Argus, 1 janvier 2018, Vol. 46, No 1
[" Bibliothèque, technologie(s) et numérique Volume 46, Numéro 1 La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Grâce à une méthode éprouvée par des millions d\u2019utilisateurs à travers le monde, Tap\u2019Touche vous permet d\u2019adopter les meilleures pratiques et de corriger vos mauvais plis lorsque vous tapez au clavier.En seulement quelques semaines, vous développerez une habileté essentielle qui améliorera votre performance à l\u2019école ou au travail.Le clavier à toute vitesse Dynamique et stimulant, Tap\u2019Touche en ligne offre une méthode simple et efi a e pou app end e à tape au lavie .P oitez de Tap\u2019Tou he à la i liothè ue ! Avec la collaboration de Bibliopresto, de nombreuses bibliothèques publiques ué é oises off ent à leu s millions de membres un accès GRATUIT à Tap\u2019Tou he.Demandez-le presto?! Bibliothèque, technologie(s) et numérique Volume 46, Numéro 1 La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Table des matières 07 Éditorial Marie-Ève Auclair 53 Filling the Void: Emotion, Capitalism and Social Media \u2013 Présentation du livre de Marcus Gilroy-Ware Pascale Félizat-Chartier 56 Le prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec Yvon-André Lacroix DOSSIER Bibliothèque, technologie(s) et numérique 11 Pour l\u2019inclusion numérique \u2013 L\u2019omniprésence du numérique Carl Blondin 14 Une ofre numérique à faire connaître \u2013 La médiation numérique à BAnQ Véronique Parenteau 19 Soutenir les bibliothèques publiques dans la difusion des ressources numériques Stéphanie Dupa 25 Les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB) et les usagers : entre acceptabilité, acceptation et appropriation Siham Alaoui 30 Générations@branchées : les bibliothèques publiques au service de la littératie numérique \u2013 La fracture numérique générationnelle Marie-Christine Tremblay 34 Fab Lab Brossard \u2013 Espace dédié à la créativité numérique Julie Desautels 39 Médialab \u2013 Bibliothèque de Sainte-Julie Marie-Hélène Parent 43 Reponseatout.ca \u2013 Le service québécois de référence virtuelle Frédérique Gaudin 50 Au carrefour du numérique, du troisième lieu et des formations en bibliothèque \u2013 Le parcours pour autodidacte Karina Cahill La version papier de ce document est imprimée sur du papier Rolland Enviro Print, contenant 100 % de fibres postconsommation.ARGUS La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Volume 46, no 1 Printemps 2018 Dépôt légal Bibliothèque Nationale du Canada Bibliothèque Nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage : 570 Dépôt légal : 2e trimestre 2018 Publié par Argus est une revue publiée deux fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec 5605, avenue de Gaspé Espace 106 Montréal, Québec H2T 2A4 514 845-3327 info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n\u2019engagent que ceux-ci.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans : > Articlefirst (Oclc) > Francis > Library, Information Science & Technology Abstracts (Lista) > Library Literature > Repère > Wilson Omni.Rédactrice en chef Marie-Ève Auclair Comité éditorial Marie-Claire Barbeau-Sylvestre Violaine Fortier Yvon-André Lacroix Ariane Legault-Venne Magali Morin Anaïs Salomon Collaborateurs, textes Siham Alaoui Carl Blondin Karina Cahill Julie Desautels Stéphanie Dupa Pascale Félizat-Chartier Frédérique Gaudin Yvon-André Lacroix Marie-Hélène Parent Véronique Parenteau Marie-Christine Tremblay Révision linguistique Ariane Legault-Venne Juliette Tirard-Collet Marie Tremblay Illustrations Gabrielle Matte Conception graphique Jolin Masson www.jolinmasson.com Impressiom JB Deschamps C000000 07 Éditorial Bibliothèque, technologie(s) et numérique Le présent numéro d\u2019Argus se penche sur les relations qu\u2019entretiennent les bibliothèques, et plus largement les bibliothécaires avec la technologie et le numérique.Pour débuter, Carl Blondin nous offre une réflexion sur le rôle du bibliothécaire dans le monde numérique et sur les enjeux et défis afférents.C\u2019est un fait, le numérique est de plus en plus présent dans nos établissements et cela depuis plusieurs années.Ainsi, Véronique Parenteau signe un article intitulé Une offre numérique à faire connaître dans lequel, elle expose l\u2019offre de médiation numérique offerte par BAnQ.Stéphanie Dupa, quant à elle, nous propose de mieux connaître les efforts de cette même institution pour soutenir les bibliothèques publiques dans la diffusion de leurs ressources numériques.De très nombreuses bibliothèques ont informatisé leur système de prêts et de retours, et nombre d\u2019entre elles offrent un service de bibliothèque numérique avec des livres numériques disponibles à l\u2019emprunt.Ces changements affectent les habitudes et les façons de faire des bibliothécaires, mais également des usagers, en particulier lorsqu\u2019il est question des SIGB tel que nous l\u2019explique Siham Alaoui dans son texte.Karina Cahill explore, elle aussi, le sujet en traitant plus spécifiquement des formes de médiation possible pour permettre à l\u2019usager de se former à utiliser ses nouveaux outils.Tous ne sont pas égaux face aux technologies et au numérique.Rendre disponibles du matériel informatique de qualité et des programmes numériques de dernière génération et former nos usagers à les utiliser comptent parmi les mesures déjà très largement mises en place dans nos institutions.Les bibliothécaires sont conscients que les bibliothèques ont un rôle à jouer dans ce qui est communément appelé : la lutte à la fracture numérique et la maîtrise de la littératie numérique.Une initiative, nommée Générations@branchées, permettant le transfert des connaissances numériques entre adolescents et aînés a été développée en ce sens, tel que le rapporte Marie- Christine Tremblay dans son article.Certaines institutions vont plus loin ARGUS 08 et offrent même du contenu culturel ou archivistique entièrement numérique ou encore un service de référence complètement virtuel.Frédérique Gaudin nous en donne un bel exemple dans son article portant sur le service de référence numérique québécois Reponseatout.ca.Quelle importance et quelle place revêt le numérique pour la bibliothéconomie d\u2019aujourd\u2019hui ?Quels moyens devrait- on mettre de l\u2019avant pour participer activement à l\u2019émergence et au développement d\u2019une réelle littératie numérique chez les enfants, les adultes et les aînés ?Les clubs de codage, les fab labs et les média labs ainsi que les ateliers de création numérique apparaissent comme autant d\u2019exemples inspirants à explorer et à développer afin de promouvoir le faire et le savoir- faire numérique.Dans nos pages, Julie Desautels signe un article sur le Fablab Brossard, tandis que Marie- Hélène Parent nous présente le Médialab de Sainte- Julie, deux projets québécois récemment lancés.En complément de ce dossier consacré aux bibliothèques et au numérique deux articles viennent clore ce numéro.Le premier, d\u2019Yvon- André Lacroix revient sur le prix Architecture 2017 des bibliothèques et des centres d\u2019archi ves du Québec.Tandis que le second, de Pascale Félizat- Chartier, nous offre une réflexion sur la relation que nous entretenons tous, collectivement avec les médias sociaux, d\u2019après une lecture du livre Filling the Void : Emotion, Capitalism and Social Media de Marcus Gilroy- Ware.Ainsi, à la lecture de ce numéro d\u2019Argus, il apparaît, telle une évidence pour le plus grand nombre, que les bibliothécaires d\u2019au- jourd\u2019hui doivent favoriser l\u2019accès et la maîtrise du numérique et des technologies auprès de leurs usagers, être eux- mêmes des agents actifs sur la Toile ; y faire leur place et utiliser l\u2019ensemble des possibilités offertes par les technologies et le numérique.À tous une belle réflexion et une riche lecture.Marie-Ève Auclair Rédactrice en chef, Argus Biblio thèque, techno logie(s) et numérique 11 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Pour l\u2019inclusion numérique L\u2019omniprésence du numérique Carl Blondin L\u2019ère de l\u2019information numérique est marquée par un accroissement des documents produits et la diversification des supports, mais aussi par des changements importants dans la production et la gestion des documents.La déferlante numérique, expression de Carol Couture, archiviste et professeur de l\u2019EBSI à la retraite, doit inspirer les professionnels de l\u2019information d\u2019au- jourd\u2019hui et de demain à s\u2019impliquer davantage en amont.Ces innovations dans le monde numérique demandent une modification des pratiques dans les milieux documentaires, puisque cela a amené de nouvelles réalités économiques (le coût d\u2019un bouquet numérique), culturelles (la lecture sur un écran) et organisationnelles (la gestion documentaire des ressources numériques) (Chartron et coll., 2008 ; Pirolli et Heilmann, 2014).L\u2019accès aux ressources documentaires est maintenant bien ancré comme une priorité pour les milieux documentaires.La littératie numérique a, quant à elle, été abordée plutôt récemment (IFLA, 2017 ; Peugeot, 2013).Bien que ces textes de l\u2019IFLA et du Conseil national du numérique en France constituent des pas de géant, l\u2019accessibilité universelle au numérique a été négligée.Les professionnels de l\u2019information sont bien placés pour participer à l\u2019affaiblissement de la fracture numérique et sociale qui « déconnectent » les usagers du contenu numérique.L\u2019inclusion numérique L\u2019ambition derrière cette idée est de faire en sorte que tous puissent consulter les documents numériques.Pour ce faire, il s\u2019avère nécessaire d\u2019adapter les supports pour que le contenu soit accessible à tous, incluant les personnes en situation de handicap.Brièvement, le handicap est un préjudice résultant de l\u2019inadéquation entre la déficience d\u2019une personne et son environnement.Une situation de handicap survient lorsqu\u2019une personne est limitée dans la réalisation d\u2019un rôle social jugé normal selon des facteurs sociaux, culturels ou identitaires comme l\u2019âge et le sexe.Il s\u2019agit donc d\u2019une limitation dans les opportunités d\u2019une personne à prendre part à la vie de sa société de la même façon qu\u2019une autre (Fougeyrollas, 2010).L\u2019accès à l\u2019information numérique est ardu et lacunaire pour les personnes en situation de handicap.Ces dernières font face à de nombreuses barrières dans l\u2019utilisation des technologies de l\u2019information et de la communication (TIC).Parmi les nombreux exemples, notons la disponibilité et la qualité des sous-titres et de l\u2019audiodescription pour ARGUS 12 les services de vidéos sur demande ainsi que sur les plateformes Web (YouTube, Netflix), la validité et la convivialité des pages Web pouvant entrer en conflit avec les logiciels spécialisés, l\u2019utilisation des couleurs pour distinguer des éléments des lignes de métro, le manque de formations adaptées ou encore des supports non-adaptés à leurs besoins (Thatcher et coll., 2007 ; Varney, 2013).Par ailleurs, lorsque les services sont offerts, ils se concentrent principalement sur les personnes ayant des limitations perceptuelles.La réalité des personnes ayant des limitations cognitives ou motrices est encore plus sombre (Varney, 2013).Assurer un meilleur avenir Les attentes des personnes en situation de handicap sont raisonnables.Elles demandent accès au même contenu numérique, au même moment et au même prix que la population générale (Lazar, Goldstein et Taylor, 2015).Les TIC leur offrent une commodité rare, à savoir un accès qui n\u2019est généralement pas limité par la création d\u2019un deuxième objet, par exemple un livre en braille, ou l\u2019utilisation d\u2019un appareil exclusif aux personnes en situation de handicap qui font augmenter les coûts d\u2019acquisition des milieux documentaires et les font sentir différents des autres (Lazar, Goldstein et Taylor, 2015 ; Newell, 2011).Le moyen le plus efficace pour répondre à cet enjeu est de travailler en amont.En d\u2019autres mots, il suffit d\u2019un effort limité de la part des fabricants et des développeurs de logiciels pour produire des appareils électroniques de masse qui incluent les fonctionnalités nécessaires à leur utilisation par des personnes en situation de handicap (Lazar, Goldstein et Taylor, 2015).Un point positif pour les fabricants ou développeurs est qu\u2019il s\u2019agit vraisemblablement d\u2019une opportunité d\u2019affaires, puisque, par cette initiative, les personnes en situation de handicap pourraient se procurer ces appareils et ainsi participer activement au commerce en ligne (Lazar, Goldstein et Taylor, 2015).Les innovations technologiques ne suffisent plus dans nos sociétés vieillissantes où le numérique est omniprésent à tous les niveaux (Carré, 2012).Nous devons faire place à l\u2019innovation sociale de la technologie et la développer en réfléchissant à la diversité humaine (Badillo et Pélissier, 2015).L\u2019innovation sociale doit se traduire dans une inclusion numérique qui ne peut se réduire à un accès limité aux ressources et une connaissance sommaire de la fonctionnalité des outils (Bonnaud, 2018 ; Peugeot, 2013).L\u2019accès universel au contenu numérique à l\u2019aide des TIC est indispensable pour la participation sociale des personnes en situation de handicap (Varney, 2013).Les professionnels de l\u2019information ont un rôle crucial à jouer pour améliorer leur situation.Ils peuvent agir comme médiateurs ou porte-paroles, car ils connaissent bien les besoins de leurs usagers (Thatcher, 2007).Ils sont à même de revendiquer leurs besoins auprès des instances supérieures (par exemple les bibliothèques nationales ou le gouvernement).Ils ont le pouvoir de contribuer Pourquoi ne pas pro?ter de l\u2019expertise des personnes en situation de handicap a?n de co-construire des services adaptés pour tous et ainsi surmonter les obstacles systémiques ? 13 Bibliothèque, technologie(s) et numérique à la prise de décisions judicieuses pour les personnes en situation de handicap par le développement de services à distance, en revoyant le design UX (expérience utilisateur) des pages Web ou en développant de la formation, mais aussi de combattre les préjugés en affirmant qu\u2019il est possible d\u2019adapter le contenu et les supports numériques en travaillant sur les capacités des personnes plutôt que sur leurs déficiences (Newell, 2011).Pourquoi ne pas profiter de l\u2019expertise des personnes en situation de handicap afin de co-construire des services adaptés pour tous et ainsi surmonter les obstacles systémiques ?L\u2019équité revêt une importance capitale dans les milieux documentaires.Dans le même ordre d\u2019idées, il peut être nécessaire de consacrer plus d\u2019énergie pour les clientèles particulières afin qu\u2019une vraie équité de services soit au rendez-vous.À nous, les professionnels de l\u2019information d\u2019aujourd\u2019hui et de demain, de trouver et développer des méthodes et des outils efficaces pour l\u2019inclusion numérique de tout un chacun.Carl Blondin est étudiant à la maîtrise en sciences de l\u2019information à l\u2019Université de Montréal (EBSI).BIBLIOGRAPHIE Badillo, P.-Y.et Pélissier, N.2015.« Usages et usagers de l\u2019information numérique : Renouvellement des problématiques et nouveaux enjeux pour les SIC ».Revue française des sciences de l\u2019information et de la communication, vol. 6.journals.openedition.org/ rfsic/1448 Bonnaud, P.-M.2018.La Transformation numérique des institutions publiques : nouvelles exigences d\u2019accès.France : C\u2019est Données ! cdonnees.com/2018/02/17/ la-transformation-numerique-des-institutions- publiques-nouvelles-exigences-dacces Carré D.2012.« Étudier les usages.Est-ce encore nécessaire ?».Dans Vidal, G.(Dir.).La sociologie des usages : Continuités et transformations.Cachan : Hermès Science, Lavoisier, p. 63-85.Chartron, G., Joseph, M., Stotzenbach, C., Minon, M., Bilbault, R.et Gasnault, J.2008.« Une ofre en pleine expansion » Documentaliste-Sciences de l\u2019Information, vol. 45, no 2, p. 28-43.Fougeyrollas, P.2010.La funambule, le ?l et la toile : transformations réciproques du sens du handicap.Québec : Presses de l\u2019Université Laval, 338 p.IFLA.2017.IFLA Statement on Digital Literacy (August 18, 2017).Den Haag (Netherlands) : IFLA.www.i?a.org/?les/assets/faife/statements/i?a_digital_ literacy_statement.pdf Lazar, J., Goldstein, D.F.et Taylor, A.2015.Ensuring digital accessibility through process and policy.Massachusetts : Morgan Kaufmann, 246 p.Newell, A.F.2011.Design and the Digital Divide: Insights from 40 Years in Computer Support for Older and Disabled People.Vermont : Morgan & Claypool Publishers, 195 p.Peugeot, V.2013.Citoyens d\u2019une société numérique : pour une nouvelle politique d\u2019inclusion.France : Conseil national du numérique.cnnumerique.fr/?les/2018-02/ CNNum_rapport_Inclusion_oct2013-sans-annexe.pdf Pirolli, F.et Heilmann, E.2014.« Les représentations du livre numérique chez les professionnels de l\u2019information- documentation », Études de communication, vol. 2, no 43, p. 75-90.Thatcher, J., Burks, M.R., Heilmann, Ch., Henry, S.L., Kirkpatrick, A., Lauke, P.H., Lawson, B., Regan, B., Rutter, R., Urban, M.et Waddell, C.D.2006.Web accessibility: Web standards and regulatory compliance.New York : Apress, 696 p.Varney, E.2013.Disability and information technology: A comparative study in media regulation.New York : Cambridge University Press, 306 p. ARGUS Une ofre numérique à faire connaître La médiation numérique à BAnQ Véronique Parenteau 15 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Depuis l\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque en 2005, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) propose à ses usagers des collections numériques qui n\u2019ont cessé d\u2019évoluer, notamment avec l\u2019intégration du prêt par téléchargement de livres, de revues et de musique, ainsi que par la numérisation de documents patrimoniaux.Cette offre unique ne saurait rester secrète ! Aussi, l\u2019institution s\u2019efforce- t-elle, par la médiation, de la faire connaître et d\u2019aider les Québécois à se l\u2019approprier.Le lancement, en 2015, de la première phase du site BAnQ numérique (numerique.banq.qc.ca) aura facilité un peu les choses.La création de cette plateforme répondait à un désir de réunir à une même adresse toute l\u2019offre numérique de BAnQ.Comme l\u2019institution est à la fois bibliothèque nationale, bibliothèque publique et archives nationales, que son offre est multiple et qu\u2019elle s\u2019adresse à différents publics, le défi était de taille.Le site est d\u2019ailleurs toujours en développement et de nouveaux corpus y sont intégrés régulièrement.Créer un lien entre l\u2019usager et les ressources Blogues et médias sociaux Deux blogues permettent aux usagers de découvrir la richesse des ressources numériques auxquelles ils ont accès.Sur BAnQ chez moi (blogues.banq.qc.ca/ chezmoi), des bibliothécaires publient des billets qui mettent en lumière comment des contenus sélectionnés peuvent répondre aux besoins des lecteurs.Un article peut par exemple présenter une ressource précise et ses fonctionnalités (voir le texte sur Lynda.com paru le 14 février 2018).D\u2019autres annoncent les nouveautés d\u2019une plateforme déjà connue (voir le billet du 15 janvier 2018 sur les ajouts dans Medici.tv).Enfin, l\u2019auteur choisira parfois d\u2019exposer un éventail de possibilités tirées de diverses ressources pour répondre à un besoin en particulier (voir le Petit guide de survie au temps des Fêtes du 19 décembre 2017).Instantanés (blogues.banq.qc.ca/ instantanes) est quant à lui une vitrine sur les archives conservées à BAnQ.Par des billets généreux en contenus numérisés, on braque le projecteur sur un personnage (par exemple, le photographe Conrad Poirier, 24 janvier 2018), sur un événement (l\u2019incendie de l\u2019Hôtel Magog, 18 janvier 2018) ou sur un document particulièrement captivant (le cahier de notes d\u2019un médecin qui fait voir le Sorel du XIXe siècle, 27 décembre 2017).Ces deux blogues comptent des lecteurs assidus qui reçoivent tous les billets dans leur boîte de courriel.Pour atteindre les autres, les médias sociaux apparaissent certainement comme les véhicules privilégiés.Ils permettent de joindre, en plus des abonnés, des gens qui ne connaissent pas déjà nos blogues.Durant la dernière année, la présence de BAnQ sur les médias sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, YouTube, Historypin, Flickr et Pinterest) a gagné en pertinence et la cible est de plus en plus souvent atteinte.Des bibliothécaires et des archivistes, chacun selon son expertise, choisissent soigneusement des ressources et cherchent le meilleur angle pour les faire connaître.Les documents qui ont une histoire \u2013 une carte dessinée par Samuel de Champlain, par exemple \u2013 obtiennent généralement beaucoup de succès.Si les usagers adorent par ailleurs qu\u2019on leur pose des questions ou qu\u2019on joue sur leur nostalgie, ils sont aussi très heureux d\u2019apprendre qu\u2019ils peuvent accéder gratuitement à une ressource dont ils ne soupçonnaient pas l\u2019existence.En collaboration avec Wikimedia Canada, BAnQ met graduellement à la disposition des contributeurs de Écran interactif.Crédit : Jean Corbeil ARGUS 16 Wikipédia des images qu\u2019ils peuvent utiliser pour illustrer des articles.Une belle façon de mettre en valeur la collection iconographique patrimoniale.Des ateliers sont en outre offerts pour donner à ceux qui le souhaitent les clés d\u2019une collaboration optimale à l\u2019encyclopédie ouverte.Démonstrations Parfois, il n\u2019y a rien comme voir une chose en action pour en saisir toutes les possibilités.Trois foires numériques se sont tenues à la Grande Bibliothèque en autant d\u2019années.L\u2019objectif principal : faire connaître toute l\u2019étendue de l\u2019offre numérique de BAnQ.L\u2019événement constitue une excellente façon de joindre les utilisateurs du lieu physique, qui bien souvent ignorent tout des ressources de BAnQ auxquelles ils peuvent accéder sur le Web.Lors de la dernière édition, un parcours de réalité augmentée et une activité permettant aux visiteurs d\u2019être photographiés « dans » de vieilles cartes postales grâce à un écran vert ont attiré bien des curieux.Ce sont cependant les mini-conférences et les démonstrations informelles qui ont davantage aidé les visiteurs à saisir la richesse des bases de données.Les bibliothécaires sur place s\u2019informaient des intérêts des usagers afin de leur montrer les ressources les plus susceptibles de leur plaire.Consulter des cartes géographiques anciennes, emprunter des livres et des revues numériques, regarder des captations vidéo de concerts ou aider son enfant à comprendre les fractions, tout cela gratuitement\u2026 pour beaucoup, le ravissement n\u2019avait d\u2019égale que la surprise ! Dans le cadre de la mesure 60 du Plan culturel numérique du Québec, BAnQ a aussi partagé son expertise pour soutenir le réseau des bibliothèques québécoises dans la diffusion du livre numérique.Vous pouvez lire à ce sujet l\u2019article de Stéphanie Dupa publié dans ce même numéro.Littératie numérique Les usagers découvrent donc graduellement les ressources numériques proposées par BAnQ.Mais encore faut-il qu\u2019ils sachent les utiliser de la meilleure façon.Et pour cela, ils doivent d\u2019abord maîtriser les outils appropriés, ce qui est loin d\u2019être acquis pour tous.Deux fois par semaine, selon une formule « porte ouverte », des membres du personnel se rendent disponibles dans le cadre de la Halte numérique pour répondre aux questions de ceux qui souhaitent améliorer leurs compétences technologiques.Ils peuvent les aider à créer une adresse de courriel, à s\u2019initier à Internet, à apprivoiser leur tablette ou à télécharger des livres, entre autres.Par ailleurs, une série d\u2019ateliers offerts par des bibliothécaires Atelier.Crédit : Cédric Lavenant 17 Bibliothèque, technologie(s) et numérique formateurs permettent aux usagers de démystifier différents aspects de la vie numérique.De Premiers pas avec un ordinateur à Comment protéger votre identité numérique et Initiation à la numérisation et à l\u2019organisation de photos, en passant par Initiation à la tablette Android ou iPad, Des livres numériques et plus encore, et Des revues et des journaux pour votre tablette, les néophytes ne sont pas laissés à eux-mêmes.L\u2019emprunt pour utilisation sur place d\u2019ordinateurs portables et de tablettes numériques est une autre façon pour les usagers d\u2019apprivoiser ces appareils ou simplement d\u2019en profiter s\u2019ils n\u2019en possèdent pas.Un espace d\u2019apprentissage Grâce à la Fondation de BAnQ (fondation.banq.qc.ca), les usagers de la Grande Bibliothèque pourront bientôt s\u2019initier au numérique dans un tout nouvel espace ouvert, multifonctionnel et pourvu d\u2019équipements informatiques de pointe.Polyvalente et conçue pour favoriser l\u2019apprentissage et les échanges, cette salle accueillera différents types d\u2019activités et de modes d\u2019apprentissage : causeries, ateliers pratiques, webi- naires, autoformations, démonstrations, etc.Une nouvelle programmation qui tirera le meilleur de cet espace est en cours d\u2019élaboration.Un système spécialisé permettra aux usagers hors de Montréal de participer à distance à certaines activités.Des écrans interactifs de grande taille, des tablettes numériques, des ordinateurs portables, entre autres équipements, seront aussi à la disposition des visiteurs.Des pistes à explorer Malgré toutes ces initiatives, il reste (et restera toujours) du travail à accomplir pour créer et renforcer les liens entre les abonnés et les ressources numériques.Plusieurs pistes seront étudiées dans un avenir rapproché.L\u2019espace d\u2019apprentissage, par exemple, pourrait avoir son pendant virtuel.Ce dernier permettrait la diffusion, en direct ou en différé, des ateliers offerts à la Grande Bibliothèque et proposerait des outils d\u2019autoformation tels une sélection de vidéos, une sélection d\u2019applications, des guides d\u2019utilisation des ressources numériques, etc.Les usagers ne se sont pas encore pleinement approprié les écrans interactifs installés pour une mise en valeur ludique des ressources numériques au sein même de la Grande Bibliothèque.Des améliorations devront être apportées pour susciter une plus grande utilisation de ces outils au potentiel certain.Différents modes d\u2019intégration des ressources numériques aux collections physiques de la Grande Bibliothèque, dans les rayonnages ou ailleurs, seront aussi évalués pour permettre la découverte contextuelle.L\u2019objectif consiste à faire penser à l\u2019abonné qui cherche des documents physiques que d\u2019autres possibilités s\u2019offrent à lui.On songe par ailleurs à la production de capsules vidéo pour faciliter l\u2019appropriation par les usagers de certains services de BAnQ.Deux fois par semaine, selon une formule « porte ouverte », des membres du personnel se rendent disponibles dans le cadre de la Halte numérique pour répondre aux questions de ceux qui souhaitent améliorer leurs compétences technologiques. ARGUS 18 Mais tout cela comporte ses limites si le personnel des services aux usagers n\u2019est pas lui-même à l\u2019aise avec les ressources numériques.De la formation est donc prévue pour s\u2019assurer que tous sont en mesure d\u2019aider les gens à télécharger du contenu numérique empruntable et que les bibliothécaires savent orienter les usagers parmi les ressources numériques aussi bien que dans le reste des collections.Au service de Bibliothèque et Archives nationales du Québec depuis 2002, Véronique Parenteau a notamment travaillé aux acquisitions de la Collection universelle et dans la section Musique et ?lms de la Grande Bibliothèque comme bibliothécaire de référence.Depuis 2013, elle se consacre quotidiennement à des dossiers liés aux services et aux ressources numériques.Elle est inscrite aux études supérieures spécialisées en édition numérique à l\u2019Université de Montréal.Foire numérique.Crédit : Stéphane Viau 19 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Soutenir les bibliothèques publiques dans la difusion des ressources numériques Stéphanie Dupa Ce serait sans doute un lieu commun de dire que les bibliothèques publiques sont en pleine mutation.Les bibliothèques se doivent d\u2019être en constante évolution pour s\u2019arrimer aux attentes et aux besoins des populations qu\u2019elles servent.C\u2019est particulièrement palpable depuis une quinzaine d\u2019années avec l\u2019arrivée du numérique qui a considérablement accéléré le rythme des innovations et transformé notre quotidien.L\u2019adaptation récente des bibliothèques s\u2019est traduite par l\u2019émergence de nouveaux espaces plus conviviaux, de nouveaux services qui repoussent le cadre des activités traditionnelles et de nouvelles collections, notamment les collections numériques.Chaque année, le numérique s\u2019installe davantage dans les bibliothèques publiques.Les laboratoires de type Fab Lab s\u2019invitent dans les murs des bibliothèques et les ateliers de programmation sont en vogue pour les plus jeunes.À côté de ces services émergents, les bibliothèques continuent de développer leurs collections numériques, ce qui leur permet d\u2019élargir leurs collections et, potentiellement, leur public.Rappel historique L\u2019introduction de collections numériques dans les bibliothèques publiques a sans doute fait partie des premières façons de participer à la transformation numérique en cours.Pour rappel, en 2003, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et le réseau des bibliothèques publiques québécoises ont créé le Consortium d\u2019acquisition de ressources électroniques du Québec (CAREQ) dont la mission, aujourd\u2019hui confiée à Bibliopresto.ca, était la sélection des ressources et la négociation des licences pour les bibliothèques publiques québécoises (BAnQ, 2013, p.28).En 2011, c\u2019est le lancement de la ARGUS 20 plateforme Pretnumerique.ca qui ouvre plus largement les vannes des collections numériques en bibliothèques publiques.Dans la foulée, l\u2019organisme à but non lucratif Bibliopresto.ca est créé sous l\u2019impulsion de l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec, du Réseau BIBLIO du Québec et de BAnQ, pour « chapeauter le développement et l\u2019accès aux ressources numériques en bibliothèques publiques » (Bibliopresto.ca, s.d.).Dans son rapport annuel 2016- 2017, Bibliopresto.ca a annoncé le franchissement du cap des 5 millions d\u2019emprunts de livres numériques toutes bibliothèques confondues.Avec 119 bibliothèques publiques autonomes et 11 Réseaux BIBLIO branchés à Pretnumerique.ca (Bibliopresto.ca, 2016, p.10), on peut dire que le livre numérique fait désormais partie du paysage des bibliothèques publiques québécoises.Toujours des dé?s L\u2019intégration de ces « nouvelles » collections n\u2019a pas été exempte de défis pour les bibliothèques publiques.Des craintes de voir disparaître le livre papier ont été manifestées et les changements ont amené nombre de professionnels à se questionner sur leurs compétences technologiques.Nous avons encore tendance à conserver une vision de l\u2019offre de services des bibliothèques dans son volet présentiel (Calenge, 2014, p.56), oubliant parfois le volet numérique, qui de par son immatérialité est moins visible dans notre travail quotidien.Les ressources numériques s\u2019avèrent plus difficiles à valoriser selon nos techniques traditionnelles associées aux collections physiques (tables des nouveautés, etc.).On ne peut pas nier qu\u2019elles apportent aussi leur lot de difficultés, avec des particularités et des modes de fonctionnement différents, pas toujours intuitifs, pour chaque ressource numérique.Elles nécessitent aussi une certaine maîtrise des technologies de la part du personnel et des usagers.Le personnel des bibliothèques qui offrent l\u2019emprunt de livres numériques en sait quelque chose ! Autant de facteurs qui peuvent rendre difficile la diffusion des ressources numériques des bibliothèques.Comment apporter un soutien aux bibliothèques publiques ?C\u2019est dans ce contexte qu\u2019en février 2017, le ministère de la Culture et des Communications a intégré à son Plan culturel numérique du Québec une mesure visant à soutenir le réseau des bibliothèques québécoises dans la diffusion de leur offre numérique (mesure 60), dont il a confié la réalisation à BAnQ.Pour mener à bien ce projet, BAnQ a combiné ses forces avec celles de Bibliopresto.ca, ce qui a permis de multiplier des actions d\u2019envergure au profit des bibliothèques.Consultation Avant de déterminer des actions à réaliser, il nous est apparu essentiel de consulter les bibliothèques autonomes et les Réseaux BIBLIO afin de dresser un portrait de leur offre numérique et de mieux connaître les attentes du personnel des bibliothèques.Un sondage a été lancé en mars 2017 et l\u2019analyse des résultats a permis de mettre en évidence les principales préoccupations des bibliothèques.Celles-ci tournent autour des questions de l\u2019accès aux ressources numériques, de leur promotion, du renforcement des compétences du personnel et de la mise en commun des meilleures pratiques de diffusion des ressources numériques.C\u2019est à partir de ces résultats que 21 Bibliothèque, technologie(s) et numérique nous avons déterminé quatre actions à mener pour 2017-2018, qui, à l\u2019heure où j\u2019écris ces lignes, ont été réalisées ou sont en voie de l\u2019être.Les voici.Une tournée régionale de formation La mise sur pied d\u2019une tournée régionale de formation consacrée aux ressources numériques en bibliothèques publiques avait pour objectif de répondre aux besoins de formation du personnel tout en donnant l\u2019occasion aux participants en région de rencontrer leurs pairs pour échanger sur leurs pratiques.Pour ce faire, nous avons choisi de réaliser six « escales » à travers le Québec et de mobiliser quatre intervenants, deux de BAnQ et deux de Bibliopresto.ca.Chaque événement comportait deux volets distincts et se déroulait sur deux journées.La première journée, « Tirez le meilleur parti des ressources numériques de votre bibliothèque », s\u2019adressait plus spécifiquement aux gestionnaires, formateurs ou responsables des ressources numériques.Il s\u2019agissait de réaliser un tour d\u2019horizon sur les meilleurs moyens pour intégrer de façon optimale les ressources numériques dans l\u2019offre de services des bibliothèques.Y étaient abordés principalement la formation du personnel, le soutien aux usagers ainsi que la promotion et la médiation des ressources numériques.La deuxième journée prenait la forme d\u2019un ou deux ateliers pratiques sur le livre numérique ouverts à tout membre du personnel d\u2019une bibliothèque souhaitant s\u2019initier à l\u2019emprunt de livres numériques ou mettre à jour ses connaissances.L\u2019objectif n\u2019était pas de remplacer les formations qui devraient être dispensées au sein des Atelier pratique sur le livre numérique à Saint-Jérôme le 8 décembre 2017.Crédit : Frédérique Gaudin ARGUS 22 bibliothèques mais plutôt d\u2019amorcer une mise à niveau et de proposer un temps d\u2019exercice et d\u2019échanges entre les équipes de différentes bibliothèques.Pour déterminer les villes qui pouvaient accueillir cet événement, des choix ont dû être faits.Les principaux critères étaient le nombre de bibliothèques autonomes présentes sur le territoire, le bassin potentiel de membres du personnel de bibliothèques publiques que l\u2019on pourrait toucher, la population desservie par ces bibliothèques et les Réseaux BIBLIO.Enfin, il a fallu tenir compte de l\u2019éloignement géographique et, pour joindre le plus de monde possible, une captation et une retransmission en direct de la dernière escale à Montréal ont été réalisées.À l\u2019heure où j\u2019écris ces lignes, la tournée est sur le point de se terminer et on estime qu\u2019à terme, 250 personnes travaillant en bibliothèques dans au moins 11 régions administratives devraient avoir été touchées.En tout, ce sont près de 80 bibliothèques publiques et Réseaux BIBLIO qui auront bénéficié de ces temps de formation et d\u2019échange.Biblionumerique.ca Le deuxième grand chantier a été la mise en ligne de Biblionumerique.ca, une plateforme professionnelle d\u2019information et d\u2019échange consacrée aux ressources numériques en bibliothèques.En mettant sur pied cette plateforme collaborative, BAnQ et Bibliopresto.ca visaient à répondre au besoin de mise en commun des meilleures pratiques de diffusion du livre et des ressources numériques dans les bibliothèques publiques et à favoriser ainsi le partage d\u2019expérience et d\u2019expertise dans ce domaine.L\u2019autre objectif était de fournir de l\u2019information régulière et facilement Visuels promotionnels créés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliopresto.ca Biblionumerique.ca, plateforme d\u2019information et de partage sur les ressources numériques, créée grâce à une collaboration entre Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliopresto.ca 23 Bibliothèque, technologie(s) et numérique accessible sur les ressources numériques conçues et négociées par Bibliopresto.ca pour les bibliothèques.Mise en ligne en version bêta depuis novembre 2017, la plateforme Biblionumerique.ca a pu être présentée en détail lors de la tournée régionale.Depuis qu\u2019elle a été officiellement lancée le 13 février 2018, tout le personnel des bibliothèques québécoises et toute personne s\u2019intéressant à l\u2019utilisation et à la valorisation du numérique en bibliothèque peuvent accéder à Biblionumerique.ca et sont invités à y contribuer.Biblionumerique.ca est en quelque sorte un pari sur la force collaborative des bibliothèques pour parvenir à mieux diffuser leurs ressources numériques auprès de leur public.On nous a parfois demandé, lors des présentations de la plateforme pendant la tournée régionale, « Mais qu\u2019est-ce que je peux bien partager ?» Les bibliothèques sous-estiment la valeur de leur savoir-faire, qu\u2019elles construisent au fil de leurs projets.Est mésestimée aussi l\u2019utilité des documents qui sont créés presque quotidiennement.Qu\u2019ils soient destinés à un usage interne ou externe, nombre de documents et de ressources peuvent être une source d\u2019inspiration pour d\u2019autres personnes.Vous avez réalisé un PowerPoint pour une formation d\u2019initiation à la tablette ?Vous avez conçu un sondage concernant le livre numérique à l\u2019intention de vos usagers ?Vous avez créé des feuillets promotionnels pour vos ressources numériques ?Vous avez conçu un plan de formation pour votre personnel ?Ce sont autant d\u2019outils qui pourraient être utiles à d\u2019autres ! Nous qui courrons toujours après le temps, pourquoi refaire ce que d\u2019autres ont sans doute déjà fait avant nous ?La mise en commun des connaissances et des savoir-faire nous permettrait à tous de gagner en efficacité et c\u2019est une des raisons qui ont motivé la création de Biblionumerique.ca.Afin de faciliter les échanges et de laisser la possibilité à tous de s\u2019inspirer des fichiers déposés et de les adapter, il a été déterminé que la licence Creative Commonc BY-NC 4.0 (Attribution \u2013 Pas d\u2019utilisation commerciale) s\u2019appliquerait à tous les fichiers déposés par les utilisateurs1.Toute personne peut donc s\u2019inspirer des documents déposés, les retravailler ou les copier, à condition de donner crédit à l\u2019auteur original et de ne pas faire un usage commercial des documents.C\u2019est sans nul doute le projet qui demandera un investissement particulier des bibliothèques afin que tout son potentiel de collaboration soit déployé.Seul le temps nous dira si les bibliothèques s\u2019empareront de cet outil pour mettre en commun leur savoir-faire ! Des outils de promotion personnalisables Avec pour objectif de soutenir les bibliothèques dans la diffusion de leurs ressources numériques, une nouvelle gamme de visuels a été créée en prenant le parti d\u2019une certaine neutralité pour faciliter son appropriation par les bibliothèques.Dans ces visuels, c\u2019est le contenu des ressources numériques qui a été valorisé plutôt que les plateformes en tant que telles dont les noms, RB Digital, Pretnumerique.ca ou Naxos Music Library, n\u2019évoquent rien pour les non-initiés.Les marques sont donc absentes de ces visuels et un espace est laissé vide pour les bibliothèques qui souhaiteraient y apposer des renseignements ou des coordonnées.Ils ont été conçus par thématique, d\u2019abord en considérant le type de 1 Les licences Creative Commons ont pour but de faciliter le partage de connaissances et sont particulièrement adaptées aux pratiques en vigueur sur le Web.Pour en savoir plus : creativecommons.org. ARGUS 24 ressources numériques les plus courantes en bibliothèque (livres numériques, revues, généalogie, apprentissage en ligne), puis certaines situations qui pourraient valoriser le numérique : « La bibliothèque est fermée ?Visitez notre bibliothèque numérique ! » Tous ces outils sont déclinés sous forme d\u2019affiches, de signets, de visuels pour le Web, de pastilles, etc.En sus de ces visuels, des modèles de textes personnalisables ont été rédigés pour aider les bibliothèques à faire connaître leurs ressources numériques.Des textes qui pourront servir de base pour des communiqués de presse, des infolettres, des billets de blogues, etc.Ces outils peuvent déjà être télé- chargés à Biblionumerique.ca.Recenser nos meilleurs projets Toujours dans l\u2019optique de mettre en commun nos savoir-faire, un livret est en cours de réalisation pour répertorier des initiatives originales réalisées par les bibliothèques qui permettraient de mettre en valeur leurs actions et d\u2019inspirer d\u2019autres bibliothèques.L\u2019objectif est que chaque projet soit décrit sommairement en abordant notamment les objectifs, les moyens humains et financiers mobilisés, les dispositifs de communication, les aspects qui ont bien fonctionné et ceux qui pourraient être améliorés, etc.Le livret devrait être finalisé au courant du printemps 2018.Conclusion La mesure 60 du Plan culturel numérique a donné l\u2019occasion à plusieurs partenaires du milieu de contribuer activement, pendant une année, à la réalisation d\u2019actions visant l\u2019amélioration de la diffusion des ressources numériques des bibliothèques publiques.L\u2019association des forces et des moyens de BAnQ et de Bibliopresto.ca a permis d\u2019ouvrir le champ des possibles et de pousser plus loin ces projets.Cette collaboration a donné naissance à des projets qui misent eux-mêmes sur la participation active des bibliothèques.En d\u2019autres mots, toutes ces actions n\u2019auraient pu avoir lieu sans la collaboration des bibliothèques et ne sauraient se poursuivre sans elles.Et maintenant, à vous de jouer ! Rappel des actions \u2013 La mise sur pied d\u2019une tournée régionale de formation et de rencontres autour des ressources numériques en bibliothèques publiques ; \u2013 la mise en ligne d\u2019une plateforme professionnelle d\u2019information et d\u2019échange consacrée aux ressources numériques en bibliothèques ; \u2013 la création de nouveaux outils de promotion personnalisables ; \u2013 l\u2019élaboration d\u2019un livret recensant des projets réalisés par les bibliothèques Après des études en littérature et en sciences de l\u2019information réalisées en France, Stéphanie Dupa s\u2019est dirigée vers la maîtrise en bibliothéconomie de l\u2019EBSI à l\u2019Université de Montréal.Elle travaille actuellement à Bibliothèque et Archives nationales du Québec comme bibliothécaire chargée de projets concernant une des mesures du Plan culturel numérique du Québec.BIBLIOGRAPHIE Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2013.Rapport annuel de gestion 2012-2013, Montréal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.www.banq.qc.ca/documents/a_propos_banq/rapports_ annuels/RapportAnnuel_gestion_2012-2013.pdf Bibliopresto.ca, 2017.Rapport annuel 2016-2017.bibliopresto.ca/pdf/rapportannuel_2017_bibliopresto.pdf Bibliopresto.ca, s.d.À propos.bibliopresto.ca/apropos.php Calenge, Bertrand.2014.« Comment intégrer les ressources numériques dans une politique documentaire ?», dans Géraldine Barron et Pauline Le Gof- Janton, Intégrer des ressources numériques dans les collections (p. 46-57), Villeurbanne : Presses de l\u2019enssib, 184 p. 25 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB) et les usagers : entre acceptabilité, acceptation et appropriation Siham Alaoui Portfolio (Bibliomondo), Openflora, PMB, Koha\u2026, tous sont des exemples des systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB) parmi les plus répandus en milieu bibliothéconomique.Ce sont des dispositifs technologiques dont le rôle principal est d\u2019informatiser les fonds documentaires et d\u2019automatiser les tâches de la gestion des bibliothèques grâce aux fonctionnalités documentaires offertes par une variété de modules.Cependant, si ces systèmes demeurent fortement utilisés par les bibliothécaires, il n\u2019en va pas de même pour les usagers des bibliothèques.Une attention particulière doit être accordée aux raisons qui justifient cette utilisation limitée.Cette problématique sera ainsi abordée en nuançant la relation entre l\u2019utilisabilité des SIGB \u2013 et plus précisément les catalogues d\u2019accès public \u2013 ainsi que leur acceptation et leur appropriation par les usagers des bibliothèques.De prime abord, nous nous attarderons à la caractérisation des SIGB en tant que dispositifs sociotech- niques.Viendra ensuite la relation que les usagers des bibliothèques entretiennent avec ces systèmes, et ce, en termes d\u2019acceptabilité, d\u2019acceptation et d\u2019appropriation.Dans une dernière partie, nous mettrons en valeur le rôle du bibliothécaire en tant qu\u2019acteur clé dont le rôle est de veiller à l\u2019utilisation effective des SIGB par les usagers.Les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque : particularités L\u2019approche traditionnelle considère les SIGB comme étant des dispositifs technologiques de nature bibliothé- conomique ayant la particularité de soutenir le travail des bibliothécaires ARGUS 26 et d\u2019automatiser les différentes tâches de gestion des bibliothèques.De telles tâches s\u2019apparentent aux différentes facettes de la chaîne documentaire, soit l\u2019acquisition, le traitement, l\u2019analyse, la diffusion et la préservation des ressources documentaires.Côté usager, l\u2019utilisation d\u2019un SIGB se traduit souvent en termes d\u2019exploration du catalogue d\u2019accès public (OPAC) conférant ainsi aux SIGB un rôle prépondérant en tant que dispositifs technologiques de médiation documentaire.Leur rôle rejoint celui des bibliothécaires dans cette médiation, par la promotion de la démocratisation du savoir.Toutefois, la perception des usagers à l\u2019égard de cette interface publique limite le SIGB à un simple outil de recherche documentaire.Les apports des SIGB ne devraient pas être exclusivement perçus sous l\u2019angle de ces fonctionnalités, d\u2019autant plus qu\u2019ils se développent avec l\u2019explosion des ressources numériques et l\u2019évolution des pratiques numériques axées sur la collaboration.Les mutations actuelles du numérique ont engendré des perspectives novatrices quant au fonctionnement des SIGB.La prolifération de la nouvelle génération des catalogues, les catalogues 2.0, outils de socialisation et de collaboration entre les usagers et les bibliothécaires, est un bon exemple à retenir dans ce sens.Ces catalogues valorisent l\u2019intervention de l\u2019usager en tant qu\u2019acteur social avec des capacités cognitives et des perspectives socioculturelles lui permettant d\u2019ajouter des commentaires, d\u2019attribuer des tags aux notices bibliographiques et de suggérer d\u2019éventuelles améliorations du catalo- gage.L\u2019alimentation de la base de données bibliographiques de la bibliothèque ne relève donc pas uniquement de la responsabilité du catalogueur : l\u2019usager peut dorénavant y prendre part indéniable.Ces nouveaux SIGB possèdent une infrastructure sociotechnique : grâce à leur configuration technique, ils favorisent une meilleure exécution des tâches assignées aux bibliothécaires, et améliorent la qualité de la recherche documentaire pour les usagers.D\u2019autre part, ils sont perçus comme étant des moyens de socialisation, du moment que l\u2019évolution des catalogues 2.0 offre à l\u2019usager la possibilité de valoriser ses compétences cognitives et sociales, par la suggestion des améliorations, l\u2019ajout des commentaires et l\u2019attribution des tags aux notices bibliographiques qui l\u2019intéressent.Il s\u2019agit ainsi de formes de socialisation qui conjuguent les compétences des bibliothécaires à celles des usagers.Si la vision modernisée des catalogues des bibliothèques met en avant le rôle de l\u2019usager en tant qu\u2019acteur social, elle engendre en contrepartie des enjeux infocommunicationnels importants : une résistance à l\u2019utilisation de ces catalogues est constatée chez certains usagers, d\u2019où la nécessité d\u2019une médiation sociotechnique entre ces dispositifs technologiques documentaires et ces usagers réfractaires.Les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque et la médiation sociotechnique Les chercheurs s\u2019intéressant à la médiation sociotechnique (dont Desanctis et Poole, 1994 ; Jauréguiberry et Proulx, 2011 ; Perriault, 2008) ont développé des théories et modèles permettant de piloter les usages des dispositifs technologiques.Dans cette perspective, Perriault (2008), partant d\u2019une approche ethno- technologique, s\u2019est intéressé à l\u2019aspect sociocognitif qui résulte de l\u2019interaction des individus avec les technologies.Ses travaux révèlent que l\u2019usage d\u2019un dispositif technologique implique la naissance et le développement d\u2019un ensemble de dimensions cognitives dont l\u2019usager doit jouir pour mieux s\u2019approprier la 27 Bibliothèque, technologie(s) et numérique technologie.La conception de Perriault s\u2019avère pertinente dans la mesure où elle sert à bâtir une première réflexion sur la résistance exprimée par les usagers dans l\u2019utilisation des fonctions sociales des SIGB.Il convient cependant de décomposer cette conception de l\u2019utilisation des SIGB en trois facettes, que nous nommerons : l\u2019acceptabilité du système, son acceptation et son appropriation par l\u2019usager.L\u2019acceptabilité du système se définit, selon Nielsen (1994), par deux attributs : l\u2019utilisabilité et l\u2019utilité.Si le premier attribut renvoie à l\u2019ergonomie du système, c\u2019est-à-dire sa facilité d\u2019utilisation, le deuxième désigne à l\u2019apport de ce système à la réalisation d\u2019un ensemble de tâches dans un contexte donné (Nielsen, 1994 ; Nkunzimana, 2005).Pour qu\u2019un système soit utilisable, comme le suggère Perriault, il importe que les exigences relatives à son exploitation effective soient compatibles avec les compétences informationnelles de l\u2019usager.Concrètement, celui-ci doit posséder les habiletés techniques lui permettant d\u2019exploiter aisément l\u2019OPAC, de naviguer d\u2019un module à un autre, de comprendre les différentes fonctionnalités offertes par le catalogue, de lancer des commandes, etc.Les compétences d\u2019ordre cognitif réfèrent à la capacité de l\u2019usager à construire des requêtes simples et complexes, à utiliser le langage d\u2019interrogation approprié, à explorer les différentes facettes de filtration des résultats de la recherche, etc.En bref, elles permettent de bonifier les résultats de la recherche en fonction des besoins informationnels exprimés.L\u2019utilité, quant à elle, se concrétise à travers l\u2019apport actuel et potentiel de l\u2019OPAC à l\u2019usager.Comme il est question d\u2019une perception nettement subjective, puisque ce critère dépend en grande partie du contexte de l\u2019utilisation, l\u2019utilité pour un usager qui exploite l\u2019OPAC à des fins ludiques ne serait peut-être pas la même que pour un autre qui explore le catalogue dans le cadre d\u2019une recherche académique.L\u2019acceptation est le fruit de la médiation sociotechnique entre le système et l\u2019usager.C\u2019est le résultat de l\u2019interaction entre les perceptions technico-cognitives des usagers et les attributs techniques et fonctionnels du dispositif technologique.Une acceptation de l\u2019OPAC implique que celui-ci s\u2019aligne techniquement et fonctionnel- lement avec les capacités cognitives et informationnelles de l\u2019usager et qu\u2019il répond à ses besoins.L\u2019acceptation est l\u2019acte d\u2019accomplir les tâches prévues par le concepteur du système.Il n\u2019en demeure pas moins que les usagers sont des acteurs intelligents qui structurent l\u2019usage des technologies en fonction de leur propre intérêt.C\u2019est-ce qu\u2019illustre l\u2019acte de l\u2019appropriation.L\u2019appropriation se définit, quant à elle, comme l\u2019acte par lequel l\u2019usager devient un acteur qui développe ses usages en fonction de ses intérêts (Jouet, 2000).Il s\u2019agit du fruit de médiations entre l\u2019utilisateur et la technologie.L\u2019appropriation de la technologie varie selon le contexte et la nature des objectifs à atteindre à travers cette utilisation.Pour qu\u2019un système soit utilisable, comme le suggère Perriault, il importe que les exigences relatives à son exploitation efective soient compatibles avec les compétences informationnelles de l\u2019usager. ARGUS 28 Elle dépasse les buts initialement assignés à la technologie pour couvrir un large éventail d\u2019objectifs que l\u2019usager définit pour lui-même.Par exemple, un usager pourrait choisir de percevoir le catalogue 2.0 comme un simple entrepôt de documents, comme il pourrait bien construire sa propre bibliothèque grâce au large éventail d\u2019options offertes par le catalogue pour sauvegarder les notices bibliographiques auxquelles l\u2019usager s\u2019intéresse.Cependant, une exploitation rationnelle et efficace du catalogue exige un ensemble de compétences informationnelles variant en fonction du contexte.Les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque et la médiation sociotechnique : le rôle du bibliothécaire Et le bibliothécaire dans tout cela ?Certains prétendent que les SIGB limitent la visibilité du rôle du bibliothécaire, or, de tels systèmes pourraient-ils être effectivement utilisés par les usagers concernés, sans l\u2019intervention du bibliothécaire ?Cet agent vital de la bibliothèque jouit d\u2019un rôle crucial dans la promotion de l\u2019acceptabilité de ces systèmes par les usagers.Comment ?Si les SIGB jouent un rôle de médiateur entre les usagers et la bibliothèque, le bibliothécaire remplit un rôle similaire entre les usagers et ces systèmes, formant ainsi en quelque sorte une chaîne de médiation.Par son implication active avec les usagers, le bibliothécaire cerne les besoins de ces derniers en termes d\u2019ergonomie et de performance.Ces considérations, si prises en compte lors de la conception du système, feront en sorte que les catalogues seront plus acceptables par les usagers visés, puisqu\u2019ils répondront à leurs attentes en termes d\u2019utilité et de facilité d\u2019utilisation.En outre, fort de cette implication, le bibliothécaire prend connaissance des compétences informationnelles nécessaires à une meilleure exploitation du catalogue par les usagers et de l\u2019écart existant entre ces dernières et les compétences actuelles des usagers.Grâce à des formations \u2013 qu\u2019on retrouve d\u2019ailleurs dans la plupart des bibliothèques publiques, collégiales et universitaires \u2013 les usagers peuvent acquérir toutes les habiletés nécessaires à une exploitation efficace du catalogue de la bibliothèque, que ce soit pour les collections du fonds documentaire, ou pour l\u2019accès à la littérature grise).En outre, le bibliothécaire peut jouer un rôle de modèle auprès de ces usagers : il démontre la bonne démarche de recherche documentaire, dans un contexte proche de celui des usagers.Il met également en valeur les fonctionnalités collaboratives offertes par la nouvelle génération des catalogues, et les possibilités de mises à profit par les usagers afin de leur dans une optique de socialisation.La médiation du bibliothécaire permet ainsi d\u2019instaurer une certaine atmosphère de confiance et de fidélité entre l\u2019usager et le SIGB, en facilitant l\u2019acceptation de celui-ci.En somme, l\u2019informatisation des fonds documentaires s\u2019inscrit dans une perspective visant à promouvoir l\u2019accès équitable à l\u2019information en favorisant Si les SIGB jouent un rôle de médiateur entre les usagers et la bibliothèque, le bibliothécaire remplit un rôle similaire entre les usagers et ces systèmes, formant ainsi en quelque sorte une chaîne de médiation. 29 Bibliothèque, technologie(s) et numérique un meilleur repérage des ressources documentaires.Les SIGB, fruit de cette informatisation, représentent des gains considérables aussi bien pour les bibliothécaires que pour les usagers.D\u2019une part, de tels systèmes permettent d\u2019améliorer le travail des bibliothécaires à l\u2019interne, en favorisant une meilleure gestion des prêts et des usagers, ainsi qu\u2019un traitement et une analyse documentaire de qualité.D\u2019autre part, ces systèmes offrent une certaine autonomie aux usagers : les catalogues 2.0 garantissent un rôle de socialisation à ces derniers qui ont désormais la possibilité de contribuer à l\u2019enrichissement des notices bibliographiques et de mieux collaborer avec les bibliothécaires.Néanmoins, les SIGB, notamment les OPAC, demeurent insuffisamment utilisés par certains usagers, qui n\u2019ont pas toujours les compétences informationnelles nécessaires à l\u2019utilisation effective de telles fonctionnalités sociales.C\u2019est là où se manifeste le rôle vital du bibliothécaire : il contribue à la promotion des SIGB en mettant en valeur leurs propriétés ergonomiques et leurs performances, et organise des formations afin d\u2019en multiplier les chances d\u2019acceptation et d\u2019en déterminer les différentes formes d\u2019appropriation.Ainsi, bien que les SIGB soient devenus des partenaires technico- bibliothéconomiques omniprésents, la présence du bibliothécaire en tant qu\u2019intervenant humain guidant l\u2019utilisation de ces systèmes demeure vitale pour l\u2019usager.Siham Alaoui est archiviste-bibliothécaire à Interlangues \u2013 Institut supérieur de traduction (Rabat, Maroc).SOURCES CITÉES Desanctis, G.et Poole, S.1994.« Capturing the complexity in advanced technology use : adaptative structuration theory », Organization science, vol. 5, no 2, p. 121-146.Jauréguiberry, F.et Proulx, S.2011.Usages et enjeux des technologies de communication.Toulouse : Érès.Jouet, J.2000.« Retour critique sur la sociologie des usages », Réseaux, vol. 18, no 100, p 488-518.Disponible sur : www.persee.fr/doc/ reso_0751-7971_2000_num_18_100_2235 Nielsen, J.1994.Usability Engineering.San Diego : Academic Press.Nkunzimana, G.2005.Interactions humain-machine et diférences culturelles : l\u2019utilisabilité Bantu comparée (Thèse de doctorat, université de Montréal).papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/6611 Perriault, J.2008.La logique de l\u2019usage.Paris : l\u2019Harmattan. ARGUS 30 Générations@ branchées : les bibliothèques publiques au service de la littératie numérique La fracture numérique générationnelle Marie-Christine Tremblay La fracture numérique générationnelle est un phénomène présent au Québec.Si l\u2019existence de la génération dite native du numérique ne fait aucun doute, son opposé, sur le spectre des connaissances technologiques, englobe les immigrants du numérique : les adultes dont le mode de vie a été bouleversé par l\u2019arrivée des technologies (Prensky, 2001).La génération native du numérique est née avec l\u2019Internet, alors que l\u2019autre a assisté à son émergence, parfois impuissante à s\u2019y intégrer.L\u2019écart entre les deux groupes crée un clivage de compétences et d\u2019habiletés numériques qui peut être lourd de conséquences pour les individus qui ne maîtrisent pas ce savoir-faire.Plusieurs sources témoignent de l\u2019importance des compétences numériques pour une évolution saine en société, que ce soit dans le monde du travail, dans la sphère sociale ou dans le fonctionnement sociétaire de base (CTREQ, 2016 ; CEFRIO, 2011).En effet, il est facile d\u2019imaginer les problématiques rencontrées par les personnes moins habiles à remplir des formulaires en ligne, à consulter leurs dossiers numériques ou à communiquer par le Web.Bien que l\u2019accès à Internet et aux technologies de la communication semble pour plusieurs être une tâche routinière et évidente, les bibliothécaires sont bien placées pour savoir que les inégalités sont nombreuses, persistantes, et qu\u2019elles affectent certains groupes en particulier en raison de leur faible niveau de littératie numérique. 31 Bibliothèque, technologie(s) et numérique L\u2019écart d\u2019habiletés et de compétences numériques au sein d\u2019une même population peut avoir différentes sources : le niveau d\u2019éducation, le revenu, le capital culturel ou social et l\u2019âge (Charmarkeh, 2015).Les données de Statistique Canada (2010) soulignent que l\u2019écart le plus élevé pour ce qui est de l\u2019accès à l\u2019informatique est lié à l\u2019âge : celui-ci est inversement proportionnel à l\u2019accès à Internet.Les aînés, en représentant la plus forte proportion de ces immigrants du numérique, forment le groupe le plus vulnérable à la fracture numérique (CEFRIO, 2016 ; Statistique Canada, 2010).Bibliothèque publique et littératie numérique Les bibliothèques publiques, de par leur positionnement au sein de leur communauté et de par leur mandat, travaillent à réduire cet écart qui handicape et isole une partie de la population.En effet, les bibliothèques publiques sont des lieux par excellence pour valoriser et développer le large champ de ces compétences.Le rôle de médiation sociale et informationnelle de nos institutions est officialisé par le Manifeste de l\u2019UNESCO sur la bibliothèque publique qui traduit ce rôle par : « soutenir à la fois l\u2019autoformation ainsi que l\u2019enseignement conventionnel à tous les niveaux [et] faciliter le développement des compétences de base pour utiliser l\u2019information et l\u2019informatique.» Encore plus près de nous, la Déclaration des bibliothèques québécoises abonde dans le même sens : « La médiation numérique est au cœur des services de la bibliothèque [\u2026] elle contribue à réduire la fracture numérique et favorise l\u2019acquisition de compétences technologiques.[\u2026] La bibliothèque est un espace [\u2026] de socialisation, un lieu de travail collaboratif offrant des espaces pour échanger, enseigner, animer, former et favoriser la transmission et le partage d\u2019information, de connaissances et d\u2019apprentissages.» Le virage entamé par les bibliothèques publiques québécoises vers une offre de services de plus en plus diversifiée s\u2019inscrit également dans le développement de la littératie numérique \u2013 à tous les niveaux et pour les citoyens de tous âges.Notons les nombreux fablabs et médialabs qui s\u2019emploient à démocratiser l\u2019accès aux nouvelles technologies, l\u2019éducation à leur utilisation (dont les cliniques d\u2019emprunt de livres et de revues numériques) les formations informatiques, les ateliers d\u2019initiation à la robotique, etc.Si plusieurs programmes et services sont déjà déployés dans les bibliothèques publiques québécoises pour initier les aînés à littératie numérique, l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec rend disponible le projet Générations@branchées, qui propose un mode de formation novateur et éprouvé pour favoriser la litté- ratie numérique auprès de la clientèle plus âgée.Le programme Générations@branchées Générations@branchées est un programme intergénérationnel de jumelage informatique offert par certaines bibliothèques publiques québécoises.L\u2019adulte souhaitant s\u2019initier à l\u2019informatique ou obtenir du support pour la réalisation d\u2019une tâche numérique Tableau 1 : Utilisation d\u2019Internet selon l\u2019âge Âge % des individus 34 ans et moins 96,5 % 35 à 54 ans 87,8 % 55 à 64 ans 71,1 % 65 ans et plus 40,7 % ARGUS 32 s\u2019adresse à sa bibliothèque publique, qui le jumèle alors avec un adolescent bénévole ayant de bonnes compétences informatiques.Le programme se base sur l\u2019inversion des rôles traditionnels : les adultes recevant du dépannage informatique sont les apprenants tandis que les adolescents agissent en tant qu\u2019enseignants.L\u2019adulte obtient ainsi une aide personnalisée qui favorise le développement de ses compétences numériques alors que l\u2019adolescent développe ses aptitudes sociales, relationnelles et professionnelles.Offert depuis 2009 à la bibliothèque Paul-Mercier de Blainville, Générations@branchées a été lauréat de nombreuses distinctions : il a entre autres reçu le Certificat honorifique du mérite Ovation municipale (2011), le Prix Innovation des services documentaires du Québec (2011) et le Prix d\u2019excellence du Carrefour Action Municipale et Famille (2014), en plus de jouir d\u2019un succès considérable au sein de sa communauté.Les objectifs du programme sont nombreux : favoriser les relations inter- générationnelles, briser l\u2019isolement, encourager le développement social et professionnel des adolescents, attirer un nouveau public en bibliothèque et, bien sûr, développer les compétences numériques de la collectivité \u2013 particulièrement celles des aînés.En effet, selon les statistiques d\u2019utilisation de la Le programme se base sur l\u2019inversion des rôles traditionnels : les adultes recevant du dépannage informatique sont les apprenants tandis que les adolescents agissent en tant qu\u2019enseignants.Témoignages d\u2019aînés apprenants et d\u2019adolescents enseignants : « J\u2019aime bien la façon des adolescents de se présenter à moi.Ils sont dynamiques, sérieux, habiles et ont à cœur de nous aider.Ils sont surtout très patients.C\u2019est une belle jeunesse.» \u2013 Daniel Lemieux, 62 ans « J\u2019aime participer à ce programme parce qu\u2019il me permet de transmettre mes connaissances par rapport aux ordinateurs à des personnes qui n\u2019y sont pas très familières, et ce, tout à fait gratuitement.De plus, j\u2019aime beaucoup rencontrer des nouvelles personnes et discuter avec elles.» \u2013 Yasmine Hachad, 16 ans « Très très intéressant ! Pour moi c\u2019est de l\u2019inconnu, mais après quelques cours, de la pratique et de la persévérance, je commence à comprendre.C\u2019est l\u2019avenir, il faut continuer votre beau projet et continuer votre publicité.Maintenant, je me sens plus dégourdie, articulée dans la vie du présent et du futur.» \u2013 Micheline Charpenter, 69 ans « Générations@Branchées m\u2019a permis de découvrir les joies de l\u2019enseignement.Un enseignement réciproque entre l\u2019élève et l\u2019enseignant, c\u2019est ici où l\u2019on apprend sur la vie et l\u2019informatique.Je fais cette activité bénévolement et avec une grande joie.Parfois l\u2019enseignement est plus difficile, mais nous en sortons toujours avec une grande fierté, comme une mission achevée avec succès ! » \u2013 Philippe Talbot, 16 ans 33 Bibliothèque, technologie(s) et numérique bibliothèque de Blainville, la moyenne d\u2019âge des apprenants pour les années 2015, 2016 et 2017 est de 69 ans.En s\u2019adressant particulièrement à ce groupe d\u2019âge, Générations@branchées contribue à l\u2019acquisition de compétences technologiques essentielles et à réduire le fossé numérique dit générationnel.En 2017, la municipalité de Blainville a généreusement cédé le programme à l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec, pour favoriser son déploiement et sa reconnaissance.Grâce à une aide financière du programme Québec ami des aînés du ministère de la Famille du Québec, l\u2019ABPQ a pu procéder à l\u2019expansion nationale du programme.Ainsi, en 2018, ce seront plus de 30 bibliothèques publiques québécoises qui offriront le service de jumelage à leurs usagers.Marie-Christine Tremblay est diplômée de l\u2019EBSI (2017) et est bibliothécaire \u2013 chargée de projet pour l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ).En plus de piloter le déploiement du programme Générations@branchées dans les bibliothèques publiques du Québec, elle s\u2019occupe de la coordination et du développement de divers projets en lien avec les services aux usagers en bibliothèques publiques.BIBLIOGRAPHIE CEFRIO.(2011).Cinq générations d\u2019internautes : pro?l d\u2019utilisation des TIC en 2011.[pdf].Repéré à cefrio.qc.ca/media/uploader/2_generations.pdf CEFRIO.(2016).Enquête NETendances.Repéré à cefrio.qc.ca/projets-recherches-en- quetes/numerique-developpement-competences/ netendances-2016/ Charmarkeh, H.(2015).Les personnes âgées et la fracture numérique de « second degré » : l\u2019apport de la perspective critique en communication.Revue française des sciences de l\u2019information et de la communication.6.DOI : 10.4000/rfsic.1294 CTREQ.(2016).Mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique sur la réussite éducative du Québec.[pdf].Repéré à www.ctreq.qc.ca/wp-content/uploads/2016/12/M%C3%A- 9moire-sur-la-r%C3%A9ussite%C3%A9ducative_ CTREQ_Version-difusion.pdf Prensky, M.(2001).Digital Natives, Digital Immigrants, On the Horizon, 9(5), 1-6.DOI : 10.1108/10 748 120 110 424 816 Statistique Canada.(2010).Utilisations d\u2019Internet par les individus.Repéré à www.statcan.gc.ca/tables- tableaux/sum-som/l02/cst01/comm35a-fra.htm ARGUS 34 Fab Lab Brossard Espace dédié à la créativité numérique Julie Desautels Depuis plusieurs années, la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage a pour mission d\u2019améliorer les compétences technologiques et informatiques des Brossardois et de jouer un rôle de premier plan en matière de compétences technologiques.Après les formations de base en informatique et sur la sécurité Internet, l\u2019implantation des plateformes Pretnumerique.ca, RB digital et PressReader, les ateliers d\u2019emprunt pour les livres et les revues numériques et l\u2019installation d\u2019un « bar numérique » (pour la numérisation de cassettes audio et vidéo, de diapositives et de disques vinyles), nous étions toujours désireux de rehausser notre offre technologique et de bonifier l\u2019offre de service déjà Fab lab Brossard, Formation.Crédits : Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage 35 Bibliothèque, technologie(s) et numérique existante pour soutenir l\u2019alphabétisation et la démocratisation numériques.C\u2019est de cette volonté qu\u2019est venue l\u2019idée d\u2019aménager le Fab Lab Brossard, un laboratoire de fabrication numérique.Le Fab Lab Brossard Aménagé au cœur de la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage, le Fab Lab Brossard est le plus grand laboratoire au sein d\u2019une bibliothèque publique au Québec et représente la première initiative du genre sur la Rive-Sud de Montréal.Il permet aux usagers de réaliser des projets de création variés dans un environnement favorisant la coopération et l\u2019échange d\u2019idées.Il s\u2019agit d\u2019un espace collaboratif propice à la découverte qui offre un accès privilégié et gratuit à des équipements à la fine pointe de la technologie, permettant de faire passer ses idées du rêve à la réalité ! On y trouve notamment des imprimantes 3D, un numériseur 3D, une brodeuse numérique, une machine de découpe au laser et une fraiseuse à commande numérique ainsi que des machines de découpe à carton, tissus et vinyle, une presse à chaleur, des microcontrôleurs et des ordinateurs portables.Le Fab Lab Brossard stimule la découverte chez les enfants, propose un lieu de socialisation et d\u2019échange pour les adolescents, rend accessible des équipements de fabrication aux adultes et offre un espace inclusif intergénéra- tionnel de littératie numérique pour les aînés.Il s\u2019adresse ainsi aux personnes de tous les âges et de tous les types et accueille des utilisateurs allant de l\u2019artiste à l\u2019entrepreneur, de l\u2019étudiant au professionnel et du retraité au simple curieux, de même que des groupes scolaires et communautaires.La majorité des usagers qui effectuent un projet au Fab Lab Brossard y reviennent fréquemment et régulièrement.Quelques retraités et pré-adolescents viennent chaque semaine tandis que les adultes et les adolescents utilisent les équipements de façon ponctuelle lorsqu\u2019ils ont un projet à réaliser.Rapidement devenu un réel laboratoire communautaire, il accueille une clientèle intergénérationnelle diversifiée : \u2013 des étudiantes universitaires en architecture fabriquant leur maquette ; \u2013 des artistes en arts visuels réalisant un projet ; \u2013 des adolescents fabriquant des jeux en 3D ; \u2013 des employés de la Ville cherchant des conseils pour créer des affiches de signalisation.Certains des usagers font preuve d\u2019une passion et d\u2019une générosité sans bornes ; alors, nous avons introduit le concept de « super-utilisateurs ».Ces fidèles habitués aident bénévolement les usagers dans la réalisation de leur projet et soutiennent notre équipe.Cela rejoint l\u2019objectif de la formation par les pairs, une approche fondamentale dans la philosophie du Fab Lab Brossard.Le camp Techno-Créatif Unique dans son programme d\u2019activités, l\u2019équipe du Fab Lab Brossard a offert, à l\u2019été 2017, un camp technologique aux jeunes de 12 à 14 ans.Le camp Techno- Créatif avait pour objectif de développer les compétences S.T.I.M.(Science, Technologie, Ingénierie, Mathématique) et les aptitudes pour la résolution de problèmes, de créer une expérience à la fois amusante et éducative et de stimuler la débrouillardise des adolescents.Au cours de la semaine, les campeurs ont réalisé des défis en équipe (dispositif pour protéger un œuf de sa chute, réalisation d\u2019une réaction en chaîne, assemblage d\u2019une catapulte), ont conçu des t-shirts personnalisés ARGUS 36 avec la découpe de vinyle et ont numérisé et imprimé des objets en 3D en plus d\u2019apprendre les bases du langage de programmation Processing et de s\u2019initier à la gravure au laser.Il s\u2019agissait d\u2019offrir des activités variées touchant plusieurs compétences et technologies, stimulant tous les profils de personnalité et proposant diverses formules (compétition, coopération et individualité).En réponse au grand succès de l\u2019activité, celle-ci sera de retour à l\u2019été 2018.À noter que les animateurs du camp ont produit un guide pratique d\u2019activités « techno-créatives »1 afin de partager ce qu\u2019ils ont appris et possiblement exporter le concept.Les étoiles sur chaque fiche du guide représentent le niveau d\u2019appréciation des participants, cinq étoiles équivalent à l\u2019excellence.Implantation du Fab Lab Brossard L\u2019aménagement du Fab Lab Brossard comportait plusieurs défis : cibler un espace pour l\u2019atelier, spécifier l\u2019équipement qu\u2019on y retrouvera, établir la Fab lab Brossard, vue d\u2019ensemble.Crédits : Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage Fab lab Brossard, camp techno créatif.Crédits : Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage 37 Bibliothèque, technologie(s) et numérique tarification, définir la programmation d\u2019activités et embaucher les ressources humaines nécessaires pour le bon fonctionnement du laboratoire.Tout d\u2019abord, il est primordial de déterminer l\u2019emplacement de l\u2019atelier, car cela dictera l\u2019espace alloué pour l\u2019équipement et pour les activités qui s\u2019y dérouleront.Dans le cas du Fab Lab Brossard (105 m2), son installation à la bibliothèque municipale s\u2019avérait un choix judicieux, car il nous permettait de réaménager un local existant et de pouvoir compter sur un bassin de clientèle déjà présente sur les lieux.Il ne s\u2019agit toutefois pas d\u2019une norme, et un espace plus petit n\u2019est pas synonyme de laboratoire moins performant.Le choix d\u2019équipement détermine le type de projets et les activités qui se dérouleront sur place.Nous avons misé sur une gamme d\u2019appareils qui permettent aux citoyens de réaliser des projets numériques et traditionnels de tout genre plutôt que d\u2019investir dans des outils spécialisés dans la réalisation d\u2019un seul type de projet.Les possibilités sont grandes dans l\u2019atteinte des objectifs propres à l\u2019exploitant du lieu.La tarification et la programmation d\u2019activités ont un impact sur la mise en marché de l\u2019espace ainsi que sur le type de clientèle visé.De notre côté, nous avons opté pour un accès gratuit au laboratoire alors que d\u2019autres ateliers de type communautaire chargent un frais fixe d\u2019abonnement pour accéder à l\u2019espace.Nous présentons une programmation diverse qui inclut des formations hebdomadaires, des animations ludiques ponctuelles de même que des démonstrations d\u2019équipements lors d\u2019événements spéciaux tels que les Journées de la culture et le Salon des métiers d\u2019arts.Comme le choix de programmation est vaste, les espaces créatifs ont le luxe d\u2019organiser une variété d\u2019activités qui sauront divertir leur clientèle.Finalement, il reste à déterminer quel sera le personnel sur place pour accompagner les utilisateurs.Considérant la spécificité des équipements, l\u2019embauche de personnel qualifié peut représenter un défi.Nous suggérons de miser sur des individus dont la curiosité, l\u2019enthousiasme et la communication interpersonnelle dépassent l\u2019expérience.Ces derniers sauront évoluer avec l\u2019espace et deviendront des ambassadeurs hors pair, comme ce fut le cas ici.En effet, deux médiateurs sont présents en tout temps pour animer et accompagner les usagers, en plus de leur transmettre leur passion et leurs connaissances.Ils sont essentiels pour accompagner les publics moins autonomes tels que les enfants et les personnes âgées en plus de rendre l\u2019espace vivant et de partager leur expérience.Mentionnons que les citoyens ont été au cœur de la démarche de réalisation du Fab Lab Brossard dès le début.Les usagers et les partenaires ont été impliqués lors d\u2019ateliers de co-design chapeautés par l\u2019organisme Communautique afin de mieux cerner leur vision de l\u2019espace et ce qu\u2019ils souhaitaient y retrouver.De plus, des artistes du Conseil régional de la culture ont émis des recommandations relativement aux équipements.Également, plusieurs partenaires contribuent au succès du Fab Lab Brossard.En effet, le centre Turbine et Techno Culture Club ont respectivement animé une activité de codage lors du camp estival Techno-Créatif et un atelier d\u2019impression 3D lors des Journées de la culture.Nous partageons également conseils et expertise avec d\u2019autres lieux de création tels que le Créalab 1 Laporte, Alexandre ; McGoogan, Maxime ; Saint- Jacques Couture, Maxime.2017.Guide pratique activités : camp techno-créatif 2017.\u2013 Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage.biblio.brossard.ca/ fablab/wp-content/uploads/?che_technique/guide_ pratique_activites_camp_techno-creatif_2017.pdf (consulté le 12 janvier 2018). ARGUS 38 de Repentigny, le Fab Lab du Pavillon d\u2019Éducation Communautaire (PEC) d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, le PolyFab de l\u2019École Polytechnique Montréal, le Generator Makerspace à Burlington au Vermont et l\u2019organisation LEARN Québec.L\u2019aménagement d\u2019espaces de création est encore récent au Québec et l\u2019expertise locale est encore à développer.Le réseautage s\u2019avère donc essentiel pour ce type de projet.En terminant, la création d\u2019un atelier de travail collaboratif est à la portée de tout organisme.Il s\u2019agit d\u2019un lieu visant le rassemblement des citoyens, au même titre qu\u2019un centre communautaire, mais ayant pour mission de centraliser des outils de production à un même endroit en plus d\u2019offrir un accompagnement dans l\u2019élaboration de leurs projets.Pour le cas spécifique du Fab Lab Brossard, nous croyons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une formule quasi « clé en main » pouvant être adaptée à la réalité (budget, ressources et infrastructures) des organisations de toutes les tailles.Nous avons d\u2019ailleurs créé un document de référence intitulé 10 conseils pour monter votre fab lab : inspirés de l\u2019expérience d\u2019implantation du Fab Lab Brossard2 afin de guider les organismes qui souhaiteraient offrir un tel espace de création à leur clientèle.Le Fab Lab Brossard représente un investissement total de 325 000 $ et comprend une contribution du ministère de la Culture et des Communications du Québec de 125 000 $ dans le cadre du Plan culturel numérique.Conclusion La nature même du laboratoire est de se transformer afin de proposer des solutions aux défis de demain.Plusieurs de ses équipements sont évolutifs et nous permettent d\u2019entrevoir la programmation d\u2019activités pour stimuler nos utilisateurs actuels et rejoindre de nouveaux usagers.Au cours des deux prochaines années, nous comptons développer des ateliers de certification d\u2019utilisation des équipements, organiser des conférences, offrir des résidences à des créateurs et collaborer davantage avec les milieux communautaire et scolaire pour la co-création d\u2019activités.Titulaire d\u2019une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l\u2019information, Julie Desautels œuvre dans le domaine des bibliothèques depuis plus de 25 ans.Elle a travaillé en bibliothèques universitaire et spécialisée avant d\u2019intégrer, en 2006, la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage en tant que bibliothécaire responsable du Centre d\u2019afaires.En 2011, elle a occupé le poste de chef de division services au public par interim et, en 2012, obtenait son poste actuel, chef de division animation, communication et référence.Elle est également la présidente de l\u2019Association des bibliothèques publiques de la Montérégie depuis 2015.2 Desautels, Julie ; Saint-Jacques Couture, Maxime.2018.10 conseils pour monter votre fab lab : inspirés de l\u2019expérience d\u2019implantation du Fab Lab Brossard.Documentation et bibliothèques, vol. 64, no 2 (avril-juin 2018).Il s\u2019agit d\u2019un lieu visant le rassemblement des citoyens, au même titre qu\u2019un centre communautaire, mais ayant pour mission de centraliser des outils de production à un même endroit en plus d\u2019ofrir un accompagnement dans l\u2019élaboration de leurs projets. 39 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Médialab \u2013 Bibliothèque de Sainte-Julie Marie-Hélène Parent Dans le présent article, je vous ferai part de quelques réflexions concernant le projet de Médialab de la bibliothèque de Sainte-Julie, en vous exposant des éléments de sa réalisation et de son rôle, en extrayant des éléments clés de la réussite d\u2019une telle entreprise et en démontrant comment celle-ci peut être applicable à tous types de bibliothèques.Les bibliothèques publiques sont à l\u2019affût des nouveaux services qui aident le citoyen à progresser dans la société.Les Médialabs/Fablabs s\u2019inscrivent dans cette mouvance.L\u2019idéation d\u2019un Médialab à Sainte-Julie a été stimulée par la journée professionnelle offerte à BAnQ en 2015 et intitulée Bibliothèque 2020 : quels services, quels espaces, et par la possibilité de démarrer un projet de Médialab avec l\u2019aide financière du Ministère de la Culture et des Communications (MCC).Une proposition de projet a été faite au Ministère à l\u2019été 2015, et le travail a pu débuter en 2016.Le 9 mai 2017, la bibliothèque de Sainte-Julie inaugurait son Médialab.Comment définit-on un Médialab/ Fablab ?Le Médialab de Sainte-Julie se veut un lieu citoyen, de rassemblement, de discussion et d\u2019échange, un endroit facilitant les rencontres entre des communautés d\u2019apprentissage, de savoir et de découverte.Notre Médialab offre aux usagers un espace citoyen permettant de partager des connaissances et des expériences pour concevoir des projets musicaux ou cinématographiques, enregistrer des créations musicales, préparer des films, mixer et créer des vidéos, et concevoir et réaliser des innovations techniques à l\u2019aide d\u2019imprimantes 3D et d\u2019autres appareils.Vaste programme ! Avoir un Médialab, un Fablab ou un Makerspace en bibliothèque implique une façon de penser en soi.En effet, ces lieux rejoignent la philosophie du tiers lieu en plus d\u2019être des lieux d\u2019apprentissage collaboratif.Alors, pourquoi un Médialab en bibliothèque publique ?Pour être aux devants des besoins des usagers en matière de littératie numérique.Offrons aux citoyens les moyens d\u2019apprendre et de partager leurs connaissances dans des lieux inno- vants et stimulants avec des ressources humaines et matérielles propres aux domaines de la production multimédia et de la fabrication technologique.La société change, et les bibliothèques publiques sont bien positionnées pour offrir à tous une chance égale d\u2019apprendre et d\u2019évoluer, en particulier sur le plan du numérique et des technologies.En effet, la mission des bibliothèques est tellement large et englobante qu\u2019il y a de la place pour tous les types d\u2019apprentissages dans nos communautés.De plus en plus, la ARGUS 40 bibliothèque se définit comme un lieu de rassemblement permettant aux citoyens de participer, d\u2019échanger et de partager leurs connaissances en dehors des lieux scolaires.La bibliothèque donne une chance à tous de découvrir et d\u2019apprendre.C\u2019est la prémisse du Médialab de la bibliothèque de Sainte-Julie.De quoi est constitué le Médialab de Sainte-Julie ?Il s\u2019agit d\u2019un lieu de 20 m2 qui possède principalement : \u2013 des équipements pour la production musicale : surface de contrôle, synthétiseur, mixeur, micro, etc.; \u2013 des équipements pour la production photo et vidéo : caméra, ensemble d\u2019éclairage, tablette graphique, etc.; \u2013 des machines et outils de fabrication : imprimante 3D, découpeuse vinyle, etc.; \u2013 de l\u2019équipement informatique et des logiciels de fonctionnement : portables Asus, Mac Book Pro, suite Adobe Premiere, logiciel Ableton, etc.; \u2013 et d\u2019autre matériel, comme des Lego, des Little Bits, etc.Le Médialab de Sainte-Julie peut accueillir jusqu\u2019à quatre personnes à la fois.Pour pallier ce problème d\u2019espace somme toute restreint, nous avons réalisé un espace modulable et flexible ; les bureaux et les équipements peuvent donc être déplacés vers notre salle multifonctionnelle (à proximité) pour accueillir les plus grands groupes.En ce qui concerne la réalisation du projet, celui-ci a été conçu à l\u2019interne (local, meubles, achat des équipements, réseau informatique, etc.), sauf en ce qui a trait aux plans d\u2019architecture.Les coûts d\u2019exécution se sont élevés à 90 000 $, dont 45 000 $ reçus dans le cadre d\u2019une subvention du MCC.Si l\u2019on comptabilise les coûts de la main- d\u2019œuvre du service des infrastructures, le total se chiffre à 120 000 $.Ces montants ont été imputés aux postes budgétaires propres aux projets spéciaux de la municipalité.De façon un peu plus détaillée, les équipements du Médialab ont coûté environ 55 000 $ (incluant l\u2019informatique et le câblage, les logiciels et le mobilier), les matériaux d\u2019infrastructure, environ 21 000 $, et les plans d\u2019architecture, 6 000 $.Les coûts de la promotion et les autres dépenses ont atteint 8 000 $.Après plus de six mois d\u2019activité, nous constatons que la réussite d\u2019une telle implantation passe par la connaissance des besoins des usagers, le travail d\u2019équipe et, surtout, par du personnel affecté à l\u2019animation de notre espace créatif.En effet, selon les milieux, nous retrouvons pour gérer ou animer les Médialab des médiateurs, des animateurs, des coordonnateurs ou des Fabmanagers.Dans le cas de Sainte- Julie, compte tenu de nos ressources budgétaires, nous avons misé sur l\u2019autonomie des usagers et la présence à temps partiel (12 heures/semaine) d\u2019un animateur ayant une formation universitaire en médias interactifs.De plus, nous avons mis en place un cadre d\u2019utilisation du Médialab autorisant les usagers à fréquenter nos locaux en tout temps pendant les heures d\u2019ouverture de la bibliothèque (soit 42 heures de libre accès), et ce, sans supervision directe.Afin d\u2019aider les usagers, des fiches techniques, des manuels et des tutoriels sont proposés en ligne ou sur papier.Notre animateur, quant à lui, propose des activités (12 heures/semaines) selon un thème précis (par ex.atelier avec GIMP), des certifications pour l\u2019utilisation autonome des équipements plus sensibles (imprimante 3D et découpeuse vinyle) ou encore des ateliers libres où les gens viennent avec leurs demandes particulières.La bibliothèque voulant favoriser l\u2019accès par le plus grand nombre de citoyens, le Médialab est donc ouvert à tous.Les jeunes de 12 ans et moins doivent être accompagnés d\u2019un parent. 41 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Réalisation d\u2019une fusée 3D par Jonathan Gagnant.Crédits : Bibliothèque municipale de Sainte-Julie Réalisation à la découpeuse vinyle de Maxime Chamberland.Crédits : Bibliothèque municipale de Sainte-Julie Médialab.Crédits : Bibliothèque municipale de Sainte-Julie ARGUS 42 Depuis son ouverture, le Médialab suscite de l\u2019engouement auprès de l\u2019ensemble de la population.Nos divers ateliers, tels celui sur l\u2019imprimante 3D, sont particulièrement appréciés notamment de la clientèle masculine.Nous remarquons une présence accrue des jeunes hommes et des pères accompagnés de leurs fils.Cette première phase d\u2019activités d\u2019animation est un succès.Ce que nous aimerions maintenant développer au cours des prochains mois, ce sont des communautés d\u2019intérêt qui permettraient un plus grand transfert de connaissances à l\u2019ensemble des citoyens de façon à accroître la présence de ceux-ci en mode autonome dans notre Médialab et à les inciter à participer à la création des communautés d\u2019intérêt.Également, nous aimerions davantage développer la collaboration avec le milieu scolaire et, finalement, il nous apparaît nécessaire de prévoir une stratégie pour assurer la pérennité de nos équipements afin d\u2019éviter l\u2019obsolescence de ceux-ci.En tant que bibliothécaire, il est important de réfléchir à l\u2019enrichissement de nos services, de suivre les besoins d\u2019une population et de se tenir à l\u2019affût de ce qui permet d\u2019atteindre notre mission.Il faut aussi découvrir de nouvelles façons de penser l\u2019offre de services, de faire évoluer notre travail en bibliothèques publiques tout en demeurant flexible et modulable.Est-ce que les Médialabs ou Fablabs ont un avenir en bibliothèque ?Je crois surtout que nous devons créer des opportunités d\u2019apprentissage et de découverte pour les usagers.Ces opportunités leur permettront d\u2019être en concordance avec la société d\u2019au- jourd\u2019hui pour continuer à évoluer, à apprendre et à progresser dans un contexte qui n\u2019a pas de parti pris autre que le bien commun.Les petites bibliothèques peuvent aussi réaliser des projets de littératie numérique, selon leurs moyens et avec le soutien de leur communauté.Elles pourront créer un projet à leur échelle, avec quelques équipements, un programme d\u2019animation innovant et stimulant, et en tirant profit du partage des connaissances de leurs usagers.Il ne tient qu\u2019à elles de proposer et de faire participer le citoyen à la réalisation de leur projet.Les résultats seront surprenants.Qu\u2019est-ce qui fait le succès d\u2019un Médialab ou d\u2019un Fablab ?C\u2019est un service bâti selon les besoins de ses usagers, en collaboration avec le milieu et le personnel.Un service qui sort des sentiers usuels, qui offre une nouvelle expérience, dans un contexte de démocratisation et d\u2019accès gratuit, et qui permet à tous de se découvrir des passions, des intérêts et des connaissances.Innovons, créons, explorons l\u2019imaginaire ! Bibliothécaire en chef à la bibliothèque municipale de Sainte-Julie depuis 2002, Marie-Hélène Parent œuvre en bibliothèque publique depuis de nombreuses années.Elle est également chargée de cours à l\u2019Université de Montréal pour l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information (EBSI).Elle a travaillé à la conception et la réalisation du Médialab de la bibliothèque de Sainte-Julie, dont elle est la gestionnaire.BIBLIOGRAPHIE Site du Médialab : www.ville.sainte-julie.qc.ca/fr/338/ Medialab Présentation vidéo promotionnelle du Médialab : www.youtube.com/watch?v=AWS9yUxm6mw Politique d\u2019utilisation du Médialab de Sainte-Julie : www.ville.sainte-julie.qc.ca/uploads/html_content/ Medialab/Politique%20et%20proc%C3%A9dures %20du%20M%C3%A9dialab-2017.pdf) 43 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Reponseatout.ca Le service québécois de référence virtuelle Frédérique Gaudin Les bibliothèques proposent des services à distance parmi lesquels la référence virtuelle consiste à répondre aux questions des usagers dans un environnement en ligne, que ce soit en temps réel, par un système de clavardage, ou en différé, par courriel entre autres.Dans la plupart des cas, plusieurs organisations choisissent de proposer ce service de manière collaborative afin de mutualiser et de partager les nombreuses ressources nécessaires à leur mise en œuvre et d\u2019en garantir la qualité.Chaque réseau de référence virtuelle est amené à définir la nature et les objectifs du service qu\u2019il veut offrir : à quel(s) public(s) s\u2019adresse-t-il ?Quels besoins informationnels vient-il combler ?Quels types de questions sont traitées ?Etc.Ces choix sont déterminants : ils balisent le travail du personnel de bibliothèque à travers l\u2019instauration de politiques et de procédures, puis déterminent la sélection des outils technologiques employés pour mettre le service à disposition des utilisateurs.Ce travail de préparation nécessite une phase de tests avant d\u2019obtenir un résultat satisfaisant aussi bien du côté des usagers que des bibliothèques.Piloté par Bibliopresto.ca, organisme à but non lucratif chargé de soutenir les bibliothèques en leur offrant des outils et des services numériques, Reponseatout.ca est un service de référence virtuelle offert par une communauté de bibliothèques publiques québécoises.Il a lui-même connu une longue phase de rodage durant laquelle différents outils et formules ont été testés dans le but de mettre en œuvre un service correspondant aux besoins des usagers et aux capacités des bibliothèques à offrir un service optimal.Depuis janvier 2016, Reponseatout.ca permet aux bibliothèques intéressées à l\u2019implanter d\u2019offrir un service de référence à distance adapté à son public.Nature et objectifs du service Reponseatout.ca est un service de questions-réponses offert gratuitement à tous les citoyens du Québec.Il répond également aux questions provenant de l\u2019extérieur du pays dont le sujet porte sur le Québec.Que ce soit pour obtenir un renseignement sur sa bibliothèque, des pistes de recherche d\u2019information pour un travail scolaire, des suggestions de lecture, ou de l\u2019assistance pour emprunter un livre numérique ou pour approfondir une question d\u2019actualité, les usagers sont mis en contact avec le personnel des bibliothèques participantes, qui répond à toutes les questions.Cependant, pour les demandes plus complexes, les utilisateurs sont redirigés vers les institutions concernées.Par exemple, un usager ayant fait une demande de recherche ARGUS 44 en généalogie sera orienté vers des institutions ou organismes mieux pourvus dans ce domaine, comme BAnQ ou les sociétés de généalogie locales.Par ailleurs, Reponseatout.ca ne prend pas en charge les questions d\u2019ordre médical, légal, financier, juridique ou en rapport avec des concours ou examens.Cet outil de médiation en ligne a pour objectif de favoriser l\u2019accès de tous à l\u2019information, aux services et aux collections des bibliothèques.De plus, en rendant accessible l\u2019information sans restriction de lieu physique, la référence virtuelle accroît l\u2019offre de services aux clientèles non mobiles et permet d\u2019atteindre de nouveaux utilisateurs, futurs abonnés potentiels de la bibliothèque.On complète ainsi l\u2019offre des services de recherche d\u2019information dans les bibliothèques en proposant une solution qui s\u2019ajoute aux services offerts aux usagers en présentiel et qui positionne favorablement les bibliothèques publiques québécoises dans le monde des services numériques.Des outils adaptés aux réalités des bibliothèques et de leurs usagers Après avoir expérimenté différents outils, Reponseatout.ca a choisi de combiner un logiciel de création de formulaires Web (TypeForm1) et un logiciel de gestion de tickets2 (Helpdesk de la société Jitbit3) configurés selon ses besoins.Ainsi, le service de référence fonctionne en mode différé uniquement : les utilisateurs posent leurs questions à partir d\u2019un formulaire accessible sur le site Web de leur bibliothèque ou du site Web www.reponseatout.ca et reçoivent une réponse par courriel dans un délai maximum de trois jours.À l\u2019aide des fonctionnalités du tableau de bord Helpdesk, chaque bibliothèque prend en charge les questions de ses propres usagers et collabore avec les autres organisations participantes en transférant des questions, au besoin.Une base de connaissances partagée stocke de nombreuses questions-réponses déjà rédigées à insérer en un clic dans les réponses à formuler.Accessible à tout le personnel des bibliothèques membres, cette base de connaissances, qui recense également les questions-réponses de référence pure, est un véritable réservoir collectif de réponses dont il est possible de s\u2019inspirer au moment de traiter un sujet déjà abordé à plusieurs reprises dans le réseau.L\u2019application Helpdesk permet également aux bibliothèques de créer rapports et tableaux statistiques : nombre et nature des questions, répartition des questions sur une durée spécifique, etc.Ces données aident les bibliothèques à organiser la prise en charge des demandes, à développer leur collection ou même à déterminer des besoins informationnels et des lacunes à combler en matière de soutien à l\u2019utilisation de leurs services.Bibliopresto.ca fournit aux bibliothèques participantes des outils pour mettre en valeur Reponseatout.ca auprès du public.Il assure constamment le soutien et le développement Cet outil de médiation en ligne a pour objectif de favoriser l\u2019accès de tous à l\u2019information, aux services et aux collections des bibliothèques.1 Lien vers le site Web de l\u2019application TypeForm : www.typeform.com 2 Dé?nition : logiciel de gestion des services d\u2019assistance à la clientèle en ligne.3 Lien vers le site Web de l\u2019application Helpdesk de Jitbit : www.jitbit.com/helpdesk/ 45 Bibliothèque, technologie(s) et numérique d\u2019un service personnalisé en fonction des besoins de chaque bibliothèque et accompagne celles-ci dans l\u2019implantation et l\u2019utilisation du service au moyen de guides, de tutoriels ou de formations sur place.Reponseatout.ca en chifres Depuis janvier 2016, 80 professionnels de l\u2019information répartis entre douze bibliothèques ont répondu à plus de 7 000 questions : 2 890 en 2016 et 4 112 en 2017.L\u2019arrivée de quatre nouvelles bibliothèques, une meilleure promotion du service et l\u2019introduction du formulaire à orientations multiples ont entraîné une hausse de 42 % du nombre de questions de 2016 à 2017.Et depuis le début de l\u2019année 2018, cette progression s\u2019accélère, avec plus de 550 questions reçues pour le seul mois de janvier 2018.En outre, Reponseatout.ca rejoint un nombre significatif d\u2019utilisateurs non abonnés à une bibliothèque, ce qui répond adéquatement à son objectif d\u2019atteindre de nouveaux publics qui pourraient potentiellement utiliser les autres services offerts par la bibliothèque : en 2017, ils représentaient 25 % des utilisateurs du service, contre 13,5 % en 2016.En pratique, ce service de référence virtuelle répond à toutes sortes de questions : les questions d\u2019ordre général ou suggestions d\u2019achat de nouveaux documents représentent 40 % des demandes, tandis que les questions sur la bibliothèque, ses services, et le soutien à l\u2019utilisation des transactions en ligne à partir du dossier d\u2019abonné représentent 37 % des demandes.Finalement, le niveau de contribution des bibliothèques participantes dépend en grande partie de la population desservie, des efforts de visibilité et de promotion, et des orientations choisies dans le formulaire (les suggestions d\u2019achat augmentant drastiquement le nombre de demandes en ligne).Parallèlement, plus la bibliothèque utilise Reponseatout.ca pour ses communications à distance, plus elle reçoit de questions.Un service de proximité et de centralisation des communications à distance avec les usagers Après deux ans de fonctionnement, on peut affirmer que Reponseatout.ca se positionne clairement comme service de proximité dans le cadre d\u2019une « relation de service virtuelle4 ».D\u2019une part, les bibliothèques participantes le proposent principalement à leurs propres usagers à partir de leurs interfaces Web, sauf Orientations proposées aux utilisateurs de Reponseatout.ca en début de formulaire ARGUS 46 BAnQ qui traite les questions provenant de tout public québécois à partir du site Web www.reponseatout.ca.D\u2019autre part, les données statistiques d\u2019utilisation recueillies pour les deux dernières années révèlent que les questions reçues par les bibliothèques sont surtout d\u2019ordre général : la grande majorité d\u2019entre elles concerne le dossier d\u2019abonné, les transactions en ligne, les suggestions d\u2019achats ou les services et activités de l\u2019institution.Reponseatout.ca est donc essentiellement utilisé pour communiquer en ligne avec sa bibliothèque locale, prolongeant ainsi les services à distance déjà offerts tout en s\u2019adaptant aux pratiques numériques des usagers.D\u2019ailleurs, au fur et à mesure de son développement et, surtout, de son expérience d\u2019utilisation, Reponseatout.ca a été amené à évoluer pour optimiser la prise en charge des questions et correspondre davantage aux attentes du public.Initialement, le formulaire permettant de poser une question était court et contenait une question ouverte : les demandes étaient formulées avec plus ou moins de précision et touchaient à plusieurs thématiques et besoins amenant les répondants à devoir reformuler et interpréter chaque sollicitation.Un certain nombre de sujets ont pu être identifiés comme récurrents, ce qui a permis d\u2019élaborer un nouveau formulaire « à orientations multiples » qui a été validé par les bibliothèques participantes.Les utilisateurs choisissent une thématique spécifique en tout début de formulaire (voir ci-dessous).Pour chaque thématique, des champs à remplir permettent de reproduire au plus près un entretien de référence en présentiel et d\u2019apporter à l\u2019usager des réponses plus pertinentes.Infographie 2017 de Reponseatout.ca 4 Accart, Jean-Philippe.2016.La médiation à l\u2019heure du numérique, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, p. 69. 47 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Ce nouveau formulaire, implanté selon les choix d\u2019orientations des bibliothèques, a également pour vocation de faire converger toutes les communications de l\u2019institution avec son public vers un seul point d\u2019accès et de traitement.En effet, la plupart des bibliothèques offrant le service ont décidé de centraliser l\u2019ensemble des moyens de communication virtuelle via Reponseatout.ca, que ce soit pour faire des suggestions d\u2019achats, formuler une plainte, obtenir un prêt entre bibliothèques ou avoir toute autre information.Sur leurs interfaces Web, les bibliothèques dirigent les usagers vers le formulaire de Reponseatout.ca à chaque point de contact proposé, l\u2019adresse courriel de l\u2019organisation y comprise.Ainsi, toutes les questions sont réceptionnées et traitées avec le même outil logiciel et ses fonctionnalités comme les réponses rédigées en amont et stockées dans la base de connaissances ou les scripts automatisés.Cette centralisation permet d\u2019uniformiser la qualité et la prise en charge des demandes du public, conformément aux procédures et normes établies par la bibliothèque.Un dispositif numérique de médiation À l\u2019instar de tout service de renseignement à distance, Reponseatout.ca met en relation un usager avec le personnel de sa bibliothèque qui sera en mesure de lui apporter une réponse personnalisée et bien documentée.Le « professionnel expert » se positionne ainsi en médiateur entre une information sur un sujet bien défini et l\u2019utilisateur qui en fait la demande.Par une démarche pédagogique, le personnel de la bibliothèque guide l\u2019usager dans une démarche de recherche documentaire à l\u2019aide de toutes les ressources disponibles citées et dont les modalités d\u2019accès seront expliquées dans chacune des réponses.Ainsi, pour les demandes nécessitant des recherches documentaires, le personnel ne se contentera pas de transmettre l\u2019information requise, mais il expliquera les différentes étapes de la recherche documentaire afin d\u2019encourager l\u2019utilisateur à aller plus loin.Rappelons qu\u2019un des objectifs du service est de mettre en valeur les compétences du personnel chargé de traiter les requêtes.Car à l\u2019heure des « fake news » (fausses informations), la valeur ajoutée d\u2019un tel service est bien d\u2019obtenir une information fiable, sélectionnée et traitée par un professionnel de l\u2019information.Reponseatout.ca offre également aux bibliothèques participantes une excellente vitrine promotionnelle pour leurs ressources numériques.Ces dernières sont en effet difficiles à faire connaître et donc souvent méconnues du public.Ainsi, les demandes d\u2019aide concernant l\u2019utilisation des ressources numériques, notamment l\u2019emprunt de livres numériques ou les questions de référence, sont autant d\u2019occasions de mettre en valeur les ressources en ligne afin d\u2019en maximiser l\u2019utilisation.Par exemple, le personnel a la possibilité d\u2019intégrer à sa réponse une sélection de références ou de documents pertinents : notices, articles provenant d\u2019une base de données, lien vers la ressource numérique, etc.Il apportera également du soutien individualisé à leur utilisation en proposant des guides de démarrage ou en dépannant l\u2019usager aux prises avec des problèmes techniques.En matière de valorisation des collections, Reponseatout.ca s\u2019est aussi donné comme mandat de recommander au public des lectures : au-delà du formulaire qui offre l\u2019option « suggestion de lecture », les bibliothèques participantes font chaque semaine, à tour de rôle, une suggestion qui est publiée à la fois sur le site Web www.reponseatout.ca, et ARGUS 48 sur la page Facebook et le fil Twitter du service.Si le document est disponible en version numérique sur Pretnumerique.ca, l\u2019usager sera invité à aller directement sur la plateforme.Chaque recommandation est accompagnée d\u2019un résumé et d\u2019une critique rédigée par le membre du personnel, dont le nom est mentionné afin \u2013 là encore \u2013 de souligner son savoir-faire professionnel.Perspectives d\u2019avenir La force de Reponseatout.ca est d\u2019avoir su développer un service reposant sur une technologie fiable et permettant de proposer aux usagers une relation personnalisée à distance qui correspond à leurs pratiques d\u2019accès à l\u2019information.À son stade de développement actuel, Reponseatout.ca est une ressource numérique simple à implanter dont l\u2019utilisation par le public est en pleine croissance.L\u2019ambition de Reponseatout.ca est toutefois d\u2019offrir un service de référence virtuelle à l\u2019échelle nationale.Le principal défi à relever est donc de fédérer davantage de bibliothèques autour du projet pour pouvoir desservir une population élargie.Un travail de promotion du service, déjà entamé fin 2016, s\u2019intensifiera en 2018 : présenter et expliquer le service aux bibliothèques québécoises est une priorité.Parallèlement, une stratégie de communication sera Page des suggestions de lecture sur le site www.reponseatout.ca 49 Bibliothèque, technologie(s) et numérique déployée pour mieux faire connaître le service dans la communauté et accroître son utilisation.Par ailleurs, la masse de contenus informationnels générée collectivement par les questions reçues représente une documentation qu\u2019il s\u2019avère désormais indispensable de rendre accessible à tous.Bibliopresto.ca a pour projet de développer le site Web de Reponseatout.ca dans le but d\u2019y publier les questions-réponses d\u2019intérêt général : un travail de réflexion sur l\u2019organisation et le classement de cette base de connaissances est indispensable pour optimiser l\u2019expérience de consultation.Les services de référence virtuelle français, comme Eurêkoi5 et Le guichet du savoir6, ont opté pour une classification « maison » distinguant par exemple sur leur site Web les questions les plus consultées des plus insolites ou des plus récentes.Développer le volet des recommandations sera également à l\u2019ordre du jour dans les prochains mois.En la matière, Reponseatout.ca est un outil de médiation idéal invitant les professionnels des bibliothèques à jouer un rôle d\u2019accompagnateur dans les choix de lectures, rôle essentiel en ces temps de surabondance informationnelle sur le Web.Concrètement, il s\u2019agira d\u2019améliorer l\u2019organisation des suggestions de lectures publiées sur le site pour favoriser leur découverte, et aussi de renforcer l\u2019aspect collaboratif du service en proposant aux bibliothèques participantes de mettre en commun divers contenus à diffuser auprès du public, par exemple des bibliographies thématiques.Finalement, les perspectives d\u2019innovation pour les services de ques- tions-réponses virtuels sont encore très vastes et vont de pair avec les avancées technologiques dans le domaine des communications en ligne.À ce propos, Reponseatout.ca souhaite explorer de nouvelles façons d\u2019interagir avec le public en testant par exemple le nouveau module de clavardage proposé par Jitbit, permettant aux bibliothèques qui le souhaiteraient de répondre aux questions en temps réel.Dans le même sens, Bibliopresto.ca s\u2019intéresse particulièrement aux très prometteurs « chatbots » ou « agents conversationnels7 » pour le traitement des questions touchant aux renseignements de base (règlement, coordonnées, horaires, etc.).Cette solution aurait pour avantage de donner accès aux utilisateurs à ce type d\u2019information instantanément et en toute autonomie, tandis que le personnel disposerait de plus de temps pour développer d\u2019autres facettes du service lui conférant une valeur ajoutée toujours plus grande.Diplômée de l\u2019EBSI, Frédérique Gaudin a travaillé dans le milieu des bibliothèques publiques pendant une dizaine d\u2019années, avant de se joindre à l\u2019équipe de Bibliopresto.ca comme chargée de projets, puis coordonnatrice des ressources numériques.Au sein de cet organisme, elle est responsable du projet de référence virtuelle Reponseatout.ca, ainsi que des négociations d\u2019ententes d\u2019abonnements à diverses ressources numériques destinées aux bibliothèques et tout récemment de la plateforme Biblionumerique.ca.BIBLIOGRAPHIE Nguyen, Claire.2010.Mettre en œuvre un service de questions-réponses en ligne.Villeurbanne : Presses de l\u2019enssib, 210 p.Galaup, Xavier.2012.Développer la médiation documentaire numérique.Villeurbanne : Presses de l\u2019enssib, 228 p.Accart, Jean-Philippe.2016.La médiation à l\u2019heure du numérique.Paris : Éditions du Cercle de la Librairie, 172 p.5 Lien vers le site Web Eurêkoi : www.eurekoi.org 6 Lien vers le site Web du Guichet du savoir : www.guichetdusavoir.org/ 7 Dé?nition : Futura-sciences.com, 2018.« Un chat- bot, aussi appelé « agent conversationnel », est un programme informatique capable de simuler une conversation avec un ou plusieurs humains par échange vocal ou textuel ».www.futura-sciences.com/tech/de?nitions/ internet-chatbot-15778/, consulté le 21 février 2018. ARGUS 50 Au carrefour du numérique, du troisième lieu et des formations en bibliothèque Le parcours pour autodidacte Karina Cahill La bibliothèque est un organisme en constante évolution \u2013 pour paraphraser Raganathan \u2013, mais les vingt dernières années semblent avoir accéléré le rythme de cette transformation.Plusieurs mots clés viennent rapidement en tête pour qualifier la bibliothèque, au sein desquels \u2013 évidemment \u2013 l\u2019environnement numérique fait grande figure.Mais on peut penser aussi au troisième lieu et aux multiples initiatives visant à redonner un sens à la bibliothèque comme institution publique au centre de la communauté.Évidemment, la mission sociale de celle-ci n\u2019est pas nouvelle, mais cette approche sociologique appliquée à la bibliothèque a fait couler beaucoup d\u2019encre et initié plus d\u2019un projet pour repenser sa valorisation par les citoyens et amener ceux-ci à réinvestir les lieux.L\u2019initiative qui sera proposée dans les lignes qui suivent nait du même désir, reprend les codes qui sont en jeu dans cette évolution récente et utilise les moyens qui sont désormais ceux des bibliothèques contemporaines.L\u2019idée proposée répond à un problème simple : malgré le degré d\u2019avancement des technologies de l\u2019information, il semble que peu d\u2019initiatives \u2013 même au point de vue numérique \u2013 aident les usagers à faire un choix parmi la masse documentaire qui s\u2019offre à eux.Bien qu\u2019il y ait maintenant des catalogues à la fine pointe des nouvelles technologies et 51 Bibliothèque, technologie(s) et numérique une possibilité infinie d\u2019environnements Web, ceux-ci n\u2019aident pas toujours l\u2019usager à faire un tri parmi une masse documentaire inconnue.Il y a, bien sûr, les facettes, qui permettent de raffiner les résultats d\u2019une recherche contenant un grand nombre de choix.Mais que faire lorsqu\u2019on a des milliers de résultats ?Inévitablement, les usagers inexpérimentés à la recherche de premières informations sur un sujet prendront les premiers qui s\u2019offrent à eux (ou les plus récents).S\u2019ils sont à la recherche d\u2019une lecture de détente, il est possible qu\u2019ils se tournent, ou qu\u2019ils soient orientés, vers les nouveautés.Bref, dans plusieurs cas, ils choisiront ce qui arrive en haut de la page dans les résultats de leur recherche au catalogue, sans faire appel à la bibliothécaire de référence.Cet état de fait semble présenter bien des limites, et ce, sous divers angles.Premièrement, les développements technologiques actuels permettent un accès au savoir plus pointu que celui obtenu ainsi.Deuxièmement, si les bibliothécaires d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas formées pour connaître en profondeur le contenu de leurs collections, quelqu\u2019un le connaît sans doute plus en profondeur, et il serait sans doute utile de faire des ponts entre cette personne et l\u2019usager.De plus, bien que ces ponts pourraient se faire de plusieurs manières, le moyen le plus rapide et efficace, aujourd\u2019hui, est évidemment le numérique.L\u2019une des tendances actuelles, en sciences de l\u2019information, est de mettre les connaissances en « commun ».Évidemment, Internet et ses développements favorisent ce genre d\u2019initiative.Les professionnels de l\u2019information prennent donc le pas un peu partout dans le monde.On n\u2019a qu\u2019à penser ici au livre récent de Lionel Dujol et Silvère Mercier (2017) ou aux initiatives Mardi c\u2019est Wiki ! à BAnQ.Aussi, il est étonnant que certaines personnes qui connaissent bien le contenu des bibliothèques, bien qu\u2019elles n\u2019y travaillent pas ou n\u2019ont pas toujours le temps de partager leurs connaissances avec les usagers, n\u2019aient pas encore été sollicitées pour créer des initiatives de partage.Je pense ici aux spécialistes de tous domaines, chercheurs universitaires ou professeurs.Ceux-ci, bien qu\u2019ils travaillent \u2013 la plupart du temps \u2013 dans des milieux distincts des bibliothèques, ont tout de même un but commun avec le professionnel de l\u2019information, c\u2019est- à-dire le partage des savoirs (ou des connaissances, ou de l\u2019information, comme il vous plaira).Il apparaît donc évident que tous gagneraient à mettre leurs efforts en commun pour renseigner les usagers.Lorsqu\u2019un professeur planifie un cours, que ce soit « Gestion 101 » ou « Initiation à la littérature du XVIIIe siècle », il choisit des documents à mettre au programme.Sans doute les choisit-il parce qu\u2019il a une expertise dans ce domaine et qu\u2019il sait que leur lecture donnera les clés nécessaires aux étudiants afin qu\u2019ils saisissent certains aspects de base du sujet.Pourquoi Lors même que les études universitaires sont de plus en plus dispendieuses et qu\u2019elles ne sont pas accessibles à l\u2019ensemble de la population, il semble que le plus important bastion de l\u2019information restant à se démocratiser se trouve au sein de cette autre institution, l\u2019université. ARGUS 52 alors ne pas faire de partenariats avec ces professeurs pour obtenir des listes de lecture thématiques ?Il s\u2019agirait, en quelque sorte, de « parcours autodidactes » pour connaître les bases d\u2019un sujet.À l\u2019issue des lectures, il n\u2019y aurait pas nécessairement d\u2019enseignement ou de retour sur la matière par un professeur, mais d\u2019autres types d\u2019initiatives sont possibles.On pourrait utiliser des ressources numériques pour créer des groupes d\u2019échanges virtuels autour des « parcours ».Il serait aussi possible d\u2019initier des groupes de lecture classiques autour de « listes de lecture » qui sont particulièrement populaires.Le lecteur pourrait ainsi être aiguillé par un chercheur, un spécialiste qui connaît les lectures incontournables du domaine et qui est particulièrement à même de faire des recommandations.Forte de cette nouvelle idée, j\u2019en ai parlé à quelques professeurs, de diverses disciplines, pour « tâter le terrain », et tous étaient enthousiastes à cette idée.Alors, pourquoi s\u2019en priver ?Lors même que les études universitaires sont de plus en plus dispendieuses et qu\u2019elles ne sont pas accessibles à l\u2019ensemble de la population, il semble que le plus important bastion de l\u2019information restant à se démocratiser se trouve au sein de cette autre institution, l\u2019université.Même si cette idée de parcours autodidacte reste sans lendemain, les bibliothécaires auraient sans doute tout à gagner à faire des ponts entre universitaires et usagers.Cela permettrait d\u2019effacer l\u2019aura d\u2019inaccessibilité du savoir universitaire et de favoriser sa transmission aux usagers, mais aussi \u2013 ce qui est plus important pour nous \u2013, cela permettrait une valorisation des collections actuelles des bibliothèques.De quoi redécouvrir des trésors enfouis sur les étagères et faire d\u2019une pierre deux coups.Karina Cahill est étudiante à la maîtrise en sciences de l\u2019information à l\u2019Université de Montréal (EBSI).BIBLIOGRAPHIE Dujol, Lionel et Silvère Mercier.2017.Médiation numérique des savoirs.Montréal : Les Éditions ASTED, 127 p.Servet, M.2010.« Les Bibliothèques troisième lieu », Bulletin des bibliothèques de France (BBF), no 4, p. 57-63.Disponible en ligne : bbf.enssib.fr/consulter/ bbf-2010-04-0057-001. 53 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Filling the Void: Emotion, Capitalism and Social Media Présentation du livre de Marcus Gilroy-Ware Pascale Félizat-Chartier Le numérique favorise des usages souvent désordonnés d\u2019échange et de partage pouvant aller jusqu\u2019à la collaboration et à la mobilisation.C\u2019est donc d\u2019abord et avant tout un fait social.Si l\u2019impact des médias sociaux sur nos vies et nos sociétés vous interpelle, ce livre, disponible à BAnQ et dans toutes les bonnes bibliothèques, vous permettra d\u2019approfondir votre ré?exion et vous aidera à passer à l\u2019action.L\u2019auteur, Marcus Gilroy-Ware, est un Britannique aux multiples talents.Spécialiste des médias numériques, il est aussi linguiste, spécialiste en droit, codeur et développeur, en plus de jouer magni?quement de la guitare basse, paraît-il.Selon son point de vue, les médias sociaux nous rendraient encore plus malheureux que nous le sommes déjà.Nous ?xons nos écrans de téléphone portable dans le métro ou le bus, car nous cherchons à fuir la réalité dans laquelle nous sommes plongés.Même conscients que nos écrans jouent ce rôle compensatoire, nous peinons à mesurer à quel point cela ne nous rendra pas plus heureux sur le long terme.Nous peinons aussi à bien identi?er la nature de la relation qui nous est proposée, selon Gilroy-Ware, une pure version moderne de l\u2019esclavage où tout ce qui fait notre humanité est exploité hormis notre corps.Derrière Facebook, par exemple, il y a Facebook Inc., une entreprise aux visées strictement économiques dont les utilisateurs de Facebook savent bien peu de choses.Selon Patrick Lagacé de La Presse, qui cite lui-même un article du Point1, nos données numériques mises bout à bout, lorsque partagées avec des intermédiaires comme des publicitaires, représenteraient un marché de 1 000 milliards d\u2019euros pour 1 LAGACÉ, Patrick.« Ciel, mes données », La Presse, 7 mars 2018.www.lapresse.ca/debats/chroniques/ patrick-lagace/201803/07/01-5156353-ciel-mes- donnees.php (page consultée le 20 mars 2018). ARGUS 54 l\u2019Europe seulement d\u2019ici 2020.Ce qui est proposé, en grande partie à notre insu, est une relation de type commercial, un mode de relation qui imprègne tant nos milieux et nos vies dans nos sociétés de consommation que nous peinons à nous en défendre.La relation avec nos instances gouvernementales, surtout après les révélations d\u2019E. Snowden, susciterait davantage de ré?exes de mé?ance.Selon l\u2019auteur, le capitalisme, lorsqu\u2019il s\u2019invite dans la sphère culturelle, ne peut que nous rendre misérables.Lorsqu\u2019on fait dé?ler les images de nos téléphones intelligents à la recherche de quelque chose, ce que nous faisons en réalité, c\u2019est distraire notre attention de la façon dont on se sent.L\u2019auteur fait une analyse aussi détaillée qu\u2019édi- ?ante de la façon dont ont été conçus les Facebook Inc.et autres applications « gratuites » de ce monde pour nous en rendre dépendants.Les médias sociaux ne sont pas un problème en eux-mêmes, et aucun mode de contrôle technique ne pourra résoudre les nombreux problèmes de société qu\u2019ils engendrent actuellement.Le problème serait plutôt de savoir comment répondre au capitalisme.L\u2019enjeu, c\u2019est plutôt la culture qui fait que les gens sont en détresse émotionnelle chronique, qu\u2019ils ont le sentiment de devoir travailler dur, de ne pas avoir beaucoup de contrôle, que les choses ne sont pas tant faites pour eux que pour d\u2019autres, que les autres ont une vie meilleure, et que cette détresse est exploitée sans relâche avec des visées commerciales et de multiples façons.Nous devons prendre davantage conscience que beaucoup d\u2019entre nous se trouvent dans un même état de détresse émotionnelle et chercher à engager la conversation les uns avec les autres sur la vraie nature des relations entretenues avec les grandes entreprises qui possèdent et développent les plateformes des médias sociaux.Que se passe-t-il lorsque nous téléchargeons la photo de notre enfant sur ces plate- formes ?Cet enfant n\u2019a-t-il pas le droit de ne pas avoir sa photo mise à disposition de tous en ligne ?Attendons-nous vraiment une information ?able des audiences des réseaux sociaux ?Etc.Il n\u2019y aurait pas de façon de rendre les relations que nous entretenons avec ces plateformes inofensives, claires ou unilatérales.La solution serait de fuir carrément cette relation toxique, mais ce n\u2019est pas si simple lorsque les utilisateurs se comptent par millions.On peut tout au moins tenter de limiter ou de reformuler les termes de cette relation par diférents moyens, comme : \u2013 s\u2019adjoindre des dispositifs permettant de contrôler le temps qu\u2019on y consacre ; \u2013 opter pour des applications plus indépendantes, éthiques ou décentralisées ; \u2013 limiter la quantité de données ofertes et/ou corrompre ces données ; \u2013 contribuer à faire pression sur les entreprises qui exploitent ces plateformes ; Les médias sociaux ne sont pas un problème en eux- mêmes, et aucun mode de contrôle technique ne pourra résoudre les nombreux problèmes de société qu\u2019ils engendrent actuellement.La solution serait de fuir carrément cette relation toxique, mais ce n\u2019est pas si simple lorsque les utilisateurs se comptent par millions. 55 Bibliothèque, technologie(s) et numérique \u2013 construire nos propres outils ouverts ou supporter ceux qui contribuent à le faire sans collecter des données personnelles ; \u2013 supprimer les applications mobiles pour ne garder que les sites Internet ; \u2013 se féliciter de ne pas avoir de like ou de retweet, car on attire ainsi moins l\u2019attention des publicitaires qui travaillent avec Facebook ou Twitter, et qu\u2019il nous importe ?nalement assez peu de susciter de l\u2019émotion de la part de ceux avec lesquels nous souhaitons partager cette information ; \u2013 se rappeler que céder à la tentation de « combler le vide » par les réseaux sociaux nous permettra de calmer notre tristesse ou dépression à court terme, mais que nous nous sentirons moins bien immédiatement après, et que c\u2019est ?nalement le contraire de ce qui peut nous rendre heureux.Toujours selon Patrick Lagacé « la souveraineté sur nos données est un enjeu majeur du XXIe siècle, qui-sera- numérique-ou-ne-sera-pas.Elle pose la question de ce que nous sommes, au fond : citoyens ou consommateurs ?».Le même journaliste pose aussi la question « Mais où sont nos institutions ?».Et nous, bibliothécaires, où en sommes-nous ?N\u2019avons-nous pas un rôle à jouer en appui aux rares organismes, comme Crypto.Québec, qui se mobilisent pour ces questions ?Comment pourrions-nous contribuer à susciter la conversation sur cette question à l\u2019inté rieur de nos équipes ou de nos communautés ?Comment pour- rions-nous, en ?n de compte, contribuer à faire que nous ayons collectivement plus de contrôle sur la relation qui nous est proposée ?Pascale Félizat-Chartier est directrice de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ).BIBLIOGRAPHIE Gilroy-Ware, M.(2017).Filling the Void: Emotion, Capitalism and Social Media.London : Repeater.Lagacé, P.(7 mars 2018).Ciel, mes données.La Presse.Repéré à www.lapresse.ca/debats/ chroniques/patrick-lagace/201803/07/01- 5156353-ciel-mes-donnees.php ARGUS 56 Le prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec1 Yvon-André Lacroix Le 13 octobre 2017, la Table des milieux documentaires et archivistiques du Québec (TAMDAQ)2 annonçait que le prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec était décerné à la Ville de Québec et à Chevalier Morales architectes pour la Maison de la littérature. 57 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Bilan des prix de 2011, de 2013 de 2015 et de 2017.Créé en 2010 par le Congrès des milieux documentaires du Québec, ce prix bisannuel a comme objectif de donner une visibilité et de contribuer au rayonnement des meilleures réalisations architecturales de bibliothèques et de centres d\u2019archives sur le territoire québécois, et, pour cette quatrième édition, achevées et ouvertes inaugurées au public entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2017.Sous la présidence d\u2019Yvon-André Lacroix, le jury du prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec était composé de quatre autres membres issus des milieux documentaires, Marie-Josée Benoit, Guylaine Lauzon, Diane Polnicky et Laurence Rajotte, ainsi que de deux représentants des milieux de l\u2019architecture, les architectes Maxime Frappier et Jacques Plante.Les candidatures du prix Architecture 2017 En 2017, le prix Architecture a été remis pour des projets réalisés entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2017.Le jury a étudié neuf dossiers de bibliothèques présentant des projets auxquels ont participé quatre ?rmes d\u2019architectes et quatre consortiums d\u2019architectes : 9 candidatures \u2013 par types de bâtiments Bibliothèques \u2013 Bâtiment neuf : 3 \u2022 Blainville \u2022 NDG\u2013Benny \u2022 UQTR\u2013Drummondville \u2013 Agrandissement, recyclage et restauration patrimoniale : 1 \u2022 Maison de la littérature \u2013 Agrandissement et recyclage : 1 \u2022 Repentigny \u2013 Rénovation majeure : 4 \u2022 Brossard \u2022 CÉGEP Garneau \u2022 Concordia Webster \u2022 U.Sherbrooke droit Centres d\u2019archives \u2013 Aucun 9 candidatures \u2013 par types de bibliothèques \u2013 5 bibliothèques municipales \u2022 4 de la région de Montréal \u2022 1 de la région de la Capitale-Nationale \u2013 1 bibliothèque de niveau collégial de la Capitale-Nationale \u2013 3 bibliothèques de niveau universitaire \u2022 1 de la région de Montréal \u2022 2 de l\u2019Estrie et du Centre-du-Québec \u2013 Centres d\u2019archives \u2022 Aucun 1 L\u2019auteur a déjà longuement traité de tous les aspects du prix Architecture de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec, tant de l\u2019historique et des règlements que des lauréats des prix remis en 2011 et en 2013.Voir le numéro thématique double de Documentation et Bibliothèques portant exclusivement sur les bibliothèques et l\u2019architecture.Avril- septembre 2014 : 62-73.Pour le prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec, voir le numéro thématique d\u2019Argus portant exclusivement sur les bibliothèques et l\u2019architecture.Volume 44, no 3, 2016 : 11-17.2 À propos de la Table des milieux documentaires et archivistiques du Québec (TAMDAQ) : la TAMDAQ a pour mandat de développer une réflexion commune sur les enjeux du milieu québécois de la documentation.Elle regroupe neuf associations professionnelles représentant l\u2019ensemble des milieux documentaires du Québec : bibliothécaires, techniciens en documentation, archivistes.Elle est formée de : l\u2019Association des archivistes du Québec, l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation, la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, l\u2019Association des bibliothécaires du Québec \u2013 Quebec Library Association, l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires, l\u2019Association professionnelle des techniciennes et des techniciens en documentation du Québec, l\u2019association Les bibliothèques publiques du Québec, le Réseau BIBLIO du Québec, la Special Libraries Association \u2013 Section de l\u2019Est du Canada. ARGUS 58 Les candidatures du prix Architecture 2017 Bâtiment neuf Ville de Blainville \u2013 Bibliothèque Paul-Mercier Menkès Schooner Dagenais LeTourneux Architectes Photo : Yien Chao Rénovation majeure Ville de Brossard \u2013 Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage Vincent Leclerc Architecte inc.Rénovation majeure Université Concordia \u2013 Bibliothèque R. Howard Webster Menkès Schooner Dagenais LeTourneux Architectes Photo : Adrien Williams Bâtiment neuf Université du Québec à Trois-Rivières \u2013 Campus de Drummondville Bibliothèque Desjardins \u2013 Pavillon UV Mutuelle Daoust Lestage inc.Architecture design urbain paysage Photo : Adrien Williams Bâtiment neuf Ville de Montréal \u2013 Arrondissement Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce Centre culturel Notre-Dame-de-Grâce \u2013 Bibliothèque Benny Atelier Big City, FSA Architecture inc, L\u2019ŒUF Photo : Howard Davies, Benoît Faure, Ulysse Lemerise, Steve Montpetit 59 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Agrandissement, recyclage et rénovation patrimoniale Ville de Québec \u2013 Maison de la littérature Chevalier Morales architectes Agrandissement et recyclage Ville de Repentigny \u2013 Bibliothèque Robert-Lussier \u2013 Créalab b+b architecture + design inc.Photo : Christian Blouin Architecte Rénovation majeure Cégep Garneau \u2013 Bibliothèque du CÉGEP Garneau Coarchitecture Photo : Stéphane Groleau Rénovation majeure Université de Sherbrooke \u2013 Bibliothèque de la Faculté de droit Atelier TAG + CGA architectes en consortium Photo : P.Karkwowski ARGUS 60 Le lauréat du prix Architecture 2017 : la Maison de la littérature Le jury accorde le prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec aux deux partenaires : la Ville de Québec et Chevalier Morales architectes pour la Maison de la littérature.Le jury considère que la complémentarité architecturale est très réussie entre l\u2019édi?ce patrimonial, le temple Wesley de style néo-gothique anglais, et l\u2019annexe contemporaine.Il note une maîtrise technique de l\u2019enveloppe, novatrice et sophistiquée.Les traits à angle dans le mur rideau, inspirés de la toiture du temple, permettent de faire un trait d\u2019union pertinent et en douceur entre le moderne et l\u2019ancien.À l\u2019intérieur de l\u2019édi?ce, le jury apprécie aussi les courbes des escaliers hélicoïdaux et de l\u2019espace de travail central, qui contribuent à la ?uidité des parcours et à la dé?nition de l\u2019esprit du lieu.Le jury apprécie tout à la fois la conservation, la restauration et la mise en valeur de ce patrimoine architectural et l\u2019annexe contemporaine dont la nouvelle entrée latérale, au ras du trottoir, transforme et tempère délicatement le côté religieux, mais sans oblitérer sa vocation initiale.L\u2019ajout extérieur est un modèle d\u2019intégration architecturale dans l\u2019environnement exigu et contraignant de l\u2019arrondissement historique du Vieux-Québec.Le coup de cœur du jury est tout aussi puissant pour l\u2019intérieur de la Maison de la littérature et se manifeste unanimement.Le projet exprime un habile doigté esthétique et fonctionnel ; il est, en efet, d\u2019une élégance rainée et intemporelle jusque dans les moindres détails.L\u2019abondante lumière naturelle et la blancheur de la nef rappellent la pureté céleste et, si les vastes proportions impressionnent, il se dégage paradoxalement de cet ensemble un rassurant sentiment d\u2019apaisement et de sérénité.La Maison de la littérature s\u2019inscrit non seulement dans le paysage de Québec, mais elle écrit la bibliothèque dans le patrimoine urbain et universel.Il s\u2019agit d\u2019un projet bibliothéconomique modèle dans sa volonté de repenser son ofre de services par un nouveau genre de bibliothèque publique, essentiellement thématique, mettant en valeur de façon fort originale et ré?échie une collection spécialisée en littérature québécoise et en lien avec tous les services du réseau des bibliothèques de la Ville de Québec.La Maison de la littérature s\u2019airme comme lieu culturel de création et de médiation de la littérature et de l\u2019écriture, lieu de rendez-vous et lieu de vie.L\u2019aménagement en témoigne éloquemment par la disposition des meubles, l\u2019espace bistro, la scène littéraire, la résidence d\u2019écrivains et les studios de création.Une programmation et des expositions rehaussent cette ofre de services et attirent les étudiants, les personnes âgées et les touristes.Inspirant pour de prochaines restaurations patrimoniales d\u2019églises d\u2019ici et d\u2019ailleurs, le concept proposé par la Maison de la littérature est unique en Amérique du Nord sur le plan bibliothéconomique et culturel, et tout aussi exemplaire par son architecture de calibre international.Le prix Architecture 2017 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec a été accordé le 13 octobre 2017 à la Maison de littérature. 61 Bibliothèque, technologie(s) et numérique Lauréat prix 2017.De gauche à droite, Alexandre Massé, architecte, Stéphan Chevalier, architecte, Yvon-André Lacroix, président du prix Architecture 2017, Nathalie Dion, présidente de l\u2019ordre des architectes du Québec, Frédéric Fortin, directeur général par intérim de l\u2019Institut Canadien de Québec, Sergio Morales, architecte.Photo : Martine Frigon Lauréat prix 2017.Maison de la littérature.Photo: Chevalier Morales architectes ARGUS 62 Candidatures présentées en 2011, 2013, 2015 et 2017 \u2013 Total et pourcentage 2011 2013 2015 2017 Total % T y p e s d e b â t i m e n t s e t d e c o n s t r u c t i o n s Agrandissement 2 1 0 0 3 9 % Agrandissement/recyclage 0 0 2 1 3 9 % Agrandissement/rénovation majeure 1 0 1 0 2 6 % Agrandissement/recyclage/rénovation majeure/restauration patrimoniale 0 0 1 1 2 6 % Bâtiment neuf 3 4 3 3 13 37 % Rénovation majeure 1 1 3 4 9 26 % Rénovation majeure/recyclage 0 3 0 0 3 9 % Total 7 9 10 9 35 100 % T y p e s d e b i b l i o t h è q u e s Bibliothèques municipales région Montréal 5 3 6 4 18 51 % Bibliothèques municipales autres régions 0 3 3 1 7 20 % Bibliothèques collégiales 1 1 1 1 4 11 % Bibliothèques universitaires 1 1 0 3 5 14 % Autres bibliothèques 0 1 0 0 1 3 % Centres d\u2019archives Centres d\u2019archives 0 0 0 0 0 0 % Total 7 9 10 9 35 100 % Yvon-André Lacroix est détenteur d\u2019une maîtrise en histoire, d\u2019une maîtrise en bibliothéconomie et d\u2019un certificat en archivistique.Il a créé la Bibliothèque municipale de Brossard, l\u2019a dirigé de 1976 à 1992 et il en a fait un modèle d\u2019institution culturelle dynamique et bien intégrée dans son milieu.Il a été directeur général de la diffusion de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Il a reçu le diplôme d\u2019honneur de l\u2019Université de Montréal en reconnaissance de son cheminement professionnel.Bref bilan des prix de 2011, 2013, 2015 et 2017 Au cours de ces quatre éditions, les jurys ont étudié un total de 35 candidatures.Selon le type de bâtiments, 25 candidatures (71 %) présentent 13 bâtiments neufs et 12 rénovations majeures/recyclages mais aucune candidature de centres d\u2019archives.Quant aux cinq types de bibliothèques, ils se décomposent en 25 candidatures (71 %) sont issues des milieux municipaux dont 18 de la région de Montréal (51 %).Les bibliothèques municipales ressortent grandes gagnantes avec le prix accordé à Longueuil en 2011, à La Malbaie en 2013, à Montmagny en 2015 et à Québec en 2017 ; et trois des quatre mentions à Magog en 2013 et à Montréal ex aequo pour les bibliothèques Saul- Bellow et Marc-Favreau en 2015.Une mention a été accordée à l\u2019Université Laval en 2011. regroupe les données et les activités et vous permettre de conc ts sur les services à vos utilisateurs.rationaliser les chaînes de travail améliorer la gestion des contenus électroniques alléger les tâches routinières Les applications OCLC WorldShare proposent une nouvelle approche pour la gestion coopérative des chaînes de travail en bibliothèques.\u2022 Acquisitions \u2022 Analytiques \u2022 Prêts \u2022 Recherche \u2022 Prêts entre bibliothèques \u2022 Gestion des licences \u2022 Gestion des métadonnées Pour en savoir davantage, veuillez nous rendre visite au www.oclc.org. Offre d\u2019une durée limitée.Les prix rayés sont ceux en kiosque.Certaines conditions peuvent s\u2019appliquer.Prix et disponibilité des publications sujets à changements sans préavis.Taxes en sus.Imprimé 01/2017.ABONNEZ-VOUS MAINTENANT : RABAISCAMPUS.COM/BIBLIO \u2013 1 800 265-0180 89 TITRES À 20 $ OU MOINS 37 NOUVELLES PUBLICATIONS ! -61% 1 an 403,52 $ 156,00 $ -69% 1 an 463,84 $ 143,00 $ -33% 1 an 338,52 $ 228,48 $ -62% 1 an 507,00 $ 192,95 $ -62% 1 an 155,48 $ 58,95 $ -51% 12 nos 51,00 $ 24,95 $ -36% 1 an 55,00 $ 34,95 $ 1495 $ 8 nos 23,60 $ 14,95 $ 1495 $ 12 nos 47,40 $ 14,95 $ -52% 1 an 45,90 $ 21,95 $ 1495 $ 1 an 59,88 $ 14,95 $ 1595 $ 1 an 59,88 $ 15,95 $ 1648 $ 1 an 59,90 $ 16,48 $ 1395 $ 1 an 54,90 $ 13,95 $ -39% 1 an 54,45 $ 32,95 $ -58% 1 an 107,40 $ 44,95 $ -46% 1 an 83,40 $ 44,95 $ -42% 1 an 55,08 $ 31,95 $ -42% 1 an 65,45 $ 37,95 $ -57% 1 an 87,45 $ 37,95 $ -30% 1 an 54,45 $ 37,95 $ 999 $ 1 an 15,96 $ 9,99 $ -59% 1 an 79,60 $ 32,95 $ 1995 $ 1 an 35,70 $ 19,95 $ 1755 $ 1 an 49,50 $ 17,55 $ -30% 1 an 38,70 $ 26,95 $ -36% 1 an 38,70 $ 24,95 $ -45% 1 an 41,70 $ 22,95 $ -40% 1 an 51,60 $ 30,95 $ -14% 1 an 81,00 $ 69,95 $ -34% 1 an 95,88 $ 63,00 $ -39% 1 an 131,88 $ 79,90 $ 1895 $ 1 an 26,00 $ 18,95 $ -36% 26 nos 155,74 $ 99,00 $ -29% 2 ans 47,60 $ 33,95 $ 1495 $ 8 nos 39,60 $ 14,95 $ -65% 1 an 71,88 $ 24,95 $ -65% 1 an 99,50 $ 34,95 $ 1199 $ 1 an 23,80 $ 11,99 $ -47% 1 an 246,48 $ 129,95 $ -47% 1 an 246,48 $ 129,95 $ -79% 1 an 155,74 $ 31,95$ VISITEZ NOTRE SITE DÉDIÉ AUX BIBLIOTHÈQUES.Obtenez facilement et rapidement une soumission en ligne, sans obligation ultérieure de votre part."]
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