Le devoir, 14 juin 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 3 2 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Les FrancoFolies de Montréal.MHD, un rappeur étoile obsédé par le foot et les pas de danse farfelus.Page B 8 Avis légaux .B 4 et B 5 Décès.B 6 Météo.B 3 Mots croisés.B 8 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La vérité, c\u2019est que Le Devoir a besoin de vous.« C\u2019est un point d\u2019ancrage quand je cherche à comprendre.Il faut absolument protéger le travail qui se fait au Devoir.» CHRISTINE BEAULIEU jesoutiens .com F A B I E N D E G L I S E U n passepor t nigérian détrempé.Une gourde improvisée avec deux bouteilles de plastique fixées par un bout de tissu.Trois brosses à dents, un tube de dentifrice et un petit miroir.Des boîtes de pilules.Un petit biberon.Un nécessaire de pêche dans une pochette de toile\u2026 À Lampedusa, petite île italienne devenue l\u2019épicentre de la crise migratoire qui a frappé le continent européen en 2013 et dans les années suivantes, Giacomo Sfer- lazzo, militant local des droits de la personne, a ouver t en 2014 un musée de l\u2019horreur, rangeant sur des étagères les restes des naufrages qu\u2019il a ramassés sur la plage.Le photojournaliste espagnol Carlos Spottorno les a vus lors de son LIVRES Aux frontières d\u2019une crise migratoire La fissure sonde en photos l\u2019effet des exils sur les contours de l\u2019Union européenne GALLIMARD VOIR PAGE A 8 : CRISE H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa P our une seconde année consécutive, les crimes à caractère haineux \u2014 contre l\u2019ethnie ou la religion d\u2019autrui \u2014 sont en hausse au Canada.Mais malgré un certain discours dépeignant le Québec comme une terre hostile à la diversité, la province fait relativement bonne figure au palmarès de l\u2019intolérance, aucune de ses villes ne faisant partie des dix où le taux d\u2019incidents rapportés par la police est le plus élevé.Selon Statistique Canada, le nombre de crimes haineux perpétrés au Canada et qualifiés comme tels par la police a augmenté de 5 % en 2015 par rapport à 2014, ou de 17 % par rap- por t à 2013, avec 1362 affaires criminelles contre 1295 en 2014 et 1167 l\u2019année précédente.Il faut remonter à 2012 pour retrouver un total supérieur (1414 cas).Ce constat général cache cependant des nuances importantes : entre 2014 et 2015, les crimes motivés par la h a i n e d e l \u2019 o r i e n t a t i o n sexuelle ont diminué (-9 %), tandis que ceux motivés par la détestation de la religion ont augmenté (+9 %), et ceux visant une religion en particulier, l\u2019islam, ont explosé (+61 %).Il y a ainsi eu 159 incidents impliquant des musulmans en 2015 contre 99 en 2014, 65 en 2013 et 45 l\u2019année d\u2019avant.Inversement, les Juifs, qui ont longtemps fait les frais de cette vindicte gratuite, profitent d\u2019une mini-accalmie alors que les cas les visant sont passés de 213 à 178 en 2015 (-16 %).En chiffres absolus, ce sont quand même eux qui font l\u2019objet du plus grand nombre de cas de nature religieuse, prend le soin de rappeler le Conseil consultatif des relations juives et israéliennes.Cette tendance à l\u2019ostracisation du musulman se répercute dans les crimes à caractère ethnique.Certes, ce sont encore les Noirs qui font l\u2019objet, en chiffres absolus, du plus grand nombre de crimes haineux fondés sur l\u2019ethnie (224 cas en 2015, en légère baisse par rapport à l\u2019année précédente).Mais les Arabes ou les ressortissants de l\u2019Asie de l\u2019Ouest ont subi une hausse importante d\u2019infractions les visant: 92 cas contre 69 en 2014 (+33%) et 48 en 2013 (+92%).STATISTIQUE CANADA Poussée de haine au Canada Le Québec n\u2019est toutefois pas le foyer d\u2019intolérance que certains décrivent parfois Soins à domicile L\u2019appétit de Montréal et de Laval pour le privé diminue Page A 3 VOIR PAGE A 8 : HAINE Thunder Bay est la ville dont le taux de criminalité haineuse est le plus élevé S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L e gril du comité sénatorial du renseignement a chauf fé pendant près de trois heures ce mardi après-midi.Le témoin du jour, Jeff Sessions, secrétaire à la Justice, y a subi la question, les plus mordantes étant portées par des représentants démocrates.Le procureur général des États-Unis, combatif, a essentiellement démenti toute collusion de sa part avec la Russie pour intervenir dans les élections présidentielles américaines.Il a dit être outré par de telles accusations.« Toute suggestion que j\u2019aurais été de connivence ou que j\u2019aurais eu connaissance d\u2019une entente avec le gouvernement russe, dirigée contre mon pays, serait un mensonge éhonté et détestable », a-t-il dit en montrant alors une pointe d\u2019émotion, dans l\u2019accent chantonnant de son Alabama natal.Par contre, ce témoignage attendu n\u2019a pas permis d\u2019en apprendre davantage sur le rôle du président dans ce qui est maintenant connu comme « l\u2019affaire russe ».Son ministre a refusé de révéler la teneur de leurs conversations sur les sujets soumis à l\u2019examen sénatorial.M.Sessions a évoqué une obligation de confidentialité.« J\u2019ai été conseillé par des procureurs d\u2019expérience de mon ministère, a-t-il dit.Je crois que c\u2019est en conformité avec mes fonctions.» Son mutisme sélectif a été très sévèrement critiqué par certains sénateurs.Oublis et démentis Dès l\u2019ouver ture, le président républicain comme le vice-président démocrate du comité ont répété qu\u2019il s\u2019agissait de comprendre dans quelle mesure la Russie s\u2019était impliquée dans les dernières élections présidentielles de 2016 et qu\u2019il fallait empêcher qu\u2019une telle ingérence se répète.Le procureur général, lui-même un ancien sénateur pendant deux décennies, a commencé son témoignage en disant n\u2019avoir jamais eu de conversation avec un Russe au sujet d\u2019une possible intervention dans le scrutin remporté par le républicain.Il a cependant ajouté croire que Qui dit vrai à Washington ?Le secrétaire à la Justice nie toute collusion avec les Russes, mais il invoque le secret professionnel pour taire ses conversations avec Trump SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE Le secrétaire à la Justice, Jef f Sessions, a témoigné mardi devant le comité sénatorial du renseignement.VOIR PAGE A 8 : WASHINGTON L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 LAURÉATS 2017 Pierre DESROCHERS B.A.A., 85 Président du comité exécutif Ville de Montréal ÉCOLE DES SCIENCES DE LA GESTION ( ESG UQAM ) L\u2019honorable Ann-Marie JONES LL.B., 78 Présidente Tribunal des droits de la personne FACULTÉ DE SCIENCE POLITIQUE ET DE DROIT Josée BOILEAU B.A.communication, 87 Journaliste, chroniqueuse et auteure FACULTÉ DE COMMUNICATION René BINETTE B.A.histoire de l\u2019art, 82 Directeur Écomusée du ?er monde FACULTÉ DES ARTS Benoît ROBERT B.Sc.biologie, 89 Fondateur et président-directeur général Communauto FACULTÉ DES SCIENCES Robert SOULIÈRES B.Sp.information scolaire et professionnelle, 72 Écrivain et fondateur Soulières éditeur FACULTÉ DES SCIENCES DE L\u2019ÉDUCATION Christine GROU Ph.D.psychologie, 92 Présidente Ordre des psychologues du Québec FACULTÉ DES SCIENCES HUMAINES SOIRÉE RECONNAISSANCE DES DIPLÔMÉS DE L\u2019UQAM 16e édition - 14 juin 2017 Découvrez le parcours exceptionnel de sept diplômés qui contribuent de manière novatrice au développement, à l\u2019essor et au rayonnement de Montréal.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L a volonté du gouver ne- ment de Justin Trudeau de serrer la vis aux conducteurs avec facultés af faiblies inquiète les députés d\u2019arrière-ban, toutes allégeances politiques confondues.Plusieurs craignent que le pouvoir conféré aux policiers d\u2019exiger aléatoirement un échantillon d\u2019haleine pour détecter l\u2019alcool contribue au profilage racial dont certaines communautés font déjà les frais.Le projet de loi C-46, qui accompagne celui sur la légalisation de la marijuana, modifie le régime de détection de l\u2019alcool au volant en permettant à un policier qui intercepte un véhicule pour toute infraction au Code de la route ou pour une vérification de routine d\u2019exiger en même temps un échantillon d\u2019haleine du conducteur.Il n\u2019aura plus besoin d\u2019avoir des « motifs raisonnables de soupçonner » que le conducteur est intoxiqué.Des députés craignent que les personnes raci- sées soient plus ciblées.«Le profilage racial est assurément une préoccupation, et j\u2019espère que cet enjeu sera pris en considération », a lancé la députée libérale Iqra Khalid en comité parlementaire où comparaissait la ministre de la Justice, Jody Wil - s o n - R a y - bould.Il est rare qu\u2019un député interpelle son propre gouvernement.Mme Khalid est celle qui avait piloté la motion sur l\u2019isla- mophobie qui a tant semé la zizanie cet hiver.« Je me préoccupe de l\u2019impact que cela aura sur les minorités raciales qui se font déjà plus arrêter ou qui sont plus susceptibles de l\u2019être », a poursuivi Mme Khalid avec Le Devoir.Critères arbitraires La préoccupation est la même du côté du NPD.« Je me demande quels seront les critères utilisés par les policiers pour faire passer ce test.On dirait que ça se fera seulement sur un coup de tête », a indiqué le député Alistair McGregor, qui a rappelé qu\u2019à Toronto les Noirs représentent 8 % de la population, mais 25 % des gens dont l\u2019identité a été vérifiée par les policiers.La ministre Wilson-Ray- bould a répondu que le problème ne se situait pas du côté de la loi.« Bien que notre gouvernement prenne très au sérieux la question du profilage racial, la détection obligatoire de l\u2019alcool n\u2019aura pas d\u2019impact sur cette pratique, car elle n\u2019altère pas la responsabilité des forces de l\u2019ordre en matière de formation et de surveillance pour assurer l\u2019application équitable et appropriée de la loi.» Elle a rappelé que c\u2019est le comité de la Justice \u2014 devant lequel elle comparaissait \u2014 qui avait recommandé ce changement en 2009.Le Devoir Alcool au volant : des députés craignent le profilage racial Autochtones : la Sécurité publique fait son mea culpa Accusé de «discrimination» et de «racisme systémique», le ministère de la Sécurité publique reconnaît avoir «encore des efforts à faire» pour améliorer les relations avec les communautés autochtones.Témoignant à la commission d\u2019enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics, la représentante du ministère, Ka- tia Petit, a soutenu qu\u2019il fallait faire davantage d\u2019éducation et de sensibilisation auprès des intervenants sur le terrain, notamment auprès des policiers.Elle affirme qu\u2019il faut «impliquer davantage le milieu autochtone» dans la recherche de solutions et faire une «réflexion globale» sur le financement des corps policiers autochtones.Le témoignage de la SQ, prévu pour mardi matin, a été reporté en septembre prochain.Le Devoir Emploi-Québec : des services pour les autochtones Les autochtones du Québec auront désormais accès aux services d\u2019Emploi-Québec, en vertu de la Stratégie ministérielle d\u2019intégration professionnelle des Premières Nations et des Inuits annoncée mardi à Québec.Jusqu\u2019ici, les autochtones faisaient les frais du partage difficile des compétences entre Ottawa et Québec.« Il y avait toujours des conflits [pour savoir] qui fait quoi entre les gouvernements », a dit le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.Le taux de chômage chez les autochtones du Québec est de 15,1 %, comparativement à 7,2 % dans l\u2019ensemble de la population québécoise.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U A près avoir tassé deux élus des partis d\u2019opposition, le maire Denis Coderre a nommé la mairesse de LaSalle, Manon Barbe, à la présidence du conseil d\u2019agglomération et octroyé la vice-présidence du conseil d\u2019administration de la Société de transport de Montréal (STM) à la conseillère indépendante Elsie Lefebvre.Les élus montréalais se sont prononcés sur les nominations proposées par le maire Co- derre mardi après-midi lors de l\u2019assemblée du conseil municipal.Mais le vote s\u2019est déroulé sur fond d\u2019acrimonie et de profond malaise.« Je ne suis clairement pas content de perdre 40% de mon salaire [\u2026] mais je crois que les nominations que l\u2019Équipe Denis Coderre a faites viendront le hanter, notamment quand certains faits seront connus la semaine prochaine », a déclaré Marvin Rotrand.Devenu chef de Coalition Montréal en décembre dernier, le conseiller avait appris, lundi, que le maire Coderre lui retirerait la vice-présidence de la STM, un poste qu\u2019il occupait depuis 16 ans.C\u2019est Elsie Lefebvre prendra ses fonctions.«On peut jouer à la victime, mais il n\u2019y a personne qui est dupe, a rétorqué le maire Co- derre.On a fait un choix.Dès le début de l\u2019année, lorsqu\u2019il a décidé de devenir chef de sa formation politique, il a dit qu\u2019il allait faire de l\u2019opposition.On ne peut pas être l\u2019opposition et porte-parole de l\u2019administration.» « On veut insuf fler un vent nouveau», a ajouté le maire Co- derre, qui soutient avoir voulu accorder une plus grande place aux femmes dans les postes décisionnels.« C\u2019est mathématique, tout simplement.Si j\u2019avais voulu être partisan \u2014 et c\u2019est ma prérogative \u2014, j\u2019aurais pu changer toutes les présidences.» Malaise Le conseil municipal a également approuvé la nomination de Manon Barbe à la présidence de l\u2019agglomération pour remplacer Benoit Dorais.Il y a deux semaines, le maire du Sud-Ouest avait préféré grossir les rangs Projet Montréal plutôt que ceux d\u2019Équipe Denis Coderre en prévision des élections de novembre.Au moment du vote, certains élus ont exprimé leur malaise.« On est obligés d\u2019assister au spectacle du maire qui veut nous montrer sa puissance, comme un seigneur féodal qui veut montrer qu\u2019il peut donner et reprendre.C\u2019est infiniment triste, a commenté le conseiller de Projet Montréal François Limoges.On n\u2019a rien contre la nomination d\u2019Elsie Lefebvre, même si on peut se désoler que M.Rotrand ait été là 16 ans et que c\u2019est un peu cavalier de le remercier comme ça.» Plus tôt dans la journée, la chef du Vrai Changement pour Montréal, Justine McIntyre, avait questionné le maire sur ses décisions : «Comment prétendre qu\u2019on n\u2019assiste pas à un épurage à la veille des élections?a-t-elle demandé.On utilise encore les nominations politiques pour récompenser les petits amis qui vont suivre les lignes de parti et pour punir les petits moutons noirs qui sortent de ces lignes.» « Il n\u2019y a aucune épuration», s\u2019est défendu le maire Coderre.Elsie Lefebvre n\u2019a pas voulu commenter sa nomination.La conseillère de Villeray avait annoncé dimanche qu\u2019elle quittait Coalition Montréal pour devenir indépendante afin de se donner le temps de « réfléchir » à son avenir politique.Le Devoir Coderre accusé d\u2019agir en « seigneur féodal» Le limogeage de deux conseillers de l\u2019opposition cause un malaise à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal Plusieurs députés craignent que le pouvoir conféré aux policiers d\u2019exiger aléatoirement un échantillon d\u2019haleine pour détecter l\u2019alcool contribue au profilage racial PEDRO RUIZ LE DEVOIR Denis Coderre L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L a question du rôle du Sénat, de plus en plus indépendant, va se poser à nouveau au cours des prochains jours avec la tentative d\u2019un sénateur de scinder le projet de loi budgétaire C-44, qui prévoit entre autres la création de la nouvelle Banque de l\u2019infrastructure du Canada (BIC).Les partisans de l\u2019abolition pure et simple du Sénat ne changeront pas de position sur cette base peu importe ce qu\u2019ils pensent du bien- fondé d\u2019une BIC, mais on est bien obligé d\u2019admettre qu\u2019avec ses 35 milliards de dollars de budget, sa création mérite l\u2019attention.Adopté en troisième lecture lundi, le projet de loi C-44 est donc envoyé au Sénat, où un pré-exa- men de la partie concernant la BIC a soulevé maintes questions et inquiétudes.D\u2019où l\u2019intention du sénateur André Pratte, nommé par Justin Trudeau, de faire voter une motion permettant de séparer les dispositions relatives à la BIC de façon à en permettre un examen plus complet à l\u2019automne.L\u2019empressement du gouvernement Trudeau à aller de l\u2019avant et le débat limité à deux heures du côté du Comité des finances de la Chambre des communes avaient d\u2019ailleurs été soulevés en éditorial dans nos pages.La démarche du sénateur Pratte se heurte à la résistance du gouvernement, et le fait que C- 44 soit de nature budgétaire est un des arguments avancés.Le nouvel activisme du Sénat indépendant ne se manifeste pas pour la première fois.Devant la fronde du Sénat, le ministre des Finances, Bill Morneau, avait fini par reculer sur un autre projet de loi budgétaire dans lequel était enfouie une disposition exemptant les banques de l\u2019application de la Loi sur la protection du consommateur du Québec.À la demande expresse du premier ministre Philippe Couillard, entre autres.Les sénateurs ont bouché un autre trou dans un projet de loi sur la citoyenneté.Qui ne se souvient pas de l\u2019affrontement sur le délicat projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir, qui a finalement vu le Sénat céder, par déférence envers les élus?Les exemples abondent, le Groupe des sénateurs indépendants (GSI) se targuant du fait que 20% des lois gouvernementales envoyées à la sanction royale l\u2019ont été après modification au Sénat, contre une norme de 4% depuis des décennies.Ces nombreuses modifications obtenues par des non-élus à des textes législatifs adoptés aux Communes constituent-elles autant de correctifs à des problèmes qui avaient échappé aux élus ?Ceux-ci peuvent toujours renvoyer leurs propres versions aux sénateurs, mais ils le font de moins en moins.Les sénateurs se disent conscients de la suprématie de la Chambre basse.Et du fait que les députés payent, eux, un prix politique tous les quatre ans.Ce nouvel épisode autour de la BIC attire de nouveau l\u2019attention sur la marge de manœuvre que peut avoir le Sénat.Sur le fond, les inquiétudes des sénateurs portent sur des éléments soulevés par des experts, et même les fameux investisseurs institutionnels qu\u2019on veut attirer comme partenaires.Et qui n\u2019ont pas ébranlé la majorité libérale en Chambre, contrairement à l\u2019opposition.L\u2019ingérence politique arrive en tête de liste.Actionnaire unique, le gouvernement veut nommer les membres du conseil d\u2019administration.Compréhensible.Mais de là à pouvoir les démettre à tout moment, comme lors des changements de régime, et à nommer également le p.-d.g.?Inquiétudes et aussi un manque de clarté sur le partage des risques entre les contribuables, par l\u2019entremise de la BIC, et les investisseurs privés.Les ministres Morneau et Amarjeet Sohi, des Infrastructures, ont été peu convaincants là-dessus.En comité, un partenaire potentiel, dirigeant du Régime de retraite des enseignants onta- riens, le Teachers, a eu le mérite d\u2019être plus clair.Il s\u2019attend à ce que la BIC recueille la faible part des rendements pour l\u2019attirer, « essentiellement une subvention », a-t-il précisé.Pour ajouter ensuite que le rôle de la BIC sera aussi de réduire les risques en les absorbant pour «atteindre le point » où le partenaire privé ne les trouve pas trop lourds.Ces importants enjeux et plusieurs autres, on parle quand même d\u2019une institution dotée de 35 milliards de dollars au démarrage, risquent cependant de ne pas être débattus davantage si on se fie aux récentes sorties du ministre Mor- neau des derniers jours, qui tient à une adoption du projet de loi C-44 actuel avant l\u2019été.On se dit qu\u2019il est presque dommage qu\u2019on doive s\u2019en remettre aux sénateurs pour soulever ces questions, mais, comme pour les autres lois, il est vrai que c\u2019est le gouvernement élu qui rend des comptes à la population.Dans ce cas-ci, il devra en plus préparer le terrain, car une de ses propres études le prévient bien que la culture des frais aux usagers est moins présente au Canada qu\u2019ailleurs dans le monde et qu\u2019ils font partie du paysage dans ce genre de partenariat.Et là-dessus non plus le ministre n\u2019a pas été aussi transparent que ses par te- naires potentiels.Le Sénat fait des siennes DENIS FERLAND M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement Trudeau ne changera pas le processus de nomination des chiens de garde du Parlement.Les libéraux rejettent la proposition du Nouveau Parti démocratique, qui aurait garanti aux partis d\u2019opposition un droit de regard sur ces nominations.« Le député propose qu\u2019un sous-comité ait le pouvoir de bloquer de façon permanente toute nomination du gouvernement», a déploré la leader du gouvernement aux Communes, Bardish Chagger, lors du débat sur la motion d\u2019opposition du NPD.Or «un vote dans cette Chambre, c\u2019est important.Chaque député dans cette Chambre mérite d\u2019avoir le droit de voter», a-t-elle argué.Les néodémocrates suggéraient qu\u2019un sous- comité formé d\u2019un élu par parti reconnu aux Communes soit créé afin d\u2019étudier toute candidature du gouvernement fédéral à l\u2019un des postes d\u2019agent du Parlement.Mais le gouvernement rétorque qu\u2019un tel changement octroierait un droit de veto au sous-comité et priverait ainsi l\u2019ensemble des députés de leur droit de vote sur ces nominations aux postes de vérificateur général, de directeur général des élections, de directeur parlementaire du budget ou ceux de commissaires à l\u2019éthique, au lobbying ou encore aux langues officielles.« La réalité est que cette motion retirerait ce droit.Pas seulement ça, mais elle déléguerait le pouvoir de cette Chambre de décider à un sous- comité composé de seulement trois députés », a dénoncé Mme Chagger.La ministre et le premier ministre Justin Trudeau ont fait valoir que leur gouvernement avait déjà modifié le processus des nominations fédérales en arrivant au pouvoir \u2014 un processus qui affiche désormais publiquement les offres d\u2019emploi, lesquelles sont ouvertes à tous.Les libéraux affirment avoir ainsi procédé à 170 nominations \u2014 dont 70 % de femmes, 12 % de personnes issues de minorités visibles et 10 % d\u2019autochtones.« Les nominations que l\u2019on a faites étaient basées sur le mérite et témoignent de la pleine diversité de ce pays», a plaidé le premier ministre.Histoire de convaincre les libéraux d\u2019appuyer la motion, le NPD l\u2019a amendée, afin de garantir qu\u2019un vote se tienne en Chambre dans tous les cas, que la nomination soit approuvée ou non par le sous-comité.Mais le gouvernement n\u2019a pas changé d\u2019opinion, car l\u2019idée néodémocrate est « redondante», selon Mme Chagger, puisque « chaque personne nommée comparaît déjà devant un comité parlementaire».La proposition néodémocrate «est de loin supérieure au statu quo», estimait le conservateur Scott Reid, dont le parti compte appuyer la motion du NPD.Les chefs du Parti vert et du Bloc québécois, Elizabeth May et Martine Ouellet, la voient aussi d\u2019un bon œil, mais déplorent toutes deux que la proposition n\u2019inclue que les partis reconnus \u2014 et exclue donc leur formation.La Chambre devrait être invitée à se prononcer ce mercredi sur la motion d\u2019opposition du NPD.Le Devoir A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es établissements de santé de Montréal et de Laval reportent à l\u2019automne la possibilité de conclure un important contrat avec le privé pour des services à domicile.Un syndicat pourrait toutefois faire obstruction à la relance du processus d\u2019appel d\u2019offres.Ils demandaient environ 1,5 million d\u2019heures de services, ce qui aurait nécessité plus de 800 auxiliaires de santé et de services sociaux du privé.Mais les CISSS et CIUSSS de Laval et Montréal ont retiré cette demande de l\u2019appel d\u2019of fres, dont le concours se terminait hier, mardi.Sigma Santé, qui est responsable du processus, af firme que le volet impliquant les auxiliaires est reporté le temps de clarifier les exigences envers les fournisseurs.Sans annuler complètement le processus, un addenda qui a été déposé sur le système électronique d\u2019appel d\u2019of fres du gouvernement (SEAO) le 6 juin modifie le nombre d\u2019heures sollicitées de près de 1,5 million à\u2026 12 000.Le directeur général de Sigma Santé, François Lemoyne, affirme que cette révision majeure n\u2019a aucun lien avec la médiatisation du dossier.Il affirme que lors d\u2019une rencontre d\u2019information, le 16 mai, des fournisseurs se sont inquiétés qu\u2019une clause puisse limiter la concurrence.Le devis exige des fournisseurs qu\u2019ils intègrent leur plateforme informatique à celle des établissements de santé.« Des fournisseurs disent \u201cNous n\u2019avons pas ce système et nous sommes désavantagés\u201d, explique M.Lemoyne.Il a été décidé de suspendre le temps de clarifier cet aspect.» Selon lui, un nouvel appel d\u2019of fres devrait être lancé à l\u2019automne.Il n\u2019y a eu « aucune intervention politique » dans ce dossier, assure-t-il.Ni le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ni les établissements n\u2019ont souhaité commenter, renvoyant Le Devoir à Sigma Santé.«Le MSSS n\u2019est pas intervenu concernant cet appel d\u2019of fres, pour lequel Sigma Santé est responsable », a fait savoir la responsable des communications Marie-Claude Lacasse.Grief possible de la part d\u2019un syndicat Les établissements pourront-ils relancer le processus sans obstruction à l\u2019automne ?C\u2019est incertain alors que la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) évalue si elle déposera un grief pour l\u2019empêcher.Le syndicat est fort d\u2019une décision récente dans un dossier semblable.Il vient d\u2019obtenir la suspension d\u2019un appel d\u2019offres pour 99 places en CHSLD privé.Le 7 juin, l\u2019arbitre François Hamelin a ordonné au CISSS des Laurentides de surseoir à l\u2019adjudication d\u2019un contrat pour la construction et l\u2019exploitation d\u2019un CHSLD privé sur une période de 20 ans à Rosemère.Selon l\u2019arbitre Ha- melin, la décision de solliciter le privé, qui est survenue sans consulter le syndicat au préalable, contrevient à la convention collective.Lors des dernières négociations, les employés du réseau de la santé ont obtenu une clause, l\u2019ar ticle 29, qui stipule qu\u2019avant de conclure un contrat avec le privé, un établissement de santé doit consulter le syndicat.Ce dernier doit pouvoir proposer une solution de rechange ou des modifications.« Sur un sujet aussi délicat et important que l\u2019avenir des soins, une consultation préalable avec le syndicat est de nature à alimenter une discussion de fond sur les problèmes de main-d\u2019œuvre et à trouver des solutions viables pour l\u2019employeur, le syndicat et surtout les personnes âgées à qui les soins sont destinés», écrit l\u2019arbitre Hamelin dans sa décision.«On ne se cachera pas que cette décision ouvre la voie pour des recours dans d\u2019autres dossiers, dont celui des soins à domicile », dit le président de la FSSS, Guy Laurion.Selon lui, c\u2019est la première fois qu\u2019un arbitre se prononce dans le cadre d\u2019un grief sur l\u2019article 29.Le CISSS des Laurentides évalue la possibilité de faire appel de cette décision.L\u2019établissement s\u2019étonne que le syndicat ne se soit pas opposé à l\u2019octroi d\u2019un contrat pour un CHSLD à Saint-Jérôme, un « projet presque identique », souligne la responsable de communications Myriam Sabourin.Les démarches de la CSN causent un retard dans la construction du CHSLD de Rosemère, déplore-t-elle, ajoutant que « ce sera malheureusement la population qui nécessite ces services qui en subira les conséquences ».Le Devoir SOINS À DOMICILE L\u2019appétit pour le secteur privé diminue Montréal et Laval ramènent de 1,5 million à 12 000 le nombre d\u2019heures offertes en sous-traitance.Mais un nouvel appel d\u2019offres pourrait avoir lieu à l\u2019automne.Madeleine Meilleur : Trudeau ne regrette rien Le premier ministre a beau s\u2019être attiré les foudres de l\u2019opposition depuis des semaines pour sa tentative de nommer Madeleine Meilleur comme commissaire aux langues officielles \u2014 un choix si controversé que cette dernière a fini par se récuser \u2014, Justin Trudeau n\u2019exprime aucun regret.Invité à dire s\u2019il avait fait une erreur, le premier ministre a répondu avoir « fait un choix basé sur le mérite ».«On a trouvé une candidate exceptionnelle et je souhaite tout le meilleur à Mme Meilleur dans ses prochains défis », a-t-il affirmé au sujet de l\u2019ex-ministre libérale provinciale.« Je sais que de choisir la meilleure personne pour le poste, c\u2019est ce à quoi les gens s\u2019attendent.Indépendamment de la partisane- rie.C\u2019est ce que nous avons fait et ce que nous allons faire en choisissant les prochaines nominations», a fait valoir le premier ministre mardi.La création de la Banque de l\u2019infrastructure du Canada soulève des questions auxquelles le sénateur Pratte aimerait réfléchir AGENTS DU PARLEMENT Le gouvernement garde la main haute sur les nominations La motion du NPD sur la création d\u2019un sous-comité multipartite fait long feu SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Loi 99 : une pétition pour l\u2019abandon de la contestation Ottawa \u2014 Plus de 8500 Québécois somment Ottawa d\u2019abandonner la contestation judiciaire de la loi 99, lancée par l\u2019ancien chef du Parti égalité et qui vise à invalider la loi sur l\u2019autodétermination du Québec.Le député bloquiste Michel Boudrias a déposé une pétition en ce sens aux Communes mardi, signée par 8670 personnes, dont 8585 Québécois, et appuyée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le Parti québécois et la CAQ.Le texte reprend la résolution unanime de l\u2019Assemblée nationale qui condamnait en 2013 «l\u2019intrusion du gouvernement du Canada dans la démocratie québécoise» et prie le gouvernement Trudeau «de se désister» de la contestation à laquelle s\u2019était joint le gouvernement Harper.Le gouvernement libéral a gardé le cap, après son élection en 2015.Le Devoir Le système de radio est fonctionnel, assure Montréal L\u2019administration Coderre assure que la sécurité des Mont- réalais n\u2019est pas en péril malgré les lacunes majeures observées par la vérificatrice générale de la Ville, Michèle Galipeau, relativement au système de radiocommunication des policiers et des pompiers.Le plan de redressement qu\u2019a instauré la Ville a fait grimper la facture du projet à 129,2 millions, mais, depuis le début de l\u2019année, aucune panne de système n\u2019a été constatée, a précisé l\u2019administration.La v.g.avait aussi reproché à la Ville d\u2019avoir sous-estimé la menace de l\u2019agrile du frêne.Le responsable du dossier au comité exécutif, Réal Ménard, est plutôt d\u2019avis que la Ville a réagi promptement pour limiter les ravages de l\u2019insecte et éviter que les frênes du domaine public soient décimés.Le Devoir Les ingénieurs de l\u2019État suspendent leur grève L\u2019Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a pris de court Québec en annonçant mardi la suspension de la grève générale de ses 1400 membres à compter de mercredi, minuit.L\u2019exécutif de l\u2019APIGQ entend consulter ses membres sur les dernières offres patronales, qu\u2019il a pourtant qualifiées d\u2019inacceptables au fil des derniers jours.Alors que la perspective d\u2019une loi spéciale se rapproche, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a dit souhaiter « que les négociations reprennent le plus rapidement possible.» Le Devoir A M É L I P I N E D A L e quartier général des enquêtes spécialisées de la police de Montréal serait au cœur de fuites aux journalistes, a laissé entendre le numéro 2 du SPVM mardi devant la Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.L\u2019emplacement des bureaux de cette importante division de la police de Montréal, à la Place Versailles, dans l\u2019est de la ville, n\u2019est pas jugé «sécuritaire», selon les explications du directeur adjoint responsable des opérations d\u2019enquête et de gendarmerie, Didier Deramond.Devant la commission Chamberland, M.Deramond a notamment fait référence au coulage d\u2019informations dans l\u2019affaire Ian Davidson à la fin de l\u2019année 2011 et au début de 2012.Il a expliqué qu\u2019en décembre 2011 un journaliste avait contacté le porte-parole du SPVM de l\u2019époque, Ian Lafrenière, après avoir reçu une information concernant un policier retraité qui aurait tenté de vendre des informations confidentielles au crime organisé.Lors de son témoignage, M.Dera- mond a insisté à deux reprises sur les préoccupations de la direction du SPVM quant à la proximité de ses policiers avec un endroit fréquenté par «toutes sortes de personnes».Après l\u2019éclatement de l\u2019affaire Davidson, à l\u2019été 2012, M.Deramond a décidé d\u2019aller lui-même faire une tournée de «sensibilisation» pour rencontrer les 470 policiers qui travaillent dans les bureaux du centre commercial pour leur rappeler l\u2019importance du serment de discrétion.«La Place Versailles n\u2019était pas sécurisée.On retrouvait au pied de l\u2019ascenseur toutes sortes de personnes.Tous les jours, j\u2019avais des policiers qui se promenaient dans le centre commercial et qui parlaient à toutes sortes de monde, a-t-il dit.Dire bonjour à quelqu\u2019un, ce n\u2019est pas interdit, mais parler de dossiers opérationnels, oui.» Il a rappelé que cette proximité dérangeante est un des motifs du déménagement prochain de cette division du SPVM.En juin 2014, la Ville de Montréal avait d\u2019ailleurs annoncé le déménagement des 400 employés de ce service dans un immeuble de Mont- réal-Est qui abritera également de nouvelles salles de tir.Le vérificateur de la Ville et le ministère de la Sécurité publique avaient recommandé que ce service soit hébergé dans un édifice qui lui est affecté pour des raisons de sécurité et de confidentialité.À l\u2019époque, l\u2019administration du maire Denis Coderre prévoyait le déménagement pour juin 2015, mais les travaux dans le nouvel édifice ne sont toujours pas terminés.Le conseil municipal a approuvé en mars dernier la prolongation du bail à la Place Versailles jusqu\u2019au 31 décembre 2018.Le témoignage de M.Deramond a également permis d\u2019établir la chronologie du déclenchement de l\u2019enquête sur les fuites médiatiques dans l\u2019affaire Davidson en février 2012.Les policiers ont toujours prétendu que la divulgation d\u2019extraits de déclarations assermentées d\u2019un policier dans les médias avait mis en péril l\u2019enquête en cours.Or, le directeur adjoint a admis que, lorsque les médias ont révélé l\u2019affaire, le SPVM avait déjà pris la décision de ne porter aucune accusation contre son ancien policier.Le Devoir COMMISSION CHAMBERLAND Place Versailles : un endroit propice aux fuites médiatiques, selon le SPVM I S A B E L L E P A R É L es conditions de glace exceptionnelles qui perdurent au nord-est de Terre-Neuve sont similaires à celles rencontrées au milieu du XVIe siècle par les marins basques.Des conditions qui ont causé la per te de plusieurs galions, mais qui ont aussi permis, plus de 400 ans plus tard, de mettre au jour un pan méconnu de l\u2019histoire de l\u2019Amérique.Curieusement, ce sont aussi d\u2019importants changements climatiques sur venus au tournant du XVIe siècle favorisant la présence massive de glaces qui ont jadis fait sombrer les navires basques, pourtant passés maîtres dans la navigation dans les eaux nordiques.«À l\u2019époque, le climat a aussi eu des impacts nocifs sur la navigation, mais il s\u2019agissait d\u2019un refroidissement climatique qu\u2019on a appelé la \u201cmini ère de glace\u201d », explique Robert Grenier, ex- chef de l\u2019archéologie subaquatique à Parcs Canada.En 1565, le baleinier San Juan, qui avait hissé les voiles depuis le Pays basque vers Terre-Neuve, l\u2019une des victimes de ce changement climatique, n\u2019est jamais rentré au por t après avoir sombré au large de ce que l\u2019on appelle au- jourd\u2019hui Red Bay.« À l\u2019époque, une demi-douzaine de navires basques ont coulé en raison de ces conditions climatiques», relance l\u2019archéologue.N\u2019eût été ces tragédies, il manquerait aujourd\u2019hui un maillon essentiel à la reconstitution de l\u2019épopée des marins basques en Amérique et des connaissances entourant l\u2019architecture navale de l\u2019époque.La présence basque s\u2019est étendue sur plus de 500 ans sur les côtes du Canada et aurait précédé celle de Jacques Cartier en 1535.Les plus anciens écrits attestant de cette présence datent de 1517.«C\u2019est la plus ancienne preuve connue, affirme M.Grenier, mais la présence basque est probablement beaucoup plus ancienne.» Une découverte cruciale C\u2019est seulement en 1978, lors de recherches archéologiques menées par Rober t Grenier dans cette baie, que l\u2019on a retrouvé sous l\u2019eau à 100 pieds de la rive l\u2019épave du San Juan, l\u2019une des mieux conser vées au monde, classée depuis au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.Les eaux glaciales et l\u2019enfouissement de l\u2019épave dans le limon ont permis de protéger la structure du navire.Ces vestiges ont permis de réécrire tout un volet de l\u2019histoire des Basques et de leurs activités intensives de pêche à la baleine sur les côtes du Québec et du Labrador.Outre quelques documents écrits datant de l\u2019époque, on en savait peu sur la configuration des navires construits par ces marins pour traverser l\u2019Atlantique et traquer les plus gros mammifères vivants.Les travaux de Robert Grenier, considérés par Parcs Canada comme « le projet d\u2019archéologie subaquatique le plus complet à voir vu le jour en Amérique du Nord», ont notamment permis à la fondation basque Albaola d\u2019amorcer depuis la reconstitution en taille réelle de ce galion de 28 mètres de longueur.Curieux revers du sort, l\u2019archéologue, qui devait partir ces jours-ci pour guider un navire de croisière avec à son bord une délégation d\u2019une centaine d\u2019hommes d\u2019affaires basques sur les traces de ce peuple de grands navigateurs, pourrait lui aussi être forcé de rester à quai.Mardi, Trevor Hodgson, su- perintendant du programme de déglaçage de la Garde côtière canadienne (GCC) a fait savoir au Devoir que des conditions de navigation extrêmes perduraient dans la région nord-est de Terre-Neuve, avec plus de 90 % de la sur face navigable couverte de glace dans certains secteurs.Pétroliers et traversiers doivent être escortés par les brise-glace, et plus de 35 bateaux de pêche ont été rescapés des glaces par la GCC comparativement à quatre l\u2019an dernier.Le Devoir Des conditions de glace fatales pour des galions basques Il y a 400 ans, des changements climatiques ont provoqué une série de naufrages au large de Terre-Neuve EGIZU CC L\u2019épave du baleinier San Juan, dont on trouve une maquette au musée espagnol Albaola La Faktoria Maritime Basque, a sombré en 1565 au large de Terre-Neuve.La Sûreté du Québec a allégué dans un affidavit déposé devant un juge qu\u2019un de ses inspecteurs entretenait une relation intime avec une journaliste, a-t-on appris mardi à la commission Chamberland.La SQ a réussi à obtenir le registre téléphonique de l\u2019inspecteur Denis Morin et de la journaliste Marie-Maude Denis en affirmant qu\u2019ils se fréquentaient.Devant la commission, M.Morin a tenu à faire le point et nié avoir eu une relation avec Mme Denis.C\u2019est la deuxième fois devant la commission, après les allégations de la police de Laval à propos la journaliste Monic Néron du 98,5 FM, qu\u2019un corps de police affirme avoir soupçonné un de ses employés de couler de l\u2019information à une journaliste pour des motifs sexuels.Un autre policier soupçonné d\u2019avoir une relation avec une journaliste M A R C O F O R T I E R L e gouvernement Couillard compte investir 400 millions de dollars pour agrandir ou constr uire 41 écoles du Québec dès cette année.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a aussi accordé mardi une subvention de 2,54 millions à l\u2019école d\u2019architecture de l\u2019Université Laval dans le but de soutenir l\u2019innovation en architecture scolaire.Dirigé par la professeure Carole Després, ce projet «permettra de faire le pont entre la recherche universitaire en matière d\u2019infrastructures scolaires et la gestion des projets de construction, d\u2019agrandissement et de rénovation des écoles par les commissions scolaires».Les commissions scolaires sont sur le qui-vive, car le ministère de l\u2019Éducation compte faire savoir au cours des prochains jours les projets de construction ou d\u2019agrandissement qui ont été retenus.Le ministre Proulx prévoit d\u2019annoncer les « bonnes nouvelles » durant les prochaines semaines dans toutes les régions du Québec.La Commission scolaire de Montréal (CSDM), par exemple, a transmis à Québec sept projets d \u2019agrandissement d\u2019école totalisant 78,9 millions de dollars.La plus grande commission scolaire du Québec souhaite ajouter 42 classes dans cinq écoles primaires.Elle prévoit aussi d\u2019ajouter 400 places à l\u2019école secondaire La Voie, dans Côte-des-Neiges, et d\u2019aménager cinq classes d\u2019accueil dans une annexe de l\u2019école secondaire Saint-Luc.Les besoins sont grands à Laval aussi : la Commission scolaire de Laval (CSDL) réclame trois nouvelles écoles et quatre agrandissements, indique Louise Lor tie, présidente de la CSDL.Financement additionnel Le ministre Sébastien Proulx a annoncé mardi un financement additionnel possible de 15 % du coût des travaux pour «mieux soutenir la réussite éducative des élèves ainsi que le développement durable ».Il peut s\u2019agir par exemple d\u2019instaurer la géothermie, d\u2019aménager une serre intérieure ou de favoriser l\u2019apport de lumière naturelle, a illustré le ministre lors d\u2019une annonce dans une école de Québec.Les partis d\u2019opposition ont accueilli avec scepticisme l\u2019annonce des investissements : le ministère de l\u2019Éducation « fait de grandes promesses » qu\u2019il «n\u2019a jamais été capable de remplir », a souligné Alexandre Cloutier, du Parti québécois.Année après année, l\u2019étude des crédits démontre que les investissements réels dans les infrastructures scolaires ne sont pas à la hauteur des engagements, selon lui.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir Des millions pour agrandir et construire des écoles Québec accorde aussi une subvention à l\u2019UL pour l\u2019innovation en architecture scolaire Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, effectue un virage et annonce qu\u2019il augmente l\u2019enveloppe budgétaire consacrée à l\u2019aide alimentaire dans les écoles secondaires: cette aide alimentaire sera accessible non seulement aux écoles les plus défavorisées cotées 9 et 10 à compter de septembre, mais aussi aux écoles cotées 8, du jamais vu, selon lui.Selon les chiffres du ministère, ce sont 93 000 élèves au secondaire qui bénéficieront de l\u2019aide alimentaire en septembre, soit environ 30% de la population étudiante dans ces établissements.Du côté du Parti québécois, on parle d\u2019un «recul» du ministre et d\u2019un «gain» pour les élèves les plus pauvres du Québec.«On est très fiers d\u2019avoir mené cette ba- taille-là», a déclaré le porte-parole péquiste en matière d\u2019éducation, Alexandre Cloutier.La Presse canadienne Proulx change de cap et étend l\u2019aide alimentaire à plusieurs autres écoles L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 LE MONDE A 5 SAID KHATIB AGENCE FRANCE-PRESSE Un enfant palestinien, dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza A D E L Z A A N O U N à Gaza P énurie d\u2019électricité, querelles interpalestiniennes ravivées, incertitudes liées au Qatar : analystes et responsables mettent en garde contre une nouvelle explosion dans la bande de Gaza, dominée d\u2019une main de fer depuis dix ans par le Hamas.Le 15 juin 2007, le mouvement islamiste achevait la prise de contrôle de ce petit territoire coincé entre Israël, l\u2019Égypte et la Méditerranée, au prix d\u2019une quasi-guerre civile avec les rivaux du Fatah.Dix ans après, le rigoureux blocus israélien est toujours en place, la frontière égyptienne est fermée pratiquement en permanence et trois guerres ont opposé Israël au Hamas et à ses alliés locaux.«Ceux qui payent le prix fort, ce sont les Gazaouis », confie à l\u2019AFP le militant des droits de la personne Hamdi Chaqoura, alors que la reconstruction piétine, que près de la moitié de la population active est sans emploi et que plus des trois quar ts des habitants dépendent de l\u2019aide humanitaire.La fermeture des frontières et la destruction d\u2019une grande partie des tunnels de contrebande vers l\u2019Égypte ont mis à genoux l\u2019économie gazaouie, une crise aggravée par la division politique et géographique résultant de l\u2019épreuve de force entre le Hamas et l\u2019Autorité palestinienne.Faire pression Cette dernière, établie à quelques dizaines de kilomètres de là en Cisjordanie occupée, semble avoir décidé de presser le Hamas : elle a réduit en avril la rémunération de ses fonctionnaires restés à Gaza.Du coup, en plein mois de ramadan, habituellement bon pour le commerce, c\u2019est le marasme.« De toute façon, on ne peut rien produire sans électricité », dit Aëd Hassouna, vendeur de café de 34 ans.Chaque jour, le générateur qui fait fonctionner ses broyeurs de grains lui coûte 300 shekels, environ 1 0 0 d o l l a r s , un système absolument pas rentable.Les Gazaouis les mieux lotis n\u2019ont plus que trois ou quatre heures d\u2019électricité par jour.Mais Israël, principal fournisseur de courant au territoire malgré le blocus, va réduire ses livraisons.À l\u2019instigation de l\u2019Autorité palestinienne, disent les responsables israéliens, qui coopèrent avec elle alors que le Hamas est pour eux \u2014 comme pour les États- Unis et l\u2019Union européenne \u2014 une organisation « terroriste».Les Gazaouis risquent de ne plus avoir que deux heures d\u2019électricité par jour.Les hôpitaux et les stations de traitement des eaux pourraient alors s\u2019arrêter.C\u2019est un « ef fondrement du système » tout entier qui menace à Gaza, a prévenu le Comité international de la Croix- Rouge (CICR).Jusqu\u2019ici, le Qatar, grand parrain du Hamas, injectait des fonds à chaque crise.Le riche émirat assurait aussi la constr uction ou la reconstruction de la majeure partie des infrastr uctures et avait récemment lancé la construction de villes nouvelles.Mais Doha est actuellement pris dans une grave crise diplomatique, mis au ban par ses voisins du Golfe qui le pressent de rompre ses liens avec les mouvements «terroristes» et le Hamas.Désormais, la question se pose à nouveau de savoir si le Hamas va détourner les tensions intérieures contre Israël.Agence France-Presse Dix ans après l\u2019avènement du Hamas, les nuages s\u2019amoncellent à nouveau sur Gaza A N A Ï S L L O B E T M A X I M E P O P O V à Moscou La justice russe a commencé mardi à condamner les partisans de l\u2019opposant Alexeï Na- valny, qui a écopé lui-même de 30 jours de détention, au lendemain d\u2019une journée de mobilisation marquée par plus de 1700 arrestations et dénoncée comme une «provocation» par le Kremlin.Au moins 14 personnes à Saint-Pétersbourg ont été condamnées à 10 jours de détention et à une amende de 10 000 roubles (230 $).Les manifestants risquent jusqu\u2019à 15 jours de prison, une peine qu i peut être a lourdie s\u2019ils sont reconnus coupab les de v io - lence contr e les forces de l\u2019ordre.L\u2019opposant Ilia Ia- chine, qui a raconté à l\u2019AFP avoir été arrêté lundi « au bout de trois minutes », a été condamné à 15 jours de détention.Il compte faire appel.Deux manifestants font l\u2019objet d\u2019enquêtes judiciaires pour avoir fait usage de violences contre les forces de l\u2019ordre et risquent jusqu\u2019à cinq ans de prison, selon le Comité d\u2019enquête.Au total, la police a interpellé 1720 personnes à travers la Russie.Des milliers de manifestants avaient répondu à l\u2019appel d\u2019Alexeï Navalny à descendre dans la rue dans les villes du pays pour dénoncer la corruption, de Vladivostok dans l\u2019Extrême-Orient à Kali- ningrad sur la mer Baltique.À Moscou, ses par tisans s\u2019étaient rassemblés dans la rue Tverskaïa, artère centrale de Moscou qui mène à la place Rouge et au Kremlin.Les forces de l\u2019ordre ont réagi avec fermeté, avec coups de matraque et interpellations en masse.Soulèvement La génération des étudiants a confirmé sa mobilisation malgré le millier d\u2019arrestations et les condamnations par lesquelles s\u2019était soldée une précédente journée de manifestations en mars.Alexeï Navalny avait déjà été condamné à 15 jours de prison à l\u2019issue de ces manifestations d\u2019une ampleur inédite depuis plusieurs années.Il est toutefois trop tôt pour dire si ces manifestations constituent un mouvement ancré et durable, alors que l\u2019immense majorité des Russes continue de considérer Vladimir Poutine comme le garant de la stabilité.Le Kremlin a affirmé mardi que la manifestation de Moscou était le fait d\u2019un «groupe de provocateurs».« La tenue de toutes sor tes d\u2019événements autorisés, comme prévu par la loi, ne présente aucun danger.[\u2026] Ce qui est dangereux, ce sont les manifestations de provocation», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.Les États-Unis et l\u2019Union européenne ont condamné les arrestations de manifestants, l\u2019UE soulignant qu\u2019elles bafouaient « les libertés fondamentales d\u2019expression, d\u2019association et d\u2019assemblée».Alexeï Navalny, qui veut défier Vladimir Poutine lors de la présidentielle de mars prochain, avait été arrêté dès la sortie de son immeuble et condamné à 30 jours de détention.«Vous êtes formidables, je suis fier de partager ce mouvement avec vous», a-t-il lancé à ses partisans mardi dans un message vidéo filmé avec son téléphone intelligent.Cette nouvelle mobilisation sur vient alors que Vladimir Poutine doit tenir jeudi son émission annuelle de ques- tions-réponses avec les Russes.Horizon présidentiel À neuf mois de la présidentielle, elle montre aussi la volonté de l\u2019opposant de défier frontalement le Kremlin.Il a en effet choisi de déplacer in ex- tremis la manifestation au cœur de Moscou, alors que la mairie l\u2019avait autorisée exclusivement sur un autre site plus excentré.Mais, selon lui, les autorités avaient dissuadé les prestataires de lui louer une scène et des équipements sonores.L\u2019opposant cherche à « atteindre un très haut niveau de conflit politique afin que l\u2019acceptation de sa candidature à la présidentielle paraisse un moindre mal pour les autorités », estime l\u2019expert Gleb Pav- lovski dans les colonnes du quotidien Vedomosti.« Mais pour l\u2019instant, le nombre de personnes qu\u2019il mobilise n\u2019est pas suffisant», ajoute-t-il.« Nous considérions cette génération comme loyale et conformiste, mais elle a démontré qu\u2019elle était prête à descendre dans la rue», relève la poli- tologue Ekaterina Schulmann.Agence France-Presse RUSSIE Les partisans de Navalny devant la justice Au moins 14 personnes à Saint- Pétersbourg ont été condamnées à 10 jours de détention et à une amende de 10 000 roubles La fermeture des frontières et la destruction d\u2019une grande partie des tunnels de contrebande vers l\u2019Égypte ont mis à genoux l\u2019économie gazaouie J U A N J O S É R O D R I G U E Z à Panama A L L I S O N J A C K S O N à Pékin P ékin a réussi mardi un coup diplomatique en établissant des relations avec le Panama aux dépens de l\u2019île rivale de Taïwan, qui ne compte plus désormais que 20 partenaires à la surface du globe.Sablant le champagne, le ministre chinois des Af faires étrangères, Wang Yi, et son homologue panaméenne, Isabel Saint Malo de Alvarado, ont signé à Pékin le communiqué of ficialisant l\u2019établissement des relations.Le communiqué précise que « Panama rompt aujourd\u2019hui même ses relations diplomatiques » avec Taïwan « et s\u2019engage à cesser toute relation officielle ou tout contact of ficiel avec Taïwan».Perdre ses amis Taipei ne compte plus que 20 États le reconnaissant dans son camp, parmi lesquels le Vatican et de petits pays essentiellement situés dans le Pacifique ou en Amérique latine.« Nous condamnons avec force Pékin, qui manipule la politique dite de \u201cla Chine unique\u201d pour continuer à réduire l\u2019espace international de Taïwan par divers moyens », a immédiatement réagi la présidence taïwanaise.Les tensions diplomatiques, atténuées sous le précédent gouvernement taïwanais, ont repris depuis l\u2019arrivée au pouvoir l\u2019an dernier du parti de la présidente Tsai Ing-wen, opposée au principe de « la Chine unique », selon lequel Pékin interdit à tout pays d\u2019entretenir des relations of ficielles avec des dirigeants taïwanais.Mme Tsai a particulièrement agacé Pékin en réussissant début décembre à parler au téléphone avec Donald Trump, alors qu\u2019aucun président américain n\u2019avait plus adressé la parole à un président taïwanais depuis l\u2019établissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine en 1979.Cela «a renforcé la détermination de Pékin à donner une leçon à Taïwan », obser ve le politologue Willy Lam, de l\u2019Université chinoise de Hong Kong.En Amérique centrale, tous les pays reconnaissaient Taïwan jusqu\u2019à ce que le Costa Rica rompe en 2007 ses relations diplomatiques avec cette île.Le ministre panaméen du Commerce, Augusto Arose- mena, a rappelé que la Chine était deuxième utilisateur du canal de Panama derrière les États-Unis et le quatrième partenaire commercial de son pays: «Le Panama exporte pour plus de 50 millions de dollars de produits vers la Chine.Nous voyons [l\u2019établissement de liens diplomatiques] comme une étape positive qui générera énormément d\u2019occasions pour Panama.» « L\u2019Amérique latine reste un bastion pour Taïwan en nombre de pays » le reconnaissant officiellement, onze entre l\u2019Amérique centrale et les Caraïbes, souligne Margaret Myers, directrice du programme Chine et Amérique latine du centre d\u2019études Inter-American Dialogue, à Washington.Mais « il semble que de nombreux pays arrivent à la conclusion que des liens forts avec Pékin, pour attirer des investissements et améliorer les relations commerciales, sont peut-être dans leur plus grand intérêt ».« Cela ne me surprendrait pas si l\u2019on voyait le Nicaragua être le prochain à basculer», es- time-t-elle, ce pays accueillant notamment un chantier de canal interocéanique à capitaux chinois destiné à concurrencer celui de Panama.L\u2019annonce de mardi survient une semaine après le début de la construction par les Chinois d\u2019un port de conteneurs, avec des installations de gaz naturel, dans la province de Colon (nord du Panama).Agence France-Presse DIPLOMATIE Taipei de plus en plus isolé Pékin parvient à arracher les relations avec le Panama à Taïwan Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 La Corée du Nord libère un étudiant américain dans le coma Washington \u2014 La Corée du Nord a libéré un étudiant américain, Otto Warmbier, condamné à 15 ans de travaux forcés en mars 2016 pour le vol d\u2019une affiche ornée d\u2019un slogan politique dans un hôtel de Pyongyang.Pyongyang l\u2019avait accusé « d\u2019activités hostiles » et de subversion.Son procès avait duré moins d\u2019une heure.Le jeune homme de 22 ans se trouve dans le coma depuis plus d\u2019un an.« Otto a quitté la Corée du Nord.Il est sur un vol médicalisé sur le chemin du retour », ont indiqué ses parents, Fred et Cindy Warmbier, dans un communiqué cité par la chaîne CNN.« Malheureusement, il est dans le coma et on nous a dit qu\u2019il se trouvait dans cet état depuis mars 2016.Nous l\u2019avons appris il y a seulement une semaine », ont-ils précisé.L\u2019étudiant était attendu mardi soir à Cincinnati, dans l\u2019Ohio.Selon le quotidien Washington Post, il a contracté une forme de botulisme peu après son procès et s\u2019est vu administrer un somnifère qui l\u2019aurait plongé dans le coma.La Corée du Nord est régulièrement accusée d\u2019emprisonner des étrangers afin de les utiliser comme monnaie d\u2019échange.Agence France-Presse OLGA MALTSEVA AGENCE FRANCE-PRESSE À Saint-Pétersbourg, au moins 200 personnes ont été interpellées lundi, lors de la journée de manifestations. ous prétexte de s\u2019opposer à la prolifération d\u2019« écoles à la carte » dotées de projets éducatifs particuliers, l\u2019Alliance des professeures et professeurs de Montréal refuse de renouveler la dérogation que le syndicat accordait depuis 30 ans à l\u2019école alternative Rose-des-Vents.L\u2019école Rose-des-Vents se distingue par ses classes composées d\u2019élèves de 1re, 2e et 3e années, puis de 4e, 5e et 6e années.Une autre école alternative de Montréal, l\u2019école Le Vitrail, qui souhaite former de telles classes atypiques, a également essuyé le refus du syndicat.L\u2019Alliance s\u2019appuie sur un article de la convention collective nationale des enseignants qui stipule que « lorsque l\u2019école compte 65 élèves ou plus de niveau primaire, un groupe ne peut être formé de plus de 2 années d\u2019études à moins d\u2019entente dif férente entre la commission [scolaire] et le syndicat ».Ainsi, l\u2019Alliance, qui représente quelque 9000 enseignants, a décidé de ne pas reconduire l\u2019entente particulière qui la liait avec la Commission scolaire de Montréal (CSDM).Le syndicat a expliqué que « le contexte » avait changé depuis l\u2019adoption, en novembre dernier, du projet de loi 105 qui accorde une plus grande latitude aux directions des écoles pour définir des projets éducatifs qui leur sont propres.La refonte des projets éducatifs pourrait multiplier de façon exponentielle les demandes d\u2019ententes particulières, a dit craindre le syndicat.Plus largement, l\u2019Alliance s\u2019oppose à ces écoles à vocation particulière qui sélectionnent les élèves et défend le principe de l\u2019école de quartier, « l\u2019école commune», ouverte à tous.En fait, l\u2019Alliance mène une bataille légitime, mais sans se soucier des victimes collatérales.Le syndicat ne peut prétendre que les écoles alternatives représentent une menace pour l\u2019école de quartier à Montréal: parce qu\u2019elles répondent à un besoin d\u2019un nombre limité d\u2019élèves, elles ne se sont pas multipliées depuis 30 ans.L\u2019Alliance devrait aussi réfléchir à l\u2019esprit du Code du travail : un syndicat doit défendre l\u2019ensemble de ses membres, mais aussi chacun d\u2019entre eux.Elle fait d\u2019ailleurs l\u2019objet d\u2019une plainte de la part de ses propres syndiqués, les enseignants de l\u2019école Rose-des-Vents, devant le Tribunal du travail.Il est temps que l\u2019Alliance cesse de prendre en otage les élèves, les parents et ses propres syndiqués de ces écoles alternatives.Ses objectifs sont peut-être valables, mais ses méthodes sont odieuses.Dans la Russie de Vladimir Poutine, qui ne souffre aucune opposition, les manifestations de lundi dans une centaine de villes sont un événement forcément extraordinaire.La mainmise de Poutine sur le pouvoir n\u2019en est aucunement menacée ; elles n\u2019en ouvrent pas moins une brèche.es milliers de personnes descendues dans les rues d\u2019une centaine de villes \u2014 Moscou, Saint- Pétersbourg, Vladivostok, Kaliningrad\u2026 \u2014 et, à la clé, quelque 1500 arrestations.Mobilisation populaire nécessairement remarquable, étant donné l\u2019unanimisme dont s\u2019enveloppe Vladimir Poutine par culte de la personnalité et par répression et dénigrement de tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la contestation.Faux unanimisme, en fait, sous lequel couve parmi les Russes une part de mécontentement \u2014 devant la « corruption du pouvoir », les inégalités économiques et l\u2019absence de logements\u2026 Le Kremlin n\u2019a rien ménagé pour discréditer ce mouvement de protestation anticorruption, à commencer par son leader Alexeï Navalny, un activiste de 40 ans qui fait campagne en vue de la présidentielle qui aura lieu au début de 2018 \u2014 sans savoir encore s\u2019il sera autorisé à se présenter.Plusieurs fois arrêté, il est un leader très médiatique qui manie les réseaux sociaux en général et YouTube en particulier avec une efficacité redoutable, parvenant ainsi à contourner les médias officiels ; mais leader aussi par défaut, vu le désert que sont devenus les rangs de l\u2019opposition.Le mouvement de protestation est d\u2019autant plus étonnant qu\u2019il donne des signes, certes fragiles, de survie.D\u2019aucuns ont cru que les manifestations du 26 mars dernier, les plus importantes qu\u2019ait connues la Russie depuis la réélection de M.Poutine en 2012, demeureraient sans suite.Un mouvement de jeunes qui aurait tôt fait de s\u2019essouf?er\u2026 «La révolte des enfants contre les pères », avait titré en une le journal Moskovski Komsomolets.Or les manifestations de lundi, convoquées il y a plusieurs semaines à l\u2019appel de Navalny, auront ?nalement été aussi amples que celles de mars, et ce, malgré l\u2019interdiction de marcher faite par les autorités \u2014 et le fait que les manifestants qui sont arrêtés s\u2019exposent à des punitions tout à fait exagérées, comme se voir empêché d\u2019entrer à l\u2019université ou sur le marché du travail.Et si le mouvement demeure extrêmement minoritaire, dans un contexte général où la grande majorité des Russes pensent apparemment que M.Poutine est toujours l\u2019homme de la situation, il reste que ces manifestations sont l\u2019expression d\u2019une certaine résistance à l\u2019adhésion ambiante de la population au discours du Kremlin.Elles sont aussi une sorte de «Printemps érable » pour la façon dont elles ont réussi à mobiliser tout particulièrement les 15-25 ans et, ce faisant, beaucoup de jeunes qui n\u2019ont à peu près rien connu d\u2019autre dans leur vie que M.Pou- tine, arrivé au pouvoir en 2000.Ce qui n\u2019exclut pas que ce M.Navalny soit un homme controversé dont on se mé?e, y compris dans les milieux libéraux et démocrates.Car s\u2019il est à juste titre un grand pourfendeur du système poutinien de corruption et de népotisme, il aura en même temps été sensible dans les années 2000 aux thèses ultranationa- listes, sinon racistes, des thèses dont il aurait aujourd\u2019hui pris ses distances.Bref, MM.Poutine et Navalny ne pataugent pas toujours dans des eaux idéologiques entièrement différentes.Ne soyons ni naïfs ni manichéens.Mais apprécions tout de même que, face à M.Poutine, certains ne se résignent pas à se taire.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Légalisation du cannabis.Et la fumée secondaire ?Il y a un aspect dont nous n\u2019entendons pas parler dans les discussions sur le projet de légaliser le cannabis au Canada : l\u2019obligation des fumeurs de protéger l\u2019entourage et les voisins immédiats de la fumée secondaire.Cette lacune nous inquiète pour deux raisons.D\u2019abord, la qualité de l\u2019air qu\u2019on respire est vitale, fondamentale.Chaque cellule de notre corps, à chaque moment de notre vie, a besoin d\u2019oxygène, donc d\u2019un air sain.Protéger la qualité de l\u2019air compte dans les logements.Comment nous protéger de la fumée secondaire de fumeurs de cannabis dans notre intimité quand ces fumeurs sont nos voisins immédiats?Ensuite, une expérience nous a montré que nous ne sommes pas protégés de la fumée secondaire des voisins.Marie a déjà vécu trois ans dans un logement au-dessus d\u2019une personne malade que la mari soulageait et qui a tout fait pour que sa fumée ne nuise pas à Marie.Peine perdue.Pour maintenir une qualité acceptable de l\u2019air dans son propre logement, Marie a dû jour et nuit, hiver comme été, être vigilante pour aérer, coordonner des éventails, etc.Ç\u2019a été épuisant.La fumée se répand, monte dans les logements, sort par une fenêtre, entre par l\u2019autre, imprègne tout.La déguiser ne résout rien non plus, ne fait pas disparaître la drogue : il faut quand même évacuer l\u2019air vicié.Filtrer la fumée aurait fonc- L I B R E O P I N I O N A N N E D I O N N E Présidente de la Fédération du personnel de soutien de l\u2019enseignement supérieur (FPSES- CSQ) I l y a manifestement quelque chose qui ne tourne pas rond au Québec.Pour ne pas dire, comme le dirait Shakespeare, qu\u2019il y a quelque chose de pourri dans le système.Et la pourriture vient de haut lieu.C\u2019est ce que je me suis dit ce matin en lisant que la direction de l\u2019Université Laval remettra à chacun de ses 266 cadres un chèque de 6000 $ pour les remercier pour les heures supplémentaires ef fec- tuées lors de la grève des employés de soutien.De quoi soulever le cœur ! À l\u2019heure même où les dirigeants de nos universités se plaignent régulièrement d\u2019un manque de financement, les bonzes de l\u2019Université Laval sor tent 1,6 million d\u2019argent public de leurs coffres pour récompenser le travail de scabs ef fectué par leurs cadres.Pendant que les employés de soutien, les plus bas salariés de l\u2019université, faisaient la grève pour essayer d\u2019améliorer leur sort, la direction choisissait de recourir à ses cadres pour les remplacer et prolonger le conflit.Ils ont été six semaines sans salaire à faire du piquetage jour après jour dans le froid.Mais ce n\u2019était rien pour émouvoir les administrateurs et dirigeants de l\u2019Université Laval.Économies pendant le conflit Au contraire, quelques mois plus tard, on choisit plutôt de dédommager les cadres, celles et ceux-là mêmes qui bénéficient déjà des salaires les plus élevés, en leur versant une prime de 1000 $ par semaine, outre leur salaire normal, pour chacune des six semaines qu\u2019a duré le conflit.Un gain supplémentaire de 6000 $ pour chaque cadre devenu scab.C\u2019est plus que le salaire moyen d\u2019un employé de soutien.À soulever le cœur ! Pire encore : l\u2019Université Laval finance en par tie ce cadeau par les économies qu\u2019elle a faites au cours du conflit, en épargnant justement sur le salaire des grévistes.On puise ainsi dans la poche des plus pauvres pour donner aux plus riches\u2026 Comme quoi ces « valeureux » cadres avaient intérêt à faire en sorte que le conflit perdure\u2026 À soulever le cœur ! Comme si ce n\u2019était pas assez, cette opération a reçu la bénédiction du ministère de l\u2019Enseignement supérieur, dont les règles budgétaires autorisent une telle manœuvre honteuse.Et tout cela se passe dans une période de grande réflexion autour du financement de l\u2019enseignement supérieur au Québec.Heureusement que le ridicule ne tue pas, car les pratiques de gestion de l\u2019Université Laval feraient aujourd\u2019hui des victimes.Ce qui ne les empêche pas de semer beaucoup d\u2019injustice.Voilà une belle démonstration du manque de jugement et de l\u2019insensibilité que quelques personnes peuvent parfois avoir dans certaines hautes sphères administratives au Québec.Université Laval : 1,6 million de dollars pour des cadres scabs FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET tionné si un appareil efficace avait existé qui la capte à la source en la neutralisant et en l\u2019empêchant de se répandre.L\u2019expérience a fait ressortir deux dures réalités : 1) aucun filtreur individuel ou de maison vraiment efficace et accessible à tous n\u2019existe actuellement pour capter et neutraliser la fumée de cigarette à la source et protéger l\u2019entourage immédiat des fumeurs et leurs voisins proches de la fumée secondaire ; 2) actuellement, rien n\u2019oblige légalement les fumeurs de cigarettes ordinaires, donc encore moins les fumeurs de cannabis, à protéger leur entourage immédiat et les voisins proches de la fumée secondaire.Or fumer du cannabis n\u2019est pas qu\u2019un choix individuel sans conséquences nocives pour la force et la santé d\u2019une collectivité.Cela affecte directement la qualité de l\u2019air dans les logements, donc directement la santé physique et mentale.Cela est une conséquence nocive bien réelle.Nous nous joignons aux médecins et intervenants qui expriment des doutes sérieux sur le projet de loi actuel de légalisation du cannabis.Légaliser le cannabis avant même que la prévention soit faite et intégrée par les gens, et sans avoir déjà en place une loi qui protège l\u2019air ou un filtreur efficace à offrir aux fumeurs, c\u2019est mettre la charrue avant les bœufs.Est-ce qu\u2019on vise vraiment le bien-être de la population?Marie Robert et Michel Longtin Ahuntsic, le 13 juin 2017 Difficile de faire du fédéralisme asymétrique plus asymétrique que ça\u2026 Le fédéralisme asymétrique serait donc quand le fédéral envahit un champ de compétence provinciale et quand il y a une asymétrie entre ce qu\u2019un ministre dit et ce qu\u2019il fait.Dans l\u2019annonce du nouveau programme du fédéral des garderies, le ministre Duclos accorde 88 millions au Québec et commence son point de presse en disant : « Les conditions, il n\u2019y en a pas.» Mais il poursuit en décrétant que cet argent devra absolument servir à fournir des services directs aux familles.Il demande ainsi au Québec de lui soumettre des propositions de projets, et lui décidera si c\u2019est admissible, selon son humeur du moment.Si cela ne constitue pas des conditions, c\u2019est quoi alors ?Donc, le Québec ne pourra pas utiliser cet argent pour financer en partie son réseau de garderies.Il devra mettre en place de nouveaux programmes.Les autres provinces pourront utiliser cet argent pour leur réseau de garderies, et aucune contrepartie financière ne sera exigée d\u2019elles.Donc, le Québec devra financer son réseau de garderies à 100 %, tandis que les autres provinces pourront avoir un réseau de garderies financé à 100 % par le fédéral.Difficile d\u2019être plus asymétrique que ça.Gaston Carmichael Gatineau, le 13 juin 2017 RUSSIE Une brèche dans l\u2019armure de Poutine ÉCOLE ALTERNATIVE ROSE-DES-VENTS Prise en otage par le syndicat D S GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@lede- voir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.E ncore une fois, ceux qu\u2019on disait apathiques et désabusés, perdus dans leur téléphone et leurs désirs de consommation, nous auront étonnés.À nouveau, les jeunes se sont levés comme un seul homme (ou femme) pour suivre le plus curieux des prophètes dans le désert politique de ladite go- gauche, redonnant espoir là où il n\u2019y en avait plus beaucoup, là où le mot « socialisme » ne fait ni rire ni grincer des dents.Après l\u2019ineffable Bernie Sanders, 75 ans, au tour aujourd\u2019hui du sexagénaire avancé et végétarien notoire Jeremy Corbyn, chef mal aimé du Parti travailliste britannique, de jouer l\u2019improbable héros.Interrogé sur ses intentions de mener son parti vers la terre promise, en commençant par la prise éventuelle du pouvoir, M.Corbyn, 68 ans, a dit : « Mais regardez-moi, j\u2019ai la jeunesse de mon côté.» Effectivement, pas moins de 72 % des 18-25 ans et 63 % des 25- 34 ans auraient voté, jeudi dernier, pour celui dont les initiales se prêtent à merveille aux slogans électoraux : « J.C.for PM».Il y a d\u2019autres exemples de partis de gauche ragaillardis par les 120 volts des générations plus jeunes: le succès de Jean-Luc Mélenchon et de ses Insoumis lors de la présidentielle française et, bien sûr, la montée impressionnante de Québec solidaire depuis l\u2019arrivée de Gabriel Na- deau-Dubois.Or, où qu\u2019elle se trouve, cette jeu- nesse-là carbure aux mêmes idées : la gratuité scolaire, la défense de l\u2019environnement, la fin des inégalités sociales et la diversité culturelle.Autant de raisons de s\u2019interroger sur le peu de cas qu\u2019a fait le Conseil national du PQ, dimanche dernier, aux propositions de Paul St-Pierre Pla- mondon.L\u2019ambassadeur officiel des moins de 40 ans plaide depuis longtemps pour plus de jeunes et plus de diversité, ni l\u2019un ni l\u2019autre ne constituant un réflexe très naturel au sein du Parti québécois.Mais une intervention assassine de la part d\u2019une jeune femme d\u2019origine haïtienne, Marie Imalta Pierre-Lys, une personne qui en son seul sein englobe trois des aspects tant recherchés (la femme, la jeunesse, la diversité), aurait mis en charpie ces bonnes intentions.« Avant tout, je me considère comme une Québécoise.[\u2026] Je ne veux pas être favorisée parce que je suis Noire », affirmait-elle devant l\u2019assemblée.Quiconque a déjà vécu ce genre d\u2019appel à la transcendance \u2014 surtout, ne nous enfargeons pas dans le menu détail de nos dif férences, unissons-nous dans cette grande matrice qui nous rassemble tous ! \u2014 sait à quel point l\u2019argument, d\u2019apparence massue, a le don d\u2019embrouiller les esprits et, parfois, de démobiliser les troupes.Combien de fois n\u2019a-t-on pas entendu, lors des premières assemblées féministes, «nous ne sommes pas des hommes et des femmes, nous sommes tous des êtres humains » ?Ça s\u2019appelle l\u2019art de noyer le poisson, quand c\u2019est précisément du poisson qu\u2019il faudrait parler.C\u2019est vouloir se hisser au-dessus de la mêlée pour ne pas reconnaître qu\u2019on n\u2019est pas encore là où on voudrait être, pour ne pas se voir en pauvre victime.Si ça se comprend tout à fait comme réflexe, c\u2019est de la bouillie pour les chats comme argument.Jean Chrétien, lui, nous a servi un autre exemple de cette mentalité de colonisé lorsqu\u2019il lança, fameusement, aux abords du référendum de 1980 : « Nous ne sommes pas des francophones ou des anglophones, nous sommes tous des Canadiens.» À partir de ce moment-là, tout le monde a compris le gros sapin qui se cachait dans de telles plaidoiries.Dommage qu\u2019aucun des 400 délégués au Conseil national du PQ n\u2019ait pu s\u2019en souvenir.Dommage, surtout, que ce soit une jeune femme d\u2019origine haïtienne qui ait fait la besogne du maître, mieux encore que le maître lui-même, en ramenant le statu quo mine de rien.Sans douter un instant de ses bonnes intentions, c\u2019est à la fontaine de ses différences et de ses difficultés à elle, comme femme, comme Noire, que l\u2019assemblée devait boire, plutôt que de donner l\u2019impression d\u2019un progrès, somme toute, superficiel.Si Bernie Sanders et Jeremy Corbyn sont devenus aujourd\u2019hui des héros de la scène politique, c\u2019est précisément en refusant d\u2019apaiser les mauvaises consciences, en refusant les compromis douteux et le statu quo.Avis aux intéressés.Les jeunes FRANCINE PELLETIER R É M I B A C H A N D Professeur de droit international à l\u2019Université du Québec à Montréal ans sa lettre au Devoir du 1e r juin, Gérald Latulippe plaide pour une intervention militaire au Venezuela.Selon lui, le « principe de non-intervention dans la souveraineté d\u2019un pays [\u2026] inscrit dans la [C]harte des Nations [u]nies » serait contrebalancé par une règle de droit international, celle de la « responsabilité de protéger », qui stipulerait que « [l]orsqu\u2019une population subit des préjudices majeurs» de la part de son gouvernement, la communauté internationale aurait la responsabilité d\u2019intervenir pour faire cesser les exactions.Selon lui, cette règle « prend sa source [dans les] déclarations, engagements et traités internationaux sur les droits de la personne, de même que dans la loi [sic] internationale humanitaire ».Ces affirmations méritent quelques précisions.Premièrement, M.Latulippe a raison de parler des principes de l\u2019interdiction du recours à la force contre l\u2019intégrité ou l\u2019indépendance politique d\u2019un État et de la non-intervention dans les affaires relevant de la compétence nationale d\u2019un État (formule plus adéquate que celle qu\u2019il utilise), qui sont non seulement des règles de droit international bien établies, mais en constituent possiblement la pierre angulaire.Si ce principe est si impor tant, c\u2019est notamment parce qu\u2019il constitue une protection contre les interventions néocoloniales des États impérialistes.Le reste de son propos contient toutefois certaines erreurs que je me dois de corriger.Tout d\u2019abord, il n\u2019est pas faux de dire qu\u2019est apparue au cours des dernières années une «doctrine de la responsabilité de protéger» selon laquelle la communauté internationale devrait, dans certaines circonstances, protéger la population civile si le gouvernement ne parvient pas à le faire.Cette rhétorique n\u2019a été utilisée qu\u2019à une seule reprise, lors de l\u2019intervention de l\u2019OTAN en Libye en 2011, avec les résultats que l\u2019on sait.Deux choses sont à dire toutefois sur celle-ci.Premièrement, son fondement ne se trouve pas dans des engagements ou des traités de droits de la personne ou de droit international humanitaire (combien de fois faudra-t-il rappeler qu\u2019il n\u2019existe pas de loi internationale?), mais dans une déclaration (et une seule, contrairement à ce que laisse entendre l\u2019auteur), à savoir le Document final du Sommet mondial de 2005 qui concluait une rencontre des membres de l\u2019Assemblée générale des Nations unies (AGNU) rassemblés pour célébrer le 60e anniversaire de l\u2019Organisation.Ce détail est important parce qu\u2019un tel document est réputé avoir la même valeur juridique qu\u2019une résolution de l\u2019AGNU, c\u2019est-à-dire une (simple) valeur de recommandation.Ces résolutions, autrement dit, n\u2019ont pas la capacité de créer de règles de droit contraignantes.Génocide ou nettoyage ethnique Ensuite, le document ne suggère pas que la communauté internationale doit inter venir lorsqu\u2019une population « subit des préjudices majeurs », mais dans les cas bien précis de génocide, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l\u2019humanité.N\u2019importe quel expert confirmerait qu\u2019il n\u2019y a pas matière à parler de génocide ou de nettoyage ethnique dans le cas en l\u2019espèce, et que les conditions nécessaires pour parler de crimes de guerre (à savoir l\u2019existence d\u2019un conflit armé) ne semblent pas remplies.L\u2019auteur prétend toutefois que le fait d\u2019« [a]ssujetir [\u2026] intentionnellement la population civile à vivre dans un état de pauvreté et de souf france extrêmes constitue un crime grave contre l\u2019humanité », affirmation qui ne correspond pas du tout à ce qui est entendu par ce concept de « crimes contre l\u2019humanité ».En effet, on entend par ce terme des exactions aussi graves que les meurtres, la réduction en esclavage, les différentes formes de «privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international», le viol ou l\u2019apartheid.Ces crimes, on s\u2019en rend compte, sont d\u2019un niveau de gravité autrement plus élevé que le fait de « refuse[r] l\u2019aide humanitaire» comme il le prétend.M.Latulippe fait toutefois mention d\u2019arrestations de militants, de tor ture, voire d\u2019une cinquantaine de meurtres.Aussi déplorables que puissent être ces faits, s\u2019ils sont avérés, il semble difficile de prétendre qu\u2019ils sont « commis dans le cadre d\u2019une attaque généralisée ou systématique lancée contre [une] population civile » pour reprendre la définition du statut de Rome.Encore une fois, la situation du Venezuela est loin d\u2019atteindre le niveau de gravité exigé pour que l\u2019on puisse parler de crimes contre l\u2019humanité.Ces précisions sont importantes parce que l\u2019Amérique latine a été historiquement plombée par des interventions militaires (Nicaragua, Grenade, Panama) effectuées sous dif férents prétextes «humanitaires» (respect de la démocratie et des droits de la personne, voire la lutte contre le « communisme », etc.) qui n\u2019ont jamais servi que les intérêts impérialistes des puissances militaires qui intervenaient.Il semble donc grand temps de rappeler à l\u2019ordre ceux qui utilisent (souvent incorrectement) des arguments tirés du droit international pour justifier à nouveau de telles interventions.Une intervention militaire au Venezuela?Non.H A D R I E N C H É N I E R - M A R A I S Candidat à la maîtrise au Département de science politique de l\u2019Université de Montréal e 12 juin dernier, le premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard, annonçait en grande pompe que le siège social d\u2019Hydro- Québec se nommerait dorénavant l\u2019édifice Jean-Lesage.Bien que le choix de souligner le rôle primordial de Jean Lesage dans le développement d\u2019Hydro- Québec soit judicieux, monsieur Couillard a manqué une belle occasion de souligner l\u2019apport d\u2019un autre premier ministre du Québec, Adélard Godbout.Premier ministre du Québec maintenant en grande partie oublié, Adélard Godbout fut pourtant celui qui, par ses actions, mit la table pour ce qu i serait plus tard connu sous le nom de Révolution tranquille.Arrivé au pouvoir après à la démission du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau, il perdit les élections contre Maurice Duplessis deux mois plus tard.Le Parti libéral du Québec, dirigé par Godbout, reprend le pouvo ir à la su ite de l\u2019élection générale du 8 novembre 1939 et y restera jusqu\u2019en août 1944.C\u2019est lors de ce mandat à la tête de la province qu\u2019Adélard Godbout créa Hydro-Québec et jeta les bases permettant les avancées, à venir, du gouvernement Lesage.Contrairement à la croyance répandue, ce n\u2019est pas René Lé - vesque, simple ministre du gouvernement Lesage à l\u2019époque, qui fonda Hydro-Québec.Au moment où le gouvernement Lesage procède à l\u2019expansion de la société d\u2019État, celle-ci est déjà implantée dans le secteur énergétique québécois.En effet, en 1943 le gouvernement Godbout annonce la nationalisation de la Montreal Light, Heat and Power et de la Shawinigan Water and Power, qui étaient toutes deux dénoncées pour leurs inefficacités et le manque de constance de leurs ser vices.Et c\u2019est ainsi qu\u2019Hydro-Québec vu le jour le 14 avril 1944 avec comme mandat de produire, de distribuer et de vendre de l\u2019électricité aux habitants du Québec.Réalisations marquantes Mais Hydro-Québec n\u2019est pas la seule réalisation marquante du gouvernement d\u2019Adélard God- bout.Le Québec lui doit trois autres avancées majeures.En effet, tant en matière d\u2019avancées démocratiques que scolaires, le gouvernement d\u2019Adélard Godbout permit de créer les premiers jalons d\u2019une soc iété québéco ise plus égalitaire.Tout d\u2019abord, c\u2019est le gouvernement Godbout qui ac- cor de l e dr o i t de vo te aux femmes, en 1940 .B ien que le Québec soit la dernière des provinces canadiennes à étendre ce droit aux femmes, il reste que c\u2019est un pas fondamental en matière d\u2019égalité et de droits des femmes au Québec.C\u2019est aussi ce gouvernement qui est responsable de la mise en place de l\u2019instr uct ion publ ique obl igato ire jusqu\u2019à l\u2019âge de 14 ans et de la gratuité scolaire au primaire.Il est indéniable que ces mesures permirent une meilleure alphabétisation des Québécoises et des Québéco is, ce dont le Québec avait grandement besoin.Ces réalisations anticipent certaines des mesures phares de la Révolution tranquille.Que ce soit l \u2019expans ion d\u2019Hydro-Québec, l\u2019avancement du féminisme et les réformes majeures en éducation, les politiques du gouvernement Lesage doivent beaucoup à celles mises en place par son prédécesseur, qui gouverna le Québec près de deux décennies plus tôt.L\u2019impact et l\u2019importance du gouvernement Lesage et, plus particulièrement, de Jean Lesage lui- même sont déjà célébrés dans la nomenclature québécoise.Que ce soit des autoroutes, des boulevards, des édifices, des prix ou des doctrines, des noms comme Jean Lesage, René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie, Georges-Émile La- palme, Pierre Lapor te et Claire Kirkland-Casgrain, tous et toutes ministres lors de la Révolution tranquille, sont déjà présents.En nommant le siège social d\u2019Hydro- Québec en l\u2019honneur d\u2019Adélard Godbout, monsieur Couillard aurait pu reconnaître à la fois le fondateur de cette grande société d\u2019État, mais aussi l\u2019importance des actions du gouvernement de ce premier ministre oublié et mal- aimé du Québec.Oui, l\u2019héritage d\u2019Adélard God- bout n\u2019est pas parfait, surtout sur le plan des relations fédérales-pro- vinciales.On lui doit plusieurs reculs des droits et pouvoirs du Québec au sein de la fédération, principalement dus au contexte historique et politique de la Seconde Guerre mondiale.Cependant, ce n\u2019est pas une raison pour laisser dans l\u2019oubli les autres réalisations de ce premier ministre auquel le Québec doit tant.SIÈGE SOCIAL D\u2019HYDRO-QUÉBEC Une occasion ratée d\u2019honorer Adélard Godbout Adélard Godbout fut celui qui mit la table pour [la] Révolution tranquille « » FEDERICO PARRA AGENCE FRANCE-PRESSE Deux opposants à Maduro après une manifestation cette semaine à Caracas.L\u2019auteur rappelle que l\u2019Amérique latine a déjà connu trop d\u2019interventions militaires ef fectuées sous des prétextes humanitaires mais qui «n\u2019ont jamais servi que les intérêts impérialistes».Sanders et Corbyn sont devenus des héros en refusant le compromis douteux D L L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 J U I N 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S passage dans ce coin du globe frappé malgré lui par une succession de drames humains.Il les a même pris en photo, sans décor, pour en faire ressortir tout l\u2019abandon, mais surtout faire ressentir la violence d\u2019un drame, par la solitude de ces objets, au bout milieu de La fissure (Gal- limard), qu\u2019il signe avec son collègue Guillermo Abril, grand reporter au El País Sema- nal, le supplément dominical « grands angles » et «opinions» du quotidien espagnol.L\u2019œuvre hybride, au croisement du reportage photographique, du roman-photo et de la bande dessinée, a conduit les deux hommes, entre 2013 et 2015, aux quatre coins de l\u2019Europe pour témoigner de ces trajectoires humaines détournées par la guerre et par les affres de la géopolitique, mais surtout pour prendre la pleine mesure de ces flux de migrants sur les frontières physiques, symboliques, politiques de l\u2019Union européenne.«La question migratoire, même si elle est mise en photo dans ce récit, n\u2019est finalement pas le sujet principal du livre, admet à l\u2019autre bout du fil, dans un français impeccable, Carlos Spottorno, joint mardi par Le Devoir à Madrid.Le protagoniste, c\u2019est l\u2019Union européenne et sa capacité à tenir ou pas face à l\u2019enjeu des réfugiés.» Dans un camp aux portes de la Slovénie, l\u2019œil du photographe a saisi une petite fille se prenant pour une fée et jouant à la marelle sous le regard d\u2019une bénévole, au large de la Sicile, il s\u2019est posé sur ces femmes voilées, rescapées d\u2019une embarcation de fortune et retrouvant le sourire dans des couvertures de survie sur le pont d\u2019un navire de guerre.En Bulgarie, il a immortalisé ce couple de Kurdes qui s\u2019est inventé un jardin ar tificiel devant sa petite baraque pour se faire oublier qu\u2019il était en exil.Mais au fil de toutes ces rencontres, de ces voyages, Carlos Spottorno et Guillermo Abril ont surtout laissé leur regard porter plus loin, sur ces nombreuses questions que l\u2019urgence humanitaire ne permet pas toujours de bien formuler : «Y a- t-il un lien entre l\u2019exode syrien et l\u2019expansionnisme de Poutine ?» se demandent-ils, à la page 143, au terme d\u2019un séjour plutôt traumatisant en Pologne à la lisière de la Russie .«Qu\u2019est-ce qui convient le mieux à Moscou : une Europe unie ou morcelée?» Le gouvernement de Donald Trump n\u2019a visiblement pas le monopole de l\u2019ingérence russe, comme le confirme en cours de route Roman, un pêcheur russe rencontré sur un lac partagé par l\u2019empire de Poutine et l\u2019Estonie, à qui les deux reporters ont demandé s\u2019il pensait qu\u2019un jour la Russie puisse faire partie de l\u2019Europe ?« Un jour, toute l\u2019Union européenne fera partie de la Russie», répond-il à la blague.Ou pas.Une nouvelle solidarité « Quand on a réalisé ces reportages [publiés en espagnol dans El País et qui aujourd\u2019hui donnent corps à La fissure], on sentait partout le long des frontières une Europe en train de se désintégrer, admet M.Spottorno, dont le travail de documentation qu\u2019il a mené avec Abril a été honoré du prix World Press Photo cuvée 2015.Mais en trois ans, les choses ont beaucoup changé.» Il évoque le Brexit et la « réelle surprise » que le résultat de ce référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l\u2019Union européenne a engendrée.Il parle de la montée des courants populistes et nationalistes de droite, antieuropéens, refoulés aux frontières des urnes dans plusieurs pays européens, dont la France.« En Europe continentale, on assiste à une renaissance de l\u2019européisme, ce sentiment fort pour un fédéralisme européen.Le sens de l\u2019Europe est en train de redevenir majoritaire », et cet album, admet-il, cherche modestement, en 172 pages, à attiser le mouvement.«Tous ces drames humains de l\u2019exil, nous les avons regardés avec stupéfaction, en nous demandant chaque jour, face à ces enfants qui marchaient avec un sac à dos pour passer une frontière, comment une telle chose peut arriver, dit-il.Il y a quelque chose d\u2019injuste dans cette situation qui nous force à trouver une solution.Pour les nationalistes populistes, c\u2019est le repli sur soi, c\u2019est la fermeture des frontières.Mais pour nous, c\u2019est plutôt par des politiques universelles capables d\u2019éradiquer les guerres, les famines et la misère, par une plus grande solidarité, par la promotion d\u2019une Europe unie que l\u2019on va y arriver.Et ce n\u2019est pas une question de moyens, car ces moyens, nous les avons.C\u2019est une question de politique et de volonté.» Avec ces photographies, puisées dans un bassin de 25 000 clichés ramenés du théâtre des opérations, puis travaillées pour en faire ressortir le grain et saturer certaines couleurs, La fissure a tout d\u2019une œuvre de création, à l\u2019esthétisme singulier et à la proposition atypique.« Mais c\u2019est bien plus que ça, résume Carlos Spottorno.C\u2019est un appel à la conversation sur une Europe que l\u2019on tient pour acquise et dont la crise des flux migratoires a mis en relief autant les lignes de faille que la détermination à rester unie.» Il ajoute : «J\u2019ai 45 ans.Les gens de ma génération, comme les plus jeunes, n\u2019ont connu qu\u2019une seule Europe, celle de la paix et de la cohésion et ne peuvent pas imaginer autre chose.Or, cette Europe en paix, cette Europe solidaire, ne doit pas être tenue pour acquise.La guerre et les divisions sont toujours possibles », surtout si on laisse entendre seulement la voix de ceux et celles qui ont un intérêt dans tous ces drames et les divisions qu\u2019ils induisent.« La passivité de ceux qui croient au projet commun fait également naître ces fissures, croit-il.Et c\u2019est en leur montrant comment cela se passe qu\u2019on leur donne les meilleures chances de pouvoir les colmater.» Le Devoir LA FISSURE Carlos Spottorno et Guillermo Abril Traduit de l\u2019espagnol par Faustina Flore Gallimard Paris, 2017, 172 pages SUITE DE LA PAGE 1 CRISE Statistique Canada classe par ailleurs les 33 régions métropolitaines canadiennes comptant au moins 100 000 habitants en fonction de leur taux de crimes déclarés par la police.Sept des dix premières sont ontariennes, avec Thunder Bay en première place (taux de 22,3 crimes haineux par 100 000 habitants), Ottawa en cinquième (taux de 7,3) et Toronto en septième (taux de 4,9).Montréal, la première région métropolitaine québécoise du palmarès, arrive au onzième rang (taux de 4,2), tout juste devant Sherbrooke (taux de 4).La ville de Québec arrive en seizième place avec un taux de 3,5 crimes haineux par 100 000 habitants tandis que Gatineau, la ville sœur d\u2019Ottawa, arrive au 19e rang avec un taux de 2,4.Il s\u2019agit néanmoins d\u2019une détérioration de la situation pour plusieurs villes québécoises dont les taux de crimes haineux étaient inférieurs en 2013 (Montréal était à 3, Québec à 2,4 et Gatineau à 1,5).La por te-parole du Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM), Amira Elgha- waby, met en garde contre la tentation de lire dans ces statistiques la preuve que les choses se portent mieux au Québec qu\u2019ailleurs.L\u2019analyse de Statistique Canada repose sur les crimes haineux déclarés par la police.« Ces chif fres représentent les crimes haineux rappor tés à la police que la police accepte de qualifier de crimes haineux.Or notre expérience démontre que ce n\u2019est pas toujours clair ou évident, aux yeux de la police, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un crime haineux», dit Mme Elghawaby.Elle soutient à titre d\u2019exemple que la police n\u2019avait pas qualifié comme tel le fait que quelqu\u2019un avait déposé une tête de cochon ensanglantée devant le Centre culturel islamique de Québec en plein ramadan en juin 2016.Le Ser vice de police de la Ville de Québec indique plutôt qu\u2019aucun suspect n\u2019a été appréhendé et que l\u2019affaire a été classée.« Il n\u2019y a pas assez d\u2019éducation des policiers de première ligne pour bien comprendre ce qu\u2019est un crime haineux.» Sensibilisation Inversement, il ne faut pas toujours considérer comme négatif le fait que les cas rapportés par la police soient en augmentation, reconnaît la porte-parole du CCFM.Thunder Bay est un cas type en la matière, elle qui trône en tête de palmarès depuis 2013.Oui, cette ville connaît un grand nombre de cas, qui visent les autochtones en particulier.« Mais il y a eu une campagne de sensibilisation publique [en 2012 et 2013] pour inciter les gens à dénoncer les crimes haineux, rappelle-t-elle.Alors, ce n\u2019est pas nécessairement mauvais que le chif fre soit élevé, car il ne signifie pas nécessairement que cette ville est la pire.» Mme Elghawaby, comme des représentants des communautés autochtones, noires et juives, ont demandé en conférence de presse que les forces policières soient obligées non seulement de transmettre leurs données à Statistique Canada, mais de les rendre publiques dans les communautés qu\u2019elles desservent, et ce, rapidement, afin de préser ver le lien de confiance.«À Toronto, les données de 2016 sont déjà publiées ! » illustre-t-elle.Pour sa part, Khalid Elgazzar, avocat pour le Conseil national des musulmans canadiens, estime que « ces chif fres n\u2019indiquent qu\u2019une fraction de ce qui se passe dans nos quartiers, nos lieux de travail, nos écoles et nos lieux de culte ».Selon lui, « 2015 a été une année dif fi- cile pour les musulmans canadiens parce qu\u2019ils ont été les premiers à souffrir de la sinistre rhétorique politique de la campagne électorale qui a dépeint les musulmans comme des terroristes ou des sympathisants et comme étant anti- femmes », a-t-il dit, faisant référence au débat entourant le port du voile intégral aux cérémonies de citoyenneté.Chelby Daigle, l\u2019auteure d\u2019un livre sur le racisme visant les Noirs à Ottawa, estime que les Canadiens sont encore dans un déni de la réalité, préférant se bercer de l\u2019illusion que l\u2019intolérance est un phénomène américain alimenté par l\u2019élection de Donald Trump.« Nous devons prendre la responsabilité de cette situation.[\u2026] C\u2019est natif d\u2019ici.Ce n\u2019est pas quelque chose dont on peut faire porter la responsabilité aux États- Unis.Cela est lié à notre propre rhétorique politique.» Elle souligne que beaucoup de responsables de ces crimes haineux sont jeunes.« Nous devons regarder chez nous pour trouver les causes de cela.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HAINE PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE À Thunder Bay, ce sont les autochtones qui sont le plus souvent victimes de crimes haineux.les Russes étaient intervenus dans cette présidentielle et qu\u2019il n\u2019en savait lui-même que ce qu\u2019il en lit dans les médias.Il a même précisé ne pas se souvenir d\u2019avoir été « briefé » sur ce problème.Jeff Sessions a aussi précisé qu\u2019il n\u2019avait pas eu de conversation avec un Russe, et surtout pas avec l\u2019ambassadeur de Russie à Washington, Sergey Kislyak, à l\u2019hôtel Mayflower en avril, niant ainsi une information dif fusée récemment.« Je suis allé là, sans savoir qui y serait », a dit M.Sessions.Le démocrate Mark Warner, le vice-président du comité, a souligné certains problèmes du témoignage du jour et de déclarations passées du témoin.Il a rappelé que M.Sessions a d\u2019abord nié puis admis avoir eu plus tôt deux rencontres avec des représentants russes.Tom Cotton, républicain de l\u2019Arkansas, est alors venu à la défense du témoin.Il a décrit le ridicule d\u2019une situation semblable où un sénateur rencontrerait un ambassadeur russe dans un hôtel de Washington, à la vue de tous, pour comploter sur les élections présidentielles des États-Unis.Il a rappelé que « ça ne se passe pas comme ça» dans les films de James Bond ou les romans de John le Carré.Des faits Le comité sur le renseignement compte quinze membres.L\u2019audition bipartisane a été aussi longue que celle de la semaine dernière où comparaissait James Comey, ex-directeur du FBI limogé par le président Trump.Il s\u2019agissait de la dixième séance publique de 2017 des sénateurs, la cinquième sur le sujet de l\u2019ingérence russe dans la présidentielle américaine.«Nous allons séparer les faits et les exposer au peuple», a dit d\u2019entrée de jeu le président républicain du comité, Richard Burr.Plusieurs questions portaient sur l\u2019autorécu- sation de Jeff Sessions de l\u2019enquête sur l\u2019affaire russe.Son retrait a été justifié par le conflit d\u2019intérêts évident puisque l\u2019enquête le concernait directement, a expliqué le ministre.« Je me suis récusé, mais pas de mon devoir de défendre ma réputation», a-t-il dit.Il assure n\u2019avoir eu aucun accès à l\u2019enquête qui a pris le relais ni à l\u2019enquêteur spécial Robert Mueller, qui s\u2019occupe maintenant de cette affaire.Le vice-président du comité sénatorial lui a fait promettre de ne pas chercher à faire renvoyer l\u2019enquêteur Mueller.« J\u2019ai confiance en lui», a dit le ministre.Son rôle dans le licenciement de l\u2019ancien directeur du FBI a été a fait l\u2019objet de questions.Plusieurs sénateurs démocrates ont demandé s\u2019il avait joué un rôle dans ce congédiement, s\u2019il en avait parlé avec le président.M.Sessions a répondu qu\u2019il souhaitait effectivement «un nouveau départ » pour le FBI.M.Sessions affirme cependant avoir encouragé l\u2019ex-directeur Comey à respecter les règles de communications avec la Maison- Blanche.M.Comey se plaignait de devoir rencontrer le président en tête-à-tête, ce qui aurait permis à M.Trump de le mettre sous pression dans les investigations sur l\u2019affaire russe.Des doutes Le sénateur démocrate de l\u2019Oregon, Ron Wy- den, a mis en doute plusieurs des déclarations du témoin.«Le public américain en a assez des ma- nœuvres dilatoires», a-t-il dit.Il a cité d\u2019autres personnes disant que M.Sessions avait eu des contacts avec des Russes de haut rang et qu\u2019il avait plusieurs raisons de se récuser.«Dites-moi lesquelles, alors», a répliqué le procureur général, sans obtenir de détails en retour.M.Sessions a aussi dit que la lettre qu\u2019il avait signée en mai recommandant le renvoi de M.Comey n\u2019était pas une violation de sa promesse de récusation.Martin Heinrich, démocrate du Nouveau- Mexique, a été un des plus sévères interrogateurs.Il a demandé pourquoi le témoin se réfugiait derrière son obligation de ne pas révéler la nature de ses conversations avec le président pour ne pas répondre à certaines questions.Il l\u2019a accusé d\u2019obstruction dans l\u2019enquête sénatoriale.Un autre, Angus Reid, sénateur indépendant du Maine, a souligné que le président ne réclamait pas cette mesure dilatoire.M.Sessions a répliqué qu\u2019il voulait protéger le droit du président d\u2019exercer ce privilège.James Lankford, pour tant républicain de l\u2019Oklahoma, a appuyé ses collègues démocrates dans leur critique du repli de M.Sessions.Il a rappelé que les sénateurs étaient déjà allés en cour pour obtenir des documents présidentiels, finalement accordés.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 WASHINGTON GALLIMARD "]
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