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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-09-08, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CVIII NO 203 / LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 / 3,05 $ + TAXES = 3,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B6 Carrières.A7 Décès .B6 et B10 Édito .B8 Grille TV .LeD40 Idées.B9 Mots croisés.LeD54 Petites annonces B10 Sports.A9 Sudoku .LeD54 ÉCONOMIE Dix ans après Lehman Brothers A 6 LIRE La lumière de Joséphine Bacon LED 28 CULTURE Richard Séguin, le rêve en marche LED 6 ACTUALITÉS Continents de plastique, la grande corvée A 10 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Invité : Jacques Mathieu, historien Animateur : Éric Bédard, historien Auditorium de la Grande Bibliothèque, 12 septembre 2018, 19h U N E S É R I E D E H U I T G R A N D E S R E N C O N T R E S S U R L A N O U V E L L E - F R A N C E Louis Hébert (1575-1627) et Marie Rollet (1580-1649) La circonscription affiche le plus bas taux de participation aux élections.Au scrutin de 2014, moins de 42 % des électeurs ont exercé leur droit de vote, contre une moyenne provinciale de 71,4 %.À lire en pages B 4 et B 5.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Ungava : un électorat indifférent Obama condamne le silence des républicains ODILE TREMBLAY À TORONTO LE DEVOIR On voudrait vous dire que Fahrenheit 11/9, le dernier documentaire de Michael Moore, est vraiment le brûlot annoncé.Après tout, c\u2019était du bonbon pour le cinéaste de Bowling for Columbine.Trump et lui semblent les deux faces d\u2019une même pièce de monnaie américaine, collées l\u2019une à l\u2019autre, comme la droite à la gauche.Le titre est une référence à son Fahrenheit 9/11 anti W.Bush, mieux ramassé.De 2004 à aujourd\u2019hui, Moore semble avoir exacerbé sa rage et parfois son impuissance.Mais entre un début de film sur les chapeaux de roues avec le tremblement de terre de l\u2019élection de Trump et une finale de constat d\u2019échec du système américain dans toute sa pyramide, Moore, avec ses montages jouissifs autant que manipulateurs, 43ETIFF Et si Michael Moore n\u2019y croyait plus?VOIR PAGE A 8 : MOORE ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Si vous pensiez que les élections n\u2019ont pas d\u2019importance, j\u2019espère que les deux années écoulées ont modifié votre perception BARACK OBAMA » VOIR PAGE A 2 : OBAMA « Qu\u2019est-il arrivé au Parti républicain ?» a lancé Barack Obama depuis l\u2019Illinois vendredi.Le chaos qui règne à la Maison-Blanche est tel que l\u2019ancien président démocrate a décidé de s\u2019en mêler cette semaine, critiquant le mutisme de ses anciens adversaires politiques face aux décisions controversées de Donald Trump.Dans un discours passionné, Barack Obama s\u2019en est pris directement aux républicains qui s\u2019affairent en coulisses à contrecarrer les « pires penchants » du président américain, mais n\u2019osent le critiquer publiquement.« Ils ne rendent service à personne en soutenant activement 90 % des trucs fous qui viennent de cette Maison-Blanche et en disant : \u201cNe nous inquiétez pas, on évite que les 10 % restants deviennent réalité\u201d », Tous les votes sont importants.Aux élections provinciales, à vous de voter ! Élections provinciales du 1er octobre 2018 Votre nom n\u2019est pas inscrit sur la liste électorale ?Vous voulez modi?er votre inscription ?Du 10 au 27 septembre, présentez-vous à l\u2019adresse indiquée sur la carte d\u2019information transmise par la poste.Les 21, 22, 25, 26 et 27 septembre, vous pourrez aussi voter à cette même adresse.Pour voter au Québec, il faut : 1.Avoir son nom inscrit sur la liste électorale; 2.Avoir 18 ans ou plus le 1er octobre 2018; 3.Avoir la citoyenneté canadienne; 4.Avoir son domicile au Québec depuis le 1er avril 2018; 5.Ne pas être sous curatelle ou avoir perdu ses droits électoraux.Présentez une ou des pièces d\u2019identité qui, ensemble, indiquent votre nom, votre date de naissance et votre adresse.Les lieux pour s\u2019inscrire ou modi?er son inscription sur la liste électorale sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent composer sans frais le 1 800 537-0644.Pour en savoir plus : \u2022 www.elections.quebec; \u2022 info@electionsquebec.qc.ca; \u2022 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846).LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 2 Le 6 novembre, les élections de mi-mandat OBAMA SUITE DE LA PAGE A 1 s\u2019est-il exclamé devant la foule rassemblée sur le campus de l\u2019Université de l\u2019Illinois.L\u2019ancien occupant du bureau ovale est revenu sur les événements des derniers jours qui ont, une nouvelle fois, secoué la Maison-Blanche.Entre la publication mardi d\u2019extraits du livre dévastateur du journaliste Bob Woodward \u2014 à l\u2019origine de l\u2019affaire du Watergate qui a fait tomber Richard Nixon \u2014 et la tribune anonyme et assassine publiée mercredi dans le New York Times, la semaine de Donald Trump n\u2019a pas été de tout repos.Il y est dans les deux cas décrit comme un homme n\u2019ayant pas l\u2019étoffe d\u2019un chef d\u2019État, incapable de saisir les enjeux de la présidence, à tel point que ses collaborateurs tentent de contourner ses décisions pour éviter un désastre politique.«Ce n\u2019est pas comme ça que notre démocratie est censée fonctionner.Ces gens ne sont pas élus.Ils ne sont pas responsables », a déploré M.Obama dans son discours.Jusqu\u2019alors resté relativement discret sur les agissements de son successeur, le 44eprésident des États-Unis n\u2019a pas mâché ses mots vendredi.Sa sortie publique a accentué la gravité de la situation chaotique qui semble régner au sein du gouvernement américain.«C\u2019est assez rare de voir d\u2019anciens présidents montrer du doigt le président ou le parti au pouvoir de la sorte», fait remarquer Karine Pré- mont, professeure de sciences politiques à l\u2019Université de Sherbrooke.Nouvelle tuile Il faut dire que la situation politique au pays sort de l\u2019ordinaire depuis l\u2019entrée en fonction du président Trump.«On a déjà vu des fuites d\u2019informations, des documents confidentiels divulgués aux médias, des démissions fracassantes pour attirer l\u2019attention sur la Maison- Blanche.Mais un témoignage anonyme venant d\u2019une personne de l\u2019intérieur qui, en plus, reste en poste, c\u2019est du jamais vu dans l\u2019histoire politique contemporaine à Washington», constate Vincent Boucher, chercheur en résidence à l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.La tribune anonyme dans les pages du New York Times n\u2019a d\u2019ailleurs pas manqué de soulever la colère de Donald Trump, qui s\u2019est lancé dans une chasse à l\u2019homme pour retrouver son auteur.Vendredi, il a même demandé au département de la Justice de faire enquête.Pour Vincent Boucher, la lettre témoigne d\u2019une division au sein du gouvernement Trump, qu\u2019il qualifie même de «presque coup d\u2019État gouvernemental».«C\u2019est inquiétant d\u2019un point de vue démocratique, confie-t-il.On peut repro- Barack Obama a mené une charge contre son successeur vendredi, au terme d\u2019une semaine difficile pour Donald Trump.SCOTT OLSON AGENCE FRANCE-PRESSE cher beaucoup au président Trump, mais il a été élu par la population.Et là, on apprend que des conseillers, non élus, prennent le contrôle derrière les rideaux de la Maison-Blanche.» Quel impact ?«À chaque scandale, on pense faire face au pire, et pourtant on est toujours plus étonné chaque fois», insiste M.Boucher.Mais ce n\u2019est pas encore «la goutte d\u2019eau qui fait déborder le vase».Malgré les crises, le taux d\u2019approbation moyen du président Trump se maintient autour de 40% dans les sondages, note le chercheur.«Pour beaucoup, tant que l\u2019économie va bien, tout va bien.» Un taux de popularité pourtant faible comparé à celui de ses prédécesseurs, note Karine Prémont de l\u2019Université de Sherbrooke.À son avis, les récents évé- nements pourraient avoir un impact sur les élections de mi-mandat du 6 novembre, durant lesquelles les démocrates chercheront à récupérer la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat.« Encore faut-il que les électeurs s\u2019en souviennent d\u2019ici là et aillent voter.» Souvent comparée à un référendum invitant la population à évaluer la performance du président en place, l\u2019élection de mi-mandat peine à attirer les foules le jour du scrutin alors que moins d\u2019un américain sur deux accomplit son devoir de citoyen.Il reviendra donc aux démocrates de faire ressortir le vote parmi leurs sympathisants, croit Mme Prémont.Et Barack Obama y travaille déjà.« Vous devez voter, car notre démocratie dépend de vous [\u2026] Si vous pensiez que les élections n\u2019ont pas d\u2019importance, j\u2019espère que les deux années écoulées ont modifié votre perception », a lancé l\u2019ex-président vendredi.Celui qui a jusqu\u2019ici consacré son temps à la rédaction de ses mémoires et à la mise en place de sa fondation à Chicago retrouvera cet automne le chemin des estrades de campagne pour appuyer les différents candidats démocrates à travers le pays.Il sera en Californie samedi et dans l\u2019Ohio jeudi.Sa femme, Michelle Obama, a aussi l\u2019intention de monter en première ligne, avec des apparitions à Las Vegas et à Miami fin septembre.À deux mois du scrutin, les sondages prédisent une « vague bleue » \u2014 en faveur des démocrates \u2014 et les républicains, aujourd\u2019hui aux commandes du Congrès, redoutent de perdre la Chambre des représentants.« Historiquement, à quelques exceptions près, le parti du président perd en moyenne une trentaine de sièges à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat.C\u2019est à peu près ce qu\u2019il manque aux démocrates pour être majoritaires », souligne Vincent Boucher.Avec l\u2019Agence France-Presse ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 13H30 \u2013 14H30 DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 15H00 \u2013 16H00 MONT-ROYAL 2375 av.Ekers #201 324 000$ ST-LAURENT 4047 ch.Du Bois-Franc 519 000$ \u2014 courtier: Vigen Endinian MONT-ROYAL 3105 boul.Graham 1 285 000$ \u2014 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Ceux qui connaissent l\u2019individu savaient que cette démission était inévitable.S\u2019il n\u2019est pas question de mettre en doute sa sincérité, avouons que cette ancienne vedette de la télévision n\u2019a jamais brillé par sa constance.Celui qui commercialise les shampoings et gels douche Ushuaïa a flirté avec tous les gouvernements depuis la présidence de Jacques Chirac.On pourrait même se demander ce que faisait un homme qui professait « un changement de modèle de société » dans un gouvernement qui n\u2019a jamais caché son intention de faire pleinement participer la France à la mondialisation.Nicolas Hulot traînait aussi avec lui quelques-unes des obsessions des écologistes français.On dit que le déclencheur de cette démission fut la présence de représentants des organisations de chasseurs dans une réunion gouvernementale.Comme si la chasse n\u2019était pas compatible avec la protection de l\u2019environnement ! Comme par hasard, le ministre démissionne aussi peu avant le dépôt d\u2019un important rapport qui soutient que si la France veut demeurer un leader mondial du nucléaire, elle devrait à partir de 2025 construire au moins six supercentrales de nouvelle génération (EPR).Le radicalisme antinucléaire entre en effet en contradiction avec les études selon lesquelles il sera impossible de réduire rapidement les émissions de gaz à effets de serre sans cette énergie qui ne produit pas une once de carbone.La réouverture de centrales au charbon et au gaz après l\u2019arrêt du nucléaire en Allemagne en est l\u2019illustration flagrante.Comme l\u2019écrit l\u2019expert Jean-Marc Jancovici, Nicolas Hulot était « à contre-em- ploi.Je ne sais pas quel était son objectif exact en acceptant le poste, mais le bilan, hélas, est qu\u2019il ne se sera pas passé grand-chose ».Il sera toujours plus facile de féliciter les ministres qui étalent leurs états d\u2019âme dans les médias que ceux qui travaillent dans l\u2019ombre.Parmi ces derniers, c\u2019est plutôt le ministre de l\u2019Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qu\u2019il aurait fallu complimenter.C\u2019est en effet avec une opiniâtreté remarquable que cet homme du sérail tente de recentrer l\u2019école française sur ses fondamentaux.Loin des gadgets numériques et pédagogiques (selon lesquels l\u2019enfant pourrait lui-même « construire ses savoirs »), le ministre poursuit une politique d\u2019excellence.« Nous avons laissé s\u2019installer l\u2019idée que, pour assurer l\u2019égalité, il faut niveler par le bas.Cela a été une erreur », a-t-il martelé au quotidien Le Monde à l\u2019occasion de la rentrée.C\u2019est pourquoi il a restauré les classes bilingues et l\u2019enseignement des langues anciennes, supprimés par les socialistes.Ce qui ne l\u2019a pas empêché de diviser par deux les ratios des classes des milieux défavorisés.À mijoter aussi, cette citation empruntée à Hannah Arendt par la présidente du Conseil supérieur des programmes, Souâd Ayada, une philosophe spécialiste de l\u2019islam : « C\u2019est parce qu\u2019elle est conservatrice que l\u2019école peut être progressiste.» La boucle est bouclée.Mon été s\u2019est terminé comme il avait commencé.Je posais à peine le pied à Dorval que la censure la plus obscurantiste (excusez le pléonasme) s\u2019abattait sur deux productions du metteur en scène Robert Lepage, SL?V et Kanata.Voilà que la grande Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil, sauve au moins l\u2019honneur du théâtre en décidant de monter elle-même cette dernière pièce à Paris.Contre vents et marées, il n\u2019est pas question pour elle CHRISTIAN RIOUX A de se soumettre aux « injonctions, même sincères », et autres « tentatives d\u2019intimidation idéologique » des lobbies ethniques canadiens.Ce qui frappe le plus dans cette saga qui rappelle les épisodes les plus sombres de l\u2019histoire intellectuelle du Québec, c\u2019est le silence de nos artistes.Imaginez un seul instant le tollé qui se serait élevé si l\u2019archevêque de Montréal avait simplement évoqué la possibilité d\u2019avoir un droit de regard sur une seule strophe d\u2019une pièce de Michel Tremblay.Où étaient donc nos vedettes de la télé, si promptes à épouser la première cause venue\u2026 pourvu qu\u2019elle aille dans le sens du vent ?Mais, quand la gauche censure \u2014 et dans l\u2019histoire, la gauche a censuré autant que la droite \u2014, on se tait ! En cette rentrée culturelle, l\u2019affaire n\u2019a pas échappé à notre collègue du quotidien Le Monde.Évoquant comme nous l\u2019avions fait plus tôt le caractère visionnaire du roman de Philip Roth La tache, Michel Guerrin dénonçait cette semaine « une nouvelle forme de censure » où « la liberté d\u2019expression de l\u2019artiste est piétinée ».Un point de vue largement partagé de ce côté-ci de l\u2019Atlantique.Autres temps, autres mœurs.Il n\u2019y a pas si longtemps, c\u2019est plutôt par sa liberté de ton que le Québec avait fait sa marque en France.La chronique de Christian Rioux aurait dû être publiée vendredi.Nos excuses.LIA LÉVESQUE LA PRESSE CANADIENNE Le CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Mont- réal a indiqué, vendredi, qu\u2019il ouvrait une enquête à la suite du décès « très préoccupant » de deux personnes âgées retrouvées mortes dans leur domicile d\u2019Anjou.Ces deux personnes devaient bénéficier de soins ou de services de la part du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l\u2019Est- de-l\u2019Île-de-Montréal.Le CIUSSS n\u2019a pas voulu donner d\u2019entrevue.Il a toutefois confirmé par voie de communiqué qu\u2019il ouvrait « immédiatement une enquête approfondie » sur les circonstances entourant le «drame, qui est très préoccupant».En entrevue au Réseau de l\u2019information (RDI), le président-directeur général du CIUSS concerné, Yvan Gendron, s\u2019est dit « très attristé parce qu\u2019on est très proches de nos gens ».Il a indiqué que, dès qu\u2019il a été mis au courant de la situation, il a demandé sa propre enquête « pour voir ce qui s\u2019est passé et prévenir ».Le CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal collaborera également à l\u2019enquête des autorités.Il n\u2019a pas voulu en dire davantage, les informations concernant le couple âgé étant considérées comme des renseignements personnels.Des policiers de Montréal ont fait la macabre découverte des corps de deux aînés dans leur domicile.Ils ont été appelés à se rendre à leur résidence de l\u2019avenue de la Roche-sur-Yon, dans l\u2019arrondissement d\u2019Anjou.Les voisins Des voisins avaient affirmé qu\u2019ils n\u2019avaient pas vu les deux personnes âgées depuis un certain temps et que les poubelles n\u2019avaient pas été sorties.Le Service de police de la Ville de Montréal a déjà confirmé qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019un crime.Les policiers n\u2019ont constaté aucune trace de violence sur les corps, ni d\u2019entrée par effraction, ni d\u2019éléments qui ont été déplacés dans la maison.Le dossier a été remis au coroner pour qu\u2019une autopsie soit pratiquée afin de connaître les causes des décès et le temps qui s\u2019est écoulé entre ceux- ci et la découverte des corps.L\u2019homme de 87 ans et la femme de 86 ans étaient d\u2019origine allemande.Les policiers n\u2019ont pas été en mesure de joindre leur famille.Un protocole existe Au cours d\u2019une entrevue, Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades, s\u2019est montré outré de la situation.Il a indiqué qu\u2019un protocole clair est censé encadrer de telles situations.Il s\u2019est demandé à voix haute si les personnes dépêchées pour se rendre au domicile des deux aînés avaient été formées comme il se doit ou s\u2019il s\u2019agissait de personnes rémunérées au salaire minimum et n\u2019ayant pas reçu la formation requise.Il ne blâme donc personne avant de savoir.Si les travailleurs à domicile avaient été formés, ils étaient censés suivre le SERVICES SOCIAUX Mourir dans l\u2019oubli La découverte de deux bénéficiaires morts depuis des semaines embarrasse le CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal Après l\u2019été protocole.Celui-ci stipule que si les bénéficiaires des soins et services ne répondent pas, ils doivent tenter de joindre la famille, des proches.Si cela ne fonctionne pas, ils sont censés appeler le 911.Dans de tels cas, lorsqu\u2019une personne très âgée est censée recevoir des soins de la part d\u2019une institution publique et qu\u2019elle ne répond pas, « la police peut ouvrir la porte de force », a affirmé M.Brunet.« Il y a une sorte de je-m\u2019en-foutisme qui s\u2019est installé dans le réseau depuis quelques années», a déploré M.Brunet.« Quand ça vient de très haut, où, l\u2019important, c\u2019est de répondre aux ordres, de répondre aux coupes\u2026 et d\u2019être pas nécessairement humain.Et d\u2019entendre le ministre et le premier ministre dire que tout va bien dans le réseau\u2026 Ça se peut qu\u2019il y ait du monde, au bas de la chaîne, sur le terrain, qui se disent \u201cde toute façon, ce n\u2019est pas bien grave, tout le monde dit que ça va bien et nous autres, on nage dans les demandes auxquelles on ne peut pas répondre\u201d », a ajouté M.Brunet.Se disant préoccupé par la situation, le p.-d.g.du CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île- de-Montréal a demandé une enquête interne pour comprendre ce qui s\u2019est passé LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET ÉLECTI A 4 Achetons 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d\u2019intégration du Québec a ainsi continué vendredi de dominer le ton des échanges électoraux.Et au- delà des attaques des uns et des autres, trois visions émergent : une forme de statu quo amélioré pour les libéraux, et un coup de barre important pour les caquistes et les péquistes \u2014 qui ne le donneraient toutefois pas dans la même direction.Or, tous s\u2019appuient sur des statistiques concordantes.Quand Philippe Couillard affirme que la connaissance du français n\u2019est pas en recul au Québec, il fait référence au fait que le dernier recensement a montré que le français comme langue parlée à la maison est resté stable entre 2011 et 2016 (87,1 %).Mais quand François Legault dit que 58 % des immigrants admis en 2017 ne parlaient pas français, il a aussi raison : il se base sur des données du ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI).Il y a cinq ans, ce taux était de 39 %.Et pour ce qui est du succès de la francisation, le rapport du Vérificateur général déposé à l\u2019automne 2017 montrait que seulement un tiers des immigrants admis ayant déclaré ne pas connaître le français au moment de leur admission (entre 2010 et 2013) ont participé à des cours de français du MIDI.Parmi eux, « la vaste majorité n\u2019a pas atteint le seuil d\u2019autonomie langagière », disait la vérificatrice générale.Première solution ?Ramener de plus de 52 000 à 40 000 le seuil d\u2019immigration au Québec, disent la CAQ et le PQ.Voilà des mois que François Legault prône ce chiffre, tiré d\u2019un calcul : à l\u2019heure actuelle, plus du quart des immigrants reçus quittent le Québec dans un délai de dix ans.Ramené sur une année, cela laisse donc quelque 40 000 immigrants.Vendredi, Jean-François Lisée a jonglé avec plusieurs chiffres pour indiquer à la fin qu\u2019il vise une cible « autour de 35 000, 40 000 ».Quoique : « Ce n\u2019est pas une cible, c\u2019est une indication de ce qu\u2019aurait été un succès dans les années dernières », a-t-il dit.« Pour l\u2019avenir, il faut que notre objectif soit conforme à notre volonté de succès et aux besoins de la main-d\u2019œu- vre », a dit le chef péquiste.Le chef du PLQ, Philippe Couillard, refuse quant à lui de spéculer sur le nombre d\u2019immigrants nécessaires.Les prochains seuils d\u2019immigration seront déterminés au terme d\u2019« un débat démocratique » à l\u2019Assemblée nationale, a-t-il fait valoir vendredi.Les économiques Tant M.Legault que M.Lisée ont reconnu vendredi que c\u2019est la catégorie des immigrants économiques (ceux choisis pour leur capacité à intégrer le marché du travail, qui représentent 60 % du total des immigrants reçus) qui écopera le plus s\u2019ils prennent le pouvoir : c\u2019est le seul programme sur lequel le Québec a le contrôle.Pour ce qui est de la réunification familiale et des réfugiés, c\u2019est Ottawa qui gère.François Legault a continué de marteler que Justin Trudeau n\u2019aura pas le choix d\u2019acquiescer à sa demande de diminuer le nombre d\u2019immigrants dans toutes les catégories, pour que ce soit proportionnel.« Il faut se parler de politique.M.Trudeau s\u2019en va en élection, il n\u2019aura pas le choix d\u2019accepter les propositions du Québec », croit-il.« Je vais avoir toute la légitimité pour aller négocier.» Pour sa part, le chef du Parti québécois ne se donnera pas la peine de réclamer de nouveaux pouvoirs à Ottawa, puisqu\u2019il est convaincu qu\u2019il n\u2019y a « aucun scénario où Justin Trudeau ou Andrew Scheer ou Jagmeet Singh va donner plus de pouvoirs au Québec en immigration dans les quatre, huit ou douze prochaines années ».Ce qui veut dire que le plan du PQ \u2014 et de la CAQ, si Ottawa ne coopère pas L\u2019immigration divise la campagne Jean-François Lisée finit par établir une cible semblable à celle mise en avant par la CAQ \u2014 implique de couper de près de 40 % le nombre d\u2019immigrants économiques que le Québec accueille.Français Mais si la CAQ et le PQ s\u2019entendent à peu près sur un chiffre, ils divergent ailleurs : Jean-François Lisée veut accueillir des immigrants francophones, alors que François Legault a plaidé vendredi pour que le premier critère de sélection des immigrants soit leur capacité à intégrer le marché du travail.N\u2019est-ce pas paradoxal alors qu\u2019il disait jeudi que le volume d\u2019immigrants qui arrivent au Québec et qui ne parlent pas français représente à terme un « risque » pour la survie du français ?M.Legault ne le pense pas.« Ce qu\u2019on dit, c\u2019est qu\u2019on veut mettre plus de poids dans le choix des immigrants pour qu\u2019ils répondent aux besoins du marché du travail au départ [dès leur arrivée].Par contre, on veut ajouter une condition qui se passerait sur trois ans, celle de réussir un examen de français.» Philippe Couillard plaide pour sa part qu\u2019il y a un rempart pour que le français s\u2019impose de lui-même : la loi 101.Les enfants des immigrants seront scolarisés en français, rappelle- t-il.« Imaginez le nombre de générations par la suite qui vont être complètement francophones.Moi, je n\u2019ai aucune crainte.» M.Couillard propose ainsi des ajustements mineurs au système actuel \u2014 10 millions supplémentaires pour soutenir la francisation en entreprise.Le plan Legault, lui, prévoit d\u2019offrir les mêmes services en francisation\u2026 mais pour quelque 23 % moins d\u2019immigrants.Avec Marco Bélair-Cirino 87,1 % Il s\u2019agit du pourcentage de gens au Québec qui parlaient français à la maison lors du dernier coup de sonde de Statistique Canada E N B R E F parti de gauche avait d\u2019abord indiqué être prêt à offrir gratuitement le siège à bord de l\u2019autobus, en excluant les repas et l\u2019hébergement.La formation a également précisé vendredi que la présence des deux anciennes candidates d\u2019Occupation double, Jessie Na- deau et Alexandra Stellini, était prévue depuis quelques semaines.Le Devoir Ligne rose : le chef caquiste dit toujours non, mais\u2026 François Legault pourrait-il appuyer le projet de ligne rose de la mairesse Plante ?Absolument pas dans sa forme actuelle, a confirmé vendredi le chef caquiste.Mais en présence de Valérie Plante, il a aussi poliment laissé miroiter une vague possibilité que la CAQ appuie un jour un projet de transport de surface sur un tracé similaire\u2026 si tous les maires du 450 et du 514 s\u2019entendent, si tous les projets qu\u2019il appuie déjà se réalisent, etc.M.Legault a autrement confirmé vendredi ses trois grands engagements pour revitaliser l\u2019est de Montréal : modernisation du boulevard Notre-Dame (625 millions), décontamination de terrains (200 millions) et projet de tramway dans l\u2019est (1,8 milliard).Le Devoir QS fait volte-face et fera payer les influenceurs Québec solidaire (QS) imposera finalement un tarif aux influenceurs du Web qui désirent monter à bord de son autobus destiné aux médias.« On va facturer aux gens du Web les mêmes tarifs flexibles qu\u2019on facture aux journalistes », a indiqué Stéphanie Guèvremont, responsable nationale des relations publiques de QS.Le Le Québec pourrait perdre près de 40 % de ses immigrants économiques selon les plans du PQ et de la CAQ.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 IONS 2018 A 5 Classe à part nous plonge dans la vie de plusieurs enfants et de leurs familles fraîchement arrivées au Québec.Nous les suivons dès leur rentrée en classe d\u2019accueil.Sumaiya est née au Bangladesh, mais a grandi à Dubaï.À 13 ans, elle arrive au Québec avec son père et sa sœur.Sa mère et son autre sœur sont en attente d\u2019obtenir leur visa à leur tour.Profondément triste de voir sa famille ainsi déchirée, Sumaiya tente de garder le moral.Parce qu\u2019après tout, elle est venue ici pour avoir une bonne éducation et une vie meilleure.Elle rêve de devenir neurologue.Or, elle a de nombreux dé?s à relever.À commencer par celui de la langue.Elle parle anglais, bengali, ourdou et hindi, mais ne comprend absolument rien du français.Heureusement, Mme Chantal est arrivée dans sa vie.Mme Chantal, c\u2019est Chantal Labrie, enseignante en classe d\u2019accueil à l\u2019école secondaire Lucien-Pagé, à la frontière entre les quartiers Parc-Extension et Ville- ray, à Montréal.Dès la première rencontre, Sumaiya s\u2019est attachée à Mme Chantal.« Je n\u2019avais jamais vu une enseignante aussi gentille et impliquée : elle m\u2019a beaucoup aidée pendant mon année scolaire », af?rme Sumaiya, qui parle aujourd\u2019hui un excellent français alors qu\u2019elle est au Québec depuis un an et trois mois seulement.Des enseignantes au grand cœur Le Québec accueille autour de 50 000 immigrants par année, mais que sait-on de ces personnes et de leur réalité au quotidien ?« Chaque enfant arrive avec son histoire », af- ?rme Chantal Labrie, qui a fait son stage en classe d\u2019accueil à l\u2019école Lucien-Pagé il y a 25 ans sans savoir dans quoi elle s\u2019embarquait.Elle a tout de suite eu un coup de cœur pour ces élèves fraîchement installés au pays.L\u2019enseignante a délaissé une carrière de traductrice pour trouver une profession où elle aurait davantage de contacts humains.Elle aura été servie dans ce rôle bien différent de celui d\u2019une enseignante en classe ordinaire.« En plus d\u2019enseigner le français à ces élèves, je dois créer des ponts entre leur culture et celle du Québec, explique Chantal Labrie.Je dois leur donner des outils pour leur permettre de cheminer, de se faire des amis et, éventuellement, de se trouver du travail et d\u2019être heureux.» Un mandat noble, mais qui ne se réalise pas sans mettre du cœur à l\u2019ouvrage.Pour Joman, arrivée de Jordanie avec sa famille, Mme Chantal est bien plus qu\u2019une enseignante.« C\u2019est notre deuxième mère, af?rme-t-elle.Elle aime chaque élève et elle a fait beaucoup, beaucoup de choses pour chacun de nous pendant l\u2019année.» La série documentaire Classe à part met aussi en vedette Maryline Beuchot, enseignante en classe d\u2019accueil à l\u2019école primaire Bedford, dans le quartier très multiethnique de Côte-des-Neiges, à Montréal.On la voit notamment dans le premier épisode s\u2019inquiéter lorsque Berkedei, 10 ans, qui vient d\u2019arriver du Tchad, doit partir seul pour aller dîner chez lui lors de sa première journée d\u2019école.On la voit le regarder partir sur le trottoir, non sans inquiétude, après avoir pris la peine de téléphoner à la maman.L\u2019enseignante en classe d\u2019accueil doit aussi tracer les limites de son implication.« Ces enseignantes si engagées envers ces jeunes viennent nous toucher droit au cœur », af?rme François Péloquin, réalisateur de Classe à part.Traverser les tempêtes Comme à l\u2019école primaire Bedford, le mul- ticulturalisme se conjugue au quotidien à l\u2019école secondaire Lucien-Pagé.Ici, les jeunes fraîchement arrivés des pays de l\u2019Asie du Sud-Est, du monde arabe et de l\u2019Europe de l\u2019Est sont légion.Or, il faut être conscient que ce déménagement au Québec n\u2019est pas leur choix.« Leurs parents ont décidé de les amener ici pour de bonnes raisons, mais quand même, ces jeunes se font déraciner de leur réseau social qui est très fort à l\u2019adolescence, explique Chantal Labrie.Ils s\u2019installent ici, où tout est différent de ce qu\u2019ils connaissent.» Prendre l\u2019autobus, manger avec des ustensiles, barrer un casier avec un cadenas à numéros, se familiariser avec les codes sociaux, découvrir la mode nord-américaine : tout, mais vraiment tout peut être nouveau pour ces jeunes de 12 à 18 ans qui se retrouvent dans la même classe pour une année scolaire.« Certains ont des problèmes d\u2019attitude ou des troubles de comportement, d\u2019autres vivent des choses dif?ciles à la maison ou ont vécu l\u2019horreur avant d\u2019arriver, et il faut composer avec tout ça », af?rme Chantal Labrie.Par exemple, Sumaiya a appris, au cours de l\u2019année, que sa mère et sa sœur ne pourraient pas venir les rejoindre au Canada prochainement.« Elle s\u2019est effondrée et ça s\u2019est ressenti en classe, raconte Chantal, elle- même mère de trois enfants.Elle a comme baissé les bras.Puis, elle s\u2019est ressaisie.C\u2019est parfois dif?cile en classe, mais j\u2019ai toujours la foi qu\u2019en me donnant à fond pour ces jeunes, la magie ?nira par opérer.» Donner le goût du Québec On s\u2019attache rapidement à ces enfants qui arrivent du bout du monde, et on est émus par la grande humanité de ces enseignantes, dont le travail va bien au-delà des matières scolaires.Chantal Labrie, par exemple, a montré à ses élèves à patiner, à décorer une citrouille pour l\u2019Halloween et à cuisiner.« On a fait un pâté chinois », précise Sumaiya, les yeux brillants.Tranquillement, on voit l\u2019adolescente aller de mieux en mieux.Elle et Joman deviennent même des amies inséparables.Elles vont magasiner.Manger de la poutine.Dans une capsule vidéo tournée en marge de la série et diffusée sur le site Web de TV5, on voit même Sumaiya en visite à la cabane à sucre en compagnie du comédien Vincent Graton.Elle y reçoit ensuite toute sa classe.« J\u2019ai beaucoup aimé la cabane à sucre », af?rme Sumaiya, qui souhaite maintenant faire sa vie ici.Et c\u2019est en grande partie grâce à Mme Chantal, qui a su lui tendre la main, dans les beaux moments comme dans les plus dif?ciles, pour lui donner envie de s\u2019enraciner au Québec.La série documentaire Classe à part est diffusée les mardis à 19 h 30 à TV5 et en ligne à tv5.ca/classe-a-part.La nouvelle vie de Sumaiya, Joman et Berkedei CONTENU PARTENAIRE MARCO BÉLAIR-CIRINO À GATINEAU LE DEVOIR Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, s\u2019est engagé vendredi à créer 1500 nouvelles places d\u2019hébergement en centre d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), entre 2018 et 2022.« 1500 places, c\u2019est significatif », a souligné M.Couillard, la voix couverte par le brouhaha de dizaines de préposés aux bénéficiaires, qui scandaient derrière lui « On avance ! On avance ! On ne recule pas ! ».Le premier ministre avait tenté de calmer l\u2019agitation en allant à leur rencontre avant le début de la présentation de sa nouvelle promesse « pour faciliter la vie des Québécois », mais en vain.« Les conditions de travail dans le réseau sont épouvantables », lui a fait valoir le président du Conseil central de la CSN de l\u2019Outaouais, Michel Quijada, au cours d\u2019une longue tirade.« Les préposés sont épuisés.Ils travaillent ventre à terre.C\u2019est une situation qui est intenable », a poursuivi le porte-parole syndical avant d\u2019appeler M.Couillard à « réagir radicalement » en améliorant les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires.« Parce que, sinon, la situation va imploser », a-t-il averti.Aménagement particulier S\u2019il est réélu, le PLQ s\u2019« intéresse[ra] aux dispositions salariales pour attirer et, surtout, garder les gens dans ce métier qui est extrêmement difficile », a promis M.Couillard devant le CHSLD Bon Séjour, à Gatineau.Quelque 500 des 1500 nouvelles places promises seront réservées aux personnes âgées de moins de 65 ans atteintes de handicaps sévères, a précisé M.Couil- lard.Celles-ci seront « autant que possible » regroupées au sein d\u2019établissements.D\u2019autres unités seront réservées à des individus souffrant de troubles cognitifs comme l\u2019Alzheimer.L\u2019aménagement de 1500 nouvelles places coûtera quelque 525 millions de dollars à l\u2019État québécois, tandis que les services qui y seront offerts nécessiteront, à terme, des investissements supplémentaires de 132 millions par année, estime le PLQ.Le réseau compte environ 37 500 places en CHSLD, en baisse depuis dix ans.Aujourd\u2019hui, les noms de 2600 personnes apparaissent sur la liste d\u2019attente du ministère de la Santé.En septembre 2017, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, s\u2019inquiétait d\u2019un « resserrement des critères d\u2019admissibilité » alors que « les besoins d\u2019hébergement pour les personnes âgées augmentent ».Le chef libéral a invité la presse à ne pas perdre de vue la bonification des sommes allouées aux soins à domicile et aux ressources intermédiaires.« Il faut que tout soit développé en même temps : les soins à domicile, les ressources intermédiaires et les CHSLD », a-t-il fait valoir.La caravane du PLQ a repris la route.Les crécelles et les trompettes des manifestants se sont tues.CHSLD Le PLQ s\u2019engage à créer 1500 nouvelles places Une partie serait réservée aux personnes de moins de 65 ans sévèrement handicapées MARIE-MICHÈLE SIOUI À SOREL-TRACY LE DEVOIR Le Parti québécois s\u2019est engagé vendredi à rétablir la couverture publique du premier cycle de fécondation in vi- tro (FIV), abolie en 2015 dans la course à l\u2019équilibre budgétaire.À l\u2019époque, le gouvernement Couil- lard avait mis la hache dans le programme \u2014 qui donnait droit à trois cycles de fécondation in vitro payés par l\u2019État \u2014 afin d\u2019économiser 47 millions de dollars par an.La couverture des traitements de FIV avait coûté à Québec 216 millions en quatre ans, à partir de sa création en 2010 par le ministre libéral Yves Bolduc.Or, voilà que le PQ s\u2019engage à le rétablir au moyen d\u2019un engagement financier de 31 millions de dollars par an.Il reprend une promesse qui s\u2019inscrit dans la ligne de son opposition à l\u2019abolition du programme \u2014 une opposition que le PQ partage d\u2019ailleurs avec la Coalition avenir Québec.Le parti laisse également la porte ouverte au remboursement de plus d\u2019un cycle de FIV.« On suit les recommandations du Commissaire à la santé, qui dit : un cycle, certainement, partout où c\u2019est médicalement requis.Et peut- être des cycles supplémentaires, au cas par cas, c\u2019est une décision médicale », a déclaré Jean-François Lisée.En 2014, le Commissaire à la santé et au bien-être a recommandé une approche plus restrictive et le remboursement des services de procréation assistée « jusqu\u2019à concurrence de trois cycles de FIV pour un enfant seulement, et à condition qu\u2019un des deux parents d\u2019intention n\u2019ait pas d\u2019enfant au préalable ».Le commissaire Robert Salois recommandait en outre de « mieux encadrer le programme », de contrôler ses coûts, d\u2019offrir un meilleur accès à la FIV en région et d\u2019évaluer ses effets sur la santé.Depuis l\u2019abolition de la couverture publique des cycles de FIV, seuls les couples infertiles sans enfants sont admissibles à l\u2019aide de l\u2019État, qui prend la forme d\u2019un crédit d\u2019impôt modulé en fonction de leur revenu.Le PQ a par ailleurs réitéré sa promesse de « mettre fin à [la] centralisation excessive » du domaine de la santé.Pas question de rayer la réforme menée par le ministre Gaétan Barrette, cependant.« On ne va pas faire un autre traumatisme », a assuré Jean- François Lisée.« On va dire : gardez votre modèle, mais on va faire en sorte qu\u2019il soit plus démocratique, plus responsable, et on va modifier, moduler pour qu\u2019il y ait un administrateur gestionnaire avec de réels pouvoirs à l\u2019hôpital.» À ses côtés, la candidate Diane La- marre a rappelé les engagements du parti visant à donner davantage de pouvoirs \u2014 et donc d\u2019autonomie \u2014 aux pharmaciens, paramédics et infirmières.La fécondation in vitro gratuite, promet le PQ Le parti veut décentraliser le réseau de la santé sans pour autant rayer la réforme Barrette À LIRE « TRANSPARENCE » LE BILLET DE JEAN-FRANÇOIS NADEAU SUR NOS PLATEFORMES NUMÉRIQUES « TROP D\u2019IMMIGRANTS, M. LEGAULT ?» LA CHRONIQUE DE KONRAD YAKABUSKI EN PAGE B 2 « DISPARAÎTRE » LA CHRONIQUE DE MICHEL DAVID EN PAGE B 3 « L\u2019ÉDUCATION, UNE \u201c PRIORITÉ \u201d À GÉOMÉTRIE VARIABLE » EN PAGES B 2 ET B 3 Le gouvernement Couillard avait mis la hache dans le programme pour économiser 47 millions de dollars par an soit refilée aux contribuables.Or un effet domino a suivi, faisant vaciller d\u2019autres géants de la finance et provoquant un choc des liquidités paralysant tout le système financier.« Nous étions dans un contexte de \u201ctoo big to fail\u201d, rappelle Jean Boivin.À la suite de cette décision, nous avons beaucoup appris sur les implications systémiques et sur l\u2019étendue des ramifications dans le système financier.» Autrement dit, un risque de liquidité pouvait devenir un problème de solvabilité, ce qu\u2019il fallait éviter.Remèdes exceptionnels Les leçons tirées de l\u2019expérience ?Il faut mettre fin à la logique du « trop gros pour faire faillite » et imposer de nouvelles normes de capitalisation aux institutions à risque systémique, les contribuables n\u2019ayant pas à payer pour les déconvenues des grands de la finance.Pour leur part, les banques centrales, en constatant que la stabilité des prix n\u2019était pas synonyme de stabilité financière, ont étendu leur vigie.« Il fallait clarifier les lignes de défense, la politique monétaire n\u2019en étant qu\u2019une parmi les autres impliquant une régulation microprudentielle et une vision de la stabilité du système dans son ensemble.» L\u2019ex-gouverneur ajoute qu\u2019avant le choc de 2007-2008, le consensus était que les banques centrales ne pouvaient éviter les crises, qu\u2019elles étaient condamnées à nettoyer les dégâts.Depuis, une fonction préventive a été ajoutée à leur rôle, ne serait-ce que sous la forme d\u2019une hausse a priori des taux d\u2019intérêt directeurs visant à constituer une marge de manœuvre.S\u2019ajoute le creusement des inégalités mis à nu par la crise.La perception que la gestion du cycle de la politique monétaire a une influence directe sur la distribution de la richesse a rencontré ses limites.« Sans l\u2019intervention des banques centrales, les inégalités auraient été plus grandes.» Jean Boivin soutient que la réponse à la crise a trop fortement reposé sur leurs épaules.« Les gouvernements ont également un rôle à jouer.On a trop misé sur la politique monétaire, sans appui venant de politiques budgétaires.» Cette crise sans précédent depuis la allait-il laisser tomber Lehman Brothers ?« C\u2019était la chose à faire », répond d\u2019entrée de jeu Jean Boivin.Aujourd\u2019hui chef de la recherche globale chez BlackRock, une multinationale de gestion d\u2019actif, M.Boivin a été conseiller spécial du gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney en 2009-2010, pour devenir sous-gouverneur de l\u2019institution en 2010.Dix ans après la faillite de la banque d\u2019affaires américaine campant l\u2019origine de la pire crise financière depuis la Deuxième Guerre mondiale, il explique que « la décision a été difficile à prendre, mais [qu\u2019]il fallait gérer le problème sans créer ce qu\u2019on a qualifié \u201cd\u2019aléa moral\u201d ».Lehman Brothers subissait les conséquences de son recours à outrance au levier.Le gouvernement américain ne pouvait accepter que la facture de ces mauvais choix d\u2019affaires ÉCONOMIE A 6 LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 MIKE BLANCHFIELD À WASHINGTON LA PRESSE CANADIENNE Alors que les négociations se poursuivaient vendredi, à Washington, pour renouveler l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), un proche conseiller économique du gouvernement Trump a confirmé que le principal obstacle demeure la question épineuse de l\u2019accès des Américains au marché canadien des produits laitiers.Larry Kudlow, directeur du Conseil économique national, l\u2019a expliqué dans des termes on ne peut plus clairs, dans une entrevue à la télévision diffusée une heure avant que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrys- tia Freeland, ne rencontre une nouvelle fois son homologue américain, Robert Lighthizer.« Je pense que les États-Unis préféreraient conclure un accord commercial avec le Canada, mais il faut que ce soit une bonne affaire, non ?Et le mot qui continue de bloquer l\u2019accord est : l-a-i- t, d\u2019accord ?» a déclaré M.Kudlow sur les ondes de la chaîne Fox Business News.« Je dis simplement [aux Canadiens] : \u201cLâchez du lest.Lait, produits laitiers : laissez tomber les barrières, ALENA Les négociations achoppent sur le lait, répète Larry Kudlow donnez une chance à nos agriculteurs, et nous pourrons nous entendre sur d\u2019autres choses.\u201d [\u2026] Je dirai simplement que Bob Lighthizer fait un excellent travail et que le président est derrière lui.» Aide d\u2019Ottawa dans l\u2019acier Mme Freeland se fait toutefois avare de commentaires \u2014 M.Lighthizer et elle ont convenu de ne pas négocier en public.Mais à l\u2019issue de sa plus récente rencontre avec M.Lighthizer, vendredi après-midi, elle a déclaré que les pourparlers sont maintenant entrés dans une phase « très intense » de « négociations continues».Les hauts fonctionnaires se réunissent «24 heures sur 24, 7 jours sur 7», a-t-elle dit, et «lorsqu\u2019une question doit être transmise au niveau ministériel, l\u2019ambassadeur Lighthizer et moi nous nous rencontrons ».Elle a ajouté que « les deux parties font preuve de bonne volonté et de bonne foi », et que « l\u2019atmosphère continue d\u2019être constructive ».Par ailleurs, le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, a indiqué vendredi que le gouvernement prévoyait de prendre dans les prochaines semaines une décision sur d\u2019éventuelles mesures de protection contre le dumping d\u2019acier.S\u2019exprimant lors d\u2019un sommet sur l\u2019industrie sidérurgique à Hamilton, en Ontario, M.Bains a indiqué que le gouvernement examinait les données et les commentaires reçus lors des récentes consultations sur la façon de protéger l\u2019industrie contre le risque d\u2019importations d\u2019acier peu coûteuses, qui ont augmenté depuis que les États-Unis ont imposé des tarifs sur l\u2019acier et l\u2019aluminium étrangers, plus tôt cette année.Le ministre Bains affirme que le gouvernement veut agir rapidement pour contrer ce risque, tout en se préparant à déployer une aide financière de 2 milliards annoncée fin juin.Les États-Unis imposent depuis le 1er juin des tarifs sur les importations d\u2019acier et d\u2019aluminium en provenance du Canada.Ceux-ci sont de 25 % pour l\u2019acier et de 10 % pour l\u2019aluminium.PIERRE SAINT-ARNAUD LA PRESSE CANADIENNE Hydro-Québec est parvenue à augmenter ses profits nets au deuxième trimestre de 2018 grâce à la vente de 55 % des actions de sa filiale TM4 à la société américaine Dana.Les résultats trimestriels de la société d\u2019État, rendus publics vendredi, montrent en effet un bénéfice net de 623 millions, soit 264 millions de plus que les 359 millions enregistrés à la même période en 2017.Cependant, la vente des actifs de TM4, sa filiale de Boucherville qui fabrique des moteurs électriques, a généré une entrée de fonds de 277 millions, soit un montant supérieur à l\u2019augmentation de ses profits.En d\u2019autres termes, sans cette vente, le bénéfice net aurait été en légère baisse par rapport à l\u2019an dernier, en chute de 13 millions.En conférence téléphonique vendredi, le vice-président directeur chez Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur, a imputé une bonne part de ce recul à la hausse des taux d\u2019intérêt.« Nous avons un bon programme d\u2019emprunts, ce qui fait qu\u2019à eux seuls les intérêts sur titres d\u2019emprunt représentent une augmentation de 39 millions », a-t-il expliqué.Un coup d\u2019œil sur les résultats montre en effet que les frais financiers sont passés de 615 millions au deuxième trimestre de 2017 à 654 millions cette année.Depuis le début de 2018, en fait, ce sont 80 millions de plus qu\u2019Hydro-Québec a dû verser en frais financiers.Les ventes d\u2019électricité au Québec sont demeurées stables pour ce qui est du volume, soit 37 TWh, mais Hydro a encaissé 48 millions de plus auprès de ses clients.« Ça tient compte évidemment de la hausse tarifaire », a reconnu M.Lafleur.Hydro signale par ailleurs des exportations records, avec des ventes nettes de 8,9 TWh, en hausse de 20 % par rapport aux 7,4 TWh du deuxième trimestre de 2017.Pourtant, les profits tirés de l\u2019exportation n\u2019ont pratiquement pas bougé, à 349 millions.Le problème, c\u2019est qu\u2019Hydro a dû composer avec d\u2019importantes baisses de prix sur le marché.Ainsi, le prix moyen du kWh, qui était de 4,7 ¢ l\u2019an dernier, a chuté à 3,9 ¢ en 2018.Jean-Hugues Lafleur rappelle toutefois que le coût de production de la société d\u2019État se situe à environ 2 ¢ le kWh et que de vendre à 3,9 ¢ « est très profitable quand même ».HYDRO-QUÉBEC Les profits dopés par la vente de TM4 Il fallait laisser tomber Lehman Brothers La faillite de la banque d\u2019affaires Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, a plongé l\u2019économie mondiale dans sa pire crise financière depuis la Deuxième Guerre mondiale.Ce choc et les effets de la « Grande Récession » qui a suivi, en venant exacerber le creusement des inégalités et alimenter la montée du populisme, restent encore bien ancrés dans notre quotidien économique et social.Premier d\u2019une série d\u2019articles sur cette crise, dix ans plus tard.GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Le 15 septembre 2008, cet employé de Lehman Brothers, qui vient tout juste de déclarer faillite, quitte le siège social de l\u2019entreprise, à New York, avec une boîte contenant ses effets personnels.MARY ALTAFFER ASSOCIATED PRESS LA CRISE, 10 ANS APRÈS Deuxième Guerre mondiale a nécessité l\u2019application de remèdes exceptionnels.On pense au recours à l\u2019assouplissement monétaire quantitatif et à la tombée des taux d\u2019intérêt directeurs en territoire négatif.« La réponse des banques centrales durant la Grande Dépression avait été trop timide.Une politique monétaire maintenue trop serrée a provoqué un effet domino sur le système bancaire qui est venu amplifier la dépression.» C\u2019était le constat de départ.Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke, spécialiste de la Grande Dépression, n\u2019a pas hésité à recourir à des mesures non conventionnelles.« Les craintes d\u2019analystes ne se sont pas matérialisées.Il n\u2019y a pas eu d\u2019hyperinflation.La reprise économique qui a suivi est venue démontrer l\u2019efficacité de ces mesures.» « Posons-nous cette question : pourquoi cela a-t-il fonctionné ?» Jean Boivin parle d\u2019un effet psychologique.« La réponse a été \u201cagressive\u201d et crédible.» La communication s\u2019est faite aussi plus transparente, le mantra évoquant des taux d\u2019intérêt maintenus bas sur le long terme ayant fait son œuvre.« L\u2019effet du signal a été plus important que l\u2019expansion des bilans » des banques centrales, résume-t-il.Mais une fois les tensions apaisées, cette injection massive de liquidités des banques centrales et le maintien des taux directeurs à des bas historiques n\u2019ont-ils pas induit une prise de risque accrue ayant alimenté la flambée du prix des éléments d\u2019actif ?« Si c\u2019est ça l\u2019histoire, c\u2019est faux, c\u2019est trop simpliste.La crise a provoqué une hausse de la demande pour des actifs perçus comme étant sécuritaires.On a observé une demande accrue pour les obligations gouvernementales dont l\u2019effet a été d\u2019abaisser les taux d\u2019intérêt de long terme.» Et combinée à l\u2019augmentation de l\u2019épargne mondiale, cette pression à la baisse sur le loyer de l\u2019argent a encouragé une prise de risque, insiste-t-il.« La crise est encore fraîche dans la mémoire des investisseurs.Malgré l\u2019actuelle phase haussière présumément la plus longue de l\u2019histoire boursière américaine, le moindre bruit, la moindre hésitation provoque un repli des investisseurs.La demande pour des actifs sécuritaires reste élevée.» Les banques centrales sont donc prêtes pour la prochaine crise ?« Le système bancaire est en meilleure position qu\u2019en 2007, mais les actions posées avaient pour origine la crise précédente, celle de l\u2019ébullition de l\u2019immobilier en 2005-2006 connecté à une ingénierie financière plutôt opaque.La prochaine aura une autre origine », répond Jean Boivin.F La crise est encore fraîche dans la mémoire des investis - seurs.[.] Le moindre bruit, la moindre hésitation provoque [leur] repli.JEAN BOIVIN » Larry Kudlow ÉCONOMIE A 7 LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 L\u2019UQAM recherche actuellement plusieurs professeures, professeurs pour contribuer à sa mission d\u2019enseignement, de recherche et de création aux trois cycles.Les postes sont offerts à l\u2019École des sciences de la gestion et dans les facultés des arts, de communication, des sciences, de science politique et de droit et des sciences de l\u2019éducation.Pour une description détaillée de l\u2019ensemble des postes offerts, incluant les exigences et les délais pour poser une candidature: carrieres.uqam.ca Postes de professeures, professeurs Milieu de vie privilégié au cœur de la ville de Québec, l\u2019Université Laval est une grande université complète reconnue pour sa culture de l\u2019excellence en enseignement et en recherche.Valorisant la diversité, l\u2019Université Laval invite toutes les personnes quali?ées à présenter leur candidature, en particulier les femmes, les membres de minorités visibles et ethniques, les autochtones et les personnes handicapées.La priorité sera toutefois accordée aux personnes ayant le statut de citoyen canadien ou de résident permanent.Professeure ou professeur DROIT FISCAL Faculté de droit Poste régulier à temps complet CLÔTURE DU CONCOURS : 1er octobre 2018 à 16 h ENTRÉE EN FONCTION : 1er janvier 2019 Informations : www.rh.ulaval.ca/emplois-professeurs ANDY BLATCHFORD À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Le rapport sur le marché du travail canadien a offert des chiffres particulièrement volatils pour le mois dernier, qui ont montré que les gains réalisés au milieu de l\u2019été avaient été pratiquement anéantis en août.L\u2019économie a perdu 51 600 emplois nets le mois dernier, ce qui a contribué à ramener le taux de chômage national à 6 %, alors qu\u2019il avait été de 5,8 % en juillet, a rapporté vendredi Statistique Canada dans son enquête mensuelle sur la population active.La baisse du mois dernier, alimentée par la disparition de 92 000 postes à temps partiel, a éliminé la progression nette de 54 100 postes enregistrée en juillet.Cependant, le mois d\u2019août comportait également un bon aspect : la création de 40 400 emplois à temps plein.« C\u2019est un résultat un peu mitigé, mais certainement pas aussi mauvais que la manchette le suggère », a observé Brian De- Pratto, économiste principal de la Banque TD.« Un autre rapport en désordre, pour être franc [\u2026] C\u2019est toujours un rapport qui fait du bruit, mais il semble que les derniers mois ont été particulièrement bruyants.» Royce Mendes, économiste principal aux Marchés des capitaux CIBC, a résumé le rapport sur les emplois dans EMPLOI 51 600 postes éliminés en août au Canada La croissance du salaire horaire moyen a baissé à 2,9 %, alors qu\u2019elle était de 3,6 % en juin Un examen plus approfondi des données d\u2019août révèle encore plus de turbulences dans les chiffres d\u2019un mois à l\u2019autre.L\u2019Ontario a perdu 80 100 emplois le mois dernier, après en avoir gagné 60 600 en juillet \u2014 les deux points de données étant presque entièrement attribuables aux fluctuations du travail à temps partiel.La baisse d\u2019août, de 1,1 %, a été de loin la plus forte parmi les provinces.Le taux de chômage en Ontario est passé de 5,4 % à 5,7 %.Au Québec, l\u2019emploi a peu varié le mois dernier, avec la disparition de 2300 emplois par rapport à juillet.Le taux de chômage provincial est demeuré inchangé à 5,6%.Selon la lecture de l\u2019Institut de la statistique du Québec, l\u2019emploi à temps plein est en hausse de 16 500, tandis que celui à temps partiel fléchit de 18 800.L\u2019emploi augmente de 21 900 chez les travailleurs indépendants, alors que le secteur public et le secteur privé subissent une baisse de 5500 et 18 800 emplois respectivement.Le taux d\u2019activité (\u20130,1 point) et le taux d\u2019emploi (\u20130,1 point) fléchissent et se fixent respectivement à 64,4 % et 60,8 % en août.Au cours des huit premiers mois de 2018, comparativement à la même période de l\u2019année précédente, l\u2019emploi au Québec a augmenté de 53 800 (+1,3 %).Au cours de cette période, l\u2019emploi à temps plein a progressé de 87 500, alors que celui à temps partiel a diminué de 33 800.Avec Le Devoir 6,0 % Taux de chômage au Canada ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR L\u2019amélioration de l\u2019emploi se fait de plus en plus ressentir sur les salaires aux États-Unis.Le département du Travail américain a rapporté vendredi une création d\u2019emplois plus forte que prévu au mois dernier, avec 201 000 nouvelles embauches, alors que les prévisionnistes en attendaient 187 000.Cela laisse malgré tout le taux de chômage inchangé au niveau remarquablement bas de 3,9 %, en raison notamment d\u2019un léger recul du taux de participation au marché du travail de 62,9 % à 62,7 %.Mais ce qui a le plus attiré l\u2019attention des experts a été le sursaut de 0,4 % du salaire horaire moyen au pays durant le seul mois d\u2019août, pour un gain cumulé de 2,9 % sur les 12 derniers mois.C\u2019est encore mieux que le gain de 2,7% sur la dernière année enregistré en juillet, et ça se révèle même la plus forte hausse en un an depuis le printemps 2009, alors que l\u2019économie américaine entamait sa longue sortie de la Grande Dépression.Cette récente accélération de la hausse des salaires aux États-Unis semble en voie de dissiper un mystère que les experts cherchaient à résoudre depuis longtemps et d\u2019augmenter la probabilité de nouvelles hausses des taux d\u2019intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed), peut-être même dès ce mois-ci.On ne comprenait pas, jusqu\u2019à tout récemment, comment le taux de chômage pouvait y être à son niveau le plus bas depuis des décennies ni comment le nombre d\u2019entreprises qui se plaignent de la rareté de la main-d\u2019œuvre pouvait être si élevé sans que cela force plus d\u2019employeurs à augmenter leurs salaires dans l\u2019espoir d\u2019attirer les travailleurs qui leur font défaut ou, à tout le moins, garder ceux qu\u2019ils ont déjà.Des experts en avaient déduit qu\u2019il devait encore y avoir des réserves de personnes restées en marge du marché du travail qui n\u2019apparaissaient pas dans les statistiques officielles, mais qui voyaient l\u2019amélioration des perspectives économiques et se remettaient, petit à petit, à offrir leurs services.Cette théorie des travailleurs fantômes apparaît moins vraisemblable désormais, concluait vendredi le Wall Street Journal.« Il y a un bon bout de temps que l\u2019on attendait une accélération des salaires », a noté Francis Généreux, économiste au Mouvement Desjardins.«Il faudra cependant attendre les prochains mois pour s\u2019assurer que la hausse de cadence est bel et bien soutenue.Tout n\u2019est pas joué.» Ex aequo avec l\u2019inflation Pour les travailleurs, les récentes haus - ses plus élevées des salaires ne se traduisent pas encore par un véritable enrichissement, puisqu\u2019elles suffisent à peine à compenser l\u2019augmentation du coût de la vie.En effet, la plus récente mesure de l\u2019indice des prix à la consommation, au mois de juillet, établissait justement l\u2019inflation à 2,9% sur 12 mois.Mais pour la Fed, cette accélération de la hausse, à la fois, des prix et des salaires, alliée aux solides chiffres de croissance de l\u2019emploi, devrait être vue comme une incitation à poursuivre le resserrement de sa politique monétaire.La banque centrale américaine a déjà relevé deux fois cette année son taux directeur, depuis le début de l\u2019année, chaque fois d\u2019un quart de point de pourcentage.Situé aujourd\u2019hui dans l\u2019étroite fourchette entre 1,75 % et 2 %, ce taux pourrait ainsi être encore relevé deux autres fois avant la fin de l\u2019année, une première fois dès la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed, le 26 septembre, et une autre fois en décembre.La hausse des salaires s\u2019accélère aux États-Unis Les récentes haus ses plus élevées des salaires suffisent à peine à compenser l\u2019augmentation du coût de la vie aux États-Unis.CHANDLER DENISE UNSPLASH CARRIÈRES & PROFESSIONS 5,6 % Taux de chômage au Québec une note de recherche adressée à ses clients, intitulée Maintenant vous les voyez, maintenant vous ne les voyez pas.Il a décrit le rapport de Statistique Canada sur le marché du travail comme « toujours instable et parfois peu plausible ».« Bien que vous ne puissiez pas trop vous fier à la lecture de [l\u2019enquête sur la population active], rien dans le rapport ne suggère que l\u2019économie progresse rapidement », a écrit M.Mendes.L\u2019économiste ne s\u2019attend pas à ce que les données soient suffisantes pour empêcher la Banque du Canada d\u2019augmenter son taux d\u2019intérêt directeur en octobre, mais si l\u2019économie conserve sa « faible vitesse », le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, devra adopter une approche plus graduelle pour les hausses de taux.Comparativement à 12 mois plus tôt, l\u2019emploi au Canada était toujours en hausse de 0,9 %, grâce à l\u2019ajout de 171 700 emplois, dont 326 100 postes à temps plein.L\u2019impact sur les salaires La banque centrale portera également une attention particulière aux nouveaux signes de ralentissement des salaires au Canada, malgré le resserrement du marché du travail.Le rapport montre que la croissance du salaire horaire moyen, qui est étroitement étudiée par la Banque du Canada avant ses décisions sur les taux, a poursuivi sa baisse graduelle le mois dernier pour atteindre 2,9 % après avoir progressé de 3,2 % en juillet et de 3,6 % en juin. A 8 CULTURE LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 Organisé par En collaboration avec PÉNURIE DE MAIN-D\u2019ŒUVRE DOMINIQUE ANGLADE Parti libéral du Québec JEAN-MARTIN AUSSANT Parti Québecois YOURI CHASSIN Coalition Avenir Québec ALEXANDRE LEDUC Québec solidaire Assistez à ce débat incontournable ! MONTRÉAL | 12 SEPTEMBRE ordrecrha.org/debat portesouvertes.upa.qc.ca L\u2019Amérique vue par Michael Moore TIFF SUITE DE LA PAGE A 1 transforme ce nouveau documentaire en jeu Lego qui invite à sa propre destruction.Hélas ! Les tics du cinéaste, cette façon de se mettre outrageusement lui- même en scène, cette manie de suivre plusieurs lièvres à la fois, entravent la justesse de son tir.Alors, voilà, ses apartés sur le scanda - le des eaux polluées à des fins industrielles de Flint, dont il est natif, font l\u2019objet d\u2019un film dans le film et Michael Moore s\u2019épivarde.Évidemment, on retiendra surtout les lignes de force: les comparaisons entre Trump et Hitler qui parsèment son pamphlet, quand il cogne.Au Washington Post, Michael Moore confiait vendredi: « Trump n\u2019est pas Hitler et Hitler n\u2019est pas Trump, mais on ne saurait dire que le fascisme ne nous a pas appris quelque chose, qui peut être érigé en parallèle.Alors, oui, il fera coïncider les deux rè - gnes, à travers des films d\u2019archives, des discours d\u2019Hitler soudain recouverts par la voix du 45e président des États- Unis et autres collages de la même eau.Des Allemands du IIIeReich humilient les juifs en noir et blanc.Il renchérit avec des Américains de droite injuriant les Noirs, les Latinos, les Asiatiques, puis revient à la charge, images à l\u2019appui, pour décrire la société allemande d\u2019avant le nazisme, décrite comme la plus évoluée du monde.Morale de l\u2019histoire : méfiez-vous.Nul n\u2019est à l\u2019abri, même les intellectuels, les gens cultivés, instruits.Voyez les camps de la mort au bout\u2026 Il voit son Amérique sombrer comme d\u2019autres sociétés avant elle.En cette semaine où Donald Trump reçoit des boulets de canon de sa propre garde rapprochée et se fait tabasser sur le plan littéraire, le cinéma semble à la remorque des événements des derniers jours plus qu\u2019il ne mène le bal au TIFF.La grande nouveauté chez le documentariste trublion consiste à attaquer aussi le camp démocrate.Barack Oba - ma d\u2019abord, qu\u2019il accuse d\u2019avoir laissé les citoyens de Flint à leur misère, d\u2019avoir reçu des subsides de Goldman Sachs dans les coulisses de Wall Street et expulsé tant d\u2019immigrés clandestins.Aus - si la vieille garde, Hillary Clinton incluse, laquelle a selon lui pavé la voie aux Trump de ce monde.En fait, les sympathies de Moore allaient au gauchiste Bernie Sanders, ici interviewé.Sinon, c\u2019est l\u2019Amérique dans sa structure même qu\u2019il pourfend, pourrie à ses yeux depuis tant d\u2019années qu\u2019elle peut désormais enfanter les monstres et les maintenir au pouvoir, sous les tueries sans fin dans les écoles et le bal des injustices.Les médias ne sont pas épargnés, pour lesquels le président orange cons titue la vache à lait inespérée qui leur assure des spectateurs et un lectorat quand les temps sont durs et doivent composer avec la concurrence des réseaux sociaux.Complètement blasé, Michael Moore?Non, quand même pas.Ses entrevues avec les gens de terrain, les enseignants en grève de la Virginie, les adolescents debout après la tuerie dans leur école de Portland, des femmes aussi, plusieurs d\u2019entre elles en lutte pour une société meilleure, et qui crient durant les discours de Trump, se font expulser, et qui crieront encore en témoignent.Un autre monde est possible, si l\u2019ancien s\u2019écroule.C\u2019est la veine la plus anarchiste de Moore, qui s\u2019exprime en diluant sa char - ge ici et là, mais revient à sa thèse des États-Unis rongés par la racine, avec leurs luttes raciales, leurs armes, leurs services sociaux inopérants, et la colère qui gronde comme une rivière en crue.Le pire est en vue, il en fait un segment prophétique.Le cinéaste joue avec ses matériaux et les émotions de son public, comme il l\u2019a toujours fait sans cacher sa méthode.Ce Fahrenheit 11/9 apparaît com me la som - me de ses documentaires précédents : charge contre le capital et le pouvoir qui corrompent, appel à une forme de socialisme, mais il prend tant de détours pour exprimer tout ça.Le film se fait interminable.On décroche, on regarde l\u2019heure, on tend de nouveau l\u2019oreille, par - fois sous l\u2019effet d\u2019un électrochoc.Et Trump là-dedans ?Ni pire ni meilleur qu\u2019en réalité, par-delà les effets de montage et les musiques à charge qui manipulent ses messages aussi.Avec force photos équivoques aux côtés de sa fille Ivanka, d\u2019autres auprès des dictateurs de la planète, dont il envie le pouvoir absolu.Le documentaire le montre placé là comme le fou du roi devenu roi tout court, disant au micro « La tempête, c\u2019est moi ».Ses collaborateurs aux profils de zom - bies, sonnés par l\u2019horreur de la situation, certains remplacés par d\u2019autres, se succèdent aux infos.Et tout ça fait l\u2019Amérique, se dit Michael Moore.Devant les journalistes, Moore se déclare confiant face à l\u2019avenir grâce à ces citoyens formidables qui s\u2019agitent pour une Amérique «great again».Mais faut- il le croire quand les doutes sur les possibilités pour son pays de redevenir une démocratie phare suintent de tout son film ?Un Moore en dépression nerveu - se, ça donne ce film-là.Sur le site du journal dimanche, je parlerai surtout des films québécois The Hummingbird Project de Kim Nguyen et Les salopes ou le sucre naturel de la peau de Renée Beaulieu, tous deux lan cés ici.Les apartés de Michael Moore sur le scanda le des eaux polluées à des fins industrielles de Flint, la ville dont il est natif, font l\u2019objet d\u2019un film dans le film et le cinéaste s\u2019épivarde.TIFF Ce Fahren - heit 11/9 apparaît com me la som me des documentaires pré - cédents de Michael Moore : charge contre le capital et le pouvoir qui corrompent.Le film se fait intermi - nable.On décroche. A 9 SPORTS LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 ASSOCIATED PRESS À NEW YORK Coup de théâtre non sur Broadway, mais dans le Queen\u2019s.Ennuyé au genou droit, Rafael Nadal a abandonné après deux sets, en demi-finale, et la place en finale à Flushing Meadows va donc à Juan Martín del Potro.L\u2019Argentin menait 7-6 (3) et 6-2 face à l\u2019Espagnol.Lors des deux heures de jeu, del Potro a mené 4-2 pour les bris et 29-26 pour les coups gagnants.Il y a eu 19 fautes directes de chaque côté.Nadal a reçu des traitements après le septième jeu du premier set, puis après le troisième jeu en deuxième manche (un massage, du ruban thérapeutique).À la fin du deuxième set, il arrivait à peine à se déplacer.«Ce n\u2019était plus un match de tennis, a dit Nadal.Je déteste me retirer, mais je ne pouvais plus continuer.» Nadal, qui était le favori, a une feuille de route marquée de tendinites aux genoux.Il a ressenti de l\u2019inconfort au genou droit dès le début de la première manche.Del Potro aura la chance de rééditer son triomphe de 2009 à New York, où il a remporté son seul titre majeur.« C\u2019est sûr que ce n\u2019est pas comme ça que vous souhaitez gagner, a confié del Potro, qui a obtenu 22 titres au cours de sa carrière.Je n\u2019aime pas le voir souffrir, alors le voir comme ça [vendredi], ça me rend triste.» En 2009, alors âgé de seulement 20 ans, del Potro a vaincu Nadal en demi-finale, puis Roger Federer en match ultime.Le droitier était une vedette montante avant d\u2019être ralenti par quatre opérations aux poignets, dont une au poignet droit.En février 2016, il était 1045e à l\u2019ATP.Dimanche, celui qui est maintenant troisième au classement aura comme rival Novak Djokovic ou Kei Nishikori, qui s\u2019affrontaient aussi vendredi soir.« C\u2019est très spécial pour moi de disputer une autre finale en Grand Chelem, a dit del Potro.Je ne m\u2019y attendais pas.» En finale contre la vedette serbe En soirée, l\u2019ex-numéro 1 mondial No- vak Djokovic a rejoint le numéro 3 Juan Martin Del Potro en finale du tournoi en écartant le Japonais Kei Nishikori (19e) en trois sets (6-3, 6-4, 6-2).Le Serbe de 31 ans, sacré il y a moins de deux mois à Wimbledon, tentera de remporter son quatorzième trophée en Grand Chelem dimanche, son troisième à Flushing Meadows, après 2011 et 2015.TENNIS Nadal déclare forfait Djokovic et Nishikori s\u2019affrontaient vendredi soir dans l\u2019autre demi-finale de l\u2019US Open Rafael Nadal tirait de l\u2019arrière 7-6 (3) et 6-2 avant de déclarer forfait.ADAM HUNGER ASSOCIATED PRESS LA PRESSE CANADIENNE À QUÉBEC L\u2019Australien Michael Matthews visait la première marche du podium cette année au Grand Prix cycliste de Québec après avoir terminé 2e en 2015 et 3e l\u2019an dernier.Le cycliste de l\u2019équipe Sunweb n\u2019a pas raté son coup cette fois, s\u2019imposant aisément devant les Belges Greg Van Avermaet (BMC Racing) et Jasper Stuyven (Trek Segafredo) lors de la neuvième édition de la classique UCI World Tour.Matthews a couvert les 201,6 km en 5 h 04 min 17 s.« J\u2019ai fait beaucoup de sacrifices pour être performant ici, c\u2019était une grande motivation pour moi de gagner à Québec, a reconnu l\u2019Australien, qui obtient un premier succès à une classique du circuit WorldTour.« Quand j\u2019ai vu Greg [Van Avermaet] lancer le sprint, j\u2019ai un peu paniqué, mais quand j\u2019ai pris la tête, j\u2019ai vu que j\u2019avais les jambes.C\u2019est une grande victoire pour moi.C\u2019est le genre de course qui manquait à mon palmarès et je suis très content que ça arrive ici.» Van Avermaet, deuxième pour la quatrième fois dont une troisième de suite, cachait mal sa déception immédiatement avant la cérémonie du podium.« Après avoir buté deux fois sur Sagan [Peter, le vainqueur des deux précédentes éditions, absent cette année], je tombe sur Matthews.Mais j\u2019étais encore là.Le podium reste un beau résultat pour moi.Il y avait encore beaucoup de coureurs dans le dernier kilomètre avec le vent de face, ce n\u2019était pas facile.J\u2019ai lancé mon sprint à 200 m, mais Michael était vraiment très fort et il a tout de suite pris la tête.» Le Montréalais Guillaume Boivin (Israel Cycling Academy), à sa première course depuis le 17 juin, s\u2019est révélé le meilleur Canadien, se classant au 21e rang dans le même temps que le vainqueur.« Je me sentais très bien dans le final, mais j\u2019ai dû mettre un coup de frein à 500 m de l\u2019arrivée à cause d\u2019un accrochage dans le peloton, a reconnu Boivin.Mais pour quelqu\u2019un qui s\u2019est cassé le tibia il y a trois mois, ce n\u2019est pas si mal.» Comme c\u2019est souvent le cas à Québec, tout s\u2019est joué sur les 500 derniers mètres de l\u2019épreuve.Le Britannique Peter Kennaugh (Bora-Hansgrohe) avait tenté le grand coup en se postant à l\u2019avant lors des derniers kilomètres.Mais il a été avalé par le peloton avec 500 m à faire.Il n\u2019a pas tout perdu, puisqu\u2019il a gagné le classement de la montagne après être passé en tête lors de la dernière ascension de la côte des Glacis.L\u2019épreuve a été ponctuée d\u2019un petit incident au 80e kilomètre, lorsqu\u2019un chien sans laisse s\u2019est mis à la poursuite du peloton et a provoqué la chute de deux coureurs, entraînant l\u2019abandon du Portugais Nuno Matos (Movistar).Dimanche, les coureurs ont rendezvous pour le Grand Prix de Montréal, présenté autour du mont Royal.L\u2019Italien Diego Ulissi s\u2019y est imposé l\u2019an dernier au terme d\u2019un sprint final endiablé.CYCLISME L\u2019Australien Michael Matthews s\u2019impose au Grand Prix de Québec \u2019idée a d\u2019abord été lancée sur le Web, en 2012, par l\u2019entremise d\u2019une conférence donnée par un jeune homme d\u2019à peine 18 ans, Boyan Slat.Son projet : nettoyer les océans du plastique qui y flotte, accumulé là au fil des décennies.Un problème qui ne cesse d\u2019ailleurs de croître, à la faveur de l\u2019utilisation massive de ce matériau.Le projet a rapidement attiré des partisans, puisque la structure imaginée par Boyan Slat, devenue The Ocean Cleanup, a pu amasser relativement rapidement plus de 30 millions de dollars en financement.Des fonds qui ont permis d\u2019imaginer, puis de développer une imposante infrastructure flottante qui doit en théorie permettre de retirer le plastique qui forme aujourd\u2019hui le « continent de plastique» du Pacifique Nord.De quoi s\u2019agit-il au juste?Le prototype retenu, et dont le premier exemplaire sera testé au large de la Californie au cours des prochaines semaines, pourrait être comparé à un pipeline flottant de plus de 600 mètres.Celui-ci doit permettre de créer une sorte de barrière au milieu de l\u2019océan afin de concentrer le plastique, pour ensuite le retirer de l\u2019eau.La structure qui flotte à la surface, positionnée en forme de «U», comporte aussi une membrane qui descend sous l\u2019eau.En raison du vent et des vagues, le système devrait avancer plus rapidement que le plastique, porté surtout par les courants dominants.Il devrait donc permettre de ramasser au passage tout ce qui flotte.Une fois concentré dans la structure, le plastique pourra être ramassé périodiquement par un navire qui viendra rejoindre la structure, au cœur de la gyre du Pacifique.Selon ce qu\u2019a précisé au Devoir une porte-parole de The Ocean Cleanup, LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans 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les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.L OCÉANS Pourra-t-on un jour venir à bout des « continents de plastique » ?L\u2019appétit de l\u2019humanité pour le plastique, mais surtout sa propension à s\u2019en débarrasser de façon négligente, a mené à la création de véritables « continents de plastique » dans les océans de la planète.Un jeune Néerlandais a toutefois lancé l\u2019idée de nettoyer le plus imposant d\u2019entre eux, situé dans le Pacifique Nord.Son projet inédit, The Ocean Cleanup, doit être lancé ce samedi.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le premier prototype d'infrastructure de nettoyage doit former une très longue barrière de plus de 600 mètres.Elle a été assemblée en Californie, avant son transport vers le continent de plastique du Pacifique.THE OCEAN CLEANUP Vivian ten Have, il faudra plusieurs mois de tests et de « modifications » pour mettre en place une première barrière qui soit efficace.Mais si tout se déroule comme prévu, pas moins de 60 autres barrières flottantes seraient remorquées jusqu\u2019au continent de plastique d\u2019ici 2020 afin de lancer la véritable opération de nettoyage.Objectif : nettoyer 90 % des déchets d\u2019ici 2040.La tâche s\u2019annonce toutefois colossale.The Ocean Cleanup a réalisé une vaste étude afin de caractériser cette soupe de plastique, située grosso modo entre Hawaï et la Californie, et qui atteint aujourd\u2019hui une superficie de plus de 1,6 million de kilomètres carrés.Pour y parvenir, ils ont eu recours à toute une flottille de navires, mais aussi à des relevés aériens.Leurs résultats donnent la mesure du problème: pas moins de 2000 milliards de morceaux de plastique flotteraient dans ce vortex, pour un poids dépassant les 80 000 tonnes.Ces morceaux sont très divers et incluent notamment une très grande quantité de débris d\u2019engins de pêche.Près de la moitié de cette masse de détritus est constituée de morceaux bien visibles, donc des déchets qui risquent de se dégrader au fil du temps.Ils formeront alors des particules de micro- plastique qui pourraient s\u2019immiscer dans la chaîne alimentaire et représenter un risque pour toute la vie marine.Stopper l\u2019hémorragie Océanographe et chercheuse à l\u2019Université d\u2019Hawaï, Sarah-Jeanne Royer connaît très bien cette pollution par le plastique qui contamine le vaste océan Pacifique.Elle la voit venir s\u2019échouer constamment sur les plages d\u2019Hawaï, et plus particulièrement dans le secteur de Kamilo Point, dans le sud de l\u2019île.Ce secteur, littéralement jonché de détritus, est devenu un symbole international de la pollution par le plastique.« On fait des opérations de nettoyage tous les mois, mais ce ne sera jamais suffisant pour éliminer tout le plastique.Pourtant, chaque fois, on ramasse des tonnes de plastique.Mais on a tellement de plastique sur nos plages.Et il y a énormément de débris d\u2019engins de pêche.On a même retrouvé cette année un amas de filets de plusieurs tonnes», ex- plique-t-elle.Même si elle salue l\u2019initiative de The La chercheuse Sarah-Jeanne Royer, de l'Université d'Hawaï, participe régulièrement à des corvées de nettoyage des plages de l'île, même si cela est sans cesse à refaire.OLIVIER POIRION Ocean Cleanup, Mme Royer ne croit pas que cela viendra à bout du problème.« C\u2019est très séduisant de vouloir nettoyer les océans, mais il faudrait agir à la source et stopper la pollution des océans par le plastique.Il faudrait d\u2019abord arrêter l\u2019hémorragie.Pour cela, il faut aider les pays d\u2019Asie à réduire leurs problèmes de gestion du plastique.Et il faudrait nettoyer leurs plages.» Les données scientifiques lui donnent d\u2019ailleurs raison.Selon une étude publiée l\u2019an dernier dans Nature Communications, les fleuves du monde déversent entre 1,15 et 2,41 millions de tonnes de plastique chaque année dans les océans, soit un rythme d\u2019environ 50 kilos par seconde.Et 86 % de l\u2019ensemble des détritus de plastique sont issus de cours d\u2019eau asiatiques.Plastique omniprésent Directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique, en France, Jean-François Ghiglione souligne lui aussi que « la solution se trouve sur la terre ferme, et non dans la mer».Selon lui, il importe d\u2019abord de «réduire notre consommation de plastique», dont une bonne partie sert à fabriquer des emballages dits «à usage unique».Il faudrait aussi bonifier de façon substantielle le recyclage des produits de plastique, qui demeure relativement faible à l\u2019échelle de planète.Quant au projet imaginé par le jeune Boyan Slat, il le compare au nettoyage d\u2019une plage.« C\u2019est une opération qui a le mérite de sensibiliser la population au problème de la pollution des océans, mais cela ne permet absolument pas de régler le problème.» Ainsi, même si les instigateurs du projet atteignent leurs objectifs, «ils ne parviendront à retirer que 0,3% du plastique qui se trouve actuellement dans les océans de la planète».Et encore, pendant ce temps, d\u2019énormes quantités de plastique auront été rejetées dans la nature.Chaque année, l\u2019humanité produit plus de 300 millions de tonnes de plastique.Et à l\u2019heure actuelle, on estime que plus de 150millions de tonnes se trouveraient déjà dans les océans de la planète, un chiffre qui devrait doubler d\u2019ici 2050.M.Ghiglione souligne par ailleurs que les continents de plastique, s\u2019ils font image, ne constituent qu\u2019une partie du problème.«Le plastique est présent partout, dans tous les océans, jusque dans les glaces de l\u2019Arctique.» Et ce matériau est produit massivement depuis à peine plus de 60 ans.Pas moins de 2000 milliards de morceaux de plastique flotteraient dans ce vortex, pour un poids dépassant les 80 000 tonnes "]
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