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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier C
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-01-26, Collections de BAnQ.

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[" Soumettez sa candidature d\u2019ici le 25 mars 2019 ! #PrixduQuébec prixduquebec.gouv.qc.ca Connaissez-vous une personne dont la carrière scienti?que est exceptionnelle?LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 NUMÉRO 5 DE 10 I N T E L L I G E N C E A R T I F I C I E L L E « Dis, Siri, es-tu mon ami ?» « Dis, Siri, es-tu mon ami ?» « Je ne voudrais avoir, pour rien au monde, un autre compagnon que vous », répond l'assistant vocal d\u2019Apple.On lui parle presque comme à un être humain, et il nous répond presque comme un ami.Les outils intelligents comme Siri, Alexa ou encore l'assistant Google jouent le rôle d'adjoint en nous informant de la météo, en trouvant une chanson, un numéro de téléphone ou la réponse à une panoplie de questions.Ils sont même capables d'humour et d'ironie.Et dans les milieux de travail, l'intelligence artificielle transforme les pratiques de recrutement et de gestion des ressources humaines.Notre rapport à l'autre et à la machine est-il en train de changer ?Les assistants vocaux encouragent-ils des stéréotypes fondés sur le genre ?C 7 et C 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 2 18 février 2019 | New City Gas Des outils pour accélérer l\u2019adoption de l\u2019IA dans votre entreprise Achetez vos billets ccmm.ca/IA Forum stratégique Intelligence artificielle Partenaire principal : Commanditaires Or : Commanditaires Argent : INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ISTOCK LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 3 INTELLIGENCE ARTIFICIELLE L\u2019intelligence artificielle estelle en train de révolutionner la façon de gérer les ressources humaines au sein des entreprises ?Didier Dubois : Il faut d\u2019abord préciser que l\u2019IA n\u2019est pas quelque chose qui s\u2019est implanté tout d\u2019un coup.Ça fait plusieurs années, je dirais depuis le début des années 2010, que les services de RH intègrent et utilisent des outils numériques et des systèmes d\u2019information de plus en plus automatisés.Là où c\u2019est le plus visible, et là où l\u2019on fait d\u2019énormes progrès ces derniers temps grâce à l\u2019IA, c\u2019est dans le recr utement.Nous avons aujourd\u2019hui des algorithmes capables de scanner le Web, notamment les réseaux sociaux, pour amasser des données massives et faire un arrimage entre les profils recherchés et les profils trouvés.Les entreprises scannent les réseaux sociaux pour chasser des têtes\u2026 Émilie Pelletier : Dans le contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre qui frappe le Québec, elles ne peuvent pas attendre tranquillement que des candidats leur envoient leur CV.Nous travaillons avec des entreprises qui par fois ont jusqu\u2019à 200 postes à pour voir et qui sont obligées de fermer des quarts de travail parce qu\u2019elles ne disposent pas de la main-d\u2019œuvre nécessaire.Parfois, la pérennité des entreprises est en jeu.Elles doivent être proactives, et l\u2019IA peut leur permettre de trouver des profils recherchés et performants à grande échelle.Encore faut-il que la main- d\u2019œuvre soit disponible ou disposée à bouger\u2026 D.D.: C\u2019est vrai et, là encore, l\u2019IA peut nous aider.Les algorithmes sont capables de trouver les profils semi-passifs.Pas les candidats actifs qui sont en recherche, qui envoient des CV et sont inscrits sur des bases de données.Mais ceux qui se lèvent un matin et commencent à regarder ce qui se passe sur le marché de l\u2019emploi.On a en effet pu observer leur comportement sur LinkedIn par exemple, et mettre en place un algorithme.C\u2019est très important, car c\u2019est à ce moment-là qu\u2019on a le plus de chance de les convaincre de venir chez nous.Une entreprise qui gère son recrutement par l\u2019entremise de l\u2019IA a donc un avantage compétitif par rapport à une autre qui lui tournerait le dos ?D.D.: Assurément ! Ajoutons à cela que les algorithmes sont plus objectifs, ils ont moins d\u2019a priori que les humains.Mieux, ils permettent de combattre les idées reçues.On a longtemps cru par exemple qu\u2019une personne qui a souvent changé de poste par le passé resterait un employé volatil toute sa vie et qu\u2019il valait donc mieux s\u2019en détour ner.L\u2019analyse des données massives infirme cette théorie.On sait aussi aujourd\u2019hui que, dans certains domaines, il vaut mieux embaucher un candidat qui n\u2019a pas les compétences et le former, plutôt que de choisir une personne qui a déjà de l\u2019expérience.À terme, le premier se révèle être plus performant et plus fidèle.On se rend compte aussi que les algorithmes peuvent être très utiles pour aller chercher des candidatures plus atypiques, dans des bassins qui sont sous-utilisés, tels que les retraités, les nouveaux immigrants, les Autochtones, les personnes à mobilité réduite, etc.Robots chasseurs de têtes Dans le contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre, de plus en plus d\u2019entreprises utilisent les algorithmes pour dénicher la perle rare dans les méandres du Web.Didier Dubois et Émilie Pelletier sont stratèges en ressources humaines chez HRM Groupe.Ils confirment que l\u2019intelligence artificielle (IA) est en train de devenir incontournable au sein des services de ressources humaines (RH), même s\u2019ils affirment que le Québec n\u2019en est encore aujourd\u2019hui qu\u2019aux balbutiements.Propos recueillis par Hélène Roulot-Ganzmann.Concrètement, ça se traduit comment, l\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle en ressources humaines?Quelques exemples.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale AVEZ-VOUS VOTRE « PERSONAL HR » ?De plus en plus de salariés des grandes compagnies disposent au- jourd\u2019hui d\u2019un outil appelé «Personal HR » sur leur téléphone intelligent.Celui-ci est configuré par les responsables des ressources humaines en fonction des choix stratégiques de l\u2019organisation et sert à stocker le plus de données possible, par exemple sur l\u2019atmosphère au bureau, le ressenti sur ses performances, ses attentes vis-à-vis d\u2019un cadre, ou encore sur sa satisfaction quant à l\u2019intérêt de ses missions, l\u2019acquisition de nouvelles compétences, la valeur apportée à l\u2019entreprise, etc.En analysant le tout, le «Personal HR» peut alors envoyer aux collaborateurs des notifications et des recommandations, tant sur un programme de formation qui commence que sur un cours de yoga pour faire baisser son stress.AU REVOIR CV ! Le géant du cosmétique L\u2019Oréal était fatigué de se noyer sous la paperasse.Dans le plus grand marché du monde, à savoir la Chine, la firme a décidé il y a quelques années de dire au revoir au sacro-saint CV.Depuis, les quelques dizaines de milliers de candidats cherchant à décrocher la centaine de postes ouverts chaque année sont invités à remiser leur curriculum vitæ et à plutôt répondre oralement à quelques questions via leur téléphone intelligent.Un outil IA analyse par la suite toutes les réponses et le langage utilisé par les candidats.Les mots choisis seraient en effet bien plus opportuns pour prédire la réussite d\u2019une personne, sa loyauté et sa capacité à apprendre de l\u2019échec, que l\u2019université qu\u2019il a fréquentée ou le diplôme qu\u2019il a obtenu.Cette méthode permet surtout de faire une présélection, avant de rencontrer les candidats retenus pour une évaluation au sein de laquelle le CV demeure un outil de référence.L\u2019Oréal affirme par ailleurs qu\u2019environ un tiers des candidats sélectionnés par l\u2019IA sont issus d\u2019universités qui n\u2019auraient jamais été envisagées auparavant, et que les profils sélectionnés sont plus diversifiés en ce qui a trait au style et à l\u2019appartenance culturelle.Quand l\u2019IA se mêle des RH VOIR PAGE C?5 : RECRUTEMENT ENTREVUE » LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 4 INTELLIGENCE ARTIFICIELLE CONTENU PARTENAIRE L es humanités numériques appliquent les technologies de l\u2019information aux différentes disciplines des sciences humaines et des lettres.La communication, l\u2019histoire, la politique, la philosophie, la géographie ou encore la linguistique sont autant de domaines concernés.En utilisant les techniques de l\u2019informatique, les possibilités de recherche et d\u2019enseignement en sciences humaines se multiplient.Objectif : faciliter la diffusion du savoir, l\u2019échange et la formation de réseaux de production.Changer l\u2019échelle de recherche « La philosophie s\u2019intéresse aux arguments, fait valoir François Claveau, professeur de philosophie à l\u2019Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épistémologie pratique.Nos données sont souvent textuelles.L\u2019intelligence artificielle nous permet de traiter des volumes très importants de textes, et donc d\u2019arguments. » Le chercheur et son équipe ont par exemple mis au point une application Web sur l\u2019histoire bibliométrique de la science économique.« Nous avons eu accès à 400 000 articles, et avec des algorithmes d\u2019apprentissage, la machine a trouvé des structures dans ces articles pour détecter des spécialités à travers le temps, depuis les années 1950 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, explique-t-il.Cela aurait été très difficile à faire manuellement. » Une fois que l\u2019algorithme a traité les milliers de données, les résultats sont présentés sous la forme d\u2019une plateforme Web interactive.  Au Département d\u2019histoire, les humanités numériques peuvent aussi jouer un rôle très important.C\u2019est le cas par exemple pour la retranscription de textes manuscrits.« La reconnaissance optique des caractères qui a été utilisée sur l\u2019imprimé depuis de nombreuses années ne fonctionne pas sur le manuscrit, explique pour sa part Léon Robichaud, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Sherbrooke, spécialiste de la Nouvelle-France et de l\u2019informatique appliquée à l\u2019histoire.Pour nous, l\u2019intelligence artificielle permet de faire apprendre au logiciel comment détecter certaines formes d\u2019écriture, certaines lettres, et cela accélère beaucoup le processus de transcription.» Le logiciel est entre autres entraîné à la reconnaissance de l\u2019écriture d\u2019un écrivain en particulier, pour ensuite être capable, en quelques minutes, de lire des centaines, voire des milliers de pages.« Cela change totalement l\u2019échelle sur laquelle on peut travailler », ajoute le professeur.De son côté, Sylvain Rocheleau, professeur en communication à l\u2019UdeS et spécialiste en informatique cognitive, s\u2019intéresse à l\u2019information qui circule dans les médias.Dans une approche novatrice qui fait appel à la fois au numérique et à l\u2019analyse de presse, le professeur a collaboré avec les entreprises Moment Factory et Réalisation Montréal inc.afin de donner vie à un projet concernant le Big Data et sa place dans l\u2019illumination du pont Jacques-Cartier.« Les techniques d\u2019humanités numériques permettent d\u2019aller chercher toutes les nouvelles qui sont produites par les médias canadiens et d\u2019en faire des analyses, pré- sente-t-il.Je me sers entre autres de cette classification-là pour alimenter en données le pont Jacques-Cartier, qui s\u2019illumine d\u2019une couleur différente selon les types de sujets traités, du sport à la politique. » Ainsi, chaque jour sont traités des milliers de contenus présents dans les médias et les réseaux sociaux, influençant l\u2019illumination du pont montréalais.Utiliser le numérique À l\u2019Université de Sherbrooke, le Réseau des humanités numériques \u2014 qui réunit une dizaine de personnes d\u2019horizons disciplinaires variés \u2014 a été fondé en juin 2017 afin de démocratiser le numérique dans le développement des savoirs.« Les humanités numériques amènent des façons de faire des sciences humaines différentes, mais il ne faut pas essayer de les placer comme étant meilleures ou moins bonnes que les méthodes que l\u2019on utilisait avant.C\u2019est juste qu\u2019elles nous permettent d\u2019aborder nos objets sous un nouvel angle », défend Sylvain Rocheleau.Le professeur Claveau rappelle qu\u2019il ne s\u2019agit pas pour les chercheurs en sciences humaines de devenir des informaticiens.« Nous ne sommes pas des développeurs d\u2019algorithmes d\u2019apprentissage machine, on prend ce qui existe et on l\u2019intègre comme méthode dans nos travaux de recherche », rappelle-t-il.Voir la vidéo à ce sujet avec l\u2019article sur le site Web du Devoir.UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE L\u2019ère des humanités numériques UNSPLASH Au croisement entre l\u2019informatique et les sciences humaines se trouvent les humanités numériques.À l\u2019Université de Sherbrooke, ce domaine de recherche et d\u2019enseignement intéresse de plus en plus de chercheurs.« Les humanités numériques amènent des façons de faire des sciences humaines différentes » LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 5 CONCORDIA .CA/IA EXORCISER LES DÉMONS D\u2019INTERNET Comment pouvons-nous exploiter l\u2019intelligence arti?cielle des inforobots, des assistants virtuels et des algorithmes qui régissent notre vie quotidienne?L\u2019INTELLIGENCE ARTIFICIELLE T 1 9 - 5 2 7 2 7 INTELLIGENCE ARTIFICIELLE RECRUTEMENT INTELLIGENT Certaines entreprises vont déjà encore plus loin dans leur utilisation de l\u2019IA dans leur processus de recrutement.L\u2019entreprise Unilever, maison mère entre autres de Dove, Lipton et Ben & Jerry\u2019s, utilise désormais l\u2019intelligence artificielle pour recruter ses employés juniors.Depuis, elle affirme avoir considérablement accru sa diversité et sa rentabilité.Fini le recrutement dans les universités.Les candidats découvrent plutôt les postes via les médias sociaux et soumettent leur profil LinkedIn.Ils consacrent ensuite environ vingt minutes à jouer à une dizaine de jeux basés sur les neurosciences.Si leurs résultats correspondent au profil requis, ils passent à la phase entrevue filmée.Ils enregistrent leurs réponses à des questions prédéfinies et la technologie analyse des éléments tels que les mots-clés, l\u2019intonation et le langage corporel.Tout cela peut être complété sur un téléphone intelligent ou une tablette.Si le candidat franchit ces deux étapes, il est alors enfin invité dans les bureaux d\u2019Unilever afin de passer une entrevue de mise en immersion.Unilever applique aujourd\u2019hui cette refonte dans soixante-huit pays entre autres en Amérique-du- Nord.Depuis, le temps moyen requis pour l\u2019embauche d\u2019un candidat est passé de quatre mois à quatre semaines, soit un gain de temps cumulé de 50 000 heures par an.Les services RH sont-ils prêts à utiliser ces outils au Québec ?É.P.: Précisons d\u2019abord que les entreprises ne peuvent pas faire tout ce qu\u2019il leur serait possible de faire grâce à la technologie.Par exemple, la jurisprudence ne leur permet pas de monter un dossier sur un individu en glanant les informations sur les réseaux sociaux sans l\u2019accord de la personne.Elles ne peuvent que consulter les pages.Mais au-delà de ça, avouons que, non, les ser vices RH n\u2019utilisent pas l\u2019IA au plus fort de sa performance.Le Québec a informatisé nombre de processus depuis des années maintenant, il existe donc des données très massives qui pourraient être mieux utilisées.Mais nous ne sommes pas rendus là.Je crois que les gens qui travaillent en ressources humaines n\u2019aiment pas beaucoup les chiffres, les données, les statistiques\u2026 il y a des freins, mais ça va devenir incontournable.D.D.: Les outils qui sont développés sont très opaques.Pour des raisons évidentes de concurrence, les organisations qui les développent ne dévoilent pas la recette qu\u2019elles utilisent.Il y a donc de la méfiance.Les entreprises achètent une application parce qu\u2019elle a fonctionné ailleurs.C\u2019est presque un acte de foi ! Ça génère une cer taine crainte.Quoi qu\u2019il en soit, il ne s\u2019agit pas de déléguer toute la gestion des RH à la seule IA.On aura toujours besoin de l\u2019humain pour remettre en question les résultats des algorithmes ainsi que la manière dont les données ont été récoltées.Quels sont les risques ?É.P.: Il y a une multitude de biais auxquels il faut être attentif.La recette de l\u2019algorithme demeure secrète ; on ne peut donc pas l\u2019implanter dans son entreprise et tout faire reposer sur lui sans avoir un regard critique.N\u2019oublions pas que les RH gèrent de l\u2019humain, les erreurs peuvent avoir des conséquences graves.L\u2019algorithme doit également évoluer en même temps que les besoins de l\u2019entreprise et la recherche de nouvelles compétences.D.D.: il ne faudrait pas non plus tenir pour acquis que tout le monde expose ses compétences sur le Web, or c\u2019est bien là que les algorithmes font leur collecte de données.Si on s\u2019en tient à recruter ainsi, on passe à côté de gens qui, par humilité ou par choix, s\u2019exposent moins sur les réseaux sociaux, mais qui n\u2019en sont pas moins compétents pour autant.É.P.: Et puis, certains critères, tels que l\u2019émotivité, l\u2019empathie, sont difficilement mesurables, même si l\u2019IA s\u2019en va de plus en plus vers ça.Il ne faudrait donc pas faire reposer toutes les pratiques RH sur l\u2019IA.Ces outi ls ont des forces, mais aussi des limites.SUITE DE LA PAGE C?3 Quand l\u2019IA se mêle des RH SUITE DE LA PAGE C?3 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.CORINNE KUTZ UNSPLASH LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 6 +100 +50 +50 boursiers projets de recherche collaborative membres industriels et académiques +1000 +650 +200 scienti?ques en science des données, recherche opérationnelle et IA professionnels formés activités de communication Suivez-nous! IVADO, AU COEUR DE LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE ET DE L\u2019INTELLIGENCE ARTIFICIELLE IVADO positionne le Québec comme pôle internationalement reconnu en recherche, en formation et en transfert technologique autour de l\u2019intelligence arti?cielle.IVADO fait le pont entre l\u2019expertise académique et les besoins de l\u2019entreprise et contribue au développement de talents dans le domaine.INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Promesse d\u2019utopie future ou source de visions apocalyptiques, l\u2019intelligence artificielle marque les esprits.Comment changera-t-elle nos relations interpersonnelles ?Éclairage de Sabine Bergler, professeure de sciences informatiques à l\u2019Université Concordia.O L I V I E R S Y LV E S T R E Collaboration spéciale L\u2019intelligence artificielle nous retirera tous nos emplois.Vrai et faux.«L\u2019intelligence artificielle n\u2019est qu\u2019une technologie, souligne Mme Bergler.Elle ne prend aucune décision sur l\u2019emploi.» On accepte déjà d\u2019envoyer des drones et d\u2019autres machines automatisées dans plusieurs environnements trop dangereux, rendant certains emplois obsolètes.« Mais remplacer un employé par une machine est une décision de société, une décision politique.» Certes, certains emplois sont menacés par l\u2019automatisation.« Disons que votre employeur souhaite vous remplacer par un robot.Cette technologie est-elle vraiment moins coûteuse et plus fiable que d\u2019employer des humains ?Ce n\u2019est pas toujours le cas.» L\u2019intelligence artificielle pense comme un humain.Faux.« Les ordinateurs ne pensent pas, dit d\u2019entrée de jeu Mme Bergler.L\u2019intelligence artificielle qui utilise l\u2019apprentissage profond ne fonctionne pas du tout comme un humain réfléchi.» Elle utilise plutôt des modèles basés sur des hypothèses sur le fonctionnement de notre apprentissage subconscient.De plus, ce n\u2019est pas «nécessairement l\u2019objectif » dans le développement de l\u2019intelligence artificielle que de la faire penser comme nous.On recherche surtout à imiter la façon dont on accomplit certaines tâches, comme conduire une voiture.Un ordinateur pourra devenir notre ami\u2026 ou notre amoureux.Peut-être.Sans être capables d\u2019émotions ou de réfléchir comme un humain, des machines pourraient devenir des compagnons essentiels pour certaines personnes, affirme Mme Bergler.On ne devrait pas se marier bientôt avec un faux humain, mais un robot pourrait, «comme un animal de compagnie » super-intelli- gent, rappeler à une personne âgée de prendre ses médicaments, ou même divertir une personne seule.« Pour une personne qui a besoin d\u2019appui médical, être sous sur veillance constante peut être un véritable cadeau du ciel.» Il faut cependant garder en tête l\u2019autre côté de la médaille : certains jouets connectés que l\u2019on serait tenté d\u2019offrir à un enfant pourraient devenir la cible de pirates et être une menace pour la vie privée.VRAI OU FAUX ?Trois idées reçues sur l\u2019intelligence artificielle LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 7 INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Les assistants à commande vocale perpétuent des stéréotypes fondés sur le genre, selon la chercheuse de l\u2019Université Concordia Hilary Bergen.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale L a tendance demeure lourde : la majorité des assistants à commande vocale répondent avec un timbre de voix féminin.Certains offrent la possibilité de changer pour une voix masculine, mais la version féminine demeure, règle générale, l\u2019option par défaut.Ce phénomène, qui concerne tant Siri d\u2019Apple qu\u2019Alexa d\u2019Amazon, Cortana de Microsoft ou l\u2019assistant Google, préoccupe la chercheuse Hilar y Bergen.L\u2019étudiante en lettres et sciences humaines à l\u2019Université Concordia s\u2019est attardée aux assistants personnels intelligents dans ses travaux de doctorat sur la désin- carnation féminine dans les technologies.Dans son analyse, elle constate une persistance des stéréotypes.« En féminisant les voix numériques, les programmeurs et concepteurs normalisent l\u2019idée que les femmes sont non seulement plus adaptées au rôle de secrétaire, mais aussi plus aptes à performer dans les rôles de soutien et dans le travail émotionnel (emotional labor).» Le concept de travail émotionnel, plus répandu dans la littérature anglo-saxonne, sert à désigner un fardeau sous-estimé ou rarement rémunéré à sa juste valeur dans plusieurs emplois ou postes traditionnellement occupés par des femmes : celui de réguler ses émotions de manière à assurer, même dans un contexte stressant, le confor t des clients ou des collègues, comme observé chez les hôtesses de l\u2019air et les infirmières.L\u2019expression tend depuis quelques années à s\u2019élargir au sujet des exigences semblables dans l\u2019ensemble de la vie sociale.Des systèmes automatisés empruntent des voix féminines depuis longtemps, comme dans le cas des GPS et des boîtes vocales téléphoniques.En revanche, les nouveaux dispositifs sont accessibles 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour des requêtes qui ne se limitent pas seulement à la gestion de fichiers ou de calendriers de travail.« Il s\u2019agit de la première voix que vous pourriez entendre le matin», sou- ligne-t-elle.« Comme ils sont dans nos téléphones et nos tablettes, il y a une intimité.» Et si Siri et compagnie encourageaient les stéréotypes féminins?VOIR PAGE C?8 : STÉRÉOTYPES Hilary Bergen, chercheuse de l\u2019Université Concordia UNIVERSITÉ CONCORDIA LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2019 C 8 INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN BREF » Dans ses travaux de doctorat, Hi- lar y Bergen a interpellé de multiples façons l\u2019application Siri, puis elle a noté les dialogues du logiciel.Lorsque la chercheuse posait à l\u2019assistant à commande vocale des questions à son sujet ou sur ce qu\u2019il ressentait, la voix numérique féminine retournait souvent la conversation vers l\u2019utilisatrice ou indiquait n\u2019y avoir jamais réfléchi.Lorsque la doctorante lui demandait qui était son patron, Siri annonçait : « Vous l\u2019êtes.» À la question « êtes-vous une entité consciente ?» le logiciel déclarait : « Je le suis, si vous l\u2019êtes.» La chercheuse a publié ses constats dans un texte, diffusé dans la revue Word and Text en 2016, qu\u2019elle a intitulé « I\u2019d blush if I could » (« Je rougirais si je le pouvais »), une allusion à la réponse communiquée par l\u2019application à une insulte vulgaire.Il n\u2019y a aucun doute à ses yeux que les géants de l\u2019industrie du numérique misent sur des voix s\u2019apparentant à celles de la conjointe, de la mère ou de la secrétaire pour gagner la confiance des utilisateurs et mieux faire tomber leur méfiance dans le partage de données personnelles et la sur veillance quotidienne inhérente à ces outils.Néanmoins, elle juge que les répliques révèlent les préjugés des développeurs logiciels, en vaste majorité des hommes.Selon un sondage international mené par Stack Overflow en 2018, moins de 7 % des personnes qui exerçaient ce métier à t r a v e r s l e m o n d e é t a i e n t d e s femmes.« Cela aiderait d\u2019avoir une meilleure diversité lors de la conception de ces dispositifs, mais il y a un problème plus grand qui doit être soulevé dans notre monde.» Elle ne croit pas que le recours à une voix de genre neutre constitue une solution.« L\u2019intelligence ar tificielle fonctionne comme un miroir de la société humaine, juge-t-elle.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un enjeu de nouvelles technologies, mais d\u2019un vieux déséquilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes qui continue de se poursuivre.» SUITE DE LA PAGE C?7 La moralité des robots à l\u2019étude Est-ce possible de créer des systèmes d\u2019IA qui ont des compétences morales ?C\u2019est la question que se pose Dominic Martin, professeur au Département d\u2019organisation et de ressources humaines et membre d\u2019HumanIA, qui travaille en ce moment sur la prise de décisions morales par les robots ou les systèmes d\u2019IA.Comment peut-on créer des systèmes dont les décisions ou le comportement sont alignés avec la moralité humaine ?Selon le chercheur, cet enjeu est capital pour créer des machines qui vont interagir avec des êtres humains.À l\u2019heure actuelle, on essaie de créer des systèmes reproduisant les régularités comportementales des êtres humains.On observe comment les êtres humains se comportent dans des environnements virtuels et on essaie de faire des généralisations.Mais cette approche soulève différents problèmes, notamment par le fait que l\u2019humain ne se comporte pas toujours de manière conforme à ses propres principes moraux et éthiques.FRANCK V.UNSPLASH « L\u2019intelligence artificielle fonctionne comme un miroir de la société humaine.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un enjeu de nouvelles technologies, mais d\u2019un vieux déséquilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes qui continue de se poursuivre.» "]
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