Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le devoir, 2018-05-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Monique Miller À toutes les aubes Lire Arrêt court sur le baseball dans la littérature Vivre Les Péruviennes qui tissent l\u2019histoire L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Monique Miller De Tremblay à Ionesco, l\u2019actrice reste ouverte à toutes les modernités.C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 6 18 20 9 4 36 28 26 24 42 44 46 48 50 53 54 Grand angle Réflexion de saison sur le baseball, cette grande machine à récits.Voyage À Ccaccaccollo, les tisserands se transmettent l\u2019histoire de mère en fille.SOMMAIRE 24 31 32 C U L T U R E Escapade Alimentation Resto Santé Vin Jeux Véronique Côté Essais Le regard critique des collégiens Louis Cornellier Critiques Théâtre Odile Tremblay Les flâneurs Cinéma Arts visuels Musique Médias Photo de la une du D : Valérian Mazataud Le Devoir Photo de la une de Lire : Marie-France Coallier Le Devoir Écrans et grilles télé 38 ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR uarante minutes au téléphone avec Françoise Hardy.Deux fois la durée allouée, ça en dit long.Ça dit que la corvée promotionnelle d\u2019antan l\u2019est moins maintenant.« J\u2019apprécie tout, même ça, maintenant que je ne suis plus morte\u2026 » Elle r igole à son bout du f i l , contente de sa répartie.Je lui dis que je ne croyais jamais lui reparler, et certainement pas à l\u2019occasion de la sortie d\u2019un nouvel album.« Ah ben moi non plus ! Les médecins, vous savez, avaient baissé les bras.Ils avaient averti Thomas [Dutronc, le fiston], et demandé qu\u2019il appelle son père [oui, Jacques Dutronc] pour qu\u2019il revienne au plus vite de Corse.C\u2019était imminent, j\u2019allais mourir.» Retour à 2015 : la chute malencon- Le retour du rire de Françoise Hardy Après la mort annoncée, la suite inespérée : un album de chansons tristes comme autant de signes de vie Conversation drôlement sérieuse et sérieusement drôle.La voix est printanière, le ton enjoué.Françoise Hardy a encore et toujours ce timbre d\u2019éternelle jeune fille à 74 ans, et elle respire la santé retrouvée.BENOIT PEVERELLI Q | 3 M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 treuse, les trois semaines de coma, le diagnostic sans appel, les médias affolés.Françoise Hardy, qui affubla un jour du label Asparagus ses éditions de chansons parce qu\u2019on l\u2019appelait tout le temps « la grande asperge », se marre en douce en décrivant son état d\u2019alors, avec force détails : « J\u2019étais pas belle à voir, vous savez, mon poids était tombé à 39 kilos ! J\u2019avais subi un deuxième décollement de plèvre, plus un œdème pulmonaire, on peut dire que j\u2019étais loin des studios ! » Elle pouffe.«Et comme j\u2019étais foutue, mon hématologue a demandé à Thomas et à Jacques s\u2019ils l\u2019autorisaient à m\u2019administrer les chimios.Si ça me tuait, ben ce ne serait pas pire que mourir.Eh ben non, ça m\u2019a sauvée ! » Petit rire primesautier.Ni fin ni dernier mot Conversation drôlement sérieuse et sérieusement drôle.La voix est printanière, le ton enjoué.Elle a encore et toujours ce timbre d\u2019éternelle jeune fille à 74 ans, et elle respire la santé retrouvée.«Maintenant, j\u2019ai un acouphène, c\u2019est embêtant, mais sinon ça va\u2026 » Et advienne que pourra.Pour le moment, elle a du temps et le prend.Dame! Quarante minutes ! Dans la dernière chanson de l\u2019album, Un mal pour un bien, sur une musique en apesanteur de Thierr y Stremler, elle chante : «C\u2019est déjà loin / La croisée des chemins / Le pied de nez du destin [\u2026] J\u2019arrête là, je me retiens: / ni dernier mot ni mot de la fin\u2026» Dans Le large, la splendide chanson que lui a envoyée La Grande Sophie, elle chante la mort au futur : «Et demain / Tout ira bien / Tout sera loin / Là, au final / Quand je prendrai le large\u2026» « Elle a beaucoup d\u2019humour, La Grande Sophie ! J\u2019avais reçu d\u2019elle une mélodie qui ne me plaisait pas du tout.Je le lui ai écrit, nous correspondons régulièrement.Elle m\u2019a répondu : \u201cAh mais je sais ce que vous aimez.Je n\u2019ai pas dit mon dernier mot !\u201d » Françoise s\u2019esclaf fe.« Et c\u2019est ainsi qu\u2019elle m\u2019a envoyée prendre le large\u2026 » Grand éclat de rire.«Vous savez, je n\u2019ai jamais su résister à une chanson bien faite, et encore moins à une mélodie un peu triste.Ça a été un des grands bonheurs de ma vie, la découverte des belles mélodies tristes.» C\u2019était vrai quand elle écoutait Elvis (dont elle reprit Loving You en 1967), ou Ricky Nelson (dont elle adapta Lonesome Town l\u2019année suivante), ou encore Buddy Holly (reprise de True Love Ways , enregistrée juste avant le coma, parue en 2016).«Adolescente, j\u2019entendais une chanson, j\u2019étais tellement émue, je voulais l\u2019écouter en permanence\u2026 J\u2019ai toujours été comme ça.» Et lui, et lui, et lui\u2026 Ce sont encore les mélodies qui l\u2019ont ramenée en studio : coup de foudre pour Sleep my Angel, du groupe finlandais Poets of the Fall.« C\u2019est reparti comme ça, comme toujours.La mélodie était vraiment superbe, personne en France ne connaissait ce groupe, l\u2019envie est venue du dedans de moi, j\u2019avais des choses à dire, et les mots sont arrivés.Ça s\u2019est passé de la même façon pour Personne d\u2019autre.Après trois écoutes, j\u2019étais envoûtée par la mélodie, qu\u2019allais-je pouvoir dire qui soit à la hauteur ?J\u2019ai entrepris de résumer en quelques phrases sibyllines [petit rire] ma longue histoire d\u2019amour avec Jacques, qui continue plus ou moins, mais autrement.La compositrice, en anglais, chantait «Subtle are the signs\u2026», alors je commence en disant « Un signe, comme un appel\u2026 », parce que j\u2019ai pensé à cette année 1967 où je guettais désespérément un signe de la par t de Jacques\u2026 on était tellement timides l\u2019un et l\u2019autre que les signes qu\u2019on pouvait donner n\u2019étaient vraiment pas flagrants\u2026 C\u2019est lui qui a fini par se risquer.La première fois qu\u2019il m\u2019a envoyé une carte postale, il a mis en entête \u201cMa chère future épouse\u201d.» Elle rit d\u2019un beau rire affectueux.« Nous sommes vivants, Thomas, Jacques et moi.C\u2019est un bonheur que je chéris, comme celui de voir arriver le printemps.» Et Françoise Hardy d\u2019évoquer les départs de Michel Berger (dont elle ravive l\u2019exquise Seras- tu là?), de France Gall et de Johnny Hallyday.«Le pire, c\u2019est pas la mort, c\u2019est la souffrance physique.Jacques me donnait des nouvelles de la progression du cancer de Johnny, durant la tournée des Vieilles canailles.Il paraît insensible, Jacques, mais il ne dormait plus, tellement c\u2019était terrible de voir Johnny souffrir.» On a l\u2019impression qu\u2019il pouvait exprimer là, par Johnny interposé, ce qu\u2019il a ressenti lors de la presque mor t de Françoise.« C\u2019est possi- b le .I l y aura toujours quelque chose de très impor tant entre nous.» Sans rire.Personne d\u2019autre Françoise Hardy, Warner Vous savez, je n\u2019ai jamais su résister à une chanson bien faite, et encore moins à une mélodie un peu triste.Ça a été un des grands bonheurs de ma vie, la découverte des belles mélodies tristes.FRANÇOISE HARDY » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e T h é ât r e 4 | ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR rançois Létourneau l\u2019admet : il s\u2019ennuyait de la scène.Happé par la télévision, l\u2019auteur et comédien n\u2019y avait pas mis les pieds depuis 2011, dans La fin de la sexualité, aussi sa dernière pièce.« Je ne me sens plus du tout dans ce milieu, en fait.Mais le théâtre, c\u2019est une gymnastique pour un acteur.Et plus on vieillit, plus on est nerveux.On dirait qu\u2019on a perdu notre innocence des premiers jours [rires].Je suis content d\u2019y revenir.C\u2019est quand même parce que je voulais faire du théâtre que j\u2019ai étudié au Conservatoire.» L\u2019idée de monter Trahison d\u2019Harold Pinter au Théâtre du Rideau vert émane d\u2019ailleurs du créateur de Série noire.Après le film Paul à Québec, lui et sa partenaire Julie Le Breton cherchaient une pièce où ils pourraient jouer ensemble.François Létourneau a songé aux deux pièces de Pinter qu\u2019il avait faites autrefois, en autogéré, avec son grand complice, le metteur en scène Frédéric Blanchette.Un autre vieil ami, Steve Laplante, complète la distribution de ce troublant triangle amoureux.C\u2019est donc dans des conditions idéales, en famille pourrait-on dire, que l\u2019acteur affronte le défi d\u2019interpréter l\u2019écrivain anglais nobélisé, peu joué au Québec.«Rien ne ressemble à du Pinter.Je trouve que personne n\u2019est parvenu à reproduire son écriture très personnelle, étonnante.Et je voulais qu\u2019on monte Betrayal parce que, de toutes ses pièces, c\u2019est la plus accessible.» Créée il y a exactement 40 ans, d\u2019inspiration autobiographique, Trahison est moins mystérieuse en apparence que le reste de son répertoire.« On pourrait penser parfois qu\u2019on est dans un théâtre plus naturaliste.C\u2019est un piège.Si bien que ce n\u2019est pas nécessairement facile à jouer.Pinter disait toujours que son écriture est très concrète.Ses personnages ne sont pas des métaphores.Donc il faut se poser des questions sur les situations et trouver leurs Retour au bercail François Létourneau revient au théâtre dans l\u2019une des plus célèbres œuvres d\u2019Harold Pinter Occupé ces temps-ci à écrire un film et une nouvelle télésérie originale, le créateur juge inspirante la polyvalence de Pinter, qui s\u2019est lui-même promené entre différentes formes d\u2019art.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR F | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Le Festival de Cannes démarre mardi, et là comme à Paris, le demi-siècle de Mai 68 défraiera la chronique.Jean- Luc Godard, une des figures phares de ces contestations, verra son film Le livre d\u2019image projeté en compétition.En sa présence?Rien n\u2019est moins sûr.Désormais sauvage, attendu en vain il y a quatre ans pour son Adieu au langage (primé au jury avec Mommy de Xavier Dolan).Thierry Frémaux, délégué général du Festival, lançait, philosophe, le 12 avril : «Jean-Luc a promis d\u2019être là.Ce qui ne veut rien dire\u2026» Basta! Il est loin le temps où le pape de la Nouvelle Vague enflammait La Croisette pour faire avorter la chic manifestation cinéphile, en écho aux manifestations des rues: «Je vous parle de solidarité avec les étudiants et les ouvriers, et vous me parlez traveling et gros plans!» s\u2019indignait à Cannes le cinéaste d\u2019À bout de souffle en 1968.Les Québécois pourront goûter l\u2019ambiance d\u2019antan en voyant en salle, dès le 11 mai, Le redoutable de Michel Hazanavicius, à la compétition can- noise l\u2019an dernier.Godard est délicieusement campé par Louis Garrel dans cette comédie soixante-huitarde trépidante tirée du livre autobiographique d\u2019Anne Wiazemsky.Disparue l\u2019automne dernier, l\u2019actrice d\u2019Au hasard Balthazar de Robert Bresson, seconde épouse de Godard et héroïne de sa Chinoise, y revit un peu nunuche sous les traits de Stacy Martin, aux côtés de son intello de mari s\u2019agitant à Paris, sur la Côte d\u2019Azur ou ailleurs.Bien avant Le redoutable, Cannes 68 astiquait sa légende, évoquée là- bas par les vétérans journalistes avec trémolos dans la voix : « J\u2019ai fait la guerre, moi, madame ! » Et leurs voix émues d\u2019évoquer Carlos Saura et Geraldine Chaplin s\u2019accrochant aux rideaux de scène pour les empêcher de s\u2019ouvrir sur la projection de leur Peppermint frappé, sous hauts cris des cinéphiles.Truffaut, Godard, Lelouch, Berri fouettaient l\u2019ardeur des belligérants.«Tout ce qui est un peu digne et important est arrêté en France, je propose que nous arrêtions Cannes pour réunir les états généraux du cinéma français», avait lancé le cinéaste des 400 coups.On ne s\u2019ennuyait pas au temps de gros tumultes.Requiem for a Dream Le Festival avait pourtant été inauguré en grande pompe par la version restaurée d\u2019Autant en emporte le vent de Victor Flemming\u2026 avec Grace de Monaco en maîtresse de cérémonie.Deux Beatles, George Harrison et Ringo Starr, déambulaient sur la Croisette.Orson Welles aussi.Enflammez-moi tout ça ! Rappelons que le milieu du cinéma s\u2019était mobilisé pour défendre Henri Langlois, le mythique et brouillon directeur de la Cinémathèque française, limogé de son poste d\u2019administrateur (puis rétabli sous la pression) par André Malraux, ministre de la Culture.Les troupes étaient réchauffées, parées pour les grèves et les débats, les manches déjà relevées.Regarder des films alors que le Tout-Paris rebelle montait aux barricades, allons donc! «Assez de verbiage, de l\u2019action!» clamait l\u2019acteur Michel Piccoli, avant d\u2019amorcer avec un groupe d\u2019irréductibles, d\u2019Emma- nuelle Riva à Delphine Seyrig, de Jean Poiret à Alain Resnais, une marche de protestation silencieuse.Des membres du jury rendirent leurs tabliers: Louis Malle, Monica Vitti et Terence Young.Polanski, moins convaincu par la cause, leur emboîta le pas.Pas de deux, court métrage du maître de l\u2019animation montréalais Norman McLaren, avait eu le temps d\u2019être projeté, tout comme Histoires extraordinaires, œuvre adaptée de nouvelles d\u2019Edgar Allan Poe par Fellini, Malle et Vadim.Aussi Au feu, les pompiers du regretté cinéaste tchèque Milos For- man, bientôt retiré par ses soins.D\u2019autres films devaient remiser leurs bobines.Qu\u2019importe ?Aucun palmarès ne fut décerné cette année- là.Neuf jours après le début de ce 21e Festival, en l\u2019année de sa majorité pas silencieuse, il fut déclaré clos par son président, Robert Favre Le Bret, cinq jours avant terme.Dès l\u2019année suivante allait naître sur ce terreau La Quinzaine des réalisateurs, section parallèle toujours verte, destinée à contrer l\u2019académisme de la Sélection officielle contestée par ces insurgés, poings levés.Rouvrir les pages du grand livre de Cannes sur l\u2019an de grâce 1968, c\u2019est entrer avec quelques vivants assagis dans un cimetière peuplé d\u2019immortels du 7e art.Requiem for a Dream : on emprunte du coup le titre du film d\u2019Aronofsky.Car veut, veut pas, la planète sera surtout passée en 50 ans de cette utopie forgée au désir de changer le monde à une affolante dystopie : dérive des populations, changements climatiques, déclin des espèces animales, dont Cannes et tout le cinéma témoignent aux quatre vents.Nul ne se cramponne plus là-bas aux rideaux de scène pour empêcher les projections de films au nom des lendemains qui chantent.L\u2019audience a plutôt peur que le ciel lui tombe sur la tête, des attentats terroristes aussi.Ah! que reviennent ces temps bénis\u2026 Odile Tremblay Chronique motivations psychologiques.Mais le danger, lorsqu\u2019on a exploré le sous- texte, c\u2019est d\u2019avoir envie de l\u2019appuyer.Et on se rend compte que ça ne fonctionne pas.Dès qu\u2019on montre trop ce qu\u2019il y a en dessous, tout s\u2019écroule.» Fasciné par une œuvre dont l\u2019équipe n\u2019a pas encore épuisé la richesse, François Létourneau compare la partition à un poème: les mots n\u2019y sont pas simplement l\u2019expression des émotions.«Aussi, c\u2019est une pièce ambiguë à plusieurs égards.Et il faut conserver cette ambiguïté, laisser le texte ouvert.» À reculons Pendant sept ans, Emma a trompé son mari Robert avec le meilleur ami de celui-ci, Jerry.Quoi de plus banal comme situation ?Sauf que l\u2019auteur du Retour la raconte à rebours.Une structure qui fait triper l\u2019auteur québécois.« On en a vu beaucoup, des textes déconstruits.Moi, j\u2019avais fait ça dans Cheech.Mais en 1978, c\u2019était extrêmement audacieux.» Cette chronologie à reculons permet au spectateur de porter un regard diffé- rent sur les scènes, de faire l\u2019inventaire, à travers les indices disséminés, d\u2019une série de trahisons, petites ou grandes.La trahison est comparable à «un virus qui se propage», dans cette histoire où chacun a trompé les autres.«Au fond, ce n\u2019est pas du tout une pièce sur l\u2019adultère.C\u2019est une pièce qui parle des mensonges qu\u2019on raconte aux autres, mais aussi de tous ceux qu\u2019on se conte à soi- même.Et des conséquences.Mais ce n\u2019est pas moralisateur.» Campée dans le milieu littéraire, la pièce, traduite par Maryse Warda en « bon français québécois », aborde aussi la trahison de leurs idéaux de jeunesse par les personnages masculins.« Quand ils étaient jeunes, ils s\u2019envoyaient des poèmes.Et là, devenus agent et éditeur, ils parlent des auteurs comme si c\u2019étaient des commodités\u2026» L\u2019homosocialité Les personnages traitent souvent ces situations émotives avec une civilité d\u2019allure terriblement British.Un défi, puisque les mots y servent autant à camoufler qu\u2019à dire, selon François Létourneau.« Dans l\u2019écriture de Pinter, les personnages sont toujours en train de cacher ce qu\u2019ils pensent vraiment.Et ils se ser vent des mots comme d\u2019une arme.Il y a des dynamiques de pouvoir assez hallucinantes dans toutes les scènes.» Privilégiant un « point de vue masculin », Trahison met aussi en lumière l\u2019importance de l\u2019amitié entre hommes.Un thème très important chez Pinter.L\u2019un des essais lus par le comédien qualifiait cette dimension d\u2019homosocialité.« Il y a ça chez Pinter: l\u2019idée que, dans le fond, c\u2019est entre gars qu\u2019on est bien.Mais on a besoin des femmes parce qu\u2019on les aime\u2026» Le personnage de l\u2019amant permet à François Létourneau d\u2019aborder un type de rôle sérieux qu\u2019on le voit peu jouer, très différent des «dingos» qu\u2019il campe dans ses propres comédies.Un rôle pourtant «pas si loin» de lui et qui renoue avec ceux qu\u2019il incarnait au Conservatoire.Là où, rappelle-t-il en riant, ses professeurs lui prédisaient une carrière riche en théâtre classique! (Il n\u2019en a jamais fait.) Occupé ces temps-ci à écrire un film et une nouvelle télésérie originale, le créateur juge inspirante la polyvalence de Pinter, qui s\u2019est lui-même promené entre différentes formes d\u2019art.Il loue aussi la façon dont le dramaturge, mort en 2008, parlait de l\u2019écriture.« Souvent, comme auteur, on se fait demander ce qu\u2019on a voulu dire.Lui répondait toujours : je ne peux pas vous l\u2019expliquer autrement que par le texte que j\u2019ai écrit ; c\u2019est tout ça que je voulais dire.Parfois, ça m\u2019énerve un peu de toujours avoir à justifier un projet artistique avec des considérations morales ou un message.J\u2019aime qu\u2019une pièce, ça puisse être une façon de dire mille choses, parfois contradictoires.C\u2019est ça, Trahison.Une pièce qui fait confiance à notre intelligence.» Trahison Texte d\u2019Harold Pinter, mise en scène de Frédéric Blanchette, traduction de Maryse Warda, au Théâtre du Rideau vert du 8 mai au 9 juin Sur la Croisette des soixante-huitards L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e 6 | L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Il fait apparaître des poissons rouges pour Hélène Bourgeois Leclerc, devine les pensées de Jean-René Dufort, régurgite l\u2019anneau de Véronique Cloutier après l\u2019avoir fait mystérieusement disparaître à travers son cou, l\u2019illusionniste Luc Langevin semble capable de tout.Après avoir vu ses prouesses au petit écran, on rêve de voir Luc Langevin livrer une performance en personne.Son spectacle Demain, maintenant, est en tournée à travers le Québec tout l\u2019été, après un passage à Montréal et à Québec en avril.Le bougre sera aussi en supplémentaires au théâtre Maison- neuve à la fin du mois de novembre.Illusion parfaite Caroline Montpetit Le livreur de pizza Abdullah Asif se fait assassiner et l\u2019enquête démarre.La série Collateral de la BBC, coproduite et diffusée ici par Netflix, propose en quatre épisodes un instantané des rapports de la société britannique avec les migrants avec, au passage, une impressionnante galerie de personnages, dont une soldate, un député et une inspectrice enceinte jouée par Carey Mulligan.Cette série engagée à gauche de David Hare a été reçue à coups de bâtons pour cette exacte raison par le quotidien The Telegraph.Ce n\u2019est vraiment pas une raison pour s\u2019en priver.Collateral, l\u2019atypique production Stéphane Baillargeon Passé à Danse Danse en 2009, Sutra avait charmé.En scène: un gamin charmant, un chorégraphe belge chouchou \u2014 Sidi Larbi Cherkaoui \u2014 et 19 moines maîtres de kung-fu, avec leurs corps capables de tout, fuselés loin des créneaux conventionnels de force ou de beauté.Et une chorégraphie faite de codes de katas et de combat, tout en évitant la redondance par l\u2019opposition avec le corps «de danseur» de Cherkaoui et l\u2019utilisation d\u2019une scénographie simple et hyperefficace.Une pièce bien écrite, disait-on en critique, «avec ce qu\u2019il faut de spectaculaire, d\u2019humain et de touches d\u2019humour pour plaire à tous».À voir (ou revoir) jusqu\u2019au 9 mai.Danse, mon moine, danse Catherine Lalonde La présence incandescente d\u2019Emmanuel Schwartz accolée au texte magnifique de Laurent Gaudé Le tigre bleu de l\u2019Euphrate, ces jours-ci au Quat\u2019Sous, dans une mise en scène de Denis Marleau, est du grand art.Une scène blanche en guise de sarcophage célèbre le combat ultime d\u2019Alexandre Le Grand contre la mort.Il a 32 ans à Babylone en 323 avant notre ère.Son parcours de conquérant est fait de bruit et de fureur.Bourreau et héros, personnage shakespearien avant la lettre, sa cérémonie des adieux touche au sublime, sur un souffle, des râles, des cris, le corps bientôt en transe du comédien en traversée au bout de lui-même.La cérémonie des adieux Odile Tremblay ENTREVUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR ouer dans une pièce d\u2019Eugène Ionesco, Monique Miller ne l\u2019avait pas fait depuis\u2026 «50 ans ! Mais oui, Rhinocéros avec Jean Besré au printemps 1968 au TNM.Des têtes de rhinocéros étaient accrochées partout dans la salle.Où sont donc passées ces têtes?» se demande la comédienne.La voici attelée à une partition plus exigeante du maître de l\u2019absurde : celle des Chaises, au même Théâtre du Nouveau Monde, cette fois aux côtés de Gilles Renaud sous mise en scène de Frédéric Dubois.Sa mémoire proverbiale, elle l\u2019a entretenue comme un muscle, mais répète sans relâche.Ici, les comédiens interprètent plusieurs rôles, ceux de deux vieux époux et des spectateurs fantomatiques conviés sur leur île.«Dans cette farce tragique, chacun essaie de se rattraper et de rattraper l\u2019autre en créant un mystère, pour s\u2019élever, pour atténuer les tensions, pour être capables de se supporter», explique-t-elle.À son avis, il faut être fusionnels pour jouer Les chaises.«J\u2019aime la générosité de Gilles Renaud, son ardeur, sa curiosité.On est toujours meilleur avec un bon partenaire.Et puis, ça me permet de travailler avec Frédéric Dubois, qui a tant adapté Ionesco et peut prendre certaines libertés face à ses didascalies.Ionesco trouvait fatigant de transpor ter toutes ces chaises, alors il suggérait de faire jouer la pièce par de jeunes comédiens, mais ce n\u2019est pas si lourd\u2026» Une classe, une sensibilité, une précision de jeu, une passion vive : Monique Miller peut trimballer toutes les chaises du monde, apprendre des textes-fleuves et se démultiplier sur scène.La dame a le feu du diable.Par ici, ces derniers temps, Choinière, Molière, Shakespeare, Tremblay et Ionesco ! La nostalgie, Monique Miller n\u2019aime guère, mais en voyant le «people» occuper tant de place, elle soupire: «Ça abrutit les gens.Et si on n\u2019a pas été dans un téléroman la veille, les moins de 40 ans ne vous connaissent plus\u2026» Au cours des décennies 1960 et 1970, le Québec s\u2019ouvrait aux arts.«On me parlait dans la rue de mes téléromans, mais aussi du Soulier de satin de Clau- del.C\u2019était l\u2019époque où Radio-Canada produisait de la culture\u2026» Elle a tant aimé travailler auprès du réalisateur Paul Blouin à la télé.Louis-Georges Carrier, Marcel Dubé, Hubert Aquin au sommet de leur carrière furent pour elle d\u2019autres guides.Se mettre en bouche du Lorca, du Musset, du Pirandello, du Roch Carrier aura affiné sa vision du monde.L\u2019art demeure son pain quotidien.Spectatrice assidue au théâtre, grande lectrice avec prédilection pour Proust, Dostoïevski, Hemingway, amoureuse du théâtre de Tchekhov, à l\u2019écoute de Mozart, mais ouverte à toutes les modernités, Monique Miller.Côté joual, côté Claudel La première des douze fois qu\u2019elle a joué sous la direction de Serge Denon- court, c\u2019était dans Vu du pont d\u2019Arthur Miller au TPQ, en 1990.«Le père de Serge lui avait demandé: \u201cÇa fait quoi, un metteur en scène ?\u201d Il avait répondu : \u201cÇa donne des notes\u2026\u201d \u201cTu ne vas pas donner des notes à Monique Miller?\u201d» Elle rit.«J\u2019ai toujours suivi les jeunes metteurs en scène.» La comédienne était entrée intimement dans la tribu Gascon par son mari François, régisseur, frère de Monique Miller, à toutes les aubes De Tremblay à Ionesco, de Shakespeare à Choinière, l\u2019actrice reste encore et toujours ouverte à toutes les modernités Pas d\u2019âge dans le métier Être du bâtiment depuis plus de 70 ans, après avoir démarré à 11 ans dans les radioromans, c\u2019est se voir coiffer d\u2019une légende.Son père, radio électricien, s\u2019appelait Arthur Miller, comme le dramaturge des Sorcières de Salem.Ça ne s\u2019invente pas.Dans sa famille à Rosemont, elle lisait le journal et écoutait la radio.Assez pour rêver d\u2019entrer dans cette radio-là.«Enfant, j\u2019ai beaucoup vécu avec des adultes.D\u2019autant plus que j\u2019avais besoin de cours particuliers, travaillant durant les heures d\u2019école.» Adulte, la pyramide s\u2019est inversée.«Mes amis ont 25, 30 ans.Il n\u2019y a pas d\u2019âge dans mon métier.» En 2012, Sylvain Émard l\u2019a fait danser à la 5e Salle de la Place des Arts.Pas d\u2019âge non plus pour gambader.Si loin, si proches, ses premiers cours chez madame Jean-Louis Audet, son professeur de jeu et de diction.«Elle m\u2019a appris l\u2019accent tonique, la pose de voix, la phonétique, la respiration.Et comme ses élèves auditionnaient, j\u2019ai commencé de bonne heure à jouer pour la radio.Denise Pelletier et Janine Sutto ont si souvent interprété mes mères.Je les revois encore\u2026 » J Les chaises Texte d\u2019Eugène Ionesco.Mise en scène de Frédéric Dubois.Avec Monique Miller, Gilles Renaud, Jasmine Daigneault, Jean-François Guilbault, Alex- Aimée Martel, Rosalie Payotte.Une coproduction du TNM et du Théâtre des Fonds de tiroirs.Au TNM du 8 mai au 2 juin. | 7 C u l t u r e T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Monique Miller VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Jean et de Gabriel.«Plus vous êtes en contact avec cette nourriture des artistes, plus vous vous enrichissez.J\u2019ai été la compagne de Claude Léveillée, un des plus grands mélodistes du Québec.Il ne lisait pas la musique, mais sortait des choses d\u2019une musicalité extraordinaire.» La comédienne est reconnaissante à ses éclaireurs : « Jean-Louis Roux d\u2019abord, grand timide que les gens trouvaient froid, mais qui fit travailler tant de Québécois au TNM.Il m\u2019a fait jouer Claudel et incitée à lire les maîtres.Grâce à lui, j\u2019ai parlé joual six mois avant l \u2019avènement des Belles-sœurs de Tremblay, en 1967 au TNM dans une adaptation du Pygmalion de George Bernard Shaw.Le cockney de l\u2019héroïne était traduit en joual, qui s\u2019y prêtait parfaitement.» De façon naturelle Côté joual, Monique Miller jouera plus tard dans En pièces détachées de Tremblay et Alber tine , bien sûr.Marcel Dubé lui aura d\u2019abord offert d\u2019immenses rôles populaires, avec sommet en 1964 dans Zone, pièce rebelle qui créa le choc.À 17 ans, elle fut la belle Marie-Ange dans le film Tit-Coq de Gratien Gélinas (coréalisé avec René Delacroix), émouvante histoire d\u2019un garçon illégitime séparé de sa promise par la guerre.Muriel Guilbault, morte un an plus tôt, avait tenu le rôle au théâtre.Et son amoureux Claude Gauvreau connaissait bien Monique Miller.De fil en aiguille\u2026 «Gratien Gélinas avait 25 ans de plus que moi, mais il était sans âge à ce moment-là et la chimie fonctionnait entre nous.Je l\u2019avais prévenu : si vous n\u2019êtes pas gentil avec moi, je vais me mettre à pleurer.» Elle aura connu bien des aubes.« J\u2019étais là quand les choses débloquaient, mais ça se faisait de façon naturelle.Ainsi, en remplaçant Ginette Letondal, partie en France, pour le rôle de Marianne dans L\u2019avare de Mo- lière, dirigé par Jean Gascon.» La pièce fut la toute première production du TNM le 9 octobre 1951, événement fondateur.«J\u2019ai vu pour L\u2019avare Janine Sutto et Denise Pelletier courir partout.Elles avaient le trac, mais j\u2019étais trop jeune pour le comprendre.Peu après, un soir de première, ce mouvement dans mon corps\u2026 Le trac ne m\u2019a pas lâchée depuis.» La télé est apparue en son adolescence.L\u2019interprète de Cap-aux-Sor- ciers, de Septième nord et de Montréal P.Q.se projeta dans cette boîte-là aussi.Un regret : avoir refusé le rôle de Ré- jeanne Padovani dans le film de Denys Arcand, pour conflit d\u2019horaire.«Mais Luce Guilbault y a été fantastique.» Après ses débuts si prometteurs dans Tit-Coq, Monique Miller fut moins présente au grand écran que prévu.«À une époque, les cinéastes ne voulaient pas des acteurs de métier.» À l\u2019affiche toutefois de Pour le meilleur et pour le pire de Claude Jutra, Jésus de Montréal d\u2019Arcand, Mourir à tue-tête d\u2019Anne-Claire Poirier, Saint-Martyr- des-Damnés de Robin Aubert.D\u2019autres films suivront sans doute.Devant la passion qui l\u2019anime, on lui prédit encore son lot d\u2019audacieux défis.J\u2019aime la générosité de Gilles Renaud, son ardeur, sa curiosité.On est toujours meilleur avec un bon partenaire.Et puis, ça me permet de travailler avec Frédéric Dubois, qui a tant adapté Ionesco et peut prendre certaines libertés face à ses didascalies.MONIQUE MILLER » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 EN COLLABORATION AVEC PARTENAIRES PUBLICS 25 MAI AU 16 JUIN 2018 PRÉSENTE festivalclassica.com \u2022 450 912-0868, poste 101 (TAXES ET FRAIS DE SERVICES INCLUS DANS LES PRIX) PASSEPORT 185 $ Le passeport donne droit à un accès gratuit à tous les concerts.Certaines conditions s\u2019appliquent.19 h 30 32 Schubert et Puccini Basilique Sainte-Anne de Varennes 30, rue de La Fabrique, Varennes PRÉSENTÉ PAR VENDREDI 25 MAI 19 h 30 32 Célébrons Jacques Hétu LES SOLISTES DE L'OSM Église Saint-Augustin 15093, rue de Saint-Augustin, Mirabel PRÉSENTÉ PAR SAMEDI 26 MAI 19 h 32 Debussy impressions CORDÂME Saint Andrew's Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 19 h 32 Le retour d\u2019André Mathieu Paroisse Saint-Constant 242, rue Saint-Pierre, Saint-Constant PRÉSENTÉ PAR Saint-Constant MARDI 29 MAI JEUDI 31 MAI 20 h Musique et cinéma BRUNO PELLETIER Cocathédrale Saint-Antoine- de-Padoue 55, rue Sainte-Élizabeth, Longueuil PRÉSENTÉ PAR 19 h 32 Le Voyage d\u2019hiver avec RUSSELL BRAUN Paroisse catholique de Saint-Lambert 41, av.Lorne, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 20 h 32 Al\u2019mira Saint Andrew's Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR VENDREDI 1er JUIN VENDREDI 1er JUIN 21 h 32 Stradivarius et bandonéon STÉPHANE TÉTREAULT et DENIS PLANTE St.Lambert United Church 85, boul.Desaulniers, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 10 h 8 Spectacle jeune public Dodo et le fantôme d\u2019à côté NATALIE CHOQUETTE, ARIANE LAGACÉ, ALEXANDRU SURA Centre multifonctionnel 81, rue Hooper, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR SAMEDI 2 JUIN SAMEDI 2 JUIN 13 h 32 Schubert et Schumann, contrastes et contradictions MARINA THIBEAULT et JANELLE FUNG Saint Andrew\u2019s Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 14 h 32 Violon Xtreme Paroisse catholique de Saint- Lambert 41, av.Lorne, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 15 h 32 Les Rolling Stones de chambre St.Lambert United Church 85, boul.Desaulniers, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 16 h 30 32 Schubert NADIA LABRIE Saint Andrew\u2019s Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 19 h 32 Quatuor de guitares du Canada St.Lambert United Church 85, boul.Desaulniers, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 20 h 32 Libertango NATALIE CHOQUETTE, DOMINIC BOULIANNE et DOMINIC PAINCHAUD Paroisse catholique de Saint-Lambert 41, av.Lorne, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR DIMANCHE 3 JUIN 10 h 8 Spectacle jeune public Dodo et le fantôme d\u2019à côté NATALIE CHOQUETTE, ARIANE LAGACÉ, ALEXANDRU SURA Centre multifonctionnel 81, rue Hooper, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 13 h 30 32 Trios VALÉRIE MILOT, STÉPHANE TÉTREAULT ET ANTOINE BAREIL Saint Andrew\u2019s Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 15 h 30 32 Schubert intime ALICE ADER Paroisse catholique de Saint- Lambert 41, av.Lorne, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR HÉBERT MARSOLAIS Société de comptables professionnels agréés Certi?cation / Fiscalité / Services-Conseils 16 h 32 Musique de chambre inédite de Mathieu Saint Andrew\u2019s Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 16 h 30 32 Poésie des exilés SMAM St.Lambert United Church 85, boul.Desaulniers, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 20 h 32 Duos d\u2019amour Paroisse catholique de Saint-Lambert 41, av.Lorne, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR MARDI 5 JUIN MERCREDI 6 JUIN 19 h 32 Musique sacrée et découverte Église Sainte-Famille 560, boul.Marie-Victorin, Boucherville PRÉSENTÉ PAR 19 h 32 Polyphonie des Alpes COROU DE BERRA Centre socioculturel de Brossard 7905, av.San Francisco, Brossard PRÉSENTÉ PAR VENDREDI 8 JUIN DIMANCHE 10 JUIN MARDI 12 JUIN JEUDI 14 JUIN 19 h 32 Pelléas et Mélisande de CLAUDE DEBUSSY Paroisse de Saint-Bruno-de-Montarville 1668, rue de Montarville, Saint-Bruno-de-Montarville PRÉSENTÉ PAR 16 h 32 2e récital-concours international de mélodies françaises Saint Andrew's Presbyterian Church 496, av.Birch, Saint-Lambert PRÉSENTÉ PAR 19 h 32 Concerto de Québec Paroisse Our Lady of the Annunciation 1020, boul.Laird, Ville de Mont-Royal PRÉSENTÉ PAR 16 h GRATUIT Un pianothon de Centre Phi 407, rue Saint-Pierre, Montréal Espaces Rhino et A (1er étage) PRÉSENTÉ PAR EN COLLABORATION AVEC DANS LE CADRE DU 325e ANNIVERSAIRE DE LA PAROISSE SAINTE-ANNE | 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR ans une villa de location sise en plein désert, Richard et Jennifer s\u2019offrent du bon temps.Encore deux jours et arriveront Stan et Dimitri, les compagnons de chasse de Richard.D\u2019ici là, Jennifer sera partie.Mais voilà que les deux compères s\u2019amènent à l\u2019improviste, bousculant le plan batifolage de leur ami marié et de sa maîtresse.Commence alors le cauchemar de Jennifer : violée par Stan, elle est ensuite trahie par Richard, qui la pousse en bas d\u2019un ravin pour se couvrir.Blessée, la jeune femme ne meurt pas.Et elle n\u2019entend pas en rester là.Avec un tel descriptif, Revenge pourrait être un imbuvable film d\u2019exploitation.Or, c\u2019est avec brio que la réalisatrice Coralie Fargeat détourne les poncifs d\u2019un genre volontiers macho pour mieux conter le sanguinolent courroux de son héroïne.« L\u2019idée était de faire un film de genre qui serait un peu dans la lignée de ceux qui m\u2019ont plu, comme Kill Bill, Mad Max et Rambo, des productions qui construisent un héros qui va renaître de ses cendres après qu\u2019on a tenté de l\u2019anéantir.Un héros qui amène une dimension presque fantasmagorique au traitement de l\u2019histoire et l \u2019emmène quelque part hors de la réalité », explique Coralie Fargeat qui a écrit, réalisé et monté Revenge, son premier long métrage.«Ce que je ne voulais pas, poursuit- elle, c\u2019est un de ces films où le personnage féminin ne cesse de souffrir et de crier.Avec Jennifer, je souhaitais proposer une héroïne qui \u201cmue\u201d, qui abandonne une ancienne peau et en investit une autre.Une héroïne qui développe une nouvelle manière d\u2019habiter son corps.Et ça, oui, dans un contexte quasi fantasmagorique.Je désirais partir de cette fille qui est l\u2019archétype de la Lolita, jusqu\u2019à la sucette, qui est perçue comme faible et vide parce qu\u2019elle se présente au départ en superficialité, en jouant de son apparence physique.Dès qu\u2019elle cesse de correspondre aux attentes que les hommes projettent sur elle, ils vont tenter de la rayer de la carte.» Élément extrême Le viol, que Coralie Fargeat suggère sans le montrer, mais avec une force d\u2019évocation terrible, était selon elle une composante nécessaire du récit.« C\u2019est l\u2019élément le plus extrême, le plus violent.C\u2019est une culmination, car d\u2019autres violences \u2014 psychologiques et verbales notamment \u2014 ont été infligées à Jennifer auparavant.Ce viol et ce qui s\u2019ensuit illustrent une idée que certains hommes ont de la femme, soit un objet de consommation qu\u2019on peut, oui, jeter après usage.» À cet égard, chaque personnage masculin incarne une forme de violence.Richard, l\u2019amant marié, est la masculinité toxique faite homme.Derrière son regard de miel : une soif de contrôle et une capacité infinie à dominer, à réduire et à broyer.Stan, le violeur, incrimine quant à lui la victime, qu\u2019il déclare trop aguichante.Dimitri, c\u2019est le lâche, le facilitateur coupable qui voit mais laisse faire.«Ce sont trois salauds.C\u2019est poussé loin, mais ça représente assez les mécanismes d\u2019une violence qui peut s\u2019abattre sur les femmes de plein de manières différentes», note l\u2019auteure.Lieu symbolique À cet égard, un des aspects qui distingue le film est qu\u2019en dépit du titre, la revanche n\u2019est pas l\u2019objectif initial de Jennifer.Dans un premier temps, elle ne cherche qu\u2019à survivre.C\u2019est lorsque Richard et ses amis, constatant qu\u2019elle s\u2019en est sortie, se mettent à la traquer qu\u2019elle décide de leur donner la chasse en retour.En toile de fond : une étendue sans pitié de roche et de chaleur.Cet environnement, révèle la cinéaste, était dès la conception partie prenante du personnage de Jennifer.«Graduellement, elle va se fondre aux éléments naturels, fusionner avec le désert.Elle développe un rapport très animal à l\u2019environnement.Ce décor confère une symbolique à la renaissance de l\u2019héroïne, qui au début est dans l\u2019artifice d\u2019une beauté très apprêtée et mise en scène, et qui en vient, petit à petit, à faire corps avec la nature.» À faire corps avec la terre, la montagne, le soleil qui lui insuf fle une nouvelle force vitale.« C\u2019est très solaire, oui ; tellurique.» Folie et excès Dans ce paysage, la cinéaste voyait en outre un acteur à part entière de son récit ; un élément primordial de sa mise en scène.« Ce désert, mais aussi cette villa luxueuse au bon goût fabriqué, appuie la folie et l\u2019excès qui couvent.Ce parti pris formel participait d\u2019une volonté de traiter l\u2019histoire d\u2019une manière beaucoup plus globale qui dépasserait, ou plutôt s\u2019affranchirait des codes du réalisme.Ce désert devient aussi, un peu, le miroir de la psychologie des personnages masculins.C\u2019est-à-dire qu\u2019à mesure qu\u2019ils perdent leur humanité, qu\u2019ils s\u2019éloignent de la civilisation, qu\u2019ils deviennent de plus en plus fous justement, ils s\u2019enfoncent dans ce paysage de plus en plus rude, de plus en plus chaud, de plus en plus violent : un peu comme un enfer sur terre.Un enfer qui les engloutit un à un.» À l\u2019inverse, Jennifer est désormais en harmonie avec cet environnement impitoyable.Baroque, opératique Pendant l\u2019écriture, Coralie Fargeat s\u2019est posé la question de la violence : comment la filmer, jusqu\u2019où aller, et pourquoi.«Très tôt dans le processus, je savais que je voulais m\u2019éloigner d\u2019une violence réaliste comme on peut la voir dans certains films d\u2019horreur dont le but est de montrer la souffrance des personnages avec un réalisme parfois clinique.Je voulais au contraire créer quelque chose de beaucoup plus baroque, opératique.» Pour décrire sa vision de la finale, qui boucle la boucle en revenant à la villa, la cinéaste mentionne Shining et son déferlement d\u2019hémoglobine entré dans l\u2019imaginaire collectif.« J\u2019ai opté pour une violence qui va tellement loin dans son côté excessif que ça confine presque à l\u2019absurde sans y sombrer.C\u2019est presque poétique, presque métaphysique.» Et c\u2019est complètement mémorable.Revenge prend l\u2019affiche le 11 mai.Coralie Fargeat et la métaphysique du gore La cinéaste déconstruit et détourne les poncifs machos du film d\u2019horreur dans Revenge Un des aspects qui distingue le film est qu\u2019en dépit du titre, la revanche n\u2019est pas l\u2019objectif initial du personnage de Jennifer.MONKEY PACK FILMS D L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e L a l e ç o n d e p i a n o a 2 5 a n s 1 0 | Il y a 25 ans, Jane Campion devenait la première réalisatrice à remporter la Palme d\u2019or avec son superbe film La leçon de piano.Bon an mal an, on s\u2019attarde au nombre jugé, tantôt trop peu élevé, tantôt encourageant, de femmes sélectionnées en compétition officielle du plus grand festival de cinéma qui s\u2019ouvre mercredi.Il reste que la cinéaste néo-zélandaise demeure, à ce jour, la seule à avoir été récompensée de la sorte.Parole de femme L\u2019héroïne muette de Jane Campion n\u2019a rien perdu de son pouvoir de fascination C Ada en vient à s\u2019éprendre de George, faux rustre cachant une vraie sensibilité.PHOTOS CFP DISTRIBUTION ANALYSE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR e n\u2019est pas un secret, à Cannes comme ailleurs, les voix de réalisatrices peinent encore à être entendues.À l\u2019heure où la parole des femmes se libère enfin, il fait bon revisiter La leçon de piano qui, signe d\u2019une pertinence pérenne, traite de cet enjeu précis, métaphoriquement, à travers son héroïne muette.La protagoniste se présente dans un prologue campé en Écosse, vers 1850.Elle s\u2019appelle Ada (Holly Hunter, lauréate d\u2019un Oscar) et explique que cette voix qui narre n\u2019est pas la sienne, mais celle de son esprit.À l\u2019âge de six ans, Ada a en effet arrêté de parler.Elle n\u2019a pas soufflé mot depuis, communiquant par écrit et par la langue des signes : sa fille Flora, huit ans (Anna Paquin, désignée meilleure actrice de soutien), est sa traductrice.Le mode d\u2019expression privilégié d\u2019Ada est cela dit le piano, par le truchement duquel elle extériorise ses humeurs et états d\u2019âme.Ada, annonce-t-elle, vient d\u2019être «donnée » en mariage par son père à un propriétaire terrien de Nouvelle- Zélande, Alisdair (Sam Neill).Choisir le mutisme Ada affirme ne pas savoir elle-même pourquoi elle a choisi le mutisme.On hasardera que c\u2019est peut-être parce qu\u2019il s\u2019agit justement de cela, un «choix», en l\u2019occurrence l\u2019un des rares à la disposition d\u2019une femme à une époque où père, frère ou mari sont seuls maîtres de sa destinée.Dans un essai intitulé Choosing Silence: Defiance and Resistance without Voice in Jane Campion\u2019s the Piano publié par Women and Langage, les pro- fesseures Mary M.James et Kristen J.Fatzinger voient en Ada une femme qui résiste aux diktats victoriens.«À mesure que cette femme refuse de se conformer aux mœurs du temps, elle parvient à \u201ctrouver sa voix\u201d à ses propres conditions.» Dans un contexte où l\u2019on attend d\u2019une femme la docilité, c\u2019est-à-dire, entre autres, qu\u2019elle parle et se taise sur demande, l\u2019attitude d\u2019Ada en est une de rébellion, estiment les au- teures : « Ada choisit le silence dès l\u2019âge de six ans, non pour échapper à l\u2019oppression de sa culture, mais pour la défier.» Son silence lui donne, en quelque sor te, un cer tain contrôle sur son sor t : « Elle préfère se taire plutôt que de parler sans être entendue.» Intériorité et symbolisme Or, « entendue », Ada l\u2019est, mais du public.Cela, grâce au recours à la voix hors champ déjà évoquée.Ce procédé narratif est judicieusement employé par Jane Campion, qui ne l\u2019utilise pas pour expliciter l\u2019action comme c\u2019est trop souvent le cas, mais plutôt pour instaurer d\u2019of fice une intimité avec l\u2019héroïne.La cinéaste donne, littéralement, accès à l\u2019intériorité d\u2019Ada.Ada qui, accompagnée de sa fille Flora, arrive sur l\u2019île d\u2019Alisdair par temps gris, sur une mer démontée.Lorsqu\u2019il vient les quérir flanqué de serviteurs maoris (la toile de fond colonialiste n\u2019est pas accidentelle) et de son homme de main, un certain George (Harvey Keitel), Alisdair déclare qu\u2019il ne peut prendre le piano.L\u2019instr ument restera donc sur la plage, au grand désarroi d\u2019Ada.Un désarroi que la cinéaste symbolise avec les éléments : cette mer hostile et ces cieux lourds, oui, mais aussi ces trombes d\u2019eau comme des larmes qui tombent, ou encore cette boue qui rend difficiles les moindres déplacements d\u2019Ada.D\u2019ailleurs, l\u2019île et la propriété sont des prisons pour Ada : peu après le mariage qu\u2019elle présente comme un simulacre ridicule, Campion filme Holly Hunter à travers une fenêtre couverte de pluie Son silence lui donne, en quelque sorte, un certain contrôle sur son sort : « Elle préfère se taire plutôt que de parler sans être entendue » | 1 1 C u l t u r e L a l e ç o n d e p i a n o a 2 5 a n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Détails et billets coupsdetheatre.com 514 499-2929 LUNDI 21 MAI LAISSEZ-VOUS TRANSPORTER! Offrez-vous une journée de découvertes culturelles et de surprises en famille! danse | théâtre | lunch | transport + vedettes du petit et grand écran dont les petits bois ressemblent alors à des barreaux.Se met ensuite en place, entre Ada, Alisdair et George, une dynamique ne relevant pas tant du triangle amoureux que de la lutte de pouvoir : Alisdair considère Ada comme son bien et entend la forcer à l\u2019aimer, George ramène le piano chez lui afin de négocier l\u2019affection d\u2019Ada.Quant à la principale intéressée, elle désire récupérer ce qui est plus qu\u2019une possession, mais une part d\u2019elle-même.Une prison à soi Initialement, Ada rejette les deux hommes.Puis, elle en vient à s\u2019éprendre de George, faux rustre cachant une vraie sensibilité, par opposition à Alisdair, faux gentleman dissimulant une vraie brutalité.Lors du dénouement, alors qu\u2019elle quitte l\u2019île avec Flora et George, Ada est prête à se laisser sombrer avec son piano.Cet instrument qu\u2019elle a caressé et chéri aura aussi été un boulet auquel Ada s\u2019est enchaînée \u2014 une idée que la cinéaste renforce en montrant Ada emmêler son pied à la corde attachée au piano sur le point de couler.Le mode d\u2019expression d\u2019Ada est devenu, paradoxalement, une autre prison.À la dif férence que celle-là, c\u2019est elle- même qui s\u2019y est enfermée.À terme, Ada décide de défaire le lien et de remonter à la sur face.« Quelle mort ! Quel hasard ! Quelle surprise ! Ma volonté a choisi la vie », s\u2019étonne-t-elle en voix hors champ.Tout autour, la mer est calme.Flora s\u2019étant elle aussi rebellée en amont, refusant dorénavant d\u2019être la messagère, s\u2019affranchir de son piano signifie en outre pour Ada qu\u2019elle ne se taira plus désormais.« J\u2019apprends à parler.J\u2019ai encore honte du son de ma voix.Je ne m\u2019exerce que lorsque je suis seule, dans le noir », confie-t-elle lors de l\u2019épilogue.Après la leçon Depuis La leçon de piano, le thème de l\u2019affranchissement, personnel ou social, avec pour figure centrale une héroïne, est demeuré prévalent dans l\u2019œuvre de Jane Campion \u2014 il l\u2019était déjà dans ses premiers films, Sweetie et Un ange à ma table (An Angel at my Table).Il est au cœur de son adaptation sublime et trop peu vue de Portrait de femme (Portrait of a Lady), avec Nicole Kidman, d\u2019après Henry James.Il court en filigrane du face à face entre Kate Winslet, rescapée de secte résiliente, et Harvey Keitel, dé- programmeur macho, orchestré dans Le feu sacré (Holy Smoke !).Il est manifeste dans À vif (In the Cut), où les codes du thriller érotique et du film noir sont subvertis.Meg Ryan y joue une intellectuelle émancipée qui entame une liaison avec un flic, ce dernier étant peut- être un tueur en série.Ici, l\u2019ambiguë « femme fatale » est un homme.Dans Mon amour (Bright Star), sur la passion amoureuse qui naquit entre John Keats et Fanny Brawne, la cinéaste épouse le point de vue de la jeune femme et non celui du célèbre poète.Anticonformiste, Fanny Brawne fut des deux celle qui initia la joute de séduction.Seulement quatre longs métrages en 25 ans, malgré une Palme d\u2019or et un Oscar (meilleur scénario original).Salut télévisuel Lasse de chercher à convaincre, en vain, des studios d\u2019investir dans ses projets, Jane Campion s\u2019est tournée vers la télévision en 2013 avec la mi- nisérie Top of the Lake, dont la protagoniste, une détective incarnée par Elisabeth Moss, s\u2019inscrit dans la lignée de ses héroïnes antérieures.Dans cette forme plus longue, la réalisatrice a trouvé un canevas idéal pour explorer plus avant ses préoccupations, par exemple la manière dont s\u2019y prend une femme pour survivre dans un monde patriarcal, puis s\u2019élever au-dessus de celui-ci.La première saison comptait Holly Hunter dans sa distribution.La seconde, en 2017, a ramené Nicole Kidman dans le giron de la cinéaste, qui affiche toujours une forme créatrice splendide.Jane Campion a peut-être momentanément renoncé au grand écran, mais elle n\u2019en continue pas moins de faire du cinéma.De faire entendre sa voix.Ada, accompagnée de sa fille Flora, arrive sur l\u2019île d\u2019Alisdair par temps gris, sur une mer démontée. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | ENTREVUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR vlyne Haddad, son conjoint Hani Hreiz et leur fillette Lamitta ignoraient sûrement tout du village de Saint-Ubalde dans la région de Portneuf, trop occupés à survivre sous les bombes et au milieu du chaos infernal de la guerre en Syrie.Mais à un moment très précis de leur vie, cet endroit, ils l\u2019ont vite imaginé comme un petit coin de paradis, et sur tout leur seule et unique planche de salut.Or, ce n\u2019est pas leur histoire que nous racontent les documentaristes Nadine Beaudet (Le chant des étoiles, Le cosaque et la gitane) et Christian Mathieu Fournier (Nallua, Léandre Bergeron, avec conviction, sans espoir) dans La maison des Syriens.C\u2019est d\u2019abord celle d\u2019un comité de parrainage prêt à déployer tous les efforts pour accueillir cette petite famille, trois personnes parmi 12 millions de Syriens déplacés à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur de leur pays dévasté.Rénovation d\u2019une maison, activités de financement, combat dans les dédales de l\u2019État et du système scolaire (pour assurer leur francisation), les protagonistes ont appris la débrouillardise, mais surtout l\u2019art exigeant de la patience.Cette attente propre à anesthésier la plus grande des ferveurs, les deux cinéastes voulaient l\u2019obser ver et mettre en lumière un autre aspect de la ruralité, ou plutôt battre en brèche certains préjugés, observant des gens volontaires, ouverts sur le monde.Or, ils le reconnaissent, « l\u2019attente aussi nous a surpris», confesse Nadine, filmant les premières réunions quelques semaines à peine avant l\u2019arrivée soi-disant imminente de la famille, soit en janvier 2016.Ils auront alors tout le temps qu\u2019il faut pour illustrer le passage des saisons à Saint-Ubalde et montrer aussi jusqu\u2019à quel point cette entreprise était complexe et délicate.Une armada humanitaire Même si le couple de cinéastes habite à 20 km de son sujet, ce long processus avait ses inconvénients.« Nous étions rendus aux 4/5 du montage, et la famille n\u2019était toujours pas ar rivée, évoque aujourd\u2019hui Christian sur un ton amusé.Nous L\u2019art exigeant de la patience Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier observent la longue attente d\u2019un comité d\u2019accueil de réfugiés syriens Les documentaristes Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier racontent l\u2019histoire d\u2019un comité de parrainage prêt à déployer tous les efforts pour accueillir une famille syrienne.IZABEL ZIMMER / LES VUES DU FLEUVE espérions une belle fin.» Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle sur vienne, ils ont croisé plusieurs personnages attachants, et par fois même surprenants.Nawal Hanchi, une immigrante d\u2019origine tunisienne bien enracinée dans la région, fut fort utile pour faciliter les contacts en langue arabe avec cette famille qui ne parlait ni anglais ni français, et Noël Malo, un Québécois d\u2019origine syrienne qui n\u2019a pas mis les pieds dans son pays depuis\u2026 46 ans, apporte une autre perspective sur le thème du déracinement.Entre eux et les membres du comité, véritable petite armada humanitaire, émerge la figure de Margot Moisan.Cette femme a accepté de bonne grâce de prêter la maison de ses parents, un don aussi généreux qu\u2019imposant.Les deux cinéastes ignoraient qui elle était .« Nous voulions bien sûr la rencontrer, et on est tombés sur un véritable personnage, se réjouit Christian.Elle est devenue la narratrice, l\u2019image de la grand-mère du Québec, celle qui réconforte, sur laquelle on peut s\u2019appuyer.» L\u2019enthousiasme est partagé par Nadine.«Ce n\u2019est pas le comité de Saint- Ubalde qui accueillait une famille syrienne, c\u2019est toute une communauté, et Margot l\u2019incarne très bien par son ouverture d\u2019esprit, son bon jugement et sa simplicité désarmante.» Comme un voilier sur la mer Le portrait n\u2019est pourtant pas toujours idyllique, et sans esquiver la question de l\u2019intolérance et de la xénophobie, les cinéastes ont choisi d\u2019y faire une brève allusion lors d\u2019une séance d\u2019information où une cer taine tension était palpable.« Dans l\u2019attente, tout n\u2019est pas rose, admet Christian, et on voulait montrer que la peur et la méfiance étaient aussi présentes en milieu rural, sans s\u2019y attarder, car le comité ne s\u2019y est pas attardé.» « Ça existe dans la société québécoise, enchaîne Nadine, mais ce n\u2019est pas ça qui prime.Le comité de Saint- Ubalde, je le vois comme un voilier sur la mer : il traverse toutes sortes d\u2019épreuves, mais il maintient le cap.» Ce n\u2019est pas jouer au divulgâcheur que de révéler que l\u2019attente de toute une communauté fut largement récompensée, les deux cinéastes préférant ranger leur caméra une fois le miracle accompli.Mais après plus d\u2019un an d\u2019observation, de tournage et d\u2019attente, ils voulaient boucler la boucle de belle façon.« Quand nous sommes allés les chercher à l\u2019aéroport, se souvient Christian avec émotion, ce qu\u2019ils possédaient tenait dans le coffre de ma voiture : c\u2019était tout ce qu\u2019il restait de leur vie en Syrie.» Plus tard, le film de Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier leur a fait comprendre à quel point Saint- Ubalde serait pour eux bien plus qu\u2019une terre d\u2019accueil.La maison des Syriens prendra l\u2019affiche au Cinéma Beaubien à Montréal et au cinéma Le Clap à Québec le vendredi 11 mai.E | 1 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Marie Brassard signe une mise en scène d\u2019une originalité exemplaire, fortement émue par le texte puissant d\u2019Evelyne de la Chenelière.La mise en scène captivante, cérémoniale et dans une zone d\u2019inconfort majestueux.Pari gagné propositions de l\u2019année.Élie Castiel, revuesequences.org angoissante.La metteuse en scène Marie Brassard orchestre cela de main de maître.Jean-Philippe Roy, revuejeu.org entraîner dans ce délire existentiel en créant est pleine d\u2019inventions et d\u2019audaces.Une œuvre Gilles G.Lamontagne, sors-tu.ca La vie utile.L\u2019écriture de la Chenelière et son interprétation force l\u2019admiration et nous déconcerte, nous sortant, de façon assumée, de la zone de confort pendant plusieurs jours.Gabrielle Brassard, montheatre.qc.ca CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR En l\u2019espace de quelques mois, deux films coiffés du même titre, Ava, ont surgi sur nos écrans, donnant de l\u2019adolescence féminine une vision d\u2019une rare gravité, et au ton très personnel.L\u2019héroïne de la cinéaste française Léa Mysius, elle la dénude pour mieux en révéler toutes les contradictions, mais celle de la cinéaste mont- réalaise d\u2019origine iranienne Sadaf Fo- roughi, couverte de la tête aux pieds, arrive de plus en plus mal à camoufler la colère qui la ronge.Même si l\u2019on perçoit difficilement le chaos perpétuel d\u2019une ville comme Téhéran, Sadaf Foroughi se cantonnant le plus souvent dans des intérieurs étouffants et une école à la décoration austère, la chape de plomb morale qui encercle ses habitants est bien présente.Or, la rigidité des parents, celle des professeurs, sans compter la futilité des chicanes entre camarades de classe, tout cela présente un air familier en nos contrées, des résonances que l\u2019on pourrait croire impossibles tant ce monde semble éloigné du nôtre.Or, rien de plus universel qu\u2019une crise d\u2019adolescence, mais ici, elle se construit patiemment, la cinéaste ne cherchant jamais à rassurer des adultes en quête de mode d\u2019emploi : d\u2019élève modèle, Ava (dévouée Ma- hour Jabbari) devient peu à peu rebelle, recluse, taciturne, insolente.Ses aspirations de violoniste se voient contrecarrées par une mère autoritaire dont le statut de médecin renforce le sentiment de supériorité, qu\u2019un père aimable mais souvent absent n\u2019arrive pas à contenir.L\u2019animosité se transforme alors en guerre ouverte, donnant parfois lieu à des scènes humiliantes pour la jeune fille, dont une visite obligée chez la gynécologue, ou une violente séance de remontrances devant la mère de la meilleure amie d\u2019Ava, point de bascule de cette descente aux enfers.Car au-delà des rivalités et des paris amoureux parfois stupides \u2014 Ava s\u2019y engage comme si sa vie en dépendait \u2014, c\u2019est ce désespoir propre à cet âge que décrit Sadaf Foroughi, y injectant beaucoup d\u2019elle-même jusqu\u2019au tout dernier plan du film, son héroïne semblant lui passer le relais pour continuer sa route.Et le voile qu\u2019elle porte recouvre peut-être ses cheveux et sa pudeur, mais ne camoufle jamais ses sentiments confus, et encore moins sa rage à l\u2019égard de parents projetant sur elle leurs peurs et leurs échecs.Beaucoup à partager Tourné dans une relative clandestinité, Sadaf Foroughi ayant quelque peu masqué ses intentions aux autorités iraniennes, Ava af fiche certaines ambitions esthétiques, évoquant tout à la fois les déchirements psychologiques propres aux films d\u2019Asghar Farhadi (Une séparation), la débrouillardise de la jeunesse dans le cinéma de Jafar Pahani (Le cercle) et la vérité dépouillée devant la caméra d\u2019Abbas Kiarostami.Sa démarche demeure nettement plus modeste, usant souvent d\u2019une caméra statique pour saisir l\u2019intensité dramatique, ou de quelques cadrages incongrus qui ne servent pas toujours avec justesse son propos.Si elle a encore beaucoup à apprendre, elle a aussi beaucoup à partager sur une société que l\u2019on aurait parfois tort de croire à des années- lumière de la nôtre.Il faut dire que l\u2019adolescence apparaît souvent comme une galaxie en soi\u2026 Ava ?Drame de Sadaf Foroughi.Avec Mahour Jabbari, Leili Rashidi, Bahar Noohian, Shayesteh Sajadi.Canada, 2017, 107 minutes.L\u2019effrontée voilée Une cinéaste plonge dans ses tourments d\u2019adolescente et ceux de son pays d\u2019origine Mahour Jabbari dans Ava SWEET DELIGHT PICTURES / GRASSHOPPER FILM L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 14 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR En 1985, le président français François Mitterrand s\u2019engagea à ne pas extrader les militants et terroristes d\u2019extrême gauche réfugiés en France pour peu que ceux-ci aient renoncé à la violence.La doctrine Mitterrand tint jusqu\u2019en 2002, année où un ancien membre des Brigades rouges fut renvoyé en Italie pour faire face à la justice.C\u2019est cette année précise qu\u2019a choisie la Franco-Italienne Anna- rita Zambrano pour camper l\u2019intrigue de son premier long métrage, le bien- nommé Après la guerre.La cinéaste y imagine la cavale d\u2019un ex-militant italien planqué à Bologne, Marco.Toutefois, l\u2019intrigue s\u2019attarde plus spécifiquement aux répercussions que les événements ont sur les proches de ce dernier : sur Viola, sa fille de 16 ans forcée de laisser sa vie en plan pour le suivre dans sa fuite, mais aussi sur sa mère et sa sœur, ces dernières restées dans une Italie où les plaies du passé viennent d\u2019être ravivées par un assassinat politique.C\u2019est d\u2019ailleurs pour un tel acte, en l\u2019occurrence le meurtre d\u2019un juge au début des années 1980, que Marco est certain d\u2019être incarcéré à perpétuité s\u2019il remet les pieds dans son pays natal.Histoire intime En entrevue, Annarita Zambrano a confié avoir grandi dans l\u2019Italie des Années de plomb, où les attentats et la violence étaient une réalité quotidienne.D\u2019où, sans doute, le refus de la cinéaste de conférer quelque aura romantique que ce soit au personnage de Marco.Elle en fait plutôt un être de contradictions : inspirant lorsqu\u2019il dénonce la corruption et parle de justice sociale, mais répugnant dans sa manière de manipuler sa fille, qu\u2019il tient par le chantage émotif et la violence psychologique.La scène où une journaliste vient l\u2019inter viewer dans sa cachette est par ticulière- ment bien menée, révélant le narcissisme derrière l\u2019idéalisme.À ce chapitre, le film ne fait pas le procès de l\u2019extrême gauche, loin de là.Il s\u2019agit au fond d\u2019une histoire intime : celle des membres d\u2019une famille de retour malgré eux dans l\u2019œil public.Ainsi, outre Marco et Viola en France, la cinéaste s\u2019intéresse à Anna et à Teresa, respectivement la sœur et la mère de l\u2019exilé, de même qu\u2019à Riccardo, le conjoint juriste d\u2019Anna.Le sort de chacun d\u2019eux redevient intimement lié à celui de Marco après 20 ans de dormance et de non-dits.Tension sourde Si les enjeux qu\u2019on y aborde sont en eux-mêmes fort riches, ce volet italien en contexte bourgeois, en contraste avec la précarité du maquis, s\u2019avère un peu plus faible sur le plan de l\u2019écriture, moins abouti.Ou peut-être le problème est-il structurel ?Quoi qu\u2019il en soit, la par tie consacrée à Marco et, surtout, surtout, à Viola est supérieure.Leur relation où gronde une tension sourde est si finement observée et jouée que l\u2019autre souf fre de la comparaison.Par opposition, la mise en scène est maîtrisée de bout en bout, de l\u2019ouverture coup-de-poing jusqu\u2019à la finale porteuse d\u2019espoir et d\u2019apaisement.À voir, indéniablement.Après la guerre (V.O.) ?1/2 Drame d\u2019Annarita Zambrano.Avec Giuseppe Battiston, Charlotte Cétaire, Barbora Bobulova, Elisabetta Piccolomini, Jean-Marc Barr.France\u2013Italie, 2017, 90 minutes.Lendemains qui déchantent Après la guerre sonde l\u2019âme d\u2019un gauchiste italien exilé en France et de son entourage CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Marlo, 40 ans et des poussières, arrive au bout de sa troisième grossesse et du proverbial rouleau.Son salut revêtira les traits d\u2019une « nounou de nuit », Tully, sorte de Mary Poppins hipster.Charlize Theron, qui incarne Marlo, et Diablo Cody, qui a écrit le scénario, sont le corps et l\u2019âme de ce récit inusité, et brillant, de difficile post-partum.Tully marque la troisième collaboration, après Juno et Jeune adulte (Young Adults), entre Diablo Cody et le réalisateur Jason Reitman.Quant à Charlize Theron, elle a livré dans Jeune adulte l\u2019une de ses meilleures performances en auteure trentenaire alcoolique, prématurément aigrie, et curieusement attachante.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas : Tully est d\u2019abord le film de la scénariste et de la comédienne.La réalisation est adéquate, mais dénuée de personnalité.Fabuleuse, Theron s\u2019est transformée, physiquement, pour mieux donner vie au personnage (rarement l\u2019expression a-t-elle mieux convenu).Cody, elle, multiplie les observations franches, brutales, souvent hilarantes, toujours fines, sur la maternité, la féminité, la libido post-accou- chement, le passage du temps\u2026 De travers et de vertus La scénariste possède une verve et un timing très reconnaissables.Son aisance à insérer, çà et là, diverses références à la culture populaire et au zeitgeist pour mieux les célébrer ou s\u2019en moquer est assez admirable.Son écriture rend compte d\u2019une capacité à étoffer les idiosyncrasies de chacun, travers et vertus inclus.Prenez le frère et la belle-sœur de Marlo : un couple de bobos nouveaux riches ridicule, puis touchant.Car Cody ne méprise aucun de ses personnages : c\u2019est dans leurs failles qu\u2019elle puise leur humanité.Avec Marlo, elle plonge comme jamais auparavant : dans une entrevue accordée à The Playlist, Cody confie en ef fet avoir canalisé ses propres émotions de troisième grossesse.Variation inédite La mise en place est parfaite.Déjà mère d\u2019une fille de 8 ans et d\u2019un garçon de 6, ce dernier exigeant énormément d\u2019attention, Marlo en arrache.Victime d\u2019une grave dépression à l\u2019issue de son deuxième accouchement, elle se sait vulnérable, mais elle se sent simultanément prisonnière des routines de son quotidien, celles-ci comme autant de chaînes qui la tirent vers le bas.Son conjoint Drew (Ron Levings- ton, juste) est un bon gars qui trime dur et contribue à la maison, mais à ce stade critique, ça ne suffit pas.Un jour, c\u2019en est trop, et Marlo craque.Un cadeau de son frère (Mark Du- plass, impec), Tully (Mackenzie Davis, merveilleuse) vient s\u2019occuper du nourrisson, débarquant le soir et re- par tant au matin, ce qui permet à Marlo de dormir davantage entre chaque tétée.Passé l\u2019inconfort initial, Marlo apprécie la présence à la fois ef facée et pimpante de Tully, avec qui elle développe une complicité, puis une connivence.La suite n\u2019est pas celle que l\u2019on croit.Sans trop en dévoiler, on dira simplement que Tully propose une variation inédite, et mémorable, du thème de la renaissance.Tully (V.O.et V.F.) ?1/2 Comédie dramatique de Jason Reit- man.Avec Charlize Theron, Mackenzie Davis, Ron Levingston, Mark Duplass.États-Unis, 2018, 95 minutes.Se redonner naissance Charlize Theron et Diablo Cody sont le corps et l\u2019âme d\u2019un récit inusité de difficile post-partum La partie consacrée à Marco et, surtout, surtout, à Viola, est supérieure.K-FILMS AMÉRIQUE Marlo (Charlize Theron), au début de la quarantaine, arrive au bout de sa troisième grossesse et du proverbial rouleau.UNIVERSAL PICTURES | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Abonnez-vous ! tnm.qc.ca GRAND PARTENAIRE Guy Jodoin \u2014 Bilan Sylvie Léonard \u2014 Bilan CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR On ne mesure pleinement la finesse du film Le cowboy, de Chloé Zhao, qu\u2019a posteriori.Ce récit d\u2019un jeune champion de rodéo brisé par une mauvaise chute a l\u2019heur de s\u2019incruster dans la mémoire.Or, en remontant le fil de l\u2019histoire, on s\u2019aperçoit que la maîtrise de la cinéaste était apparente dès la séquence d\u2019ouverture.On y voit le protagoniste, Randy Blackburn, se lever péniblement au petit matin.On ignore à ce moment où il se trouve : il s\u2019agit d\u2019un décor de maison anonyme, dénudé.Avec soin, mais ses gestes encore empreints de sommeil, Randy décolle un épais bandage de sa tête, exhibant une longue série d\u2019agrafes chirurgicales qu\u2019il retire une à une, impassible.Tout ce temps, la caméra demeure au plus près non seulement de Randy, mais de la plaie à peine cicatrisée qui lui lézarde le cuir chevelu.Une manière pour Chloé Zhao de plonger, symboliquement, dans la tête et dans la blessure du protagoniste.Ce faisant, elle instaure d\u2019emblée un rapport d\u2019intimité absolue.État de grâce À tel point qu\u2019on en ressent presque un inconfor t, vite dissipé cela dit, comme si on épiait à son insu cet inconnu dans un instant de complète vulnérabilité.Ce sentiment fugitif s\u2019explique sans doute par le fait que Randy Blackburn, le personnage, est interprété par Randy Jandreau.En 2016, alors qu\u2019il n\u2019avait que 19 ans, Randy Jandreau fut victime d\u2019un accident qui mit fin à sa carrière dans le circuit du rodéo.Dans Le cowboy (V.F.de The Rider), Chloé Zhao dirige en somme Randy dans une version à peine fictive de son propre parcours.Ce dernier a beau ne pas être un acteur professionnel, il a un talent naturel indéniable.Il possède, surtout, une présence qu\u2019aucun atelier de jeu ne peut faire apparaître.Il résulte de la rencontre entre la cinéaste et le cowboy un état de grâce cinématographique.Capter la vérité Du début à la fin, Chloé Zhao maintient cette relation privilégiée entre son dispositif de mise en scène et la personne de Randy.On voit les évé- nements survenir avec lui, en même temps que lui, qu\u2019il s\u2019agisse de la visite impromptue d\u2019amis désireux de lui changer les idées autour d\u2019un feu de camp ou d\u2019une balade en pick-up avec sa sœur Lilly, qui est atteinte d\u2019autisme.Là encore, Lilly Blackburn s\u2019appelle dans la vie Lilly Jandreau, elle est bel et bien la sœur de Randy Jan- dreau et elle est réellement autiste.La pureté de ses inter ventions, toutes improvisées, contribue au climat d\u2019authenticité.À la maison, leur vrai père tient également son rôle.Ses scènes avec Randy participent à l\u2019arc dramatique global du récit, à la fiction, mais dans son regard, l\u2019inquiétude qu\u2019on lit n\u2019est pas tributaire du cinéma : c\u2019est celle, sincère, d\u2019un père qui se soucie du devenir de son garçon.Un garçon qui s\u2019entête à vouloir remonter à cheval malgré l\u2019avis contraire des médecins.Car monter à cheval, c\u2019est tout ce que Randy connaît.C\u2019est toute sa vie.C\u2019est tout ce qu\u2019il est.Existences qui touchent Randy sait pourtant qu\u2019il a échappé au pire, mais qu\u2019il n\u2019en est pas à l\u2019abri s\u2019il s\u2019obstine.Son ami Lane incarne ce sort-là.Lui aussi ancien champion de rodéo, Lane a subi une chute qui l\u2019a laissé presque entièrement paralysé, exception faite d\u2019une main et de ses yeux.Lane est le seul qui puisse comprendre Randy.Lane communique avec lui par signes, mais c\u2019est dans leurs silences et leurs non-dits que leur complicité émerge le plus.Très attentive, la réalisatrice capte les élans de spontanéité, les bouts de magie chaque fois qu\u2019ils surviennent.Ce sont là des existences qui touchent, qui émeuvent.On se soucie de Randy, de son futur ; on en vient à poser sur lui un regard semblable à celui du père.S\u2019en remettra-t-il ?C\u2019est par l\u2019image que la cinéaste, avec son acuité poétique, répond à ce questionnement.En ef fet, avec le concours du directeur photo Joshua James Richards (God\u2019s Own Country), Chloé Zhao capte la splendeur et la plénitude immuables des paysages du Dakota du Sud auxquels elle donne valeur d\u2019augure.À l\u2019instar des chevaux qui s\u2019y ébattent, cela fait partie de Randy.Comme une promesse de sérénité.Le cowboy (V.F.de The Rider) ?Drame psychologique de Chloé Zhao.Avec Randy Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau, Lane Scott.États-Unis, 2017, 105 minutes.Cicatriser l\u2019âme Chloé Zhao bouleverse en brouillant la ligne de démarcation entre réalité et fiction dans Le cowboy Randy Jandreau a un talent naturel indéniable.Il possède une présence.MÉTROPOLE FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 6 | Les nouveautés sont en rose Isle of Dogs ?1/2 Wes Anderson pratique-t-il l\u2019animation en dilettante?Officiellement, oui, puisqu\u2019il s\u2019agit de son deuxième long métrage, après Fantastic Mr.Fox, à s\u2019aventurer sur ce territoire.En pratique, non, tant son cinéma ressemble à un formidable puzzle de techniques, avec des personnages résolument bé- déesques.Les chiens sont cette fois les grandes vedettes de cette étonnante fantaisie aux accents japonais, où l\u2019on reconnaît ses images comme autant de fresques avec ces figures figées dans le paysage, toutes pleines d\u2019humour, d\u2019insolence et d\u2019esprit (parfois de bottine).Nourri d\u2019un futurisme nippon sorti de la télé des années 1970, le cinéaste puise aussi dans les films de samouraïs et sa cinéphilie américaine (bonjour Citizen Kane) pour concocter une histoire déjantée où propagande, survie et complots en tous genres se mélangent.Comme à l\u2019habitude, sa grande famille d\u2019acteurs fabuleux (Frances McDormand, Bill Murray, Edward Norton, etc.) répond à l\u2019appel, et fait merveille.André Lavoie Jusqu\u2019à la garde ?Réduire Jusqu\u2019à la garde à un sordide drame conjugal serait faire une injure à Xavier Legrand.Certes, pour son premier long métrage de fiction, il tenait à conscientiser le public à la gravité du phénomène de la violence domestique, mais sans sacrifier les impératifs du cinéma.Et ce n\u2019est pas à grand renfort d\u2019effets tonitruants qu\u2019il y parvient, optant pour quelques choix audacieux, dont une entrée en matière volontairement verbeuse et ambiguë, installant par la suite un climat d\u2019angoisse.Il s\u2019exécute sans nécessairement tout dévoiler de la complexité de ses personnages, observant leurs contradictions et leurs secrets, plaçant la caméra au ras du sol s\u2019il le faut, alignant aussi des scènes du quotidien marquées par des silences lourds de sens.En couple meurtri, Léa Drucker et Denis Ménochet frisent la perfection, aidés par le jeune Thomas Gioria, tout aussi remarquable au milieu de cette tornade émotionnelle.André Lavoie Cheval indien (V.F.de Indian Horse) ?Si le hockey apparaît trop souvent comme une religion, elle peut aussi être source de fierté, de réconfort, voire une planche de salut, même pour les peuples autochtones.Ce n\u2019est pas le seul aspect étonnant du roman de Richard Wagamese, et encore moins du film de Stephen S.Campa- nelli, un as de la steadicam souvent complice de Clint Eastwood, adaptant avec souffle et beauté ce récit qui illustre un parcours douloureux, dont celui dans l\u2019enfer des pensionnats.Trois acteurs talentueux se succèdent pour incarner Saul, jeune prodige sur la patinoire arraché à sa famille, croyant trouver son salut un bâton de hockey dans les mains.La rédemption s\u2019avérera toutefois difficile sur la glace vive du racisme et de l\u2019intolérance, le tout servi avec une virtuosité visuelle qui ajoute un éclat brillant à ce récit touchant et tragique.André Lavoie Bloqueurs (V.F.de Blockers) ?Le bal des finissants: plusieurs adolescents célèbrent la fin d\u2019une étape importante, et d\u2019autres le début d\u2019une grande délivrance! La scénariste de Pitch Perfect et de la série 30 Rock, Kay Cannon, pour la première fois derrière la caméra, fait de l\u2019événement un immense moment de pure rigolade irrévérencieuse.Car un trio de parents dominé par l\u2019excellente Leslie Mann s\u2019inquiète d\u2019apprendre que leurs filles adorées, amies depuis l\u2019enfance, ont choisi ce moment festif pour perdre leur virginité.En bons parents hélicoptères, ils vont surveiller de près leur progéniture, une escapade nocturne au pays des angoisses familiales, des valeurs maritales et des mystères de la sexualité.Le tout livré avec une abondance de fluides douteux, de pirouettes rocambolesques (bonjour The Fast & The Furious) et de situations cocasses qui dépassent parfois en audace Bridesmaids : personne ne croyait la chose possible.André Lavoie Player One (V.F.de Ready Player One) ?En 2044, la surpopulation est telle que l\u2019humanité vit dans des bidonvilles.Pour s\u2019évader, les gens passent leur temps dans l\u2019Oasis, un univers virtuel foisonnant.Avant sa mort, le créateur de l\u2019Oasis y a caché un jeu de pistes à l\u2019issue duquel le vainqueur en héritera.Une vile corporation cherche à se l\u2019approprier, cela, alors que Wade commence à percer ses mystères, dont le créateur, ayant grandi dans les années 1980, a truffé l\u2019environnement numérique de références au cinéma de cette décennie.Devant le ludique et captivant Ready Player One, un constat : Spielberg a eu du plaisir à tourner ce film.Mine de rien, on a du mal à se rappeler quand on a ressenti cela devant une de ses productions récentes.Ce qui n\u2019enlève rien à leurs mérites techniques ou dramatur- giques.Il est plutôt question d\u2019une qualité insaisissable, que l\u2019on détecte parce que ce plaisir du réalisateur de E.T.est contagieux.François Lévesque Le cowboy (V.F.de The Rider) de Chloé Zhao MÉTROPOLE FILMS fille de 16 ans dans sa fuite à Bologne.De leur côté, la mère et la sœur du fuyard subissent en Italie les contrecoups des événements alors que les plaies du passé viennent d\u2019être ravivées par un nouvel assassinat politique.Enfant des Années de plomb, la cinéaste Annarita Zambrano refuse de conférer quelque romantisme que ce soit au révolutionnaire, faisant plutôt de lui un être de paradoxes: inspirant lorsqu\u2019il parle de justice sociale, mais répugnant dans sa manière de manipuler sa fille.Ce volet français est si puissant, si finement observé et joué, que son pendant italien apparaît un peu moins abouti par comparaison.À l\u2019inverse, la mise en scène est maîtrisée de bout en bout, de l\u2019ouverture coup- de-poing jusqu\u2019à la finale dure, mais qui tend vers l\u2019apaisement.À voir.François Lévesque La promesse de l\u2019aube ?1/2 À une époque pas si lointaine, les adaptations des romans de Romain Gary se succédaient à un rythme effréné.Éric Barbier, un habitué du polar (Le serpent, Le dernier diamant) y revient, et avec panache, dans cette relecture de son célèbre roman autobiographique brouillant une fois de plus la ligne entre vérité et fiction.Ce qui était vrai dans le livre apparaît aussi à l\u2019écran: l\u2019amour excessif et inconditionnel d\u2019une femme brisée par la vie et l\u2019Histoire (de la révolution bolchevique à la Deuxième Guerre mondiale) pour son fils, à qui de grandes choses sont destinées.Beaucoup d\u2019épisodes sont forcément sacrifiés, mais demeure cette relation fu- sionnelle dans une Europe en déroute, de la Pologne à Nice avec détours en Afrique et au Mexique.Un spectacle à grand déploiement qui peut compter sur le solide Pierre Ni- ney en écrivain militaire à l\u2019âge adulte, et surtout une étonnante Charlotte Gainsbourg dans un pre- Tully (V.O.et V.F.) ?1/2 Marlo, 40 ans et des poussières, arrive au bout de sa troisième grossesse et du proverbial rouleau.Son salut revêtira les traits d\u2019une «nounou de nuit», Tully, sorte de Mary Poppins hipster.La réalisation de Jason Reitman (Juno) est adéquate, mais dénuée de personnalité.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas: Tully est d\u2019abord le film de la comédienne Charlize Theron et de la scénariste Diablo Cody: elles sont respectivement le corps et l\u2019âme de ce récit inusité, et brillant, de difficile post-partum.Theron se transforme pour mieux donner vie au personnage, et rarement l\u2019expression a-t-elle mieux convenu.Cody, elle, multiplie les observations franches, brutales, souvent hilarantes, toujours fines, sur la maternité, la féminité, les méandres de la libido post-ac- couchement, le passage du temps\u2026 Des failles de ses personnages, elle extrait leur humanité.À terme, Tully propose une variation inédite, et mémorable, du thème de la renaissance.François Lévesque Après la guerre (V.O.) ?1/2 France, 2002 \u2014 Menacé d\u2019être extradé en Italie où il a été condamné pour le meurtre d\u2019un juge en 1982, un ancien militant d\u2019extrême gauche entraîne sa Le cowboy (V.F.de The Rider) ?Ce récit d\u2019un champion de rodéo brisé par une chute a l\u2019heur de s\u2019incruster dans la mémoire.Chloé Zhao instaure d\u2019emblée un rapport d\u2019intimité absolue avec le personnage, Randy Blackburn, qui fut modelé sur son interprète, Randy Jandreau (un naturel, une présence).En 2016, à 19 ans, ce dernier fut victime d\u2019un accident qui mit fin à sa carrière \u2014 et à son existence telle qu\u2019il la concevait.Il résulte de la rencontre entre la cinéaste et le cowboy un véritable état de grâce cinématographique.Attentive, Zhao capte les élans de spontanéité, les bouts de magie chaque fois qu\u2019ils surviennent.C\u2019est là une vie qui touche, qui émeut.Randy s\u2019en remettra-t-il?C\u2019est avec une acuité poétique que la cinéaste répond, filmant la splendeur et la plénitude immuables des paysages du Dakota du Sud auxquels elle donne valeur d\u2019augure.À l\u2019instar des chevaux qui s\u2019y ébattent, cela fait partie de Randy.Comme une promesse de sérénité.François Lévesque | 17 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Retour du Groupe de la Veillée à la tournée internationale Roland Auzet de la Cie Act Opus de France et Carmen Jolin de La Veillée dévoilent leur projet de coproduire une adaptation du roman de Laurent Gaudé, Écoutez nos défaites.Elle sera présentée à Montréal en septembre 2018, pour ensuite entreprendre une tournée internationale et nationale.Après Montréal, la création sera présentée au festival Les Francophonies en Limousin, au Théâtre du Passage à Neuchâtel en Suisse, à la Comédie de l\u2019Est (CDN d\u2019Alsace), au Théâtre de l\u2019Oeuvre à Paris, au Théâtre de la Ville à Longueuil - et au Théâtre français de Toronto.Cette coproduction est le fruit d\u2019une collaboration artistique débutée en 2016 avec la présentation du spectacle Dans la solitude des champs de coton de Koltès.Le metteur en scène et compositeur Roland Auzet a par la suite participé à Territoires de paroles \u2013 semaine dédiée à la dramaturgie contemporaine étrangère au théâtre Prospero, en y présentant une première exploration d\u2019Écoutez nos défaites.Entremêlant histoire et fiction, la pièce pose la question de la défaite sous l\u2019angle militaire.Nous suivons ici un agent des services secrets français (Gabriel Arcand) et un ancien membre des commandos d\u2019élite américains (Thibault Vinçon), un de ceux qui ont éliminé Ben Laden à Abbottabad.Depuis cette mission, il a disparu et pourrait devenir embarrassant.Une traque s\u2019engage alors.Laurent Gaudé, récipiendaire du prix Goncourt à deux reprises, convoque ici l\u2019histoire et la poésie pour traiter des conflits armés.Un grand texte à découvrir.PUBLIREPORTAGE THÉÂTRE PROSPERO THEATREPROSPERO.COM +1 514 526-6582 Théâtre Prospero \u2013\u2013 Prédévoilement \u2013\u2013 Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé, avec Gabriel Arcand Gabriel Arcand et Laurent Gaudé.© Hugo B.Lefort 10 \u2013 22 septembre 2018 Tarif prévente jusqu\u2019au 11 juin Nombre de places limité 2 billets pour 60 $ mier grand rôle de composition, celui de la mère dévorante.André Lavoie Avengers : Infinity War ?1/2 Avec son budget faramineux, cette troisième réunion des Avengers a les moyens d\u2019être spectaculaire.Elle l\u2019est.Les acteurs sont au diapason et on a encore droit à des répliques savoureuses.Le matériel n\u2019en est pas moins usé, ce film étant le 19e de l\u2019univers cinématographique Marvel en 10 ans.Côté enjeux, on a pas mal fait le tour.Cette fois, le monstre Thanos tente d\u2019acquérir les six Pierres d\u2019infinité qui lui assureront un pouvoir absolu sur l\u2019univers tout entier \u2014 Thanos est le control freak suprême.Pour contrecarrer ses plans: Iron Man, Docteur Strange, Thor, Capitaine America, les Gardiens de la galaxie, la Panthère noire\u2026 Ils sont plus d\u2019une vingtaine à se partager un bout de l\u2019intrigue dispersée.Pis, le film met tout en place pour une apothéose mais opte in extre- mis pour l\u2019expectative: un procédé un peu cheap visant à assurer des salles pleines pour le 20e opus.À terme, ce film-ci fait l\u2019effet de ce dessert en trop qui provoque l\u2019indigestion.François Lévesque Regard sur Juliette (V.F.de Eye on Juliet) ?Le cinéma de Kim Nguyen se déploie sur tous les continents, lui qui rêve d\u2019horizons lointains depuis ses débuts (Le marais), et se faufile entre tous les genres, de la science-fiction (Truffe) au drame sentimental (Two Lovers and a Bear).D\u2019ailleurs, après le froid polaire, il s\u2019est réfugié dans la chaleur de l\u2019Afrique du Nord, imaginant la rencontre improbable entre le surveillant d\u2019un pipeline manipulant des araignées robotisées à Detroit et une jeune femme voulant fuir son pays de sable avec son amoureux.Cette vision pas si futuriste de l\u2019amour au temps de tous les écrans comporte sa part d\u2019audaces, mais sans dépasser en puissance Rebelle, encore à ce jour son plus grand film.Malgré une finale précipitée et rassurante, la proposition intrigue par son étrangeté et son parti pris pour le risque de la rencontre vers l\u2019autre, sans filtre technologique.André Lavoie tion salvatrice : la jeune Ava (Mahour Jabbari) s\u2019enfonce dans une colère qui la détruit à petit feu, en opposition avec ses parents, ses professeurs, et même ses camarades de classe à qui elle n\u2019épargne jamais ses états d\u2019âme.Cette aspirante violoniste multiplie les fausses notes, tandis que la cinéaste, s\u2019inspirant de plusieurs maîtres iraniens du cinéma, ne fait qu\u2019amorcer la quête de sa propre signature.André Lavoie La Bolduc ?1/2 Mary Travers est passablement moins connue que La Bolduc: la première, fière Gaspésienne aux racines irlandaises, femme au foyer, mère souvent endeuillée, fut toujours éclipsée par la seconde, une des premières grandes vedettes de la chanson d\u2019ici.Ces deux facettes sont réunies grâce à François Bouvier (Histoires d\u2019hiver, Paul à Québec), transformant cette observatrice de la misère des années 1930 en véritable héroïne féministe, même si l\u2019interprète de La bastringue dictait surtout sa conduite, et ses ambitions artistiques, par pur instinct de survie, pour elle et sa famille.Cet aspect quelque peu plaqué d\u2019une biographie qui couvre principalement ses années conjugales, de gloire et de déchéance physique à cause de la maladie laisse voir une femme de tête autant que de cœur.Son talent, que plusieurs ont longtemps jugé de haut, éclate le temps de quelques scènes magnifiques, et d\u2019autres émouvantes, laissant poindre celui de Debbie Lynch-White dans un rôle qui lui va comme un gant.André Lavoie Un coin tranquille ?Dotés d\u2019une ouïe surdéveloppée, des extraterrestres attaquent les humains au son.Retranchés dans leur ferme, les Abbott ont réussi à éluder les créatures aveugles mais redoutables.Or, alors que la mère va accoucher et que le père est allé secourir leurs deux enfants, les monstres cernent les bâtiments.Prémisse originale pour ce film écrit, réalisé et joué par John Krasinski qui, pas fou, s\u2019est donné un rôle de saint père un brin appuyé, sans toutefois négliger sa conjointe à la ville, Emily Blunt, qui offre une interprétation finement modulée.Riche en moments d\u2019autant plus tendus que le moindre bruit peut être fatal, le film s\u2019effondre, ô ironie, à chaque réplique parlée.En guise de trame, Kra- sinski offre davantage une succession d\u2019affrontements horrifiques qu\u2019un récit cohésif.À terme, les amateurs de frissons tentés par le concept risquent d\u2019être déçus par l\u2019exécution.Au moins pourront-ils sursauter en toute quiétude.François Lévesque Ch\u2019tis.Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019une suite, mais d\u2019une nouvelle visite dans cette région du nord de la France, avec en prime un clash des cultures avec la bonne société parisienne.Déguisé en couturier renommé, Valentin (Boon) fait tout pour masquer son passé prolo et son accent méprisé de tous, mais l\u2019arrivée tonitruante de sa famille (alors que tous le croient orphelin!) va bousculer son existence.Comme à son habitude, il mélange sentimentalisme et humour burlesque, faisant l\u2019apologie du terroir, mais évidemment sauvé par les bonnes manières des gens de la capitale.Et même si parfois on a autant de mal à la comprendre que tous les autres, la chanteuse Line Renaud triomphe sans partage dans cette sympathique lutte des classes qui ne réinvente jamais le genre.André Lavoie Moi, belle et jolie (V.F.de I Feel Pretty) ?Après s\u2019être assommée, une fille ordinaire (Amy Schumer) croit correspondre aux critères de beauté imposés par les magazines de mode.Désirant rappeler que la beauté intérieure vaut plus que l\u2019apparence physique, les réalisa- teurs-scénaristes Abby Kohn et Marc Silverstein (Never Been Kissed, How to Be Single) ont concocté une embarrassante comédie aux rares moments touchants où ils exploitent la générosité de l\u2019humoriste, qui y exhibe sans complexe ce qu\u2019Hollywood condamne, capitons de cellulite et ventre mou.Médusé, le spectateur cherche à comprendre pourquoi une femme enfin sûre d\u2019elle-même ne pense qu\u2019à mettre sa beauté au service de gens superficiels et devient une plaie pour tous.Manon Dumais Ava ?Grâce à de savants tours de passe- passe, Sadaf Foroughi, cinéaste montréalaise d\u2019origine iranienne, a pu tourner à Téhéran un premier long métrage de fiction très inspiré de sa propre jeunesse.Quelques signes culturels ne trompent pas sur la singularité de cet univers codifié en partie par la religion, mais d\u2019autres affichent de grandes résonances avec notre propre monde, tout particulièrement les remous de la crise d\u2019adolescence.Et ne cherchez pas ici de mode d\u2019emploi ou de résolu- La ch\u2019tite famille ?1/2 Devant la nouvelle comédie de Dany Boon, beaucoup de spectateurs d\u2019ici vont parfois se sentir comme des Parisiens devant un film québécois: désespérément en quête de sous-titres.Le ch\u2019ti, on le connaît pourtant, grâce à son film à succès, Bienvenue chez les L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 8 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Des points, il y en a à la tonne dans la nouvelle exposition de la fondation DHC/ART.Des points rouges, noirs, bleus, de toutes les couleurs en fait.Alignés ou superposés, rarement isolés, ils sont petits, ou gros, voire monumentaux, comme ceux qui recouvrent les fenêtres du bâtiment donnant sur la rue Saint-Sacrement.L\u2019exposition consacrée à l\u2019artiste britannique exilée en Inde, Bharti Kher, ne s\u2019intitule pas pour rien Points de dépar t, points qui lient.C\u2019est que Kher a fait du point, et plus précisément du bindi, son matériau et son sujet de prédilection.Sur les 36 œuvres réunies dans les deux édifices de la DHC, à peine une dizaine n\u2019en ont pas, de bindis.Le bindi ?Ce mot dérivé du sanskrit, signifiant point ou goutte, désigne le symbole à base de poudre de curcuma que les Indiennes (et parfois les Indiens) tracent sur leur front.Le rituel a plus d\u2019un sens, entre l\u2019affirmation d\u2019un état social (le mariage) et l\u2019affiliation à une croyance spirituelle (le troisième œil).Issu d\u2019une vieille coutume dans ce pays aux multiples religions, le bindi d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est plus seulement maquillage.Commercialisé sous la forme d\u2019un feutre autocollant, il se vend sous diverses grandeurs, couleurs, et même en plusieurs formats (pas seulement rond).Coller un bindi sur son front découle autant du geste identitaire que de la mode.Bharti Kher exploite la double connotation.Dans la pratique de cette Londonienne née de parents indiens, arrivée à New Delhi à l\u2019âge adulte, il est beaucoup question d\u2019appropriation.Appropriation d\u2019une culture, appropriation d\u2019un objet\u2026 et détournement.Si le bindi commercial remplace une poudre, chez Kher, c\u2019est la peinture qu\u2019il simule.Il devient matériau ar tistique pour travailler les surfaces, les recouvrir et créer des compositions abstraites.Au premier regard, ses œuvres ont une for te dimension décorative.Elles dépassent néanmoins ce stade.Nés d\u2019un exercice presque maniaque consistant à coller un bindi après l\u2019autre, les grands tableaux He- roides (2016) qui ouvrent l\u2019expo, ainsi que ceux qui suivent dans une autre salle, ont davantage à voir avec le travail artisanal qu\u2019avec la production industrielle.Les imper fections des lignes tracées, ou leur irrégularité, Un monde en points et en questionnements L\u2019artiste indo-britannique Bharti Kher a fait du bindi son matériau de prédilection Bharti Kher, An Absence of Assignable Cause, 2007 MAEGAN HILL- CARROLL Photo du bas : Bharti Kher, Mother and Child, 2014 GUILLAUME ZICCARELLI placent aussi cette nouvelle peinture loin du hard-edge des années 1950 et 1960 auquel on pourrait les associer.Malgré leur apparence, ces œuvres non figuratives sont narratives \u2014 le titre Heroides évoque les poèmes épistolaires d\u2019Ovide.Mais ces récits sont exprimés dans une langue à la portée seulement de leur auteure.« [C\u2019est] un texte comme un code morse que j\u2019aurais créé.Je peux parler en code, je peux parler en secret», a-t-elle déjà dit en entrevue avec Sculpture, revue éditée aux États-Unis.Entrer dans un monde différent Tous ces troisièmes yeux font que ces œuvres nous parlent néanmoins, expliquait Bharti Kher lors de la visite de presse de l\u2019expo.Le dialogue imaginaire ou métaphorique prend une dimension politique dans la série Points of Departure (2018).Ici, la surface est celle des car tes géographiques de 1947, année de l\u2019indépendance de l\u2019Inde.Disposés de manière variée d\u2019une feuille à l\u2019autre, les bindis des Points of Departure invitent à une relecture du passé impérialiste.Un peu comme l\u2019a fait ici Nadia Myre en recouvrant de perles la Loi sur les Indiens, Kher cherche à renverser l\u2019ordre et à critiquer cette norme jamais contestée de représenter l\u2019Europe en haut d\u2019une mappemonde.Bharti Kher ne réalise pas que des œuvres murales.Ses sculptures ou installations reposent aussi sur l\u2019approche ready-made, sur des objets récupérés, comme des mannequins (l\u2019œuvre Mother and Child, 2014), des escaliers en bois ou des saris, étoffe féminine traditionnelle.Elles sont plus littérales cependant, notamment dans le cas d\u2019une série de figures intitulée Portrait.Kher s\u2019est à l\u2019occasion prêtée au travail de moulage.L\u2019expo en donne deux exemples, dont The Half Spectral Thing (2016), qui présente la tête de la mère de l\u2019artiste sur une colonne en guise de corps.C\u2019est un portrait à la manière de ceux de David Altmejd, entre le visage familial et la figure générique.L\u2019œuvre la plus forte semble cependant en rupture avec tout le reste.De nature réaliste, même hyperréaliste, Six Women (2013-2015) est un moulage de six femmes assises, entièrement nues, sans même un bindi sur le front.Visages fermés, cernés, mains sur les cuisses, en attente, ce portrait de groupe est celui de prostituées.Pour Bharti Kher, comme pour la Mexicaine Teresa Margolles dans un autre contexte, traiter de cette communauté, travailler avec elle, c\u2019est casser le moule d\u2019une industrie, c\u2019est redonner une identité à chacune de ces femmes.Le seul geste artistique ne permet pas de corriger les tares de la société.Mais il renverse un peu l\u2019ordre des choses, bien que les femmes demeurent, ici, esclaves de leur rôle de modèles.Les bindis, autant les petits que les monumentaux de l\u2019œuvre Cipher (2018), réalisée pour les fenêtres de la DHC, et les sculptures de Kher, littérales ou non, sont une invitation à entrer dans un monde différent.Points de départ, points qui lient De Bharti Kher à DHC/ART Fondation pour l\u2019art contemporain, 451 et 465, rue Saint-Jean, jusqu\u2019au 9 septembre | 19 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 SU R L E R A DA R CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans sa plus récente exposition présentée dans les locaux des galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, le peintre Michael Merrill ausculte l\u2019univers mythique associé à l\u2019artiste.Problématique délicate, mais qu\u2019il est essentiel de soulever en ce temps de retour à l\u2019ordre, et ce, même dans une bonne partie du milieu de l\u2019art.C\u2019est la figure de l\u2019artiste romantique \u2014 une vision simpliste de ce modèle \u2014 qui hante encore l\u2019imaginaire collectif.L\u2019artiste devrait être bohème, drogué ou alcoolique, incompris, fou, suicidaire\u2026 et j\u2019en passe.Merrill a décidé de se concentrer sur un topo particulier de ce récit convenu sur l\u2019artiste en traitant de son atelier.Il le met en scène dans une expo qui nous amène justement et judicieusement à réfléchir aux valeurs associées à ce lieu légendaire.N\u2019en avions-nous pourtant pas fini avec cet espace sacralisé ?Dans son texte de présentation, Merrill cite d\u2019ailleurs l\u2019artiste du land art Robert Smithson (1938-1973) qui disait dans une entrevue qu\u2019« il faut renouer avec une cer taine physicalité [\u2026] d\u2019un lieu réel afin de fuir le décoratif inhérent à l\u2019atelier ».Dans une série précédente, qu\u2019il avait présentée dans les mêmes galeries, en 2016, Merrill avait d\u2019ailleurs peint plusieurs œu- vres-lieux du land art situées dans le Sud-Ouest états-unien, espaces parfois démesurés qui défient le concept de représentation et qui s\u2019énoncent avant tout comme des expériences.Il mettait alors en tension l\u2019idée que l\u2019on a de ces lieux à travers la représentation (majoritairement par la photo) et la réalité de ces lieux.L\u2019atelier serait-il lui aussi tiraillé entre une réalité concrète et une vision poétique, malheureusement souvent éculée ?Merrill semble jouer sur les deux tableaux, citant Michael Merrill dans l\u2019univers de l\u2019artiste Le peintre met en scène l\u2019imaginaire associé à l\u2019atelier Bédéiste en haut de la côte De son regard d\u2019anthropologue autodidacte, le bédéiste Michel Hellman tire des récits fascinants de lieux qu\u2019il habite (Mile-End, 2013, Pow Pow) ou qu\u2019il visite (Nunavik, 2016, Pow Pow).De sa familiarité avec les arts visuels, l\u2019ex-critique au Devoir a développé un plaisir malin pour d\u2019inusités matériaux.L\u2019exposition qui découle d\u2019un projet de résidence de cinq mois dans Côte-des-Neiges en rend compte de plus d\u2019une manière.Carnets de Côte-des-Neiges n\u2019est pas un nouveau roman graphique (du moins pas pour le moment), mais bien une expo.En deux parties.La première décrit un quartier, ses charmes (l\u2019avenue Victoria) comme ses malheurs (l\u2019autoroute Décarie).Mais aussi des petits faits du quotidien, croqués ou découpés\u2026 sur des reçus de caisse.Ce sont ces préoccupations environnementales, et une hantise pour les déchets, qui font la seconde partie de l\u2019exposition.Les découpages ici rassemblés sont ceux en sacs d\u2019ordures à la base du livre Le petit guide du Plan Nord (2013, Oie de Cravan) et ceux en papier ligné qui feront un nouvel ouvrage, Iceberg, lancé en ce mois de mai à L\u2019Oie de Cravan.Jérôme Delgado Carnets de Côte-des-Neiges Michel Hellman, à la Maison de la culture Côte-des-Neiges, jusqu\u2019au 27 mai Vue de l\u2019installation Studio dans l\u2019exposition de Michael Merrill GUY L\u2019HEUREUX parfois des images d\u2019ateliers légendaires \u2014 comme l\u2019atelier rouge de Matisse \u2014, mais parfois démystifiant cet espace de travail.Il épure alors l\u2019image de ce lieu, le montrant comme très organisé, digne d\u2019un espace pour un technicien ou un ouvrier, rempli de divers outils et instruments, et pas seulement par des pinceaux ou la palette, habituels reliquaires artistiques.Parfois, la représentation en noir et blanc utilisée par Merrill accentue cet effet de structure réduite à sa fonctionnalité.Atelier-usine-compagnie On glorifie encore l\u2019image de l\u2019artiste torturé travaillant seul dans son atelier.C\u2019est le modèle que perpétue l\u2019atelier-capharnaüm de Francis Bacon à Londres, lieu préservé et reconstitué au Hugh Lane Municipal Galler y of Modern Art de Dublin.Ce mythe se perpétue donc, même si depuis au moins Andy Warhol, un ar tiste qui faisait travailler toute une équipe dans sa factory, lieu au croisement de l\u2019usine et du bureau d\u2019une compagnie, le créateur contemporain travaille souvent en équipe \u2014 renouvelant la pratique des artistes de la Renaissance, du baroque ou du néoclassicisme.De nos jours, l\u2019atelier-usine-com- pagnie est le modèle pour les vedettes contemporaines artistes d\u2019affaires que sont Jeff Koons, Damien Hirst, Takashi Murakami, stars du milieu de l\u2019art qui souvent font bosser plus d\u2019une centaine d\u2019assistants en ne leur donnant aucun crédit artistique.Même à Montréal, où pourtant la petitesse du marché n\u2019a pas vraiment permis l\u2019éclosion de ce type de marché industriel, bien des ar tistes ont fait ou font faire leurs œuvres par d\u2019autres.Merrill met en scène l\u2019image de l\u2019atelier en se demandant comment il est encore possible de le représenter après de tels bouleversements.L\u2019artiste solitaire a-t-il encore sa place?Le terrain est certes miné.C\u2019est un peu comme pour la représentation de la Terre.Faut-il opter pour la complexité du globe ou pour le planisphère en 2D qui semble rendre les choses plus simples et plus lisibles?La comparaison pourra sembler étrange, mais c\u2019est pour tant celle-ci que Merrill nous invite entre autres à explorer.Dans la deuxième salle, l\u2019atelier est peint sur une sphère, présentée comme un univers global, un monde en soi.Mais plus loin, dans la même pièce, l\u2019atelier est mis en aplat comme dans une projection or thogonale, sorte de déconstruction froide de cet univers.Le travail de Merrill a un aspect plus humoristique, ironique, que ce que l\u2019on pourrait croire.À travers cette déclinaison sous plusieurs formes de l\u2019atelier, Merrill s\u2019approprie les clichés tout en les mettant à distance.À l\u2019heure de mon atelier De Michael Merrill, aux galeries Roger Bellemare et Christian Lambert jusqu\u2019au 26 mai L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e baryton-basse Gerald Finley sera en récital dimanche à 15h au conservatoire, invité par la Société d\u2019art vocal.L\u2019occasion est rare d\u2019entendre le plus en vue de tous les artistes lyriques canadiens.Même si nous vibrons pour Marie- Nicole Lemieux, Karina Gauvin, Jean-François Lapointe, Michèle Lo- sier, Philippe Sly, Frédéric Antoun, Marianne Fiset, Étienne Dupuis et j\u2019en passe, il est incontournable de relever que le baryton Gerald Finley trône au panthéon des vedettes canadiennes de l\u2019opéra depuis la retraite de Ben Heppner.Gerald Finley a ainsi repris à Salz- bourg, en 2017, le rôle-titre de l\u2019opéra Lear d\u2019Aribert Reimann créé en 1978 par Dietrich Fischer-Dieskau.C\u2019est lui aussi qui se vit confier le rôle de Robert Oppenheimer dans Doctor Atomic de John Adams au Metropolitan Opera et à San Francisco.Plus proche de nous, Gerald Finley s\u2019est retrouvé dans le « Top 10 » des meilleurs disques classiques 2017 choisis par Le Devoir, avec In the Stream of Life, des mélodies de Sibelius orchestrées par Rautavaara sur l\u2019étiquette Chandos.Ce que l\u2019on sait moins, c\u2019est que cette vedette internationale, qui a débuté à Salzbourg en 1991 et au Met en 1998, membre de l\u2019Ordre du Canada depuis 2014 et qui porte, depuis 2017, le titre commandeur de l\u2019Empire britannique pour ses services éminents rendus à l\u2019art lyrique, est née à Montréal le 30 janvier 1960.Horizon cinq ans Le dernier passage de Gerald Finley dans la métropole est mémorable.La Société d\u2019art vocal s\u2019appelait encore Société musicale André-Turp.C\u2019était en 2007 et le baryton avait fait assaut d\u2019intelligence programmatique dans une seconde partie de récital consacrée aux mélodistes américains, révélant, ser ti entre des Songs de Charles Ives et de Samuel Barber, le ravageur cycle War Songs, composé en 1969 par Ned Rorem.Il nous arrive cette fois avec une première partie entièrement consacrée à Goethe, autour de mélodies de Schubert et de Beethoven.« En seconde partie, après quatre mélodies de Tchaïkovski, qui sont des Gerald Finley, le noble art du chant La plus grande vedette parmi les chanteurs canadiens est en récital dimanche à Montréal Gerald Finley, cette vedette internationale qui a débuté à Salzbourg et au Met, membre de l\u2019Ordre du Canada et commandeur de l\u2019Empire britannique pour services rendus à l\u2019art lyrique, est né à Montréal.SIM CANETTY- CLARKE L La mélodie aide à me recentrer, à retourner aux fondamentaux : la flexibilité, les couleurs, la clarté et l\u2019histoire.J\u2019ai besoin du récital pour la santé de ma voix.GERALD FINLEY » réponses à Gœthe, je voulais aborder des mélodies de Rachmaninov.Elles sont souvent très courtes, ce qui les rend difficiles, car les choses se passent très vite.Fate est la réaction à la 5e Symphonie de Beethoven.Je la dédierais à Dmitri Hvorostovski, en fraternité musicale, car il me l\u2019a fait découvrir, même si je n\u2019ai jamais eu l\u2019occasion de le lui dire.Nous finirons sur un ton plus léger avec Britten et des chants écossais.» Même s\u2019il va chanter Iago, dans Otello de Verdi, la saison prochaine à la Canadian Opera Company, nous voyons peu Gerald Finley au Canada, qu\u2019il appelle «mon chez-moi spirituel».«J\u2019ai grand plaisir à revenir chanter au Canada et j\u2019aimerais pouvoir ouvrir mon agenda aux propositions canadiennes.Mais la réalité est que la planification des maisons d\u2019opéra en Europe et en Amérique du Nord s\u2019opère quatre ou cinq ans à l\u2019avance.Lorsque les invitations arrivent, je suis donc déjà pris la plupart du temps.» À cela s\u2019ajoute une incompréhension de sa nature artistique.Ne comptez pas l\u2019entendre dans une tournée de promotion de son disque Sibelius-Rau- tavaara ! «C\u2019est toujours une grande discussion avec les agences, les orchestres et moi-même.Souvent les orchestres disent que ce répertoire est \u201cun peu inconnu\u201d et qu\u2019ils aimeraient un répertoire populaire.On me demande ainsi souvent de chanter Mahler ou des airs d\u2019opéra italiens, alors qu\u2019ils ne me sont pas particulièrement naturels.J\u2019aime beaucoup Mahler, mais les Chants d\u2019un compagnon errant et les Rückert-Lieder, par exemple, sont trop hauts pour ma voix.Entre les invitations trop tardives par rapport à la carrière que je mène et les demandes de répertoire incongrues, je suis peu présent et c\u2019est frustrant.» Alors, oui, Gerald Finley espérerait pouvoir chanter ici les mélodies de Sibelius orchestrées par Rauta- vaara : « Elles sont exactement dans ma voix, elles sont poétiques, dramatiques, et l\u2019ar t de la transparence chez Rautavaara, la beauté, la pureté du travail sont extraordinaires.» Planifier des rôles Comment prévoir le cheminement d\u2019une voix?Gerald Finley a pris la décision, il y a une douzaine d\u2019années, de « laisser la maturité vocale s\u2019installer paisiblement ».« Je me suis autorisé à me pencher sur Wagner, Puccini, Strauss et Verdi et j\u2019ai repris des cours de chant pour voir comment la voix répondrait : une vraie évaluation physique et technique visant à déterminer ce que je pouvais me permettre afin d\u2019évoluer.» Sur ce, se sont présentées des occasions.Le Festival de Glynde- bourne lui a proposé le rôle de Hans Sachs dans Les maîtres chanteurs de Wagner en 2011 et la Canadian Opera Company lui a confié Falstaff en 2014.« Ce furent les premiers défis et occasions pour éprouver le registre médian de ma voix de baryton- basse.Et cela s\u2019est très bien passé.J\u2019ai donc évolué vers Amfortas dans Parsifal, à Vienne, à Londres et à Berlin.Amfortas n\u2019est pas un rôle long, mais il est large et intense.» Désormais, Finley a le rôle de Scarpia, dans Tosca de Puccini, en ligne de mire, lui qui a quatre prises de rôle à son actif en 2017, « deux dans le vérisme italien, Anthanaël dans Thaïs de Massenet au Met, et le roi Lear d\u2019Aribert Reimann à Salz- bourg ».« Ce fut important pour jauger l\u2019énergie et l\u2019assise de ma voix.Tout se passe bien : je suis bien après les représentations, je ne sens pas le poids de l\u2019âge et je prends beaucoup de plaisir.» Les plans potentiels sont Simon Boccanegra et, peut-être, le Hollandais dans Le vaisseau fantôme de Wagner, « mais pas dans un grand théâtre».«Je ne veux pas chanter que des rôles lourds.Il me faut équilibrer avec le concert», nous confie le baryton.À ce titre, le récital est un exercice d\u2019écologie vocale.«La mélodie aide à me recentrer, à retourner aux fondamentaux : la flexibilité, les couleurs, la clarté et l\u2019histoire.J\u2019ai besoin du récital pour la santé de ma voix», nous dit Gerald Finley, qui se réjouit de retourner bientôt en studio pour graver les Quatre chants sérieux de Brahms et le Chant du cygne de Schubert.Gerald Finley Mélodies de Beethoven, Schubert, Rachmaninov, Tchaïkovski.Concert hors série de la Société d\u2019art vocal.Conservatoire de musique de Montréal, dimanche 6 mai à 15h.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Danse + Théâtre fta.ca 514 844 3822 6 & 9 Tao Ye Beijing 23 au 25 mai Place des Arts Dernière chance pour les forfaits UNTIL OUR HEARTS STOP Meg Stuart Bruxelles + Berlin 25 + 26 mai Usine C TOM NA FAZENDA Tom à la ferme Michel Marc Bouchard + Rodrigo Portella Rio de Janeiro 1 au 3 juin Maison Théâtre QUATUOR TRISTESSE Daniel Léveillé Montréal 30 mai au 1 juin Édi?ce Wilder - Espace danse DARK FIELD ANALYSIS Jefta van Dinther Stockholm + Berlin 25 au 27 mai Théâtre Prospero LA VIE UTILE Evelyne de la Chenelière + Marie Brassard Montréal 28 mai au 1 juin Théâtre ESPACE GO Deux pièces éblouissantes, virtuoses, raf?nées Une expérience sensorielle hors du commun « Marie Brassard orchestre cela de main de maître.» Revuejeu .org Un spectacle puissant qui triomphe au Brésil Jusqu\u2019à 17 h dimanche Un chorégraphe et des danseurs au sommet de leur art Concerts de la semaine Jérémie Rhorer.On salue avec un enthousiasme quasi débordant la venue dans la métropole d\u2019un surdoué de la jeune génération des chefs français, Jérémie Rhorer, à titre de chef invité de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal.Le Français est bien connu de nos meilleures chanteuses (Karina Gauvin, Julie Boulianne, etc.), qui ont eu la chance de côtoyer son tempérament flamboyant.Il vient diriger Du berceau à la tombe de Liszt, Polyeucte de Dukas et la 3e Symphonie de Saint-Saëns.Mercredi 9 mai à 20h, jeudi 10 mai à 10h30 et à 20h, à la Maison symphonique de Montréal.Carmen à Québec.Près de dix ans après l\u2019Operalia qui se tenait à Québec pour le 400e anniversaire de la ville, en septembre 2008, nous revoici avec deux protagonistes majeurs du concours de Placido Domingo: la mezzo Ketevan Kemo- klidze et le ténor Thiago Arancam dans les rôles principaux de Carmen de Bizet à l\u2019Opéra de Québec.Le jeune Mexicain Armando Piña sera Escamillo et Myriam Leblanc sera la Micaela que nous appelions de nos vœux.Intéressant, forcément, un an avant la Carmen de Montréal ! Mardi 1er mai à 19h, vendredi 4 mai à 20h, samedi 5 mai à 16h, dimanche 6 mai à 14h, à la salle Bourgie. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | ROCK Beyondless ?1/2 Iceage, Matador Depuis leur sortie des confins de la scène underground de Copenhague, autour de 2011, les quatre garçons d\u2019Iceage ont souvent été décrits (dont par le grand parrain du punk Richard Hell) comme les «sauveurs du punk».Une définition bien traditionaliste \u2014 quatre jeunes mecs blancs, à l\u2019allure de mauvais garçons \u2014 pour une telle position messianique\u2026 Mais voilà, Iceage a réellement pondu trois très bons albums sur lesquels les Danois affirment tour à tour leur amour du post-punk, de la no-wave, du hardcore.Pour ce quatrième titre en règle, le quatuor explore ce qu\u2019on pourrait appeler son côté americana (Thieves Like Us).Banjo, cuivres, accordéon, violon s\u2019ajoutent au mix, autrement déjà plus «épique» qu\u2019à leur habitude.On entend Titus Andronicus, Bruce Springsteen, Nick Cave, au travers d\u2019une guitare qui demeure mordante et rauque (The Day the Music Dies).La pièce Catch It est d\u2019ailleurs particulièrement (excusez-la) catchy.Beyondless est un album rock bien ficelé qui ne regarde pas en arrière, et ça, c\u2019est plus important que les questions d\u2019image.Sophie Chartier CLASSIQUE Marc-André Hamelin ?1/2 Schubert : Sonate pour piano et Impromptus.Hyperion, CDA 68213 Le chemin est long.Le chemin est merveilleux.Le chemin est presque aussi irréel que celui de l\u2019ultime sonate de Schubert.Quarante-cinq minutes en une patiente pérégrination que la fréquentation des salles de concert et des festivals les plus huppés, dont la Schubertiade de Hohe- nems, a délivrée de toutes les inutiles aspérités.Ce chemin est celui de Marc-André Hamelin, passé de sorcier de la folle virtuosité à celui de pianiste désormais respecté dans les œuvres les plus sérieuses du répertoire.Et la Sonate D.960 de Schubert en est un mètre étalon.Ne croyez pas que ce fut facile.Les disciplines sont étanches.D\u2019un côté les doigts ; de l\u2019autre le cerveau.Comme si c\u2019était incompatible\u2026 Mais oui, c\u2019est incompatible : c\u2019est écrit dans les journaux! Eh bien, non\u2026 Et cela peut s\u2019entendre dans un disque que l\u2019on respecte, comme on respecte Kovacevic, Zacharias, Uchida.Marc-André Hamelin a l\u2019art de forcer l\u2019écoute et de scruter l\u2019infinitésimal avec une simplicité limpide et épurée, si en phase avec la couleur de la pochette.Christophe Huss POP-ÉLECTRO L\u2019amour et le chaos ?1/2 Alfa Rococo Coyote / Universal Toutes les fois, et c\u2019est la quatrième fois, ça résiste.Depuis 11 ans qu\u2019Alfa Rococo, physiquement, fait le même effet : anticorps en alerte, rejet.Il a fallu une minute et quarante secondes ce coup-ci, le temps de l\u2019intro prometteuse.Aux premières mesures répétitives d\u2019Incendie, le morceau d\u2019ensuite, c\u2019était non merci.Il s\u2019agit indéniablement de pop-électro parfaitement calibrée, tout est à la place idoine, ça s\u2019entonne aisément, les rythmes et les motifs mélodiques tapent inlassablement sur le clou (ça tient du marteau-piqueur dans la chanson-titre, dans Monde idéal, dans Le temps qu\u2019il faut I et II) : rien à redire.Ce n\u2019est pas si loin d\u2019une Ariane Moffatt, voire d\u2019un Dumas, mais en même temps, c\u2019est à l\u2019opposé : rien n\u2019adhère vraiment.Les airs monocordes de Justine Laberge et David Bussières glissent sur le corps, les rimes riment sans rien arrimer.Ça se voudrait emballant, mais à la fin, ce n\u2019est jamais que de l\u2019emballage, sans rien dedans.Sylvain Cormier CLASSIQUE Alexandre da Costa ?Orchestre symphonique de Cas- tille et Leon, Je- sús López Cobos.Naxos 8.573 693 Naxos consacre un CD à l\u2019Espagnol Lorenzo Palomo à l\u2019occasion de ses 80 ans.Il comprend trois œuvres de 2014 et 2015: Humorescas, brève composition pour contrebasse et orchestre; Caribiana, partition orchestrale de 24 minutes faisant penser à la musique sud-américaine de Silvestre Re- vueltas ou Arturo Marques; et Arabes- cos, concerto pour violon de forme rhapsodique de 23 minutes, qu\u2019Alexandre da Costa a créé en juillet 2015.Palomo n\u2019est pas un compositeur contemporain au sens moderniste du terme.Ce n\u2019est pas non plus un narrateur comme Joaquin Rodrigo, mais plutôt un «atmosphérique» qui cherche, dans Arabescos, à retourner aux racines arabo-andalouses de la musique espagnole.Ce concerto marginal tout en volutes sonores, très arabisant, tend à tourner un peut en rond, mais s\u2019écoute avec intérêt.Alexandre da Costa y est très à l\u2019aise.Petit facteur émotionnel supplémentaire: ce programme enregistré en mai 2016 est sans doute l\u2019un des derniers de Jesús López Cobos, qui nous a quittés en mars de cette année.Christophe Huss AMBIENT All This Here ?1/2 Jonas Bonnetta, Idea of North Recordings En 2012, sur une petite île de Terre- Neuve, le Fogo Island Inn voyait le jour à même le roc, devant l\u2019Atlantique \u2014 au bord du monde, comme on dit là-bas.En composant la musique pour le film Strange & Familiar : Architecture on Fogo Island (2015), dédié à cet ambitieux projet local, le musicien canadien Jonas Bonnetta s\u2019est retrouvé devant bien plus grand.Ce qui donna All This Here trois ans plus tard, un album où des sons enregistrés sur l\u2019île s\u2019incorporent à une musique ambient aux longs airs appuyés, comme des souffles de baleine.On y sent irradier la terre, la glace, les étoiles, la mer (remarquable Tilting).Piano, cordes et synthétiseurs méditent sans toutefois quitter la vie concrète \u2014 ses pas, ses oiseaux, ses vagues.Les transitions, parfaitement lisses, font l\u2019effet d\u2019une seule histoire qui raconterait la solitude d\u2019une saison à Fogo Island, lieu sauvage aux vents imprévisibles.Soulignons l\u2019ajout du fiddle si familier de Terre-Neuve (Little Seldom), sans lequel cet album n\u2019aurait pas été aussi beau, ni tout à fait authentique.Geneviève Tremblay HIP-HOP Un chevreuil ?Jay Scott & Smitty Bacalley, Propulse Ent.Après son passage remarqué aux Fran- couvertes, le duo de MCs, et compositeurs Jay Scott et Smitty Bacalley, offre sur Un chevreuil les cinq meilleures chansons de sa jeune carrière, tant sur le plan de la prosodie que sur celui des thèmes abordés et des productions.Entre les plus bondissantes et accrocheuses C\u2019était nous ça et Personne, placées aux extrémités du mini-album, trois chansons fines et vaguement mélancoliques qui recadrent l\u2019univers du duo, souvent cabotin.La rythmique trap au ras du sol de Demain, collaboration avec les collègues ST et LIAM, le débit sec, rapide et mélodieux, frappe dans le mille; la divagation romantique à l\u2019ère digitale, quasi R & B, de DM et son texte original: «Elle était là devant moi j\u2019pouvais l\u2019aborder à l\u2019ancienne / Mais j\u2019étais pressé, faible et / J\u2019ai juste glissé dans ses DM»; sur un thème similaire, Cellphone et son refrain qu\u2019on entend comme une version délicieusement morose du Hotline Bling de Drake.Les chroniques de la vie quotidienne de Scott et Bacalley gagnent ici en authenticité lorsqu\u2019ils osent se montrer plus vulnérables \u2014 à surveiller.Philippe Renaud AMERICANA Liberty ?Lindi Ortega, Shadowbox Music Ça démarre western-spaghetti, par la pièce instrumentale Though the Dust.Entendez là une sorte d\u2019avertissement : attention, fiction ! Lindi le dit à qui veut l\u2019entendre, Liberty se veut un album concept, qui met en scène un personnage, lequel va de déveine en dépit jusqu\u2019au désespoir, et qui renaît, enfin libre.Petit cinéma de chansons ponctué par le thème morriconien.Ce que l\u2019on comprend surtout, c\u2019est qu\u2019elle va mieux, Lindi Ortega : elle a pris mari et pays en 2017, ce qui lui permet de raconter aujourd\u2019hui sa propre histoire avec du recul et du bonheur à la clé.Véritable traversée du désert de la mort, on passe d\u2019Afraid of the Dark à Darkness Be Gone, et l\u2019oppressante You Ain\u2019t Foolin\u2019 Me mène à Lovers in Love.Au paradis de la guitare twangy, on a le droit de s\u2019aimer.On peut même chanter merci la vie (Gracias a la vida).Et Lindi Ortega, la Canadienne errante, après 17 ans de tribulations et de déceptions, sert désormais ses chansons tristes\u2026 avec le sourire.Sylvain Cormier ÉLECTRONIQUE Singularity ?1/2 Jon Hopkins, Domino Records Le compositeur, producteur et re- mixeur Jon Hopkins atteint la maturité sur ce cinquième album, qui arrive cinq ans après l\u2019excellent Immunity.Passé maître dans l\u2019art des textures sonores complexes après avoir travaillé auprès du mentor Brian Eno, le Britannique propose aujourd\u2019hui un album en deux temps qui impressionne surtout sur le premier.L\u2019enfilade de la première moitié, Singularity, la soufflante Emerald Rush, Neon Pattern Drum et l\u2019épique Everything Connected, est le fruit d\u2019une parfaite cohésion entre harmonies et sonorités rêches et granulaires, rythmes déconstruits et construction classique tension/relâchement du house et du techno, le tout peint avec une palette de couleurs musicales bien définie: l\u2019acidité des synthés, la chaleur du piano droit, l\u2019évocation des voix humaines ensuite déployées durant cette seconde moitié nettement plus moelleuse à cause de ses orchestrations mi- nimalistes néoclassiques.Ainsi, après la césure chorale de Feel First Life, la seconde moitié paraît conséquemment plus fade que l\u2019étourdissante première, mais néanmoins pleine de charme.Philippe Renaud LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Philippe Lançon Quand le traumatisme devient un récit magistral Fiction Arrêt court sur le baseball dans la littérature L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 L i r e 2 4 | On se reposera plus tard Je prends parfois de (longues) pauses des réseaux sociaux.Parce que j\u2019ai l\u2019impression que Facebook mange mon cerveau à petites bouchées.Parce que, pour moi qui écris, le potentiel de distraction de cette machinerie infernale est monstrueux.Alors, quand je sens mon esprit dévoré depuis trop longtemps, je me retire un peu.Les bénéfices sont instantanés : ma capacité d\u2019attention se restaure en environ une semaine, je peux enfin lire plus, être vraiment attentive \u2014 et vivre mieux, je pense.Mais il est vrai aussi que j\u2019ai l\u2019impression de ne plus sentir aussi précisément le pouls de ce qui vibre autour, de ce qui tremble et palpite sous les nouvelles.Alors, un beau jour d\u2019avril, je reviens.Et tout me retombe dessus, d\u2019un coup.Les sempiternelles chicanes autour de l\u2019idée des quotas.Les programmations de théâtre.Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie qui n\u2019arrive pas à obtenir d\u2019engagement ferme de la part du PLQ ni de la CAQ quant à sa proposition de projet de loi pour favoriser une représentation paritaire à l\u2019Assemblée nationale.Le principe même de parité, tordu dans tous les sens.Rééquilibrer les forces Je suis pour les quotas.En politique, en culture, partout où les structures ont favorisé les hommes jusqu\u2019à présent.Je suis pour les quotas parce que ce sont des mécanismes qui nous entourent déjà, que plein de gens en ont profité et en profitent encore, et parce qu\u2019il est juste de rééquilibrer les forces en présence par nos décisions collectives quand on se rend compte que le système privilégie un groupe plutôt qu\u2019un autre de façon disproportionnée.Un exemple concret?La télévision québécoise et la musique francophone d\u2019ici ne seraient jamais arrivées à être ce qu\u2019elles sont sans les quotas de contenu canadien du CRTC, quoi qu\u2019en disent certains et certaines qui ont l\u2019impression d\u2019avoir fait leur chemin tout seuls.On n\u2019arrive à rien seuls \u2014 on est toujours redevables à la société dont nous sommes issus.Les artistes qui ont bénéficié de ce coup de pouce ne manquaient ni de talent ni de compétences, pas plus que de cran ou de détermination.Mais ils auraient été avalés par le bulldozer culturel américain et par ses productions à grand déploiement (et à faible coût pour les diffuseurs) si on n\u2019avait pas décidé, ensemble, politiquement, de les soutenir.Pas parce qu\u2019ils faisaient pitié, ni parce qu\u2019ils étaient moins bons.Mais parce que leurs voix étaient fragilisées par le contexte mondial et qu\u2019elles nous importaient.Pourquoi donc serait-il plus injuste aujourd\u2019hui de procéder de la même façon pour les femmes?Nous avons relevé clairement certains déséquilibres.Ce ne sont pas des vues de l\u2019esprit, ce sont des faits.Tout le monde est d\u2019accord pour dire que nous devons corriger ces inégalités.Alors, compter sur les actions individuelles des uns et des autres pour réformer une architecture sociale au grand complet, c\u2019est ça qui me semble plutôt injuste, et surtout voué à l\u2019échec.Marjolaine et ses mots Des amis chers m\u2019ont prévenue de ne pas me jeter dans ce débat où chacun se fait déchiqueter en moins de deux.J\u2019ai failli les écouter.Puis, au milieu de mon fil d\u2019actualité, sont apparus ces mots de Nayyirah Wa- heed : «All the women./ in me./are tired.» Et je me suis dit que, si on voulait arrêter d\u2019être fatiguées un jour, on ne pouvait pas renoncer maintenant.Malgré l\u2019inconfort.Malgré les discussions compliquées avec des gens qu\u2019on aime.Une autre poète s\u2019est lancée à ma rescousse en cette semaine difficile, au moment glacial où j\u2019apprenais l\u2019existence des incels et que les personnes heurtées par le camion-bélier de Toronto étaient majoritairement des femmes.Marjolaine Beauchamp, avec sa voix éraillée pareille à nulle autre, invincible parmi les poquées, Marjolaine Beauchamp incandescente de vérité au beau milieu de l\u2019époque pornographique, debout, droite, inaliénable.Marjolaine et ses mots qui éclairent les coins les plus sombres de l\u2019existence en éclaboussant de beauté toute l\u2019âpreté du quotidien de ses personnages, mères arrivées à l\u2019extrémité de tous les surmenages.Seules mais solidaires.Vidées mais pleines d\u2019amour.«On s\u2019fait une brigade de filles trop folles pour être voulues, trop fulgurantes pour être toutes seules, que tout le monde aime à un bras de distance / Qui font des festins avec trois ingrédients, qui dorment six heures, et qui charrient des canots».O.K.Marjo, on le fait.On se la fait, la parité, la parité partout, pour entendre ta voix quoi qu\u2019il arrive.«Des filles de promesses tenues, crissement pas fiables mais si loyales / Des filles qui partent des feux en pleine pluie, des filles les cheveux lousses, ultraviolettes, autodidactes et irrévérencieuses.» L\u2019ouvrage s\u2019appelle M.I.L.F.(Somme toute), il parle de vie difficile, de maternité, de sexe, de survivance.Et j\u2019ai retenu mes larmes quand j\u2019ai lu la fin : «On s\u2019fait ça maintenant / On se r\u2019posera plus tard.» Véronique Côté Chronique ENTREVUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Entre les tensions nationales et les interprétations idéologiques, un fait demeure : la Commission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, instaurée en 1963 par le gouvernement de Lester B.Pearson, aura alimenté, pendant plus de six ans, un moment historique dans la volonté du Canada de comprendre sa dualité fondatrice et de saisir la multiplicité de son visage pour assurer, dans le rapprochement de ces forces vives, son développement futur.Un moment historique, oui, orchestré par André Laurendeau, alors rédacteur en chef du Devoir, et Davidson Dunton, président de l\u2019Université Carleton, mais un moment surtout inachevé.« Le terme est approprié, lance à l\u2019autre bout du fil l\u2019historienne Valérie Lapointe-Gagnon, professeure au Campus Saint-Jean de l\u2019Université de l\u2019Alber ta et spécialiste de l\u2019histoire intellectuelle au pays.On sent en effet qu\u2019il y a quelque chose d\u2019interrompu dans la démarche », autant sur l\u2019ouverture à un fédéralisme dif férent, sur la reconnaissance claire du statut particulier du Québec dans la fédération et même sur la création d\u2019espaces de dialogue audacieux.Autant de sujets non aboutis laissant encore au- jourd\u2019hui des points de tension qui, même s\u2019ils ne déchaînent plus les mêmes passions qu\u2019à l\u2019époque, persistent toujours, selon elle.Panser le Canada (Boréal), une autopsie en règle des travaux de la commission Laurendeau-Dunton et de la réflexion qu\u2019elle a fait émerger, permet de prendre la pleine mesure de cette histoire sans fin.Le récit \u2014 une thèse de doctorat livrée ici dans un format moins hermétique \u2014 puise dans la masse colossale des archives produites par ce « laboratoire intellectuel », dont les notes de plusieurs commissaires, afin d\u2019éclairer de l\u2019intérieur, avec l\u2019apaisement induit par la distance, ce temps de réflexion collective qui permet de mieux comprendre le Canada d\u2019aujourd\u2019hui, dit Valérie Lapointe-Gagnon.« Il est intéressant de voir comment nous avons pensé le Canada dans les années 1960 », mais aussi Une histoire sans fin Valérie Lapointe-Gagnon ausculte le travail de la commission Laurendeau-Dunton, un laboratoire intellectuel interrompu La Commission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme aura alimenté un moment historique dans la volonté du Canada de comprendre sa dualité fondatrice.ARCHIVES LE DEVOIR | 2 5 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 © P i e r r e G e n d r o n , L e c i r q u e , 1 9 6 1 ESSAI Deux économistes à contre-courant Sylvia Ostry et Kari Polanyi Levitt ?Michèle Rioux et Hughes Brisson, Les PUM, Montréal, 2018, 126 pages Il ne faut jamais se fier aux\u2026 différences.À première vue, rien ne semble rapprocher les économistes canadiennes Sylvia Ostry et Kari Polanyi Levitt.Et pourtant.La première a toujours été très proche des cercles du pouvoir, d\u2019où elle a influencé la création de politiques publiques et encadré par ses théories une certaine compréhension du monde globalisé.La deuxième est surtout connue pour sa perspective critique, inspirée par les thèses de Marx et de Keynes, pour son indépendance qu\u2019elle a cultivé toute sa vie face au pouvoir et pour sa compréhension de l\u2019économie des Caraïbes.Et pourtant, toutes les deux se rejoignent sur le terrain des idéaux, de la justice sociale et de la reconnaissance des institutions comme « rempart contre les excès ou les abus qui peuvent survenir lorsqu\u2019on laisse les acteurs les plus puissants » faire ce qu\u2019ils veulent, estiment Michèle Rioux, prof de science politique, et Hughes Bris- son, chercheur en économie, dans cet essai académique qui ausculte la pensée de ces deux actrices de changement ayant beaucoup agi dans l\u2019ombre.Selon eux, dans un monde en mutation qui se questionne sur lui- même et ses cadres économiques, ces deux intellectuelles qui réconcilient des oppositions apparentes méritent d\u2019être connu.Et à la lecture de leur bouquin, on ne peut que leur donner raison.Fabien Deglise comment le pays est passé, sans doute, à côté d\u2019un réaménagement du paysage politique, comme réel « remède au mal canadien ».Dans les discussions de l \u2019époque, les membres de la commission parlent d\u2019octroyer des droits particuliers à la majorité francophone du Québec, envisagent une asymétrie dans le fédéralisme, mais également réfléchissent à une démocratie un peu plus participative, pour sortir de la crise, comme le préconisait entre autres Léon Dion, qui en a fait la promotion, sans toutefois réussir à convaincre les autres.« La commission Laurendeau-Dun- ton a été dès le départ sensible à la voix des citoyens, explique Valérie Lapointe-Gagnon.On le voit dans la manière même dont elle décide de fonctionner et d\u2019organiser son rapport aux citoyens, de manière un peu plus impressionniste.» Inspirée par une commission tenue quelques années plus tôt en Saskatchewan, la commission royale s\u2019éloigne en effet des formules classiques de recherche, de mémoires, d\u2019audiences publiques formelles, pour donner plus de place aux dialogues peu encadrés avec le public.À l\u2019époque, Clément Cormier, un des commissaires, cite d\u2019ailleurs Platon pour justifier ce qui peut ressembler à de l\u2019improvisation, en rappelant que « si l\u2019on interroge les hommes, en posant bien les questions, ils découvrent d\u2019eux-mêmes la vérité sur chaque chose ».« Cette voix citoyenne était importante, rappelle l\u2019historienne.Quand la commission a commencé à réfléchir aux remèdes [contre le mal canadien], il est devenu naturel de l\u2019intégrer de manière permanente » dans la construction d\u2019un nouveau cadre politique.À l\u2019époque, les commissaires se nourrissent des écrits de Walt Whitman, de Thomas Jef ferson ou de John Dewey, penseurs d\u2019une démocratie envisagée comme une extension de l \u2019esprit et du cœur.Les membres de la commission n\u2019ont d\u2019ailleurs pas peur des mots en parlant de « sonder le cœur des citoyens » et en appelant à « l\u2019amitié qui unit les peuples » pour sortir de la crise identitaire.Au sein de la commission Lauren- deau-Dunton, l\u2019audace et l\u2019évaluation des possibles animent les débats et les conversations, y compris sur le sort du Québec, pour lequel les commissaires ne craignent pas d\u2019explorer des approches nouvelles et inédites.Il est question d\u2019indépendance, d\u2019États associés, de renouvellement du fédéralisme, de statut particulier pour la province, visant à « rééquilibrer les forces en présence au Canada » et à «mieux exprimer le caractère biculturel du pays», écrit Mme Lapointe-Ga- gnon.« Paul Lacoste le dit, ajoute-t- elle : \u201cLe pays, ce n\u2019est pas la constitution\u201d», appelant par le fait même à son ouverture pour écrire un nouveau chapitre du Canada.Cette ouver ture aura été passagère, dit-elle.La mort d\u2019André Laurendeau, en pleine présidence de la commission, en 1968, emporte avec elle sa vision du Canada, qu\u2019il partageait avec Solange Chaput-Rolland, Léon Dion, Jacques-Yvan Morin, Paul Lacoste, entre autres.L\u2019arrivée au pouvoir de Pierre Elliott Trudeau coupe court aux illusions restantes, analyse Mm e La- pointe-Gagnon, faisant des tensions identitaires et constitutionnelles non traitées des sujets désormais tabous.Faudrait-il achever ce qui ne l\u2019a pas été par cette commission ?« Je ne pense pas que beaucoup de gens soient pétris aujourd\u2019hui par l\u2019inquiétude de la finalité du Canada, dit-elle.Ils ont confiance que le Canada va survivre dans les prochai - nes années.» Une réalité dérangeante pour plusieurs qu\u2019une plongée dans l\u2019histoire de la commission Laurendeau-Dun- ton n\u2019explique pas totalement, mais éclaire sans doute autrement.Valérie Lapointe-Gagnon FAR WEST PRODUCTIONS Panser le Canada Une histoire intellectuelle de la commission Lau- rendeau-Dunton Valérie Lapointe- Gagnon, Boréal, Montréal, 2018, 414 pages Inspirée par une commission tenue plus tôt en Saskatchewan, la commission s\u2019éloigne des formules classiques de recherche, de mémoires, d\u2019audiences publiques formelles, pour donner plus de place aux dialogues peu encadrés avec le public L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 L i r e P r i x l i t t é r a i r e d e s c o l l é g i e n s 2 0 1 8 2 6 | De bois debout Jean-François Caron, La Peuplade, Chicoutimi, 2017, 414 pages Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait un roman écrit par votre mémoire ?Comment nous y retrouver avec tous ces souvenirs qui surgissent pêle-mêle et qui se confondent avec la fiction de nos rêveries et de nos lectures?Jean-François Caron a relevé le défi avec brio dans son roman De bois debout, publié par les éditions La Peuplade, dans lequel les lecteurs découvrent le passé d\u2019Alexandre, le protagoniste, à travers les voix de sa mémoire.Les souvenirs du jeune homme remontent à sa conscience lorsqu\u2019il revient dans son village natal, village dans lequel il a été témoin du meurtre accidentel de son père alors qu\u2019il n\u2019était qu\u2019un jouvenceau.C\u2019est après cet incident qu\u2019Alexandre a trouvé refuge chez Tison, l\u2019ermite au visage brûlé.La douce poésie de Caron raconte de façon touchante comment la puissance des livres a pu réunir ces deux hommes esseulés.Même si l\u2019histoire semble parfois difficile à suivre en raison de la temporalité débridée de l\u2019œuvre, tous les fragments de la vie d\u2019Alexandre s\u2019assemblent au fil des pages pour former un tout d\u2019un réalisme incroyable.Puisque le récit est structuré comme la mémoire humaine, en nous faisant voyager dans le temps, nous avons l\u2019impression d\u2019entrer dans la tête d\u2019Alexandre et d\u2019entendre les voix de son passé.À travers son œuvre, Caron aborde le thème du deuil avec sensibilité en racontant comment Alexandre ne cesse de perdre ceux qu\u2019il aime.La narration au «je» utilisée dans plusieurs chapitres rend ces passages très personnels et émotifs, ce qui fait en sorte que les lecteurs peuvent facilement se reconnaître à travers ce qu\u2019Alexandre vit.Pour survivre à la solitude, le jeune homme trouve refuge dans les livres, les mêmes dédaignés par le père tant aimé.L\u2019intertextualité dans ces extraits est intéressante puisqu\u2019elle témoigne de la façon dont l\u2019auteur a construit son roman à partir d\u2019autres œuvres.De bois debout est un roman «qui fait du bien».L\u2019écriture réconfortante de Caron suggère que l\u2019amour peut survivre à tout, même à la mort, car les êtres chers qu\u2019Alexandre a perdus restent bien vivants dans son cœur et sa mémoire.Dorothée Roch Cégep régional de Lanaudière (Terrebonne) J\u2019ai souvenir encore Royal Jean-Philippe Baril Guérard Éditions de Ta Mère, Montréal, 287 pages «Tu sens les os de ceux qui arrivent pas à se tenir droits et fiers craquer sous tes pieds, et ça te fait chaud en dedans.» Telles sont les pensées venimeuses du personnage sans nom tiré du roman Royal, de Jean-Philippe Baril Guérard.Cette histoire ne fait pas de cadeau à ce narrateur sardonique qui entend, lui aussi, la mélodie de ses os qui se brisent dans sa douloureuse et incessante course vers la réussite.Dans ce roman, la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal est un lieu de combat implacable, où les notes deviennent plus importantes que l\u2019origine du monde.Dès l\u2019enfance, cet enfant-roi a saisi les principes du chacun pour soi.Il utilise toutes les armes nécessaires pour décrocher un stage parmi les plus prestigieux de Montréal : la manipulation, la prise de drogues, le détachement\u2026 La perfidie domine donc le récit, et le luxe rehausse la gloire du monarque déchu : chandails Tiger of Sweden, montre Hermès, cravate Louis Vuitton.Il mène la lutte avec justesse dans le «dépotoir de l\u2019humanité » qu\u2019est la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal.Dans les méandres de son esprit confus se cache l\u2019option du suicide s\u2019il ne peut pas être le « roi de la montagne ».Le roman est écrit à la deuxième personne du singulier, donnant ainsi l\u2019impression que le personnage se juge constamment.La grossièreté du narrateur dépeint davantage sa personnalité diabolique : des surnoms dévalorisants sont attribués aux autres étudiants, les scènes d\u2019ébats sont crues et ser vent de défouloir pour cet antihéros, et les pensées suicidaires sont exposées de manière si anodine que cela crée un effet de tension permanent.Royal procure des sensations intenses au lecteur, qui en vient à se questionner lui-même sur sa propre réussite.L\u2019esprit torturé du roman l\u2019amène à sa propre décadence intérieure à mesure qu\u2019il tourne les pages.Si une chose est cer taine, c\u2019est qu\u2019il n\u2019en ressort pas indemne.Myriame Ezelin Cégep de Trois-Rivières La déchéance du roi Au grand soleil cachez vos filles Abla Farhoud, VLB Éditeur, Montréal, 2017, 232 pages Au grand soleil cachez vos filles, c\u2019est le récit émouvant d\u2019une famille dys- fonctionnelle perdue en territoire inconnu.Abla Farhoud y raconte le retour de la famille Abdelnour au Liban après quinze années en sol canadien.Enivrés par le soleil et l\u2019air de la côte, ils s\u2019amourachent de ce pays dont ils sont les enfants, à l\u2019écart, encore inconscients du nouvel univers dans lequel ils ont mis les pieds.Le retour à la réalité n\u2019en sera que plus brutal ; le choc culturel, sous-estimé, en écorchera plus d\u2019un au passage.C\u2019est avec une finesse et une sensibilité exceptionnelles que l\u2019auteure brosse un portrait du Liban des années soixante à partir des souvenirs qu\u2019elle en garde.Chaotique, à l\u2019ima - ge du pays où il prend place, le récit s\u2019enchaîne au r ythme des secrets bien gardés par chacun des Abdel- nour qui refont surface par la force des choses.Dans ce pays de tabous, c\u2019est habité d\u2019un malaise persistant que, page après page, on suit les personnages qui tentent de se dépêtrer des sables mouvants que constitue cette société rétrograde.L\u2019oppression ressentie par Ikram alors qu\u2019elle tente de donner un sens à sa vie libanaise au cœur de cette tyrannie misogyne nous est transmise avec une remarquable vivacité.Le poids de cette dictature phallocrate nous accable alors que les jeunes femmes en sont les victimes.La douleur et le désespoir de ces jeunes adultes qui cherchent leur place dans un monde qui n\u2019est pas fait pour eux nous sont transmis avec une grande acuité.Par l\u2019envoûtante polyrythmie créée au gré des voix d\u2019Ikram, d\u2019Adib et de Faïzah, Abla Farhoud aborde avec adresse des thèmes difficiles, comme la santé mentale, la recherche de soi, le sexisme.Elle dépeint habilement la complexité du Liban, arrivant à évoquer quelques représentations de ce pays au lecteur qui lui est inconnu.Exploration perspicace et subtile de l\u2019ensemble de la gamme des émotions humaines, le roman émeut par la fragilité de ses personnages.Ligne après ligne, on succombe tous au « grand soleil », le cœur au bord des lèvres, les larmes au coin des yeux.Jeanne Desrosiers Cégep Limoilou Le poids du retour Il y a eu le prix \u2014 remis début avril à Jean-Philippe Baril Gué- rard pour Royal (Éditions de Ta Mère).Il y a maintenant l\u2019hommage rendu par la plume des étudiants aux œuvres en lice et au gagnant du Prix littéraire des collégiens, cuvée 2018.Une quarantaine d\u2019étudiants ont pris part à l\u2019exercice en soumettant un texte critique d\u2019environ 350 mots.Le jury, composé de Christian Bouchard, professeur de littérature à la retraite du collège Laflèche à Trois- Rivières, de Romane Fostier, professeure de littérature au lycée français de Chicago \u2014 dont les élèves ont pris part au Prix des collégiens \u2014, et de Fabien Deglise, responsable du cahier Lire du Devoir, en ont retenu cinq.Un choix difficile devant la très haute qualité de l\u2019ensemble des textes soumis.Le regard critique des collégiens Des quatre coins du Québec, les jeunes plumes se sont posées sur les œuvres en lice et le roman primé.Papiers choisis.Jean-Philippe Baril Guérard JACQUES NADEAU LE DEVOIR L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Une exposition organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal avec la participation du Château de Fontainebleau et le soutien exceptionnel du Mobilier national de France.Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec et le Conseil des arts de Montréal pour leur soutien constant.| François-Pascal-Simon Gérard, Portrait de Napoléon en grand habillement (détail), 1805.Château de Fontainebleau, Musée Napoléon 1er.© RMN-Grand Palais / Art Resource, NY / Gérard Blot UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC « Exceptionnelle exposition [.] Nous en sommes revenus conquis par l\u2019intelligence du propos et les nombreuses découvertes que nous avons pu y faire.» \u2014 La Tribune de l\u2019art MAINTENANT OU JAMAIS ! Journées supplémentaires 8-9-10 mai, 10 h à 17 h Le corps des bêtes Audrée Wilhelmy, Leméac, Montréal, 2017, 160 pages Il y a quelque chose de délicat dans l\u2019écriture d\u2019Audrée Wilhemy.Un malaise sous-jacent, une tension semblable à l\u2019humidité lourde d\u2019une journée d\u2019été, lorsque l\u2019on n\u2019arrive pas à savoir s\u2019il pleuvra ou non.Beaucoup de silences aussi, remplis presque uniquement par les bruits des va - gues et du vent.Avec un père souvent absent, la petite Mie, à peine douze ans, se heurte au silence désarmant de Noé, sa mère, qui vit recluse dans sa cabane, petit royaume jamais visité, sauf par les hommes que le désir pousse.Élevée plus par la nature des environs que par le clan dont elle fait partie, la jeune fille s\u2019initie au monde en se projetant dans l\u2019esprit des bêtes qui l\u2019entoure.Observatrice tendre et avide, elle s\u2019ef force de comprendre la sexualité des adultes en étudiant celle des animaux autour d\u2019elle.L\u2019univers que Wilhemy nous présente est minuscule, limité à une île perdue et à ses huit habitants, mais troublant par son absence de barrières morales.À la fois humains et bêtes, ses personnages sont amoraux, mêlant sans inhibition inceste et brutalité à leur vie de famille.Un portrait qui laisse le lecteur parfois choqué, parfois ému, souvent entre deux chaises.La force du Corps des bêtes, c\u2019est sans contredit la beauté incroyable du langage qui l\u2019habite.Tant les descriptions que les métaphores sont précises, poétiques, élégantes.C\u2019est magnifique, tout simplement.Sa lacune, c\u2019est la faiblesse de la trame narrative.L\u2019histoire, forte de non-dits et de petites allusions, avance sans que l\u2019on comprenne véritablement qui sont ces personnages que l\u2019on voit évoluer sous nos yeux.Condamné au rôle d\u2019observateur distant, le lecteur, surtout s\u2019il est moins chevronné, lutte pour comprendre les véritables enjeux du récit et en percevoir l\u2019évolution.La fin en est d\u2019autant plus surprenante, mais a moins d\u2019impact.Au final, Le corps des bêtes est une petite miniature tout en finesse, une réflexion intelligente sur la nature humaine.S\u2019il manque certes peut- être un peu de substance à cette œu- vre éthérée, elle sera certainement appréciée du lecteur.Elara Neath Thomin Collège Dawson Une si jolie miniature Le plongeur Stéphane Larue, Le Quartanier, Montréal, 2016, 520 pages À La Trattoria, restaurant abondamment décrit dans Le plongeur de Stéphane Larue, derrière le comptoir, à l\u2019abri de la salle de service se cache un univers explosif où mijotent corvées, substances, humains et fracas.Jeune artiste, addict au jeu et à l\u2019intensité, le narrateur alterne entre ses excès destructeurs et ses tentatives de vivre normalement, sur fond d\u2019éclatantes notes de heavy metal.Que ce soit rue Ontario ou rue Saint-Denis, il finit toujours par trouver une machine à sous ou Bé- bert, à la fois ange gardien et mauvaise influence, avec qui il peut boire sa misère.Non loin de là, mais dans un univers qui semble parallèle, Marie-Lou, sa copine, et des commandes de dessins d\u2019album l\u2019attendent.Dans ce roman hyperréaliste, où se juxtaposent des descriptions enivrantes qui mettent les cinq sens à profit, dans un quotidien trash et fraternel, tous les hommes et les femmes reposent les uns sur les autres, malgré les mensonges et les petites trahisons.Stéphane Larue nous transpose avec une force d\u2019évocation inégalée dans ce monde méconnu.Main dans la main avec le narrateur, le lecteur passe avec angoisse et délectation à travers ses crises de dépendance au jeu, ses rushes en cuisine ou ses révélations lors de concerts : « La transe m\u2019avait avalé et je ne savais plus distinguer le haut du bas ni où mon corps s\u2019arrêtait, j\u2019étais devenu la vague houleuse et hurlante de sons et de corps suants.» Tel un verre de bière en plein visage, ce regard chirurgical nous sensibilise sur la réalité de la dépendance et de la plonge avec des repères accessibles et des personnages captivants.Là où un tensiomètre peine à tenir en place, les coulisses de la cuisine sont bien connues par l\u2019auteur.En effet, Stéphane Larue a toujours travaillé dans ce milieu exigeant et débordant de vies excentriques.Après avoir parcouru les 600 pages du roman à un rythme ef fréné, on ne peut qu\u2019éprouver un certain relâchement de cet excès de fébrilité après avoir vécu une catharsis au sens fort du terme, un rush émotif digne d\u2019un coup de feu en cuisine ou de l\u2019alignement des cerises sur un écran de loterie vidéo.Anna Staub Collège Jean-de-Brébeuf L\u2019ivresse du quotidien L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 L i r e F i c t i o n 2 8 | GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Le 22 avril dernier, le joueur de premier but des Giants de San Francisco Brandon Belt soutirait pas moins de 21 lancers \u2014 vous avez bien lu \u2014 à Jaime Barria des Angels de Los An- geles, dont 17 fausses balles.Le numéro 9 établissait ainsi un nouveau record pour le plus grand nombre de lancers lors d\u2019une même présence au bâton, une marque jadis détenue par Ricky Gutierrez, des Astros de Houston, qui en avait reçu 20 de Bartolo Colon en 1998.«Pour quiconque n\u2019est pas fou furieux de baseball, ça, c\u2019est interminable comme moment.C\u2019est Sisyphe qui recommence éternellement à lancer la balle», observe Michel Nareau, auteur de l\u2019essai savant Double jeu.Baseball et littératures américaines (Le Quartanier, 2012) et professeur de littérature au cégep Édouard-Montpetit.« À la quatorzième fausse balle, tout le monde savait qu\u2019on assistait à un moment grandiose\u2026 et plate, à un moment quelconque et\u2026 tout à fait significatif.C\u2019est l\u2019éternité qui, tout d\u2019un coup, s\u2019immisce dans le match, de la même manière qu\u2019on ne peut pas s\u2019empêcher d\u2019imaginer quand un match se rend en 21e man che qu\u2019il puisse perdurer pendant des semaines et des semaines.C\u2019est plausible!» «Le baseball est soluble dans la littérature parce qu\u2019ils sont tous les deux des arts du temps.Là où l\u2019esprit grossier voit un jeu interminable, le poète voit l\u2019infini », résumait Samuel Archibald dans sa contribution à Good Eye !, «treize textes qui parlent de balle » mis en ligne en octobre 2012 sur le site Poème sale.Rare sport d\u2019équipe ne répondant à aucun chronomètre, le baseball requiert que les descripteurs radio ou télé comblent les temps morts nombreux qui le ponctuent en s\u2019en remettant à une pléthore de récits d\u2019exploits homériques, d\u2019anecdotes loufoques et de souvenirs (virilement) attendris.Rappelons qu\u2019une feuille de pointage de baseball, contrairement au hockey ou au football, permet de reconstituer chacun des microchapitres composant le roman (parfois assommant) d\u2019un match, matière première d\u2019un généreux répertoire de statistiques auquel s\u2019en remettre.Mais le baseball ne générerait sans doute pas autant de textes littéraires s\u2019il ne s\u2019adressait qu\u2019aux cardiaques devant se tenir à distance des émotions fortes.«Pour moi, le baseball est affaire d\u2019épiphanies, une fastidieuse contemplation ponctuée d\u2019éclairs significatifs », explique l\u2019Ontarien Andrew Forbes dans De l\u2019utilité de l\u2019ennui (Éditions de Ta Mère, 2016), des «textes de balle» traduits par Daniel Grenier et William S.Messier.Recueil de brefs essais intimes, cette ode au sanctuaire qu\u2019est le stade de baseball fouille les archives de la MLB afin de mettre en lumière certains parcours improbables et/ou inspirants de joueurs autrement relégués aux bas de la page des livres d\u2019histoire.L\u2019amateur de sport y décrit aussi avec un émer veillement presque spirituel le temps doucement perdu d\u2019une journée à se laisser bercer par la voix de l\u2019annonceur narrant un affrontement insignifiant, n\u2019ayant absolument aucun impact sur le cours de la saison, encore moins sur celui de l\u2019humanité.De quoi nos souvenirs les plus précieux sont-ils fabriqués ?semble-t-il constamment se demander, en se remémorant sa visite d\u2019un terrain de l\u2019Amérique profonde ou en décrivant sa fascination pour les cartes de joueurs.Le baseball, «c\u2019est l\u2019impossible qui devient momentanément possible.Ce sont les longues heures à arpenter le désert à l\u2019affût de quelque mi- Arrêt court sur le baseball dans la littérature Et si la balle était le plus littéraire des sports ?Réflexion de début de saison sur cette grande machine à récits.Nathalie Babin-Gagnon, auteure de L\u2019erreur de la marqueuse MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR | 2 9 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Évoquer les beaux jours des Expos devant un ancien partisan compte parmi les moyens les plus fiables de lui arracher un sourire (de nostalgie).Anne-Marie, elle, ne veut pourtant rien entendre au sujet des Nos Amours.Sa fille Chloé ne connaît que la femme froide et taciturne qu\u2019elle est devenue, rien de la grande admiratrice de Gary Carter qui passait, adolescente, ses étés au terrain de baseball.Campé à la fois dans la période de grâce du début des années 1980, alors que les Expos se montraient réellement compétitifs, et dans un présent où le ballon rond chasse les balles et les bâtons des parcs du Québec, L\u2019erreur de la marqueuse décrit le poids du passé comme une avance de l\u2019adversaire impossible à combler.Une mère contemple le gâchis de son existence au moment où sa fille apprend, comme elle au même âge, à remplir des feuilles de pointage.Malgré des dialogues souvent lestés de considérations sociopo- litiques dont le récit principal pourrait se passer, le quatrième roman de la journaliste de Radio- Canada décrit avec une juste tendresse la relation étroite qu\u2019entretiennent sport, mémoire et enfance.Ce drame très américain d\u2019amour déçu, de famille en panne d\u2019affection et de compromis existentiel que l\u2019on regrette raconte la jeunesse comme le temps de l\u2019émerveillement, mais surtout comme celui de la tragédie façonnant pour toujours notre regard sur l\u2019existence.Bien qu\u2019elle décrive la transmission de la tristesse comme un cycle que celle qui y en est dépositaire doit avoir le courage de briser, Nathalie Babin-Gagnon insuffle un peu d\u2019espoir à son dénouement en le campant dans un Stade olympique qui revit grâce aux visites désormais traditionnelles des Blue Jays de Toronto.Un choix suggérant que même les causes perdues comme celle de son personnage principal, ou celui du retour des Expos à Montréal, méritent peut-être qu\u2019on y croie.Dominic Tardif Naissance de la tragédie (sur un terrain de balle) CRITIQUE L\u2019erreur de la marqueuse ?Nathalie Babin-Gagnon, XYZ, Montréal, 2018, 344 pages À quelques exceptions près, le baseball est surtout représenté en fiction au Québec sur le mode de la nostalgie et du temps qui s\u2019égrène.JACQUES NADEAU LE DEVOIR racle aussi soudain qu\u2019inexpliqué », ajoute Forbes.Voilà une quête éternelle s\u2019apparentant drôlement à celle du fervent lecteur, qui doit souffrir la lourdeur de plusieurs romans moyens dans l\u2019espoir d\u2019éventuellement savourer l\u2019ivresse de la phrase qui dresse le poil sur les bras.En attendant Nos Amours La littérature américaine aura pendant plusieurs années été complètement obsédée par le baseball, afin de mieux parler « d\u2019héroïsme, de mémoire, de mythes, de la place de la culture populaire dans les récits collectifs », rappelle Michel Nareau en évoquant entre autres Outremonde (1997) de Don DeLillo et Le grand roman américain (1973) de Philip Roth.À quelques exceptions près (dont Le projet Syracuse de Georges Des- meules), le baseball est surtout représenté en fiction au Québec sur le mode de la nostalgie et du temps qui s\u2019égraine, comme chez Lise Tremblay dans La sœur de Judith ou chez Marc Robitaille dans Un été sans point ni coup sûr.C\u2019est aussi le cas de L\u2019erreur de la marqueuse (voir autre texte), dans lequel Nathalie Babin-Gagnon juxtapose un présent où le baseball perd du terrain dans le cœur des jeunes et un passé où des af fiches de Gar y Car ter, « le plus bel homme de la terre », pouvaient orner les murs de la chambre d\u2019une adolescente.«Dans la littérature québécoise, en général, on ne joue pas tant que ça au baseball, mais la communauté se rencontre au terrain : on mange des hotdogs, on boit de la bière », analyse Michel Nareau.« On voit moins ici l\u2019héroïsme qu\u2019on associe au baseball dans la littérature américaine.Le baseball est raconté à l\u2019aune de la jeunesse, de l\u2019amateurisme.C\u2019est peut- être parce qu\u2019il n\u2019y a plus de baseball professionnel au Québec, parce qu\u2019il n\u2019y a plus ce lien quotidien.La mise en récit du baseball, c\u2019est peut-être une façon de venir combler ce manque pour une génération d\u2019écrivains qui ont aimé les Expos.» « J\u2019associe beaucoup le baseball à mon enfance, à une époque un peu lointaine pour laquelle on peut facilement être nostalgique, oui », confie quant à lui le romancier et traducteur William S.Messier.« Et puis, il y a aussi quelque chose de vintage dans le baseball.C\u2019est dans l\u2019air du temps de puiser, en littérature, dans la culture populaire d\u2019une époque qui nous semble révolue.» Révolue, du moins jusqu\u2019à ce que Nos Amours regagnent leur vrai domicile.Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver, han?«On commence à en reparler pas mal, du baseball au Québec.Je te le dis, un jour, les Expos vont revenir.J\u2019ai confiance.[\u2026] », lance le vieillissant Monsieur Lajoie dans L\u2019erreur de la marqueuse.«Il y a une fièvre qui renaît, je le sens.On entend de plus en plus les vrais amateurs, ceux qui ont connu la belle période des Expos, rappeler à quel point c\u2019était formidable.Pis ça, ça donne le goût aux jeunes qui ont pas connu ce temps-là, d\u2019y goûter eux aussi.» Il y a une fièvre qui renaît, je le sens.On entend de plus en plus les vrais amateurs, ceux qui ont connu la belle période des Expos, rappeler à quel point c\u2019était formidable.Pis ça, ça donne le goût aux jeunes qui ont pas connu ce temps-là, d\u2019y goûter eux aussi.WILLIAM S.MESSIER » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 3 0 | CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR En 1995, Jürgen Habermas, le plus célèbre des philosophes allemands vivants, répond à un journaliste qui lui demande ce qu\u2019être allemand veut dire aujourd\u2019hui : « Faire en sorte que cette date lourde d\u2019enseignements qu\u2019est l\u2019année 1945 ne soit pas oubliée, recouver te par cette date très heureuse qu\u2019est l\u2019année 1989.» La chute d\u2019Hitler, victoire des démocraties sur le nazisme, compterait plus que celle du mur de Berlin, réunification de l\u2019Allemagne.Ce sentiment éclaire et actualise comme jamais la pensée d\u2019Haber- mas, né en 1929 à Düsseldorf dans une famille protestante et collaborateur d\u2019autres philosophes, Adorno, Horkheimer et Marcuse, de l\u2019École de Francfor t, qui, à cause de leur origine juive, avaient connu l\u2019exil sous Hitler, malheur auquel il avait échappé.Dans la biographie, massive et très fouillée, que lui consacre son compatriote le sociologue Stefan Müller-Doohm, on apprend que son handicap langagier, une malformation congénitale du palais, l\u2019avait protégé.Habermas reconnaît en 2006 que ceci, à l\u2019époque où le nazisme exerçait un attrait puissant sur la plupart des Allemands, ne lui avait donné « aucune possibilité de s\u2019identifier, jeune homme, à la vision du monde dominante ».L\u2019année suivante, il réaffirme avec force sa confiance en la réponse pacifiste, par une union continentale, au deuxième conflit mondial et en la participation essentielle de son pays au projet.Le philosophe conclut : « L\u2019Allemagne, qui avait fomenté cette guerre, et qui portait la responsabilité du crime monstrueux qu\u2019avait été la destruction des Juifs d\u2019Europe, devait naturellement intégrer la communauté européenne.» Il rêve même d\u2019une Europe nouvelle au sein d\u2019une république fédérale des nations à l\u2019échelle planétaire où une morale postmétaphysique, à l\u2019encontre de la mondialisation économique néolibé- rale, «apprivoiserait » le capitalisme.Si Müller-Doohm excelle à résumer ainsi la pensée d\u2019Habermas, il n\u2019en critique pas l\u2019utopisme aussi admirable qu\u2019hallucinant.D\u2019autre part, il ne cesse de nous sensibiliser à sa dimension tragique en relatant les nombreuses controverses du philosophe avec ceux qui, par des moyens abstraits et détournés, tentent de réhabiliter des aspects de l\u2019Allemagne hitlérienne.Depuis 1986, les historiens Ernst Nolte, Joachim Fest, Andreas Hill- gruber, Michael Stürmer et l\u2019écrivain Martin Walser nient le caractère tout à fait exceptionnel de l\u2019horreur nazie, idée défendue par Habermas.Le philosophe plaide aussi pour une ouverture nécessaire de l\u2019Europe à l\u2019immigration.Ce qui provoque la colère des nationalistes et des conser va- teurs du continent chez qui se cache, laisse entendre Habermas, le vieux venin du nazisme, malgré leurs hautaines dénégations.Comparse devenu chef, Hitler aura réussi à changer la vocation du philosophe en celle de prophète au combat lumineux.Habermas et le pari de la modernité absolue Le biographe Stefan Müller-Doohm nous restitue le cheminement d\u2019un philosophe pugnace Le philosophe allemand Jürgen Habermas en 2013 alors qu\u2019il livre un discours au palais royal à Amsterdam.JERRY LAMPEN AGENCE FRANCE-PRESSE Jürgen Habermas Une biographie ?Stefan Müller- Doohm, traduit de l\u2019allemand par Frédéric Joly Gallimard, Paris, 2018, 656 pages Dans les eaux profondes Le bain japonais ?Akira Mizubayashi, Arléa, Paris, 2018, 220 pages Le Japon est un chapelet d\u2019îles volcaniques.Il va donc sans dire que le rapport qu\u2019entretiennent les Japonais avec l\u2019eau \u2014 et en particulier avec l\u2019eau chaude \u2014 ne peut être que singulier.Dans Je suis un chat, un roman de Sôseki paru en 1905, un chat narrateur va obser ver ce qui se passe dans l\u2019établissement de bains (sentô) fréquenté par son maître, où chacun lui apparaît comme il est né : c\u2019est-à- dire nu comme un ver.Sous l\u2019écran de vapeur, c\u2019est une subtile critique du régime impérial japonais qui conser ve une par t de son actualité, croit Akira Mizu- bayashi (Une langue venue d\u2019ailleurs, Petit éloge de l\u2019errance, Gallimard, 2011 et 2014), Japonais francophile qui vit à Tokyo.Il nous dit à sa manière, avec Dans les eaux profondes, que le sentô (littéralement « eaux chaudes à sous ») est bien plus qu\u2019une affaire d\u2019eau et de savon au Japon.« Se laver est un geste bien insipide ; mais le bain est une activité infiniment plus raffinée, plus poétique, qui dépasse de beaucoup l\u2019aspect purement fonctionnel du lavage.» Lieu public d\u2019hygiène, bien sûr, mais espace de sociabilité unique, un peu comme le hammam dans le monde arabo-musulman ou le café du coin en Occident.Car pendant longtemps, le bain public au Japon a joué le rôle d\u2019un formidable égalisateur social : les enfants y côtoyaient des vieillards, patrons et employés pouvaient par tager la même eau.Ce n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui, explique en s\u2019en désolant Mizu- bayashi, qui en profite pour interroger, mêlant souvenirs personnels et considérations linguistiques, les fondements uniques du « vivre-en- semble » nippon, avant de nous faire une histoire accélérée du Japon moderne.À terme, son constat est aussi brûlant qu\u2019une eau volcanique : « la démocratie est mourante au Japon».Christian Desmeules Bain de culture L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Essais étrangers Une loyauté à toute épreuve.Vérité, mensonge, éthique.James B.Comey/Flammarion Québec \u2013/1 Le feu et la fureur.Trump à la Maison Blanche Michael Wolff/Robert Laffont 1/7 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 2/22 Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 4/113 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 3/32 Lire! Bernard Pivot | Cécile Pivot/Flammarion 5/2 Holocauste.Une nouvelle histoire Laurence Rees/Albin Michel \u2013/1 Pourquoi lire les classiques (Nouvelle traduction) Italo Calvino/Gallimard 10/2 Au café existentialiste Sarah Bakewell/Albin Michel \u2013/1 Ces hommes qui m\u2019expliquent la vie Rebecca Solnit/Olivier 8/2 Essais québécois 25 mythes à déboulonner en politique québécoise Michel C.Auger/La Presse 1/2 Un selfie avec Justin Trudeau Jocelyn Coulon/Québec Amérique 5/3 Demain le Québec.Des initiatives inspirantes pour un.Collectif/La Presse 4/2 En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 7/78 Le manifeste des parvenus Julia Posca/Lux 2/2 La crise de la masculinité Francis Dupuis-Déri/Remue-ménage 3/2 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 9/22 Libérer la colère Collectif/Remue-ménage 6/2 La perte et l\u2019héritage Raphaël Arteau McNeil/Boréal \u2013/1 Le banc du temps qui passe.Méditations cosmiques Hubert Reeves/Seuil 8/2 Romans étrangers La jeune fille et la nuit Guillaume Musso/Calmann-Lévy \u2013/1 La disparition de Stephanie Mailer Joël Dicker/Fallois 1/5 Après tout Jojo Moyes/Milady \u2013/1 Le chasseur de lapins Lars Kepler/Actes Sud 7/2 Madame Pylinska et le secret de Chopin Eric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel 2/2 Sans défense Harlan Coben/Belfond 3/2 La fille de Maggie Joanna Goodman/Guy Saint-Jean \u2013/1 La fille dans les bois Patricia J.MacDonald/Albin Michel 4/2 La femme qui ne vieillissait pas Grégoire Delacourt/Lattès 8/2 Si tu t\u2019éloignes de moi Joy Fielding/Michel Lafon 6/2 Romans québécois Yamaska, Julie Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 1/4 Yamaska, Hélène Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 2/4 Yamaska, Réjanne Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 3/4 Autoportrait de Paris avec chat Dany Laferrière/Boréal 4/2 Le gazon.plus vert de l\u2019autre côté de la clôture?Amélie Dubois/Les Éditeurs réunis 5/5 Indésirables Chrystine Brouillet/Guy Saint-Jean 9/2 Le grand magasin \u2022 Tome 3 La chute Marylène Pion/Les Éditeurs réunis 6/2 Le petit chaperon rouge Sonia Alain/ADA 8/2 Pinocchio Maude Royer/ADA 7/2 Le joueur de flûte d\u2019Hamelin Sylvain Johnson/ADA \u2013/1 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 23 au 29 avril 2018 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Entrée libre 176, ch.du Bord-du-Lac, Lakeshore Rd.INFO : 514 630-1254 / www.pointe-claire.ca 5 mai au 22 juin 2018 BIENNALE D\u2019ART CONTEMPORAIN AUTOCHTONE (BACA) Artistes KC Adams \u2013 Mayoreak Ashoona \u2013 Soroseelutu Ashoona Eruoma Awashish \u2013 Catherine Blackburn Jaime Black \u2013 Carla Hemlock \u2013 Meryl MacMaster Amy Malbeuf \u2013 Marian Snow \u2013 Ningiukulu Teevee Sans titre, 2017, Jaime Black Photo : Jen Doerksen Commissaires Niki Little et Becca Taylor Vernissage: Dimanche 6 mai, 14 h DEMYSTIFYING ART Mercredi 9 mai, 10 h JEAN-PHILIPPE UZEL - QUELLE PLACE PREND L\u2019ART CONTEMPORAIN AUTOCHTONE?(En français) CINÉ-ART Jeudi 17 mai, 19 h ARIEL ST-LOUIS LAMOUREUX ET NICOLAS LACHAPELLE : LUMIÈRES SUR L\u2019EAU (En anglais, français et cri avec sous-titres français) ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX BACA Jeudi 7 juin, 13 h à 17 h TOURNÉE DE LA BIENNALE D\u2019ART CONTEMPORAIN AUTOCHTONE 2018 Jeudi 21 juin, 19 h FINISSAGE DE LA BACA \u2013 PROJECTION DU DOCUMENTAIRE DE LUKE PARNELL www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec 9 juin OTTAWA \u2013 Trésors impressionnistes \u2013 COMPLET Ce beau détour est répété le mercredi 29 août 10-12 août QUÉBEC et CHARLEVOIX \u2013 COMPLET 27 juin MORRISBURG (Ontario) - un concert dans une église et l\u2019histoire des villages engloutis 14 juillet QUÉBEC - Berthe Morisot, femme impressionniste 5 août VAUDREUIL - le musée et le jardin de sculptures 31 juillet- Le FESTIVAL D\u2019OPÉRA DE QUÉBEC 1er août La flûte enchantée de Mozart - mise en scène Robert Lepage 18-21 octobre L\u2019automne à NEW YORK - l\u2019opéra du Met, les musées\u2026 Art et musique : voyages de découvertes! Le monde de Justin Les Québécois, en majorité, sont des déserteurs du fédéralisme.Ils sont ou bien souverainistes, et ils considèrent alors le Canada comme un pays étranger qui ne les représente pas, ou bien antisouverainistes, et ils regardent alors froidement le cadre fédéral comme un système plus favorable à l\u2019économie d\u2019ici qu\u2019un éventuel Québec indépendant.Dans un cas comme dans l\u2019autre, le Canada est perçu comme une structure qui nous est extérieure et à laquelle, par conséquent, notre participation active demeure essentiellement fonctionnelle et minimaliste.Or, en décrochant ainsi de l\u2019État fédéral \u2014 souvent pour de bonnes raisons, d\u2019ailleurs \u2014 sans pour autant opter pour la souveraineté, les Québécois courent le risque de décrocher du monde.Politiquement, en effet, une province ne pèse pas lourd sur la scène internationale.Le Québec, dans le monde, n\u2019a qu\u2019une existence symbolique, pour ainsi dire.Que cela fasse ou non notre affaire, c\u2019est le Canada, à cette échelle, qui nous représente, qui parle pour nous.Notre désintérêt à son endroit nous condamne donc à un provincialisme étriqué, à un rapetissement de nos horizons.Pour le moment, en ce qui concerne les grandes questions qui agitent la scène internationale (enjeux de la guerre et de la paix, réchauffement climatique, grands traités économiques, lutte contre le terrorisme, aide au développement), la voix du Québec est celle du Canada.Nous aurions donc tout intérêt à nous en occuper.Dans le monde, actuellement, Justin Trudeau, souvent costumé, parle pour nous.Doit-on s\u2019en réjouir ?L\u2019image sans les idées Dans Le Journal de Montréal du 17 avril dernier, le politologue Loïc Tassé affirmait que, «plus Justin Trudeau se mêle de politique étrangère, plus celle-ci devient à l\u2019image de ses chaussettes : clownesque et niaise ».Son collègue Jocelyn Coulon formule un jugement aussi sévère, mais plus étayé, dans Un selfie avec Justin Trudeau (Québec Amérique, 2018), un solide réquisitoire contre la politique étrangère du premier ministre libéral, forte en images, mais faible en idées justes.Coulon n\u2019a rien d\u2019un souverainiste allergique au Canada.Spécialiste des dossiers internationaux, il a déjà été candidat du Parti libéral du Canada (PLC) et a accepté, en février 2016, un poste de conseiller auprès de Stéphane Dion, alors ministre des Affaires étrangères.Sa critique de l\u2019action internationale de Justin Trudeau est donc celle d\u2019un fédéraliste convaincu, profondément déçu par l\u2019incurie du premier ministre en la matière.De 2006 à 2015, la politique étrangère du gouvernement Harper a heurté bien des Canadiens et presque tous les Québécois.Militariste, cette politique tranchait avec la tradition canadienne et se caractérisait par un mépris pour l\u2019ONU, par une indifférence envers l\u2019Afrique, par une critique de l\u2019aide au développement, par un appui sans nuance à Israël et par un alignement sur les États-Unis.Les Canadiens, pourtant, et les Québécois ne font pas exception à cet égard, demeurent très attachés à l\u2019ONU, aux Casques bleus et à l\u2019aide au développement, constate Coulon.Ils ont donc accueilli avec soulagement, en 2015, la victoire de Justin Trudeau, qui annonçait un retour à « l\u2019internationalisme libéral », fondé, explique Coulon, «sur une participation active au multilatéralisme, aux négociations de désarmement, aux opérations de paix et au renforcement du droit international ».Promesses non tenues La suite allait se révéler frustrante.Nommé ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, partisan de l\u2019internationalisme libéral, a été neutralisé par Trudeau, qui n\u2019a jamais accepté de le rencontrer, une situation absolument aberrante quand on considère l\u2019importance de la politique étrangère d\u2019un pays.Dion, qui avait forgé le concept d\u2019«éthique de la conviction responsable » pour guider son action \u2014 une approche honorable, certes, mais qui a tout de même servi à justifier la vente de véhicules militaires à l\u2019Arabie saoudite \u2014, a été remplacé, en janvier 2017, par Chrystia Freeland, qui a reçu le mandat de se consacrer à la renégo- ciation de l\u2019accord de libre-échange nord-américain.Trois ans après son élection, le gouvernement Trudeau n\u2019a pas tenu sa promesse d\u2019augmenter l\u2019aide au développement, il continue d\u2019entretenir de mauvaises relations avec la Russie et d\u2019appuyer inconsidérément Israël, son engagement en Afrique francophone \u2014 une priorité pour le Québec \u2014 demeure modeste et son multilatéralisme affiché demeure soumis au regard américain.Avec Trudeau à la place d\u2019Harper, l\u2019image du Canada dans le monde a changé, mais les politiques demeurent, se désole Coulon.Est-ce vraiment cela que les Québécois, qui continuent d\u2019appuyer majoritairement le PLC, veulent ?Quand il était chef du Bloc québécois, Gilles Du- ceppe avait une vision internationale pas mal plus solide.Louis Cornellier Chronique L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 32 | Créatures du hasard ?1/2 Lula Carballo, Cheval d\u2019août, Montréal, 2018, 160 pages Parce que les personnes autour d\u2019elle prononçaient mal son véritable prénom à son arrivée au Québec, Lula Carballo a décidé de fondre son identité dans le surnom, Lula, que lui donnait sa grand-mère Régina, dans son enfance passée en Uruguay.Décision heureuse.« À chaque fois que quelqu\u2019un m\u2019apostrophait ainsi, Régina reparaissait dans ma vie et, avec elle, renaissaient nos balades nocturnes en autobus, les murs multicolores de sa maison, les chansons et les danses», explique-t-elle dans les dernières pages de Créatures du hasard, éclairant ainsi cette première œuvre de fiction qui puise dans les souvenirs d\u2019enfance et fait revivre les figures maternelles qui ont animé le quotidien de l\u2019auteure dans ce pays d\u2019A - mérique du Sud.Régina est là, mais pas seulement.Elle est aux côtés de la mère de Lula, de ses tantes, mais surtout des petites préoccupations de la vie ordinaire au cœur des années 80, ancrées et incarnées dans une série de fragments que l\u2019auteure déballe comme des bonbons Candel.Ces petites sucreries ont contribué à la formation de caries dans chacune de ses molaires.Et il en est question.La langue est aussi fine que métissée, avec ses « collations », ses « films de peur » et ses « gratteux » qui cohabitent dans un environnement lointain où les films anciens se regardent sur la chaîne Volver et où Léo, la guérisseuse, envoie Lula jouer les mêmes numéros depuis 50 ans à la Quiñela, la loterie nationale, « son seul et unique pouvoir sur le destin ».Elle se fait aussi lumineuse en laissant la profonde banalité de cette mémoire intime, ainsi détournée par la fiction, se dévoiler dans une succession d\u2019instants dont l\u2019universalité devient très vite évidente.Lula Carballo dit avoir écrit ce livre pour rendre hommage à sa grand- mère.Exercice réussi qui magnifie au passage le charme de l\u2019héritage par tous ces petits riens qui font les êtres et teintent les trajectoires.Fabien Deglise La somme des petits riens JEUNESSE Quand la guerre est finie ?Ilona Flutsztejn- Gruda, traduit du polonais par Joanna Gruda, Leméac, 2018, 184 pages Octobre 1946.Après sept années d\u2019exil à fuir la guerre, Ilona revient dans sa Pologne natale avec ses parents.Installée chez sa tante Sabina à Lodz, la jeune fille de 16 ans raconte cette nouvelle vie, deuxième chance qui s\u2019offre à elle.Dans un récit autobiographique entrecoupé de souvenirs vécus par ses proches pendant l\u2019occupation, elle se souvient de ce qu\u2019a été son adolescence dans cet après-guerre.Elle y rencontre la jeunesse communiste \u2014 notamment le regroupement ZWM dont elle fera partie \u2014, développe quelques amitiés, organise ce qu\u2019on appelait une prywatki, petite fête dansante, pendant laquelle elle est témoin de l\u2019affrontement entre des groupuscules aux idées divergentes, vit quelques histoires d\u2019amour sans importance, découvre le monde qui tente de se refaire au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.La narratrice explore des zones faites de sentiments contradictoires : cette fier té d\u2019avoir sur vécu à la haine, mais la honte d\u2019être juive et reconnue comme telle.Être rejeté, humilié en raison de ses origines ne peut que laisser des traces qui auront peine à disparaître.Quand la guerre est finie est en quelque sorte la suite de Quand les grands jouaient à la guerre, roman paru en 2016 dans lequel l\u2019auteure retraçait la difficile traversée de cette période sombre par une petite alors âgée de neuf ans.Si ce premier titre nous faisait vivre l\u2019exil et la guerre de l\u2019intérieur, le nouvel opus offre un regard plus détaché sur le vécu adolescent de Ilona.Tout le senti qui faisait la force du premier roman est un peu plus aseptisé.L\u2019auteure, plus détachée, se positionne davantage comme une observatrice du passé que comme personnage entier prenant part aux évé- nements qui transforment sa vie.Écrit simplement, le récit nous permet tout de même de découvrir un pan peu raconté de cette période troublante.Marie Fradette Les stigmates de l\u2019exil CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR En 1984, la romancière et philosophe Catherine Clément franchit les portes du 1, Akbar Road, à New Delhi, en Inde.Avec la réalisatrice Josée Dayan, elle s\u2019apprête à rencontrer Indira Gandhi, première femme premier ministre de l\u2019Inde, au sujet des jeunes mariées brûlées vives par les belles- mères pour cause de dot insuffisante.Quelque temps plus tard, la Dame de fer de l\u2019Inde tombe sous les balles de ses propres gardes du corps sikhs.Pour Catherine Clément, la vérité ne fait aucun doute : Indira Gandhi a elle-même contribué à son propre assassinat.« Je suis celle qui a fait donner l\u2019assaut au Temple d\u2019or des Sikhs dans la ville d\u2019Amritsar en juin 1984, il y a presque six mois, juste avant la mousson.On a dit sept cents morts.La vérité, c\u2019est mille.[\u2026] Je suis l\u2019égale de l\u2019infâme Reginald Dyer, et j\u2019ai tué plus que lui.Ils ne pardonneront pas.Je ne me pardonnerai pas.J\u2019ai tout prévu.Il leur faut du sang frais et ce sera le mien.» Sous sa plume, Gandhi, fille de Ja- waharlal Nehru, premier ministre de l\u2019Inde indépendante, «cette dame minuscule au long nez busqué, teint mat, un œil brun velouté, l\u2019autre clignant sans cesse», qui a vaincu le Pakistan et contribué à la naissance du Bangladesh, est élevée au rang de légende.En un peu plus de 200 pages qui forment cette fiction historique, nourries d\u2019une grande connaissance du sous-continent et du témoignage de Harbant Singh, ancien journaliste de confession sikhe, Catherine Clément parvient à dresser un portrait exhaustif d\u2019une femme fascinante qui, bien qu\u2019elle ait contribué à la renaissance de l\u2019Inde, demeure méconnue en Occident.À travers les événe- ments sociaux et les mouvements contestataires de l\u2019époque, elle retrace l\u2019enfance, le mariage et l\u2019entrée en politique de Gandhi ainsi que ses quatre mandats à la tête du pays.Dans un va-et-vient qui peut parfois s\u2019avérer étourdissant, l\u2019auteure dépeint tous les détails de l\u2019Histoire, à travers les témoignages de trois narrateurs \u2014 le sien, historique et désintéressé, celui de Gandhi elle-même, teinté tantôt de sentimentalisme, tantôt de cynisme, et celui du journaliste Harbant Singh, humoristique et coloré \u2014 passant allégrement du passé au présent, des souvenirs aux conséquences très concrètes des guerres qui rongent successivement le continent.Le récit raconté ainsi permet à Catherine Clément de dévoiler les parts d\u2019ombre et de mettre en lumière les racines de la haine qu\u2019a suscitées Indira Gandhi auprès de ses détracteurs, tout en offrant, à travers la voix fictive de la politicienne, une occasion de défendre ses actes, ses opinions radicales et ses critiques véhémentes envers les puissances occidentales, en plus d\u2019honorer sa mémoire, ses accomplissements et son engagement pour le droit des femmes et des minorités.Indu Boy est le résultat d\u2019un travail colossal de recherche et de vulgarisation accessible et ensorcelant.Il offre une incursion au cœur des coutumes, des modes de pensée et des symboles d\u2019un pays dont les différences demeurent parfois incomprises.On en sort avec une curiosité aiguisée et une grande soif d\u2019apprentissage.La Dame de fer de l\u2019Inde Catherine Clément retrace le destin tragique d\u2019Indira Gandhi, première femme premier ministre du pays Indira Gandhi à New Dehli en 1973 PUNJAB PRESS/AGENCE FRANCE-PRESSE Indu Boy ?1/2 Catherine Clément, Seuil, Paris, 2018, 221 pages | 3 3 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La reconversion est tellement grosse qu\u2019elle ne peut qu\u2019être suspecte.À ses proches, Antoine Duris \u2014 aucun lien de parenté avec Romain Duris, le comédien, même s\u2019il prétend parfois le contraire \u2014 annonce par cour- riel un long et lointain voyage pour concrétiser un vieux rêve : écrire un livre.Mais tout ça n\u2019est qu\u2019élusif.Le professeur aux Beaux-Arts de Lyon, enseignant émérite et respecté au sommet de sa carrière, vient plutôt de tout plaquer.Travail.Logement.Prestige.Une seule valise en main, il prend la direction de Paris où il postule pour devenir gardien de salle au musée d\u2019Orsay.L\u2019homme est surqualifié pour la tache.Mathilde Mattel, responsable des ressources humaines de l\u2019établissement muséal, le voit au premier coup d\u2019œil, mais va lui ouvrir, sans poser de questions, cette porte qu\u2019il recherche pour passer dans une nouvelle vie.Une vie que le professeur envisage surtout dans la solitude, dans la crainte des interactions sociales et de leurs inévitables questions et, par-dessus tout, dans la contemplation de la beauté picturale accrochée aux murs tout autour de lui, comme un baume posé sur un traumatisme.La chance pour lui : Orsay vit alors au temps d\u2019une rétrospective consacrée à Modigliani, artiste qu\u2019il connaît dans l\u2019intimité de ses pigments.Dans sa salle, Antoine passe ses journées à surveiller les touristes et le visage de Jeanne Hébuterne, femme et muse du peintre, incrusté dans une toile.La prémisse est prometteuse, le titre, lui, est trompeur.Car Vers la beauté tend surtout vers l\u2019exploration de la culpabilité, celle qui prend racine dans l\u2019interprétation d\u2019une petite phrase ou dans l\u2019odieux d\u2019un abus et qui finit plus de ronger jusqu\u2019à l\u2019incapacité, la fuite ou le drame.David Foenkinos, qui en 2016 signait Le mystère Henri Pick (Galli- mard), une histoire de chef-d\u2019œuvre caché dans des manuscrits refusés actuellement en cours d\u2019adaptation au cinéma, navigue avec une parfaite maîtrise sur cette mer houleuse où se croisent deux destins et le poids de leurs silences.Celui de d\u2019Antoine et celui de Camille, étudiante talentueuse, rapprochés autant par la passion de l\u2019art que par leur hypersensibilité au monde.«Peut-on se soigner en se confiant à un tableau?» demande naïvement le romancier par l\u2019entremise de son personnage, dont il détaille les tourments avec cette écriture enveloppante qui puise sa poésie dans la retenue et la délicatesse avec laquelle elle déplie et circonscrit le mystère des lieux.En deux temps, plusieurs voix et autant de visages.Il y a de la décence et de la sobriété dans le verbe qui sied aux racines des sentiments convoqués ici.Romancier à la plume ef ficace et accrocheuse, David Foenkinos se révèle ici, une nouvelle fois, habile peintre des meurtrissures de l\u2019âme humaine et talentueux chroniqueur de la survivance, qui prétend que la beauté peut agir comme un pansement sur la laideur, et confirme au passage que cette beauté peut également provenir des mots.Tableau lumineux d\u2019une étrange reconstruction Dans son nouveau roman, David Foenkinos fraye avec la beauté sur le territoire de la culpabilité David Foenkinos se révèle ici encore une fois habile peintre des meurtrissures de l\u2019âme humaine et talentueux chroniqueur de la survivance.FRANCESCA MANTOVANI Vers la beauté ?1/2 David Foenkinos, Gallimard, Paris, 2018, 222 pages Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 L i r e R é c i t 3 4 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Lorsque le silence fait surface après la tornade, le matin du 7 janvier 2015, Philippe Lançon reprend ses esprits couché dans un bain de sang, comme un enfant jouant à l\u2019Indien mort.Ses collègues gisent décimés autour de lui, rappelés à l\u2019ordre, effacés.Comment vivre et comment écrire après l\u2019impensable, la perte et la douleur ?Pourquoi avoir survécu et quel sens donner à cette seconde chance ?La veille, le journaliste de 51 ans avait livré au quotidien Libération une critique de Soumission, le dernier roman de Michel Houellebecq \u2014 où il est question d\u2019une France islamisée.Quelques minutes après son arrivée à la réunion hebdomadaire de la rédaction du magazine, deux hommes ca- goulés font irruption et vengent leur prophète avec méthode en scandant «Allah Akbar!» au rythme des rafales de leurs fusils d\u2019assaut.Douze morts et onze blessés.« Le silence fabriquait le temps et, parmi les blessés et les morts, les premières formes de la sur vie », écrit-il dans Le lambeau, le récit magnifique et bouleversant qu\u2019il consacre aujourd\u2019hui à cette expérience.Journaliste depuis 1994 à Libération, où il était devenu l\u2019un des critiques culturels qui comptent, écrivain (Les îles, L\u2019élan), Philippe Lançon était aussi depuis quelque temps chroniqueur à l\u2019hebdomadaire sati- riste Charlie Hebdo, «ce petit journal qui ne faisait de mal à personne ».Une lente reconstruction Il aura tout le bas du visage arraché par une balle : menton, dents, lèvres.On imagine sans peine le travail minutieux de reconstruction, d\u2019abord à l\u2019hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où on lui fera une greffe de péroné pour lui fabriquer une mâchoire, puis à l\u2019hôpital des Invalides, où il va passer sept mois en rééducation.Au cours du long huis clos hospitalier qui va s\u2019amorcer, d\u2019un bout à l\u2019autre du couloir des gueules cassées, de L\u2019homme qui a vu l\u2019ours Gravement blessé dans l\u2019attentat de Charlie Hebdo, Philippe Lançon livre un récit magistral sur son expérience De la veille de l\u2019attentat de Charlie Hebdo jusqu\u2019à ceux du Bataclan la même année, Philippe Lançon raconte son « petit Golgotha hospitalier », faisant le récit de sa vie avant, pendant et après l\u2019événement.CATHERINE HÉLIE GALLIMARD chambre en chambre vont le suivre quelques indéfectibles compagnons de route: la musique de Bach, des lettres de Kafka à Milena, le début de La montagne magique de Thomas Mann et la scène de la mort de la grand-mère imaginée par Proust dans le troisième tome d\u2019À la recherche du temps perdu \u2014 passage lu et relu sans relâche, à la fois bouée, parachute et bouclier.« La musique de Bach, comme la morphine, me soulageait.Elle faisait plus que me soulager : elle liquidait toute tentation de plainte, tout sentiment d\u2019injustice, toute étrangeté du corps», écrit-il.La douleur et le sentiment d\u2019impuissance vont vite se mêler à l\u2019angoisse d\u2019être achevé par un commando terroriste, malgré les deux policiers qui lui étaient assignés en permanence.De la veille de l\u2019attentat de Charlie Hebdo jusqu\u2019à ceux du Bataclan le 13 novembre de la même année, Philippe Lançon nous raconte ainsi son « petit Golgotha hospitalier », faisant le récit de sa vie avant, pendant et après l\u2019attentat.Les visites des parents et des amis, le ballet du personnel soignant, les passages nuageux de sa vie amoureuse, la culpabilité.Dix-sept opérations plus tard, le visage refait et « un os de jambe à la place du menton », il se reconstruit avec un livre ultrasensible, à l\u2019écriture pudique et précise, souvent somptueuse, dont on voudrait citer des passages par dizaines.Le temps retrouvé On ne trouvera pas d\u2019amalgames et encore moins de colère dans Le lambeau \u2014 si l\u2019auteur en éprouve, rien ne transparaît le long des cinq cents pages de son récit.«Tout homme qui tue est résumé par son acte et par les morts qui restent étendus autour de moi.Mon expérience, sur ce point, Le lambeau ?Philippe Lançon, Gallimard, Paris, 2018, 512 pages Le silence fabriquait le temps et, parmi les blessés et les morts, les premières formes de la survie PHILIPPE LANÇON » déborde ma pensée.» Dif ficile de penser face à la terreur, à la mort, face à quelque chose comme le mal.« C\u2019était un génie qui sortait d\u2019une lampe noire, et peu importe la main qui l\u2019avait frottée.L\u2019abjection vivait sans limites et d\u2019être sans limites.» Le lambeau est aussi le drame d\u2019un homme transformé d\u2019un coup de baguette magique en sur vivant, en symbole, en ce qu\u2019il n\u2019a jamais souhaité être.« J\u2019ai toujours l\u2019impression d\u2019écrire à côté de moi-même, quand j\u2019écris pour ceux qui n\u2019ont pas connu la chambre et le silence qui l\u2019enveloppait.La chambre est l\u2019endroit où les mots crèvent, s\u2019éteignent.Je n\u2019en suis pas sorti.J\u2019ai toujours l\u2019impression que ce que j\u2019écris est de trop.» Et il est facile, sans doute, de se sentir de trop lorsqu\u2019on se retrouve dépossédé de son existence, parmi les fils et les tuyaux, couver t de « plaies organisées » et de pansements.Pourvu d\u2019un visage nouveau auquel lui-même et ceux qui l\u2019entourent devront désormais s\u2019habituer.«J\u2019étais non seulement leur ami et l\u2019homme qui avait vu l\u2019ours, mais celui qui en avait éprouvé le poids et la griffe \u2014 celui dont la simple présence leur rappelait, malgré lui, malgré eux, sans discours, combien nos vies sont incertaines, et combien il est audacieux ou inconscient de l\u2019oublier.» Avec ce récit calme et puissant, Lançon effectue surtout une plongée dans le temps à la recherche de sa mémoire lointaine.Témoignage et exorcisme, il lui faut trouver un sens à cette expérience du terrible, apprendre à vivre avec cet instant sans fin, mesurer les pertes, dompter les visions et les sensations au fil d\u2019une patiente reconstruction du réel.C\u2019est une tâche que seule la littérature semble capable de rendre avec pareil mélange de force et de nuance. | 3 5 Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C U L T U R E BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Pour introduire le sujet du jour, on va emprunter à notre cher ami La Pa- lice : le nouvel album de la saxophoniste et compositrice Chantal de Vil- liers est plus calme, plus doux que le précédent.C\u2019était forcé.En effet, il a été enregistré avec des pianistes formidables, et seulement des pianistes \u2014 le fin François Bourassa, le classique Burt de Villiers et le «peterso- nisant» Taurey Butler \u2014, alors que le précédent le fut en quartet.Le titre de cet album, fait, on insiste, de duos, est À travers le temps.Il a été publié par l\u2019étiquette que Chan- tal de Villiers a fondée avec le saxophoniste Rémi Bolduc, soit les Productions Art and Soul.Le programme bâti par notre artiste?Il est à l\u2019image des pianistes : formidable, car il combine des standards bien choisis avec des pièces originales qui tiennent, c\u2019est très sérieux, la comparaison.Maintenant que la table est mise, il faut touiller le plat.Mais encore?Qui dit duos piano-saxophone dit illico Ar t Pepper avec George Cables, Houston Person avec Bill Charlap, Ran Blake avec Ricky Ford, Lee Ko- nitz avec Harold Danko, et d\u2019autres qu\u2019on oublie mais surtout pas le suivant, qui n\u2019est rien de moins que le disque étalon (comme dans étalon d\u2019or) du genre : Stan Getz avec Kenny Barron.Ces souffleurs ont eu le courage ou la folie, c\u2019est au choix, de faire ce qu\u2019il y a de plus difficile : décliner Dear Old Stockholm et d\u2019autres morceaux de choix (bis) en campant au bord du précipice.Et pas celui du Cotentin mais bien celui du Niagara.Chantal de Villiers a aussi eu ce courage.Non seulement ça\u2026 En fait, il faut bien comprendre \u2014 oui, on le sait, le ton est un peu impératif, mais il faut ce qu\u2019il faut, comme disait Que- neau \u2014 qu\u2019en optant pour le duo, Vil- liers devait composer avec un coefficient de difficulté très élevé, car elle savait pertinemment que son dernier parcours serait comparé à celui respectif des gentlemen susnommés.Cela posé, disons les choses telles qu\u2019on les a entendues : on s\u2019est régalé de bout en bout.À la fin, on était très admiratif de tout ce qu\u2019elle venait de nous servir.Ce qu\u2019on avait noté lors de son disque antérieur se confirme : cette femme est bourrée de talent.Mieux, elle devrait servir d\u2019exemple car, à la dif férence de beaucoup de saxophonistes formés Chantal de Villiers, la saxophoniste courageuse À travers le temps combine de façon fort convaincante standards bien choisis et pièces originales En spectacle cette semaine Le pianiste et compositeur Yves Léveillé a organisé une série de spectacles intitulée Bourdonnements jazz au théâtre Outremont.Le 10 mai, Léveillé propose une architecture sonore très originale puisque l\u2019excellent tromboniste Jean-Nicolas Trottier se joindra au saxophoniste des densités, Yannick Rieu, et, bien évidemment, à Léveillé.Si cela vous dit, dans l\u2019heure précédant le spectacle, vous pourrez échanger avec les musiciens à la faveur d\u2019un casse-croûte, qui se tiendra de 19h à 20h.Cela étant, on tient à souligner que ce pianiste, aussi fin que pudique, avait composé, enregistré, signé un album aussi formidable qu\u2019original avec François Bourassa au piano et Marie-Josée Simard au vibraphone, au marimba et aux percussions intitulé En trois couleurs.Prix du billet: 33$, 28$ pour les vieux et 23$ pour les étudiants.Ce qu\u2019on avait noté lors de son disque antérieur se confirme : cette femme est bourrée de talent.Mieux, elle devrait servir d\u2019exemple.MAXIME TREMBLAY / FUNKY PRINCESS dans les cégeps ou les universités, Chantal de Villiers a un son ! À elle et à personne d\u2019autre.Il y a dans cet album un je-ne-sais- quoi qui nous a rappelé Richie Ka- muca, Benny Golson ou encore Harold Land.Quelque chose de doux avec ici et là les aspérités sonores qu\u2019il faut pour éviter le piège de la préciosité.À cet état des réalités qui distinguent À travers le temps, ses compagnons ne sont évidemment pas étrangers.Chacun accompagne Chantal de Villiers sur trois pièces.Suivant l\u2019ordre chronologique, Bourassa est toujours aussi subtil ou soucieux du détail que d\u2019habitude, Burt de Villiers va droit au but à la manière de Jimmy Rowles, alors que Butler a retenu l\u2019enseignement d\u2019Oscar Peterson : il est impérial ! La conclusion est toute simple : amis lecteurs, si vous n\u2019êtes pas satisfaits de cet album, on rembourse ! L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e M é d i a s 3 6 | PASSEPORTS EN VENTE PLUSIEURS DIMANCHE 20 MAI 2018 ÉPIQUE SOIRÉE DE FERMETURE 17 20 AU MAI 2018 BILLETS/INFOS WWW.FIMAV.QC.CA PHURPA MERZBOW MATS GUSTAFSSON BALÁZS PÁNDI 20H 22H ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR e qui est bien quand on syntonise la station de radio montréalaise CHOM, au 97,7 FM, c\u2019est qu\u2019on sait exactement ce qu\u2019on va y entendre.Le problème\u2026 c\u2019est qu\u2019on sait aussi un peu trop ce qu\u2019on va y entendre.Et Pierre Landry, qui vient d\u2019être nommé nouveau directeur musical de la station consacrée au rock, a envie d\u2019élargir la variété des titres diffusés.Animateur déjà chevronné, Pier - re Landry a commencé à travailler à CHOM à l\u2019automne 2014, le temps de quelques remplacements au micro qui sont devenus plus réguliers avec les mois.Déjà depuis novembre, le Néo-Brunswickois effectuait de la programmation musicale pour le 97,7 FM, mais aussi pour d\u2019autres postes de Bell, comme Énergie et Boom, ce dernier diffusé en Monté- régie.Pier re Landr y remplace donc depuis mercredi Picard, le précédent directeur musical, parti il y a quelques mois.La station a subi depuis quelque temps des mises à pied et du mouvement de personnel.Parmi ses chantiers, en harmonie avec un désir déjà avoué de la station, Pierre Landry veut que son antenne diffuse une plus grande variété de chansons des artistes chéris de la station.En gros, pourquoi se restreindre à faire jouer toujours les trois ou quatre mêmes titres des Beatles, des Rolling Stones, de Pink Floyd, de Metallica, de Nirvana ou de Led Zeppelin?«CHOM est une radio qui est bientôt là depuis 50 ans, ce qui veut dire que le carré de sable dans lequel on se trouve est quand même assez grand, dit Pierre Landry.Et mon feeling, c\u2019est qu\u2019on avait un peu restreint les \u201cclassiques\u201d de nos artistes phares.On s\u2019entend que peu importe la chanson des Beatles qu\u2019on va faire jouer, elle va être immédiatement identifiable.» Par exemple, pourquoi ne pas faire jouer Day Tripper au lieu de la sempiternelle Hey Jude ?Personne ne se sentira en détresse devant son appareil radio.Au contraire, croit Landry, soulignant que plusieurs auditeurs ont exprimé leur plaisir à redécouvrir cer taines pièces des grands noms du classic rock si cher à CHOM.« On prend ça comme un feedback direct comme quoi on va peut- être dans la bonne voie avec cette plus grande variété.Parce qu\u2019on finit par les brûler, à tout le temps les jouer.On le voyait quand, par exemple, on jouait trop Bohemian Rhapsody de Queen, les gens le savent et Pierre Landry, nouveau diapason musical de CHOM L\u2019homme de radio s\u2019assurera que l\u2019antenne diffuse une plus grande variété de chansons de ses artistes phares C C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 L\u2019AUTRE ET MOI 100, avenue des Pins Est, Montréal Billetterie 514 845-7277 quatsous.com La Maladie de Sachs de Martin Winckler 6 MAI ?15 h Lecture James Hyndman Fanny Mallette Recherche et animation Stéphane Lépine 7 MAI ?19 h 30 jean-françois guilbault Jasmine Daigneault Alex-Aimée Martel Rosalie Payotte théâtre des fonds de tiroirs coproduction théâtre du nouveau monde conception anick la bissonnière linda brunelle caroline ross pascal robitaille angelo barsetti assistance à la mise en scèn e stéphanie capistran-lalonde avec monique miller gilles renaud mise en scène frédéric dubois tnm.qc.ca DÈS MARDI ! Télérama Positif L\u2019Humanité À L\u2019AFFICHE ! KFilmsAmerique nous disent : \u201cEn passant, Queen a plus qu\u2019une seule toune !\u201d Il faut réajuster ce tir-là.» Pour auditeurs passionnés Pierre Landr y connaît bien la musique.Déjà, au secondaire, à la radio étudiante de son école, il montait des listes de lecture musicale le midi.Il a été de la genèse du projet Bande à part à Radio-Canada, avant d\u2019osciller entre la radio (à la défunte COOL FM, à Radio-Canada franco et anglo) et la télé (à Musique Plus, TVA et TQS).Sans avoir jamais été directeur musical, il a souvent eu à réfléchir la musique, en quelque sor te.« Ce n\u2019était pas nécessairement un plan de carrière, mais je me rends compte avec le recul qu\u2019au fond je l\u2019ai quasiment toujours fait, anyway.[Avec le poste], les paramètres changent un peu, je vais être un peu moins en ondes, c\u2019est un changement de responsabilités.» Landry a en haute estime les auditeurs de CHOM, qui selon lui ont vraiment la station à cœur.« Ce sont des passionnés de musique, les anecdotes qu\u2019on raconte en ondes, ils s\u2019en souviennent.Il y a une relation avec les auditeurs que j\u2019ai rarement vue ailleurs.» Ce qui, jusqu\u2019à un certain point, lui donne une grande liberté dans la programmation musicale, estime-t-il.« Si on décide de diffuser une toune de 10 minutes de Genesis, on sait pertinemment qu\u2019on ne va pas perdre le monde.Ce n\u2019est pas toutes les radios qui peuvent se permettre ça.On est dans une ère où une toune de 3 minutes et demie, c\u2019est quasiment trop long, et où on essaie de bourrer le plus de hits possible.Il y a une certaine liberté qui existe encore à CHOM, qu\u2019on voit peut- être de moins en moins en radio commerciale.» L\u2019art de la programmation Sous sa direction, Pierre Landr y veut que la station continue d\u2019équi- l ibrer les vieux classiques, les pièces rock des années 1990 et les pièces actuelles.« On encourage la scène locale, et ça, ça ne change pas, insiste Landr y, en donnant l\u2019exemple des groupes The Damn Tr uth, Half Moon Run et même plus récemment Grimskunk.On a une ville musicalement riche, on veut encourager ce qui sort de notre cour.» Et comment approche-t-il l\u2019art de la programmation ?« On pense à la voiture, au moment de la journée, au contexte \u2014 dans un monde parfait, on programmerait en fonction de la météo ! Mais aussi, des fois, c\u2019est instinctif.On crée des micro- cl imats, des ambiances », lance Landry.Pierre Landry, directeur musical de la station consacrée au rock.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR On encourage la scène locale, et ça, ça ne change pas.On a une ville musicalement riche, on veut encourager ce qui sort de notre cour.PIERRE LANDRY » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI UNE ÉDUCATION (3) (An Education), G.-B.2009.Comédie dramatique de Lone Scherfig avec Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina.- À Londres en 1962, une adolescente rêveuse et francophile s\u2019éprend d\u2019un trentenaire sophistiqué mais malhonnête, qui lui fait miroiter un mariage heureux.ARTV 12h PASSIONS TOURMENTÉES (4) (Steel Magnolias), É.-U.1989.Comédie dramatique d\u2019Herbert Ross avec Sally Field, Dolly Parton, Shirley MacLaine.- Dans une petite ville, un groupe d\u2019amies se retrouve régulièrement au salon de coiffure de l\u2019une d\u2019elles pour y échanger propos et confidences.MAX 15h30 LES MALHEURS DE SOPHIE (3) Fr.2016.Comédie dramatique de Christophe Honoré avec Caroline Grant, Golshifteh Farahani, Muriel Robin.- Au XIXe siècle, dans la campagne française, une gamine gaffeuse est mise au pas par sa belle-mère, qui l\u2019élève depuis la mort de ses parents.TQ 18h SHERLOCK HOLMES (4) G.-B.2009.Drame policier de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams.- Le détective Sherlock Holmes et son fidèle associé, le médecin John Watson, cherchent à neutraliser un meurtrier mégalomane ressuscité d\u2019entre les morts.V 18h30 CONTREBANDE (5) (Contraband), É.-U.2012.Thriller de Baltasar Kormakur avec Mark Wahlberg, Kate Beckinsale, Ben Foster.- Pour sauver son beau-frère, qui a une forte dette envers un criminel, un ex-con- trebandier part avec ses complices chercher des millions en faux billets à Panama City.TVA 20h45 CHEVAUCHÉE AVEC LE DIABLE (4) (Ride With the Devil), É.-U.1999.Chronique d\u2019Ang Lee avec Tobey Maguire, Skeet Ulrich, Jewel.- Durant la guerre de Sécession, des jeunes civils voués à la cause sudiste participent au conflit sans supervision militaire.TQ 21h MON NOM EST JOE (4) (My Name Is Joe), G.-B.1998.Drame de mœurs de Ken Loach avec Peter Mullan, Louise Goodall, David McKay.- Un ex-alcoolique au chômage s\u2019éprend d\u2019une assistante sociale qui mène une vie calme et rangée.TFO 21h QUAND VIENT LA NUIT (4) (The Drop), É.-U.2014.Thriller de Michaël R.Roskam avec Tom Hardy, Noomi Rapace, James Gandolfini.- Un barman solitaire est confronté à son passé quand des truands cambriolent le bar de son cousin, qui sert de lieu de transit à l\u2019argent de la pègre locale.V 21h15 PASSIONS TOURMENTÉES Voir samedi, 15h30.MAX 22h30 LOUISE-MICHEL (3) Fr.2008.Comédie de Gustave Kervern avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde.- Après la fermeture brutale de son usine en Picardie, une ouvrière taciturne et analphabète s\u2019associe à un faux tueur à gages pour assassiner son patron.TFO 22h47 MÉCHANTES ADOS (4) (Mean Girls), É.-U.2004.Comédie satirique de Mark Waters avec Lindsay Lohan, Rachel McAdams, Jonathan Bennett.- En se vengeant d\u2019une consœur populaire mais sournoise, une élève naïve tombe dans les mêmes travers qu\u2019elle.MP 23h LES BOYS III (5) Can.2001.Comédie de Louis Saïa avec Rémy Girard, Alexis Martin, Marc Messier.- Un propriétaire de brasserie, entraîneur d\u2019une équipe de hockey amateur, voit ses joueurs le déserter pour rejoindre la formation d\u2019un entrepreneur qui veut le ruiner.RC 23h30 GRAN TORINO (4) É.-U.2008.Drame social de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her.- Un vieux veuf misanthrope et raciste s\u2019ouvre aux autres après qu\u2019un incident lui eut valu la reconnaissance de ses voisins d\u2019origine chinoise.TVA 23h30 MAFIOSO (3) It.1963.Comédie dramatique d\u2019Alberto Lattuada avec Alberto Sordi, Norma Bengell, Ugo Attanasio.- En reconnaissance de faveurs passées, un ingénieur milanais doit aller tuer un homme à New York pour le compte de la mafia sicilienne.TFO 0h25 2 FOIS UNE FEMME (4) Can.2010.Drame psychologique de François Delisle avec Évelyne Rompré, Étienne Laforge, Marc Béland.- Pour échapper à son mari violent, une femme s\u2019enfuit pour aller refaire sa vie sous une nouvelle identité avec son fils adolescent.TQ 1h29 PETITS MEURTRES À L\u2019ANGLAISE (5) (Wild Target), G.-B.2009.Comédie policière de Jonathan Lynn avec Bill Nighy, Emily Blunt, Rupert Grint.- Un tueur à gages efficace et très méthodique s\u2019éprend de la jeune kleptomane qu\u2019il était chargé de descendre.RC 2h CASANOVA VARIATIONS (4) Fr.2014.Drame biographique de Michael Sturminger avec John Malkovich, Veronica Ferres, Florian Boesch.- Sous forme d\u2019opéra, de théâtre, de cinéma, l\u2019histoire de Casanova, à travers ses aventures, ses passions et sa peur de la mort.TFO 2h09 DIMANCHE LE MYSTÈRE VON BULOW (3) (Reversal of Fortune), É.-U.1990.Drame judiciaire de Barbet Schroeder avec Jeremy Irons, Ron Silver, Glenn Close.- Un avocat assume en appel la défense d\u2019un richard reconnu coupable d\u2019avoir provoqué l\u2019état comateux de sa femme.ARTV 12h COUP RISQUÉ (4) (Rob the Mob), É.-U.2014.Drame de mœurs de Raymond De Felitta avec Michael Pitt, Nina Arianda, Ray Romano.- En 1992, un couple de toxicomanes se met à dévaliser les clubs sociaux de la mafia new-yorkaise, alors que se tient le procès du parrain John Gotti.Z 14h JOURS DE TONNERRE (5) (Days of Thunder), É.-U.1990.Drame sportif de Tony Scott avec Tom Cruise, Robert Duvall, Nicole Kidman.- Un jeune homme doué pour la course automobile accède aux épreuves de championnat grâce aux judicieux conseils d\u2019un mécanicien.V 14h30 MADELINE (4) É.-U.1998.Comédie de Daisy von Scherler Mayer avec Hatty Jones, Frances McDormand, Nigel Hawthorne.- Les tribulations d\u2019une petite orpheline pleine d\u2019entrain et de débrouillardise qui vit dans un pensionnat pour jeunes filles.RC 15h WILD (3) É.-U.2014.Drame biographique de Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon, Michiel Huisman, Gaby Hoffmann.- Afin d\u2019exorciser un lourd passé, une jeune femme entreprend de parcourir seule et à pied la Pacific Crest Trail, qui va du Mexique jusqu\u2019au Canada.MAX 15h30 PASSIONS TOURMENTÉES Voir samedi, 15h30.MAX 20h ROCKY IV (5) É.-U.1985.Drame sportif de Sylvester Stallone avec Sylvester Stallone, Dolph Lundgren, Talia Shire.- Un boxeur américain décide d\u2019affronter un colosse russe dans un match dont l\u2019issue peut avoir des retombées politiques.V 20h30 LIVERPOOL (5) Can.2012.Thriller de Manon Briand avec Stéphanie Lapointe, Charles-Alexandre Dubé, Louis Morissette.- À la suite d\u2019un quiproquo, une préposée au vestiaire d\u2019un bar et un aspirant journaliste se retrouvent mêlés à une sombre affaire d\u2019héritage et de déchets électroniques.ARTV 21h UNDERGROUND (2) Fr.1995.Comédie dramatique d\u2019Emir Kusturica avec Miki Manojlovic, Lazar Ristovski, Mirjana Jokovic.- Des Yougoslaves sont cachés dans une cave pendant 20 ans par un profiteur qui leur fait croire que la Deuxième Guerre mondiale n\u2019est pas terminée.TFO 21h HÔTEL RWANDA (3) (Hotel Rwanda), Afr.S.2004.Drame de Terry George avec Don Cheadle, Sophie Okonedo, Nick Nolte.- En 1994, lors du génocide rwandais, le gérant hutu d\u2019un hôtel de Kigali parvient à sauver plus de mille Tutsi du massacre.TQ 21h30 L\u2019OUTSIDER (5) Fr.2016.Thriller de Christophe Barratier avec Arthur Dupont, François-Xavier Demaison, Sabrina Ouazani.- Huit ans après son arrivée à la Société Générale de France, un jeune trader ambitieux est accusé d\u2019avoir commis une fraude qui aurait fragilisé le système financier mondial.TFO 23h45 L\u2019HOMME IRRATIONNEL (4) (Irrational Man), É.-U.2015.Comédie dramatique de Woody Allen avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey.- À l\u2019idée de perpétrer un crime parfait, un professeur de philosophie dépressif retrouve le goût de vivre et d\u2019aimer les femmes.RC 1h23 DES HOMMES D\u2019AFFAIRES (4) (The Company Men), É.-U.2010.Drame social de John Wells avec Ben Affleck, Tommy Lee Jones, Chris Cooper.- L\u2019épreuve d\u2019un jeune père de famille en pleine ascension professionnelle, de son patron et du numéro deux de sa multinationale, mis à pied en raison de la crise financière.TQ 1h44 LUNDI MÉCHANTES ADOS Voir samedi, 23h.MP 16h30 MUD \u2013 SUR LES RIVES DU MISSISSIPPI (3) (Mud), É.-U.2012.Drame de Jeff Nichols avec Tye Sheridan, Matthew McConaughey, Jacob Lofland.- Deux adolescents aident un fugitif à remettre à flot une embarcation perchée dans un arbre, afin qu\u2019il puisse ensuite prendre le large avec sa petite amie.TQ 21h LOIN DES HOMMES (3) Fr.2014.Drame de David Oelhoffen avec Viggo Mortensen, Reda Kateb, Djemel Barek.- En 1954, un instituteur de l\u2019Atlas algérien est forcé par les colons français d\u2019escorter jusqu\u2019à la ville un paysan accusé de meurtre.TFO 21h NO (3) Chil.2012.Drame historique de Pablo Larrain avec Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro, Antonia Zegers.- Au Chili en 1988, un publicitaire devient le maître à penser derrière la campagne référendaire du Non visant à chasser du pouvoir le dictateur Augusto Pinochet.ARTV 23h30 MUSTANG (3) Fr.2015.Drame de Deniz Gamze Erguven avec Gunes Sen- soy, Doga Zeynep Doguslu, Elit Iscan.- Jugées indécentes par une voisine, cinq orphelines turques sont enfermées par leur oncle dans la maison familiale, en attendant qu\u2019on leur trouve un mari.TV5 0h UNDERGROUND Voir dimanche, 21h.TFO 0h01 2 FOIS UNE FEMME (4) Can.2010.Drame psychologique de François Delisle avec Évelyne Rompré, Étienne Laforge, Marc Béland.- Pour échapper à son mari violent, une femme s\u2019enfuit pour aller refaire sa vie sous une nouvelle identité avec son fils adolescent.TQ 2h35 MON NOM EST JOE Voir samedi, 21h.TFO 2h44 MARDI POUR L\u2019AMOUR DE BENNETT (3) (The Greatest), É.-U.2009.Drame psychologique de Shana Feste avec Pierce Brosnan, Susan Sarandon, Carey Mulligan.- Les membres d\u2019une famille tentent de surmonter l\u2019épreuve de la mort du fils aîné tout en faisant connaissance avec la petite amie enceinte du défunt.VIE 13h ENNEMI DE L\u2019ÉTAT (4) (Enemy of the State), É.-U.1998.Drame d\u2019espionnage de Tony Scott avec Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight.- Un jeune avocat devient la cible de la Sécurité nationale lorsqu\u2019il est soupçonné de posséder une vidéo incriminant un haut dirigeant de l\u2019agence.MP 16h30 MÉCHANTES ADOS Voir samedi, 23h.MP 21h L\u2019ENLÈVEMENT DE MICHEL HOUELLEBECQ (3) Fr.2014.Comédie de Guillaume Nicloux avec Michel Houellebecq, Luc Schwarz, Maxime Lefrançois.- Enlevé par trois truands minables, l\u2019écrivain français Michel Houellebecq sympathise avec ses ravisseurs attentionnés, dont il partage le quotidien.TFO 21h LIVERPOOL Voir dimanche, 21h.ARTV 23h L\u2019HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE (4) Fr.2009.Drame d\u2019Éric Lartigau avec Romain Duris, Marina Foïs, Niels Arestrup.- Ayant causé accidentellement la mort de l\u2019amant de sa femme, un père de famille met en scène sa propre mort et s\u2019enfuit en Hongrie sous l\u2019identité de sa victime.TV5 0h LOIN DES HOMMES Voir lundi, 21h.TFO 0h01 UNDERGROUND Voir dimanche, 21h.TFO 1h42 MUD \u2013 SUR LES RIVES DU MISSISSIPPI Voir lundi, 21h.TQ 2h10 MERCREDI ENNEMI DE L\u2019ÉTAT Voir mardi, 16h30.MP 12h CAPITAINE AMERICA \u2013 LE SOLDAT DE L\u2019HIVER (4) (Captain America \u2013 The Winter Soldier), É.-U.2014.Drame fantastique de Anthony Russo avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Samuel L.Jackson.- Un supersoldat combat des dirigeants de sa propre organisation qui, acoquinés à un puissant politicien, s\u2019apprêtent à lancer un projet d\u2019espionnage de la population à l\u2019aide de drones.MP 16h30 DUEL (3) É.-U.1972.Thriller de Steven Spielberg avec Dennis Weaver, Jacqueline Scott, Eddie Firestone.- Sur les routes de la Californie, un camion-citerne poursuit sans raison apparente une voiture conduite par un démarcheur.TQ 21h 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS (2) Roum.2007.Drame social de Cristian Mungiu avec Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov.- En 1987 en Roumanie, la journée éprouvante d\u2019une étudiante qui aide son amie à se faire avorter clandestinement.TFO 21h JOURNAL D\u2019UNE FEMME DE CHAMBRE (3) Fr.2015.Drame de mœurs de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Clotilde Mollet.- Au début du XXe siècle, une jeune Parisienne accepte une place de domestique dans une maison de Normandie, où elle est confrontée à la dure réalité liée à sa condition.TV5 0h L\u2019ENLÈVEMENT DE MICHEL HOUELLEBECQ Voir mardi, 21h.TFO 0h24 MADEMOISELLE JULIE (4) (Miss Julie), Norv.2014.Drame sentimental de Liv Ullmann avec Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton.- Le soir de la Saint-Jean 1890 en Irlande, une jeune aristocrate névrosée entame un jeu de séduction malsain avec le valet de son père.TVA 1h20 HÔTEL RWANDA Voir dimanche, 21h30.TQ 1h39 LOIN DES HOMMES Voir lundi, 21h.TFO 2h13 JEUDI CAPITAINE AMERICA \u2013 LE SOLDAT DE L\u2019HIVER Voir mercredi, 16h30.MP 12h GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.MP 16h30 SEIGNEUR DE GUERRE (4) (Lord of War), É.-U.2005.Thriller d\u2019Andrew Niccol avec Nicolas Cage, Jared Leto, Bridget Moynahan.- Pourchassé par un agent d\u2019Interpol, un trafiquant d\u2019armes américain d\u2019origine ukrainienne s\u2019interroge sur les implications morales de son métier.TQ 21h TOURNÉE (4) Fr.2010.Comédie dramatique de Mathieu Amalric avec Mathieu Amalric, Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey.- Exilé aux États-Unis, un ex-producteur de télé en disgrâce revient en France à la tête d\u2019une troupe de stripteaseuses issues de l\u2019école du «New Burlesque».TFO 21h LIVERPOOL Voir dimanche, 21h.ARTV 22h 17 FILLES (3) Fr.2011.Drame de Delphine Coulin avec Louise Grinberg, Yara Pilartz, Florence Thomassin.- Lorsqu\u2019une adolescente bretonne tombe enceinte, seize filles de son école secondaire décident de l\u2019imiter, en planifiant d\u2019élever leurs enfants en communauté.TV5 0h 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS Voir mercredi, 21h.TFO 0h23 DO NOT DISTURB (5) Fr.2012.Comédie de mœurs d\u2019Yvan Attal avec Yvan Attal, François Cluzet, Laetitia Casta.- Deux vieux amis hétérosexuels se lancent le défi de tourner ensemble un film pornographique gai à l\u2019intention d\u2019un festival amateur américain.RC 0h35 L\u2019ENLÈVEMENT DE MICHEL HOUELLEBECQ Voir mardi, 21h.TFO 2h19 VENDREDI GROSSESSE SURPRISE Voir jeudi, 16h30.MP 12h TENDRES PASSIONS (4) (Terms of Endearment), É.-U.1983.Drame psychologique de James L.Brooks avec Debra Winger, Shirley MacLaine, Jack Nicholson.- Les relations d\u2019une veuve avec sa fille au long d\u2019une trentaine d\u2019années.VIE 13h ZOOTOPIA (4) É.-U.2016.Film d\u2019animation de Byron Howard.- Dans une mégapole peuplée d\u2019animaux civilisés, une lapine policière fait équipe avec un renard arnaqueur pour enquêter sur une série de disparitions de mammifères.RC 19h LA BOÎTE (5) (The Box), É.-U.2009.Science-fiction de Richard Kelly avec Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella.- En 1976, un couple appuie sur le bouton d\u2019une mystérieuse boîte, récoltant du coup un million de dollars, tout en sachant qu\u2019il a provoqué la mort d\u2019un inconnu.MAX 20h ADIEU AU LANGAGE (5) Fr.2014.Film d\u2019essai de Jean-Luc Godard.- Les destinées sentimentales d\u2019une femme et de deux hommes sont liées par la présence d\u2019un chien.TFO 21h VOYAGE AU CENTRE DE LA MÉMOIRE (4) (Total Recall), É.-U.1990.Science-fiction de Paul Verhoeven avec Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Michael Ironside.- Un ouvrier, à qui on a implanté dans la mémoire l\u2019expérience virtuelle d\u2019un voyage, est pourchassé jusque sur la planète Mars par des agresseurs mystérieux.V 21h ENNEMI DE L\u2019ÉTAT Voir mardi, 16h30.MP 23h LIVERPOOL Voir dimanche, 21h.RC 23h05 TOURNÉE Voir jeudi, 21h.TFO 23h54 LA BELLE SAISON (4) Fr.2015.Drame sentimental de Catherine Corsini avec Izïa Higelin, Cécile de France, Noémie Lvovsky.- En 1971 à Paris, la fille d\u2019un agriculteur séduit une enseignante féministe hétérosexuelle, mais peine à camoufler son histoire d\u2019amour à sa mère très conservatrice.TV5 0h DÉTACHEMENT (4) (Detachment), É.-U.2011.Drame de Tony Kaye avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden, James Caan.- Suppléant dans une école secondaire du Bronx, un enseignant imperturbable tente d\u2019aider une élève à se sortir de la prostitution.RC 1h LE MYSTÈRE VON BULOW Voir dimanche, 12h.ARTV 1h30 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS Voir mercredi, 21h.TFO 1h49 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 theatreoutremont.ca 514 495-9944, poste 1 Les 17, 18 et 19 mai 2018, à 20 H une Comédie dramatique entre la vie et la mort LE DERNIER SACREMENT Avec Denis Bouchard So?a Blondin Ayana O\u2019Shun collaborateurs Sarah Beauséjour Pascale Delhaes Yves Aucoin Damiàn Siqueiros Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Denis parle On l\u2019a entendu tout le temps, partout, pendant quatre ans, et tout d\u2019un coup, Denis Coderre est dispar u de la scène publique, au lendemain de sa défaite aux élections municipales.Six mois ont passé, et l\u2019ex-«omnimaire» est désormais prêt à parler.Il le fait en compagnie de Paul Arcand, à divers endroits dans sa ville, se confiant sur cette défaite et dressant le bilan de son mandat à l\u2019hôtel de ville de la métropole, sans esquiver les dossiers les moins reluisants qui l\u2019ont marqué.Conversation secrète TVA, dimanche, 21h15 Voler plus haut, plus loin L\u2019aviation civile commerciale a fait une timide apparition juste avant la Première Guerre mondiale, mais c\u2019est après ce conflit , soit i l y a presque 100 ans, qu\u2019elle a pris son « envol ».Cette série documentaire produite par la Smithsonian Channel raconte l\u2019histoire de quatre inventions qui ont révolutionné à leur façon la navigation aéronautique : le moteur à réaction, la combinaison spatiale, le siège éjectable et le parachute, qui est l\u2019objet de l\u2019épisode de cette semaine.La formule, assez classique, dresse une chronologie aux accents pédagogiques de l\u2019élaboration de ces inventions et leur perfectionnement à travers le temps, le tout agrémenté d\u2019images d\u2019archives et de séquences contemporaines plus « enlevantes ».Ça se laisse regarder avec plaisir.Un siècle d\u2019inventions aériennes Explora, mardi, 22h Neutralité trompeuse L\u2019inaction d\u2019une certaine partie du haut clergé catholique et des autorités vaticanes lors de la Seconde Guerre mondiale est maintenant de notoriété publique, mais les raisons de ce silence, un peu moins\u2026 Ce documentaire français aide à comprendre les raisons des très timides interventions du pape Pie XII lors du conflit pour condamner la violence et son silence face à l\u2019extermination des Juifs, dont il était informé depuis 1942.On y détaille le passé diplomatique de cet homme d\u2019Église avant d\u2019être élu au conclave quelques mois avant le début de la guerre, en lien étroit avec l\u2019Allemagne nazie, mais aussi les troublantes accointances politiques d\u2019autres membres du haut clergé.Un autre documentaire portant sur cette guerre qu\u2019on semble avoir analysée sous toutes ses coutures, mais pas un de trop.39-45, la face cachée du Vatican Télé-Québec, mercredi, 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2014 B I L A N S Le visionnement en continu de la semaine Après The Five (L\u2019ombre de Jessie), l\u2019auteur américain de polars à succès Harlan Coban poursuit son incursion dans le domaine de l\u2019écriture télévisuelle avec cette nouvelle série, une production française estampillée par le géant du streaming campée dans une banlieue bourgeoise britannique.L\u2019Américain Michael C.Hall (Six Feet Under, Dexter) y incarne un médecin récemment veuf qui mène une enquête improvisée pour retrouver sa fille adolescente disparue après une fête arrosée qui a mal tourné.Ce polar est loin de réinventer le genre et on sent souvent la recette qui a fait le succès des romans: l\u2019utilisation (parfois abusive) des retours en arrière.Les effets de mise en scène et le jeu, parfois un peu trop appuyé de certains acteurs (mais heureusement pas celui qui interprète le personnage central) agacent un peu.Cela dit, on se laisse tout de même rapidement prendre au jeu et on enchaîne les épisodes.Safe Netflix, dès jeudi L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 05/07 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes Rétroviseur Les chefs! / Jean-Paul Grappe Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur La Voix: Extra Coeur et bras Ma maison bien-aimée Chicago Fire: Caserne 51 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc MUD: SUR LES RIVES DU MISSISSIPPI (2013) 23h20 Messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire La trappe Permis chanter Scorpion / En eaux profondes Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Mixeur Champions Les châteaux de France Révolutions / Le droit au plaisir Un village français 23h05 Journal CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Secrets souterrains Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Mme Lebrun CANAL VIE Vendre ou rénover?ByeMaison Quoi ton plan?Nombreux et heureux Survivre / Michael et Arune SPCA en action SPCA en action Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° IIHF Hockey / Canada c.Danemark - Championnat mondial Toutes rondes L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Boardwalk ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Prochains Prise de son ICI on chante Louis T: Objectivement parlant Comme par magie Prise de son EXPLORA Fascinantes petites bêtes Tout sur les pitous S'aime chien Repères Vivre loin du monde / Hongrie Merveilles de la nature Homme mer Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Sleepy Hollow / Demain Animal Kingdom The Leftovers (v.f.) Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Santé! Autisme Un grand pas 21h50 De neuf uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite LOIN DES HOMMES (2014) Viggo Mortensen.22h40 Visite 23h05 Citoyen Planète Tribus XXI Namibie Big Bang Trésors volés Iphigénie Vu sur terre Marche CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice / Live Top 10 Performances The Crossing / LKA CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Big Brother Canada Elementary Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars The Crossing / LKA News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts Biblically Elementary Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / No Man's Land UNIS Galaxie près Cochon dingue Mauvais karma Mauvais karma Trait d'humour / Neev - Partie 1 Canada, plus grand que nature Battantes Hooké HBO 17h00 Spielberg Last Week A Dangerous Son Barry 22h05 Silicon 22h35 Westworld TVA Sports 17h00 Destination Coupe Hockey Le TVA sports CollXtion Aréna Esports Hockey 05/06 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h55 La soirée des Éloizes TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Grande finale en direct 21h15 À communiquer 22h15 TVANou.22h45 DESTINS CROISÉS TQ Microphone / Marjo Mc$ween Banc public Y'a du monde à messe HÔTEL RWANDA (2004) avec Nick Nolte, Don Cheadle.V Cinéma DRÔLE DE PÈRE (1999) Adam Sandler.ROCKY IV (V.F.) (1985) Sylvester Stallone.DANS L'OMBRE (2011) ICI RDI Le Téléjournal Vocation Le National Qui êtes-vous?Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champion 22h45 Échos-L.Journal/ L'invité CANAL D Madame Lebrun Docu-D / Charles Manson: Son témoignage Déroute Enchères Le convoi de l'extrême Motard espion CANAL VIE Nombreux et heureux J'aurais donc dû, docteur! Accouchements extrêmes Encan et flip au Texas Catastrophe 22h40 Ouvrez Des rénos qui RDS Au 19e Sports 30 25 ans d'émotions / Pionnières LMB Baseball / Cubs de Chicago c.Cardinals de St.Louis (D) Sports 30 HISTORIA Marty et Bam Bam brocantent Artéfacts / La lettre de Lincoln Artéfacts sous la loupe Poirier enquête Poirier enquête Chopper Chopper Fous bolides ICI ARTV Monsieur Selfridge ICI on chante / Patrice Bélanger Crescendo LIVERPOOL (2012) Stéphanie Lapointe.De peigne EXPLORA S'aime chien Superpouvoirs Refuge de l'espoir / Juin en mai Planète colère Planète techno Étincelles de génie Découverte Sexplora Z Maripier! P.Lemieux En prison Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Sleepy Hollow / Demain Lizard Lick T'es pas game Américars SAVOIR Monde Dactylo Mémoires/ VOD Routes science 20h15 De neuf Électron/ Idées Nomade mers Au coeur du cinéma québécois Connaissance Apostrophes TFO Subito texto Top! /18h45 Top! Conseils Mosquée Citoyen monde UNDERGROUND (1995) avec Lazar Ristovski, Mirjana Jokovic, Miki Manojlovic.Planète 17h30 So Fr.J'ai vu changer la Terre Martin de Tours Lancaster, le vol des 2 derniers géants Namibie 7 merveilles ind.CBC 17h00 OVER THE HEDGE LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang Lucifer The Detail / Bad Traffic Deception / Getting Away Clean National News GBL Global News Global National BorderSecur The Simpsons Instinct / Owned NCIS: Los Angeles Timeless Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / Top Seven Deception / Getting Away Clean News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes Instinct / Owned NCIS: Los Angeles Madam Secretary 3 News PBS (33) The Coroner / Napoleon's Violin A Place to Call Home Call the Midwife Masterpiece Classic / Unforgotten Last Tango in Halifax UNIS Bouffe en cavale Les fermiers / Les chefs Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Balade Tor.Balade Tor.Constellation fr HBO Cinéma 18h50 CORNER GAS: THE MOVIE (2014) Brent Butt.Being Serena Westworld / Virtu e Fortuna Silicon Valley Barry 23h10 Last Wk TVA Sports 17h30 TVA sp.Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) RAW Le TVA sports LNH Hockey 05/05 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille Des gens de son pays Deuxième chance Notre vie Le Téléjournal Pharmachien Les pêcheurs TVA TVA nouvelles LE ZODIAC CHINOIS (2012) avec Qi Shu, Jackie Chan.20h45 CONTREBANDE (2011) avec Giovanni Ribisi, Mark Wahlberg.TVA nouvelles TQ LES MALHEURS DE SOPHIE (2015) Caroline Grant.Microphone / Marjo CHEVAUCHÉE AVEC LE DIABLE (1999) avec Skeet Ulrich, Tobey Maguire.V Cinéma SHERLOCK HOLMES (V.F.) (2009) avec Jude Law, Robert Downey Jr.21h15 QUAND VIENT LA NUIT (2014) avec Noomi Rapace, Tom Hardy.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages La Facture Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche prochain Les copains d'abord: en Bretagne 22h50 Voisins Journal/ L'invité CANAL D Déroute Garage d'élite Mayday / Retard mortel Madame Lebrun Festival Grand Rire Festival Grand Rire Déroute CANAL VIE SPCA en action SPCA en action Mini-maisons Mini-maisons De taudis à logis Survivre / Alex et Lorena The Affair (v.f.) Cinéma RDS Sports 30 Sports 30 Docu-D / À 200 milles à l'heure NASCAR Course automobile - OneMain Financial 200 Série Xfinity Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Chopper ICI ARTV Prochains Rétroviseur Amour du country / Gildor Roy Appelez mon agent / Audrey La soirée des Éloizes / Menoncle Jason , Marie-Jo Thério.Prise de son EXPLORA Animo Pharmachien Dans la tête de la bête Le cerveau de Hugo Cerveau Sexplora Mégast.nazies Z Rapide et mill Blood Brothers T'es pas game Varennes Seuls et tout nu / Namibie Robot Wars Six / Frères de sang En prison SAVOIR Face à Face Reportage Géo 19h50 L'ONU L'inis reçoit.Claude Lelouch Monde Dactylo Semaine Verte DeNeuf/ Nature Le grand TFO Subito texto Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde MON NOM EST JOE (1998) David Mckay.22h45 LOUISE-MICHEL (2007) Planète 7 merveilles ind.L'affaire Kevin / Le secret Aux origines./ L'âge de fer Vu sur terre L'ombre d'un doute Big Bang CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) CTV CTV News Montreal W5 WEDDING BELLS (2016) avec Kavan Smith, Danica McKellar.The Detail National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Ransom / Undercover Home to Win Rise / The Petition Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend NBA Countdwn NBA Basketball - Séries éliminatoires (time tentative) (D) News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / Undercover NCIS 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Want My Wife Doctor Blake / Measure Twice Death in Paradise Austin City UNIS Hooké Filles de moto Blanche Devenir adulte Hors série LA MOITIÉ GAUCHE DU FRIGO (2000) Paul Ahmarani.Tudors HBO 17h00 Rock and Roll Hall of Fame / 2017 Induction Ceremony Rock and Roll Hall of Fame / 2018 Induction Ceremony Wyatt Cenac TVA Sports 17h30 TVA sp.Le top LNH CollXtion Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Le TVA sports Aréna Esports S A M E D I L U N D I D I M A N C H E SU R VOS ÉC R A N S Gymnastique oculaire Une femme, deux hommes, un chien.Deux chapitres, trois dimensions.Des mots, des sons, des images.Œuvre testamentaire ou célébration du n\u2019importe quoi, Adieu au langage de Jean-Luc Godard convie le spectateur à une étonnante gymnastique oculaire où celui-ci a le loisir de reconstruire ce qui se déroule devant ses yeux.Tandis que les acteurs dissertent sur la nature et sur la métaphore, toutou s\u2019amuse dans la nature sous l\u2019œil attendri de son maître.Les uns crieront au génie, les autres bâilleront d\u2019ennui.Colauréat du Prix du jury au Festival de Cannes en 2014 avec Mommy de Xavier Dolan.TFO, vendredi, 21h UNIS CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Pendant six mois, Frédérique Rémy a braqué sa caméra sur des femmes dont la vie a été transformée par la pratique d\u2019un sport de combat.Quatre histoires de construction de soi par la force des poings ont émergé.Battantes, ce sont aussi et surtout les récits de corps qui se dépassent pour que l\u2019âme enfin exulte.Desser vi par son format très conventionnel, le documentaire roule plutôt carré.Les transitions sont raides, la trame est linéaire, les conversations parfois plaquées, sinon mal imbriquées.Tout cela n\u2019arrive pas à éteindre le feu communicatif qui habite ce quatuor faisant preuve d\u2019une ténacité hors du commun.Cela tient avant tout à l\u2019authenticité de la démarche, celle de la cinéaste comme celle de ses sujets.Agressée dans la rue, Jane a pris conscience que son manque d\u2019assurance sur le plan physique lui était devenu un « vrai handicap ».Elle a choisi le jujitsu brésilien pour y remédier.Émilie avait envie de marquer une dif férence.Elle se cherchait elle-même, peinant à s\u2019af firmer.Le karaté lui aura permis de « se détacher du regard des autres ».Léa, elle, s\u2019est trouvé un aplomb qui lui faisait défaut dans le taek- wondo.« Maintenant, si tu me fixes, qui que tu sois, je ne vais pas détourner le regard.» Quant à Stéphanie, la boxe thaïe a assouvi sa soif d\u2019absolu.« Ce que j\u2019aime [sur le ring], c\u2019est qu\u2019on ne peut juste plus s\u2019arrêter.» Autour d\u2019elles, proches, amis, entraîneurs et collègues témoignent des sacrifices exigés et des embûches essuyées pour maintenir leur flamme aussi haute.Il y a dans le partage de cette intimité de quoi largement inspirer.Battantes Unis, lundi, 22h.En reprise mardi, 10h et jeudi, 23h.En venir aux poings Battantes raconte comment les sports de combat ont transformé la vie de quatre femmes | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Les rapports Kinsey (1948 et 1953) ont fait passer la sexualité de sujet chaud (moral, mais caché) à sujet froid (clinique, mais public).C\u2019est sur cette bombe scientifique que s\u2019ouvre Révolutions sexuelles, une mi- nisérie documentaire signée Sylvain Desmille, aussi historien et anthropologue, que TV5 programme alors que les soubresauts du #MoiAussi secouent toujours la planète.La révolution sexuelle n\u2019est pas une affaire d\u2019onanisme, c\u2019est une histoire qui s\u2019est écrite à plusieurs, précise Desmille dans les préliminaires.Et pas forcément ensemble.La révolution sexuelle des hommes a commencé avec la distribution de préservatifs pendant la Première Guerre mondiale.Pour les femmes, elle est venue après, avec les contraceptifs oraux.La révolution des homosexuels s\u2019est engagée plus tardivement encore, tandis que d\u2019autres l\u2019attendent toujours, comme les femmes noires, rappelle l\u2019écrivaine Loretta Ross.De Mari lyn à BB, du « péché suédois » aux magazines que l\u2019on consulte d\u2019une seule main, des théories « orgasmiques » de Wilhelm Reich au mariage gai, Sylvain Des- mille ratisse large.On lui reprochera de raconter nos émancipations en privilégiant ses victoires sur ses défaites.Ses revers ne sont pas niés pour autant : sida, silence ou souffrance.C\u2019est que le cinéaste a su s\u2019entourer solidement pour esquisser son panorama.Faisant appel à des écrivains, à des historiens, à des sociologues et à des psychologues, il réussit à croiser nombre d\u2019éclairages pour la plupart pertinents, voire brillants pour certains.Le tout sans se fatiguer ni fatiguer.Révolutions sexuelles 1 & 2 Lundis 7 et 14 mai, TV5, 21h Corps sexuel, corps social Zoom sur les bouleversements scientifiques, libertaires et sociaux derrière la libération sexuelle 05/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal ZOOTOPIA (V.F.) (2016) Ginnifer Goodwin.Fatale-Station Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Du talent à revendre L'HOMME AUX POINGS DE FER 2 (2015) 21h45 VLOG TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Format familial Cuisine futée, Cuisine futée, Un chef à la cabane Y'a du monde à messe Banc public Microphone V Souper parfait Souper parfait L'arbitre SQ 911 VOYAGE AU CENTRE DE LA MÉMOIRE (1990) Arnold Schwarzenegger.ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Rega 1414: les secours arrivent Faut pas rêver / Au Groenland, sur la route des icebergs Le sexe autour du monde Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Amour fatal Opération Police Motard espion / Impasse fatale Délateurs Soldats sec.CANAL VIE Accouchements extrêmes Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Nombreux et heureux ByeMaison Pro du patio Vendre rénover RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Images/sec.X Games Minneapolis Docu-D L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards / Sur la glace Les montagnards Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X / Pourquoi se battre La petite Dorrit Les pays d'en haut Les pays d'en haut Faits Divers EXPLORA Superpouvoirs VolteFace Planète techno Pharmachien Un homme à la mer Concevoir l'impossible Sexplora Stupidité Stupidité Z Remorquage Dans l'net Maripier! P.Lemieux Rapide et mill Week-end Lizard Lick Prêt sur gage Infiltration Banshee (v.f.) / Requiem SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus FutureMag 10 découvertes Un grand pas TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite ADIEU AU LANGAGE (2014) Puits/ Visite 22h50 Citoyen du monde Planète Moka Malo: Corsaires Le mystérieux singe So France Michael Jeremiasz Les routes du crime / Réunion Roi des coeurs CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot / Deflection Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Blue Bloods / My Aim Is True CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight BorderSecur BorderSecur Hawaii Five-0 Madam Secretary Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Once Upon a Time Partie 1 de 2 Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / My Aim Is True Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week In Principle Live From Lincoln Center Great Performances Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Balade Tor.Balade Tor.Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Mauvais karma Mauvais karma Viaduc/ Seule HBO 17h10 BURY MY HEART AT WOUNDED KNEE 19h25 RIVER (2015) Rossif Sutherland.20h55 Silicon 21h25 Barry Real Time With Bill Maher Rellik TVA Sports Destination Coupe Stanley Hockey Hockey 05/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes Malheurs Prière de ne pas Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les petits doués L'AMOUR À VOL D'OISEAU (2014) Charlotte De Bruyne.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Banc public Microphone SEIGNEUR DE GUERRE (2005) avec Jared Leto, Nicolas Cage.F.-tireurs V Souper parfait Souper parfait Imposteurs Chicago Police Chicago Police Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR L'ourse noir de la Gaspésie Des racines et des ailes / Paris, de place en place Terres de cinéma Journal/ C à dire CANAL D Festival Grand Rire Docteur Jeff Les dossiers de la NASA Hantise / Affreux mensonges Docu-D / Culture Cosplay CANAL VIE Vendre ou rénover?Accouchements extrêmes SPCA en action SPCA en action Catastrophe Ouvrez, jamais Mini-maisons Pro du patio Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° IIHF Hockey / Norvège c.Canada - Championnat mondial Toutes rondes L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Belles ordures Belles ordures Chopper Chopper Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Prochains Rétroviseur Hubert & Fanny Faits Divers LIVERPOOL (2012) Stéphanie Lapointe.EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Tout sur les pitous La fureur du climat / L'eau Forces invisibles Repères Rêver le futur Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu Robot Wars Maripier! T'es pas game Les hors-la-loi du volant Cinéma SAVOIR Santé! Découvertes Un grand pas 19h50 De neuf 21e Siècle Cent regards Sociologie uniVERT Québec monde Planète Terre Révolte TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point Carte de visite TOURNÉE (2010) avec Suzanne Ramsey, Miranda Colclasure.Visite/ Citoyen Planète Spiritualité en solde L'affaire Kevin / Le secret L'ombre d'un doute 7 merveilles ind.Iphigénie Vu sur terre CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Grey's Anatomy / Cold as Ice The Big Bang Young Sheldon Station 19 / Hot Box Quantico / Hell's Gate CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother Canada S.W.A.T./ Hunted Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy / Cold as Ice Station 19 / Hot Box Quantico / Hell's Gate News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Mom S.W.A.T./ Hunted Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Artisans Bardo: Night Great Performances / Hitman: David Foster and Friends Easy Yoga/ Diabetes Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Couleurs locales Les fermiers / La mi-saison Blanche Constellation franco / Winnipeg Battantes HBO 17h15 CORNER GAS: THE M.18h55 Last Wk 19h25 W.Cenac 19h55 Silicon 20h25 Barry Westworld / Virtu e Fortuna RIVER (2015) Rossif Sutherland.TVA Sports Destination Coupe Stanley Hockey Dave Morissette en direct Le TVA sports L'Impact 05/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes L'Épicerie Dans l'oeil du dragon Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Campagne Oeufs d'or Malaises Boomerang Esprits criminels TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween National Geographic DUEL (1972) Dennis Weaver.22h40 di Stasio / Légumes V Souper parfait Souper parfait Lucifer / Pactes avec le diable NCIS: Los Angeles X-Files: Aux frontières du réel Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Envoyé spécial 21 jours / En garderie Journal/ C à dire CANAL D Enchères Déroute Déroute Garage d'élite Australie: La ruée vers l'or Soldats secouristes Docu-D Docteur Jeff CANAL VIE Vendre ou rénover?Survivre / Michael et Arune De taudis à logis Vendre ou rénover?Australie Design V.I.P.Mini-maisons Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball / Red Sox de Boston c.Yankees de New York (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA L'atelier de restauration Restauration Restauration De l'acier et du feu De l'acier et du feu Prêt au combat Prêt au combat Poirier enquête ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix ICI on chante Amour du country / Gildor Roy Olivier Mozart jungle 22h35 Mozart dans la jungle EXPLORA Animo Planète colère Tout sur les pitous La Semaine verte Mythes et réalités 9 mois pour la vie Merveilles Z Remorquage Dans l'net Lizard Lick Ça passe Blood Brothers Varennes Week-end Rapide et mill Silicon Valley Démolition Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf/ Idées FutureMag 10 découvertes Planète Terre Reportage Géo 22h20 L'ONU Santé! Découvertes TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS (2007) Laura Vasiliu.22h55 Visite Planète Devoir d'enquête Namibie Big Bang L'affaire Kevin / Le témoin Faites entrer l'accusé / Guet-apens au Haras La fille du juge CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Code Black / La Familia Law & Order: S.V.U./ Guardian Designated Survivor / Target CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Ghost Island SEAL Team Chicago P.D./ Homecoming Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Alex, Inc.Modern Family Am.Housewife Designated Survivor / Target News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor: Ghost Island SEAL Team Code Black / La Familia Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Seeing Canada Yankee Nature Nova Wonders / Are We Alone?Nova / Life's Rocky Start Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Guides d'aventures Filles de moto Hooké Devenir adulte Hors série Les fermiers / Les chefs Canada, nature HBO 16h45 P.Smart 18h25 GAME CHANGE (2011) Woody Harrelson.20h25 W.Cenac 20h55 Silicon 21h25 Barry Being Serena Westworld / Virtu e Fortuna TVA Sports Destination Coupe Stanley Baseball RAW Le TVA sports 05/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes Les pêcheurs Galas ComédiHa! 2015 Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ninja Warrior: Le parcours ultime / Qualifications à Denver L'arme fatale / Retrouvailles TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc Poldark / Naufrage Chroniques du crime américain Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Tout s'embellit Taxi payant JUGE DREDD (1995) avec Rob Schneider, Sylvester Stallone.Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Dans la tête de./ Un patron Terres d'exploration Le sexe autour du monde Tandem / Convictions Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Nature sauvage Le convoi de l'extrême Mayday / Attitude mortelle Fugitifs / La cavale d'un caïd Australie: Ruée CANAL VIE Vendre ou rénover?Mini-maisons Mini-maisons Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° En route 2018 Cyclisme Hors-jeu 2.0 Trajectoires / Yvon Lambert L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Les Morissette Les Morissette Appelez mon agent / Audrey Hubert & Fanny Faits Divers LIVERPOOL EXPLORA Le refuge de l'espoir Tout sur les pitous Découverte Mégastructures nazies Siècle d'inventions / Parachute Concevoir Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Training Day / Coup de grâce Killjoys / Jeux de dupes The Strain / L'occido lumen Infiltration SAVOIR 18h20 L'ONU Reportage Géo 19h20 L'ONU Québec monde CORIM Voir autrement 21h20 Métiers Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM La bibliothèqye TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite L'ENLÈVEMENT DE MICHEL HOUELLEBECQ 22h40 Visite 23h05 Citoyen Planète Sous le radar Les routes du crime / Réunion Retrouvez la nature Le mystérieux singe Demain, nos enfants Investigation CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Roseanne The Voice MasterChef Canada For the People / Flippity-Flop CTV National GBL Global National Global News Chicago Med NCIS / Two Steps Back Bull / Death Sentence NCIS: New Orleans Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Roseanne The Middle Black-ish Splitting Up For the People / Flippity-Flop News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Two Steps Back Bull / Death Sentence NCIS: New Orleans Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Points North Outdoor Civilizations / Encounters First Civilizations / Cities Frontline Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Être bête Ça va brasser! LITTORAL (2004) avec Gilles Renaud, Miro Lacasse.Viaduc/ Seule 22h35 Faillir Filles de moto HBO Cinéma 18h25 A Dangerous Son 19h55 Last Wk 20h25 Bill Maher 21h25 W.Cenac 21h55 Silicon 22h25 Barry Westworld TVA Sports 17h00 Destination Coupe Hockey Le TVA sports Baseball M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I TV5 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 V I V R E D\u2019une douzaine de femmes tisserandes en 2005, elles sont maintenant une soixantaine à travailler à la coop de Ccaccaccollo.HÉLÈNE CLÉMENT REPORTAGE HÉLÉNE CLÉMENT COLLABORATRICE LE DEVOIR À CCACCACCOLLO Ce savoir-faire a bien failli disparaître dans cette petite communauté, située à 45 minutes au nord de Cusco, 15 de Pisac et 70 d\u2019Ollantaytambo, point de départ du train vers le village touristique Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu.Car si les villages où nichent les sites archéologiques connus, le Machu Picchu en tête, tirent par ti des retombées économiques d\u2019un tourisme qui ne cesse d\u2019augmenter depuis 1970, les agglomérations quelque peu à l\u2019écart ne profitent guère de la part du gâteau.Le boom touristique et l\u2019arrivée dans la Vallée sacrée des Incas de multinationales agricoles sont venus troubler le mode de vie traditionnel des Quechuas, qui repose sur l\u2019agriculture, l\u2019élevage et l\u2019artisanat.Comment rivaliser avec les grandes entreprises?De fil en aiguille Ccaccaccollo s\u2019en sort plutôt bien.Depuis que ses habitants ont décidé de faire renaître leurs traditions en travaillant avec G Adventures \u2014 un voya- giste reconnu pour ses expéditions responsables, qui depuis une quinzaine d\u2019années forme et embauche les hommes du village comme cuisiniers et porteurs sur le chemin des Incas.Et les femmes?Eh bien, pas question de chômer en attendant le retour du mari.Le moment est favorable pour se remettre au tissage \u2014 en sommeil depuis les années 1990 \u2014 et de façon traditionnelle en se servant des matériaux disponibles dans l\u2019environnement : l\u2019alpaga pour la laine, la cochenille, les plantes et les fleurs de la région pour les couleurs.Une décision qui a conduit en 2005, par l\u2019entremise de la fondation Plane- terra de G Adventures, à la création d\u2019une coopérative de tisserandes qui allait assurer la survie des traditions textiles incas et l\u2019art du tissage si cher à la petite communauté de Ccaccaccollo.Les femmes ont réappris avec l\u2019aide d\u2019experts de la fondation Planeterra les techniques oubliées du tissage classique.Un partenariat cons tructif, qui a permis de conserver les traditions du village, en offrant des avantages socio- économiques à tous les joueurs.D\u2019une douzaine de tisserandes en 2005, elles sont maintenant une soixantaine.« Nous avons repris confiance en nous ainsi qu\u2019en nos coutumes, sommes financièrement plus indépendantes et avons les moyens d\u2019envoyer nos enfants en ville pour qu\u2019ils y poursuivent leurs études secondaires», dit Lucia, porte-parole de la coopérative.Pour rejoindre Ccaccaccollo depuis Cusco, il faut emprunter la route 28 vers le nord, celle qui mène dans la Vallée sacrée.Puis, à quelques kilomètres au sud de Pisac, emprunter le chemin qui grimpe vers ce village quechua des hauts plateaux péruviens.De chaque côté de la route, des cultures diverses forment une mosaïque agréable à l\u2019œil.À l\u2019horizon, quelques sommets enneigés.Est-ce le Sawasiray, là-bas, à 5818 mètres d\u2019altitude ?Les Quechuas de la Vallée sacrée de l\u2019Urubamba, tels leurs ancêtres les Incas, affectionnent les paysages dominés par la montagne et entourés de hauts sommets.C\u2019est Lucia qui nous accueille.Elle est vêtue comme toutes ses collègues d\u2019une jupe noire brodée de fleurs, d\u2019un cardigan rouge sur une blouse blanche garnie de dentelle, chaussée de sandales noires en pneu recyclé et coiffé du chapeau traditionnel.«La coiffe diffère d\u2019une région à l\u2019autre», dit Lucia.Ici, le dessus est blanc avec une bande rouge tout autour qui indique l\u2019état civil de la femme.Tournée vers le haut elle est célibataire, vers le bas, elle est mariée.Mais là, à la coopérative, toutes semblent mariées.Et pas d\u2019hommes à l\u2019horizon.Aucun.Sont-ils tous porteurs ou cuisiniers sur le sentier des Incas?Il doit bien y en avoir qui surveillent les troupeaux d\u2019alpagas en montagne.En tout cas, aucun ne semble se mêler du travail des tisserandes de la coopérative.Près de 3000 mètres Après avoir of fert des herbages en guise de reconnaissance aux lamas et aux alpagas de l\u2019étable, Lucia nous convie à déguster un maté de coca pour nous ragaillardir.«Ça défatigue en altitude », dit-elle.Il y a à peine trois heures, nous étions encore à Lima, au niveau de la mer, alors que Ccaccaccollo se trouve à près de 3000 mètres.Il faut s\u2019adapter.D\u2019ailleurs, pour s\u2019accoutumer graduellement au soroche (le mal d\u2019altitude), il est conseillé aux visiteurs \u2014 surtout si le séjour est très court \u2014 de quitter Cusco qui se trouve à 3326 mètres pour aller dormir dans des lieux moins élevés, comme Ur u- bamba (2870 m) ou Ollantaytambo (2800 m) dans la Vallée sacrée et de revenir à Cusco après.Ce que le voyagiste G Adventures propose dans son circuit « National Geographic Journeys » de huit jours qui amène son monde à Ccaccaccollo.Les deux premières nuitées à Uru- bamba, la troisième à Aguas Calientes et les trois autres à Cusco.Longue vie aux traditions Sur la place centrale, une vingtaine de femmes assises en demi-cercle nous observent avec autant de curiosité que nous les observons.Certaines tricotent gants et chullo, la fameuse tuque avec des cache-oreilles prolongés par une tresse, tandis que d\u2019autres tissent de longs foulards colorés sur des métiers à ceinture fixés à un poteau.Dans une des huttes au toit de paille qui jouxtent la place centrale, deux tisserandes filent la laine tandis qu\u2019une autre crée les couleurs qui serviront de teinture.«Le processus de préparation au tissage comprend la récolte de la laine, le filage, le retordage et la teinture », explique Lucia tout en croquant dans une pomme de terre bleue.«Nous utilisons des teintures naturelles à base de plantes pour colorer la laine.Elles ne sont pas nuisibles à l\u2019environnement et ne polluent pas la terre», poursuit Lucia.On concocte aussi à la coopérative 28 couleurs à partir des cochenilles qui vivent sur le cactus de Nopal, dont le Pérou est un grand producteur.Les insectes qui se nourrissent du fruit de la plante, la figue de barbarie, produisent des pigments marron.« Les femelles qui conservent dans leurs tissus ce pigment sont séchées au soleil, puis broyées et réduites en poudre.Cette matière fine mélangée à de l\u2019eau bouillante donnera le rouge carmin qui va servir de base pour créer un tas de couleurs à partir des sels, acides ou autres substances caustiques que l\u2019on y mélangera», explique Lucia.Quand vient le temps de la récolte, seules les espèces femelles sont récupérées sur les cactus.Une à une.Et idéalement les femelles fécondées, car elles contiennent plus d\u2019acide carmi- nique.On prend donc bien soin de récolter les insectes juste avant la ponte.Dans une autre hutte, une enseigne sur laquelle est écrit 100% fibre d\u2019alpaga pend au-dessus d\u2019une table remplie de vêtements multicolores: chandail, bas, gants, mitaines, tuques, foulards, sacs à dos\u2026 Et les prix ?Plus bas que sur les marchés touristiques.Les femmes gèrent l\u2019entreprise avec beaucoup d\u2019enthousiasme.Leurs réalisations sont vendues à la coopérative et les revenus des ventes partagés à égalité entre les tisserandes.Et à Ccaccaccollo le métier continue de se transmettre de mère en fille.Reste à espérer que nombreux seront les voyagistes qui continueront à soutenir les métiers traditionnels du monde ; que les femmes péruviennes tisseront encore longtemps dans la Vallée sacrée ; et que l\u2019aéroport international en construction, entre montagnes sacrées et sites archéologiques incas, prévu pour 2021, ne viendra pas, avec un tourisme de masse au bras long, mettre à mal les modes de vie ancestraux andins.Notre journaliste était l\u2019invitée du voyagiste G Adventures.| 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Au Pérou le tissage tient un rôle primordial.Il est une forme d\u2019expression et de langage qui remonte aux anciennes civilisations préhispaniques.Un gagne-pain aussi.Dans la communauté de Ccaccaccollo, ce sont les femmes qui, de mères en filles, en assurent la transmission.Un savoir-faire de plusieurs centaines d\u2019années.Les tisserandes de Ccaccaccollo Un bout du monde où les femmes continuent de tisser l\u2019histoire andine et péruvienne Quelle laine choisir ?Lama \u2014 Depuis toujours, le très domestiqué lama sert d\u2019animal de bât, mais les Quechuas ne le chevauchent pas comme les Espagnols ont tenté de le faire.Le ruminant andin n\u2019aime pas la surcharge.Et il a mauvais caractère et vous crachera en pleine face si vous l\u2019ébranlez mentalement.Sa chair est comestible mais coriace, et ses poils sont rêches.On s\u2019en sert plus pour faire des cordes que des vêtements en laine.Il était vénéré des Incas.Vigogne \u2014 C\u2019est le plus petit camé- lidé sauvage local.Son pelage doré et son ventre blanc en font la plus précieuse des quatre espèces.Comme il était menacé d\u2019extinction au milieu du XXe siècle, on a créé des programmes de sauvegarde près de Nazca et d\u2019Arequipa.Et sauvé la race.En 1990 on a recommencé à vendre sa laine, considérée comme la plus fine du monde.Guanaco \u2014 C\u2019est le plus rare des camélidés sauvages du Pérou.Sa laine n\u2019est pas assez belle pour qu\u2019on en fasse des vêtements, mais sa viande est comestible Alpaga \u2014 Domestiqué après le lama, l\u2019alpaga était élevé pour sa toison.Sa fibre six fois plus chaude que celle du mouton est considérée comme l\u2019or des Andes et reconnue comme l\u2019une des plus luxueuses du monde.Comparable au toucher au cachemire, elle est douce, résistante, imperméable, hypoallergénique, ne pique pas et ne dégage pas d\u2019odeur.Et pour l\u2019anecdote, au début de la conquête spatiale, la NASA utilisa de la laine d\u2019alpaga pour sa très grande qualité.À privilégier lors de l\u2019achat d\u2019un vêtement au Pérou\u2026 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | Rafting à l\u2019événement Pink Water, « l\u2019eau vive au féminin », créé au Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean en 2013 par de jeunes passionnées SOPHIE LAVOIE NATHALIE SCHNEIDER COLLABORATRICE LE DEVOIR arina de Lévis, juillet 2017.Une drôle d\u2019ambiance flotte dans le parc nautique.Il doit y avoir une bonne soixantaine de femmes dispersées dans les salles et sur la terrasse.L\u2019heure est aux retrouvailles, aux rires, à l\u2019amitié.À la fébrilité aussi.Nous sommes à quelques minutes du grand dépar t de la Coupe Fe- mina, la seule régate du Québec à s\u2019adresser uniquement aux femmes.Sur une petite estrade improvisée, la grande prêtresse de l\u2019événement, Michelle Cantin, parle de dépassement, de leadership et d\u2019audace.«Les femmes n\u2019osent pas toujours jouer hors de leurs limites, cette compétition amicale est là pour ça : se ré- approprier une discipline trop longtemps dominée par leurs pairs masculins !» poursuit l\u2019instructrice de voile.Anti-hommes, la Coupe Femina?Pas une seule seconde! Les hommes présents à la marina sont enthousiastes à l\u2019idée de les voir prendre leur place dans l\u2019univers de la plaisance.Et reprendre, par la même occasion, une certaine confiance en elles.«Reprendre confiance», la formule magique quand il est question des femmes en plein air.Surtout dans des disciplines très sportives, jugées à tort comme des chasses gardées masculines.«Quand on commence le vélo de montagne, par exemple, on n\u2019a pas le choix: il faut \u201crider\u201d avec des gars, explique Caroline Chu, du club féminin de vélo de montagne Muddbunnies, à Oka.On se retrouve bien souvent loin derrière, il faut s\u2019accrocher pour rester dans la course ! » Pratiquer entre femmes semble être la bonne façon de garder confiance et, même, de se défier sans risquer d\u2019être démotivées.D\u2019ailleurs, depuis quelques années, les événements 100 % féminins ne cessent d\u2019émerger ici et là au Québec et ailleurs, signe qu\u2019on est dans une vraie tendance, qui semble là pour de bon.Clubs de vélo de route (Cyclo- pétards) et de montagne (Muddbun- nies), ateliers de ski hors piste dans les Chic-Chocs (White Lips) et, même, initiation à la chasse et à la pêche pour femmes (Fauniquement femmes), le phénomène ne cesse de se confirmer.«Cette année, nous attendons plus de 200 filles pour notre cyclo-randonnée Bikefest, qui aura lieu dans trois endroits dif férents : Tremblant, Bromont et Québec», dit Véronik Bastien, cofondatrice de Peppermint et cycliste confirmée.Cette entreprise québécoise crée et fabrique des vêtements techniques de vélo pour femmes seulement, dont certains modèles très performants sont inspirés par ceux de la compétition.La rivière au féminin Elles sont de plus en plus nombreuses autour de la trentaine à manifester l\u2019envie d\u2019essayer de nouvelles activités pour voir\u2026 Surtout chez les professionnelles, pour qui l\u2019audace est un moteur d\u2019accomplissement personnel.«On voit de plus en plus de femmes venir passer trois jours entre amies Dames nature Des événements de plein air 100 % pour femmes : une tendance qui se confirme Elles sont de plus en plus nombreuses autour de la trentaine à vouloir essayer de nouvelles activités.Surtout les professionnelles, pour qui l\u2019audace est un moteur d\u2019accomplissement.M pour s\u2019initier aux techniques de survie en forêt», constate Stéphane Denis, à la tête de l\u2019entreprise Kanatha-Aki, dans les Laurentides.La rivière, et par ticulièrement l\u2019eau vive, en attire aussi un nombre croissant, grâce à l\u2019engouement que suscitent des festivals pensés surtout pour elles : ateliers de nutrition et de bien-être y sont souvent inclus.«Passer un rapide en kayak peut être un peu intimidant, quand on sait qu\u2019on est observé par les spectateurs postés sur la berge, explique Nikola Falardeau-Drouin, organisateur de Torrent, qui a lieu chaque été sur la rivière Rouge.S\u2019entraîner entre femmes \u2014 débutantes ou expertes \u2014 les aide à dépasser cette crainte d\u2019être jugées.» L\u2019événement est d\u2019ailleurs ouvert à toutes celles qui désirent s\u2019essayer au maniement de la pagaie, que ce soit en kayak, en rafting ou en stand-up paddle (SUP).Tout comme au White Lips, dont Nikola Falardeau-Drouin est également l\u2019instigateur, la transmission des techniques est assurée par des ambassadrices \u2014 sur le modèle des femmes qui initient d\u2019autres femmes \u2014 expertes en eau vive.«J\u2019en connais beaucoup, si ce n\u2019est la totalité, qui sont bien meilleures que moi et bien plus en forme!» dit-il.Leur nombre ne cesse d\u2019augmenter ; une cinquantaine sont attendues cette année à Torrent, presque deux fois plus que l\u2019an dernier ! À entendre les organisateurs de ces dif férents rassemblements, les femmes démontrent souvent plus d\u2019entraide que de compétitivité, ce qui crée une ambiance très festive.L\u2019approche inclusive Même chose durant le Challenge Pink Water, « l\u2019eau vive au féminin », créé au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean (Péribonka) en 2013 par de jeunes femmes passionnées de rivière.« Avec ces événements principalement destinés à la clientèle féminine, surtout pour le volet initiation, l\u2019objectif est de générer une mobilisation autour d\u2019objectifs communs, soit le dépassement personnel, la coopération et la solidarité », résume Shéril Gravel, l\u2019une des deux fondatrices (avec Audrey Ahier) du Challenge.Car, outre le dépassement, ces femmes audacieuses sont aussi animées par l\u2019envie de transmettre leur passion et de créer une communauté de femmes de rivière énergiques et visionnaires.À la dernière édition (2017), 300 bénévoles encadraient l\u2019événement en toute sécurité.Cette année, quelque 60 ambassadrices, recrutées au Québec et à l\u2019international, s\u2019engagent à propager l\u2019engouement du sport auprès des femmes.Mais, pour autant, le Challenge Pink Water n\u2019est pas fermé aux hommes puisque « cette année, il est ouver t aux pagayeurs qui désirent porter les valeurs de la communauté et faire rayonner ce sport à plus grande échelle !», s\u2019exclame Shéril Gravel.Une belle façon de démontrer que, dans le plein air comme ailleurs, la place ne manque pas quand on sait la partager.| 4 5 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Gagnez une croisière gastronomique vers les Îles de la Madeleine.Le Devoir et Croisières CTMA vous offrent la chance de gagner une croisière d\u2019une semaine pour deux personnes au départ de Montréal jusqu\u2019aux Îles de la Madeleine* sur le thème : Le Québec gastronomique, du 14 au 21 septembre 2018.Pour participer : LeDevoir.com/concoursctma Remplissez le formulaire et répondez correctement à la question mathématique.Le concours se termine le 24 mai 2018.Les points forts de cette croisière : Soupers gourmands signés Ann-Rika Martin, gagnante 2017 de l\u2019émission Les chefs?! Ateliers culinaires et conférence sur les traditions culinaires québécoises Découverte et dégustation des fromages madelinots Escales à Baie-Comeau et à Pointe-au-Pic sur l\u2019itinéraire du retour * Valeur approximative de 3 000 $ CONCOURS De l\u2019équipement juste pour elles ! «Autrefois, quand on fabriquait l\u2019équivalent pour femmes d\u2019un équipement pour homme, on réduisait sa taille et on le colorait en rose !», raconte Véro- nik Bastien.Plus maintenant.Le marché des femmes suscite désormais toute l\u2019attention de l\u2019industrie spécialisée.«Depuis cinq ans, c\u2019est un peu la folie, ajoute Miguel Saint-Hilaire, chez le distributeur Sport Dinaco.L\u2019attention des fournisseurs d\u2019équipements et de vêtements se tourne vers les femmes, qui constituent un marché en pleine expansion.» De nombreux produits \u2014 skis, vélos, sacs à dos, bâtons de marche, casques de vélo \u2014 sont dessinés et élaborés pour convenir aux exigences typiquement féminines : morphologie, centre d\u2019équilibre, force musculaire, longueur des jambes, etc.À en croire Miguel Saint-Hilaire, la tendance n\u2019en est qu\u2019à ses débuts. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 6 | CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATRICE LE DEVOIR À TORONTO e 23 avril dernier à Toronto avait lieu la 12e édition du symposium Terroir, une journée de conféren ces, de tables rondes et d\u2019ateliers à propos de la scène culinaire canadienne sous toutes ses formes.Voici quel ques por traits d\u2019acteurs alimentaires inspirants d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.Christa Bruneau, Winnipeg Née de parents métis, Christa Bru- neau a grandi dans la pauvreté, au sein d\u2019une famille ayant fréquenté les pensionnats et dans un environnement déraciné de ses origines et de ses traditions.Après avoir tenu une garderie pendant 11 ans, où la saine alimentation était au cœur de tous les repas, elle a ouvert Feast Café Bistro il y a deux ans.Ce restaurant se veut inclusif, tant du côté de son équipe que de celui de sa clientèle.En effet, la plupart des employés sont victimes de barrières à l\u2019emploi, comme des jeunes venant de familles d\u2019accueil, des personnes âgées ou souffrant de maladie mentale.« Ce sont des gens qui n\u2019ont souvent jamais travaillé, puisqu\u2019on ne leur a jamais donné la possibilité de le faire, raconte Christa Bruneau.Je passe 50 heures avec chacun d\u2019eux pour leur apprendre leur travail, bâtir leur confiance, leur témoigner mon amour.Au final, cela fait en sorte que mes employés sont fiables, travailleurs et très reconnaissants.» Au-delà de l\u2019aspect inclusif, son restaurant est aussi une occasion de se reconnecter à ses racines, et à celles de tant d\u2019autochtones de Winnipeg qui n\u2019ont jamais l\u2019occasion de manger les aliments de leurs ancêtres.Au menu, il y a notamment plusieurs plats faits à par tir des trois sœurs : maïs, courges, haricots.Le bison remplace le bœuf et le brochet est le poisson à l\u2019honneur.« Je veux que notre menu soit nourrissant pour le corps, l\u2019âme et l\u2019esprit, ajoute Christa Bruneau.Quand tu es dans un environnement qui promeut ta propre culture, cela te réconcilie avec tes origines, ton pas - sé, et avec qui tu es.Les autochtones se sentent donc à l\u2019aise de venir au café.De toute façon, tout le monde est le bienvenu chez nous, même les sans-abri.Je les traite comme n\u2019importe quel autre client.« D\u2019abord, les autres clients ont l\u2019air surpris.Puis, on discute normalement, on partage un repas et les épaules des clients se détendent.Ça fait tomber les idées reçues.» Hana Nelson, Halifax Dans l\u2019univers de la pêche, l\u2019aquaculture ne fait pas toujours bonne figure.Pour Hana Nelson, fondatrice d\u2019Afishionado, il est toutefois possible de bien faire les choses, et ce, de façon durable.Au Canada, les produits de la pêche sont la principale denrée destinée aux exportations, selon Pêches et Océan Canada.« En Nouvelle-Écosse seulement, on [en] exporte pour l\u2019équivalent de 1,8 milliard de dollars par année, dit Hana Nelson.Il y a quatre ans, je voulais changer cela, en commençant par offrir des poissons d\u2019ici aux restaurateurs.Au pays, 50 % des poissons et fruits de mer que nous mangeons proviennent de l\u2019aquaculture.Et il y a des entreprises qui favorisent les bonnes pratiques.Nous faisons partie de celles-là.Pour nous démarquer, nous misons d\u2019abord et avant tout sur la transparence en ce qui a trait à nos méthodes d\u2019élevage.Il faut que nos clients sachent d\u2019où proviennent leurs poissons et comment ils ont été élevés.» En effet, il n\u2019est pas toujours facile de suivre la trace du chemin parcouru par nos aliments avant qu\u2019ils se retrouvent dans notre assiette.Faute de traçabilité optimale, il n\u2019est pas rare que les poissons ne soient pas étiquetés correctement à l\u2019épicerie.De plus, les risques de contamination entre les poissons sauvages et d\u2019élevage sont grands lorsque les méthodes d\u2019aquaculture ne sont pas optimales.« Pour nous, la pêche du futur réside dans l\u2019aquaculture durable.C\u2019est d\u2019ailleurs nettement plus abordable que de se lancer dans la pêche commerciale, ajoute Hana Nelson.Grâce au logo \u201cSustainable Blue\u201d [un réseau pratiquant l\u2019aquaculture durable], le consommateur est assuré que les poissons et fruits de mer sont notamment élevés dans des conditions qui imitent son habitat naturel, que leur élevage ne risque pas de nuire aux espèces sauvages et que cela contribue à freiner la déplétion des stocks de poissons et fruits de mer dans les océans.» Diane Hodgins, île de Fogo Sur l\u2019île de Fogo, à Terre-Neuve, il y a un superbe hôtel-boutique dont tout le monde a parlé.Son architecture Le terroir canadien en trois portraits Le Fogo Island Inn est un superbe hôtel-boutique sur l\u2019île de Fogo, à Terre-Neuve.Son architecture dessinée par la firme norvégienne Saunders Architecture fait rêver tous les adeptes d\u2019Instagram.FOGO ISLAND INN Ci-contre : chez Afishionado, à Halifax, Nouvelle- Écosse, on mise sur la transparence quant aux méthodes d\u2019élevage.JESS EMIN L Ingrédients 1 chou-fleur, coupé à partir du milieu en 4 «steaks» d\u2019une épaisseur d\u2019environ 1 po (2,5cm) chacun 4 c.à table d\u2019huile d\u2019olive 2 c.à table de beurre 1 c.à thé chacun: cumin, curcuma, origan séché, huile de sésame 2 feuilles de laurier séchées Sel de mer, poivre du moulin au goût 1 c.à thé d\u2019épices à steak de Montréal 2 c.à thé d\u2019huile de noix de coco, divisée 2 tasses de chou kale noir, lavé, séché et haché 1-2 échalotes 6 gousses d\u2019ail 12 chapeaux de shiitakés 12 champignons de Paris 1 tasse de riz noir 1 tasse de farro 1 c.à table de cacao non sucré 0,5 oz de chocolat à 90% de cacao Quelques feuilles de coriandre fraîche pour la garniture 1/4 tasse de graines de citrouille et de sésame grillées (pour la garniture) 5 tasses d\u2019eau, pour le cuiseur de riz 3 tasses (750ml) de bouillon de légumes (1 pour le chou-fleur, 2 pour la sauce au riz) 1 morceau de gingembre frais (au goût) 1/4 tasse de vin rouge (pour déglacer et aromatiser la sauce au riz) Pour le tahini 2 c.à table de tahini 2 c.à table d\u2019eau Le jus d\u2019un citron 2 c.à table d\u2019huile d\u2019olive Sel et poivre Préparation Mélange de riz : placer le farro lavé et le riz noir dans le cuiseur à riz avec 5 tasses d\u2019eau.Ajouter le cumin, le curcuma, l\u2019origan séché, 2 feuilles de laurier, l\u2019huile de sésame, 3 gousses d\u2019ail, un morceau de gingembre et une généreuse pincée de sel de mer (approx.2 c.à thé/10ml) et du poivre (au goût).Démarrer le cuiseur de riz et passer aux étapes suivantes.Préchauffer le four à 375°F (190°C).Sauce : émincer les échalotes, les shiitakés, les champignons et les 3 gousses d\u2019ail restantes.Dans une poêle antiadhésive chauffée à feu moyen-élevé, ajouter 1 c.à table (15ml) d\u2019huile de noix de coco, puis les champignons ; cuire jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient dorés.Ajouter l\u2019échalote, puis l\u2019ail, le sel et le poivre ; cuire 1-2 minutes.Déglacer avec le vin, réduire à feu moyen.Ajouter 2 tasses de bouillon de légumes, cuire environ 5 minutes de plus, puis réduire à feu bas et ajouter le beurre, le chocolat et le cacao.Réserver.Dans un petit bol, à l\u2019aide d\u2019un fouet ou d\u2019une fourchette, mélanger tous les ingrédients du tahini ; réserver.Steaks de chou-fleur: prendre le chou-fleur et, sans enlever la base (qui comprend les feuilles et retient le tout), couper 4 steaks d\u2019une épaisseur d\u2019un pouce (2,5cm) chacun et les déposer sur une tôle à cuisson.Badigeonner légèrement chaque steak d\u2019un peu d\u2019huile d\u2019olive, de chaque côté.Assaisonner de sel, de poivre et d\u2019épices à steak.Dans une poêle pouvant aller au four, chauffer 1 c.à table (15ml) d\u2019huile de noix de coco.Saisir les steaks de chou-fleur à feu moyen- élevé, 2 à 4 minutes de chaque côté, pour leur donner une belle couleur.Lorsque les quatre steaks sont grillés sur les deux faces, les déposer délicatement dans un plat allant au four (ou dans une poêle allant au four) et les cuire au four préchauffé 5 à 7 minutes.Retirer les steaks du four et ajouter le reste du bouillon de légumes au plat.Déposer de petits monticules de kale haché autour des steaks, et retourner le tout au four 10 minutes de plus.Assemblage et service : placer le mélange de riz noir et de farro dans un grand bol.Jeter le gingembre et les feuilles de laurier.Ajouter la sauce aux champignons et le kale.Déposer le mélange de riz avec un steak de chou-fleur sur chaque assiette ; ajouter un filet de tahini citronné et d\u2019huile d\u2019olive de bonne qualité.Garnir de quelques feuilles de coriandre fraîche et de graines de citrouille et sésame grillées.J\u2019aime ajouter un filet de mon huile au piment favorite pour plus de piquant ! | 47 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Steak de chou-fleur poêlé, riz noir et farro Pour 4 personnes L A R EC E T T E D E L A C H E F K I M B E R LY L A L LO UZ dessinée par la firme norvégienne Saunders Architecture fait rêver tous les adeptes d\u2019Instagram.Mais au-delà de l\u2019hébergement, il y a tout un mouvement social qui contribue à l\u2019essor de tous les habitants de l\u2019île, environ 2250 personnes.En bref, 15 % des profits générés par l\u2019hôtel, la boutique et la poissonnerie sont remis à Shorefast Foundation, un organisme sans but lucratif qui soutient les entreprises sociales qui veillent à la santé économique et à la résilience culturelle de la communauté.« En tant que comptable, je ne crois pas que le réel succès d\u2019une entreprise se résume à la bonne utilisation des outils de gestion, explique Diane Hodgins, directrice des finances de la Shorefast Foundation.Le côté artistique est tout aussi important, puisqu\u2019il nous apporte une perspective différente.Si vous vous en tenez seulement aux aspects commercial et technologique, vous passerez à côté de la raison d\u2019être de votre entreprise.» Afin de rendre ce modèle d\u2019entreprise réaliste, le Fogo Island Inn mise sur la transparence et un prix juste et détaillé, à la façon d\u2019un tableau indiquant la valeur nutritive d\u2019un produit.Ainsi, il est possible de savoir exactement où va le montant perçu pour la location d\u2019une chambre à l\u2019hôtel.On sait par exemple que 49 % vont à la main-d\u2019œuvre et 16 %, à l\u2019administration et aux frais d\u2019exploitation.«Nous croyons que le vrai pouvoir est dans la microéconomie, puisque c\u2019est de cette façon que nous savons exactement où vont nos profits, et sur tout nos investissements sociaux», conclut-elle.Pour nous, la pêche du futur réside dans l\u2019aquaculture durable.C\u2019est d\u2019ailleurs nettement plus abordable que de se lancer dans la pêche commerciale.HANA NELSON » KIMBERLY LALLOUZ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 4 8 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR De temps à autre, il y a une surprise.On va un peu au hasard dans la liste des maisons à visiter et on tombe sur une vraie belle table, une belle surprise.C\u2019est exactement ce qui est arrivé à La Prunelle.Mes complices de fourchette et moi devions aller essayer un nouveau restaurant, un petit quelque chose ouvert par une star locale et où nous avions une réser vation pour vendredi à 19 h 30.Par pur hasard, à 16 h 30, je découvrais que le petit quelque chose en question n\u2019ouvrirait qu\u2019à la fin du mois de mai.Déception, irritation et autres sentiments que la politesse m\u2019interdit de mentionner ici.Où trouver une table à quelques heures d\u2019avis ?« Bien sûr, Monsieur, nous vous attendons à 19 h 30 et n\u2019oubliez pas que nous sommes un \u201capportez votre vin\u201d.» Ce premier contact avec La Prunelle était annonciateur de bonnes choses.Elles allèrent au- delà de nos attentes.Entendons-nous, on parle ici d\u2019un établissement modeste, relativement anonyme, pas d\u2019une de ces adresses branchées et pleines de bruits, médiatiques et autres.La salle se remplit rapidement et l\u2019ambiance est au bonheur.Le fond musical est d\u2019une discrétion digne de mention.Le service, ponctuel et précis, mérite lui aussi des éloges.En amuse-bouche, on nous apporte une fine rondelle de radis noir présentée en cornet, débordante de crevettes de Matane, de chair de crabe, une fine tranche de concombre mariné roulée, un peu de « caviar », quelques pétales de rose en copeaux secs et deux ou trois tou - ches de mayonnaise épicée.Une superbe poêlée de champignons des bois déposés sur une tartine de sarrasin et complétée de quelques copeaux de cheddar Perron 2 ans.Le fond de cuisson était délicieux ; il aurait toutefois gagné à être moins truf fé, l\u2019odeur entêtante de l\u2019huile de tr uf fe déclenchant des reniflements intempestifs aux tables voisines, et ce, pendant toute la soirée.Déposé sur une très belle purée de topinambours, mon pavé de morue d\u2019Islande avait été par faitement poêlé.Il était accompagné de belles bouchées de betteraves multicolores et entouré de quinoa croustillant saupoudré en pourtour d\u2019assiette.Mes trois commensaux af famés tombèrent à fourchette que veux-tu dans le boudin, la bavette, le T-bone et les ris de veau.Voulant sans doute impressionner la table voisine, Pierre choisit «une petite salade ».Ému par une vinaigrette guillerette, il se montrera lui-même guilleret pas mal toute la soirée.Il faut dire que mes amis arrivent toujours très bien équipés lorsque je mentionne que le restaurant est un « apportez votre vin».Tout en sauçant méticuleusement son assiette, M.Kersauson termine son boudin maison au chorizo, laitue romaine en saumure, crème sûre, betteraves jaunes, oignons marinés.Plus tard, il grommellera un peu en grignotant son bifteck d\u2019a - loyau à l\u2019os, alléguant qu\u2019il manquait de ces délicieux choux de Bruxelles annoncés dans la description du plat.La générosité de la sauce au vin rouge le ramènera à de meilleurs sentiments.Appliqué et esthète de l\u2019abat, Pierre Comme la prunelle de vos yeux Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 VOYAGES GAUTHIER spécialité voyages sur mesure 514.336.0606 www.voyagesgauthier.com info@voyagesgauthier.com Les tarifs sont à partir de, par personne, en occupation double, et sujet à disponibilité.Inclus : transferts, hébergements, visites, transports, et accompagnement lorsque indiqué.P e r m i s d u Q u é b e c Rome, Côte Amalfitaine, Florence, Cinque Terre, Venise \u2014 15 jours / 14 nuits Rome, Côte Amalfitaine, Florence \u2014 13 jours / 12 nuits Tanzanie grandeur nature \u2014 10 jours / 7 nuits du 13 au 22 octobre, circuit en groupe, vol inclus.Kenya et Tanzanie \u2014 15 jours / 12 nuits, circuit en groupe, vol inclus Inde du Nord \u2014 17 jours / 14 nuits, circuit en groupe, vol inclus Circuit groupe Magie de l'Italie \u2014 15 jours / 13 nuits, les 7 et 14 septembre, vol inclus Couleurs du Vietnam \u2014 24 jours / 20 nuits, circuit en groupe, vol inclus 2 990 $ 2 690 $ 6 999 $ 8 499 $ 4 099 $ 4 949 $ 4 099 $ Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! P e r m i s d u Q u é b e c GRANDE ARGENTINE & PATAGONIE \u2013 21 JRS Départ : 3 novembre (7 places disponibles) Buenos Aires (5nts) Péninsule de Valdès, Croisière de luxe dans les glaciers Salta (3nts) Circuit 5 jrs désert du Nord-Ouest, Cafayate, Puerto Iguazu (2nts) Vol Air Canada, 46 repas, hôtels 4* Une présentation claire de nos circuits qui font toute la différence ! Pas de kilométrage inutile, NOUS PRENONS LE TEMPS DE VISITER Culture, histoire, petit groupe, Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.L\u2019INDE DES GRANDS EMPIRES - 29 JRS Du Nord au sud Départ 3 novembre (6 places disponibles) Un Circuit maison mêlant tradition &culture.Toutes les entrées, visites exclusives.Tous les repas sans exception.Guides francophones, vols intérieurs, hôtels 5* durant ce circuit.M A I N T E N A N T O U V E R T \u2014 7 J O U R S S U R 7 Présentations Conférences Hôtel Château Joliette, 450 rue Saint Thomas 09h30 Splendeurs de l\u2019Italie 22 JRS 11h00 Magnifique Égypte Pharaonique 18 JRS 12h30 Angleterre Écosse Irlande 23 JRS 14h00 Grande Argentine, Patagonie 20 JRS 15h00 La Croatie et les Balkans 20 JRS 16h00 Espagne et Portugal 25 JRS Réservez vos places ! JOLIETTE DIMANCHE 6 MAI 2018 MAGNIFIQUE ÉGYPTE PHARAONIQUE \u2013 18 JRS Un des plus beaux circuits et des plus sécuritaires!!! Nouveau Départ : 7 novembre 6 places \u2022 Départs 2019 : 11 février & 4 mars 4 nts au Caire, 2 nts Louxor, 6 nts croisière en Dahabya exclusif à VSB, 3 nts croisière Lac Nasser.Tous les repas sans exceptions.Hôtels 5 * de luxe, vols intérieurs, vol AF.Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE Notre premier contact avec La Prunelle était annonciateur de bonnes choses.Elles allèrent au-delà de nos attentes.Photo page de gauche: le plat de ris de veau.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR La Prunelle ?$$$ 327, avenue Duluth Est, Montréal, ?514 849-8403 Ouvert tous les soirs dès 17h30.Menu dégustation à 49$ ou choix à la carte.déguste presque religieusement ses ris de veau croustillants, spätzles à la crème d\u2019oursin, chou-fleur et oignons verts, radis mariné, cendres de poireaux.Même application du côté de M.Béarnais avec sa bavette de bœuf de l\u2019Île-du-Prince-Édouard grillée, ali- got de pommes de terre au cheddar, girolles, pancetta, petits oignons caramélisés et gremolata.Mes amis ont été assez gentils et m\u2019ont laissé goûter leurs choix.Je n\u2019en ai que du bien à dire.Agencement, choix des accompagnements, cuissons, présentation, tout était remarquablement préparé.Même si, généralement, j\u2019attache davantage d\u2019importance au contenu qu\u2019au contenant, je dois dire que toute la vaisselle de cette Prunelle est digne d\u2019intérêt.Comme toujours quand le travail est aussi bien fait, il faut rendre hommage aux ar tisans et ar tistes.Donc, le chef de La Prunelle, absent ce soir-là pour cause de maladie, s\u2019appelle Ilyass El Bourziqui.En cuisine, Maxime et Yacine ont géré avec beaucoup d\u2019aplomb et une jeune fille prénommée Julie a assuré un service plein d\u2019attentions et de bienveillance.Actualités gastronomiques à Montréal L\u2019éclosion dans plusieurs quartiers et à l\u2019échelle de la province de boulangeries artisanales \u2014 Automne, Le pain dans les voiles, La bête à pain, Merci la vie (Pré- vost) \u2014 témoigne de l\u2019intérêt du public pour le pain en général et le grain en particulier.Fort de cette constatation, l\u2019organisme Le goût du grain organise son 3e événement du même nom les 10 et 11 juin au Centre Phi, à Montréal.Le dimanche 10 est ouvert au grand public et le lendemain vise davantage les gens du milieu.Pendant ces deux jours, il y aura un Marché du grain où des exposants vendront leurs produits et parleront de leur travail.Le mardi 22 mai, de 18h30 à 20h30, aura lieu l\u2019atelier tant attendu sur l\u2019alimentation locale Oui aux légumes d\u2019ici ! Cette conférence culinaire sur l\u2019alimentation locale, offerte dans le cadre des ateliers «Learn About» du projet Relax ton mind, sera présentée par deux chefs végétaliens de renom, Andrew Perron et Macha Imbault, ainsi que leurs invités spéciaux, dont La shop à légumes, Croque Paysage et Laucolo.Cet événement regroupera conférences, dégustations et exposants.Les maraîchers biologiques présenteront l\u2019abondance de notre terroir qui offre variété, fraîcheur et saveurs.Une soirée festive et colorée pour accueillir la saison des récoltes québécoises. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e S a n t é 5 0 | Pour annoncer dans ce regroupement Contacter Évelyne de Varennes au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS LAURIE NOREAU COLLABORATRICE LE DEVOIR Ils sont invisibles et partout autour de nous : dans les aliments, les cosmétiques, les jouets pour enfants et les meubles.Chaque jour, nous côtoyons ces minuscules particules qui prennent d\u2019assaut notre système hormonal.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on les qualifie de perturbateurs endocriniens.Soupçonnés d\u2019être la cause de nombreuses maladies, dont le cancer et le diabète, ils sont devenus impossibles à éviter\u2026 ou presque ! L\u2019industrie chimique a fait des miracles et a grandement facilité notre quotidien en développant le plastique, les cosmétiques et certains tissus.Mais un côté sombre commence à émerger de cette révolution.Ces produits sont fabriqués à partir de substances que l\u2019on accuse de dérégler notre système hormonal.Bouteilles d\u2019eau, revêtement intérieur des boîtes de conserve, jouets, peintures, emballages alimentaires : il serait plus simple d\u2019énumérer les produits qui n\u2019en contiennent pas ! « On est exposés de manière continuelle », reconnaît Lise Parent, pro- fesseure en science de l\u2019environnement à l\u2019Université TELUQ.Une étude à l\u2019échelle du pays avait d\u2019ailleurs révélé que le sang de pratiquement tous les Canadiens contenait du bisphénol A, un perturbateur endocrinien largement répandu.Cette substance avait fait les manchettes en 2008 alors que les biberons qui en contenaient avaient été interdits au pays afin de limiter les effets néfastes sur les bébés.Le Canada devenait ainsi le premier pays au monde à bannir ces produits.Depuis, force est de constater que la législation a très peu bougé, reconnaît Lise Parent.Manipulations hormonales : à l\u2019assaut des perturbateurs endocriniens Dans les jouets et autres produits utilisés par les jeunes enfants, on trouve plusieurs perturbateurs endocriniens.PIERRE-YVES CÔTÉ Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre | 5 1 Vi v r e S an t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 «On a retiré les biberons, mais du bis- phénol A, il y en a encore partout.» Les per turbateurs endocriniens font preuve d\u2019une grande ingéniosité pour se substituer aux hormones naturelles.Ils imitent la configuration de ces hormones pour se fixer aux récepteurs des cellules.L\u2019organisme ne se méfie pas et les reconnaît comme des molécules d\u2019œstrogène, par exemple, alors qu\u2019il s\u2019agit plutôt d\u2019une pâle imitation.Ils peuvent aussi bloquer les récepteurs pour empêcher les hormones naturelles de s\u2019y fixer.Étonnamment, les effets des perturbateurs endocriniens sont plus importants à faible dose qu\u2019à dose plus élevée.Ces substances ont une configuration moléculaire qui ressemble tellement à celle des hormones naturelles que le corps les laisse agir.Toutefois à plus for te dose, le corps comprend la ruse et active son système de défense.Un système sensible Le système hormonal occupe de nombreuses fonctions dans notre corps.« C\u2019est comme un chef d\u2019orchestre », explique Mme Parent.Il gère autant notre température que notre niveau de stress, notre sommeil ou notre taux de sucre.Il s\u2019avère toutefois extrêmement sensible.Un léger déséquilibre peut entraîner de nombreuses conséquences.De plus en plus d\u2019études établissent d\u2019ailleurs une corrélation entre l\u2019omniprésence de ces substances et l\u2019augmentation des grands maux de notre époque, comme les cancers du sein et de la prostate, la hausse de l\u2019infertilité ou le diabète.Cependant, établir un lien clair entre les perturbateurs endocriniens et ces problèmes de santé représente un immense défi pour les scientifiques, car on ignore l\u2019effet de ce mélange de substances dans l\u2019organisme.C\u2019est ce qu\u2019on appelle l\u2019effet cocktail.« On peut difficilement décortiquer les centaines de molécules auxquelles nous sommes exposés et voir comment elles interagissent entre elles », explique Sébastien Sauvé, professeur en chimie analytique environnementale à l\u2019Université de Montréal.« On se retrouve avec une soupe chimique dont les ef fets sur l\u2019humain sont très dif ficiles à évaluer », ajoute Lise Parent.« Impossible de s\u2019y retrouver » Alors que la réglementation tarde à être mise en place, comment peut-on agir en tant que citoyens?«Malheureusement, c\u2019est impossible de s\u2019y retrouver», déplore Lise Parent, rappelant que les adolescentes utilisent 17 produits de beauté par jour, alors que leurs mères en utilisent 12.«La responsabilité de lire les ingrédients de chaque produit repose sur les citoyens, mais quand on va à la pharmacie, on ne devrait pas se retrouver devant des produits potentiellement cancérigènes ou qui ont un effet endocrinien.» Pour la chercheuse, diminuer l\u2019usage du plastique est l\u2019une des premières choses à faire pour réduire la présence de ces substances dans notre quotidien.Les principales substances au banc des accusés Bisphénol A: biberons, bouteilles d\u2019eau, revêtement intérieur des boîtes de conserve, emballages alimentaires Parabènes: produits hydratants et cosmétiques Pesticides Phtalates: sacs de plastique, bottes de pluie, jouets en caoutchouc ou en plastique souple Retardateurs de flammes (PBB et PBDE): boîtiers de téléphone, séchoirs à cheveux, téléviseurs, rembourrure de meubles, tapis, véhicules Et notre eau potable dans tout ça ?De plus en plus de résidus de médicaments et de cosmétiques sont rejetés dans l\u2019environnement.Résultat : les perturbateurs endocriniens contenus dans ces produits se retrouvent inévitablement dans les eaux usées.Quant à notre eau potable, est-elle exempte de tous ces contaminants ?«Heureusement, on gère notre eau potable beaucoup mieux que nos eaux usées», constate Sébastien Sauvé.En effet, les stations d\u2019épuration doivent répondre à des normes strictes concernant la présence de pesticides dans l\u2019eau potable.Du même coup, ces traitements réussissent à éliminer plusieurs autres contaminants.Malgré tout, le chimiste conserve une inquiétude.« Je ne peux pas dire que je suis entièrement rassuré par tout ce que je vois dans notre eau potable », avoue-t-il.Devrait-on bouder l\u2019eau du robinet pour autant ?Pas nécessairement.«La piste de solutions à envisager serait de resserrer les normes concernant les résidus de contaminants afin de rassurer les gens et de leur offrir une eau de la meilleure qualité possible », conclut le chercheur.Présents dans les pesticides, mais aussi dans de nombreux produits de la vie quotidienne, les perturbateurs endocriniens dérèglent les fonctions du système hormonal, nuisant à la santé et à la reproduction des populations.ISTOCK L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Le petit nouveau de la livraison Des applications permettant de se faire livrer à manger à la maison, il y en a déjà beaucoup.Qu\u2019est-ce qui démarque GOLO des autres?Principalement le fait que cette application montréa- laise recense plusieurs restaurants peu connus à proximité de chez vous (vous risquez de faire des découvertes), mais aussi des fleuristes, des pharmacies ou encore des animaleries.L\u2019application a été lancée il y a deux semaines seulement, et le catalogue semble encore en construction, mais c\u2019est à essayer (et à surveiller).On aime le filtre qui permet de ne voir que les commerces ouverts au moment où on consulte l\u2019application.GOLO FANS Entertainment Inc.Méditer plutôt que texter À entendre parler partout des bienfaits de la méditation, ça donne envie d\u2019essayer.C\u2019est du moins ce que des millions d\u2019utilisateurs se sont probablement dit en téléchargeant l\u2019application de méditation guidée Headspace.En plus de séances ordinaires, celle-ci permet de choisir un thème de méditation particulier, allant de la préparation au sommeil à la motivation sportive en passant par le stress préexamen.Des séances de méditation pour enfants font également partie des options.L\u2019application et les séances de base sont gratuites, mais pour avoir accès au large éventail de contenu, il faut payer un abonnement de 18$ par mois.Seul hic: malgré le fait qu\u2019Headspace compte des utilisateurs partout à travers le monde, ses méditations sont seulement disponibles en anglais.Headspace Headspace Meditation Limited Camille Dauphinais-Pelletier HEADSPACE MEDITATION LIMITED L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 POUR TOUS LES DÉTAILS ET PRIX DE CES CIRCUITS: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 ANGLETERRE, ÉCOSSE, IRLANDE 3 au 20 sept.2018 (18 jours) SUISSE, BAVIÈRE, AUTRICHE 6 au 19 sept.2018 (14 jours) VIENNE, PRAGUE, BUDAPEST 6 au 18 sept.2018 (13 jours) CIRCUITS EUROPE ACCOMPAGNÉS GRAND TOUR D'ITALIE 8 au 28 sept.2018 (21 jours) GRAND TOUR DU PORTUGAL 11 au 26 sept.2018 (16 jours) ESPAGNE, COTE MÉDITERRANÉENNE 30 sept.au 16 oct.2018 (17 jours) Départs GARANTIS 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com GRAND TOUR DES ÎLES BRITANNIQUES Du 7 septembre au 1er octobre 2018 DE LA PERSE À L'IRAN D'AUJOURD'HUI Départs : 7 & 28 octobre 2018 INDE DU NORD & BOMBAY Du 17 novembre au 9 décembre 2018 LA PATAGONIE (ARGENTINE & CHILI) PROLONGATION AUX CHUTES D\u2019IGUAZU Du 7 au 25 février 2019 JAPON SYMBIOSE DE LA BEAUTÉ ET DE LA MODERNITÉ Du 10 au 29 octobre 2018 COSTA RICA ET PANAMA Du 12 au 28 février 2019 CROISIÈRE AMÉRIQUE DU SUD & ANTARCTIQUE À BORD DU MS ZAANDAM DE HOLLAND AMERICA Du 6 janvier au 1 février 2019 11h00 12h30 14h15 16h00 16h00 19h00 19h00 MARDI 8 MAI 2018 LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS - ENTRÉE LIBRE WWW.VOYAGESMALAVOY.COM ROSEMONT 514-593-1010 FLEURY 514-389-7777 ST-EUSTACHE 450-472-7112 QUÉBEC 418-650-2222 JAPON-CHINE-TAIWAN 7 AU 24 NOVEMBRE 2018 CARAÏBES SUR LE EDGE 19 AU 27 JANVIER 2019 AMÉRIQUE DU SUD 30 JANVIER AU 17 FÉVRIER 2019 ESPAGNE-MAROC-PORTUGAL 20 FÉVRIER AU 7 MARS 2019 RUSSIE 25 JUILLET AU 8 AOÛT 2019 IRAN 6 AU 19 SEPTEMBRE 2019 CROISIÈRES CIRCUITS Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! Une présentation claire de nos circuits qui font toute la différence ! Pas de kilométrage inutile, NOUS PRENONS LE TEMPS DE VISITER.Culture, Histoire, Petit groupe, Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.Meilleur rapport qualité prix sur le marché pour des circuits exclusifs à VSB ! LA FRANCE ET SES RICHESSES \u2013 26 JRS Départ 8 sept.(5 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, Vol Air France.Toutes les entrées et visites incluses, dégustations, guides locaux.Le plus complet des circuits sur le marché ! GRAND TOUR D\u2019ESPAGNE ET PORTUGAL \u2013 25 JRS Départ 22 sept.(8 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, dégustation et Spectacles.Guides locaux, écouteurs durant tout le circuit.GRAND CIRCUIT D\u2019EUROPE DE L\u2019EST \u2013 24 JRS Départ 10 sept.(5 places disponibles) Prague 4 nts, Berlin 3 nts, Varsovie 2 nts, Cracovie 3 nts, Vienne 3 nts, Salzbourg 2 nts et autres villes visitées.Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 44 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses.LES PERLES DES BALKANS \u2013 20 JRS Départ 10 sept.(6 places disponibles) Slovénie, Croatie, Monténégro, Bosnie, Hôtels 4* au Centre-Ville, 49 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, Dégustations, Croisière, guides francophones.ANGLETERRE, ÉCOSSE, IRLANDE \u2013 23 JRS Départ 5 sept.(6 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, Londres 4 nts, Édimbourg 3 nt, Dublin 2 nts et autres villes visitées, 57 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, Dégustations, Spectacles, et plus encore\u2026.LES SPLENDEURS DE L\u2019ITALIE \u2013 22 JRS Départ 9 & 23 sept.(Places limitées) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 3 nts Venise, 3 nts Florence, 2 nts Bologne, 3 nts Golfe Sorentine, 4 nts Rome et autres villes visitées.47 repas, vol, entrées et visites incluses.P e r m i s d u Q u é b e c M A I N T E N A N T O U V E R T \u2014 7 J O U R S S U R 7 Offre immanquable pour les voyageurs SOLOS ! * Pour les détails, dates et prix, nous contacter à info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730-9293 Aucun supplément simple ! D É T E N T E U R D \u2019 U N P E R M I S D U Q U É B E C C E U É B U Q D S I M R E N P \u2019 U D R U N T E D É T E n s e o * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Tous nos circuits comprennent : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.Vive les vacances! Voici des idées de courts séjours.4 jours à : PHILADELPHIE, à partir de 389 $* WASHINGTON, à partir de 359 $* 3 jours à : NIAGARA, à partir de 320 $* CHARLEVOIX, à partir de 516 $* LE CONNECTICUT, à partir de 529 $* NEW YORK ou BOSTON départs les vendredis en juin, juillet et août.POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Moins de 16 $ Esteban Martin Reserva 2011, Carinena, Espagne (13,50$ \u2013 12990460) Nous en avons déjà causé ici, alors récidivons.Car c\u2019est bon.Remarquez que ça demeure simple et direct, mais cet assemblage de cabernet sauvignon et de grenache logé à ce jour six ans en bouteilles demeure d\u2019une jeunesse et d\u2019une vivacité exemplaires.Une vinification axée sur le fruité qui contente ! (5) ?La surprise Renaissance 2016, Henry Marionnet, Loire, France (28,85$ \u2013 13196815) Cette cuvée de gamay franc de pied (non greffé) pousse sa sève en vous comme si de beaux petits bourgeons verts allaient vous fleurir le bout des doigts, du nez, de la bouche, alouette! Mais je m\u2019emballe, encore.Appétissant, ce fruité derrière cette trame fraîche et hautement digeste.Tout cela sans un pet de soufre! TOP! (10 +) © ?Le blanc Château des Charmes 2016, Non Boisé, Niagara, Ontario, Canada (14$ \u2013 056754) Voilà une jolie bouteille à vous écarquiller les yeux derrière les premiers soleils de saison, assis en terrasse à grignoter des fromages bien de chez nous.Un blanc sec qui parle fruit, simplement, affichant un goût de melon, de pomme et de noisette.C\u2019est peu acide et tout en rondeur.Servir bien frais.(5) ?Le rouge Morgon 2016, Les Grands Cras, Domaine Ruet, Beaujolais, France (21,85$ \u2013 13286597) Encore une fois, et on ne le dira jamais assez, qu\u2019il fait bon de boire beaujolais! Parce que non seulement ça vous accompagne avec fraîcheur et clarté, mais ça roule aussi en bouche avec une rondeur coquine qui désarme chaque fois.Mais il y a du sérieux ici avec ce beau morgon, de l\u2019épaisseur même.À prix plus que correct.(5+) © ?Le bio Valpolicella Ripasso 2015, Massimago Mariabella, Vénétie, Italie (35,50$ \u2013 13581131) Il faudra sortir ici du carcan habituel de vos impressions concernant la méthode dite «ripasso».Car ce valpolicella semble vouloir s\u2019enrichir de l\u2019intérieur, comme si son fruité contenait sa propre énergie.Une histoire de terroir ?Toujours est-il qu\u2019il y a ici vivacité et pureté de fruit, avec du « fond» derrière.Attendre.Vous ne le regretterez pas.(10 +) © ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Selon l\u2019Organisation internationale de la vigne et du vin, la production mondiale annuelle, qui tournerait bon an mal an autour de 25 milliards de litres de vin, aurait chuté de plus de 8% en 2017.Bon, me direz-vous, il y en aura quand même pour tout le monde et le rationnement n\u2019est pas encore à l\u2019ordre du jour.Les aléas climatiques seraient en cause avec, parmi les trois premiers pays producteurs, soit l\u2019Italie (\u201323 %), la France (\u201319%) et l\u2019Espagne (\u201315%), des creux quasi historiques de production.L\u2019Espagne ?J\u2019y étais en avril dernier, à l\u2019invitation d\u2019un regroupement de producteurs réunis sous le chapiteau des Grandes Pagos de España.Pas de gros volumes ici non plus, mais une qualité de production particulièrement élevée parmi la trentaine de maisons affiliées qui visent, non pas un marché axé sur les volumes, mais sur l\u2019expression de vins de niche, révélateurs d\u2019un lieu, d\u2019une origine et d\u2019un terroir spécifique.Des Vino de Pago qui se démarquent Fondée en 2000, avec cinq domaines seulement, cette association à but non lucratif de producteurs vise avant tout à défendre et à faire la promotion de vins issus d\u2019un seul domaine (Vino de Pago), dont la singularité du lieu (climat/terroir/cépage) se démarque avant toute chose.Au- jourd\u2019hui, l\u2019association, qui compte très exactement 29 domaines, est répartie à l\u2019intérieur de 18 régions viticoles totalisant 1881 hectares, dont la grande majorité est convertie en agriculture biologique et biodynamique.Vous me rétorquerez que le concept n\u2019est pas nouveau et a été développé ailleurs dans le monde, à la dif fé- rence qu\u2019ici, l\u2019adhésion au « club » n\u2019est pas du tout gagnée d\u2019avance et qu\u2019elle peut être en tout temps révoquée.Pour preuve, ce comité extérieur d\u2019experts (en rotation chaque année) dont la mission est d\u2019évaluer, de façon transparente et en toute indépendance, la production annuelle de chacun des membres du regroupement.Tous doivent en outre approuver la venue d\u2019un nouveau domaine qui se distingue à l\u2019intérieur des Grandes Pagos de España.Cette démarche associative sert aussi de laboratoire d \u2019 idées et d\u2019échanges, de stratégies (marketing, export) ainsi que de synergies permettant aux vignerons, à travers des rencontres, conférences et autres pla- teformes électroniques, d\u2019assurer une mise à jour constante des différentes techniques ou nouveautés ci- blant le domaine vitivinicole dans son ensemble.Innovations et dépassements, oui, mais dans un contexte encore une fois qui sublime les crus, lieux-dits et autres typicités locales.L\u2019œnotourisme enfin, encore peu développé en Espagne avec près de deux millions de touristes sur un total de 82 millions annuellement, demeure un marché énorme que ne se prive d\u2019ailleurs pas de conquérir ce regroupement dont l\u2019approche culturelle et la communication sur le terrain demeurent des voies privilégiées pour mieux cerner les spécificités de chacune des pagos.À l\u2019intérieur d\u2019un circuit qui couvre la majorité des régions qualitatives de production.L\u2019extrême diversité des sols combinée à une palette diversifiée de cépages, tant indigènes qu\u2019internationaux, compose, au centre, au nord- ouest, au nord-est tout comme au sud, une synthèse actualisée de ce que l\u2019Espagne a de mieux à offrir en matière de vin.C\u2019est par l\u2019entremise de ce patrimoine vivant que veulent se démarquer ces Grandes Pagos de España en y soulignant plus que tout ce sens de « l\u2019origine » sans laquelle nul ne peut prétendre, ici comme ailleurs, aspirer au véritable vin de cru.guideaubry@gmail.com Patrimoine espagnol vivant en devenir Bodega Belondrade.Verdejo et oliviers après la pluie.JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 398 Horizontalement I.Rectificatif.II.A-coup.Légère.III.Chu.Atlantes.IV.Karaté.Néant.V.En.Sinisa.Eo.VI.Tgv.Nus.Un.VII.Tirage.Ixion.VIII.Es.Ca.Il.Ore.IX.Utah.Anoblie.X.Réservations.Verticalement 1.Racketteur.2.Echangiste.3.Cour.Vr.As.4.Tu.As.Ache.5.Ipatinga.6.Tenue.Av.7.Ill.Is.Ina.8.Céans.Ilôt.9.Agneaux.Bi.10.Téta.Niolo.11.Irène.Orin.12.Festonnées.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 399 1.Manipulée.2.Note au passage entrées et sorties.3.Fatiguera à la longue.Travaille à nos repas de demain.4.Divagua.Supplices d\u2019un autre temps.5.Apportons un coup de mains.6.Note.Personnel.Partenaire social dans l\u2019entreprise.7.Choisis par les autres.Interjection.8.Fait des rêves d\u2019étoile.Alternative.9.Ne vole plus mais assure l\u2019assemblage.Pousse au record.10.Sacrilège.Préposition.11.Joue parfois de mauvais tours.Maître chez Musset.12.Entreprises de démolition.I.Manie l\u2019encensoir plutôt lourdement.II.Donne du sens à nos déplacements.Entraîner dans la crainte.III.Fait la lumière mais garde de grandes zones d\u2019ombres.Impossible à réaliser.IV.Sont souvent de la fête.Belle enfant d\u2019Aristide.V.Montagne grecque.Ouvre la gamme.Strophes lyriques.VI.Démonstratif.Manifestât son mécontentement.VII.Supprimions.Prépare au pouvoir.VIII.Pas bien épais.Dame de poids.En haut de la hiérarchie.IX.Va en Seine.N\u2019agit pas seul.X.Humaniste venu de hollande.Divisions du temps.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque mot (incluant l\u2019ajout ou le retrait d\u2019une lettre), trouver les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.B O U L E T M O U T O N MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.COUP MONNAIE RAT MOUCHE CRINIÈRE REVENIR BREBIS YEUX SINGE ASSASSINE COCHON GALEUSE BICHE BIBLIOTHÈQUE MOUTONS LION 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE L'important ce n'est pas tellement d'avoir des souvenirs, c'est toujours de régler ses comptes avec eux.(Umberto Eco) L\u2019INTERVALLE furet / forêt / fore / forme / dorme LES ANAGRAMMES liparis / plaisir \u2013 italien / enliait / liaient / litanie \u2013 saturne / natures / saurent \u2013 organise / agoniser / soignera / songerai \u2013 chrétien / enchérit MOT IMAGE Panier de crabes / Rouge comme une écrevisse / Bailler comme une carpe / Merlan frit / Rire comme une baleine / Tassé comme des sardines / Noyer le poisson / Anguille sous roche Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.ÉEATSCRNM L A É E T P N I I O E R LV E A I T V R G A I E E N R C T 1.3.2.1.3.2.1.3.2.1.2.1.2.1 7 2 5 Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 2 5 1 7 2 5 1 7 2 5 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A I / 2 0 1 8 NOUVELLE SAISON quatsous.com BILLETTERIE 514 845-7277 LE TIGRE BLEU DE L\u2019EUPHRATE ?À L\u2019AFFICHE JUSQU\u2019AU 26 MAI « La direction d\u2019acteur est à couper le sou?e, la langue est souveraine et l\u2019interprète est au faîte de son art.C\u2019est ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler un rendez-vous au sommet.» \u2014 Le Devoir « Une maîtrise remarquable du comédien Emmanuel Schwartz.Un moment absolument unique.» \u2014 Le 15-18, Radio-Canada Première « Un spectacle d\u2019exception.» \u2014 Hu?ngton Post « Le grand acteur captive, fascine, éblouit les spectateurs en intériorisant un superbe texte.» \u2014 La Presse+ « Une grande performance d\u2019acteur.C\u2019est à couper le sou?e.» \u2014 Dessine-moi un dimanche, Radio-Canada Première « Cette épopée est racontée avec virtuosité par Emmanuel Schwartz.» \u2014 Journal de Montréal Une coproduction du Théâtre de Quat\u2019Sous et de UBU, compagnie de création Texte Laurent Gaudé Mise en scène Denis Marleau Avec Emmanuel Schwartz "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.