Le devoir, 13 décembre 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 284 / LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .B6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 ACTUALITÉS Données personnelles : scanner le visage plutôt que le billet | A 10 ZEITGEIST Noël pas de farce.la chronique de Josée Blanchette B 10 CULTURE Les couleurs vintage de Kaytranada B 1 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Mario Bunge FONDATION EN FAVEUR DE LA SOCIÉTÉ ET DE L\u2019ENVIRONNEMENT : www.ffse.org cette 1 chapitr 4 Montr ssage e le me z \u201c ape T .t stschrif e y F enar ent C e magistr œuvr s de l\u2019 é s, inspir e ysicien-philosophe Mario Bunge vient d\u2019 , le ph 7 96 alais depuis 1 é ssair ant mais néce xige a filosofia anti silos bunge viv , écrits par de ale de Bunge .and penseur e de ce gr ens que y s mo oir un de \u201d pour v ant dans 16 pa s viv s auteur u A \u2019 oir 100 ans.L v a t de siècle , depuis un quar ys.Springer vient de publier o c a s ew h t t a M .R .M n e i l ra t s end pour diffuser SE pr , la FF é l i p m MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Andrew Scheer résistait à la grogne des conservateurs depuis des semaines.Mais, faisant face à une controverse quant aux frais de scolarité de ses enfants payés par le Parti conservateur, le chef a baissé les bras et annoncé sa démission.« Afin de préparer les prochaines années, ce parti et ce mouvement ont besoin de quelqu\u2019un qui peut se donner à 100%.Suite à des conversations que j\u2019ai tenues avec mes enfants et mes proches, j\u2019ai senti qu\u2019il était temps de donner la priorité à ma famille », a annoncé Andrew Scheer aux Communes jeudi.Le député de Saskatchewan compte demeurer chef intérimaire, d\u2019ici l\u2019élection d\u2019un nouveau chef permanent.« Alors que notre parti entame cette période excitante qu\u2019est l\u2019élection d\u2019un nouveau chef, ma seule demande pour mes collègues conservateurs est celle- ci : restons unis », a imploré M.Scheer, après avoir tenté d\u2019ignorer depuis l\u2019élection d\u2019octobre les nombreux appels à sa démission.Le chef a finalement abdiqué jeudi, à la surprise générale.Une nouvelle venait d\u2019ébranler les rangs conservateurs : le parti payait depuis deux ans une partie des frais d\u2019école privée des enfants de M.Scheer (quatre des cinq sont d\u2019âge scolaire).Une information PARTI CONSERVATEUR Scheer démissionne en pleine controverse C\u2019est son parti qui payait, discrètement, l\u2019école privée de ses enfants AMÉLI PINEDA ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Les enseignantes voilées subissent bel et bien un préjudice depuis l\u2019application de la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Toutefois, l\u2019esprit même de la disposition de dérogation doit décourager les tribunaux de suspendre temporairement la loi, tranche la Cour d\u2019appel dans une décision partagée, à deux contre un, et marquée par la dissidence de la juge en chef, Nicole Duval Hesler.« Au stade de la présente procédure, la Cour doit tenir pour acquis que la loi LAÏCITÉ La loi 21 s\u2019applique, tranche la Cour Les demandeurs n\u2019ont pas décidé s\u2019ils s\u2019adresseront au plus haut tribunal du pays MARCO FORTIER LE DEVOIR rès de l\u2019entrée du service de garde d\u2019une école primaire de Verdun, un terrain couvert de boue fait jaser les parents.Cette petite cour de récréation est laissée à l\u2019abandon depuis trois ans, même si des parents ont amassé des milliers de dollars pour y aménager une aire de jeu pour les élèves.Les parents de l\u2019école Notre-Dame-de-Lourdes de Verdun sont découragés.Ils ont amassé 6000 $ en se mobilisant bénévolement et en vendant de la soupe, des livres et des sapins de Noël.Ils veulent rénover la portion de cour d\u2019école qui accueillait autrefois les élèves de la maternelle 4 ans.Cette section comportait un module de jeux et un tapis protecteur de copeaux de bois, qui ont été enlevés pour des raisons de sécurité il y a trois ans.Depuis, plus rien.« C\u2019est de la bouette », résume Raphaël Gani, père d\u2019un élève de cinquième année.De la « bouette » parsemée de briques abandonnées depuis les travaux de maçonnerie qui ont été réalisés sur le bâtiment au cours des derniers mois.« Triste spectacle pour les élèves, le personnel de l\u2019école et les milliers de passants qui passent par là chaque jour.Les élèves ont accès à deux autres cours d\u2019école, au moins », a écrit le père de famille au Devoir.Allez jouer dehors, qu\u2019il disait.Les demandeurs étaient déçus de la décision rendue par la Cour d\u2019appel du Québec.JACQUES NADEAU LE DEVOIR P VOIR PAGE A 4 : JOUER VOIR PAGE A 2 : SCHEER VOIR PAGE A 8 : RETOUR SUR TERRE, L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC VOIR PAGE A 2 : LAÏCITÉ MONDE Boris Johnson en route vers une victoire historique A 7 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Arrêté la veille des commémorations de Polytechnique, le blogueur faisant l\u2019apologie du tueur Marc Lépine demande à être remis en liberté en attendant son procès.L\u2019homme s\u2019est défendu jeudi de propager la haine, se décrivant plutôt comme un « intellectuel » qui s\u2019intéresse « aux problématiques hommes-femmes ».«Toute ma vie, j\u2019ai eu peur de la puissance du féminisme.J\u2019avais peur de perdre ma job, alors je me suis fermé la gueule [\u2026] Vers la fin de ma vie utile, à l\u2019approche de ma retraite, [j\u2019ai décidé de INCITATION À LA HAINE L\u2019accusé promet de cesser de nourrir ses blogues Arrêté la veille des cérémonies à la mémoire des victimes de Polytechnique, le pourfendeur des femmes Jean-Claude Rochefort se présente comme le grand-père des incels Chacun des juges a expliqué sa décision LAÏCITÉ SUITE DE LA PAGE A 1 sert un objectif d\u2019intérêt général valable.À moins qu\u2019il ne soit manifeste que la loi adoptée ne vise aucun objectif d\u2019intérêt public, les tribunaux doivent le tenir pour acquis », note la juge Dominique Bélanger dans une décision rendue jeudi.La Cour d\u2019appel n\u2019a donc pas été convaincue de l\u2019urgence de suspendre certains articles de la loi, comme le demandaient le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), l\u2019Association canadienne des libertés civiles et Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hidjab.En attendant que le tribunal se penche sur la constitutionnalité de la loi, ces derniers avaient tenté en juillet dernier d\u2019obtenir en Cour supérieure la suspension immédiate des articles de la loi qui interdisent aux employés du secteur public de porter des signes religieux au travail, mais aussi qui obligent les gens à donner ou à recevoir des services publics à visage découvert.Déception « Évidemment, nous sommes déçus de la décision, a réagi Mustafa Farooq, le directeur général du CNMC, en entretien au Devoir.Nous allons maintenant l\u2019évaluer en détail avant de la commenter davantage.» M.Farooq n\u2019a pas voulu dire si son organisation comptait porter la cause en appel devant la Cour suprême.La Loi sur la laïcité de l\u2019État, adoptée en juin à l\u2019Assemblée nationale, interdit aux employés de l\u2019État en position d\u2019autorité coercitive, dont les enseignants du réseau public, de porter des signes religieux dans l\u2019exercice de leurs fonctions.Elle est protégée par la disposition de dérogation, ce qui la soustrait à certains articles des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.La ministre de la Justice du Québec, Sonia LeBel, a réagi jeudi en indiquant que le gouvernement provincial est satisfait que la Loi sur la laïcité de l\u2019État demeure en vigueur.« Nous continuerons à défendre le bien-fondé et la constitutionnalité de cette loi, comme ceux de toutes les lois adoptées démocratiquement par l\u2019Assemblée nationale », a-t-elle déclaré.À Ottawa, le ministre de la Justice, David Lametti, a rappelé que le gouvernement fédéral continuerait à « surveiller de près les procès » concernant la loi 21.« Rien n\u2019a changé aujourd\u2019hui dans notre position », a-t-il déclaré en mêlée de presse : « ce n\u2019est pas à un gouvernement de dire à ses citoyens quoi porter ou ne pas porter ».Décision partagée Signe de la complexité du débat juridique qu\u2019implique la loi 21, chaque juge a rendu séparément les motifs de sa décision.« En l\u2019espèce, ce que la [disposition de dérogation] impose aux tribunaux, En attendant un nouveau chef SCHEER SUITE DE LA PAGE A 1 inconnue, jusqu\u2019ici, de la quasi-totalité des conservateurs.Le président du parti, Dustin van Vugt, l\u2019a confirmée en cours de journée.« Peu après l\u2019élection de M.Scheer comme chef du parti, nous avons eu une rencontre lors de laquelle j\u2019ai fait l\u2019offre standard de couvrir les coûts liés au déménagement de sa famille de Regina à Ottawa.Cela comprend la différence dans les frais de scolarité.» Le parti n\u2019a pas précisé les sommes qui ont été versées à la famille Scheer.M.van Vugt a plaidé que « toutes les procédures appropriées ont été respectées ».Mais les membres du Fonds conservateur \u2014 qui sollicite les dons \u2014 n\u2019avaient pas été avisés et ont été furieux de l\u2019apprendre, selon nos informations.Les députés qui étaient restés fidèles à M.Scheer, à la suite des résultats décevants de l\u2019élection, ont refusé de le critiquer, répétant que le chef démissionnait pour des raisons familiales et non pas à cause du scandale.« Il a pris une décision courageuse.C\u2019est une décision difficile», a réagi le député québécois Luc Berthold.« Tout le monde était très étonné, et très triste», a relaté l\u2019élue Marilyn Gladu à propos de l\u2019état des troupes lorsque M.Scheer leur a annoncé sa démission, lors d\u2019une rencontre extraordinaire du caucus jeudi matin.Le sénateur Claude Carignan, qui était un des seuls à avoir réclamé publiquement la démission du chef, croit cependant que c\u2019est bien cette controverse qui a précipité son départ.« Si ça sort aujourd\u2019hui et qu\u2019il démissionne aujourd\u2019hui, j\u2019imagine que c\u2019est une des gouttes qui ont fait déborder le vase.» Mais la pression ne cessait d\u2019augmenter, a-t-il rappelé, puisque le chef avait perdu la confiance d\u2019un grand nombre de conservateurs.« C\u2019est une accumulation.» Le député Gérard Deltell, qui songerait à la chefferie selon des sources, espérait des « explications ».« C\u2019est le genre de choses qu\u2019on préfère savoir avant plutôt que pendant, qu\u2019après ce n\u2019est jamais très agréable.» Un putsch organisé Non seulement le leadership de M.Scheer était-il contesté au sein du caucus québécois, mais aussi par plusieurs conservateurs de l\u2019Ontario.Même en Alberta, les troupes étaient furieuses que le chef n\u2019ait pas réussi à gagner l\u2019élection.D\u2019anciens stratèges menaient une campagne pour le forcer à partir.Les conservateurs progressistes lui reprochaient ses croyances pro-vie, tandis que les groupes pro-vie l\u2019accusaient de ne pas avoir suffisamment défendu leurs valeurs.C\u2019est dans ce contexte que des journalistes ont été informés que le Parti conservateur épongeait les frais de scolarité des enfants de M.Scheer.Les questions des journalistes au cours des derniers jours ont alerté les membres de l\u2019exécutif du parti et du Fonds conservateur, qui ont mal réagi.Le sénateur Jean-Guy Dagenais, qui a quitté le caucus conservateur après c\u2019est de laisser à leur sort, à cette étape du dossier, des femmes diplômées prêtes à travailler qui, pour l\u2019unique raison qu\u2019elles portent le voile, se sont vu refuser l\u2019accès à un emploi », note la juge Bélanger dans sa décision.Le juge Robert M.Mainville indique pour sa part que les arguments avancés par les demandeurs, qui cherchent à contourner les protections procurées par la disposition de dérogation en invoquant, par exemple, une inégalité fondée sur le genre, « ne s\u2019imposent pas d\u2019emblée et sont loin d\u2019être évidents».Nicole Duval Hesler Plongée dans la controverse à la suite de propos qu\u2019elle a tenu lors de l\u2019audience d\u2019appel, la juge Nicole Duval Hesler est la seule des trois magistrats qui aurait suspendu temporairement certaines dispositions de la loi, le temps qu\u2019un tribunal se penche sur le fond du dossier.Et ce, malgré la disposition de dérogation.« Permettre à quelques personnes additionnelles d\u2019enseigner en portant le hidjab ne pourrait, à mon humble avis, compromettre l\u2019intérêt public », souligne-t-elle.Pour en convaincre, la juge écrit que le législateur, « dans sa sagesse », a déjà prévu une clause de droits acquis permettant aux enseignantes déjà en poste et portant un signe religieux avant le 27 mars 2019 de continuer à le faire.Étonnement La divergence d\u2019avis parmi les trois juges a étonné le professeur de droit Patrick Taillon, de l\u2019Université Laval.« J\u2019ai été surpris que la décision ne soit pas unanime, soulève-t-il.Avec la crise dans laquelle est plongée la Cour d\u2019appel [\u2026], j\u2019avais tendance à penser que la cour allait faire preuve d\u2019unité.» De l\u2019avis de son collègue Louis-Phi- lippe Lampron, aussi de l\u2019Université Laval, la décision de jeudi clarifie l\u2019état du droit sur la possibilité de suspendre temporairement l\u2019application d\u2019une loi, le temps qu\u2019on en conteste la validité constitutionnelle sur le fond : il s\u2019agit bien d\u2019une mesure exceptionnelle.Les deux constitutionnalistes s\u2019entendent pour dire que les juges majoritaires ont fait preuve de la retenue nécessaire à cette étape-ci du dossier.Une suspension de la loi aurait remis en question le principe même de la disposition de dérogation.« On aurait presque pu parler, je pense, de crise constitutionnelle », avance Louis-Philippe Lampron.Fond de polémique Rappelons que l\u2019audition de cet appel avait plongé dans la controverse la juge Duval Hesler, à qui l\u2019on a reproché d\u2019avoir manqué à son devoir de réserve.La juge a notamment laissé entendre que les sympathisants de la Loi sur la laïcité de l\u2019État souffraient d\u2019« allergies visuelles » face aux signes religieux, lors d\u2019une audience le 26 novembre dernier.M.Rochefort a admis être l\u2019auteur de trois blogues sur lesquels il tient un décompte en attendant le « Marc Lépine Day ».« Tout homme est un frère en puissance, toute femme est une ennemie potentielle », a-t-il notamment écrit en guise de présentation d\u2019un de ses sites Web.À plusieurs reprises l\u2019homme a assuré qu\u2019il est prêt à cesser d\u2019écrire.Il s\u2019est aussi engagé à se débrancher d\u2019Internet si le juge lui permet de retourner chez lui en attendant son procès.« Ça va me coûter moins cher, je vais être content », a-t-il dit.L\u2019accusé a aussi raconté être dépassé par la popularité de ses écrits, mais n\u2019a toutefois jamais exprimé de regrets.L\u2019homme s\u2019inquiète surtout du nombre de visiteurs sur ses blogues, qui a explosé, passant de 3000 en 2009 à 60000 en 2019.«Je suis fatigué d\u2019écrire.Ce qui me fait peur, c\u2019est qu\u2019en 2009, c\u2019étaient des citoyens moyens qui fréquentaient mes blogues, mais au- jourd\u2019hui, ce sont des jeunes [qui s\u2019attendent à du contenu]», a-t-il mentionné.Collaboration avec des incels M.Rochefort a aussi reconnu qu\u2019il collaborait avec des groupes incels, ces hommes célibataires qui détestent les femmes, avec qui il partageait ses écrits antiféministes.« Je ne suis pas le père spirituel des in- cels.Je suis plutôt un grand-père », a-t- il souligné.Et il a ajouté qu\u2019avant son arrestation, il avait déjà pris la décision de cesser d\u2019écrire après les commémorations du 6 décembre.« Je leur avais promis qu\u2019il y aurait 66 textes du 1er octobre jusqu\u2019au 6 décembre.Même un journaliste ne peut pas écrire 65 articles de fond en 65 jours », a expliqué l\u2019homme.Si, sur ses blogues, il faisait l\u2019apologie de Marc Lépine, jamais durant l\u2019audience l\u2019accusé n\u2019a prononcé de mots liés à la tuerie de Polytechnique.En 2009, il avait déjà été arrêté et incarcéré pendant plusieurs semaines, accusé de possession illégale d\u2019une arme à feu et d\u2019avoir proféré des menaces de mort à l\u2019endroit des femmes.Il avait plaidé coupable à une accusation de possession non autorisée d\u2019une arme à feu, écopant de 50 heures de travaux communautaires et d\u2019une interdiction de posséder une arme pendant 10 ans, soit jusqu\u2019en 2021.Les autres accusations avaient été abandonnées.L\u2019avocat de M.Rochefort, Me Marc- Olivier Carrier, estime que son client peut être remis en liberté.« Ses écrits sont inquiétants et choquants, mais ce n\u2019est pas violent », a-t-il dit.La Couronne s\u2019oppose à ce qu\u2019il soit libéré, rappelant qu\u2019il n\u2019a pas été accusé pour des gestes violents, mais bien pour incitation à la haine.Le juge Delisle devrait rendre sa décision lundi.Toute ma vie, j\u2019ai eu peur de la puissance du féminisme JEAN-CLAUDE ROCHEFORT » avoir réclamé la démission du chef, a vivement dénoncé que les dons des membres aient ainsi été redistribués alors que des candidates à qui il prêtait main-forte cet automne n\u2019ont pas reçu d\u2019argent pour les aider à faire campagne.« Et aujourd\u2019hui, elles apprennent que M.Scheer a fait payer l\u2019école privée à ses enfants par le parti.C\u2019est inacceptable.» Marché inapproprié Kory Teneycke, l\u2019ancien attaché de Stephen Harper qui avait lancé un mouvement pour détrôner le chef, estime également qu\u2019un tel marché conclu sans aviser les membres du parti est « complètement inapproprié » et « ne devrait pas être toléré ».Les partis remboursent fréquemment certaines dépenses liées à l\u2019emploi.« Payer l\u2019école privée des enfants n\u2019est pas lié au fait d\u2019être chef du Parti conservateur.C\u2019est se remplir les poches », a-t-il rétorqué, en arguant que M.Scheer ne devrait même pas rester comme chef intérimaire.Réunis une deuxième fois en caucus d\u2019urgence, en fin de journée, les conservateurs ont toutefois décidé d\u2019appuyer M.Scheer dans ce rôle.Le Parti conservateur devra maintenant organiser une nouvelle course à la chefferie.Les libéraux ont refusé de se réjouir de voir leurs rivaux ainsi occupés pour les prochains mois.En coulisses, on est soulagé qu\u2019à court terme, le gouvernement minoritaire n\u2019aura pas à se soucier d\u2019être renversé.Mais on craint que les conservateurs se choisissent un nouveau chef qui serait un adversaire plus farouche pour Justin Trudeau.Les anciens ministres Rona Ambrose et Peter MacKay sont pressentis comme candidats potentiels, tandis que les députés Gérard Deltell, Pierre Poilievre, Candice Bergen, Erin O\u2019Toole et Michelle Rempel y songeraient, selon nos informations.Le premier ministre, Justin Trudeau, a traversé le parquet de la Chambre des communes pour saluer son adversaire, le chef démissionnaire du Parti conservateur, Andrew Scheer.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Si ça sort aujourd\u2019hui et qu\u2019il démissionne aujourd\u2019hui, j\u2019imagine que c\u2019est une des gouttes qui fait déborder le vase CLAUDE CARIGNAN » m\u2019exprimer]», a expliqué, de manière parfois décousue, Jean-Claude Rochefort, qui était de retour au palais de justice pour son enquête sur remise en liberté.L\u2019homme de 70 ans a tenu à s\u2019adresser au juge Serge Delisle, malgré les tentatives de son avocat pour qu\u2019il garde le silence.Dans le box des accusés, il tenait dans ses mains une note manuscrite.«Écoutez, [mon cas] est une cause sociale, une cause politique, mais pas criminelle du tout», a fait valoir M.Rochefort.L\u2019homme a été arrêté le 5 décembre dernier, la veille des commémorations en mémoire des 14 victimes de la tuerie de Polytechnique. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 La chronique de Christian Rioux fait relâche aujourd\u2019hui.Retrouvez-la semaine prochaine.ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Recours contre l\u2019indiscrétion de l\u2019État Les médecins résidents du Québec s\u2019adressent au tribunal pour que cessent les questions discriminatoires au sujet de leur statut parental La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) poursuit le ministère de la Santé et la procureure générale du Québec pour que cessent les pratiques discriminatoires à l\u2019embauche concernant le statut parental de ses membres.«?Souhaitez-vous avoir des enfants?En avez-vous déjà?» C\u2019est la question à laquelle plus d\u2019un quart des jeunes médecins ont dû répondre lors d\u2019une entrevue d\u2019embauche en 2019, révèle un sondage mené par la fédération auprès de 176 de ses membres.Ces pratiques ont été constatées dans toutes les régions du Québec et pour toutes les spécialités médicales.Elles sont pourtant considérées comme discriminatoires en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et de la Charte canadienne des droits et libertés, d\u2019après la FMRQ.«?Les questions sur la parentalité n\u2019ont rien à voir avec la compétence ou les exigences requises pour pratiquer la médecine au Québec?», s\u2019offusque son président, le Dr Christian Campagna.Une situation qui perdure depuis plusieurs années déjà.En 2016, la fédération avait déjà mené un sondage similaire et un quart des médecins résidents s\u2019étaient fait questionner sur leur statut parental.Un autre sondage en 2017 avait montré que 32 % des médecins en recherche d\u2019emploi se faisaient toujours poser la question.Et «?malgré [de] nombreuses interventions?» de la FMRQ auprès de la ministre de la Santé et de son prédécesseur \u2014 la dernière remontant au mois de mai dernier \u2014, aucun changement ne s\u2019opère dans le milieu.C\u2019est pourquoi la Fédération a décidé de s\u2019adresser directement à la Cour supérieure en déposant une poursuite et une demande d\u2019injonction au nom de tous les médecins résidents qui ont été victimes d\u2019une telle discrimination à l\u2019embauche.«?Le gouvernement doit agir pour mettre un terme à cette discrimination inacceptable envers la relève médicale, et envers les jeunes femmes en particulier.On arrive en 2020, il serait temps que les employeurs en médecine respectent les droits fondamentaux?», insiste le Dr Campagna, par voie de communiqué.Des «?directives claires?» La FMRQ demande ainsi au tribunal d\u2019ordonner la fin de ces pratiques et réclame que des «?directives claires sur les bonnes techniques d\u2019entrevues?» à adopter soient transmises aux établissements de santé de la province.Elle demande aussi qu\u2019un programme de formation soit mis sur pied pour guider les intervenants impliqués dans les entrevues de sélection pour des postes de médecins.Ils devraient davantage apprécier le niveau de connaissances du candidat, son expérience et ses intérêts professionnels plutôt que de se soucier de leur volonté d\u2019avoir des enfants, plaide le Dr Campagna.Des dommages compensatoires, moraux et punitifs sont aussi réclamés.Ces sommes seraient remises à des organismes de défense des droits de la personne si le tribunal donne raison à la FMRQ.à la FMRQ.MYLÈNE CRÊTE ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Contrairement à ce qu\u2019avait indiqué le premier ministre François Legault, les augmentations de salaires des quelque 550 000 employés des secteurs publics et parapublics n\u2019atteignent pas l\u2019inflation dans l\u2019offre rendue publique jeudi par le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.Ce dernier leur offre en tout 7 % sur cinq ans et ajoute un montant forfaitaire de 1000 $ pour les employés au dernier échelon salarial.Une approche « responsable » et « raisonnable », selon le ministre Dubé.« Il faut regarder premièrement qu\u2019on est dans un dépôt, on commence.» Le Trésor s\u2019est par contre gardé une marge de manœuvre pour les offres bonifiées promises aux enseignants et aux préposés aux bénéficiaires, qui, si elle devait être répartie entre tous les employés de l\u2019État, ferait passer la hausse de 7 % à 9 %.Cela fait dire à M.Dubé que son offre globale frôle le taux d\u2019inflation, qui est estimé à 10,2 % entre 2020-2021 et 2024-2025.« En ce moment, même au dépôt, on répond à notre objectif d\u2019être à l\u2019inflation et d\u2019avoir une mesure différenciée pour les catégories qu\u2019on a décidé de privilégier en santé et en éducation », a-t-il ajouté.Les employés de l\u2019État recevront une hausse salariale annuelle de 1,75 % au cours des deux premières années, de 1,5 % la troisième année et de 1 % pour les deux dernières années.M.Dubé crée trois forums de discussion pour la négociation des offres différenciées : le premier sur la réussite éducative, le deuxième sur l\u2019hébergement et les soins à domicile et le troisième sur la santé de tous les salariés, où il sera question d\u2019absentéisme.« C\u2019est tout à fait normal qu\u2019au début, on ne mette pas ce montant-là sur la table parce qu\u2019on est capables de discuter avec eux comment on va faire pour trouver la façon de faire une offre différenciée », a-t-il expliqué, en soulignant que les conventions collectives posaient un défi à cet égard.« Ce n\u2019est pas juste un forum de discussion, c\u2019est un forum de discussion où on va vouloir convenir de mesures monétaires qui vont se traduire sur les échelles [salariales] des personnes », a précisé la négociatrice en chef du gouvernement, Me Édith Lapointe.Le ministre invite les syndicats à faire tout de suite leur deuil du rattrapage salarial souhaité, eux qui espéraient profiter de la bonne tenue financière du gouvernement.« Vous comprendrez qu\u2019acquiescer aux demandes syndicales actuelles, qui représentent à terme une augmentation moyenne récurrente de 28 % sur trois ans, mettrait en péril la situation financière du Québec, non seulement à court et moyen terme, mais hypothéquerait également la capacité de payer des prochaines générations », s\u2019est défendu Christian Dubé.Chaque hausse salariale de 1 % équivaut à une augmentation récurrente de 400 millions de dollars des dépenses de l\u2019État, a-t-il fait valoir.Une offre « méprisante » « C\u2019est une insulte ! » a lancé Sonia Éthier, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ ).Mme Éthier a ajouté que le gouvernement « mettait le feu aux poudres », mais la CSQ n\u2019est pas prête à recourir à des moyens de pression pour l\u2019instant, tout comme les autres centrales d\u2019ailleurs.Du côté des infirmières, on parlait carrément d\u2019une offre « méprisante », voire d\u2019une « claque au visage ».La Fédération interprofessionnelle de la Santé (FIQ ) est d\u2019autant plus choquée qu\u2019elle n\u2019a pas été invitée à participer au forum sur l\u2019hébergement et les soins à domicile, comme les préposés aux bénéficiaires.« On nous écarte », a dénoncé sa présidente, Nancy Bé- dard, aux côtés de l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux du Québec, qui représente notamment des travailleurs sociaux, des psychologues et des nutritionnistes.L\u2019un après l\u2019autre, les syndicats ont souligné qu\u2019une hausse inférieure aux taux d\u2019inflation avait nécessairement pour effet d\u2019appauvrir ses membres.« Les tarifs d\u2019Hydro-Québec sont indexés et on annonce que le coût du panier d\u2019épicerie va augmenter de 6 à 8 % », a souligné la vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville.La CSN, qui représente la majorité des préposés aux bénéficiaires du réseau public, a toutefois concédé que ces membres s\u2019en tiraient mieux, mais sans plus.« Les préposés ne sont pas contents et les autres le sont encore moins », a dit la présidente du syndicat.Un peu moins virulent que les autres, le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer, a dit que l\u2019offre était « insuffisante », mais relevé que c\u2019était « mieux que ce qu\u2019on avait connu dans les précédentes négociations ».Quant aux employés du gouvernement, ils ont brandi la menace d\u2019un «exode» des fonctionnaires.«On a des surplus et il faudrait encore qu\u2019on se serre la ceinture », s\u2019est indigné Christian Daigle du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.Enfin, les professionnels du gouvernement ont qualifié les offres de « plus qu\u2019insultantes ».En soutenant seulement les préposés et les professionnels, le gouvernement cherche à se faire « du capital politique » parce que ce sont les métiers les plus « visibles », a déploré la présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, Line Lamarre.SECTEURS PUBLICS ET PARAPUBLICS Québec est moins généreux que ce qu\u2019il avait annoncé Le premier ministre parlait d\u2019aligner les hausses sur l\u2019inflation, mais l\u2019offre initiale du Conseil du trésor est de 7 % sur cinq ans En 2015, les syndicats avaient formé un front commun pour négocier avec l\u2019État, ce qui n\u2019est pas le cas cette année.Jeudi, le Conseil du trésor a présenté une première mouture de son offre salariale, proposition rapidement critiquée par les syndicats.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les forces en présence Confédération des syndicats nationaux : 150 000 membres Centrale des syndicats du Québec : 125 000 Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec : 76 000 Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux : 55 000 Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec : 55 000 Fédération autonome de l\u2019enseignement : 45 000 Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec : 40 000 Syndicat de professionnelle et professionnels du gouvernement du Québec : 28 000 ISTOCK Les questions sur la parentalité n\u2019ont rien à voir avec la compétence ou les exigences requises pour pratiquer la médecine au Québec DR CHRISTIAN CAMPAGNA » LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 L\u2019inertie du système JOUER SUITE DE LA PAGE A 1 « C\u2019est un enjeu qui ne me semble pas si gros que ça.Une petite cour d\u2019école à refaire.Je me suis dit : on va trouver une solution.Mais non ! On frappe un mur.Personne n\u2019est vraiment imputable », explique-t-il.Force d\u2019inertie Pour lui, cette situation en apparence anodine illustre la force d\u2019inertie de l\u2019école publique québécoise.Comme Le Devoir le rappelait récemment, il faut être prêt à traverser un véritable parcours du combattant pour embellir une cour d\u2019école.Et parfois même affronter l\u2019indifférence des gestionnaires scolaires.Raphaël Gani dit s\u2019être adressé au directeur de l\u2019école, il y a trois ans.Un projet de revitalisation a échoué parce que la Ville interdit qu\u2019on installe du gazon synthétique.Le directeur a été remplacé.La nouvelle directrice n\u2019a rien pu faire, selon M.Gani.Il s\u2019est adressé à la Commission scolaire Marguerite- Bourgeoys (CSMB).La responsable du dossier était en congé de maternité.Nouvel appel à l\u2019aide, cette fois à la protectrice de l\u2019élève de la CSMB, Monique Théroux.Elle a jugé la plainte irrecevable : « La présence et la fonctionnalité d\u2019une cour d\u2019école, bien que souhaitables, ne sont pas un service obligatoire devant être rendu par une école », a-t-elle indiqué par écrit le 3 octobre 2019.Elle souligne que deux autres cours de récréation sont offertes sur le terrain de l\u2019école.Raphaël Gani en convient, mais il rappelle que les élèves manquent d\u2019espace.Ça adonne bien : les parents sont mobilisés pour embellir les lieux.« Un élément important » Une directive du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur envoyée le mois dernier aux commissions scolaires décrit pourtant les cours d\u2019école comme « un élément important d\u2019un milieu de vie inclusif qui favorise la réussite éducative.La cour doit donc être vue comme un prolongement de l\u2019école, tant sur le plan des usages que des apprentissages ».Le ministre Jean-François Roberge a récemment doublé la somme attribuée par Québec pour embellir les cours d\u2019école.L\u2019aide financière maximale est passée de 25 000$ à 50 000$ par projet.Les parents doivent désormais amasser 40 % des coûts, et non 60 % comme autrefois \u2014 en vendant de la soupe, du chocolat ou des sapins de Noël, par exemple.Le ministre Roberge veut faire bouger les élèves, et si possible à l\u2019extérieur.Il a obligé les écoles primaires à offrir deux périodes de récréation de 20 minutes par jour, une en matinée, l\u2019autre en après-midi.Jouer dehors favorise la réussite des élèves, a-t-il rappelé.D\u2019où « l\u2019importance » des cours d\u2019école.La protectrice de l\u2019élève de la CSMB conseille aux parents de ne pas abandonner : « Une nouvelle proposition vient tout juste d\u2019être envisagée et elle semble prometteuse.Elle doit être regardée plus en détail.Lorsqu\u2019un projet sera arrêté, il faudra prévoir les étapes de présentation au comité de la cour, au conseil d\u2019établissement, puis toutes les étapes d\u2019autorisation, de soumission, de choix d\u2019un soumissionnaire, etc.Pour l\u2019instant, il serait hasardeux de prévoir une date fixe de la fin de réalisation du projet », indique-t-elle.Chrystine Loriaux, directrice des communications à la CSMB, confirme la volonté, à la commission scolaire, d\u2019améliorer cette portion de cour d\u2019école.« Au cours des derniers mois, nous avons effectivement travaillé sur la rédaction d\u2019un projet visant à embellir la petite parcelle de terrain destinée aux maternelles 4 ans.Le projet est toujours actif et toutes les parties prenantes ont bien l\u2019intention de le réaliser le plus tôt possible.Le programme d\u2019embellissement des cours d\u2019école du gouvernement du Québec, la collaboration d\u2019organismes et le travail remarquable des parents nous permettront de faire un grand pas en avant », indique-t-elle dans un courriel.La direction et le comité de parents travaillent « en étroite collaboration », précise la représentante de la commission scolaire.« Ils sont créatifs et [nous] sommes heureux de pouvoir compter sur leur participation dans nos différents projets.» Raphaël Gani, en tout cas, commence à devenir sceptique.LIA LÉVESQUE LA PRESSE CANADIENNE Quatre requêtes dans le but d\u2019intenter de nouvelles actions collectives viennent d\u2019être déposées contre des communautés religieuses ou des diocèses pour dédommager des personnes qui auraient subi des violences sexuelles dans leur jeunesse.Au cours d\u2019une conférence de presse, jeudi à Montréal, Me Alain Arsenault a précisé que ces quatre nouvelles requêtes visent le diocèse Saint-Jean- Longueuil, le diocèse de Joliette, les religieux de Saint-Vincent-de-Paul et les Frères de Saint-Gabriel.Les requérants demandent 300 000$ par victime à titre de dommages moraux \u2014 un montant maximal, selon la VIOLENCES SEXUELLES Quatre actions collectives déposées contre des communautés religieuses victime touchée \u2014, 150 000 $ à titre de pertes pécuniaires et 150 000 $ à titre de dommages punitifs, a précisé Me Arsenault.« Les deux congrégations religieuses s\u2019occupaient d\u2019enfants pour leur éducation.C\u2019était le plus souvent des enfants défavorisés, donc vulnérables, plus facilement victimes d\u2019agressions sexuelles.Il est temps que justice se fasse, et que la vérité éclate, et que la société les écoute », a lancé Me Justin Wee, l\u2019un des avocats au dossier.« Ces milliers de vies brisées à la suite de ces agressions sexuelles méritent que les institutions religieuses répondent avec empathie de leurs actes et de ceux de leurs préposés, avec humanisme, et non avec le déni habituel », a plaidé Me Wee.Graham Carr, nouveau recteur de l\u2019Université Concordia VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR MARCO FORTIER LE DEVOIR L\u2019Université Concordia vient de nommer un nouveau recteur natif du Québec, à l\u2019aise en français, qui a occupé une série de postes de direction au sein de cet établissement anglophone de Montréal.Graham Carr, qui occupait le siège de recteur intérimaire depuis le départ de son prédécesseur en juillet dernier, a été confirmé au poste de grand patron par le conseil d\u2019administration de Concordia.Il touchera une rémunération totale de 424 000 $, sans allocation de voiture ou de résidence.Son prédécesseur, Alan Shepard, recevait un traitement annuel de 476 000$, qui incluait une allocation de logement de 50 000 $ par an et une prime pour sa voiture.Le conseil de Concordia a souligné le mandat remarquable d\u2019Alan Shepard à la tête de l\u2019établissement, mais en privé, des membres de la communauté universitaire soulignent ses difficultés à s\u2019exprimer en français.M.Shepard, issu du Canada anglais, dirige désormais l\u2019Université Western, en Ontario.Le communiqué de l\u2019Université Concordia précise que son successeur, Graham Carr, est « né au Québec » \u2014 il est natif de Sherbrooke.Rencontré jeudi matin sur le campus de l\u2019Université Concordia, boulevard de Maisonneuve, au centre-ville, M.Carr a rappelé une des marques de ÉDUCATION L\u2019Université Concordia nomme un recteur natif du Québec commerce de son établissement : la diversité.Environ 20 % des 50 000 étudiants de Concordia détiennent un passeport étranger.Ils proviennent de 155 pays.Destination du savoir Graham Carr est revenu sur la réforme avortée du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ), qui sert à attirer ici des étudiants étrangers.Le ministre Simon Jolin-Barrette a fait l\u2019unanimité contre lui dans le milieu de l\u2019éducation et de l\u2019enseignement supérieur, rappelle le recteur.« Cette diversité est une force majeure pour être une université inno- vante.Le PEQ est un des avantages importants du Québec pour attirer des étudiants étrangers.On doit profiter de cet avantage », dit Graham Carr.Il rappelle que les étudiants étrangers sont moins attirés qu\u2019autrefois par les universités américaines à cause de l\u2019effet Trump.L\u2019incertitude en France et au Royaume- Uni favorise aussi le Québec en tant que destination du savoir, insiste le recteur de 64 ans, qui est arrivé à Concor- dia en 1983 en tant que professeur au Département d\u2019histoire.L\u2019Université Concordia est comme la sœur de l\u2019UQAM, établie un peu plus à l\u2019est au centre-ville de Montréal : une université urbaine qui se dit « créative » et ouverte sur le monde.Nous rencontrons Graham Carr à l\u2019Espace 4, un local aux larges portes-fenêtres Me Arsenault a dit espérer que des discussions auront cours avec les institutions religieuses, entre-temps, en vue de trouver un terrain d\u2019entente pour indemniser les victimes.Il a souligné que 14 autres actions collectives ont été déposées par différents cabinets d\u2019avocats et visant différentes communautés religieuses.Elles touchent plus de 1000 personnes qui s\u2019y sont inscrites, mais le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé, a noté Me Arsenault.Une commission d\u2019enquête ?Me Arsenault aimerait qu\u2019une commission d\u2019enquête soit instituée afin d\u2019analyser le tout sous un angle plus global.« Une commission d\u2019enquête, c\u2019est pour prévenir ces agressions-là.Dans d\u2019autres dossiers, j\u2019ai eu à interroger des agresseurs.Et je leur demandais toujours : est-ce qu\u2019il y avait à l\u2019époque des moyens mis en place pour prévenir ?Est-ce que vous aviez de la formation ?De l\u2019information ?Des directives ?Et la réponse a toujours été : non, non et non.Encore aujourd\u2019hui : y a-t-il de ces moyens qui ont été mis en place pour prévenir les agressions sexuelles ?Une commission d\u2019enquête pourrait bien évaluer tout ça », a dit Me Arsenault.Victime ébranlée Une des victimes, qui a été identifiée par les initiales A.B., a témoigné du fait que son agresseur avait pris le temps de mettre sa famille en confiance pour tisser sa toile autour d\u2019elle.Au lieu de l\u2019aider, les autorités religieuses ont tout simplement changé l\u2019agresseur de paroisse.De manière émotive, la voix enrouée, A.B.a expliqué sa démarche: «Si je peux imager cette démarche : c\u2019est comme si enfin on prenait l\u2019enfant blessé en nous par la main, en lui disant que tout était enfin terminé et qu\u2019il sera enfin en sécurité.Je pense que la dénonciation par cette poursuite en justice, devant un tribunal civil, est un passage nécessaire en vue d\u2019une guérison, afin de pouvoir panser une plaie qui est là depuis tant d\u2019années.» La cour de récréation des écoliers de la maternelle 4 ans de l\u2019école Notre-Dame- de-Lourdes, à Verdun MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR inauguré il y a un an et qui s\u2019ouvre sur l\u2019extérieur.Ce lieu est fait pour accueillir les passants, discuter et leur montrer les fruits de la recherche universitaire.Bref, pour sortir l\u2019université de sa tour d\u2019ivoire.L\u2019Espace 4 accueille depuis jeudi soir « l\u2019horloge climatique », qui fait un compte à rebours vers le moment où la planète se sera réchauffée de 1,5 degré.Au moment où ces lignes étaient écrites, il restait 14 ans, 11 mois, 24 jours, 21 heures, 50 minutes, 51 secondes et 4 centièmes avant ce moment fatidique.Ces quatre nouvelles requêtes visent le diocèse Saint-Jean- Longueuil, le diocèse de Joliette, les religieux de Saint- Vincent- de-Paul et les Frères de Saint- Gabriel LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 2050, rue Atateken (angle Ontario) Berri-UQAM 514 528-8444 ecomusee.qc.ca DÉJOUER LA FATALITÉ ORDRE DU FIER MONDE JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Des citoyens de la municipalité de Ri- gaud dénoncent les hausses de taxes qu\u2019ils pourraient subir l\u2019an prochain.La Ville a présenté mardi soir les grandes lignes du budget, qui prévoit imposer des augmentations moyennes de taxes variant de 8,3 à 13,7 %.Catherine Larose a fait ses calculs.Entre 2012 et 2019, son avis d\u2019imposition a bondi de 47 %.Si elle devait essuyer une augmentation de taxes de 13,1 % en 2020, comme l\u2019ont laissé entendre les autorités de la Ville, c\u2019est plutôt une hausse de 66 % de son impôt foncier qu\u2019elle aura subie en huit ans.« C\u2019est sûr qu\u2019on a eu des inondations en 2017 et 2019, mais ça n\u2019explique pas tout », dit Mme Larose, montrant du doigt les hausses de coûts de plusieurs services, dont celui des bibliothèques et des loisirs, ainsi que l\u2019augmentation des frais d\u2019administration.À ses yeux, il s\u2019agit d\u2019une reprise du scénario du budget 2018.À l\u2019époque, la Ville avait présenté un budget comportant des hausses de taxes de 10 %, avant de se raviser devant la grogne des citoyens.Lors de témoignages recueillis par Le Devoir, plusieurs citoyens ont aussi évoqué les dépassements de coûts importants liés aux projets de construction du nouvel hôtel de ville, de la caserne de pompiers et du garage municipal.« Quand ç\u2019a été annoncé en 2014, on nous avait promis que ça n\u2019entraînerait pas de hausses de taxes », se rappelle Alain Magnan.« C\u2019est en train de nous rattraper.» Le maire, Hans Gruenwald, a décliné notre demande d\u2019entrevue.Le budget n\u2019étant pas encore adopté \u2014 il devrait l\u2019être lundi soir prochain \u2014, des modifications pourraient y être apportées, a soutenu la directrice des communications de la Ville, Marie-Andrée Gagnon.Lors de la soirée d\u2019information mardi soir, la directrice générale, Chantal Le- mieux, a passé en revue les services.Elle a notamment expliqué que les coûts de déneigement avaient explosé en raison du nombre réduit d\u2019entreprises offrant ce service.Kevin Ménard administre un groupe Facebook regroupant des résidents de Rigaud.Il croit que, comme en 2018, les citoyens pourraient se mobiliser pour faire pression sur les élus.Hausses de taxes salées pour les citoyens de Rigaud JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La création du Grand parc de l\u2019Ouest vient de franchir une étape importante.La Ville de Montréal s\u2019est entendue avec le promoteur Grilli Développement afin d\u2019acquérir un vaste terrain de 140 hectares dans Pierrefonds-Ouest au coût de 73 millions de dollars dans le périmètre du futur parc.« C\u2019est une pièce maîtresse du Grand parc de l\u2019Ouest », a dit Valérie Plante jeudi, qualifiant d\u2019« historique » cette acquisition.Grilli Développement est l\u2019un des cinq grands propriétaires qui projetaient depuis 14 ans de réaliser un projet immobilier dans Pierrefonds-Ouest.Baptisé Cap Nature, ce nouveau quartier devait comporter 5500 logements.En campagne électorale en 2017, Valérie Plante avait toutefois fait savoir que, si Projet Montréal était porté au pouvoir, son administration créerait un parc urbain sur ces terrains.Une fois élue, elle a gardé le cap sur le projet.En août dernier, la Ville a dévoilé les limites du grand parc de 3000 hectares qui englobera plusieurs parcs-nature, dont celui de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme, mais également les terrains appartenant à cinq promoteurs immobiliers de Pier- refonds-Ouest.Trois des cinq promoteurs, soit Développements Pierrefonds, les Immeubles L\u2019Équerre et Quartier de l\u2019Ouest de l\u2019Île, se sont tournés vers les tribunaux pour déposer une poursuite de 178 millions contre la Ville et la mai- resse Plante, alléguant être victimes d\u2019une « expropriation déguisée ».Les procédures suivent leur cours.Urgence climatique Grilli a préféré négocier avec la Ville.La transaction de 73 millions, montant auquel s\u2019ajoutent les taxes, a été entérinée mercredi.Les terrains cédés à la Ville ont une superficie de 140 hectares, soit l\u2019équivalent de 192 terrains de soccer, ce qui correspond à environ les deux tiers du projet Cap Nature, selon la Ville.« Il s\u2019agit d\u2019un geste historique », a dit la mairesse en insistant sur l\u2019importance de poser des gestes forts dans le contexte de l\u2019urgence climatique.« Il se peut qu\u2019il y ait des critiques de gens qui disent que c\u2019est beaucoup d\u2019argent pour acheter du vert, des arbres et des terrains vacants.Mais c\u2019est un investissement, un legs.» Au cours des derniers mois, la Ville a fait l\u2019acquisition de plusieurs terrains dans le périmètre du futur parc, dont 9,8 hectares dans Sainte-Anne-de-Bel- levue et 24,7 hectares dans L\u2019Île-Bi- zard.Plus tôt cette semaine, la Ville a même reçu en don un terrain de 2500 mètres carrés dans Pierrefonds-Ouest.URBANISME Montréal acquiert 140 hectares pour le Grand parc de l\u2019Ouest « En cinq mois, notre administration a acquis plus de milieux naturels que dans les quinze dernières années », a souligné Valérie Plante.Reste à voir si les trois propriétaires de Pierrefonds-Ouest en litige avec la Ville seront prêts à reprendre le dialogue avec la Ville.« Nous, on est toujours prêts à écouter », s\u2019est contentée de dire la mairesse.Il n\u2019a pas été possible, jeudi, d\u2019obtenir les commentaires de l\u2019avocat des trois propriétaires.Mme Plante a précisé que 29 des 73 millions requis pour la transaction proviendront du financement de 50 millions accordé par le gouvernement fédéral pour des infrastructures vertes.La Ville assumera la différence.« Dans notre budget, on avait prévu un montant de 100 millions pour les acquisitions », a rappelé la mairesse.Une somme de 13 millions sera consacrée à des aménagements.Consultations Des consultations seront menées au début de 2002 afin de sonder les citoyens au sujet des aménagements à venir.À ceux qui pourraient se plaindre de voir l\u2019ouest de l\u2019île privilégié par rapport à l\u2019est de l\u2019île, la mairesse a rappelé que les terrains acquis dans Pierrefonds étaient des milieux naturels ne nécessitant pas de travaux de décontamination.« On a un souhait de développer des espaces verts pour toute l\u2019île de Montréal.Toutes les occasions vont être saisies, je peux vous l\u2019assurer.» Présente à l\u2019hôtel de ville jeudi, Sylvia Oljemark, de la Coalition verte, était enchantée de l\u2019annonce faite par la mairesse.« On a cette vision pour un parc depuis plus de 30 ans », a dit cette militante de longue date.Elle a confiance que tout le site de Pierrefonds-Ouest, qui était auparavant destiné à du développement immobilier, pourra être protégé.« Je pense que ça illustre ce que Mme Plante et son équipe pourront faire dans le futur pour toute l\u2019île de Montréal.» L\u2019embouchure de la rivière à l\u2019Orme, qui se déverse dans le lac des Deux Montagnes, fait partie du projet du Grand parc de l\u2019Ouest.DENIS TREMBLAY VILLE DE MONTRÉAL 192 C\u2019est la superficie de la parcelle acquise par la Ville de Montréal, calculée en terrains de soccer. A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 BOUREIMA HAMA NER À NIAMEY AGENCE FRANCE-PRESSE Avec 71 morts et des disparus, l\u2019attaque d\u2019Inates, au Niger, une des plus meurtrières jamais menées contre les armées du Sahel, ébranle les pays de la région et les relations avec la France, remettant en cause la stratégie de lutte contre des groupes djihadistes toujours plus audacieux.Des centaines d\u2019assaillants du groupe djihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué l\u2019attaque, ont mené mardi un assaut de plusieurs heures contre le camp militaire d\u2019Inates, dans l\u2019ouest du Niger, près de la frontière malienne, infligeant un revers sans précédent à l\u2019armée nigérienne.L\u2019onde de choc est terrible au Niger, où un deuil national de trois jours a été décrété à partir de vendredi.Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, est rentré en catastrophe dans la nuit d\u2019une conférence internationale et a présidé à Niamey jeudi matin une réunion du Conseil national de sécurité dont rien n\u2019a filtré.« Je m\u2019incline devant la mémoire de nos soldats tombés à Inates les armes à la main », a-t-il écrit sur son compte Twitter.Moussa Tchangari, une figure de la société civile, parle de «tristesse profonde», mais attaque aussi les forces étrangères, notamment françaises.«Tout le monde en parle, mais où sont les drones?Où sont les avions de chasse?[\u2026] Ces gens-là [troupes étrangères] ne sont pas là pour nous, pour nous c\u2019était déjà très clair, et donc les forces étrangères ne sont pas d\u2019une grande utilité, elles doivent s\u2019en aller.» Le président français, Emmanuel Macron, a vite réagi à l\u2019attaque, annonçant le report à janvier du sommet consacré à l\u2019opération Barkhane et à la force conjointe du G5 Sahel, programmé le 16 décembre.Il s\u2019agissait justement de clarifier avec les dirigeants des pays du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie), les positions de chacun sur la présence militaire française au Sahel, de plus en plus contestée par les opinions publiques.M.Macron voulait une rencontre symbolique à Pau, où étaient basés la majorité des 13 militaires français tués fin novembre en opération au Mali.Il avait essuyé une salve de critiques sur la forme de l\u2019invitation à ce sommet, qui selon beaucoup d\u2019observateurs s\u2019apparentait à une convocation aux relents néocolonialistes.Difficultés militaires L\u2019attaque d\u2019Inates met clairement en lumière les difficultés des forces armées à lutter contre les groupes djihadistes.C\u2019est l\u2019attaque la plus meurtrière depuis le début de l\u2019offensive djihadiste en 2015 au Niger, pays pauvre mais disposant d\u2019importantes ressources en uranium.Au-delà, c\u2019est tout le Sahel \u2014 en particulier le Mali, le Niger et le Burkina Faso \u2014 qui est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes armés, en dépit de la présence de 4500 militaires français de la force antiterro- riste Barkhane et de forces américaines.Après des attaques de type guérilla « hit and run » (on frappe et on s\u2019enfuit), les groupes djihadistes n\u2019hésitent plus désormais à attaquer de front des postes militaires.De ce point de vue, l\u2019attaque de mardi est significative : elle était l\u2019œuvre de « plusieurs centaines » de combattants « lourdement armés », selon le ministère de la Défense nigérien, et les combats ont été d\u2019une « rare violence ».Les assaillants étaient organisés tactiquement, bien équipés avec des mortiers et des « véhicules kamikazes ».Le groupe EI est monté en puissance malgré l\u2019escalade de moyens du côté des forces françaises et américaines et le renforcement des armées locales soutenues par les Occidentaux.Les Français ont promis d\u2019armer leurs drones et sans doute d\u2019en multiplier le nombre à terme.Les pays sahéliens ébranlés par l\u2019attaque djihadiste au Niger AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS La mobilisation en France contre la réforme des retraites, qui paralyse les transports, est entrée jeudi dans sa deuxième semaine et pourrait se prolonger jusqu\u2019à Noël malgré de nouveaux appels au « dialogue » du gouvernement.Loin d\u2019apaiser la colère, les précisions sur le projet apportées mercredi par le premier ministre, Édouard Philippe, ont suscité l\u2019opposition frontale de tous les syndicats, y compris de ceux qui soutenaient jusqu\u2019alors le principe de la réforme.Édouard Philippe a réitéré sa détermination à instaurer un « système universel de retraite » par points pour remplacer les 42 régimes actuels, mais avec quelques concessions aux syndicats.Le calendrier a été assoupli : le nouveau système ne s\u2019appliquera qu\u2019aux Français nés en 1975 et après, a annoncé M.Philippe.La disparition des régimes spéciaux est confirmée, mais, pour les conducteurs de la compagnie ferroviaire SNCF et de la régie des transports parisiens RATP, qui peuvent partir dès 52 ans, la réforme s\u2019appliquera à partir de la génération 1985.Des mesures ont aussi été annoncées pour les plus précaires, notamment l\u2019instauration d\u2019une retraite minimum garantie de 1000 euros.Mais, a averti le chef du gouvernement, «la seule solution est de travailler un peu plus longtemps [\u2026], comme c\u2019est le cas partout en Europe ».Si l\u2019âge légal de départ à la retraite reste fixé à 62 ans, le projet prévoit « un âge d\u2019équilibre » progressivement amené à 64 ans et «un système de bonus-malus » pour inciter à travailler plus longtemps.Inacceptable pour les syndicats, qui ont promis d\u2019amplifier le mouvement.La «ligne rouge est franchie», a tonné mercredi Laurent Berger, numéro un du premier syndicat de France, la CFDT.Favorable au principe d\u2019un régime universel de retraite, la CFDT refuse absolument l\u2019instauration d\u2019un âge d\u2019équilibre à 64 ans.Jeudi, M.Berger a toutefois déclaré sur la chaîne BFMTV qu\u2019il fallait « retrouver le chemin du dialogue », suggérant au gouvernement de réunir les syndicats favorables à un régime universel de retraite.« Ma porte est ouverte et ma main est tendue », a répondu le premier ministre, qui s\u2019apprêtait à appeler les partenaires sociaux afin de « voir avec eux comment reprendre rapidement le dialogue ».Système avantageux Le gouvernement a « fait une proposition et maintenant, il y a une concertation qui doit se faire », a déclaré Emmanuel Macron, interrogé par la presse avant le début d\u2019un sommet européen à Bruxelles.Mais pour le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, en tête de la contestation, il n\u2019y aura « pas de trêve pour Noël, sauf si le gouvernement revient à la raison » en retirant son projet.Des manifestations ont été organisées partout en France, réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes.À Marseille, où les enseignants étaient en nombre, une pancarte affichait une photo de Maître Yoda, le vieux sage de Star Wars, avec le slogan : « Enseigner jusqu\u2019à 900 ans tu pourras ».Face à cette nouvelle fronde sociale, le président, Emmanuel Macron, qui a fait de la « transformation » du pays la raison d\u2019être de son quinquennat, joue gros.La retraite est un sujet éminemment délicat en France, la population restant attachée à un des systèmes les plus avantageux au monde.Et le contexte est déjà tendu dans le pays, avec le lancement il y a plus d\u2019un an du mouvement des gilets jaunes, mais aussi des mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les policiers\u2026 Les Français sont partagés sur la réforme, selon un sondage Elabe : 50 % se disent pour et 49 % contre.Retraites : le lest jeté par Paris ne satisfait pas les syndicats Une femme a pris part à une manifestation antigouvernementale en tendant un drapeau algérien et en criant des slogans à Alger, jeudi.AGENCE FRANCE-PRESSE ALGÉRIE Abstention record à la présidentielle contestée Le mouvement de contestation populaire, qui a contraint M. Boute- flika à la démission, rejetait catégoriquement la tenue de cette élection, vue comme un moyen de se régénérer pour le «?système », au pouvoir depuis l\u2019indépendance du pays en 1962 Plus de six Algériens sur dix ont boudé les urnes jeudi, une abstention record, lors de la présidentielle fermement rejetée par le mouvement populaire de contestation ayant emporté en avril le président Abdelaziz Bouteflika, dont ils étaient appelés à élire le successeur.Seuls 39,93 % des inscrits ont voté jeudi, selon les chiffres annoncés en fin de soirée à la télévision nationale par Mohamed Charfi, président de l\u2019Autorité nationale indépendante des élections (Anie).Selon M.Charfi, le taux de participation national s\u2019établit à 41,41 % et celui des Algériens de l\u2019étranger à 8,69 %.Ce taux est le plus faible de toutes les présidentielles pluralistes de l\u2019histoire de l\u2019Algérie.Il est inférieur de plus de 10 points à celui du précédent scrutin \u2014 le plus faible jusqu\u2019ici \u2014, qui en 2014 avait vu la 4e victoire de M.Bouteflika.Le Hirak, le « mouvement » de contestation populaire massif et inédit du régime qui a contraint M.Bouteflika à la démission, rejetait catégoriquement la tenue de cette élection, vue comme un moyen de se régénérer pour le « système », au pouvoir depuis l\u2019indépendance du pays en 1962.Ce mouvement exige la fin de ce « système » et le départ de tous les anciens soutiens ou collaborateurs des 20 ans de présidence Bouteflika.Ce que sont les cinq candidats (Abdela- ziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Ben- grina, Azzedine Mihoubi et Abdelma- jid Tebboune).Après une première tentative d\u2019élection avortée en juillet, le haut commandement de l\u2019armée, pilier du régime, ouvertement aux commandes depuis le départ de M.Bouteflika, a tenu coûte que coûte à organiser ce scrutin pour sortir rapidement de l\u2019actuelle crise po- litico-institutionnelle, qui a aggravé la situation économique.Visage de ce haut commandement, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d\u2019état-major de l\u2019armée, assurait depuis des semaines que la participation serait « massive ».Victoire revendiquée L\u2019Anie annoncera les résultats du 1er tour vendredi à 15 h (11 h, heure de Montréal), a indiqué son président.Un éventuel second tour se déroulera entre le 31 décembre et le 9 janvier, selon l\u2019Anie.Aucune projection de résultat n\u2019a été publiée, mais le camp d\u2019Abdelmajid Tebboune, ancien bref premier ministre de M.Bouteflika en 2017, a revendiqué dans la soirée la victoire au 1er tour.« Selon les premiers éléments en notre possession [\u2026] Abdelmadjid Teb- boune a remporté la présidentielle avec un score de 64 % » des votants, a déclaré à l\u2019AFP Abdelatif Belkaim, directeur adjoint de la communication du candidat.Morne dans de nombreux bureaux de vote, la journée a été marquée à Alger par une démonstration de force du Hirak qui a bravé un très fort déploiement policier pour défiler en masse.Une foule estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes est parvenue à envahir les rues du centre de la capitale, malgré les interventions systématiques et souvent brutales de la police à chaque tentative de rassemblement.« Makache l\u2019vote ! » (pas de vote), a scandé la foule qui s\u2019est séparée en fin d\u2019après-midi, avant que la police ne disperse à coups de matraque la centaine de protestataires restants, selon une journaliste de l\u2019AFP.Dans la journée, un petit groupe de manifestants est parvenu à s\u2019introduire dans un centre électoral du centre- ville, entraînant une brève suspension du vote pour les évacuer.Mot d\u2019ordre Mercredi, des personnalités proches du Hirak avaient mis en garde sur le contexte de «vives tensions» et rendu le pouvoir «responsable de tout dérapage éventuel ».Elles avaient exhorté les contestataires à «demeurer pacifiques» en refusant de «répondre aux provocations» et en veillant à «ne pas empêcher l\u2019exercice par d\u2019autres citoyens de leur droit à s\u2019exprimer librement» \u2014 un mot d\u2019ordre respecté à Alger.Globalement, le vote s\u2019est également déroulé normalement à travers le pays, sauf dans la région traditionnellement frondeuse et majoritairement berbérophone de Kabylie, théâtre de graves incidents.Le scrutin a été interrompu, parfois à peine ouvert, dans les trois principales localités de la région: un centre de vote a été saccagé, une antenne de l\u2019Anie a été incendiée et les forces de l\u2019ordre ont dû repousser à coup de grenades lacrymogènes des manifestants tentant de pénétrer au siège de la wilaya (préfecture) de Tizi-Ouzou (90 km à l\u2019est d\u2019Alger).Des affrontements entre forces de l\u2019ordre et manifestants, qui ont fait plusieurs blessés dans les deux rangs, s\u2019y sont poursuivis dans la soirée, a indiqué à l\u2019AFP un élu local.À Tichy, près de Béjaïa (180 km à l\u2019est de la capitale), des affrontements ont opposé dans la soirée des manifestants à des gendarmes, a indiqué à l\u2019AFP Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l\u2019homme.Selon une source sécuritaire, ayant requis l\u2019anonymat, les gendarmes ont dû employer la force pour repousser des manifestants ayant pénétré dans la gendarmerie et ces heurts ont fait six blessés dans les rangs des forces de l\u2019ordre.AGENCE FRANCE-PRESSE À ALGER A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 CHRISTIAN RIOUX À LONDRES LE DEVOIR Après des mois de tergiversations et de chaos parlementaire, les Britanniques auraient donc décidé d\u2019en finir en accordant jeudi soir à Boris Johnson la majorité décisive qu\u2019il leur demandait.Au moment où ces lignes étaient écrites, le premier ministre conservateur était en route vers une victoire historique qui devrait lui donner toutes les marges de manœuvre nécessaires pour sortir le pays de l\u2019Union européenne à la fin janvier, comme il l\u2019a promis, et conduire les négociations commerciales qui suivront avec Bruxelles.Selon les sondages de sortie des urnes et les tout premiers résultats de la soirée, avec environ 368 sièges (sur 650), les conservateurs obtiendraient leur plus grosse majorité depuis l\u2019élection de Margaret Thatcher en 1983.Si partout le vote conservateur semblait en hausse, c\u2019est surtout le vote travailliste qui se serait effondré dramatiquement.Avec moins de 200 élus, les travaillistes dirigés par Jeremy Corbyn perdraient environ 70 sièges et essuieraient leur pire défaite depuis 1935.L\u2019autre grand gagnant de cette élection serait le parti indépendantiste écossais, le SNP, qui, avec environ 55 sièges, couvrirait aujourd\u2019hui pratiquement l\u2019Écosse entière.Avec environ 15 députés, les libéraux démocrates feraient du sur place et demeureraient le parti marginal qu\u2019ils sont devenus après s\u2019être alliés aux conservateurs en 2010.Raz-de-marée Ce raz-de-marée conservateur semblait jeudi soir sur le point de mettre sens dessus dessous le paysage politique britannique.Le Parti conservateur ferait des percées historiques dans les circonscriptions ouvrières du nord du pays traditionnellement travaillistes, qu\u2019on appelle ici le « Red Wall ».Des circonscriptions qui avaient massivement soutenu le Brexit en 2016.Les travaillistes verraient de leur côté leur territoire se réduire à une portion congrue autour de Londres et de quelques châteaux forts dans les grandes villes du pays.« Get Brexit Done », n\u2019a cessé de répéter Boris Johnson.Cette campagne confirmerait donc le résultat du référendum de 2016 puisqu\u2019elle a essentiellement porté sur le Brexit, même si Jeremy Corbyn semblait marquer certains points en fin de course en dénonçant l\u2019état déplorable du système de santé britannique.Une critique qui ne semble pas avoir porté puisque Boris Johnson proposait lui aussi d\u2019en finir avec l\u2019austérité et d\u2019investir massivement dans la santé.« Boris Johnson sera le premier ministre conservateur le plus puissant depuis Margaret Thatcher », n\u2019a pas hésité à déclarer l\u2019ancien chancelier conservateur George Osborne.Contrairement à Theresa May, si ces résultats se confirment, il devrait pouvoir compter dans les prochaines années sur un parti qu\u2019il a mis à sa main et dont il a même expulsé les députés les plus récalcitrants, partisans du Remain.Un parti profondément transformé, estiment certains analystes, puisqu\u2019il a rompu avec l\u2019austérité et devrait dorénavant représenter des circonscriptions qui avaient toujours penché à gauche.Les conservateurs sont en train de devenir « un nouveau parti », a déclaré l\u2019ancien député conservateur Nicholas Soames, petit-fils de Winston Churchill.Défaite cinglante de Corbyn Si l\u2019effondrement travailliste se confirme, cette élection apparaîtrait comme une défaite cinglante pour le chef travailliste, Jeremy Corbyn, dont la campagne n\u2019a jamais eu l\u2019éclat de celle de 2017.Dès la publication des sondages de sortie des urnes, des tweets assassins ont commencé à fuser de la part de candidats travaillistes défaits.« Le principal sujet de cette élection a été le Brexit et il semble que les gens aient voulu en finir », s\u2019est contenté d\u2019affirmer le numéro 2 du parti, John McDonnell.Peu importe l\u2019ampleur de la défaite, les jours de Jeremy Corbyn à la tête du parti sont déjà comptés.Cela signifie-t-il la fin de ce qu\u2019on nomme ici le « Corby- ROYAUME-UNI Johnson en voie de gagner son pari Le chef conservateur obtiendrait la marge de manœuvre pour mieux négocier le Brexit Le raz-de-marée conservateur, mené par Boris Johnson, semblait jeudi soir sur le point de mettre sens dessus dessous le paysage politique britannique.BEN STANSALL AGENCE FRANCE-PRESSE JEROME CARTILLIER À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Donald Trump persiste et signe : il a ironisé jeudi sur l\u2019indignation de la jeune militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, jugeant ridicule le titre de personnalité de l\u2019année que lui a accordé le magazine Time.« Greta doit apprendre à gérer sa colère et puis aller voir un bon vieux film avec une amie ! » a tweeté le président américain, particulièrement actif sur le réseau social à l\u2019oiseau bleu à l\u2019approche de sa mise en accusation dans la procédure de destitution le visant.« Détends-toi, Greta, détends-toi ! » a conclu le milliardaire républicain, qui a retiré les États-Unis de l\u2019Accord de Paris sur le climat, conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays.Répondant du tac au tac comme elle en a l\u2019habitude, l\u2019adolescente, qui dénonce avec fougue l\u2019inaction de la classe politique face à l\u2019urgence climatique, a mis à jour la biographie de son compte Twitter : « Une adolescente apprenant à gérer sa colère.Actuellement en train de se détendre et de regarder un bon vieux film avec une amie.» À 16 ans, Greta Thunberg est devenue mercredi la plus jeune « personnalité de l\u2019année » de Time.La une de ce magazine est un sujet particulièrement délicat pour l\u2019ancien homme d\u2019affaires de New York.Distingué en 2016, dans la foulée de sa victoire surprise face à Hillary Clinton, il avait mal reçu le fait de ne pas l\u2019être de nouveau l\u2019année suivante.Quelques jours avant que ne soit révélé qu\u2019il n\u2019était que deuxième du classement, il avait affirmé que Time l\u2019avait appelé pour lui dire qu\u2019il serait probablement renommé, mais qu\u2019il avait « décliné » l\u2019offre.Lors d\u2019un sommet de l\u2019ONU sur le climat en septembre, Greta Thunberg s\u2019en était prise, dans un discours accusateur qui a marqué les esprits, aux puissants de la planète.Des images d\u2019elle tançant d\u2019un regard noir le climatosceptique Donald Trump dans les couloirs de l\u2019ONU avaient par ailleurs été reprises par les médias aux quatre coins du monde.Vives réactions Le tweet moqueur du 45e président a suscité jeudi de vives réactions aux États-Unis.« Le président Trump qui se moque d\u2019une fille de 16 ans ?Une honte », a réagi l\u2019ancien chef de la diplomatie américaine John Kerry.« Greta Thunberg a plus de maturité et de caractère que le président n\u2019en a jamais eu et n\u2019en aura jamais.» De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a semblé renvoyer dos à dos le président septuagénaire qui conteste la réalité du changement climatique et la jeune militante adolescente qui appelle à une plus grande mobilisation pour éviter un emballement de la machine climatique, évoquant « le club de Donald » et « le club de Greta ».« Il y a plein de gens qui ont envie de changer, mais c\u2019est vachement dur, car ça ne va jamais assez vite pour Greta et c\u2019est toujours trop pour Donald », a-t-il lancé lors d\u2019une discussion à l\u2019Élysée avec des étudiants et chercheurs lauréats du programme « Make our planet great again », lancé il y a deux ans.Pour le dirigeant français, « les gens qui disent avec Greta : \u201cVous ne faites rien, vous êtes nuls\u201d », portent un message «désespérant et culpabilisant» qui ne fait pas bouger les lignes.Trump s\u2019en prend encore à Thunberg nism»?«Les travaillistes devront tirer des leçons de cette défaite » et apprendre à écouter «ces électeurs travaillistes avec lesquels nous avons perdu le contact dans les milieux ouvriers», pou- vait-on lire dans un mémo interne diffusé dans le parti jeudi et révélé en soirée par le magazine The Spectator.Le nom de John McDonnell est celui qui revient le plus souvent pour assurer la transition et organiser la course à la chefferie.Si ces résultats se confirment, trois ans après le référendum de juin 2016 où le Brexit l\u2019avait emporté à 53 %, le Royaume-Uni devrait donc sortir de l\u2019Union européenne le 31janvier prochain comme l\u2019a promis le premier ministre.Depuis quelques jours, ses conseillers dessinent le portait du futur gouvernement.Le ministère responsable de la sortie de l\u2019Union européenne pourrait être placé sous sa responsabilité directe.À Londres, on spécule sur la position que Boris Johnson défendra dans ces négociations maintenant qu\u2019il est sur le point d\u2019avoir les marges de manœuvre nécessaires.Un nouveau traité À Bruxelles, jeudi soir, on avait aussi des raisons de se réjouir.Les responsables européens n\u2019ont pas caché leur souhait de voir Boris Johnson l\u2019emporter afin de mettre fin à trois ans de relations en dents de scie et d\u2019appliquer enfin l\u2019accord de transition négocié avec Londres.Le négociateur en chef, Michel Bar- nier, a cependant averti les Britanniques qu\u2019il jugeait « irréaliste » de boucler un nouvel accord commercial dans un délai si court.Boris Johnson a promis de finaliser ce nouveau traité avant la fin de 2020.L\u2019excellent résultat du SNP ne devrait pas manquer d\u2019encourager la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, à tenir un second référendum sur l\u2019indépendance, comme elle l\u2019a promis en campagne.Boris Johnson, dont l\u2019accord serait nécessaire pour tenir un tel vote, a toujours dit qu\u2019il y était opposé.Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir.Boris Johnson sera le premier ministre conservateur le plus puissant depuis Margaret Thatcher GEORGE OSBORNE » LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin ans une décision partagée à deux contre une \u2014 fait inusité, c\u2019est la juge en chef, Nicole Duval Hesler, qui s\u2019avère la dissidente \u2014, la Cour d\u2019appel a refusé de suspendre la Loi sur la laïcité de l\u2019État le temps que le tribunal se prononce sur le fond de la contestation, menée par une étudiante en éducation et le Conseil national des musulmans canadiens.Si la Cour d\u2019appel avait suivi l\u2019avis de la juge en chef en infirmant la décision du juge de première instance et suspendu une loi adoptée légitimement par l\u2019Assemblée nationale, la décision, tout à fait singulière, aurait eu l\u2019effet d\u2019une bombe.Comme l\u2019écrit la juge Dominique Bélanger, « la Cour doit tenir pour acquis que la loi sert un objectif d\u2019intérêt général valable » et « les tribunaux ne suspendront pas une loi adoptée par une législature sans en avoir fait un examen constitutionnel complet ».La juge Duval Hesler a le courage de ses convictions.Elle rappelle que les parties, dans une conférence de gestion qu\u2019elle présidait, avaient été invitées à traiter de l\u2019article 28 de la Charte canadienne des droits et libertés, un article interprétatif assurant l\u2019égalité des sexes et auquel on ne peut opposer la disposition de dérogation inscrite dans la loi 21.Selon elle, la loi est discriminatoire, un point c\u2019est tout, ce que prouverait d\u2019ailleurs le recours à la dérogation, et il existe « une preuve prima facie d\u2019atteinte immédiate aux droits à l\u2019égalité d\u2019enseignantes qui portent le foulard islamique ».Et ce, en dépit du fait que la loi prévoit une disposition de droits acquis.Alors que la Cour d\u2019appel aurait pu n\u2019aborder que la question relative à la présomption de validité des lois, comme l\u2019a fait le juge de première instance, les deux juges majoritaires, forcés sans doute par l\u2019intrépidité de la juge Duval Hesler, ont porté leur réflexion plus loin.Le juge Robert M.Mainville indique qu\u2019invoquer l\u2019article 28 est une « approche [qui] n\u2019est pas évidente ».Certes, l\u2019interdiction du voile islamique peut constituer non seulement une entorse à la liberté de religion, mais aussi une forme de discrimination à l\u2019égard des femmes.Mais elle peut aussi se justifier, au contraire, par l\u2019égalité des sexes, le voile ne correspondant pas aux idéaux féministes.Citant différentes sources, le juge Mainville écrit : « On peut constater que la question de l\u2019égalité des sexes en regard du foulard islamique ne se prête pas à des réponses simples ou évidentes.» Même si l\u2019article 28 permettait de contourner le droit constitutionnel du législateur à recourir à la dérogation \u2014 l\u2019état du droit à cet égard est « nébuleux et embryonnaire », souligne le juge \u2014, il faudrait par la suite déterminer, en vertu de l\u2019article 1 de la Charte, si une interdiction du voile limitée aux employées de l\u2019État en autorité peut constituer une limite raisonnable « dans le cadre d\u2019une société libre et démocratique », une démonstration « plus ardue » à faire, certes, bien que pareilles mesures soient en vigueur dans bien des pays occidentaux, libres et démocratiques.Enfin, le juge Mainville rappelle que le rôle de la religion et l\u2019expression publique d\u2019une conviction religieuse varient selon les époques et les contextes.« La conception de la symbolique religieuse et sa place dans l\u2019espace public ne sont d\u2019ailleurs pas perçues de façon identique par chaque société, la Loi sur la laïcité de l\u2019État en est un exemple frappant au sein du Canada », écrit le juge Mainville.Ceux qui considèrent que la loi est abjecte et nécessairement anticonstitutionnelle devraient revoir leur jugement manichéen.L\u2019enjeu est là : pour peu qu\u2019on accepte que le Québec puisse avoir une conception distincte de la laïcité, cette loi n\u2019est peut-être pas si « un-Canadian » qu\u2019on le dit.François Rémillard Historien de l\u2019architecture et auteur Senneville est une petite municipalité champêtre de la pointe ouest de l\u2019île de Montréal.Riche de 350 ans d\u2019histoire, elle est notamment connue pour son moulin à vent de 1686 ainsi que pour les ruines de son fort datant de 1702.Au XIXe siècle, elle devient le « Newport du Canada ».Les Montréalais fortunés y recherchent l\u2019air pur et les paysages bucoliques.Ils s\u2019y font construire de belles résidences secondaires, et cela, par les plus grands architectes.Les frères Edward et William S.Maxwell sont parmi eux.On leur doit entre autres notre Musée des beaux-arts de Montréal et la tour centrale du Château Frontenac à Québec.Deux des plus grandes réalisations de ces architectes, de par leur audace et leur originalité, sont situées à Senneville et sont aujourd\u2019hui menacées de démolition.Il s\u2019agit de la « Peach House » et de la serre (Conservatory), sises sur l\u2019ancienne propriété de la famille Angus au bord du lac des Deux Montagnes.Ces bâtiments, érigés vers 1900 dans un style très personnel qui s\u2019apparente à l\u2019Art nouveau, constituent des éléments cruciaux de notre patrimoine, malgré leur taille modeste.Que l\u2019on aime la famille Angus ou pas, là n\u2019est pas la question.L\u2019architecture est un art, au même titre que la peinture ou la sculpture, et il s\u2019agit là d\u2019œuvres majeures qui font partie du patrimoine québécois.Elles font aussi partie du patrimoine canadien, puisqu\u2019elles sont incluses depuis 2002 dans le Site historique national du Canada de Senneville, qui comprend 82 bâtiments couvrant plus de 1400 acres.Malgré cette reconnaissance officielle du gouvernement fédéral, aucun pouvoir légal ne semble être lié au processus de démolition.Il s\u2019agit davantage d\u2019un titre honorifique qui dépend de la bonne volonté des deux autres ordres de gouvernement, soit le provincial et le municipal.Je salue les interventions récentes de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, en matière de patrimoine, mais il reste que l\u2019on réagit toujours en urgence plutôt qu\u2019en amont.Il faudrait rapatrier les pouvoirs en matière de préservation du patrimoine dans le giron du gouvernement québécois, car, présentement, le véritable problème se situe au niveau municipal.Trop proches des promoteurs, trop influencés par les revenus de taxation, dans la plupart des cas n\u2019ayant aucune ou peu de connaissances en art, en architecture et en patrimoine, nos édiles perpétuent les mêmes idées reçues chez leurs concitoyens quand vient le temps des élections.Disons simplement que le patrimoine n\u2019a jamais été très « vendeur » localement au Québec.Et pourtant, à travers le monde, le patrimoine a toujours été synonyme de richesse, pour peu que l\u2019on en prenne soin.Parlez-en aux gens de\u2026 Newport, Rhode Island ! Le patrimoine de Senneville est menacé Encore une municipalité qui conjugue incurie et ignorance LIBRE OPINION COUR D\u2019APPEL ET LAÏCITÉ Retour sur terre VIOLENCE CONJUGALE Les signaux ratés nouveau, le drame familial dans toute son horreur et sa prévisibilité vient de se jouer sous nos yeux.Un homme connu pour une propension à la violence conjugale et interdit de tout contact avec son ex- épouse aurait assassiné cette semaine ses deux enfants, de 4 et 2 ans, et leur mère, avant de s\u2019enlever la vie.Colère et impuissance colorent les réactions.Comment, à nouveau, n\u2019a-t-on pas capté les signaux annonciateurs de cette fin meurtrière ?Il y a sept semaines, un mauvais film similaire se jouait dans un quartier montréalais voisin.Un homme connu et suivi pour des problèmes de santé mentale, une rupture amoureuse mal encaissée, une intervention policière préalable au domicile.Si au moins on pouvait se réfugier dans le confort de l\u2019ignorance pour expliquer l\u2019inexplicable.Mais non! On savait, et deux fois plutôt qu\u2019une.Les policiers étaient des habitués de ce domicile de l\u2019est de Montréal; l\u2019homme avait même été accusé de voies de fait armées contre sa conjointe, et acquitté tout juste la semaine dernière, selon ce que rapportent certains médias.Au Québec, une femme meurt tous les mois aux mains d\u2019un homme qu\u2019elle a déjà appelé son amour.Au Canada, un féminicide survient tous les 2,5 jours.Très souvent, les agresseurs sont connus soit du système judiciaire, soit du système de santé.Comment corriger nos errances meurtrières?Il fut un temps, pas si lointain, où nommer la violence faite aux femmes dans le giron de la relation de couple provoquait l\u2019indifférence.Au- jourd\u2019hui, il faut reconnaître que le cycle de la violence conjugale anime la conversation sociale, grâce aux luttes menées sur le terrain par les défenseurs et défenseuses de ces voix anonymes.En France, où les violences conjugales se sont invitées dans le débat public et politique cette année et où des médias comme Le Monde et l\u2019Agence France-Presse ont décidé de sortir les féminicides de l\u2019ombre, les pistes de solutions sont multiples et pourraient inspirer un plan d\u2019action ici au Québec.On parle évidemment de moyens additionnels, ce qu\u2019ici, les ressources d\u2019hébergement pour femmes violentées, qui sont au maximum de leur capacité, revendiquent depuis des lustres.Mais on parle aussi d\u2019une communication plus fine entre services sociaux et policiers, et d\u2019agents mieux outillés pour décoder l\u2019escalade potentielle de la violence.Tout cela pour prévenir le pire.À ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD ROBERT DUTRISAC Fuites de données bancaires et protection de vos données personnelles Considérant la fuite de données massive chez Desjardins, seriez- vous prêts à payer deux agences d\u2019évaluation du crédit pour protéger vos données bancaires ?Le projet de loi propose trois mesures de protection qu\u2019un agent d\u2019évaluation du crédit devra prendre, sur demande, à l\u2019égard des dossiers qu\u2019il détient sur chaque personne concernée : le gel de sécurité, l\u2019alerte de sécurité et la note explicative.Lors de l\u2019émission RDI Économie du 5 décembre 2019, le ministre Eric Girard a indiqué que les agents d\u2019évaluation du crédit (Equifax et TransUnion) devront mettre en place des mesures permettant de verrouiller le dossier de crédit, sur demande des consommateurs, moyennant des frais.Comme le projet de loi prévoit que les consommateurs devront demander que leur dossier de crédit soit verrouillé, il faut supposer que, « par défaut », les dossiers de crédit seront maintenus « déverrouillés » en permanence.Le projet de loi n\u2019accorde donc aucune protection aux dossiers de crédit des citoyens.C\u2019est un peu comme installer une porte qui ferme à clé, mais la laisser déverrouillée en permanence.Les portes d\u2019accès des grands immeubles d\u2019habitation et des chambres d\u2019hôtel ne sont-elles pas verrouillées en permanence ?Les allées et venues ne sont-elles pas surveillées en permanence par caméra ?Les salles contenant les serveurs informatiques ne sont-elles pas verrouillées en permanence, ne permettant qu\u2019aux personnes dûment autorisées et authentifiées d\u2019y accéder ?Les policiers et les assureurs ne recommandent-ils pas de laisser nos portes de maison et de voiture verrouillées ?Les consommateurs devront- ils payer deux agents d\u2019évaluation du crédit dès l\u2019entrée en vigueur de la loi pour être protégés adéquatement ?Leur faudra-t-il payer davantage si d\u2019autres agents d\u2019évaluation s\u2019ajoutaient dans ce nouveau et lucratif marché ?Ne serait-il pas plus logique, plus sécuritaire et plus économique que les dossiers de crédit des consommateurs soient maintenus verrouillés « par défaut » en permanence, et ce, sans frais ?En contrepartie, il faudrait prévoir que, sur demande d\u2019un consommateur dû- ment authentifié, l\u2019agent d\u2019évaluation du crédit déverrouille temporairement et de façon limitée, selon les termes de la demande, le dossier de crédit du consommateur, moyennant des frais.J\u2019invite le gouvernement à tenir compte de ce commentaire dans la préparation et la révision du projet de loi 53.Bernard Frigon Lévis, le 11 décembre 2019 LETTRE L\u2019architecture est un art, au même titre que la peinture ou la sculpture, et il s\u2019agit là d\u2019œuvres majeures qui font partie du patrimoine québécois D Comme l\u2019écrit la juge Dominique Bélanger, « les tribunaux ne suspendront pas une loi adoptée par une législature sans en avoir fait un examen constitutionnel complet » A 9 LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Contrôler jusqu\u2019à l\u2019épuisement M ercredi à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (commission Laurent), Mélanie Bourque, professeure de travail social à l\u2019Université du Québec en Ou- taouais, présentait les résultats de ses recherches sur l\u2019épuisement des travailleurs sociaux.Rien ne va plus : le temps et les moyens manquent, la tâche est immense et c\u2019est encore pire depuis la réforme Barrette, même si le surmenage du réseau précède cette réforme ruineuse.Les conditions de travail sont insoutenables, les professionnels en souffrent et les enfants aussi.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir écrit ces mots cent fois dans cette chronique, au sujet tantôt des infirmières, tantôt des enseignantes, ou de tout autre corps professionnel qui pallie quotidiennement les carences de nos institutions.Je radote et vous auriez raison de le souligner, mais la société tout entière semble à l\u2019aise avec ce radotage, car les cris du cœur se succèdent et les questions soulevées demeurent sans réponse.La semaine dernière à la commission Laurent, il a aussi été question des inégalités sociales grandissantes qui surchargent la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).La profes- seure à l\u2019École de travail social de l\u2019UQAM Jade Bourdages a livré à ce sujet un témoignage remarqué.Elle notait la surrepré- sentation des minorités ethniques dans la clientèle de l\u2019institution et lançait un appel à «faire entrer de la vie» dans ce système en pleine asphyxie.Jade Bourdages et son collègue Nicolas Sallée, professeur au Département de sociologie de l\u2019Université de Montréal, mènent ensemble un projet de recherche sur le traitement pénal de la jeunesse au Québec.Samedi dans ces pages, ils écrivaient qu\u2019il est urgent d\u2019amorcer une discussion collective sur la protection de la jeunesse.L\u2019urgence apparaît comme une évidence pour peu qu\u2019on suive les travaux de la commission Laurent.Sauf qu\u2019il faudrait aller plus loin, soulignent Bourdages et Sallée, en observant l\u2019histoire et les tensions qui traversent les institutions de la protection de la jeunesse, d\u2019abord.En écoutant ceux qui sont sur le terrain, ensuite.On se croirait pourtant sur la bonne voie: la commissaire Laurent a exigé qu\u2019on laisse parler les intervenants du réseau et le ministre Lionel Carmant a emboîté le pas, encourageant les travailleurs à collaborer avec la commission «sans crainte de représailles.» Mais pour Jade Bourdages, que j\u2019ai rencontrée plus tôt cette semaine avec son collègue Nicolas Sallée, ces déclarations se méprennent sur la manière dont s\u2019installe la culture du silence au sein des institutions.Parfois, ce n\u2019est pas tant le bâillon qui empêche de décrire le réel qu\u2019une volonté excessive de le quantifier.L\u2019imposition aux professionnels d\u2019un vocabulaire technocratique obsédé par des impératifs d\u2019efficacité, par exemple, voile la réalité et confine au mutisme.«Quand ça fait dix ans que tu remplis des grilles, ton silence, tu ne le comprends plus de la même manière», remarque Jade Bourdages.Pour briser la culture du silence, il faudrait donc se réappro- prier le langage, permettre à ceux qui pratiquent des métiers d\u2019intervention de nommer ce qu\u2019ils observent avec les mots de la vie, sans détour par des indicateurs quantifiés et des statistiques.Cela les aiderait sans doute à ne pas porter l\u2019odieux d\u2019un naufrage, qu\u2019ils doivent maintenant justifier seuls sur la place publique.Mais selon Jade Bourdages et Nicolas Sallée, il faudrait aussi apprendre à écouter.Donner la parole aux jeunes ; à ceux qui naviguent dans les méandres de la protection de la jeunesse et qui ressentent sur leur corps les effets des institutions.« La parole des jeunes est invisible.Pourtant, il y a dans leur parole un savoir expert de l\u2019institution », dit Nicolas Sallée.M.Sallée explique par ailleurs que la protection de la jeunesse est traversée par un double héritage.D\u2019abord, il y a l\u2019héritage catholique, paternaliste, celui de la prise en charge de la « jeunesse déviante » et des populations pauvres en général, qui se traduit à la DPJ par une volonté de contrôle social qui ne dit pas son nom, euphémisée au nom de la réhabilitation.Puis, il y a la rencontre entre cet héritage et un nouveau Québec gestionnaire et néolibéral, lui aussi épris de contrôle social, mais d\u2019une autre manière : standardisation croissante des interventions, recherche d\u2019efficacité, pour les coûts et pour la belle jambe \u2014 ce qu\u2019on observe d\u2019ailleurs partout en santé et dans les services sociaux.Jade Bourdages remarque aussi que la question pénale chez les mineurs est une « patate chaude » à la protection de la jeunesse comme dans la société : on préfère ne pas trop voir le « délinquant », si bien qu\u2019on tend à oublier qu\u2019il est avant tout un jeune.Des tensions semblent jusqu\u2019ici irrésolues entre un modèle carcéral qui ne se nomme pas (issu d\u2019une longue histoire de contrôle social et qui se présente aujourd\u2019hui dans les habits de l\u2019efficacité), un malaise profond face aux conséquences de la pauvreté, et une volonté sincère de protéger collectivement la jeunesse.Or, on peut se demander si, sans une réflexion profonde autour de ces tiraillements qui traversent et structurent toujours les institutions, il sera possible de régler la crise que révèle la commission Laurent.AURÉLIE LANCTÔT Pascal Longpré Citoyen montréalais Je me soucie depuis longtemps de l\u2019impact de nos choix collectifs sur l\u2019environnement et je compte parmi le nombre croissant de citoyens qui souhaitent secouer le statu quo et agir concrètement pour transformer nos façons de faire.J\u2019ai participé activement à la consultation publique sur le contrôle des circulaires, réalisée par la Commission sur l\u2019eau, l\u2019environnement, le développement durable et les grands parcs de la Ville de Montréal.Cette consultation est le fruit d\u2019un travail titanesque réalisé à l\u2019initiative de Charles Montpe- tit, qui après deux ans de travail a soumis à la Ville la pétition de 16 000 signatures requise pour en forcer la tenue.Plus de 40 mémoires ont été présentés sur place par des organismes et des citoyens, dont le mien, et 53 mémoires et 870 avis ont été transmis aux commissaires hors séance.Des milliers de citoyens de partout au Québec dénoncent cette pratique, désastreuse pour l\u2019environnement.La semaine dernière, la Commission a remis son rapport et recommande la mise en place d\u2019un système par inscription (opt in) faisant en sorte que seules les résidences ayant apposé un autocollant à cet effet recevront le Publisac.Voilà une décision pleine de sens.Depuis lors, Transcontinental, propriétaire du Publisac, utilise toutes les tribunes possibles pour influencer les décideurs, dont la mairesse Valérie Plante, à qui les dirigeants du géant des médias adressent des menaces de poursuite à peine voilées devant la presse, afin qu\u2019elle ne donne pas suite aux recommandations et qu\u2019elle maintienne le statu quo.Tout y passe, de ces menaces à la fermeture massive des journaux locaux, en passant par les pertes d\u2019emplois et la survie même des familles à faibles revenus.Nous sommes collectivement sensibles à ces enjeux.De nombreuses recommandations sont d\u2019ailleurs faites en ce sens par les commissaires responsables du dossier.Il existe des manières de contourner certaines problématiques et d\u2019atténuer l\u2019impact de cette transition devenue nécessaire pour la planète.En matière d\u2019environnement, nous avons tous des efforts et des deuils à faire, même Transcontinental.Des circulaires numériques sont déjà en place et plus de 94 % des ménages ont présentement accès à Internet.Quant aux journaux locaux, plusieurs ont déjà effectué une transition heureuse, hors Publisac ou numérique, et de nombreux autres utilisent déjà des canaux de distribution alternatifs.Des solutions existent, probantes, pérennes.Il est faux et démagogique de la part de Transcontinental de prétendre le contraire.La vérité, c\u2019est plutôt que 5 % des revenus de l\u2019entreprise sont en jeu.Le canari dans la mine Ce litige entre choix écologique et choix économique est, à l\u2019aube de nécessaires changements dans l\u2019exploitation de nos ressources, comme le canari dans la mine.Les mesures nécessaires à la sauvegarde de notre environnement auront un impact important sur nos habitudes.Il faut l\u2019accepter et agir.Si de telles initiatives transformatrices sont empoisonnées par les lobbies, comment pourrons-nous mettre en place les mesures de l\u2019avenir ?Le combat s\u2019annonce long si l\u2019on pense qu\u2019on ne parle ici que de limiter la distribution inutile et polluante de simples circulaires publicitaires.Qui plus est pour des gens qui, dans une très large proportion, n\u2019en veulent pas.N\u2019en déplaise aux dirigeants de Transcontinental, selon l\u2019Institut économique de Montréal, à peine 25 % des citoyens feront l\u2019effort d\u2019appeler pour demander à recevoir le Publisac (une proportion qui pourrait atteindre 35 à 40 % dans certaines régions plus éloignées).Comment plaider en faveur d\u2019une distribution massive et indifférenciée devant un tel constat ?Le Publisac, c\u2019est plus de 182 millions de sacs en plastique et 100 000 tonnes de déchets par an.Ces sacs feraient 2,5 fois le tour de la Terre ou couvriraient 497 stades olympiques chaque année.Leur volume est si grand qu\u2019il représente 11 % de tout ce qui entre dans les centres de tri québécois, soit un neuvième du problème à régler ! Ils sont recyclables, certes, mais pour l\u2019être, le sac doit être séparé de son contenu, sinon, hop ! à l\u2019enfouissement, ce qui arrive dans près de la moitié des cas.Il est temps que ça cesse.Transcontinental doit respecter la décision prise par les élus choisis démocratiquement pour nous représenter.Elle doit cesser de recourir au chantage et à l\u2019intimidation et plutôt faire partie de la solution, en travaillant avec la collectivité plutôt que contre elle, pour effectuer une transition harmonieuse vers un nouveau mode de distribution plus respectueux des Québécois et des Montréalais, de leurs valeurs et de leur environnement.Quant à nous, citoyens, il est de notre devoir de soutenir nos élus dans leur prise de décision et de les encourager à mener ce difficile combat pour notre avenir commun.SOCIÉTÉ David contre Publisac Transcontinental doit collaborer à une transition harmonieuse Daniel Gagné Enseignant de littérature, Cégep de Lévis- Lauzon Samedi dernier, on apprenait par l\u2019Agence Science-Presse que malgré la performance enviable des élèves québécois de 15 ans en compréhension de la lecture, seulement un élève sur sept au Canada saurait distinguer un fait d\u2019une opinion, une lacune partagée par les adolescents du monde entier, selon le Programme international pour le suivi des acquis (PISA).Je me donne le luxe d\u2019être alarmiste « pour la suite du monde », pour citer l\u2019ami Perrault.Il y a quelque chose de pourri au royaume de la lecture: l\u2019étude PISA révèle que «les étudiants semblent lire moins pour leur plaisir et lisent moins de livres de fiction, de magazines et de journaux par choix\u2026 Ils lisent plutôt pour des besoins pratiques.» Cette session, au début de ma séquence didactique sur Carmen de Prosper Mérimée, je me suis permis de titrer la diapositive sur l\u2019auteur «Mérimée ou le refus du \u201cParce qu\u2019on est en 2019!\u201d ».Sans insister sur celui-ci, j\u2019entendais suggérer aux étudiants que l\u2019argument de la modernité n\u2019était pas suffisant pour justifier un point de vue prétendument progressiste et que le passé et la fiction, chers aux romantiques comme Méri- mée, décelaient un potentiel de vérité et d\u2019inspiration qu\u2019il convenait de ne pas reléguer aux calendes grecques.On se souvient de cette maison d\u2019opéra de Florence qui, en janvier 2018, a sommé le metteur en scène de changer la fin de la version chantée de Bizet : plutôt que de décider volontairement de mourir des mains de son amant, Carmen trouait la peau de son assassin à l\u2019aide d\u2019un revolver qu\u2019elle dissimulait sous sa jupe.Exit la femme libre au-delà de toute frontière, même de la mort, la femme fatale qui emploie son pouvoir de séduction comme contre-pouvoir à la force coercitive de l\u2019homme qui croit tout régler par la violence?Mais on était en 2018.Dans le pays post-national du « parce qu\u2019on est le 9 décembre 2019 à 20h30», il semblerait que le sentiment de l\u2019immédiateté l\u2019emporte en justesse et en pertinence sur la lenteur des faits qu\u2019il faut analyser, confronter et soupeser; témoin le dernier sondage Léger dans lequel 40 % des Québécois disent percevoir le Québec comme une province « comme les autres ».Soyons sérieux : comment le seul territoire majoritairement francophone en Amérique du Nord pourrait-il être « comme les autres » ?Le sondage a-t-il été mené par Guy Nantel ?Mais j\u2019oubliais : les sondages mesurent l\u2019opinion des gens.Un autre expert sondeur est notre glorieux premier ministre provincial qui croit tellement en son discernement qu\u2019il substitue sa cote de popularité Facebook à la science et aux observateurs de terrain.Une posture qui sent son homme trop sûr de lui, cet étudiant typique de première session collégiale, plutôt doué en calcul, qui, au secondaire, réussissait en français sans travailler et qui n\u2019a pas à lire le livre imposé parce qu\u2019il a décidé qu\u2019un roman devrait se résumer en deux ou trois mots sur lesquels il est inutile de pinailler pendant quatre semaines: il y a de la séduction, la relation des personnages est toxique, c\u2019est ça, le romantisme dans l\u2019histoire.Mon idée est faite, monsieur : est-ce que je peux réussir ma session et passer à autre chose?Une personne ne peut pas apprendre à comprendre le sens d\u2019un texte complexe si elle part de l\u2019a priori selon lequel la lecture, ce n\u2019est pas fait pour elle parce que ce n\u2019est fait pour personne, sauf pour des profs qui sont payés pour remplir un horaire (préjugé qui me semble largement répandu même en dehors des cohortes estudiantines).Dans l\u2019apprentissage, tout est affaire d\u2019attitude : donnez-moi un jeune qui a lu avec ses parents et qui a vu ses parents lire, j\u2019en fais un lecteur de littérature; donnez-m\u2019en un autre qui a grandi dans une maison dans laquelle aucun livre ne traînait et je suis devant un mur de briques.Parce que l\u2019école n\u2019a pas à être un bulldozer: elle ne peut pas détruire ; elle ne peut que construire.Comment détruire 17 ans de non-rela- tion affective avec la lecture?Autant apprendre à un moine à aimer la guerre.« Me voici comme un homme dans une maison qui s\u2019est faite en son absence », écrivait notre poète national, Gaston Miron.La lecture ne ralentit pas le présent: elle nous en libère pour nous permettre de nous construire à l\u2019abri de la bêtise, et nous voici déjà adulte sans qu\u2019on s\u2019en soit rendu compte, libre d\u2019esprit et avide de vérité.N\u2019attendez pas de miracle de l\u2019école ; lisez avec vos enfants: ils vous rendront les rêves que vous leur aurez donnés.Lire, ou le refus du « parce qu\u2019on est en 2019 » La lecture ne ralentit pas le présent, elle nous en libère OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR LEDEVOIR // LE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.P DONNÉES PERSONNELLES Scanner le visage plutôt que le billet L\u2019utilisation prochaine de la reconnaissance faciale dans l\u2019industrie de la billetterie au Québec fait craindre des dérives, notamment en matière de protection de la vie privée lutôt que d\u2019attendre à la porte pour faire scanner leur billet de spectacle, les Montréalais pourraient bientôt valider leur entrée dans la salle grâce à leur visage.Plus simple d\u2019utilisation pour l\u2019industrie de la billetterie, la reconnaissance faciale inquiète certains experts du milieu qui craignent le partage involontaire par des millions de personnes des « données » de leur visage, destinées à gonfler des banques de données.L\u2019annonce d\u2019un partenariat exclusif entre Ticketmaster et le Groupe CH \u2014 le propriétaire du Canadien de Montréal et l\u2019une des plus importantes sociétés de sports et de divertissements du Québec \u2014 en a surpris plus d\u2019un le 6 juin dernier, alors que le géant mondial de la billetterie avait fait part de ses plans d\u2019alliance avec la start-up de reconnaissance faciale Blink Identity l\u2019année précédente.Si l\u2019accord conclu permet dorénavant à l\u2019entreprise québécoise de vendre et revendre ses divers billets exclusivement sur la plateforme de Ticketmaster, l\u2019intégration potentielle de la reconnaissance faciale leur permettrait de capter les visages des millions d\u2019adeptes de musique à Montréal.« C\u2019est fou.Ils pourraient avoir une base de données équivalant à 80 % de la population [québécoise] en quelques années à peine », assène Sarah Gagnon-Turcotte, conseillère en stratégie et innovation, qui s\u2019interroge sur l\u2019éthique de l\u2019intelligence artificielle.Le Groupe CH et ses deux divisions, L\u2019Équipe Spectra et Evenko, englobent plus de 1500 événements annuels dans leur vingtaine de salles de spectacles, dont le Centre Bell et le MTelus.À cela viennent s\u2019ajouter ses festivals de renommée mondiale, notamment Osheaga, Heavy Montréal, îleSoniq et le Festival international de jazz.Technologie controversée Pourquoi s\u2019aventurer vers cette technologie, alors qu\u2019elle est critiquée de toutes parts ?Selon des organisateurs, la reconnaissance faciale offrirait un accès rapide aux spectacles en éliminant le besoin de présenter un billet d\u2019entrée papier ou numérique.Ils soutiennent également que la lecture des visages au détail près renforce les mesures de sécurité et réduit le risque de fraude.Lors de sa tournée Réputation en 2018, l\u2019équipe de sécurité de Taylor Swift avait déployé des appareils de reconnaissance faciale au Rose Bowl de Los Angeles, pour mieux repérer les harceleurs de la reine de la pop.Or, le magazine Rolling Stone a révélé que les écrans intelligents étaient utilisés pour capter les données des fans de la chanteuse à des fins de promotion et de marketing.Cette même année, le Madison Square Garden à New York avait discrètement installé un tel logiciel pour augmenter leurs mesures de sécurité.« Le vol de cartes de crédit est le type de fraude le plus courant et cela devient très coûteux pour les producteurs d\u2019événements.La [technologie] contribuerait à contrer et à éliminer [le problème] », soutient Nicholas Vincent, chargé de compte chez Vendini, la pla- teforme de billetterie derrière Igloofest et Piknic électronik.D\u2019autre part, Mme Gagnon-Turcotte estime que l\u2019ensemble des arguments invoqués n\u2019est pas sérieux.« Montrer son billet pour qu\u2019il soit scanné prend une demi-seconde.Si l\u2019on veut assurer la sécurité, on va devoir faire des fouilles corporelles [\u2026] donc ce n\u2019est pas vrai que les gens vont pouvoir entrer sans aucune barrière.» Quant à l\u2019argument de contrer la fraude et la revente de billets, elle y voit plutôt une volonté de contrôler le marché.« Ticketmaster va pouvoir [\u2026] faire des profits tout en préservant son monopole.Est-ce que ça vaut la contrepartie de réduire la protection de notre vie privée avec tous les risques de failles de sécurité ?Moi je dis non, un non retentissant.» La possibilité que le Service de police de la Ville de Montréal mette sur pied des technologies de reconnaissance faciale a provoqué en août dernier tout un émoi quant aux questions de protection de la vie privée, et cette tendance lourde vers la sécurisation par voie de surveillance bio- métrique du visage s\u2019amplifie.Au moins 75 pays utilisent activement la reconnaissance faciale à des fins de BRIGITTE TOUSIGNANT COLLABORATION SPÉCIALE Selon des organisateurs d\u2019événements, la reconnaissance faciale offrirait un accès rapide aux spectacles en éliminant le besoin de présenter un billet d\u2019entrée papier ou numérique.Cette technologie, qui permet la lecture des visages au détail près, renforcerait également les mesures de sécurité et réduirait le risque de fraude.INFOGRAPHIE LE DEVOIR surveillance, et plus de la moitié sont perçus comme des démocraties libérales, selon un rapport publié le 17 septembre 2019 par la Fondation Carnegie pour la paix internationale.De l\u2019ensemble, 63 pays (84 %) se procurent cette technologie auprès de compagnies chinoises.Mais cette technologie n\u2019a pas encore vu le jour chez Ticketmaster, qui a dû prendre un pas de recul en octobre à la suite de réactions négatives de groupes de défense de la vie privée et d\u2019adeptes de musique.Malgré ces contrecoups, un courriel transmis au Devoir par un porte-parole indique que bien que les plans soient « en suspens pour le moment », un tel logiciel permettrait « toujours aux fans le droit de [consentir] » au captage des données personnelles, car ils devront accepter de faire scanner leur visage au lieu de présenter un billet.De son côté, l\u2019exploitant du Tricolore suit l\u2019évolution du dossier de près.« On est bien au fait des technologies que [Ticketmaster] considère.On s\u2019en va probablement vers [la reconnaissance faciale], mais pour l\u2019instant [on n\u2019est pas rendu là] encore», partage au bout du fil France Margaret Bélanger, vice-présidente exécutive des affaires commerciales et corporatives du Groupe CH.Rentabiliser les données « Les données sont plus précieuses que le pétrole à l\u2019heure actuelle.C\u2019est important de bien connaître la démographie de sa clientèle [\u2026] car cela mène à plus de contrats de commandite et à plus d\u2019occasions de faire des profits.C\u2019est là que ressort le véritable intérêt : savoir qui fréquente [l\u2019événement]», affirme M.Vincent.Il reste à voir si la reconnaissance faciale fera son chemin sur la scène montréa- laise du divertissement, mais chose certaine, les mouvements financiers de Ticketmaster et de sa société mère Live Nation sont à surveiller.«Si leur pari réussit, ils ne seront plus uniquement dans la vente de spectacles.Ils vont devenir des entreprises technologiques de vente de données et d\u2019analyses comportementales [\u2026] Malheureusement, cela se fait au détriment de la protection de la vie privée des individus», laisse tomber Mme Gagnon-Turcotte.Les données sont plus précieuses que le pétrole à l\u2019heure actuelle.C\u2019est important de bien connaître la démographie de sa clientèle [\u2026] NICHOLAS VINCENT » "]
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