Le devoir, 28 janvier 2017, Cahier H
[" ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR PORTES OUVERTES C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 Les bonnes ondes de Polytechnique Page H 7 L\u2019UQAM s\u2019ouvre à ses étudiants d\u2019ici et d\u2019ailleurs Page H 2 38 000 étudiants étrangers fréquentaient l\u2019an dernier l\u2019une des universités que compte le Québec.Ils n\u2019étaient que 25 000 en 2009, soit une hausse de 50 %.Le même phénomène s\u2019obser ve dans les cégeps, qui comptent aujourd\u2019hui quant à eux environ 3500 étudiants venus d\u2019ailleurs.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale «C e chif fre a lui aussi augmenté de 50% depuis le début de la décennie, observe Sylvie Thériault, directrice des affaires internationales à la Fédération des cégeps.C\u2019est une volonté des collèges et de la Fédération de voir ce nombre augmenter.Nous sommes présents dans les salons de l\u2019éducation, principalement en Europe, mais aussi en Afrique, en Asie, au Mexique, etc.» Et si Montréal concentre la grande majorité des étudiants internationaux, les collèges en région ne sont pas en reste.Ainsi, au cégep de Matane, 26 % de la clientèle vient de l\u2019étranger.Et les établissements de Jonquière, Chicoutimi ou encore Rimouski présentent eux aussi des taux remarquables.«Pour plusieurs cégeps en région, la démographie est un véritable défi, explique Mme Thériault.De sorte que pour remplir leurs cohor tes et s\u2019assurer de pouvoir maintenir une offre complète, ils doivent essayer de recruter à l\u2019extérieur de leur bassin.Dans les grandes villes, mais aussi de plus en plus à l\u2019international.» Et surtout en France, d\u2019ailleurs, pays de provenance de 63 % d\u2019entre eux, selon une étude menée par la Fédération des cégeps.Ce qui les attire?La beauté de nos régions, répond la directrice des affaires internationales un peu à la blague.Mais surtout la qualité des formations techniques, considérées à l\u2019étranger comme très pratiques, le nombre important de laboratoires, etc.86 % des étudiants étrangers sont en effet inscrits dans un programme technique.La grande qualité de vie au Québec en général, et à Montréal en particulier, régulièrement citée dans les enquêtes internationales sur le sujet, fait par tie des critères quand vient le temps pour un étudiant européen, asiatique ou africain de faire le choix d\u2019aller faire ses études ailleurs, croit lui aussi Guy Le- febvre, vice-recteur aux affaires internationales et à la francophonie à l\u2019Université de Montréal.La qualité des universités et autres établissements d\u2019enseignement supérieur, qui se classent régulièrement parmi les meilleurs au monde, également.« Mais il y a plus que ça, ajoute-t-il.Il y a une ambiance dans nos établissements.Les professeurs sont accessibles, c\u2019est facile d\u2019avoir un rendez-vous, de discuter avec eux.Les étudiants étrangers qui ont étudié ici et qui reviennent chez eux, dans leur pays, sont nos meilleurs représentants.Ils donnent envie aux autres de venir vivre une expérience ici\u2026 malgré l\u2019hiver ! » Toujours plus En 2015, 38 000 étudiants étrangers fréquentaient un établissement universitaire au Québec.Parmi eux, 9316 à l\u2019Université de Montréal, HEC et Polytechnique comprises.Mais M.Lefebvre ajoute à ce chif fre près de 10 000 étudiants ayant le statut de résident permanent, soit un total de plus de 19 000 têtes, 29 % de la clientèle de l\u2019UdeM.« Je suis persuadé que le Québec et le Canada vont attirer encore plus d\u2019étrangers dans leurs universités dans les prochaines années, indique-t-il.Du fait du contexte économique et politique dans le monde notamment.L\u2019élection de Donald Trump aux États-Unis refroidit les Mexicains, et ils vont être plus nombreux à se tourner vers ÉTUDIANTS ÉTRANGERS Le Québec attire de plus en plus VOIR PAGE H 4 : QUÉBEC Sylvie Thériault Guy Lefebvre MICHAËL MONNIER LE DEVOIR La grande qualité de vie au Québec en général fait partie des critères qui retiennent l\u2019attention des étudiants européens, asiatiques ou africains. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 2 Pour en savoir plus : ag2017.auf.org/ L\u2019Agence universitaire de la Francophonie est une des plus importantes institutions d\u2019enseignement supérieur et de recherche au monde.À l\u2019occasion de sa 17e Assemblée générale, elle rassemblera des recteurs, présidents et directeurs d\u2019établissements de plus de 800 institutions universitaires du 10 au 12 mai 2017, à Marrakech, au Maroc.Cet événement est un des rares forums universitaires au monde à pouvoir réunir des représentants d\u2019établissements d\u2019enseignement supérieur et de recherche issus de monde entier.Elle est une occasion unique de réseautage, d\u2019échanges et de partage de bonnes pratiques.17e Assemblée générale de l\u2019Agence universitaire de la Francophonie P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale L\u2019 enseignement supérieur au Québec est-il en train de se marchandiser ?Selon Sylvain Marois, vice-président, regroupement université à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la réponse à cette question est oui.Mais il admet d\u2019emblée que cette marchandisation ne se fait pas de la même manière au Québec que dans d\u2019autres contrées.« Le financement de l\u2019enseignement supérieur au Québec est essentiellement public et outre les compressions des dernières années, il est demeuré relativement stable au fil des ans.Nous n\u2019avons donc pas à craindre l\u2019intrusion du secteur privé dans le financement de l\u2019enseignement supérieur.» La menace, selon lui, vient d\u2019ailleurs et la marchandisa- tion prend ici une forme plus pernicieuse.«Le glissement se fait plutôt du côté de la gouvernance des établissements d\u2019enseignement supérieur qui, elle, se privatise en douce.On note maintenant un nombre grandissant de dirigeants universitaires qui n\u2019ont pas suivi le parcours régulier, soit celui d\u2019être d\u2019abord professeur, et ensuite chef de département puis doyen de faculté avant d\u2019être nommé recteur.De plus, les universités ont embauché depuis une quinzaine d\u2019années une armada de cadres et de gestionnaires.» Cet état de fait, à son avis, nuit à la collégialité.« Quel est alors le rôle du corps professoral dans la gouvernance de l\u2019établissement si les postes de dirigeants sont octroyés à des personnes qui proviennent hors de celui-ci?» Conséquences En plus de nuire à la collégialité, cette privatisation de la gouvernance par la bande peut entraîner plusieurs changements dans le fonctionnement des universités.Sylvain Ma- rois croit que ces changements peuvent même affecter la mission première des maisons d\u2019enseignement supérieur.« L\u2019enseignement supérieur, et de façon plus large l\u2019ensemble du système d\u2019éducation, est un service public.Il ne faudrait pas que ce service public, sous l\u2019ef fet de cette privatisation de la gouvernance, se transforme en une offre de services.» Il craint aussi que cette privatisation de la gouvernance pousse les établissements d\u2019enseignement supérieur à s\u2019engager davantage dans une démarche de marchandisation de l\u2019éducation.«Si les dirigeants et les gestionnaires se mettent à évaluer la pertinence des cours à la seule aune de la rentabilité, on peut aisément deviner où cela peut mener.Les cours jugés non rentables seront appelés à disparaître.On peut craindre que certains secteurs de l\u2019enseignement, je pense notamment aux sciences humaines, soient alors grandement affectés.» Cette crainte est d\u2019autant plus justifiée, croit-il, qu\u2019une certaine marchandisation de l\u2019enseignement supérieur au Québec est déjà en cours.Il donne en exemple la concurrence que se livrent entre eux les établissements d\u2019enseignement supé- r i e u r a u Q u é b e c .« Depuis quelques années , l e s é tab l i s se - ments d\u2019enseignement supérieur ont développé plusieurs campus satellites, souvent s i tués à prox imi té d\u2019un autre établissement.Le dernier en liste est le campus satellite de HEC, situé au centre- ville de Montréal, là où il y a déjà une of fre abondante avec les écoles de gestion de l\u2019UQAM, McGill et Concordia.Est-ce vraiment nécessaire ?Je ne le crois pas.D\u2019autant plus que c\u2019est de l\u2019argent public qui va financer la construction.Je suis toujours consterné de voir dans le métro autant de publicités vantant les mérites de telle ou telle université.Bien sûr, les établissements d\u2019enseignement supérieur doivent se faire connaître, mais à ce point ?Je vois là la preuve que les établissements sont plus enclins à se concurrencer qu\u2019à collaborer entre eux.» L\u2019attrait de l\u2019étranger Depuis un certain temps, les universités québécoises ont tissé de nombreux liens avec des consœurs étrangères.Le monde universitaire s\u2019internationalise, ce qui permet des collaborations entre professeurs et chercheurs de divers établissements et facilite les échanges étudiants.Si cette internationalisation a du bon à ses yeux, Sylvain Marois tient toutefois à faire une mise en garde.«L\u2019internationalisation de nos universités, si poussée à outrance, peut mener à un dérapage.Déjà, on constate que nos établissements d\u2019enseignement supérieur ont un appétit toujours grandissant pour les étudiants étrangers.Aujourd\u2019hui, au Québec, un nouvel étudiant universitaire sur quatre provient de l\u2019étranger.La crainte que j\u2019ai, c\u2019est que ce désir d\u2019attirer à tout prix des étudiants étrangers fera en sorte que nos établissements seront tentés de développer davantage de programmes en fonction des besoins de ces étudiants étrangers, et même à offrir de plus en plus de programmes en anglais.Le rôle de l\u2019université québécoise n\u2019est pas de former des étudiants étrangers, mais plutôt de répondre en premier aux besoins des étudiants québécois.» Autre preuve, selon lui, des dangers de l\u2019internationalisation à outrance sont les palmarès universitaires internationaux.« Peu importe le palmarès, et les règles qui permettent de l\u2019établir, l\u2019intérêt est d\u2019y faire bonne figure.On dit de ces palmarès qu\u2019ils permettent l\u2019émulation, mais au fond, ils servent sur tout d\u2019outil de vente.Plus une université obtient une cote élevée, plus elle peut clamer que ses diplômes sont meilleurs et valent plus cher.C\u2019est un argument pour attirer l\u2019étudiant.Et cela peut même entraîner une université à adapter son fonctionnement uniquement dans le but de bien figurer dans un palmarès.» Davantage de collégialité Pour contrer cette marchan- disation de l\u2019enseignement supérieur, Sylvain Marois croit qu\u2019il faut miser plutôt sur la collaboration entre les établissements que sur la concurrence.Et pour y arriver, il suggère d\u2019ouvrir la gouvernance universitaire à plus de collé- g i a l i t é .« À c e t é g a r d , l a FNEEQ a fait une proposition quant à la composition du Conseil des universités.Nous voulons que ce Conseil des universités ne soit plus que la seule af faire des recteurs et des rectrices.Ce Conseil doit être plus collaboratif, il doit s\u2019ouvrir à l\u2019ensemble de la communauté universitaire et privilégier une gouvernance plus collégiale.» INTERNATIONALISATION Se méfier des dérapages Chaque année, l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) emploie toutes sortes de stratégies pour attirer de nouveaux candidats.Toujours très populaires, les événements portes ouvertes figurent au sommet des moyens privilégiés par l\u2019établissement pour y parvenir.Le 7 février prochain, l\u2019Université tiendra l\u2019un de ceux-ci.Misant sur une approche largement personnalisée, elle espère rejoindre un maximum de futurs étudiants.L\u2019UQAM s\u2019ouvre à ses étudiants d\u2019ici et d\u2019ailleurs MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Sylvain Marois, vice-président, regroupement université à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), redoute la privatisation de la gouvernance des universités.É M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale «L es por tes ouver tes sont des événements importants chez nous», indique d\u2019emblée Marie de Moor, conseillère en recrutement étudiant à l\u2019UQAM.Tenues deux fois par année, soit en novembre et en février, elles constituent l\u2019un des principaux moyens de l\u2019université pour rejoindre ses futurs étudiants.Très courues, elles réunissent en général plus d\u2019un millier de candidats potentiels.« La plupar t du temps, les gens qui par ticipent à nos por tes ouver tes sont là parce qu\u2019ils veulent préciser leurs choix.Ce sont des cégépiens, des universitaires, de nouveaux arrivants ou des adultes qui souhaitent retourner aux études », précise Mylène Archambault, chargée de gestion au regis- trariat de l\u2019UQAM.« Ce que nous cherchons à faire avec les portes ouvertes, poursuit-elle, c\u2019est de faire vivre à ces gens-là l\u2019expérience la plus agréable possible et leur permettre d\u2019obtenir toutes les réponses à leurs questions au même endroit.» Pour y par venir, l\u2019UQAM mise sur une approche largement personnalisée.D\u2019ailleurs, pour ses prochaines portes ou- ver tes, elle a prévu une programmation à la fois très ciblée et à grand déploiement.Un choix éclairé C\u2019est sur le thème Faites un choix éclairé qu\u2019aura lieu l\u2019événement.Tenu principalement au campus central de l\u2019UQAM, dans le pavillon Judith-Jasmin, ce dernier se déploiera également au Complexe des sciences Pierre-Dansereau.«Tous nos programmes seront représentés, signale Mme Ar- chambault.Il y aura plusieurs kiosques d\u2019information où les visiteurs pourront se renseigner.Ils pourront y rencontrer autant des professeurs que des étudiants, des diplômés et des coordonnateurs de programmes.» « Il y aura aussi des gens qui seront là pour répondre aux questions du public sur l\u2019aide financière et des conseillers en information scolaire pour accompagner les visiteurs qui chercheront à préciser leurs choix, ajoute Mme de Moore.Les gens de l\u2019admission seront aussi présents pour livrer de l\u2019information sur des questions comme les exigences par ticu- lières à cer tains programmes ou l\u2019admissibilité des détenteurs de diplômes étrangers.» Les organisateurs de l\u2019événement ont également prévu plusieurs visites guidées de l\u2019établissement.Celles-ci seront menées par des étudiants.Les participants pourront notamment visiter le campus central de l\u2019université, sa bibliothèque, son centre sportif et ses résidences universitaires.Ils pourront aussi profiter de l\u2019occasion pour interroger les guides sur leur vécu à l\u2019UQAM.«Certaines facultés ont aussi prévu des visites plus spécifiques de leurs locaux et installations, relève Mme Archam- bault.Plusieurs départs auront lieu pendant l\u2019événement.» Parallèlement, tout au long des por tes ouver tes, près d \u2019une t renta ine de confé - rences gratuites por tant sur une panoplie de sujets seront offertes par des professeurs et des r esponsables de pr o - grammes de l\u2019UQAM.« Il y aura aussi quelques activités où des diplômés viendront parler de leur parcours, note Mme Archambault.Pour les gens qui s\u2019intéressent à notre of fre, c\u2019est sûr que ça leur permettra de mieux saisir ce qui les attend s\u2019ils choisissent d\u2019étudier chez nous.» Vaste présence sur les médias sociaux Afin de joindre les aspirants universitaires qui ne pourront se déplacer pour prendre part aux portes ouvertes du 7 février, l \u2019UQAM a prévu être très active sur les réseaux sociaux pendant l\u2019événement.« Des conseillers seront derrière leur clavier pour répondre aux questions des futurs étudiants, précise Mme de Moore.Notre page Facebook [Futurs étudiants de l\u2019UQAM] sera aussi très animée.Certains de nos étudiants vont se promener dans l\u2019Université et prendre le pouls de l\u2019événement pour permettre aux gens de vivre les portes ouvertes en direct, même s\u2019ils sont à la maison.» L\u2019Univers i té véhiculera aussi des informations ainsi que des images de l\u2019événement sur ses comptes Insta- gram, Twitter et Snapchat.« C\u2019est la première année que les por tes ouver tes sont couvertes de manière aussi dynamique sur les réseaux sociaux, spécifie Mme de Moore.Cette présence accrue fait partie de notre stratégie pour mieux rejoindre les futurs étudiants.Comme la plupart d\u2019entre eux sont connectés en permanence, on estime qu\u2019un des meilleurs moyens pour les rejoindre directement et leur transmettre de l\u2019information, c\u2019est d\u2019utiliser de façon optimale les réseaux sociaux.» Cette couverture en direct permettra également aux futurs étudiants étrangers de découvrir l\u2019UQAM de manière plus dynamique que par les voies traditionnelles.« On constate que les futurs étudiants étrangers utilisent beaucoup les médias sociaux pour se renseigner, alors on s\u2019ef force d\u2019aller au-devant de leurs questionnements et de leur transmettre le plus d\u2019informations per tinentes possible par ces canaux » , confie Mme Archambault.En prévision de l\u2019événement, l\u2019UQAM a concocté une page Web contenant une foule d\u2019indications sur celui-ci.Pour la consulter : https://etudier.uqam.ca/portes- ouvertes/portes-ouvertes «Aujourd\u2019hui, au Québec, un nouvel étudiant universitaire sur quatre provient de l\u2019étranger» JACQUES GRENIER LE DEVOIR La présence en direct de l\u2019UQAM sur les réseaux sociaux lors de sa journée portes ouvertes permettra aux futurs étudiants étrangers de découvrir l\u2019université de manière plus dynamique. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 3 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.Concordia se donne les allures d\u2019une université West Coast R É G I N A L D H A R V E Y Collaboration spéciale A près avoir occupé ce poste par intérim durant plusieurs mois, il est entré of fi- ciellement en fonction en septembre 2016.Il était auparavant vice-recteur à la recherche et aux études supérieures.Le « provost » de Concordia est en fait le vice- recteur exécutif aux af faires universitaires et, à ce titre, il figure en quelque sorte comme le bras droit du recteur, qui couvre le long et le large des activités universitaires dans ce secteur : « Je m\u2019occupe aussi beaucoup des questions opérationnelles au sein de l\u2019université », signale M.Carr.Il considère que le moment était fort approprié au moment où la direction lui a confié ce poste parce que sa nomination coïncidait avec le lancement d\u2019un nouveau positionnement stratégique échelonné sur deux ans : «Le défi consiste maintenant à travailler avec mes collègues pour offrir les résultats escomptés concernant cette planification qui est axée sur nos enjeux pédagogiques, sur la définition d\u2019une nouvelle programmation of frant davantage d\u2019opportunités à nos étudiants, et sur le développement d\u2019une recherche créative et de ses impacts.» Jeune, fière de l\u2019être et en mouvement Concordia compte peu d\u2019années d\u2019existence pour un établissement universitaire, ce dont Graham Carr se félicite : « Nous sommes un établissement jeune et il existe des classements mondiaux qui indiquent que nous sommes la seule université canadienne qui a moins de 50 ans d\u2019histoire.» Cela se reflète dans le « type de programmation que nous of frons et qui nous distingue», renchérit-il.L\u2019université est reconnue pour la richesse de son curriculum dans le domaine des beaux-ar ts, mais elle se démarque particulièrement à ce chapitre du point de vue des arts médiatique et numérique : « Il en va de même dans le milieu de la recherche, avec le Centre Hexagram qui est très connu dans l\u2019univers des ar ts médiatiques, à Montréal et à travers le monde.» Des programmes novateurs font leur apparition sur ce plan, et il en fournit quelques exemples : « On a lancé cette année un programme interdisciplinaire en design qui consolide notre position de force à ce chapitre au Québec.En même temps, on propose une mineure en dessin de jeux numériques, qui s\u2019articule autour de notre très grand centre dans cette discipline ; il regroupe des chercheurs en provenance de nos Facultés des beaux-arts, de génie et des sciences sociales.» Le centre participe de plus à l\u2019essor économique de Montréal, ville par excellence de l\u2019univers du jeu vidéo.De plus, la Faculté de génie et d\u2019informatique offre un certificat en innovation, technologie et société ; dans le cadre de celui-ci, des cours pratiques sont présentés au District 3, l\u2019incubateur d\u2019entreprises de l\u2019Université qui était lauréate en 2016 du prix Start Up Canada « Entrepreneur Support Award».Au-delà des arts\u2026 Il y a les beaux-arts qui façonnent en grande par tie la personnalité de l\u2019établissement, mais il y a aussi des champs de recherche qui forgent son identité, comme le rapporte le vice-recteur : « On fait beaucoup de recherche dans le secteur de l\u2019aérospatiale et nous sommes un des chefs de file au Canada dans les travaux sur la génomique structurale et fonctionnelle [non humaine] ; couplée avec la biologie de synthèse, celle-ci constitue vraiment un des éléments de la quatrième révolution industrielle.» Et il y a toute la question de la cybersécurité qui retient l \u2019attention des chercheurs dans un environnement technologique dont l\u2019être humain ne saurait plus se passer : « Depuis une dizaine d\u2019années, on possède probablement, dans notre Faculté de génie, le plus grand centre de recherche en sciences de l\u2019information et en cybersécurité.» En collaboration avec Hydro-Québec et Thales (systèmes électroniques), une nouvelle chaire de recherche s\u2019attaque au piratage informatique et poursuit présentement, à cet endroit, l\u2019objectif d\u2019obtenir des avancées dans la protection des systèmes informatisés découlant des services publics essentiels.Un profil plutôt diversifié Environ 75 % des étudiants de Concordia viennent du Québec, «ce qui est très important pour nous parce que nous sommes très liés à la communauté montréalaise, mais aussi à la communauté québécoise », assure Graham Carr.Il y a une présence du français dans cette université anglophone : quelque 9500 des étudiants inscrits cette année (46 000 au total) sont des francophones qui viennent du Québec et de la Francophonie.À l\u2019intérieur de l\u2019établissement, la langue d\u2019usage est l\u2019anglais et il en va de même en général pour l\u2019enseignement dispensé.Mais l\u2019université collabore étroitement avec le gouvernement du Québec et avec le milieu industriel pour fournir du soutien en français aux étudiants, par ticulièrement ceux des 2e et 3e cycles : « On veut de la sorte les appuyer afin qu\u2019ils décident de rester ici à la fin de leurs études.» Les étudiants étrangers forment à peu près 17 % de la clientèle.Les pays qui sont le plus représentés au baccalauréat sont la Chine et la France ; ce sont ceux de la Chine, de l\u2019Inde, de l\u2019Iran, des États-Unis et de l\u2019Arabie saoudite qui sont en plus grand nombre aux 2e et 3e cycles.Il considère que l\u2019accueil de ces gens revêt une impor tance majeure, « car pour nous, la diversité, en tant qu\u2019université novatrice, est un facteur clé.C\u2019est une richesse non seulement du point de vue social et culturel, mais c\u2019est un enrichissement sur le plan de la recherche, car on a quelque 17 000 étudiants en maîtrise et doctorat ; 45% d\u2019entre eux viennent de l\u2019étranger».Ces données illustrent que Concordia fait par tie intégrante de la vie universitaire montréalaise : « On est très chanceux d\u2019être une université présente à Montréal, qui figure parmi les dix premières villes universitaires à travers le monde.» L\u2019Université Concordia mise sur l\u2019innovation.Encore toute jeune, elle élabore de nouveaux programmes à l\u2019avant-garde du savoir contemporain dans des domaines comme l\u2019écologie, le design et la conception de jeux ; et elle se tourne vers une recherche inventive notamment en aérospatiale, en génomique et en cybersécurité.Son «provost », Graham Carr, en dégage les lignes de force.Portes ouvertes en hiver, une première Pour la première fois cette année, il y aura une journée portes ouvertes en hiver à Concordia.Tous les départements seront représentés dans les deux campus à cette occasion, le dimanche 12 février, de 10 h à 16 h.Graham Carr UNIVERSITÉ CONCORDIA L\u2019Université Concordia se taille une excellente réputation avec ses programmes novateurs tels que le programme interdisciplinaire en design et la mineure en dessin de jeux numériques, entre autres. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 4 nous.L\u2019Europe semble également de plus en plus protectionniste, et ce sont aussi les attaques terroristes qui font peur aujourd\u2019hui.Sans parler du chômage.Les étudiants entrevoient de l\u2019espoir au Canada, pays considéré comme pacifique et sécuritaire.» Le vice-recteur insiste également sur le fait français, notamment pour ce qui est de l\u2019Université de Montréal.« Il s\u2019agit d\u2019une des rares universités francophones en Amérique du Nord, souligne-t-il.Et elle fait partie des cinq meilleurs établissements d\u2019enseignement supérieur au Canada.C\u2019est important, car de récentes études démontrent qu\u2019en matière d\u2019employabilité, après l\u2019anglais et le mandarin, le français est la troisième langue qui intéresse les recruteurs.» Guy Lefebvre reconnaît cependant que le nombre d\u2019étudiants français a baissé ces dernières années, à la suite de l\u2019augmentation de leurs droits de scolarité.Une baisse dans les inscriptions au premier cycle qu\u2019une légère augmentation dans les cycles supérieurs ne parvient pas à combler.C\u2019est dommage confie- t-il, ajoutant que cependant, l\u2019Université a au- jourd\u2019hui la volonté de diversifier la provenance de ses étudiants étrangers.«Parce que c\u2019est aussi une façon pour nos étudiants québécois qui ne vont pas vivre une expérience à l\u2019étranger d\u2019évoluer dans un contexte international et de côtoyer d\u2019autres cultures, ex- plique-t-il.À l\u2019UdeM, 7,5 % des étudiants seulement font un séjour à l\u2019étranger durant leurs études.C\u2019est plus qu\u2019à l\u2019échelle canadienne, avec 3,1 %, mais c\u2019est bien moins qu\u2019en Europe, par exemple, où les taux avoisinent plutôt les 20 %.Ce multiculturalisme à l\u2019intérieur de l\u2019université est donc un atout pour ceux qui ne bougent pas, alors même que sur le marché de l\u2019emploi, la société est telle qu\u2019ils auront certainement à travailler avec des collègues étrangers.» Même constat du côté des cégeps.Sylvie Thériault af firme que ce multiculturalisme dans les collèges est un atout pour les autres étudiants et par fois, en région, un premier contact avec des cultures étrangères.« À Baie-Comeau ou à Matane, les jeunes n\u2019ont pas vraiment l\u2019occasion de côtoyer des étrangers, souligne-t-elle.Les jeunes et les moins jeunes d\u2019ailleurs.Ces étudiants internationaux modifient le paysage de la région.Ils ne vivent pas reclus.Ils ont un appartement, ils vont faire leurs courses, vont boire un verre.C\u2019est une expérience multiculturelle pour toute la région.» SUITE DE LA PAGE H 1 QUÉBEC C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale U n milieu de vie tissé serré, près de 400 programmes, trois campus, quelques nouveautés : c\u2019est ce que l\u2019Université de Sherbrooke présentera le 11 février aux 2000 à 3000 visiteurs attendus, pour sa journée portes ouvertes.«Avant de venir nous voir, il f a u t a b s o l u m e n t p r e n d r e connaissance de la programmation de nos trois dif férents campus , souligne de prime abord Nicolas Grandmangin, directeur du recrutement et de l\u2019appui à la réussite étudiante, section information, à l\u2019Université de Sherbrooke.La programmation varie d\u2019un campus à l\u2019autre.On ne peut pas aller à Longueuil pour se faire présenter le programme de génie, ça n\u2019arrivera pas.» Le campus de Longueuil de l\u2019Université de Sherbrooke offre en ef fet seulement trois programmes : le b a c e t l a m a î t r i s e e n sciences infirmières, ainsi qu\u2019un bac en administration des af faires (BAA).Ce dernier sera offert pour la première fois à l\u2019automne 2017 sur la Rive-Sud de Montréal.Tant à Longueuil qu\u2019à Sherbrooke, ce BAA offre maintenant huit spécialités, la f iscalité venant de s\u2019ajouter au programme.«À partir de maintenant, on peut aussi bâtir son BAA sur mesure en réunissant deux spécialités, sous la forme de concentrations, pour répondre aux besoins et intérêts de chacun», explique M.Grandmangin.Les étudiants du campus de Longueuil qui souhaiteraient s\u2019inscrire à une double concentration doivent par contre choisir « Entrepreneuriat » dans leur combo, « cet aspect du programme étant offert en collaboration avec nos partenaires régionaux», spécifie le directeur du recrutement étudiant.« Le cœur de la journée portes ouvertes se passe par ailleurs à Sherbrooke », continue M.Grandmangin, où près de 400 programmes sont proposés dans le campus principal et le campus de la Santé.Pour faciliter les déplacements, un système de transport par autobus est offert gratuitement le 11 février à partir de Montréal, Longueuil, Granby, Québec et Drummondville.Il suf fit de s\u2019inscrire sur le Web.De 9 h 30 à 15 h, des visites guidées des campus et de la ville de Sherbrooke seront offer tes régulièrement.Les lieux clés des campus, comme le centre culturel, le centre sportif et les résidences, ouvriront bien entendu leurs portes aux curieux toute la journée.Les intéressés pourront aussi assister aux conférences abordant trois différents sujets : les maîtrises, les bourses de recherche et la reconnaissance des acquis.«Des activités sont bien entendu organisées dans toutes les facultés pour présenter les programmes», ajoute Nicolas Grandmangin.Deux nouveaux programmes en génie L\u2019Université de Sherbrooke ajoute aussi dès l\u2019automne deux nouveaux programmes de génie à l\u2019offre de son campus principal : génie robotique et génie du bâtiment.« On parle de plus en plus du rôle des robots dans la société ; c\u2019était important pour nous de nous positionner avec un bac sur la robotique , fait valoir M.Grandmangin.Et avec notre bac en génie du bâtiment, nous devenons la seule université du pays à of frir cette formation en français.Des notions de génie du bâtiment sont déjà enseignées en génie civil, mais nous avons bâti un programme à part pour se concentrer exclusivement sur les notions de génie du bâtiment qui formera des ingénieurs à la conception intégrée de bâtiments durables.» L\u2019Université de Sherbrooke se classe d\u2019ailleurs au 18e rang mondial du classement international en développement durable GreenMetric World University Ranking sur 516 universités participantes.Autre nouveauté : le doctorat en médecine a quant à lui connu une importante actualisation.« Le programme avait déjà été amélioré et adapté, mais c\u2019est la première fois depuis 1987 qu\u2019on en fait une révision entière et complète », fait valoir le directeur du recrutement.Dorénavant, les apprentissages seront centrés sur des situations cliniques réelles.L\u2019enseignement représentera davantage la réalité du médecin et donnera une vision globale de la santé et du corps humain.Le matériel pédagogique sera aussi entièrement numérique.Une grande famille «La vie étudiante est très active et vivante à l\u2019Université de Sherbrooke, c\u2019est un de nos éléments distinctifs reconnus », souligne aussi Nicolas Grand- mangin.Plus de 82 % des étudiants de l\u2019Université de Sherbrooke proviennent de l\u2019extérieur de l\u2019Estrie.« Ils veulent donc se recréer une communauté en arrivant ici, fait-il valoir.La vie étudiante prend forme naturellement et est très dynamique.» Et parmi les quelque 40 000 étudiants, près de 2300 provenaient de l\u2019international l\u2019an dernier, ainsi que de 88 pays et territoires.« L\u2019internationalisation, à l\u2019Université de Sher- b r ooke , on ne la vo i t pas comme une fin mais comme un moyen, explique Pascale Lafrance, directrice générale de l\u2019agence des relations internationales de l\u2019établissement.Ce n\u2019es t pas tout le monde qui a l\u2019esprit voyageur.En accueillant des étudiants internationaux, on fait bénéficier à tous d\u2019un milieu d\u2019études culturellement diversifié, ce qui contribue à faire de nos é tudiant s de s c i t oyens du monde.Ça fait partie de notre mission d\u2019enseignement.» « Le recrutement à l\u2019étranger s\u2019inscrit toujours de manière cohérente avec la stratégie de l\u2019Université qui priorise l\u2019innovation, l\u2019entrepreneuriat et les partenariats », continue Mme Lafrance.Plusieurs partenariats et projets ont ainsi été créés avec des universi- t é s à t r a v e r s l e m o n d e , comme la mise en commun avec l\u2019Université de Lyon des écosystèmes de soutien au lancement d\u2019entreprise afin d\u2019of frir un réseau élargi aux étudiants.Est-ce plus difficile d\u2019attirer des étudiants étrangers à Sherbrooke qu\u2019à Montréal ou Québec ?« Durant une mission de recrutement, c\u2019est certain que Montréal n\u2019a pas besoin de dire où elle est sur une carte ! compare Mme Lafrance en riant.Mais on remarque qu\u2019il y a un bon nombre d\u2019étudiants qui ne cherchent pas à aller dans la métropole.Ils se tournent alors naturellement vers Sherbrooke.Ils savent qu\u2019ils y trouveront une communauté à taille humaine où ils auront du soutien.» « Quand on donne un micro aux étudiants, le mot \u201c famille \u201d sort très souvent de leur bouche pour parler de leur université , renchérit fièrement Nicolas Grandmangin.Le campus est une ville dans la ville qui of fre plusieurs services aux étudiants, mais surtout un nouveau lieu de vie.» UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Trois campus, un esprit de famille JOURNÉE PORTES OUVERTES 29 janvier 2017 de 10 h à 16 h 1100, rue Notre-Dame Ouest (angle Peel) | Montréal Bonaventure www.etsmtl.ca/portesouvertes PHOTOS UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Parmi les quelque 40 000 étudiants, près de 2300 provenaient de l\u2019international l\u2019an dernier, ainsi que de 88 pays et territoires.Quand on donne un micro aux étudiants, le mot \u201c famille \u201d sort très souvent de leur bouche pour parler de leur université Nicolas Grandmangin, directeur du recrutement et de l\u2019appui à la réussite étudiante, section information, à l\u2019Université de Sherbrooke « » ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 5 C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale L\u2019 enseignement à distance est en plein essor, rap- por te Caroline Brassard, directrice de l\u2019enseignement et de la recherche à la TELUQ, la seule université francophone en Amérique du Nord à offrir tous ses cours à distance.«Nous sommes une université à part entière, au même titre que l\u2019ENAP et l\u2019UQAM, précise-t- elle d\u2019emblée.Nous faisons partie du réseau de l\u2019Université du Québec.» Créée en 1972, la TELUQ est née d\u2019un projet de télé-univer- sité expérimentale lancé dès les premières années de création de l\u2019Université du Québec.Chaque année, quelque 20 000 étudiants y poursuivent leurs études, du 1er au 3e cycle.«Nous avons développé une forte expertise dans plusieurs domaines \u2014 communication, sciences, administration, éducation, lettres\u2026 \u2014 dans les trois cycles universitaires», ajoute-t-elle.À ce titre, la TELUQ fait par tie d\u2019un groupe sélect des universités à travers le monde où l\u2019enseignement se fait entièrement à distance.«Des universités \u201ctout-à- distance\u201d qui ont des dizaines d\u2019années d\u2019expérience, on peut les compter sur les doigts de la main, précise Caroline Brassard.Mais cela ne veut pas dire que d\u2019autres universités ne font pas elles aussi de la formation à distance.Au contraire même, puisqu\u2019il y en a de plus en plus\u2026» La majorité des 20 000 étudiants inscrits à la TELUQ provient du Québec, mais également d\u2019un peu partout à travers la francophonie.Il s\u2019agit souvent de Québécois disséminés dans le monde, notamment une clientèle de militaires.« Nos cours sont autoportants, indique Mme Brassard, ce qui fait que, une fois que l\u2019étudiant a son matériel, il n\u2019a nul besoin d\u2019être dans un endroit particulier pour suivre le cours.» L\u2019accompagnement se fait par l\u2019entremise du téléphone, de Skype ou du cour- riel.Quant à l\u2019évaluation des cours, qui doit se faire en salle, la TELUQ a conclu des partenariats avec nombre de pays afin de permettre aux étudiants de trouver un endroit pour faire leurs examens.Vers l\u2019autonomie de tous La TELUQ a ainsi tissé des liens avec des partenaires africains, notamment au Sénégal et au Cameroun, ainsi qu\u2019en Afrique du Nord et à Haïti.La TELUQ vise l\u2019autonomie de ses par tenaires, note Mme Brassard: «Puisque nous souhaitons le développement des communautés, nous cherchons à équiper nos partenaires afin, par la suite, de leur conférer une certaine autonomie en formation à distance.Nous cherchons donc à voir quels sont leurs besoins, quelles expertises on peut leur transmettre et comment faire en sorte de favoriser leur développement et ainsi permettre à davantage d\u2019étudiants d\u2019accéder à de l\u2019éducation.» « Depuis l\u2019arrivée en poste du nouveau directeur général, Martin Noël, on a ce souci de desservir tant nos francophones du Québec et hors Québec que les francophones des dif férentes communautés » , ajoute Mm e Brassard.L\u2019an dernier, Martin Noël est devenu le neuvième directeur général de l\u2019Université TE- LUQ.Quinze ans plus tôt, il amorçait sa carrière comme p r o f e s s e u r d e m é t h o d e s quantitatives et de gestion des opérations à la TELUQ, pour finalement devenir directeur des af faires académiques.Le nouveau directeur général souhaite que l\u2019enseignement supérieur devienne un réel projet de société.«Martin arrive dans une période où il y a beaucoup de bouleversements et où on est en présence de nombreuses universités qui se mettent à faire de la formation à distance, relate Caroline Brassard.C\u2019est donc un très bon moment pour relancer les choses et voir jusqu\u2019où on peut aller.Martin fait par tie des gens qui travaillent à cette nouvelle façon de faire.» «Pour la spécialiste en formation à distance que je suis, c\u2019est une excellente nouvelle, conclut- elle.Et si nous ne sommes plus les seuls à faire de la formation à distance, nous possédons une très vaste et longue expertise en la matière !» TELUQ Une université à part entière C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale L a nouvelle directrice de l\u2019enseignement et de la recherche de la TELUQ, Caroline Brassard, a dirigé le comité scientifique du colloque sur la formation à distance «Penser les organisations éducatives à l\u2019ère de la mobilité », qui s\u2019est tenu du 7 au 10 novembre dernier.Organisé par l\u2019Université TELUQ et par l\u2019École supérieure de l\u2019éducation nationale, de l\u2019enseignement supérieur et de la recherche de France, ce colloque a permis un premier par tage transatlantique des plus récentes technologies et approches de formation à distance.Il a aussi permis d\u2019anticiper les changements qu\u2019impose la généralisation du numérique éducatif.«Ce colloque a cherché à regrouper l\u2019expertise France-Québec et de toute la francophonie, précise Mme Brassard.Lors des échanges, on s\u2019est rendu compte de l\u2019importance de l\u2019enseignement en tant que tel, et non pas des technologies qui favorisent certes l\u2019apprentissage, mais qui ne sont pas le cœur de ce que peut devenir la e-éducation.» Le colloque a aussi fait ressortir que la « e- éducation » \u2014 la formation à distance \u2014 s\u2019applique tout aussi bien à l\u2019enseignement au primaire et secondaire qu\u2019au collégial et à l\u2019université.Il a aussi fait valoir que l\u2019enseignement par l\u2019entremise du numérique touche à la fois la formation à distance que bien d\u2019autres formes d\u2019enseignement, a constaté cette professeure et chercheuse spécialisée en formation à distance.«Nous nous en allons de plus en plus vers des formations hybrides, observe-t-elle, et je dirai même que la distinction entre formation à distance et en classe tend à être de plus en plus ténue.» Elle cite ainsi l\u2019exemple de la « classe inversée», où on invite les étudiants à s\u2019approprier la matière à l\u2019extérieur de la classe afin de profiter du moment où tout le monde se retrouve en classe pour échanger.« À ce moment-là, on bénéficie des avantages des deux formes d\u2019enseignement», souligne-t-elle ravie.L\u2019enseignement à l\u2019ère de la mobilité SOURCE TELUQ Chaque année, quelque 20 000 étudiants font à la TELUQ leurs études, du 1er au 3e cycle.ISTOCK La distinction entre formation à distance et en classe tend à être de plus en plus ténue, selon la nouvelle directrice de l\u2019enseignement et de la recherche de la TELUQ, Caroline Brassard. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 6 L\u2019UNIVERSITÉ TÉLUQ À L\u2019ÈRE DE LA MOBILITÉ DEPUIS 45 ANS TELUQ.CA Changez la face du monde.\u2022 Communications sociales \u2022 Counselling et psychothérapie \u2022 Droit canonique \u2022 Éthique publique et philosophie \u2022 Études de con?its \u2022 Innovation sociale \u2022 Relations humaines \u2022 Théologie FAITES VOTRE DEMANDE D\u2019ADMISSION DÈS MAINTENANT POUR L\u2019AUTOMNE 2017! L\u2019Université Saint-Paul est le collège fondateur de l\u2019Université d\u2019Ottawa (1848), avec laquelle elle a conservé un lien de fédération depuis 1965.223, rue Main, Ottawa ON 613-236-1393 | 1-800-637-6859 ustpaul.ca DÉCOUVREZ NOS PROGRAMMES : M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L undi, l\u2019équipe de l\u2019École de technologie supérieure (ETS) et de nombreux étudiants seront mobilisés pour of frir une visite des lieux à ceux qui rêvent de prendre le chemin du génie.Alors que l\u2019établissement tient en d\u2019autres temps des activités particulières pour les étudiants étrangers, la journée por tes ouver tes accueille des visiteurs de la région métropolitaine et une bonne proportion de gens des régions du Québec.Et ce n\u2019est pas un hasard.L\u2019ETS rembourse même les frais de déplacement de la visite aux étudiants québécois venus de loin.«L\u2019ETS a la mission de développer l\u2019économie et la technologie au Québec, alors même si nous sommes basés à Montréal, nous mettons en place dif fé- rentes stratégies pour favoriser la venue d\u2019étudiants des dif fé- rentes régions de la province », affirme Antoine Landry, directeur des communications à l\u2019ETS.L\u2019école de génie a notamment 1200 lits en résidences et a développé une formule de baux qui facilite la vie des jeunes des régions.« Notre objectif, c\u2019est de les former et qu\u2019ils puissent faire bénéficier leur région de leur expertise, alors nous les encourageons à retourner faire des stages dans des entreprises de chez eux, explique M.Landry.Nos étudiants peuvent résilier leur bail pour aller en stage, puis retrouver leur place dans la résidence à leur retour.» Expliquer le génie appliqué Les programmes de l\u2019ETS sont conçus spécialement pour les diplômés de programmes techniques du cé- gep.Alors que ces jeunes techniciens sont recherchés sur le marché du travail, certains doivent se faire convaincre de l\u2019intérêt de poursuivre leurs études à l\u2019université.« Nous leur expliquons qu\u2019en sor tant d\u2019une école de génie, ils auront un travail plus stimulant, plus créati f et qui aura plus de rayonnement, affirme M.Landr y.Nous leur montrons également comment nous formons de bons ingénieurs appliqués.Ces jeunes aiment le terrain et les expérimentations, alors nous leur parlons de notre formule d\u2019enseignement avec stages rémunérés et nous leur ouvrons les por tes de nos laboratoires les plus intéressants.» Environ 200 visites par petits groupes, avec des guides étudiants, sont faites dans les dif férents départements pendant cette journée qui attire en moyenne 2500 personnes.Pendant le parcours, les visiteurs peuvent échanger avec des professeurs-chercheurs.Ils ont aussi la chance de poser des questions aux étudiants actuels de l\u2019école dans un petit espace lounge.«Est-ce que la charge de travail est très lourde ?Est-ce que les professeurs sont sévères ?Est-ce que c\u2019est vrai qu\u2019un stage paye environ 15 000 $ ?Dans ce lounge, les visiteurs sont à l\u2019aise de poser ce type de questions», affirme M.Landry.L\u2019ETS est aussi réputée pour ses activités parascolaires riches qui sont mises de l\u2019avant lors de la journée portes ouvertes.Les 40 clubs étudiants sont présents lors de cet événement et font des démonstrations.« Par exemple, on voit un drone voler dans une grande cage et un sous-marin autonome dans une piscine, indique Antoine Landr y.C\u2019est assez spectaculaire.» Les installations sportives, dont la salle d\u2019entraînement avec vue panoramique sur le centre-ville, sont aussi mises en valeur.Si la visite les a convaincus, ils peuvent s\u2019inscrire à l\u2019ETS en ligne sur place.« L\u2019an dernier, environ 200 inscriptions ont été faites le jour des por tes ouver tes », af firme M.Landry.Accompagner les étudiants étrangers L\u2019ETS compte maintenant 1500 étudiants étrangers, soit environ 15 % de sa population étudiante totale.Peu d\u2019entre eux font le voyage pour assister à la journée por tes ouvertes, mais l\u2019établissement a mis en place plusieurs services pour faciliter leur arrivée.D\u2019abord, qui dit études à l\u2019étranger dit beaucoup de paperasse à obtenir ! Mélissa Levasseur Dupuis, conseillère à la vie étudiante, services aux étudiants, reçoit une liste chaque semaine des nouveaux admis.Elle les contacte rapidement pour les accompagner dans leurs démarches pour l\u2019obtention de leurs permis d\u2019études provincial et fédéral, puis s\u2019i l y a lieu, de leur visa pour entrer au pays.« Il y a beaucoup de papiers à réunir et c\u2019est un processus très stressant pour les étudiants étrangers», constate-t-elle.Ils doivent aussi s\u2019adapter aux façons de faire québécoises.«Dans bien des régions dans le monde, par exemple, on donne un horaire tout fait à l\u2019étudiant alors qu\u2019ici, il doit faire ses choix de cours, explique Mélissa Levasseur Du- puis.Nous faisons un webi- naire pour leur expliquer comment s\u2019y prendre.» Elle jumelle aussi chaque étranger admis avec un étudiant actuel, souvent dans le même programme.« L\u2019étudiant étranger peut lui poser des q u e s t i o n s concrètes sur le quartier où il a repéré un appartement, par exemple, ou sur la charge de travail, indique Mélissa.Parfois, ce jumelage se transforme en amitié.» Une fois arrivés à l\u2019ETS, ils ont aussi une séance d\u2019accueil pour comprendre le fonctionnement de l\u2019école, puis plusieurs ateliers pour rendre leur séjour plus agréable.Comment s\u2019habiller pour être confor table en hiver ?Comment se trouver un emploi à temps par tiel ?Quelles sont les meilleures activités pour profiter de l\u2019hiver ?C\u2019est le genre de questions abordées dans ces ateliers.Toutes sor tes d\u2019activités sont aussi organisées pour eux au cours de l\u2019année scolaire, comme des cafés linguistiques ainsi que des sor ties sportives et culturelles.Lorsque leurs études achèvent, le travail de Mélissa Le- vasseur Dupuis se poursuit.« Avec un diplôme d\u2019une université québécoise et des expériences de stages dans des entreprises d\u2019ici, plusieurs de nos étudiants étrangers ont déjà un emploi en terminant leurs études ou peuvent s\u2019en trouver un facilement , in- dique-t-elle.C\u2019est très facile pour eux d\u2019obtenir un permis de travail et de faire une demande pour ensuite obtenir une résidence permanente.Je leur explique tout ça.Ils sont déjà intégrés dans la société québécoise, alors il faut les garder ! » Journée portes ouvertes à l\u2019ETS Lundi, 29 janvier, de 10 h à 16 h http://portesouvertes.etsmtl.ca/ L\u2019ETS s\u2019ouvre à Montréal, aux régions et au monde MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Lors de sa journée portes ouvertes, l\u2019ETS rembourse les frais de déplacement de la visite aux étudiants québécois venus de loin.«L\u2019an dernier, environ 200 inscriptions ont été faites le jour des portes ouvertes» ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 7 PLACE À LA NOUVELLE GÉNÉRATION! DU SIÈGE DE LA PENSÉE AU CŒUR DE LA SANTÉ Les recherches menées au Centre PERFORM de Concordia aident à prévenir et à traiter les AVC et la démence ainsi qu\u2019à éclaircir le lien entre maladies cardiovasculaires et déclin cognitif.CONCORD I A .C A / D E J A D E M A I N S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale L e Centre de recherche avancé en microondes et en électronique spatiale (Poly- Grames) est très représentatif de l\u2019attirance qu\u2019exerce l\u2019École polytechnique de Montréal à l\u2019international.Depuis dix ans, le nombre d\u2019étudiants étrangers à Polytechnique a doublé.Cet attrait est encore plus impressionnant du côté des étudiants inscrits au doctorat et à la maîtrise de type recherche.Dans le premier cas, ils représentaient, en 2015-2016, 53 % de tous les étudiants (alors qu\u2019ils étaient 20 % en 2006) et dans le deuxième cas, c\u2019est 45 % (alors qu\u2019ils étaient 25 % en 2006).Le cas de Poly-Grames Créé il y a 25 ans, Poly-Grames est le plus grand centre canadien dans le domaine des mi- cro-ondes, des radiofréquences et des technologies sans fil.Il jouit d\u2019une réputation internationale.L\u2019équipe compte plus d\u2019une centaine de personnes, dont 10 professeurs-chercheurs, 46 étudiants au doctorat, 13 au niveau postdocto- rat et 20 étudiants à la maîtrise.«Parmi ces étudiants, 70% proviennent de l\u2019étranger, précise le Pr Ke Wu, directeur du centre.Ici, c\u2019est les Nations unies.Nous avons des étudiants de partout dans le monde.Depuis plusieurs années, beaucoup viennent d\u2019Europe [France, Allemagne.] et plus récemment d\u2019Asie, du Moyen-Orient et d\u2019Amérique latine.» Cet attrait des étudiants étrangers pour Poly-Grames est relativement récent.Car avant 2003, la situation était inversée.Les étudiants locaux représentaient 70 % de tous les étudiants du centre, selon Ke Wu.Ke Wu, lui-même d\u2019origine chinoise, croit que ces contacts avec la Chine ont contribué à faire connaître Polytechnique dans ce pays et à hausser le nombre d\u2019étudiants en provenant.Cela a aussi eu un certain ef fet sur d\u2019autres pays asiatiques et du Moyen-Orient, selon lui.Le rayonnement international de ce centre y est aussi pour beaucoup.Un centre qui rayonne à l\u2019international Poly-Grames, de renommée internationale, contribue depuis longtemps au rayonnement mondial de l\u2019École polytechnique, et cela se poursuit encore aujourd\u2019hui.« Presque tous les chercheurs reconnus dans le domaine de la recherche sur les micro-ondes sont passés ici, affirme Ke Wu.Nous collaborons aussi fréquemment avec des chercheurs d\u2019institutions prestigieuses, comme le MIT, et les industries qui œu- vrent dans le secteur.» Le professeur Ke Wu a lui-même un curriculum vitæ impressionnant et il est connu inter- nationalement dans son domaine.Lui et le pro- fesseur-chercheur Raman Kashyap, aussi membre de Poly-Grames, sont membres de la Société royale du Canada.Ils sont les deux seuls professeurs de l\u2019École polytechnique à en être membres.Le directeur de Poly-Grames a aussi à son actif plus de mille publications dans des revues scientifiques réputées telles que Applied Physics Letters et Microwave Magazine .À cela, il faut ajouter les publications des autres chercheurs de Poly-Grames.Ke Wu a été, l \u2019an der nier, président de la Microwave Theor y and Techniques Society (MTT-S).Cet organisme, qui relève de l\u2019Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE), compte 13 000 membres à travers le monde.M.Wu est le seul Canadien, à ce jour, à avoir occupé la présidence du MTT-S.Comme autre fait d\u2019armes, Ke Wu a aussi présidé à l\u2019organisation du Symposium international sur les micro-ondes qui s\u2019est tenu au Palais des Congrès de Montréal en 2012.L\u2019événement avait attiré plus 15 000 par ticipants et 1000 exposants venus de par tout dans le monde.C\u2019était la première fois depuis 1978 que cette conférence annuelle de l\u2019IEEE-MTT-S se tenait à l\u2019extérieur des États-Unis.Cela a contribué à faire connaître davantage Montréal, l\u2019École polytechnique et, bien sûr, le centre Poly-Grames.Des chercheurs réputés Outre M.Wu, Poly-Grames compte aussi d\u2019autres professeurs renommés tels que Ra- man Kashyap, grand spécialiste de la fibre optique et des lasers, Jean-Jacques Laurin, spécialiste des antennes, de l\u2019électromagnétisme et des radars, et Julien Cohen-Adad, professeur adjoint qui codirige le Laboratoire de recherche en neuro-imagerie (NeuroPoly).Ce laboratoire développe des méthodes avancées en imagerie par résonance magnétique.On parle donc, ici, de recherches dans des secteurs de pointe.Ke Wu insiste d\u2019ailleurs pour que les recherches entreprises à Poly-Grames soient hautement originales, utiles et qu\u2019elles aient un grand impact.Un centre appuyé par les gouvernements Dans les dif férents laboratoires de Poly- Grames, on trouve des équipements de haute technologie dont la valeur s\u2019élève à 35 millions de dollars.Pour acquérir ces équipements, Poly-Grames a bénéficié de fonds gouvernementaux, dont le Fonds canadien d\u2019innovation (FCI) du gouvernement fédéral.Ainsi, en 2000, une importante contribution du FCI, du gouvernement du Québec et de partenaires industriels a permis de créer un laboratoire de recherche sur les ondes millimétriques appelé FAME, pour Facility Advanced Millimeter-Wave Engineering.Comme cela est mentionné sur le site Internet du Poly-Grames, cette infrastructure a grandement contribué à assurer une notoriété internationale au centre.« Nous recevons aussi beaucoup de subventions des gouvernements pour réaliser nos recherches, explique Ke Wu.Les équipements dont nous disposons et les subventions que nous obtenons sont bien sûr des ingrédients gagnants pour attirer chez nous des étudiants de partout dans le monde.» Les bonnes ondes de Polytechnique POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Le Pr Ke Wu et le technicien Jules Gauthier au centre Poly-Grames.Journées portes ouvertes Les activités de recherche et d\u2019enseignement qui se déroulent à Poly-Grames ne sont qu\u2019une des facettes des activités de l\u2019École polytechnique, la plus grande école de génie au Québec.Pour en connaître plus sur cette institution, l\u2019École organise une journée portes ouvertes qui aura lieu le mardi 31 janvier, de 16 h à 20 h.Les étudiants intéressés pourront alors en apprendre davantage sur les conditions d\u2019admission, le programme de stages rémunérés, les échanges à l\u2019international, l\u2019aide financière disponible, le logement, le soutien aux études, la vie étudiante et les perspectives d\u2019emplois qui s\u2019offrent aux diplômés.C\u2019est un rendez-vous. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 J A N V I E R 2 0 1 7 H 8 C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale « L\u2019 autre jour, en sortant de mon bureau, je tombe sur un groupe d\u2019étudiants qui suivait probablement un cours de théologie.Il y avait là un jeune moine b o u d d h i s t e [ v ê t u d \u2019 u n e grande robe], une religieuse [ h a b i l l é e e n s œ u r ] , u n e jeune femme aux cheveux bleutés et un prêtre orthodoxe [dans sa toge noire]\u2026 Ça, c\u2019est tout Saint-Paul ! » lance émer veillée Michelle Veil- leux, directrice du bureau inter national de l \u2019Université Saint\u2013Paul.« Notre université, c\u2019est vraiment ce mélange éclectique où tout le monde se côtoie, pour- suit-elle.C\u2019est la rencontre de gens qui ont des croyances et des convictions dif férentes, mais qui sont capables de se parler.» Une autre caractéristique de la maison d\u2019enseignement, située dans le campus de l\u2019Université d\u2019Ottawa, est le mélange des générat ions qu\u2019on y trouve.« Ici, on ne peut jamais tenir pour acquis que quelqu\u2019un dans la quarantaine est nécessairement membre de notre personnel, raconte Mme Veilleux.En fait, trois fois sur quatre, il s\u2019agit d\u2019un étudiant.Saint-Paul, c\u2019est vraiment épatant ! » Université catholique ouverte à tous L\u2019Université Saint-Paul se distingue par bien des aspects, à commencer par son parcours historique.Fondée en 1848 en tant que collège d\u2019Ottawa dirigée par les missionnaires Oblats, cette école devient en 1889 une université de droit pontifical.Puis elle prend le nom d\u2019Université d\u2019Ottawa en 1933.Enfin, en 1965, elle devient l\u2019Université Saint-Paul et adopte deux chartes \u2014 l\u2019une laïque et l\u2019autre canonique \u2014, ce qui est encore le cas de nos jours.Du coup, on crée également une autre université \u2014 l\u2019Université d\u2019Ottawa \u2014, les deux établissements formant un ensemble fédératif qui se partage nombre de services et de fonctions.Saint-Paul est à présent une université dédiée aux sciences humaines tout en étant supervisée par l\u2019archevêque d\u2019Ottawa, qui représente le Saint- Siège auprès d\u2019elle.« Nous sommes une université catholique, mais ouverte à tous les autres, complètement ouverte, insiste Michelle Veil- leux.Il n\u2019y a qu\u2019à voir la mixité que nous avons dans nos murs ; on compte même une salle de prière pour les musulmans.Il y a vraiment de tout chez nous, c\u2019est extraordinaire ici ! » Dédiés aux humanités L\u2019université compte quatre facultés \u2014 droit canonique, sciences humaines, philosophie et théologie \u2014 et of fre sept programmes : communications sociales, counselling, psychothérapie et spiritualité, leadership transformatif et spiritualité, éthique publique, études de conflits, et innovation sociale.« Nous sommes une université dédiée aux humanités, résume la directrice.Par exemple, notre programme counselling, psychothérapie et spiritualité tient compte de la spiritualité des individus.Il s\u2019agit donc de traiter les gens compte tenu de leurs croyances profondes et de ce qui les motive.C\u2019est là la grande dif férence d\u2019avec la psychologie telle qu\u2019on l\u2019enseigne généralement dans les autres universités.» Saint-Paul ne compte qu\u2019environ 1100 étudiants, « ce qui fait que nous formons une belle petite communauté », relate Mme Veilleux.Le ratio profes- seur-étudiants est d\u2019environ 1 pour 20-25 étudiants.« C\u2019est dire que les profs connaissent leurs étudiants.Chez nous, ce ne sont pas des numéros, on connaît chacun d\u2019eux.» Changer la face du monde De tout temps, l\u2019université a accueilli des étudiants en provenance de l\u2019étranger.Toutefois, cet intérêt s\u2019est accentué ces cinq dernières années, rapporte la directrice du bureau international.À présent, indique-t-elle, toutes les universités s\u2019internationalisent.« Pourquoi ?Parce que le monde d\u2019au- j o u r d \u2019 h u i e x i g e u n e p l u s grande ouverture.Il demande une connaissance des cultures et de plusieurs langues, ainsi qu\u2019une compréhension des enjeux de l\u2019heure.» P a r c o n s é q u e n t , o n y cherche à intégrer le plus grand nombre possible d\u2019étu- d ian ts en pr ovenance de l\u2019étranger.« Dans les faits, nous encourageons une mixité entre tous nos étudiants afin de générer en eux une ouverture sur le monde», explique-t-elle.Rappelant que la devise de Saint-Paul est «Changer la face du monde », Mme Veilleux souligne que pour y par venir, il faut d\u2019abord apprendre à le connaître.C\u2019est ainsi que depuis 2012, les minorités deviennent de plus en plus « visibles » entre les murs de l\u2019établissement.« On a davantage de minorités visibles » , observe Mme Veilleux.La plus grande proportion des étudiants internationaux provient des États-Unis, suivie de près par la France, puis par l\u2019Afrique (notamment Nigeria, Congo et Cameroun) ainsi que le Brésil.Et désormais, l\u2019université cherche à recruter du côté du Mexique.Ces étudiants viennent principalement acquérir trois formations of fer tes par Saint- Paul : étude des conflits, éthique publique, et counselling, psychothérapie et spiritualité.« Peu d\u2019universités of frent une formation en étude des conflits \u2014 formation qui comprend également un volet médiation \u2014, note Michelle Veil- leux.Ces étudiants se destinent donc à devenir des médiateurs.» Les atouts du bilinguisme Comme il se doit à Ottawa, il s\u2019agit d\u2019une université bilingue.Ainsi, selon ce que l\u2019étudiant désire, il peut suivre toute sa formation en français, en anglais ou dans les deux langues.L\u2019avantage est que si un étudiant est plus ou moins à l\u2019aise dans une langue, il peut suivre un cours dans sa langue seconde et faire ses travaux dans la langue qui lui c o n v i e n t l e m i e u x , n o t e Mme Veilleux.Pour les étudiants internationaux, c\u2019est là un attrait assez important puisque ce bilinguisme flexible peut leur permettre d\u2019acquérir une ou deux langues.« Certains res- sor tent d\u2019ici avec un double avantage : avoir acquis une formation tout en ayant appris ou per fectionné une ou deux langues », illustre Michelle Veilleux.UNIVERSITÉ SAINT-PAUL Une université catholique dans un monde en transformation Au cours de l\u2019hiver, la majorité des 48 cégeps publics du Québec organisera une journée portes ouvertes.Un événement majeur dans le recrutement, qui permet aussi aux étudiants de faire leur choix et de s\u2019y retrouver parmi les quelque 160 offres de formations à travers la province.PORTES OUVERTES DANS LES CÉGEPS Le meilleur moyen de faire les bons choix A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale «L e cégep, c\u2019est une expérience éducative, mais c\u2019est aussi une expérience de vie », lance le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.Évoquant le rapport Parent, qui voulait que le cégep soit avant tout « la chose de son milieu » , M.Tremblay souligne que chaque collège a sa propre couleur et ses particularités.«À l\u2019approche de nos 50 ans, nous constatons que les cé- geps se sont construits au fil des ans par la communauté collégiale de leur milieu, ce qui a fait en sorte que, dans telle ou telle structure, on a mis l\u2019accent sur un aspect ou un autre.» Même son de cloche du côté du Service régional d\u2019admission du Montréal métropolitain (SRAM).«Les cégeps sont de véritables milieux de vie, déclare Isabelle Moncion, la responsable des communications.C\u2019est beaucoup plus que simplement le programme d\u2019études que l\u2019on va poursuivre.» En pleine période d\u2019admission \u2014 les étudiants ont jusqu\u2019au 1er mars 23 h 59 pour faire leur demande auprès du SRAM \u2014, Mme Moncion estime que se rendre aux journées por tes ouver tes est très impor tant dans le processus de réflexion.« Je pense que les por tes ouvertes sont vraiment une occasion en or pour se faire une idée concrète de ce que peut vouloir dire commencer ses études collégiales, explique-t- elle.C\u2019est aussi l\u2019occasion de remettre en question quelques idées préconçues.» Ces événements permettent donc de démystifier les études collégiales.« Lorsqu\u2019un jeune visite un établissement en se disant \u201cici je me sens bien\u201d, cela lui permet de faire un choix éclairé qui, on l\u2019espère, va le motiver tout au long de son parcours scolaire », explique M.Tremblay.Garder l\u2019esprit ouvert Le SRAM conseille aux étudiants de ne pas se restreindre dans leurs choix.« Les jeunes peuvent commencer par aller visiter le cégep qui est près de chez eux, mais, en allant ailleurs, ils pourraient aussi découvrir quelque chose qu\u2019ils n\u2019avaient pas prévu au départ, se découvrir une passion peut- être pour un programme qu\u2019ils ne connaissaient même pas », souligne Mme Moncion.Elle explique que cer tains programmes sont très demandés dans cer taines régions, et moins dans d\u2019autres.«Donc si un programme nous tient vraiment à cœur, il faut garder l\u2019esprit ouver t, ne pas exclure la possibilité d\u2019aller étudier ailleurs, car c\u2019est quand même notre avenir et notre passion qui sont en jeu, relève-t-elle.Alors, en regardant partout, on pourrait trouver un établissement qui nous convient tout à fait et qui n\u2019est peut-être pas celui auquel on avait pensé au départ.» Afin d\u2019élargir les possibilités, M.Tremblay recommande aux étudiants de visiter plusieurs structures et de poser un maximum de questions.« Un jeune qui est sûr de vouloir aller au cégep mais ne sait pas dans quel domaine s\u2019inscrire a intérêt à en visiter le plus possible et à se laisser un peu imprégner par ce qu\u2019il verra et entendra », note-t-il.Par ailleurs, pour un jeune indécis par rapport au choix du collégial, le fait de visiter un cégep et de voir les possibilités de programmes lui permettra de faire le bon choix.« Il pourra apprendre qu\u2019une des clés du système québécois, qui est envié à travers le monde, c\u2019est que la création des cégeps a permis d\u2019établir des lieux de maturation, où les parcours se croisent et où ils peuvent être sinueux», ajoute-t-il.En ef fet, que le jeune soit inscrit au programme préuni- versitaire ou technique, il a toujours la possibilité de changer de parcours.Loin d\u2019être une faiblesse du système pour M.Tremblay, cela permet aux jeunes de ne pas perdre de temps.« Si un jeune s\u2019aperçoit qu\u2019il n\u2019est pas heureux dans ce qu\u2019il fait, il peut changer, et son parcours n\u2019est pas perdu, car ce qu\u2019il aura fait comme cours sera utilisé dans bien des cas, détaille-t-il.C\u2019est aussi ça le cé- gep, permettre d\u2019explorer ce qu\u2019on a le goût de faire dans sa vie.» Une démarche importante La Fédération ainsi que le SRAM estiment que faire ce travail d\u2019exploration est déterminant pour les étudiants.Comme la limite des admissions est le 1er mars, ils recommandent aux jeunes de prendre le temps avant de faire leur choix définitif.En plus des portes ouvertes, les étudiants peuvent consulter le Guide pratique des études collégiales au Québec publié par le SRAM, qui les aidera à y voir plus clair, et aller rencontrer les conseillers d\u2019orientation présents dans les écoles.« Même si on n\u2019est pas encore décidé, le mieux est de faire la demande en ligne pour être cer tain d\u2019avoir un dossier complet, recommande toutefois Mme Mon- cion.Comme ça, il est toujours possible de changer de choix avant le 1er mars, mais au moins on a la certitude que notre demande est complète.» De son côté, M.Tremblay affirme que faire le choix des études collégiales est très important dans le parcours d\u2019un jeune.« Lorsque nous sommes au primaire ou au secondaire le choix est fait par les parents, souvent il s\u2019impose un peu par le contexte, alors que le cégep est le premier moment où il y a une liberté, assez large», note-t- il.Il estime que le Québec a encore des défis à relever, puisque, parmi les étudiants terminant leur Ve secondaire, 68 % poursuivent leurs études au cégep.« Notre objectif devrait être que 100 % des étudiants du secondaire continuent leurs parcours au collégial ! », lance-t-il.À l\u2019approche des 50 ans de création des cégeps, la Fédération est en train de recueillir des témoignages de personnes passées par le collégial et qui sont aujourd\u2019hui des références dans le monde des arts, du sport ou encore de la science.« Je pense que ces témoignages vont inspirer les jeunes qui se questionnent sur ce qu\u2019ils vont faire plus tard et les inciter à se dire que le passage au collégial est une étape très riche », décrit M.Tremblay.Pour lui, il s\u2019agit d\u2019une fenêtre extraordinaire pour le reste de sa vie.SERGEI GRITS ASSOCIATED PRESS Les négociations sur la Syrie qui se sont déroulées à Astana ont mis en lumière le rôle crucial des médiateurs qui s\u2019ef forcent de négocier la paix avec tous les acteurs du conflit syrien.MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Le choix des études collégiales est très important dans le parcours d\u2019un jeune, selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.Bernard Tremblay "]
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