Le devoir, 23 septembre 2017, Cahier I
[" La 5e édition des Journées de la relève en recherche s\u2019est tenue les 21 et 22 septembre, à Québec.Coorganisé par l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas) et les Fonds de recherche du Québec, cet événement est notamment l\u2019occasion de célébrer l\u2019apport des étu- diants-chercheurs au système de recherche québécois dans le cadre d\u2019une remise de prix.Le Devoir vous présente ici les lauréats de l\u2019édition 2017.Prix Acfas \u2013 IRSST Concilier santé et sécurité au travail I 3 Prix du Concours de vulgarisation de la recherche I 4 LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 SEPTEMBRE 2017 CAHIER SPÉCIAL I Durant deux jours, jeudi et vendredi derniers, 225 étudiants inscrits à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat pour certains se sont donné rendezvous à Québec, dans le cadre des cinquièmes Journées de la relève en recherche.Un événement coor- ganisé par le Fonds de recherche du Québec (FRQ) et l\u2019Association pour le savoir francophone (Acfas) et destiné à mieux outiller les jeunes chercheurs à la recherche de débouchés.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale «L\u2019 objectif du doctorat, c\u2019est de développer à la fois des connaissances de pointe et ses capacités de recherche, indique le président de l\u2019Acfas, Frédéric Bouchard.Des compétences qui peuvent être utiles dans bien des secteurs de la société.Trop de gens croient que seules les universités ont besoin de doctorants.Mais tant les entreprises que les OBNL [organismes à but non lucratif] ou encore les ministères ont besoin de gens ayant des connaissances pointues et capables par exemple d\u2019interpréter des résultats de recherche.» M.Bouchard, par ailleurs professeur titulaire au Département de philosophie et doyen de la Faculté des arts et des sciences de l\u2019Université de Montréal, explique que le nombre de doctorants a considérablement augmenté ces dernières années sans que de nouveaux postes de professeurs se soient ouverts.Résultat : de plus en plus d\u2019étudiants en fin de troisième cycle doivent trouver du travail en dehors de l\u2019université.Une réalité à laquelle ils rechignent ?«Pas nécessairement, répond-il.Seulement, la carrière universitaire leur semble la plus naturelle et ils n\u2019ont souvent pas imaginé faire autre chose.Nous devons les sensibiliser à cette possibilité plus que nous le faisons au- jourd\u2019hui.Il ne s\u2019agit pas de les décourager de rester à l\u2019université \u2014 parce que nous avons besoin d\u2019eux \u2014, mais de leur ouvrir des perspectives.En leur montrant que leurs connaissances pourraient bénéficier à toute la société s\u2019ils décidaient d\u2019embrasser une autre carrière.» Employabilité Certains ateliers proposés ces deux derniers jours à Québec portaient donc justement sur l\u2019employabilité des jeunes chercheurs et leur capacité à trouver un travail après plusieurs années passées à travailler \u2014 souvent seuls \u2014 sur un sujet assez hermétique pour le commun des mortels.Comment réussir un entretien ?Comment convaincre un employeur que son parcours apportera une réelle valeur ajoutée à ses services?« De ce point de vue, le Canada et le Québec sont des sociétés en retard par rapport à d\u2019autres pays de l\u2019OCDE, note Frédéric Bouchard.Nous constatons une sous- performance en matière d\u2019innovation organisationnelle et sociale.» Un manque d\u2019innovation qui fait en sor te que le monde non universitaire continue à embaucher dans ses bassins traditionnels, faisant ainsi barrage à la diversité, pourtant reconnue aujourd\u2019hui comme vecteur d\u2019innovation.Un cercle vicieux en quelque sorte.«Il y a des secteurs, comme la haute technologie ou la pharmacie, qui sont plus habitués à recruter des doctorants, précise le président de l\u2019Acfas.Les occasions y sont plus visibles.Mais prenons le secteur des politiques publiques : il y a icide la place pour des diplômés de maîtrise ou de doctorat, et certains y font déjà de belles carrières.Mais ce n\u2019est pas un débouché auquel les étudiants pensent d\u2019emblée.» La vie après le doctorat VOIR PAGE I 2 : DOCTORANTS Relève en recherche I S T O C K R E L È V E E N R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 S E P T E M B R E 2 0 1 7 I 2 Financement Et pourtant, certains d\u2019entre eux auront à y penser plus tôt qu\u2019ils ne l\u2019auraient souhaité.En avril dernier, le rapport Naylor révélait que la recherche fondamentale manquait cruellement de financement au Canada, en raison des compressions subies dans le secteur ces dix dernières années.Le gouvernement fédéral avait promis de réinvestir rapidement, mais l\u2019argent se fait toujours attendre.« C\u2019est la relève qui en pâtit, car c\u2019est souvent le premier poste budgétaire qui tombe , explique Frédéric Bou- chard.C\u2019est problématique, car nous avons des étudiants motivés et pleins de talent qui ont beaucoup à nous offrir, mais qui se voient obligés de mettre un terme à leur carrière de façon abrupte faute de financement.» D\u2019où la tenue d\u2019un atelier pratico-pratique sur la production des demandes de bourse, ou comment mettre toutes les chances de son côté pour obtenir le financement désiré.Car les Journées de la relève en recherche ne font pas que regarder vers l\u2019avenir.Elles ont également comme objectif d\u2019outiller les étudiants chercheurs dans leur travail de tous les jours.Certains ont ainsi suivi un atelier sur l\u2019art et la manière de gérer son stress durant les études, d\u2019autres sont allés chercher des trucs pour bien rédiger leur mémoire ou leur thèse.D\u2019autres encore ont pu prendre des renseignements sur les possibilités offertes en matière de mobilité internationale.Communication « De nombreux ateliers ont également porté sur la communication, souligne le président de l\u2019Acfas.Comment bien partager ses résultats à la fois avec les non-universitaires, mais aussi à l\u2019intérieur même de l\u2019université?Parce que de plus en plus de recherches sont interdisciplinaires.Savoir vulgariser est devenu important, mais aussi savoir utiliser les réseaux sociaux.Il s\u2019agit d\u2019être capable de traduire pour différents publics nos passions en recherche.» Parce que de la passion, il y en a, et du talent aussi, ajoute-t-il.Résultat : les chercheurs québécois présentent des résultats d\u2019une très grande qualité, et ayant un rayonnement bien plus important que ce que la taille de la province pourrait laisser présager, juge-t-il.«Nous sommes reconnus à l\u2019étranger alors que nous sommes une toute petite société de recherche, conclut-il.Si l\u2019on regarde le nombre de publications, de citations ou encore de prix internationaux, le Québec a une influence réelle dans le monde scientifique.Mais cette bonne santé va devenir de plus en plus fragile si le financement promis ne survient pas rapidement.» SUITE DE LA PAGE I 1 DOCTORANTS La relève scientifique québécoise en ingénierie de l\u2019eau possède dans ses rangs une chercheuse prometteuse en la personne de Marie-Ève Jean.La jeune chercheuse, lauréate du prix Acfas Ressources naturelles, a déjà tout un parcours derrière elle qui laisse présager un bel avenir professionnel.PRIX ACFAS \u2013 RESSOURCES NATURELLES, PARRAINÉ PAR RESSOURCES NATURELLES CANADA Quand l\u2019étude en génie des eaux devient une véritable passion S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale L a doctorante Marie-Ève Jean croit qu\u2019il y a beaucoup de pain sur la planche dans le domaine du génie des eaux.C\u2019est la raison pour laquelle son parcours universitaire gravite autour de l\u2019eau.Réduire les débordements des réseaux d\u2019égout En pause pour un congé de maternité, Mme Jean poursuivra bientôt sa recherche à l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS) Eau Terre Environnement pour trouver des moyens de réduire les débordements des réseaux d\u2019égout unitaires en intégrant des mesures de contrôle à la source et en temps réel.Le projet constitue un des volets d\u2019un vaste programme de recherche qui s\u2019intéresse notamment à la qualité de l\u2019eau et à l\u2019efficacité des pavés filtrants et des réseaux d\u2019égout séparés.En association avec la firme de génie-conseil Tetra Tech CSO, Mm e Jean examinera comment la combinaison des mesures de contrôle à la source et en temps réel peut réduire les rejets d\u2019eaux pluviales dans les cours d\u2019eau.Mais d\u2019abord, qu\u2019est-ce que ces mesures ?Le contrôle à la source se traduit, par exemple, par l\u2019aménagement de bassins de rétention où les eaux pluviales se dirigent, surtout lors de grosses pluies.Elles se retrouvent là plutôt que dans le réseau d\u2019égout, ce qui réduit la pression sur ce réseau.Le contrôle en temps réel consiste à optimiser le réseau à l\u2019aide d\u2019outils informatiques qui permettent par exemple de dévier les surplus d\u2019eau dans certaines conduites vers d\u2019autres moins sollicitées.Lors de grosses pluies, cela doit pouvoir se faire en temps réel pour que la mesure soit efficace.Pourquoi est-ce si important d\u2019étudier ces aspects ?Au Québec, comme dans bien d\u2019autres endroits dans le monde, la majorité des réseaux d\u2019égout sont unitaires (sauf dans les nouveaux quartiers), ce qui signifie qu\u2019ils évacuent à la fois les eaux domestiques et les eaux pluviales.Or, un réseau unitaire cause des problèmes lors de grosses averses, car les eaux mélangées sont acheminées vers les stations d\u2019épuration où elles sont traitées.Les eaux pluviales ne nécessitent cependant pas un traitement aussi poussé que les eaux provenant des égouts sanitaires.Cela se traduit par une hausse des coûts de traitement et parfois, par des débordements aux graves conséquences (ex.: inondations).Adopter des mesures pour réduire le volume des eaux pluviales devient donc un enjeu économique et environnemental.Mme Jean examinera s\u2019il existe une méthode ef ficace pour réduire les coûts des deux mesures de contrôle qu\u2019elle étudie.« Nous souhaitons aussi rendre plus accessibles ces mesures pour les petites municipalités, car les grandes villes comme Montréal et Québec les appliquent déjà.» Un parcours remarquable L\u2019intérêt de Marie-Ève Jean pour l\u2019eau remonte à plusieurs années.Selon elle, les questions entourant ce sujet constituent une préoccupation universelle qui touche la planète entière.« J\u2019ai opté pour ce domaine d\u2019études parce que j\u2019ai un grand intérêt pour la coopération internationale et la protection de l\u2019environnement, et je souhaite m\u2019investir dans ces domaines», affirme-t-elle.En 2013, elle complétait donc un baccalauréat en génie des eaux à l\u2019Université Laval.Durant ses études, elle a fait une session en Argentine où elle a pu parfaire sa connaissance de la langue espagnole et mieux comprendre comment est gérée l\u2019eau dans ce pays.Très impliquée dans sa communauté, elle donnait aussi durant cette période des conférences dans les écoles primaires et secondaires sur les problématiques d\u2019accès à l\u2019eau dans le monde.Par la suite, Marie-Ève Jean entreprenait une maîtrise en gestion des barrages à des fins d\u2019irrigation à l\u2019Université de l\u2019Alberta, qu\u2019elle a terminée en 2015.Un stage de quatre mois à l\u2019UNESCO a suivi, au cours duquel elle s\u2019est intéressée aux enjeux d\u2019accès à l\u2019eau dans le monde.En 2016, elle amorçait le doctorat qu\u2019elle poursuit en ce moment.Un an plus tard, elle rempor tait la prestigieuse bourse d\u2019études supérieures Vanier.Cette bourse d\u2019excellence est attribuée en tenant compte de plusieurs facteurs dont l\u2019excellence de la recherche du candidat, son leadership et son implication dans la communauté.Enfin, l\u2019intérêt pour l\u2019eau et l\u2019environnement de Marie-Ève Jean prend parfois une tournure plus « pratique ».C\u2019est ainsi qu\u2019elle et cinq autres étudiants de l\u2019INRS ont développé une application web et mobile, appelée Go-Explo, éducative et ludique, qui vise à valoriser le fleuve Saint-Laurent.LINKEDIN Les travaux de Marie-Ève Jean se concentrent sur la recherche de moyens pour réduire les débordements des réseaux d\u2019égout unitaires.Frédéric Bouchard Les autres lauréats Prix de thèse en cotutelle Québec-France et France-Québec Parrainés par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie et le consulat général de France à Québec Jean-Sébastien Boisvert, Université de Montréal et Université de Perpignan Kevin Cazelles, Université de Montpellier et Université du Québec à Rimouski Prix ADESAQ Parrainés par l\u2019Association des doyennes et des doyens des études supérieures au Québec et les Fonds de recherche du Québec Sciences naturelles et génie : Emily Coffrey, Université McGill Sciences de la santé : Jean-François Lemay, Université de Sherbrooke Sciences sociales et humaines, arts et lettres : Katharine Glover, Université McGill Jean-Sébastien Boisvert Kevin Cazelles Emily Coffrey Jean-François Lemay Katharine Glover R E L È V E E N R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 S E P T E M B R E 2 0 1 7 I 3 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.MAÎTRISE Poursuivre une vie active sans souffrance physique C A M I L L E F E I R E I S E N Collaboration spéciale L a lauréate du prix Acfas \u2013 IRSST maîtrise, parrainé par l\u2019Institut de recherche Robert- Sauvé en santé et en sécurité du travail, Marie- Christine Richard, vient d\u2019entrer dans la phase d\u2019analyse de sa recherche.Pour cela, elle a d\u2019abord recueilli des données auprès d\u2019une quinzaine de personnes à travers des rencontres individuelles.« J\u2019ai interrogé des gens qui ont un travail manuel, par exemple menuisiers ou manutentionnaires, et des gens pour qui le travail physique constitue 30 à 40 % de leurs tâches, comme des commis de bibliothèques au comptoir, mais qui doivent parfois ranger des livres dans les étagères », précise-t-elle.Il n\u2019y avait pas de critère de diagnostic, mais toutes ces personnes souffraient de douleurs chroniques, comme des maux de dos ou d\u2019articulations.C\u2019est le cas d\u2019un quart des gens de plus de 50 ans.Or ce sont eux que les entreprises vont de plus en plus devoir inciter à rester plus longtemps en poste.«Je ne pense pas que cela va être rare, bientôt, de voir des gens de 55 ans et plus se maintenir au travail et je pense qu\u2019il faut se préoccuper de savoir qui sont ces gens.» Physiothérapeute en clinique pendant plusieurs années, Mme Richard connaît bien la récurrence de ces problèmes de santé chez cette population.Aussi professionnelle de recherche au sein du Centre d\u2019action en prévention et réadaptation de l\u2019incapacité au travail de l\u2019Université de Sherbrooke, elle s\u2019est intéressée dans ses précédents travaux à l\u2019incapacité au travail et l\u2019absentéisme.Cette fois, ces entrevues lui ont permis de comprendre les raisons qui poussent des gens affaiblis physiquement à continuer leur travail.Pour certains, il s\u2019agit de subvenir aux besoins de la famille, tandis que d\u2019autres font davantage référence à des valeurs associées au travail.« C\u2019est important de comprendre comment les gens perçoivent leur travail, si c\u2019est un objet pour se réaliser, etc.» Elle a d\u2019ailleurs remarqué que, si le travail est central dans la vie de ces personnes, celles-ci vont avoir tendance à accepter davantage la douleur, ou encore à changer leurs activités hors du travail.«Ces gens-là vont cesser de faire des choses pour pouvoir aller travailler le lendemain», rap- porte-t-elle.Ce coût sur la vie sociale doit aussi être pris en compte, pense la chercheuse.Une recherche novatrice Il s\u2019agit d\u2019une étude exploratoire, indique Mme Richard, car il existe très peu d\u2019informations à ce sujet.« Il y a très peu de données sur les gens qui restent.On parle plus de ceux qui s\u2019absentent.» Pourtant, le taux d\u2019emploi de ces personnes était de près de 60 % au Canada d\u2019après les données de l\u2019OCDE en 2011, et de 54 % pour le Québec seul.Dans d\u2019autres pays européens, le taux était parfois plus significatif, comme en Suède où ce chif fre dépassait 70 %.En revanche, en France, à peine plus de 40 % de personnes de 55 ans et plus travaillaient.Ce prix Acfas constitue donc une belle reconnaissance quant au fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un sujet important, considère Mme Richard.« C\u2019est un encouragement à continuer dans cette direction, et ainsi voir quel impact on peut avoir sur la population au travail », pense-t-elle.Perspectives d\u2019avenir L\u2019étude pourrait d\u2019ailleurs servir aux entreprises à lancer des pistes de réflexion, croit Mme Richard.En connaissance de cause, il sera plus facile pour ces dernières de développer des outils pour venir en aide à ces employés aux besoins spécifiques.Parmi les facteurs à mettre en avant, la chercheuse cite la flexibilité des horaires de travail et le soutien physique aux employés pour accomplir certaines tâches.«Bien sûr, la taille de l\u2019entreprise joue ainsi que les milieux professionnels : s\u2019il y a suf fisamment de main-d\u2019œuvre ou une pénurie par exemple», nuance-t-elle.Marie-Christine Richard espère avoir terminé son mémoire, sous forme d\u2019articles qui pourront être soumis à des revues spécialisées, début 2018.Elle compte poursuivre ses études au doctorat et ainsi approfondir ses recherches, afin que des solutions concrètes puissent se dessiner.Les Québécois en âge de travailler sont de moins en moins nombreux.La population vieillit et se trouve souvent aux prises avec des douleurs musculosquelettiques.Partant de ce constat, Marie-Christine Richard, étudiante en maîtrise à l\u2019Université de Sherbrooke, tente de déterminer quels facteurs pourraient aider ces personnes de 55 ans et plus à se maintenir au travail.DOCTORAT Essayer la psychologie, c\u2019est l\u2019adopter PRIX ACFAS \u2013 IRSST, PARRAINÉS PAR L\u2019INSTITUT DE RECHERCHE ROBER T-SAUVÉ EN SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL NANCY LEE Marie-Christine Richard essaie de trouver des solutions pour prolonger la durée de travail des quinquagénaires sans que ces derniers souffrent de douleurs physiques liées à leur activité professionelle.C\u2019est important de comprendre comment les gens perçoivent leur travail, si c\u2019est un objet pour se réaliser Marie-Christine Richard, étudiante en maîtrise à l\u2019Université de Sherbrooke « » J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale Maxime For tin s\u2019est fait prendre à son propre jeu.Il a voulu ajouter à sa formation de technique policière un baccalauréat en psychologie.L\u2019idée, au départ, était d\u2019augmenter ses connaissances et de décrocher un diplôme universitaire, nécessaire pour quiconque ambitionne de monter en grade dans les corps policiers.Le voici maintenant rendu au doctorat, «accro» à la psychologie et lauréat d\u2019un prestigieux prix de la relève en recherche remis par l\u2019Associa- t i on f rancophone pour le savoir (Acfas) et parrainé par l\u2019Institut de recherche Rober t-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), le prix Acfas \u2013 IRSST doctorat.Content ?« Surpris, mais très heureux oui, admet le jeune chercheur.C\u2019est valorisant d\u2019être reconnu par de telles organisations.En recherche, chaque bourse, prix ou distinction compte pour obtenir du financement pour de prochains projets, donc ça a aussi un impact très concret.» Un trouble aux multiples visages Sa passion pour la recherche en psychologie, Maxime Fortin la consacre au traitement du trouble de stress post-trauma- tique (TSPT).Ce n\u2019est pas un hasard.À l\u2019âge de 16 ans, il s\u2019était enrôlé comme réserviste des Forces armées canadiennes, intégrant par la suite une unité de premiers répondants.Plusieurs formations l\u2019avaient a l o r s é v e i l l é a u x risques et aux conséquences du TSPT.Présentement, la thérapie cognitivo- compor tementa le (TCC), laquelle vise à modifier des pensées et des comportements problématiques, est la plus reconnue pour traiter le TSPT.Toutefois, environ 20 à 30 % des patients qui l\u2019entreprennent abandonnent en chemin.De plus, la moitié des patients ne répondent pas à ce traitement.«Environ 80% des gens souffrant de TSPT ont d\u2019autres problèmes, comme la dépression ou les troubles du sommeil, explique Maxime Fortin.Or, la thérapie ne s\u2019attaque qu\u2019au TSPT, en supposant que, si l\u2019on réussit à le traiter, les autres problèmes disparaîtront.L\u2019hypothèse que je vérifie, c\u2019est si l\u2019approche serait plus efficace en répondant à tous les besoins du patient.» Des résultats encourageants Le projet est réalisé sous la direction des Drs Ghassan El- Baalbaki et Christophe Fortin.Il s\u2019agit de rendre la TCC plus flexible, en allongeant le nombre possible de séances, lequel peut aller jusqu\u2019à 32, et en ajoutant des interventions pour traiter les problèmes connexes au trouble de stress post-traumatique.Sous la super vision du Dr Stéphane Guay, du Centre d\u2019étude sur le trauma, 60 patients font par tie du projet.Maxime Fortin souhaite déterminer l\u2019effet de la nouvelle approche sur la qualité de vie des par ticipants et sur leurs problèmes connexes comme la dépression ou les troubles du sommeil, afin de les comparer aux résultats de la méthode traditionnelle.« Nous cherchons à vérifier lequel de ces deux formats est le plus ef fi- cace pour le traitement du TSPT, dans l\u2019objectif de clarifier laquelle des deux approches est à privilégier en thérapie », précise-t-il.Les patients répondront-ils mieux au traitement et seront-ils moins nombreux à abandonner ?Les premiers résultats laissent penser que oui.« On voit une diminution des symptômes du TSPT et des autres problèmes, ainsi qu\u2019une augmentation de la qualité de v i e , c \u2019 e s t encouragean t » , conclut le chercheur.ROUMI MANDJEE Sa passion pour la recherche en psychologie, Maxime Fortin la consacre au traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT).Le trouble de stress post-traumatique peut faire dérailler une vie, et les traitements ne sont pas efficaces pour tous.Doctorant en psychologie à l\u2019Université du Québec à Montréal, Maxime Fortin propose une nouvelle approche pour mieux venir en aide aux patients.CHAPEAU AUX NOUVELLES TÊTES CHERCHEUSES PRIX ACFAS IRSST \u2013 DOCTORAT ?Santé et sécurité au travail Maxime Fortin Doctorant en psychologie CONCOURS DE VULGARISATION DE LA RECHERCHE DE L\u2019ACFAS ?Reportage vidéo Paméla Trudeau-Fisette Doctorante en linguistique «Environ 80% des gens souffrant de TSPT ont d\u2019autres problèmes, comme la dépression ou les troubles du sommeil R E L È V E E N R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 S E P T E M B R E 2 0 1 7 I 4 Prendre, et étudier, la parole P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale Pourquoi un jeune doctorant en études anciennes, déjà passablement occupé par son propre travail, voudrait-il faire de la vulgarisation de la recherche?C\u2019est pourtant le choix que fait Philippe Therrien.« Les études anciennes sont pour moi une véritable passion, raconte-t-il, et cette passion, j\u2019ai envie de la partager avec d\u2019autres personnes que mes seuls pairs.Et la vulgarisation me permet de le faire.En diffusant ainsi le savoir, j\u2019essaie de contribuer à l\u2019enrichissement de la culture générale.» Philippe Therrien amorce un doctorat en études anciennes et en théologie en cotutelle avec l\u2019Université Laval et l\u2019Université de Lausanne.Son champ d\u2019expertise est le christianisme ancien.«Je m\u2019intéresse particulièrement à la littérature chrétienne de l\u2019Antiquité.Mon approche est moins théologique, bien que la théologie soit un outil commode, que littéraire et historique.Pour moi, ces textes chrétiens sont une photo des idées qui ont cours à un moment historique précis.» L\u2019approche à la vulgarisation Le texte qu\u2019il a soumis au Concours de la vulgarisation de la recherche de l\u2019Acfas, dont il est l\u2019un des lauréats, porte sur les Clémentines.Les Clémentines comprennent deux textes, soit les Homélies et les Reconnaissances du Pseudo-Clément.Ces deux textes racontent l\u2019histoire de Clément de Rome, qui, aux prises avec des questionnements existentiels, trouve réponse auprès de l\u2019apôtre Pierre.Ces deux textes sont des écrits apocryphes, en ce sens que l\u2019on ne connaît pas avec certitude ni leur auteur ni le moment précis et le lieu de leur rédaction.On estime qu\u2019ils datent de 300 à 400 ans après Jésus- Christ.De plus, les écrits apocryphes ne font pas partie du canon chrétien, comme d\u2019autres écrits tels les quatre Évangiles et les Épîtres de Paul.D\u2019entrée de jeu, le texte de Philippe Therrien dévoile l\u2019approche qu\u2019il préconise en vulgarisation de la recherche.Il invite le lecteur à cette réflexion.S\u2019il est possible d\u2019observer la faune en regardant par une fenêtre et d\u2019y apercevoir à coup sûr au moins un écureuil, si l\u2019on veut dénicher l\u2019oiseau rare, il faudra sans doute sortir des sentiers battus.Les écrits apocryphes, selon lui, sont cet oiseau rare.«Les écrits apocryphes témoignent de la diversité des systèmes de pensée dans l\u2019Antiquité et sont la preuve du foisonnement de la vie intellectuelle à cette époque, soutient-il.De plus, aussi modernes que nous puissions être, nous demeurons les descendants et les héritiers de ces modes de pensée.» Une fois son doctorat en poche, Philippe Therrien se prépare à une carrière de professeur et de chercheur universitaire, bien qu\u2019il demeure ou- ver t à d\u2019autres possibilités.Mais peu impor te son trajet professionnel, une chose demeure.« Je vais toujours continuer à faire de la vulgarisation de la recherche, soit des miennes ou celles de mes pairs.» Les études anciennes décryptées Quand la science mène à la vulgarisation Rachel Hussherr est une jeune chercheuse qui aimerait bien mener une carrière en science tout en faisant de la vulgarisation scientifique en parallèle.«L\u2019écriture, c\u2019est ma drogue, dé- clare-t-elle, et tout m\u2019intéresse.Si c\u2019était possible, j\u2019aimerais bien faire les deux à 50-50», explique cette lauréate d\u2019un prix du Concours de vulgarisation de la recherche de l\u2019Acfas, qui rentre tout juste d\u2019une expédition de six semaines dans le Grand Nord.Le cœur à la science et à la communication PRIX DU CONCOURS DE VULGARISATION DE LA RECHERCHE, PARRAINÉS PAR LE SECRÉTARIAT À LA POLITIQUE LINGUISTIQUE DU QUÉBEC A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale «J e dois souvent spécifier que la phonétique, cela ne concerne ni la littérature ni la traduction, et que ce n\u2019est surtout pas la science de l\u2019orthographe!» souligne en riant Paméla Trudeau-Fi- sette, habituée à apporter précisions et nuances sur un sujet qu\u2019elle explore depuis le début de son baccalauréat en linguistique en 2010 à l\u2019UQAM.Lauréate de l\u2019un des prix du Concours de vulgarisation de la recherche de l\u2019Acfas, parrainés par le Secrétariat à la politique linguistique du Québec, elle voit cette reconnaissance comme un encouragement à poursuivre avec ferveur un travail de sensibilisation essentiel pour la linguistique, et surtout pour la recherche fondamentale «afin de faire comprendre ce que l\u2019on fait ».«Les gens ont tendance à croire que c\u2019est moins important parce que les résultats ne sont pas visibles dans un futur proche», déplore la doctorante.«Au contraire! Ce sont des travaux longs, exigeants, qui demandent beaucoup de ressources matérielles ou humaines; sans bourse ni subvention, on n\u2019y arrive pas.» Dans son domaine, les possibilités lui semblent infinies, et fort utiles par exemple pour les orthophonistes \u2014 dont la rareté dans nos écoles est souvent déplorée.«Nos recherches vont leur permettre d\u2019améliorer leurs évaluations et leurs interventions.» C\u2019est sans compter les développements fulgurants de la reconnaissance vocale.«Nous entrons dans un monde où la technologie de la parole sera de plus en plus présente, mais beaucoup reste à faire : comment reconnaître la voix de quelqu\u2019un qui a subi un accident, qui a un accent, ou qui marmonne?Pour l\u2019instant, ça ne marche pas.» Sortir de sa coquille Paméla Trudeau-Fisette ne cache pas sa joie d\u2019avoir participé aux Journées de la relève en recherche, consciente qu\u2019elle a encore beaucoup à apprendre, dont la façon de faire sa place dans le milieu universitaire.« Dans mon dépar tement, de jeunes professeurs veulent aussi nous aider, car rédiger un curriculum vitæ universitaire ou se préparer à une entrevue pour un poste en enseignement supérieur, ce sont des défis particuliers.» Son propre parcours ne manque pas d\u2019étonner, jalonné de nombreux prix, bourses et mentions d\u2019honneur, sans pause ni parenthèses depuis le début de son baccalauréat.Aurait-elle quelques secrets à partager pour maintenir cette ferveur ?« Très tôt, j\u2019ai intégré un laboratoire de recherche en phonétique, un travail qui m\u2019a permis de me faire connaître auprès des gens de mon programme, et de ma directrice de recherche.S\u2019impliquer dans le monde universitaire, c\u2019est une bonne façon d\u2019apprendre.» Et même si elle admet ne pas toujours être douée pour les « relations publiques », discuter avec les gens du milieu de la recherche lui paraît essentiel.« Il y a plein de choses qu\u2019il faut apprendre ailleurs que sur les bancs d\u2019école ! », conclut cette passionnée de la parole.MARIE BELLAVANCE-COURTEMANCHE Paméla Trudeau-Fisette La linguistique, cette science des langues, et la phonétique, celle de la parole, rendent perplexe l\u2019entourage de Paméla Trudeau-Fisette.Pas étonnant que cette doctorante de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) qui ne se fait jamais prier pour remettre les pendules à l\u2019heure fasse partie des lauréats du Concours de vulgarisation de la recherche.\u2022 Université du Québec à Montréal \u2022 Université du Québec à Trois-Rivières \u2022 Université du Québec à Chicoutimi \u2022 Université du Québec à Rimouski \u2022 Université du Québec en Outaouais \u2022 Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue \u2022 \u2022 \u2022 École de technologie supérieure \u2022 Télé-université www.uquebec.ca Bienvenue à Québec ! L\u2019INRS, l\u2019ENAP, la TÉLUQ et le siège de l\u2019Université du Québec sont heureux d\u2019accueillir les étudiants chercheurs et les chercheurs postdoctoraux Journées de la relève en recherche dans la vieille capitale.C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale I l y a cinq ans, Mme Hussherr est venue terminer son baccalauréat en biologie dans le cadre d\u2019un programme d\u2019échange étudiant entre l\u2019Université de Lausanne et l\u2019Université Laval.C\u2019est à cette époque qu\u2019elle écrit ses premiers ar ticles, publiés notamment dans le journal étudiant Impact Campus, de l\u2019Université Laval.Elle est ensuite entrée au service du laboratoire de biogéochimie océanique dirigé par le professeur Maurice Levasseur.« Ça m\u2019a vraiment plu, j\u2019ai donc décidé d\u2019y faire ma maîtrise », lance-t-elle.De retour du Grand Nord Sa maîtrise achevée en novembre dernier, Rachel Hussherr a trouvé un contrat de recherche pour le ministère des Pêches et des Océans du Canada.Durant six semaines cet été, elle a participé à une expédition dans la mer de Beaufort, en Antarctique.« Je suis partie là-bas en qualité de biologiste afin d\u2019échantillonner le phytoplancton, explique-t-elle, et d\u2019évaluer les concentrations en nutriments, les espèces de phytoplanctons présents dans l\u2019eau, etc.» Ce projet de recherche de Pêches et Océans, qui devrait s\u2019étendre sur trois ans, vise à caractériser l\u2019écosystème de la mer de Beaufort afin d\u2019obtenir une vision d\u2019ensemble de toute la vie marine qui s\u2019y trouve.« Si on me propose de par ticiper aux prochaines expéditions, c\u2019est sûr que ça va me faire plaisir, indique Mme Hussherr.Mais on ne sait jamais puisque comme je n\u2019ai pas de poste permanent, c\u2019est toujours au jour le jour\u2026» La chercheuse vient tout juste de rentrer du Grand Nord et ne sait donc pas trop ce qui l\u2019attend.Science, vulgarisation\u2026 ou les deux?Pour le moment, son cœur balance encore entre une carrière en recherche et la communication scientifique.Si elle était certaine de vouloir faire carrière en recherche, elle entreprendrait un doctorat.Toutefois, elle est tout autant attirée par la vulgarisation scientifique.«Je cherche encore un peu ma voie, observe-t- elle, et je pense que ça va déprendre des occasions qui se présenteront ces prochaines années.C\u2019est ce qui déterminera ce que je vais devenir.» Idéalement, son plan de carrière serait de pouvoir faire les deux, «mais seul l\u2018avenir le dira!» conclut-elle avec philosophie.SARAH THERRIEN Philippe Therrien VALÉRIE CYPIHOT Rachel Hussherr tenant une pieuvre dans sa main C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale L a u r é a t e d \u2019 u n p r i x d u Concours de vulgarisation de la recherche de l\u2019Acfas, Mme Paris vient tout juste de ter miner une maîtr ise en science de l\u2019eau au Centre Eau Terre Environnement de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS).Ses travaux sont orientés en écotoxi- cologie et visent à faciliter la détection des métaux dans les cours d\u2019eau.Plus précisément, l\u2019équipe pour laquelle elle travaille cherche à mettre au point une méthode pour améliorer la détection des métaux dans les cours d\u2019eau environnant l\u2019industrie minière, au Nu- navuk.« Le Nunavik est particulièrement concerné par cette contamination puisque c\u2019est une région en plein essor à cause du Plan Nord », précise Mme Paris.Par conséquent, la chercheuse s\u2019est rendue à cinq reprises dans cette région afin d\u2019échantillonner le périphyton, la couche gluante qu\u2019on trouve sur les roches dans les rivières.« Il s\u2019agissait pour moi de voir si le périphyton constitue un bon marqueur au Nuna- vik », explique-t-elle.C\u2019est le cas pour cer tains métaux comme le cuivre, a-t-elle ob- ser vé, mais pas nécessairement pour le cadmium.« Il faudra poursuivre nos études », indique Mme Paris.Mais ces prochains mois, Louise-Emmanuelle Paris réalisera un stage auprès de la Commission des Grands Lacs, l\u2019organisation qui regroupe le Québec et l\u2019Ontario et huit États américains, dans le but de protéger ces importantes réserves d\u2019eau.Son stage se terminera le 1er avril.« Et pour la suite, dit-elle, on verra ce que la vie m\u2019offrira.Qui sait si, là-bas, je ne découvrirai pas ma voie ?» Cap sur la vulgarisation Louise-Emmanuelle Paris confie avoir tiré deux grands constats de ses études de maîtrise.Premièrement, elle n\u2019a pas le goût de se super-spécialiser dans un domaine puisqu\u2019elle préfère apprendre «un peu sur tout», dit-elle.Deuxièmement, elle a confirmé qu\u2019elle adore avant tout la communication scientifique.En conséquence, elle se dirige à présent dans ce domaine.Il y a un an déjà, elle a créé une émission intitulée Science Énergie, diffusée sur les ondes de CKIA-FM, la radio communautaire de la région de Québec.« Je reçois des scientifiques de tous les domaines et des auteurs de livres, ce qui me permet d\u2019apprendre sur tous les sujets, dé- clare-t-elle avec ravissement.Je jubile dans ce milieu ! » Cette émission est aussi disponible en balado sur la page Facebook Science énergie CKIA FM.« M o n g r a n d p l a i s i r e n science, c\u2019est de présenter les choses différemment afin de captiver les gens», explique Mme Paris.Elle cherche ainsi à montrer qu\u2019il y a toujours une façon de rendre la matière accessible à tous.« C\u2019est le but de mon émission radio», résume-t-elle.Louise-Emmanuelle Paris est une jeune chercheuse qui vient de découvrir que ce qui la passionne avant tout dans la vie, c\u2019est de communiquer la science.Et à 27 ans, elle anime déjà sa propre émission radio de vulgarisation scientifique.LOUISE-EMMANUELLE PARIS Louise-Emmanuelle Paris R E L È V E E N R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 S E P T E M B R E 2 0 1 7 I 5 Faire le ménage entre ses deux oreilles Dans l\u2019enfer du stress des étudiants à l\u2019université M A R I LY S E H A M E L I N Collaboration spéciale É tienne Hébert étudie l\u2019impact du stress sur la santé mentale depuis des années, notamment auprès des athlètes.Il explique d\u2019emblée que le phénomène n\u2019a pas, à la base, de « couleur af fective » positive ou négative, mais qu\u2019il repose plutôt sur une soustraction toute simple : les ressources qui sont à notre disposition, moins le défi auquel on est confronté.«Quand le résultat est positif, les gens parlent rarement de stress, ils vont plutôt dire qu\u2019ils sont excités, qu\u2019ils ont hâte, mais, en fait, il s\u2019agit d\u2019une réaction de stress, explique-t-il.Le vrai terme pour parler de ça est \u201ceustress\u201d, une contraction entre euphorie et stress.La réaction positive provient de la conviction d\u2019être en pleine possession de ses moyens pour faire face au défi.» A contrario, la sensation que l\u2019on qualifie de stress découle d\u2019un résultat négatif à la formule mathématique.« Le fait d\u2019être convaincu de ne pas être en mesure de répondre à la demande engendre de la détresse, indique le doyen.Pour y remédier, il importe de bien cerner à la fois les ressources à notre disposition et les défis auxquels l\u2019on est confronté.» Une dose de réalisme, s.v.p.! D\u2019un côté de l \u2019équation, donc, on retrouve les ressources.Par là, le professeur n\u2019entend pas seulement les compétences et la formation de l\u2019étudiant, mais aussi le soutien social dont il bénéficie, que ce soit de la part de sa famille, des amis ou du conjoint, de même qu\u2019une chose aussi banale en apparence qu\u2019essentielle, le fait d\u2019avoir une routine de travail bien établie.D\u2019autre part, il y a les défis, qu\u2019il importe selon lui de départager en deux catégories.Il y a d\u2019abord ceux d\u2019ordre concret, objectifs, comme la volonté d\u2019obtenir un diplôme de maîtrise, de doctorat ou de créer un réseau de contacts en recherche.Selon le professeur, ceux-là ne posent pas problème.Il en va tout autrement des demandes plus subjectives, souvent celles que l\u2019on se fait à soi-même.Des exemples?Des étudiants ont avoué au doyen des études souhaiter écrire une thèse qui serait un programme de recherche en soi, publier quatre ou cinq articles marquants dans des revues importantes, se créer rapidement un réseau de contacts étendu et même être le meilleur étudiant qu\u2019ait connu un directeur de maîtrise ou de thèse, voire de tout le réseau de l\u2019Université du Québec ! « Le problème vient souvent des attentes complètement disproportionnées et irréalistes, ré- sume-t-il.On tombe dans l\u2019affectif avec des demandes qui n\u2019ont pas de bon sens et qui nous imposent énormément.» Être son propre bourreau Selon Étienne Hébert, il y a une limite aux stresseurs que peut encaisser une même personne, et ce, que ce soit de l\u2019eustress ou de la détresse.«Faire des études universitaires dans un autre pays, ç\u2019a beau être positif, c\u2019est aussi une énorme source de stress, illustre le psychologue.Il faut s\u2019adapter à un nouveau milieu.Trop souvent l\u2019étudiant va se dire \u201cj\u2019ai été choisi par tel directeur, je dois écrire mon projet de thèse en trois mois pour lui prouver ma valeur\u201d.» Lors de ses ateliers, qui se tiennent dans la convivialité et la bonne humeur, précise le principal intéressé, il n\u2019hésite pas à exposer aux étudiants leurs attentes ir réal istes, car c\u2019est de ce côté qu\u2019il est possible d\u2019agir.« Prouver ta valeur, qu\u2019est-ce que ça veut dire exactement ?Peux- tu m\u2019expl iquer ça en termes concrets ?Quelle est la ressource qui va te permettre de continuer à projeter ad vitam æternam cette image de l\u2019étudiant parfait que tu n\u2019es pas ?La réponse est que cette ressource n\u2019existe pas.» Plutôt que de faire comme si le stress et l\u2019épuisement n\u2019existaient pas, on gagne, selon le psychologue clinicien, à jouer car tes sur table et s\u2019avouer qu\u2019on en a trop pris, que ça déborde.« Faites une liste de vos demandes et de vos ressources, conseille-t-il.Si ça ne balance pas, vous êtes dans le trouble, arrêtez de vous conter des blagues ! » Trop souvent à son avis, la confusion règne entre ce qui est réellement attendu des étudiants et ce qu\u2019ils estiment qu\u2019on leur demande.« Il n\u2019y a pas un directeur de thèse qui veut faire échouer ses étudiants, assure-t-il.Allez leur parler ! Ils vont s\u2019asseoir et regarder avec vous.» Il ajoute que d\u2019autres ressources sont à leur disposition pour faire baisser la tension, comme le fait d\u2019avoir un plan B.« J\u2019entends souvent \u201csi je ne finis pas mon doctorat, je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie\u201d, illustre-t-il.Le plan B permet de relativiser.» Toxique et dangereux Selon Étienne Hébert, nous sommes collectivement particulièrement mauvais pour déceler nos propres symptômes et manifestations de stress.«Quand je leur demande, les étudiants me récitent : mains moites, mal de tête, fatigue, jambe molle, mal au ventre, problème de concentration, mais ça, c\u2019est parce qu\u2019ils l\u2019ont appris, explique-t-il.Mais quand vient le temps de se l\u2019appliquer à soi-même, c\u2019est une autre histoire.Je leur dis : \u201cQuand vous avez mal à la tête, quand vous dormez mal, pen- sez-vous que c\u2019est peut-être le stress?\u201d» Le psychologue essaie de les faire cheminer vers une meilleure prise en compte des symptômes.«Les gens s\u2019imaginent qu\u2019ils sont capables de tolérer des situations de stress à l\u2019infini », déplore-t-il.Pour le doyen des études, il s\u2019agit là d\u2019une autre équation assez simple.« On finit par s\u2019épuiser à gérer le stress et c\u2019est là que l\u2019on tombe malade, in- dique-t-il.Et pas seulement en tombant en dépression, en éprouvant des troubles anxieux, ou toute autre sor te de problèmes de santé mentale.Les personnes qui absorbent ou endurent le stress pendant une cer taine période vont aussi avoir des maux physiques, vont être plus susceptibles d\u2019être impliquées dans des accidents de la route, de subir des blessures physiques et de développer des troubles psychosomatiques.En fait, c\u2019est le système immunitaire qui flanche au bout d\u2019un certain temps.» Le professeur propose donc une démarche « d\u2019empowerment», parce que « le stress, ce n\u2019est pas une bibite invincible, au contraire, il faut seulement l\u2019apprivoiser».Une ambiance compétitive règne aux cycles d\u2019études supérieures et le stress aigu y est monnaie courante, notamment parce que les étudiants se mettent beaucoup de pression sur les épaules, estime Étienne Hébert, Ph.D., psychologue clinicien, professeur et doyen des études à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.Il tentera de leur venir en aide en donnant pour une deuxième année de suite un atelier spécial dans le cadre des Journées de la relève en recherche.ISTOCK Selon Étienne Hébert, Ph.D., psychologue clinicien, professeur et doyen des études à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi, il y a une limite aux stresseurs que peut encaisser une même personne, et ce, que ce soit de l\u2019eustress ou de la détresse. R E L È V E E N R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 S E P T E M B R E 2 0 1 7 I 6 Pour connaître l\u2019ensemble de nos actions pour la relève, visitez acfas.ca/releve LA RELÈVE EN RECHERCHE AU DE NOTRE PLAN STRATÉGIQUE RECHERCHE INTERNATIONALE Les étudiants québécois n\u2019ont pas une grande culture de la mobilité H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale «Chez nous, les chif fres de la mobilité internationale sont stables depuis plusieurs années, indique Nicole Lacasse, directrice des affaires internationales et de la francophonie à l\u2019Université Laval.Ça fait vingt ans que nous proposons d\u2019aller étudier à l\u2019étranger et force est de constater que nous avons atteint un plafond.On voudrait que ça accélère, on multiplie le type de mobilités proposées notamment.Mais nous n\u2019obtenons pas le succès escompté pour l\u2019instant.» Chaque année, entre 900 et 1000 étudiants de l\u2019Université Laval poursuivent leur cursus à l\u2019étranger.L\u2019établissement a conclu des partenariats avec 500 partenaires dans 70 pays : des échanges de quelques mois pour les étudiants au baccalauréat \u2014 stages, écoles d\u2019été \u2014 mais aussi, aux cycles supérieurs, des formations bi- diplomantes et des cotutelles leur permettant de passer plusieurs semestres dans des laboratoires de recherche à l\u2019étranger.Erasmus Le principal partenaire de mobilité de l\u2019Université Laval demeure la France.Entre 2011 et 2016, 1150 étudiants sont partis dans un établissement français dans le cadre du programme de mobilité internationale, soit environ le quart des candidats au départ.Dans le même temps, 2300 étudiants français ont fréquenté un programme offert par l\u2019Université Laval.« Je ne parle pas là d\u2019étudiants réguliers, précise Mme Lacasse, mais bien d\u2019étudiants qui, dans le cadre de la mobilité internationale, viennent passer un semestre ou deux chez nous.» Un partenariat privilégié assumé des deux côtés de l\u2019Atlantique puisque, sur les 78 000 Français qui étudient à l\u2019étranger, 12 500 se retrouvent dans une université québécoise, soit 16 % de l\u2019effectif.Les Français représentent également 38 % de tous les étudiants étrangers présents sur le sol québécois.Pendant ce temps, 1500 étudiants québécois étudient en France, dont 1100 en mobilité longue.«Je serais tentée de dire \u201cseulement\u201d, commente la consule générale de France à Québec et fervente défenseure de la mobilité internationale, Laurence Haguenauer.Mais il faut bien avouer que les étudiants québécois n\u2019ont pas la même culture de la mobilité que les Français.Nous avons 30 ans d\u2019Erasmus derrière nous et c\u2019est, selon moi, l\u2019une des grandes réussites de l\u2019Union européenne.» Erasmus est un programme d\u2019échange d\u2019étudiants et d\u2019enseignants entre les universités, les grandes écoles et des établissements d\u2019enseignement à travers l\u2019Europe.Un programme dont la grande majorité des étudiants profitent à un moment ou à un autre de leur cursus.«En général, les étudiants européens ne se demandent pas s\u2019ils vont partir étudier à l\u2019étranger, mais plutôt quand et où», précise la consule.Valeur ajoutée Les étudiants québécois n\u2019auraient donc pas la même culture de la mobilité que leurs homologues français.Mme Haguenauer avance notamment l\u2019idée que le territoire québécois est tellement vaste que, pour un étudiant de Sept- Îles, venir étudier à Québec peut déjà sembler être de la mobilité.Elle souligne également que le modèle d\u2019affaires des universités, qui reçoivent des subventions en fonction du nombre d\u2019élèves inscrits, peut faire en sorte qu\u2019elles hésitent à laisser partir ceux-ci\u2026 Ça ne semble cependant pas être le cas du côté de l\u2019Université Laval.Pour expliquer ce plafond que son établissement rencontre, Nicole Lacasse évoque quant à elle à la fois une crainte de la part des étudiants et des jeunes chercheurs de ne pas pouvoir valoriser ce parcours, de manquer de ressources financières ou de ne pas retrouver leur place dans leur laboratoire à leur retour, et un manque de stratégie de la part du Canada.« Le Québec encourage [les séjours à l\u2019étranger] avec des bourses, indique-t-elle.Mais au niveau du fédéral, franchement, ça pourrait être largement mieux.» Quant à savoir si ces cursus bidiplomants sont un atout dans un CV, les deux femmes en sont persuadées.Elles évoquent bien sûr les nouvelles connaissances acquises, la capacité d\u2019adaptation également, le développement de compétences en ce qui a trait à la résolution de problèmes notamment.Mais elles insistent aussi sur les nouvelles approches, les nouvelles perspectives avec lesquelles ces étudiants sont désormais capables de composer.« Beaucoup d\u2019entreprises d\u2019ici travaillent avec la France, quand elles ne sont pas tout simplement françaises, souligne Laurence Ha- guenauer.Les étudiants qui par tent en France reviennent avec une double culture.C\u2019est forcément un atout.» « Il y a des bénéfices mesurables, note quant à elle Mme Lacasse.Nous n\u2019avons pas d\u2019études canadiennes sur le sujet, mais il est prouvé, en Europe, que les étudiants qui bougent obtiennent de meilleures moyennes à leurs examens, qu\u2019ils ont un meilleur taux de placement et de meilleurs salaires après plusieurs années.» Expérience enrichissante De quoi sans doute réjouir Jean-Sébastien Boisvert, étudiant en post-doc à l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), qui cherchera du travail d\u2019ici quelques mois.Ce lauréat d\u2019un des Prix de thèse en cotutelle, parrainés par le consulat général de France à Québec et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, remis lors des Jour nées de la relève en recherche de l\u2019Acfas, a réalisé son doctorat en physique sous une cotutelle de l\u2019Université de Montréal et de celle de Perpignan, en France.Une expérience qu\u2019il referait sans l\u2019ombre d\u2019un doute\u2026 même si, lorsqu\u2019il a appris qu\u2019il devrait quitter le Québec pour poursuivre ses études, il n\u2019a pas sauté de joie.« Je n\u2019ai pas cherché à bouger, avoue-t-il.Mon doctorat était en cotutelle, je n\u2019ai donc pas eu le choix.Sur le plan de mes recherches, ç\u2019a été une grande chance parce que j\u2019ai pu ainsi travailler avec des équipes qui avaient des expertises complémentaires dans mon domaine, le plasma.Deux manières différentes de travailler et d\u2019aborder les problèmes.J\u2019ai aussi eu l\u2019occasion de voyager en Europe pour assister à des conférences.Mais pour ce qui est de l\u2019organisation et de la paperasse, ç\u2019a été très lourd et je regrette de ne pas avoir été plus soutenu par mon établissement.» Si elle admet qu\u2019on peut toujours faire mieux, Nicole Lacasse croit quant à elle que l\u2019Université Laval est bien rodée de ce côté-là.« Nous organisons des séances d\u2019information sur la mobilité internationale, puis des formations pré-dépar t, indique-t-elle.Une fois sur place, l\u2019étudiant n\u2019est pas laissé à lui-même.Et à son retour, un suivi est fait pour \u201cdébriefer\u201d et veiller à sa réadaptation.Nous avons également mis en place des cellules qui s\u2019assurent de leur sécurité lorsqu\u2019ils sont à l\u2019étranger.Lorsqu\u2019un événement survient, nous cherchons à savoir où ils sont.En ce moment, nous nous penchons sur les ouragans.Cet été, nous avions 15 étudiants au Burkina Faso [un attentat dans la capitale, Ouagadougou, y a fait 19 morts et 21 blessés].Nous avons tout de suite fait le suivi.» Réseautage La France a quant à elle mis en place un opérateur, appelé Campus France, et ouvert 200 espaces et antennes dans le monde afin d\u2019aider les étudiants étrangers à venir en France.L\u2019un d\u2019eux se trouve à Montréal.Tous les étudiants candidats au dépar t dans un établissement d\u2019éducation supérieure en France peuvent y trouver de l\u2019information et du soutien.« On y présente le fonctionnement de l\u2019université, les dif férentes filières, le financement, les bourses également, puisque la France en of fre aux étudiants étrangers, explique Laurence Haguenauer.Puis, lorsque le projet est plus abouti, on aide les étudiants à constituer leur dossier en vue d\u2019obtenir leur visa.Enfin, avant le départ, on organise des sessions d\u2019information sur la vie étudiante et le quotidien en France pour qu\u2019ils ne soient pas trop perdus à leur arrivée sur leur campus.» Campus France se rend également dans les universités québécoises pour y tenir des séances d\u2019information.Les Journées de la relève en recherche sont aussi une belle occasion.Une représentante de l\u2019espace montréa- lais y a d\u2019ailleurs animé un atelier, aux côtés du ser vice des af faires internationales de l\u2019Université Laval.C\u2019était l\u2019occasion de promouvoir la mobilité étudiante et de répondre à toutes les questions.Et d\u2019évoquer notamment l\u2019importance du ré- seautage.« Pour faire carrière tant à l\u2019université qu\u2019en entreprise, le réseautage est aujourd\u2019hui primordial, souligne Nicole Lacasse.Avoir fait une partie de ses études à l\u2019étranger, c\u2019est s\u2019assurer d\u2019avoir des contacts dans le pays dans lequel vous avez étudié, mais aussi partout dans le monde, car il y avait cer tainement d\u2019autres étudiants étrangers dans votre laboratoire.» « Nous favorisons la rencontre entre les anciens élèves passés par nos espaces partout dans le monde, ajoute Mme Haguenauer.Nous permettons donc la connexion entre des personnes qui souvent accèdent à des responsabilités importantes dans leurs pays respectifs.C\u2019est une véritable opportunité.» Quelque 1500 étudiants québécois fréquentent une université française chaque année.Un nombre que le Québec comme la France aimeraient bien voir augmenter, mais certaines résistances font en sorte qu\u2019un plafond semble être atteint.Plusieurs des acteurs de la mobilité étudiante étaient présents ces deux derniers jours aux Journées de la relève en recherche pour tenter de faire sauter les verrous.ISTOCK Chaque année, entre 900 et 1000 étudiants de l\u2019Université Laval poursuivent leur cursus à l\u2019étranger."]
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