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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-11-14, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 5 9 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Le programme fédéral d\u2019infrastructures au ralenti.Des milliards dorment dans les coffres en raison de la bureaucratie, de la météo et des con?its de travail.Page A 2 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A R C O F O R T I E R C\u2019 est le genre d\u2019histoire que les Québécois aiment bien.La Corée du Sud, modeste pays coincé entre la Chine et le Japon, est devenue un géant économique et diplomatique en exportant sa culture populaire à grands coups de fonds publics \u2014 dans une langue inconnue hors de la péninsule coréenne.On connaît tous les voitures Hyundai et les téléphones Samsung, mais la Corée du Sud expédie aussi par tout dans le monde sa musique populaire, ses téléro- mans et ses jeux vidéo.Les experts ont même trouvé un nom pour ces exportations massives de culture : la « vague coréenne», hallyu en coréen.Le phénomène a pris une telle ampleur que la Corée du Sud est passée de pays du CORÉE DU SUD K-pop, l\u2019art d\u2019influencer le reste du monde L\u2019État a investi massivement dans la culture populaire pour faire rayonner le pays MICHAEL LOCCISANO AGENCE FRANCE-PRESSE Spectacle du chanteur sud-coréen G-Dragon à Brooklyn, en juillet dernier Douloureux souvenir des attentats du 13 novembre 2015 à Paris Page B 4 SÉISME: L\u2019IRAN PLEURE SES MOR TS FARZAD MENATI AGENCE FRANCE-PRESSE C\u2019est jour de deuil national ce mardi en Iran, alors que le pays pleure plus de 400 morts à la suite du séisme survenu dimanche soir.Lundi, les opérations de sauvetage se sont poursuivies dans l\u2019ouest du pays dans l\u2019espoir de retrouver des survivants.Quelques provinces de l\u2019Irak voisin, où on comptait huit morts lundi soir, ont également été touchées par ce tremblement de terre d'une magnitude de 7,3.Page A 4 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa S i vous pensiez le Parti Rhinocéros disparu dans la nature, sachez qu\u2019il pourrait revenir en force.Tout comme le Parti Marijuana et le Parti communiste, d\u2019ailleurs.Car une récente décision d\u2019un tribunal albertain a invalidé l\u2019obligation pour tout candidat à une élection fédérale de verser un dépôt de 1000 $.Les petites formations politiques estiment que leur recrutement s\u2019en verra facilité.La décision Szuchewycz c.Canada a été rendue sans tambour ni trompette le mois dernier, et Ottawa a jusqu\u2019au 27 novembre pour la porter en appel.Appel ou pas, Élections Canada l\u2019appliquera pour les quatre élections partielles fédérales devant se tenir le 11 décembre prochain en n\u2019exigeant aucun dépôt.La juge Avril Inglis a reconnu « qu\u2019il existe un risque réel que des candidats sérieux ou impressionnants soient empêchés de se présenter à l\u2019élection à cause de la pression financière créée par le dépôt de 1000 $».Elle a donné raison à Kieran Szuchewycz, un citoyen qui avait tenté de se présenter en 2015 comme indépendant contre Stephen Harper : elle a reconnu que l\u2019exigence d\u2019un dépôt viole l\u2019ar ticle 3 de la Charte canadienne des droits et libertés stipulant que « tout citoyen canadien [\u2026] est éligible aux élections législatives ».Un dépôt financier est exigé des candidats fédéraux depuis 1874.Il était à l\u2019époque de 200 $ et avait pour objectif d\u2019écarter les « candidatures frivoles ».En 1993, il passe à 1000 $.« Le Parti Rhinocéros est mort en 1993 à cause de ce changement », raconte en entretien ÉLECTIONS FÉDÉRALES Le dépôt de candidature de 1000 $ est aboli Un jugement rendu en Alberta ouvre la porte à une présence plus forte des petits partis A L E X A N D R E S H I E L D S C rise climatique de plus en plus impossible à enrayer, croissance rapide de la population mondiale, extinction massive d\u2019espèces et destruction généralisée des milieux naturels\u2026 Le péril auquel fait face l\u2019humanité ne cesse de grandir, préviennent plus de 15 000 scientifiques, dans une mise en garde commune d\u2019une ampleur sans précédent publiée lundi.En 1992, un groupe de 1700 scientifiques, dont plusieurs lauréats du prix Nobel, signaient un premier «avertissement » dans lequel ils détaillaient les raisons qui poussaient l\u2019humanité vers une collision frontale avec l\u2019ensemble du monde vivant en raison de notre «gestion de la Terre et de la vie qu\u2019elle recèle».Les auteurs de cette déclaration insistaient ainsi sur les risques que représentaient le réchauffement climatique, le recours massif aux énergies fossiles, la croissance continue de la population mondiale, la déforestation et la destruction de la biodiversité des écosystèmes de la planète.Autant de phénomènes susceptibles de provoquer «de grandes misères humaines», à moins qu\u2019un « changement profond » ne soit opéré.Or, depuis 25 ans, la réponse de l\u2019humanité L\u2019humanité court à sa perte, préviennent 15 000 scientifiques VOIR PAGE A 8 : K-POP VOIR PAGE A 8 : DÉPÔT VOIR PAGE A 8 : HUMANITÉ Revenu minimum garanti Le PQ et QS dénoncent le rapport du comité d\u2019experts du gouvernement Page A 3 Saisie de l\u2019UPAC Tony Accurso n\u2019a pas interrogé ses hommes de con?ance Page A 5 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 MARDI 21 NOVEMBRE 2017 LE WESTIN MONTRÉAL Panélistes : John Di Bert, Vice-président principal et chef de la direction ?nancière, Bombardier François Boulanger, Vice-président exécutif et chef de la direction ?nancière, CGI Hubert Bolduc, Président-directeur général, Montréal International Francis Baillet, Vice-président, Aff aires corporatives, Ubisoft Thèmes abordés : Quels sont les facteurs qui orientent la prise de décision ?La concurrence ?scale internationale : quelle in?uence et quelles conséquences ?La compétitivité du Québec et du Canada : avons-nous les outils nécessaires ?Modérateur : Emilio B.Imbriglio, Président et chef de la direction, Raymond Chabot Grant Thornton Avec l\u2019appui de : Concurrence internationale : pourquoi une entreprise s\u2019établit à un endroit plutôt qu\u2019à un autre ?Déjeuner-causerie dans de la Série Économie Mondiale présentée par : MARK CRISTINO ASSOCIATED PRESS Justin Trudeau a échangé quelques mots avec le président philippin, Rodrigo Duterte, à l\u2019ouverture du sommet de l\u2019Association des nations de l\u2019Asie du Sud-Est, lundi à Manille.A N D Y B L A T C H F O R D à Manille R odrigo Duterte a « tout mis en œuvre » afin d\u2019obtenir une invitation pour permettre à Justin Trudeau d\u2019assister à un prestigieux événement sur la sécurité en Asie-Pacifique aux côtés de puissants chefs d\u2019État, selon des responsables gouvernementaux.Mais un employé gouvernemental de haut rang assure que le geste serviable du président philippin n\u2019aura aucune incidence sur la décision de Justin Trudeau de parler ou non à M.Duterte des violations des droits de la personne dans son pays d\u2019Asie du Sud-Est et qui ont choqué à travers le monde.M.Trudeau a laissé entendre qu\u2019il pourrait soulever la question des droits de la personne avec M.Duterte, s\u2019il en a l\u2019occasion.Les dirigeants n\u2019ont pas prévu de tête-à-tête lors de la visite du premier ministre aux Philippines pour les sommets liés à l\u2019Association des nations de l\u2019Asie du Sud-Est (ANASE).Grâce aux efforts de Rodrigo Duterte, Justin Trudeau aura l\u2019occasion convoitée, mardi, de participer à un déjeuner de travail à Manille avant le Sommet de l\u2019Asie orientale, sous le leadership de l\u2019ANASE.M.Trudeau se joindra aux dirigeants de 18 pays, dont la Chine, la Russie et les États- Unis, pour discuter d\u2019enjeux de sécurité.Il reste à voir si Justin Trudeau défiera Rodrigo Duterte en tête-à-tête quant à sa violente guerre contre la drogue.La répression sanglante de M.Duterte comprend des exécutions extrajudiciaires par son gouvernement qui ont fait des milliers de morts.« Il y a toute une série de problèmes que je pourrais soulever avec lui si nous en avons l\u2019occasion », a déclaré M.Trudeau samedi à Da- nang, au Vietnam.Béatrice Vaugrante, d\u2019Amnistie internationale pour le Canada francophone, trouve « indécent» que cet enjeu ne soit pas mis sur la table d\u2019emblée par les chefs d\u2019État et, selon elle, il faut «créer cette occasion» d\u2019en parler à M.Duterte.«Ça peut s\u2019apparenter à des crimes contre l\u2019humanité, ce qui se passe aux Philippines : des exécutions extrajudiciaires, une police qui ressemble à des gangs criminels, des populations pauvres qui sont clairement visées, des pratiques de torture à large échelle, et je ne mentionne même pas les discours toxiques du président Duterte », a-t- elle soutenu en entrevue téléphonique.Une première pour le Canada Le billet de Justin Trudeau constitue une percée parce qu\u2019aucun autre premier ministre canadien n\u2019y a jamais été invité.Il est censé discuter de la Corée du Nord et des attaques sanglantes contre les musulmans rohingyas au Myanmar.Le Canada souhaite devenir un membre permanent du Sommet de l\u2019Asie orientale.Justin Trudeau sera aussi le premier dirigeant canadien à participer à un échange d\u2019une heure au sommet de l\u2019ANASE, au cours duquel les membres lui poseront des questions et débattront de l\u2019envergure de la coopération du Canada dans la région.L\u2019occasion se présente au moment où le premier ministre Trudeau fait des ef for ts pour augmenter le rôle du Canada sur la scène internationale.La Presse canadienne Justin Trudeau met un pied sur le seuil de l\u2019ANASE Le Canada est invité à cette importante rencontre sur la sécurité en Asie-Pacifique, grâce aux efforts du président Rodrigo Duterte J O R D A N P R E S S à Ottawa Q uelque 2,14 milliards de dollars ont dormi l\u2019an dernier dans les coffres du gouvernement fédéral alors qu\u2019ils ne demandaient qu\u2019à soutenir l\u2019économie canadienne grâce à de grands projets d\u2019infrastructures, comme l\u2019espérait le gouvernement libéral.Des documents révèlent que le ministère de l\u2019Infrastructure et des Collectivités n\u2019a dépensé qu\u2019environ 60 % de son budget de 5,3 milliards prévu par les libéraux pour tout l\u2019exercice terminé le 31 mars.La plus grande part de cet écart est attribuable au milliard et demi qui n\u2019a pas été dépensé dans de vastes projets d\u2019infrastructures, soit environ 90 % de ce que le gouvernement libéral souhaitait consacrer à des projets de transport collectif ou de réseaux d\u2019eau \u2014 deux secteurs clés de son programme.Les documents ne permettent pas de déduire à quel moment ces sommes seront finalement dépensées.Ultimatum d\u2019Ottawa Ces chiffres permettent cependant de mesurer l\u2019ampleur du problème qui freine l\u2019élan des libéraux dans leur ambitieux programme d\u2019infrastructures de plusieurs milliards de dollars destiné à soutenir l\u2019économie canadienne.Les libéraux auraient souhaité « faire rouler l\u2019économie» plus rapidement.Les subventions d\u2019Ottawa sont allouées aux provinces et aux municipalités à la réception des factures, ce qui crée des délais entre l\u2019exécution des travaux et le versement fédéral.Dans certains cas, les factures ne sont acheminées qu\u2019après la fin des travaux ; dans d\u2019autres cas, les travaux sont retardés \u2014 par la météo ou un conflit de travail, par exemple.Dans le «rapport sur les résultats ministériels», rendu public la semaine dernière, on indiquait que le gouvernement avait transféré une somme de 591,8 millions de dollars du programme «Projets nationaux et régionaux» vers le programme destiné plutôt aux petites collectivités, qui sera maintenant doté d\u2019un budget de 1,5 milliard.Le rapport souligne qu\u2019Ottawa a servi un ultimatum aux provinces : si elles n\u2019annoncent pas d\u2019ici le 31 mars 2018 leur projet pour les sommes qui restent dans le Fonds des petites collectivités, créé en 2014 par le gouvernement conservateur, ces sommes seront distribuées aux municipalités via le Fonds de la taxe sur l\u2019essence.Ce fonds avait été créé par le gouvernement libéral en 2005 afin d\u2019assurer aux municipalités une source stable et prévisible, deux fois par année, pour leurs projets d\u2019infrastructures.La Presse canadienne PROGRAMME FÉDÉRAL D\u2019INFRASTRUCTURES Des milliards dorment dans les coffres d\u2019Ottawa L\u2019élan des libéraux est freiné par la bureaucratie, la météo et les conflits de travail JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ottawa souhaitait consacrer ces milliards à des projets de transport collectif ou de réseaux d\u2019eau.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e député du NPD François Choquette se désole de la tournure que prend le débat sur son projet de loi sur le bilinguisme des juges à la Cour suprême.S\u2019il se dit sensible aux arguments de son collègue Romeo Saganash sur l\u2019importance de valoriser les langues autochtones, il estime que cette valorisation ne doit pas se faire au détriment du français ou de l\u2019anglais.La lettre ouverte envoyée par M.Choquette au Devoir s\u2019intitule d\u2019ailleurs «On ne corrige pas une injustice en créant des torts ».« Certes, Romeo Saganash pose une question légitime à propos de la place des langues autochtones au sein de la Loi sur les langues officielles, peut-on lire dans cette lettre.Toutefois, nous ne devons pas perdre de vue notre objectif de rendre la Cour suprême plus accessible.» Le projet de loi C-203 de M.Choquette stipulait que, pour devenir juge à la Cour suprême du Canada, une personne doit comprendre l\u2019anglais et le français « sans l\u2019aide d\u2019un interprète».Il a été défait.En tant que député néodémocrate, M.Saga- nash aurait dû en théorie l\u2019appuyer.Or, il s\u2019est volontairement absenté au moment du vote.Il a expliqué au Devoir que le projet de loi C-203 perpétuait à son avis le «colonialisme» en définissant le bilinguisme comme la maîtrise des deux langues des peuples colonisateurs.Selon lui, une personne parlant une langue autochtone en plus de l\u2019anglais ou du français devrait être considérée comme bilingue aux fins de nomination à la Cour ou d\u2019obtention d\u2019un poste dans la fonction publique fédérale exigeant le bilinguisme.«Bien sûr qu\u2019il y a les premières nations, qu\u2019il ne faut jamais oublier, mais il y a aussi les deux peuples fondateurs, même si le terme n\u2019est peut-être pas le bon », rétorque M.Choquette en entretien téléphonique.«Ce sont deux peuples importants également, les anglophones et les francophones.Eux aussi ont des droits, qui sont reconnus par la Loi sur les langues of ficielles.On ne peut pas ajouter des droits aux langues autochtones en enlevant des droits aux peuples fondateurs.On viendrait corriger une situation en créant une discrimination ou une injustice nouvelle.» Quand M.Saganash suggère que la maîtrise du cri, de l\u2019inuktitut ou de toute autre langue autochtone devrait équivaloir à la maîtrise du français ou de l\u2019anglais, M.Choquette regimbe.«On ne peut pas substituer une langue autochtone au français ou à l\u2019anglais.» À ses yeux, il est donc clair qu\u2019une personne parlant, par exemple, l\u2019anglais et le cri «ne peut pas être juge à la Cour suprême».M.Choquette trouve surtout dommage que cette réflexion plus profonde sur la place des langues autochtones au Canada fasse ombrage à l\u2019objectif premier de son projet de loi : « l\u2019accès à la justice dans les deux langues of ficielles ».« Le débat sur les langues autochtones est important, mais il détourne l\u2019attention de l\u2019autre débat, soit l\u2019importance d\u2019avoir des juges bilingues à la Cour suprême.» Le député Choquette rappelle qu\u2019à tous les tribunaux inférieurs, un justiciable peut plaider dans la langue officielle de son choix.Il n\u2019est pas nécessaire pour ce faire d\u2019exiger le bilinguisme de tous les juges: il suffit d\u2019assigner le juge qui maîtrise la langue du citoyen.La Cour suprême est différente en ce que ses neuf juges siègent presque toujours ensemble (bien que des panels de sept ou, plus rarement, de cinq juges soient parfois formés).La présence d\u2019un seul juge unilingue vient alors torpiller le bilinguisme effectif.Le Devoir BILINGUISME À LA COUR SUPRÊME Au tour de Choquette de répliquer à Saganash M.Choquette estime que la valorisation des langues autochtones ne doit pas se faire au détriment du français ou de l\u2019anglais Déchets canadiens à Manille : des Philippins s\u2019impatientent Manille \u2014 Des environnementalistes philippins reprochent à Justin Trudeau de n\u2019avoir rien fait pour débarrasser Manille de la centaine de conteneurs remplis de déchets canadiens qui pourrissent depuis quatre ans dans le port.Les autorités philippines avaient accepté la cargaison à l\u2019époque parce qu\u2019elle devait contenir des matières plastiques recyclables.Or, les douaniers ont par la suite découvert qu\u2019il s\u2019agissait plutôt d\u2019ordures de peu de valeur, juste bonnes pour l\u2019enfouissement.Selon des environnementalistes, les 103 conteneurs sont remplis de 2500 tonnes de vieux câbles électriques, de disques compacts ou de gobelets de plastique, mais aussi de couches jetables souillées.Les environnementalistes et les responsables de la santé publique à Manille dénoncent depuis quatre ans la présence de ces ordures canadiennes, et demandent à Ottawa de les rapatrier.Lors de sa plus récente visite à Manille, il y a deux ans, M.Trudeau avait indiqué qu\u2019une «solution canadienne» était en préparation, et il avait promis des mesures législatives pour que cela ne se reproduise plus à l\u2019avenir. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 À la notable exception de Pierre Moreau, les membres de l\u2019Assemblée nationale se sont ralliés en bloc derrière leur président, Jacques Chagnon, qui en a surpris plus d\u2019un par sa détermination à défendre les droits et privilèges des parlementaires dans l\u2019affaire Guy Ouellette.Ce sont les tribunaux qui devront vraisemblablement décider si le contenu du téléphone cellulaire de M.Ouellette peut être associé à des documents auxquels l\u2019UPAC n\u2019aurait pas eu accès s\u2019ils s\u2019étaient trouvés dans son bureau.Il est sans doute essentiel que les élus puissent s\u2019acquitter de leur tâche en toute sérénité, mais il est tout aussi impératif que l\u2019immunité dont ils jouissent s\u2019accompagne d\u2019un sens des responsabilités qui semble parfois difficile à concilier avec la partisanerie qui teinte les débats.Quand Yves Michaud s\u2019est adressé à la Cour supérieure, puis à la Cour d\u2019appel pour obtenir réparation de la motion de blâme dont il avait été l\u2019objet le 14 décembre 2000, il s\u2019est fait répondre qu\u2019en vertu du principe de la séparation des pouvoirs, le judiciaire ne pouvait pas intervenir.La Cour suprême n\u2019avait même pas voulu entendre sa cause.Cela ne signifiait pas que la requête de M.Michaud était sans fondement.Dans ses commentaires, le juge Jean-Louis Baudouin, de la Cour d\u2019appel, avait cité l\u2019adage latin Summum jus, summa injuria.Le comble du droit peut être le comble de l\u2019injustice.Une nouvelle pétition en faveur de M.Mi- chaud a été mise en ligne sur le site de l\u2019Assemblée nationale pour faire en sorte que son cas soit examiné par une commission parlementaire.À 87 ans, les chances que justice lui soit rendue avant sa mor t s\u2019amenuisent rapidement.Par une sorte de lâcheté collective, on semble attendre que le vieil enquiquineur emporte son honneur flétri dans la tombe.?Alors que le débat sur l\u2019identité fait pleuvoir les accusations d\u2019intolérance et de racisme, l\u2019affaire Michaud demeure pourtant d\u2019une grande actualité et démontre à quel point les risques de dérapage sont élevés.On peut même penser que le climat actuel constitue un obstacle à sa réhabilitation Le jour où le député libéral de D\u2019Arcy-McGee s\u2019est levé à l\u2019Assemblée nationale pour réclamer qu\u2019elle dénonce « sans nuance» les «propos inacceptables » envers la communauté juive, qu\u2019il avait présumément tenus lors de son témoignage aux États généraux sur la langue, aucun des députés présents, pas même M.Bergman, ne savait ce qu\u2019il avait dit exactement.La condamnation a pourtant été unanime.Quand on a finalement connu les paroles exactes prononcées, c\u2019est l\u2019ancien chef du Parti Égalité, Robert Libman, devenu entre-temps président de la section québécoise de B\u2019nai Brith, qui a souligné que les propos de M.Michaud avaient été « incroyablement déformés » pour mieux l\u2019accabler.En réalité, citant Lionel Groulx, il avait plutôt donné le peuple juif en exemple.Il a pourtant fallu des années avant que ses accusateurs commencent à faire amende honorable.Dans leurs commentaires, les députés péquistes avaient été les plus virulents.Trente- cinq ans après avoir élu une première fois comme député libéral de Gouin, M.Michaud avait décidé de faire un retour et il visait l\u2019investiture péquiste dans Mercier, avec l\u2019intention bien arrêtée d\u2019amener le gouvernement Bou- chard à démontrer plus de vigueur dans la défense du français.Qui veut tuer son chien l\u2019accuse de la rage.Quoi de mieux pour écarter ce trublion que de l\u2019accuser d\u2019antisémitisme ?En décembre 2010, Amir Khadir avait présenté une motion par laquelle l\u2019Assemblée nationale aurait reconnu son erreur.Les libéraux étaient prêts à en débattre, mais pas pour s\u2019excuser.Jean-Marc Fournier, alors ministre de la Justice, comptait plutôt en profiter pour dénoncer « les vieux démons du nationalisme ethnique», qui, selon lui, hantaient toujours le PQ.Le PQ s\u2019était prudemment opposé à la présentation de la motion.Les amis de M.Michaud avaient espéré que Pierre Karl Péladeau reprendrait la cause à son compte, mais le nouveau chef du PQ n\u2019avait pas davantage osé réclamer que l\u2019Assemblée présente des excuses.Il y a une dizaine d\u2019années, M.Lisée avait écrit que les propos de M.Michaud étaient «certes condamnables, mais non pendables ».Serait-il disposé à laisser une commission parlementaire ressusciter l\u2019affaire ?Il y a fort à parier que M.Fournier est toujours dans le même état d\u2019esprit qu\u2019en 2010.À dix mois de l\u2019élection générale, serait-il bien avisé de le laisser réveiller les «vieux démons» ?Une soixantaine de députés péquistes qui avaient voté pour la motion de blâme en décembre 2000 ont présenté des excuses depuis.Pas François Legault.Il est toutefois douteux qu\u2019il soit disposé à discuter d\u2019une affaire qui est antérieure à la création de la CAQ.Que les «vieux partis» se débrouillent avec leurs problèmes! Et au diable l\u2019honneur, aussi bien celui de M.Mi- chaud que celui de l\u2019Assemblée nationale ! mdavid@ledevoir.com Au diable l\u2019honneur ! MICHEL DAVID M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Le Parti québécois et Québec solidaire pressent le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, de « tabletter » sans tarder le rapport du Comité d\u2019experts sur le revenu minimum garanti.Le trio d\u2019économistes \u2014 Dorothée Boccan- fuso, Jean-Michel Cousineau et Raquel Fonseca \u2014 a dévoilé lundi son rapport final coiffé du titre « Le revenu minimum garanti : une utopie ?Une inspiration pour le Québec » dans lequel il formule 23 recommandations.Il suggère notamment d\u2019augmenter les prestations d\u2019aide sociale de 472 $ par an pour une personne seule et de 311 $ par an pour un couple sans enfants, ce qui permettrait à ces ménages sans contraintes à l\u2019emploi de toucher un revenu disponible correspondant à 55 % de la Mesure du panier de consommation (MPC), soit 9745 $ pour 2016.Cette mesure coûterait 86,4 millions de dollars à l\u2019État.En ce moment, une personne seule âgée de moins de 65 ans reçoit 9192 $ (52 % de la MPC) et un couple sans enfants 13 355 $ (54 % de la MPC).Le député péquiste Harold LeBel n\u2019arrivait pas à croire, lundi, que le Comité d\u2019experts sur le revenu minimum garanti se contente d\u2019appeler le gouvernement libéral à verser une aide équivalant à 55 % de la MPC, c\u2019est-à-dire « à peine la moitié du montant nécessaire pour sortir de l\u2019extrême pauvreté».«On dirait que le gouvernement a donné au comité un mandat qui allait lui fournir les recommandations dont il avait besoin.[\u2026] Le gouvernement cherchait-il vraiment une façon d\u2019aider les plus vulnérables ?» a demandé le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de lutte contre la pauvreté.«Le gouvernement doit faire mieux et s\u2019assurer que tous les Québécois ont accès à un revenu décent, qui leur permette de réellement sortir de la pauvreté.» « Avec une hausse si minime que 1,30 $ par jour, les assistés sociaux pourraient s\u2019acheter un gros pot de beurre de pinottes par semaine.On est loin du compte», a poursuivi la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.Elle urge M.Blais à relire son essai Un revenu garanti pour tous avant de compléter son Plan de lutte contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale.« J\u2019espère que M.Blais reviendra à ses racines et s\u2019attaquera enfin aux \u201cgroupes d\u2019intérêts puissants\u201d qui défendent un système économique injuste qui perpétue la pauvreté », a af firmé Mme Massé par voie de communiqué.M.Blais entend sortir quelque 100 000 Québécois de la pauvreté.Il compte dévoiler son plan d\u2019ici la fin de l\u2019année.La présidente du Comité d\u2019experts sur le revenu minimum garanti, Dorothée Boccanfuso, a dissuadé le ministre libéral d\u2019instaurer le revenu minimum garanti au moyen d\u2019une allocation universelle et d\u2019impôt négatif sur le revenu.Une telle réforme créerait des « problèmes d\u2019équité et dans certains cas d\u2019efficience et d\u2019incitation au travail », a-t-elle fait valoir lundi.«Vision rétrograde» Le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc, reproche au comité d\u2019économistes d\u2019avoir été aveuglé par ses préjugés lors de la rédaction de son rapport.«Viser 55% de la MPC, c\u2019est attaquer de front le consensus social selon lequel la MPC représente un seuil minimal pour couvrir les besoins de base.C\u2019est faire le choix de maintenir des centaines de milliers de personnes dans la misère », a-t-il insisté.Il exhorte M.Blais à renforcer les protections publiques pour assurer à tous et toutes un revenu au moins égal à la MPC \u2014 17 716 $ par année \u2014, à augmenter le salaire minimum à 15 $ l\u2019heure, puis à lancer une campagne de sensibilisation visant à « changer les mentalités et à contrer les mythes et les préjugés» accablant les Québécois dans la pauvreté.Prime au travail bonifiée D\u2019autre part, le Comité d\u2019experts sur le revenu minimum garanti propose aussi de « renforcer de façon importante» la prime au travail.Le comité propose de tirer vers le haut cette « prime » de façon à ce qu\u2019une personne sans enfants travaillant environ 18 heures par semaine au salaire minimum touche 1661 $ de plus par année.Sa prime au travail passerait de 730 $ à 2391 $.Le comité évalue le coût de cette « bonification majeure de la prime au travail », qui inciterait selon lui plus d\u2019une personne à quitter le programme d\u2019assistance sociale et à retourner sur le marché du travail, à plus d\u2019un milliard de dollars par année pour l\u2019État.Le comité propose une « application graduelle » nettement moins coûteuse (109 millions par année) qui consiste à bonifier la prime au travail dans un premier temps pour les personnes seules (396 000) et pour les couples sans enfants (45 000).Les ménages sans enfants devraient bénéficier d\u2019un «rattrapage» par rapport à ceux avec enfants, soutient-il.Par ailleurs, le comité recommande le versement automatique de certains crédits d\u2019impôt, le paiement de différents soutiens financiers au moyen d\u2019un chèque unique ainsi qu\u2019une couverture supplémentaire aux personnes faisant face à des « situations de transition».Le Devoir REVENU MINIMUM GARANTI Le PQ et QS dénoncent le rapport d\u2019experts Le comité formé de trois économistes propose de bonifier l\u2019aide sociale M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec La « crédibilité » du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) s\u2019effrite, s\u2019inquiète la Coalition avenir Québec.La situation commande que tous les membres de l\u2019organisme public soient désignés par au moins les deux tiers de l\u2019Assemblée nationale, soutient le député de Masson, Mathieu Lemay.Il déposera un projet de loi en ce sens à l\u2019Assemblée nationale cette semaine, a appris Le Devoir.La CAQ appellera la nouvelle ministre de l\u2019Environnement, Isabelle Melançon, à calquer le mode de nomination des membres du BAPE sur celui des membres de la Commission d\u2019accès à l\u2019information, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et de la Commission de la fonction publique, selon une «note interne» de deux pages obtenue par Le Devoir.«Les Québécoises et les Québécois doivent pouvoir compter sur un organisme neutre, compétent et pleinement indépendant », soutiendra le porte-parole du deuxième groupe d\u2019opposition en matière d\u2019environnement, Mathieu Lemay.Il appuyait, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, l\u2019idée de soumettre seulement la candidature du président et du vice-président du BAPE à un vote des deux tiers de l\u2019Assemblée nationale.Son projet de loi risque de heurter le mur de l\u2019indifférence des élus libéraux.Ceux-ci ont rejeté en bloc, le 26 septembre dernier, une motion déposée par la CAQ, appuyée par le Parti québécois et Québec solidaire, prévoyant que « l\u2019Assemblée nationale entérine la nomination du président du BAPE par un vote aux deux tiers de ses membres » et «qu\u2019elle exige que le recrutement de l\u2019ensemble des membres du BAPE, y compris de ses dirigeants, émane d\u2019un comité de sélection dont la majorité des membres doivent être indépendants du gouvernement».Dans un décret publié le 13 septembre dernier, le gouvernement Couillard a confié la sélection des candidats «aptes » à siéger au BAPE à un comité de trois membres, dont deux « issus du gouvernement ».L\u2019ex-ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, a fait fi de l\u2019avis du BAPE, qui l\u2019invitait à s\u2019en remettre à un comité formé du président du BAPE, d\u2019un représentant du public désigné par ce dernier ainsi qu\u2019un retraité de l\u2019administration publique.Les groupes environnementaux exhortent le gouvernement libéral à instituer un processus « transparent » et imperméable à toute « ingérence politique», jusqu\u2019ici en vain.« Depuis son assermentation, Isabelle Melan- çon impressionne peu.À elle de prouver qu\u2019elle n\u2019est pas simplement une machine à produire des phrases creuses.Isabelle Melançon n\u2019est pas obligée de marcher dans les pas de David Heurtel », peut-on lire dans le document de travail de la CAQ, sous la rubrique « argumentaire prévu », tombé entre les mains du Devoir.Le Devoir La CAQ veut un BAPE indépendant du gouvernement Les membres devraient être nommés par les deux tiers des députés, selon Mathieu Lemay OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Les personnes seules bénéficiant de l\u2019aide sociale pourraient voir leurs prestations augmenter de 472 $ par an, si le gouvernement décidait de donner suite aux recommandations du comité d\u2019experts qu\u2019il a mandaté pour étudier la pertinence d\u2019établir un revenu minimum garanti.Lire aussi \u203a Le Québec champion canadien de la lutte contre la pauvreté.L\u2019austérité libérale n\u2019a pas vraiment changé le portrait.Page B 1 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington L es origines de la viticulture remontent à plus de 8000 ans, soit près de dix siècles plus tôt que ce qui était estimé auparavant, ont révélé des résidus retrouvés dans des poteries néolithiques mises au jour en Géorgie, dans le sud du Caucase.Les plus anciens indices chimiques de la production de vin dataient jusqu\u2019alors de 5400 à 5000 ans avant l\u2019ère chrétienne dans les montagnes de Zagros en Iran, ont précisé les scientifiques, dont la découverte est publiée lundi dans les comptes rendus de l\u2019Académie américaine des sciences.Leurs fouilles se sont concentrées sur deux sites riches en poteries du début du néolithique datant de 8100 à 6600 ans, Gadachrili Gora et Shulaveris Gora, situés à une cinquantaine de kilomètres de Tbilissi.Acide tartrique L\u2019analyse de résidus retrouvés dans huit jarres vieilles de plusieurs millénaires a révélé la présence d\u2019acide tartrique, signature chimique du raisin et du vin.Trois autres acides \u2014 malique, succinique et citrique, liés à la viticulture \u2014 ont également été détectés.« Cela donne à croire que la Géorgie est sans doute au cœur du berceau de la domestication de la vigne et de la viticulture», a résumé Patrice This, directeur de recherche à l\u2019Institut national français de recherche agronomique (INRA).Les vignes eurasiennes, qui produisent aujourd\u2019hui 99,9% du vin dans le monde, sont originaires du Caucase, a-t-il précisé.« Nous pensons être en présence de vestiges de la plus ancienne domestication de vignes sauvages en Eurasie dans le seul but de produire du vin», a expliqué Stephen Batiuk, du Centre d\u2019archéologie de l\u2019université de Toronto.« La version domestiquée du raisin pour la production de vin de table compte aujourd\u2019hui plus de 10 000 variétés dans le monde », a-t-il précisé, dont plus de 500 pour la seule Géorgie.Selon les scientifiques, cela laisse penser que les vignes ont fait l\u2019objet de nombreux croisements pour créer différents cépages depuis très longtemps dans cette région d\u2019Eurasie.La combinaison des données archéologiques, chimiques, botaniques, climatiques et de datation montre que la variété de vigne Vitis vinifera était abondante autour des deux sites d\u2019excavation en Géorgie.Au néolithique, le climat y était assez proche de celui des régions viticoles d\u2019aujourd\u2019hui en Italie et dans le sud de la France.La plupart des cépages classiques appartiennent à cette espèce comme le cabernet sau- vignon, le chardonnay, la syrah, le merlot, le grenache, le mour- vèdre ou le riesling.«Notre étude indique que la viticulture était le principal élément du mode de vie néolithique, qui a vu la naissance de l\u2019agriculture, à se répandre dans le Caucase» et au-delà vers le sud en Irak, en Syrie et en Turquie, a expliqué le professeur Batiuk.«La poterie, idéale pour fabriquer, servir et conserver des boissons fermentées, a été inventée à cette période avec aussi de nombreuses avancées dans la technologie, la cuisine et l\u2019art.» Selon lui, la viticulture au néolithique est un exemple parfait d\u2019ingéniosité humaine pour développer l\u2019horticulture et inventer des usages de ses produits dérivés.Agence France-Presse HISTOIRE Le vin est apparu il y a plus de 8000 ans dans le Caucase POURIA PAKIZEH AGENCE FRANCE-PRESSE Devant des bâtiments fragilisés par le tremblement de terre, des rescapés tentent de se réchauffer autour d\u2019un feu pour combattre la fraîcheur de la nuit à Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.S I A V O S H G H A Z I à Téhéran S H W A N M O H A M M A D à Darbandikhan L es secours iraniens s\u2019activaient lundi en fin d\u2019après- midi pour trouver d\u2019éventuels survivants du tremblement de terre qui a frappé dimanche soir l\u2019ouest de l\u2019Iran et plusieurs régions irakiennes, faisant au moins 421 mor ts et des milliers de blessés.À l\u2019approche du crépuscule, les autorités faisaient face au défi d\u2019abriter et de nourrir des dizaines de milliers de personnes contraintes de coucher dehors, dans la fraîcheur, pour une deuxième nuit d\u2019affilée.Selon les autorités iraniennes, les opérations de sauvetage sont pratiquement achevées.Le gouvernement a décrété une journée de deuil national mardi.L\u2019essentiel des victimes de la catastrophe était dénombré en Iran, où le bilan \u2014 toujours provisoire \u2014 s\u2019élevait vers 19 h GMT à 413 morts et près de 7370 blessés, tous recensés dans la province de Kermans- hah, limitrophe de l\u2019Irak.Si le séisme a été fortement ressenti à Bagdad et dans de nombreuses provinces d\u2019Irak, le bilan officiel du drame était de 8 morts et de 336 blessés dans ce pays.« Les besoins immédiats des gens, c\u2019est d\u2019abord des tentes, de l\u2019eau et de la nourriture», a déclaré à la télévision d\u2019État iranienne le général Mohammad Ali Jafari, chef des Gardiens de la révolution, l\u2019armée d\u2019élite de la République islamique, lors d\u2019une visite dans les zones sinistrées.« Les immeubles construits récemment [\u2026] ont bien tenu, mais les anciennes maisons en terre ont été totalement détruites», a-t-il dit, ajoutant espérer que les opérations de déblaiement soient terminées avant la nuit.L\u2019AFP, comme d\u2019autres médias étrangers, n\u2019a pas reçu l\u2019autorisation de se rendre sur les lieux de la catastrophe lundi.Les vidéos ou photos dif fusées par les médias iraniens montrent plusieurs ensembles d\u2019immeubles d\u2019habitation de construction récente ayant plutôt bien résisté.En revanche, les maisons basses ont subi d\u2019importants dégâts.L\u2019épicentre du tremblement de terre, de magnitude 7,3, a été localisé tout près de la frontière irakienne, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.Selon plusieurs médias iraniens, une femme et un nourrisson ont été sortis vivants lundi matin des décombres dans cette ville de 85 000 habitants.Selon des responsables locaux, l \u2019hôpital et la moitié des écoles du comté ont été endommagés.Dans le comté voisin de Da- lahoo, nombre de villages ont été détruits à 100 %, selon le préfet local cité par l\u2019agence de presse Tasnim.Glissements de terrain En visite dans les zones sinistrées, le ministre de l\u2019Intérieur, Abdolreza Rahmani-Fazli, a néanmoins été interpellé par une habitante affirmant que les riverains n\u2019avaient «pas d\u2019eau», selon une vidéo de l\u2019agence de presse Fars.En fin d\u2019après- midi, les autorités locales ont indiqué que toutes les routes fermées plus tôt à cause de glissements de terrain avaient été rouvertes dans la province de Kermanshah, mais l\u2019électricité n\u2019avait toujours pas été rétablie à Sar-e Pol-e Zahab, selon la télévision d\u2019État.Le guide suprême iranien, l\u2019ayatollah Ali Khamenei, a ordonné au gouvernement et aux forces armées de mobiliser « tous leurs moyens » pour aider la population.Selon plusieurs médias, des centaines d\u2019ambulances et des dizaines d\u2019hélicoptères de l\u2019armée ont participé aux opérations de secours.Deux cents blessés ont été évacués vers Téhéran par avion pour y être hospitalisés.À Darbandikhan, localité la plus touchée du côté irakien, les autorités ont appelé les habitants de la zone sud de la ville à quitter les environs, redoutant qu\u2019un barrage ait été touché.«On n\u2019avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins », a affirmé un responsable local.Selon l\u2019Institut de géophysique de l\u2019Université de Téhéran, le séisme a été suivi par plus de 150 secousses, dont une vingtaine d\u2019une magnitude supérieure à 4, avec un maximum de 4,7 sur l\u2019échelle de Richter.L\u2019Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Russie la Syrie et l\u2019ONU ont présenté leurs condoléances.Berlin et les Nations unies ont proposé leur aide en cas de besoin.Les écoles sont restées fermées lundi dans plusieurs provinces iraniennes frontalières de l\u2019Irak.Dans celle de Kermanshah, où trois jours de deui l ont été décrétés, elles devaient encore l\u2019être mardi.Cité par l\u2019agence Isna, un responsable des affaires culturelles de la province de Ker- manshah a indiqué que cinq monuments historiques de la province avaient subi des dégâts mineurs.Agence France-Presse Les rescapés forcés de dormir dehors Des dizaines de milliers de personnes jetées sur le pavé par le séisme en Iran Le tremblement de terre, de magnitude 7,3, a fait au moins 421 morts et des milliers de blessés La Géorgie est sans doute au cœur du berceau de la domestication de la vigne et de la viticulture Patrice This, directeur de recherche à l\u2019Institut national français de recherche agronomique « » O ttawa \u2014 Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) affirme que les maisons et les autoroutes du pays ont été construites en fonction de modèles météorologiques qui sont maintenant désuets en raison des changements climatiques.Le CNRC a lancé un appel d\u2019of fres la semaine dernière pour trouver un consultant qui mettra à jour les données météorologiques de 660 emplacements à travers le pays, dans le but de moderniser le code national du bâtiment afin que les infrastructures résistent mieux aux conséquences d\u2019une planète de plus en plus chaude.Cela fait partie d\u2019un projet quinquennal de construction de bâtiments adaptés au climat de 40 millions de dollars décrit dans le budget fédéral de cette année.Le Conseil souhaite que son consultant éventuel récolte de nouvelles données sur les changements climatiques, allant des températures saisonnières aux quantités de neige et de pluie, à la pression du vent et aux couches de pergélisol.Dans le Nord, la fonte du pergélisol et l\u2019érosion côtière dues à l\u2019élévation du niveau de la mer sont déjà des défis majeurs.Plus au sud, des chutes de neige plus abondantes, des tempêtes plus fréquentes et avec des vents plus forts ainsi que des scénarios de précipitations inhabituelles créent de nouveaux problèmes pour les bâtiments, les routes et les ponts.Les nouvelles données serviront ensuite à la mise à jour 2020 du code national du bâtiment et à celui de la construction des autoroutes, qui ne sont pas des lois mais qui servent de modèles pour les provinces et les municipalités.La Presse canadienne ENVIRONNEMENT Le code national du bâtiment à l\u2019heure des changements climatiques L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 A M É L I P I N E D A M algré une perquisition de l\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC) à ses bureaux, l\u2019ex-entrepreneur en construction Tony Accurso soutient ne jamais avoir demandé plus d\u2019explications aux présidents de ses entreprises à la suite de la visite des policiers.«En octobre 2012, l\u2019UPAC perquisitionne pendant sept heures dans vos bureaux.Confrontez- vous vos présidents d\u2019entreprises, leur demandez-vous \u201cQu\u2019est-ce que c\u2019est ça?\u201d», a demandé le procureur de la Couronne, Me Richard Rougeau, à l\u2019ancien propriétaire des firmes Louisbourg et Simard-Beaudry.« J\u2019ai rencontré Me Rochon [l\u2019avocat de M.Accurso], il m\u2019a fait état des documents qu\u2019ils cherchaient et m\u2019a dit que les policiers ont pris ce qu\u2019ils avaient à prendre », a simplement répondu l\u2019accusé de 66 ans.« Et vos présidents d\u2019entreprises ?», a renchéri Me Rou- geau.« J\u2019ai dit \u201cÊtes-vous au courant de quelque chose ?\u201d et ils ont dit \u201cNon, non, non\u201d », a répondu M.Accurso, ajoutant que «ça s\u2019est terminé là».Me Rougeau a alors laissé entendre à M.Accurso qu\u2019au lendemain de la perquisition, il avait poursuivi sa vie « comme si de rien n\u2019était ».« Il le faut », a confirmé l\u2019entrepreneur.Fin du témoignage M.Accurso a terminé son témoignage lundi à son procès relativement à sa participation à un système de collusion et de corruption dans l\u2019octroi des contrats publics à Laval.Il a été confronté à la perquisition menée le 11 octobre 2012 dans ses bureaux, la même journée qu\u2019une descente policière à l\u2019hôtel de ville.L\u2019accusé de 66 ans a toujours juré ne jamais avoir pris part à des malversations.Il a cependant avoué, au tout début de son témoignage, la semaine dernière, avoir entendu parler d\u2019un possible stratagème frauduleux à deux reprises, une première fois en 1997, puis une deuxième « environ» en 2002.C\u2019est son ami Claude Asse- lin, qui était à l\u2019époque directeur général de la Ville de Laval, qui l\u2019a questionné à ce sujet, a-t-il dit.« Rien n\u2019a attiré votre attention ou votre vigilance pendant toutes ces années ?», s\u2019est étonné Me Rougeau.« Non », a d\u2019abord répondu M.Accurso avant de souligner qu\u2019il avait tout de même interrogé ses présidents, Joe Mol- luso (Louisbourg) et Frank Mi- nicucci (Simard-Beaudry), qui avaient affirmé n\u2019être au courant de rien.M.Accurso a expliqué vendredi dernier, que c\u2019est seulement après leurs arrestations, en mai 2013, que Joe Molluso, qui est aussi son cousin, lui a avoué leur par ticipation au stratagème de par tage de contrats.M.Molluso travaille toujours pour lui, il est d\u2019ailleurs le conseiller d\u2019affaires de ses enfants.Relation avec Vaillancourt La Couronne est aussi revenue sur ses liens avec Marc Gendron, un collecteur de fonds de l\u2019ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.Celui-ci a raconté sous serment avoir reçu 200 000 $ dans le stationnement de son centre commercial de Laval.Un événement nié par M.Accurso, qui a dit, aussi sous serment, ne jamais avoir remis d\u2019argent à quiconque.«Lui avez-vous déjà donné un lift ?Une ride ?» a questionné Me Rougeau.Sourire en coin, M.Accurso a répondu par la négative.Quant à sa relation avec l\u2019ex-maire Vaillancourt, il l\u2019a qualifiée de «cordiale».Le procès de M.Accurso se poursuivra jeudi avec les plaidoiries de la défense.Celles de la Couronne devraient commencer vendredi.Les 11 membres du jur y pourraient commencer leurs délibérations mardi prochain.M.Accurso fait face à des accusations de complot afin de commettre des actes de corruption dans les af faires municipales, de complot en vue de commettre des fraudes, de fraude de plus de 5000 $, de corruption de fonctionnaires et d\u2019abus de confiance.Un seul procès Tony Accurso fait par tie des 37 personnes ar rêtées par l\u2019UPAC relativement à un système de collusion et de corruption.Du lot, 27 ont plaidé coupable \u2014 dont l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt \u2014, 3 sont décédées et 6 autres ont obtenu un arrêt des procédures.M.Ac- curso sera le seul accusé à subir un procès.Le Devoir PROCÈS «Ça s\u2019est terminé là », raconte Tony Accurso L\u2019entrepreneur dit ne pas avoir interrogé ses chefs d\u2019entreprise après les perquisitions de l\u2019UPAC I S A B E L L E P A R É D ans la foulée du mouvement d\u2019allégations d\u2019agres- s ions ou de harcèlement sexuels #Moiaussi sur venu sur les réseaux sociaux, le Collège des médecins du Québec a reçu trois plaintes du public en un mois et invite les personnes qui auraient subi une forme ou une autre d\u2019inconduite sexuelle à faire de même.Dans un communiqué diffusé lundi, la corporation médicale a rappelé que sa politique de tolérance zéro à l\u2019égard de ce genre de comportements s\u2019appliquait non seulement aux relations entre médecins et patients, mais aussi aux employés, aux stagiaires ou toute autre personne appelée à être en contact avec un médecin.La sor tie du collège survient quelques jours après les allégations de harcèlement sexuel faites à Radio-Canada par une employée à l\u2019égard d\u2019un médecin du Centre de santé universitaire McGill (CUSM).Cette dernière allègue que ses supérieurs et son syndicat n\u2019ont pas agi pour faire cesser le comportement incessant du médecin et poursuit ce dernier pour 360 000 $ en dommages et intérêts.Le Collège des médecins a confirmé que le médecin visé par la poursuite en question faisait ef fectivement l\u2019objet d\u2019une enquête disciplinaire de la part du bureau du syndic et qu\u2019une comparution devrait avoir lieu sous peu.65 plaintes en cinq ans Selon des chif fres obtenus du Collège, le syndic de la corporation des médecins a reçu depuis cinq ans 65 plaintes liées à des cas d\u2019inconduites sexuelles, dont 23 seulement ont donné lieu à la comparution des médecins visés.Dans les autres cas, les enquêtes n\u2019ont pas été ouvertes en raison du refus de la victime de témoigner, faute de preuves, ou en l\u2019absence d\u2019une faute démontrée.« On tient à rappeler que toute personne, pas seulement des patients, peut déposer une plainte auprès du collège », a soutenu Mme Leslie Labranche, relationniste de presse pour le collège, affirmant que le syndic reçoit environ 12 ou 13 plaintes d\u2019inconduite sexuelle chaque année.«Il est trop tôt pour dire s\u2019il y aura une augmentation cette année, dit-elle.Est-ce un hasard?Est-ce dû au récent mouvement d\u2019allégations?On ne peut tirer de conclusions pour l\u2019instant.» Le Devoir Trois plaintes d\u2019inconduites sexuelles déposées au Collège des médecins M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L\u2019 avis d\u2019experts sur la détection du cannabis chez les automobilistes nourrit les critiques des partis d\u2019opposition à Québec, qui dénoncent tantôt l\u2019empressement du fédéral, tantôt l\u2019intention du gouvernement Couillard d\u2019imposer la tolérance zéro aux amateurs de marijuana qui prendront le volant.Le Devoir a donné la parole lundi à des chercheurs qui ont ainsi établi qu\u2019il est impossible de détecter le niveau d\u2019intoxication au cannabis en analysant uniquement la salive, le sang ou l\u2019urine d\u2019un individu.Ils ont aussi remarqué que la présence de THC \u2014 l\u2019ingrédient actif le plus important du cannabis \u2014 dans la salive n\u2019équivaut pas nécessairement à la sensation d\u2019effets psychotropes.«Quand on dit que le fédéral n\u2019était pas prêt, c\u2019est la plus belle démonstration», a réagi le député péquiste Sylvain Pagé.«Ce qu\u2019avancent ces experts est un autre élément qui milite pour un report de l\u2019entrée en vigueur de la légalisation du cannabis en juillet 2018», a aussi déclaré le caquiste Simon Jolin-Barrette.Pas de preuve À Québec solidaire, Amir Khadir a choisi de réserver ses commentaires à l\u2019endroit des troupes de Justin Trudeau.«Il ne faut pas épuiser sa capacité de s\u2019indigner», a-t-il suggéré.L\u2019élu de Mercier, médecin de carrière, a plutôt proposé de s\u2019en remettre à la science et aux dispositions actuelles du Code criminel.« Il faut s\u2019en tenir à ce qui a été approuvé [\u2026], qui consiste à demander au policier de faire son test de sobriété normalisée», a-t-il suggéré, en évoquant ces vérifications qui consistent notamment à demander à un automobiliste de se tenir sur un pied, ou de marcher et de se retourner.Viendrait ensuite une inter vention au cours de laquelle les policiers décideraient «s\u2019il y a des méthodes plus intru- sives» à appliquer, a-t-il ajouté.«Mais même un test [d\u2019urine ou de sang, par exemple] peut ne pas tenir la route devant les tribunaux, puisque la défense peut dire : il n\u2019y a pas de preuve établie par la science», a fait valoir Amir Khadir.Pour cela, il a suggéré qu\u2019un « comité [consultatif] scientifique, formé par les meilleurs experts, poursuive l\u2019évolution de nos connaissances là-dessus».L\u2019élu a rejeté l\u2019approche de la « tolérance zéro» préconisée par les libéraux de Philippe Couillard.«C\u2019est difficilement acceptable dans une société où, par ailleurs, on dit que les gens peuvent consommer la marijuana à usage récréatif et où l\u2019on sait que la marijuana demeure dans le sang pendant des jours», a-t-il déclaré.Situations fâcheuses Sylvain Pagé, du Parti québécois, a suggéré une tout autre approche.« Dans le doute, qu\u2019on s\u2019abstienne : tolérance zéro», a-t-il résumé.À son avis, l \u2019« empressement » du gouvernement fédéral créera des « situations fâcheuses », tant pour les policiers que pour les citoyens.«Étant donné que les données seront très peu probantes, il y a de for tes chances que les gens qui contesteront en Cour finissent par avoir gain de cause », a-t-il dit.L\u2019élu péquiste a dit se fier aux entreprises qui ont déclaré, lors des consultations sur la marijuana, avoir besoin de «12 à 18 mois» pour mettre sur pied des systèmes de détection fiables du THC.«Le fédéral aurait dû se donner quelques mois supplémentaires», a-t-il dit, dans une prise de position que la Coalition avenir Québec a partagée.«Le gouvernement libéral doit prendre le temps d\u2019examiner toutes les options pour limiter au maximum la consommation de cannabis, en particulier chez les conducteurs», a exigé Simon Jolin-Barrette.Le Devoir LÉGALISATION DU CANNABIS Les experts apportent de l\u2019eau au moulin de l\u2019opposition L O N G U E U I L Dépouillement judiciaire autorisé Un juge a autorisé la tenue d\u2019un dépouillement judiciaire à Longueuil, où Sylvie Parent l\u2019a emporté à la mairie contre Josée Latendresse le 5 novembre dernier.Le dépouillement ne sera effectué que dans une centaine de sections de vote, a toutefois décrété le juge Luc Poirier.Seules 118 voix séparaient les deux candidates à la mairie de Longueuil.Sur les 59 554 bulletins déposés, 1266 avaient été rejetés.La procédure de dépouillement judiciaire réclamée par Josée Latendresse pourrait prendre quelques jours.Le Devoir Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Tony Accurso fait partie des 37 personnes arrêtées par l\u2019UPAC relativement à un système de collusion et de corruption à Laval.Quand on dit que le fédéral n\u2019était pas prêt, c\u2019est la plus belle démonstration Sylvain Pagé, député péquiste « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Josée Latendresse J\u2019ai dit \u201cÊtes-vous au courant de quelque chose ?\u201d et [mes présidents d\u2019entreprise] ont dit \u201cNon, non, non\u201d Tony Accurso, ancien propriétaire des firmes Louisbourg et Simard-Beaudry « » Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a rendu publique, vendredi, une brique intitulée Paradis fiscaux : plan d\u2019action pour assurer l\u2019équité fiscale.D\u2019une façon générale, le document est un aveu d\u2019impuissance.Il s\u2019évertue à démontrer que le Québec ne peut pas faire cavalier seul pour contrer le phénomène, surtout quand il s\u2019agit de multinationales.C\u2019est avant tout au Canada d\u2019agir, de concert avec l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le G20, soutiennent les bonzes du ministère.e Plan d\u2019action donne suite au rapport, déposé en mars dernier, de la Commission des ?- nances publiques (CFP) qui s\u2019est penchée sur le phénomène des paradis ?scaux.La CFP recommandait d\u2019imposer une taxe sur les pro?ts détournés (Google Tax), de percevoir les taxes de vente sur les transactions en ligne à même les cartes de crédit ou encore de réclamer l\u2019impôt sur les dividendes reçus au Québec quand il est versé dans un État où la ponction ?scale est insigni?ante.Lors d\u2019une interpellation à l\u2019Assemblée nationale vendredi, Carlos Leitão a déclaré : « Tout stratagème ou mécanisme, légal ou non, visant à éviter à des contribuables [\u2026] de payer [leur] juste part de taxes et d\u2019impôts est inacceptable.» Voilà pour les grands principes.Mais s\u2019attaquer à ce problème mondial n\u2019est pas simple, a plaidé le ministre, avançant que seuls la collaboration entre les pays et le partage d\u2019information permettent de lutter ef?cacement contre l\u2019évasion ?scale.Ce sont les membres de la CFP qui doivent être déçus : la plupart de leurs recommandations phares sont jugées inapplicables, comme l\u2019est le projet de loi 997 du député de Québec solidaire Amir Khadir, qui s\u2019inspire des conclusions de la commission.Dans son document, le ministère établit que les paradis ?scaux coûtent cher à l\u2019État, soit 700 millions par an.La richesse ?nancière que les Québécois nantis ont placée dans les paradis ?scaux serait de l\u2019ordre de 13 milliards et les pertes ?scales associées à ces stratagèmes s\u2019élèveraient à 257 millions annuellement.Les pertes attribuables aux pro?ts détournés des multinationales sont estimées à 159 millions par an tandis que la non-perception de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les achats de biens et services en ligne coûteraient 257 millions par an, une donnée en constante progression.Or, le Québec perdrait au change en s\u2019en prenant aux sociétés qui détiennent des ?liales dans des paradis ?scaux, avertit le ministère qui a dénombré 642 de ces sociétés actives au Québec.Elles contribuent pour quelque 35 milliards au produit intérieur brut (PIB) québécois, soit 9 % du total, et elles soutiennent 310 000 emplois, dont 117 000 emplois directs.Imposer une taxe sur les pro?ts détournés et sortir du rang en ne reconnaissant plus les conventions ?scales conclues par le Canada avec les paradis ?scaux feraient fuir nombre de ces entreprises qui iraient simplement s\u2019établir dans d\u2019autres provinces, prévient-on.À terme, 70 000 emplois disparaîtraient et, pour récupérer 159 millions, l\u2019État subirait une chute de ses recettes de 500 millions.Pour ce qui est des multinationales, Carlos Leitão s\u2019en remet donc à Ottawa qui, lui, s\u2019en remet à l\u2019OCDE et au G20.Le Canada a commencé à appliquer le plan d\u2019action de l\u2019OCDE «pour lutter contre l\u2019érosion de la base d\u2019imposition et le transfert de bénéfices», appelé BEPS.Québec souhaite obtenir du gouvernement fédéral les informations provenant du BEPS et des conventions ?scales.Carlos Leitão a annoncé la création d\u2019un groupe « d\u2019intervention spécialisé en planifications fiscales internationales » et l\u2019ajout de ressources additionnelles à Revenu Québec.Une vingtaine d\u2019employés de Revenu Québec se feront accréditer par l\u2019Agence du revenu du Canada et travailleront dans les locaux de celle-ci a?n d\u2019avoir accès aux dossiers fédéraux, une première.Le ministre entend renforcer la lutte contre les plani?cations ?scales dites « agressives », notamment en privant de contrats publics toute entreprise, y compris les ?rmes de comptables, qui participe à des stratagèmes d\u2019évitement ?scal abusif.Jusqu\u2019ici, le Canada s\u2019est montré d\u2019une rare complaisance à l\u2019égard du recours aux paradis ?scaux, dont les grandes banques canadiennes font leur pain et leur beurre.Mais c\u2019est en échange d\u2019informations sur les comptes détenus par des Canadiens.Il faut maintenant que ces informations servent, autrement que par le truchement de fuites embarrassantes.Certes, la nécessaire collaboration internationale prend du temps avant de donner des résultats.Mais le Canada, qui possède, après tout, une connaissance pointue en matière de paradis ?scaux, doit cesser de fermer les yeux sur l\u2019évasion ?scale et soutenir le Québec dans son combat.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Disons-le tous : moi aussi Le mouvement #Moiaussi a pris naissance le 15 octobre dernier.Pas même un mois depuis.Comme une déferlante venue des États-Unis, la marée s\u2019est mise alors à monter de ce côté-ci de la frontière, faisant couler beaucoup d\u2019encre et se noyer des figures connues.On s\u2019étonne.Comment en venir là?Comment adopter un comportement si odieux envers des personnes, surtout des femmes, mais des hommes aussi, souvent en situation de vulnérabilité?Là-dessus, de partout, l\u2019histoire a démontré que des victimes d\u2019agression et de harcèlement à caractère sexuel, seules dans la mêlée, risquaient fort de sombrer encore plus bas dans l\u2019échelle du malheur, tant les systèmes en place les jugeaient d\u2019abord et avant tout comme responsables de leur propre drame.Cela, on l\u2019a bien vu à de multiples reprises par le passé, mais dans l\u2019actualité récente particulièrement.Aujourd\u2019hui, le mouvement #Moiaussi permet à plusieurs victimes de dénoncer leurs agresseurs et de par tager publiquement leurs histoires, sans peur et sans se couvrir de honte.I l vise à conscientiser la planète.Il est donc fondamental de se prononcer sur l\u2019ampleur du problème et de dire à voix haute, avec tout le monde : moi aussi.Alain Petel Le 8 novembre 2017 L I B R E O P I N I O N G I L L E S M C M I L L A N Essayiste I l est étonnant que le professeur de philosophie Jocelyn Maclure, responsable d\u2019une réflexion dite éthique sur ce qu\u2019on appelle fallacieusement «l\u2019intelligence artificielle», ne commence pas par soulever le problème éthique de la dénomination même de cette matière morte produite en laboratoire («Montréal peut être à l\u2019avant-garde de la réflexion éthique sur l\u2019intelligence artificielle», Le Devoir, 2 novembre 2017).Ce qu\u2019on appelle l\u2019intelligence artificielle a sans doute autant à voir avec l\u2019intelligence que la pornographie avec l\u2019érotisme.L\u2019amour n\u2019engage pas seulement les organes génitaux et la jouissance à tout prix, mais tout l\u2019être humain, dont les relations humaines qu\u2019il construit au gré de circonstances multiples et complexes, relations faites parfois de jouissances certes, mais aussi de douleurs, de déceptions, de frustrations, de conflits, de joie et de malheurs, de réflexivité à partir de ces infinies expériences : qui suis-je, qui sommes-nous, pourquoi ça?Cette histoire de désir conduit même à la reproduction de l\u2019espèce humaine, à l\u2019invention de l\u2019humanité, donc à l\u2019invention du langage, de la culture, des peuples, des civilisations.Celle-ci contribue autrement que n\u2019importe quel logiciel ou lobby techno-industriel au développement de l\u2019intelligence, voire même au développement de la bêtise, la pire étant celle qui se donne pour intelligente, c\u2019est dire qu\u2019elle est très répandue.L\u2019intelligence produite en dehors de ce terreau humain en lien avec le monde et l\u2019univers, connu et inconnu, n\u2019est tout simplement pas de l\u2019intelligence, car elle est privée de corps, d\u2019émotions, de croyances, d\u2019illusions, d\u2019expériences; elle est privée de ses forces comme de ses faiblesses.Chose monstrueuse Cette condition humaine souvent pitoyable inspira le poète Henri Michaux à écrire : «Comme le corps (ses organes et ses fonctions) a été connu principalement et dévoilé, non pas par les prouesses des forts, mais par les troubles des faibles, des malades, des infirmes, des blessés (la santé étant silencieuse et source de cette impression immensément erronée que tout va de soi), ce sont les perturbations de l\u2019esprit, ses dysfonctionnements qui seront mes enseignants.» On peut bien sûr préférer l\u2019œuvre de Paul Valéry, mais écrire avec une telle sensibilité, une telle intelligence, l\u2019importance des « troubles des faibles » dénote paradoxalement une des plus grandes forces au fondement même de toute créativité, qu\u2019elle soit classique ou moderniste, qu\u2019elle fasse l\u2019apologie du « savoir-penser » ou, au contraire, la critique de celle-ci.Alors, cette chose potentiellement monstrueuse qu\u2019on appelle l\u2019intelligence artificielle, forcément aux mains des lobbies industriels et militaires, sous-tend un fantasme de perfectibilité qui n\u2019est rien d\u2019autre que de l\u2019eugénisme tout en contribuant à l\u2019assèchement de l\u2019humanité.Or ce fantasme d\u2019une transhumanité est bel et bien humain cependant, parce qu\u2019il est rendu possible et qu\u2019il se présente à nos sociétés avides de confort comme une puissance à réaliser à tout prix.Ce fantasme est rendu possible technologiquement, mais aussi parce que nous déser tons notre responsabilité à l\u2019égard du monde.Autrement dit, nous abdiquons notre liber té.Laissons cela aux machines, nous di- sons-nous.La réalité, c\u2019est que nous sommes maintenant au service des machines.Puritanisme Plus que jamais les imaginaires sont fascinés par un puritanisme qui ne dit pas son nom, qui rêve d\u2019épurer la race humaine de toutes ses tares, désirs malsains et encombrants dans une société pacifiée et productive d\u2019un monde fait pour le tourisme.Une éthique digne de ce nom devrait commencer par se pencher sur ce fantasme de pureté et de puissance qui, faut-il le rappeler, s\u2019est concrétisé au cours de l\u2019histoire récente.Des écrivains de dif férents horizons pensent même qu\u2019Hitler a gagné, que sa victoire s\u2019accomplit insidieusement, aveuglément, alimentée quotidiennement par la religion du Progrès et de la technologie.Le grand critique de l\u2019idéologie technologique Jacques Ellul proposait en réponse à cette idéologie une éthique, voire une esthétique de la non-puissance.Celle-ci n\u2019est pas l\u2019impuissance, car elle est fondée sur le refus rationnel de recourir à ce qui se présente comme la puissance, une maîtrise technologique du monde, celle-ci étant trop risquée pour l\u2019humanité.Günther Anders ne disait pas autre chose en af firmant que l\u2019homme, dont l\u2019humanité est devenue obsolète au regard de ses machines, est incapable d\u2019imaginer les conséquences qu\u2019auront ses inventions sur sa propre existence.Dans son texte, le professeur Maclure évoque les inquiétudes de scientifiques tels que Stephen Hawking portant sur les dangers que cette technologie fait peser sur l\u2019humanité tout entière, mais on a l\u2019impression que c\u2019est pour mieux les isoler.« À ce stade de ma réflexion, écrit le philosophe, rien ne me permet de penser que ces craintes flirtant avec le catastrophisme doivent orienter nos actions relatives à l\u2019IA.» Et de poursuivre son exposé doctement, prudemment, sereinement, tel un «Grand cerveau studieux », le parsemant de mises en garde de convenance contre des dangers réels, mais non déterminants.Du reste, défendre cette technologie nouvelle ne revient-il pas à faire aux siècles derniers la promotion de l\u2019automobile ou de l\u2019énergie nucléaire ?Pour toutes ces raisons, on serait tenté de croire que l\u2019appel du professeur Maclure est davantage une entreprise de légitimation d\u2019une technologie morbide qu\u2019une authentique réflexion.Alors, posons la question : Montréal à l\u2019avant-garde de la réflexion éthique sur l\u2019intelligence artificielle ou Montréal comme laboratoire d\u2019avant-garde pour les lobbies qui défendent l\u2019intelligence artificielle ?L\u2019intelligence artificielle, la voie royale de l\u2019eugénisme FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Ô Canna\u2026 bis Les opposants à la légalisation du cannabis freinent des quatre fers pour en chambouler l\u2019échéancier, sinon faire dérailler le processus au complet.Ils s\u2019inquiètent d\u2019être mal préparés à ce qui arrivera lorsque la marijuana sera légalisée.Pourtant, nos grands inquiets, députés, sénateurs et autres, devraient comprendre que le « problème » n\u2019est pas dans l\u2019avenir, mais qu\u2019il est déjà et depuis longtemps parmi nous : la consommation est très largement répandue, l\u2019accès est très facile, même pour les jeunes, et les recettes fiscales que les trois ordres de gouvernement espèrent par tager ne sont qu\u2019une fraction des sommes qui tombent aujourd\u2019hui dans les poches du crime organisé.Leur postulat de base est que la consommation augmentera significativement.Cela s\u2019est-il vérifié dans les quelques endroits qui ont légalisé la marijuana depuis quelques années ?Sauf erreur, on voit peu de références sérieuses à l\u2019expérience de nos voisins dans le discours des opposants.On a plutôt l\u2019impression d\u2019une piètre connaissance, tant théorique que pratique, du produit et de ses effets.La légalisation ne sous-entend pas que le cannabis est (quoique moins nocif que l\u2019alcool pourtant en vente libre à peu près par tout) bon ; on y recourt parce que la prohibition est carrément mauvaise.Parlez-en, par exemple, à ceux qui se voient refuser l\u2019entrée aux États-Unis pour un « crime » commis il y a plus de trente ans et qui ont obtenu leur pardon \u2014 sauf que celui-ci n\u2019est pas reconnu par les Américains.La légalisation permettra un (meilleur) contrôle du produit et de sa distribution.Elle facilitera aussi la poursuite d\u2019études scientifiques rigoureuses et le monitorage des impacts sur la société et sur les individus : les gouvernements auront alors la possibilité, au besoin, de modifier la loi, pour une fois sur la base de données probantes.François Thérien Montréal, le 11 novembre 2017 PARADIS FISCAUX Impuissance à Québec L ROBERT DUTRISAC Voir au-delà de la voiture électrique Je ne crois pas que la voiture électrique soit la meilleure réponse à notre problème de pollution, du moins au Canada, à cause de l\u2019étendue du territoire et de notre température trop froide.Mieux vaudrait investir pour assurer un bien meilleur rendement aux voitures à essence et diminuer de moitié le besoin d\u2019utiliser la voiture en augmentant l\u2019offre du transport en commun, comme semble vouloir le faire la nouvelle mairesse de Montréal.Très bon choix.Gilles Marleau Orléans, le 11 novembre 2017 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).I l y a quelques jours, on apprenait que le Conseil canadien des normes de la radioté- lévision (CCNR), l\u2019organisme chargé de décider des plaintes à l\u2019égard des écarts de langage sur les ondes, estimait que « le mot \u201cfuck\u201d entendu à la radio n\u2019a pas en français la même connotation vulgaire qu\u2019en anglais ».On peut cer tes convenir que nous vivons désormais dans une société qui se formalise moins de tels propos extrêmes.Mais cette décision illustre la tendance à restreindre la portée des codes volontaires mis en place afin de discipliner les radios et les télévisions traditionnelles.Il devient en effet de plus en plus difficile d\u2019appliquer les normes destinées à nous protéger contre les « gros mots », alors que sur Internet de pareils propos circulent sans balises.Concurrence des réglementations Ce phénomène, qui délégitime les normes sur le langage vulgaire ou qui ruine la légitimité des lois nationales, s\u2019appelle la concurrence des réglementations.Par sa capacité de se superposer aux territoires nationaux, Internet engendre des conditions par lesquelles les lois territoriales se retrouvent en concurrence avec les règles qui s\u2019appliquent par défaut dans les espaces du réseau des réseaux.Le CCNR a été mis en place par l\u2019Association canadienne des radiodiffuseurs à la suite d\u2019une demande du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).Le CRTC est investi par la loi de la mission de surveiller et de réglementer tous les aspects du système de radiodiffusion.Mais pour compenser une pénurie de moyens, le CRTC a choisi de laisser à une instance volontaire mise en place par les dif fuseurs le soin de décider en première ligne du bien-fondé des plaintes relatives aux écarts dans les émissions de radio ou de télévision.Comme le relevait récemment Naël Shiab dans une enquête publiée par L\u2019Actualité, le CCNR reçoit de plus en plus de plaintes, mais le nombre de blâmes est en chute libre ! Depuis quelques années, cette régulation volontaire du langage cru n\u2019impose que quelques balises applicables uniquement dans les cas extrêmes.Les législations sur les médias électroniques ont été édictées à une époque où les sons et les images entraient dans « tous les salons de la nation».Cela pouvait justifier d\u2019imposer des règles beaucoup plus strictes que celles qui étaient jugées nécessaires ou légitimes pour les propos diffusés dans les médias écrits.La généralisation de la réception en ligne a changé les conditions dans lesquelles s\u2019apprécie la nécessité de réglementer les médias.Chacun a désormais la faculté d\u2019écouter ou de regarder les propos et les images qui lui sont offerts.Notre capacité de nous soustraire aux contenus qui ne correspondent pas à nos goûts et valeurs est pratiquement illimitée.Cela change les évaluations que l\u2019on fait à l\u2019égard de la légitimité des règles destinées à policer ce qui se dit dans les médias.La réglementation de la teneur des propos diffusés sur les ondes vise dorénavant un environnement médiatique en concurrence avec Internet.Internet devient la voie dominante d\u2019accès aux émissions de radio et de télévision.Internet est un environnement qui met en concurrence les différentes régulations des paroles et des images.Par le haut niveau de maîtrise qu\u2019il confère aux individus de choisir de s\u2019exposer ou non à certains contenus, mêmes extrêmes, l\u2019environnement cyberspatial place les réglementations des contenus, comme celles s\u2019appliquant jadis aux radios et aux télévisions, en situation de concurrence avec les règles beaucoup plus permissives prévalant sur le Web.Cela contribue à délégitimer les mesures destinées à policer le langage sur les ondes.Déficit de légitimité La place que prend Internet dans l\u2019environnement médiatique change les conditions de fonctionnement des diffuseurs traditionnels.Dans un tel contexte, faut-il s\u2019étonner que le CCNR hésite à blâmer les dif fuseurs tenus à des règles plus strictes alors que ceux-ci sont en concurrence directe avec des dif fuseurs qui sont exemptés de pratiquement toutes les contraintes?Persister à imposer à ceux qui diffusent en dehors d\u2019Internet, par les moyens traditionnels que sont les ondes FM, des exigences qu\u2019on n\u2019a pas le courage d\u2019imposer sur Internet a pour conséquence de délégitimer toute la réglementation destinée à assurer le civisme ou les équilibres dans les médias.Ceux qui se désolent de la détérioration du langage dans les médias ou s\u2019inquiètent de la prolifération des «radios poubelles» doivent prendre leur mal en patience! Si la tendance se maintient, l\u2019étiolement des quelques normes qui prétendent encore imposer une certaine discipline dans les espaces médiatiques ira en empirant.Le mot « F-k » n\u2019est plus vulgaire ! PIERRE TRUDEL M A R C D U R A N D Ingénieur en géologie appliquée et en géotechniques, et professeur retraité de l\u2019UQAM ierre Moreau est aux commandes du ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles (MERN) et Isabelle Melançon a été récemment nommée à la tête du ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).Peut-on espérer une nouvelle orientation dans les dossiers de l\u2019industrie extractive des hydrocarbures?Au MERN, Pierre Moreau a vite indiqué qu\u2019il souhaite la poursuite du moratoire de facto sur les forages dans les basses-terres du Saint-Lau- rent.Ses plus récentes déclarations au congrès de l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) montrent qu\u2019il n\u2019a pas encore pris la mesure du contenu des règlements sur les hydrocarbures ; les forages dans les cours d\u2019eau sont bel et bien permis dans la loi proposée.Du côté du MDDELCC, où plus de 300 municipalités contestent le règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP), on n\u2019a pas vraiment d\u2019éléments clairs sur les intentions de la ministre Melançon.La réaction de l\u2019industrie au contenu du projet de loi 106 adopté il y a un an et ses règlements a été de reprendre des projets d\u2019extraction du gaz et du pétrole.La législation ouvre la porte à l\u2019emploi des techniques de fracturation.Les promoteurs savent que c\u2019est uniquement le contenu précis des lois et des règlements qui importe, et non pas les déclarations verbales de politiciens.D\u2019autre part, l\u2019opposition populaire aux projets d\u2019hydrocarbures ne faiblit pas ; elle s\u2019est plutôt renforcée à la suite des décisions récentes perçues comme des victoires pour son action : l\u2019abandon de l\u2019exploration pétrolière à Anticosti et l\u2019abandon d\u2019Énergie Est.Ces pressions populaires ont un impact politique ; les ministres déclarent qu\u2019ils constatent l\u2019absence d\u2019acceptabilité sociale pour les projets.Changement de cap Comment concilier deux volontés bien opposées?Une solution pourra s\u2019imposer au gouvernement : l\u2019interdiction totale et partout au Québec des techniques de fracturation dans l\u2019exploration et l\u2019exploitation des hydrocarbures.Ce serait un changement de cap majeur, mais c\u2019est tout à fait réalisable à court terme.Le gouvernement doit alors retirer de sa loi et de ses règlements d\u2019application toutes les dispositions qui se rapportent aux autorisations de fracturation.Il n\u2019est pas nécessaire de racheter les permis d\u2019exploration d\u2019hydrocarbures, car l\u2019objectif de ces permis est de trouver des gisements de pétrole ou de gaz ; les permis ne por tent aucune garantie quant aux techniques permises, ni quant au type de gisement visé par l\u2019exploration.Il n\u2019y a aucun motif justifiant de dédommager quiconque en retirant simplement l\u2019emploi des techniques de fracturation.Si la fracturation hydraulique n\u2019est plus possible, l\u2019intérêt pour les permis d\u2019hydrocarbures tombera de lui-même.La possibilité de trouver des gisements conventionnels avec les seules techniques normales a toujours été très faible au Québec.C\u2019est essentiellement l\u2019arrivée de la fracturation hydraulique dans le décor qui a permis un certain regain d\u2019intérêt pour l\u2019exploration pétrolière au tournant de 2008.Ayant fait marche arrière dans le pétrole de schiste d\u2019Anticosti, ayant maintenu un moratoire de facto dans les basses-terres, l\u2019autre région où la possibilité d\u2019extraction requiert obligatoirement la fracturation hydraulique, la suite logique est l\u2019interdiction de la fracturation, ce qui signifiera en pratique l\u2019abandon pur et simple de l\u2019exploration de gisements non conventionnels.Les permis actuels pourront toujours servir à chercher des hydrocarbures, mais uniquement des gisements conventionnels.Comme la possibilité d\u2019en trouver est très marginale, le jeu n\u2019en vaudra plus la peine.Les détenteurs ne renouvelleront pas ces permis à leur échéance.Le gouvernement ne devra pas offrir à d\u2019autres exploitants ces permis libérés, du moins là où il n\u2019y a pas d\u2019acceptabilité sociale pour l\u2019exploration pétrolière et partout où les municipalités auront défini d\u2019autres usages pour leur territoire.Aurons-nous droit à un changement dans le dossier des hydrocarbures ?P P I E R R E D U B U C L\u2019auteur est directeur et rédacteur en chef de L\u2019aut\u2019journal ans son livre Où en sommes-nous ?Une esquisse de l\u2019histoire humaine (Seuil), l\u2019historien et anthropologue français Emmanuel Todd insiste sur l\u2019impor tance des trois révolutions éducatives, qui ont marqué l\u2019évolution humaine: l\u2019alphabétisation, l\u2019enseignement secondaire et l\u2019enseignement supérieur.Cette dernière révolution se caractérise, en Occident, par l\u2019apparition d\u2019une nouvelle stratification sociale et, de façon plus particulière, par le dépassement éducatif des hommes par les femmes, un phénomène sans précédent dans l\u2019histoire, qui conduit, selon lui, à poser « l\u2019hypothèse d\u2019une mutation matriarcale, ce qui représenterait une révolution anthropologique, un saut dans l\u2019inconnu ».Au Québec, le sociologue Simon Langlois a bien documenté ces deux phénomènes \u2014 la stratification sociale et l \u2019émergence des femmes \u2014 dans son livre Le Québec change (Del Busso, éditeur).C\u2019est sur le plan de la stratification sociale que « le Québec a le plus changé depuis un demi- siècle», insiste-t-il lorsqu\u2019il nous reçoit dans son bureau de l\u2019Université Laval, à Québec.Loin de la société homogène des « porteurs d\u2019eau » d\u2019il y a cinquante ans, Simon Langlois la décompose au- jourd\u2019hui en dix strates sociales.Il souligne que le changement le plus radical, sous l\u2019effet de la scolarisation, est la place des femmes dans la société, comme en témoigne le taux de présence féminine chez les cadres intermédiaires (45,9 %), les professionnels (48,9 %), les professionnels intermédiaires (72,9 %) et les techniciens (52,1 %).Cependant, la présence des femmes est beaucoup moins élevée chez les cadres supérieures (28,2 %) et au sommet de la pyramide sociale.Simon Langlois l\u2019explique par des facteurs structuraux, comme les old boys networks et la culture d\u2019entreprise (longues heures de travail, horaires déments, etc.), qui rendent inconciliables « deux systèmes d\u2019action, celui de la grande entreprise et celui de la vie de couple ».Nous ajouterions que l\u2019inconduite et le harcèlement sexuels font aussi partie de l\u2019arsenal des armes utilisées par les membres des old boys networks pour préserver leurs privilèges et que la vague de dénonciations actuelle de ces comportements est un nouvel épisode de la montée en puissance des femmes dans leur lutte pour l\u2019égalité.Le niqab Parallèlement au débat sur les inconduites sexuelles s\u2019est tenu un autre débat, ayant en toile de fond la question de l\u2019égalité hommes- femmes, avec l\u2019adoption du projet de loi 62 ayant pour but de favoriser le « respect de la neutralité religieuse », qui vise indirectement le port du voile intégral par un certain nombre de femmes musulmanes.Dans son « esquisse de l\u2019histoire humaine », Emmanuel Todd nourrit notre réflexion sur cette question.Il accorde une importance primordiale aux structures familiales, qui auraient une influence déterminante sur nos pensées et nos comportements, souvent à notre insu.La famille a pris différentes formes, souvent avec la transmission par le lignage du père.Ce système familial a permis à des sociétés en Chine, en Inde, en Iran et dans le monde arabe de développer de grandes civilisations, mais, paradoxalement, avec un abaissement continu du statut de la femme.Mais ces structures sont aujourd\u2019hui remises en question sous l\u2019effet d\u2019un certain nombre de facteurs, dont la hausse spectaculaire du niveau éducatif avec le dépassement des hommes par les femmes, la baisse de la fécondité et l\u2019effacement terminal de la religion.L\u2019Iran et le monde arabe n\u2019y échappent pas (le taux de fécondité n\u2019est que de 1,6 enfant par famille en Iran).Selon Todd, « l\u2019indicateur de fécondité nous permet de suivre le rythme des évolutions mentales » et « lorsqu\u2019il passe en dessous de deux enfants par femme, nous pouvons être certains que, dans sa masse, la population est sortie du système religieux ancien ».Ainsi, le fondamentalisme musulman ne serait que « l\u2019ultime raidissement de la foi » et qu\u2019« une étape sur le chemin de la sécularisation ».Cependant, la sécularisation ne signifie pas l\u2019effacement instantané de comportements associés aux structures familiales et religieuses en voie de disparition.Dans son essai Qui est Charlie?, qui a suscité une immense polémique en France, Todd qualifiait de forme hypocrite d\u2019islamophobie les immenses manifestations qui ont suivi les attentats contre Charlie Hebdo, en soutenant qu\u2019elles mobilisaient les classes moyennes, des personnes âgées et des catholiques « zombies », c\u2019est-à-dire provenant de régions de France où le catholicisme vient de disparaître.Todd étend ce jugement au Québec où « la fixation négative sur la religion de Mahomet est très facile à déceler ».Bien entendu, le Québec n\u2019est pas la France, où la plus forte mobilisation à la défense de Charlie Hebdo était, selon Todd, celle de la France d\u2019« en haut », par opposition à la France d\u2019« en bas ».Au Québec, au contraire, l\u2019appui au port du voile trouve plusieurs de ses partisans au sein de l\u2019élite multiculturaliste.On peut néanmoins recenser deux courants chez les défenseurs de la laïcité.Un premier courant qui regroupe les partisans d\u2019une laïcité intégrale et un deuxième courant qu\u2019on peut qualifier de ca- tho-laïcité.Le débat sur le retrait ou non du crucifix à l\u2019Assemblée nationale illustre bien la présence de ces deux tendances.Dans son livre, Todd montre que la lutte pour la démocratie emprunte souvent des voies complexes.Il en va ainsi pour l\u2019atteinte de l\u2019égalité hommes-femmes.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Des conséquences du dépassement éducatif des hommes par les femmes Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue L\u2019aut\u2019journal, novembre 2017, no 364.DES IDÉES EN REVUES YAN DOUBLET ARCHIVES LE DEVOIR La possibilité de trouver des gisements conventionnels avec les seules techniques normales a toujours été très faible au Québec.D Si la fracturation hydraulique n\u2019est plus possible, l\u2019intérêt pour les permis d\u2019hydrocarbures tombera de lui-même L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S se résume à un échec quasi généralisé.« Non seulement l\u2019humanité a échoué à accomplir des progrès suf fisants pour résoudre ces défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d\u2019entre eux se sont considérablement aggravés », affirment pas moins de 15 364 scientifiques provenant de 184 pays, dans un manifeste publié lundi dans la revue BioScience, mais aussi en français sur le site du journal Le Monde.«Dans ce document, nous avons examiné l\u2019évolution de la situation des deux dernières décennies et évalué les réponses humaines en analysant les données officielles existantes », a expliqué à l\u2019Agence France-Presse Thomas Newsom, professeur à l\u2019Université Deakin en Australie, coauteur de la déclaration.Et le constat est sans équivoque : «Bientôt, il sera trop tard pour inverser cette tendance dangereuse.» Ce « deuxième aver tissement » revient bien évidemment sur la menace «potentiellement catastrophique» que représentent les bouleversements climatiques.Un phénomène provoqué par notre dépendance aux énergies fossiles, mais aussi par la déforestation et la production agricole, dont les émissions dues à l\u2019élevage des ruminants de boucherie.Un rapport publié lundi par le Global Carbon Project démontre d\u2019ailleurs que les émissions mondiales de CO2 sont reparties à la hausse en 2017, après trois années de stabilité.Ce constat est d\u2019autant plus inquiétant que la communauté scientifique estime qu\u2019il faudrait impérativement plafonner les émissions de gaz à effet de serre dès 2020, pour ensuite les faire décroître, afin de limiter le réchauffement à 2 °C, ce qui est l\u2019objectif de l\u2019Accord de Paris sur le climat.Population croissante Les quelque 15 000 scientifiques signataires du nouveau manifeste déplorent par ailleurs notre incapacité à « limiter adéquatement» la croissance de la population mondiale.Celle-ci a en effet connu une augmentation de plus de deux milliards de personnes depuis 25 ans, soit près de 35 %.« Nous mettons en péril notre avenir en refusant de modérer notre consommation matérielle intense mais géographiquement et démographi- quement inégale, et de prendre conscience que la croissance démographique rapide et continue est l\u2019un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales », écrivent les auteurs de ce texte.La destruction des milieux naturels et de pans entiers des écosystèmes de la Terre signifie en outre que «nous avons déclenché un phénomène d\u2019extinction de masse, le sixième en 540 millions d\u2019années environ, au terme duquel de nombreuses formes de vie pourraient disparaître totalement, ou en tout cas se trouver au bord de l\u2019extinction d\u2019ici à la fin du siècle».Globalement, pas moins de 60 % des populations de vertébrés auraient déjà disparu depuis 1970, selon des données publiées l\u2019an dernier par la Société zoologique de Londres.Une autre étude publiée cette année dans Proceedings of the National Academy of Sciences a permis de confirmer des reculs majeurs chez des milliers d\u2019espèces de mammifères, d\u2019oiseaux, de reptiles et d\u2019amphibiens.Ces régressions sans précédent de la biodiversité vont d\u2019ailleurs de pair avec une perte croissante d\u2019« habitats naturels » terrestres et marins.Solutions Au-delà de ces constats extrêmement graves, les scientifiques plaident pour la mise en œuvre de plusieurs mesures «urgentes indispensables » pour opérer une « transition vers la durabilité».En plus de la nécessité de se tourner «massivement» vers les énergies renouvelables et de mettre fin aux soutiens financiers aux énergies fossiles, les auteurs insistent sur l\u2019importance de «réduire le taux de fécondité» par une généralisation de l\u2019accès à l\u2019éducation et au planning familial.Ils mettent aussi en avant l\u2019idée de «déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s\u2019assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital».Les scientifiques suggèrent aussi de « promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d\u2019origine essentiellement végétale » et de « réduire le gaspillage alimentaire».Ils font valoir l\u2019urgence de protéger les milieux naturels, qu\u2019ils soient terrestres ou marins, mais aussi de « restaurer » des écosystèmes et de mettre en place les politiques nécessaires pour préserver la biodiversité.« Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l\u2019échec, car le temps presse, concluent-ils.Nous devons prendre conscience, aussi bien dans nos vies quotidiennes que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu\u2019elle recèle, est notre seul foyer.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HUMANITÉ téléphonique le chef Sébastien « CoRhino » Corriveau.Une moitié du dépôt était alors remboursable après l\u2019élection et l\u2019autre moitié n\u2019était retournée que si le candidat avait obtenu au moins 15 % d\u2019appuis.Autant dire que les candidats indépendants ou représentant des formations marginales perdaient presque systématiquement 500 $.Le montant est maintenant remboursé en entier à condition que le candidat remette à Élections Canada tous les rapports de campagne exigés.« En 2015, j\u2019avais plus de 80 personnes qui m\u2019ont approché pour devenir candidats », relate M.Corriveau.« Quand elles ont su qu\u2019elles devaient fournir 1000 $ et qu\u2019elles ne le récupéreraient que dans six mois, je n\u2019ai eu que 28 candidats.» Il se dit profondément heureux de la décision et espère qu\u2019elle ne sera pas portée en appel.La chef du Par ti communiste du Canada, Elizabeth Rowley, parle elle aussi d\u2019une « décision très positive, qui s\u2019est trop longtemps fait attendre ».Elle rappelle que c\u2019est son parti qui a contesté jusqu\u2019en Cour suprême les changements apportés en 1993 (Figueroa c.Canada).Le Parti communiste a eu gain de cause : le dépôt est devenu remboursable et le nombre minimal de candidats exigé pour demeurer un parti officiel a été ramené de 50 à 2.Le montant du dépôt n\u2019avait toutefois pas changé.Pour sa formation, l \u2019abolition du dépôt de 1000 $ « signifie qu\u2019on pourra utiliser cet argent pour imprimer des dépliants, l\u2019utiliser à des fins politiques plutôt qu\u2019administratives », explique Mme Rowley.Le discours est le même au Parti vert, qui présente bon an, mal an quelque 300 candidats aux élections fédérales.« Ça représente des dépôts de 300 000$.C\u2019est beaucoup d\u2019argent qu\u2019on retire de la circulation », note le chef adjoint, Daniel Green.M.Green fait valoir que la Loi électorale prévoit dé jà des dispositions (amendes, voire même impossibilité de se porter candidat plus tard) si un candidat ne fournit pas les rapports demandés.Il n\u2019est donc pas nécessaire à son avis de prélever ces 1000 $ en amont.Elizabeth Rowley rappelle que l\u2019Ontario a aboli un tel dépôt « il y a environ trois ans», à la suite d\u2019une cause devant les tribunaux pilotée par le Parti communiste, et que cela n\u2019a pas contribué, comme le craignent certains détracteurs, à une multiplication de partis frivoles.Un tel dépôt n\u2019existe pas au Québec.Ploutocratie Le chef du Parti Rhinocéros estime par ailleurs que la logique derrière l\u2019exigence d\u2019un dépôt est choquante.Il est difficile de dire avec précision ce que représentait un dépôt de 200 $ en 1874, car la grille de calcul d\u2019inflation de la Banque du Canada s\u2019arrête à 1914.Mais 200 $ en 1914 représenterait 4360 $ aujourd\u2019hui.«C\u2019était pour empêcher le petit peuple d\u2019être candidat, tonne M.Corriveau.Pourquoi en 2017 on a encore un règlement pour empêcher le petit peuple?Ça n\u2019a pas de bon sens.En 2019, watch out ! Moi, je vise des candidats dans toutes les provinces, une centaine de candidats.C\u2019est \u201cde retour à 1980\u201d!» Le discours est similaire du côté du Parti Marijuana.« J\u2019ai seulement eu 8 candidats en 2015 alors que j\u2019en aurais eu 16 sans le dépôt », explique le chef, Blair Longley.Cela dit, il n\u2019est pas aussi enthousiaste que les autres.«Les gens qui veulent faire cela pour les principes, participer au processus, c\u2019est bien.[La décision] élimine cet obstacle.Mais cela n\u2019empêche pas que tout le système est biaisé en faveur des grands partis avant même que l\u2019élection ne soit déclenchée », dit-il à propos des règles sur le financement des partis politiques.En effet, les candidats et les partis politiques se font rembourser la moitié de leurs dépenses électorales s\u2019ils obtiennent au moins 10 % des suffrages.Les petits partis y parviennent rarement.«Les 1000$ de dépôt font encore plus mal dans ce contexte», conclut Daniel Green.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉPÔT tiers monde à quinzième puissance mondiale en une quarantaine d\u2019années.La culture sert non seulement à faire tourner l\u2019économie coréenne, mais elle diffuse aussi à très grande échelle une image idéalisée du pays.La culture populaire de la péninsule, surnommée K-pop, est devenue l\u2019arme principale du «soft power» coréen.« Mon message aux Montréalais, c\u2019est que la culture populaire est vraiment importante, et pas juste pour les Coréens.La culture populaire peut influencer la réalité», dit Euny Hong, journaliste américaine auteure du livre à succès The Birth of Korean Cool, publié en 2014.Un peu comme la K-pop, cet essai percutant est devenu viral et a été traduit en six langues.L\u2019auteure de 44 ans est elle-même un pur produit de la mondialisation : née au New Jersey de parents coréens, elle parle quatre langues, dont le français, après un séjour de six ans à Paris.Elle a aussi vécu à Séoul dans le fameux quartier Gangnam, qui a donné son nom à une des vidéos les plus populaires de l\u2019histoire de You- Tube, Gangnam Style.«Pouvoir doux» et grosse colère « La vague coréenne n\u2019est pas le fruit du hasard.Elle a été créée avec un soutien important du gouvernement coréen pour que la culture populaire devienne un instrument du soft power», dit Euny Hong, jointe à New York.Elle prononcera une conférence en français sur la hallyu à l\u2019Université de Montréal \u2014 à l\u2019invitation du Centre d\u2019études et de recherches internationales (CÉRIUM), ce vendredi soir.Comme le Québec, la Corée du Sud a connu une sorte de révolution tranquille qui a fait entrer la péninsule dans la modernité, il y a quatre décennies.La « vague » culturelle coréenne vise aussi à affirmer l\u2019identité nationale face à des voisins titanesques appelés Chine et Japon.Les Québécois ont longtemps été mus par le ressentiment contre les «Anglais».Les Coréens, eux, expriment une profonde colère contre les Chinois et les Japonais, voisins encombrants qui ont envahi successivement la péninsule.Ce sentiment de révolte est appelé han \u2014 et c\u2019est le nom de l\u2019ethnie chinoise majoritaire.« Le han, c\u2019est la colère ancestrale d\u2019avoir été vaincus par plusieurs pays depuis des millénaires, dit Euny Hong.C\u2019est aussi la motivation pour le succès de la Corée.Le gouvernement voulait dépasser la culture populaire japonaise.Samsung avait pour but de dépasser Sony.J\u2019ai l\u2019impression que ça a fonctionné.» Stratégie de convergence Pour tenir tête aux Chinois et aux Japonais, la petite Corée du Sud (51 millions d\u2019habitants) a adopté avant l\u2019heure une sorte de stratégie de convergence semblable à celle de Québecor : l\u2019État a investi massivement dans Internet à haute vitesse pour devenir le pays le plus branché du monde.Les fonds publics ont soutenu la création de studios d\u2019enregistrement et de salles de spectacle.Le gouvernement verse 500 millions par année au ministère de la Culture dans le but précis de stimuler les exportations.L\u2019État a aussi créé un partenariat public-privé de un milliard de dollars pour financer la production de culture populaire.Bien sûr, tous ces artistes chantent, dansent et jouent dans des téléséries en langue coréenne.Et le public suit leurs exploits sur un écran plat «made in Korea» par Samsung ou LG.La multiplication de la bande passante partout dans le monde, il y a une décennie, a répandu la K-pop comme une traînée de poudre.Les artistes comme BTS, K.A.R.D ou Girls Generation se font connaître d\u2019abord et avant tout sur YouTube.Des ados de Téhéran, de Paris ou de Montréal connaissent par cœur les chorégraphies de leurs idoles.Respect pour l\u2019autorité L\u2019État a augmenté les impôts des entreprises pour financer ce plan d\u2019exportation culturelle.Le gouvernement a imposé sa stratégie aux chaebols, ces conglomérats hybrides, issus à la fois du public et du privé, selon une recette typiquement coréenne.«Le gouvernement coréen a décidé qu\u2019il fallait changer la direction de l\u2019économie parce que le pays était trop dépendant des grandes entreprises.Par exemple, Samsung représentait un tiers du PIB.Après la crise financière de 1998, il était clair que l\u2019échec éventuel d\u2019une des entreprises mènerait le pays à la dépression », explique Euny Hong.Une planification économique avec une main de fer comme celle-là serait impossible dans une démocratie occidentale.Le poids des traditions pèse encore lourd en Corée, obser ve Euny Hong.Elle se souvient du choc qu\u2019elle a vécu en débarquant avec ses parents à Séoul, à l\u2019âge de 12 ans, en 1985.«Pour une raison que j\u2019ignore, il était interdit de mettre les mains dans nos poches, raconte-t-elle.Il était aussi interdit d\u2019avoir les cheveux bouclés, sauf si c\u2019était naturel.Et il fallait une attestation du médecin!» Euny Hong et d\u2019autres se demandent maintenant si le soft power coréen viendra à bout de l\u2019imprévisible régime nord-coréen, qui agite la menace d\u2019une guerre nucléaire.« Chose certaine, les Coréens du Sud n\u2019ont peur de rien.Toutes ces menaces de la Corée du Nord ne sont rien d\u2019autre que du chantage.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 K-POP LUIS TATO AGENCE FRANCE-PRESSE La déforestation, la croissance rapide de la population, la destruction des milieux et le dérèglement climatique constituent des défis auxquels l\u2019humanité n\u2019a pas su répondre en 25 ans, disent des scientifiques de partout dans le monde.«Bientôt, il sera trop tard», explique Thomas Newsom, coauteur de la déclaration des scientifiques."]
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