Le devoir, 18 octobre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 3 6 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Libre-échange entre le Canada et l\u2019UE.Les Wallons sous pression après leur vote de dissidence.Page B 1 Actualités \u203a C\u2019est l\u2019économie, stupide ! Une chronique de Michel David sur la réelle préoccupation des électeurs.Page A 3 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m UN COLOSSE À CORDES PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019Orchestre symphonique de Montréal a présenté lundi, sur la scène de la Maison symphonique, un nouvel instrument: l\u2019octobasse, une sorte de contrebasse géante, qui permet d\u2019émettre des sons d\u2019une profondeur sans équivalent.Page B 8 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa A lors que les ministres de la Santé du pays se rencontrent à Toronto aujourd\u2019hui pour négocier le financement de leur système, Justin Trudeau lance un pavé dans la mare.Pas question de bonifier le transfert en santé parce qu\u2019à l\u2019heure actuelle, les provinces détournent ces fonds vers d\u2019autres programmes, a accusé le premier ministre.Les provinces devront d\u2019ailleurs lui rendre des comptes quant à l\u2019utilisation future de tout nouvel investissement d\u2019Ottawa.«L\u2019augmentation des coûts en matière de santé des provinces, c\u2019est quoi par année?C\u2019est autour de 1,6 ou 2,6% dépendant comment on le calcule.Mais ça n\u2019arrive même pas au 3%», a lancé Justin Trudeau au cours d\u2019une entrevue avec Le Devoir lundi midi.M.Trudeau estime donc que l\u2019argent supplémentaire qu\u2019Ottawa envoie chaque année sert à d\u2019autres choses qu\u2019à améliorer le système de santé.«Moi, mon attente là-dedans, c\u2019est que cet argent-là soit réellement dépensé pour le système de santé.Et ça, ça ne fait pas l\u2019unanimité chez les provinces.Même cette condition-là, il y a des gens qui résistent.Mais je sais que les Canadiens s\u2019attendent à ce que tout nouvel argent investi en santé par le gouvernement fédéral soit réellement dépensé en santé par les provinces et pas en réductions d\u2019impôts ou en programmes de je ne sais trop quoi.» Une hausse annuelle de 6% Le transfert en santé versé par Ottawa aux provinces augmente de manière systématique de 6 % par année depuis 2004, mais ce taux d\u2019augmentation sera ramené à 3 % à compter de 2017.C\u2019est cette décision \u2014 prise par Stephen Harper, mais maintenue par M.Trudeau \u2014 que contestent vigoureusement les provinces.Le transfert fédéral s\u2019élève cette année à 36 milliards.La différence entre les deux taux représente un manque à gagner d\u2019un milliard la première année.SANTÉ Trudeau demande des comptes aux provinces Le premier ministre déplore le détournement de fonds fédéraux vers d\u2019autres programmes Justin Trudeau C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris O n savait qu\u2019un écrivain sommeillait en François Mitterrand.On savait qu\u2019il avait eu une maîtresse en la personne d\u2019Anne Pingeot.On savait que tous deux avaient partagé pendant plus de 30 ans une vie secrète dont naquit en 1974 une fille, Mazarine.On savait tout cela, mais on ne savait pas que l\u2019homme politique qui deviendra président avait vécu une passion dévorante au point d\u2019écrire à la flamme de sa vie 1218 lettres d\u2019amour.Depuis quelques jours, le livre est en librairie, massif, posé là comme une enclume, une Mitterrand amoureux Les 1218 lettres d\u2019un amour à huis clos entre l\u2019ancien président français à sa maîtresse sont publiées GÉRARD CERLES AGENCE FRANCE-PRESSE François Mitterrand a été président de la France de mai 1981 à mai 1995.Mitterrand et Anne Pingeot se sont rencontrés en 1962.Ce n\u2019est qu\u2019en 1994 que les Français découvrent l\u2019existence de cette liaison dont était née leur fille, Mazarine.VOIR PAGE A 8 : MITTERRAND VOIR PAGE A 8 : TRUDEAU L\u2019Université Laval renforce ses mesures de sécurité après la série d\u2019agressions sexuelles du week-end Page A 5 Entrevue Louise Arbour partage ses ré?exions sur la laïcité et le pouvoir Page A 3 M A R I E - M I C H È L E S I O U I C\u2019 est à Mossoul, deuxième ville en importance de l\u2019Irak, que le groupe armé État islamique (EI) avait proclamé en juin 2014 la création de son « califat ».Lundi, c\u2019est aussi sur cette ville que les forces irakiennes ont lancé l\u2019offensive qui doit servir à éradiquer la présence des djihadistes dans le pays.Mossoul est en effet le dernier grand fief de l\u2019EI en Irak, et la bataille pour reprendre cette ville à la situation géographique stratégique a été annoncée, en pleine nuit, par le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, qui y voit l\u2019occasion de signer «une grande victoire».Les combats s\u2019annoncent pénibles, de longue haleine, et ils font déjà craindre un désastre humanitaire pour le million et demi d\u2019habitants de Mossoul.Dès les premières heures de la matinée lundi, des colonnes de véhicules blindés de l\u2019armée irakienne sont parties vers les lignes de front.Pas moins de 30 000 membres des forces fédérales irakiennes \u2014 armée, police, unités de lutte contre le terrorisme \u2014 sont impliqués dans l\u2019opération.Les combats pourraient durer «des semaines, voire plus», selon la coalition internationale.Le Canada impliqué Chez les observateurs internationaux, les chances de l\u2019emporter font consensus, d\u2019autant que les forces irakiennes bénéficient du soutien d\u2019une coalition internationale composée de 60 pays, dont le Canada, et dirigée par les États-Unis.Mais les risques associés à la grande bataille font aussi l\u2019unanimité, et la grande question qui se pose concerne davantage la durée que l\u2019issue des combats.«Si les combattants de l\u2019EI décident de tenir bon, ce sera une bataille rue par rue.Ça pourrait prendre des mois, prédit Bessma Mo- mani, professeure associée au département de science politique de l\u2019Université de Waterloo.Que se passera-t- il si un million et demi de personnes IRAK À l\u2019assaut du dernier grand fief du groupe EI VOIR PAGE A 8 : IRAK L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 WWW.CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 S.E.Agustín García-López Loaeza Ambassadeur du Mexique au Canada Mardi 25 octobre 2016 de midi à 14 h Le Westin Montréal 270 Saint-Antoine Street West Avec l\u2019appui de : La croissance des échanges entre le Mexique et le Québec Déjeuner-causerie dans le cadre de la Série Aff aires Étrangères présentée par : Suite à la visite du Président du Mexique au Québec en juin dernier, l\u2019ambassadeur parlera notamment de : 1.L\u2019avenir de l\u2019ALÉNA dans le présent contexte nord-américain 2.Les transformations au Mexique, suite aux réformes H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e Bloc québécois veut mettre un terme au fait que les travailleurs revenant d\u2019un congé parental qui perdent leur emploi ne sont pas admissibles à l\u2019assurance-emploi.Une situation d\u2019autant plus choquante, estime le Bloc, qu\u2019elle affecte surtout les femmes.Pour se qualifier à l\u2019assu- rance-emploi, un chômeur doit avoir accumulé au cours des 52 semaines précédant sa mise à pied un certain nombre d\u2019heures de travail, entre 420 et 700, soit l\u2019équivalent de 10,5 à 17,5 semaines à temps plein.La règle est la même dans le cas d\u2019un chômeur s\u2019étant récemment absenté du travail pour s\u2019occuper d\u2019un nouveau- né.Le problème, c\u2019est que les heures passées avec son bébé ne sont pas considérées comme des heures travaillées.Selon Statistique Canada, le congé moyen pris par les nouvelles mères est de 48,5 semaines au Québec et de 43,6 semaines ailleurs au pays.Si elles perdent leur emploi dans les quelques semaines suivant leur retour au travail, elles n\u2019auront donc pas accumulé assez d\u2019heures pour se qualifier.« Les femmes québécoises sont plus nombreuses à jouir d\u2019un congé de maternité payé.Il dure en moyenne six semaines de plus.[\u2026] Les femmes québécoises se trouvent plus nombreuses à être exclues de l\u2019assurance-emploi », a déploré la députée bloquiste Monique Pauzé en conférence de presse.Le par ti ignore quelle est l\u2019ampleur du phénomène, les statistiques n\u2019existant pas à ce sujet .Chose cer taine, le phénomène se conjugue au féminin.Car si les hommes peuvent prendre eux aussi un congé (de paternité ou parental), ils ne s\u2019absentent en moyenne pas beaucoup du travail.Toujours selon Statistique Canada, le congé moyen du nouveau papa est de 5,6 semaines au Québec et de 2,4 semaines dans le reste du Canada.«En effet, 87% des demandes de congés parentaux proviennent encore des femmes », rappelle Katia Atif, la coordonnatrice d\u2019Action Travai l des femmes.« Alors, même si la problématique peut toucher aussi les hommes, la proportion est explicitement féminine.» Le Bloc québécois a donc déposé un projet de loi qui referme cette faille dans la loi.Il permettrait que la période pendant laquelle les heures travaillées sont comptabilisées soit prolongée du même nombre de semaines qu\u2019a duré le congé, jusqu\u2019à concurrence de 52 semaines supplémentaires.Ainsi, dans le cas d\u2019une mère ayant pris 40 semaines de congé parental, on pourrait retourner jusqu\u2019à 92 semaines en arrière pour voir si elle se qualifie.Cette exemption n\u2019est pas une nouveauté.La Loi sur l\u2019as- surance-emploi en prévoit déjà une pour les personnes ayant arrêté de travailler « par suite d\u2019une maladie, d\u2019une blessure, d\u2019une mise en quarantaine ».Même les personnes ayant été incarcérées en attente d\u2019un procès, et qui sont finalement acquittées, peuvent aussi s\u2019en prévaloir.Dans tous ces cas, les 52 semaines sont prolongées d\u2019un nombre équivalent de semaines pendant lesquelles la personne n\u2019a pas pu travailler pour des raisons indépendantes de sa volonté.Au bureau du ministre responsable de ce dossier, Jean- Yves Duclos, on refuse de se dire ouvert ou non à ce changement spécifique.On rappelle plutôt que le gouvernement mène des consultations sur la réforme de l\u2019assurance-emploi et qu\u2019il revient aux personnes participant à la consultation de soulever cette question.Le Devoir Le Bloc veut aider les nouvelles mères chômeuses B R U C E C H E A D L E à Ottawa P our la première fois dans l \u2019histoire du pays, un Terre-Neuvien deviendra juge à la Cour suprême du Canada.Malcolm Rowe, âgé de 63 ans, qui était juge à la Cour d\u2019appel de Terre-Neuve-et-La- brador depuis 2001, doit ainsi devenir le neuvième juge du plus haut tribunal du pays, à la suite du dépar t de Thomas Cromwell, qui a pris sa retraite le 1er septembre.Le gouvernement de Justin Trudeau avait indiqué que le nouveau juge devait être « effectivement bilingue », mais il ne s\u2019était pas engagé formellement à ce que le remplaçant du juge Cromwell, qui était de Nouvelle-Écosse, soit lui aussi d\u2019une province de l\u2019Atlantique.La Loi sur la Cour suprême prévoit que trois juges doivent provenir du Québec (notamment à cause de son Code civil distinct), mais elle demeure muette sur toute autre représentation régionale.M.Trudeau a reconnu en août dernier que la perspective du Canada atlantique et la représentation régionale étaient importantes, mais que l\u2019accent devait être mis sur le recrutement «des meilleurs juges» et la diversité.Il avait ainsi ouvert la porte aux candidatures provenant de partout au pays.Cet « accroc à la tradition » avait provoqué les hauts cris dans les provinces de l\u2019Atlantique, mais la nomination du juge terre-neuvien vient apaiser le débat dans cette région.Dans le questionnaire remis au Comité consultatif indépendant, publié lundi par le Commissariat à la magistrature fédérale, le juge Rowe se déclare bilingue : il soutient qu\u2019il peut déjà, sans formation supplémentaire, lire et comprendre des documents de la cour, discuter d\u2019affaires juridiques avec des collègues, converser avec un avocat à la cour et comprendre une argumentation orale à la cour en français et en anglais.«Depuis sa nomination à la magistrature, il a contribué de façon remarquée au droit criminel, en particulier en matière de détermination de la peine, peut- on lire dans le communiqué publié par le cabinet du premier ministre Trudeau.Les connaissances étendues de M.Rowe en matière de droit criminel, constitutionnel et public font de lui le candidat idéal pour un siège au plus haut tribunal du pays.» « Tout au long de sa remarquable carrière au sein du gouvernement fédéral, du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labra- dor et en cabinet d\u2019avocats, il a été appelé à traiter de questions touchant le droit constitutionnel, les relations internationales, la délimitation des frontières maritimes par voie d\u2019arbitrage, et la négociation de conventions internationales sous l\u2019égide des Nations unies», lit-on aussi.Le premier ministre de Ter re-Neuve-et -Labrador, Dwight Ball, s\u2019est réjoui de cette «nomination historique», qui constitue un « moment de grande fierté» pour la province.Le por te-parole conser va- teur en matière de justice à Ottawa, Rob Nicholson, lui- même ex-ministre fédéral de la Justice, a qualifié « d\u2019excellent choix » la nomination du juge Rowe, et il s\u2019est attribué le mérite d\u2019avoir insisté auprès des libéraux pour une candidature de l\u2019Atlantique.Une nouvelle nomination à la Cour suprême devra être annoncée d\u2019ici septembre 2018, lorsque la juge en chef Beverley McLachlin atteindra l\u2019âge obligatoire de la retraite \u2014 75 ans.«Entrevues d\u2019embauche» M.Rowe sera le premier à se soumettre au nouveau processus de sélection des juges à la Cour suprême mis sur pied par le gouvernement libéral en août dernier, afin de rendre le mécanisme « plus transparent ».Le juge terre-neuvien a été choisi à par t ir d\u2019une liste « non contraignante » de quelques noms dressée par le Comité consultatif indépendant, mis sur pied cet été, qui a reçu 54 candidatures.Dans une semaine, la ministre de la Justice, Jody Wilson- Raybould, et la présidente du Comité consultatif indépendant, Kim Campbell, devront comparaître devant un comité parlementaire afin d\u2019expliquer pourquoi la candidature du juge Rowe a été retenue.Le juge Rowe, de son côté, devra se soumettre à une séance de questions des membres du comité parlementaire et du comité sénatorial ainsi que des représentants du Parti vert et du Bloc québécois qui ne siègent pas à ces comités.Cet exercice se tiendra le 25 octobre.La Presse canadienne COUR SUPRÊME Le gouvernement Trudeau nomme le neuvième juge R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec D es points de vue opposés se feront entendre lors des consultations qui s\u2019amorcent mardi en commission parlementaire sur le projet de loi 62 favorisant le respect de la neutralité religieuse de l\u2019État et visant notamment à encadrer les demandes d\u2019encadrements religieux dans certains organismes, réponse du gouvernement Couillard au projet péquiste de charte de la laïcité.« C\u2019est un débat qui divise mais qui fait avancer, comme les débats sur l\u2019avortement, sur la peine de mort ou sur l\u2019aide médicale à mourir», a souligné la juriste Julie Latour, qui comparaîtra en commission parlementaire au nom du regroupement Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l\u2019État.La Commission des institutions a prévu neuf jours d\u2019audiences cet automne au cours desquelles 42 groupes et individus seront entendus, un nombre qui est appelé à augmenter puisque l\u2019horaire prévoit des ajouts.C\u2019est la quatrième fois que le gouvernement québécois tente de faire adopter un projet de loi pour préciser la neutralité religieuse de l\u2019État et définir des balises pour l\u2019octroi d\u2019accommodements raisonnables dans le secteur public et parapublic.Les deux projets de loi précédents, 63 et 94, présentés par le gouvernement Charest ont été abandonnés tandis que la défaite du Parti québécois en 2014 a clos l\u2019épisode du projet de loi 60 sur la charte «affirmant les valeurs de laïcité » défendu par le gouvernement Marois.L\u2019appui de Lisée À l\u2019entrée du Conseil des ministres mercredi dernier, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui pilote le projet de loi 62 a indiqué que le gouvernement avait en main «des avis juridiques solides » à l\u2019appui de cette nouvelle tentative législative.Elle a dit souhaiter que le nouveau chef de l\u2019opposition officielle, Jean-François Lisée, reste fidèle aux propos qu\u2019il a tenus lors de la course à la chefferie : le candidat jugeait que le projet de loi était un pas en avant et qu\u2019il fallait l\u2019adopter.Pour Louis-Philippe Lam- pron, professeur de droit à l\u2019Université Laval, le projet de loi 62 consiste pour l\u2019essentiel en « une redite » du projet de loi 94 présenté en 2010.«C\u2019est essentiellement une codification du droit canadien actuel sur la neutralité religieuse de l\u2019État », estime-t-il.À cela s\u2019ajoute la même disposition que dans le projet de loi 94 sur l\u2019obligation d\u2019avoir le visage découver t pour fournir ou recevoir des services de l\u2019État, que ce soit dans les écoles, dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées, dans le réseau de la santé et pour les autres services publics.Un accommodement à ce sujet devra être refusé pour «des motifs portant sur la sécurité, l\u2019identification ou le niveau de communication requis ».Mentionnons qu\u2019il n\u2019est aucunement question de signes religieux.Au moment des consultations sur le projet de loi 94, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) avait exprimé un « malaise » relativement à cette interdiction qui portait, sans le dire, sur des signes religieux.« On peut même dire que ça vise explicitement un symbole religieux d\u2019une religion [l\u2019islam] », a fait observer Louis-Philippe Lam- pron.« Il y a des raisons de croire que ça pourrait être contesté.» Ou que l\u2019interdiction ne s\u2019applique pas en raison de l\u2019octroi d\u2019accommodements.Pour sa part, Me Julius Grey, bien qu\u2019il s\u2019oppose au multicul- turalisme et qu\u2019il soit en faveur de la laïcité, est contre l\u2019interdiction des signes religieux, sauf pour les agents de l\u2019État qui détiennent un pouvoir de coercition (juges, policiers, agents correctionnels, etc.), comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor.Il trouve inconcevable qu\u2019on puisse priver quelqu\u2019un de soins médicaux, quelles que soient les circonstances.Pour Julie Latour, le projet de loi 62 est « un jalon ».À ses yeux, il manque à la neutralité religieuse de l\u2019État et à la laïcité un socle juridique qui passe par l\u2019enchâssement de leur principe dans la Charte des droits et libertés de la personne.Le Devoir COMMISSION PARLEMENTAIRE Des points de vue divergents sur la laïcité de l\u2019État Au moins 42 groupes ou individus se feront entendre sur le projet de loi 62 JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui pilote le projet de loi 62, a indiqué que le gouvernement avait en main «des avis juridiques solides» à l\u2019appui de cette nouvelle tentative législative. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L e premier ministre Philippe Couillard a ouvert les hostilités de façon aussi br utale que grossière en associant Jean-François Lisée à l\u2019extrême droite européenne, et il ne fait pas de doute que les questions d\u2019identité occuperont une place importante dans le débat public d\u2019ici les élections d\u2019octobre 2018.M.Couillard avait cependant noté autre chose dans ses premiers commentaires sur l\u2019élection de M.Lisée : dans son interminable discours de victoire, il avait parlé d\u2019à peu près tous les sujets, sauf d\u2019économie.S\u2019il a salué brièvement l\u2019engagement de Martine Ouellet en faveur du « développement économique intelligent », le nouveau chef du PQ n\u2019a certainement pas donné l\u2019impression qu\u2019il en faisait une grande priorité.En toute justice, sa plate- forme incluait bien une série de propositions concernant la recherche et le développement, l\u2019expor tation, l \u2019industrie manufacturière, l\u2019énergie ou le maintien des sièges sociaux, mais il reste qu\u2019il n\u2019a pas jugé utile d\u2019en parler ce soir-là.Tout le monde attend avec impatience le premier face-à-face entre les deux hommes.Depuis les longues années de débat entre Robert Bourassa et Jacques Parizeau, l\u2019Assemblée nationale n\u2019a plus été le théâtre d\u2019une confrontation entre deux protagonistes d\u2019une telle envergure intellectuelle.M.Couillard se plaît à dire qu\u2019il en sera à son cinquième adversaire péquiste, mais il a eu la partie relativement facile depuis qu\u2019il est devenu premier ministre.Il aura maintenant un adversaire à sa mesure.Les paris sont ouverts sur la première question que lui adressera le nouveau chef de l\u2019opposition.S\u2019ils sont aux antipodes sur les dossiers identitaires, qu\u2019il s\u2019agisse de laïcité, d\u2019immigration ou de langue, l\u2019économie n\u2019en demeure pas moins la plus grande préoccupation des électeurs.L\u2019imagination de M.Lisée est inépuisable et il ne demande certainement pas mieux que de surprendre le premier ministre, mais le célèbre mot de l\u2019ancien conseiller de Bill Clinton, James Carville, demeure tout à fait d\u2019actualité : « It\u2019s the economy, stupid ! » ?La semaine dernière, le premier ministre Couillard a annoncé la création d\u2019un comité consultatif sur l\u2019économie et l\u2019innovation composé de 27 représentants éminents du Québec Inc.Il est difficile de s\u2019opposer à la vertu, mais on ne peut pas attendre grand-chose à court terme, de ce énième comité.Malgré les 38 000 nouveaux emplois recensés par Statistique Canada pour le mois de septembre, on est encore très loin des 250 000 en cinq ans que le PLQ avait promis durant la campagne électorale, et les prévisions de croissance ne sont pas très encourageantes.Au contraire, le nouveau conflit sur le bois d\u2019œuvre avec les États-Unis, qui semble inévitable, aura des répercussions négatives sur l\u2019ensemble de l\u2019économie québécoise.Sans parler de la menace que le rejet par le Parlement wallon fait planer sur le traité de libre-échange entre le Canada et l\u2019Union européenne, dont on espère la création de 80 000 nouveaux emplois au Québec.Bref, M.Lisée n\u2019a que l\u2019embarras du choix et il ne demande sûrement pas mieux que de prendre le premier ministre de court.Ces dernières semaines, l\u2019intégrité a été le sujet préféré du PQ lors de la période de questions, mais le ministre des Transports, Laurent Lessard, aura peut-être droit à un petit répit.Le faux pas de son nouveau leader parlementaire, Pascal Bérubé, qui a participé gratuitement à une annonce publicitaire d\u2019un concessionnaire automobile de sa circonscription, n\u2019est pas bien grave, mais il serait maladroit de permettre une diversion aussi facile.?Pierre Kart Péladeau avait bien des défauts, mais il était associé étroitement au développement économique, même si ses talents de gestionnaire ne faisaient pas l\u2019unanimité.Si le PQ avait fait appel à lui, c\u2019était précisément parce qu\u2019il lui apportait une caution que même un économiste aussi réputé que Jacques Parizeau n\u2019avait pas pu lui donner.La preuve est largement faite que les libéraux n\u2019ont aucune compétence particulière en économie, et M.Couillard ne fait pas exception.Le problème est qu\u2019aucun chef péquiste n\u2019a encore réussi à convaincre la population qu\u2019elle ne rime pas nécessairement avec fédéralisme.On reconnaît de nombreuses qualités à Jean- François Lisée, mais l\u2019économie n\u2019a jamais été sa marque de commerce.Il aura beau répéter à qui veut l\u2019entendre que son père était un entrepreneur, sa soudaine af fection pour les PME laisse perplexe.François Legault peut s\u2019enorgueillir à juste titre de sa réussite avec Air Transat, mais l\u2019empire Québecor pesait beaucoup plus lourd dans la balance.Depuis le départ de M.Péladeau, il est le seul chef de parti à pouvoir prétendre avoir une connaissance directe du monde des affaires.Le problème est qu\u2019on s\u2019intéresse à lui seulement quand il parle d\u2019autre chose et qu\u2019il met les pieds dans le plat.mdavid@ledevoir.com C\u2019est l\u2019économie, stupide ! MICHEL DAVID L I S A - M A R I E G E R V A I S A près une longue car rière à l\u2019étranger, où elle a occupé les prestigieuses fonctions de pro- cureure en chef au Tribunal pénal international et de haute- commissaire de l\u2019ONU pour les droits de l\u2019homme, Louise Arbour est maintenant rentrée à la maison.L\u2019Ordre du mérite qu\u2019elle vient de recevoir de l\u2019Association des diplômés de l\u2019Université de Montréal est pour elle « le prix du retour ».« J\u2019ai été absente longtemps et rentrer chez moi et retrouver les anciens, ça me fait énormément plaisir », a-t-elle confié au Devoir.Mais tout ne lui fait pas plaisir dans ce retour au bercail.À commencer par le débat public, qu\u2019elle juge « inutile et stérile », sur la charte de la laïcité, qui a des échos encore aujourd\u2019hui avec la récente course à la direction du Parti québécois.«Ce qui était inquiétant avec le projet de charte, c\u2019était d\u2019aller aussi loin que de matérialiser ces idées dans une loi, dit-elle.Même s\u2019il n\u2019y a rien qui m\u2019inquiète vraiment aujourd\u2019hui, il semble qu\u2019on n\u2019arrive pas à tourner la page.Je ne suis même pas convaincue de la sincérité de ceux qui soulèvent ces questions, à mon avis ils le font à des fins électorales.» D\u2019ordinaire critique, Louise Arbour le sera peu avec le bilan de la première année du gouvernement Trudeau en matière de politique étrangère, qui veut renouer avec les opérations de paix des Nations unies.Cela se comprend : elle fait partie d\u2019un petit groupe de personnes qui ont accepté d\u2019être au comité consultatif du ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan.« Il n\u2019y aura pas de révolution, mais on verra sans doute le Canada se repositionner et lancer un signal for t de réengagement dans les opérations de paix.[\u2026] De ce côté-là, pour moi, ça va dans la bonne direction», a dit celle qui a accompagné le ministre dans des missions sur le terrain, notamment en Afrique.Un creux de vague Louise Arbour n\u2019est pas non plus tendre envers l\u2019Occident qui n\u2019arrive pas à soulager le Moyen-Orient, en particulier et surtout la Syrie, de la guerre qui l\u2019accable.« J\u2019espère qu\u2019on est dans un creux de vague.On ne se couvre pas de gloire», laisse-t-elle tomber.Selon cette ancienne juge à la Cour suprême \u2014 lauréate d\u2019une soixantaine de doctorats honorifiques et distinctions, dont le prestigieux prix Tang en 2016 \u2014, les pays occidentaux, qui sont en position de leadership, avec une bonne compréhension des dossiers et des moyens financiers, ne donnent pas les résultats.«C\u2019est assez désolant.» Mais elle convient, l\u2019ayant elle-même constaté durant son séjour à la tête du Tribunal pénal international de La Haye pour juger les crimes de guerre au Rwanda et en ex-Yougoslavie, qu\u2019il faut du temps pour « livrer le produit».«On pensait à l\u2019époque qu\u2019on était en train d\u2019ouvrir un chapitre révolutionnaire, mais quand on regarde ce qui s\u2019est fait au- jourd\u2019hui, on voit que ça prend plus que 20 ans avant de voir des changements de culture, des changements législatifs et de pouvoir.» Louise Arbour croit, d\u2019abord et avant tout, en la société civile.C\u2019est cette dernière qui fera tourner le vent et empêchera Donald Trump d\u2019accéder à la présidence des États-Unis.« Je pense que ça ne sert à rien d\u2019élaborer des scénarios d\u2019apocalypse.Il y a de bonnes chances que ça n\u2019aille pas jusque-là », pour- suit-elle, évoquant l\u2019accession au pouvoir de M.Trump.Malgré tout, elle reconnaît que beaucoup de dommages ont été faits, les idées d\u2019exclusion et le mépris de la dif fé- rence ont circulé.« Il faut se consoler en se disant que si un leadership d\u2019une telle médiocrité se réalisait, on pourrait compter sur la Cour suprême, les médias et la société civile pour empêcher qu\u2019il y ait une débandade.» Femme et Superbes Évidemment, elle espère ardemment voir Hillary Clinton prendre le pouvoir.Et sans aucun doute, cette politicienne américaine ne méritait pas le traitement que lui réserve une bonne part de l\u2019opinion publique.« Hillary Clinton est une personnalité qui a fait ses preuves sur le plan professionnel.Mais au moment de la voir trôner dans les plus hautes sphères, on continue de véhiculer à son égard des stéréotypes.Elle a une pneumonie et on se demande si elle a la capacité d\u2019occuper ce poste», s\u2019indigne Mme Arbour.Celle qui célébrera bientôt ses 70 printemps fait par tie des personnalités interrogées dans Les Superbes, un livre récemment publié par Léa Cler- mont-Dion et Marie-Hélène Poitras, qui porte sur la relation qu\u2019ont certains avec le succès des femmes.Elle s\u2019y fait très critique, déplorant qu\u2019on en revienne toujours à la sexualité et à l \u2019apparence lorsqu\u2019il s\u2019agit des femmes en politique.« Ça impose un fardeau additionnel à ces femmes qui doivent gérer tous ces messages qui passent par la façon dont elles sont habillées ou coif fées, dénonce-t-elle.Tout ça est commenté comme si c\u2019était un critère pour évaluer la compétence.Est-ce qu\u2019on réserve le même traitement à Trump ?À part pour ses cheveux, mais c\u2019est de bonne guerre.Et même s\u2019il était chauve, on n\u2019en ferait pas tout un plat.» Symbolisme actuel Louise Arbour estime pour sa par t qu\u2019elle a eu la chance d\u2019avoir des « occasions» parce qu\u2019elle était une femme au bon moment et au bon endroit.« Il faut le reconnaître.Mais il ne faut pas penser que toutes les femmes ont eu cette chance, recon- naît-elle.Pendant ma carrière, il y a eu des moments où j\u2019ai été consciente de cette attitude méprisante et paternaliste de certains de mes collègues.Mais ça n\u2019a jamais surpassé l\u2019impact positif qu\u2019a eu pour moi le fait d\u2019être une femme.» Optimiste, elle rappelle que des femmes inspirantes comme la chancelière d\u2019Allemagne, Angela Mer- kel, ou encore les deux premières ministres de l\u2019Écosse et du Royaume-Uni, occupent des hauts postes de dirigeantes.« Mais il faudra une masse critique [de femmes au pouvoir].Beaucoup plus que le symbolisme actuel.» Bref, il y a for t à faire pour renverser cette tendance, mais cette fois, Louise Arbour ne fera pas partie des femmes qui occuperont de hautes fonctions.Le poste de présidente qu\u2019elle a occupé pour l\u2019International Crisis Group, aura été son dernier grand tour de piste comme gestionnaire.Elle est revenue au Québec depuis deux ans et s\u2019est promis de ne pas occuper de si grandes fonctions\u2026 pour les cinq prochaines années.« On ne sait jamais ce qu\u2019il y a à l\u2019autre bout du fil.Je suis ouver te, mais pour l\u2019instant, il faudrait que ce soit une grosse charge importante pour me faire sortir de ses pantoufles.» Le Devoir La laïcité, un débat « inutile et stérile » Louise Arbour, ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l\u2019homme, partage ses réflexions sur le pouvoir et les femmes NEILSON BARNARD AGENCE FRANCE-PRESSE Louise Arbour livrant un discours lors du gala du Center for Reproductive Rights, au centre Lincoln, à New York en octobre 2014.Ce qui était inquiétant avec le projet de charte, c\u2019était d\u2019aller aussi loin que de matérialiser ces idées dans une loi.Même s\u2019il n\u2019y a rien qui m\u2019inquiète vraiment aujourd\u2019hui, il semble qu\u2019on n\u2019arrive pas à tourner la page.« » Hillary Clinton est une personnalité qui a fait ses preuves sur le plan professionnel.Mais au moment de la voir trôner dans les plus hautes sphères, on continue de véhiculer à son égard des stéréotypes.« » L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa respon - sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS D'INTENTION DE DISSOLUTION Prenez avis que la personne morale sous le nom de Fondation Groupe BMR demandera au Registraire des entreprises du Québec la permission de se dissoudre conformément aux dispositions de la Partie III de la Loi sur les compagnies.Ce 14 octobre 2016.Émilie Courchesne Tardif, avocate Létourneau Plamondon Courchesne, avocats Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à RÉNOVATIONS BELLECHASSE INC.de vous présenter au greffe de la Cour Supérieure, chambre non contentieuse, district de Montréal, situé au 1 rue Notre-Dame Est, chambre 1-120, Montréal, province de Québec, H2Y 1B6, dans les 20 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le 14 octobre 2016, Par: My Phuong Tran Huynh, Notaire Avis est par les présentes donné que, suite au décès de Georgina KERR en son vivant domiciliée au 118, rue Joseph-Véronneau, Sainte-Julie (Québec) J3E 3H6, survenu le 14 avril 2016, un inventaire des biens a été fait par le liquidateur, le 12 octobre 2016, devant Charles LEROUX, notaire conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté en l'étude du notaire susdit, au 65, rue Rabastalière Ouest, Saint-Bruno-de-Montarville (Québec) J3V 1Y7, pendant les heures normales d'ouverture.Avis est par les présentes donné que, suite au décès de Marie- Claire CARBONNEAU en son vivant domiciliée au 419-5655, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H1N 1A2, survenu le 28 juin 2016, un inventaire des biens a été fait par le liquidateur, le 14 octobre 2016, devant Charles LEROUX, notaire conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté en l'étude du notaire susdit, au 65, rue Rabastalière Ouest, Saint-Bruno-de-Montarville (Québec) J3V 1Y7, pendant les heures normales d'ouverture.AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 192 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL 2e avis Avis est donné qu\u2019aux dates ci-après mentionnées, la Ville a approuvé la description des immeubles suivants afin d\u2019en devenir propriétaire en vertu de l\u2019article 192 de l\u2019annexe C de la Charte de la Ville de Montréal : - les lots 1 193 366, 1 193 957, 1 193 960 et 1 193 961 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par la rue Fabre, l\u2019avenue Laurier Est, la rue Garnier et la rue Saint-Grégoire, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA162551005 \u2013 30 septembre 2016) - les lots 3 792 650, 3 792 791, 3 792 806, 3 792 822, 3 793 396, 3 794 382, 3 794 422 et 3 794 705 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par l\u2019avenue De Lorimier et les rues de Bellechasse, Boyer et Bélanger, dans l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013 La Petite-Patrie (DA166896033 \u2013 30 septembre 2016) - une partie du lot 1 745 262 du cadastre du Québec, d\u2019une superficie de 307,9 m², située dans le quadrilatère délimité par les rues Parthenais, de Port-Royal Est, l\u2019avenue Merritt et la rue Sauvé Est, dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville (DA162551004 \u2013 4 octobre 2016) - les lots 2 160 072 et 2 160 073 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues de Versailles, Saint-Jacques, Lusignan et Saint-Antoine Ouest, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie (DA166896029 \u2013 4 octobre 2016) - les lots 3 795 053, 3 795 073, 3 795 100, 3 795 387, 3 795 468, 3 795 506, 3 795 578 et 3 795 701 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par l\u2019avenue des Érables et les rues Dandurand, Marquette et de Bellechasse, dans l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie (DA166896034 \u2013 4 octobre 2016) Les propriétaires des immeubles expropriés en vertu de l\u2019article 192 peuvent réclamer une indemnité de la Ville.À défaut d'entente, l'indemnité est fixée par le Tribunal administratif du Québec à la demande des propriétaires ou de la Ville, et les articles 58 à 68 de la Loi sur l'expropriation (RLRQ, chapitre E-24) s'appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.Cet avis est le deuxième de trois que la Ville est tenue de publier.Montréal, le 18 octobre 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public Demande d'annonce administrative Type général Désignation de la catégorie APPEL D'OFFRES PUBLIC \u2013 TRAVAUX DIVISION AMÉNAGEMENT DES PARCS \u2013 ACTIFS IMMOBILIERS Centre communautaire Notre-Dame-de-Grâce, 5311, chemin de la Côte-Saint-Antoine \u2013 Travaux de remplacement du drain de fond de la piscine et rejointement de la céramique \u2013 Soumission : CDN-NDG-16-AOP-DAI-047 Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 heures, le 14 novembre 2016, au bureau Accès Montréal, 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9.Les soumissions seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.Renseignements : Brigitte Lemay, Gestionnaire immobilier Téléphone : (514) 872-4140 Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du mardi 18 octobre 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat doivent obligatoirement se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents doivent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin dans une enveloppe cachetée, clairement identifiée, et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 18 octobre 2016.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Arrondissement de Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce Service de l\u2019eau \u2013 Direction de l\u2019épuration des eaux usées Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R.134, Montréal H2Y 1C6, pour : le 9 novembre 2016 Catégorie : Construction Appel d\u2019offres : 1275-AE-16 Descriptif : Mise aux normes d\u2019une chambre de peinture à la Station d\u2019épuration des eaux usées Jean-R.-Marcotte Date d\u2019ouverture : Le 9 novembre 2016 Visite : 24 au 27 octobre 2016 Dépôt de garantie : 10 % du montant de la soumission Renseignements : Claude Meunier ing.: 514 280-4418 Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 18 octobre 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600 ou en consultant le site Web : www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 18 octobre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 16-15340 Service de gestion vestimentaire integrée pour la Ville de Montréal L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 16 novembre 2016 est reportée au 16 janvier 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 18 octobre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l\u2019affaire de la faillite de 9290-1362 Québec Inc.(Studio 2075) Avis est par les présentes donné que la faillite de 9290-1362 Québec Inc.est survenue le 13 octobre, 2016, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 4 novembre, 2016 à 11h00, au bureau du syndic, 469 rue Jean-Talon Ouest, bureau 300, Montréal, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 469, Jean-Talon O., Bureau 300, Montréal Québec H3N 1R4 Téléphone: (514) 777-8888 M A R C O F O R T I E R L a tentative d\u2019alliance des forces progressistes contre le gouvernement Couillard, lancée par le chef péquiste Jean- François Lisée, se heurte une fois de plus à Québec solidaire.Le parti de Françoise David a rejeté deux fois en 24 heures la proposition jugée « cavalière », « peu sérieuse » et bien peu progressiste de Jean-François Lisée.Cette proposition du chef péquiste, c\u2019est celle d\u2019une candidature commune du Parti québécois (PQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti vert (PV) à l\u2019élection partielle imminente dans la forteresse libérale de Verdun.M.Lisée soutient qu\u2019une union des partis progressistes est « la seule façon» de vaincre les libéraux dans cette circonscription montréalaise qui a toujours voté rouge depuis un demi-siècle.Le libéral Jacques Daoust l\u2019avait empor té par 8901 voix, en avril 2014, avant de démissionner de son poste de député et ministre, au mois d\u2019août dernier.Jean-François Lisée soutient qu\u2019il faut envoyer un « coup de semonce » au gouvernement Couillard.« On a des élections partielles qui peuvent servir à envoyer un signal au gouvernement : il y a un prix à payer pour des décisions aussi néfastes [que l\u2019austérité] », a dit le chef du PQ lundi lors d\u2019un point de presse.Le candidat péquiste dans Verdun, l\u2019homme d\u2019affaires Richard Langlais, a confirmé qu\u2019il est prêt à céder sa place à un candidat indépendant qui serait désigné durant une assemblée d\u2019investiture commune aux trois partis.«C\u2019est le prix à payer et ça ne me dérange pas de le payer, a-t-il dit.Ça nous prend un candidat commun, c\u2019est obligatoire [pour espérer battre les libéraux].» Divergences M.Lisée af firme avoir discuté de cette éventuelle candidature commune avec la députée Françoise David, porte-parole de QS, le 27 septembre.Le président de l\u2019exécutif péquiste dans Verdun, André Julien, a indiqué qu\u2019il n\u2019a jamais eu de réponse officielle à une offre de partenariat faite à l\u2019exécutif local de QS (ce que nie le parti de Françoise David).Chez Québec solidaire, on se montre sidéré par la stratégie du chef péquiste.M.Lisée (alors candidat à la direction du PQ) a lancé sa proposition d\u2019alliance dans Verdun au mois d\u2019août, avant même d\u2019en parler officiellement à Québec solidaire, indique-t-on.Le 27 septembre, Françoise David dit avoir informé M.Lisée que QS doit d\u2019abord discuter de convergence en conseil national en novembre 2016 et au congrès, prévu en mai 2017.Québec solidaire a aussi critiqué sévèrement le court passage au pouvoir du Par ti québécois, entre septembre 2012 et avril 2014 : en disant oui à l\u2019exploitation du pétrole sur Anticosti, en investissant dans la cimenterie McInnis en Gaspésie, en omettant d\u2019augmenter le salaire minimum, en coupant à l\u2019aide sociale et en proposant une « char te des valeurs québécoises électoraliste », le gouvernement Marois a raté une belle occasion de mettre en place des politiques progressistes, selon QS.Le Devoir Québec solidaire rabroue de nouveau Lisée Une alliance est « la seule façon » de vaincre les libéraux dans Verdun, plaide le chef péquiste I S A B E L L E P O R T E R à Québec L\u2019 administration Labeaume va tenter d\u2019acheter le terrain de l\u2019entreprise Anacolor, spécialisée dans la peinture de pièces métalliques, pour l\u2019éloigner des quartiers résidentiels qui subissent ses mauvaises odeurs.Or, l\u2019opposition lui reproche d\u2019avoir mis trop de temps à agir dans ce dossier.« Nous allons lui faire une of fre cette semaine.Une of fre pour acheter le terrain », a déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume, lundi.Située dans le secteur de Cap-Rouge, Anacolor a collaboré à de nombreux grands projets, dont le Centre Vidéotron.Or depuis 2013, elle a augmenté sa production et ses activités dérangent de plus en plus les résidants du secteur.Les odeurs de solvant à peinture qu\u2019elle dégage lui ont valu 170 plaintes depuis 2012.Le 1er septembre, le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques l\u2019a sommée de réduire de 90% ses émissions de composés organiques volatils (COV), à défaut de quoi elle serait privée d\u2019un cer tificat d\u2019autorisation.Un mois plus tard, l\u2019entreprise réagissait en contestant cette décision devant le Tribunal administratif.« On pense qu\u2019il [Anacolor] devrait déménager , a dit le maire.S\u2019il se conforme aux exigences de l\u2019environnement, ça va, mais malgré tout on va lui faire une offre.» La Ville a l\u2019intention d\u2019offrir au groupe le prix de l\u2019évaluation moins le coût des opéra- t ions de décontamination qu\u2019elle prévoit devoir faire sur le terrain.Aucun montant n\u2019a été rendu public lundi soir.Une proposition de changement de zonage a été présentée la semaine dernière pour que le terrain ait une vocation résidentielle plutôt qu\u2019industrielle.Si la modification est adoptée, le propriétaire de l\u2019usine perdrait ses droits acquis d\u2019exploiter une entreprise à cet endroit.Labeaume outré par les allégations Cette annonce a été faite trois heures après une sortie fracassante de l\u2019opposition dans ce dossier.En début d\u2019après-midi, Démocratie Québec (DQ) s\u2019était demandé devant les médias si la lenteur à agir de la Ville dans le dossier ne découlait pas de la participation d\u2019Anacolor au projet d\u2019amphithéâtre.« Est-ce que l\u2019entêtement du maire à vouloir respecter son échéancier de construction de l\u2019amphithéâtre explique sa décision de ne pas intervenir pour faire respecter son règlement en matière de nuisance ?[\u2026] Est-ce qu\u2019il y a eu de l\u2019ingérence?», a demandé le chef Paul Shoiry.Prudent, le chef a toutefois refusé de formuler des accusations formelles en lien avec le Centre Vidéotron, se contentant, a-t-il dit, de « poser des questions».Appelé à réagir, Régis Labeaume n\u2019en revenait pas.« Je ne pensais pas qu\u2019on pouvait se rendre aussi bas.Les gens n\u2019ont pas peur du ridicule.» Plus tard, au conseil municipal, il a ajouté que ces accusations « étaient très, très graves».«Quelle sorte de politique ils sont en train de faire?», a-t-il lancé avant de faire une comparaison avec la politique américaine.Le maire a en outre souligné qu\u2019il n\u2019avait appris qu\u2019en matinée qu\u2019Anacolor était un sous- traitant d\u2019Epsylon, l\u2019entreprise qui a remporté l\u2019appel d\u2019offres d\u2019entrepreneur général pour le Centre Vidéotron.« J\u2019ai été fort étonné de la sortie de M.Shoiry puisqu\u2019il était à l\u2019arrondissement lorsqu\u2019on a discuté ces questions-là » , a ajouté le président de l\u2019arrondissement, Rémy Normand.Quant à savoir pourquoi son équipe n\u2019était pas intervenue avant, le président de l\u2019arrondissement a rétorqué qu\u2019il était plus ef ficace d\u2019attendre que le ministère intervienne.« Le ministère de l\u2019Environnement est arrivé avec un certificat d\u2019autorisation avec ça de long de conditions.C\u2019est 100 fois mieux que ce qu\u2019on aurait pu faire à la Ville de Québec avec un règlement sur les nuisances qui est à peu près inopérant, a-t-il dit.Ça aurait pris des tonnes et des tonnes de démarches pour faire une preuve qui aurait eu le moindrement de l\u2019allure.» Le Devoir La Ville de Québec veut déplacer une usine polluante L\u2019opposition avance que le silence du maire a un lien avec le contrat d\u2019Anacolor pour la peinture du Centre Vidéotron JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le parti de Françoise David a rejeté deux fois en 24 heures la proposition jugée « cavalière », « peu sérieuse » et bien peu progressiste de Jean-François Lisée.Une proposition de changement de zonage a été présentée la semaine dernière pour que le terrain ait une vocation résidentielle plutôt qu\u2019industrielle L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 L\u2019opposition dénonce les conditions de vie dans un CHSLD Québec \u2014 L\u2019opposition officielle a ajouté sa voix, lundi, au plus grand syndicat d\u2019infirmières du Québec pour dénoncer les conditions de vie dans un centre d\u2019hébergement de Montréal.Le Parti québécois reproche au gouvernement Couillard son inaction devant les problèmes signalés au Centre d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) De- nis-Benjamin-Viger.Dimanche, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a réclamé l\u2019intervention du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour embaucher du personnel supplémentaire et résoudre les problèmes d\u2019insalubrité.Selon le syndicat, les employés ne disposent que de six minutes pour nourrir certains patients.En conférence de presse lundi à l\u2019Assemblée nationale, le porte-parole péquiste en matière d\u2019aînés et de lutte contre l\u2019intimidation, Harold LeBel, a dénoncé l\u2019attentisme du gouvernement Couil- lard en étayant tous les rapports qui font déjà état des problèmes dans les CHSLD.La Presse canadienne I S A B E L L E P O R T E R à Québec M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e s événements sur venus dans la nuit de vendredi à samedi dans les résidences de l\u2019Université Laval se sont précisés, lundi : le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a reçu un total de dix plaintes, dont quatre concernent des gestes à connotation sexuelle.Sur les portes du pavillon Al- phonse-Marie-Parent, où les agressions auraient eu lieu, une af fiche a été installée.«Vous êtes importantes, sans aucun doute, vous êtes intouchables, vous êtes magnifiques, on vous doit l\u2019estime.[\u2026] Vous êtes fortes, et ce, personne ne peut y porter atteinte», peut-on y lire.La porte-parole de l\u2019université, Andrée-Anne Stewart, a répété en matinée que les mesures de sécurité ont été renforcées sur le campus et que des agents de sécurité sont désormais présents à l\u2019intérieur des résidences en tout temps.«Nous sommes de tout cœur avec les victimes», a-t-elle déclaré.«Nous condamnons sans réserve les crimes rapportés et travaillons sans relâche depuis les premiers instants avec les autorités policières afin de faire progresser l\u2019enquête sur ces actes criminels», a aussi fait savoir le vice-recteur de l\u2019Université Laval, Éric Bauce, dans un communiqué.Gestes aléatoires L\u2019affaire a commencé par une seule plainte, déposée tôt samedi matin.Puis, la médiatisation des événements a poussé de nouvelles victimes présumées à se manifester.Selon l\u2019agent aux communications du SPVQ, David Poitras, il semble que le ou les suspects qui ont sévi en pleine nuit ont agi de manière aléatoire.La majorité des plaintes ont été formulées par des femmes, a-t-il souligné.Les gestes qui se seraient produits vont, dans cer tains cas, jusqu\u2019à l\u2019attouchement et l\u2019agression sexuelle.Personne n\u2019a encore été appréhendé.Interpellé sur la question, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré que la responsabilité d\u2019assurer la sécurité des étudiants relève des recteurs d\u2019université.«C\u2019est terrible que les étudiantes ne se sentent pas en sécurité à leur résidence.Ce n\u2019est pas acceptable dans une société comme la nôtre», a-t-il affirmé.Comme sa consœur Hélène David, il a affirmé que le gouvernement sera à l\u2019écoute si des pistes de solutions sont proposées, notamment par les associations étudiantes ou les recteurs d\u2019université.La ministre de l\u2019Éducation a par ailleurs affirmé avoir mandaté les responsables de la campagne de sensibilisation au harcèlement sexuel «Sans oui, c\u2019est non» afin qu\u2019ils consultent les associations étudiantes et formulent des recommandations.« Il y aura une politique-ca- dre de prévention du harcèlement [\u2026] pour toutes les universités », a-t-elle aussi assuré.Le Devoir AGRESSIONS SEXUELLES L\u2019Université Laval renforce ses mesures de sécurité GETTY IMAGES Dans la catégorie des 15 à 24 ans, ce sont près de 4 jeunes sur 10 qui af firment avoir consommé du cannabis dans la dernière année.L\u2019usage diminue avec l\u2019âge.J E S S I C A N A D E A U L e cannabis n\u2019est pas encore légalisé au Canada, mais on note déjà une «augmentation significative » de la consommation ces dernières années sur l\u2019île de Montréal.Cette hausse préoccupe la santé publique, qui demande des études plus pointues afin de mieux suivre l\u2019évolution de cette tendance dans l\u2019optique d\u2019une légalisation.«On a exprimé une inquiétude, ou plutôt une préoccupation, par rapport à l\u2019augmentation de la consommation qui est déjà commencée et qui va probablement se poursuivre avec la légalisation, affirme Robert Perreault, médecin-conseil à la Direction régionale de santé publique de Montréal.Ce qu\u2019on ne sait pas, c\u2019est ce que ça va changer dans la dynamique sociale autour du cannabis, est-ce que cette augmentation va se poursuivre longtemps?» Le nombre de fumeurs de cannabis a augmenté de 4 % depuis 2008, selon la dernière Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015, qui a été rendue publique ces derniers jours.Ainsi, le nombre d\u2019usagers est passé de 13,5 % à 17,4 %.La moyenne québécoise se situe à 15,2 %.« Il est dif ficile d\u2019attribuer cette augmentation à une cause spécifique, répond le Dr Perreault.On peut penser que, depuis 2008, il y a eu une sorte de détente dans l\u2019imposition des lois concernant l\u2019usage du cannabis.Il y a aussi, dans la population, une évolution du niveau d\u2019acceptation et de tolérance du cannabis.» Crainte pour les jeunes L\u2019augmentation touche principalement les jeunes de 15 à 24 ans.Dans cette catégorie d\u2019âge, ce sont près de 4 jeunes sur 10 qui affirment avoir consommé du cannabis dans la dernière année.L\u2019usage diminue avec l\u2019âge.Une autre étude, réalisée en 2013, démontrait que 15,8% des jeunes de cinquième secondaire fumaient du cannabis sur une base hebdomadaire.La principale crainte de la direction régionale de santé publique, c\u2019est de voir ce chiffre augmenter.« Là où on est vraiment inquiets, c\u2019est sur le contrôle de l\u2019accès pour les jeunes ; c\u2019est là que le cannabis est le plus dommageable parce qu\u2019il peut retarder les apprentissages, créer des dif fi- cultés de développement et réduire la motivation, à une période où les jeunes sont déjà fragiles, affirme le Dr Perreault.On ne voudrait surtout pas que les jeunes profitent de la légalisation pour avoir un accès plus facile.» Une autre donnée intrigue la santé publique : contrairement au tabac, pour lequel l\u2019usage est plus répandu dans les secteurs défavorisés de la population, on voit avec le cannabis une consommation plus importante dans les secteurs favorisés.« C\u2019est une tendance qui a l\u2019air de se répéter partout, tant au Colorado qu\u2019en Californie.On ne sait pas encore si c\u2019est lié au coût ou à d\u2019autres facteurs, mais c\u2019est le genre de question qu\u2019il va falloir mieux comprendre.» Indicateurs plus fins Pour le médecin-conseil à la santé publique de Montréal, il faut davantage de recherche pour mieux cerner le problème avant d\u2019aller de l\u2019avant avec la légalisation.« On a des chif fres qui sont un peu grossiers.On ne connaît pas les dosages, on ne connaît pas la manière dont les gens utilisent le cannabis et ça nous suggère qu\u2019il va falloir développer des indicateurs beaucoup plus fins avant la légalisation pour pouvoir suivre l\u2019évolution.» Il précise qu\u2019en ce moment, « la recherche s\u2019est faite un peu à la dure » en raison du côté illégal de la chose, mais que la légalisation devrait permettre d\u2019aller chercher des informations plus qualitatives.« Il faut devenir plus spécifique.Là, ce que l\u2019on sait, c\u2019est la consommation rapportée dans la dernière année ; ça ne nous dit pas grand-chose.Il serait plus intéressant de savoir ce qui est arrivé dans le dernier mois, comment les gens se comportent toutes les semaines, dans leur vie.Ce sont ces données-là dont on va avoir besoin.» La Direction régionale de santé publique de Montréal a formulé plusieurs recommandations dans un mémoire présenté dans le cadre des consultations fédérales sur la légalisation de la marijuana en septembre dernier et entend plaider sa cause lors d\u2019éventuelles consultations québécoises.Le Devoir La consommation de cannabis est en hausse à Montréal La santé publique veut des études plus qualitatives sur l\u2019usage du pot, surtout chez les jeunes I S A B E L L E P A R É A près des mois d\u2019âpres débats soulevés par l\u2019achat de sources d\u2019eaux souterraines notamment par le géant de l\u2019alimentation Nestlé, l\u2019Ontario a sonné la fin de la récréation lundi en resserrant les critères d\u2019obtention des permis et en imposant un moratoire de deux ans sur le déploiement de toute nouvelle usine d\u2019embouteillage.La décision, annoncée par le ministère de l\u2019Environnement et des changements climatiques de l\u2019Ontario, a été accueillie comme une victoire par les organismes environnementaux qui tentent depuis des années de sensibiliser le public aux dangers de l\u2019exploitation commerciale des sources d\u2019eaux souterraines de la province.Nouvelles règles du jeu Les nouvelles règles prévoient que des études scientifiques plus sévères seront exigées avant d\u2019octroyer ou de renouveler un permis pour pomper l\u2019eau et que la croissance prévue de la population, les changements climatiques, des périodes de sécheresse et l\u2019impact prévu sur les générations futures seront pris en compte.Au surplus, les permis devront être renouvelés tous les cinq ans plutôt que tous les dix ans.« Pour nous, l\u2019impact sur les générations futures, c\u2019est ce qui est le plus important.C\u2019est le pilier des nouvelles règles et cela a toujours été notre argument pour dénoncer l\u2019octroi de ces permis », a fait valoir Mike Nagi, président du conseil d\u2019administration de Wellington Water Watchers, un organisme qui milite contre la commercialisation des eaux souterraines.Selon ce dernier, ces nouvelles règles, si elles sont adoptées par le Parlement on- tarien, mettront en échec les plans d\u2019exploitation d\u2019une source par Nestlé à Middle- brook et rendront très difficile l\u2019octroi de nouveaux permis pour des géants de l\u2019industrie de l\u2019embouteillage.« Les permis actuels ne répondent certainement pas à ces exigences et tous les permis devront être renouvelés en vertu des nouvelles règles », a-t-il insisté.Cette nouvelle fait suite au tollé soulevé ces dernières semaines par l\u2019achat sans condition de la source d\u2019eau souterraine de Middlebrook dans le comté de Wellington remportée haut la main par la filiale canadienne de Nestlé, au détriment d\u2019une of fre faite par la municipalité de Centre Wellington.Confrontée à une période de sécheresse, la petite ville située à 100 km à l\u2019ouest de Toronto souhaitait s\u2019y approvisionner pour desservir sa population en pleine croissance.Mais Nestlé souhaite plutôt faire de la source de Middle- brook une occasion « de croissance commerciale » et une réserve pour son usine d\u2019Aber- foyle, située à proximité.À Aberfoyle, Nestlé prélève déjà 3,6 millions de litres d\u2019eau par jour, mais son permis, expiré, fait présentement l\u2019objet d\u2019une révision par la province.Nestlé détient aussi un permis pour extraire 1,1 million de litres d\u2019eau à Erin, une autre communauté de la région de Guelph-Wellington.Une nouvelle donne Selon Wellington Water Watchers, les nouvelles règles envisagées par la province viennent changer totalement la donne.Elles pourraient non seulement bloquer le déploiement de toute exploitation à Middlebrook, mais aussi remettre en question les autres permis de la filiale suisse.«Personne n\u2019a le droit de puiser les eaux souterraines, il s\u2019agit d\u2019un privilège que le gouvernement, au moyen de permis, peut révoquer en tout temps », insiste Mike Nagi.La province n\u2019exclut pas de revoir dans la foulée les « frais d\u2019administration de l\u2019eau » exigés des embouteilleurs, un sujet qui vient ajouter aux irritants.À l\u2019heure actuelle, l\u2019Ontario exige 3,71 $ par million de litres puisés, comparativement à 2,50 $ par million de litres en Colombie-Britannique et 70 $ au Québec.Le public aura jusqu\u2019au 1er décembre pour commenter ces nouvelles normes, qu\u2019on souhaite adopter au début de 2017.Avec La Presse canadienne Le Devoir L\u2019Ontario serre la vis à l\u2019industrie de l\u2019embouteillage d\u2019eau Les environnementalistes estiment avoir gagné une première bataille Après le journal des étudiants en droit de l\u2019Université de Montréal, qui a dénoncé récemment des initiations hypersexualisées, voilà que La Rotonde, le média de l\u2019Université d\u2019Ottawa, a dévoilé lundi une enquête qui lève le voile sur le Vet\u2019s Tour, une tournée des bars annuelle organisée par l\u2019Association des étudiants en sciences.Une journaliste étudiante, qui a participé à l\u2019activité le 7 octobre, fait état des défis et des commentaires à connotation sexuelle qu\u2019elle aurait entendus au cours de la soirée.« [\u2026] les points alloués pour chaque défi sont quadru plés si le participant est en sous-vêtement et décuplés s\u2019il est nu.Parmi les dizaines de défis listés, on dénote : manger des poils pubiens en faisant des bruits de nature sexuelle, pour 1000 points », note la journaliste.L\u2019université a publié un communiqué dans lequel elle « condamne vigoureusement la tenue récente d\u2019un événement encourageant cer tains gestes [choquants]».Une tournée hypersexualisée à Ottawa I S A B E L L E P O R T E R à Québec F igure légendaire de la vie nocturne de Québec, Thérèse Drago est décédée tôt lundi matin à l\u2019âge de 88 ans.« Elle est mor te dans son sommeil », a raconté son vieil ami Michel Siriaque qui est resté auprès d\u2019elle jusqu\u2019à la fin.« Elle a réalisé son souhait de mourir à la maison.» Thérèse Drago a tenu un bar clandestin pendant 15 ans dans son demi-sous-sol du quartier Montcalm.Avant cela, elle a été la propriétaire pendant une trentaine d\u2019années de la Grande Hermine, un bar mythique que fréquentaient notamment des prostituées.De l\u2019avis de bien des gens qui l\u2019ont connue, elle était une sorte de travailleuse sociale sans le titre.Au printemps, un jeune dramaturge du nom de Maxime Beauregard lui a rendu hommage dans une pièce bien sentie intitulée Mme G.Inspirée de longs entretiens, la pièce nous faisait découvrir une femme intelligente avec beaucoup d\u2019humour et de sympathiques paradoxes.Ainsi, Mme Thérèse tenait un bar clandestin et fumait comme une cheminée, mais elle ne buvait pas elle-même.Elle aurait en outre accueilli des prostituées à la Grande Hermine pour éviter qu\u2019elles pratiquent le métier dans la rue en proie aux proxénètes.Mme Thérèse n\u2019avait toutefois pas pu assister à la pièce en raison d\u2019une blessure et de difficultés respiratoires.Selon M.Siriaque, elle ne s\u2019était jamais vraiment remise de sa dernière hospitalisation l\u2019an dernier.« La convalescence avait été difficile, elle n\u2019était jamais vraiment remontée.» Lors d\u2019une brève rencontre en février, elle semblait de bonne humeur, mais très affaiblie.Coincée dans son gros fauteuil, elle fumait ses cigarettes en parlant des petits oiseaux qui venaient la visiter dehors.Comme disait l\u2019auteur de Mme G, Mme Thérèse « a vécu en marge toute sa vie » et « a réussi », disait-il en entrevue en mars.«Elle s\u2019est faufilée, elle a réussi à trouver le bonheur en étant à contre-courant.» Le Devoir QUÉBEC Mme Thérèse n\u2019est plus ÉLISABETH PARADIS Thérèse Drago s\u2019est éteinte lundi matin à l\u2019âge de 88 ans. l est loin de faire tout le bruit que fait l\u2019accord de Paris sur le climat, et pourtant le devrait, puisque le pacte environnemental conclu le week-end dernier à Kigali, au Rwanda, par près de 200 pays représente une avancée importante dans la lutte contre le réchauffement climatique en ce qu\u2019il s\u2019attaque de façon coercitive au ?éau des hydro?uorocarbures (HFC), ces gaz utilisés comme réfrigérants dans les climatiseurs et les réfrigérateurs.Progrès sensible parce les HFC sont des gaz dont l\u2019effet de serre est plusieurs milliers de fois plus grand que celui du CO2 et que l\u2019« amendement de Kigali » est un accord contraignant, contrairement à celui de Paris.Que l\u2019accord conclu à Kigali soit appliqué de façon responsable, ce qu\u2019il n\u2019est pas absurde d\u2019espérer, et son application se trouverait à freiner de près de 0,5 °C l\u2019augmentation des températures à l\u2019échelle mondiale \u2014 représentant ainsi le quar t du plafond de réchauffement de 2 °C convenu à Paris en décembre dernier, seuil au-delà duquel, disent les experts, l\u2019humanité s\u2019exposerait à des dommages climatiques irréparables.L\u2019accord, qu\u2019on aura mis sept ans à ?celer, est d\u2019autant plus intéressant qu\u2019il vient se gref fer au protocole de Montréal, ce traité clé datant de 1987 et par lequel ont pu être supprimés d\u2019un commun accord les chloro?uorocarbures (CFC), grands responsables de la destruction de la couche d\u2019ozone.Il est une belle preuve qu\u2019il est dans l\u2019ordre du possible pour les pays riches et pauvres de parvenir à un compromis fonctionnel dans la lutte contre le réchauffement climatique.L\u2019amendement de Kigali est d\u2019abord le produit du rapprochement qui s\u2019est dessiné en matière environnementale entre les États-Unis et la Chine, plus grand producteur de HFC.Le résultat n\u2019aurait toutefois pas été aussi ample sans l\u2019adhésion \u2014 réticente au départ \u2014 de l\u2019Inde et l\u2019appui, beaucoup plus enthousiaste, de l\u2019ensemble des pays du continent africain, où les climatiseurs sont pour le moment peu répandus, certes, mais qui n\u2019en est pas moins extrêmement vulnérable aux changements climatiques.S\u2019engage maintenant une course contre la montre pour introduire des produits de substitution plus «verts» et freiner concrètement l\u2019utilisation des HFC à bref et à moyen terme.La capacité de l\u2019Inde à relever ce dé?méritera une attention particulière: voici un pays très populeux (1,3 milliard d\u2019habitants), très chaud (il est courant que le mercure dépasse les 40°C) et en état de boom économique\u2026 Comment donc l\u2019Inde s\u2019y prendra-t-elle pour concilier cet accord avec la croissance des ventes d\u2019un bien de consommation, le climatiseur aux HFC, que s\u2019arrache sa classe moyenne en expansion?L\u2019affaire va se jouer dans les dix prochaines années.L\u2019opposition du Parlement de la Fédération Wallonie- Bruxelles au traité de libre-échange négocié entre le Canada et l\u2019Union européenne a l\u2019avantage de forcer les médias à parler du contenu de cette entente que nos gouvernements ne nous ont pas suffisamment expliquée, de peur de faire face à une opposition.ancées en 2009, les négociations de libre- échange entre le Canada et l\u2019Union européenne ont abouti à l\u2019Accord économique et commercial global (AECG), mieux connu sous l\u2019acronyme anglais CETA.Cet accord peut être quali?é de troisième génération parce qu\u2019il ne s\u2019attaque pas seulement aux tarifs douaniers, mais vise aussi à harmoniser les exigences et les normes chères aux consommateurs, aux producteurs et aux États des deux ensembles.Contrairement à ce qu\u2019on entend encore aujourd\u2019hui, certaines clauses litigieuses de la première version de l\u2019AECG ont été modi?ées le printemps dernier.Ainsi, il sera très dif?cile pour une multinationale d\u2019obtenir compensation d\u2019un État en invoquant qu\u2019une nouvelle loi sur l\u2019environnement ou sur la santé nuit à sa rentabilité.Le texte ?nal reconnaît le droit des États à modi- ?er leurs lois même «d\u2019une manière qui affecte négativement les investissements ou inter fère avec les attentes des investisseurs».En matière de règlement des différends entre investisseurs et gouvernements, un nouveau tribunal permanent formé d\u2019experts indépendants sera créé et ?nancé par les États.Ce qui n\u2019est pas le cas pour l\u2019ALENA, où les arbitres sont souvent accusés de partialité.Cela dit, tout n\u2019est pas par fait dans ce projet de traité construit autour du principe donnant-donnant propre à la négociation.Il est vrai que l\u2019augmentation des exportations de fromages européens nuira à la production locale.Mais ce sont surtout les producteurs laitiers qui seront af fectés par l\u2019arrivée d\u2019une plus grande quantité de fromages commerciaux.Le gouvernement Harper avait promis de l\u2019aide dans l\u2019éventualité où les producteurs de fromage ?ns subiraient un choc brutal, ce qui reste à voir.D\u2019un autre côté, l\u2019Union des producteurs agricoles sait bien qu\u2019elle n\u2019est pas à l\u2019abri d\u2019une contradiction quand elle dénonce l\u2019importation de fromage européen tout en demandant l\u2019ouverture des frontières européennes au porc québécois.Il est aussi vrai que la prolongation de deux ans des brevets pharmaceutiques dans certains cas d\u2019exception aura pour conséquence de reporter la mise en marché de génériques moins coûteux.Mais là encore, il faut reconnaître que ce nouveau délai reste plus court que les cinq années accordées par l\u2019UE à ses propres détenteurs de brevets.Le Canada et le Québec ont toujours été des nations exportatrices.On n\u2019imagine pas revenir à l\u2019époque où les peuples vivaient en autarcie.Le concept de «circuit court » selon lequel un agriculteur vend sa production directement au consommateur est merveilleux, mais il ne peut répondre qu\u2019à une in?me fraction de nos besoins.On peut critiquer les traités de libre-échange, un bon traité n\u2019en reste pas moins nécessaire pour limiter les guerres commerciales dont les plus petits pays sortent toujours perdants.Près de 80 % de nos échanges ont lieu avec les États-Unis où le protectionnisme est à la hausse.Le Canada n\u2019a pas le choix : il doit chercher à faire tomber les barrières qui limitent encore l\u2019accès au demi-milliard de consommateurs européens dont le mode de vie se rapproche le plus du nôtre sur la planète.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Aux gendarmes de la Lettre ! À ceux qui jappent contre le prix Nobel de littérature décerné à Bob Dylan et qui contestent la place de la chanson au panthéon des littératures, dites-vous bien que les formes romanesque et poétique que vous défendez férocement, comme le dernier os d\u2019un reliquaire sacré, sont en réalité les jeunes héritières d\u2019une immémoriale oralité ; que les œuvres phares, qui jettent leur lumière sur les fondements de notre grande Littérature, puisent pourtant leurs origines aux confins des traditions orales, là où la poésie, bien avant la lettre dessinée, n\u2019est encore que chant et geste.Rappelez-vous que nos millénaires de poètes ont chanté bien davantage que ce que nos littérateurs tardifs en ont consigné par volumen et codex.Mais dites donc, seriez-vous prêts à dissimuler des âges d\u2019art oral derrière quelques siècles d\u2019art écrit, comme si le mot transcrit n\u2019était jamais abouti du mot dit?Iriez- vous, non sans blague, jusqu\u2019à renvoyer Ulysse à la vulgate des populismes?De là à prétendre que le chapeau du parolier puisse coiffer le romancier, il y a garde à ne pas céder: on est d\u2019accord là-dessus.Mais il ne s\u2019agit pas ici d\u2019accorder au chanteur à succès la noblesse des lettres promise aux orfèvres de la prose, non, mais bien de reconnaître enfin que l\u2019un et l\u2019autre, en ce qu\u2019ils touchent l\u2019Art avec la langue, font bel et bien une seule et même chose! Souvenez-vous donc de Flaubert, de ce Flaubert que vous aurez adulé comme nous, et qui écrivait et récrivait sans cesse en criant ses phrases à voix haute, dans le souci intime des sonorités, jusqu\u2019à ce L I B R E O P I N I O N M A R C E L P E R R O N Retraité de l\u2019enseignement J e profite de la tournée de consultation du ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, pour le sensibiliser à une dérive qui frappe de plus en plus le monde scolaire au niveau secondaire, et qui a comme conséquence de créer des conditions gagnantes pour les uns et perdantes pour les autres.Dans le clan des gagnants, il faut parler évidemment des écoles privées ou semi-privées puisqu\u2019elles sont financées en moyenne à une hauteur de 65 % par l\u2019État.Ces institutions sélectionnent leur clientèle en puisant dans le bassin des élèves performants, et obtiennent des résultats sans équivoque lors des examens du ministère.Cette concurrence déloyale a conduit les écoles publiques du secondaire à se doter d\u2019options sportives, culturelles ou autres pour freiner un exode vers le privé et ainsi rejoindre l\u2019équipe gagnante.Ce secteur semi-public, souvent sélectif, occasionne des dépenses importantes pour les parents qui doivent assumer des frais d\u2019inscription élevés et des achats de matériel, comme des portables, par exemple.Ces « privatisations » de l\u2019école publique affectent directement la réussite des autres élèves.En effet, si les classes ordinaires sont privées de l\u2019émulation que procure la présence d\u2019élèves plus doués, et qu\u2019en plus, celles-ci deviennent des lieux d\u2019intégration de clientèles plus lourdes de tout acabit, cela a pour conséquence de rendre la tâche des enseignants très difficile à accomplir, et ce, malgré le soutien des professionnels qui les accompagnent.C\u2019est cette image de l\u2019école publique qui est médiatisée avec son lot de plans d\u2019inter vention, de décrochage scolaire et de problèmes de toutes sortes.Ce système à deux vitesses semble vouloir se généraliser de plus en plus dans les écoles publiques québécoises.S\u2019il ralentit quelque peu le passage de la clientèle vers le privé, c\u2019est le ver dans la pomme qui ronge lentement le secteur public.Tout cela s\u2019inscrivant dans un cadre plus grand d\u2019une école devenue marchande où on retrouve le parent, consommateur de services, l\u2019enseignant producteur de diplômes, et l\u2019élève, la ressource à développer.Dans un tel système, qui blâme-t-on quand les choses ne tournent pas rond ?Par tant du principe que le client a toujours raison, je vous laisse deviner la réponse.Ce n\u2019est pas la création d\u2019un ordre professionnel des enseignants qui va changer les choses.L\u2019école a-t-elle perdu son âme sur l\u2019autel de la société de consommation ?Ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019elle offre de moins en moins des chances égales de réussite pour les élèves.A-t-on sacrifié les grands principes de démocratisation et d\u2019égalité qui sous-tendaient le système scolaire québécois à l\u2019origine, au profit d\u2019un tape-à- l\u2019œil qui profite à certains au détriment des autres?Le ver dans la pomme de l\u2019école publique FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET qu\u2019elles se débitent à la perfection, jusqu\u2019à ce qu\u2019elles sonnent juste ! Et voyez donc que la chanson, si elle a historiquement précédé le roman, ne lui a pourtant rien cédé qui ne lui appartienne encore.Contre quoi, tant bien s\u2019en retourner lire l\u2019analphabète qu\u2019était Homère, les pieds à la chaleur d\u2019un feu de foyer télévisé.Et «vanité des vanités», ne restera que vanités.Sami Jalbert, sociologue et musicien Montréal, le 14 octobre 2016 tion.Votre jugement et votre courage exemplaires auront assurément suscité l\u2019admiration de tous.Robert Poulin Québec, le 16 octobre 2016 Valls fait fausse route Le premier ministre français a beau venir au Canada vanter les mérites de l\u2019approche laïque dure, on ne peut que constater plutôt la faillite du système français en matière d\u2019accueil aux immigrants.Qu\u2019a fait la France en la matière ?Non seulement elle a créé de glauques cités devenues très vite des ghettos de chômage chronique, mais en y enlevant les très efficaces polices de proximité (supprimées par Sarkozy en 2003 et jamais rétablies par Hollande), elle a fait de ces grises «banlieues» des zones de non-droit où sévissent la misère, la violence et la criminalité.La France n\u2019a jamais fait face sérieusement à ses problèmes d\u2019intégration et ne fait que se crisper sur des mesures restrictives et punitives, dont la plus récente est cette loufoque interdiction du burkini.Il était même question il y a quelques années de légiférer sur la taille de la barbe! Ces tracasseries sont grotesques et de toute façon inapplicables, et ne font qu\u2019empirer la situation, en provoquant encore plus d\u2019exclusion.En ce domaine, le Canada, qui réaffirme aujourd\u2019hui de façon éclatante sa traditionnelle attitude d\u2019ouverture, de tolérance et de générosité à l\u2019égard des immigrants, est sur la bonne voie et n\u2019a de leçon à recevoir de personne, surtout pas du premier ministre de la France.Christian Feuillette Montréal, le 16 octobre 2016 LIBRE-ÉCHANGE Un traité honnête GAZ RÉFRIGÉRANTS Le chaud et le froid L I JEAN-ROBERT SANSFAÇON GUY TAILLEFER Bravo, Jérémy ! Les téléspectateurs qui ont eu la chance de regarder Tout le monde en parle jusqu\u2019à la fin dimanche dernier auront pu assister à la solide prestation qu\u2019y a livrée Jérémy Gabriel.Au sujet du port en appel de la décision du Tribunal des droits de la personne condamnant Mike Ward à lui verser 35 000 $ pour diffamation, le jeune homme n\u2019a jamais qualifié les propos haineux de Mike Ward.Il a toutefois évoqué ce qu\u2019il a ressenti dans son cœur d\u2019enfant de 13 ans lorsque l\u2019humoriste a entre autres mentionné «Moi, je te défends; toi, tu crèves»\u2026 Il a aussi dit estimer que le port du jugement du Tribunal en appel allait approfondir l\u2019opinion des gens au sujet de cette cause.Il a finalement remercié les personnalités (humoristes et animateurs) qui ont courageusement pris son parti.Par son aplomb, par sa maturité, autant que par sa sensibilité, il a remis à sa place le «brillant humoriste».Les admirateurs de ce dernier et détracteurs de Jérémy en auront aussi pris pour leur rhume.Bravo, Jérémy Gabriel ! Vous démontrez que la liberté d\u2019expression ne peut facilement servir de prétexte à l\u2019intimida- L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.N O L Y W É D E L A N N O N Présidente de Force Jeunesse n entend de plus en plus parler de fracture intergénéra- tionnelle comme d\u2019un risque d\u2019implosion des sociétés, que ce soit pour commenter les divisions de la société britannique autour du référendum sur le Brexit ou celles de la société américaine dans le contexte de l\u2019élection présidentielle.Chez nous, plusieurs commentateurs ont analysé la course à la chefferie du Parti québécois avec une lunette générationnelle.Menace réelle ou simple inquiétude, cette question est majeure pour notre avenir collectif.À Force Jeunesse, nous posons comme préalable à la conception de toute politique publique ou décision collective un principe d\u2019équité et de solidarité intergénérationnelle.C\u2019est dire notre inquiétude en apprenant par les médias que, dans le cadre des négociations entre le gouvernement et les policiers de la Sûreté du Québec concernant leur régime de retraite, certaines parties prenantes auraient évoqué l\u2019hypothèse d\u2019introduire des « clauses orphelins » comme issue aux désaccords.Nous ne pouvons rester silencieux face à une hypothèse qui ne devrait même pas être envisagée.On doit en fait les appeler clauses de disparité de traitement, et ces dispositions permettent d\u2019introduire une discrimination entre travailleurs sur la base de leur seule date d\u2019embauche.Ainsi, dans un même établissement et pour accomplir les mêmes tâches, deux employés se voient offrir des conditions de travail inégales.Les employés désavantagés sont ceux qui ne sont pas encore embauchés, principalement les jeunes, mais aussi les immigrants nouvellement accueillis.Depuis 2001, le Québec interdit ces clauses dans la Loi sur les normes du travail, interdiction qui n\u2019inclut toutefois pas explicitement les régimes de retraite et les régimes d\u2019assurance collective.Or, ces régimes sont précisément la cible, depuis quelques années, des contournements de l\u2019esprit de la loi, et l\u2019hypothèse évoquée dans le cadre des négociations à la SQ s\u2019inscrit dans cette logique.Cette option est toutefois inacceptable en raison de son caractère discriminatoire pour la jeunesse et de son reniement du consensus établi au Québec depuis 2001.Lors du dévoilement de sa Politique de la jeunesse au printemps dernier, le premier ministre Couillard réaffirmait son engagement à éliminer ces clauses.Nous avons participé aux consultations préalables à cette politique et y avions rappelé l\u2019importance de les éradiquer, ralliant de nombreuses voix à notre message.Récemment, la ministre du Travail annonçait la mise sur pied d\u2019un Comité consultatif, dont l\u2019un des mandats est de se pencher sur ces clauses appliquées aux régimes de retraite.Nous occupons le siège « jeunes » de ce Comité et entendons y jouer notre rôle avec sérieux et détermination.Dif ficile de concevoir que tous ces efforts et annonces puissent être vains et que l\u2019on vienne aujourd\u2019hui en saper les premiers effets.Force Jeunesse défend une vision progressiste de la société et considère qu\u2019une dégradation des conditions de travail est toujours regrettable.Plus grave encore est une dégradation qui ne cible qu\u2019une génération de travailleurs en lui faisant assumer seule le fardeau financier des choix des générations précédentes.Si des déficits doivent être résorbés et des régimes rééquilibrés, chaque génération de travailleurs doit y contribuer équitablement.Il s\u2019agit là d\u2019une condition essentielle à notre cohésion sociale.CLAUSES DE DISPARITÉ DE TRAITEMENT À LA SQ Ne laissons pas nos conventions collectives se négocier sur le dos de la jeunesse S O P H I E B O I S S E A U D U R O C H E R F R A N Ç O I S E N I C O L A S Respectivement chercheuse associée et directrice, Centre Asie, Institut français des relations internationales, Paris ong temps restée à l\u2019écart de la vague des accords commerciaux régionaux, l\u2019Asie orientale se retrouve au- jourd\u2019hui confrontée à une superposition complexe d\u2019accords, mais aussi de projets d\u2019intégration sous-régionaux.L\u2019émergence de deux méga-accords est en passe de changer la donne.Depuis 2012 en effet, le Partenariat transpacifique (PTP) et le Partenariat économique régional global (PERG) dominent les débats en Asie-Pacifique.L\u2019objectif commun de ces deux accords est de faciliter les échanges dans la région, mais le PERG s\u2019appuie sur des accords déjà existants négociés par l\u2019ASEAN alors que le PTP constitue une entreprise entièrement nouvelle.Ces deux projets diffèrent sur nombre d\u2019autres points, allant de leur couver ture géographique à leur logique économique, en passant par la question du leadership.Le PTP regroupe aujourd\u2019hui 12 pays de part et d\u2019autre du Pacifique, dont les États-Unis, mais pas la Chine, alors que le PERG rassemble les 16 économies dites de l\u2019ASEAN plus 6 (Chine, Corée du Sud, Japon, Inde, Australie et Nouvelle-Zélande), ce qui exclut les États-Unis.La dimension régionale au sens strict du terme est patente dans le cas du PERG, mais moins dans le cadre du PTP.Ce dernier accord reflète néanmoins une volonté, de la part des États-Unis, de conser ver la main sur l\u2019organisation économique de la région asiatique.Le problème de définition de la mouvance pertinente pour la coopération régionale n\u2019est pas nouveau et est étroitement lié à l\u2019absence de leader unanimement accepté dans la région.En Asie orientale, les deux leaders régionaux potentiels que sont la Chine et le Japon sont traditionnellement en désaccord sur ce point.En outre, la question du rôle des États-Unis dans la région reste posée et, sur ce point encore, les avis divergent.Objectifs dif férents Par ailleurs, si l\u2019on examine la philosophie des deux projets, il ne fait guère de doute que les objectifs poursuivis sont fondamentalement dif férents et que le PTP est infiniment plus ambitieux.Il ne faut pas s\u2019y tromper, le PTP constitue un effort très bien orchestré de structuration de la région autour de normes dictées par les États-Unis.Mais le PTP est aussi une entreprise normative qui ne se limite d\u2019ailleurs pas à la seule Asie orientale.Il apparaît indissociable et complémentaire d\u2019un deuxième projet également poussé par les États-Unis, en direction de leurs par tenaires européens : le Partenariat transatlantique de commerce et d\u2019investissement (PTCI).Le PERG constitue une entreprise infiniment plus modeste, dont l\u2019objectif consiste à faciliter les échanges et l\u2019investissement au sein de la région d\u2019Asie orientale au sens large du terme.Il s\u2019agit notamment de «consolider» les différents accords de libre-échange passés par l\u2019ASEAN avec ses partenaires régionaux.L\u2019objectif est en parfaite cohérence avec la mouvance géographique de l\u2019accord puisque l\u2019essentiel des échanges et des réseaux régionaux de production regroupe les économies qui sont par ties à la négociation.Certes, la Chine a récemment affirmé vouloir pousser un accord commercial à l\u2019échelle de l\u2019ensemble de la région Asie-Pacifique, mais aucun calendrier précis n\u2019a été suggéré et le moment choisi pour faire cette déclaration laisse penser qu\u2019il s\u2019agissait simplement pour Pékin de reprendre l\u2019initiative dans la région face à Washington.Par intérêt Ces dif férentes initiatives montrent qu\u2019en matière de coopération, beaucoup reste à faire pour s\u2019entendre sur un projet régional.Au-delà des logiques géoéconomiques, des enjeux de puissance se profilent clairement derrière la captation des flux régionaux.Plusieurs indices militent pour une telle lecture.D\u2019abord, les deux projets ont été récupérés par la Chine et les États- Unis alors qu\u2019initialement ils n\u2019étaient pas à la manœuvre.Mais si la prise en main du PTP par les États-Unis est désormais incontestable, celle de la Chine sur le PERG est plus discutable.Suivant une méthode désormais familière, Pékin reste dans une position attentiste, le temps de l\u2019observation lui permettant de mieux évaluer les chances de succès du projet.À ce stade, le leadership de la Chine au sein du PERG est plus la perception des observateurs extérieurs que le fruit d\u2019une volonté délibérée de Pékin ; cependant, si la Chine y voyait une occasion à saisir, elle ne manquerait pas de se présenter comme son « leader naturel ».Cette tactique explique que le PERG n\u2019est pas le seul vecteur activé pour contrecarrer la tentative américaine de retour en Asie.Le projet de Banque asiatique d\u2019investissement pour les infrastructures (BAII) et, au-delà, le vaste projet des Nouvelles routes de la soie sont généralement interprétés comme d\u2019autres instruments d\u2019autonomisation de l\u2019Asie, voire comme des vecteurs d\u2019influence pour la Chine.Ensuite, la par ticipation « à la carte » au PTP prouve qu\u2019on s\u2019entend plus sur une ambition que sur un projet précis et que les participants veulent d\u2019abord profiter du dynamisme des volumes commerciaux produits par la seule taille des grands pays.Ainsi, Singapour, la Malaisie, le Vietnam et désormais le Japon s\u2019inscrivent dans les deux groupes même s\u2019il peut sembler étonnant que le Vietnam et la Malaisie soient prêts à s\u2019engager dans un accord aussi ambitieux et contraignant.Sur le fond, les États d\u2019Asie restent sceptiques, voire dubitatifs sur ses ambitions et, à l\u2019évidence, c\u2019est moins par conviction que par intérêt que ceux-ci ont rallié le projet.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et à gtaillefer@ledevoir.com.L\u2019Asie orientale à l\u2019épreuve de la puissance Le PTP est un effort très bien orchestré de structuration autour de normes dictées par les États-Unis D ans son rappor t Rétablir l\u2019équilibre concernant l\u2019application de la Loi sur l\u2019accès aux documents publics et la protection des renseignements personnels, la Commission d\u2019accès à l\u2019information constate, à l\u2019instar de plusieurs observateurs, que le Québec n\u2019est plus le leader de jadis en matière de transparence.Mais la Commission a elle-même multiplié les interprétations restreignant la portée du droit d\u2019accès.Elle a contribué à rompre le délicat équilibre entre la transparence et la confidentialité.On attend de sa part un réel virage afin de « rétablir l\u2019équilibre » en faveur de la transparence.En vertu de la loi est public tout document dont le caractère confidentiel n\u2019est pas justifié par un motif nettement supérieur aux valeurs de transparence.Mais le sort qui a été fait aux renseignements personnels ayant un caractère public illustre comment, en transposant une notion initialement conçue pour protéger la vie privée, la Commission a contribué elle-même au camouflage d\u2019informations publiques.Lors de leur adoption, les lois sur la protection des renseignements personnels énonçaient le principe selon lequel une entreprise ou un organisme public qui collectent des renseignements sur une personne ne peuvent les utiliser que pour la finalité déclarée.Les lois postulent que les renseignements personnels ne doivent pas être utilisés à des fins inconnues de la personne concernée lors de la collecte.Le principe se comprend très bien à l\u2019égard de renseignements personnels à caractère privé que nous fournissons lors d\u2019une transaction ou afin d\u2019obtenir un service d\u2019un organisme public ou d\u2019une entreprise.En revanche, il existe des renseignements portant sur les personnes mais qui ont un caractère public.Par exemple, les renseignements relatifs à ceux qui exercent une charge publique, ou ceux qui concernent un fait public.Les lois disposent que les renseignements ayant un caractère public ne sont pas assujettis aux restrictions applicables aux renseignements personnels.Cela tombe sous le sens : ces renseignements répondent aux exigences de transparence.L\u2019information publique est accessible tant qu\u2019il n\u2019est pas démontré qu\u2019on en fait un usage abusif.Mais, au fil de ses décisions et prises de position, la Commission a importé à l\u2019égard des renseignements à caractère public le principe de finalité à l\u2019origine conçu pour garantir la protection des renseignements personnels privés.Elle s\u2019est mise à décider que des informations à caractère public l\u2019étaient uniquement pour une finalité déterminée, mais pas pour une autre ! Par exemple, la Commission a soutenu que les informations, que la loi désigne comme publiques, figurant aux rôles d\u2019évaluation des propriétés foncières avaient pour finalité d\u2019informer sur la valeur de chaque immeuble en particulier.Pas question de les consulter afin de connaître la liste des propriétés détenues par un individu ou une entreprise.Pas question non plus d\u2019accéder à ces informations afin de mener des études sur l\u2019équité fiscale entre les types de propriétaires.Par le fait même, on venait de tarir une importante source d\u2019information pour les journalistes d\u2019enquête ! La Commission s\u2019est arrogé le droit de déterminer ce qui constitue la finalité légitime d\u2019un document public.Et ce, en invoquant des procès d\u2019intention quant à l\u2019usage abusif que certains pourraient faire des renseignements publics.On a perverti le principe de finalité à l\u2019origine destiné à assurer la protection des renseignements personnels privés.C\u2019est ainsi que, lorsqu\u2019elle juge illégitime la finalité pour laquelle un citoyen veut accéder à un renseignement personnel à caractère public, celui-ci n\u2019est pas accessible ! Voilà comment, au fil de décisions ponctuelles, l\u2019on vide le principe de transparence de son sens ! Dans son rapport Rétablir l\u2019équilibre, la Commission veut même reconduire ce genre d\u2019approche pour les données publiques «ouvertes».En démocratie, les informations à caractère public sont en principe de libre parcours.Comme elles ne relèvent pas de la vie privée, il est a priori licite d\u2019y accéder, de les analyser et de les dif fuser.Seuls les abus avérés sont susceptibles d\u2019être punis après coup.En pervertissant une notion destinée à protéger la vie privée afin de contrôler a priori la « légitimité » des usages que l\u2019on peut faire des renseignements publics, la Commission a été l\u2019artisane du déséquilibre qu\u2019elle vient au- jourd\u2019hui déplorer.Pourtant, un contrôle limité aux pratiques abusives aurait été plus conforme aux objectifs de transparence.Le rapport Rétablir l\u2019équilibre propose des avenues afin de restaurer un véritable droit d\u2019accès aux documents publics significatifs.Mais il y manque des mesures pour remédier au déficit de transparence induit par les interprétations de la Commission elle-même.La transparence vidée de son sens Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, un extrait du numéro 55 de la Revue interventions économiques (interven- tionseconomiques.revues.org) DES IDÉES EN REVUES PIERRE TRUDEL O L JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans les négociations entre le gouvernement et les policiers de la Sûreté du Québec concernant leur régime de retraite, certaines parties prenantes auraient évoqué l\u2019hypothèse d\u2019introduire des «clauses orphelins» comme issue aux désaccords. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 8 O C T O B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S sorte de monument à l\u2019autre Mitterrand.Celui que l\u2019on voit sur la photo en bandeau montre un homme en retrait grave et admiratif aux pieds d\u2019une femme resplendissante.Au sommet de l\u2019Acropole, ils se regardent comme si le monde n\u2019existait pas.Visage et paysages À l\u2019ère du tweet, du texto, des smileys, des «petites phrases» et des «éléments de langage», ce livre semble venu d\u2019un autre monde.Les dernières lettres ont pourtant à peine vingt ans.C\u2019est en 1962 que le sénateur de la Nièvre, qui à 46 ans a été plusieurs fois ministre, rencontre sur une plage des Landes une jeune étudiante de 19 ans qui rêve d\u2019étudier l\u2019histoire de l\u2019art.Les familles se connaissent depuis longtemps puisque le père d\u2019Anne jouait au golf avec François Mitterrand.Dès le premier jour et jusqu\u2019à sa mor t, François Mitterrand écrira à cette femme.«Je t\u2019aimerai jusqu\u2019à la fin de moi », lui confie-t-il en 1970.Alors qu\u2019il n\u2019a jamais tenu de journal, il lui écrit tout le temps.Le matin en se levant.Le soir dans un petit hôtel de province.Au Sénat, pendant les discours.Et même à l\u2019approche de la mort.Tout au long de cette prose qui coule somme un fleuve, on voit défiler la France, ses paysages et son histoire.L\u2019homme de gauche n\u2019est pas seulement amoureux fou d\u2019une femme qui le transfigure.Le visage de cette femme se confond avec les montagnes, les villages, les ciels et les églises de son pays qu\u2019il décrit avec la même minutie et la même passion.On comprend ici un peu mieux le rôle que joua Anne Pingeot.Mitterrand n\u2019en fait pas mystère.Dès le 15 novembre 1964, il lui écrit : « Je bénis, ma bien-aimée, ton visage où j\u2019essaie de lire ce que sera ma vie.Je t\u2019ai rencontrée et j\u2019ai tout de suite deviné que j\u2019allais partir pour un grand voyage.» C\u2019est un tournant.Un tournant amoureux qu i sera auss i pol i t ique .En 1965, François Mitterrand sera le candidat de l\u2019ensemble de la gauche contre de Gaulle.Au milieu de la quarantaine, il sait qu\u2019il ne fera plus jamais demi-tour.Sans jamais tomber dans l\u2019anecdote, Mitterrand confie ses engagements à sa maîtresse.« J\u2019aimerais vous conduire jusqu\u2019à la sign i f icat ion profonde de mes choix, à l\u2019idée que j\u2019ai de la justice, de la souf france, de l\u2019indif férence des hommes devant leur destin\u2026 », écrit-il le 6 janvier 1964.Le flot de lettres est continu jusqu\u2019en 1982.Il s\u2019interrompt presque durant les années de pouvoir.Mais, c\u2019est pour mieux reprendre au départ de l\u2019Ély- sée, en 1995.Malade, usé, fatigué, Mitterrand demeura un homme amoureux jusqu\u2019à la fin.Dès le 21 mai 1964, il confiait à Anne : «Je sais cependant que vous êtes mon intermédiaire avec la beauté, la pureté, la grâce [\u2026] que vous me sauvez de mes ennemis intérieurs.» «Je me parle à moi- même» Interrogée sur France Culture, Anne Pingeot a confié douter encore de son impudeur à publier ces lettres qu\u2019elle a entièrement retranscrites elle- même et accompagnées d\u2019un volumineux index.Catherine Pozzi n\u2019a-t-elle pas brûlé celles de Paul Valéry?Et Madeleine celles d\u2019André Gide?C\u2019est l\u2019historien Jean-Noël Jeanneney de la Fondation Mitterrand qui l\u2019a convaincue du contraire.À 73 ans, cette ancienne conservatrice des Musées nationaux dit vouloir mettre «de l\u2019ordre».Elle craignait probablement que d\u2019autres les publient avec moins de soin.Le livre ne contient que de rares annotations pour rappeler un événement ou situer un contexte.C\u2019est donc essentiellement la prose de Mitterrand qui berce cette lecture.« Je me parle à moi-même en vous parlant », écrit-il.Au début, il s\u2019essaie à quelques vers pas toujours maladroits.Les lettres se terminent parfois par de petits bonshommes qui sourient.Les émoticônes de l\u2019époque.On sent bien que Mitterrand n\u2019écrit pas qu\u2019à son amante, mais aussi pour la postérité.Lui qui était convaincu d\u2019être « le dernier des grands présidents » et qu\u2019après lui, « il n\u2019y aura plus que des financiers et des comptables».Accepter l\u2019«inacceptable» Cette correspondance s\u2019ouvre sur un l ivre de Platon prêté à une jeune étudiante.Entre le romarin et le mimosa qu \u2019il lui envoie, Mitterrand discute avec Anne de Stendhal, de Chateaubriand, de Paul For t et d \u2019Aragon .Les amoureux se donnent rendezvous à La Hune et au Divan.Rien de plus normal que ces milliers de mots d\u2019amour se retrouvent sur les étagères d\u2019un libraire.Gallimard publie en même temps un car net tenu par François Mitterrand entre 1964 et 1970, Journal pour Anne.On cherchera en vain dans ces lettres la raison pour laquelle les amoureux décidèrent de garder leur relation secrète, puisque Mitterrand ne quittera jamais officiellement sa femme.Sur France Culture, Anne Pingeot a avoué avoir « accepté l\u2019inacceptable ».Mais elle rappelle sur tout le contexte de cette « province, très réactionnaire, de droite, pas évoluée» qui «rejoignait au fond l\u2019enfance de François Mitterrand».Et elle poursuit : « Je crois que ça a compté beaucoup parce qu\u2019on comprenait très bien cette trame de devoir, cette trame de limite aussi que lui a dépassée, mais qu\u2019il m\u2019a aidée aussi à dépasser.» Trois mois avant sa mor t, c\u2019est à Anne Pingeot que Mit- ter rand réser va it cette phrase : « Tu as été ma chance de vie.» On s\u2019extirpe de cette lecture comme si l \u2019on revenait d \u2019un autre monde.Sur France Culture, Anne P in- geot évoquait une « notion du temps [\u2026] qui n\u2019a rien à voir avec le temps d\u2019aujourd\u2019hui ».Oui, un autre monde.Le Devoir LETTRES À ANNE 1962-1995 François Mitterrand Gallimard Paris, 2016, 1276 pages SUITE DE LA PAGE 1 MITTERRAND DERRICK CEYRAC AGENCE FRANCE-PRESSE Mazarine et sa mère, Anne Pingeot, lors de l\u2019enterrement de François Mitterrand à Jarnac, le 11 janvier 1996 tentent de fuir la ville, d\u2019autant que [près de] la moitié de la population est constituée d\u2019enfants ?» L\u2019opération militaire devrait, dans un premier temps, consister à traverser les lignes djihadistes pour gagner les abords de la ville du nord de l\u2019Irak.Viendrait ensuite un encerclement, puis de violents combats de rues contre les 3000 à 4500 combattants de l\u2019EI qui se trouveraient à Mos- soul.Les combattants kurdes irakiens, les peshmergas, sont actifs dans l\u2019of fensive : ils se sont emparés lundi de plusieurs villages tenus par les djihadistes à l\u2019est de Mossoul.En préparation pour l\u2019opération militaire, le Canada a doublé ses ef forts de renseignement et triplé les ressources d \u2019aide et de formation des peshmergas, a confirmé le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.Tout cela a été fait à la satisfaction « de tous nos alliés, y compris américains», a-t-il souligné.«On a beaucoup aidé à donner de bons avis, des conseils, de l\u2019assistance, de la formation aux peshmergas, qui ont été essentiels pour la préparation de cet assaut sur Mossoul.On est là pour aider les populations, pour éviter ce que l\u2019ONU [Organisation des Nations unies] redoute : une catastrophe humanitaire, notamment sur le plan médical », a-t-il ajouté.Autrement, le Canada a fourni des avions ser vant au transport et à la logistique.La bataille de Mossoul, «un moment décisif dans la campagne pour infliger à l\u2019EI une défaite durable », selon le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, pourrait bien durer des mois.Et elle va «coûter cher en vies», prévoit déjà Thomas Juneau, professeur adjoint à l\u2019École supérieure d\u2019affaires publiques et internationales de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Déjà lundi, la progression des forces irakiennes et kurdes était ralentie par les mines artisanales, les voitures piégées et les kamikazes déployés par les djihadistes.Et même après la chute de la ville, « il va rester des tireurs embusqués, des mines antipersonnel », a prévenu M.Juneau.Surtout, le vide politique que risque de laisser l\u2019offensive inquiète.L\u2019opération représente un test pour les forces irakiennes, observe Bessma Mo- mani.«Seront-elles professionnelles?Prendront-elles la ville et chercheront-elles à obtenir une sorte de rétribution?», a-t-elle demandé.«Quand ça va tomber, qui va gérer la ville ?Ramasser les poubelles?Gérer les écoles ?, a ajouté Thomas Juneau.Politiquement, je ne suis pas sûr qu\u2019une autorité politique légitime va s\u2019installer.Et donc, les problèmes qui ont mené à la montée de l\u2019EI vont revenir», a-t- il prédit, inquiet.Pour prendre la ville, les forces irakiennes misent sur la fuite des combattants de l\u2019EI.«La coalition espère que les dji- hadistes utiliseront le corridor du sud-ouest de l\u2019Irak.Elle ne veut pas combattre dans la ville : elle préférerait af fronter les djihadistes dans le désert, à Raqqa » , a analysé Bessma Momani.Rendez-vous à Paris Pour les civils, à qui l\u2019armée irakienne a largué des tracts contenant des mesures de sécurité, l\u2019espoir réside peut-être, aussi, dans la possibilité d\u2019un repli des djihadistes.Autrement, les familles sont exposées à un risque extrême d\u2019être prises entre deux feux ou d\u2019être utilisées comme bouclier humain par les djihadistes, a mis en garde l\u2019ONU, qui s\u2019attend à d\u2019importants mouvements de population d\u2019ici cinq à six jours.Les principaux ministres de la Défense de la coalition internationale engagée contre l\u2019EI se réuniront le 25 octobre à Paris afin de faire le point notamment sur la bataille de Mossoul en Irak.Avec Jean-François Nadeau et l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 IRAK M.Trudeau estime que son prédécesseur a eu tort de maintenir un taux d\u2019augmentation de 6% sans demander de comptes.«Ce qu\u2019on a vu depuis plusieurs années, c\u2019est que, même si on a un 6% d\u2019augmentation, les provinces ne sont pas en train d\u2019augmenter leurs dépenses en santé de 6%.Et ça, ce n\u2019est pas ce à quoi les Canadiens s\u2019attendent.Alors, quand Harper envoyait cet argent-là, il ne s\u2019attendait même pas à ce que ce soit dépensé en santé.» Notons que l\u2019entente initiale consacrant le taux de croissance de 6% avait été négociée avec le libéral Paul Martin en 2004.C\u2019est un fait qu\u2019au cours des dernières années, les dépenses totales en santé n\u2019ont pas augmenté au même rythme que les contributions fédérales.Au Québec, par exemple, elles devraient augmenter cette année de 2,3 % selon les crédits déposés par le gouvernement.Selon l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé, le taux de croissance a été de 7,2 % par année en moyenne au pays entre 1998 et 2010, mais seulement de 2,7 % par an entre 2011 et 2015.Les provinces ne contestent pas ces chiffres.Elles estiment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une façon de rééquilibrer la part fédérale dans le financement de la santé au pays : Ottawa a déjà payé la moitié de la facture pancanadienne, mais n\u2019en paye plus que 21 %.L\u2019objectif est de revenir à 25 %.Les libéraux de Justin Trudeau ont promis en campagne électorale de verser par ailleurs une somme supplémentaire de 3 milliards (sur trois ou quatre ans) destinée aux soins à domicile.Les provinces rechignent à se faire imposer une utilisation particulière de l\u2019argent fédéral.Mais le premier ministre est catégorique : «On va vouloir avoir les assurances et des déclarations claires de la part des provinces quant à la façon dont elles comptent dépenser ces dépenses-là en santé», dit-il.«Le gouvernement fédéral, continue-t-il, ne [va] pas faire comme le gouvernement conservateur, c\u2019est-à-dire écrire un chèque et ne pas vouloir parler du système de santé.Nous, on veut faire partie de cette préoccupation énorme qu\u2019ont les Canadiens par rapport à leur système de santé et on va le faire en respectant les compétences des provinces, en collaboration.Mais ce ne sera pas tout simplement d\u2019envoyer de l\u2019argent.» Quand on lui demande s\u2019il s\u2019engage à respecter le principe du fédéralisme asymétrique \u2014 consacré lui aussi par Paul Martin \u2014 par lequel le Québec pourrait, par exemple, ne pas se plier aux exigences d\u2019Ottawa en santé, Justin Trudeau fait un détour pour dire qu\u2019il y a un «niveau de collaboration, de coopération, de respect entre Québec et Ottawa qui est du jamais vu depuis longtemps».Il ajoute que «ce sont des principes de politologues quant à la façon dont on va fonctionner.C\u2019est moins important pour moi que de pouvoir démontrer qu\u2019on travaille très bien ensemble dans le respect des compétences, dans le respect des attentes des gouvernements et des citoyens».Il finit par dire que «c\u2019est une conversation que [Gaétan] Barrette va avoir avec ma ministre de la Santé».Philpott en rajoute Le mot d\u2019ordre libéral était clair, lundi.Alors qu\u2019elle s\u2019apprêtait à rencontrer ses homologues provinciaux, la ministre de la Santé, Jane Philpott, a elle aussi indiqué qu\u2019elle voulait plus de garanties des provinces.«Je ne sais pas où l\u2019argent va.On donne de l\u2019argent dans le Transfert canadien en santé et cela va dans les revenus généraux des provinces.Nous voulons discuter des moyens de s\u2019assurer que l\u2019argent va à la santé.» Le ministre ontarien, Eric Hoskins, a répliqué que l\u2019argent ne serait pas détourné à d\u2019autres fins.«Une augmentation serait certainement dépensée sur le budget ontarien de la santé», a-t-il dit.Les ministres de la Santé ont demandé dans une déclaration finale lundi que la diminution du transfert annoncée soit reportée jusqu\u2019à ce que les premiers ministres aient le temps de rencontrer Justin Trudeau.Leur rencontre avec Mme Philpott se poursuit néanmoins aujourd\u2019hui.Avec Marie Vastel et La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TRUDEAU À lire mercredi \u203a Le compte rendu de notre entrevue bilan de l\u2019an un du gouvernement libéral avec le premier ministre Justin Trudeau.À bas les transferts ! Terminé, les provinces qui «vont quémander plus d\u2019argent» en transferts en santé.Fini l\u2019ingérence d\u2019Ottawa «qui va essayer de dicter comment et où l\u2019argent sera dépensé».L\u2019aspirant-chef conservateur Maxime Ber- nier propose carrément d\u2019éliminer le transfert fédéral en santé et de transférer les points d\u2019impôts équivalents aux provinces.Il n\u2019y aura pas de réduction des sommes allouées qui représenteraient toujours 36 milliards, assure Maxime Bernier.«C\u2019est juste une façon dif férente de les allouer.» M.Bernier reconnaît qu\u2019un point d\u2019impôt peut représenter une somme moindre dans une province plus pauvre que dans une province plus riche.«Pour le combler, pour être équitables envers l\u2019ensemble des provinces, nous allons utiliser la péréquation», ex- plique-t-il, en invitant en outre les provinces à «briser le tabou entourant le rôle du privé dans les soins de santé».Marie Vastel "]
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