Le devoir, 4 mars 2017, Cahier A
[" AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Des idées, une vision.Solution Era cherche à démocratiser l\u2019écoconstruction.Page C 1 Avis légaux.C 4 Météo.C 6 Décès.C 5 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 5 Sudoku .D 4 V O L .C V I I I N o 4 7 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m SE LIT MAINTENANT EN TOUTE MOBILITÉ.Téléchargez l\u2019application Le Devoir Mobile dès maintenant ! LES GRANDES OUBLIÉES L\u2019histoire invisible des femmes MARC HOFER AGENCE FRANCE-PRESSE Les femmes subissent des violences atroces en République démocratique du Congo, et la communauté internationale, bien qu\u2019elle se dise préoccupée, n\u2019agit pas pour mettre un terme au massacre, dénonce le Dr Denis Mukwege.Livres Robert Lalonde, rencontre avec un écrivain en sursis Page F 1 Théâtre Sylvie aime Maurice, un couple pas comme les autres Page E 1 Les violences dont il a été témoin sont indicibles, et celles des victimes qu\u2019il soigne le sont plus encore.Le chirurgien congolais Denis Mukwege, celui qui « répare» les femmes victimes de viol et de mutilations génitales, raconte dans sa récente autobiographie son parcours périlleux et les menaces qui pèsent toujours sur sa vie.Le Devoir l\u2019a joint à Panzi, au Congo.DENIS MUKWEGE AU DEVOIR L\u2019homme qui « répare » les femmes Le médecin mène une lutte sans trêve contre le viol comme arme de guerre P H I L I P P E O R F A L I M A R C O B É L A I R - C I R I N O L a légitimité du chef de police de Montréal s\u2019est ef fritée encore davantage, vendredi.Mis au fait d\u2019« informations » transmises à l\u2019équipe de la Sûreté du Québec chargée de faire la lumière sur les allégations criminelles qui af fligent le SPVM, Philippe Pichet a été contraint de suspendre l\u2019un de ses plus proches alliés, Bernard Lamothe, alors que le ministre de la Sécurité publique refusait de lui réitérer publiquement sa confiance.La crise qui frappe depuis des semaines le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a pris une nouvelle tournure avec la suspension immédiate de l\u2019un des hommes de confiance du chef Pichet, le directeur adjoint Bernard Lamothe.Dans un laconique courriel à ses employés, le numéro 1 de la police de Montréal a soutenu en matinée qu\u2019il avait dû « prendre les décisions qui s\u2019imposent pour préserver l\u2019intégrité du service de police».En entrevue au Devoir, il a toutefois refusé d\u2019en dire davantage sur les graves assertions ayant mené à la suspension de M.Lamothe, 55 ans, responsable de la division stratégique du SPVM.Ce départ sur vient au lendemain d\u2019une entrevue accordée au 98,5 FM par le président de la Fraternité des policiers, Yves Fran- cœur, qui accusait certains membres de l\u2019état- major du SPVM de corruption, de trafic d\u2019influence et de relations douteuses avec des membres de la pègre.«Le dernier cas que j\u2019ai soumis à M.Pichet, c\u2019était des allégations concernant un Un adjoint du chef Pichet suspendu Martin Coiteux refuse de dire s\u2019il fait toujours confiance au directeur du SPVM Dossier \u203a À la rencontre de cinq femmes exceptionnelles.Pages A 4 et A 5 I S A B E L L E P A R É I l croyait avoir tout vu.La haine, la violence sans limites, les viols de guerre et des mutilations graves perpétrées contre des femmes, des mères, des filles.Eh bien non.Maintenant tapi en permanence dans son hôpital gardé par des hommes armés, l\u2019homme de 61 ans confie que l\u2019horreur a atteint ces dernières années des sommets inégalés.L\u2019horreur a pris un visage encore plus glauque.À l\u2019hôpital de Panzi, situé dans l\u2019est de la République démocratique du Congo (RDC), le flot continu de femmes victimes de viol, traitées pour des sévices extrêmes, a légèrement fléchi ces dernières années.Une rare embellie en vingt ans.Mais depuis trois ou quatre ans, ce sont des enfants violés, et même des bébés \u2014 toujours des filles \u2014 aux organes génitaux gravement mutilés qu\u2019il accueille VOIR PAGE A 8 : VIOL J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U Quelle place l\u2019Histoire fait-elle aux femmes ?« Les gens ne se rendent pas compte qu\u2019il y a de l\u2019idéologie et des constructions historiques qui font en sorte de les écarter de leur société », soutient l\u2019historienne Micheline Dumont.Comment écrit-on l\u2019histoire au regard des femmes, c\u2019est-à-dire de la moitié de l\u2019humanité ?En juin 1961, Le Devoir publie un cahier spécial consacré à la place des femmes dans la société québécoise.On y lit dans une publicité que « le rayonnement de la femme canadienne-française se perpétue à travers les siècles dans les rôles les plus nobles et les plus impor tants qui soient : ceux de l\u2019épouse, de la mère et de l\u2019éducatrice».Ce à quoi on ajoute que « c\u2019est grâce à son influence si notre pays a conservé le prestige du passé parce qu\u2019elle a su garder et transmettre les plus belles traditions».« Si la femme a consenti à être refoulée, n\u2019est-ce pas parce que ses fonctions correspondaient mieux à ses aspirations intérieures?» À l\u2019occasion de la Journée internationale de la femme, Le Devoir jette un regard sur la place dérisoire que l\u2019histoire officielle a laissée et continue de laisser aux femmes.Et si l\u2019histoire devait s\u2019écrire autrement?VOIR PAGE A 8 : HISTOIRE Lire aussi \u203a Pichet doit partir.L\u2019éditorial de Brian Myles.Page B 4 VOIR PAGE A 8 : SPVM Me Michel Bouchard dirigera l\u2019enquête administrative M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa I l n\u2019y a pas que les inter venants sociaux et les juristes qui ont été renversés d\u2019entendre un juge de Nouvelle-Écosse statuer qu\u2019une jeune femme ivre et inconsciente avait pu consentir à une relation sexuelle.Prenant soin de s\u2019abstenir de commenter directement la décision controversée, le premier ministre Justin Trudeau a néanmoins affirmé que le système judiciaire devait améliorer le traitement réservé aux victimes d\u2019agressions sexuelles.La décision du juge Gregory Lenehan en Nouvelle-Écosse a créé tout un tollé.Dans un jugement rendu mercredi, le magistrat provincial a tranché que le chauffeur de taxi Bassam Al- Rawi n\u2019était pas coupable d\u2019agression sexuelle contre sa cliente, trouvée saoule, à moitié nue, les seins à l\u2019air et inconsciente sur la banquette arrière de sa voiture.M.Al-Rawi avait la braguette défaite et entre les mains les sous-vêtements souillés d \u2019ur ine de la v ict ime lorsqu\u2019une policière l\u2019a aperçu.« Un manque de mémoire n\u2019équivaut pas à l\u2019absence de consentement.[\u2026] Assurément, une personne saoule peut donner son consentement», a tranché le juge Lenehan, en reconnaissant qu\u2019il ne voudrait pas que l\u2019accusé conduise sa propre fille.À son avis, la victime aurait pu consentir à la relation sexuelle avant de perdre connaissance.Le juge Lenehan a rapidement fait l\u2019objet d\u2019au moins une plainte au bureau du juge en chef de la province.Deux manifestations sont prévues à Halifax la semaine prochaine.Appel de Trudeau Justin Trudeau n\u2019a pas voulu commenter «une cause précise, surtout pas une qui soit de juridiction provinciale ».Mais le premier ministre s\u2019est permis de marteler que « l\u2019agression sexuelle est inacceptable» au travail, à la maison, dans la société.«Nous devons nous assurer que, lorsqu\u2019elles choisissent de dénoncer [leur agresseur], les victimes d\u2019agressions sexuelles sont traitées correctement dans un système judiciaire qui leur offrira un procès équitable et qui donnera de réelles conséquences aux agresseurs.[\u2026] Nous allons continuer de demander des améliorations et d\u2019encourager des changements d\u2019attitudes quant à la façon dont nous traitons les survivants d\u2019agressions sexuelles, et pour que soit améliorée la façon dont nous parlons de consentement», a déclaré M.Trudeau.Le service des poursuites pénales de la Nouvelle-Écosse étudie la décision avant de déterminer s\u2019il portera la cause en appel.L\u2019interprétation du consentement du juge Lenehan ne semble pas cadrer avec celle de la Cour suprême, qui a statué en 2011 que le consentement doit être libre, éclairé et continu, rappelle Rachel Chagnon, pro- fesseure en sciences juridiques à l\u2019UQAM.«Une personne inconsciente n\u2019est pas en mesure de consentir.C\u2019est écrit noir sur blanc.[\u2026] Le juge s\u2019obstine à parler de potentiel consentement.Cela relève, selon moi, beaucoup plus des préjugés contre les jeunes femmes qui se saoulent dans un par ty bien arrosé que d\u2019une bonne application du droit.» Dominique Raptis, intervenante sociale au Centre d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l\u2019Ouest-de-Montréal, déplore que le jugement « démontre qu\u2019il y a encore des préjugés dans le système judiciaire ».Et que les conclusions puissent « faire en sorte que des femmes qui ont vécu le même genre de situations décident peut-être de ne pas porter plainte».La chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, a justement déposé un projet de loi qui obligerait les futurs magistrats fédéraux à suivre des formations sur les mythes et stéréotypes liés aux plaintes pour agression sexuelle.Que le début «C\u2019est plus que nécessaire.Ce n\u2019est qu\u2019un début », selon la Dre Natacha Godbout, profes- seure en sexologie à l\u2019UQAM.Les juges devraient en outre être sensibilisés aux réactions psychologiques des victimes \u2014 trous de mémoire, dissociation \u2014, «qui vont avoir un impact direct sur le témoignage, la crédibilité ».Le cas du juge Lenehan n\u2019est pas sans rappeler celui du juge albertain Robin Camp, qui avait demandé à une victime d\u2019agression sexuelle pourquoi elle n\u2019avait pas fermé les jambes.Le juge fédéral fait l\u2019objet d\u2019une procédure de destitution, qu\u2019il conteste.Le Québec affiche un taux de condamnations en matière d\u2019agressions sexuelles parmi les plus élevés au pays, mais un taux «anormalement élevé de rejet des plaintes», note Mme Cha- gnon.«On a un problème de filtrage, avant que les décisions arrivent devant les tribunaux.» Le Québec n\u2019a pas connu récemment de jugement de ce genre.«C\u2019est sûr que, si vous amenez seulement des cas exemplaires, il n\u2019y aura pas un juge qui va mal paraître», résume l\u2019experte en sciences juridiques.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 L\u2019UNIVERS DU STORE.ca MONTRÉAL 514-231-8677 LONGUEUIL 450-445-9829 LAVAL 450-627-3716 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX STORES SUR MESURE Fabriqué au Québec OPAQUES MOTORISATION DISPONIBLE TRANSLUCIDES SOLAIRES MONTRÉAL \u2022 QUÉBEC \u2022 TROIS-RIVIÈRES \u2022 LAVAL \u2022 LONGUEUIL \u2022 REPENTIGNY \u2022 BELOEIL \u2022 BOISBIAND \u2022 MAGOG \u2022 ST-AGATHE \u2022 MONT-TREMBLANT ET Claude Bouchard INSTALLATION GRATUITE MEILLEURS PRIX GARANTIS MEILLEURS PRIX GARANTIS ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 Votre mémoire vous inquiète ?Êtes-vous ou une personne de votre entourage préoccupés par la perte de mémoire ou par la maladie d\u2019Alzheimer ?L\u2019étude EMERGE évaluera la sûreté et l\u2019efficacité potentielle d\u2019un médicament expérimental pour déterminer s\u2019il peut ralentir la progression des symptômes de la maladie d\u2019Alzheimer de stade précoce, tels que la perte de mémoire.POUR PARTICIPER, VOUS DEVRIEZ : \u2022 Avoir entre 50 et 85 ans \u2022 Éprouver des symptômes qui pourraient être associés à la maladie d\u2019Alzheimer de stade précoce, comme des problèmes de mémoire ou de la difficulté à penser clairement \u2022 Avoir quelqu\u2019un dans votre vie qui pourrait vous accompagner aux visites de l\u2019étude et qui vous aiderait à respecter les exigences de l\u2019étude.Les participants admissibles recevront gratuitement tous les soins liés à l\u2019étude ainsi que le médicament expérimental.POUR APPRENDRE DAVANTAGE, COMMUNIQUER AVEC : Institut universitaire en santé mentale Douglas, 6875, boul.LaSalle, Montréal, QC, H4H 1R3 Tél.: (514) 761 6131 ext.: 4405 | Courriel : catherine.lee@douglas.mcgill.ca L U C E J U L I E N Rédactrice en chef N ous avons le plaisir d\u2019annoncer à nos lecteurs et lectrices la nomination de Marie-Michèle Sioui au poste de correspondante parlementaire à Québec.Marie-Michèle exerce la profession de journaliste depuis plus de six ans.Elle a amorcé sa carrière à la Presse canadienne, elle a œuvré par la suite au quotidien La Presse, avant de se joindre à l\u2019équipe du Devoir à l\u2019automne 2015.Marie-Michèle a démontré au fil des ans qu\u2019elle était une reporter généraliste de grand talent.Elle se démarque par son dynamisme, sa passion du métier, son efficacité et sa capacité à débusquer de la nouvelle originale.Nous sommes convaincus que Marie-Michèle saura s\u2019illustrer comme journaliste sur la colline parlementaire à Québec et qu\u2019elle offrira une couverture politique de qualité sur toutes les plateformes du Devoir.Marie-Michèle Sioui entrera en fonction le 20 mars.Vous pouvez la joindre à l\u2019adresse courriel suivante : mmsioui@ledevoir.com.Le Devoir Le Devoir nomme Marie-Michèle Sioui correspondante parlementaire à Québec AGRESSIONS SEXUELLES Le système judiciaire doit corriger le tir, affirme Justin Trudeau Nous devons nous assurer que [.] les victimes d\u2019agressions sexuelles sont traitées correctement dans un système judiciaire qui leur offrira un procès équitable et qui donnera de réelles conséquences aux agresseurs Justin Trudeau, premier ministre du Canada « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec T ania Longpré a encaissé les critiques lorsqu\u2019elle écrivait sur son blogue au Journal de Montréal.Elle s\u2019est forgé toute une carapace.Malgré celle-ci, l\u2019ex-candi- date péquiste dit être « effrayée » par la virulence des réactions de « trolls » alliés au Parti québécois à l\u2019annonce de son ralliement à la Coalition avenir Québec.Elle demande au chef péquiste, Jean-François Lisée, d\u2019intervenir.L\u2019enseignante en francisation des immigrants dit être ensevelie depuis deux semaines sous une « avalanche de haine ».«Tous ceux qui fréquentent les médias sociaux dans la sphère politique ont vu ce troupeau de trolls militants se déchaîner contre une personne ou une autre.Je m\u2019y attendais, je m\u2019y préparais, mais quand elle nous frappe personnellement, cette violence verbale prend une réalité saisissante et franchement un peu effrayante», a-t-elle écrit dans une lettre adressée à M.Lisée, dont Le Devoir a obtenu copie.Des dizaines d\u2019inter- nautes sont ef fective- ment tombés à bras raccourcis sur la transfuge sur Twitter et Facebook après avoir appris qu\u2019elle ralliait la formation politique de François Legault.« La grande majorité des gens dont j\u2019ai reçu des messages, ce sont des gens que j\u2019ai déjà vus.Ils ont une photo.Ils ont un vrai nom.Ils ne s\u2019appellent pas PierreJeanJacques23 avec une photo d\u2019astronaute ! fait-elle remarquer dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.Au PQ et dans les mieux indépendantistes, il y a beaucoup de gens très, très passionnés.Dès que tu n\u2019as pas les mêmes passions, les mêmes idéaux qu\u2019eux, tu deviens un traître, un anti- québécois», souligne-t-elle.Tania Longpré s\u2019est notamment fait reprocher d\u2019être une «opportuniste qui ne sait pas où poser ses belles grosses fesses » par un certain Tony Mourani.Un certain Karl Lalancette a pour sa part spéculé sur les raisons l\u2019ayant convaincue de troquer sa carte du PQ pour celle de la CAQ.« La tarte aux pa- canes doit être meilleur[e] dans le buffet de la CAQ», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.Il y a des dizaines d\u2019autres commentaires, bien pires.« Juste dans la dernière semaine, j\u2019ai bloqué ou supprimé 150 personnes de ma page Facebook.C\u2019est la première fois que je bloquais ou que je supprimais autant de gens», précise Mme Long- pré, déplorant la virulence du débat politique au Québec.Trêve demandée Elle invite M.Lisée et tous les dirigeants politiques à décréter une trêve des insultes grossières, en commandant aux militants de leur parti politique d\u2019adopter un ton respectueux sur les réseaux sociaux.« Si on veut un débat d\u2019idées sain, je pense que la première des choses, c\u2019est vraiment d\u2019argumenter avec les gens plutôt que de les insulter», fait-elle valoir.Paul St-Pierre Plamondon a récemment mis en garde l\u2019état- major du PQ sur l\u2019impact néfaste d\u2019« une frange marginale» de l\u2019effectif sur « la réputation du parti».«Un nombre minuscule de personnes membres du PQ agissent en \u201ctrolls\u201d sur les médias sociaux, ce qui est dommageable et aucunement représentatif du caractère généreux et avenant des membres du parti», a souligné l\u2019ex-candidat à la chefferie dans son rapport préliminaire «Osez repenser le PQ», qui a été dévoilé il y a près d\u2019un mois.Le PQ accuse la CAQ Après avoir pris connaissance de la lettre de Mme Long- pré, le PQ a accusé la CAQ de faire exactement ce qu\u2019elle lui reproche.« Tout comme d\u2019autres formations politiques, la CAQ a son lot de trolls.On se fait insulter par plusieurs tous les jours.Ce n\u2019est vraiment pas très agréable, mais nous ne demandons pas à Mme Longpré de s\u2019en excuser.Parce que ce serait injuste de lui faire porter la responsabilité.En outre, l\u2019intimidation, quelle qu\u2019elle soit, est inacceptable!» a affirmé l\u2019attaché de presse du chef de l\u2019opposition officielle à l\u2019Assemblée nationale, Bruno-Pierre Cyr.«Cela dit, nous allons continuer de débattre sur le terrain des idées.» Le Devoir Effrayée par la virulence des « trolls » péquistes Passée du PQ à la CAQ, Tania Longpré demande à Jean-François Lisée d\u2019intervenir Tania Longpré JACQUES NADEAU LE DEVOIR Marie-Michèle Sioui exerce la profession de journaliste depuis plus de six ans. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 JARDIN BOTANIQUE JUSQU\u2019AU 30 AVRIL UN ÉVÉNEMENT RÉALISÉ PAR L\u2019INSECTARIUM PIE-IX espacepourlavie.ca JEAN GAGNON\\CC Le cégep Bois-de-Boulogne renonce à of frir le programme Arts, lettres et communications, au grand déplaisir de certains enseignants qui font valoir que le nombre d\u2019inscriptions est relativement stable d\u2019année en année.L I S A - M A R I E G E R V A I S F aute d\u2019inscriptions, le programme Ar ts, lettres et communications fermera l\u2019automne prochain au cégep Bois-de-Boulogne.Fait plutôt rare, la direction du collège a pris cette décision avant le 1er mars, date limite des inscriptions au premier tour, disant vouloir permettre aux étudiants de se réinscrire.Elle en a informé les enseignants et le personnel des départements concernés lundi dernier lors d\u2019une rencontre.Selon les chif fres qui auraient été transmis lors de cette rencontre, mais qui ne sont pas confirmés par la direction du cégep, il n\u2019y aurait eu que 11 inscrits dans les deux profils d\u2019arts, lettres et communications, l\u2019un plus axé sur les ar ts visuels et numériques et l\u2019autre, sur les médias.La direction aurait même fait valoir qu\u2019il y aurait à ce jour à peine une centaine d\u2019inscriptions complètes à ce programme dans tous les cégeps membres du Service régional d\u2019admission du Montréal métropolitain (SRAM), dont plus des trois quarts au cégep anglophone Vanier College, disent des sources à l\u2019interne.Selon le SRAM, il est encore trop tôt pour rendre public le por trait des inscriptions au premier tour, mais il confirme que la direction de ce cégep situé dans Ahuntsic- Cartierville l\u2019a contacté il y a environ deux semaines pour avoir le nombre et le nom des étudiants inscrits en Arts, lettres et communications.Cette pratique est peu courante, mais « cela se fait », confirme Geneviève Lapointe, porte-parole du SRAM.« C\u2019est ensuite la responsabilité du collège de joindre ces candidats-là et d\u2019aménager quelque chose pour eux , a-t-elle expliqué.Mais c\u2019est quelque chose qui arrive exceptionnellement, c\u2019est rare.» Cette année, le cégep Bois-de- Boulogne est le seul à avoir suspendu un programme avant la fin des inscriptions.Problème de rentabilité Cet empressement à vouloir fermer le programme d\u2019Arts, lettres et communications pour l\u2019automne 2017 a provoqué un malaise, voire un profond mécontentement chez les enseignants et le personnel.Pourquoi ne pas attendre la fin des trois tours des inscriptions au collégial ?ont demandé certains.D\u2019autant plus que, chaque année, le programme finit par se renflouer grâce aux étudiants refusés au contingenté programme d\u2019animation 3D.Certes, le programme n\u2019est pas parmi les plus populaires, mais, année après année, le nombre d\u2019étudiants qui le choisissent à Bois-de-Bou- logne est « stable », a indiqué une personne à l\u2019interne, sous le couvert de l\u2019anonymat.« Et on est très bon en rétention.» Les inscriptions sont à la baisse en Arts, lettres et communications, et ce, dans tous les cégeps du SRAM, a fait valoir le directeur du cégep, Maurice Piché, répondant par écrit aux questions du Devoir.Pour les années 2015 et 2016, cette diminution aurait été de 7% par rapport à 2014 pour les cégeps du SRAM.À Bois-de-Boulogne, depuis 2013, des fluctuations d\u2019inscriptions d\u2019environ 75% ont été obser vées entre la meilleure et la moins bonne année.«Comme le collège a suspendu lundi ses admissions, nous ne pouvons les comparer avec ces années, car il manque les demandes les plus tardives qui auraient pu être faites.Malgré tout, nous n\u2019avions reçu qu\u2019une faible propor tion de la moins bonne de ces années», a expliqué M.Piché.Et une demande d\u2019inscription n\u2019équivaut pas nécessairement à une inscription, souligne-t-il, pour justifier sa décision.Ailleurs au Qué- b e c , h o r m i s u n e baisse de clientèle normale obser vée sur tout dans les régions, les inscriptions dans le programme Arts, lettres et communications n\u2019ont pas chuté plus qu\u2019à l\u2019habitude, a indiqué pour sa part la Fédération des cégeps après un rapide coup de sonde auprès de ses membres.Accusé de privilégier les sciences au détriment des autres programmes, notamment en arts, la direction du cégep Bois-de-Boulogne se défend.Selon ses données, le profil « nouveaux médias » (500.AJ) du programme Arts, lettres et communications « n\u2019a jamais atteint le seuil de rentabilité fixe?par le financement reçu du ministère.» Quant à l\u2019autre profil, « Arts, création visuelle et numérique » (500.AF), ce seuil n\u2019aurait pas été atteint lors de deux des quatre dernières années.Au profit des anglos?N\u2019empêche, avec la disparition du programme Arts, lettres et communications à Bois- de-Boulogne, ce secteur géographique du nord de l\u2019île se trouve quelque peu dégarni si l\u2019on tient à étudier en français dans ces deux profils (500.AF et 500.AJ).Car, outre le collège Montmorency à Laval (qui offre Communication médias 500.AJ), il n\u2019y a que le cé- gep anglophone Vanier College qui of fre un équivalent, soit Communications, Media and Studio arts (500.AF).Ce cégep anglophone ne semble d\u2019ailleurs pas souffrir de baisse d\u2019inscriptions dans ce programme, qui accueille environ une centaine d\u2019inscrits chaque automne et une trentaine à la session d\u2019hiver.Selon Christoph Heldt, enseignant et co-coordonnateur du Département de communications, au- delà de la qualité du programme, le collège Vanier bénéficie de sa situation géographique stratégique et de la croissance de l\u2019immigration \u2014 Ville-Saint-Laurent contient une bonne part d\u2019immigrants qui privilégient l\u2019anglais.«On s\u2019est même fait demander par le ministère d\u2019augmenter nos devis pour accepter plus d\u2019étudiants», dit-il, reconnaissant que les problèmes de clientèle des cé- geps francophones sont à leur avantage.«On ne peut pas dire qu\u2019on ne bénéficie pas de ça.» En raison de la suspension du programme, plusieurs enseignants non permanents perdront des charges de cours, voire n\u2019enseigneront plus du tout.La direction a évoqué une relance du programme pour l\u2019automne 2018.Mais certains craignent que le mal soit déjà fait.Le Devoir ARTS, LETTRES ET COMMUNICATIONS Le cégep Bois-de-Boulogne abandonne Le nombre d\u2019inscrits ne justifie pas le maintien du programme, selon la direction I S A B E L L E P O R T E R C e n\u2019est pas parce que le gouvernement leur permet de le faire que les municipalités vont donner tous les contrats de 100 000 $ sans appels d\u2019of fres, plaide la mai- resse de Mont-Joli, Danielle Doyer.À Mont-Joli, on compte d\u2019abord faire un « test » avec les contrats sous la barre des 50 000 $, a expliqué la mai- resse en entrevue au Devoir vendredi.« Pour une municipalité de notre taille, de gré à gré, 100 000 $, je ne suis pas sûre», dit-elle.La ville de Mont-Joli compte 6600 habitants et son budget annuel est d\u2019environ 11 millions, soit près de 100 fois moins que celui de la ville de Québec.Malgré tout, elle est ravie que le gouvernement donne aux villes qui le souhaitent la possibilité de le faire.« Ce n\u2019est pas une obligation, c\u2019est un pouvoir qu\u2019on nous donne.[\u2026] Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a le droit de faire quelque chose en législation qu\u2019on va le faire, résume-t-elle.Pour les grosses municipalités, la limite de 100 000$, ça peut être intéressant, mais à mon idée, la plupart des municipalités vont continuer d\u2019aller chercher plus d\u2019une soumission.» Le projet de loi 122, qui vise à donner plus d\u2019autonomie aux municipalités, fait passer de 25 000 $ à 100 000 $ le montant maximal des contrats pouvant être octroyés sans appel d\u2019off r e s .C e r t a i n s g r o u p e s , comme la Ligue d\u2019action civique, ont dénoncé cette mesure récemment en faisant valoir qu\u2019il n\u2019y aurait presque plus d\u2019appels d\u2019offres dans les petites villes.Ils donnaient l\u2019exemple de Mont-Joli, où 72% des contrats accordés l\u2019an dernier en appels d\u2019offres auraient été donnés de gré à gré si la loi avait été en vigueur.Cette proportion aurait été de 25% à Montréal.Pour la Ligue d\u2019action civique, le recours aux contrats de gré à gré est d\u2019autant plus inquiétant que les petites municipalités manquent de ressources et d\u2019exper tise pour procéder à l\u2019octroi de contrats.Une af firmation insultante pour Mme Doyer.Outre les appels d\u2019offres, les municipalités ont toutes sor tes de règles pour encadrer les contrats municipaux, plaide-t-elle.Mont- Joli, par exemple, a entériné une politique d\u2019achat en 2010 qui interdit les dons et encadre avec précision les relations entre le personnel de la Ville et les entreprises qui contractent avec elle.Des règles différentes Mme Doyer concède toutefois que « ce ne sont pas toutes les municipalités» qui ont une politique d\u2019achat, en particulier les plus petites.Selon elle, le gouvernement devrait peut-être catégoriser les municipalités selon leur nombre d\u2019habitants et permettre l\u2019octroi de contrats de gré à gré proportionnel à la population des municipalités, comme le proposait récemment le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, dans Le Devoir.« Est-ce que les petites municipalités ont des réglementations concernant leurs achats ?Pas souvent.[\u2026] Et la politique de gestion contractuelle, je ne suis pas sûre que les petites municipalités ou les petits villages ont ça.» Reste à savoir si d\u2019autres municipalités comptent ne pas aller jusqu\u2019à la limite d e 1 0 0 0 0 0 $ .À l\u2019Union des municipalités (UMQ), on n\u2019a pas eu vent d\u2019autres municipalités ayant prévu un test sous la barre des 50 000 $.«La plupart attendent certainement de voir ce qui sera dans le texte définitif de la loi avant de décider ce qu\u2019elles vont faire », fait-on remarquer.La commission parlementaire sur le projet de loi 122 s\u2019est terminée avant la relâche et doit reprendre pour l\u2019étude détaillée.« Ce qui est certain cependant, c\u2019est que désormais, pour les contrats en bas de 100 000 $, chaque municipalité aura l\u2019autonomie nécessaire pour se doter d\u2019une politique interne de gestion contractuelle en fonction de sa réalité propre, de la valeur et du type de contrats octroyés, etc., et justifier pourquoi elle retient telle ou telle approche», a expliqué le porte-parole de l\u2019UMQ, Patrick Lemieux.Les lobbies municipaux réclament depuis des années que le gouvernement leur donne plus de souplesse, notamment dans l\u2019octroi des contrats.Pour justifier le seuil de 100 000 $ pour les appels d\u2019offres, ils ont fait valoir que c\u2019est ce qui est imposé aux commissions scolaires et aux ministères.Le Devoir CONTRATS DE GRÉ À GRÉ Mont-Joli n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019abuser du pouvoir accordé Les villes, petites ou grosses, ne seront plus tenues de lancer des appels d\u2019offres pour les contrats de 100 000 $ ou moins À mon idée, la plupart des municipalités vont continuer d\u2019aller chercher plus d\u2019une soumission Danielle Doyer ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le collège anglophone Vanier ne cache pas que la situation dans les cégeps francophones lui profite L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 LES GRANDES OUBLIEES A 4 A 5 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U C omment a-t-on pu délaisser si longtemps cette essayiste, féministe et libre-penseuse que fut Éva Circé-Côté, décédée en 1949 ?En 1903, à l\u2019âge de 32 ans, cette femme à la forte personnalité est nommée première bibliothécaire de la Bibliothèque technique.Au Québec, lire constitue alors un défi.L\u2019Église s\u2019en méfie.Et les municipalités ne sont pas pressées de développer des lieux de savoir offerts aux citoyens.Lorsque son mari m e u r t à l \u2019 â g e d e 33 ans, Circé-Côté va le faire incinérer, une chose impensable dans un univers catholique.Les foudres s\u2019abattent sur elle.Avec la journaliste Georgina Bélanger, elle ouvre un lycée laïque pour filles.Les niaiseries en guise d\u2019éducation pour les filles, cela suf fit, dit- elle.Trop de grec, trop de latin, pense-t- elle.Pas assez d\u2019enseignement technique, ni de vraie culture générale.Sous sa direction, les jeunes filles danseront et feront aussi du dessin plutôt que de la broderie.En janvier 1910, elle entame une collaboration au journal Le Pays, un hebdomadaire ouvert à la pensée libérale.Dès la fondation du journal Le Monde ouvrier, elle se joint à l\u2019équipe et y publiera des articles jusqu\u2019en 1942.Dès 1937, elle s\u2019illustre dans le journal protestant francophone L\u2019Aurore.Sa voix est pour le moins particulière dans la société de son temps.Éva Circé-Côté prend la défense des femmes, des ouvriers, des immigrants, des Juifs pourchassés autant que des autochtones mal-ai- més.Lors de ses sor ties publiques, Circé-Côté défend aussi la place d\u2019un art nouveau dans la société : le cinéma.Dans son œuvre, elle s\u2019intéresse à Charles Hindeland et à Chevalier de Lorimier, les deux patriotes pendus haut et cour t le 15 février 1839.Leurs pensées, e l l e l e s p r é s e n t e comme un véritable idéal de liberté.C\u2019est b i e n d u c ô t é d e s idées républicaines des patriotes, dit-elle souvent, qu\u2019il faut envisager l\u2019avenir.Plutôt que nationaliste, Éva Circé-Côté se dit patriote, dans la l ignée de ceux de 1837-1838, c\u2019est-à-dire ouver te au monde, b ien que mi l i t an t pour l\u2019autonomie de son peuple.Louis-Jo- seph Papineau, le chef patriote, incarne un grand modè le pour le patriotisme tel qu\u2019elle le conçoit, c\u2019est-à-dire comme «une idéologie, ou plutôt une passion vouée à l\u2019affirmation d\u2019une nation ca- nadienne-française, avec sa langue et ses institutions, mais une nation fondée sur le progrès, laïque et inclusive d\u2019où seraient absentes les exclusions de race et de religion».Papineau, en ce sens, lui apparaît universel, d\u2019autant plus que « les héros appar tiennent à toutes les races, à toutes les religions».Le Devoir Éva Circé-Côté, passionnée de lettres et de culture C H R I S T O P H E H U S S Le changement de nom du parc Claude-Jutra, devenu parc Ethel-Stark en juin dernier, a attiré l\u2019attention sur cette pionnière, violoniste virtuose, née à Montréal en 1910 et fondatrice en 1940, avec la mécène Madge Bowen, de la Symphonie féminine de Montréal, premier orchestre symphonique féminin créé au Canada.Ethel Stark dirigera cet ensemble pendant 28 ans et l\u2019amènera en 1947 au Carnegie Hall.La Symphonie féminine d e M o n t r é a l f u t ainsi le premier orchestre canadien à se produire dans la mythique salle new- yorkaise.Ethel Stark, formée à la direction pendant ces études au Curtis Institute of Music de Philadelphie, avait déjà connu l\u2019aventure de la création d\u2019un orchestre féminin à New York, entre 1938 et 1940, avec le New York Women\u2019s Chamber Orchestra.La ville disposait déjà d\u2019un Orchestre symphonique féminin créé en 1934 par Antonia Brico (1902-1989).Les premiers soubresauts d\u2019une féminisation possible du métier de chef d\u2019orchestre étaient dans l\u2019air du temps au début des années 1930.Créer un orchestre féminin était à l\u2019époque un moyen non seulement pour les femmes tentées par la direction d\u2019orchestre de pouvoir exercer leur passion, mais aussi pour les musiciennes de jouer publiquement des instruments jugés « masculins », comme le violoncelle ou la trompette.La lame de fond avait été amorcée par la pianiste, compositrice et chef Ethel Le- ginska (1886-1970), première femme à diriger le Philharmonique de New York (1925), qui, entre 1924 et 1932, lança des orchestres féminins à Chicago, à Boston et à Washington.Pour la petite histoire, cette même Leginska avait été appelée à Montréal par le ténor et administrateur Alber t Clerck-Jean- notte pour tenter de relancer, en 1933, la Compagnie d\u2019opéra de Montréal, fondée en 1910.Elle devait s\u2019y produire pendant deux semaines, mais dut arrêter après la première, où Louise, T h a ï s e t We r t h e r avaient été montrés.Mais Leginska fut assurément un modèle inspirant pour Ethel Stark.Stark s\u2019inscrit activement dans un mouvement qui gagna aussi l\u2019Europe, où la pionnière fut Jeanne Chevallier (1893-1984), épouse du fameux violoniste Gaston Poulet, qui, ayant pris à partir de 1930 le pseudonyme de Jane Evrard, créa l\u2019Orchestre féminin de Paris.Le célèbre critique Émile Vuillermoz écrivit alors sur cette « initiative intelligente et raisonnée » : « Jane Evrard pose franchement le problème de la main-d\u2019œuvre féminine dans la musique d\u2019ensemble.Voici un geste honnête et courageux.» Ethel Stark fit de même ici.Elle dirigea la Symphonie féminine jusque dans les années 1960 et enseigna au Conservatoire de musique du Québec à Montréal, ville où elle est décédée en 2012.Le Devoir Ethel Stark et la musique au féminin I S A B E L L E P A R É U ne tornade ?Un ouragan ?U n c y c l o n e , d i r a l a presse.Bien avant l\u2019heure de YouTube et de Paris Match, Eva Tanguay, petite Québécoise née en Estrie, s\u2019est érigée en reine du vaudeville en devenant, au tournant du siècle dernier, la première superstar à vivre de sa marque en Amérique et du culte érigé dans la presse autour de sa personnalité flamboyante.Plusieurs historiens comparent Eva Tanguay à une Madonna ou une Lady Gaga avant l\u2019heure puisque la jeune fille, née en 1878, est passée maître dans l\u2019art de méduser les médias de masse qui suivaient à la trace ses apparitions excentriques sur scène, ses coups de tête et sa vie conjugale.En ce sens, la diva a semé les premiers germes du star-system tel qu\u2019on le connaît aujourd\u2019hui, et d\u2019une presse à grand tirage vivant à ses crochets.Dès 1908, l\u2019étoile de Tanguay atteint son zénith sur les marquises de Broadway.Vedette du vaudeville la mieux payée après Harr y Houdini, elle reçoit des cachets faramineux de 3500 $ par semaine qui dépassent ceux versés à Enrico Caruso.« Eva Tanguay fut la première grande vedette de l\u2019industrie culturelle de masse, car le vaudeville fut cette première forme d\u2019industrie telle qu\u2019on la connaît aujourd\u2019hui », affirme son biographe, Andrew L.Erd- man, auteur de Blue Vaudeville, Sex, Morals and the Mass Marketing of Amusement.Très vite, le style libéré et les paroles assumées de I don\u2019t Care \u2014 la chanson à succès de Tanguay \u2014 font courir les foules.L\u2019artiste, qui tient l\u2019af fiche l\u2019équivalent de 14 mois à New York entre 1910 et 1921, attire autant les foules que Mar y Pickford et Sarah Bernhardt.Elle devient millionnaire en tenant tête aux magnats d\u2019une industrie peu encline à se faire dicter quoi que ce soit par des artistes, encore moins par une femme.Plus que par son talent, Tanguay régnera pendant plus d\u2019une décennie sur l\u2019industrie du vaudeville, faisant de sa personnalité volontaire son principal atout.Son autonomie financière, sa sexualité assumée, ses tournées solos en feront un des premiers modèles d\u2019émancipation féminine qui aidera à galvaniser le mouvement des suffragettes en Amérique.Honnie par le clergé et la bonne société, Eva Tanguay se fraiera un chemin jusqu\u2019à Hollywood, où elle produira seule son unique film.Malgré son parcours, elle demeure oubliée des livres d\u2019histoires du Québec.Seul Jacques Robert, historien à Dudswell, a réussi à réunir quelques pièces pour lui consacrer une exposition à Dudswell, son village natal.Disparue de la carte avec l\u2019arrivée du cinéma muet, Eva Tanguay est morte seule, ruinée, dans l\u2019oubli général, en 1947.Le Devoir Eva Tanguay, Lady Gaga de l\u2019avant-guerre P A U L I N E G R A V E L On pourrait sans hésiter comparer l\u2019influence de Harriet Brooks dans les recherches en physique nucléaire à celle qu\u2019a eue Marie Curie dans l\u2019avancement des connaissances sur la radioactivité.Dès 1898, après un baccalauréat en mathématiques et en philosophie de la nature à l\u2019Université McGill, la jeune chercheuse se lance, sous la direction d\u2019Ernest Rutherford (Prix Nobel de chimie en 1908), dans des recherches sur la radioactivité du thorium que viennent de mettre en évidence Marie Curie et Gerhard Carl Schmidt.En 1901, elle découvre que cet élément libère des « émanations » d\u2019une forme qui n\u2019a encore jamais été obser vée.Ni rayon alpha ni rayon bêta, il s\u2019agit plutôt d\u2019un gaz radioactif ayant un poids moléculaire bien plus faible que celui du thorium dont il est issu : le radon.Cette même année, elle obtient le titre de diplômée en physique nucléaire à la maîtrise, devenant la première femme à arracher un tel diplôme au Canada.Grâce à une bourse, elle se rend au laboratoire Cavendish de Cambridge, en Angleterre, où elle mesure pour la première fois la demi-vie du radon 220, aux côtés de Joseph John Thomson (Prix Nobel de physique en 1906).Elle conclut que le radon est vraisemblablement le produit d\u2019une « transmutation » d\u2019un produit en un autre.De retour auprès de Ru- ther ford à McGill, elle obser ve que la radioact iv i té peut être transférée d\u2019une substance à une autre, non radioactive.Elle prouve ainsi le phénomène de ra - dioactivité induite et ébauche l\u2019hypothèse d \u2019 u n e c h a î n e d e transmutations successives de l\u2019uranium et du thorium.Dès 1904, elle devient tutrice en physique au collège Barnard af filié à l\u2019Université Columbia à New York.Mais on la force à démissionner, deux ans plus tard, parce qu\u2019elle vient de se fiancer.Elle rompt finalement ses fiançailles pour aller travailler à Paris avec Marie Curie (Prix Nobel de physique e n 1 9 0 3 e t d e c h i m i e e n 1911), à l\u2019Institut du radium.En 1907, Rutherford l\u2019invite à le rejoindre à l\u2019Université de Manchester, en Angleterre, où il vient d\u2019être nommé professeur.Mais elle décline l\u2019offre pour épouser Frank Pitcher, son ancien moniteur de laboratoire à McGil l .Âgée de 31 ans , e l le aban - donne alors sa carrière pour rentrer à Montréal et y fonder une famille de trois enfants.À l\u2019âge de 56 ans, H a r r i e t B r o o k s meur t à Montréal, d\u2019une leucémie, tout comme Marie Curie.Toutes deux ont été e m p o r t é s p a r l e même type de cancer, induit par la radiation à laquelle elles ont été exposées durant leurs nombreuses recherches.Cette pionnière est restée dans l\u2019oubli en grande par tie parce que les résultats de ses travaux obtenus par ces col labora - teurs masculins leur étaient le plus souvent attribués, ou à ceux ayant la plus grande notoriété.Pour Ernest Rutherford, « Harriet Brooks est la physicienne la plus célèbre dans le domaine de la radioactivité, après Marie Curie».Le Devoir Harriet Brooks, la Marie Curie québécoise restée méconnue J E A N D I O N E lle fut à la fois une comète et une énigme, un prodige et une cible pour quantité de soupçons.On la surnommait « Miracle Maid », on parlait d\u2019elle comme d\u2019une « mer ve i l l e » , d \u2019une « v i r - tuose », on la disait « la plus populaire au monde », « l\u2019étoile des étoiles ».Elle semblait pouvoir marquer des buts à volonté, comme elle l\u2019avait fait en en inscrivant 15 dans une victoire de 21-0, ce qui impressionne même si on ne sait pas contre qui.Quand le club de sa ville natale, les Victorias de Cornwall, la comptait dans sa formation, il était réputé « invincible ».La Première Guerre mondiale fait rage, et bien des hommes ayant été appelés sous les drapeaux, le hockey féminin naissant connaît une période faste un peu partout au Canada en dépit du fait que la pratique du sport par des femmes soit réprouvée dans certains cercles.Et à ce jeu, personne n\u2019égale Alber- tine Lapensée.Née en 1898, elle est encore toute jeune lorsque le monde la découvre.Là où elle passe, à Montréal , à Québec, à Ottawa, dans des villes américaines, elle fait immanquablement courir les foules.En fait, elle est tellement supérieure à toutes les autres que plusieurs suspectent qu\u2019elle est un homme déguisé en femme (ses dé- f e n s e u r s d i s a i e n t p l u t ô t qu\u2019elle avait appris à jouer avec des garçons, ce qui lui donnait un style « masculin »).On n\u2019aura jamais de preuve à cet égard, mais allez donc tuer une r umeur, même sans fondement.Albertine épate donc la galerie le temps de deux saisons puis, en 1918, disparaît sans laisser de traces.Aucune.Les historiens ont eu beau chercher.De quoi, bien entendu, emballer de nouveau la machine à cancans.Si cer tains supposent qu\u2019elle est mor te dans l\u2019épidémie de grippe espagnole de l\u2019époque ou qu\u2019elle s\u2019est mariée aux États-Unis, d\u2019autres disent car rément qu\u2019elle est allée y subir un changement de sexe.Une pareille opération dans les années 1910, vraiment ?On ne sait pas ce qu\u2019il est advenu du reste de sa vie, ni avec certitude quand et où elle est décédée.A-t-elle continué de jouer au hockey sous un pseudonyme ?Si oui, cela se serait su tellement son talent était caractéristique.Sinon, pourquoi diable a-t-elle abandonné ?Mystère, encore et toujours.On croit seulement savoir qu\u2019elle était toujours vivante en 1940, selon un profil de sa famille.Ce dont on peut être certain, en revanche, c\u2019est qu\u2019elle a brillé, quoique brièvement, de tous ses feux, dans une discipline féminine qui mettrait encore de nombreuses décennies à acquérir enfin ses lettres de noblesse.Le Devoir Albertine Lapensée, déesse éphémère du hockey «Les héros appartiennent à toutes les races, à toutes les religions», Éva Circé-Côté Artiste de scène la mieux payée après Harry Houdini en 1908, Eva Tanguay reçoit des cachets faramineux qui dépassent ceux versés à Enrico Caruso.1898 Entreprend ses recherches avec Ernest Rutherford à McGill.1901 Découvre le radon, gaz issu de la désintégration du thorium 232.1902 Mesure et évalue à une minute la demi- vie du radon 220.1910 Naissance à Montréal.1939 Création du New York Women\u2019s Chamber Orchestra.1940 Fondation du premier orchestre féminin au Canada.22 janvier 1916 Premier match connu contre l\u2019équipe montréalaise le Western.1916 Lors d\u2019un match, l\u2019entraîneur du Western force sa gardienne de but Corinne Hardmann à porter un masque pour affronter ses tirs puissants.1918 Elle disparaît sans laisser de traces.WORLD\u2019S GREATEST LADY HOCKEY STAR MISS ALBERTINE LAPENSÉE Les premiers soubresauts d\u2019une féminisation possible du métier de chef d\u2019orchestre étaient dans l\u2019air du temps au début des années 1930 Avec la journaliste Georgina Bélanger, elle ouvre un lycée laïque pour filles.Les niaiseries en guise d\u2019éducation pour les filles, cela suffit, dit-elle.Cette pionnière est restée dans l\u2019oubli en grande partie parce que les résultats de ses travaux obtenus par ces collaborateurs masculins leur étaient le plus souvent attribués 2010 THE HENRY FORD Une banderole annonce la présentation de la nouvelle chanson d\u2019Eva Tanguay, America I Love You, au Majestic Theater, lieu emblématique du vaudeville à Chicago aux environs de 1915.BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC Ethel Stark NEW YORK PUBLIC LIBRARY Éva Tanguay MUSÉE MCCORD Harriet Brooks ARCHIVES LE DEVOIR Albertine Lapensée BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC Éva Circé-Côté La première vedette féminine du hockey est portée aux nues, puis disparaît sans laisser de traces En février 1917, Le Devoir écrit qu\u2019Albertine Lapensée jouit d\u2019«une popularité sans égale dans le monde du hockey» L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 6 P H I L I P P E O R F A L I A ssoiffé d\u2019indépendance, le publicitaire et artiste visuel Simon Beaudr y et les documentaristes Félix Rose et Eric Piccoli avaient prévu, séparément, de se rendre en Écosse dans les semaines précédant le référendum du 18 septembre 2014.Quand leurs projets artistiques respectifs ont rencontré des embûches, ils ont, plutôt que d\u2019abandonner, choisi\u2026 de se fédérer.Le résultat : Yes, une incursion très québécoise dans la crise identitaire écossaise.Félix Rose et Eric Piccoli s\u2019attendaient d\u2019abord à suivre, à l\u2019approche de l\u2019échéancier du référendum sur l\u2019indépendance de l\u2019Écosse, un grand journaliste parti à la rencontre de ses concitoyens.Parallèlement, Simon Beau- dry, directeur artistique en publicité à l\u2019agence DentsuBos, qui cherche également à se faire reconnaître en tant qu\u2019artiste visuel, entendait « faire réfléchir » sur l\u2019indépendance au moyen d\u2019œuvres de per for- mances, aux quatre coins de l\u2019Écosse, devenue son atelier à ciel ouvert.« Ce sont deux métiers qui travaillent souvent ensemble, mais ils s\u2019entrechoquent, observe M.Piccoli à propos de celui qui est devenu son sujet.Dès la première rencontre, on a constaté que c\u2019était une personne remplie de contradictions.C\u2019est un personnage qui fait réagir avec ses œuvres, et c\u2019est ce que le film montre.» Tout sauf un manifeste Les protagonistes de Yes, dont c\u2019était la première vendredi soir à Montréal, sont donc québécois.Et c\u2019est véritablement à travers leurs yeux que s\u2019observe le référendum écossais.«C\u2019est un film pour les Québécois, c\u2019est un film foncièrement québécois, dit M.Piccoli.Mais les Écossais aussi pourraient apprécier ce film, qui offre un point de vue différent, un regard extérieur en quelque sorte.» Ce n\u2019est pas un film de sou- verainistes, par des souverai- nistes, pour des souverai- nistes, prend-il le soin de préciser.Et il ne s\u2019agit surtout pas d\u2019un manifeste.«On voulait transmettre la façon dont tous les Écossais ont vécu ce jour-là.On a donné la parole à des gens du Oui, du Non, des indécis.Parce qu\u2019on voulait faire connaître leur réalité», poursuit le réalisateur, aussi connu pour la websérie Temps mort.Des Canadiens de tous les horizons y trouveront donc leur compte, espère-t-il.De son road trip aux quatre coins de l\u2019Écosse \u2014 mené en compagnie de Samuel Berge- ron, un ex-candidat d\u2019Option nationale parti étudier au pays du kilt \u2014, Simon Beaudry retient l\u2019approche très pragmatique de la plupar t des personnes avec qui il échange devant la caméra.Lorsqu\u2019un partisan du Oui lui demande de ranger le drapeau qu\u2019il brandit, lui disant que l\u2019indépendance est une question qui n\u2019est « ni identi- taire ni ethnique, mais plutôt politique », on le voit interloqué.« Pour moi, on ne peut faire un pays en évacuant la question identitaire.Mais pour eux, c\u2019était cela qui permettrait de rassembler un plus grand nombre de personnes autour du Oui.Ça m\u2019a déstabilisé.» Projections Le film sera présenté dès le 10 mars à Montréal, au Cinéma du Parc, ainsi qu\u2019à Québec à partir du 12 mars au Cinéma Cartier, et dans d\u2019autres cinémas indépendants au cours des prochains mois.Le Mouvement national des Québécois doit également organiser des projections du documentaire, à l\u2019échelle de la province, sous peu.Le Devoir Yes, une incursion toute québécoise dans le référendum écossais PLC : Alan DeSousa juge le processus «aberrant» Ottawa \u2014 Le maire de l\u2019arrondissement Saint-Laurent, Alan DeSousa, juge que le Parti libéral du Canada (PLC) doit trouver une façon de «réparer» le tort qu\u2019il lui a causé, car, en bloquant sa candidature à l\u2019investiture sans expliquer pourquoi, la formation laisse planer un doute sur son intégrité.Le comité permanent d\u2019appel du parti a maintenu jeudi soir la décision du comité du feu vert, qui avait refusé dimanche dernier d\u2019accorder à celui qui est maire de l\u2019arrondissement montréalais depuis plus de 15 ans le droit de se présenter dans la course à la succession de Stéphane Dion.La maire DeSousa n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019aller plus loin.Mais même s\u2019il «tourne la page», il estime tout de même «aberrant» que le parti puisse «prendre des décisions avec des informations secrètes», un processus opaque qui entraîne des résultats «mesquins», selon lui.La Presse canadienne L\u2019accusé de Concordia passera le week-end en prison Hisham Saadi, un Montréalais de 47 ans accusé d\u2019avoir lancé une fausse alerte à la bombe visant des étudiants musulmans de l\u2019Université Concordia, passera la fin de semaine derrière les barreaux.La procureure de la poursuite, Me Lucie Marti- neau, s\u2019est opposée vendredi à la remise en liberté de l\u2019accusé au nom de la sécurité du public.Sa requête sur remise en liberté a été reportée à lundi.Il est apparu brièvement dans le box des accusés, vêtu d\u2019un t- shirt gris et menottes aux poings, vendredi, au Palais de justice de Montréal.Les avocates de la Couronne et de la défense ont longuement discuté en privé vendredi.Me Caroline Braun, l\u2019avocate de l\u2019accusé, a indiqué que son client est «atterré» par les trois accusations criminelles qui pèsent contre lui.L\u2019homme de 47 ans est accusé d\u2019avoir menacé de faire exploser de petites bombes artisanales visant des étudiants musulmans de l\u2019Université Concordia.Il dénonçait la présence d\u2019étudiants musulmans dans un courriel envoyé mercredi à plusieurs médias, dont Le Devoir.Le Devoir M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec A près avoir fait des pieds et des mains pour dissuader le DGEQ de rayer de la carte électorale la circonscription de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques, Manon Massé se lance dans une nouvelle campagne.Elle briguera l\u2019un des deux postes de porte-parole de Québec solidaire.Elle en fera l\u2019annonce dimanche,a appris Le Devoir.Mme Massé assume les responsabilités de co-porte-parole, de façon intérimaire depuis le départ de Françoise David de la scène politique québécoise, le 18 janvier dernier.Fontecilla renonce Un changement de garde s\u2019opère à Québec solidaire.An- drés Fontecilla a annoncé vendredi qu\u2019il renonce à se porter candidat à sa propre succession aux postes de président et de por te-pa- role lors du c o n g r è s d e mai prochain.I l c o m p t e concentrer ses efforts dans la c i r conscr ip - tion de Lau- r ier -Dor ion, qu\u2019il souhaite ravir au député indépendant Gerry Skla- vounos, lors du prochain rendez-vous électoral.Il s\u2019était hissé au second rang lors des élections générales de 2014 (28 % des votes).« Notre parti arrive à un tournant de son histoire.Pour moi, le renouvellement cyclique de figures publiques et politiques est grandement positif.Je considère donc opportun qu\u2019une relève y voie une occasion de prendre sa place et de contribuer à l\u2019avancement des idées solidaires », a-t-il déclaré par voie de communiqué vendredi.Sylvain Lafrenière, décrit comme un « solidaire par excellence » dans les rangs du parti politique, est déjà en selle pour lui succéder comme porte-parole masculin.Le Devoir QUÉBEC SOLIDAIRE Manon Massé briguera le poste de Françoise David I S A B E L L E P O R T E R L e ministre du Développement durable, David Heur- tel, tente une nouvelle démarche pour forcer Anacolor à changer ses pratiques.L\u2019entreprise a deux semaines pour agir, à défaut de quoi elle pourrait devoir fermer ses portes.« Nous utilisons tout moyen que nous jugeons nécessaire et possible pour amener cette entreprise à se conformer aux exigences du certificat d\u2019autorisation », a déclaré le ministre dans un communiqué dif fusé vendredi après-midi.Plus tôt dans la journée, Anacolor a reçu un avis préalable à la suspension de son certificat d\u2019autorisation.L\u2019usine de coloration de pièces métalliques produit des odeurs si insupportables dans le secteur de Cap-Rouge que l\u2019école voisine a suspendu les récréations dehors.Depuis 2013, elle a reçu huit avis de non-conformité du ministère.Démarche saluée La plus récente démarche du ministre Heurtel a été saluée vendredi par le maire de Québec, Régis Labeaume.«Si j\u2019étais à la place d\u2019Anacolor, je bougerais », a dit le maire.M.La- beaume et M.Heurtel s\u2019étaient rencontrés à Montréal la semaine précédente pour faire le point dans ce dossier et le maire a tenu à faire savoir que cela avait porté ses fruits.«[Le ministre] a tenu parole et il a livré la marchandise», a-t-il dit.Le Devoir a tenté en vain de joindre la direction de l\u2019entreprise vendredi.On n\u2019a donc pas pu savoir si elle contestera la légalité de l\u2019avis préalable du ministère comme elle l\u2019avait fait pour le certificat d\u2019autorisation conditionnel qu\u2019il lui avait transmis à l\u2019automne.Les deux par ties doivent d\u2019ailleurs se retrouver devant le tribunal administratif le 20 mars dans cette affaire.Un combat d\u2019avocats La nouvelle démarche est indépendante de la précédente, nous a-t-on indiqué vendredi au cabinet du ministre Heurtel.Malgré tout, l\u2019échéance pour l\u2019avis préalable surviendra dès lors deux jours avant l\u2019audience pour l\u2019autre recours.En point de presse, le maire de Québec n\u2019a pas caché que cela ne pourrait être qu\u2019un énième chapitre dans un combat juridique.« Le propriétaire pourrait encore une fois avoir des recours devant le tribunal administratif.C\u2019est un jeu d\u2019avocat, on va le laisser faire.» Pas d\u2019injonction Plus tôt cette semaine, l\u2019opposition à la Ville avait pressé l\u2019administration La- beaume de déposer plutôt une demande d\u2019 injonction devant les tr ibunaux pour forcer la fermeture d\u2019Anaco- lor.Le maire a voulu revenir là-dessus vendredi pour dire que ça aurait été « impossible à gagner ».« Une injonction ne faisait pas le travail, c\u2019est sûr, sûr, sûr », a-t-il dit.Le Devoir Heurtel lance un nouveau recours contre Anacolor 1,4 milliard pour le réseau routier de Montréal Près de 1,4 milliard de dollars seront investis dans le réseau routier de la région administrative de Montréal au cours des deux prochaines années, a annoncé vendredi le gouvernement du Québec.De cette somme, 17 millions proviennent des partenaires fédéral et municipaux, a précisé Martin Coiteux, le ministre des Affaires municipales et ministre responsable de la région de Montréal, accompagné du ministre des Transports, Laurent Lessard.Ces investissements totaux de 1,379 milliard pour 2017 à 2019 se répartissent comme suit : 1225 millions seront consacrés aux structures, 74 millions aux chaussées, 39 millions pour l\u2019amélioration du réseau routier et 41 millions pour son développement.Selon le ministre, ces travaux se traduiront par 89 chantiers dans la région et près de 10 000 travailleurs seront à l\u2019œuvre sur 213 structures.La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR David Heurtel Manon Massé JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans Yes, les documentaristes Félix Rose (deuxième à partir de la gauche) et Eric Piccoli (à droite) ont suivi Simon Beaudry (deuxième à partir de la droite) et Samuel Bergeron (à gauche) en Écosse dans les semaines précédant le référendum sur l\u2019indépendance en 2014.On voulait transmettre la façon dont tous les Écossais ont vécu ce jour-là [le référendum].On a donné la parole à des gens du Oui, du Non, des indécis.Parce qu\u2019on voulait faire connaître leur réalité.Eric Piccoli, l\u2019un des deux réalisateurs de Yes « » N I C O L A S R É V I S E à Washington Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a été décrié vendredi pour avoir snobé la publication du rapport annuel mondial sur les droits de la personne de son ministère des Affaires étrangères.Sur le fond, malgré des inquiétudes sur ce que fera le président Donald Trump pour défendre les droits de la personne sur la planète, ce panorama du dépar tement d\u2019État dans 199 pays tape, comme chaque année, sur les bêtes noires habituelles de l\u2019Amérique : Corée du Nord, Chine, Russie, Iran ou Cuba.Mais sur la forme, le secrétaire d\u2019État, qui a très peu parlé en public depuis sa prise de fonction le 2 février, n\u2019a pas présenté ce rappor t en personne devant la presse et à la télévision.Une rupture avec 25 années de tradition pour les ministres des Af faires étrangères successifs de l\u2019influent département d\u2019État.Pour ce premier rapport de l\u2019ère Trump-Tillerson \u2014 même si les faits concernent 2016 et ont été compilés et analysés par le gouvernement de Barack Obama \u2014 la publication a été très discrète.Pas d\u2019allocution du secrétaire d\u2019État, ni de conférence de presse de son adjoint chargé des droits de la personne.Cette somme sur les droits de la personne est pourtant l\u2019un des grands rendez-vous institutionnels de la diplomatie américaine, comme ses rapports sur les libertés religieuses, la traite des êtres humains ou sur le terrorisme, et une déclaration solennelle du ministre y ajoute du poids et du symbole.Les pays visés par les critiques américaines réagissent d\u2019ailleurs toujours vivement.Cette année, M.Tillerson s\u2019est contenté de parapher la préface du rapport où il assure que « promouvoir les droits de l\u2019homme et la gouvernance démocratique représente un élément fondamental de la politique étrangère des États-Unis».Critiqué par Rubio Cela n\u2019a pas suffi au sénateur républicain Marco Rubio, pourtant un soutien du gouvernement Trump, ni aux défenseurs des droits de la personne.M.Ru- bio a critiqué dans un tweet l\u2019absence de M.Tillerson, «une première depuis longtemps».L\u2019ancien secrétaire d\u2019État adjoint aux droits de la personne Tom Malinowski a rappelé sur Twitter que « tous les secrétaires d\u2019État depuis au moins Warren Christopher (1993-1997) avaient publié en personne les rappor ts sur les droits de l\u2019homme ».« MIA Til- lerson [\u201cMissing in action\u201d ou « Porté disparu »] \u2014 Mauvais pour lui et pour le pays », a dénoncé l\u2019ancien diplomate.Le président de l\u2019organisation américaine Human Rights Watch, Kenneth Roth, s\u2019est lui demandé si « Tillerson n\u2019avait pas échappé au rapport du dé- par tement d\u2019État pour éviter d\u2019avoir à répondre à des questions sur Trump».De fait, l\u2019opposition démocrate et des défenseurs des droits de la personne aux États- Unis et à l\u2019étranger s\u2019alarment des intentions du nouveau président en la matière.Devant le Conseil des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU à Genève, le rapporteur britannique Ben Emmerson a ainsi jugé vendredi qu\u2019«entendre le président Trump, les premiers jours après son investiture, chanter les vertus de la torture [\u2026] glace le sang».Pour 2016, les États- Unis s\u2019en prennent à leurs cibles favorites: la Chine, la Russie, la Corée du Nord, l\u2019Iran\u2026 Nouvel entrant dans l\u2019édition 2016, l\u2019allié philippin en raison des «exécutions extrajudiciaires» de la guerre antidrogue du président Rodrigo Duterte.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 LE MONDE A 7 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Un «programme clair » pour la Syrie Genève \u2014 L\u2019envoyé spécial de l\u2019ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé vendredi son intention d\u2019organiser un cinquième round de discussions dans le courant du mois.«Je prévois d\u2019inviter les parties syriennes ici en mars pour un cinquième round», a déclaré le diplomate aux médias après une semaine de pourparlers indirects à Genève.Ensuite, «nous aurons Astana [\u2026] pour consolider le cessez-le-feu, et puis à nouveau Genève», a-t-il détaillé.Le nouveau round qui vient de s\u2019achever a permis l\u2019élaboration d\u2019un «programme clair», incluant les questions de gouvernance et de lutte contre le terrorisme, selon l\u2019envoyé spécial.Agence France-Presse 13 ans de prison pour un trafiquant d\u2019ivoire Dar es Salaam \u2014 Le plus célèbre trafiquant d\u2019ivoire tanza- nien, Boniface Matthew Ma- liango, surnommé « le Diable», a été condamné vendredi à 13 ans de prison par un tribunal de Dodoma, dans le centre de la Tanzanie, a annoncé une ONG qui suivait le procès.«Ce jugement est le premier rendu dans plusieurs affaires intentées contre lui.Bon travail», s\u2019est réjouie la section tanzanienne de l\u2019ONG internationale de protection de la nature PAMS Foundation.Considéré comme le plus grand trafiquant d\u2019ivoire en Afrique de l\u2019Est, Maliango, 47 ans, avait été arrêté fin septembre 2015 à Dar es Salaam, après plus d\u2019une année de traque.Agence France-Presse Nouveaux raids contre al-Qaïda Aden \u2014 Des avions et drones américains ont frappé vendredi pour la deuxième journée consécutive des cibles d\u2019al-Qaïda au Yémen, tuant huit membres du réseau jiha- diste.Les forces américaines ont mené au total «un peu plus d\u2019une trentaine» d\u2019attaques en deux jours, a indiqué le porte- parole du Pentagone, Jeff Davis.Comme ceux de la veille, les bombardements américains visaient des combattants d\u2019al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), ainsi que des caches d\u2019armes et de l\u2019équipement militaire, selon le Pentagone.Agence France-Presse A M É L I E B A R O N à Port-au-Prince R ené Préval, ancien président haïtien décédé vendredi d\u2019un accident cardio-vasculaire à l\u2019âge de 74 ans, aura été une personnalité politique incontournable des 30 dernières années en Haïti, malgré son tempérament secret.René Préval a dirigé le pays de la Caraïbe durant deux mandats, entre 1996 et 2001, puis de 2006 à 2011, seul dirigeant depuis la fin de la dictature duva- liériste en 1986, à avoir achevé ses deux mandats, la limite imposée par la Constitution, sans subir de coup d\u2019État ni avoir à partir en exil.C\u2019est lui qui était à la tête du pays lors du terrible tremblement de terre qui a tué plus de 220 000 personnes le 12 janvier 2010, et M.Préval avait achevé son mandat sans bénéficier d\u2019une grande popularité, les habitants lui reprochant notamment son manque de leadership au lendemain du séisme.Proche d\u2019Aristide « J\u2019ai appris avec émoi le décès de l\u2019ancien président René Préval.Je me prosterne devant la dépouille de ce digne fils d\u2019Haïti », a écrit le président Jovenel Moïse sur Twitter.Michel Martelly, successeur de René Préval en mai 2011, a aussi réagi sur le réseau social : «président Préval, Ti René, mon frère, mon ami et conseiller, ton départ nous laisse sous le choc», a écrit celui qui a été à la tête du pays de 2011 à 2016.Agronome de formation, René Préval, élu de gauche, a été très proche du leader charismatique Jean-Bertrand Aristide, dont il a été le premier ministre, avant de prendre ses distances au début des années 2000.Né le 17 janvier 1943, fils d\u2019un ancien ministre, M.Préval, surnommé «Ti René» par les Haïtiens en raison de sa petite taille, parlait, outre les deux langues officielles haïtiennes (français et créole), l\u2019anglais et l\u2019espagnol.Exilé avec sa famille en 1963, René Préval, serveur dans des restaurants aux États-Unis dans les années 1970, était revenu dix ans plus tard en Haïti pour y ouvrir une boulangerie.Après la chute de la dictature de la famille Duvalier en 1986, il milite activement dans les organisations populaires et les organismes de défense des droits de la personne.Il se lie d\u2019amitié avec le fondateur du mouvement «La famille, c\u2019est la vie», le prêtre Jean-Bertrand Aristide, qui le considère comme son «frère jumeau».Le 9 février 1991, il est choisi par M.Aristide, devenu président, comme premier ministre.Mais sept mois plus tard, le 30 septembre 1991, un coup d\u2019État militaire les renverse.René Préval quitte Haïti l\u2019année suivante et rejoint Aristide en exil à Washington.Il rentre après que les États- Unis ont réussi à faire signer un accord avec la junte militaire pour rétablir M.Aristide au pouvoir.Deux fois président En 1996, il devient à son tour président, la Constitution interdisant à Jean-Ber trand Aristide deux présidences successives.L\u2019ex-prêtre ne le soutient que du bout des lèvres.René Préval est élu avec 87,9 % des voix mais l\u2019abstention dépasse les 70 % du corps électoral.En 2001, il remet le pouvoir présidentiel à Aristide, élu au premier tour d\u2019une élection controversée car boycottée par l\u2019opposition.René Préval prend alors ses distances avec lui.Réélu président en 2006, il ne parvient pas à juguler l\u2019aggravation de la crise économique du pays qui enregistre, en 2008, d\u2019importantes manifestations populaires, surnommées les «émeutes de la faim».Très affecté et critiqué après le séisme de 2010, les Haïtiens lui avaient aussi reproché sa volonté d\u2019imposer le candidat de son parti pour sa succession en octobre 2010, ce qui avait provoqué, dans la capitale d\u2019im- por tantes manifestations de partisans de Michel Martelly.Agence France-Presse HAÏTI Décès de René Préval, ex-président secret et incontournable ÉTATS-UNIS Rex Tillerson décrié pour son silence sur les droits de la personne Le Parlement chinois, un club de milliardaires Le Parlement chinois compte une centaine de milliardaires en dollars et ses 209 membres les plus riches pèsent davantage que le PIB de la Belgique, a indiqué vendredi le magazine Hurun au début de la session annuelle des assemblées législatives du régime communiste.Dans les couloirs de l\u2019imposant Palais du peuple, place Tiananmen à Pékin, l\u2019élite économique du géant asiatique va côtoyer comme chaque année pour une dizaine de jours les hauts dirigeants du Parti communiste.Débutait vendredi la session annuelle de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CPPCC), un simple organe de débats, puis dimanche celle de l\u2019Assemblée nationale populaire (ANP), chambre d\u2019enregistrement du régime.Le secrétaire d\u2019État rompt avec un quart de siècle de tradition diplomatique aux États-Unis AGENCE FRANCE-PRESSE René Préval AGENCE FRANCE-PRESSE Washington \u2014 Lorsqu\u2019il était candidat à la vice-présidence, Mike Pence a souvent critiqué sa rivale Hillary Clinton pour l\u2019utilisation d\u2019un serveur de messagerie privé.Il s\u2019avère que le vice-président aurait utilisé un compte de messagerie privé pour mener des affaires publiques lorsqu\u2019il était gouverneur de l\u2019Indiana selon un journal, l\u2019Indianapolis Star.Le compte de messagerie AOL de Mike Pence a été la cible d\u2019hameçonnage le printemps dernier alors qu\u2019un courriel a été envoyé à ses contacts pour les informer, faussement, que le gouverneur et sa femme étaient bloqués aux Philippines et avaient besoin d\u2019argent.Même si le journal a démontré que Mike Pence a utilisé son courriel personnel pour mener des affaires publiques, un porte-parole du vice-président a affirmé que toute comparaison avec l\u2019affaire des courriels d\u2019Hillary Clinton était « absurde ».Associated Press Messagerie privée : Pence pincé Voici le «McLézard » New Delhi \u2014 Après le «McMaharaja», le «McLé- zard»?La chaîne de fast-food McDonald\u2019s menait vendredi l\u2019enquête après la diffusion de la photo d\u2019un lézard mort dans des frites servies à une cliente en Inde.Un cliché circulant sur les réseaux sociaux et diffusé par des médias indiens montrait un petit reptile mort au milieu des frites glissées hors de l\u2019emblématique cornet rouge et or.L\u2019incident s\u2019est produit mardi lorsqu\u2019une habitante de Calcutta, Priyanka Moitra, est allée prendre le petit-déjeuner dans une enseigne McDonald\u2019s voisine.«C\u2019est dégueulasse! Oh mon Dieu, il y a un lézard dans mes frites !», a été la réaction de Mme Moitra, ainsi qu\u2019elle l\u2019a raconté à la chaîne de télévision NDTV.Elle a déposé plainte auprès des autorités mardi soir.La police locale a temporairement fermé le restaurant.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S dans son hôpital de la région du Kivu, devenu le symbole de la lutte et de la résistance contre les viols de guerre.«Mes premiers cas en 1999 étaient des femmes adultes.Mais maintenant, j\u2019observe de plus en plus d\u2019enfants, de bébés violés avec des périnées complètement déchirés, où il n\u2019y a plus ni vagin, ni rectum, ni vessie, détruits en un seul trou», se désole Denis Mukwege.Certains n\u2019y survivent pas, et l\u2019ambulance de l\u2019hôpital de Panzi, appelée à la rescousse, est revenue plus d\u2019une fois vide au bercail.Comment en sommes-nous arrivés là ?Ni le discours prononcé en 2006 par Denis Mukwege au siège de l\u2019ONU devant 200 chefs d\u2019État, ni les dîners auprès de Barack Obama à la Maison- Blanche, ni les Prix des droits de l\u2019Homme reçus de l\u2019ONU et de la Communauté européenne n\u2019ont réussi à freiner cette folie destructive et entraîner des actions concrètes de la communauté internationale.« Puisqu\u2019on ne s\u2019attaque pas aux racines de cette violence, elle ne fait que changer de visage.Nous pressons la communauté internationale d\u2019agir depuis 20 ans, insiste le médecin.Il y a de la compassion, de l\u2019écoute, mais pas d\u2019actions.Seule la justice nationale et internationale peut faire la lumière sur ces atrocités.» Prisonnier dans son pays Après avoir échappé à plusieurs tentatives d\u2019assassinat, le Dr Mukwege vit aujourd\u2019hui emmuré dans son hôpital.Connu à travers le monde comme « le sauveur des femmes congolaises », il a soigné et opéré près de 45 000 femmes victimes de violences sexuelles graves depuis 1999.Pourtant, sa vie est toujours mise à prix en sol congolais, où les autorités l\u2019accusent de « dif famer son pays » en dénonçant l\u2019inertie du gouvernement.« Ce dernier a préféré faire la sourde oreille, se désole le médecin, même être dans une position de déni face à la gravité des actes commis en RDC.» Adulé en Occident, Denis Mukwege reste honni, chez lui, par ceux que ses paroles dérangent.Lors de son intervention remarquée au siège de l\u2019ONU, le siège de l\u2019ambassadeur du Congo est resté vide.Lorsqu\u2019il a été invité à New York pour assister à une réunion sur les violences sexuelles, des émissaires de Kinshasa lui ont fait comprendre que sa participation signerait son arrêt de mort\u2026 ou son exil du pays.Pour sauver son hôpital et ses malades, il a quitté New York sans mot dire.Un an plus tard, il est victime d\u2019une embuscade par cinq hommes armés, à laquelle il survit, mais lors de laquelle son proche collaborateur est froidement abattu.En 2014, alors que son nom figure sur la liste des potentiels Prix Nobel de la paix aux côtés de Malala, un autre plan pour attenter à sa vie est déjoué de justesse.Pour réitérer son plaidoyer pour la vie, le Dr Mukwege a décidé de coucher sur papier le fil de sa vie.Une vie marquée par les vagues de violence qui, depuis sa naissance, ne cessent de secouer le Congo, meurtri par des guerres in- terethniques où milices et groupes armés utilisent le viol comme arme de guerre.C\u2019est à la fin des années 1990, comme jeune gynécologue, qu\u2019il fait face pour la première fois à ces sévices sexuels immondes.Violée par quatre soldats, une jeune femme se présente le bassin et le fémur réduits en bouillie par les coups de feu tirés d\u2019une arme insérée dans son vagin.Puis, elles ont afflué par centaines.Par milliers, certaines années, fuyant des zones de conflit.«Certains jours, nous opérions du jour au soir.Les lésions étaient si particulières que les manuels médicaux ne nous étaient d\u2019aucun secours.Nous devions trouver nos propres solutions», ra- conte-t-il.Très vite, il reconnaît la signature de divers groupes armés.Certains enfoncent leur baïonnette dans le sexe de leurs victimes, d\u2019autres y tirent à bout portant ou y introduisent des bâtons enduits de plastique fondu.L\u2019horreur.Innommable.« Certains des épisodes vécus étaient si horribles qu\u2019ils dépassaient l\u2019entendement.Je devais mobiliser toutes mes forces avant d\u2019entrer dans la salle d\u2019opération », dit-il.Puis, il n\u2019a plus voulu savoir ces histoires, pour se concentrer sur les blessures.Pour pouvoir continuer à opérer sans s\u2019effondrer.Corps et âmes démolis Les victimes, elles, sont détruites physiquement et moralement.Sans périnée, nombre d\u2019entre elles ne peuvent plus retenir leurs urines ni leurs selles, ni avoir d\u2019enfants.Traitées en parias, en intouchables, elles sont rejetées par leur mari, exclues de leur famille, même par l\u2019Église.Leurs plaies sont si importantes que deux ou trois chirurgies sont parfois nécessaires pour réparer les blessures.Une d\u2019entre elles est même passée huit fois entre les mains du «docteur qui répare les femmes.» Le viol de guerre, c\u2019est d\u2019abord une arme «qui coûte moins cher et fait des dégâts énormes avec des conséquences sur les générations à venir », souligne le Dr Mukwege.On s\u2019attaque aux femmes, car elles assurent la progéniture, sont le socle de l\u2019économie et de la société congolaise, dit-il.«C\u2019est pour cette raison que ces viols ne sont pas des faits de société, mais une arme de destruction massive qui détruit des communautés entières.» Pourquoi ces gestes génocidaires restent-ils impunis, alors que la communauté internationale est intervenue pour agir contre les horreurs perpétrées en Bosnie, au Rwanda ?Malgré toute l\u2019attention médiatique qu\u2019on lui a portée, le Dr Mukwege a toujours l\u2019impression de prêcher dans le désert.«Nous attendons que la justice nationale et internationale se penche sur ces actes de barbarie.» Plus que le tribalisme, le trafic de terres rares utilisées dans la fabrication de téléphones cellulaires alimente les conflits récurrents que se livrent soldats et bandes rivales et les crimes haineux perpétrés contre des femmes.«Dans les années 1990, cela se faisait surtout dans les zones de conflit ; aujourd\u2019hui, on les voit aussi dans les zones hors conflit.Ce mal n\u2019a pas connu qu\u2019une évolution en nombre, mais en forme aussi.Quand il y a impunité, les gens en viennent à considérer ces viols comme une fatalité.» Un avenir incertain Depuis le jour où il était seul au front, l\u2019hôpital de Panzi a grandi.Quelque 250 personnes secondent le Dr Mukwege dans son travail, dont 40 médecins, des dizaines d\u2019infirmiers, du personnel technique et administratif, mais aussi des juristes et des psychologues.Sans compter les 150 personnes qui travaillent à la fondation créée pour aider les victimes à redonner un sens à leur vie et à se réintégrer dans la société.Malgré l\u2019émergence des violences faites aux enfants, celle faite aux femmes adultes recule timidement, affirme le médecin congolais.Les mentalités changent.Lentement.«Avant, quand les femmes brisaient le silence, c\u2019était l\u2019expulsion, l\u2019exclusion, les églises qui excommuniaient.Maintenant, nous avons des couples qui se solidarisent.Certaines filles violées arrivent même à se marier.C\u2019était inimaginable il y a 20 ans!» C\u2019est la résilience de ces femmes qui pousse le sexagénaire à continuer.Malgré la menace qui plane, malgré la violence qui resurgit, malgré l\u2019histoire qui bégaie.« Ce serait facile de dire : \u201cJe n\u2019en peux plus, je cherche l\u2019asile ailleurs.\u201d Mais chaque fois que je pense ne plus pouvoir continuer, je vois des femmes arriver avec leurs mutilations graves, handicapées à vie, qui se battent pour le droit de leurs enfants et des autres.Ça m\u2019a toujours ébloui.Si je dois exister, c\u2019est pour cette raison.Ces femmes existent pour sauver notre humanité.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 VIOL demande Jeanne Sauvé \u2014 future gouverneure générale du Canada \u2014, dans ce cahier spécial.Cinquante ans seulement ont passé depuis la parution de ce cahier.La société a beaucoup changé.Pourtant, le rôle accordé aux femmes dans l\u2019histoire continue de les marginaliser, offrant plutôt un grand miroir où l\u2019inégalité structurée se perpétue.Des miroirs déformants Prenons l\u2019exemple de Wikipédia.En 2017, en français, 16,1 % seulement des biographies de l\u2019encyclopédie coopérative sont consacrées à des femmes.En langue anglaise, guère mieux : 16,85 %.Le 8 mars prochain, à l\u2019occasion de la Journée internationale de la femme, des réseaux féministes de Paris, Genève, Lausanne et Montréal convient les femmes à se réunir pour corriger, augmenter ou proposer de nouvelles entrées biographiques sur Wikipédia.À Montréal, le Réseau québécois en études féministes (RéQEF), en collaboration avec la bibliothèque de l\u2019UQAM, invite les femmes à écrire de nouvelles notices pour rééquilibrer le portrait social relayé par Wikipédia.Il suggère à cette fin une liste d\u2019environ 300 noms de femmes québécoises issues du monde des arts sur lesquelles il conviendrait de se pencher.Sandrine Ricci, coordonnatrice du RéQEF, observe, chif fres à l\u2019appui, que les contributions sur Wikipédia sont dans l\u2019immense majorité le fait d\u2019hommes.Ce qui n\u2019est pas sans expliquer, dit-elle, que les actrices pornographiques sont méticuleusement référencées par plus de 1000 contributeurs.Leurs notices ont été bonifiées plus de 2500 fois.En revanche, rien de comparable pour les poé - tesses.Ce n\u2019est pourtant pas la matière qui manque.Pourquoi les femmes contribuent- elles si peu à modifier l\u2019image que des sites of frent d\u2019elles ?Selon Sandrine Ricci, « les femmes ont de la d i f f iculté à s \u2019 ident i f ier comme des expertes ».Un chef-d\u2019œuvre Au pays des érables, le très sérieux Dictionnaire biographique du Canada (DBC) ne fait guère mieux.Il s\u2019agit pourtant d\u2019un des plus importants projets dans le domaine des sciences humaines au pays.Il a même été décrit à maintes reprises comme un «chef-d\u2019œuvre», notamment par le sociologue Fernand Dumont, qui précisait n\u2019utiliser ce qualificatif toujours qu\u2019avec «d\u2019infinis scrupules ».Depuis le lancement du projet en 1959, quinze gros volumes du DBC sont parus.Le Web relaie désormais ces écrits nourris aux meilleures sources par les meilleurs spécialistes.Dans le premier tome du DBC, couvrant l\u2019an 1000 à 1700, on comptait 6 % de femmes seulement.Après 15 tomes, l\u2019ensemble recense au- jourd\u2019hui environ 500 biographies de femmes sur un total de plus de 8000.Le tome XVI, toujours en gestation, comportera 17 % de notices biographiques consacrées à des femmes, assure l\u2019historien Réal Bélanger, directeur de cet immense projet collectif coordonné en partie depuis l\u2019Université Laval.C\u2019est en gros le même pourcentage que dans Wikipédia.« Il est certain qu\u2019on essaye d\u2019avoir le maximum de femmes.Mais comme l\u2019a déjà expliqué l\u2019historienne Micheline Dumont, le rôle social des femmes a longtemps été réduit.Alors, avec nos critères de sélection, on en arrive à cela : le DBC reflète ce rôle social réduit.» Sur son riche site Internet, le DBC convient d\u2019ailleurs que « les critères de sélection \u2014 notamment le type d\u2019activités exercées \u2014 désavantagent les femmes, dont le rôle public ténu a perduré au moins jusqu\u2019au milieu du XXe siècle».Question de perspective Cette sous-représentation des femmes dans l\u2019Histoire tient aussi à une question de perspective.Dans des projets comme Wikipédia, le DBC ou d\u2019autres du même type, les individus, érigés en monuments de papier, constituent le point de gravité de l\u2019écriture historique.Cette approche invite à exclure monsieur et madame Tout-le-monde de la trajectoire historique en voilant leurs luttes et leur existence derrière le voile d\u2019un récit linéaire où ne sont présentées que les naissances et les morts de grands personnages et les dates de leurs principaux faits d\u2019armes.En somme, de grandes figures surgissent, tout commence et tout se finit avec elles.Cette vision dispense de chercher ailleurs les règles ou les mouvements qui ont marqué et régissent les sociétés humaines.Cette vision de l\u2019individu hissé au cœur de l\u2019histoire renvoie par exemple au néant l\u2019aventure de milliers d\u2019ouvrières anonymes du textile, celle des femmes au foyer, des mouvements sociaux, etc.Ces canons, hérités des figures royales ou saintes, expliquent qu\u2019une partie de l\u2019humanité soit restée invisible et que l\u2019histoire des femmes ait pu être largement passée sous silence.Voir autrement «Des femmes célèbres, il y en a plein.J\u2019en possède une bibliothèque complète de ces livres qui présentent la vie de femmes formidables », affirme l\u2019historienne Micheline Dumont en entrevue au Devoir.« Seulement, il est clair que les structures sociales et politiques ne permettaient pas à plusieurs d\u2019entre elles de s\u2019exprimer dans la société.Traditionnellement, on ne fait référence qu\u2019aux institutions et à la politique pour tout expliquer.On veut que les gens connaissent les dates des batailles ! » Mais ce n\u2019est pas cela, l\u2019Histoire, croit Micheline Dumont.« Les gens connaissent des dates, mais ne savent pas de quoi il en retourne.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas ce qui explique le plus souvent comment se développe la vie des gens ordinaires.» Pour considérer l\u2019histoire des femmes autrement, il faut changer les balises par lesquelles on les envisage, plaide l\u2019historienne.« Il faut en finir avec ce que j\u2019appelle la construction de l\u2019invisibilité historique.Tenez, on vient de m\u2019envoyer un manuel d\u2019enseignement de l\u2019Histoire pour savoir où on aurait pu ajouter des éléments qui concernent les femmes\u2026 Remarquez qu\u2019on se pose la question après avoir écrit le livre ! Il y a des dizaines d\u2019endroits où je leur pointe des possibilités, mais pour que cela ait du sens il faut se donner la peine d\u2019envisager les femmes avant de commencer à travailler ! » Pour Micheline Dumont, il est clair que le féminisme est la force de changement collectif qui a le plus transformé la société au cours du dernier siècle.« Imaginez : la moitié de la population a changé ses aspirations.Les femmes se sont demandé pourquoi elles ne pouvaient pas voter, pourquoi elles avaient un statut dif férent, pourquoi elles ne pouvaient pas avoir un travail à l\u2019égal de celui des hommes.L\u2019Histoire a changé, même si les femmes continuent d\u2019être prises dans des discours complètement aliénants.» Reste à voir par quels moyens ce changement peut trouver à mieux se matérialiser dans l\u2019écriture de l\u2019Histoire.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HISTOIRE cadre de premier niveau et un cadre très élevé, des allégations criminelles d\u2019interférence dans des dossiers pour faire tomber des accusations à la cour», a-t-il notamment dit au micro de Paul Ar- cand.« Il y a un proche de M.Pichet qui fait ou fera l\u2019objet de deux enquêtes criminelles relativement à de la corruption, du trafic d\u2019influence dans des dossiers», a-t-il ajouté.Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a appelé la population à la patience.«Toute la lumière» sera faite sur les pratiques du SPVM.D\u2019ici là, il juge inopportun de retirer ou de réitérer sa confiance à l\u2019endroit de M.Pichet, sous pression à la suite de plusieurs reportages dans lesquels d\u2019ex-policiers accusaient le SPVM de ni plus ni moins fabriquer de la preuve afin de museler des employés.« Ça ne sert à rien au- jourd\u2019hui de se prononcer sur une personne avant d\u2019avoir fait ce travail », a-t-il martelé en marge d\u2019une annonce dans la métropole.Il voulait devenir chef de police Issu du secteur des enquêtes criminelles du SPVM, M.Lamothe avait tenté \u2014 en vain \u2014 de succéder à Marc Parent à la tête du SPVM en 2015.Le maire Denis Coderre avait plutôt recommandé la candidature de M.Pichet.Ce dernier a affirmé avoir trouvé « extrêmement dif ficile » de suspendre son adjoint.«C\u2019est dif ficile de dire à quelqu\u2019un qui travaille depuis aussi longtemps pour la police qu\u2019on doit le mettre de côté.De l\u2019autre côté, comme chef, avec les informations que j\u2019avais, c\u2019est une décision que je devais prendre.» Tout en refusant de préciser si d\u2019autres membres de l\u2019état-major pourraient faire l\u2019objet d\u2019enquêtes, il a soutenu une fois de plus qu\u2019il est l\u2019homme de la situation.« Si on doit améliorer les choses, on va le faire.» Martin Coiteux a par ailleurs chargé l\u2019ancien haut fonctionnaire Michel Bouchard de mener l\u2019enquête administrative annoncée la semaine dernière, qui portera sur les pratiques de la division des affaires internes du corps de police ainsi que sur les «enjeux plus systémiques» liés à la gestion du SPVM.Me Bouchard a été doté des pouvoirs et de l\u2019immunité d\u2019un commissaire nommé en vertu de la Loi sur les commissions d\u2019enquête.Il aura donc le pouvoir de contraindre des personnes d\u2019intérêt à témoigner, comme pouvait le faire la juge France Charbonneau, qui dirigeait la commission d \u2019enquête sur l \u2019 industrie de la construction, par exemple.Il devra ensuite dresser le bilan de divers aspects des enquêtes internes au SPVM, soit « la gestion, l\u2019encadrement, les processus et les dif ficultés liés à ce type d\u2019enquête».Son rapport devra être déposé d\u2019ici au 15 septembre 2017.Où en est-on?Cette nomination survient une semaine après l\u2019élargissement de l\u2019enquête sur la gestion des affaires internes du SPVM.Malgré les protestations de l\u2019opposition, c\u2019est la SQ qui demeure chargée de l\u2019enquête, mais en «cogestion» avec la directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), Madeleine Giauque.Des policiers de Québec, Gatineau et Longueuil ont aussi été mis à contribution.Face aux allégations «extrêmement sérieuses» visant le SPVM, le Parti québécois exhorte le ministre Coiteux à mettre sous tutelle sans tarder le corps de police.«Le ministre ne doit pas avoir peur d\u2019utiliser tous les recours possibles, au lieu d\u2019improviser en ajoutant ici et là des éléments », a déclaré le porte-parole du PQ en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé.Aux yeux de Québec solidaire, la situation commande la tenue d\u2019une « enquête publique étendue et transparente, afin de passer les pratiques du SPVM au peigne fin ».La Coalition avenir Québec se garde toujours de demander la mise en tutelle du SPVM.Elle exige le dé- par t de M.Pichet et le contrôle du BEI sur l\u2019examen du SPVM.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SPVM JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Le Dr Denis Mukwege JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le chef Philippe Pichet "]
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