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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Octobre 2012, Vol. 51, No. 2
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Québec science, 2012, Collections de BAnQ.

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[" Octobre 2012 50 DÉFIS POUR 2050 PRÉFACE DE BOUCAR DIOUF 500e numéro Édition spéciale L\u2019AVENIR QUE LES JEUNES CHERCHEURS NOUS PRÉPARENT Q U E B E C S C I E N C E .Q C .C A 7,95$ E N K I O S Q U E J U S Q U \u2019 A U 1 5 N O V E M B R E 2 0 1 2 SANTÉ VIVRE VIEUX SANS ÊTRE MALADE TECHNO DES ROBOTS COMPLICES PLANÈTE SAUVETAGE EN COURS EXPLORATIONS JAMAIS ON N\u2019AURA ÉTÉ SI LOIN DES ENTREVUES AVEC MARTIN WINCKLER, PAVEL HAMET, CÉLINE LAFONTAINE ET LAURE WARIDEL 4 0 0 6 5 3 8 7 A N S Québec Science S 5 5 Octobre 2012 | Québec Science 3 orsque Québec Science a commencé son périple, sous le nom de Jeune scientifique, en 1962, la classe scientifique québécoise vivotait.À peine 500 étudiants sortaient chaque année des universités avec en poche un baccalauréat en sciences ou en génie.Depuis, les choses ont beaucoup changé.Des milliers de chercheurs œuvrent aujourd\u2019hui dans des centaines de laboratoires au Québec.La science est même devenue un moteur économique plus important que l\u2019agriculture, si on considère son apport à notre produit intérieur brut.Imaginons alors le chemin qui pourra être parcouru dans les 50 prochaines années.Afin d\u2019en avoir une idée, nous avons rencontré les jeunes chercheurs et chercheuses \u2013 la science s\u2019écrit aussi au féminin, ce qui était loin d\u2019être le cas en 1962 \u2013 qui s\u2019affairent à améliorer notre santé, à maîtriser l\u2019extraordinaire potentiel que nous offre l\u2019intelligence artificielle, à concrétiser le développement durable ou à dompter les forces cachées de la matière.La centaine de scientifiques qui sont interviewés dans nos pages ont tous (ou presque) moins de 40 ans.Avec eux, nous avons identifié 50 défis qui modèleront le visage de notre société d\u2019ici 2050.Ce numéro, nous ne l\u2019avons pas voulu nostalgique ni passéiste.Il est au contraire une fenêtre ouverte sur le futur en plus d\u2019être un hommage à la créativité et à l\u2019intelligence, qui sont les ressorts de la démarche scientifique.Cette édition spéciale est aussi notre 500e numéro (bien compté!).Il témoigne d\u2019un étonnant parcours pour un média que des dizaines de milliers de lecteurs et de lectrices, de scientifiques et de collaborateurs ont adopté, lu, aimé, à un moment ou à un autre de notre histoire.Nous ne pouvons que leur dire merci! Raymond Lemieux L Québec Science, 50 ans Votre passeport pour 2050 12-08-24 07:13 Mot de la rédaction Rédacteur en chef Raymond Lemieux r.lemieux@quebecscience.qc.ca Rédactrice en chef adjointe Pascale Millot p.millot@quebecscience.qc.ca Reporter Marine Corniou Collaborateurs Ariane Aubin, Amélie Daoust-Boisvert, Boucar Diouf, Gilles Drouin, Marie-Pier Elie, Dominique Forget, Louis Gagné, Catherine Girard, Joël Leblanc, Elias Levy, Nicolas Mesly, Jessica Nadeau, Bouchra Ouatik, Olivier Rey, Jean-Pierre Rogel, Marc-André Sabourin, Mélanie Saint-Hilaire, Anne-Marie Simard, Martine Turenne, Yanick Villedieu, Binh An Vu Van Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Paul Bordeleau, Frefon, Simon Gardiner, Philippe Jasmin, Sylvain Laroche, Marc Robitaille, Stéphane Lemire Éditeur Pierre Sormany Administration et distribution Michèle Daoust Comptabilité Mimi Bensaid Directrice marketing et partenariats Caroline Guay Chargée de projets marketing et partenariats Caroline Pou Attachée de presse Véronique Lavoie PUBLICITÉ Nathalie Dubreuil Tél.: 450 441-5718 514 512-4800 ndubreuil@velo.qc.ca Claudine Mailloux Tél.: 450 929-1921 514 909-4601 cmailloux@velo.qc.ca SITE INTERNET www.quebecscience.qc.ca Abonnements Canada: 1 an = 35 $ + taxes, États-Unis : 64 $, Outre-mer: 95 $ Parution: Septembre 2012 (500e numéro) Service aux abonnés Pour vous abonner, vous réabonner ou offrir un abonnement-cadeau.www.quebecscience.qc.ca Pour notifier un changement d\u2019adresse.Pour nous aviser d\u2019un problème de livraison.changementqs@velo.qc.ca Service aux abonnés : 1251, rue Rachel Est, Montréal (Qc) H2J 2J9 Tél.: 514 521-8356 poste 504 ou 1 800 567-8356 poste 504 Impression Transcontinental Interweb Distribution Les Messageries de Presse Benjamin Québec Science est publié par Vélo Québec Éditions Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada: ISSN-0021-6127 Envoi Poste-Publications Convention no 40065387.© Copyright 2012 \u2013 La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d\u2019adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.La direction laisse aux au teurs l\u2019entière res pon sabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Qué bec Science ne sont pas retournés.Indexé dans Québec Science reçoit l\u2019aide finan cière du ministère du Développement économique, de l\u2019Innovation et de l\u2019Expor tation.Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d\u2019édition.La Revue Québec Science 1251, rue Rachel Est Montréal (Québec) H2J 2J9 514 521-8356 courrier@quebecscience.qc.ca Préface de Boucar Diouf «Le chercheur du XXIe siècle devra être un visionnaire transdisciplinaire, un curieux multidirectionnel.» EntrevueMarc Zaffran 10N\u2019ayons plus peur des maux Les médecins ne sont pas formés pour l\u2019empathie et l\u2019écoute, dit le docteur-écrivain.Il est temps d\u2019y remédier.14 La marque du cancer 17 Dis-moi ce que tu manges 19 Le remède de l\u2019espoir 21 Aïe, aïe, aïe! 22 La médecine des lumières 24 Carte mystère 26 Fenêtres sur le cerveau 30 Fabrique de tissus 33 Des muscles et des moules Entrevue Pavel Hamet 34Médecine sur mesure Nous pourrons bientôt vivre jusqu\u2019à 110 ans, prédit ce spécialiste de la médecine personnalisée.38 Chacun ses os 40 Plus oublieux mais plus heureux 41 De l\u2019intelligence mur à mur 43 Bouge tes neurones 44 Une mort plus douce Un dossier signé Ariane Aubin, Marine Corniou, Amélie Daoust-Boisvert, Boucar Diouf, Gilles Drouin, Marie-Pier Elie, Dominique Forget, Louis Gagné, Catherine Girard, Joël Leblanc, Raymond Lemieux, Elias Levy, Nicolas Mesly, Pascale Millot, Jessica Nadeau, Bouchra Ouatik, Olivier Rey, Jean-Pierre Rogel, Marc-André Sabourin, Mélanie Saint-Hilaire, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, Martine Turenne, Yanick Villedieu et Binh An Vu Van SOMMAIRE 8 Humain, très humain Prêt pour vivre 110 ans?À en croire les promesses de la médecine, il semble que cela puisse être possible.La grande question demeure: serons-nous plus heureux?Québec Science 5 ANS OCTOBRE 2012 VOLUME 51, NUMÉRO 2 S Entrevue Céline Lafontaine 48Printemps technologique et société post-mortelle On mesure encore mal l\u2019impact de la révolution numérique sur nos vies, estime cette sociologue réputée.53 Notre vie privée est-elle soluble dans Facebook?55 Enseigner à la caméra?58 Priorité: le bonheur au travail 59 Travailleurs 2.0 60 Mon robot, mon ami 64 RoboDoc Comment les nouvelles technologies changent-elles notre travail, notre éducation, notre culture, notre ville, nos liens?Entrevue Laure Waridel 68 Laure de l\u2019île Plus de beauté et plus de justice sociale : voilà la recette de la fondatrice d\u2019Équiterre pour l\u2019avenir.72 Retour à la terre 75 La sociologie des bois 76 La santé de nos artères\u2026 routières 77 En finir avec les bouchons 78 Ah! que la campagne est belle! 80 Vers une agriculture haute technologie 81 Entraide végétale 82 Pour un bilan carbone équitable 83 Dessiner le grand bleu 84 La toupie de l\u2019avenir 88 Ils vont dompter le soleil 89 Suivre le courant 91 Quand les villes renaissent de leurs cendres 94Machos et mauviettes recherchés 98 Sur les pistes d\u2019une vie extraterrestre 102 Les tisserands du quantique E 50 DÉFIS POUR 2050 À l\u2019heure du développement durable et de la prise de conscience écologique, notre relation avec l\u2019environnement prend une tournure critique.92 Nouvelles conquêtes De l\u2019infiniment loin à l\u2019infiniment petit, du vide intersidéral aux méandres du quantique, il reste des mondes à explorer.66 Action planétaire 46 Vivre en réseaux 106 Les défis de nos lecteurs Parcourez jusqu\u2019à 967 kilomètres sur l\u2019autoroute avant de refaire le plein\u2020.Le Edge avec moteur EcoBoost® livrable consomme seulement 6,6 L/100 km sur route*.Obtenez les performances d\u2019un V6 et l\u2019effi cacité énergétique d\u2019un plus petit moteur.EDGE 2013 Le véhicule illustré peut être doté d\u2019équipements offerts en option.\u2020 Distance estimative \u2013 conduite sur route \u2013 pour le Edge 2013 à traction avant équipé du moteur EcoBoost 4 cyl.en ligne turbo essence à injection directe de 2,0 L et d\u2019une boîte automatique 6 vitesses.Distance maximale parcourue en ville de 644 km.La consommation réelle peut varier en fonction des conditions routières, du chargement du véhicule et des habitudes de conduite.* Cotes de consommation de carburant pour le Edge 2013 à traction avant équipé d\u2019un moteur 4 cyl.en ligne turbo essence à injection directe de 2,0 L et d\u2019une boîte automatique 6 vitesses : 9,9 L/100 km en ville et 6,6 L/100 km sur route.Cotes de consommation établies selon des méthodes d\u2019essai approuvées par Transports Canada.La consommation réelle peut varier. Octobre 2012 | Québec Science 7 es chercheurs qui cherchent, on en trouve.Mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche.» Quand j\u2019ai commencé mon baccalauréat en biologie, en 1986, cette citation était très populaire dans les facultés de science.À cette époque, je pensais qu\u2019un chercheur n\u2019avait que deux façons d\u2019exprimer ses émotions : pleurer quand il n\u2019obtenait pas sa subvention, et rire quand son collègue perdait la sienne.Le reste du temps, ce chercheur qui cherche semblait s\u2019enfermer dans son laboratoire pour explorer de façon compulsive un sujet si pointu qu\u2019il menait inévitablement à une forme d\u2019analphabétisme par défaut d\u2019interlocuteur.Quand on a passé la majeure partie de sa vie à s\u2019intéresser uniquement aux protéines de nucléation de la grenouille des bois, trouver un partenaire dans un souper pour échanger sur le sujet devient un casse-tête! Je n\u2019avais pas encore les pieds dans la science que je la trouvais déjà trop sérieuse et que je voulais l\u2019humaniser à ma façon.Un jour, nous avions rapporté d\u2019une expédition en mer des invertébrés benthiques afin de les identifier.Incapable d\u2019associer une signature binomiale à la moitié des animaux qui flottaient dans mon pot de formol, j\u2019avais eu la bonne idée de regrouper les espèces non identifiées dans une grande famille : la famille des «aucunidées».Une fourberie sévèrement sanctionnée par un professeur qui trouvait que l\u2019humour n\u2019avait pas sa place dans une discipline comme la systématique animale.Heureusement, ce genre de chercheur un peu marginal est maintenant plus populaire dans certains films caricaturaux que dans les laboratoires.Pour moi, la science est un «arbre de connaissances», avec ses racines, son tronc, ses branches et ses feuilles.Fort de ce modèle, le chercheur du XXIe siècle, même les yeux rivés sur une minuscule feuille, gagnerait à développer une vision périphérique pour mieux explorer les liens qui unissent la ramure au reste de l\u2019arbre.J\u2019imagine un curieux multidirectionnel, qui n\u2019hésiterait pas à emprunter le chemin de la sève jusqu\u2019aux racines pour s\u2019inspirer du savoir traditionnel et de la sagesse des Anciens.Toujours selon ce modèle, le jeune chercheur d\u2019au- jourd\u2019hui serait biochimiste, généticien, paléontologue, océanographe, physicien, et manifesterait une certaine curiosité pour la philosophie, la littérature, l\u2019histoire, la cuisine et les arts.Si la biologiste moléculaire britannique Rosalind Elsie Franklin avait étudié les arts visuels, elle aurait probablement découvert la double hélice de l\u2019ADN bien avant Watson et Crick.Cette femme, spécialiste de la diffraction aux rayons X, avait produit toutes les photographies qui allaient permettre à ces deux chercheurs, plus imaginatifs, de rafler le Nobel de physiologie- méde cine en 1962.En plus de stimuler la créativité, les arts peuvent aussi apporter à la recherche scientifique cette dimension humaine qui semble parfois lui faire défaut.Souvenons-nous, par exemple, qu\u2019au tout début de cette science majeure qu\u2019est la génétique, il y avait un moine avec sa passion, ses pois, son jardin et son humanité: Johann Gregor Mendel.Dans ma vision \u2013 peut-être utopiste \u2013, le scientifique du XXIe siècle est un visionnaire transdisciplinaire qui, profondément ancré dans le présent, s\u2019inspire du passé pour préparer le futur.Étudier une feuille pour mieux comprendre la forêt et protéger la biosphère, telle devrait être la devise du chercheur d\u2019aujourd\u2019hui.?*Conteur, humoriste et animateur, Boucar Diouf est un amoureux de la langue et de la science.Originaire du Sénégal, il a étudié l\u2019océanographie à Rimouski.Là, il a eu un véritable choc\u2026 thermique, ce qui lui a donné l\u2019idée de son sujet de thèse : «Les adaptations au froid chez les poissons».«Si j\u2019ai fait des études supérieures, dit-il, ce n\u2019est pas parce que je voulais devenir chercheur, mais plutôt parce que je voulais me donner toutes les chances de ne pas cultiver des arachides.En effet, comme on dit au Québec, cultiver des arachides, c\u2019est travailler pour des peanuts.» D Vision périphérique Stimuler la créativité des chercheurs et apporter à la science l\u2019art et la dimension humaine qui lui manquent «Le chercheur du XXIe siècle devra être un visionnaire transdisciplinaire, un curieux multidirectionnel.» 1 Préface de Boucar Diouf J E A N - F R A N Ç O I S B É R U B É « 8 Québec Science | Octobre 2012 il semble que cela puisse être possible.Mais aussi f Humain, très © 2 0 1 2 S H I M O N A N D T A M M A R P H O T O G R A P H Y Prêt pour vivre 110 ans?À en croire les promesses de la médecine, Octobre 2012 | Québec Science 9 ussi fabuleux soient les progrès de la science, ils ne nous épargneront ni la maladie ni la souffrance.La grande question demeure: serons-nous plus heureux?s humain pe\u201d LATE) A AN VON NAN NS > = EF 4745 | 7 MN 3 \\ ; LUET 4, NN SAS 44 A j (À \\\\ \\ +! i \\\\ \\\\ re I Lo 772)\u201d (15 I Ne.zr 4 A i HT ok i \u201c7s vel 5 « F hl - Moh > t°4 7 a.Ye , \\ | | e À / vy N WV » nN Sy =X È I 4 .\u2014 ) \u2014 ~~ > ES = rr a A YE vy I i 7 ST A - IV < AN 1; ZE ly IY Ng le 7, I~ 7) 2 LOA | 46 Sort Sy ( de à wo ) | ft J A .: é a È |, Porn xs mt à ] x AN À f .\u2014ad + ; Sz 7 sa Ay ZA I Top \\ ) He ~t.{1 } : \\ J it \\ \\ .fl Mh - set OX ra 5 ?Y, VY, = : z= pS oe eg r 7S // |W ) #44 | ç Y 7744 2 + / \\ : \\ 7 \"1 = | \\ rf EE ap 1 \\ : # A 4, f 4 ; D | \u201d} \\* 1 | ; he de > =\" A ç : æ* vs he | fy | Ley A : \\ + (Fa.; IN ; ; 24 F | £8 + ç 7 a « 7 7, 0 % y + À \u201c 4 N fy o pv Sy 3d 4 Wh ad Til 1 Octobre 2012 | Québec Science 11 P A U L B O R D E L E A U Vous dites qu\u2019il faut repenser la relation entre les médecins et leurs patients.Pourquoi?Les médecins \u2013 surtout en France \u2013, sont formés dans l\u2019illusion de leur toute-puissance.On leur enseigne qu\u2019ils sont les détenteurs d\u2019un savoir et que la personne malade, elle, est ignorante.Cette attitude parasite leurs rapports avec les patients qui, ne se sentant pas écoutés, ont plus de mal à leur faire confiance.Or, j\u2019ai compris que la relation que le médecin instaure avec son patient est pour beaucoup dans la guérison ou du moins le soulagement.C\u2019est ça, l\u2019effet placebo.Comment pourrait-on améliorer les choses?En changeant le mode de sélection des étudiants en médecine, qui procède encore de cet élitisme selon lequel pour être un bon médecin, il faut être un bon élève.Il n\u2019y a aucune raison de choisir les futurs médecins en fonction de leur performance en maths ou en physique.Alors, que faut-il pour être un bon médecin?Un bon médecin est d\u2019abord un médecin qui doute et qui sait écouter.En général, les gens vous donnent les raisons pour lesquelles ils consultent dès le début de la rencontre, mais ils enrobent la réalité pour rendre la chose acceptable.Il faudrait donc revoir la formation des médecins?Oui, et au Québec les choses sont en train de changer.J\u2019ai participé à la préparation de la réforme des études médicales à l\u2019Université de Montréal, qui va être centrée sur l\u2019implication des patients.Ces derniers joueront le rôle d\u2019experts en enseignement dès la première année.C\u2019est révolutionnaire.D\u2019ailleurs, l\u2019Amérique du Nord est très en avance sur une grande partie de l\u2019Europe en ce qui concerne la réflexion éthique, la relation au patient, le soulagement de la douleur, etc.Les patients y sont aussi plus rebelles, plus informés et hésitent moins à contredire leur médecin.Vous prônez la transparence envers les malades.Toute vérité est donc bonne à dire?Le médecin a l\u2019obligation morale de dire la vérité à ses patients.D\u2019ailleurs, au Québec, ne pas dire aux malades de quoi ils souffrent est considéré comme une faute professionnelle.En France, si un médecin décide de confier à votre mari, mais pas à vous, que vous avez un cancer du sein métastasé au foie, il n\u2019encourt aucun blâme.C\u2019est pourtant grave, car cela place la famille dans une position intenable.Quant à moi, je crois qu\u2019il faut respecter l\u2019autonomie du patient, qu\u2019il s\u2019agisse de lui annoncer une mauvaise nouvelle ou de le laisser décider par lui-même dans certains cas difficiles.Une femme est déjà venue me voir alors qu\u2019elle voulait un enfant à 48 ans.Elle venait de tomber amoureuse et était parfaitement heureuse à l\u2019idée d\u2019être enceinte.Qui suis-je, moi, pour lui dire qu\u2019elle ne devrait pas avoir d\u2019enfant alors que, entre vous et moi, il y a moins de risques à être enceinte à 48 ans, à Montréal, qu\u2019à 25 ans, à Ouagadougou?Vous critiquez sévèrement l\u2019industrie pharmaceutique, et vous avez déploré la campagne de vaccination contre le virus H1N1 en 2009.Je savais que nous ne courions aucun risque.Entrevue Marc Zaffran alias Martin Winckler Repenser la relation entre le patient et son médecin 2 Médecin français émigré au Québec, Marc Zaffran a pratiqué la médecine générale pendant 15 ans dans un cabinet de campagne.Là, il a vu défiler toutes les petites et grandes misères humaines, entendu des secrets inavouables et soigné quelques maladies «honteuses».Il y a surtout appris à devenir médecin.En 1998, sous le pseudonyme de Martin Winckler, il signe La maladie de Sachs.Acclamée par la critique et le public, portée à l\u2019écran par le cinéaste Michel Deville, l\u2019histoire du docteur Bruno Sachs a rendu le docteur Zaffran célèbre.Au Québec, où il vit depuis 2009, avec sa femme et six de leurs huit enfants, il a découvert, dit-il, une médecine nourrie d\u2019éthique et plus en phase avec les découvertes scientifiques.Aujourd\u2019hui en retrait de la pratique médicale, il est écrivain en résidence au département de littérature de l\u2019Université d\u2019Ottawa et poursuit une maîtrise en bioéthique à l\u2019Université de Montréal, en plus d\u2019alimenter son Webzine et son blogue de PasseportSanté.net.Son plus récent roman, En souvenir d\u2019André, qui paraît ce mois-ci aux Éditions P.O.L, traite d\u2019un sujet brûlant d\u2019actualité : le suicide assisté.LES MÉDECINS SONT MALADES, DIT LE DOCTEUR MARC ZAFFRAN.ET CE SONT LES PATIENTS QUI DISPOSENT DU MEILLEUR TRAITEMENT POUR LES SOIGNER.N\u2019ayons plus peur des maux Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie était épidémique dans tout l\u2019hémisphère sud.Pourtant, on ne voyait pas de millions de cadavres allongés sur le sol dans ce coin du monde.En juin 2009, trois mois avant la vaccination, les cartes de l\u2019OMS montraient la progression du virus sur la planète.Plus il y en avait, plus il y avait de rouge.L\u2019Amérique du Nord était en rouge, car le virus circulait, mais les gens guérissaient tout seuls; c\u2019était un virus bénin.La campagne de vaccination n\u2019a pas été suivie en France.Y a-t-il eu une hécatombe?Vous adhérez donc à la théorie du complot selon laquelle les gouvernements se sont alliés avec les pharmaceutiques pour nous vacciner inutilement.Ce n\u2019est pas un complot, c\u2019est une démarche commerciale.Au début des années 2000, l\u2019industrie pharmaceutique a décidé de recentrer sa production sur les vaccins plutôt que sur les nouveaux médicaments.En effet, il est de plus en plus difficile et de moins en moins rentable de tester de nouvelles molécules en raison des con - traintes des essais cliniques, surtout si on est obligé de mettre fin au développement du médicament en cours de route, parce qu\u2019on se rend compte de son inefficacité ou d\u2019effets secondaires trop importants.D\u2019ailleurs, on ne commercialise presque plus de nouveaux médicaments.Pour l\u2019industrie, l\u2019avenir est donc dans les vaccins.En effet, si les pharmaceutiques réussissent à convaincre les gouvernements que la vaccination est un enjeu de santé publique, l\u2019État va financer les recherches en achetant ce vaccin.Et c\u2019est facile de convaincre.Il suffit d\u2019envoyer au responsable de la santé publique le grand spécialiste de la maladie en question, et de lui dire : «Écoute, tu ne recommandes pas la vaccination massive et tu te retrouves avec des milliers de morts\u2026» Je vous parie que le ministre de la Santé va faire vacciner tout le monde.Pour la grippe, ça n\u2019a pas été compliqué, car il y avait déjà eu trois grandes épidémies : en 1918, en 1968 et en 1978.Mais quand vous regardez les chiffres, vous vous rendez compte qu\u2019il y a eu de moins en moins de morts.Pourquoi?Parce que l\u2019immunité générale de la population s\u2019est améliorée.La preuve, c\u2019est que nous sommes 7 milliards sur Terre alors que les trois quarts de la planète n\u2019ont toujours pas accès aux antibiotiques.Si l\u2019immunité générale ne s\u2019était pas améliorée, nous ne serions pas aussi nombreux.Qu\u2019en est-il de la campagne de vaccination des petites filles contre le virus du papillome humain (VPH), supposé prévenir le cancer du col de l\u2019utérus, qui fait maintenant partie de la liste des vaccins recommandés au Québec?C\u2019est la même chose.C\u2019est le résultat d\u2019un lobbying.Il a suffi de choisir des médecins qui ont vu des patientes mourir d\u2019un cancer du col de l\u2019utérus.Des femmes gynécologues, de préférence, parce que c\u2019est une maladie qui les touche de près, et de leur dire qu\u2019un vaccin contre le VPH est disponible, et vous avez des hordes de femmes médecins prêtes à se battre pour défendre la nécessité de ce vaccin.Comment se fait-il que les médecins soient tellement à l\u2019écoute de l\u2019industrie?Parce que l\u2019industrie entre en contact très tôt avec les étudiants pour leur donner des bouquins, des petits cadeaux, leur présenter des recherches.C\u2019est beaucoup plus facile de manipuler quelqu\u2019un qui a une dette envers vous et qui, en plus, n\u2019a pas le sentiment d\u2019être manipulé puisqu\u2019on lui dit que c\u2019est pour le bien de ses patients.C\u2019est aussi plus facile de manipuler quelqu\u2019un d\u2019angoissé.Les étudiants en médecine sont, comme la plupart des jeunes gens qui veulent réussir, très angoissés.Et ils le sont encore plus parce que ce sont des jeunes gens qui ont décidé de soigner les autres, de faire le bien de l\u2019humanité.À l\u2019université Harvard, aux États-Unis, la faculté de médecine a décidé qu\u2019aucun représentant de l\u2019industrie n\u2019entrerait en contact avec les étudiants.Fait-on peur inutilement aux gens?Dans l\u2019immense majorité des cas, quand les gens sont en bonne santé, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils n\u2019ont pas de maladie chronique visible altérant leur état, le risque qu\u2019ils aient une maladie grave est minime.C\u2019est notamment pour cette raison que je refuse de me soumettre aux tests de dépistage du cancer de la prostate, car c\u2019est une escalade.Je sais que je cours beaucoup plus de risques de mourir d\u2019autre chose que d\u2019un cancer de la prostate.Donc si j\u2019ai un cancer de la prostate, je vais rester avec.Je pourrais avoir un anévrisme au cerveau; ce n\u2019est pas pour ça que je vais aller passer un examen d\u2019imagerie par résonance magnétique tous les six mois.Ce n\u2019est pas possible de vivre comme ça.Vous vous êtes prononcé en faveur du suicide assisté ce qui, là aussi, va à contre-courant de la position de nombreux médecins.S\u2019il est vrai que la plupart des gens qui ne souffrent pas physiquement ne veulent pas mourir, certains ont une douleur morale immense, qui n\u2019est pas de la dépression, et préfèrent mourir.Comment se fait-il qu\u2019on ne soit pas en mesure d\u2019accepter qu\u2019un malade qui se sait condamné et qui est extrêmement malheureux puisse estimer que la vie n\u2019a plus rien à lui apporter et demande l\u2019aide d\u2019un médecin pour mourir?Je crois quant à moi que les médecins ont du mal à l\u2019accepter, car cela les force à reconnaître qu\u2019ils ne sont pas tout-puissants et qu\u2019ils ne sont pas là pour empêcher les gens de mourir.En fait, nous sommes là pour faire en sorte que les gens souffrent moins.Et pour le faire le mieux possible.C\u2019est tout et c\u2019est déjà très bien.?Propos recueillis par Pascale Millot 12 Québec Science | Octobre 2012 Comment se fait-il qu\u2019on ne soit pas en mesure d\u2019accepter qu\u2019un malade qui se sait condamné et qui est extrêmement malheureux demande l\u2019aide d\u2019un médecin pour mourir?Entrevue Marc Zaffran alias Martin Winckler PLUS DE VÉHICULES ÉLECTRIQUES POUR MOINS DE GAZ À EFFET DE SERRE Le secteur des transports est celui qui émet le plus de gaz à effet de serre (GES) au Québec.Grâce à l\u2019énergie propre d\u2019Hydro-Québec, le remplacement d\u2019une voiture sur quatre par un véhicule tout électrique pourrait réduire les émissions de GES de 3,4 millions de tonnes par année.Hydro-Québec participe activement au développement de technologies, d\u2019infrastructures et d\u2019initiatives commerciales qui contribuent à l\u2019électrification des transports terrestres.En tant que plus grand producteur d\u2019énergie propre et renouvelable en Amérique du Nord, Hydro-Québec place le développement durable au cœur de chaque projet.hydroquebec.com F h i l l i dd 14 Québec Science | Octobre 2012 Dépister précocement le cancer 3 La marque du cancer Si on le dépistait plus tôt, le cancer serait beaucoup plus facile à terrasser.Comment déceler le mal avant qu\u2019il devienne incontrôlable?Par Marine Corniou \u2019est vrai pour toutes les maladies, et pour les cancers en premier lieu : plus le diagnostic est posé tôt, meilleures sont les chances de guérison.Or, les cellules qui deviennent cancéreuses sont le siège d\u2019un véritable «chaos» moléculaire qui peut théoriquement être détecté dès qu\u2019il apparaît.Dans une cellule tumorale, les gènes ne s\u2019expriment pas normalement; les chromosomes se multiplient; les protéines sont déformées.«Même les ARN, ces petites molécules messagères qui permettent de \u201ctraduire\u201d les gènes en protéines, présentent un profil anormal», explique Jean-Philippe Brosseau, chercheur enbiologiemoléculaire à l\u2019Université de Sherbrooke.En com parant les variants d\u2019ARN présents dans des cellules de cancer de l\u2019ovaire à ceux des cellules ovariennes saines, le doctorant, qui travaille avec la Chaire de recherche du Canada en génomique et ARN catalytique, a détecté une dizaine d\u2019ARN propres aux cellules can cé - reuses.«C\u2019est une sorte de signature du cancer ovarien que l\u2019on pourrait repérer très tôt, dès les premiers stades», précise-t-il.De quoi gagner un temps précieux, quand on sait que les trois quarts de ces cancers sont diagnostiqués à un stade avancé.Le taux de survie 5 ans plus tard n\u2019est alors que de 30% (contre 85% si le cancer est détecté au premier stade).L\u2019équipe de Sherbrooke s\u2019intéresse aussi de près au cancer du sein, le plus fréquent chez les femmes.En 2008, les chercheurs ont mis en évidence une série de 41 marqueurs ARN typiques dont on pourrait vérifier la présence dans des cellules prélevées par biopsie.À terme, il sera peut-être même possible de dépister le mal grâce à une simple prise de sang.«Offrir des tests de dépistage fiables et rapides, réalisables chez le médecin ou au chevet du patient est l\u2019un des défis les plus importants en médecine», affirme David Juncker, chercheur en génie biomédical à la faculté de médecine de l\u2019Université McGill.Parce qu\u2019il évacue les déchets de l\u2019organisme, le sang contient des indices précieux sur notre état de santé.Pour trouver les protéines caractéristiques d\u2019une maladie dans le sang, il suffit de «pêcher» la protéine ciblée à l\u2019aide d\u2019un anticorps qui s\u2019y fixe comme un aimant.Mais détecter une protéine parmi des milliers de substances, c\u2019est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin.«Nous tentons donc de repérer un ensemble de molécules, qui constitue une \u201csignature\u201d de la maladie», ajoute David Juncker.En d\u2019autres termes, une empreinte unique et incontestable ! Sauf que la «pêche» simul tanée de plusieurs protéines n\u2019est pas un sport facile.«Les anticorps peuvent interagir entre eux, se lier les uns aux autres ou à d\u2019autres molécules et fausser les résultats», explique ce spécialiste des nanotechnologies.Pour contourner ces obstacles, il a conçu un outil particulièrement ingénieux : une puce constituée de compartiments d\u2019un dixième de millimètre et contenant chacun les anticorps nécessaires à la capture d\u2019une seule et unique protéine.«Cette astuce très simple élimine les interférences entre les anticorps, précise-t-il.On peut détecter autant de marqueurs protéiques que souhaité.» Il y a quelques mois, l\u2019équipe a testé cette puce en analysant 32 protéines sanguines chez 11 femmes en santé et 17 souffrant d\u2019un cancer du sein.Les chercheurs ont établi que, parmi ces 32 protéines, 6 pourraient suffire à poser un diagnostic.«Ces résultats sont très préliminaires, mais démontrent que la puce fonctionne.» Forte de ce succès, l\u2019équipe travaille aujourd\u2019hui sur un test de détection rapide des staphylocoques dorés dans le sang.?C Octobre 2012 | Québec Science 15 Jean-Philippe Brosseau, biologie moléculaire / David Juncker, génie biomédical r S T E V E G S C H M E I S S N E R / S P L Le cancer est l\u2019une des principales causes de mortalité dans le monde.Au Québec, il tue chaque année 20 000 personnes qui ont souvent été prises en charge tardivement.P H I L I P P E J A S M I N UF L'UNIVERSITE DE MONTREAL EST PLUS QU\u2019UNE UNIVERSITÉ, C\u2019EST UN PROJET DE SOCIÉTÉ.ET NOUS METTONS TOUT NOTRE TALENT AU SERVICE DU PROGRÈS SOCIAL CULTUREL, ECONOMIQUE ET SCIENTIFIQUE Université ah de Montréal Octobre 2012 | Québec Science 17 Pour changer nos habitudes alimentaires, il faut commencer par comprendre ce qui nous pousse à trop et à mal manger.Par Catherine Girard ne épidémie.C\u2019est ainsi que l\u2019Organisation mondiale de la santé décrit la prévalence de l\u2019obésité à l\u2019échelle de la planète.Le Québec ne fait pas exception.Au royaume de la poutine et du «pouding chômeur», on estime que près d\u2019une personne sur quatre est obèse, tandis que plus d\u2019une sur trois souffre d\u2019embonpoint.Au banc des accusés, on retrouve bien sûr le manque d\u2019exercice mais aussi, et surtout, la suralimentation.«On a longtemps insisté sur l\u2019impor - tance de l\u2019activité physique pour maigrir, mais on sait maintenant que c\u2019est la prise alimentaire qui influence le plus la perte ou le gain de poids», affirme Jean- Philippe Chaput, professeur à l\u2019École des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Comme le souligne le chercheur, il est en effet plus facile de supprimer 500 calories par jour que de les brûler.En théorie, du moins.Car, en pratique, si certaines personnes sont capables de ne manger qu\u2019une poignée de croustilles, d\u2019autres ne peuvent s\u2019arrêter avant d\u2019avoir atteint le fond du sac.Simple question de volonté?Non, répond la nutritionniste et cofondatrice de la Clinique Équilibre-Santé de l\u2019Université Laval, Vicky Drapeau.«De nombreux facteurs, comme le stress, la qualité du sommeil ou le travail intellectuel jouent un rôle dans le contrôle de l\u2019appétit.Nous savons aussi que 10% des gens qui viennent nous consulter à la clinique perçoivent mal les signaux de satiété», explique-t-elle.Les raisons pour lesquelles certaines personnes ont de la difficulté à percevoir ces signaux ne sont pas encore toutes connues, mais les chercheurs sont de plus en plus convaincus que la génétique joue un rôle.Ainsi, alors que la plupart d\u2019entre nous sommes en mesure de nous raisonner face à un plat riche et très tentant, d\u2019autres présentent une «désinhibi - tion alimentaire» qui les pousse à se resservir.D\u2019autres se suralimentent, car ils ont le sentiment de n\u2019être jamais rassasiés.Or, en 2005, une équipe de l\u2019Université Laval, dont Vicky Drapeau faisait partie, a démontré que ce type de comportement pourrait être lié à une mutation du gène codant pour la neuromédine-B, une protéine qui diminue l\u2019appétit.Et, d\u2019après les experts, de nombreux autres liens génétiques restent à découvrir.Ceux qui ont eu moins de chance à la loterie génétique ne sont cependant pas pour autant condamnés à être gros, car on peut très bien déjouer les «mauvais» gènes grâce à de bonnes habitudes de vie.«Les anomalies génétiques n\u2019expliquent pas à elles seules la montée en flèche du taux d\u2019obésité.Aujourd\u2019hui, la nourriture est présente partout, tout le temps et en quantité illimitée.De plus, l\u2019aménagement de bien des villes, surtout en Amérique du Nord, favorise peu l\u2019activité physique», souligne Vicky Drapeau.Pour contrer l\u2019obésité, la chercheuse préconise une approche individualisée.«Il n\u2019y a pas de solution miracle qui puisse convenir à tout le monde.Pour traiter les problèmes de surpoids, il faut traiter les gens au cas par cas», insiste-t-elle.Les recherches sur les causes génétiques des comportements alimentaires prédisposant à l\u2019obésité permettront justement de mieux cibler les interventions auprès de ceux qui souhaitent diminuer leur tour de taille.«Prenons l\u2019exemple d\u2019une personne qui a tendance à trop manger à cause d\u2019une mutation génétique qui l\u2019empêche de bien percevoir les signaux de faim et de satiété.Elle pourrait miser sur des produits reconnus pour leur pouvoir rassasiant et leur faible valeur énergétique», illustre la nutritionniste.Les régimes miracles qui garantissent des pertes de poids à tout le monde devraient donc être bel et bien mis au rancart.?U Dis-moi ce que tu manges.Mieux comprendre les comportements alimentaires pour combattre l\u2019obésité 4 Jean-Philippe Chaput, kinésiologie / Vicky Drapeau, nutrition F R E F O N Au Québec, une personne sur quatre est obèse, tandis que plus d\u2019une sur trois souffre d\u2019embonpoint.À l\u2019échelle mondiale, la prévalence de l\u2019obésité est un\u2026 gros problème de santé publique. JUSQU'AU 31 MARS 2013 P H O T O S : A L A I N L E F O R T \u2019est une des deux maladies infectieuses les plus meurtrières du monde, juste après le VIH/sida.Chaque année, la tuberculose tue près de 2 millions de personnes, et en infecte 8 millions, principalement en Inde, en Chine et en Afrique.Au Canada, des flambées épidémiques sont fréquemment rapportées, en particulier dans les communautés inuites et autochtones, qui affichent des taux de prévalence similaires à ceux des pays les plus pauvres (environ 200 cas pour 100 000 habitants).Une épidémie tenace.«Le bacille de la tuberculose est l\u2019une des plus vieilles bactéries connues.Certaines momies égyptiennes en portent les traces», affirme Maziar Divangahi, chercheur en immunologie à l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, à Montréal.Malgré des siècles de lutte, le bacille My- cobacterium tuberculosis continue de faire des ravages, devenant même de plus en plus résistant aux antibiotiques.«Pendant tout ce temps, la bactérie a évolué avec l\u2019homme.Elle s\u2019est si bien adaptée à notre système immunitaire qu\u2019elle y échappe très facilement et peut demeurer des années dans l\u2019organisme», explique le biologiste.Résultat?Un tiers de la population mondiale est infectée par le bacille ! Environ 10% de ces «porteurs» finissent par souffrir de toux, de fièvre et d\u2019un affaiblissement général.«La seule arme préventive dont on dispose aujourd\u2019hui, c\u2019est le vaccin BCG, qui n\u2019est plus très efficace», déplore le chercheur.Ce vaccin, vieux de plus d\u2019un siècle, protège les enfants contre certaines formes graves de la maladie, mais il est inefficace contre la forme pulmonaire de l\u2019adulte, très contagieuse.Pour enrayer l\u2019épidémie, il y a donc urgence à mettre au point un vaccin plus performant.C\u2019est un des buts que poursuit Maziar Divangahi, en tentant de comprendre comment les bactéries se «cachent» une fois entrées dans les poumons.«Elles pénètrent dans les macrophages, des cellules du système immunitaire, et s\u2019y multiplient», explique-t-il.Ainsi envahis, les macrophages devraient normalement s\u2019autodétruire avec les bactéries piégées.«Or, Mycobacterium tuberculosis empêche cette destruction par plusieurs mécanismes, et parvient à sortir des macrophages pour continuer à se répandre dans les poumons.D\u2019où l\u2019idée de notre équipe : forcer les macrophages infectés à s\u2019anéantir», poursuit le chercheur.En 2010, son équipe a découvert que certains médicaments anti-inflammatoires très utilisés pou - vaient justement pousser les macrophages à cette mort programmée.Mais cela ne suffit pas.Le scientifique tente maintenant d\u2019améliorer le vaccin BCG existant, qui contient un bacille de tuberculose vivant mais inoffensif.«Nous avons modifié les gènes du bacille utilisé dans le BCG pour qu\u2019ils favorisent la réaction d\u2019autodestruction des macrophages et nous avons testé ce nouveau vaccin chez la souris.Il semble que cela pourrait améliorer la réponse immunitaire», poursuit-il.Même si le chemin est encore long avant une éventuelle mise en marché, ces résultats sont porteurs d\u2019espoir.«La propagation de la tuberculose est facilitée par la malnutrition, les logements surpeuplés, le VIH, autant de facteurs difficiles à contrôler», souligne le chercheur.La venue d\u2019un vaccin efficace permettrait enfin de reléguer cette maladie d\u2019un autre âge aux oubliettes.?C Éradiquer la tuberculose Le remède de l\u2019espoir Des milliers de personnes dans le monde pourraient être sauvées de la tuberculose grâce à un vaccin.Par Marine Corniou Maziar Divangahi, immunologie Chaque année, la tuberculose tue près de 2 millions de personnes.Les communautés inuites et autochtones du Canada affichent des taux de prévalence similaires à ceux des pays les plus pauvres A .C R U M P , T D R , W H O / S P L M O N D E 5 Octobre 2012 | Québec Science 19 À l\u2019hôpital de Navrongo, au Ghana, en Afrique, on tente d\u2019enrayer le fléau de la tuberculose par l\u2019éducation et par la médecine. Nous vous mettons au défi de plier cette page en deux, plus de sept fois.4 \u2014_- \u2014.a= ae fee a.eas \u2014 \u2014 le | \u2014 4 [=] A 1 7 [=] LEE sio}/ /A \"iq :uonnjos CENTRE pa SCIENCES MONTRÉAL La Canada Octobre 2012 | Québec Science 21 On comprend encore très mal les mécanismes de la douleur chronique.Ce que l\u2019on sait, par contre, c\u2019est que, pour vaincre ce mal, il faut se l\u2019approprier.Par Louis Gagné ongtemps considérée comme un mal imaginaire, la douleur chronique affligerait pourtant un Québécois sur cinq.«C\u2019est beaucoup, et c\u2019est probablement sous-estimé.Il y a une grande méconnaissance de cette maladie parce qu\u2019elle est invisible et difficile à traiter», explique Anaïs Lacasse, chercheuse au département des sciences de la santé de l\u2019Université du Québec en Abitibi- Témis camingue.Fibromyalgie, lombalgie, migraine, arthrose, céphalée chronique, choc post-trau- matique ou postopératoire, une pa no plie de causes sont à l\u2019origine de ce mal complexe.Difficile à définir, la douleur est considérée comme chronique si elle persiste trois mois (ou plus) au-delà de la période de guérison normale pour une blessure ou une maladie donnée.Le degré d\u2019inconfort \u2013 très variable d\u2019une personne à l\u2019autre \u2013 et la multiplicité des symptômes \u2013 physiques, psychiques et sociaux \u2013 complique beaucoup le travail des médecins et des chercheurs.Les spécialistes savent cependant une chose : il faut adopter une approche multidisciplinaire où le médecin, le pharmacien, l\u2019infirmière, le physiothérapeute et le psychologue conjuguent leurs efforts.Certes, on dispose aujourd\u2019hui de traitements médicamenteux qui ont une certaine efficacité.Mais les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les anticon- vulsivants, les antidépresseurs, les can na binoïdes et autres opioïdes sont loin d\u2019être suffisants.Anaïs Lacasse a ainsi développé un projet d\u2019étude, dit «d\u2019autogestion», qui vise à aider les gens atteints de fibromyalgie et de lombalgie.La fibromyalgie est un dérèglement du système nerveux qui entraîne de la douleur diffuse; quant à la lombalgie, c\u2019est un mal lancinant situé au niveau des vertèbres lombaires qui rend la vie très pénible.Le programme préconisé \u2013 PASSAGE, pour Programme d\u2019Apprentissage de Stra- tégieS d\u2019AutoGestion Efficaces \u2013 consiste essentiellement en une série de rencontres avec des professionnels de la santé portant sur différentes thématiques comme l\u2019alimentation, l\u2019exercice, la relaxation, l\u2019usage adéquat de la médication et la définition d\u2019objectifs personnels.Le but : redonner aux patients un certain contrôle sur leur mal afin qu\u2019ils retrouvent une meilleure qualité de vie.En devenant des experts de leur condition, les patients peuvent identifier les impacts biologiques de leur mode de vie et prévenir les accès douloureux.En collaboration avec Patricia Bourgeault de l\u2019Université de Sherbrooke, et de Manon Choinière, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal, Anaïs Lacasse a testé ce programme sur 32 personnes des 2 sexes âgées en moyenne de 45 à 60 ans, résidant dans les régions de Sherbrooke ou de Rouyn-Noranda.De fait, la méthode est bel et bien efficace! «L\u2019autogestion de la douleur, ça mar - che ! Une majorité de participants ont rapporté une nette amélioration de leurs symptômes, de leur qualité de vie et de leur fonctionnement quotidien», affirme Mme Lacasse.La population vieillit; la fréquence des maladies croît, et la prévalence de la douleur chronique risque fort d\u2019augmenter elle aussi.Raison de plus pour aider les personnes souffrantes à couler des jours plus heureux.?L Enrayer la douleur chronique 6 Aïe, aïe, aïe! Anaïs Lacasse, sciences de la santé La douleur chronique touche plus de 20% de la population, et plus on avance en âge, pire c\u2019est.Le vieillissement entraîne une explosion des coûts reliés à ce mal.A N T H O N Y T R E M M A G L I A 22 Québec Science | Octobre 2012 Plus qu\u2019un simple outil pour voir à l\u2019intérieur du corps, la tomographie par cohérence optique permettrait de guérir un patient avant même qu\u2019il ne se sache malade.Par Yanick Villedieu e Laboratoire d\u2019optique diagnostique et d\u2019imagerie de l\u2019École polytechnique de Montréal déborde de lasers, d\u2019appareils électroniques, de miroirs, de lentilles, de câbles, de tubes et d\u2019autres structures complexes avec lesquels semblent s\u2019amuser une bonne douzaine d\u2019étudiants.De cet univers d\u2019in gé nieurs et de physiciens sortira peut-être un outil qui révolutionnera les méthodes diagnostiques et le traitement de certaines maladies.L\u2019équipe de Caroline Boudoux travaille en effet à perfectionner une technique d\u2019imagerie \u2013 la tomographie par cohérence optique (TCO) \u2013 à l\u2019avenir\u2026 lumineux.La jeune femme tente de mettre au point un «microscope» qui marie le laser et la fibre optique, et permet de voir avec une précision inouïe \u2013 pratiquement cellule par cellule \u2013, en trois dimensions, des organes et les anomalies qui les affectent.La lumière qu\u2019il diffuse peut pénétrer jusqu\u2019à une profondeur de 2mm à 3mm à l\u2019intérieur des tissus.«Le premier article sur cette technique est paru dans Science en 1991, raconte l\u2019ingénieure physicienne.Il provenait du Massachusetts Institute of Technology, où elle fera son doctorat plusieurs années plus tard, conjointement avec la Harvard Medical School.Au début, l\u2019appareil fournissait quatre images par seconde.Il en produit aujourd\u2019hui plus de 1 000.Aux États-Unis, on commence à l\u2019utiliser en clinique.En laryngologie, pour visualiser les cordes vocales.En ophtalmologie, pour les affections de la rétine.En cardiologie, pour analyser les plaques d\u2019athérosclérose.En gastrologie, pour explorer l\u2019œsophage en quelques minutes.» Le prototype mis au point à Polytechnique fait actuellement 1,8 mm de diamètre.Mais l\u2019appareil sur lequel travaille la chercheuse est encore bien plus précis et, surtout\u2026 beaucoup plus petit.C\u2019est un micro-endoscope de un demi-millimètre de diamètre qui produirait, en fluorescence, des images haute définition d\u2019un méga - pixel.«L\u2019outil pourrait alors être inséré dans une aiguille et être utilisé pour voir des organes ou des tissus autrement inaccessibles.» Et, surtout, pour pratiquer des biopsies «virtuelles» là où les biopsies classiques sont impossibles, dans le larynx ou dans le fond de l\u2019œil, par exemple.«Il nous faudra deux ans pour atteindre le demi-millimètre», estime la chercheuse.À moins que d\u2019autres y parviennent avant elle, car la course à la miniaturisation est lancée.En compétition : Polytechnique et deux autres équipes, l\u2019une de Boston, l\u2019autre d\u2019Israël.Caroline Boudoux a beaucoup d\u2019ambition pour sa petite machine.Car si l\u2019endoscopie a constitué l\u2019un des grands progrès de la médecine du XXe siècle en permettant de voir à l\u2019intérieur du corps humain, d\u2019y prélever des tissus (par biopsie) ou même de pratiquer certains traitements, la TCO, plus rapide, plus précise, plus légère et moins invasive, représentera une immense avancée pour le XXIe siècle.La chercheuse imagine ainsi pouvoir coupler des dispositifs miniatures avec lesquels on pourrait faire, au cours d\u2019une même intervention, du dépistage (avec l\u2019endoscope TCO), du diagnostic (grâce à la microscopie dite confocale) et du traitement (au laser): «La personne passerait un examen de routine sans savoir qu\u2019elle est malade.Le médecin diagnostiquerait une maladie.Il la traiterait immédiatement.Et le patient sortirait guéri.» ?L Une imagerie médicale parfaite 7 La médecine des lumières Y V E S B E A U L I E U Octobre 2012 | Québec Science 23 Caroline Boudoux, génie physique Chaque année, au Canada, on effectue plus de 1,6 million d\u2019endoscopies.La tomographie par cohérence optique permettra de raffiner cette technique. 24 Québec Science | Octobre 2012 Le «connectome», c\u2019est l\u2019ensemble de toutes les connexions du cerveau, neurone par neurone.Les spécialistes mettront un siècle à l\u2019élaborer.Par Anne-Marie Simard a ressemble à un hérisson qui se serait coincé la patte dans une prise électrique.Ces longues fibres, reproduites sur des clichés d\u2019imagerie médicale, montrent le cerveau comme on ne l\u2019a jamais vu.C\u2019est la matière blanche qui doit sa teinte immaculée (avant la coloration ajoutée par les informaticiens) à la myéline, une substance grasse qui recouvre les fibres nerveuses.Cette trame est en quelque sorte le réseau routier du cerveau.«Sur une carte, la matière grise (les neurones) correspondrait aux villes et aux villages, explique Maxime Descôteaux, du département d\u2019informatique de l\u2019Université de Sherbrooke.La matière blanche, ce sont les routes et les autoroutes.» Ce dessin du réseau de communication ultra rapide n\u2019est que l\u2019esquisse d\u2019un tout plus complexe qui porte un joli nom, le «connectome».Lorsqu\u2019il sera complété, il constituera le plan complet de toutes les connexions cérébrales, soit chacune des synapses reliant entre eux les centaines de milliards de neurones.On ne verra plus seulement les routes, mais aussi les entrées de garage et les stationnements! Reproduire cet enchevêtrement complexe, c\u2019est le but du «Projet du connec- Ç Dresser la carte des connexions neuronales 8 Maxime Descôteaux, informatique et mathématiques Les maladies neurodégénératives, comme l\u2019alzheimer ou la sclérose en plaques, affectent plus de un demi-million de personnes au pays.Mieux lire dans le cerveau va nous aider à les diagnostiquer.Carte mystère U N I V E R S I T É D E S H E R B R O O K E Octobre 2012 | Québec Science 25 tome humain», une vaste collaboration internationale dont fait partie Maxime Descôteaux.«C\u2019est la mission du XXIe siècle pour tous les chercheurs en neuroscience», affirme l\u2019informaticien-mathématicien que sa famille rêvait de voir devenir médecin (sa mère était pédiatre).Si le séquençage du génome est une des grandes réussites de la biologie, la carte du connectome promet de révolutionner notre manière de comprendre l\u2019humain.«Notre génome est à 99% semblable à celui du singe.Les différences sont ailleurs, peut-être dans le connectome, justement.Si on arrivait à connaître l\u2019ensemble des connexions entre tous les neurones d\u2019une personne, on aurait son empreinte à l\u2019échelle la plus fine qui soit.» Le but ultime de Maxime Descôteaux, c\u2019est d\u2019en arriver à voir, dans nos circuits neuronaux, les nids de poule et les plus petites fissures.Car ces atteintes aux fibres nerveuses seraient les signes avant-coureurs de maladies neurodégénératives, comme la sclérose en plaques ou l\u2019alzheimer.Les dépister pourrait aider grandement au diagnostic de ces maladies irréversibles.Maxime a déjà posé plusieurs pierres à cet édifice qu\u2019il faudra près d\u2019un siècle à bâtir.Ainsi, jusqu\u2019à il y a quelques années, pour cartographier le cerveau d\u2019un patient, ce dernier devait rester immobile pendant deux heures dans un appareil d\u2019IRM.Grâce à une série d\u2019astuces mathématiques, qui ont déjà fait l\u2019objet d\u2019un article dans le palmarès des Découvertes de l\u2019année de Québec Science (février 2010), le chercheur a réussi à réduire ce temps à 12 minutes, tout en améliorant la qualité des images.«Si on prend l\u2019analogie des routes, disons que, maintenant, on ne voit pas que la 10 et la 20, mais aussi les viaducs, les petits chemins de terre et les embranchements.» Aujourd\u2019hui, à Sherbrooke, avant d\u2019opérer un patient atteint d\u2019une tumeur au cerveau, le neurochirurgien David Fortin fait, avec Maxime, un examen de ses con - nexions neuronales : «On regarde si les fibres contournent la tumeur ou si elles s\u2019y infiltrent.Dans ce cas, le chirurgien attaquera la tumeur sous un autre angle ou en laissera une petite partie.» Plus que les généreuses subventions et les honneurs qui pleuvent sur lui depuis quelques années, Maxime tire sa satisfaction de l\u2019aide qu\u2019il apporte aux malades : «Pour un matheux, voir que son travail peut changer la vie des gens, c\u2019est un peu la consécration.» ? 26 Québec Science | Octobre 2012 chiiik! Tchiiik! Tchiiik! La machine chuinte et, chaque fois, un éclat de lumière frappe mes rétines.Le front appuyé sur une bande de plastique, le menton niché dans une cavité, je scrute l\u2019intérieur d\u2019un appareil qui ressemble vaguement à l\u2019un de ceux qu\u2019utilise mon optométriste.Si j\u2019étais une vraie patiente, j\u2019aurais les mains moites, car cet examen pourrait révéler des secrets sur ma santé mentale.«Attention, les derniers flashs sont très éblouissants», prévient avec amabilité Anne-Marie Gagné.La professionnelle de recherche \u2013 30 ans et un sourire à fossettes \u2013 a reçu de nombreux volontaires dans ce laboratoire de l\u2019Institut universitaire de recherche en santé mentale de Québec.Elle y perfectionne une technologie prometteuse, l\u2019électrorétino gramme (ERG), qui capte les mouvements de la rétine pour déduire ce qui se passe entre les deux oreilles.«La rétine est une extension du cerveau.Pendant T Défi 9 Diagnostiquer la maladie mentale en regardant dans les yeux Défi 10 Identifier les causes de la maladie mentale en décodant le génome Fenêtres sur le cerveau Anne-Marie Gagné, psychologie / Carl Ernst, génétique L\u2019ÉNIGME DES TROUBLES M Elle pensait devenir psychologue; il se voyait travailleur social.Tous deux perfectionnent des technologies novatrices pour mieux déceler et traiter nos dysfonctionnements cérébraux.Par Mélanie Saint-Hilaire 9 U N I V E R S I T É L A V A L Octobre 2012 | Québec Science 27 le développement de l\u2019embryon, elle migre sur un fil à partir du tube neural, où se forme le système nerveux central», explique cette jeune maman.La fine couche de cellules nerveuses qui tapisse le fond de l\u2019œil envoie les messages visuels au cerveau.Elle le fait en utilisant des neurotransmetteurs, ces composés chimiques qui transportent des messages entre les neurones.Or, ces messagers \u2013 nommés dopamine, sérotonine, mélatonine, etc.\u2013 sont souvent déréglés chez les personnes souffrant de maladie mentale.L\u2019œil génère alors une onde électrique à la courbure particulière quand on le stimule avec des flashs de diverses intensités.C\u2019est ce tracé, variable selon le trouble en cause, que les experts étudient.La technique n\u2019est pas nouvelle mais, jusqu\u2019ici, on ne savait que faire des résultats épars qu\u2019elle générait.Le chercheur Marc Hébert s\u2019est donné pour mission de la développer de manière cohérente en équipant son laboratoire d\u2019une plateforme ERG dernier cri.Ce qui a fait basculer la vie d\u2019Anne-Marie Gagné.La bachelière en psychologie, qui se destinait à recevoir des patients en cabinet, a ressenti une telle fascination pour cette méthode qu\u2019elle a offert au professeur de travailler pour lui gratuitement pendant ses études.En 2010, elle a défendu sa thèse de doctorat sur le trouble affectif saisonnier, ce blues qui saisit environ 3% des Canadiens lorsque le soleil faiblit à l\u2019automne.Les gens atteints de ce mal ont besoin d\u2019une grue pour s\u2019arracher du lit le matin et dévorent à la pelle les restes de bonbons d\u2019Halloween.«Une de nos patientes a pris plus de 25 kg en un mois!»s\u2019exclame Mme Gagné.La science soupçonnait que le problème était lié à la vision, puisque c\u2019est par les yeux \u2013 et non par la peau \u2013 que l\u2019on bénéficie des bienfaits de la lumière.L\u2019ERG a révélé que la rétine de ces patients est moins sensible à la lumière.Devant un flash d\u2019intensité moyenne, elle dégage moins d\u2019électricité.Autrement dit, ces personnes captent moins bien la lumière ambiante.La dysfonction se vérifie même à la belle saison.L\u2019ex-doctorante a évalué 12 sujets atteints du trouble et 12 sujets témoins \u2013 une fois à l\u2019été, une fois à l\u2019hiver \u2013 pour vérifier si la réponse de la rétine se rétablit quand la luminosité augmente.«Certains paramètres se rééquilibrent, d\u2019autres, non», résume-t-elle.Cette découverte pourrait aider les médecins à diagnostiquer le trouble affectif saisonnier, notamment à le distinguer de la dépression majeure.Actuellement, il faut rapporter des symptômes pendant au moins deux années consécutives avant de pouvoir identifier le mal.Un délai insupportable.Grâce à l\u2019ERG, fiable près de 9 fois sur 10, la «sous-sensibilité» à la lumière devient un critère important dans le diagnostic.Un jour, il pourrait même servir à raffiner le traitement.Comme il en dit long sur l\u2019état neurochimique d\u2019une personne, il aiderait à sélectionner le médicament le plus approprié, en indiquant s\u2019il faut corriger un déficit en dopamine ou en sérotonine, par exemple.La méthode permet d\u2019étudier une panoplie de maladies.Des anomalies de la rétine ont été associées à l\u2019autisme, au parkinson, à la schizophrénie, au trouble bipolaire, etc.À l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, un jeune chercheur étudie les mêmes maladies, cette fois en scrutant des cultures de cellules humaines.Dans son nouveau laboratoire, Carl Ernst explore une technique qui pourrait un jour livrer des secrets fabuleux sur le génome de chacun de nous.Il prélève des cellules de peau pour les transformer en cellules souches, puis les retransformer en cellules du cerveau.L\u2019intérêt de ces «cellules souches pluripotentes induites» (IPS en anglais), découvertes il y a cinq ans à peine?Avec un petit échantillon de peau, on peut séquencer le génome complet d\u2019une personne, identifier une mutation génétique, puis étudier, dans une boîte de Pétri, comment cette variation influe sur les neurones.Dans sa Colombie-Britannique natale, Carl Ernst menait des sorties en plein air pour des gens handicapés.Il rêvait de travailler auprès des enfants autistes.Converti à la science par des chercheurs qui l\u2019ont vite remarqué, le jeune homme a fini par faire un postdoctorat à Harvard.«Nous vivons la période la plus excitante de l\u2019histoire de la génétique.Les avancées de la technologie, qui ont révélé le génome en 2003 et 2004, nous permettent de répon - dre aux questions que nous nous sommes toujours posées», dit avec enthousiasme ce jeune à la tête aussi créative que bouclée, qui garde au labo un kayak pour pagayer dans les rapides de Lachine.Carl Ernst séquence actuellement des changements chromosomiques afin de comprendre comment ceux-ci se produisent.Les chromosomes ont la bougeotte.Ils échangent leur place, perdent ou ga - 10 S MENTAUX Une personne sur cinq souffrira d\u2019un problème de santé mentale au cours de son existence.On cherche des moyens de mieux diagnostiquer ces maladies complexes et taboues.Anne-Marie Gagné (au premier plan), de l\u2019Institut universitaire de recherche en santé mentale de Québec, scrute le fonctionnement de notre cerveau en observant les mouvements de notre rétine. gnent des pans entiers d\u2019ADN, qui vont parfois s\u2019insérer ailleurs.Ces variations ne sont pas mauvaises en soi.«Du point de vue de l\u2019évolution, c\u2019est une façon pour la nature d\u2019introduire de la diversité dans une population, explique le chercheur.Être tous différents favorise la survie de l\u2019espèce.Si je devais examiner 100 de mes amis, je leur trouverais sans doute toutes sortes de variations.Et ils sont pourtant bien normaux!» Ces réarrangements constituent un casse- tête à un million de morceaux.Aussi, n\u2019allez pas demander au spécialiste le nom du «gène de la dépression», comme le font certains bêtas.La délétion d\u2019une portion du chromosome 16, par exemple, peut causer la schizophrénie, mais aussi l\u2019autisme ou l\u2019obésité, ou encore ne créer aucun problème.La réalité est bien trop entortillée pour se résumer ainsi.Des patients porteurs d\u2019une même mutation peuvent recevoir des diagnostics différents, relate l\u2019auteur dans un article qu\u2019il a récemment cosigné dans le journal Cell : «Ce qui est complexe en génétique, surtout en psychiatrie, ce n\u2019est pas la mutation elle-même, mais comment celle-ci interagit avec l\u2019ADN de la personne.» Plastique, le génome évolue au fil de notre histoire de vie.Dans Trends in Neuroscience, Carl Ernst et ses collègues expliquent comment des expériences négatives vécues dans l\u2019enfance s\u2019inscrivent dans le génome.Sans modifier l\u2019ADN, elles plantent dans certains gènes des groupements chimiques qui modifient la façon dont ces gènes s\u2019expriment.Ces changements altèrent la chimie du cerveau.Ce qui explique qu\u2019un individu violenté en bas âge puisse, à 45 ans, dérailler après un autre événement malheureux, comme une rupture amoureuse.On peut même lire dans le cerveau d\u2019une personne décédée par suicide, en ciblant des gènes précis, si cette personne a grandi dans l\u2019adversité ou non.Carl Ernst caresse un rêve : mettre son laboratoire au service des gens.Chaque année, des milliers de patients entrent à l\u2019hôpital Douglas dans l\u2019espoir de moins souffrir.Et si, après avoir vu leur médecin, ils se faisaient prélever un petit échantillon de peau?On pourrait en extraire l\u2019ADN et effectuer un séquençage complet du génome pour vérifier si une mutation est en cause.Ainsi, on pourrait vérifier dans un registre la trajectoire de vie des personnes qui partagent cette mutation et transmettre les informations pertinentes.Un tel registre est actuellement en construction.Plus tard, le chercheur espère accélérer la transformation des cellules de peau en cellules souches, puis en neurones.Ce processus prend actuellement environ quatre mois, mais il pourrait être expédié en quelques jours.Pour aider le médecin à sélectionner le médicament idéal, on testerait diverses substances sur les cellules du patient en laboratoire.«On verrait lequel corrige le petit quelque chose de bizarre qu\u2019on remarque dans le plat, vulga rise Carl Ernst.Nous ne sommes pas encore en mesure de fabriquer des médicaments spécifiques pour chaque individu, mais dans 10 ans\u2026» Ce système pourrait aussi servir à réévaluer les 10 000 molécules approuvées par la Food and Drug Administration, aux États- Unis, et voir si elles pourraient être utiles en santé mentale.«Ce domaine de la science est super cool!» s\u2019exclame le chercheur.Carl Ernst a la science dans la peau; Anne-Marie Gagné l\u2019a à l\u2019œil.Parions que la maladie mentale sera plus facile à contrôler dans quelques années.?28 Québec Science | Octobre 2012 www.pressespoly.ca L\u2019Agrapheur Intrigues policières à saveur mathématique Aussi disponible en anglais Vous avez dit développement durable?e 2 édition Perception des risques au Québec Baromètre CIRANO 2012 Patterns in Physics Toward a Unifying Theory Aussi distributeur des maisons d\u2019édition PPUR .Technip .Hermann .MINES ParisTech .École Polytechnique de Paris \u201cÀ A >, 4\" IF JL] x _ , | >, Ll v op 0; elf-1ie Ne Torts o qomines \u20ac ers uals ne, ar\", var pd cafedle: = dyrmgiquee pe \u201c9 er +.JS Fama EIpiG fu ét t-garde Lr Respresy, vilfimigeens elle ecerites a 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