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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-05-21, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 111 / LE MARDI 21 MAI 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B6 Culture.B7 Décès .A4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B4 Monde.B1 Mots croisés.B4 Société .B3 Sudoku .B4 Urbanisme.B5 ACTUALITÉS Un premier regard complet sur Gauguin le portraitiste A 8 ACTUALITÉS Sondage: les anglophones tiennent à leurs commissions scolaires | A 3 Les frères Dardenne face au radicalisme religieux ODILE TREMBLAY À CANNES LE DEVOIR V iser une troisième Palme d\u2019or après Rosetta en 1999 et L\u2019enfant en 2005 ?Comment pourraient- ils s\u2019empêcher en secret d\u2019y rêver, les frères belges Luc et Jean-Pierre Dardenne, comme avant eux Ken Loach la semaine dernière?Ce fantasme tient de la quête inaccessible du Graal.On ne leur prédit guère le coup triple pour leur dernier film, Le jeune Ahmed.Il y a tant de cinéastes méritants, cette année.Pas grave ! Les doubles palmés appartiennent d\u2019ores et déjà à la mythologie cannoise, club sélect où les Dar- denne se sont glissés d\u2019abord incrédules, bientôt sacralisés.Ils sont si anti glamour ces frères-là, avares de paroles inutiles, avec leurs profils de travailleurs sociaux, leur engagement envers les sans- grades, leur regard lucide et humain, leur désir de greffer une vision de cinéma sur les faits divers de la vie.Un peu comme Loach, en moins militants et démonstratifs.Sur cette Croisette, souvent si frivole, elles portent des fruits au palmarès, les visions d\u2019intégrité.La fratrie Dar- denne, issue du documentaire, abonnée au naturalisme, offre de poignants visages d\u2019une fois à l\u2019autre à des drames humains.Victimes et auteurs de leurs destinées brisées, leurs personnages sont les reflets de nos sociétés en crise.Cette fois encore, mais dans une veine plus désespérée, plus glaçante et âpre, surtout plus politique.Cette fois, Ahmed le antihéros est un tout jeune garçon (Idir Ben Addi, nouveau venu, belge d\u2019origine marocaine).Ce musulman sans histoire, aimé et entouré, se radicalise soudain sous l\u2019influence de l\u2019imam de la mosquée du coin.Sa mère ne le reconnaît plus, ni son enseignante dévouée, qu\u2019il juge hérétique et tente de poignarder avant Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Dans une guerre froide technologique qui menace de scinder la planète Internet en deux, Google a interrompu lundi sa relation d\u2019affaires avec l\u2019équipemen- tier chinois Huawei, « se pliant » au décret du gouvernement américain de la semaine dernière qui impose à toute entreprise américaine d\u2019obtenir le feu vert des autorités pour faire des affaires avec cette société « posant un risque à la sécurité nationale ».À la suite de l\u2019annonce de Google, les autorités américaines ont semblé vouloir calmer le jeu en décrétant un délai de 90 jours avant d\u2019imposer les sanctions, le temps que Huawei et ses partenaires commerciaux américains s\u2019adaptent.Concrètement, la coupure des liens d\u2019affaires entre Google et Huawei signifie que les futurs propriétaires d\u2019appareils produits par la société chinoise seront privés de certains services de Google, comme les applications Maps, YouTube, Gmail et Chrome, ainsi que son marché virtuel, le Play Store.Les actuels détenteurs d\u2019appareils mobiles Huawei ne devraient cependant pas être affectés par la mesure, qui va seulement toucher les appareils vendus à partir de son entrée en vigueur.Huawei pourra continuer à installer Android, le système d\u2019exploitation mobile de Google, car il est frappé d\u2019une licence de distribution libre.Toutefois, il ne pourra plus bénéficier des mises à jour.Il devra donc mettre à jour lui- même le logiciel de ses futurs appareils.La quasi-totalité des appareils de Huawei sont actuellement dotés d\u2019Android, même en Chine où les sites Web et les applications de Google sont bloqués depuis des années.Fournisseurs de matériel Les conséquences de l\u2019annonce de lundi se feront donc surtout sentir dans le reste de l\u2019Asie, en Afrique et en Europe, où Huawei est en pleine conquête de nouveaux clients.En 2018, elle a gonflé sa part du marché mondial de 30% par rapport à l\u2019année précédente, détrônant Apple du second rang en matière d\u2019unités vendues, derrière Samsung.Toutefois, dans cette impressionnante expansion à l\u2019international, Huawei pouvait jusqu\u2019à maintenant attirer de nouveaux clients en leur offrant les populaires applications de Google.Sans elles, la société chinoise pourrait perdre la clé de cet immense marché, confiné de l\u2019autre côté d\u2019un rideau de fer technologique.Malgré le dur coup porté à ses activités, Huawei n\u2019est certainement pas prise de court.Craignant d\u2019un jour perdre accès à Android, elle développait depuis des années un système d\u2019exploitation de rechange.Il était déjà testé sur certains produits vendus en Chine, selon la compagnie.En Amérique du Nord, très peu de clients seront affectés par les ponts coupés par Google.En avril dernier, seulement 3 % des appareils mobiles Google lâche Huawei Le colosse américain a coupé les ponts avec le fabricant chinois en réponse au décret américain CHRISTIAN RIOUX À MILAN LE DEVOIR À cinq jours des élections européennes, les forces souverainistes et eurosceptiques tentent de resserrer leurs rangs autour du ministre de l\u2019Intérieur italien et président de la Ligue, Matteo Salvini.C\u2019était tout le but de l\u2019importante assemblée populaire, tenue samedi à Milan et qui a mobilisé plusieurs dizaines de milliers de personnes autour d\u2019une dizaine de leaders souverainistes européens, dont la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen.« Marine ! Marine ! », scandait d\u2019ailleurs la foule en liesse venue des quartiers populaires environnant Milan pour écouter « il Capitano » sur la place du Duomo.Devant les flèches de la cathédrale de sa ville natale et à quelques stations de métro de la piazzale Siena où il habite, celui que plusieurs considèrent déjà comme le prochain président du Conseil italien était visiblement en campagne, non seulement européenne, mais nationale.On prête à Salvini l\u2019intention de profiter d\u2019une victoire aux élections européennes pour provoquer des élections et gouverner l\u2019Italie, non plus en alliance avec le Mouvement 5 étoiles, aujourd\u2019hui en perte de vitesse, mais avec la droite de Berlusconi.Accueilli comme une rockstar, le tribun a lancé : « On n\u2019est pas racistes ! On n\u2019est pas fascistes ! » Salvini dit prêcher pour « une Europe du bon sens » contre, dit-il, les extrémistes et les bureaucrates de Bruxelles.« Lui, il sait parler au peuple.Seul Salvini peut nous sortir de là », disait Ivano, un policier à la retraite qui votait communiste depuis qu\u2019il était au biberon, dit-il.« Il faut revenir à une Europe qui tient compte des particularités de chacun, dit-il.On n\u2019est pas contre l\u2019Europe, on veut simplement une Europe qui ne soit pas contre les nations.» Sur l\u2019estrade, une dizaine de leaders souverainistes et d\u2019extrême droite ont répété le même message et réaffirmé leur opposition à l\u2019immigration de masse dont ils accusent l\u2019Union européenne.Certains comme le néerlandais Geert Wilders allant même jusqu\u2019à lancer « Basta islam ! » Nettement moins radicale, Marine Le Pen a ÉLECTIONS EUROPÉENNES Les populistes en ordre de marche LE DEVOIR AU FESTIVAL DE CANNES VOIR PAGE A 2 : EUROPE LA MAIN DANS LE SAC RUSSE.UNE CHRONIQUE DE FRANÇOIS BROUSSEAU.PAGE B 1 VOIR PAGE A 4 : HUAWEI Le cinéaste Jean-Pierre Dardenne en compagnie de Victoria Bluck et de Idir Ben Addi, deux des jeunes protagonistes du film belge Le jeune Ahmed CHRISTOPHE SIMON AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 8 : FRÈRES PAILLETTES FRANÇAISES.À LIRE EN PAGE B 8 URBANISME Des cyclistes pas tout à fait humains aux yeux d\u2019automobilistes B 5 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 21 MAI 2019 Avec l\u2019appui de : INSCRIPTION \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Dorothy Gordon Présidente, Programme Information pour tous, UNESCO Pour une intelligence arti?cielle au service du développement Série Développement International présentée par : La mouvance souverainiste divisée préféré vanter l\u2019Europe « d\u2019Athènes et de Rome, de la chrétienté et des Lumières » tout en réécrivant les premiers vers de La Marseillaise : « Allons enfants des patries, Le jour de gloire est arrivé ».« Le bon sens en Europe ! » Un message radicalement différent de celui que tenaient Matteo Salvini et Marine Le Pen à l\u2019élection européenne de 2014, alors qu\u2019ils défendaient la sortie de leur pays de l\u2019euro.Il y a cinq ans, même sur ce programme radical, Marine Le Pen était arrivée en tête en France.Un exploit qu\u2019elle pourrait rééditer, puisque les plus récents sondages la mettent à 24%, deux points devant la liste de groupe Renaissance d\u2019Emmanuel Macron.« L\u2019Italie d\u2019abord ! Le bon sens en Europe ! », Le nouvel homme fort des eurosceptiques n\u2019a pas toujours été sur les tribunes européennes.Pendant longtemps, ce fils de la bourgeoisie milanaise a fait ses classes au sein du parti autonomiste la Ligue du Nord en animant des émissions sur Radio Padania.Pendant des années, il a sillonné le nord de l\u2019Italie ne refusant jamais une tribune, dans les petits villages comme dans les régions rurales.À partir de 2014, troquant l\u2019autonomie de la Padanie pour celle de l\u2019Italie au sein de l\u2019Europe, le tribun a transformé sa formation en parti véritablement national.Sa ligne dure sur l\u2019immigration est aujourd\u2019hui soutenue par une majorité d\u2019Italiens.Surnommé « le caméléon », Matteo Salvini est un pragmatique, explique Alessandro Franzi coauteur du livre Matteo Salvini, Italy, Europe and the New Right.« Salvini a toujours été plus pragmatique qu\u2019idéologue.Il n\u2019a pas hésité à s\u2019allier à Berlusconi pour se faire élire.Puis à gouverner avec le Mouvement 5 étoiles.Je suis convaincu qu\u2019il utilise la scène européenne pour renforcer son leadership national et devenir le prochain premier ministre italien.Si c\u2019est un succès, cela lui donnera en retour l\u2019influence nécessaire pour infléchir les politiques européennes.» Selon plusieurs observateurs, s\u2019il veut peser en Europe, Salvini devra franchir la barre des 30 %.L\u2019amitié entre le régionaliste Salvini et la jacobine Marine Le Pen a beau dater de son élection au Parlement européen (2009), cette alliance n\u2019est pas pour autant éternelle, croit Franzi.L\u2019absence de cette dernière en avril à Milan lors d\u2019une réunion des eurosceptiques a beaucoup fait jaser.« Si l\u2019élection européenne donne une victoire aux euroscep- tiques, cette alliance pourrait même devenir un problème, croit Franzi.Surtout si Salvini se trouve dans la position de pouvoir s\u2019allier avec la principale formation de droite, le Parti populaire européen », dont Viktor Orban est toujours membre malgré une suspension.À cause notamment de leur attitude à l\u2019égard de la Russie de Vladimir Poutine, il serait impossible d\u2019asseoir Viktor Orban et Marine Le Pen à la même table.Selon Franzi, la force de Salvini, c\u2019est qu\u2019en tant qu\u2019homme fort de l\u2019un des grands pays fondateurs de l\u2019Union européenne, il est devenu un modèle en Europe.« C\u2019est pourquoi tous les yeux sont tournés vers lui.Il montre pour l\u2019instant une capacité à communiquer qui semble sans limites.C\u2019est ce qui lui permet d\u2019unir les nationalistes.Reste à savoir s\u2019il pourra se donner une stratégie à long terme.Ce dont il n\u2019a pas encore fait la preuve.» Matteo Salvini l\u2019Européen EUROPE SUITE DE LA PAGE A 1 Vraie star de ce rassemblement d\u2019une douzaine de partis de la droite nationaliste auquel assistait Marine Le Pen, Matteo Salvini a multiplié les références à la religion catholique et aux racines judéo- chrétiennes de l\u2019Europe, brandissant un rosaire et invoquant la Vierge Marie.MIGUEL MEDINA AGENCE FRANCE- PRESSE VIS ASébastien Léveillé, agr., MBA Chef de la direction de Sollio Agriculture À propos de La Coop fédérée La Coop fédérée représente plus de 120 000 membres regroupés au sein de 60 coopératives répartis dans plusieurs provinces canadiennes.Ses activités se séparent en trois divisions : Olymel S.E.C., Sollio Agriculture et Groupe BMR.La Coop fédérée emploie plus de 14 000 personnes et son chiffre d\u2019affaires s\u2019élève à 6,5 milliards de dollars.Le chef de la direction de La Coop fédérée, Gaétan Desroches, a le plaisir d\u2019annoncer la nomination de Sébastien Léveillé au poste de chef de la direction de Sollio Agriculture.En plus de cette nomination, M.Léveillé continuera d\u2019occuper les fonctions de vice-président exécutif de la division agricole de La Coop fédérée.Sébastien Léveillé œuvre au sein du réseau de La Coop fédérée depuis 2002.Au cours de sa carrière, il a occupé le poste de directeur général de La Coop Pont-Rouge avant de se joindre à l\u2019équipe de La Coop fédérée en tant que directeur du marketing en 2008.Fort de son parcours, il a ensuite été nommé vice-président Développement des affaires et communications, puis vice-président exécutif agricole en 2014.scandait Alexandre, secrétaire de l\u2019organisation de jeunesse de la Ligue dans la petite ville de Pandino, près de Cré- mone.« Nous sommes la plus grande organisation de jeunesse d\u2019Italie », dit- il.L\u2019étendard de l\u2019organisation qu\u2019il brandit représente Alberto da Giussano, un chevalier mythique du XIIe siècle qui aurait vaincu les armées impériales germaniques de Barberousse.Les 100 000 personnes annoncées par le « Capitano » n\u2019étaient pas toutes au rendez-vous, mais la ferveur y était, malgré le crachin qui tombait sur la ville.Contrairement à la grande assemblée de Strasbourg qui rassemblait la semaine dernière les alliés européens d\u2019Emmanuel Macron, à Milan les interventions en anglais (mais aussi en allemand et en français) ont toutes été traduites.« Milan est un endroit crucial pour comprendre qui est Matteo Salvini, explique Alessandro Franzi, coauteur du livre Matteo Salvini #ilMilitante (disponible en anglais sous le titre Matteo Sal- vini.Italy, Europe and the New Right).C\u2019est ici qu\u2019il a grandi comme homme politique, dans cette ville qui prétend être la capitale économique et morale de l\u2019Italie et un laboratoire politique qui annonce les changements sociaux et politiques à venir.Tout ce qu\u2019il fait au gouvernement, il l\u2019a expérimenté ici pendant 25 ans.» Extrême droite autrichienne Pourtant, tout n\u2019est pas rose dans le camp du nouvel homme fort du populisme.La veille, l\u2019un des piliers de ce rassemblement, Heinz-Christian Strache, vice-premier ministre autrichien et chef du parti d\u2019extrême droite FPÖ partenaire de la coalition gouvernementale, avait dû démissionner.L\u2019homme a été filmé en train de discuter avec une femme qui disait être la nièce d\u2019un oligarque russe de l\u2019octroi de contrats publics en échange de financements illégaux.Cette démission a entraîné dans son sillage le départ, lundi, de tous les ministres FPÖ, faisant ainsi éclater la coalition.Malgré les images d\u2019unité diffusées depuis quelques jours, la mouvance souverainiste demeure divisée.Dans l\u2019état actuel, elle ne pourrait espérer plus de 80 députés sur 751.Mais c\u2019est sans compter les élus de Fidesz, dirigé par le premier ministre hongrois Vik- tor Orban, ceux du parti Droit et justice (Pis) au pouvoir en Pologne et les Britanniques du Brexit Party dirigé par Nigel Farage (qui ne siégeront que si le Royaume uni n\u2019a pas quitté l\u2019Union européenne d\u2019ici là).Seul un regroupement de ces forces au- jourd\u2019hui divisées leur donnerait la possibilité de peser sur le prochain Parlement.Mais les divergences sont nombreuses, notamment entre un Ja- roslaw Kaczynski (Pis) qui redoute la Russie de Vladimir Poutine et Marine Le Pen, qui cultive au contraire ses liens avec ce dernier.À Milan, même la vieille amitié qu\u2019entretiennent Marine Le Pen et Matteo Salvini n\u2019a pas empêché la présidente du RN de devoir s\u2019effacer un peu face au nouveau leader des populistes européens qui, contrairement à elle en France, semble en mesure de nouer des alliances pour prendre le pouvoir.Alain Péchereau, conseiller municipal RN à Lyon, brandissait le tricolore français sur la place du Duomo.Il avait fait le voyage dans la matinée en autocar nolisé.« Je ne voulais pas rater ça, dit-il.Salvini nous donne des idées.Il nous montre l\u2019exemple.» Signe que Matteo Salvini ne pensait pas qu\u2019à l\u2019Europe, il a terminé son discours par un couplet contre la mafia et en faveur d\u2019une « flat tax » à 15 %.Une vieille revendication du parti de Silvio Berlus- coni aujourd\u2019hui minoritaire à droite, mais avec lequel il souhaiterait bientôt gouverner l\u2019Italie. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 21 MAI 2019 Le fou J \u2019ai vu, assez souvent, Luc Ferrandez circuler à vélo, non loin des locaux du journal, dévalant la côte en direction de l\u2019hôtel de ville.Le fait qu\u2019un élu se déplace systématiquement à vélo ne me frappait pas tant que de voir que ce maire démissionnaire ne portait jamais de casque.Perdait-il la tête, ma foi, à ne pas minimalement envisager de protéger la sienne ?Un jour, je l\u2019ai arrêté dans l\u2019intention d\u2019en discuter.J\u2019ai vite compris, à échanger, que les moules pour la tête, qu\u2019ils aient la forme d\u2019un casque de vélo ou une autre, n\u2019étaient pas conçus pour lui.Esprit libre, énergique, cultivé, porté par une force pour ainsi dire rare, il détonnait au milieu d\u2019un monde habitué à ne jamais regarder plus loin que le bout de son ombre sur un trottoir.En politique municipale, cet homme-là n\u2019était pas du genre à se laisser décoiffer au moindre coup de vent.Aussi ai-je été plutôt surpris, comme bien d\u2019autres, de le voir jeter l\u2019éponge.Il faut dire que, depuis des mois, Luc Ferrandez écopait plus que son lot de fiel.Rarement ai-je entendu autant de propos haineux répétés à l\u2019égard d\u2019un être qui essayait, porté par des idées appuyées, d\u2019améliorer les conditions de vie de sa société.Quand on a l\u2019ambition de changer la société, ne pas avoir que des amis est tout de même bon signe.On s\u2019est jeté mille fois sur Luc Ferrandez, sans beaucoup de tenue critique, d\u2019ordinaire sans pousser l\u2019analyse au-delà de sa personnalité, jugée trop carrée.À ceux qui se sont habitués à se contenter de demi-portion en politique, cet homme entier donnait des indigestions.En matière d\u2019environnement, on lui reprochait d\u2019avoir des idées aussi inflexibles qu\u2019une barre de fer.On va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part, disait mon regretté ami Pierre Falardeau.Dans ce pays où l\u2019on distribua longtemps des rameaux, on a appris de longue date à apprécier surtout les roseaux.Il est vrai que nous avons beaucoup d\u2019exemples édifiants de politiciens plus souples que Ferrandez.De ces gens avenants qui savent plier, il n\u2019en a jamais manqué dans nos municipalités.Pensez au maire Gérald Tremblay.Jamais au courant de rien, il a laissé, dans son sillage, les marivaudages des promoteurs immobiliers s\u2019ériger en politique publique.Son successeur, le maire Coderre, a pu raser impunément plus de mille arbres de l\u2019île Sainte-Hélène.À Laval, à l\u2019occasion d\u2019une perquisition, la famille du maire Gilles Vaillancourt a jugé bon de jeter de l\u2019argent aux toilettes, sans doute parce qu\u2019il ne sentait pas bon.Durant toutes les années où il a dévasté la deuxième ville du Québec, qui aura critiqué ce serpent de mer ?À Mascouche, le maire Richard Marcotte, au cœur d\u2019un dispositif de collusion et de corruption, s\u2019est-il jamais fait systématiquement taper sur le nez ?Non.Il savait qu\u2019en une aussi belle société le fait de pouvoir plier à volonté est la meilleure façon de se faire beaucoup aimer.Ce portrait, on pourrait le projeter encore sur bien des municipalités.Au fil des années, est-ce un hasard si les constructions en zone humide se sont multipliées ?À l\u2019heure des inondations massives, la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, affirme que construire une école dans une zone inondable ne constitue pas un problème.Il suffit de construire des digues plus hautes, dit-elle.Quand on est aussi souple, on ne risque pas de se faire reprocher, après coup, de manquer de discernement en matière d\u2019environnement.Suzanne Dansereau, ancienne mairesse de Contrecœur devenue vice-présidente de la Commission de l\u2019aménagement du territoire, défend un projet de port industriel dans son ancien patelin.Des espèces sont-elles menacées ?Qu\u2019à cela ne tienne, dit-elle : « ces grenouilles-là mangent la poussière d\u2019acier à longueur d\u2019année et elles vivent ».Qu\u2019importe d\u2019ailleurs la poussière d\u2019acier, puisque nous ne sommes pas des grenouilles.Dans ce vaste bassin qu\u2019est la vie politique, nous ne manquons jamais de nouvelles otaries pour continuer de faire tourner de vieux ballons sur leur nez.On le répète pourtant partout, comme une formule obligée : la question de l\u2019environnement s\u2019avère primordiale.Ceux qui se sont félicités de voir Luc Ferrandez se faire hara-kiri, après avoir voulu si longtemps venir à bout de lui, l\u2019ont aussi dit d\u2019emblée, comme pour mieux s\u2019en dédouaner.Au jour de sa démission, qu\u2019a-t-on dit à l\u2019égard de cet homme qui parle d\u2019arbres, de parcs, de lumière, de la préservation des bâtiments, de leur reconversion, des joies de l\u2019hiver, de la possibilité de marcher, de pédaler, d\u2019avancer collectivement sur d\u2019autres sentiers que ceux d\u2019un avenir bétonné ?On a répété, partout, qu\u2019il n\u2019a pas le sens du compromis alors que la politique est censée en être l\u2019art.Seulement voilà : l\u2019environnement ne souffre ni d\u2019atermoiements ni de compromis, même au nom de la perpétuation des traditions du théâtre politique.On continue pourtant d\u2019envisager ce désastre selon les seuls termes d\u2019un programme modulable d\u2019adhésion électoral.Ainsi, ce n\u2019est plus tant d\u2019environnement que nous parlons tout le temps, mais de réélection en son nom, selon une narration complaisante qui nous cache, encore et toujours, l\u2019horizon de la catastrophe.Dans ce vieux théâtre politique, il arriva un jour que le feu prît dans les coulisses.Celui qui tenait le rôle du fou vint en avertir le public.On pensa qu\u2019il faisait de l\u2019esprit, et on l\u2019applaudit pour un moment.Il insista.On rit de plus belle.C\u2019est exactement ainsi que périra le monde, écrivait Kierkegaard : dans la joie générale des gens qui, devant un drame, croient à une farce.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Dans ce vaste bassin qu\u2019est la vie politique, nous ne manquons jamais de nouvelles otaries pour continuer de faire tourner de vieux ballons sur leur nez Le centre administratif de la Commission scolaire English-Montréal VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Une majorité d\u2019anglophones demeurent très attachés à leurs commissions scolaires et s\u2019opposent au projet du gouvernement de François Legault de les abolir, selon un sondage réalisé en mars dernier pour le compte d\u2019une coalition de groupes issus de la communauté anglophone.« On savait que les anglophones tenaient à leurs commissions scolaires, mais le taux est encore plus élevé qu\u2019on pensait », indique l\u2019ancien député libéral Geoffrey Kelley, porte-parole de l\u2019Alliance pour la promotion de l\u2019enseignement dans les écoles publiques de langue anglaise au Québec (APPELE- Québec).Cette coalition, qui réunit une vingtaine d\u2019organisations et de groupes de la communauté anglophone, a commandé un sondage à Léger Marketing afin d\u2019en savoir davantage sur la perception des anglophones à l\u2019égard des commissions scolaires.Mené sur Internet du 13 au 21 mars dernier auprès de 1001 Québécois de langue anglaise âgés de 18 ans et plus, ce sondage indique notamment que 85 % des répondants jugent les commissions scolaires importantes pour eux et que, dans une proportion de 67 %, ils considèrent qu\u2019elles contribuent à gérer efficacement les établissements primaires et secondaires.Et 80 % d\u2019entre eux se disent opposés à la volonté du gouvernement de les abolir (dont 69 % sont en total désaccord) pour les remplacer par des « centres de services », alors que 12 % y sont favorables.Rappelons qu\u2019en 2015, un sondage CROP/La Presse indiquait que 57 % des francophones étaient d\u2019accord pour abolir les élections scolaires.Une majorité de répondants au sondage d\u2019APPELE-Québec, soit 87%, soutiennent que ces commissions scolaires doivent demeurer indépendantes du gouvernement afin que leurs droits linguistiques puissent être protégés.Mais cet attachement ne semble pas suffire lorsque vient le temps d\u2019aller voter pour l\u2019élection de commissaires scolaires.Un répondant sur trois seulement admet avoir déjà voté aux élections scolaires.En 2014, 18 % des électeurs anglophones s\u2019étaient déplacés pour choisir leur commissaire scolaire contre seulement 4,85 % pour les francophones.Une majorité de personnes sondées indiquent qu\u2019elles seraient plus enclines à voter si elles pouvaient le faire de façon électronique (82 %) ou si ces élections se tenaient en même temps que le scrutin municipal (74 %).Protégés par la Charte ?Les résultats du sondage confortent l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec (AC- SAQ ), qui n\u2019écarte pas la possibilité de contester devant les tribunaux le projet de loi éventuel du gouvernement, quitte à aller jusqu\u2019à la Cour suprême si nécessaire.« Mais on préfère de loin une solution politique », a indiqué au Devoir le directeur général de l\u2019Association, Russell Copeman.« Engager des procédures judiciaires contre le gouvernement coûterait cher et prendrait beaucoup de temps.On n\u2019est pas fermés à une discussion sur la gouvernance scolaire.» Reste que la communauté anglophone pourrait bénéficier d\u2019une certaine protection en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.Au cours des deux dernières années, trois gouvernements, soit ceux de la Nouvelle-Écosse, de l\u2019Île-du-Prince- Édouard et du Yukon, ont aboli les commissions scolaires, mais ont maintenu celles des communautés minoritaires francophones, a rappelé M.Copeman.« Nous avons des droits constitutionnels en vertu de l\u2019article 23 [de la Charte] que, à première vue, la majorité n\u2019a pas », dit-il.« Du moins, c\u2019est plus clair pour nous.» Le mois dernier, le premier ministre Legault avait dit avoir trouvé une solution pour abolir les commissions scolaires sans se faire accuser de bafouer les droits constitutionnels de la minorité anglophone.Il suggérait de créer une « commission scolaire » par école.« Pour un gouvernement qui veut moins de paliers de gouvernance, déclarer 340 écoles des commissions scolaires, ce n\u2019est pas très sérieux », estime Russell Copeman.Les représentants de l\u2019ACSAQ ont rencontré le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, en décembre dernier, mais depuis, les lettres de l\u2019association de la coalition APPELE-Qué- bec sont demeurées sans réponse, affirme M.Copeman.« Notre coalition est prête à discuter de moyens pour améliorer les performances des commissions scolaires et les processus d\u2019élection », indique Geoffrey Kelley.Les anglophones attachés à leur commission scolaire Une majorité d\u2019entre eux s\u2019opposent au souhait de Québec de les abolir MIA RABSON À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Le Canada a recueilli plus de 1,27 milliard provenant des droits de douane sur les produits américains pendant la dernière année, et l\u2019entièreté de cette somme ira à l\u2019industrie canadienne de l\u2019acier et de l\u2019aluminium, même si une entente pour mettre fin à cette guerre commerciale a été conclue.Le Canada et les États-Unis sont effectivement parvenus à un accord, vendredi, prévoyant la levée par Washington des tarifs douaniers sur les importations canadiennes d\u2019acier et d\u2019aluminium imposés, depuis près d\u2019un an, par le président Donald Trump.Le gouvernement américain affirmait que ces importations menaçaient la sécurité nationale, tandis que le Canada qualifiait ces surtaxes d\u2019illégales et exigeait leur levée immédiate.La ratification du nouvel Accord Canada\u2013États-Unis\u2013Mexique (l\u2019ancien ALENA) par le Canada dépendait également de la suppression de ces droits de douane.Le ministre des Finances, Bill Mor- neau, a par ailleurs annoncé, lundi, que les tarifs douaniers canadiens sur plus de 70 produits américains comme le bourbon, les cartes à jouer, les sacs de couchage, le papier hygiénique, la sauce soja et le ketchup étaient maintenant levés.Le Canada a aussi mis un terme à sa surtaxe appliquée à l\u2019acier et à l\u2019aluminium en provenance des États-Unis.Des représailles sélectionnées De son côté, Donald Trump a écrit sur Twitter que les agriculteurs américains peuvent maintenant recommencer à faire des affaires avec le Canada et le Mexique.Ottawa avait soigneusement sélectionné ses tarifs douaniers afin qu\u2019ils correspondent à la valeur des tarifs imposés aux entreprises canadiennes aux États-Unis.Ils ciblaient aussi les produits populaires dans les États où le pouvoir était aux mains des républicains ou dans les États où les électeurs pouvaient exprimer leur mécontentement.Par exemple, le bourbon du Kentucky, l\u2019État d\u2019où provient le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, était visé.Les tarifs douaniers canadiens prévoyaient aussi une surtaxe de 25 % sur les importations américaines d\u2019acier et de 10 % sur l\u2019aluminium.Ottawa avait annoncé une aide de 2 milliards pour aider l\u2019industrie de l\u2019acier et de l\u2019aluminium à faire face à cette guerre commerciale.Justin Trudeau a précisé, vendredi, que ces fonds destinés à aider l\u2019industrie demeureraient en place pour l\u2019instant.COMMERCE Ottawa lève ses tarifs douaniers sur certains produits américains LEDEVOIR // LE MARDI 21 MAI 2019 ACTUALITÉS A 4 AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS ENVIRONNEMENT Le déclin des abeilles menace notre sécurité alimentaire actifs au Canada étaient de marque Hua- wei, et pas plus de 1% aux États-Unis.Cependant, les strictes sanctions imposées par les États-Unis pourraient porter un coup aux nombreuses entreprises américaines fournissant des composantes au géant technologique chinois.Lundi, tandis que le titre de la maison mère de Google, Alphabet, cédait 2,06% à Wall Street, les fabricants de se- miconducteurs Qualcomm (-5,99%) et Intel (-2,96%) ont également enregistré des baisses.D\u2019autres géants du secteur technologique reculaient aussi, comme Apple (-3,13%) ou Microsoft (-1,44%).Les spécialistes du secteur estiment que les firmes américaines, par exemple les fabricants de puces électroniques, ont vendu l\u2019an dernier pour 11 milliards $US de composants au groupe chinois.La société arborant le chrysanthème rouge a déjà dit que les fournisseurs américains comptent pour un cinquième de ses dépenses en approvisionnement.HUAWEI SUITE DE LA PAGE A 1 LUC OLINGA À NEW YORK AGENCE FRANCE-PRESSE Ford supprimera 7000 emplois dans le monde d\u2019ici fin août, soit 10 % de son effectif, pour faire des économies et s\u2019adapter au déclin des ventes de berlines et de citadines, aux États-Unis notamment.Ces coupes font partie d\u2019une vaste restructuration s\u2019étalant sur plusieurs années annoncée à l\u2019automne par le président-directeur général, Jim Hackett, pour transformer Ford en un groupe plus « agile » avec des procédures de prise de décisions accélérées.Le constructeur automobile américain n\u2019a pas précisé lundi les suppressions de postes par région, ni par métier, mais a indiqué qu\u2019il allait réduire les fonctions d\u2019encadrement de 20 %, « ce qui devrait conduire à des économies annuelles d\u2019environ 600 millions de dollars », a fait savoir une porte-parole à l\u2019AFP.Elle a ajouté que ces coupes devaient être un mélange de départs volontaires et de congédiements.Environ 800 emplois doivent être supprimés en Amérique du Nord (États- Unis, Canada et Mexique), dont 500 dès cette semaine, a précisé la porte- parole.Ce nombre s\u2019ajoute aux quelque 1500 employés ayant quitté la compagnie ces derniers mois dans cette région dans le cadre d\u2019un plan de départs volontaires.Même si les cadres vont être les plus affectés par cette cure d\u2019austérité, cette décision pourrait susciter la colère du président américain, Donald Trump, qui a récemment pressé avec succès General Motors (GM) de vendre une usine de l\u2019Ohio que le constructeur avait décidé de fermer pour cause d\u2019effondrement de la demande pour le modèle qui y était assemblé.Au moment où ces lignes étaient écrites, la Maison-Blanche n\u2019avait pas réagi à l\u2019annonce de Ford.L\u2019action reculait de 0,47 %.« Pour réussir dans cette industrie très compétitive et permettre à Ford d\u2019être en position de s\u2019imposer nous devons réduire la bureaucratie, donner davantage de pouvoir aux cadres, accélérer la prise de décision et réduire les coûts », se défend le p.-d.g.Jim Hackett dans un courriel aux salariés dont l\u2019AFP a obtenu copie.D\u2019autres pays concernés Les mesures d\u2019économies touchent également la Chine, l\u2019Europe et l\u2019Amérique du Sud : « Pour l\u2019instant, nous n\u2019avons pas encore de détails précis pour chacune de ces régions [\u2026] parce que la restructuration est en cours, mais nous pouvons dire qu\u2019elle devrait être terminée d\u2019ici la fin du mois d\u2019août », a ajouté la porte-parole.« Nous comprenons que ce soit un moment difficile pour nos équipes, mais ces mesures sont nécessaires afin de mettre Ford sur le chemin du succès aujourd\u2019hui et de préparer l\u2019entreprise à se développer pour l\u2019avenir », a-t-elle poursuivi.Elle a toutefois indiqué que 5000 des 7000 emplois supprimés le seraient en Allemagne par des départs volontaires, conformément à une annonce faite le 15 mars.La France, la Russie et le Brésil vont également être affectés, selon un document boursier.Ford compte en effet fermer une usine de boîtes de vitesses en France, à Blan- quefort (sud-ouest), et a déjà fermé trois de ses quatre usines en Russie pour se limiter aux véhicules utilitaires sur ce marché qui peine à se remettre de son effondrement de 2012-2016.La part de marché du groupe américain en Europe est passée d\u2019environ 11 % en 2006 à 6,4 % en 2018.Suivre les tendances La restructuration en cours vise à économiser au total 25,5 milliards de dollars d\u2019ici 2022, et Ford espère retrouver le peloton de tête dans la transformation en cours du secteur automobile sous l\u2019effet de l\u2019explosion de l\u2019autopar- tage, du covoiturage et surtout du développement de la voiture autonome et de l\u2019accélération vers l\u2019électrique.Ces deux dernières technologies, très coûteuses, demandent soit de nouvelles usines, soit une modernisation complète de celles existantes.Dans cette optique, Ford est en train de réorganiser ses activités européennes et envisage une possible réduction de la production de modèles populaires comme la Fiesta, la Focus et la Mondeo.En Amérique du Nord, le groupe de Dearborn \u2014 situé au Michigan \u2014 devrait se focaliser sur la marque Mustang, les camionnettes, les VUS grand format et sous-compact.Il travaille également actuellement sur une alliance stratégique avec le géant automobile allemand Volkswagen dans la voiture électrique et autonome.Les deux groupes ont déjà signé un partenariat concernant les véhicules commerciaux.Les États-Unis et le Canada font partie de la liste des pays touchés par cette annonce de Ford.Le détail des postes abolis n\u2019a pas été précisé par la multinationale.SPENCER PLATT / GETTY IMAGES / AGENCE FRANCE-PRESSE Le couperet tombe chez Ford Le constructeur automobile américain annonce la suppression de 7000 postes dans le monde L\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019agriculture et l\u2019alimentation presse les pays de mieux protéger les populations de ce pollinisateur « indispensable » PRAKASH SINGH AGENCE FRANCE-PRESSE Le déclin des populations d\u2019abeilles représente une « menace sérieuse » pour les plantes, a averti lundi l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019agriculture et l\u2019alimentation (FAO) en demandant aux pays « de faire davantage » pour « protéger ces alliés indispensables dans la lutte contre la faim et la malnutrition ».« Les abeilles sont grandement menacées par les effets combinés des changements climatiques, de l\u2019agriculture intensive, de l\u2019usage de pesticides, de la perte en biodiversité et de la pollution », a déclaré lundi M.José Gra- ziano da Silva, directeur général de la FAO, dans un communiqué diffusé à l\u2019occasion de la Journée mondiale des abeilles.Selon lui, «l\u2019absence d\u2019abeilles et d\u2019autres pollinisateurs », qui participent, avec la pollinisation, à la fécondation et donc à la reproduction des plantes, « reviendrait à anéantir les cultures de café, pommes, amandes, tomates ou cacao », notamment.Si la tendance au déclin des insectes pollinisateurs comme les abeilles se poursuivait, «les fruits, les noix et autres légumes» pourraient se voir remplacer « par des cultures vivrières comme le riz, le maïs et les pommes de terre » qui sont moins liées à la pollinisation, « favorisant ainsi les régimes alimentaires déséquilibrés », souligne la FAO.M.Graziano da Silva a appelé les pays membres à « s\u2019orienter vers des politiques alimentaires et des systèmes durables [favorisant les] pollinisateurs ».« Le fait même de faire pousser des fleurs chez soi contribue à cet effort en donnant à manger aux abeilles », a-t-il expliqué.La journée mondiale des abeilles, célébrée pour la deuxième fois, a été créée à l\u2019initiative de la Slovénie, petit pays européen où l\u2019apiculture est une activité agricole importante, et de la Fédération internationale de l\u2019association des apiculteurs, dans une résolution de l\u2019assemblée générale de l\u2019ONU en 2017.La date a été choisie en raison de la date de naissance d\u2019Anton Jansa, pionnier de l\u2019apiculture moderne, né le 20 mai 1734 au sein d\u2019une famille d\u2019apiculteurs en Slovénie, et auteur en 1771 d\u2019un livre, Discussion sur l\u2019apiculture, en allemand.La multinationale chinoise a présenté de nouveaux produits au public le 15 mai dernier lors d\u2019une conférence à Pékin.FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Selon l\u2019agence Bloomberg, les fabricants américains, ou dont le siège est aux États-Unis, Intel, Qualcomm, Broadcom et Xilinx ont déjà indiqué qu\u2019ils cesseraient de fournir Huawei.Assurément, le sort de Huawei évoluera rapidement, croit Zandra Balbinot, une professeure à l\u2019École des sciences de la gestion de l\u2019UQAM qui s\u2019intéresse à la technologie et au marketing international.« Ça ne va pas rester comme ça très longtemps, dit-elle, car la situation actuelle touche les poches de grandes entreprises.» Dans le secteur technologique, la situation actuelle rappelle de mauvais souvenirs.L\u2019an dernier, Washington avait interdit aux entreprises américaines de faire affaire avec la compagnie de télécommunications chinoise ZTE, sous prétexte qu\u2019elle avait violé les embargos commerciaux contre l\u2019Iran et la Corée du Nord imposés par la Maison-Blanche.Privés de microprocesseurs essentiels normalement importés des États-Unis, la société établie à Shenzhen avait dû cesser l\u2019essentiel de ses activités pendant des mois, ce qui avait eu un impact négatif sur ses fournisseurs américains.Dans le cas de Huawei, cependant, ce sont des soupçons d\u2019espionnage qui représentent le motif officiel de sa mise à l\u2019index.Le gouvernement américain fait pression depuis des mois sur plusieurs capitales occidentales pour qu\u2019elles refusent que Huawei bâtisse l\u2019infrastructure du nouveau réseau sans fil 5G dans leur pays.En vertu d\u2019une loi chinoise de 2017, l\u2019entreprise n\u2019aurait pas le choix de coopérer avec les services secrets chinois si ces derniers lui demandaient des renseignements, argue Washington.Lundi, le gouvernement chinois a évoqué la possibilité d\u2019une contestation légale du décret américain.« La Chine encourage les compagnies chinoises à prendre des armes légales pour défendre leurs droits légitimes », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Le fondateur de Huawei, Ren Zheng- fei, a déclaré mardi matin (heure de Chine) que les États-Unis « sous-estimaient » son entreprise, dont le programme de développement du réseau 5G ne serait « pas affecté » par les mesures américaines visant à le bloquer.Il a souligné que l\u2019entreprise avait des solutions de rechange pour son approvisionnement en puces électroniques et ne pourrait « être isolé » du reste du monde sur ce point.Avec l\u2019Agence France-Presse Un dossier appelé à évoluer rapidement Des solutions efficaces pour votre entreprise.Découvrez le programme Solutions efficaces au www.hydroquebec.com/solutionsefficaces.Un plus pour votre croissance et pour l\u2019environnement.Et si on vous dit qu\u2019on peut vous aider financièrement à réaliser votre projet et à optimiser votre consommation d\u2019énergie, êtes-vous partant ?Profitez de notre énergie propre à plus de 99 %. LEDEVOIR // LE MARDI 21 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin À quand la réforme du mode de scrutin ?Est-ce que Legault est en train de faire un Trudeau de lui-même ?Justin Trudeau avait promis, lors de sa dernière campagne électorale, une réforme du mode de scrutin.Après avoir dormi sur la « switch » pendant plusieurs mois, il a fait marche arrière en prétextant qu\u2019il n\u2019y avait pas de consensus assez fort.François Legault a fait la même promesse lors de la dernière campagne électorale.Néanmoins, il nous dira bientôt, lui aussi, que cette réforme ne sera pas possible pour les prochaines élections.Sa stratégie pour ne pas perdre la face est claire : ne pas laisser suffisamment de temps au DGEQ pour préparer une élection avec un mode de scrutin proportionnel en 2022.Il nous annoncera ensuite la nécessité de tenir un référendum sur la réforme du mode de scrutin, en consultant la population lors de la prochaine élection.On se rappelle toutefois parfaitement que monsieur Legault, durant la dernière campagne électorale, avait écarté l\u2019idée d\u2019un référendum, disant que l\u2019appui du Parti québécois et de Québec solidaire était suffisant.La CAQ nous donne l\u2019impression qu\u2019elle est prête à renier son programme et sa promesse électorale pour jouir en paix des prébendes du pouvoir.Gérard Talbot Montréal, le 19 mai 2019 LETTRES LUTTE CONTRE LA CORRUPTION Amère déception e comptez plus sur l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) pour endiguer la corruption dans les plus hautes sphères de la politique québécoise.Le corps policier qui devait achever le travail laissé en suspens par la commission Charbonneau, sur les allégations de financement illégal du PLQ, est en totale déroute.Le Journal de Montréal accumule les révélations embarrassantes depuis quelques semaines.La dernière en date ?L\u2019ex-numéro 2 de l\u2019UPAC, André Boulanger, serait passé aux aveux, en déclarant au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) que plusieurs enquêtes de l\u2019UPAC auraient été entachées par la fabrication de preuves.Si cela s\u2019avérait, des policiers pourraient être accusés au criminel, et des affaires de corruption pourraient finir en queue de poisson devant les tribunaux.M.Boulanger a fait une déclaration assermentée au BEI quelques semaines avant la démission du grand patron de l\u2019UPAC, Robert Lafrenière, le 1er octobre dernier.Ceci expliquerait-il cela ?Comme si ce n\u2019était pas suffisant, le directeur de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud\u2019homme, a été suspendu dans la foulée de l\u2019enquête du BEI sur les fuites de renseignements au sein de l\u2019UPAC, le 7 mars dernier.MM.Prud\u2019homme et Lafrenière auraient échangé des informations de manière inappropriée.C\u2019est le monde à l\u2019envers.Les soupçons d\u2019inconduite pèsent sur ceux qui devaient épingler les corrupteurs en tout genre.Ceux-ci se la coulent douce, hormis quelques exceptions dans le monde municipal.Après ses premiers succès pour endiguer la corruption à Boisbriand et à Laval, l\u2019UPAC connaît depuis quelques années un inquiétant passage à vide.L\u2019enquête sur le financement illégal du PLQ ne survivra probablement pas à la crise actuelle.Parions qu\u2019elle sera classée sans suite.Les filous se la coulent douce.Aucune accusation ne sera portée contre les émissaires de la mafia et les entrepreneurs impliqués dans un stratagème de partage des contrats publics à Montréal.Ils ont été filmés avec des liasses d\u2019argent à la main et dénoncés par l\u2019entrepreneur Lino Zambito à la commission Charbonneau, mais ils s\u2019en tirent sur toute la ligne.Après le Bureau fédéral de la concurrence, c\u2019est au tour de l\u2019UPAC d\u2019abandonner le dossier.Ce phénomène a un nom : l\u2019impunité.Et elle est intolérable.Le comité de surveillance de l\u2019UPAC, présidé par l\u2019ex-recteur de l\u2019UQAM Claude Corbo, devrait divulguer son premier rapport en juin.Les attentes sont élevées.Ce comité n\u2019aura certes pas toutes les réponses aux problèmes de leadership, d\u2019indépendance et d\u2019expertise qui plombent l\u2019UPAC.Il s\u2019agira d\u2019une étape importante dans une démarche qu\u2019il faudra nécessairement élargir.Le Québec est mûr pour une nouvelle commission d\u2019enquête sur la police, à partir d\u2019une question demeurée sans réponse au terme de la commission Poitras, qui avait porté sur la fabrication de preuves par la SQ dans les années 1990.Qui surveille la police ?Qui garde les gardiens ?Les récents scandales qui ont plombé non seulement l\u2019UPAC, mais aussi la SQ et le SPVM présentent des similitudes.De un, les rivalités internes sont si toxiques qu\u2019elles conduisent des personnes en situation d\u2019autorité à déclencher des enquêtes criminelles dans le but de faire taire les dissidents.De deux, la reddition de comptes est absente, au motif qu\u2019on ne commente pas les enquêtes en cours.Cette réserve est compréhensible jusqu\u2019à un certain point, mais lorsque les enquêtes s\u2019éternisent sans perspectives d\u2019en arriver au dépôt d\u2019accusations, surtout dans les cas de corruption politique, le silence contribue à alimenter l\u2019incompréhension et le scepticisme du public sur l\u2019efficacité du dispositif de lutte contre la corruption.De trois, les corps policiers ont fait un travail inégal de recrutement et d\u2019encadrement des témoins repentis, ce qui a contribué par exemple à l\u2019acquittement du président du comité exécutif à la Ville de Montréal, Frank Zampino, et de l\u2019entrepreneur Paolo Catania.De quatre, l\u2019absence d\u2019expertise en matière de crimes économiques, renforcée par la désuétude du Code criminel sur les affaires de collusion, a amenuisé la valeur probante des enquêtes.Les succès de l\u2019UPAC sont pour la plupart concentrés dans le monde municipal, et ils sont loin derrière.La nomination du prochain commissaire à la lutte contre la corruption au deux tiers des voix à l\u2019Assemblée nationale de même que la création du comité de surveillance sont des initiatives encourageantes, même si elles ne régleront pas à elles seules les problèmes cités plus haut.La tenue d\u2019une commission d\u2019enquête serait souhaitable pour raffermir le pouvoir de surveillance de la société civile sur les organisations policières, et pour s\u2019assurer que la lutte contre la corruption soit menée d\u2019une manière efficace, indépendante et cohérente dans toutes les sphères de la politique.Pour l\u2019heure, on n\u2019y croit plus.ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Yvon Pesant Saint-Marcel-de-Richelieu D\u2019autres institutions financières et d\u2019autres groupes ont déjà cessé d\u2019investir dans les projets et activités des compagnies gazières et pétrolières.Le Mouvement Desjardins, lui, par la voix de son président et chef de la direction, persiste et signe : « Dans le pétrole nous restons.» Pas dit comme ça, mais tout comme.Nous avons toujours besoin d\u2019essence, de gaz naturel, de plastique et d\u2019une foule d\u2019autres produits dérivés des hydrocarbures et de la pétrochimie.C\u2019est sans compter notre satisfaction du bon rendement des placements faits chez Desjardins, quand c\u2019est le cas.Tout cela sert bien l\u2019argumentaire de M.Cormier que nous transmettent les administrateurs et employés des 35 caisses comme la nôtre, dont les membres ont très majoritairement voté en 2018 pour que Desjardins se retire de ce secteur.La planète Terre souffre et s\u2019essouffle.Les constats sont alarmants.Au chapitre de la biodiver- sité, les espèces animales et végétales disparaissent à un rythme fou, nous dit le récent rapport de l\u2019ONU sur le sujet.Au chapitre de l\u2019environnement global, les rapports successifs du GIEC n\u2019ont cessé de nous envoyer des avertissements quant à ce qui nous guette si nous continuons dans les voies « carbone » empruntées jusqu\u2019ici.Est-il vraiment besoin de revenir sur ces faits criants d\u2019actualité que sont les écarts climatiques extrêmes avec tout ce que cela peut avoir comme signature catastrophique.Or, quand vient le temps de désigner le grand responsable de cet enfer sur Terre qui se dessine à court horizon temporel, qui mon- tre-t-on du doigt ?L\u2019homme, lui- même, et, pour beaucoup, ce avec quoi il carbure à fond la caisse : les hydrocarbures.Les pieds dans le bitume J\u2019aime Desjardins pour sa présence parmi nous et pour ce qu\u2019il est comme mouvement coopératif en matière d\u2019entraide aux échelles spatiales, entrepreneuriales et humanitaires.Mais, comme bien d\u2019autres, je n\u2019aime pas du tout que Desjardins s\u2019entête à demeurer les deux pieds ancrés dans le bitume.On nous apprend des fonds So- ciéTerre équilibrés Environnement et Technologies qu\u2019ils peuvent servir au financement de projets prétendument environnementaux ou technologiques propres de compagnies pétrolières, gazières et pi- pelinières.Des compagnies archi- milliardaires habiles à siphonner les fonds publics et privés pour poursuivre à bonne cadence leurs opérations demeurant malsaines à bien des enseignes partout dans le monde.Aussi serait-il bon que tous les petits, moyens et grands investisseurs rencontrent leur conseiller financier pour faire en sorte que notre argent n\u2019aille pas dans les puits sans fond desdites compagnies, mais plutôt dans la réalisation de projets en ligne avec ce que nous souhaitons vraiment comme modèle de développement mieux capable d\u2019assurer un avenir meilleur à laisser à ceux et celles qui nous suivent.Il nous appartient de mettre la pédale plus douce, au volant comme dans toutes nos entreprises citoyennes individuelles et collectives.Nos enfants et petits-enfants, et ceux des autres, ne méritent pas que nous les obligions à devenir des extraterrestres par la force de notre incurie environnementale et de notre cupidité morbide.Si la haute direction de Desjardins ne nous semble pas encore comprendre l\u2019urgence d\u2019agir, il nous revient donc de le faire.Il existe des fonds sans hydrocarbures, plus verts que ceux mentionnés plus avant.Au besoin, on peut s\u2019informer auprès de groupes environnementaux connus pour savoir ce qu\u2019il en est.Chez Desjardins, il y a aussi de ces fonds d\u2019investissement que le mouvement aurait intérêt à mieux faire connaître auprès de ses membres comme auprès de toute la population.Des fonds dont le rendement est à l\u2019avenant de ce que nous voulons soutenir comme développement.Il se peut que, ce faisant, on meure moins riche, financièrement parlant ; ça reste à voir.Mais, comme disait mon père qui, avec ma mère de même sentiment, s\u2019émerveillait des couchers de soleil et autres beautés naturelles de la planète bleue : « Il n\u2019y a jamais de camion de la Brinks pour suivre un corbillard jusqu\u2019au cimetière.» LIBRE OPINION Desjardins, toujours en mouvement dans les énergies fossiles BRIAN MYLES N La posture religieuse des enseignants Un aspect important du débat sur les signes religieux portés par les enseignants me paraît négligé.L\u2019école est le meilleur outil d\u2019intégration dont une société dispose.On rêve d\u2019une école publique commune et de grande qualité qui permettrait aux enfants de tous les horizons de se côtoyer, une école publique si accueillante qu\u2019elle enlèverait aux parents de diverses confessions le goût d\u2019isoler leurs enfants dans des écoles religieuses.Dans cette école pour tous, le meilleur enseignant est celui qui peut montrer aux enfants que, quelles que soient ses croyances personnelles, il est capable de s\u2019en distancier pour accueillir l\u2019élève qui ne les partage pas.En n\u2019arborant pas de signes religieux, l\u2019enseignant ne renie pas ses croyances, mais il montre qu\u2019il a suffisamment d\u2019indépendance pour ne pas risquer d\u2019être influencé par les intégrismes.Cette posture de l\u2019enseignant est nécessaire pour que l\u2019enfant ou ses parents n\u2019aient aucune crainte d\u2019être victimes de préjugés à l\u2019école.Les préjugés sont beaucoup plus subtils et difficiles à dénoncer que le prosélytisme.L\u2019enseignant qui place l\u2019enfant au cœur de sa mission devrait trouver naturel d\u2019afficher sa capacité à être neutre et juste envers tous ses élèves.Si on persiste à placer la liberté d\u2019expression des enseignants au- dessus de tout, on risque la fuite de nombreux parents vers des écoles ethniques et religieuses où ils auront l\u2019impression que leurs enfants seront mieux accueillis, des écoles qui nous prépareront une société de plus en plus morcelée.Geneviève Guay Montréal, le 17 mai 2019 L\u2019humilité de Dolan Dans un article d\u2019Odile Tremblay (La foi retrouvée de Xavier Do- lan), nous comprenons pourquoi le jeune cinéaste est un grand artiste.Puissance créatrice, fougue, vérité, authenticité sont alimentées chez lui par des remises en question, des doutes, des inquiétudes totalement axées sur son art.D\u2019aucuns y verront un manque d\u2019assurance chez celui que le succès a récompensé tôt dans sa carrière.Il faudrait plutôt y voir une humilité, une recherche de dépassement doublées d\u2019une lucidité au service du cinéma.Xavier Dolan, ou la pureté de l\u2019artiste.André Senécal, traducteur et rédacteur agréé Le 18 mai 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 21 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue L\u2019Action nationale, mai 2019, volume CIX, no 5.PIERRE TRUDEL RECONNAISSANCE FACIALE De San Francisco à Montréal L a Ville de San Francisco a adopté la semaine dernière une ordonnance bannissant l\u2019usage de technologies de reconnaissance faciale par la police et les autres instances municipales.Cette « ordonnance pour l\u2019arrêt de la surveillance secrète » oblige les organismes relevant de la Ville à détenir une autorisation pour utiliser les technologies de surveillance.On prévoit aussi l\u2019obligation d\u2019évaluer les dispositifs déjà installés.San Francisco, ce haut lieu de la technologie, se positionne comme une pionnière dans l\u2019encadrement de ces dispositifs à fort potentiel liberticide.Un potentiel contre lequel plusieurs organisations de défense des droits civiques et même une entreprise comme Microsoft ont appelé à prendre des mesures rigoureuses.Cette réglementation serrée des outils de reconnaissance faciale n\u2019a pas que des partisans.Plusieurs associations, notamment des associations policières, font valoir que ces outils peuvent être très utiles dans la lutte contre certains types de criminalité.Mais ce débat illustre l\u2019impérieuse nécessité d\u2019encadrer le recours à ce type d\u2019outils technologiques.Il faut garantir la transparence dans l\u2019utilisation de ces technologies.Car ce qui est redouté est l\u2019usage occulte de tels procédés.Risques de préjugés discriminatoires Les technologies de reconnaissance faciale, de plus en plus fondées sur des outils d\u2019intelligence artificielle, sont susceptibles de comporter différents préjugés nuisibles à des catégories entières de la population.Comme le rappelaient cinquante des plus grands chercheurs en intelligence artificielle dans une lettre publiée il y a quelques semaines, ces outils ont des taux d\u2019erreurs suffisamment élevés pour justifier des précautions sérieuses avant d\u2019en autoriser l\u2019usage à grande échelle.Par défaut, les technologies capables d\u2019identifier des individus régissent leurs comportements.Mais les présupposés sur lesquels elles fonctionnent ne sont pas détaillés dans des textes de loi discutés publiquement.Les préjugés pouvant se refléter dans les réglages de ces outils techniques sont intégrés dans les dispositifs conçus selon des logiques caractérisées par le secret industriel, donc à l\u2019abri des regards du public.Tout comme les lois et les réglementations émanant des États, de telles technologies doivent être déployées de façon transparente.Il est très risqué aussi bien pour les libertés fondamentales que pour la crédibilité à long terme de ces technologies de les laisser se développer sans supervision pour se désoler dans quelques années des ravages et autres effets pervers qu\u2019elles auront engendrés.Sans des mesures garantissant la responsabilisation des concepteurs et des utilisateurs des dispositifs de reconnaissance faciale, on se prépare une société qui sera effectivement gouvernée par les concepteurs des algorithmes et des autres procédés fondés sur les traitements massifs d\u2019information.Car les règles qui régulent nos comportements sont de plus en plus inscrites dans les configurations techniques des objets connectés.Il faut en prendre acte et traiter ces normes techniques pour ce qu\u2019elles sont.La loi québécoise Dès 2001, le Québec s\u2019est doté de l\u2019une des lois les plus rigoureuses encadrant le recours à des données biométriques comme celles utilisées dans la reconnaissance faciale.L\u2019article 44 de la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l\u2019information interdit d\u2019exiger, sans le consentement exprès de la personne, que la vérification ou la confirmation de son identité soit faite au moyen d\u2019un procédé permettant de saisir des caractéristiques ou des mesures biométriques.Afin de mieux contrôler la constitution de banques de données sur les caractéristiques ou les mesures biométriques des personnes, la loi impose que leur création soit préalablement divulguée à la Commission d\u2019accès à l\u2019information.La même loi impose de déclarer toute banque de données biométriques existante, même si elle n\u2019est pas en service.Par conséquent, toute banque de données biométriques devant servir à l\u2019identification des personnes physiques est sujette à une obligation de divulgation à la Commission d\u2019accès à l\u2019information.La loi confie à la Commission un pouvoir étendu à l\u2019égard des banques de données biométriques.Elle peut rendre toute ordonnance sur les règles qui gouverneront la confection, l\u2019utilisation, la consultation, la communication et la conservation, y compris l\u2019archivage ou la destruction des banques de données biométriques, notamment celles utilisées pour la reconnaissance faciale.Elle peut aussi en suspendre ou en interdire la mise en service, ou en ordonner la destruction si ses ordonnances ne sont pas respectées ou si une banque de données est utilisée de manière à porter atteinte au respect de la vie privée.Au Québec, nous avons déjà une législation qui a vocation à encadrer les technologies fondées sur la biométrie.Il revient aux élus de s\u2019assurer que cette législation encadre adéquatement le déploiement des technologies fondées sur la biométrie.De son côté, la Commission d\u2019accès à l\u2019information doit tenir à jour ses pratiques afin de garantir que le déploiement des outils de reconnaissance faciale s\u2019effectue chez nous dans le respect des droits fondamentaux.Les technologies de reconnaissance faciale sont susceptibles de comporter différents préjugés nuisibles à des catégories entières de la population Robert Laplante Directeur de L\u2019Action nationale Voilà des années que ça dure.Le déluge de commentaires malveillants, les manifestations d\u2019intégristes, le langage ordurier sur les pancartes, le mépris sous vernis universitaire, les mêmes sophismes ressassés, les finfi- nauds qui finfinaudent à Radio-Ca- nada, tout cela n\u2019aura fait que révéler ce qui traîne dans le fond du temps depuis trop longtemps déjà.Et cela n\u2019a, à vrai dire, que peu de choses à voir avec le projet de loi 21.Ce qui se joue là et qui ne se terminera pas avec son adoption, c\u2019est toujours le même déni, le même refus obstiné de consentir à quoi que ce soit qui pourrait avoir l\u2019air d\u2019une affirmation existentielle.Le Québec n\u2019a pas droit à une différence non accréditée.Il faut souffrir d\u2019une singulière amnésie pour s\u2019imaginer bien fondée la protestation contre l\u2019usage de la disposition de dérogation, adoptée pour satisfaire les ténors canadian et leur faire cautionner la manœuvre du rapatriement.Il faudrait, au surplus, leur en reconnaître l\u2019usage exclusif et le droit de statuer sur ce qui devrait être reconnu comme son usage légitime?Il n\u2019y a pas de limite à se vautrer dans la pensée annexée.L\u2019utiliser permettra au gouvernement Legault de se tenir droit dans l\u2019héritage de Papineau et de retourner les lois anglaises contre l\u2019ordre imposé.La vie de la nation Le projet de loi 21 n\u2019est pas parfait, loin de là.Mais il a le mérite de bonifier la Charte des droits québécoise, parce qu\u2019il renforce la légitimité de l\u2019Assemblée nationale à définir les principes qui doivent fonder la vie de la nation.Car ultimement et fondamentalement, c\u2019est de cela qu\u2019il s\u2019agit.Le statut de notre Assemblée ne devrait tenir que de l\u2019autorité du peuple, et non de la marge de tolérance d\u2019un État qui n\u2019a jamais cessé d\u2019en combattre le sens et la portée.Ce qui se profile derrière les positions inconciliables qui s\u2019affrontent plus ouvertement depuis le dépôt du projet de loi, ce ne sont pas d\u2019abord des conceptions de la laïcité et ses modalités d\u2019expression, c\u2019est l\u2019affir- Entre lassitude et exaspération mation de l\u2019autodétermination et l\u2019effort de l\u2019inscrire dans une démarche d\u2019esprit républicain.Le Canada nous en refuse le droit et l\u2019expression.Il s\u2019en est fait une doctrine d\u2019État qu\u2019il brandit avec une arrogance \u2014 et une violence symbolique, il faut être aveugle pour ne pas le voir \u2014 qui n\u2019a d\u2019égale que sa certitude de défendre le cœur de son identité nationale.L\u2019ironie de la chose tient dans le fait qu\u2019il tente de se faire croire que cette identité n\u2019en est pas une, qu\u2019elle tient du postnational.Il n\u2019y a là qu\u2019une ruse de la raison idéologique qui se fait passer pour une évidence ontologique.L\u2019attachement au multicultu- ralisme, la sacralisation d\u2019une existence nationale reposant sur le refus de se reconnaître ouvertement une culture de transmission et d\u2019appartenance, ce n\u2019est qu\u2019une façon de se construire une différence en Amérique du Nord, une manière de ne pas se laisser absorber dans le mainstream America \u2014 tout en y participant allègrement.Le Canada aura choisi de se représenter comme un grand bazar en raison de son refus viscéral de se poser devant l\u2019existence québécoise.Qu\u2019il s\u2019en convainque au point de se croire une supériorité morale et de s\u2019imaginer un modèle pour l\u2019humanité, c\u2019est son problème et la source de notre enfermement dans la folklorisation.Le projet de loi 21 permettra de faire un petit pas, si le gouvernement tient bon.Et il faut qu\u2019il tienne.L\u2019épisode qu\u2019il a inauguré a grandement servi au dévoilement d\u2019un enjeu que trop de Québécois ne saisissent pas bien.Le multiculturalisme est un modèle d\u2019intégration et de socialisation.Il encadre et vise à susciter l\u2019adhésion à une représentation de la vie collective qui n\u2019est pas compatible avec notre existence nationale.Les personnes, natives ou immigrées, qui se perçoivent et se projettent dans cet univers de représentation se réclament d\u2019une légitimité et d\u2019un ordre qui, par définition, tient pour subalterne et accessoire notre différence, notre réalité nationale.Fatigue culturelle À défaut de placer le débat dans ce cadre existentiel, les discussions ne serviront qu\u2019à exacerber les tensions.Une rationalité dévoyée par des contraintes de régime ne peut conduire qu\u2019à l\u2019érosion de la cohésion sociale.Une question nationale qui ne se dénoue pas empoisonne toute la vie.Entre lassitude et exaspération, la fatigue culturelle dont parlait Aquin reste la condition d\u2019existence au Canada.Affirmer un modèle d\u2019intégration sous l\u2019esprit républicain et le placer au cœur du fonctionnement institutionnel, c\u2019est s\u2019arracher à la vie en mode mineur.C\u2019est se donner les moyens d\u2019entreprendre de construire la nation en choisissant de se donner des définitions des rapports entre l\u2019État et la religion qui ne se définissent qu\u2019en lien avec nos institutions.C\u2019est entreprendre de faire des distinctions que d\u2019autres nous refusent.Il y a plus dans ce débat épuisé que la réitération des argumentaires et le dialogue de sourds ponctué d\u2019injures proférées à grand renfort de feuilles d\u2019érable.Il y a quelque chose à l\u2019œuvre de plus puissant que la virulence des objections multiculturalistes.Quelque chose comme une aspiration à se faire maître de son destin.À s\u2019assumer dans tous les risques, à commencer par celui de la liberté.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Marie-France Ouimet Avocate Alors que les assises de notre démocratie sont ébranlées et après un temps de recul suivant le drame sans nom de la fillette de sept ans de Granby, je joins ma plume à celle de beaucoup d\u2019autres.L\u2019identité de la victime décédée est protégée bien mieux que la société n\u2019a su le faire pour préserver son humanité et, même si elle nous quitte dans l\u2019anonymat, elle porte bien malgré elle les noms et les maux des autres enfants pour qui, eux aussi, le pire n\u2019a pas pu être évité : Aurore Gagnon, décédée à 10 ans, en février 1920, d\u2019un empoisonnement du sang causé par des sévices répétés ; Linda Tassé, décédée à 7 ans, en novembre 1971, des mauvais traitements de son père adoptif ; Le bébé décédé à 20 mois au Sague- nay, en juin 2016, alors qu\u2019il était sur la liste d\u2019attente de la direction de la protection de la jeunesse depuis vingt- trois jours ; Rosalie Gagnon, décédée à 2 ans, en avril 2018, mutilée à coups de couteau et abandonnée dans une poubelle ; Et bien (trop) d\u2019autres.En réaction à chacun de ces décès, les institutions et les citoyens se sont insurgés et nous avons entretenu l\u2019espoir que « plus jamais » ça ne se reproduirait.Mais ça s\u2019est reproduit.La médiatisation des abus fatals à Granby est une nouvelle fois déclencheur de volontés de réformes des lois et des définitions conceptionnelles comme celle de l\u2019intérêt de l\u2019enfant.Certes, des lacunes importantes sont présentes dans notre système de protection de l\u2019enfance et des virages, tant administratifs que judiciaires et législatifs, sont nécessaires pour que la protection des enfants maltraités soit mieux balisée, actualisée et adaptée à leurs réalités.[\u2026] Cependant, la non-ingérence qui était le mot d\u2019ordre sous l\u2019état patriarcal a significativement évolué grâce à l\u2019entrée en vigueur de la première loi sur la protection de la jeunesse en 1950.L\u2019État peut désormais intervenir dans la sphère familiale pour protéger les enfants, et plusieurs mécanismes se sont développés pour ce faire, tels que le déploiement d\u2019ententes multisectorielles, l\u2019obligation de signalement, le code de priorisation du traitement du signalement et des définitions qui se précisent.Droit des enfants Durant les trente dernières années, plusieurs études, commissions, recommandations et réformes ont considérablement fait avancer les droits des enfants.Ainsi, le statut des enfants est passé de celui de subalterne incomplet, exploitable et indissociable de l\u2019adulte à celui de sujet de droit à part entière.De même, le droit des enfants à une protection adaptée au regard de leur vulnérabilité, de leur immaturité et de leur dépendance est largement reconnu, tant en droit national qu\u2019en droit international.Plusieurs apprentissages ont donc été réalisés.Pourtant, les rapports de force issus de la conception traditionnelle des enfants et du régime de la puissance paternelle ne peuvent pas être considérés comme des reliquats du passé et demeurent d\u2019actualité.Or, l\u2019atroce destinée de la fillette de Granby nous implore d\u2019arrimer la théorie à la pratique, un important décalage les séparant, pour assurer des prises en charge efficaces et renverser les désolantes statistiques.De fait, la protection holistique des enfants n\u2019est pas strictement intelligible et ne repose sur aucune opération mathématique, scientifique ou conceptuelle.Lorsqu\u2019une tragédie aussi chargée émotionnellement que celle du décès d\u2019un enfant de sept ans nous rappelle que nos priorités sociétales sont écorchées, il faut plus de cœur et moins de cérébral.[\u2026] Appel à l\u2019action Des actions doivent être entreprises dès maintenant en injectant les fonds requis pour pallier le manque criant de ressources qui occasionne la pénurie, la surcharge et l\u2019épuisement du personnel, les délais déraisonnables et les listes d\u2019attentes dont sont victimes les enfants.Aussi imparfait que soit notre système, je ne peux pas me résoudre à ce que le principal effet indésirable de cette mort soit de miner la confiance du public, car trop d\u2019enfants en besoin de protection ne seraient conséquemment pas signalés si un mutisme s\u2019installait en écho à cette méfiance.J\u2019espère que l\u2019élan de solidarité qui nous anime ne sera pas qu\u2019éphémère et qu\u2019il nous motivera plutôt à passer de la parole aux actes pour qu\u2019un jour, « plus jamais » une autre fatalité de la sorte ne fasse les manchettes.Nous n\u2019avons pas besoin de faillir à d\u2019autres enfants pour que nous nous sentions, de manière durable, collectivement concernés et responsables.Nous devons dès lors nous donner les moyens pour entreprendre des actions concertées pour protéger nos enfants.C\u2019est la seule façon de rendre hommage à cette jeune fille partie trop tôt et de donner un certain sens à son martyre.MALTRAITANCE DES ENFANTS Plus jamais, mais pourtant Nous devons nous donner les moyens pour entreprendre des actions concertées pour protéger nos enfants.C\u2019est la seule façon de rendre hommage à la fillette de Granby partie trop tôt et de donner un certain sens à son martyre. LEDEVOIR // LE MARDI 21 MAI 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) ne s\u2019empêtre pas dans un titre complexe : Gauguin.Portraits.Point.Tout est dans la simplicité et dans des petits détails.L\u2019absence de prénom évoque la notoriété de l\u2019artiste, son importance dans l\u2019histoire; le pluriel du second mot, l\u2019ampleur de la thématique de l\u2019exposition estivale à Ottawa.Car le MBAC ne fait pas que rassembler les portraits du peintre et sculpteur français.Il étale le vaste programme esthétique de Gauguin.Avec lui, le genre « portrait », deuxième en importance dans la hiérarchie picturale (derrière la peinture d\u2019histoire), est secoué.Pas une définition qui tienne.« Avec grande surprise, j\u2019ai découvert qu\u2019il n\u2019y avait jamais eu d\u2019exposition sur les portraits de Gauguin.Même pas un livre.Pour une historienne de l\u2019art, c\u2019est l\u2019Eldorado », s\u2019exclame Cornelia Homburg.La réputée dix-neuviémiste et spécialiste de Van Gogh, qui signe l\u2019exposition Gauguin.Portraits, était déjà à l\u2019origine d\u2019un des grands succès du MBAC, en 2012.En effet, Van Gogh.De près est considérée comme l\u2019exposition « la plus visitée des vingt années précédentes », selon les documents du musée.« Les portraits ont souvent formé une partie de chaque rétrospective Gauguin », reconnaît la dame, dans un français exquis.« Ce qui est intéressant, dit-elle, c\u2019est qu\u2019on ne s\u2019était jamais demandé ce que veut dire un portrait pour Gauguin.» La manifestation estivale du MBAC repose sur cet objectif, bien que la commissaire admette qu\u2019il soit difficile de s\u2019arrêter sur une définition.Mise en chantier en 2015, Gauguin.Portraits est le résultat de recherches pointues.Pour les étayer : soixante-dix œuvres (peintures, sculptures, dessins, estampes), de quarante collections publiques ou privées.Influent Gauguin Avec Paul Cézanne et Vincent Van Gogh, Paul Gauguin (1848-1903) est une des figures de proue du post-im- pressionisme, période qui englobe plusieurs courants en rupture avec l\u2019impressionnisme.Associé au symbolisme, Gauguin a laissé sa trace par son intérêt pour l\u2019autre, entre ses visites de la Bretagne, « le premier dépaysement », et ses voyages en Polynésie, où il est mort.Cornelia Homburg n\u2019hésite pas à dire qu\u2019il y a un avant et un après-Gauguin : « Picasso ou Matisse n\u2019existeraient pas sans les portraits de Gauguin.» Sa manière de penser le portrait renouvelle le genre.Il n\u2019est plus question de faire dans l\u2019authenticité, de présenter un individu, de reproduire les traits réels d\u2019un visage.S\u2019il fait parfois appel aux codes (pose droite, attributs dans les mains.), c\u2019est pour mieux brouiller les pistes.Exagérés, imaginés, fictifs, ses personnages.« Ignorant volontairement l\u2019identité ou le milieu social de ses modèles, Gauguin a fait éclater la fonction traditionnelle du genre.Beaucoup des images qu\u2019il a créées nous en apprennent davantage sur lui-même et sur sa relation psychologique avec ses modèles que sur ces modèles », écrit Cornelia Homburg dans le catalogue de l\u2019exposition, une volumineuse étude à laquelle ont contribué huit chercheurs.Un bois en vedette « La star » : c\u2019est ainsi que Cornelia Homburg désigne, avec son rire contagieux, l\u2019œuvre à l\u2019origine de l\u2019exposition.La commissaire l\u2019a découverte alors qu\u2019elle travaillait sur l\u2019exposition Van Gogh du MBAC.Il s\u2019agit de la sculpture polychrome en chêne Portrait de Meijer de Haan (1889- 1890), propriété du musée d\u2019Ottawa depuis 1968.En vue de l\u2019exposition qui Gauguin, le portraitiste Sa manière de penser le portrait a renouvelé le genre, comme le montre une ambitieuse exposition du Musée des beaux-arts du Canada Paul Gauguin, La boudeuse (Faaturuma), 1891, huile sur toile, 94 x 68,3 cm MBAC ouvre samedi, la star a été réévaluée et restaurée.« Je la trouvais magnifique, unique, tout le monde me disait qu\u2019elle était très importante, mais il y avait très peu de recherches sur elle.J\u2019adore travailler avec une institution où il y a un chef- d\u2019œuvre [par] où commencer », explique la chercheuse allemande.Grâce à la restauratrice en chef du musée, Doris Couture-Rigert, Cornelia Homburg peut énoncer les matériaux et pigments utilisés par Gauguin pour le buste de son ami Meijer.Elle peut aussi affirmer que ce bois, l\u2019artiste l\u2019a trouvé brûlé.Le buste aura sa propre salle dans l\u2019exposition, là où les visiteurs le découvriront de manière inusitée, au moyen d\u2019images vidéo et par le toucher (d\u2019une réplique).Au-delà de ses spécificités matérielles, l\u2019œuvre Portrait de Meijer de Haan est emblématique du portraitiste Gauguin, selon la commissaire.« Cet homme [de Haan] était tout petit, 1,49 m, chétif, bossu\u2026 Ça donne une idée de la façon dont Gauguin transformait ses modèles, affirme-t-elle.Parce que ce n\u2019était pas [son intention] de représenter son ami, [mais] de superposer sur un personnage des idées sur la création artistique.» Construire son image L\u2019exposition sera portée par des thèmes, plus que par une chronologie : la Bretagne ici, Meijer de Haan là, puis les amis, Mallarmé, Arles, les femmes\u2026 Sans oublier l\u2019autoportrait, que Gauguin a traité sous plus d\u2019un angle, y compris à l\u2019écrit.À l\u2019instar de ses tableaux, son récit de voyage Noa Noa, souvent pris comme du béton tiré de la réalité, est une entreprise d\u2019autofiction.En bon symboliste, Gauguin détourne les premiers sens, enrobe ses motifs de mystère, au détriment d\u2019une approche rationnelle.Ses propres alter ego vont du prisonnier au sage, du sauvage au Christ \u2014 le célèbre Autoportrait au Christ jaune (1890-1891) fait partie de l\u2019exposition.« L\u2019artiste, martyr qui souffre pour son art, qui n\u2019est pas compris par le monde, qui travaille à fond » : selon Cornelia Homburg, Gauguin se représente souvent ainsi.Dans Autoportrait au Christ jaune, où « il nous regarde et s\u2019entoure de ses œuvres », même le pot anthropomorphe, à droite de la composition, sert ce propos.« Sur ce pot, il disait que c\u2019était un autoportrait, qui représentait l\u2019artiste dans la tourmente.Il fait vraiment des liens comme ça.C\u2019est lui qui souffre, comme le Christ.C\u2019est une position exaltée, très profonde chez lui.» « Néanmoins, écrit Alastair Wright dans un des textes du catalogue, il faut se garder d\u2019interpréter les autoportraits comme la manifestation fidèle de l\u2019état d\u2019esprit de l\u2019artiste.Gauguin adorait faire son autopromotion, et chaque version de lui-même \u2014 que ce soit sous l\u2019aspect d\u2019un homme confiant ou hésitant \u2014 visait à propager une image de soi habilement construite.» Après Ottawa, l\u2019exposition sera présentée à la National Gallery de Londres.Gauguin.Portraits Au Musée des beaux-arts du Canada, du 24 mai au 8 septembre.Un garçon coupé de sa propre humanité d\u2019atterrir dans un centre de rééducation, où il travaillera à la ferme.Mais allez arracher son idée fixe à un ado\u2026 Le salafisme fait des ravages en Belgique par-delà les défaites du groupe armé État islamique en Syrie.Les cinéastes ne cherchent ni excuses ni explications complexes au radicalisme islamisme de l\u2019âge tendre qu\u2019ils mettent en scène.Ils ne se considèrent pas comme des sociologues, mais comme des témoins et des créateurs.Sauf que les problèmes causés par la religion fanatisée sont partie prenante de nos vies qu\u2019ils menacent.Leur film réfrigérant frappe dans le mille.Dans leurs notes d\u2019intention, les Dar- denne avouent que le personnage de Ahmed leur a échappé, sans possibilité de construction dramatique pour l\u2019extirper de sa folie meurtrière.Le défi du film fut d\u2019étreindre un héros imperméable à l\u2019identification du spectateur.Il en tire aussi sa force.Ahmed est un personnage clos, le plus hermétique de leur filmographie.Pourquoi, cette fermeture totale?Son cousin fanatique s\u2019est fait exploser.Youssouf, l\u2019imam manipulateur, joue avec ses désirs de pureté absolue, qui coupe ce garçon de sa propre humanité, comme sous l\u2019effet d\u2019une drogue.Les images de martyrs et d\u2019islamistes sur Internet font le reste.Il a 13 ans.Les Dardenne avaient lancé la carrière de jeunes interprètes dans des films précédents, dont Émilie De- quenne et Jérémie Renier.Mais Idir Ben Addi se voit confiné à sa boîte obturée \u2014 ainsi l\u2019exige le rôle \u2014 sur une gamme d\u2019expressions limitée.On ne saurait parler de performance d\u2019acteur, juste de présence sourde, lourde, aveugle, parfois traversée de minces éclairs.Le film aborde avant tout par la bande les tentatives infructueuses de chacun pour lui permettre d\u2019échapper à son hypnose.Amour, douceur, supplications, séduction : rien n\u2019y fait.Ce jeune est grisé par le chant des sirènes.Comme dans tout le cinéma de la fratrie belge, ce sont les corps qui parlent, une nuque, un trouble furtif quand une jeune fille au centre vient embrasser Ahmed en lui procurant ses premiers émois, les séances de prière sur le petit tapis, les pleurs de la mère, la douceur des intervenants.La caméra est dans la proximité, haletante, impérieuse, sans quête de joliesse, sans musique d\u2019accompagnement, filant à l\u2019essentiel des personnages.La faiblesse du film ne repose pas sur la glaciation intérieure du jeune Ahmed \u2014 son axe et son thème \u2014, mais sur la trop grande bonté des FRÈRES SUITE DE LA PAGE A 1 adultes, musulmans ou de culture chrétienne, qui s\u2019agitent à ses côtés.Aucun réflexe de rejet, nulle manifestation d\u2019islamophobie ne viennent tempérer la bienveillance de ceux qui l\u2019entourent, comme s\u2019ils étaient tous des saints, voués seulement au bien de cet enfant.Les esprits sont à cran en Europe face au radicalisme islamiste.Présumons que la vie d\u2019un jeune musulman en Belgique n\u2019est pas toujours rose, surtout, comme ici, après qu\u2019il a tenté d\u2019assassiner son enseignante.Le personnage d\u2019Ahmed devrait se heurter ici et là à des explosions de haine et de colère, bienséantes ou pas, surgies des traumatismes collectifs post-attentats.La présence d\u2019un personnage négatif, autre qu\u2019un imam dans le camp adverse, aurait offert un contrepoint à ce déluge d\u2019affabilité dont font preuve ici ceux qui militent pour le bon sens et la liberté.Cette absence de tension entre la famille et les intervenants affaiblit la proposition cinématographique par ailleurs forte et courageuse de ce film radical des frères Dardenne.Odile Tremblay est l\u2019invitée du Festival de Cannes.La faiblesse du film ne repose pas sur la glaciation intérieure du jeune Ahmed, mais sur la trop grande bonté des adultes, musulmans ou de culture chrétienne, qui s\u2019agitent à ses côtés "]
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