœur, Nicole.«Les médias diront ce qu\u2019ils pensent, mais ceux qui le connaissaient savent que cela ne lui ressemblait pas», a-t-elle écrit.Ses proches se confient peu à peu.Comme souvent, beaucoup tombent des nues et le décrivent comme un homme sans histoire.«C\u2019était un mec plutôt sympa.Il avait de bonnes ondes.Je ne sais pas comment cela a pu se passer», dit au Daily Beast Israël, qui jouait au basket avec lui et le dit «éduqué» mais «pas très politisé».D\u2019autres, au contraire, évoquent ses positions tranchées.«Il était toujours très affecté par les histoires impliquant la police et était extrêmement fier d\u2019être noir, confie au Dallas Morning News Caitlyn Lennon, une amie et ancienne collègue de travail.Je ne peux qu\u2019imaginer à quel point il était énervé en voyant toutes les fusillades de l\u2019année écoulée.» Lors des négociations avec la police, Micah Johnson a confié qu\u2019il était «en colère» après la mort de plusieurs Noirs américains tués par la police.À quel moment cette colère s\u2019est-elle transformée en désir de vengeance?L\u2019ancien soldat s\u2019est-il autoradicalisé?L\u2019enquête apportera peut-être des réponses.Mais une chose est sûre: sur son profil Facebook \u2014 désactivé depuis \u2014, il avait affiché ces derniers mois son soutien à des groupes extrémistes noirs, dont l\u2019African American Defense League.Classé comme un groupe radical, au même titre que les suprémacistes blancs du Ku Klux Klan, ce groupuscule appelle régulièrement à des violences contre la police.Quelques minutes après la tuerie de Dallas, son fondateur a posté ce message sur Instagram : «Nous n\u2019avons pas d\u2019autre option ! Nous devons tuer des officiers blancs à travers le pays!» Micah Johnson en a tué cinq.Il est mort quelques heures plus tard, dans l\u2019explosion d\u2019une bombe télécommandée de la police de Dallas.Libération Micah Johnson, un ex-soldat empli de colère Micah Johnson MARK WALLHEISER AGENCE FRANCE-PRESSE Des policiers escortent un manifestant arrêté samedi soir à Baton Rouge. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des infrastructures Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 293602 Descriptif : Travaux d\u2019aménagement paysager dans l\u2019avenue Papineau Arrondissements: Ahuntsic-Cartierville et Villeray\u2013Saint-Michel Date d\u2019ouverture : 10 août 2016 Dépôt de garantie : 10 % du montant soumissionné (cautionnement) Renseignements : Pour de plus amples renseignements, veuillez nous envoyer un courriel à l\u2019adresse suivante : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 11 juillet 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro - nique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en commu - niquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en con - sultant le site Web www.seao.ca.Les docu ments peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 11 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d\u2019offres : 16-15187 Descriptif : Gestion du Complexe sportif Marie-Victorin Date d\u2019ouverture : 27 juillet 2016 Dépôt de garantie : 10 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Badre Eddine Sakhi, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-4542 Appel d\u2019offres : 16-15256 Descriptif : Acquisition de systèmes de vidéoconférence Date d\u2019ouverture : 27 juillet 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Bernard Boucher, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-3573 Appel d\u2019offres : 16-15414 Descriptif : A52 - Fabrication, fourniture et installation d\u2019éclairage décoratif hivernal dans le Vieux-Montréal Date d\u2019ouverture : 27 juillet 2016 Dépôt de garantie : 2 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Étienne Langlois, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-2988 Appel d\u2019offres : 16-15456 Descriptif : A86 - Acquisition et aménagement de cinq (5) fourgons ateliers pour l\u2019arrondissement de Saint-Laurent Date d\u2019ouverture : 10 août 2016 Dépôt de garantie : 5 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Renée Veillette, agente d\u2019approvisionnement : 514 872-1057 Documents : Les documents relatifs à ces appels d\u2019offres seront disponibles à compter du 11 juillet 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 11 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres DIRECTION DU DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE ET ÉTUDES TECHNIQUES Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous men - tionnée, à la réception de la Maison du citoyen, située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1, pour : Appel d\u2019offres : RP-16-PARC-51 Descriptif : Parc Samuel-Morse \u2013 Aménagement des terrains de mini-soccer en gazon synthétique Date d\u2019ouverture : Le mercredi 10 août 2016 Dépôt de garantie : Cautionnement de 10% Renseignements Patrick Frey Laporte, patrickfrey.laporte@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.DOCUMENTS Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à comp - ter de la publication du présent avis.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro - nique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO), en communi - quant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en con sultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.OUVERTURE DES SOUMISSIONS Les soumissions seront ouvertes publiquement à 11 h, le mercredi 10 août 2016 , soit immédiatement après l\u2019expiration du délai pour leur présentation, à la Maison du citoyen située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Qué - bec) H1B 2Z1.La Maison du citoyen est ouverte de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30, du lundi au vendredi.L\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies\u2013Pointe- aux-Trembles ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019as - sume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 11 juillet 2016 Le secrétaire d\u2019arrondissement Me Alain Roy, LL.M., OMA, avocat APPEL D\u2019OFFRES Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 16-15232 Services professionnels en ingénierie, ingénierie des sols et aménagement du domaine public - Divers projets 2016-2018 L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 11 juillet 2016 est reportée au 20 juillet 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 11 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Avis public Services institutionnels Gestion et planification immobilière Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5825 Descriptif : Mise aux normes de l\u2019aréna Bill-Durnan Date d\u2019ouverture : 17 août 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission (cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire) Renseignements : pour toute question, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Visites : Les visites sont individuelles.La date limite pour prendre rendez-vous est le vendredi 15 juillet 2016, à 15h00.Les visites auront lieu du mardi 19 juillet 2016 au vendredi 22 juillet 2016 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 9h30, 10h30, 11h30, 13h30 et 14h30.pour prendre rendez-vous, s \u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du lundi 11 juillet 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro - nique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communi - quant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en con sul tant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fourni en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publi - quement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expi - ration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le lundi 11 juillet 2016.Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction de l\u2019épuration des eaux usées Appel d\u2019offres : 3285-AE-16 Travaux électromécaniques et de télémétrie au bassin et à l\u2019édicule Marc-Aurèle-Fortin L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 13 juillet est reportée au 20 juillet 2016 à 14h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, 11 juillet 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Services techniques Espace pour la vie Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : JA-00046-T Descriptif : Travaux de réfection DES SERRES Louis-Dupire et la construction d\u2019une quarantaine fédérale au Jardin botanique L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 13 juillet est reportée au 18 juillet à 14 h au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Montréal, le 11 juillet Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Avis public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 16-15379 Services professionnels en gestion et surveillance des travaux pour le programme de planage et revêtement ainsi que dans le domaine des infrastructures municipales du Services des infrastructures, de la voirie et des transports L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 13 juillet 2016 est reportée au 18 juillet 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 11 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Avis public AVIS PUBLIC AVIS DONNÉ À: Valérie Rodrique, dit Emmanuelle Pionª.Soyez avisé qu'une demande en Dommages-intérêts et en recouvrement du loyer dû, portant le numéro 37 111213 001, concernant le logement situé au 1547-C, rue Principale, Sainte-Julie, J3E 2P8, a été déposée contre vous à la Régie du logement.Vous pouvez prendre connaissance de la demande en vous rendant au bureau de la Régie du logement situé au 201, place Charles-Le- moyne (Édi?ce Montval), Longueuil, (Québec), J4K 2T5.No.de téléphone: région de Laval, Longueuil et Montréal: 514-873-2245 Autres régions: 1-800-683-2245 05/07/2016 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE ( C.c.Q., art.795) Prenez avis que Rémi GUI- BERT, en son vivant domicilié au 37, chemin de la Rivière-à-Si- mon, Saint-Sauveur, Qc, J0R 1R7, est décédé le 1er octobre 2015.Un inventaire des ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, sur rendezvous, à l'étude de Me Caroline Rivet, notaire, au 1599, rue Fleu- ry Est, Montréal, Qc, H2C 1S7.Donné à Montréal, ce 23 février 2016.La liquidatrice.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Yvon Boudreau, en son vivant domicilié au 9175, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2M 1N9, est décédé le 8 janvier 2016.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés au bureau de Me Josée Des- champs notaire, 360, avenue La- ?eur, LaSalle (Québec) H8R 3H6.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Montréal : des brebis tondeuses au parc du Pélican Les résidants de Rosemont\u2013La Petite-Patrie ont pu rencontrer, samedi, les six brebis et deux agneaux qui ont la responsabilité, durant un mois, de la tonte du gazon du parc du Pélican.L\u2019initiative d\u2019écopâturage fait partie du projet pilote d\u2019agriculture urbaine Biquette à Montréal.«Les excréments des moutons vont nourrir le sol et ça va contribuer à la biodiversité urbaine, parce que les insectes et les oiseaux ne seront plus dérangés par le bruit des tondeuses», a expliqué l\u2019une des instigatrices du projet, Marie-Ève Julien-Denis.Les huit locataires temporaires seront supervisés 24 heures sur 24 par deux bergers.L e gouvernement libéral envisage la relance du programme de fermes pénitentiaires qui permettait aux délinquants de pratiquer des activités agricoles.Service correctionnel Canada a lancé une consultation en ligne quant au rétablissement du programme de fermes pénitentiaires.Une assemblée est également prévue à l\u2019hôtel de ville de Kingston, en Ontario, où deux anciennes fermes pourraient reprendre leurs activités.Aucune date n\u2019a cependant été déterminée pour cette consultation.En 2010, le gouvernement de Stephen Harper avait fermé les six fermes pénitentiaires du pays, situées au Nouveau-Bruns- wick, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta.Des détracteurs ont vivement critiqué cette décision d\u2019abolir l\u2019initiative d\u2019emploi pour les détenus, dénonçant notamment l\u2019absence de consultation des populations concernées.Réinsertion Durant l\u2019année financière 2009-2010, le programme de fermes pénitentiaires employait 716 détenus.Ils se chargeaient notamment de nourrir le bétail, de manier les machines à traire, de nettoyer les étables, de râteler et botteler le foin, de labourer la terre, de planter les cultures, de récolter du maïs et de faire fonctionner les moulins à grain.Pat Kincaid, de Kingston, dit s\u2019être sorti du cercle vicieux de la récidive, après avoir passé 35 ans de sa vie en prison.«Les vaches m\u2019ont appris à être patient et à contrôler ma colère», soutient l\u2019homme de 65 ans, ajoutant que travailler à la ferme lui faisait oublier son incarcération.Lorsque le programme, qui existait depuis les années 1880, a été aboli, des résidants de Kingston ont racheté une partie du bétail au gouvernement fédéral.«Nous avons hâte de les retourner à la prison pour repeupler le troupeau, affirme Jeff Peters, président de la Pen Farm Herd Co- Op.C\u2019était un véritable moteur économique pour la communauté agricole.» En plus d\u2019offrir aux détenus une expérience de travail, les fermes approvisionnaient les prisons ainsi que des banques alimentaires locales en nourriture.Selon M.Peters, elles stimulaient également l\u2019économie de la région en créant un besoin pour de l\u2019engrais et de l\u2019équipement agricole.La Presse canadienne Le retour du prisonnier-fermier?Ottawa veut rouvrir les fermes pénitentiaires PCC : Tony Clement annoncera sa candidature Le député ontarien devrait annoncer sa candidature à l\u2019investiture du Parti conservateur mardi soir, date où il fera une «annonce importante», selon une invitation publiée par son entourage.M.Clement rejoindra les trois autres candidats actuels: les députés ontariens Kel- L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris P endant deux siècles, i l s on t « cour u » l\u2019Amérique, du nord au sud et d\u2019est en ouest.«Coureurs de bois», «engagés», «voyageurs», « traiteurs » et même « indian traders» et «mounted men».Ils sont d\u2019abord quelques dizaines, puis des centaines d\u2019individus à quitter les bords du Saint-Lau- rent pour aller commercer avec les populations amérindiennes.Rapidement, ils sillonneront les Pays d\u2019en haut et exploreront le continent.La plupart sont Canadiens donc francophones, mais pas uniquement.C\u2019est cette aventure passionnante, celle de la découverte d\u2019un continent et de la première rencontre avec les Amérindiens, que raconte l\u2019historien français Gilles Ha- vard dans Histoire des coureurs de bois.Amérique du Nord, 1600-1840, une brique de 800 pages sortie début mai à Paris.Le titre, évoquant les coureurs «de» bois, étonnera les Québécois, qui préfèrent parler de coureurs «des» bois.Malgré les commentaires des éditeurs, Gilles Havard n\u2019a pas voulu changer son titre puisque c\u2019est ainsi que l\u2019on a d\u2019abord nommé ces hommes libres, nomades, ensauvagés et souvent considérés comme des libertins.On disait «coureur de bois» comme on disait «coureur de jupons», «coureur de nuit», «coureur de marchés», avec un côté péjoratif, dit l\u2019historien.La colonisation à l\u2019envers « En 1672, sous la plume de Frontenac, le coureur de bois est le colon qui va dans les pays indiens de façon illégale.Jusqu\u2019au début du XVIIIe, il est considéré comme un vagabond, un nomade et un liber tin, dit Gilles Havard.Il ne se comporte pas comme un bon chrétien.C\u2019est un défi lancé au mariage qui était aussi une façon de fixer les gens.Plutôt que d\u2019être un colon vertueux et civilisateur, le coureur de bois fait basculer le projet colonial.C\u2019est la colonisation à l\u2019envers.Le coureur de bois n\u2019est pas un civilisateur.Il change la société amérindienne par les objets qu\u2019il apporte, mais il ne change pas les façons de penser et les coutumes.La course de bois, c\u2019est un peu le carnaval.» Un renversement s\u2019opère à la fin du XVIIe siècle.Progressivement, le terme devient plus neutre.«On découvre que ces individus sont intéressants pour l\u2019économie et la bonne gestion des af faires amérindiennes.On va construire un discours sur la fatalité sociale disant qu\u2019ils ne peuvent s\u2019empêcher de courir.On assistera alors à une sor te de légitimation.» Le mot « voyageur » apparaît en 1682 pour désigner le colon à qui l\u2019on accorde un congé pour faire la traite.Progressivement, le terme va prendre le sens d\u2019engagé, celui qui signe un contrat et qui va canoter l\u2019été ou hiverner en pays indien.Lentement, le coureur de bois devient « une sorte de chaînon manquant entre le sauvage et le Canadien.» Une histoire continentale Gilles Havard a découvert le Québec en 2001 alors qu\u2019il étudiait à l\u2019Université Laval sous la direction de Denys Delâge (Le pays renversé, Boréal).Il travailla alors sur la Grande Paix de Montréal qui avait réuni 1300 Amérindiens pendant trois semaines à Montréal.Dans cette histoire monumentale qu\u2019il a mis douze ans à écrire, il a voulu faire découvrir une page occultée de l\u2019histoire du continent.C\u2019est particulièrement le cas aux États -Unis , où le coureur canadien- français est souvent représenté comme une brute sanguinaire, comme dans le film The Revenant mettant en scène Leonardo DiCaprio.Mais il a aussi voulu dresser pour la première fois un portrait vraiment continental de ces hommes qui sillonnaient l\u2019Amérique et donneront naissance à une nation métisse au Manitoba.Selon Havard, l\u2019historiographie québécoise a négligé cette vision continentale au profit d\u2019une vision trop strictement québécoise.Après avoir été idéalisé par Lionel Groulx, qui parlait des Canadiens français comme de cette race « faite pour vivre au fond d\u2019un canot, le nez au vent, ivre d\u2019aventure », le coureur des bois tombera progressivement dans l\u2019oubli à par tir des années 1960, dit-il.« Dans ce livre, j\u2019ai essayé de trouver une voie moyenne entre la perspective romantique qui a par fois été surestimée et une histoire de la mobilité du travail.» Indian traders Cela amène Havard à s\u2019intéresser aussi à la Louisiane et aux colonies britanniques.«J\u2019ai voulu remettre en question le modèle qui consistait à dire qu\u2019on avait d\u2019un côté des Français qui iraient facilement au-devant des Amérindiens et s\u2019indianiseraient et, de l\u2019autre, des Anglais qui ne se métisseraient pas.» S\u2019il est vrai qu\u2019en Nouvelle-Angle- terre il n\u2019y a ni coureurs de bois n i m é t i s s a g e , H a v a r d c o n s t a t e qu\u2019en Caroline du Sud et en Louisiane le phénomène existe.«À partir des années 1680, l e même phénomène apparaît en Caroline du Sud.Des indian traders vont vivre chez les Creeks et les Cheero- kees.Il y a énormément de mariages mixtes et de métissage.» Havard constate que, dans les colonies britanniques, il n\u2019y a pas de discours sur le vagabondage comme en Nouvelle- France.Mais il découvre aussi une culture particulièrement violente.En Caroline du Sud, un sou lèvement amérindien coûtera la vie à 200 coureurs de bois à cause des violences des traiteurs britanniques.« Cela se déroule dans un contex te d\u2019esclavage massif.Les indian traders de Caroline du Sud collectaient des peaux, mais ramenaient aussi des esclaves amérindiens à Charleston, d\u2019où ils étaient envoyés vers les Antilles.» L\u2019Amérique fantôme Gilles Havard remarque aussi combien, dans l\u2019historiographie américaine, on a occulté la présence française.C\u2019est ce qu\u2019il nomme « l\u2019Amérique fantôme», celle qui a été oubliée parce qu\u2019elle était francophone.Ce sera d\u2019ailleurs le titre de son prochain livre, qui fera le por trait de plusieurs coureurs de bois comme Étienne Brûlé, Pierre-Esprit Radisson et Nicolas Perrot.«On le voit bien dans le film de Kevin Costner, Danse avec les loups.Lorsque le héros arrive dans le Dakota du Sud, on a l\u2019impression qu\u2019il est le premier Blanc à rencontrer les Indiens.Or, ces Indiens des plaines sont déjà très habitués aux Européens.Cela fait déjà un siècle que des coureurs de bois francophones sillonnent la région.» De même, les Américains croient souvent que les chasseurs des montagnes Rocheuses apparaissent dans le sillage de l\u2019expédition Lewis et Clark (1804- 1806).«En réalité, tout cela est l\u2019héritage d\u2019un siècle de chasse coloniale dans la vallée du Mississippi, où des chasseurs français louisianais allaient chasser l\u2019ours noir et le bison.Parmi les mounted men qui travaillaient au XIXe siècle pour les compagnies situées à Saint-Louis, les trois quarts parlaient français.» Selon Gilles Havard, le coureur de bois invente dans l\u2019Amérique francophone «une culture de la circulation au loin», mais aussi un modèle de masculinité.«Le fait d\u2019aller dans les Pays d\u2019en haut peut aussi se lire comme un rite de passage et un test de virilité pour les jeunes hommes.C\u2019était le lieu où se fabriquait une forme de masculinité différente.Celle de celui qui est capable de canoter pendant des heures, de porter de lourdes charges, d\u2019interagir avec les Amérindiens et parfois de copier leurs façons de faire.Contrairement à ce que dit une certaine historiographie selon laquelle les colons se distinguaient toujours des Indiens, il y avait des coureurs de bois parmi les hivernants qui essayaient de copier les manières masculines amérindiennes.Des témoignages du milieu du XVIIIe siècle disent que, par exemple, beaucoup de voyageurs revenaient tatoués, comme les Amérindiens.» On sent bien que Gilles Ha- vard s\u2019est épris de cette «figure un peu élusive» que l\u2019on retrouve en filigrane dans la culture québécoise jusque dans les personnages du Survenant (Geneviève Guèvremont), d\u2019Alexis (Claude- Henri Grignon) et de Moriarty (Jack Kerouac).Havard aime d\u2019ailleurs citer le philosophe français Michel de Certeau, qui disait que l\u2019historien était un «rôdeur».Pourquoi pas un «coureur d\u2019histoire»?Le Devoir Le livre ne devrait sortir au Québec qu\u2019à l\u2019automne.HISTOIRE DES COUREURS DE BOIS AMÉRIQUE DU NORD 1600-1840 Les Indes Savantes, collection Rivages des Xantons, 886 pages, Paris, 2016 WALTERS ART MUSEUM L\u2019imaginaire du coureur des bois a inspiré les artistes.Ci-dessus, une aquarelle d\u2019Alfred Jacob Miller intitulée « Bourgeois » W-r, and His Squaw, peinte aux États-Unis entre 1858 et 1860.L\u2019historiographie québécoise a négligé cette vision continentale au profit d\u2019une vision trop strictement québécoise P A T R I C E B E R G E R O N à Québec D es milliers de gestionnaires du réseau de la santé sont dans les limbes : ils occupent de nouvelles fonctions, souvent depuis plus d\u2019un an, sans savoir quel sera leur salaire, et sur tout, s\u2019il sera revu à la baisse, une situation dénoncée par le syndicat.Les membres de l\u2019Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux (AGESSS) attendent toujours la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux.Selon le syndicat, depuis la réforme du réseau mise en place par le projet de loi 10 en février 2015, pas moins de 4500 cadres ont changé de poste et leur tâche a été en général alourdie, mais ils ont conservé la même rémunération en attendant un reclassement officiel.« On est dans le néant, il n\u2019y a pas de son, il n\u2019y a de lumière, il n\u2019y a pas d\u2019image au ministère », a dit le président de l\u2019AGESSS, Yves Bolduc.« Trouvez-moi un employeur dans le secteur privé qui af fiche un poste sans af ficher le salaire.Ça ne se tient pas, c\u2019est incohérent.» Revu à la baisse Et pour ceux qui ont obtenu un classement provisoire, la rémunération baisse.Par exemple, un gestionnaire a hérité des tâches d\u2019un poste en plus de deux tiers des tâches d\u2019un autre poste, mais son salaire annuel est passé de 81 000 à 76 000 $.« Dans les classements provisoires qu\u2019on a vus, les gens sont placés à la baisse [dans les échelons salariaux], c\u2019est sûr qu\u2019ils sont sous le choc», a constaté M.Bolduc.Le plan du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, était de se défaire de plus de 1200 cadres du réseau par une réforme de structures, le projet de loi 10.Ainsi, 6000 postes de directeurs généraux, de cadres supérieurs et de cadres intermédiaires des secteurs cliniques ont été abolis et 4500 de ces gestionnaires se sont vu attribuer des postes refondus, jumelant souvent un poste et demi ou deux postes.Or, après plus d\u2019un an, le ministère n\u2019a toujours pas de classification provisoire des postes comme il s\u2019y était engagé, et encore moins de classification permanente, promise pour l\u2019automne prochain, se plaint M.Bolduc.On ne sait pas encore sur quels critères seront évalués chaque poste, le nombre d\u2019installations à gérer, le nombre d\u2019employés, la formation nécessaire, etc.Subalternes mieux payés Pendant ce temps, la rémunération du personnel syndiqué continue de progresser et dépasse même celle de ses supérieurs hiérarchiques, grâce notamment à l\u2019équité salariale ou encore aux primes de soins critiques.«On a des gestionnaires qui gagnent facilement entre 3000$ et 10 000$ de moins que leurs subalternes», a constaté le président de l\u2019AGESSS.Sans compter que les heures supplémentaires des gestionnaires ne sont pas payées, même si 93% d\u2019entre eux dépassent leurs 35 heures hebdomadaires, selon le syndicat.La semaine « compensatoire » de congé qui était accordée en échange a été abolie par le ministre, a décrié M.Bolduc.L\u2019AGESSS dit tenter depuis des mois d\u2019obtenir une rencontre avec le ministre de la Santé, en vain.«Ces gens-là ne veulent plus nous parler », en conclut son dirigeant.La Presse canadienne SANTÉ Les gestionnaires craignent une décote salariale Lac-Mégantic interpelle Trudeau La Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire ne fait plus confiance au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et réclame l\u2019intervention directe du premier ministre Justin Trudeau pour la mise en place d\u2019une voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic, trois ans après le déraillement qui a fait 47 morts.Dimanche après- midi, des centaines de citoyens de la municipalité, appuyés par des représentants de divers groupes citoyens en faveur du resserrement de la sécurité ferroviaire, ont manifesté pour exiger de Justin Trudeau qu\u2019il honore ses promesses.Robert Bellefleur, porte-parole de la Coalition, rappelle que M.Trudeau, alors dans l\u2019opposition, avait signé la pétition réclamant une voie de contournement.Justin Trudeau avait réitéré cet engagement lors de son passage à Sherbrooke pendant la campagne électorale en 2015.La Presse canadienne Plutôt que d\u2019être un colon vertueux et civilisateur, le coureur de bois fait basculer le projet colonial.C\u2019est la colonisation à l\u2019envers.Gilles Havard, auteur d\u2019Histoire des coureur de bois « » Chantier naval Davie : l\u2019offre patronale rejetée Lévis \u2014 Le chantier naval Da- vie a été incapable de s\u2019entendre avec ses employés sur le renouvellement de leur convention collective, ce qui pourrait empêcher l\u2019entreprise de Lévis de soumissionner sur de nouveaux contrats.Les travailleurs ont rejeté, dimanche matin, à 91% l\u2019offre que leur avait soumise la direction.Dans un communiqué, le président du syndicat, Raphaël Jobin, a indiqué que les travailleurs ont été insultés par l\u2019offre patronale.Les employés ont été déçus par les offres salariales de la direction de 1% au 1er juillet 2016 et 1% au 1er janvier 2017.Un bonus de signature de 0,5% sur les 12 derniers mois de juillet 2015 à juillet 2016 était également compris dans l\u2019offre.Les négociations devraient reprendre dans les prochains jours.La Presse canadienne lie Leitch et Michael Chong et Maxime Bernier du Québec.Le député de Parry Sound-Mus- koka a occupé les fonctions de président du Conseil du trésor et de ministre de l\u2019Industrie sous Stephen Harper.Il a précédemment été candidat à la chefferie lors de la fusion du Parti progressiste conservateur et de l\u2019Alliance canadienne en 2003.Il avait terminé troisième, derrière Belinda Stronach et Stephen Harper.Les conservateurs choisiront leur nouveau chef le 27 mai 2017.Le Devoir Courir l\u2019Amérique Le Français Gilles Havard publie une histoire monumentale des coureurs « de » bois Ce n\u2019est pas une mauvaise nouvelle, de prime abord, que les finances du Québec af fichent un surplus.Encore faut-il qu\u2019il y ait réellement surplus ! Si oui, comment a-t-il été dégagé ?Scénario prévisible : le gouvernement Couillard, dans l\u2019espoir de conserver le pouvoir en 2018, sera fortement tenté, d\u2019ici là, de multiplier les bonbons tous azimuts.Il ferait mieux d\u2019établir une priorité et de guérir durablement notre système d\u2019éducation, qui a pâti de ses décisions ces dernières années.ue le Québec, en cette période de marais économique, fasse un surplus pour 2015-2016 n\u2019est évidemment pas une mauvaise nouvelle.L\u2019Ontario prévoit faire un dé?cit de 5,7 milliards de dollars pour le même exercice ?nancier.Le mois dernier, l\u2019Alberta admettait être dans le rouge de 6,4 milliards de dollars Les agences de notation seront ravies.Standard & Poor\u2019s et Fitch ont déjà amélioré la cote du Québec en juin.Bien sûr, on peut trouver rageant de devoir faire plaisir à ces analystes au cœur sec et qui nous ont trompés \u2014 impunément \u2014 dans le passé (pensons, avant 2008, à ces cotes AAA accordées aux agglomérés d\u2019«actifs» toxiques\u2026).Mais c\u2019est là la rançon de l\u2019emprunt\u2026 La bonne opinion de ces agences a au moins pour effet que nos dettes auront tendance à nous coûter moins cher; leur poids sera moins lourd.Pour certains, tout surplus est un scandale: l\u2019argent aurait dû être dépensé.Mais en soi, il ne faudrait pas oublier qu\u2019en période de croissance, même faible, tout gouvernement devrait viser un budget équilibré.La doctrine de Keynes l\u2019a bien établi: c\u2019est en période de récession que le gouvernement ne doit pas hésiter à faire des dé?cits.Une fois la récession terminée, le gouvernement doit tenter de diminuer le poids de sa dette.Le déluge de dépenses qu\u2019a décidé d\u2019engager le gouvernement Trudeau à Ottawa à un moment où l\u2019économie n\u2019af?che pas, à proprement parler, de récession heurte cette logique économique traditionnelle.Même le parti Québec solidaire, à la réputation dépensière, a souvent promis des budgets équilibrés, depuis ses débuts.Communiqué du 2 mars 2007: «Québec solidaire, seul parti à présenter un cadre financier équilibré.» Viser l\u2019équilibre ne découle pas nécessairement d\u2019une «idéologie néolibé- rale» mangeuse d\u2019enfants, mais d\u2019une responsabilité politique élémentaire.Que nos gouvernements passés aient négligé ce fait a conduit le Québec à la situation actuelle: le service de la dette nous coûte quelque 11 milliards de dollars par année.Au reste, de quelle taille est l\u2019actuel surplus?Le rapport mensuel des opérations ?nancières de mars (dévoilé la semaine dernière) indique 1,653 milliard de dollars \u2014 1,803 si l\u2019on ajoute la «provision pour éventualité», non dépensée en 2015-2016.On ne saura toutefois qu\u2019à l\u2019automne, lorsque les comptes publics seront déposés, l\u2019ampleur réelle du surplus.Certains, comme l\u2019ancien secrétaire du Conseil du trésor Denis Bédard (voir Le Devoir du 9 juin), estiment que l\u2019équilibre budgétaire de nos gouvernements relève du «mirage».La preuve en est que le Québec a continué à s\u2019endetter pendant ce temps.Ces nuances et analyses n\u2019empêcheront pas le gouvernement Couillard de se vanter pour autant.Il martèlera qu\u2019il a réussi le tour de force d\u2019imposer une rigueur «sans austérité toxique».La preuve en est, déclarait le ministre des Finances, Carlos Leitão, le 6 juillet, que les revenus des impôts, tant ceux des particuliers que ceux des entreprises, ont augmenté.Pour ensuite conclure: «L\u2019économie va bien.» Le ministre omet de dire qu\u2019il est allé chercher pas mal de sous dans les poches des particuliers lors de la mise à jour économique de novembre 2014 (262 millions pour 2015-2016), mais aussi des entreprises.Il avait appelé cela des «gestes immédiats portant sur les dépenses fiscales».Quant aux entreprises, il leur a aussi soutiré d\u2019importants montants pour le «marché du carbone» (859 millions pour 2015-2016).Plusieurs des mesures n\u2019avaient pas été annoncées en campagne électorale par les libéraux.Qu\u2019on pense au choc tarifaire dans les garderies.Sur le plan des dépenses, le gouvernement a limité leur croissance au maximum, même en bas des fameux coûts de système (augmentations normales des salaires et de l\u2019in?ation, par exemple), ce qui correspond à une sorte d\u2019austérité technique, même si le gouvernement déteste le mot et lui préfère rigueur.L\u2019éducation a été particulièrement ciblée.Les écoles tombent en ruines à Montréal.Les universités sont excessivement comprimées.Pendant ce temps, des privilégiés, dans le réseau de la santé, s\u2019en tirent à bon compte.Avec son «surplus», le gouvernement Couillard, après deux premières années austères au pouvoir, croit peut-être qu\u2019il pourra jouer à la multiplication des pains.Annoncer, partout, de nouvelles mesures.Il faudra lui rappeler qu\u2019il doit d\u2019abord et avant tout réparer le tort qu\u2019il a causé au système d\u2019éducation.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Voyage au bout de la vie, par choix Dans l\u2019article de Marco Fortier paru le 9 juillet 2016, «Voyage au bout de la vie», on peut lire ceci : «C\u2019est pas un peu une forme d\u2019aide à mourir?La dose augmente, augmente, augmente, et un jour, c\u2019est la surdose ou le coma.Au fond, c\u2019est de cette façon que se fait l\u2019aide à mourir au Québec depuis très, très longtemps\u2026» Là réside une des questions fondamentales de la Loi sur l\u2019aide médicale à mourir; à coup de doses massives d\u2019opiacé, tous les cœurs de corps malades finiront par s\u2019arrêter! Il semble ainsi que nous sommes dans une forme ou une autre de légitimation d\u2019une conduite préexistante ou dans l\u2019encadrement d\u2019actes actuellement réalisés.Par conséquent, l\u2019hypocrisie des opposants à l\u2019aide médicale à mourir doit cesser au bénéfice des personnes en fin de vie.Non seulement la Cour suprême du Canada a reconnu le «droit au choix», mais ces personnes méritent que nous le leur accordions dans le respect, la dignité, et parfois même le peu d\u2019autonomie que leur agonie leur consent encore.Ce débat, s\u2019il en est, n\u2019est pas à propos des juristes, des médecins, ni même des accompagnateurs et des accompagnatrices, mais strictement des personnes qui en sont à leur tout dernier tour de piste.Ce texte de M.Fortier nous le remémore habilement: à chacun son choix face à la mort qui nous guette tous.Kristine Plouffe-Malette Montréal, le 10 juillet 2016 L I B R E O P I N I O N O D I L E M A R C O T T E Directrice adjointe, partenariats, Centre de recherches mathématiques J e veux ici présenter les raisons pour lesquelles j\u2019appuie les médecins en soins palliatifs du Centre hospitalier universitaire de l\u2019Université de Montréal (CHUM) et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Nous avons été témoins récemment (et serons encore témoins à l\u2019avenir) d\u2019attaques indignes visant (encore) les palliativistes travaillant en milieu universitaire, en particulier ceux des centres hospitaliers de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019Université McGill.Les médecins qui prodiguent des soins palliatifs dans ces institutions sont pourtant fidèles à la définition des soins palliatifs donnée par l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), c\u2019est-à-dire soulager les patients en fin de vie sans hâter ni retarder la mort.Les différentes personnes attaquant ces médecins (politiciens, médecins pro-euthanasie, journalistes et intimidateurs de tout poil) leur reprochent de ne pas se conformer à la loi québécoise et de ne pas respecter l\u2019autonomie de leurs patients, en l\u2019occurrence « leur droit » de recevoir les trois injections qui provoqueront la mort du patient dans un court délai.L\u2019administration de ces trois injections représente la prétendue aide médicale à mourir, c\u2019est-à-dire l\u2019euthanasie volontaire (appelée euthanasie dans les lignes qui suivent).Exemption Remarquons d\u2019abord que le jugement de la Cour suprême dans la cause Carter n\u2019a jamais spécifié qu\u2019un département universitaire de soins palliatifs, où sont formés les futurs pallia- tivistes, devait offrir l\u2019euthanasie.Kay Carter (qui était atteinte de sténose du canal rachidien lombaire, maladie entraînant la compression progressive de la moelle épinière et condamnant le malade à une immobilité forcée, et dont la cause s\u2019est rendue jusqu\u2019en Cour suprême) a été euthanasiée en Suisse (dans un établissement privé) parce qu\u2019elle ne pouvait obtenir l\u2019euthanasie au Canada ; la Cour suprême a jugé que l\u2019interdiction absolue d\u2019un tel «soin» au Canada n\u2019était pas conforme à la Constitution.Par ailleurs, les maisons de soins palliatifs ont obtenu (heureusement) le droit de se soustraire à l\u2019obligation d\u2019of frir l\u2019euthanasie, et la grande majorité d\u2019entre elles ne l\u2019offriront pas afin de préserver un environnement sécuritaire pour les patients refusant l\u2019euthanasie.Les attaques des intimidateurs ne visent donc pas à faire respecter les droits des patients, mais à modifier la nature des soins palliatifs en utilisant des méthodes qu\u2019ils n\u2019utiliseraient pas contre d\u2019autres groupes de médecins spécialistes, par exemple les radiologistes ou les neurochirurgiens.Ils veulent détruire toute opposition à leur idéologie.Si ce n\u2019était pas le cas, ils retrousseraient leurs manches et créeraient des cliniques offrant le « traitement médical » auquel ils attachent tant d\u2019importance.Ils pourraient même créer une nouvelle spécialité en sciences de la santé, puisque la loi fédérale permet à d\u2019autres personnes que des médecins de pratiquer l\u2019euthanasie.Droit aux soins sans euthanasie Parlons maintenant du fameux droit des patients à mourir, qui est en réalité une exemption du Code criminel permettant de pratiquer l\u2019homicide dans certaines circonstances.Au Québec, un citoyen a droit à un environnement sans fumée, mais pas à un environnement sans euthanasie.Je pense (et je ne suis pas la seule !) que le droit d\u2019une personne à l\u2019euthanasie volontaire est moins important que le droit d\u2019un patient (MON droit) à des soins palliatifs dans un environnement où l\u2019euthanasie n\u2019est pas pratiquée.C\u2019est ce dernier droit que les palliati- vistes du CHUM et du CUSM défendent et je leur en suis très reconnaissante.Il est dommage que la Cour suprême n\u2019ait pas examiné cet aspect-là du problème.L\u2019obsession au sujet des délais pour obtenir l\u2019euthanasie est difficile à comprendre si on considère l\u2019état de notre système de santé.Au Québec, les temps d\u2019attente pour des opérations ou à l\u2019urgence sont parmi les plus longs du monde occidental (selon un rapport récent du Commissaire à la santé et au bien-être), et un patient ne peut exiger aucun traitement (par exemple un antibiotique ou un analgésique) de quelque médecin que ce soit.J\u2019en ai fait moi-même l\u2019expérience lorsque je souffrais de violentes migraines.Pourquoi accorder autant d\u2019importance à l\u2019euthanasie rapide et pas aux autres traitements?Cet acharnement suspect révèle la nature idéologique du combat pour l\u2019euthanasie, qui vise à dénaturer la mission des soins palliatifs et compromet les investissements promis dans ce domaine.J\u2019aimerais exprimer toute mon admiration aux médecins de soins palliatifs du CHUM et du CUSM, et j\u2019espère qu\u2019ils continueront à prodiguer leurs soins de telle sorte que leurs patients finissent leurs jours en paix, dans un milieu sans euthanasie.Le droit à des soins de fin de vie dans un environnement sans euthanasie FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Souvenirs de la route 389 J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019intérêt le premier volet de la série de huit articles de Monique Durand sur la route 389 et la Translabrado- rienne.Pour avoir moi-même, en compagnie d\u2019un ami, parcouru la 389 aller-retour entre Baie-Comeau et Fermont, le premier article de la série me rappelle un beau souvenir.Jusqu\u2019à Manic-5, c'est facile.La route est sinueuse et on aperçoit de nombreux paysages époustouflants.Même si la route n\u2019est plus pavée après Manic-5, ça roule bien, entre 70 et 90 km/h.Il ne faut pas hésiter à faire de nombreuses pauses pour admirer les paysages, particulièrement à l\u2019occasion de la traversée des multiples cours d\u2019eau qui coupent la route.J\u2019ai hâte de lire ce que Mme Durand aura écrit sur la traversée de l\u2019ancienne ville de Gagnon, où on annonçait lors de notre passage à l\u2019été 2011 l\u2019implantation prochaine d\u2019un Tim Horton\u2019s.J\u2019ai également hâte de connaître son appréciation des derniers 70 kilomètres avant Fermont appelés le Chemin à vaches par les gens de Fermont.Un grand merci pour cette série d\u2019articles que je vais lire religieusement, d\u2019autant plus que mon ami et moi nourrissons le projet de nous rendre à Terre-Neuve par voie de terre d\u2019ici deux ou trois ans.Pierre Auger Trois-Rivières, le 9 juillet 2016 SURPLUS BUDGÉTAIRE À QUÉBEC La tentation des bonbons Q ANTOINE ROBITAILLE Demain ?Voir le documentaire Demain est une expérience à la fois inspirante et irritante.Les réalisateurs-présentateurs Cyril Dion et Mélanie Laurent vont à la rencontre de personnages ou de mouvements qui secouent les dogmes contribuant au péril écologique.Parmi les pistes de solution, on évoque les mérites de toutes les diversités (sur les plans biologique, social, culturel)\u2026 sauf, semble-t- il, la diversité linguistique.Cette dernière ne semble pas une préoccupation puisque les textes de la musique qui accompagne le film \u2014 des pièces originales de Fredrika Stahl ou des reprises de Rufus Wainwright \u2014 sont invariablement en anglais.À croire que le français ne réussit pas à exprimer l\u2019angoisse, puis la résilience et l\u2019imagination véhiculées par les protagonistes de ce documentaire.S\u2019agissant d\u2019un documentaire français où l\u2019on ne résiste pas à exposer sa fascination pour les États-Unis (ou plutôt pour les « USA », telles qu\u2019on présente les villes américaines visitées), on pourrait simplement hausser les épaules pour distiller l\u2019exaspération.Mais puisque le choix de pièces en anglais pour accompagner les films de masse ou d\u2019auteur est un phénomène galopant en France ou ailleurs, certains pourraient également louer le caractère visionnaire d\u2019un film qui conjugue «demain» en anglais, avec la lucidité de celui qui sait quelles sont les véritables priorités devant les maux qui guettent la planète ! N\u2019empêche que la diversité linguistique contribue à la richesse de l\u2019humanité et que, en exprimant les périls qui guettent le monde dans une seule langue, on appauvrit le discours et sa capacité à nous interpeller.Luc Deneault Montréal, le 9 juillet 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.J\u2019 ai toujours trouvé étrange que les Français aient choisi le 14 juillet pour date de leur fête nationale.La Révolution française ne manque pas de dates autrement plus significatives, comme le 17 juin (création de l\u2019Assemblée nationale), le 4 août (abolition des privilèges nobiliaires), le 26 août (Déclaration des droits de l\u2019homme et du citoyen), le 21 septembre (abolition de la monarchie) ou le 21 janvier (exécution du roi).Non, finalement, ils ont opté pour un épisode relativement insignifiant: la prise de la Bastille.Dans cette ancienne forteresse recyclée en prison, sans valeur stratégique, une centaine de soldats, dont 82 invalides, gardaient 7 prisonniers (4 faussaires, 2 fous et un délinquant sexuel).L\u2019assaut, qui a fait environ 100 morts parmi les attaquants, a connu une forte répercussion en son temps, mais ce n\u2019était pas le premier soulèvement populaire parisien, ni le plus terrible, ni même celui qui eut le plus de conséquences.Ce n\u2019est qu\u2019en 1880 que le 14 juillet est devenu date officielle de la fête nationale.Les motifs sont nébuleux, mais le législateur cherchait une fête de réconciliation dans une nation divisée par des extrêmes et toujours au bord de l\u2019explosion.Une curiosité Que les Français aient choisi de commémorer un mouvement populaire demeure une curiosité, en soit.En Amérique du Nord, l\u2019action de la rue est toujours interprétée comme un signe d\u2019instabilité.Les Français, eux, l\u2019ont intégrée au théâtre politique.Dans une culture marquée par le centralisme et le jacobinisme, l\u2019action de la rue est davantage qu\u2019une simple soupape qui permet de relâcher la pression: elle agit comme tribune politique.Il est fascinant que le pouvoir de la rue en France soit presque toujours conforté par une partie des élites, qui prend presque toujours parti pour elle, en s\u2019y mêlant parfois.C\u2019est ce qui distingue le plus les Français des Anglais.À Londres, les grandes émeutes ont été très nombreuses dans l\u2019histoire, mais la bourgeoisie et la noblesse anglaise s\u2019en sont toujours tenues loin.En France, au contraire, une partie des élites a toujours cherché à en profiter pour défier le pouvoir.Dans le théâtre politique français, le pouvoir de la rue est tellement implanté que son action est presque toujours chorégraphiée.Un ami, préfet, me racontait un jour que pour toute ma- nif, même pacifique, il doit autant que possible disposer d\u2019escouades antiémeutes \u2014 les fameux CRS.Pas parce qu\u2019il y a un risque de grabuge.Mais tout simplement pour signifier aux organisateurs qu\u2019ils sont entendus du pouvoir et les conforter auprès de leur propre base.En fait, le grabuge survient s\u2019il omet de mettre des CRS: c\u2019est alors que la base risque de se révolter à la fois contre le pouvoir et contre ses organisateurs, qui manquent de sérieux.Je vois également un lien entre cette chorégraphie du pouvoir de la rue et la culture particulière des Français pour la dispute et la discussion.Un sociologue québécois qui travaille à Paris comme consultant m\u2019a expliqué que dans la culture organisationnelle française le débat est tellement essentiel que c\u2019est son absence qui provoque le trouble.Même quand la décision est prise, la direction aura toujours plus de coopération du personnel si elle prévoit une tribune pour en débattre \u2014 même inutilement, puisque la décision est prise.En fait, les relations de travail deviennent exécrables quand la discussion n\u2019est pas tolérée.?Je profite de ce 14 juillet pour m\u2019inquiéter, à l\u2019instar du collègue Christian Rioux, que si peu de jeunes Québécois étudient en France.Et j\u2019ajouterais que je suis également soucieux que la France ne soit pas davantage une priorité pour les entreprises québécoises.(En Europe, le principal partenaire économique du Québec est le Royaume-Uni.) Il est vital que davantage de Québécois aient une prise sur le plus important pays de la francophonie et s\u2019intègrent, à divers degrés, dans son appareillage socio-économique.En toute logique, après plus de 50 ans de coopération France-Qué- bec, il devrait y avoir beaucoup plus de Québécois dans la machine politico-administrative française.C \u2019est dommage pour le Québec, pour la Francophonie et pour la France.Je le dis sans ironie : à en juger par le nombre de Français qui viennent étudier et faire carrière au Québec, la France a clairement besoin du Québec \u2014 qui est désormais perçu comme un parangon de modernité.Ce manque d\u2019intérêt des Québécois pour la France est d\u2019autant plus bizarre que les Français n\u2019ont jamais été aussi accueillants envers les Québécois et même tolérants des différences.Mais je n\u2019ai pas la moindre idée de la manière de corriger ce défaut d\u2019intérêt des Québécois : il faut dire que la France, depuis une quinzaine d\u2019années, projette l\u2019image d\u2019une société bloquée.C\u2019est loin d\u2019être le cas, à mon avis, mais il ne fait aucun doute que cette sinistrose obsessive nuit considérablement à son attrait.Pourquoi le 14 juillet ?JEAN-BENOÎT NADEAU G A B R I E L V I L L E N E U V E Étudiant en littérature anglaise à l\u2019université Concordia, Montréal algré mes bonnes intentions, je suis un produit de la société dans laquelle je vis.Comme elle, je suis raciste, sexiste et homophobe.J\u2019ai grandi sur une terre qui fut volée à ses premiers habitants, dans une société patriarcale, où l\u2019inégalité est perpétuée en faveur du Grand Homme blanc hétérosexuel.Je suis arrivé au monde doté de privilèges inestimables : un sexe masculin entre les jambes, la peau blanche, un corps parfaitement fonctionnel.Tout était en place pour moi : j\u2019allais bénéficier du malheur des autres pour me construire une vie sécuritaire.Le rêve.J\u2019ai beaucoup appris de ma socialisation : le cinéma m\u2019a appris que l\u2019homme est for t et stoïque, que la femme est belle et délicate, et qu\u2019ils étaient faits pour s\u2019agencer.Les médias m\u2019ont appris à craindre les Noirs, les Arabes et les pauvres, entre autres.La société autour de moi semblait être le reflet de ces apprentissages, alors tout le système avait un sens.Jusqu\u2019au jour où j\u2019ai compris, à mon grand désarroi, que j\u2019étais homosexuel et que ce même système était donc fautif.Une fois cette réalité laborieusement digérée, j\u2019ai commencé à remettre en question de plus en plus de choses que la société me présentait comme «normales» ou «idéales».J\u2019ai par la suite compris que mon homosexualité ne m\u2019empêchait pas de tenir de discours ho- mophobes, auxquels j\u2019adhérais comme plusieurs.Les hommes au comportement plus traditionnellement féminin m\u2019énervaient sans raison valable.Comme une éponge, j\u2019avais intériorisé le discours homophobe qui dif férencie « l\u2019homme » de « la tapette », bien que cela n\u2019eût aucun sens.J\u2019ai alors compris que nous étions tous aussi racistes, homophobes et sexistes que la société dans laquelle nous vivons et que nous avions un travail de déconstruction considérable à effectuer.Un travail bien loin d\u2019être terminé, même en 2016.Une urgence Certains récents événements me rappellent l\u2019urgence de la déconstruction de ces discours oppressifs.Les circonstances entourant la mort de Philandro Castile et Alton Sterling [abattus par des policiers la semaine dernière en Louisiane et au Minnesota] prouvent qu\u2019encore au- jourd\u2019hui la couleur de la peau joue un rôle décisif quant à la sécurité d\u2019une personne.De vieux préjugés raciaux induisent chez les policiers un comportement souvent démesurément violent lors des interventions auprès de personnes de couleur.La tuerie d\u2019Orlando, quant à elle, nous prouve que la masculinité, telle que la société nous l\u2019inculque, provoque de la détresse psychologique violente, trop souvent fatale.Un énorme groupe de gens est laissé pour compte dans les normes sociales et politiques en place, et on obser ve des écarts immenses et, surtout, illégitimes dans la qualité et l\u2019espérance de vie de ceux-ci par rappor t aux gens dits « normaux ».L\u2019American Foundation for Suicide Prevention révèle que près de la moitié de la population américaine trans essaie au moins une fois de s\u2019enlever la vie.Visiblement, les cadres identitaires que nous imposons aux gens sont malsains, voire dangereux.Il est grand temps de réviser nos discours : la société dans laquelle nous baignons est raciste, sexiste et homophobe et, par conséquent, nous le sommes aussi, puisque nous y avons grandi.Une fois ce fait reconnu, le travail de décons- truction doit commencer.Pour nous diriger vers une société plus égalitaire, moins violente, plus inclusive et saine, il nous est important de demeurer critiques, d\u2019apprendre à reconnaître les systèmes oppressifs en place, et d\u2019engager un dialogue avec les gens autour de nous.La déconstruction de nos discours oppressifs ne peut qu\u2019aider l\u2019émancipation des groupes illégitimement marginalisés ou, de façon plus immédiate, sauver des vies.Lettre d\u2019un homme raciste, sexiste et homophobe Malgré mes bonnes intentions, je suis un produit de la société dans laquelle je vis Il est grand temps de réviser nos discours : la société dans laquelle nous baignons est raciste, sexiste et homophobe et, par conséquent, nous le sommes aussi, puisque nous y avons grandi A M É L I E E S C O B A R Chercheuse en résidence à l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand et candidate à la maîtrise en science politique à l\u2019UQAM e mardi 5 juillet, Alton Sterling (Louisiane) décède sous les balles de la police.À peine 24 heures plus tard, c\u2019est Phi- lando Castile (Minnesota) qui meurt après avoir été blessé par balle par un policier.Des vidéos du déroulement partiel des drames sont largement dif fusées et relayées sur les réseaux sociaux.Après ces deux incidents, des rassemblements pacifistes sous l\u2019égide du mouvement Black Lives Matter (BLM) sont organisés dans plusieurs grandes villes.À Dallas, la manifestation tourne au drame.Un tireur, Micah Xavier Johnson, abat froidement cinq policiers, blesse neuf autres individus, dont sept officiers des forces de l\u2019ordre.Selon le chef de la police de Dallas, David O.Brown, le suspect a déclaré, peu avant sa mort, être «en colère » en raison de la mort de Sterling et Castile.Il voulait « tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs».Ces événements surmédiatisés alimentent le spectre des États-Unis déchirés, où règne une citoyenneté à deux niveaux.La question de la brutalité policière La diffusion massive des vidéos montrant la mort en direct de jeunes Afro-Américains dans des circonstances douteuses, lors d\u2019altercations avec la police, suscite une prise de conscience du phénomène et incite les politiques à agir.La pression exercée par les activistes de mouvements comme BLM à la suite de l\u2019affaire Tray- von Martin a favorisé la remise en question des pratiques policières et notamment de la formation dispensée dans les académies de police.Après les décès de Michael Brown au Missouri et Eric Garner à New York, Obama a rassemblé des leaders de la question des droits civiques, des personnalités reconnues de la communauté noire et des of ficiels des forces de l\u2019ordre en un groupe de travail (Task Force on 21st Century Policing).L\u2019objectif : promulguer une série de recommandations pour améliorer les rapports entre police et communautés.Les résultats restent limités puisque seulement 15 départements de police sur 18 000 ont adopté le programme.Cependant, plusieurs États ont renforcé les dispositifs de contrôle des interventions sur le terrain, comme le port de caméras de sécurité sur les uniformes des policiers.Quelques chif fres Selon une compilation publiée par le Washington Post, 509 personnes ont été tuées par les forces de l\u2019ordre depuis le début de l\u2019année.47 % sont des Blancs, avec 258 décès, et 24 %, des Afro-Américains, avec 123 morts répertoriées.Ce chif fre est par ticulièrement élevé compte tenu du fait que les Noirs représentent 13 % de la population des États-Unis.D\u2019ailleurs, le gouverneur du Minnesota a affirmé que le facteur racial a sans doute joué un rôle déterminant dans le décès de Castile : «Cela serait-il arrivé si ces passagers, le conducteur et les passagers, eussent été blancs ?Je ne le pense pas.Je suis donc obligé de faire face, et [\u2026] nous tous au Minnesota sommes obligés de faire face au fait que ce genre de racisme existe.» Dans la même période en 2015 et en 2016, le nombre de policiers se trouvant au cœur de procédures judiciaires à la suite de décès d\u2019individus dans des circonstances discutables a augmenté de 6 %.Les Noirs ont été deux fois plus touchés que les Blancs par ce phénomène.Il est à préciser cependant que dans plus de 90 % des cas, les suspects étaient armés, ce qui favorise les situations de stress.Au reste, le nombre d\u2019événements filmés a augmenté : 105 pour l\u2019année en cours contre 76 en 2015.La majorité de ces images (63) proviennent des caméras installées sur les uniformes des policiers ; celles-ci ont presque doublé par rapport à l\u2019année dernière.Ces enregistrements constituent des éléments de première importance lors des procédures judiciaires impliquant des policiers.La surmédiatisation de ces événe- ments tragiques porte à croire que la situation des Afro-Américains n\u2019a guère évolué depuis la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis dans les années 1960.Or, même si l\u2019équilibre reste fragile, les relations interraciales continuent d\u2019évoluer de manière positive à l\u2019échelle nationale.Un équilibre fragile Les communautés ethniques sont plus touchées par les brutalités policières.Un des facteurs expliquant ce phénomène est la concentration fréquente de leur population dans des quartiers défavorisés.La criminalité y atteint des niveaux élevés qui suscitent un déploiement disproportionné des forces policières.Cela multiplie de manière exponentielle les risques de confrontation.Toutefois, les événe- ments comme ceux de la semaine dernière relèvent davantage de l\u2019exception que de la règle.Grâce entre autres aux mesures de discrimination positive mises en place depuis les années 1960, le pourcentage d\u2019Afro-Américains appartenant à la classe moyenne a quadruplé en l\u2019espace de 40 ans, passant de 13,4 % en 1960 à 51 % au début du XXIe siècle.L\u2019économie et l\u2019accès à l\u2019éducation sont au cœur des préoccupations des nouvelles générations d\u2019Afro-Américains.La question des droits civiques devient un enjeu « symbolique » et non prioritaire.Selon une étude menée par le Pew Research Center en 2013, 55 % des Afro-Améri- cains de moins de 40 ans considèrent que les Noirs sont responsables de leur propre situation socioéconomique.À cela s\u2019ajoute l\u2019élection symbolique de Barack Obama, signe de l\u2019évolution des mentalités.Un certain apaisement interracial progresse, ce qui ne signifie pas pour autant que les tensions disparaissent.Malgré l\u2019amélioration des conditions des Afro-Américains, l\u2019égalité des chances est loin d\u2019être une réalité.Pour la communauté noire, l\u2019accès à l\u2019éducation reste plus difficile et des préjugés à son endroit persistent aujourd\u2019hui.Des événements tragiques comme ceux de cette semaine illustrent à quel point l\u2019équilibre entre les communautés reste fragile.ÉTATS-UNIS Nouvelle ère de tensions raciales ?Même si les relations interraciales continuent d\u2019évoluer de manière positive, l\u2019équilibre reste fragile LAURA BUCKMAN AGENCE FRANCE-PRESSE Manifestation jeudi à Dallas contre la mort d\u2019Alton Sterling et de Philando Castile.M L L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S l\u2019ar t d\u2019accommoder les textes (Seuil), écrit avec sa compagne Sylvie Prioul.Eux aussi ont fait des comptes et décomptes dans la presse.Une journée de 2005 dans le journal L\u2019Humanité ne leur a permis d\u2019en dénicher qu\u2019un seul, réfugié dans l\u2019édito, alors que tous les autres signes y étaient largement représentés.«Force est de constater qu\u2019il n\u2019a pas le vent en poupe et fait partie, comme l\u2019imparfait du subjonctif ou le passé simple, des finesses menacées par l\u2019appauvrissement de l\u2019expression écrite.» M.Houdart signale aussi la disparition quasi complète dans la presse du tiret de relance.Ce signe de fin de phrase, un «sty- lème» aussi flaubertien que le point-virgule, ne semble guère plus utilisé que par quelques olibrius du clavier.La faute incomberait à l\u2019écriture ramassée et ef ficace de plus en plus prisée partout.Les fioritures et les phrases à pentures n\u2019ont plus tellement la cote.Le style, c\u2019est l\u2019homme (ou la femme), mais c\u2019est aussi l\u2019époque.La nôtre, hypermobile et überbranchée, se projette commode, laconique et opérante, pour ne pas dire circonspecte, élémentaire et triviale.«Les textes ont beaucoup raccourci, dit Olivier Houdart.Un document du Monde datant d\u2019il y a une quinzaine d\u2019années recense les conseils donnés pour la rédaction dans le journal.Il y est clairement dit qu\u2019il faut privilégier la phrase courte.Évidemment, avec de telles balises, il devient impossible de se servir du point-virgule.» Phrase longue, pause courte Traditionnellement, en français, ce signe sert à donner de l\u2019ampleur à la phrase alors développée en plusieurs étapes séparées et en même temps liées par le point-virgule, souvent utilisé en groupe.Ce signe sert de séparateur dans une énumération après les traditionnels deux- points, mais il peut aussi diviser des propositions indépendantes en liaison et même remplacer la virgule pour éviter des confusions dans une phrase qui en fait grand usage.Le point signifie que la phrase est terminée.Une virgule fait liaison, ou encore opposition.Un point-virgule avertit que la phrase suivante est en même temps indépendante et liée à celle qui suit.D\u2019où cette idée d\u2019ailleurs que dans la lecture à haute voix, la pause accompagnant le point-virgule soit légèrement plus longue que celle de la virgule, mais plus courte que celle du point.Un exemple?Cette introduction de Littré pour son fameux Dictionnaire de la langue française, où tous les signes de ponctuation sont brillamment sollicités, y compris le point-virgule.«Rien ne m\u2019avait préparé particulièrement à une entreprise de ce genre\u2026 Rien?Et les travaux consignés dans le présent volume et ceux, plus considérables, que contient l\u2019Histoire de la langue française ?Sans doute ; mais cela, qui ne qualifia amplement lors des transformations de mon premier projet, y est postérieur ; et je répète en toute vérité : rien ne m\u2019avait préparé à une entreprise de ce genre.» Ce signe exige et signale une maîtrise fine de la langue à laquelle il fournit « une rigueur sans excès», comme le souligne une célèbre formule de grammairien.Jacques Drillon, auteur d\u2019un traité de la ponctuation, ajoutait que « le point-virgule atteste d\u2019un plaisir de penser ».L\u2019historien de la langue Claude Duneton y voyait « un lien subtil dans le tissage des idées».Naufrage et sauvetage Mais bon, tout n\u2019est pas perdu.Un mystérieux comité de défense du point-virgule a vu le jour il y a quelques années, en France.C\u2019était un 1er avril et la création empestait la caque qui sent toujours le hareng.Le point-virgule est surtout sauvé par les langages de programmation comme C ++, Pascal ou Java, où il joue le rôle de séparateur des instructions.Dans beaucoup de styles, il est d\u2019usage d\u2019utiliser une instruction par ligne.Quand deux instructions se suivent sur la même ligne, le point-virgule divise les commandes.Mais il peut aussi servir dans certains langages à marquer la fin d\u2019une instruction, voire à introduire un commentaire qui ne sera pas considéré dans l\u2019exécution du code.La tatou-thérapie donne aussi un regain de vie au signe en enrichissant sa signification \u2014 ou plus exactement son signifié.La mode de se faire tatouer un point-virgule (d\u2019abord à l\u2019intérieur du poignet et maintenant n\u2019importe où) date de quelques années.Le Semicolon Project a essaimé parmi les anciens alcooliques ou toxicomanes qui l\u2019utilisent comme symbole de leur volonté de scinder leur vie en deux, avant la dépendance et après le nouveau départ.Et puis, la survie du point-virgule semble aussi de plus en plus assumée par le smiley qui signale un clin d\u2019œil.Ce qui donne ceci: (;-).Encore une fois, la langue vit et les signes linguistiques évoluent avec elle.Les codes de ponctuation ont changé depuis l\u2019invention de l\u2019écriture.Ils continuent de muter et les nouveaux moyens de communication en ligne ouvrent un immense et formidable univers signifiant.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 POINTS Antiquité Le point-virgule est utilisé un peu comme un point d\u2019interrogation.En grec moderne, il sert d\u2019ailleurs encore à signaler une question : il remplace le point d\u2019interrogation.1494 Premier usage connu en imprimerie du punctum se- micirculo punctum par Aldus Manutius, prince des éditeurs vénitiens, au moment où la province italienne produit le quart des ouvrages imprimés en Europe.Son petit-fils Alde le Jeune, dans son traité Epitome orthogra- phiae (1575), avoue déjà que le point-virgule est « le plus dif ficile de tous les signes».1547 Apparition du point-virgule en français dans le recueil de vers Les Marguerites de la Marguerite des princesses, recueil de Marguerite de Navarre: «Un edict fait par Cesar l\u2019Empereur; C\u2019est bien raison que von vouloir on face».1811 Dans La Grammaire des grammaires de Girault- Duvivier, référence de Flaubert, grand maître du point- virgule et de la ponctuation comme affaire de rythme, ce signe est défini comme «marquant une pause plus forte que la virgule» et codifié comme outil de séparation syntaxique, de dépendance et de complétude sémantique.2013 Lancement à l\u2019aide des réseaux sociaux du Semicolon Project pour encourager les anciens toxicomanes à se faire tatouer un point-virgule en signe de reconnaissance vitale.Le point-virgule en cinq temps chiffre ainsi pour une première fois ce que signifie un délai «déraisonnable».Cet arrêt a invalidé les condamnations de Barrett Richard Jordan relativement à la possession et au trafic de drogues.Plus de 49 mois s\u2019étaient écoulés entre le dépôt des accusations contre l\u2019homme de Colombie-Britannique et sa déclaration de culpabilité.Les avocats consultés par Le Devoir sont unanimes : il existe un problème de délais interminables dans les tribunaux du pays.Il est toutefois dif ficile d\u2019établir avec certitude pourquoi mener un procès est devenu si long.«On dit parfois à mes clients qu\u2019ils ne peuvent avoir de procès avant 18 mois, 2 ans\u2026 C\u2019est bien trop long», explique l\u2019avocate criminaliste Julie Couture, qui est d\u2019avis que tous les acteurs ont une part à jouer dans le problème des délais.« Il y a un peu de tout.Par fois, il manque de salles, de juges, de gref fiers ou d\u2019agents de sécurité.Parfois, c\u2019est la défense qui fait reporter le dossier indéfiniment », explique-t-elle.La Cour suprême a d\u2019ailleurs souligné que l\u2019administration du tribunal n\u2019avait pas d\u2019incitatif «à prendre des mesures préventives pour remédier aux pratiques inefficaces et au manque de ressources».«Tout le monde en souffre depuis plusieurs années.C\u2019est intolérable », s\u2019insurge Jean-Claude Hébert, avocat criminaliste en défense.« C\u2019est le temps de réfléchir à pourquoi on est rendu là».Du haut de ses 40 ans de métier, l\u2019avocat et professeur de droit a assisté à la progressive complexification des causes.Citant en exemple les mégaprocès de l\u2019opération SharQC ou encore les accusations dans le cadre des enquêtes de l\u2019UPAC, Me Hébert est d\u2019avis que trop de chefs d\u2019accusation sont portés contre les accusés, sous un fardeau de preuve stratégiquement trop volumineux, de sorte que l\u2019analyse allonge tout le procès.«On aurait avantage à simplifier les accusations, à aller à l\u2019essentiel pour la preuve.Ça irait beaucoup plus vite », croit-il.Pas de vague de libérations Vendredi, la juge Johanne St-Gelais, de la Cour supérieure du Québec, a pris en considération cette nouvelle jurisprudence au moment de prononcer la peine de Jerry Purdy, condamné dans le cadre du mégaprocès Diligence, étalé sur près de sept ans, soit bien au-delà de la nouvelle norme.Il est par contre improbable que le jugement Jordan provoque des arrêts de procédure pour des causes présentement devant les tribunaux.Déjà, dans les années 1990, la Cour suprême a rendu des jugements (Askov, Morin) confirmant le droit d\u2019être jugé dans un délai raisonnable, sans toutefois préciser de limite à l\u2019acceptable.Des dizaines de milliers d\u2019accusés avaient alors été libérés sous ce prétexte, ce que les juges de la Cour suprême veulent maintenant éviter en demandant que s\u2019applique le jugement Jordan de manière «contextuelle».Les nouveaux délais de procès risquent donc de n\u2019avoir que peu d\u2019effet sur les causes actuellement entendues devant les tribunaux.«Ça ne provoquera pas des centaines d\u2019acquittements demain matin», précise Me Beaulac.«Ce jugement précise bien qu\u2019on doit éviter d\u2019appliquer trop mécaniquement les critères [des délais maximaux].» Le public sera plus à même de constater les conséquences de l\u2019arrêt Jordan au terme des procès qui débutent maintenant, c\u2019est-à-dire dans 18 ou 30 mois.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 JUSTICE en compétition, a atteint le fond de la cage alors que le gardien français Hugo Lloris plongeait en vain sur sa droite.Lui qui était entré dans l\u2019action à la 79e minute comme remplaçant a aussitôt été assailli par ses coéquipiers alors même qu\u2019on devinait que le Portugal au complet explosait de joie.Il s\u2019agit d\u2019un premier titre en tournoi majeur (Euro ou Coupe du monde) pour le pays.Et les Portugais doivent certainement comprendre l\u2019immense sentiment de déception qui a envahi la France puisque eux-mêmes avaient perdu 1-0 contre la Grèce à la finale de l\u2019Euro 2004 à la maison, à l\u2019Estadio da Luz de Lisbonne.Des larmes Et contre toute attente, la Se- lecção a accompli l\u2019exploit après avoir dû encaisser le choc du retrait du match de son as et leader Ronaldo, contraint à la 25e minute de jeu de déclarer forfait en raison d\u2019une blessure au genou gauche.Touché à la 8e minute lors d\u2019un contact avec Dimitri Payet, il a quitté provisoirement le terrain, mais est revenu au bout de quelques instants.De nouveau au sol à la 17e, il est sorti en larmes puis est revenu à la 20e.Mais de toute évidence, ça n\u2019allait pas du tout et cinq minutes plus tard, assis sur la pelouse, il remettait le brassard de capitaine à Nani alors même qu\u2019une civière était demandée pour l\u2019évacuer, encore en larmes.L\u2019attaquant Ricardo Quaresma a pris sa place.Étrangement, le Por tugal, dominé en début de match alors que la France contrôlait le ballon et jouait haut, neutralisant les efforts de relance, s\u2019est raplombé après le départ de Ronaldo et s\u2019est mis à faire jeu beaucoup plus égal avec ses rivaux alors que le principal intéressé, bandage au genou, revenait au banc des siens pour la prolongation, encourageant énergiquement ses collègues aux côtés de l\u2019entraîneur Fernando Santos.Et si «CR7» pleurait encore à la fin du match et lors de la présentation du trophée Henri-De- launay, c\u2019était cette fois de bonheur.À 31 ans, lui qui a connu tant de succès en club à Manchester United et au Real Madrid, mais avait encore tout jeune connu la désillusion de 2004, tenait enfin le sacre international qui allait couronner son illustre carrière.Brio devant le filet Chose certaine, l\u2019équipe portugaise doit une fière chandelle à Rui Patrício pour ce gain en match ultime : le gardien s\u2019est dressé avec aplomb lorsque l\u2019adversaire a frappé à la porte.Il a dit non deux fois à la 10e minute, à une tête d\u2019Antoine Griezmann et à une redirection de corner de Payet, il a encore frustré Griez- mann à la 58e, il a bloqué un tir à bout portant d\u2019Olivier Giroud à la 75e et s\u2019est imposé devant Moussa Sissoko, le milieu de terrain qui fut en ce dimanche le meilleur joueur des Bleus avec plusieurs charges menaçantes en territoire ennemi.Et comme un bon gardien fait sa chance, il a vu une frappe d\u2019André-Pierre Gignac aboutir sur son poteau droit dans les arrêts de jeu de la deuxième demie.À l\u2019autre bout, Lloris a été moins occupé, mais il a tout de même été appelé à se signaler deux fois à la 80e minute quand Nani et Quaresma ont coup sur coup réussi de dangereux tirs cadrés.Il a également bloqué une tentative d\u2019Éder à la 104e et bénéficié de sa propre veine à la 108e alors qu\u2019un coup franc du défenseur Raphaël Guerreiro est allé percuter la barre transversale de son filet.C\u2019était tout juste avant qu\u2019Éder ne prenne une revanche décisive.«C\u2019est un trophée pour tous les Por tugais, tous les immigrés, tous les gens qui ont cru en nous, a déclaré Ronaldo après le match.Ce n\u2019était pas la finale que je souhaitais, je n\u2019y arrivais pas, j\u2019avais trop de douleur.Mais je suis très heureux.Dès le début de la compétition, j\u2019ai essayé d\u2019aider l\u2019équipe à ma manière.J\u2019ai toujours été présent.» Nouveau format De son côté, le sélectionneur des Bleus, Didier Des- champs, a évoqué « une immense déception.On a laissé passer une grande chance d\u2019être champion.Il n\u2019y a pas de mots pour décrire ce sentiment.Il faudra du temps pour digérer ça.On a souffert ensemble, on a gagné ensemble, et finalement on perd ensemble.C\u2019est dif ficile, mais c\u2019est comme ça.» Limité à trois verdicts nuls dans le groupe F, le Portugal ne doit qu\u2019au nouveau format de l\u2019Euro (vingt-quatre équipes, et quatre clubs de 3e position qualifiés) d\u2019avoir atteint la phase des matchs à élimination directe, où il s\u2019est imposé en prolongation contre la Croatie et aux tirs à but face à la Pologne.Sa seule victoire en temps réglementaire du tournoi est sur venue en demi-finales aux dépens du pays de Galles.Pour leur part, les Bleus ont échoué dans leur tentative de remporter un tournoi majeur présenté en France pour une troisième fois consécutive après l\u2019Euro 1984 et la Coupe du monde 1998.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SOCCER ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les Montréalais d\u2019origine portugaise ont célébré avec exaltation dans les rues de la métropole la victoire historique de la Selecção.FRANCISCO LEONG AGENCE FRANCE-PRESSE Cristiano Ronaldo "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.