Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1934-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Notre Roman Complet : LA DETTE, par Paul Gervières © © Juillet 1934 ç 27e ANNEE PER 2- 334 CON A LREg Le drapeau Jacques-Cartier par Maurice Br&deur Conversation avec M.le sénateur Raoul Dandurand par Robert Rumilly Les animaux les plus intelligents par Louis Sabourin Les mondes invisibles et l\u2019énigme de la température par Fernand de Verneuil \u2019 .: : C'est la première 1m pression \u2014 SSP a Si l\u2019appéritif est bon, le diner le sera.Le rôti est peut-être trop cuit ou la volaille trop dure, mais l\u2019appétit, stimulé par un cocktail au jus de tomates délicatement pressé de Libby, fait oublier la dureté de la volaille et du rôti.ABSOLUMENT SANS AIGREUR Voici le nouveau procédé, exclusif à Libby.La pelure de la tomate, comme celle de l\u2019orange, est acide; de même pour les graines et le coeur.Grâce au procédé exclusif de Libby, on extrait tout le- jus \u2018© riche de la tomate, et on enléve le coeur, les graines et la pelure sans 5 les écraser.Ils ne donnent donc aucune aigreur à cet appéritif doux et ; rafraichissant \u2014 que des tests scientifiques ont démontré riche en vi- # tamine C et possédant aussi les vitamines À, B et C.; ENTIEREMENT CANADIEN 4 Le Jus de Tomates délicatement pressé de Libby est canadien.Les i tomates proviennent de plants canadiens de la meilleure variété.Les employés de la cuisine de Libby à Chatham, sont des Canadiens.4 ACHETEZ A L'ESSAI $ Nous sommes fiers de ce produit entièrement canadien.Achetez-le à l'essai et si vous n\u2019êtespas satisfait, retournez-nous l\u2019étiquette à Chatham, avec vos nom et adresse.Nous vous rembourserons. Havas Candles Chi ARTISTE DE RENOMMÉE MONDIALE, Æ4/7 \u2018Quelle différence quand on emploie la pointe APPROPRIEE, M.Waterman\u201d, dit Howard Chandler Christy, aprés avoir écrit avec chacune des sept pointes Waterman et choisi la Pointe Arrondie comme idéale pour son style d'écriture.(Cette pointe est particulièrement appropriée pour ceux qui écrivent de la main gauche.) Les magasins qui partout vendent la Waterman VOUS fournissent la même occasion de trouver la pointe qui VOUS convient et vous invitent à essayer chacune des sept pointes que contient leur Plateau de Sélection de Pointes Waterman, et dont la variété va de la pointe superfine, pour écriture délicate, à la pointe large et obtuse pour ceux qui ont la main robuste.Parmi ces sept pointes Waterman, il s\u2019en trouve une qui s'adapte parfaitement à votre style d\u2019écriture ou à la nature du travail pour lequel vous employez quotidiennement une plume, Pourquoi ne feriez-vous pas l'intéressant essai des 7 pointes Waterman afin de constater par vous- même quelle aise et quelle facilité vous sont assurées quand vous écrivez avec la pointe qui vous convient exactement?/ ¥ PLUMES ANNIVERSAIRE Grice aux PLUMES WATERMAN, $2.75 a $10 PREMIER STYLOGRAPHE écrire en vacances est devenu un plaisir au lieu d\u2019une Crayons pour PRATIQUE .corvée.Emportez-en une.i Assortir : $1 a $5 L.E.WATERMAN CO., LTD.,, MONTREAL NEW-YORK, CHICAGO, BOSTON, SAN-FRANCISCO DISPOSITIF DE REMPLISSAGE DES PLUS SIMPLES ET DES PLUS PRATIQUES .ALIMENTATION PARFAITE .FORTE CAPACITE D\u2019ENCRE .3411F COULEURS SUPERBES PREVOVYA BV Pro GRES i ws \"5e T Ga Ke \u2014 et met ses 2 a > SIRS ES AI ; Lo IN TION ME\u2014- Serass CDiTioR UE ve Yous You ré bid \u20ac brace ras Ques) votre .ire Bog, 2e Mgr Pag; tug, ter, cette Metre fii) \u2018Où un less ny Ton, T8 .Yor ad; 5 Set Bx Lecry, iq tie 5.vs Yor sé # Hig, ie Fave tions 20H v are; Sur, Cor an es te igs Sie M PRE vs rf avais mis S oe is A 0, N APTA US 3 LG Low 7 ZN o~ AE 0, 4 7 ee So 3 ~\u2014 PES = Prop, ORs a Tous les autos General Motors = peuvent s\u2019acheter à termes faciles, grâce au mode de paiement GMAC de la General Motors.CHEVROLET PONTIAC { MeLAUGHLIN-BUICK OLD SHB ILE î 20e [ 0 a) meee q SS AEE J @ {fon ©] LA oe L Î4 e) 2 Le @ - if Le Six Toutes Carattéristiques-et rs po ur de fransport Sroncmique mme cs Je Huit en Ligne Le Has en Ligne Economique se Monk Rep VIGILANCE IMNPORTENT\u201d résultant du bon sens des Automobilistes Canadiens \"APPROBATION populaire dont les nouveaux autos L General Motors sont l\u2019objet cette saison n\u2019est pas un secret.Nous croyons que ces voitures la méritent, car ce sont les meilleurs autos et les plus belles valeurs que nous ayons encore pu offrir.On les acclame non moins pour leur gracieuse beauté aérodynamique que pour leur ventilation hygiénique et leur Roulement Flottant.Elles représentent le progrès dans tout ce qui contribue à l\u2019agrément et à l\u2019utilité d\u2019une automobile.La valeur et le succès des innovations de cette année dans nos autos ne sont qu\u2019une partie de notre triomphe.q Pp Leur point de départ et leur perfection sont dûs dans une bonne mesure au bon sens des automobilistes canadiens.Plusieurs mois avant la production, nous avons vérifié nos dessins avec ce que le public voulait.Grâce à plus de 60,000 Canadiens qui ont répondu à nos Questionnaires des Consommateurs, nous avons reçu une inestimable direction pour donner une forme belle et progressive aux idées et aux perfectionnements de nos ingénieurs.Les résultats\u2014tels que manifestés dans les nouveaux Chevrolet, Oldsmobile, Pontiac, McLaughlin-Buick, La Salle et Cadillac \u2014 confirment une fois de plus le fait qu\u2019on va plus loin dans la voie droite quand on est tout aussi disposé à écouter qu\u2019à conduire.GENERAL Motors PRODUCTS OF UNE us LA SALLE si Ha mr Le Bel Auto CADILLAC Prototype du Monde CANADA LIMITED INSTITUTION SOUCIEUSE DU PUBLIC M34-GM6F CAMIONS CHEVROLET et GMC @ Les plus économiques PRODUCTS 6 La Revue Populaire Juillet 1934 af\\evade I RS optus 27e année, No 7 Montréal, Juillet 1934 Directeur de la rédaction : JEAN CHAUVIN ez SOMMAIRE e Page Conversation avec M.le sénateur Raoul Dandurand, par Rober Rumilly.7 Les animaux les plus intelligents, par Louis Sabourin.eres 8-8 Le drapeau Jacques Cartier, par Maurice Brodeur.10 Les mondes invisibles et l\u2019énigme de la température, par F.de Verneuil 11 La fin du mal de mer.12 Ceylan\u2014Ile de beauté et de richesse, par Mary Brechin.13 Saviez-vous que ?.on 14 Notre roman complet : LA DETTE par PAUL CERVIERES.15 Poésie VOILES BLANCHES, par Blanche Lamontagne.22 La décoration du foyer.27 Le costume masculin convient-il L\u2019espace est la caractéristique dominante sur ce puissant paquebot de 42,500 tonnes.Courts de tennis et de squash racket grandeur normale, piscine de natation et autres facilités pour les sports.DEX jours sur les eaux calmes du St-Laurent et trois seulement en pleine mer.Une tra- Versée sur ce paquebot spacieux est une expérience inoubliable.Vous vivez au milieu d\u2019un luxe comparable à celui des plus grands hôtels modernes.Les salons sont somptueux, les cabines confortables, la cuisine exquise, le personnel d\u2019une parfaite courtoisie et d\u2019un empressement discret.Partout, vous êtes absolument à votre aise, car l\u2019espace ne manque pas.Et cependant, avec tous ces avantages, les prix de passage sont relativement peu élevés.L\u2019Empress of Britain, I' Empress of Australia, les paquebots \u201cDuchess\u201d et \u201cMont\u201d utilisent tous la route du St-Laurent, effectuant leurs départs de Montréal et Québec à destination des ports de Grande-Bretagne et du continent.Renseignements complets de votre agent local ou de tout agent de billets du rr Empress o Britain aux femmes 2.Conseil à nos lectrices La page de l\u2019hôtesse \u2026 Notre album de cinéma Radio La chanson française Soins de premiére urgence.54 Le soin des bébés.55 Livres et revues.56 La cuisine EN AOUT LE VIEUX PUITS par MAX DU VEUZIT LA REVUE POPULAIRE est expédiéé par la poste entre le ler et le 5 du mois Editeurs-Propriétaires POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE 9875, rue de Bullion, Monréal, Canada Tél.: LAncaster 5819 - 6003 .ABONNEMENT Canada : Un an $1.50 \u2014q&ix mol .78 Eats-Unis : Un an $1.75 \u2014 le mois .90 Un an._ $1.78 8ix mots.90 PACIFIQUE CANADIEN Traversez par la ROUTE DU ST-LAURENT LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE 819F Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt, U.S.A., as second class matter under the Act of March 3rd.1879 Juillet 1934 NOS ENTREVUES La Revue Populaire Conversation avec Monsieur le sénateur Raoul Dandurand par Robert RUMILLY Souvenirs politiques \u2014 La visite du comte de Paris \u2014 Amusante négociation d\u2019un traité de commerce eo\u2019 ENEZ, asseyez-vous là, c\u2019est mon fauteuil favori, près du petit bureau où j'écris, devant le portrait de ma femme.Avez-vous entendu parler d\u2019elle ?Elle signait Josette en littérature.Je l\u2019ai connue chez M.Mercier, qui était mon chef politique.Une après-midi, je me promenais avec un de mes amis, qui salua une jeune fille.Je lui demandai qui était cette personne.Il me répondit : « C\u2019est mademoiselle Marchand.Elle est cultivée et fort intéressante.Je sais qu\u2019elle doit aller ce soir chez M.Mercier ; viens et je te présenterai à cette jeune fille.» Ce qui fut dit fut fait.Dès la présentation, Mlle Marchand me dit, avec une pointe d\u2019ironie : « Quel était le journal que vous teniez à la main et brandissiez, cette après-midi ?» C\u2019est le Courrier des États-Unis, répondis-je.J'avais en effet pris contact avec la pensée et la politique françaises par le Courrier des Etats-Unis, auquel Gaillardet donnait beaucoup de lustre.Mlle Marchand était née et avait été élevée dans un milieu politique.De mon côté, je n\u2019avais entendu parler que de la politique.Nous nous sommes mariés et nous avons continué de faire de la politique.J'étais tout jeune.Je ne doutais de rien.Je croyais en savoir beaucoup plus long que je ne le crois aujourd\u2019hui, à 72 ans.En 1896, j'ai été l\u2019un des lieutenants de monsieur Laurier aux élections qui lui donnèrent la victoire.L'année suivante, Alphonse Geoffrion m\u2019ayant passé la main, je fus l'organisateur du parti libéral aux élections provinciales.Ce fut un triomphe; mon beau- père Marchand devint premier ministre.Un journaliste, Marion, écrivant dans la Minerve, m\u2019appela l'Organisateur de la victoire.Vous pensez si j'étais fier.C\u2019est depuis ce jour que le parti libéral est resté au pouvoir sans \u2018interruption.\u2014 Vous êtes donc, dans une large mesure, à l\u2019origine de cette longévité ?\u2014 J'en ai été récompensé.En 1898, à 36 ans, monsieur Laurier me nomma sénateur.Je suis resté longtemps Ye benjamin du Sénat, et je crois que je I'étais encore, en 1905, quand j\u2019en suis devenu le président.: Il faut maintenant que j'évoque pour vous \u2018mes souvenirs de France.Et d\u2019abord l\u2019incident de 1890.On a dû vous dire que, le comte de Paris et le duc d\u2019Orléans étant venus en visiteurs au Canada, je me suis posté sur leur passage pour parodier le mot de Floquet et crier : « Vive la République, monsieur », ce qui m\u2019aurait valu la Légion d\u2019Honneur.La vérité est assez différente.D\u2019abord, si j'ai été un peu vif dans l\u2019affaire, M.le sénateur RAOUL DANDURAND Il faut vous rappeler que j'étais jeune, et vous dire que j'ai du sang méridional.Le premier Dandurand venu au Canada était né à Paris, mais son père était Pyrénéen, des Pyrénées orientales.Donc, un jour de 1890, je rencontre Alphonse Geoffrion, dans la rue.Il me parle de la prochaine visite du comte de Paris.Il me dit qu\u2019une réunion de notables avait lieu à l\u2019Hôtel de ville, pour décider si l\u2019on devait ou non accorder une réception officielle aux princes français.L\u2019un et l\u2019autre étions hostiles, en principe.Geoffrion, qui était appelé ailleurs, me conseilla d\u2019aller à l'Hôtel de ville exposer nos raisons.A l\u2019Hôtel de ville, le maire Jacques Grenier, très brave homme, était entouré d\u2019une quarantaine de personnes connues, toutes disposées à accorder les honneurs officiels.Seuls dans l\u2019embrasure d\u2019une fenêtre, Beaugrand, de la Patrie, et Fréchette, le poète, représentaient l\u2019opposition.Ils me demandèrent mon avis.Je dis : « Je vote contre».Nous encourageant les uns les autres nous fimes valoir nos arguments.A savoir qu\u2019il était loisible aux partisans de la monarchie francaise de faire une réception aux princes, mais que la municipalité, en tant que telle, ne pouvait recevoir officiellement des personnes exilées par le gouvernement de la France.Le maire décida, puisqu\u2019il n\u2019y avait pas unanimité, de s\u2019abstenir.Ce n\u2019est pas moi qui avais parlé le plus fort, c\u2019était plutôt Beaugrand et Fréchette.Beaugrand fit dans son journal un tapage du diable.Les princes ayant été fêtés en grande pompe à Québec, Beaugrand fit envoyer a Sadi Garnot une dépé- che marquant l\u2019attachement des Canadiens-Français pour la République.Il a lancé l\u2019affaire sous nos trois noms, et on nous appelait « Les trois Brutus ».\u2014 Mais le mot fameux, le < Vive la République, monsieur » ?\u2014I n\u2019a jamais été prononcé.Fréchette et Beaugrand sont morts, et je porte seul toute la responsabilité.Le gouvernement français, en me nommant chevalier de la Légion d\u2019Honneur a, je erois, moins voulu marquer sa reconnaissance pour notre intervention que son mécontentement pour les fêtes de Québec» Le sénateur Dandurand, dont tout le monde connait la silhouette, la courte barbe bien soignée, possède une voix chaude et grave, qui doit très bien faire dans une enceinte imposante comme celle de la Société des Nations.En parlant, il tient son lorgnon dans ses doigts; ou plus exactement le tient en passant son pouce dans le pince-nez du lorgnon.Dans les moments de détente, il place le lorgnon à cheval sur une de ses oreilles, à plat contre la tempe.\u2014J\u2019ai eu, dit-il, un contact d\u2019un autre genre avec la France.C\u2019est en 1908.J\u2019étais sénateur, et j\u2019allais faire un voyage en Europe.Bien que je n\u2019eusse pas de mission officielle à cet effet, tout le monde s'attendait à ce que je m\u2019occupasse (Suite à la page 50) La Revue Populaire Juillet 1934 Les animaux les D\u201d que les animaux sont intelligents semble à certaines gens presque une hérésie.L\u2019animal!, prétendent-ils, n\u2019est qu\u2019une simple machine possédant de remarquables dons instinctifs, mais qui ne peut rien comprendre.À ce comp- te-là, que d\u2019humains ne seraient que de simples bêtes ! Avant d\u2019ergoter sur ce sujet, définissons intelligence et instinct, et nous finirons peut-être par nous entendre.L'intelligence, selon la définis- sion admise, est la faculté de connaître, de comprendre.L\u2019être intelligent assimile certaines connaissances et les fait servir à une fin qu\u2019il peut prévoir.Quant à l\u2019instinct, c\u2019est «un mouvement naturel qui pousse à faire certaines choses sans le secours de la réflexion ».L\u2019instinet n\u2019exige donc préalable; il est presque un désir inné, immuable, inchangeable, où la volonté n\u2019a aucune part.aucune éducation Avec ces quelques données, qu\u2019il ne faut toutefois pas trop généraliser dans le cas présent, les actes de plusieurs espèces animales apparaîtront sortir des limites de l\u2019instinet.Cuvier, Jussieu, et nombre d\u2019autres depuis, ont multiplié les expériences sur ce sujet et ile en ont conclu que plusieurs animaux possèdent intelligence réelle puisqu\u2019ils se rappellent certains états passés et s\u2019en servent pour déterminer certains une actes.par Louis D\u2019après W.Reid Blair, conservateur du jardin zoologique de New-York, le chimpanzé est le plus intelligent de nos frères inférieurs.Plus que tout autre être, sauf l\u2019homme, il étudie une situation et il en trouve rapidement la solution.On a même appris la couture à un chimpanzé; non seulement l'animal a imité soigneusement les gestes qu\u2019on lui montrait, mais il a maintes fois fait preuve de véritable originalité.Il se permêttait certaines fantaisies très inattendues.Une banane est suspendue dans la cage du chimpanzé.Celui-ci essaie mais en vain de l\u2019atteindre.Tout à coup, il s\u2019arrête et semble réfléchir.Puis il rassemble plusieurs boîtes éparpillées dans sa grande prison et il les empile les unes sur les autres de façon à former une petite tour qui lui permettra de s\u2019emparer du fruit convoité.Il ne lui fallut que quelques instants pour trouver la solution du problème.Le chimpanzé apprend très vite, et surtout il est très « débrouillard >.On ne peut donc lui dénier un certain degré d\u2019intelligence puisqu\u2019il peut réfléchir et décider.ce dont tant d\u2019hommes sont incapables.« L\u2019ourang-outang, affirme le Dr Blair, possède un esprit plus méca- Le chien : son grand dévouement lui fait présentir les ordres de son maître.Le cheval : bien dressé, il peut accomplir d\u2019étonnantes prouesses.L\u2019ours : un acteur qui ne travaille que pour les applaudissements.Le castor : un architecte d\u2019une étonnante souplesse d'adaptation. Juillet 1934 La Revue Populaire plus intelligents Sabourin nique que celui du chimpanzé; il est encore plus inventif, et plus tenace.Le chimpanzé est nerveux, sensible, aisément découragé mais il est d\u2019esprit plus alerte, plus « profond », plus observateur que son cousin l\u2019ourang-outang; il a aussi C\u2019est pourquoi je place le chimpanzé au premier rang; mais l\u2019autre singe meilleure mémoire.vient assurément au second rang parmi les animaux intelligents.» Les plus grands singes, les gorilles, nous sont très peu connus.Nous savons qu\u2019ils habitent des forêts humides et impénétrables.Ils sont craintifs et deviennent d\u2019une férocité extraordinaire lorsqu\u2019ils sont attaqués.Les quelques spécimens vivants dont on a pu s\u2019emparer, n\u2019ont pas supporté longtemps l\u2019esclavage.Ils étaient d\u2019ailleurs trop vieux pour que l\u2019on pût en tenter l\u2019éducation.Constem- ment tapis dans le coin de leur cage, ils semblaient méditer un moyen d\u2019évasion.De fait, dès qu\u2019ils ne se croyaient pas observés, ils éprouvaient l\u2019un après l\u2019autre les barreaux, cherchaient à ouvrir la porte.Vivant constemment par couple dans les forêts, la solitude leur était mortelle.Mettons-les au troisième rang.Dans la hiérarchie des animaux à réflexe intelligent, l'éléphant Le gorille: il est réfractaire à toute civilisation, peut-être pas à tort.Le chat : il fut divinisé par-les Egyptiens et il s\u2019en souvient.L\u2019otarie : équilibrisque, acrobate, elle joue son rôle avec docilité et patience.L\u2019éléphant : le plus intelligent des animaux, c\u2019est aussi un bon géant.vient en quatrième lieu.Aucun animal terrestre n\u2019est plus puissant, ni plus difficile à capturer.Mais dès qu\u2019il a reconnu l\u2019inutilité de la résistance, il se soumet, mais non sans noblesse, au sort qui lui est fait.Quel que soit son âge, il apprendra plus en un mois qu\u2019un cheval ou un chien.L'éléphant indien surtout s\u2019adapte très facilement.En quelques semaines il distingue d\u2019un mot ce que son maître attend de lui.C\u2019est aussi un bon géan qui évitera avec grand soin de blesser un enfant, d\u2019écraser un nid d\u2019oiseaux, Sa mémoire est proverbiale; il n\u2019oublie ni ne pardonne les mauvais traitements.Nous craignons d\u2019avoir froissé bien des susceptibilités en donnant la préséance aux singes et éléphants sur le plus fidèle ami de l\u2019homme: le chien.Le chien apprend aisément mais il le fait mécaniquement.Ses qualités de courage et de fidélité nous le rendent sympathique.Il est avant tout un serviteur soumis, diligent et sans rancune malgré les rebuffades; il comprend les humeurs de son maître et il sait même les deviner, ce qui indique un tact où il y a comme du raisonnement.Le castor est un véritable architecte.Non seulement il construit des digues énormes mais il choisit leur emplacement avec un art consommé.Et il s\u2019adapte aux conditions nouvelles: parce qu\u2019on le chasse partout, il construit, de- (Suite à la page 53) Cette vignette représente le dessin du drapeau que l\u2019auteur Maurice Brodeur, de Québec, a dédié à lu mémoire de Jacques Cartier au nom de la nationalité canadienne-française.Ce drapeau sera placé dans la future cathédrale de Gaspé à titre d\u2019ex-voto national en témoignage d\u2019admiration et de reconnaissance La Revue Populaire envers le valeureux chrétien que fut le célèbre marin breton.Le Drapeau Jacques Cartier par Maurice Brodeur ANS la venue de Jacques Cartier au Canada l\u2019histoire de ce pays serait certes toute autre.La Providence avait prévu la destinée d\u2019un peuple de son choix en cette partie du Nouveau Monde, pour réaliser la conquête de cette terre vierge, au nom d\u2019un monarque français et en celui du Christ-Roi.Elle désigne un homme digne d\u2019une telle mission: ce conquérant invincible et ce porte-étendard de l\u2019emblème de la Rédemption, c\u2019est Jacques Cartier.Le roi a mis sa confiance en ce marin breton à la foi vive et à l\u2019habilité reconnue.Chaque fois, avant de partir pour ses voyages de découvertes au Canada, Jacques Cartier demande à Dieu de le bénir afin qu\u2019il puisse avec ses hardis compagnons mener à bien une tâche aussi noble que délicate.De frêles navires, dirigés par l\u2019intrépide navigateur s'aventurent sur l\u2019océan, battant le pavillon rouge à l\u2019écu d\u2019azur fleurdelisé de France, et celui du Dauphin, écartelé des hermines ducales qui attestent que l'honneur des armes françaises est confié à des Bretons.En qualité de chef de ces expéditions et chargé de l\u2019autorité que lui confère son souverain, Jacques Cartier use de ses prérogatives suivant la dictée d\u2019un coeur droit et magnanime.Les écrivains et les historiographes du célèbre ma- louin sont unanimes à louer la profonde humanité dont il fit preuve envers ses hommes et à l\u2019égard des sauvages.C\u2019est particulièrement aux jours d\u2019épreuves, de souffrances et de périls que le valeureux Français manifeste la plénitude des qualités morales qui font les héros et les saints.Chrétien sans peur, il affronte un peuple guerrier et cruel avec l\u2019épée de la Croix.Conquérant pacifique, il prend possession d\u2019un domaine aussi vaste qu\u2019un empire, sans effusion de sang.À ce titre, le découvreur du Canada se distingue des aventuriers européens venus en Amérique pour soumettre par des guerres injustes et exercer leur vandalisme.Fernand Cortez, capitaine espagnol, conquit le Mexique, en 1521, et se rendit coupable de cruautés envers les Aztèques (les Mexicas) vaincus; de même, l\u2019Espagnol François Pizarre, s\u2019empara de l\u2019empire des Incas, aû Pérou, en 1532, en commettant à l\u2019endroit de ces Indiens des actes barbares.Tout au contraire, par sa conduite humanitaire envers les aborigènes du Canada Jacques Cartier occupe une place privilégié dans l\u2019Histoire parmi les plus illustres conquérants.Les relations circonstanciées de ses voyages, la protestation de ses sentiments chrétiens, sa fidélité à poursuivre l\u2019idéal spirituel, imposent à la postérité de regarder Jacques Cartier comme celui qui a frayé la voie à l\u2019établissement de la doctrine du Christ-Roi en notre immense pays, suivant les paroles du Maître : « Allez, enseignez toutes les nations ».Dans son ouvrage Vie et voyages de Jacques Cartier le docteur Dionne, l\u2019érudit historien, porte le jugement suivant : « C\u2019est au nom de Jésus-Christ qu\u2019il prend possession de ses découvertes en plantant des croix dans les lieux où les sauvages vivaient stationnaires.Il apprend aux peuplades des bois à se prosterner devant cet emblème dont elles subissent le mystérieux ascendant, quoi- qu\u2019ils en ignorent la signification.Ne pourrait- on pas le proclamer le Hérault de la Croix, ce précurseur des missionnaires.» L\u2019abbé Fail- lon dans son Histoire de la Colonie Française au Canada porte sur le zèle apostolique de notre héros national la même appréciation : « Aux yeux de la religion catholique, de laquelle il a (Suite à la page 52) Juillet 1934 Monument Jacques Cartier à Québec; croix et stèle sur les bords de la rivière St-Charles. Juillet 1934 La Revue Populaire 11 Les principales raisons connues des variations de température à la surface du globe sont les saisons et l\u2019influence des A\" l'invention des télescopes, l\u2019homme n\u2019avait qu\u2019une idée très incomplète et surtout très fausse de l\u2019univers; il donnait à sa planète la Terre une importance qu\u2019elle est loin d\u2019avoir et ne soupçonnait pas que c\u2019est un simple grain de poussière perdu dans l'Infini au milieu d\u2019une multitude prodigieuse de corps célestes de toutes dimensions.Les uns tiendraient sur la pointe d\u2019une aiguille et les autres sont des milliards de fois plus gros que la Terre.Notre seul système planétaire, domaine immense du soleil mais en réalité simple atome dans l\u2019espace sans fin, est aujourd\u2019hui sans cesse parcouru par les télescopes et la photographie spatiale et l\u2019on y peut faire d\u2019étonnantes observations.Nous en connaissons bien la charpente dont la base, le centre plutôt, est le soleil; viennent ensuite dans l\u2019ordre: Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton.Toutes ces planètes sont échelonnées à des distances en relation précise avec leur masse sauf en ce qui concerne Mars et Jupiter qui présentent une anomalie.Il y a, entre elles, un intervalle de 341 millions de milles dans lequel, logiquement devrait exister une planète mais qui semble un désert béant, inexplicable et contraire aux lois de la mécanique céleste.geler les chutes du Niagara.LES MONDES INVISIBLES ET L'ENIGME DE LA TEMPERATURE Par \u201cFernand de \u201cVerneuil Alors que tout le système solaire présente entre les planètes des distances régulières, seul ce désert fait exception.Du moins on l\u2019a cru pendant longtemps mais on sait aujourd\u2019hui qu\u2019il est peuplé d\u2019une énorme quantité de débris mystérieux.Le vide a fait place à l\u2019énigme.D\u2019où proviennent en effet ces débris?D\u2019une grosse planète qu\u2019il y avait autrefois dans cette zône et qu\u2019un astre errant est venu frapper dans sa course folle?La chose est improbable mais pas impossible; elle aurait eu lieu, toutefois, bien longtemps avant l\u2019apparition de l\u2019homme sur la terre et peut- être même à l\u2019époque où celle-ci, comme la planète disparue, étaient encore toutes deux à l\u2019état de demi fusion.Est-ce au contraire de la matière cosmique capricieusement condensée en fragments de toutes grosseurs et n\u2019ayant eu ni le temps ni les facilités de s\u2019agglomérer jour former la planète manquante?Dans les pays équatoriaux, la chaleur permanente toute l\u2019année donne au paysage un aspect tout particulier; dans ces contrées, la glace est chose totalement inconnue, taches solaires.On a vu, l\u2019hiver dernier, le froid C\u2019est une hypothèse à mon avis plus valable que la première.De toute façon, l\u2019abime de 341 millions de milles qui existe entre Mars et Jupiter est sillonné par de minuscules planètes, voyageuses invisibles même avec l\u2019aide de très puissants télescopes et dont seule la photo télescopique a pu nous dévoiler l\u2019existence.La découverte du premier de ces astres nains remonte au ler janvier 1801; elle est due un peu au hasard mais l'honneur en revient quand même au savant italien Piazzi, de Palerme.Cette planète minuscule qu\u2019il appela Cérès est située juste à mi-chemin entre Mars et Jupiter et à l\u2019endroit exact où, logiquement, une grosse planète aurait dû se trouver.Cette petite remplaçante, Cérès, n\u2019a que 475 milles de diamètre et c\u2019est pourtant la plus grosse de toutes celles découvertes par la suite, car la liste s\u2019en est allongée.En 1802, 1804 et 1807, on en découvrit successivement trois nouvelles: Pallas, 303 milles de diame- tre, Vesta, 239 milles et Junon, 120 milles.Il fallut ensuite attendre jusqu\u2019en 1845 pour une cinquième mais dès lors, les procédés d\u2019investigation s\u2019étant perfectionnés, on était, à la fin du siècle dernier, arrivé au chiffre de six cents.À l\u2019heure actuelle, en 1934, nous savons (Suite à la page 49) 12 La Revue Populaire Juillet 1934 LA FIN DU MAL DE MER Une découverte française ous empruntons a La Croix, de Paris, qui le publie sous le titre Victoire sur la mer, l\u2019article suivant : Il ne sera pas ici question de canons, de torpilles ou de mines, la victoire dont je veux parler est d\u2019ordre physiologique et nullement guerrier.C\u2019est mon ami le Dr Cazamian, médecin général de la marine qui l\u2019a remportée.Médecin de première classe pendant la guerre sur le transport hôpital Asie, un fameux rouleur, je vous assure, Cazamian eut pendant deux années tout le loisir de se rendre compte, au moyen d\u2019explorations précises ou d\u2019investigations cliniques, que la plupart des très nombreuses théories explicatives du mal de mer n\u2019étaient fondées que sur de simples spéculations de l\u2019esprit.Ses observations l\u2019ont conduit à exposer, en 1919, dans une série de communications aux Sociétés savantes de Paris, la théorie pathogé- nique vago-sympathique de la « naupathie » et à préconiser, au nom de cette théorie et de l\u2019expérience acquise à bord du transport Asie, la prévention et le traitement de ce malaise par le sulfate neutre d\u2019atropine aidé ou non de l\u2019adrénaline, méthode qui depuis est devenue courante, mais n\u2019est peut-être pas encore assez connue, ou bien confondue à tort avec les méthodes jadis recommandées mais non scientifiques.Tout le monde reconnaît que l\u2019homme ayant été construit pour s\u2019adapter à la terre ferme et vivre sur un plan stable, ses réflexes sont organisés à cet effet et souvent incapables d\u2019agir quand l'organisme tout entier est soumis à des oscillations d\u2019amplitude excessive ou brutale.Combien de personnes qui, même sans aller sur un bateau, en métro, en balançoire, en ascenseur, aux chevaux de bois, en avion, etc, ont le mal de mer à terre ! Pourquoi les oscillations du corps dans l\u2019espace, surtout lorsqu\u2019elles ne sont pas régulières, engendrent - elles chez les individus (et aussi chez les animaux) les symptômes de la naupathie ?Voici l'explication qu\u2019en donne le Dr Ca- zamian : «Il est démontré que toutes les fonctions organiques végétatives sont dirigées par un appareil nerveux fait de deux systèmes à action conjuguée, mais antagoniste: celui du sympathique, et celui du nerf vague.L\u2019équilibre qui caractérise la santé est le résultat de leurs sollicitations contraire.Chaque fois que l\u2019un des deux partenaires tend à s\u2019emballer ou à faiblir, l\u2019autre, automatiquement et par contre-coup, adopte la même attitude, la résultante de leurs effets demeurant ainsi peu variable.Ce couple essentiel est mis en branle par toute excitation venue de l'extérieur ou de l\u2019intérieur du corps, par l\u2019entremise des filets nerveux sensoriels ou de la sensibilité générale.Cette action réflexe peut rester fugitive, mais la résonance peut être prolongée par l\u2019entrée en scène des glandes à sécrétion interne, dites aussi endocrines (surrénales, thyroïdes, pancréas, thymus, etc.), dont les sécrétions, libérées dans la circulation, influencent les deux rameaux de la vie végétative.» Et le Dr Cazamian trouve confirmation de l\u2019influence de l\u2019action de ces glandes dans le fait que souvent le malaise dure plusieurs heures après le débarquement, parce que leur sé- crétion ne s'arrête pas dès que le malade a mis pied à terre.Sil est possible que les perturbations de l\u2019organisme proviennent en particulier des divers organes de nos sens, oeil, nez, oreilles, goût (vertiges provoqués par le mouvement des vagues sur l\u2019écran cinématographique; odeurs d\u2019huile, de renfermé, de peinture; saveur de certains aliments, etc.), il faut aussi incriminer toutes les terminaisons nerveuses de la sensibilité générale, et en particulier celles qui aboutissent aux Viscères.La méthode préconisée par le Dr Cazamian a le gros avantage, quels que puissent être les points d\u2019origine des excitations anormales, de « sectionner » la voie réflexe et de rendre ainsi impossible la réalisation des désordres caractéristiques.Deux méthodes peuvent être préconisées: la première, en agissant sur le pneumo-gastrique à l\u2019aide de sulfate neutre d\u2019atropine; la seconde, en agissant sur le sympathique, en le «sidérant» à l\u2019aide de tartrate d\u2019ergotamine.C'est d\u2019ailleurs en s'inspirant de cette théorie qu\u2019ont été préconisés avec succès, en ces dernières années, plusieurs succédanés de l\u2019atropine.À titre préventif, il pourra suffire d\u2019absorber, ou mieux d\u2019injecter sous la peau, 1.0 a 1.5 milligramme par jour de sulfate neutre d\u2019atropine en deux piqûres, sans crainte de les répéter tous les jours si le mauvais temps persiste.Ou bien deux comprimés d\u2019ergotamine de 1 milligramme par jour (voie buccale), ou 0.5 milligramme par injection.Il n\u2019y a pas lieu de modifier ses habitudes de bord ni son régime alimentaire.A titre curatif, les mêmes substances peuvent être utilisées également avec succès, par exemple, avec 2 milligrammes par jour, en deux piqûres, de sulfate neutre d\u2019atropine, sans s\u2019alarmer si quelques individus éprouvent pendant quelques instants une certaine sécheresse de gorge ou de légers troubles de vision.Beaucoup de médecins des grands paquebots ont dans leur pharmacie tout le nécessaire et l\u2019emploient même depuis plusieurs années.Foto 33 Juillet 1934 La Revue Populaire 13 CEYLAN, lle de beauté et de richesse L: THE \u2014 une plante modeste et si pacifique \u2014 tient aujourd\u2019hui un réle immense sur une bonne partie de la planéte.Elle a provoqué autrefois, en Orient, des guerres sanglantes, inspiré de nombreuses coutumes en Chine et, plus tard, modifié le protocole mondain de l\u2019Europe entière.C\u2019est à la Chine que revient l\u2019honneur d\u2019avoir appris au monde l\u2019art de boire le thé.Mais au- jourd\u2019hui les meilleures marques de thé peuvent être récoltées dans les limites de l\u2019Empire britannique \u2014 dans l\u2019île de Ceylan particulièrement.Au milieu d\u2019une végétation tropicale incomparable, à une altitude de quatre mille pieds, les flancs des montagnes sont recouverts de terrasses artificielles où croît en abondance le théier.L\u2019uniformité du climat et la richesse du sol contribuent à donner au thé de cette île enchanteresse des qualités que l\u2019on ne retrouve que dans les thés chinois triés à la main.On ne peut évidemment pas comparer le travail de préparation du thé à une autre industrie canadienne.Dans une plantation de thé, les ouvriers et ouvrières travaillent tout le jour dans la pleine lumière ou sous de simples abris où les conditions sanitaires sont des meilleures.Sauf pour la récolte évidemment, les feuilles ne sont presque pas manipulées, bien qu\u2019elles subissent plusieurs traitements.Les plants de théier sont disposés en longues rangées égales, à une distance d\u2019environ quatre pieds les uns des autres; ils ne doivent pas atteindre beaucoup plus de trois pieds de hauteur.La récolte en est faite par des femmes Tamoules, originaires de l'Inde.Rien de plus pittoresque que leurs atours aux vives couleurs qui s\u2019agitent au milieu des arbustes d\u2019un vert foncé; elles portent en grand nombre des colliers, des bracelets aux bras et aux jambes, de lourds pendants d'oreilles qui tintent joyeusement quand elles arrachent les tendres feuilles de théier qu\u2019elles jettent dans un garde panier suspendu sur leur dos.par Mary BRECHIN (Texte français de Jacques VALADE) Une jeune Tamoule de Ceylan cueille du thé.Trois fois par jour, les paniers sont pesés et l\u2019on charge les feuilles dans de petits wagons ou des camions qui les porteront à la fabrique.C\u2019est là que se fera la préparation du thé.On étend d\u2019abord les feuilles sur de longues toiles où elles deviendront souples comme du cuir.Alors de lourds cylindres en broieront les cellules et en chasseront l\u2019excès d'humidité.C\u2019est l\u2019opération du roulage.Puis vient l\u2019oxyda- Marchande tamoule à un marché de Ceylan.Les Tamouls ou Tamils sont un tion: les feuilles, disposées dans de larges plateaux d\u2019osier, sont laissées quelque temps à l\u2019air libre et elles deviennent d\u2019une belle teinte cuivrée.C\u2019est ce procédé qui donne au thé effusé sa couleur ambrée.Quatrième opération, d\u2019emploi assez récent.Les feuilles sont enfermées dans des chambres chauffées à une température de 180 a 200° F., ce qui diminue considérablement leur teneur en tannin.Et enfin le criblage à la machine.Les feuilles les plus petites sont les meilleures.On tire ainsi cinq qualités différentes de thé, qui sont, par ordre de qualité: Broken Orange Pekoe, Broken Pekoe, Pekoe, Orange Pekoe et Fannings.Après une inspection minutieuse, les feuilles sont empaquetées dans des caisses à revêtement intérieur de plomb et transportées à Colombo, le grand port de Ceylan.On a souvent appelé Colombo la Croisée des chemins de l\u2019Orient.C\u2019est assurément l'un des plus grands centres de commerce du thé, car cette ville moderne sert d\u2019entrée et de sortie pour les produits de l\u2019Orient et de l\u2019Australie.Port de mer européen par son organisation mais tout à fait international par ses habitants.Mais la ville véritablement historique de Ceylan c\u2019est Kandy, où vivaient les derniers rois cyn- ghalais.Pendant quatre cents ans, Colombo fut au pouvoir des Portugais, puis des Hollandais et enfin, en 1818, des Anglais.Mais la conquête de la fastueuse Kandy ne se fit jamais car les Cinghglais ont eux-mêmes chassé leur roi, il y a environ cent ans.La légende prétend que c\u2019est dans l\u2019île de Ceylan que se trouvait le paradis terrestre.En fait, c\u2019est un lieu si enchanteur qu\u2019il est presque impossible de le quitter quand on y a séjourné quelque temps.La royauté disparue a laissé, dans des temples et des palais, le souvenir d\u2019une haute civilisation.La Féerie cinghalaise, par Francis de Croisset, est sans doute l\u2019un des livres les plus brillants qu\u2019ait inspiré l\u2019île merveilleuse de Ceylan.peuple dravidien dont la presque totalité vit à Ceylan.Les indigènes de Ceylan tressent de fort beaux paniers et chapeaux.Un photographe les surprend au trevail.Photos du Ceylan Tea Bureau, Edifice Sun Life, Montréal. 14 La Revue Populaire Juillet 1934 SAVIEZ-VOUS QUE ?Sur la rivière Saint-Jean, a Saint-Jean, N.B, il y a un rapide qui coule dans Thomas Alva Edison, le grand inventeur américain.est né dans cette maison, un sens à marée haute et dans l\u2019autre à marée basse ?C\u2019est le phénomène dit de à Vienna, Ontario et que l\u2019un de ses premiers emplois lui fut donné par la la ¢ barre.» Cette photographie en montre une partie.Compagnie du Grand Tronc comme vendeur de journaux ?Dans cet autel de la chapelle du « souvenir», au parlement d\u2019Ottawa, est con- Les grandes compagnies de chemin de fer emploient en permanence des servé le livre dans lequel sont inscrits les noms de tous les soldats canadiens scaphandriers pour contrôler le bon état des piliers de leurs ponts ?On voit ici tombés au champ d\u2019honneur durant la grande guerre?Cet autel est un don de la un scaphandre perfectionné par les ingénieurs du Canadien National et qui, grâce Grande-Bretagne.Sur les murs de la chapelle on est à graver les noms de tous à l\u2019électricité, permet au scaphandrier quand il est sous l\u2019eau, de parler avec les les soldats canadiens.ingénieurs demeurés à l\u2019air libre et d\u2019en recevoir les ordres.Photos C.N.R. es he *R \u2014 Le surlendemain, en duel, je tuais Jean Cerny.NOTRE ROMAN COMPLET: LA DETTE E 22 SEPTEMBRE 18, le petit bourg de Kerdec- Moëlan, situé tout au fond de la baie de Douar- nenez, fut mis en émoi, par l\u2019arrivée d\u2019une calèche antique attelée d\u2019un seul et maigre cheval, et conduite par une sorte de nain bossu, vêtu d\u2019une livrée rapée et d\u2019un chapeau poussiéreux.Dans la calèche, une dame d\u2019une cinquantaine d'années se tenait raide et bautaine.Sa mise bien qu\u2019elle témoignât d\u2019une richesse passée par les tissus de soie et les fines broderies, s\u2019harmonisait admirablement avec le décor qui lui était fait par la calèche aux lambris éraflés et jaunis par le temps, et le cocher difforme et sans Âge, au regard si vide d\u2019expression qu\u2019il semblait ne plus vivre, fixé là depuis des temps et des temps, partie intégrante de la calèche, aussi déprimé, aussi lamentable ! Cependant, comme sur les portes, des visages étonnés, curieux, inquiets, se montraient et s\u2019immobilisaient, la voyageuse eut un fier hochement de tête, et se drapant dans son châle de cachemire aux tons vieillots, elle murmura avec dépit : \u2014 Singulier pays! ces rustres ne me reconnaissent done pas ! D\u2019un coup de fouet, le nain enveloppa le cheval maigre, qui, indifférent à cet ordre, ralentit même son allure.On entrait dans la lande immense.La voyageuse s\u2019était accoudée à la portière de la calèche, et, au travers de la vitre, elle admirait le décor farouche et grandiose qui l\u2019entourait.Des menhirs peuplaient, seuls, cette lande sauvage, toute noyée des brouillards de l\u2019Atlantique apaisé, et par PAUL CERVIERES Illustrations de F.L.Nicolet ainsi voilées, ces pierres, géants immuables des siècles passés, prenaient des formes indécises et monstrueuses.Une impression de tristesse tombait du ciel uniformément pâle, et cependant, toujours accoudée, la voyageuse ne regrettait pas le spectacle des mélancoliques floraisons automnales, qu\u2019elle venait de fuir.Elle aimait ce décor étrange où la sauvagerie absolue des âges défunts a laissé son empreinte; l\u2019âpre désolation de la lande seyait à l\u2019âpreté plus mordante toujours de ses pensées.Il y avait vingt-cinq ans qu\u2019Anne de Kerdec-Moëlan avait dit adieu à la terre de ses pères, et s\u2019était réfugiée dans une petite bourgade tout au fond du Morbihan.Elle fuyait alors son frère, le marquis Yves de Kerdec- Moëlan, seul descendant mâle de leur antique et noble famille.On parlait encore dans toute la contrée des richesses immenses dont on dotait chaque Kerdec-Moëlan.La fortune légendaire de leurs aïTeux subsistait encore dans certaines merveilles, telles que l\u2019escalier intérieur du château, tout de marbre blanc, les statues d\u2019albâtre à demi détruites, qui ornaient la cour d\u2019honneur, les peintures célèbres, qui, perdues maintenant parmi les essais lamentables des nobles descendants, s\u2019allignaient dans le musée, les flambeaux d\u2019or massif et les bijoux pieux d\u2019or, d\u2019argent et de pierreries exposés dans la chapelle gothique.Mais depuis ces temps heureux, un siècle s\u2019était écoulé.La révolution avait agi, et le château en ruines ne se relevait pas.Il n\u2019y avait plus d\u2019or dans les coffres de chêne sculpté des caves souterraines, plus d\u2019or dans le château qui lamentablement se disséquait, mourait de sa vieillesse non secourue.Dans la cour d\u2019honneur, l\u2019herbe que ne foulaient plus les sabots des chevaux impatients, poussait librement; une à une s\u2019en allaient les richesses entassées dans les flancs du vieux manoir, et les filles des de Kerdec vieillissaient, filles ou religieuses, en gardant dans leur coeur la morne désolation de leurs rêves impossibles.Un fils, le marquis actuel, l\u2019espoir de chacun, grandissait au milieu de cinq filles des de Kerdec-Moëlan.Celui-là serait le propagateur du nom vénéré; par lui, un sang glorieux devait refleurir sur la terre; par son mariage, la fortune; par son mariage, la réalisation des chers projets.le vieux château restauré .les richesses reconquises .Mais à trente-cinq ans, Jehan de Kerdec- Moëlan, pour lequel on avait en vain fouillé la noblesse des environs, se vit proposer la fille d\u2019un banquier millionnaire.Imbu des préjugés de sa race, nourrissant avant tout le respect des traditions de famille, il s\u2019indigna et conclut au néant de ses espoirs.Sans persister davantage et malgré les supplications des siens, il épousait quelques mois plus tard, une fille de grande noblesse, mais dont la pauvreté égalait la leur.Ce fut, pour tous ceux qui avaient élevé, nourri le grand espoir d\u2019un relèvement, un coup terrible.Trois des filles prirent le voile, découragées, n\u2019attendant plus rien.Une autre mourut peu après; la dernière, mademoiselle Anne, demanda asile à une vieille tante et sans une plainte se retira chez elle.Jusqu\u2019au dernier mo- 16 ment, elle était restée hautainement concentrée dans sa douleur, et durant vingt- cinq années, chez la vieille tante qui l\u2019accueillit, son coeur saigna jusqu\u2019à l\u2019épuisement.Pourtant tout au fond de son âme, elle triomphait encore dans son orgueil de race.Pas de mésalliance dans leur noble famille.Chez aucun, le lucre de l\u2019or, le désir de jouir ne primait Porgueil légendaire des Kerdec-Moëlan.Hs étaient, à nouveau, voués à la misère gantée.soit! Les générations futures seraient plus heureuses.l\u2019avenir était là.Un an après son mariage, en effet, le marquis eut un fils.c\u2019était l\u2019espoir à nouveau.Comme tous les siens, mademoiselle Anne espéra, se réjouit, sans sortir pourtant de son fier et farouche isolement.Elle suivit, de loin, les premiers pas de celui sur lequel elle reportait toutes les espérances déjà nourries pour le père et cinq ans plus tard, elle apprit, avec la plus parfaite indifférence la naissance d\u2019une fille.Une catastrophe qui désunit le marquis et sa femme, l\u2019indigna.Celui-ci avait, dit-on, surpris la marquise en conversation intime avec un riche propriétaire des environs.La jeune femme se révolta contre l\u2019accusation d\u2019une jalousie excessive, disait-elle, et toujours en éveil.D'ailleurs, les preuves manquaient.Mais le marquis, exaspéré, parla cependant de séparation.Huit jours plus tard, la jeune femme mourait d\u2019un accès de fièvre chaude.Jehan et Iannek atteignaient alors leur dixième et quatrième année.Il y avait douze ans de cela, et bien des événements heureux ou malheureux n\u2019avaient pas ramené au château en ruines mademoiselle Anne de Kerdec-Moëlan.Aujourd\u2019hui, elle y revenait.Rejetée maintenant dans le fond de la calèche, la voyageuse fermait à demi ses yeux bleu pâle.Elle continuait à remuer le passé.Sous l\u2019éveil de ses vibrants souvenirs, ses lèvres se crispaient encore d\u2019amertume, puis soudain, elle pensa : \u2014 Oh.cette misère.cette misère.elle allait donc les en sortir.elle! Une fille d\u2019assez vieille noblesse pour écarter toute idée de mésalliance et colossalement riche, si riche que le chiffre de sa fortune étourdissait l'attention de mademoiselle Anne, s\u2019était follement enthousiasmée aux exploits fantastiques, à la fois romanesques ou audacieux des de Kerdec-Moëlan, dont durant tout un hiver, mademoiselle Anne lui avait fait le récit.Eprise, sans le connaître, du dernier descendant de ces héros chevaleresques et braves, la jeune fille, orpheline et majeure, jura de n\u2019être jamais que marquise de Kerdec-Moëlan.Elle confessa ses désirs à sa vieille amie qui tressaillit de bonheur.Une joie immense faisait bondir follement son coeur ulcéré, toute une poussée de reconnaissance infinie inclinait pour un baiser, sa tête prématurément blanchie vers le front pur de la jeune fille; mais elle résista à l\u2019élan qui la jeta vers elle, et, d\u2019une voix aussi calme que lui permettait son émotion toujours grandissante, elle murmura : \u2014 Ce serait un grand bonheur pour vous, Lucienne; le jeune comte, mon neveu, peut prétendre à la plus belle union, car les de Kerdec-Moëlan ont toujours pris femme dans les plus nobles familles et mon vieux père, le duc actuel, vous citerait plus de vingt rois qui recherchèrent nos aïeux pour leurs filles.Le comte Jehan de Kerdec-Moëlan a aujourd\u2019hui vingt-deux ans; et le marquis, mon frère, a peut-être déjà des vues sur quelque noble fille des environs.Mais mon affection pour vous, Lu- cienne, me pousse à tenter une démarche.comptez sur moi et embrassez votre vieille amie qui vous aime assez pour vouloir que vous soyiez un jour, non pas seulement marquise, mais duchesse de Kerdec-Moëlan.Le lendemain, mademoiselle Anne se mettait en route sous les regards inquiets de Lucienne de Saint-Hilaire.Maintenant, sur l\u2019étroite route rocailleuse qui menait au château, le cheval s\u2019acheminait plus lentement toujours, et, la tête hors de la portière, les yeux dilatés le regard fixe, la vieille demoiselle voyait venir le château.Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.La Revue Populaire Oh! quelles nouvelles dégradations avaient apportés à ses dimensions royales, ces autres vingt-cinq années de misère.Comme elle avait vieilli, la masse importante qui fut le berceau des Ker- dec-Moëlan.Une angoisse affreuse faisait palpiter son coeur gros de toutes ses larmes.Mais elle résistait à son chagrin.À quelques pas d\u2019elle, un gamin regardait passer le singulier équipage, qui franchit bientôt la large porte du château.\u2014Par Saint-Herbot! murmura un paysan en se signant.le château n\u2019a pas l\u2019apparence bien en fête pour accueillir une telle compagnie.Hé.pao- tred (petit gars).toi qui sors d\u2019 chez les maîtres, as-tu vu quelque chose.des « préparatives » enfin ?\u2014Non, répondit le paotred, Msieur le marquis faisait chauffer lui-même son gwin-ardent (vin chaud), que mêmement Mamzelle Iannek court encore la lande toute seule.Mademoiselle Anne descendait de la calèche.N\u2019ayant pas averti de sa venue, elle ne s\u2019étonnait pas de la solitude qui présidait à son arrivée.D'ailleurs, aux aboiements furieux d\u2019un énorme dogue, une porte s\u2019ouvrit, et Mac\u2019Harite, la vieille servante, parut.\u2014 Que veut-on?demanda-t-elle, l\u2019air rébarbatif, au nain descendu maintenant de son siège.Mais une voix impérieuse se fit entendre.\u2014 Jérôme, informez-vous si monsieur le duc de Kerdee-Moëlan est au château; si oui.faites annoncer mademoiselle Anne de Kerdec-Moëlan.La foudre tombant aux pieds de Mac\u2019 Harite l\u2019eût moins pétrifiée que ce nom hautainement prononcé.\u2014 Sainte-Vierge.murmura-t-elle, en se signant de ses vieilles mains tremblantes.ce serait toi?ce serait vous.Anne, mademoiselle Anne ?.\u2014Ah!.MacHarite.Mac\u2019Hari- te.embrassemoi.embrasse-moi done !.A nouveau, les larmes lui vinrent aux yeux, et, sous les baisers de la vieille créature, dévouée aux siens jusqu\u2019au renoncement d\u2019ellemême, mademoiselle Anne bégayait les mêmes paroles toujours, sans pouvoir trouver autre chose dans l\u2019affolement de son émotion : « Embrasse-moi .Embrasse-moi donc ! » Elle semblait ne pouvoir pas se rassasier de ces caresses quasi maternelles, Mac\u2019 Harite! c\u2019était une seconde mère.L\u2019orgueil fou des de Kerdec avait ses faiblesses pour les êtres comme ceux-ci, dont la vie s\u2019était dépensée pour la leur uniquement, souffrant leurs misères, acceptant leur pauvreté, partageant leurs espoirs, vivant leurs angoisses, et plus orgueilleux pour leurs maîtres que les maîtres ne l\u2019étaient eux-mêmes.\u2014 Ah!.les braves gens ! .Aussi, tout leur était confié, joies ou peines.\u2014 Mac\u2019Harite, introduits-moi! Mademoiselle Anne s\u2019était enfin arrachée des bras de la vieille servante, et, tandis que celle-ci lui ouvrait à grands battants la porte des appartements, une belle fille d\u2019un vingtaine d\u2019années sortait de la cuisine.A la vue de la voyageuse, elle se retourna sur le seuil, criant de toute la force de ses jeunes poumons : \u2014 Las! .M\u2019sieur l\u2019 Marquis, que vous vlà du beau monde, accourez vite ! \u2014 Bien, bien, ma fille, déclara doucement le marquis qui, dans l\u2019immense cuisine, sirotait un copieux gwin-ardent, ne crie pas si fort, je ne suis pas sourd, et j'ai des yeux pour voir.\u2014 Anne, notre chére Anne, qui nous est revenue.s\u2019exclama Mac\u2019Harite, en courant au-devant du marquis.Ah!.Yvonne, ma mie, c\u2019est jour de fête à cette heure, mets ton «Korkem » (corsage sans manches) des jours de pardon, et cours quérir notre Iannek qui -galoppe sans doute dans la lande.Le marquis s\u2019était précipité à l\u2019entrée du salon où se trouvait mademoiselle Anne.Le frère et la soeur allaient s\u2019élancer l\u2019un vers l\u2019autre, une égale stupéfaction les tint tous les deux immobiles.Seul le château n\u2019avait pas souffert des années écoulées.Blanchis, voûtés, pâlis, tels ils se retrouvaient après une séparation de vingt ans.Un même sentiment de curiosité inquiète leur fit lever les yeux sur la glace ternie, et, pour la première fois, ils se virent réellement, semblablement vieillis.Un sourire triste leur vint aux le- vres.le marquis tendit la main à sa soeur.\u2014 Ma chère Anne.quel plaisir de vous revoir.si peu attendue .surtout.\u2014 Merci, mon frère, votre accueil m\u2019est sensible.Le duc, mon père, est en bonne santé ?Et comme il approuvait doucement, elle reprit avec volubilité : \u2014 Alors Jehan.et Jehan.parlez- moi de lui ?\u2014 Jehan est ici, ma soeur.\u2014 Et vous songez à le marier ?Le marquis eut un geste lassé.\u2014 Hélas! ma soeur, ignorez-vous ce que vaut notre nom.ce qu\u2019il entraîne avec lui de devoirs inexorables \u2026 Marier Jehan.Ah!.certes, c\u2019est bien le seul but de mes espoirs, ma seulc raison d\u2019exister même .mais la fortune est aux gueux de nos jours.où trouver une fille d\u2019assez bonne naissance pour pouvoir, sans rougir, accoler son nom au nôtre, et d\u2019assez grande fortune pour ne pas remettre à demain encore notre dette au château de nos pères.Où trouver?Où trouver ?\u2014 Où chercher! Où trouver !.répéta mademoiselle Anne dont le coeur bondissait d\u2019une joie folle.Vraiment, mon frère, pensez-vous que le comie Jehan de Kerdec-Moëlan ne puisse pas choisir parmi les plus nobles et les plus riches ?\u2014 Ai-je pu choisir, moi, ma soeur ?reprit le marquis avec calme.Elle leva sur lui ses prunelles d\u2019un bleu lavé.\u2014 La fatalité pesait sur nous, Jehan, aujourd\u2019hui, Dieu nous bénit.Elle étendit les mains dans un beau geste de victoire.\u2014 Et je viens offrir à votre fils la main de mademoiselle Lucienne de Saint- Hilare, fille de bonne naissance et d\u2019immense fortune.Rien ne tressaillit dans le mâle visage du marquis, la lande lui avait infusé son calme éternel.D\u2019un geste lent, il posa sa main sur les doigts fiévreux de mademoiselle Anne.\u2014 Bien, ma soeur, les Saint-Hilaire ont vaillamment servi leur roi.Ils sont des nôtres.Mon consentement vous est donc accordé, après celui de mon père.Ils se levèrent, ne voulant pas attendre plus longtemps la parole du vieux duc.En passant près de la cuisine, le marquis cria à la servante : \u2014 Mac\u2019Harite, prépare-nous ton meilleur repas, et surtout, informe le comte, que sa tante, mademoiselle de Kerdec- Moëlan et moi, nous l\u2019attendons chez mon père.Va, hâte-toi.\u2014 Las.murmura Mac\u2019Harite, tandis que le marquis s\u2019éloignait, que se passe- t-il donc ?.que la bonne mère soit pour nous !.Ah! Iannek, ma mie, reprit-elle, en s\u2019adressant à une toute jeune fille qui entrait, comme te voilà vêtue à cette heure .ne sais-tu pas que ta tante Anne, propre soeur de ton père, nous est revenue.\u2014 Ma tante Anne, s\u2019écria l\u2019enfant, en jetant au loin sa mante de bure marron.où donc est-elle ?Mac\u2019Harite?où donc est-elle ?\u2014 Paix, ma mie; il ne faut pas les déranger encore .va seulement donner un apparence de neuf à ta toilette.Tannek éclata de rire.\u2014 Mais, Mac\u2019Harite, tu sais bien que je n\u2019ai que cette robe, celle que tu m\u2019as taillée dans les grands rideaux de cachemire, est à peine commencée .tu es plaisante avec tes idées de toilette.tiens, laisse-moi plutôt m\u2019en aller, cou- rire encore, j\u2019étouffe ici, c\u2019est trop petit, et j'ai besoin d\u2019air et de liberté.Et, comme Mac\u2019Harite faisait un geste de refus.\u2014 Oh! .voyons, ma bonne chérie.puisque je ne peux pas la voir encore.et là-bas, c\u2019est si beau.tiens, je m\u2019en vais.je m\u2019en vais, cria-t-elle en s\u2019éloignant à reculons avec une pluie de baisers envoyés de ses doigts fuselés.\u2014 Et ta mante.ta mante.grommela Mac\u2019Harite en courant vers elle, mais tu y prendras ton mal, sur la grève.Tannek sourit dans le transport de sa belle santé, et, la mante jetée sur ses épaules, elle enfouit sa tête rieuse dans les larges plis du capuchon.Maintenant, vers la lande, s\u2019acheminait en chantant.Iannek Juillet 1934 Le vent la cinglait au visage, mais la bonne chose que pouvoir aller, venir, courir.la bonne chose que d\u2019être seule avec le ciel, la mer, les menhirs, ses amis tout cela.les amis de Iannek seulement, car mademoiselle de Kerdec- Moëlan n\u2019était connue qu\u2019au château.Mais là, aussi, quel supplice .chaque heure, chaque minute, c\u2019étaient des réprimandes.son nom.Oh!.son nom.Réfractaire à l'orgueil fou de sa race, elle souhaitait alors de l\u2019échanger contre le plus humble des humbles.Etre la petite pêcheuse, qui, dès l\u2019aube, court la grève, les pieds nus, croquant à belles dents le pain noir et les fruits cueillis au passage, la petite pêcheuse qui s\u2019habille d\u2019un jupon, les cheveux au vent, qui ignore les livres et les arts, mais pour laquelle la nature n\u2019a pas de secrets et dont les chants naïfs ont des accents si touchants.Mais le château! tout l\u2019en éloignait\u2026 Les grandes salles où les contes fabuleux de Mac\u2019Harite avaient toujours pris naissance, les meubles antiques et sans grâce, les vitraux antiques effroyablement, jusqu\u2019à la chapelle où elle ne savait pas prier, tout lui était insupportable.Elle y sentait un glacial ennui lui tomber sur le coeur.Abandonnée de longues heures à son désoeuvrement, elle essayait d'étudier comme le lui commandait son père, mais distraite au moindre bruit, elle attendait uniquement l\u2019heure où elle pourrait s\u2019évader de la civilisation, se griser de liberté.Et, l'instant venu, elle dépensait ses fougues dans des courses interminables dans la forét.Cette nature indomptée l\u2019enchantait.Etendue sur le gazou, elle aspirait l\u2019odeur subtile de la sève, puis elle se relevait: la mer l\u2019attirait.Et le visage rosé de l\u2019air rude et pur, elle s\u2019abattait au milieu de la Iande.Ah !.c\u2019était bon la vie.c\u2019était bon de respirer tant d\u2019air.Alors, transfigurée, Iannek chantait une naïve chanson bretonne : Quand j'aurais autant d\u2019écus qu\u2019en a le seigneur du village, ou quand j'en aurais une mine d\u2019or, sans toi, jeune fille, je serais pauvre.Quand même il croîtrait au seuil de ma porte, au lieu de verte fougere, des fleurs d\u2019or, quand j'en aurais tout mon courtil, peu m\u2019importerait sans ma douce.Quelque chose a sa loi.L\u2019eau coule à la fontaine, l\u2019eau descend au creux du vallon, le feu s\u2019élève et monte au ciel.La colombe demande un petit nid bien clos, le cadavre une tombe, l\u2019âîme le Paradis et moi, chère amie, votre coeur.Elle chantait encore ce jour-là, comme la nuit commençait à descendre.Ian- nek entendit soudain la voix de Mac\u2019 Harite : Las, ma mignonne.qu\u2019on te cherche partout.ne crains-tu pas les Poulpi- quets et cette heure ! \u2014 Non, répondit l\u2019enfant en secouant sa tête mutine, les Poulpiquets sont mes amis.\u2014 Tes amis! s\u2019écria Mac\u2019Harite, d\u2019un ton si épouvanté que la fillette éclata de rire, des mauvais esprits du diable, quoiqu\u2019en dise monsieur le marquis.C\u2019est eux qui habitent ces dolmens.\u2026.prends garde, ma Iannek, s\u2019ils allaient t\u2019emporter.\u2026.\u2014 Eh bien.où serait le mal ?Jha- biterais la lande la nuit et le jour, je pourrais danser et courir.Ah! quelle heureuse petite Korrigane je serais.On arrivait heureusement, car Mac\u2019 Harite, pétrifiée, se multipliait en signes de croix, en murmurant des paroles propres à conjurer le mauvais sort.Dans la cuisine, Yvonne surveillait avec dévotion un plat de fèves cuites à l\u2019eau, qui, maintenant, mijotaient dans la erême, entourées de belles tranches de lard fumé.\u2014 Le beau diner, s\u2019écria Iannek en s\u2019approchant d\u2019Yvonne silencieuse.\u2014 Ce n'est pas tout, déclara-t-elle enfin, nous avons aussi une bonne soupe aux raves, une salade de chicorée et même.\u2014 Et même ?\u2014 Des crêpes et des oeufs au lait, ma mie, ajouta Mac\u2019Harite avec un large sourire.Es-tu contente?Sainte Vierge ! on n\u2019en aura pas plus le jour de tes noces, ma Iannek. \u2014- w Juillet 1934 \u2014 Mes noces, répliqua Iannek, tu dis cela en riant, Mac\u2019Harite, et pourtant sais-tu que j'en rêve quelquefois.Oh! oui, un prince, un beau prince vêtu de velours et d\u2019or.avec des yeux fiers.un beau prince qui viendrait un soir.dans un carrosse attelé de six chevaux et m\u2019emporterait vers son château doré, sur le rocher tout là-bas au milieu de la mer.Alors tout le jour nous longerions la côte, et le soir nons attendrions pour rentrer que toutes les étoiles soient au ciel.Voilà.c\u2019est un de mes rêves à moi.Ah!.je suis bien heureuse, va.mais ce n\u2019est qu\u2019un rêve aussi.et puis après tout.pourvu qu\u2019on me laisse rire et courir et libre \u2026 libre surtout.Ah'!.c\u2019est encore le meilleur.Bon, fit-elle, redevenue sérieuse, voici pére qui m\u2019appelle.je vais donc voir ma tante.A tout a I\u2019henre, Mac\u2019Harite.Dans Pescalier, son rire argentin s\u2019était tu et ce fut même, hésitante comme toujours, qu\u2019elle entra, après avoir frappé, dans les appartements du vieux duc.\u2014 Entrez, ma fille, dit doucement le marquis.Je dois vous présenter à votre tante Mademoiselle de Kerdec-Moëlan.Demandez-lui la permission de lui baiser la main.lannek fit quelques pas vers la vieille demoiselle, qui restait silencieuse et hautaine.Un grand désenchantement l\u2019attrista soudain.D\u2019un baiser rapide, elle effleura la main osseuse qui lui était tendue.Le marquis reprit : \u2014 Vous n\u2019êtes plus une enfant, ma fille.Comme nos aïeux, comme mon père, comme moi, vous nourrissez dans votre coeur, je ne dirai pas l\u2019orgueil, mais la fierté de votre nom.le grand souci de son avenir.Iannek inclina lentement sa tête enfantine et blonde.\u2014 Vous êtes femme et vous ne pouvez malheureusement rien pour la propagation, mais Dieu qui ne veut pas que les belles et nobles races comme la nôtre s\u2019éteignent dans les ans, m\u2019envoya un fils, votre frère ici présent.Vous apprendrez donc avec bonheur, qu\u2019aujour- d\u2019hui Jehan choisit une épouse digne de lui, digne de nous, digne surtout du grand nom que lui seul peut transmettre maintenant.Dun mouvement spontané, lannek courut dans les bras de son frère.\u2014 Ah!.Jehan.Quel bonheur.vous êtes heureux au moins ?; \u2014 Heureux ! très heureux.répéta le jeune homme d\u2019une voix calme.Un regret inavoué tout haut le torturait cependant.Depuis quelques mois, déjà, il aimait une jeune fille pauvre et sans nom, mais si délicieusement jolie, si purement ex- guise.Il l\u2019aimait plus encore à l\u2019heure où des siens, sans la connaître, il acceptait une épouse.hélas.il le devait.qu\u2019était-il d\u2019ailleurs.un nom d\u2019abord.un homme ensuite : Encore une fois, le marquis prit la parole.\u2014 Vous, ma fille, vous ne pouvez rester ici.votre tante s\u2019éloigne dès le mariage conclu.Mon père et moi, nous saurons nous effacer suffisamment pour ne gêner personne.La fortune de mademoiselle de Saint-Hilaire, bien que considérable, suffira seulement pour la restauration du château, et les revenus nécessaires pour vivre et élever les enfants, que Dieu \u2014 espérons le \u2014 voudra bien leur envoyer nombreux.Nous ne saurions pour subvenir à nos besoins, amoindrir ces revenus.Notre intention est donc de vivre de nos modestes, mais propres ressources.Pour vous, mon enfant, nous voulons une vie calme, éloignée de tout souci, de tout chagrin, de toute épreuve.Vous avez seize ans, vous devenez femme; une Kerdec-Moëlan ne peut s\u2019unir à la canaille insolente qui nous entoure, n\u2019est-ce pas?ainsi donc, pour vous protéger, je ne dirai pas de toute tentation, mais de tout danger de tentation, voici ce que nous avons décidé : Un silence solennel jusqu\u2019à l\u2019angoisse s\u2019établit, puis le marquis reprit d'une voix douce, mais ferme : \u2014Vous entrerez au couvent dans huit jours.Iannek sentit le sol se dérober soue elle.Elle ouvrit des yeux énormes, la fa- La Revue Populaire 17 ce soudain blémie.Le vieux duc répéta comme en écho : « Au couvent dans huit jours ! » Verdict impitoyable.Condamnatiou sans appel.Jehan s\u2019approcha de sa soeur: \u2014 Courage, lannek, moi aussi je souffre beaucoup.Elle ne trouvait pas un mot à répondre, pétrifiée, les yeux rivés sur ses juges impassibles.A ses secrètes aspirations, fleurs épanouies sous le souffle des brises marines, à l\u2019ombre des menhirs, petite soeur des romarins sauvages, à cette éponge de vie, on imposait le couvent, la prison, la disparition du monde, la mort.Encore une fois, Jehan serra la petite main glacée dans les siennes.Mais rien ne pouvait plus la tirer du silence farouche dans lequel elle demeurait murée.Les voix joyeuses de son coeur s\u2019étaient tues.Et, quand, retournant vers elle, le vieux duc lui fit doucement comprendre qu\u2019elle pouvait se retirer, elle ne trouva pas un mot à répondre et sortit le col fléchi, sous le poids d\u2019une lassitude extrême.Ni les consolations de Mac\u2019Harite, ni les gâteries d\u2019Yvonne ne la purent distraire, et, le soir venu, elle s\u2019endormit d\u2019un sommeil hanté de rêves affreux.D\u2019immenses fantômes passaient et repassaient au travers de la chambre.Ce n\u2019était que Mac\u2019Harite.La brave créature portait dans ses bras un vase plein de millet qu\u2019elle plaça, avec un grand signe de croix, près du lit d\u2019Iannek.L\u2019enfant ayant parlé des Poulpiquets d\u2019un ton moqueur, sa superstition nai- ves lui montrait un danger.S\u2019ils allaient venir .rôder par ici.ces nains maudits.la voler, la pauvre chérie.Vite elle s\u2019agenouilla et croisa ses vieilles mains en murmurant une prière.Maintenant elle était tranquille, les mauvais génies pouvaient venir.Rien qu\u2019à leur approche, le millet se renverserait et, dès lors, il leur faudrait le ramasser grain à grain toute la nuit.Encore une fois Mac\u2019Harite se signa et sortit.Chapitre Il Le lendemain, au matin, neuf heures sonnaient à peine à la grande horloge du château que Jehan gravissait l\u2019escalier menant aux appartements du duc.Celui-ci, déjà habillé, avec une recherche raffinée de propreté sur ses vieux vêtements, s\u2019absorbait dans la lec ture d\u2019un Montesquieu.À la vue du jeune homme, son visage s\u2019éclaira.Il dit, la voix très douce : \u2014 Vous voilà bien matin, mon fils, je vous croyais à travailler.\u2014 Aujourd\u2019hui je ne le puis, murmura le jeune homme d\u2019un ton lassé.Un silence s\u2019établit, Jehan reprit alors: \u2014 Avez-vous vu, mon père, quel député nous donne l\u2019opinion publique ?Un certain monsieur Lavigne, un républicain effréné, jeune homme de vingt-huit ans; ne trouvez-vous pas, sans nous arrêter à ces extravagances, à ces prédictions stupides que ne saurait réaliser notre pays si religieux, que le baron de Kerloh sera difficilement remplacé.Il est mort trop tôt et trop jeune.Le vieux duc eut un geste d\u2019indifférence.Les choses du présent n\u2019intéressaient plus guère son extrême vieillesse.Puis avec la perspicacité des âmes au déclin, il devinait un but dans la visite matinale du jeune homme; aussi, hâtant les choses, il questionna : \u2014 Vous paraissez préoccupé, Jehan, quel souci vous accable?Si mon expérience paternelle pouvait vous aider ?\u2014 En effet, dit alors le jeune homme, j'ai beaucoup réfléchi depuis hier.\u2014 À votre sujet ?\u2014 Non, a celui de ma soeur.Le duc posa sur son petit-fils son regard profond et fier.\u2014 Votre soeur, mon fils, qu\u2019a-t-elle à faire dans votre avenir ?Pourquoi vous en préoccuper ?\u2014 Pourquoi la sacrifier aussi ?Il s\u2019était levé sur ces mots, superbe de franchise et d\u2019audace.Il osait questionner à cette heure.Il ne courbait plus le front, sous la dictée des devoirs, car pour les autres, l\u2019idée de la souffrance l\u2019épouvantait.Etonné, le vieux duc fronça les sourcils.e ne serai pas une \u201cFemme abandonnée\u201d LE PALMOLIVE VOIT A CELA! J'aime à savoir ce qui entre dans la préparation de mon savon, et le Palmolive est un savon qui me renseigne sur ce sujet! Il est fait seulement avec de pures huiles végétales .un mélange d'huile de palme et d\u2019huile d\u2019olive.Je ne vois pas comment on pourrait faire de meilleur savon, à aucun prix! J'ai vu comme les femmes qui se négligent vieillissent vite.C\u2019est pour cela que je suis le conseil de tous les experts en beauté qui disent que le Palmolive est ce qu\u2019il y a de mieux pour protéger ma peau .Je pense qu\u2019il aidera aussi merveilleusement votre teint.Mon mari me dit qu\u2019il est toujours fier de moi aux soirées.parce que mes bras et mon dos paraissent toujours bien, tout aussi doux que mon visage.Je suis certaine que c'est parce que sa mousse veloutée donne à tout mon corps le même traitement qu\u2019à ma figure chaque fois que je prends un bain.LE THEATRE DE BEAUTE PALMOLIVE Ecoutez la charmante Gladys Swarthout, célèbre vedette de l'opéra Metropolitan, assistée par Jobn Barclay et une troupe de 100 membres comprenant l'orchestre de Nat.Shilkret.Toute une heure de glorieuse mélodie.Réseau N.B.C.\u2014 d\u2019un Océan à l\u2019autre \u2014 Tous les mardis 10 à 11 p.m.H.E.E. 18 \u2014 Quelle est cette question, je vous prie ?Votre soeur entre au couvent ?Est-elle donc sacrifiée ?\u2014 Certes, mon père, Iannek a seize ans.À cet âge, on peut tout, on doit tout espérer de la vie.; \u2014 Les espoirs sont souvent déçus, notre prudence va au devant des désillusions, nous lui donnons le calme.\u2014 C'est-à-dire, le couvent, une mort ai- tendant l\u2019autre mort.Le duc eut une geste nerveux, et sa sévérité se fit hautaine : LL \u2014 Quelles sont, mon fils, ces velléités de résistance aux traditions séculaires d\u2019obéissance et de respect aux volontés paternelles ?Sa raideur marquait bien haut son mécontentement.Mais Jehan avait re- solu, il parla.Iannek était sa soeur, il Tadorait.Sa jeunesse ne saurait peser sur la vie de nouveaux époux.Elle pourrait donc vivre au château, près de lui, près de sa femme, qui, certainement, adorerait l'enfant.Alors sans même parler de cette vie libre et calme bieu assurée, la fortune leur permettrait, peut- être de constituer une dot à l'enfant, et de la marier selon son rang- .Son plaidoyer sans défaillance fut à peine écouté.La décision était irrévocable.Iannek entrerait au couvent.Jehan, les poings crispés de son im: puissance, sortit le désespoir au coeur.lannek, cependant, après une nuit d\u2019où le sommeil n\u2019avait pu être exclu, la jeu- messe a ses droits, l\u2019insouciance latente, s'était levée dès l'aube.Mac\u2019Harite venait de lui couper une longue tranche de pain bis, mais l\u2019enfant la repoussa : .\u2014 Merci, Mac\u2019Harite, donne-moi seu lement du lait, je n\u2019ai pas faim ce matin.\u2014 Ma pauvre mignonne, vas-tu donc te laisser mourir à cette heure ?.Elle haussa les épaules avec une Insouciance superbe et sa voix claire se tinta de tristesse.\u2014 Que veux-tu, ce n\u2019est pas gai de te quitter, de quitter tout cela.et la mer.et la lande.et la forêt.Tiens, j'aime mieux n\u2019y plus penser.a tout à l'heure Mac'Harite.Dans la lande elle s\u2019égara, toute à son rêve.On Yappelait non loin delle, et elle secoua d\u2019un geste mutin sa tête auréolée d'or: \u2014Ah!.Bertrade.c\u2019est toi, je m\u2019en doute.Une belle petite fille d\u2019une quinzaine d'années, dissimulée derrière un menhir, montra son visage rieur : \u2014 Tu es bien sérieuse, ce matin, ma Iannek, murmurat-elle.qu\u2019astu ?un chagrin.?\u2014 Oui, beaucoup de chagrin, dit l\u2019enfant.en entourant de son bras la taille de son amie, pense donc, ma pauvre Bertrade, dans huit jours, je serai au couvent, au couvent pour toujours.\u2014 Eh bien, mais moi aussi ma Ian- nek, j'y serai cet hiver.Sy rejoindrai mes trois soeurs aînées.Ah.ce n'est pas gai, que veux-tu?Il faut bien obéir n\u2019est-ce pas ! Iannek ne répondit pas.Elle promenait sur la campagne son regard las et morne, Son enfance indépendante et sauvage, surgissait tout entière.De gais souvenirs chantaient dans sa mémoire.C\u2019étaient ses premières années, les caresses passionnées de sa mère, dont Jehan lui-même était jaloux, ses courses dans la lande, avec cette mére toujours en adoration devant elle.Un jour, le doux visage s\u2019éclipsa et lannek perdit peu à peu lhabitude des baisers.Elle courait toujours la lande, mais solitaire, bientôt consolée cependant.Ah !.les belles heures de liberté, les belles promenades et les rêves puérils de sa petite âme naïve.et son prince charmant.et son palais d\u2019or qu\u2019elle posait magiquement sur la pointe effrayante du Menez-Hom.Elle pleurait et souriait à la fois.Des sentiments divers s\u2019entrechoquaient dans son âme juvénile et primesautière.Bertrade étonnée questionna à nouveau : \u2014 Mais, qu\u2019as-tu donc, Iannek.enfin qu\u2019as-tu ?\u2014 Rien, fit-elle, je songeais.tiens, Bertrade, parlemoi beaucoup, beau: coup.car je souhaite de ne plus penser du tout.Bertrade La Revue Populaire \u2014 Pauvre chérie, tu n\u2019es pas raisonnable, allons courons, veux-tu?ou plu- tôl, tiens, chantons.Et toutes deux commençaient une ronde villageoise, lorsqu\u2019un énorme dogue, bondit jusqu\u2019à elles en aboyant furieusement, lannek poussa un cri de terreur.\u2014 L\u2019horrible béte, s\u2019écria Bertrade.ah ! sauvons-nous.Mais a les voir fuir, le dogue s\u2019enhardit jusqu\u2019à saisir dans sa gueule la jupe de Iannek.Celle-ci perdit tout son sang-froid._\u2014 Au secours cria Bertrade épouvantée.Une voix mâle répondit à son appel, et bientôt, un jeune homme de vingt- sept à vingt-huit ans arriva en courant.\u2014 Paix Roitelet, cria-t-il à l\u2019énorme dogue, qui de suite lâcha prise, quelles sont ces façons, je vous prie ?.Et comme le fidéle animal se couchait a ses pieds, il reprit, en lui désignant Iannek : \u2014 Allez à Mademoiselle, et présentez- lui vos excuses que jénoncerai pour vous.Mais à la vue du jeune homme, Ian- nek avait rougi jusqu\u2019aux oreilles.Pour elle ce n\u2019était pas un inconnu.En effet, le maître de Roitelet sourit et s\u2019inclinant devant les jeunes filles, il demanda à Iannek : \u2014 C\u2019est bien à Mademoiselle de Ker- dec Moëlan que j'ai l'honneur de parer ?\u2014 En effet, Monsieur, répondit l\u2019enfant en souriant à son tour, comme j'ai bien devant moi Monsieur Julien Ber- tal.eve > EN AOUT nek.Mais Mac\u2019Harite secouait alors sa vieille téte blanche.Elle était princesse, il lui fallait un prince.Il y avait tant d\u2019autorité dans cette réponse, que l'enfant courbait la tête, baissait les yeux et ne protestait plus.Mais une sympathie inexpliquée l\u2019attachait au souvenir de cette princesse infortunée, qu\u2019un cruel seigneur d\u2019Iff, fit suisir et enfermer dans une tour au milieu de la mer, où son pauvre amant fut précipité d\u2019une falaise de cent mètres à pic.Ils pouvaient se voir cependant.Alors la princesse arracha un à un ses beaux cheveux, en fit une corde longue, longue, et la lui lança.Mais elle se rompit comme il arrivait aux fenêtres de la captive, et cette fois, dans sa chute, il disparut.Elle pleura tant que ses beaux yeux se décolorèrent et las de toujours regarder sans le voir ils s\u2019éteignirent un matin.Les cheveux de la princesse sont restés dans la mer qui les garde jalousement encore aujourd'hui, transformés en varech et toutes les nuits, le marin revient pour une seconde à la surface de l\u2019eau et crie à la princesse: « Ama, ma ma flac> (c\u2019est ici ma place).C\u2019est sa voix que les marins entendent depuis des siècles, mais rien ne lui répond jamais, car la princesse dort maintenant dans la tour solitaire.Toujours, lannek restait pensive à la fin de la légende.Ce jour-là \u2026 elle pleura.Un beau roman d\u2019Amour Complet Le Vieux Puits par Max du Veuzit br OO II dit air heureux, avec un regard chaud vers les yeux clairs d\u2019Iannek : \u2014 Vous avez bonne mémoire, Mademoiselle.vous vous êtes souvenue.\u2014 Bertrade est toute surprise, interrompit Iannek.il faut lui dire comment nous avons fait connaissance.\u2014 C\u2019est un matin, j'étais cachée derrière ce menhir, j'entends un pas, je crois que c\u2019est toi, et voulant te surprendre, je ne bouge pas.Les pas se rapprochent, c\u2019est le moment de parai- tre.je bondis en avant croyant te causer une vraie terreur.et ce n\u2019était pas toi, mais Monsieur.tu juges de ma confusion.il faut s\u2019excuser, je me nomme Iannek, Monsieur Bertal.et voici comment nous avons fait connaissance.n\u2019est-ce pas ?Au loin, on appelait Bertrade, et le jeune homme dut s\u2019éloigner.Quand elle se trouva seule, Ianneck erra encore, inconsciente et sans but.Que faire ?Une sensation d\u2019isolement l\u2019envahit.Nulle part, son regard ne pouvait se poser.L\u2019étendue morne et plate de la lande l\u2019entourait.Là-bas, pourtant dans le brouillard de l\u2019heure matinale, se dessinait la pointe menaçante du «Cap de la Chèvre» surnom d'angoisse et de terreur.Oh.les contes de Mac\u2019 Harite.les vieilles légendes qui font frissonner.entre toutes, une surgissait.l'histoire terrible de cette princesse aux cheveux d\u2019or et aux yeux d\u2019émeraude, si belle que les plus grands rois la recherchaient, et qui s\u2019éprit pourtant d\u2019un petit marin de la côte.Elle avait bien le droit de disposer de son coeur, raisonnait doucement Ian- Chapitre II \u2014 Allons donc, tu ne m\u2019aimes pas Kerias, appuya Yvonne, sans cela, est- ce que depuis longtemps tu n\u2019aurais pas parlé à mes parents ?\u2014 Moi, j't'aime pas.moi j't'aime pas.s\u2019écria le gros garçon, en roulant de façon comique, ses petits yeux à fleur de tête.oh.Yvonne, peux-tu dire cela ! \u2014 Non, tu ne m\u2019aimes pas, répliqua Yvonne, si tu m\u2019aimais, tu me voudrais pour femme.\u2014 Mais je te veux, Yvonne, crois-tu que sans cela j\u2019économiserais sou à sou, de quoi acheter de beaux meubles de bois pour notre ménage, crois-tu que je travaillerais tout le jour en chantant de bonheur, si je ne savais pas que c\u2019est déjà un peu pour toi, enfin crois-tu que je me priverais du cabaret le dimanche pour t\u2019acheter des croix et des rubans, si je n\u2019avais pas le désir que tu sois ma femme, et la plus belle de toutes.L\u2019accent du bon garçon était ei désolé, si sincère, qu\u201d\u2019Yvonne ne douta plus.\u2014 Alors, Kerias, reprit-elle, qu\u2019attends- tu?Tu sais bien que ma «mann> te trouve un brave gars, et qu\u2019il n\u2019est pas jusqu\u2019à grand\u2019mère Mac\u2019Harite, qui ne soit bien disposée à ton égard?Quand on veut une fille, on la demande.Il y avait toute la logique dans ces mots, Kerias baissa la tête, mais sans répondre.Malicieusement la jeune fille le regardait à la dérobée.L'air piteux et toujours plus désolé de Kerias ne la toucha pas outre mesure, car elle reprit, voulant évidemment le pousser à bout.Juillet 1934 \u2014 La belle réponse que ce silence.ah .+.Kerias, tu vois bien que tu ne m\u2019aimes pas._ Cette fois le pauvre garçon fondit tout simplement en larmes, \u2014Moi\u2026 moi.je ne t'aime pas.moi qui ai usé trois paires de sabots à venir te voir d\u2019Hulgoat à Kerdec .moi qui t'ai acheté tant de velours, de croix et de bagues d\u2019argent, moi qui depuis, des mois, te suis à toutes les foires, te fais danser à tous les Pardons et te couvre de rubans à toutes les aires- neuves.Ah.Yvonne c\u2019est bien mal de dire çà.La mutinerie d'Yvonne fit alors place a un attendrissement réel.Elle se pencha vers Kerias qui pleurait brayamment dans son chapeau, et murmura : \u2014 Eh bien, promets-moi de parler demain à mon père.\u2014 Oui, oui, assura Kerias, entre deux hoquets, cette fois j\u2019oserai, je te le promets, je n\u2019aurai pas peur.Rassurée, Yvonne se leva pour se sauver sur Cette promesse.En fuyant, elle renversa d\u2019un coup de poing son fiancé, charmé de cette preuve d'affection, car se renverser d\u2019un coup de poing est une grande faveur entre amoureux bretons.Kerias essuyait ses yeux rougis, car lannek traversait l\u2019étroit jardin.Toutes les prières de Jehan n\u2019avaient abouti qu\u2019à l\u2019ajournement de son entrée au couvent, jusqu\u2019aux jours les plus proches de son mariage.Et elle comptait sur ses doigts, heureuse tout de même de ce sursis, que peut-être, c'était encore trois semaines qui lui restaient de sa belle vie de liberté.après.\u2026 après.eh.bien après elle verrait.pour l'instant, il fallait profiter des derniers beaux jours.Et comme avant, oubliant l\u2019avenir, Iannek reprit sa vie vagabonde et sauvage.Depuis deux jours, déjà, Jehan était revenu de Vannes, avec le Duc et le Marquis.La demande officielle de la main de mademoiselle Lucienne de Saint- Hilaire pour le Comte Jehan de Kerdec- Moëlan, avait été faite par le Duc.Agréé, Jehan revenait au château, où commen- çaïent les préparatifs de la réception que lon réservait à la jeune fille à son retour.Le Duc venait de recevoir de Mademoiselle Anne restée près de Lucienne, un message annonçant son arrivée et celle de leurs hôtes, pour le surlendemain.7 Iannek cherchait Jehan, qu\u2019on avait en vain appelé.Elle l\u2019aperçut sous la vigne- vierge, assis sur un vieux banc moussu, dans une attitude à la fois très lasse et très triste.Il avait posé son front dans ses mains et disait à mi-voix des mots que l\u2019enfant ne comprit pas.A la vue de cette douleur avouée, Ian- nek poussa un cri! \u2014 Ah.Jehan.Jehan.tu as done beaucoup de chagrin ?I1 se redressa surpris, et montra son visage rougi de larmes.\u2014Ce n\u2019est plus rien, ma petite Ian.nek, murmura-til en attirant l\u2019enfant dans ses bras.C\u2019est une dernière faiblesse dont il ne faut parler à personne., \u2014Je n\u2019en parlerai pas Jehan .mais j'ai tant de peine à te voir souffrir.Je suis sûre que toi aussi, tu rêvais de quelque jolie princesse.\u2014 Toi aussi, répéta le jeune homme, pourquoi dis-tu, toi aussi Iannek ?Tu n\u2019as que seize ans, mais aimerais-tu déja?Elle rougit jusqu\u2019aux oreilles, et secoua lentement sa petite tête fine.\u2014 Non Jehan, personne, fit-elle presque grave.\u2014 Bien, bien, reprit le jeune homme, en lui caressant les cheveux, parce que voistu ma petite lannek, nous, nous ne devons pas aimer comme aiment les autres.Il nous faut commenter et soupeser avant, aimer après, si nous le pouvons.le nom est la.et notre dette est grande, ah !.trop grande même ! Il l\u2019écarta doucement et rentra au château.Debout, le front songeur, le regard perdu au loin, lannek s\u2019immobilisait sous la tonnelle.Pourquoi tout à l'heure, s\u2019était-elle troublée au seul mot, aimer ?Qu\u2019avait- elle maintenant?Le souvenir de tous ses rêves puérils lui revint, toujours les mêmes.Le grand château, le prince LES tabacs Virginien, Burley et Turc du meilleur choix, mé- longés dans les proportions exactement requises, donnent aux Winchesters leur incomparable saveur\u2014 voilà l\u2019explication de la popularité des Winchesters auprès de ceux qui réclament d\u2019une cigarette mieux qu\u2018une simple bouffée.CIGARETTES Winchester D\u2019un Mélange Parfait! COLLECTIONNEZ LES \u201cMAINS DE POKER\u201d 20 charmant, la vie de liberté et d\u2019espace\u2026 rien n\u2019est changé.Pourtant, le prince charmant, un mot autrefois, prenait forme aujourd\u2019hui.Dans le vague du rêve, ses traits se dessinaient.Peu à peu le château s\u2019éclipsait, il ne restait plus que lui, non paré de velours et d\u2019or, non emporté vers elle dans un carrosse attelé de six chevaux, mais simplement vêtu d\u2019un vêtement de drap, tenant d\u2019une main son \u2018chevalet et sa boîte de peinture, et toujours précédé d\u2019un énorme dogue.Comme elle rentrait pensive, elle remarqua que déjà la restauration commençait au château.On préparait à la fois, l'aile droite où se trouvaient les vastes appartements réservés à mademoiselle de Saint-Hilaire, et l\u2019immense galerie des portraits.Dans l\u2019aile gauche, se trouvait la chapelle.Un dizaine d\u2019ouvriers y travaillaient.lannek regarda, intéressée soudain.Les vieux murs démolis allaient donc se relever, montrer leur face unie.Ce serait donc rajeunis, que les saints de bois vermoulu, de plâtre, de marbre et d\u2019albitre, salueraient et béniraient le bonheur triomphant des jeunes époux.Ah.qu\u2019elle serait belle alors, la chapelle éclatante de jeunesse, de lumière, parée de tapis nouveaux, de sièges confortables, et toute embaumée de fleurs.Elle était heureuse, la petite Iannek.Comme si, pour son bonheur à elle, on eut reconstruit la chapelle délabrée.Et lentement, en effet, son rêve la reprit.Le grand fauteuil de velours blanc, lui tendait les bras, elle s\u2019y agenouillait, enveloppée de tulle neigeux; sur le prie-Dieu, à côté d\u2019elle, son prince attendait.Toute une légion de blonds archanges les entouraient, chantant de divins choeurs.Et c\u2019était le vieux prêtre officiant, unissant leurs mains.à son doigt l'anneau était glissé.Ian- nek sentait son coeur se fondre délicieusement.Elle pleurait, une larme tomba sur sa main, la tirant de sa rêverie.I'enfant sourit.Folle.folle.le prince.le prêtre, l\u2019anneau, tout avait disparu.pourtant sur son doigts, une larme brillait, tel un diamant.la bague des fiançailles des de Kerdec-Moëlan.Le vieux Duc arrivait, subitement transformé, rajeuni de cette jeunesse apportée au château.Depuis l\u2019aube, il n'arrétait pas, suivait l\u2019architecte, examinant les plans, discutant, applaudissant ou réprouvant.Un bonheur extrême rayonnait sur ses traits.Maintenant après avoir sans fatigue parcouru tout le château, il arrivait à la chapelle où avaient été bénies tant d\u2019unions, ondoyés tant de nobles enfants, veillées tant de dépouilles chères.et tout de suite, il remarqua avec désespoir la flétrissure des antiques peintures murales.Le marteau des ouvriers achevait l\u2019oeuvre de destruction des temps et le due sindi- gna! \u2014 Voyez-vous, M\u2019sieur le Duc, déclara un ouvrier, j'connais bien un artiste moi, mais un artiste comme y'en a pas deux dans l\u2019univers.C\u2019est lui qui s\u2019est occupé des peintures de notre petite église de Crozon, dont les murs tombaient quasi en ruines.\u2014 Ah.murmura le Duc, j'ai bien admiré, en effet; où est cet homme?Il nous le faut.amenezle et dites-lui que nous le paierons ce qu\u2019il demandera.Mais l\u2019ouvrier secoua la tête.\u2014 C\u2019est pas un homme qui travaille M°sieur l\u2019Duc, c\u2019est un artiste que M\u2019sieur Bertal.\u2014 Qu\u2019importe.atil donc tant de fortune que la perspective d\u2019un gain respectable ne le puisse tenter ?\u2014 S'il est riche M\u2019sieur I'Duc.Ah.bien sûr.des millions et des millions même.Son père, en mourant lui a laissé toutes les mines argentifères si réputées d\u2019Huelgoat.Il habite avec sa mère et sa soeur, le beau château d\u2019Huelgoat.Ah.les braves gens.aussi je puis dire à M\u2019sieur l\u2019Duc que j'lui amènerai M°sieur Bertal, M°sieur Julien comme on l\u2019appelle dans le pays.d\u2019ailleurs pour lui s'occuper de peinture c\u2019est son bonheur.Tannek respirait à peine.Son coeur tressaillait d\u2019aise et cette fois, elle s\u2019étonna.Qu\u2019avait-elle pour être si heureuse ?Le Duc parlait toujours, mais la conversation avait pris un autre cours ; La Revue Populaire alors l\u2019enfant se glissa hors de la chapelle.Un besoin de solitude la hantait.Elle gravit le large escalier conduisant à sa chambre.Tout en haut, la porte du cabinet de travail du marquis était en- tr\u2019ouverte.On parlait, son nom venait d\u2019être prononcé.Iannek écouta.C\u2019était encore Jehan qui plaidait sa cause auprès du marquis, comme il l\u2019avait fait auprès du Due.Mais où celui- ci avait discuté, le marquis se fâchait.Iannek entrerait au couvent, il fallait qu\u2019elle y entrât.Et comme Jehan résistait, la père cria dans l\u2019emportement d\u2019une mauvaise colère : \u2014 La liberté.croyez-vous qu\u2019il lui suffira toujours d\u2019être libre, d\u2019avoir Pair, l\u2019espace .Croyez-vous qu\u2019elle n\u2019ait pas un coeur, cette enfant, image vi vante de votre mère.Ah ! mon fils.si vous êtes mon image, cette petite est la sienne.je la retrouve dans ses traits, dans ses gestes, dans ses idées.vivante, vivante.vous dis-je.Sou- venez-vous de la façon dont elle embrassait ses poupées.Ce n\u2019était déjà pas des baisers d\u2019enfants, la caresse incomprise qu\u2019ils donnent.Il y avait une âme, un sentiment, une passion déjà.lan- nek ira au couvent, il le faut.si elle venait à aimer, nulle considération ne la pourrait retenir, elle sacrifierait tout à son amour, elle oublierait son nom, comme votre mère a oublié le sien, le mien.Jehan releva audacieusement le front, la face pâle, la voix tremblante, il questionna, frémissant d\u2019indignation contenue : \u2014 Mon père, vous accusez ma mere, qui peut-être était innocente .avez-vous donc les preuves de sa trahison pour parler ainsi.\u2014 La preuve ?si le fait d\u2019avoir entendu leurs aveux en est une, je l\u2019ai, car j\u2019ai bien entendu.\u2014Entendu ?.\u2014 Oui, vous devez tout savoir, maintenant.Un jour, je chassais prés de la Croix-Rouge.Au pied de la colline, vous connaissez la petite grotte qui s\u2019y trouve.Je descendais donc songeant à me reposer là.tout à coup, j\u2019entendis des soupirs étouffés, des murmures, des baisers \u2026.interdit, je m\u2019arrête .mais il m'avait semblé reconnaître une voix.celle de votre mère.Depuis quelque temps déjà, je soupçonnais.Comme un fou, je me précipite à l\u2019entrée de la grotte.un cri se fait entendre, en même temps qu\u2019une silhouette de femme fuit de l\u2019autre côté de la grotte.J\u2019avais eu le temps d\u2019apercevoir un coin de sa robe grise, comme celle que portait habituellement votre mère .l\u2019homme s\u2019était redressé devant moi .je le reconnus.c\u2019était Monsieur Jean Cerny.Je lui sautai à la gorge,\u201cmais d\u2019un bras vigoureux, il me repoussa.\u2014 Monsieur, cria-t-il, est étrange, en vérité.votre conduite \u2014-Misérable, hurlai-je, aveuglé par la colère, ma femme est avec vous.la.la.laissezzmoi entrer.\u2014 Vous n\u2019entrerez pas, répliqua-t-il froidement, ou je vous brûle la cervelle.Sur mon honneur, Monsieur de Kerdec- Moëlan, la femme qui est ici n\u2019est pas la vôtre.C\u2019est tout ce que j'ai à vous dire, mais pour sa pudeur, pour son honneur à elle, je n\u2019ai pas le droit de vous révéler son nom.Veuillez donc vous retirer, Pour toute réponse, je lui assénai un violent coup de poing.Je me battais comme, un gueux, j'étais fou de colère et de désespoir.Mais la lutte ne pouvait pas durer.Je dus quitter la place.Par l\u2019autre issue de la grotte, la femme avait fui.Je courus haletant au château.Votre mere cousait dans sa chambre, effrayante de pâleur, du moins, je me l\u2019imaginais, dans son déshabillé blanc.Elle prétendait être de retour de sa courte visite à léglise depuis une heure au moins.J\u2019interrogeais les domestiques.Je relevais les moindres indices, rien ne la condamnait.Et cependant j'étais sûr.je suis sûr .\u2026.cette robe était la sienne.Le surlendemain en duel je tuais Jean Cerny .Votre mère mourut quelques jours plus tard.était-elle coupable ?ne l\u2019était- elle pas! Pour moi; elle l\u2019a été, Jen ai la conviction au delà des preuves, car les preuves manquent, elles manquent \u2026.Ok.savoir.savoir!.Le marquis avait laissé tomber sa tê- le dans ses mains, accablé, silencieux.la furieuse révolte de Jehan se calma devant cette douleur.Il prit dans les siennes, la main glacée de son père.Debout dans l'escalier, lannek restait péttifiée, sans la force d\u2019un mouvement.Que venait-elle d\u2019apprendre.Mon Dieu! .sa mère .sa pauvre petite mère dont l\u2019image souriante passait devant ses yeux.coupable ?.morte aussi tragiquement ! .L\u2019épouvante la clouait sur place.non.non.ce n\u2019était pas vrai.Elle répétait cela machinalement.sans réflexion possible dans l\u2019affolement de son émotion.Pourtant, une terreur d\u2019être surprise là, l\u2019envahit.Elle se glissa le long de l\u2019escalier, et gagna la lande, où jusqu\u2019au soir, elle erra, lassée, inconsciente.Chapitre IV Mademoiselle Anne entrain dans le grand salon, où se trouvaient déjà ses amis.Lucienne de Saint-Hilaire tendit à Jehan sa main étroite et transparente.Tandis que Monsieur d\u2019Aumerac, oncle et tuteur de la jeune fille s\u2019entretenait avec le marquis, le Duc regardait avec une certaine inquiétude, la future comtesse de Kerdec-Moëlan.Jolie, d\u2019une beauté faite de grâce délicate, il semblait à ce dernier, qu\u2019elle eût les traits trop fins, le teint trop blanc, l\u2019allure trop légère.Il eut pré- La Galerie Nationale du Canada CLARENCE GAGNON.\u2014 La Côte Nord.Juillet 1934 féré, à cette poétique et blonde créature, une belle et robuste fille au corsu- ge plein, aux hanches larges.La Duchesse de Kerdec-Moëlan leur devait des héritiers, et quels seraient ceux qui nai- traient de cette délicatesse maladive sans doute.Il soupira, Mademoiselle de Saint- Hilaire apportait dix millions, au vieux nom de ses pères, et déjà le château se relevait.Le jour même, on convint de la date du mariage.Le temps des formalités nécessaires fut strictement accordé; puis, ce dut être la série des présentations obligatoires, le personnel d\u2019abord, renforcé comme au temps des opulences, de valets de pieds en livrée, de cocher: galonnés.de piqueurs.Les fermiers défilèrent ensuite.M:- demoiselle de Saint-Hilaire s\u2019évanouit deux fois dans la soirée.Intentionné pour la fiancée qu\u2019on lui imposait, Jehan, malgré tout.demeurait soucieux.Une lutte se livrait en lui.Il voulait ne plus penser, figer sur cette blonde tête, ses regards et ses pensées, toujours une autre image surgissait rayonnante de jeunesse, de santé, de beauté.et vainement encore, il voulait admirer la transparence des yeux bleus de Lucienne, vainement il caressait du regard la soie ondée de sa lour: de chevelure, des yeux noirs où se re-X flétait toute une âme de pureté, des boucles brunes, soyeuses et rebelles lui apparaissaient.souvenirs délicieux.incrustés dans sa mémoire éternellement.Réfugiée au bout du salon, Iannek ne bougeait pas, elle aussi regardait sa future belle-soeur.Son grand air de douceur, l\u2019avait conquise de suite.Les deux jeunes filles s\u2019étaient embrassées, soeurs déjà.Avec étonnement Lucienne apprit la destinée de Iannek.\u2014 Oh.comme c\u2019est triste, s\u2019était-elle écriée.pourquoi Monsieur, ne nous la laissez-vous pas ?Mais mademoiselle Anne interrompit la jeune fille.le Marquis fronçait le sourcil et Jehan serra la main de sa fiancée avec reconnaissance.Déja la conversation allait à d\u2019autres projets.Le Duc s\u2019était levé.Derrière lui Iannek s\u2019échappa du salon.Ouf .elle étouffait dans ces grandes salles où l\u2019on n\u2019avait pas le droit de parler, de rire, de marcher même.Hélas, depuis quelques jours, pourtant, elle ne riait plus, perdue sans cesse dans une rêverie lassée.Rien ne pouvait distraire .sa pensée du secret découvert.Sa mère avait trahi peut-être.trahi?sa naïveté d\u2019enfant ne comprenit pas bien.trahir pour elle.c\u2019était penser à un autre, c\u2019était peut-être aussi tendre sa joue à son baiser .Sa pudeur se révoltait.\u2026.elle rougissait à cette seule évocation.Soudain, elle tressaillit; dans la vaste salle d\u2019armes où elle s\u2019était réfugiée, Julien Bertal peignait d\u2019admirables fresques.Julien Bertal se trouvait devant elle.Il s\u2019attendait si peu à la voir paraître à cet instant, que son pinceau lui glissa des doigts, mais il se ressaisit et salna l\u2019enfant.Le vieux Duc était présent.Iannek voulut parler, un malaise insurmontable scella ses lèvres.\u2014 Iannek, murmura le Duc, retirez- vous mon enfant.Votre présence ici ne saurait être qu\u2019importune.Julien Bertal eut une protestation spontanée, mais d\u2019un geste doux le Duc réitéra son ordre, lannek s\u2019éloigna lentement, et gravit le large escalier de pierre conduisant aux appartements.A présent.qu\u2019elle allait le quitter, mille sentiments l\u2019attachaient au château.Sa chambre si vaste, aux merveilleuses peintures murales qu\u2019elle n\u2019admirait pas autrefois, l\u2019attira, et durant quelques minutes, elle réva devant les scènes repré- # sentées sur les murs.Là, c\u2019était un jeune guerrier, qu\u2019on sacrait chevalier.plus loin une blonde princesse appuyait sa tête sur l\u2019épaule robuste de son amant fidèle.le voici parti au combat.plus loin encore, ce sont des pleurs.Il a péri, l\u2019intrépide chevalier, et près de son corps inerte, la princesse sanglote.Oh!.la pauvre princesse.Ianne* s\u2019attendrit d\u2019autant plus qu\u2019elle sait le fait véritable.Dans l'immense galerie des portraits, le Duc souvent lui a montré celui de la princesse, veuve sans avoir Juillet 1934 La Revue Populaire 2 \u201cVOYEZ FILER LES FORDS!.\u201d Sur la grand\u2019route, dans les montées les plus raides, dans la cohue de la circulation urbaine, regardez bien la Nouvelle Ford V-8.N'\u2019êtes-vous pas émerveillé par sa vitesse, sa puissance, ses reprises instantanées?.Son moteur à huit cylindres en V en est la raison fondamentale.Il possède certains avantages techniques qui ne peuvent être reproduits dans aucun moteur d\u2019un autre genre .Quant à son caractère économique, , pL , + ., , ; Ps , c\u2019est une autre supériorité qui, si elle n\u2019est pas visible comme tel ou tel autre attribut extérieur, n\u2019en est pas moins mathématiquement démontrable, tout comme ses performances.N\u2019importe quel possesseur d\u2019une Nouvelle Ford V-8 vous dira lui-même ce qu\u2019il en pense.Son opinion\u2014 impartiale\u2014s\u2019appuiera sur les chiffres mêmes du coût de l\u2019exploitation de sa voiture.Si nous vous demandons de causer avec ceux qui ont une Ford V-8, c\u2019est que nous faisons l\u2019éloge de notre automobile en connaissance de cause.Nous savons, comme ils le savent, que c\u2019est l\u2019automobile la plus économique que Ford ait jamais forgée. 22 eu d\u2019époux, celui du chevalier, un duc de Kerdec-Moëlan, un héros encore.Mais c\u2019est si loin ce temps-là pour l\u2019enfant, que tout y prend une apparence de contes, une teinte de mythes, transmis de père en fils dans les veillées du soir.Conte de fêes, légendes ou sortilèges de sorciers.tout cela dans sa jeune âme devait avoir une parenté, une ramification secrète, avec les époques reculées.Iannek, maintenant, parcourt la chambre d\u2019un regard.Ainsi ils auraient touché à tout ce qui l\u2019entoure, ces êtres lointains.Comme elle, ils ont respiré air de cette pièce, dormi dans le lit à longues colonnes, ouvert et refermé l\u2019armoire seulptée, où les quelques pièces qui composent son trousseau, sétalent sans se frôler.Elle tremble à cette seule évocation.pourquoi?Une vieille légende de Mac\u2019Harite surgit tout à coup, lui revient à l\u2019esprit.Un pèlerin de Notre-Dame d\u2019Auray, poursuivi par de méchants Poulpiquets, était venu demander asile au Duc de Kerdec-Moëlan .On l'avait accueilli comme un envoyé de Dieu.et jusqu\u2019à cette chambre un joli page l\u2019avait précédé.Durant la nuit, les Poulpiquets pénétrèrent dans le château, car les Poulpiquets pénètrent partout.À pas de loup, ils se glissent vers le lit du juste qui sommeille .Ils vont le tuer.lui sucer le sang comme des vampires.mais il s\u2019éveille, affolé il n\u2019a qu\u2019un cri: «A moi, Seigneur!» Aussitôt dans le mur une porte se taille, s\u2019ouvre, laisse passer le pèlerin dans la pièce voisine, que gardent deux anges, et se referme.Il est sanvé.les Poulpiquets malicieux ont beau chercher, la porte leur est invisible .aujourd\u2019hui on la montre dans le château.C\u2019est cette porte basse qui fait communiquer sa chambre à celle de sa mère.Les yeux d\u2019lannek s\u2019y fixent.Quelque chose les y attirent.Elle se lève lentement, ouvre la porte.Elle est chez sa mère.-.Sa mère \u2026.Elle ignorait jusqu\u2019alors, le drame qui avait terminé sa vie.On lui avait dit qu\u2019elle était morte, il ne lui restait d\u2019elle qu\u2019un souvenir enfantin et très doux.Mais à présent, un sentiment étrange, tenace, grandissant, l\u2019attache à sa mémoire.En quelques jours sa pensée constante a éveillé ses souvenirs endormis, ravivé les traits à demi effacés de son cerveau d\u2019enfant.sa mère.son image est là, maintenant dans ses yeux pour toujours.Tannek s\u2019était accoudée sur une petite table à ouvrage, le seul meuble moderne qui ornât cette chambre el s\u2019absorba dans ses pensées confuses.Elle savait aujourd\u2019hui pourquoi, on n\u2019en parlait jamais de cette mère dont les traits étaient là, sous ses yeux.image victorieusement belle dans son cadre de bois sculpté, pourquoi ce portrait, le seul qu\u2019elle eut jamais vu, n\u2019était pas dans la galerie où trônaient leurs aïeux de tout temps.Elle fit quelques pas au travers de - cette chambre ou régnait encore un vague parfum d\u2019iris et de lavande.Sur la cheminée, des pelotes de soie et de velours s\u2019alignaient, encore hérissées d\u2019épingles.Des abat-jour minuscules coiffaient chaque bougie des candélabres.puis c\u2019étaient des dessous de lampe brodés, des vide-poches perlés et pailletés; objets charmants créés par Pingé- niosité féminine de sa mère.L'enfant voyait tout d\u2019un seul regard.Maintenant elle rêvait.Une grande sérénité succédait à son trouble.Tant de paix reposante l\u2019entourait dans cette chambre qui avait gardé comme une indélébile empreinte de celle qui l\u2019occupait autrefois.Sur le lit encore, reposait une longue robe blanche, la robe nuptiale.et Ian- nek baise cette relique, coquette et sacrée pour elle.Vers les meubles, l\u2019enfant allait.Elle les caressait de la main, leur parlait.Une voix émanée de toutes ces choses semblait la consoler et elle souriait.Le prodigieux ressort de sa belle jeunesse triomphait de ses tourments.Devant un petit secrétaire antique, poussiéreux, aux trois-quarts démoli, [annek s\u2019assit, et bientôt sous sa main nerveuse, la serrure fatiguée cédait.elle fouillait tous les coins du meuble.Un tiroir bien secret s\u2019y trouvait, les planches disjointes aujourd\u2019hui La Revue Populaire le trahissaient, seulement à Iannek, et tandis qu\u2019un minuscule coffret attirait ses regards, elle chantait en langue bretonne, la naïve prière des pêcheurs : « O werc\u2019hez vara bénéguet C\u2019hui zo guet enn oll inhouret; En dud, er sent, ag en clé, E gan hou mélodi bamde.A p'um bou en doar goal affer, Ni hum bou chonche ag hou pouvoér; Ni a oulennon hou sicour Hum fce distroeit d\u2019oh hou tour, Présentet de Zoué, hun mam kaër, Dévotion tud et harter ; -Pe bédant Doué ar hou deulinn Dirac hou tour noz ha mitinn.Distraitement aussi, elle tournait et retournait le coffret sculpté.Que contenait donc ce coffret?des souvenirs, des souvenirs sans doute à sa chère maman.Impatiemment, maintenant Ian- nek contemplait ce bibelot précieux.soudain elle sourit.Au fond, tout au fond du secrétaire, blottie, cachée, dans une sébille, encombrée de médailles, de croix, de talismans, une petite clé d\u2019argent semble lui sourire de tout son éclat, au milieu des objets ternis, jaunis, rouillés.Iannek ouvrit le coffret.Un paquet de lettre nouées d\u2019une faveur y reposait.Extrait de Ma Gaspésie > _Â \u2014 Des lettres.murmura l\u2019enfant, des lettres à ma pauvre maman ! Elle ouvrit les feuillets jaunis par le temps et surprise resta songeuse dès les premiers mots.« Ma bien aimée Fanny ! .Fanny, le nom de sa mère ! > Elle alla à la signature et lut: ¢ Jean Cerny ! » Elle ne comprenait toujours pas, mais une angoisse affreuse la pénétrait, alors, elle revint à la lettre.Ce n\u2019était qu\u2019un cri d\u2019amour et de désespoir, il l\u2019aimait, il l\u2019aimait et elle appartenait à un autre, liée pour la vie, alors que son rêve à lui, était qu\u2019elle lui appartint sans partage.lannek eut un geste de terreur.« Mon Dieu », murmura-t-elle.Sa main frélait les autres lettres, elle eut un recul, puis elle se ressaisit, et tremblante parcourut les lignes, toutes semblables, ou il criait toujours son amour, son désespoir.plus loin son bonheur.plus loin encore ses projets.Iannek frissonna.Une lettre datée du 25 août 18.se trouvait sous ses yeux! 20 août.deux jours après sa naissance !.« Ma fille, j'ai done une fille.et tu lui donneras mon nom.lannek, Jeanne.Ah.tu ne peux savoir mon bonheur, la recon- \u201cUoiles blanches = d > > > > naissance que je t\u2019ai vouée, l\u2019amour éternel qui vit en moi, ma bien-aimée.crois que ta tendresse n\u2019est pas alliée à un ingrat.Je vous baise ma fille et toi, sur vos fronts adorés.» L'enfant s\u2019effondra à terre.Ainsi c\u2019était vrai, elle les avait maintenant les preuves de la trahison.elle.elle.Tannek Cerny .Elle tremblait de tous ses membres, agenouillée, hébétée, com- \u2018me assommée d\u2019un coup trop rude.Un bruit de pas au loin, la fit tressaillir.Elle eut peur, peur d\u2019être surprise là, au milieu de ces papiers dénonciateurs.D\u2019un geste fébrile elles les ramassa dans sa jupe relevée; mais ce semblant d\u2019énergie s\u2019évanouit bientôt et elle ne bougea plus.Coupable! sa mère avait été coupable.elle était le fruit de la trahison, la petite Iannek Cerny.mais voila aussi le mystère de son indifférence au nom vénéré ! Une Kerdec-Moëlan elle, si blonde, si gracile, si fréle, qu\u2019avait- elle de la forte structure de la téte énergique et brune aux traits accentués de ceux dont elle portait le nom?Une Kerdec-Moëlan ! .Oh non ! .la moitié de son rêve se réalisait.Elle eut pa être la petite pêcheuse vagabonde, courant librement la grève, portant avec la gaieté de son âge un nom obscur.Peu à peu, son rêve s\u2019égarait, s\u2019éloignait de ses pensées premières, mais un regard jeté sur les lettres, la fit se souvenir à + ee\u201d > BLANCHE LAMONTAGNE nouveau et cette fois elle n\u2019éprouva plus qu\u2019une immense pitié.\u2014 Maman, oh ! maman.Des larmes lui vinrent aux yeux.coupable, sa mère lui apparaissait auréolée cependant d\u2019un tel passé de douleur.qu\u2019elle oubliait la faute, pour se représenter le martyre.Epouser malgré soi un être que son coeur repousse, cela lui semblait terrible, affreux, la plus injuste des condamnations.Injuste, parce que sacrifier le coeur, c\u2019est sacrifier la vie.Terrible pour l\u2019anéantissement des joies espérées, promises, inséparables d\u2019un noble amour partagé.Elle qui déjà portait ses rêves vers la tendresse d\u2019un prince charmant, qui devinait une joie infinie dans l\u2019ê- change de longs aveux, dont le coeur tressaillait de bonheur à la seule évocation de la Chapelle parfumée de lys, de l\u2019anneau d\u2019or brillant à son doigt comprenait aussi quelle présence pouvait teinter de joie ses rêves d\u2019adolescente.Iannek pleurait encore de grosses larmes silencieuses, penchée sur l\u2019une des lettres.Un charme l\u2019y retenait.Comme elle avait aimé.comme elle avait été aimée, surtout, sa chère maman.Un sourire lui vint aux lèvres, rayonna sur son visage pétri de clarté.Elle Juillet 1934 s\u2019attarda sur cette pensée.Pen à peu ses larmes se séchaient; une voix dans sou coeur chantait victorieusement.Iannek sourit tout à fait.Une à une elle ramassa les feuilles jaunies et pieusement les réunit sous la même faveur; puis elle les fit glisser dans son corsage d\u2019enfant.Ah.ce secret qu\u2019elle avait découvert, que tout autre eut pu pénétrer au- jourd\u2019hui, n\u2019était-ce pas sa mère qui l\u2019avait conduite là, pour détruire à jamais les preuves indiscutables de sa faute.Elle se redressa, baisa longuement l\u2019image de la morte, et sortit doucement, emportant avec elle, un passé de déshonneur et de malédiction.Chapitre V Mac\u2019Harite eut un geste de colère.\u2014 Laisse-moi en paix avec ton « penu- her » (fils unique) et ton coeur.Tu es une sotte et lui un vilain homme.Yvonne pleura bruyamment.\u2014 Puisque je vous dis qu\u2019il veut m°épouser, grand\u2019meére, que mêmement il me l\u2019a juré hier encore, derrière le pignon de la maison.\u2014 C\u2019est bon, bougonna Mac\u2019Harite qui reprisait avec fureur ses épais bas de laine, c\u2019est pas la peine de tant le jurer.Quand on l\u2019veut, on s\u2019en vient tout sagement trouver le père de la ¢ guerchez » (fille à marier, jeune fille) et on parle.Quand l\u2019père Yves m\u2019a voulu avoir pour femme, en deux heures de temps, tout a été conclu.\u2014Kerias veut m\u2019épouser.il vent m\u2019épouser .répéta Yvonne avec enté- tement.\u2014 Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019il attend, qu\u2019il vienne done.Disant ces mots, Mac\u2019Harite avait porté les yeux vers la porte, Kerias parut sur le seuil.\u2014 Ah! Kerias, s\u2019écria Yvonne, viens donc, grand\u2019mère ne veut pas croire a tes paroles.Le penn\u2019her restait toujours sur le seuil de la porte, intimidé soudain; tournant pour toute réponse à l'invitation d\u2019Yvonne, son large chapeau de feutre errubanné de rouge entre ses doigts courtauds.\u2014 Entre donc Kerias, et cette fois ex- plique-toi.\u2014 Oui, reprit Mac\u2019Harite, il faut en finir pourtant.Savez-vous mes enfants, ce que me disait, ce matin encore, la Marie-Jeanne, tandis que tous les deux vous marchiez sous la pluie ?< Kerias est donc engagé.il porte le parapluie à Yvonne ?.» Voyons Kerias, on ne porte pas le parapluie d\u2019une fille, quand on n\u2019a pas l\u2019idée de l\u2019épouser.Le gros garçon bégaya, toujours cloué à la porte : \u2014 Mais j'veux l\u2019épouser Mère Mac\u2019Ha.- rite, j'veux l\u2019épouser et même que mon ¢.Avec moins de timidité, Yvonne la prit et la mangea.Elle se servit ensuite du couteau de Kerias pour couper son pain et but après lui dans le même verre, en saluant l\u2019un après l\u2019autre le Duc et le Marquis, puis les membres des deux familles.Ceux-ci burent alors pour lui faire honneur.À son tour Kerias rendit et reçut les mêmes hommages.Les fiançailles se trouvaient conclues.Yvonne demanda à genoux la bénédiction du Duc et celle de ses parents.Il y avait huit jours de cela et Lu- cienne gardait encore dans les yeux la joie expansive et charmante d\u2019Yvonne.Vint enfin le jour du mariage.Dès le matin, la jeune fille se para de ses vé- tements de noces, bien qu\u2019elle dut rester enfermée dans sa chambre, jusqu\u2019au moment du départ du cortège pour l\u2019église.Impatiemment elle attendait debout dans la crainte de chiffonner ses vêtements d\u2019épousée, devant la fenêtre close, mais au travers des rideaux de mousseline, elle vit arriver à cheval, Kerias, en grand costume, tout paré de rubans et de fleurs.Parents et amis le suivaient, précédés du «baz-vatant> et des sonneurs.La Revue Populaire 25 Le baz-vatan devait parler au nom de Kerias; aussitôt arrivé, il fut introduit dans la demeure d\u2019Yves.Il but avec le pere de la fiancée et le breutaer, qui devait répondre au nom de celle-ci.Il sortit bientôt, et alors s\u2019engagea le dialogue suivant : Le baz-vatan (sur le seuil de la porte).(Traduction de Monsieur Souvestre.) \u2014 Au nom du Père tout-puissant, du Fils et de l\u2019Esprit-Saint, bénédiction et joie dans celte maison ! Le breutaer (devant la porte fermée).\u2014FEt qu\u2019as-tu mon ami?que ton coeur n\u2019est pas joyeux ?\u2014 J'avais une petite colombe dans mon colombier, avec mon pigeon et voilà que l\u2019épervier est accouru, comme un coup de vent, et il a effrayé ma petite colombe et on ne sait ce qu\u2019elle est devenue ! \u2014 Je te trouve bien requinqué pour un homme si affligé.Tu as peigné tes beaux cheveux, comme si tu te rendais à la danse.\u2014 Mon ami, ne raillez pas, n\u2019avez- vous pas vu ma petite colombe blanche ?Je n\u2019aurai de bonheur au monde, que je n\u2019aie retrouvé ma petite colombe.\u2014Je n\u2019ai pas vu ta colombe ni ton pigeon blanc non plus.\u2014 Mon pigeon sera trouvé mort, si sa compagne ne revient pas, il mourra mon pauvre pigeon.Je m\u2019en vais voir pas le trou de la serrure.\u2014 Arrête ami, tu n\u2019iras pas, jy vais moi-même, Le breutaer entre dans la maison, puis reparait bientôt : \u2014 Je suis allé dans mon courtil, mon ami; et je n\u2019y ai point trouvé de colombe, mais quantité de fleurs, des lilas, des églantines et surtout une gentille petite rose qui fleurit au coin de la haie.Je vais vous la chercher, si vous le voulez pour rendre joyeux votre esprit.Il rentra une seconde fois, et ramena par la main une fillette de deux à trois ans.Le Baz-Vatan.\u2014 Charmante fleur, vraiment gentille- comme il faut pour rendre un coeur joyeux.Si mon pigeon était une goutte de rosée, il se laisserait tomber sur elle.\u2014 et aprés une pause \u2014 Je vais monter au grenier, s\u2019il vous plait \u2014 peut- être ma colombe y est-elle entrée en volant.\u2014 Restez bel ami, j'y vais voir moi- même.Il revint cette fois avec la mère d\u2019Yvonne, jeune encore et parée des pieds à la tête, et déclara : \u2014 Je suis monté au grenier et n\u2019y ai point vu de colombe.Je n\u2019y ai trouvé que cet épi abandonné, après la moisson, Mets-le à ton chapeau si tu veux pour te consoler.Autant l\u2019épi a de grains, autant de petits aura ma colombe blanche sous ses ailes, dans son nid, elle, au milieu tout doucement.\u2014 Et après une nouvelle pause.\u2014 Je vais la quérir au champ voisin, s\u2019il vous plaît.\u2014 Arrêtez, mon ami, vous n\u2019irez pas encore.Vous salieriez vos beaux souliers.Py vais toujours pour vous.Troisième rentrée et troisième sortie du breutaer qui présenta Mac\u2019Harite, la vieille aïeule.\u2014 Je ne trouve de colombe en aucune façon, je n\u2019ai trouvé qu\u2019une pomme, que cette pomme depuis longtemps ridée sous l\u2019arbre parmi les feuilles, mettez-la dans votre poche, et donnezla à manger à votre pigeon, il ne pleurera plus.\u2014 Merci, mon ami, pour être ridé, un bon fruit ne perd pas son parfum.Mais je n\u2019ai que faire de cette pomme, de votre fleur et de votre épi.C\u2019est ma petite colombe que je veux.et je vais décidément la chercher ! \u2014 Seigneur-Dieu ! que ce jeune gars est fin.Viens donc, mon ami, viens avec moi; la petite colombe n\u2019est pas perdue.c\u2019est moi-même qui l\u2019ai gardée dans ma chambre en une cage d\u2019ivoire dont les barreaux sont d\u2019or et d\u2019argent.Elle est là, toute gentille, toute Delle, toute parée.Ils entrèrent tandis qu\u2019\u201dYves eriait.\u2014 Venez, Yvonne.Mac\u2019Harite présenta elle-même sa petite fille.Elle souriait de bonheur devant la joie de l'enfant qui coquettement faisait bouffer sa robe tandis qu\u2019elle s\u2019avançait, rougissante, vers son fiancé.LEST\"CANADA pou offre des, VACANCES SELON VOS MOYENS VANT de décider où vous irez cet été, informez-vous du prix d\u2019une vacance dans l\u2019Est du Canada.Le Canadien National est en mesure de vous renseigner sur le coût du déplacement, de la pension, des excursions, etc, pour une vacance de deux ou quatre semaines.Arrêtez à l\u2019un des bureaux de la Compagnie ou écrivez-nous et dites-nous ce que vous voulez dépenser.Vous découvrirez avec étonnement tout ce que vous pouvez faire avec la somme prévue.\u2019 vrs gy .Québec comme la France, offre une grande variété d'horizons et 3 de points d\u2019intérêt.Les Laurentides, les Cantons de l\u2019Est, la Gaspésie, le Bas Saint-Laurent, le Lac Saint-Jean, sont de petites provinces dans la grande et chacune de ces régions a son pittoresque et ses charmes.Et tout en découvrant votre province vous pourrez vous livrer à vos sports favoris.Les Provinces Maritimes ravirom tous ceux qui aiment la mer.Comme leur nom le laisse entendre elles ont été façonnées par l\u2019océan.On y trouve des centaines de petits coins pas cher où l\u2019on peut se baigner, pêcher, excursionner dans un décor exquis.Ces Provinces sont aussi saturées de souvenirs historiques.comme Québec, est une province aux multiples visages.Elle est renommée pour ses grandes pen- L\u2019Ontario, sions d'été, ses paysages et ses sports.Minaki, la Baie Georgienne, la Péninsule de Niagara, le Parc Algonquin, sont des régions célèbres, et il y en a une foule d'autres sur lesquelles il est facile de vous renseigner.Demandez aussi des renseignements et des livrets-guides sur les Rocheuses, le Parc Jasper et I\u2019 Alaska.CANADIEN NATIONAL mene partout au Canada 26 A une dame Li i M PA étiez belle théâtre.et sans soir, au J'étais assis de l\u2019autre côté de l\u2019altée\u2026 vous connaître, je vous admirais sincèrement.Vous hier 279 EM J\u2019aimais votre rire musicale la fraîcheur de votre sourire, l'éclat de vos beaux yeux et la teinte de vos cheveux.Mais quand je vous vis vous avancer péniblement dans l'allée, je fus peiné pour vous.et désappointé.De grâce, Madame, si vous avez des cors, servez-vous de Blue-Jay.* C\u2019est sûr et si simple! 3.Apres 3 1.Trempez le 4 Appliquez - ue-Jay, met- pled 10 minu tant le tampon tes dans l\u2019eau sur le cor.Ce- chaude, puis |lui-ci élimine la essuyez sec.jours, enlevez l\u2019emplâtre, trempez le pied et soulevez le cor.C'est sûr et simple.pression et enraye la douleur à l'instant.@ Le Blue-Jay est un remède doux et sûr contre les cors.Il en enraye la douleur instantanément et les fait disparaître scientifiquement en 3 jours.On trouve Blue-Jay dans toutes les pharmacies à 35c la paquet.Il est fabriqué par Bauer ¥ Black, maison réputée pour ses articles de pansement chirurgicaux.Formats spéciaux pour oignons et callosités.A est le doux médicament & B.qui sape le cor.COMMENT Best le tampon de feutre qui élimine la pres- AGIT LE sion et enraye la douleur à l'instant.BLUE-JAY Cest la bande adhésive qui maintient le tampon en place, l\u2019empêchant de glisser.BLUE -JAY EMPLATRE ANTI-COR SCIENTIFIQUE BAUER & BLACK BROCHURETTE GRATUITE\u2014 Elle contient de précieux renseignements pour ceux qui souffrent des pieds.Suggère aussi d'excellents exercices pour la beauté et la santé des pieds.Demandez-la à Bauer & Black, Limited, 101, Spadina Ave., Toronto.Nom Rue La Revue Populaire Kerias vint à elle, une sangle à la main, et lui en attacha la boucle et les courroies à la ceinture, tandis que le Baz-Vatan chantait après avoir fait agenouiller la mariée devant ses parents : Maintenant, jeune fille, courbez vos deux Genoux et baissez votre front sous les mains de votre père.Vous pleurez.oh.regardez.votre père .et votre pauvre mère.Ils pleurent aussi.mais combien leurs larmes sont plus amères que les vôtres.ls vont se séparer de la fille qu\u2019ils ont bercée, et qu\u2019ils ont fait danser dans leurs bras.Qui ne sentirait son coeur se briser, a la vue d\u2019une pareille douleur.Et pourtant, il faut que ces pleurs tarissent.Père tendre, ta fille est là, regarde, à genoux, les bras tendus, pauvre mère, avance les mains.Une prière et une bénédiction pour l\u2019enfant qui va partir.Les larmes venaient aux yeux des assistants.Yves étendit les mains sur Yvonne.\u2014 Oui, mon enfant, dit-il, reçois notre bénédiction.Le Baz-Vatan reprit gravement: \u2014 C\u2019est bien, jeune fille, tu as obéi aux commandements de Dieu, relève- toi et embrasse tes parents.« Marche désormais dans la force, car tu vas appartenir à une homme.«Et avant d\u2019achever, je demande à nos bons et vénérés maîtres, ici présents, aux chefs de famille aussi, un congé pour les frères, les soeurs et les amis des mariés.> Enfin se découvrant, et faisant signe à chacun de l\u2019imiter : \u2014 Quant à ceux qui sont morts, et qui nous étaient unis par le sang, je ne les inviterai pas, car leurs noms feraient souffrir trop de coeurs, mais demandons tous ensemble pour eux, le salut de l\u2019église et le repos de leur âme.Le «De Profundis», récité à haute voix, et répété par toutes les personnes présentes, succéda aux chants de fête, puis le cortège se rangea pour aller à l\u2019église.Kerias amena son cheval devant Yvonne et saisissant la jeune fille dans ses bras, il la posa sur la selle enrubannée et monta en croupe derrière elle.Dans la petite église, des jeunes filles chantaient.Lucienne se rappela ses noces, dans la chapelle du château, parée et odorante.Penchée sur son prie-Dieu, remerciant le ciel de son bonheur, elle pria longuement pour celui des nouveaux époux.Chapitre VIII lannek se promenait mélancoliquement dans le jardin du couvent quand une voix connue l\u2019appela : \u2014 Soeur Agnès.soeur Agnès.L\u2019enfant se retourna avec un cri joyeux .\u2014 Ah!.Bertrade ! Bertrade.te voila done.\u2014 Bertrade, répéta celle-ci, en soulevant à la façon des précieuses Louis XV, les côtés de sa jupe de laine, ap- pelle-moi soeur Marie, je te prie, car je suis soeur Marie, depuis ce matin.Ah ! ma petite Iannek, ce n\u2019est pas gai ici ! \u2026.\u2014Tu n\u2019es parmi nous que depuis quelques heures, Bertrade, que diras-tu dans trois mois.\u2014 Dans trois mois je serai habituée sans doute, comme tu l\u2019es toi-même.Sais-tu que la cornette te pâlit beaucoup.tandis que moi.Bertrade souriait, toute sa belle et robuste santé resplendissait sur ses joues rosées, dans l\u2019éclat de ses yeux bleus, l'animation de ses traits, âme simple et passive, éloignée de tout rêve, sans révolte, sans chagrin même, elle avait accepté sa nouvelle existence.Elevée dans cet horizon, d\u2019ailleurs, comme ses ai- nées, elle savait, toute jeune, le but de sa vie, et n\u2019en attendait rien d\u2019autre.Aussi, lorsque toute enfant, on la sermonnait pour un devoir mal fait, ou une robe chiffonnée, elle murmurait quelquefois: « Quand donc serai-je au couvent ?» à la façon dont les fillettes élevées pour le mariage s\u2019écrient boudeuse- ment: « Quand donc serai-je mariée ?» Aujourd\u2019hui son nouveau costume l\u2019intéressait surtout et devant le petit bassin où s\u2019ébattaient quelques poissons rouges, elle s'arrêta et une minute, se plus à contempler son image.Une voix douce l\u2019appela : \u2014 Soeur Marie, que faites-vous devant ce bassin.que regardez-vous avec tant d\u2019attention ?L\u2019enfant rougit violemment.\u2014 Les poissons, ma soeur.Soeur Madeleine menaça gaiement du doigt.\u2014 On ne doit plus mentir, ma mignonne, quand on a revêtu ce pieux uniforme.Ce que vous regardiez, c\u2019était votre image.Il faudra vous en confesser à notre prêtre, et maintenant continuez votre promenade, allons \u2026.Elle prit les deux enfants par la main, et marcha avec elles.Soeur Madeleine pouvait avoir une quarantaine d\u2019années.Boiteuse, presque bossue, petite, séche, la figure anguleuse et vulgaire, elle était la plus humble des soeurs du couvent.Sa voix s'était assourdie, décolorée, éteinte, comme s\u2019effaçait chaque jour davantage, l\u2019allure de sa personne.Jamais malade, mais toujours chancelante, il semblait à chaque minute, qu\u2019elle allât s\u2019affaisser, s\u2019éteindre.Toute sa vitalité s\u2019était concentrée sur une chevelure admirable qui, sans cesse coupée, repoussait plus luxueusement belle toujours.Dès qu\u2019elle put comprendre, soeur Madeleine souffrit de sa disgrâce physique.C'était d\u2019abord près des siens, la pitié non teintée de tendresse, qui l\u2019humiliait, puis la moquerie impitoyable des enfants comme elle; le dédain des adolescents pour son adolescence.Alors elle s\u2019était réfugiée vers Dieu, qui seul devait voir la beauté de son âme, la pureté de ses rêves, les trésors d\u2019affection dont son coeur était plein.Elle les voua a son adoration.Soeur Madeleine vécut heureuse au couvent.Dès qu\u2019elle vit Iannek, une attirance singulière l\u2019attacha à l\u2019enfant.De suite, elle avait deviné le secret de l\u2019amertume qu\u2019elle cachait.Une sympathie apitoyée gonflait son coeur, et sans cesse, la forçant à causer, à se distraire, elle la détournait de ses cruelles rêveries.Bertrade babillait joyeusement, quand la supérieure parut dans le jardin.\u2014 Mes soeurs, dit-elle avec onction, notre bon père, Monsieur le Curé Cha- tillon, se trouve plus souffrant aujour- d\u2019hui.Je vous engage donc a vous rendre à la chapelle, où vous voudrez bien ne pas l\u2019oublier dans vos prières.\u2014 Certes, ma mère, répondit soeur Madeleine, ce serait une grande perte pour le couvent.Notre bon aumônier peut compter sur nos prières que Dieu voudra bien examiner.Iannek suivit la soeur à la chapelle et s\u2019agenouilla à ses côtés.Celle-ci égrenait déjà son chapelet de buis, les yeux rêveurs, figée dans une extase muette.Ber- trade s\u2019immobilisait devant son livre d\u2019heures.Soeur Agnès voulut prier.Les cierges étincelaient près de la Vierge et du Christ, éclairaient leurs visages de martys pales.Le regard de Fenfant s\u2019y fixa.toujours les mêmes scènes de supplice et de souffrance et c\u2019était là l\u2019unique spectacle où les yeux se devaient reposer éternellement.c\u2019était là l'atmosphère où se consumeraient les élans généreux de son coeur assoiffé de liberté, de vie.Elle voyait en elle- même, c\u2019était le désert aride, sans horizon, sans espoir! .Tous les replis de sa pensée étaient douloureux et sanglants.ses mains se joignirent, elle eut un balbutiement de prière.« Mon Dieu.mon Dieu ! .» Toute sa désespérance éclatait dans ce cri ! Soeur Madeleine tourna vers elle son visage fané.Mais déjà l\u2019enfant se calmait, elle ne bougea plus.Une à une les heures sombres s\u2019égrenaient, rien ne vivait plus dans la chapelle, quand soudain, l\u2019Angelus sonna, et sous le virginal frisson des cornettes blanches, des voix monotones s\u2019élevèrent : «L'Ange \u2018du Seigneur apparut à Marie.» Iannek pria cette fois, bercée par la voix tranquillisante des cloches.Quand vint l\u2019heure du coucher cependant, elle ressentit un étrange malaise.Tout son sang affluait à ses tempes.Il Juillet 1934 lui sembla qu\u2019elle était très malade, qu\u2019elle allait mourir.Le lendemain elle ne put se lever.Doucement, soeur Madeleine interrogea, mais lannek ne savait que répondre.Sa maladie n\u2019était que l\u2019exaspération d\u2019une hantise perpétuelle.La supérieure vint à son tour.Soeur Agnès baissa la tête.il lui semblait impossible de rien dérober à ce regard pénétrant.\u2014 Que ressentez-vous, ma fille ?de- depuis quelque temps je vous observe.Cette existence si éloignée de la vie de liberté qui était la vôtre, vous paraît peut-être sévère.Avouez-le, ma chère enfant, nous sommes réunies pour nous aimer, nous protéger, nous secourir.dannek pleura, ses larmes étaient un aveu.\u2014Pourquoi dissimuler?pourquoi vous abandonner ainsi à la lassitude de vivre, prenez courage, ma fille, je vais prier pour vous.Le soir même Iannek apprit que chaque jour, il lui serait permis de passer quelques heures dans les classes enfan- \u201ctines du couvent.Ce fut pour la novice une joie véritable.Elle se sentit mieux, presque guérie, presque consolée.Dès les premiers jours, elle eut sa préférée, une délicieuse blondinette, vive et espiègle, qui déjà lui avait confié son nom, Paulette, et avoir un grand frère et une maman chérie.L'heure de la récréation venue, Ian- nek sortit avec ses petites élèves, que séduisait toutes son air d\u2019extrême jeunesse.Autour d\u2019elle les enfants se pressaient et soeur Agnès s\u2019abandonnait aux caresses de la bande enfantine.Déjà les fraîches couleurs renaissaient sur ses joues, déjà elle oubliait ses rè- veries.La chapelle, le parloir même, ne lui paraissaient plus aussi austéres.lannek se reprit à vivre.Jehan et Lu- cienne s\u2019émerveillaient de cette trnsfor- mation.Un jour dans la classe qu\u2019elle surveillait, la supérieure les fit entrer, et durant les quelques instants qu\u2019ils passèrent près d\u2019elle, l\u2019enfant babilla gaiement.Il fallut ensuite qu\u2019ils fissent connaissance avec sa petite protégée.\u2014 Comment vous nommez-vous, ma mignonne?demanda Lucienne, charmée de la grâce de la fillette.L'enfant, espiègle, sourit.\u2014 Palette ! \u2014 Mais Paulette qui ?Jamais Iannek n\u2019avait songé à lui demander cet autre nom, aussi intéressée, elle-même appuya : \u2014 Oui, Paulette qui ?.\u2014 Paulette Bertal, répondit gentiment la petite fille.Soeur Agnès eut un brusque mouvement.Jehan avait relevé la tête et regardait sa soeur qui ne parlait plus maintenant.Ce nom seul venait d\u2019éveiller des souvenirs que les préoccupations d\u2019une vie nouvelle avaient un instant endormis.Les jeunes époux s\u2019étaient retirés depuis un momeut déjà, que l'enfant songeait encore.La voix de Paulette la tira de sa réverie.\u2014 Soeur Agnès, voulez-vous jouer avec moi?Voici l'heure de la récréation ! Elle tressaillit, et cette fois, emmena la fillette sous la tonnelle, où jadis elle abritait ses rêveries douloureuses.Paulette avait pris son ballon.Tout à coup, n'y tenant plus, lannek questionna ?\u2014 Dis-moi, ma chérie, vous avez une gentille maman, n\u2019est-ce pas?et un grand frère.qui.peut-être.s\u2019appelle Julien ?L'enfant frappa l\u2019une contre l\u2019autre ses petites mains.) \u2014 Julien mais oui, soeur Agnès, comment savez-vous cela ?Embarrassée et rougissante.soeur Agnès avait repris la balle, et la lançait à son tour.Paulette se mit à courir.Chapitre IX Soeur Madeleine allait et venait à pe- tis pas pressés, à travers le vaste dortoir des pensionnaires.Près du lit blanc où reposait Paulette, elle s\u2019arrêta, présentant une potion que l\u2019enfant repoussa.\u2014 Je n\u2019en veux pas.La soeur eut un geste lassé \u2026.Cependant, ma mignonne, faudra bien consentir.Je serai forcée d\u2019a- pas.je n\u2019en veux (Suite à la page 36) - \u2014\u2014 ES Juillet 1934 La Revue Populaire Départ et rampe d'escalier métallique qui sert à la fois d'échelle de bibliothèque.Un somptueux intérieur réalisé par G.Guevrekian,architecte de Paris.Partout des bois précieux, de beaux meubles avec lignes simples, de l\u2019espace et de la lumière.UN ART MODERNE CHIC CONFORTABLE LUXUEUX Canapé d'angle et table métallique, dans un coin de boudoir ensoleillé.D\u2019aussi grandes ouvertures sont malheureusement moins pratiques au Canada qu\u2019en Europe.Il est difficile de concevoir, dans le goût moderne, un boudoir ou cabinet de travail plus réussi.Les quatre photos qui ornent cette page ont eu les honneurs de la reproduction dans l\u2019annuaire du « Studio» de Londres.27 28 La Revue Populaire Le costume masculin convient-il aux femmes?OCIALEMENT, la femme tend de plus en plus à devenir l\u2019égale de l\u2019homme.Dans certains pays, comme les Etats-Unis ou I'U.R.S.S., cette évolution est achevée: la femme a le droit de vote et peut exercer, si sa force physique le lui permet, n\u2019importe quel métier.De récents exemples ont mis en valeur cette ascension sociale de la femme.Des Américaines ont été nommées à des postes apanages exclusifs jusque-là du sexe fort: ceux d\u2019ambassadeurs et de directrice de la monnaie.En France, où l\u2019évolution sociale de la femme n\u2019est pas aussi marquée, les femmes ont cependant su, dans bien des cas, se montrer les égales de l\u2019homme.N'est-ce pas en effet une femme, Mme Dupuy, qui dirige l\u2019un des plus grand journaux quotidiens ?Et Mme Curie ne jouit-elle pas aujourd\u2019hui d\u2019une notoriété que bien des hommes lui envient.?Si Joseph de Maistre vivait encore, il ne pourrait plus dire ce qu\u2019il a consigné sur une de ses lettres : « La femme ne peut être supérieure que comme femme; mais dès qu\u2019elle veut imiter l\u2019homme, ce n\u2019est qu\u2019un singe.» Le sexe faible a réussi maintenant à jouer, au point de vue sociale, un rôle de premier plan.Mais, de ce que les femmes sont aujourd\u2019hui considérées comme les égales des hommes, s\u2019ensuit-il que les femmes doivent s\u2019habiller comme eux ?Voici à ce sujet une anecdote.Quand, il y a quelques mois, Marlène Dietrich vint à Paris, une foule d\u2019admirateurs l\u2019attendait sur le quai de la gare.Il y avait là d\u2019innombrables « fidèles» de ce culte nouveau que le cinéma a répandu dans le monde: le culte de la Star.Tous guettaient l\u2019apparition de la «troublante », de la « fascinante » .Marlène, \u2014 ainsi s\u2019expriment les agents de publicité et bien des journalistes aussi, \u2014 pour pouvoir l\u2019admirer dès sa descente de wagon.Marlène parut.Elle portait un complet veston et dissimulait son regard sous d\u2019épaisses lunettes noires.Ce fut une rumeur de désappointement.\u2014Oh!.\u2014 Est-ce possible ?.Marlène en homme ! \u2014 Mais c\u2019est une plaisanterie ! On attendait une femme jolie, très séduisante, très féminine .et on se trouvait en présence d\u2019un étrange androgyne, d\u2019apparence nullement attirante.Où était la Marlène d\u2019antan ?Le désir d\u2019une tapageuse réclame l'avait tuée.Cette authentique anecdote nous remet en mémoire bien d\u2019autres images.Nous songeons aux pantalons noirs que portent les femmes annamites et chinoises, au pyjama féminin, aux robes «smoking >.Toutes ces toilettes sont ou furent inspirées de costumes masculins.Avivent-elles le charme naturel de la femme ?Dans quelques cas, oui.Il est des femmes que ces lignes avantagent.Juillet 1934 Mais nous ne croyons pas qu\u2019elles soient la majorité.Pour porter un vêtement masculin, une silhouette presque masculine est nécessaire.Or, combien de femmes ont une telle silhouette ?Pour conclure, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de citer ces quelques lignes de Joseph de Maistre, bien différentes des précédentes : « L'erreur de certaines femmes est d'imaginer que, pour être distinguées, elles doivent l\u2019être à la manière des hommes.Il n\u2019y a rien de plus faux.> \u201c Vive la femme vraiment femme dans son apparence ! Cela ne l\u2019empêche pas de se montrer énergique, si besoin est.Mais combien plus séduisante elle est! Fille d\u2019Eve, elle reste et a ainsi tant de pouvoir sur nous.Lours SAUREL.Le hoquet Le hoquet ! Qui n\u2019a pas éprouvé cette petite incommodité ?En général, il s\u2019agit d\u2019une légère affection résultant d\u2019un spasme dé la glotte et d\u2019une contraction du diaphragme.À la fin d\u2019un bon dîner, le hoquet est presque un hommage rendu à l\u2019excellence du repas, car il atteste par sa présence qu\u2019on s\u2019est un peu trop laissé aller à la gourmandise.Chez les bébés, le hoquet est fréquent.Là aussi, il s\u2019agit de l\u2019estomac et le hoquet du nourrisson indique presque toujours une surcharge alimentaire.Mais le hoquet n\u2019est pas toujours une plaisanterie digestive.Il y a des hoquets psychiques.On rencontre des hoqueteurs qui hoquètent par désoeuvrement, par imitation, par plaisir même.Mais vous n\u2019êtes pas de ceux-là! Ce sont des dégénérés.Les hystériques vont plus loin encore! Chez eux le hoquet peut durer des semaines, des mois.Mais revenons au hoquet banal, à celui dont souffrent ceux qui, comme nous, ont la prétention d\u2019être bien équilibrés.Connaissez- vous un moyen pour le faire passer, un moyen infaillible ?Ce ne sont pas les procédés qui manquent.François ler, qui était un gros mangeur, avait souvent le hoquet.On raconte qu\u2019un jour où il attendait les envoyés du sultan, il était atteint de ce spasme particulièrement désagréable pour garder la noblesse des attitudes dans une réception solennelle.Un des familiers du roi voyant son ennui, sortit et revint peu après la figure décomposée.Il se pencha vers le roi et lui dit tout bas : « Sire, sa Majesté la Reine mère vient de faire une chute grave, Elle souffre beaucoup.» Le roi pâlit et resta quelque temps silencieux.« C\u2019est faux, Sire, s\u2019écria alors le seigneur, Sa Majesté la Reine se porte parfaitement et je vous ai débarrassé de votre hoquet.> En effet, l\u2019émotion vive, en changeant le rythme respiratoire, arrête le hoquet.C\u2019est chose connue.Aussi connue que le moyen de la clef dans le dos qui, par la sensation de froid qu\u2019elle y donne, provoque des réflexes arrêtant le hoquet.Voulez-vous d\u2019autres procédés?Buvez en fixant toute votre attention sur les mouvements de la déglutition.Ou bien buvez en faisant tenir le verre par une personne, cependant que vous vous bouchez les deux oreilles avec vos doigts.D\u2019autres disent en fermant les narines.Mieux encore.Restez le plus longtemps possible sans respirer, en expiration forcée, la langue sortie de la bouche. Juillet 1934 LA BEAUTE PAR LE SPORT LA NATATION L N\u2019EST personne pour discuter I'utilité incontestable de ce sport, qui développe harmonieusement la force et la souplesse et qui ne peut produire, comme l\u2019aviron, une musculature marquée.La femme peut donc, en toute sécurité, s\u2019adonner à la nage et à tous ces exercices charmants qui transforment la moins fine en naïade séduisante.Le bain de mer comporte, de nos jours, une suite d\u2019immersions et de temps de repos qui s\u2019étendent eur une matinée entière, et même sur une partie de la journée.On profite de cette existence de plage pour prendre des bains de soleil, pour exécuter au grand air des exercices de culture physique, _et cela combat en partie l\u2019inconvénient de la natation prolongée, qui tend à provoquer l\u2019enveloppement graisseux préservateur du froid.LE GOLF 11 est le plus complet des sports, parce qu\u2019il développe des qualités d\u2019adresse, de coup d\u2019oeil, d\u2019endurance, sans toutefois atteindre jamais à la violence d\u2019autres exercices.La force trop accusée ne peut s\u2019allier à une certaine grâce féminine, dont nous voulons quand même voir la femme nantie.Il nous déplairait qu'une jeune personne eit un entrainement presque viril qui déclanchât chez elle des lourdeurs et des brusqueries inséparables des sports de force.LE TENNIS Plus violent que le golf, mais cultivé par de plus jeunes, le tennis est un sport admirable, parce qu\u2019il développe en même temps l\u2019ensemble des muscles.La réaction doit être rapide et le coup d\u2019oeil sûr (en tous cas, ils doivent le devenir).Impossible de se laisser surprendre sans risquer la perte de la partie: les qualités morales s\u2019acquièrent donc en même que les qualités physiques de souplesse, de rapidité: le parfait équilibre, en somme.C\u2019est donc un sport qu\u2019il faut pratiquer pour les bonnes réactions qu\u2019il assure, mais sans exagération.Cet avertissement portera ses fruits.La Revue Populaire LES DENIS We.prenez soin de vos dents régulièrement: brossage, nettoyage au bâton de sureau, bicarbonate de soude hebdomadaire, et vous vous croyez à l\u2019abri de tout ennui dentaire.Mais voici l\u2019époque de la visite chez votre dentiste où vous devez minutieusement être examinée.Grand Dieu, la pyorrhée fait des ravages ! Sous le projecteur incandescent, vous vous sentez verdir à l\u2019exclamation de votre opérateur : « Je veux une radiographie de votre mâchoire.» 222?« Vos gencives sont très malades, il faut un traitement immédiat, sinon, avant dix ans, vous perdrez toutes vos dents.» Un peu émue, vous vous en revenez chez vous, ne pensant plus qu\u2019au drame affreux d\u2019une femme qui perd ses dents.Avez-vous, le soir, un diner, un théâtre, plus rien ne vous intéresse et, durant le temps que parlent les comédiens ou que miroitent devant vous cristaux et argenterie, il n\u2019est plus qu\u2019un point fixe dans votre esprit: pyorrhée, pyorrhée, les dents qui tombent.affreux spectacle ! Le lendemain, séance chez le photographe de la mâchoire, qui, au moyen de papier bleuté, glissé entre vos dents, et après cinq minutes d\u2019immobilité pour les quatre côtés de votre mâchoire obtient le diagnostic précis de votre état.Ce n\u2019est pas à vous, bien entendu, que cette photographie est remise, mais bien directement à votre opérateur, lequel, au rendezvous suivant, met sous vos yeux votre bouche radiographiée.Evi- demment, vous n\u2019êtes pas enchantée, la photographie présente quelque chose de squelettique qui, au premier abord, produit un fâcheux effet; cependant, en examinant bien et en faisant abstraction du décharnement voulu, votre cas n\u2019est tout de même pas perdu.L\u2019opérateur vous explique le traitement que vous aurez à suivre, el vous partez munie d\u2019une ordonnance en belle et bonne forme, qui doit rapidement redonner à vos gencives de la force, de la vie.J\u2019ai passé par cet état et je puis vous en parler en connaissance de cause: le bonheur de sentir ses gencives reprendre de la fermeté sous l\u2019effet astringent de certains bains de bouche; l\u2019impression que vos racines s\u2019incrustent avec fermeté dans les chairs, tout cela est d\u2019un effet bienfaisant, au moral autant qu\u2019au physique.Votre sourire et même vos éclats de rire seront plus francs.Pas de minauderie, pas de demi-sourire, la bouche presque fermée, mais, bien au contraire, ce joli soulèvement des coins de la bouche qui donne aux femmes cette jeunesse qu\u2019elles croyaient perdue.Dès l\u2019âge le plus tendre, aussitôt après le renouvellement des dents de lait, l\u2019enfant aussi bien que la femme doit faire sa visite annuelle au dentiste.La bouche est en parfait état ?Rien a faire.Qu\u2019importe.C\u2019est avec plus de calme et de sécurité que vous attendez l\u2019année qui vient pour la prochaine visite.Au contraire, si la plus petite chose se signale entre les dents trop serrées ou à la naissance d\u2019une racine, en y remédiant aussitôt, plus de dommage à craindre.Les coquettes le savent bien, ce n\u2019est pas chaque année qu\u2019elles vont chez le dentiste.mais bien tous les six mois.29 POUR LA MAISON NETTOYAGE DES BROSSES ET PEIGNES Ce ustensiles doivent toujours étre trés propres.Lorsqu'ils ne sont pas en matière redoutant les lavages, il faut les laver chaque jour après la toilette du matin dans une eau légèrement ammoniacale, les rincer abondamment et les sécher immédiatement.Ce point de vue est parfait comme hygiène, mais ne peut convenir aux peignes d\u2019écaille ou de corne, ni aux brosses dont le manche ou le dessus sont en matières précieuses.Ceux- ci doivent être traités avec plus de précaution.L\u2019ébène, les bois précieux, l\u2019écaille des brosses sont entretenus au moyen d\u2019un peu de vaseline passée de temps en' temps.Les soies fragiles des brosses se nettoient à sec, environ tous les huit jours.On prend soin d\u2019enlever les cheveux des brosses et peignes à nettoyer, on les plonge dans du son chaud, en frottant pour faire pénétrer le son partout.On recommence plusieurs fois de suite, et on secoue ensuite vigoureusement jusqu\u2019à ce que les objets restent absolument nets.BAIN OU DOUCHE Au point de vue de la santé et de la tonicité des muscles, la douche est meilleure que le bain.Prise tiède, elle convient à tous les tempéraments et ne peut faire que du bien.Le bain ne doit jamais être prolongé et il faut toujours le faire suivre d\u2019une friction sèche ou alcoolisée.L\u2019ablution froide, qu\u2019on recommande après le bain, active en effet la circulation, mais il ne faut pas en user sans l\u2019avis du médecin.+ LES CORS AUX PIEDS Bien des moyens sont préconisés pour se débarrasser de ce bobo si préjudiciable à notre bonheur et même à la santé, puisqu\u2019il suffit d\u2019un cor douloureux pour nous priver de la marche salutaire.Voici un traitement facile et qui donne souvent d\u2019excellents résultats: enduisez tous les soirs le cor d\u2019une couche de savon noir et recouvrez d\u2019un morceau de flanelle que vous maintenez par une bande de mousseline.Au bout de quelques jours, enlevez le cor à l\u2019aide de l\u2019ongle après avoir pris un bain de pieds.Il faut recommencer ce traitement jusqu\u2019à disparition complète du cor. 30 La Revue Populaire Juillet 1934 \u2014 \u2014 Ets tn ait | Ge pi : H an, a + ere ee | | | \u2014\u2014 E0 \u2014\u2014\u2014eess a % * \"a * vow # \u201c% 5 4 CANOTIER DE TAFFETAS VERT ORNE D\u2019UN RUBAN MOLYNEUX ECOSSAIS.COLLERETTE EN TAFFETAS ECOSSAIS.Photos Scaioni, Paris, Juillet 1934 31 La Revue Populaire -\u2014ET Th ERC fre an a a aad Ss vn \u2014 FR \u201cogy Wa = » sep on FW, Rp uo G % + dw ps wu On eof a \u2018 ENSEMBLE DE CREPE DE MOLYNEUX CHINE MARINE IMPRIME BEIGE.FOURRURE TRES exclusives à LEGERE A VOTRE GRE.La Revue Populaire 32 S' C\u2019EST une partie de cartes, rien ne pourrait être mieux appropfié que ces nouveaux petits napperons à cocktail.Ils donneront du cachet même aux réunions les plus intimes.INSTRUCTIONS Trèfle : Commencez avec 86 m., dans la 8e m.à partir du chochet faites 1 t.b., 7 esp., 14 blocs., 5 esp.et suivez le diagramme.Pique : Commencez avec 86 m., dans la 8e m.à partir du crochet faites 1 t.b., 5 esp., 16 blocs, 5 esp., suivez le diagramme.Coeur : Commencez avec 86 m.dans la 8e m.à partir du crochet La Revue Populaire Vous servez du cocktail ce soir?faites 1 t.bh., 5 esp., 17 blocs, 4 esp., suivez le diagramme.Carreau : Commencez avec 86 m.dans la 8e m.à partir du crochet faites 1 t.b., 6 esp., 15 blocs, 5 esp., suivez le diagramme.Finissez le tour de chaque napperon avec un rang de d.b.Abréviations : maille trible bride espace .double bride Matériel requis: 1 peloton de Mercer-Crochet de Coats, No 50, Vert Nil.1 crochet a tricoter No 5 de Milward. 7 La BELLE DOW que les radiophiles espèrent de nouveau entendre à la reprise des grands programmes rudiophoniques en septembre prochain\u2014La «Belle Dow» est Mlle Thérèse Gagnon.ES TECHNICIENS du poste CKAC, du journal La Presse, à Montréal, sous l\u2019habile direction de Monsieur L.Spencer, l\u2019ingénieur en chef de cet établissement, après des mois de recherches et d\u2019expérimentations, ont perfectionné, avec beaucoup de succès, un microphone appelé le « Microphone Parabolique > \u2014 parce qu\u2019il est muni d\u2019un certain dispositif spécial qui entoure l'oreille métallique elle-même.Pour le moment ce nouvel appareil ne sera utilisé que dans nos studios.Dans un avenir rapproché.dès que d\u2019autres microphones du même genre auront été réalisés, ils seront utilisés au cours des émissions qui sont irradiées de l\u2019extérieur.Ce microphone est aux sons ce qu\u2019un réflecteur est à la lumière, c\u2019est-à-dire que le dispositif qui entoure l'oreille métallique renvoie les sons vers celle-ci et limite la direction de ces sons ou leur champ d\u2019opération.Ainsi, les sons qui doivent être captés par l\u2019oreille métallique \u2014 qui n\u2019est autre chose que le microphone proprement dit \u2014 doivent prendre naissance dans ce champ d\u2019opération ou en deça de la limite de la direction des sons.On pourrait comparer ce phénomène à celui du champ lumineux de phares d'automobile.ce champ lumineux est limité par le réflecteur parabolique.Chaque côté de ce champ lumineux c\u2019est l\u2019obscurité \u2014 de même, en dehors des limites de la direction des sons, c\u2019est le silence.Les ingénieurs du poste CKAC ont ainsi appris qu\u2019en se servant de ce microphone les instruments d\u2019orchestre n\u2019ont plus à se servir de sourdine pour les cuivres \u2014 et les chanteurs, quelle que soit leur voix, peuvent la lancer sans qu\u2019elle éclate dans les postes récepteurs.Ce genre de microphone est très utilisé à Hollywood pour tourner les films sonores et dans les studios de quelques grands postes de réseau aux Etats-Unis.Il y a lieu de croire, cependant, que le poste CKAC est actuellement le seul au Canada à se servir de ce dispositif ingénieux pour la reproduction des sons.& Les artistes Radio d\u2019Etat d\u2019opérette de la à Montréal ont chanté une trentaine d\u2019oeuvres au cours de la dernière saison dont quelques-unes ont obtenu un remarquable succès.Ce fut pour une foule de gens, surtout pour ceux de la campagne, un moyen de connaître et de gouter un genre de musique qu\u2019il n\u2019est pas donner à tous entendre.Le fait est que les organisations n\u2019existent guère en dehors des grandes villes et que de plus bien peu savent s\u2019y intéresser.Il faut d\u2019abord les éle- ments nécessaires, une préparation indispensable, un orchestre bien chorales entraîné et certaine connaissance de la scène.D\u2019où difficulté de monter des opérettes.On conçoit alors l\u2019intérêt des radiophiles à travers notre province pour les oeuvres d\u2019un Messager ou d\u2019un Yvain, oeuvres qu\u2019il ne connaîtraient guère s'ils ne venaient à Montréal.L'organisation en général de ces intéressants programmes radiophoniques a été confiée à l\u2019un des nôtres \u2014 et ce n'est pas peu dire \u2014 M.Lionel Daunais.Le chef d\u2019orchestre est M.Roberval, de la Société Canadienne d\u2019Opérette.Juillet 1934 \"RADIO Initiative vraiment remarquable, au programme connu'sous le nom de « Une heure près de toi,» on a entendu des oeuvres composées par les artistes mêmes de cette émission radiophonique.C\u2019est ainsi que l\u2019orchestre que dirige Signor Agostini exécutera un Petit Concerto par M.Alan Melver, pia- -niste virtuose et directeur du Trio Lyrique.M.Lionel Daunais fit entendre un poème dont il est l\u2019auteur.& Mlle Violette Delisle, l\u2019une des vedettes de la Radio d\u2019Etat, est partie pour Paris où elle reprendra ses études qu\u2019elle avait interrompues pour venir visiter les siens à Québec.Au fait, Mlle De- lisle est une charmante Québecoise dont le talent fait l\u2019orgueil, et cela à juste titre, des siens.Notre compatriote est un soprano dramatique dont toute la presse a fait les plus grands éloges.On dit, et nous le croyons, qu\u2019elle obtiendra à la scène et en particulier au grand opéra des succès égaux à ceux de quelques-unes des étoiles de New- York ou de Paris.x Le microphone parabolique du poste CKAC Juillet 1934 La Revue Populaire ol % Ré = 55 es = se = e © a esl = 3 Fe 5 5 / Ii A oo 5: i = oe 5 re i i La ce es ; 2 2 = qe LA BIÈRE OLSONS EXPORT PA RAAT des ce 2 = 7 es 2 i FF er 7 PE ES vs = = 36 Soulagez les Brûlures Instantanément avec le Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u2019 LA PEAU enflammée, irritée, rougie trouve un adoucissement rapide et la douleur intense est soulagée immédiatement par l'application, sur les surfaces affectées, d\u2019une pâte de Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u2019 et d'eau.Le même traitement offre un soulagement rapide à l\u2019urticaire, aux échaudures, piqûres d\u2019abeilles, de frelons, de guêpes, de moustiques et de mouches noires.Toute trousse de vacances, toute pharmacie devrait contenir son paquet facilement accessible de Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u201d.+ Essayez Ceci la Prochaine Fois que Vous Ferez Cuire des Légumes Verts Une simple pincée de Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u201d dans l'eau où ils doivent cuire dégage la pleine couleur, la riche et fraîche saveur de tous les légumes verts tels que pois, fèves jaunes en gousses, haricots verts, épinards, brocoli et choux nouveaux.Simple, n\u2019est-ce pas, mais des plus efficaces.L\u2019on trouvera dans notre Livre de Cuisine offert gratuitement ci- dessous d\u2019autres suggestions aux cuisinières et plusieurs recettes précieuses.Faites- en venir un exemplaire.Le Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d est du Bicarbonate de Soude pur et il cst également bon pour fins médicinales et culinaires.Faites venir ces brochurettes GRATUITES CHURCH % DWIGHT LIMITED.2715, rue Reading, Montréal, P.Q.Veuillez m'envoyer vos brochurettes gratuites décrivant les utilisations du Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d pour fins médicinales et culinaires.Nom Adresse ee, - METTEZ VOS NOMS ET ADRESSE R.14 EN IMPRIME 43F La Revue Populaire (Suite de la page 26) vertir notre bonne mère, si vous refusez d\u2019obéir.Paulette s\u2019entéta, vonlontaire.\u2014Je n\u2019en veux pas.et puis, soeur Agnès n\u2019est pas venue près de moi, ce matin.où est-elle?je veux la voir.Et, comme elle s\u2019enfiévrait, s\u2019agitait sous ses draps blancs, soeur Madeleine murmura avec son inaltérable douceur: \u2014 Eh bien, prenez ceci, ma petite Paulette, et soeur Agnès viendra de suite, près de vous, je vous le promets.Une seconde hésitante, la fillette se dressa sur ses oreillers et d\u2019un trait absorba la tisane amère.Et justement soeur Agnès entra.\u2014 Je viens voir ma petite malade, dit- elle en se penchant vers la tête blonde de Paulette .est-elle sage au moins?Et sans attendre de réponse, elle s\u2019assit près du lit, la main de l\u2019enfant dans la sienne.Plus calme, la fillette sourit, tadis que maternelle et douce, Iannek chantait une chanson bretonne.Paulette s\u2019assoupit, soeur Madeleine se signa.\u2014 Je vous laisse, dit-elle a la novice .elle sommeille et d\u2019ailleurs elle ne veut voir que vous.lannek cessa de chanter.d\u2019elle, son regard errait pensif.Une heure entiére elle resta immobile, silencieuse .mais tout à coup, la petite malade s\u2019agita.son visage pâle un instant auparavant s\u2019empourprait, une sueur froide perlait sur son front, y collait les boucles de ses longs cheveux.Elle révait tout haut, Iannek s\u2019effraya.\u2014 Maman, balbutiait la malade, maman.Comme il fait noir, emmène- moi.j'ai peur.et soeur Agnès qui est partie ! La novice essaya de la tirer de ce cauchemar fatigant.\u2014 Ma petite Paulette, est-ce que vous souffrez beaucoup ?Une plainte répondit à son appel.Plus fièvreuse toujours Paulette haletait : \u2014 Maman ! où est soeur Agnès.je ne veux pas qu\u2019elle me quitte.Julien.Julien.Iannek tressaillit à ce nom, et son front se couvrit d\u2019une fugitive rougeur.Julien .les scènes où elle et lui s\u2019étaient trouvés en présence surgissaient plus précises toujours.La rencontre dans la lande.et le grand menhir.Ian- nek ferme à demi ses yeux de pervenche claire.Le beau temps.le beau temps.qui donc lui rendra ces jours de liberté et de belle humeur ! Une nouvelle plainte de Paulette iu- terrompit le cours de ses pensées.Elle se précipite vers l\u2019enfant qui geint douloureusement .mais elle recule effrayée.lannek a peur.peur de ce visage d\u2019enfant sur lequel la fièvre met des taches rouges, peur de ce front, où perle une sueur abondante.elle appelle.Le docteur fit transporter la fillette dans une chambre isolée.Au matin seulement, il put se prononcer et reconnut tous les symptômes de la fièvre typhoïde.Soeur Agnès ne s\u2019éloigna pas.Paulette avait saisi sa main et la serrait dans les siennes.On expédia de suite un message avertissant Madame Bertal au château d\u2019Huelgoat.Mais Madame Bertal était alitée, dans l\u2019impossibilité absolue d\u2019entreprendre un voyage; Julien quitta Huelgoat le soir même, pour le couvent de Vannes.Certes, transporter l\u2019enfant auprès de sa mere était chose impossible.L\u2019inquiétude du docteur était si visible que la supérieure fit monter un lit près de celui de la malade.Lannek l\u2019occupait en aiîtendant l\u2019arrivée de Monsieur Bertal, car, un instant éloignée de l\u2019enfant, elle était vite revenue à son poste de dévouement qu\u2019elle avait impérieusement réclamé d\u2019ailleurs.Paulette s\u2019enfiévrait davantage dès qu\u2019elle s\u2019éloignait.On ne résista plus, puisque le succès de la gué- risson semblait dépendre de cette présence.Le soir même, Julien Bertal arrivait au couvent.autour La supérieure, amie d\u2019enfance de Madame Bertal, conduisit elle-même le jeune homme auprès de Paulette.Quand il entra dans la chambre, soeur Madeleine veillait seule.Depuis quelques instants, Paulette venait de s\u2019assoupir, bercée par lannek, et profitant de cette heure de sommeil, la novice était descendue dans le pare, respirer un air dégagé des odeurs écoeurantes des tisanes et des potions.H faisait un temps splendide.Cette chaude après-midi d'avril s\u2019achevait et arrivait au moment délicieux où la paix du crépuscule s\u2019étend sur la nature.Elle aspirait avec délice l\u2019air rafrai- chi.De gais souvenirs chantaient dans sa mémoire.Sans cesse aussi s\u2019imposait la vision troublante du jeune homme.Partout elle s\u2019accoudait et partait en rêve.Le prince charmant, le château, la vie d\u2019espace et d\u2019amour, tout ce rêve fleurissait à nouveau dans son âme, un instant endeuillée, et qui se vivifiait sous la vigueur des souvenirs qu\u2019un nom seul avait réveillés.Contrainte à de longues heures de prières, ses yeux ne glissaient plus distraitement sur les pieuses lectures, qu\u2019on lui permettait.La vie des saints martyrs passionnait son attention.Saint Gildas épris d\u2019une belle courtisane, qui se punit en se perçant les yeux, et Sainte Georgine qui, durant sa vie, n\u2019eut qu\u2019une pensée, qu\u2019un but : soigner les lépreux.Aussi quelle belle tradition s\u2019aitache à son nom.La sainte portée en terre au milieu d\u2019une nuée de blanche colombes qui l\u2019accompagnent jusqu\u2019à l\u2019église, se posent sur le toit pendant le ser- vise funèbre, sur les arbres, jusqu\u2019à ce que le corps soit descendu dans sa sépulture.Et sainte Agnès martyre à 15 ans.Ah.comme elle s\u2019y passionne à cette heure qui ouvre à son imagination des champs infinis de réverie.L\u2019amour du surnaturel naît en elle, imprègne ses rêves du jour et de la nuit.Il y avait une grande heure que Ian- nek se promenait dans le parc quand on l\u2019appela.\u2014 Soeur Agnès, soeur Agnès.vou- lez-vous rentrer.noire mère vous en prie, car la petite malade vient de s\u2019éveiller et vous réclame à grands cris.Tannek suivit la soeur jusqu\u2019à la chambre où reposait l\u2019enfant.Sur le seuil, la supérieure l\u2019attendait.D\u2019un geste doux, delle.\u2014 Ma fille, votre présence ici devient chaque jour plus nécessaire.La mère de nolre pauvre mignonne est elle-même très souffrante.je vous demanderai de la remplacer, puisque la tendresse de Paulette vous désigne entre toutes.pour l\u2019amour de Dieu et du prochain, vous en sentez-vous la force ?La novice eut une affirmation nette- Un lien mystérieux l\u2019attachait à Paulette.Elle ne pouvait la regarder maintenant sauz être remuée de sensations diverses, troublée, attendrie.\u2014 Ma mière, je ne quitterai notre chère malade que lorsqu\u2019elle sera sauvée.\u2014 Bien, ma fille, allez.d\u2019ailleurs, vous ne serez jamais seule, soeur Madeleine vous secondera .Pour moi, je ne saurais m\u2019éloigner longtemps.Dieu vous tieudru compte de tant de dévouement.Iannmek s\u2019approcha du lit de l\u2019enfant.Un jeune homme s\u2019y trouvait penché.Au bruit des pas de la novice, il se retourna.Soeur Agnès eut un cri étouf- té.Julien Bertal se tenait devant elle.H la reconnut tout de suite, ému de cette présence à laquelle il s\u2019attendait si peu, et il s\u2019inclinait, balbutiait de vagues remerciements pour l\u2019affection si dévouée qu\u2019elle portait à sa chère petite soeur, mais lannek ne répondit pas, elle ne pouvait pas parler, et elle cacha son trouble en se penchant vers l\u2019enfant, qui l\u2019appelait plaintivement.\u2014 Ma petite Paulette, ma chère petite Paulette.Sa voix s\u2019étranglait.elle se tut.Pourquoi tremblait-elle, pourquoi ses yeux se voilaient-ils, pourquoi?pourquoi restait-elle sans la force d\u2019un geste, d\u2019une parole.Toute sa volonté ne parvenait pas a raffermir sa main, son front, et elle restait penchée sur le lit blanc, sans rien voir.Il fallut bien se relever, et la novice s\u2019immobilisa au chevet de Paulette.En face d\u2019elle, Julien Bertal restait songeur, les yeux rivés sur elle.D\u2019un même geste toujours, soeur Madeleine continuait d\u2019égrener son chapelet.Un grand silence s\u2019établit, Tannek oublia la malade, le cloître, sa vie de prière et de résignation, une voix dans son coeur chantait victorieusement, elle était heu reuse .très beureuse\u2026.elle l\u2019attira près Juillet 1934 Lui ne parlait toujours pas.Le regard peureux de la novice se tenail obstinément baissé, mais un cri de Paulette les fit se redresser tous deux; d'un même élan, ils se penchèrent vers l'enfant.Le front du jeune homme frôla la cornette blanche.leurs mains se touchérent.Ian- nek tressaillit, troublée, les veux pleins de larmes.Elle dut s\u2019appuyer à son fauteuil.La supérieure entra et vit cette faiblesse.\u2014 Soeur Agnès, murmura-t-elle doucement, vous voici fatiguée, allez prendre un peu de repos, je veillerai sur vous.L\u2019enfant protesta, se débattit faiblement.Elle sentait bien qu\u2019elle avait besoin de s'éloigner, de se calmer.qu\u2019avait-elle, mon Dieu! qu\u2019avait-elle?Tout son sang affluait à son coeur, ses mains se glaçaient .allait-elle défaillir.Elle sortit de la chambre sans un autre regard pour Julien inquiet, désolé.La solitude ne la calma pas.L'image du jeune homme surgissait, tentatrice, obsédante .elle gardait encore la sen.sation de cette main sur ses doigts.Elle frissonnait à cette seule évocation, et chaque fois, la même faiblesse la gagnait.\u2026.elle fermait les yeux, heureuse, extasiee .Huit jours entiers, ils vécurent ainsi, mais Paulette était sauvée.Plus fréquemment, la novice pouvait, sous les arbres du jardin, promener ses rêveries.Depuis quelques jours, de mystérieuses langueurs la prenaient.Une inquiétude vague, encore indécise, informulée, la hantait, la faisait s\u2019interroger souvent.Qu\u2019avait-elle ?mais elle ne pouvait comprendre, ignorante de sa passion, de sa passion naissante.\u2019 Etonnée cependant de la couleur de ses songes qu\u2019une seule vision peuplait tous, elle voulait ne plus penser, ne plus penser à lui, mais sans cesse elle devait veiller, et bientôt, cette hantise Pépou- vanta.Elle se débattait, cherchait toujours à saisir l\u2019étrange état de son âme.Elle comprit, le jour où Julien quitta le couvent, laissant à sa place auprès du lit de Paulette Madame Bertal enfin rétablie.Parti !.lannek répétait ce mot, inconsciemment presque.parti !.cela éclatait en elle avec un grand bruit de ruines.Ainsi c\u2019était fini.une immense sensation d\u2019isolement l\u2019envahit.il lui sembla que le ciel et la terre se voilaient de crêpe.Affaissée sur son prie- Dieu où elle s\u2019était réfugiée, elle souffrait étrangement.Une désespérance affreuse pénétrait son âme.Toutes ses rancoeurs, tous ses regrets un instant apaisés renaissaient en elle.A nouveau, sa cornette blanche la désespéra, à nouveau, elle comprit sa vie sans but, sans intérêt, à nouveau aussi, elle souhaita l\u2019effondrement des hauts murs du couvent qui la retenaient captive, alors que jamais.elle n\u2019avait tant souhaité d\u2019être libre, libre de courir avec le seul espoir de le rencontrer, de le rejoindre, de le revoir .espoir déçu, peut-être, mais espoir quand même.À cette pensée, Fannek resta songeuse.le revoir.pourquoi ?Elle aimait tant son frère et jamais cependant, une telle fougue ne l'avait soulevée, quand après ses visites il repartait vers la vie.jamais non plus.sa vision ne l\u2019avait troublée.qu'était donc Julien pour elle ?.quelle place avait-il dans son coeur ?- Jannek comprit.Elle baissa la tête, le rouge au front, confuse de cet aveu à elle-même.Elle l\u2019aimait .c\u2019était délicieux et terrible ! Chapitre X Accoudée à la fenêtre de la chambre où Paulette avait passé sa convalescence et qu\u2019on lui permettait d\u2019habiter encore, lannek eut un adieu pour la fillette qui s\u2019éloignait aux côtés de sa mère.Passionnément, elle avait baisé et re- baisé Yenfant.sur les yeux, les joues, les cheveux, avec le besoin irrésistible de prodiguer ses baisers, des baisers on passait toute la force de l\u2019amour dont son coeur débordait.Lentement le jour baissait.assombrissait toute chose.Iannek s\u2019attrista.plus fortement chaque jour, elle sentait dans leur plénitude toutes les tristesses de l\u2019exil, elle se lassait de désirer ce que tout, autour d'elle, lui criait : impossible .Pour toujours.elle était là \u2026 | | | it Juillet 1934 retirée du monde.aucune puissance ne l\u2019en pourrait sortir.alors surgissait la vision de l'absent, toujours présent.Pourquoi s\u2019en était-il allé, emportant tout son coeur, sans le doux échange du sien.Ah, s\u2019il l'avait aimée, lui.s\u2019il avait pu l\u2019aimer.Mais non, Jésus ne permet pas qu\u2019on rêve à ses épouses et pourtant.pourtant, la douce pression de main de l\u2019adieu.le dernier regard, la dernière parole.tout ce qui lui avait semblé l\u2019aveu timide d\u2019un bel amour, qu'\u2019était- ce alors.qu\u2019était-ce?Elle ne pouvait rien oublier et ses souvenirs toujours précis la faisaient frissonner délicieusement.Alors, alors.il reviendrait.il allait venir, mon Dieu.Tous deux s\u2019avoueraient leur amour, elle quitterait le couvent et dans la blanche chapelle du château, un prêtre les unirait.quel bonheur.quelle félicité.Tannek riait aux anges.Aux heures, où le rêve franchit tous les obstacles, elle espérait, elle se réconciliait avec la vie et les heures suivantes, elle attendait.elle l\u2019attendait Elle était si sûre qu\u2019il allait venir, qu\u2019il allait paraître tout a coup.rien ne pouvait l\u2019arracher à son rêve.mais les jours suivaient les jours et le portail, le jardin, le parloir, ne s\u2019illuminaient pas de la présence du fiancé qu\u2019avait élu son coeur.Un instant consolée, Iannek retombait dans ses désespoirs, plus douloureusement, plus faible, plus désabusée, sans la force de vouloir vivre.Rien ne l\u2019intéressait plus .ni les visites de Jehan, ni les tendres gâteries de Lu- cienne, ni la bande joyeuse dont elle avait la surveillance.Les fillettes l\u2019adoraient.Un instant, dans des caresses enfantines, elle essaya de noyer ses regrets, mais cela ne suffisait plus à son besoin de tendresse.TIannek se désespérait encore ce SOIr- la, quand la voix de soeur Madeleine la fit tressaillir.Jehan était au parloir.Elle s\u2019y rendit sans joie; le voyant seul, la novice questionna : \u2014 Et Lucienne ?\u2014 Lucienne, ma petite Iannek.est un peu souffrante aujourd\u2019hui, songez que nous attendons notre enfant dans quelques semaines .priez Dieu que ce soi! un fils.je le voudrais tant ma petite soeuretle.\u2014 Oui, murmura l'enfant avec un sourire, je prierai pour votre futur petit Jehan.Tous les aînés des Kerdec-Moëlan portaient ce nom, mais Jehan se pencha vers sa soeur.\u2014Je voudrais que ce soit toi, ma chérie, qui lui choisit un second nom.dis-moi ce que tu décides.lannek réfléchit ume seconde, puis relevant sa tête pâle, elle répondit dans un souffle : \u2014 Appelle-le Julien, veux-tu ?\u2014 Julien ! soit.Ce sera je crois le premier de notre famille mais je suis fatigué de ces noms prétentieux dont on nous affuble.Il paraissait si sincèrement heureux que lannek, qu\u2019avaient souvent attristée les yeux moroses de son frère, sentit se dissiper tous ses doutes.Jehan n\u2019avait plus de chagrin.Est-ce qu\u2019on peut rire quand le coeur saigne.Il avait oublié son premier amour, il aimait Lu- cienne à présent.Non, lannek se trompait, Jehan n\u2019oubliait pas, mais Lucienne était sa femme, et bientôt, il en aurait un fils.Son honneur lui dictait son devoir.Il éprouvait d\u2019ailleurs pour sa femme, si douce et si bonne, une sincère et grande affection, à défaut de passion.Rien au monde, pas même la vue de Suzanne, de sa chère Suzanne, ne Pen eût détourné un instant.Il se sentait fort, il savait pouvoir parler ainsi, car deux mois auparavant, Suzanne et lui s'étaient rencontrés, un soir de bal.Une émotion poignante les avait étreint l\u2019un et l\u2019autre.Mais le premier trouble passé, ils s\u2019étaient tendu la main, et tout de suite séparés.Vingt fois, Jehan s\u2019était senti poussé vers le salon, où il savait la retrouver.vingt fois.il avait victorieusement résisté à ce désir.Quand Jehan eut quitté Iannek et regagné le chateau.il trouva Lucienne qui l\u2019attendait dans le pare.La Revue Populaire \u2014 Pourquoi debout.demanda-il en attirant la jeune femme contre lui, vous étiez si souffrante ce matin.\u2014 Je n\u2019ai plus rien, et puis je suis si heureuse de vous revoir.Elle souriait, les traits détendus par le bonheur de le retrouver, d\u2019être près de lui, dans ses bras, oubliant ses souffrances, ses craintes.Sa présence suffisait à la rassurer et elle babillait joyeusement, comme une enfant, quand Mac\u2019 Harite intervint.\u2014 Ce n\u2019est pas raisonnable, Monsieur le Comte devrait gronder Madame.et puis, comment va notre Iannek.Soeur Agnès .reprit-elle avec son éternel signe de croix.Distraitement Jehan répondit.Il venait d\u2019apercevoir une lourde calèche qui franchissait le portail de Ja cour du château.\u2014 Bien, cria Lucienne, voici tante Anne qui arrive.C\u2019était bien en effet, Mademoiselle Anne, qui revenait au château de Ker- dec-Moëlan, impatiente et inquiète de la naissance de l\u2019enfant attendu.Depuis quelques mois, elle ne vivait plus que pour prier et demander la venue d\u2019un fils.Aussi, incapable de rester seule plus longtemps, elle avait pressé son départ.Elle apportait pour l\u2019enfant un minuscule bonnet, qui n\u2019était qu\u2019une fine broderie de ses mains, mais Lucienne qui s\u2019extasiait devant la richesse des innombrables pièces qui composaient la layette venue de Paris, avait reçu des mains du Duc, un cadeau plus riche, plus précieux.La longue robe de baptême, toute garnie de vieux Venise.qui avait servi à plus de vingt générations déjà.On la conservait dans le musée, au milieu des reliques.Son prix inestimable la faisait, outre ses services, précieuses entre les plus précieuses.Lucienne l\u2019admirait, elle savait que son enfant en serait paré un jour seulement, puis qu\u2019on la placerait à nouveau dans la haute vitrine de chêne seulpté, jusqu\u2019au jour où naîtrait un second héritier.\u2014 Vous avez tenu là-dedans Jehan, disait-elle à son mari, en étalant la longue robe un peu jaunie, et cela me la fait aimer: quand notre enfant laura portée.il me semble qu\u2019elle me sera plus chère encore.Ah.je comprends maintenant, les sentiments qui attachent à ces choses.Jehan souriait, Mademoiselle Anne allait et venait à travers immense pié- ce.Comme au Marquis et au Duc, rien ne lui était inconnu, dans ce vaste musée, encombré jusqu\u2019aux portes.Devant chaque vitrine elle s\u2019arrêtait et nommait sans hésitation, sans chercher mème.là, c'était la crosse d\u2019or d\u2019un marquis de Kerdec-Moëlan évêque à trente-six ans !.\u2026 Ici, l\u2019amertume vingt fois perforée d\u2019un duc qui combattait aux côtés de la fière Jeanne d\u2019Arc.plus loin le poignard encore rouillé de sang de Jehan, duc de Kerdec-Moëlan dont les - exploits, la nuit de la Saint-Barthélemy sont demeurés célèbres .Une balle qui reposait sur un écrin de velours rouge lui faisait conter l'histoire d\u2019un aïeul intrépide et fier.Blessé à la tête sur le-champ de bataille, à Arques, une balle lui avait brisé encore le bras droit.Le fier duc ne recule pas malgré tout.et se défendant de son bras gauche, il pénètre aux côtés d\u2019Henri IV au plus fort de la mè- lée.Enfin percé au flane par cette balle pieusement recueillie, il s\u2019abat et expire aux pieds de son roi.Voici, maintenant, le large chapeau empanaché d'un brillant duc, que Louis XIV honora de son amitié.enfin, les épées de ceux que la révolution envoya à l\u2019échafaud, martyrs de leur dévouement a leur roi.Mademoiselle Anne les nommait les uns après les autres.que de souvenirs.que de richesses.Flle s\u2019attendrissait toujours, éprise du passé, de ce passé tout de gloire, où pas une faiblesse ne se comptait.aussi, qu\u2019un des siens eut failli.À cette seule pensée, tout son sang bouillait.elle l\u2019eut plutôt étranglé de ses propres mains lui sem- blait-il.Quand.pour la première fois, elle remarqua dans la galerie des portraits, celui de la marquise.sa belle-soeur, elle regarda son frère stupéfaite.Que voulait dire ce changement?avait-il acquis les preuves de l\u2019innocence de celle que jusqu'alors il avait considérée coupable, et condamnée à l\u2019exil.Mais le marquis expliqua les prières de Iannek, les prières de Jehan, ses doutes malgré tout.Mademoiselle Anne ne dit plus rien, mais jamais elle ne pouvait lever les yeux sur le visage souriant de la malheureuse jeune femme, sans qu\u2019une voix en elle ne murmurât.Elle lui semblait une étrangère, une intruse, indigne de parai- tre, de figurer parmi ces nobles images.Mais elle ne confiait à personne ces impressions pénibles, elle était si heureuse d\u2019ailleurs.Jehan marié, Jehan bientôt père.lannek, celte enfant, dont la nature ardente et vagabonde, les avait si longtemps rendus soucieux, lannek était au couvent, sauvée .tout cela s\u2019était fait rêve enfin réalisé, en une bénédiction de Dieu, apitoyé de leurs longues misères, vaillamment supportées.Maintenant elle n\u2019avait plus qu\u2019un cri.qu\u2019une prière.trouver un fils dans cet enfant tant attendu, un héri- lier de toutes ces gloires, de toutes ces richesses, un propagateur du nom adoré.elle offrait mille sacrifices pour celte grâce.Lucienne était si délicate !.serait-elle mère plusieurs fois?si un fils naissait, c\u2019étaient leurs craintes apaisées, leurs soucis amoindris.le nom ne mourrait pas, ce nom que seul Jehan pouvait transmettre aujourd\u2019hui.Elle se souvenait encore de ses prières d\u2019autrefois, quand, pour la seconde fois, la Marquise sentit qu\u2019elle allait être mère.Prières vaines.lannek naquit, et désillusionnée, la vieille demoiselle, ne put jamais se défendre d\u2019une certaine rancune contre cette enfant, qui avait déçu ses espoirs.Aujourd\u2019hui, même, qu\u2019elle était novice, retirée de la vie, de leur vie, Mademoiselle Anne n\u2019y pensait jamais qu'avec indifférence.Elle n\u2019avait été qu\u2019une fois au couvent où la pâleur et la faiblesse d\u2019Iannek lui avaient échappées, et l\u2019enfant que l\u2019aspect austère de la vieille demoiselle glaçait toute, s\u2019était vite esquivée du parloir, après un entretient de dix minutes, où les mots graves de devoir, de renonciation et d\u2019abnégation avaient attristé ce coeur de quinze ans, épris de vie de liberté et d\u2019amour.Jamais aussi, lannek ne pensait à cette tante qu\u2019elle avait vue la première fois, un an auparavant.L'enfant d\u2019ailleurs ne pensait plus à personne, plus à rien qu\u2019à son amour, qu\u2019à celui dont le souvenir emplissait son coeur.Toujours, la pensée tendue vers son rêve, elle semblait alors partie de ce monde, et errer dans l\u2019au-delà.La confidence de ses peines, de ses espoirs, de ses désirs, l\u2019eut soulagée, mais toujours seule, elle cachait ses pensées dans les replis de son âme.Soeur Madeleine veillait cependant.Elle lisait chaque jour dans le regard devenu vague à force d\u2019être rêveur, de l\u2019enfant, ses rancoeurs plus vives, ses combats plus douloureux, ses espérances plus fugitives, la passion grandissante de son coeur, qui plus impérieusement maintenant qu\u2019il aimait, réclamait la vie.La soeur se rappelait sa jeunesse morne; elle gardait le souvenir de sa douleur inconsolée.Elle aussi avait rêvé d\u2019amour, de blonds chevaliers, et près d\u2019elle, un être avait été le héros de son enthousiasme enfantin.Mais comme les autres il avait dédaigné l\u2019amour de sa jeunesse difforme.Le doute alors, avait cruellement ravagé son coeur, où longtemps la douleur subsista, se nourrissant dans l'impossibilité de toute confidence, dans l\u2019absence de toute consolation.Maintenant qu\u2019elle était vieille, qu\u2019avaient vieilli en elle ses aspirations les plus fertiles, soeur Madeleine gardait encore tout au fond de son âme, un coin ensoleillée.où subsistait son rêve obseur et perpétuel.C\u2019étaient ses joies que ces heures où elle pouvait oublier ses ans, ses cheveux argentés déjà, les rides de son front, et surtout sa terrible disgrâce, et se glisser sous le masque d\u2019une radieuse princesse, aux yeux clairs, à la démarche altière, souriant aux courtisans prosternés, souriant surtout au joli prince agenouillé devant elle.oh.le chaste amour de la Princesse Madeleine, où la vision du baiser pudique est seule évoquée.oh.la douce princesse.et le beau rêve ÉCOUTE .devine quelle est cette céréale ENTENDS-TU ça craquer, éclater, exploser ?Ce sont des Rice Krispies de Kellogg ! Les enfants s\u2019amusent follement à écouter les Rice Krispies et à les manger.S'ils mangent avec appétit, c\u2019est un signe de bonne santé.Ne refusez pas à votre famille les Rice Krispies de Kellogg, d\u2019une saveur si délicieuse.Ils faciles à digérer.C\u2019est le souper idéal des enfants.Particulièrement exquis avec des fruits ou sont nourrissanis, du miel.Dans le carton rouge et vert, chez les épiciers.Toujours frais parce que enfermés chauds dans un sac intérieur CIRE.Préparés par Kellogg, à London.Ontario.Qualité garantie.Ecoutez ! \u2014 37 GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE Toutes les femmes doivent étre belles et vigoureuses, et toutes peuvent l\u2019être grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil.Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir votre sang avec le Réformateur Myrriam Dubreuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Réformateur.Il mérite la plus entière confiance, car il est le résultat de longues études consciencieuses.Le REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL est un tonique reconstituant et possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine en même temps que sous son action se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.Engraissera rapidement les personnes maigres GRATIS.Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons Gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantilloo Myrrilam Dubreuil Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Correspondance strictement confidentielle.Les jours de bureau son : Jeudi et samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL BOITES POSTALE 2353 \u2014 Dépt.2 5920, rue Durocher, près Bernard MONTREAL, CANADA XBAZIN Endur les POIL N'ayez pas honte, enlevez ces poils \u2018hideux de vos bras et de vos jambes.crème X-Bazin ___\u2014_ bannit ces laideurs vitement, facilement et sûrement, Rien de mieux.Prix 55e.La Revue Populaire aussi; rêve puéril d\u2019une âme que les ans respectèrent dans son printemps en flétrissant le corps prématurément.Trouvant toutes ses joies dans le rêve, elle n\u2019en défendait pas trop Iannek.Elle ne savait pas d\u2019ailleurs que l\u2019enfant aimait, non une chimère, un idéal créé par son imagination, mais un être vraiment beau, un être qui vivait, un être surtout qui aimait.oh.si elle eût su, si elle se fût douté seulement, comme maternellement elle lui eût fait confesser son roman, comme elle l\u2019eût défendue, elle qui connaissait ces désillusions, ces peines qui laissent le coeur en ruines, et lannek vouée au couvent, que pouvait-elle espérer de la vie.oh.non, soeur Madeleine ne savait pas.Pourtant ce jour-là, elle vint à dessein tirer l\u2019enfant d\u2019une rêverie où son front semblait s\u2019attrister.\u2014 Soeur Agnès, murmura-t-elle, j'ai une pénible mission à vous confier : aller annoncer à vos petites élèves que notre bon aumônier vient de mourir, dans la grâce de Dieu; réclamez leurs prières, comme notre mère réclame les nôtres .allez, ma soeur.Iannek tressaillit.Mort !.il était mort, le bon curé, qui toujours lui souriait et savait si paternellement confesser ses fautes, les mémes sans cesse, ses distractions a la chapelle, sa tiédeur dans la priéres.Mort!.Lentement elle traversa la cour, et entra dans la classe.A sa vue, les enfants se levèrent, et Iannek a mi-voix, leur apprit le deuil qui frappait le couvent.Devant son front soucieux, sa bouche grave, lcs fillettes se recueillirent et docilement, deux à deux, elles gagnèrent la chapelle où s\u2019éleva la prière inconsciente de leurs petites âmes à peine nées.Iannek priait, elle aussi, avec ferveur et recueillement.La belle téte du prétre restait dans son souvenir, son sourire d\u2019indulgence, sa voix rassurante.Elle n\u2019avait pas peur de se confesser à Ini.et pourtant.Soeur Agnès sentit une fugitive rougeur monter à son front.Jamais, jamais, elle ne lui avait confié les tourments qui l\u2019agitaient, ses désirs, ses troubles, ses révoltes.même au pieds de l'autel, ses craintes étaient restées inavouées.non, jamais, en lui donnant l\u2019absolution, il n\u2019avait su quelle inquiétude la talonnait, devant la vision qui sans cesse alarmait sa solitude.Pauvre curé Chatillon !.Il savait maintenant, il pouvait lire! saint parmi les saints, dans son âme, comme en un livre ouvert.Et Iannek baissa le front sous sa cornette blanche.A cette heure ou elle ne pouvait rien lui cacher, elle se confessa, l\u2019image du prêtre dans les yeux, elle lui parla, lui conta tout le cantique de son amour, de son pauvre amour dédaigné.Et peu à peu, les larmes emplirent ses yeux.Il lui semblait que le prêtre lui parlait, la consolait et la grondait tour à tour.pourquoi ne s\u2019était-elle pas confiée à lui plus tôt ?.Pourquoi ne s\u2019était-elle pas confiée à Dieu, à Dieu qui panse toute peine.Tannek joignait les mains et pour la première fois, affaissée sur sa chaise, elle fut vraiment l\u2019épouse de Dieu, épouse implorante et croyante.Elle qui jusqu\u2019a ce jour, suppléait a la foi absente a force de respect, elle pria, criant son désespoir, dans le grand espoir d\u2019être entendue, secourue, délivrée.\u2014 Mais, mon Dieu, je l\u2019aime .pourquoi ne m\u2019aime-t-il pas ?venez a mon secours !.C\u2019étaient toutes ses plaintes.elle figeait ses regards suppliants sur la téte couronnée d\u2019épines de Jésus expirant.Un courant magnétique partit du Christ.Tannek se crut appelée tout prés pour sa bénédiction.elle quitta son bane de bois, et vint s\u2019affaisser sanglotante au pied de l\u2019autel.Les soeurs la crurent malade.L\u2019une d\u2019elles se leva et entraîna hors de la chapelle l\u2019enfant hoquetante et sans force.Dans la chambre où elle avait veillé Paulette et qu\u2019elle occupait maintenant afin de mieux reposer ses forces renaissantes, Iannek se laissa conduire.Soeur Madeleine lui préparait un cordial, mais l\u2019enfant n\u2019avait que le désir de se trouver seule, seule avec Dieu et son espoir.Elle réclama la solitude, on la laissa au repos.A nouveau elle pria.La nuit descendait lentement autour d\u2019elle.Par la fenêtre grande ouverte, l\u2019air rafraîchi entrait librement, lannek sentit le froid tomber sur ses épaules.Elle se leva et vers la fenêtre tendit ses mains fiévreuses.une voix l\u2019appela.\u2026.\u2014 Soeur Agnès.soeur Agnès, n\u2019ayez pas peur.: Iannek a tressailli de tous ses membres.cette voix.cette voix !.elle n\u2019ose la reconnaître.elle n\u2019ose plus un geste même.mais des mots parviennent encore jusqu\u2019à elle.\u2014 Soeur Agnès.C\u2019est moi, puis-je espérer mon pardon pour une telle audace.je n\u2019ai pu résister.pardonnez- moi si ces mots vous offensent, mais je vous aime, je vous aime a en mourir !.L\u2019enfant n\u2019a pas un cri.Julien Ber- tal est entré par la fenêtre, et peureux devant cette vierge parée du costume sacrée des femmes de Dieu, il reste tout contre, prêt à disparaître sur un geste de la novice.Comme un malfaiteur, il s\u2019est glissé le long du mur du couvent: comme un malfaiteur, il a, par-dessus le mur bas des communs, atteint, après des efforts inouïs, la fenêtre d\u2019lannek, et maintenant, plus timide toujours dans la pièce austère aux murs blancs, où seule se détache une croix de bois, devant la pureté de l'enfant, toute son audace s\u2019en est allée, il n\u2019a même plus celle d\u2019un pas qui le rapprochera d\u2019elle, d\u2019elle vers qui va tout son coeur, d\u2019elle pour qui il vient de risquer sa vie.Iannek aussi reste sans parler.ce n\u2019est pas la peur.ce n\u2019est pas la surprise .extasiée, elle la regarde, ne pouvant croire a sa prière si vite exaucée.il I'aime.il l\u2019aime ! Elle n\u2019a pas d\u2019autres pensées, pas d\u2019autres visions.il est là, dans sa chambre.lui, un homme.c\u2019est un crime.on le lui a bien dit au couvent.mais elle ne se souvient pas, elle ne voit pas la faute.il l\u2019aime .\u2026 il J\u2019aime.éblouie, elle ferme les yeux, défaillante .\u2014Oh .vous m\u2019aimez!.C\u2019était inespéré, sans bornes.elle ne peut croire à sa félicité.mais il reprend en la serrant dans ses bras : \u2014 Iannek, je vous aime, je vous aime.voulez-vous être ma femme ?ma femme adorée, respectée ?Voulez-vous quitter le couvent pour me suivre, quitter ce costume pour la blanche toilette nuptiale?Dites-moi que vous consentez.que votre présence ici n\u2019est pas due à votre volonté.Dites-moi que vous m\u2019aimez un peu, moi qui vous adore.Toute Pardeur de son amour frémissait dans sa voix; Iannek ne résista plus.A son tour elle parla, avoua son amour, son désespoir, ses souffrances.il gardait ses mains dans les siennes, retrouvant ses peines dans celles de l'enfant.comme leur martyre avait été le méme, mais ce temps-là finissait, ce temps-là était fini.bientôt enfin ils seraient heureux.Ils s\u2019oubliaient à songer, faisant d\u2019affolants programmes d'avenir.quitter le couvent, se marier .vivre toute une vie de félicité et d\u2019amour.Pour cela, Madame Bertal irait au château de Kerdec.La pauvre mère était souffrante à nouveau, mais aussitôt remise elle ferait au Duc et an Marquis, la demande officielle de sa main pour Julien, la main de Mademoiselle de Kerdec-Moëlan, et soeur Agnès n\u2019existerait plus.Elle buvait ses paroles avec une avidité de fièvre, mais il fallait songer à se séparer, on pouvait entrer, les surprendre.Cette fois, revenue à elle, Tannek s\u2019affola à l\u2019idée d\u2019être aperçue.\u2026.Il comprit, fit un pas vers la fenêtre, sans détacher son regard du visage pâli de la novice.Avec une intense ferveur, leurs regards se fondirent.Julien ne put réprimer plus longtemps son désir fou de la serrer contre lui.il joignit les mains suppliant, Iannek baissa la téte dans un consentement et se laissa approcher avec le tendre abandon de I'amour avoué.Mais sur sa petite main glacée seulement, il posa son premier baiser.Lorsque quelques instants plus tard, soeur Madeleine entra dans la chambre de la novice, affaissée sur son lit, Ian- nek restait sans mouvement.Elle cau- Juillet 1934 sait avec ses souvenirs, les yeux encore remplis de l\u2019image idolâtrée.Ah!.cette fois, il s\u2019installait dans son coeur, souverainement.En elle, une voix chantait victorieuse.Enfin, le bonheur existait donc.le bonheur de s'aimer.de l'aimer .d\u2019ê- tre aimée .Ab.le retrouver partout avec elle, dans la réalité et dans le rêve.elle s\u2019en faisait une idée affolante, de jouissance, de joie.si longtemps cela lui était apparu dans la féerie des rêves impossibles, qu\u2019elle avait besoin de se le dire, de se répéter encore qu\u2019il était venu, qu\u2019il était bien venu, le cher fiancé, qu\u2019il lui avait avoué son amour.Les yeux rivés a la fenétre, oubliant soeur Madeleine, elle s\u2019attardait dans la contemplation évocatrice.La soeur parla, inquiète de la faiblesse qui, à la chapelle, avait gagné Ian- nek, elle questionna doucement.L'enfant tourna vers elle, son visage illuminé par le magique reflet de la jeunesse et du bonheur, et soeur Madeleine eut un allègement visible à son inquiétude.lannek rayonnait, sa joie l\u2019étouf- faits d\u2019un mouvement irréfléchi, elle courut à la soeur stupéfaite, et les bras jetés à son cou, elle embrassa avec pasz- sion les vieilles joues ridées.\u2014 Ma soeur.ma soeur.je suis heureuse .\u2026 Son secret lui montait du coeur aux lèvres, son regard lumineux se leva sur la religieuse qui, elle, interdite, questionnait : \u2014 Heureuse.soeur Agnès?pourquoi si heureuse ?Oui.pourquoi?allait-elle parler.confier sa félicité, ses espoirs.nou, mais elle était heureuse .que dire ?\u2014 Avez-vous bien prié ?est-ce là votre joie?L'enfant eut un cri.\u2014 Bien prié.oui.oui.c\u2019est cela, j'ai prié.bien prié.Ah! je suis heureuse, ah! Mais elle ne pouvait rester inactive, pendant que sa tête bouillonnait d\u2019une telle effervescence, et à travers la chambre elle allait et venait.La nuit elle resta sans sommeil.Au matin, Iannek descendit à la chapelle et sourit an grand Christ couronné d\u2019épines.Chapitre XI Bertrade arrivait en riant vers Ian- nek : \u2014 Soeur Agnès, venez donc au jardin, nous avons une belle demi-heure de liberté, avant que notre nouvel aumônier ne vienne nous faire sa première visite .viens donc, ajouta-t-elle à mi-voix, j'ai glissé un hanneton sous la cornette de soeur Stéphanie, tu vas la voir s\u2019agiter.Tannek rit de bon coeur.Depuis le soir des aveux, depuis qu\u2019elle savait sa délivrance proche, son bonheur certain, sa belle exubérance d'autrefois l\u2019avait reprise.Rayonnante, transfigurée, il semblait qu'une vie nouvelle passit dans sea veines, qu\u2019avaient un instant glacées la tristesse et l\u2019austérité du cloître.ah! qu\u2019elle était heureuse !.qu\u2019elle était heureuse ! Elle ne confiait à personne, qu\u2019au grand Christ de bois, qu\u2019à l\u2019âme toujours flottante du curé Chatillon les joies dont elle exultait, mais ses yeux révélaient à tous son grand bonheur.Vive, gaie, expansive, Iannek stupéfiait tout le couvent.Son joli visage s'était rosé, son front éclairci, sa démarche assurée.De cet ensemble se dégageait une joie d'exister, une gaieté d\u2019être qui pas un instant ne l\u2019abandonnait.La novice avait sans cesse les serments à la mémoire, elle se sentait bercée dans une confiance sans borne.Julien l\u2019aimait, elle serait sa femme.elle rêvait sur ces mots; sa femme .sa femme.lannek ne voyait plus le château, la lande qu\u2019elle avait toujours placée dans le décor de sa vie d'amour, avec le prince charmant.que lui importait le carosse a six chevaux, les robes de cour somptueuses, Julien l\u2019aimait .son cher Julien.Au sortir de la chapelle, il l\u2019emporterait.Où ?Elle n\u2019en savait rien, mais elle ne voulait pas penser.avec lui.ce serait partout et toujours le paradis.Et elle écrivait aux siens de longues lettres pleines de la quiétude attendrie de son bonheur. pu Juillet 1934 Chapitre XII \u2014 Voyez, Lucienne, combien vous vous inquiétez à tort pour soeur Agnès, disait Mademoiselle Anne .sa lettre d\u2019au- jourd\u2019hui révèle la plus parfaite sérénité, une sorte de gaieté même en émane.lisez vous-même.La jeune femme prit la lettre et après l'avoir parcourue : \u2014 C\u2019est pourtant vrai Jehan, Iannek paraît heureuse, se ferait-elle enfin a cette vie, la pauvre petite ! \u2014 Pourquoi la plaindre, répliqua sèchement mademoiselle Anne, n\u2019a-t-elle pas au couvent, une existence paisible ?Jehan leva son regard droit sur la vieille demoiselle : \u2014 lannek pouvait rêver d\u2019autres jours que ceux passés dans le recueillement et la prière.Sans songer au mariage, ne pouvait-elle, comme vous l'avez voulu ma tante, demeurer libre dans la vie ?\u2014 Soeur Agnès n\u2019était pas pour vi vre ma vie; elle n\u2019avait pas assez la compréhension et l\u2019amour de son nom, près duquel sa vie n\u2019est rien.Lucienne allait répondre, quand Mac\u2019 Harite frappa à la porte : \u2014II y a là des « diverruzed > qui demandent l'hospitalité, dit-elle Pair effaré.faut-il les laisser entrer ?\u2014 II! n\u2019est pas dit qu\u2019un Kerdec-Moë- lan laissera un pauvre à la porte, déclara mademoiselle Anne, tandis que Jehan disait plus simplement : \u2014 Mais certainement Mac\u2019Harite, fait- les entrer, et traite-les bien, ces pauvres gens.La vieille servante ouvrit aux mendiants, la vaste cuisine où se préparait le repas du soir.\u2014 Entrez, dit-elle brièvement en s\u2019ê- cartant d\u2019eux avec une précipitation effarée.\u2014 Par Saint-Herbot, femme, murmurèrent les diverruzed hésitants et craintifs, nous n\u2019avons aucune intention mauvaise, et le diable n\u2019est pas dans nos loques ! Mac\u2019Harite ne répondit pas.Obstinée dans une silence inquiet elle poussa cependant devant eux, une large miche de pain, un pot de cidre et un quartier de lard fumé.Resignés, les deux hommes et la femme mangeaient songeurs et la tête baissée, lorsque Kerias, Yvonne et deux voisines, firent irruption dans la vaste cuisine.\u2014 Bonjour mère joyeusement Kerias.tiens, vous voilà donc de la compagnie .salut les amis.Les femmes poussèrent un cri de stupeur.\u2014 Kerias, ce sont des diverruzed, murmure tout bas, tremblante d\u2019effroi, la vieille servante des de Kerdec, c\u2019est une profédez (prophétesse) et eux des Kakou (sorte de rebouteux, mendiants peu estimés).- La femme s\u2019était levée avec indignation.\u2014 Des kakou ! éria-t-elle furieuse, j'ai donc bien entendu.apprenez vieille femme, que nous ne sommes pas des kakou.nous travaillons pour vivre, honnêtes tant qu\u2019on peut, et jamais nous n'avons mangé, pain, lard et châtaignes.qu\u2019on ne nous les ait offerts, ou donnés contre notre argent.Est-ce là des kakou ?mais je suis une profédez, moi.je vous souhaitais du bonheur, mais à présent, je veux que mes souhaits soient nuls.qu\u2019ils soient donc nuls.Elle brisa son verre encore plein, courut a l\u2019âtre, y prit un tison enflammé et au bout des pincettes le brandit, en signe de croix en disant : \u2014 Bonheur souhaité, va-t-en, je te donne au barbet noir des montagnes, va-t- en.s'il te refuse, la scrignereznoz (la curieuse des nuits) te prendra pour elle.Ceci dit, elle posa en travers le tison devant le fea.Consternées, Mac\u2019Harite, Yvonne et les voisines, échangèrent un regard plein d\u2019épouvante, ct comme la profédez et les Civerruzed, se levaient de table sans achever leur repas, et se dirigeaient vers la porte, Yvonne courut devant eux et masqua la porte de sa petite personne.\u2014 Vous ne vous en irez pas ainsi, sup- plia-t-elle, mon mari vous a nommés ses aruis, soyez les nôtres, rappelez le bonheur souhaité et buvons tous à la santé des maîtres, qui vous ont accueillis tout de suite.Mac\u2019Harite, cria La Revue Populaire Déjà.la profédez semblait calmée.Yvonne prit un nouveau verre, le remplit, et s\u2019approcha de la femme, impassible devant l\u2019âtre : \u2014 Rappelez le bonheur, amie.- pelezle.\u2014Je l\u2019ai donné au barbet noir des montagnes, je ne lui reprendrai pas maintenant, mais c\u2019est dommage, car il n\u2019aurait pas été de trop ici.Mac\u2019Harite se signa lentement, et tandis qu\u2019une des voisines courait à la Vierge et au Christ qui ornaient les murs de la vaste cuisine, et les retournait, elle questionna tremblante : \u2014 Que voyez-vous donc ?.ce feu est-il plaignant ?.regardez-le, les étincelles pétillent, il est vif et bien portant !.\u2014 Mon bonheur n\u2019était pas de trop ici, répéta la profédez avec entêtement, ces étincelles ne sont pas celles de la joie, elles sont blanches et sans éclat.je vois .je vois l\u2019an-kan (la mort) qui, par deux fois, s\u2019installe au château.Un long cri de terreur souleva les poitrines, Mac\u2019Harite tomba à genoux sur les dalles.\u2014 L\u2019an-kan .l\u2019an-kan.\u2026.terrifiée ! \u2014 Attendez, reprit la profédez, d\u2019un air inspiré.jy vois aussi une colombe blanche, éloignée depuis longtemps déjà, la colombe ne se posera pas longtemps sur son toit inhospitalier pour elle.La voici qui repart, guidée par une autre colombe, et une troisième fois, l\u2019an-kan reparaît au château.\u2014 Vierge sainte ! gémit Mac\u2019Harite, mes maitres sont perdus, et c\u2019est moi, qui leur cause tout le mal.C'est moi.c\u2019est moi.Elle sanglotait de tout son coeur, les mains crispées, tendues vers le Christ retourné.Yvonne vint s\u2019agenouiller près d\u2019elle, et baisa sa vieille tête blanche.\u2014 Grand\u2019mère, consolez-vous, il n\u2019y a pas là de votre faute, et d\u2019ailleurs, le sort ne peut-il pas être conjuré?amie, que faut-il faire ?\u2014 Oui, que fant-il faire ?répéta Mac\u2019 Harite suppliante.Quand je devrais risquer mon âme vers les poulpiquets, même les poulpiquets malins qui peuvent tout, quand je devrais porter dez offrandes à toutes les fontaines, jeter des épingles d\u2019or aux korrigans, aller danser sur les hauteurs avec les courile, j\u2019atteindrai bien ce barbet noir des montagnes, et je lui reprendrai le bonheur pour mes maîtres.\u2014 Le barbet noir garde l\u2019antre des enfers, et lorsqu\u2019il court la montagne, nul ne peut l\u2019approcher, mais écoute, femme, voici quoi faire: quand tu entendras chanter le lonennanik, crie-lui trois fois, en grossissant toujours la voix: « Donne-moi ton bonheur !.donne-le moi pour mes maîtres !.» À la troisième fois, s\u2019il Va entendue, il tombera mort à tes pieds.Alors, attends un matin ensoleillé et va jeter son corps dans Ja «mar glaz» l\u2019an-kan sera éloignée.adieu, maintenant il est temps de repartir, les hommes ! Une dernière bouchée, et les deux bretons se levèrent impassibles après avoir murmuré un lent « Doué ho penigo > ! Ils sortirent avec la femme.Consternée malgré les derniéres pa roles rassurantes de la profédez, Mac\u2019 Harite les regardait sortir.Sa douleur silencieuse effrayait Yvonne qui, aidée des voisines, aussi terrifies d\u2019ailleurs que la vieille servante, essaya de la distraire.\u2014 Bien, cria tout à coup Kerias en riant, voici une belle voiture, ma foi, mère Mac\u2019Harite, une belle voiture qui s\u2019arrête dans la cour.Yvon est heureusement là.Vois done Yvonne, la dame qui en descend.par Saint-Herbot, on dirait une reine!.Mac\u2019Harite releva la tête.\u2014 Qu\u2019importe, reine ou pauvresse.puisque ce n\u2019est plus du bonheur qu\u2019on verra au château ! \u2014 Profédez de malheur! jura Kerias, pourquoi aussi, mère Mac\u2019Harite donnez- vous tant d\u2019importance à ces radola- ges.je vous dis, moi, que c\u2019est la joie qui attend les maîtres.je vous le dis.\u2014 La Vierge t\u2019entende, Kerias, répou- dit simplement Mac\u2019Harite, avec un long soupir.Près de la fenêtre où elle s\u2019avança, Yvonne se tenait curieusement penchée.rap- répétait-elle 39 cooceveeeve LA CHANSON FRANÇAISE Le Samedi et Le Film publient également des textes de chansons françaises.oO > J\u2019ai tout quitté (Charlys-Dufas-Rick) Disque Pathé, No 94365, par Jean Cyrano.Disque, $1.00; musique, 45c Quand je t'ai vue, par hasard, sur ma route Je fus séduit par tes yeux enjôleurs.L'amour qui passe a des mots qu\u2019on écoute.Dans un élan je t'ai donné mon coeur.Moi qui vivais dans la vie simple et tranquille Dans ma famille ou près de mes amis, Pour ton baiser, pour ton amour facile, Sans adieu je suis parti! Refrain J\u2019ai tout quitté pour toi, ma brune, Je voulais croire en ton amour, Ma tendresse et ma fortune, Mes amis des anciens jours! .Mais le bonheur s\u2019en va trop vite Sans un regret, sans Un émoi, C\u2019est toi maintenant qui me quitte Et pourtant j'ai tout quitté pour toi! J'avais chez moi des habitudes chères: Au coin du feu quand je venais m'\u2019asseoir J\u2019aimais la voix de ma vieille grand\u2019mère Qui doucement radotait chaque soir.Je n\u2019irai plus vers la vieille demeure Où, j'en suis sûr, on m\u2019attend malgré tout.Tout près de toi j'ai cru la vie meilleure Et tu m\u2019as rendu fou.III Tu m'as quitté pour d\u2019autres aventures, Pour un baiser que l\u2019on cueille en chemin.Si dans mon coeur j'en garde la blessure J\u2019ai bien juré de me venger demain .Mais, à quoi bon, tu le sais bien, je t\u2019aime.Si tu reviens ce soir à la maison Je serai lâche et c\u2019est encor moi-même Qui demanderai pardon.A Trianon ( Baudeuf-Rémy) Disque Pathé, No 93099, par Jean Planel.I Vous en souvenez-vous, Marquise?C'était un soir, à Trianon, Vous aviez une grâce exquise Dans votre robe de linon.Près du lac vous étiez assise, Ecoutant la frêle chanson Que tout bas murmurait la brise, En caressant chaque buisson.Il Vous en souvenez-vous, Marquise?J'osai me rapprocher de vous.Et profitant de l\u2019heure grise, Sur vos doigts mettre un baiser doux Puis, de vous j'obtins la promesse De revenir au petit jour.Ainsi qu\u2019un blanche déesse, Me rejoindre au Temple d\u2019Amour.Disque, $1.00; musique, 45c III Vous en souvenez-vous, Marquise?Je fus fidèle au rendez-vous, Mais, hélas! la place était prise: Le Roi priait à vos genoux! Vous l\u2019écoutiez avec ivresse, Il fallut bien me résigner! Mon coeur sut cacher sa détresse, Nul ne m\u2019entendit soupirer! IV Depuis ce moment de surprise, Depuis ce bonheur envolé, Je puis vous l'avouer, Marquise, Je ne me suis pas consolé.Mais de vous voir cela me grise Laissons là votre trahison .Prenez mon bras, l\u2019heure est exquise, Tachons d\u2019oublier, Trianon! AVIS \u2014 Nous prions les lecteurs qui nous écrivent d\u2019indiquer leur nom et adresse, pour nous permettre de communiquer avec eux et de leur fournir les renseignements demandés.Vous pouvez vous procurer ces chansons, paroles et musique, sur disque ou en feuille, chez les marchands de musique de votre localité. 40 Au pied Une dame d\u2019une cinquantaine d\u2019années, très élégamment vêtue, descendait, en effet, du coupé, et précédée d\u2019un valet de pied, pénétrait dans le château.\u2014 Madame veuve Bertal, dit-elle au domestique.\u2014 Madame Bertal, murmura le Marquis, que peut-elle me vouloir ?Empressé cependant, il se rendit au salon où l\u2019attendait la visiteuse.\u2014 Monsieur, déclara t-elle, je sais vous être inconnue et étant donné la gravité de démarche, il est nécessaire que je ne me nomme pas seulement.Je suis Madame Bertal; j'habite Huelgoat où mon mari, qui fut un ingénieur de mérite, m'a laissé les mines argentifères que je fais exploiter aujourd\u2019hui.Le Marquis s\u2019inclina très courtois : \u2014 Inconnue, Madame, vous ne l\u2019êtes pas, vous ne pourriez l\u2019être longtemps; comme tous, je connais et j'estime le nom de Bertal, qu\u2019accompagne une belle réputation de charité et d'honneur.\u2014 Votre aceueil m\u2019est sensible, Monsieur, et me facilite beaucoup la mission que j\u2019accomplis en tremblant un peu, je Sat dE eine ls tr an rm La Revue Populaire de la falaise, la mer venait de rejeter un corps, un pauvre corps menu, voûté, l'avoue .Mon fils, Julien Bertal, qui a d\u2019ailleurs eu l\u2019honneur de vous être présenté lors de la restauration de votre beau château, n\u2019a pas pu voir Mademoiselle votre fille, sans s\u2019en éprendre éperdument.Aujourd\u2019hui même, que selon votre désir, elle est au couvent, retirée du monde, son amour ne s\u2019est pas amoindri.Il espère en outre que ses sentiments sont partagés, et je viens vous demander, pour lui, la main de Mademoiselle de Kerdec-Moëlan, votre fille.Le pli dédaigneux qui relevait la lèvre du Marquis s\u2019aecentua plus profondément à mesure que parlait Madame Ber- tal.Tout son intraitable orgueil se soulevait, devant cette démarche qu\u2019il cou- sidérait insultante et plus que folle.À sa fille, sa fille, une Kerdec-Moë- lan, on osail proposer pareille alliance \u2026 l\u2019impudente race que celle de ces bourgeois enrichis.qu\u2019elle sûreté stupide, quelle astuce prodigieuse argent ne donne-t-il pas !.Sa main tremblait calme et souriant presque, courtois et gen- tilhomme, malgré son émotion, en dépit de ses réflexions indignées.Madame Bertal attendait, grave et digne.Le Marquis parvint à sourire.\u2014 Madame, vous l\u2019avez dit, mademoiselle de Kerdec-Moëlan n\u2019existe plus.Ma fille est aujourd\u2019hui soeur Agnès.Elle est allée à Dieu et ne saurait se reprendre.\u2014 Je m\u2019excuse d\u2019insister, Monsieur, reprit la visiteuse, peut-être ignorez-vous que ma fille, pensionnaire au couvent de Mademoiselle de Kerdec-Moëlan, étant tombée malade, fut soignée par elle, avec un dévouement que je n\u2019oublierai jamais.Durant les quelques jours qu\u2019avec elle j'ai veillé mon enfant.j'ai pu percer les sentiments de la douce jeune fille pour laquelle mon fils n\u2019est pas un inconnu, et que, j'oserai dire même, elle place en haute estime.\u2014 Jignorais en effet, Madame, reprit froidement le Marquis, jignorais surtout que Mademoiselle de Kerdec-Moélan et Monsieur votre fils se fussent rencontrés.En tout cas, le fait d\u2019estimer un Juillet 1931 meurtri.homme digne d\u2019estime n\u2019implique pas une idée d'affection.Madame Bertal eut un geste lassé.\u2014 Enfin, Monsieur, puis-je espérer que ma démarche, si téméraire qu\u2019elle vous paraisse, sera prise en considération, et que vous voudrez bien la communiquer à Mademoiselle votre fille, qui peut-être consentira à rentrer dans le vie mondaine.\u2014 Ma fille est au couvent, dit fermement le marquis, les bruits extérieurs ne doivent pas venir la troubler dans sa pieuse retraite.FT \u2014 Pourtant, son bonheur, Monsieur ?\u2014 Son bonheur est dans la prière, Madame.\u2014 Quel désespoir pour mon pauvre enfant.soupira Madame Bertal, dont les yeux s\u2019étaient remplis de larmes, vraiment, Monsieur.est-ce là votre volonté ?Ne me laissez-vous pas le moindre espoir?Mon fils est la droiture, l'honneur, la loyauté.Il aime Mademoiselle votre fille d\u2019une affection profonde.Confiez- lui le soin de son bonheur.Vous n\u2019aurez pas à le regretter. Pre ES \u2014_\u2014\" gum plie = Juillet 1934 Le Marquis: eut un nouveau geste de dénégation.\u2014 N'insistez pas, Madame, il m\u2019est pénible d\u2019avoir à répondre par un refus; mais outre que ma fille, je le répète, est pour toujours à Dieu, une union de Kerdec-Moëlan n\u2019est pas possible.Certes, s\u2019empressa-t-il d\u2019ajouter, la loyauté de votre race peut marcher de pair avec l'honneur de la nôtre.mais ruinés au- jourd\u2019hui.notre nom subsiste, et, pour lui, notre fierté et nos prétentions ne connaissent pas de bornes.Très pâle, Madame Bertal s'était levée et tandis que le Marquis s\u2019inclinait devant elle, elle lui rendit son salut et sortit sans une autre parole.Maintenant, les sourcils froncés, le front sombrement songeur, la bouche pincée d\u2019amertume, le Marquis s\u2019absorbait en des pensées pénibles.Ah!.la pauvreté !.leur pauvreté !.que d\u2019affronts lui devaient-il! Ce n\u2019est pas, puissants de toute fortune, que pareille démarche eût été tenté auprès d\u2019eux.Non.les rois alors, les rois eux-mêmes, recherchaient leurs fils pour leurs filles.Ah! la misère.sans elle, ils eussent pu faire de cette enfant vouée à Dieu, sacrifiée au nom, la noble épouse de quelque grand seigneur.On l\u2019eût recherchée.on l\u2019eût aimée.Ses traits d\u2019une régularité antique se contractèrent violemment.Inconnus.les jeunes gens n\u2019étaient pas des inconnus l\u2019un pour l\u2019autre, avait dit Madame Bertal.Où donc Iannek avait-elle rencontré cet homme, avait-elle appris à le connaître, à l\u2019estimer, à l\u2019aimer ?Sa pensée s'arrêta sur ce mot: aimer.aimer qui ?Ce rustre! Ell de Kerdec-Moëlan! .Des flammes de courroux embrasèrent ses yeux.Il ne pouvait dompter l\u2019emportement d\u2019une mauvaise colère, et les poings crispés le regard dur, il murmura : \u2019 \u2014 Jamais.platét la voir mourir.Oni, morte, on pourrait la pleurer, ainsi on la maudirait.Mais une pensée d\u2019espoir soulagea son oppression.après tout, était-ce bien vrai, ce que prétendait sa visiteuse de tout à l\u2019heure?lannek, la douce petite novice, cachait-elle vraiment sous la robe de bure, un coeur vibrant d\u2019amour.Il ne pouvait croire a cette passion qui lui semblait une impiété, une trahison et il la repoussait de toute la force de ses croyances les plus chères, les plus sacrées.Chapitre XIII .Iannek attendait son bonheur.Huit jours s\u2019étaient écoulés, sans qu\u2019elle eut reva Julien, huit longs jours qu\u2019elle avait passés, perdue dans ses souvenirs, bercée dans une confiance sans bornes.Bientôt, bientôt, elle vivrait la belle vie de ses rêves .quelle patience, la vision de telles joies tie donne-t-elle pas.Tannek était heureuse, très heureuse.Sans cesse, son imagination exaltée lui présentait le spectacle des siens accueillant Julien.C\u2019était d\u2019abord dans le grand salon du château, dont l\u2019aspect austère se transformait, devenait rassurant, familier, les grands fauteuils massifs, qui, de leurs bras tendus, accueillaient le héros de son coeur.Les vitraux sombres souriaient d\u2019un rayon de soleil dars le silence de la pièce, des voix montaient joyeuses.Ah! .que le château était gai, que le château était beau, hospitalier, familial.Elle Paimait, elle l\u2019adorait aujourd\u2019hui, la masse sombre enluminée de toute sa joie.Mais le Duc paraissait, le Marquis.Ils souriaient, rassurant d\u2019un geste son Julien, étranglé d\u2019émotion, qui leur contait leurs espérances, leurs projets, leurs rêves de bonheur.Ils souriaient plus encore, et voici que les mains se tendent, s\u2019enlacent, se pressent .Plus loin, c\u2019est madame Bertal l\u2019accueillant comme sa fille.l\u2019aimant comme sa fille.Plus loin encore, ce sont leurs noces.Il était tard, ce soir-là, lannek rêvait encore.Comme hier, comme demain.Elle attendait, elle attendait à toute heure.Et voici justement qu\u2019une voix l\u2019appelle.une voix qui résonne adorablement dans son coeur.Pour la seconde fois, Julien s\u2019est glissé jusqu\u2019à elle, par le chemin périlleux dont la pensée seule la fait frémir.Elle s'est avancée sans un cri, souriante et rassurée.Amoureusement lan- nek le regarde, mais soudain une an- La Revue Populaire goisse creuse ses traits.Comme il est pâle et défait.Qu'a-t-il, mon Dieu ?Îl s\u2019est blessé peut-être?Mais Julien lui prend la main, et la même interrogation toujours ?\u2014 fannek.Tannek.je vous aime.et vous ?.parlez.Elle sourit d\u2019un tel sourire de tendresse qu\u2019il ne peut pas douter.\u2014 Je vous attendais, murmure simplement lannek, vous voici enfin.Ah!.je suis heureuse, heureuse comme je ne pensais pas l'être et dire qu\u2019il y a encore un degré à mon bonheur.je l\u2019atteindrai le jour où je partirai à votre bras.Uni long soupir parvint jusqu\u2019à elle.\u2014 lannek, vous me voyez désolé.ah ! mon Dieu, votre belle espérance de bonheur est si vivace, que je souffre de la détruire d\u2019un mot.mais elle est morte pourtant, si vous ne consentez pas.L\u2019enfant eut un cri éperdu : \u2014 Julien, qu\u2019y a-til qui menace notre bonheur ?qui donc ne nous veut pas heureux ?Il resta sans répondre, les yeux ri vés aux siens.\u2014 Qui?répétait-elle suppliante.Mais je ne dépends que de mon père.est- ce donc lui ! Cette fois, il baissa la tête dans un aveu.\u2014 Père cest lui! mais pourquoi?quelles raisons a-l-il de ne pas vous accueillir comme son fils?Julien, Julien, dites-vous vrai ?Elle l\u2019interrogeait avec une impatience fébrile, la main sur la sienne, les yeux agrandis.Il murmura, la voix grosse de larmes contenues : \u2014 Il m'a repoussé cependant ! Elle restait dans une stupéfaction désolée.repoussé, on l'avait repoussé, celui que son coeur avait élu souverainement.on l\u2019avait pu repousser.Cette seule pensée la laissait suffoquée .Jamais, jamais, pareille vision n\u2019avait effleuré ses rêves .Cela lui semblait du domaine de impossible.Julien.il symbolisait l\u2019idéal pour elle.Elle ne trouvait rien de plus noble, de plus fier, elle le parait de toutes les beautés, de toutes les vertus.el on le repoussait .mais pourquoi?pourquoi?Des idées de ténèbres l\u2019envahissaient, elle ne parvenait pas à sonder cet épouvantable mystère.Pourquoi ?pourquoi?Elle ne savait plus que répéter ce mot dans l\u2019affolement de son émotion.Près d\u2019elle, Julien restait silencieux, mais elle eut un cri si désespéré, qu\u2019il murmura enfin : \u2014 lannek, vous êtes mademoiselle de Kerdec-Moëlan, nous l\u2019avions oublié, oubliant tout, sauf notre amour.Mademoiselle de Kerdec-Moëlan.était-ce done ce qui les séparait ?Ah!.folie.folie.que lui importait son nom.lui devait-elle donc sacrifier son coeur ?son cher amour ?sa vie ?non, non, elle repoussait bien loin cette adoration stérile.Elle aimait.elle l\u2019aimait.aucune puissance ne la détacherait de lui.D'ailleurs, nul n\u2019avait le droit de disposer de son coeur.C\u2019était son seul bien, son seul bien .tout son respect filial ne saurait pas lui en commander le sacrifice à la volonté paternelle.C\u2019eût été lâche ! lâche ! Debout devant elle, Julien la regardait avec une attention passionnée.Une désolation infinie se lisait sur ses traits, et sa voix tremblante interrogea soudain, anxieuse mortellement : \u2014Iannek, quand tout à l'heure, je vous ai demandé si vous m\u2019aimiez, j'entendais aimer jusqu\u2019à tout supporter, braver, tout oser, pour notre cher amour?\u2014 Tout supporter, tout oser, tout braver.oui, Julien, je suis prête à tout.Pourtant, espérons encore, mon nom m\u2019est si peu de chose auprès de vous, qu\u2019il me faudra bien le leur dire.alors, sans doute, ils consentiront.\u2014 Mais s\u2019ils refusaient, s\u2019ils commandaient l\u2019oubli ?Elle frémit de colère.Tout son être se soulevait devant cet acte d'autorité.Elle qui.toute jeune, montrait déjà une rare indiscipline, se cabrait devant cette résistance.Commander.commander de telles choses ! Elle eut un geste de furieux mépris, et elle cria dans une passion montante : \u2014 Julien, je suis à vous, je vous aime, et cet amour m\u2019est trop cher pour le sacrifier jamais.Il faut espérer encore, je ne puis croire à tant d'injustice et de cruauté.Julien quand ils sauront combien je vous aime, le refus ne sera plus possible.\u2014 Jannek.lannek, suppliait Julien, puisqu\u2018avant tout, vous désirez parler aux vôtres, je m\u2019éloigne d\u2019ici sans vous, mais promettez-moi, jurez-moi que si insensibles à vos prières, ils nous séparent encore, vous me suivrez, ma chère aimée ?Elle mit ses deux mains dans les siennes et jura lentement : -\u2014 Je vous suivrai, Julien, je vous suivrai les yeux fermés, sûre de trouver le bonheur là où vous me conduirez.Ils se séparèrent sur cette promesse, un peu consolés tout de même.Frissonnante, lannek le suivit des yeux.quel danger courait-il.mais à chaque pas il pouvait tomber.se fracasser la te- te.Elle joignait les mains dans une prière.puis, elle respira lentement.sauvé.il était sauvé.La nuit entière, elle resta sans sommeil.Des pensées cruelles la tenaient en éveil.Mon Dieu, son beau rêve était done menacé !.Ils la voulaient malheureuse, non plus forcément, cette fois, mais de leur propre volonté.Jamais, jamais, elle n\u2019aurait eru à cette peine.Elle pleurait, la tête enfouie dans ses couvertures, et parlait tout haut, la voix entrecoupée de sanglots.Au couvent, pourrait-elle y rester à présent.y vivre loin de son cher Julien\u2026 la folie d\u2019une semblable espérance la fit sourire.Ils ignoraient trop combien elle aimait,, ceux qui décident de son sort.quand ils sauraient, ils seraient bien forcés d\u2019applaudir à un tel amour.La frénésie de l'espérance la reprit.Julien l\u2019avait effrayée, trop vite, ils se lésolaient sur l\u2019écroulement de leurs rêves.Il fallait avouer, lutter et persévérer, persévérer jusqu\u2019à la victoire.Elle se sentait forte d\u2019une invisible énergie.Avec l\u2019aube, la tristesse des choses environnantes se dissipait.À nouveau la chambre s\u2019illumina de tout son espoir.Tannek sourit.Une grande sévc- nité succéda à son trouble.Oui, elle avait raison d'espérer.À ce seul mot, tout souriait autour d\u2019elle, paisible et gai.L'influence rassurante du logis tom ba sur elle.Iannek se leva et pria.L'heure des classes ayant sonné, soeur Agnès gravit les quelques marches qui surélevaient son bureau de surveillante.Une à une, les élèves passaient devant elle.Elle répondait à leur salut, distraite, ce matin, les traits tirés, ror gis.Mais elle ne pouvait rester silencieuse.Soeur Agnès commença sa classe enfantine.Monotone et lente, elle dictait un pro- Ilene [ucile, tandis qu\u2019elle songeait : « Que fait Julien ?que fait-il à celte heure ?loin de moi ?pleure-t-il/ souf- fre-t-il?romme moi, moi, qui flotte, tour à tour entre la crainte et l\u2019espérance ?» Ensuite, elle pensait: «Que faisaient et voulaient son père et le Duc, et encore Jehan ?» Lucienne attendait toujours sa délivrance.On attendait au château, on attendait dans une impatience fébrile .Iannek réva de cet enfant.Une seconde, elle s\u2019arréta sur cette vision, mais elle revint bientot a son amour, à sa tristesse.Julien.Julien.ce nom seul emplissait tout son coeur.La supérieure entra : lannek s\u2019était levée, étonnée de cette visite matinale.\u2014 Soeur Agnès, dit-elle d\u2019une voix qui parut sévère à l\u2019enfant, votre père vous attend au parloir, veuillez vous y rendre.Troublée, plus pâle encore, Iannek se leva.Son père était là, mon Dieu, qu\u2019al- lait-il lui dire?Un frisson d\u2019anxiété glaçait son corps.Son père.son père.Elle l\u2019avait tant souhaité depuis qu\u2019elle savait son bonheur menacé, et pourtant, elle ne courait pas le rejoindre, lui avouer son amour, ses rêves, ses espoirs.courir.Soeur Agnès chancelait.Consentirait-il à l'écouter seulement ?N\u2019allait-il pas parler en juge impitoyable, et ne venait-il pas lui dire que ses rêves étaient folie.son amour une trahison .sa vie se devait à Dieu, au couvent .Alors, il lui faudrait recommencer ces jours de tristesse, plus dénués que jamais de tout son espoir, de toute sa joie.jamais.elle n\u2019en aurait pas la force.41 [> Antique.Une théière d'argent de l\u2019époque de George II _\u2014 façonnée à Londres en 1745.et le Un exemple populaire du style d'aujourd'hui en dessin de théière d\u2019argent.Vous pouvez en toute sécurité confier vos précieuses pièces d'argerterie aux bons soins de Silvo\u2014 le poli liquide qui restaure rapidement tout le lustre original de ces objets.Quelques gouttes de Silvo, quelques légers frottements et la surface brillera d'un éclat magnifique.Silvo est le poli liquide rapide et doux qu\u2019il faut aux pièces d'argenterie qui vous sont le plus chères.SILVO SEUL PEUT DONNER A VOTRE ARGENTERIE CE SERVICE EXCELLENT ET SUR.Aimeriez-vous éprouver le Poli Silvo pour Argenterie ?Demandez-en par lettre un échantillon gratuit.l RR Al Z EE ECKITTS (Oversea) LIMITED X-BAZIN Enieve les POILS Appliquez la crème X-Bazin, enlevez en lavant \u2014 et vos dessous de bras et jambes seront débarrassés de poils superflus.Vite, Facile, Sar! Prix 55e.LA NOUVELLE NON-CUISANTE A L'EPREUVE DES LARMES Embellissez vos yeux de cette manière simple et nouvelle \u2014avec la NOUVELLE Maybelline.Assombrit instantanément les cils et les fait paraître naturellement longs et brillants.8\u2019applique uniment et facilement.Non cuisante et à l'épreuve des larmes.Noir ou brun.75¢ aux comptoirs d'articles de toilette.Distributeurs: Palmers, Ltd.Montréal.Essayez LA REVUE POPULAIRE 975, rue de Bullion Montréal, P.Q.Ci-joint $1.50 pour un abonnement d'une année.Nom et prénoms .ne vencenenm 00 Adresse 42 Des ressouvenances affreuses lui venaient.oh! .la banalité lamentable de ces jours, tous semblables! .Elle pleurait en s\u2019acheminant vers le parloir, où elle entra enfin.Le Marquis se tenait songeur.Tannek vint à lui.\u2014 Soeur Agnès, déclara-t-il, jai a vous parler de choses graves, à vous questionner surtout.et d\u2019abord répondez- moi en toute franchise, comme l\u2019exige le pieux costume que vous avez revêtu.Etes-vous à Dieu, toute à Dieu, soeur Agnès ?L\u2019enfant baissa la tête.\u2014 J'aime Dieu, je le respecte et je le prie.\u2014 Dieu ne veut pas de partage, reprit- il, soeur Agnès, êtes-vous sa fille, et lui avez-vous donné tout votre coeur, toute votre vie ?\u2014 Vous m\u2019avez vouée à cette destinée, répondit-elle, mais Dieu refuse parfois de tels abandons.\u2014 Dieu ne refuse jamais l\u2019offre d\u2019une âme pûre et détachée de tout lien terrestre, mais pour vous, soeur Agnès, me faut-il donc croire à un autre attachement que celui du Très-Haut ?Soeur Agnès, répondez.Soeur Agnès, il faut répondre ! Iannek baissa le front, défaillante.\u2014 Dieu n\u2019a pas voulu de mon coeur, murmura faiblement l\u2019enfant, puisqu\u2019il a permis qu\u2019un autre nom que le sien s\u2019y vienne graver, puisqu\u2019il a permis que ce coeur, que vous-même, mon père, lui offriiez, s\u2019emplit de tant d\u2019amour, qu\u2019au- jourd'hui, il n\u2019y a plus rien d\u2019autre que ui.Dun geste brutal, le Marquis attira l'enfant contre lui.\u2014 Soeur Agnés, est-ce donc vrai, vous aimez ?.vous aimez ce rustre, qui nous fait l\u2019affront de son amour?Vous n\u2019avez pas oublié que Dieu même, vous avez oublié votre nom.Pécheresse, il faut chasser à jamais cet amour détestable, il le faut doublement, et, s\u2019il est coupable à vous, femme de Dieu, d\u2019aimer, il est unique et parjure à mademoiselle de Kerdec-Moëlan de chérir celui qu\u2019elle aime.Oubliez maintenant, voici votre devoir.souffrez.mais oubliez.\u2014 Père, père, que dites-vous là, gé- mit-elle désespérée.ah! .ne voyez- vous pas que je suis tout amour aujour- d\u2019hui.Vous m\u2019avez envoyée a Dieu, alors qu\u2019en l\u2019ignorant, mon coeur appartenait déja a un autre.Celui-la est mon Dieu, aujourd\u2019hui, ne me dites pas d\u2019oublier car l\u2019oubli n\u2019est pas possible ! \u2014 Et que faut-il vous dire ?reprit le Marquis, tremblant de colère, voulez- vous donc que j'approuve cet amour indigne, qui m\u2019atteint et me blesse dans mes plus fières aspirations?Voulez-vous donc que je le bénisse au lieu de le maudire, comme je le maudis à cette heure ! Elle eut un cri de farouche épouvante, et a genoux devant le marquis, elle supplia à nouveau : , \u2014 Père, pardonnez-moi cette peine, si c'en est une pour vous; mais ne maudissez pas ma tendresse pour l\u2019être le plus noble, le plus fier, le plus généreux.Père, ayez un instant de pitié pour moi.Je crois en Dieu, je le veux aimer et prier, loin de ce couvent, dans la vie.Père, je vénère votre nom, mais celui contre lequel je l\u2019échangerai, brillera aussi d\u2019une belle auréole de charité et d\u2019honneur.\u2014 Vous êtes destinée à Dieu, à Dieu seul vous devez aller.Encore une fois sachez que je maudis cet amour indigne de vous, de nous et vous commande Poubli.,ô\u2014 Oh!.l\u2019oubli, gémit-elle, désespérée.\u2014 Soeur Agnés, reprit plus doucement le Marquis, jurez-moi d\u2019oublier, jurez-le sur votre honneur de Kerdec-Moëlan Alors vous aurez mon pardon et ma bénédiction.Sanglotante, Iannek resta sans mouvement.Il répéta : \u2014 Comprenez la sainteté des obstacles dressés.jurez.Il lui prit la main, mais soudain un furieux mépris d'elle-même la mit debout : \u2014 Non, je ne jurerai pas.jamais, ah.mon pauvre cher amour.j'allais le sacrifier.père, ne me demandez pas de telles choses, songez combien il m\u2019est La Revue Populaire cher.combien j'aime.ah.Julien, Julien ! Sa voix s\u2019étranglait dans les larmes, elle récitait là toute sa prière de tendresse dans une révolte d\u2019audace et de franchise, dans un débordement de passion.\u2014 Je l\u2019aime.\u2026.je l\u2019aime à en mourir!.Il eut un geste de violence : \u2014 Mourir! mourez plutôt.nous pourrons vous pleurer au lieu de vous maudire .maintenant puisqu\u2019il en est ainsi, je vous laisse mais entendez ma volonté: jamais, Adieu, soeur Agnès.L'enfant releva la tête, le Marquis avait disparu.\u2014 Maudite.il pourrait la maudire un jour.ah! .mon Dieu, son amour, si grand, si frais, si pur, lui causerait-il cette malédiction paternelle.Mais Julien était toute la noblesse, Julien était digne d\u2019eux.Elle l\u2019avait jugé ainsi, et se refusait à raisonner ses croyances.La cruauté des siens éclatait à ses yeux, et elle fut prise d\u2019une rage silencieuse \u2026 pourquoi la sacrifiait-on ?pour son nom ?orgueil mesquin et criminel, pour son nom .son nom ! mais il n\u2019était pas le sien.même ! Cette pensée l\u2019immobilisa, saisie.c\u2019est vrai.ce n\u2019était pas son nom.elle l\u2019avait oublié en ces heures de bonheur.Mais, alors.alors.elle était sauvée.Tout ce qui lui créait le stupide devoir de le repousser s\u2019éclipsait\u2026 sauvée.sauvée.Un rire de bonheur fou, dilata sa gorge serrée de larmes.Oui, oui, sauvée.ah.Julien.quel bonheur ! Elle pleurait encore de grosses larmes précipitées, elle pleurait.inconsciente de ses larmes, toute à l\u2019idée de ses espoirs possibles, de sa liberté reconquise, de son bonheur assuré.ses mains se joignaient, tremblantes.Elle trépignait de bonheur.exaltée après l\u2019énervemen de la crainte de la souffrance.Enfin.enfin.rien ne les séparait plus à cette heure.Ce n\u2019était plus mademoiselle de Kerdec-Moëlan, qu\u2019aimait Julien, mais Iannek Cerny.oui, elle était Iannek Cerny, elle le crierait bien haut.elle en montrerait la preuve à tous.Ia pr.Une angoisse brusque poignarda som exaltation de bonheur.La preuve! une lettre.elle l\u2019avait encore cette lettre, mais, mon Dieu !.mon Dieu !.Elle baissa le front, confuse à nouveau.glacée.Oui, elle l\u2019avait encore cette lettre, celle qui la pouvait sauver.au milieu de ses bibelots précieux, elle subsistait, mais alors sa mère ?sa chère petite mère qui l\u2019avait tant aimée! aimée jusqu\u2019à I'adoration.Elle restait désolée, toute sa passion filiale vivifiée soudain par ce souvenir dressé là.non; elle ne pourrait jamais! sa mère, sa pauvre chère maman pouvait reposer tranquille.ce serait indigne.elle sa fille.elle, la dénoncer.I'avouer coupable, flétrir son souvenir.elle qu\u2019elle avait tant aimée.oh.jamais, non jamais.Et soudain, les plaintes de son coeur souffrant jusqu\u2019au martyre, la faisaient songer, les mains crispées.«mais alors, c\u2019est fini.fini son bonheur.finie la vie ».Cette lettre était la seule chose qui la put sauver.et il ne fallait pas.elle ne devait pas ! > Elle restait dans une atroce agonie de découragement et d\u2019angoisse.À bout de force, la fatigue même engourdissait sa souffrance.Iannek sortit lentement du parloir, et marcha devant elle, sans but.soudain, elle tressaillit.Devant elle, la lourde porte du couvent restait ouverte.Elle eut un instinctif mouvement de fuite, mais un voix impérieuse et douce arrêta son élan, et la fit sourire adorablement : \u2014Iannek .l\u2019heure n\u2019est pas venue.votre fuite à cette heure serait une folie, mais ayez confiance, je suis 1a.je veuille .je prépare notre bonheur \u2026.et vous voyez bien qu\u2019il faudra en arriver à la fuite.vous me suivrez alors ma chère aimée.Chapitre XIV Mademoiselle Anne se pencha sur le berceau enrubanné de fleurs.\u2014 Il est ravissant, ravissant, affirma- t-elle avec conviction; voyez donc, mon frère, combien notre petit Jehan fait honneur à sa famille.Il est vigoureux cet enfant.Mortellement pâle au milieu des oreillers accumulés, Lucienne eut un faible sourire et doucement demanda : \u2014 Est-il éveillé, ma tante ?\u2014 Certainement, ma mignonne, que voulez-vous ?\u2014Je voudrais.l\u2019embrasser ! mar- mura-t-elle.C\u2019était bien la dixième fois qu\u2019elle formulait ce désir vite satisfait.Jehan se pencha vers sa femme.\u2014 C\u2019est bien souvent que vous vient ce désir, très naturel, certes, mais vous êtes encore si faible, que cela doit vous fatiguer.soyez raisommable bientôt.vous serez remise, et notre enfant sera tout à vous.\u2014 Bientôt, bientôt, soupira-t-elle.\u2014 Oui, bientôt, reprit Jehan, dont le front soucieux se rembrunit encore.mais, comment, vous pleurez, Lucien- ne ?.vous pleurez, qu\u2019avez-vous, ditez- moi votre chagrin, ma ehérie, je voudrais tant vous consoler.D\u2019un geste rapide, la jeune femme essuya ses yeux, puis serrant la main de son mari : \u2014 Ce n\u2019est plus rien, Jehan, ne faites pas attention a cette faiblesse que j'ai eue en regardant notre fils.en songeant.en regrettant.allez vous reposer un peu, mon ami, je me sens forte maintenant.\u2014 Je suis trés reposé, Lucienne, et je désire ne pas vous quitter, je m\u2019ennuie tant, loin de vous et de mon fils.Toujours penchée sur le berceau, Mademoiselle Anne restait silencieuse.Enfin il était né .il était là, dans ses bras presque, cet enfant tant espéré, tant attendu.enfin, c\u2019était un fils, un héritier, un Kerdec-Moëlan.Extasiée devant l\u2019enfant à peine né, rien ne l\u2019intéressait plus.La jeune mère F.L.NICOLET.\u2014 Paysage des Laurentides.Juillet 1934 les inquiétait tous, elle seule demeurait calme et gaie, uniquement occupée de l\u2019héritier de tant de dignités et de noblesse.La journée était splendide.Une chaleur lourde oppressait les choses.Lu- cienne, qui, de plus en plus, respirait avec difficulté, demanda suppliante : \u2014 Jehan, je vous en prie, ouvrez cette fenêtre, l\u2019atmosphère est pesante aujour- d\u2019hui.Souriant à sa femme, le jeune homme vint à la fenêtre et l\u2019ouvrit.Du jardin une voix montait : \u2014 Donne-moi ton bonheur.ton bonheur.ton bonheur.Essoufflée et plus lasse toujours, Mac\u2019 Harite guettait le «louennanick », mais hélas, la profédez lui avait donné là une rude besogne.Nul rouge-gorge ne semblait consentir à lui abandonner son bonheur.Elle avait beau répéter cette prière .cet ordre.l\u2019ankan ne le prenait pas.ah ! .quelle misère était la sienne.Elle priait maintenant, avec des sanglots dans la voix.désespérée, toute à son chagrin, si perdue dans ses supplications à la Vierge, qu\u2019elle n\u2019entendit pas le bruit des pas d\u2019une jeune femme, qui s\u2019avançait dans la grande allée.\u2014 Pardon, madame, murmura la visiteuse, voulea-vous avoir l\u2019obligeance de demander à madame de Kerdec-Moë- lan, si ma courte visite ne la fatiguera pas ?Mac\u2019Harite avait reconnu la jeune fille.\u2014 Ah! .mademoiselle Laurent, mur- mura-t-elle, madame la Comtesse sera bien heureuse de vous voir, au contraire.\u2014 Comment va-t-elle?s\u2019informait Suzanne, en pénétrant à l\u2019intérieur du châ- tean.Mac\u2019Harite hocha la tête.\u2014 Voyez, mademoiselle, c\u2019est effrayant de penser ce que je pense, mais j'ai dans lidée que ma pauvre maîtresse n\u2019est guère bien ?Suzanne eût voulu douter des paroles de la vieille bretonne et cependant son coeur s\u2019angoissa davantage, lorsque, devant le lit de Lucienne, elle vit la pâleur mortelle de l\u2019accouchée.Suzanne serrait la main de Lucienne.Elle pensait qu\u2019à présent, Jehan était toute à son amie.Cependant un petit être de 16 jours à peine, qui vagissait dans les fines dentelles de son berceau princier, les devait attacher l\u2019un à l\u2019autre, d\u2019un lien indélébile.Suzanne aimait trop Jehan pour regretter qu\u2019il fut né, cet enfant qu\u2019il adorait déjà, elle était trop honnête pour lui en vouloir d\u2019aimer celle à qui il le devait, mais elle souffrait tout de même et elle souffrait surtout, sans vouloir se l\u2019avouer, d\u2019être seule à aimer, à regretter, à se souvenir.Etait-elle seule ?pourquoi son trouble l\u2019avait-il empêché de sentir le tremblement qui agitait Jehan, lorsqu\u2019il avait pressé sa main.pourquoi ses yeux avaient-ils quitté si précipitamment les yeux du jeune homme, sans remarquer l\u2019éclair passionné qui, un instant, avait pénétré le regard.ah! .Jehan n\u2019oubliait pas.Près de sa tendresse d\u2019époux et de père, l\u2019immensité de leur amour subsistait et dans le silence que lui imposait le devoir, il grandissait encore, jalousement gardé et vénéré comme une belle et pieuse relique.Maintenant, Suzanne embrassait la menotte du bébé.Lucienne demanda : \u2014 N'est-ce pas qu\u2019il me ressemble ?Suzanne eut un geste approbatif.\u2014 Je suis heureuse, déclara la jeune femme.J'ai pourtant bien désiré qu\u2019il ait vos traits, Jehan, mais je ne savais pas.Aujourd\u2019hui, je vois qu\u2019il me ressemble; et c\u2019est une joie! Et comme mademoiselle Anne l\u2019interrogeait du regard, Lucienne murmura tristement : \u2014 Au moins, mon fils fera mieux souvenir.Jehan anxieux se pencha vers sa femme ?\u2014 Souvenir de quoi, ma mignonne ?Lucienne prit dans ses mains fiévreuses, la main de son mari.\u2014 De sa mère .de moi.Jehan, Je- han, sanglota-t-elle soudain, dites-moi que je vous ai rendu heureux.dites-moi que vous m\u2019aimez bien. -\u2014e gp\" apr 0e Juillet 1934 \u2014 Lucienne, ma chère petite, qu\u2019allez- vous penser là ?murmura le jeune homme désespéré .Oui, je vous aime, vous le savez bien, ma chère petite, et votre chagrin irraisonné me fait souffrir.Mais la faiblesse que vous ressentez est très naturelle, et toutes les jeunes mères l\u2019ont éprouvée.Lucienne se laissait bercer, le front sur l'épaule de son mari, elle secouait encore d\u2019un air de doute sa lourde torsade blonde.À son tour, mademoiselle Anne voulut gronder.\u2014 Que vous êtes enfant, petite Lu- vienne, tenez, vous ne méritez pas d\u2019être la maman de ce joli poupon.Et agaçant l\u2019enfant d'un doigt, elle reprit : \u2014 Voyez, il vous regarde.et déjà le voilà familiarisé avec toute sa famille.Lucienne essaya de sourire.\u2014 Non, il manque sa tante, sa petite tante Iannek.Le front de mademoiselle Anne se rembrunit.\u2014 Soeur Agnès sait sa naissance et.certainement prie pour lui, pour qu\u2019il soit un jour ce qu'ont été ses pères.Soeur Agnès savait le bonheur de Je- han.Elle aimait tendrement son frère et les jours d\u2019attente, elle avait prié pour la naissance d\u2019un fils.Mais à présent, à demi assommée sous l\u2019écroulement de ses rêves, de ses espérances, elle restait sans la force d\u2019un désir même ! Aussi, pourquoi Julien n\u2019est-il pas là, près d\u2019elle.Tant que sa présence avait été récente, elle avait souffert, mais non désespéré.Aujourd\u2019hui, à toutes ses peines, ses désillusions, s\u2019ajoutait l\u2019horrible pensée de l\u2019abandon.Oh!.l\u2019abandon ! .Iannek ferma les yeux à demi, comme pour fuir cette vision, ses yeux pilis.L\u2019abandon.l'oubli.Elle ne pourrait longtemps &'attarder à cette pensée, non, elle ne le pourrait pas, sa raison y sombrerait.\u2026.Mon Dieu, que faire ?Elle s\u2019agitait alors, toujours debout, toujours courant, dans une horreur de l\u2019inaction .mais le tra vail ne lui apportait ni calme, ni consolation.un mot est sans cesse devant ses yeux, elle le lit partout en grosses lettres menaçantes.Abandon ! .Abandon ! Abandon.I1 pourrait Toublier.mais oui, le Marquis lui en avait donné l\u2019ordre sans doute.Ne lui avait-il pas dit jamais.Comme à elle.alors.alors, qu\u2019espérer ?sa vie à lui n\u2019était pas enchaînée de devoirs inexorables.de- vait-elle perdre tant d\u2019années de sa belle jeunesse à attendre qu\u2019elle, l'enfant impuissante, arrive à l\u2019âge heureux où une volonté compte, et peut s\u2019affranchir de la volonté paternelle.Mais, non, déjà l'impossible avait raisonné son amour; déjà l\u2019oubli faisait son oeuvre et pourtant.pourtant.La nuit, le jour, Iannek rêve ainsi, luttant sans cesse contre la vision déchirante.Plus pitoyable, plus martyre que jamais, vit encore la petite novice.avant, elle ignorait le bonheur, au moins, mais à présent.avoir été si près de la félicité suprême, avoir connu la joie des aveux, des serments, la joie de l\u2019attente certaine et du retour.avoir rêvé dans la réalité.et maintenant, maintenant.ah.cen est trop, c'en est trop pour la fragilité de ses seize ans.Elle courbe le front, lasse, sans une plainte, les yeux secs, car il est loin le temps où elle puisait une force dans le bienfaisant anéantissement des larmes.lannek n\u2019a plus de larmes, comme si ses pauvres yeux les avaient versées toutes.Soeur Madeleine questionnait parfois: \u2014 Soeur Agnès, qu\u2019avez-vous enfin ?Vous souffrez ?\u2014 Non ma soeur, je n'ai rien.La douce créature souriait.Elle savait, elle seule savait.Chaque jour elle avait été le témoin discret des joies et des tristesses de l'enfant.elle seule encore savait le nom du héros: Julien.Julien aussi celui qui l'avait fait rêver, elle la disgraciée.C'était déjà un charme, et le roman de la petite novice, qui eut sans doute indigné les autres soeurs, la charmait \u2026 elle le vivait avec Iannek tour à tour attristée et joyeuse.Il y avait trente ans, trente ans déjà, elle aussi avait connu des heures semblables; moins éclatantes de joie, et moins teintée de tristesse aussi, car la La Revue Populaire princesse Madeleine aimait seule.mais aimer, quelle douce chose.Elle souriait encore à cet amour, qui longtemps, avait plané sur sa vie morose comme un rayon de soleil.Chapitre XV Soeur Madeleine eut une dernière prière.\u2014 Ma Mère, soeur Agnès n\u2019a que seize ans, soeur Agnès est une enfant, elle souffre atrocement à cette heure.La supérieure eut un geste bref, et la voix dure : \u2014 Ce soir, soeur Agnès ne sera plus soeur Agnès.le scandale d\u2019hier la bannit du couvent, la sépare de nous.déjà ma lettre est prête, àvertissant son père, je la chasse du couvent.\u2014 Ma mère, le couvent entier joint ses supplications aux miennes, il sait votre indulgence, votre bonté, votre.La supérieure interrompit brusquement soeur Madeleine: \u2014 Mon indulgence et ma bonté ne peuvent rien devant mon indignation outrée.Soeur Agnès a profané son pieux costume, elle n\u2019en est plus digne! Soeur Madeleine baissa son front plissé.la veille, la veille, la supérieure elle-même, avait, dans la chambre de la novice, surpris Julien.Mon Dieu.soeur Madeleine joignait les mains, pourquoi le Seigneur n\u2019avait- il pas permis que ce fut elle, elle seule qui surprit les deux enfants.Comme elle les eut prévenus, défendus contre eux-mêmes.défendus.La bonne soeur sentit une vive rougeur enflammer ses pommettes fanées.Iannek souffrait tant.son coeur ouvert à toutes les miséricordes, saignait de cette souffrance.Dieu ne l'avait pas choisie, Dieu ne l\u2019avait pas conduite là; parce qu\u2019il savait bien, lui, combien peu forte elle eut été en présence du bonheur de Lannek, qu\u2019eût-elle fait?ne les eût-elle pas raseurés, protégés dans leur fuite?Soeur Madeleine eut un long signe de croix et mentalement se confessa à Dieu.Elle savait bien maintenant, toute la miséricorde dont son coeur débordait.Iannek souffrait trop.jamais, jamais, elle n'eiit eu le courage de briser son espoir.ils auraient fui dans la joie de leur liberté reconquise .elle l\u2019avouait humblement, très humblement.Mais la supérieure qui rêvait depuis un instant, sagitait dans son fauteuil.Soeur Madeleine dut s\u2019éloigner et promener dans le jardin, son affreuse dé sespérance, tandis que là-bas, dans la petite chapelle, agenouillée devant le confessionnal étroit, lannek sanglotante confessait sa faute .sa faute d\u2019aimer.d\u2019adorer, si c\u2019est une faute.Elle confessait son roman, et le coeur torturé d'angoisse, elle parlait, la pensée plus loin.plus loin.Mon Dieu, comme elle souffrait toujours plus au souvenir de l\u2019affreuse nuit, où exalté de passion, Julien l'avait voulue entraîner, emporter dans ses bras, à travers les dangers de la fuite.Elle lui avait promis, juré de le suivre, elle, affolée de la résistance des siens.et pourtant, quand il était venu la chercher, une défaillance l\u2019avait gagnée.avait amolli sa décision.et elle était restée peureuse devant lui.peureuse.au point de résister, de le laisser se désespérer.la blâmer.l\u2019accuser de ne pas l'aimer.de ne avoir jamais aimé.Elle avait sangloté, désolée de le voir tant souffrir, de souffrir pareillement, et sous l\u2019acuité de la crise, elle avait déliré.elle croyait à la passion victo- riense.un jour, béni et approuvé, leur cher amour s\u2019épanouirait\u2026 il fallait poursuivre leur ardente revendication, et ils triompberaient, mais fuir.fuir dans la nuit.elle avait peur.elle ne pouvait pas.demain.demain.Et désespéré, il se répandait en reproches, quand la supérieure les avait surpris.lannek était tombée à genoux, suppliante, et pleurant malgré lui, Julien avait crié leur amour, leurs des seins de fuite, leur projet d'unien.il serrait les poings avec colère, dans toute l\u2019amertume de son désespoir.oui, ils s\u2019aimaient, ils s\u2019aimaient, nulle puissance ne pourrait les séparer.que lui importait le pieux costume de la soeur, ocameques O9 JOURS-* OD.° et plus 21 et 31 juillet) \u201cDuchess PAR of 10 et 20 août \u201d Richmond\u201d Aller-Retour de Montréal à New-York 30,000 tonnes ES courtes croisières océaniques vous offrent une occasion de prendre des vacances à la fois intéressantes et originales.Songez au charme de la vie à bord d\u2019un puissant transatlantique durant neuf jours entiers ! Vous habitez une cabine confortable, vous avez accès à des salons somptueux, la cuisine est excellente et vous pouvez prendre tout l'exercice que vous voulez sur des ponts spacieux.Durant deux jours, vous descendez le cours majestueux du St-Laurent, puis vous naviguez deux jours encore en pleine mer avant d'atteindre New-York, où vous passez une Journée à visiter ou faire des emplettes.Vous passez encore quatre jours à bord du paquebot au retour.Essayez ce genre de vacances cette année.Aucuns frais additionnels sauf vos dépenses personnelles.Vous logez à bord, même à New-York.Pas de passeport requis.Choix de quatre croisières durant juillet et août par le \u2018\u2018 Duchess of Richmond \u2019\u2019.Renseignements complets de votre agent de voyages local ou de tout agent du Pacifique Canadien Pacifique Canadien 44 La Revue Populaire Nouvel arrosoir à gazon C\u2019est le nouveau RAIN KING breveté, si étonnant avec ses doubles colonnes d\u2019eau, ses becs de haute qualité.S\u2019ajuste instantanément pour la douche voulue \u2014 fine, moyenne et large.Projette plus d\u2019eau, arrose plus de terrain, et de façon uniforme.De bonne apparence, 9 pouces de haut.Colonnes, bras et becs sont d\u2019un beau laiton inoxydable; les autres parties émaillées rouge vif.$2.95 seulement.Vérifiez le nom RAIN KING sur l\u2019arrosoir-tourniquet que vous acheterez.Exigez le RAIN KING dans les quincailleries ou magasins à rayons, Fabriqué au Canada = yp de nouveaux bas prix D'autres modèles à 95c à $6.50 Rain Kin ARROSOIRS DURABLES \u2014 REGLABLES Fabriqués, garantis par Flexible Shajt Co., Ltd.Fabrique et bureau: Ave.Carlaw, Toronto.DOLLFUS-MIEG & C* SOCIETE ANONYME MAISON FONDEE EN 1748 MULHOUSE - BELFORT - PARIS POUR BRODER-CROCHETER-TRICOTER \u20189 ya < 4 m + COTONS A BRODER D-M-C, COTONS PERLÉS.D-M-C COTONS À COUDRE D-M-C, COTON À TRICOTER D-M-C COTON À REPRISER D-M-C, CORDONNETS.D-M-C SOIE A BRODER .D-M-C, FILS DE LIN.D-M-C SOIE ARTIFICIELLE D-M-C, LACETS DE COTON D-M-C PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D-M-C dans tous les magasins de- mercerie et d'ouvrages de Dames mr » HOTELS RN AN 3% Hi Moderne à l\u2019épreuve du feu.$1.50 à $2.50 Simple, pas de prix plus èlevés.Radio dans toutes les chambres Rochester, Buffalo et Erie Le Choisissez l\u2019Hotel le plus Economique, 750 chambres.Tarif: $1.50 a $2.50 Simple, pas de prix plus élevés.Stationnement trés facile pour autos.Et aussi autres Hotels à COUPON D\u2019ABONNEMENT La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90 cents pour 6 mois) d\u2019abonnement à La Revue Populaire.Nom Adresse POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada.la sainteté du lieu, il aimait d\u2019un amour exaspéré, fou de douleur.et lorsqu\u2019indignée, la supérieure l\u2019avait fait chassé, il était sorti sans un mot pour Iannek abimée dans sa désolation.& Elle souffrait à mourir.soeur Madeleine venait pourtant de lui apprendre avec des paroles douces, la décision indulgente de la supérieure, qui consentait à son répentir au couvent.La pénitence devait être longue et rigide, mais qu\u2019importait tout cela à l\u2019enfant.Elle avait désespéré, et Julien l\u2019oublierait.À cette pensée, elle défaillait de douleur.Condamnée à la prière et à l\u2019isolement pour le repentir de sa faute, elle était seule sans cesse, avec ses souvenirs, ses regrets, sa douleur, et elle devait vivre trois mois encore de cette vie d\u2019austérité et de privations.seul le bon curé la venait visiter.trois mois.il comprit un jour que Dieu ne lui laisserait pas le temps de la pénitence.Il fit prévenir la supérieure.Tannek la vit s\u2019approcher de son lit; maternelle et douce, elle embrassa l\u2019enfant, et pria auprès delle.puis effrayée de la torpeur où semblait figée la novice elle essaya de la distraire, de la faire parler.Avait-elle des nouvelles des siens ?Mais depuis huit jours, soeur Agnès était sans lettre.e Ce fut elle qui lui annonça avec de grands ménagements, la mort de Lucien- ne, qui s\u2019en était allée dans un sourire à son mari, son petit enfant sur son coeur.Tannek pleura ce jour-là, les dernières larmes que lui avait laissées sa douleur.Chapitre XVI Un silence de mort planait sur Je château .Obstinément invisible depuis le matin, réfugié dans la chambre de sa femme, Jehan s\u2019obstinait dans toute sa douleur.Depuis un mois déjà, la terre s\u2019était ouverte, puis refermée sur sa pauvre Lucienne, celle dont l\u2019amour immense, avait fait éclore sa tendresse .morte.à vingt-trois ans.leur union si courte avait été si heureuse.pauvre enfant.Un cri plaintif le fit se souvenir.son fils.leur fils était là, tout près.Un désir fou de le voir, de le serrer dans ses bras le saisit.il se leva, et ouvrit avec précaution la porte de sa chambre.Dans les bras de sa nourrice, une forte bretonne, le bébé s\u2019agitait.Jehan prit son fils.Pauvre, pauvre petit, comme il lai mait.il le berçait doucement, si doucement qu\u2019il le rendormit à la fin, et penché sur la couche endentellée, où il l'avait posé, il resta une longue heure prostré, immobile.Comme il souffrait, mon Dieu, Mac* Harite vint l\u2019arracher à sa douleur.Vieillie, voûtée, la brave créature semblait Pombre d\u2019elle-même.\u2014 Monsieur le Marquis m\u2019envoie vous quérir, Monsieur le Comte, dit-elle.Et comme Jehan baisait une dernière fois, avant de s\u2019éloigner, les doigts menus et rosés de son fils, elle s\u2019agenouilla près du berceau et embrassa après lui, cette main transparente.\u2014 Mon doux ange blanc.mon agneau sans tache, ne t'en va pas \u2026.bonne Vierge, laissez-le nous.si fréle, ah, Pan-kan, I\u2019an-kan, tu ne l\u2019auras pas, et pourtant, pourtant, la profédez a bien dit, une seconde fois, l\u2019an-kan se pose sur le château.puis, puis la colombe blanche .la colombe blanche qui s\u2019en va.malédiction.ah, quelle peine.Mac\u2019Harite pleurait toutes ses larmes.Une à une, elles coulaient sur son visa- sage ridée, maigri, ravagé par tant de douleur.Dans sa pauvre âme naïve, elle s\u2019accablait encore, s\u2019en voulait de son impuissance.A quoi bon l\u2019affection dont son coeur débordait, le dévouement sans bornes qu\u2019elle vouait à ses maîtres, puisqu'elle n\u2019avait pu encore, par ses prières mille fois répétées cependant, conjurer le mauvait sort.ah! du moins, du moins, si par deux fois encore l\u2019an- kan devait reparaître au château \u2026 elle Juillet 1934 ferait.elle voulait.oui.oui.c\u2019est cela.elle forcerait l\u2019an-kan à la prendre, elle.elle vieille, elle rien, si humble et si menue.elle s\u2019offrait, elle suppliait, toujours affaissée devant le berceau blane.Mais on parlait dans la pièce voisine et Mac\u2019Harite se souvint qu\u2019on attendait Iannek au château.Dans quelques instants, elle serait là, sa chère petite novice tant aimée, bien malade, la mignonne, mais elle voulait vivre au moins, le temps de la soigner, de la guérir, de la voir heureuse, puisque devant tant de douleur, on pardonnait enfin.On pardonnait.Le marquis se promenait nerveusement, au travers de la chambre, et d\u2019une voix qui montait, dure et violente : \u2014 Vous savez qu\u2019elle arrive, occupez- vous de l\u2019installer; je ne saurais la voir.D\u2019un ton lassé, Jehan murmura : \u2014 Mon pére, Iannek est votre fille, puisque vous avez consenti a la reprendre, à la rappeler près de vous, vous avez pardonné.Il lat dans son regard, une rigide réprobation.\u2014 Je n\u2019ai rien pardonné, dit durement le marquis.votre soeur ne m\u2019est plus rien.je sais ses jours comptés.pour cela, pour cela seulement, j'ai consenti à son retour ici.\u2014 Iannek est jeune, un miracle peut se produire, réva doucement Jehan, nous devons l\u2019espérer, mon père, et tout tenter pour cela.\u2014 Une seule chose peut ce miracle, mais cette chose ne sera pas.\u2014 Mon père.Le marquis se redressa de toute sa taille déjà voûtée et braquant sévèrement son regard dans les yeux bleus de Jehan : \u2014 Voulez-vous donc faire marcher vos passions avant vos principes ?Jehan eut un geste de lassitude, cette courte luite agaçait sa peine.\u2014 Quand un être est un homme brave et loyal, dit-il, les principes les plus rigoureux doivent être satisfaits.Monsieur Bertal.Et devant le geste de violence de son père, le jeune homme reprit avec fermeté : \u2014 Votre orgueil, mon père, vous défend de le connaître.Le marquis ne releva pas ces derniers mots, il pensa tout haut.\u2014 Parce qu\u2019il est séparé de nous par tous les préjugés du monde.\u2014 L'esprit des peuples est modifié; trop épris du passé, vous ignorez le présent.Le marquis bondit de colère.\u2014 Et qui done l\u2019a modifiée, sinon la mollesse de vos convictions, la banalité de vos consciences; oui, l'esprit des peuples est modifié, oui le présent n\u2019est plus le passé, hélas, mais les traditions subsistent pour les coeurs comme les nôtres et nous devons, mon fils, nous montrer solidaires de nos traditions.Jehan releva la tête et dit d'une voix tremblante : \u2014 Par respect pour vous, mon père, par respect pour ces traditions que vous invoquez, pour notre nom auquel je me devais, j'ai fait mon devoir, ce qui m\u2019avait été dicté comme mon devoir.J'ai immolé mon coeur à ma conscience, Et d\u2019une voix qui trembla plus fort : \u2014 Dieu m\u2019en a récompensé cependant, puisqu\u2019il a permis que celle que j\u2019épousais sans amour, me devienne bien chère, si chère qu\u2019aujourd\u2019hui, je souffre atrocement de sa perte.Mais Tannek, Iannek, dont le seul crime est d\u2019aimer un homme dont le nom est sans passé, je ne puis, mon pére, je ne pourrai jamais la condamner.\u2014 C\u2019est une lâcheté, mon fils.âme est amollie par la douleur.\u2014 C\u2019est mon coeur seul qui la juge.Elle l\u2019aime.et ils sont dignes l\u2019un de l\u2019autre par leur mutuelle et vaillante jeunesse.Le marquis allait répondre, quand la porte s\u2019ouvrit, poussée par une main craintive, et lannek parut, soutenue par Yvonne.A sa vue, le marquis s\u2019était levé, Ian- nek défaillante s\u2019affaissa a genoux devant lui : .votre \u2014 Je vous remercie, mon père, d\u2019avoir consenti à me rappeler prés de vous.je sais combien cela vous a été pénible\u2026 je sais .je ferai tout pour vous prouver - Juillet 1934 ma reconnaissance et mon respect.mon pére, pardonnez-moi, pardon.Les larmes coulaient sur ses joues pâlies, et elle restait affaissée, suppliante et craintive.Le marquis lui opposa une indifférence glaciale.\u2014 Oui, soeur Agnès, j'ai consenti à vous reprendre, dit-il d\u2019une voix qui voulait être calme, malgré le pardon donné, votre présence pesait à notre Mère, mais si votre faute vous éloigne quelques mois du couvent, n\u2019oubliez pas cependant que vous restez soeur Agnès, et que votre vie entière doit s\u2019_écouler dans le devoir et la prière.L'enfant sentit un froid sinistre tomber sur ses épaules.\u2014 Le pardon d\u2019une faute comme la vôtre, soeur Agnès, ne s\u2019obtient qu\u2019au prix de mille sacrifices, et je n\u2019ai rien pardonné, moi, rien oublié non plus.soeur Agnès, vous avez à renier un passé que j'ai maudit.souvenez-vous qu\u2019il faut arracher de votre coeur toute espérance, ma volonté d'hier est ma volonté d\u2019aujourd\u2019hui.Jamais, jamais, jamais ! Iannek resta affaissée sans la force d\u2019un mouvement.Jamais, jamais, ce cri lui semblait le glas funèbre de ses dernières et timides espérances.Jamais, jamais, ces mots s\u2019inserastaient douloureusement dans son cerveau, et elle resta l\u2019âme perdue dans un océan de douleur.Jehan s\u2019approcha de sa soeur, tandis que le marquis sortait, ayant dicté ses âpres volontés.\u2014 Tannek, je suis là, moi, pauvre petite, si ma tendresse pouvait adoucir tant d\u2019épreuves !.Il lavait relevée et l\u2019observait avec une muette désolation.Tout le lent travail de sa douleur qui avait échappé au marquis, le frappait.Oh! oui, ses jours étaient comptés à la pauvre enfant, sacrifiée.sacrifiée à des préjugés absurdes, chimériques.Et il fut pris d\u2019une rage silencieuse.HI berçait Iannek doucement, comme il avait appris à bercer son fils, son tout petit enfant, et elle se laissait faire, s\u2019attardant dans cette paix, le coeur en dérive.Elle ne se remettait pas de l\u2019effondrement de ses dernières espérances, car un instant encore elle avait songé.si avec ce pardon qu\u2019il semblait lui accorder en la rappelant auprès de lui, si son père allait consentir.Oui, elle avait rêvé cela de toute la force de ses convictions ardentes, de sa foi tenace.Elle rejetait la cruauté aux siècles barbares.pauvre folle, qu\u2019allait- elle rêver! Mais ce nom, ce nom, bien le sien désormais, son seul nom, puisqu\u2019an soir de lutte, brisée du combat de ses révoltes d\u2019amante et des plaintes éperdues de sa tendresse filiale, elle avait dans un beau geste de victoire, à la flamme même d\u2019un grand cierge, anéanti à jamais la chère lettre qui lni en donnait un autre.Ce nom élevé devant elle comme un mur, lui barrait toute espérance, et il lui semblait odieux maintenant, ce nom vénéré de tous, ayant pris des proportions de puissance et d\u2019autorité.odieux au point qu\u2019aux heures d'énergie, elle se criait a elle seule: «Tu es Jannek Cerny», et cela lui était très bon et très doux.«Tu es Yannek Cerny!» et a ce nom, il lui semblait que sa mère tressaillait d\u2019aise dans le fond de sa tombe close.* Soutenue par Jehan, Iannek gagua sa chambre.Chapitre XVII Maintenant le duc et le marquis avaient repris leur place au château près de Jehan, près de l\u2019enfant.Jehan ne se remettait pas de toute sa douleur.Il errait toujours taciturne et solitaire.Le travail ne lui apportait ni paix, ni consolation.Aux heures seules, où près de son fils il s\u2019arrêtait, il retrouvait son sourire pour un sourire de l\u2019enfant adoré, qui, seul, le semblait rattacher à l'existence.Iannek souffrait plus cruellement encore.Elle aussi promenait dans la campagne ses rêveries douloureuses, ses regrets, ses remords, car un remords affreux lui tenaillait Padme.celui d\u2019avoir La Revue Populaire été lâche devant la fuite, la fuite rêvée cependant.Et elle s\u2019accablait de reproches.Ah, oui.lâche, lâche qui n\u2019aime pas assez pour tout oser, tout braver, principes, préjugés, foi ardente, et malédic- diction même, lâche, qui peut raisonner quand le coeur parle, pleure, crie sa souffrance .ah, elle devait fuir.elle l\u2019avait promis, juré .Sa faiblesse l\u2019avait fait parjure, parjure à toute la religion de sa tendresse .parjure a ses croyances les plus sacrées .parjure à Julien, son Dieu ! Iannek ferme à demi ses yeux meurtris de larmes.Et maintenant.maintenant, c\u2019est fini.La liberté après laquelle elle soupirait, on la lui a rendue.elle était là, jusqu\u2019au jour où il lui faudrait à nouveau, reprendre le couvent.elle se sentait un fardeau encombrant qu\u2019on se rejetait tour à tour.et voilà ceux pour la bénédiction desquels elle avait résisté à Julien, à son amour.ceux-là qui n\u2019avaient pour elle, ni tendresse, ni pitié, ni indulgence même, pour lesquels elle n\u2019était rien.rien qu\u2019un peu de leur nom.Ah, la liberté, ils la lui avaient rendue.ils s\u2019admiraient pour cette générosité.mais que lui importait à présent d\u2019être libre, dans ce désert où jamais, jamais, il ne reviendrait plus, que lui importait d\u2019être libre, dans cet isolement sans limites.elle était seule, bien seule cette fois! Elle pouvait pleurer et souffrir, sans aucune espérance.Au fond de son coeur, s\u2019agitait comme une bête de proie prisonnière, toute la force de son amour, et elle ne vivait plus que pour se rassasier éperdument de son supplice.Ce jour-là, après avoir en vain, cherché Mac\u2019Harite, pour lui transmettre un ordre du marquis, Iannek sortit du chateau pour s\u2019égarer dans la lande.Chaque jour, elle refaisait ce cher trajet où chaque pas éveillait tant de souvenirs.elle se hâtait, avec l\u2019impatience d\u2019une amante qui va au rendezvous.Et de loin, le marquis l\u2019observait les lèvres serrées, le regard dur.Un mirage de sa colère la lui montrait 1elle sa mère, toute passion.Il frappait avec violence le fauteuil sur lequel il s\u2019accoudait et il murmurait révolté: « Soutenue par notre faiblesse, elle recommencera !> Iannek s\u2019égarait dans la lande.Elle nourrissait en son âme, une religieuse tendresse pour les choses de la nature, et marcha longtemps, longtemps, sans but.soudain elle tressaillit.l\u2019Ange- lus sonnait.Inconsciemment elle se signa, et son regard se fixa sur la chapelle, qui, au loin, dominait la mer, sans limites.elle y avait tant prié autrefois.et aujourd\u2019hui ?.jamais depuis son retour, elle n\u2019avait voulu y reparaître.jamais.Puisque toute espérance lui était refusée, qu\u2019eût-elle fait à l\u2019autel de ce Dieu qui peut tout et qui ne voulait rien pour elle, entêtée dans sa faute.Qu\u2019a-t-elle dit à Dieu, qui la voulait sans tache, qui par la voix de son ministre, le prêtre vénéré, lui commandait l\u2019oubli, la pénitence qui immolait son coeur pour le salut de son âme, alors qu\u2019elle n\u2019était plus qu\u2019amour, qu\u2019elle ne voulait qu\u2019aimer, qu\u2019être aimée .\u2026 Et elle se révoltait.elle blasphémait dans ses rébellions furieuses.Ce Dieu du pardon .de la miséricorde.de l\u2019espoir.ce Dieu qui appelle et console chacun, il la rejetait, elle, puisqu\u2019il lni interdisait toute espérance, eh bien, elle le rejetterait aussi, elle le renierait, elle ne prierait plus, et depuis quinze jours, elle vivait ainsi, en impie, plus lasse, plus désolée, seule infiniment.Aujourd\u2019hui, qu\u2019avait-elle ?Une défaillance la gagnait, il lui semblait que son coeur se gonflait.Les cloches de l\u2019église prenaient à cette heure, une beauté solennelle \u2026 elle pleurait.elle gémissait.Une force surnaturelle ployait ses genoux, joignait ses mains.et elle comprit tout à coup la puissance de la prière, se souvenant aussi de cette parole du bon pasteur décédé: « Les grandes douleurs éloignent quelquefois de l\u2019autel les âmes trop vivaces, nous les connaissons ces folles révoltées, qui échouent cependant toujours au pied de la croix.» Tannek affaissée à terre pria.Elle priait, mêlant à sa prière les plaintes de sa souffrance \u2014 Bonne Vierge, sau- -me.vez-moi, pauvre pécheur, bonne Vierge.je vous offre mon âme.mais pourquoi ai-je tant souffert?pourquoi avez- vous permis, avez-vous voulu ?bonne Vierge et vous Seigneur, détachez mon âme de tout lien terrestre .Mais je l\u2019ai- jamais je ne pourrai l'oublier \u2026.Vous ne pouvez pas me demander cela, je l'aime.je laime!.Et oubliant la Vierge, elle criait sa désolation à la lande immense.Julien, Julien ! Il peuplait sa solitude de visions folles.Julien, pardon.Julien, mon Julien, viens, je te suivrai, j'ai tant souffert.tu ne me diras pas toi, qu\u2019il faut souffrir encore.alors viens.est-ce toi ?Avec des yeux fous, elle regardait des choses irréelles.Dans son délire, elle soupirait sa torture, ses épouvantes, ses nuits de démence et de torpeur \u2026.et brisée, alors, elle s\u2019affaissait mourante sur le sable, la tête enfouie sous son bras replié.Jamais, jamais, elle ne le reverrait.il n\u2019y a plus de miracles.Ah, si du moins elle pouvait mourir.mourir.oui, mon Dieu, au moins cela, donnez-moi le ciel.Et elle recommençait de prier, brisée par ces douloureux combats, jusqu\u2019au soir, où désespérant de tout, de Dieu, de la vie, de Julien même, elle reprenait, tel un fantôme, le chemin du château.Mais ce soir-là, que se passait-il ?On allait, on venait, affairé, en larmes.C\u2019étaient les cris d\u2019Yvonne, les gémissements de sa mère.la voix calme du duc surmontait tout.et Iannek pressentait un malheur.Oui, un grand malheur.une affection chère, un dévouement sans bornes qui s\u2019en étaient allés.Au pied de la falaise, la mer glass venait de rejeter un corps, un pauvre corps menu, voûté, meurtri.celui de Mac\u2019 Harite, Mac\u2019Harite, la servante fidèle dont la vie n\u2019avait été que pour la vie de ses maîtres.Mac\u2019Harite, sa seconde mère, Mac\u2019Harite dont l\u2019âme simple, dont le coeur fidèle s\u2019étaient faits leurs.Mac\u2019Harite avait forcé l\u2019an-kan de la prendre.elle s\u2019en était allée a bout de douleur, vers la grande mer qui attire.enveloppe, caresse, si traîtresse et si belle.elle lui avait crié sa peine, et la mer bleue l\u2019avait appelée plus près, plus près encore.sans doute, pour bien tout entendre.Comme une bête dévouée, elle avait rampé à ses pieds doucement, doucement, les baisant de sa vague caressante, Mac\u2019Harite n\u2019avait pas eu peur.elle avait prié encore.puis la grande haleine de l\u2019océan l\u2019avait grisée, et elle était tombée tout d\u2019un coup, les bras en croix, en murmurant: « Bonne Vierge, pitié pour eux!» De son suaire mouvant, la mer l\u2019avait enveloppée.Chapitre XVIII Depuis huit jours déjà, Mac\u2019Harite dormait son dernier sommeil là-bas, au fond du petit cimetière breton.Huit jours.Dans son lit à colonnes, lannek s\u2019agita doucement et peu à peu se souvint.Pauvre.pauvre chère vieille Mac\u2019 Harite.Morte, morte .Iannek se rappela soudain la terrible vision.La vieille servante étendue, ruisselante dans la cour du château, puis sur le lit où on l\u2019avait transportée, si pâle, si pâle.et l\u2019empressement du docteur qui se multipliait, tentait tout.la désolation ri grande, si sincère des siens.enfin, ce mot prononcé tout a coup.morte !.Ce mot tombant comme une massue sur sa faiblesse.sur sa douleur.Dès lors, elle ne se souvenait plus de rien.elle s\u2019était évanouie, et, à cette heure seulement, elle reprenait contact avec la vie, pour souffrir à nouveau.Elle voulut se lever, mais elle était si faible, que pour se soulever sur sa couche, elle dut s\u2019y reprendre à deux reprises.Assise, la tête lui manqua, et elle retomba sur ses oreillers avec lassitude.Bonne Vierge allait-elle mourir ainsi ?Elle ne se révoltait pas.Pourtant, une pensée l\u2019obsédait.Elle voulait bien mourir, mais mourir dans la lande, près du grand menhir ou elle l\u2019avait vu, lui, pour la première fois, les yeux rivés au rocher sauvage où elle posait magiquement son château de fées.45 Déprimée par trop d\u2019acidité Il ne peut sûrement y avoir de doute quant à l\u2019efficacité, contre l\u2019acidité, d\u2019un remède qui a su assurer pareil soulagement dans un cas aussi opiniâtre que celui dont nous parle cette femme : « Durant plusieurs années, je souffris d\u2019acidité sous diverses formes», écrit- elle.« Cette acidité devint telle, que le matin je me levais très déprimée et souffrant de douleurs aigues.J\u2019essayai les Sels Kruschen et l\u2019effet fut vraiment magique.Les douleurs disparurent et la dépression s\u2019en alla comme un nuage chassé par le vent.Je prends Kruscheu chaque jour depuis, c\u2019est-à-dire depuis environ cing ans, et il n\u2019a jamais manqué de produire son effet merveilleux».Mlle E.M.HL\u2019efficacité de Kruschen doit être attribuée au fait qu\u2019il neutralise les acides et en favorise l\u2019élimination de l\u2019organisme.Et en stimulant l\u2019action régulière des organes éliminateurs, Kruschen empêche l\u2019accumulation de ces acides nuisibles, qui sont la cause de tant d\u2019ennuis après les repas.NE SOUFFREZ PLUS! C'est le meilleur remède connu contre toutes les maladies féminines, des milliers de femmes ont, grâce à lui, victorieusement combattu les déplacements, inflammations, périodes douloureuses, douleur dans la tête, les reins ou les aines, etc.Envoyez 5 cents en timbres ef nous vous enverrons GRATIS une brochure illustrée de vingt-quatre pages avec échantillon du Traitement Médical F.Guy.Consultation : Jeudi et Samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL Boite Postale 2353 \u2014 Dépt.3 5920, rue Durocher, prés Bernard Ne manquez pas d\u2019acheter .Le Film qui en plus de ses nombreux articles publie un roman complet EN VENTE PARTOUT : 10 cents COUPON D\u2019ABONNEMENT IEFTLM Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au magazine de vues animées LE FILM.50e pour 6 mois ou $1.00 pour 1 an.Nom rertrssemaree ono0us sen tenteeee sono n ac c0 es orsrresssarareresesssod Adresse .reenter sera eaestsnanas Ville [ER POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée 975, rue de Bullion, Montréal, Canada. 46 Elle eut une volonté d\u2019énergie, et se dressa d\u2019un trait.Maintenant, elle était debout .\u2026.le plus dur était fait, lui sem- blait-il.Et on entra à ce moment.Yvonne d\u2019abord si triste dans ses vêtements de deuil, puis le docteur avec Jehan et le duc.Ils s\u2019étonnèrent de la trouver debout, chaussée, mais elle semblait ne pas les voir, absorbée, avec la hantise de s'habiller, de rejoindre la lande, le menhir.et le docteur eut un geste, un hochement de tête qui disait clairement que la fin approchait, qu\u2019elle s\u2019en irait ainsi, tout doucement, comme en un r& ve.un jour.deux jours.au plus, et ce serait fini.On la laissa sortir, elle marcha seule d\u2019ailleurs par un miracle de volonté.Jehan la suivait de loin, triste à mourir, ne songeant même plus à retenir ses larmes.Le marquis la vit s\u2019éloigner sans un geste.Il se drapait dans un insurmontable orgueil.Elle l\u2019avait trop accablé aussi, trop humilié par cet amour avoué et dont elle mourait.D\u2019abord il l\u2019avait plainte dans sa coupable passion, tant qu\u2019il avait espéré l\u2019en guérir, mais aujourd\u2019hui.l\u2019ombre terrible de l\u2019indifférence était entre eux.Il ne souffrait pas, que pouvait espérer Iannek mieux que la mort qui la dé livrerait de toute peine, alors que nulle joie ne lui semblait promise.Lo.Sur un geste d\u2019lannek, Jehan s\u2019était écarté.Elle marchait d\u2019un pas ferme, et d\u2019une voix qu\u2019elle entendait seule, elle essayait de chanter.Puis elle se retourna et fixa une seconde le château crevassé qu\u2019elle n\u2019admirait plus cependant.Elle lenveloppa d\u2019un sourire triste, d\u2019un suprême adieu.adieu aussi à la rude végétation épineuse qui l\u2019entourait.\u2026.Iannek s\u2019enfonçait dans la lande pour y vivre sa dernière heure, dans le décor de son beau rêve.Elle défaillait, mais entêtée dans son désir de vivre un instant encore, elle aspira longuement les pénétrantes odeurs de la sève et marcha à nouveau.La voici près des menhirs.Tout là-bas, tout là-bas, elle le voit celui vers lequel elle s\u2019achemine avec tant de peine.mais déjà la mer monte \u2026.C'est l'heure de la maré haute.quimporte.voici le chemin, elle s\u2019y engage au mépris de toute prudence.Ce cour trajet parut un siècle à son \u2018impatience.Iannek s\u2019affaisa enfin sur la grande pierre centenaire.Elle ne respirait plus qu\u2019avec peine, mais qu\u2019elle était bien ainsi, dans le dé cor de leur première rencontre .qu\u2019elle était heureuse de tant souffrir.de comprendre qu\u2019elle allait mourir.Une impression de tristesse s\u2019exhalait de toute chose, et soudain, dans le silence qui emplissait l\u2019immensité, un bruit se fait entendre.un bruit étrange .qui frappe Iannek, la fait tressaillir.trembler presque .un bruit de pas dans le lointain et qui ajoute à la tristesse de l\u2019heure; Iannek se fait plus petite près du géant de pierre qui abrite son agonie, et soudain, elle a un cri de folle, un cri de bête traquée qui voit la liberté \u2026 Julien Bertal l\u2019a reçue dans ses bras.\u2014Iannek, oh, ma Iannek, soupire-t-il.Elle ne répond pas.Cette joie a été trop forte pour sa faiblesse.Elle s\u2019est évanouie ! Mon Dieu, que faire.Julien I\u2019a soulevée dans ses bras robustes.comme elle est pâle et légère, sa chére aimée.immatérielle presque .va-t-elle mourir ainsi, à l\u2019aube de leur bonheur, car elle est à lui, maintenant, pour toujours.il est venu la chercher \u2026 il l\u2019emporte.\u2026 elle ouvre les yeux et soupire : \u2014 Julien, vous ne m\u2019avez pas oubliée ?Julien vous m\u2019aimez encore ?Elle écrasait le visage contre sa poitrine, et sa voix se brisait dans un sanglot d\u2019énervement et d\u2019espoir.\u2014 Vous oublier, Iannek.Ah! quand on aime comme comme je vous aime, l\u2019oubli n\u2019est pas possible.Elle eut un cri de bonheur, éblouie de cette brusque félicité.\u2014 Ah! mon Julien, pourquoi ai-je tant souffert.tant désespéré.tant douté de vous, j\u2019ai pu douter de vous! Il la serrait sur son coeur, et ses baiser pleuvaient toujours sur les petites mains qui s\u2019accrochaient 2 lui.\u2014 Ne parlez plus, Iannek.Je t'aime, je ne sais plus rien d\u2019autre, je t\u2019aime.je n\u2019ai jamais cessé de t'aimer, La Revue Populaire et tu me fais mal.avoir douté de moi.oh, ma chérie.ma chérie, ne dis plus rien.viens.tais-toi ! Elle chancelait 3 nouveau, il l\u2019emporta dans ses bras, légère comme une enfant.il se hâtait, une fièvre l\u2019avait saisi.celle de la fuite.il fallait ae sauver maintenant, emporter loin de la son cher trésor.\u2014 Ma chérie, mon silence n\u2019était pas l'oubli.fnyons vite.je vous aime.je t'aime.je n\u2019aurais jamais pu t\u2019oublier et tu devais te le dire dans la confiance de ton coeur.Elle soupira et s\u2019accrochant à lui désespérément : \u2014 Mon Julien, pardon.Julien, me pardonnerez-vous cette peine ?par pi tié pour tout ce que j'ai souffert.Il sourit de honheur. REPOSER! \u201cJE NE VOIS LA RIEN DE GRAVE, MON ENFANT.CE DONT JEAN A BESOIN C'EST D'UN BON VERRE DE BIÈRE Do OLD STOCK, QUAND IL RENTRE DE SON TRAVAIL.CEST CE QUE JE DONNE A TON PERE.\" ET MOI QUI N'AVAIS JAMAIS SONGE À CELA.AVEC MON NOUVEAU RÉFRIGER- ATEUR ELECTRIQU JE POURRAI LA LUI SERVIR SI FROIDE!\u201d \u201cMAIS.QU'EST-CE QU'IL) JE NE SAIS Y A.MA FILLE?ON PAS, MAMAN.MAIS JEAN EST wre TOUJOURS DE MAUVAISE HUMEUR DE CE TEMPS-CI.IL NE VEUT RIEN NE T'INQUIÈTE PAS, \u2018 VEUX-TU ME \"MA CHÈRE, VOILÀ UN VERRE Du RÔTI DE MON CHER.DORÉNAVANT SERVIR ENCORE.DE BIÈRE QUI TOMBE A \u20ac AROTTES MA DEVISE SERA.POUR| LOUISE?ET À DONT! C EST EXACTEMEN DES PATATES BIEN FINIR LA JOURNÉE.PROPOS, QUI T'A RIEN COMME UNE Dos | CONDITIONNEE/ DONNE CETTE DEE 48 i FLOOR _ VARNISH Vous êtes EN SURETE avec le vernis à parquets \u2018\u201961°\u2019non glissant.Sèche en 4 heu- es.PASDE POLISSAGE.Met parquets, meubles et boiseries à l'épreuve des alons, marques et eau.Chez mar- hands de peinture et quincail- , liers.Pratt & Longertinc.4 Quick.\\ pr Fort Erie, Ont.\"11 1 e et DUVETS disgra- Ol S cieux enlevés radicalement et pour toujours par \u201cGYPSIA\u201d, produit importé de Paris.Nous payons le port et la Douane.Ecrivez pour Notice gratuite avec attestation, à Gypsia Products Co.P.R.55 W.42 St, New-York AO) NE NAN 1 Un Magazine alamode @ Se Hamed LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS est incomparable parce que, depuis 45 ans qu\u2019il existe, il s'est toujours adapté à la mode du jour, quand il ne l\u2019a pas devancé.DANS CHAQUE NUMERO : Deux feuilletons Articles documentaires Nouvelles illustrées Pages amusantes Chroniques diverses Chansons françaises Modes féminines Dernières nouveautés EN VENTE PARTOUT 10 cents Ci-inclus veuillez trouver la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mols (Etats-Unis: $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mols ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au magazine LE SAMEDI Nom Adresse Ville Prov.ou Etat ___ POIRIER, BESSETTE CIE, Limitée, Prop.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada.La Revue Populaire elle semblait guérie par son bonheur, oui, guérie.Madame Bertal elle-même commençait à espérer.Elle priait tant pour cette joie.Elle offrait tant de sacrifices, tant de sa vie à elle, pour le bonheur de son fils.et après chaque prière, chaque offrande, chaque voeu nouveau, il lui semblait qu\u2019Iannek allait mieux, qu\u2019elle soul- frait moins.elle veillait jalousement sur cette douleur apaisée.Un matin, une lettre de Jehan leur parvint.Envoyé par le marquis, il arrivait et demandait à Julien de venir au-devant de lui.Iannek s\u2019agita & nouveau.Elle était sire de Jehan, mais qu\u2019allait-il dire ?Ne venait-il pas envoyé par un père impitoyable?Et dans une angoisse infinie, elle vécut les deux heures que devait être l\u2019absence de Julien.Deux heures ! .un siècle.Heureusement, Madame Bertal était là, qui ne la quitta pas, angoissée elle aussi, mais si douce, si paisible en apparence, calmant d\u2019un mot d\u2019espoir les craintes constantes de Iannek.Deux heures.Julien reparut enfin.Sans un mot, il entra.Il se tenait dans Tembrasure de la porte, semblant dissimuler quelqu\u2019un, souriant, bien que son coeur saignat affreusement.Hélas, Jehan n\u2019apportait que la malédiction du duc, la malédiction du marquis qui reniait sa fille, la rejetait loin de lui, fermait sa porte sur elle, la condamnait, non plus au couvent, mais au cloître perpétuel, sans la revoir jamais.Mais cette affreuse malédiction, Ian- nek devait l\u2019ignorer.Oui, Julien n\u2019avait pas eu besoin de parler, de conter ses craintes malgré ces dernières heures d\u2019espoir, Jehan savait bien qu\u2019lannek était Sans un cri, elle se dressa toute pâle, tendit les bras, et mourut de joie.Julien s\u2019affaissa auprès d\u2019elle.morte.morte, sa chère lannek.C'était donc fini de tout son rêve, de tout son bonheur.Morte.ah.Iannek.Iannek ! Jehan en larmes, pressait les mains du jeune homme.Madame Bertal prit son fils dans ses bras.Mais Julien répétait toujours un mot, un seul mot: morte, morte.Madame Bertal parla : Non, quelque chose restait encore d\u2019Tan- nek, quelque chose qui ne mourrait pas: son ardent souvenir et plus tard, plus tard.Julien releva la téte vers le Christ, qui reposait maintenant sur Iannek.L\u2019immortalité l\u2019éblouit de la splendide espérance.EPILOGUE Deux ans plus tard.Jehan prit son fils dans ses bras : \u2014 Seras-tu bien sage, mon chéri, durant l'absence de papa?L\u2019enfant, un superbe bébé blond, tout frisé, rit d\u2019un rire clair d\u2019enfant heureux et gâté : \u2014 Bébé pas saze.bébé taquinera Yvonne, bébé fera grimace à tante Anne et puis bébé veut pas que tu t\u2019en ailles.Jehan eut un soupir.\u2014 Hélas, pauvre mignon, que je voudrais ne pas le devoir ! Et, après un long baiser, doucement, il posa à terre l\u2019enfant, qu\u2019Yvonne emporta bientôt, en le faisant rire aux éclats.Sans enfants encore, la jeune femme s\u2019était prise d\u2019une affection passionnée pour son jeune maître dévenu son tyran.DANS La Revue Populaire du mois D'AOUT Le Vieux Puits Par Max du Veuzit à la fin de sa vie, et ils avaient ensemble, conclu à un pieux mensonge.Et voilà pourquoi, malgré sa peine, Jehan s\u2019efforçait de sourire.Elle ne le voyait toujours pas, alors doucement, il dit : \u2014 Iannek.Elle l\u2019aperçut.Tout son coeur s\u2019en alla vers les yeux bruns qui brillaient dans Pombre.Elle dit, la voix étranglée d\u2019émotion: \u2014 Ah, Julien, eh bien ?Julien murmura doucement : \u2014Iannek, voyez qui je vous amène ! C\u2019était Jehan, Jehan qui courait vers elle et l\u2019embrassait.\u2014 Jehan, vous êtes là, près de moi, c\u2019est donc que vous ne m\u2019en voulez pas.que mon pére a pardonné.qu'il consent.ah.si ¢\u2019était cela, Jehan.si mon cher amour se pouvait trouver béni.approuvé., ¢'ils s\u2019étaient avoué, ceux desquels je dépends, ce qu\u2019est Julien.mon Julien, que vous devez aimer, Jehan, pour tout ce qu\u2019il incarne de loyauté et d\u2019honneur .pour tout ce qu\u2019il m\u2019a déjà donné de bonheur.pour tout ce que je lui voue d\u2019amour.ah quelle joie, Jehan !.quelle joie! \u2014 Iannek, je vous apporte le pardon de mon père.Elle eut un cri de bonheur: Julien s\u2019était mis tout près d\u2019elle et il répéta : \u2014 Le pardon de votre père ! Iannek s\u2019affaissa dans ses bras.Ses yeux extasiés s\u2019emplirent de la caresse prolongée de son regard, et à la voir si belle, éclairée du rayonnement des joies sublimes, il dit encore: \u2014 Son pardon, et aussi, ma Iannek, son consentement a notre union.\u2014 Notre union.ah.Julien, quelle aurore .mais que mon bonheur m\u2019ap- presse.que je suis lasse.Julien.Jehan.Julien! > Jehan aperçut le marquis qui rentrait après une courte visite à la ferme voisine.\u2014 Père, déclara-t-il d\u2019une voix calme, pouvez-vous me donner quelques instants, il faut que je vous parle, et dans quelques jours je vais vous quitter.Le marquis eut un geste de surprise.\u2014Pour longtemps, Jehan ?\u2014 Oui, murmura gravement le jeune homme, oui, mon père, pour longtemps, deux ans peut-être.\u2014 Mais encore, Jehan ?\u2014 La vie inactive, qui est ici la mienne, ne saurait plus longtemps convenir à mes goûts, puis, je ne suis pas riche, je dois donc travailler, la fortune de ma femme appartient à mon fils.\u2014 En partie, Jehan.en partie seulement, et selon les voeux de Lucienne.\u2014 En totalité, mon père, je refuse toute part qui pourrait l\u2019amoindrir.Tout ce que je veux conserver de ma chère Lucienne, c\u2019est son souvenir, toujour vivace.Si du ciel elle peut nous entendre, à cette heure, qu\u2019elle sache bien que, quels que soient les événements futurs, je lui garde dans mon coeur, un respect infini, une tendresse profonde qui ne finira qu'avec moi-même.\u2014 Vous êtes tuteur de votre fils ! \u2014 Pour quelque temps, mon père, je vous confierai cette tutelle.Je dois m\u2019éloigner.je suis ingénieur, vous le savez.J'ai donc accepté un poste d\u2019ingénieur aux Mines Argentiféres.\u2014 Jehan, avez-vous donc oublié ce que nous a fait cet homme, ce Monsieur Ber- tal qui les exploite.ce que nous avons souffert.\u2014 Pardonnez-moi, mon père, de vous dire que votre orgueil a fait tout le mal, si vous en avez été la victime, que fut Tannek et celui que vous nommez, dont le coeur est à jamais brisé ?Juillet 1934 Un éclair de colère traversa les doux yeux bleus du marquis.Sa farouche rancune subsistait toujours; que lui importait la souffrance de cet homme, que sa douleur avait maudit.Mais il se calma soudain, trop absorbé dans les événements présents : \u2014 Laissons ce passé, Jehan, hélas, je n\u2019en suis plus à compter les épreuves, mon orgueil, dites-vous, a fait tout le mal.non, certes, je ne place aucun orgueil dans le devoir, et le devoir me commandait d'agir ainsi.mais je le répète, pour l\u2019instant, laissons ces souvenirs pénibles, tous ces fantômes d\u2019un passé détesté, revenons à vous-même.parlez.\u2014 Oui, dit Jehan avec une émotion mal maîtrisée, il est temps que je parle, mon père, mais avant de vous faire la peine que je ne puis empêcher, lais- sez-moi vous rappeler, une seconde, que jusqu\u2019à ce jour, j'ai agi selon votre conscience, je ne dis pas selon la mienne, je me suis incliné devant vos décisions sans les discuter jamais.Par mon -mariage, je vous ai libéré, je me suis libéré moi-même, de ce que vous regardiez comme une dette au château de nos pères, le sauver à jamais, je l\u2019espère de la ruine et de l\u2019oubli.Un fils m'est né.Maintenant que je me suis acquitté envers mon nom.voulez-vous me permettre de penser à mon propre bonheur ?Le marquis eut un geste de surprise, et sa secrète angoisse se trahit.\u2014 Je vous croyais heureux, Jehan, auprès de votre fils, auprès de nous, jamais vous n\u2019avez rien laissé paratire ! \u2014 Ce que j'avais accepté comme un devoir, par respect pour vous, mon père, devais-je donc l\u2019accomplir en témoignant de toute ma douleur ?D\u2019ailleurs, ma femme très chère, je le répète, par sa grande tendresse, avait calmé ma peine, et pourtant.\u2014 Pourtant ?\u2014 Je dois partir, mon pére.\u2014 Vous avez pu vous taire jusqu\u2019à ce jour.\u2014 Voici deux ans seulement que ma pauvre Lucienne est morte.j'ai souffert de cette perte, et, bien que dans mon coeur, depuis des années, un amour ait subsisté, je ne pouvais pas.je ne devais pas.mais aujourd\u2019hui, il faut que je parle.je puis être heureux.J'aime, mon père, et je veux épouser celle que mon coeur a élu souverainement, Mademoiselle Laurent.Le marquis se leva violemment : \u2014 Vous n\u2019oserez jamais, Jehan! Ce serait renier nos traditions de race.si aveuglé par la passion que vous soyiez, Je fais appel à votre conscience, à votre bonheur ! \u2014 Ma conscience ne saurait me blâmer de vouloir être un homme.qu\u2019ai- je été jusqu\u2019à ce jour?qu\u2019ai-je fait dont je puisse me parer.qu\u2019ai-je ajouté à la gloire que j'ai trouvée dans les plis de mon berceau .J\u2019ai payé la dette au Nom.avec quel argent?.Mon honneur.mais c\u2019est l'honneur même qui me guide aujourd\u2019hui.Je suis pauvre, je n\u2019épouse pas une femme riche, je veux travailler pour elle.elle, la loyauté et l\u2019honneur.\u2014 Laissons Jehan agir selon ses désirs, dit une voix grave derrière eux.Jehan se retourna.Le duc se tenait doux et grave.\u2014-Partez, mon fils, murmura-t-il, il y a peut-être de la vérité dans vos revendications.il faut s\u2019incliner.nous sommes encore d\u2019un siècle où l\u2019on puisait tout le bonheur dans le devoir.pourrez-vous être vraiment heureux.je l\u2019espère pour vous, mon fils, mais hélas, quel doute paralyse mon espérance.Il tendit la main au marquis, qui avait à cet instant une inoubliable et frappante physionomie de douleur et de désespoir.Mais d\u2019un geste doux, le duc avait pris sa main et y portait celle de Jehan.L'heure devint solennelle.\u2014 Que le Dieu qui nous voit nous as siste, dit-il d\u2019une voix lente.Où est l\u2019erreur ?Dans le passé ou le présent, quel sera l\u2019avenir ?L'avenir des Kerdee- Moëlan.\u2014 Notre race s\u2019achèvee murmura le marquis désespéré, il n\u2019y a plus de Ker- dec-Moëlan ! FIN Juillet 1934 que la zône Jupito-Martienne est un royaume de Lilliput ayant au moins deux mille sujets connus par la phototélescopie, mais il y en a sûrement bien davantage ?Des calculs que j'estime loin d\u2019être exagérés portent leur nombre à cent mille au moins et il faudrait encore ajouter à cela la quantité prodigieuse, incalculable des.« poussières » allant de la grosseur d\u2019une pointe d\u2019aiguille à celle d\u2019une maison de dix étages.Imagine-t-on l\u2019existence d\u2019un «terrien», si elle était possible, sur l\u2019une de ces petites planètes large d\u2019une dizaine de milles.Il ne pèserait guère qu\u2019une once ou deux en raison des lois universelles d'attraction et serait capable de bonds extraordinaires d\u2019un mille de longueur grâce auxquels il ferait le tour du monde \u2026 du sien, bien entendu \u2014 en une ou deux minutes; mais ceci est du ressort de la fantaisie, restons dans la science pure.Le monde invisible qui nous occupe, cette foule énorme s\u2019agitant dans ce qu\u2019on croyait un désert, se déplace sans arrêt comme la multitude des autres astres qui brillent au firmament et les récentes observations, très méticuleuses, nous ont renseigné sur le chemin suivi par ce cortège d\u2019errants.La science astronomique a marqué alors un point de plus, ou plutôt deux points car il s\u2019agit de deux routes, puis elle a continué ses investigations sans paraître se douter qu\u2019il découle une conséquence capitale de la fixation reconnue de ces routes.À mon avis du moins.Le nombre immense d\u2019astéroides circulant entre Mars et Jupiter se partage en deux groupes distincts suivant chacun leur route.Le premier groupe, catalogué E.A.1.1932 par les astronomes décrit une ellipse qui I\u2019améne au voisinage de Jupiter et lui fait ensuite traverser l\u2019orbite de Mars mais il passe toutefois a une distance de la Terre située en dehors de cette orbite; il accomplit ce voyage en 1011 jours.Le deuxième groupe, catalogué H.A.1932 suit une route plus courte; il se rapproche moins de Jupiter que le premier mais, par contre, il coupe l\u2019orbite de Mars et même celle de Vénus.Il y a donc une notable durée de son parcours (près d\u2019un tiers) pendant qu\u2019il est entre la Terre et le Soleil.Le voyage total dure 608 jours et c\u2019est ce dernier qui a une grande importance pour nous.Nous savons que les températures terrestres ont une périodicité d\u2019environ onze années comme le cycle solaire et qu\u2019elles atteignent La Revue Populaire Les Mondes Invisibles (Suite de la page 11) leur maximum quand les taches solaires sont au minimum; ces conclusions sont celles de Kopper, Nordmann, Newcomb, Abbott et autres savants astronomes; ils ont dû, toutefois, avouer ceci : «Il y a des fluctuations thermiques, d\u2019ordre général, qui ne peuvent être expliquées par la seule influence des taches solaires.» Cet aveu a été, en son temps, consigné dans le Bulletin de la Société Astronomique de France et je ne crois pas qu\u2019on ait, depuis lors, donné une théorie plausible de ces variations de température.C\u2019est ce que je vais essayer de faire.Acceptons le chiffre de cent mille astéroïdes, soit cinquante 7 mille pour chaque groupe, c\u2019est un minimum sans doute mais néanmoins ne le dépassons pas; cela suppose donc cinquante mille corps solides qui passent successivement entre la Terre et le Soleil et s\u2019y trouvent en permanance dans la proportion d\u2019un tiers relativement au chemin parcouru.Si les astéroïdes du groupe H.A.1932 étaient répartis régulièrement le long de leur parcours, nous en aurions donc, régulièrement aussi seize à dix-sept mille qui s\u2019interposeraient entre nous et le soleil; ils formeraient une sorte d\u2019écran très léger puisqu'il serait formé de fragments espacés mais s\u2019opposant tout de même au passage d\u2019un certain nombre de rayons calorifiques.Pratiquement nous ne nous en apercevrions pas parce que ce serait un état de choses permanent et la terre recevrait du soleil une quantité de chaleur donnée qui serait toujours la même.Mais il y a ceci: les astéroïdes ne sont pas, ne peuvent pas être espacés régulièrement le long de leur parcours; très denses à certains endroits ils sont très clairsemés en d\u2019autres et forment done un écran dont l'influence est fortement variable.Il en résulte forcément, fatalement, important ou presque nul de rayons solaires, d\u2019où variations sensibles de température sur le sol terrestre.Cette hypothèse est d\u2019autant plus acceptable que les corpuscules du groupe H.A.1932 ne se chiffrent probablement pas par l\u2019arrêt MARS _ LA TERRE VENUS - -|- LE SOLEIL Ce dessin représente (toutes proportions mises de côté) les orbites de différentes pla- nétes autour du soleil et le double parcours des astéroïdes appartenant à la région située entre Mars et Jupiter et dont il est question dans cel article.une cinquantaine de milliers de fragments de toutes grosseurs seulement, mais qu\u2019il faut y ajouter de véritables et immenses nuages de poussière cosmique de nature à en amplifier fortement les effets.Il suffit de bien peu de chose pour arrêter la chaleur solaire au passage, en totalité ou en partie; c\u2019est un fait dont on se rend compte facilement à la sortie de l'hiver avec l'irrégularité de la fonte des neiges selon les endroits où elle se trouve; des amas d\u2019astéroïdes et de poussières cosmiques dans l\u2019espace doivent donc infailliblement jouer le même rôle.D'autre part, ces mondes minuscules et invisibles forment des amas qui change continuellement de forme ainsi que de distances entre eux; ainsi s\u2019expliquent les variations fantaisistes de température que nous subissons parfois et qu\u2019on a, jusqu'ici, vainement tenté d\u2019expliquer.Vous attendent 49 Venez respirer l'atmosphère de reléve- ment, de progrès et de prospérité qui emplit cette formidable exposition agricole et Industrielle.Ecoutez cette célèbre fanfare de Kneller Hall.Toute britannique.Sans égale.Voyez le spectacle principal des fêtes du centenaire de Toronto: 1500 acteurs costumés qui font revivre l\u2019ascension de la capitale ontarienne pendant un siècle.Parcourez d\u2019un coup d'oeil les progrès universels dans l'industrie, l'agriculture, la mode, le sport, la science, les arts, l'automobilisme, la mécanique, la musique et les voyages.Mille surprises vous attendent dans une ville de rêve dont l'aspect carnavalesque rappelle celui de Venise et de Vienne.C\u2019est une année exceptionnelle.Colonel F.H.DEACON ELwoop A.HUGHES Président Gérant général CENTENAIRE DE TORONTO EXPOSITION (anadioune Hdionae TORONTO LE 24 AOÛT AU 8 SEPT.1934 Faible-Etourdie-Sans sommeil Soulagée dès la première bouteille ee A L\u2019EPOQUE DE L\u2019AGE CRITIQUE \u201cJ\u2019étais faible, fatiguée, incapable de faire mon ouvrage.Tout mon système était malade\u2014étour- die\u2014incapable de dormir.Je fus soulagée dès la première bouteille de Composé Végétal de Lydia E.Pinkham, j'ai continué d\u2019en prendre.Je le recommande pour les femmes de mon âge.Il m'a soulagée de toutes façons.\u201d\u201d\u2014Mme Ant.Brunet, Reserve Mines, Cap Breton, .La santé de plus d\u2019un demi million de femmes, s\u2019est améliorée, en prenant Le COMPOSE VEGETAL de LYDIA E.PINKHAM Employé depuis 60 ans, par les Femmes 50 LE SOLEIL Poduit- une RULURE, E VIENS vous dire que le soleil brûle comme le feu, et que ses brûlures comme toutes les autres \u2014 demandent un vrai remède contre les brûlures \u2014 l\u2019Uuguentine.L\u2019Unguentine contient ce qu\u2019il faut pour soulager la douleur, pour calmer la peau brûlée du visage, des épaules, des jambes.et pour la guérir rapidement.C\u2019est le remède standard contre les brûlures, employé par les docteurs, hôpitaux et postes de secours depuis presque 50 ans.Il ny a qu\u2019une UNGUENTINE.Le tube doit porter le nom \u201cNORWICH \u201d 506 chez les pharmaciens.NOTE : Les brûlures du soleil ne sont pas les seules en été.L'on peut toujours se brû- ler au camp, ou avec le moteur de l'auto et du canot.Mieux vaut toujours avoir de l\u2019Unguentine sur soi.Employez-la pour les coupures, égratignures, éraflures, morsures d'insectes et le lierre du Canada (toxico- dendron) tout l'été.L\u2019Unguentine est un puissant antiseptique, un pansement Chirurgical calmant sous forme d\u2019onguent.Elle soulage la douleur et hâte la guérison.Unguentine Un produit Norwich Pharmacal Company, Ltd.Fort Erie North, Ontario.LA REVUE POPULAIRE 975, rue de Bullion Montréal, P.Q.Ci-joint $1.50 pour un abonnement d\u2019une année.Nom et prénoms ns La Revue Populaire Juillet 1934 Conversation avec Monsieur le sénateur Raoul Dandurand peu ou prou du traité de commerce franco-canadien.Il était en négociation, et les agrariens du Sénat français, avec M.Méline à leur tê- te, mettaient des bâtons dans les roues.Bref, le traité était en panne.La veille de mon départ de Montréal, je reçus un coup de téléphone d\u2019un M.Lefèvre, que je ne connaissais pas.Il m\u2019adjura, si je m\u2019occupais du traité, de ne pas abandonner les animaux.Je n\u2019y comprenais rien.Il m\u2019expliqua : Il est, il est vrai, difficile de pas- ger les animaux gras au marché parisien de La Villette, où un syndicat d\u2019éleveurs nous crée des difficultés; alors, abandonnez à la rigueur les animaux gras.Mais surtout ne lâchez pas les animaux maigres.Les herbagers français en ont besoin.Je comprenais de moins en moins cette histoire de vaches grasses et de vaches maigres.Je priai mon correspondant d\u2019éclairer ma lanterne, en m\u2019envoyant un rapport à Paris.Ce qu\u2019il fit; et le rapport était très clair.À Paris, le traité avait été préparé par M.Doumergue, et M.Cruppi, ministre du Commerce, en était un peu jaloux.J\u2019en fus averti, et me promis d\u2019utiliser cet atout.JPallai voir M.Cruppi.Je me présentai: sénateur canadien.M.Cruppi me demanda où j'avais appris le français \u2014 sur les genoux de ma mère, répondis-je.Je suis Canadien français, c\u2019est ma langue.M.Cruppi découvrit ainsi le Canada, et dans la joie de cette découverte, il me donna l\u2019accolade.Il était de Toulouse, je lui dis que j'étais d\u2019ascendance méridionale, et nous devinmes une paire d\u2019amis.Il faut vous dire que M.Cruppi, qui était avocat, ne connaissait pas plus que moi la question.Vint M.Fielding, notre ministre des finances et notre négociateur officiel.Je servis d\u2019interpréte entre M.Fielding et M.Cruppi.Ce dernier nous dit un jour: Les sénateurs ne sont pas satisfaits de notre projet de traité.Faites-moi donc une concession pour contenter ces vieilles barbes.\u2014 Vieilles barbes! Je suis sénateur moi- même, dis-je en riant, M.Fielding demanda dans quelle branche les Français désiraient la concession.\u2014 Dans le domaine de l\u2019agriculture, dit M.Cruppi.Je me rappelai alors le coup de téléphone et le rapport de M.Le- fèvre.Je dis à M.Fielding: Je sais ce qu\u2019il faut faire.Il faut abandonner les animaux gras, et ne pas lâ- (Suite de la page 1) cher les animaux maigres.Nous primes un taxi, et je 'emmenai a I\u2019hétel lui montrer le rapport Le- fèvre.Il fut convaincu.Et nous offrimes les animaux a M.Cruppi.Celui-ci accepta, mais pendant une semaine nous avons travaillé ensemble a faire le partage des animaux gras et des animaux maigres.Après cela, nous disions que nous avions gardé les boeufs ensemble.Le traité tout prét, il y eut une nouvelle difficulté: L\u2019Angleterre avait un traité de commerce accordant à la Suisse la clause de la na- - tion la plus favorisée.D\u2019aucuns pensèrent que ce traité anglo-suis- se était applicable au Canada, et que tout avantage accordé à la France serait ipso facto accordé à la Suisse.Quelle affaire ! J\u2019ai connu beaucoup d\u2019hommes politiques français pendant ces tractations.Un jour M.Caillaux entra dans un bureau où je me trouvais.Il ressemblait comme deux gouttes d\u2019eau à notre député de Lévis, Carrier, que je savais en France à cette époque.Je me dis: Mais qu\u2019est-ce que Carrier vient faire ici ?Et j'allais le lui demander à lui-même lorsqu\u2019on me présenta à M.Caillaux.Voyez-vous que je lui aie dit: Qu\u2019est-ce que vous venez faire ici ?\u2014 Quelles personnalités célèbres avez-vous connues ?\u2014 A peu près toutes, surtout plus tard, à la Société des Nations.En 1925, quand je fus élu président, un Français qui n\u2019était pas de France, j'étais un peu la bête curieuse.Tout le monde voulait me voir.Jai bien connu M.Doumergue.En 1908, nous avons inauguré ensemble le monument à Montcalm, près de Nîmes.J\u2019ai connu M.Poincaré, Briand, Doumer.Ce dernier ressemblait à Israël Tarte: même physique et même verbe saccadé.Jai aussi connu des hommes qui se rapprochent davantage de vos opinions à vous.J\u2019ai bien connu Georges Claude; ce grand savant est mon ami.Au Cercle Interallié, il vient toujours s'asseoir auprès de moi, parce qu\u2019il est sourd et il dit que ma voix est une de celles qu\u2019il entend le mieux.\u2014 Monsieur le Sénateur, vous savez que je me suis attaché à la figure de Laurier.J'aimerais vous entendre parler de lui.\u2014 Dans ce cas, il faudra que vous reveniez me voir.J'aurais trop a dire.Songez donc: jai été en contact intime avec lui de 1895 a sa mort en 1919.J'ai bien 200 lettres de lui.Je parlerai beaucoup -de lui dans mes Mémoires, que j'achève.J'ai servi d\u2019intermédiaire entre lui et Mgr Langevin qui avait été mon professeur, au moment où, sur la question des écoles, les deux hommes étaient en froid.Mgr Lan- gevin ni\u2019écrivait des lettres confidentielles.Et je lui répondais tout simplement: Voici la réponse de monsieur Laurier à votre lettre confidentielle que je lui ai montrée.\u2014 Quelles sont actuellement les questions qui vous préoccupent ?\u2014 Je préconise le vote obligatoire, et j\u2019insiste là-dessus.Parce que d\u2019élection en élection les dépenses électorales augmentent.Elles atteignent des chiffres astronomiques.On se bat à coup d\u2019argent, et pour reprendre le mot d\u2019un de mes amis ce sont des armées de mercenaires qui s\u2019affrontent.D'ailleurs il y a longtemps que je demande le vote obligatoire.J\u2019en avais parlé à monsieur Laurier.Je ne l'avais pas tout à fait convaincu; il restait un peu sceptique, mais non hostile à mon idée.\u2014 Monsieur le Sénateur, je suis ici pour être indiscret.Puis-je vous demander si ces fauteuils si imposants, si décoratifs, celui-ci surtout avec les armes du Canada, n\u2019ont pas une valeur particulière de souvenir ?: \u2014 Celui que vous me désignez était le fauteuil du premier ministre, à Québec, de mon beau- père.L'autre, ce beau fauteuil en chêne, d\u2019une apparence moins pompeuse, et d\u2019ailleurs dessiné par Laliberté, était mon fauteuil de président du Sénat à Ottawa.La coutume était de donner son fauteuil au président lorsqu\u2019il se retirait.Je crois que cela ne se fait plus depuis quelques années, parce que c\u2019est maintenant un fauteuil monumental, donné par Londres, et en quelque sorte historique.> Des souvenirs, il n\u2019en manque pas dans le grand salon-cabinet de travail d\u2019Outremont.Tableaux, bronzes, médailles, ils sont les témoins d\u2019une facile et grande carrière, semée d\u2019honneurs et de bonheur.Semée de deuils aussi.Ils vont être les témoins d\u2019une jolie scène.Le sénateur Dandurand nous parle encore de sa récente démarche auprès du président Roosevelt pour décider les Etats-Unis à reprendre leur place à la Société des Nations.L\u2019argumentation est adroite.La S.D.N.est fille du président démocrate Wilson, dont Roosevelt (Suite à la page 56) Corail Les ongles Corail sont éminemment jolis avec des toilettes blanches, rose pâle, beiges, grises, bleues, noires et brun foncé.Aussi chic avec n'importe quelle couleur foncée (sauf le rouge) si elle n'est pas trop sombre.1 VOUS ETES UNE DAME de la bonne société, vous avez sans doute remarqué qu\u2019un des secrets de beauté est aujourd\u2019hui la variété dans la couleur des ongles.Au Ritz.sur les paquebots transatlantiques .à l\u2019opéra.ou au cabaret sélect \u2014 dans tous les lieux où se réunissent les femmes du meilleur monde, les mains font étinceler leurs ongles brillamment teints.Toutes les teintes! Celle qui fait le mieux ressortir votre toilette.En effet, le contraste est le grand secret de cette nouvelle mode.C\u2019est ainsi qu\u2019il n\u2019y a rien comme des ongles d\u2019un Rubis brillant pour donner un charme irrésistible à une robe à toute les bleus.et le brun.blanche fort simple.Et quelle séduction discrète procurent des ongles Corail portés avec vos toilettes bleu pâle, beiges ou grises! Ce n\u2019est pas plus difficile que cela.Vous constaterez avec étonnement comment des ongles d\u2019une teinte appropriée imposeront n\u2019importe quelle robe \u2014 et aussi celle qui la porte \u2014 dans une foule.Essayez cela et faites-en l'expérience! Choisissez vos couleurs parmi les six Jolies teintes Cutex.Naturel, Rose, Corail, Cardinal, Grenat et Rubis.Le Cutex, comme vous savez, est fabriqué par une autorité mondiale en manucure \u2014 et est célèbre sur les cinq continents.Il renferme les plus chic Poh Liquide CUTE Rose Le Rose est une teinte féminine fort agréable avec toute robe de couleur.C\u2019est souvent la teinte préférée autre blondes.Pleine de distine- tion et de charme avec les roses pastel, la lavande et S'associe bien avec le vert foncé, le noir par les couleurs.facile à poser.ne se fendille ni ne s\u2019écaille.ne change jamais.et dure longtemps! Allez dès aujourd\u2019hui choisir vos teintes Cutex préférées.En vente dans tous les magasins.Pour le manucure complet, employez le Cutex Remover @ Nail Cleanser, le Le Rubis est un nouveau rouge vraiment rouge.Prenez-le avec n\u2019importe quelle robe de couleur si vous désirez paraltre gale et pétillante.Convient particulièrement aux robes blanches ou noires et aux différentes teintes de pastel pâle.nouvel Oily Polish Remover, le Poli Liquide, le Blanc pour les ongles (crayon ou crème), l\u2019Huile ou la Crème pour les cuticules et la nouvelle Crème pour les mains.NORTHAM WARREN, Montréal, New-York, Paris 2 teintes de Poli Liquide Cutex et 4 autres accessoires @ manucure .pour 12¢ Elégant Peu coûteux NORTHAM WARREN, Dépt 4A7 Case postale 2320, Montréal, Canada Ci-inclus 12c pour le nouveau Nécessaire Cutex à manucure, comprenant le Poll Liquide Naturel et une autre teinte indiquée par moi: [J Rose [J Corail [J Cardinal [J Rubis.Fabriqué au Canada 52 PRECIEUSES RECETTES ANCIENNES Pmieey) MODERNES Un des livres de recettes les plus intéressants jamais offerts aux Canadiennes françaises vient d\u2019être publié par les fabricants de la farine Purity.Il renferme 100 recettes économiques modernes de pain, gâteaux et pâtisserie avec une nouvelle méthode détaillée faci- elle à suivre \u2014 et choisies par une autorité française dans la fameuse édition anglaise du livre de cuisine Purity.Ausst plusieurs excellentes recettes en usage depuis des générations dans les vieux manoirs et couvents de Québec \u2014 inchangées et dans leurs termes originaux.Magnifiquement imprimé et illustré, ce livre vous sera toute une révélation \u2014 il vous épargnera plusieurs fois son coût.Envoyez seulement 15c à Western Canada Flour Mills Co, Limited, 4105 immeuble Board of Trade, Montréal, Qué.per a0 Pour bridges et thés les sandwiches au d'après - midi, Paris-Pâté sont un vrai délice.Délicat ass exquis.un véritable régal.» PARIS MEAT PATTY Maux de Tête Toujours soulagés Xe 13 CUISINE ET CUISSON AGREABLES, MERVEILLEUX RESULTATS Vous ne pouvez imaginer la différence obtenue avec MIX- MASTER.Il faut l'avoir, l\u2019essayer, s\u2019en servir.Vous appréciez alors cette merveille.Comment il supprime le travail de la cuisine.Il fait à peu près tout \u2014 électriquement \u2014 pas de travail manuel.MELANGE Il écrase si bien les patates qu\u2019elles sont crémeuses et fon- ECRASE dent dans la bouche.Mélange les breuvages et bat les oeufs FOUETTE dans un rien de temps.Fouette BAT la crème en plus gros volume, mélange admirablement la pâte en CREME à gâteaux, toujours également.Fait tout le travail manuel plus complètement et mieux qu\u2019à la main.Vos deux mains restent libres pour d'autres travaux.À Chaque bol tourne automati- \u20ac quement sur plate-forme à billes.Complet tel que la - gravure avec deux bois de verre en vert jade, double batteurs, corde longue, etc.Prix seulement $24.75.Des attachements pratiques peuvent étre fournis, pour extraire le jus des fruits, hacher la viande, trancher les légumes, MELE peler les patates, ouvrir les bol- tes ge conserves, moudre le cafe, BRASSE affûter les couteaux, mélanger les breuvages, polir l\u2019argenterie.REPLIE Voyez-le dans les quincailleries, magasins électriques ou à rayons où écrivez à Flexible Shaft Co.Limited 357, avenue Carlaw, Toronto.® Bons résultats CHAQUE fois MIX MASTER Marque enregistrée.C\u2019est le seul malaxeur électrique de ce nom COUPON D\u2019ABONNEMENT IEFTLM Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au magazine de vues animées LE FILM $1.00 pour 1 an ou 50c pour 6 moi, Nom LL POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada La Revue Populaire LE DRAPEAU JACQUES CARTIER si bien mérité, Jacques Cartier est l\u2019un de ceux qui l\u2019ont servi le plus utilement en frayant le premier aux hommes apostoliques le chemin de ces terres auparavant inconnues ».Lorsque Samuel de Champlain se rendra au confluent de la rivière Sainte-Croix et du Saint-Lau- rent pour y préparer sa grande oeuvre, il retrouvera les débris du fort où Jacques Cartier avait planté une croix.Ceux qui avaient été les témoins des hauts faits de l\u2019énergique découvreur n\u2019étaient plus là pour narrer son héroïsme et son dévouement, mais Champlain, sans doute, songeant à la bravoure de son compatriote, se sentit ému à la vue des arbres de la forêt qui, dans leur murmure, semblaient exhaler le nom du glorieux capitaine blanc.C\u2019est à Jacques Cartier, le premier des fameux découvreurs qui explorèrent le continent nord-américain, que revient l\u2019honneur d\u2019avoir rendu possible le rayonnement de la puissance des monarques de France et de la culture française en Amérique.Dans ce pays qu\u2019il a ouvert à la civilisation s\u2019est transplanté et développé un rameau de la chrétienté.La figure historique de cet homme chevaleresque domine notre histoire et demeure notre modèle national, car il a le premier accompli en terre canadienne des actions héroi- ques qui sont pour nous une source féconde d\u2019inspiration patriotique.Son souvenir est cher à nos coeurs.Jacques Cartier et le Cu- nada sont deux noms magnifiquement et inséparablement unis.En ces jours de fêtes commémoratives, les descendants des preux de la Nouvelle-France sont heureux et fiers de proclamer qu\u2019ils doivent leur existence nationale à Jacques Cartier.C\u2019est avec des accents enthousiastes et sincères qu\u2019ils lui rendent un hommage émouvant et éclatant.Le Drapeau « Jacques Cartier » Dans la langue héraldique cet emblème patriotique se lit comme suit: d\u2019argent à une filière de gueules et d\u2019une croix d\u2019azur chargée d\u2019une fleur de lis d\u2019or et cantonnée de quatre feuilles d\u2019érable de sinople.Cette description peut se traduire en langage ordinaire de la façon suivante: le champ ou fond blanc du drapeau est entouré d\u2019une étroite bordure rouge et traversé, dans sa longueur et sa lar- (Suite de la page 10) geur, par une croix bleue portant en son centre une fleur de lis d\u2019or (couleur jaune), dans chaque angle du champ se trouve une feuille d\u2019érable verte.Voici la signification de chacune de ces pièces.Le champ blanc représente le Canada à l\u2019époque des explorations du Découvreur, une terre vierge.Il symbolise aussi la neige qui couvre le territoire canadien durant la saison hivernale.II figure encore notre fleuve grandiose où les caravelles de Jacques Cartier restèrent prisonniéres des glaces durant le rigoureux et douloureux hiver de 1535-36.Le même fond blanc représente également le champ des drapeaux arborés en Amérique sous le régime français.La croix du drapeau est le symbole des croix érigées par Jacques Cartier, lesquelles furent l\u2019avant- garde de la grande armée des croix qui exprimeront aux cours des siècles les sentiments de foi de tout Ecusson patriotique composé d\u2019après les pièces héraldiques du drapeau « Jacques Cartier » un peuple.Les croix ont une destinée comme celle des nations qui les vénèrent.C\u2019est, pour le Canada francais, le crucifix que les missionnaires élévent vers le Ciel en approchant des sauvages pour les évangélisés, c\u2019est « la croix du martyre » qui consomme leur sacrifice sublime; c\u2019est la croix des huttes qui furent le berceau de la religion chrétienne; c\u2019est la croix des chapelles sise dans l\u2019enceinte des forts; c\u2019est la croix des églises paroissiales qui du haut du clocher porte vers Dieu les prières des fidèles.A son aurore, l'histoire de la Nouvelle-France, notre pays, commence, à l\u2019est, par l\u2019érection d\u2019une croix et, à son crépuscule, s\u2019achève, à l\u2019ouest, par l\u2019érection d\u2019une autre croix.C\u2019est au lendemain de la mémorable bataille de Carillon que le général Montcalm, répétant le geste de Cartier, fit dresser sur Juillet 1934 le monticule où se dressait le fort, une croix de bois de trente pieds de hauteur sur laquelle il plaça une inscription que l\u2019on peut traduire ainsi : « Qu\u2019a fait le général, qu'ont fait les soldats ?A quoi ont servi ces arbres énormes renversés ?Voici le vrai étendard.Voici le vainqueur.Ici c\u2019est Dieu, c\u2019est Dieu même qui triomphe ! » C\u2019est, encore, après l\u2019abandon de la Nouvelle-France à son propre sort la légion des croix semblables -et fidèles à celles du passé: croix douloureuses, croix victorieuses.En maints endroits de notre province sont érigées de grandes croix d\u2019un caractère particulier qui, la nuit venue, resplendissent de lumière; ce sont des croix symboliques qui par leur auréole de feu expriment la victoire, le triomphe : « Par ce signe, toujours, vous vaincrez ».En retour des croix que le découvreur est venu planter au Canada, et qui s\u2019y sont multipliées, d\u2019autres croix aujourd\u2019hui s\u2019élèvent en Europe sur les champs d'honneur où sont tombés les nôtres pour défendre la patrie de Jacques Cartier, ce sont les croix du Sacrifice, les croix du Souvenir.Après quatre cents ans, les croix au Canada Français sont toujours debout comme autant de sentinelles, gardiennes de notre F.oi; la eurvivance des croix confirme la survivance de notre race.La croix du drapeau est d\u2019azur pour rappeler la couleur bleu du champ des anciennes armes royales françaises qui portent: d\u2019azur à trois fleurs de lis d\u2019or.La figuration de la fleur de lis en France date de Louis VI le Gros (1081-1137); elle est représentée sur le sceau royal et des pièces de monnaie.On trouve aussi mention de la fleur de lis dans une ordonnance de Louis VII le Jeune (1119-80) qui entreprit la seconde croisade, préchée par St-Bernard, en arborant sa bannière d\u2019azur semée de fleurs de lis d\u2019or.Bien que le premier exemple des trois fleurs du lis d\u2019or sur l\u2019écu royal date de Philippe-Auguste le Conquérant (1165-1223) et qu\u2019elles apparaissent sur un contre-sceau fixé à une ordonnance datée de 1180, les rois successeurs chargèrent l\u2019emblème de la maison de France d\u2019un plus grand nombre de fleurs de lis, jusqu\u2019à ce que Charles V le Sage (1337-1380) dès 1376, fixe définitivement le nombre à trois en l\u2019honneur de la Sainte-Trinité. Juillet 1934 Jacques Cartier fit placer sur les croix qu\u2019il dressa des écussons aux trois fleurs de lis, réplique des armes de son souverain.Pour commémorer ce fait historique, la croix du drapeau porte en son milieu une fleur de lis d\u2019or dont les trois pétales sont synonymes des trois fleurs de lis d\u2019or de l\u2019écu royal.André Thévet (1502-1590) voyageur, historiographe et cosmogra- phe, qui fut quelque temps dans l\u2019intimité du découvreur, rapporte que Jacques Cartier, au fort « Sainte-Croix », fit scier un érable à sucre pour connaître la texture de cette espèce d\u2019arbre qui produisait une sève rafraîchissante si abondante.L\u2019on constatera par la narration suivante l\u2019interprétation symbolique que l\u2019on donna en cette circonstance, à la disposition des fibres de l\u2019arbre.« Le tronc étant par terre, disait Jacques Cartier à Thévet, fut trouvée, comme chose miraculeuse au coeur de l\u2019arbre, une fleur de lys bien en effigie, dont les uns disaient que c\u2019était un très bon présage à la nation française ».Dans la salle du conseil de ville, à Québec, l\u2019on peut voir, en face du siège du maire, sur le devant de la galerie qui entoure la salle, une superbe pièce de bois seulp- tée, de l\u2019époque Louis XIV, mesurant quatre pieds de hauteur par trois pieds de largeur, représentant les armoiries des rois de France, lesquelles.paraît-il, étaient fixées sur l\u2019une des portes de Québec lors de la prise de cette ville par les Anglais en 1759.Ces armes furent enlevées par les ordres du général Murray, puis envoyées comme trophée de guerre, à la ville de Hastings, en Angleterre.C\u2019est grâce à la courtoisie de son Excellence le La Revue Populaire Vicomte Willingdon que ce pré- ieux souvenir fut remis à la ville le Québec, en 1925.La couronne royale des monarques français était surmontée de fleurs de lis d\u2019or.Le lis d\u2019or sur le drapeau est l\u2019emblème de notre origine et rappelle l\u2019ancienne noblesse française et canadienne-française de la première période de notre histoire.Les feuilles d\u2019érable figurent la terre de nos aïeux, le Canada.Ces feuilles d\u2019érable sont vertes pour exprimer notre espérance en notre destinée nationale.D\u2019après la définition du blason, le vert est le symbole de la vie, de la beauté et de la liberté.La feuille d\u2019érable est l'emblème de notre nationalité et de nos activités; elle désigne essentiellement le peuple canadien.Dans la science héraldique, la bordure est une pièce honorable qui entoure l\u2019écu; les souveraine d\u2019autrefois l\u2019accordaient en reconnaissance d\u2019un service signalé ou comme symbole de protection.La bordure du drapeau caractérise la résistance que nous opposons aux forces adverses pour maintenir l\u2019intégrité de notre personnalité nationale.La bordure est rouge parce que cette couleur signifie aussi la vigilance, le courage, le patriotisme.Elle rappelle l\u2019époque héroïque du Canada français et exprime la vaillance de notre race dans les combats de chaque jour pour vaincre et survivre.Cet emblème patriotique rappelle les pavillons arborés par le capitaine Malouin au fort Sainte- Croix en 1535, et qui furent les premiers drapeaux à se déployer au souffle de la brise canadienne.Maurice Brodeur Les animaux les plus intelligents (Suite de la page 9) puis quelques années, sa cabane au milieu de grands étangs plutô: que sur les rivières, afin de se mieux protéger.Quoi qu\u2019on dise, le cheval possède aussi quelque intelligence.On peut lui apprendre certains tours et même, disent des malins, les mathématiques.Cependant, il est certain que le cheval peut obéir aux moindres nuances du commandement.D\u2019une légère pression du genous, le cavalier fait aller sa monture où il veut.Le cheval sait enfin s\u2019astreindre à une discipline aussi rigoureuse que celle de l\u2019armée.Viennent ensuite l\u2019otarie et l'ours.La première est doué, dit- on, d\u2019une mémoire vraiment étonnante.Apres des années, elle se souviendra, d\u2019une façon visible, de celui qui lui aura donné quelque gâterie.Elle est excellente acrobate et ses jeux sont bien connus des amateurs de cirque.Le second, l\u2019ours, évolue toujours pour la galerie.Quand il a exécuté un jeu difficile, il semble se complaire à entendre les applaudissements; on le voit se dandiner en regardant les spectateurs de ses yeux un peu naïfs.C\u2019est un dilettante du cirque et de la vaine gloire.Et enfin, le chat! Cet être ai mystérieux que les Anciens l\u2019ont diviné! Il n\u2019est l\u2019esclave de personne, s\u2019installe comme un pacha qu\u2019il est sur le plus beau coussin.Et le dédain qu\u2019il a des autres êtres témoigne qu'il a pleine conscience de sa personne aristocratique.MAYONNAISE MAGIQUE V4 tasse vinaigre ou jus de 1 jaune d\u2019oeuf (non battu) citron | 14 cuil.a thé sel V4 tasse huile i salade ou Quelques grains cayenne beurre fondu 1 cuil.à thé farine de 2/3 tasse Lait Eagle moutarde Condensé Sucré Mettez les ingrédients dans un bocal d\u2019une chopine, dans l'ordre indiqué.Vissez le couvercle et agitez vigoureusement durant 2 minutes.Le mélange sera parfaitement homogène.Si vous désirez plus consistance, refroidissez avant de servir.Imaginez! Une mayonnaise lisse et savoureuse, préparée chez soi, en 5 minutes.Toujours réussie! Sans labeur! Et c\u2019est économique! Mais rappelez-vous que le Lait Evaporé ne peut pas être employé dans cette recette.Vous ne la réussirez qu'avec le Lait Condensé-Sucré.Il suffit de noter le nom: EAGLE.A EN AL, A ASS A AS 6 à à 9 à à à à à à à à 9 9 à 9 9 9 à 9 9 à à à à 9 9 9 9 A SA NA A A A à 9 CAS 53 ; GRATISI MERVEILLEUX LIVRE DE RECETTES \u2018 INÉDITES \u2019 Contient de nombreux raccourcis pour préparer des friandises ; au caramel, au chocolat et au citron, de même que des trucs \u2018 magiques pour réussir bonbons, petits fours, crèmes glacées \u2019 et mayonnaises! ; THE BORDEN CO.LIMITED, Yardley House, Toronto.7-110F \u2018 Veuillez m'expédier, GRATIS, votre nouveau livre de cuisine.; Nom ; Rue 6 Ville Prov.LE SE EE ER, QU SULULUGSUVAVEAGUR VU Passé 60 ans, est-on trop vieux pour vivre?OUI, si on n'a pas économisé assez pour vivre une vieillesse heureuse, exempte de soucis matériels.NON, si on s\u2019est assuré, grâce à l'ASSUR AN- CE-VIE, une rente ou une pension permettant de prendre un repos mérité par toute une vie de labeur.C\u2019est aujourd\u2019hui qu\u2019il faut y songer tandis qu\u2019il en est temps.D 78 y» [) OMINION LIFE / ASSURANCE COMPANY SIEGE SOCIAL: Waterloo, Ont.rm BUREAU PROVINCIAL Edifice Dominlon Square (Suite 910) Succursale Beaver H.Hill, B.FRANKLIN, Gér.PAUL BABY, Assistant-gérant provincial RAOUL CARIGNAN, Gérant Provincial LE COUP DE MORT MOUCHES MITES.MARINGOUINS + @ Odeur agréable, ne tache pas, inoffensif pour humains et animaux\u2014 WHIZ le TUEUR d\u2019INSECTES EST LE MEILLEUR INSECTICIDE QUE VOUS PUISSIEZ ACHETER GRANDEUR 8 Onces 35c GRANDEUR 16 Onces 60c VAPORISATEUR WHIZ ADAPTABLE AU BIDON on se Déleci{4/ Le Paris-Pâté à toujours bon goût .à la maison.au dehors .entre les repas .».» N'importe quand.DEMANDEZ INL = A VG | LI JWS COUPON D'ABONNEMENT ; La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75c pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d'abonnement à la Revue Populaire.POIRIER, BESSETTE CIE Ltée 975 de Bullion, Montréal, Can.La Revue Populaire Juillet 1934 SOINS DE PREMIERE URGENCE Evanouissement ou syncope Dès que l\u2019on s'aperçoit qu\u2019ene personne est évanouie, il faut im- médicament la transporter au grand air, la coucher bien à plat, les pieds plus haut que la tête afin de faciliter l\u2019afflux du sang au cerveau; déboutonner les vêtements afin que rien ne comprime le corps; on tapote le visage avec une serviette mouillée, on fait respirer du vinaigre, de l\u2019ammoniaque, de l\u2019éther ou des sels.On peut même chatouiller l\u2019entrée des fosses nasales avec une plume d\u2019oiseau ou un petit pinceau.Enfin, on applique des einapismes aux jambes et l\u2019on réchauffe les pieds à l\u2019aide de boules d\u2019eau chaude.On peut, à la rigueur, en attendant l\u2019avis du médecin, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une syncope prolongée, une injection d'huile camphrée dans la cuisse du du malade.Lorsque tous ces soins ont réussi à ramener le malade à la vie, a face reprend, progressivement, une couleur rosée, les battements du coeur réapparaissent de plus en plus forts et le malade semble se réveiller d\u2019un sommeil qui lui paraît avoir été délicieux.Quelques instants après toutes les fonctions sont redevenues normales, le malade ne sent plus aucun malaise.faire Coup de chaleur Quand un individu est frappé de coup de chaleur grave, il faut le coucher dans un endroit frais et aéré, lui enlever ses vêtements qui entretiennent la chaleur et gênent la respiration; il faut faire des lotions fraîches sur le visage, cuillerées de thé ou café.Si l\u2019asphyxie menace, pratiquer la respiration artificielle.Hémorragie nasale Mettre une compresse froide sur- la basse de nez, ou dans les fosses nasales un petit tampon de coton sec ou imbibé d\u2019une substance anti- hémorragique, telle que eau oxygénée ou poudre d\u2019antipyrine, ce tampon servira a faire la compression de dehors en dedans.Quand ii arrive que le sang s\u2019écoule en arrière, il peut être nécessaire de faire le tamponnement complet des fosses nasales.Pigûres d\u2019insectes Quand l\u2019abeille pique l\u2019homme, elle laisse dans la peau ou la muqueuse son aiguillon, et, très souvent, les deux glandes à venin.Il se produit alors, à l\u2019endroit piqué, une rougeur et une enflure douloureuse.Il s\u2019agit alors d\u2019extraire le dard et les deux glandes si elles sont restées.On commence par couper an- dessus de la peau la partie supérieure de l\u2019aiguillon; pour le reste de l\u2019aiguillon, on le retirera avec les glandes au moyen d\u2019une pince en déprimant un peu la peau autour de la piqûre.Avoir soin de ne pas comprimer la partie supérieure de l\u2019aiguillon pour éviter une nouvelle projection du liquide qui est l\u2019origine même de la douleur.Eviter de se gratter pour ne pas provoquer de démangeaisons.On calmera la douleur avec de l\u2019eau fraîche, de l\u2019eau sédative, de l\u2019eau-de-vie camphrée, de l\u2019ammu- niaque, etc.Si l\u2019endroit piqué est la bouche, la remplir plusieurs fois d\u2019eau salée.Si les piqûres sont nombreuses, donner un bain prolongé qui calmera.La piqûre de moustique provoque une douleur assez vive et, suivant la région piquée, une boursouflure assez marquée.On calmera la douleur et la démangeaison intolérable qui suit le grattage en frottant la région avec une goutte de teinture d\u2019idoe, d\u2019eau de Javel ou de sublimé pour neutraliser le venin.Cette piqûre est rarement dangereuse.Morsure d\u2019animaux enragés Etablir un ligature très serrée entre la plaie et le coeur, afin d\u2019empêcher le virus de pénétrer dans la circulation: laver abou- damment avec de l\u2019eau chaude ou avec une solution de sublimé; agrandir la plaie avec un instrument tranchant quelconque, faire saigner et cautériser fortement la morsure avec un objet en métal chauffé à blanc.Recourir, aussitôt que possible à la vaccination antirabique en adressant le sujet mordu à un grand hopital.Morsures de serpents La piqûre des serpents venimeux ou non venimeux est très douloureuse; elle provoque une douleur cuisante, une rougeur de la région piquée ou mordue, un gonflement.Lorsqu'elle est grave et mortelle, le sujet, après ces syptômes susnommés, est pris de nausées, de vertiges, de sueurs froides.On remarque un pouls rapide, puis survient la syncope et la mort.Serrer immédiatement et fortement la partie atteinte entre le coeur et la plaie.Laver le plaie, faire une succion au moyen d\u2019une ventouse (la succion par la bouche est dangereuse), ensuite cautériser au fer rouge ou a I'iode.Mais, de préférence a tout, faire une injection sous-cutanée antivenimeuse de sérum Calmette, aussi- - tôt après la blessure, a la dose de 10 cm3 à la fois.À défaut de sérum, frotter la plaie avec du permanganate de potasse et injecter une solution légère de sel (1 p.100) environ un demi-centimètre cube, dans le voisinage de la plaie.Soins aux noyés Les secours qu\u2019on peut donner à un noyé ou, plus exactement, à un individu en péril de submersion, sont de deux sortes.Il faut d\u2019abord le ramener à la terre, eu- suite le faire respirer, s\u2019il est asphyxié.Quand un noyé est ramené à la terre, il faut enlever rapidement ses vêtements, en les coupant si c\u2019est nécessaire, coucher le malade sur le dot en l\u2019inclinant un peu sur le côté droit; enlever, avec les doigts, les mucosités ou le sable pouvant se trouver dans sa bouche, pencher légèrement la tête et essayer de faire rejeter une partie du liquide absorbé en introduisant un doigt au fond de la gorge pour provoquer des vomissements afin que soit expulsée l\u2019eau qui se trouve dans l\u2019estomac.On fait alors des tractions rythmées de la langue ou la respiration artificielle, En même temps, il faut réchauffer le noyé en promenant des bouillottes d\u2019eau chaude le long de son corps et en le frictionnant avec un chiffon de laine sur les membres et le long de la colonne vertébrale.Si le noyé fait des efforta pour respirer, il faut se garder de gêner par des manoeuvres les mouvements de la poitrine et du ventre.On ne doit pas donner à boire à un noyé avant qu\u2019il ait repris ses sens; on peut, cependant pour le ranimer, lui faire avaler quelques gouttes d\u2019eau de mélisse.Si l\u2019on a fait revenir le noyé à la vie, il faudra le coucher dans un lit bassiné et le laisser reposer le temps nécessaire, Juillet 1934 ole LÉ.legance A LA MAN Les choses tricotées sont en vogue comme garnitures de robes.Vous pouvez les confectionner vous-méme, en leur dennant une beauté attrayante avec le MERCER-CROCHET DE - J.& P.Coars, le fil filé également, d\u2019un lustre durable et de couleurs inaltérables.Blane, écru, toile, noir et populaires teintes pastel .Envoyez le coupon ci-dessous pour recevoir des instructions sur la façon de tricoter ces attrayants accessoires de robes.Servez-vous toujours d\u2019un Crochet d\u2019Acier à Tricoter de Milward\u2014 un produit de qualité depuis 1730.MERCER- CROCHET J.&P.Coals Fabriqué au Canada per les Fabricants du Coton en i jo Bobines Coats et Clark The Canadian Spool Cotton Co.Dépt.V31Case postale 519, Montréal.Jlinclus 10c pour le NOUVEAU livre No 30, \u201cYour Home and its Decoration\u201d (Votre Foyer et sa Dé- Ww ; ; 8 Dé coration) [J.Veuillez m\u2019envover les indications gratuites pour la confection au crochet des articles illustrés ci-dessus [J].Indiquez l\u2019imprimé que vous désirez recevoir.Nom Adresse.assucaca000p: 140RF La Revue Populaire LE SOIN DES ENFANTS Par FRANCINE Rhumes Les rhumes sont très fréquents chez les enfants.Quelque légers qu\u2019ils soient, on ne doit jamais les négliger.Il peut en résulter une bronchite ou une broncho-pneumonie qu\u2019on aurait facilement pu éviter.Les premiers symptômes dn rhume se manifestent par la température, la turbulence, l\u2019éternuement, la toux et l\u2019écoulement nasal.Il est excessivement contagieux, et l\u2019enfant ne doit pas venir en contact avec une personne souffrant de rhume ou de cdryza.Coliques Les enfants nourris au biberon sont plus exposés aux coliques que ceux nourris au sein.Ce malaise consiste souvent dans un spasme de l\u2019estomac ou de la paroi de l'intestin, et résulte d\u2019une accumulation de gaz dans l\u2019intestin.L\u2019abdomen est gonflé sans être sensible, l\u2019enfant pleure très fort en repliant ses cuisses sous lui.\u2019 Si l\u2019enfant avale de l\u2019air, mange trop de sucre ou souffre de constipation, il aura des coliques.Lavement S'il est nécessaire de donner un lavement au bébé, servez-vous d\u2019une seringue spéciale pour les enfants, avec une poire et un bout flexible.Faites une solution d\u2019eau chaude et de savon de castille ou d\u2019un autre savon blanc, doux.Më- lez le savon à l\u2019eau en vous servant de votre main ou de la savonnière à vaisselle.Enlevez les bulles au- dessus de l\u2019eau.On peut donner de cinq à six onces de cette solution au bébé au-dessous de six mois, et de dix à vingt onces à celui d\u2019un an.Il est ordinairement plus facile de donner le lavement sur une table en plaçant le bébé sur un coussinet ou sur une serviette de bain.Remontez la robe de nuit par dessus ses bras et attachez avec des épingles de sûreté.Ceci le gardera chaudement et l'empêchera de remuer pendant le traitement.Pour remplir la seringue, pressez la poire tout en tenant le bout dans la solution; relâchez la boule et elle se remplira par succion.Enduisez le bout de la seringue de vaseline ou d\u2019huile d\u2019olive.Enlevez l\u2019air en pressant la poire jusqu\u2019à ce que l'eau commence à jaillir du bec, alors insérez dans le rectum à une distance d\u2019a peu près un pouce.Injectez le fluide doucement.Enlevez la seringue et pressez l'ouverture de l'intestin avec une serviette afin que le bébé garde l\u2019eau pendant une minute ou deux.Convulsions Les convulsions ne sont plus aussi fréquentes qu\u2019autrefois.Elles proviennent d\u2019un ébranlement du systême nerveux, d\u2019une indigestion, de substances non assimilables telles que noyaux, pelures de fruits, morceaux de pommes, raisine, noix etc.ou encore d\u2019une intoxication intestinale causée par une mauvaise diète ou la constipation.On les associe quelquefois à l\u2019incubation de certaines maladies contagieuses aiguës, et elles font souvent leur apparition avec le tétanos infantile qui est une complication du rachitisme.En attendant le médecin, on doit donner un lavement à l\u2019eau savoneuse, ou encore plonger le bébé dans un bain plus chaud que tiède.Rachitisme Le rachitisme est ordinairement causé par une alimentation défectueuse ou une insuffisance de rayons de soleil directs sur le corps du bébé.Il est surtout fréquent chez les enfants de 2 à 18 mois.Les premiers symptômes sont assez difficiles à reconnaître, mais les plus manifestes sont l\u2019agitation du bébé pendant la nuit, le roulement de la tête d\u2019un côté à l\u2019autre, la transpiration abondante de la tête et un retard dans la dentition.Plus tard, il se manifestera par une difformité des jambes, des 08 de la poitrine et par l\u2019épaississement des os du poignet.De plus, l\u2019enfant retardera à marcher.L'huile de foie de morue et le soleil sont des préventifs infaillibles.Maux d'oreilles Le mal d\u2019oreilles est souvent dû a la dentition.Aux premiers signes, les parents doivent appeler le médecin.On ne fera aucune application sur les oreilles saus l\u2019avis de ce dernier.Le premicr symptôme d\u2019un mal d\u2019oreilles se présente souvent sous la forme d\u2019une température élevée.55 © \u201c Ah, les amis, quelle journée! Et je n\u2019en ai pas fini! Il me faut maintenant enlever mes bas et mes souliers ! Jamais de répit.je travaille toujours !.Une chance que je suis rebondissant de santé ! \u201d ©@ \u201cBon, voyons, est-ce que je tire ou que je pousse ?Je pense que je tire.Non.ca ne va pas! Je ferais peut-être mieux de tirer dans l\u2019autre sens.Ouf, ce que fai chaud ! Et je commence à en avoir plein le dos ! Prépare la Poudre Johnson pour les Bébés, maman !\u201d ® \u201cOops! Le voici! Pas mal, n\u2019est- ce pas, d\u2019en être venu a bout ! L\u2019autre pied, maintenant ! Et aprés, mon bain, suivi de la Poudre Johnson pour les Bébés ! Que les mamans prêtent une oreille attentive à ce que je vais leur dire.\u201d @ \u201cEssayez différentes poudres pour bébés entre le pouce et l'index.Vous constaterez que quelques-unes sont graveleuses -\u2014 mais pas la Johnson, qui est incroyablement douce et veloutée ! Elle ne contient ni stéréate de zinc ni racine d\u2019iris.Le médecin l\u2019a dit!\u201d Sur réception de 10\u20ac (en argent) nous vous enverrons des échantillons de Ja Poudre, du Savon et de la Crème Johnson pour les Bébés Montréal, Can.de Ps POUDRE JOHNSON Johnson, Ltd.FABRICATION CANADIENNE 79 56 HISTOIRE DU CANADA POUR TOUS Tome I \u2014 Régime français par Jean Bruchesi (professeur à l\u2019Université de Montréal) Cet ouvrage est moins une compilation qu\u2019un ouvrage de vulgarisation qui fait de notre Histoire un récit vivant et intelligent, susceptible d\u2019intéresser non seulement cette jeunesse étudiante à laquelle l\u2019Histoire du Canada pour tous semble spécialement destinée, mais encore tout profane que l\u2019Histoire attire mais que les longues et sèches énumérations rebutent.En effet, l\u2019auteur, tout en gardant à son oeuvre un caractère strictement historique, a évité avec soin les nomenclatures fastidieuses.De sorte que son livre tient le milieu entre le manuel \u2014 toujours un peu morne et sans attrait \u2014 et le document savant et précis, mais qui n\u2019a d\u2019intérêt que pour le spécialiste.Le Tome I, qui vient de paraître, couvre toute la période de la Domination française, et commence même à l\u2019époque où les premières migrations humaines se dirigèrent vers l\u2019Amérique.C\u2019est un fort volume de 368 pages, format 51% x 8 pouces.La couverture sobre et élégante et le texte soigné en font un fort beau volume, PIERRE RADISSON par Donatien Frémont Monsieur Donatien Frémont vient de publier aux Editions Albert Lévesque, un livre qui tient à la fois de l\u2019histoire et du roman d\u2019aventure, et qui a ce double mérite d\u2019être attachant comme une fiction tout en restant absolument véridique.Pierre Radisson, petit Parisien gouailleur et gavroche, arriva avec sa famille, de France aux Trois-Rivières, dans la première moitié du 17e siècle.Il devint par la suite l\u2019un de nos plus grands découvreurs, le premier, en tout cas, à explorer le Nord-Ouest et à se rendre par voie de terre, à la baie d\u2019Hudson.Ce livre, qui est un document historique de tout premier ordre, prend une valeur toute particulière au moment où Ton s\u2019apprête à célébrer le 4e centenaire de la découverte du Canada et le 3e de la fondation des Trois-Rivières, puisque Radisson fut à la fois un grand Canadien et un célèbre Trifluvien.LA CHAIR DECEVANTE par Jovette Bernier «La Chair Décevante» vient d\u2019être réédité.Roman moralisateur puisqu'il enseigne de façon saisissante qu\u2019on ne saurait impunément sortir des normes du devoir; que tôt ou tard, le mal qu\u2019on a commis appelle son châtiment et que l\u2019expiation qui s'impose atteint aussi, parfois, ceux que nous voudrions le plus protéger contre la souffrance: nos enfants.Ce roman est en vente aux Editions Albert Lévesque, Montréal.LE CONSEIL LEGISLATIF DE QUEBEC Le volume de courtes biographies que vient de publier M.Gustave Turcotte, greffier-adjoint du Conseil législatif, satisfera certainement les curieux de l\u2019histoire canadienne, ceux qui cherchent surtout les détails, qui aiment à connaître un peu la vie de chacun des hommes qui se sont illustrés chez nous dans la politique.«Le conseil législatif de Québec, 1774- 1933 », \u2014 tel est le titre du livre que M.Turcotte vient de mettre en vente, \u2014 donne un résumé substantiel de la vie de tous les membres de ce Conseil depuis sa fondation.La Revue Populaire Au début du livre, M.Turcotte raconte l\u2019origine du Conseil législatif, les diverses modifications qu\u2019il a subies, son rôle en général.LA VIE CHANTEE DE BOTREL par Tyl Tout le monde, en France, connaît l'oeuvre du célèbre barde breton, Théodore Botrel; sa renommée a même franchi les frontières et les océans.La Belgique, le Canada, les Etats-Unis garderont longtemps le souvenir de ses tournées triomphales.L'oeuvre de Botrel, en effet, est consacrée tout entière à chanter la petite et la grande patrie, Dieu et l\u2019amour, à exalter l\u2019amour chrétien et la famille.Nul mieux que lui n\u2019a su traduire en strophes et en harmonie la beauté mélancolique des landes et des campagnes de Bretagne, la grandeur austère et sauvage de ses côtes sans cesse en luite avec les flots.Nul ne s\u2019est penché avec plus de compréhension et d\u2019amour sur I'ame de ses compatriotes pour en saisir la force et la tendresse, pour en révéler la richesse et le générosité.Mme HENRIETTE LIONAIS-TASSE auteur de La vie humoristique d\u2019Hector Berthelot, qui vient de paraître aux Editions Albert Lévesque.JEANNE MANCE par Mlle Marie-Claire Daveluy Mlle Marie-Claire Daveluy, auteur de plusieurs ouvrages d\u2019imagination et de nombreuses recherches historiques et biographiques, vient de publier, aux Editions Albert Lévesque, un ouvrage d\u2019un grand mérite documentaire, littéraire et scientifique, sur « Jeanne Mance» On sait quel rôle prépondérant cette héroïne a joué dans le premier quart de siècle qui a vu la fondation de Montréal.L'ouvrage que lui consagre Mlle Da- veluy se divise en trois parties: Le Matin des beaux vouloirs, c.à.d.la jeunesse de Jeanne Mance et les difficultés où s\u2019affirme sa vocation; Les Réalisation du Midi, c.àd l\u2019arrivée de Jeanne au Canne et sa participation à la naissance de Montréal ; et enfin Les Ombres du soir, cad.les dernières années de l\u2019illustre héroïne.Cet ouvrage, résultat de huit années de patientes recherches, contient une centaine de pages de pièces justificatives, une quarantaine de hors-texte illustrant des documents inédits, ainsi qu\u2019un essai généalogique des plus complets sur les Mances et les De Mance, dû aux recherches de M.Jacques Laurent, conservateur à la Bibliothèque de Dijon.Le volume, format 61% x 9%, 450 pages, sur papier couché, se vend $2.00 Punité aux Editions Albert Lévesque, Montréal, et dans toutes les librairies bien assorties.LIVRES et REVUES LE CURE D\u2019ARS par Henri Ghéon Henri Ghéon, le grand écrivain catholique, vient de donner à la collection «Les Bonnes Lectures», édité par Ernest Flammarion, un « Curé d\u2019Ars> qui est un petit chef d\u2019oeuvre.C\u2019est une biographie pleine de relief et de vie du saint homme dont l\u2019influenee sur les âmes pieuses ne fait que grandir chaque jour.Ghéon dit qu\u2019au Paradis le XIXe siècle est connu comme le siècle da Curé d\u2019Ars.\u2018 SAINT-FRANÇOIS D\u2019ASSISE par Abel Bonnard C\u2019est une heureuse idée d\u2019avoir confié à M.Abel Bonnard le soin de nous parler de saint François.Nul n\u2019était mieux qualifié que ce fin psychologue pour analyser l\u2019âme ravissante et la vie sereine de l\u2019ami des oiseaux.Avec lui nous pénétrons dans l\u2019intimité du saint et nous atteignons sans effort les cimes sur lesquelles il se plaisait.Nous apprenons aussi à conmaître la vraie sainteté qui est joyeuse, parce que libre de toute attache terrestre.La plupart des légendes pieuses, dont l'imagination populaire se régale, sont absentes du livre de M.Bonnard, mais la réputation du saint n\u2019en souffre pas, au contraire.François d\u2019Assise, prince et poète est aussi saint que le François qui reçut les stigmates, car toute sa vie fut un sublime chant d\u2019amour à l\u2019adresse da Créateur.C\u2019est ce que M.Bonnard nous démontre avec son charme habituel.C.M.LA JEUNESSE DU ROI DE ROME par Octave Aubry Dans toute l\u2019histoire napoléonienne il n\u2019y a pas de pages plus touchanies que celles qui traitent du roi de Rome, mais Octave Aubry a su trouver des accents nouveaux, d\u2019une déchirante mélancolie, pour parler de ce roi sans couronne, de cet enfant que le Destin prit au berceau pour lui faire suivre un long calvaire.fl rend plus sympathique encore, si possible, cet enfant à qui le malheur a donné l\u2019auréole que la Gloire lui a refusé.LE CALVAIRE DE LOUIS XVI par Henri-Robert La mort de Louis XVI fut l\u2019un des grands événements de l\u2019histoire.Henri- Robert nous le démontre et retrace les causes de la grande révolution dont les conséquences se font encore sentir.I! corrige aussi la fausse opinion qu\u2019on s\u2019était faite de Louis XVI et prouve que ce roi fui surtout la victime des erreurs de son siècle.LA JOURNEE DE L\u2019IMPERATRICE JOSEPHINE par Frédéric Masson Tl est des personnages historiques dont, semble-t-il, on ne se lasse pas d\u2019entendre parler.Marie-Antoinette, Henri VIII, Marie Stuart, Napoléon et Joséphine sont du nombre.Tous les détails de leur vie, même les plus ordinaires, attirent les curieux d\u2019histoire.C\u2019est dans cet esprit que M.Frédéric Masson, de l\u2019Académie française, a écrit pour la collection « Hier et Aujourd\u2019hui >, de Flammarion, une Journée de l\u2019Impératrice Joséphine où il reconstitue, dans un cadre vrai, l\u2019existence, à la fois frivole et sérieuse, de la petite créole qui s\u2019est assise peu- dant quelque temps sur l\u2019un des plus grands trones du monde.Avec lui nous assistons aux scènes familières et aux grandes cérémonies gouvernées par l\u2019étiquette rigide de la cour impériale, nous apprenons à connaître et la femme et la souveraine.Juillet 1934 Conversation avec M.le sénateur Raoul Dandurand (Suite de la page 50) est le premier successeur démocrate.Et d\u2019autre part: le désarmement souhaité par les Américains ne peut étre réalisé en France sans la sécurité, sans un minimum de garanties.Et la présence des Américains à Genève \u2014 pense le sénateur \u2014 serait sûrement considérée comme une de ces garanties.Mais c\u2019est sur un souvenir français que le sénateur Dandurand \u201ctient à terminer notre entretien.Il rappelle la venue au Canada d\u2019une mission de France, avec René Banzin, et qu\u2019il accompagnait Cette mission était d\u2019abord passée aux Etats-Unis.Son premier arrêt au Canada fut à Saint-Jean d\u2019Iber- ville.La population de la petite ville s\u2019était massée à la gare et fit aux Français un accueil inoubliable.Des femmes présentaient leurs enfants à René Bazin en lui disant: \u2014 Embrassez-les.Et dans le grand salon d\u2019Outre- mont où sont les bronzes, les tableaux, les médailles, le fauteuil du premier ministre et celui du président du Sénat, les grandes photos dédicacées de la comtesse de Noailles et du maréchal Pétain, l\u2019ancien président de la Société des Nations, le pouce passé dans le lorgnon pour battre la mesure, à son tour entonna pour son auditeur unique, de la voix chaude qu\u2019admirèrent les Précieuses de Genève : «Un jour la France sur nos bords Jeta sa semence immortelle; Et nous, secondant ses efforts Avons fait la France nouvelle.Ensemble crions à genoux : Vive la France ! RoserT RumiLLY oO LE MESSAGE DE LENINE par Le R.P.Ant, Poulin, s.j.Les Editions Albert Lévesque viennent de publier «Le Message de Léni- ne >, drame social en 4 actes, par le R.?.Antonio Poulin, s.j.Cette.oeuvre récente a déjà reçu à la scène un bel accueil.Oeuvre intéressante où se meuvent des personnages bien vivants, bien observés.Elle fait un tableau sobre et émouvant des persécutions religieuses qu\u2019entraine la tourmente révolutionnaire.« Serge, fils du président de soviet, est chargé de présenter un rapport sur l\u2019évêque Vladimir; il ne veut pas être l\u2019instrument de la condamnation de cet évè- que qu\u2019il connaît, mais il y a son père, son avenir, car Lénine l\u2019a remarqué et lui a envoyé un message très flatteur, il lutte et triomphe en répondant à l\u2019appel du Christ.» N° JE VAIS BIEN RIRÉ D'EUX SI ÇA PEUT MORDRE ! Tapas déjà décidé de te lever de bonne heure, un Matin, espérant attraper ouclques belles pièces et epater un peu les amis \u2014 V'LA BIEN MA VEINE! J'ÉCHAPPE ) LE PLUS GROS POISSON QUE J'AIE JAMAIS EU AU BOUT DE 4 Soll oN EA fi IAN NS el celà arrive ordinairement, il y a Dien un , poisson énorme qui vient mordre, mais en \u2026 approchant de la chaloupe, il en heurte le bord et se décroche DIS DONC,EST-TU BI QU'IL MÉTAIT PAS LUS SUR GROS QUE ÇA ?(QUAND J'VOUS DIS 0 * QU'IL ÉTAIT LONG ' fi =P COMME-CÇA, OS > Hi as AA Sr ill AA I mais peu importe la sincérité que tu mets dans ton histoire, HETLOUIS -EST-CE QUE JE TAI DEJA) /ALLEZ ALLEZ, MES VIEUX \u2014 fee P MAIS J'Y RETOURNE -\u20ac | DÉMANN MATIN ET / LA ~ VOUS ALLEZ VOIR.fi te \u2014 ~~ Ssayé la I@S amis ne croient pas un mot de ce que tu leur racontes \u2014 : LACK HORSE ?5a qualité est\u2019 jam @ .n ts Oo Dites simplement- TACK ORSE Dawes.SVP\" mise @n doute ! 219F J ean est Fier des Talents de sa Femme! Jean: Cette tarte est tout simplement délicieuse, Marie.Tu fais maintenant ges pâtes à la perfection.Marie: Ça me fait plaisir de te l\u2019entendre dire.Et quand je pense que, tout dernièrement encore, je ratais toutes mes cuissons.Si madame Dagenais .Jean: Je me doutais bien que tu avais suivi des leçons! Marie: Je n'ai pas suivi de leçons.Cette amie m\u2019a simplement recommandé d'employer la Farine Préparée Brodie.Tout est là.Je suis maintenant sûre de réussir toutes mes pâtes.Vous n\u2019avez plus à vous inquiéter de la poudre à pâte, de la soude et du sel quand vous employez la Farine Préparée XXX Brodie.Ces importants ingrédients sont déja incorporés à la fari- me dans les proportions voulues pour assurer une parfaite cuisson.Essayez la Brodie XXX à la prochaine occasion.FARINE PRÉPARÉE XXX BRODIE Bas de soie gr atis tre de échanger Con vous pouver soie façonnés o beaux primes des P et faites venir primes.BRODIE & HARVIE, LIMITED 914, rue Bleury, Montréal La Revue Populaire à Bonne visine par CG.Taillefer LES PLATS FROIDS Salade d\u2019été Epluchez, lavez, égouttez des coeurs de laitue, émincez trois oignons nouveaux; ajoutez une poignée de cresson alénois et une purée de cerfueil et d\u2019estragon finement hachés.Assaisonnez de sel, poivre, moutarde, huile et vinaigre, tournez la salade.Faites pocher dans l\u2019eau bouillante autant d\u2019oeufs que de convives, laissez refroidir et dressez sur le saladier.Romaine à l\u2019anglaise Ecrasez les jaunes de deux oeufs durs, délayez avec un peu de moutarde, huile, vinaigre; assaisonnez de sel, poivre et fines herbes; ajoutez trois cuillerées de crème fraîche.Battez le tout ensemble, versez sur la salade et tournez les feuilles pour bien mélanger.Salade de chicorée et de purée de pommes de terre.Faites cuire des pommes de terre à l\u2019eau; écrasez-les, réunissez dans le saladier avec des feuilles de chicorées.Assaisonnez de trois cuillerées de vinaigre et tournez avec le couvert de buis.Pour donner plus de saveur, ajoutez un croûton de pain frotté d\u2019ail ou frottez le saladier d\u2019une gousse d\u2019ail avant d\u2019y verser la salade.Juillet 1934 Un plat appétissant, oeufs au jambon, sur une table joliment mise.Salade Andalouse Pelez un ou plusieurs concon:- bres, coupez par tranches, saupoudrez de sel et laissez dégorger une heure.Partagez en deux de belles tomates dont vous enlevez les pépins, émincez quelques oignons et disposez par couches dans un saladier ou dans un plat creux concombres, tomates et oignons.Âs- saisonnez de sel, poivre, arrosez d\u2019huile et de vinaigre et laissez macérer dans un endroit frais pendant une heure.Au moment de servir couvrez le dessus de mie de Quand vous préparez des poireaux, vous en enlevez les petites racines, l\u2019extrémité de la tige verte et l\u2019enveloppe extérieure.Lavez bien avant de faire cuire.pain émiettée et de fines herbes hachées.Salade de piments et d\u2019anchois Prenez des piments rouges que vous faites griller sur le feu.Eplu- chez-les, émincez-les dans un saladier.Faites dessaler des anchois dans de l\u2019eau bouillante, retirez les arêtes, coupez-les en filet ou en morceaux, ajoutez aux piments.Assaisonnez de sel, poivre de Cayenne, huile et vinaigre et d\u2019un oignon coupé en rondelles.Les piments verts et tendres s\u2019emploient crus après avoir retiré graines et queues.Salade Francillon Epluchez des pommes de terre que vous faites cuire dans du bouillon; assaisonnez-les encore chaudes d\u2019huiles, vinaigre, un de- mi-verre de vin blanc, sel, poivre.Mettez fines herbes hachées menu.Faites cuire des moules au court- .bouillon avec une branche de céleri; égouttez-les, sortez-les de la coquille et mélangez aux pommes de terre; remuez légérement la salade, que vous couvrez de rondelles de truffes, et servez deux heures aprés.Un tiers de moules pour deux tiers de pommes de terre. - x SALADE DE VIANDE ET LEGUMES 2 tasses de viande cuite froide (porc, jambon, poulet ou veau, en cubes).1!2 tasse de très petits pols.4 tasse de sauce vinaigrette.3 oeufs cuits dur.6 Olives Farcies Heinz.Mayonnaise.Mélangez la viande et les pois dans la sauce vinaigrette, jusqu'à ce que tout soit bien humecté.Mettez re- AE.froidir au réfrigérateur durant une # heure et servez sur feuilles de laitue croustillante.Couronnez de mayonnaise et saupoudrez de paprika.Tranchez mince sur le travers les oeufs cuits dur et enlevez le jaune.Placez-en 3 tranches autour de ia viande et, au centre de chacune.mettez des tranches d\u2019olives.Passez les jaunes d\u2019oeufs au tamis et par- semez-en le dessus de la salade.SAUCE VINAIGRETTE 1 c.à thé sel.1 c.à thé paprika.4 tasse de Vinaigre Pur Heinz.Y tasse d'Huile d'Olive Pure Heinz.Mélangez ensemble les ingrédients secs mentionnés ci-dessus, puis ajoutez le vinaigre et l'huile d'olive.Baitez à fond afin de bien mélanger.4 SAUCE MAYONNAISE + e A thé de Moutarde Préparée Heinz brune.% c.à thé de sel.Va c.à thé de poivre.Y c.à thé de paprika.1 oeuf.2% \u20ac.à soupe de Vinaigre Pur Heinz.2 tasses d\u2019huile à salade.Mélangez les ingrédients secs.Ajoutez l'oeuf et battez bien.Ajoutez une demi-tasse d'huile, une ¢.& thé à la fois.Battez sans interruption.Ajoutez 1 c.à soupe de vinaigre, en battant toujours.Afou- tez encore 1, tasse d'huile.Diluez 4 avec 12 c.à soupe de vinaigre.Rappelez-vous ces aides Heinz\u2014 Sandwich Spread.Beurre d\u2019Arachides\u2026.Olives.Huile d\u2019Olive.Mayonnaise.Crème à Salades .Relish de Concombres Frais .India Relish .Sweet Relish .Moutarde Préparée.Vinaigres (3 sortes) .Sauce à Steak.Cornichons.Chutney.Sauce Chili.Sauce Worcestershire .Ketchup aux Tomates .Féves cuites au Four .Spaghetti Cuit.Macaroni Cuit.Soupes prêtes à servir.Ve AR AINTENANT que l'été est revenu, vous voudrez naturellement servir des repas plus légers, faits d'aliments riches en sauce, comme vous en offre plusieurs la \u201ctablette\u201d Heinz.Durant tout l'hiver, cette tablette excessivement pratique vous a permis de résoudre plus facilement le problème tou jours renouvelé des \u201c3 repas par jour\u2019\u2019.Elle peut vous être encore d'une plus grande utilité cet été.La \u201ctablette\u201d Heinz vous offre des sauces \u2014 et les ingrédients nécessaires à la préparation de sauces \u2014 qui donneront un relief nouveau à vos salades \u2014 qui vous permettront de réaliser de nouvelles combinaisons à la fois agréables à la vue et délicieuses au goût.Heinz met encore à votre disposition des garnitures à sandwiches et les éléments essentiels de quantité de mets savoureux, qui feront le succès de vos pique-niques ou de vos lunches à la maison.Pour votre propre commodité, constituez-vous une \u2018tablette d\u2019urgence\u2019\u2019 Heinz.Vous vous épargnerez ainsi, durant ces chaleurs d\u2019été, bien des heures désagréables dans la cuisine.H.J.HEINZ CO., Etablie en 1909 a Leamington, Canada * HEINZ al ne sais pa EAE que cet instantane si¢ nitfie gl = - .N'acceptes rien autre que .le boîte jaune si connue, avec la rayure quadrillée.\u201c Canadian Kodak Co., Limited, Toronto, Ontario.a _ Les jours passent vite, chacun d\u2019eux apportant des changements.Particulièrement à ceux qui sont très jeunes, ou très vieux .Mais les instantanés sont;une façon d\u2019arrêter le temps.Ils garderont ce sourire et ces gestes de \u201cpetite fille\u201d tout comme ils sont.Quelque chose à garder, et à regarder souvent .En vous servant du Film Verichrome Kodak, vous obtenez l\u2019expression naturelle des gens, l\u2019expression vraiment vivante.Essayez un Verichrome pour vos prochaines photos."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.