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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-01-25, Collections de BAnQ.

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[" Quand les savants se révoltent Le comité éditorial d\u2019un magazine scientifique démissionne et crée sa propre revue, qui offrira ses articles en libre accès MARCO FORTIER LE DEVOIR a bataille du milieu scientifique contre les géants de l\u2019édition savante gagne en intensité.Le comité éditorial d\u2019un des magazines les plus prestigieux, publié par le conglomérat Elsevier, vient de démissionner en bloc pour fonder sa propre publication, qui offrira tous ses articles en libre accès, loin des tarifs exorbitants exigés par les revues dites « prédatrices ».Ce coup d\u2019éclat fait grand bruit dans le monde normalement feutré de l\u2019édition scientifique.Les 27 membres du comité éditorial du magazine Journal of Informetrics \u2014 qui proviennent d\u2019universités établies dans 11 pays \u2014 ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier.Ils ont lancé dès le lendemain leur propre revue savante, Quantitative Science Studies, qui vise à devenir la nouvelle référence dans le monde pointu de la recherche en bibliométrie.« C\u2019est une grande décision : on saborde la revue qui est la plus prestigieuse dans la discipline et on lance notre propre publication », dit Vincent Larivière, professeur à l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal.INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .B6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV .B1 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 MONDE Au Venezuela, Maduro s\u2019accroche au pouvoir A 7 ACTUALITÉS Le profilage des clients peut se pratiquer sans intrusion A 10 ZEITGEIST Quand le véganisme dérange.La chronique de Josée Blanchette.| B 10 La pluie verglaçante et la fonte de la neige en raison de la température exceptionnellement chaude ont noyé les rues de Montréal, jeudi.Les pompiers ont même été mis à contribution pour briser la glace qui recouvrait ce puisard et qui empêchait l\u2019eau de s\u2019écouler.Les écarts considérables de température que l\u2019on connaît actuellement compliquent la tâche des services publics, comme l\u2019a expliqué la mairesse Valérie Plante lors d\u2019un point de presse.PAGE A 2 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les pompiers appelés en renfort AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Une mère de famille a déposé une demande d\u2019autorisation d\u2019action collective soutenant que les parents québécois qui ont subi la hausse des frais de garde en 2015 ont été floués par le gouvernement du Québec.Véronique Allard fait partie des familles dont la facture pour envoyer leurs enfants dans une garderie subventionnée a explosé à partir d\u2019avril 2015.Pourtant, dit Mme Allard, plusieurs auraient dû bénéficier d\u2019« un droit acquis » puisqu\u2019elles étaient liées à leur garderie par un contrat au tarif unique de l\u2019époque.« Le ministère de la Famille n\u2019avait aucun droit de modifier les ententes signées », peut-on lire dans la requête déposée par Mme Allard au palais de justice de Montréal.Le gouvernement de l\u2019ancien premier ministre Philippe Couillard avait annoncé la fin du tarif unique de 7,30 $ par jour, par enfant dès avril 2015.Les libéraux avaient implanté une modulation des tarifs de garde en fonction du revenu.Les parents doivent depuis débourser entre 8 $ et 20 $ par jour pour chacun de leur enfant en garderie en fonction de leur salaire.En 2016, 126 000 familles avaient payé près de 130 millions de dollars en contributions additionnelles, selon les données de Revenu Québec.Rupture de contrat Mme Allard, qui est représentée par Me Melissa Tozzi, plaide que les contrats qu\u2019avaient les parents avec leur établissement de garde ne pouvaient être changés en cours de route.Dans son cas, elle avait signé un premier contrat valide de 2012 à 2017 pour son premier enfant.Puis, elle avait une autre entente pour son deuxième enfant, allant de 2014 à 2019.«Malgré que [Mme Allard] fût liée [à ces contrats], elle GARDERIES Une mère veut poursuivre Québec La hausse des frais de garde décrétée en 2015 pourrait faire l\u2019objet d\u2019une action collective MARCO FORTIER LE DEVOIR À quelques semaines du dépôt probable d\u2019un projet de loi sur les signes religieux, la laïcité reste un sujet « explosif » qui divise profondément les enseignants.La professeure Nadia El-Ma- brouk, bien connue pour son opposition au port de signes religieux, a été bannie d\u2019un colloque syndical auquel elle avait pourtant été invitée à livrer son point de vue.Selon ce que Le Devoir a appris, la direction de l\u2019Alliance des professeures et professeurs de Montréal a annulé l\u2019invitation faite à Mme El-Mabrouk après l\u2019éclatement d\u2019une controverse chez les enseignants.La simple présence prévue de la professeure de l\u2019Université de Montréal au colloque de l\u2019Alliance a provoqué un « malaise » au sein de la profession, et même des « commentaires violents » dans un groupe de discussion Facebook.L\u2019assemblée des délégués du syndicat LAÏCITÉ Des professeurs se posent en censeurs Nadia El-Mabrouk s\u2019est fait retirer l\u2019invitation qui lui avait été faite de participer à un colloque syndical a voté à la majorité l\u2019annulation de la conférence de Nadia El-Mabrouk sur la laïcité au colloque de l\u2019Alliance, prévu les 18 et 19 février 2019.La professeure a aussi été bannie d\u2019une table ronde sur le féminisme où elle devait prendre part avec la journaliste Pascale Navarro.Ce colloque, qui célébrera le 100ean- niversaire de l\u2019Alliance des professeurs, doit regrouper une quarantaine de conférenciers de renom, dont Françoise David et le Dr Jean-François Chi- coine.Ils aborderont une série de thèmes plutôt consensuels, comme l\u2019école de demain, la gestion de classe, les jeux vidéo, le déficit d\u2019attention, et ainsi de suite.Les deux événements auxquels devait participer Nadia El-Mabrouk ont cependant mis le feu aux poudres.Cette expulsion de la conférencière sur fond de désaccord idéologique soulève la grogne au sein de l\u2019Alliance.Des enseignants dénoncent cette « censure » digne des curés du siècle dernier.D\u2019autres se réjouissent de ne pas être exposés à des idées contraires aux positions officielles du syndicat.Des sujets « assez sensibles » « Je vous écris pour vous faire part du malaise que certains profs ont ressenti en recevant le programme du colloque, hier matin, dans leur milieu.En effet, dans le résumé de votre conférence, il est question de sujets assez sensibles chez les profs ; port de signes religieux, cours d\u2019ECR [éthique et culture religieuse], cours à la sexualité, bref, tout cela est assez explosif en ce moment.Nous n\u2019avions évidemment pas prévu que la CAQ serait portée au pouvoir au moment où nous vous avons demandé votre intérêt à participer à ce colloque », indique l\u2019Alliance dans un courriel à Nadia El-Mabrouk daté du 11 décembre 2018.La présence de la professeure au colloque a été annulée le soir même par l\u2019assemblée des délégués.Le conseil VOIR PAGE A 2 : CENSEURS VOIR PAGE A 4 : GARDERIES VOIR PAGE A 4 : SAVANTS L VOL.CX NO 14 / LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 DOSSIER DU SAMEDI Ebola : sur la trace des échantillons perdus Qu\u2019est-il advenu des milliers de ?oles de sang prélevées lors de l\u2019épidémie d\u2019Ébola survenue entre 2014 et 2016 ?Des stocks entiers ont atterri dans des laboratoires occidentaux, dont ceux du Canada, pour servir à développer un vaccin.D\u2019autres ont disparu.Entre ratés éthiques et risques bioterroristes, Le Monde a fait enquête.TEXTES CHLOÉ BETSWEILER EMMANUEL FREUDENTHAL À LIRE DEMAIN Z O O M E D O S S O ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Après les bordées de neige et les grands froids, plusieurs régions du Québec ont reçu jeudi un amalgame de pluie et de verglas, avant que le mercure ne replonge en soirée.Les Québécois devront d\u2019ailleurs apprendre à vivre avec ces épisodes météorologiques intenses au cours des prochaines années.Mais le problème, c\u2019est que les infrastructures publiques ne seraient pas prêtes pour cette nouvelle réalité climatique bouleversée.Dans plusieurs villes de la province, dont Québec et Montréal, les citadins ont eu beaucoup de mal à se déplacer jeudi, en raison des précipitations abondantes et des accumulations d\u2019eau, mais aussi à cause des trottoirs et des artères glacés.Tout en invitant les Montréalais à faire preuve de «résilience» dans les circonstances, la mairesse Valérie Plante a évoqué un « cocktail météo » complexe pour la Ville, prise entre le déneigement, le déblocage des égouts et l\u2019épandage d\u2019abrasifs sur des trottoirs devenus bien souvent impraticables.«Ce ne sera pas facile» vendredi, a-t-elle ajouté au cours d\u2019un point de presse.Météo variable Météorologue à Environnement Canada, Marie-Ève Giguère expliquait d\u2019ailleurs jeudi que le thermomètre, redescendu sous zéro en fin de journée, devrait entraîner le gel de la « slush » qui s\u2019est accumulée en raison du mélange de neige et d\u2019eau.Qui plus est, les prochains jours verront un retour des températures de saison, donc des températures froides.« On va finir le mois de janvier dans le froid », a-t-elle ajouté.Mais est-ce que l\u2019épisode météorologique que le Québec vient de traverser est exceptionnel ?« Ce n\u2019est pas du jamais vu, mais la combinaison de tout cela est assez inhabituelle », selon Mme Giguère.S\u2019il est difficile de lier ce seul « cocktail » météo aux impacts du réchauffement climatique, le directeur général du consortium de recherche Ouranos, Alain Bourque, prévient que les Québécois devront de plus en plus s\u2019habituer à de grandes « variabilités » du climat, notamment en période hivernale.« Les scénarios climatiques sont assez clairs.On anticipe une augmentation des températures en période hivernale, mais aussi une augmentation assez importante des précipitations, de l\u2019ordre de 20 %.On peut donc s\u2019attendre à recevoir beaucoup plus de précipitations en période hivernale », a-t-il d\u2019abord expliqué jeudi.« Les grandes variations de température, des grands froids aux redoux, on a Le climat erratique pose de nouveaux défis Les infrastructures publiques sont mal adaptées aux nouvelles conditions déterminer quel niveau de service on doit atteindre.» Selon des données compilées par le gouvernement fédéral et publiées en décembre dernier, l\u2019adaptation aux changements climatiques ne serait en effet pas prise en compte dans la gestion d\u2019infrastructures pourtant cruciales.Ainsi, à l\u2019échelle nationale, 41,8% des propriétaires d\u2019infrastructures, qui sont souvent des autorités publiques, «n\u2019ont pas considéré l\u2019adaptation aux changements climatiques comme facteur lors de la prise de décisions concernant les actifs d\u2019infrastructures essentielles».Dans le cas des infrastructures de gestion des eaux usées, le taux de prise en compte dans le « processus décisionnel » se situe à seulement 36,4 %.Il chute à 29 % dans le cas des ponts et des tunnels, puis à 18 % pour les transports en commun.Par ailleurs, dans tous les cas, le Québec est globalement moins préparé que le reste du pays.Les rues de la métropole étaient submergées jeudi matin avec la pluie tombée et la fonte de la neige.JACQUES NADEAU LE DEVOIR CENSEURS SUITE DE LA PAGE A 1 d\u2019administration du syndicat s\u2019est plié à la décision des délégués, même s\u2019il avait recommandé de maintenir la conférence et la table ronde où Nadia El-Mabrouk était invitée.« Le conseil d\u2019administration a expliqué que cette personne-là avait été choisie même si elle n\u2019avait pas nécessairement les mêmes opinions et orientations que notre organisation syndicale », explique Catherine Renaud, présidente de l\u2019Alliance.«On n\u2019est pas toujours obligés d\u2019entendre des gens qui pensent comme nous.Ça permet d\u2019échanger et de faire progresser notre réflexion, ajoute-t-elle.On n\u2019a jamais l\u2019unanimité sur des sujets comme ça qui sont polarisants.Il y a des pour et des contre, et pour certains, c\u2019est viscéral.Ce n\u2019est pas différent de ce que pense la population de ces enjeux-là.» Les syndicats d\u2019enseignants, dont l\u2019Alliance, s\u2019opposent officiellement à l\u2019interdiction du port de signes religieux que le gouvernement Legault a promis d\u2019étendre à la profession enseignante.« On ne veut surtout pas que ces personnes-là soient congédiées non plus », précise Catherine Renaud.Luc Charlebois, enseignant de francisation à l\u2019école secondaire Louis- Riel, dans l\u2019est de Montréal, est fâché.Il s\u2019insurge contre ce qu\u2019il considère comme de la « censure ».« La proposition [de retirer l\u2019invitation à la profes- seure El-Mabrouk] a été amenée sur le plancher à la dernière minute, sans Diversité de points de vue Nadia El-Mabrouk estime être victime de censure.JACQUES NADEAU LE DEVOIR déjà vu cela dans le passé.Mais comme nous sommes de plus en plus autour du point de congélation, les cycles de gel et de dégel, mais aussi les alternances entre la neige et la pluie, seront beaucoup plus fréquents », a ajouté M.Bourque, en évoquant des études qui pointent aussi vers une hausse possible des épisodes de verglas.Infrastructures vulnérables Les grandes infrastructures publiques ne seraient toutefois pas adaptées à cette nouvelle réalité, qui devrait s\u2019intensifier au cours des prochaines années.« Il y a deux aspects qui se combinent.Nous ne sommes pas prêts, tout d\u2019abord parce que nos infrastructures ont beaucoup vieilli, selon Alain Bourque.Et d\u2019un point de vue de changements climatiques, nous ne sommes pas prêts, parce que nous utilisons toujours les données climatiques historiques comme hypothèse centrale pour consultation des membres.Il y a un gros problème de démocratie syndicale », dit-il.La professeure a été officiellement mise au ban à cause de ses positions sur l\u2019identité des genres.Dans une chronique dans La Presse +, elle a déjà dit craindre que les cours d\u2019éducation à la sexualité enseignent « l\u2019idéologie queer ».Elle estime que ce phénomène devient une véritable « religion ».Elle déplore que cette seule mise en garde lui vaille d\u2019être traitée de transphobe.« Une accusation de transphobie, c\u2019est une attaque à ma réputation.Ces gens n\u2019ont sûrement pas lu mes articles », dit Nadia El-Mabrouk au Devoir.« La vérité, c\u2019est qu\u2019on me censure.Si ma vie n\u2019est pas en danger en allant au colloque, il n\u2019y a pas de problème à ce que j\u2019y sois.Il y a un débat sur la laïcité qui s\u2019en vient [avec le dépôt promis du projet de loi du gouvernement Le- gault], et là, on est en train de faire de l\u2019intimidation.Les gens n\u2019osent pas s\u2019exprimer sur les signes religieux par crainte d\u2019être taxés de racisme », dit la ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 Sous les radars S avez-vous quelles furent les premières victimes des gilets jaunes ?Lorsque, à la faveur d\u2019une taxe sur le diesel, des milliers d\u2019hommes et de femmes ont surgi de nulle part en novembre dernier pour s\u2019emparer des ronds-points de la France, la surprise fut totale.Dirigeants politiques, journalistes, sociologues, personne n\u2019avait vu venir cette irruption spontanée, et encore moins prévu que le mouvement durerait plus de deux mois.Étrangement, les premières cibles de ces sans-culottes postmodernes ne furent ni les entreprises, ni les administrations publiques, ni les policiers.Ce furent\u2026 les radars ! Dès la fin de novembre, La Dépêche du Midi rapportait qu\u2019en dix jours seulement plus de 600 radars avaient été vandalisés sur les routes.Certains ont été démolis ou incendiés.D\u2019autres ont été recouverts de peinture ou d\u2019une simple bâche.Selon les organismes spécialisés, pas moins des deux tiers des radars de la France sont aujourd\u2019hui hors service.Pour décrire cette insurrection des ronds-points, on a parlé de « jacqueries », ces révoltes paysannes spontanées et violentes qui furent dirigées contre la noblesse, mais dont la bourgeoisie naissante se dissocia rapidement.Sous l\u2019Ancien Régime, on traitait de « jacques » les vilains et les bouseux.Un peu comme aujourd\u2019hui la nouvelle bourgeoisie 2.0 des quartiers gentrifiés parle des « beaufs » pour ridiculiser ces habitants des quartiers périphériques, à qui l\u2019on ne se gêne pas pour faire la morale (le « mononcle » québécois).Mais la dégradation des radars n\u2019évoque-t-elle pas aussi la lointaine révolte des premiers ouvriers de l\u2019ère industrielle qui détruisaient, eux, les métiers à tisser et les machines à carder ?Marx a longuement décrit ces premières mutineries ouvrières, comme celle des luddites anglais au début du XIXe siècle.Comme la nôtre, cette époque connaissait des mutations profondes.C\u2019est alors que l\u2019on supprima les lois protégeant les artisans au profit de ce qu\u2019on appelle toujours le « laisser-faire ».En 1812, ces destructions seront punies de la peine de mort et plusieurs luddistes seront pendus.Coïncidence, le héros du dernier roman de Michel Houelle- becq, Sérotonine, se fait, lui, un devoir de détruire les détecteurs de fumée chaque fois qu\u2019il arrive quelque part.Deux siècles séparent évidemment les luddites des gilets jaunes.Mais faut-il s\u2019étonner qu\u2019un mouvement aussi spontané et désorganisé que ses lointains aïeuls s\u2019en prenne aux radars ?Ces « pompes à fric » rapportent 6,5 milliards de dollars à l\u2019État chaque année.Et qui en sont les principales victimes sinon les habitants de ces régions souvent désertifiées où, à cause du dépérissement des petites villes, la voiture est devenue un esclavage ?En Angleterre, il a fallu le mouvement chartiste, puis les trade unions, pour calmer la révolte contre les machines, humaniser le travail et rendre leur dignité aux ouvriers.Abandonnés et même dénigrés par la gauche, ignorés des syndicats, sans la moindre organisation, les gilets jaunes évoquent en contrepoint ces mouvements spontanés sans la moindre organisation.D\u2019où ce sentiment légitime de hurler dans le désert.Parmi les tout premiers témoignages du « grand débat » que vient de lancer Emmanuel Macron, on a entendu des maires expliquer comment leur petite ville était en déshérence depuis que la poste, la caisse d\u2019épargne et le boulanger avaient fermé.Au pays de la baguette, de la flûte et du bâtard, on a même remplacé dans certains villages la boulangerie par des distributrices de pain ! Mais ce qu\u2019on sentait surtout dans ces témoignages, c\u2019était l\u2019infinie tristesse de ces habitants dont le milieu de vie se désagrège.Des villageois à qui l\u2019on offre pour seul prix de consolation des comptoirs automatisés symboles d\u2019une machine administrative froide et anonyme.Ce n\u2019est pas un hasard si plusieurs ont retrouvé dans la fraternité des ronds- points la convivialité du café du coin.Un café qui, dans de nombreux endroits, est placardé.En France, ce sont 7000 cafés qui ferment par année ! Ce n\u2019est pas être chauvin que de constater que peu de pays ont atteint comme la France un tel raffinement dans l\u2019art de la convivialité, que ce soit celle de la table, celle des rapports de séduction ou celle de la simple conversation.Bien au- delà des problèmes de taxation et de niveau de vie, pourtant réels, ce qu\u2019illustre la révolte des gilets jaunes, c\u2019est que les Français ne se résignent pas à voir leurs relations humaines, que ce soit avec le facteur, avec le boulanger ou même avec la police, supprimées ou réduites à de simples et froids échanges avec des machines.Plus que les échauffourées des grandes villes et leur show médiatique, ces destructions de radars expriment un sentiment de dépossession.Comment ne pas y voir une inquiétude légitime face à une société qui se déshumanise ?Pendant que les bobos parisiens se gorgent de technologies et bousculent les passants paisibles en circulant en trottinette électrique sur les trottoirs enfermés dans leur monde numérique au son d\u2019une musique de robots, la France d\u2019en bas lance un cri d\u2019alarme.Mais qu\u2019entend-on du monde extérieur avec un casque d\u2019écoute sur les oreilles ?HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L\u2019animosité entre le Québec et le reste du pays n\u2019est pas qu\u2019affaire de premiers ministres provinciaux se chamaillant au sujet d\u2019oléoducs.Les Québécois et les citoyens des autres provinces canadiennes se regardent aussi en chiens de faïence, révèle un nouveau sondage.Le Québec est non seulement la province considérée comme la plus gourmande de la fédération, c\u2019est aussi celle que le reste du Canada estime la moins aimante envers ses partenaires.Ainsi, lorsque la firme Angus Reid a demandé à 4024 répondants en ligne quelles provinces retiraient des bénéfices supérieurs à leurs contributions au Canada, le Québec a été montré du doigt à travers le pays : 83 % des Alber- tains pensent que le Québec empoche plus que ce qu\u2019il apporte, 73 % des Sas- katchewanais pensent de même, tout comme 62% des Manitobains, 60% des Britanno-Colombiens et 59% des Onta- riens et des résidents des Maritimes.À titre de comparaison, l\u2019Ontario arrive au second rang des provinces mal- aimées à ce chapitre, mais ce ne sont qu\u2019entre 37 % et 44 % des habitants de l\u2019Ouest qui pensent que le fief de Doug Ford exploite ses partenaires de la fédération.Seulement 28 % des gens des Maritimes pensent de même et 11 % des Québécois.En mal d\u2019amour Les répondants au sondage ont aussi dû indiquer, pour chaque province, s\u2019ils croyaient qu\u2019elle était proche de la leur ou amicale envers elle.Le constat est clair : aucune province canadienne ne pense que le Québec l\u2019aime.En Ontario, seulement 12% des répondants pensent que le Québec a de la sympathie pour eux.Dans les provinces atlantiques, ils sont 7% à penser de même.Le pourcentage descend à 6% en Colombie-Britannique, à 3 % au Manitoba, à 2 % en Saskatchewan et à 1 % en Alberta.Aucune autre province ne se voit accorder d\u2019aussi mauvais sentiments.Le sondage confirme donc une fois de plus que l\u2019amour n\u2019est pas toujours réciproque : les Québécois ont été, eux, 44 % à répondre que l\u2019Ontario leur était sympathique et 42 % à dire la même chose du Nouveau-Brunswick, nos deux voisins limitrophes.À la question plus directe encore « Y a-t-il des provinces qui sont moins proches de la vôtre ou qui y sont hostiles », 81 % des Albertains ont désigné le Québec, 74 % des Saskatche- wanais, 57 % des Manitobains et 56 % des Ontariens.Encore une fois, le Québec obtient les pires résultats à cette question.Le sondage a été mené en ligne entre le 21 décembre et le 3 janvier dernier auprès de 4024 répondants.Un sondage probabiliste de taille comparable aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.Le PQ veut « en savoir plus » Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, désire «en savoir plus» sur les raisons pour lesquelles le Québec est «moins populaire».«Si c\u2019est parce que le Québec fait part de ses revendications et de sa spécificité, ça ne va pas changer», a-t-il averti en marge d\u2019une rencontre de son équipe jeudi.Puis, l\u2019élu gaspésien a fait la promotion du projet d\u2019indépendance du Québec non seulement auprès des Québécois, mais aussi auprès des Canadiens.«C\u2019est même positif pour le Canada, qui se construit selon ses propres intérêts», a-t- il plaidé.Même s\u2019ils ne partagent pas le «même destin» que les autres Canadiens, les Québécois souhaitent nouer une relation de bon voisinage avec le reste du pays, a poursuivi M.Bérubé.«Comme voisin, on a intérêt à avoir de bonnes relations, mais nous, la relation qu\u2019on souhaite, c\u2019en est une de partenariats et de collaboration.» Avec Marco Bélair-Cirino Le Québec, ce grand mal-aimé du Canada Les syndicats de l\u2019Agence du revenu du Canada ont convaincu le NPD de retirer son appui à une déclaration de revenus unique administrée par le Québec afin d\u2019éviter des pertes d\u2019emplois chez les fonctionnaires fédéraux.JACQUES GRENIER LE DEVOIR HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L\u2019unanimité de l\u2019opposition à Ottawa en faveur de la déclaration de revenus unique s\u2019effrite.Le NPD de Jagmeet Singh n\u2019appuie plus cette idée parce que les syndicats des employés de l\u2019Agence du revenu du Canada (ARC) l\u2019ont convaincu que ce changement entraînerait à coup sûr d\u2019importantes pertes d\u2019emplois au Québec.Les militants néodémocrates réunis en congrès en février 2018 avaient appuyé la déclaration de revenus unique gérée par Revenu Québec à condition que les emplois soient maintenus.« Il y a eu de nombreuses discussions avec des représentants du syndicat », relate le député Pierre-Luc Dusseault, porte-parole du parti en matière de revenu national.« On tenait à promettre cela à la prochaine campagne électorale, mais force a été de constater que les syndicats ne voyaient aucune option qui pouvait les satisfaire.[\u2026] Ils ne pensent pas que ce soit possible de faire cela sans pertes d\u2019emplois dans la fonction publique fédérale.Et pour eux, le transfert d\u2019emplois fédéraux vers le provincial n\u2019est pas envisageable parce que les conditions de travail à Revenu Québec sont plus basses.» Il n\u2019y a donc plus que le Parti conservateur et le Bloc québécois qui appuient à Ottawa cette idée qui a fait l\u2019objet à Québec d\u2019une motion unanime à l\u2019Assemblée nationale.Le premier ministre François Legault a admis que c\u2019est « certain » qu\u2019il y aurait des pertes d\u2019emplois découlant de l\u2019instauration de la déclaration de revenus unique.Andrew Scheer, lui, a soutenu cette semaine que ces pertes n\u2019étaient pas inéluctables : les travailleurs pourraient être affectés à d\u2019autres tâches au sein de l\u2019ARC, notamment à la lutte contre l\u2019évasion fiscale (une thèse que le NPD avait lui aussi défendue au départ).Le président du syndicat des employés de l\u2019impôt, Marc Brière, démolit cet optimisme.« Pour faire de la lutte contre l\u2019évasion fiscale, il faut dix, quinze ans d\u2019ancienneté.Dire que quelqu\u2019un qui fait 50 000$ à Jonquière [à traiter des déclarations] va faire de la traque à l\u2019évasion fiscale sans diplôme universitaire, sans expérience, c\u2019est complètement ridicule.C\u2019est impossible.» L\u2019Agence du revenu du Canada emploie environ 5300 personnes au Québec, dont 1600 à Shawinigan et 1000 à Jonquière, deux villes où le taux de chômage est historiquement élevé.Les libéraux de Justin Trudeau, dont le député de Shawinigan, François-Phi- lippe Champagne, évoquent ces nombreux emplois pour justifier leur opposition à la déclaration de revenus unique.La députée caquiste qui représente notamment Shawinigan, Marie-Louise Tardif, dit ne pas craindre pour sa région, puisque les travailleurs de l\u2019ARC n\u2019y traitent plus de déclarations.Ils sont plutôt affectés à la vérification et au recouvrement dans des dossiers en provenance de partout au Canada.Le syndicaliste Marc Brière pense qu\u2019elle a tort.Les fonctions de vérification et de recouvrement des dossiers québécois seront elles aussi transférées à Revenu Québec, plaide-t-il.Il ne restera que les dossiers hors Québec.« Mais si tout part et qu\u2019il ne reste qu\u2019une poignée de monde à Shawinigan, pensez-vous vraiment que le fédéral va laisser les jobs là ?[\u2026] Il pourrait y avoir un peu de ressentiment dans le reste du pays.» En coulisses à Ottawa, on fait effectivement valoir qu\u2019il ne resterait pas de masse critique justifiant le maintien des fonctions restantes au Québec.À Jonquière, la députée fédérale néo- démocrate Karine Trudel n\u2019est plus en faveur de la déclaration de revenus unique, tandis que son vis-à-vis provincial, le péquiste Sylvain Gaudreault, l\u2019appuie à condition qu\u2019il n\u2019y ait pas de pertes d\u2019emplois.« L\u2019objectif n\u2019est pas de faire perdre des emplois.L\u2019objectif est de simplifier la vie des citoyens.» M.Brière se moque par ailleurs de la prétention de François Legault que la déclaration unique fera économiser 500 millions de dollars.« C\u2019est le gouvernement fédéral qui va faire l\u2019économie, pas le gouvernement provincial ! » Avec Marco Bélair-Cirino IMPÔT Le NPD renonce à l\u2019idée d\u2019une déclaration unique CHRISTIAN RIOUX Parmi les tout premiers témoignages du « grand débat » que vient de lancer Emmanuel Macron, on a entendu des maires expliquer comment leur petite ville était en déshérence depuis que la poste, la caisse d\u2019épargne et le boulanger avaient fermé.Au pays de la baguette, de la flûte et du bâtard, on a même remplacé dans certains villages la boulangerie par des distributrices de pain ! LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.\u2022 Accès illimité à l\u2019application Le Devoir Mobile \u2022 Accès à 100 % du contenu du site Web \u2022 Formule virtuelle et version PDF \u2022 Édition tablette chaque jour \u2022 25 articles gratuits par mois dans les archives * c .oir v e d e l n i a s m è d z ve i r c s n I r 2 e i r v é 5 f e 1 l i t p i r c s n s i e L e s s a l c / m o t au n a n e t s u vo - .9 1 0 t n e n i m r e e t s s n o Les pratiques de l\u2019édition scientifique dénoncées Accepter un nouveau tarif ou perdre sa place en garderie GARDERIE SUITE DE LA PAGE A 1 a reçu un relevé 30 pour l\u2019année fiscale 2015 ayant pour effet de lui imputer la contribution additionnelle », explique la requête.Avertie que ses enfants seraient évincées de leur garderie si elle n\u2019acceptait pas un nouvel accord, la mère raconte avoir été contrainte de signer un contrat tenant compte des nouveaux tarifs.La Montréalaise a donc décidé de se tourner vers les tribunaux pour obtenir le remboursement de ces contributions additionnelles.Elle souhaite agir à titre de représentante de l\u2019action en justice au nom de tous les parents québécois qui se sont retrouvés dans la même situation qu\u2019elle.Si la demande est autorisée, un juge devra établir si le ministère de la Famille avait la légitimité d\u2019assujettir à la nouvelle loi les parents ayant déjà un contrat en cours avec leur établissement de garde.Elle vise les parents qui avaient un enfant inscrit dans un centre de la petite enfance (CPE) ou une garderie subventionnée préalablement à l\u2019entrée en vigueur des modifications apportées à la loi et qui étaient liés par un contrat couvrant la période de l\u2019été 2014 à l\u2019automne 2015.Elle vise également les parents qui avaient un contrat de longue durée couvrant plus d\u2019une année scolaire allant après septembre vants dans le monde.Ces cinq conglomérats \u2014 les groupes Elsevier, Springer Nature, John Wiley & Sons, Taylor & Francis et Sage Publications \u2014 étouffent littéralement les bibliothèques universitaires en accaparant entre 70 et 80 % des budgets d\u2019acquisition.Le problème est si grave que plusieurs bibliothèques n\u2019ont plus les moyens d\u2019acheter des livres, a rapporté Le Devoir en juin dernier.Le modèle d\u2019affaires de ces géants est simple : ils obtiennent gratuitement leurs articles, qu\u2019ils revendent à gros prix aux bibliothèques universitaires.Les chercheurs ne sont pas payés pour leur travail.Les textes sont aussi révisés gratuitement par des pairs.Les bibliothèques universitaires n\u2019ont pas le choix de s\u2019abonner aux périodiques savants pour que professeurs et étudiants aient accès à la littérature scientifique.Plus préoccupant encore, les grands éditeurs font payer des milliers de dollars aux chercheurs qui veulent publier leurs articles en libre accès.2015.Mme Allard souhaite également représenter les parents qui, malgré un contrat en vigueur, ont accepté de signer une nouvelle entente de crainte de voir leur enfant perdre sa place en garderie.« Est-ce que les modifications apportées à la loi en 2015 [\u2026] avaient un veulent publier en libre accès (le nouveau Quantitative Science Studies facturera entre 600 $ et 800 $ aux auteurs).Ils voulaient aussi que les références citées dans le texte soient offertes gratuitement, ce qu\u2019Elsevier a refusé \u2014 et que la nouvelle publication offrira.Le comité éditorial voulait d\u2019abord et avant tout que la société savante de la discipline \u2014 l\u2019International Society for Scientometrics and Informetrics (ISSI) \u2014 devienne propriétaire du magazine, ce qui n\u2019était « pas négociable », a indiqué Elsevier dans une longue déclaration publiée le 15 janvier.« Il arrive parfois que les comités éditoriaux et les éditeurs aient des opinions divergentes au sujet de l\u2019avenir et de la direction d\u2019un journal.Dans certains cas, une entente ne peut être conclue.Le comité éditorial peut décider d\u2019offrir ses services ailleurs, surtout s\u2019il reçoit du soutien financier », a écrit Tom Reller, vice-président aux communications chez Elsevier.« Toute démission d\u2019un comité éditorial est malheureuse », ajoute-t-il, mais l\u2019éditeur conserve des relations fructueuses avec les membres des dizaines d\u2019autres publications de l\u2019entreprise.Il y a trois ans, le comité éditorial du magazine Lingua, propriété du groupe Elsevier, avait claqué la porte dans des circonstances similaires.Lingua a survécu.Son nouveau concurrent aussi.Ce modèle d\u2019affaires est remis en question avec de plus en plus de véhémence dans les universités de partout dans le monde.Appui du MIT Le nouveau magazine fondé par les 27 professeurs de bibliométrie, le Quantitative Science Studies, sera ainsi publié en collaboration avec l\u2019éditeur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT).Il s\u2019agit d\u2019une association toute « naturelle », indique au Devoir Nick Lindsay, directeur des périodiques et des données ouvertes chez MIT Press.« Nous sommes déterminés à trouver des façons de publier davantage de livres et de journaux sur le modèle du libre accès », précise-t-il.MIT Press a publié à ce jour une centaine de livres et huit périodiques en données ouvertes, donc accessibles gratuitement.La fondation de la Bibliothèque nationale de science et technologie d\u2019Allemagne s\u2019est aussi engagée à verser 180 000 euros (272 772 $CAN) sur trois ans au nouveau magazine.Les membres du comité éditorial du Journal of Informetrics ont négocié en vain durant plus d\u2019un an et demi avec Elsevier dans l\u2019espoir de changer le modèle d\u2019affaires du magazine, explique Vincent Larivière.Ils tenaient notamment à baisser les frais de 1800 $US exigés des chercheurs qui M.Larivière a été nommé éditeur intérimaire (et bénévole) du nouveau magazine.Il est un des meneurs de cette rébellion contre le géant Elsevier, plus important éditeur scientifique de la planète, qui a fait des profits de 1,2 milliard $US en 2017 \u2014 en hausse de 36 %.« Ça fait des années qu\u2019on dénonce les pratiques de l\u2019industrie de l\u2019édition scientifique.Il faut être cohérents et reprendre le contrôle de nos publications », explique le professeur, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante.Contre une « arnaque » Vincent Larivière n\u2019hésite pas à parler d\u2019une « arnaque » lorsqu\u2019il décrit les pratiques commerciales des cinq plus grands éditeurs scientifiques, qui publient plus de la moitié des articles sa- SAVANTS SUITE DE LA PAGE A 1 effet rétroactif sur les contrats en vigueur ?» « Est-ce que les membres des groupes visés [par l\u2019action] bénéficiaient des droits acquis prévus à leur contrat ?», « Est-ce que les contrats des membres [de l\u2019action] furent signés en bonne et due forme et sont valides ou le consentement des membres fut-il vicié par la crainte ?» et « Est-ce que le gouvernement est partie contractante aux ententes de service de garde subventionnées signées entre les parents et les établissements ?» sont les quatre questions que souhaite soumettre Mme Allard au tribunal.Le ministère de la Famille a indiqué qu\u2019il ne commentera pas le dossier, puisqu\u2019il n\u2019en avait pas encore pris connaissance.Par ailleurs, le cabinet du ministre de la Famille, Mathieu La- combe, a réitéré son engagement à mettre fin à la modulation des tarifs de garde selon le revenu.« La Coalition avenir Québec s\u2019est engagée à un retour au tarif unique et cela se fera au cours du mandat », a indiqué Isabelle Lewis, directrice des communications au cabinet du ministre Lacombe.Le tarif unique sera de 8,05 $ et serait indexé annuellement.L\u2019association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) a refusé jeudi de commenter l\u2019action devant les tribunaux.La directrice générale, Geneviève Bélisle, a tout de même rappelé les positions récentes de l\u2019association, qui avait salué l\u2019engagement du nouveau gouvernement caquiste d\u2019annuler la modulation.Rappelons que l\u2019AQCPE avait fortement dénoncé la hausse des frais de garde, qu\u2019elle appelait « la taxe famille ».Avec Jessica Nadeau Les libéraux avaient annoncé la fin du tarif unique de 7,30 $ par jour dès avril 2015.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Le modèle d\u2019affaires de ces géants est simple : ils obtiennent gratuitement leurs articles, qu\u2019ils revendent à gros prix aux bibliothèques universitaires LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 5 E N B R E F Le robot mobile de la NASA sur Mars est toujours muet, pour son 15e anniversaire CAP CANAVERAL \u2014 Le robot mobile Opportunity de la NASA souligne bien silencieusement le 15e anniversaire de son arrivée sur Mars.L\u2019engin spatial n\u2019a pas donné de nouvelles depuis une gigantesque tempête en juin dernier.Il y avait tellement de poussière dans l\u2019atmosphère martienne que la lumière du Soleil ne pouvait plus atteindre les panneaux solaires d\u2019Opportunity.Les contrôleurs de vol de la NASA continuent d\u2019envoyer des commandes au robot mobile dans l\u2019espoir de recevoir une réponse.Mais le chef de projet John Callas a admis que plus la panne s\u2019éternise, plus un contact devient improbable.Le vaisseau Opportunity s\u2019était posé sur Mars le 24 janvier 2004.Associated Press Des passagers ont été incommodés dans un avion à l\u2019aéroport de Québec QUÉBEC \u2014 Des passagers d\u2019un avion qui s\u2019apprêtait à s\u2019envoler pour Fort Lauder- dale en Floride ont été incommodés, jeudi matin, à l\u2019Aéroport international Jean-Lesage de Québec.Certains des 185 passagers à bord ont ressenti un malaise alors que l\u2019on procédait à une opération de déglaçage d\u2019un appareil d\u2019Air Transat.Vers 10h45, les autorités de l\u2019aéroport ont été informées de l\u2019évacuation de l\u2019appareil.Ceux qui ont été incommodés ont été évalués par les services d\u2019urgence.Les premiers répondants ont fait état de cas d\u2019irritation des yeux, d\u2019étourdissements ou de légers vomissements.La compagnie d\u2019aviation a entamé une enquête pour déterminer l\u2019origine du problème.On pense qu\u2019il pourrait y avoir eu un problème de ventilation durant la période de dégivrage.La Presse canadienne Un homme d\u2019affaires lié à la mafia abattu à Montréal Un homme d\u2019affaires connu pour ses liens avec la mafia italienne à Montréal a été tué par balle vers 11h15, jeudi, dans le secteur Notre-Dame-de-Grâce à Montréal.Bien que les policiers refusent de confirmer son identité, La Presse canadienne a obtenu confirmation de source sûre qu\u2019il s\u2019agit de Tony Magi.Les policiers y ont découvert son corps inanimé à l\u2019entrée d\u2019un garage de la rue Saint- Jacques, près de l\u2019intersection de l\u2019avenue Beaconsfield.Il aurait été atteint d\u2019au moins un projectile d\u2019arme à feu au haut du corps.Des témoins sur place ont toutefois rapporté avoir entendu plusieurs coups de feu.L\u2019homme a été transporté à l\u2019hôpital dans un état initialement jugé critique et il a finalement succombé à ses blessures un peu plus tard.Aucun suspect n\u2019a été arrêté.La Presse canadienne Le robot mobile Opportunity NASA ASSOCIATED PRESS JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La commission chargée d\u2019étudier le projet de mégacentre commercial Royal- mount recommande la suspension du projet afin de revoir sa planification et d\u2019en faire un «quartier complet à échelle humaine ».Elle suggère même à la Ville et à l\u2019agglomération d\u2019envisager des recours légaux si aucune entente n\u2019est conclue avec le promoteur pour redéfinir le projet.La Commission sur le développement économique et urbain et l\u2019habitation, que préside le conseiller Richard Ryan, estime que compte tenu de l\u2019envergure du projet, des impacts négatifs qu\u2019il aura sur la circulation routière et de l\u2019absence d\u2019études d\u2019impact sur l\u2019environnement, le projet doit être mis en veilleuse.Ce temps d\u2019arrêt permettra au promoteur Carbonleo et aux autorités de procéder à une « planification intégrée » pour faire un projet qui réponde aux « besoins de la population montréalaise ».Moins de stationnement La Commission recommande également que Montréal demande au gouvernement du Québec des modifications législatives «afin de prévoir l\u2019ajout d\u2019un outil urbanistique visant à assurer la cohésion de tout développement d\u2019envergure régionale ».Ce projet de 2 milliards, qui aura des impacts majeurs dans toute la région, a déjà obtenu l\u2019aval de la municipalité de Mont-Royal, mais celle-ci ne représente que 1% de la population de l\u2019agglomération, rappelle la Commission.Selon les plans présentés, le mégacen- tre commercial qui doit voir le jour à la jonction des autoroutes 15 et 40 comportera quelque 160 boutiques, jusqu\u2019à 75 restaurants, des cinémas, un parc aquatique et 8000 places de stationnement.Le promoteur a récemment indiqué son intention d\u2019y ajouter un volet résidentiel, ce qui nécessitera une modification du schéma d\u2019aménagement et de développement de l\u2019agglomération.La Commission demande que le promoteur réduise « de manière substantielle » le nombre de cases de stationnement « en cohérence avec les objectifs de réduction de la part modale des véhicules automobiles sur le territoire montréalais ».Elle réclame également des solutions durables en matière de mobilité et de transport, compte tenu de l\u2019impact appréhendé du projet sur la congestion routière dans le secteur.Comme des investissements importants seront requis pour développer le transport actif et collectif dans le secteur Namur/De la Savane, la Commission suggère qu\u2019une « partie équitable » des revenus de taxation de Mont- Royal et de l\u2019agglomération soit consacrée à cette fin.Avec l\u2019ajout d\u2019une composante résidentielle, le promoteur doit viser la création d\u2019un « réel quartier complet à échelle humaine » en y incluant des services de proximité, des parcs, des équipements de loisirs et communautaires, signale la Commission.Il doit aussi prévoir des terrains « appropriés » pour la construction d\u2019écoles sur le site.Le volet résidentiel devrait aussi inclure du logement social, abordable et familial, avance la Commission.L\u2019autonomie des villes Les élus membres de la Commission ont approuvé à la majorité les quinze recommandations jeudi.Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, et son homologue de Dollard-des-Ormeaux, Alex Bottausci, ont voté contre.« Les recommandations [\u2026] ont pour effet d\u2019empiéter sur les compétences locales exclusives aux villes liées de l\u2019agglomération », a indiqué Robert Coutu en rappelant que le projet respectait le schéma d\u2019aménagement adopté par l\u2019agglomération en 2015.L\u2019élu estime que la Commission va trop loin en évoquant le recours aux tribunaux pour forcer la main au promoteur.Présent à l\u2019hôtel de ville, le vice-président directeur de Carbonleo, Claude Marcotte, n\u2019a pas semblé ébranlé par les recommandations de la Commission qui prônent d\u2019importants changements au projet.« On comprend qu\u2019il y a certains éléments qui devront être revus, a-t-il dit.On va continuer à travailler avec les organismes, les municipalités et les fonctionnaires de façon à bonifier le projet comme on le fait depuis trois, quatre ans.» Échéanciers à respecter La menace d\u2019une suspension du projet n\u2019a pas paru l\u2019inquiéter: «Les échéances sont serrées, a-t-il reconnu.Mais on a trois ans avant l\u2019ouverture, donc, on a amplement le temps de prendre en considération les recommandations constructives et faire les modifications s\u2019il y a lieu.» De son côté, la mairesse Valérie Plante commentera le dossier vendredi matin.MONTRÉAL La suspension du projet Royalmount recommandée MARCO BÉLAIR-CIRINO À SAINTE-AGATHE-DES-MONTS LE DEVOIR Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, invite la classe politique québécoise à adopter une «position rassembleuse» sur la laïcité de l\u2019État.« On serait encore plus forts s\u2019il y avait un consensus de toute l\u2019Assemblée nationale », a-t-il déclaré au terme d\u2019un caucus de deux jours des élus péquistes dans Les Pays-d\u2019en-Haut jeudi.M.Bérubé a invité le chef du gouvernement François Legault à prendre l\u2019initiative de discussions transparti- sanes sur le sujet.« Si le premier ministre a envie de convoquer l\u2019ensemble des chefs parlementaires en début de session pour en discuter, ça me fera plaisir de me rendre disponible », a-t-il affirmé, à moins de deux semaines de la reprise des travaux parlementaires.Les programmes du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec \u2014 qui prévoient tous deux de frapper d\u2019une interdiction d\u2019afficher leurs convictions religieuses les employés de l\u2019État en « position d\u2019autorité » \u2014 les policiers, procureurs, juges, gardiens de prison, ainsi que les éducateurs en garderie et les enseignants \u2014 sont « très près », a répété M.Bérubé jeudi.Pour parvenir à une « position rassembleuse », le Parti libéral du Québec et Québec solidaire devront nécessairement faire des « avancées », a-t-il précisé.« L\u2019essentiel, c\u2019est que les personnes en autorité ne portent pas de signes religieux », a-t-il dit, exprimant une nouvelle fois sa « volonté de régler » le débat sur la laïcité de l\u2019État une fois pour toutes.Les ruraux « en colère » Entouré de ses principaux officiers, Martin Ouellet et Harold Lebel, le chef intérimaire a pointé les quatre fronts sur lesquels se battront les 10 élus du PQ: la souveraineté, la langue et les intérêts du Québec; la crise climatique; le développement régional ; et la justice sociale.Pascal Bérubé s\u2019inquiète de la « colère » grandissante dans les régions du Québec,dont 9 des 10 députés sont issus.L\u2019état d\u2019esprit des ruraux québécois est toutefois «très différent» de celui des gilets jaunes français, a précisé le chef péquiste.Pour apaiser cette « colère », le gouvernement caquiste doit, « par équité», consentir aux régions des «éléments de développement essentiels», à commencer par un accès à des infrastructures de transport adaptées, au réseau Internet haute vitesse et de téléphonie cellulaire et à des services de proximité.« Il y a eu un démantèlement de nos outils de développement dans les régions », a déploré le député de Ri- mouski, Harold Lebel.Demande d\u2019indulgence Près de quatre mois après une défaite électorale qui a « fait mal, très mal », l\u2019élue péquiste Lorraine Richard a sollicité l\u2019indulgence des médias.« Soyez un petit peu indulgents envers le PQ, autant que vous l\u2019êtes avec la Coalition avenir Québec depuis qu\u2019ils sont arrivés au pouvoir », a-t-elle lancé.Le PQ, « grand parti » fondé par René Lévesque, attire l\u2019attention médiatique « parce qu\u2019on a toujours été dans une mouvance de chicane».Or cette époque est révolue, a-t-elle statué.QUÉBEC Laïcité : le PQ appelle à la transpartisanerie Un test pour le « nationaliste » Legault L\u2019approche « nationaliste » de François Legault en matière de relations Québec-Canada subira le « test de réalité en 2019 », a soutenu M.Bérubé, pointant la demande de l\u2019Assemblée nationale de confier à Revenu Québec le traitement d\u2019une déclaration de revenus unique.En cas d\u2019échec, « on va tirer des conclusions collectives, [à savoir] que la seule façon d\u2019opérer pleinement notre vie collective, c\u2019est d\u2019avoir l\u2019ensemble de nos moyens à notre disposition », a déclaré M.Bérubé.LA PRESSE CANADIENNE À OTTAWA L\u2019ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, affirme qu\u2019il s\u2019est « mal exprimé » lorsqu\u2019il a laissé entendre que la directrice financière de Hua- wei Meng Wanzhou avait une « défense robuste » pour éviter son extradition aux États-Unis.Dans une déclaration transmise en fin de journée jeudi, M.McCallum a souligné que le Canada a entrepris des procédures judiciaires « justes, impartiales et transparentes » envers Mme Meng, et que ces procédures permettent aux particuliers de soumettre une défense robuste devant les tribunaux.« Je suis désolé que mes propos ayant trait aux procédures judiciaires concernant Mme Meng aient semé la confusion.Je me suis mal exprimé.Ils ne reflètent pas fidèlement ma position sur la question.Comme le gouvernement l\u2019a toujours dit clairement, il n\u2019y a eu aucune intervention politique dans ce dossier », peut-on lire dans la déclaration.« En tant qu\u2019ambassadeur du Canada en Chine, je n\u2019ai aucun rôle à jouer dans l\u2019évaluation des arguments ni à me prononcer sur le processus d\u2019extradition.La priorité du gouvernement du Canada, ainsi que la mienne, est d\u2019obtenir la libération des deux Canadiens détenus arbitrairement en Chine et de veiller à la protection des droits de tous nos citoyens.Toutes les mesures prises par notre gouvernement sont axées sur leur sécurité.Cela restera notre priorité absolue jusqu\u2019à ce qu\u2019ils puissent rentrer chez eux », a ajouté M.McCallum.Les commentaires candides de John McCallum au sujet de l\u2019affaire Meng Wanzhou avaient fait écarquiller bien des yeux et suscité de nombreuses réactions, quand certains y avaient vu un stratagème politique pour dénouer la sérieuse crise diplomatique entre Ottawa et Pékin.Au cours d\u2019une conférence de presse avec des médias sinophones dans la région de Toronto, M.McCallum avait déclaré qu\u2019à son avis, Mme Meng a de bons arguments juridiques qui pourraient lui permettre d\u2019éviter l\u2019extradition vers les États-Unis.Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a sauté sur l\u2019occasion pour réclamer le congédiement de l\u2019ambassadeur en Chine pour ces déclarations.Il a dénoncé le fait que ces commentaires puissent remettre en doute la séparation des pouvoirs politiques et juridiques.Le premier ministre Justin Trudeau a rejeté les appels au congédiement de John McCallum.Il a estimé qu\u2019un tel geste n\u2019aiderait pas à accélérer la libération des deux citoyens détenus par les autorités chinoises.AFFAIRE HUAWEI McCallum affirme s\u2019être « mal exprimé » Avec l\u2019ajout d\u2019une composante résidentielle, le promoteur doit viser la création d\u2019un « réel quartier complet à échelle humaine » en y incluant des services de proximité, des parcs, des équipements de loisirs et communautaires, signale la Commission sur le développement économique et urbain et l\u2019habitation Pascal Bérubé JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 ELODIE CUZIN À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Le plan de Donald Trump pour sortir du shutdown (paralysie partielle des administrations fédérales) le plus long de l\u2019histoire américaine n\u2019a pas passé jeudi l\u2019obstacle du Sénat américain, les démocrates restant fermement opposés à l\u2019adoption d\u2019un budget pour construire un mur à la frontière avec le Mexique.Au 34e jour de l\u2019impasse budgétaire, aucune solution n\u2019apparaît encore pour sortir de la paralysie qui frappe un quart des administrations fédérales américaines, 800 000 fonctionnaires et de nombreux sous-traitants.Républicains et démocrates restaient fermement campés sur leurs positions.« Nous ne céderons pas ! », a encore tweeté Donald Trump à propos du mur avant le vote.Les républicains sont majoritaires au Sénat, mais avec 53 voix sur 100, ils avaient besoin de votes démocrates pour atteindre le palier des 60 voix nécessaires au passage de la proposition de Donald Trump.Peine perdue.Le texte républicain, basé sur la proposition de Donald Trump, aurait permis de financer le gouvernement jusqu\u2019en septembre.Surtout, il intégrait l\u2019enveloppe de 5,7 milliards de dollars pour le mur, ainsi qu\u2019une concession accordée samedi par M.Trump: un sursis de trois ans pour un million d\u2019immigrants directement menacés d\u2019expulsion.Un vote a suivi dans la foulée sur une contre-proposition des démocrates, qui a elle aussi échoué.Elle prévoit de financer partiellement le gouvernement jusqu\u2019au 8 février.Une fois sortis de l\u2019impasse budgétaire, les démocrates promettaient de revenir à la table des négociations sur la sécurité aux frontières, mais pas question de négocier tant que les « Américains sont pris en otage », disent-ils.Leur texte ne contenait pas de budget pour le mur, qu\u2019ils jugent « immoral » et inefficace, mais proposait une enveloppe pour renforcer la sécurité aux frontières.Il était semblable à une proposition approuvée par le Sénat républicain en décembre avant que Do- ÉTATS-UNIS BIENVENU-MARIE BAKUMANYA À KINSHASA AGENCE FRANCE-PRESSE C\u2019est fait : l\u2019opposant Félix Tshisekdi est officiellement devenu jeudi le cinquième président de la République démocratique du Congo, sous les yeux de son prédécesseur Joseph Kabila, mais en l\u2019absence de l\u2019autre opposant, Martin Fayulu, qui conteste sa victoire.M.Tshisekedi, 55 ans, a reçu les symboles du pouvoir des mains du président sortant, Joseph Kabila, 47 ans, lors d\u2019une cérémonie au Palais de la nation, siège de la présidence.C\u2019est la première transmission pacifique du pouvoir depuis l\u2019indépendance, en 1960.Submergé par la chaleur, le poids de l\u2019émotion et aussi d\u2019un gilet pare- balles quasiment visible à l\u2019œil nu, M.Tshisekedi a fait un malaise de plus de dix minutes lors de son discours d\u2019investiture.Assumant un moment de faiblesse, il s\u2019en est excusé « auprès du président de la République » Joseph Kabila « et de nos distingués invités ».Un seul autre président de la République, le Kényan Uhuru Kenyatta, avait fait le déplacement.D\u2019autres pays africains avaient dépêché des représentants de rang inférieur : Tanzanie, Gabon, Namibie, Maroc, Burundi, Angola, Congo-Brazza- ville, Égypte\u2026 Les États-Unis et les pays européens étaient représentés par leurs ambassadeurs.Le protocole a été largement débordé par les partisans de M.Tshisekedi, les « combattants » de son parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui se sont invités dans l\u2019enceinte du Palais de la nation.« Félix, n\u2019oublie pas, papa avait dit : le peuple d\u2019abord », a scandé la foule en référence au père du nouveau président, l\u2019opposant Étienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février.Lors de son discours, Félix Tshise- kedi a promis d\u2019œuvrer en faveur de la libération des prisonniers politiques.« Le ministre de la Justice sera chargé de recenser tous les prisonniers politiques, d\u2019opinion ou assimilés sur l\u2019ensemble du territoire national en vue de leur prochaine libération », a annoncé M.Tshisekedi.Partage de pouvoirs Proclamé élu par la Cour constitutionnelle samedi, le nouveau président devra partager le pouvoir avec le camp du sortant, qui a gardé la majorité à l\u2019Assemblée nationale.C\u2019est parmi cette majorité que M.Tshisekedi devra chercher son premier ministre à partir de lundi, date prévue de la rentrée parlementaire.Les noms du directeur de cabinet du président Kabila, Néhémie Mwilanya Wilondja, et du grand patron congolais Albert Yuma circulent dans la presse congolaise, entre autres spéculations.La coalition Cap pour le changement (CACH) du président Tshisekedi et la coalition pro-Kabila, Front commun pour le Congo (FCC), ont signé un « accord de coalition politique », d\u2019après un document parvenu à l\u2019AFP.L\u2019accord prévoit que les ministères régaliens (Affaires étrangères, Défense, Intérieur) doivent « comme cela est de doctrine certaine, revenir à la famille politique du président élu ».Dans un message d\u2019au revoir mercredi soir, le président Kabila avait encouragé les « leaders politiques » à pri- RDC nald Trump n\u2019annonce brusquement qu\u2019il ne la promulguerait pas.En s\u2019appuyant sur ce point, les démocrates accusent les républicains d\u2019être revenus sur leur décision pour suivre un caprice du président américain.En face, le sénateur républicain Ted Cruz les a accusés d\u2019avoir par le passé financé des tronçons de mur et de s\u2019y opposer fermement cette fois simplement pour contrarier la promesse de campagne de Donald Trump.« Ce n\u2019est pas parce que vous détestez quelqu\u2019un que vous devez bloquer le gouvernement », a-t-il lancé au Sénat.Trump plie Donald Trump a déjà perdu un premier duel symbolique.Le président républicain a été contraint de reporter sine die son discours sur l\u2019état de l\u2019Union, prévu mardi prochain au Congrès, à la demande de Nancy Pelosi, qui lui avait retiré son invitation pour des questions de sécurité liées au shutdown, selon elle.Un report illustrant spectaculairement cette paralysie budgétaire inédite.Donald Trump a affirmé mercredi soir qu\u2019il prononcerait bien son discours sur l\u2019état de l\u2019Union, lors duquel les présidents américains exposent chaque année leur programme et leur vision de l\u2019avenir du pays, mais après la fin du shutdown, dans un «futur proche».En attendant, les effets sont déjà bien réels pour les employés fédéraux au chômage forcé ou poussés à travailler sans solde, lorsque leurs emplois sont jugés essentiels.Républicains et démocrates sont restés campés sur leurs positions.J.SCOTT APPLEWHITE ASSOCIATED PRESS Des partisansde Félix Tshisekedi tiennent un portrait du nouveau président de la République démocratique du Congo lors de son discours d\u2019intronisation, jeudi, à Kinshasa.JOHN WESSELS AGENCE FRANCE- PRESSE vilégier une « coalition » plutôt que la « cohabitation ».Au moins un officiel congolais a boycotté la prestation de serment : l\u2019autre candidat de l\u2019opposition, Martin Fayulu, qui s\u2019estime victime d\u2019un accord entre MM.Kabila et Tshisekedi, et qui revendique la victoire dans les urnes avec 60 % des voix.Son recours a été rejeté par la Cour constitutionnelle.Des proches de M.Fayulu ont déjà rejeté toute participation à un gouvernement d\u2019unité nationale.«L\u2019État de droit ne signifie pas arrangement, combine et combinaison pour gérer le pouvoir.Ce qui est mal conçu, ce qui est mal préparé va continuer négativement », a déclaré l\u2019une de ses alliées, Ève Bazaiba.L\u2019Union africaine et l\u2019Union européenne, dans un communiqué commun, avaient « pris note » mardi de l\u2019élection de M.Tshisekedi, se déclarant prêtes à travailler avec lui.D\u2019autres pays africains (Kenya, Tanzanie, Afrique du Sud\u2026) ont salué plus chaleureusement l\u2019élection de M.Tshisekedi.C\u2019est la première «passation de pouvoir civilisée» dans l\u2019histoire de ce pays riche en minerais, comme le rappelle depuis le matin la chaîne d\u2019État RTNC.Une histoire marquée par deux renversements du pouvoir par la force (1965 et 1997), deux assassinats de dirigeants, Patrice Lumumba en 1961 et Laurent-Désiré Ka- bila en 2001, et deux guerres qui ont ravagé l\u2019est du pays entre 1996 et 2003.Façonnées par Kabila, l\u2019armée et les forces de sécurité vont devoir faire preuve de fidélité républicaine envers le nouveau président.Le nouveau gouvernement va prendre la direction d\u2019un pays riche en minerais, mais dont les deux tiers des 80 millions d\u2019habitants survivent avec moins de deux dollars par jour.La nouvelle équipe va subir de plein fouet la chute des cours du cobalt, qui ont dégringolé en quelques mois de 100 000 à 35 000 dollars la tonne.Cette baisse brutale devrait être un coup dur pour l\u2019État, qui misait beaucoup sur une réforme du Code minier relevant la taxation des producteurs de cobalt.La RDC en est le premier exportateur mondial.Félix Tshisekedi intronisé président Il devra partager le pouvoir avec le camp de Joseph Kabila, qui a conservé la majorité à l\u2019Assemblée nationale Le Sénat incapable de dénouer l\u2019impasse budgétaire A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 E N B R E F L\u2019ex-avocat de Trump convoqué devant une commission du Sénat WASHINGTON \u2014 L\u2019ex-avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, a été convoqué jeudi pour témoigner devant la Commission du renseignement du Sénat.« Nous avons un nombre énorme de questions sans réponse sur la tour Trump et plusieurs autres choses », a dit le sénateur Mark Warner, l\u2019un des démocrates de la Commission du renseignement, pour expliquer cette convocation.Il n\u2019est pas encore clair si l\u2019audition sera publique ou se tiendra à huis clos.Michael Cohen, devenu un témoin potentiellement dangereux pour son ancien client, avait reporté mercredi son audition prévue début février au Congrès, invoquant de façon spectaculaire des « menaces » du président contre sa famille.Agence France-Presse La Malaisie se choisit un nouveau roi KUALA LUMPUR \u2014 Les familles royales de Malaisie ont désigné jeudi le nouveau souverain du pays après l\u2019abdi- cation-surprise de son prédécesseur, Muhammad V, qui avait créé un choc dans le pays d\u2019Asie du Sud-Est à majorité musulmane.Le nouveau monarque, le sultan Abdullah, âgé de 59 ans, est actuellement président de la Fédération asiatique de hockey et membre du conseil directeur de la FIFA.Il a été élu au cours d\u2019une réunion extraordinaire des familles royales de Malaisie convoquée jeudi.Depuis son indépendance en 1957, la Malaisie est une monarchie constitutionnelle au système inhabituel : son roi change tous les cinq ans, choisi parmi les familles royales des anciens royaumes qui la constituent.Agence France-Presse L\u2019ex-président d\u2019Ukraine reconnu coupable de trahison KIEV \u2014 L\u2019ex-président d\u2019Ukraine Viktor Ianoukovitch, réfugié en Russie depuis sa destitution en 2014 après un soulèvement populaire pro-occiden- tal, a été condamné jeudi à 13 ans de prison pour « haute trahison » en Ukraine, où son procès s\u2019est déroulé en son absence.L\u2019ancien dirigeant a également été reconnu coupable de « complicité dans la mise en place d\u2019une guerre agressive contre l\u2019Ukraine ».Il lui est notamment reproché d\u2019avoir demandé à Vladimir Poutine d\u2019envoyer des troupes russes en Ukraine après sa fuite en Russie.Les nouvelles autorités pro-occiden- tales de Kiev ont exigé à plusieurs reprises l\u2019extradition de M.Ianouko- vitch, dont le procès s\u2019est déroulé en Ukraine depuis 2017, mais sans succès.Agence France-Presse Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a réitéré au président Maduro la « loyauté » de ses troupes, tentant de dissiper toute impression d\u2019effritement au sein du corps militaire.En début de semaine, une tentative de soulèvement d\u2019un petit groupe de militaires à Caracas avait été rapidement réprimée.LUIS ROBAYO AGENCE FRANCE-PRESSE GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Déjà plus que vacillantes, les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela ont finalement été rompues par le président Nicolás Maduro jeudi, au lendemain de l\u2019appui américain \u2014 et canadien \u2014 à son successeur autopro- clamé Juan Guaidó.Le président vénézuélien s\u2019accrochait au pouvoir jeudi, fort du soutien renouvelé de l\u2019armée au lendemain d\u2019une sortie publique du chef du parlement qui aura mis le feu aux poudres en se désignant président du pays par intérim.Pourtant, la crise politique continuait de secouer cet État pétrolier d\u2019Amérique du Sud, jeudi, se transportant même sur la scène internationale alors que plusieurs dirigeants étrangers ont choisi leur camp entre le leader à la tête de l\u2019État depuis 2013 et son nouveau vis-à-vis autoproclamé, Juan Guaidó.Ce jeune politicien de 35 ans, à la tête de la seule institution vénézué- lienne contrôlée par l\u2019opposition, a multiplié les appuis européens \u2014 qui ont emboîté le pas au Canada et aux États-Unis \u2014 au lendemain de son au- toproclamation.La Russie et la Chine se sont de leur côté rangées derrière le régime de Nicolás Maduro, à l\u2019instar de Cuba et du Salvador.Dans une allocution devant la Cour suprême (composée de fidèles du régime), le président socialiste a annoncé la fermeture de l\u2019ambassade vé- nézuélienne à Washington, accusant les États-Unis de tirer les ficelles de cette « tentative de coup d\u2019État ».La veille, il avait donné 72 heures aux diplomates américains pour plier bagage et quitter son pays.Il faut dire que Donald Trump a rapidement offert sur Twitter son appui à M.Guaidó, mercredi.Ce dernier venait de déclarer devant une foule de partisans en liesse qu\u2019il remplacerait désormais Maduro à la tête du pays en vue d\u2019installer un « gouvernement de transition » et d\u2019organiser des « élections libres ».Il s\u2019est ensuite éclipsé dans un lieu secret, craignant une arrestation prochaine.Loin de vouloir obtempérer, Washington a réclamé jeudi une réunion d\u2019urgence du Conseil de sécurité, malgré l\u2019opposition déclarée de la Russie à une réunion sur un sujet « interne » au Venezuela.Par ailleurs, à la demande du chef de la diplomatie américaine, Mike Pom- peo, les pays membres de l\u2019Organisation des États américains (OEA) se sont réunis à Washington afin de reconnaître Juan Guaidó comme « président par intérim du Venezuela ».Mais moins de la moitié des États membres de cette institution se sont ralliés à la proposition.L\u2019appui de l\u2019armée Malgré ce brusque regain de tension, le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a réitéré au président Maduro la « loyauté » de ses troupes, jeudi, tentant de dissiper toute impression d\u2019effritement au sein du corps militaire.En début de semaine, une tentative de soulèvement d\u2019un petit groupe de militaires à Caracas avait été rapidement réprimée.« J\u2019alerte le peuple du Venezuela qu\u2019un coup d\u2019État est perpétré contre les institutions, contre la démocratie, contre notre Constitution, contre le président Nicolás Maduro, notre président légitime », a déclaré le ministre en point de presse, entouré de tout le haut commandement militaire.« Les mots utilisés aujourd\u2019hui dans le discours du ministre de la Défense sont intéressants, analyse en entrevue au Devoir Jean-François Mayer, professeur de science politique à l\u2019Université Concordia.Il a dit entre autres que l\u2019armée voulait à tout prix éviter un VENEZUELA Maduro s\u2019accroche au pouvoir Le président socialiste rompt les liens avec Washington, mais obtient le soutien de l\u2019armée conflit armé, une guerre civile entre les Vénézuéliens.» Traditionnellement, en Amérique latine tout comme au Venezuela, l\u2019armée se définit « comme la protectrice de la population », ajoute M.Mayer, tout en prenant soin de préciser que l\u2019histoire recèle quelques exceptions, tel le coup d\u2019État au Chili orchestré par le général Augusto Pinochet dans les années 1970.Si un soulèvement populaire de taille se concrétise dans les prochains jours, « voire les prochaines heures », l\u2019armée devra décider si elle poursuit sa répression ou si elle se retire pour laisser le peuple exprimer son ras-le-bol, d\u2019après le spécialiste de la politique latino- américaine.« Il n\u2019est vraiment pas dit que l\u2019armée va choisir de réprimer les manifestants.» Depuis lundi, des foyers de protestation dans le pays ont fait vingt-six morts, dont sept dans la capitale, selon l\u2019ONG Observatorio Venezolano de Conflictividad Social.La cour arrière des États-Unis Nicolás Maduro a également reçu jeudi l\u2019appui de la Chine et de la Russie, deux soutiens de taille au sein de la communauté internationale.Ces deux pays sont d\u2019importants créanciers du Venezuela, en pleine débâcle économique et soumis à une hyperinflation qui devrait atteindre 10 000 000 % cette année.« Mais il faut savoir que la présence de ces deux pays au Venezuela va au-delà des intérêts économiques », note Jean-François Mayer, qui ne s\u2019étonne pas de la prise de position nette de Moscou et de Pékin.Il donne en exemple l\u2019envoi par la Chine en septembre dernier d\u2019un na- vire-hôpital afin de « donner un coup de main à la population locale », frappée par d\u2019importantes pénuries de nourriture et de médicaments.« Et soyons francs, ça embête nos voisins du Sud que la Chine et la Russie soient actives en Amérique latine, une région que l\u2019on a souvent appelée la cour arrière des États-Unis.» Avec l\u2019Agence France-Presse L\u2019appui rapide du Canada sous la loupe Le Canada a promptement reconnu mercredi la légitimité du nouveau président par intérim autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó.Une prise de position certes rapide, mais qui n\u2019étonne pas Jérôme Massie, professeur de science politique à l\u2019UQAM.À ses yeux, la réaction canadienne est en ligne directe avec sa volonté «historique» d\u2019être «un leader dans l\u2019hémisphère des Amé- riques».Le Canada devrait d\u2019ailleurs accueillir la prochaine réunion du Groupe de Lima, une association de pays d\u2019Amérique centrale et d\u2019Amérique du Sud dont il fait partie, afin de ramener le Venezuela sur la voie de la démocratie, a rapporté jeudi La Presse canadienne.Selon M.Massie, l\u2019appui du Canada à l\u2019opposant Guaidó se résume à un seul objectif : se ranger derrière les principes de démocratie et de défense des droits de la personne.Il ne faut pas y voir la volonté du gouvernement Trudeau de redorer son bilan diplomatique à quelques mois des élections fédérales, croit-il.Pour rappel, les relations avec la Chine, mais aussi avec l\u2019Arabie saoudite et les États-Unis, se sont refroidies pendant le mandat libéral.«Autant dans ce cas-ci [avec le Venezuela] que dans la plupart des autres dossiers de politique étrangère, le gouvernement Trudeau est toujours en réaction, déplore néanmoins Jérôme Massie.Je ne vois pas ce \u201cCanada\u2019s back\u201d («Le Canada est de retour») lancé par Justin Trudeau [en début de mandat], il y a très peu d\u2019initiatives à l\u2019étranger proprement canadiennes.» L\u2019ex-chef du gouvernement écossais poursuivi pour tentatives de viol ÉDIMBOURG \u2014 L\u2019ex-chef du gouvernement écossais Alex Salmond, ancien ténor de la cause indépendantiste, a été inculpé pour deux tentatives de viol et neuf agressions sexuelles, a annoncé jeudi le parquet écossais.M.Salmond a clamé son innocence et promis de se battre «jusqu\u2019au bout devant les tribunaux».Il est également poursuivi pour attentat à la pudeur et trouble à l\u2019ordre public, a précisé le parquet dans un communiqué.Certains des faits reprochés à l\u2019ancien leader nationaliste auraient eu lieu en 2013, durant son mandat de chef de gouvernement (2007- 2014).Selon les médias écossais, deux femmes de son équipe ont dénoncé des faits d\u2019agressions sexuelles, qui auraient notamment eu lieu dans la résidence officielle des premiers ministres.Agence France-Presse Jeudi, la Russie et la Chine se sont rangées derrière Maduro près sa visite où il a été reçu avec tous les égards par le président Emmanuel Macron et le premier ministre Édouard Philippe et lors de laquelle il a pu s\u2019adresser à un aréopage de p.-d.g.d\u2019importantes sociétés françaises, François Legault est aux anges.Dans l\u2019air du temps, son message « résolument économique » fut remarquablement bien accueilli.On dit que le courant est passé entre le premier ministre québécois, ex-homme d\u2019affaires, et le président français, ex-banquier d\u2019affaires.Ils parlaient la même langue, celle des « deal makers », pour reprendre l\u2019expression de François Legault.On souligne souvent que la France, pour la valeur des échanges commerciaux avec le Québec, se situe au troisième rang des pays d\u2019Europe, derrière l\u2019Allemagne et le Royaume-Uni.Or, au chapitre des exportations québécoises, c\u2019est la France qui coiffe les deux autres pays ; ce sont les importations qui font la différence.Le Québec représente aussi près de la moitié des échanges commerciaux entre le Canada et la France.Autrement dit, toutes proportions gardées, les échanges commerciaux entre la France et le Québec sont deux fois plus importants qu\u2019entre la France et le reste du Canada.On peut constater que la relation politique privilégiée Québec-France, mais aussi « stratégique et structurelle », peut aussi se répercuter un tant soit peu sur le plan économique.François Legault veut doubler en cinq ans les exportations du Québec vers la France \u2014 elles s\u2019élèvent à 1,7 milliard, ce qui est relativement modeste \u2014 mais aussi attirer des investissements français.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019un premier ministre québécois, de passage à Paris, parle d\u2019accroître les échanges commerciaux entre la France et le Québec, déclarations qui furent suivies par des résultats mitigés.Mais il faut constater que les temps sont sans doute mûrs pour un approfondissement de ces relations économiques.Maintenant que l\u2019accord de libre-échange entre le Canada et l\u2019Union européenne se déploie, du moins en partie, et que le nouvel accord avec les États-Unis et le Mexique est signé, le Québec peut devenir la porte d\u2019entrée du marché nord-américain pour les entreprises françaises, comme l\u2019a signalé François Legault.On l\u2019a déjà dit avant, mais ça peut maintenant devenir une réalité.Mais il y a davantage : la perception du Québec en France a changé.Le Québec est in, il est hot, pour parler comme là-bas, il a des airs de modernité \u2014 de postmodernité, diront certains.Les ploucs colonisés qu\u2019il fallait aider pour qu\u2019ils se libèrent \u2014 ce qu\u2019ils ont refusé de faire \u2014 forment au- jourd\u2019hui une société entreprenante, à l\u2019efficacité et à la souplesse toutes nord-américaines, qui parle la langue du commerce, celle dont l\u2019usage renforce la Francophonie, a déjà affirmé Macron, qui prône le « plurilin- guisme ».Bref, le Québec, nord-américain et bilingue, est incroyablement moderne, pense-t-on.Mais Emmanuel Macron a aussi déjà dit que la langue française était le « ciment le plus ferme » de la relation entre la France et le Québec.Il faut se le rappeler.François Legault a précisé que « l\u2019impulsion économique » qu\u2019il veut donner ne se fera pas au détriment de la place de la culture et de la langue dans la relation.Il faudra qu\u2019il le démontre concrètement.Il faut déplorer que le premier ministre québécois n\u2019ait pas abordé avec le président \u2014 du moins publiquement \u2014 les difficultés qu\u2019éprouvent les industries culturelles face à la concurrence des GAFA et Netflix de ce monde, alors que la France, faisant cavalier seul en Europe, s\u2019apprête à légiférer pour taxer les revenus des services numériques.Il y a tout un chantier à lancer dans la Francophonie pour la défense des expressions culturelles \u2014 la musique, les médias, le cinéma, etc.Ça aussi, c\u2019est économique.LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Simon Morin Conseiller pédagogique au collège Montmorency et politologue Dans sa lettre du 19 janvier dernier, M.Pierre Lemaire, enseignant retraité de la CSDM, soutenait l\u2019interdiction du port de symboles religieux ostentatoires pour les enseignantes et les enseignants des niveaux primaire et secondaire au Québec.Sur la base des recommandations de la commission Bouchard-Taylor, il expliquait que les enseignantes et les enseignants n\u2019exercent pas, contrairement aux policiers, par exemple, ce que Max Webber appelait le monopole de la violence légitime de l\u2019État.L\u2019interdiction ne trouverait ainsi aucun fondement en vertu du pouvoir de coercition.En réponse à ce constat, M.Lemaire avance que la laïcité scolaire devrait plutôt se justifier à partir d\u2019un principe de protection de la jeunesse.L\u2019approche par compétences (APC) a été beaucoup critiquée depuis son adoption au Québec au milieu des années 1990.Malgré les critiques, plusieurs réflexions à son sujet ont amené le corps professoral et le corps non enseignant à développer de nouvelles stratégies et de nouvelles méthodes d\u2019apprentissage pour faciliter le développement de compétences et la construction de nouvelles connaissances chez les élèves.Un principe central de l\u2019APC est de placer l\u2019élève au centre de son propre processus d\u2019apprentissage, afin de développer sa capacité d\u2019apprendre.Pour ce faire, on tend à mettre les élèves en situation authentique, vis-à-vis du monde réel, pour qu\u2019ils comprennent (pour eux- mêmes et pour la société) l\u2019intérêt de savoir compter, de savoir lire, de savoir travailler en équipe, etc.Dans ce cadre, le rôle des enseignantes et des enseignants n\u2019est plus d\u2019assurer un transfert de connaissances, à titre de titulaire du savoir, mais de créer les conditions propices à ce que les élèves développent leurs compétences par eux-mêmes et construisent leurs connaissances de manière plus autonome.Or, former la pensée critique de futures citoyennes et de futurs citoyens ne peut se faire dans un environnement aseptisé.Être devant une enseignante ou un enseignant portant un symbole religieux ostentatoire permet (actuellement) aux élèves du Québec de prendre contact avec la diversité (le réel) de notre société.Il s\u2019agit d\u2019une occasion unique d\u2019apprentissage (encadré par la laïcité de l\u2019État) pour que les élèves puissent poser des questions aussi désintéressées qu\u2019elles soient et établir des relations de confiance avec des personnes issues de minorités religieuses.En outre, il s\u2019agit, pour nous collectivement, de développer des attitudes d\u2019ouverture et des compétences communicationnelles nécessaires pour assurer la santé de notre démocratie, spécialement à un moment où le fascisme fait des percées aux quatre coins de la planète.Les droits de l\u2019enfant ?En invoquant la protection de la jeunesse pour défendre l\u2019interdiction du port de symboles religieux ostentatoires, non seulement M.Le- maire s\u2019attaque à un danger qui n\u2019existe pas, mais il s\u2019en prend également au droit des enfants à penser librement.Selon le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, aucun incident d\u2019embrigadement religieux ou d\u2019abus intellectuel n\u2019a été rapporté au sein du réseau d\u2019éducation public au Québec au cours des dernières années.Au même titre que les demandes d\u2019accommodements religieux, jugées problématiques en 2007- 2008, il s\u2019agit encore une fois d\u2019un problème purement hypothétique, publicisé par les médias.Les enseignantes et les enseignants issus des minorités religieuses font très bien leur travail et, lorsqu\u2019ils font des demandes d\u2019accommodements, ils le font de manière raisonnable dans la très vaste majorité des cas.Pourquoi donc remettre en question leurs compétences sur la base d\u2019une peur de la différence?À ce titre, que penseraient les enfants s\u2019ils et elles perdaient leur enseignant parce qu\u2019il porte la kippa ou le turban sikh ?Qu\u2019est-ce que les enfants pensent du prétendu danger que représentent les symboles religieux ostentatoires ?Quelle est leur opinion ?La Convention relative aux droits de l\u2019enfant nous invite à ne pas considérer les enfants et les adolescents comme des objets passifs du droit, mais à les considérer plutôt comme des agents actifs de celui-ci.Certes, il est important d\u2019avoir à l\u2019esprit qu\u2019en raison de leur manque de maturité physique et intellectuelle, les enfants ont besoin d\u2019une protection spéciale et de soins spéciaux.Toutefois, comme l\u2019APC, la Convention place les enfants au centre du processus en nous invitant à prendre en compte leurs opinions dans les décisions qui les concernent.Les recommandations du Comité des Nations unies sur le droit des enfants vont en ce sens.C\u2019est pourquoi il encourage les États à ne pas nier le droit des enfants à penser librement, voire à décider pour eux-mêmes dans certaines situations, sous prétexte qu\u2019on veille à leur intérêt supérieur.Loyauté vis-à-vis de son employeur ou la loi du silence ?Pierre Trudel, dans sa chronique de cette semaine dans Le Devoir, intitulée « Loyauté déloyale », a traité de l\u2019obligation de loyauté d\u2019un employé vis-à-vis de son employeur et de ses dérives actuelles.Il a parlé du cas de l\u2019enseignante congédiée par sa commission scolaire avant les Fêtes pour avoir dit dans les médias que les ressources n\u2019étaient pas suffisantes pour aider les élèves en difficulté.Je me souviens également il y a plu- Pour une pédagogie de la diversité fondée sur les droits de l\u2019enfant LIBRE OPINION LETTRE RELATIONS FRANCE-QUÉBEC Tout à l\u2019économie AFFAIRE HUAWEI À l\u2019ordre, M.McCallum A epuis l\u2019arrestation de la directrice financière de Huawei à Vancouver le 1er décembre, le Canada répète que l\u2019examen de la demande d\u2019extradition des Américains relève des tribunaux et que ces derniers sont indépendants du pouvoir politique.En une seule conférence de presse mardi, l\u2019ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, a ébranlé cette ligne de défense canadienne face aux coups de boutoir de Pékin.M.McCallum rencontrait la presse sinophone de Toronto pour lui expliquer le processus d\u2019extradition, mais comme au temps où il était ministre, il a digressé.Il s\u2019est permis de commenter la cause de Mme Meng Wanzhou, allant jusqu\u2019à mentionner de « solides arguments » que la défense pourrait invoquer devant un juge pour fort probablement éviter l\u2019extradition.M.McCallum n\u2019avait pas à partager son analyse en public, il devait la réserver à ses patrons.S\u2019agit-il alors d\u2019une gaffe ou d\u2019un geste étudié pour tenter d\u2019apaiser les autorités chinoises ?Les deux scénarios ont vite été évoqués, mais une déclaration faite hier soir par l\u2019ambassadeur a dissipé tout doute à cet égard.Ses propos étaient les siens et il dit être «désolé» d\u2019avoir ainsi «semé la confusion», qu\u2019il s\u2019est «mal exprimé» et que ses paroles «ne reflètent pas fidèlement [sa] position sur la question».Et d\u2019ajouter: «Comme le gouvernement l\u2019a toujours dit clairement, il n\u2019y a eu aucune intervention politique dans ce dossier.» « En tant qu\u2019ambassadeur du Canada en Chine, je n\u2019ai aucun rôle à jouer dans l\u2019évaluation des arguments, ni à me prononcer sur le processus d\u2019extradition.La priorité du gouvernement du Canada, ainsi que la mienne, est d\u2019obtenir la libération des deux Canadiens détenus arbitrairement en Chine et de veiller à la protection des droits de tous nos citoyens », conclut-il.Invité à réagir à quelques reprises depuis mardi, le premier ministre Justin Trudeau s\u2019en est tenu à sa défense de la primauté du droit et de l\u2019indépendance de la justice.Il a évité de désavouer son ambassadeur et, du coup, de l\u2019affaiblir.Il a aussi refusé la demande de renvoi de M.McCallum formulée par le chef conservateur, Andrew Scheer.Cela aurait été en effet mal avisé alors que la situation sur le terrain est délicate et urgente pour au moins trois Canadiens.Le premier ministre devait toutefois rappeler M.McCallum à l\u2019ordre, ce qui a visiblement été fait.Et c\u2019est tant mieux, car le ministère chinois des Affaires étrangères disait voir dans ses propos la preuve que l\u2019affaire Meng n\u2019est pas judiciaire mais politique.John McCallum n\u2019est plus ministre ni agent libre, mais diplomate, et il doit le comprendre.La crise actuelle est trop grave pour tolérer d\u2019autres faux pas.D ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu mène aux abus actuels de plusieurs employeurs.À aucun moment il n\u2019est question de limiter cette exigence de loyauté en relation avec le bien commun, l\u2019intérêt public ou le droit à l\u2019information.Les organisations de toutes sortes deviennent de plus en plus opaques, et souvent même les journalistes ont de plus en plus de difficultés à avoir accès à l\u2019information et doivent utiliser la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information pour faire leur travail.Les relationnistes pullulent et les organisations cherchent de plus en plus à contrôler le message.La démocratie en est d\u2019autant plus fragilisée.Yves Chartrand Montréal, le 23 janvier 2019 sieurs années du cas d\u2019une employée de l\u2019Assurance-emploi congédiée pour avoir critiqué les services offerts aux prestataires si ma mémoire est bonne.J\u2019ai également été personnellement rappelé à l\u2019ordre l\u2019an dernier par mon employeur, et une personne de mon entourage également.J\u2019ai été surpris de lire dans la chronique de monsieur Trudel que le Code civil était très précis en exigeant à l\u2019employé non seulement de faire preuve de loyauté vis-à-vis de son employeur, mais également « de ne pas faire usage de l\u2019information à caractère confidentiel qu\u2019il obtient à l\u2019occasion de son travail ».L\u2019interprétation que l\u2019on peut faire de ce dernier aspect est tellement large qu\u2019elle ROBERT DUTRISAC MANON CORNELLIER A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.(Re)bâtir la confiance E n les écoutant à Tout le monde en parle, je me disais que la ministre Sonia LeBel et les députées Véronique Hivon, Hélène David et Christine Labrie, qui ont entamé une réflexion sur le traitement judiciaire des violences sexuelles, illustrent parfaitement l\u2019influence que peuvent avoir les femmes sur la politique.Dimanche, les quatre élues ont uni leurs voix pour affirmer qu\u2019une crise de confiance mine les institutions judiciaires, que cette crise est grave et qu\u2019il faut la résoudre.Si un seul consensus s\u2019est dégagé du mouvement #MoiAussi, c\u2019est cela.Ainsi, on envisage la création d\u2019un tribunal spécialisé pour les violences sexuelles et conjugales.C\u2019est d\u2019abord Véronique Hivon qui, en mars dernier, avait lancé l\u2019idée, soulignant alors l\u2019importance de mener ce projet de façon trans- partisane \u2014 comme avec l\u2019aide médicale à mourir.D\u2019ailleurs, s\u2019il y en a une qui peut se vanter de « faire de la politique autrement », comme plusieurs sont si prompts à le faire, c\u2019est bien Véronique Hivon.Mais bon, c\u2019est un autre sujet.Toujours est-il que la ministre LeBel a pris la balle au bond : non seulement réfléchira-t-on à la création d\u2019un tribunal spécialisé, mais on veillera aussi à l\u2019amélioration de la prévention et de l\u2019accompagnement des victimes, et on explorera les voies autres que celle de la justice pénale.On ne peut que saluer cette initiative.Je me suis tout de même demandé comment il se fait qu\u2019il ait fallu attendre aussi longtemps pour que ces questions en viennent à préoccuper suffisamment la population pour forcer la législature à réagir.Après tout, la littérature savante en droit pénal regorge de réflexions riches et innovantes sur le traitement judiciaire des violences sexuelles.Les groupes militants et de soutien aux survivant(e)s portent aussi des revendications claires, et ce, depuis longtemps.Comment expliquer la perfusion aussi lente de ces réflexions dans le débat public ?J\u2019ai fait part de cette interrogation à Alana Klein, profes- seure à la Faculté de droit de l\u2019Université McGill, dont les recherches portent notamment sur le droit pénal.Je voulais savoir si j\u2019avais tort de percevoir cette difficulté, ce retard cumulé, même après #MoiAussi.Elle m\u2019a d\u2019abord dit accueillir avec enthousiasme la démarche des députées.Enfin, une reconnaissance sans équivoque de la méfiance qui érode la légitimité des institutions judiciaires.Quant au débat public, il évolue selon elle dans la bonne direction : « On commence à admettre que les bas taux de dénonciation et de condamnation dans les affaires d\u2019agression sexuelle ne sont ni un signe ni une condition du traitement équitable des personnes accusées.» Elle me faisait aussi remarquer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une occasion de souligner l\u2019étendue de la crise de confiance, qui s\u2019étend bien au-delà des victimes de violences sexuelles.« Sans minimiser les problèmes rencontrés par ces victimes, soulignons que la méfiance s\u2019étend à l\u2019ensemble des personnes marginalisées, lorsqu\u2019elles se tournent vers un système de justice si prompt à discréditer certaines catégories de personnes.» Et alors qu\u2019on claironne la nécessité de « croire les victimes », on découvre aussi un problème fondamental de notre système de justice : « Lorsqu\u2019on répète qu\u2019il faut croire les femmes, on ne veut pas dire que toutes les accusations doivent mener à une condamnation.On souligne plutôt la nécessité de ne pas douter systématiquement de ce qu\u2019elles disent.Or, notre système exige qu\u2019on suscite le doute.C\u2019est embêtant ! » C\u2019est aussi précisément l\u2019écueil qu\u2019il faut reconnaître avant d\u2019élaborer toute réforme.Cela me renvoie aussi à mon interrogation initiale : pourquoi, dans le débat public, peine-t-on autant à articuler cette impasse ?Klein m\u2019a répondu par une intuition : « Je pense que notre système de justice, et surtout la justice pénale, occupe une place toute particulière dans l\u2019imaginaire collectif.Ainsi, on évoquera par exemple la présomption d\u2019innocence pour dire que tant qu\u2019il n\u2019y a pas eu de condamnation, il n\u2019y a pas de responsabilité.Cela reflète notre vénération des tribunaux \u2014 l\u2019idée que les tribunaux sont les gardiens de la vérité en ce monde.» Or, si nous avons évidemment besoin que les tribunaux conservent cette autorité, cela peut aussi devenir un moyen d\u2019évacuer toute réflexion sociale sur la responsabilité, l\u2019imputabilité, la justice\u2026 Une façon de ne pas voir que les tribunaux ne sont immunisés ni contre les préjugés ni contre les rapports de domination, ils en sont au contraire le reflet.C\u2019est peut-être ce qui explique pourquoi ces questions sont aussi délicates pour la législature.Comment en effet articuler une réforme qui saura régler un problème aussi enraciné dans les rapports sociaux, sans miner d\u2019autant plus la légitimité des institutions judiciaires et de ceux qui les animent ?Voilà l\u2019envergure du chantier qui s\u2019ouvre.Mais à l\u2019évidence, un premier pas a été franchi dans la bonne direction.Andrew William Quinn Professeur retraité de philosophie et d\u2019éthologie des systèmes sociaux au collégial Il est paradoxal qu\u2019une religion comme le catholicisme ou l\u2019islam puisse prétendre à l\u2019éducation sexuelle dans le respect de l\u2019intégrité morale, physique et psychologique des individus.Il faut se rappeler les très nombreux cas d\u2019abus et de camouflage dont la Sainte Église s\u2019est rendue coupable ; comme il faut tenir compte de la grande ambiguïté de l\u2019islam en la matière.Contrairement à ce qu\u2019ont pu prétendre l\u2019abbé Robert Gendreau (affilié à l\u2019Opus Dei) et Riouf Ayas, il n\u2019y a pas chez l\u2019enfant de belle innocence.Au contraire, et parce que la sexualité commence avant l\u2019âge du sexe, seule une éducation franche et respectueuse de leur identité sexuelle permettra aux enfants de se respecter, de se faire respecter et de respecter les autres, quelles que soient leurs préférences sexuelles.J\u2019ai donné pendant plus de 10 ans le cours Sexualité humaine : approche éthologique de la relation amoureuse, un cours s\u2019adressant à de jeunes adultes dont plusieurs avaient de sérieuses lacunes qu\u2019aucune éducation n\u2019avait jugé bon de prévenir.Il faut comprendre au départ qu\u2019aucune approche réductrice ne saurait rendre compte de la dynamique inhérente à la sexualité, de sa complexité.Un cadre éducationnel doit permettre d\u2019apprendre à sortir de soi, mais aussi de sa famille, de sa culture.C\u2019est ce qui permet d\u2019aller vers le monde, en toute sécurité.Il m\u2019est arrivé trop souvent de vivre le type d\u2019expériences que voici.En présentant mon plan de cours lors de la première des 15 semaines, j\u2019expliquais entre autres l\u2019inceste, son absence quasi totale chez les animaux en milieu naturel, comme le viol d\u2019ailleurs.J\u2019invitais les étudiant.e.s à poser des questions.Alors émergeaient des réactions comme celles-ci.Une étudiante, agressive, comme insultée, demande : « Va- t-on parler rien que de ça toute la session ?» Un étudiant est sorti en claquant la porte.Il revient la semaine suivante, évite mon regard, s\u2019assied en arrière, ne lève jamais la tête, fermé sur lui-même à griffonner sur ses cahiers.Vers la 10e semaine, l\u2019étudiante m\u2019apprendra que son agressivité renvoyait à une situation familiale dont elle avait de la difficulté à sortir.Les familles au climat incestueux sont plus nombreuses qu\u2019on le pense : par exemple le père ou un frère, feignant la confusion, ouvre régulièrement la porte de la salle de bain pendant la douche de la jeune fille.Cas troublant Un cas m\u2019avait particulièrement troublé.Alors que je recevais un conférencier un soir de semaine sur le thème « cinéma et sexualité », ainsi que la fabrication du porno, un père est venu me voir en cherchant à m\u2019intimider parce que sa fille avait raté le dernier examen.Je l\u2019ai invité à venir me voir à la pause.Avant celle-ci, le conférencier prend bien soin de prévenir l\u2019auditoire qu\u2019il y aura des séquences qui ne peuvent être vues que par des personnes de 18 ans et plus.Je remarque alors que la petite famille, père, mère et la jeune femme, quitte l\u2019amphithéâtre.Le père va menacer le collège, si sa fille échoue, de signaler dans les médias qu\u2019on présente des films pornos au collège.Lors d\u2019une rencontre avec l\u2019étudiante, il est clair qu\u2019elle ne comprend rien à l\u2019inceste, ne peut dire un mot sur plusieurs concepts vus en classe et bien documentés.Qu\u2019est-ce donc qui amène un père à surprotéger ainsi sa fille?C\u2019était une situation familiale dont faisait partie la mère: l\u2019inceste.La jeune femme m\u2019écrira quelques années plus tard pour confirmer mon intuition de départ, son drame de vie, une vie difficile à réparer.Quant au jeune homme qui avait claqué la porte, il vivait depuis sa naissance un amour fusionnel avec sa mère, un amour qui rendra impossible toute relation amoureuse ou simplement sexuelle.La compréhension de cette relation totalement pervertie par sa mère lui a été possible parce qu\u2019il a pu reconnaître la chose par un mot, et une présence soutenue au cours.Même cela réalisé, ça lui prendra beaucoup de temps et de courage, un courage qui l\u2019incitera finalement à la poursuivre en cour.Notre identité est relationnelle, toujours médiatisée par autrui, la mère, le père, leur histoire de vie à chacun.Nous ne sommes pas une cire vierge à la naissance, pas plus qu\u2019un produit essentiellement biologique.L\u2019environnement participe de l\u2019évolution des individus.C\u2019est dans ce monde relationnel qu\u2019on acquiert l\u2019estime de soi, et sans cela, il ne peut être question du respect d\u2019autrui.Au mieux, une expérience amoureuse améliore le style affectif d\u2019un individu, le corrige ; au pire, c\u2019est une désorganisation.C\u2019est en pervertissant un lien d\u2019attachement qu\u2019un pédophile capture sexuellement et psychologiquement sa victime.C\u2019est aussi ce que font les pervers narcissiques.C\u2019est là, me semble-t-il, qu\u2019on voit l\u2019importance de posséder des outils intellectuels pour mettre à distance l\u2019objet sexualité et non pour s\u2019y soumettre.Ce n\u2019est pas la culture de la pudeur ni la censure morale au nom d\u2019un idéal qui vont permettre aux jeunes un développement sécuritaire.Que les églises de tout acabit cessent leur racolage, leur emprise.Quant aux parents, on sait que parfois, ils font partie du problème.Si nos très jeunes recevaient une éducation à la sexualité adéquate, il y a fort à parier que beaucoup de ces expériences dramatiques n\u2019auraient pas eu lieu.Ni l\u2019Église ni les parents Seule une éducation franche et respectueuse de leur identité sexuelle permettra aux enfants de se respecter Véronique Careau Technicienne en diététique, Québec Les recommandations du nouveau guide alimentaire récemment dévoilé sont avantageuses sur les plans nutritionnel et environnemental.Dans ce nouveau décor s\u2019ajoutent même quelques conseils, tels que cuisiner plus souvent et s\u2019assurer d\u2019avoir du plaisir en mangeant.Cela semble fort bien a priori, mais plusieurs facteurs portent à croire que les recommandations seront insuffisantes pour modifier le comportement alimentaire des Canadiens.Malgré les nouvelles lignes directrices émises par Santé Canada, l\u2019environnement social et économique, lui, demeure inchangé et, par le fait même, les mauvaises habitudes alimentaires risquent de se maintenir aussi.Tout d\u2019abord, les professionnels de la nutrition ont raison de célébrer l\u2019absence des lobbys dans le processus d\u2019élaboration du nouveau document \u2014 pensons notamment à l\u2019industrie laitière \u2014, les nouvelles données probantes sur lesquelles ils pourront dorénavant s\u2019appuyer, la simplicité des messages du guide ainsi que l\u2019abandon des portions recommandées.De plus, le nouveau guide ne se limite pas à une série de bons aliments pour contrer l\u2019obésité et les maladies cardiaques, mais il conseille notamment de cuisiner plus souvent, de prendre conscience de ses habitudes alimentaires, de prendre ses repas en bonne compagnie, de limiter les aliments ul- tratransformés et d\u2019être vigilant par rapport au marketing alimentaire.Intégrer des changements Par contre, ces recommandations ne sauraient suffire à intégrer des changements majeurs dans l\u2019alimentation de la majorité des Canadiens.Ces derniers ont l\u2019impression de manquer de temps, leurs heures de travail ont augmenté et leur temps de loisirs a diminué.Ces répercussions se font voir dans leurs habitudes alimentaires.En effet, on observe une augmentation du nombre de ventes de mets prêts-à-manger et de la fréquence des visites au restaurant.De plus, les ventes de plusieurs ingrédients tels que la farine, le sucre, les épices, etc.sont en baisse.Les gens cuisinent moins au profit d\u2019une industrie qui leur offre des repas remplis de sucres, de sels et de gras.À moins d\u2019instaurer des politiques innovantes (réduction de la semaine de travail, plus de congés sociaux, etc.) pour donner plus de temps pour cuisiner, les ventes du comptoir des prêts-à- manger ne risquent pas de diminuer, tout comme les statistiques sur l\u2019obésité et les maladies cardiaques.Dorénavant, la nouvelle image du guide, où la moitié de notre assiette devrait être constituée de légumes et de fruits, est certes plus facile à visualiser que les 5 à 10 portions quotidiennes qui étaient recommandées jusqu\u2019à maintenant.Par contre, au Québec, moins d\u2019un quart de la population consomme suffisamment de fruits et de légumes.De plus, le rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation 2019 prévoit une hausse anticipée de 1 à 3% pour les fruits et de 4 à 6% pour les légumes, ce qui risque d\u2019augmenter le défi des consommateurs pour réussir à répondre aux nouvelles exigences.Plusieurs devront se résoudre à acheter plus de fruits et de légumes surgelés ou en conserves afin d\u2019y arriver.Le risque que les consommateurs décident de réduire leur consommation de fruits et légumes en raison des prix existe aussi.Cela porte à croire que la situation demeurera inchangée sans la mise en œuvre de mesures draconiennes comme la baisse des prix des produits frais, une taxe sur les aliments ultratransformés, etc.Bref, réjouissons-nous pour le moment du changement de cap effectué par Santé Canada avec son nouveau guide alimentaire et ses nouvelles lignes directrices, mais restons conscient que sans changement majeur, par exemple sur le plan de l\u2019allégement de l\u2019horaire des travailleurs ou d\u2019une diminution des prix aliments de base, il est fort probable que l\u2019alimentation des Canadiens ne suive pas le guide et que les tendances lourdes aux mauvaises habitudes alimentaires persistent, voire continuent de s\u2019aggraver.Le guide alimentaire améliorera-t-il la santé des Canadiens ?Au Québec, moins d\u2019un quart de la population consomme suffisamment de fruits et de légumes.GETTY IMAGES AURÉLIE LANCTÔT Il s\u2019agit d\u2019une occasion de souligner l\u2019étendue de la crise de confiance [envers les institutions judiciaires], qui s\u2019étend bien au-delà des victimes de violences sexuelles LEDEVOIR // LE VENDREDI 25 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR L\u2019appel à un encadrement de l\u2019intelligence artificielle (IA) pour éviter les dérives potentielles ne provient plus seulement de la bouche de politiciens ou d\u2019universitaires.Le président-directeur général du groupe français Thales, Patrice Caine, a lui aussi insisté jeudi à Montréal sur l\u2019importance d\u2019adopter des lois et des règlements pour baliser le développement de ce secteur en ébullition.« Nous devons bâtir une relation de confiance entre les compagnies et les laboratoires qui développent des solutions [\u2026] et la population », a fait valoir le grand patron de la compagnie qui met notamment l\u2019intelligence artificielle au service des secteurs de l\u2019aérospatiale et de la défense.«Nous aurons assurément besoin de règlements et de lois pour établir un cadre de gouvernance en ce qui concerne l\u2019usage des données dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle», a-t-il ajouté lors d\u2019un événement organisé dans le laboratoire montréalais de Thales spécialisé en IA, qui a ouvert ses portes en 2018.Présent à ses côtés sur scène, le professeur de l\u2019Université de Montréal et directeur scientifique de l\u2019Institut québécois d\u2019intelligence artificielle (Mila), Yoshua Bengio, s\u2019est montré encore plus direct en évoquant une « course » entre le développement technologique et la réflexion éthique qui s\u2019y rattache.« Si notre sagesse ne rattrape assez rapidement nos progrès scientifiques et technologiques, nous allons nous au- todétruire, a-t-il laissé tomber.Je ne crois pas que la solution est de mettre l\u2019intelligence artificielle dans une cage.[\u2026] Ça ne fonctionnera pas.Mais nous devons travailler plus fort pour établir des normes internationales.» Il est vrai que le développement de l\u2019intelligence artificielle se fait à vive allure, mais il n\u2019y a pas de temps à perdre pour établir des balises, a-t-il insisté.« Il faudra toujours qu\u2019il y ait une veille.Mais on ne pourra pas attendre la catastrophe avant d\u2019établir des standards et des règlements.[\u2026] Ce que les technologies peuvent faire actuellement peut déjà être problématique, donc nous devons agir dès maintenant.» Volonté internationale M.Caine et le professeur Bengio ne sont pas les seuls à taper du pied.Mercredi, de hauts dirigeants du Japon, de l\u2019Allemagne, de la Chine et de l\u2019Afrique du Sud ont tour à tour profité de leur présence au Forum économique mondial de Davos pour plaider en faveur d\u2019un encadrement international du secteur technologique.La chancelière allemande, Angela Merkel, a particulièrement insisté sur l\u2019usage des données, la matière première des systèmes s\u2019appuyant sur l\u2019IA.Aucun chef d\u2019État n\u2019a cependant précisé en quoi pourrait consister l\u2019éventuel encadrement.Selon Yoshua Bengio, l\u2019adoption de traités internationaux pourrait constituer un premier pas important.Il a évoqué jeudi le projet de traité international sur les armes létales autonomes, qui pourrait selon lui avoir un effet dissuasif aussi important que la Convention sur l\u2019interdiction des mines antipersonnel adoptée en 1997.«Ce que j\u2019espère, c\u2019est que les dangers auxquels nous faisons face vont nous forcer à trouver des solutions collectives, a-t-il déclaré.Il ne s\u2019agit pas d\u2019être optimiste ou pessimiste, il faut trouver des solutions à nos problèmes internationaux, qu\u2019il s\u2019agisse de changements climatiques ou d\u2019intelligence artificielle.» M.Bengio fait également partie des chercheurs ayant contribué à la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l\u2019intelligence artificielle, dont la version définitive a été lancée en décembre dernier.Une question de confiance Le président du groupe Thales favorable à des lois pour encadrer l\u2019IA FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Devant les inquiétudes exprimées en ligne dans les derniers jours face à son projet-pilote d\u2019analyse vidéo des comportements de consommateurs, en cours dans un centre commercial de Sainte-Foy, le géant immobilier Ivanhoé Cambridge, propriétaire des lieux, a cherché jeudi à calmer les esprits en insistant sur le caractère totalement anonymisé des données collectées.Selon lui, le cadre éthique qu\u2019il s\u2019est imposé cherche même à faire entrer le profilage des comportements d\u2019achat dans une ère plus respectueuse de la vie privée, pour éviter les dérives liées à la collecte massive d\u2019informations personnelles en ligne.« Les gens sont préoccupés et c\u2019est normal, a expliqué Tracy Smith, à la tête des centres commerciaux chez Ivanhoé Cambridge.L\u2019achat en ligne est extrêmement personnalisé parce que les consommateurs y ont abandonné leur vie privée en faisant circuler beaucoup d\u2019informations.Les joueurs dans ce domaine sont capables de collecter une trop grande richesse d\u2019informations qui va trop loin et débouche sur plusieurs dérapages.Ce n\u2019est pas là que nous voulons aller.Ces technologies d\u2019analyse des comportements [par la vidéo liée à l\u2019intelligence artificielle] arrivent aujourd\u2019hui dans le commerce de détail et nous voulons la mettre en place de manière un peu plus responsable », assure-t-il.Analyse vidéo L\u2019expérience amorcée à la Place Sainte-Foy de Québec cette semaine cherche d\u2019ailleurs à en faire la démonstration.Dans trois commerces \u2014 La Vie en rose, Tristan et la lunetterie BonLook \u2014, les clients vont être filmés afin de déterminer leur âge, leur sexe, mais également mesurer leur humeur.La technologie utilisée n\u2019est pas la reconnaissance faciale \u2014 qui cherche à établir l\u2019identité d\u2019une personne par lecteur, analyse des traits de son visage et comparaison \u2014, mais tient plutôt de l\u2019analyse vidéo anonyme (AVA), assure Stéphane Marceau, patron de Gali- lei, une entreprise liée à l\u2019Université Concordia qui travaille dans le développement éthique et responsable de la technologie.Ce type d\u2019analyse extrait les caractéristiques démographiques d\u2019un visage de manière approximative pour l\u2019âge et estime l\u2019humeur du sujet tout comme le positionnement de son regard.La photo est immédiatement détruite, assure-t-il, et l\u2019information, agrégée de manière anonyme.Aucune base de données de visages n\u2019est créée, aucun croisement avec des données personnelles liées à la carte de crédit ou un programme de fi- délisation n\u2019est effectué.« Les préoccupations pour la vie privée doivent être aujourd\u2019hui au cœur du développement de la technologie, dit M.Marceau.Le consommateur ne réalise pas toujours jusqu\u2019à quel point dans le monde en ligne il se dévoile par des processus analytiques très granulaires qui le ciblent directement.De notre point de vue, il faut baliser ces projets et être transparent pour mettre en place les assises d\u2019une bonne gouvernance des données dans le commerce de détail qui respecte la vie privée.» Protection de la vie privée Galilei et Ivanhoé Cambridge espèrent par cette transparence « ouvrir la conversation » avec les consommateurs, les législateurs, les penseurs de la modernité sur l\u2019intelligence artificielle et les conséquences de ces outils d\u2019analyse et de surveillance sur la société et les libertés individuelles.En août dernier, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a lancé une enquête sur Cadillac Fair- view, un autre important propriétaire de centres commerciaux au Canada, pour son utilisation d\u2019une technologie de profilage des visiteurs passant devant les répertoires interactifs de son Cinook Mall de Calgary.L\u2019enquête, toujours en cours, a été déclenchée par les accusations d\u2019intrusion dans la vie privée mé- diatiquement portées par des défenseurs de la vie privée.Or, l\u2019entreprise s\u2019est défendue d\u2019utiliser une technologie de reconnaissance faciale et a dit ne pas collecter d\u2019images des individus.Jointe par Le Devoir, la Commission d\u2019accès à l\u2019information a dit qu\u2019elle allait faire les vérifications d\u2019usage pour vérifier la conformité du projet-pilote de la Place Sainte-Foy avec les cadres légaux.« En matière d\u2019intrusion dans la vie privée, il y a beaucoup de dégâts qui ont été faits, admet M.Marceau.Ce que nous proposons ici, c\u2019est un nouveau modèle qui cherche à faire évoluer le commerce de détail en mettant l\u2019accent sur les questions éthiques, pas à la fin, mais au début du train.» INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Comprendre les consommateurs sans intrusion dans leur vie privée Un centre commercial de Sainte-Foy lance un projet-pilote de profilage des clients I S T O C K "]
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