Le devoir, 9 décembre 2017, Cahier B
[" A L E X A N D R E S H I E L D S P our plusieurs, le geste est devenu banal.Tous les jours, on dépose le papier, mais aussi le carton, les bouteilles de verre et de plastique, les pots de yogourt et les sacs de plastique dans notre bac vert.Tout aussi naturellement, on le dépose à la rue le jour venu.Qu\u2019advient-il de toutes ces matières, avalées par le camion de la collecte sélective?La question est d\u2019autant plus pertinente que 996 000 tonnes de matières, dont 774 000 provenant des collectes municipales, ont été acheminées en 2015 aux 29 centres de tri, selon Recyc-Québec.Une quantité trois fois plus importante qu\u2019il y a 15 ans.Destination inconnue Impossible toutefois de savoir avec précision ce que les centres de tri font de toutes ces matières, explique Karel Mé- nard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.«Les centres de tri font de la consolidation de matières, donc il est difficile de préciser d\u2019où elles proviennent.Une fois arrivées aux centres de tri, on ne sait pas où elles [les matières] vont en sortant.Il faudrait appeler chaque centre de tri et voir les contrats avec les acheteurs des matières.Ils ne le diront pas, pour des raisons de confidentialité.Souvent, les matières sont vendues à des courtiers qui les revendent à d\u2019autres courtiers, à des fins d\u2019exportation.» Recyc-Québec, société d\u2019É - tat qui est la référence « pour tout ce qui touche à la gestion responsable des matières résiduelles au Québec », est incapable d\u2019assurer la traçabilité des matières récupérées pour des coûts annuels de plus de 150 millions.«Nous n\u2019avons pas accès aux registres précis.Ces informations sont souvent gardées confidentielles par les entreprises», notamment par les centres de tri, admet la directrice aux opérations chez Recyc-Qué- bec, Sophie Langlois.Recyclables non recyclés On sait, cependant, que les ménages québécois ont généré en 2012 (selon le dernier bilan de Recyc-Québec produit en 2015) plus d\u2019un million de tonnes de matières «potentiellement » recyclables (hors et dans le bac).Pas moins de 63% de ces matières ont été déposées dans les bacs et envoyées dans un centre de tri.Mais en fin de compte, seulement 54% des matières recueillies ont effectivement été revendues en 2015 par les centres de tri, donc acheminées «aux fins de recyclage».Un recul par rapport au taux de 59 %, observé en 2012 par Recyc-Québec.On est toujours loin du taux de 70 % de recyclage des matières récupérées que visait le gouvernement en 2015.Est-ce possible d\u2019atteindre cette cible?« Il faut continuer de travailler pour que l\u2019amélioration de la qualité et des quantités de matières récupérées se concrétise à toutes les étapes de la chaîne », rétorque Mme Lan- glois, précisant que la récupération est « très répandue» dans le secteur résidentiel.Parmi les enjeux à surveiller : le sort du plastique et du verre, dont le recyclage accuse toujours un sérieux retard au Québec, d\u2019après les données of ficielles.À peine 14 % du verre récupéré dans votre bac est vendu pour être recyclé.En l\u2019absence de solution de récupération ef ficace, le verre sert le plus souvent de matériau de recouvrement dans les sites d\u2019enfouissement.Quant au plastique, la proportion de ce qui est dirigé « aux fins de recyclage» ne dépasse pas les 18%, et ce, même si son utilisation est de plus en plus répandue.Québec songe à étendre aux bouteilles de plastique le système de consigne, resté inchangé depuis plus de 30 ans.Un «groupe de travail» mandaté par le ministère de l\u2019Environnement se penche présentement sur cet enjeu.Exportation croissante Malgré ces lacunes, les centres de tri ont tout de même vendu 800 000 tonnes de matières recyclables en 2015, dont plus de 707 000 tonnes de papier et de carton.Encore là, les données de Recyc-Québec n\u2019indiquent pas avec précision où sont allées ces matières.Le dernier bilan distingue seulement les matières vendues ici et hors du Québec \u2014 notamment par l\u2019entremise de courtiers \u2014 et révèle que la part destinée à l\u2019exportation a grimpé de 50 % à 60 % entre 2010 et 2015.La moitié du plastique est expor tée, et pas moins de 64 % du papier et du carton, dont le principal acheteur est la Chine.Recyc-Québec n\u2019y voit pas un problème environnemental.« L\u2019exportation n\u2019ajoute pas nécessairement du transport, fait valoir Mme Langlois.Au contraire, on optimise le transport, parce que les marchés asiatiques envoient beaucoup de produits au Québec par bateau.Au lieu de repartir vides, ces conteneurs- là sont remplis de matières recyclables.» Karel Ménard ne par tage pas cet avis.« Récupérer des matières recyclables pour ensuite les expor ter à des milliers de kilomètres d\u2019ici, c\u2019est contraire à tout le principe du recyclage.» La ministre de l\u2019Environnement, Isabelle Melançon, se dit aussi préoccupée par la dépendance du Québec à l\u2019exportation des matières recyclables.La situation est d\u2019autant plus préoccupante que la Chine, notre principal client, fermera ses frontières à l\u2019im- por tation de plusieurs matières d\u2019ici la fin de 2017.La ministre, Recyc-Québec et Éco Entreprises jurent que les matières recyclables ne seront ni enfouies ni incinérées.Reste à voir quels moyens seront mis en place pour y parvenir.Le Devoir Culture Réinventer un modèle pour l\u2019Orchestre Métropolitain Page B 7 Éditorial Forum sur la diversité: le tabou de la discrimination Page B 8 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 Le Devoir de philo Camus aurait prôné l\u2019enseignement d\u2019un savoir «exotique» Page B 10 Le bac de recyclage fait partie de la vie des Québécois depuis plus de 20 ans.Or, on en sait toujours peu sur la destination finale de ce qui y est déposé, et le recyclage de certaines matières fait toujours piètre figure.Pendant ce temps, des entreprises développent des procédés innovants pour recycler les intrus du bac et des citoyens misent sur des solutions maison pour réduire leurs déchets et minimiser leur empreinte environnementale.Tour d\u2019horizon.Où va le contenu de votre bac de recyclage?La récupération va bon train, mais la majorité des matières sont recyclées à l\u2019étranger PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 2012, environ 63% des matières recyclables générées par les ménages au Québec ont été récupérées, mais à peine plus de la moitié de la collecte dirigée vers les centres de tri était vendue aux fins de recyclage.Récupérer des matières recyclables pour ensuite les exporter à des milliers de kilomètres d\u2019ici, c\u2019est contraire à tout le principe du recyclage Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets « » Dossier \u203a La face cachée du bac.L\u2019univers du zéro déchet: incursion d\u2019une néophyte.Courtiers: un rôle insoupçonné.Le polystyrène: mal-aimé des centres de tri.Recyclage du verre: des pistes pour résoudre les ratés.Pages B 2 et B 3 I S A B E L L E P A R É U topie, rêve, folie ?Plonger ma propre tribu sept jours durant dans le monde du zéro déchet ?Le défi semblait colossal, à moins de convertir ma famille en ascète, de gonfler ma facture d\u2019épicerie, sans compter la menace de rébellion que mes ados risquaient de soulever à l\u2019annonce que leurs aliments chéris ne passeraient plus le pas de la porte.Résultat des courses ?Rome ne s\u2019est pas construite en un jour, le zéro déchet non plus.Tout éliminer en une semaine relevait du mirage, à moins de mettre un cadenas sur notre garde-manger déjà rempli d\u2019une myriade de produits empaquetés.Comme le compost fait déjà partie de notre quotidien, nous avons plutôt mis le cap sur la réduction, un objectif nettement plus réaliste, concentrant nos efforts sur le bac de recyclage.Car le bac, réceptacle de notre bonne conscience, n\u2019élimine pas le problème.Celui de la production à la source de tonnes d\u2019emballages fabriqués de matières souvent non renouvelable, notamment de pétrole.Avant de me lancer tête première dans l\u2019aventure, j\u2019ai parcouru blogues et articles, consulté ma collègue, Isabelle Sanchez, chez qui la poubelle se résume maintenant à un pot Mason oublié sur le comptoir.«Le but, c\u2019est d\u2019abord de réduire.Il faut aller vers ce qui est le plus simple et le plus valorisant pour chacun, m\u2019a conseillé l\u2019instigatrice de Mini-vert, Mélissa de la Fontaine.Zéro déchet, c\u2019est devenu une formule, mais l\u2019objectif, c\u2019est de réduire graduellement ces déchets.» Notre score « pré-zéro déchet » : au moins deux poubelles de trois gallons de compost, deux sacs de cuisine de déchets et trois ou quatre bacs de cinq gallons de recyclage par semaine.Comment réduire tout ça?Le plan de match a démarré en glissant dans mes sacs d\u2019épicerie l\u2019attirail essentiel pour éviter l\u2019achat d\u2019aliments emballés : petits et grands bocaux pour les produits secs, sacs de tissu ou de plastique réutilisables pour recueillir fruits et légumes, contenants de plastiques pour la viande et bouteilles pour les liquides.Étape no 2 : repérer sur une carte tous les commerces de vrac ou susceptibles de vendre leurs produits non emballés pour me tricoter un nouvel itinéraire de courses.Pour le néophyte du zéro déchet, la première virée peut être un brin éprouvante.Fouiller à tâtons dans son sac pour attraper le pot ou le sac approprié, aller à la pesée, marquer le code du produit, tout en jonglant avec ses contenants: plus compliqué que tout balancer en un éclair dans le sac de plastique.Se préparer aussi à gérer\u2026 l\u2019imprévu.Comme commander un poulet chez un boucher inconnu sans avoir pensé à un contenant capable de loger le volatile zéro déchet.La boucherie étant le royaume de la barquette non recyclable, la bête a abouti coincée, ailes au vent, dans le plus grand de mes plats Tupperware.«Je vous le recouvre d\u2019un film plastique?» de dire le boucher, circonspect.«Non!» La poulette a hérité d\u2019un sac biodégradable comme couvre-chef.C\u2019était mal parti pour le zéro poubelle.Le choc Pour les fruits et légumes, la première virée prend l\u2019allure d\u2019une course à obstacles à travers la déferlante de barquettes et contenants en polystyrène (honnies du bac de recyclage) qui prolifèrent sur les étals.Difficile d\u2019échapper au diktat du papier film dans certains grands commerces abonnés aux « paquets » tout prêts.Haricots sous cellophane, courgettes emmaillotées et même noix de coco emballées (vraiment ?) semblent soudain omniprésents.Guidée par mon nouveau GPS interne antidétritus, jamais le monde de l\u2019alimentation ne m\u2019est apparu autant truffé de rebuts en devenir.« Prenez un numéro» ; «Coupon de caisse ?» ; «Remplissez notre concours» ; «Goûtez à notre vin ! » On m\u2019avait prévenue, le refus est le premier pas vers la réduction.Solution : mettre le cap vers les marchés publics et les fruiteries de quartier.Pour les produits secs, notre pèlerinage dans le monde du vrac s\u2019est avéré autrement moins contraignant qu\u2019imaginé, donnant lieu à la dé- couver te de nouveaux produits, souvent de meilleure qualité \u2014 notamment du chocolat 70 % cacao \u2014, vendus à une fraction du prix.En prime, on vous enlève 15 % à la caisse dans certains commerces si vous apportez vos contenants ! Idem chez le marchand de thé.Herbes, pâtes, céréales, farines, huiles, vinaigres, nettoyants, croustilles, biscuits, yogourts et tofu (plus rares), chocolats fins : presque tout se trouve en vrac.Même le dentifrice.«Le plus difficile, c\u2019est le lait, inexistant en vrac, et les fromages, toujours emballés.Avant, trouver cer tains produits en vrac pouvait être complexe, concède Mélissa.Mais on trouve presque tout maintenant, même le vin ! » Changer ses réflexes Côté cuisine : on a boudé la cellophane, couvert nos restants d\u2019assiettes ou de bols, troqué le papier d\u2019aluminium pour le papier parchemin biodégradable.« On peut aussi remplacer ça par des feuilles de silicone qui vont au four et le Saran wrap par des petits contenants ou des tissus enduits de cire d\u2019abeille », affirme la nihiliste des ordures.Fini le réflexe du sac plastique dans la poubelle.« Sans déchets organiques, rappelle Mélissa, on peut mettre le contenu dans un sac papier.» Enfin, le grand tabou du petit coin.Et le papier hygiénique dans tout ça ?Et les tampons, lingettes, couches pour bébé ?À moins de retourner à l\u2019ère néolithique, on peut trouver du papier hygiénique fait de fibres recyclées, emballé dans du papier.Même chose pour papiers essuie-tout et lingettes si l\u2019idée de vous convertir aux vertus des couches, serviettes et protections féminines lavables vous donne l\u2019impression de revivre au temps de Maria Chapdelaine.Au bout des sept jours fatidiques, notre volume de compost est resté le même, le volume de notre bac a chuté de plus de moitié et un seul sac-poubelle a suffi.Bien, mais peut mieux faire, comme on dit.À choisir, quels gestes prioriser pour réduire le plus ses déchets ?« Composter ses résidus alimentaires.Les jeter à la poubelle, c\u2019est les destiner au site d\u2019enfouissement où ils produisent du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus néfaste que le CO2, affirme Mélissa.Pour le reste, aller vers ce qui est le plus facile pour vous et qui va durer.» Bref, choisir ses batailles.La mienne fut de pourchasser le plastique, sachant que le recyclage ne fait que repousser l\u2019heure où cet indestructible finira à la poubelle ou en milliers de particules dans l\u2019océan.Comme les 29 milliards de bouteilles de plastique fabriquées chaque année nécessitent autant de pétrole que faire rouler 100 millions de voitures pendant un an, chaque contenant évité m\u2019est apparu telle une petite victoire contre Goliath.La surprise de la semaine : faire mon yogourt moi-même, une expérience si simple que je me demande encore pourquoi les compagnies de yogourt font fortune.Mon bac en sortira ainsi allégé d\u2019au moins 200 pots par année et mon portefeuille d\u2019environ 380 $, même en comptant le lait acheté en sus.Bref, même atteint à moitié, le zéro déchets peut s\u2019avérer emballant ! Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 LA FACE CACHEE DU B 2 Si éliminer totalement les déchets relève du défi, on peut réduire de façon spectaculaire ses ordures et le contenu de son bac de recyclage.Expérience d\u2019une semaine dans l\u2019univers « zéro déchet ».Incursion d\u2019une néophyte dans l\u2019univers du zéro déchet Une semaine à jauger ma poubelle Des gestes pour réduire ses ordures À la maison Composter (près de 40 % des déchets sont organiques !) Acheter en vrac Apporter vos contenants en épicerie Éviter les objets en plastique ou suremballés Bannir eau et boissons en bouteille de plastique ou non consignée Réduire les produits à usage unique (essuie- tout, cellophane, lingettes, etc.) Refuser circulaires et articles promotionnels Faire toutes ses transactions en ligne Bannir le café en capsules Au travail Apporter son repas, sa tasse, ses couverts et ustensiles Opter pour le stockage infonuagique PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Adepte du zéro déchet depuis cinq ans, Mélissa de la Fontaine, fondatrice de l\u2019entreprise Le Mini-vert, a graduellement éliminé les emballages de sa vie.Sa poubelle se limite à ce petit contenant en verre.À droite : un lot de bouteilles de plastique récupérées au centre de tri Saint-Michel aux fins de recyclage.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I P rès de la moitié des matières vendues par les centres de tri du Québec pour être recyclées passe entre les mains de cour tiers, qui les expédient généralement à l\u2019extérieur de la province.En 2015, 48 % des 808 000 tonnes de matières recyclables vendues par les centres de tri ont été confiées à des cour tiers.En ajoutant celles vendues directement à des recycleurs de l\u2019extérieur du Québec, la proportion de matières recyclables québécoises qui sor t de nos frontières s\u2019est élevée à 61 %, soit à près de 493 000 tonnes.Depuis 10 ans, le por trait s\u2019est complètement inversé.En 2008, 63 % des matières recyclables étaient vendues à des recycleurs ou à des conditionneurs d\u2019ici et moins du tiers finissaient entre les mains de cour tiers ou expédiées hors Québec.Lorsqu\u2019un centre de tri fait af faire avec un cour tier, ce dernier revend la matière au recycleur de son choix.Cet - te relation d\u2019af faires privée n\u2019est pas super visée par Re- cyc-Québec, de tel le sor te qu\u2019on ignore combien de cour tiers sont sollicités par les centres de tri et où se retrouvent les matières qu\u2019on leur confie.Yves Noel, le président de YNC Consultants, est l\u2019un de ces cour tiers.Il estime que moins d\u2019une dizaine de joueurs « sérieux » comme lui sont actifs au Québec.Depuis 22 ans, il se spécialise dans la revente du plastique et écoule annuellement entre 2000 et 3500 tonnes dans plus de 35 pays.Avec la fermeture récente du marché chinois, ses principaux clients se trouvent au Vietnam, au Pakistan et en Turquie.Si les matières récupérées par les Québécois sont envoyées aux quatre coins de la planète, dit-il, c\u2019est que les débouchés pour le plastique recyclé sont insuffisants dans la province.Après avoir visité plusieurs des usines de recyclage avec lesquelles il fait affaire, le patron de l\u2019entreprise établie à Boisbriand affirme sans hésiter que la matière qui sort du Québec et bel et bien recyclée.« C\u2019est faux de croire que la matière est expor tée pour être enfouie.Je ne peux recevoir une commande chaque mois de mon acheteur, qui me paye à l\u2019avance et qui me permet de faire un profit, pour qu\u2019au bout du compte ça s\u2019en aille aux vidanges», insiste-t-il, convenant qu\u2019entre 10 et 15 % de la matière expédiée est jetée en raison de la contamination.Le Devoir Le rôle insoupçonné des courtiers Plus de la moitié de la matière vendue pour être recyclée sort du Québec Voir aussi \u203a La vidéo Expérience zéro déchet sur nos plateformes numériques.25 % C\u2019est le taux de recyclage des matières organiques putrescibles en 2015, selon Recyc-Québec Le bac, réceptacle de notre bonne conscience, n\u2019élimine pas le problème de la production à la source L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 BAC DE RECYCLAGE B 3 A L E X A N D R E S H I E L D S Q uotidiennement, les Québécois consomment une multitude de produits vendus dans des contenants en verre, notamment des aliments achetés à l\u2019épicerie, ainsi que des milliers de litres de vin ou d\u2019autres liquides.À elle seule, la Société des alcools vend plus de 200 mil l ions de boutei l les chaque année.Or, à peine 14 % du verre récupéré dans les bacs et acheminé aux centres de tri est ven - du « aux fins de recyclage ».Pourquoi ?Essentiellement parce que le ver re déposé dans votre bac se brise dans le transpor t, contaminant ainsi les autres matières, tout en étant lui-même « pollué » par les autres compagnons du bac.Les façons de faire actuelles nuisent au recyclage du verre, dont la quantité « générée » par les ménages québécois atteignait, en 2015, pas moins de 159 000 tonnes.Pourrait-on améliorer ce bilan ?Oui, pense Recyc-Québec, citant le plan « Verre l\u2019innovation», un projet d\u2019Éco Entreprises Québec destiné à «moderniser » les centres de tri pour faciliter le traitement de cette matière.Dans le cadre d\u2019un projet-pilote de 15 mois, cinq centres testent en ce moment des équipements donnant des résultats prometteurs.La CSN et la FTQ ont aussi appelé, vendredi, à l\u2019imposition d\u2019une consigne sur les bouteilles de vin de la SAQ.Le gouvernement Couillard a promis d\u2019étudier cette solution dans la foulée de la réforme en cours du système de consigne au Québec.Bande à part Mais le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) juge qu\u2019avec son bac « pêle-mêle », le Québec fait bande à part.Un système de « cloches » séparées, dans lesquelles les citoyens déposent les matières isolément, permettrait d\u2019augmenter la qualité de la récupération, et donc du recyclage.Ce système est répandu en Europe, notamment en France.Plus encore, le directeur général du FCQGED, Karel Ménard, croit que les lois du Québec devraient responsabiliser les fabricants en imposant le recours aux matières recyclables dans la fabrication des contenants.En 2017, une bonne par t des contenants et emballages commerciaux n\u2019est toujours pas recyclable.Le Devoir Des pistes pour résoudre les ratés À peine 14 % du verre est recyclé au Québec Fondatrice de Polystyvert, Solenne Brouard Gaillot a développé un procédé pour recycler le polystyrène honni du bac vert.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I D ans ses bureaux du parc industriel d\u2019Anjou, Solenne Brouard Gaillot tient d\u2019une main un pot de verre rempli d\u2019huile essentielle et un morceau de polystyrène de l\u2019autre.« Soyez attentifs pour ne rien manquer », dit-elle avant de plonger le polystyrène dans l\u2019huile.En quelques secondes seulement, le morceau de mousse blanche a disparu, entièrement dissous.Le procédé de recyclage du polystyrène développé par Polystyvert, une compagnie fondée par Mme Brouard Gaillot en 2011, représente une solution prometteuse pour dévier cette matière des sites d\u2019enfouissement.Les plus récentes données publiées par Re- cyc-Québec datant de 2012-2013 indiquent que 80 % des quelque 22 200 tonnes de polystyrène générées chaque année au Québec par le secteur résidentiel sont jetées à la poubelle.Pourtant, contrairement à ce que plusieurs croient, le polystyrène est bel et bien recyclable.Le défi, s\u2019entendent les acteurs de l\u2019industrie, est de trouver une manière rentable de lui donner une seconde vie.Densifier la «styromousse» Polystyvert estime avoir résolu l\u2019énigme en s\u2019attaquant aux coûts de transport, le principal irritant des recycleurs.Plutôt que de transporter les morceaux de polystyrène intacts vers son usine de transformation, la jeune compagnie installe des concentrateurs remplis d\u2019huile dans les usines de ses clients.Le polystyrène qui y est déposé se dissout presque instantanément, tandis que les résidus indésirables flottent à la sur face ou coulent au fond du récipient.Ce procédé réduit le volume du polystyrène de 94 %, ce qui diminue les coûts de transport par dix.Arrivé à l\u2019usine de Polystyvert, le mélange est filtré et séparé, grâce à un procédé novateur en attente de brevet.Au terme de l\u2019opération, la compagnie récupère l\u2019huile et obtient des granules de polystyrène « de qualité vierge », lesquels sont vendus à des compagnies qui fabriquent des produits avec cette matière.« Non seulement c\u2019est une économie circulaire, mais en plus, c\u2019est la boucle la plus courte », précise la patronne de la compagnie, puisque l\u2019utilisation du polystyrène recyclé évite d\u2019extraire et de transformer de nouvelles ressources.La technologie de Polystyvert permet de recycler tous les types de polystyrène.Pour le moment, la compagnie fait surtout affaire avec le secteur industriel, mais Solenne Brouard Gaillot souhaite, à terme, s\u2019associer aux entreprises de gestion des matières résiduelles pour récupérer le polystyrène généré par les foyers québécois.Options limitées En plus des efforts déployés par Polystyvert, plusieurs projets ont vu le jour au Québec depuis 2011 pour encourager la récupération du polystyrène généré par les usines, les commerces et les citoyens.Mais six ans plus tard, force est de constater que la grande majorité des Québécois n\u2019ont pas accès à un service de récupération ou ignorent tout simplement que le polystyrène se recycle.Il faut savoir qu\u2019il existe essentiellement trois types de polystyrène : le polystyrène expansé (verres à café, emballage d\u2019équipement), le polystyrène extrudé (barquettes pour la viande et le poisson, plats pour emporter) et le polystyrène rigide.Ce dernier, qu\u2019on utilise pour fabriquer des contenants pour petits fruits, des plats à sushis ou des pots de yogourt, est fréquemment confondu avec les autres types de plastique.Au Québec, seulement 18 % des Québécois ont accès à un service de récupération du polystyrène rigide par l\u2019entremise de la collecte sélective, alors que cette proportion est de 70 % à travers le Canada.Pour les deux autres types de polystyrène, le taux augmente à 36 %, loin derrière l\u2019Ontario (55 %) et la Colombie-Britannique (100 %).Les résidants de la ville de Québec peuvent mettre le polystyrène directement dans leur bac bleu, mais les citoyens qui habitent ailleurs au Québec et qui souhaitent recycler cette matière doivent généralement aller la porter dans un écocentre, puisque plusieurs centres de tri n\u2019en veulent pas.Un rapport commandé par Recyc-Québec, publié l\u2019an dernier, concluait pourtant qu\u2019il est « tout à fait possible de valoriser le polystyrène post-consommation en l\u2019intégrant dans la collecte sélective ».Cet ajout « n\u2019augmenterait pas de façon importante le volume de matière à gérer par les centres de tri » et l\u2019industrie du recyclage pourrait profiter des avancées technologiques et des initiatives récentes, soulignait-on.Responsabilité partagée L\u2019une de ces initiatives a pris de l\u2019ampleur avec les années à Granby, au sein de l\u2019entreprise Polyform.Ce fabricant de produits en polystyrène depuis 25 ans recycle ses propres résidus et ceux de ses clients depuis 2006, mais également la matière accumulée par les citoyens.«On s\u2019est dit que ce n\u2019était pas logique qu\u2019on soit capable de recycler le polystyrène, mais qu\u2019il n\u2019y ait pas de programme of fert aux citoyens», explique Philip Beauchesne, directeur de l\u2019expérience client chez Polyform.L\u2019entreprise récupère le polystyrène issu de plusieurs écocentres de Montréal et de l\u2019Estrie, le transforme en granules et le réutilise pour fabriquer notamment du coffrage isolant pour les maisons ou des blocs d\u2019emballage.M.Beauchesne croit qu\u2019il est souhaitable, mais surtout possible que le recyclage du polystyrène devienne la norme au Québec.«Nous sommes prêts, il y a des gens qui sont prêts, mais il faut se demander si, comme collectivité, on veut faire l\u2019effort supplémentaire, dit-il.C\u2019est entre les mains de tout un chacun.» Le Devoir Le polystyrène, ce mal-aimé des centres de tri Villes et entreprises s\u2019activent pour éviter que cette matière recyclable ne finisse à la poubelle Comment recycler le polystyrène ?Chercher le numéro 6.Les plastiques numérotés 1, 2, 3, 4, 5 et 7 sont les bienvenus dans le bac de récupération.Mais presque partout au Québec, le plastique numéro 6 (le polystyrène) est refusé.Préparer ses contenants.Pour éviter la contamination des matières, il faut nettoyer le polystyrène et retirer rubans adhésifs et étiquettes.Trouver un point de collecte.S\u2019il est refusé dans votre bac bleu, vous pouvez déposer le polystyrène dans un écocentre qui l\u2019accepte ou chez une entreprise qui le recycle.Après avoir été liquéfié dans l\u2019huile, le polystyrène est extrait et concentré sous forme de granules pour être réutilisé.Près de la moitié du contenu du bac n\u2019est toujours pas recyclée.La collecte sélective résidentielle (2012-2016) 63,6% C\u2019est le taux de récupération global du secteur résidentiel, selon Recyc-Québec Les intrus du bac Certains objets n\u2019ont pas leur place dans le bac de recyclage.Voici ce que vous pouvez en faire.À la poubelle: sac de plastique no.6, sac de croustilles, carton souillé, tube de dentifrice, couche, papier ciré et cellophane, cartable, miroir, vaisselle, vitre, casserole, clou.Jouets: allez les porter dans un commerce d'occasion ou dans un écocentre Bouchons de liège: points de dépôt dans des boutiques spécialisées en vin et des restaurants Piles: Points de dépôt dans la plupart des pharmacies et quincailleries Lampes ?uorescentes ou ?ucompactes: Points de dépôt en quincailleries ou éco-cen- tres Autres indésirables: Produits électroniques, huiles, antigel, peintures liquides et produits aérosols: consulter le site de Recyc-Québec pour trouver les sites de dépôt près de chez vous 59% Papier et carton 17% Verre 10% Plastiques 3% Métal Lire aussi \u203a Plaidoyer des grandes centrales syndicales en faveur de la consigne des bouteilles de la SAQ, sur nos plateformes numériques. P R O P O S R E C U E I L L I S P A R S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Votre livre synthèse sur l\u2019histoire de Jérusalem en parle aussi comme d\u2019une ville-monde.Que veut dire cette formule?Jérusalem est la seule ville au monde dont le statut est encadré par l\u2019ONU depuis la fondation de l\u2019organisation mondiale.C\u2019est aussi une ville-symbole depuis des millénaires, la seule cité qui concentre des lieux saints des trois grandes religions monothéistes.Et l\u2019histoire de ces lieux dans la longue durée montre des tensions, parfois très fortes, mais aussi des porosités entre ces traditions religieuses.Comment réagissez-vous à l\u2019annonce du président Trump du déménagement de l\u2019ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem?Cette décision a des impacts localement, mais i l s \u2019agit d\u2019abord d\u2019un coup de force contre le droit international.Finalement, si Donald Trump a une seule conviction, c\u2019est celle qu\u2019il ne croit pas au multilatéralisme, il ne croit pas au droit international.Il ne croit qu\u2019aux relations bilatérales et aux rapports de force entre les États et les individus d\u2019ailleurs.Il ne faut pas lui prêter une rationalité qu\u2019il n\u2019a pas.Donald Trump est un ignorant, un incompétent, un pyromane qui gère les affaires inter nationales extrêmement complexes sans mesurer la conséquence de ses actes.Cette décision sur Jérusalem est d\u2019ailleurs à mettre en rapport avec d\u2019autres de ses décisions catastrophiques, comme la sor tie des accords de Paris sur le climat, la fragilisa- tion de l\u2019accord sur le nucléaire iranien ou le retrait des États-Unis de l\u2019UNESCO.Bref, il y a une logique dans la logique de Trump : elle consiste à piétiner autant que faire se peut le droit international.Comme le conflit israélo- palestien a toujours été, on va dire, sous contrôle du droit international, la décision américaine peut avoir des conséquences extrêmement lourdes.Pourtant, les réactions du monde arabe ne semblent pas si véhémentes.Le New York Times soulignait cette semaine que le Moyen-Orient a changé ces dernières années, au point de ne plus accorder autant d\u2019importance à la cause palestinienne comme à ce problème du statut de Jérusalem.Qu\u2019en pensez-vous?Je suis d\u2019accord avec cette observation.Il faut toutefois distinguer les dirigeants et les sociétés.Pour le meilleur ou pour le pire, les sociétés parfois se réveillent et se mobilisent.Évidemment, on voit bien qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019Arabie saoudite a sor ti la question palestinienne de son ordre du jour politique et diplomatique.Un axe se développe entre Trump, l\u2019Arabie Saoudite, via Israël.Par contre, pour la Jordanie, ce problème demeure assez fondamental, ne serait-ce que parce que 60 % de la population jordanienne et 80 % de celle d\u2019Amman sont palestiniennes.La Jordanie a la souveraineté sur Jérusalem-Est, mais n\u2019a pas été citée une seule fois par Donald Trump dans son discours sur le transfert de l\u2019ambassade américaine, alors qu\u2019il a cité l\u2019Arabie saoudite.Le président est absolument inconséquent, y compris sur la réalité politique du terrain.Pourquoi cette décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d\u2019Israël pose-t-elle problème concrètement?En fait, ce n\u2019est pas tellement un problème que Jérusalem soit une capitale.Le problème surgit quand une souveraineté cherche à en faire une capitale exclusive, c\u2019est-à-dire à l\u2019exclusion des autres communautés.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas la première fois dans l\u2019histoire.Pendant la première croisade, au moment de la prise de la ville par les croisés en 1099, toutes les communautés juives et musulmanes ont été passées par le fil de l\u2019épée.Comme disaient les croisés : Jérusalem a été purifiée avec leur sang.Le problème n\u2019est pas de faire de cette ville un centre de décision politique.On peut y installer autant de parlements, de ministères, de présidences et d\u2019ambassade que l\u2019on veut.À Bruxelles, il y a la capitale de la Belgique et la capitale de l\u2019Europe.Tout est possible.Le vrai problème, encore une fois, c\u2019est celui de l\u2019exclusivité.Dans cette ville particulière, aujourd\u2019hui, il y a 40 % de la population qui n\u2019est pas israélienne, qui est palestinienne, et qui n\u2019a pas vocation de recevoir la citoyenneté israélienne, qu\u2019Israël ne lui propose d\u2019ailleurs pas.On voit bien qu\u2019il est problématique de faire de sa capitale une ville dont quatre habitants sur dix ne participent pas à la vie politique.Cette proportion était d\u2019un sur quatre en 1976.Ce problème va croissant.Ma position, encore une fois, ce n\u2019est pas d\u2019énoncer des principes ou de défendre des symboles, mais de partir de la situation telle qu\u2019elle est pour les gens qui vivent ici.Vous y êtes, vous y allez souvent.Comment est l\u2019atmosphère là-bas?On peut parler d\u2019une sor te de résilience.D\u2019abord de la part des populations qui réussissent à vivre quotidiennement dans une situation de tension extrême.Je décris parfois Jérusalem comme l\u2019œil du cyclone, cet épicentre qui organise toute la violence à dix, cent ou mille kilomètres.Dans l\u2019œil, la situation sous tension reste d\u2019un calme plus que précaire.Il y a un calme ici parfois plus angoissant que s\u2019il se passait quelque chose.Jérusalem, trois fois millénaire, a-t-elle déjà connu une période de véritable paix, de sérénité?Je suis historien et je dis les faits.Au cours des siècles, les moments où les communautés juives ont été autorisées à séjourner à Jérusalem sont les moments où la ville était sous souveraineté musulmane, pendant l\u2019Empire ottoman.À l\u2019inverse, les moments où on les a exclues, voire violentées, sont des périodes sous souveraineté chrétienne.Vers la fin de l\u2019Empire ottoman, à la fin du XIXe siècle, au début du XXe, la ville a connu une sorte d\u2019âge d\u2019or.Moi, je parle d\u2019un âge des possibles alors que les cultures semblaient plus ouver tes qu\u2019aujourd\u2019hui.Vous avez vous-même fondé le projet Open Jerusalem pour faciliter les échanges entre les historiens.De quoi s\u2019agit-il exactement?C\u2019est un projet d\u2019ouverture des archives et des historiographies financé par la Communauté européenne, lancé il y a quatre ans, qui va durer encore un an.Comme son nom l\u2019indique, ce projet vise à ouvrir le plus possible les documents sur l\u2019histoire de la ville aux XIXe et XXe siècles, mais surtout à entrouvrir les sources les unes aux autres.Open Jerusalem veut faire circuler les historiens entre les différentes archives, y compris dans les différentes langues.On veut que les historiens russes accèdent à de la documentation en arabe ou que des historiens turcs accèdent à de la documentation en arménien, etc.Il y a énormément de murs et de frontières qui zèbrent l\u2019espace de Jérusalem, et pas seulement le conflit israélo-palestinien.Les historiens et les historiographies sont donc divisés comme la ville?Oui, mais pas toujours pour des raisons idéologiques.Il faut insister.Quand je dis que Jérusalem est une ville-monde, il faut aussi comprendre que le monde entier s\u2019y retrouve, et donc toutes les communautés qui parlent et écrivent toutes les langues.Ça veut dire que même quand on est un historien consciencieux et honnête et d\u2019une certaine neutralité, surtout si on est en début de carrière, on va vers la documentation la plus facile, la plus accessible, qui semble la plus légitime.Donc les historiens grecs travaillent sur la documentation grecque et les Arméniens sur les archives en arménien, les juifs ashkénazes sur les ashkénazes et les séfarades sur les séfarades, les Palestiniens sur les Palestiniens.On peut continuer comme ça à l\u2019infini.On se retrouve avec ce que j\u2019appelle des alvéoles, des histoires de Jérusalem qui ont du mal à communiquer entre elles, encore une fois, pas forcément pour des raisons idéologiques mais plutôt pour des raisons pratico-pratiques et linguistiques.Notre responsabilité à nous, du projet Open Jerusalem, c\u2019est de faire en sorte que les historiens de bonne volonté aient les moyens de sortir de leurs alvéoles.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 4 E n 1974, la chanson Sweet Home Alabama du groupe Lynyrd Skynyrd cristallisait l\u2019essence d\u2019un Sud traditionna- liste rejetant un Nord déconnecté.Or, au- jourd\u2019hui encore, l\u2019Alabama est le théâtre d\u2019un drame électoral.Dans l\u2019arène, deux hommes.L\u2019un est accusé d\u2019avoir agressé des mineures il y a trois décennies et devrait, selon la majorité des sondeurs, remporter dans quatre jours le siège sénatorial de l\u2019Alabama laissé vacant par Jef f Sessions.L\u2019autre est un héros de la lutte contemporaine pour les droits civiques et l\u2019agrégat de Real Clear Politics ne lui donne que très peu de chances de l\u2019emporter.Explications.Côté républicain, Roy Moore, personnage connu et controversé de la politique alaba- mienne, a arraché lors des primaires la nomination au favori du parti (Luther Strange).Moore est ce juge qui, en 2001, après son élection à la tête de la Cour suprême de l\u2019Alabama, avait fait installer une stèle arborant les 10 commandements et avait refusé d\u2019obéir à l\u2019injonction d\u2019une cour fédérale de la déplacer.Démis de ses fonctions en 2003, il a été réélu en 2012, et de nouveau destitué en 2016 après avoir enjoint aux juges de contrevenir à un jugement de la Cour suprême fédérale sur le mariage entre deux personnes de même sexe.Or, en Alabama, au sixième rang parmi les États les plus pauvres des États-Unis, peuplé à 69,3 % de Blancs et bastion évangélique où la pratique religieuse est parmi les plus assidues, Tr ump a remporté l\u2019élection avec 28 points d\u2019avance.Dans cet État, cœur du Dixieland et point focal de la lutte des États confédérés, les symboles sont for ts : on l\u2019appelle l\u2019État du « bru - ant jaune » parce que le plumage de cet oiseau rappelle les uniformes des soldats confédérés, tandis que son drapeau est dérivé du fanion du 60e régiment confédéré d\u2019infanterie.Mais cet État a aussi été l\u2019épicentre de la lutte pour les droits civiques, puisque c\u2019est à Birmingham que la campagne de déségrégation des commerces a commencé, tandis que les marches de Selma à Montgomery ont été immortalisées au cinéma.Dans cet État qui, avec le Mississippi, comporte le plus grand nombre d\u2019associations du KKK, on se méfie du gouver nement fédéral.Tout comme le gouverneur George Wallace avait refusé dans les années 1960 de protéger les manifestants lors des marches et de mettre en œuvre la déségrégation scolaire, Moore s\u2019oppose à Washington, à l\u2019establishment, brandit la religion en porte-étendard, encense l\u2019esclavage et sur fe sur la crise identitaire du Sud blanc.Le fait que, dans sa ville d\u2019origine, on se méfie de lui, que le centre commercial ait donné l\u2019ordre de le tenir à distance parce qu\u2019il impor tunait les jeunes filles et que neuf femmes aient signalé des agressions n\u2019a pas affecté les sondages longtemps : depuis 15 jours, il a en moyenne 2 points d\u2019avance.Face à lui, côté démocrate, un Blanc du Sud aussi, Doug Jones, mais d\u2019un tout autre calibre.C\u2019est à cet ancien procureur fédéral qu\u2019était revenue la tâche de traduire en justice, au début des années 2000, deux des membres du KKK qui avaient, le 15 septembre 1963, posé une bombe dans l\u2019église de la 16e Rue à Birmingham, tuant quatre enfants afro-américaines.Pour autant, alors que les Afro-Américains représentent 26,8 % des électeurs, Doug Jones n\u2019a semble-t- i l aucune chance.D\u2019abord parce que les organisations afro-américaines sont en perte de vitesse et ne mobilisent pas les gens.Ensuite parce que la désaffection des démocrates \u2014 amorcée dans les années 1960 avec la « trahison » du parti de l\u2019âne, qui traditionnellement ancré dans le Sud avait viré de bord pour embrasser les droits civiques \u2014 a atteint son apogée avec sa disparition au niveau de l\u2019État dans les années 1990.Enfin parce que, dans un bastion évangélique, les positions anti-avortement de Jones électrisent un électorat polarisé.De surcroît, l\u2019Alabama, dont la majorité blanche se perçoit en état de siège, abhorre l\u2019interférence « d\u2019étrangers », d\u2019agitateurs du Nord, qui mettraient à mal les valeurs traditionnelles et l\u2019identité du Sud \u2014 une paranoïa que l\u2019élection de Barack Obama n\u2019a fait qu\u2019alimenter.Ce faisant, l\u2019Alabama n\u2019est plus un État à deux partis, mais à deux factions, où s\u2019affrontent un populisme identitaire sudiste (Moore, dans la foulée de Wallace) et un conser va- tisme classique (Strange et le RNC) d\u2019où les démocrates sont absents.Mais il incarne aussi l\u2019archétype d\u2019une politique tribale, où l\u2019adhésion à un système de valeurs prévaut sur toute autre considération : mieux vaut, pour une majorité de républicains de l\u2019Alabama, voter pour un républicain chrétien comme Moore \u2014 fût-il prédateur sexuel \u2014 plutôt que pour un démocrate.Et le Parti républicain national (RNC) n\u2019a pas su éviter l\u2019écueil, revenant sur son désaveu pour finalement soutenir Moore, concluant un pacte faustien qui pourrait lui coûter cher dans un an, aux élections de mi-mandat.Sweet Home Alabama ÉLISABETH VALLET AHMAD GHARABLI AGENCE FRANCE-PRESSE Des Palestiniens musulmans ont manifesté leur colère devant le dôme du Rocher à Jérusalem pendant la prière du vendredi.Vincent Lemire est maître de conférence en histoire à l\u2019Université Paris-Est Marne-la-Val- lée.Il a codirigé l\u2019ouvrage Jérusalem, histoire d\u2019une ville-monde (Flammarion) et fondé le projet Open Jerusalem pour décloisonner les historiographies.Il a été joint à Jérusalem.Jérusalem, ville-monde Point de vue de l\u2019historien Vincent Lemire sur le déménagement de l\u2019ambassade américaine en Israël Roy Moore s\u2019oppose à Washington, à l\u2019establishment, brandit la religion en porte-étendard, encense l\u2019esclavage et surfe sur la crise identitaire du Sud blanc Donald Trump est un ignorant, un incompétent, un pyromane qui gère les affaires internationales extrêmement complexes sans mesurer la conséquence de ses actes Vincent Lemire « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 5 L a ministre de l\u2019Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, a bien mesuré le « tsunami social » déclenché par la dénonciation des agressions sexuelles commises par le producteur Harvey Weinstein, et elle a joint le geste à la parole.Son projet de loi pour contrer les violences sexuelles sur les campus s\u2019imposait.A Des surplus, des baisses d\u2019impôt : on ne peut pas accuser le ministre des Finances, Carlos Leitão, ne de pas avoir livré la marchandise, même si sa dernière mise à jour avait un fort relent électoraliste.Il a eu le bon sens de ne pas suivre Ottawa dans l\u2019aberrante exemption de taxe consentie à Netflix.A\u2013 Sébastien Proulx (Éducation) est déjà un vieux routard.Il fait un premier pas pour régler le problème lancinant des écoles illégales, mais la solution de l\u2019école à la maison demeure bancale.Les contribuables électeurs auront droit à une baisse de taxe scolaire en cette année électorale, mais plusieurs risquent de déchanter l\u2019an prochain.B Véritable pompier en chef du gouvernement, le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique, Martin Coi- teux, en a plein les bras avec les problèmes internes de l\u2019UPAC et du SPVM, mais on ne peut certainement pas lui reprocher de ne pas agir.B Luc Fortin avait agréablement surpris par sa réaction bien sentie à l\u2019entente avec Netflix.Plusieurs ont regretté de le voir quitter la Culture avant de pouvoir présenter sa nouvelle politique, mais il a bien commencé son mandat à la Famille en négociant in extremis une entente qui a évité une grève générale dans les CPE.B Être responsable de la loi 101 dans un gouvernement libéral est particulièrement ingrat.La nouvelle ministre de la Culture, Marie Montpetit, a eu une réaction rafraîchissante en qualifiant d\u2019« ir ri- tant » le recours systématique au « bonjour-hi » dans les commerces, n\u2019en déplaise au premier ministre.Son plan d\u2019aide aux médias écrits a été bien accueilli.Elle n\u2019a cependant pas réussi à dissuader Parcs Canada de transférer à Ottawa les artefacts historiques et archéologiques de la région de Québec.B Il est sans doute plus facile de gérer l\u2019abondance que l\u2019austérité, mais le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, n\u2019en a pas moins réussi là où son prédécesseur avait échoué en concluant une entente avec les ingénieurs de l\u2019État qui semblait une mission impossible.B La ministre du Travail, Dominique Vien, n\u2019attendra pas le reste du Canada pour éliminer les clauses de disparité de traitement qui discriminent les jeunes travailleurs.Mieux encore, elle entend prendre le bâton du pèlerin pour convaincre les autres provinces de l\u2019imiter.B Il était risqué de nommer aux Transports un député sans expérience ministérielle.André Fortin a démontré un bel aplomb.Le projet de réforme du Code de la sécurité routière est passablement musclé.Il n\u2019a cependant pas réussi à expliquer comment le projet de monorail Montréal-Québec, dont M.Couillard s\u2019est entiché, pouvait se concilier avec celui d\u2019un train à grande fréquence (TGF) mis en avant par VIA Rail.B ?L\u2019ancienne présidente de la CAQ Dominique Anglade (Développement économique) est maintenant vice-première ministre.Avec un taux de chômage à un plancher record, il est dif ficile de nier que l\u2019économie québécoise se por te bien.La prise de contrôle de la CSeries par Airbus n\u2019en constitue pas moins un échec et une blessure à l\u2019ego national.B\u2013 En mission commandée, le nouveau ministre de l\u2019Immigration, David Heurtel, a dû réparer les pots cassés par sa prédecesseure Kathleen Weil en transformant la Consultation sur la discrimination systémique et le racisme en un simple forum sur l\u2019emploi qui a complètement occulté l\u2019enjeu de départ.B\u2013 La nomination d\u2019un environnementaliste à la présidence du BAPE a envoyé un signal positif, et M.Couillard souhaitait manifestement un changement de ton à l\u2019Environnement en y nommant Isabelle Melançon.Elle promet d\u2019être « à l\u2019écoute », mais elle l \u2019a fait bien discrètement jusqu\u2019à présent.C Pierre Moreau a été anormalement effacé depuis son arrivée aux Ressources naturelles et à l\u2019Énergie.On attend avec impatience la réglementation sur les hydrocarbures près des zones habitées, mais il en a inquiété plusieurs en se montrant favorable à la fractu- ration dans le cas du gisement Bourque.Son « couac » dans l\u2019affaire Guy Ouellette a causé un certain froid dans la députation libérale.C Qu\u2019il s\u2019agisse du cannabis, du chantier Davie ou encore de l\u2019expulsion de la famille sri- lankaise que tout le monde souhaitait voir rester au Québec, l\u2019écoute d\u2019Ottawa ne s\u2019est pas améliorée, malgré le grand désir d\u2019harmonie qu\u2019a pu manifester le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, en ce 150e anniversaire de la Confédération.C Laurent Lessard est nettement plus à l\u2019aise à l\u2019Agriculture qu\u2019aux Transpor ts, où il s\u2019était surtout signalé par sa passivité lors du cafouillage de l\u2019autoroute 13.On lui sait gré de vouloir assurer notre autosuf fisance en fraises, en poivrons et en laitue, mais cela ne devrait pas lui faire perdre de vue le lucratif marché du cannabis.C ?Après le gâchis de la Consultation sur la discrimination systémique et le racisme, Kathleen Weil s\u2019est vu confier le nouveau ministère des Relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise, dont M.Couillard plaidait l\u2019inutilité jusqu\u2019à ce que son appui au PLQ commence à vaciller.Malgré la motion adoptée à l\u2019Assemblée nationale, elle a dû prendre la défense du «bonjour-hi».C\u2013 La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a réussi non sans peine à clore la saga du projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l\u2019État.Aussitôt adopté, aussitôt suspendu par la Cour supérieure, en attendant que les tribunaux statuent sur la constitutionnalité du principe de la réception des services publics « à visage découvert».C\u2013 François Blais (Emploi et Solidarité) a subi toute une rebuf fade quand le comité qu\u2019il avait lui-même mis sur pied a torpillé le projet d\u2019instaurer un revenu minimum garanti, dont il s\u2019était fait le promoteur à l\u2019époque où il enseignait à Laval.Il a trouvé son rappor t « confus », mais tout le monde en a très bien compris le sens.D M.Couillard fait de gros efforts d\u2019imagination pour bricoler des ministères dont la seule justif ication semble être de permettre à la vice- première ministre déchue, Lise Thériault (Protection du consommateur et Habitation), de conserver une place au cabinet.D On n\u2019avait encore jamais vu un ministre utiliser sa fonction pour régler ses comptes personnels avec aussi peu de gêne que l\u2019a fait Gaétan Barrette, mais M.Couillard semble n\u2019avoir aucune objection.Il avait promis de «détruire un à un » les collègues avec lesquels il avait eu des différends dans sa vie antérieure, et il a tenu parole.Le milieu de la santé est unanime à décrier sa brutalité et le «chaos» dans lequel il a plongé le réseau.E Bulletin ministériel MICHEL DAVID M A R C O B É L A I R - C I R I N O M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondants parlementaires à Québec U ne « joke », « n\u2019importe quoi », « du siècle dernier » : Philippe Couillard ne retient plus ses coups à l\u2019endroit de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui est vue comme «la» solution de rechange au Parti libéral du Québec (PLQ) par de plus en plus de Québécois.« La CAQ, c\u2019est n\u2019importe quoi! C\u2019est presque caricatural.On lance une chose, puis on l\u2019oublie», a lancé le premier ministre avant l\u2019ajournement des travaux parlementaires vendredi.Con - trairement à la CAQ, le PLQ est guidé par des « valeurs profondes», et non pas par les «sondages» et les «premières pages» des journaux, s\u2019est félicité le chef du gouvernement.Ces «premières pages», faut- il le rappeler, ont donné des munitions à l\u2019opposition au cours de l\u2019automne: le PLQ a fait les manchettes à répétition, tantôt par la mise au jour de nouvelles informations sur l\u2019enquête Mâchurer visant son ancien chef Jean Cha- rest, tantôt par l\u2019arrestation du député Guy Ouellette, soupçonné de divulguer des informations confidentielles à la presse.La claque de Louis-Hébert L\u2019équipe de M.Couillard avait amorcé la session en encaissant une solide «claque» de la part des électeurs de Louis-Hébert.M.Couillard se disait toujours «peiné» vendredi qu\u2019ils aient donné les clés de ce fief libéral à la CAQ.«Dans la vie, quand quelque chose commence mal, c\u2019est rare que ça finisse bien», a-t-il professé.Après le départ du candidat Éric Tétrault pour une affaire de harcèlement, les libéraux se sont rabattus sur une candidate de huitième choix dans la circonscription de Québec.La gifle a été monumentale : plus de 16 000 électeurs ont délaissé le PLQ au profit de la CAQ.Sonnée, l\u2019équipe de M.Couil- lard s\u2019est mise à la tâche de piller le programme politique de la CAQ.Baisse d\u2019impôts, « chè - que» de 100$ aux parents, examen d\u2019un troisième lien routier entre Québec et Lévis, uniformisation régionale de la taxe scolaire, ajout d\u2019un deuxième bain pour les résidents des CHSLD, création d\u2019un comité de surveillance de l\u2019UPAC, abolition des clauses de disparité salariale : voilà autant de thèmes et de propositions caquistes qui ont été repris \u2014 en tout ou en partie \u2014 par les libéraux au cours des quatre derniers mois.«Et la beauté de l\u2019affaire, c\u2019est que tout ça, ce n\u2019est même pas 10% de notre programme», s\u2019est félicité le chef caquiste, François Legault, à moins de dix mois des élections générales.Le Parti québécois (PQ) a, lui, choisi de ne pas participer à la surenchère de mesures pour alléger le fardeau fiscal des Québécois entreprise par le PLQ et la CAQ.En marge, Jean-François Lisée a plutôt mis en garde les électeurs contre les promesses d\u2019abaisser les impôts tout en améliorant les programmes de l\u2019État.« Ceux qui vous disent ça sont des charlatans ! » s\u2019est exclamé le chef péquiste.«Par chez nous, il y a une expression : quatre trente sous pour une piastre», a aussi dit la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé.«La vision qui est mise en avant par la CAQ est la même vision que le gouvernement libéral», a-t- elle déploré.Le vent tourne La CAQ a néanmoins bondi de huit points dans les sondages d\u2019opinion du mois d\u2019août au mois de décembre.Elle recueille désormais 36 % des intentions de vote; suffisamment pour aspirer à former un gouvernement majoritaire.M.Legault s\u2019est targué vendredi d\u2019être à la tête de «l\u2019équipe du changement», vantant même l\u2019absence de membres dans son caucus qui ont été titulaires de ministère dans le passé.«Moi, je n\u2019ai jamais été premier ministre du Québec.[\u2026] Il n\u2019y a personne ici qui a été ministre dans un gouvernement.Donc, effectivement, on est l\u2019équipe du changement», s\u2019est-il enorgueilli.Le chef libéral a candidement annoncé à la presse qu\u2019il «n\u2019a pas l\u2019intention de reprocher à [ses] adversaires leur manque d\u2019expérience» \u2014 l\u2019inexpérience étant vue de nos jours davantage comme une qualité qu\u2019un défaut, a-t-il reconnu implicitement.Derrière un lutrin habillé du slogan «Économie forte, prospérité retrouvée», M.Couillard a rappelé que, sous sa gouverne, le taux de chômage est passé sous le seuil de 6% pendant que la cote de crédit du Québec a crû.Il ne s\u2019accrochera toutefois pas à son « bilan exemplaire » d\u2019ici au scrutin d\u2019octobre.Le PLQ présentera un «projet» visant à accroître la «qualité de vie» sans renoncer à la «bonne gestion des finances publiques et de l\u2019économie», a-t-il promis.Le projet du PQ sera tout autre: «Le projet de société, c\u2019est une nation qui arrête de s\u2019excuser d\u2019exister», a déclaré M.Li- sée.Son parti s\u2019est présenté à l\u2019automne comme un choix «vert», pour ensuite avancer \u2014 puis reculer \u2014 sur la promesse de déposer un projet de loi musclé sur la laïcité.Il a finalement retrouvé sa place dans le débat public par le biais d\u2019une motion invitant tous les commerçants à accueillir leurs clients avec un «bonjour».«Cette semaine, on avait plus que notre juste part de chroniques.J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on est très, très présents», a lancé le chef du PQ, le sourire aux lèvres.Le test de la crédibilité Questionnés sur l\u2019avance de la CAQ, tant le premier ministre que le chef de l\u2019opposition officielle ont suggéré aux Québécois de passer au crible les propositions caquistes.« Sur Netflix, [ils] ont changé de position trois fois dans la même journée », a relevé M.Lisée.En immigration, le chef ca- quiste a en revanche fait son nid, loin de celui du PQ.« Le critère le plus important [pour la sélection des immigrants], ça va être les qualifications», a confirmé François Legault.Et quel poids aura le critère de la connaissance du français ?« Bien, il va avoir un cer tain poids», a-t-il tenté.« Le voir reculer sur le français de cette façon-là, les bras m\u2019en sont tombés, a réagi M.Couillard.Il a dû penser que ce jour-là, c\u2019était bon pour faire des points.» François Legault a laissé d\u2019autres questions en suspens.Il a réitéré l\u2019appui de la CAQ au projet de troisième lien reliant Québec et Lévis, mais il a admis ne pas « être équipé » pour lui accoler « un chif fre précis ».Le nombre de circonscriptions qu\u2019il convoite ?« Bien, écoutez, le maximum possible », a-t-il répondu.Le chef libéral a aussi déploré les « pointes d\u2019ar ro- gance » du chef de la CAQ, qui imagine déjà, selon lui, la redé- coration de l\u2019appartement officiel du premier ministre dans l\u2019édifice Price, dans le Vieux- Québec.« Je trouve que M.Le- gault a l\u2019air de tenir les électeurs pas mal pour acquis ces temps-ci », a-t-il déploré.QS a appelé ces mêmes électeurs à faire une croix sur le « conservatisme politique » en se présentant comme le par ti du « pragmatisme qui bouscule les vieux par tis ».« On ne peut pas changer le Par ti libéral pour son petit frère caquiste », a plaidé Gabriel Nadeau-Dubois.Le Devoir Philippe Couillard s\u2019en prend à la CAQ en fin de session parlementaire Dans l\u2019ombre, le PQ et QS font le pari que la CAQ échouera au test de la crédibilité JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard, Jean-François Lisée et François Legault ont échangé des souhaits pour les Fêtes, vendredi matin.Les intentions de vote Début de session Fin de session CAQ 28 % 36 % PLQ 32 % 32 % PQ 22 % 19 % QS 12 % 11 % Source: sondages Léger Une session truffée de rebondissements 6 septembre Le candidat libéral Éric Tétrault et son opposant caquiste Normand Sauva- geau se retirent de l\u2019élection partielle de Louis-Hébert pour des gestes inappropriés commis par le passé.9 septembre Jean-François Lisée obtient un vote de confiance de 92,8% des membres du PQ.20 septembre Québec refuse de condamner la répression espagnole à quelques jours du référendum sur l\u2019indépendance de la Catalogne 20 septembre Gaétan Barrette annonce qu\u2019un deuxième bain sera offert aux résidents des CHSLD 28 septembre Entente avec Netflix, dont les revenus ne seront pas taxés par Ottawa.Québec annonce que la taxe de vente sera tout de même perçue.2 octobre Élection de la ca- quiste Geneviève Guilbault dans Louis-Hébert avec 51% des voix 6 octobre Entente entre Québec et les médecins omnipraticiens, dont la rémunération sera haussée de 14,7% d\u2019ici 2023 11 octobre Remaniement ministériel d\u2019envergure: Rita de Santis est la seule ministre exclue 16 octobre Airbus acquiert 50,01% du programme d\u2019avion CSeries de Bombardier, dans lequel Québec avait investi 1,3 milliard de dollars 18 octobre La consultation sur le racisme et la discrimination systémique est avortée au profit du forum sur les problèmes d\u2019emploi des immigrants 25 octobre Arrestation du député libéral Guy Ouel- lette par l\u2019UPAC 1er novembre Le ministre Pierre Moreau s\u2019abstient lors du vote sur la motion soulignant le caractère «historique» du discours du président de l\u2019Assemblée nationale demandant à l\u2019UPAC «d\u2019accuser ou de s\u2019excuser» 16 novembre Présentation du projet de loi encadrant la légalisation du cannabis 21 novembre Carlos Leitão annonce une baisse d\u2019impôt rétroactive de 1,1 milliard de dollars; Guy Ouellette réintègre le caucus libéral 30 novembre Adoption d\u2019une motion unanime invitant les commerçants à accueillir leurs clients avec un «bonjour» 30 novembre Démission de Marcel Forget, le numéro deux de l\u2019UPAC 1er décembre L\u2019article de la loi sur la neutralité religieuse portant sur la prestation et la réception de services publics «à visage découvert» est invalidé par un juge ; le commissaire à l\u2019éthique blâme l\u2019ancien élu caquiste Claude Surprenant pour le financement d\u2019activités partisanes par des fonds publics 2 décembre Les délégués de Québec solidaire donnent leur accord à la fusion avec Option nationale 4 décembre Lancement d\u2019une étude d\u2019opportunité pour un troisième lien entre Québec et Lévis 6 décembre Québec suspend le directeur du SPVM, Philippe Pichet, dans la foulée d\u2019un rapport faisant état d\u2019un climat de tension au sein du corps de police ; le directeur de la SQ, Martin Prud\u2019homme, assure l\u2019intérim Dave Noël On n\u2019avait encore jamais vu un ministre utiliser sa fonction pour régler ses comptes personnels avec aussi peu de gêne que l\u2019a fait Gaétan Barrette C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris Y a-t-il une opposition dans la salle ?La question se pose cruellement en France depuis l\u2019élection-surprise d\u2019Emmanuel Macron.Non content d\u2019avoir pratiquement anéanti son ancienne famille socialiste, le nouveau président a laissé sur le champ de batail le une droite en déroute.En s\u2019appropriant le programme économique de la droite modérée, en désignant comme premier ministre un disciple d\u2019Alain Juppé, Édouard Philippe, le président semble occuper tout l\u2019espace.L\u2019éditorialiste Laurent Jof frin y voit même « le spectre redoutable d\u2019une démocratie sans alternance ».Le rôle de l\u2019opposition revenait pour tant de droit à Marine Le Pen, qui avait affronté Emmanuel Macron au second tour.Mais sa piètre campagne et le désastre du débat d\u2019entre deux tours ont créé des divisions telles dans son camp que le Front national peine à se remettre en selle.Le président de la France insoumise, le candidat de la gauche radicale Jean- Luc Mélenchon, a bien tenté d\u2019occuper cet espace.Mais ses tentatives de mobilisation contre la réforme des lois du travail sont demeurées vaines.Les millions de manifestants attendus dans les rues n\u2019ont pas montré le bout de leur nez.Reste donc Les Républi - cains, qui éliront ce di - manche 10 décembre leur nouveau leader.Le président de la région Auvergne-Rhône- Alpes Laurent Wauquiez jouit d\u2019une telle avance qu\u2019un second tour pour rait ne pas être nécessaire.Seuls deux trentenaires peu connus ont osé se présenter contre lui.Il s\u2019agit des anciens por te-pa- role d\u2019Alain Juppé, le jeune Maël de Calan, et de François Fillon, Florence Portelli.Si le premier semble avoir déjà concédé la victoire, la seconde s\u2019est montrée plus offensive même si elle se situe politiquement plus près de cette « vraie droite » que revendique Laurent Wauquiez.Une lente reconstruction C\u2019est en ef fet un tout nouveau parti qui risque de sortir de cette élection.Par tisan d\u2019une droite « décomplexée », Laurent Wauquiez a en ef fet choisi d\u2019occuper le peu d\u2019espace politique laissé libre par Emmanuel Macron, quitte à empiéter sur le ter rain du Front national.Ainsi a-t-il choisi de critiquer le président en l\u2019accusant d\u2019être le représentant des riches, des élites parisiennes et des gagnants de la mondialisation.Sa réplique au tribunal administratif de Lyon, qui avait annulé sa décision d\u2019installer une crèche dans l \u2019Hôtel de la région, donne une idée du personnage.Il a répondu en organisant une grande exposition sur « l\u2019ar t des santonniers ».Résultat : en cette période de Noël, l \u2019Hôtel de la région abrite cinq crèches ! Le futur chef des Républicains aurait donc entendu le message d\u2019adieu livré le 20 novembre dernier par François Fillon : « On m\u2019a reproché d\u2019être radical dans mes propositions.Je vous invite à le rester.» Mais le normalien le sait, il lui faudra plus que quelques coups de gueule pour reconquérir l\u2019espace politique per - du.Lundi, personne ne s\u2019attend à ce que le nouveau patron des Républicains parte en guerre à la Mélenchon.C\u2019est une lente reconstruction de la droite qui l\u2019attend.Une reconstruction d\u2019autant plus ardue qu\u2019aucune échéance électorale ne se profile avant les élections européennes de 2019 et que Macron a retrouvé un socle de popularité de 50 %.Une popularité qui ne se dément pas même chez les sympathisants des Républicains.Reste à savoir combien d\u2019adhérents iront voter dimanche.Des 235 000 membres revendiqués, 80 000 n\u2019ont pas renouvelé leur car te.Et seulement 60 000 pourraient se déplacer.On est très loin des quatre millions d\u2019électeurs de la primaire qui avait élu François Fillon ! Même si son secrétaire général Bernard Accoyer qualifie Les Républicains de « m o r t s - v i v a n t s » , tout ne serait pas perdu, selon l\u2019essayiste Olivier Gracia.Contrairement aux socialistes, « la droite républicaine, elle, n\u2019est pas complètement morte », écrit-il sur le site Atlantico.Cette droite « peut désormais compter sur l\u2019implosion de l\u2019extrême droite en mal d\u2019incarnation » et « une certaine bourgeoisie de droite qui ne se reconnaît pas dans la personnalité ambiguë du président ».Le retour du RPR Plusieurs obser vateurs soulignent que la défaite cinglante de la droite aura au moins eu le mérite d\u2019obliger Les Républicains à se repositionner en fonction des nouveaux clivages qui dépassent dorénavant l \u2019opposit ion droite -gauche.Loin de l \u2019UMP fondée par Alain Juppé, « c\u2019est plutôt le RPR du début des années 1980 qui est en train de se reconstituer, une formation conservatrice, qui mettra en avant le libéralisme économique et la défense de l\u2019identité de la France, sa culture, ses traditions, le refus du communau- tarisme, la sécurité et la maî- tr ise des frontières », explique sur son blogue l\u2019ancien conseil ler de Nicolas Sarkozy Maxime Tandonnet.Force est de constater que, si les réformes économiques en cours rallient une majorité de Français, il n\u2019en va pas nécessairement de même des grandes questions comme la laïcité, l\u2019islamisme, la sécurité et l\u2019immigration.Des questions qui préoccupent largement les milieux populaires, qui demeurent, précise le po- litologue Zaki Laïdi, « la principale ligne de faiblesse » du président.Or, sur la plupart de ces sujets clivants, Emmanuel Macron reste pour l\u2019instant silencieux.Ainsi, à l\u2019occasion de la Journée de la laïcité, le président vient-il d\u2019annuler un important discours.À la place, il doit intervenir lors d\u2019un rassemblement sur les Champs- Élysées en l \u2019honneur de Johnny Hallyday.Parions que le décès du roi des rockers français sur venu cette semaine n\u2019est pas seul en cause.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 6 AVIS DE DÉCÈS DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER EASTMAN GR.4 1/2 - RDC d'un chalet Suisse en montagne.Vue sur Mt Orford, près centres ski, tout équipé, n-fum.Rénové.Location au mois.LIBRE.579-437-8446 MILE-END - PETIT 5 1/2 Entièrement repeint et remis à neuf, 5 électros inclus.Grande terrasse.Cherche pers.tranquille.LIBRE.1 375 $.438-501-8523 ROSEMONT - 4 1/2 Près cinéma Beaubien.Frais peint, n-fum., 1 ch.fermée, entrées, rangement.Tranquille.LIBRE.825 $ 450-668-0733 À PARIS Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES OUTREMONT 445 boul.St-Joseph Ouest, près Laurier Immeuble béton, 2 ascenseurs Cuisine et salle de bains renovées, chauffé, eau chaude et électroménagers inclus.Nouvelles fenêtres.Garage intérieur : 125 $/mois SURINTENDANT 514-276-5949 4½ (Petit) 1 350 $/mois 4½ (Grand) 1 650 $/mois \u2022 Avis de décès \u2022 Faire-part \u2022 Remerciements \u2022 Condoléances \u2022 Anniversaires \u2022 Hommage \u2022 In memoriam l e i r o m é M e L 1855, rue Du Havre, bureau 107 Montréal, Qc, H2K 2X4 Télé: 514 525-1149 Téléc.: 514 525-7999 necrologie@lememoriel.com Communiquez avec Le Mémoriel pour publier : 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS Joli condo 1 004 PC au RDC.2 CAC, grand balcon avec accès cour, foyer au gaz, A/C, système d\u2019alarme, plusieurs améliorations, remise, 2 stats.Copropriété bien gérée et saine.Plusieurs EXTRAS.184 000 $ - CENTRIS # 9210019 Marie-Claire Provost 450-585-0999 courtier immobilier, groupe sutton synergie inc.REPENTIGNY - VALMONT SUR PARC 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 165 PROPRIÉTÉS À LOUER CHARLEVOIX : LE FLEUVE DANS VOTRE ASSIETTE À LOUER AU MOIS Maison sur la falaise de Pointe-au-Pic (La Malbaie).Tranquille.Entièrement meublé, 3 chambres, tout compris, câble, Wi-Fi.Vue panoramique sur le fleuve et les montagnes.Près de tous les services et attractions.Immense terrain.Non-fumeur.Pas d?animaux.Janvier à mai 2018 : 2 500 $ / mois 438-491-2301 PRECOURT.GAGNE@GMAIL.COM VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE BAIGNOIRES EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE 598 SERVICES DIVERS 598 SERVICES DIVERS L E S P E T I T E S A N N O N C E S Le dur défi de l\u2019opposition française Principal aspirant à la chefferie des Républicains, Laurent Wauquiez devra mener une lente reconstruction devant la popularité du président Macron GUILLAUME SOUVANT AGENCE FRANCE-PRESSE Laurent Wauquiez a choisi d\u2019occuper le peu d\u2019espace politique laissé libre par Emmanuel Macron, quitte à empiéter sur le terrain du Front national.Laurent Wauquiez jouit d\u2019une telle avance qu\u2019un second tour pourrait ne pas être nécessaire L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 7 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l'inventaire en regard de la succession Gilles MARTEL, né le 1er février 1939, en son vivant domicilié au 3065, boulevard Notre-Dame, unité 205, Laval, Québec, H7V 0A6 et décédé le 20 amai 2016 à Montréal.Cet inventaire peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l'étude Beauchamp et Gilbert, Notaires, au 507 Place d'Armes, bureau 1300, Montréal, Québec, H2Y 2W8.Fait à Montréal le 9 décembre 2017 Beauchamp et Gilbert, Notaires Adoption d\u2019un règlement visant l\u2019imposition d\u2019une taxe sur les services Prenez avis que, conformément aux dispositions de l\u2019article 146 de la Charte de la Ville de Montréal, métropole du Québec, un règlement visant l\u2019imposition d\u2019une taxe relative aux services dispensés par l\u2019arrondissement Saint-Laurent, pour l\u2019exercice financier 2018, sera adopté au cours de la séance extraordinaire du Conseil de l\u2019arrondissement de Saint-Laurent tenue à la salle du Conseil d\u2019arrondissement de la mairie d\u2019arrondissement, 777, boulevard Marcel-Laurin, Saint-Laurent, le 18 décembre 2017, à 9h.Montréal, Le 9 décembre 2017 Isabelle Bastien, avocate Secrétaire du Conseil d\u2019arrondissement Avis public Adoption du budget 2018 et du programme triennal d\u2019immobilisations PRENEZ AVIS QUE conformément aux articles 473, 474 et 474.2 de la Loi sur les cités et villes, le conseil municipal adoptera le budget pour l\u2019exercice financier 2018 ainsi que le programme triennal d\u2019immobilisations pour les années 2018, 2019 et 2020, lors de la séance extraordinaire qui se tiendra le lundi 18 décembre 2017 à 19 h, au Centre civique Bernard-Gagnon situé au 6, rue Bella-Vista à Saint-Basile-le-Grand.Les délibérations du conseil et la période de questions porteront exclusivement sur le budget et le programme triennal d\u2019immobilisations.Saint-Basile-le-Grand, le 9 décembre 2017.Marie-Christine Lefebvre, avocate Greffière VILLE DE SAINT-BASILE-LE-GRAND AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Marcel DUBOIS, en son vivant domicilié au 22, rue Raymond-Lapalice, Blain- ville, Québec, J7B 1J9, est décédé à Saint-Eustache le 23 juillet 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés chez la liquidatrice, Marie-Lou DUBOIS au 624, Montmartre, Mascouche, Québec, J7K 0J2.C H R I S T O P H E H U S S L e triomphe de la tournée européenne de l\u2019Orchestre Métropolitain et de son chef, Yannick Nézet-Séguin, ne saurait rester sans lendemains : « Le Métropolitain a le devoir de tour ner », croit le chef, joint jeudi à Philadelphie, une fois la poussière retombée.Le hic, c\u2019est qu\u2019il y a un hiatus entre la modeste place qu\u2019occupe cet orchestre dans l\u2019écosystème classique de son pays et son inéluctable destinée d\u2019ambassadeur international des plus nobles valeurs de notre société.Le triomphe de la tournée européenne du Métropolitain n\u2019est pas un feu de paille.En Allemagne, Die Welt, une institution de la presse là-bas, est allé jusqu\u2019à parler du concert de Hambourg comme d\u2019« un nouveau mètre étalon de l\u2019excellence, difficile à surpasser».Après le scandale James Levine \u2014 le chef du Metropolitan Opera de New York (MET) a été suspendu pour avoir présu- mément agressé trois adolescents \u2014, Yannick Nézet-Sé- guin va apparaître, plus que jamais, comme le sauveur de ce même MET dont il prendra la tête en 2020 avec, en prime, une résonance planétaire dans les salles de cinéma.Dans la foulée, la présence raréfiée du chef en Europe à partir de ce moment-là, jumelée à une curiosité accr ue du public en Asie, va entraîner le Métropolitain, l\u2019orchestre où Yannick s\u2019est forgé, dans sa conquête du monde.Trois secteurs, trois messagers En une semaine, le Canada, le Québec et Montréal se sont trouvé de nouveaux ambassadeurs culturels.Mieux que cela : ces ambassadeurs-là sont d\u2019ores et déjà, pour reprendre l\u2019image de Die Welt, des mètres étalons, car ils véhiculent non seulement des valeurs de savoir-faire, d\u2019excellence et de créativité, mais aussi de puissantes dimensions intangibles : la solidarité, la générosité, le partage et le don de soi.Le monde en est demandeur, dès la saison 2019-2020.Le temps du marché n\u2019est pas celui des atermoiements politiques.«Ni vous ni moi ne pensions avoir cette discussion à ce ni- veau-là aujourd\u2019hui », confie Yannick Nézet-Séguin, qui estime que non seulement le Métropolitain a le devoir de tourner, mais qu\u2019il ne saurait être assujetti à des limites pour le faire, qu\u2019elles soient financières, logistiques ou même politiques.«Je peux vous révéler que la direction du MET et moi pensons refaire tourner l\u2019Orchestre du MET avec des projets concrets de programmes vocaux.Dans mon monde idéal, il y aurait donc trois territoires : l\u2019Amérique, l\u2019Europe et l\u2019Asie avec une rotation de mes trois ensembles [MET, Philadelphie, Métropolitain] sur ces trois secteurs.Je suis à l\u2019aise avec ça.» La dure réalité du quotidien La réalité est loin de ces belles perspectives.Pour le Conseil des ar ts du Canada (CAC), sur les 16 orchestres canadiens ayant des budgets importants, l\u2019OM se situe au 9e rang des budgets d\u2019exploitation et au 16e rang en matière de montant octroyé par rapport au nombre de concerts donnés annuellement.« On parle de 80 000 dollars par an, détaille Yannick Nézet-Séguin.Au début, on prétextait la qualité artistique, puis le manque de compositeurs canadiens\u2026 toujours des excuses jusqu\u2019à ce que l\u2019on apprenne qu\u2019il y avait une sor te de loi non écrite qu\u2019un seul orchestre par ville devait être subventionné.» La direction du Métropolitain estime entre 800 000$ et 1 million de dollars son man que à gagner, « exactement ce que le Conseil des arts devrait nous donner s\u2019il était équitable », calcule le chef.Une telle dotation permettrait d\u2019affecter l\u2019argent du mécénat aux projets spéciaux, les tournées par exemple.Pour rassurer les subvention- neurs, Yannick Nézet-Séguin serait-il prêt à faire corps avec l\u2019institution en devenant chef à vie, comme Karajan, jadis, à Berlin ?« J\u2019avais envisagé de changer de titre après 2021 et laisser ma place à un autre chef principal.Là, il n\u2019en est plus question : je veux rester capitaine.Sans dire \u201cà vie\u201d, je vais oser m\u2019avancer ici même, dans Le Devoir, en disant que j\u2019ai envie qu\u2019on discute d\u2019un contrat evergreen ; c\u2019est-à-dire renouvelé automatiquement à moins que quelqu\u2019un veuille arrêter.» Le chef estime l\u2019OM «mieux traité » par le Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ), mais se plaint d\u2019une « iniquité » par rapport à l\u2019Orchestre symphonique de Québec (OSQ) et l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) parce que les ver tus de saine gestion n\u2019y sont pas reconnues.« Nous n\u2019avons pas un exercice dans le rouge, pas de déficit accumulé, nous faisons nos devoirs sociaux et rien ne bouge.Quand vous vous faites dire : \u201cC\u2019est très important de faire ci et ça\u201d, que vous le faites et que ceux qui ne font pas ces devoirs-là gardent leur niveau de soutien alors que vous n\u2019augmentez pas, cela devient frustrant.» Yannick Nézet-Séguin ne demande pas le même argent, mais un traitement équitable afin de pouvoir payer ses musiciens 220 dollars par concert au lieu de 143 dollars et augmenter de 32 à 42 le nombre de ses cordes.Les touristes de la Place des Arts Le cas de Montréal est encore plus rocambolesque.« J\u2019arrive à la Maison symphonique, je ne peux pas rentrer, on reste bloqué dans les ascenseurs parce qu\u2019on n\u2019a même pas de car tes magnétiques d\u2019accès ! » Les visiteurs répètent dans la salle D au niveau -3 de la Place des Arts et ne voient la Maison symphonique qu\u2019une seule fois avant le concert.« Pour changer le réglage de la salle, cela nous coûte des milliers de dollars parce que nous n\u2019avons pas le statut de 2e résident et qu\u2019on par t toujours du réglage de l\u2019OSM.C\u2019est comme si nous étions des touristes.» Selon Yannick Nézet-Sé- guin, de ce point de vue, les choses peuvent changer vite : «Le gouvernement du Québec et le ministère de la Culture peuvent nous accorder le statut de compagnie résidente de la Place des Ar ts.Cela nous permettrait d\u2019être plus impliqués dans la planification.» Le chef rêve d\u2019un « statut spécial avec la Maison symphonique pour négocier la possibilité de s\u2019entendre avec l\u2019OSM sur quatre blocs dans l\u2019année où nous aurions aussi accès aux salles de répétition.Cela réglerait le problème de la salle D».Cela serait fort mérité pour un orchestre qui offre désormais une vitrine internationale à la fine fleur des musiciens issus de nos institutions d\u2019enseignement.L\u2019Europe a ainsi vu briller, en tant que chefs de pupitre des cors et des trompettes, Louis-Philippe Marso- lais et Stéphane Beaulac, tous deux récemment jugés indignes d\u2019occuper des postes subalternes à l\u2019OSM.« Mes musiciens sont très heureux musicalement à l\u2019OM, mais ils ont une famille à nourrir et, s\u2019ils gagnent 20 000 $ dollars à l\u2019OM contre 80 000 $ à côté, je peux effectivement les perdre à tout moment.» Tout cela serait d\u2019autant plus dommage que l\u2019OM leur offre un milieu de travail en français, contrairement à l\u2019OSM, qui travaille principalement en anglais, comme on l\u2019a vu dans le documentaire intitulé La mission de Kent Nagano.«La question du français est intéressante parce que pour nous cela a toujours été impor tant de parler haut et fort du recrutement national », souligne Yan- nick Nézet-Séguin.« La différence est énorme.Je ne veux pas être nationaliste ou chauvin : il s\u2019agit simplement d\u2019adéquation entre notre f ier té à propos des conservatoires et l\u2019excellence de la formation musicale et le fait que le grand orchestre du Québec, quand il fait des auditions nationales, plus personne n\u2019y va tant tout le monde sait très bien désormais qu\u2019ils ne vont prendre personne pour aller recruter à l\u2019international.» «Je ne veux pas avancer une statistique saugrenue, poursuit le chef, mais l\u2019OSM a probablement 50 % de l\u2019orchestre qui n\u2019est pas du Québec avec un bon 30 % d\u2019Américains.Je n\u2019ai rien contre cela, c\u2019est la règle internationale.» À Rotterdam, lui-même compte beaucoup de Russes, de Français et de Belges.« Mais si on en arrive à la francophonie, votre question touche au fait de mettre les ressources nationales [ou d\u2019une province] au profit d\u2019un ambassadeur qui représente toutes les valeurs dont on s\u2019enorgueillit dans cette province.Sans avoir besoin d\u2019aucune béquille, d\u2019aucune aide, nous sommes arrivés à prouver qu\u2019on pouvait être non seulement d\u2019un niveau international, mais aussi véhiculer des dimensions uniques québécoises.» Le Devoir Réinventer un modèle pour l\u2019Orchestre Métropolitain Le succès de la tournée européenne ouvre des perspectives jusqu\u2019alors non envisagées PEDRO RUIZ LE DEVOIR Yannick Nézet-Séguin af firme que son orchestre et lui sont comme des « touristes» à la Maison symphonique de Montréal : « Je ne peux pas rentrer, on reste bloqué dans les ascenseurs parce qu\u2019on n\u2019a même pas de cartes magnétiques d\u2019accès ! » Je vais oser m\u2019avancer [.] en disant que j\u2019ai envie qu\u2019on discute d\u2019un contrat evergreen ; c\u2019est-à- dire renouvelé automatiquement à moins que quelqu\u2019un veuille arrêter Yannick Nézet-Séguin, au sujet de son contrat avec l\u2019Orchestre Métropolitain « » Le gouvernement Couillard a tenu, mardi de cette semaine, son Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination.L\u2019exercice s\u2019est soldé par l\u2019énoncé de mesures, décidées d\u2019avance, visant à favoriser l\u2019embauche d\u2019immigrants en région.Le résultat est mince.Et surtout, il n\u2019a pas été question de discrimination, ou à peine, comme si le mot était devenu taboua scène avait quelque chose de surréaliste.Lors de la séance réser vée au deuxième thème du forum, soit la lutte contre la discrimination (les deux autres thèmes portaient sur l\u2019emploi et sur la formation et la francisation), il n\u2019a pas été question de discrimination.Seule immigrée parmi les trois personnes invitées à faire par t de leur témoignage dans ce segment, Merling Sapene, une directrice d\u2019origine vénézuélienne chez Bombardier, a parlé de son intégration réussie que la discrimination n\u2019avait manifestement pas assombrie.L\u2019ensemble du forum était à l\u2019avenant : des intervenants issus de chambres de commerce, de MRC et d\u2019entreprises en manque de main-d\u2019œuvre, des dirigeants d\u2019organismes chargés de faire le lien entre les entreprises et les immigrants à la recherche d\u2019un emploi sont venus décrire les efforts qu\u2019ils déployaient et les succès qu\u2019ils obtenaient.Bref, que du positif et de la bonne volonté.Lors des périodes de questions, quelques rares participants dans la salle ont regimbé ; une représentante du Conseil canadien des femmes musulmanes s\u2019est ainsi indignée qu\u2019on ne parlât pas de « l\u2019éléphant dans la pièce », c\u2019est-à-dire la discrimination et le racisme.Dans son allocution d\u2019ouverture, le premier ministre Philippe Couillard avait mis la table en af?rmant qu\u2019il était « dif?cile », au Québec comme ailleurs, de traiter des enjeux de l\u2019immigration sans susciter un «débat toxique ».Il valait mieux chercher des solutions concrètes, essentiellement économiques, selon le principe que l\u2019intégration des immigrants passe par l\u2019emploi.Il faut dire que le forum, organisé à la va-vite par le nouveau ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, David Heurtel, remplaçait la Commission sur la discrimination systémique et le racisme qui se présentait comme un exercice d\u2019auto?a- gellation.Avec le forum, le gouvernement Couillard a pris les rênes d\u2019une consultation dont l\u2019organisation connaissait des ratés et qui risquait d\u2019exacerber les tensions plutôt que de les atténuer.Contrairement à cette commission qui menaçait d\u2019aller dans tous les sens, le forum fut un exercice hautement contrôlé dont la portée s\u2019avère limitée.Dans le communiqué diffusé au terme de la rencontre, le gouvernement ne traite essentiellement que des pénuries de main-d\u2019œuvre affectant les régions du Québec.Le forum débouche, selon ses termes, sur un «engagement historique » en faveur de l\u2019établissement en région des immigrants.Certes, le gouvernement Couillard reconnaît implicitement que ce fut une erreur de fermer les bureaux du MIDI en région, une conséquence de la vague de compressions imposées au début de son mandat.Déjà arrêtées avant même la tenue du forum, les mesures annoncées visent à « accompagner » la clientèle, c\u2019est-à-dire les entreprises en région, à trouver les employés qui leur manquent à même ce bassin d\u2019immigrants qui, pour les quatre cinquièmes d\u2019entre eux, choisissent de s\u2019établir dans la grande région de Montréal.Le MIDI révisera sa grille de sélection a?n de favoriser les candidats prêts à remplir les besoins de main-d\u2019œuvre des régions.En clair, cela signi?e que les autres critères, que sont la connaissance de la langue française et les quali?cations professionnelles, pèseront moins lourd.D\u2019ailleurs, le patronat fait valoir que les entreprises ont certes besoin de main-d\u2019œuvre quali- ?ée, mais aussi de travailleurs non quali?és.Grâce au bon soldat Heurtel qui a repris les choses en main, le forum est devenu la chose du gouvernement.La consultation devait traiter de la lutte contre la discrimination, mais le mot « discrimination » ne ?gure même pas dans le communiqué ?- nal, hormis dans le titre du forum.On n\u2019a pas abordé non plus la sous-représentation des minorités visibles dans l\u2019administration publique.Ni des mesures à envisager pour inciter la grande entreprise à embaucher des immigrants.Or ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a décidé de ne pas en parler que la discrimination dont sont victimes les nouveaux arrivants n\u2019existe pas.En cette période préélectorale, le gouvernement Couillard a choisi de contrôler le message au lieu de procéder à un examen franc et approfondi de cet enjeu.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 B 8 EDITORIAL L E T T R E S La discrimination dans l\u2019embauche : ça suffit ! Après le tollé qui a suivi l\u2019annonce du forum sur la « discrimination systémique et le racisme », le gouvernement Couil- lard a fait volte-face et choisi d\u2019opter pour une consultation d\u2019un jour sur « la valorisation et contre la discrimination» des immigrants.Dans les deux cas, il a fait preuve d\u2019étroitesse d\u2019esprit.Pourquoi ?Parce que la discrimination dans l\u2019embauche ne cible pas que les immigrants.Des Québécois de souche francophones, instruits et expérimentés sont cloués à l\u2019aide sociale du fait de la discrimination dans l\u2019embauche fondée sur l\u2019âge et de leur condition sociale résultant de la discrimination dans l\u2019embauche.Ce gouvernement a choisi de miser sur l\u2019immigration pour résoudre la prétendue pénurie de main-d\u2019œuvre.Or nombre d\u2019immigrants subissent la discrimination dans l\u2019embauche du fait de leur race.Au lieu des forums à saveur électoraliste pour faire le plein de votes dits culturels, le gouvernement Couil- lard devrait s\u2019attaquer aux employeurs des secteurs privé et public qui ne respectent par les dispositions (art.10, 16, 18, 18.1) de la Char te des droits de la personne et des droits de la jeunesse par leurs pratiques discriminatoires de tout acabit.Il devrait également ramener à l\u2019ordre la Commission des droits de la L I B R E O P I N I O N N I C P A Y N E Montréal À moins d\u2019une surprise, les congressistes d\u2019Option nationale décideront en fin de semaine de dissoudre leur parti, comme le leur suggère Québec solidaire, qui invite les onistes à militer désormais en son sein.Dans ce qui reste des forces vives d\u2019Option nationale, les gens se sentant interpellés par le nouveau porte-parole solidaire, le talentueux Gabriel Na- deau-Dubois, et par le parti réformé qu\u2019il leur fait entrevoir sont plus nombreux que ceux qui leur font face, et ils ont comme alliés des milliers de membres de QS heureux de soutenir une démarche qui, pensent-ils, ne peut que bien servir leur parti.En outre, les hautes instances et la direction d\u2019ON sont favorables à la dissolution, une conférence de presse commune des leaders de QS et d\u2019ON a déjà eu lieu et les règles choisies par Option nationale pour trancher la question favorisent au maximum le noyautage du congrès.Alors que le Parti québécois met l\u2019indépendance toujours plus en veilleuse et se marginalise, Nadeau-Dubois voit grand pour son parti et il veut tendre la main aux indépendantistes qui délaissent le PQ.Dans cette optique, rallier les convaincus d\u2019Option nationale enverrait un message significatif, en plus de montrer que la convergence avec QS est possible lorsqu\u2019elle n\u2019est pas fondée sur un plan post-2022 nul et non avenu et un traquenard liséen visant à camper QS dans le rôle du méchant.Mais Québec solidaire peut-il vraiment, dans un proche avenir, aller au-delà de l\u2019effet d\u2019annonce et devenir un parti indépendantiste au même titre que le PQ de Jacques Parizeau, c\u2019est-à-dire cette coalition large dont Option nationale, à son origine et par son existence même, voulait se faire l\u2019agent ?Par extension, les onistes pro-solidaires d\u2019aujourd\u2019hui ont-ils raison de vouloir fermer boutique sur le pari que QS s\u2019inscrirait désormais dans l\u2019esprit fondateur d\u2019ON?À elle seule, la plateforme électorale 2018 de Québec solidaire répond « non » à ces deux questions.Une culture enracinée Certes, les porte-parole de QS semblent vouloir tirer leur formation vers un engagement indépendantiste plus soutenu, ce dont ne peut que se réjouir le mouvement indépendantiste.Toutefois, une évidence transpire toujours des priorités \u2014 légitimes \u2014 solidaires : QS est dépositaire d\u2019une culture profondément enracinée, bien plus vieille que lui, qui ne changera pas de sitôt et qui fait en sorte que, d\u2019une part, de nombreux indépendantistes continueront de voir en ce parti une gauche parfois doctrinaire et déconnectée, et d\u2019autre part, que l\u2019indépendance y est essentiellement l\u2019accessoire d\u2019un profond changement social dont le contenu est loin de faire l\u2019unanimité au Québec, comme partout ailleurs où la gauche et la droite s\u2019affrontent.Militer à Québec solidaire, c\u2019est avant tout militer pour ce profond changement-là ; c\u2019est militer à gauche.Militer à gauche d\u2019abord, c\u2019est ce que devront faire les quelques militants \u2014 pardon : militant.e.s \u2014 d\u2019ON qui se joindront à QS et, à moins d\u2019avoir mal évalué ce dans quoi ils s\u2019embarquaient, ils seront heureux de le faire.Dans quelques semaines, puis dans quelques mois, QS sera toujours QS et ON, le parti de Jean- Martin Aussant, le parti des milliers de jeunes nouvellement initiés à l\u2019indépendantisme, le parti de la prestigieuse et historique sanction de Parizeau, le parti consacré à l\u2019indépendance, n\u2019existera plus.On rétorquera qu\u2019Option nationale étant en faillite électorale complète, sa disparition n\u2019aura pas changé grand-chose.C\u2019est absolument vrai du point de vue mathématique, sauf qu\u2019en toute rigueur intellectuelle, il faut aussi admettre que la fin d\u2019ON, c\u2019est également la disparition d\u2019un parti dont le poids médiatique et politique demeure aujourd\u2019hui absolument exceptionnel en regard de sa taille réelle.Les Verts, le NPD-Qué- bec ou le PCQ n\u2019oseraient s\u2019imaginer une telle force de dif fusion même dans leurs rêves les plus fous, alors qu\u2019ils obtiennent tous de meilleurs scores qu\u2019Option nationale.Déjà, bâtir un parti politique à partir de rien est une énorme tâche dont la réussite n\u2019est pas assurée; lui donner une telle visibilité est encore plus difficile.Pour l\u2019heure, le mouvement indépendantiste dispose encore de cet outil qu\u2019est Option nationale.Sans verser dans la rêverie, faire le pari qu\u2019ON pourrait finalement se relever, du moins assez pour jouer un certain rôle, aussi modeste soit-il, en 2018, n\u2019est certainement pas plus fou que de compter sur quelques ex-onistes pour transformer QS en parti indépendantiste capable de rallier largement au-delà de l\u2019extrême gauche du spectre politique.Dans l\u2019avenir prévisible, QS sera la gauche, ou dans son rôle le plus étendu, la gauche indépendantiste.Cette gauche-là doit se maintenir.Nous en avons besoin.Elle ne sera probablement pas la locomotive du mouvement indépendantiste, mais elle pourra en être une composante essentielle en temps opportun.D\u2019ici là, la question qui se posera en fin de semaine est la suivante : est-il absolument nécessaire, à ce mo- ment-ci, de fermer Option nationale ?Faut-il absolument fermer Option nationale ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) qui rejette du revers de la main une plainte pour discrimination dès que la partie mise en cause donne une version des faits contraire aux allégations de la partie plaignante.Pis encore, depuis quelques années, la version des faits de la partie mise en cause n\u2019est plus remise à la partie plaignante.L\u2019aveuglement du gouvernement est tel que la discrimination dans l \u2019embauche ne figure pas parmi les grands dossiers du ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale.Voilà la source du calvaire de personnes qui deviennent bénéficiaires de l\u2019aide sociale du fait de cette discrimination, de son incurie et du laxisme de la CDPDJ.Les gouvernements successifs n\u2019ont jamais compris qu\u2019une personne qui ne mange pas à sa faim ne peut faire une recherche d\u2019emploi active, se battre contre l\u2019opacité de la CDPDJ et son penchant pour les employeurs.Ce gouvernement a-t-il calculé les per tes de l\u2019État en taxes et impôts dues à la discrimination dans l \u2019embauche ?Combien lui coûte cette discrimination (allocations de der nier recours, allocations logement, médication, soins médicaux, etc.) ?Lilie Desjardins Québec, le 5 décembre 2017 Encore cette année, elle fait la promotion de 56 gros véhicules pour son tirage Célébration, des lots qui appartiennent à une époque révolue où on pouvait polluer tout en se croyant prestigieux.Comme le Québec aspire au titre de chef de file en matière de lutte contre les changements climatiques \u2014 dixit le site du ministère du Développement durable \u2014, je propose que notre loterie nationale donne l\u2019exemple en cessant de nourrir le culte de l\u2019automobile individuelle avec des publicités triomphalistes.Je suis cer taine qu\u2019il y a dans cette agence des gens talentueux et pleins d\u2019imagination capables de proposer des lots plus conformes à nos engagements environnementaux.Christiane Dumont, ambassadrice du climat, Réalité climatique Canada Le 6 décembre 2017 FORUM SUR LA VALORISATION DE LA DIVERSITÉ Le tabou de la discrimination L ROBERT DUTRISAC Quand loto rime avec l\u2019auto Nous n\u2019avons pas besoin d\u2019ajouter des autos sur nos routes, mais on dirait bien que Loto Québec n\u2019est pas de cet avis.Jamais noir ou blanc J\u2019ai grand peine à discréditer la lettre de M.Kulman, ex-consul général d\u2019Israël.Le texte est bien écrit et regorge de détails qui semblent bien factuels.J\u2019en suis réduit à citer M.Kulman lui-même : le problème est que les dirigeants palestiniens n\u2019ont jamais saisi l\u2019occasion.M.Kul- man s\u2019en dit convaincu : le problème, c\u2019est l\u2019autre.Avec une telle attitude, aucun conflit ne se réglera jamais.Paul-André Desjardins Québec, le 6 décembre 2017 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 B 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).B E R N A R D V A C H O N , P H .D .Professeur retraité du Département de géographie de l\u2019UQAM epuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral de Philippe Couillard aura fait reculer le « projet régional » comme aucun autre gouvernement auparavant.Fondamentalement, parce qu\u2019il ne croit pas au rôle et à la contribution des régions, en dehors des agglomérations de Montréal et de Québec, pour l\u2019épanouissement et la prospérité du Québec tout entier.Montréal la métropole et Québec la capitale sont l\u2019objet de toutes ses attentions, comme les locomotives exclusives de l\u2019essor du Québec.La loi 122 a floué les municipalités locales et les MRC dans leurs ambitions autonomistes et, par voie de conséquence, les régions qu\u2019elles composent.Les pouvoirs particuliers qui ont été concédés à Montréal la métropole (loi 121) et à Québec la capitale nationale (loi 109) illustrent le choix du gouvernement de favoriser l\u2019essor de ces deux grands centres urbains au détriment des petites villes et des villages en région.La fracture s\u2019institutionnalise entre centre et périphérie.Pour l\u2019équipe Couillard, outre l\u2019intérêt pour les ressources et le potentiel énergétique qu\u2019on y exploite, les régions intermédiaires et périphériques appartiennent à une époque révolue, étant peu ou pas arrimées à la société moderne et urbaine, des espaces où la présence de communautés et l\u2019offre de services publics sont devenues des problèmes et un fardeau logistique et financier pour la collectivité québécoise.Le gouvernement Couillard, qui gère les territoires habités selon des méthodes comptables, est obnubilé par les concepts de performance, de rendement et de bilans financiers.Sans que ceux-ci soient traités avec désinvolture, la gestion d\u2019une société fait appel à une philosophie, à des principes et à des règles qui ne sont pas ceux de l\u2019entreprise privée.Il y a des dimensions sociales, culturelles et géographiques au cœur de la rationalité économique à prendre en compte qui font la grandeur des politiques.Abolition brutale Poursuivant l\u2019objectif du retour à l\u2019équilibre budgétaire pour l\u2019année 2015-2016 à travers une sévère politique d\u2019austérité, le gouvernement Couillard a procédé à l\u2019abolition brutale, à l\u2019automne 2014, des Conférences régionales des élus (CRE), des Centres locaux de développement (CLD), de la Politique nationale de la ruralité (considérée comme une des plus achevées, selon l\u2019OCDE, à la suite d\u2019un examen de plusieurs politiques rurales, notamment européennes, en 2005), de la Coalition Solidarité rurale, du Programme de soutien aux municipalités dévitalisées et à la mise en hibernation de la Politique pour assurer l\u2019occupation et la vitalité des territoires ainsi que la loi du même nom, etc.Ces abolitions, conjuguées à des coupes budgétaires dans divers programmes aux incidences territoriales, ont privé les régions et les communautés locales d\u2019outils adaptés qui avaient fait leurs preuves tout en étant fort appréciés des élus locaux et d\u2019autres acteurs de terrain.Objet de vives critiques et de la colère des régions, le ministère des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire (MAMOT) crée en 2015 le Fonds de développement des territoires (FDT) pour soutenir les initiatives de développement local des MRC.Pour sa première année d\u2019application, en 2016, le FDT a été doté d\u2019une enveloppe de 100 millions.Pour la période 2017 à 2019, une enveloppe totale de 320 millions est prévue.Par ailleurs, pour compenser la perte des crédits entraînée par l\u2019abolition des CRE, le ministère met sur pied le Fonds d\u2019appui au rayonnement des régions (FARR), mis en œuvre à compter de 2017-2018 pour une période de 10 ans.Or, les crédits alloués au développement local et régional des FDT et FARR demeurent bien en deçà des montants dont disposaient antérieurement les MRC et les régions par le truchement des CLD, des CRE, de la Politique nationale de la ruralité et du Fonds de soutien aux municipalités dévitalisés.Il faudra attendre 2022-2023 avant que les Fonds FDT et FARR atteignent le montant des crédits contenus dans les programmes et politiques abolis en 2014.Dans un tel contexte, faut-il s\u2019étonner qu\u2019en région les populations et leurs élus souffrent d\u2019un sentiment d\u2019incompréhension et d\u2019abandon?La grande mystification Qui peut encore supporter ces discours politiques forgés de demi-vérités et d\u2019engagements sans lendemain, cette littérature ministérielle faite de mots choisis pour créer l\u2019espoir sans volonté ni ressources pour passer de la parole aux réalisations ?Ces promesses dont les porteurs ne font pas, délibérément ou inconsciemment, la distinction entre le vrai et le faux, entre la réalité et la fable ?Ces envolées lyriques main sur le cœur, inspirées d\u2019une dialectique dont le sens et la portée sont invariablement au service d\u2019une stratégie électorale récurrente ?En lieu et place d\u2019une véritable et vigoureuse politique de développement régional, on peaufine une opération de mystification.Maniée habilement durant les années d\u2019austérité de 2014 à 2017, cette dialectique a atteint son point d\u2019orgue avec la mise à jour économique et budgétaire présentée ce 21 novembre par le ministre des Finances Carlos Leitão.Ont alors été annoncés des « réinvestissements » de l\u2019ordre de 1 milliard en Santé et en Éducation et un allégement fiscal (baisse d\u2019impôt) du même ordre pour les contribuables.Ces cadeaux préélectoraux sont puisés à même une marge de manœuvre d\u2019environ 2,4 milliards, véritable trésor de guerre, constituée principalement des économies réalisées par une réduction de la croissance annuelle des dépenses publiques passant de 4% pour la période de 2010- 2014 à 0,8% pour la période 2014-2016.Cette réduction substantielle des dépenses de l\u2019État s\u2019est concrétisée par des abandons de programmes, des compressions budgétaires dans la majorité des ministères, des abolitions de postes, des réductions de services, qui ont été vécus douloureusement par la population en général et par les organismes et prestataires concernés en particulier.De quelle gloire ce gouvernement peut-il se draper au vu des résultats d\u2019un tel stratagème comptable ?Toujours la mystification.Et on s\u2019étonne du cynisme de la population à l\u2019égard de la politique ! Les régions à l\u2019ère Couillard : la grande mystification Y V E S - T H O M A S D O R V A L Président-directeur général du Conseil du patronat du Québec (CPQ) * e tous les secteurs industriels au Québec, l\u2019écosystème qui gravite autour de la construction constitue le quatrième en importance.L\u2019apport consolidé des secteurs de la construction au Québec représente 22,4 milliards de dollars en PIB et 267 500 emplois directs, et crée des retombées économiques indirectes considérables, soit 12,9 milliards en PIB et 155 800 emplois à la grandeur du territoire.À cela viennent s\u2019ajouter 8,3 milliards en PIB et 90 700 emplois induits par les dépenses des ménages.En plus d\u2019être une force économique majeure, les entreprises qui composent cet écosystème influent directement sur la qualité de vie des Québécois : bâtiments résidentiels, commerciaux ou institutionnels, infrastructures, mobilité, manufactures, matériaux\u2026 Leurs entreprises, entrepreneurs, architectes, designers, ingénieurs ou autres sont à l\u2019œuvre partout et ont contribué à édifier la société moderne en plus de soutenir l\u2019exportation du savoir-faire québécois à l\u2019international.Malgré toutes ces retombées, l\u2019écosystème de la construction n\u2019a pourtant jamais pu bénéficier de sa propre politique ou de stratégies économiques, contrairement à d\u2019autres secteurs comme l\u2019aéronautique, l\u2019industrie pharmaceutique, la culture, ou encore la mode.C\u2019est d\u2019ailleurs le constat principal qui ressort d\u2019une étude réalisée l\u2019an passé sur la contribution de l\u2019écosystème de la construction à la prospérité du Québec.Un secteur névralgique oublié À l\u2019aube des consultations qui mèneront au budget provincial 2018-2019, dans un contexte où sont (re)négociés les termes d\u2019accords de libre-échange nord-américain et alors que le Québec organise sa transition numérique et énergétique, dans laquelle la construction et la technologie ont un rôle majeur à jouer, plusieurs estiment que ces défis et ces occasions justifient la création d\u2019une grappe industrielle.Consacrée à l\u2019innovation ainsi qu\u2019aux processus innovants dans les infrastructures et le bâtiment, cette grappe aurait pour vocation de mobiliser l\u2019ensemble des entreprises, des établissements d\u2019enseignement et des centres de recherche.Fortement exposés aux grands cycles économiques mondiaux, à la volatilité des investissements publics en infrastructures, ainsi qu\u2019à une concurrence internationale qui s\u2019est fortement intensifiée, ces intervenants bénéficieraient ainsi d\u2019un forum pour traiter de leurs propres enjeux et mettre en place des actions concrètes pour soutenir la compétitivité de ce secteur.En outre, la mise en place d\u2019une telle grappe viendrait appuyer le développement d\u2019une culture collaborative, la convergence de savoir- faire, l\u2019innovation, le rayonnement international ainsi que la recherche de gains de productivité et de compétitivité, pour l\u2019ensemble des acteurs de cet écosystème.De surcroît, cette première étape servirait de rampe de lancement à l\u2019élaboration future d\u2019une stratégie économique intégrée et consacrée à ce secteur qui a déjà fait l\u2019histoire et la marque du Québec à l\u2019international.Les organisations à l\u2019œuvre dans les infrastructures et le bâtiment ont besoin d\u2019un appui pour se dynamiser, se moderniser et améliorer leur compétitivité.La mondialisation des marchés et des chaînes d\u2019approvisionnement, la demande pour des ouvrages plus verts, plus performants et utilisant les technologies de l\u2019information, la réduction des délais de fabrication, de construction et de livraison, au même titre que la révolution numérique, ne sont que quelques-uns des défis que ces secteurs doivent relever pour s\u2019adapter et rester concurrentiels.Alors que l\u2019on assiste à des vagues de réinvestissements dans les infrastructures, le moment est bien choisi pour déterminer une priorité économique pour le Québec qui générera des retombées pour l\u2019ensemble de ses régions ! Plus que jamais, le gouvernement doit appuyer ce projet de grappe et attirer l\u2019attention de toutes ses parties prenantes potentielles sur l\u2019impor tance de traiter l\u2019écosystème de la construction comme une industrie innovante à part entière.* Lettre appuyée par : Anne Carrier, présidente, Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) ; Francis Roy, président, Association de la construction du Québec (ACQ) ; Roger Arse- nault, président du conseil d\u2019administration de l \u2019Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) ; Jean Pouliot, président, Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ) ; André Rainville, président-directeur général, Association des firmes de génie-conseil \u2013 Québec (AFG) ; Luc Bélanger, président-directeur général, Association des professionnels de la construction et de l \u2019habitation du Québec (APCHQ) ; Fouad Geara, président, Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ); Jean Simard, président et chef de la direction, Association de l\u2019aluminium du Canada (AAC) ; Luc Bédard, directeur général, Association béton Québec (ABQ) ; Marc Bilodeau, président, Association de vitrerie et fenestration du Québec (AVFQ); Denis Lebel, président-directeur général, Conseil de l\u2019industrie forestière du Québec (CIFQ).Le Québec doit se doter d\u2019une grappe consacrée à l\u2019innovation dans les infrastructures et le bâtiment JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon l\u2019auteur, pour l\u2019équipe Couillard, outre l\u2019intérêt pour les ressources et le potentiel énergétique qu\u2019on y exploite, les régions intermédiaires et périphériques appartiennent à une époque révolue.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019apport consolidé des secteurs de la construction au Québec représente 22,4 milliards de dollars en PIB et 267 500 emplois directs.D D L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 LE DEVOIR DE PHILO B 10 Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.D A V I D S A N T A R O S S A Étudiant à la maîtrise en philosophie à l\u2019Université de Montréal A lbert Camus est mort le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture alors qu\u2019il n\u2019avait que 47 ans.Cette fin abrupte et précoce empêcha Camus de conclure Le premier homme, qui fut publié à titre posthume en 1994.L\u2019état fragmentaire du texte gêne la lecture et certains mots illisibles sur le manuscrit original ont été tout simplement supprimés de la version publiée.Cet ultime opus est un texte à caractère autobiographique et Camus y raconte dans le chapitre «6bis, L\u2019école » sa relation avec Louis Germain, son instituteur à l\u2019école primaire, qui aura marqué son parcours personnel comme son œuvre littéraire.En 1957, donc trois ans avant sa mort, Camus reçut le prix Nobel de littérature alors qu\u2019il n\u2019avait que 43 ans.Dans une lettre magnifique, l\u2019écrivain reconnaît qu\u2019après sa mère, la première personne à qui il a pensé en gagnant ce prix fut son ancien instituteur : « une occasion de vous dire [\u2026] que vos ef forts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l\u2019âge, n\u2019a pas cessé d\u2019être votre reconnaissant élève.» Alors que Camus était un enfant provenant d\u2019une famille pauvre, M.Germain lui a tendu la main et l\u2019a aidé d\u2019une manière incommensurable en le perfectionnant après les cours pour que le futur écrivain s\u2019inscrive au lycée.Sans les ef for ts de M.Germain, le parcours de Camus aurait été complètement différent.L\u2019étrangeté de M.Germain Dans son premier roman, L\u2019étranger, Camus décrivait un homme étranger à sa société, qui ne pleure pas la mort de sa mère.Dans les pages de son dernier manuscrit, Camus y trace le portrait d\u2019un instituteur qui serait étranger à l\u2019école actuelle.La méthode de M.Germain était de ne rien céder sur la conduite tout en rendant la matière vivante et amusante.Les coups de règle en guise de punition faisaient partie de ses manières de faire et la lecture prenait une place toute particulière dans son enseignement.Un bon jour, M.Germain faisait la lecture d\u2019une histoire à la classe et, à la fin du récit, le jeune Camus était en larmes.Devant une réaction aussi forte de l\u2019élève, le maître décida de lui donner le livre.Devant ce cadeau, la réaction du jeune Camus : «C\u2019est trop beau.» Camus se sent quasi indigne de ce cadeau, car pour lui, le livre a une si grande valeur qu\u2019il ne le mérite pas.À sa classe de milieu modeste et à Camus en particulier, M.Germain fait le plus beau des cadeaux, soit celui de la culture.À notre époque, et la tendance en ce sens se concrétisera sans doute dans les prochaines années, les nouvelles méthodes pédagogiques d\u2019inspiration socio- constructiviste visent à effacer la figure du maître pour la remplacer par un accompagnateur ou un guide.Il s\u2019agirait de ne plus gaver les élèves par un enseignement magistral et unilatéral, mais plutôt de rompre la dissymétrie entre l\u2019élève et l\u2019enseignant afin que l\u2019« apprenant » découvre le monde par lui-même.Une telle conception de l\u2019école se réclame de la démocratie et d\u2019un rapport plus égalitaire entre l\u2019enseignant et l\u2019élève.Or ces méthodes n\u2019ont pas le monopole de la démocratie et de l\u2019égalitarisme.Pour M.Germain, l\u2019égalité, c\u2019est l\u2019accès à la culture pour tous.Mais au-delà de cette différence dans la conception de l\u2019égalité, l\u2019étrangeté de M.Germain réside dans l\u2019exotisme qui était au centre de son enseignement.L\u2019exotisme Camus décrit les récits de M.Germain comme « l\u2019exotisme même ».Ce terme utilisé avec beaucoup de justesse revient à plusieurs reprises dans le chapitre sur l\u2019école, qui compte un peu plus de trente pages.Pour Camus qui étudiait en Algérie, l\u2019exotisme, c\u2019était la description de la neige en France.Pour les élèves de la classe de M.Germain, « ce qu\u2019ils aimaient si passionnément [à l\u2019école], c\u2019est ce qu\u2019ils ne trouvaient pas chez eux ».Au Québec, le langage courant assimile l\u2019exotisme aux palmiers et au sable blanc, mais l\u2019exotisme, c\u2019est ce qui a des caractéristiques différentes de ce qu\u2019on voit habituellement.Dans le cadre scolaire, un tel terme implique de sortir l\u2019élève de sa quotidienneté en lui racontant des histoires prenant place dans un autre pays ou dans une réalité qui lui est antérieure, ce qui peut être aussi simple que la vie de nos parents ou de nos grands-parents.L\u2019exotisme était facile à déterminer à l\u2019époque de Camus, mais aujourd\u2019hui, qu\u2019est-ce que l\u2019exotisme pour les élèves québécois ?Avant même leur entrée à l\u2019école, les élèves sont déjà branchés sur la planète et gavés d\u2019images.Un changement important s\u2019opère entre la classe de M.Germain et nos classes actuelles, les nouvelles technologies permettent aux élèves d\u2019avoir accès au monde sans la médiation du maître.Aujourd\u2019hui, tout semble disponible en un tour de main, mais on retrouve une chose dans le récit de Camus qui peut véritablement sortir l\u2019élève de sa quotidienneté.L\u2019exotisme dans la classe de M.Germain, c\u2019était la lecture et le fait de donner l\u2019occasion aux gens moins fortunés de côtoyer la richesse des grandes œuvres qui forment le patrimoine culturel de l\u2019humanité.Cette promesse de l\u2019école semble être oubliée aujourd\u2019hui au profit d\u2019une dictature du présent et de l\u2019importance de montrer l\u2019utilité des apprentissages.Une culture de la culture, et plus précisément une culture de la lecture, propose un véritable exotisme qui exhor te l\u2019élève à sortir de sa quotidienneté pour aller rejoindre une multitude de présents qui ont obtenu une certaine pérennité.La lecture, c\u2019est s\u2019asseoir pendant plusieurs minutes (idéalement plusieurs heures) et c\u2019est se concentrer sur une seule chose à la fois.Cette activité n\u2019apporte ni information ni résultat direct.La lecture de livres est une véritable activité exotique à notre époque, chaque page tournée étant une petite révolte contre le statu quo technologique ambiant.Une telle conception de l\u2019école où l\u2019exotisme est maître n\u2019est plus dominante aujourd\u2019hui et l\u2019implantation des tablettes numériques dans les classes ne laisse présager aucun changement en ce sens.L\u2019argument pour justifier leur entrée en classe tourne autour de l\u2019idée que les enfants ont déjà ce genre d\u2019appareil à la maison ; qu\u2019ils les utilisent à l\u2019école aussi n\u2019est donc que normal.Cet argument suppose que l\u2019école devrait être le prolongement de la quotidienneté de l\u2019élève.Des objections se font déjà entendre : les tablettes numériques ont des applications très pratiques qui peuvent aider à comprendre et à découvrir d\u2019autres mondes et d\u2019autres cultures.Certes, mais peut-on réellement se contenter d\u2019un rapport purement instrumental à la technologie ?On ne peut réduire la tablette numérique à un cahier Canada 2.0, car elle change radicalement notre modèle éducatif.Anciennement, la promesse de l\u2019école résidait dans un accès long, difficile et même parfois pénible à la culture, et ce, par la médiation de l\u2019enseignant et de la lecture.Alors qu\u2019au- jourd\u2019hui, les promesses des nouvelles technologies, c\u2019est l\u2019accès immédiat et impulsif aux choses.La pédagogie moderne semble avoir opté pour ces promesses plutôt que pour celles de M.Germain.Plusieurs raisons peuvent justifier un tel choix, mais nous ne pouvons prétendre qu\u2019il ne modifie pas notre conception de l\u2019école et que certaines conséquences peuvent en découler.Les arts et plus spécifiquement la littérature sont des vecteurs d\u2019exotisme et ces matières souffriront sans doute de l\u2019instantanéité des nouvelles technologies.Que faire?Les élèves sont submergés par les tablettes, les téléphones et les ordinateurs.Ces mêmes élèves n\u2019auraient-ils pas le droit d\u2019avoir un espace dépourvu de toute technologie, même s\u2019ils ne le demandent pas?À une époque où les élèves se perdent dans le multitâche, l\u2019école devrait être un rempart contre les distractions du quotidien et enseigner certaines dispositions nécessaires pour aborder un texte papier, à savoir celles de l\u2019attention et de l\u2019humilité, dispositions minées autant par les méthodes d\u2019enseignement socio- constructivistes que par les nouvelles technologies à l\u2019école.D\u2019ailleurs, l\u2019école actuelle, qui souhaite tant être «utile» et qui souhaite se rapprocher des exigences du marché du travail, oublie que ces dispositions sont sans aucun doute très prisées par les employeurs, et l\u2019exotisme de la lecture en constitue l\u2019activité la plus formatrice.On pourra répondre qu\u2019on ne peut pas revenir dans le temps et enseigner aux élèves comme on le faisait au début du XXe siècle ; on aura raison de le dire, car il ne s\u2019agit pas de revenir à l\u2019école du jeune Camus.Il s\u2019agit plutôt de revenir à son esprit et à sa poétique.Être étranger à notre quotidien quelques heures par semaine en instaurant des périodes de lecture obligatoires dans un silence technologique et auditif des plus complets semble être la meilleure manière de ramener l\u2019exotisme à l\u2019école.Pourquoi inciter les élèves à suivre le chemin des nouvelles technologies, qu\u2019ils ont par ailleurs tellement envie de suivre et qu\u2019ils suivront de toute manière dans leurs temps libres?Tant que cet espace d\u2019exotisme sera absent des classes québécoises, on ne devrait même pas penser à introduire à l\u2019école ces nouvelles technologies.?Des commentaires ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ledevoir.com.Pour lire ou relire l e s anc i ens t e x t e s du Devo i r de ph i l o : www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo Un enseignement pour sortir l\u2019élève de sa quotidienneté Albert Camus aurait préconisé une école où l\u2019enseignant transmet un savoir « exotique » CHARLES-ÉMILE LAFRANCE David Santarossa est étudiant à la maîtrise en philosophie à l\u2019Université de Montréal.AGENCE FRANCE-PRESSE En 1957, Albert Camus reçut le prix Nobel de littérature.Dans une lettre magnifique, l\u2019écrivain reconnaît qu\u2019après sa mère, la première personne à qui il a pensé en gagnant ce prix fut son ancien instituteur, Louis Germain.Anciennement, la promesse de l\u2019école résidait dans un accès long, difficile et même parfois pénible à la culture, et ce, par la médiation de l\u2019enseignant et de la lecture.Alors qu\u2019aujourd\u2019hui, les promesses des nouvelles technologies, c\u2019est l\u2019accès immédiat et impulsif aux choses. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 L E S P E T I T E S A N N O N C E S B 11 PRESTIGE CHARME & DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com POUR PLUS DE PROPRIÉTÉS, DES VISITES VIRTUELLES 3D ET DU CONTENU EXCLUSIF, RENDEZ-VOUS SUR REALTA.CA VISITE LIBRE dimanche de 14h à 16h T 514 789 2889 | realta.ca Outremont adj.| 6301 Northcrest, app.14N Mile-End | 285 Laurier, app.409 St-Henri | 4766 Notre-Dame O.320 000 $ 499 000 $ NOUVEAUTÉ ! 495 000 $ SUR RENDEZ-VOUS Outremont | 1085 Pratt, app.208 379 000 $ Plateau | 5253 Parc, app.203 312 000 $ Outremont | 115 Côte-Ste-Catherine app.903 529 000 $ Outremont adj.| 6000 Deacon, app.5D 639 000 $ Westmount | 295 Victoria, app.101 NOUVEAUTÉ ! 579 000 $ Chomedey | 3846-3848 Souvenir NOUVEAUTÉ ! 399 000 $ Mile-End | 285 Laurier, app.409 NOUVEAUTÉ ! 495 000 $ St-Henri | 4250 St-Ambroise, app.204 2 200 $/ MOIS CDN | 3790 Côte-Ste-Catherine, app.6 229 000 $ Rosemont | 5661 De Chateaubriand, app.601 499 000 $ Villeray | 8671-8673 St-Dominique 399 000 $ Outremont | 90 Willowdale, app.303 825 000 $ Montréal-Nord | 11979-11981 l\u2019Archevêque 354 000 $ Centre-Ville | 3430 Peel, app.10D 1 045 000 $ Centre-Ville | 1265 Lambert-Closse, app.509 NOUVEAU PRIX ! 2 000 $ / MOIS Chomedey | 3940 St-Martin O.399 000 $ CDN | 3615 Ridgewood, app.401 195 000 $ Cette année, faites découvrir notre nouveau D Magazine du samedi à vos proches.Offrez-leur un de nos abonnements pour aussi peu que 41,57 $ pour 13 semaines.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau. B 12 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 L E S P E T I T E S A N N O N C E S PRESTIGE CHARME & DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com 9415 , ROUTE 125 Maison Clé en Main avec une grande fenestration, pour admirer la vue panoramique.Situé à 1h de Montréal, près des pistes de VTT, motoneige ainsi que plusieurs terrains de golf, stations de ski.Un beau petit coin de paradis ! 269 000$ \u2013 CENTRIS # 9567567 Shirley Blainey \u2013 514.259.8884 Courtier immobilier Adriana Diaz \u2013 514.259.8884 Courtier immobilier CHERTSEY \u2013 LANAUDIÈRE RE/MAX HARMONIE INC.Agence immobilière L E P L U S B E L E M P L A C E M E N T D E M O N T R É A L O F F R A N T U N B E A U C H O I X D E C O N D O S ! ! ! LUCIE R ICARD V O I R M E S P R O P R I É T É S L U C I E R I C A R D R E / M A X Q U É B E C C O U RT I E R A G R É É R E / M A X A L L I A N C E , A G E N C E I M M O B I L I È R E 514 386-9804 FACE AU PARC LAFONTAINE, PRÈS MÉTROS ET SERVICES Les Dauphins sur-le-Parc figurent parmi le nec plus ultra du patrimoine montréalais.Qualité de vie en plein cœur du Plateau, prestige, vue spectaculaire, piscine, gym, saunas.Choix de condos 3 ½ au 9 ½, Penthouse.CONDO VEDETTE \u2013 273 000 $ Condo 2 chambres, 2 salles de bains, avec balcon donnant une vue côté est, possibilité d\u2019acheter un stationnement intérieur.Près de tous les services.CENTRIS # 16515578 Duplex transformé en cottage.16e avenue, 3 chambres.2 salles de bains.2 000 p.c.+ sous-sol.Grands rangements.Devant école primaire.Cour clôturée et aménagée.Près de Masson et de tous les services.699 000$ \u2013 Pas d\u2019agent 514.605.1042 ROSEMONT LOIS HARDACKER 450 242-2000 www.loishardacker.com Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Action, Agence Immobilière LAC BROME SUTTON VILLE ET MONTAGNE QUI BOUGENT à l\u2019année.Résidence idéale pour votre grande famille et visiteurs, amateurs des sports d\u2019hiver et d\u2019activités estivales.5 ch., foyer, poêle à bois dans salle familiale, garage, piscine creusée, 3 acres.Un bijou à proximité du village et du ski.750 000 $ TRANSFERT ! \u2013 Ce joli pied-à-terre au cœur de la région de ski sera prêt pour vous dès la mi-janvier.Design et décor au goût du jour, cuisine sur mesure, SDB élégante, 3 ch., A/C.Aménagement paysagé, terrasses, garage, 1.5 acre.En périphérie du village de Knowlton.377 000 $ du Cartier GB.Agence immobilière, franchisé indépendant et autonome de RE/MAX du Cartier 1290, avenue Bernard Ouest, bureau 100, Montréal, Québec H2V 1V9 DÉCOUVREZ NOS NOUVEAUTÉS GEORGES BARDAGI courtier immobilier agréé 1490 av.Bernard #12A, Outremont 498 000$ 1340 792 av.Champagneur, Outremont 599 000$ 1520 10924 boul.St-Laurent, Ahuntsic 629 000$ 1210 246 av.Kenaston, Mont-Royal 1 879 000$ 2090 Tous les détails : 514 700-2237 BARDAGI.COM/ [code de 4 chiffres] CONDO CONDO CONDO MAISON RÉGION TREMBLANT 2150 Route Principale - À partir de 249 000 $ Projet intégré de micro-maisons, Phase I vendue à 80% ! MLS # 11902891 GOLDEN SQUARE MILE 1520 Av.du Docteur-Penfield #104 - 618 000 $ 10e étage avec vue imprenable sur la montagne.Idéal pour étudiant à McGill ! MLS # 13648903 WESTMOUNT ADJ.3123 Ch.Daulac - 3 750 000 $ Somptueuse propriété de 4 CAC avec magnifique jardin.Idéale pour familles !.MLS # 27167744 WESTMOUNT 1 Parkman Place - 1 195 000 $ WOW ! Condo entièrement rénové de 3 CAC au village Victoria.MLS # 13872836 ST-CALIXTE - MAISON EN BOIS ROND 915, RUE LANGLOIS À qui la chance ! Jolie maison située dans un domaine privé.Aucun voisin immédiat.Terrain 95 arpents.Possibilité de construire grange, garage, fermette etc.Près des services, plusieurs sentiers équestres ou VTT.Aimant la nature, vous serez charmé et ébloui par son environnement et son emplacement.269 900 $ - CENTRIS # 11208924 Marie Piché 514-856-4444 Courtier immobilier, Proprio Direct Joli condo de 1 004 PC sur au RDC (1er étage).2 chambres, grand balcon recouvert avec accès à la cour, foyer au gaz, douche coin, bain podium, grande cuisine.A/C, système d\u2019alarme, plusieurs améliorations, remise, 2 stationnements.Copropriété bien gérée et saine.Plusieurs EXTRAS.184 000$ \u2013 MLS # 9210019 Marie-Claire Provost \u2013 450.585.0999 Courtier immobilier, groupe sutton synergie inc.REPENTIGNY \u2013 VALMONT SUR PARC "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.