Le devoir, 30 novembre 2019, Cahier C
[" \u2022 L E S S A M E D I 3 0 N OV E M B R E E T D I M A N C H E 1 E R D É C E M B R E 2 0 1 9 \u2022 C O L L A B O R AT I O N S P É C I A L E SÉBASTIEN THIBAULT municipalité.Elle cherche aussi à valoriser les espaces vacants et à encourager la construction de maisons intergénérationnelles ou à quatre logements, indique sa mairesse, Geneviève Dubois.« On y va à coups de petites révolutions », ajoute-t-elle.Dans Chaudière-Appalaches, Saint- Elzéar a modifié ses règlements dans le but avoué de densifier son tissu urbain.La surface maximale d\u2019un terrain résidentiel y est ainsi passée de 930 à 700 m2 et la municipalité a aussi assoupli ses règles afin de favoriser la construction en hauteur.Mais pour enrayer l\u2019étalement, Christian Savard pense que « la construction de nouveaux quartiers doit devenir moins payante pour tout le monde ».Il propose d\u2019étendre à tous les terrains la mesure qui vise les milieux humides et force les promoteurs à payer une compensation pour le développement de ces espaces naturels.« En attribuant une valeur écologique à un terrain, on vient changer les règles du jeu », affirme-t-il.Professeur au Département d\u2019études urbaines et touristiques de l\u2019UQAM, Luc Normand Tellier va plus loin.Il propose de décourager l\u2019usage de la voiture en rétablissant, notamment, les péages sur les routes du Québec, abolis en 1984.« Leur suppression a enlevé d\u2019un coup un gros frein à l\u2019étalement urbain.» Il appuie aussi l\u2019idée d\u2019imposer une taxe kilométrique au Québec et prône la réduction des stationnements gratuits en ville.« Si vous voulez agir sur l\u2019immobilité des gens, et d o n c s u r l \u2019 i m m o b i l i e r , i l f a u t d\u2019abord changer les conditions de mobilité et le raisonnement qui nous amène à toujours utiliser la voiture », résume-t-il.et inversement le soir et la nuit.Un système qui permet une économie de 26 % des gaz à effet de serre.En 2011, une ancienne usine textile, la Calko, passait au feu à Rivière-du- Loup.Cet incident a allumé l\u2019étincelle d\u2019un projet d\u2019écoquartier dans la municipalité.Le terrain du futur Domaine Kogan, où les travaux de décontamination sont en cours, est situé en plein centre-ville, dans un secteur boisé, au bord d\u2019une rivière.Les 150 logements, locatifs ou en copropriété, qui y seront construits (en hauteur) seront chauffés aux énergies renouvelables.es écoquartiers, il en pousse un peu partout au Québec.Conçus pour répondre à des objectifs de développement durable et d\u2019adaptation aux changements climatiques, ces projets immobiliers reposent sur un modèle d\u2019urbanisation qui favorise la mixité, s\u2019oppose à l\u2019étalement urbain et réduit l\u2019utilisation des ressources naturelles.En voici quatre, à différents stades de développement, qui se distinguent dans la province.À Candiac, une banlieue de la Mon- térégie où la voiture règne, un éco- quartier POD (Pedestrian Oriented Development) est sorti de terre cette année.Axé sur les déplacements actifs \u2014 à pied et à vélo \u2014 et le transport en commun, il s\u2019articule autour d\u2019un stationnement incitatif voisin de la gare d\u2019autobus vers Montréal.Et pour ceux qui ne veulent pas lâcher le volant, il faut lever le pied : les rues y sont étroites (et les places de stationnement limitées).Premier écoquartier de Québec, celui de la Pointe-aux-Lièvres a accueilli ses premiers habitants en 2017.Situé aux abords de la rivière Saint-Charles, il se démarque sur le plan de l\u2019efficacité énergétique.Chaque habitation possède son toit végé- talisé et a été conçue selon des principes d\u2019habitat solaire passif : une abondante fenestration côté sud et n septembre dernier, lors du congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FMQ), les changements climatiques étaient sur toutes les lèvres.Les élus municipaux se sentaient démunis.« Ça nous concerne tous », avait noté le maire des Îles- de-la-Madeleine et vice-président de la FMQ, Jonathan Lapierre.« Nous devons apprendre à anticiper leurs effets et, qu\u2019il soit question d\u2019un budget ou plan d\u2019aménagement, nos décisions quotidiennes doivent inclure des mesures d\u2019adaptation qui tiennent la route.» C\u2019est dans cet objectif que la FMQ propose, depuis cet automne, un atelier d\u2019une journée pour sensibiliser et outiller le monde municipal.Une formation similaire est aussi offerte par l\u2019Union des municipalités du Québec.Donnée par une ingénieure en adaptation aux changements climatiques, ce « coaching » permet aux élus de saisir pourquoi, comment et dans quelle mesure ces changements nous affectent.Dans un deuxième temps, ils sont invités à déterminer quelles sont les mesures d\u2019adaptation réalisables dans leurs municipalités, avant d\u2019être accompagnés, concrètement, dans leurs demandes de financement auprès du Programme de soutien à l\u2019intégration de l\u2019adaptation aux changements climatiques à la planification municipale, porté par le ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation et celui de la Sécurité publique.Pour la mairesse de Sainte-Lucie-des- Laurentides, Anne-Guylaine Legault, c\u2019est toute une prise de conscience : « Avant de suivre la formation, j\u2019ignorais les effets potentiellement dommageables des changements climatiques sur ma ville », affirme-t- elle.Jusque-là, elle pensait que c\u2019était un phénomène plutôt lointain, qui ne se rendait pas vraiment jusque chez elle.Depuis, l\u2019élue a compris que les épisodes de gel et de dégel de nos hivers qui se réchauffent rendent ses infrastructures vulnérables.Certains tronçons de la tuyauterie municipale qui ne sont pas enfouis assez profondément pourraient être à risque.Elle a donc décidé de se retrousser les manches.« On va s\u2019attaquer au problème dès maintenant.Pas question de le refiler aux citoyens ou de le pelleter dans la cour du prochain maire ! » a densification est un mot qui fait encore peur.Cependant, l\u2019idée qu\u2019il faut mettre un frein à l\u2019étalement urbain progresse peu à peu au pays de la banlieue galopante.Les décideurs sont de plus en plus conscients qu\u2019il faut revoir la façon d\u2019aménager nos milieux de vie, observe Christian Sa- vard, directeur général de Vivre en Ville.Selon lui, « l\u2019étalement est déjà en train de ralentir à Montréal ».Il croit d\u2019ailleurs qu\u2019« on a un bon timing » pour inverser la tendance.Parce que la population est sensible à cet enjeu.Parce que le marché immobilier serait favorable à la construction d\u2019immeubles à logements plutôt que de maisons unifamiliales.Et parce que le nouveau pacte fiscal signé entre Québec et les municipalités leur donne les moyens de revoir leurs politiques d\u2019aménagement.Jusqu\u2019ici, les administrations municipales se sont entraînées dans un cercle vicieux.En s\u2019appuyant sur les impôts fonciers, qui constituent de 60 à 70 % de leurs revenus, elles ont stimulé leur croissance à coups de projets résidentiels et industriels.Résultat : entre 2006 et 2016, l\u2019étalement a progressé de 19 % à Québec et de 11 % à Montréal.À Sherbrooke, à Saguenay ou à Trois-Rivières, la population vivant en périphérie a doublé durant la même période.En asphaltant des kilomètres de route pour s\u2019agrandir, nos villes ont, en fin de compte, donné la clé des champs aux automobilistes.Éloignés des centres urbains, ces derniers font plus de kilomètres pour se rendre au travail ou faire l\u2019épicerie et produisent davantage de gaz à effet de serre (GES) qu\u2019un citadin qui peut se déplacer en transports en commun, à vélo ou à pied.Selon Vivre en ville, un résident des couronnes émet ainsi 50 % plus de GES qu\u2019un Montréalais.Dans ce contexte, le pacte fiscal conclu en septembre dernier avec le gouvernement donne aux municipalités québécoises une bouffée d\u2019air.Elles recevront 1,2 milliard de dollars en plus d\u2019ici 2024.De quoi les rendre moins dépendantes des impôts fonciers pour équilibrer leurs budgets et les encourager à repenser leur développement.Certaines n\u2019ont pas attendu et sont déjà passées à l\u2019action.Les 87 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal ont par exemple mis un frein aux dézonages agricoles depuis 2012.À Drummond- ville, Christian Savard mentionne le projet Fortissimo, où un complexe résidentiel a été érigé sur le site d\u2019une ancienne usine.« Il faut développer une obsession pour combler des trous comme ceux-là dans les villes », explique-t-il en avançant l\u2019idée d\u2019un fonds d\u2019aménagement urbanistique durable, financé à même le Fonds vert, pour appuyer les projets de densification.Nicolet a, elle, misé sur une subvention pour inciter les commerces à revenir s\u2019installer au cœur de la moins de fenêtres au nord afin de réduire les coûts de chauffage en hiver et de garder la maison fraîche en été.En 1904, le Canadien Pacifique inaugure dans l\u2019est de Montréal la plus grande usine en Amérique du Nord.Aujourd\u2019hui, le site s\u2019est transformé en écoquartier.Il combine édifices résidentiels et commerciaux et son promoteur, la société de développement Angus, une entreprise d\u2019économie sociale, a mis sur pied avec Énergir une boucle énergétique au sein du quartier.Ce réseau connecte les bâtiments entre eux et redistribue la chaleur.Le chauffage des résidents est par exemple transféré aux locaux commerciaux en journée Mais pour le reste, il y a encore beaucoup de perceptions et pas assez d\u2019analyses et de connaissances.Les élus parlent et accusent facilement les changements climatiques, mais ils ont eu des pratiques d\u2019aménagement discutables.Comme société, on a pris des risques et on ne va pas se blâmer pour le passé.Il vaut mieux asseoir tout le monde autour de la table pour repenser l\u2019avenir.Suzanne Roy : Les élus doivent développer leurs connaissances, c\u2019est vrai, et travailler avec les scientifiques pour dresser des constats fiables, trouver des solutions valides.Mais il faut aussi qu\u2019ils aient les moyens de leurs ambitions.Aujour- d\u2019hui, on ne les a pas, sauf qu\u2019on n\u2019a pas le moyen de ne rien faire.Les gouvernements du Québec et du Canada doivent être au rendez-vous.Quels sont les défis auxquels les villes font face ?Suzanne Roy : Elles doivent changer de perspective et prendre les changements climatiques en considération dans leurs choix.Et elles doivent tout faire en même temps : évaluer les risques et les vulnérabilités, définir des plans d\u2019action, repenser leurs infrastructures, etc.Ce n\u2019est pas simple.Elles doivent aussi trouver des solutions en itération avec la population.Car si les habitants n\u2019y adhèrent pas, on n\u2019atteindra pas nos objectifs.Alain Bourque : Le premier défi, c\u2019est d\u2019intégrer la culture du risque qui est présentement absente du monde municipal.On est toujours en rattrapage, on économise sur les coûts immédiats, on ne pense pas à Quelque 400 municipalités québécoises ont signé la Déclaration d\u2019urgence climatique.Les élus locaux ont-ils pris conscience de l\u2019enjeu ?Suzanne Roy : On le voyait poindre cet enjeu, mais la réalité nous a rattrapés plus vite qu\u2019on ne pouvait l\u2019imaginer.Les phénomènes extrêmes des dernières années ont naturellement sensibilisé les élus.Tous ont le souci de protéger leurs populations, ils ont donc le devoir et la nécessité d\u2019agir.Ça ne suffira pas d\u2019être les champions des mesures d\u2019urgence.Il faut aller au-delà et changer nos façons de faire.Alain Bourque : La prise de conscience a été très rapide, car c\u2019est récemment devenu un problème concret, du quotidien.Plusieurs élus ont aujourd\u2019hui un discours très cohérent sur les changements climatiques, et l\u2019immense majorité reconnaît que c\u2019est un enjeu.Les villes sont-elles prêtes pour autant ?La réponse est non.Elles ont beaucoup mis l\u2019accent sur la réduction des gaz à effet de serre, et c\u2019est nécessaire.Mais elles viennent d\u2019apprendre qu\u2019elles doivent aussi s\u2019adapter.Quel est votre état des lieux de la situation ?Alain Bourque : Le monde municipal n\u2019est pas homogène.Plusieurs grandes villes ont des plans d\u2019adaptation, développent leurs connaissances et mobilisent des ressources.long terme, alors que les municipalités peuvent très bien ajouter les dimensions changements climatiques et risques dans leurs appels d\u2019offres.L\u2019adaptation deviendrait ainsi un coût marginal parmi d\u2019autres.Et quels sont leurs freins à l\u2019action climatique ?Alain Bourque : D\u2019un côté, Montréal a du budget et des connaissances, mais c\u2019est un paquebot complexe à manœuvrer avec ses milliers d\u2019employés.De l\u2019autre, les petites villes sont généralement moins sensibilisées, elles ont moins le temps ou n\u2019ont pas les ressources.Certaines sont quand même très concernées, mais elles n\u2019ont pas la capacité d\u2019agir.Quoi qu\u2019il en soit, le gouvernement provincial n\u2019a pas d\u2019autre choix que d\u2019appuyer les villes et de coordonner leurs actions.Suzanne Roy : Les changements climatiques entraînent une remise en question majeure de nos façons de faire et ça provoque une révolution dans nos méthodes.Cela dit, l\u2019adaptation a un coût \u2014 on parle de quatre milliards de dollars dans les cinq ans à venir pour les municipalités du Québec \u2014, et c\u2019est aujourd\u2019hui le principal frein.Cela pousse cependant à la créativité.En Montérégie par exemple, trois MRC se sont associées pour créer une société d\u2019économie mixte qui exploite une usine de biométhanisation des déchets.La coopération, c\u2019est la solution pour les petites villes.En 2011, la municipalité lance Habitation durable, un programme d\u2019attestation et d\u2019aide financière pouvant aller jusqu\u2019à 8000 $ qui s\u2019adresse aux citoyens, pour les aider à rénover ou à concevoir une construction durable qui aura une faible empreinte carbone.« Avec Habitation durable, une maison respectueuse de l\u2019environnement par sa construction, son orientation, sa localisation et son utilisation coûte le même prix qu\u2019une maison régulière », note Carline Ghazal, coordonnatrice de la division de développement durable du Service de l\u2019environnement de la Ville de Victoriaville.Si bien qu\u2019en 2019, 464 nouvelles constructions et 1807 projets de rénovation réalisés sur le territoire de la municipalité sont durables.C\u2019est maintenant une maison sur quatre à Victoriaville qui est certifiée comme étant durable.Le programme fonctionne si bien que pas moins de douze municipalités l\u2019ont maintenant adopté.En plus de Saint-Valérien, Varennes, Petite-Rivière-Saint-François, Dix- ville, Plessisville et des sept municipalités de la MRC Des Sources, certaines villes, dont Repentigny et Bromont, songent à se joindre au mouvement.Inspirer Agir Prospérer Faire rayonner les initiatives Trouver l\u2019inspiration et les outils pour passer à l\u2019action Les municipalités en mode solution www.phareclimat.com Or, trop peu de gens le savent, mais les municipalités, comme gouvernements de proximité, sont en première ligne lorsqu\u2019il est question de changements climatiques.Par leur connaissance ?ne des réalités propres à leur territoire, elles interviennent pour rendre leurs communautés plus résilientes face aux aléas du climat et en atténuer les effets.Les enjeux climatiques sont une priorité pour l\u2019UMQ et ses membres.C\u2019est pourquoi l\u2019Union, avec l\u2019appui de son Comité sur les changements climatiques et de partenaires externes, agit de façon proactive a?n de répondre aux besoins du milieu municipal et l\u2019accompagne dans ses efforts par le biais de multiples outils : \u2022 Sommets et forums; \u2022 Formations et webinaires; \u2022 Études et guides; \u2022 Plateforme en ligne PhareClimat.com; \u2022 Et bien plus encore! Les changements climatiques sont au cœur de la vie des citoyennes et citoyens.C\u2019est pourquoi les différents paliers de gouvernement sont en action pour répondre adéquatement à ces nouveaux dé?s.Action climatique : le rôle méconnu des gouvernements de proximité umq.qc.ca/changements-climatiques as facile d\u2019offrir du transport en commun dans les milieux ruraux ou les villes éloignées des grands centres.Comme la densité de population est souvent trop faible pour un service classique par autobus, peu d\u2019automobilistes sont tentés de délaisser leur voiture.Mais avec un peu d\u2019imagination, on peut trouver des solutions flexibles et adaptables aux besoins de la population locale, comme celles offertes par Accès Transport, l\u2019organisme de gestion du transport en commun et du transport adapté dans la MRC du Domaine-du-Roy, qui couvre un vaste territoire regroupant neuf municipalités.Au lieu d\u2019acheter des bus, Accès Transport a conclu en juin 2018 une entente avec deux entreprises de taxi locales pour offrir un service de taxibus urbain.Les taxis transportent plusieurs personnes à la fois, à l\u2019intérieur des limites des villes de Roberval et de Saint-Félicien.Les passagers se rendent à l\u2019une des 115 bornes (les nadministrative », signale Jonathan Thibeault.En attendant de peaufiner ce service sur tout le territoire, Accès Transport a aussi inauguré un réseau interurbain entre les villes de Roberval et de Saint-Félicien, distantes d\u2019environ 25 km, avec un taxibus en minifour- gonnette.Un nouveau circuit entre Mashteuiatsh et Roberval verra le jour ce mois-ci, avec 7 départs par jour, 7 jours sur 7.« On croit que le service va être populaire, parce que la population demande du transport collectif entre les municipalités depuis plusieurs mois », explique Lucien Boivin, le préfet de la MRC du Domaine-du- Roy.Au cours de la prochaine année, un service régulier devrait également être offert entre Chambord et Saint- Félicien, tout en desservant les municipalités plus éloignées.Un projet de liaison entre les villes de Chambord et de Dolbeau-Mistassini, séparées de 80 km environ, est aussi dans les cartons.Ce service de transport en commun est financé à 66 % par le Programme d\u2019aide au transport collectif des personnes et aux immobilisations en transport en commun du ministère des Transports, à raison de 200 000 $ par année.La portion restante sera soutenue par les revenus générés auprès des usagers.Amsterdam Le tout premier projet d\u2019autopartage municipal vient des Pays-Bas.Les Wiktars, 35 petits véhicules électriques ressemblant à des voiturettes de golf, ont transporté à Amsterdam plus de 4000 utilisateurs entre 1974 et 1986.Moscou Moscou a réduit le nombre de places de stationnement et augmenté les tarifs des places restantes.L\u2019autopartage s\u2019y est naturellement imposé pour des raisons\u2026 économiques.Chaque jour en 2018, les Moscovites ont effectué 30 000 trajets en autopartage dans la capitale russe.Auckland La Nouvelle-Zélande est le pays des moutons et de la voiture : il y en a autant que de citoyens.L\u2019autopartage y fait timidement sa place grâce au service Cityhop, créé en 2007 par une conseillère municipale.Il a débuté avec 3 véhicules à Auckland et en compte désormais 80 utilisés par 3000 conducteurs à travers le pays.Singapour En 2017, la Ville de Singapour cherchait de nouvelles options pour augmenter la mobilité de ses citoyens.Elle s\u2019associe alors avec le groupe Bolloré pour lancer BlueSG, une flotte de 1000 véhicules électriques en autopartage qui revendique aujourd\u2019hui plus de 30 000 utilisateurs.par année, alors je dirais aux autres municipalités qu\u2019il ne faut pas avoir peur de l\u2019essayer ! » Une quinzaine de municipalités participent au projet-pilote SAUVéR, dont Varennes, Carleton-sur-Mer et Bromont.Grâce à leur expérience, le système d\u2019autopartage est étendu à d\u2019autres villes du Québec.Chose certaine, la voiture électrique a marqué des points à Rivière-du-Loup : la Ville songe déjà à en acheter une autre, peut-être dès cet hiver.arrêts des taxibus) à l\u2019heure prévue.Coût : 4 $ pour un déplacement (ou 30 $ pour 10), et service gratuit pour les enfants de 12 ans et moins.« Le client paie une partie des coûts au chauffeur de taxi et Accès Transport paie le reste, explique le directeur général, Jonathan Thi- beault.Tout le monde est gagnant.» L\u2019entente permet aussi de bonifier le service, car les clients peuvent réserver une place une heure à l\u2019avance en contactant directement les entreprises de taxi.Les six premiers mois, Accès Transport avait enregistré plus de 900 déplacements sur son réseau, au grand plaisir de son directeur général, qui ne pensait pas avoir autant de clients avant au moins un an.« Le service en taxibus a explosé au cours des derniers mois pour atteindre 1900 transports par mois ! » souligne-t-il.Autre innovation afin d\u2019inciter les automobilistes à changer leurs habitudes : Accès Transport fusionne transport collectif et transport adapté pour les clients à mobilité réduite \u2014 qui ont des limitations fonctionnelles physiques ou intellectuelles.Les véhicules transportent désormais davantage de personnes lorsque les services de transport adapté sont nécessaires.« Une solution simple, qui n\u2019entraînait qu\u2019une réorganisatio- « On veut améliorer la mobilité de tous les citoyens en harmonisant et en optimisant les transports », conclut Jonathan Thibeault.Un beau programme pour le climat ! our l\u2019instant, ils sont cinq.Cinq Louperivois qui ont accepté d\u2019être les cobayes d\u2019une nouvelle offre en transport durable.Depuis juillet, ils peuvent emprunter le véhicule électrique acquis par la Ville dans le cadre du programme SAUVéR (Système d\u2019autopartage avec véhicule électrique en région).Ce projet-pilote vise à électrifier les flottes des municipalités, à favoriser l\u2019autopartage et à mettre en place une « route électrique », soit un réseau de bornes de recharge à travers le pays.La Ville de Rivière-du-Loup a ainsi acheté une borne, installée dans le stationnement de l\u2019hôtel de ville.Une Chevrolet Spark y est souvent branchée : le jour, les employés municipaux l\u2019utilisent ; en dehors des heures de travail, les cinq citoyens- cobayes, qui vivent à proximité, en font de même.Ils n\u2019ont qu\u2019à la réserver au préalable sur la plateforme de SAUVéR, créée par l\u2019entreprise YHC Environnement.Ils disposent d\u2019une carte pour débloquer le véhicule, et en route ! La location ne leur coûte que 7 $ l\u2019heure.Audrey Morin, 25 ans, fait partie des cinq volontaires.« Quand mon copain vient me visiter, il arrive en covoiturage à un bout ou l\u2019autre de la ville.Je vais le prendre et on en profite pour faire l\u2019épicerie.» Des déplacements qui ne justifient pas l\u2019achat d\u2019un véhicule, estime-t-elle.« Les citoyens qui ont postulé n\u2019ont pas de voiture ou sont des couples qui n\u2019en ont qu\u2019une », constate la conseillère en développement durable de Rivière-du-Loup, Marianne Gagnon.Les ayant formés à l\u2019utilisation de la plateforme et à celle du véhicule, elle a découvert leur motivation : « Ils veulent diminuer leur empreinte environnementale et tester l\u2019électrique.Ce sont des personnes qui font des déplacements ponctuels et plutôt courts.» Ça tombe bien, car l\u2019autonomie limitée des voitures électriques représente un frein à leur utilisation massive en région, où \u2014 on ne vous apprendra rien \u2014 les distances sont souvent longues.Avec une charge pleine, la petite Spark de Rivière-du-Loup peut parcourir 130 km par beau temps et environ la moitié en hiver, souligne Marianne Gagnon.« L\u2019autonomie est suffisante pour l\u2019utilisation de nos employés.L\u2019agent de stationnement parcourt de 40 à 60 kilomètres par jour.Dans l\u2019ensemble, nos véhicules roulent moins de 10 000 kilomètres lus de 2 milliards de dollars pour les dix plus grandes villes du Québec ; le double pour l\u2019ensemble de la province.C\u2019est la facture prévisionnelle de l\u2019adaptation aux changements climatiques, selon une étude conjointe du Groupe AGÉCO et d\u2019Ouranos, réalisée pour le Caucus des grandes villes de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ).Ces sommes tiennent compte des estimations d\u2019investissement pour les cinq prochaines années, seulement, dans les secteurs de l\u2019eau potable, des eaux usées et pluviales, du verdissement et de la voirie.« Les villes sont déjà touchées et c\u2019est à elles de rendre leur population plus résiliente », soutient Caroline Larrivée, la directrice de la programmation scientifique d\u2019Ouranos, le consortium de recherche québécois sur le climat.Les municipalités peuvent aménager leur territoire en évitant les zones à risque, ajuster leurs infrastructures, mais l\u2019adaptation peut tructures directement menacées, le gouvernement ne veut pas injecter d\u2019argent, regrette la mairesse Josée Brunet.Si rien n\u2019est fait pour contrer l\u2019érosion, ces infrastructures vont finir par être touchées\u2026 » De son côté, Québec assure que cet enjeu sera pris en compte dans le futur plan de lutte contre les changements climatiques.« À l\u2019échelle locale, nos capacités d\u2019action sont minimes, souligne le préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël.On est une petite population et on dispose de peu d\u2019expertise.Alors, on se débrouille comme on peut.» Une table de concertation a été créée pour rassembler les forces vives (municipalités, organisme de bassin versant Duplessis, UQAR) et avancera éventuellement des solutions.Rivière-Saint-Jean compte aussi agir de son côté.« On voudrait faire un test dans une zone particulièrement touchée, indique la mairesse.On pense qu\u2019on peut limiter l\u2019érosion en diminuant la hauteur et la pente du talus, et en le végétali- sant.» Un remède au goût du jour, selon le professeur Bernatchez « Dans l\u2019estuaire et le golfe du Saint- Laurent, 90 % des ouvrages de protection sont des infrastructures très rigides, enrochements ou murets.Nos enquêtes récentes nous indiquent que les résidents et les firmes de génie veulent maintenant des solutions plus douces, comme de la recharge de plages.» À Rivière-Saint- Jean, il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019un choix : la municipalité de 215 habitants n\u2019a pas les moyens de se payer des enrochements.À Sainte-Flavie, la municipalité de 900 âmes a recruté une chargée de projet en résilience côtière.Sa mission : rencontrer les propriétaires les plus menacés par l\u2019érosion et leur annoncer qu\u2019ils sont admissibles à une aide financière du gouvernement pour déplacer ou démolir leur maison.À l\u2019entrée du village, 12 terrains ont ainsi été mis à la disposition des Flaviens qui voudront déménager.Une nouvelle réglementation municipale est également en vigueur pour ceux qui ne veulent pas quitter le littoral : les nouvelles constructions sont désormais interdites dans une « zone de contrainte » dont la largeur varie de 20 à 42 mètres en partant de la plage.aller plus loin.« Elles peuvent aussi s\u2019assurer d\u2019avoir une économie bien diversifiée pour éviter d\u2019être trop dépendantes de secteurs très sensibles aux conditions climatiques », illustre l\u2019experte.Plus une ville a été touchée, par une inondation ou une vague de chaleur, plus elle va être proactive, observe Caroline Larrivée.À l\u2019inverse, « dans les territoires épargnés et qui ont moins accès à des groupes [de recherche] qui travaillent sur ces questions- là, l\u2019intérêt est plus faible ».Résultat, l\u2019adaptation se fait à petits pas.C\u2019est entre autres ce que révélait une étude publiée en 2017 par l\u2019Observatoire québécois de l\u2019adaptation aux changements climatiques et l\u2019Institut de national de santé publique.« Les gens savent de plus en plus quoi faire, mais ce qu\u2019on a remarqué, c\u2019est qu\u2019il y a beaucoup de barrières à l\u2019action », souligne le directeur de l\u2019observatoire, Pierre Valois.« Les responsables municipaux vont dire qu\u2019ils manquent d\u2019argent, de ressources humaines ou de con- etit village de la Côte- Nord, Rivière-Saint-Jean possède le record provincial peu enviable de la plus forte érosion côtière.Et le phénomène s\u2019emballe : selon les mesures du Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l\u2019Université du Québec à Rimous- ki (UQAR), la mer y grignote près de quatre mètres par année sur la terre, quand elle n\u2019avançait « que » d\u2019un mètre au début des années 1980.« De 45 à 75 % du recul de la falaise est attribuable à des redoux hivernaux, explique le responsable du Laboratoire, Pascal Bernatchez.Quand les températures deviennent positives en plein hiver et qu\u2019il se met à pleuvoir, cela amène beaucoup plus d\u2019eau dans les falaises et provoque des écoulements de boue.» Sur le banc des accusés, on trouve un autre processus lié aux changements climatiques : la réduction du couvert de glace dans le golfe, notable depuis la fin des années 1990, qui permet aux vagues de venir frapper la côte.L\u2019érosion est même parvenue à mettre au jour un dépotoir clandestin, qui a déversé ses saletés dans l\u2019eau pendant des mois.Le ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles a nettoyé le site l\u2019an dernier, mais pas grand-chose d\u2019autre n\u2019est prévu pour l\u2019instant.La chance et le malheur de Rivière-Saint-Jean, c\u2019est que ni routes ni habitations, situées en retrait du littoral, n\u2019y sont en péril.« Tant qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019infras- En Montérégie, une personne sur cinq est allergique au pollen de l\u2019herbe à poux (ambroisie).Pour éviter le rhume des foins, Granby a adopté, en 2016, un règlement obligeant ses citoyens à couper, à arracher ou à détruire l\u2019herbe galopante entre le 15 juillet et le 1er août.« L\u2019objectif de cette mesure est de rendre les citoyens autonomes en ce qui a trait à l\u2019identification de la plante et à son contrôle année après année », explique Serge Drolet, le coordonnateur de la division de l\u2019Environnement.La Ville n\u2019est pas inactive pour autant.Elle brûle les plants qui poussent dans les stationnements avec de la vapeur d\u2019eau chaude et coupe la tige de ceux qui envahissent les trottoirs à l\u2019aide de balais mécaniques modifiés.Les terrains vagues ont aussi droit à du compost et des semences variées pour rivaliser avec l\u2019envahisseuse.Ce combat sur plusieurs fronts porte ses fruits.Trois étés plus tard, Granby n\u2019a observé qu\u2019une cinquantaine de cas de prolifération parmi 25 000 propriétés.Des tests effectués par la municipalité ont également révélé qu\u2019il y avait deux fois moins de pollen dans l\u2019air après des interventions de contrôle de l\u2019herbe à poux. naissances, mais ce dernier point est de moins en moins vrai », signale le professeur à la Faculté des sciences de l\u2019Université Laval.Pour s\u2019outiller, les municipalités s\u2019allient avec des spécialistes et multiplient formations et colloques.Le 7 novembre dernier, l\u2019UMQ organisait par exemple un forum pour repenser le territoire québécois à la lumière des inondations printanières des dernières années.« Le cadre réglementaire actuel sur les inondations est malheureusement dépassé et empêche le monde municipal de faire son travail pour offrir des réponses adaptées aux phénomènes météorologiques extrêmes », regrettait le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui était alors président de l\u2019UMQ.Néanmoins, Québec appuie déjà les municipalités dans leurs démarches de réduction des gaz à effet de serre et d\u2019adaptation aux changements climatiques, notamment avec le Programme de soutien à l\u2019intégration de l\u2019adaptation aux changements climatiques à la planification municipale, doté de 13 millions de dollars, ainsi que le programme Climat municipalités \u2013 phase 2, qui dispose d\u2019une enveloppe de 40 millions de dollars.En 2010, la Ville de Belœil et l\u2019organisme Nature-Action Québec ont amorcé un projet de remise à l\u2019état naturel du parc du Domaine culturel Aurèle-Dubois, un espace vert urbain d\u2019une superficie de 6,4 hectares.L\u2019objectif était de recréer des milieux boisés diversifiés, de stabiliser et de « renaturaliser » les berges du ruisseau des Trente et de créer un espace de vie pour la faune.Aujour- d\u2019hui, plus de 215 arbres, 6800 arbustes et 4600 vivaces indigènes du Québec ont été plantés.Cerise sur le gâteau, le siège social de Nature- Action Québec, qui se trouve dans le parc, est un bâtiment certifié LEED.Or, avec un mur végétal en façade et un toit vert.Située au cœur du centre-ville de Gatineau, l\u2019île de Hull se distingue par sa faible canopée (environ 21 % du territoire), ce qui rend le secteur vulnérable aux îlots de chaleur.Pire, l\u2019île a gravement été frappée par la crise de l\u2019agrile du frêne, ce qui a mené à l\u2019abattage de nombreux arbres.En 2018, le Conseil régional de l\u2019environnement et du développement durable de l\u2019Outaouais, en collaboration avec la Ville de Gatineau, s\u2019est donc donné le double objectif d\u2019augmenter la canopée de 5 %, et ce, en respectant les principes de la diversité fonctionnelle.Celle-ci permet notamment d\u2019assurer la résilience des nouvelles plantations, d\u2019augmenter les services écosystémiques comme la captation de particules fines (pollution, poussière) et de favoriser la biodiversité.Le quadrilatère formé par les rues Saint-Mathieu, Saint-Marc, Sainte- Catherine Ouest et le boulevard de Maisonneuve se trouve dans l\u2019un des secteurs les plus densément peuplés au Canada, où la verdure était jadis introuvable.Entre 2007 et 2013, l\u2019arrondissement de Ville-Marie, de concert avec plusieurs acteurs du milieu, a mené un projet-pilote d\u2019aménagement durable et de réduction des îlots de chaleur.De là ont germé une ruelle verte perméable avec rétention des eaux pluviales, le verdissement de 1000 m2 de terrains institutionnels et publics, l\u2019implantation de saillies végétales et la distribution de 400 bacs d\u2019agriculture urbaine.Des fonds municipaux récurrents permettent depuis d\u2019assurer l\u2019entretien de ces nouveaux espaces verts.121 actions concrètes pour réduire notre empreinte écologique PLAN vert NOTRE Disponible au ville.sainte-julie.qc.ca vous avez reçu le prix Génie- Méritas 2018 et le projet est lauréat du prix Mérite Ovation municipale 2019, catégorie « Aménagement et développement durable ».La rue Saint-Maurice va-t-elle faire des petits ?Alexis Petridis : C\u2019est un honneur incroyable que l\u2019AIMQ reconnaisse le travail effectué et salue le caractère novateur d\u2019un projet de cette ampleur et de cette nature.On est fiers et on espère que ça va encourager nos collègues à proposer des projets similaires à leurs élus.Julien St-Laurent : Alexis partage toutes les semaines les plans et les coupes du projet avec d\u2019autres ingénieurs municipaux ! (rires) Alexis Petridis : On a même des rencontres de terrain, car quelques villes viennent voir le projet chez nous.planté il y a plus de dix ans par le comité de bassin de la rivière, le COBARIC.Sur le portail en ligne, les citoyens ont accès en temps réel aux données et aux images de seize stations situées le long des 185 kilomètres de la rivière Chaudière, entre Lac-Mégantic et Lévis.Le site possède en outre des accès sécurisés, à l\u2019usage exclusif des intervenants en mesure d\u2019urgence.Grâce au SSRCi, les responsables des municipalités peuvent suivre les comportements de la rivière et se partager de précieuses informations.Un embâcle causé par la fonte des glaces cède en amont, à Saint-Geor- ges-de-Beauce ?Les communautés en aval, comme Beauceville, sont vite mises au fait.Idem si de fortes pluies font anormalement augmenter le niveau de la rivière, comme ce fut entre autres le cas en novembre 2019 à Sainte-Marie-de-Beauce.La rapidité est essentielle pour remporter une course contre la montre.Beauceville fait partie de Rés-Allian- ce, une communauté de pratique en adaptation aux changements climatiques coordonnée par le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ).Les 22 collectivités membres de ce réseau ont en commun d\u2019être plus que jamais L\u2019augmentation de la fréquence et de l\u2019intensité des pluies extrêmes dépassera le niveau de performance des systèmes de gestion des eaux pluviales actuellement en place au Québec, selon une étude d\u2019Alain Mailhot, chercheur de l\u2019INRS spécialisé en hydrologie urbaine.Les projections climatiques disponibles suggèrent une hausse des intensités des pluies extrêmes à l\u2019horizon 2040-2070 de 10 à 20 %, peut-on lire dans l\u2019étude.On y précise par ailleurs que bien que plusieurs inondations en milieu urbain aient frappé le Québec dans la dernière décennie, il est difficile de les imputer à la seule augmentation de l\u2019occurrence des pluies extrêmes.Plusieurs autres facteurs peuvent être en cause, comme la vétusté des infrastructures, leur entretien déficient, l\u2019augmentation des surfaces imperméables ou encore une vulnérabilité plus grande, par exemple, par l\u2019aménagement des sous-sols ou la construction en zones inondables.e vert piquant des vivaces tranche avec la grisaille automnale.Ces rangées de plantes bordent désormais les trottoirs de la rue Saint-Maurice, à Trois-Rivières.La métamorphose de cette voie de passage de l\u2019est de la ville a été orchestrée par Alexis Petridis, ingénieur en génie urbain, et Julien St-Laurent, spécialiste en environnement.D\u2019où est parti « le grand projet de la rue Saint-Maurice » ?Julien St-Laurent : Ça prend des partenariats entre la recherche et les municipalités pour des projets pilotes de terrain comme celui-ci.Il y a cinq ans, l\u2019organisme Ouranos nous a proposé des fonds pour concrétiser un projet d\u2019adaptation aux changements climatiques.La rue Saint- Maurice était prête à être refaite, on a pensé à bonifier sa réfection dans cette optique.Selon la Ville, 135 arbres, plus de 1000 arbustes et 18 000 plantes vivaces et graminées parsèment désormais la rue\u2026 Alexis Petridis : Nous sommes les deuxièmes au Québec \u2014 après Granby \u2014 à avoir aménagé une rue en intégrant des îlots de biorétention.En plus de diminuer la quantité et la vitesse de ruissellement des eaux de pluie dans le réseau municipal, on a aussi réfléchi aux autres aspects du projet, comme le rechargement des sources d\u2019eau potable, la sécurité des piétons, la réduction de la vitesse des véhicules, les îlots de chaleur et le verdissement.La volonté d\u2019améliorer la qualité de vie des riverains a dicté l\u2019orientation du projet.Comment la transformation a-t-elle été accueillie par les riverains ?Alexis Petridis : De façon mitigée, bien que les gens y soient majoritairement favorables.Ceux qui y transitent peuvent subir certains retards.Julien St-Laurent : L\u2019esthétique de la rue est appréciée.Les critiques concernent le rétrécissement de la voie de circulation, le manque d\u2019espace pour les bacs à vidange ou le déplacement des stationnements.Ces désagréments font partie de l\u2019adaptation au changement.Je pense que les habitudes des gens vont changer et ces plaintes disparaîtront.En tant que membre de l\u2019Association des ingénieurs municipaux du Québec (AIMQ), M.Petridis, conscientes des « risques hydrocli- matiques », soit les risques d\u2019inondation, mais aussi de sécheresse, qui menacent leur territoire du fait des changements climatiques.Au sein de Rés-Alliance, les collectivités partagent leurs bons coups en matière d\u2019adaptation et de résilience.Les discussions alimentent les réflexions et peuvent déboucher sur des pistes d\u2019action, explique Céline Schaldembrand, chargée de projet du ROBVQ.« Dernièrement, l\u2019Association pour la gestion intégrée de la rivière Maskinongé a par exemple soulevé l\u2019importance de respecter l\u2019espace de liberté des rivières [c\u2019est-à-dire leur zone d\u2019inon- dabilité] dans l\u2019aménagement du territoire, ce qui est rarement le cas à l\u2019heure actuelle », illustre-t-elle.Parce qu\u2019au final, c\u2019est toujours le cours d\u2019eau qui gagne.Beauceville, on ne badine pas avec les inondations.Pour tenir la capricieuse rivière Chaudière en respect, la municipalité compte sur l\u2019un des systèmes de surveillance les plus avancés au Québec : braquées en permanence sur le pont-route 108 qui chevauche la rivière, une caméra de même qu\u2019une sonde hydrostatique et une règle limnimétrique, toutes deux utilisées pour la surveillance du niveau d\u2019eau, transmettent en temps réel ses soubresauts.Le niveau d\u2019eau monte rapidement et atteint un seuil critique, comme c\u2019est souvent le cas au printemps ?Les citoyens abonnés gratuitement au service d\u2019alerte sont avisés automatiquement par des alertes sous forme de textos, de courriels ou d\u2019appels téléphoniques.« Le système de surveillance est au centre de notre protocole d\u2019urgence.Savoir ce qui se passe sécurise beaucoup nos citoyens », explique Paul Morin, directeur des communications à la Ville.« On ne s\u2019en passerait plus.» Novateur, le Système de surveillance de la Chaudière (SSCR) a été im- Les pompiers ont investi la toute nouvelle caserne Antoine-Lavoie en septembre dernier.Bien plus grande que l\u2019ancienne, elle est en partie chauffée à l\u2019aide de panneaux noirs perforés.Ces capteurs solaires passifs réchauffent l\u2019air lorsqu\u2019il pénètre dans l\u2019édifice.« Grâce à ce système de préchauffage de l\u2019air, la facture d\u2019électricité de la caserne devrait être similaire à celle que nous avions, mais pour un bâtiment deux fois plus grand », estime Pierre Vincent, coordonnateur du service bâtiments, développement durable et parcs à la Ville d\u2019Alma.La caserne Antoine-Lavoie est également équipée d\u2019un réservoir sous-terrain unique au monde pour collecter l\u2019eau de pluie qui servira, entre autres choses, à remplir les camions-citernes.Le centre communautaire de Dollard-des-Ormeaux s\u2019est agrandi en 2017.Le nouveau bâtiment compte 12 puits de géothermie pour chauffer et climatiser l\u2019édifice.Ces puits, qui descendent jusqu\u2019à 150 mètres sous terre, captent la chaleur ou la fraîcheur du sol pour la redistribuer dans le centre.Le nouveau revêtement extérieur du bâtiment favorise quant à lui la conservation d\u2019énergie tandis que les fenêtres maximisent l\u2019éclairage naturel.« Notre consommation d\u2019énergie est inférieure de 40 % à celle d\u2019un bâtiment traditionnel de la même taille », souligne le chef du service construction et mécanique du bâtiment à la Ville de Dollard-des- Ormeaux, Éric Laliberté.Le Parc olympique a achevé sa transformation énergétique en 2018, après trois ans de travaux.C\u2019est la firme québécoise Ecosystem qui a piloté la métamorphose pour la Ville de Montréal.Son plus gros chantier : moderniser la centrale thermique souterraine \u2014 la plus grande au Canada \u2014 pour réduire sa consommation de gaz naturel.Le Parc a aussi installé des éclairages DEL, optimisé la climatisation et sa performance énergique grâce à un contrôle centralisé.Deux ans plus tard, le Parc a réduit de 60 % ses émissions de gaz à effet de serre.Et rien qu\u2019en 2018, il a réalisé des économies de 3 millions de dollars.Le prix du mazout flambe, celui du bois a sauvé l\u2019église de Saint-Ubalde, dans Portneuf.La ville de 1400 âmes s\u2019est dotée d\u2019un système de chauffage à la biomasse forestière.Non seulement il dessert l\u2019imposante église, mais il irrigue de nombreux édifices municipaux autrefois chauffés au mazout, comme l\u2019hôtel de ville, le CLSC, le bureau de poste, la salle communautaire et la bibliothèque.Deux chaudières brûlent des copeaux de bois ou de la sciure pour alimenter le réseau.Un procédé qui évite l\u2019émission de 133 tonnes de CO2 par an.« À côté de la scierie, on envisage de construire une trentaine de nouvelles maisons, toutes chauffées à la biomasse.C\u2019est un argument pour attirer de jeunes familles », indique le maire, Guy Germain.Le centre-ville de Lac- Mégantic renaît et sera bientôt pourvu d\u2019un mi- croréseau électrique, le premier au Canada.L\u2019an prochain, Hydro-Québec installera près de 2000 panneaux solaires et des batteries pour stocker de grandes quantités d\u2019énergie.Le tout sera relié à une « intelligence centrale » qui évaluera en temps réel les besoins, les réserves et les capacités de production.Le microréseau alimentera une trentaine de résidences et de commerces.Ce système de production d\u2019énergie décentralisée, à base de sources renouvelables, pourra servir de modèle pour d\u2019autres villes du Grand Nord canadien.Cette renaissance qui se soucie du climat est « tout un symbole pour une ville meurtrie par le pétrole », souligne la chargée de développement en transition énergétique à la Ville de Lac-Mégantic, Fabienne Joly. Carbonégatif et économique, un béton façonné ici se met au service du Québec et de la planète La fabrication du ciment, matériau clé du béton, génère 8 % de la quantité totale de CO 2 émise par l\u2019humain à l\u2019échelle mondiale.Et si au lieu de produire du CO 2 , on l\u2019emprisonnait dans le béton?C\u2019est exactement ce que propose la compagnie montréalaise Carbicrete avec un béton plus vert et moins cher mis au point à McGill par Mehrdad Mahoutian et Chris Stern, tous deux diplômés de l\u2019Université.La production de béton plus vert Forgée par des esprits créatifs Forgée par McGill ne pas émettre plus de GES qu\u2019il n\u2019est capable d\u2019en absorber.Première étape : dresser un diagnostic des émissions de GES des entreprises, commerces et industrie du territoire grâce aux outils du programme Partenaires dans la protection du climat du Réseau Environnement, le plus important regroupement de spécialistes en environnement au Québec.Ces outils tiennent compte de la taille, des activités et du chiffre d\u2019affaires des entreprises.Le maire de Sainte-Flavie, Jean-François Fortin, veut l\u2019appliquer à son territoire, affiné par « des rencontres individuelles et un sondage que les entreprises pourront remplir de manière confidentielle ».Parallèlement, bien que l\u2019on connaisse l\u2019empreinte carbone individuelle des Québécois (9,6 tonnes d\u2019équivalent CO2 par an), la municipalité veut chiffrer plus exactement celle de ses quelque 900 habitants.Chacun d\u2019entre eux sera sondé au sujet de ses allers-retours quotidiens à Rimouski pour le travail ou de ses voyages dans le Sud afin que le tout soit pris en compte sur la facture carbone du village.Deuxième étape : plusieurs mesures et règlements municipaux entreront en vigueur le 1er janvier prochain pour diminuer les émissions de GES : les commerces ne pourront plus e la parole aux actes ! « Comme nous avons signé [en décembre 2018] la Déclaration d\u2019urgence climatique [DUC], il fallait se mettre en action », affirme Agathe Lévesque, conseillère municipale responsable de l\u2019environnement à Sainte-Flavie.Ce village fait partie des 400 MRC et municipalités québécoises à avoir à ce jour adopté ou appuyé la DUC, exhortant les élus à réduire les gaz à effet de serre (GES).Et Sainte- Flavie, village bucolique du Bas-Saint- Laurent, ne fait pas les choses à moitié pour atteindre \u2014 dès 2022 ! \u2014 la carboneutralité, autrement dit pour Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.1,5 °C : Les États signataires de l\u2019Accord de Paris (dont le Canada) se sont engagés à stabiliser le réchauffement climatique « nettement en dessous » de 2 °C d\u2019ici à 2100, tout en redoublant d\u2019efforts pour le limiter à 1,5 °C.Action climatique : Geste ou initiative visant à diminuer les gaz à effet de serre ou à s\u2019adapter aux nouvelles réalités du climat.Adaptation : Action climatique cherchant à réduire la vulnérabilité des milieux, des organisations, des collectivités et des individus aux changements climatiques.Atténuation : Action climatique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à la source ou en séquestrant le CO2 présent dans l\u2019atmosphère.Climato-sympathique : Néologisme créé par Unpointcinq pour désigner un geste ou un comportement respectueux du climat.CO2 : Formule chimique du dioxyde de carbone.Ce gaz se trouve naturellement dans l\u2019atmosphère.Il contribue à l\u2019effet de serre.Compensation carbone : Action de contrebalancer ses propres émissions de gaz à effet par le financement de projets visant à réduire les GES ou à séquestrer du carbone, comme la plantation d\u2019arbres.Cycle de vie : Portrait des répercussions d\u2019un produit ou d\u2019un service, y compris ses effets sur les changements climatiques, la santé humaine, la qualité et la diversité des écosystèmes et l\u2019utilisation des ressources.Empreinte carbone : Mesure de la quantité de CO2 émise par un bien, un service ou même une personne.On peut calculer son empreinte carbone en tonnes d\u2019équivalent CO2, en planètes, en terrains de football, etc.Gaz à effet de serre (GES) : Gaz qui contribuent à retenir la chaleur près de la surface de la Terre.Cet effet de serre est amplifié par le rejet de quantités importantes de GES dans l\u2019atmosphère provenant des activités humaines.Séquestration du carbone : Action d\u2019emprisonner du carbone (le C dans la formule chimique du CO2) provenant de l\u2019atmosphère.Par exemple, les arbres absorbent le CO2, emmagasinent le carbone et rejettent de l\u2019oxygène.Tonne d\u2019équivalent CO2 : Unité de mesure standardisée qui sert à comparer l\u2019incidence des différents gaz à effet de serre sur le réchauffement climatique.Un Québécois émet environ 10 tonnes de CO2 par an.fournir de plastique à usage unique ni de contenant en polystyrène ; les entreprises devront composter ; deux bornes de recharge pour véhicules électriques seront installées ; les permis délivrés pour de la rénovation ou une construction durable seront remboursés.La municipalité a aussi créé son propre Fonds vert (qu\u2019elle a déjà doté de 20 000 $) ouvert aux dons à partir de janvier 2020.Il financera des projets de particuliers ou d\u2019entreprises qui souhaitent diminuer leur empreinte carbone.Pour l\u2019heure, la municipalité ne prévoit pas d\u2019imposer de réduction des émissions de GES, car le maire pense que la remise en question viendra d\u2019elle- même.« Quand on fait une enquête auprès des citoyens, ils prennent conscience de leur impact individuel sur le climat.» Du côté des commerces, les nouveaux règlements sont accueillis plutôt favorablement.Le maire Jean- François Fortin reconnaît que certains auront toutefois un gros effort à fournir, mais il estime qu\u2019adopter des contenants compostables n\u2019ajoutera que quelques sous au prix de la poutine, par exemple.Pas assez, selon lui, pour rebuter la clientèle ou pour remettre à plus tard le virage que Sainte-Flavie entend prendre, et au pas de course ! « Ils touchent, sentent, goûtent et voient le travail qu\u2019ils réalisent », souligne-t-elle, en ajoutant qu\u2019une cour extérieure a également été aménagée près du jardin scolaire.Et tous les villageois en profitent, souligne Jimmy Meunier, un père de deux élèves.« Quand on a eu besoin d\u2019aromates pour une recette, mon garçon m\u2019a fait penser de venir en récolter à l\u2019école.» À Saint-Fulgence et à Labrecque, deux autres villages du Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean qui collaborent avec Eurêko ! depuis deux ans, les projets se déploient différemment, au gré des décisions des comités de citoyens.À Saint-Fulgence, les habitants ont mis sur pied un marché fermier ainsi qu\u2019un répertoire des producteurs agricoles locaux, et ils ont implanté des plates-bandes de comestibles.« On regarde maintenant d\u2019autres projets de jardins ou de serres », explique le directeur général de la municipalité, Jimmy Houde, qui salue la participation citoyenne.À Labrecque, on a doublé la superficie du jardin collectif intergéné- rationnel de la résidence des aînés du village, rapporte Michelle Couture, la directrice générale de l\u2019établissement.« En organisant des activités éducatives autour de la récolte et de la cuisine, on permet le transfert de Depuis, le nombre d\u2019initiatives citoyennes en agriculture urbaine a explosé ! « Il y a eu comme un effet d\u2019entraînement », lance Isabelle Bé- rubé.Un groupe d\u2019une quinzaine de citoyens a par exemple créé un jardin collectif, et des organismes communautaires ont aidé à la récolte des fruits, des légumes et des fines herbes (tomates, persil, choux-raves, bette à carde, courges, etc.) dans les bacs et les plates-bandes publiques pour les redistribuer, notamment au comptoir alimentaire.La Ville collecte aussi les matières organiques des résidences unifamiliales, des duplex et des triplex depuis janvier 2019.Cependant, pour acquérir une plus grande autonomie alimentaire, « la mobilisation pourrait aller plus loin », fait remarquer Chantal de Montigny, une nutritionniste en santé publique qui travaille sur l\u2019accès à une saine alimentation pour l\u2019OBNL Vivre en Ville.« Il n\u2019y a pas eu d\u2019avancées du côté des entreprises agroalimentaires, souligne la Mon- tarvilloise.Mais, c\u2019est normal, on ne peut pas transformer localement, parce qu\u2019on ne produit pas suffisamment.On est dans un processus en ce moment », observe-t-elle en sachant que devenir une ville nourricière ne se fait pas en criant lapin ! « On peut connaissances entre les aînés et les jeunes », ajoute-t-elle en indiquant que la fête des récoltes, en septembre dernier, a attiré plus de 300 personnes, soit le quart de la population.Plusieurs bacs de comestibles ont aussi été aménagés aux coins des rues dans le but de créer un circuit alimentaire.Eurêko ! a pu lancer le projet « Villes nourricières » en 2017 grâce à des subventions du Fonds d\u2019action québécois en développement durable (64 000 $) et du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean (112 000 $).Il a commencé avec les municipalités de Labrecque, Saint- Fulgence, Saint-Prime et, un peu plus tard, Bégin.L\u2019organisme environnemental a notamment pu développer des outils avec les comités afin d\u2019assurer la pérennité de projets.Il s\u2019est aussi rendu compte qu\u2019il est primordial de travailler avec un élu ou un agent de développement au sein de la municipalité pour assurer la bonne marche du projet.De plus, un protocole d\u2019entente doit être signé dès le départ pour clarifier les obligations financières et matérielles des villes pour la réalisation des projets.Ces changements ont donc été apportés pour recruter la deuxième vague de municipalités nourricières en 2018, soit Saint-Nazaire, Saint- Charles-de-Bourget et Hébertville- Station, puis Saint-Bruno en 2019.n cette matinée de septembre, des élèves de l\u2019école primaire Pie XII, à Saint-Prime, ont troqué leurs crayons pour de petites pelles.En compagnie de leur professeur, ils mettent en terre des pieds de menthe, de monarde, de mélisse et de thym auprès des haies aménagées l\u2019an dernier, où poussent camerises, framboises, groseilles, bleuets et fraises.Le but : créer un jardin scolaire communautaire en plein cœur du village.Une opération parmi d\u2019autres menées dans le cadre du projet de municipalité nourricière réalisé en partenariat avec Eurêko !, un organisme qui soutient, depuis dix ans, les petites municipalités du Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean dans leurs démarches d\u2019agriculture urbaine.Devenir municipalité nourricière, c\u2019est un outil d\u2019adaptation aux changements climatiques, car il permet de réduire la dépendance envers les aliments importés sur des milliers de kilomètres, explique Marie- Lise Chrétien-Pineault, chargée du projet chez Eurêko ! « En créant une alliance entre élus et citoyens, on souhaite pérenniser les projets d\u2019agriculture urbaine et développer la résilience alimentaire », ajoute-t-elle.« On veut sensibiliser la population à l\u2019importance de l\u2019agriculture locale tout en donnant accès à des aliments frais », avance de son côté le maire de Saint-Prime, Lucien Boivin.Au départ, un comité citoyen a idée a germé en 2015, à la suite d\u2019une consultation publique sur la Vision stratégique 2035 de la Ville.« On a demandé aux gens comment ils voyaient leur ville dans 20 ans.Ils nous ont parlé de protection du territoire agricole, d\u2019approvisionnement local, d\u2019environnement et de saines habitudes de vie », explique la conseillère municipale Isabelle Bérubé.En d\u2019autres mots, ce que réclamaient les citoyens, c\u2019est une ville nourricière.Concrètement, une ville nourricière cherche à augmenter l\u2019autonomie alimentaire grâce à une agriculture de proximité à faible incidence environnementale.Le but étant d\u2019améliorer l\u2019accès de la population à des aliments sains.Pour une municipalité de 27 000 habitants, les ambitions étaient grandes.Saint-Bruno-de-Montarville voulait que son système alimentaire durable ait des retombées positives sur la qualité de vie et la santé de sa population, sur le développement économique local, ainsi que sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l\u2019incidence de l\u2019agriculture sur les milieux naturels.Rien que ça ! Avant l\u2019adoption de la politique en mars 2017, il y avait déjà un marché public estival, quelques aménagements avec des comestibles et un jardin communautaire.« Après l\u2019adoption de la politique, la municipalité a révisé sa réglementation pour autoriser les potagers en façade et sur les toits plats, mais aussi l\u2019élevage d\u2019abeilles et de poules pondeuses.Nous avons également intégré l\u2019agriculture urbaine dans notre planification de l\u2019aménagement du territoire », explique Denis Laplante, directeur de l\u2019Urbanisme, de l\u2019Environnement et du Développement durable à la Ville.Des petites parcelles à cultiver seront prévues dans les nouveaux îlots résidentiels, et un projet de petite ferme urbaine serait aussi dans les cartons d\u2019un quartier en développement.dire que la politique nous a permis de nous entendre sur une base, autour de laquelle on se mobilise pour avancer.Et on le fait graduellement.» déterminé qu\u2019un projet de jardin communautaire et de serre passive, alimentée exclusivement à l\u2019énergie solaire, devrait être implanté au cœur du village.Trop coûteuse dans un premier temps, la serre a été remise à plus tard.Le jardin communautaire est, lui, allé de l\u2019avant en collaboration avec les deux écoles du secteur.Enseignante à la maternelle de l\u2019école Pie XII, Caroline Naud a volontiers contribué au projet.Selon elle, les jardins permettent aux jeunes d\u2019« apprendre avec leurs sens » et de découvrir de nouveaux aliments. transition s\u2019est présentée au conseil municipal, en novembre 2018, pour demander aux élus d\u2019intégrer le développement durable dans toutes leurs décisions.« Cette première rencontre un peu houleuse nous a permis de comprendre que la Ville ne communiquait pas assez ses bons coups.» Il existait par exemple une politique de développement durable, qui visait notamment à réduire l\u2019empreinte des véhicules municipaux, mais elle était méconnue de la population.En tout cas, le message a été entendu.En avril 2019, la Ville a accepté de créer un comité citoyen de développement durable et, deux mois plus tard, elle approuvait un financement de près de 20 000 $ pour sept projets parmi les dix-sept proposés, dont plusieurs émanaient d\u2019Alma en transition.Le regroupement a continué sur sa lancée et déposé une liste de souhaits au conseil municipal en septembre, comme l\u2019installation d\u2019éclairages intelligents dans les endroits peu passants pour économiser de l\u2019énergie, l\u2019adoption d\u2019une nou- u pays des bleuets, les changements climatiques s\u2019atténuent un défi à la fois.C\u2019est la stratégie du regroupement citoyen Alma en transition.« Pour que les gens changent leur mode de vie petit à petit, on a décidé de lancer un défi par mois entre janvier et mai », explique Jean Westphal, un des membres actifs du mouvement.L\u2019objectif : réduire son empreinte carbone et favoriser un mode de vie plus durable grâce à l\u2019engagement citoyen.Véronique Fortin, qui travaille comme chargée de projet au Centre de solidarité internationale du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, a fait partie des 20 personnes qui ont relevé le défi carbone jusqu\u2019au bout.« J\u2019ai réussi à réduire mon empreinte en consommant plus de produits bios, locaux et équitables.Pour le transport, je n\u2019ai pas réussi à le réduire autant que je le souhaitais, mais j\u2019ai découvert le taxibus, qui marche vraiment bien », ajoute cette mère d\u2019un jeune garçon qui songe à vendre l\u2019une des deux voitures de la famille.Pour elle, ce désir de changement s\u2019est transformé en engagement politique.Élue conseillère municipale en 2017, Véronique Fortin était aux premières loges lorsqu\u2019une importante délégation d\u2019Alma en ans après son ouverture.Aujour- d\u2019hui, le bilan a un peu changé : elle n\u2019est plus tout à fait à l\u2019équilibre.« Nous sommes confrontés à un beau problème, reconnaît le maire de Varennes.L\u2019achalandage a doublé par rapport à l\u2019ancienne bibliothèque et nos besoins énergétiques sont plus élevés que ce que nous avions planifié.» Bâtiment chouchou des Varen- nois, la bibliothèque a notamment étendu ses heures d\u2019ouverture en soirée pour répondre à la demande.L\u2019édifice manque alors de lumière naturelle pour s\u2019éclairer et se chauffer de manière passive et consomme plus d\u2019énergie.Ce nouveau défi ne décourage pas Martin Damphousse pour autant.« Cela nous pousse à continuer à améliorer la bibliothèque.» Avec 150 visiteurs par jour, le stationnement initial est également devenu trop petit.Pas question cependant d\u2019ajouter de l\u2019asphalte et de contribuer au phénomène des îlots de chaleur : des pavés alvéolés ont été installés pour faire cohabiter stationnement et verdure.La Ville de Varennes a aussi profité de l\u2019espace entourant la bibliothèque pour y planter des arbres et créer un jardin collectif.our viser le net zéro, autrement dit produire autant d\u2019énergie qu\u2019on en consomme, il ne suffit pas d\u2019installer une ribambelle de panneaux solaires sur le toit ! « Notre bibliothèque, ce n\u2019est pas juste un édifice orienté pour profiter de l\u2019énergie solaire.C\u2019est un bâtiment intelligent, connecté à des serveurs qui optimisent simultanément tous nos systèmes : la géothermie, les panneaux photovoltaïques, le plancher radiant et le mur végétalisé », explique le maire de Varennes, Martin Damphousse.Grâce à ces systèmes passifs et aux énergies renouvelables, la bibliothèque Jacques-Lemoyne-de-Sainte- Marie consomme 78 % moins d\u2019énergie qu\u2019un bâtiment traditionnel de même taille.Cela représente une économie de 302 tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit l\u2019équivalent des émissions d\u2019un Québécois pendant 31 ans.En 2017, la bibliothèque de Varennes avait atteint l\u2019objectif net zéro deux PHASE 2 En action pour préserver la qualité de vie des citoyens Les municipalités jouent un rôle clé dans l\u2019adaptation aux changements climatiques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.C\u2019est pourquoi le gouvernement du Québec les soutient dans la réalisation de projets concrets.Pour en savoir plus : www.environnement.gouv.qc.ca/programmes/climat-municipalites2 auront bientôt un parcours d\u2019aventures en forêt à proximité du centre- ville, qui leur évitera de se déplacer en voiture et d\u2019émettre des gaz à effet de serre.Certaines municipalités vont même jusqu\u2019à prévoir un « volet vert » à leur démarche de budget participatif.Par exemple, Shawinigan alloue jusqu\u2019à 50 000 $ à des projets « visant un environnement sain et durable », comme la création d\u2019un arboretum dans un parc municipal.Et à Matane, des arbres à fruits comestibles poussent désormais en face de la bibliothèque située en plein centre-ville.velle politique de protection des arbres ou encore l\u2019installation de fontaines d\u2019eau.La philosophie « en transition » a notamment pris racine il y a cinq ans dans le quartier Saint-Pierre, se souvient Véronique Fortin.De petits projets en petits projets, le mouvement s\u2019est propagé aux autres quartiers, jusqu\u2019à s\u2019inviter au conseil municipal.Aujourd\u2019hui, le dialogue est ouvert et Alma veut « soutenir l\u2019engagement citoyen et être un faci- litateur de leur implication », souligne la mère de famille.éaménagement du secteur de Port-Saint-François, sur le bord du Saint-Laurent.Réfection du parc Nicoterre.Illumination du populaire terrain de baseball Ghislain-Auger.Les habitants de Nicolet, dans le Centre-du- Québec, ont à cœur leurs espaces publics ! Depuis 2017, ils sont invités à se prononcer sur les projets qu\u2019ils souhaitent voir se réaliser dans le cadre de la démarche de budget participatif de la municipalité.Le concept est simple : la Ville de Nicolet débloque une enveloppe équivalant à 1 % du budget municipal, soit environ 130 000 $ par année.Puis, elle laisse les citoyens s\u2019entendre sur la façon de la dépenser.Aucun droit de veto ; le peuple a le dernier mot.Ces trois dernières années, environ 10 % de la population de Nicolet s\u2019est prêtée à cet exercice de démocratie participative.Cela représente plus de 700 personnes ! Ce taux de participation réjouit la mairesse, Geneviève Dubois, d\u2019autant que la population doit se présenter à l\u2019hôtel de ville pour voter.« Les autres municipalités qui tiennent un tel processus ont des taux de cinq à dix fois moins élevés », affirme-t-elle.Trois ans après avoir cassé la glace, elle est « très fière » des retombées engendrées par les budgets participatifs.Selon elle, cette démarche permet aux citoyens d\u2019exprimer leurs préoccupations au-delà de l\u2019habituel cycle électoral de quatre ans.« L\u2019amélioration de la qualité de vie est au centre de leurs priorités.Ça envoie un message fort aux élus », note-t-elle.Les résidents de Nicolet ne sont pas les seuls à injecter leurs taxes dans des espaces verts et conviviaux qui contribuent à la réduction des îlots de chaleur.Un peu partout dans la province, les citoyens choisissent la plupart du temps, quand on leur en donne l\u2019occasion, des projets qui contribuent à la lutte contre les changements climatiques.L\u2019exemple de Rimouski est éloquent.À l\u2019issue du budget participatif 2019, son second, la population a voté pour la construction de ponts, de tyroliennes et de structures d\u2019escalade au parc Beauséjour.Ainsi, ils Investissez pour votre retraite tout en contribuant à une économie plus performante, équitable et verte.Apprenez-en plus : fondaction.com La valeur et le rendement des actions de Fondaction fluctuent, le passé n\u2019est pas indicatif du futur.Avant d\u2019investir et pour plus d\u2019information, veuillez consulter le prospectus à fondaction.com. AGIR AU QUOTIDIEN POUR S\u2019ADAPTER DE FAÇON DURABLE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES La Fédération québécoise des municipalités (FQM) et La Mutuelle des municipalités du Québec (MMQ) possèdent une expertise unique pour conseiller le monde municipal dans la prévention et l\u2019adaptation en lien avec les changements climatiques.GESTION DES RISQUES info@mutuellemmq.com mutuellemmq.com INGÉNIERIE ET INFRASTRUCTURES ingenierie@fqm.ca fqm.ca DES ÉQUIPES CHEVRONNÉES À VOTRE SERVICE l\u2019année.En parallèle, la Ville a distribué, gratuitement, des composteurs.« Ce système vise à optimiser les collectes de matières résiduelles et à inciter les citoyens à faire un meilleur tri de leurs déchets domestiques », précise le directeur du développement durable de Beaconsfield, Andrew Duffield.Et ça fonctionne ! La quantité moyenne de déchets produits chaque année par les habitants de Beaconsfield a diminué de 49 %, passant de 370 kg en 2013 à 183 kg en 2018 ! Et moins de déchets envoyés à l\u2019enfouissement, cela veut dire moins de gaz à effet de serre rejetés dans l\u2019atmosphère.En plus de coûter moins cher aux citoyens, les poubelles intelligentes nécessitent aussi moitié moins de camions pour faire la collecte (ce qui diminue aussi l\u2019empreinte carbone).Résultat : des économies de 42 % par rapport à une collecte traditionnelle.Ces surplus servent à bonifier les autres collectes de la ville : celles des résidus verts, des résidus de construction et des résidus encombrants.Les résidents de Beaconsfield ont aussi pris l\u2019habitude de sortir leur poubelle moins souvent, ce qui a eu des répercussions surprenantes, note Andrew Duffield.« Ils se sont mis à partager leurs bacs avec leurs voisins durant la saison estivale ! Comme la tarification est en fonction du nombre de collectes et non du poids, tout le monde y gagne.» « L\u2019une de nos préoccupations à la suite de ce nouveau système de collecte était que le recyclage en souffre, avec un bac bleu plein de produits non recyclables », confie Andrew Duffield.La Ville de Bea- consfield travaille donc actuellement à un projet-pilote pour réduire les erreurs de tri dans le bac bleu.n jeudi matin, à Beaconsfield.Le camion à ordures passe faire sa collecte.Pour un œil non averti, la scène est d\u2019une banalité ordinaire.Pourtant, les poubelles sur le bord de la rue sont munies d\u2019un transpon- deur \u2014 une puce \u2014 qui enregistre chaque fois qu\u2019ils sont vidés.Grâce à ces bacs intelligents, Beaconsfield est passée en quelques mois du deuxième rang parmi les municipalité les plus grosses productrices de déchets sur l\u2019île de Montréal (parmi les 33 villes et arrondissements évalués) à celui de premier de la classe.Implantée officiellement en janvier 2016, la collecte intelligente des déchets fonctionne sur le principe de l\u2019utilisateur-payeur : plus on sort sa poubelle, plus on paie à la fin de uin 2013.Le gouvernement québécois rejette partiellement une demande d\u2019agrandissement d\u2019un site d\u2019enfouissement à Drummondvil- le.Pour la municipalité, le message est clair : c\u2019est le temps de repenser les modes d\u2019élimination des déchets.Une commission consultative est mise en place et rend son rapport en 2016.Sa recommandation est simple : le seul déchet qui devrait être éliminé est celui qu\u2019on ne peut pas valoriser.Autrement dit, trognons de pomme et carcasses de poulet n\u2019ont plus leur place dans les poubelles des chaumières, pas plus que dans celles des restaurants, des usines ou des hôpitaux, qui eux, n\u2019étaient pas encore munis de bacs bruns.« À partir de là, on a travaillé sur un plan pour optimiser la gestion des matières résiduelles.D\u2019une part, on a décidé de s\u2019attaquer à l\u2019organique et, ensuite, d\u2019intervenir auprès des industries, des commerces et des institutions », explique Roger Leblanc, directeur du Service de l\u2019environnement de la ville.La collecte des matières organiques s\u2019organise en mai 2016 dans un projet-pilote avec 11 industries, commerces et institutions (ICI).Le centre commercial des Promenades Drummondville joue les cobayes.Et pas qu\u2019à moitié : du jour au lendemain, toutes les poubelles et les bacs de recyclage de la zone de restauration ont été retirés ! Les clients déposent leur plateau sur un chariot, un nouvel employé les trie.L\u2019adaptation a nécessité des investissements en argent et en temps, pour « seulement » 5 % de matières composta- bles sur l\u2019ensemble des déchets, précise la directrice générale de l\u2019époque, Céline Burdet, qui ne regrette pas de s\u2019être jointe au projet.L\u2019hôpital Sainte-Croix, autre cobaye volontaire, trie désormais les matières compostables des quelque 825 repas servis chaque jour.Munie de 18 bacs bruns résidentiels au départ, la direction comprend vite qu\u2019elle a sous-estimé son potentiel de récupération.Aujourd\u2019hui, un conteneur de quatre verges cubes trône dans le stationnement.Pour surmonter les défis, l\u2019hôpital a misé sur\u2026 ses employés ! Les convaincus ont joué les leaders.En un an, 30 tonnes de matières organiques, équivalant à 416 bacs bruns résidentiels, ont été détournées de l\u2019enfouissement, ce qui équivaut aux émissions de GES de deux allers- retours Montréal-Sydney en avion.Aux Promenades Drummondville aussi les résultats sont palpables, avec environ 18 tonnes de matières compostables collectées la première année.« La clé du succès, c\u2019est d\u2019y croire », dit Céline Burdet.Forte de cette réussite, la Ville a rendu obligatoire, en juin 2018, la collecte des matières organiques pour la trentaine d\u2019ICI considérés comme les plus grands générateurs de GES, en plus d\u2019offrir une desserte sur une base volontaire à tous les autres.« La municipalisation de ce service est une première au Québec », clame Roger Leblanc, en concluant que la Ville a l\u2019ambition d\u2019étendre la collecte des matières organiques à l\u2019ensemble des ICI d\u2019ici 2022.30 % Les arbres sont des climatiseurs naturels.Quand il pousse à côté d\u2019une maison, un arbre réduit les besoins en climatisation de 30 %.4 à 8 °C Une différence de 4 à 8 °C peut être constatée entre un espace à nu et un espace couvert par des arbres.5000 km Un mètre cube de bois emprisonne environ une tonne de carbone, ce qui correspond aux émissions d\u2019un trajet de 5000 km en voiture.4 mois Les forêts du Québec stockent environ 28,5 gigatonnes d\u2019équivalent CO2, soit quatre mois d\u2019émissions de GES au Québec. Leader en valorisation et en atténuation du bilan carbone, l\u2019UQTR innove dans un secteur d\u2019activité particulièrement porteur?: celui de la transition énergétique, qui touche notamment les domaines du transport et de l\u2019industrie.Fait remarquable, l\u2019UQTR met ses recherches au service des collectivités en région en aidant entreprises et municipalités à prendre le virage de la transition énergétique et du développement durable.Résultat?: un effet d\u2019entraînement qui implique activement citoyens et décideurs pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) aujourd\u2019hui et pour les années à venir.INSTITUT DE RECHERCHE SUR L\u2019HYDROGÈNE (IRH) Pour propulser la transition énergétique L\u2019un des plus importants établissements de recherche sur l\u2019hydrogène au pays, l\u2019IRH développe des technologies de pointe portant sur le stockage, la production et l\u2019utilisation sécuritaire de l\u2019élément le plus abondant de l\u2019univers.Son équipe de chercheurs spécialisés s\u2019implique dans différents domaines, incluant la mobilité \u2013 avec l\u2019optimisation de sources de propulsion hybrides \u2013 et le développement de matériaux révolutionnaires.Les nanostructures de carbone, pour emprisonner les gaz Depuis déjà cinq ans, l\u2019IRH développe des matériaux avancés pour le stockage d\u2019énergies émergentes dans un objectif d\u2019efficacité énergétique.L\u2019explication du professeur Gabriel Antonius?: «?Nous développons des nanostructures de carbone à l\u2019échelle atomique, qui sont organisées comme des petites cages nous permettant d\u2019emprisonner des gaz comme le CO 2 ou l\u2019hydrogène.Si une usine libère du CO 2 et qu\u2019on le fait passer dans un filtre de nanostructures de carbone, on peut le séquestrer avant qu\u2019il ne soit relâché dans l\u2019atmosphère.Et ça ne s\u2019arrête pas là, puisqu\u2019on empruntera l\u2019avenue de la conversion du CO 2 pour le transformer en quelque chose d\u2019utile, comme du méthane ou des carburants synthétiques qui seront réellement carboneutres.?» Les hydrures métalliques, pour stocker l\u2019hydrogène sous forme solide «?À l\u2019IRH, on utilise des métaux pour absorber l\u2019hydrogène et créer du même coup une alternative aux bonbonnes, poursuit le professeur Antonius.Nous venons d\u2019ailleurs de démarrer un projet pour optimiser ces matériaux avec des simulations numériques assistées par l\u2019intelligence artificielle.Le but?Développer des alliages à haute entropie, soit des hydrures métalliques aussi légers que possible, qui seront utilisés comme dispositifs de stockage dans les voitures à hydrogène.?» De la biomasse à la photocatalyse?: un exemple concret de chaîne de valeurs Les technologies de production d\u2019hydrogène à l\u2019aide de photocatalyse \u2013 ou énergie solaire \u2013 sont dans la mire de l\u2019IRH depuis deux ans.« Nous travaillons en collaboration avec l\u2019I2E3 pour valoriser la biomasse en la convertissant en matériaux innovants, qui seront utilisés à la fois dans les nanostructures et les systèmes de photocatalyse en vue de produire de l\u2019hydrogène, explique le professeur Antonius.Nous ne sommes pas les seuls à développer des technologies vertes.Mais ce que nous apportons de nouveau, La lutte aux changements climatiques est au cœur de l\u2019action de deux instituts de recherche de l\u2019UQTR qui innovent dans des domaines aussi diversi?és que la mobilité et la transformation de la biomasse.Tour d\u2019horizon.PA R M AU D E D U M A S c o l laborat ion sp é c ia le UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES L\u2019éco-innovation au service des collectivités Découvrez CONTENU PARTENAIRE Bis est une section qui regroupe des contenus produits pour des annonceurs.La rédaction du Devoir n\u2019a pas été impliquée dans la production de ces contenus.Enracinée dans son milieu et résolument branchée sur le monde, l\u2019UQTR se distingue dans la production, le transfert et la diffusion des connaissances, par la formation, la recherche, les services à la collectivité et l\u2019implication sociale des membres de sa communauté.L\u2019Institut de recherche sur l\u2019hydrogène de l\u2019UQTR possède la seule station de ravitaillement en hydrogène dans l\u2019Est canadien.Elle permet une recharge des véhicules en quelques minutes pour une autonomie de plusieurs centaines de kilomètres sans émissions polluantes.Dans l\u2019ordre habituel, Simon Barnabé et Gabriel Antonius, professeurs au Département de chimie, biochimie et physique de l\u2019UQTR.c\u2019est notre façon de produire une véritable chaîne de valeurs qui part de la réutilisation de produits résiduels et qui mène à la production d\u2019énergie verte.C\u2019est ce qui rend notre travail unique.?» INSTITUT D\u2019INNOVATIONS EN ÉCOMATÉRIAUX, ÉCOPRODUITS ET ÉCOÉNERGIE À BASE DE BIOMASSE (I2E3) Pour promouvoir le développement durable en région Les programmes de l\u2019I2E3 portent sur des axes de recherche interreliés qui gravitent autour de l\u2019utilisation optimale de la biomasse forestière, agricole, marine et urbaine dans les régions?: le développement de nouveaux écomatériaux et écoproduits, et le déploiement de biocarburants et de bioénergie.Tout un mandat?! Un levier important pour l\u2019économie régionale L\u2019I2E3 développe de nouveaux produits et de nouvelles technologies pour aider les entreprises transformatrices de biomasse à percer des marchés prometteurs et en pleine expansion.«?La biomasse forestière ou agricole est un moteur important de l\u2019économie régionale qui peut bénéficier à tout plein de gens, affirme le professeur Simon Barnabé, co-directeur de l\u2019I2E3.Si l\u2019on compare l\u2019énergie tirée de la biomasse à l\u2019énergie solaire ou éolienne, on constate que c\u2019est celle qui génère le plus d\u2019emplois en région.Il faut la récolter, l\u2019assécher, la déchiqueter, la broyer avant qu\u2019elle ne puisse être utilisée dans la fabrication de biocarburants ou d\u2019autres produits.La mission de l\u2019I2E3 est d\u2019aider les industries à diversifier les produits issus de cette biomasse.En fait, toutes nos actions ont un impact sur les économies locales.?» Les équipes de l\u2019I2E3 travaillent dans de nombreuses régions du Québec pour piloter des projets de développement durable et encourager l\u2019innovation.«?Nous réunissons tous les participants dans la chaîne de valeur, explique le professeur Barnabé.Cela va du fournisseur de biomasse à l\u2019utilisateur du produit final, en passant par les industries, les centres collégiaux de transfert technologique (CCTT) et les organismes de développement économique, ainsi que les mairies.Nous aidons les villes et les entreprises à s\u2019ouvrir à l\u2019innovation, et nous attirons du même coup des cerveaux dans les régions?!?» Un exemple concret?: le projet Bioénergie La Tuque qui rassemble une OBNL régionale en bioénergie, des acteurs importants de la nation Atikamekw, la pétrolière finlandaise Neste, les gouvernements provincial et fédéral, etc.pour fabriquer du carburant renouvelable à partir de résidus de coupe forestière du Haut-Saint-Maurice.Des écomatériaux et écoproduits révolutionnaires Produire du carburant avec de la biomasse n\u2019est pas toujours rentable.«?Mais si, en cours de processus, on va chercher une molécule qui pourra être utilisée dans le domaine des cosmétiques ou des produits de nettoyage industriel par exemple, on crée une chaîne de valeur dans un contexte d\u2019économie circulaire, précise le professeur Barnabé.Et on fait de l\u2019écodéveloppement, parce que ces molécules vertes vont remplacer d\u2019autres molécules potentiellement nocives ou polluantes.?» Ainsi, les équipes de l\u2019I2E3 contribuent au développement des connaissances pour aider les industries à transformer de la biomasse agricole comme des tiges de maïs en sucres de deuxième génération qui deviendront des biocarburants.Ou alors à utiliser des fibres de lin et de chanvre pour créer des composites pouvant remplacer le plastique ou créer des matériaux ultralégers destinés à l\u2019industrie automobile.L\u2019I2E3 travaille aussi à diversifier les produits de l\u2019industrie forestière et papetière.Du côté de la biomasse marine, on incorpore des algues dans des composites pouvant éventuellement remplacer le plastique dans la fabrication de bouteilles d\u2019eau, et on utilise même des cyanobactéries \u2013 il y en a de gentilles?! \u2013 pour décontaminer les eaux usées industrielles, dont celles des alumine- ries.Tout cela est fait en étroite synergie avec les CCTT, qui accélèrent les recherches et facilitent le transfert technologique.Former la relève L\u2019I2E3 a aussi pour mandat la valorisation des savoirs dans les applications industrielles et technologiques de ces secteurs d\u2019activité.Il comble ainsi les pénuries de main-d\u2019œuvre et prépare la relève en formant des chercheurs, des ingénieurs et des professionnels spécialisés.Il collabore aussi avec les CCTT et les écoles professionnelles des régions à la formation de techniciens et d\u2019opérateurs.Parce que le développement durable, c\u2019est un investissement pour l\u2019avenir?! 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