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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-11-14, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 259 / LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B6 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B2 Monde.B1 Mots croisés.B2 Sports.B6 Sudoku .B2 ACTUALITÉS L\u2019inquiétude persiste pour les étudiants étrangers B 3 CULTURE Égarer les idéaux de la Révolution tranquille, la chronique d\u2019Odile Tremblay B 8 ÉCONOMIE Québec défend son investissement dans les dirigeables B 5 SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Coup de cœur mélancolique Vilain Pingouin, Les Frères à ch\u2019val, Noir Silence, Urbain Desbois et Les Chiens, les survivants des années 1990 à l\u2019honneur ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le gouvernement ne pourra pas imposer des tests sur la qualité de l\u2019eau dans tous les services de garde comme il l\u2019avait promis puisque les milliers de garderies privées en milieu familial échappent à son contrôle.Le Devoir a appris que, d\u2019ici à vendredi, le ministère de la Famille allait écrire aux 16 000 responsables de garderies du Québec pour leur demander de réaliser des tests au plomb dans leur eau.Or, les garderies non régies ne recevront pas de lettre pour la simple et bonne raison que le ministère n\u2019a pas leur adresse.« Il n\u2019y a aucune façon de les contacter.On ne sait pas qu\u2019[elles] existent », déplore le ministre de la Famille Mathieu Lacombe.« [Elles] n\u2019ont pas de permis du ministère de la Famille, [elles] ne sont pas reconnus par un bureau coordonnateur ».En se basant sur des données croisées du ministère du Revenu, le gouvernement estime qu\u2019entre 19 000 et 20 000 enfants fréquentent ces garderies.« C\u2019est un problème », dit le ministre Mathieu Lacombe.« On n\u2019a pas de façon de les joindre, alors qu\u2019on est dans une situation qui implique la sécurité et la santé des enfants.Ça me préoccupe.» « Le message que je leur transmets, c\u2019est : \u201cSi vous lisez cet article, communiquez avec le ministère pour qu\u2019on vous explique ce que vous devriez faire.\u201d» Des reportages du Devoir, du Soleil et de La Presse ont révélé ces derniers mois que l\u2019eau que boivent les enfants dans certaines écoles et garderies du Québec a des concentrations si élevées en plomb que cela pose des risques pour le développement cognitif des enfants.Pour le ministre, le dossier du plomb dans l\u2019eau est une preuve de plus qu\u2019il faut revoir le statut des garderies non régies.« Ça donne toute la mesure de l\u2019importance de la démarche que je suis en train de faire de vouloir mieux encadrer ce type de service là au Québec.» La réforme promise par le ministre vise à ramener un maximum de services dans le giron public.Le ministre a promis que son plan de match serait dévoilé avant le printemps.Aux parents de vérifier Qu\u2019en pensent les principales intéressées ?« Ça demeurera un choix de faire ces tests ou pas », répond la présidente de L\u2019Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés (AQM- FEP), Sophie Bélec Tessier.«Est-ce que je le recommande ?Oui, fortement.» Créée en janvier 2019, l\u2019AQMFEP dit représenter des milliers de « travailleuses autonomes » propriétaires de garderies non régies.Pour Mme Bélec Tessier, il appartient aux parents de veiller à ce que des tests soient réalisés.« C\u2019est aux parents de faire la demande aux responsables », dit-elle.« C\u2019est le devoir des parents de s\u2019assurer que leur enfant est en santé et en sécurité ».Interrogée sur la situation dans sa propre garderie, Mme Bélec Tessier dit personnellement ne pas avoir encore eu de demande de parent à cet effet.PLOMB DANS L\u2019EAU Des milliers de garderies échappent à tout contrôle Québec ignore comment contacter les services de garde non régis MONDE Trump devant le tribunal de l\u2019opinion publique Il n\u2019y a aucune façon de les contacter.On ne sait pas qu\u2019[elles] existent.MATHIEU LACOMBE » JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR MONTRÉAL P-6 ne sera bientôt plus qu\u2019un mauvais souvenir VOIR PAGE A 2 : PLOMB amuel Busque, du groupe vétéran Noir Silence, envoie une photo, en complément d\u2019entrevue.« Ç\u2019a été pris backstage.» Une petite feuille coincée entre des cordes de guitare.Quelques mots- clés griffonnés, fragments de titres : François, Marche seul, Train\u2026 Oui, c\u2019est la liste la plus récente des chansons que le tout aussi vétéran groupe Vilain Pingouin aligne en spectacle.« Pour moi, ça pourrait être un setlist de ZZ Top.C\u2019est au moins aussi fort.Mais ça m\u2019émeut pas mal plus.» Pareil pincement au cœur ici.Et chez pas mal d\u2019entre vous, assurément.Au local de la Légion des anciens combattants du rock québécois, ils ont tous les cordes de guitare sensibles.Beau gros flash mauve que Légion 90, un spectacle qui réunit sur une même scène les équipes de choc S VOIR PAGE A 2 : MÉLANCOLIQUE VOIR PAGE A 5 : RÈGLEMENT Le règlement P-6, adopté en 2012 pour contrôler les manifestations, sera abrogé, a annoncé mercredi la mairesse Valérie Plante qui estime que les policiers disposent d\u2019outils législatifs suffisants pour intervenir lors de rassemblements.La mise au rancart du règlement P-6 a été accueillie avec satisfaction dans les rangs des militants et des organisations qui, depuis des années, dénoncent cet outil de « répression ».Le règlement P-6 avait été adopté sous l\u2019administration de Gérald Tremblay en plein printemps étudiant.Les manifestants étaient alors tenus de fournir leur itinéraire aux policiers lors de manifestations et il leur était interdit de se couvrir le visage «sans motif raisonnable» avec un foulard ou un masque.Ces règles avaient donné lieu à des arrestations de masse lors du Printemps érable de 2012 et à la distribution de constats d\u2019infractions aux amendes salées.En 2015, la Ville avait annulé 2000 contraventions après que le juge Randall Le règlement controversé avait été mis à mal par des décisions de justice ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Voici devant nous des villages où il n\u2019y a aucun service de garde pour les enfants de 0 à 5 ans.Les services les plus proches se situent à 65 km, mais cela peut sembler un peu plus loin quand on sait qu\u2019il n\u2019existe aucune route entre les deux points à unir.Dans ces lieux, explique Sylvie Angel au nom de la MRC de Minganie, le tissu communautaire s\u2019avère parfois mince.Mercredi matin, Sylvie Angel s\u2019était rendue de Longue-Pointe-de-Min- guan à Sept-Îles pour y être entendue devant la Commission Laurent.En entrevue au Devoir, elle a expliqué être d\u2019abord venue de France, il y a 22 ans.« J\u2019espère que ça paraît que j\u2019adore ce pays.Mes filles y sont nées.» « La DPJ, chez nous, c\u2019est une secte.J\u2019en entends parler, mais je la vois pas.Ils ne sont pas partenaires.Ils ne travaillent pas non plus comme nous le faisons en prévention.» Le projet qu\u2019elle coordonne à la MRC pour tenter d\u2019unifier les diverses municipalités au nom d\u2019un souci d\u2019aide à l\u2019enfance risque par ailleurs de tomber, faute de son seul soutien, celui offert par une fondation privée.Pour elle, comme pour plusieurs autres témoins, la réforme forgée par le ministre Barrette a fait mal.Désormais, « quand on veut référer une famille à des services, on n\u2019a plus d\u2019interlocuteurs.Et parfois on en a un, mais il COMMISSION LAURENT Où est la DPJ sur la Côte-Nord ?La commissaire Lorraine Richard s\u2019inquiète de l\u2019inaccessibilité des services que révèlent les témoignages entendus Québec paiera les frais d\u2019analyse de l\u2019eau des garderies PLOMB SUITE DE LA PAGE A 1 Compte-t-elle faire des tests ?« Pour cette semaine, non.Mais si je vois que Montréal est touchée, certainement.» Les garderies non régies ont souvent été pointées du doigt ces dernières années pour leur manque de fiabilité.En 2018, une enquête du Devoir avait notamment révélé que de nombreux services de garde passaient au privé pour se soustraire à des règles élémentaires d\u2019hygiène et de sécurité.Mme Belec Tessier soutient qu\u2019elle ne veut pas compter ce genre de garderies parmi ses membres et que son association valorise la sécurité.Or, ses membres ne veulent pas être soumis à des bureaux coordonnateurs comme le sont les garderies en milieu familial régies.Des tests gratuits Dans sa lettre aux responsables de garderies, le ministère leur demande de prendre des échantillons pour mesurer la concentration de plomb dans l\u2019eau consommée.Ces tests seront menés gratuitement par des laboratoires sélectionnés par l\u2019État, comme ce sera le cas dans les écoles.À la suite des reportages alarmants des derniers mois, le gouvernement souhaite s\u2019assurer que tous respectent la concentration conforme à la recommandation canadienne de 5 parties par milliard.Pour prélever les échantillons, les garderies doivent contacter une des as- Une vie à faire de la musique MÉLANCOLIQUE SUITE DE LA PAGE A 1 qui débarquèrent dans nos régions sur la même ligne de front : samedi au Club Soda, événement « historique » de la programmation du Coup de cœur francophone, se succéderont Noir Silence, Vilain Pingouin et les Frères à ch\u2019val.La veille, Les Chiens et Urbain Desbois se partageront Le Ministère, Marc Déry présentera le spectacle de son nouvel album au Lion d\u2019Or, et les Breastfeeders prendront d\u2019assaut L\u2019Esco.Colloque du rock Ça fait beaucoup d\u2019histoire du rock en deux soirs.Une sorte de crash course (l\u2019expression cogne plus fort en anglais).Un colloque du rock québécois, quoi.« Nous autres, les groupes qui chantaient en français, on avait vraiment l\u2019impression, à la fin des années 1980, de débarquer tous en même temps, de nulle part, comme s\u2019il n\u2019y avait rien eu avant », résume Éric Gou- ne sait même pas à qui parler dans ses propres instances ! » Les centres de décision se trouvent déplacés à Baie-Co- meau ou à Sept-Îles, c\u2019est-à-dire à des centaines de kilomètres à vol d\u2019oiseau des lieux atypiques concernés.La vi- déo-conférence est une avancée technique, mais elle ne fait pas tout.« Il faut des services de proximité, de la vraie proximité.» Et il faut du financement, dit-elle, pour sortir de la spirale de l\u2019isolement.Les enfants de cette portion de la Côte-Nord, affirme Mme Angel, souffrent parce que le gouvernement n\u2019a pas su mettre en place partout des services équivalents pour tous les enfants québécois.« C\u2019est juste ça le tort de ces enfants-là.» Le silence de la DPJ « Il ne faut plus laisser tomber un seul enfant », a expliqué pour sa part José- Marco Viégas, de la Sûreté du Québec.Or, c\u2019est loin d\u2019être le cas.Un trio de policiers a répété, devant les commissaires, qu\u2019il est difficile, voire impossible, d\u2019obtenir des informations de la part de la DPJ, ce qui ne facilite pas leur travail.On ne sait même pas si la DPJ détient, par exemple, des informations dans un cas patent d\u2019abus sexuel.M.Viégas a donné des exemples, dont celui d\u2019un enfant brûlé aux deux bras dans une histoire de maltraitance.L\u2019enfant est vu le vendredi par un médecin.Il est envoyé dans un autre centre pour être traité.Le lundi, cette institution téléphone à la SQ pour savoir où en est l\u2019enquête.Or, jamais la DPJ n\u2019avait prévenu les policiers des faits jusque-là.La position de la DPJ Après trois jours d\u2019audiences, le témoignage de Marlène Gallagher, directrice de protection de la jeunesse Côte- Nord, était attendu.Elle a fait valoir d\u2019emblée que la région dont elle a la responsabilité porte le poids de lourds déterminants : toxicomanie, criminalité, jeunes filles enceintes de façon prématurée, coût de la vie élevé, faible taux de diplomation.D\u2019autres tristes records existent, a-t-elle fait valoir dans son préambule.Quel effet a eu la réforme Barrette ?« Personne ne la voulait cette réforme.Pas plus moi que les autres.[\u2026] Effectivement, on a géré du chaos.» Rien n\u2019apparaît gagné encore, dit-elle, puisque le roulement de personnel est important.La commissaire Lorraine Richard a pointé du doigt le fait que les délais de prise en charge sur la Côte-Nord sont parmi les plus longs, tout en observant que le phénomène peut s\u2019aggraver.« Tout le monde vous cherche partout ! » Mme Richard s\u2019est dite heureuse d\u2019avoir entendu la veille le maire de Sept-Îles constater qu\u2019un leadership dans ces dossiers est urgent, mais elle s\u2019étonne de voir qu\u2019il n\u2019est pas assumé par la DPJ.« Exercer un leadership, ça aurait d\u2019abord dû venir de vous.» La DPJ, chez nous, c\u2019est une secte.J\u2019en entends parler, mais je la vois pas.Ils ne sont pas partenaires.Ils ne travaillent pas non plus comme nous le faisons en prévention.SYLVIE ANGEL » let, qui se lança corps et âme dans l\u2019aventure de Possession Simple avant de rameuter Les Chiens.« La vérité, c\u2019est qu\u2019il y avait eu Madame, et Danger, pour nous signaler que ça se pouvait.» Danger, c\u2019était le premier groupe rock de celui qui allait devenir le Polo des Frères à ch\u2019val.« Rudy Caya des Pingouins m\u2019a dit que c\u2019est en voyant Danger qu\u2019il a eu la piqûre.Il avait 16 ans, moi 21.Eh bien, c\u2019était justement le but de Danger à l\u2019époque, faire en sorte que les plus jeunes se reconnaissent dans notre musique et qu\u2019ils la rendent à leur façon.Il faut savoir qu\u2019en ce temps-là, le rock pur et dur n\u2019avait pas vraiment de représentant à part peut-être Pagliaro, qui représente pour moi ce que Danger représentait pour Rudy.» Ils étaient nombreux à la porte d\u2019entrée, mais ça passait sans se piler sur les pédales de fuzz.Parfaits Salauds, Co- locs, mais aussi Valium et ses Dépressifs, Satan Bélanger et ses Biberons Bâtis : du monde à la messe.Dans la foulée de l\u2019Audiogram de Michel Bélanger, des Disques Double de Pierre Tremblay et de Gamma sous l\u2019impulsion du très passionné Patrice Duchesne, sans oublier les labels multiples plus ou moins souterrains, ça y allait franco, c\u2019est le cas de le dire.Au moment où avait lieu le premier Festival international de rock de Montréal (FIRM), l\u2019industrie du disque et la scène alternative nourrissaient des ambitions et, forces parallèles ou alliées, se donnaient les moyens de ces ambitions.Solidarité, esprit de corps, affirmation identitaire, selon Busque.« Ce marché musical exponentiel n\u2019a été possible que par notre proximité géographique et culturelle.Être à Dublin, ça aurait été notre hood, notre environnement.La providence nous a implantés en pleine Gaulefrancophonix.» Polo renchérit : « La scène étant plutôt restreinte, l\u2019avantage était plus à la coopération qu\u2019à la compétition.» Durer, c\u2019est se rassembler À la différence des groupes des années 1960, qui se séparaient à 22 ans et se trouvaient des métiers pour adultes, les forces vives de notre rock ont été vivaces.Pas tuables, ou presque (salut Dédé Fortin, salut Fred Bonicard premier bassiste des Pingouins, salut Denis « Piggy » D\u2019Amour de Voivod).« Je suis de la vieille école, déclare Polo fièrement.Je n\u2019ai fait ni cégep ni université, mon seul plan c\u2019était partir sur la route et jouer.À 63 ans, je n\u2019ai toujours pas de plan de carrière ni de gérant, j\u2019ai simplement eu la chance d\u2019avoir pu faire exactement ce que je voulais et continuer d\u2019en vivre.» Modestement, n\u2019ajoute-t-il pas.« On partage les instruments et les musiciens au besoin\u2026 » Busque, qui a travaillé de tous les côtés du métier, vit tout aussi bien la suite.« Tu connais ta place, tu joues à ta place, dans une « conscience » qui parfois devient désarmante.Ce n\u2019est pas de l\u2019indifférence ou du je-m\u2019en- foutisme.Tu canalises ton énergie.Et tout naturellement, ceux qui restent se rassemblent.» Éric Goulet existe en Monsieur Mono, il est l\u2019un des Ringos, retrouve Les Chiens bon an mal an, enregistre du country en tant qu\u2019Éric Goulet.Il est aussi réalisateur, arrangeur, etc.« C\u2019est ma façon de gagner ma vie sans m\u2019éloigner de la musique.Je demeure profondément un gars de band.Je me suis toujours vu dans la continuité des groupes des années 1960.Dans le temps de Possession Simple, le grand guitariste Arthur Cossette avait relancé les Jaguars, avec des jeunes musiciens, dont Guylaine [Maroist] à la guitare rythmique.Arthur voulait jouer, et nous autres, c\u2019était pareil.Et c\u2019est encore ça.Jouer, jouer, jouer.» Tous le disent.T\u2019es dans un groupe pour jouer.Le plus souvent possible.Et aussi longtemps que le corps tiendra.« On a de sérieux avertissements de santé », dit Polo sans qu\u2019on lui demande.« Mais le plaisir de jouer, c\u2019est plus fort que tout.Y a pas de retraite pour nous autres parce que c\u2019est le même beat qui continue.» Toutes les informations concernant ces spectacles se trouvent sur le site coupdecoeur.ca.On avait vraiment l\u2019impression, à la fin des années 1980, de débarquer tous en même temps, de nulle part, comme s\u2019il n\u2019y avait rien eu avant ÉRIC GOULET » sociations de services de garde identifiées par le ministère dans sa lettre.Elles devront alors aviser l\u2019association du nombre de points de distribution dans leur établissement.Les associations de garderies se baseront ensuite sur ces statistiques pour conclure des ententes avec des laboratoires agréés par le ministère.En octobre, Le Devoir avait révélé que le Québec utilisait une méthode désuète pour mesurer les concentrations de plomb dans l\u2019eau et se référait à une norme non sécuritaire de 10 parties par milliard.À travers la province, Le Devoir, les étudiants de l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia et Global News ont effectué près d\u2019une centaine de tests dans des résidences privées, des écoles et des garderies.En utilisant les méthodes d\u2019échantillonnage recommandées par Santé Canada pour mesurer l\u2019exposition maximale, notre équipe a trouvé des concentrations de plomb jusqu\u2019à 14 fois supérieures aux normes en vigueur au Québec (28 fois la norme canadienne), souvent sans que les résidents en aient été avisés.ISTOCK Québec fournira l\u2019équipement aux commissions scolaires Québec viendra en aide aux commissions scolaires de la province en leur fournissant gratuitement l\u2019équipement nécessaire pour tester les concentrations de plomb dans l\u2019eau potable de leurs établissements.« Une démarche est en cours afin d\u2019acquérir les appareils portatifs qui vous permettront de mener à bien la procédure que nous vous avons transmise à cet effet [le 25 octobre] », peut-on lire dans la directive envoyée mercredi par le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, aux commissions scolaires.L\u2019équipement doit être livré au plus tard au « début de l\u2019année 2020 ».Les commissions scolaires qui préfèrent, quant à elle, procéder à des analyses en laboratoires, plutôt que de permettre à leur personnel de s\u2019occuper des tests, devront par contre assumer l\u2019intégralité des frais.C\u2019est le devoir des parents de s\u2019assurer que leur enfant est en santé et en sécurité SOPHIE BÉLEC TESSIER » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 M ême si le ministre de l\u2019Immigration, Simon Jolin-Barrette, n\u2019en était pas à sa première bourde, le premier ministre Legault a trop investi en lui pour le lâcher.Malgré le fiasco de la réforme du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ), il a soutenu mardi que tous les partis politiques rêvent d\u2019un jeune ministre aussi talentueux.Aussi admiratif que puisse être M.Legault, son bureau va tenir le petit prodige à l\u2019œil.M.Jolin-Barrette a eu beau prendre toute la responsabilité de ce cafouillage, c\u2019est l\u2019image de l\u2019ensemble du gouvernement qui est ternie.L\u2019opinion publique passera sans doute l\u2019éponge encore une fois, mais Il ne faudrait pas qu\u2019il récidive.Début septembre, M.Legault a décidé de lui confier cet autre panier de crabes qu\u2019est la langue, Nathalie Roy n\u2019ayant manifestement pas l\u2019étoffe suffisante.Après des années de procrastination libérale, il est assurément urgent de renforcer la position du français, sous peine d\u2019atteindre un point de non-retour.L\u2019histoire des cinquante dernières années démontre toutefois combien le dossier peut être explosif.Dans celui de l\u2019immigration, M.Jolin-Barrette a fait la preuve d\u2019une grande détermination, mais aussi d\u2019une grande insensibilité.Or, la question linguistique est d\u2019une extrême sensibilité.Mardi à l\u2019Assemblée nationale, il a eu un aperçu du débat qu\u2019il s\u2019apprête à rouvrir, quand le député libéral de Jacques- Cartier, Gregory Kelley, lui a demandé sa définition de la communauté anglophone et comment il allait déterminer quels sont ceux qui pourront toujours communiquer en anglais avec l\u2019État.Ce débat refait périodiquement surface depuis l\u2019adoption de la loi 101, mais aucun gouvernement n\u2019a osé le trancher.Le rapport présenté en 2016 par la députée d\u2019Iberville, Claire Samson, déplorait déjà l\u2019usage croissant de l\u2019anglais dans l\u2019administration publique, qui donne aux nouveaux arrivants l\u2019impression, malheureusement fondée, qu\u2019il est possible de vivre au Québec sans connaître le français.Le Conseil supérieur de la langue française a rendu publique la semaine dernière une étude sur les pratiques linguistiques des ministères et organismes relevant du gouvernement du Québec, laquelle a confirmé que 41 d\u2019entre eux utilisent encore un « code de langue » permettant à un immigrant qui ne parle pas le français à son arrivée de communiquer avec eux en anglais sa vie durant.Face à ces « constats troublants », M.Jolin-Barrette a signifié son intention de faire en sorte que chaque ministère et organisme se dotent d\u2019une politique linguistique prévoyant que les communications se feront uniquement en français, sauf avec les membres de la « minorité historique anglaise » et les nations autochtones.Il aurait cependant intérêt à consulter davantage qu\u2019il ne l\u2019a fait dans le cas du PEQ.Qui fait partie de cette minorité historique ?lui a demandé le député de Jacques-Cartier.S\u2019agit-il seulement des anglophones nés au Québec ?Cela inclut-il ceux qui sont nés ailleurs au Canada, mais qui viennent s\u2019installer au Québec ?Il a accusé le gouvernement de vouloir créer deux classes de citoyens au sein de la communauté anglophone.Encore une fois, le débat risque de prendre une tournure émotive.« Est-ce que ma mère, née à Toronto, a besoin d\u2019une carte d\u2019identification, d\u2019un NIP pour parler en anglais avec quelqu\u2019un de Services Québec » ?a demandé M.Kelley.Selon lui, de nombreuses personnes âgées, qui parlent anglais sans se considérer comme faisant partie de la communauté anglophone de souche, sont inquiètes.En vertu de l\u2019article 23 de la Charte canadienne des droits, seuls les citoyens canadiens qui ont reçu leur instruction au niveau primaire en anglais au Canada peuvent envoyer leurs enfants à l\u2019école anglaise au Québec.Il n\u2019y a aucun critère de ce genre pour ce qui est des autres services.Ainsi, l\u2019article 15 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux prévoit que « toute personne d\u2019expression anglaise » doit y avoir accès, dans la mesure où les ressources humaines, matérielles et financières des établissements qui les dispensent le permettent.Cela signifie que toute personne qui parle anglais, peu importe sa provenance, qu\u2019elle soit citoyenne canadienne ou non, peut demander à être soignée en anglais.M.Jolin-Barrette a assuré que la nouvelle politique ne concernera que les nouveaux arrivants.Les anglophones qui viennent d\u2019une autre province seront-ils considérés comme des nouveaux arrivants ?Faudra-t-il donner une preuve d\u2019appartenance à la « minorité historique anglaise » chaque fois qu\u2019on demandera un service en anglais ?On imagine le tollé from coast to coast.La question est tout aussi délicate pour le PLQ.Comme pour couper court à la discussion, M.Jolin-Barrette a lancé à M.Kelley : « Est-ce que le Parti libéral est contre ça, que le Québec soit français » ?Entreprendre une croisade en faveur des services en anglais ne fera certainement rien pour le reconnecter avec la majorité francophone.Un autre panier de crabes MICHEL DAVID GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Près d\u2019une semaine après la suspension de la réforme du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ), l\u2019incertitude plane: installés au Québec, étudiants et travailleurs temporaires étrangers ne savent toujours pas ce qu\u2019il adviendra de leur candidature, le gouvernement Le- gault étant incapable de préciser quand le PEQ sera remis sur les rails.Le programme sera de nouveau en vigueur «en temps et lieu», a fait savoir au Devoir mercredi le ministre de l\u2019Immigration, Simon Jolin-Barrette, sans fournir plus de détails.Après avoir fait l\u2019unanimité contre lui, le ministre caquiste a suspendu vendredi dernier son règlement qui resserrait l\u2019accès au PEQ, cette voie expresse de plus en plus populaire pour obtenir le Certificat de sélection du Québec (CSQ).Il a alors promis de réviser les nouvelles listes controversées «des domaines de formation en demande et des emplois en déficit», aux côtés cette fois des employeurs et des établissements d\u2019enseignement supérieur.D\u2019ici à ce que ce processus de consultation débouche sur un nouveau règlement, le gouvernement va traiter les demandes de CSQ en vertu des anciennes règles du PEQ, a indiqué mercredi M.Jolin-Barrette, au lendemain des excuses qu\u2019il a présentées à la population québécoise.« Il va y avoir une clause de droits acquis pour les étudiants qui étaient déjà ici ainsi que pour les travailleurs étrangers temporaires.[\u2026] Toutes les personnes qui vont bénéficier de [cette clause] pourront déposer leur dossier », a-t-il soutenu, sans être en mesure d\u2019avancer une date où le PEQ sera réactivé.Rétablir les critères antérieurs «demande des modifications réglementaires et celles-ci sont actuellement en cours», a plus tard ajouté son attaché de presse, Marc-André Gosselin.Or, bon nombre d\u2019étudiants étrangers s\u2019impatientent: ils veulent déposer leur demande de CSQ depuis plusieurs mois déjà.C\u2019est le cas de Pierre-Jean, un Français de 20 ans arrivé au Québec en 2016 pour suivre des études de science politique à l\u2019Université de Montréal.«Depuis le recul du gouvernement, je suis dans l\u2019incertitude totale.Je ne sais pas ce qui va se passer», confie celui qui appelle chaque jour le ministère de l\u2019Immigration pour obtenir des réponses, en vain.«Les employés eux-mêmes ne savent pas, avance-t-il.Tout ce qu\u2019on veut, c\u2019est être fixé avec des dates, des échéances et un texte officiel sur le site du ministère.» Craintes Baccalauréat en poche, le jeune homme était sur le point de déposer une demande de CSQ cet été, mais il s\u2019est buté le 10 juillet à la suspension jusqu\u2019au 1er novembre du volet des diplômés du PEQ.Le ministère de l\u2019Immigration avait pris cette décision pour «donner la priorité à la sélection de personnes qui occupent un emploi au Québec au cours de cette période», peut-on lire sur leur site Web.«On est vraiment beaucoup à avoir peur qu\u2019on se reprenne une suspension à nouveau, le temps que le gouvernement définisse toutes les règles, raconte Pierre-Jean.Il appréhende également une explosion des délais de traitement des requêtes après le fiasco de la réforme caquiste, maintenant sur la glace.Normalement, le ministère de l\u2019Immigration traite dans un délai de 20 jours ouvrables les demandes de CSQ reçues dans le cadre du PEQ.Questionné mercredi, celui-ci n\u2019a pas été en mesure de préciser au Devoir s\u2019il pourra désormais respecter cet engagement.Pas plus s\u2019il entrevoit de délivrer moins de CSQ en 2019 que lors des années précédentes.L\u2019incidence de la suspension partielle puis totale du PEQ s\u2019est déjà fait sentir sur le nombre de CSQ délivrés jusqu\u2019à présent par le ministère de l\u2019Immigration.Selon des chiffres obtenus par demande d\u2019accès, il en a délivré 3594 en juillet dernier, comparativement à 4655 certificats en juillet l\u2019année précédente.Le nombre n\u2019a cessé de baisser ensuite: 2718 puis 2563 en août et septembre \u2014 respectivement 3309 et 4085 certificats en 2018.Simon Jolin-Barrette entend néanmoins maintenir intacts les seuils d\u2019immigration que son gouvernement s\u2019est fixés, soit de recevoir entre 41 500 et 44 500 nouveaux arrivants pour 2020.«On a déposé à l\u2019Assemblée nationale le plan annuel d\u2019immigration 2020, alors c\u2019est le plan qui va s\u2019appliquer», a-t-il mentionné.Avec Marco Bélair-Cirino et Dave Noël IMMIGRANTS L\u2019incertitude persiste pour les étudiants étrangers Québec ne peut dire quand sera levé le moratoire sur les demandes de CSQ CATHERINE LÉVESQUE À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Bloc québécois, Yves-Fran- çois Blanchet, estime qu\u2019il y a une « zone de compromis possible » avec le premier ministre Justin Trudeau.Les deux hommes ont eu leur première rencontre privée mercredi au bureau de M.Trudeau.M.Blanchet a ensuite raconté sa rencontre à ses députés lors d\u2019un caucus tenu à Ottawa.« On a des différences d\u2019opinions \u2014 je n\u2019ai pas besoin de vous les décrire.Mais on a aussi quand même constaté qu\u2019il y a une zone de compromis possible sur certains enjeux », a soutenu le chef bloquiste en guise de déclaration GOUVERNEMENT MINORITAIRE Blanchet voit une « zone de compromis » d\u2019ouverture à son caucus.MM.Trudeau et Blanchet se sont entendus pour travailler en collaboration pour la défense de la gestion de l\u2019offre, la lutte contre les changements climatiques et pour s\u2019attaquer au coût de la vie.M.Trudeau a aussi mentionné qu\u2019il travaillera avec le Bloc québécois pour resserrer le contrôle des armes à feu.M.Blanchet n\u2019a pas fait mention de ce dernier élément dans une brève déclaration d\u2019ouverture avant sa rencontre avec le premier ministre.Le chef bloquiste estime que son but n\u2019est pas de gagner des points pour son parti ou de miner le gouvernement, mais bien de faire des gains pour le Québec.Il s\u2019agit là de sa « seule condition » pour assurer la collaboration du Bloc.Le Parti libéral du Canada et le Bloc québécois ont fait élire 35 et 32 députés au Québec, respectivement.Les travaux parlementaires reprendront dès le 5 décembre, afin de présenter le discours du Trône et d\u2019élire un président de la Chambre des communes.M.Blanchet en comprend, d\u2019après sa rencontre avec M.Trudeau, qu\u2019il y aura bien des éléments «consensuels» entre leurs partis.Il ne croit pas non plus que le gouvernement libéral minoritaire se risquera à aborder le financement du pétrole dans l\u2019Ouest ou de se mêler de la Loi québécoise sur la laïcité, des enjeux qui rencontreraient de la « résistance » de la part du Bloc.« Il n\u2019est pas question pour moi de faire de la game politique, d\u2019essayer de trouver des problèmes quand il n\u2019y en a pas.Si c\u2019est correct, c\u2019est correct », a souligné M.Blanchet.Le chef bloquiste a dit qu\u2019il a été « très clair » avec ses députés sur la marche à suivre pour assurer le bon fonctionnement du Parlement.Pas question de mettre le poing sur les bureaux ou d\u2019envoyer promener ses adversaires, a-t-il dit.« Les gens s\u2019attendent de nous à ce qu\u2019on ait des comportements élégants avec pour seul objectif de faire progresser les dossiers et les enjeux qu\u2019ils nous ont confiés.Dans cet esprit-là, la collaboration du Bloc québécois est acquise », a exprimé M.Blanchet.M.Trudeau a rencontré mardi le chef conservateur, Andrew Scheer, et rencontrera le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, jeudi.Pas un allié du « Wexit » Tous ceux qui cherchent à se séparer dans l\u2019Ouest canadien tout en faisant la promotion du secteur pétrolier ne pourront pas bénéficier des conseils ni de la sympathie du chef du Bloc québécois.« S\u2019ils tentaient de créer un État vert dans l\u2019Ouest canadien, je pourrais être tenté de les aider.S\u2019ils tentent de créer un État pétrolier dans l\u2019Ouest canadien, ils ne peuvent pas s\u2019attendre à de l\u2019aide de notre part », a déclaré M.Blanchet.Le chef bloquiste \u2014 qui se décrit « difficilement [comme] un grand défenseur de l\u2019unité canadienne » \u2014 croit que l\u2019Alberta et la Saskatchewan brandissent la menace de séparation pour tenter de forcer la main du gouvernement fédéral en matière d\u2019exportation de leur pétrole.Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, est accueilli par le premier ministre, Justin Trudeau.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Après des années de procrastination libérale, il est assurément urgent de renforcer la position du français, sous peine d\u2019atteindre un point de non-retour.L\u2019histoire des cinquante dernières années démontre toutefois combien le dossier peut être explosif.Dans celui de l\u2019immigration, M.Jolin-Barrette a fait la preuve d\u2019une grande détermination, mais aussi d\u2019une grande insensibilité.Or, la question linguistique est d\u2019une extrême sensibilité.Tout ce qu\u2019on veut, c\u2019est être fixé avec des dates, des échéances et un texte officiel sur le site du ministère PIERRE-JEAN, ÉTUDIANT FRANÇAIS » LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 www.ecm.qc.ca | 514-524-0173 En collaboration avec Salle Bourgie, Musée des beaux-arts de Montréal Œuvres de Michel Gonneville (création) et Erik Satie Dimanche 17 novembre 2019 | 14 h 30 Magali Simard-Galdès, soprano Dion Mazerolle, baryton Louise Bessette, piano Véronique Lacroix, direction | ECM+, 12 musiciens Chansons du Bonhomme de chemin Pierre Morency, textes et dessins Serge Maheu, design de projections Marie-Josée Chartier, mise en espace MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, a clos quelques enquêtes au fil des dernières semaines, mais pas celle visant l\u2019ex-pre- mier ministre Jean Charest.Mâchurer est toujours « en cours ».L\u2019enquête Justesse visant à démêler les allégations de malversation à la Société immobilière du Québec (SIQ) a, elle, échoué au « contrôle de qualité » effectué par M.Gaudreau depuis son arrivée à l\u2019Unité permanente anticor- ruption (UPAQ).« J\u2019en suis venu à la conclusion qu\u2019on devait mettre fin à l\u2019enquête Justesse », a-t-il déclaré lors d\u2019une présentation des points saillants du rapport de gestion de l\u2019UPAC 2018-2019, à Québec mercredi.« D\u2019un certain point de vue, on pourrait considérer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un échec », a-t-il ajouté.L\u2019UPAC soupçonnait des collecteurs de fonds libéraux d\u2019avoir commis une fraude dans la vente et la location d\u2019immeubles appartenant à la SIQ.Cela dit, l\u2019UPAC a tiré des enseignements de l\u2019« échec » de Justesse, notamment sur la façon de « travailler ce type de dossiers » afin qu\u2019il passe le « test du procureur » et éventuellement le « test des tribunaux ».« Il y a des précautions à prendre », a dit M.Gaudreau.Depuis l\u2019ouverture de l\u2019enquête Justesse, en 2010, « le droit a évolué énormément », a-t-il dit.« Une enquête qui a débuté il y a plusieurs années doit quand même se conformer aux règles qui ont été édictées par les tribunaux récemment, ce qui fait en sorte qu\u2019à un moment donné, on doit prendre une décision dans un dossier.» Le commissaire a refusé d\u2019en dire plus sur l\u2019insuccès de son équipe, s\u2019abritant derrière « des raisons de confidentialité et de protection des techniques d\u2019enquête ».JUSTICE L\u2019UPAC abandonne plusieurs enquêtes L\u2019enquête Mâchurer, visant l\u2019ancien premier ministre Jean Charest, demeure active, assure le commissaire Gaudreau Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, à l\u2019arrière-plan JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE PAULINE GRAVEL LE DEVOIR L\u2019identification d\u2019une molécule à la surface des lymphocytes B des personnes atteintes de la sclérose en plaques par une équipe du Centre de recherche du CHUM ouvre la perspective d\u2019une nouvelle cible à viser pour freiner la progression de cette maladie, qui est plus fréquente au Canada et au Québec qu\u2019ailleurs dans le monde.Cette découverte, qui donnera un nouvel espoir aux patients, fait l\u2019objet d\u2019une publication dans la revue Science Translational Medicine.Chez 90% des personnes atteintes de sclérose en plaques, la maladie débute par une forme cyclique, ponctuée d\u2019épisodes durant lesquels des symptômes font leur apparition, et qui sont suivis de longues périodes de rémission parfois complète.Au bout de 15 ans, de 50 à 60% de ces patients développent une forme progressive au cours de laquelle le handicap s\u2019accroît constamment.Par ailleurs, 10% des patients développent d\u2019emblée une forme progressive qui est généralement beaucoup plus difficile à traiter.La découverte du CRCHUM pourrait servir à traiter tous les patients se trou- MÉDECINE Un nouvel espoir pour les personnes atteintes de sclérose en plaques vant dans une phase progressive de la maladie.Normalement, les cellules immunitaires ne pénètrent pas dans le cerveau, sauf lors d\u2019infections virale ou bactérienne, comme une encéphalite.Elles en sont empêchées par la barrière hé- mato-encéphalique qui sépare le sang du tissu cérébral.Or, dans la sclérose en plaques qui est une maladie auto-immune, les lymphocytes T et B réussissent à traverser la barrière hémato-encéphalique des petits vaisseaux et pénètrent ainsi dans le cerveau, où ils détruiront la gaine isolante de myéline et les neurones enveloppés par celle-ci.Une molécule responsable L\u2019équipe du Dr Alexandre Prat, chercheur au CRCHUM, a découvert que les lymphocytes B des personnes atteintes de la sclérose en plaques portaient à leur surface une molécule qui facilite leur passage à travers la barrière hémato-encéphalique des microvais- seaux cérébraux et qui induit ainsi leur accumulation dans le cerveau où ils produiront des anticorps.La molécule en question, dénommée ALCAM (Activated Leukocyte Cell Adhesion Molecule), est une molécule d\u2019adhérence qui ressemble à une petite branche de velcro que les cellules du système immunitaire, en l\u2019occurrence les lymphocytes B, utilisent pour pénétrer dans un organe du corps en réponse à une infection ou à une agression.Sur les cellules endothéliales des vaisseaux, d\u2019autre part, se trouvent des récepteurs avec lesquels les molécules d\u2019adhérence présentes sur les cellules immunitaires établissent un contact, « comme une branche de velcro qui s\u2019attache à son anneau de velcro ».Ce contact permet à la cellule immunitaire de traverser la barrière hémato- encéphalique et d\u2019atteindre l\u2019organe, qui dans ce cas-ci est le cerveau, explique M.Prat.Une fois parvenus dans le cerveau, les lymphocytes B se cachent, demeurent silencieux et s\u2019accumulent.« Quand ils atteignent une masse critique suffisante, ils forment de petites structures qui produisent des anticorps dirigés contre la gaine de myéline, mais aussi contre les neurones, et qui de ce fait provoquent la forme progressive de la maladie », poursuit-il.« On sait depuis longtemps que les lymphocytes B jouent un rôle déterminant dans la progression de la maladie puisque deux, bientôt trois, traitements qui sont assez efficaces ciblent spécifiquement les lymphocytes B.» « Mais malheureusement, ces trois traitements éliminent tous les lymphocytes B en circulation dans le sang, ce qui rend les patients beaucoup plus vulnérables aux infections, alors qu\u2019avec notre découverte, on pourrait empêcher sélectivement l\u2019entrée des lymphocytes B dans le cerveau.Le patient pourrait ainsi continuer de profiter d\u2019une surveillance immunitaire des infections tout en empêchant l\u2019infiltration dans le cerveau des lymphocytes B qui causent la progression de la maladie », souligne le Dr Prat.Vers un médicament Selon le chercheur, le développement d\u2019un médicament qui ciblerait la molécule ALCAM afin de l\u2019empêcher d\u2019entrer en contact avec son récepteur et ainsi de lui faciliter le passage dans le tissu cérébral pourrait prendre de cinq à six ans.« On ne comprend toutefois pas vraiment pourquoi la molécule ALCAM est fortement exprimée sur les lymphocytes B des personnes atteintes de sclérose en plaques, et pourquoi soudainement la barrière hémato-encéphalique devient perméable aux lymphocytes T et aux lymphocytes B.Car il n\u2019y a pourtant pas de corps étranger dans le cerveau, aucune infection virale et bactérienne n\u2019a été associée à la sclérose en plaques, aucun facteur environnemental, tel que des toxines, non plus », avoue le chercheur.« Grâce aux traitements qui freinent la phase cyclique, on voit beaucoup moins de personnes en fauteuil roulant qu\u2019il y a 20 ans.En continuant d\u2019enrichir notre arsenal thérapeutique, les patients en viendront à mourir d\u2019autre chose que de la sclérose en plaques », se réjouit le Dr Prat.En matinée, le premier ministre François Legault avait poliment invité le grand patron de l\u2019UPAC à fournir des « explications » sur l\u2019annulation de l\u2019enquête Justesse.« Il en va de la confiance de la population envers l\u2019UPAC.Donc, je souhaiterais qu\u2019il donne un petit peu d\u2019informations », avait-il lancé dans une mêlée de presse, mercredi avant-midi.« Tous les Québécois sont un peu frustrés, choqués.Ils souhaiteraient des explications.Il faut comprendre que l\u2019UPAC est indépendante.Donc, moi, je ne peux pas exiger\u2026 Je ne veux pas m\u2019impliquer dans le dossier, mais je souhaiterais, oui, qu\u2019on sache pourquoi », a-t-il ajouté.M.Gaudreau a dit partager « comme citoyen » le sentiment du chef du gouvernement et d\u2019autres Québécois qui « s\u2019interrogent sur les raisons pour lesquelles on peut mettre fin à une enquête ».« Cependant, moi, j\u2019ai un devoir comme directeur de police de préserver les techniques d\u2019enquête », a-t- il affirmé en conférence de presse.Vendredi dernier, M.Legault évoquait l\u2019idée d\u2019intenter une action civile afin de recouvrer les sommes arrachées à la SIQ par d\u2019ex-collecteurs de fonds libéraux.Le commissaire à l\u2019UPAC n\u2019écartait pas la possibilité de voir son corps de police transférer des éléments de preuve au Procureur général du Québec.« C\u2019est une décision qui appartient au Procureur général du Québec », a dit M.Gaudreau aux médias mercredi.Dossiers fermés D\u2019autres dossiers d\u2019enquête, qui sont « restés confidentiels » contrairement à Justesse et Mâchurer, ont aussi été fermés, a indiqué M.Gaudreau, se gardant d\u2019en préciser le nombre.M.Gaudreau s\u2019est en revanche félicité d\u2019être derrière une « enquête d\u2019importance » de fraude de plusieurs millions de dollars au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) qui a culminé avec des condamnations.Ici, ce ne sont pas des « petits poissons », a-t-il fait remarquer.Pour Québec solidaire, « la fermeture de ces enquêtes par l\u2019UPAC pose beaucoup de questions ».« La population en a assez que toutes les personnes accusées de corruption s\u2019en sortent sans qu\u2019on se rende au bout du processus.C\u2019est sûr que ça cause des frustrations.Nous espérons que, si de nouveaux éléments sont amenés dans ces dossiers, ils pourront être rouverts », a déclaré le député Alexandre Leduc, tout en appelant à ne pas « juger trop vite M.Gaudreau ».« N\u2019oublions pas qu\u2019il hérite de la situation.[Il] doit maintenant démontrer sa compétence et sa capacité de mener à terme les enquêtes ouvertes sous sa direction », a-t-il conclu.Grâce aux traitements qui freinent la phase cyclique, on voit beaucoup moins de personnes en fauteuil roulant qu\u2019il y a 20 ans DR ALEXANDRE PRAT » LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 Découvrez notre plateforme de courtage direct et profitez de tarifs avantageux pour investisseur autonome Visitez bncd.ca/nouvelle-tarification * Banque Nationale Courtage direct (BNCD) est une division de la Financière Banque Nationale inc.(FBN).BNCD offre des services d\u2019exécution d\u2019ordres sans conseils et ne formule aucune recommandation en matière d\u2019investissement.Les clients sont seuls responsables des conséquences financières et fiscales de leurs décisions de placement.Arrêtez de trop payer ! Des articles invalidés RÈGLEMENT SUITE DE LA PAGE A 1 Richmond, de la Cour municipale, eut acquitté trois manifestants.Puis, en 2016, la Cour supérieure et la Cour d\u2019appel ont invalidé les deux articles les plus controversés, soit celui du masque et celui sur l\u2019itinéraire.La mairesse Plante estime que le règlement P-6 n\u2019a plus sa place.« Il est important de préserver les droits des Montréalais et des Montréa- laises à manifester.Je constate que les Montréalais manifestent, dans la grande majorité des cas, de façon très pacifique.J\u2019en prends pour exemple cette belle manifestation pour le climat.Il y avait 500 000 personnes.Tout s\u2019est bien passé», a-t-elle expliqué.Selon la mairesse, le Code de la sécurité routière, le Code criminel ainsi que le Règlement concernant la paix et l\u2019ordre sur le domaine public (P-1) font en sorte que le P-6 n\u2019est pas nécessaire.Lorsque le parti était dans l\u2019opposition, Projet Montréal prônait d\u2019ailleurs la disparition du règlement litigieux.Précisons que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n\u2019appliquait plus le règlement P-6 depuis les décisions des tribunaux et avait cessé de statuer sur l\u2019illégalité des manifestations.L\u2019abrogation du règlement survient 50 ans après la création du règlement initial sur les manifestations adopté le 12 novembre 1969 par l\u2019administration de Jean Drapeau pour limiter les débordements.Des articles contestés Ce dénouement a réjoui Julien Villeneuve, alias Anarchopanda.«Je suis très satisfait de la décision.C\u2019est la bonne chose à faire ».Selon lui, non seulement ce règlement portait atteinte aux libertés, mais il était aussi « mal écrit et irrationnel ».pliqué comme ça.Mais parfois, les règlements sont écrits de manière tellement large que la police fait ce qu\u2019elle veut avec », relate Julien Villeneuve.Ces deux articles ne sont pas les seuls à poser problème.D\u2019autres articles manquent de clarté.Julien Villeneuve évoque l\u2019article 3.1 qui interdit la possession d\u2019un objet contondant « qui n\u2019est pas utilisé aux fins auxquelles il est destiné » de même que l\u2019article 5 qui permet au comité exécutif d\u2019interdire les assemblées et attroupements, s\u2019il a des motifs de croire que cela menace la sécurité et l\u2019ordre public.« Il était temps.[\u2026] Ce règlement violait les libertés fondamentales et la liberté d\u2019expression et de réunion pacifique », estime aussi l\u2019avocate Me Sibel Ataogul, qui avait représenté Julien Villeneuve et d\u2019autres manifestants.Actions collectives La plupart des accusations portées contre des manifestants se sont soldées par des acquittements, des retraits et des non-lieux.Mais l\u2019abrogation du règlement ne met pas fin aux démêlés judiciaires puisque 16 actions collectives liés aux arrestations de masse ont été intentés contre la Ville de Montréal et le SPVM.Me Sibel Atao- gul et ses collègues pilotent huit d\u2019entre eux et l\u2019avocat Marc Chétrit mène les huit autres.Celui-ci n\u2019a pas voulu commenter l\u2019abrogation du règlement mercredi compte tenu des procédures toujours en cours.Pour sa part, la Ligue des droits et libertés voit la décision de l\u2019administration comme une victoire pour le droit de manifester et la liberté d\u2019expression à Montréal.La Ligue estime aussi que le SPVM a aussi fait du profilage politique en effectuant des arrestations en vertu du P- 6.À la suite de sa plainte, la Commission des droits de la personne et les droits de la jeunesse a d\u2019ailleurs déposé une poursuite contre le SPVM à cet effet, rappelle Lynda Khelil, responsable de la mobilisation à la Ligue des droits et libertés.Un avis de motion pour l\u2019abrogation de P-6 sera déposé à la prochaine assemblée du conseil municipal prévue lundi prochain.Son adoption devra être entérinée par les élus à l\u2019assemblée du mois de décembre.Le règlement P-6 était en fait une version révisée du règlement 3926 de l\u2019ère Drapeau.Les termes trop vagues accordaient aux policiers une marge de ma- nœuvre exagérée et les ajouts faits par l\u2019administration Tremblay en 2012 n\u2019ont rien arrangé, estime M.Villeneuve.Il cite à titre d\u2019exemple l\u2019article sur les attroupements et les itinéraires.« Le règlement ne précise pas ce qu\u2019est un attroupement.Le Code criminel indique que c\u2019est trois personnes ou plus.Donc, si tu sors avec deux autres personnes sur le domaine public, tu es censé dire au chef de police où tu t\u2019en vas.C\u2019est sûr que ce n\u2019était pas ap- STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Québec élimine le flou réglementaire dans le secteur de la location de logements à court terme par des particuliers, notamment par l\u2019entremise de plateformes du type Airbnb, Facebook ou Kijiji.La nouvelle réglementation permet de louer une résidence permanente et confirme les critères pour la location d\u2019une ou de plusieurs résidences secondaires.Un propriétaire pourra louer légalement sa résidence principale sur une base temporaire.Pour ce faire, il devra obtenir un numéro d\u2019enregistrement auprès de la Corporation de l\u2019industrie touristique (CITQ) et le diffuser sur toutes les offres de location.Il devra aussi payer la taxe sur l\u2019hébergement, qui représente 3,5 % du prix d\u2019une nuitée.La TVQ sera collectée à compter du 1er janvier, selon ce que prévoient de nouvelles mesures du ministère des Finances.La résidence secondaire en location, elle, est considérée comme un établissement commercial.Son propriétaire devra donc obtenir la classification réservée à l\u2019hébergement touristique.« Si vous êtes propriétaire de huit condos, dans une tour au centre-ville de Montréal, vous devrez obtenir la certification pour chacune des portes, vous devrez vous enregistrer à la CITQ pour chacune des portes, vous devrez obtenir un numéro d\u2019enregistrement, vous devrez prélever la taxe sur l\u2019hébergement et la taxe de vente du Québec », explique la ministre du tourisme, Caroline Proulx.Les modifications réglementaires ont été publiées mercredi dans laGazette officielle après un premier projet divulgué en juin.Le ministère du Tourisme a reçu 37 mémoires de commentaires.Les règles entreront en vigueur le 1er mai prochain, au seuil de la prochaine haute saison touristique.Environ 25 inspecteurs de Revenu Québec veilleront au respect des nouvelles balises, y compris en distribuant des amendes.Les dispositions s\u2019appliquent sur tout le territoire québécois.Québec interdit du même coup aux Villes de refuser par zonage municipal la pratique de la location de résidences principales pour l\u2019hébergement touristique.La plateforme Airbnb, la plus populaire du secteur, n\u2019a pas répondu à la demande d\u2019entrevue du Devoir.Avec Isabelle Porter HÔTELLERIE Fini le Far West ?Québec réglemente la location d\u2019appartements aux touristes Une manifestation tenue à Montréal au moment du Printemps érable en 2012 JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019auditions privées à auditions publiques, la procédure d\u2019impeachment de Donald Trump pour abus de pouvoir à des fins personnelles est entrée dans une autre dimension, mercredi, à moins d\u2019un an de la présidentielle de 2020.À la barre comme témoin clé en ce jour 1 : William Taylor, le chargé d\u2019affaires américain en Ukraine, dont le long témoignage, objectif et pédagogique, aura clairement mieux servi la cause politique démocrate que celui, d\u2019une faiblesse médiatique évidente, fait par le procureur spécial Robert Mueller, en juillet dernier, en rapport avec l\u2019affaire russe.On connaissait déjà la teneur des propos de M.Taylor, puisque son témoignage à huis clos a récemment été publié, tout comme celui de George Kent, haut responsable au département d\u2019État qui témoignait en sa compagnie, mercredi, au Congrès.Mais que M.Taylor soit allé les présenter publiquement, avec force détails, a fait apparaître le président plus coupable que jamais d\u2019avoir abusé de sa fonction.« Je devenais de plus en plus inquiet », a déclaré ce diplomate de carrière, qui disait voir s\u2019installer de jour en jour une diplomatie parallèle orchestrée par l\u2019avocat personnel et roué de M.Trump, Rudy Giugliani, en collaboration, entre autres, avec l\u2019ambassadeur américain à l\u2019Union européenne, Gordon Sondland \u2014 un homme qui, incidemment, a obtenu son poste après avoir donné 1 million $US au comité chargé des cérémonies d\u2019investiture de Donald Trump, en janvier 2017.À retenir l\u2019aide militaire américaine destinée à l\u2019Ukraine et votée par le Congrès, M.Trump mettait sérieusement en péril la jeune et fragile démocratie ukrainienne face aux agressions russes, s\u2019est particulièrement désolé M.Taylor, révélant que, dans une conversation avec M.Sondland, le président aurait dit que l\u2019Ukraine « l\u2019intéressait » moins que « les enquêtes sur Biden ».Voilà qui est limpide.Voici par ailleurs, encore une fois, que le comportement du président américain sert très directement les intérêts de Vladimir Poutine.Si tant est que la cause ne soit pas déjà entendue, les preuves s\u2019accumulent voulant que M.Trump ait conditionné l\u2019aide militaire américaine de 400 millions de dollars à l\u2019engagement par le jeune président ukrainien, Volodymyr Zelensky, d\u2019ouvrir des enquêtes anticorruption visant nommément Joe Biden \u2014 dont le fils a siégé de 2014 à 2019 au conseil d\u2019administration d\u2019une entreprise gazière du pays, Burisma \u2014 dans l\u2019espoir de salir sa candidature à l\u2019investiture démocrate.Face à la preuve, les républicains ont opposé mercredi un langage parfaitement trumpien.D\u2019entrée de jeu, le représentant Devin Nunes a dénoncé la « politique démocrate de terre brûlée contre Trump ».Le président, ont soutenu les républicains, avait des raisons tout à fait « légitimes » de retenir l\u2019aide militaire, vu les problèmes de corruption dont souffre l\u2019Ukraine.Quant à M.Taylor, font-ils valoir, il fait partie d\u2019« une cabale de bureaucrates radicaux non élus », allusion à « l\u2019État profond » contre lequel M.Trump n\u2019a de cesse de rallier ses sympathisants.Pour avoir œuvré sous plusieurs présidences ces dernières décennies, on peut difficilement accuser MM.Taylor et Kent de partisanerie crasse.Ce qui est clair, en revanche, c\u2019est que la diplomatie est en révolte contre le secrétaire d\u2019État, Mike Pompeo, pour la façon dont il laisse le président utiliser la politique étrangère à des fins personnelles et électorales.Il n\u2019est évidemment pas dit que la stratégie républicaine du dénigrement ne fonctionnera pas.Les auditions publiques, qui se poursuivent vendredi avec le témoignage de l\u2019ancienne ambassadrice américaine à Kiev, Marie Yovanovitch, sont essentiellement politiques en ce sens qu\u2019elles s\u2019adressent d\u2019abord à l\u2019électorat américain qui ira voter le 3 novembre prochain.Or, si les sondages indiquent aujourd\u2019hui qu\u2019une bonne moitié des Américains est maintenant favorable à une mise en accusation, il reste que l\u2019électorat républicain de M.Trump lui reste malgré tout fidèle.M.Biden, que rien n\u2019accuse jusqu\u2019à preuve du contraire, n\u2019en est pas moins sur la défensive.N\u2019y a-t-il jamais de fumée sans feu ?Il suffit de jeter un coup d\u2019œil aux hallucinants rassemblements de Trump, diffusés par Fox News, pour comprendre à quel point son populisme et sa démagogie continuent de porter contre les démocrates drapés dans leur défense de la vertu et de l\u2019État de droit.La campagne électorale qui va s\u2019accélérant sera tout le contraire d\u2019un antidote à la guerre de tranchées partisane qui déchire la vie politique américaine.André Dudemaine Cofondateur et directeur artistique du festival Présence autochtone Tempête autour d\u2019un arbre généalogique : on remet en cause les ascendances autochtones de Marie- Josée Parent, conseillère municipale de Montréal.Au-delà de la génétique, serait-il possible de penser autrement l\u2019appartenance ?C\u2019est du côté de la souveraineté autochtone assumée que des pistes de solution pourraient émerger.D\u2019abord, quelques constats sur le brouhaha ethnico-génétique récent.Il convient d\u2019abord de remercier Marie-Josée Parent et sa sœur André-Yanne pour leur généreuse implication et leur engagement productif dans l\u2019avancement de la cause des peuples autochtones.Et de saluer les pas importants qui ont été faits sous leur gouverne : à la Ville de Montréal, pour la première, et, pour la seconde, au niveau de la persévérance scolaire dans les communautés, André-Yanne ayant œuvré aux programmes autochtones de Fusion Jeunesse.Nous sommes là aux antipodes de l\u2019opportunisme identitaire de métis autoproclamés qui usurpent le titre par des gesticulations puériles avec des visées de profits personnels ; ceux-là, en effet, méritent d\u2019être dénoncés.Mais au- jourd\u2019hui, pourquoi donc le furetage généalogique vient-il s\u2019attaquer à des personnes sincères et engagées ?Il y a là des motivations sous-jacentes qui doivent être remises en question.Une recherche sérieuse se garderait de conclure péremptoirement.Ainsi, il aurait fallu écrire, En Bolivie, le mal est fait Depuis la démission du président de la Bolivie, les réactions ont été multiples.Entre joie et désarroi, les Boliviens vivent un moment historique.Evo Morales est l\u2019un des présidents qui ont servi le plus longtemps en Amérique latine et le premier président autochtone de la Bolivie.Après près de 14 ans au pouvoir, il a renoncé à son poste à la suite d\u2019élections controversées.Plusieurs chefs d\u2019État et médias ont dénoncé un « coup d\u2019État » mené, clament-ils, par l\u2019élite et la droite religieuse.Bien que les autorités religieuses et l\u2019élite néolibérale aient toujours fait partie du paysage politique de la Bolivie, elles ne sont pas les seules causes de ce branle-bas entre opposants et partisans d\u2019Evo Morales.Son héritage politique a été marqué par la modernisation du pays, la réduction des inégalités et la défense et la promotion des droits indigènes.Toutefois, ces dernières années ont été entachées par ses tentatives ratées de s\u2019accrocher au pouvoir.En 2016, il a perdu le référendum qui lui aurait permis de se présenter de nouveau aux dernières élections.Ensuite, la Cour suprême décida d\u2019abolir la limite de deux mandats consécutifs pour le président, contrairement à ce qui est établi dans la Constitution.La cerise sur le gâteau aura été les irrégularités lors du comptage des votes et les manipulations du système informatique démontrées par l\u2019Organisation des États américains, celles-ci ayant permis la victoire d\u2019Evo Morales au premier tour de la présidentielle et déclenché des vagues de protestation partout dans le pays.Si le président Evo Morales avait tant à cœur la cause de son peuple et sa vision pour un monde plus juste, il n\u2019aurait pas autant miné les institutions démocratiques et méprisé le vote des Boliviens.Il aurait assuré la pérennité de son parti au lieu de le personnaliser.Maintenant, le mal est fait.L\u2019héritage de sa présidence n\u2019aura jamais semblé aussi fragile.Rali Jamali Montréal, le 12 novembre 2019 Tristes tropismes LIBRE OPINION LETTRES AFFAIRE UKRAINIENNE En toute partisanerie ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER D si on avait respecté le protocole de recherche le plus élémentaire que, en se fiant uniquement à ce qu\u2019on peut trouver dans les archives officielles, il n\u2019est pas possible d\u2019affirmer que telle ou telle personne a des ascendants autochtones.Et une recherche sérieuse se mène jusqu\u2019au bout : on va voir les personnes intéressées et on leur demande si elles ont des éléments d\u2019autres sources qui pourraient infirmer une conclusion toute temporaire.Sabotage Une mise en accusation publique, basée seulement sur la généalogie constituée par les registres officiels de l\u2019Église et de l\u2019État colonial, sans aucune autre recherche complémentaire, envers et contre des personnes qui sont aux avant-postes des actions nécessaires aux rétablissements des droits des peuples autochtones, constitue de par sa nature même une tentative de sabotage du mouvement vers la réconciliation et le dépassement du colonialisme qui a pris de l\u2019ampleur ces dernières années dans la région métropolitaine, notamment grâce au travail et aux efforts qu\u2019auront fournis Marie-Josée et André-Yanne Parent.Il y a un effet pervers du colonialisme quand, du côté Premières Nations, on ne peut penser l\u2019appartenance qu\u2019en termes de blood quantum.Les peuples souverains se donnent des règles pour accueillir et adopter de nouveaux concitoyens avec des statuts qui vont de l\u2019immigrant reçu, en passant par le résident permanent, jusqu\u2019à l\u2019octroi de la citoyenneté pleine et entière.Les événements actuels devraient constituer le point de départ d\u2019une réflexion sur la façon dont, même de manière purement symbolique, les Premières Nations pourraient offrir une forme de reconnaissance officielle aux personnes qui ont donné le meilleur d\u2019elles-mêmes pour le progrès des peuples autochtones et qui sont devenues de facto membres de l\u2019une ou l\u2019autre de nos communautés.Ce serait là un véritable geste de défi à la fatalité coloniale qui nous condamne aux petitesses d\u2019un mesquin dé- comptage génétique.En conclusion, il apparaît souhaitable que conjointement et solidairement Ghislain Picard, chef de L\u2019APNQL, et Valérie Plante, la mairesse, demandent à Marie-Jo- sée Parent de reprendre le dossier de la réconciliation au sein du comité exécutif de la Ville de Montréal, parce qu\u2019elle a démontré hors de tout doute qu\u2019elle est la personne la plus compétente et la mieux placée pour s\u2019occuper de ce mandat.Car, pour paraphraser un célèbre général, ce qui farfouille et gribouille ne saurait avoir d\u2019importance au regard de l\u2019Histoire en train de se faire.De la sécurité des données La solidité d\u2019une chaîne est aussi résistante que son maillon le plus faible.Desjardins, au même titre que toutes les autres banques, est soumise à des procédures de sécurité et de contrôle de haut niveau et elle oblige, a fortiori, les commerçants qui utilisent ses produits à l\u2019être aussi.Ces contrôles rigoureux et parfois austères permettent une surveillance informatique de tous les instants sur tous les aspects informatisés et humains considérés comme critiques.En sécurité informatique, certains types de contrôle entrent dans un processus de surveillance des flux et d\u2019intégrité des données critiques.Ils sont efficaces s\u2019ils sont correctement appliqués sur tous les serveurs et sur toutes les applications abritant et transmettant des données critiques, comme des numéros de carte de crédit et la date de validité, des NAS, des identifiants, etc.Toutes les compagnies, dont les banques, soumises aux normes de sécurité PCI-DSS (standard international de sécurité des données des cartes de crédit), ont l\u2019obligation de se conformer à ces normes de sécurité en se dotant de systèmes de haut niveau de sécurité permettant, par exemple, l\u2019encryption des données, la segmentation du réseau, la ségrégation des tâches et la formation du personnel.Même les allées et venues des employés qui y ont accès doivent être aussi contrôlées régulièrement : badges d\u2019accès, authentification à plusieurs facteurs, caméras, etc.Qui manque au respect des exigences de ces normes internationales est susceptible d\u2019être condamné à payer de lourdes amendes, allant jusque, dans le cas d\u2019une banque, à plusieurs centaines de millions, voire des milliards de dollars.Une gouvernance défaillante, des retards de mise à jour des systèmes, de mauvaises planifications et un laisser-aller interne en matière de sécurité, des critères déterminants déjà démontrés dans les enquêtes sur le piratage d\u2019Equifax ou de Target Corporation, peuvent avoir permis ces évasions de données.Emmanuel Bévia Le 13 novembre 2019 Une mise en accusation publique, basée seulement sur la généalogie constituée par les registres officiels de l\u2019Église et de l\u2019État colonial [.] constitue de par sa nature même une tentative de sabotage du mouvement vers la réconciliation A 7 LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy, Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet La doctrine Monroe façon 2019 L a majorité autochtone de la Bolivie n\u2019avait jamais pu porter l\u2019un des siens à la présidence de son pays avant l\u2019élection d\u2019Evo Morales, en 2006.Tout de suite, sa venue au pouvoir a été reçue comme une attaque frontale par les élites économiques et religieuses, par ailleurs blanches et conservatrices, de La Paz.Les programmes de Morales ont fait passer la proportion de Boliviens vivant dans la pauvreté de 60 % en 2006 à 35 % en 2017.Le salaire minimum national a triplé, ce qui a compliqué l\u2019exploitation des travailleurs par les grandes entreprises locales et internationales.Dans un pays où l\u2019Église catholique a l\u2019habitude du contrôle, Morales a élargi l\u2019accès à l\u2019avortement, reconnu les droits LGBTQ dans la Constitution et contribué à faire élire une majorité de femmes au Parlement.Dire que le président a dérangé relève de l\u2019euphémisme.L\u2019élection présidentielle s\u2019est déroulée le 20 octobre, notamment sous le regard des observateurs de l\u2019Organisation des États américains (OEA).L\u2019OEA, en bref, c\u2019est l\u2019ONU pour les Amériques\u2026 mais une ONU basée à Washington et financée à 44 % par les États-Unis, nation empire qui considère l\u2019Amérique latine comme son carré de sable, officiellement et officieusement, depuis que le continent s\u2019est affranchi de l\u2019Europe.Pourquoi est-il important de le dire ?On y reviendra.Cette OEA, donc, a entraîné un peu partout au Sud son système de décompte rapide, qui permet d\u2019annoncer un résultat d\u2019élections le soir même, à partir d\u2019un échantillon recueilli par ses observateurs, bien avant la révélation du résultat officiel, qui peut prendre des jours.Le 20 octobre, le résultat « rapide » est rendu public avant qu\u2019on ait terminé de tout compiler : on donne alors 45,71 % à Morales et 37,84 % à son opposant Mesa.Pour gagner la présidentielle au premier tour, un candidat doit remporter une majorité de votes ou obtenir plus de 10 % d\u2019avance sur son adversaire : selon les résultats encore préliminaires du décompte non officiel, il devrait y avoir un deuxième tour.Tout de suite, la droite bolivienne descend dans les rues.Bien plus tard, on rend public un résultat plus complet du décompte rapide, avec Morales à 46,86 % et Mesa à 36,72 %.Les troubles s\u2019intensifient.Plus tard encore, les résultats officiels sont annoncés : Morales à 47,08 % et Mesa à 36,51 %.Morales en un tour, donc.Mais le mal est fait.Les partisans de l\u2019opposition mettent en branle un coup d\u2019État, forçant, à coups de vandalisme et de violences, Morales à l\u2019exil au Mexique.Tout ça à cause de la stratégie de communication d\u2019un organisme dont la présence, ironiquement, est censée garantir la tenue pacifique des élections.L\u2019OEA a tout de suite mis en cause la légitimité du processus.Selon ses dires, il est impossible que les résultats aient ainsi évolué au cours du décompte, rappelons-le, non officiel.Ce qu\u2019on oublie de mentionner, c\u2019est que le président sortant jouit d\u2019une popularité particulière en milieu rural autochtone, régions du pays où les boîtes de scrutin sont dépouillées plus tardivement.Les résultats finaux correspondent aussi aux prédictions des principaux sondages.En conférence de presse, la mission d\u2019observation a parlé néanmoins d\u2019irrégularités.Les grands médias internationaux répètent les conclusions de l\u2019OEA sans chercher à décrire le type de fraude ni son incidence.Et puis, qui oserait remettre en question un tel organisme international ?En 2011, la mission électorale de l\u2019OEA est aussi intervenue dans l\u2019élection présidentielle haïtienne, afin que le candidat Michel Martelly, pourtant troisième, passe au deuxième tour.L\u2019homme, qui bénéficiait de l\u2019appui des États-Unis, a ainsi été élu à la présidence.Le Brésilien Ricardo Seitenfus était chef de bureau de l\u2019OEA à Port-au- Prince à l\u2019époque.Il est parti avec fracas après l\u2019élection, en lanceur d\u2019alerte : il a donné une série d\u2019entrevues à l\u2019international, puis publié un livre où il révèle l\u2019ingérence étrangère et la manipulation politique de la mission d\u2019observation de son organisme.Même si les années ont passé, l\u2019autorité morale de l\u2019OEA demeure toujours fragile en Haïti, et l\u2019idée que les élections sont manipulées par les étrangers s\u2019est largement répandue dans la population au fil du temps.Le taux de participation électorale y est par conséquent anémique, ce qui contribue à faire douter de la légitimité des institutions démocratiques.Le dauphin de Martelly, Jovenel Moïse, dirige aujourd\u2019hui le pays.Malgré le mouvement de protestation populaire qui dénonce la corruption et la dilapidation des fonds publics par Martelly et Moïse, le parti au pouvoir continue de recevoir l\u2019appui de ce qu\u2019on appelle en Haïti le « Core Group » : le triangle principal composé des États-Unis, du Canada et de la France, appuyé par le Brésil, l\u2019Allemagne, l\u2019Espagne, l\u2019UE, l\u2019ONU et, bien sûr, l\u2019OEA.Quiconque connaît la politique haïtienne ne peut qu\u2019avoir une forte impression de déjà-vu devant la débâcle boli- vienne.Les tactiques se raffinent, mais sur le fond, on a affaire à la même stratégie d\u2019assujettissement des États vassaux depuis la doctrine Monroe de 1823.Durant ses années au pouvoir, Evo Morales a limité l\u2019expansion et bloqué des projets de minières canadiennes contestées par des communautés autochtones locales.Cette semaine, Chrystia Freeland, ministre d\u2019Affaires mondiales, un ministère qui rend indissociable la politique étrangère du Canada de ses intérêts commerciaux, a salué « le travail inestimable accompli » par l\u2019OEA, pris « note de la démission du président Morales » et appuyé « la volonté démocratique du peuple bolivien ».Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être Haïtien pour comprendre.C\u2019est la droite bolivienne qui a poussé Morales à l\u2019exil.Mais sans l\u2019appui explicite ou tacite de pays comme les États-Unis et le Canada, de tels coups seraient impossibles.ÉMILIE NICOLAS Simon Langlois Florian Sauvageau Professeurs émérites de l\u2019Université Laval Serge Proulx Professeur émérite de l\u2019UQAM Les membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) tiennent leur congrès annuel cette fin de semaine.Les journalistes sont d\u2019humeur morose, comme le thème de cette rencontre en témoigne : « Les journalistes, ennemis publics ?».Tel un écho au mantra de Donald Trump : les médias sont les ennemis du peuple.Les journalistes québécois croient qu\u2019ils n\u2019ont plus la cote.Mais est-ce vraiment le cas ?L\u2019enquête du Centre d\u2019études sur les médias, que nous avons menée en octobre avec la maison CROP, montre au contraire que les Québécois manifestent une assez grande confiance envers les médias et les journalistes, surtout quand on compare avec la situation dans d\u2019autres pays, comme la France ou les États-Unis, où la confiance est en chute libre.La grande majorité des 1000 répondants à notre enquête (échantillon représentatif du Québec) disent faire « très » (16 %) ou « assez » (67 %) confiance aux médias de nouvelles et d\u2019information en général et 72 % des personnes sondées font confiance aux journalistes (11 % seulement leur font très confiance).La prédominance du choix de réponse « assez confiant » révèle cependant une certaine réserve dans l\u2019opinion exprimée.Une confiance étonnante envers des médias en particulier La confiance est plus évidente lorsque les répondants s\u2019expriment sur des médias en particulier, qu\u2019ils fréquentent et qu\u2019ils connaissent bien.Ils font alors preuve de moins de retenue et le choix de réponse « très confiant » domine.Ce cas de figure est très net pour les journaux La Presse et Le Devoir et pour les chaînes Radio-Canada (radio et télévision) et RDI.Les taux de confiance « très » et « assez » cumulés dépassent de plus la barre des 90 %.C\u2019est aussi le cas pour les chaînes TVA et LCN et plusieurs quotidiens du Groupe Capitales Médias, mais la confiance se manifeste alors de manière moins forte avec une prépondérance pour le choix de réponse « assez confiant ».Le Journal de Montréal (83 %) et Le Journal de Québec (80 %) jouissent d\u2019une confiance un peu moindre, mais plus qu\u2019enviable.Notre enquête montre enfin que seulement 34 % des répondants font confiance aux nouvelles publiées sur les médias sociaux.Ils font donc une nette différence entre l\u2019information et les nouvelles diffusées dans les médias traditionnels, d\u2019un côté, et les informations de diverse nature qui circulent sur les médias sociaux, de l\u2019autre.Ce résultat est une autre bonne nouvelle pour le monde du journalisme dit « traditionnel ».Dans ce contexte qui prête plutôt à l\u2019allégresse, comment les journalistes en sont-ils arrivés à penser que « les citoyens se méfieraient d\u2019eux » et les « accuseraient de tous les maux », selon les termes du programme du congrès de la FPJQ ?Est-on à ce point obnubilé par le clivage médiatique profond aux États-Unis qu\u2019on en vient à percevoir notre monde à l\u2019image du scepticisme envers les médias qui en découle chez nos voisins ?A-t-on exagéré l\u2019importance des critiques virulentes que véhiculent les réseaux sociaux à l\u2019endroit de certains journalistes et médias pour y voir à tort l\u2019avis de larges segments de l\u2019opinion ?Quelques bémols Manifestement, les médias et les journalistes québécois ont plutôt la cote.Quelques bémols s\u2019imposent cependant, qui éclairent aussi la réserve dans les opinions exprimées dont nous avons fait état.Ainsi, 52 % des répondants considèrent que les journalistes se laissent manipuler par les politiciens et 62 % estiment que la qualité de l\u2019information dans les médias s\u2019appauvrit.Fait à noter, les réponses aux diverses questions dans l\u2019enquête montrent de fortes différences selon l\u2019âge des répondants.Les répondants âgés de 18 à 34 ans se démarquent très nettement dans leurs rapports aux médias d\u2019information traditionnels.Les plus jeunes sont beaucoup plus critiques envers le travail des journalistes et ils leur font moins confiance.Grands consommateurs de médias sociaux, ils expriment aussi une plus grande confiance envers ces derniers que les autres répondants et ils s\u2019inquiètent moins de la circulation de fausses nouvelles.Notre enquête confirme une fois de plus que les jeunes Québécois sont en train de redéfinir leurs façons de s\u2019informer.Il y a là matière à réflexion pour les journalistes en congrès.Leur avenir en dépend.Notre enquête a été menée durant la campagne électorale, une période au cours de laquelle les citoyens sont sans doute davantage soucieux de s\u2019informer.En outre, le débat des derniers mois sur les difficultés financières des médias a mis en lumière l\u2019importance de l\u2019information dans une société démocratique.Il est possible que le contexte ait influencé certaines réponses.Mais le niveau élevé de confiance des citoyens envers les médias qu\u2019ils fréquentent ne peut tromper.Les journalistes auraient tort de trop s\u2019inquiéter.Ils ne sont pas les mal-aimés qu\u2019ils croient être et encore moins les ennemis du peuple ! MÉDIAS Les alliés du peuple Angèle Dufresne Présidente d\u2019Études sans frontières, section Québec (ESF-Qc) Récemment, j\u2019ai assisté, à Montréal, à la soutenance de thèse en informatique cognitive d\u2019un étudiant vietnamien, dont le jury de thèse était composé de cinq professeurs d\u2019origines diverses: algérienne, française, slave et québécoise.Figuraient dans ce jury des mathématiciens, informaticiens et linguistes, car les sciences dites «cognitives» regroupent un grand nombre de disciplines aussi bien de sciences pures qu\u2019appliquées, de sciences humaines ou de la santé.C\u2019est un champ d\u2019études très vaste, interdisciplinaire et innovant, auquel se rattache l\u2019intelligence artificielle.Les collègues étudiants de ce nouveau Ph.D., qui assistaient à sa soutenance, étaient également d\u2019origines variées, où le Québécois «pure laine» était en minorité pour ne pas dire inexistant.Cet étudiant étranger, que je connais bien, car j\u2019ai agi à titre de «marraine» québécoise au cours des cinq années qu\u2019a duré son doctorat à Montréal, compte s\u2019établir au Québec, faire un post-doc, se marier et faire sa vie ici, car ses perspectives d\u2019emploi sont nombreuses et variées dans son domaine de recherche.Il faut comprendre que l\u2019université québécoise depuis les années 1970 n\u2019est plus réservée qu\u2019aux [seuls] fils et filles de l\u2019élite «canadienne-fran- çaise», mais [également] ouverte à toutes les classes de la société nationale comme internationale.Les étudiants étrangers qui ne sont pas boursiers de la francophonie ou de leur pays d\u2019origine doivent faire d\u2019énormes sacrifices pour venir étudier ici.Ils doivent payer des droits de scolarité «majorés» qui sont, au bas mot, quatre fois ce que doivent débourser les étudiants québécois, en plus de leurs frais de séjour dans un pays où le coût de la vie est bien supérieur au leur, les taux de change leur étant très souvent défavorables.Ils doivent à peu près tous travailler pendant leurs études pour joindre les deux bouts.Et lorsqu\u2019une catastrophe quelconque (émeutes, guerre civile, tremblement de terre, etc.) survient dans leur pays d\u2019origine et que les contacts sont rompus avec la famille, leurs sources de financement se fragilisent, de même que leur projet d\u2019études.Un étudiant qui ne peut acquitter les droits de scolarité d\u2019une session ne peut se réinscrire à la session suivante.Gros prix C\u2019est faux de penser que les étudiants étrangers sont à la charge de la société québécoise.Bien au contraire, ils paient le gros prix pour étudier ici.Ils doivent souscrire une assurance maladie onéreuse renouvelable chaque année, et doivent démontrer qu\u2019ils ont l\u2019argent nécessaire pour subvenir à leurs besoins avant même de mettre pied au pays, au moment où ils font leur demande de Certificat d\u2019acceptation du Québec et de permis d\u2019études à un Bureau canadien des visas le plus proche de leur domicile (souvent dans un autre pays).Des données biométriques (depuis 2018), des photos et un examen médical sont requis pour les ressortissants d\u2019un très grand nombre de pays.Venir faire une maîtrise ou un doctorat au Québec sous-entend, au départ, un projet de vie qui peut s\u2019altérer en cours d\u2019études ou se raffermir.La plupart repartent dans leur pays à la fin de leurs études, vers de belles occasions pour les détenteurs de diplômes d\u2019études supérieures (maîtrises et doctorats), acquis dans une université nord-américaine, comprenant une expérience de travail, aussi brève soit- elle, en sol québécois.Comme me le disait l\u2019ancien recteur de l\u2019Université de Kinshasa, M.Mum- pasi Bernard Lututala, en visite au Québec, il y a une douzaine d\u2019années \u2014 détenteur d\u2019une maîtrise et d\u2019un doctorat en démographie de l\u2019Université de Montréal, obtenus dans les années 1980 \u2014 les universités africaines peuvent offrir un grand nombre de baccalauréats (licences), mais peu de maîtrises et de doctorats.Les universités québécoises sont d\u2019autant plus attirantes qu\u2019elles offrent une grande variété de programmes d\u2019études supérieures de haut niveau, à des prix qui restent relativement «abordables» pour les étudiants de pays étrangers.Il serait extrêmement dommage de se priver des diplômés qui choisissent de faire leur vie au Québec, car ce sont des gens talentueux, motivés et entreprenants et leur intégration n\u2019a pas coûté un sou à la société québécoise.Après trois ou cinq années passées ici, on peut présumer qu\u2019ils connaissent suffisamment les valeurs québécoises pour faire un choix de vie éclairé.Et «qui prend mari, prend pays», dit le vieil adage! Étudiants étrangers 2.0 Les médias et les journalistes québécois ont plutôt la cote auprès de la population.PEDRO RUIZ LE DEVOIR LEDEVOIR // LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Paris rend hommage à Bernard Landry PARIS \u2014 Un an presque jour pour jour après le décès de l\u2019ancien premier ministre du Québec Bernard Landry, un hommage lui a été rendu mercredi, à Paris.Plusieurs personnalités françaises et québécoises s\u2019étaient déplacées pour l\u2019événement, comme l\u2019ancien premier ministre français Alain Juppé, les ex-mi- nistres Pierre-André Wiltzer et Claude Charron ainsi que l\u2019écrivain Dany Laferrière, membre de l\u2019Académie française.Le président du Cercle des amis de Bernard Landry, Jean-Yves Duthel, a annoncé la création d\u2019un Prix Bernard- Landry de la francophilie.Celui-ci récompensera une personnalité dont l\u2019action ou l\u2019œuvre «ouverte sur les continents» marque un attachement particulier à la France et à sa langue.Le jury, issu du monde culturel, annoncera le nom du premier lauréat en mars.Le Devoir Guy Laliberté arrêté pour culture de cannabis Le milliardaire québécois Guy Laliberté a été arrêté en Polynésie française pour culture de cannabis, selon sa compagnie.« Consommateur de cannabis médical, [M.Laliberté] est entendu en lien avec la culture de cannabis à des fins strictement personnelles à sa résidence sur l\u2019île de Nukutepipi, située en Polynésie française.Guy Laliberté se dissocie complètement de toute rumeur l\u2019impliquant de près ou de loin dans la vente ou le trafic de stupéfiants », lit-on dans un communiqué publié mercredi par son entreprise Lune rouge.Le fondateur du Cirque du Soleil était en garde à vue à Papeete, la capitale du territoire français, en attendant d\u2019être mené au tribunal devant un juge d\u2019instruction.Il aurait été arrêté à sa descente d\u2019avion.La Presse canadienne Unanimité pour un directeur parlementaire du budget à Québec L\u2019Assemblée nationale a voté mercredi pour la création d\u2019un poste de directeur parlementaire du budget pour donner l\u2019heure juste sur l\u2019état des finances publiques.Une motion présentée par le député péquiste Martin Ouellet a été adoptée à l\u2019unanimité.Le gouvernement n\u2019a toutefois pas voulu indiquer quand le poste serait créé.« Ce n\u2019est pas une priorité actuelle », a affirmé Fanny Beaudry-Campeau, l\u2019attachée de presse du ministre des Finances, Eric Girard.Elle a indiqué que le directeur parlementaire du budget fait partie des réformes parlementaires examinées par le gouvernement.Le gouvernement fédéral s\u2019était doté d\u2019un poste de directeur parlementaire du budget en 2008 durant le mandat conservateur de Stephen Harper.Le Devoir Bernard Landry ANDRÉ FORGET AGENCE FRANCE-PRESSE ÉTATS-UNIS Obama, un ancien président comme les autres Comment se définit la post-présidence du prédécesseur de Donald Trump ?GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR « Il n\u2019y a rien de plus pathétique qu\u2019un ancien président », aurait dit un jour John Quincy Adams, élu à la Maison- Blanche en 1825.Près de deux siècles plus tard, on pourrait aussi avancer qu\u2019il n\u2019y a pas grand- chose de plus payant.Ainsi seront-ils ce jeudi quelque 12 000 personnes au Centre Bell à avoir payé jusqu\u2019à 445 $ le billet pour entendre Barack Obama répondre à des questions pendant une heure.La Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, qui organise l\u2019événement, ne dévoile pas le montant touché par l\u2019ancien président.Mais plusieurs médias américains ont fait état d\u2019honoraires habituels de près de 400000$ américains pour ce genre de prestation du 44eprésident de l\u2019histoire \u2014 orateur exceptionnel s\u2019il en est un.Ce faisant, Barack Obama s\u2019inscrit dans une longue lignée d\u2019anciens présidents qui, depuis Gerald Ford à la fin des années 1970, monnayent chèrement leurs interventions publiques.Le Washington Post calculait en 2014 que durant les 12 premières années de sa vie après la Maison-Blanche, Bill Clinton avait touché très exactement 104,9 millions (américains, toujours) pour 542 discours.Dans un éditorial publié en mai 2017, le New York Times se désolait d\u2019ailleurs de voir Barack Obama emprunter cette avenue.« Il est décourageant qu\u2019un homme dont la candidature historique s\u2019appuyait sur un examen moral de la politique fasse maintenant comme tous les autres anciens présidents et passe à la caisse.» « Je ne vois aucun problème avec ça », rétorque en entretien l\u2019historien Mark Updegrove, auteur de Second Acts: Presidential Lives and Legacies After the White House, et longtemps directeur de la Lyndon B.Johnson Prési- dential Library.« Les anciens présidents font tous des discours avec des cachets dans les six chiffres.Si des gens sont prêts à payer pour l\u2019entendre faire un discours, tant mieux pour lui.» Chercheur à l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dan- durand, Christophe Cloutier-Roy note qu\u2019il y a « toujours eu une ambiguïté autour de Barack Obama.Il y a l\u2019Obama des discours, qui donnait l\u2019impression d\u2019un réformateur progressiste.Mais il y aussi l\u2019Obama qui a toujours eu une bonne relation avec le milieu des affaires, qui a été proche de Wall Street, et qui s\u2019est avéré être un démocrate assez modéré, dit-il.Alors je ne vois pas de contradiction profonde entre les actions qu\u2019il a posées et le fait de faire ce genre de discours.Par contre, ça peut jurer avec une certaine vision de changement et de renouveau qu\u2019il amenait.» Vivre sa vie Et ainsi va de la vie post-présidentielle de Barack Obama, près de trois ans après son départ de la Maison-Blanche: de lucratifs discours un peu partout à travers le monde, les travaux de sa fondation, la mise en forme de l\u2019Obama Presidential Center (gigantesque complexe qui sera construit à Chicago), l\u2019écriture de ses mémoires \u2014 pour lesquelles il a signé, conjointement avec son épouse Michelle, un contrat de 65 millions américains \u2014, une compagnie de production liée à Netflix\u2026 Rien de pathétique, donc.Mais jusqu\u2019ici, rien de très original non plus, relèvent les deux experts à propos du premier Afro-Américain à être devenu président.« Ça ne tranche pas avec ce qu\u2019on a vu des autres, dit Christophe Cloutier-Roy.Il fait essentiellement les mêmes étapes.» « C\u2019est vraiment le sentier traditionnel pour les anciens présidents, acquiesce Mark Updegrove.Il sera certainement un ancien président activiste\u2026 Mais le modèle général, quand vous quittez le Bureau ovale, c\u2019est de demeurer relativement tranquille au départ pour permettre à votre successeur de s\u2019installer dans son rôle.Vous commencez à faire des plans pour votre après-présidence, ce qui passe toujours par la bibliothèque présidentielle et les mémoires.» Si l\u2019on se fie au succès phénoménal de Becoming \u2014 plus de 10 millions de livres vendus en quatre mois pour Michelle Obama \u2014, les mémoires de l\u2019ancien président ne manqueront pas de lecteurs.Mais de façon plus concrète, son après-présidence se définira beaucoup par les actions de l\u2019Obama Foundation, qui gère la mise sur pied du Barack Obama Presidential Center, le programme My Brother\u2019s Keeper Alliance (qui s\u2019adresse aux jeunes des minorités visibles), des bourses d\u2019études pour former de jeunes leaders, etc.Vivre avec Trump Cela avait été noté lors du premier passage de M.Obama à Montréal en juin 2017 (6000 personnes avaient rempli le Palais des congrès mais, de cette soirée, on se souvient surtout de la photo de l\u2019ancien président et du premier ministre Trudeau attablés dans un restaurant) : il ne prononce pas le nom de Donald Trump dans ses interventions\u2026 contrairement à ce dernier.« Donald Trump est un président non conformiste sur tellement d\u2019aspects, dit Mark Updegrove : on a un président en fonction qui attaque ouvertement son prédécesseur, mais aussi Bill Clinton, George W.Bush.En fait, aucun ancien président vivant n\u2019est immunisé contre la rage de Donald Trump.Mais Barack Obama a été une cible particulière, notamment parce qu\u2019on voit bien que Donald Trump veut défaire tout ce qu\u2019Obama a fait, et peut-être surtout parce que c\u2019est lui qui l\u2019a fait.Ça met M.Obama dans une position extrêmement délicate dans son après-mandat.» Christophe Cloutier-Roy rappelle que M.Obama « a un grand respect pour les institutions, on l\u2019a vu quand il a tout fait pour faciliter la transition en 2016 ».Reste que Donald Trump le pousse néanmoins parfois à moduler son devoir de réserve : Barack Obama a dénoncé au fil du temps plusieurs décisions de son successeur, notamment le retrait de l\u2019Accord de Paris, les attaques contre l\u2019Obamacare ou les politiques qui touchent les enfants d\u2019immigrants.M A R T I N B U R E A U A G E N C E F R A N C E - P R E S S E "]
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