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Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1937-11, Collections de BAnQ.

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[" NSIC EET Notre roman complet : LES DEUX FIANCES DE LISBETH La a 1] alo IIS TT la PER hy (VOT K-34 Sl 14c CON Ë ; a wi SA % a / | we > wr \\ 9 st par AYARD \u2014 | Ungllaise au Teint Celatanit ne connait que ce simple Traitement de Faute À l'heure du thé.sur la terrasse de Westminster, membres du Parlement et pairs du royaume accueillent les belles visiteuses conviées à cet agréable intermède.Seuls, les Anglais.peut-être, ont un esprit capable de s'abstraire de la fureur politique.et durant une heure n'être que ces hôtes attentifs auprès de leurs invités.Ba\u2018gnée de lumière.envahie par cette élite mondaine.la vieille terrasse se dépouille de sa vétusté.Et dans son admiration, l'étranger tête cblouie.à la fois par les yeux, l\u2019odorat, l'ouïe, confond la beauté du décor et la beauté des femmes.Lavand Anglaise de Yardley \u2014 le parfum incomparable \u2014 dans de jolis flacons : Poudre à la Lavande Anglaise Yardley, en sept différentes nuances, y compris les teintes * Gipsy \u201d et \u2018\u2019 Pêche Anglaise .81.10.Savon à la Lavande Anglaise, 356 le gros morceau.Crème Anglaise Yardley pour le Teint, $1.10.Pour les peaux flétries ou desséchées par le climat, le * Skinfood *' (crème nourrissante) de Yardley.Yardley, dans un pot rose pals, Cette éclatante carnation des Anglaises n'est pourtant pas I'objet de beaucoup de soins.car dans la plupart des cas.cette juvénilité faciale est due à la méthode.justement célebre, ce la Maison Yardley.La simplicité de cette méthode la rend si pratique, que toute femme soucieuse de sa beauté l'adoptera.Premièrement, emplover chaque jour le Savon à la Lavande Yardley pour les ablutions du visage : car rien ne vaut la mousse d'un savon irréprochable pour conserver au teint sa pureté et sa fraîcheur.406 à $12 $1.10.et le Foundation Cream\u201d (crème fond-de-teint) de 85¢.Le Rouge en Créme de Yardley, pour les Joues, 85¢ et le Cravon Indélébile pour les Lèvres, $1.10 compléteront l'assortiment nécessa re.Appliquer ensuite la crème \u2018 ENGLISH COMPLEXION CREAM \u2018 Yardley, d'une onctuosité et d'une homogénéité parfaites.Pour une peau sèche, on recommande la \u2018\u201c SKIN FOOD \" de Yardley et la * FOUNDATION CREAM \" si on désire une crème spéciale pour fixer la poudre.Terminer par un nuage de POUDRE A LA LAVANDE ANGLAISE DE YARDLEY \u2014 adhérente, d'une finesse extrême, cette poudre est sans rivale pour la beauté de la peau qu'elle veloute, tel un pétale de fleur.Et voilà ! Quelques retouches si on le juge à propos, mais selon les rites anglais, on a accompli ses devoi s envers sa beauté.L'essai de ce traitement vous convaincra de son efficacité.Les Produits de Beauté de la Maison Yardley, y compris tous les articles pour le bain.la toilette, cosmétiques et parfums, sont en vente partout.dans les meilleurs magasins.Yardley 8 Co.(Canada) Ltd.\u2014 Yardley House \u2014 Toronto.Ont.Yardley & Co., Ltd., 33, Old Bond Street, Londres: 620 Fiftn Avenue (Rockefeller Centre), New-York; Paris: Sydney,Australie.FOURNISSEURS ATTITRE DE SA MAJESTÉ LA REIN! NovEMBRE 1937 - La Revue Populaire Montréal, Novembre 1937 3le année, No 11 UN CADEAU A nos Lecteurs QUI RAPPELLERA VOTRE SOUVENIR 365 JOURS PAR ANNÉE ERR CHAQUE fois que la personne à qui vous NOUS avons fait aux jeunes, dans ce numéro de aurez fait cadeau d'un abonnement d'une notre revue, une place encore plus grande.Trois année oux trois grands magazines canadiens- de nos articles, et non des moindres, sont de jeunes françois LE SAMEDI, LA REVUE POPU- collaborateurs dont nous reproduisons les écrits LAIRE et LE FILM, recevra un numéro de ces pour la première fois : Adrienne Choquette, Paul magazines, elle ne pourra s'empêcher d'évo- Robitaille et Jean M.Marcotte.quer votre souvenir et de vous remercier secretement ce la bonne pensée que vous Faute d'espace, nous devons remettre ou mo's avez eue.prochain le premier article de la chronique financière que tiendra désormais dans notre revue M.Oscar Blain, professeur & I'Ecole des Hautes Etudes NE VOUS CREUSEZ PAS LA TETE Commerciales de Montréal.SONGEONS-NOUS PLUS LONGTEMPS BIEN A NOTRE EPARGNE ?Tel sera le titre de cette chronique mensuelle.Pour trouver quoi donner & vos parents ef Il nous fait plaisir de souhaiter la bienvenue à amis, le 25 décembre 1937 ou le ler janvier deux publications canadiennes françaises plus ou 1938.Vos étrennes sont toutes trouvées - moins récentes : LE JOUR, journal hebdomadoire lancé par notre brillant confrère Jean-Charles Harvey, et LE MAURICIEN, mensuel dirigé par Abonnez-le ou abonnez-la, pour un an, ($5.00) aux magazines suivants Clément Marchand et Raymond Douville, deux jeu- LE SAMEDI (52 numéros) nes écrivains de grand talent dont LA REVUE LA RE , POPULAIRE a souvent reproduit les oeuvres.Nous VUE POPULAIRE (12 numéros) en profitons pour recommander de nouveau à nos LE FILM (12 numéros) lecteurs la lecture des PAMPHLETS DE VAL- DOMBRE.Lada aa NN A l'occasion de Noël, notre numéro de décembre ABONNEMENTS\u2014ETRENNE S sera tout particulièrement luxueux.Nos sympathi- | FORMULE DE COMMANDE ques lecteurs et lectrices feront bien de l'acheter, ainsi que le numéro de Noël du SAMEDI, en vente le 11 décembre.Ce numéro du SAMEDI comptera 72 pages, dont plusieurs en couleurs, et sera tiré à Veuillez faire parvenir à la personne ou aux personnes ci-dessous un abonnement d'une année à vos TROIS magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.75,000 exemplaires.SP La Direction Nom 2000000 nes Adresse _\u2026 __.________ in Que LL 0 _ \u2014 ; ç ES \u2014 _ Ville Province _.LA REVUE POPULAIRE N om .\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026._.\u2026.\u2026.nscecsse nn POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE ABONNEMENT I i Editeurs-Propriétaires Canada : Un an $1.50 \u2014 Six mois 75\u20ac 975, rue de Bullion, Montréal, Canada Etats-Unis : Un an $1.75 \u2014_ Six mois 90¢ Adresse ____._ 1 Ca.Tél.: PLATEAU 9638* Ville lL Province LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE oo Membres de l'A.B.C.POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vi, U.5.A., as second class matter under the Act of March 3rd 1879.=== == \u2014 SEULEMENT DEUX CUILLERÉES A THE.Mais quelle Différence CONSTIPATION, GASTRIC AND HEPATIC DISORDERS, 1.NETTOIE L'ORGANISME SAL HEPATICA vous donne de l\u2019entrain, de l\u2019optimisme \u2014 car sa double action 2.COMBAT L'ACIDITÉ Prove Jeanne ! Ce matin-la, elle se leva avec un tel mal de téte qu'elle ne se sentait pas le courage de s'habiller pour aller diner avec son ami.Mais sa maman lui apporta deux cuillerées à thé de Sal Hepatica dans un verre d\u2019eau.et, à midi, quel soulagement ! La tête reposée, Jeanne se sent regaillardie, pleine d'entrain.Il y a profit à se servir d'un laxatif qui est en même temps un anti-acide.* * * * AVEZ-VOUS COMPRIS.?La constipation acidifie souvent l'organisme.Alors, à moins de combattre cette acidité et aussi de libérer vos intestins, Vous ne vous sentirez jamais bien.Mais essayez Sal Hepatica \u2014 le laxatif qui aide la Nature à résoudre ces deux problèmes en peu de temps.Sal Hepatica vous rend non pas un, mais deux services : PREMIEREMENT \u2014 Sal Hepatica nettoie les intestins vite et bien.DEUXIEMEMENT \u2014 Ce sel minéral laxatif provoque une réaction alcaline (anti-acide) pour aider l'organisme à se débarrasser de son acidité \u2014 et aussi des aigreurs d'estomac.Et comme vous vous sentez mieux quand il a rempli ces deux fonctions ! L'esprit plus alerte, le corps bien en forme, vous êtes vraiment plein d'entrain ! Sal Hepatica agit de façon naturelle \u2014 il ne drogue pas.Procurez-vous une bouteille de Sal Hepatica aujourd'hui même.Prenez du Sal Hepatica quand vous souffrez de ces malaises provenant de la constipation ou d'excès : MAUX DE TÊTE.INDIGESTION .ESTOMAC FATIGUÉ .INDOLENCE.SAL HEPATICA Le Sel Minéral Laxatif qui aide la Nature à combattre l\u2019acidité SH 216 NOVEMBRE 1937 PHOTOS C.P.R.Apprenons tous le français E suis né en Grande Bretagne il y a plus de cinquante ans.Aujourd'hui, je m'essaie à parler le francais.C'est une langue que j'aime.Les raisons sont nombreuses qui me la font estimer mais je n'en vois pas qui puissent me la faire détester.Vraiment, pour plusieurs motifs, intéressés ou non, tous les Anglo-Canadiens devraient apprendre à parler le français; je ne vois pourquoi ils pourraient s'en dispenser.Il est nécessaire que nos écoles elles-mêmes permettent à tous les Canadiens qui le veulent d'apprendre à lire, à écrire et à parler le français.Aux yeux de certains Anglo-Canadiens, je passerai assurément pour un traître.À propos, je me demande s'il existe encore des esprits aussi étroits; pour ma part, je n'en ai pas rencontrés depuis longtemps.Mais on me dit que l'on trouve encore parmi les anglophones canadiens des gens qui fondent leurs opinions politiques uniquement sur des questions de race et de langue; et quelques-uns conservent encore à l'esprit cette vieille rengaine : « Accordez un pouce aux Canadiens français et ils prendront un mille ».C\u2019est aussi mon avis.Ils prendront un mille; mais ce sera la mesure à laquelle ils ont droit, celle qu'ils auraient dû avoir depuis longtemps.Par contre, je connais assez bien mes par C.Mc Farlane Lament Le \u201cSaturday Night,\u201d grand hebdomadaire de Toronto, publiait récemment cet article écrit par un industriel ontarien bien connu.On verra que si nous voulions donner à notre province un visage plus français nous trouverions chez la plupart de nos compatriotes de langue anglaise des amitiés insoupçonnées.Cette traduction de l\u2019article de M.Lamont est l\u2019oœeuvre d'un collaborateur de \u201cLa Revue Populaire,\u201d R.P.amis les Canadiens français pour affirmer qu'ils donneraient en retour à leurs concitoyens anglais plus que la juste mesure.Mais oublions, pour un instant, qu'il existe ou a déjà existé un problème linguistique au Canada; et étudions un peu ce que vaut ma suggestion.D'abord, pour n'importe qui, une langue seconde est, du point de vue culturel, un actif considérable; et cela même si elle n'a aucune portée pratique.Personne n\u2019y contredira, encore moins un éducateur digne de ce nom.La langue est la vie et l'histoire mêmes d'une nation.Elle est liée à ses pensées, son caractère, sa culture, ses qualités distinctives.L'accent, les idiotismes, la variété des tournures, les nuances de la langue reflètent les progrès, l\u2019histoire et les réalisations d'une nationalité.Dans les mots se retrouvent ses luttes, ses erreurs, ses qualités, ses ambitions.Etudier une langue seconde c'est découvrir tout un monde, s'enrichir d'une culture nouvelle.On en profite en autant qu'on la comprend, qu'on l'estime.Au Canada, l'anglais est indispensable au Canadien français qui veut sortir de son village.Sans l'anglais, il ne peut entrer en contact avec les trois quarts de ses concitoyens, avec les Américains, ni avec les autres populations anglophones.Logiquement, l'anglais est donc l'unique langue seconde du Canadien français.Pour des raisons un peu différentes, l'Anglo-Canadien doit logiquement apprendre le français en plus de sa langue maternelle.Et ces raisons sont multiples et bien évidentes.Voyons-en quelques-unes.La province de Québec possède une littérature des plus intéressantes, qu'aucun Canadien n'a le droit d'ignorer.On retrouve dans sa culture le folklore, les coutumes des vieilles provinces de France.Mais les Canadiens (Lire la suite page 82) | | i | | i [il retell / i wT HU il br | ÿ | | Wl mn il | er WU i qu i ÿ i) oe AN ja hn vol J Ham i tl li | | 1 f Wii ii i 7) op à ha TRY 4 LA AA LI REN IL OFFRE UNE ÉLÉGANCE ET UN LUXE NOUVEAUX, PUIS UNE NOUVELLE FACILITÉ DE CONTRÔLE SENSATIONNELLE Vous avez toujours connu le La Salle comme la voiture élégante, rapide, luxueuse de superbe performance, conçue et construite par Cadillac.Mais attendez d\u2019avoir vu et conduit le nouveau La Salle! Les nouvelles lignes élégantes de ce fameux V-8 \u201csont une révélation de beauté.Son luxe inhérent se manifeste dans les moindres détails.Sa performance est simplement sans égale dans aucun auto à peu près du même prix.Et il offre ce qu'il y a de plus récent dans une longue ligne de perfectionnements techniques Cadillac\u2014le changement de vitesses syncromatique! Le changement syncromatique est régulier.Il n\u2019y a rien à apprendre, rien à oublier.Mais il révolutionne littéralement la conduite \u2014 la rendant beaucoup plus facile, plus simple et plus sûre.Vous trouverez dans toute cette nouvelle voiture La Salle V-8 exactement ce que vous vous attendriez de trouver dans toute voiture de fabrication Cadillac\u2014la qualité et la main-d\u2019oeuvre Cadillac jusque dans les moindres détails.Et rappelez-vous que le La Salle est encore la plus économique des belles voitures du monde entier! Son bas prix étonnant n\u2019est pas tout \u2014 puisque le La Salle est presque aussi économique que n\u2019importe quelle autre voiture en fait d\u2019essence et d\u2019huile.Pourquoi pas voir et conduire le nouveau La Salle V-8 au- jourd\u2019hui même? NOVEMBRE 1937 LES CINQ LOCOMOTIVES JUMELLES DU CANADIEN NATIONAL, SERIE 6400, QUI SONT LES PLUS GROSSES LOCOMOTIVES AERO- DYNAMIQUES DU MONDE ENTIER.\u2014 (Photo C.N.R.) TOUJOURS PLUS VITE! Hier le cheval ordinaire, aujourd\u2019hui le cheval-vapeur et demain.le cheval-atome ?par FERNAND ux origines du monde, et même beaucoup plus tard, l'homme se servait uniquement de ses jambes pour se déplacer d'un point à un autre.Cela suffisait à ses besoins, à ses désirs et par conséquent à son bonheur.Or, il émane de l'invisible une impulsion mystérieuse qui agit sur le caractère de l'homme et ne lui permet jamais la satisfaction complète de ce qu'il a fait ou conquis, cela s'appelle la loi de progrès et l'homme en ressentit bien vite les effets.Il remarqua tout d'abord que certains animaux couraient bien plus vite que lui parce qu'ils avaient quatre pattes; il asservit l'un d'eux, le cheval, lui grimpa sur le dos et, pendant des millénaires, crut sincèrement avoir imaginé le plus rapide moyen de transport possible ici-bas.Réduit à ses seuls moyens, l'homme était très inférieur, pour la course, au chien, au kangourou et à bien d'autres animaux sans compter les oiseaux.Ah, ceux-ci avaient des ailes! Le rêve .mais le rêve irréalisable auquel il valait mieux ne jamais penser.C'est pourquoi l'homme y pensa toujours.Il franchit d'innombrables étapes sur la route du temps avec son fidèle cheval qu'il associait à sa gloriole ou a ses rapines.Il lui fit jouer tous les roles, entre autres ceux de porte-faix, de guerrier et de machine à gagner des prix de vitesse puis, un jour, il lui retira toute son estime.Il venait d'inventer le cheval-vapeur.Ce fut, en même temps, une révélation et une révolution; l\u2019homme pressentit aussitôt les possibilités sans nombre qu'il y avait dans le métal auquel il venait de donner une sorte de vie et, dès ce jour, il commença la transformation radicale du globe.En un siècle il modifia complètement son mode d'existence; à tel point qu'un contemporain de Napoléon, ou le grand empereur lui-même, s'il revenait parmi nous, n'en croirait pas ses yeux et, malgré la hardiesse de son génie, n'aurait jamais osé prétendre un tel bouleversement, surtout si rapide.Chemins de fer avec leurs voitures aux lignes fuyantes, dites aérodynamiques pour vaincre la résistance de l'air; automobiles dévoreuses d'espace et d'une souplesse véritablement vivante; navires de dimensions et de puissance énormes; avions rapides qui ont enlevé à l'aigle son titre de roi de l'air, tout cela obéit à l'homme comme des LE CHEVAL A ETE LONGTEMPS LA PLUS NOBLE CONQUETE DE L'HOMME, SUIVANT LE MOT DE BUFFON.REDUIT À SES MOYENS PERSONNELS, MEME S'IL EST COUREUR PROFESSIONNEL, L'HOMME N'ATTEINT PAS LA VITESSE DE NOMBREUX ANIMAUX, ENTRE AUTRES LE CHIEN ET LE KANGOUROU.CERTAINS AVIONS FONT AUJOURD'HUI PLUS DE QUATRE CENTS MILLES À L'HEURE .de VERNEUIL esclaves dociles et toujours prêts.Le temps est condensé, la distance abolie par la loi césarienne de vitesse et l'homme, ayant atteint le but convoité depuis toujours, va sans doute considérer comme inutiles d'autres efforts pour faire mieux ou davantage.Ce serait le mal connaître et sous-estimer grandement la dose d'ambition qu'il a dans l'âme; dose inépuisable car elle s'alimente à la source des succès obtenus.; Il est stimulé par deux mots d'ordre impérieux qui obsèdent sans arrêt sa pensée : « toujours plus vite » et « toujours plus loin ».Plus vite.la chose est possible encore; la mécanique est toujours perfectible et le moteur de demain permettra des prouesses que l'on taxerait aujourd'hui de folies; mais, plus loin .la chose est-elle raisonnable sur une planète devenue trop petite, où quelques heures seulement séparent des peuples qui avaient autrefois entre eux la distance des mois ou des années ?Le mot « distance » a perdu son prestige et ne signifie même plus grand chose; l'homme a parcouru la terre en long, en large, en biais, dans tous les sens, mais il s'est dit que c'était là des déplacements de surface, à deux dimensions seulement et qu'il lui en restait une troisième à explorer, paramétrique celle-ci, extrêmement riche d'inconnu et, par conséquent, d'émotions : la dimension de profondeur, partant de la terre pour plonger dans le mystère de l'espace.Y penser c'était en établir déjà la théorie; elle date d'hier seulement, Aujourd'hui, l'homme a passé à la partie expérimentale, mais timidement, avec des voyages dans la stratosphère.Demain, ce sera la tentative audacieuse entre toutes, l'héroïque folie d'hommes volontairement sacrifiés d'avance et qui auront choisi d'échanger leur vie matérielle pour cette contrefaçon d'immortalité qu'on appelle la gloire historique.Demain, il y aura des partants pour la lune ou ailleurs, à bord d'une fusée qui, peut-être, n'arrivera jamais au but et ne reviendra jamais non plus.La navigation interplanétaire est en effet à l\u2019étude, si non à l'ordre du jour, mais sa.pratique demandera des vitesses qu'il n'est pas possible encore de réaliser.Tout projectile partant de la terre y retombe après un temps plus ou moins long, que ce soit un obus, une fusée-sonde ou bien le quartier de roc lancé par un volcan; cela tient à ce que leur vitesse de départ n'est pas suffisante pour les faire arriver jusqu'à la zone neutre d'attraction de notre planète, vitesse encore diminuée par le frottement de l'air.Un obus moderne parcourt, à la seconde, 2,500 à 3,000 pieds; c'est peu de chose quand il lui faudrait une vitesse de vingt-six mille pieds, simplement pour échapper à (Lire la suite page 78) La Revue PopuLaIrE NATURELLEMENT \u201c| J'EMPLOIE DES COs - | METIQUES, MAIS LE Be | SAVON DE ToiLETTE KB LUX LES ENLEVE A FOND ask a i J'EVITE SI FACILEMENT NE RISQUEZ PAS: PEAU 4 Si UNE PEAU COSMETIQUEE {COSMETIQUEE, TEINT MORNE J a res Sune \u2014EN ENLEVANT TOUTE MINUSCULES FLETRISSURES, : 1 : TRACE DE FARD AU PORES DILATES/ LE SAVON ve oy DE TOILETTE LUX | SAVON DE TOILETTE \\ VOUS PROTEGERA OILE DES WARNER BROS.0 .oe 7 ; i GINGER ROGERS ETOILE DES RKO-RADIO LE SAVON DE TOILETTE LUX A UNE MOUSSE ACTIVE QUI EVITE LES PORES | BOUCHES .J'ADORE LE VELOUTE QU'IL DONNE A MA PEAU / Doux VPUR VSA MOUSSE EST ACTIVE NOVEMBRE 1937 Ma visite au château de ax du Veuzi par Juliette Cabana {Notre correspondante à Paris) AX DU VEUZIT est une femme charmante.Mais oui, une femme, une maman, une grand'maman même et \u2014 j'allais oublier \u2014 elle est aussi la plus délicieuse châtelaine qui soit.C'est dans son château de Théméricourt, situé à vingt-quatre milles de Paris, que je suis allée l'interviewer pour vous.Madame du Veuzit est très vieille France.Elle a donc jalousement conservé tout son cachet à son vieux château.En me faisant faire le tour du propriétaire elle me*raconte brièvement l'historique du château qui fut construit au XIIe siècle.Il fut ensuite transformé par les Anglais au XVe siècle.Ces dern:ers enlevèrent plusieurs tours et tourelles.Il en reste encore cinq dont l'une d'elle date de la fondation.Nous faisons une promenade dans le parc qui compte quatorze hectares de pelouse et de forêt.Les lapins se sauvent au bruit de nos pas.Madame du Veuzit me dit qu'il lui arrive très souvent de se lever a cing heures du matin et d'abattre trois ou quatre lapins ou quelques pigeons-ramiers avant son petit déjeuner.Vous ne pouviez vous imaginer que votre auteur préféré est une Diane, n'est-ce pas ?Nous suivons maintenant une petite rivière, L'Aubette, et nous arrivons à un adorable vieux moulin qui fournit l'électricité au château.J'entends une source qui coule.\u2014 Je ne vous y emmène pas, me dit Mme du Veuzit, car c'est trop loin.\u2014 Nous l'emmènerons, nous, grand'maman ! Ce sont les petits-enfants de Mme du Veuzit qui arrivent à fond de train dans une charrette attelée d'un âne.Et me voilà partie avec les enfants et « Pompon » (c'est l'âne) pour visiter la source.Les deux enfants, une fillette et un petit garçon, sont extrêmement gentils.Le garçonnet est tout à fait « Mike » de Sa maman de papier, et il le sait bien car il me dit : \u2014 Tu sais.Madame, grand'maman elle m'a mis dans un livre.\u2014 Cela t'a fait plaisir, lui dis-je.\u2014 Oh oui ! Pensez donc tout le monde qui a lu le livre de mémé me connaît maintenant.\u2014 Il était gentil le petit « Mike » du livre.\u2014 Moi aussi je suis gentil.Tu vois bien puisque je t'emmène promener.Je ne puis qu'approuver.ous entendons tout à coup un son de cloche.\u2014 Qu'est-ce ?demandai-je à Mike.\u2014 C'est l'heure de notre étude, dit Mike.Quelle « barbe », on était si bien à se promener.\u2014 Crois-tu, lui dis-je, que le petit Mike du livre aurait dit cela.Il ne répond pas mais revient immédiatement à une allure folle (pour son âne) dans la direction du château.J'ai le temps d'admirer un couple de paons qui se pavanent sur la terrasse, entourés de leurs petits, d'entrevoir l'étang où les invités se baignent l'été et patinent l'hiver, me dit Mike, et de bien regarder la tour où Jeanne d'Arc coucha (sur de la paille), un soir.Je trouve la maîtresse de céans et lui dis : \u2014 À vous maintenant, Madame, de me raconter votre carrière.\u2014 Venez ! me dit-elle.Elle m'entraîne dans une très vaste pièce.Tous les meubles qui garnissent cette chambre sont de l\u2019époque Louis XIII et sont tous authentiques.Je vois le grand bureau où Madame du Veuzit compose ses romans.Nous nous asseyons devant une cheminée d'une taille telle qu'un arbre entier y tiendrait et voici ce qu'elle me raconte : \u2014 Je crois que j'ai toujours eu la vocation d'écrire.À huit ans je composais des histoires pour mes poupées et lorsque mes petites amies venaient me rendre visite je leur lisais ce que j'avais écrit.Ce que ça devait les ennuyer ! Plus tard j'écrivis pour des journaux et des revues mais sans éprouver jamais la moindre envie de faire éditer mes livres.\u2014 Comment l'idée vous en est-elle venue ?\u2014 Elle ne vint pas de moi mais d'un éditeur qui me fit des offres.Il avait lu Mon Mari lors de sa parution en feuilleton et cela lui avait plu.C'est alors qu'il m'offrit d'éditer ce livre et toutes mes autres œuvres.Il m'arriva d'ailleurs un incident assez amusant avec ce roman.Je le donnais en feuilleton a un journal hebdomadaire et à ce moment-là j'étais très ennuyée à la maison.Mon fils était malade, ma fille aînée préparait son brevet \u2014 et vous savez, je suis maman, avant d'être romancière \u2014 donc j'écrivais le nombre de lignes qu'il fallait pour chaque édition du journal au fur et à mesure que je devais donner ma copie.Or, un jour, en recevant un exemplaire du journal je m'aperçus qu'au lieu de 200 lignes par semaines on n'imprimait plus que 100 lignes.Me voila bouleversée, me disant que ce que je faisais ne valait rien, etc.etc.mais forcée évidemment de finir mon roman.Lorsqu'il fut terminé, vite je le range et n'y touche plus.MME MAX DU VEUZIT \u2014 CETTE POPULAIRE ROMANCIERE COLLABORE DEPUIS DE NOMBREUSES ANNEES A LA REVUE POPULAIRE OU ONT ETE REPRODUITS QUELQUES-UNS DE SES PLUS BEAUX ROMANS.J'écris ensuite La Petite Comtesse pour le même journal.Un jour où je rends visite au directeur je lui demande : \u2014 Vous aimez La Petite Comtesse ?\u2014 Oui! me répondit-il, mais pas autant que Mon Mari.\u2014 Etes-vous sérieux ?lui demandai-je.\u2014 Mais oui, pourquoi ?Je lui raconte alors la pénible surprise que j'avais éprouvée lors de la publication de cet ouvrage.\u2014 Mais, me dit-il, c'était tout simplement pour que le roman dure plus longtemps.J'avais doublé ma circulation et je ne voulais pas perdre mes abonnés.Ce fut d'ailleurs ce même livre qui me valut un éditeur.\u2014 Travaillez-vous seule, Madame ?\u2014 Oui.J'ai essayé de dicter et cela n'a pas réussi.La présence d'une autre personne me gêne et il me faut le silence et le calme pour faire du bon ouvrage.\u2014 Attendez-vous pour commencer un roman qu'il soit tout à fait construit dans votre esprit ?\u2014 Certainement.Je ne pourrais pas travailler autrement.Lorsque j'écris un livre, mes personnages sont créés.Je connais souvent la fin de mon roman avant d'en savoir le début.\u2014 Vos sujets sont-ils des fictions ou des histoires vécues ?\u2014 Ils sont imaginés, bien entendu, mais cependant le point de départ est toujours une scène de ma vie ou de celle d'une personne de connaissance.À ce propos je vais vous raconter une autre anecdote.Un jour une de mes lectrices me demandait si j'avais connu le héros de John.Chauffeur russe.Je m'empressai de lui répondre que si je l'avais connu j'aurais vécu avec lui une aventure que je n'aurais sans doute jamais contée à personne ! \u2014 Quels sont vos prochains ouvrages à paraître?\u2014 J'ai deux romans au point.L'une aura pour titre : Sainte Sauvage et l'autre : La grande Muette.Je travaille aussi à un troisième qui est l'histoire d'une jeune espagnole de Barcelone que la révolution fait échouer en France.Et c'est tout ! Je reprends la route de Paris laissant derrière moi « l'ancienne seigneurie des T'héméricourt ».C'EST DANS SON CHATEAU DE THEMERI- COURT, SITUE À VINGT-QUATRE MILLES DE PARIS, QUE MME DU VEUZIT REÇUT NOTRE CORRESPONDANTE, MLLE JULIETTE CABANA, ET LUI ACCORDA CETTE ENTREVUE. 10 Mme EUSTACHE LETELLIER DE SAINT-JUST.La Photographie La Rose Cest en 1902 que les messieurs de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal décidèrent de faire une place aux femmes dans leur association.Sous l'impulsion de ce comité féminin qui avait comme présidente fondatrice, Mme F.-L.Béique, s'or- anisa l'Ecole Ménagère.Mais ce ut seulement en 1906 que furent jetées les bases de la Fédération Nationale qui était dès ses débuts comme son nom l'indique, un groupement d'associations destiné à se développer selon les besoins du temps.Mme Henri Gérin-Lajoie en était la fondatrice et la première présidente.Voici un bref résumé des œuvres accomplies par ces dames : lutte contre l'alcoolisme; fondation des Gouttes de Lait; organisation, à l'époque de la Guerre, des sections canadien- nes-françaises de la Croix-Rouge, du Fonds patriotique et de l'Assistance aux femmes de soldats en leur pro- Mme HENRI GERIN-LAJOIE, présidente d'honneur.La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste par Thérèse Fournier curant du travail; l'établissement de Caisses de Secours; la création, avec le concours des autorités publiques, de cours ménagers et professionnels dans plusieurs paroisses.On y enseigne : la cuisine, la coupe, la couture, la comptabilité, la dactylographie, le français et l'anglais.C'est grâce à la persévérance des dames du comité de la Fédération et surtout de sa présidente, Mme Henri Gérin-Lajoie, que des cours de droit ont été donnés aux femmes dans diverses écoles et à l'Université.C'est aussi à cette dame que nous devons certaines réformes importantes du Code civil concernant les droits de la femme dans notre province.La Bonne Parole du 3 février 1933, organe de l'association, résume de la façon suivante les mesures obtenues: « L'accès des femmes à la tutelle: la nécessité du concours de l'épouse pour l'aliénation à titre gratuit des biens de la communauté; le droit pour l'épouse, commune en biens, qui gagne sa vie, de garder et d'administrer son salaire si elle est dans l'obligation de travailler; l'affranchissement de la femme séparée de corps, quant à l'exercice de ses droits civils.Ce qui lui rend la capacité de gérer ses biens et d'en disposer libre- ment sans être assujettie comme autrefois à l'incapacité légale, etc.» Une des initiaves sociales les plus récentes et les plus bienfaisantes est celle des Aides maternelles destinées à venir au secours de la mère de famille des classes moyennes, à la naissance de ses enfants.L'Aide maternelle est tenue de préparer les repas de la famille, de prendre soin des autres enfants et de s'occuper du ménage.Parmi les\u2019 associations fondées par la Fédération Nationale, mentionnons : celles des domestiques, des ouvrières, des employées de bureau et de magasin, des institutrices, des femmes d'affaires, et parmi les principaux comités établis : ceux de la visite aux hôpitaux, de l'économie domestique et des œuvres économiques, des questions civiques, de l'apostolat en faveur de la paix.Les Religieuses de Notre-Dame du Bon-Conseil sont attachées -au secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste depuis 1927.Elles ont la garde des archives et la charge du bureau de placement que la Fédération possède pour le bénéfice de ses associations professionnelles.La Fédération Nationale est affiliée à l'Union internationale des Li- Mme F.L.BEIQUE, fondatrice.La Photographie La Rose La Revue POPULAIRE Mme EDMOND BROSSARD, vice-présidente.La Photographie La Rouse ques catholiques féminines dont le siège est à Paris.Elle a organisé divers congrès où l'on a traité d'œuvres sociales et pris part à ceux tenus à l'étranger.La quête annuelle du Denier National, dont le nom a été suggéré par Mme Blanche Lamontagne-Beaure- gard, a pour objet essentiel de recueillir les fonds nécessaires à l'agrandissement de la maison d'œuvre qui est située : 853 est, rue Sherbrooke.Nommons, en terminant, quelques - membres du comité actuel: Mme Henri Gérin-Lajoie, présidente d'honneur; Mme Alfred Thibaudeau, présidente; Mmes P.-B.Mathys et Edmond Brossard, vice-présidentes; Mlle Georgette Lemoyne, secrétaire- générale; Mlle Jeanne Lapointe, se- crétaire-archiviste; Mlle Maria Auclair, trésorière-générale et Mme Eustache Letellier de St-Just, directrice de la Bonne Parole.Mme ALFRED THIBAUDEAU, présidente. NOVEMBRE 1937 La Vie Sentimentale d'Alfred de Musset N 1837 Musset avait vingt-sept ans et depuis bientôt quatre années déjà, le pauvre « merle blanc » avait commencé à comprendre que sa « merlette blanche» était malheureusement une vulgaire merlette comme toutes les autres, mais qu'un sentiment louable \u2014 consoler d'isolé \u2014 avait poussée à s'enfariner : les larmes du merle avaient suffi à la déteindre.L'aventure Musset-George Sand fut sans aucun doute malheureuse pour « l'enfant du siècle »; pourtant aux yeux de ceux qu'a chartmés et qu'enchante encore la lecture de ses œuvres, le désastre n'apparaît pas si grand.Cet amour ne fût-il pas à la source même d'un grand nombre de ses écrits et n'inspira-t-il pas particulièrement les Nuits mémorables : mai et décembre 1835, août 1836 et octobre 1837 ?Inutile de souligner le fait que depuis décembre 1935 nous sommes en plein centenaire des Nuits, de ces chefs-d'œuvre qui sont demeurés si intimement liés au nom de Musset que l'on ne peut évoquer l'un sans songer aux autres.Dans la livraison du 15 mai 1936 de la Revue des deux mondes, Monsieur Victor Giraud, se désintéressant des « maîtres de l'heure », consacrait au barde de l'amour un texte de quatorze pages qu'il intitulait : « Pour le centenaire des Nuits».Le moment était bien choisi: mai 1936 remémorant mai 1836.Bien que n'ayant pas pour me justifier un prétexte aussi adéquat que celui de M.Giraud, les motifs à invoquer ne manquent pas.Lui qui «est du petit nombre des écrivains qui sont pour l'historien et pour le critique un perpétuel sujet d'étude », il reste éternellement jeune et d'actualité, même en 1937, au Canada français, si préoccupé soit-on d'y commémorer dans le faste des événe- ments également séculaires, mais d'un ordre si dif- férent : les troubles de \u201837.Musset fit ses débuts en 1828, piloté par son ami Paul Foucher qui l'avait introduit au Salon de l\u2019Arsenal : «la grande boutique romantique », sous l'égide de Charles Nodier, fit bon accueil au « fringant et piaffant poète ».Il possédait, paraît-il, un physique remarquable et à ce seul titre déjà, il ne pouvait passer inaperçu.Victor Hugo, qui l'avait déjà vu à l'âge de treize ans, Lamartine, Sainte- Beuve ont donné du jeune homme des descriptions que l'on retrouve dans toutes les biographies de celui-ci.Lamartine écrivait de lui que «c'était un GEORGE SAND, LA GRANDE AMIE DE MUSSET.par Paul Robitaille beau jeune homme.Un front distrait plutôt que pensif, des yeux rêveurs plutôt qu'éclatants ».L'auteur du Lac ajoute qu'il avait une taille élevée et il relève sur sa bouche quelque indécision entre le sourire et la tristesse.Il est vrai que Victor Hugo avait remarqué chez Musset «un regard ferme et clair, des lèvres vermillonnées et brillantes.La figure, colorée, ovale et un peu chevaline était bigarrée en ce qu'elle avait en place de sourcils un cercle sanguin ».On peut sans errer conclure avec Sainte-Beuve que «nul, au premier aspect.ne donnait mieux l\u2019idée du génie adolescent ».N'oublions pas en effet qu'à cette époque Musset n'a que dix-huit ans, puisqu'il est né à Paris, le 11 décembre 1810, de Victor-Donatien de Musset et d'Edmée-Claudette Guyot-Desherbiers.Il était donc né, ce qui ne gâte rien.Ce jeune homme si bien doué connut immédiatement les succès mondains.Avec ses cheveux blonds, son maintien habituellement grave et quelque peu timide, son élégance, son goût et ses aptitudes de parfait valseur, il ne manqua pas de plaire aux femmes.Si gamin fût-il à certains moments, les femmes l'aimaient pour son allure cavalière, sa démarche fière et assurée, dans laquelle elles trouvaient de la franchise et de la générosité avec un parfum d'autrefois.Les femmes, dit-on, avaient déjà l'intuition qu'il ne vivrait que pour elles.Elles n'avaient pas tort de le juger de la sorte; peut-être d'ailleurs avait-il lui-même aidé leur perspicacité en leur confiant au moins la première partie de l'aveu qu'à seize ans il écrivait à son ami Paul Foucher.« Mon Dieu ! Sais-tu qui je voudrais être ?quel caractère j'ai et quel rôle j'ambitionne ?Je voudrais être un homme à bonnes fortunes.» et il complétait, mais cette fois uniquement pour le cher ami : « non pour être heureux, mais pour tourmenter toutes les femmes jusqu'à la mort, faisant jouer tous les ressorts de mon esprit sans jamais toucher à mon âme.» Hélas, il n'a gagné qu'une partie du pari et pour se trop bien tenir parole il s'est rendu on ne peut plus malheureux.Combien de fois ne confesse-t-il pas son besoin d'aimer ?Dans une autre lettre à Paul Foucher, il se targue moins de faire des subtilités sentimentales et il attribue tout simplement à l'esprit français qu'il sent en lui sa pente naturelle vers l'amour: «Je ne suis point amoureux.Mais.qu'il arrive une jolie femme, j'oublierai tout le système amassé pendant un mois de misanthropie; qu'elle me fasse le yeux en coulisse, et je l'adorerai pendant au moins six mois.J'ai besoin d'un joli pied, et d'une taille fine : j'ai besoin d'aimer.» On ne peut demander d'aveu plus net, et ces confidences de Musset à un ami ne peuvent nous permettre de douter qu'il n'ait été l'homme de ses poésies.Sa jeunesse l'a d'ailleurs bien préparé à adopter sans restriction la devise de Sainte-Beuve « dans sa belle jeunesse, ne désirant, n\u2019appelant, n'adorant que la passion sacrée ».Son père était un fervent de Rousseau et l'on a écrit de sa mère que tout en ayant infiniment de bon sens cela ne l'empêchait pas d'être une fille spirituelle de Rousseau: on ne peut douter que de tels parents se soient inspirés des principes d'éducation énoncés par l'auteur de l' « Emile ».Alfred, qui était le cadet d'une familie de quatre enfants, fut entouré de tendresse et bien que possédant le « charme des enfants qui naissent gâtés », il ne fut pas soustrait aux défauts qui y font cortège.Il fut pourtant un fils affectueux; son père, qui l'aimait beaucoup, avait voulu donner à son fils le respect de soi, de l'énergie et l'exemple de la sagesse.Musset lui en fut du moins reconnaissant et la mort de son père, en avril 1832, exerça sur ses pensées une influence notable.11 ALFRED DE MUSSET \u2014 D'APRES LE MEDAILLON DE -DAVID D'ANGERS EXECUTE EN 1831.C'EST SOUS CETTE .APPARENCE ET NON SOUS CELLE DU POETE DECHU QUE SURVIVRA LA FIGURE D°ALFRED DE MUSSET.Sa mère lui avait légué quelque chose de l'enjouement, de l'originalité et de l'esprit frondeur de M.Desharbiers, et le principe assez large que rien n'est perdu quand le cœur reste bon.On peut tenir pour certain que Musset reçut une éducation religieuse fort restreinte; il ne manquait pourtant pas de culture philosophique et comme preuve à l'appui l'on apporte son « Espoir en Dieu » de même que sa croyance à l'immortalité de l'âme.Mais on sent en lui de l'incohérence, le choc de ses sentiments, de ses tendances, et c'est ce qui l'amenait à des confessions dans le genre de celle qu'il faisait à la duchesse de Castries qui voulait le convertir : « Vous me dites que ce qui me manque c'est la foi.Non, Madame.J'ai eu ou cru avoir cette vilaine maladie du doute qui n'est, au fond, qu'un enfantillage, quand ce n'est pas un parti pris ou une parade.La croyance en Dieu est innée en moi; le dogme et la pratique me sont impossibles, mais je ne veux me défendre de rien ».Retenons bien la première partie : elle n'est pas d'un néophyte.Musset donc, enfant gâté, fut très tôt un libertin, et par inclination et par système : il voulait scruter jusqu'au fond des choses et à cette fin, tout en concédant à la pensée une prééminence incontestable, il accordait à son corps des jouissances dangereuses : « Mais moi j'ai plongé, je me suis enfoncé dans cette mer houleuse de la vie.Tandis que vous en admiriez la surface, j'ai vu les débris des naufrages, les ossements et les Léviathans.» Tant et si bien qu'en 1832 Musset, avec ses systèmes et ses expériences, en est arrivé à s'appliquer le principe de Rousseau et à se croire de ces natures élues que nul excès ne peut dérober à leur élection.Il ne peut douter un instant de sa bonté; d'ailleurs la croyance en la bonté est son dogme familier.Ce poètè de vingt-deux ans, « affamé de vie spirituelle et captif des convoitises sensuelles » n'a décidément pas rencontré la route de Damas ! L'année suivante amène un incident décisif dans la vie de Musset : la rencontre de George Sand.Un autre nom que l'on ne peut détacher de celui de Musset.L'histoire des célèbres amoureux n'est ignorée de personne; on sait comment ils se rencontrèrent à un diner de la Revue de Buloz, pour laquelle George Sand préparait alors Lélia.Celle-ci, libre à cette époque, hésitait entre Musset et Jouffroy que lui proposait Sainte-Beuve.Sans ce dîner de la Revue, peut-être eût-elle toujours repoussé Alfred comme trop « dandy »; mais il sut être si flatteur, si caressant, si enjôleur qu'il gagna la partie.Deux mois plus tard leur Haison était notoire.La suite de leurs amours est une série de tendresses, de plaisirs, coupés de scènes, de querelles.Musset avec son caractère violent, brusque, son tempérament intempestif, nerveux, jaloux surtout, ne pouvait aimer sans heurts une femme qui venait de quitter Jules Sandeau puis Mérimée et dont lé passé pouvait être inquiétant : Victor Giraud a le mot juste quand il écrit qu «il était facile de remuer toute cette écume ».(Lire la suite page 78) 12 La RevuE POPULAIRE Pourrait-on faire de nos Esquimaux de bons citoyens canadiens ?Photos PIX UL\u2019 pourrait-on répondre, en s'inspirant tout simplement de l'exemple que nous donne le Danemark.Nous oublions trop facilement que la province de Québec, notre province, s'étend de la frontière américaine et ontarienne au détroit d'Hudson, aussi bien dire à la Terre de Baffin, et qu\u2019elle longe, à l\u2019ouest, toute la baie d'Hudson et la baie James.Dans cette immense région se trouvent plusieurs peuplades d'Esquimaux confiés à la tutelle du gouvernement fédéral.Mais le gouvernement provincial du Québec pourrait ot bien prendre à sa charge les Esquimaux de son territoire et en faire, qui sait ?d'excellents Québecois ! Le Groenland constitue, comme vous savez, une colonie du royaume de Danemark.Or, chaque année, le gouvernement danois choisit de dix à vingt jeunes Esquimaux du Groenland, filles et garçons, qu'il invite à venir poursuivre leurs études à Copenhague, capitale du Danemark.On les loge dans de jolies maisonnettes de la banlieue où ils sont parfaitement heureux.L'enseignement est essentiellement pratique.Les Esquimaux du Groenland savent presque tous lire et écrire.À cause de la rareté de la faune et de l'avilissement du prix des fourrures, les Esquimaux du Nord québecois sont eux aussi, depuis quelques années, victimes de la crise.Jusqu'en 1933, le gouvernement provincial leur portait secours, mais notre gouvernement décida, en mars de cette année-là, que c'était au gouvernement fédéral, chargé par la constitution du soin des indigènes, à dispenser ces secours.Depuis cinq ans, Ottawa a ainsi payé aux Esquimaux nécessiteux de la province de Québec la somme de $42,000. NOVEMBRE 1937 A BAIE COMEAU, LES BUCHERONS ONT DEJA COMMENCE LEUR TACHE, ET TOUR A TOUR LES ARBRES DE LA FORET TOMBENT SOUS LE TAILLANT MEURTRIER.ON ESTIME à 125,000 CORDES DE BOIS LA COUPE ANNUELLE SUR CE TERRITOIRE ET L'ON PREVOIT QUE LA FORET SE RENOUVELLERA D'ELLE-MEME EN CENT ANS.$30 Millions dans une Forêt de la Côte Nord Baie Comeau sera la plus importante ville du papier à journal dans notre province.\u2014 Une ville complète bâtie autour du moulin à papier.\u2014 Baie Comeau, ville francaise dont 85%, des employés sont de notre race.\u2014 Routes en coquille dhuitres pulvérisées exécutées par \u2018un\u2019 ingénieur canadien- français.\u2014 Le moulin à papier produira 350 tonnes de papier par jour.\u2014 Un important pouvoir électrique de 70,000 c.v.barre la Rivière-aux- Outardes.\u2014 Le plus gros tuyau d\u2019eau en bois au monde.\u2014 Formidable construction en pleine forêt.\u2014 Tout a été prévu.par JEAN-M.MARCOTTE EPUIS que la crise a marqué de son chancre la société contemporaine, il semble fantastique, même fou, de parler, de compter de millions, à plus forte raison de les trouver ou de les dépenser.Mais voici que dans une immense forêt de la Côte-Nord du Saint-Laurent, dans un site retiré et peu connu, difficile d'accès et très peu fréquenté, l'on vient de trouver pour $30,000,000 de constructions de toutes sortes, dans une petite ville qui vient de naître de la forêt.Il s'agit de la ville de Baie Comeau, arrachée du sein de la forêt, il y a un an à peine, au prix de quelque $30.000,000.Dans quelques mois, alors que les moulins et les usines seront en plein rendement, cette ville deviendra la plus importante de toute la province pour la production du papier à journal.En effet l'Ontario Paper Co.termine actuellement ses travaux de construction d'un moulin à papier, le plus moderne et le plus important de cette province.Visiter Baie Comeau c'est faire une incursion dans l'avenir, et voir dès aujourd'hui ce qui ne sera que demain.Les descriptions se prêtent mal à l'ampleur des travaux exécutés à Baie Comeau et il est vraiment téméraire d'essayer de donner une idée exacte de ce qu'est une ville qui est née et se nourrit de la forêt.Visitons ensemble quelques-uns des centres de cette petite merveille qu'est la Baie Comeau et laissons les mots suggérer les vastes paysages et les incomparables travaux des hommes qui arrachent à la nature ses richesses et ses trésors.LA VILLE DE BAIE COMEAU La seule façon d'atteindre à ce coin perdu de notre province est par la route des airs ou par la route fluviale.De Montréal ou de Québec, le train s'avère la façon la plus rapide de voyager.jusqu'à (Lire la suite page 80) TOUT EN HAUT, À GAUCHE, LE CHEMIN DE FER QUE L'ONTARIO PAPER À CONSTRUIT SUR LE MOLE DU PONT A BAIE COMEAU ET QUI SERT AU TRANSBORDEMENT DES MARCHANDISES LOURDES JUSQU'AU MOULIN À PAPIER.\u2014 ON VOIT ENSUITE UNE PARTIE DU MOULIN A PAPIER.ON SAIT QUE LA PRODUCTION JOURNALIERE DE CE MOULIN S'ELEVERA A 350 TONNES PAR JOUR.\u2014 UNE MAISON D'HABITATION TYPIQUE DE LA VILLE DE BAIE COMEAU.CELLE QUE L'ON VOIT ICI EST HABITEE PAR LE R.PERE GAGNE ET SON VICAIRE, LE R.PERE LEVESQUE, DE LA CONGREGATION DES EUDISTES.\u2014 CES PHOTOS PRISES EN HIVER REVELENT UN AUTRE POINT DE VUE DU PAYSAGE QU'OFFRE LA VILLE-REINE DE LA COTE-NORD.AUJOURD'HUI ON COMPTE PLUS DE 130 MAISONS AUSSI JOLIES ET AUSSI MODERNES.\u2014 DERRIERE LES CHARPENTES ET LES ECHAFAUDAGES AUTOUR DE CETTE MAISONNETTE, S'ELEVE LE NOUVEL HOPITAL DE LA VILLE.IL LOGERA UNE QUINZAINE DE LITS, LES DOCTEURS SENECAL ET MORISSET EN AURONT CHARGE.\u2014 CI-CONTRE, UNE VUE GENERALE DU PORT DE MER DE LA VILLE DE BAIE COMEAU.TOUT L'APPROVISIONNEMENT ET TOUS LES MATERIAUX ARRIVENT PAR EAU ET SONT DECHARGES SUR CE QUAI.(Photos Editorial Associates, Montréal) 14 = G= HA Ce NTA] 2 wl nb, = Ne me ; Se #5 HA Tn 3 go pet 548 M Le 0e * LA 2 æ FR OA a 2 E a & el 3 fs ey Ps £43 J x Me \u201c> 2.= + UD \u20ac x 8:9.æ A \u20ac Ti < > à of 7 ay VR Are 3 ¥ J a rd Lf 2 gt i wh 6 A 24 A pa jt = Fh a +.5 pe ee 4 > x As oh ni * SA wt A 3 i * ps M, = a af a £3 GEO sh < se Soon oY oa 35 L + te A i.Se SN Tu Yh) x 7 Vy vs = mn [a ¥ A LA * i Lr + wir 3 = % «lee #E oy 2 = RS A A i fie My dh 7 Fd ES CE ed * Ea we 3 Le = he oy ar\u2019 ND \\ + er y va > EE % wh, re SRE % rr chide LW» i MN ve wi à = ] a » \\ +5 \u201cak 2 pe y CE ren Former a Fx SN gE ¥ 3 5 ¥ Le A & E * 3 Ÿ > AER = : ©, 3 Ÿ vos Tenn at Te ro os ES % .He oF A T + ; 2 or! %, Fad eG # engi hs FLAT i Yi es = =, 2 { mé ng * £ 7 Ht 3am w Rr, 3 So |X Hy a) i, + we pp.he Ré\u201c ND a i F * .ce ne sde he Ch i > La Revue POPULAIRE NOVEMBRE 1937 15 En compagnie de Loretta Young Une heure de conversation avec Loretta Young, à bord de l'avion Los Angeles- Montréal.\u2014 Elève des religieuses des SS.NN.de Jésus et de Marie, Loretta est une PRÈS avoir vu l'avion traverser les nuages et grimper au-dessus de ce masque de brouillard qui, le matin de notre.départ de Los Angeles pour Montréal, voilait le firmament, je m'amusai pendant une heure à regarder fuir les pics des hautes montagnes qui entourent ou plutôt qui bordent la Californie.Mon regard s'arrête ensuite sur mes compagnons de voyage.Nous ne sommes que trois dames.Je savais que Loretta Young devait faire le voyage de New-York.Elle s'y trouve, en effet.« J'irai lui parler un peu plus tard », me dis-je.« Nous avons tout le temps voulu, puisque cette randonnée aérienne d'ici à New-York doit durer dix-neuf heures.» Nous faisons escale à Phoenix, et devant la chaleur suffocante, Miss Young s'approche de mon mari et de moi et déclare que c'est heureux que nous ne restions dans ce four que quelques minutes.Nous faisons connaissance et je décide de causer un instant selon son désir en retrouvant notre avion frais et léger dans l'espace comme un oiseau dans la brise.Je crois bien que nous avons causé pendant une heure, avant que le vaisseau de l'American Airlines qui nous porte atterrit de nouveau.Et il nous semble que nous nous connaissons depuis toujours.Loretta, qui est catholique, a fait ses études chez les SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie, dont j'ai également été l'élève.C\u2019est sans doute ce qui nous a tout de suite rapprochées.Loretta, dont le véritable nom est « Gretchen », se souvient avec une belle émotion de ses années au couvent de Ramona, 4 Alhambra, a une vingtaine de milles de Los Angeles.Lorsqu'elle était enfant, Loretta tint de petits rôles au cinéma.Mais sa mère ne voulut pas tout de suite qu'elle devint une enfant actrice.Elle voulut que sa fille reçût d'abord une éducation supérieure.Aujourd'hui, Miss Young se souvient de son Alma Mater et bien des fois elle met son automobile à la disposition des religieuses.Pendant que Loretta terminait ses études, ses deux sœurs, Sally et Polly Ann, qu'elle a toujours franchement admirées, obtinrent des engagements à l'écran et figurèrent avec succès.Un jour, fe directeur d'un studio téléphona à la maison afin de parler à Polly Ann qu'il voulait voir immédiatement au studio au sujet d'un rôle important qu'il désirait lui confier.Cette dernière était sortie avec sa sœur et sa mère.Loretta fit alors répondre que Miss Young se rendrait immédiatement au studio en question.À la barrière elle annonça Miss Young « que le directeur avait appelée ».Une fois dans le bureau du directeur elle le persuada qu'elle pouvait fort bien remplir un rôle à l'écran, et l'on sait que du jour au lendemain elle remporta ses premiers lauriers.Après sa mère, ce sont les enfants que Loretta aime le mieux.Elle vient d'en adopter deux (deux fillettes) afin de peupler, dit-elle, leur maison de Bel-Air, devenue trop grande après le mariage de ses deux sœurs.Loretta Young ne fait rien à la légère, ou du moins sans le cachet de la plus grande distinction.Naturellement réservée elle ne se lie pas facilement, m'avoue-t-elle, et elle ne désire pas compter un grand nombre d'amis.Quelques intimes lui suffisent, bien qu'elle ait de nombreuses relations amicales, et une foule d'admirateurs.Ses seules extravagances sont pour la toilette qu'elle choisit avec une réelle minutie.Son mariage avec Grant Withers, il y a quelques années, ne dura que quelques mois.Son seul regret, avoue-t- elle, c'est de n'avoir pas d'enfant.jeune personne intelligente et distinguée.par Louise GILBERT-SAUVAGE (Notre correspondante à Hollywood) À l'encontre de beaucoup d'autres actrices, la charmante étoile de Twentieth Century Fox aime la critique.Elle recueille les compte-rendus de ses premières, et les conserve afin d'en tirer bon parti.Elle me dit grand bien de Elizabeth Bergner, de Luise Rainer et de Greta Garbo.Par sa merre, elle a un peu de sang français, anglais et écossais, tandis que son père est de descendance irlando-écossaise.Telle est la biographie de la charmante vedette Loretta Young qui, en me quittant, me remit sa photo autographiée pour mes lecteurs et lectrices canadiens.LORETTA YOUNG A REMIS A NOTRE CORRESPONDANTE CETTE BELLE PHOTO DEDIEE AUX LECTEURS ET -LECTRICES DE LA REVUE POPULAIRE.DANS LA PAGE CI-CONTRE, ON VOIT, TOUT EN HAUT, LORETTA YOUNG S'APPRETANT A MONTER DANS L'AVION DE L'AMERICAN AIRLINE OU MME LOUISE GILBERT-SAUVAGE EUT AVEC ELLE, L'ENTREVUE RAPPORTEE ICI.LES AUTRES PHOTOS DE CETTE SYMPATHIQUE VEDETTE ONT ETE PRISES DANS SON STUDIO ET A SA VILLA DE BEL-AIR, EN CALIFORNIE. 16 La RevuE POPULAIRE ROMAN COMPLET \u2014 IL Y À UN DEFAUT APPARENT DANS LA JUPE, OBSERVA L'UNE.\u2014 LE NŒUD FLOTTANT N'EST PAS A SA PLACE, REMARQUE L'AUTRE.Les Deux Fiancés de Lisbeth OUT en examinant attentivement mon image dans la glace, je poussai un profond soupir\u2026 il fallut bien me rendre à l'évidence : ma robe neuve était un fiasco ! Je me trouvais seule dans ma chambre, en attendant l'heure du thé et j'en profitais pour procéder à une sorte de réception des couturières, avant de comparaître devant la famille.Je ne me faisais pas d'illusions : ma mère et mes sœurs ne manqueraient pas d'émettre un verdict défavorable.J'avais confectionné ma robe moi-même, et je savais, mieux que personne, à quel point elle différait du modèle dont je m'étais inspirée.J'éprouvais un désappointement d'autant plus grand que de merveilleuses perspectives s'ouvraient devant moi: non seulement, à l'occasion de la fête de l'Epipha- nie, le bal annuel de « Little Tenby » avait lieu ce soir-là, mais encore Kim devait y assister.Ce nest pas tout : Kim venait au bal expressément pour moi ! Kim et moi nous considérions « promis » depuis toujours et Little Tenby attendait avec impatience l'annonce de nos fiançailles.Jusqu'à présent, toutefois, Kim s'était opposé à une divulgation officielle: il ne jugeait pas, disait-il, ses appointements suffisants et il ne voulait pas me demander d'engager par Concordia Merrel Illustrations de F.BAZIN ma parole tant que son avenir ne serait pas assuré.Pour ma part, à condition de m'y trouver incluse, cet avenir m'apparaissait radieux! Mais Kim, quand il s'agit de choses sérieuses, n'admet pas qu'on se laisse emporter par le sentiment; il ne faut pas en conclure que Kim soit un philosophe né.Non.Il est à la fois sensible, débordant de vie et bien équilibré; il ne transige jamais avec ses principes.Je suis au courant des diverses particularités du caractère de Kim, car je le connais depuis très longtemps.Kim est né à Little Tenby.Ayant perdu tout jeune ses parents, il fut recueilli par une tante qui habitait une maison mitoyenne de la n6- tre; nos familles étaient en relations et, dès notre petite enfance, Kim et moi devinrent de grands amis; nous avions pris l'habitude de grimper sur le mur du jardin et de nous y installer pour bavarder.À cette époque je portais une natte dans le dos: Kim était un jeune garçon dégingandé, grandissant très vite : la moitié du temps ses manches trop courtes découvraient ses poignets et son pantalon lui arrivait à peine aux chevilles.À la mort de sa tante, Kim demeura sans soutien; il partit alors pour Londres dans le but d'y gagner sa vie : les débuts furent difficiles.Bien entendu, à dater de ce moment nos rencontres s'espacèrent mais une entente tacite s'établit entre nous : un jour, lointain sans doute, mais béni, nous serions l'un à l'autre pour la vie.Et maintenant ?.je suis complètement folle depuis que j'ai reçu, il y a quinze jours, la lettre suivante : « Appointements augmentés, chance mirobolante ! détails à mon retour.Vous devez vous douter, Lisbeth, (diminutif d'Elisabeth) des conséquences de ce changement de situation ?Vous savez comme moi ce que cette nouvelle signifie .néanmoins je veux vous le dire moi-même .quand j'arriverai, comme d'habitude, pour le bal de l'Epi- phanie.Comme d'habitude ?Non, cette fois-ci ce sera tout autre chose.Préparez-vous à prendre part à une fête célébrée dans les régions les plus élevées de l'Olympe ! Je crains de faire un rêve \u2026.Ecrivez-moi un mot pour me rassurer.» Je répondis par retour du courrier : « Kim, vous savez aussi bien que moi que ce n'est pas un rêve ! LISBETH.» Mon entourage n'eut pas de peine à partager ma confiance; du moment que la fortune souriait à Kim, l'annonce de nos fiançailles n'était plus qu\u2019une question de jours; sans le dire expressément, ma mère avait la conviction que, cette fois, Kim me passerait une bague au doigt.Ma sœur Gwennie NovemBRE 1937 me prit à part, pour me dire : « Je'te souhaite d'être aussi heureuse quand tu seras fiancée que je le suis depuis mes fiançailles avec Georges.» Georges est le médecin du village; il a une légère tendance à l'embonpoint et à la calvitie; ses nombreux clients le dérangent de jour et de nuit, mais ses honoraires sont si maigres qu'il craint de ne pouvoir se marier avant un an.Je dois avouer qu'il ne représente pas pour moi l'idéal du héros de ru- man.Gwennie semble parfaitement satisfaite.Mon autre sœur n'a pas l'intention de renoncer personnellement à sa liberté au profit d'un réprésentant du sexe fort, mais elle considère le mariage comme une excellente institution pour les autres, et pour moi en particulier.Hier soir, maman est entrée dans ma chambre quand j'étais couchée et s'est assise sur le bord de mon lit; elle m'a parlé avec beaucoup d'affection et pour finir a entamé l'éloge de Kim : « Ce cher garçon.» Les larmes l'ont empêchée de continuer.Elle m'a serrée dans ses bras, en disant d'une voix enrouée, qu'elle ne savait pas comment elle trouverait le courage de me laisser partir.L'émotion m'a gagnée et, à ce moment, je n'étais pas loin de me considérer comme un monstre pour avoir envisagé l'idée de me séparer de ma mère.En cherchant mon mouchoir ma main frôla la lettre de Kim que j'avais glissée sous le traversin .J'eus alors la révélation que les événements se déroulaient suivant l'ordre établi : le fait d\u2019être amoureuse simplifie singulièrement les décisions ! Ce retour sur le passé explique pourquoi je soupirais en me regardant dans la glace; j'aurais souhaité que ma robe s'accordât avec la beauté de l'heure.Mon désappointement, était grand.J'avais déniché dans un journal de mode le plus charmant modèle du monde .Hélas, mes ciseaux avaient trahi l'idéal que je m'étais formé ! C'était désespérant.Non pas que je fusse inquiète d'appa- raitre aux yeux de Kim dans une robe peu seyante; Kim n'est pas de ces hommes superficiels qui attachent a la toilette une importance excessive; il ne semble guère prêter attention à ces détails, mais.pour cette occasion, je tenais beaucoup à me montrer à mon avantage.Je me décidai finalement à descendre à la salle à manger.\u2014 C'est raté ! dis-je, d'un air détaché, dans le but de prendre les devants sur le jugement défavorable.Les trois paires d'yeux de ma famille inspectèrent simultanément ma pauvre petite robe du haut en bas.Maman tout d'abord se contenta de hocher la tête, mais mes deux sœurs ne perdirent pas de temps pour exprimer leur désapprobation.\u2014 ll y a un défaut apparent dans la jupe, observa Gwennie.\u2014 Le nœud flottant n\u2019est pas à sa place, remarqua Elsie.\u2014 Oui, Lisbeth, confirma Gwennie, il se trouve beaucoup trop bas.\u2014 Ne devrait-il pas normalement être fixé à la hauteur des hanches, précisa Elsie.Cette dernière remarque laissait supposer que j'avais choisi, de propos délibéré, cette place excentrique pour le nœud ! Par moments, les sœurs peuvent être très agaçantes.\u2014 Allons, dit maman à mes sœurs, ne la taquinez pas.Lisbeth a connu des succès et elle désire m'éviter des dépenses.N'est-ce pas, chérie ?Il me semble néanmoins, Lisbeth, que pour cette occasion, il eût été plus raisonnable de commander ta robe chez la couturière.Nous n'avons à Little Tenby qu\u2019un seul bal par an.et tu pouvais te fier à l'habileté de Mlle Gadger.\u2014 Tres juste, approuva Elsie, quand on veut se lancer dans la grande couture, il faut posséder des capacités professionnelles.LA MERVEILLEUSE AVENTURE DE LA VIE A DEUX COMMENCAIT.17 Mille Gadger dont ma famille était entichée, habite Little Tenby depuis des années et, par suite, elle ne manque pas d'expérience .mais, sans me montrer médisante, je puis affirmer que cette excellente personne n'a pas la moindre notion de la coupe, de l'aplomb et de l'équilibre d'une robe.Non sans quelque dépit, je finis par dire en m'adressant à mes sœurs : \u2014 Somme toute, c'est moi qui suis appelée à porter cette robe, n'est-ce pas ?\u2014 En tout cas, chérie, intervint maman avec les meilleures intentions du monde, ta toilette fera sensation chez les Harrington demain.\u2014 C'est toujours une consolation, fis-je en dégrafant ma pauvre petite robe.\u2014 Yatton est moins important que Little Tenb et les Harrington ménent une vie trés retirée.À vrai dire, le pays manque de distractions, mais ils t'avaient déjà invitée l'année passée et il eût été peu amical de refuser une seconde fois.\u2014 J'avais alors une bonne excuse : j'étais au lit avec la grippe.[ \u2014 C'est juste, ma chérie.De toute façon, les Harrington sont bien aimables de se souvenir de notre existence.La dernière fois que j'ai vu Marthe, elle venait de se marier et moi j'étais depuis peu fiancée.J'ai été invitée à cette époque pour une quinzaine de jours chez le jeune ménage; je n'avais pas eu jusqu'alors l'occasion de fréquenter beaucoup Marthe, mais ses parent étaient les plus vieux amis de mon père.Marthe est charmante et son mari m'a fait une excellente impression.Ils habitent une très belle maison.mais ils ne sont pas, assez riches pour la meubler entièrement et la plupart des chambres demeurent fermées.Il n'y a guère de voisins et rien ne vient corriger la monotonie de la journée, à part la rentrée des vaches ou le passage d'un train. 18 \u2014 Brr! ce n'est guère engageant, s'écria Gwennie en faisant la grimace.Quand je prendrai des vacances, je compte les passer à Londres.Campagne pour petit trou, à quoi bon changer ?\u2014 Sans doute, mais Lisbeth qui est invitée pour deux semaines restera libre d'abréger son séjour.\u2014 Kim doit repartir dès demain matin, n'est-ce pas, Lisbeth ?demanda Gwennie.\u2014 Oui, répondis-je.Je ne serais pas partie pour Yatton, même sous la menace du canon, si Kim était resté.Je m'interrompis brusquement, en rougissant.\u2014 Tu n'auras sans doute plus la possibilité de t'absenter, reprit ma mère.Je ne pense pas que Kim ait l'intention de faire traîner les choses en longueur et après, il ne voudra plus se séparer de toi.Maman s'arrêta, craignant d'avoir été trop explicite.\u2014 Eh bien, dis-je gaiment, ma robe sera'tout à fait de circonstance dans cet ermitage.Marthe, paraît-il, porte pendant la journée un sarrau de toile; quant à Tom son mari, il ne s\u2019intéresse qu'à la ferme et n'a aucun souci de l'élégance .Je ne puis oublier toutefois qu'en travaillant à ma robe, je n'avais pas en vue ma visite à Yatton, mais bien le bal où je vais retrouver Kim.\u2014 Ne te tracasse pas à ce sujet, mon pauvre petit, répondit Gwennie toujours prête à prodiguer des consolations pratiques : les hommes ne remarquent jamais ces détails : quand j'apparais le soir dans ma vieille robe bleue, Georges m'\u2019accueille invariablement par ces mots : « Tiens, tiens, encore une toilette neuve ! » Soudain l'appel d'une trompe d'auto éclata et nous fit sursauter toutes.C'était un claxon particulièrement harmonieux car il faisait entendre un arpège à quatre notes.\u2014 Je ne connais pas ce claxon, signala Elsie .Ce doit être un étranger qui traverse le pays.Tout en parlant Elsie se dirigea vers la fenêtre.Pendant ce temps le claxon résonna de nouveau, tout contre la maison.Elsie souleva le rideau avec précaution et s'écria sur un ton dramatique : \u2014 C'est un homme! Il descend d'une imposante automobile arrêtée devant la porte .Oh, Lisbeth, s\u2019ex- clama-t-elle, c\u2019est Kim ! Je ne l'avais pas reconnu.Il est d'un chic! Viens voir ! Déjà j'étais aux côtés d'Elsie.Je collai ma figure contre la vitre .Mon cœur battit à coups redoublés en apercevant le plus séduisant jeune homme du monde.Il portait un costume de tweed gris, un feutre mou assorti et de gros gants fourrés.En poussant la grille, le visiteur leva la tête, nous vit.et agita son chapeau.C'était bien Kim.Kim, en chair et en os ! Je m'en rendis compte seulement à cet instant.Je répondis à son salut par un sourire contraint .À peine revenue de ma surprise, j'éprouvai la pénible impression que nous étions devenus des étrangers l'un pour l'autre.Dans mon trouble, l'automobile m'apparut transformée en une calèche, traînée par six chevaux.Le costume, si correct et si approprié de Kim, remplaçant le vieux complet bleu, le feutre façonné par un chapelier à la mode, au lieu du cha- La Revue PopuLAIRE peau à larges bords déformé par l'usage, dressaient comme un écran entre le passé et moi.Il me semblait me trouver en face d'une personne rappelant un de mes familiers et, en même temps, parfaitement inconnue.Quand il s'agit de l'être que l'on croit le mieux connaître au monde et qu'on aime au-dessus de tout, on éprouve un choc violent.\u2014 Ne reste pas là, plantée comme une momie, s'écria Gwennie .allons à sa rencontre ! Dans un état d'extrême surexcitation, Gwennie et Elsie se précipitèrent hors de la pièce.Maman, visiblement affolée, les suivit.Je fermais la marche.Pendant que je descendais l'escalier, le petit hall retentissait de rires et d'exclamations : \u2014 C'est le prince charmant ! disait Elsie.\u2014 Si nous avions été averties, surenchérit Gwennie, nous aurions pavoisé.\u2014 Mon \"cher enfant, comme vous êtes beau ! murmura maman, en s'efforçant de surmonter son émotion.\u2014 Une auto de luxe, Kim! Vous appartient-elle ?demandèrent mes sœurs.\u2014 Oui, répondit Kim.Je m'aperçus alors que son regard, levé vers moi, planait au-dessus de ses interlocutrices.Il m'appela : \u2014 Lisbeth ! Je dégringolai les dernières marches pour aller 4 la rencontre de Kim.Ses mains saisirent les miennes; ses yeux demeurèrent fixés sur les miens.Je reconnus mon Kim ! L'instant d'après cependant, sans m'en expliquer clairement la raison, je rectifiai mon impression : « Non, pas tout à fait ! » Bien entendu, il fallut sortir pour admirer l'auto de près.Kim nous en fit les honneurs, sans omettre un détail.\u2014 Un de mes camarades, conclut- il, appelé soudainement à l'étranger, m'a cédé cette auto pour presque rien.\u2014 Pour presque rien ! répéta Elsie.Evidemment, ce jeune homme ne tient plus compte de la valeur de l'argent ! Kim, qu'est-il arrivé ?\u2014 Le succès ! répondit Kim, en marquant une satisfaction exubérante.\u2014 Une fée vous a certainement touché de sa baguette, dit Gwennie.\u2014 Ce n'est pas tout: la fée m'a laissé entendre qu'elle me réservait bien d'autres faveurs.Les jeunes filles discernèrent dans la voix de Kim une intonation inusitée dont elles demeurèrent surprises: une confiance en soi touchant à k fatuité y dominait.\u2014 Eh bien, quelle est cette nouvelle situation ! Laisserez-vous plus longtemps la curiosité nous torturer ?implora Elsie.Kim passa alors son bras sous le mien et répliqua : \u2014 Une certaine petite personne.ici présente, aura la primeur de ce secret.Comme il prononçait ces mots, je retrouvai le Kim d'autrefois.\u2014 Oui, ajouta-t-il, en souriant affectueusement à maman, je vous demande de lui céder la priorité.(Lire la suite page 20) LA ROBE DU SOIR QUE PORTE GAIL PATRICK AVEC SON ELEGANCE HABITUELLE EST EN UN BRILLANT SATIN ROSE.C'EST DANS UN FILM RECENT QUE GAIL PATRICK, L'UNE DES VEDETTES LES PLUS CHICS DE HOLLYWOOD, PORTAIT CETTE CREATION DU COUTURIER TRAVIS BANTON. NOvEMBRE 1937 19 MAIN TENANT cette nouvelle Crème apporte aux /emmes cette active \u201c Vitamine-Cutanée\u201d Cette Vitamine spéciale, appliquée à même la peau, aide celle-ci d\u2019une façon plus directe \"C\u2019EST MERVEILLEUX\u201d dit Mrs.C.Henry Mellon, Jr.Mrs.C.Henry Mellon, Jr., fut une des premières femmes à employer le nouveau Pond\u2019s Cold Cream avec \u201cvita- mine-cutanée\u201d\u201d.dit-elle.\u201cMon teint est beaucoup plus clair \u2014 et ma peau plus fine.La nouvelle crème est même meilleure qu\u2019auparavant.Mes félicitations à Pond\u2019s\u2014 et à toutes les femmes.\u201d \u201cC\u2019est merveilleux\u201d, ETTE NOUVELLE CRÈME fait plus que jamais auparavant pour la peau! Elle contient une certaine vitamine qui se trouve dans beaucoup d\u2019aliments\u2014la \u2018\u2018vitamine-cutanée\u2019\u201d\u2019.Quand vous mangez des aliments contenant cette vitamine, le but spécial de cette dernière est d\u2019aider à conserver les tissus cutanés dans un état sain.Mais quand cette vitamine est appliquée directement sur la peau, elle aide celle-ci plus directement ! Voilà une nouvelle intéressante pour les femmes! Les docteurs découvrirent d\u2019abord ceci.Puis Pond\u2019s trouvale moyen d\u2019incorporer la \u2018\u2018vitamine- cutanée\u201d dans Pond\u2019s Cold Cream.Maintenant, tout le monde peut l\u2019avoir\u2014le nouveau Pond\u2019s Cold Cream avec \u2018\u2018vitamine-cutanée\u201d.Essayez vous-même cette nouvelle crème merveilleuse.Cette crème de beauté renommée possède maintenant \u201c\u201cQuelque Chose de Plus\u201d Pond\u2019s Cold Cream a toujours été plus qu\u2019une crème à démaquiller.Tapoté de façon à bien pénétrer, il tonifie la peau, la garde claire, douce et sans défauts.Mais, ur 6 Le badminton et l\u2019équitation sont les sports favoris de Mrs.Mellon.Etcessportsse pratiquent en plein air.Et le grand air sèche la peau.Mrs.Mellon dit ceci: \u2018\u201c Le nouveau Pond\u2019s Cold Cream avec la \u2018\u2018vitamine- cutanée\u2019® est meilleur quejamais pour ma peau.Ma peau n\u2019est jamais sèche ni rêche, malgré les sports que je fais.\u201d x ul ei RE A Re maintenant, cette créme renommée est meilleure que jamais pour la peau.Les femmes qui ont essayé cette nouvelle crème disent qu\u2019elle rend les pores moins visibles, atténue les petites rides; mieux que cela, elle semble éclaircir et embellir leur teint! 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C'est le poste le plus important, après le chef de service.\u2014 Sous-directeur, vous ?\u2014 Mais oui, moi-même, confirma- t-il.\u2014 C'est merveilleux ! Donnez-moi des détails ?\u2014 J'ai eu la chance de trouver une bonne idée de réclame : je l'ai soumise au chef de service; il l'a trouvée intéressante et m'a autorisé à en faire l'essai; les résultats ont été si enrourageants que j'ai été promu d'emblée sous-directeur ! \u2014 Mais, Kim, est-ce vraiment une situation si importante ?\u2014 Une situation qui représente cing mille dollars par an n'est pas négligeable.\u2014 C'est cette somme que vous recevez ?\u2014 Oui, sans compter les commissions.Dans mes rêves les plus ambitieux, je n'avais jamais envisagé ce chiffre.L'excès de la surprise m'empêcha tout d'abord de parler.Je réussis enfin à murmurer : \u2014 Oh, mon cher Kim! C'est magnifique ! Je suis si heureuse |! Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit dans votre lettre ?\u2014 Les mots écrits expriment si mal ce que l'on ressent.De plus, je désirais entendre vos exclamations de joie et jouir de l'expression de votre visage, à cette nouvelle .Eh bien ! petite demoiselle Moffat, comprenez- vous tout ce que ce changement signifie pour nous ?A ce moment précis, nous montions le perron et Kim s'étant retourné en parlant, buta sur la dernière marche de sorte que notre entrée manqua complètement de dignité.Je m'appuyai au portemanteau pour retrouver mon équilibre et je répondis : \u2014 Oh, oui, je mesure mon bonheur!.Maintenant, Kim, montez votre valise dans votre chambre et venez prendre le thé.Soudain je me trouvai enveloppée dans les pans d'un épais pardessus d'où j'émergeai, l'instant d'après, sans m'être bien rendu compte de ce qui m'advenait.Du haut de l'escalier Kim, sa valise à la main, me regardait en riant, pour dissimuler son émotion.J'aurais voulu qu'il pût entendre, pour compléter le duo, les trilles de joie qui montaient de mon cœur ! Une grande animation ne cessa de régner pendant le thé et, bien entendu, Kim prit figure de héros.Pour ma part, je ne pouvais être plus fière ni plus heureuse.L'air distant dont Kim paraissait affublé à son arrivée, ne tarda pas à disparaître : je crus revoir le petit garçon, qui, assis en face de moi sur la crête du mur mitoyen, trouvait les solutions de mes problèmes, tout en échafaudant des projets d'avenir.Projets qui semblaient être devenus des réalités! Il nous raconta comment sa vie à Londres était organisée et il nous énuméra les personnes qu'il fréquentait.\u2014 J'ai eu l'occasion de rencontrer les Sherbrooke .À ce propos, ajou- ta-t-il en s'adressant à moi, je tiens essentiellement, Lisbeth, à vous faire faire la connaissance de Mlle Cynthia Sherbrooke : c'est une des jeunes filles les plus élégantes et les plus admirées de Londres; M.Sherbrooke a gagné beaucoup d'argent pendant la guerre; ils habitent un somptueux hôtel du côté de Park Lane.Cynthia Sherbrooke a un goût infaillible et elle s'habille à merveille: ses manières sont parfaites.Au fur et à mesure que Kim s'étendait sur les mérites de la famille Sherbrooke et en particulier de Cynthia, évidemment une de ses grandes amies, l'atmosphère lumineuse où je me sentais comme plongée, s'obscurcissait graduellement.vrai dire, mon trouble ne provenait en aucune façon d'un sentiment de jalousie mais j'étais déçue, de constater que le Kim nouveau genre prenait, une seconde fois, le dessus sur mon Kim à moi.Ce n'était donc pas sans raison que j'avais eu, au premier abord, l'impression de me trouver en face d'un étranger.Cynthia Sherbrooke était très riche .Notre situation pécunière est modeste.De plus, Kim se trouvait, depuis peu, en relation avec cette personne.Après le goûter, la famille, faisant preuve d'un tact consommé, allégua diverses occupations urgentes et s'éclipsa.Lorsque nous füûmes seuls, Kim se pencha vers moi et dit, en posant sa main sur la mienne : \u2014 Pourquoi ma bien-aimée me re- garde-t-elle avec une expression solennelle dans ses grands yeux ?Je bredouillai une vague excuse et il reprit tendrement : \u2014 Petite chérie, seriez-vous devenue timide\u201d.Voyons, est-ce moi qui vous fais peur ?insista-t-il.\u2014 Kim, murmurai-je en souriant, je ne suis pas encore habituée à un personnage si important ! Peut-être ne vous rendez-vous pas compte à quel point vous êtes changé ?\u2014 Cette transformation n'est-elle point à mon avantage ?demanda-t-il.En réalité il ne doutait pas de mon approbation, mais il voulait m'obliger à la formuler.\u2014 Tout à fait.Je suis heureuse, heureuse, heureuse ! Il eut un éclat de rire triomphant.Son entrain était contagieux et je me mis à rire à l'unisson.Il reprit : \u2014 J'ai toujours eu de l'ambition.Ne l'aviez-vous pas compris ?L'autre soir en allant chez les Sherbrooke, je me disais : « Ma situation me per- La Camargue, île formée par le delta du Rhône, non loin d'Arles, en Provence, est une étendue marécageuse où paissent des bêtes à cornes et des chevaux.C\u2019est le Far-West de la France.Ses cow-boys, ou GARDIANS, montés sur leurs petits chevaux camargues (d'origine arabe), surveillent de vastes troupeaux de taureaux dont plusieurs sont destinés aux arènes de Nîmes, d'Arles, etc.Aux arènes d'Arles (à droite), construites par les Romains et très bien conservées, les courses de taureaux camargues sont très populaires.La bête n\u2019est jamais mise à mort cependant (quoique tout près de là, à Nîmes par exemple, on fasse quelquefois venir des matadors d'Espagne).En règle générale, on s'en tient à un seul coup de pique, donné par un picador à pied, et à la pose de petites banderilles.Les cornes du taureau sont le plus souvent emboulées (garnies de petites boules à la pointe ou enveloppées}.Les jeunes Arlésiens suivent ces courses avec enthousiasme pendant que leurs papas jouent aux boules, comme César et Marius.La Revue POPULAIRE met d'avoir mes entrées dans le monde.Il s'agit maintenant d'étendre mes relations.» Il est essentiel, Lisbeth, pour un homme dans les affaires d'être un commensal habituel, dans les salons élégants.\u2014 Je suppose.Je suppose que oui, répondis-je sans conviction.Kim était passé si brusquement du tendre au pratique, que j'en demeurai toute déconcertée.Kim se leva alors en riant; il fit le tour de la table pour se rapprocher de moi et dit de sa voix la plus tendre : \u2019 \u2014 Petite Lisbeth, comme nous allons être heureux ! Nous serons admis dans ce monde nouveau, où chacun connaît si bien la manœuvre, que tous les rouages paraissent fonctionner automatiquement.Oui, petite fille de mon cœur, nous y pénétrerons au bras l\u2019un de l'autre.Je le regardai attentivement : \u2014 Oui, murmurai-je .Mais, Kim, notre bonheur ne dépendra pas de ce changement de milieu.Ce sera le fait d'être ensemble, vous et moi.L'émotion m'empêcha de compléter ma phrase.\u2014 Une femme bien douée peut contribuer grandement au succès de son mari.C'est pourquoi je désire tant vous présenter à Mlle Sherbrooke : cest une jeune personne accomplie: elle possède au suprême degré les qualités qu'on n'a pas l'occasion d'acquérir à Little Tenby; ses robes, ses manières, tout est parfait: j'espère bien que vous deviendrez de grandes amies.Je sentis mon cœur se serrer.J'avais, à ce moment-là complètement oublié l'existence de Mille Sherbrooke et je n aurais jamais cru que Kim l'introduirait, en tiers, entre nous.Je me rendais compte que, malgré le désir de Kim, je ne serais jamais l'amie de cette jeune fille; je prévoyais même que je ne pourrais pas la supporter.À ce moment, la porte s'ouvrit toute grande.Kim se redressa vivement.C'était Gwennie.Elle dit : \u2014 I est l'heure d'aller t'habiller pour le bal, poupée.Tu ne parais pas t'en douter ! En effet, absorbée par la vision du tendre regard posé sur moi, je n\u2019y songeais plus.\u2019 \u2014 J'espère, Lisbeth, intervint Kim d'un air détaché, que vous porterez, ce soir, une robe élégante.J'y tiens d'autant plus que .Voici : je comptais vous réserver une surprise; mais.\u2014 Elle a gâché sa robe ! s'écria Gwennie brusquement. NOvEMBRE 1937 \u2014 Oui, mal taillée.\u201cJai réussi à faire promettre à Cynthia Sherbrooke de venir au bal, ce soir, exprès pour faire votre connaissance.Elle sera parfaitement habillée et je serais mortifié si vous n'étiez pas à la hauteur.je pensais à ma misérable petite robe et je devins toute rouge.J'avais été désolée en constatant qu'elle était ratée mais je ne soupçonnais pas que que cet insuccès provoquerait une véritable tragédie.J'entendis vaguement Kim conclure : \u2014J'avais l'intention de vous ménager la surprise de voir apparaître Cynthia Sherbrooke .Je fis un effort pour rassembler mes esprits et je bredouillai une réponse.\u2014 Oh, c'est bien une surprise, je vous assure ! Sur ces mots, je quittai brusquement le salon, en bousculant Gwen- nie au passage et j'allai m'enfermer ans ma chambre.balbutiai-je, je l'ai CHAPITRE II JE ME jetai sur mon lit, à côté de ma pauvre petite robe et je serrai les dents pour contenir la colère qui grondait en moi, comme la tempête.Pourquoi Kim désirait-il tant me faire connaître Cynthia Sherbrooke ?Elle trônerait tout simplement, sereine et confiante, drapée dans la dernière création de la rue de la Paix.Et moi, je serais habillée d'une étoffe vulgaire et mal taillée, que j'avais eu l'audace de qualifier de robe de bal ! Je pris la malencontreuse toilette sur le lit et je l'étalai pour l'examiner.« Après tout, me dis-je fiévreusement, peut-être n'est-elle pas si mal que je le pense.» Ah! bien oui!.Disons plutôt qu'elle était pire .Il semblait vraiment qu'elle eût enlaidi, à rester étalée sur mon lit.- \u2014 Comme tu as été longue ! s'écrièrent en chœur Gwennie et Elsie.quand je sortis de ma chambre.Mais je ne faisais guère attention à elles.J'observais les yeux de Kim, tandis qu'il m'inspectait des pieds à la tête .Il ne dit rien, mais il pouvait s'en dispenser : sa physionomie était suffisamment expressive.Malgré tout, j'étais décidée à tenir le coup et je fis mine de ne rien remarquer.Sans aucun doute, la nouvelle de mon insuccès s'était répandue de proche en proche, car Georges vint à moi, me saisit par le bras et me fit faire plusieurs tours sur moi-même.A la suite de cet examen, il déclara : \u2014 À quoi riment ces critiques ?Pour ma part, je ne vois rien à redire à cette toilette.Nous arrivâmes à la Chambre de Commerce, toute pavoisée et ornée de lampions.Kim sauta à terre et examina attentivement la file des voitures qui se succéaient devant la porte cochère.Je me faufilai dans le vestiaire, au milieu des rires et des caquetages, me glissant jusqu'à la glace pour aranger mes cheveux .Puis je ressortis.J'arrivai dans le hall juste à temps pour voir Kim s'élancer, ouvrir la portière d'une grande limousine couleur de primevère, et aider à- en descendre la plus majestueuse apparition que j'aie jamais vue.Je demeurai immobile, les yeux fixés sur le groupe, mon cœur battant à se rompre; il serait hypocrite de prétendre que j'éprouvais des sentiments bienveillants pour la nouvelle venue.Kim conduisait l'apparition vers moi de l'air radieux d'un maître des cérémonies, chargé de transporter la casette contenant les joyaux de la couronne ! Il me présenta puis nomma : « Mlle Sherbrooke ».Je formai intérieurement le vœu que la terre s'entr'ouvrît sous mes pieds en m'engloutit, en constatant combien était ravissante l'invitée de Kim.Grande, des cheveux noirs superbes, un teint clair, de grands yeux bleus, des lèvres bien dessinées et un long cou d'une blancheur de neige.Impossible de la décrire mieux : une véritable déesse! Un manteau flottant, en lamé bleu et argent, garni de renard blanc, laissait voir une robe de tissu argent aux incrustations de velours turquoise et de dentelle; des bas de soie à baguette; d'élégants souliers à talon Louis XV en suède bleu, ornés de brillants.Chaque détail reste gravé dans ma mémoire ! Quand Mlle Sherbrooke pénétra dans le hall, tous les regards se tournèrent vers elle.La vue de ma famille descendant d'un landau, me procura une diversion opportune.Les présentations faites, nous pénétrâmes tous ensemble dans la grande salle.L'orchestre attaqua une valse et Kim invita Mlle Sherbrooke à danser.C'était la première fois qu'il n'ouvrait pas le bal avec moi.A partir de ce moment, tout se mit a tourner autour de moi.Maman se chargea de porter au vestiaire le superbe manteau garni de renard de Mlle Sherbrooke et Kim murmura à mon oreille : \u2014 Il le faut, chère ! Flle est notre invitée.Mais la prochaine .la suivante.et la suivante encore !.Je ne sais pas ce qui se passa ensuite, jusqu'au moment où je vis Kim debout devant moi, réclamant «ia prochaine, la suivante et encore la suivante ! ».\u2014 Elle vous trouve charmante, murmura-t-il à mon oreille tandis que nous prenions notre élan.Et c'était dit du ton de quelqu'un qui vous fait un grand compliment.\u2014 Elle?répétai-je, en affectant l'étonnement.Qui ?\u2014 Mlle Sherbrooke, vraiment?Je me demande ce qui vous fait penser cela?\u2014 Elle me l'a dit elle-même.\u2014 C'est donc que vous l'avez interrogée à mon sujet ?\u2014 Evidemment ! Je tenais beaucoup à savoir ce qu'elle pensaît de vous.\u2014 Et elle a dit que j'étais charmante ?\u2014 Au delà de toute expression.J'avais peine à m'imaginer Mille Sherbrookc m'appliquant ce superlatif.Nous continuâmes de danser.Kim reprit : \u2014 N'est-ce pas qu'elle est extraordinaire ?.C'était vrai; il fallait bien l'admettre.On peut être extraordinaire sans être comme il faut.\u2014 Oui, elle est épatante, mais.Il ne parut pas prendre garde à ce petit « mais » et poursuivit avec entrain : \u2014 Je lui ai présenté une sélection de jeunes gens d'ici, de sorte qu'elle sera entourée d'une petite cour toute la soirée, mais je me suis arrangé pour que nous soupions tous les trois ensemble .Ainsi vous pourrez faire bonne connaissance.Cette perspective ne me souriait aucunement.Même après les diverses déceptions que je venais de subir, je n'avais pas envisagé celle-là ! Je croyais bien entendre que « souper ensemble » signifiait : Kim et moi, en tête à tête, Kim, 21 Les jumelles Dionne nemploient que le PALMOLIVE \u20ac 4 avon fala L'Haile A Oliver Etant nées prématurément, les jumelles ont toujours eu la peau extraordinairement sensible.C\u2019est pour cela que, pendant quelque temps après leur naissance, elles ne furent baignées que dans l\u2019huile d\u2019olive.C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a rien de plus soulageant que l'huile d'olive douce pour une peau délicate.LE DR DAFOE DIT POURQUOI IL CHOISIT PALMOLIVE \u2018 Lors de leur naissance, et pendant quelque temps dans la suite, les jumelles Dionne furent baignées dans l'huile d'olive.Lorsque vint Je temps des bains au savon et l'eau, nous choisimes le Savon Palmolive exclusivement pour usage quotidien dans le bain de ces bébés célèbres.\u201d\u2019 (Signe: Puis, quand vint le temps des bains au savon et à l\u2019eau, quelle ne fut pas l'importance du choix d\u2019un savon contenant les ingrédients les plus doux et les plus soulageants ! Et c\u2019est ainsi que le Dr Dafoe choisit le Palmolive fait à l'huile d'olive.ET MAINTENANT.si vous pouviez voir la peau douce et satinée de ces charmantes petites jumelles Dionne .vous sauriez comme le Dr Dafoe a fait preuve de sagesse lorsqu'il décida que le doux Savon Palmolive serait employé exclusivement dans le bain des jumelles.LE SAVON QUE VOUS EMPLOYEZ EST-IL AUSSI DOUX QUE LE PALMOLIVE?Etes-vous certaine que le savon que vous employez actuellement est aussi pur, aussi doux et aussi inoffensif que le Palmolive ?Vous savez que la composition du Palmolive ne comporte que des aides de beauté.un mélange secret et unique d\u2019huiles d'olive et de palme \u2014 les meilleures que la science connaisse ! C\u2019est pour cela que le Palmolive donne un tel soin de beauté incomparable à votre peau.POUR GARDER VOTRE PEAU TOUJOURS BELLE, EMPLOYEZ CE SAVON DE BEAUTE CHOISI POUR LES JUMELLES 22 \u201c\u201c Regarde, maman, on croirait que c'est une baignoire neuve!\u201d E BON AMI donne vraiment aux baignoires une apparence de neuf.C\u2019est parce qu\u2019il nettoie sans égratigner la surface et qu\u2019il polit en même temps.Et son emploi est si facile, que même une fillette peut, en un rien de temps, nettoyer la baignoire à la perfection.Faites-en l\u2019essai et vous constaterez par vous-même comme il permet de nettoyer vite et bien.Et lorsqu\u2019il s\u2019agit de rincer, il ne laisse pas le moindre sédiment graveleux susceptible d\u2019obstruer les tuyaux et renvois d\u2019eau.Autre grand avantage : le Bon Ami ne contient rien qui puisse abîmer les mains.Servez-vous-en durant deux semaines et vous conviendrez ensuite, comme des millions d\u2019autres femmes, que le Bon Ami est le nettoyeur par excellence pour tous les nettoyages.Bon Ami conserve leur éclat aux baignoires Fabrication canadienne à une table isolée, dans un coin tranquille.Je n'étais pas contente.Je dis «Oh!» d'un ton qui marquait mon désappointement .Je n'avais pas eu l'intention de le laisser paraître.Kim me serra un peu plus fort et murmura : \u2014 Petite chérie! Mais c'est important .réellement important.Interrompons cette danse et allons nous asseoir dehors.J'ai des masses de choses à vous raconter.Sans un mot de plus, nous quittâmes la salle puis, après avoir traversé le hall désert, nous nous assîmes l'un à côté de l\u2019autre, sur les marches de l'escalier.Pendant un moment nous demeurâmes silencieux.Kim dit enfin à voix basse : ~\u2014 Lisbeth! .Comme il se taisait de nouveau, je répondis en ramenant ma voix au diapason de la sienne : \u2014 Oui, Kim ?Il passa le bras autour de ma taille et me serra contre lui, en disant : \u2014 Je vous demande de m'épouser, chérie ! C'est une déclaration officielle que je vous fais.Je vous ai apporté la bague, murmura-t-il, vou- lez-vous l'essayer ?J'inclinai la tête en signe d'acquiescement et il retira l'écrin de la poche de son gilet.C'était un charmant petit anneau d'or avec une seule pierre, sertie d'une façon assez originale dans de l'émail bleu.\u2014 Cette bague vous plaît-elle ?demanda-t-il.Tout à fait incapable à mon doigt après y avoir déposé un baiser.Aussitôt, je me trouvai prisonnière dans les bras de Kim.J'eus la sensation que le temps s'arrêtait et que le monde extérieur perdait toure sa consistance .Puis j'entendis Kim prononcer ces mots : \u2014 Nous sommes fiancés ! \u2014 Oui, lui répondis-je tout bas.\u2014 C'est merveilleux, n'est-ce pas ?\u2014 Oui, fis-je de nouveau.\u2014 C'est tout ce que vous trouvez à me dire ?demanda-t-il en riant.Je me mis à rire à l'unisson .Il me semblait que j'aurais pu rire toujours, et que ma joie était intarissable.\u2014 Je vous préviens que je n'ai pas l'intention de différer longtemps notre mariage : j'ai déjà assez attendu.Je savais.Lisbeth, que mon vœu se réaliserait un jour mais je n'espérais pas que ce jour fût si proche ! Tout est arrivé avec la rapidité de l'éclair.Voulez-vous que nous allions à la recherche de Cynthia pour lui annoncer nos fiançailles, ajouta-t-il en se levant.Il descendit deux marches et me tendit la main, supposant que je le suivais, mais ce prénom me glaça et je reculai révoltée : \u2014 Pourquoi Cynthia?demandai- je.Pourquoi lui en parler?II me regarda tout interloqué et répondit : \u2014 Nos fiançailles l'intéressent tout particulièrement.\u2014 À cause de vous ou de moi?éclatai-je.\u2014 Jalouse ?.Petite sotte ! mur- mura-t-il en approchant son visage tout près du mien.\u2014 Je ne comprends pas qu'une personne, vivant dans un milieu si diffé- rent, trouve le temps de s'occuper de moi.Je parlais avec un grand sérieux, mais Kim m'interrompit d'un ton enjoué.\u2014 C'est précisément pour cette raison : vous allez émigrer dans son monde .qui va devenir le mien, le nôtre.Elle vous guidera dans ce dédale.LA RevuE POPULAIRE \u2014 Elle me guidera.moi.comment ?balbutiai-je.Kim me donna les explications demandées d'une voix un peu fébrile.\u2014 Choisissez-moi un mentor qualifié, Kim, et je ferai de mon mieux pour profiter de ses leçons, répliquai- je avec feu.\u2014 Je vous le répète, Mlle Sherbrooke est parfaitement au courant des usages mondains; elle a l'expérience qui vous manque.Votre orgueil vous aveugle : c'est simplement ridicule de refuser de vous plier à un bref apprentissage.Nous nous défiâmes du regard et je repris : \u2014 Il est surtout pénible de revenir indéfiniment sur ce même sujet.C'est même le comble du ridicule d'être fiancé à une jeune fille que l'on désire voir ressembler à une autre!.Je ne veux pas y ajouter en continuant à porter cette bague plus longtemps, vous feriez mieux de la reprendre, ajoutai-je en ôtant le bijou de mon doigt et en le lui tendant.\u2014 Lisbeth, vous ne parlez pas sérieusement, s'écria-t-il.\u2014 Le plus sérieusement du monde! répondis-je- d'un ton furieux.\u2014 Lisbeth, vous ne mesurez pas la portée de votre geste.\u2014 J'en envisagé au contraire toutes les conséquences.Vous pouvez partir ! dis-je d'une voix sifflante.\u2014 Aucune femme sur terre n'aura l'occasion de me signifier deux fois mon congé.riposta-t-il, d'un air farouche.Au moment de descendre les marches, il se ravisa et jeta violemment dans une sorte de réduit qui surplombait la cage de l'escalier, la petite bague que quelques instants plus tôt il avait glissée à mon doigt de la fa- con la plus tendre .J'éprouvai instantanément un sentiment d'absolue solitude : Kim et ma bague avaient disparu.CHAPITRE III J E demeurai immobile.La colère enflammait mes joues et mon cœur battait à se rompre Quand Kim eut atteint le bas de l'escalier, je me penchai pardessus la rampe et je le vis traverser le hall après avoir pris son manteau et son chapeau; il se dirigea vers la porte sans adresser la parole à personne.Avait-il donc complètement oublié Mlle Sherbrooke ?Deux minutes après, je l'entendis mettre en marche son automobile.Kim était parti! « C'est mieux ainsi ! » me suggérait mon cœur meurtri.« Qu'il parte ! Je ne me ferai pas de chagrin pour le départ d'un homme qui souhaitait me voir ressembler à une autre femme.Je ne changerai certes pas pour lui complaire; je n\u2019accepterai pas de recevoir des leçons de bonnes manières d\u2019une prétentieuse pécore .» Mes réflexions s'arrêtèrent brusquement .J'eus soudain conscience que le bruit du moteur ne parvenait plus à mes oreilles : cette constatation me bouleversa, ce dernier lien entre lui et moi était rompu.Kim était parti, réellement, définitivement parti!.Nous nous étions disputés, je lui avais dit de s'en aller.J'avais chassé Kim ! Mon cœur ne battait plus à coups redoublés; un frisson me glaça; c\u2019est à peine si je me souvenais m'être mise en colère.Seule, la pensée du départ de Kim surnageait en moi, je me répétais intérieusement : « Kim est parti, parti, parti!!.» Après m'être abandonnée au désespoir, j'essayai de me raisonner : Kim était parti mais, sans doute, il avait dû simplement rentrer à la maison; il NOVEMBRE 1937 devait passer la nuit chez nous, comme d'habitude chaque année, au retour du bal de l'Epiphanie.Je le verrai bientôt et alors je lui expliquerai.et il m'expliquera.Nous serons bientôt d'accord.Rien de grave ne pouvait s'être passé entre Kim et moi; c'était impossible.Il fallait que j'aille retrouver Kim immédiatement .Je frappai à la porte.Mon cœur battait dans l'espoir que Kim viendrait lui-mme m'ouvrir.Tous les malentendus disparaîtraient instantanément après une étreinte passionnée.La porte s'ouvrit et je me précipitai.Je faillis tomber dans les bras de Kate, la fidèle domestique au service de maman depuis son mariage.Je repris possession de moi-même et je dis, en me reculant : \u2014 Tout va bien, Kate.Je n'ai pas perdu l'esprit.Je pénétrai en trombe dans le salon pour trouver l'accueil peu hospitalier que vous réserve une pièce plongée dans une complète obscurité.\u2014 Pour sûr, tout est bizarre ce soir ! soupira Kate.D'abord M.Kim- son \u2014 M.Kim! Où est-il, m'écriai-je en regardant d'un air égaré dans tous les coins.\u2014 Est-ce M.Kim que vous cherchez ?Mademoiselle, il est parti.\u2014 Parti! Parti pour où ?Reparti pour Londres ?Kate inclina la tête en signe d'acquiescement et répondit : \u2014 Il a traversé le hall en courant, il a grimpé l'escalier quatre à quatre, il a fait sa valise au galop, puis il est redescendu aussi vite.Il m'a crié en passant : « Dites-leur, Kate, que je suis rentré chez moi.».L'auto avait déjà disparu au tournant de la route quand je retrouvai ma respiration.Mon désarroi fut complet, car je n'avais pas douté un instant que Kim m'attendait ici.Je demeurai immobile et interrogeai Kate des yeux, comme si je ne comprenais pas bien ce qu'elle venait de raconter.\u2014 Ah, ma pauvre petite, murmura Kate tendrement, pourquoi vous désoler ?Je sentis mes genoux se dérober sous moi et je me laissai tomber sur le canapé.i \u2014 Laissez-moi seule, Kate, dis-je en la congédiant d'un geste, il faut que je réfléchisse.Avec le tact qui la caractérise, Kate s'éclipsa aussitôt.La tête entre mes mains, je me plongeai dans une profonde méditation.Quand je fus remise, je me sentis portée à monter dans ma chambre immédiatement, mais je me ravisai : il faudrait inévitablement aborder la question avec la famille, et quand on doit faire face à une situation désagréable, autant que ce soit le plus tôt possible.Alors, m'enveloppant dans mon manteau, je me dirigeai vers cuisine.Là je trouvai Kate.\u2014 Kate, je sais combien vous souffrez de vos rhumatismes; est-ce que vous n'aimeriez pas aller vous coucher ?dis-je, en essayant de sourire, et en me flattant par devers moi d'y réussir.Kate pouvait être rhumatisante, mais elle n'était certainement pas aveugle.Elle me regarda un moment avec persistance, puis elle me demanda : \u2014 Qu'est-ce qui vous a fait de la peine, mon agneau ?« L'agneau» répondit \u2018plutôt sèchement que personne ne lui avait fait de la peine et que Kate était une vieille sotte de se l'imaginer.\u2014 Mettez-vous au lit, dis-je de mon ton le plus autoritaire.Mes parents, ne sachant rien de ce qui s'était passé, devaient terriblement s'inquiéter.Mais, en réalité, je n'avais pas besoin d'aggraver ainsi mes tourments, car vers minuit ma mère et mes sœurs arrivèrent, dans les dispositions d'esprit les plus joyeuses.Elles furent évidemment surprises de me trouver là, mais il n'y avait nulle trace d'anxiété dans leur attitude.\u2014 Lisbeth ! s'écrièrent Gwennie et Elsie, en s'arrétant sur le seuil de la porte.Comment se fait-il que tu sois ici ?\u2014 Je vous attendais, comme vous pouvez le constater ! répondis-je aussi allégrement que je pus, mais le cœur lourd comme du plomb.\u2014 Petite folle! s'exclama Elsie.Naturellement, nous savions que tu étais avec Kim, mais nous n'aurions jamais imaginé que vous fussiez revenus à la maison.Elle se mit à rire.Le fait que je n'étais pas avec Kim ne semblait pas l'avoir frappée.\u2014 Mlle Sherbrooke vous cherchait, tous les deux.Il était, paraît-il, convenu avec Kim que vous souperiez ensemble, mans nous n'avons pu vous trouver ni l'un ni l'autre.Nous avons dû inventer des explications et la calmer de notre mieux, dit Gwennie.\u2014 Elle a très bien pris la chose, d'ailleurs, continua Elsie.Elle a simplement ri et elle t'envoie ses amitiés, Lisbeth.Et maintenant, jeune écervelée, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?Mes sœurs apparaissaient gaies et heureuses de la belle soirée qu'elles avaient passée: me raillant avec bonhomie, tant elles étaient certaines de se trouver sur un terrain absolument ferme.Je restai debout, en face d'elles, me rendant compte que mon attitude formait un mélange de tragédie et de défi; elles semblaient si sûres, si foncièrement sûres de moi que je ne parvins pas à disimuler mon dépit.Un silence, plein de menaces, suivit et je sentis leur joyeuse confiance faiblir.Alors Gwennie reprit, un tantinet sèchement : \u2014 Mais au fait, où est Kim?Avant que j'eusse le temps de répondre, maman, les repoussant, vint tout près de moi, et, me regardant dans les yeux, murmura: \u2014 Comment, ma petite enfant, tu as pleuré ! Qu'est-ce qui est arrivé, \u201cchérie ?Qu'est-ce qui te tourmente ?Il me fallut avaler ma salive, avant de pouvoir parler : \u2014 Tout ! dis-je enfin.Ou plutôt, tout est peut-être pour le mieux.Je ne sais plus au juste.Mais rien n'est arrivé de ce que vous pensiez.Je m'arrêtai, consciente que, de leur côté, mes sœurs m'observaient avec une expression d'incrédulité confinant à l'angoisse.Maman reprit doucement : \u2014 Raconte-moi ce qui s'est passé, petite chérie ?Est-ce que Kim n'a pas fait sa.\u2014 Les choses ont mal tourné, bal- butiai-je.\u2014 Mal tourné ?gue ! \u2014 Je ne peux pas entrer dans les détails : le fait est là.C'est tout ! \u2014 Mais sûrement tu peux nous expliquer .\u2014 C'est tout expliqué ! Kim m'a quitté à la Chambre de Commerce et Georges m'a reconduite à la maison.\u2014 Georges ! répéta Gwennie, de plus en plus intriguée.\u2014 Oui, on est venu le chercher pour un malade et il m'a ramenée en side-car.J'espérais trouver Kim ici.Il est venu en effet prendre sa .C'est bien va- 23 Le Cold Cream Woodbury, grâce à la Vitamine D, active la respiration de la peau Lz petites rides sont pour votre peau un symptôme de vieillissement.Quel ennui ! En effet, ces rides déforment votre peau et lui enlèvent de sa fraîcheur.Vous ne pouvez empêcher les années de passer.Mais vous pouvez fort bien nourrir.assouplir votre peau, faciliter sa respiration.Tout cela, une seule crème savamment composée peut le faire : la Woodbury.Une peau jeune a la respiration très active.Il y a deux ans.les spécialistes de Woodbury ont réussi à incorporer la Vitamine D au Cold Cream Woodbury.Par des expériences.on avait constaté que la Vitamine D stimulait la respiration de la peau.Cette crème renferme maintenant une grande quantité de Vitamine D.A-l'abri-des-microbes Appliquez une bonne couche de Cold Cream Woodbury.Elle nettoie tout en nourrissant la peau asséchée.Toujours à-l'abri-des- microbes.elle protège votre peau contre les germes infectieux.Procurez-vous aujourd'hui même un pot de cet excellent cold cream.Remarquez comme votre teint devient rapidement plus clair, plus jeune ! Et pour que votre fard et votre poudre adhèrent bien, servez-vous de Crème faciale Woodbury.Elle aussi est à-l'abri- des-microbes.Chacune de ces crèmes délicieuses ne se vend que 50g, 256, 15\u20ac, 106.(Fabrication canadienne) ARTICLES UNI NECESSAIRE DE 10 Tout ce qu'il faut pour embellir le teint.Tubes échantillons de Cold Cream et de Crème faciale Woodbury.Un Savon facial Woodbury, pour chambre d\u2019héte; 7 nuances de Poudre faciale Woodbury.Ci-inclus 10c pour frais d'expédition.Adressez : John H.Woodbury.Ltd, Dépt.1548, Perth, Ontario.Nom Adresse Ville Province 24 valise, mais il est reparti aussitôt.Il a dit à Kate qu'il rentrait à Londres.\u2014 Alors, tu n'es pas fiancée ?conclut Elsie.Bien décidée à ne rien laisser pa- raitre de mes sentiments, je m'efforçai de rire.Quand on a souflert, au plus profond du cœur, une heure auparavant, on n'a aucune envie de réveiller sa douleur, au bénéfice des autres.En outre, je n'avais pas l'impression que mes sœurs fussent capables de me comprendre le moins du monde.Je n'étais même pas certaine que maman fût impartiale.Elle désirait tellement ce mariage ! Aussi, je savais qu'elle serait terriblement désappointée et on ne peut jamais dire comme les gens prendront une nouvelle qui leur cause une si grande déception.\u2014 J'ai été fiancée, repris-je avec un esai de désinvolture qui ne fut qu'à moitié aussi.Pendant cinq minutes ! .Je me dirigeai alors précipitamment vers l'escalier et je me réfugiai dans ma chambre .J'arrachai mes vêtements et me glissai dans mon lit, tirant le drap sur ma tête, bien décidée à oublier le monde entier et mes chagrins.Dix minutes plus tard, la voix de Gwennie toute proche de moi me fit sursauter.\u2014 Lisbeth ! Je rejetai les couvertures et me dressai suppliante : \u2014 Oh, Gwennie, ne me persécute pas! Je ten conjure! lui criai-je.\u2014 Je n'en ai pas l'intention, mur- mura-t-elle.Gwennie s'assit alors sur mon lit, et mit ses bras autour de mon cou, d'un geste timide et un peu gauche.\u2014 Lisbeth, il faut tout me raconter, dit-elle.Tu ne l'aimes donc plus, ton Kim?Je me cramponnai a elle .Son intonation était si chaude et si douce, si différente de celle de tout a l'heure, au salon.\u2014 Oh ! Gwennie ! Je l'aime, je l'aime ! je l'aime ! balbutiai-je, blottie au creux de l'épaule secourable.\u2014 Alors, c'est lui?.\u2014 Non.Non !.Il m'aime toujours.Seulement, j'ai fait une découverte : aimer n'est pas tout.On peut aimer quelqu'un qui vous aime aussi, et, néanmoins, il peut se produire.il peut surgir des conflits qui détruisent le bonheur.Il ne suffit pas d'être amoureux, Gwennie, il faut, en même temps \u2014 Je sais, Lisbeth, interrompit- elle il faut pour une entente complète, avoir une manière de penser et de sentir identique dans toutes les circonstance graves de la vie, ou tout au moins, si on ne suit pas exactement le même chemin, marcher vers un idéal commun.Mais il est nécessaire, Lisbeth chérie, de se faire des concession mutuelles; tout en restant fidèle à ses convictions intimes, il faut pouvoir discuter sans se quereller.C'est ainsi seulement qu'on peut espérer s'entr'aider, se soutenir l'un l'autre.Elle parlait avec une expression de ferveur qui était une véritable révélation pour moi.Je n'avais pas idée que Gwennie pût ressentir aussi profondément ce que j'éprouvais moi- même.Je me sentis toute réconfortée d'être si bien comprise.ANNE SHIRLEY, ETOILE DE RKO RADIO PICTURES, A REMIS CETTE PHOTO A MME LOUISE GILBERT- SAUVAGE, NOTRE CORRESPONDANTE A HOLLYWOOD, POUR LES LECTEURS ET LECTRICES DE LA REVUE POPULAIRE.\u2014 Oui, Gwennie, murmurai-je a mon tour, tu lis dans mon cœur.CHAPITRE IV | FALLAIT partir de bonne heure le lendemain matin, et diverses corvées \u2014 déjeuner, bagages, etc.\u2014 firent que je n'eus guère l'occasion de parler avec la famille, ce dont je fus reconnaissante au ciel.Au plus profond de mon cœur, je caressais l'espoir de recevoir une lettre de Kim, rétractant tout ce qu'il m'avait dit la nuit dernière.Mais il n'en fut rien.Le facteur passa sur la route, me salua gaîment de la main, en me voyant à la fenêtre et me cria: « Rien aujourd'hui!» en secouant la tête.Alors je réfléchis que Kim Kim n'avait pu être de retour à Londres assez tôt pour m'écrire.Je me réaccrochai alors à une espérance secrète : Kim aurait-il l'idée d'expédier un télégramme ?.Ma raison me fit comprendre qu'il n\u2019en enverrait pas.Naturellement il ne vint pas le moindre télégramme, L'opportunité de mon départ s'imposait donc de plus en plus.J'emballai la fameuse robe dans ma modeste valise, tout en pensant : « Tu feras bien assez d'effet a Tern Cross, petite Cendrillon!.Inutile de me munir d'une autre toilette.» Je me souviens d'avoir embrassé la famille à la ronde avec quelque solennité .Elsie répondit à mes avances, avec une certaine froideur, car elle blamait ce qu'elle appelait ma légèreté.Quand Elsie déapprou- ve quelque chose, elle n'essaye pas de le dissimuler Maman me serra contre elle et me \u2018dit dans un murmure : \u2014 Ne te tourmente pas.Le voyage de Little Tenby à Londres se déroula sans incidents.D'ailleurs, je me sentais si profondément malheureuse que je me rendais à peine compte de ce qui se passait autour de moi.La solitude aggravait encore ma souffrance.A Paddington, je trouvai facilement le quai voulu, ainsi que mon train, et je m'installai.avec ma valise, dans un compartiment vide de LA Revue PoruLAIRE Je classe, où j'attendis patiemment l'heure du départ.A la dernière minute, un porteur ouvrit brusquement la portière.Il jeta dans le wagon plusieurs valises de cuir, et aida à monter une jeune et jolie voyageuse, en criant : « Voilà, Mademoiselle, vous y êtes!.Changez à Gloucester!» Il empocha le pourboire qu'elle lui tendit et sauta du marchepied à l'instant où le train se mettait en marche.La jeune fille s'effondra, rouge et essoufflée, dans le coin en face du mien, son très élégant petit chapeau, un peu de travers.Alors nos regards se croisèrent et elle sourit.\u2014 Je vous demande pardon, dit- elle.Vous aurais-je fait mal.marché sur les pieds, ou heurtée, peut- être ?J'étais si pressée et il fallait absolument que je prenne ce train.Même si elle m'avait fait mal, je n'aurais pas pu lui en vouloir, rien que pour le charme de sa voix, de son sourire et de ses yeux si francs.\u2014 Vous ne m'avez même pas effleurée, je vous assure, lui répondis- NOvEMBRE 1937 je.Permettez-moi de vous aider à caser vos bagages.Ensemble, nous rangeâmes les .colis : deux valises, un carton à chapeaux, un nécessaire recouvert de toile, un long et mince rouleau et une mallette en crocodile vert.\u2014 Laissons-les sur les banquettes, dit-elle, le train ne s'arrête pas ici très longtemps, et il ne semble pas qu'il y ait foule.Merci beaucoup.Elle sourit à nouveau, arrangea sa coiffure et s'installa confortablement.J'aurais voulu lier connaissance et j'espérais qu'elle allait parler, mais elle ne le fit pas.Elle ouvrit le rouleau, en sortit un paquet de journaux, un carnet de croquis et quelques crayons .Elle posa les imprimés à côté d'elle, en choisit un, l'ouvrit et l'examina avec attention.C'était un numéro de Chiffons.Bien plus, c'était le numéro même d'où j'avais tiré ma malencontreuse robe ! Je l'identifiai imédiatement à la couverture.Bientôt elle déplia le fascicule, prit son carnet de croquis, un crayon et se mit à dessiner .Je ne puis m'empêcher de l\u2019observer.Elle tenait le carnet bien à plat sur ses genoux, de sorte que j'étais presque obligée de voir le résultat .Soudain, la respiration me manqua : quand l'esquisse commença à prendre forme, je reconnus que la jeune femme traçait le patron de ma propre robe! Je crains bien d'avoir été assez indiscrète pour me pencher un peu plus.Elle dessinait rapidement et tres adroitement, en dépit des secousses du train et elle eut bientôt terminé son croquis d'après l'image en couleur; je constatai alors qu'elle commettait l'erreur dont les conséquences avaient été si fatales pour moi : ce diable de nœud la prenait elle aussi, au dépourvu; elle le plaçait trop bas, comme je l'avais fait.Une envie folle me prit de l'avertir\u2026 Après avoir essayé de demeurer passive, je cédai à une impulsion irrésistible et je dis bruquement : \u2014 Non, pas ainsi ! L'inconnue leva vers moi des yeux étonnés, avec un clignotement qui ajoutait au charme de son regard.lle avait été, jusqu'alors, si absorbée par son travail qu'elle sursauta : \u2014 Pardon ?articula-t-elle, au comble de la stupéfaction.\u2014 Excusez-moi, expliquai-je en rougissant, je n'ai pu me retenir ! J'ai fait exactement la même erreur, nu même endroit et je me permets de vous crier casse-cou.\u2014 Qu'est-ce qui ne va pas?de- manda-t-elle, en souriant.\u2014 C'est bien aimable à vous de prendre mon observation en bonne part, répliquai-je .Je me ferai mieux comprendre par un dessin.Elle me tendit un crayon et, sur le carnet, je griffonnai l'endroit du modèle où le nœud devait être coupé \u2014 Il faut le faire bouffer comme ceci, le froncer un peu et le fixer ici.Elle m'interrompit avec vivacité : \u2014 C'est très juste ! Avec mon système, j'aurais placé le nœud trop bas.Mais comment le saviez-vous ?\u2014 Je viens de copier ce même modèle, et à cause de ce nœud, j'ai abouti à un véritable désastre .Un instant, je vous prie, je vais sortir la pièce à conviction.Tout en parlant, je pris ma valise dans le filet.je l'ouvris et j'exhibai ma robe .Je la déchif'annai et la lui tendis.\u2014 Voyez! Elle l'examina, en connaisseur, dans tous les sens, approchant l'étoffe de ses yeux à l'endroit des finitions.\u2014 Tout à fait d'accord, dit-elle.Je vous suis bien obligée de votre judicieuse remarque.Puis, changeant de ton, elle ajouta : \u2014 Est-ce que, par chance, vous seriez dans la couture ?: Je secouai la tête.\u2014 À part le nœud, cette petite robe est faite d'une façon exquise, reprit- elle, et taillée à merveille.Vous voudrez bien excuser ma supposition, n'est-ce pas?.J'ai cru avoir en mains, l'œuvre d'une professionnelle.L'excuser.J'aurais volontiers embrassé mon interlocutrice ! Après toutes les moqueries qui m'avaient été prodiguées à propos de mon talent de couturière; après l'humiliation que je venais de subir, en entendant exalter le talent de Mlle Gadger; ces mots me firent l'effet d'un baume.Une personne du métier avait su discerner, malgré l'erreur où j'étais tombée, le don que j'étais sûre de posséder pour la couture.\u2014 Ce serait mon rêve d'entreprendre cette carrière, dis-je enfin.Vous n'avez pas ce goût-là?.\u2014 Si, mais pas à si haute dose! Je me trouve chargée brusquement d'une tâche très importante, qui me paraît dépasser un peu mes moyens.Elle esquissa une gracieuse petite moue, en feuilletant les pages de son carnet.\u2014 J'ai griffonné, ce matin, ces divers patrons, ils me satisfont à peu près : ce sont des toilettes faciles à bâtir une fois taillées.Par contre, je suis arrêtée devant deux silhouettes plus compliquées, répondant à une réalisation qui me tient particulièrement à cœur.Elle chercha dans deux numéros de Chiffons et de Chie et m'indiqua du doigt les dessins qui l'embarrassaient, en disant : \u2014 Voyez, vous-même !.Cette manche, par exemple, doit-elle être coupée de biais pour obtenir l'effet voulu ?.Et cette ceinture ajustée?Je pris la revue et j'étudiai soigneusement la robe : c'était un flou qui me plut énormément; je ne me lassais pas de le regarder.Füt-ce le résultat des encouragements que je venais de recevoir, ou bien d'une inspiration subite ?Toujours est-il qu'en examinant de près la gravure, les difficultés s'évanouirent graduellement.\u2014 Il me semble, dis-je au bout d'un moment, que la manche prend tournure devant mes yeux.En même temps, déchirant une page de mon journal, je m'apprêtai à établir, tant bien que mal, un patron.\u2014 Attendez !.J'ai des ciseaux dans mon sac, dit-elle, en ouvrant la mallette de crocodile.Je taillai aussitôt une manche que nous ajustâmes autour de son bras.\u2014 Ce n'est pas tout à fait au point, fis-je observer, mais nous sommes sur la bonne voie.Arrondissons légèrement cette ligne, et laissons un peu plus d'ampleur dans le haut.Nous coupâmes et recoupâmes jusqu'au moment où la manche tomba naturellement.C'était un plaisir, pour moi, de travailler avec quelqu'un qui prenait au sérieux mes remarques et mes suggestions; quand, au bout d'une vingtaine de minutes, nous eûmes réussi à tailler le patron en miniature de la manche bouffante et de la ceinture ajustée, ma compagne me témoigna gracieusement sa reconnaissance pour l'aide que je lui avais apportée.\u2014 La manche bouffe, et la ceinture s'ajuste ! s'écria-t-elle triomphalement, même un profane peut en juger au premier coup d'œil.Quant à vous, ajouta-t-elle, vous êtes tout pare \u2018 , 2 - DANS UN MOULE DE BEAUTE A L'AIDE DU NOUVEAU MOULAGE FACIAL DOMESTIQUE d'ELIZABETH ARDEN L'ANIMATION accentue la beauté du plus séduisant visage \u2014 la vivacité avive le charme des traits les plus agréables .mais comment un visage peut-il avoir de l'animation et de la vivacité si ses muscles sont flasques et relâchés \u2014 si ses contours s\u2019affaissent \u2014 si de vilains creux se forment autour de la gorge.Le nouveau Moulage facial d\u2019Elizabeth Arden constitue l'application pratique du grand principe de Miss Arden : il n\u2019est jamais trop tard, ni trop tôt, pour commencer ! Quinze minutes suffisent \u2014 quinze minutes que vous occuperiez peut-être autrement à des choses sans importance \u2014 quinze minutes qui peuvent décider de votre bonheur .Mais dites- vous bien que, pour bénéficier entièrement de ce nouveau traitement, vous devez d\u2019abord nettoyer \u2014 tonifier \u2014 et adoucir votre visage avec Ardena Cleansing Cream (crème à nettoyer) \u2014 Ardena Skin Tonic (tonique pour la peau) \u2014et Velva Cream ou Orange Skin Cream (crèmes pour la peau) .Les préparations d\u2019Elizabeth Arden sont en vente dans tous les chics magasins.Visitez le nouveau Salon d'Elizabeth Arden, au 2084 de la rue Peel, à Montréal.Personnel bi- Hague.2 Salons : Toronto et Montréal TORONTO LONDRES PARIS NEW YORK 25 26 Donnez-moi le bacon enveloppé de Cellophane Pas d\u2019hésitation ! Pas de manipulation ! Un seul regard , à travers la \u2018\u201c Cellophane \", et elle reconnaît son bacon préféré \u2014 celui qui fera un déjeuner savoureux, demain! Autant que possible, vous désirez assurément acheter de la viande bien empaquetée.C'est pourquoi on se sert de plus en plus de \" Cellophane\u201d: à travers l'emballage même qui protège, vous pouvez choisir votre viande ! Quand vous faites votre marché, achetez de préférence les produits protégés par la feuille de cellulose \u201cCellophane\u201d.prenez les viandes et autres aliments enveloppés par cette gs méthode moderne et plus pratique.** Cellophane '* est la marque déposée de E.I.du Pont de Nemours & Company pour la pellicule de cellulose.Au Canada, elle est fabriquée, en vertu d'un accord spécial, par Canadian Industries Limited.LE MICROBE AFFAME Comme j'allais chez le boucher Chercher de la saucisse, Je vis un microbe pleurer D'aujourd'hui l\u2019injustice.\"\u201d Pourquoi \u2018\" lui dis-je, pauvre vieux, As-tu l'air si triste, Pourquoi ces pleurs dans tes yeux, Serais-tu pessimiste 2 '* \u2018* Hélas, \u2018° dit-il dans un sanglot, \"\u201c Jadis j'étais allègre, De viandes j'avais tout un lot, Du poisson les jours maigres.Mais \"' Cellophane \u2018* m'interdit Tous les marchands en ville, Et de faim, je crève aujourd'hui, Sans un sou, sans asile.\u2018 TOILE BROCHURE GRATUITE POUR LES ENFANTS «+ +» Un nouveau Magazine de Johnny Microbe (en anglais) vient d'être publié.I! est rempli de dessins comiques en couleurs, de microbes à découper, de ri- meftes et de choses intéressantes.Demandez-en un exemplaire à la Canadian Industries Limited, Département LP-11, Section de la *' Cellophane '', Montréal.CELLULOSE FIL m - simplement un génie! Oh! si vous pouviez collaborer avec moi ! Je n'ai jamais rencontré personne voyant, comme vous, les problèmes sous le même angle et en même temps que moi.Je n'arrivais pas, ce matin, à venir à bout de ce patron, et, avec vous, nous l'avons exécuté en quelques instants, dans une réclame de thé de Chine, avec des ciseaux à ongles ! \u2014 Eh bien! Mettez-moi de nouveau à l'épreuve.Donnez-moi d'autres difficultés à résoudre.\u2014 Je vous prends au mot ! Ouvrons Chiffons et relevons les modèles les plus élégants.Voyez-vous, c'est une question de |premiére importance pour moi : je suis chargée d'habiller des femmes prenant part à un bal donné au profit de l'hôpital des enfants malades de Tern Cross.\u2014 Tern Cross?Mais c'est précisément à cette station que je descends.\u2014 Quelle chance ! Chez qui allez- vous ?\u2014 Je suis invitée chez de vieux amis de ma mère, qui s'occupent d'une ferme; c'est plutôt une visite de devoir qu'un divertissement.\u2014 Moi, je vais chez les Compton, des gens très gentils et immensément riches.Ils entretiennent l'hôpital, en grande partie, de leurs deniers.La nécessité d'ouvrir de nouvelles salles se fait sentir, et ils ont organisé, dans ce but, un bal costumé.Je suis déjà venue chez eux l'année dernière et ils m'ont télégraphié, ce matin seulement, pour me demander de m'occuper des toilettes modernes; tous les Compton ont de nombreuses relations : il vient des gens de Londres et des environs, bien entendu.Ils ont certainement de nombreuses invitées à demeure qui auront recours à mes services.Le temps presse et ce sera une vraie bousculade, d'autant plus que ma principale collaboratrice, souffrant de la grippe, m'a fait faux bond au dernier moment.\u2014 Combien de robes avez-vous à faire ?demandai-je.\u2014 Je travaille pour une maison de couture, et on désire me voir obtenir le plus de commandes possible.On escompte une importante publicité, Un spécialiste photographiera les toilettes et une femme reporter en donnera les descriptions.J'ai des malles remplies d'étoffes variées.Je crains seulement que le temps ne me manque.Nous nous mîmes de nouveau à l'ouvrage avec ardeur : dessinant, découpant, discutant sur divers problèmes techniques, au fur et à mesure qu'ils se présentaient.Le train s'arrêta dans plusieurs gares, mais personne ne nous dérangea, sauf le contrôleur.À mi-route, nous primes un instant de repos pour déjeuner : j'offris une partie de mes sandwiches à ma compagne et, de son côté, celle-ci me donna la moitié des fruits qu'elle avait apportés.\u2014 Ecoutez, me dit-elle soudain, il ne faut pas nous perdre de vue, si du moins vous partagez mon avis ?J'approuvai de très bon cœur et elle reprit : \u2014 Nous nous entendons si bien, n'est-ce pas ?Nous pourrions travailler ensemble avec beaucoup de profit.Je m'appelle Lucie Taylor.\u2014 Et moi, Elisabeth Moffat, ré- pondis-je.\u2014 Voici mon adresse à Londres, griffonnée sur cette page de carnet, conclut-elle.J'inscrivis la mienne sur le carnet même.\u2014 En attendant, continua-t-elle, nous pourrions nous retrouver pendant notre séjour à Tern Cross: La Revue POPULAIRE échangeons donc nos adresses provisoires.Nous reprimes chacune notre crayon, en riant.Notre gaieté prit fin brusquement .Nous venions de lire simultanément sur le feuillet que nous avions devant les yeux : « Tern Cross Manor, Tern-Cross-on-Wye, Hereford-shire.» \u2014 Mais.mais.mais.?bé- gayâmes-nous en chœur.\u2014 L'une de nous doit se tromper, ajoutai-je, nous ne pouvons aller toutes les deux a Tern Cross Manor?\u2014 En tout cas, moi j'y vais.\u2014 Moi aussi! confirmai-je, au comble de l'étonnement .Je suis invitée chez les Harrington.Ne m'avez-vous pas dit que vous étiez attendue chez les Compton ?Lucie Taylor éclata de rire et répondit : \u2014 Mais les Compton sont les Harrington ! Précisons : Mme Compton est née Julia Harrington; elle a épousé M.Jacques Compton et votre Mme Harrington est la mère de Mme Compton.\u2014 Pourtant, Mme Harrington est une personne âgée, qui mène une vie très tranquille.\u2014 Evidemment.C\u2019est Mme Compton qui organise toutes ces belles fêtes.\u2014 Ma mère, il y a des années, a fait un séjour chez les Harrington et elle m'a dit combien leur situation était modeste; la plupart des chambres de leur grande maison demeuraient fermées et le parc était en friche .Mes affirmations énergiques n'impressionnaient nullement Lucie Taylor.\u2014 En friche! Le parc est très bien entretenu : les pelouses rappellent le velours; leurs roses sont primées dans toutes les expositions; les étangs sont bordés de nénuphars; quant à la maison, elle s\u2019est agrandie l'année dernière d'une aile nouvelle, avec une vaste salle de danse et un billard.Le vieux M.Harrington est un des plus grands propriétaires terriens de la région et les parents de M.Compton possèdent de nombreuses fermes aux environs.Je regardai Lucie Taylor avec stupéfaction, ne pouvant douter de l'exactitude de ses renseignements.\u2014 Alors, demandai-je, ce bal costumé va être une réunion des plus élégantes ?\u2014 Je \u2018crois bien! Le cadre est luxueux et la société à l\u2019unisson.\u2014 Vous avez dit qu'il y aurait beaucoup d'invités à demeure, repris- je.Les femmes arborent sans doute des toilettes appropriées à toutes les heures du jour et de la nuit.Cette évocation me fit penser à ma robe .ma malencontreuse robe qui devait, d'après les prophéties de ma mère, produire grand effet à Tern Cross Manor ! .Quelle figure ferai- re ainsi vêtue, dans le milieu raffiné que Lucie venait de me décrire!.Je ne m'exposerai, à aucun prix, à une nouvelle humiliation ! \u2014 Je ne peux pas y aller ! éclatai- je, c'est impossible.Je vais descendre à la première station et rentrer directement chez moi.Lucie écarquilla ses yeux couleur de pensée et s'écria visiblement consternée : \u2014 Qu'y a-t-il?Que se passe-t-il ?Elle dut croire qu'elle se trouvait en compagnie d'une folle, échappée d'un asile.\u2014 C'est impossible, répétai-je.Je vais envoyer un télégramme pour m'excuser.\u2014 Nous ne nous arrétons plus avant Gloucester, c'est-à-dire presque au but. NovemBre 1937 \u2014 L'essentiel, c'est que je reparte avant que personne ne m'ait vue.Je croyais arriver chez des gens simples, vous m'apprenez quils sont riches, fastueux.\u2014 Je ne m'explique pas votre agitation, interrompit Lucie.En quoi la situation des Harrington peut-elle former un obstacle à votre visite ?\u2014 Je n'ai pas de robe, avouai-je d'une voix angoissée.\u2014 Ah! s'exclama-t-elle, je comprends maintenant.\u2014 Non ! répondis-je, personne ne peut comprendre sans avoir traversé une épreuve de ce genre.Cette fois, elle ne riait plus.Elle me regardait avec des yeux très doux, puis se penchant en avant, elle me caressa la main.\u2014 Allons, allons, dit-elle, il n'y a pas matière à tant vous inquiéter.\u2014 Je ne puis m'en empêcher, insis- tai-je.Vous voyez cette misérable petite valise ?Eh bien, c'est mon seul bagage ! Comment pourrai-je arriver à Tern Cross Manor avec cet attirail d'excursionniste ?\u2014 C'est juste.Mais, écoutez! \u2014 11 n'y a pas «d'écoutez» qui tienne.- \u2014 Comment pouvez-vous deviner?\u2014 Eh bien, j'écoute.Mais, je vous avertis, rien de ce que vous pourrez dire.\u2014 Petite entêtée !.s'écria-t-elle avec un si gracieux sourire que je cédai.\u2014 Voyons, questionnai-je.\u2014 D'abord, il faut venir au Manoir.Je n'ai pas l'intention de vous laisser vous dérober au moment où j'ai tant besoin de vous.Ne l'espérez pas! \u2014 Cependant ! .\u2014 Vous seule pouvez me tirer d'embarras : du succès de la mission qui m'est confiée dépend, en grande partie, mon avenir.Je vous l'ai dit, j'ai dans ma malle une provision d'étoffes diverses .À nous deux, nous n'aurons pas de peine à vous monter un trousseau irréprochable.\u2014 Mais ces tissus ne sont pas à vous, votre maison vous les a confiés dans un but déterminé, observai-je.\u2014 Ma maison ne fera aucune objection; elle m'approuvera au contraire de m'être assurée à ce prix, une collaboratrice si utile.Le nouveau directeur du service de la publicité est extrêmement capable : c'est lui qui a eu l'idée d'organiser cette réclame et il m'a donné carte blanche.Allons, c'est entendu, vous acceptez de m'aider ?\u2014 Suis-je vraiment à même de vous aider ?Je posai cette question très sérieusement et Lucie comprit que j'attendais une réponse précise.\u2014 Vous ne pouvez ignorer que vous avez un don très rare : un coup d'œil infaillible pour la ligne.\u2014 Oui, peut-être.\u2014 Rien de plus important, surtout quand il s\u2019agit d'habiller des personnes de taille et de corpulence différentes.\u2014 Oui .je suppose.\u2014 Eh bien, vous venez ?\u2014 Mais je n'ai pas de robe d'après-midi.\u2014 Je suis à peine plus grande que vous : vous trouverez dans ma garde- robe tout ce qu'il vous faut .Allons, dites oui.J'hésitais encore.mais je me sentais faiblir.Pour la forme, je me crus forcée d'insister sur un point déjà abordé : \u2014 Etes-vous bien sûre que votre maison .\u2014 Je prends tout sur moi.On a pour principe chez Grayley, de laisser aux employés une large marge d'initiative.\u2014 Chez Grayley?répétai-je en sursautant.\u2014 Oui, je suis modelliste au rayon des robes, chez Grayley.\u2014 Oh! Mon expression était si peu en rapport avec ce simple renseignement que Lucie me considéra avec stupéfaction.\u2014 Auriez-vous des préventions contre cette maison ?\u2014 Non, en aucune façon.J'ai été simplement surprise.Je ne m'étais pas imaginé.Je m'efforçai de donner une raison à mon trouble.En réalité, je pensais : il y a un nouveau directeur avec des idées originales pour la publicité.Kim ?naturellement ce ne pouvait être que lui! Un nouveau directeur de la publicité .Je tournais et retournais cette phrase dans ma tête sans arriver à conclure.Je fis un effort pour écouter Lucie qui disait : \u2014 M.Graham, le jeune directeur qui a organisé cette réclame, tient essentiellement à obtenir un grand succès pour son coup d'essai.Il me félicitera de m'être assuré votre concours.« M.Graham, directeur de la publicité .Pour son coup d'essai.» Chacun de ces mots me causait comme un choc cérébral, au fur et à mesure que Lucie les prononçait.Il fallait à tout prix éviter que Kim échouât dans sa première tentative.Si je pouvais, en travaillant avec cette jeune fille, contribuer au succès, m'était-il permis d'hésiter ?Je me penchai et pris la main de Lucie.\u2014 C'est entendu, j'irai chez les Harrington.Je ferai de mon mieux pour vous être utile.Il faut que cette entreprise soit un vrai triomphe; nous avons la volonté et le pouvoir qu'il en soit ainsi.CHAPITRE V Nous nous tenions devant le fourgon d'où l'on venait de retirer les malles de Lucie et nous nous informions auprès des employés de l'heure de la correspondance pour Tern Cross, quand un jeune homme de taille élevée, en costume de cheviote et en paletot de cuir, s'approcha de moi sa casquette à la main, et demanda du ton le plus engageant : \u2014 Mademoiselle Moffat ?\u2014 Oui, répliquai-je.En entendant ce bref dialogue, Lucie, qui donnait des instructions au porteur, se retourna vivement et s'écria : \u2014 Mais c'est M.Compton ! \u2014 Je vous cherchais également, mademoiselle Taylor, répondit le jeune homme.Comment allez-vous ?C'est une double prise! Vous avez donc voyagé ensemble ?J'ai la grande voiture pour vous ramener à la maison.Où est votre bagage ?Lucie indiqua d'un geste, les malles et les valises posées sur le quai.\u2014 Tout ceci est à nous, dit-elle d'un air détaché.Je me trouvais ainsi généreusement incluse dans la propriété de ce fastueux bagage au milieu duquel ma valise, grâce au camouflage de la housse, passait inaperçue.\u2014 On ne pourra pas charger le tout.Choisissez ce qui vous est essentiel et j'enverrai chercher les autres colis un peu plus tard, expliqua M.Compton.Julia a pensé qu'il valait mieux vous éviter le changement de train, en venant vous prendre ici en automobile.C'est un vrai privilège pour moi, mademoiselle Moffat, d'être le premier à vous souhaiter la bienvenue, ajouta-t-il, en se tournant vers moi.3 Ty \" QUELLE CHIC IDEE \u2014 oz afk C'EST SI PRATIQUE!\u201d \"QUI.FIGURE - TOI DONC; SEULEMENT $19.50 POUR UN SERVICE AUSSI COMPLET.\" COFFRET \u201c TRANSPARENCE \u201d de WM.ROGERS & SON SERVICE DE 34 MORCEAUX $1 9 50 .POUR HUIT PERSONNES Prix régulier .__ $2150 Une argenterie de grande valeur Voici une belle occasion de remplacer tout de suite votre coutellerie démodée .et cela tout en économisant.Le chic et élégant Coffret \u2018\u201c Transparence \u201d, de Wm.Rogers & Son, devance réellement tous les autres pour ce qui est de la commodité et de la protection de votre argenterie.Il se glisse très facilement dans le tiroir de votre buffet ; il est une sorte de cabaret pour transporter votre argenterie et il la tient bien enfermée.Il est recouvert d'un tissu intachable.Et quelle valeur pour le prix ! 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À partir de ce moment, les incidents de l'accueil se succédèrent si rapidement qu'il ne me resta pas un instant pour mes mornes réflexions.\u2014 Débarrassez-vous de vos chapeaux et de vos couvertures, dit Reggie, en m'aidant à enlever le manteau de fourrure qu'il jeta, sur le bras tendu du valet de pied.Julia, cria-t-il, en s'approchant de l'escalier qui s'élevait au milieu du hall jusqu'à la galerie circulaire.Julia, où diable te caches-tu ?\u2014 Comment, Reggie, tu es déjà de retour ?répondit une voix harmonieuse provenant du premier étage.Ramènes-tu Mlle Moffat et Lucie.\u2014 Naturellement ! Elles attendent ton bon plaisir.Descends immédiatement.Un trille de rires précéda la réponse.\u2014 Je suis prisonnière.Jacques s'évertue à ajuster le fermoir de mon collier et m'interdit tout mouvement, en proférant de terribles menaces.Bonsoir, mademoiselle Moffat.Je levai la tête et j'agercus de grands yeux bleus qui me regardaient par-dessus la balustrade.\u2014 Bonsoir, répondis-je en riant.\u2014 Maintenant que jai vu votre jolie visage, continua mon interlocutrice, je ne pourrai plus vous appeler Mademoiselle, je vous appellerai Lis- beth.Vous permettez que je prenne cette liberté ?\u2014 Vous n'avez pas besoin d'autorisation, dis-je gaiement.\u2014 Je la demande toujours .C'est plus joli.\u2014 Mais personne ne vous refuse jamais rien.\u2014 Je voudrais bien voir qu'un téméraire s'y essayât ! Après avoir échangé avec.Lucie un dialogue sur le même ton, Mme Compton nous invita à monter la rejoindre.Nous la trouvâmes debout au haut de l'escalier : elle portait une robe de velours gris pâle, un collier de perles autour du cou et un filigrane d'or tressé dans ses cheveux.Elle nous tendit les deux mains et serra les nôtres simultanément.\u2014 Excusez-moi de ne pas vous avoir fait monter directement mais j'ai été forcée d'attendre que la lutte entre Jacques et mon fermoir eût pris fin.Dès que quelque chose ne marche pas à son gré, il devient impossible.Jacques chéri, tâchez de paraître aimable, même si vous ragez intérieurement ! ous échangeâmes une poignée de main cordiale avec le mari de Julia, le meilleur hommc du monde, si on en jugeait par l'apparence.Au bout de quelques minutes, Julia nous conduisit à nos chambres.\u2014 Je suis ravie que vous soyez déjà bonnes amies, dit-elle en nous faisant pénétrer dans une grande pièce élégamment meublée et donnant sur une seconde, plus petite.Comme je suis un peu à court de place, je vais vous demander, au lieu de vous confiner chacune dans votre chambre, de partager la jouissance de cet appartement complet.Lucie, avez-vous apporté d'importants ballots ?\u2014 J'ai raflé chez Grayley ce qu'il y avait de mieux.\u2014 Je savais que je pouvais compter sur vous.Nous avons eu la preuve, Lisbeth, l'année dernière à l'occasion du bal, des remarquables capacités de cette brillante personne.\u2014 Vous serez encore plus étonnée quand vous verrez Mlle Moffat à l'œuvre ! Elle m'a déjà prêté une aide précieuse.\u2014 Ou?Quand?\u2014 Dans le train, pendant le trajet.Nous avons mis la main sur une perle rare.\u2014 Et vous serez assez bonne pour nous accorder votre concours?demanda Mme Compton avec anxiété, en se tournant vers moi.\u2014 J'y suis toute disposée ! répon- dis-je.\u2014 Vous devez être un as dans la spécialité pour que Lucie vous porte aux nues.La \u2018conversation fut interrompue par l'arrivée d'une jeune femme de chambre francaise qui se présenta avec désinvolture.~ Voici Jacquette! dit Mme Compton, qui va vous entourer de sa sollicitude avisée.Maman éprouve une véritable joie de faire votre connaissance.Depuis une semaine, maman nous parle de sa jeunesse au souvenir de laquelle vos parents sont intimement mêlés.Elle n'avait pas tort de dire que si vous- ressembliez à votre mère, vous deviez être très jolie !.Elle nous quitta alors, en nous envoyant un baiser de la main.Mon attention avait été éveillée, en entendant Mme Compton confier à la femme de chambre le soin de m'aider dans ma toilette : je ne me rendais pas compte, en effet, comment il serait possible à Lucie de procéder à la répartition de sa garde-robe, à mon bénéfice, sans faire naître des soupçons.Cette préoccupation n'était que trop fondée : dès que nous fû- mes arrivées dans nos chambres, Jac- quette me demanda de lui donner les clés de ma malle, pour lui permettre de préparer mes affaires !.Prise de court, j'eus un moment d'hésitation.Par bonheur, Lucie intervint opportunément et dit avec le plus grand sang-froid : \u2014 J'ai oublié de vous rendre vos clés, Lisbeth, et pour ne pas les égarer, je les ai jointes aux miennes.Voici le trousseau, ajouta-t-elle, en le passant à Jacquette.Puis elle indiqua, de la main, deux grandes malles, en spécifiant : \u2014 Voici celle de Mlle Moffat et voilà la mienne.Les couvercles soulevés, Jacquette s'informa de nos intentions : quelles toilettes porterions-nous ce soir-là ?\u2014 Pour nos débuts à Tern Cross Manor, reprit vivement Lucie, je suis d'avis que nous cherchions à former un ensemble harmonieux : si vous mettiez votre robe bleu de lune, Lis- beth, je porterais ma robe de soie grise ?J'approuvai ce choix sans me faire prier et Lucie conclut : \u2014 Vous trouverez, Jacquette, dans le premier casier de nos malles respectives, ces deux toilettes ainsi que la lingerie appropriée.Veuillez étaler le tout sur nos lits, nous prendrons ensuite notre bain et je vous sonnerai quand nous aurons besoin de votre collaboration.Une fois seules, nous nous regardâmes en riant.Lucie dit : \u2014 Profitons de ce répit pour voir si la robe en question est à votre taille.\u2014 Lucie, balbutiai-je, vous êtes la huitième merveille du monde! Si vous ne m'aviez pas coupé la parole, mon bégaiement nous aurait sans doute trahies.\u2014 J'ai l'habitude de la dissimulation, répondit-elle ironiquement.Du matin au soir, je dois déployer des trésors d'ingéniosité pour détourner les douairières d'arrêter leur choix sur des toilettes convenant à des sylphides de dix-huit ans ! Maintenant, mon enfant, disparaissez dans la salle de bain.Une rapide ablution, n'est-ce pas, car nous pouvons être forcées de faire quelques retouches, après l'essayage.Je me déshabillai en un rien de temps.Après une rapide friction, je m'enveloppai dans un kimono et je revins dans la chambre.~ Est-ce croyable que notre connaissance date d aujourd'hui, dis-je .Bien plus, nous n'avons même pas été présentées régulièrement l'une à l'autre.\u2014 En effet, c'est une authentique aventure, dit-elle.Eh bien, de temps à autre, l'âme a besoin d'imprévu ! Je m'approchai du miroir de la coiffeuse, pour enlever mes épingles.\u2014 Miséricorde ! Vos cheveux ne sont pas ni coupés, ni frisés, ni tondus!.Je m'en aperçois pour la première fois.Comment se fait-il que vous ayez échappé aux ciseaux ?\u2014 Maman ne le désirait pas et.Je m'interrompis brusquement.J'avais été sur le point d'ajouter : «Kim, non plus, n'était pas partisan.» Je rectiriai vivement : \u2014 C'est peut-être aussi par vanité : j'ai beaucoup de cheveux et je ne me résignais pas à les offrir en holocauste ! \u2014 Vou êtes unique dans votre genre : rêve et tradition ! Je prévois que je vais vous préparer une crinoline.Elle rassembla à la hâte ses éponges, son peignoir et ses serviettes et sortit en riant toujours.Quand Lucie revint, elle me trouva prête.J'enfilai la robe bleu de lune .Elle était ravissante et, par chance, presque à ma taille.Lucie opéra quelques retouches insignifiantes et personne ne se serait douté que cette toilette n'avait pas été faite sur mesure.Pour la première fois de ma vie, je me voyais vêtue avec une élégance raffinée et coiffée à la perfection.La vérité m'oblige à dire que le visage ne déparait pas l'ensemble.Je demeurai comme pétrifiée devant la La Revue PoPuLAIRE silhouette que me renvoyait la glace.Etait-ce bien moi! Lucie qui s'était approchée, manifestait un enthousiasme débordant.\u2014 La grâce personnifiée ! s'écria- t-elle.Ma chère mademoiselle Moffat, cette toilette vous sied à merveille : ce bleu lunaire fait ressortir l'éclat de vos yeux, le brillant de vos cheveux et la finesse de votre peau.Je me tournai de son côté et, en proie à une sorte d'égarement, je m'exclamai : \u2014 Lucie.Je suis jolie.C'est une révélation pour moi.Je suis joie ! Une demi-heure nous séparait encore du dîner et seuls M.et Mme Harrington, Julie et Jacques Compton nous avaient précédées au salon.Le ménage Harrington me fit l'acceuil le plus affectueux : leurs manières réservées formaient contraste avec l'exubérance et la spontanéité de Julie.Mme Harrington, de taille moyenne, avait conservé une tournure élancée, mais son ample robe de taffetas noir datait du temps de la reine Victoria; ses cheveux argentés toutefois, au lieu de pendre en boucles le long du visage, étaient relevés au sommet de sa tête, en forme de couronne.Une dentelle noire d'une grande finesse recouvrait le tout.on expression était très douce et sympathique.M.Harrington, par contre, n'avait pas un physique avantageux : il était grand et maigre, anguleux; ses cheveux tout à fait blancs et encore abondants étaient rejetés en arrière.Îls rivalisèrent d'attentions pour moi et d'intérêt pour ma famille; ils s\u2019étendirent sur la visite que maman leur avait faite autrefois et me racontérent plusieurs incidents a ce propos; ils me dirent que je leur rappelais tout à fait maman à cette époque, après avoir vanté sa beauté et sa grâce.Evidemment, l'élégante toilette de Lucie n'avait pas perdu son pouvoir magique ! Je demeurai assise auprès des Harrington jusqu'à l'arrivée des autres convives auxquels je fus successivement présentée.Je me trouvai bientôt entraînée dans un cercle de jeunes gens et de jeunes filles.Je surmontai rapidement ma timidité initiale et pris part bientôt à l'animation générale.Il me fallut faire un effort pour chasser les pénibles souvenirs où j'étais enlisée depuis la veille et ne rien laisser paraître de mon chagrin : je dépassai ainsi le diapason de ma gaî- té ordinaire et je ne me rappelle pas avoir été aussi brillante.Le quart d'heure critique, précédant l'annonce du dîner, se passa admirablement.Au bout d\u2019un moment, je m'aperçus que j'étais - entourée exclusivement e représentants du sexe fort : ils rivalisaient d'esprit pour attirer mon attention et se disputaient courtoisement une marque de préférence de ma part.À leur tour, comme moi tout à l'heure devant la glace, ils devaient avoir découvert que j'étais folle! A n'en pas douter, j'avais du succès.C'est curieux comme l'encens monte à la tête.| éprouvais un sentiment de triomphe, en me répétant intérieurement : de voudrais que Kim me vit.Qu'il entendit les compliments dont ces jeunes gens.» De toute façon, je me laissai griser par tant de succès et j'ai peur d'avoir flirté beaucoup plus que je n'en avais l'intention.Quelques instants avant que l'on annonçât le dîner, Reggie Compton fit son entrée et jeta un coup d'œil autour de lui.M'ayant aperçue, il marcha droit vers moi.dispersa d'un geste le bataillon de mes admirateurs et m'offrit son bras, en disant : SE NOvEMBRE 1937 \u2014 J'ai mission de vous escorter à table.Presque simultanément le gong résonna et nous pénétrames ensemble dans la salle a manger.Reggie se pencha et murmura a mon oreille : \u2014 Ces jeunes gens ont profité de mon absence pour prendre position ! Maintenant c'est mon tour, ajouta-t-il en riant.Le repas fut extrêmement gai et, à la fin, Reggie et moi étions devenus une paire d'amis.Au cours de la soirée, Reggie ne me quitta guère et mes autres cavaliers se plaignirent de ce monopole.Le lendemain matin, le comité d'organisation se réunit sous la présidence de Julie Compton : Lucie, moi et deux autres jeunes filles fiimes appelées à en faire partie.On distribua le travail: une section devait s'occuper des costumes du bal masqué et l'autre des toilettes modernes.Lucie prenait la direction de l'atelier et on m'adjoignit à elle comme première collaboratrice : en manière de consécration, Julie m'investit d'ordres divers où le dé et l'aiguille tenaient lieu d'armes.Reggie Compton offrit ses services et fut nommé directeur de la scène; Jacques Compton se proposa pour contrôler les initiatives de Julie au point de vue financier, afin d'éviter la banqueroute ! Julie avait mis au premier étage à la disposition du comité une longue salle dont une vaste table occupait le milieu; des machines à coudre, des guéridons, des paniers à ouvrage contenant un assortiment complet de fils, d'écheveaux de soie, d'aiguilles, de ciseaux, se trouvaient répartis dans tous les coins.Le travail préparatoire était accompli dans notre appartement : Lucie et moi choisissions parmi les pièces d'étoffe, contenues dans sa grande malle, les tissus adaptés à chaque patron puis nous portions le tout, à l'atelier, sur une table spéciale devant la fenêtre, pour couper chaque robe.Lucie avait un don pour trouver, sur-le-champ, le style convenant à la taille, à la tournure et à l'âge des personnes appelées à porter les toilettes, L'expérience de Lucie développa rapidement mon instinct pour la couture et la confiance qu'elle me témoignait me donna une assurance nouvelle.Lucie insista, à plusieurs reprises, pour m'abandonner un pourcentage sur ses appointements.\u2014 Jamais de la vie, dis-je, c'est moi, au contraire, qui devrais vous payer comme apprentie.\u2014 Vous voulez rire, mon enfant ! Je pense sérieusement à vous proposer de nous associer; je crois qu'à nous deux nous ferions de la bonne besogne.\u2014 Oh! Lucie! Voilà qui serait merveilleux, mais est-ce qu'il ne faut pas beaucoup d'argent pour s'installer & son compte ?.Je n'ai pas un sou, soupirai-je.\u2014 Je dispose \u2018une petite réserve.\u2014 Mais n'êtes-vous pas engagée chez Grayley ?\u2014 Mon contrat avec eux est arrivé à expiration et je ne l'ai pas renouvelé.J'ai depuis longtemps l'idée de m'établir et maintenant que je vous ai rencontrée, de nouvelles possibilités m'apparaissent.La perspective d'une association avec Lucie me plongeait dans une rêverie délicieuse : déjà, je nous voyais, habillant les membres de la famille royale ! Pendant plusieurs jours, nos occupations se déroulèrent sans heurt et sans secousse, quand au soir, au moment du dîner, un événement inattendu se produisit : j'étais au salon, en compagnie de mon fidèle serviteur Reggie et nous causions avec un groupe d'invités à demeure.Soudain, la porte s'ouvrit toute grande pour laisser passage.à Cynthia Sherbrooke ! J'avais une réplique sur les lèvres, mais elle demeura en suspens.tandis que je tenais mon regard fixé sur la nouvelle venue.Cynthia Sherbrooke !.La personne du monde que j'attendais le moins.À la seule vue de son imposante silhouette, de sa démarche appuyée, de son port de tête hautain, tout le léger édifice de mes heureuses dispositions s'écroula, comme un château de cartes.Le premier moment de surprise passé, je m'aperçus que la nouvelle venue guettait l'effet de sa présence sur moi.Je fis un effort pour reprendre mon sang-froid.Cynthia, après avoir salué les maîtres de la maison, s'approcha de moi, et me tendit la main, en me toisant d'un air protecteur qui, quinze jours auparavant, m'aurait probablement anéantie.Ce soir-là, je soutins son regard sans ciller! Ma robe de soie bleue, mes cheveux brillants et coiffés avec art, mes mains soignées me donnaient une assurance nouvelle : Cynthia dans toute sa splendeur ne m'impressionnait aucunement.Bien plus, le souvenir du désastre dont elle avait été la cause indirecte me rendit agressive et je pensais : « Je suis curieuse de m'assurer par moi-même des ressources de cette nature supérieure .Je vais essayer de relever le défi.» Nous étions tous debout et la conversation générale se maintenait pleine de vivacité.Dès les premières escarmouches, elle ne m'éclipsa d'aucune façon.Probablement en mon honneur, elle commença par faire allusion au bal de Little Tenby et à la Chambre de Commerce, sur un ton d'ironie outrée; elle décrivit, en poussant à la caricature, quelques silhouettes des personnes de condition modestes qui prenaient part à la fête, à laquelle elle avait été conviée.À sa grande surprise, ce déploie- forment d'esprit caustique n'obtint aucun succès : les jeunes amis de Julia, sous leur \u2018apparence frivole, étaient des gens de cœur.Cynthia Sherbrooke s'apercevant qu'elle aurait mieux fait de s'abtenir de se moquer des habitants de Little Tenby, c'est-à-dire d'un clan dont je faisais partie, se répandit en excuses et en protestations d'amitié.Pour rien au monde, ajouta-t-elle, elle ne voudrait m'offenser.Ce manque de tact m'avait laissée complètement indifférente et je n'eus pas de peine à prendre la chose en riant.A partir de ce moment, Mlle Sherbrooke ne cessa pas de m'accabler de compliments.Je n'aurais pas cru qu'elle pût se montrer aussi charmante.Je fus frappée toutefois de constater qu'elle ne fit pas la moindre allusion à Kim\u201c ce silence systématique m'intriguait.Aurait-elle eu vent de notre querelle et voulait-elle ménager mes sentiments?Elle nous quitta ensuite pour aller dire un mot à Mme Compton, puis elle alla s'asseoir sur un canapé d'angle.Elle chercha alors le regard de Reggie et lui fit signe de venir la rejoindre .Celui-ci se tenait à mes côtés .L'instant d'après, il traversa la pièce et prit place sur le canapé.Cynthia appuya aussitôt sa main sur le bras du jeune homme, comme pour en prendre possession, ne laissant subsister aucun doute sur leur degré d'intimité.Cette révélation me fut pénible et je dus reconnaître que Mlle Sher- L= mains douces et jeunes \u2014 les mains romantiques \u2014 ont des cellules très riches en humidité.Tel n'est pas le cas pour les mains vieillies.Vous n'ignorez pas que, \u2014 chaque jour, \u2014 le vent, le froid, et même le simple contact de l'eau ont tendance à assécher les mains.Soyez prudente, car vos mains pourront ainsi vieillir rapidement \u2014 elles deviendront beaucoup plus rudes au toucher ! 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Machinalement je lui pris le bras.En réalité le pauvre Reggie était loin de ma pensée.Je me répétais intérieurement : « Kim, vous vous êtes complètement trompé ! Je n'ai pas besoin d'aller à l'école.Malgré Cynthia, j'ai du succès pour mon propre compte ! » En avançant, absorbée dans ma satisfaction égoïste, mon regard se croisa avec celui de Cynthia Sherbrooke.Je fus littéralement effrayée par l'expression de ses grands yeux bleus.une expression si froide, si dure, si furieuse.Ses lèvres serrées complétaient sa physionomie bouleversée.En dépit des protestations d'amitié qu'elle venait de me prodiguer, je perdis toute illusion sur la nature des sentiments que j'inspirais à Mlle Sherbrooke.CHAPITRE VI ETTE rencontre avec Cynthia Sherbrooke eut sur mon moral une répercussion tout a fait inattendue : mes sentiments pour Kim changèrent du tout au tout; mon indignation diminuait graduellement et ma rancune s'apaisait.Peut-être fallait-il attribuer cette amélioration au réconfort que j'éprouvais non seulement de mon succès mondain en général, mais surtout de ma suprématie bien établie sur la personne sous la férule de laquelle Kim se proposait de me placer.J'avais été si blessée, si humiliée, si malheureuse, que mon récent triomphe féminin était sans doute en grande partie la cause, assez mesquine en réalité, de mes\u2019 dispositions plus indulgentes.De toute façon, il m'apparut soudain que la susceptibilité dont j'avais fait preuve envers les conseils de Kim était disproportionnée : en tout cas, cet épisode ne méritait pas d'aboutir à une grave querelle.Maintenant que j'avais donné la mesure de mes moyens, je pouvais bien mettre ma fierté sous mes pieds et écrire une petite lettre à Kim.Je lui ferais comprendre que j'étais prête à venir à composition : « Oh! Kim chérie, pensai-je, c'est affreux d'être brouillée avec vous ! D'autant plus que je puis être comme vous le souhaitez.Je ne suis pas incapable de vous aider dans votre carrière.Non seulement j'ai du succès auprès des hommes, mais je gagne aussi la sympathie féminine; je suis en bons termes avec toutes les femmes de la maison, Cynthia exceptée.» Ma magnanimité allait même jusqu'à me faire envisager la possibilité d'arriver, un jour, à être amie avec Cynthia aussi.De son côté, Mlle Sherbrooke faisait tout ce qu'il dépendait d'elle pour gagner mon amitié.J'étais montée dans ma chambre de bonne heure car je désirais réfléchir en paix.Je | me rappelais combien Cynthia s'était montrée gracieuse à mon égard pendant le dîner.Seul le regard qu'elle m'avait jeté au moment où nous nous mettions à table venait déparer ces LA Revue PopuLAIRE souvenirs riants, mais je n'étais pas très sûre que je ne l'avais pas interprété à la lumière de mon imagination.Tout bien pesé, elle n'était évidemment pas responsable si Kim la considérait comme l'arbitre des élégances.I] avait dû tirer ses conclusions de son propre cru et Cynthia ne se doutait vraisemblablement pas du rôle qu'il lui destinait.Du moins, il me paraissait probable qu'il s'était contenté de lui exprimer le désir de nous voir devenir bonnes amies, sans mettre les points sur les i.J'étais amenée ainsi à penser qu'elle n'avait aucunement conscience d'avoir été la cause de l'effondrement de mon bonheur : autant s'en prendre à l'agneau qui vient de naître ! Assise devant un petit bureau, je m'efforçais, avant de prendre la plume, de me mettre dans une disposition d'esprit tout à fait équitable : J'y réussis plus facilement que je ne l'aurais cru.Le point que je venais de marquer contre Cynthia a dû sans doute, je le répète, avoir une influence prépondérante sur mon jugement.On est, en effet, généralement porté à l'indulgence quand on se trouve en face d'un ennemi vaincu.Finalement, je commençai ma lettre à Kim : « Mon cher Kim.» Je n'allai pas plus loin.Cette rédaction était - elle appropriée ?Avais-je le droit d'écrire mon Kim ?Je tournai et retournai la question dans ma tête.Les souvenirs me revinrent en foule.Oui, naturellement : de tout temps il m'avait appartenu, il m'appartenait encore ! Aucune autre femme n'occupait sa pensée.L'intervention de Cynthia Sherbrooke dans notre vie n'avait pas été provoquée par des raisons sentimentales : il était hors de question qu'il fût amoureux d'elle.J'avais écrit : « Mon cher Kim » et ma lettre débuterait bien par ces mots.Ce point acquis, je me préparais à continuer quand Lucie entra, en trombe, dans la pièce.\u2014 Lisbeth! s'écria-t-elle.Oh! vous êtes occupée ?pardon ! \u2014 Rien d'important, répondis-je, en constatant son extrême agitation.\u2014 Il vient de me tomber une tuile sur la tête, ma chère.Il y a des gens qui ont la spécialité de vous mettre les bâton dans les roues, reprit Lucie en soupirant à fendre l'âme.\u2014 Au nom du ciel, expliquez-vous?L'attitude de Lucie contrastait si complètement avec le caractère si calme, si mesuré dont elle avait fait preuve depuis notre arrivée que je demeurai stupéfaite.Elle se mit à rire et dit, en manière d'excuse : \u2014 La présence de cette femme me produit invariablement cet effet.\u2014 Quelle femme ?De qui voulez- vous parler ?\u2014 De Mille Sherbrooke.N'avez- vous pas eu l'occasion de remarquer comme moi que certaines pe-sonnes vous portent sur les nerfs, vous prennent à rebrousse poil, vous donnent envie de leur être désagréable ?Elle s'était exprimée avec tant de véhémence qu\u2019elle dut s'arrêter pour reprendre haleine.\u2014 Oui, répondis-je, je vois ce que vous voulez dire.Mais quel motif Mlle Sherbrooke vous a-t-elle donné pour vous mettre dans un état pareil?\u2014 Je viens de l'atelier où je lui ai soumis l'étoffe dont j'avais fait choix pour sa robe et elle s\u2019entéte a déclarer qu'elle ne lui plait pas.Elle a émis cet arrêt, en fixant sur moi le regard glacé de ses grands yeux.Je me sentais exaspérée.\u2014 Doit-elle donc paraître en costume ? NOVEMBRE 1937 \u2014 Je pense bien ! confirma Lucie en levant les bras.\u2014 Ne pourrait-on lui faire comprendre à demi-mot que la question se trouverait réglée si elle voulait bien se dispenser de participer à ce tableau ?: \u2014 Que proposez-vous, mon enfant ?Ne pas donner un rôle de premier plan à Mille Sherbrooke ?Inimaginable ! \u2014 Pourquoi ?.grande fortune?\u2014 Entre nous, Lisbeth, je ne la crois pas tellement riche.~-On m'avait dit que son père était un des gros profiteurs de la guerre.\u2014 En effet.Mais on a déja entendu parler de spéculations matheu- reuses, de dépenses extravagantes.Remarquez que je n'ai aucun renseignement précis.C'est une simple imt pression personnelle.Je vous recommande donc une discrétion absolue.\u2014 Entendu ! \u2014 J'espère, d'ailleurs, que je me trompe.Mlle Sherbrooke dispose d'un crédit illimité chez Grayley.L'avenir décidera, mais pour le moment, c'est de ne pas avoir obtenu son approbation pour l'étoffe de sa robe qui me préoccupe .Ma chère, continua Lucie, en se tenant la tête comme si elle voulait s'arracher les cheveux, si vous étiez au courant des instructions qui m'ont été données à son sujet, vous ne vous étonneriez pas de me voir sombrer dans le découragement ! \u2014 De qui tenez-vous ces instructions ?demandai-je assez intriguée.\u2014 Mille Sherbrooke est une des meilleurs clientes de Grayley et elle a promis d'user de son influence auprès des journalistes pour obtenir une importante publicité, en faveur des toilettes exécutées par notre maison.Les ordres sont stricts : je dois satisfaire tous les caprices de Mlle Sherbrooke : « Oui, mademoiselle \u2026.Certainement .Vous avez bien raison, mademoiselle !.» Une grimace expressive mit fin à ce monologue.\u2014 Je me rends compte, Lucie, maintenant, des difficultés de votre mission.\u2014 Ah! soupira Lucie, quand des questions sentimentales se mêlent aux exigences du commerce, tout devient compliqué.Pour contenter l'élégante cliente qui sera peut-être demain sa fiancée, notre chef de service me demande l'impossible.\u2014 J'ignorais que Cynthia Sherbrooke fût fiancée avec un des directeurs de Grayley, murmurai-je en m'efforçant de dissimuler mon émotion.\u2014 Ce n'est pas officiel, en réalité M.Graham n'a pas encore été nommé directeur.Personne ne doute, toutefois, chez nous, que ces deux événements se produiront un jour ou l'autre.Lucie ajouta quelques précisions, mais je n'écoutais plus .Les battements de mon cœur étaient soudain devenus irréguliers et dans l'intervalle, ma vie semblait suspendue.M.Graham.Cynthia Sherbrooke.Fiancés!.Sans se douter de rien, Lucie Tay- A cause de sa lor continuait son récit dont je saisis- - sais quelques mots au vol.La tête me tournait.Je jetai un regard à la dérobée sur la feuille de papier que j'avais placée dans le buvard : « Mon cher Kim,».Mon cher Kim.Mon! \u2014 Leur entente paraît remonter à la nomination de M.Graham comme chef de service, déclarait Lucie.Aussi, pendant que Kim m'écrivait pour faire ressortir les conséquences - qui découleraient de son avancement, au point de vue de notre avenir, il faisait la cour à une autre femme.Ce n\u2019était pas possible ! Lucie parlait toujours : \u2014 D'après les bribes de conversation surprises par une essayeuse, M.Graham se trouvait plus ou moins engagé avec une jeune fille habitant la campagne .Il a dû réussir à s'en dépêtrer, heureusement pour lui.A ce moment Lucie, qui était assise sur mon lit, se leva et dit : \u2014 Je prévois, Lisbeth, que je me trouverai forcée d'employer pour Mille Sherbrooke l'étoffe bleue que je vous réservais.Ne serez-vous pas terriblement déçue ?\u2014 Ma chère amie, ne vous gênez pas, je vous en prie, murmurai-je.Elle m'a déjà dépouillée de tous mes biens ! \u2014 Je ne suis pas bien sûre d'avoir prononcé ces derniers mots assez haut pour que Lucie les entende.Quoi qu'il en soit, elle ne les releva pas.Elle se contenta de me remercier de lui faciliter la solution de ce conflit.Je jetai au feu les morceaux de ma lettre interrompue et je me déshabillai.Une fois couchée, mes pénibles souvenirs m'assaillirent avec plus d'acuité encore : j'avais beau essayer de me leurrer, en me disant qu'une pareille conduite de la part de Kim était impossible, les faits suffisaient à me suggérer des doutes qui me torturaient littéralement.A mon réveil, je ne me sentais pas la force d'arriver au bout de la journée, mais un travail intensif ne me laissa pas, par bonheur, les loisirs de m'abandonner à mon chagrin.Je me précipitai, tête baissée, dans chaque occupation qui se présentait, et j'y trouvai le même soulagement que certains malades demandent à la morphine : mes pensées, mes peines étaient comme engourdies.Ce soir-là, après diner, Julia improvisa une sauterie.La première répétition des tableaux costumés devait avoir lieu le lendemain et la maîtresse de la maison nous assura que ce serait la meilleure préface aux nouveaux efforts qui allaient être exigés de nous.La salle de bal se trouvait déjà aménagée pour la réception et vers dix heures toute la compagnie y pénétra.Reggie vint m'inviter aussitôt : quand nous eûmes fait le tour de la salle, je m'aperçus que mon partenaire n'avait pas son animation habituelle et je lui en exprimai ma surprise.\u2014 Qu'est-ce qui vous arrive, Reggie ?demandai-je.Vous avez la tête d'un juge en perruque.Il me regarda dans les yeux avec une gravité inaccoutumée.\u2014 Dois-je vous faire cette confidence, dit-il d'une voix sourde comme s'il se parlait à lui-même.Tout en dansant, il m'entraîna vers une des portes, puis le long d'une galerie donnant sur le hall.Finalement me laissa tomber sur un canapé placé en retrait de l'escalier et prit place à mes côtés, en disant : \u2014 Lisbeth.C'était la première fois qu'il m'appelait par mon prénom.Ül reprit : \u2014 Lisbeth! Etes-vous fiancée ?Cette question me fit l'effet d'un coup de tonnerre : je m'attendais si peu à l'entendre de sa bouche ! Je rougis violemment.Il le remarqua et ajouta vivement : \u2014 Je ne vous interroge pas par simple curiosité.Voyez-vous un inconvénient à me répondre ?Son regard était posé sur moi avec une intensité presque pénible .J'en demeurai effrayée.Contient la \u201csolarisée\u201d 31 Au service de la beauté Un Savon \u201cSolarisé\u201d pour le Teint \u2019 Pour garder & la peau santé et beauté, le Woodbury contient maintenant la Vitamine D \"à base de soleil\" AVEC chaque savon Woodbury, vous achetez une grande quantité de Vitamine D.l\u2019élément \u2018\u2018à base de soleil\u2019.Cette vitamine protège la santé de la peau, lui redonne toute sa vigueur.Désormais, votre bain matinal vous procure cette vitamine solaire., que le Savon facial Woodbury fait pénétrer directement dans votre peau.Vous savez que le corps ne peut se passer des rayons solaires.Voici ce qui vous fera mieux comprendre : votre peau contient une substance appelée ergosterol.Dès qu\u2019ils touchent votre peau, certains rayons solaires transforment cette substance en Vitamine D.Vous trouvez maintenant cette précieuse vitamine dans le Woodbury .le savon de beauté célèbre depuis plus de deux géné- Vitamine D = rations comme reconstituant de la peau.La mousse du Woodbury permet à votre peau d\u2019absorber la Vitamine D.Des expériences faites par une grande université l'ont démontré.Il est évident que les bains de soleil pris en été sont excellents.Mais toute l'année, les bains au Woodbury sont à votre portée, vous pouvez profiter de cet indispensable ingrédient \u2018\u2018à base de soleil\u2019.Contre les affections cutanées Servez-vous tout de suite du Woodbury pour vos bains.Remarquez comme votre peau s\u2019embellit de jour en jour ; comme vos pores sont moins ouverts ; comme votre peau devient de plus en plus douce.Avec le Woodbury, votre teint a meilleur apparence, il est plus sain.Le Woodbury, qui ne se vend que 104, est durable, économique.En vente dans les pharmacies, magasins à rayons, bazars et épiceries.Savon Facial Woodbury manon FABRICATION CANADIENNE 32 Consultez Toujours Votre Médecin Ordinaire avant de donner aux enfants des medicaments dont vous ne connaissez ni la formule ni l\u2019origine ! Je tiens à examiner les médicaments que vous lui achetez.prudence est mère de sûreté ! ® rr FE re Soyez certain, mon cher docteur, que je ne lui donne jamais de remèdes sans d\u2019abord obtenir votre avis ! ON EE Se droguer à l\u2019aveuglette est, certes, imprudent \u2014 mais administrer aux tout petits un remède dont on ne connaît ni la formule ni l'origine, c'est tout à fait inexcusable.Si alléchant que soit son prix, vous n'aurez jamais fait une bonne affaire.On doit toujours consulter le médecin.\u2014 de petits comprimés aromatisés à la menthe .de vrais bonbons ! Chacun d'eux est l'équivalent d'une cuillerée à thé du liquide \u2014 25¢ la boîte de 30.Mais \u2014 ce qu'il ne faut pas oublier, c'est de dire \u2018\u201c PHILLIPS\u201d et d'exiger la marque d'origine.Considérons, par exemple, le \u2018lait de magnésie \u201d si communément administré aux enfants.La marque que le public et la Faculté connaissent depuis 50 ans, c'est le \u201c Lait de Magnésie PHILLIPS © \u2014 et c'est elle qu'il faut demander au pharmacien \u2014 parce qu'elle n'offre aucun danger pour les enfants.FABRICATION CANADIENNE 4 REINE 7 muk 7 Fi ac @ ler Les bambins préfèrent parfois le = PHILLIPS sous sa nouvelle forme Lait de Magnésie PHILLIPS EECSCHR CEHCECSKKER COUPON D'ABONNEMENT D'OFFRE SPECIALE Poirier, Bessette & Cie, limitée 975, rue de Bullior Montréal, P.Q.Ci-joint veuillez trouver $2.00 pour un abonnement de DEUX ans à la REVUE POPULAIRE (Pour le canada seulement).Nom La Revue Populaire \u2014 Non, bégayai-je, je ne suis pas fiancée .seulement.\u2018 \u2014 C'est bien ce qu'on m'avait dit! s'écria-t-il avec une expression tragique.\u2014 Qui donc vous a renseigné ?demandai-je pour dissimuler mon embarras.\u2014 Cynthia Sherbrooke.Elle m'a fait comprendre à mots couverts que vous n'étiez pas libre.Je ne le croyais pas.\u2014 Cynthia est bien la dernière personne au monde qui devait aborder ce sujet.\u2014 Alors, il y a, effectivement, un homme dans votre vie ?\u2014 Il y en a eu un.Nous avons rompu notre engagement.\u2014 L'aimez-vous encore ?\u2014 Oui!.Non!.Je ne sais pas.De toute façon, c'est fini, bien fini ! Il sourit avec un peu de malice et déclara : \u2014 Eh bien, je lui ai loyalement donné sa chance .Maintenant, chacun pour soi! Croyez-vous, Lisbeth, que vous pourriez m'aimer un jour?\u2014 Oh! Reggie, il me semble que je ne pourrai plus aimer personne ! \u2014 Je ne vous inspire pas une véritable antipathie, n'est-ce pas ?\u2014 Bien au contraire.Vous ie savez.\u2014 Et moi.Je vous aime passionnément.L'idée que Reggie fût capable d'un sentiment violent me fit sourire malgré moi.\u2014 Cet aveu vous paraît-il comique ?demanda-t-il d'un ton amer.\u2014 Non, non, Reggie, loin de là ! Mais je me faisais de vous une idée toute différente : votre charmant caractère, votre vivacité, votre entrain ne me paraissaient pas s'accorder avec une émotion de ce genre : j'attribuais votre recherche flatteuse à la bonne camaraderie.\u2014 Vous m'avez séduit en effet par vos qualités brillantes.Mais il y a une suite ! Après un moment de silence embarrassé, il ajouta : \u2014 Je suis bien fâché, Lisbeth, que vous ayez eu cette déception.Ce n'est pas de chance ! \u2014 Oh! cette expérience m'a ouvert les yeux.Il vaut mieux peut-être que les choses tournent mal avant qu'il ne soit trop tard.Je ne compte pas me consumer en regrets.La trahison est, à mon avis, un péché sans rémission.\u2014 C'est juste, mais êtes-vous certaine de votre fait ?\u2014 J'ai réfléchi longuement et je ne vois pas qu'il subsiste le moindre doute.\u2014 Eh bien, je crois vraiment avoir suffisamment tendu la perche à mon rival, dit-il en souriant avec effort.\u2014 Vous n'êtes pas tenu à ménager ce rival, répondis-je d'une voix dure.Il a eu l'opportunité de défendre lui- même sa cause .S'il s'abstient, c'est qu'il ne désire pas la gagner ! Mon émotion perçait malgré moi et Reggie devina que je dissimulais ma souffrance.Il reprit : \u2014 Alors, que va-t-il se passer ?\u2014 Avec des ciseaux, je coupe ce chapitre de ma vie.\u2014 Mais une partie de votre cœur y reste attachée ?.Je me contenterai des débris.\u2014 Et moi, je prendrais votre cœur tout entier?C'est un marché de dupe ! \u2014 Je m'en déclare, à l'avance, satisfait.Je préfère gagner un peu de votre affection plutôt que tout l'amour d'une autre.Ÿ voyez-vous une objection ?Je restai silencieuse.Je me sentis soudain merveilleusement réconfor- La RevuE PoPuULAIRE tée d'être si tendrement aimée : il me semblait qu'on versait un baume sur mes blessures.Je murmurai : \u2014 J'ai honte d'être si égoïste ct d'envisager la possibilité d'accepter votre offre.Mais, dans ce cas, il doit être entendu que je me décide en considération de mon bien-être personnel : votre preuve d'amour m'apporte un soulagement inappréciable.\u2014 Je le comprends ainsi, répondit- il simplement, je ne vous demanderai rien.Prenez-moi à l'essai, à condition .Laissez-moi espérer, ma chérie ! I m'avait pris les deux mains et il levait vers moi un visage anxieux.Je capitulai brusquement.\u2014 Oui! dis-je dans un souffle.Un instant, je crus que Reggie allait m'embrasser .Mais il se contenta de porter mes mains à ses lé- vres.Un léger bruit me fit sursauter; je levai les yeux et je vis Cynthia Sherbrooke, immobile comme une statue, qui se tenait debout à l'extré- mitté du corridor ouvrant sur le hall.Nos regards se croisèrent au- dessus de la tête penchée de Reggie.Je surpris son expression qu'elle n'eut pas le temps de déguiser : une haine farouche brillait.Pourquoi Cynthia me haïssait-elle ?Ce n'est pas moi qui lui avais fait tort.J'étais sa victime.Etait-ce mon influence sur Reggie qui causait son ressentiment ?Mais que lui importait Reggie, puisqu'elle avait Kim ?Je n'avais pas fini de me poser ces questions et déjà le motif qui les inspirait n'existait plus : la physionomie de Cynthia s'adoucit et se détendit.Bientôt reparurent fossettes et sourires.Cynthia s'avança de son allure lissante et s'adressant a Reggie ma- Ticieusement : \u2014 Suis-je la première à vous féliciter ?Le jeune homme se leva vivement et répondit d\u2019un air dégagé : \u2014 Ah ! c'est vous, Cynthia ?Vous ne dansez donc pas?\u2014 Ce ne sont pas les danseurs qui me manquent, riposta-t-elle.Je me suis réfugiée ici pour échapper à de trop bruyantes sollicitations.\u2014Tant de succès provoque des conflits, évidemment, dit-il en riant.Mes compliments.\u2014 Lisbeth et vous me paraissez avoir déserté bien rapidement la salle de bal, observa-t-elle de sa voix la plus mélodieuse .Vous avez sans doute trouvé plus de charme à la conversation qu'à la danse.\u2014 Nous allions précisément nous élancer de nouveau, répliqua Reggie.CHAPITRE VII | E lendemain j'eus la preuve que Reggie n'avait pas parlé à la légère.La matinée entière fut employée à la préparation des toilettes pour le bal costumé : tout le monde y mit du sien et le travail avança rapidement.À l'heure du lunch, la fatigue fit demander grâce aux plus courageux et on décida de se reposer l'après- midi.Je m'installai donc au salon qui était désert, avec un livre.En réalité j'étais trop préoccupée pour tirer profit de la lecture et au bout d'une demi-heure je n'avais tourné qu'une page.Un peu plus tard la porte du salon s'ouvrit pour livrer passage à Reggie.\u2014 Ah ! vous voilà ! s'écria-t-il d'un ton qui indiquait qu'il me cherchait depuis un moment.La fatigue a confiné toutes les ouvrières dans leur NovEMBRE 1937 chambre.La solitude a dû vous peser.Je posai mon livre sur un guéridon et je répondis : \u2014 Non, du tout.Mes pensées m'ont tenu compagnie.De temps à autre, un examen de conscience s'impose.Reggie s'approcha de moi et s'adossa à la cheminée.\u2014 Lisbeth.commenga-t-il.Il s'interrompit sous prétexte d'allumer une cigarette, puis, après m'avoir regardée attentivement, il reprit d'un ton résolu : \u2014 Lisbeth, voici l'occasion, il me semble, de mettre au point notre conversation d'hier au soir.\u2014 Mettre au point\u201d.répétai- je littéralement sans bien savoir le sens qu'il attachait à ces paroles.Il fit un signe de tête d'acquiescement et continua : \u2014 Moi aussi, j'ai réfléchi et je crois avoir tout classé dans mon esprit.De votre côté avez-vous porté votre attention sur le même sujet?\u2014 Voulez-vous dire : sur le sujet qui nous concerne personnellement ?demandai-je.\u2014 Oui, bien entendu.À quelle conclusion êtes-vous arrivée ?\u2014 Pour être franche : à aucune.En effet, mes pensées s'étaient al- ternatiVement orientées vers Reggie et vers Kim et je dus admettre, en soupirant que je ne pouvais pas les démêler.\u2014 Eh bien, alors, si vous le permettez, dit-il en souriant, je vais vous exposer ma manière de voir.\u2014 Bien ! répondis-je.\u2014 Tout d'abord, établissons un fait indubitable : je vous aime, affirma-t- il posément.Ainsi, c'était vrai : Reggie n'avait pas changé d'avis et ce n'était pas par considération pour moi qu'il n'avait pas fait allusion à notre engagement pendant le reste de la soirée.Il continua : \u2014 11 faut s'en tenir à la méthode scientifique et procéder du connu à l'inconnu.N'est-ce pas votre avis ?demanda-t-il.\u2014 Certainement rien ne me paraît plus raisonnable, approuvai-je.\u2014 Mon amour pour vous une fois admis, passons maintenant à votre amour pour moi.Nous voici engagés sur un terrain beaucoup moins sûr.J'ouvrais la bouche pour rectifier mais il me fit signe de ne pas l'interrompre.\u2014 À quoi bon se mettre des œil- lères.It faut voir les fails comme ils sont : je vous aime et vous ne m'aimez pas.Néanmoins, ma chérie, vous avez été assez angélique pour accepter de vous fiancer à moi.\u2014 Non, non, protestai-je, ne me prêtez pas des ailes ! Je vous ai expliqué clairement les raisons qui motivaient mon acceptation.\u2014 De toute façon, vous avez fait preuve d'une honnêteté de cristal, mais, même dans ces conditions, je ne puis pas vous laisser prendre un engagement solennel qui, pour votre conscience scrupuleuse, deviendrait irrévocable.Voici donc ce que je vous propose.Je resterai votre fiancé, mais à l'essai; jusqu'au moment où vous jugerez pouvoir m'en donner confirmation, nos fiançailles demeureront secrètes.\u2014 Reggie, est-il trop tard?.m'écriai-je .Pouvons-nous espérer, après les ironiques allusions de Cynthia Sherbrooke pendant notre entrevue d'hier soir, que son premier soin ne sera pas de colporter la nouvelle ?\u2014 C'était mon avis cette nuit, mais aujourd'hui : si Cynthia avait parlé, l'écho m'en serait revenu bien avant le lunch.Sans vouloir manquer de respect à votre sexe, est-il imaginable que les nombreuses femmes présentes dans la maison aient réusi à garder pour elles une confidence aussi sensationnelle ?Nous aurions été, depuis la première heure, accablés de félicitations plus ou moins sincères.Je ne pus m'empêcher de rire et je répondis : \u2014 Cette abstention semble bien prouver en effet que Cynthia n'a rien dit.Je vous concède même que, sedon toutes les probabilités, elle continuera à se montrer discrète.\u2014 Ce point réglé, il est donc entendu que vous me prenez à l'essai.Vous restez libre comme l'air, je ne vous considère liée d'aucune façon et je ne vous demande aucune promesse.\u2014 Pourtant n'ai-je pas, hier soir, engagé ma parole plus ou moins explicitement ?murmurai-je.Reggie secoua la téte et reprit : \u2014 Non, absolument pas ! Tout au plus m'avez-vous laissé espérer que si un jour vous pouviez envisager sans arrière-penséée de me rendre heureux, vous accepteriez mon offre.Je vous suis reconnaissant, Lisbeth, de consentir à marcher côte à côte avec moi, même à titre provisoire.Vous ne craignez pas que je cherche à me prévaloir de cette faveur ?\u2014 Non, répondis-je, comme allégée.\u2014 J'attendrai, Lisbeth, je veux espérer encore : le vent souffle dans toutes les directions et le cœur d'une créature humaine peut changer aussi.Si le vôtre un jour s'adoucissait, ne me le cachez pas! Nos yeux se rencontrérent et Reggie, pour dissimuler son émotion, eut un rire léger.Pour la méme raison, je l'imitai et je répondis les lèvres tremblantes : \u2014 Un mot à la poste ?\u2014 Ou un coup de téléphone ! sug- géra-t-il.Notre gaieté factice tomba bientôt; elle fut comme submergée par une vague d'émotion : d'un mouvement impulsif, je lui tendis les mains.Il les prit et les serra entre les siennes.\u2014 Entendu, fis-je : ce sera donc des fiançailles à l'essai, d'un côté comme de l'autre, bien entendu.Si vous changez d'avis .Vous n'aurez qu'un mot a dire!.Je consens a accepter votre cœur, tout en sachant que ce n'est pas un marché loyal.Mais c'est si réconfortant de se sentir aimée quand on souffre et qu'on est seule au monde.Je suis d'autant moins excusable, Reggie, que vous êtes si bon, si charmant.J'étais sur le point de pleurer.Reggie se pencha et m'attira à lui.\u2014 Ma chérie, murmura-t-il tendrement, si je puis vous consoler un peu, mon amour pour vous est déjà payé de retour.Nous demeurâmes ainsi quelques secondes dans un profond silence .Je luttais contre l'instinct qui me portait à m'abandonner dans ses bras pour pleurer.Il m'inspirait tant de confiance que j'étais persuadée pouvoir donner cette preuve de faiblesse, sans courir le risque de modifier la nature de ses sentiments.Je n'avais pas encore eu le temps de prendre une décision quand la porte du salon s'ouvrit.Julie Compton, escortée par une jeunesse bruyante, nous regardait de ses grands yeux bleus.Reggie se redressa vivement et dit dans un souffle : \u2014 Cynthia a parlé, j'ai perdu mon pari.L'expression de Julie ne laissait, en effet, aucun doute sur la nature des renseignements fournis par Cynthia.Nous n'avions pas besoin de l'entendre parler pour savoir ce qu'elle pensait.2 facons de soulager les malaises causés par le 1, Prenez 2 com- d'Aspirine et buvez un grand | verre d'eau.pile: la dose 2 eures après.à 2.Si le rhume vous a donné mal la orge, écrasez et aites fondre 3 comprimés d'Aspirine V3 d'un verre Gargarisez- 2 fois.Cela soulagera presque instantanément l'irritation et les douleurs de la gorge.33 Soulage le mal de gorge et l'irritation.L'Aspirine pénétre dans l'organisme par l'estomac et les intestins pour soulager la douleur.Pour des résultats rapides, exigez l\u2019Aspirine ! L SUFFIT de prendre 2 comprimés d\u2019Aspirine dès les signes avant-coureurs d'un rhume \u2014 avec un grand verre d'eau.Au besoin, répéter la dose selon le mode d'emploi glissé dans chaque étui.Cela enraye la fièvre et les douleurs qui accompagnent un rhume d'ordinaire.Le soulagement se manifeste rapidement.Nombre de médecins sont maintenant d'avis que l'Aspirine enraye les symptômes du rhume.Prenez de l'Aspirine pour vous soulager \u2014 puis, si vous ne l'êtes pas en quelques minutes, faites venir le médecin.L'Aspirine est probablement, de tous les remèdes du monde, le mieux connu et le plus universellement utilisé.C\u2019est aussi un des plus simples et des moins coûteux.Les comprimés d'Aspirine sont préparés au Canada.Le mot \u2018\u2018Aspirin\u2019\u201d\u2019 est la marque déposée de la Cie Bayer, de Windsor, Ontario.Exigez, en forme de croix sur chaque comprimé, les lettres du nom \u201c Bayer\u201d.POURQUOI L'ASPIRINE AGIT-ELLE Si VITE ?Jetez un comprimé d\u2019Aspirine dans un verre d\u2019eau.Il se désagrégera avant d'en toucher le fond.Cette rapide désagrégation permet aux comprimés d'Aspirine de commencer d'avoir raison du mal de tête et de douleurs analogues quelques minutes après leur ingestion.Fabrication Canadienne Exigez la marque \u201cASPIRIN\u201d! NOUVELLE EDITION PLUS \"COMPLETE LE CHIEN Son élevage, dressage du chien de garde, d'attaque, de défense, 175 ILLUSTRATIONS de police.Dressage du chien de traîneau.Traitement de ses maladies.Prix : $1.25 En vente partout ou chez l'auteur ALBERT PLEAU, Saint-Vincent-de-Paul, (comté de Laval) P.Q. 34 Soyez séduisante, mats con ortable DANS CE CORSET QUI NE REMONTE PAS SUR LA TAILLE MBELLISSEZ Votre silhouette et ajoutant le charme et l'élégance par un ajustage parfait d'un corset Nu-Back\u2014seul le Nu- Back peut vous procurer ces avantages.Il exerce un contrôle marqué sur les défauts naturels et moule en des lignes harmonieuses et souples les tailles fortes qui se croyaient interdites.les robes ajustées.POURQUOI LE NU-BACK RESTE-IL EN PLACE?Les vêtements Nu-Back ont le dos À glissement en coulisse, particuliarité qui lui est exclusive.Quand vous vous penchez, le corset s\u2019allonge de deux pouces; il prête avec la souplesse de l'élastique, mais contrôle la taille plus solidement que ne saurait le faire l\u2019élastique des corsets ordinaires.Cette patente exclusive du vêtement Nu-BACK permet un ajustement parfait, un meilleur contrôle.Vous trouverez un Nu-BacK qui vous convient\u2014fabriqué de matériel de haute qualité et dansles = dessins les plus récents.Ils sont vendus, dans toutes les tailles, à des prix variés chez tous les bons marchands du pays.UN ESSAI VAUT LES MEILLEURES DESCRIPTIONS IZ Fabriguants de fameux vêtements Nu-Back, Junior SET, D & À et SESAME LA COMPAGNIE LIMITÉE DOMINION CORSET - QUEBEC, QUE.CMF-2 \u2014 Lisbeth ! s'écria-t-elle, vous êtes un prodige! Cette conquête foudroyante prendra figure de légende dans les annales de l'amour ! \u2014 Vous avez mené toute l'affaire dans le plus grand mystère, c\u2019est ce qui me plaît.Entre moi et Jacques il n'y a jamais eu rien de secret: je me suis jetée à sa tête et il m'a attrapée au vol.Tandis que pour vous, personne ne rêvait même rien d'approchant : vous ne nous avez pas fourni le moindre indice pour nous mettre sur la piste.Lisbeth, vous appartenez à la grande race des séductrices, vous avez réussi à enchaîner un célibataire endurci.Après de nombreux essais infructueux, j'avais abandonné la partie et vous n'avez pas même eu besoin de mon aide, ni de mon autorisation ! Julie aurait sans doute continué encore longtemps sur ce ton, si les jeunes gens qui nous entouraient n'avaient insisté pour nous féliciter, à leur tour.Je n\u2019'arrivais pas à surmonter mon saisissement.À chaque nouveau venu, je tendais une main molle, en murmurant avec un pâle sourire : « Merci, merci! » A deux ou trois reprises j'essayai d'ajouter un mot : « Mais.mais.» balbutiai-je.Je ne savais que dire, je ne pouvais formuler une dénégation catégorique, puisqu'il y avait une part de vérité dans la croyance générale.D'autre part, comment exposer cette situation complexe, sans remonter au déluge ?Fallait-il user de franchise et avouer: « Nous ne sommes pas véritablement fiancés : C'est un simple galop d'essai.Je suis amoureuse d'un autre homme qui vient de me laisser en plan.» J'étais de plus en plus perplexe.L'atmosphère devenait irrespirable.Je fis une nouvelle tentative pour remettre les choses au point : \u2014 Mais.Mais.Au même moment, j'aperçus Cynthia Sherbrooke sur le seuil : il ne restait plus traces sur son visage de la haine que j'y avais surprise la veille.Elle souriait gracieusement et nous fit un signe amical.\u2014 Amis très chers ! s'écria-t-elle, en se frayant un passage dans la foule \u2026.Quelle heureuse nouvelle ! Elle nous félicita Reggie et moi de la façon la plus cordiale.Puis, glissant sa main sous mon bras, elle murmura à mon oreille : \u2014 Vous ne m'en voulez pas ?Je n'ai pu résister à la tentation d'ouvrir la cage à l'oiseau .Je ne suis qu'une femme ! \u2014 Oh! non, je ne vous en veux pas, dis-je d'un ton las.J'étais comme étourdie tant les évé- nements se succédaient rapidement.\u2014 Vous êtes un ange ! reprit Cynthia en me serrant le bras d'une étreinte fraternelle.Qui n'aurait été désarmé, devant tant de bonne grâce ?\u2014 Attention tout le monde! cria Julie d'une voix de fausset.Communication urgente : allons prendre le thé avant de retourner au moulin.La répétition est fixée a six heures; ne prolongeons pas outre mesure ce délicieux entr'acte sentimental; le travail avant tout!.Je ne vois pas Lucie ?Je parie qu'elle en est encore au dix-huitième siècle!.Jacques, mon cœur, soyez assez bon pour aller l'avertir que le thé est prêt.\u2014 Je vais la chercher, dis-je vivement, trop heureuse de cette occasion de m'échapper quelques minutes.\u2014 Ce serait parfait, chérie.A condition toutefois que Reggie accepte de vous perdre de vue pendant ce temps.À l'époque de nos fiançailles, Jacques ne se décidait jamais à me laisser partir.Je sais maintenant pourquoi : il craignait que je ne profitasse de ma liberté pour commettre quelques inconséquences dont il lui faudrait ensuite payer les dégâts ! Vous savez, comme moi, que Jacques n'aime pas prendre de la peine.Elle continua son babil en se dirigeant vers le hall et élevant la voix commanda : \u2014 Le thé, s\u2019il vous plaît.Julie avait l'habitude de réclamer oralement, à la bonne franquette, ce qu'elle désirait : elle ne se servait que très rarement de la sonnette.Jacques Compton, ainsi pris à partie, riait de bon cœur et, regardant autour de lui d'un air complice, il murmura : \u2014 Je suis désarmé : c'est sans espoir ! Toujours est-il que toute la domesticité de Tern Cross Manor était entièrement dévouée à Julie Compton.Sa manière avait donc du bon.Je montai l'escalier en courant, traversai ma chambre, et rejoignis Lucie qui se tenait assise devant une table près de la fenêtre.De larges feuilles de papier de soie étaient posées devant elle et à ses pieds, des rognures jonchaient le tapis.Dès mon entrée dans la pièce, je compris que Lucie avait surmonté toutes les ditfi- cultés techniques : elle fredonnait, en effet, un air de rapsodie hongroise dont les notes se poursuivent d'une allure endiablée.Ce chant triomphal lui était familier.\u2014 Le thé est prêt, Lucie, annonçai- je à brûle-pourpoint.\u2014 Merci! Mon enfant, jetez les yeux sur ce patron.Que dites- vous de cette robe à paniers ?Je la vois se gonfler et onduler, dit-elle brandissant le modèle de mousseline.Je ne manifestai pas cette fois l'enthousiasme et l'intérêt qui, dans d'autres circonstances, m'auraient été naturels.J'acquiesçai de la tête puis je répondis d'un air vague et avez une ardeur de commande : \u2014 Lucie, je suis fiancée à Reggie .Vous auriez appris cette aou- velle à votre arrivée dans le salon, mais j'ai préféré vous l\u2019annoncer moi-même.Evidemment.Lucie fut frappée de mon étrange intonation, de ma visible nervosité car elle demeura une bonne minute (du moins j'eus cette impression) à me considérer avec surprise, sans dire un mot.Elle répondit enfin, non sans embarras : \u2014 Toutes mes félicitations, Lis- beth, et mes vœux de bonheur.Nous descendimes l'escalier en silence.Je n'eus pas l'occasion de voir Reggie seul avant le diner car Lucie m'emmena aussitôt après le thé, pour terminer un travail urgent.La répétition en costumes qui suivit se prolongea assez tard et tout le monde se précipita ensuite dans sa chambre afin de s'habiller pour le diner.Le repas fut plutôt pénible pour moi: Julie me mit sur la sellette du commencement à la fin et porta un toast en l'honneur de Reggie et de moi.Etant donné la nature inconsistante de nos fiançailles, ces manifestations publiques aggravaient encore mon malaise.Ce fut mille fois pire lorsque je m'aperçus que Cynthia Sherbrooke tenait obstinément ses yeux fixés sur moi, comme si elle voulait lire dans mon âme : j'ai conscience que sa tâche se trouvait singulièrement facilitée par le conflit d'émotions auquel j'étais en proie car, dans ce cas, notre visage révèle nos sentiments secrets.Je me sentis grandement soulagée quand le moment fut venu de se lever de table.Cynthia me rejoignit à la porte et La RevuE POPULAIRE m'attira à elle.Elle se pencha à mod oreille et murmura : \u2014 Je suis si heureuse de ce dénouement : je craignais tant que vous ne soyez rendue malheureuse.Mon cœur battait à coups précipités quand je répondis à voix basse aussi : \u2014 Malheureuse ! .raison ?\u2014 Je ne voyais pas bien comment les choses allaient tourner et je me tourmentais beaucoup à votre sujet.Cynthia parlait avec émotion, en me serrant le bras.Je fis un grand effort pour dissimuler le trouble que cette allusion trop claire provoquait en moi! \u2014 Vous étes trop bonne de me témoigner tant de sympathie, dis-je d'un ton aussi détaché que possible.Mais, en réalité, je ne suis pas particulièrement à plaindre.\u2014 Non, en effet.Mais on ne peut s'empêcher, si on a le cœur bien placé, de ressentir des remords quand on s'imagine avoir infligé une souffrance à autrui.Et je m'aperçois que je me suis beaucoup attachée à vous.La voix de Cynthia au diapason le plus bas avait la douceur d\u2019un roucoulement de colombe.Si toutes ces démonstrations de tendresse n'étaient que simulation, il faut avouer qu'elle jouait son rôle à la perfection.J'étais plongée dans un abime de perplexité; je n'arrivais pas à me former une opinion exacte sur Cynthia : je ne pouvais oublier, en effet, l'expression haineuse que j'avais surprise dans ses yeux, au moment où elle ne se croyait pas observée.\u2014 Les rapports de l'homme et de la femme, Lisbeth, continua-t-elle, ont pour cette dernière une importance primordiale.Ft jusqu'à hier soir, j'avais la pénible impression d'être responsable du nafrage de vos espérances.Nous nous étions arrêtées dans le hall, tandis que les autres représen- tantzs du sexe faible gagnaient le salon : nous pouvions donc parler plus librement.Je parvins à me contraindre et je répondis comme si je ne comprenais pas son sous-entendu : \u2014 Mes espérances à moi?Mon air de parfaite candeur la trompa et elle répliqua en riant : \u2014 J'avoue que je suivais une fausse piste.Je croyais de bonne foi qu'il était au pouvoir d'une certaine personne de vous faire cruellement souffrir.Cynthia parlait avec une apparente franchise mais je discernais clai- reinent une arrière-pensée, Malgré la peine intolérable que ce rappel au proche passé me causait, j'eus la force de conserver mon sang-froid : \u2014 Faites-vous allusion à.Reggie ?dis-je avec une hésitation marquée.Elle eut de nouveau un rire léger et serrant ma main, elle l'appuya contre sa poitrine.Sa riposte consista en deux mots qu'elle articula lentement, d'une voix trés douce : \u2014 Kim Graham.Je ne sais comment je pus étouffer le cri qui montait du plus profond de moi-même !.Je me dominai et je la regardai droit dans les yeux.Elle ne se déroba pas et conserva une expression de sympathie émue.Depuis la première phrase de notre conversation, je savais où Cynthia voulait en venir.Lucie m'avait, en outre, préparée par ses confidences à ce qui m'attendait.Et néanmoins, ma douleur fut si aiguë que je demeurai comme pétrifiée, sans pouvoir dire un mot.Cynthia marqua aussitôt le point et reprit : (Lire la suite page 38) Pour quelle INOUS,ANNONCONS, La PRESENTATION du Chevrolet pour 1938 marque l'apparition d'une beauté nouvelle dans le domaine des plus bas prix.Paraissant plus gros et plus beau \u2014 différent, grâce à sa nouvelle élégance moderne , \u2014remarquablement complet sous tous rapports \u2014 le nouveau Chevrolet est la plus belle voiture que nous ayons encore produite, la meilleure \u201cvaleur\u201d pour vous \u201cen fait d'élégance et d'\u2019épargnes\u201d.Il vous suffit de voir et de conduire cette voiture pour savoir que vous y gagnerez avec un Chevrolet .en élégance .en perfectionnements modernes .en qualité .en sécurité .ainsi que sur le coût modéré de son achat et de son fonctionnement.Si ce sont là des choses importantes, à votre sens, nous vous invitons cordialement à voir et à conduire, le plus tôt possible, l'auto qui est complet.Genoux mécaniques sur tous les modèles Master de luxe.Paiements mensuels adaptés à votre bourse grâce au mode General Motors de paiements à termes., pri nC 4 es Od ; Cour, | poo oF oN) re Xe a.EC GC Ge > 2 x ac 36 LA Revue POPULAIRE Le Jardin Botanique de Montréal par Thérèse Fournier \u2018EST le dimanche 22 août que le Jardin Botanique de Montréal a été pour la première fois ouvert au public.Il en sera désormais ainsi chaque dimanche.Pendant la semaine, des visites pour écoliers seront organisées sur demande.Le jour de l'ouverture, de 20 à 25,000 citadins, dont bon nombre sans doute étaient nés à la campagne, sont venus le visiter.Ils accomplissaient ainsi un pèlerinage à leurs souvenirs d'enfance et rendaient en même temps hommage à la science moderne.C'est en compagnie du Frère Marie-Victorin et de son assistant, M.Jacques Rousseau, que j'ai le privilège de m'y rendre.Le terrain, situé à l'angle de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie IX, est immense.4,000 pieds d'une clôture en pierre et en fer le bordent sans pourtant en faire le tour.Nous entrons par la grille d'hoñneur surmontée d'une plaque en bronze représentant la sarracénie, fleur canadienne qui a emprunté le nom de son découvreur, le docteur Michel Sarrasin, médecin du roi.Comme tous les créateurs d'œuvres et comme tous les vrais poètes, le Frère Marie-Victorin est un visionnaire.Il m'explique avec tant de pénétrante conviction son rêve, le fait si bien vivre sous mes yeux que je ne suis plus tout à fait sûre de distinguer nettement dars mes souvenirs ce que j'ai vu en réalité et ce que nous verrons se développer d'année en année.Des fleurs annuelles sont plantées en bordure de l'allée qui conduit à un pavillon central.Filles seront souvent renouvelées afin d'enseigner aux visiteurs la disposition et les combinaisons de nuances les plus propres à orner un jardin, Au centre, un étang à poissons rouges, une fontaine avec jets d'eau dont l'installation n'est pas tout à fait terminée.Nous entrons dans le pavillon dont les proportions sont modestes.C'est là que sont logés les bureaux des représentants du Gouvernement, une infirmière et des lettreurs qui sont en train de fabriquer les pancartes en trois langues: latine, française et anglaise qu'on placera en tête des plates-bandes.J'y rencontre M.Henri Teuscher, un savant qui est à la fois botaniste, horticulteur, paysagiste et organisateur.Après plusieurs années d'apprentissage sous les meilleurs maîtres au jardin botanique de Berlin, il a créé celui de New-York, et nous devons nous estimer heureux qu'il ait consenti à se fixer à Montréal.Des terrains de jeux, avec tribunes pour les spectateurs, sont attenants au Jardin Botanique.La jeunesse y pourra, selon son âge et ses goûts, jouer au base-ball, au foot-ball, au cricket, au tennis, grimper dans les trapèzes, se bercer dans les balançoires ou se baigner dans la piscine.L'hiver, un de ces terrains sera transformé en patinoire.PHOTOS DU FRERE MARIE- VICTORIN ET DE JACQUES ROUSSEAU, DE L'INSTITUT BOTANIQUE DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL.Le système d'irrigation est très perfectionné.700 ouvriers, dont plusieurs étaient des chômeurs, travaillent au creusage de trois lacs, transportent la terre la plus propre à la culture ou des pierres nécessaires à l'édification du jardin alpin.Ce jardin alpin sera formé de petits massifs dont chacun contiendra les éléments de la flore d'un massif montagneux du monde, par exemple : un coin des Alpes, des Rocheuses, des Andes ou de l'Himalaya.Ce sera, avec ceux de la Scandinavie, le jardin alpin situé le plus au nord, mais notre neige abondante le protégera contre les rigueurs du froid.Dans la région des lacs on verra des parcelles forestières du Canada oriental et occidental ainsi que de plusieurs pays d'Europe et d'Asie.Parmi les divers jardins commencés ou projetés, nommons: un jardin classifié par familles végétales; un jardin d'essai; un jardin de plantes curieuses; un jardin biologique où l'on pourra observer sur les plantes des expériences permanentes ayant pour objet les lois de l'hérédité; un jardin médicinal et fruitier qui se divisera en trois catégories : un cloître du moyen âge qui s'appellera le jardin de Charlemagne et qui.grâce à une documentation précise, présentera les simples en usage.sous le règne du grand empereur: un jardin indien avec totem et log cabin où l'on trouvera les herbes médicinales employées par les Indiens et un jardin de la médecine moderne.Cependant, le Frère Marie-Victorin m'avoue que ses prédilections vont au jardin économique qui est actuellement en très bonne voie.On y trouve des céréales et des légumes.Quelques-uns de ces derniers, d'origine méditerranéenne, sont nouveaux chez nous et ce serait un avantage précieux que de les y acclimater.Il y aura aussi un jardin où les bébés pourront faire des pâtés de sable sous la surveillance des mamans et un autre où des écoliers qui auront mérité de bonnes notes s'initieront a la culture.On me signale en passant une serre-froide qui vient d'être terminée, puis nous entrons dans les serres-chaudes.Il en a six pour le moment.Il y en aura bientôt d.autres très hautes puisqu'on y logera des arbres des pays tropicaux.Au centre des sèrres se trouve une salle où travaillent des jardiniers.Elle est divisée en compartiments dans lesquels on a déposé diverses espèces de terres propres à la culture.Au milieu des jardins un espace est réservé à un auditorium en plein air où les professeurs donneront des cours en ayant l'avantage de mettre sous les yeux de leurs élèves les plantes qui font l'objet de leurs leçons.C'est ainsi que ce domaine de la rue Sherbrooke, qui était autrefois la propriété des Frères des Ecoles Chrétennes, est revenu, après bien des vicissitudes, à sa destinée primitive : l\u2019instruction et la protection de la jeunesse écolière.TI est fort probable que l'an prochain des scouts y installeront leur camp.J'espère ne pas avoir trahi la pensée de ceux qui.avec tant d'obligeance, se sont constitués mes guides à travers le Jardin Botanique de Montréal, et je prie le Frère Marie-Victorin, ainsi que M.Jacques Rousseau, de trouver ici l'expression de ma sincère reconnaissance.2 Le mre rare rte\u201d mére +» Sear Mt ee NovEMBRE 1937 Tricot délicat \u2014 flatteur EPROUVE, naturellement ! les \u2014 et 37 Les Femmes veulent s'assurer une Lingerie en Rayonne de Qualité \u2026.La voici ! N\u2019achetez plus a I'aveuglette ! Voici quelque chose qui vous aidera à reconnaître une rayonne pratique, et EPROUVEE* \u2026.la marque de garantie de Courtaulds \u201d Qualité-Contrôlée \u201c.La beauté des modèles qui donne une ligne svelte \u2014 leurs nuances délicates \u2014 et puis voici ce qui est vraiment pratique : Grace a cette marque de garantie, vous SAUREZ que cette lingerie a été éprouvée, qu'elle peut étre lavée et repassée sans le moindre dommage.qu\u2019elle durera trés longtemps.tout en conservant sa belle couleur et son charme original.Vous seriez a la fois surprise et émerveillée, si vous pouviez voir les essais rigoureux qui sont faits pour prouver toutes ces qualités .pour prouver aussi la solidité des coutures.et pour protéger le tissu contre les éraillures.En un mot, vous serez fiére de porter de la lingerie revêtue de l'étiquette de Courtaulds \u201c Qualité-Contrôlée \u201c .et votre budget s'en trouvera bien aussi! Vendue dans les meilleurs magasins de tout le Canada.Aujourd'hui, cette marque de garantie vous guide dans l'achat de la lingerie fine.Bientôt, elle identifiera tous les articles en rayonne éprouvée.\"QUALITY + ELLE EST EPROUVEE * Tous les tissus et toute la lingerie portant la marque de garantie de Courtaulds \u2018\u2018 Qualité-Contrôlée \u2019\u2019 sont faits par les meilleurs fabricants canadiens, avec les fils de rayonne fins de Courtaulds, puis sont éprouvés et approuvés par l'Ontario Research Foundation \u2014 institution officielle bien connue dans tout le pays.C'EST UN TISSU EN RAYONNE COURTAULDS.IL EST EPROUVE 38 \u2014 Mais du moment que c'est Reggie qui est le maître de votre cœur, ma conscience se trouve allégée.Mon scrupule était peut-être excessif, car une femme n'est pas responsable, n'est-ce pas, si un homme la préfère à une autre ?Simple fatalité! \u2014 Oui, répétai-je en recouvrant la parole.C'est la fatalité! \u2014 J'ai été presque malade à votre sujet, Lisbeth.Voyez-vous, les gens sont toujours préts a me reprocher de voler le cœur des hommes, sais considération pour la déception des autres femmes ! Est-ce ma faute si j'ai du succès! Vous avez la, preuve que cette opinion est injuste.On n'hésite pas à blâmer à tort et à travers mais on se montre beaucoup plus réticent quand il s'agit de rendre justice.\u2014 Oui, c'est bien vrai, dis-je avec effort.Je regrette que vous vous soyez tourmentée à mon sujet, Cynthia, sans bonne raison.\u2014 Combien nous restons, tous, étrangers l'un à l'autre ! s\u2019écria Cynthia.Quelles tragiques méprises peuvent en résulter ! Cette remarque me rappela que j'avais méconnu Gwennie, ma propre sœur, jusqu'à la soirée fatale de Little Tenby ou elle trouva l'occasion de se révéler si tendrement compatissante .Peut-être avais-je aussi mal jugé Cynthia ?\u2014 Eh bien, chère petite, ajouta-t- elle, je puis maintenant vous souhaiter, sans arrière-pensée, joie et bonheur.Non sans peine, je bégayai des remerciements .Mes lèvres sèches, raidies, n'obéissaient plus aux inflexions de ma voix.Cynthia me serra de nouveau le bras et, après un moment d'hésita- tiou, reprit : \u2014 À votre tour, vous pourriez, il me semble, me souhaiter le bonheur ?Un gracieux sourire corrigeait le léger reproche.Je ne m'explique pas comment je trouvai la force de répondre d'une voix calme : \u2014 Bien entendu, je vous souhaite tout le bonheur possible.Chose plus incroyable encore, aucune fausse note ne démentit mon ,exclamation.\u2014 Merci, répliqua-t-elle en prenant congé.J'étais seule, mais les paroles de Cynthia continuaient à résonner impitoyablement à mon oreille! Ainsi tout ce que m'avait dit Lucie était vrai; j'en tenais la confirmation de la bouche même de l'intéressée.D'après le choc brutal que j'avais éprouvé, en écoutant Cynthia, je compris combien peu les commérages de Lucie avaient entamé ma con- iance en Kim.Maintenant, il fallait me rendre à l'évidence.Comble de l'ironie, je lui avait souhaité d'être heureuse.Heureuse avec Kim! Ces mots se heurtaient dans mon esprit.Je ne sais pas combien de temps je demeurai figée à la même place, aveugle et sourde au monde extérieur, consciente uniquement des expressions du visage de Cynthia et du son de sa voix.Je me retournai en entendant la porte s'ouvrir.Reggie parut et s approcha de moi.\u2014 Je suis absolument désolé, Lis- beth! s'écria-t-il.Nous voici officiellement fiancés.Je me reprocherai toujours de vous avoir, par mon inconséquence, attirée dans ce piège.Je n'ai pas besoin, j'espère, de vous jurer que cette consécration publique ne modifie en rien notre entente.Vous avez toujours confiance en moi ?\u2014 Oh! Reggie, murmurai-je.Comme c'est merveilleux de pouvoir Les deux fiancés de Lisbeth (Suite de la page 34) avoir confiance daus la parole d'un homme ! L'émotion me coupa la parole : après l'amertume dont j'avais été abreuvée au cours de ma conversation avec Cynthia, j'éprouvais un soulagement indicible en écoutant ces protestations de dévouement.Reggie s'oubliait lui-même pour ne penser qu'à moi.De mon côté, au contraire, j'agissais par pur égoïsme : Kim m'avait trahi et au moment où tous mes rêves d'avenir s'écroulaient, Reggie, ce parfait amoureux s'offrait à réparer ma vie brisée.Et bien, pourquoi n'accepterais-je pas cette consolation providentielle?Je me sentais préte a me consacrer, sans regarder en arrière, à celui qui me rendait l'espérance.Reggie voulut encore s'excuser d'avoir divulgué notre engagement secret.Mais d'un geste autoritaire, je ne le laissai pas poursuivre : \u2014 Reggie, criai-je d'une voix ai- gué qui nous fit sursauter tous les deux, n'auriez-vous pas une carte postale dans votre portefeuille ?.Je voudrais la remplir, ajoutai-je en riant nerveusement.Il me contempla avec étonnement.puis subitement son visage se colora : \u2014 Lisbeth.demanda-t-il, que voulez-vous dire ?\u2014 Si vous préférez, je puis vous appeler au téléphone ?continuai-je.Je me rends compte maintenant combien ma manière d'être était déloyale.Mais entraînée dans ce remous de passions, j'avais perdu la maîtrise dé moi-même .Je ne pensais qu'à moi, peu m'importaient les sentiments des autres.Reggie répéta en articulant chaque mot : \u2014 Il n'est pas possible que vous vouliez dire.\u2014 Si vous croyez encore que j'aic le pouvoir de vous rendre heureux.je suis prête à entreprendre cette tâche, de tout mon cœur.Réglez votre conduite en conséquence.Les yeux de Reggie brillèrent d'un éclat presque insoutenable.Il fit un pas en avant et me prit dans ses bras.Mon excitation nerveuse tomba soudain : à bout de forces, j'échappai à son étreinte, je glissai à terre contre le divan et, enfouissant ma tête dans un coussin, je sanglotai convulsivement.CHAPITRE VIII INSI, de mon propre aveu, j'étais fiancée \u2014 officiellement fiancée \u2014 à Reggie Compton ! J'avais agi sous le coup d'un moment de pénible amertume.J'y réfléchissais encore et encore.La conclusion était toujours la même.Après tout, pourquoi pas ?Un homme, le préféré, m'avait abandonnée, mais un autre se présentait, un autre tellement bon! Alors, pourquoi pas ?Cependant, comme je l'ai dit déjà, ce n'était pas loyal.Mais je me sentais incapable, à ce moment, de m'arrêter à de semblables considérations.Je m'arrangeais avec ma conscience, en essayant de me persuader que Reggie n'ignorait pas mes sentiments réels; il ne pouvait pas penser que mon cœur eût changé entièrement, dans un laps de temps aussi court.Je me disais que je ne l'avais pas trompé sur mon véritable état d'âme, et que s'il était prêt à courir le risque\u2026 Eh bien, encore une fois, pourquoi pas ?Tout le monde fut charmant pour moi.M.et Mme Harrington me dirent qu'ils considéraient Reggie comme leurs fils et qu'ils ne pouvaient être plus heureux de ce choix.Ils étaient seulement désolés que la maison fit trop pleine pour demander à toute ma famille de venir prendre part à ma joie.Plus tard, il faudrait organiser une petite réunion familiale.Je soupirai de soulagement, car je ne désirais pas du tout la présence de mes parents auprès de moi.J'aime tendrement les miens, mais, dans les circonstance actuelles, je préférais ne pas avoir à subir leur interrogatoire.Une réunion de ce genre serait plus facile à envisager, au bout de quelque temps.Somme toute, je ne savais pas très bien comment faire part de tous ces événements à ma famille.Il le fallait cependant, car Mme Harrington allait écrire et je tenais à ce que ma lettre arrivât la première.Après avoir gâché beaucoup de papier, je finis par annoncer simplement que j'étais fiancée à Reggie Compton.J'indiquais clairement que ces fiançailles annulaient toutes autres fiançailles qui avaient pu sembler évidentes, et je donnais à entendre que je ne voulais pas être assaillie de questions.En effet, je ne pouvais même pas répondre à mes propres questions, comment aurais-je pu répondre à celles des autres 7 La famille prit les choses avec beaucoup de dignité.Maman et mes sceurs mni'écrivirent, manifestant un peu de surprise, tout en concluant que c'était mon affaire et non la leur, et me souhaitant beaucoup de bonheur.Elles ne me demandèrent pas d'explications détaillées, mais chacune me posa la même interrogation : « A quelle date, le mariage ?» Cette demande précise me prit de court et fit battre mon cœur.Me marier ?C'est un mot si irrévocable.Comme la Fatalité ! Je répondis : « Oh ! pas avant longtemps, longtemps! Je serai bientôt de retour à la maison, aussitôt la fête terminée, et il faudra que vous fassiez connaissance avec Reggie, etc., etc.» Heureusement pour moi, les répétitions se succédaient sans interruption.Bien que Julie fit la grande organisatrice officielle, comme elle était très étourdie, et le travail incombait en grande partie, à ceux qui l\u2019entouraient.Elle appelait constamment au secours.Ce fut une chaude alerte.Nous étions persuadés d'être tout à fait prêts et en avance, mais, arrivés aux derniers jours, il nous sembla nettement que mille et une choses restaient encore à faire.Reggie, comme metteur en scène, fut extraordinaire de calme et de précision, et Cynthia apporta une aide précieuse.Elle était si gentille, obligeante, attentive, travaillant tant, donnait de si bonnes idées, et en un mot, si aimable pour tout le monde que je me détestais de ne pouvoir lui rendre ses sentiments avec une égale franchise.Mais je n'y parvenais pas.J'essayais sans succés.Il y avait une ombre entre nous.Dans certains cas, on peut se dominer mais il en est d'autre où c'est impossible.Aussi, malgré tous mes efforts, je ne pouvais pas aimer Cynthia Sherbrooke.Cependant elle continuait à se montrer très gracieuse pour moi.La scène pour les tableaux vivants avait été construite dans la salle de billard, malgré l'opposition formelle de Jacques; en effet, Julie ne voulut La Revue PoPuLAIRE tolérer, à aucun prix, qu'on sacrifiât la salle de danse : « Comment peut- on même envisager de rendre la.salle de danse inutilisable, pendant les fêtes?» dit Julie en regardant son mari et, naturellement, Jacques dut céder de bonne grâce.Tout était admirablement aménagé : la scène était encadrée d'épaisses draperies de velours noir destinées à faire ressortir l'éclat des costumes et, comme dans un véritable théâtre, le rideau pouvait se lever et se baisser.On avait également installé autour de la scène de puissants projecteurs, permettant d'obtenir les effets lumineux les plus variés.Reggie, assidûment, cherchait à harmoniser les éclairages; il y apportait une telle ardeur que Julie, pour le taquiner, lui demanda sil se proposait de transposer la chanson populaire : « Home, Sweet Home » en rouge, jaune et bleu ! Il ne nous restait que trois jours pour les répétitions en costumes, et l'énervement commençait à gagner de proche en proche.Divers journalistes arrivèrent, en vue de la publicité; les photographes rôdaient déjà partout, sans contrôle, braquant leur appareil sur les groupes qui leur paraissaient devoir intéresser le public.Les représentants des journaux locaux et des journaux de Londres couvraient leurs carnets de notes.J'avais accepté d'être définitivement fiancée à Reggie, de lui appartenir.De son côté, il ne me demandait que la permission de se montrer gai, gentil, prévenant et de me donner des petits noms d'amour.Il m'offrit une bague, l\u2019une des siennes, mais elle était trop grande pour mon annulaire.J'en fus réduite à la porter au troisième doigt.Un jour, je lui fis remarquer cette anomalie.Sans répondre, il tira sur sa pipe pendant un moment, puis, soudain, élevant ma main à la hauteur de sa bouche, il entoura mon doigt d'un cercle de fumée.\u2014 Voilà, mon amour, le symbole véridique de nos fiançailles ! murmu- ra-t-il.\u2014 Mais, Reggie.m'écriai-je, vous ne croyez donc pas à nos fiançailles ?Ne sont-elle pour vous que de la fumée ?Je me mis à rire d'une façon un peu incertaine.\u2014 Naturellement, je voudrais croire à leur réalité.Ne désire-t-on pas voir durer toujours une situation don: notre bonheur dépend ?\u2014 Je suis décidée à vous rendre l'homme le plus heureux du monde.Vous êtes le plus honnête, le plus droit et le plus.le plus digne de confiance.Il me regarda avec des yeux empreints d'une ombre de tristesse.Alors je compris que l'on n'aime pas d'amour un homme pour son honné- teté, sa droiture, pour ses qualités de cœur et d'esprit.On l'aime simplement parce qu'on l'aime ! Je poussai un soupir.Je souhaitais tant pouvoir l'aimer \u2014 éperdument, follement, complètement .comme j'aimais \u2014 ou plutôt comme j'avais aimé \u2014 Kim! J'éprouvais la sensation de porter au cœur une blessure béante, tandis que j'essayais de sourire.\u2014 Je .Je vous aime énormément, Reggie, protestai-je.Il rit.: \u2014 Petite chérie ! Et moi aussi, j'ai un faible pour vous.Et il posa ses lèvres sur ma main.\u2014 Reggie, dis-je tout à coup.n'avez-vous jamais eu envie de.de m'embrasser .pour de bon ?Il se recula vivement, puis il rit de nouveau, d'une manière un peu bizarre cette fois.(Lire la suite page 51) NOVEMBRE 1937 39 (OL | RODE MATERIEL REQUIS : 2 écheveaux de Coton en Brins ANCHOR, No F.502 (rose corail pâle) 36 de verge d'organdi blanc, 36\u201d de largeur.1 aiguille à broder de Milward, No 7.(Se servir de 2 brins de fil pour la broderie).RACEZ le dessin sur l\u2019organdi.Placez à l\u2019arrière un autre morcéau d'organdi et fixez les deux ensemble.Faites un rang de faufil entre les lignes doubles et ensuite faites un point de feston sur le faufil.Passez un fil autour du centre de la fleur, coupez et rentrez le bord en dedans.Faites un point de feston sur le faufil.Remplissez ensuite l'espace avec une toile d'araignée comme décrit diagramme No 2.Quand la broderie est complètement finie, coupez la doublure d'organdi excepté pour la bordure et la fleur, où le tissu reste double. 40 Une jeune française en amérique \u2014 Une actrice née dans une loge.\u2014 Les débuts d\u2019une petite femme qui promet\u2014Olympe veut jouer \u201d Camille \u201c Entre deux films, elle aime à se reposer à son camp du lac Arrowhead, situé à soixante milles d'Hollywood.La Revue POPULAIRE A dernière trouvaille d'Hollywood est une petite Française venue tout droit de France.Son nom : Olympe Bradna.C'est Claudette Colbert qui fut sa marraine, et des marraines comme celle-là ne laissent pas leur filleule en chemin.Or, la petite Bradna est en train de faire beaucoup parler d'elle, ce qui veut dire, en langage cinématographique, qu'elle deviendra sûrement une étoile de première grandeur.« On m'appela Olympe », m'avoue candidement la petite vedette de Souls at Sea, film dans lequel elle joue aux côtés de Gary Cooper et de George Raft, « parce que je suis née dans une loge du théâtre Olympia, à Paris.» « Mes parents étaient des écuyers acrobates, et j'ai débuté dans leur numéro de vaudeville à l'âge de dix-huit mois.Mon père perdit ses chevaux et ses chiens savants alors que j'avais six ans.I! m'apprit la danse, n'ayant plus d'argent pour remplacer ses bêtes.J'y fis de rapides progrès, car j'aime la vie théâtrale et je voulais m'y faire une carrière.» Dès l'âge de huit ans, Olympe remporta de francs succès, à Paris, dans la version française de Hit the Deck.On l'appela dès lors le plus petit mousse de France.Le nom fit fortune et elle se vit recherchée partout.C\u2019est ainsi qu'à quatorze ans elle émergea de la foule des cadets du théâtre français, et après avoir fait quelques apparitions aux Folies Bergère, fut consacrée étoile du Casino Français.On a dit d'elle : « Elle danse comme un ange », car sa souplesse paraît tenir du surnaturel, Elle charma les rois et les reines, et fut reçue tout particulièrement à la cour de Suède où elle donna quelques représentations devant le roi Gustave.Après des engagements à Cannes, Biarritz, Monte-Carlo, elle fit du cinéma dans Roger la Honte, que l'on a vu à Montréal, Québec et ailleurs, et dans Flofloche, comédie musicale où ses talents de chanteuse et de danseuse furent mis à contribution.En compagnie de sa mère, aux studios Paramount. NovEMBRE 1937 Les Américains, toujours à l'affût de vedettes françaises, s'en furent tenter ce beau petit Saxe artistique et l'amenèrent avec des promesses dorées loin de son pays.Mais Olympe ne se détacha pas aussi facilement du sol natal.Elle en eut la nostalgie si fortement qu'elle dut y retourner après son premier film tourné ici : Three Cheers for Love.De retour chez l'oncle Sam, elle joue maintenant dans des films où elle peut faire valoir son talent d'actrice, de danseuse et de chanteuse.Olympe n'a que dix-huit ans et elle m'avoue qu'elle est enchantée d'être enfin parvenue à un âge qui lui permet de veiller aussi tard que les grandes personnes et de fréquenter parfois les clubs, accompagnée de ses parents.Cette jeune fée de la danse a su conquérir, lors de son stage à New- York, le cœur endurci des journalistes.Un des plus importants chroniqueurs de la métropole américaine avoue que son charme est indéfinissable.« Elle possède », dit-il, « une vitalité et une personnalité qui l'apparentent à Lucienne Boyer.» Olympe Bradna n'a maintenant qu'un but : bien travailler et pouvoir avant longtemps jouer le rôle de Camille.Vivant entre son père et sa mère, elle passe ses loisirs à gambader dans les jardins de leur demeure à Beverley Hills en compagnie de son chien « Bobby ».Son idole est Claudette Colbert qu'elle ambitionne d'égaler un jour dans l'art théâtral.Olympe ne mesure que cinq pieds trois pouces ; c'est une brunette de cent quinze livres au regard à la fois doux et déterminé.Lorsque je la quitte, elle reçoit son professeur d'anglais qui m'affirme qu'elle fait dans cette langue de rapides progrès.41 Olympe est, comme sa mère, une audacieuse écuyère.par Louise GILBERT-SAUVAGE (Notre correspondante à Hollywood) Joseph Bradna fut un merveilleux professeur pour sa fille Olympe. 42 LA REvuE POPULAIRE BEVERLY ROBERTS Les robes du soir quelque peu extravagantes comme en porte ici Gail Patrick, tout en haut à gauche, se volent souvent cette année à Hollywood.La belle simplicité triomphe pourtant encore dans les élégances du soir, à preuve ces deux robes que portent la pensive Beverly Roberts, ci- dessus, et la curieuse Bette Davis à qui cette pompadour va à ravir.BETTE DAVIS Novemsre 1937 43 CS DU SOIR % ELEANORE WHITNEY Et que dire de cette magnifique robe de crépe bleu au corsage drapé qu'aucune autre que Myrna Loy ne saurait porter avec autant de grâce facile et de naturelle élégance ?Ci-dessus, Eleanore Whitney, vedette Paramount. 44 LA Revue PopuULAIRE 2500 \u2014 Robe pratique, gr.32 a 42.Pour un 36 : 414 v.de 35\u201d, 33% v.de 39\u201d où 234 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 8\u201d.25 cents, Pour LES BEAUX APRES-MIDI 2512 \u2014 Robe amincissante, gr.32 à 44.Pour un 36 : 4 v.de 35\u201d, 314 v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d, 14 v.de contrastant de 35\u201d-39\u201d.Fermeture- éclair de 8\u201d.25 cents.| 2559 \u2014 Robe pour jeune fille, gr.12 à 20.Pour un 14 : 37% v.de 35\u201d, 354 v.de 39\u201d 2559 ou 23% v.de 54\u201d.15 v.de contrastant de 35\u201d-397:44\".Ceinture de votre choix.Fer- meture-éclair de 8\u201d.20 cents.2471 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.34 à 46.Pour un 38 : 414 v.de 35\u201d, 4 v.de 39\u201d ou 2%4 v.de 54\u201d.Contrastant : 5 v.de 35\u201d-39\u201d-44\u201d.Ferme- ture-éclair de 8\u201d.\u2014 20 cents.4 2550 \u2014 Robe de fillette, gr.8 à 16.Pour un 12 : 234 v.de 35\u201d, 254 v.de 39\u201d ou 215 v.de 44\u201d.4 7% v.de ruban de 14\u201d.14 v.de 35-72\u201d pour les À manches et le collet.Permeture-éclair de 7\u201d./ i 20 cents.1 2554 \u2014 Robe charmante, gr.32 a 40.Pour un 34 : 37% v.de 35\u201d, 334 v.de 39\u201d ou 215 v.de 54\u201d.Ceinture de votre choix.Fermeture-éclair de 8\u201d.25 cents.Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité. Novemsre 1937 2537 Le FROID EST SAIN - PROFITONS-EN ! 1820 \u2014 Mackinaw pour garçonnet, gr.4 à 18.Pour un 10 : 1 v.de 54\u201d.La doublure : 114 v.de 36\u201d ou 7 v.de 54\u201d.14 v.de mousseline de 36\u201d pour le collet.Fermeture-éclair de 16\u201d.2915\u201d de tissu élastique de 215\u201d pour la ceinture et les poignets.20 cents.1823 \u2014 Paletot troisé pour gar- connet, gr.1 a 10.Pour un 4 : le manteau, 214 v.de 36\u201d ou 154 v.de 54\u201d.La doublure : 134 v.de 36\u201d ou 114 v.de 39\u201d.Entredoublure : 75 v.de 54\u201d.15 cents.2505 \u2014 Costume « swagger », gr.32 à 44.Pour un 34 : le manteau, 414 v.de 35\u201d ou 2% v.de 54\u201d.Doublure : 315 v.de 35\u201d ou 27% v.de 39\u201d, 134 v.de canevas de 24\u201d ou de mousseline de 35\u201d.Collet de fourrure.Le costume : 444 v.de 35\u201d, 37% v.de 39\u201d ou 234 v.de 54\u201d.Pour une ceinture du méme tissu, ajouter Lg v.Pour le corsage : 74 v.de canevas de 24\u201d ou de mousseline de 35\u201d.Ceinture de votre choix.Fermeture-éclair de 6.\u201d 25 cents.2536 \u2014 Joli manteau, gr.34 à 52.Pour un 40 : le manteau, 41% v.de 54\u201d.Collet de fourrure, avec 34 v.de canevas de 24\u201d.La doublure : 475 v.de 35\u201d ou 414 v.de 39\u201d.3 v.d'en- tredoublure de 54\u201d.25 cents.2537 \u2014 Manteau et chapeau pour garçonnet ou fillette, gr.1 à 8.Pour un 4 : le manteau : 214 v.de 35\u201d ou 154 v.de 54\u201d.34 v.de canevas de 24\u201d ou de mousseline de 35\u201d ; doublure : 104 v.de 35\u201d, ou 7 v.dé 54\u201d ; entredoublure : 7% v.de 54\u201d.Le chapeau : 34 v.de 35\u201d-54\u201d, 34 v.de canevas de 25\u201d ou de mousseline de 35\u201d.34 v.de ruban de 1\u201d.25 cents.Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité.45 46 LA Revue POPULAIRE POUR LE BUREAU ET LA MAISON 2492 \u2014 Robe fort pratique, gr.12 à 40.Pour un 14 : 3% v.de 35\u201d, 3 v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 37\u201d.Ceinture de votre choix.15¢.2533 \u2014 Robe amincissante, gr.32 à 42.Pour un 34 : 354 v.de 35\u201d, 314 v.de 39\u201d ou 2% v.de 54\u201d.Foulard et ceinture : 14 v.de 357-39\u201d.Fermeture- éclair de 87.\u2014 25 cents.2539 \u2014 Robe pour dame ou jeune fille, gr.12 à 40.Pour un 36 : 33% v.de 35\u201d, 314 v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 8\u201d.25 cents.2542 \u2014 Robe charmante, gr.12 à 20.Pour un 14 : 4 v.de 35\u201d, 334 v.de 39\u201d ou 234 v.de 54\u201d.Contrastant : 34 v.de 35\u201d ou 34 v.de 39\u201d.25 cents.2543 \u2014 Robe deux-pièces pour gr.12 à 40.Pour un 16 : la jupe et la blouse, , 37% v.de 35\u201d, 315 v.de 39\u201d ou 245 v.de 54\u201d.Le foulard : L4 v.de 357-39\u201d.§ Ceinture de votre choix.Pour les épaules : L@ v.de canevas de 24\u201d ou de mousseline de 35\u201d et Lg v.de doublure de 357-39\u201d.Fermeture-éclair de 6.\u201d cents.2566 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.32 à 42.Pour un 36 : 314 v.de 39\u201d ou 2% v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 8\u201d.25 cents.en WO Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité. mi Jllustré ci-dessus: le sedan Oldsmobile six.VOUS N'AVEZ JAMAIS EU UNE TELLE VALEUR POUR VOTRE ARGENT de plus le type ; ic d'élégance que tous les autres mais ce n\u2019est pas tout puisqu'il établit aussi le ty de valeur avec le plus grand nombre de caracté- .ristiques jamais annoncées dans une voiture à prix populaire.Oldsmobile devance les autres en \u201c sécurité, grâce à la carrosserie Fisher monacier à toit-tourelle, à la glace de sécurité dans toutes les fenêtres, aux freins superhydrauliques et aux intérieurs de té devance les autres en 4 genoux mécaniques, aux deux isateurs de marche et aux intérieurs spacieux et luxueux.En performance, il les devance égale- ment avec un moteur de 95 chevaux qui donne une énergie abondante avec une économie étonnante.Voyez cette nouvelle voiture brillante aujourd\u2019hui même.La possession d\u2019un Oldsmobile : jvous.assure les plus grands avantages.© RENSEIGNEZ- VOUS SUR LES LÉGERS PAIEMENTS MENSUELS Du MODE GENERAL MOTORS DE PAIEMENTS A TERMES. 48 La REvuE POPULAIRE La \u201cGeneral Motors\u201d présente : Ci-contre: le phaéton convertible McLaughlin Buick.Ci-dessous : le Chevrolet 1938, modèle coach ** Master de Luxe\".Au-dessous du Chevrolet: le Pontiac 1938, modèle coach de luxe six.Au centre, face à la maison d'architecture moderne : un LaSalle 1938, à moteur V-8.Tout en bas, à gauche : le nouveau Cadillac V-8.A droite: le coupé six Oldsmobile 1938. NovEMBRE 1937 De bonnes habitudes pour les enfants [A TÂCHE de l'enfance est de contracter de bonnes habitudes.Un enfant apprend avec beaucoup d'effort à se tenir debout sur ses jambes, à porter ses pieds l'un devant l'autre, à placer ses lèvres et sa langue de façon à produire des sons que nous appelons mots.La plupart des enfants reçoivent beaucoup d'aide et d'encouragement dans la formation de ces habitudes.Cependant, dans la formation de certaines autres habitudes non moins importantes, ils reçoivent peu d'aide.Prenez par exemple votre propre enfant.Vous faites peut-être attention à ce qu'il apprenne à se tenir droit et à parler clairement et correctement.Faites-vous également attention à ce qu'il apprenne à avoir une humeur égale, à être obéissant, obligeant pour les autres, et à dire la vérité ?Durant ses premières années, l'enfant se façonne un caractère.Les parents peuvent beaucoup, pendant l'enfance, pour déterminer quel sera ce caractère.Plus tard ils pourront très peu.Les Enfants sont Imitateurs L'enfant reproduit dans une large mesure les habitudes de son père et de sa mère.S'il les voit d'humeur égale, calmes, affables, bienveillants, justes, honnêtes et courageux, il aura probablement ces qualités.Mais s'ils s'emportent, se querellent, sont injustes envers lui ou entre eux, ou s'ils se trompent l'un et l'autre ou le trompent lui-même, ou se tourmentent devant lui, il peut suivre leur exemple.Quelques bonnes règles générales pour les pères et mères sont celles-ci : Soyez ce que vous voulez que votre enfant soit.Attendez-vous à ce qu'il se conduise bien, et donnez-lui-en le mérite lorsqu'il le fait.Tenez toujours les promesses que vous lui faites.Ne manifestez pas vos craintes devant l'enfant et ne lui en suggérez aucune.Ne vous emportez jamais en corrigeant l'enfant.Ne le douillettez pas.Habituez-le à se débrouiller seul, à s'attendre à lui-même, et à compter de moins en moins sur ses parents.Reconnaissez ces besoins, mais ne lui donnez pas tout ce qu'il demande.Respectez-le, respectez ses projets, ses opinions.Souvenez-vous qu'il est un être animé de sentiments.Les Habitudes, Bonnes et Mauvaises Les habitudes à encourager chez l'enfant sont: Manger régulièrement et de bon cœur ce que vous lui servez; l'habitude de se maîtriser; l'habitude de l'obéissance; l'habitude d'aimer les gens; l'habitude du courage; avoir des soins réguliers de propreté personnelle.Les habitudes à prévenir sont : Faire des difficultés sur la nourriture; s'emporter; mentir; désobéir; la jalousie; la timidité; se mouiller au lit.Comment s'y prendra-t-on pour encourager ces bonnes habitudes et chasser les mauvaises ?Les indications qui suivent aideront peut-être à solutionner ce problème.Pour Encourager les Bonnes Habitudes à Table Servez les repas de façon aussi invitante que possible et à des heures régulières.Faites comme si vous aimiez tous les aliments et exigez que votre enfant fasse de même.Que l'heure des repas soit une heure où tout le monde est content : pas de gronderies et aucune discussion pénible à table.Devant l'enfant, ne parlez pas de ses goûts et de ses aversions.N'essayez pas de le faire manger par les prières ou par la force : donnez- lui trente minutes pour manger, et s'il n'a pas fini après cela, enlevez le couvert.Ne lui donnez rien à manger entre les repas.Ne lui faites rien manger vous-même lorsqu'il est assez grand pour manger seul.Les Accès de Colère Cherchez d'abord la cause de l'accès.Parfois le sommeil est tout ce dont l'enfant a besoin.Plus d'un enfant a été injustement considéré mauvais caractère lorsqu'il s'agissait tout simplement d'un enfant fatigué.L'accès peut tenir également à une mauvaise alimentation, à la surexcitation ou au manque de récréation ou d'exercice.Les enfants veulent être occupés chaque minute de la journée.Ils ont besoin de jouer beaucoup.Certains enfants prennent l'habitude de faire des colères pour attirer l'attention ou pour obtenir quelque chose.Ne cédez jamais à un enfant, et ne lui accordez pas ce qu'il désite, pendant un accès de colère.Ne vous occupez pas de lui s'il se fache, et faites-lui bien voir qu'il ne gagne rien à agir de la sorte.Ne criez pas après lui et ne vous fâchez pas.Plus l'enfant s'emporte, plus il est important que vous ne vous emportiez pus.Toutefois l'enfant n'a pas toujours tort et le père ou la mère toujours raison ! Parfois l'entêtement est dû aux manières négligentes, dures ou injustes à l'égard de l'enfant.Un enfant sain doit être plein de vie.Si vous passez votre temps à gronder ou à interdire; il se fera un court- circuit d'énergie portant sur les nerfs.Avant tout, souvenez-vous que l'enfant est facilement impressionnable et naturellement imitateur.S'il vous voit vous mettre en colère, il prendra exemple sur vous.Franchise et Honnêteté ll y a des enfants à l'imagination très vive, qui se permettent un peu d'exagération dans leurs récits.i re faut pas que les parents un peu exigeants prennent cela dans le sens strict «de faux rapports »; ce trait indique la souplesse de l'imagination chez l'enfant, précieuse qualité à !a- quelle les parents judicieux donneront un tour utile.Metropolitan Life Insurance Co.Soins dentaire spéciaux pour que lcs jeunes dents poussent saines et droites.Jouets spéciaux pour développer l\u2019intelligence.Et un laxatif spécial pour garder le corps en santé .le Castoria.C\u2019est ainsi qu\u2019on éleve un bébé aujourd\u2019hui Des soins spéciaux en tout .même un laxatif spécial! C\u2019est pourquoi les enfants modernes se développent si bien! ON veille aujourd\u2019hui avec un soin jaloux sur tout ce qui concerne la croissance d\u2019un bébé.Tout est \u201cspécial\u201d pour le petit, dès l\u2019instant où il fait entendre son premier vagissement .régime alimentaire spécial .vêtements spéciaux .poudre de talc spécial.et même un laratif spécial! Et n\u2019est-ce pas logique?Car si le système digestif d\u2019un bébé est trop délicat pour recevoir les aliments qui conviennent aux adultes, il est aussi trop délicat pour s\u2019accommoder d\u2019un laxatif pour adultes.C\u2019est pourquoi nombre de médecins recommandent le CASTORIA.Préparé spécialement pour les enfants, il ne contient pas de drogues drastiques et ne peut déranger l\u2019estomac le plus délicat.C\u2019est parce qu\u2019il est fait spécialement pour les enfants que le Castoria ne cause pas de coliques et ne favorise pas la constipation.Autre avantage : le Castoria a bon goût et les petits le prennent sans maugréer.Îls n\u2019ont pas besoin d\u2019être forcés, et les médecins disent que c\u2019est une excellente chose, car en forçant un enfant à prendre un laxatif qui lui répugne, on risque de lui détraquer le système nerveux.Plus de deux millions de mamans mettent leur confiance dans le Castoria et en gardent toujours une bouteille sous la main.Faites comme elles et achetez-en vous- même une bouteille à la pharmacie.Demandez la bouteillle de famille.Elle dure plus longtemps et vous assure meilleure valeur pour votre argent.! 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Lisbeth, quelle enfant vous êtes ! Une véritable enfant ! \u2014 Ce n'est pas une réponse, ré- pliquai-je impatientée.\u2014 Pas pour vous! peut-être.acquiesça-t-il.Mais si vous n'étiez pas si enfant, cette réponse vous paraîtrait suffisante.\u2014 Pourtant, continuai-je, vous avez embrassé d'autre jeunes filles.On me l'a dit, achevai-je d'une voix essoufflée.Je mesurais combien j'étais cette sotte et maladroite.Je devins très rouge.\u2014 C'est vrai, murmura-t-il.\u2014 Eh bien, alors ?insistai-je, en le défiant du regard.Je sentis que la conversation échappait à mon contrôle.\u2014 Eh bien ! .Il s'arrêta, puis reprit : Eh bien ! douce chérie, un homme peut avoir embrassé beaucoup de jeunes filles, sans y attacher grande importance .Mais s'il lui arrive de trouver sur son chemin, celle qui a pris tout son cœur, rien ne peut l'amener à l'embrasser.si ce désir passionné n'est pas réciproque.Com- prenez-vous ?J'étais alors à bout de forces et prête à pleurer.J'eus envie de me jeter dans les bras de Reggie, en lui avouant que je désirais être embrassée .Mais à peine cette impulsion me fut-elle venue que j'eus honte de ma déloyauté.En effet, la pitié seule me guidait, et ce n'était pas de la pitié que Reggie espérait obtenir de moi.Je fis une réponse stupide.Pourquoi ne peut-on jamais exprimer ce que l'on ressent ?\u2014 Vous continuez à me traiter en enfant ! Il se mit à rire.d'un rire plein d'amertume, puis il dit : \u2014 Un jour vous grandirez, Lisbeth, et alors.Vous prendrez une décision, en connaissance de cause.En attendant, il ne Vous arrivera rien de fâcheux, du fait de nos fiançailles.Je me détournai et je m'enfuis, ne pouvant en supporter davantage.Reggie comprenait la situation si clairement ! Il savait donc lire en moi?Depuis la divulgation de nos fiançailles, je m'imaginais qu'il les considérait comme définitives .Il venait de me prouver qu'il n'en était rien.Tout pour lui demeurerait en suspens jusqu'au moment où je pourrais, de mon côté, répondre à ses sentiments.Oh! comme je le désirais aussi.Mais la nature de mon désir ne se précisait pas.Je savais seulement qu'il me faisait affreusement souffrir.Comme les choses s'arrangent mal dans la vie! Si je n'avais pas été surchargée de besognes ur- entes, je crois que je serais devenue olle, à force de penser, de m'interroger, de m'inquiéter.Le jour de la répétition générale arriva.Au milieu de l'après-midi, Julie vint me dire de me tenir prête pour «l'appel», ce qui signifiait dans le jargon des coulisses de me préparer à monter sur la scène pour répéter mon rôle.J'étais donc debout dans le foyer des acteurs tandis que Lucie vérifiait un détail de mon costume; quelques minutes après, Cynthia portant une grande boîte dans ses bras entra à son tour.Elle posa son fardeau sur la table, et soulevant le couvercle, elle m'interpella : \u2014 Je voudrais que vous examiniez tout ceci, Lisbeth .Je fais beaucoup de théâtre en amateur, comme vous le savez peut-être et, peu à peu, je me suis formé une collection de bijoux appropriés.Derrière la rampe, les robes gagnent à être rehaussées de joyaux .Quelques-uns de ceux- ci feraient-ils votre affaire ?En disant ces mots, elle jeta négligemment sur la table un mélange d'objets brillants : colliers, chaînes, broches, agrafes, boucles d'oreilles, diadèmes, bracelets, anneaux pour les chevilles, etc.Les pierres précieuses les plus diverses en faisaient l'ornement : perles, diamants, émeraudes, saphirs, rubis.\u2014 Quel trésor ! s\u2019écria Lucie.Mais êtes-vous bien sûre, mademoiselle Sherbrooke, que nous pouvons y puiser sans inconvénient ?\u2014 Ma chère, ce ne sont que des imitations : j'ai fait copier un certain nombre de mes bijoux.C'est tout ce qu'il faut pour le théâtre et vous pouvez en disposer.Je tiens à dédommager Lisbeth de m'être emparée de l'étoffe qui lui était primitivement destinée.Lisbeth, je vous donne l\u2019option ! Lucie et moi, nous nous approchâmes de la table pour examiner les bijoux de près.À dire vrai, la seule pensée de porter un objet appartenant à Cynthia, même une parure sans valeur, m'était extrêmement désagréable.\u2014 C'est bien aimable à vous, Cynthia, d'insister; je vais donc faire mon choix.\u2014 J'aurais été très blessée si vous n'aviez pas accepté, dit-elle en fourrageant dans le tas de bijoux.Que pensez-vous de ce collier de saphirs?Elle essaya sur ma robe l'effet des pierre bleu foncé, parfaitement imitées.Puis secouant la tête, elle conclut : \u2014 Non, les couleurs se heurtent.Cherchons autre chose.Voici des rubis ?.Non ! leur éclat est trop vif, n'est-ce pas ?Que pensez-vous des turquoises 7.Non plus!.Trop pales ! Suggérant un bijou, puis un autre, Cynthia eut bientôt passé en revue la collection presque entière.\u2014 Oh! j'ai trouvé exactement ce qu'il faut ! s'écria-t-elle a la fin, en saisissant un pendantif de diamants, suspendu à une chaîne d'or.La fortune en est un peu bizarre, mais s'harmonisera avec le style de votre costume.Elle me mit la chaîne autour du cou et, se reculant, la tête un peu de côté, pour mieux juger de l'effet : \u2014 Regardez, ucie ! dit-elle.L'ensemble n'est-il pas parfait?Lucie approuva tout de suite : \u2014 Parfait, confirma-t-elle laconiquement.\u2014 L'approbation de l'oracle met fin à toute hésitation, reprit Cynthia en riant.C'est décidé, n'est-ce pas?.Gardez-le donc, Lisbeth, ajouta-t-elle négligemment.J'examinai le bijou plus en détail : le dessin en était curieux, très original.L'éclat des pierres me surprit et j'en fis la remarque à Cynthia.\u2014 Ce bijou vous va à merveille.Regrettez-vous un peu moins maintenant d'avoir été privée de l'étoffe bleue, chérie ?demanda Cynthia.Elle m'avait réservé la plus beile pièce, si généreusement et me posait cette question d'une manière si engageante que je sentis s'évanouir mes préventions à son égard.\u2014 Je ne regrette plus rien, dis-je.Ce pendatif donnera beaucoup de chic à mon costume.C'est vraiment trop gentil de votre part, Cynthia ! \u2014 Ne dites pas de bêtises, ma petite.Appelons les autres invitées 51 FSWAVIS VOUS EN (\\.AIMEREZ Let / La gaine Swavis est si seyante qu'elle accentue encore le chic des silhouettes les plus jeunes et les plus minces.Grâce à elle, les robes les plus difficiles à porter vous iront comme un gant.Quant ou prix, il est à la portée de toutes.Avec un de ces élégants vêtements de fond Swavis vous ne vous reconnoîtrez plus.CHARIS DE MONTREAL Edifice Drummond, 1117 ouest, rue Ste-Catherine Téléphone : PLateau 2571 CHARIS DE QUEBEC CHARIS DES TROIS-RIVIERES 251, rue St-Joseph 444, rue Des Forges Téléphone : 6567 Téléphone : 2626 ny WHEN \u201c Hl, JLES GENERATIONS PASSENT- LA MARQUE D-M-C DEMEURE 52 POURQUOI LAVER QUAND JE PEUX EMPLOYER Sani-Flush?+ Ne lavez pas un bol de cabinet avec vos mains.C'est la science qui fera ce travail pour vous.Mettez un peu de Sani-Flush dans le bol.(Mode d'emploi sur la boîte.) 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Cette fête de charité est particulièrement réussie.Je vous demande de garder ces objets comme souvenirs.C'est un bien mince cadeau, je le sais .des bijoux faux.Mais tout est illusion dans une représentation théâtrale, n'est-ce pas ?Ces parures vous serviront ensuite pour des bals costumés, ou quelque chose de ce genre.Il y eut un chœur de protestations : il n'était pas possible d'acepter cette offre gracieuse; ces objets étaient trop jolis, Mlle Sherbrooke pourrait en avoir de nouveau besoin, etc.Mais Cynthia ne voulut rien entendre : \u2014 Tout ce stock est sans valeur, répéta-t-elle .Des morceaux de verre, en définitive !.Vous me feriez un grand plaisir en les conservant.\u2014 Vous-même, Cynthia, que por- terez-vous ?demandai-je.\u2014 Je trouverai bien l'équivalent dans mes écrins.J'ai apporté assez de bijoux pour faire un choix, ripos- ta-t-elle d'un air indifférent.lls ne nous restait plus qu'à la remercier, avec effusion.\u2014 Oh ! c\u2019est une vétille, dit la donatrice gaiement .Venez ici, Lis- beth, que je vous décore.Elle prit le pendatif par la chaîne et me le mit autour du cou.Elle déclara alors : \u2014 Vous tous ici présents, sachez que je donne à ma chère amie, Lis- beth Moffat, ce magnifique joyau \u2014 en faux diamants \u2014 pour le porter en souvenir de moi.Un rire général accueillit ce discours.\u2014 L'effet, continua Cynthia, est ravissant.On oublie presque, tant cette parure se détache bien sur 1'étoffe rouge sombre, qu'elle est composée de pierres fausses.Lisbeth, vous serez la reine de la fête.\u2014 Cynthia, vous me comblez ! Le caquetage continua sans arrêt jusqu'au moment moment où Julie vint appeler celles qui devaient paraître les premières sur la scène.Cette intervention provoqua une débandade générale.J'aperçus alors mon ami, le photographe.son appareil suspendu par une courroie à son cou, furetant de ses petits yeux malicieux et plissés .Comme toujours, il était tout à son affaire.Je n'avais pas remarqué auparavant sa présence, dans la salle.Le lendemain matin, à mon arrivée dans les coulisses, il s'approcha de moi, me salua et dit sur un ton dépité : \u2014 Le ciel me préserve des yeux bleu lavé, qui sortent en blanc sur les photographies ! Je lui demandai de m'expliquer !e motif de son indignation.\u2014 Cette fâcheuse particularité a complètement abimé un charmant instantané que j'avais pris hier de vous.Je comptais mettre comme sous-titre: «Junon distribuant des joyaux.» Cette personne imposante rappelle un peu une déesse, n'est-ce pas ?\u2014 Mille Sherbrooke ?précisai-je.\u2014 C'est son nom ?Eh bien, serait- elle Cléopâtre, Hélène de Troie, ou Véus elle-même, elle m'a gâché le meilleur de mes clichés ! Vous êtes, par contre, bien réussie et le bijou admirablement rendu.\u2014 L'avez-vous prise au moment où elle me donnait le pendatif ?ques- tionnai-je.\u2014 Naturellement ! Je n'aurais pas voulu manquer un morceau de choix comme celui-là, je vous assure.C'est bon pour mes confrères ! \u2014 La scène se prêtait en effet à un joli cliché ! repris-je.\u2014 C'est une merveille, croyez- moi.Mais les yeux, trop clairs, de cette demoiselle revêtent, dans la photographie, une expression horri- e! Je me mis à rire malgré moi, car mon interlocuteur appartenait à cette catégorie d'individus qui ne peuvent s'empêcher d'être comiques, sans le vouloir.\u2014 Eh bien, jugez vous-même, dit- il d'un ton offense.Et prenant une impreuve rouge brun, il me la tendit.J'étais là, petite et souriante, recevant l'étincelant bijou des mains de Cynthia; cette dernière, occupée à fixer le pendentif autour de mon cou, se découpait, d'une ligne sculpturale.Cynthia souriait aussi, mais le sourire s'effaçait devant l'effet produit par ses yeux pâles.Je ne puis décrire l'aspect irréel que cette anomalie communiquait à son visage.Le sourire lui-même grimaçait, sous ce regard inhumain .Cynthia m'apparut comme le symbole du destin ! \u2014 Tenez cette épreuve à l'abri de la lumière, s'il vous plaît, me re- commanda-t-il.Elle n'est pas encore fixée.Je me conformai aussitôt à ces instructions.\u2014 C'est un accident vraiment fa- cheux ! assurai-je avec un sincère commisération.Ce petit bonhomme aimait tant son métier qu'il en devenait sympathique.\u2014 Qu'est-ce qui se passe ici?.dit soudain la voix aiguë de Julie.Elle mit sa tête ébouriffée à côté de la mienne et regarda à son tour la photographie.\u2014 Oh ! L'apparition d'un fantôme! Comme c'est curieux!.Qui est- ce?s'écria-t-elle.Mais, naturellement, c\u2019est Cynthia! continua-t- elle, rectifiant sa première impression.Je ne l'avais pas reconnue.Qui a pris ce cliché ?ajouta-t-elle, en examinant la photo de plus près.\u2014 Monsieur .Monsieur ?.heu!.dis-je.\u2014 Mitford .compléta l'intéressé.\u2014 Que c'est bizarre! s'exclama Julie.\u2014 Navrant! Voila le mot juste, rectifia-t-il en reprenant l'épreuve et en la remettant dans sa poche d'un geste dégoûté .Parlez-moi d'une physionomie de tout repos, comme la vôtre ! En émettant ce jugement, il étendit le pouce dans ma direction, et, sur ce compliment original, il tourna les talons.\u2014 Si ce phénomène ne s'expliquait pas scientifiquement, dit Julie en riant, j'aurais attribué l'expression de Cynthia au sentiment qu'elle éprouve pour vous ! \u2014 Pour moi?Pourquoi ?deman- dai-je en riant aussi.\u2014 Reggie.précisa-t-elle d'un air entendu.\u2014 Reggie 7.m'exclamai-je au comble de l'étonnement.\u2014 Oui, chérie, Cynthia était une des femmes dont je redoutais l'influence sur Reggie : non qu'il ait jamais paru s'intéresser particuliè- LA REvuE POPULAIRE rement à elle, mais je commençais à craindre que, pour avoir la paix, il ne finit par céder aux avances de la demoiselle.J'ai des raisons de croire que, de son côté, elle s'imaginait être ° à la veille de gagner la partie.\u2014 Mais elle .n'aime pas Reggie, bégayai-je.\u2014 Je ne suis même pas sûre qu'elle soit capable d'aimer quelqu'un.Mais Reggie a un oncle extrêmement riche qui ne manquera pas de le doter ! \u2014 Vraiment ?\u2014 Vous ne le saviez donc pas, étrange petite fille ?Vous n'êtes guère à la page ! Cynthia, par contre.était au courant des espérances de Reggie, bien avant de faire sa connaissance ! \u2014 Mais, Julie, Cynthia aime un autre homme.Je suis à même de l'affirmer, balbutiai-je.Julie écarquilla ses yeux à l'expression féline: \u2014 Ah! Ah!.De toute façon, il n\u2019y a pas de doute qu'au cours de l'été dernier, elle a savamment ma- nœuvré pour amener Reggie à la demander en mariage.CHapITRE IX \\/ERs fuit heures, le soir de la fête, l'avenue, depuis la grille jusqu'à la porte d'entrée, était sillonnée par une file d'autos.À neuf heures, la salle de billard, communiquant avec le plus grand salon, grâce à l'enlèvement des lourdes portes à glissières, se trouvait absolument bondée.Les tableaux que nous avions organisés, étaient des plus significatifs : ils formaient une revue complète de la mode, depuis le seizième siècle jusqu'à nos jours.Les éclairages étaient fort bien réglés et Reggie se multipliait; il ma- nœuvrait sans relâche les appareils, en fonction des différents tableaux, de la manière la plus habile.Aussitôt la revue terminée, les costumes, excepté ceux provenant du costumier de Londres, furent mis en vente aux enchères.Julie fut magnifique dans son rôle de commissaire- priseur.Elle nous fit d\u2019abord défiler dans la salle de bal, pour montrer les robes de près, puis tout le monde se groupa afin d'examiner les étoffes.Un gros homme, avec une large figure, un énorme nez, de grands yeux, un sourire épanoui et, formant contraste, de petites mains grasses, s'approcha soudain de moi.il jeta un rapide coup d'œil sur ma toilette, et dit, avec un fort accent américain : \u2014 Tiens, voici un ensemble assez original! J'ai dans ma maison à New-York, une petite fille à laquelle ce costume irait comme un gant.\u2014 Eh bien ! il sera à vendre dans un instant, répondis-je.Offrez un prix et il deviendra votre propriété.Je jugeai à propos de l'inciter à donner un gros chèque pour l'hôpital, car il paraissait, lui-même, cousu de banknotes.\u2014 J'y mettrai le prix, promit-il.Touchez-vous un pourcentage sur le bénéfice ?Je le regardai fixement, pensant tout d'abord qu'il plaisantait.Mais il était sérieux comme un juge.\u2014 Non ! m'écriai-je avec indignation.Chaque centime est pour l'hôpital ! : Il rit de bon cœur.\u2014 Très bien, très bien! Ne me mangez pas.Je n'ai pas eu l'intention de vous offenser.Quelle ravissante parure ! II saisit froidement le pendentif et le regarda attentivement.Je trouvais ce sans-gêne inadmissible, mais à cause de Julie, je ne voulais pas faire Novemsre 1937 la moindre chose qui piit blesser un acquéreur éventuel .Je me soumis à son inspection et dis : \u2014 La monture est très soignée, n'est-ce pas ?Et les pierres ont un éclat bleuté qui leur donne l'apparence du vrai.Il sourit et me regarda avec une expression singulière.\u2014 Oh! tout a fait! acquiesça-t-il.Ce collier est a vous?ajouta-t-il.\u2014 Oui, répondis-je.\u2014 Un bijou de famille, probablement ?\u2014 À un compatriote de Georges Washington, je ne puis déguiser la banale vérité : on me l'a donné, fis- Il ouvrit de grands yeux : \u2014 Vous avez un généreux ami ! Quel est son nom?Vanderbilt?Rockefeller ?\u2014 Ce n'est pas un homme, c'est Mlle Sherbrooke.\u2014 Une personne à connaître ! Laquelle est-ce ?L'intérêt non déguisé de mon interlocuteur m\u2019amusait.Il était un peu indiscret, certainement, mais rien de plus.Je regardai autour de moi.\u2014 Elle n'est pas là, en ce moment.Lorsqu'elle fera son apparition, je vous enverrai un sans-fil.\u2014 Je vous en prie.Elle appartient certainement à une espèce rare.J'aimerais l'apercevoir avant qu'on la mette dans un musée ! \u2014 C'est vraiment gentil à elle de m'avoir donné cet ornement, dis-je; il aurait pu lui être encore utile, à certaine occasions.\u2014 Utile! répéta-t-il, prononçant ce mot comme s'il était écrit tout entier en épaisses majuscules .Utile! Croyez-moi, vous ne pouvez pas mieux dire.Mais avez-vous la moindre idée.\u2014 Lisbeth, appela alors Julie de sa voix la plus perçante.Où êtes-vous ?Je voudrais mettre votre robe en vente.Venez la faire admirer.Je dis alors un au revoir hâtif à mon Américain et courus vers Julie, qui, debout sur une chaise, jouait au commissaire-priseur.Je l'attirai vers moi et lui murmurai à l'oreille : \u2014 Le gros homme au nez important et à l'élocution pâteuse trouve ma robe à son goût.Il paraît qu'elle irait bien à sa petite fille ! Ne cédez donc pas avant qu'il n'ait offert un gros prix.Il a l'air gonflé de dollars, à éclater.\u2014 Qui ?.Senostein ?Il l'est, en effet, ma chère ! Ce serait une fortune pour l'hôpital si j'arrivais à le faire surenchérir, me répondit-elle tout bas.C'est un gros marchand de diamants, seulement il est très avare.Il est dur à la détente, comme pas un, à ce qu'on dit.Maintenant, mesdames et messieurs.Elle éleva sa voix pointue, enfantine et mit ma robe en adjudication.Mon costume ayant eu un succès particulier, les prix montèrent rapidement.La plupart des gens prenaient part aux enchères en riant, mais ayant regardé M.Senostein, je vis - qu'il conservait un sérieux imperturbable.Il avait été décidé que chaque enchère devait être au moins d'une livre., à chaque mouvement de tête de M.Senostein, par conséquent, c'était une livre qui allait à l'hôpital.Julie encourageait les gens à surenchérir sur lui.\u2014 Dites-moi, remarqua-t-il soudain.Je pense que les bijoux vont avec le costume.Non?.Oui?\u2018Et il se mit à rire, comme s'il venait de faire la plus belle plaisanterie du monde.~ Oh oui, s'écria Julie gaiement.Tout va ensemble.sauf la jeune personne ! Il y eut un éclat de rire général.\u2014 Non, Julie, répliquai-je vivement.Le collier est à moi, Cynthia me l'a donné, et.et.\u2014 Mais, mon enfant chérie, c'est pour la bonne cause! fit Julie en riant.Vous n'allez pas, pour quelques morceaux de verre, empêcher les dollars de M.Senostein de ravitailler l'hôpital, murmura-t-elle & mon oreille.\u2014 Mais, Cynthia me l'a donné en souvenir, protestai-je.Ce ne serait guère délicat de ma part de m'en défaire.Dites que les bijoux ne sont pas à vendre, je vous en prie.Je plaidais ma cause à voix basse, mais avec chaleur.Je ne voulais pas courir le risque que Cynthia pût être tentée de me répondre : \u2014 Oh! ne soyez pas si entêtée, Lisbeth!.Oui, tout se vend ensemble, reprit-elle, en s'adressant à l'assemblée.Maintenant M.Se- nostein, faites une offre, voulez- vous ?Et elle sourit d'un air persuasif- L'Américain se mit à rire puis demanda : \u2014 Eh bien! si je proposais cinquante bonnes livres sterling ?Qu'en pensez-vous ?\u2014 Fort bien.Mais naturellement, nous ne pouvons pas nous contenter de ce prix-là.C'est la plus jolie robe de la collection.Jacques chéri, proposez vite cent livres !.Ne cédez pas à M.Senostein.C'est au bénéfice d'un hôpital, vous savez.d'un hôpital d'enfants.Jacques obéit aussitôt.M.Seno- stein surenchérit sur Jacques, jusqu'à ce que la somme insensée de cinq cent cinquante livres eût été atteinte, offerte par M.Senostein.\u2014 Cinq cent cinquante.Julie leva son petit marteau de bois, la figure transfigurée, les yeux étincelants.J'ai une offre de cinq cent cinquante bonnes livres sterling pour ce costume .Personne ne va au delà de cing cent cinquante ?Naturellement il n'y eut plus de surenchère.En fait, depuis quelques minutes personne n'avait rien dit, à part Jacques Compton et l'Américain.La gaieté et la bonne humeur qui avaient régné jusque-là semblaient, s'être évanouies.L'assistance demeurait immobile, attentive comme en \u201csuspens.\u2014 Pas de surenchère sur cinq cent cinquante ?répéta Julie.Pour toute réponse, il y eut un silence impressionnant.\u2014Une fois .Deux fois .annon- ça-t-elle solennellement.Elle se préparait à conclure par un éclatant et triomphant « Adjugé ! » lorsque, brusquement, Cynthia Sherbrooke apparut dans l'embrasure de la porte, la figure pâle, tragique Etendant le bras, elle cria : \u2014 Julie ! J'ai été volée ! Ma boîte à bijoux a été forcée, on m'a volée ! Le petit marteau de bois retomba avec un bruit sec.Tout le monde était comme pétrifié.Seule le visage de l'Américain sembla prendre une expression équivoque, et il me regarda avec une arrière-pensée que je ne pus comprendre.\u2014 Quoi ?éclata Julie.Cynthia quitta l'embrasure de la porte, et le fait de la voir remuer parut amener une détente; il y eut une agitation générale et des chuchotements s'élevérent de toutes parts, pendant qu'elle s'approchait de Julie dans un état d'excitation effrayant.\u2014 Quelqu'un a pris mon collier! dit-elle avec volubilité anormale.Je ne m'étais aperçu de rien jusqu'au (Lire la suite page 57) 53 Faites disparaître la Couleur Terne de votre visage L'Innoxa \u2018\u201cComplexion Milk\u2019 (Lait pour le Teint) vous donnera une peau superbe en un mois et améliorera votre teint en moins d'une semaine.Achetez une bouteille d\u2019Innoxa \u201cComplexion Milk\u201d aujourd'hui méme et voyez comme votre peau devient propre et fraiche 3 mesure que cette préparation extirpe doucement les saletés et impuretés qui gisent sous la surface.L\u2019Innoxa \u201cComplexion Milk\" fera disparaître la couleur terne de votre visage et vous douce que vous croyiez avoir perdue pour toujours.Prix : $9.50./Innoxa rendra la peau claire, $1.50, $3.00, $5.00, Innoxa (England) Limited, 38, Old Bond Street, London, wi Concessionnaires au Canada : Ralph W.Barton & Co.Ltd., Toronto.LE CORPS MEDICAL RECOMMANDE LES PREPARATIONS INNOXA \\ VAR TLE CRAY ag Aero h = PET Ediise Dominion Square, MONTREAL De nouvelles assurances 7.Pout-dtre pas.Mais tirez-vous tout le bénéfice por sible de celles que vous possédez déjà Notre \u2018\u2018plan d\u2019ensemble\u2019\u2019 économique vous indiquera comment tirer un meilleur parti de vos assurances, pour votre propre sécurité et celle de votre famille.LIFE RANCE COMPANY a Pio, PIC TI) CO QUEBEC TROIS-RIVIERES SHERBROOKE LE 3 mois (Etats-Unis : $5.00 3 mois) d'abonnement au Adresse Vous avez chaque semaine dans .Un roman d'amour complet et un grand feuilleton intitulé : LE CHEMIN DU CRIME De nombreuses illustrations en couleurs, des contes, des nouvelles sentimentales et une foule d'articles sur des sujets variés.\u201cLE SAMEDI\u2019 EST EN VENTE PARTOUT : 10 cents SAMEDI par Jules MARY COUPON D'ABONNEMENT \u201c LE SAMEDI\u201d Ol-inelus la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour Samedi.Ville oon POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, L'arrsscosmenmemenmee nent of 1 JOS \u2014 975 de Bulllon, Montréal 54 IL NY A RIEN COMME NUGGET Her hy ® Assouplit les empeignes ® Assure confort et élégance durables ® Imperméabilise le cuir H y a une nuance de Nugget pour chaque genre de chaussure On peut maintenant se procurer le Nugget dans une boite d\u2019essai a 5 ¢.AVEC LES ee bad QRestes FAITES DES PLATS NOUVEAUX Un rien de Lea & Perrins leur donne du piquant et de la saveur.SAUCE LA SAUCE QUI RELEVE TOUS LES METS >) - æ VTT a Après le \u2018\u2018robre\u201d\u2019.les sandwiches au Paris-Paté sont toujours un atout! Leur piquant dé- Ucleux ajoute de l'intérêt à rin- termède - rafral- chissement.JZ 152004 44- La Revue PorurLArRE Mon Cours d'Art Culinaire par Mme Rose Lacroix Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l\u2019Institut Ménager de VELOUTÉ AUX CHAMPIGNONS LA livre de champignons frais 1 pinte de bouillon de poulet ou d'eau | petite tranche d'oignon 2 c.à table de beurre 2 c.à table de farine JA tasse de crème Hacher les champignons et l'oignon, et faire cuire !4 heure dans le bouillon ou l'eau.Passer au tamis.Faire fondre le beurre, ajouter la farine et lier la purée de champignons.Faire jeter quelques bouillons, y incorporer la crème, bien assaisonner et servir avec croûtons.\u2014 Si l'on emploie du bouillon, la crème peut être omise.Quelques fleurettes de persil peuvent être ajoutées avant de servir.Croûtons : \u2014 Beurrer une tranche de pain et la tailler en cubes de |Z pouce.Faire rôtir à la poêle ou au four.FILET DE BŒUF À LA JARDINIÈRE 1 filet de bœuf 1 chou-fleur 2 ou 3 betteraves, petits pois et fèves 4 ou 5 carottes glacées Larder un filet de bœuf et le faire cuire à four chaud 500°, 12 minutes par livre.Quand le filet est bien brun, diminuer la chaleur à 400°.Déposer sur plat chaud entouré d'une garniture de légumes.N.B.: Si l'on possède un grilleur, soit au gaz ou à l'électricité, il serait préférable de faire griller le filet de bœuf.Il faudrait alors le placer sur un gril et l'exposer à une chaleur vive jusqu'à ce qu'il soit bien bruni.Sitôt qu'un côté est brun, le retourner et quand il est bruni des deux côtés, diminuer la chaleur et le laisser cuire environ 15 heure à chaleur douce.Cuisson du chou-fleur : Bien laver le chou-fleur et le laisser tremper dans l'eau salée, la tête en bas pour faire sortir les petits vers s'il s\u2019en trouve.Séparer le chou en fleurettes et faire cuire à l\u2019eau bouillante salée, 10 minutes.Egout- ter, asperger de beurre fondu et tenir au chaud.Cuisson des carottes glacées: Tailler les carottes en bâtonnets et les faire cuire 10 minutes à l'eau bouillante salée.Egout- ter et remettre dans la casserole avec un bon morceau de beurre, 1 c.à thé de sucre et L5 tasse d'eau chaude.Laisser cuire à feu doux jusqu'à ce que tout le liquide soit absorbé.Faire revenir au beurre également petits pois et fèves.Cuisson des betteraves : Les tailler en filets après les avoir fait cuire et les avoir pelées, les faire revenir \u201cLa Revue Populaire \u201c et du \u201d Samedi \u201d avec 2 c.à table de beurre, 14 c.a thé de sel.1 c.à thé de sucre et 2 c.à table de vinaigre.Poupine Aux POMmMEs Laver des pommes, les couper en quartiers et les faire cuire dans une casserole sans eau.Quand elles sont bien cuites les passer en purée et les sucrer au goût.Déposer dans un plat à pouding bien beurré, et couvrir du mélange suivant : 1 tasse de farine, 6 c.à table de beurre, 4 tasse de cassonade.Emiet- ter le beurre dans la farine tout comme on fait pour préparer de la pâte brisée, et ajouter la cassonade.Le mélange doit rester sec et granuleux.Etendre sur la purée de pommes et cuire à four chaud 450° pendant 10 minutes.Abaisser la chaleur à 350° et continuer la cuisson jusqu'à ce que ce soit bien doré.Cœur DE Bœur Farci ET Braisé 1 oignon haché finement, 2 branches de céleri 2 c.à table de saindoux l tasse de mie de pain Assaisonnement au goût.Faire chauffer le saindoux, y faire revenir l'oignon haché finement et le céleri, puis y ajouter le morceau de cœur Coupé en petits dés que l'on aura enlevé pour faire une cavité, ou des restes de viande cuite.Bien assaisonner le tout de sel, poivre et fines herbes, et lier avec la mie de pain.Si le mélange est un peu sec, on pourra y ajouter un peu de bon bouillon, ou de beurre fondu; s'il est trop liquide, un peu plus de pain.ien préparer un cœur de bœuf en enlevant soigneusement les veines, les artères et les caillots de sang.Le remplir avec la farce ci-haut indiquée et coudre l'ouverture.Choisir une casserole juste assez grande pour y placer le cœur préalablement saupoudré de farine, et y ajouter de l'eau chaude à la moitié ou du bon bouillon.(Si l'on met simplement de l'eau, 2 cuillerées de Bovril pourraient être ajoutées pour rehausser le goût, Laisser cuire à petit feu, en casserole bien close, au four ou sur le poêle durant 2 à 3 heures.Servir avec une garniture de légumes, carottes, navets et petits oignons, que l'on aura fait cuire dans la même casserole 14 heure avant la fin de la cuisson.Servir très chaud et sur assiette chaude parce que le cœur de bœuf se refroidit très vite.GâÂTEAU AUX FrurTs tasse de raisins Malaga tasse de raisins Sultana tasse de raisins de Corinthe 3 tasses de raisin épépinés 14 de livre d'ananas confit 15 livre de cerises confites 1 livre de dattes 14 livre de citronnelle confite L4 tasse d'écorces de fruits confits V4 livre d'amandes émondées 14 livre de noix Grenoble 2 tasses de farine à pâtisserie V4 c.thé de sel 1 c.à thé de cannelle et 1 c.à thé de muscade L4 c.à thé de chacune des mélangées, clou et gingembre c.à table de vanille tasse de beure tasse de sucre fin œufs, et L4 tasse de jus de fruits AN Laver les raisins, si nécessaire, les faire sécher au four.Couper en filets minces ananas et citronnelle, ainsi que les écorces de fruits.Tailler en deux les cerises, les amandes émondées et les noix Grenoble.Tamiser la farine avec les épices.Défaire le beurre en crème avec le sucre jusqu'à ce que ce soit bien léger, ajouter les œufs l'un après l'autre, et bien battre entre chaque addition.Joindre à ce mélange le jus de fruits et la vanille, et y incorporer tous les fruits mélangés à la farine.Déposer la pâte dans un moule recouvert de 4 épaisseurs de papier bien beurré.APRES S'ETRE MOQUES DES FRANÇAIS QU'ILS APPELLENT ENCORE PAR DERISION DES FROG EATERS, VOILA QUE LES AMERICAINS, DE PLUS EN PLUS RAFFINES, SE METTENT A MANGER, NON SEULEMENT DES CUISSES DE GRENOUILLES MAIS DES GRENOUILLES EN- TIERES.LE LIFE CONSACRAIT DERNIERE- MENT A L'ELEVAGE DES GRENOUILLES DE TABLE UN ARTICLE ILLUSTRE DONT NOUS AVONS EXTRAIT CETTE PHOTO.LES MEILLEURES GRENOUILLES COMES- FIBLES DE LA CALIFORNIE ONT DE CINQ A SIX ANS.LA RECETTE DE MME PAHL, DE CHICO, U, S.A, EST LA SUIVANTE: ROULER DES CUISSES DE GRENOUILLES DANS LA FARINE, FAIRE FRIRE AVEC UNE DEMI-LIVRE DE BEURRE ET UN QUART DE TASSE D'HUILE.SEL, POIVRE. NOVEMBRE 1937 Cuire à four très doux, 250°, durant 215 à 3 heures, suivant l'épaisseur du gâteau.Refroidir, envelopper de papier paraffiné et conserver dans une boîte ou une jarre en grès bien fermée.\u2014 Ce gâteau sera meilleur après une quinzaine de jours.PAIN Bis 3 tasses de farine de blé entier 115 tasse de lait ou d'eau 1 carré de levure 115 c.à table de beurre ou de saindoux 115 c.à thé de sel 115 c.à table de sucre Faire chauffer légèrement le lait.(Il est nécessaire de faire bouillir l'eau si on en emploie.) Refroidir lait ou eau jusqu'au degré voulu 85° à 90°, c'est-à-dire un peu moin chaud que la température du corps.Ajouter sucre, sel et saindoux ou beurre.Faire dissoudre la levure dans un peu du liquide employé, et l'ajouter au premier mélange.Rjouter la farine en battant bien la pâte, celle-ci sera plus légère.Quand la pâte a à peu près la consistance de la pâte brisée, la renverser sur une planche farinée et la pétrir en ajoutant assez de farine pour la rendre élastique et bien lisse.Déposer la boule de pâte dans un bol beurré, badigeonner le dessus de beurre ou de saindoux fondu, ou simplement d'eau tiède, et laisser lever au double du volume.Couper la pâte avec un couteau; elle s'affaissera aussitôt; alors, la replier sur elle-même et la laisser lever de nouveau au double du volume.Renverser sur la planche, diviser en pains et déposer dans des lèchefrites beurrées; laisser lever encore au double du volume et faire cuire à four chaud 400° pour le premier 14 d'heure.Abaisser la chaleur à 350° Laiser cuire 1 heure environ.Au sortir du four, démouler: le pain bien cuit sortira du moule et sera léger et croustillant.N.B.: Si l'on n'a pas de farine de blé entier, on pourra prendre de la farine blanche.Orurs Currs Au GRATIN Faites une sauce blanche avec 3 cuillerées à soupe de farine, 2 tasses de lait, 3 cuillerées à soupe de beurre, 1 cuillerée à thé de moutarde, 5 cuillerée à thé de sel et 1/16 de cuillerée à thé de poivre.Coupez par moitiés 6 œufs cuits dur et placez dans un plat peu profond allant au four.Couvrez de sauce blanche et saupoudrez de 14 tasse de fromage râpé et de | tasse de mies de pain beurrées.GIGOT À LA BRETONNE (Cette recette n'est pas de Mme Rose Lacroix) Le gigot de pré salé aux haricots porte le nom de gigot à la Bretonne.Ce gigot est très petit et sa chair est d'une délicatesse particulière.On le pique d'une gousse d'ail dans le manche, on l'enduit de beurre, on le poivre un peu et le fait rôtir.D'autre part, on fait tremper la veille de gros haricots blancs, dits haricots de oissons.On met dans une casserole deux beaux oignons, un bouquet garni, une légère pointe d'ail, du sel, du poivre et les haricots.On fait cuire le tout à grande eau.Quand les haricots sont cuits, on les fait égoutter dans une passoire.Puis, dans une autre casserole, on met un bon morceau de beurre avec les oignons cuits, deux échalottes hachées menu et deux tomates fraîches.(Pendant l'hiver, on remplace les tomates fraîches par une petite boite de conserve) on laisse cuire doucement, en remuant de temps en temps, pour que le mélange devienne comme une purée blonde; on ajoute du jus de gigot avant qu'il soit tout à fait à point et dans ce jus concentré on fait mijoter les haricots, tout en ayant soin de ne pas les écraser.Quand les haricots sont bien imprégnés de jus, on les verse dans un plat à gratin, on met le gigot par-dessus et on remet le plat au four pendant dix minutes.UNE CHAUMIERE BRETONNE, À CAPUCHON DE CHAUME ET D'AJONCS.ON TROUVE LA MEME ARCHITECTURE DANS PLUSIEURS REGIONS DE NOTRE PAYS.\u2014 Photo C.N.R.Un Paquet de NERFS Combien souvent n'entendez-vous pas une femme s'écrier : « Je ne suis qu'un paquet de nerfs .je n'ai pu fermer l'œil de | nuit.je n'ai pas goûté une bonne nuit de sommeil depuis des mois ».C'est dangereux pour Votre apparence.dangereux pour votre santé .dangereux pour votre bonheur de laisser vos nerfs sen aller dans un pareil état.Il vous FAUT une détente.Il vous FAUT dormir.Il FAUT vous reposer.Ovaltine est en usage dans les hôpitaux et les sanatoriums comme aide au sommeil.Elle ne contient aucune drogue.Son effet apaisant au moment du coucher est immédiat.Vous dormez bien et vous vous éveillez rafraîchi.Faites-en l'essai.Téléphonez tout de suite à votre pharmacien ou à votre épicier.OVALTINE ALIMENT\u2014TONIQUE\u2014LIQUIDE Fabriquée par A.Wander Limited, Peterborough, Canada.167 MF /\\ BREVET CAN.357,828 \u2014 BREVET ANG.448,829 \u2014 BREVET RETENU POUR TOUS PAYS H Quelle que soit la forme de votre buste.l'un de ces six modèles \u201cGothic\u201d vous conviendra à la perfection: \u201cMidget\u201d, \u201cJunior\u201d, \u201cMedium\u201d, \u201c*Medium-Full\u201d, \u201cFull\u201d et *Medium-Deep\u201d.Les modèles \u201cGothic\u201d vous donnent en outre cette fameuse arche Cordtex qui soutient le buste avec confort et fermeté, sans tirer aux épaules.On les vend dans toutes les bonnes lingeries, en toutes grandeurs et à divers prix.LA COMPAGNIE LIMITEE DOMINION CORSET - QUEBEC, P.0.Manufacturiére des célébres vétements-fondation \u201cNv-Back™.\"D & A\u201d, JunI1or SET\" ef \u201cSESAME GuF-2 56 Les Mots Croisés de \"La Revue Populaire\u201d GRANDE SERIE \u2014 No 13 SOLUTION DU PROBLEME NUMERO 12 DES MOTS CROISES PARU DANS \u201cLA REVUE POPULAIRE \u201d DU MOIS D'OCTOBRE DOCORE SOMODONSNS BOSSOG Helo we IR IF o]~e c JP: [2x Dion js \u201cins TIE |~ R M|1 |A SICIN|T £|R|s herp le Re lx BJ' Juju jt N[1 JO = + {© Re Salvi ]o|r]t = AJR|j\"/O sp NJ] E ClofRIA uv [fs |N]¢ Alm als nN F VIE ju N n|r juju [s]MJE]E ES INISIT T|e je |» [à fo E JUL [+ 15: JOIN F |Sjt|R ER] [nn Vr In s [R[P[e[n~ Rh] a tig ol Isl [als] e eR] Jz =~ [a | IRV] EINEM e Ne [5] E AOSDAE BE d BAD.e|Ajv{Mific|o|c|o a|v|e NT Hin RJ4|L N|GJE * SIA|TLI)RB[E|S DE o|S/T {|LJo|T]|e Tom t je [9161 Mi4|N TURE EVIE
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