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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-10-03, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 2 4 L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Le nouveau chef du NPD, Jagmeet Singh, aurait-il changé d\u2019idée au sujet du projet de loi 62 sur la neutralité religieuse dans les services publics au Québec?Page A 4 Avis légaux.B 6 Décès.A 4 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m D A N I E L L E L A U R I N à Paris «J e ne peux que me sentir coupable, déprimé et inquiet à propos de la situation actuelle dans mon pays », indique le grand romancier turc Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature 2006.« Mais je survis, j\u2019écris, confie-t-il.J\u2019essaie de garder mon calme.Je tiens bon pour voir ce qui va arriver\u2026» Dans son nouveau roman, Cette étrange chose en moi, l\u2019auteur de 65 ans trace un portrait de sa ville natale, Istanbul.Sur quatre décennies.Jusqu\u2019à 2012.« Tellement de choses sont arrivées depuis », dé- plore-t-il, évoquant au premier rang le coup d\u2019État raté de juillet 2016.Les arrestations massives qui ont suivi et le limogeage de 140 000 personnes LIVRES Orhan Pamuk : Istanbul dans la peau La situation dans son pays a beau l\u2019attrister, l\u2019écrivain ne saurait le quitter ATTILA KISBENEDEK AGENCE FRANCE-PRESSE Orhan Pamuk vient de publier Cette chose étrange en moi, qui raconte Istanbul sur une période de 40 ans.Catalogne L\u2019Union européenne sort de sa réserve et appelle au calme Page B 5 Julie Payette se pose à Rideau Hall Page A 3 M A R I E - L I S E R O U S S E A U L es États-Unis ont vécu dimanche soir la pire tuerie de leur histoire moderne.Avec au moins 59 mor ts et 527 blessés au moment d\u2019écrire ces lignes, le bilan de la fusillade de Las Vegas dépasse celui de l\u2019attentat perpétré dans une discothèque d\u2019Orlando, qui avait fait 49 morts en juin 2016.La tragédie s\u2019est déroulée vers 22h, heure locale, pendant une performance du chanteur Jason Aldean dans le cadre du festival de musique country Route 91 Harvest.Plus de 22 000 personnes se trouvaient dans la foule.L\u2019auteur de la fusillade, Stephen Paddock, s\u2019était installé avec son arsenal imposant au 32e étage de l\u2019hôtel Mandalay Bay, un établissement offrant une vue dégagée sur les festivités qui battaient leur plein de l\u2019autre côté du Las Vegas Boulevard.Les premiers tirs ont retenti vers 22 h 08.La panique a alors saisi la foule.De longues et terribles rafales sont audibles dans les innombrables vidéos qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux lundi, dans lesquelles on peut voir des gens tenter de s\u2019échapper, se coucher au sol ou essayer de protéger leurs proches.« Nous ne savions pas d\u2019où venaient les tirs, donc on courait sans savoir où aller », a raconté Ralph Rodriguez, un consultant informatique venu de Los Angeles pour le festival.Robert Hayes, un pompier de Los Angeles qui assistait au concert, a décrit sur Fox News une « scène de guerre».Une infirmière, un pêcheur, une enseignante\u2026 L\u2019identité de quelques victimes a été divulguée lundi en soirée.Parmi elles, on compte deux Canadiens : Jessica Klymchuk, une Albertaine mère de quatre enfants, et Jordan MacIldoon, un jeune homme de 23 ans originaire de la Colombie-Britannique.Comme plusieurs autres de leurs compatriotes, ils étaient en vacances dans la capitale du jeu et du divertissement, destination très prisée des touristes.D\u2019autres Canadiens ont également été blessés.La piste djihadiste écartée Après le carnage, le tueur, un Américain de 64 ans, s\u2019est enlevé la vie dans sa chambre d\u2019hôtel.Vingt-quatre heures plus tard, on ne connaissait toujours pas ses motivations.Le groupe armé État islamique (EI) a revendiqué la tuerie, disant que l\u2019homme s\u2019était converti à l\u2019islam et qu\u2019il en était un « soldat ».Washington a rapidement écarté cette piste.Le FBI a déclaré n\u2019avoir établi « aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste internatio- L\u2019Amérique dévastée Au moins 59 personnes, dont deux Canadiens, ont perdu la vie à Las Vegas dans la pire tuerie de masse à survenir aux États-Unis VOIR PAGE A 8 : ISTANBUL VOIR PAGE A 8 : ÉLECTION ETHAN MILLER AGENCE FRANCE-PRESSE Encore sous le choc, des spectateurs ayant échappé aux balles du tireur fou tentent de se réconforter.VOIR PAGE A 8 : TUERIE M A R I E - M I C H È L E S I O U I I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a Coalition avenir Québec (CAQ) a gagné son pari : sa candidate Geneviève Guilbault a remporté lundi soir l\u2019élection partielle dans Louis-Hébert, mettant un terme au règne libéral de 14 ans dans cette circonscription.La femme de 34 ans, ex-porte-parole du Bureau du coroner, succède au député libéral Sam Hamad, qui a annoncé son retrait de la vie politique le 27 avril.« Je me joins à l\u2019équipe du changement, tellement souhaité ici dans Louis-Hébert, et que nous aurons le bonheur d\u2019incarner», a déclaré la nouvelle élue caquiste, après avoir longuement remercié son équipe et sa famille.« Je m\u2019engage à vous représenter dignement et dans la plus grande intégrité », a-t-elle dit à ses électeurs.Le chef de la CAQ, François Legault, a félicité la « nouvelle étoile » de la politique, « celle qui a fait tomber une forteresse libérale ».« Ça s\u2019est passé aujourd\u2019hui dans Louis-Hébert, mais il y a un vent de changement qui souffle partout au Québec », a-t-il lancé en remerciant les citoyens de Louis-Hébert pour le «message clair» qu\u2019ils ont envoyé.Toute la soirée \u2014 et au moment d\u2019écrire ces lignes \u2014, Geneviève Guilbault récoltait un peu plus de 50 % des voix, devant les candidats libéral et péquiste Ihssane El Ghernati et Normand Beauregard.La lutte était encore très chaude en fin de soirée entre ces deux candidats, qui se partageaient depuis le début de la soirée environ 17 % des voix.Le candidat solidaire, Guillaume Boivin, s\u2019est quant à lui installé en quatrième place, avec environ 6% des votes.Dès l\u2019annonce des premiers résultats, les militants caquistes réunis au Club de golf de Cap- Rouge ont cru à la victoire.« Le pointage était bon !», «On n\u2019a pas travaillé pour rien», criaient les quelque 150 personnes présentes.L\u2019ambiance était tout autre au lieu de rassemblement des libéraux.Les militants avaient la mine grave, plusieurs se demandant même si le parti allait, au moins, arriver deuxième devant le Parti québécois.Accompagnée du premier ÉLECTION PAR TIELLE La CAQ arrache Louis-Hébert au PLQ « Il y a un vent de changement qui souffle partout au Québec », dit François Legault L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : 1.Retour sur l\u2019élection présidentielle et les réformes, notamment économiques, au programme du président 2.La politique étrangère du président Macron: La France et l\u2019Europe, dans le contexte du Brexit et de la crise migratoire La lutte contre le terrorisme, une priorité affi rmée 3.Les opportunités de la relation entre la France et le Canada S.E.Kareen Rispal Ambassadrice de la République française au Canada Mercredi 11 octobre 2017 de midi à 14 h Le Westin Montréal 270 rue Saint-Antoine Ouest Avec l\u2019appui de : La France en 2017 : quelle place en Europe et dans le monde ?Déjeuner-causerie de la Série Aff aires Étrangères Présentée par : G I U S E P P E V A L I A N T E à Sherbrooke L e conducteur de locomotive Thomas Harding sait qu\u2019il est en partie responsable du déraillement de train meurtrier survenu en juillet 2013 à Lac-Mégantic, mais il respectait les procédures et la tragédie découle d\u2019une politique d\u2019entreprise défaillante, a affirmé son avocat, lundi, au premier jour du procès.L\u2019avocat Thomas Walsh a soutenu devant les journalistes que la conscience de son rôle dans la tragédie «pèse beaucoup plus lourdement sur les épaules de son client que le procès».Me Walsh a af firmé que la cause revient à déterminer si la tragédie découle d\u2019une «erreur humaine ou d\u2019une négligence criminelle ».Me Walsh a af firmé que M.Harding témoignera «probablement» pour sa défense.L e p r o c è s c r i m i n e l d e M.Harding et de deux autres anciens employés d\u2019une entreprise ferroviaire accusés à la suite du déraillement s\u2019est ouvert, lundi, à Sherbrooke.Chacun des trois hommes est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes.Ils ont tous plaidé non coupable, lundi, devant le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure.Mort de 47 personnes Le jur y de 14 membres a commencé à entendre la preuve contre M.Harding, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur des activités de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) au Québec, Jean Demaître.Dans sa déclaration préliminaire, la Couronne a af firmé que la négligence des trois anciens employés avait causé la mort de 47 personnes et que sans cette négligence, il n\u2019y aurait pas eu de victimes à Lac-Mégantic.Le train transportant du pétrole, qui pesait plus de 10 000 tonnes, n\u2019était pas adéquatement sécurisé le soir du 5 juillet 2013 et se trouvait donc en haut d\u2019une pente de manière précaire, a déclaré la procu- reure Véronique Beauchamp à la cour.Les trois accusés étaient responsables de s\u2019assurer que le convoi ferroviaire était sécuritaire, a dit Me Beauchamp.« Les preuves qui seront présentées prouveront hors de tout doute raisonnable que les trois [accusés] ont fait preuve de négligence criminelle qui a contribué à la mort des 47 victimes», a-t-elle ajouté.Selon la Couronne, Jean De- maître avait été mis au courant des problèmes mécaniques du train avant le déraillement.Des vidéos et des enregistrements sonores de conversations entre les employés de l\u2019entreprise ferroviaire le soir du déraillement seront présentés aux jurés, a précisé Me Beauchamp.Premier témoin au procès, le policier à la retraite de la Sûreté du Québec Steven Montembeault a montré au jur y des images prises des airs environ 15 heures après le déraillement.Après M.Montembeault, Jacques Lafrance, également de la SQ, a commencé à montrer aux jurés des photos qu\u2019il a prises sur les lieux du drame.Au total, 47 personnes sont mortes et une partie du cen- tre-ville Lac-Mégantic a été dé- tr uite lorsque des wagons remplis de pétrole brut ont déraillé et pris feu en pleine nuit.La Couronne a annoncé son intention d\u2019appeler à la barre 24 témoins civils et 11 policiers, en plus d\u2019un témoin expert.Le procès devrait se poursuivre jusqu\u2019en décembre.La Presse canadienne TRAGÉDIE DE LAC-MÉGANTIC Erreur humaine ou négligence criminelle ?Le conducteur du train se sait en partie responsable du déraillement, affirme son avocat RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Le procès de Tom Harding, Jean Demaître et Richard Labrie s\u2019est amorcé hier à Sherbrooke.J E A N N E C O R R I V E A U L e coroner qui s\u2019est penché sur le décès de Christiane Vadnais, attaquée par un chien à Montréal en juin 2016, estime que le gouvernement du Québec fait fausse route en interdisant les chiens de type pitbull dans son projet de loi déposé en avril.Selon le Dr Ethan Lichtblau, il n\u2019a pas été démontré que cette stratégie était efficace pour réduire le nombre ou la gravité des morsures de chien.Dans son rappor t rendu public lundi, le coroner Licht- blau recommande au gouvernement de clarifier la définition de chien dangereux dans sa loi et de créer un registre québécois afin de centraliser les données sur les signalements de blessures infligées par les chiens.Le chien qui s\u2019en est pris à Christiane Vadnais le 8 juin 2016 était un American Staf- fordshire terrier à 87,5 %, selon le résultat d\u2019analyse d\u2019ADN.Le coroner Lichtblau indique cependant être incapable d\u2019identifier formellement le chien comme étant un pit- bull.Il décrit toutefois l\u2019animal comme un chien « agressif et violent » qui avait attaqué d\u2019autres personnes auparavant.L\u2019autopsie a confirmé que le décès de Mme Vadnais était imputable aux morsures du chien de son voisin.Elle se trouvait dans sa cour arrière quand l\u2019animal l\u2019a attaquée, lui infligeant de profondes blessures aux bras et aux jambes.Très agressif à l\u2019arrivée des policiers, le chien a été abattu par balles.La clôture de bois qui séparait la propriété de Mme Vad- nais de celle de son voisin, où vivait le chien, comportait un gros trou, ont constaté les policiers sur place.Quant à la porte arrière de la maison du propriétaire du chien, elle était déverrouillée.L\u2019animal n\u2019en était pas à sa première attaque.Selon un rapport policier, ce chien s\u2019en serait pris à deux amis du propriétaire le 26 octobre 2015.Ayant subi des blessures importantes à l\u2019avant-bras, l\u2019une des deux personnes avait dû être conduite à l\u2019hôpital.L\u2019autre n\u2019avait subi qu\u2019une blessure jugée mineure.Mais, note le coroner, la municipalité n\u2019a jamais fait le suivi requis dans ce dossier.Chien violent Absent lors du drame, le voisin de Mme Vadnais avait été interrogé par les policiers à son retour à la maison ce soir-là.L\u2019homme a indiqué que son chien était extrêmement « anxieux et agité en présence d\u2019inconnus », mais il a assuré qu\u2019il prenait bien soin de son animal.Les divers témoignages contredisent cependant cette version.Le chien semble être laissé seul à la maison pendant de longues heures et souvent enfermé dans une cage à l\u2019extérieur, et personne n\u2019a vu son maître promener ce chien dans le quar tier, écrit le coroner.Tout porte à croire qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un chien « extrêmement frustré, agressif et violent».« Il semble qu\u2019une combinaison tragique d\u2019événements a amené Mme Vadnais à être simplement au mauvais endroit au mauvais moment.Entre autres, une absence prolongée du propriétaire du chien, un chien déjà connu très agressif, portant une muselière mal attachée, la porte du logement qui n\u2019est pas bien fermée, un trou dans la clôture et une heure du jour où aucun voisin n\u2019est autour pour lui prêter assistance », résume le coroner dans son rapport.« On peut se demander si cette attaque aurait pu être évitée si, en 2015, la municipalité impliquée avait ef fectué le suivi requis et pris des mesures appropriées.» Le coroner s\u2019interroge toutefois sur le fait que le projet de loi 128 sur l\u2019encadrement des chiens déposé par le ministre de la Sécurité publique en avril dernier met l\u2019accent sur les races de type pitbull, qui sont automatiquement déclarées «potentiellement dangereuses», alors que les preuves recensées dans la littérature «démontrent que l\u2019interdiction ne contribue en rien à diminuer la quantité ou la gravité des morsures de chien».Précisons que l\u2019American Staffordshire terrier fait partie de la classe des chiens pitbulls considérés comme potentiellement dangereux dans le projet de loi.Dans ses conclusions, le coroner recommande au ministère de la Sécurité publique de centraliser les signalements de blessures infligées par les chiens sur l\u2019ensemble du territoire québécois, d\u2019obliger l\u2019enregistrement annuel de tous les chiens auprès des municipalités et de prévoir des dispositions pour privilégier la stérilisation des chiens, peu importe la race.Il lui demande également de clarifier les notions de «dangereux», «potentiellement dangereux» et «nuisible » qui s\u2019appliquent aux chiens et aux propriétaires de chiens.La SPCA de Montréal a salué le rapport du coroner qui confirme sa position quant à l\u2019inefficacité des lois ou règlements ciblant certaines races.Elle espère que Québec procédera à une révision importante du projet de loi 128.Le Devoir DÉCÈS DE CHRISTIANE VADNAIS Le coroner remet en question l\u2019interdiction des pitbulls S T E P H A N I E L E V I T Z à Ottawa L es libéraux fédéraux révisent finalement un programme qui of fre des prêts aux réfugiés afin de couvrir leurs coûts de réinstallation au Canada.Ils ne vont toutefois pas jusqu\u2019à donner raison à ceux qui demandaient son élimination complète.À la place, Ottawa propose d\u2019éliminer les intérêts pour tous les nouveaux prêts et d\u2019offrir aux nouveaux empr un- teurs une plus longue période pour rembourser, selon une note publiée en ligne par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.La note suggère que ces changements donneront plus de temps aux immigrants pour se concentrer sur leur intégration.Ceux qui ont déjà un prêt n\u2019accumuleraient plus d\u2019intérêts, mais leur période de remboursement demeurerait la même.Actuellement, les bénéficiaires doivent commencer à rembourser leur prêt 30 jours après leur arrivée au Canada.Ils disposent d\u2019une période allant d\u2019une à six années pour rembourser, selon l\u2019importance du montant.Le programme de prêts aux immigrants avait été mis sur pied au terme de la Deuxième Guerre mondiale afin de venir en aide aux immigrants européens qui n\u2019étaient pas en mesure de couvrir les coûts de leur voyage au Canada.Aujourd\u2019hui, 98 % des bénéficiaires de ce programme sont des réfugiés choisis par le gouvernement ou sélectionnés grâce au parrainage privé.Effet négatif Une étude de 2015 avait conclu que le programme de remboursement avait un effet négatif sur l\u2019intégration des réfugiés au Canada et suggérait au gouvernement de trouver une meilleure façon d\u2019aider à couvrir leurs coûts de transport, notamment.Ottawa émet annuellement environ pour 13 millions de prêts du genre.Quelque 93 % d\u2019entre eux sont rapidement remboursés.La plus importante partie de la somme sert au financement du voyage.Deux poids deux mesures Cette révision de programme a été annoncée alors que le gouvernement fédéral tentait d\u2019accueillir des mill iers de réfugiés syriens.Cela pouvait sembler deux poids deux mesures puisque les nouveaux ar rivants syriens voyaient leur demande de prêt refusée alors que les réfugiés d\u2019ailleurs pouvaient en bénéficier.Le gouvernement estime que l\u2019élimination des intérêts lui coûtera environ 7,3 millions pour les 10 premières années suivant la mise en place du nouveau programme.La somme nécessaire à couvrir les prêts passerait aussi de 110 à 126,6 millions par année.La Presse canadienne Ottawa révise son programme controversé de prêts aux réfugiés JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le Dr Ethan Lichtblau, il n\u2019a pas été démontré que l\u2019interdiction des pitbulls était ef ficace pour réduire le nombre ou la gravité des morsures de chien. L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 M ême en 2012, quand les libéraux avaient été renvoyés temporairement dans l\u2019opposition, les électeurs de Louis-Hébert étaient restés fidèles au PLQ.Manifestement, le vent du changement y a soufflé plus fort qu\u2019il y a cinq ans.De toutes les circonscriptions de la région de Québec, où la prochaine élection générale pourrait se jouer en grande partie, c\u2019est aussi dans Louis-Hébert que le PLQ avait obtenu sa plus forte majorité en 2014.L\u2019écrasante victoire de la CAQ qui se confirmait au moment d\u2019écrire ces lignes constitue une gifle et un signal d\u2019alarme pour le gouvernement Couillard.Certes, une élection partielle n\u2019est pas garante des résultats de l\u2019élection générale suivante.À la CAQ, on se souvient certainement de celles qui avaient été tenues en juin 2002, quand l\u2019ADQ l\u2019avait remporté dans Berthier, Jo- liette et Vimont avec de confortables majorités, avant de mordre la poussière dans les trois mêmes circonscriptions au printemps 2003.La différence est qu\u2019à l\u2019époque, le PLQ venait de passer huit longues années dans l\u2019opposition et Jean Charest pouvait prétendre incarner le changement.Cette fois-ci, le premier ministre Couillard a beau promettre de faire entrer le Québec dans une nouvelle phase de « transformation» et prendre lui-même des accents à la Michel Chartrand, les libéraux n\u2019en ont pas moins près de quinze ans de pouvoir dans le corps.En l\u2019absence de l\u2019épouvantail référendaire, la bonne tenue de l\u2019économie ne suffira pas à assurer sa réélection.Le prochain remaniement ministériel devra être considérable et suivi à terme d\u2019un nouveau discours du trône pour donner un minimum de crédibilité à ses prétentions au renouvellement.?La victoire de la CAQ est trop nette pour être attribuée au cafouillage des libéraux, mais on imagine mal qu\u2019ils puissent être aussi embrouillés à l\u2019élection générale.Le pitoyable échec de la candidature d\u2019Éric Tétrault, parachuté dans Louis-Hébert sans qu\u2019on ait pris la peine de vérifier sérieusement ses antécédents, a certainement laissé un goût amer à de nombreux électeurs, qui avaient déjà trouvé injuste le traitement réservé à Sam Hamad, dont le mutisme durant toute la campagne n\u2019a d\u2019ailleurs échappé à personne.Malgré le dévouement qu\u2019on lui prête, l\u2019ancienne adjointe de M.Hamad, Ihsanne El Gher- nati, conscrite en catastrophe pour remplacer M.Tétrault, ne faisait pas le poids dans une circonscription qui, à l\u2019exception de l\u2019intermède Réjean Doyon (1982-1994), a toujours été représentée par un ministre au cours des trente dernières années.Inversement, le retrait forcé de son propre candidat a finalement été une bénédiction pour la CAQ.Geneviève Guilbault, qu\u2019on destinait plutôt à Charlesbourg, une circonscription en principe plus favorable, s\u2019est révélée une candidate nettement plus inspirante que celui dont elle a pris la relève.François Legault l\u2019a présentée d\u2019entrée de jeu comme une future membre de son cabinet et elle semble bien avoir l\u2019envergure nécessaire.Non seulement Mme Guilbault a mené une très bonne campagne, mais elle a reçu l\u2019appui inattendu de l\u2019ancienne vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau, qui a appelé à voter pour la CAQ, qualifiant le premier ministre Couillard d\u2019homme « très inquiétant », qui «regarde les Québécois de haut» et qui « tente de nous faire croire qu\u2019on est racistes ».De toute évidence, Mme Normandeau n\u2019a pas fini de régler ses comptes avec son ancien parti et pourrait devenir un véritable cauchemar au cours de la prochaine année.?Le recrutement de candidats de prestige demeure le principal défi de François Legault.Jusqu\u2019à présent, les vedettes que la CAQ avait réussi à recruter en sont arrivées à la conclusion qu\u2019il leur serait plus facile de réaliser leurs ambitions en passant au PLQ.L\u2019amère défaite de Jocelyne Cazin à l\u2019élection partielle dans Chauveau, en juin 2015, avait semblé leur donner raison.La victoire dans Louis-Hébert permettra maintenant à la CAQ de faire valoir qu\u2019elle peut aussi constituer un intéressant tremplin.Malgré le « vent de changement » que dit avoir senti son candidat, Normand Beauregard, personne au PQ ne pensait sérieusement qu\u2019il puisse en être le principal bénéficiaire.Il y a longtemps que la région de Québec a pris des allures de désert au milieu duquel Taschereau fait figure d\u2019oasis.Jean-François Lisée lui- même avait laissé entendre qu\u2019il était prêt à se satisfaire de tout progrès par rapport aux 18 % obtenus en 2014.Même si le candidat péquiste luttait pour la deuxième place au moment de mettre sous presse, il se situait sous ce seuil.À défaut d\u2019être en mesure de l\u2019emporter lui- même, le PQ aurait sans doute préféré que le PLQ conserve ses acquis.Tout gain de la CAQ réalisé aux dépens du PLQ constitue une mauvaise nouvelle pour le PQ, dans la mesure où cela permet à François Legault de dire que son parti est le mieux placé pour battre les libéraux.mdavid@ledevoir.com La gifle de Louis-Hébert MICHEL DAVID M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa R éconciliation autochtone, changements climatiques, diversité culturelle ; c\u2019est en reprenant les thèmes chers aux libéraux de Justin Trudeau que Julie Payette a entamé son règne de gouverneure générale.La cérémonie était toute en musique et la nouvelle vice-régale du Canada décontractée, malgré le faste du protocole.Habillée sobrement, joviale au fil de son discours qu\u2019elle a livré sans fausses notes, Julie Payette était visiblement émue d\u2019hériter de ce nouveau mandat à l\u2019âge de 53 ans.La nouvelle gouverneure générale regardait souvent ses parents, son frère et sa sœur, assis près d\u2019elle dans la Chambre du Sénat.Au moment de prendre son siège officiel, une fois son assermentation terminée, Julie Payette a accueilli les chaleureux applaudissements la main sur le cœur, avant d\u2019échanger un clin d\u2019œil avec son fils, Laurier, qui l\u2019a accompagnée toute la journée.Cette nomination, Julie Payette ne s\u2019y attendait pas, a-t-elle avoué.Mais elle a été ravie d\u2019acquiescer à la demande du premier ministre, après avoir pris soin de consulter son fils de 14 ans qu\u2019elle a remercié de lui avoir «donné la permission d\u2019accepter».Le premier ministre a salué sa carrière d\u2019astronaute qui, avec ses deux voyages dans l\u2019espace, a « non seulement réalisé ses propres rêves », mais « ceux de tout un pays et de toute une génération».Cette expérience, Julie Payette l\u2019a elle-même abondamment évoquée.En saluant ses anciens collègues venus de loin pour la célébrer, en remerciant ses parents de lui avoir permis de rêver, enfant, et d\u2019ensuite atteindre ces rêves, et en martelant que le travail des astronautes devrait servir d\u2019exemple au Canada et au monde entier.«Vous ne voyez jamais la station spatiale faire les manchettes, parce qu\u2019il n\u2019y a rien de terriblement horrible qui s\u2019y passe.Ça fonctionne.Des gens de différentes nations, qui travaillent ensemble, pour un bien commun.Non seulement ils travaillent ensemble, mais ils y mettent l\u2019effort et font des compromis quand il le faut.[\u2026] Des leçons qu\u2019on pourrait peut-être ramener sur terre plus souvent et les appliquer autant que possible », a proposé Julie Payette aux élus fédéraux et provinciaux réunis au Sénat.L\u2019idée peut sembler «inédite», a-t-elle blagué.«Bien sûr, c\u2019est plus facile à dire qu\u2019à faire.Mais je pense qu\u2019ici, au Canada, nous sommes en position plus que jamais de faire une dif férence, parce que nous sommes riches en valeurs d\u2019entraide, de compassion.» Ce message, Julie Payette l\u2019a aussi lancé à la communauté internationale.« Peut-être que si on travaille fort ensemble, nous pourrions avoir une chance de trouver des réponses et de [nous] attaquer aux importants enjeux mondiaux de l\u2019heure comme les changements climatiques, la migration, la prolifération nucléaire, la pauvreté, la croissance démographique, et autres.Parce que les enjeux mondiaux n\u2019ont pas de frontières, pas d\u2019échéanciers et ils ont vraiment besoin qu\u2019on s\u2019y attarde.» Son rôle étant avant tout protocolaire, Julie Payette n\u2019a pas étof fé les thèmes du mandat qu\u2019elle espère mener comme l\u2019avaient fait ses prédécesseurs.La diversité, l\u2019accès à l\u2019éducation, le sport et l\u2019importance d\u2019une science fondée sur des données probantes ont été évoqués au passage.Mais c\u2019est surtout cet appel à la coopération qu\u2019a martelé la 29e gouverneure générale.La main doit cela dit aussi être tendue aux peuples autochtones, a-t-elle insisté, en prononçant quelques mots en algonquin.« C\u2019est une bonne idée qu\u2019on ait enfin décidé d\u2019écouter à nouveau leur sagesse, a-t-elle souligné.La réconciliation doit s\u2019accomplir, pour le bien-être de nos communautés et pour l\u2019avenir de nos enfants.» Mme Payette avait d\u2019ailleurs invité cinq chefs autochtones, plutôt qu\u2019un seul comme ce fut le cas lors de la cérémonie d\u2019installation de l\u2019ancien gouverneur général David Johnston.Le Devoir Julie Payette se pose à Rideau Hall La gouverneure générale invite les politiciens à s\u2019inspirer de la Station spatiale internationale S A R A H R .C H A M P A G N E D eux hommes originaires du Guatemala ont été arrêtés le 18 septembre dernier puis détenus au Centre de surveillance de l\u2019immigration à Laval.Placido Morales Reyes et David Rojas Morales (sans lien familial) travaillaient pour l\u2019agence Les Progrès Inc., accusée par 17 personnes de les avoir flouées.Cette entreprise fait l\u2019objet d\u2019une enquête de l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).Des documents présentés en Cour fédérale cet été révèlent que plus d\u2019une centaine de travailleurs « ayant déserté les compagnies pour lesquelles leur permis de travail a été délivrés » sont passés dans un « réseau [qui] semble posséder plusieurs ramifications au Québec et en Ontario ».Les nouveaux faits rapportés par les deux hommes arrêtés se révèlent similaires à ceux déjà reprochés au propriétaire de l\u2019agence Les Progrès Inc., Esvin Cordon.L\u2019ASFC enquête sur l\u2019entreprise de M.Cordon depuis plus d\u2019un an, mais aucune accusation n\u2019a encore été portée contre lui.M.Morales Reyes est resté environ quatre jours en détention avant d\u2019être libéré après le dépôt d\u2019un cautionnement par son frère.M.Rojas Morales a pour sa part été détenu une dizaine de jours.Les deux hommes ont été arrêtés pour « avoir indûment prolongé leur séjour au Canada», a indiqué l\u2019ASFC au Devoir.Ils n\u2019ont pas quitté le territoire après l\u2019expiration de leurs permis temporaires de travail en milieu agricole.Placido Morales Reyes a affirmé avoir payé près de 4000 $ à un consultant en immigration, Garsendy-Emmanuel Guillaume.Il a raconté son histoire lors d\u2019un contrôle de détention par la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié (CISR), une audience obligatoire après 48 heures de détention, le 21 septembre dernier.La somme était retenue directement sur sa paie par l\u2019agence Les Progrès, a-t-il soutenu.Le commissaire qui l\u2019a entendu note également « qu\u2019il est clair qu\u2019on a pris avantage de lui [sic] par le fait qu\u2019on le faisait travailler, je pense, 50 heures par semaine pour un salaire d\u2019environ 500 $ brut [\u2026] duquel fort probablement devait être retirée une cer taine somme pour le logement ».M.Morales Reyes vivait dans une maison louée par son patron, M.Cordon.Son permis de travail était expiré depuis mai 2016 et aucune tentative de le renouveler n\u2019a fonctionné.Quant à David Rojas Morales, il n\u2019a pas spécifié en audience la somme payée pour tenter de régulariser sa situation.Il dit avoir été contacté par Esvin Cordon après avoir quitté son emploi en services agricoles, et que ce dernier l\u2019aurait assuré qu\u2019il entreprendrait des démarches pour régulariser sa situation.L\u2019an dernier, une opération lancée par l\u2019ASFC dans le cadre de l\u2019enquête sur les désertions de travailleurs s\u2019est soldée par l\u2019arrestation de 15 Guatémaltèques, auxquels se sont ajoutées trois autres personnes au début de 2017.Dans tous les cas cités, la manière de procéder serait la même : les travailleurs se feraient approcher par un représentant de M.Cordon ou par M.Cordon lui-même.On leur promettrait un meilleur salaire, des papiers, voire la résidence permanente.Ils changeraient ensuite d\u2019employeurs, se retrouvant sans statut et devant payer l\u2019entreprise de M.Cordon.Impatience Le groupe initial de 15 travailleurs a signé un contrat avec le consultant en immigration Gar- sendy-Emmanuel Guillaume, également signé par leur employeur de l\u2019époque, Esvin Cordon, contrat dont nous avons obtenu copie.Or, l\u2019ASFC affirme qu\u2019aucune demande de modification de permis ou autre demande « de quoi que ce soit » n\u2019a pu être retrouvée pour ces Gua- témaltèques, qui ont déboursé jusqu\u2019à 4500 $ dans cet espoir.Rappelons que les permis de travail temporaire en milieu agricole sont rattachés à un seul employeur.En quittant cet employeur, les travailleurs se mettent dans une situation d\u2019illégalité.Ils disposent généralement de très peu d\u2019options pour régulariser à nouveau leur statut au Canada.M.Guillaume, le consultant en immigration en question, n\u2019a pas répondu à nos appels pour expliquer la manière dont il comptait procéder.Mis au courant de ces nouvelles arrestations, plusieurs des hommes du groupe initial se sont dits surpris de constater que M.Cordon était toujours en affaires.L\u2019ASFC refuse de donner plus d\u2019information sur l\u2019enquête qui vise M.Cordon, ne citant que le principe général de la présomption d\u2019innocence.Des menaces Rencontré plus tôt cet été par Le Devoir, Erick Lopez dit surtout ne pas comprendre que M.Cordon puisse encore opérer son agence.« À l\u2019heure où on se parle, il y a encore des hommes qui lui versent une partie de leur salaire avec l\u2019espoir que leur situation sera régularisée.» Il a lui-même été arrêté en janvier 2017, soit quelques mois après la première opération.M.Lopez avait alors été employé par l\u2019agence Les Progrès durant plus d\u2019un an.Il affirme avoir reçu des menaces de la part de son patron : « Il disait que si on était trop impatient il allait nous dépor ter.Son épouse nous insultait aussi souvent.» Il craint que lui et ses anciens collègues ne soient dépor tés avant d\u2019obtenir justice.Leurs situations dif fèrent ; cer tains ont déposé une demande d\u2019asile, d\u2019autres ont obtenu un autre permis temporaire de travail.Un autre travailleur guatémaltèque, qui insiste pour conserver l\u2019anonymat lorsque joint au téléphone, prétend aussi avoir été à l\u2019emploi d\u2019Esvin Cordon jusqu\u2019à tout récemment.Il aurait payé plus de 5000$ pour tenter de régulariser sa situation, une somme elle aussi retenue sur sa paie.M.Cordon s\u2019était quant à lui défendu l\u2019an dernier en af firmant avoir accueilli les doléances de travailleurs insatisfaits de leurs conditions de travail, sans les inciter à déserter.Il dit les avoir mis en contact avec le cabinet spécialisé en droit de l\u2019immigration, sans rien promettre.Son avocate, L ydie-Magalie Stiverne, n\u2019a pas souhaité commenter les deux nouvelles arrestations.Le Devoir TRAVAILLEURS AGRICOLES ÉTRANGERS Des méthodes de placement douteuses Des Guatémaltèques auraient déboursé des milliers de dollars en pure perte FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Julie Payette s\u2019adressant aux invités sous le regard de son fils, Laurier Payette Flynn, son premier conseiller, a-t-elle dit. L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER ROSEMONT 3 1/2, propre, haut de triplex, aire ouverte.Propriétaires occupants, entrées lav/séc., 5 min.du Parc Maisonneuve et métro Viau, non fumeur.660 $ chauffé 514-349-0493 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 PIED-à-TERRE - AHUNTSIC Ch.meublée avec s.de b.privée.Vue sur rivière.Internet.Autobus.Accès à la cuisine.Non-fumeur.500 $ / mois 514-384-2109 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 185 CHAMBRES 2 450 $ / mois 2 500 PC mois gratuits, 100 % rénové, près métro Berri, A/C, stationnments.514-288-3333 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est 307 LIVRES ET DISQUES 251 BUREAUX À LOUER VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE COURS DE GUITARE 1er cours gratuit.514-758-3293 www.patrickkearney.cat 530 COURS 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 165 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Ottawa mardi pour rencontrer le premier ministre Justin Trudeau.Ils auront alors l\u2019occasion de se prononcer sur la réforme fiscale que propose le gouvernement libéral et qui soulève la controverse.Le ministre des Finances, Bill Morneau, compte profiter de cette rencontre pour présenter son plan pour éliminer la création de petites entreprises permettant à des Canadiens fortunés d\u2019économiser de l\u2019impôt.Bill Morneau soutient que le gouvernement veut créer un système d\u2019imposition plus juste pour la classe moyenne en mettant fin à des avantages fiscaux qui bénéficient à un petit groupe de gens aisés.La réforme a soulevé un tollé de critiques de la part de médecins, d\u2019agriculteurs, d\u2019entrepreneurs, de propriétaires de petites entreprises et même de cer tains premiers ministres, qui se disent inquiets des ef fets qu\u2019aura la réforme fiscale sur l\u2019économie de leur province.Les premiers ministres rencontreront également le député Bill Blair, secrétaire parlementaire de la ministre de la Justice, afin de discuter du rôle des provinces dans la légalisation prochaine de la marijuana.La Presse canadienne Les premiers ministres discuteront de réforme fiscale H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e nouveau chef du NPD, Jagmeet Singh, s\u2019oppose toujours au projet de loi 62 ordonnant la prestation et la réception de services publics à visage découvert.Mais il reconnaît qu\u2019il ne lui reviendra pas, en tant que politicien fédéral, de mener la charge judiciaire contre cette législation québécoise.« Ce n\u2019est pas notre juridiction de faire cela », a déclaré M.Singh, qui était de passage à Ottawa au lendemain de son élection décisive à la tête du NPD.Il aurait donc changé d\u2019avis ?lui ont demandé les jour nalistes.« Ce n\u2019est pas mauvais de changer d\u2019avis.» Jagmeet Singh a créé des remous dans les rangs québécois de son par ti pendant la course au leadership lorsqu\u2019il a laissé entendre en entrevue avec le Huffington Post qu\u2019il se joindrait à une contestation judiciaire advenant l\u2019adoption de la loi.Il a rappelé lundi qu\u2019il n\u2019aimait toujours pas ce projet de loi.«Je respecte la juridiction du Québec, mais en même temps, c\u2019est à moi de dire ma position sur les lois.Si un gouvernement, une nation veut privatiser quelque chose, c\u2019est à moi comme néodémocrate de dire non, je ne pense pas que cela profitera aux gens.Alors de la même façon si quelque chose brime les droits de la personne, c\u2019est à moi de dire non, je ne suis pas d\u2019accord.» Le nouveau chef du NPD a réitéré sa conviction que les tribunaux invalideront la loi québécoise au nom du respect des chartes des droits et libertés.Démission Jagmeet Singh a confirmé qu\u2019il démissionnera de son siège à l\u2019Assemblée législative ontarienne qu\u2019il détient depuis 2011.Il n\u2019imitera donc pas la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, qui a été très critiquée pour avoir choisi de demeurer députée à Québec jusqu\u2019à l\u2019élection provinciale de 2018.« J\u2019aurai un salaire versé par le parti et on aura des conversations pour compléter les détails », a révélé M.Singh.Pour l\u2019instant, il n\u2019a pas l\u2019intention de briguer un siège à la Chambre des communes avant l\u2019élection fédérale générale de 2019, même s\u2019il se montre ouver t à changer d\u2019avis.Une occasion se présentera sous peu puisque le décès du député libéral Arnold Chan forcera la tenue d\u2019une élection partielle dans la circonscription torontoise de Scarborough-Agincourt.M.Singh s\u2019est fait demander ce qu\u2019il pensait du fait qu\u2019il avait pu entrer librement dans l\u2019édifice du parlement bien que por tant son kirpan, le petit couteau symbolique sikh, alors qu\u2019il aurait été interdit d\u2019accès à l\u2019Assemblée nationale.La Cour supérieure a validé en 2015 cette restriction.«Il y a des différences qui existent entre toutes les provinces, toutes les nations.Il y a des règlements [différents] entre chaque nation, chaque province», s\u2019est- il borné à répondre.Par ailleurs, M.Singh semble avoir pardonné à son député Pierre Nantel, qui avait déclaré que ses symboles religieux ostentatoires étaient incompatibles avec les attentes des Québécois envers leurs leaders politiques.M.Nantel a posé les troisième et quatrième questions néodémocrates lors de la période de questions, ce qu\u2019il faut voir, selon le député Alexandre Boulerice, comme «un signe de confiance».M.Singh dévoilera sous peu son choix de leader en Chambre.Le Devoir Neutralité religieuse : Singh change d\u2019avis Le chef du NPD s\u2019oppose toujours au projet de loi 62, mais avec un bémol M I R I A N E D E M E R S - L E M A Y L es chercheurs américains Jef frey C.Hall, Michael Rosbash et Michael W.Young ont reçu lundi le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur les mécanismes de l\u2019horloge interne des êtres vivants.Leurs découver tes dans les années 1980 et 1990 permettent aujourd\u2019hui d\u2019aborder une panoplie de problèmes de santé associés au dérèglement de cette horloge.« Ces chercheurs ont ouver t la porte à la compréhension des processus fondamentaux chez tous les êtres vivants, de la bactérie à l\u2019humain », explique Florent Storch, chercheur spécialisé en neurobiologie moléculaire et en r ythmes circadiens à l\u2019Institut Douglas de l\u2019Université McGill.«La présence d\u2019une horloge interne était observée depuis des siècles», continue-t-il.«Mais avant [les travaux des trois lauréats au Nobel], on ignorait comment cette horloge fonctionnait.» « Si on comprend comment fonctionnent les rythmes circadiens, on peut développer des manières innovantes de traiter les maladies qui en découlent», opine Diane B.Boivin, directrice du Centre d\u2019étude et de traitement des rythmes circadiens de l\u2019Institut Douglas de l\u2019Université McGill.Notre corps réagit différemment selon le moment de la journée, d\u2019après cette dernière.De fait, explique-t-elle, l\u2019effet d\u2019un médicament varie selon le moment de la journée durant lequel il est administré.«Pour réduire les ef fets secondaires des médicaments, un collègue français utilise la chrono- pharmacologie \u2014 qui consiste à doser un médicament selon le moment du jour auquel il est administré», donne-t-elle comme exemple.« On doit intégrer davantage la composante des rythmes circadiens dans la pratique médicale », ajoute-t-elle.Elle espère que la remise du prix Nobel permettra d\u2019accroître la reconnaissance de l\u2019importance des r ythmes circadiens dans le domaine médical, ainsi que l\u2019octroi de plus impor tantes subventions de recherche dans le domaine.Une mécanique complexe Les rythmes circadiens sont connus depuis plusieurs siècles.Au 17e siècle, on observe que les feuilles des mimosas ouvrent le matin, même en absence de lumière \u2014 un signe qu\u2019ils possèdent une horloge interne.Mais c\u2019est grâce à la mouche à fruit qu\u2019on découvre, dans les années 1970, que la mutation du gène period provoque la perturbation des rythmes circadiens.Une dé- couver te qui indique que ce gène est impliqué dans le mécanisme de l\u2019horloge interne.Dans les années 1980, les trois lauréats du Nobel \u2014 Jeffrey C.Hall et Michael Ros- bash, chercheurs à l\u2019Université Brandeis à Boston, et Michael W.Young, de l\u2019Université Rockefeller à New York \u2014 travaillent en collaboration.Ils réussissent à isoler le gène period chez la mouche à fruit.MM.Hall et Rosbash découvrent que ce gène est responsable de la fabrication de protéines PER.Ces dernières sont produites et accumulées dans les cellules pendant la nuit, pour ensuite être dégradées pendant la journée.Ce sont ces fluctuations des protéines PER qui pulsent le rythme de l\u2019horloge interne.Les deux chercheurs supposent alors que ces fluctuations sont régulées par la protéine elle-même.Lorsqu\u2019elle est abondante, la protéine bloque l\u2019activité du gène period et, par conséquent, la production de protéines supplémentaires.Une fois les protéines dégradées, le gène serait de nouveau activé, stimulant la production de nouvelles protéines PER.Toutefois, les chercheurs ignorent comment la protéine, produite dans le cytoplasme de la cellule, réussit à entrer dans le noyau de la cellule pour agir sur le gène period.La question demeure sans réponse jusqu\u2019en 1994, lorsque M.Young découvre qu\u2019il y a au moins une autre pièce au mécanisme de l\u2019horloge: le gène timeless.Ce gène code pour une autre protéine, qui agit comme une clé permettant l\u2019entrée de la protéine PER dans le noyau de la cellule.Le chercheur identifie également un autre gène qui permet d\u2019ajuster très précisément l\u2019horloge biologique à un cycle de 24 heures.Si les trois lauréats ont découvert les mécanismes clés de l\u2019horloge biologique, cette dernière n\u2019a pas fini de livrer ses secrets.« Maintenant on sait qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une seule horloge impliquée dans les rythmes circadiens, mais plusieurs, observe Mme Boivin.Il reste encore beaucoup de choses à apprendre sur les r ythmes circadiens, comme par exemple sur les différences de ces rythmes entre les hommes et les femmes.» Le Devoir MÉDECINE Le prix Nobel remis aux découvreurs de l\u2019horloge du vivant SETH WENIG ASSOCIATED PRESS Michael Young sourit à l\u2019annonce de son obtention du prix Nobel de médecine, avec ses collègues Jef frey Hall et Michael Rosbash, pour ses travaux sur les cycles internes des êtres vivants.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE Le nouveau chef du NPD, Jagmeet Singh, a réitéré sa conviction que les tribunaux invalideront le projet de loi 62 au nom du respect des chartes des droits et libertés.Je respecte la juridiction du Québec, mais en même temps, c\u2019est à moi de dire ma position sur les lois Jagmeet Singh, chef du NPD « » Qu\u2019est-ce que le rythme circadien?Tous les êtres vivants sont pourvus d\u2019une horloge biologique interne.Cette horloge permet de synchroniser le corps d\u2019un organisme à son environnement selon un cycle de 24 heures, qu\u2019on nomme le rythme circadien.Cette horloge joue un rôle dans la régulation du sommeil, du comportement, de la sécrétion d\u2019hormones, de la température corporelle et du métabolisme.Une horloge perturbée peut engendrer plusieurs problèmes de santé, comme des problèmes cardiovasculaires et hormonaux, l\u2019obésité, des troubles du sommeil et le cancer. E dmonton \u2014 Des accusations ont été déposées contre le suspect de l\u2019attaque qui a blessé cinq personnes, dont un policier, samedi soir, à Edmonton.Abdulahi Hasan Sharif fait face à cinq chefs de tentative de meur tre, ainsi qu\u2019à cinq chefs de conduite dangereuse et un autre relatif à la possession d\u2019armes.Les autorités policières s\u2019attendent à ce que des accusations relatives au terrorisme soient ajoutées, mais aucune n\u2019a été portée pour l\u2019instant.Abdulahi Hasan Sharif, âgé de 30 ans, est un réfugié d\u2019origine somalienne.Le suspect figurait sur le radar des autorités depuis 2015, après qu\u2019une plainte eut été déposée selon laquelle l \u2019 individu se serait radicalisé.Son enquête sur le cautionnement est prévue en cour provinciale mardi matin.Le chef de la police d\u2019Edmonton, Rod Knecht, a dit que les événements de samedi soir semblaient avoir été l\u2019œuvre d\u2019une seule personne.L\u2019attaque s\u2019est amorcée à l\u2019extérieur du stade d u C o m m o n w e a l t h , lorsqu\u2019un véhicule a foncé sur une barricade policière.Un individu en est sorti et a attaqué au couteau le même policier.Quelques heures plus tard, un camion cube de la compagnie U- Haul a été intercepté par les policiers qui ont demandé au conducteur de s\u2019identifier.Les agents ont alors remarqué des ressemblances avec le propriétaire de l\u2019auto.Confronté à ces informations, le conducteur a redémarré et accéléré en direction du centre- ville d\u2019Edmonton, déclenchant une poursuite policière.Le conducteur du camion aurait intentionnellement happé quatre piétons avec ce camion, qui a ensuite fait des tonneaux et s\u2019est renversé.Les policiers ont alors sorti le suspect du camion par le pare-brise qui avait été fracassé.Il a été menotté et arrêté.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR En présence de ses candidats et de ses militants, Denis Coderre a présenté lundi les nouveaux éléments de son programme électoral.J E A N N E C O R R I V E A U D enis Coderre entend poursuivre sur l\u2019élan de son premier mandat s\u2019il est reporté au pouvoir le 5 novembre prochain.Le maire sortant propose tout de même quelques nouveautés, comme une compensation financière pour les commerçants éprouvés par les chantiers et l\u2019accès gratuit au métro pendant quatre fins de semaine.Les nouveaux éléments du programme électoral d\u2019Équipe Denis Coderre, dévoilé lundi en présence de ses candidats, sont identifiés par un astérisque dans le document de 25 pages.« Les autres engagements sont la continuité de mesures ou de programmes instaurés par l\u2019administration Coderre depuis novembre 2013», prend-on soin de préciser.« Il fallait faire le ménage», a dit M.Co- derre.« En 4 ans, nous avons réalisé ce que d\u2019autres mettent 10 ans à faire.» Le maire sortant se targue d\u2019avoir ramené la confiance à l\u2019Hôtel de Ville, d\u2019avoir obtenu la « paix sociale » en paraphant des ententes avec les grands syndicats.Il s\u2019est également plu à rappeler que Montréal détenait désormais un statut de métropole et que son administration avait contribué à améliorer l\u2019environnement économique.« Le fait qu\u2019on a créé 120 000 jobs.Le fait qu\u2019on est redevenus crédibles avec un taux de chômage le plus bas des 30 dernières années.Avec nous, vous savez à quoi vous attendre.On va de l\u2019avant et on est capables de livrer la marchandise.» Ouvrir les livres Ainsi, il promet de mettre en place un système de compensation financière pour les commerçants af fectés par les chantiers.« Ça veut dire que les entreprises vont être obligées d\u2019ouvrir leurs livres.On va regarder de façon très transparente de par t et d\u2019autre les per tes réelles », a-t-il expliqué.Rappelons que son adversaire Valérie Plante avait elle aussi promis des allégements fiscaux pour les commerçants touchés par les travaux de voirie.Les taxes foncières augmenteront, mais pas au-delà de l\u2019inflation, a dit M.Co- derre : « Il y a des gens qui veulent jouer avec la taxe de Bienvenue.Ce sont des revenus de 120 millions.J\u2019aime autant avoir des méthodes d\u2019accès à la propriété.C\u2019est beaucoup plus juste et équitable.» En matière de transport, Denis Coderre entend offrir l\u2019accès gratuit au métro pendant quatre fins dans l\u2019année à l\u2019occasion de grands événements.Il garde également le cap sur le développement du réseau cyclable à raison de 50 kilomètres par année et a aussi annoncé son intention de créer un bureau du cycliste et du piéton.Dans la foulée des recommandations de la commission des transports sur la cohabitation entre les véhicules lourds et les usagers les plus vulnérables, le maire sor tant se dit également prêt à instaurer un système pour moduler les heures de livraison des camions au cen- tre-ville.Le programme de son par ti évoque un « encadrement progressif » des gabarits des camions.Le plan de son administration, si elle est reportée au pouvoir, privilégiera les véhicules verts et pourrait mener à l\u2019implantation d\u2019un « centre de distribution urbain » avec véhicules électriques « pour la livraison dans le dernier kilomètre ».Intersections dangereuses En matinée, son adversaire Valérie Plante a dénoncé les critères imposés aux arrondissements par la ville-centre pour les demandes de modification aux feux de circulation.Ainsi, a indiqué la chef de Projet Montréal, afin d\u2019obtenir un feu pour les vélos à une intersection où une piste cyclable croise une rue, il faut démontrer qu\u2019il y a eu au minimum deux collisions en trois ans.Et pour une phase de priorité pour piétons avant le virage à gauche pour véhicules, quatre collisions sont requises, soutient Projet Montréal.Mme Plante estime «absolument inconcevable » que les arrondissements aient à comptabiliser les blessés graves et les morts avant d\u2019obtenir les changements de signalisation et elle a promis de changer la réglementation.De son côté, le candidat à la mairie de Montréal de Coalition Montréal, Jean For- tier, a proposé que la ligne bleue du métro se rende non seulement jusqu\u2019à Anjou, mais qu\u2019elle soit prolongée à partir de la station Côte-des-Neiges jusqu\u2019à l\u2019École de technologie supérieure, dans Griffintown.Long de 4 kilomètres, ce segment qui comporterait des arrêts au lac aux Castors et au centre-ville, près du Musée des beaux-arts, coûterait quatre fois moins cher que la ligne rose proposée par Projet Montréal.Le Devoir MAIRIE DE MONTRÉAL Denis Coderre poursuit sur sa lancée Le maire sortant se targue d\u2019avoir ramené la confiance à l\u2019Hôtel de Ville C A R O L I N E P L A N T E à Québec A lexandre Bissonnette, le présumé auteur de la fusillade de la grande mosquée de Québec, n\u2019aura pas droit à une enquête préliminaire et ira directement à procès.La Couronne a déposé, lundi, un acte d\u2019accusation direct, qui accélère les procédures.« C\u2019est une décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales qui s\u2019est prévalu d\u2019une prérogative qui lui appartient, a déclaré le procureur Thomas Jacques.C\u2019est une décision qui a été longuement mûrie et qui a été prise dans l\u2019intérêt public.» La question des délais a pu ef fectivement « faire par tie des facteurs considérés », a-t-il précisé.Le délai maximal pour la tenue d\u2019un procès fixé par l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême est de 30 mois, entre l\u2019accusation et la fin d\u2019un procès.Bissonnette, âgé de 27 ans, est accusé du meurtre prémédité de six hommes qui se trouvaient à la grande mosquée de Québec, le soir du 29 janvier dernier, où il se serait présenté armé.Il est aussi accusé de cinq autres chefs de tentative de meurtre.Un douzième chef d\u2019accusation s\u2019est ajouté lundi, a expliqué Me Jacques.Il s\u2019agit d\u2019un chef de tentative de meurtre avec usage d\u2019une arme à autorisation restreinte.Ce chef vise 35 victimes, dont quatre enfants, qui étaient physiquement en présence de l\u2019accusé au moment où les gestes reprochés à celui-ci se sont produits.Veuves présentes La poursuite a ainsi indiqué au juge Jean-Louis Lemay avoir complété la divulgation de la preuve.Son acte d\u2019accusation est aussi complet.Aucun chef de terrorisme n\u2019a donc été déposé, ce qu\u2019a déploré lundi Boufeldja Be- nabdallah, vice-président du Centre culturel islamique.« Il a ciblé un groupe de musulmans assis, en train de faire leurs prières, dans une mosquée, s\u2019est-il indigné devant les journalistes.Il faut que cet acte terroriste soit reconnu et qu\u2019il soit condamné pour ça, pour que ça fasse aussi une sacrée leçon pour la société québécoise, canadienne et pourquoi pas, mondiale.» Me Jacques a justifié la décision comme suit : «L\u2019ensemble de la preuve recueillie par les divers corps policiers impliqués dans cette enquête d\u2019envergure a été rigoureusement analysée, et les accusations portées sont le fruit et de la preuve recueillie, de la preuve disponible et de l\u2019état actuel du droit au Canada.» Pour la première fois depuis la tragédie, cinq des six veuves touchées par le drame ont pris place dans la salle où Bissonnette, chétif, les cheveux en bataille et vêtu d\u2019un chandail gris, comparaissait.Elles étaient accompagnées de Saïd El-Amari, qui a été grièvement blessé lors de la fusillade.Pleurant à chaudes larmes, les femmes ont préféré quitter le palais de justice en silence après les procédures, au lieu de s\u2019adresser aux médias.« C\u2019est extrêmement dif ficile, a quant à lui commenté Bou- feldja Benabdallah.Ce sont des gens qui sont psychologiquement complètement renversés.» D\u2019après lui, « la douleur n\u2019est pas encore partie ».« Elles attendent toujours leurs maris le matin, et ils ne sont pas là.» Les enfants aussi doivent «panser leurs plaies », a-t-il dit, en souhaitant qu\u2019ils deviennent un jour des « ambassadeurs de la paix».De retour en cour le 11 décembre Par ailleurs, M.Benabdallah s\u2019est dit soulagé que les 35 personnes présentes à la mosquée le soir du drame n\u2019aient pas été « laissées pour compte».Ces sur vivants ont aussi vécu « une descente aux enfers », a-t-il expliqué.« Ils ont été blessés dans leurs corps, dans leur moral, dans leur psychique et c\u2019est la justice qui est en train de jouer un rôle fondamental pour régler ces blessures.» Aucune demande de remise en liberté n\u2019a été annoncée par les avocats de Bissonnette.Les parties seront de retour devant le tribunal le 11 décembre.La poursuite se déclarera alors prête à fixer une date de procès, procès qui aura lieu devant juge et jury, à la Cour supérieure du Québec.La Presse canadienne ATTENTAT DE QUÉBEC Alexandre Bissonnette n\u2019aura pas droit à une enquête préliminaire Attaque au camion-bélier à Edmonton : le suspect accusé de cinq tentatives de meurtre C\u2019est une décision qui a été longuement mûrie et qui a été prise dans l\u2019intérêt public Thomas Jacques, procureur de la Couronne « » Abdulahi Hasan Sharif Quelques engagements d\u2019Équipe Denis Coderre Compensation financière pour les commerçants affectés par les chantiers Accès gratuit au métro pendant quatre fins de semaine dans l\u2019année lors de grands événements Modulation des heures de livraison des camions au centre-ville Parité au comité exécutif Adoption d\u2019une politique de la diversité sexuelle Enlèvement d\u2019Amanda Lindhout : le procès en attente Ottawa \u2014 Un différend juridique autour d\u2019informations classées secrètes retarde la tenue du procès d\u2019Ali Omar Ader, accusé d\u2019avoir enlevé la journaliste canadienne Amanda Lindhout, en Somalie, il y a neuf ans.Un juge de la Cour supérieure de l\u2019Ontario doit déterminer mardi si le procès peut finalement débuter jeudi ou s\u2019il va demeurer ajourné jusqu\u2019à la fin des discussions sur l\u2019admissibilité de documents classés secrets.Selon la défense, l\u2019accusé ne peut bénéficier d\u2019un procès juste et équitable en ce moment, devant la Cour supérieure de l\u2019Ontario, parce que des démarches parallèles sont en cours pour déterminer quelles informations sensibles peuvent être divulguées lors du procès.Amanda Lindhout et le photographe Nigel Brennan ont été enlevés par un homme armé et masqué près de Mogadiscio, en Somalie, en août 2008.Ils ont été libérés le 25 novembre 2009.Ali Omar Ader, un Somalien âgé de 40 ans, fait face à des accusations criminelles de prise d\u2019otages pour son rôle allégué de négociateur.Il a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada à Ottawa en juin 2015.La Presse canadienne Les images de la répression exercée par les policiers et la garde civile espagnols envers les Catalans qui se rendaient aux urnes dimanche sont révoltantes.La violence d\u2019État dont furent la cible des citoyens qui ne cherchaient qu\u2019à voter pacifiquement n\u2019est pas belle à voir.À l\u2019instar de l\u2019Union européenne et de la plupart des pays européens, la France au premier chef, les gouvernements canadien et québécois se sont montrés timides, se gardant bien de critiquer ouvertement l\u2019État espagnol.Or, c\u2019est la démocratie qui a été foulée aux pieds en Catalogne, et c\u2019est ce qu\u2019il leur faut réprouver.e gouvernement espagnol, issu d\u2019une coalition minoritaire dirigée par Mariano Rajoy, du Parti populaire, une formation conservatrice, s\u2019est fermement opposé à la tenue d\u2019un référendum sur l\u2019indépendance de la Catalogne en s\u2019appuyant sur la Constitution de l\u2019Espagne et sur des décisions des cours de justice.Les juges ont déclaré illégale cette consultation populaire, comme celle qui l\u2019a précédée en 2014.Le droit et les juges sont derrière l\u2019État central.Cette fois-ci, Madrid a choisi la manière dure, répressive et antidémocratique, en recourant à quelque 10 000 policiers et membres de la garde civile pour empêcher les gens de voter.De hauts responsables du gouvernement catalan et des fonctionnaires furent écroués, et des maires furent menacés de poursuite.Comme le rapportait Le Devoir, les forces de l\u2019ordre espagnoles ont fait du simple appui au « oui » un délit d\u2019opinion, arrêtant un automobiliste pour saisir une boîte de t-shir ts sur lesquels le mot « sí » était imprimé dans une vingtaine de langues.Ce serait d\u2019un ridicule consommé s\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019une perversion du droit et de la justice.Pour un Catalan, revendiquer le droit de participer au référendum, même si c\u2019est pour voter contre l\u2019indépendance, était illégal.Il semble bien que le gouvernement Rajoy ait plutôt attisé le sentiment indépendantiste chez les Catalans, sans réussir à discréditer le résultat du référendum.Même si la police a empêché 700 000 personnes de voter, selon Barcelone, 42 % des électeurs inscrits sont parvenus à le faire \u2014 à leurs risques et périls, parfois \u2014, et l\u2019appui au « oui » s\u2019est élevé à 90 %.Même si la participation n\u2019a pas franchi la barre des 50 %, le référendum est signi?catif du fait même qu\u2019il a été entravé.Dimanche, le premier ministre Philippe Couillard a appelé « les parties à cesser tout acte de violence, notamment les autorités là-bas», comme si les citoyens en étaient aussi responsables.À la Chambre des communes, lundi, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a pris le parti de l\u2019Espagne.La Catalogne est « une af faire interne », a-t-elle dit.Ottawa ne condamne pas la violence, mais s\u2019en dit très préoccupé, sans l\u2019attribuer à l\u2019État.« Nous espérons qu\u2019une solution sera trouvée à travers le dialogue pacifique et dans le contexte de la Constitution », a-t-elle dit.Or, c\u2019est justement cette Constitution, ou l\u2019interprétation qu\u2019en ont faite les juges nommés par Madrid, qui a privé la Catalogne de son statut de nation autonome.En 2006, les parlements espagnol et catalan ont adopté un nouveau statut pour la Catalogne, statut rati?é par les Catalans dans un référendum.Or, le Parti populaire de Rajoy, alors dans l\u2019opposition, s\u2019est adressé avec succès au Tribunal constitutionnel pour faire déclarer inconstitutionnel ce statut autonome.Mme Freeland voudrait que le gouvernement catalan de Carles Puigdemont entame un «dialogue pacifique» avec Rajoy dans le respect de la Constitution.Voilà un scénario qui semble des plus improbables.Ce n\u2019est pas pour rien que Puigde- mont a plutôt lancé un appel pour une médiation internationale.Mercredi, le Parlement catalan doit prendre acte des résultats du référendum, ce qui peut conduire à une déclaration unilatérale d\u2019indépendance, comme le prévoit la loi sur le référendum.En refusant de blâmer la violence d\u2019État dont a fait preuve Madrid, le Canada a fait primer ses intérêts stratégiques sur les principes démocratiques qu\u2019il devrait pourtant chérir.Soulignons qu\u2019Ottawa a aussi un intérêt interne à prendre le parti de cet État unitaire, même si sa crédibilité, à titre de chantre de la démocratie et des droits de la personne, en prend pour son rhume.De son côté, Philippe Couillard n\u2019a pas les mêmes contraintes.Le premier ministre aurait dû se porter à la défense du peuple catalan, avec lequel les Québécois ont tissé des liens, et déplorer les accrocs à la démocratie en Catalogne.Lâchés par l\u2019Union européenne et ignorés par la communauté internationale, les Catalans méritaient l\u2019appui moral du Québec.L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Non à la pâte à dents, à la brassière et à «bon matin » ! Ayant travaillé à la francisation des entreprises durant une douzaine d\u2019années, avec des centaines de conseillers en francisation et de linguistes, à l\u2019amélioration de la langue parlée et écrite au travail, aussi bien dans les usines que dans les plus grands commerces, ainsi qu\u2019à la qualité de l\u2019étiquetage et de l\u2019affichage commercial, je n\u2019accepte pas que l\u2019OQLF par le biais d\u2019une nouvelle «Politique de l\u2019emprunt linguistique» fasse fi des efforts et des sommes considérables consacrés par ces entreprises à la francisation des emballages, de la publicité et des documents d\u2019information sur leurs produits pour se conformer aux recommandations de l\u2019Office de la langue française de l\u2019époque \u2014 c\u2019était le nom de l\u2019OQLF jusqu\u2019en 2002.Ce recul enlève toute crédibilité et toute efficacité aux efforts antérieurs de l\u2019Office.Les consommateurs achètent aujourd\u2019hui du dentifrice (non de la pâte à dents), des soutiens-gorge (non des brassières), des plateaux (non des cabarets) et fréquentent un comptoir à salades (et non un bar à salades).Ces calques de l\u2019anglais que nous avions fini par oublier apparaîtraient de nouveau dans l\u2019espace public par l\u2019action de l\u2019OQLF, qui a pour mission de guider l\u2019usage du français parlé et écrit au Québec.Plutôt que de dépenser des sommes folles à faire des suggestions permissives, plus far felues les unes que les autres, l\u2019OQLF devrait consacrer ses énergies à promouvoir des cours de francisation pour intégrer les immigrants à la société et au L I B R E O P I N I O N M A T H I E U R O Y Étudiant en histoire L es images sont troublantes, voire révoltantes.D\u2019un côté, des citoyens catalans qui tentent d\u2019exercer leur droit de vote, et de l\u2019autre, une police antiémeute qui fait preuve d\u2019une violence inouïe envers les pauvres gens qui attendent devant les bureaux de vote.Parmi ceux-ci, des vieillards et de jeunes adultes qui se font poivrer, tirer les cheveux ou frapper au visage.Pourquoi cette intervention ?En ver tu d\u2019une décision rendue il y a quelques semaines par la Cour constitutionnelle espagnole, la tenue d\u2019un référendum sur l\u2019indépendance de la Catalogne a été rendue illégale.On réaffirma, du même coup, le caractère indivisible de l\u2019Espagne.Ainsi, au cours des dernières semaines s\u2019en sont suivis des saisies de bulletins de vote, de matériel promotionnel pour le camp du « oui », des menaces de Madrid envers les maires qui braveraient l\u2019interdiction d\u2019organiser le référendum et même certaines arrestations politiques.Notons qu\u2019il ne s\u2019agit pas de la première fois dans leur histoire que les Catalans subissent autant de répression de la part de l\u2019État espagnol, qui avait interdit l\u2019usage du catalan, suspendu le statut d\u2019autonomie de la région et imposé une censure violente sous le régime de Franco dans les années 30 et 40.En effet, ces nouvelles mesures du gouvernement espagnol nous rappellent malheureusement celles de l\u2019Espagne franquiste et ont de quoi nous étonner, au Québec, nous qui avons pu nous prononcer sur notre indépendance nationale sans une répression aussi violente.D\u2019autant plus que ces événements sur viennent dans un pays démocratique comme l\u2019Espagne.Toutefois, ce qu\u2019il y a de plus étonnant dans toute cette histoire, c\u2019est bien sûr le silence de notre classe politique sur la question et qui regarde le gouvernement espagnol agir comme s\u2019il s\u2019adonnait à une partie de Risk.En effet, il est terriblement honteux de voir Philippe Couillard ou Justin Trudeau refuser de dénoncer de tels agissements et ne parler de la situation que du bout des lèvres.Malgré sa volonté de partager l\u2019expertise québécoise sur la question, le premier ministre québécois ne dénonce pas formellement l\u2019agression du gouvernement de Mariano Rajoy.François Le- gault, quant à lui, bien qu\u2019il ait finalement dénoncé la violence, a tout de même agi de manière par tisane et irréfléchie cette semaine quand il a dit grossièrement aux Québécois qu\u2019« il y a peut-être des souverainistes qui vont trouver aujourd\u2019hui qu\u2019Ottawa est pas mal moins méchant que Madrid ».Peu importe notre opinion sur la question de l\u2019indépendance catalane, il est impératif, si l\u2019on est réellement démocrate, de dénoncer sans équivoque cette situation qui dégénère et de laisser le peuple catalan trancher lui- même sur cet enjeu.Une telle question devrait définitivement dépasser les clivages entre fédéralistes et souverainistes, car elle touche à un enjeu aussi fondamental que le respect des droits des peuples à l\u2019autodétermination.Hélas, la majorité de notre classe politique locale va, tel un troupeau de moutons guidé par notre premier ministre, dans le même sens que plusieurs pays européens, qui n\u2019osent pas dénoncer fermement les agissements de leur voisin espagnol.N\u2019est-ce pas ironique de voir des pays comme la France ou le Royaume-Uni, qui se targuent d\u2019être de grandes démocraties, garder un silence inquiétant et gênant sur la question ?Bien sûr, les indépendantistes québécois, quant à eux, font front commun sur la question et sont les seuls à dénoncer catégoriquement ces manœuvres autoritaires et antidémocratiques.On dirait bien, à la lumière de tous ces éléments, que ce sont quasiment les seuls à avoir du respect pour les droits des peuples à l\u2019Assemblée nationale.Chose cer taine, si nous étions un pays, le Québec pourrait se montrer solidaire des petites nations qui voient leurs droits bafoués et ainsi se distancer de la position honteuse de plusieurs pays européens qui, tout comme le Canada et ses inconditionnels, comme M.Couillard, semblent avoir bien peu de respect envers la démocratie ces jours-ci.Catalogne : le silence des agneaux FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET monde du travail, surtout dans les entreprises qui accueillent des travailleurs immigrants, afin de faire du français la langue de travail et de l\u2019espace public.J\u2019aurais bien préféré que l\u2019OQLF affiche publiquement son désaccord avec ce «bonjour, hi» qu\u2019on nous sert de plus en plus dans les commerces ainsi que ce «bon matin» (calque de l\u2019anglais «good morning») au lieu de «bonjour», utilisé dans toute la francophonie, sans compter ce «pas de problème» (calque de l\u2019anglais «no problem») plutôt que «pas de souci».Solange Chalvin, ex-journaliste du Devoir et ex-directrice à l\u2019OQLF Le 29 septembre 2017 RÉFÉRENDUM EN CATALOGNE Nos élus doivent dénoncer la violence d\u2019État L ROBERT DUTRISAC Le modèle d\u2019Uber L\u2019acceptation ou le refus d\u2019Uber n\u2019est pas l\u2019acceptation ou le refus de l\u2019industrie technologique.Uber n\u2019est pas un joueur majeur de celle-ci, mais un tricheur, un imposteur.D\u2019un point de vue strictement technologique, la compagnie califor- nienne n\u2019a fait que développer une « solution » de vente en ligne et de gestion de flotte.C\u2019est le produit typique que l\u2019industrie technologique vend aux autres industries.La géolocalisation et le commerce électronique sont les tendances actuelles.L\u2019originalité d\u2019Uber a été de préférer créer son propre réseau de taxi au lieu de vendre sa plateforme aux réseaux déjà existants.C\u2019est un modèle d\u2019affaires qui ne relève pas de la technologie, mais bien de l\u2019idéologie.Certes, la plateforme numérique Uber offre dématérialisation et automatisation.Sauf que ces changements technologiques bien réels et concrets concernent la commande du service et son paiement, pas son exécution en soi.La tâche redéfinie n\u2019est donc pas celle du chauffeur de taxi, mais bien celle du répartiteur de taxi.La compagnie anciennement appelée UberCab procède surtout à la redéfinition langagière et conceptuelle.À travers ses dissociations et associations fallacieuses avec l\u2019industrie du taxi et le covoiturage, ou encore la confusion de la nature d\u2019un travail et de son horaire, Uber se présentait au Québec comme la version intra-ur- baine d\u2019Allo-Stop et Amigo Express.Il s\u2019agit d\u2019une opération de relations publiques et non d\u2019un réel bouleversement technologique.Uber ne se compare pas aux services légaux de diffusion et de téléchargement en ligne.Spotify et Deezer sont des évolutions des webradios comme Launch et Last.fm, dont l\u2019intérêt était de sortir du carcan musical de la radio traditionnelle.Uber ne fait qu\u2019offrir un service de taxi sous un autre habillage.Bandcamp, iTunes et Netflix sont une solution de rechange au piratage.Uber est plutôt la solution par le piratage.Le rapport entre Uber et le taxi n\u2019est pas non plus comparable à celui entre la vente de biens matériels en ligne et le commerce de détail.La vente par catalogue fait concurrence aux boutiques depuis déjà quelques siècles.Uber n\u2019est pas au taxi ce qu\u2019Amazon est aux magasins, mais bien ce qu\u2019Amazon est à la commande téléphonique avec une carte de crédit.La technologie est souvent évolution, et non révolution.L\u2019encadrement de l\u2019industrie technologique, que ce soit pour Uber, Amazon ou Netflix, doit donc passer par son examen selon la continuité et non la rupture.Antoine Desgagnés Charlesbourg, le 30 septembre 2017 L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).P enser les politiques destinées à assurer le passage au numérique est un redoutable défi pour les gouvernements des pays démocratiques.La réception glaciale qui a été réservée à la politique culturelle annoncée par la ministre Mélanie Joly illustre les écueils qui guettent les décideurs politiques qui tentent de mettre à niveau les règles du jeu avec les logiques découlant des nouveaux outils numériques.La tentation peut être grande pour certains dirigeants de se placer à la remorque des entreprises dominantes au lieu de s\u2019employer à mettre à niveau les politiques définissant le cadre dans lequel tous sont appelés à jouer.Le numérique change les façons de faire, transforme nos sociétés.Cela suppose de comprendre à la fois les transformations des différentes activités et les objectifs fondamentaux qui, au-delà du numérique, demeurent essentiels.Le défi n\u2019est pas que technologique ; il interpelle la capacité de déterminer comment les objectifs fondamentaux qui justifient les règles du jeu doivent être transposés afin de demeurer efficaces à l\u2019égard des nouvelles façons de faire les choses.Les façons de faire induites par le numérique affectent les activités de toute nature.L\u2019introduction d\u2019applications en ligne mettant en contact un offreur d\u2019un bien ou d\u2019un service directement avec le consommateur impose les conditions qui, par défaut, détermineront les droits et obligations des personnes qui s\u2019engagent dans une activité en ligne.Le rôle des intermédiaires qui intervenaient dans la chaîne de consommation peut se trouver radicalement modifié.Par exemple, la location temporaire de logements par des plateformes de type Airbnb procure beaucoup d\u2019avantages.Mais elle peut engendrer des effets pervers dans le marché du logement.Les normes par défaut qui s\u2019appliquent alors peuvent sous-estimer les risques quant à la responsabilité des locateurs et les conséquences pour les locataires ou les résidants d\u2019un quartier.Il est essentiel que les lois rétablissent les équilibres rompus.On ne peut pas se contenter de postuler que ces transformations sont invariablement bonnes parce qu\u2019elles découlent des «technos»! Les États qui négligent de se donner les moyens de voir venir les tendances et d\u2019adapter les lois de façon à ce que celles-ci demeurent en mesure d\u2019imposer les comportements appropriés aux acteurs du numérique se condamnent à subir les décisions imposées par les géants du Web.Ce sont les multinationales qui, par défaut, définiront les conditions du déroulement des activités.Or, les enjeux cruciaux ne font que commencer à se manifester.Les véhicules autonomes, les objets connectés et les multiples applications de l\u2019intelligence artificielle comportent leurs «conditions d\u2019utilisation» imposées par les acteurs dominants.Tout cela accentue le risque que les technologies fonctionnent en porte à faux avec les lois destinées à protéger les parties vulnérables.Si les États ne se donnent pas les moyens d\u2019appliquer leurs lois, ils se préparent des lendemains pénibles.Si les États n\u2019adaptent pas assez vite leurs lois et autres interventions, les populations seront de plus en plus à la merci de ces règles imposées par les décideurs privés.Les décisions des sociétés privées régiront un vaste ensemble de produits et services sans prendre en compte les objectifs des politiques définies démocratiquement.Ceux qui réfléchissent aux politiques publiques doivent se demander si les modes de fonctionnement imposés par le numérique respectent les principes de ces politiques.Par exemple, au sujet des politiques culturelles, est-ce que les applications en ligne servant désormais à acheminer des contenus audiovisuels fonctionnent de manière compatible avec les exigences des lois voulant qu\u2019une partie des dollars que les Canadiens dépensent pour leur consommation culturelle soient retournés dans le développement d\u2019œuvres originales canadiennes?Si oui, tant mieux, si non, comment ajuster les lois afin que tous s\u2019y conforment?Une politique numérique digne de ce nom doit prévoir une combinaison optimale de règles du jeu afin d\u2019amener l\u2019ensemble des acteurs à agir en conformité avec les objectifs des politiques publiques.Par exemple, plusieurs jugeront essentiel que tous ceux qui sont impliqués dans une activité de transport se conforment à des normes de sécurité.Une telle obligation doit alors valoir aussi bien pour les plateformes engagées dans la mise en relation des offreurs et des demandeurs de transport que pour les entreprises offrant déjà le même type d\u2019activité.De même, les obligations fiscales doivent être réparties équitablement entre les acteurs.Une politique qui tolère qu\u2019une même activité taxée soit en concurrence avec une activité dispensée de taxes est non seulement illégitime, elle affaiblit l\u2019idée même du respect des lois, pourtant essentiel à l\u2019État de droit.En somme, revoir les politiques pour les adapter aux conditions générées par le numérique requiert de la vision.Les objectifs visés par les lois doivent être au-dessus des intérêts à court terme des acteurs qu\u2019on a souvent laissés faire au nom d\u2019une fascination pour les entreprises qui peuvent se croire «naturellement» dispensées de tenir compte des impératifs des politiques publiques.Les politiques numériques P I E R R E T R U D E L L\u2019auteur est chercheur associé de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes a politique du gouvernement du Québec lors du référendum de 1995 était que les peuples autochtones avaient, comme le Québec, le droit à la libre disposition, mais dans un Québec souverain.Le PQ proposait alors ce qui était sans doute à l\u2019époque, voire au- jourd\u2019hui, une politique progressiste quant à l\u2019autonomie politique et les droits territoriaux.L\u2019intégrité territoriale du Québec prévalait cependant sur le droit des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes.[\u2026] Jacques Parizeau, qui avait démissionné de son poste en 1995, a eu l\u2019occasion de se prononcer à nouveau sur la question du droit des peuples autochtones.Lors de l\u2019avis de la Cour suprême du Canada sur la sécession du Québec en 1998, il écrivait dans Le Devoir que le droit international établit sans l\u2019ombre d\u2019un doute que les frontières du Québec allaient demeurer les mêmes après une déclaration d\u2019indépendance : « Il n\u2019y a pas d\u2019avant et d\u2019après.» [\u2026] Parizeau ajoutait cependant qu\u2019un Québec souverain allait continuer de partager avec le gouvernement canadien la compétence politique sur les autochtones.«Cela continuera», écrivait-il, laissant le lecteur sur sa faim, sinon confondu ! C \u2019est comme s\u2019il séparait le territoire de la question de la compétence politique sur les autochtones.Récemment, dans son livre Octobre 1995 : tous les espoirs, tous les chagrins, le chef actuel du PQ, Jean-François Lisée, a expliqué ce que pourrait devenir la position de son parti si elle était adoptée par ses membres.Selon lui, les autochtones « tiennent à leurs liens pancana- diens, panaméricains, voire circumpolaires ».Il pense que les autochtones organiseraient leurs propres référendums, rejetant à 95 % l\u2019indépendance du Québec : « Et voilà où se trouve, pour Ottawa, la clé de l\u2019échec des négociations.Le Québec refuserait, bien entendu, de morceler son territoire et aurait de solides arguments juridiques à sa disposition.Mais il perdrait le seul débat qui compte, le débat politique.[\u2026] Le Québec se verrait donc dans l\u2019obligation de faire une déclaration unilatérale d\u2019indépendance, ce qui n\u2019est pas son premier choix, et d\u2019en appeler à l\u2019opinion internationale sur la question où il serait le plus faible : celle des autochtones.Il serait faible face au Canada, dont les représentants monteraient sur les tribunes, entourés de chefs autochtones réclamant le respect de leurs droits.Et faible face à l\u2019opinion intérieure québécoise, dont 73% jugent \u201craisonnable\u201d que les nations autochtones puissent rester au Canada avec leurs territoires en cas de souveraineté.» C\u2019est alors que Lisée avance une « formule » relevant de l\u2019approche du découpage des deux questions, celle de la question de la souveraineté et celle de la question autochtone.Il propose le statu quo, c\u2019est-à-dire que, dans un Québec souverain, les gouvernements canadien et québécois continueraient à partager les mêmes responsabilités envers les autochtones du Québec.Se faisant pédagogue, Lisée donne comme exemple le fait que les Québécois n\u2019accepteraient jamais de ne pas détenir un droit de veto dans le cas où le Canada déciderait de fusionner avec les États-Unis.Donc, cela serait la même chose pour les autochtones quant à leur appartenance à un Québec souverain, écrit-il.Pour rassurer ses membres, il ajoute qu\u2019«à la longue, il deviendrait plus simple pour les autochtones de concentrer leurs rapports avec un seul gouvernement, celui du Québec.Mais rien ne presse.Il n\u2019y aurait ni obligation ni calendrier».Selon Lisée, l\u2019avantage de ce qu\u2019il avance comme politique réside dans le fait que l\u2019on pourrait ainsi «dédramatiser» la situation.La formule vise à résoudre un problème plutôt qu\u2019à encourager le droit des peuples autochtones.Si Ottawa continue à payer des services publics aux autochtones dans un Québec souverain et si Ottawa refuse de plaider devant une cour d\u2019un Québec indépendant pour résoudre des litiges sur les droits ancestraux ou des litiges financiers, Lisée envisage alors la création d\u2019une instance judiciaire commune.Pour Lisée, afin de rassurer les membres du PQ, l\u2019enjeu réel se situe sur 1 % du territoire du Québec, soit les réserves et les terres de catégorie 1 des Cris.Sur ces terres fédérales, dans un Québec souverain, Ottawa pourrait continuer de détenir des propriétés et maintenir une administration publique.[\u2026] Depuis la rencontre du premier gouvernement souverainiste avec une centaine de chefs autochtones en 1978, la politique du PQ est passée d\u2019une forme d\u2019ignorance et de négation du droit à l\u2019autodétermination des peuples autochtones à une reconnaissance du droit de choisir entre le statu quo et l\u2019appartenance exclusive à un Québec souverain.Des ténors souverai- nistes, tels Parizeau, Morin et Duceppe, ont laissé échapper des indices de l\u2019existence de ce «plan B » derrière le discours officiel prévalant sur l\u2019intégrité territoriale.Le PQ est resté discret sur l\u2019éventuel maintien de cette double compétence dans un Québec souverain, ne souhaitant pas favoriser le mouvement appuyant la partition du Québec.[\u2026] Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.LISÉE ET LES AUTOCHTONES Une responsabilité partagée entre Québec et Ottawa même après l\u2019indépendance PIERRE TRUDEL J E R R Y W H I T E Université Dalhousie, Halifax es images de brutalité de la par t des policiers espagnols pendant le référendum catalan, une expérience de violence politique inégalée depuis les années franquistes, ont vraiment bouleversé le continent.[\u2026] Mais qu\u2019est-ce que la Catalogne ?Bref, qu\u2019est-ce qu\u2019une nation ?Ah, quelle vieille question, surtout en français ! Je rejette l\u2019idée que l\u2019appartenance nationale ne veuille rien dire à l\u2019ère de la mondialisation, tout comme je rejette une définition de la nation qui fusionne cette appartenance avec une appartenance ethnique, raciale ou linguistique.La normalisation de la langue catalane a joué un rôle énorme dans l\u2019expérience de modernité en Catalogne, et je n\u2019oserai pas minimiser cet apport.Le pays a vécu une expérience très proche du Québec dans le domaine de l\u2019éducation, de l\u2019administration gouvernementale et de l\u2019expression publique.Mais la situation n\u2019est pas exactement analogue, et la langue espagnole reste présente dans la vie quotidienne catalane (le recensement 2017 nous apprend que 99,7 % des Catalans sont capables de parler espagnol ; pour la langue catalane, ce pourcentage est de 80,4 %).Même parmi ceux qui se considèrent comme «Catalans d\u2019abord», la langue espagnole est un élément essentiel de la vie quotidienne, ce qui, en comparaison, est inimaginable pour la langue anglaise et l\u2019identité québécoise contemporaine.Si jamais une République catalane venait à voir le jour, ce serait une vraie république, c\u2019est-à-dire non simplement une république de la langue catalane, mais une république des Catalans, ce qui n\u2019est pas du tout la même chose.Diverses migrations On trouve un écho dans l\u2019expérience catalane de la migration, qui comprend deux « générations» distinctes.La première concerne une migration interne.Plus particulièrement dans les années 60, des Espagnols du Sud (notamment de l\u2019Andalousie) sont partis en grand nombre pour le Nord, plus riche, même si, dans ce Nord, les gens parlaient une langue différente.Ces Andalous sont « devenus Catalans », à l\u2019image des Irlandais au Québec, qui, au XIXe siècle, sont «devenus Québécois», contrairement aux Écossais.Pour les adultes migrants, nés en Andalousie, ce n\u2019était pas toujours le cas.Mais dans l\u2019époque postfranquiste, s\u2019agissant des enfants scolarisés en langue catalane parmi d\u2019autres enfants catalans, c\u2019est toute une autre histoire.Les deux dernières décennies (plus ou moins) ont vu une migration externe, composée de Latino-Américains qui, traditionnellement, s\u2019intègrent plus souvent dans une communauté espagnole, mais aussi de Marocains et d\u2019Africains subsahariens, ainsi que de ressortissants d\u2019Europe de l\u2019Est, qui n\u2019arrivent pas avec la langue espagnole et qui ont tendance à s\u2019intégrer, comme les Andalous, à travers l\u2019identité catalane.Une vidéo produite par l\u2019organisme gauchiste República des de baix a présenté des images d\u2019un homme africain arborant un t-shirt sur lequel on pouvait lire « Référendum oui ! », et d\u2019une femme vêtue d\u2019un hidjab, tous deux dénonçant, en langue catalane, des personnes présentées dans la vidéo comme étant liées au « régime de 78».Comme au Québec, on a souvent vu des indépendantistes diabolisés et qualifiés de « nationalistes ethnolinguistiques ».Des nationalistes, oui, mais la question ethnique, comme dans le mouvement indépendantiste écossais, n\u2019est pas au centre des enjeux, et la situation l ingu ist ique est extrêmement complexe .Comme dans tous ces mouvements, la dimension ethnolinguistique existe et elle joue un rôle parfois implicite et difficile à voir.Mais la « passion référendaire » en Catalogne a révélé un mouvement indépendantiste vraiment moderne, et probablement un modèle pour ceux qui suivront : territorial avant tout, soutenu par la mobilisation, et séculaire au sens taylorien, c\u2019est-à-dire défini par ce que Charles Taylor a appelé (dans L\u2019âge séculier et Modern Social Imaginaries) « les temps profanes » (« profane time ») et non par les récits d\u2019éternité ou de transcendance.Bref, on a vu, peu importent les résultats du référendum ou la répression étatique qui veut le détruire, l\u2019émergence complète d\u2019un mouvement moderne.La Catalogne, un mouvement indépendantiste moderne et territorial L DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons des extraits d\u2019un texte paru dans la revue Nouveaux cahiers du socialisme, automne 2017, no 18.PIERRE-PHILIPPE MARCOU AGENCE FRANCE-PRESSE « Comme au Québec, on a souvent vu des indépendantistes catalans diabolisés et qualifiés de \u201cnationalistes ethnolinguistiques\u201d», écrit Jerry White.L L E D E V O I R , L E M A R D I 3 O C T O B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres 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farouche, quand on le questionne sur les dangers qui guettent sa personne dans la Turquie d\u2019Erdogan.Inutile d\u2019insister, sous peine de se faire fusiller du regard.C\u2019est vers ses compatriotes bafoués qu\u2019il dit vouloir se tourner.« Je me sens responsable des gens emprisonnés.Certains de mes amis écrivains sont en prison, non pas pour leurs romans, mais pour leurs commentaires politiques.» Déjà, en 2009, lors d\u2019un entretien, Orhan Pa- muk déclarait : « La pire des punitions que le gouvernement turc m\u2019a infligées, ce sont les questions politiques que les journalistes me posent.» Quatre ans plus tôt, il avait reçu des menaces de mort et avait été poursuivi en justice pour « insulte délibérée à l\u2019identité turque », après avoir déclaré dans une entrevue à un journal suisse que la Turquie devait reconnaître sa culpabilité dans le génocide arménien.Il avait dû quitter momentanément son pays.Mais il n\u2019est pas question aujourd\u2019hui dans son esprit de partir d\u2019Istanbul.« Cette fois, ce n\u2019est pas moi qui ai des problèmes, mais mon pays.» La moitié de ses amis a beau lui conseiller de quitter le navire, d\u2019aller s\u2019installer, pourquoi pas, à New York, où l\u2019Université Columbia l\u2019engage régulièrement comme professeur depuis des années, il ne désarme pas.« Les partisans d\u2019Erdogan sont à 51 % et l\u2019opposition à 49 %, argue-t-il, je ne peux pas imaginer que je puisse partir.» Son attachement à Istanbul a toujours été très fort.Il a consacré à sa ville plusieurs écrits, dont Istanbul, souvenirs d\u2019une ville, en 2003.Son monumental roman Le musée de l\u2019innocence, publié il y a 9 ans, nous transportait aussi dans la métropole turque, sur fond d\u2019amours contrariées par les conventions sociales.«Ma relation avec Istanbul est comme une relation avec mes proches dit-il.Je ne veux pas la \u201cglamouriser\u201d, mais elle a formé mon âme, et ça me paraît inévitable d\u2019en parler.» 40 ans de transformations urbaines, politiques et sociales Dans Cette étrange chose en moi, traversé par une histoire d\u2019amour qui aurait pu mal tourner, mais s\u2019avère finalement fabuleuse, c\u2019est par l\u2019intermédiaire d\u2019un vendeur ambulant de pauvre condition venu d\u2019Anatolie que le romancier aborde sa ville.À travers les yeux de Mevlut, arrivé dans la métropole à 12 ans, nous voyons se transformer le tissu urbain, alors que les tours d\u2019habitation et les centres commerciaux remplacent peu à peu les bicoques des bidonvilles.« Dans mon enfance, explique Orhan Pamuk, la population d\u2019Istanbul était de 2 millions d\u2019habitants, alors qu\u2019aujourd\u2019hui, elle en compte 18 millions, à la suite de l\u2019arrivée massive de gens venus des zones rurales.Je voulais comprendre de l\u2019intérieur ces gens modestes qui ont totalement changé la physionomie de ma ville en 40 ans.» Pour y parvenir, il a arpenté Istanbul, accompagné d\u2019un garde du corps employé par le gouvernement.« J\u2019ai pu me rendre dans des quartiers éloignés de la ville que je ne connaissais pas, qui étaient parfois dangereux.» Au cours de ses promenades, l\u2019ex-étudiant en architecture et en journalisme est allé à la rencontre de personnes exerçant toutes sor tes de petits métiers.Il a fait une foule d\u2019entrevues, dont il s\u2019est servi pour faire résonner la voix de son héros tout en construisant un roman polyphonique.À travers la multiplicité des points de vue entremêlés dans son roman, on suit les changements sociaux et politiques survenus en Turquie : succession de coups d\u2019État militaires, corruption, violence, affrontements entre communistes, nationalistes et islamistes, laïcs et religieux.« Je suis un romancier à caractère social, mais pas un écrivain socialiste, se défend l\u2019auteur, issu d\u2019une famille aisée et cultivée.Dans la plupart des romans socialistes en Turquie, les héros sont des paysans laïques : le peuple n\u2019a pas de religion.On ne pourrait pas comprendre, en les lisant, pourquoi les classes populaires ont voté pour Erdogan, par exemple.Alors que mon héros, même s\u2019il ne s\u2019en vante pas, le fait.» Vendeur de boza, c\u2019est-à-dire de la boisson traditionnelle ottomane : c\u2019est l\u2019occupation principale de Mevlut, qui doit, pour ce faire, arpenter la ville en soirée, tout en multipliant de jour les petits métiers afin de parvenir à faire vivre sa famille.«La boza est légèrement alcoolisée, mais n\u2019est pas considérée comme de l\u2019alcool.Si vous en buvez trois verres, c\u2019est comme boire une bière », précise Orhan Pamuk, qui note dans son roman qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une boisson « inventée par les musulmans pour boire de l\u2019alcool ».Ce qui rend cette boisson intéressante à ses yeux : «Dans la République moderne, après l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019Atatürk, nous sommes devenus laïques, et les breuvages alcoolisés ont été légalisés.Mais les gens ont continué d\u2019aimer la boza.Et l\u2019argument de mon livre, c\u2019est que c\u2019est parce que ça goûte le bon vieux temps.Ça rappelle le souvenir de l\u2019Empire ottoman.» Il se souvient que lorsqu\u2019il était enfant, sa grand-mère ouvrait toute grande la fenêtre pour héler le vendeur de boza.« C\u2019était un homme étrange qui avait l\u2019air de venir de la planète mars, tellement pauvre, vêtu de haillons, transi de froid, qui essayait de faire un peu d\u2019argent.Ça m\u2019est toujours resté en mémoire.» C\u2019est une des choses qui l \u2019ont mot ivé à écrire ce roman, dans lequel il dit s\u2019être efforcé de donner à son héros, qui ne baisse jamais les bras, une plénitude humaine.« Mevlut est généreux, sensible, candide, et je pense qu\u2019en même temps, il charrie toute la malchance, toutes les fausses croyances, tous les tourments de l\u2019homme turc.» Ma is contra irement à la plupar t des hommes turcs, son héros a une relation chaleureuse avec sa femme, avance Orhan Pa- muk, dont le plus récent roman montre dans l\u2019ensemble des maris possessifs, jaloux, dominateurs envers leurs femmes\u2026 qui résistent comme elles le peuvent.« La façon dont les femmes sont opprimées dans les pays musulmans, que ce soit par la religion, les institutions sociales ou politiques, est horrible, plaide-t-il .Mais elles ne sont pas dupes.» « En Turquie, poursuit-il, je vois à quel point la colère des femmes monte.Elles relèvent l\u2019échine, elles se battent, de plus en plus », se réjouit Orhan Pamuk, qui se dit féministe.Même si «être féministe pour un homme turc est un oxymoron» [rires].CETTE CHOSE ÉTRANGE EN MOI Orhan Pamuk, Gallimard, Paris, 2017, 686 pages ; traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy.SUITE DE LA PAGE 1 ISTANBUL Réédition et parution À signaler : la réédition en livre illustré d\u2019Istanbul, souvenirs d\u2019une ville, chez Gallimard, et la parution d\u2019un Cahier de L\u2019Herne consacré à l\u2019auteur, qui compte parmi ses collaborateurs Margaret Atwood et John Updike.Orhan Pamuk sera à la Toronto Reference Library le 27 octobre prochain pour rencontrer ses lecteurs.nal ».Le shérif de Las Vegas, Joseph Lombardo, a pour sa par t qual i f ié le tueur de « loup solitaire ».En soirée lundi, les enquêteurs ont compté au moins 17 armes à feu dans la chambre d\u2019hôtel de Paddock.Quelque 18 fusils, des explosifs et des milliers de munitions ont aussi été trouvés dans la résidence du tueur.Ce dernier est arrivé au Mandalay Bay le 28 septembre et y a apporté lui-même les armes sans que le personnel de l\u2019hôtel n\u2019ait rien remarqué, a précisé le shérif.L\u2019assaillant, un comptable à la retraite, vivait à Mesquite, à environ 120 kilomètres de Las Vegas, dans le Nevada.Il se rendait souvent à Las Vegas pour jouer, selon ses voisins.Son frère, Eric Paddock, a affirmé qu\u2019il n\u2019avait « pas d\u2019af filiation religieuse ou politique» et «n\u2019était pas du tout un amateur d\u2019armes».Stephen Paddock n\u2019avait jamais eu affaire avec la police, ce qui n\u2019était pas le cas de son père, Patrick Benjamin Paddock, un braqueur de banques placé sur la liste des fugitifs les plus recherchés par le FBI dans les années 1960.Un père absent, selon Eric Paddock.Trump appelle à l\u2019unité Le prés ident amér ica in, Donald Trump, a qualifié l\u2019attaque de « mal absolu » lundi.Dans un discours prononcé à la Ma ison-Blanche, i l a appelé les c itoyens à l \u2019un ité , tout en évitant de parler d\u2019accès aux armes à feu et de terrorisme.«Notre unité ne peut pas être brisée par le mal, nos liens ne peuvent pas être défaits par la violence et, bien que nous ressentions de la colère face à l\u2019assassinat insensé de nos compatriotes, c\u2019est l\u2019amour qui nous définit aujourd\u2019hui », a-t-il déclaré d\u2019un ton grave.Lui et la première dame, Melania Trump, ont ensuite observé une minute de silence en après-midi.Le président se rendra à Las Vegas mercredi.Selon le chercheur à l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandu- rand, Rafael Jacob, cette tragédie sur vient après une semaine mouvementée pour le président, notamment marquée par les critiques de sa gestion de la crise à Por to Rico après le passage de l\u2019ouragan Maria et sa croisade contre le «manque de respect » envers le drapeau américain des athlètes de la NFL.«Quand il y a une tragédie nationale très for te, le tout premier rôle du président est d\u2019unir le pays.Présentement, il n\u2019est vraiment pas dans une bonne position pour unir», soutient M.Jacob.Le prés ident perd des plumes dans l \u2019op in ion publique et ses paroles à la suite de la fusillade, bien que rassembleuses et « présidentielles », risquent d\u2019avoir peu d\u2019impact sur sa cote de popular ité.« Après les ouragans Harvey et Irma, son taux d\u2019approbation générale a grimpé, mais très peu, alors qu\u2019i l a quand même bien géré ces deux crises majeures » , observe le chercheur.Retour du débat sur les armes Cette fusillade relance une fois de plus le débat sur le contrôle des armes à feu, sujet épineux aux États-Unis.Face aux « pensées et prières » lancées par les élus, notamment républicains, les démocrates ont exigé que le Congrès agisse, enfin, pour resserrer l \u2019accès aux armes à feu.La Maison-Blanche a répondu que ce débat était « prématuré » à ce stade préliminaire des investigations.« Ce dialogue de sourds revient à chaque fusillade, déplore Rafael Jacob.C\u2019est comme une cassette qui se répète et chaque fois, rien ne change.» Et il serait très étonnant que ça change avec le «champion du deuxième amendement» à la tête du pays, estime le chercheur.M.Trump est soutenu depuis le début de sa campagne par le plus grand lobby des armes à feu aux États-Unis, la National Rifle Association (NRA).Solidarité locale et internationale La mairesse de Las Vegas, Carolyn Goodman, a invité ses concitoyens à aller donner du sang lundi pour venir en aide aux blessés.Son appel a été entendu haut et for t par des milliers de résidants qui ont fait la file devant des cliniques.Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré avoir « le cœur brisé ».«Nous partageons la douleur et l\u2019horreur de la population américaine face à cet acte de violence lâche et insensé», a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.Sur Twitter, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a exprimé ses «pensées pour [les] victimes et [leurs] proches ».Idem pour le maire de Montréal, Denis Co- derre, qui a qualifié la tuerie d\u2019« ineptie barbare».Le pape François a quant à lui déclaré qu\u2019il était « profondément attristé» par cette « tragédie dénuée de sens».Avec l\u2019Agence France-Presse et La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TUERIE DAVID BECKER AGENCE FRANCE-PRESSE Pris pour cible par un homme lourdement armé, des spectateurs d\u2019un concert en plein air à Las Vegas tentaient de fuir ou de se mettre à l\u2019abri.Spectacle annulé Le Cirque du Soleil a annulé tous ses spectacles à Las Vegas lundi, dont ceux du Blue Man Group.L\u2019entreprise confirmera mardi ses prochaines décisions.«Las Vegas, c\u2019est notre deuxième maison», a déclaré l\u2019attaché de presse Steven Ross au Devoir, rappelant que des centaines d\u2019employés du Cirque y vivent.Aucun d\u2019entre eux ne figurait parmi les victimes ou les blessés en fin de journée lundi.ministre, Philippe Couillard, la candidate défaite Ihssane El Ghernati a néanmoins été accueillie dans l\u2019enthousiasme, un peu avant 22 h.« La première personne que je veux complimenter, c\u2019est notre candidate.Merci ! » a d \u2019abord déclaré le premier ministre, avant de promettre de régler le dossier de l\u2019usine Anacolor malgré la défaite de son parti.« C\u2019est comme ça que nous, on fait de la politique.[\u2026] Bien sûr, j\u2019aurai aimé un résultat dif férent, mais ça n\u2019enlève rien à l\u2019engagement qu\u2019on a pris face à la population», a-t-il déclaré.« Il y aura d\u2019autres soirs de victoires, d\u2019autres matins heureux», a-t-il promis.« Je suis fière de moi aujourd\u2019hui», a déclaré la candidate défaite, avant de féliciter Geneviève Guilbault pour sa victoire.En rempor tant Louis-Hé- bert, la CAQ a mis la main sur une deuxième circonscription sur la Rive-Nord de Québec, après La Peltrie.Les libéraux détiennent désormais huit des onze circonscriptions.Une campagne remplie de rebondissements La circonscription de Louis- Hébert, située dans l\u2019ouest de l\u2019agglomération de Québec, a vécu une campagne électorale rocambolesque.Les candidats libéral et caquiste, Éric Tétrault et Normand Sauvageau, ont tour à tour démissionné, le 6 septembre, en raison d\u2019allégations de harcèlement au travail les ayant rattrapés.La ca- quiste Geneviève Guilbault et la libérale Ihsanne El Ghernati ont fait leur entrée dans la campagne quelques jours plus tard, les remplaçant au pied levé.La gagnante a fait campagne sur le thème de l\u2019intégrité et du renouveau politique.Geneviève Guilbaut a aussi promis aux familles des baisses d\u2019impôt de 1000 $, en plus de se prononcer pour l\u2019ajout de kilomètres autoroutiers pour réduire la congestion.Ihssane El Ghernati, qui a été l\u2019attachée politique de Sam Hamad pendant une décennie, a misé sur sa proximité avec les résidants de Louis-Hébert au cours de sa campagne.Le candidat du Par ti québécois, Normand Beauregard, a plutôt mis l\u2019accent sur l\u2019environnement et la santé, tandis que le candidat solidaire, Guillaume Boivin, a pris des engagements en faveur de l\u2019environnement et du transport en commun.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉLECTION RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR L\u2019élue, Geneniève Guilbeault, et son chef, François Legault "]
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