Le devoir, 1 juillet 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 4 6 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Culture Des photographes recadrés Page E 1 L\u2019Allemagne légalise à son tour le mariage gai Page C 5 Un poète au volant d\u2019un 28 000 livres Page E 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Perspectives \u203a L\u2019autre 150e.La renaissance du Québec dans l\u2019angle mort du 150e anniversaire du Canada.Page B 1 Le monde \u203a Mise en examen de Marine Le Pen.La présidente du Front national a été inculpée pour abus de con?ance.Page C 5 Culture \u203a Tourisme intérieur.Visite de la nouvelle Salle de l\u2019histoire canadienne au Musée canadien de l\u2019histoire à Gatineau.Page C 6 AUJOURD\u2019HUI Avis légaux .C 4 et C 5 Carrières .C 3 Décès.C 7 Mots croisés.B 6 Petites annonces .C 7 Sudoku.B 6 QUELQUES ARPENTS DE LACS GÉRALD DALLAIRE LE DEVOIR Une nouvelle série estivale.Le Québec compte pas moins de 500 000 lacs, dont une trentaine ont une super?- cie de 250km2.Nos journalistes vous en présenteront quelques-uns tout au long de l\u2019été, moment privilégié pour se retrouver autour d\u2019un plan d\u2019eau.Aujourd\u2019hui, Jean-François Nadeau nous explique l\u2019origine de l\u2019expression populaire «monter au lac».Page A 3 A N N A B E L L E C A I L L O U R ares sont les morts qui marquent les esprits outre-Atlan- tique.Mais l\u2019ancienne ministre française Simone Veil, décédée vendredi à l\u2019âge de 89 ans, est de cette stature.Son combat pour la légalisation de l\u2019avor tement en France en 1974 a encouragé les mouvements féministes au Québec à continuer de lutter afin d\u2019obtenir, pour les femmes d\u2019ici aussi, ce droit à l\u2019autodétermination.Politiciennes, animatrices ou encore infirmières, plusieurs femmes d\u2019ici gardent un souvenir impérissable de celle qui, entre autres, a survécu à la Shoah.« Ce n\u2019est pas tellement Mme Veil, mais surtout sa loi qui nous a donné le courage de continuer à lutter pour la légalisation de 1927-2017 Immortelle Simone Veil a été et restera une inspiration pour toute une génération de femmes L I S A - M A R I E G E R V A I S Frais exorbitants, démarches laborieuses, contrats incompréhensibles\u2026 Une nouvelle étude lève le voile sur les pratiques de recrutement abusives des travailleurs migrants agricoles qui viennent dans les fermes québécoises.Mené dans le pays d\u2019origine par des entreprises partenaires, ce recrutement semé d\u2019embûches se fait au détriment des travailleurs venus d\u2019ailleurs, et à l\u2019insu des employeurs d\u2019ici.Pensant venir faire un peu de blé au Canada, Juan Godoy n\u2019a récolté que de l\u2019amertume.Ce Guatémaltèque s\u2019est lourdement endetté lorsqu\u2019il a entamé l\u2019an dernier les démarches qui allaient le mener jusqu\u2019à une ferme du Québec.Il a notamment dû laisser son emploi de conducteur de machinerie pour se consacrer à temps plein au recrutement de l\u2019agence Amigo laboral, à qui la Fondation des entreprises en recrutement de main-d\u2019œuvre agricole étrangère (FERME) confiait la tâche de sélectionner les travailleurs guatémaltèques pour ses 900 membres.Mais ce qui devait durer un mois en a finalement pris trois.« J\u2019ai quatre enfants à nourrir et en plus je devais payer ma dette avec intérêt à la banque.Ici, les banques nous mangent tout rond », laisse-t-il tomber.Même si ça fait un an qu\u2019il la rembourse, sa dette est plus grande qu\u2019au début.« Incroyable, non?» Menée en 2015 par une équipe de chercheuses de l\u2019UQAM, l\u2019étude empirique obtenue par Le Devoir se base sur les témoignages de près d\u2019une centaine de travailleurs migrants guatémaltèques de Saint-Rémi venus grâce au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).Au- delà de leurs réponses plutôt inquiétantes sur leur recrutement, Dalia Gesualdi-Fecteau, profes- seure de droit du travail à l\u2019UQAM et chercheuse principale, s\u2019est dite surprise par leur réticence à parler.«Ce qui m\u2019a choquée le plus, c\u2019est de voir à quel point ils avaient peur.C\u2019était vraisemblablement un sujet délicat qui les rendait incroyablement méfiants», dit celle qui a mené plusieurs recherches de terrain sur le sujet.Semeurs d\u2019espoir, cueilleurs de désillusion Des intermédiaires exploitent des Guatémaltèques qui veulent travailler dans les champs au Québec, selon une étude AGENCE FRANCE-PRESSE Simone Veil est décédée vendredi à l\u2019âge de 89 ans.Les abus seraient commis à l\u2019insu des exploitants agricoles québécois Dossier \u203a L\u2019omertà de migrants sans ?let.Page A 4 Les tomates de la colère.Page A 5 VOIR PAGE A 8 : SEMEURS VOIR PAGE A 8 : IMMOR TELLE M A R C O F O R T I E R S igne des conditions de vie dignes du tiers-monde dans le Grand Nord québécois, la tuberculose semble s\u2019installer pour de bon \u2014 et même gagner du terrain \u2014 dans les communautés inuites du Nunavik.Cette maladie contagieuse, à peu près éradiquée dans les pays occidentaux, continue de progresser depuis six ans dans les villages de la baie d\u2019Ungava et de la baie d\u2019Hudson.Pas moins de 24 cas actifs ont été signalés au Nunavik depuis le début de l\u2019année 2017, qui s\u2019annonce comme une des plus fer tiles pour la tuberculose depuis l\u2019éclosion de la maladie en 2011.La moitié des 14 communautés du Grand Nord québécois ont eu des cas de tuberculose depuis le début de l\u2019année, y compris le village le plus important, Kuujjuaq, où les conditions de vie et les services sont pourtant de meilleure qualité.« La situation est préoccupante.Le nombre de cas reste élevé depuis quelques années », dit la Dre Marie Rochette, spécialiste en santé publique au Nunavik.Entre 27 et 42 cas actifs de tuberculose sont signalés chaque année depuis six ans, à l\u2019exception de l\u2019année 2012, où 75 cas sont survenus.La progression de la maladie est sans aucun doute attribuable aux conditions de vie au Nuna- vik, explique la Dre Rochette.La tuberculose se développe lors de contacts prolongés entre personnes infectées dans un milieu fermé.Or, jusqu\u2019à 46 % des logements sont surpeuplés dans le Grand Nord.La consommation de tabac, d\u2019alcool et de drogues est plus importante qu\u2019au sud du pays.Les moins de 30 ans sont durement frappés par le chômage.«Les jeunes vulnérables se retrouvent entre eux pour passer de longs moments dans des pièces étroites.Ils sont souvent infectés par la tuberculose sans le savoir et contaminent leurs proches.Et quand ils sont malades, ils sont réticents à aller consulter un médecin », dit Marie Rochette.Détresse psychologique Les cas de tuberculose, de diabète ou de cancer sont bien sûr préoccupants, mais le plus inquiétant est l\u2019état de santé mentale des Inuits, estime de son côté Jobie Tukkiapik, président de la société Makivik, qui représente les intérêts des 14 communautés du Nu- navik.« Les traitements contre le cancer ou la tuberculose sont connus, mais on ne sait pas toujours comment aider ef ficacement les gens en détresse psychologique», dit-il au Devoir.Elle est partout, la détresse, au Nunavik.Et elle frappe fort.Le suicide a été la cause de presque un décès sur cinq (19%) dans la région entre les années 2008 et 2012, selon la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.Comme l\u2019a rapporté Le Devoir cette semaine, la santé physique et mentale des Inuits fera l\u2019objet d\u2019une vaste enquête, entre les mois d\u2019août et octobre.Une équipe de 40 chercheurs et spécialistes de la santé visitera les 14 villages du Nunavik à bord du brise-glace Amundsen, de la Garde côtière canadienne.Ils examineront 2000 Inuits, soit presque un résidant du Grand Nord québécois sur cinq.Le manque de personnel dans le réseau de la santé pose un défi supplémentaire chez les Inuits, estime Marie Rochette.« Le contexte de travail ici fait en sorte qu\u2019il n\u2019est pas facile de recruter des gens à long terme.Le taux de roulement du personnel est très élevé », dit-elle.La pénurie est encore plus criante durant la période de vacances qui commence.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 PIERRE TRUDEL La progression de la maladie est sans aucun doute attribuable aux conditions de vie au Nunavik, explique la Dre Marie Rochette, spécialiste en santé publique dans cette région.SANTÉ PUBLIQUE La tuberculose s\u2019installe chez les Inuits N ew York \u2014 Un homme qui cachait une arme à feu sous un sarrau blanc a ouvert le feu, vendredi, dans un hôpital de l\u2019arrondissement du Bronx, à New York, tuant au moins une personne et en blessant six autres avant d\u2019être retrouvé mort dans des circonstances qui ont les apparences d\u2019un suicide, a fait savoir la police.Les tirs ont commencé vers 14 h 50 au centre hospitalier Bronx-Lebanon.Des voitures de police et des camions de pompiers ont convergé sur les lieux alors que des agents armés se sont postés sur le toit de l\u2019édifice.Les personnes qui se trouvaient à l\u2019intérieur ont reçu l \u2019 instr uction de se cacher.Les responsables des forces de l\u2019ordre ont parcour u l\u2019édifice étage par étage avant de déclarer, peu avant 16 h, que l\u2019assaillant avait été trouvé mort à l\u2019intérieur.Un membre des forces de l\u2019ordre a dit à l\u2019Associated Press que le tireur se serait apparemment enlevé la vie.Aucune information ne circulait, dans l\u2019immédiat, sur les raisons qui auraient poussé l\u2019assaillant à passer à l\u2019acte, mais une source a fait savoir qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un médecin qui a déjà travaillé au centre hospitalier Bronx-Lebanon par le passé, le docteur Henry Bello.Cette source s\u2019exprimait sous le couvert de l\u2019anonymat puisqu\u2019elle n\u2019était pas autorisée à commenter publiquement cette affaire.Sur le site Web du centre hospitalier, M.Bello est présenté comme un médecin de famille.On ne sait toutefois pas à quel moment il a cessé de travailler pour cet établissement.L\u2019hôpital, en activité depuis 120 ans, compte près de 1000 lits répartis dans de nombreuses unités.Ses urgences sont parmi les plus occupées de la ville de New York.L\u2019établissement se trouve à courte distance du Yankee Stadium.Associated Press Un médecin ouvre le feu dans un grand hôpital de New York Le tireur tue une personne et fait six blessés avant de s\u2019enlever la vie Il s\u2019agirait d\u2019un médecin qui a déjà travaillé au centre hospitalier Bronx-Lebanon L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Monter au lac», en famille ou avec des amis, pour un moment de détente, loin du quotidien trépidant J E A N N E C O R R I V E A U D ans le but de documenter la présence autochtone sur l\u2019île de Montréal, des archéologues ef fectueront des fouilles dans deux parcs d\u2019Ou- tremont à compter de la semaine prochaine.Leurs recherches, espèrent-ils, leur permettront peut-être de trouver l\u2019emplacement de l\u2019ancien village iroquoien d\u2019Hochelaga.Les usagers du parc Pratt, situé à l\u2019angle des avenues Van Horne et Dunlup, dans Outre- mont, verront apparaître dès lundi des clôtures sur la pelouse où le terrain sera excavé à une douzaine d\u2019endroits.Des parcelles de terre d\u2019une superficie d\u2019un mètre carré et d\u2019une profondeur de 50 centimètres seront retirées et soigneusement examinées.Dans le cadre du projet Hochelaga, des chercheurs de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019Université McGill sont en quête de traces témoignant de la vie autochtone avant la fondation de Montréal.« L\u2019objectif du projet est avant tout de documenter la présence autochtone sur l\u2019île de Montréal avant 1642 », explique Christian Gates St- Pierre, professeur d\u2019anthropologie à l\u2019Université de Montréal.«Découvrir l\u2019emplacement exact du fameux village d\u2019Ho- chelaga serait une chance inouïe, mais pas impossible ! » En 1535, Jacques Car tier avait décrit cette bourgade iro- quoienne installée à proximité du mont Royal et entourée de palissades de bois.Lors de son second voyage en 1541, le site avait été déserté.Il faut savoir que ces communautés se déplaçaient tous les 25 ou 30 ans.L\u2019emplacement exact du village d\u2019Hochelaga qu\u2019avait décrit Jacques Cartier n\u2019a jamais été découver t.Il pourrait se trouver à Outremont, mais peut-être ailleurs, dans d\u2019autres secteurs aux abords du mont Royal.« Pour cette première phase du Projet Hochelaga, nous ne visons que deux parcs à Ou- tremont : le parc Pratt et le parc Outremont.Plus tard, nous irons peut-être étudier [\u2026] différents endroits autour du mont Royal, notamment le campus de l\u2019Université McGill », précise M.Gates St-Pierre.Les archéologues s\u2019attendent à trouver des pièces de poterie, des outils en pierre, des traces de foyers à ciel ouvert ainsi que des ossements humains ou d\u2019animaux.« S\u2019il s\u2019agit du village d\u2019Hochelaga, il devra alors renfermer des traces de maisons longues et de palissades en bois, ainsi que des objets de facture européenne correspondant à ceux que Cartier dit avoir distribués en grand nombre lors de sa visite à Hochelaga, comme des perles de verre et des objets de métal », suggère M.Gates St-Pierre.Les travaux dans le parc Pratt débuteront lundi et devraient se terminer au cours de la semaine suivante.Le parc Outremont fera aussi l\u2019objet de fouilles archéologiques.Les inconvénients seront mineurs et de courte durée pour les usagers de ces parcs, estime la mairesse d\u2019Outremont, Marie Cinq- Mars.« C\u2019est une chance extraordinaire pour Outremont, autant que pour les historiens, les experts et les citoyens.Tout le monde cherche le fameux village d\u2019Hochelaga.S\u2019il fallait qu\u2019ils trouvent quelque chose, un artefact quelconque, ce serait formidable, explique-t- elle.Il faudrait être petit d\u2019esprit pour être dérangé par ces travaux.» Outre les parcs Pratt et Ou- tremont, les archéologues envisagent d\u2019étendre leurs recherches aux parcs Beaubien et Joyce.Les travaux liés au projet Hochelaga, qui a reçu un appui financier de 80 000 $ de la Ville de Montréal, se poursuivront jusqu\u2019en 2020.Le Devoir Des archéologues à la recherche d\u2019Hochelaga à Outremont JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des fouilles archéologiques seront menées dans le parc Pratt et dans le parc Outremont (notre photo).J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U I mpossible pour plusieurs d\u2019envisager l\u2019été sans l\u2019idée de « monter au lac », c\u2019est-à-dire d\u2019aller près d\u2019un lac qui nous est familier, celui où on a loué, acheté ou simplement emprunté une propriété.Le lac annonce le calme après le tumulte des eaux vives de la vie.Mais d\u2019où vient l\u2019expression « monter au lac » ?Que cache-t- elle ?Le Québec est un pays liquide.Il n\u2019y eut longtemps qu\u2019une seule façon d\u2019accéder à ce monde d\u2019eau : le bateau, le canot.Cela a laissé des traces sans doute plus profondes qu\u2019on ne le croit dans les consciences.Dans L\u2019apprentissage de Duddy Kravitz (1959), le plus célèbre roman de Mordecai Richler, Duddy comprenait d\u2019instinct que son enracinement social autant que l\u2019assurance de sa fortune commençaient sur les rives des eaux d\u2019un lac des Laurentides.À compter du début du XXe siècle, bien des promoteurs vont acheter comme lui des terres aux alentours de lacs puis pu- bliciser leurs développements.Dès 1911, on trouve dans les journaux montréalais de la publicité pour vendre des terrains à proximité des lacs des Laurentides.On y vante l\u2019ombre, le calme, la pureté de l\u2019air, la végétation superbe.La rue à la ville, avec les grandes chaleurs, y est décrite comme une « tueuse d\u2019enfants ».Vous aimez vos enfants ?Alors, montez au lac ! Au bord du lac Memphré- magog, dès avant la Première Guerre mondiale, un hôtel comme le Lake Park offre aux gamins l\u2019usage d\u2019une longue glissoire qui promet de les jeter en joie dans l\u2019eau.Quel lac?À chacun son lac.Il n\u2019en manque pas.Selon le Regroupement des organismes des bassins versants du Québec (ROBCQ), cet État en compte rien de moins qu\u2019un demi-mil- lion.Souvent, ils sont bien petits, à peine visibles sur une carte.Mais au moins 30 lacs québécois sont énormes, avec une super ficie de plus de 250 km² chacun.En fait, le territoire québécois est couvert d\u2019eau sur plus de 355 315 km², soit à peine moins que la superficie totale de l\u2019Allemagne.Le Québec compte 3 % des réserves d\u2019eau douce du monde.Ces vastes espaces liquides ont baigné l\u2019imaginaire d\u2019explorateurs, de coureurs des bois, de voyageurs, puis, un jour, les temps changeant, des vacanciers de l\u2019été.On chante de longue date ces espaces.Sans surprise, ils s\u2019inscrivent même très vite dans le paysage d\u2019une littérature naissante.Le grand Arthur Buies, dans ses évocations somptueuses du territoire québécois au XIXe siècle, parle plus d\u2019une fois de la place qu\u2019y jouent les « lacs sauvages », là « où l\u2019image de l\u2019infini se mêlait aux profondeurs muettes des vagues, [\u2026] au milieu des forêts, couchés sur le large flanc des montagnes, berceaux grandioses ».Telle qu\u2019on l\u2019emploie au- jourd\u2019hui, l\u2019expression « monter au lac » indique qu\u2019on part à la rencontre d\u2019une certaine idée de l\u2019évasion du quotidien.Mais son usage courant suppose de profonds changements dans les mentalités, reflets d\u2019une évolution sociale et économique.Pour «monter au lac», il faut d\u2019abord pouvoir compter sur de nouveaux moyens de transport.Les Laurentides, refuge par excellence des amateurs de lacs, sont desservies par un train dès la fin du XIXe siècle.À compter de 1910, un réseau routier se structure pour y accéder.L\u2019auto puis l\u2019autobus vont aussi permettre de gagner les Cantons-de-l\u2019Est, la Gaspésie, le Saguenay.Nager et pêcher Même s\u2019ils traversaient constamment de vastes étendues d\u2019eau, les voyageurs en canots d\u2019écorce ne savaient que rarement nager.Ce rapport distant à l\u2019eau va lui aussi changer au XXe siècle.Voici qu\u2019apparaissent les leçons populaires de natation.L\u2019idée que la baignade constitue un plaisir fait son nid.Dans l\u2019entre-deux-guerres, les Québécois sont désormais des milliers à emprunter le train et l\u2019auto pour se rendre jusqu\u2019à l\u2019eau.« Monter au lac » signifie aussi, entre autres choses, le développement de la pêche comme activité de loisir plutôt que de subsistance.On conçoit bien la dimension de cette nouvelle figure du pêcheur en considérant La mouette de Tchekhov (1896), où le personnage de Trigorine ne voit rien de mieux à faire que de s\u2019installer au bord de l\u2019eau pour surveiller son bouchon, espérant qu\u2019il finisse par plonger afin que le sentiment de son existence remonte.Aviation et canot Monter au lac, ce sera aussi l\u2019occasion d\u2019aller plus loin encore grâce à la démocratisation de l\u2019aviation.Pour plus i e u r s , l \u2019 h y d r a v i o n s e r a l\u2019unique façon d\u2019atteindre les lacs et le pays sauvage de leurs rêves.Certains y laissent leur peau, comme la jeune comédienne Marie-Soleil Tougas et le cinéaste Jean-Claude Lau- zon, morts dans l\u2019écrasement de leur Cessna, près de la rivière aux Mélèzes, au sud- ouest de Kuujjuaq, à l\u2019été 1997.Le sentiment de plénitude associé au lac tient aussi au renouvellement d\u2019intérêt pour le canot.Délaissé avec le développement fulgurant des moteurs hors-bord, du train et de l\u2019automobile, le canot, ce magicien des eaux, regagne de l\u2019intérêt avec le développement de ces nouveaux espaces de villégiature et de camping et à l\u2019idée d\u2019un nécessaire rapprochement avec la nature qui passe par le contact de l\u2019eau.Pier re Elliott Tr udeau a grandi dans cette période où le canot, associé aux plans d\u2019eau, devient signe de loisir pour les gens qui en ont les moyens, selon la conception d\u2019une nature enfin retrouvée.En 1944, pour la Jeunesse étudiante catholique (JEC), Trudeau écrit : « Voyagez mille milles en train et vous êtes une brute ; pédalez cinq cents milles à vélo et vous restez à toutes fins utiles un bourgeois ; pa- gayez-en cent et vous êtes déjà un enfant de la nature.» Une bonne partie de la vie politique de l\u2019après-guerre à laquelle participe Trudeau sera d\u2019ailleurs orchestrée après que tout ce beau monde fut d\u2019abord « monté au lac » pour discuter.La génération de Pierre Elliott Trudeau, de Gérard Pelletier et de Pierre Va- deboncœur prend l\u2019habitude, très tôt, de se retrouver au bord de l\u2019eau, du côté des Lau- rentides.C\u2019est aussi là que se retrouveront pour discuter, sous le prétexte de « monter au lac » pour fuir la ville, une nouvelle génération d\u2019indépendantistes, notamment ceux qui animent le Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale (RIN).Monter au lac, ce sera donc aussi monter dans le monde des idées.Le Devoir Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Tout l\u2019été, Le Devoir navigue en eau douce et propose des portraits de lacs emblématiques du Québec.Aujourd\u2019hui : autopsie de l\u2019expression bien connue «monter au lac».QUELQUES ARPENTS DE LACS Le Québec, contrée liquide, «monte au lac» Une expression associée à une certaine détente estivale A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 LA RECOLTE AMERE A 4 PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon la chercheuse Dalia Gesualdi-Fecteau, l\u2019étude qu\u2019elle a menée sur les pratiques de recrutement abusives des travailleurs migrants agricoles a permis de confirmer certaines intuitions de recherche : le fait d\u2019avoir contracté une dette pour pouvoir aller au Québec conditionne le comportement du travailleur, allant de l\u2019autodiscipline à la non-dénonciation de la violation de ses droits.Sur papier, des programmes roses d\u2019emplois pour des citoyens du Sud.Dans la réalité, les failles d\u2019un système qui laisse les migrants à découvert, du recrutement jusqu\u2019à la prise en charge de leur santé.T E X T E S D E S A R A H R .C H A M P A G N E E n dehors des membres de la famille, les travailleurs migrants temporaires représentent au- jourd\u2019hui le quar t de la main- d\u2019œuvre agricole au Québec.Ils ont les mêmes droits en matière de santé et de sécurité que tous les autres travailleurs, mais peuvent difficilement les faire valoir, que ce soit par crainte de perdre leur emploi ou par manque de canaux viables.La Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) ne prévoit aucune intervention ciblée, aucun programme spécifique d\u2019inspection, ni aucun mécanisme de suivi à distance des plaintes.Les travailleurs qui veulent obtenir plus d\u2019informations \u2014 au-delà d\u2019une brochure vague et incomplète \u2014 ou faire une plainte auprès de la Commission doivent en outre faire eux-mêmes appel à un interprète.Les efforts de la CNESST sont ainsi jugés insuffisants, à la fois par des groupes de chercheurs et par le syndicat des Travailleurs unis de l\u2019alimentation et du commerce.Avant même de se buter à ces obstacles systémiques, les travailleurs choisissent souvent de garder le silence après des blessures ou quand ils tombent malades.Ce fut le cas de Milton Castillo.À 24 ans, il ne voit plus tout à fait la vie avec un regard jeune et clair.Après une blessure subie durant son travail dans des serres de tomates à Sainte- Marthe en Montérégie, son œil gauche pourrait être compromis.Le jeune Guatémaltèque est arrivé au Québec en octobre 2015, pour un contrat d\u2019environ 15 mois.En juin 2016, il s\u2019administre un coup à l\u2019œil en coupant les feuilles autour des plants de tomates.M.Castillo ne consultera un optométriste que sept mois plus tard, le 8 décembre 2016, alors que sa vision a déjà baissé.Il est alors dirigé en ophtalmologie pour subir potentiellement une chirurgie.Le coup a endommagé son cristallin et sa vision continuera à baisser si rien n\u2019est fait.Sa chirurgie attendra finalement son retour au Guatemala, le 6 janvier 2017.Milton Castillo dit avoir encore aujourd\u2019hui «une vision embrouillée».Trois jours avant son départ du Canada, il avait finalement contacté Julio Lara, son représentant syndical des Travailleurs unis de l\u2019alimentation et du commerce (TUAC).Sans son aide, il lui aurait été très difficile d\u2019obtenir un remboursement de 1375$ de son assurance privée.Garder le silence De son côté, la directrice générale de Sa- gami, son employeur, assure avoir agi aussitôt qu\u2019elle a été informée du problème.Pourquoi Milton a-t-il alors attendu si longtemps?«La personne responsable m\u2019a dit de ne le raconter à personne, sinon ils allaient me renvoyer au Guatemala», répète-t-il à plusieurs reprises.À l\u2019instar de ses collègues, le jeune Castillo a choisi de garder le silence par crainte de perdre son emploi s\u2019il demandait des soins de santé appropriés.« Je construis une maison, je ne suis qu\u2019à la moitié.Et je voudrais bien pouvoir retourner au Québec», justifie-t-il.L\u2019absence de droit de rappel, donc de garantie d\u2019obtenir du travail subséquemment, pèse très lourd dans les décisions individuelles des travailleurs.« Il y a une forte \u201cconditionnalité\u201d imprégnée, intériorisée par les travailleurs.On leur met tellement dans la tête que leur emploi dépendra de comment ils agissent, de comment ils performent, que cela influence leur perception et leur réaction », expose Dalia Gesualdi-Fec- teau, professeure de droit à l\u2019UQAM.Plusieurs attendront de ne plus pouvoir supporter la douleur avant de faire une demande de consultation, a également conclu une recherche sur la santé des Mexicains et les Gua- témaltèques à l\u2019île d\u2019Orléans.Cette crainte d\u2019être «retournés à l\u2019expéditeur» s\u2019avère fondée: les travailleurs agricoles migrants sont le plus souvent rapatriés dans leur pays d\u2019origine pour des raisons médicales, chirurgicales ou à cause de blessures externes (y compris l\u2019empoisonnement, précise-t-on).L\u2019Association médicale canadienne calcule ainsi que près de 800 travailleurs ont été rapatriés pour des raisons médicales entre 2001 et 2011.Aucune mesure n\u2019a été prise pour s\u2019assurer de leur rétablissement.Le cas de Sheldon McKenzie est devenu emblématique en la matière en Ontario.Ce Jamaïcain de 39 ans a été sévèrement blessé à la tête durant son travail chez un producteur de tomates dans le sud de la province, à Leamington.Sa cousine, Marcia Barrett, résidente de Winnipeg et dépêchée à son chevet, affirme qu\u2019un agent de liaison du consulat jamaïcain avait montré beaucoup d\u2019empressement à le rapatrier.Il est mort en septembre 2015.Sans filet Le filet de sécurité inadéquat est contre-pro- ductif pour les inciter à parler, observe Julio Lara, du syndicat TUAC: «Même si les mécanismes sont là, la plupart des accidents de travail ne sont pas rapportés, les travailleurs ne connaissent pas les démarches.La CNESST brille par son absence.» Une opinion partagée par Mme Gesualdi-Fec- teau : «S\u2019il y a un litige et que l\u2019employeur interpellé par le travailleur dit \u201cnon, je ne t\u2019amène pas consulter\u201d, vers qui se tournera le travailleur?» «Transplantés ici sans aucune intégration», dit- elle, les travailleurs vivent l\u2019isolement social propre au monde agricole, qui se double d\u2019une barrière linguistique dans le cas des migrants agricoles.Un programme spécifique d\u2019inspection dans les fermes embauchant cette main-d\u2019œuvre a bien existé entre 2009 et 2012.L\u2019intervention ci- blait à la fois les employeurs et les travailleurs, pour distribuer de l\u2019information et recueillir les commentaires, voire les plaintes.La CNESST a depuis mis fin à ce programme.En moyenne, au cours des trois dernières années, seules 370 inspections ont été effectuées annuellement dans le secteur de l\u2019agriculture, a indiqué une porte-parole au Devoir, sur un total de 11 000 établissements agricoles inscrits.À elle seule, la Fondation des entreprises en recrutement de main-d\u2019œuvre agricole étrangère (FERME) représente 900 fermes.«Les inspections, ça n\u2019arrive juste jamais», résume Julio Lara, représentant syndical.Ces travailleurs ne font donc « pas suf fisam- ment l\u2019objet d\u2019une attention particulière par les autorités de SST [santé et sécurité au travail]», conclut une étude cosignée en 2014 par six chercheurs de l\u2019UQAM.Ils se demandent pourquoi la CNESST n\u2019est pas en mesure de rapporter les plaintes ou les simples appels d\u2019information des travailleurs migrants agricoles.Elle compile pourtant les lésions professionnelles selon de nombreuses catégories, comme le sexe, l\u2019âge, les membres atteints, le diagnostic, etc.Les risques associés à l\u2019agriculture, eux, sont pourtant bien documentés, et spécifiquement pour les travailleurs migrants : vomissements, brûlures sur la peau, chutes, hernies, problèmes abdominaux, amputation, fractures, maux de tête, épuisement et même la mort.Depuis le début de l\u2019année, au moins deux travailleurs agricoles temporaires ont trouvé la mort au Québec sur leur lieu de travail.Cesar Ariel Garcia Garcia, le 22 février, dans l\u2019effondrement d\u2019un bâtiment de la ferme Pittet à Saint-Tite et Benjamin Henandez Escareño, sous un tracteur-tondeuse à Saint-Clothilde alors qu\u2019il travaillait pour Les Serres Lefort, le 13 juin dernier.Il importe donc que les structures en place cessent de n\u2019être que l\u2019écho du silence de ces travailleurs.«Quand j\u2019ai parlé, il était peut-être trop tard.Mais finalement, j\u2019ai dû repartir quand même», illustre Milton Castillo.Le Devoir L\u2019omertà de migrants sans filet S a photo vient d\u2019entrer au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg.Mais il n\u2019a jamais eu l\u2019impression d\u2019avoir obtenu justice et réparation.Noé Arteaga est arrivé du Guatemala en 2008 pour travailler dans des serres de la compagnie Savoura, à Saint- Étienne-des-Grès.L\u2019entreprise employait à l \u2019époque déjà 200 travailleurs étrangers temporaires dans l\u2019ensemble de ses divisions, surtout du Guatemala.Quatre mois après son arrivée, le 6 août se souvient-il, il reçoit un appel à 10 h du matin d\u2019un représentant du consulat de son pays d\u2019origine établi à Montréal.«On m\u2019a dit de faire mes valises.Deux heures plus tard, on a fermé mon compte de banque et à minuit, j\u2019étais à l\u2019aéroport », raconte-t-il.Personne ne lui a expliqué alors ce qui se passait, peut-on lire dans une décision du tribunal d\u2019arbitrage rendue en 2014, soit six ans après les faits.« Ils ne m\u2019ont pas renvoyé parce que je ne travaille pas.Ils voyaient plutôt que nous avions commencé à réclamer nos droits », croit-il.Les travailleurs de la même serre avaient fait une grève éclair pour exiger de l\u2019employeur qu\u2019il amène un collègue à l\u2019hôpital.Noé Ar- teaga avait alors pris position devant tout le monde, disant qu\u2019il ne recommencerait à travailler que lorsque Oswaldo, son collègue, serait soigné.Son congédiement a bel et bien été reconnu comme illégal, « sans cause juste et suf fi- sante » en 2014 par le tribunal d\u2019arbitrage.Leur traitement a été qualifié de discriminatoire à cause de leur origine ethnique ou nationale.Mais il n\u2019a jamais obtenu de compensation financière.Il continue donc à tendre son dossier dans une chemise cartonnée aux journalistes.Savoura ayant déclaré faillite en 2015, il s\u2019est adressé à leur racheteur, Sagami, pour obtenir sa compensation.On lui a alors signalé que cette créance ne serait pas remboursée.« Je ne sais plus à qui m\u2019adresser », dit-il en montrant des copies de lettres déjà envoyées.Son cas a été fortement médiatisé.Au point que même son frère, lui aussi travailleur agricole temporaire, a reçu des avertissements très clairs.« Un ami de la serre m\u2019a dit aussi que quelqu\u2019un était venu leur dire de se calmer après mon départ », avance-t-il, interprétant ce geste comme une menace.M.Arteaga a réussi à refaire son chemin vers le Québec, sans quoi « on n\u2019aurait entendu parler de rien », selon lui.S\u2019en remettre à soi-même D\u2019autres travailleurs agricoles migrants qui ont choisi de parler en ont subi eux aussi les conséquences.Alber to Moreno Far torius, venu du Mexique grâce au Programme des travailleurs étrangers temporaires avec un rare contrat de deux ans en poche, a subi des blessures à l\u2019acide en nettoyant les serres de son employeur.« La bonbonne contenant le liquide industriel était percée.La journée même, le superviseur ne m\u2019a pas cru.Le lendemain, j\u2019ai montré mes espadrilles en train de se défaire et ma peau, rouge, qui brûlait », relate-t-il.Après avoir réussi à obtenir des traitements, il s\u2019est plaint au ministère du Travail de l\u2019Ontario, qui a forcé la ferme à payer une amende.Cette démarche marqua le début du harcèlement psychologique au travail : «Le superviseur venait me dire de me dépêcher à chaque heure, il se moquait de moi, m\u2019attribuait les tâches les plus dures.» Son permis de travail au Canada étant « fermé », il ne pouvait travailler que pour ce seul employeur.U n m a t i n , c e l u i - c i l e convoque pour le renvoyer, sous prétexte qu\u2019il se chamaille avec ses collègues.« J\u2019ai pris une vidéo de tous mes compagnons, toutes les preuves que je pouvais et je me suis enfui de l\u2019aéroport pour obtenir justice», se souvient M.Moreno Farto- rius.Il a gagné sa cause, mais sans retrouver d\u2019emploi.« Le plus triste, c\u2019est les travailleurs retournés chez eux après des accidents, sans avoir pu même repayer leur investissement [billets d\u2019avion, visa, agence de recrutement].» « Je ne supportais pas qu\u2019on me traite de paresseux.On travaillait trois fois plus vite que les locaux.On avait soi-disant droit à une journée de repos, mais personne n\u2019osait la demander.Je suis venu demander justice et dignité », reprend Noé Arteaga.Même conscient de ses droits, à quel moment aurait-il pu les faire valoir ?L\u2019homme aujourd\u2019hui établi à Montréal remonte la séquence des évé- nements en secouant la tête.« Le programme est un système qui te broie », résume-t-il.Il est carrément d\u2019avis que les programmes d\u2019immigration temporaire pour la main-d\u2019œu- vre devraient être abolis.Le besoin de main-d\u2019œuvre agricole est présenté comme « temporaire » depuis 1966, date à laquelle une première entente pour des travailleurs agricoles saisonniers fut conclue.Les travailleurs arrivaient alors principalement de Jamaïque, le Mexique signant un accord avec le Canada en 1974.Le nombre de travailleurs temporaires agricoles, les deux programmes d\u2019immigration confondus, a continué d\u2019augmenter dans les dernières années.« Le ministère [de l\u2019Emploi et du Développement social] n\u2019a pas fait suf fisamment d\u2019efforts pour garantir que les travailleurs étrangers temporaires étaient seulement embauchés en dernier ressort », a reproché le vérificateur général Michael Ferguson dans son rapport déposé en mai dernier.Ce qui fait dire à Noé Arteaga que les étrangers sont choisis surtout «parce qu\u2019ils sont jetables ».Le Devoir Les tomates de la colère Le combat d\u2019un travailleur agricole migrant pour faire respecter ses droits Les travailleurs vivent l\u2019isolement social propre au monde agricole, qui se double d\u2019une barrière linguistique dans le cas des migrants agricoles.Noé Arteaga en cinq dates 15 septembre 1980 Naissance à Jocotenango, au Guatemala.13 avril 2008 Arrivée au Canada, un contrat de 11 mois en poche pour travailler dans des serres de production de tomates à Saint-Étienne-des-Grès.Juillet 2008 Grève éclair des travailleurs pour faire pression sur l\u2019employeur.6 août 2008 M.Arteaga apprend son congédiement et son renvoi sur-le-champ au Guatemala.11 décembre 2014 Jugement du tribunal d\u2019arbitrage qui reconnaît le congédiement illégal et la discrimination envers lui.2015 Faillite de Savoura et rachat par Sagami.Je ne supportais pas qu\u2019on me traite de paresseux.On travaillait trois fois plus vite que les locaux.On avait soi-disant droit à une journée de repos, mais personne n\u2019osait la demander.Je suis venu demander justice et dignité.Noé Arteaga, arrivé du Guatemala en 2008 pour travailler dans des serres de la compagnie Savoura « » Les travailleurs agricoles temporaires en chiffres 10 954 au Québec en 2016 selon la FERME, qui comble les besoins en main- d'œuvre migrante de 900 exploitations.45% sont des Guatémaltèques inscrits au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) 55% viennet du Mexique ou des pays des Caraïbes, grâce au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) 1/4 des travailleurs agricoles sont des travailleurs migrants excluant les membres de la famille des exploitants agricoles, selon le recensement agricole de 2016 Le superviseur venait me dire de me dépêcher à chaque heure, il se moquait de moi, m\u2019attribuait les tâches les plus dures Alberto Moreno Fartorius, venu du Mexique grâce au Programme des travailleurs étrangers temporaires « » LUIGIPASTO.COM Ce portrait de Noé Arteaga est depuis peu au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 6 J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington D eux des expériences les plus étendues menées à ce jour dans la nature, en Europe et au Canada, ont confirmé la nocivité des insecticides agricoles néonicotinoïdes pour les abeilles et autres pollinisateurs qui y sont exposés.Les résultats de ces études, publiées jeudi dans la revue américaine Science, révèlent aussi que l\u2019environnement local et l\u2019état de santé des ruches peuvent moduler les ef fets des néonicotinoïdes, dits pesticides « tueurs d\u2019abeilles » et largement utilisés dans l\u2019agriculture.Mais ces substances chimiques, qui agissent sur le système nerveux des insectes, ont dans l\u2019ensemble «des effets nettement délétères» sur ces pollini- sateurs essentiels à de nombreuses récoltes, dont une nette réduction de leur taux de reproduction et une forte augmentation de leur mor talité, concluent ces travaux financés en partie par le secteur, avec les groupes allemand Bayer et suisse Syngenta.Après ces études, «on ne peut plus continuer à affirmer que les néonicoti- noïdes dans l\u2019agriculture ne sont pas nuisibles aux abeilles », a réagi David Goulson, professeur de biologie à l\u2019université britannique de Sussex qui n\u2019a pas participé aux travaux.La première expérience, conduite sur un total de 3000 hectares au Royaume-Uni, en Allemagne et en Hongrie, a exposé trois espèces d\u2019abeilles à des récoltes de colza d\u2019hiver dont les semences avaient été traitées avec de la clothianidine de Bayer Crop Science, ou avec du thiamé- thoxame de Syngenta.Il s\u2019agit de deux des trois néonicoti- noïdes interdits temporairement dans l\u2019Union européenne en 2013 en raison des craintes de leurs effets sur la santé des abeilles.Un nouveau projet législatif prévoit de les bannir complètement dans les champs, mais pas dans les serres.Or les chercheurs ont constaté qu\u2019une exposition à ces récoltes réduisait le taux de survie des ruches durant l\u2019hiver, dans deux de ces trois pays.Impact plus faible en Allemagne En Hongrie, la population des ruches a diminué de 24% au printemps suivant.Au Royaume-Uni, le taux de survie a été généralement faible mais au plus bas dans les ruches où les abeilles avaient été en contact avec du colza traité avec de la clothianidine.En revanche, moins d\u2019ef fets néfastes ont été obser vés chez les abeilles en Allemagne.Selon Ben Woodcock, un entomologiste du Centre britannique pour l\u2019écologie et l\u2019hydrologie (CEH), principal auteur de cette étude, les différences d\u2019impact pourraient s\u2019expliquer par l\u2019accès plus ou moins grand à d\u2019autres plantes que le colza traité ainsi qu\u2019à l\u2019état de santé des colonies.Ainsi en Allemagne, les ruches avaient des populations plus grandes et en bonne santé, avec un accès à un large éventail de fleurs sauvages pour butiner.Propagation La seconde expérience menée au Canada a montré que les abeilles en contact avec des néonicotinoïdes mouraient plus tôt et que la santé des colonies était affaiblie.Les abeilles exposées à du pollen traité avec ces insecticides pendant les neuf premiers jours de leur vie voyaient leur espérance de vie réduite de 23 %.De plus, les colonies étaient incapables de maintenir de bonnes conditions pour permettre à la reine de pondre.Les chercheurs ont étudié onze ruches.Cinq étaient proches d\u2019un champ de maïs dont les semences avaient été traitées avec des néonico- tinoïde.Les six autres ruches étaient loin des cultures agricoles.Toutes ces colonies ont été minutieusement examinées pour détecter la présence de pesticides entre début mai et septembre.«La question sur la véritable exposition des abeilles aux insecticides est controversée et suscite un débat depuis longtemps », note Amro Zayed, biologiste à l\u2019Université de York et principal auteur de cette étude.Les scientifiques ont également été surpris de trouver dans les ruches du pollen contenant du néonicotinoïde qui ne provenait pas du maïs ou soja traités, mais de plantes situées à proximité.«Cela indique que les néo- nicotinoïdes qui se dissolvent dans l\u2019eau se propagent dans l\u2019environnement», souligne Nadia Tsvetkov, une chercheuse de l\u2019Université de York.Agence France-Presse La nocivité du pesticide « tueur d\u2019abeilles » confirmée Les néonicotinoïdes réduisent le taux de survie des insectes pollinisateurs, concluent des études en Europe et au Canada ODD ANDERSEN AGENCE FRANCE-PRESSE Selon l\u2019étude ef fectuée au Canada, les abeilles exposées à du pollen traité avec ces insecticides néonicotinoïdes pendant les neuf premiers jours de leur vie voyaient leur espérance de vie réduite de 23 %.J U L I E R A M B A L « I l a l\u2019argent.Il a le pouvoir.Il a une Audi.Il aura la femme », lançait une voix virile dans un spot publicitaire de 1993.Bien sûr, la brune déambulant sur le trottoir au moment du passage de la berline finissait dedans.Conclusion laissée à la guise du spectateur : les hommes ont l\u2019instinct de chasse en matière de séduction, et les femmes sont sacrément vénales\u2026 Vingt-quatre ans plus tard, à l\u2019occasion du dernier Super Bowl américain, en février, le même fabricant automobile diffusait un message publicitaire baptisé «Daughter» (fille).On y voit une préadoles- cente participer à une course de boîtes à savon.Tandis que la petite coureuse remonte vaillamment la file de concurrents masculins, frimousse déterminée, un homme s\u2019interroge d\u2019une voix douce : «Que dois-je dire à ma fille?Que son grand-père vaut mieux que sa grand-mère ?Que malgré son éducation, son dynamisme, ses compétences, son intelligence, elle sera automatiquement dévaluée par rapport aux hommes?Ou peut-être que je serais capable de lui dire quelque chose de différent.» Casser les clichés Après avoir présenté la femme comme un gadget mas- turbatoire, une cruche ou une esclave domestique, l\u2019industrie de la réclame semble faire sexisme arrière.Le 20 juin, durant les Cannes Lions, le grand raout international de la pub, une vingtaine de multinationales ont d\u2019ailleurs soutenu le projet «Unste- reotype Alliance » (l\u2019alliance sans stéréotype), soit la promesse de ne plus verser dans les clichés.Une initiative lancée par le géant Unilever (Dove, Cif, Ben & Jerry\u2019s, Knorr\u2026), en par tenariat avec ONU Femmes \u2014 la branche onusienne vouée à l\u2019émancipation féminine \u2014, et déjà ratifiée par Johnson & Johnson, Procter & Gamble, Microsoft, Mattel, AT & T, Facebook, Google.« Chaque jour, des centaines de millions de personnes dans le monde sont exposées aux communications que notre industrie produit.Cette influence peut être utilisée pour renforcer les stéréotypes négatifs, ou pour définir de nouvelles normes d\u2019autonomisation et d\u2019égalité », a expliqué en conférence Martin Sorrell, patron de WPP, la plus grande agence de communication mondiale.Un mea culpa salutaire.Car, selon une étude d\u2019Unilever sur la représentation des femmes dans la publicité, le constat est accablant : elles y parlent trois fois moins que les hommes, et sont une fois et demie plus susceptibles d\u2019être mises en scène dans une cuisine.En comparaison, seuls 3 % des messages publicitaires les présentent en chefs d\u2019entreprise.Dans le monde chatoyant de la coupure pub, le gène féminin du produit vaisselle est une vérité scientifique\u2026 Déculpabiliser les mères Or cette caricature, constamment dénoncée par les activistes du 2.0, devient nuisible pour le chiffre d\u2019affaires alors que 40% des femmes ne s\u2019y reconnaissent pas, toujours selon l\u2019étude.Alors, pour ramener les acheteuses au bercail, les marques adoptent un nouveau mode de communication : le « femvertising » (contraction de « feminism » et « adver ti- sing», publicité en anglais).C\u2019est par exemple la nouvelle pub américaine Yoplait qui veut déculpabiliser les mères en montrant une galerie de femmes en train d\u2019allaiter, donner le biberon, rester à la maison pour s\u2019occuper des enfants, ou filer au travail pour satisfaire leur ambition, toujours avec la même plainte : quoi qu\u2019une mère décide, elle est jugée\u2026 et basta.Dès 2013, Dove avait lancé la tendance avec la campagne « Real Beauty », montrant des femmes se dévalorisant systématiquement en parlant de leur physique.Vite suivi par le « Like a Girl » des protections périodiques Always, dénonçant l\u2019insulte nichée derrière l\u2019expression «comme une fille».À présent, les pubs « féministes » ont même gagné des récompenses, les #Femverti- sing Awards, attribués depuis deux ans par le groupe de média digital américain SheK- nows Media.Au palmarès de septembre der nier, dans la catégorie « impact social », la corrosive campagne #WomenNotOb- jects (femmes, pas objets), un inventaire de la façon dont les femmes sont encore et toujours dégradées sexuellement pour vendre tout et n\u2019impor te quoi, jusqu\u2019à des hamburgers.Même l\u2019Inde se met au fem- vertising, notamment à travers la campagne «Da Da Ding» de Nike, qui présente des sportives émancipées (mais aucune avec de la cellulite) dans un pays aux traditions patriarcales fortement ancrées\u2026 « Les milléniaux chamboulent les codes et ringardisent le marketing \u201cgenré\u201d, ce fameux rose pour les filles et bleu pour les garçons , analyse Serge Car reira, maître de conférences à Sciences-Po Paris.Ils veulent qu\u2019on leur parle de leur vrai mode de vie, et de leurs aspirations, avec des références qui sor tent enfin des clichés, comme lorsque la marque de cosmétiques de grande distribution Maybelline prend pour égérie Manny Gutierrez, un youtubeur masculin américain qui fait des tutoriels de maquillage.» Inverser les rôles La « ménagère de moins de 50 ans » est à ce point moribonde, d\u2019ailleurs, que les pros du marketing lui ont trouvé un nouveau surnom : «responsable principale des achats »\u2026 parce que, oui, c\u2019est toujours madame qui achète à 66 % le papier toilette du foyer (contre 33 % des hommes), mais plus pour longtemps.Fin avril, la marque d\u2019électroménager Indesit a dif fusé un message publicitaire dénonçant ce double travail des femmes, qui restent 73 % à assurer les tâches domestiques, alors qu\u2019elles turbinent autant que les hommes au bureau.Baptisé «Do it together» (faites-le ensemble), la pub inverse les rôles en montrant le quotidien d\u2019un homme qui gère tout dans la maison (petit-déjeuner, lessive, repassage, sortie d\u2019école, courses, bain des enfants, jeu, dîner) pendant que sa femme lit le journal ou reste pendue au téléphone.Bien sûr, les deux ont un emploi\u2026 «L\u2019élection du très misogyne Donald Trump a servi de détonateur, et permis une af firma- tion encore plus for te de certaines valeurs, avec une sensibilité épidermique qui prend la pub comme symptôme des maux de la société », poursuit Serge Carreira.Les hommes sont d\u2019ailleurs intégrés aux slogans émancipateurs.Dans sa nouvelle campagne « Is it OK ?», la marque de déodorant Axe, d\u2019Unilever, demande : « Est-ce OK pour les garçons d\u2019être maigre, de ne pas aimer le spor t, d\u2019être vierge, d\u2019avoir des expériences avec d\u2019autres garçons, de porter du rose?» La réponse est oui, évidemment.Jusque-là, les déos étaient sur tout connus pour montrer de belles plantes tombant comme des mouches sous les effluves musqués de mâles carrossés.Tout change.Même Mattel, le fabricant de Barbie, verse dans le femvertising.Après une publicité affirmant que les filles peuvent devenir ce qu\u2019elles veulent, en 2015, il montre des pères jouant avec leurs filles à la poupée.Ce qui en fait ricaner beaucoup.Vendre des figurines aux mensurations inaccessibles et jouer les féministes\u2026 bof.Certains pointent aussi que, dans les comités de direction des signataires de « l\u2019Alliance sans stéréotypes », on trouve sur tout des hommes.L\u2019égalité ?C\u2019est surtout valable dans les messages publicitaires\u2026 Le Temps COMMUNICATION La pub s\u2019attaque aux clichés sexistes\u2026 qu\u2019elle a fabriqués Une vingtaine de multinationales font la promesse de ne plus verser dans le stéréotype féminin L\u2019Église d\u2019Australie au secours du cardinal Pell Sydney \u2014 La hiérarchie de l\u2019Église catholique australienne s\u2019est portée au secours du cardinal George Pell, présentant l\u2019argentier du Vatican comme un «homme on ne peut plus honnête» après son inculpation pour des sévices sexuels anciens présumés.Le numéro trois du Vatican, qui a été convoqué par la justice à Melbourne (sud-est) le 18 juillet, avait déclaré jeudi qu\u2019il rentrerait en Australie «dès que possible pour blanchir [son] nom» après consultation avec ses médecins.La police australienne a annoncé jeudi l\u2019avoir inculpé pour «des délits d\u2019agressions sexuelles anciennes», sans aucune précision sur les faits supposés ni l\u2019âge des victimes présumées.Agence France-Presse JACK GUEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Après avoir présenté la femme comme un gadget masturbatoire, une cruche ou une esclave domestique, l\u2019industrie de la réclame semble faire sexisme arrière.L\u2019élection du très misogyne Donald Trump a servi de détonateur Serge Carreira, maître de conférences à Sciences-Po Paris « » Baleines noires retrouvées mortes : un «désastre » Norway, Î.-P.-É.\u2014 La mort de six baleines noires de l\u2019Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent est un «désastre» en matière de mortalité, selon un scientifique américain, qui souligne que la situation est à un niveau qui n\u2019avait pas été atteint depuis que la population de ce mammifère marin a été décimée au XIXe siècle par les baleiniers.Mark Baumgartner, de l\u2019Institut océanographique Woods Hole, à Cape Cod, a dit que la série de décès de baleines devrait servir d\u2019incitatif aux humains afin qu\u2019ils en fassent plus pour protéger les animaux quand c\u2019est possible.La Presse canadienne Démission de Michèle Moreau à la tête de l\u2019Enquête sur les femmes autochtones L\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées (FFADA) perd sa directrice générale.Michèle Moreau a invoqué des «raisons personnelles ».Dans une déclaration publiée sur Facebook et Twitter, Mme Moreau affirme qu\u2019elle a choisi de retourner à Montréal auprès de sa famille.« Je continuerai à suivre le travail de l\u2019enquête nationale avec un vif intérêt et je peux vous assurer que je resterai une alliée», a-t-elle écrit.La FFADA a débuté le 1er septembre 2016 et doit se poursuivre jusqu\u2019au 31 décembre 2018.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 7 L\u2019UNIVERS DU STORE.ca MONTRÉAL 514-231-8677 LONGUEUIL 450-445-9829 LAVAL 450-627-3716 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 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David Suzuki, qui émet toutefois des réserves.En vertu du Plan d\u2019action sur les changements climatiques 2013-2020, le gouvernement devra bientôt adopter une nouvelle réglementation sur le marché du carbone et l\u2019opposition péquiste ne veut pas de consultations restreintes en vase clos sur cet enjeu important, comme il est d\u2019usage pour l\u2019adoption d\u2019un règlement.Dans une entrevue avec La Presse canadienne, le porte-parole du Parti québécois en matière d\u2019environnement, Sylvain Gaudreault, a fait valoir qu\u2019à mi- chemin dans le plan d\u2019action 2013-2020, il est temps de s\u2019asseoir et d\u2019en discuter, puisqu\u2019on sait déjà que le Québec «n\u2019atteindra pas ses cibles» de réduction de GES.En ef fet, en 2015-2016, le Québec avait diminué ses émissions de GES de 1,4 mégatonne par rapport au niveau de 1990, alors qu\u2019il devrait plutôt être à 3 mégatonnes, soit 50% de l\u2019objectif final de réduction de 6 mégatonnes en 2020.«Ce sera le meilleur moment d\u2019en jaser de façon ouverte, a déclaré le député de Jonquière.Il y a un enjeu de transparence et d\u2019information du public.» «Alignement des planètes» Il a aussi rappelé que les grandes entreprises qui participent au marché du carbone «demandent de la prévisibilité» et veulent savoir à quoi s\u2019attendre après 2020.« Moi je m\u2019en fais parler, j\u2019ai Rio Tinto dans mon comté et Produits forestiers Résolu, a-t-il argué.On ne décidera pas ça à minuit moins une avant l\u2019échéancier de 2020.» M.Gaudreault a aussi souligné que la Californie, l\u2019autre partenaire du Québec dans le marché du carbone, a elle- même tenu des consultations en 2016 sur la continuation de ce système.Par ailleurs, le contexte a changé depuis 2013, a rappelé le député de Jonquière: l\u2019Ontario a adhéré au marché du carbone, le gouvernement Trudeau va mettre en place une taxe sur le carbone, et on attend le bilan de la première phase du Plan d\u2019action sur les changements climatiques.«Il y a comme un alignement de planètes qui justifie la tenue de consultations », a résumé M.Gaudreault.Il estime qu\u2019une commission parlementaire serait la «bonne formule » pour entendre dès l\u2019automne prochain les dif fé- rents acteurs, autant les spécialistes, les groupes écologistes que les entreprises.Greenpeace Greenpeace Canada sou- t ient la demande du Par ti québécois.Dans un courriel transmis à La Presse canadienne, le responsable climat- énergie de l\u2019organisation, Patrick Bonin, a indiqué qu\u2019il faut faire le bilan de la mise en place du marché du carbone et se pencher sur les hypothèses à venir.La Fondation David Suzuki exige aussi des consultations, mais les veut plus larges que sur le marché du carbone.Son directeur général pour le Québec, Karel Mayrand, émet des craintes : l\u2019échéancier est serré et il ne faut pas que certains tirent profit des retards.De même, il ne faut pas que cette question devienne une « patate chaude partisane », à un an des élections générales, a-t-il confié.Enfin, une figure d\u2019autorité dans le domaine de l\u2019environnement, le professeur Normand Mousseau, milite aussi pour un exercice de consultations.Il estime que la démarche actuelle du gouvernement « manque de coordination » et qu\u2019il faut réévaluer les mesures en place ou à venir.La Presse canadienne ENVIRONNEMENT Marché du carbone : le PQ exige des consultations S É B A S T I E N B L A N C à Washington A vocats et militants des droits de l\u2019homme se relayaient vendredi dans plusieurs aéropor ts des États- Unis, quelques heures après l\u2019entrée en vigueur du décret anti-immigration de Donald Trump, afin d\u2019appor ter une aide juridique aux voyageurs des pays concernés.Des avocats bénévoles ont improvisé des points d\u2019information, certains comportant des panneaux écrits en arabe, notamment dans les aéroports de New York, Los Angeles, San Francisco, Chicago et Washington, afin de fournir une aide juridique aux immigrés en ayant besoin.«Nous sommes simplement là pour surveiller, pour informer les gens sur ce qui se passe et pour faire remonter ce que nous observons», a expliqué Camille Mack- ler, de la New York Immigration Coalition, au site d\u2019information The Daily Beast.Elle faisait partie des volontaires présents à l\u2019aéroport JFK de New York pour attendre les vols en provenance de Londres, Istanbul, Doha et Abou Dhabi.Des militants opposés à la politique migratoire de Donald Trump ont aussi manifesté.À Los Angeles, certains brandissaient des pancar tes qualifiant le président américain de « fasciste ».Le dispositif censé prévenir l\u2019arrivée de « terroristes étrangers» interdit temporairement l\u2019entrée aux États-Unis aux ressortissants de six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen), ainsi qu\u2019aux réfugiés du monde entier.Mais après cinq mois de contentieux devant les tribunaux, de nombreuses questions restaient en suspens sur la plus controversée des mesures du président républicain, réinstaurée partiellement lundi par la Cour suprême.L\u2019Iran a été prompt à réagir.«Les États-Unis interdisent désormais aux grands-mères de voir leurs petits-enfants, dans une démonstration vraiment honteuse d\u2019hostilité aveugle envers tous les Iraniens», a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie du pays, Mohammad Ja- vad Zarif.La portée de cette nouvelle version du texte a été limitée par les hauts magistrats : le décret exempte quiconque pouvant justifier d\u2019une «relation valable avec une personne ou une entité aux États-Unis».Ainsi, quelqu\u2019un venant rendre visite à un membre de sa « famille proche » sera admis.Tout comme le sera un étudiant intégrant une université américaine ou un salarié recruté par une entreprise locale.Ou encore un professeur convié à donner une conférence aux États-Unis.Cette notion de « relation valable » a plongé les juristes dans la perplexité.Comment un réfugié syrien pourrait- il prouver l\u2019existence d\u2019un lien préalable entre lui et les États- Unis ?se sont - i ls demandé.Selon les consignes du département de la Sécurité intérieure, toute personne ayant bénéficié d\u2019un visa avant l\u2019entrée en vigueur du décret sera admise aux États- Unis, tout comme les réfugiés ayant réservé leur voyage avant le 6 juillet.Dans un câble adressé aux ambassades américaines et une conférence téléphonique ouverte à la presse jeudi, des responsables gouvernementaux ont tenté de tempérer et d\u2019apporter des clarifications.La notion de «famille proche» regroupe « les parents [y compris les beaux-parents], les époux, enfants, fils ou fille adultes, gendres, belles-filles et membres de la fratrie, qu\u2019il s\u2019agisse de frères et sœurs entiers ou de demi-frères et demi- sœurs», a précisé le télégramme diplomatique.Sont donc exclus les grands- parents, petits-enfants, oncles et tantes, neveux et nièces, cousins, fiancés, beaux-frères et belles-sœurs.La « relation valable » doit selon le gouvernement être « formelle, documentée et avoir été établie dans des circonstances ordinaires plutôt que dans l\u2019objectif d\u2019échapper au décret ».Une simple réservation hôtelière ne sera pas considérée comme suffisante pour qu\u2019un touriste originaire d\u2019un des six pays obtienne un visa.Aucun signe de troubles ou de panique n\u2019a été obser vé dans les heures suivant l\u2019entrée en vigueur de cette nouvelle mouture du texte, contrairement à ce qui s\u2019était produit le 27 janvier dernier lors de la mise en œuvre d\u2019une première version du décret migratoire.Agence France-Presse DÉCRET ANTI-IMMIGRATION Des volontaires volent au secours des voyageurs des pays concernés Ottawa \u2014 Justin Trudeau dit avoir livré un message de respect et de réconciliation, vendredi, aux militants autochtones qui ont installé leur tipi sur la colline du Parlement \u2014 et qui comptent y rester tout au long des célébrations du 1er juillet.Le premier ministre et sa femme, Sophie Grégoire, sont ar rivés sur place en avant- midi, alors que la capitale était plongée dans les préparatifs de la fête du Canada, qui devrait attirer une foule d\u2019un demi-million de personnes à Ottawa ce week-end.Les manifestants de Sault Ste.Marie, en Ontario, ont érigé le campement mercredi soir dans le cadre de cette «réoccupation» de quatre jours qui vise à sensibiliser les Canadiens à l\u2019histoire des Autochtones du pays, marquée par le génocide et l\u2019assimilation.Neuf d\u2019entre eux avaient initialement été arrêtés puis relâchés, avant que les autorités ne leur permettent finalement de s\u2019installer sur la pelouse principale plutôt qu\u2019en bordure du terrain.Jeudi, M.Trudeau s\u2019était dit sensible à leur message, admettant volontiers que plusieurs membres des Premières Nations n\u2019ont pas le cœur à célébrer le 150e anniversaire de la fédération.Vendredi, le premier ministre et sa femme ont passé près d\u2019une demi-heure à l\u2019intérieur du tipi avec ces militants «protecteurs de l\u2019eau».M.Trudeau était de passage afin de prendre part aux répétitions du grand événement de samedi.Les militants ont dit avoir été mis au parfum de la venue du premier ministre quand la Gendarmerie royale du Canada s\u2019est présentée pour fouiller le tipi.Le groupe autochtone a salué la visite du premier ministre, mais a toutefois laissé savoir que cela ne mettrait pas nécessairement fin à sa présence sur la colline.«Il y a du travail que nous devons faire pour nous- mêmes, indépendamment du pays du Canada», a dit l\u2019une des personnes ayant pris part aux discussions, Ashley Courchene.Justin Trudeau et Sophie Grégoire sont restés environ 30 minutes à l \u2019intérieur du tipi, s\u2019entretenant avec quatre personnes.Une vidéo publiée sur You- Tube montre le premier ministre assis les jambes croisées, ses chaussures retirées, écoutant la militante Candace Day Neveau réclamant que l\u2019actuel ministère des Affaires autochtones et du Nord soit renommé pour inclure la notion du respect des traités, et que l\u2019actuelle Loi sur les Indiens soit supprimée.«Nous devons aller au-delà de la Loi sur les Indiens, nous devons mettre fin à la Loi sur les Indiens, mais nous ne pouvons pas le faire d\u2019un seul coup de stylo d\u2019Ottawa», a fait valoir le premier ministre.Éduquer la population Mme Day Neveau a expliqué que le groupe s\u2019était présenté avec l\u2019intention d\u2019éduquer la « population coloniale » sur la façon dont les peuples autochtones sont « constamment traités ».Si l\u2019objectif de cette «réoccupation» n\u2019était pas une rencontre avec M.Trudeau, celle-ci signifie tout de même que la voix du groupe a été entendue, a estimé Mme Day Neveau.« Nous voulons démontrer que nous sommes ici avec générosité et amour dans nos cœurs et nous avons prouvé cela.» Le tipi pourrait être démonté samedi après-midi, mais un consensus à cet effet devra d\u2019abord être trouvé au sein du groupe, a expliqué Mme Courchene.La Presse canadienne 150E ANNIVERSAIRE DU CANADA Justin Trudeau à la rencontre des militants autochtones Les manifestants ont érigé un tipi sur la colline du Parlement pour sensibiliser les Canadiens à l\u2019histoire des autochtones du pays STEPHEN CARR ASSOCIATED PRESS L\u2019Association des avocats immigrants américains a érigé vendredi un kiosque improvisé à l\u2019aéroport international de Los Angeles.Des militants opposés à la politique migratoire de Donald Trump ont aussi manifesté Ce sera le meilleur moment d\u2019en jaser de façon ouverte Sylvain Gaudreault, porte-parole du Parti québécois en matière d\u2019environnement « » Il y a du travail que nous devons faire pour nous-mêmes, indépendamment du pays du Canada Ashley Courchene, militante autochtone « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 J U I L L E T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au 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constater le pouvoir presque sans limites des acteurs [du recrutement] et du niveau de dépendance des travailleurs envers eux», poursuit Mme Gesualdi-Fecteau.Frais et contrats Au-delà de leurs craintes, des travailleurs ont néanmoins montré du doigt les frais exorbitants qu\u2019ils disent s\u2019être fait facturer par les intermédiaires de recrutement.Cer tains ont même contracté des prêts les obligeant à mettre leur maison en garantie, ce qui n\u2019est pas sans les placer dans une dynamique de soumission vis-à-vis de leur employeur, croit Dalia Ge- sualdi-Fecteau.Les travailleurs ont également exprimé un malaise envers les contrats, qu\u2019on ne prenait pas le temps de leur expliquer.La plupar t l \u2019ont signé dans les bureaux du recruteur (84 %), mais certains (8 %) l\u2019ont paraphé in ex- tremis à l\u2019aéroport.La majorité a dit n\u2019avoir jamais eu de copie, et parfois le contrat n\u2019était même pas en espagnol.« C\u2019est toujours comme ça : on nous fait signer rapidement, la plupart du temps les papiers sont en anglais et c\u2019est difficile de dire quoi que ce soit », raconte un travailleur recruté par Amigo laboral qui veut garder l\u2019anonymat.Juan Godoy se souvient sur tout des nombreux allers-retours en autobus qu\u2019il a dû faire, à ses frais, entre son village et la capitale.«Rien que ça, ça m\u2019a coûté au moins 5000 quetzales [880 dollars], dit-il.Parfois, on nous appelait et on devait être quelques heures plus tard à la ville et là-bas, on nous faisait attendre des heures pour de la paperasse.[\u2026] Il fallait obéir.» Toutefois, il dit ne pas avoir payé plus que 3500 GTQ (620 $CAN) pour le processus de recrutement lui -même, comprenant le visa (environ 150 $CAN), l\u2019examen médical et des frais de service pour remplir les papiers.Depuis cette année, l\u2019employeur ne paie plus les quelque 200 $ pour le Certificat d\u2019acceptation du Québec, contrairement au travailleur migrant.Des escrocs autour Vérification faite, ce montant de 620$ correspond à ce qu\u2019Amigo laboral exige à ses clients et rien de plus, assure Karla Villamar.« On fait même signer un papier aux travailleurs leur expliquant que c\u2019est là le total des coûts qu\u2019ils devront payer.» Elle ne nie pas qu\u2019il peut y avoir de la corruption autour de ses activités de recrutement, par des gens qui prétendent agir au nom de la firme.«Je suis triste parce que j\u2019aime mon pays et ses habitants.Mais c\u2019est un mal du système.» D \u2019autres escrocs exigent de l \u2019argent en échange d\u2019une aide pour remplir les papiers ou la garantie d\u2019une place dans le programme de travailleurs migrants.« 9 % des répondants ont répondu qu\u2019ils devaient aussi payer des frais à un \u201cintermédiaire\u201d [\u2026] soit une personne ayant des liens avec Amigo laboral qui promettait au travailleur migrant \u201cqu\u2019il allait être embauché\u201d », souligne l\u2019étude.Un des travailleurs interrogés a même confié avoir payé 15 000 GTQ [2600 $CAN] à un intermédiaire.Karla Villamar déplore l\u2019impact de cette mafia sur son entreprise.«Ça contribue à salir notre nom.» Il y a un an, la FERME a cessé abruptement de faire affaire avec Amigo laboral.Serait-ce pour les rumeurs d\u2019escroquerie qui entachait sa réputation ?Mme Villamar ne le croit pas.«Mais on a posé la question à plusieurs reprises, et on n\u2019a jamais eu de réponse valable.» Malgré nos demandes répétées, la FERME n\u2019a pas répondu à toutes les questions du Devoir.Problème d\u2019encadrement Selon Irene Palma, vice-présidente de l\u2019Institut centraméricain d\u2019études sociales et développement, de nombreux efforts ont été faits par le gouvernement guatémaltèque pour démanteler ces réseaux d\u2019arnaqueurs qui s\u2019en prennent aux travailleurs migrants.Des opérations policières ont mené à l\u2019arrestation de 20 escrocs qui auraient fait un total de 5000 victimes.À l\u2019heure actuelle, rien, dans ce pays, n\u2019encadre les agences de recrutement.Mais le ministère du Travail travaille à un projet de règlement qui serait dans sa phase finale, explique Mme Palma.«Le [bureau canadien] des visas va seulement pouvoir traiter les demandes venant des agences approuvées par le ministère.» Comme les lois canadiennes et québécoises ne peuvent s\u2019appliquer au-delà de leurs frontières, il est recommandé que les législateurs d\u2019ici régulent les agences de recrutement, généralement mandataires des travailleurs, et les obligent à obtenir une accréditation de l\u2019ambassade du Canada.Il s\u2019agirait de modifier les règles du PTET pour rendre illégaux tout paiement de frais administratifs et tout paiement à des « intermédiaires ».« Les frais administratifs, comment se fait-il que ce soient les travailleurs qui paient ça?Et j\u2019irais plus loin : compte tenu du salaire moyen de 380 $CAN par mois au Guatemala, comment ça se fait qu\u2019on fait payer le visa et l\u2019examen médical par le travailleur et non l\u2019employeur ?» demande Dalia Gesualdi-Fecteau, qui a également été avocate à la Commission des normes du travail.La responsabilité des employeurs La professeure de droit n\u2019hésite pas à évoquer la responsabilité des producteurs agricoles qui font appel à cette main-d\u2019œuvre.«Qui profite du travail des intermédiaires de recrutement ?Ce sont les employeurs.Mais leur participation dans le processus est nulle.» Isabelle Charbonneau, copropriétaire de Frai- seBec à Sainte-Anne-des-Plaines, l\u2019admet candidement : «Le recrutement comment il se fait?Aucune idée ! » lance cette entrepreneure qui accueille une centaine de travailleurs migrants dans ses champs.«Mais moi, si je veux aller travailler en Alberta ou si je veux un permis pour conduire classe 4B, ça va me coûter des sous.Et on ne se le cachera pas, ces travailleurs-là font beaucoup d\u2019argent.[\u2026] Entre 10 000$ et 24 000$.» Phénomène marginal, d\u2019autres entrepreneurs agricoles font le recr utement eux- mêmes.C\u2019est le cas de Guy Pouliot, de la fraisière Onésime Pouliot à Saint-Jean-de-l\u2019Île-d\u2019Orléans, qui fait passer des entrevues en espagnol sur place.« J\u2019of fre le service aux autres entreprises du coin», explique-t-il.Toutefois, ses travailleurs sont des Mexicains et viennent non pas en ver tu du PTET, mais plutôt du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS), une vieille entente entre le Canada et le Mexique et les Antilles.«On fait affaire avec le gouvernement mexicain directement », note M.Pouliot.Selon lui, le processus est plus fiable et moins cher qu\u2019au Guatemala.Le comportement des employeurs change- rait-il s\u2019ils savaient que des frais abusifs étaient facturés aux travailleurs étrangers?Encore fau- drait-il définir ce qu\u2019est « abusif », dit Isabelle Charbonneau, qui siège aussi au conseil d\u2019administration de la FERME.« Ce n\u2019est pas moi qui sors l\u2019argent de leur poche.[\u2026] Ils ne sont pas obligés de venir.» Le besoin pour ce type de travailleurs migrants semble trop crucial.«Moi, tu me les enlèves demain matin et je n\u2019ai plus de ferme», dit Guy Pouliot.À quand une certification des produits agricoles à la manière du label équitable ?Dalia Ge- sualdi-Fecteau ne croit pas que cela réglerait le problème.«La responsabilité est plus facile à reporter sur les grosses multinationales que sur l\u2019agriculteur de Saint-Rémi », dit-elle.Une liste noire des fermes ferait trop de tor t au marché\u2026 et aux travailleurs eux-mêmes.« Il faut s\u2019assurer que le travailleur, peu importe ce qui arrive, va être replacé ailleurs.Parce que sinon, encore une fois, c\u2019est lui qui va écoper.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SEMEURS Découvrez la chaleureuse et intime chapelle Notre-Dame-de-la-Résurrection.Messes de funérailles Messes commémoratives mensuelles Musiciens professionnels Liturgie de la Parole à la mémoire du défunt Renseignez-vous sur nos services et les célébrations 514 735-1361 cimetierenotredamedesneiges.ca Bien plus qu\u2019un cimetière arrêtaient, il y aurait beaucoup de femmes dans les rues pour contester», précise-t-elle.Combat juridique À cette époque, les Québécoises étaient tout aussi mobilisées pour revendiquer leur droit à l\u2019autodétermination.«Elles voulaient se dégager des lois patriarcales, prendre leurs propres décisions sur leur corps et se libérer de la contrainte de la reproduction», explique Francine Descar- ries, professeure au Département de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal et directrice du Réseau québécois en études féministes, le RéQEF.Si la province n\u2019avait pas encore légiféré à ce sujet, elle autorisait depuis 1969 l\u2019interruption de grossesse, mais dans certains centres hospitaliers uniquement et à condition de passer devant un comité sur l\u2019avortement thérapeutique.Ce comi té , « const i tué major i ta irement d\u2019hommes médecins », évaluait si la santé ou la vie de la femme enceinte était en danger avant de permettre toute opération.C\u2019est seulement en 1988 que l\u2019avortement est devenu officiellement légal.Dans la décision de Morgentaler, la Cour suprême du Canada a déclaré que l\u2019article du Code criminel criminalisant l\u2019avortement était inconstitutionnel.Aux yeux de Francine Descarries, Simone Veil n\u2019a pas directement influencé le Québec, qui luttait déjà pour faire reconnaître ce droit, mais l \u2019existence de sa loi a encouragé les femmes à ne pas baisser les bras.« Elle a su concrétiser d\u2019un point de vue législatif une revendication portée par des mouvements de femmes à travers plusieurs pays.» Au Canada, la lutte pour le droit à l\u2019avortement a même été celle qui a rallié le plus de femmes d\u2019ethnies, de religions, de langues et de milieu différents, selon la professeure.Une femme inspirante De son côté, l\u2019ancienne première ministre du Québec Pauline Marois estime avoir été fortement influencée par Simone Veil, tant dans son parcours politique que féministe.Ministre de la Famille dans le gouvernement de Jacques Parizeau en 1994, Mme Marois a eu l\u2019occasion de rencontrer et de discuter avec Mme Veil lors d\u2019un déplacement en France dans le cadre de ses fonctions.«Ç\u2019a été une rencontre déterminante dans ma vie, se souvient-elle.Je tenais absolument à rencontrer cette féministe qui por tait les mêmes valeurs que moi.» Elle s\u2019avoue encore impressionnée par son accueil «d\u2019une grande simplicité» et par la « richesse» de leurs échanges «d\u2019égal à égal ».Elle considère son combat pour l\u2019avortement comme « remarquable ».« Elle a su saisir une réalité, même si elle n\u2019adhérait pas totalement aux valeurs du projet qu\u2019elle défendait.Elle a su reconnaître l\u2019importance que cela avait pour l\u2019ensemble des femmes», soutient-elle.Mme Marois regrette cependant que son nom reste uniquement attaché à cette avancée historique pour les droits des femmes dans l\u2019esprit des Québécois.« Elle a été ministre dans deux gouvernements, elle a aussi été la première présidente élue au Parlement européen.» « Sans oublier son entrée à l\u2019Académie française en 2010, renchérit l\u2019écrivaine québécoise Marie-Ève Lacasse.Elle a gravé sur son épée le numéro qu\u2019elle portait tatoué sur son bras », se rappelle-t-elle.Un matricule en réalité, un douloureux souvenir de sa déportation dans les camps de concentration nazis d\u2019Auschwitz-Bir- kenau et de Bergen-Belsen alors qu\u2019elle n\u2019était âgée que de 16 ans.Simone Veil incarnait en France la mémoire de la Shoah.«Malgré tout ce qu\u2019elle a vécu, elle a toujours œuvré pour la paix », laisse tomber Marie-Ève Lacasse, pleine d\u2019admiration dans la voix.Établie depuis une douzaine d\u2019années en France, l\u2019auteure a reçu en mai dernier le Prix spécial du jury du prix littéraire Simone Veil, pour son roman Peggy dans les phares.Un prix dont elle s\u2019est dite très fière, en cette journée de perte.« C\u2019est comme être récompensé par une bonne étoile.» Quand la tragédie rend plus fort «Je ne suis pas timide, mais cette femme était intimidante de par cette force qu\u2019elle s\u2019était construite en sortant des camps de concentration», confie quant à elle l\u2019animatrice Denise Bombardier, qui a eu l\u2019occasion de la rencontrer lors d\u2019une entrevue pour Radio-Canada.La journaliste ne tarit pas d\u2019éloges à son sujet, avouant lui avoir envoyé un bouquet de fleurs après leur conversation.«C\u2019est la seule personne interviewée pour qui je l\u2019ai fait.Je voulais la remercier pour ce qu\u2019elle était [\u2026] une femme admirable, sensible et intelligente.Une femme d\u2019exception.» À ses yeux, la tragédie qui a touché Simone Veil dans son enfance l\u2019a rendue plus forte par la suite.Et son parcours a pourtant été semé d\u2019embûches.Critiquée à maintes reprises par ses homologues à l\u2019Assemblée nationale, «elle a été politiquement parfaite, ne faisant jamais preuve de rectitude, elle était d\u2019une telle correction».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 IMMORTELLE GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Juan Godoy estime avoir été floué par ceux qui l\u2019ont recruté au Guatémala pour travailler au Québec.l\u2019avortement ici.Mais est-ce qu\u2019on peut vraiment détacher la loi du personnage?» lance Louise Ga- reau, féministe affirmée et ancienne infirmière, qui a consacré une grande partie de sa vie à défendre le droit à l\u2019avortement au Québec.En France durant les années 1970, dans le cadre d\u2019un stage professionnel, cette retraitée de 77 ans a eu « la chance » d\u2019être aux premières loges et de connaître les débuts de l\u2019application de la loi Veil.Mais avant même de partir pour l\u2019autre continent, Louise Gareau était déjà sensible au débat, recevant de plus en plus de patientes qui ne voulaient ou ne pouvaient pas garder leur enfant.« Il faut avoir travaillé avec des femmes dans la misère, des femmes seules ou même des prostituées pour comprendre, confie-t- elle.Certaines se faisaient avorter clandestinement, avec les risques de santé et de légalité qui viennent avec.Comment ne pas être pour l\u2019accès à l\u2019avortement après ça?» Assister au développement de la pratique en France a convaincu Mme Gareau de continuer son combat, de retour à Québec.Avec l\u2019aide d\u2019infirmières et de médecins, elle a ouvert en 1980 un centre de santé des femmes où se faisaient des avortements de façon illégale.«C\u2019était toléré parce que les autorités savaient que, si elles nous Née le 13 juillet 1927 à Nice, dans une famille juive et laïque, la jeune Simone Veil et ses proches n\u2019ont pu échapper aux camps de concentration nazis, où elle a perdu ses parents et son frère.Marquée par cet événement tragique, Simone Veil s\u2019est engagée pendant le reste de sa vie dans les combats emblématiques de son époque, de la condition des femmes à la défense de l\u2019Europe.Première femme ministre d\u2019État en France, elle a aussi présidé le premier Parlement européen.Titulaire du ministère de la Santé dans le gouvernement Mitte- rand, elle fait notamment adopter la loi sur l\u2019interruption volontaire de grossesse.Personnalité féminine préférée des Français, selon un sondage de 2014, elle a été élue en 2008 à l\u2019Académie française, devenant alors la sixième femme à rejoindre les Immortels.Dans les dernières années de sa vie, elle livre un récit émouvant de sa déportation dans son autobiographie, Une vie, alors présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle était restée présidente d\u2019honneur.Agence France-Presse Une brève biographie "]
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