La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 janvier 1943, Janvier
[" 3 QUINZE CENTS * Lh JANVIER = MoN TREAL ET QUÉBEC dg BLUS TAXE ~33y Oo ge a 7 i «ak rs memes a Hf od À .% EAP; Hy il plaire a CE v.J TV = 0 fa ne ae et TE ; wk WE a ! p= a \u2014 A RATE ry A un AA CR, j | Lu f | & ia 56 ; 3 A da hy Ne N f z= T° ve Le ie ee =\" pense; ab is, BRE en eer RRA Sad Nt piri + V4 LN J 2 Chaanse qr \\û. veu a l'honnéteté du soleil Vans Le soleil étincelant n\u2019est pas flatteur\u2014il ne respecte rien des artifices ou des trompe-l'oeil.Seule la beauté véritable peut soutenir la lumière de ses rayons implacables.Pour faire apprécier le whisky, l\u2019eau ou le soda sont également implacables.L\u2019eau laisse au whisky toute son identité, en fait ressortir la saveur, le bouquet et l\u2019arôme.C\u2019est pourquoi nous vous invitons à éprouver le Seagram\u2019s \u2018\u201883\u2019\u2019 avec de l\u2019eau.Tout comme parfois il vous arrive de préférer la chandelle au soleil, vous voudrez parfois préférer un autre ingrédient.Mais, après l\u2019avoir soumis à l\u2019épreuve de l\u2019eau, vous saurez qu\u2019un whisky qui a si bon goût avec de l\u2019eau doit s\u2019accommoder parfaitement de n\u2019importe quel autre compagnon.Et nous savons que vous ne voudrez pas autre chose que le Seagram\u2019s \u2018\u201883\u2019\u2019.13 oz.$1.60 25 oz.$2.90 40 oz.$4.40 | 9 Seagram's NHISKY DE RYE CANADIEN MAISON SEAGRAM.DEPUIS 1857 DISTILLATEURS DE FINS WHISKIES DE RYE CANADIENS JANVIER 1943 LA REVUE POPULAIRE 36e année, No 1 Montréal, janvier 1943 Vv ' SOMMAIRE Littérature canadienne | .4-6 Nos vieilles familles canadiennes, par Emile Falardeau 2 5 Que nous réserve 19437?1 1 7 La marche du temps, par Fernand de Verneuil \u2026 8-9 Rideau Hall, par J-A.-P.Hurtubise \u2026 _ 10-11 St-Hyacinthe, par Charles Sauriol .12-13 NOTRE ROMAN COMPLET: POURQUOI PAS MOI?par Concordia Merrel 102 ue 14 Où aller?.ere ere 16-17 L'étiquette est-elle chose demodée ?par Francine \u2026 00 Le 18 Les autres peut-être, mais pas Marie .par Eve Senécal 20 20 La page de la menagére, par Mme René de la Durantaye .22 Les mots croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d .34 Mon cours d\u2019art culinaire, par Mme Rose Lacroix UR _ 4 Nouvelles mariées .__\u2026 =.46 Conseils pratiques, , par Francine Lee Lu 47 i La broderie, : par Mme de Bellefeuille .222 48 | Robes pour jeunes mamans et fillettes, | ainsi que pour femmes affairées .49-50 L'alimentation rationnelle : La volaille au temps des fêtes, par Mme Rose Lacroix 61 EN FEVRIER, UN BEAU ROMAN COMPLET.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM Président\u2026\u2026 \u2026 Fred Poirier St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint- Georges Poirier Jérôme.Joliette, etc.et les environs).Surintendan Directeur.vers vvvosvoec.Jean Chauvin Rédacteur en chef.Fernand de Verneuil Chef de la Publicité.Charles Sauriol = Directeur artistique.Hector Brault Pages féminines.\u2026\u2026.Mme Jules Fournier Chroniquevse collnaire.Mme Rose Lacroix Gérant de la circviation.Odilon Riendeau h NOS REPRESENTANTS : Wilfrid Dooust, 20, Ille Avenue, Lachine.(Ottawa, Hell, Sherbrooke, Drummondville, Albert Pleav à Québec et Lévis : Adélard Paré, 6, rue du Pont, Québec Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine: Paul Larivière, 1710, rue St-Philippe, Trois- Rivières.TARIFS D'ABONNEMENT: Conada : Un an : $1.50 \u2014 2 ans : $2.00 Etats-Unis : Un an $1.75 \u2014 2 ans : $2.50 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canado Tél.: PLATEAU 9638* Entered Merch 23rd 1908, at the Post Office of St.Albans, Vi., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.UN LUXUEUX HOTEL DU PACIFIQUE CANADIEN A QUEBEC Ayez toujours des chéques de voyageurs des Mesemgeries du Pacifique Canadien Quel goût a une vitamine?Nous NE SAVONS PAS quel goût a une vitamine .Mais nous savons qu'en matière de cuisine, la saveur et la valeur nutritive marchent de pair.Cela veut dire que, si les aliments sont préparés de façon à garder leur saveur, il y a des chances pour qu'ils conservent aussi la plus grande partie de leurs vitamines.En général, l'aliment le plus nutritif est également f'aliment le plus succulent .surtout s'il s\u2019agit de légumes.Ce sont là des notions encourageantes.C'est également un défi à toute personne qui prépare un repas, que ce soit pour elle-même ou pour les autres.Une cuisson malhabile est susceptible de ne donner que des repas insipides et peu appétissants .et de faire perdre aux aliments leurs précieux sels minéraux et leurs vitamines.La bonne cuisine est à même de transformer les aliments les meilleur marché en mets appétissants et nourrissants.Pour varier, on les combinera à d'autres aliments, et on les agrémentera de sauces savoureuses et de garnitures.Les livres de cuisine modernes, les magazines, les programmes de radio donnent, à ce point de vue, tous les conseils désirables.Pour conserver les vitamines > Quand.of-fait cuire les légumes, il est préférable d'amener la tempé- À lai rapidement que possible au point d'ébullition, après quoi l'on: peut baisser la flamme.» Quand on fait cuire des aliments, si on les aère, en les remuant, on, détruit les vitamines.» Les aliments ne doivent pas être, passés au tamis pendant qu'ils sont: chauds.» Les aliments doivent être cuits dans le moins d'eau possible.»- L'eau de cuisson, et l'eau des légumes en conserve sont bonnes.pour préparer les soupes, les sauces, les jus.» Les fruits et les légumes coupés en morceaux ne doivent être préparés qu'au moment de servir.» Les aliments congelés doivent être mis à cuire avant qu'ils sont dégelés.» Les aliments congelés destinés à être consommés crus, doivent être employés aussitôt dégelés.Vous trouverez des conseils additionnels, et des renseignements sur la valeur nutritive de divers aliments, dans le feuillet gratuit de la Metropolitan, basé sur les règlements officiels du Gouvernement canadien, concernant l'alimentation, et qui est intitulé : \u2018Vos aliments \u2014 quelle est leur valeur au point de vue santé?\u201d Publié par la Metropolitan Life Insurance Company au bénéfice du Programme d\u2019Alimentation du Département Fédéral des Pensions et de la Santé Publique.Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) NEW-YORK PRÉSIDENT DU! CONSEIL Frederick H.Ecker PRESIDENT Leroy A.Lincoln DIRECTION GENERALE AU CANADA, OTTAWA Metropolitan Life Insurance Company Direction Générale au Canada, Ottawa Veuillez m'envoyer un exemplaire de votre brochure 1-Z-43 \u2018Vos aliments \u2014 quelle est leur valeur au point de vue santé ?Numéro de rue _ es Locallté Prov.La Revue POPULAIRE Litterature canadienne EN PLEINE TERRE Par Germaine Guèvremont Dans un recueil de paysanneries, l'auteur nous rapporte les mœurs paysannes d'un coin de terre du Québec, le parler dru, les mots sonores, le verbe naturel du paysan.les chansons apportées de Normandie, il y a trois cents ans, et qui se retrouvent intactes sur la bouche des jeunesses, au Chenal du Moine, des contes savoureux, de la gaiet?, de l'ardeur, une noce, des deuils, toute une vie âpre faite de la sève même du pays, un livre qui plaira par sa sincérité, sa simplicité, sa vérité.En pleine terre, ouvrage de 170 pages avec couverture en couleur de Cécile Chabot, est publié aux Éditions Paysana, 3425, rue Saint- Denis, à Montréal.e \u201cMONTREAL AU TEMPS DE LA NOUVELLE-FRANCE\u201d Par Gustave Lanctot, 1642-1760.G.Ducharme, 995, rue St-Laurent, Montréal L'homme d'aujourd'hui est un homme pressé.Il ne marche pas : il fait de l'auto.Même la guerre, s'est adaptée à la formule vitesse ; elle est devenue la guerre éclair.L'homme n'a plus le temps de lire un livre; il réclame la brochure.C'est cette bataille de ia vie qui explique le succès de la brochure : Montréal au temps de la Nouvelle- France.M s'explique aussi par le tour de force de l'auteur, qui a su résumer l'histoire française de la métropole en vingt-cinq pages, mais bourrées de faits, de psychologie et de couleur.Il fallait, pour réussir ce tour de force, une connaissance profonde du sujet, une impartialité totale et un style condensé.Après la lecture de cette brochure, le lecteur connaît tout l'essentiel de Montréal depuis la prise de possession par Mai- sonneuve, en mai 1642 jusqu'à la ca- itulation par Vaudreuil en septem- re 1760.Histoire de fondateurs mystiques et munificents, de colons courageux, de femmes vaillantes, de sul- iciens bienfaisants, d'explorateurs bards, de marchands audacieux et de tout un peuple libre et joyeux, le assé de Montréal présente un ta- leau unique de force francaise aux frontières d'un monde nouveau, qui monte à l'horizon des siècles.UN LIVRE SUR FRANÇOIS RANVOYZE Par Gérard Morisset A notre peu abondante littérature artistique, monsieur Gérard Moris- set, directeur de l'enseignement du dessin et de l'inventaire de nos œu- vres d'art, vient d'ajouter un livre \u2014 son quatrième : un petit livre dans lequel il résume à larges traits la carrière du moins inconnu de nos orfèvres d'autrefois, François Ranvoyzé.L'ouvrage de monsieur Morisset est orné de seize gravures : un portrait de Ranvoyzé par François Bail- lairgé ; une planche de dessins montrant sa signature et ses poinçons ; quatorze reproductions inédites de ses meilleures Œuvres, exécutées d'après des photographies de l'Inventaire des œuvres d'art.L'impression du texte et des gravures a été soigneusement faite par la maison harrier et Dugal, limitée.François Ranvoyzé est le premier ouvrage de la « Collection Champlain > \u2014 chacun sait que Champlain a été dessinateur.D'autres ouvrages paraîtront bientôt dans la même collection.D'abord.un petit livre sur Philippe Liébert, le sculpteur, orné de seize gravures ; ensuite, un ouvrage sur le roman d'aventures qu'est la vie d'Antoine-Sébastien Falardeau ; puis une étude sur nos cari-aturistes, une monographie de Thenas Bail- lairgé,* une étudz sur l'aquarelliste Georges Hériot, une vue d'ensemble de l'École d'art de Napoléon Bourassa.' François Ranvoyzé est en vente dans toutes les librairies de Québec et de Montréal au prix de cinquante sous, et chez l'auteur (723, rue St- Cyrille, Québec).MANUEL D'AGRICULTURE Par les Frères Maristes La Librairie Granger Frères de Montréal vient d'éditer le Manuel d'agriculture par les Frères Maristes, livre de 614 pages, 734 x 515 , couverture toile solide, iil de 600 vignettes, schémas et graphiques.Ce dernier volume de la série des Manuels d'enseignement rural.pat les mêmes auteurs, est d\u2019une richesse d'information considérable ; il expose avec une concision méthodique et dans une langue claire et souple toutes les données élémentaires agricoles fondamentales : agriculture, zuotechnie, horticultire, chimie agricole, sylviculture, économie rurale, comptabilité agricole.Douze bacheliers, licenciés ou docteurs en sciences agronomiques ont reçu attentivement l\u2019un ou l'autre de ses soixante-quatorze chapitres Peu de livres offrent autant d'intérêt à toutes les classes de la société.Qui n'aimera pas découvrir les secrets de la nature .plantes ou animaux ?Le citadin n'éprouvera-t-il pas la même joie que l'homme des champs dans la lecture des phénomènes de l'hérédité, de la composition et de la conservation des aliments, des cultures industrielles, de l'origine des matières plastiques, de l'élevage des animaux à fourrure ou encore de l'aviculture et de l'apiculture ?La multiplicité des gravures et des tableaux agrémente les pages par trop techniques et facilite aux moins initiés l'intuition qui permet de saisir des questions assez ardues, telles la photosynthèse, les lois de Mendel, les ferments, l'inoculation des léqu- mineuses, l'alimentation rationnelle des animaux.La reproduction de photos de l'éleveuse électrique et de l'allaiteuse artificielle pour porcelets, du salon des vaches, de la déplumeu- se, de l'appareil à mesurer les vitamines et d'un grand nombre d'autres nouveautés sur nos fermes instruira les personnes qui ne s'imaginent pas comment le progrès moderne a amélioré le sort du campagnard.Un artiste licencié des Beaux-Arts, le Fr.Daniel-Henri, mariste, a dessiné plusieurs des illustrations de cet ouvrage.(Lire la suite page 6) ustré de plus JANVIER 1943 Nes vieilles familles canadiennes par Emile FALARDEAU CUILLERIER M.O.C.; Sherbrooke, Qué.Voici les origines de votre famille : René Cuillerier, dit l'Eveillé, na- uit en France vers 1640.Il était le Is de Julien Cuillerier et de Julienne Faifeu, qui demeuraient dans la paroisse de Clermont, près La Flèche.Il arriva à Ville-Marie en automne de 1659, soit dix-sept années seulement après la fondation de, Montréal.Le 13 avril 1665, à Montréal, il épousait Marie Lucault, dont le père avait été tué par les Iroquois, le 18 juin 1651.La mère de Marie se nommait Barbe Pinson.DAVELUY Mme.R.G.G.; Ville Saint-Laurent, Qué.Paul Daveluy, dit LaRose, est l'ancêtre d'une lignée de familles de votre nom, comme il l'est aussi d'une lignée de familles du nom de Larose.Né vers 1640, Paul Daveluy, dit LaRose, du mariage de Samuel Da- veluy (brasseur) et d'Hélène God- froy, demeurant à « Rainville», au diocèse d'Amiens, en ancienne province de Picardie (département de la Somme), celui-ci épousait à Montréal, le 11 août 1672, Elisabeth Ha- uin.Cette dernière était veuve Antoine Courtemanche et fille d'Abraham Haguin et de Marie De- calogne.Votre premier ancêtre décéda à la Pointe-aux-Trembles de Montréal, où il fut inhumé le 21 décembre 1687.DULUDE DIT HUET Mme.RUE.A; Drummondville, Qué.\u2018Le nom original devrait être Huet avec surnom de Dulude plutôt que Dulude dit Huet.Voici vos origines: .Josept Huet est né vers 1650 du \u2018mariage de Michel Huet et de Jeanne Jacquelin- Ceux-ci demeuraient dans a ville de Lude, au diocèce d'Angers.Il était donc un angevin, et son sur- \u201cnom lui vient du nom de son lieu d'origine.Le 27 novembre 1679, à Montréal, Joseph Huet épousait Catherine Chi- quot dont le père Jean Chiquot avait eu ta chevelure scalpé par les Iroquois.Le nom de mère de Catherine était Marguerite Maclin.Jean Chi- quot est l'ancêtre des familles Si- cotte.LE JACQUES Mille \u20ac.J.; Chicoutimi, Qué.Les origines de votre famille se ligent ainsi : Louis Jacques, dit Duhaut, est né vers 1662 de Nicolas Jacques et de Marie Foyer, demeurant à Amiens.en ancienne province de Picardie.Le 17 mai 1688, à Québec, il épousait Antoinette Leroux, fille de François Leroux et de Marie Renaud.Après son mariage avec sa me, il alla se fixer au village de Bourg- Royal, paroisse de Charlesbourg.JARRY M.À.J.; Montréal, Qué.Le nom original de votre famille est Blénier.En voici ses origines : Bernard Blénier, dit Jarry, était un soldat dans la compagnie du sieur Le Verrier.Il naquit en France, vers 1679, du mariage de Jean Blénier et d'Antoïnette Cherlot, demeurant à Razes, au diocèse de Limoges.Le 26 novembre 1698, à Montréal, il épousait Jeanne Cherlot, fille de ean Cherlot, dit Desmoulins, et de eanne Mansion, dites Manseau.LEBEAU Mlle F.L.; Montréal, Qué.Un contrat de mariage passé au Fort Saint-Louis (Chambly), le 17 juillet 1678, greffe d'Antoine Adhé- mar, notaire-royal, nous donne les origines de cette famille.oici vos origines : Jean Bau, dit l'Alouette, est né vers 1650.Il était le fils de Mathurin Bau et de Louise Garette, demeurant dans la paroisse de Saint-Jean de Mont, du diocèse de Luçon, en ancienne province de la Vendée.Jean Bau dut se marier vers 1672 et son contrat fut passé plusieurs années après.Son épouse Etienne Loray était la fille de Jean Loray et de Françoise Lefroy, demeurant dans la paroisse Saint-Laurent, ville de Paris.e POLIQUIN M.G.P.; Lauzon, Qué.Votre premier ancêtre est : Jean Policain, maçon.Né vers 1641, il était le fils de Jean Policain et de Catherine Crevain, demeurant dans la paroisse de Locmaria, au diocèse de Quimper-Corentin, en ancien pays de Cornouailles (département du Finistère).Son premier mariage\u2019 eut lieu à Québec, le 7 novembre 1671.À cette date, il épousait Anne Adam, née en France vers 1652, de Corneille Adam et de Michelle de la Couet, de la paroisse de\u2018 Saint-Jacques de Loupeigne,.au diocèse de Soissons (département de l'Aisne).Son second mariage eut lieu à Lévis le 7 novembre (étrange coïncidence) 1713.À cette date, il épou- sat Louise Ledran, fille de Toussaint Ledran et de Louise Menacier.Flle était veuve de Michel Lecourt.° LEBEL M.Art.L.; Woonsocket, E.-U.L'ancêtre de votre famille est : Nicolas Lebel.Celui-ci est né vers .1632, en France, de Clément Lebel et de Françoise Lagnel, demeurant dans la paroisse d'Illeville-sur-Mont- fort, au diocèse de Rouen, en ancienne province de Normandie (département de l'Eure).Après \u2018avoir passé un contrat de mariage devant le notaire royal Au- bert, en date du 27 novembre 1662, le jour suivant il épousait au Châ- (Lire la suite page 60) Un sourire qui prépare l'avenir SOUMIS AU TRAITEMENT SPECIAL IPANA EST CELUI Gare à la \u201c Brosse a Dents Rosée \u201d .faites que vos gencives soient plus fermes \u2014 vos dents plus brillantes avec - IPANA ET SON MASSAGE * N soutire gracieux, attrayant, est un avantage qu\u2019il ;mporte de conserver! Ainsi, pour ce faire, soyez assurés que vos gencives, tout autant que votre denture, reçoivent quotidiennement un traitement spécial.Vous comprenez que les gencives nêces- sitent un exercice et un stimulant régu- tiers \u2014 ce dont les privent la nourriture molle et bien cuite de nos jours.Lorsqu\u2019elles sont privées d\u2019exercices, les gencives ont tendance\u201d à devenir tendres, sensibles \u2014 indiquant quelquefois l\u2019avertissement par une teinte \u2018\u2018rosée\u2019\u201d\u2019 qui reste sur la brosse à dents.\u2018 sgt Si vous constatez \u2018\u2018la brosse à dents rosée\u2019, voyez votre dentiste sans plus tarder.Il se peut que le cas ne soit pas Un produit Bristol-Myers Fabrication Canadienne grave.mais il n\u2019appartient qu\u2019à lui seul de juger.Il est fort possible qu\u2019il vous dise que vos gencives ont besoin de plus d'exercice, et il y a beaücoup à parier qu\u2019il vous recommande le\u201d salutdire stinrulant d'Ipana et son massage.\u2019 ; Car Ipana est plus qu'une Bonne pite dentifrice.Lorsquion s\u2019en seit pour masser les gencives.avec le bout des doigts ou la brosse à dents, il \u2018contribue à leur donner la fermeté et le stimulant dont elles ont besoin \u2014 aide à augmenter la résistance contre les graves désordres auxquels elles sont exposées, cn les conservant fermes et saines.Adoptez dès maintenant Ipana et son massage et collaborez avec - votre dentiste pour conserver vos dents brillant's \u2014 Votre sourire plus attrayant.Trois choses à retenir en temps de guerre : Nettoyez vos dents, massez vos gencives cha- f A, que jour et voyez ; votre dentiste régulièrement pour examen.Vous n\u2019en avez w besoin que de ~ p-u pour toyer et masser vos gencives.Ne gaspillez pas Ipana.net- oe d'Ipana.Remettez au \u2019 pharmacien § un tube métalli- s que vide lorsque vous achetez un nouveau tube | CANADA DRY\u2019S \u201c| SPARKLING | WATER Som > Faite d\u2019après une formule scientifique exclusive, : la Canada Dry's Sparkling Water possède des \u201cpropriétés qui n'existent pas dans une eau gazeuse ordinaire.Des ingrédients sont ajoutés à de l'eau.purifiée par procédé spécial et traitée aux rayons \u2018violets pour l\u2019améliorer.Ilya aussi sa fine carbonatation des millions de petites bulles qui font pétiller les verres plus longtemps.oe .Lacarbonatation menue, procédéexclusif | \u2018à Canada Dry, lui:dOnne le mousseux du hampagne.Elle rend les breuvages plus étillants\u2014 plus longtemps.; \u201c Ps / le : Le a .42 Des ingrédients spéciaux.lui .donnent une réaction décidé- \u2014 \u2026 Son grand pétillement , « / met en valeur le goût de toute boisson.| Economique! Grands bouteille de faraille, en vente partout; fait de 8 à 10 grand.verres: Le carton de 6 bouteillés individuelles est en vente dans la plupart des localités.POPULAIRE DANS LE MONDE ENTIER CR em ee ee 6 LA Revue POPULAIRE Littérature canadienne (Suite de la page 4) Le connaisseurs en arts graphiques se demanderont comment on a pu éditer, ces temps-ci, en cette province, un livre de cette valeur pour un prix aussi modique.Editeurs et auteurs ont dû sacrifier tout espoir de bénéfices.Ils comptent que le public saura les récompenser de leurs générosités et profitera de l'aubaine pour fournir à tous les jeunes du pays ce moyen si opportun d'étudier un peu l'œuvre du Créateur et de ses créatures.Le livre se vend $1.50 dans toutes les librairies.$1.65 chez Granger Frère, 54 Ouest, rue Notre-Dame, à Montréal, par la poste.TROP TARD Par Adrienne Maillet Dans ce roman, comme dans ses autres, l'auteur dépiste les prévisions du lecteur et ne lui révèle qu'aux dernières pages ce qu'il adviendra de ses principaux personnages.Dans un prologue original, elle présente son héroïne, qu'elle a rencontrée sur mer, et à qui elle passe la plume, puis revient dans un épilogue raconter au lecteur ce qu'il sera bien aise d'apprendre.Ecrit sous forme de journal et dans un style très simple, l'ouvrage est intéressant du commencement à la fin : Suzanne Nevers, qui ne sait pas aimer, refuse de se marier parce qu'elle redoute la maternité, et ce n'est qu'après plusieurs péripéties qu\u2019elle connaît enfin les charmes d'un grand amour.Malheureusement, un terrible serupule la saisit d'an- | goisse et sa générosité la pousse à un acte qui la plonge, ainsi que son fiancé, dans un état voisin du désespoir.Qu'on se rassure, on aura des pensées moins sombres lorsqu'on fermera le livre.Volume de 208 pages.En vente | dans les bonnes librairies.Prix $1.00.COMBAT AVEC L'INCONNUE (roman) Par Claude Eylan Après Jardin 26, où elle racontait l'histoire d'un homme traqué par la uerre, Claude Eylan, romancière rançaise bien connue, écrit maintenant la vie d'une femme étrangement marquée par le destin.Combat avec l'Inconnue que viennent de publier Les Editions Variétés, c'est l'histoire d'une jeune Européenne née de parents inconnus.Ele- vée par des Norvégiens qui lui donnent le nom de Dorée, elle devient, tout jeune, la femme d'un riche banquier Suisse.Celui-ci meurt et Dorée se fiance alors à un Corse, mais bientôt, c'est le grand amour avec Jean, un paysan français.Jolie blonde au teint chaud, un teint d\u2019Espagnole ou d'Arabe, consciente de sa beauté et de son charme, Dorée est une femme riche, libre et aimée, qui en dépit de ses multiples | aventures et de sa vie étourdissante, a conservé en elle un intense besoin de se dévouer.A la fin du roman, dans des circonstances tragiques, c'est cette soif de donner et de servir qui la poussera à poser des gestes décisifs qui marqueront nettement la mystérieuse attraction vers les sommets de cette femme étrange.Dans Combat avec l'Inconnue, vous admirerez l'habileté de I'écrivain, vous goûterez le charme du récit et vous classerez ce livre parmi les plus beaux publiés au cours de la saison.Un volume de 264 pages publié par Les Editions Variétés.Prix $1.25.En vente dans toutes les librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.NOTRE DAME DES NEIGES Féerie épique en deux journées et treize tableaux par le R.P.GUSTAVE LAMARCHE, C.S.V.A l'occasion du Troisième Centenaire de Montréal, le révérend Père Gustave Lamarche, C.S.V.vient de publier aux Editions Bernard Vali- quette, une féerie épique en deux journées de treize tableaux intitulée: otre Dame des Neiges.Dans le premier tableau apparaît le décor du Pôle Nord, sous la Po- \u2018laire.C'est la longue nuit de septentrion.On distingue trés au loin de vagues silhouettes de montagnes et de glaces.La scéne elle-méme forme le glacier polaire.a deuxième journée s'ouvre au tableau VIII : Le Portail.La scène représente d'abord, par les moyens cinématiques, la ville de Montréal actuelle, prise dans un immense portail sous l'arcade duquel, par-dessus les toits, on voit se profiler un schéma stylisé de la carte physique du Canada.À travers ce schéma, court la vertigineuse parabole que va décrire la Fille de Dieu depuis son point d'arrivée jusqu'au Pôle ; la Hi- gne suit naturellement, sous le bouclier canadien, le parcours ininterrompu des grandes voies d'eau intérieures en plein cœur des terroirs frumentaires.A l'embouchure du Mackenzie, on y distingue une brusque coupure.Au Pôle même s'aperçoit faiblement le très lointain totem de Tôrnârsuk avec l'iglou solitaire devant la coupure du glacier.Cette vision, soutenue de musiques'estompe peu à peu, et l'on se trouve en présence de la nature montréa- laise telle qu'on pouvait la voir de l'île Ste-Hélène avant l'époque historique.C'est dans cette dernière île que se passe l'action.Notre Dame des Neiges, féerie épique en deux journées et treize tableaux, par le KP Gustave Lamar- che, C.S.V., est en vente au prix de.$1.25 (1.35 par la poste) aux Editions Bernard Valiquette, 1564, rue St-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies.RENCONTRES por JEAN BULAIR Ceux qui aiment l'inédit et les émotions fortes liront avec intérêt le livre que Jean Bulair vient de publier aux jtions Bernard Valiquette sous le titre de Rencontres.L'auteur, un Canadien, a trouvé son inspiration au cours d'un pèlerinage à Jérusalem.Il attendait à Bey- (Lire la suite page 59) s, uniquement de \u20ac ns mais sa puissan- 9 dominatipn mondiale qu\u2019il en 8 t une paix dg compromis.Ce serait, pour lui, une demi-victoire etPpour nous la mise à géant de tous nos sacrifices.Cela, nous ne pouvons pas le vouloir; nous de le voulons pas.Nous voulons une victoire complète,[absolue et qui prpéure une paix durable dans un monde assaini et pouvant|reprendre cgnfidnce en l'avenir.Il nous faut avoir, pour cela, le cceur léger dans la b§nne humeur et la main lourde au travail.Si nous nous maintghons fermefnent dans cette ligne de conduite, il sera facile de répondre, Là sir a la question: que sera l'année 1943 ?Elle sera la récompeñ Ÿ efforts et le châtiment de nos ennemis.Elle sera l\u2019annés-desplus grandes décisions et des plus grands changemepés dans le rende jamais enregistrés par libération deÀ peuples asservis, la res- litique mondiale sur des bases plus tout cela, l'égrasement implaca- i ne pouvant A LG arguments A solides et, avary ble et défin de la force. a Tarche u\u2019BST-CE que le Temps?voila une question que se sont posée les philosophes de tous les pays depuis que le monde est monde ; aucun d'eux n'a pu y répondre.C'est, je crois, saint Augustin qui a dit : « Je sais fort bien ce que c'est que le Temps, mais je ne le sais plus quand on me le demande.» Ceci résume à peu près toutes les explications que l'on tenterait d'en donner.Comment expliquer, en effet, une chose dont nous subissons les effets, mais qui n'existe pas ?le passé n\u2019est plus, l'avenir n'est pas encore et le présent appartient à l'un et à l'autre.Le Temps c\u2019est l'éternité comme l'Espace est l'infini, c'est l'immensité sans bornes, l'énigme impossible à résoudre.Enigme que les hommes traitent pourtant bien à la légère et même avec une désinvolture qui frise l'inconscience.Je viens de comparer le Temps à l'Espace ; il me semble plus rationnel de confondre les deux choses et, dans une théorie personnelle qu'on pourra trouver audacieuse, mais qui vaut bien les autres, après tout, j'en donnerai les raisons plus loin.Auparavant, parlons un peu de la marche du Temps.Nous savons tous ce qu'est une seconde, ou bien un jour, ou encore une année; nous croyons du moins le savoir parce que cela se représente avec des chiffres, et que les chiffres ont la réputation d'être précis quand ils sont établis par des hommes compétents.Fort bien ; mais si les chiffres n'ont pour base que des conventions, ils ne représentent pas autre chose que des illusions.Or, tel est le cas pour la seconde, le jour ou l'année quand nous avons la prétention d'employer cette métrologie à mesurer le Temps.Mais, dira-t-on, c'est l'astromonie qui nous a donné ces mesures, elle ne l'a fait qu'après avoir serré au plus près les faits qu'elle a observés et les avoir assez longuement étudiés pour éviter toute erreur ! D'accord, mais si elle ne s'est pas mis le doigt dans l'oculaire, elle n'a tout de même fourni que des chiffres, commodes il est vrai, mais sans aucune signification relativement à la marche du temps.La preuve ?la voici.Notre journée est de vingt-quatre heures, ou quatorze- cent quarante minutes, ou 86,400 secondes pendant chacune desquelles un point quelconque de l'équateur se déplace d'environ quinze cents pieds dans l'espace.La vitesse du Temps, selon nous, est donc de quinze cents pieds à la seconde.C'est cela sûrement, 8 moins que.A moins que nous ne voulions demander le chiffre de la vitesse, non plus à la journée mais à l'année ; alors cela change.Le pourtour de l'orbite terrestre divisé comme précédemment donne environ onze milles à la seconde ; La Revue POPULAIRE JANVIER 1943 il y a, cette fois, de l'accélération | Mais lequel des deux chiffres est le bon ?la vitesse du Temps est-elle de quinze cents pieds ou de onze milles à la seconde ?Ni l'une ni l'autre, car pour être précis il faudrait prendre la résultante des deux mouvements en durée, puis y ajouter la vitesse de déplacement du système solaire dans l'Espace.Il faudrait encore faire entrer en ligne de compte toutes les influences astrales modifiant cette vitesse, et cela nous meénerait si loin que nous ne verrions jamais la fin de ce calcul.Nous ne connaitrons donc jamais la vitesse du Temps, nos horloges sont des menteuses, et nous des naifs de croire à ce qu'elles disent.On a cru, d'autre part, résoudre le problème en disant : Le Temps est immobile, ce sont les événements et les hommes qui passent.C'est juste, mais on a tort, en ce cas, de parler du « cours » du Temps comme s'il s'agissait d'un fleuve, et si ce n'en est pas un, on ne s'explique guère comment le souvenir et l'imagination peuvent en remonter le cours.C'est peut-être, ceci, jouer sur les mots, mais fait-on jamais autre chose avec la vie elle- même, - Avant de vouloir connaître la marche d'une chose, il mporte de savoir si cette chose existe ailleurs que dans l'imagination.En ce qui concerne le T'emps, la raison dit oui et le raisonnement dit non.À moins que ce ne soit le contraire, cela peut également se discuter.Essayons maintenant, sinon d'en savoir plus long que saint Augustin, du moihs d'avoir recours à des arguments qui éclaireront peut-être un peu la question.J'ai dit que l'Espace et le Temps sont une seule et même chose ; ces deux mots ont un sens mathématique bien défini ; astronomiquement ils font double emploi et sont faux ; pris isolément, ils n'ont plus de signification.Imaginons, si possible, l'Espace sous forme de vide absolu, sans un atome de matière, sans éther, sans possibilité par conséquent de transmission d'une onde quelle qu'elle soit, pas même celle de la pensée ; logiquement alors, l'Espace n'a plus la qualité d'une étendue susceptible de contenir quelque chose puisqu'il est impuissant à retenir et à fixer l'idée elle-même.C'est le NÉANT qu'il ne faut pas confondre avec le vide, l'Espace n'existe plus.Par Fernand de Verneuil Je sais que cette théorie de disparition d'Espace est hardie, qu'elle est en conträdiction avec nos idées admises et qu'il faut un pénible effort de la pensée pour concevoir un tel état dé choses.Encore n'y arrive-t-on pas, car dès l'instant où l'on croit se faire une idée de ce vide absolu, de ce néant, on le meuble de la pensée, et il devient automatiquement \u2014 mais pour nous seulement \u2014 le vide simple dans lequel il est toujours posible d'imaginer des points de repère.Nous sommes ainsi victimes de notre faiblesse humaine qui a besoin d'appuis partout et en permanence, pour le corps\u2019 comme pour la pensée.Nous ne pouvons donc, malgré notre bonne volonté, avoir la notion du vide absolu, du néant intégral, de la disparition d'Espace.Pourtant il peut en être ainsi ; en dehors de certaines limites, l'Espace n'existe plus, il n'y a plus que la possibilité d'Espace, et ce n'est pas du tout la même chose.Maintenant, qu'est-ce que le Temps ?Une valeur créée par le déplacement de la matière dans l'Espace, UNIQUEMENT CELA.Plus de matière, plus de Temps; plus de Temps, plus d'Espace, mais le vide absolu, le néant.Les deux choses sont solidaires, et l'on ne peut en supprimer une sans faire disparaître l'autre.Dans le langage usuel, ces mots employés séparément deviennent un subterfuge et n'expriment plus qu'une illusion.Supposons que nous pouvons concevoir le néant et admettons-y la matière ; immédiatement c'est la création, visible aux yeux ou perceptible à la pensée, de trois dimensions : longueur, largeur et profondeur ; c'est forcément aussi, par voie de conséquence, une quatrième dimension, celle de durée que nous appelons le.Temps.C'est la théorie actuelle qui s'ornemente de détails constructifs, tels que la naissance et la mort des astres, leur habitabilité, etc.Si, toutefois, nous admettons un univers à quatre dimensions et n'admettons que cela, nous avons un univers IMMOBILE dans toutes ses parties constitutives.Cela choque sans doute nos conceptions scientifiques actuelles, mais la réflexion nous dit qu'il ne peut pas en être autrement.Cette immobilité n'est pas, pour cela, la suppression du Temps, mais son expression sous une forme différente de celle à laquelle nous sommes habitués : celle de distance entre les astres, donc sous forme d'Espace.Nous sentons immédiatement la nécessité d'un cinquième facteur : le mouvement.Ici, nous devons sortir des sentiers battus et ne pas jouer sur les mots ; nous ne devons pas considérer le mouvement comme la résultante forcée des quatre autres dimensions, Puisque nous pouvons très bien concevoir un Univers pourvu de ces quatre dimensions et parfaitement immobile, le facteur « mouvement » a une valeur propre, indépendante du volume et de la durée.On pourra objecter que le mouvement étant de la force en déplacement, c'est une combinaison de la matière avec l'Espace, et non un élément distinct de la charpente universelle.J'accepterai l'objection, d'autant mieux qu'elle appuie encore mon hypothèse ; elle souligne, pour l'Espace, la nécessité d'agir en collaboration absolue avec le facteur « mouvement » s'il veut atteindre sa pleine valeur.Le mouvement est donc bien un élément distinct.Dans cette formidable question du Temps et de sa marche, il reste maintenant à faire la part du présent ; elle est prodigieuse et paradoxale.On a lancé timidement, du présent, une définition de ce genre : c'est l'intervalle sans durée entre ce qui n'est pas encore et ce qui n'est déjà plus.Ce n'est pas tout à fait cela; ce n'est même pas cela du tout.De la théorie personnelle qui précède semble découler naturellement ceci : le présent est un point mathématique en continuel déplacement et partout en même temps.C'est la seule manifestation\u2019 actuellement perçue nettement par nous du facteur « mouvement » ou, si l'on n'a pas peur du nouveau, de la cinquième dimension.Il résulte de tout ceci que la vitesse du Temps ne sera jamais évaluée que par nos joies, nos peines et nos illusions, et que les gens qui trouveront le temps long, ou diront qu'il passe vite, auront également raison tous les deux.: J LA Revue PoPuLAIRE Par J.-A.-P.Hurtubise, de la Ferme Expérimentale Centrale d'Ottawa ment, aussi appelé Rideau Hall, et que nous, Canadiens français, appelons le palais du gouverneur-général ou encore, tout bonnement, la maison du gouverneur.La Providence a doté ce coin d'un charme sylvestre sans pareil.Tout contribue à en faire un lieu idéal.Le domaine, vaste de quatre-vingt-huit acres, s'enfonce à perte de vue dans Rockliffe.A l'origine, l'hôtel du gouvernement était un manoir (de 73 pieds sur 47), bâti en 1845 par feu Thomas McKay, entrepreneur.On n'a cessé depuis de l'agrandir, si bien qu'aujourd'hui ce château contient soixante-quinze chambres de diverses grandeurs, toutes désignées à des fins particulières.Le 7 août 1865, le gouvernement fédéral loua ce domaine puis l'acheta en juillet 1868.Dans l'intervalle, cependant, en 1866 pour être exact, Lord Monck, le premier gouverneur à occuper ce palais, arriva à Ottawa, et un contrat fut donné aussitôt pour la construction d'un rajout de pierre au manoir McKay mesurant 137 pieds par 56, avec une aile de 72 pieds par 74.Ce contrat pourvoyait aussi à la construction d'une maison pour le secrétaire du gouverneur de même que d'une salle de garde pour les soldats en faction.Vers 1872, sous le régime de Lord Dufferin, fut construite la magnifique salle de bal où tant de jolies femmes parées de leurs plus beaux atours se sont fait admirer et où, à leur tour, les gracieuses débutantes aspirent à paraître.C'est ici que se donnent également les grands dîners d'apparat, que sont assermentés nos ministres de la couronne et où les diplomates accrédités auprès du gouvernement canadien présentent leurs lettres de créance.À une extrémité de la salle de bal il y a le dais, au-dessus duquel sont suspendues de superbes peintures à l'huile de leurs Majestés le roi et la reine, puis directement en face il y en a une C \u2018est à l'orée du bois de Rockliffe que se trouve l'hôtel du gouverne- - de feu la reine Victoria.Les murs latéraux sont enjolivés des portraits des différents gouverneurs-généraux avec les dates de leur administration.Cette salle, si richement meublée, avec son énorme tapis et ses luxueuses tentures, est sans conteste la plus belle qui soit au palais.En cette méme année 1872, Lord Dufferin, amateur du jeu de paume, fit construire une grande salle servant de tennis court.Outre la salle de bal, il y a un riche salon et la grande salle à manger pour quarante convives.D'autres appartements intéressants sont la « chambre bleue » et la « chambre verte », appelées aussi respectivement la chambre chinoise et la chambre orientale, parce qu'elles sont pleines de choses de Chine et d'Orient.Leurs Excellences ont chacune sa chambre à coucher et son cabinet de travail.La cuisine a été entièrement renovée de même que le système de chauffage.Jusqu'en 1895, lorsque le système à eau chaude fut installé, il fallait neuf fournaises à air chaud pour chauffer la partie principale de l'hôtel et vingt-quatre poêles.Pareillement, la vieille clôture avec piquets de bois devait céder sa place en 1913 à une clôture plus en rapport avec la dignité de l'immeuble.Toutefois, la maison du gouverneur conserve encore quelques-unes de ses vielles choses, notamment des lampes qui étaient naguère de grands vases de verre que l'on emplissait d'eau pour les tenir en équilibre et auxquels on a depuis fixé un raccord électrique.On a gardé ainsi une porte ancienne sur un pan de laquelle est peint un pommetier.Ce serait l'œuvre de la princesse Louise, marquise de Lorne, qui se plaisait à peindre des plantes florifères et des arbres fruitiers.Bien qu'elle n'ait pas la beauté architecturale d\u2019un petit château construit tout d'une pièce, la nature et son magnifique décor lui confèrent un charme indiscutable. a JANVIER 1943 Les quelques notes qui suivent sont empruntées à un rapport de E.P.Rubidge, ingénieur et architecte, soumis en 1865 à F.Braun, secrétaire du ministère des travaux publics.Daté du 12 juin 1865, ce rapport porte sur l'état du domaine même et du château construit par Thomas Mc Kay.Le 2 août de la même année, le gouvernement louait le tout, de la succession McKay, pour un terme de douze ans, moyennant un loyer annuel de $4,000, avec option de l'acheter pour $70,000.De fait, Rideau Hall fut acheté par l'Etat le 28 juillet 1868.Comme le domaine comprenait alors vingt acres de plus qu'à l'époque de la location, il fut payé $82,000.Voici donc la description qu'en faisait Rubidge, en juin 1865 : « Cette propriété, vaste de 65 acres, est située sur la rive droite de la rivière Rideau, dans le canton de Gloucester, comté de Russell.Le sol est légèrement ondulé, en partie boisé, et se prête facilement à des améliorations.La maison même, construite par l'hon.l'homas McKay vers 1840, \u2014 probablement en 1838 \u2014 est d'un aspect plutôt modeste, bien que grande de 75 par 47 pieds.Les murs extérieurs, en pierre calcaire du pays, se désagrègent par endroits.- C'est en somme une maison ordinaire, de quelque douze pièces, sans le sous-sol et le grenier.Les meilleures pièces sont très basses de plafond, et cette habitation n'a rien de l'hôtel particulier à la mode de nos jours.Les dépendances sont des constructions grossières qui ne sont aucunement dans le ton d'une habitation susceptible de devenir la résidence du gouverneur-général de l'Amérique britannique.Ces bâtiments doivent être refaits à neuf ou en partie, ou tout au moins éloignés de l'habitation.» Dans ce rapport, dont nous venons d\u2019indiquer les grandes lignes, on donne à l'habitation de McKay le nom de Rideau Hall.Le nom de la résidence de nos gouverneurs remonterait à plus d'un siècle.Quand mourut son constructeur, l'hon.Thomas Mc Kay, le 12 octobre 1855, l'Ottawa Tribune dit bien qu'il «rendit le dernier soupir à sa maison de Rideau Hall.» Le premier gouverneur à occuper Rideau Hall fut le vicomte Monck (ou Monk), en 1866.Les premiers personnages a le visiter furent, en 1901, le roi George V et la reine Marie, alors duc et duchesse d'York.Le gouverneur-général du Canada est nommé par le Roi comme son représentant pour une- période habituelle de cing ans.Son traitement, fixé à 10,000 livres sterling (ou $50,000), est payé sur le revenu consolidé du pays.Les attributions du gouverneur sont limitées à la durée de son office, et il ne peut exercer que l'autorité qui lui est expressément dévolue.Il agit selon l'avis de ses ministres, lesquels sont responsables devant le Parlement ; en sa qualité de chef de l'exécutif, il convoque, proroge et dissout le Parlement ; il sanctionne les lois ou leur refuse son assentiment.Dans l'accomplissement de sa charge, il agit entièrement selon l'avis du ministère et devient alors le gouverneur-général en conseil.La prérogative royale du pardon de la peine capitale, que le gouverneur- général pouvait autrefois exercer à son bon plaisir, ne s'exerce maintenant que sur la recommandation du ministère.La coutu- .me de faire du gouverneur-général le lien de communication entre le gouvernement canadien et le gouvernement impérial a été abandonnée, et depuis le ler juillet 1927, le gouvernement de Sa Majesté au Canada communique directement avec le gouvernement de Sa Majesté en Grande-Bretagne.Photos du Ministère Fédéral des Travaux Publics.Avenue conduisant au Palais du Gouverneur-Général enfoui dans bun superbe bosquet de verdure.Intérieur de la serre principale.Les plantes exotiques et indigènes ; semblent s'y plaire à merveille.Rocaille \u2014 des abords si princiers ; ne sauraient être complets sans un ensemble de roches et de fleurs. 12 ; La Revue PopuLAIRE .La Porte des maires, à l'entrée de la ville.: L'Hôtel de ville.Gaint - Hyacinthe par Charles Sauriol I Jacques Hyacinthe Simon de Lorme revenait en ce monde, il ; serait au comble de son étonnement de constater les transfor- : : mations qu'a subies depuis cent quatre-vingt-huit ans la seigneu- ou ER Ewe rie qu'il acheta de François de Rigaud pour la somme de quatre IRE BRL Tas mille francs.PN , no Il est présumable que le Sieur de Lorme aurait, tout d'abord, : oy peine à reconnaître l'emplacement de l'ancien manoir seigneurial, car, de nos jours, c'est un parc public splendide, véritable joyau de verdure sis au centre même de la ville de Saint-Hyacinthe.Il semblerait que le développement de cette ville se soit poursuivi sous les données d'un plan d'ensemble bien conçu tant tout y est bien ordonné ; Saint-Hyacinthe, qui est pourtant une ville remarquable par ses industries, a cette particularité qu'on trouve à Sherbrooke, par exemple, en ce sens qu'on a d'abord l'impression de visiter une ville domiciliaire et commerciale.L'avenue Girouard, l'artère de luxe de l'endroit, est l'une des plus charmantes invitations à la marche qui me furent offertes, les BT a (Photos B.J.Hébert) Le stade ou aréna municipal.L'Hôpital Saint-Charles. JANVIER 1943 La Place du Marché.notables de la ville y habitent en grande partie, et c'est également sur cette avenue que sont situés l'évêché, la cathédrale, le couvent et l\u2019église paroissiale (la « paroisse ») des Dominicains, le monastère des RR.SS.du Précieux-Sang, et autres.Saint-Hyacinthe est un important centre religieux de notre province.On y trouve dix-huit institutions religieuses, maisons d\u2019enseignement, monastères, couvents, ouvroir, hôpital, etc.Cette atmo- population de Saint-Hyacinthe trouve son travail dans les manufac- d'orgue dont la renommée est mondiale, la maison Casavant Frères Ltée, fondée en 1880.L'intérêt industriel y est non moins important puisque la valeur des placements s'élèvent à plus de $10,000,000.La majorité de la population de Saint-Hyacinthe trouve so ntravail dans les manufactures suivantes : Acme Underwear Mfg.Co., Canadian U.S.Knitting Ltd.la maison Casavant Ltée, Consolidated Textile Ltd (filature de soie), J.A.& M.Côté Ltée (formes de chaussures), Donahue Corp.of Canada Ltd (élastiques), Duclos Payan Ltée (tanneurs, formes de chaussures), E.T.Corset Co.Ltd, Empire Clothing Co.Ltd, Goodyear Cotton Co.of Canada Ltd (tissus pour pneus), Gotham Hosiery Co.of Canada, Hump Hairpin Mfg.Co.Ltd, La Machinerie Oméga Ltée (moteurs pour la navigation), Penmans Ltd, Théodore Phénix (moulin à farine), Quebec Culvert Corp.Ltd, Riga Shoe Co.Ltd.Saint-Hyacinthe Engineering Works, Tole Gaufrée Idéale, Victory Hosiery Mills et Yamaska Garments Limited.(Lire la suite page 52) Le Seminaire de Saint-Hyacinthe.La Terrasse Honoré Mercier.L\u2018Evêché et la Cathédrale. Pourquoi pas Moi.par Concordia Merrel - £2.Nicolet Roman amour complet, Dessin de T.E MIROIR renvoyait une image triomphante de Terry ou plutôt une triple image .Il s'agissait en effet d'un de ces hauts miroirs à trois faces, articulés comme un paravent, qui permettent de se voir en pied, sous tous les angles.Le triomphe s'étendait au créateur de la robe de la jeune fille, à l'artiste auquel était dû le corset arachnéen, au maquilleur qui avait composé son e, au coiffeur dont l'art apparaissait dans l'assemblage des cheveux encadrés de plumes pour la circonstance : ce soir-la, Mlle Augusta Broad- bent conduisait sa nièce Terry au bal des débutantes de la saison, pour y faire sa révérence à la famille royale.La jeune fille étendit la main pour rectifier I'inclinaison de la face droite du miroir afin de s'examiner de trois quarts .Une image un peu différente de la première se refléta dans la glace.Phébé, la femme de chambre, une maigre personne à la chevelure grisonnante, se tenait debout, un peu en retrait, la tête penchée pour examiner la radieuse vision qu'elle avait contribué à créer.Du fond du miroir, les yeux tendres de Terry rencontrèrent les yeux graves et ternis de la vieille femme et s\u2019illuminèrent soudain d'une expression rieuse.La jeune fille fit demi-tour et demanda : \u2014 Aural-je le prix, Phébé ?Puis, sans attendre la réponse, elle continua : \u2014 Tante Augusta m'a avertie que je jouais ce soir la partie décisive de ma carrière mondaine et si mon apparence ne lui donne pas satisfaction, elle me gratifiera d'un de ces regards méprisants dont les Broadbent ont le secret et qui vous donnent envie de disparaître sous terre.Phébé éleva en l'air, en guise de protestation, sa main aux jointures enflées et déclara avec la liberté de parole que ses fidèles services, s'étendant à trois générations dans la famille, lui conféraient.\u2014 Tu n'es pas trop mal fagotée ! Ce jugement, en tenant compte de la réserve écossaise de Phébé, confinait à l'enthousiasme.\u2014 Sais-tu si tante Augusta est prête ?interrogea Terry, en penchant la tête pour juger de l'etfet d'une mèche dorée qui surmontait la petite oreille, comme une aile repliée.\u2014 Je crois bien, depuis trois quarts d'heure | répondit Phébé, et tes autres tantes attendent aussies font un bridge pour passer le temps.\u2014 Tante Charlotte doit venir nous rejoindre plus tard au bal des Smith-Vane, où il y aura une foule im le comme d'habitude.erry était manifestement distraite.Elle se tourna soudain vers Phébé et aborda le sujet qui la préoccupait : \u2014 Je ne comprends pas pourquoi tante Augusta est si nerveuse, en ce moment.Les préparatifs pour la cérémonie de ma présentation à la Cour l'ont bouleversée.Depuis des semaines, j'ai remarqué son état anormal et, ces jours derniers, ses reparties sont devenues de plus en plus cinglantes.; \u2014 Tu ne peux pas t'étonner que tes tantes soient anxieuses, à l'occasion de tes débuts dans le monde.En outre, pense aux dépenses auxquelles elles ont dû faire face pour tes toilettes ?\u2014 Les notes de couturières ne sont pas à leur charge.L'argent nécessaire pour régler mes extra- Vagances vestimentaires est prélevé sur le modeste capital que mon père m'a laissé dans son testament.Tante Augusta m'a recommandé bien souvent de ne pas oublier ce fait : « Rien de plus salutaire pour le moral de savoir qu'on ne dépend de personne.Ta confiance en toi s\u2019en ressentira!» Elle a raison.Je n'aurais pu supporter l'idée d'être élevée par charité.Je me serais recroquevillée, comme une feuille sèche ! \u2014 Je ne te vois pas dans cette attitude, reprit ironiquement Phébé.La tournure de Terry, en effet, malgré sa minceur, témoignait d'une santé vigoureuse : son cou rond sortait de ses épaules partaitement plates et elle tenait la tête haute, dans une attitude de fierté ; par-devant, une ligne droite, pareille à une tige, s'épanouissait au niveau de sa poitrine 'd'adolescente.Terry insista : \u2014 Mais je sais positivement qu'il en aurait été ainsi.On doit, quand on vit aux crochets des autres, se sentir ué.Ce west pas la faute de mes parents s'ils sont morts q j'avais trois ans, mais, par contre, je les remercie d'avoir eu-la prévoyance de me constituer un JANVIER 1943 Un coup sec frappé à la porte linterrompit .Elle cria : \u2014 Entrez ! Avant même que ce mot eût passé les lèvres de Terry, la porte se trouva ouverte et refermée .En méme temps un frou-frou de soie, une odeur de parfum exotique et un flot de paroles envahissaient la pièce ! \u2014 Ma chérie, je n'ai pu m'empêcher de me détourner du chemin conduisant chez les Westma- cotts, pour venir t'admirer .Ta démarche royale m'impressionne : je me sens encline à plier le genou devant toi, en guise de salut.Absolument impeccable ! Toutes les dames du cortège s\u2019effondreront à ta vue.Je prévois que les autres débutantes vont être éclipsées, du premier coup.Priscilla Tolliver s'arrêta, plutôt pour reprendre souffle que par manque d'inspiration.De petite taille, brune, admirablement attifée, la jeune fille traversa la chambre et alla se percher sur le bois du lit de Terry.Elle était vêtue d'une robe de taffetas gris rose et d\u2019une courte jaquette de velours vert : elle faisait penser à un perroquet, au plumage multicolore ; tout en balançant son pied chaussé de daim vert, elle envoya à Terry, du bout de ses doigts fins, un baiser en signe de conclusion.\u2014 Je suis bien contente de ton approbation, - Prissy.Ma toilette est le résultat de nombreuses et fatigantes veilles, reprit Terry.Priscilla sortit alors de son sac une feuille de papier, la déplia et la tendit à son amie en disant : \u2014 L'as-tu vue ?Terry prit la feuille et l'examina.C'était une photographie du foyer d'un théâtre : au premier plan on distinguait Terry, entourée d'une foule élégante.Au-dessous on lisait: «Mille Terry Sloane, causant avec des amis pendant un entr'acte de Son Altesse.» Suivaient quelques lignes spécifiant le nom du photographe, et la marque de l'appareil.\u2014 C'est toujours toi qui apparais en vedette ! Les autres passent inaperçus sous Ja rubrique «amis ou amies.» Nous devons tous être de bonne composition pour qu'il te reste encore des amis disposés à jouer les comparses ! \u2014 Oh! il ne manque pas de gens qui ne peuvent me souffrir, riposta Terry.\u2014 Question de jalousie! déclara Priscilla.Tout le monde ne peut avoir accès dans les milieux les plus fermés.Tout le monde n'a pas, chaque année, plus de demandes en mariages que six autres jeunes filles de notre coterie réunies.out le monde n\u2019est pas capable de tenir à bout de bras, pendant deux saisons, une merveilleuse occasion matrimoniale comme le multi-millionnaire Gregory ent .\u2014 C'est un extrait de 1'Observateur mondain n'est-ce pas ?\u2014 Oui, la photographie a paru dans le numéro d'aujourd'hui.Mais tu n'as pas poussé les exclamations de surprise que je prévoyais.Examine la photo de plus près, conseilla-t-elle en tendant de nouveau la feuille à Terry.Ne discernes-tu aucun détail intéressant, la figure centrale mise à part et hors concours ?\u2014 Celui-là ?demanda Terry après un nouvel examen, en indiquant un personnage placé en retrait.\u2014 Chérie, je t'en conjure, ne fais pas l'innocente ! en riant.Éncore faut-il se trouver dans le foyer de l'objectif.\u2014 Je l'ai repéré, du premier coup! Et pourtant il n'est pas de ma suite.C'est toi seule qu'il regar- , dait pendant la représentation, au lieu de s'occuper de la scène.Du moins, il ne quittait pas notre loge des yeux et, comme tu étais assise à mes côtés, je ne pouvais raisonnablement pas nourrir l'illusion d'être la privilégiée.\u2014 Pressy, ce mystérieux étranger n'est pas du tout mon genre.beaucoup trop jeune et trop ardent | Terry devait se rappeler, un peu plus tard, ce jugement sommaire et s'étonner de l'avoir formulé, avec tant de légèreté.Cette soirée, d'ailleurs, réservait à la jeune fille bien d'autres motifs d'étonnement, Priscilla avait aussitôt relevé le propos.\u2014 Mais, chérie, n'es-tu donc pas attirée par le bouillonnement du sang qui circule dans les veines de la jeunesse ?Le retour de Phébé, interrompit ce dithyrambe : elle annonça que la fin de la partie de bridge approchait : le moment était donc venu pour Terry d'aller rejoindre ses tantes au salon.La voix grave de Phébé, émettant cette sentence, fit sursauter Priscilla qui déboula, comme un lapin surpris au gîte, et disparut incontinent.Quelques instants après, Terry se dirigea à son tour vers l'escalier ; Phébé la suivait portant sur le bras un somptueux manteau doublé de fourrure blanche et divers accessoires pour le bal.Au moment où Terry mettait la main sur le bouton de la porte du salon, elle entendit parler : \u2014 Pourquoi n'as-tu pas joué tes carreaux, So- hie, au lieu d'attaquer pique comme une idiote ?s cartes, étalées sur la table, indiquaient clairement que tu aboutirais à une impasse | Augusta commentait aigrement le jeu précédent.tout en mêlant les cartes pour le prochain tour.Terry ouvrit la porte toute grande, fit un pas en avant et prit une pose avantageuse.\u2014 Me voici! annonça-t-elle.Augusta surgit brusquement de sa chaise, en lançant le paquet de cartes sur la table où il s'éparpilla.Terry pensa : « C'est incroyable de voir tante Augusta nerveuse à ce point ! » Les trois autres tantes manifestèrent aussi leur émotion : elles firent demi-tour sur leurs chaises, d'un mouvement saccadé, pour regarder l'héroïne de la soirée.Terry examina, alternativement, les quatre femmes devant lesquelles elle se tenait : la Pendant de nombreux mois l'homme a meurtri la Terre.Honteuse, elle a subi son incessante ardeur.Partois, il l'oufragealt dans toute sa pudeur En étalant à nu son plus secret mystère.En vain elle criait sous les coups du sondeur ; Puissant, I! la broyait dans son poing volontaire.Elle se résignait, vaineue et solitaire, Et regardait le ciel, comptant sur sa grandeur.Le clel comprit sa plainte et promit sa défense.Que pouvait-il donner pour couvrir cette offense ?I! envoya la neige à la terre, sa sœur.Alors, l'homme, un matin, muet sans un signe, Put la voir, dédaignant son brutal agresseur, Se draper dignement dans sa cape de cygne.ALBERT LONDRES tante Charlotte Gaylord, de petite taille, élégante, coiffée à merveille et clignant perpétuellement des yeux ; la tante Sophie Beaumont qui jouissait des avantages d'une santé précaire, après un double veuvage ; la tante Adélaïde \u2014 une Broadbent des pieds à la tête \u2014 conservait un air dix-huitième siècle ; tante Augusta enfin, le buste droit dans sa robe de soie bleue, largement décolletée ; des beaux diamants, sertis en étoile à l'ancienne mode, brillaient dans son épaisse chevelure grise, rejetée en arrière ; sa tête, au type napoléonien, était penchée en avant et ses yeux englobaient Terry, dans un faisceau de rayons scrutateurs.L'atmosphère était comme chargée d'anxiété silencieuse, Terry murmura : \u2014 Excusez-moi de vous avoir surprises.Puis elle avança doucement, du pas mesuré et rythmique, auquel elle s'entraînait depuis quelques semaines.Mlle Augusta Broadbent suivait chaque mouvement de sa nièce, d'un œil perçant .Quand Terry fut près de la table à jeu, elle s'arrêta pour esquisser la révérence, fruit d'innombrables répétitions.= 15 Elle parut soudain s'effondrer entre les lourds plis de sa robe pour se relever graduellement.A ce moment précis, la force qui maintenait Augusta tendue comme un arc, se relâcha.\u2014 Tout ira bien ! dit-elle.Ce verdict résonna triomphalement aux oreilles de Terry.CHAPITRE 11 Es conseils de la dernière heure se prers tout le long du trajet.À l'entrée de Pall Mall, le flot de la circulation vint à se ralentir par suite d'un encombrement et ne tarda pas à s'immobiliser : l'automobile de tante Augusta longeaït le trottoir et s'arrêta en face d'un réverbère.Le globe électrique rojetait sa clarté sur les curieux formant la haie.errv découvrit aussitôt, dans la foule, un visage familier, dominant les autres du buste.Tout naturellement, elle avança un peu la tête et s inclina en souriant.Au moment où le jeune homme, ainsi distingué, enlevait son chapeau et souriait en retour, elle reconnut l'individu aux larges épaules dont Priscilla lui avait dévoilé le manège, au théâtre.Cette identification impliquait qu elle ne connaissait ce monsieur ni d'Eve ni d'Adam ! Terry était douée d'une exceptionnelle et dangereuse mémoire des visages simplement entrevus : à diverses reprises, déjà, elle avait été sur le point de saluer une personne qu'elle croyait connaître et s'était, chaque fois, aperçu à temps qu il s'agissait d\u2019un homme ou d'une femme rencontrés au restaurant, dans un magasin ou même dans la rue.À cette occasion au contraire elle n'avait pas hésité, tant ce visage lui parut familier, à saluer en souriant ! Son sourire en avait amené un autre!.Cet échange inopiné de racieusetés ne manqua pas d'éveiller l'attention de tante Augusta : elle interrompit son énumération protocolaire pour regarder alternativement Terry et l'inconnu à la puissante nature.Si l'aventure avait eu lieu hors de la présence de sa tante, Terry n'y aurait pas attaché d'importance et se serait contentée de détourner la tête en riant, mettant fin ainsi à sa méprise.Par contre, devant sa tante, elle ne put s empé- cher de rougir.Pour aggraver la situation, le jeune inconnu, loin de faire preuve de tact en s éloignant discrètement, continuait à tenir les yeux fixés sur la jeune fille; évidemment il était persuadé d'être l'objet d'une préférence flatteuse et ne cherchait pas à dissimuler un sourire triomphant.« Pour qui me prend-il ?» se demanda Terry, furieuse d'avoir prêté le flanc à une interprétation si offensante.Le silence fut rompu par une question de tante Augusta, prononcée d'un ton de mauvais augure : \u2014 Terry, qui as-tu salué ?\u2014 J'ai salué l'homme qui se tient debout contre le -réverbère.\u2014 Je n'ai pas eu besoin de ton concours pour le constater.Je désire savoir qui est cet homme Terry maudit intérieurement son initiative inconsidérée qui servait de prétexte absurde à une véritable scène.__ En réalité, tante Augusta, j'ignore absolument qui est ce monsieur, répondit Ter \u2014 Tu ne sais pas à qui tu as affaire.tant tu as salué .et souri ! \u2014 C'est vrai, mais par erreur ! \u2014 Je ne comprends pas.\u2014 le, cru que je le connaissais., Comme elle prononçait ces mots, Terry s'aperçut, à son grand dépit, que le jeune homme était en train de se frayer un chemin à travers la foule, dans le dessein de se rapprocher de l'automobile.Il progressait, non sans peine, dans cette direction.fa tante Augusta tira la conclusion de ce manège : \u2014 Cet étranger paraît croire, connaît ! ; \u2014 Non, riposta aigrement T'erry, il sait pertinemment que ce n'est pas le cas.mais il souhaite faire ma connaissance , \u2014 Veux-tu dire qu'il a la prétention de s'imposer ?\u2014 Cela ne me semble pas douteux.Il a évidemment deux excuses : mon signe de tête et mon sourire.L'instant d'après, l'inconnu apparaissait à la portière, le chapeau à la main.Il se pencha et avança la tête à l'intérieur ; ses cheveux bruns, assez longs et ondulés, dessinaient une ligne sombre ; son sourire découvrait des dents éblouissantes de blancheur; ses larges épaules masquaient complètement la vue sur l'extérieur.Il n'eut pas l'air de s'apercevoir de la présence de tante Augusta, dans sa hâte d'adresser la parole à Terry.\u2014 Quelle insigne faveur de m'avoir reconnu ! Je ne l'espérais pas.Je craignais de vous avoir mortellement offensée lors de notre première entrevue.(Lire la suite page 21) et pour- lui aussi, qu'il te 16 LA Revue PoPULAIRE La question ne doit plus se poser tant il est vrai que le chemin des \u201cHauts\u201d est devenu la route enchantée des amateurs de ski.\u2014 A voir tout ce \u201cmatériel\u201d de sport, (photo du haut) et ces enthousiastes skieurs, on serait porté à croire à une invasion de Sun Valley Farm, mais une invasion pacifique autant que joyeuse.\u2014 Au centre, un coin charmant, clôturé d'un mur de glace où, par temps doux, il est infiniment agréable de prendre une consommation en même temps qu'un peu de repos.\u2014 Ci- dessous, une vue générale de Sun Valley Farm.Le chalet qu'on remarque à gauche, au second plan, complète la magnifique impression d'un paysage suisse.(Photos C.P.R.) JANVIER 1943 17 PTT Tr oy ski est deveau chez nous ug sport oussi_populgise qu'en Norvège, en Suède ou en Suisse.Depuis quelques années plus particulièrement, E il a conne une vogue croissante à ce point que les citadine les plus sédentaires se laissaoë maintenant entraîner sans résistance vers les collines emehonteresses du Nord.Le skieur ou lo skieuse qui a conn l'émerveiflement d'une randonnée sur la piste fameuse de Maple L peut pas avoir oubli ce petit peradis perdu dans le blanc et l'azur : Qu.a nom : Sum Volay: Fargijj Al s'agit, à la vérité, d'une ferme, jamais d'une ferme typique dont les caractéristiques ont été spéciale nt conçues pour une fin touristique.Idéalement située au cœur A8 même des \u201chauts\u201d, entre Val Morin et Ste-Adèle, à proximipérdu rang HF où vécut Séraphin Poudrier, Sur YeHey Fädrm-Conme on peut en juger jell par les photos iflustemnt ces.deux pages, est l'un des plus beaux endroits où le ski i i a son pr {Photos C.P.R.) Rien de comparable à une randonnée en \"'sleigh\" pour vous faire oublier les petits tracas de la vie.On rit pour des riens, on respire un air vivifiant qui vous donne un appétit de loup au retour ! Le ski n'implique pas nécessairement l'idée de mouvement.rocure également l'opportunité d'admirer des paysages d'une beauté dont on ne se lasse jamais, et puis aussi, lorsqu'on est en groupe, on a l'agrément d'échanger ses Impressions.sp = a .- -y \u201c ws: = NN.autre vue de Sun Valley Farm.\u2014 Ci-dessus, deux magnifiques chien coolies qui font l'admiration des skieurs de passage. ES jeunes filles qui affichent un profond mépris des bonnes manières obéissent, la plupart du temps, à un désir enfantin de se faire remarquer, et leur attitude n'est qu'une bravade des convenances.Cette façon d'agir leur vaudra peut-être, pendant quelques mois, une réputation d'originalité.On dira d'une jeune fille de cette espèce : elle est amusante, ou encore : c'est un type, elle ne fait jamais comme les autres, on ne sait jamais ce qu'elle va vous répondre.On ne tardera pas, cependant, à s'apercevoir que cette prétendue originalité n'est qu'une pose, un besoin maladif d'attirer l'attention, et que cette absence complète de manières est très gênante pour l'entourage.L'étiquette, en effet, n'est qu'un autre mot pour désigner les bonnes manières qui sont dans la vie un atout aussi puissant que la richesse.Grâce à elles, on s'attire des amis, on est l'invité le plus apprécié d'une réunion mondaine, on obtient plus facilement une situation, on acquiert une espèce d'assurance qui n'a rien de choquant et inspire confiance.Rien n\u2019est aussi apparent qu'un manque d'éducation.On le constate dans les plus petits détails de la vie quotidienne.Il arrive très souvent que des personnes qui ont ont été bien élevées affectent un sans-gêne de mauvais aloi, croyant ainsi se donner un air dégagé.Les jeunes gens auraient tort de penser qu'ils peuvent partir sans saluer leur hôtesse ou négliger de faire danser la jeune fille de la maison et qu'elles ne s'en apercevront pas.De même, la jeune fille qui, lorsqu'elle est invitée chez une amie, demande à la bonne une foule de petits services, loin de paraître habituée à un nombreux personnel, donnera plutôt l'impression qu'elle n'a jamais eu de domestique, ou encore celle qui monopolise l'invité d'honneur, pensant ainsi se rendre aimable, ne fait qu'afficher son manque de savoir-vivre.Elles ne devront donc pas s'étonner, pas plus que les jeunes gens dont j'ai parlé plus haut, de n'être pas invitées de nouveau dans des maisons où elles auront laissé un souvenir peu flatteur.Ceux qui méprisent l'étiquette le font souvent par envie.Tout le monde a eu l'occasion de constater qu'une jeune fille qui n'est pas intimidée dans une réunion, parce qu'elle sait exactement ce qu'elle doit faire, s'amuse beaucoup mieux qu'une autre qui se pose tout le long de la soirée une foule de petits problèmes mondains.Ceux qui s'imaginent que les bonnes manières sont une espèce de snobisme se trompent lourdement, car l'essentiel de la bonne éducation est de mettre les autres à l'aise.Il n'est pas inutile à une débutante de posséder un traité d'étiquette pourvu qu'il soit bien fait et présenté sans trop de complications.Ce n'est pas un de ces ouvrages qu'on lit de la première à la dernière ligne, mais qu'on doit avoir sous la main afin de pouvoir le consulter en toutes circonstances, tantôt pour savoir ce qu'on devra faire, tantôt pour constater après coup si l'on a, oui ou non, agi selon le code mondain.Cette préoccupation n'est pas aussi frivole qu'elle peut le paraître au premier LA Revue PoPuLARRE abord.Ne doit-on pas s'acquitter le mieux possible de tous ses devoirs, y compris ceux qui nous sont imposés par la société ?A chaque pas que l'on fait dans le monde, une embiiche nous attend.En voici quelques exemples choisis au hasard : Un jeune homme et une jeune fille entrent ensemble au théâtre, lequel doit marcher le premier ?Si le jeune homme tient encore ses billets à la main il précède sa compagne, s'il les a remis au placier il la suit, - Comment faire une présentation ?C'est la personne de moindre importance qu'on présente à l'autre, ainsi une femme plus jeune à une femme plus âgée.Quand les deux sexes sont en présence, on doit, n'en déplaise à ces messieurs, traiter l'homme comme étant de moindre importance, et le présenter à la femme, même si celle-ci n'est qu'une toute jeune fille.Comment une dame signe-t-elle un registre, une lettre ?Sur un registre, elle s'inscrit comme madame une telle : prénom et nom de son mari, tandis qu'elle signe ses lettres de son prénom à elle et du nom de famille de son mari, en omettant la désignation : madame.Cependant, s'il s'agit d'une lettre d'affaires écrite à un inconnu, elle peut faire précéder sa signature de : madame, entre parenthèses, afin de renseigner son correspondant sur sa situation sociale.Nous pourrions continuer longtemps comme cela, et cet article n'en finirait plus.Disons plutôt, afin de le conclure d'une façon pratique, que de jolies manières disposent favorablement à votre égard, soit qu'il s'agisse de vous accorder une situation que vous ambitionnez ou de décider un jeune homme à vous demander en mariage, car tout comme les patrons tiennent à produire une employée d'une tenue irréprochable, les maris veulent que celle qui sera appelée à faire les honneurs de leur foyer, et à élever leurs enfants, soit à la hauteur de cette double tâche.Peut-être des jeunes gens ont-ils paru, pendant un certain temps, se plaire en la compagnie de jeunes personnes bruyantes et sans façon : ils sont trop pratiques et trop bien avisés pour les épouser.De jolies manières sont la route la plus sûre qui conduit à la popularité, même à notre époque qui se vante d'avoir secoué le vieux protocole du bon usage.Le meilleur moyen de se faire inviter est d'être toujours polie et gracieuse envers chacun, et rien ne fait plaisir à un mari comme la fierté qu'il éprouve devant le savoir-faire et la bonne grâce de sa femme.Quelques-uns prétendent qu'une observation trop attentive de l'étiquette entraîne une complication aussi ennuyeuse qu'inutile dans notre société dite moderne.D'autres, au contraire, sont d'avis qu'il faut réagir plus que jamais contre une alarmante infiltration de sans-gêne que justifierait notre époque de guerre.Ainsi, est-il repréhensible de s'appuyer les coudes sur la table ?Mais lisons plutôt les réflexions de Francine sur cet important sujet. JANVIER 1943 Motte OUR Les menus de temps de guerre de- commence par des tomates sélection- mandent souvent de la Soupe aux nées qui ont mari au soleil sur des Tomates Campbell's.Les tomates, plantes canadiennes-\u2014et qui ont été | > \u2018 \u2014 0 vous le savez Sans doute, sont un ali- envoyées en toute hâte aux cuisines A ment protecteur pour toute 1a famille\u2014 immaculées de Campbell.Là, du beurre riches en vitamines et sels minéraux de table riche et doré y est ajouté, ainsi importants.Ft les mamans, qui ont qu\u2019un peu d\u2019assaisonnement pour faire tant à faire, apprécient cette bonne ressortir la saveur des tomates.| | can soupe canadienne qui se prépare en Ayez soin d\u2019avoir une bonne provi- un clin d'oeil sion de Soupe aux Tomates Campbell\u2019s.La saveur dont on sé régale toujours C\u2019est un mets idéal pour commencer les dans la Soupe aux Tomates Campbell's repas d\u2019hiver.SOUPE AUX romares COMM RECHERCHEZ L'ÉTIQUETTE ROUGE-ET-BLANC Si vous préparez des lunches à emporter, de la Soupe aux ,Ç Tomates Campbell's dans un Cam ; y \u2019 * He Cg \u2018Thermos\u2019 les rendra plus RM PBELL soon ont\u201d nourrissantes et plus agréables.ONTO ONTARIO, ue REGISTERED TR > PREPARE EE PAR CAMPBELLS DANS SES CANADIENNES MODERNES 20 \u201cMiss War Worker\u201d | a choisi une Boîtier jaune, \u201cnaturel\u201d.Cadran en relief.Mouvement Bulova 17 rubis pour la précision.s29-25 Miss WAR WORKER \"A\" \u2014 Boitier jaune, gravure exquise; mouvement Bulova 17 rubis.$29.75 Taxe d'achat du gouvernement en plus Bulova salue \u201cMiss War Worker\u201d .heureuse qu'elle ait choisi une montre Bulova.Aujourd'hui, les meilleurs bijoutiers de partout présentent, en son honneur, une nouvelle montre frappante .a toutes les ouvrières de guerre.la nouvelle Bulova, \u201cMiss War Worker\u201d.Elle fait honneur à votre travail essentiel! Elle est digne d\u2019orner votre joli poignet ! Il n'y a qu'une montre de qualité véritable pour faire un tel honneur.une Bulova.COMME À LA RADIO B-U-LÉO-V®A VOUS INCITE À \u2014= ACHETER PLUS DE CERTIFICATS D\u2019ÉPARGNE DE GUERRE Miss WAR WORKER \"B\u201d \u2014 | La Revue PoPuLAIRE Depuis deux semaines, Marie hésite.Elle a lu dans le journal qu'on demandait des milliers de femmes pour travailler dans les usines de guerre.Justement, l'usine de munitions de la rue Labbé aurait besoin d\u2019une dizaine de techniciennes pour Ja confection de certaines parties de mitrailleuses.On offre un cours gratuit de trois semaines après quoi les plus compétentes seront placées sur des machines.Ce soir, Marie a pris une décision.Il faut en causer avec Georges qui.naturellement, a son mot à dire.Il faut songer aussi aux deux petites dont la plus jeune n'a pas cinq ans.Grand-maman est prête à les garder mais.que dira Georges?.Il vient d'allumer une cigarette et s'allonge paresseusement dans son fauteuil avant de commencer à lire son journal.Marie fait appel à son courage.\u2014 Dis donc, Georges, tu sais, n'est-ce pas ?que l'usine de la rue Labbé commencera la semaine prochaine à donner un cours de préparation aux femmes qui désirent entrer à l'usine.Georges a mis de côté le journal qu'il tenait en main.Il regarde sa femme avec surprise et se demande à quoi elle veut en venir : \u2014 Et après ?demande-t-il ?\u2014 Les femmes doivent aussi travailler, Georges.Je suis en bonne santé, la maison peut marcher sans moi.alors, j'ai pensé.Georges ne la laisse pas finir : \u2014 Toi à l'usine ! dit-il, d'un ton qu'il voudrait sans colère.Une femme mariée!.Et les enfants?.et moi?.Marie a tout prévu, tout organisé.Elle parle clairement, avec tout son enthousiasme, sa fermeté.\u2014 J'ai téléphoné à maman tout à l'heure .Elle gardera les enfants durant la journée.Le soir, je les reprendrai en revenant.Elles ont du linge, tout ce qu'il leur faut.Tu sais toute la couture que jai faite.Maman prendra bien soin d'elles.D'ailleurs, Alice ira bientôt à l'école.Georges se rend compte que le projet de sa femme est sérieux.Il lui semble tout à coup que leur bonheur est menacé.leur douce vie familiale sur le point de s'effriter .Tous les petits intérêts masculins se bousculent dans son esprit et son cœur.Qui préparera ses repas?.Marie était si bonne cuisinière.Il y songe maintenant.Peut-être qu'il ne le lui a jamais dit ou, du moins, pas assez!.Marie entrera dans une vie nouvelle.elle aura de nouveaux amis, de nouveaux devoirs, de nouvelles fatigues.Elle ne sera peut-étre plus la petite amoureuse tendre qu'il connaissait.Voilà qu'il attache un prix à toutes ces choses, qu'il voudrait les sauvegarder contre un ennemi invisible, en jouir encore, garder sa petite Marie bien à lui, égoïstement.Les Les autres peut-être, Mais pas Marie.par EVE SENECAL autres femmes peuvent aller à l'usine si elles le veulent, mais pas Marie.\u2014 Tu ne dis rien, Georges, à quoi penses-tu ?.demande Marie, intriguée.\u2014 A quoi je pense?demande Georges, d\u2019une voix chargée d'émotion .Je pense à nous, aux enfants, à notre bonheur auquel tu n'as pas beaucoup l'air de songer.\u2014 Voilà où tu fais erreur, dit Marie, d'une voix ferme.Je pense aussi à notre bonheur, à notre bonheur futur.Il faut des femmes dans les usines, des femmes qui se dévouent, qui se sacrifient.Elles sont aussi nécessaires que les soldats.Je suis en bonne santé, capable de travailler.Il faut des femmes pour remplacer les hommes un peu partout, si nous voulons gagner la guerre et nous protéger contre l'esclavage allemand.Georges sent un peu la colère monter en lui.\u2014 Comme tu en parles! dit-il.Notre maison, notre famille, à quoi va-t-elle ressembler, tu penses\u201d.Qui préparera nos repas?.Qui entretiendra la maison ?\u2014 Maman viendra de temps en temps pour la maison.Pour les repas, je m'arrangerai moi-même.Tu verras, personne n'en souffrira.Il ne, faut pas te faire de craintes, mon Georges .Marie s'est rapprochée.Elle sent, elle aussi, maintenant plus que jamais, le prix du bonheur facile et calme qu'ils ont goûté.Si elle a reconnu qu'un plus pressant devoir l'appelle au dehors, elle ne veut rien perdre de ce bonheur intime.Georges a pris sa femme sur ses enoux.Une immense émotion dé- erle sur son cœur.Pour un peu il pleurerait.Marie à l'usine, peinant du matin au soir, travaillant tard dans la soirée pour entretenir la maison, préparer les repas, ce n'est pas possible, mon Dieu?.\u2014 Marie, dit-il, la gorge serrée, tu n'es pas sérieuse ?.\u2014 11 faut que les femmes fassent quelque chose, Georges, tu le sais.Laisse-moi aller.Nous serons si heureux, le soir, de nous retrouver, d'avoir bien travailler tous les deux, pour notre pays.Après la guerre, nous reprendrons notre vie heureuse et tranquille.\u2014 Et nos enfants, Marie, tu n'y as pas bien songé?.Marie se sent un peu ébranlée, l\u2019espace d'un instant.\u2014 Maman en prendra bien soin.Nous les aurons le soir.Si elles allaient à l'école ou au couvent, ce serait la même chose.Georges ne dit plus rien.Marie a raison.Il faut bien que les femmes se dévouent.Il la serre seulement un peu plus fort contre lui, pendant que deux grosses larmes qu'il essaye de cacher coulent sur ses joues. JANVIER 1943 Tante Augusta, émergeant de son coin, se préparait à répondre à l'intrus quand, tout à coup, la file des voitures reprit son mouvement en avant.L'inconnu fut contraint de reculer vivement pour éviter d'être guillotiné par le cadre de la fenêtre.Augusta déclara, sans autre préambule : \u2014'Tu ne peux pas te permettre, Terry, ce genre de fantaisie.Com- prends-tu ?J'ai choisi tes amis et tes connaissances avec un soin méticuleux et je n'ai pas l'intention de te laisser tout compromettre pour une fantaisie ! \u2014 Compromettre ?Que vous dire, ma tante ?\u2014 Tu ne dois pas courir de risques.\u2014 Mais quels risques ?\u2014 Complications.Des embarras provenant du choix d'un prétendant indésirable.Terry se calma et s'écria en riant : Juste ciel! tante Augusta, si c'est cette perspective qui vous alarme, je puis vous rassurer.Je n'envisage pour le moment, aucune intrigue même avec un candidat de tout repos.\u2014 Tu ne peux cependant pas jouer l'indifférence indéfiniment, Terry !.Deux ou trois hommes de nos relations demeurent en suspens et s attendent à te voir prendre sous peu une décision.M.Bent ne s'est-il pas déclaré ?\u2014 À plusieurs reprises.En fait, ces derniers temps, sa conversation na cessé de rouler sur le même sujet ! \u2014 Violet Smith-Vane a dit incidemment devant moi que Gregory Bent lui avait promis de venir chez elle, ce soir.Lord Julian doit également être présent.Si je ne me trompe, lui aussi est désireux d'être fixé sur tes intentions.\u2014 Eh bien! franchement, tante Augusta, je ne suis pas responsable de la situation.Je ne leur ai demandé, ni à l'un ni à l'autre, de me faire l'honneur de rechercher ma main.Je ne vois pas pourquoi je serais contrainte d'en arriver à une décision hâtive parce que ces messieurs témoignent de l'impatience ?\u2014 1! y a aussi M.Gascoigne .On prétend que, cette fois, il songe à s'établir pour de bon.\u2014 Oh! Bertie ne doit jamais être pris tout à fait au sérieux.\u2014 De toute manière, comme je te l'ai déjà fait observer, cette attitude dilatoire ne peut se prolonger indéfiniment, car tes moyens ne te permettent pas de toujours reculer l'échéance.\u2026 \u2014 En quoi mes moyens peuvent- ils influencer ma décision ?\u2014 En tout!.Absolument en tout ! \u2014 Voulez-vous insinuer, ma tante, que mes moyens ne me permettent pas de ne pas épouser, de bon ou de mauvais gré, un de ces trois hommes?\u2014 Le temps presse, Terry! cria presque la tante Augusta.\u2014 En quoi consiste exactement la raison de cette hâte ?\u2014 L'argent.les dettes.Je ne sais plus où donner de la tête ! Le ton d'Augusta indiquait clairement que les choses en étaient arrivées à un point où, malgré l'énergie proverbiale des Broadbent, la capitulation s'imposait.Devant cette révélation inattendue, Terry demeura uelques instants muette de surprise lle reprit enfin, d'une voix changée : \u2014 Je ne savais pas, ma tante, que vous fussiez dans une situation difficile.\u2014 Difficile !.Tu parles comme une sotte, comme une innocente ! \u2014 Je veux dire que si vous m'aviez avertie plus tôt, je me serais astreinte à faire des économies.\u2014 Avec quoi ?\u2014 Avec l'argent .l'argent que mon.père \u2018m'a laissé \u2018 voulez- POURQUOI PAS MOI?(Suite de la page 15) Augusta se rendit compte que les événements échappaient rapidement à son contrôle : ses nerfs, tendus à l'excès depuis des semaines, avaient cédé tout à coup.Ces derniers temps, elle ne parvenait pas à calmer, à endoctriner, à persuader ses nombreux créanciers qui se faisaient de plus en plus pressants.Le plan d'Augusta consistait à retarder la liquidation jusqu'au moment où sa nièce aurait fixé son choix sur l'un des brillants partis qui s'offraient à elle.Mais les perpétuelles hésitations de Terry, commençaient à la décourager.\u2014 Tu n'as pas d'argent.\u2014 Mon argent s'est volatilisé avec le reste ?\u2014 Tu n\u2019as jamais eu d'argent.Terry balbutia en réponse : \u2014 Mais vous m'avez, maintes fois, répété, ma tante.\u2014 Je voulais éviter, à tout prix, que tu aies le sentiment d'une infériorité quelconque.\u2014 Alors tout l'argent provenait de votre fortune ?\u2014 Absolument tout.Augusta perdit complètement le sens de l'opportunité et elle se laissa entraîner à des confidences dangereuses.\u2014 Ta mère, comme une pauvre sotte, fit un mariage insensé.Malgré mes avertissements, elle s'amouracha d\u2019un beau garçon et elle l'épousa clandestinement.C'était un vaurien qui dilapida la fortune de sa femme, en moins de quatre ans.Voilà ce qui advient, neuf fois sur dix, aux femmes qui font connaissance avec des hommes, simplement à cause de leur physique avantageux.Ce n'est pas tout : non seulement il abandonna sa femme et sa fille \u2014 toi \u2014 mais, avant de partir, il puisa dans la caisse de la firme où il était censé travailler.Tu te rends compte, je pense, maintenant, combien la situation était tragique.Ton père est un malhonnête homme .Terry sursauta et s'écria : \u2014 Est?Ce monosyllabe interrogatif, lourd de mystère, résonna lugubrement, dans la voiture.Augusta demeura muette, en mesurant les conséquences de son étourderie.Terry, avec un calme surprenant, reprit : \u2014 Ainsi ce n'était pas vrai, non plus ?Mon père n'est pas mort ?\u2014 Non.Il s'est réfugié à l'étranger avant qu'on ait découvert son larcin.Depuis on n'a plus entendu parler de lui.Le conseil d'administration de la Société avait décidé de le poursuivre, mais la police n'a jamais pu retrouver ses traces.J'ai fourni plus tard à la famille des nouvelles satisfaisantes : ton père, à la suite d\u2019une offre avantageuse, était parti pour l'étranger et, deux ans après sa fuite, j'ai annoncé sa mort soudaine.Tout le monde a accepté ma version sans demander d'où je tenais ces renseignements.Personne.même pas tes tantes, ne connaît la vérité.Il ne restait plus à Terry qu'à affronter cette humiliation et à faire bonne figure.Son énergie naturelle.en effet, lui fit comprendre tout de suite qu'il est urgent, précisément dans les moments de dépression morale, de tenir la tête haute.Flle se tourna vers Augusta pour lui communiquer les conclusions auxquelles elle était arrivée : \u2014 C'est entendu ! ma tante, dit-elle d'une voix mordante ; je ferai trésor de vos avis : à partir d'aujourd'hui je raye le mot «amour» de mon carnet de route et je m'en tiens exclusivement aux avantages tangibles.Les nuées dissipées, je suis contente de voir clair autour de moi.Je devine maintenant les raisons qui ont inspiré votre conduite, à mon égard.Que de soins pour polir une perle d'origine ! Les voitures, arrêtées de nouveau pendant cing minutes, se remirent soudain en marche et reprirent graduellement de la vitesse.En même temps, en se rapprochant du but, Terry retrouvait tout son entrain : ses joues se coloraient d\u2019une teinte rosée et ses yeux, dans la demi-obs- curité de l'automobile, brillaient comme des étoiles d'or.Augusta regardait, à la dérobée, son chef-d'œu- Vre avec une satisfaction non déguisée.\u2019 CHAPITRE III ME Broadbent aurait pu se dispenser de s'inquiéter au sujet des débuts mondains de sa nièce.Depuis le moment de son entrée dans les salons jusqu'à celui de sa sortie, Terry connut un vrai triomphe.Dans ce milieu d'élégance raffinée et d'étiquette stricte, la cérémonie de la présentation à la reine lui donna l'occasion de déployer toutes ses grâces.En arrivant chez lady Smith-Vane, Terry était consciente de la supériorité dont elle venait de faire preuve.Rien ne pouvait plus la troubler ; elle monta sans s'impatienter, en s'arré- tant à chaque marche, l'imposant escalier encore envahi, malgré l'heure tardive, par un nombre exagéré d'invités.Elle se tournait à chaque instant pour saluer des figures de connaissance ou pour répondre à des interrogations amicales : \u2014 Eh bien, Terry.Tout a bien marché ?\u2014 Oui, merci! Consultez tante Augusta pour les détails.Augusta était ravie de voir sa nièce dans de si bonnes dispositions.Elle ne se rendait pas compte que sous son apparence enjouée, la jeune fille dissimulait une profonde blessure au cœur.Derrière les yeux brillant d'un éclat d'acier, sous le sourire enchanteur, en écho des propos légers et gais, Terry reprenait sans cesse, au fond d'elle-même, un amer refrain : «Jeune file à vendre!.Tante Augusta m'a considérée depuis ma petite enfance comme un placement d'avenir.Elle n'a jamais eu d'affection pour moi!» Cette lamentation intérieure persistait malgré le perpétuel babil qui s'élevait autour de Terry et 'accompagnait en sourdine : « Mon père est un escroc.Il est vivant.Que diraient ceux qui m'entourent, s'ils apprenaient la vérité ?Supposons que je proclame soudain à haute voix la déchéance de mon père ! Quel tohu- bohu provoquerait la nouvelle qu'en dehors d'un mince trousseau d'enfant, je n'ai jamais rien possédé sur terre ! Dire que depuis des années.je n'ai cessé d'éprouver contentement et reconnaissance pour rien!» L'escalier aboutissait à une galerie circulaire qui dominait le vaste hall.La maitresse de maison se tenait contre la balustrade pour accueillir les retardataires.Lady Smith-Vane était une grande femme blonde, magnifiquement habillée de dentelles parsemées de diamants : se détachant au-dessus de la foule, elle faisait penser à une enseigne lumineuse.À mesure que Terry se rapprochait du 21 = sommet, la voix de lady Smith-Vane se faisait plus distincte.\u2014 Chere lady Ginnie, comme je suis heureuse!.Clarisse, ma cherie!.Sir Humphrey, comme c'est aimable à vous d'être venu ! La voisine de Terry lui murmura à l'oreille : \u2014 Un certain nombre d'invités .clandestins ont dû réussir à franchir la grille.Cette maison est le paradis des pique-assiettes.Notre hôtesse n'y regarde pas de trop près : pourvu qu'il y ait foule à ses réceptions, elle est contente.Terry leva les yeux en riant.Elle aperçut alors, aux côtés de lady Smith-Vane, Georges Bent penché sur la balustrade et observant attentivement les nouveaux arrivants.~ Elle se préparait à en approcher quand Priscilla survint, en coup de vent, écartant, sans ménagement, les précieux feuillages exotiques et souffla à l'oreille de son amie : \u2014 Terry, ma chérie, regarde! Là-bas .les épaules .sur lesquelles on pleurerait volontiers .Il est ici!.En effet le personnage mystéricux se tenait debout, à quelque distance.Il était en élégante tenue de soirée .Il s\u2019inclina dans la direction des jeunes filles, en souriant.Terry leva les ycux a son tour et murmura un: «Oh!» signifiant qu'elle n'arrivait pas à croire à la réalité de cette apparition.Le jeune homme, par contre, n'eut pas de peine à feconnaître la ravissante jeune personne entrevue au théâtre et dans l'automobile .Îl souriait avec une parfaite confiance en soi, d'un air conquérant.Priscilla avait repris son gracieux babil : ; \u2014 Oui et je sais maintenant qui il est!.Te rappelles-tu, à l'école, Louise Sheldon ?Une jeune fille au physique quelconque, avec des yeux magnifiques ?Tout le monde l'aimait et abusait de son aimable nature.Eh bien ! celui-ci est son frère.Blle nous parlait souvent de lui ; un mauvais garçon dont on ne pouvait rien faire : la brebis noire, la pierre qui roule, la honte de la famille, etc! \u2026.C\u2019est lui, en chair et en os: Kay Sheldon ! Tout en parlant, Priscilla indiquait du doigt, d'un geste large, le jeune homme en question.Son enthousiasme n'aurait pas été plus grand si elle avait découvert la huitième merveille du monde ! CHAPITRE IV Cr soir-là, les émotions subies par Terry, l'avaient comme étourdie et elle ne se rappela jamais, clairement, les détails de sa première entrevue avec Kay Sheldon.Elle écoutait vaguement Priscilla lui raconter les plus récentes aventures de ce «cher Kay»: celui-ci, prétendait Priscilla, s'était introduit par escalade dans la propriété, bousculant les valets qui lui barraient le passage et jetant des boulettes empoisonnées aux chiens de garde ! \u2014 Oui, ma chérie, c'est dans le seul dessin de te revoir qu'il a forcé la consigne.Quand je l'ai recontré dans le parc, il se préparait à lancer une brique au travers d'une vitre de la serre pour pénêtrer dans la maison par la brèche ! \u2026.J'ai pu l'arrêter à temps, en lui donnant l'assurance que l'effraction n'était pas nécessaire pour se mêler à une réception chez Viviane ! .J'espère que tu apprécies ton bonheur.C'est à peine si la voix aiguë de Priscilla maintenait l'attention de Terry.Soudain une intonation plus grave, interrompit,le léger bail : 3 \u2014 Voulez-vous risauer un tour d valse ?mademoiselle Sloane ? 22 / \\ LE CONTROLE DES PRIX ET LE CONSOMMATEUR Par Madame René de la Durantaye, directrice adjointe du Service des consommateurs de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Le succès du contrôle des prix revient en grande partie à la coopération intelligente et dévouée des Canadiennes.Mais il ne suffit pas de s'en tenir à des généralités, et des chiffres vous prouveront mieux les résultats obtenus.,Ç Dans les dix mois qui ont précédé le ler novembre 1941 l'indice du coût de la vie a monté, au Canada, de 7.4%.Du ler novembre 1941 au ler septembre 1942, soit pendant les dix premiers mois du contrôle des prix, cet indice ne s'est élevé que de 1%.Mais pour mieux nous rendre compte des effets de ce contrôle, faisons une comparaison entre la guerre actuelle et la guerre précédente.Comparons d'abord le mouvement des prix depuis novembre dernier et leur comportement pendant la période correspondante de la dernière guerre.L'indice du coût de la vie a monté de 15.89, pendant la guerre précédente, contre 1% pendant celle-ci, pour la période en question.On a prétendu que le prix de la nourriture a augmenté au delà de toute proportion.Comparons ces prix à ceux de l'autre guerre.Depuis la promulgation des règlements sur les prix maxima, le prix des vivres a monté de 2.1%,, contre 24.3% pour la période correspondante de la dernière guerre.Depuis novembre dernier, le prix du bifteck d'aloyau s'est accru de 9.49/, comparativement à 19.49% pendant la même phase de la Grande Guerre.Le prix du lait, cette fois-ci, a augmenté de moins de 1% par rapport à 9.8% pendant l'autre guerre ; le prix du pain n'a pas augmenté durant cette guerre-ci, alors qu'il s'était élevé de 30.3% pendant l'autre, et le bacon a enchéri de 19, à comparer avec 32.4% de 1916 à 1917.Les indices de prix du vêtement, du combustible et du loyer n'ont à peu près pas bougé depuis novembre dernier, tandis que, pendant la période correspondante de la guerre de 1914, celui du combustible avait monté de 10.19, celui des loyers, de 7.49%, et celui du vêtement, de 13.69.Et si l'on étudie l'accroissement du prix des différentes parties du vêtement, on voit que, pendant la dernière guerre, le prix des bas d'hommes a augmenté de 56%, celui des chaussures de travail, de 22.8% et celui des manteaux de femme, de 19.19.% le public nous donne son appui, il n'y a aucune raison pour une augmentation du coiit de la vie.Depuis le début de la guerre actuelle, grâce au contrôle des prix, les augmentations ont été à peu près insignifiantes, si on les compare aux bonds fantastiques enregistrés pendant la Grande Guerre et son après-guerre immé- iat.; Avant que la courbe inflationnaire ait atteint son sommet, après la guerre de 1914, le coût de la vie avait atteint 198%, de son indice d'avant-guerre ; la nourriture avait monté à 226%, le vêtement à 251%, et le combustible à Va BL du sucre a atteint 450%, celui du beurre 250% et celui du ait, 0 Je citerai, pour terminer, M.Donald Gordon qui, lors d'une récente conférence, déclarait : « Ce premier succès est encourageant.Si nous pouvons le soutenir, ce sera un miracle, un prodige d'autant plus étonnant que notre effort de guerre économique est déjà trois fois supérieur à celui que nous avons fait pendant la dernière guerre.» COMMENT FAIRE D'EXCELLENTES PATISSERIES AVEC LE MINIMUM DE SUCRE La mode a évolué avec la guerre.Les volants et les ruches n'ornent plus que les robes fantaisistes qui paradent dans notre imagination.Celles d'aujourd'hui ont plus de simplicité et sont plus économiques.Il en est de même pour notre alimentation.Les recettes excentriques sont devenues de petites filles sages et bonnes qui demandent beaucoup moins, se contentent de peu et trouvent encore moyen d'être appétissantes.Les biscuits dont nous donnons ici les recettes éprouvées ont toute la saveur et la bonne apparence de leurs petits frères d'avant-guerre.GAUFRETTES AU MIEL 2 tasses de miel LA de tasse de gras 1 cuillerée à table de jus de citron 1 cuillerée de zeste de citron 1 œuf 414 à 5 tasses de farine à pâtisserie ou 4 à 414 tasses de farine ordinaire 14 de cuillerée à thé de sel 1 cuillerée à thé de soda à pâte Faire fondre le miel sur un feu modéré sans le laisser bouillir.Ajouter le gras, le jus et le zeste de citron et laisser refroidir.Y incorporer l'œuf légèrement battu et enfin les ingrédients secs tamisés ensemble.Laisser tomber par cuillerées sur une lèchefrite à biscuits graissée et cuire pendant 10 à 12 minutes dans un four de 375° F.Donnera 8 a4 9 douzaines de biscuits.BISCUITS A L'AVOINE ROULEE V4 de tasse de beurre % de tasse de gras oo 14 tasse de sucre brun 1 cuil.à thé de soda à pâte dissous dans 1 cuil.à thé d\u2019eau chaude 1 tasse de farine à pâtisserie ou 1 tasse, moins 2 cuil.à table LU Ç de farine ordinaire 2 tasses d'avoine roulée Ç L4 de cuil.à thé de sel ' 1 cuillerée à thé de vanille Défaites en crème le beurre, le gras, le sucre et la vanille.Ajoutez le soda dissous dans l'eau chaude, mélangez la farine, l'avoine roulée, le sel et ajoutez au premier mélange.Mélez parfaitement et laissez tomber d'une cuiller à thé sur uriè'lëchefrite beurrée.Aplatissez avec une fourchette et faites cuire au four 375° - 400° F., l'espace de 8 à 10 minutes.Cette recette donne de 4 à 5 dougaines dè biscuits.- L'instant d'après, Terry dansait avec Kay Sheldon sans bien se rendre compte de ce qui se passait : contre son habitude elle s'abandonnait passivement au lieu de dominer la situation.Au bout d'un assez long moment, Terry prit conscience que son buste se trouvait enlacé par un bras vigoureux et solidement maintenu contre une large poitrine d'homme ; pour pouvoir regarder par-dessus l'épaule de son danseur, comme entre les créneaux d'une tour, malgré qu'elle fût elle-même d\u2019une taille élevée, elle dut se dresser sur la pointe des pieds.Elle examina ensuite le visage de son partenaire : une peau lisse, des yeux clairs, des dents éblouissantes, des traits réguliers formaient une physionomie des plus agréables.Il dansait fort bien mais son entrain contrastait avec l'impassibilité à la mode.Terry n'éprouvait aucun sentiment cordial pour cet homme qui à son insu, sans doute, avait été la cause déterminante des cruelles révélations de tante Augusta mas peu à peu elle constata l'effet de cette diversion : la vitalité débordante du jeune homme semblait graduellement se communiquer à elle, au rythme de leurs pas accordés.T'out à coup une pensée se précisa dans l'esprit de Terry: « Si c\u2019est à la jeunesse que j aspire.En voici un remarquable spécimen ! » \u2014 Vous ne vous souvenez pas de moi, mademoiselle Sloane, n'est-ce as ?demanda Sheldon, en ramenant erry à sa place.J'avais d'abord supposé le contraire.\u2014 Vous m'avez fourni de bonnes raisons de ne pas vous oublier ! .Au théâtre la semaine dernière, et pendant l'embouteillage de notre auto, ce soir! \u2014 Je faisais allusion à une rencontre plus ancienne .à Lowmont.~ A Lowmont ?Où j'étais en pension ?\u2014 Précisément.J'étais venu rendre visite à Louise la veille de mon départ pour le Canada.Terry rassembla ses souvenirs, mais sans résultat.Elle fit un geste évasif.\u2014 Sans doute, continua-t-il, vous ne m'avez même pas vu.Louise m'accompagnait et nous étions arrêtés devant la grille quand vous êtes passée sur la route mêlée à un groupe de jeune filles en tenue de hockey.\u2014 Je me rappelle pourtant que Louise m'a dit un jour que son frère était venu la voir.\u2014 Louise vous a signalé à mon attention .Elle paraissait avoir un culte pour vous.La ravissante et riche Mlle Sloane jouissait, me con- fiait-elle, d'une popularité incontestée, à Lowmont.«La riche Mlle Sloane!» ironisa intérieurement Terry.Elle ne put retenir un rire sarcastique.\u2014 Qu'est-ce qui peut vous faire rire ?demanda Kay Sheldon un peu surpris.\u2014 Vous ! répliqua-t-elle.Vous ne ne vous doutez pas comme vous m'amusez!.Ainsi, poursuivit-elle sans transition, vous ne m'avez pas oubliée pendant toutes ces années ! Comme c'est touchant ! \u2014 Je passais des mois sans penser à vous, avoua-t-il, mais quand ma visite à Lowmont me revenait à la mémoire, je vous revoyais distinctement, courant sur la route ensoleillée, fine et gracieuse ! \u2014 Combien de fois par an, cette aimable vision se précisait-elle ?Quand je pensais à Louise et surtout quand je recevais une lettre où elle faisait allusion à vous.Dans ce cas c'était la carte forcée ! \u2014 Le soir où je vous ai vue au théâtre, j'ai eu tout de suite l'impression que vous me rappeliez quel- LA Revue PoPULAIRE qu'un.mais j'étais si troublée par votre apparition que je n'ai pas localisé mon souvenir.Je n'ai pu m'empêcher de vous dévisager.Pour cette raison, je craignais de vous avoir offensée .Avez-vous idée de l'effet que votre beauté produit sur les hommes ?: \u2014 Je suis un peu blasée à ce sujet.J'ai l'occasion de lire chaque jour des articles dithyrambiques, sur mon compte, dans les journaux ! déclara- t-elle d'un air détaché.\u2014 J'ai lu dans le Messager du soir ue vous assisteriez au bal des mith-Vane .En conséquence, je suis rentré passer un habit et j'ai décidé de tenter de vous approcher.\u2014 Après avoir eu soin de vous munir de boulettes empoisonnées pour les chiens de garde! Vous n'avez pas hésité à écarter les valets à coups de poing, d'après le récit de Priscilla.ay se mit à rire de bon cœur.\u2014 En réalité, je n'ai pas eu besoin d'avoir recours à mon arsenal ; je me suis présenté par la grande porte et j'ai été accueilli par une imposante personne endiablée .« Charmée de vous voir!» m'a-t-elle assuré .D'ailleurs, je n'aurais reculé devant rien, en cas de besoin, pour vous revoir ! \u2014Je ne suis pas insensible à l'idée que quelqu'un est disposé à tout braver pour m'approcher, dit- elle en affectant un ton de coquetterie.\u2014 Une beauté aussi parfaite est exceptionnelle méme dans les grands centres mondains.Dans les régions oil j'ai vécu, ces dernières années, des fleurs pareilles n\u2019éclosent pas.Compatissez aux souffrances d'autrui.Ne soyez pas ironique.Considérez que je suis amoureux fou de vous depuis plus de huit jours ! En prononçant ces mots, Sheldon se pencha sur sa partenaire et lui sourit, visage contre visage.Terry dut admettre que, malgré l'air un peu fat dont un homme de telle taille et de ce physique ne pouvait guère être dépourvu, les yeux de Sheldon brillaient d\u2019une admiration sincère et loyale.Si vous n'aviez pas l'intention de vous montrer amicale, pourquoi m'avez-vous salué gracieusement, ce soir, par la portière de votre automobile ?Terry se hata de fournir I'explication de ce lapsus, puis elle ajouta : \u2014 Votre vanité vous avait-elle conduit à interpréter mon geste comme une manifestation passionnée ?\u2014 N'insistez pas, reprit-il d'un ton amer .Ma vanité est suffisamment piétinée !.J'ai pourtant la conviction que nous pourrions nous entendre à merveille, si vous y mettiez un peu de bonne volonté.\u2014 Tante Augusta affirme qu'une jeune personne, dans ma position, ne saurait être trop prudente ! «'Tante Augusta!» Terry avait prononcé ce nom avec une emphase voulue, pour témoigner de sa résolution formelle de continuer à danser pour oublier .Elle défiait délibérément sa tante d'entraver cette évasion.\u2014 Et votre tante est-elle en mesure d'influencer vos actes ?Cette question était embarrassante et Terry répondit avec un sourire contraint : \u2014 Vous seriez surpris d'apprendre à quel point ! \u2014 Mon apparition à la portière de l'auto a-t-elle mécontenté cette tante au prénom redoutable ?\u2014 Je crois bien ! Le jeune homme exprima son regret et s'excusa, avec une charmante franchise, de sa démarche intempestive.\u2014 Cette tante tient donc une place si importante dans votre vie ?de- JANVIER 1943 manda-t-il.Puis, se ravisant, il se hâta d'ajouter .Louis, en effet, m'a dit que vous aviez perdu vos parents.C'est bien cruel! La situation devenait de plus en plus difficile .Terry fut sur le point de s'écrier : « Pardon, j'ai un père .C'est un escroc !!l» Elle aurait voulu connaître l'impression que cette bizarre confidence ferait sur son interlocuteur.Elle réussit toutefois à arrêter les mots sur ses lèvres.Sheldon reprit : \u2014 En me frayant un chemin, entre les automobiles, je ne croyais pas vous exposer à des ennuis : depuis notre première rencontre, j'avais appris votre nom et je pensais que, de votre côté, vous aviez découvert mon identité : j'espérais que ma qualité de frère de Louise me servirait d'introduction.\u2014 J'étais toujours dans le noir à votre sujet.D'ailleurs Priscilla elle- même a longtemps tâtonné.Vous aviez, m'a-t-elle dit, conservé l'incognito depuis votre retour en Angleterre.\u2014 En effet, j'avais omis de me faire inscrire dans les rubriques spéciales des journaux, répondit-il laconiquement.Un silence embarrassé suivit, au grand déplaisir de Terry.Elle pensa: « Parlez donc.Continuez à parler».La jeune fille avait exprimé intérieurement ce vœu avec tant de ferveur qu'elle craignit d'avoir inconsciemment remué les lèvres.Elle observa le visage du jeune homme et se sentit rassurée.Elle retrouva rapidement son sang-froid et fit la première remarque venue : \u2014 Qu'aviez-vous fait pour être traité en brebis noire, par votre famille ?\u2014 Que vous êtes bonne de vous intéresser assez à moi pour vous montrer curieuse ! poursuivit-il en entraînant de nouveau sa danseuse au milieu de la\u2019 salle, d'un élan irrésistible.« Curieuse ?se répéta Terry, quelle drôle d'appréciation.Enfin pourvu qu'il y trouve matière à développement, c'est l'essentiel ! » Sheldon reprit aussitôt : \u2014 La véritable cause de mon exil n'est pas ce que j'avais fait, mais plutôt ce que je me refusais à faire ! L'histoire de la vie de Sheldon était maintenant en bonne Voie; Terry apprit que Kay avait refusé systématiquement de prendre place dans un confortable fauteuil, derriè- te un bureau, en vue d'enregistrer soigneusement, à l'arrivée et au départ, les emballages d'une importante fabrique de passementerie et mercerie en gros.Sheldon précisa de sa voix profonde : \u2014 J'ai eu la chance que l'on me réserve une situation dans cette Société, avec cinq cents livres d'appointements annuels.et j'ai refusé ! \u2014 Et pour cette seule raison?.\u2014 Non, il faut être équitable ; je dois reconnaître qu'il y a une suite.rectifia-t-il en riant.Une seconde occasion s'était présentée : un poste relativement important dans une banque avait reçu le même accueil.Enfin un gros négociant en cuivre était prêt à offrir au débutant une place dans ses bureaux avec des perspectives d'avenir .Nouvelle dérobade ! \u2014 En somme, conclut Kay, j'ai découragé tous les efforts de mon père pour faire de moi un soutien de famille et un pilier de l'empire.Il a fini par perdre patience .Mon père est un excellent homme, mais doit tout à son travail.Il avait consenti de grands sacrifices pour mon éducation et de plus grands encore pour faire profiter Louise des avantages d'une pension de premier ordre.\u2014 Vous ne paraissez pas lui avoir témoigné la gratitude qu'il méritait.\u2014 J'en ai l'apparence, en effet.Toutefois, en réalité, le principe de la reconnaissance ou de l'ingratitude n'est pas en jeu.Il faut, avant tout, considérer la nature des intéressés.\u2014 Mais si on doit tout à ses parents, ou à qui vous en a tenu lieu, n'a-t-on pas le devoir de payer sa dette ?suggéra-t-elle avec une ardeur contenue.\u2014 Certainement.La question est de savoir de quelle manière il faut s'acquitter.\u2014 11 faut prendre ses responsabilités.Mais finalement qu'a fait votre père ?\u2014 ll a télégraphié à un de ses frères qui est agent de change à New-York : « Mon fils, Kay, n\u2019est propre à rien ! J'abandonme la partie.onne-moi un conseil.\u2014 Stop.» \u2014 L'oncle Joe répondit par retour : « Envoie-le moi.Je le dresserai.\u2014 Stop.» \u2014 La semaine suivante, mon père, après avoir garni mon portefeuille, me remit un billet pour New- York et me souhaita bon voyage.\u2014 Je n'aurais pas cru qu'à New- York on acquérait des épaules de cette largeur | \u2014 New-York n'y est pour rien.Je ne m'y suis pas attardé assez longtemps.Mon oncle me conduisit le lendemain matin dans ses bureaux, au seizième étage d'un gratte- ciel en acier et je fus admis à examiner le pupitre qui m'était destiné.Un coup d'œil m'avait suffi! Quelques instants après, je trouvai un prétexte pour sortir : je sonnai l'ascenseur qui me ramena au rez- de-chaussée .Et en route pour les espaces illuminés!.L'oncle Joe n'est pas encore revenu de sa surprise.\u2014 Décidément la n'est pas votre fort.\u2014 Possible ! Mais je sais ce que je veux ; j'ai pris la mesure de mes capacités et je n'entreprends pas les tâches auxquelles je ne pourrais jamais me plier.Personne, de mon entourage, ne paraissait se douter que la seule vue d'un pupitre provoquait.chez moi, d'intolérables élancements dans les jambes ! \u2014 Alors vous vous êtes empressé de gagner le large ?À quoi vous oc- cupiez-vous ?\u2014 Je ne puis rien vous cacher, ange en tunique blanche ! J'avoue donc que j'ai consacré mes premières semaines de liberté à dilapider gaiement mes réserves.\u2014 L'argent que avait donné pour buts.\u2014 Précisément ! \u2014 Quelle excuse, philosophique et reconnaissance votre père vous faciliter vos dé- morale, invoquez-vous pour vous disculper ?\u2014 Aucune.Ma conduite est répréhensible, à tous les points de vue.\u2014 D'accord, et ensuite ?\u2014 Je me trouvai, au bout de ce temps, complètement démuni ! Toutefois j'avais acquis une certaine expérience dont je fis mon profit.J'acceptai des besognes diverses pour ne pas mourir de faim.Je parvins enfin à atteindre le Canada où je fus embauché dans une exploitation forestière : c\u2019est en abattant des arbres que j'ai développé mes épaules ! Le propriétaire de ces magnifiques fo- réts, homme d'un certain âge, est décédé récemment, après m'avoir, à ma grande surprise, institué son légataire universel.Nous étions devenus une paire d'amis et je le regrette sincèrement.Après avoir fait quelques commentaires appropriés, Terry conclut : \u2014 Et vous revenez, sans doute, après avoir dissipé votre fortune ?Sheldon sourit avec indulgence.en surprenant une expression de dé- \u201cELLE S\u2019APPELLE Poudre Wood- bury.Et je prétends que jamais charme plus fin, plus exquis n'est sorti d'une boîte! La nouvelle nuance Woodbury Rachel ajoute à mon teint ivoirin cet effet crémeux du camélia dont s\u2019enthousiasment directeurs et photographes.\u201d Mais bien sir, Hedy! De plus, Woodbury ne joue pas au privilege.De concert avec les directeurs de Hollvwood, Woodbury a découvert 5 types du teint.Puis par un procedé nouveau \u2014 le Ton Contrôlé \u2014 ++ ACHETEZ BONS ET TIMBRES DE GUERRE à \u201cAvivez votre Teint avec ma Poudre Glorieuse\u201d = 23 SELON HEDY LAMANT Woodbury a créé une nuance exacte correspondant à chaque type.Quel éclat merveilleux votre nuance donne aux clartés de votre teint ! La Poudre Wood- bury forme comme un voile exquis, odorant \u2014 qui flatte et qui adhère pendant des heures et des heures.Découvrez votre nuance Woodbury.50c, 25c, 16c, seulement.Mettez-la pour celui à qui vous désirez plaire plus que tout au monde.WOODBURY foudhe ston.outils Carte dans chaque boite de Poudre Woodbury pour désigner la nuance de Poudre, de Rouge, et de Bâton pour les lèvres qui vous convient.Le Rouge Woodbury a un aspect plus velouté, plus naturel.Le Bâton Woodbury, une richesse voluptueuse.Essayez aujourd\u2019hui même votre nuance de Poudre, Rouge et Bâton Woodbury, celle qui avivera immédiatement votre beauté.(FABRICATION CANADIENNE) 24 sapprobation dans les yeux de Terry.\u2014 Non, rectifia-t-il.J'ai payé mon billet de retour.J'ai même remboursé à mon père l'avance qu'il m'avait faite.Contente de moi, maintenant ?Terry fit mine de ne pas avoir entendu la question.\u2014 Alors vous estimez qu'il faut payer ses dettes ?demanda-t-elle vivement.\u2014 Je vous l'ai déjà dit.Le tout est de découvrir une solution adaptée.Puis il faut juger si l'on doit prendre une décision soi-même ou s'en remettre à un tiers.\u2014 1 peut se faire que l'on n'ait pas le choix : la solution proposée est la seule possible et il ne nous reste qu'à l'exécuter, sans murmurer.\u2014 Dans ce cas, il nous appartient de conclure, en dernier ressort.La manière positive de Sheldon impressonna Terry : elle reconnut que ce jugement s'appliquait à son cas.« Je vois bien, pensa-t-elle, que ma situation est sans issue.J'ai tout gâché ce soir et je ne sais que faire - pour rémédier.\u2014 Je désire faire la connaissance de votre tante.Seraphina?.Où est-elle en ce moment ?interrogea Sheldon, du méme ton vjolontaire.Terry fronça les sourcils.Elle prévoyait et redoutait cette entrevue qui renversait tous ses projets.En effet, depuis sa querelle avec lord Julan, elle avait résolu d'éviter sa tante qu'elle n'aurait pas trouvé le moyen de remédier au désastre.Et maintenant ce jeune homme ne lui lâchait pas le bras et insistait pour être conduit auprès de la tante même qu'elle voulait fuir.Elle se décida enfin à répondre : \u2014 « Augusta », rectifia-t-elle\u2019 pour gagner du temps.Pourquoi voulez- vous être présenté à ma tante Augusta ?\u2014 Pour qu'elle accorde son visa à notre aventure romanesque.\u2014 Juste ciel ! Je vois d'ici l'accueil réservé à cette requête.\u2014 Jai la prétention d'être reçu dans votre famille sur le même pied que vos autres admirateurs.Terry s'efforça de rire d'une façon naturelle.\u2014 Sheldon arriva à la conclusion : Votre tante estime qu'une jeune fille, dans votre situation, ne peut se montrer trop prudente .Dans ces conditions, ma démarche est tout indiquée.Terry comprit qu'elle ne parviendrait pas à se soustraire aux exigences, d'ailleurs légitimes, de son interlocuteur.Elle se résigna donc à capituler.- \u2014 Eh bien ! venez.Nous sommes sûrs de trouver ma tante dans la salle de jeu.La pièce n'abritait plus que Mlle Broadbent et trois autres joueuses enragées.Toutes les autres dames avaient opté pour le souper.Mille Broadbent se préparait à distribuer les cartes et commentait, à haute voix, la partie précédente.Terry s'approcha de la table où sa tante était assise et s'appliqua à donner, à la présentation du jeune homme, le caractère d'une simple formalité : \u2014 M.Sheldon, le frère de Louise Sheldon.Vous vous souvenez de Louise, tante Augusta ?.Elle était à Lowmont, en même temps que moi.Augusta jeta à sa nièce un coup d'œil, qui signifiait clairement : « Ne t'ai-je pas prémunie contre des connaissances de cet acabit!» Dans le même.moment, Mlle Broadbent souriait au nouveau venu mais ce sourire se réduisait, en réalité, à découvrir ses dents, un bref instant.Le dialogue qui suivit ce geste rituel était de la même qualité, dépourvu de toute personnalité.L'entrevue ne pouvait être considérée comme un succès.+ Au moment où les deux jeunes gens se dirigeaient vers la porte, Mlle Broadbent se retourna et dit : ~ Ma chérie, si tu n'as pas d'engagement important pour le souper, tu pourrais rejoindre tante Charlotte qui a accepté une place a la table des Damer.L'accentuation du mot «important» mit le comble à l'exaspération \u2018de Sheldon : il referma brusquement la porte du salon.Dès qu'ils furent dehors, il demanda d'un ton sec : \u2014 Combien avez-vous de tantes ?\u2014 Quatre ! répondit docilement Terry.\u2014 Taillées sur le même patron !.Qui donc cette dame croit-elle être ?La reine Boadicea pour le moins ! \u2014 Vous avez insisté pour lui être présenté, riposta Terry.La salle de jeu donnait sur la galerie qui était déserte maintenant.On apercevait quelques personnes attardées dans le hall, au-dessous ; des salons parvenaient les derniers accords de l'orchestre et par les portes grandes ouvertes de la salle à manger, un bruit confus de voix discordantes témoignait de l'animation qui régnait autour des tables du souper.Terry n'essaya pas de contredire Kay ou d'excuser sa tante : il n'avait fait en somme que relever, comme elle le méritait, l'insolence dont Mille Broadbent venait de faire.Elle se contenta de dire : \u2014 Tante Augusta est cpoutumière du fait.\u2014 Et les gens tolèrent sa manière ?\u2014 Personne ne songe à discuter avec tante Augusta.\u2014 Il existait aussi en Grèce et à Rome des divinités redoutables auxquelles on offrait des sacrifices ! maugréa-t-il, Toutefois, en apprenant que Mille Broadbent distribuait systématiquement des coups de règle sur les doigts de \u2018son entourage, Sheldon se calma.Au bout d'un instant, il se rappela la remarque caustique de la terrible tante : « Si tu n'as pas un important engagement poutle souper ?.» Je crois bien!.Afec.moi, précisément.Allons, venéz¥.diquta-t-il, en entraînant Terry par \"1&5 Rin.\u2014 Ecoutez ! Je -viens d'a¥%oir une idée géniale : la nuit est divine, chaude; la lune brille.Je vais faire préparer un panier de sandwiches et de gâteaux .Nous partirons, en automobile, faire un pique-nique.\u2014 Non.Allez souper seul ou si vous préférez, mettez-vous à la recherche de Priscilla.Je me porte garant de son acceptation enthousiaste! \u2014 Qu'y a-t-il ?Qu'ai-je fait ?\u2014 Rien.Debout dans le hall, Sheldon attendait, devant le vestiaire, son pardessus et son chapeau.Depuis un moment, penché sur la rampe, Gas- coigne l'observait, puis il s'approcha de Terry.I! a dit enfin : \u2014 J'ai été surpris, ce soir, de trouver Sheldon ici.C'est un garçon intéressant ! Gascoigne accompagna Terry qui continuait sa marche, le long de la galerie, vers le petit salon .Elle ne releva pas la remarque de Bertie car elle n'avait aucune envie d'amener la conversation sur Sheldon ; elle désirait éviter de le rencontrer et même de penser à lui.Kay aurait probablement éprouvé moins de rancune contre Terry s'il avait pu deviner combien la jeune fille redoutait son influence.Gascoigne reprit : \u2014 Quand il s'est embarqué pour l'Amérique, il y a quelques années, il n'avait pas un sou vaillant.\u2014 Oui, oui, je suis au courant, répondit-elle dstraitement, en essayant de dépasser Gascoigne.Celui-ci déjoua cette manœuvre et immobilisa Terry, sañs en avoir l'air.Il continua : .\u2014 Et le voilà qui reparait.~ Bertie, interrompit Terry, je suis attendue au téléphone.Gascoigne acheva imperturbablement sa phrase : \u2014 À la tête d'une fortune.Je serais curieux.\u2014 Quoi ?Kay Sheldon ! .Quelle fortune ?s'écria Terry.\u2014Une immense fortune ! précisa Gascoigne de sa voix nette, coupante.Son patron était le plus gros propriétaire foncier du Canada, et il a tout légué à Sheldon.Terry sentit que la téte lui tournait.Décidément elle était douée d'un talent particulier pour se brouiller avec les millionnaires ! Elle eut un rire amer.\u2014 Je serais curieux de voir comment il va employer son argent, reprit Gascoigne qui tenait à compléter sa phrase interrompue.erry se pencha vivement au- dessus de la balustrade et jeta un coup d'œil circulaire dans le hall.Kay enfilait le pardessus qu'un domestique lui présentait.\u2014 Bertie, êtes-vous sûr de ce que vous avancez ?\u2014 Absolument sür ?\u2014 Personne pourtant ne paraît s'en douter ! \u2014 Je suis toujours renseigné avant tout le monde et mes informations sont puisées aux meilleures sources.Je mets mon point d'honneur à ne jamais colporter une fausse nouvelle.Terry regarda fixement Bertie.Elle aurait voulu savoir s'il avait deviné sa pensée secrète.Mais déjà il ne lui importait plus que Bertie eût, oui ou non, lu dans son jeu.Kay, qu'elle n'avait pas quitté des yeux, se préparait à mettre son chapeau .L'instant d'après, Terry descendait l'escalier en courant.Arrivée au premier palier, elle s'arrêta, se pencha au-dessus de la rampe de bronze et appela : \u2014 Kay! La voix claire et harmonieuse résonna soudain dans le grand vaisseau désert.Kay se retourna brusquement comme si on lui avait tiré un coup de pistolet dans le dos.II fit volte-face mais ne bougea pas jusqu'à ce que Terry l'eût, d'un signe de tête, invité à la rejoindre.Il vint au-devant de la jeune fille, visiblement de mauvais gré.Quand il fut à portée, il s'arrêta, le visage fermé.\u2014 Eh bien ?demanda-t-il, les yeux dans les yeux.\u2014 Kay, balbutia-t-elle d'une voix essoufflée .J'ai changé d'idée, j'irai souper au clair de lune avec vous.si vous voulez encore de moi ?Elle fit un effort pour sourire, mais le jeune homme demeura impassible.\u2014 Je regrette d\u2019avoir dit: « Ne me persécutez pas!.» Je retire cette parole offensante, ajouta-t-elle.Le regard du jeune homme changea soudain d'expression.L'instant d'après il souriait et Terry en faisait autant.\u2014 Vous êtes un ange ! Allez réclamer votre manteau et pendant ce temps, je mettrai le buffet à sac.murmura-t-il en posant sa main sur celle dont Terry s'agrippait à la rampe.Terry remonta vivement l'escalier : non seulement elle avait hate de mettre son projet a exécution, mais elle craignait en outre que son interlocuteur remarquât son visage moulé de larmes.Pour la même raison, elle espérait éviter de rencontrer Gascoigne.Après avoir donné un coup d'œil à droite et à gauche, .elle parcourut le couloir en courant.Des larmes brûlantes coulaient le long de ses joues et ses lèvres tremblantes murmuraient: « C\u2019est odieux !.Quelle honteuse machination ! » La Revue POPULAIRE Quand, quelques minutes après, enveloppée d'un épais manteau, Terry rejoignit Sheldon dans le hall, toute trace d'émotion avait disparu et son visage était soigneusement remis en état.lls se dirigèrent ensemble vers la porte et Kay l'aida à monter dans l'automobile .Une somptueuse voiture, confirmant les informations de Gascoigne.Sur les coussins de la carrosserie arrière, il y avait deux couvertures et une mallette d'osier.Terry prit place sur le devant et Sheldon lui entoura les jambes avec une des couvertures ; puis il s'assit au volant, mit le moteur en marche pour sengager dans la rue solitaire.\u2014Je suis si heureux que nous soyons réconciliés, Terry! dit-il \u2026.Puis, après un silence, il ajouta : Qu'est-ce qui vous a fait c anger d'idée ?Terry se tourna vers son compa- goon, en souriant.Un mensonge latteur lui vint à l'esprit.Au moment même où elle atlait le formuler.paroles et sourire se figèrent sur ses lèvres.Elle regarda attentivement Sheldon, à la lumière blafarde des globes électriques.Pendant ce rapide examen, une idée s'empara graduellement d'elle avec une étrange insistance : « Je vais lui dévoiler le sens de mon changement de front.Je lui dirai simplement la vérité.D'une voix calme, claire, elle répondit enfin : \u2014 J'ai changé d'avis, Kay, en apprenant que vous étiez puissamment riche ! Terry demeurait immobile, guettant anxieusement la réaction de l\u2019intéressé.Elle était loin de s'attendre à ce commentaire : \u2014 Que le diable emporte les indiscrets et les bavards ! De qui te- nez-vous vos rensei nements ?Evidemment Sheldon n'avait pas pris au sérieux l'aveu que Terry venait de faire.Il montait pourtant du tréfonds de son cœur.Comme il est difficile de s'entendre entre soi, d'abattre les cloisons qui séparent les êtres humains ! \u2014 De Bertie Gascoigne, répliqua Terry.Cette question accessoire fit dévier la conversation, repoussant à l'arrière-plan le sujet essentiel.\u2014~ Gascoigne! s'écria Sheldon, mais je le connais très superficiellement ! Je ne l'ai pas rencontré depuis des années.Comment a-t-il eu vent d'une affaire me concernant ?\u2014 C'est donc une nouvelle authentique ?, \u2014 Oui, finit-il par admettre, mais j aurais préféré que, pour le moment, elle ne fat pas mise en circulation.\u2014 Bertie est a l'affat de tout ce qui se passe.Il n'est pas de bon goût \u20ac paraître au\u2019 courant de nos propres affaires.avant lui! \u2014 Colporte-t-il ses informations ?\u2014 Oui.Néanmoins, j'ai pu constater qu'il est capable d\u2019être discret à l'occasion.En ce qui vous concerne, il a dû s'abstenir d'une publicité fapageuse, sinon j'aurais Certainement été informée de seconde main.\u2014 Pourquoi vous aurait-il réservé la priorité ?\u2014 Je ne sais pas.Il me prend souvent pour contidente.Je suis, pré- tend-il, la seule jeune fille de notre coterie à qui il puisse se fier.peine eut-elle prononcé ces mots que Terry éclata de rire comme si elle venait de leur découvrir un sens comique.Kay ne prêta pas autrement attention ce rire intempestif : il regardait droit devant lui et paraissait perdu dans ses pensées.Au bout d'un instant, il se tourna vers sa voisine et dit : \u2014 Ecoutez, Terry, si cette nouvelle n'est pas encore de notoriété publique, gardez-la pour vous pendant deux ou trois.jours. JANVIER 1943 \u2014 Bien entendu, je me conformerai, à votre désir .Pourquoi en crai- gqnez-vous la divulgation ?\u2014 J'avais des raisons pour arriver ici sans tambours ni trompettes.Je préférerais régler quelques affaires, avant de hisser le grand pavois! \u2014 Vous avez donc f'intention de faire une entrée triomphale dans le monde ?\u2014 Je pense bien ! reprit-il avec un rire d'enfant : je me prépare à acheter tout ce que j'ai désiré depuis des années.J'ai déjà établi une liste lon- que comme le bras ! Le premier achat est effectué : l'automobile .Qu'en pensez-vous ?Terry eut l'impression que Sheldon préférait ne pas s'étendre sur le sujet de son héritage.Elle n'insista donc pas et entra dans ses vues : ~ Question oiseuse, Kay !.Une vie merveilleuse ! \u2014 C'est un début encourageant.Avez-vous remarqué que nous en sommes déjà aux prénoms ?La jeune fille se retourna à demi pour répondre : \u2014 Vous figuriez-vous donc que j'employais des mots, sans en mesurer la portée.\u2014 Ne prenez pas ce ton artificiel avec moi!.Ma compagnie vous plait-elle, Terry?\u2014 Oui.\u2014 Vous êtes réconciliée avec l'aventure du pique-nique ?\u2014 Tout à fait ?\u2014 Moi compris ?\u2014 Oui.Il se pencha instinctivement vers sa voisine, mais celle-ci se redressa à l'instant même.\u2014 Ne me regardez pas, ajouta-t- il, pendant que je suis au volant.Vos yeux, dans la pénombre, ne sont pas de tout repos ! Terry détourna la tête aussitôt.Son cœur battait à se rompre : la perspective des révélations qu'elle se préparait à faire la bouleversait.Il faudrait avouer à Sheldon la raison véritable qui l'avait amenée à accepter cette promenade nocturne; il saurait bientôt pourquoi elle attachait tant d'importance à la nouvelle communiquée par Bertie, concernant l'héritage qui venait de lui échoir.Terry se rendait compte que cette confession eût été moins pénible si elle avait pu, comme elle se le proposait, la faire dès le début.Maintenant le ton de leur conversation l'entraînait de plus en plus loin de ce sujet et augmentait la difficulté de revenir en arrière.Les compliments de Sheldon à propos de ses yeux, par exemple, la paralysaient complètement: à aucun prix elle n'aurait voulu prendre avantage de l'émotion qu'il venait d'éprouver pour aborder cette question délicate.Elle voulait opérer à froid.Au bout d'un moment, elle dit : \u2014 Où allons-nous ?Ayant atteint le carrefour de Park \u201c Lane, la voiture roulait à vive allure.\u2014 À la sortie de Hampstead, nous déboucherons en pleine campagne, nous trouverons le riant décor du Hertfordshire : des routes blanches à lacets, bordées de miiriers, des villages verdovants.Connaissez-vous cette région ?\u2014 En partie.Mais, Kay, aller si loin à cette heure indue ?\u2014 En quoi l'heure préte-t-elle à la critique ?\u2014 Qu'est-ce que tante Augusta va dire ?\u2014 Priscilla Tolliver m'a assuré que les réceptions des Smith-Vane se prolongeaient toujours jusqu'au matin.Par conséquent la tante ne se mettra pas à votre recherche avant plusieurs heures.D'ailleurs, s'il en est autrement, grand bien lui fasse ! L'intonation de Sheldon indiquait clairement que la tante Augusta avait cessé d'être un «acteur important dans ses projets.\u2014 Eh bien alors, en avant!.Nous n'en sommes plus à une folie près, ce soir ! conclut-elle d'une voix étouffée.Terry ne pouvait s'empêcher de goûter le charme de cette promenade nocturne dont le rythme rapide ne lui laissait pas le loisir de penser, lui procurant ainsi une sorte de trêve.Quand ils eurent franchi les faubourgs extrêmes de la ville, Sheldon accéléra l'allure et bientôt Terry reconnut les routes du Hertfordshire plus blanches encore sous le clair de lune.Après un long silence, Sheldon déclara : \u2014 Jaime rouler en auto, la nuit .On a l'impression d'être les seules créatures vivantes sous le ciel! Elle approuva d'un signe.Au bout d'un moment, comme la voiture longeait une haute paroi blanchâtre, il la lui signala : \u2014 Vous voyez cette grille, à votre droite ?\u2014 Oui, confirma-t-elle.\u2014 J'ai l'intention d'acheter cette propriété .Je serais content d'avoir votre avis sur cet item de ma liste.Nous pourrions venir visiter la maison, demain ?\u2014 Demain ?.Ne faudrait-il pas plutôt dire: aujourdhui?.De toute façon, qui sait si demain vous désirerez encore me voir ?\u2014 Pourquoi prévoyez-vous que je pourrais tourner cosaque ?Terry fut sur le point de répondre : « Parce que l'idée que vous vous faites de moi ne concorde pas avec la réalité.Parce que je vais vous offrir une option sur ma personne.» Les premiers mots étaient déjà sur le bout de ses lèvres.mais le courage lui manqua soudain et elle murmura : \u2014 Laissons la soirée s'écouler avant de penser au lendemain.Il la regarda intrigué et demanda : \u2014 Quelle drôle de remarque ! Terry baissa la tête, dans la crainte que son voisin ne s'aperçut de son trouble.Sheldon reprit : \u2014 Trouvez-vous donc à redire à cette soirée?.Avez-vous hâte qu'elle prenne fin?Après un moment de réflexion, elle répliqua : \u2014 Je n'ai pas hâte qu'elle prenne fin, mais je suis anxieuse de savoir comment elle se terminera.Il dit, en riant : \u2014 Eh bien ! je vais vous renseigner : tout finira par une algarade entre moi et la tante Augusta.Terry s'attendait si peu à cette riposte qu'elle ne pût s'empêcher de rire aussi.Sheldon lui faisait l'effet d'un grand garçon, préméditant un tour pendable.\u2014 Oui, continua-t-il avec entrain, je rumine une injure sanglante à son intention, sous le couvert d\u2019une phrase ambiguë.Est-ce que, par hasard, la tante aurait contribué à gâter votre soirée ?\u2014 Elle a, en effet, une grande responsabilité dans l'affaire.\u2014 Comment supportez-vous, Ter- Iv, d'être persécutée ainsi ?s'étonna- t-il.\u2014 Ma tante représente toute ma famille.Du moins, corrigea-t-elle vivement, je n'ai jamais connu d'autre parent.De plus, je lui dois tout, absolument tout ! Elle décida donc alors de lui faire [| un aveu : \u2014 Kay, dit-elle soudain, je ne suis pas orpheline : mon père est vivant.\u2014 Dans ce cas, pourquoi la tante occupe-t-elle le premier plan ?\u2014 Il a disparu de la circulation depuis des années.Il avait soustrait de l'argent dans la caisse de la Société où il occupait un emploi et ar E Le ER TE \u201cNOTRE MARIAGE AVANT TOUT\u201d donc, en piochant pour la victoire, je conserve à mes MAINS leur douceur C'est CorINNE MACLENNAN, de Short Hills, New Jersey, qui parle.Comme vous, elle connait ces soins rapides, quasi-professionnels des mains.La Lotion Jergens fournit 2 ingrédients dont bien des docteurs usent pour guérir une peau réche.1.Changer de pneu arrive souvent à Corinne MacLennan, volontaire au Service Automobile.Dur travail pour de jolies mains! Elle met donc un flacon Jergens dans la poche de l'auto.De plus, Jergens fournit cette moiteur lénitive si nécessaire à la peau des mains souvent à l'eau ou exposées au Vent et au froid qui dessèchent leur humidité naturelle embellissante.Alors\u2014servez- vous de la Lotion Jergens.2.\"Quand il s'agit du ménage\u201d, dit Corinne, \u2018\u2018je compte sur la Lotion Jergens pour empêcher la peau de mes mains de se durcir ou se gercer.Il est sage d'employer Jergens! 3.Le premier essai de Jergens aide déjà les mains négligées et gercées.L'emploi + ACHETEZ EPARGNES ET TIMBRES DE GUERRE régulier de Jergens assure des mains toujours exquisement lisses.Ne colle pas.(FABRICATION CANADIENNE) 26 se trouvait sous le coup de poursuites.\u2014 Une autre brebis noire ! \u2014 Non, précisa-t-elle.Un escroc ! L'intonation avec laquelle Terry prononça ces mots ne laissait aucun doute sur la souffrance que cette seule pensée lui infligeait.\u2014 Ét vous n'arrivez pas à prendre votre parti de cette déchéance ?sug- géra-t-il.\u2014 Je n'ai guère eu le temps : ma tante Augusta m'a révélé la vérité, quelques instants après votre apparition à la portière de l'automobile.\u2014 Oh ! je commence à comprendre de quoi il retourne.Mais, ma pauvre petite fille.\u2014 Kay, interrompit Terry, si vous me témoignez de la sympathie .Je sens que je vais perdre pied ! Sheldon adopta aussitôt un autre ton et commenta la situation en se plaçant au point de vue du bon sens.a grande expérience qu'il avait du monde, lui permettait de traiter ce sujet d'une manière compréhensive et équitable.Terry se sentit un peu réconfortée et retrouva son calme habituel pour exposer la cruelle déception qu'elle ressentait.\u2014 Mon père, dit-elle, tenait une grande place dans mon cœur, depuis mon enfance.Je ne l'ai pas connu mais, comme personne ne l'avait ja- mis blamé devant moi, je lui prétais généreusement toutes les qualités.n réalité, son seul mérite consistait a étre trés bel homme ! \u2014 Eh bien, ce n'est pas négligeable.Vous ne seriez pas si ravissante si votre père ne vous avait pas transmis son physique.\u2014 Oui, mais il s'en prévalait pour tromper les gens.\u2014 C'est fâcheux, évidemment.Mettez-vous en tête que les errements paternels ne vous concernent en rien.Votre personnalité est bien délimitée, fort attrayante et libre de toute hypothèque.\u2014 Qui sait, Kay, si je n'ai pas hérité de tendances répréhensibles ?\u2014 Attendez qu'elles se manifestent, pour vous désoler ! Si jamais je vous surprends en train de soustraire des piécettes dans la sébille d'un aveugle, je prendrai votre théorie en considération.Il la regardait en souriant si af- ectueusement que Terry en fut touchée.Au bout d\u2019un moment, Sheldon demanda : \u2014 Comment la tante a-t-elle réussi à vous cacher ce malencontreux événement ?\u2014 Personne n'a été mis au courant de ce qui s'est passé.\u2014 Pourtant un scandale de ce genre s'ébruite forcément.\u2014 Tante Augusta s'est arrangée à faire partir mon père pour l'étranger avant que la Société lésée ait eu le temps de porter plainte.Après des recherches infructueuses, les directeurs ont finalement renoncé à poursuivre l'affaire.Ma tante ne m'a pas donné d'autres détails.\u2014 Elle doit être une organisatrice remarquable, commenta-t-il.\u2014 Rien ne la détourne du but qu'elle s\u2019est proposé.Croyant que son interlocuteur comprenait à quoi elle faisait allusion, Terry n\u2019insista pas.Elle continua ensuite, en accentuant chaque mot : \u2014 Vons vous rendez compte maintenant, Kay, n'est-ce pas, que je dois tout.absolument tout à ma tante?Précisément alors, \u2018Sheldon exécutait un virage à angle droit pour engager l'automobile dans un étroit sentier, tracé à travers champs par des charrois .En quittant la grande route, la roue droite s'enfonça brusquement dans une ornière et Sheldon, d'un geste rapide, alissa son bras autour de la taille de Terry pour - la soutenir.La voiture redressée, Sheldon reprit le volant des deux mains, mais l'instant pendant lequel Terry s'était trouvée serrée contre sa poitrine, avait suffi pour lui faire oublier sa résolution de ne pas dévoiler le fond de sa pensée.Sheldon dit : \u2014 Les mauvais chemins procurent.parfois d'agréables compensations ! 1 parlait sur un ton de badinage qui toutefois laissait percer un trouble violent.À la suite de cette expérience, Terry se hâta de regagner son coin et elle s'agrippa à l'embrasse pour éviter d'être projetée vers la gauche, par un nouveau cahot.Elle ne voulait à aucun prix paraître chercher à provoquer une diversion sentimentale, au moment de faire un aveu si pénible.Ils s'arrêtèrent bientôt à la limite d'un pré verdoyant, bordé de haies: à l'autre extrémité, un rideau d'arbres dessinait un fond sombre.Tout est demeuré à sa place! s'écria Kay joyeusement, en contemplant le site sous le clair de lune.Je craignais que le décor n'eiit été modifié.Quand j'étais enfant, on m'envoyait passer une partie de mes vacances dans une ferme des environs et avec des camarades nous organisions des pique-niques dans ce bois de pins que vous voyez là-bas.\u2014 Est-ce là que vous comptez me conduire souper ?\u2014 Oui, répondit-il.Nous prendrons place, en face l'un de l'autre, sur un tronc d'arbre abattu.\u2014Je ne m'asseois pas sur les troncs d'arbre dans cet accoutrement, répliqua-t-elle d'une voix ferme.\u2014 J'ai apporté des couvertures.\u2014 Et mes souliers ?\u2014 Je vous porterai.\u2014 Non! \u2014 Si! \u2014Non, Kay, répéta-t-elle.Il n'insista pas et se contenta d'amener doucement l'automobile a l'orée du bois.\u2014 Je ne descends pas, précisa-t- elle.\u2014 Je tiens à vous dire les honneurs du bois.Il y a un étang.C'est féerique, au clair de lune! Venez.\u2014 Quelle folie, Kay! Regardez mes souliers .ajouta-t-elle en avançant un pied gainé de satin.\u2014 Ravissant, accorda-t-il d'un air approbateur .Il ne me reste donc qu'à vous porter.En même temps, il se pencha à l'intérieur de l'automobile et fit mine de la soulever dans ses bras.\u2014 Ecoutez-moi, Kay! t-elle en le repoussant.Il se recula, en riant et l'interrompit : \u2014 Transigeons .Si vous abîmez vos souliers.je les remplacerai .Je serai ravi.Je vais inscrire cet article sur ma liste.Tout en parlant, il tâta sa poche intérieure.\u2014 Vous gardez donc votre liste sur vous ?demanda Terry.\u2014 Bien entendu.D'importantes acquisitions peuvent me venir à l'esprit, a tout moment.Des escarpins de bal.par exemple ! Terry adopta le parti de céder de bon aré.\u2014 Eh bien ! proposa-t-elle en riant.laissez-moi le passage libre et j'irai faire un tour dans le bois de sapins.Sheldon recula et tendit les deux mains à la jeune fille pour l'aider à descendre, remettant à plus tard son opération comptable.Les phares de l'automobile tra- caient, entre les pins, un rayon lumineux qui leur permit de s'enfoncer en plein bois.Au delà s\u2019étendait une clairière dont le clair de lune argentait, par endroit, l'épais tapis d'aiquilles sèches.L'air chaud répandait le parfum balsamique des: arbres s\u2019écria- résineux, auquel se mêlait l'odeur de la terre et de la mousse.Ils avançaient en silence, impressionnés par la majesté presque surnaturelle de cette nuit d'été.Sheldon prit Terry par le bras pour faciliter sa marche, sur le sol inégal et semé de piquants, mais la jeune fille, transportée d'admiration, ne pensait plus qu'elle n'était pas chaussée pour une excursion de ce genre.Elle dit vivement : \u2014 Ne vous donnez pas la peine de me soutenir, Kay.Je me tire fort bien d'affaire toute seule.\u2014 C'est une manière de me faire comprendre que je dois me tenir à distance.Terry ne savait comment ramener la bonne entente ; mais, une minute après, Sheldon se rapprocha et, s'emparant de la main de Terry, il la glissa sous son bras.Il se pencha et murmura : \u2014 Ne me cherchez pas querelle, Terry.Dans ce merveilleux décor, doit régner l'harmonie ! D'un geste circulaire, il indiqua les bois environnants .C'était précisément cette ambiance qui constituait le danger : la pâle lumière, l'air embaumé, le «silence, le calme absolu.Le charme gagnait Terry.Sheldon continuait à lui parler à l'oreille : \u2014 Alors, vous n'êtes pas vraiment fâchée que je vous aie prise par le bras ?\u2014 Non.Ce n'est pas cette familiarité qui m'offusquait.\u2014 J'en étais sûr ! Vous vous étiez si gracieusement abandonnée, en dansant.\u2014 Oh!.Est-ce l'étang ?s'écria Terry en apercevant soudain, à ses pieds, une nappe d'eau.\u2014 Un peu plus, je coulais à pic! avoua-t-il en riant nerveusement Je vous ai bien signalé, Terry, que, près de vous, je courais de grands risques ! Ils se penchèrent côte à côte, sur le bord de l'étang, dont la surface, pareille à un miroir de bronze poli, était si parfaitement unie qu'il aurait fallu l'agiter pour l'identifier à l'eau.Je reconnais aussi l'étang! dit-il en manifestant la joie d'un enfant qui retrouve des jouets égarés .Ici rien ne change.Il continuait à parler à voix basse, mais Terry ne put résister à l'enthousiasme et s'écria : \u2014 Quel site enchanteur ! Sheldon gardait le silence et contemplait Terry : le visage de la jeune créature se présentait de trois quarts, mais la protubérance du front, la mè- che ondulée, ramenée au-dessus de l'oreille, la courbe de la joue, la sveltesse du cou émergeant de l'épaule appuyée contre le bras de son cavalier, formaient un ensemble idéal: les teintes de nacre et d'or se détachaient contre le rideau de la nuit.\u2014 Quelle ravissante vision ! sou- pira-t-il, comme un écho.Terry tourna la tête et leurs regards se croisèrent.\u2014 Quelle ravissante vision ! bal- butia-t-il encore, en se penchant vers Terry.Toutefois, il se redressa aussitôt.\u2014 Allons, venez, murmura-t-il d'une voix un peu rauque.Je suis affamé : nous souperons dans l'automobile.Sans doute Sheldon jugea-t-il plus sage de ne pas prolonger davantage ce tête-à-tête dans les bois, au clair de lune.Vv erry poussa un soupir de satisfaction, quand ils furent en vue de l'automobile.Ils s'installèrent à l'intérieur et allumèrent toutes les lampes.Sheldon disposa, avec le sérieux d'un maître d'hôtel, le conteu du LA Revue POPULAIRE panier sur la planchette formant plateau.La jeune fille éprouvait un serrement de cœur, en pensant que Sheldon n'apporterait pas tant de soin à la préparation du pique-nique s'il se doutait de la raison déterminante de la présence de son invitée.\u2014 Sandwiches au jambon, foie ras, caviar, gâteaux assortis, petits ours, soda et vin mousseux.C'est tout ce que j'ai pu rafler au buffet ! énuméra-t-il, em jetant un dernier coup d'œil sur le couvert.erry mordit dans un sandwich et but un peu de champagne.Sheldon remplit de nouveau la coupe et la vida d'un trait.\u2014 Avez-vous toujours un faible \u201cpour moi, Terry ?Elle fit un signe de tête affirmatif et dit avec un rire strident : \u2014 Je ne suis pas tout à fait sûre que je ne le regrette pas ! \u2014 Je vous plais à ce point ?con- clut-il en souriant d\u2019un air conquérant.Terry essaya de prendre un ton léger pour répondre : \u2014 Votre vanité, mon cher, dépasse la vraisemblance.\u2014 Je me faisais des illusions ! Puis il se pencha vers sa voisine et demanda : \u2014 Terry, êtes-vous amoureuse de Gascoigne ?\u2014 Non, répliqua Terry en accentuant la négation.Elle se mit à rire ironiquement, en se rappelant la cynique franchise de Gascoigne.\u2014 Vous avez rougi pourtant quand nous l'avons rencontré.Terry.appelez-moi encore une fois cher .I{ me semble alors entendre une musique céleste ! murmura-t-il à l'oreille de la jeune fille.Elle se recula vivement et dit : \u2014 Kay, où sommes-nous ?Il éluda cette question et renoua le dialogue interrompu : \u2014 Pourquoi avez-vous peur de moi ?\u2014 Je n'ai pas peur de vous, mais \u2014 Je déteste être embrassée ?\u2014 Précisément, confirma-t-elle.\u2014 Résumons : vous détestez être persécutée, palpée, embrassée.Mais alors, a quoi pouvez-vous bien passer votre temps?s'écria-t-il en riant.Terry ne releva pas cette boutade et répéta : \u2014 Kay, je vous ai demandé où nous étions ?Par-dessus son épaule, il indiqua.du pouce, une direction: \u2014 Chipperfield est dans ces parages.\u2014 Oh! je connais Chipperfield .Nous ne sommes pas très loin, alors ?\u2014 À cinquante-cinq milles, environ, de notre point de départ.\u2014 Quelle heure est-il ?Il sortit sa montre : \u2014 Minuit quarante-cinq ment ! Elle eut un petit rire forcé.\u2014 Kay, nous sommes fous! \u2014 Pourquoi ?.Je puis vous ramener à votre porte en moins d'une heure.Le bal bat son plein, chez les Smith-Vane, personne ne s'apercevra de votre absence.\u2014 C'est probable, en effet.\u2014 Allons, terminons notre souper.Quand vous aurez des croûtes de pain sur vos lèvres, je ne penserai peut-être plus à vous embrasser ! \u2018Terry cherchait, en vain, un sujet de conversation de tout repos, Croisant ses jambes, elle fit exécuter à son pied un mouvement impatient de va-et-vient .Sheldon se pencha, lui saisit d'une main la cheville et I'immobilisa.De l'autre, il enleva, d'une des lanières de satin, une ai- exacte- mme sega ie + mln an) im arti .sur un terrain réservé.JANVIER 1943 guille de pin qu'il brandit comme un poignard.\u2014 Ceci met fin à notre controverse, affirma-t-il.Ces souliers doivent être remplacés à mes frais.Quand irons-nous les commander, Terry ?\u2014 Inscrivez-les sur votre liste immédiatement, sinon vous risquez de n'y plus penser, répliqua-t-elle sur le méme ton.Sheldon sortit alors de la poche de son habit un carnet oblong.Comme il ne trouvait pas le crayon, Terry prit dans son sac un minuscule portemine en or et le lui tendit.Il écrivit au bas d'une page : « Escarpins pour Terry, » puis il tendit le carnet à la jeune fille.La liste des achats éventuels de Kay était établie sans aucun classement méthodique.Elle débutait par : « Une maison de campagne pour la famille ».Suivait : « Une douzaine de chemises de soie ».Puis : « Un chien de garde pour Louise (d'aussi grande taille que possible) ».Pêle-mêle, à la suite : « Un appartement à Londres, tous les traités de jardinage et d'aviculture parus en librairie, un abonnement à des leçons d'équitation, le dernier modèle de tondeuse pour pelouses, trois douzaines de paires de chaussettes, un manteau de loutre, un fauteuil grand confort, un assortiment de vêtements de sport, une canne à pomme d'or, une centaine de rosiers primés, un nécessaire de voyage en argent, plans pour l'établissement d'une piscine.» rejoignaient le dernier item: « Escarpins pour Terry ».La lecture terminée, Terry leva les yeux et dit en souriant : \u2014 Je comprends maintenant que vous ne puissiez vous passer une liste manuscrite |! « Une maison de campagne?» Est-ce celle que vous m'avez signalée, en cours de route?\u2014 Oui.Père et Louise ont la passion de la campagne.Mon père est un fanatique des roses et je tiens à lui donner l'occasion d'établir une pergola.De son côté, Louise veut tenter l'élevage des poulets.Le manteau de loutre lui est aussi destiné.\u2014Rien de plus approprié pour distribuer la pâtée aux volatiles ! \u2014 Elle m'a assuré que les fourrures coûtaient moins cher, pendant l'été.\u2014 D'après les renseignements de Bertie, l'héritage que votre patron vous a laissé vous dispense de recourir aux économies.\u2014 Ah ! Gascoigne connaissait aussi l'origine de ma fortune?\u2014 Oui.Il en a parlé avec respect.Après un moment de réflexion, Sheldon reprit : \u2014 Personne ne se doutait de la véritable situation financière du vieux Ben Rock.C'était un original fieffé ! Il travaillait comme ses ouvriers et il artageait leur manière de vivre.ien entendu, j'étais au courant des résultats rémunérateurs de l'exploitation des forêts.Mais j'ignorais absolument qu'il eût de très importantes participations dans \u2018de nombreuses affaires industrielles .J'ai été doublement surpris.\u2014 N'avait-il donc pas de famille?Après une légère hésitation, il répondit : \u2014 Si.une fille.Cette phrase laconique, le ton dont elle fut prononcée donnèrent à Terry l'impression qu'elle s'était avancée Comment avait-elle pu, conclut-elle, se lancer, tête baissée, dans cette aventure sans avoir envisagé la complication possible et même probable d'une autre femme à la clé ?Elle avait obéi à une impulsion irraisonnée et maintenant l\u2019homme sur lequel elle avait jeté arbitrairement son dévolu, laissait paraître son trouble en faisant allusion à une jeune fille.Manifestement Sheldon ne désirait pas s'étendre sur ce sujet.Mais Terry était décidée à passer outre.Les lèvres tremblantes, elle demanda, à brûle-pourpoint : \u2014 Avez-vous été amoureux de la fille de Ben Rock?La réponse arriva, directe : \u2014 Non.\u2014iEtes-vous fiancé ?.Marié ?précisa-t-elle.Pour excuser son insistance, elle spécifia : \u2014 Vous m'avez interrogée sur mes sentiments pour Bertie.Il se contenta de répéter pour satisfaire aux deux nouveaux points d'interrogation : \u2014 Non.Puis, levant les yeux sur elle, il continua : \u2014 Pourquoi me posez-vous cette question ?Sans se rendre compte qu'elle élevait son diapason, elle répliqua avec une rapidité déconcertante, comme si la réponse se trouvait formulée à l'avance dans son esprit : \u2014 Parce que j'ai une idée.Elle s'empara du porte-mine que Sheldon tenait encore entre ses doigts et dit, d\u2019une voix nette et parfaitement unie : \u2014 Je me propose d'enfler encore votre liste.Elle posa alors le carnet sur son genou et, au bas de la liste, elle ajouta une brève apostille.Elle se redressa aussitôt après et tendit le carnet a4 Sheldon.Celui- ci le prit en souriant et chercha, des yeux, la dernière ligne .L'inscription se réduisait à un seul mot, à un mot monosyllabique, à un mot de trois lettres et pourtant Sheldon parut avoir peine à le déchiffrer ., Finalement il l'épela tout haut : «M.1.7 Mois.Il regarda ensuite Terry en riant, persuadé qu'elle en ferait autant.A sa stupéfaction, la jeune fille conserva son sérieux : son attitude était raide et son visage d'une pâleur anormale.Ne pouvant croire qu'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie, il s'informa d'un ton ironique : Seriez-vous à vendre ?\u2014 Seriez-vous à vendre ?Terry fit un signe d'acquiescement, respira profondément et confirma enfin cette hypothèse par une affirmation formelle, sans essayer de la motiver : \u2014 Oui.Le jeune homme eut alors la certitude qu'il ne pouvait être question de prendre la chose en riant.Ils gardèrent pendant quelques instants un silence absolu.Sheldon tenait les yeux fixés sur la ligne écrite au crayon.Il sortit enfin de la méditation où il était plongé pour proférer, d'une voix lointaine : \u2014 Eh bien ! je ne l'aurais jamais cru ! \u2014 Non, n'est-ce pas, rien ne paraissait moins plausible, accorda Terry.\u2014 Vous donnez au contraire l'impression .\u2014 D'une Madone des Neiges ?compléta-t-elle.\u2014Précisément.\u2014 On me l'a répété souvent.\u2014 Je n'en suis pas surpris.Il s'exprimait avec une certaine difficulté, comme s'il était encore étourdi, à la suite d'un coup violent.\u2014 Parlez-vous tout à fait sérieusement, Terry ?ajouta-t-il.\u2014 Tout à fait ! \u2014 Vous vous offrez à moi pour de l'argent ?\u2014 C'est bien la définition d'une vente : une marchandise contre de l'argent.\u2014 Mais vous?27 \u2018Tout le monde dit que tu es l\u2019esclave de cet enfant!\u201d 1.Cette remarque, venant de ma belle-soeur Julie, me piqua au vif.Et pour mettre le comble, elle me reprocha toutes les choses spéciales que j'ai pour Bébé: \u2018\u2018Jusqu\u2019à un laxatif spécial!\u201d dit-elle, \u201cc\u2019est absolument ridicule!\u201d 2.\u201c Alors tu crois\u201d, lui répondis-je, \u201cque je gâte cet enfant! Eh bien, ma chère, laisse- moi te dire que c\u2019est notre médecin qui m\u2019a conseillé tous ces soins spéciaux.Le système délicat d\u2019un bébé peut être aisément dérangé.pr à 4.\u201cEt si ces renseignements peuvent t\u2019intéresser, j'ajouterai que le Castoria ne dérange aucunement l\u2019estomac de Bébé, ni ne nuit à son appétit ou à sa digestion.Tu comprends maintenant pourquoi j'insiste pour avoir un laxatif fait spécialement pour les enfants ?\u201d 6.J'achetai la grosse bouteille de famille parce qu\u2019elle est plus économique et, revenue à la maison, je donnai du Castoria à Bébé, qui avait besoin d\u2019un laxatif.\u201cRegarde un peu comme il en aime le goût\u201d, fis-je remarquer à Julie.Celle-ci ne put s'empêcher d\u2019avouer que je l\u2019avais convaincue! : CASTORIA Laxatif BENIN, préparé spécialement pour les enfants.rr 70 3.\u2018C\u2019est pourquoi il recommande un laxatif spécial, fait exclusivement pour les enfants\u2014le Castoria! 11 dit que ne contenant pas d\u2019ingrédients violents, ce laxatif est bénin et sûr.J\u2019avoue que pour ma part je le trouve très efficace.5.Plus tard, passant à la pharmacie avec Julie, le pharmacien nous dit qu\u2019il recommandait le Castoria pour les enfants jusqu\u2019à l\u2019âge de 10 ans.\u201cSurtout en ce moment, où les rhumes sont si fréquents\u201d, dit-il, \u201c\u2018il aide à assurer une bonne élimination, précaution qui est très importante\u201d.Tous les médecins reconnaissent que le géné, le principal ingrédient dans le Castoria, jouit d'une excellente réputation en médecine.L'expérience a prouvé que le séné produit surtout son effet dans le gros intestin et qu\u2019il dérange ainsi très rarement l'appétit ou la digestion.Bien dosé, il facilite l'élimination sans provo- .quer ni coliques ni irritation. 28 \u2014 Oui, en l'espèce c'est moi qui suis mise en loterie.\u2014 Comment expliquer, alors, cet air de Madone des Neiges ?.\u2014 Il confère plus de prix à la marchandise.\u2014 Comme la fenêtre éclairée pour les vendeuses d'illusion ! Terry eut un geste de recul.\u2014 C'est bien cela, en effet! ap- prouva-t-elle avec une intonation sifflante .Mais j'avoue que je n'aurais pas songé à cette analogie.\u2014 La manœuvre a certainement été habilement conduite.Je m'y suis laissé prendre ! La colère couvait sous les reproches assez anodins.\u2014 Qu'est-ce qui vous a inspiré l'idée de jeter votre dévolu\u2019 sur ma personne ?\u2014 Votre fortune ! \u2014 Vous disiez donc la vérité dès le début?.Je croyais que vous plaisantiez ! \u2014 Du tout.J'exprimais exactement ma pensée.Je me trouvais avec Bertie dans la galerie ; j'étais penchée sur la balustrade, au moment où vous enfiliez votre pardessus .Je venais d'apprendre par Bertie que vots étiez extrêmement riche.Je ne pouvais pas laisser échapper une pareille occasion : je suis donc descendue pour accepter la proposition que j'avais antérieurement déclinée ! : Décidée à ne pas essayer de pallier sa démarche, Terry en aggravait inconsciemment la portée.\u2014 Ainsi vous avez été si charmante avec moi, simplement parce que j'avais de l'argent ?\u2014 C'est en effet cette circonstance qui a inspiré toute ma conduite, répliqua-t-elle avec calme.1 eut un rire amer : \u2014 Et vous vous imaginiez que je tomberais dans le panneau ?\u2014 Je ne savais pas ce qu'il en adviendrait.J'ai voulu tenter ma chance ! \u2014 Vous vous aventuriez à la légère, répondit-il d'un ton brutal .\u2026 .Te ne suis pas acheteur ! \u2014 Dans ce cas, l'offre se trouve annulée, conclut-elle sans se départir de son calme.' Après un assez long silence, il s'écria soudain : \u2014 Je ne vous ai même pas embrassée !.Je me figurais que vous ne rentriez pas dans cette catégorie de femmes.\u2014 J'ai remarqué votre réserve.\u2014 Vous avez dû bien rire de ma naïveté ?\u2014 Rien n'était plus loin de ma pensée, Kay ! Le jeune homme tournait et retournait le carnet entre ses doigts.comme s'il lui fût devenu à charge.Il dit enfin : \u2014 En somme, qu'attendiez-vous précisément de moi ?\u2014 Je vous proposais de m'épouser.\u2014 Epouser! répéta-t-il avec un rire bref.Oh! c'est après une union légale que vous courez ?\u2014 Oui, confirma-t-elle.Le mot prononcé, Terry dut serrer les lèvres pour ne pas trahir son émotion.| i, ~ Les hommes, croyez-moi, n\u2019épousent pas les femmes qu'ils peuvent acheter! siffla-t-il entre ses dents.~ Vous faites erreur, Kay.Le Marché des mariages est très fré- uenté ! \u2014 Dans tous les cas, je n'aurais gas soupçonné que vous y figuriez.i vous aviez tendu vos filets avec plus de sagacité, vous pouviez m'y retenir sans que je devine votre arrière-pensée.\u2014 J'ai préféré vous avouer exactement les mobiles qui m'ont fait agir., \u2014 Vous imaginez-vous qu\u2019en ca- nouflant ce maschandage à l'aide , - d'une étiquette matrimoniale, vous en diminuez la bassesse ?\u2014 Je l'aggrave sans doute, reprit- elle posément, mais je ne joue pas la comédie pour gagner votre respectueuse considération, ajouta-t-elle avec une colère contenue .Je vous ai proposé un marché.Vous n'y voyez pas votre avantage.N'en parlons plus ! Il me semble indiqué de rentrer immédiatement à Londres.\u2014Le plus tôt sera le mieux, en effet ! murmura-t-il.H ne donna pas suite, néanmoins, à cette résolution et demeura sans bouger, comme perdu dans ses réflexions.Au bout d'un moment il prit une cigarette dans son étui et l'alluma d'une main qui tremblait légèrement .Terry fut surprise de constater ce symptôme de nervosité.Assise en face de lui, elle tenait toujours entre ses doigts le petit portemine d'or.Soudain Sheldon s'exclama : \u2014 Savez-vous l'impression que vous m'avez faite, à notre première rencontre au théâtre ?Elle secoua la tête négativement.\u2014 Eh bien! vous m'avez fait l'effet de l'incarnation même de la grâce virginale.Terry le regarda bien en face et dit simplement : ~ En réalité, personne jusqu'ici ne m'avait embrassée.C'est ce qu'il y a de drôle dans l'affaire ! \u2014 Et pourtant, vous vous offrez au premier enchérisseur ?\u2014 Oui, répliqua-t-elle sans baisser les yeux.\u2014 Eh bien! fit-il après avoir réfléchi, complétez votre offre.Quel est le prix?\u2014 Le montant des dettes de tante Augusta .Elle ne sait plus à quel saint se vouer ! .Brusquement Sheldon se pencha vers Terry et, visage contre visage, murmura d'une voix comme brisée par la colère et l'émotion : \u2014 Terry.Stupide petite fille ! Pourquoi n'avez-vous pas commencé par cet aveu.Vous m'avez laissé croire.Pourquoi m'avez-vous fait dire.Il s'interrompit et esquissa le geste de jeter sa cigarette.\u2014 Allons bon ! cria-t-il, j'ai failli jeter ma cigarette sur le sol tapissé d'aiguilles de pin .Est-ce possible ! Moi, un homme des bois ! Pendant des années, chaque nuit, le cauchemar d'un feu en forêt me poursuivait ! Il écrasa la cigarette dans le cendrier de métal, posé à cet effet contre la paroi latérale de l\u2019automo- ile.\u2014 Terry, reprit-il, vous me ferez perdre la tête! Pourquoi ne pas m'avoir mis au courant immédiatement ?Devant cette violence verbale, Terry se sentait comme prise dans une tornade.Elle se recula un peu pour déclarer : \u2014 Mais Kay, j'essaye, depuis une heure, de vous expliquer, de ne rien laisser dans l'ombre, d'être véridique.CHAPITRE VII UIT jours après, les fiançailles furent rendues publiques.Préalablement, Terry avait rappelé à Kay l'objection qu'il lui avait faite au sujet de la divulgation prématurée de la nouvelle de son héritage, mais il la rassura immédiatement.\u2014 Ce sera très bien ainsi.Il s\u2019'agissait d'une préférence personnelle: je désirais, à ce moment, obtenir des informations sur les démarches effectuées par une personne, habitant Londres, avant de lui apprendre mon arrivée.Mais, mes renseignements étaient erronés.\u2014 Ÿ a-t-il un mystère dans votre vie.Kay ?demanda Terry.en riant.Vous m'avez donné l'impression que \u2018j'allais pénétrer dans le cercle d'activité de la « Main noire ».\u2014 Je regrette de ne pouvoir vous offrir un dénouement aussi papitant! répliqua-t-il.L'accord étant fait, la nouvelle fut annoncée, à grand renfort de publi- - cité.Toutefois, Mile Broadbent, heureuse depuis qu'elle était fixée sur la fortune de Kay, avait eu soin d'amortir la surprise générale, en indiquant dans le communiqué que les fiançailles étaient l'aboutissement d'une idylle romantique datant de plusieurs années, c'est-à-dire de l'é- pogue où T'erry était encore à l'éco- e! Kay rit de bon cœur quand Terry lui soumit les coupures des journaux.\u2014 Votre vénérable tante est évidemment douée d'un tact infaillible ! Terry ne parvenait pas à partager la manière optimiste avec laquelle Kay envisageait les diverses initiatives, de Mile Broadbent : les blessures que les révélations de sa tante lu avaient infligées étaient loin d\u2019être cicatrisées.Elle disait à Kay : \u2014 Désormais, je ne suis plus le jouet des ruses de ma tante.Non seulement je lis dans son jeu d'au- jourd'hui, mais à la lumière du présent, le passé s'éclaircit et je perds chaque jour une illusion ! \u2014 Ne vous tourmentez pas, ma chérie, répondit Kay.Tenez maintenant les yeux fixés sur l'avenir.Vous avez une page blanche devant vous.\u2019 En réalité, les fiancés n'\u2019eurent guère le loisir de méditer sur ces nouvelles sensations, car ils furent bientôt entraînés dans un tourbillon d'obligations mondaines : les invitations se succédaient, sans leur accorder un instant de répit.Kay, pour sa part, obtint dans le monde un véritable succès.Il accueillait avec le sourire le plus cordial les innombrables félicitations que provoquait son fabuleux héritage.Il devint rapidement populaire.fi faisait la cour a toutes les jolies personnes de Londres mais Priscilla elle- même fut vite désabusée ; elle con- fila ses déboires à Terry : «Il semble véritablement cuirassé, chérie, et plus il manifeste d'enthousiasme, moins il vous permet d'espérer d'être pour lui autre chose qu'une sœur ! » Sheldon renouvela connaissance avec Albert Gascoigne, tout en ayant soin de ne pas lui laisser soupçonner qu'il était au courant de son opportune et décisive intervention.Il réussit en outre à gagner les bonnes grâces de lord Julian qui, mal guéri de sa blessure d'amour-propre, se maintenait au début sur la réserve.On apprit bientôt que Gregory Bent était parti pour l'étranger : cette solution fut tout à fait du goût de Terry, d'autant plus que Kay ne garantissait pas de pouvoir conserver son sang-froid s'il se trouvait, face à face, avec ce téméraire prétendant.Peu de temps après, Sheldon acheta la maison aux grilles blanches et y installa son père et sa sœur.Ils furent bientôt rejoints par Terry qui apporta une contribution importante aux aménagements.Terry fut soulagée en constatant qu'elle éprouvait la même sympathie pour Louise ; l'écolière était devenue une charmante jeune flle, douée d'un caractère sérieux et d'un excellent jugement ; en outre, une pinte d'humour du meilleur aloi, venait de temps à autre ajouter une note de vivacité à sa nature.Louise ne parut pas aussi surprise que Terry le prévoyait.des fiançailles précipitées de Kay.Terry appréhendait même que cette sœur, si attachée à son frère, ne fût portée à suspecter le désintéressement de l\u2019élue .Comment aurait-elle le front de regarder sa future belle-sœur en LA Revue POPULAIRE face ?En réalité, Louise ne fit aucune remarque pouvant prêter à une double interprétation ; bien au contraire, elle dit à Terry qu'elle avait souvent envisagé ce mariage : comme Terry s'étonnait de tant de perspicacité, Louise expliqua que, dans ses lettres, Kay demandait régulièrement des nouvelles de « la jolie pensionnaire aux cheveux d'or ».Le pére de Sheldon était un homme de petite taille et presque en tout l'opposé de son fils; il avait une véritable passion pour la culture des roses et, dans le jardin attenant à sa ferme de Hampstead, il ne tarda pas à établir une véritable roseraie.Dans sa nouvelle maison, il avait à sa disposition tout l'espace nécessaire et sa joie ne connaissait pas de bornes: il passait son temps à comparer la nature des terrains, à vérifier la température des serres et à tracer des plans d'améliorations diverses, sa rande ambition était d'immortaliser e nom de Sheldon, en créant une rose originale; ayant maintenant sous ses ordres un jardinier compétent, il ne doutait pas d'atteindre rapidement son but.Un après-midi, Terry et Louise traversaient une des serres, où Sheldon et son père procédaient à une inspection.Sheldon disait, au moment où les deux jeunes filles arrivaient à proximité : \u2014 Faites calculer par le jardinier mon père, le nombre de bras dont il aura besoin pour l'exploitation et j'aviserai le bureau de placement.Louise se tourna vivement vers sa compagne et murmura d'un ton moitié plaisant, moitié sérieux : \u2014 Vous entendez ! Voilà ce qu'il répond à chacune de nos observations : « Vous n'avez qu'à parler et je vous ferai envoyer tant de ceci.ou tant de cela!.» Je ne réussis pas a mettre un frein a ses libéralités \u2014 Il est d'un naturel généreux.reprit Terry.\u2014 Généreux, ce n\u2019est pas assez dire, ma chère, il veut nous acheter tout ce qu'il voit.\u2014 C'est bien à son honneur.\u2014 Evidemment, mais cette prodigalité me tourmente .Surtout maintenant que vous tenez urie place dans sa vie.\u2014 Pourquoi ma présence ajoute-t- elle à vos préoccupations ?interrogea Terry sur-le-champ.\u2014 Eh bien voici: Kay n'a modifié en rien depuis vos fiançailles ses projets nous concernant .Je me demande ce que vous pensez de cette façon d'agir ?\u2014 Que pourrais-je penser ?\u2014 À mon avis, vous auriez de bonnes raisons de la désapprouver.\u2014 N'a-t-il pas, dès maintenant, le droit de dépenser son argent sans contrôle ?\u2014 Il faut attendre que les formalités légales aient été remplies.Pour le moment, les hommes d'affaires de Ben Rock lui fournissent des avances sur son héritage.\u2014 Au fond, cela revient au même.Kay doit connaître le montant approximatif de sa fortune et se régler en conséquence.\u2014 Sans doute, mais il aurait un meilleur rôle s'il n'anticipait pas exagérément sur la liquidation.\u2014 Si, au lieu de recouvrir les épaules de sa sœur, les colliers de perles et les manteaux de fourrure étaient destinés à des personnes douteuses.comme il arrive souvent, sa bonne réputation pourrait être mise en question.Du moment, puisque vous êtes la bénéficiaire de ces libéralités, nul ne peut les critiquer.\u2014 Je crois, reprit Louise en riant.qu\u2019il n\u2019a jamais été porté à se ruiner pour des femmes frivoles.Il faut que le M.Rock ait tenu Kay en bien rande estime, pour le nommer son éritier universel. ~ JANVIER 1943 \u2014 D'autant plus qu'il avait une fille, paraît-il.\u2014 Opale est bien pourvue de son côté, d'après ce que j'ai compris.Terry sursauta et dit : \u2014 Opale!.La fille de Ben Rock ?Louise fit un signe de tête affirmatif et continua : \u2014 Selon les dernières volontés de son patron, Kay a été nommé fidéicommissaire de la fortune d'Opale et en même temps, si je ne me trompe, tuteur de la jeune fille.Il ne s'est pas étendu sur le sujet mais je devine que ces fonctions lui sont à charge : il faut avoir beaucoup d'affection pour quelqu'un pour assumer de bon gré cette responsabilité.Louise avait remarqué l'air absorbé de Terry et elle était demeurée silencieuse.Elle dit enfin : \u2014 Vous devez parfois, Terry, j'imagine, avoir l'impression que vous ne connaissez pas Kay ?.Ou bien le fait d'être amoureuse vous con- fère-t-il une soudaine révélation de ses qualités et de ses défauts ?Pour toute confidence, Terry se contenta d'une parade: \u2014 Quand vous serez amoureuse, Louise, vous saurez ce qu'il en est! Après le thé, Terry et Kay rentrèrent à Londres où ils étaient attendus à une réception.Dans l'automobile, Terry se tenait assise sagement dans son coin : sa conversation avec Louise avait fait battre son cœur plus fort, en ramenant au premier plan le sujet du marchandage.Sheldon s'aperçut bientôt de la nervosité de Terry qui gardait obstinément le silence.Il se tourna vers elle, en disant : \u2014 Vous ne paraissez guère sociable, cet après-midi ! Comme Terry ne répondait pas, il ajouta : \u2014 Fâchée avec moi ?\u2014 Non.\u2014 Avec qui alors ?\u2014 Je ne m'en prends à personne.Quand ils arrivèrent devant la porte de la maison Broadbent, Terry demanda machinalement, au moment de descendre : \u2014 Vous entrez ?Il commença par refuser puis il changea subitement d'avis : \u2014 Tout bien considéré, je monterai un instant.Ils pénétrèrent ensemble dans la maison.Le salon était vide.Terry manipulait nerveusement le fermoir de son sac, comme pour chercher une contenance.\u2014 Voulez-vous que je vous prépare une boisson fraîche ?proposa-t- elle.\u2014 Non, mon seul désir est de vous embrasser, répliqua-t-il sans autre préambule.Il s\u2019approcha d'elle, la prit dans ses bras et, fui renversant la tête, I'embrassa sur la bouche.Sans la lâcher, il murmura : \u2014 À cette heure-ci, vous n\u2019invoquerez pas l'angle d'inclination de votre chapeau pour vous soustraire à cette servitude ?Mais Terry, d'un mouvement brusque, réussit à se libérer de I'étreinte et à la profonde stupéfaction de Sheldon, Terry se lança un véritable réquisitoire : \u2014 Pourquoi m'avez-vous si peu parlé de la fille de votre bienfaiteur?Une minute s\u2019écoula sans que le silence fut rompu.Les deux interlocuteurs demeurèrent l\u2019un et l'autre parfaitement immobiles, en se dévisageant : les yeux de Kay reflétaient un extrême étonnement et ceux de Terry lançaient des éclairs.Sheldon dit enfin, d'une voix altérée : \u2014 Qui vous a parlé delle?\u2014 Louise.Ou (plutôt, trectifia Terry, elle l'a simplement désignée par son prénom, au cours d\u2019une conversation sur vos occupations au Canada.Il y a donc une autre femme qui dispose du pouvoir de vous « écorcher vif »?riposta Terry d'une voix coupante.Elle fut, elle-même, surprise de son calme apparent.Sheldon essayait de deviner, d'après l'expression du visage de son interlocutrice, a quoi elle voulait en venir, mais le sourire contraint et le regard de défi, ne lui apprirent rien.II ne se doutait pas que Terry attendait la réponse a sa question avec une pénible anxiété.Il reprit avec une assurance qui ne laissait place à aucune objection : \u2014 Non.lI ne s'agit pas d'une épreuve sentimentale.Terry hésita, mais le visage fermé et l'attitude offensée de Kay lui firent comprendre qu'il ne ferait point les premiers pas dans la voie de I'apaisement.Elle changea alors complètement de ton et s'écria : \u2014 Si je veux éviter d'attirer sur ma tête les foudres de tante Augusta, il n'est que temps d'aller m'habiller pour le diner! En faisant sa toilette, elle essaya, sans succès, de rassembler ses pensées.Tout demeurait confus dans son esprit où surnageaient seulement deux prénoms : « Opale-Kay, Kay- Opale », entrecoupés de temps à autre par l'écho de l'appel pathétique de son fiancé : « Terry !.Terry» ! La fin de la soirée n'apporta guère d'amélioration à l'anxiété de la jeune fille.CHAPITRE VIII PRÈS le lunch, le lendemain, comme Terry s'habillait pour aller Visiter l'appartement que Sheldon avait loué la veille, elle entendit l'appel strident caractéristique de Priscilla, provenant du hall.\u2014 Terry! Descends vite! J'ai quelque chose d'une importance capitale à te montrer.\u2014 Viens avec moi dans le salon, suggéra Priscilla d\u2019un air mystérieux.J'ai appris à la porte que les deux tantes sont sorties.Quelle veine ! J'éprouve une agréable sensation à la pensée que je vais pouvoir m'épanouir en toute liberté et employer mon vocabulaire le plus argotique ! Les deux jeunes filles se dirigèrent en riant vers la porte du salon.Priscilla I'ouvrit.Un bruit confus de voix d'hommes arriva aux oreilles de Terry.Priscilla pénétra la première dans la pièce, en disant : \u2014 Je t'amène deux rares spécimens de l'humanité : À et B.Puis, d'un large geste de théâtre, elle indiqua d'abord un grand jeune homme maigre, vêtu d'un costume de sport usagé, debout devant la cheminée et ensuite un second homme d'une taille un peu moins élevée, très brun, nonchalamment appuyé sur le rebord de la fenêtre, en regardant au dehors.Ce dernier se retourna vivement et Terry fut frappée par l'extraordinaire beauté du visage du personnage anonyme qui s'avançait lentement, avec une parfaite aisance.Arrivé devant Terry, il lui tendit la main, en disant : \u2014 Je me vois forcé de protester contre l'ordre alphabétique & la présentation de Mle Tolliver : quelle que soit la base du système de comparaison, il est indiscutable que je suis À et lui.B, précisat-il en faisant un signe de tête dans la direction de l'autre jeune homme.\u2014 Je vis actuellement sur le plan purement spirituel, riposta Priscilla avec désinvolture et par suite j'ai nommé l'intellectuel avant l'Adonis.M.Leslie Tarrant, Terry!.En dehors de son physique avantageux, il n'apporte pas grand\u2019chose mais il connaît Kay et il brûle de t'être présenté.Née à Toronto l'exquise Margaret Knight se voit transplantée chez nous comme Secrétaire du Chef d\u2019Escadrille de la R.A.F.en mission à Washington, D.C.Elle répond à nos remarques sur son joli teint en avouant: \u2018\u2018Mon teint serait bien ordinaire sans le secours du Savon Woodbury.Grâce à lui, mes amis disent que mon teint reste crémeux et velouté.\u201d \u201cUne Jolie Canadienne Travaille a la Victoire\u201d Elle conserve l\u2019éclat de son teint au moyen du Cocktail Woodbury 1.\u201cLe travail ardu laisse peu de loisir pour se parer\u201d, dit Margaret, \u201cA la fin d\u2019un long jour épuisant, j'ai recours au Cocktail Woodbury pour rendre à mon teint sa fraîcheur et l\u2019éclat de sa pureté.\u201d 3.\u201cLe mal du pays ?Pas entourée de tant de nos jeunes gens\u201d, dit Margaret.Son savon de'beauté, Woodbury, contient un lénitif coûteux qui aide à vider les pores de toute impnreté destructive.+ ACHITEZ LES BONS DE LA VICTOIRE 2.\u201cCe voile de poussière et de fard usé disparaît.Je me tapote le visage d\u2019une belle mousse veloutée faite de Savon Wood- bury et je rince à l\u2019eau froide.\u2019 Essayez ce savon fait spécialement pour la peau.4.Woodbury nettoie la peau des impuretés \u2018qui bouchent les pores.11 est fait d'onguents fiss, mousse rapidement.De- andez à votre Woodbury \u2018La peau douce is toucher\u201d.404 oo ST Eee TA eine i (FABRICATION CANADIENNE) * 30 EN CAS DE RHUME DE POITRINE LAISSEZ \u2014laissez la tâche importante de sou: lager vos souffrances, au traitement Vicks PERFECTIONNÉ, qui ne prend que 3 minutes, et permet au bon vieux Vicks VapoRub de donner des RÉSULTATS MEILLEURS QUE JAMAIS IL AGIT DE DEUX FAÇONS À LA FOIS pour soulager .IL PÉNÈTRE dans les voies respiratoires supérieures, grâce à ses vapeurs médicamenteuses adoucissantes .IL STIMULE la surface de la poitrine et du dos, comme un cataplasme réchauffant .et IL AGIT PENDANT DES HEURES pour calmer la toux, soulager l\u2019irritation ou la contraction des muscles, et apporter un réel bien-être.Pour jouir de ce traitement perfectionné.massez simplement, pendant 3 minutes, LE DOS, ainsi que la gorge et la poitrine, avec du VapoRub, puis mettez-en une , couche épaisse sur Methode Perfectionnes la poitrine, et recouvrez d\u2019un linge VICKS chaud.Faites-en VapoRuB Wessail Meiliours Rosuitats Souffrez-vous d\u2019Indigestion?Sentez-vous que vous ne pouvez rien manger sans éprouver des flatulences, des crampes d'estomac, des maux de cœur, des goûts surs ou des brûlements d'estomac ?Pourquoi endurer ces douleurs après chaque repas ?Mangez à votre aise avec les Tablettes digestives SANO (SE VENDENT AUSSI EN POUDRE) qui vous aideront à combattre l'acidité et adouciront votre estomac.Soulagement prompt et efficace Prouvez- le avec votre prochain repas.EMPLOYEZ LES Tablettes digestives SANO et évitez une autre indigestion.Procurez-vous-les immédiatement, soit sous forme de tablettes en boîte économique de 120'pour 75 sous ou en poudre (boîte de 3 \u201conces) pour 75 sous.Aussi une boîte de 35 tablettes au bas prix de 25 sous.Envoyez mandat-poste en écrivant à l'adresse suivante : LES PRODUITS SANO ENRG.3686, rue Saint-André Casier Postal 2134 (Place d'Armes) Montréal, P.Q.\u2014 Eh bien! voila un désir exaucé, constata Terry, en riant et en échangeant une poignée de main avec le nouveau venu.Tarrant dépassait Terry tout juste d'une tête et il n'eût qu'à s'incliner légèrement pour envelopper la jeune fille d'une regard d'admiration, en murmurant : \u2014 Sans doute étions-nous prédestinés à nous rencontrer.Le ton laissait percer un excès de fatuité.Priscilla tira alors Terry par le bras, en s'écriant : \u2014 Viens maintenant faire la connaissance du second oiseau rare.Elle fit un autre geste, dans la direction du jeune homme déguin- gandé qu'elle présenta à son tour.\u2014 César Pontifex .Non, chérie, sérieusement, ce n'est pas le titre d'un hymne national ou le cri d'une équipe universitaire, c'est son propre nom!.Lui aussi connaît Kay.César Pontifex, tenant dans sa main gauche un vieux feutre gris, offrit la droite à Terry ; il ne parut nullement affecté par la satire de Priscilla et derrière ses lunettes, ses yeux prirent une expression de cordiale sympathie, en regardant Terry.\u2014 Sheldon et moi partagions le même appartement à «Medover», ex- pliqua-t-il.Seul parmi les étudiants du collège, il m'approuvait de ne pas participer à des jeux qui m'inspiraient une véritable aversion ; je l\u2019admirais et je le considérais comme un héros.Terry regarda Pontifex en riant ; au premier coup d'œil il lui avait été sympathique.Ce n'était certes pas son apparence physique qui pouvait séduire en lui: son visage allongé faisait ressortir l'irrégularité de ses traits ; ses abondants cheveux bruns s'érigeaient en broussaille autour de son front proéminent.Il portait un costume gris lavé ; le pantalon flottait vaguement autour des jambes ; un col trop large soutenait une cravate lâchement nouée ; des bottines de chasse complétaient cet ensemble hétéroclite.Mais les yeux clairs et francs, le sourire spirituel avaient un attrait singulier.\u2014 Je regrette bien vivement que Kay ne soit pas à Londres, dit Terry: il est parti inopinément pour Lor- rieton où se trouve sa fabrique de papier.Je présume qu'il sera de retour demain.\u2014 En réalité, cette absence n'a pas grande importance, déclara Priscilla d'un air dégagé.Mon but principal était de te présenter Ponty: c'est précisément le philosophe spiritualiste dont je t'ai parlé.Maintenant ue tu l'as vu, chérie, donne-moi ranchement ton avis?.N'\u2019est-il pas au-dessous de tous.Je veux dire au point de vue tailleur.Depuis ce matin, il m'accompagne dans les rues de Londres ; j'avais tellement honte de lui qu'au début je m'appliquais à le faire marcher derrière moi, mais je n'ai pu continuer longtemps : chaque sergent de ville que nous rencontrions le prenait pour un vagabond se préparant à m'arracher mon sac?.Il a bien failli être conduit au poste.Ce qu'il y a de plus tra- -gique dans l'affaire, c'est que j'aime à la folie ce parial.\u2014 Avez-vous été au collège avec - Kay, vous aussi, monsieur T'arrant ?arrant parut reprendre pied dans la réalité : il sourit et fit un signe négatif : \u2014 Non, Canada.\u2014 Oh! Avez-vous connu.À sa grande confusion, Terry eut conscience d'avoir été sur le point de prononcer : « Opale Rock.» Elle s'arrêta brusquement, ne s'expliquant pas de quelle manière ce nom lui était venu aux lèvres si naturellement, comme si elle le tenait, sans cesse, en réserve.j'ai connu Sheldon au Elle termina sa phrase presque sans interruption, en substituant M.Rock à Opale.Sans doute le raccord n'\u2019avait-il pas été instantané : elle crut du moins en avoir la preuve par le ton de la réponse de Tarrant: \u2014 Oui, la propriété et les habitants n'ont pas de secrets pour moi.La nuance toutefois avait été si atténuée que Terry se demanda si elle n\u2019était pas dupe de son imagination.En tout cas, elle ne pouvait douter qu'elle avait eu immédiatement l'intuition de ise trouver en face de quelqu'un ayant connu Opale Rock.Effectivement, ce mystérieux personnage était en mesure de décrire Opale au physique et au moral.\u2018Terry détourna la tête pour éviter le regard de son interlocuteur : elle se sentait honteuse d'avoir manqué de loyauté à l'égard de Kay.\u2014 Ben Rock était mon cousin éloigné, compléta Tarrant; jusqu'a sa mort, je faisais partie de son état- major.erry s'empressa de changer la conversation, elle dit en s'adressant à Priscilla : \u2014 J'ai rendez-vous pour visiter un appartement cet après-midi.\u2014 C'est dommage.Moi qui pensais que nous pourrions passer la journée ensemble.Mais que dirais- tu de venir au théâtre avec nous ce soir ; je viens de recevoir une loge pour la Furie.Ne sachant que faire d'autre et dans l'espoir d'être renseignée par Leslie T'arrant sur la nature des relations d'Opale Rock et de Kay, Terry accepta.Si Terry avait pu suivre Leslie T'arrant, après son départ, elle n'eût pas accepté aussi volontiers l'invitation de Priscilla.Une fois dans la rue, Tarrant héla un taxi et se fit conduire au modeste hôtel de Westbourne Grove ou il était descendu.Il changea alors de tenue et au lieu de l'élégant complet bleu à revers croisés, il revêtit un costume gris fer.Il redescendit ensuite et prit un second taxi : quand il fut assis dans la voiture, il donna comme adresse au chauffeur : 16 B rue Fable, dans le district de Notting ill.La rue Fable était bordée de hautes maisons à façade étroite, auxquelles on accédait par un perron de quelques marches ; la pièce centrale e chaque premier étage s'ornait d'une fenêtre en saillie, au-dessous de laquelle pendait un écriteau portant la mention : « Appartements meublés.» La jeune femme de chambre, de bonne apparence, qui ouvrit la porte à Tarrant, le connaissait évidemment car elle l\u2019introduisit en souriant.\u2014 Vous pouvez monter directement, annonça-t-elle.Tarrant grimpa l'escalier à demi obscur, frappa trois fois à une porte du second étage et pénétra dans la pièce, sans attendre la réponse.Dès qu'il parut, une voix de femme fraîche et harmonieuse s'écria : \u2014 Eh bien, vous voilà enfin ! Je commençais à en avoir assez! Vous aviez dit que vous seriez de retour vers trois heures et il est plus de cinq heures.Voyez, près de six heures.La voix provenait d'un vaste fauteuil, mais On n'apercevait, au-dessus du dossier, qu\u2019une masse de boucles brunes.Tarrant déposa son chapeau et ses gants sur une chaise et répondit en riant.\u2014 J'ai été retenu, ange du ciel.Son ton caressant indiquait qu'il se sentait sûr de son pouvoir sur la jeune femme.La Revue POPULAIRE \u2014 Est-elle donc séduisante à ce point ?reprit la même voix, avec une pointe d'amertume.\u2014 Oui, confirma Tarrant, indiscutablement elle séduit.À condition d'avoir du goût pour une chevelure d'un blond fade, surmontant des traits d'une froide régularité.L'intonation méprisante dont il accompagna cette description, était bien faite pour endormir la jalousie la plus susceptible.n gracieux petit visage émergea alors au-dessus du fauteuil et la voix, plus chaude cette fois, un peu fié- Vreuse, prononça : \u2014 Ce n'est pas mon genre préféré.Est-ce le vôtre ?\u2014 Je ne puis le souffrir, répliqua Tarrant en se penchant pour embrasser la charmante créature.Je me puis la souffrir, ange du ciel, répéta- til, mais les affaires sont les affaires ! La jeune fille donna un coup de poing sur le bras rembourré du fauteuil, provoquant ainsi un nuage de poussière.\u2014 Je suis excédée des affaires ! poursuivit-elle.J'ai l'impression de piétiner sur place.Tarrant savait sans doute par expérience que ce geste violent annonçait le début d'une scène, car il se hâta de dire : \u2014 Attention, Opale, ne vous en prenez pas à moi! Je fais de mon mieux pour aboutir à une solution rapide.Opale Rock se leva alors, dressant sa fine silhouette que mettait en valeur une robe de soie rouge.\u2014 C'est bien le moins ! s\u2019écria-t- elle avec colère : je n'ai pas l'intention de m\u2019attarder longtemps dans ce trou.Regardez cette chambre!.un vrai cachot! Je ne vois pas un être humain, excepté ces affreux hommes de loi.\u2014 Et moi, mon ange, vous me comptez pour rien ?protesta Tarrant d'un air provocant.\u2014 Les quelques minutes que vous m'accordez de temps à autre ne me suffisent pas.\u2014 Je reconnais que, ces temps derniers, mes occupations m'ont absorbé beaucoup.\u2014 En effet.Voilà trois heures que je vous attends ! \u2014 Je vous ai déjà expliqué que j'ai été retardé pour affaires.\u2014 Quelles affaires ?\u2014 Celles qui vous ont amenée en Angleterre, ma chère: elles vous ont paru assez importantes pour vous faire entreprendre un long voyage, dans le seul but de raconter, à qui de droit, une invraisemblable aventure.Elle l'interrompit de nouveau, ses yeux sombres lançant des éclairs : \u2014 Il n'y a rien d'invraisemblable dans l'histoire que je suis venue raconter.\u2014 J'ai bien pesé le pour et le contre, reprit-il après un moment de réflexions et je crois que, malgré les côtés romanesques de cette aventure, vous apportez des précisions accablantes.Sinon je ne vous aurais pas permis de courir le risque.\u2014 Vous ne m'auriez pas accordé l'autorisation ?riposta-t-elle d'un ton courroucé .Ne suis-je pas Opale Rock ?et mon nom n'est-il pas une garantie suffisante\u201d.Ai-je besoin ?.À quel titre, vous arrogez- vous le droit de m'interdire quoi que ce soit ?\u2014 Je tiens en main tous les leviers.° de commande de vos revendications, rononça-t-il brutalement.Ne l'ou- fez pas! \u2014 N'oubliez pas, de votre côté, que je ne suis pas à vos ordres, ri- posta-t-elle en frappant le sol du pied.Je ne suis pas la fille de mon père pour rien ! . TT TS SE ahd JANVIER 1943 \u2014 Non, mais\u2019 vous risquez fort de n'être que sa fille fictive si vous laissez Kay Sheldon s'emparer du magot, commenta-t-il.L'accès de colère d'Opale se calma soudain et elle poursuivit : \u2014 Nous n'avons aucunement l'intention de lui permettre de prendre du champ : nous avons la loi pour nous, n'est-ce pas ?Elle avait perdu maintenant son assurance d'enfant gâté.\u2014 Bien entendu, nous avons les atouts en mains et nous gagnerons la artie, à condition toutefois que vos ubies ne contrecarrent pas mes plans.Opale esquissa une moue et fronça le front.\u2014 Cette retraite forcée dans ce trou de taupe énerverait n'importe ui.J'ai besoin d'aller et de venir, e vivre au grand air.\u2014 C'est un moment à passer, il faut attendre que le fruit mûrisse ; Sheldon est en train d'engloutir de rosses sommes dans l'installation \u2018une fabrique de papier en Angleterre.Il s'agit de guetter l'heure où ses disponibilités seront épuisées.Nous entrons alors en scène : pour éviter une ruine totale, il sera contraint d'accepter nos conditions.\u2014 It ne lui restera pas d'autre alternative : se soumettre et exécuter strictement nos ordres.Tarrant fit un signe de la main pour la calmer.\u2014 Oui, nous espérons qu'il en sera ainsi.Mais il faut aussi envisager le cas où écoutant son instinct combattif, il se résoudrait à engager la lutte : je veux donc patienter jusqu'à ce qu'il soit réduit à l'impuissance.Il a en outre, maintenant, une ravissante femme pour l'encourager .Enfin, n'imaginons pas des obstacles.Actuellement.tout marche bien.\u2014 Je me résigne, mais ne perdez pas de temps, concéda Opale de mauvaise grâce.\u2014 La question est de trouver le moment le plus propice pour lancer la bombe .Au printemps, ce serait prématuré : Sheldon aurait tout le temps nécessaire pour monter sa défense.D'autre part, si nous tardons trop, le tribunal s'étonnera que nous n'ayons pas parlé plus tôt.Je guette l'heure psychologique.pale regarda de nouveau son interlocuteur avec une attention soutenue, puis elle dit à brûle-pourpoint : \u2014 M'aimez-vous, Leslie ?Pour toute réponse, conscient de son influence, il l'appela d'un signe du doigt .Oubliant sa rancune, elle s'élança vers lui et il la reçut dans ses bras.Quand il la posa à terre, le petit visage avait perdu son expression courroucée.Les lourdes paupières, mi-baissées, adoucissaient le regard hardi, ne laissant filtrer qu'une ueur de tendresse.\u2014 Je ne puis dissimuler que vos baisers sont tout à fait de mon goût, murmura-t-elle .Mais gare, Leslie, si vous ne m'en réservez pas l'exclusivité ! Elle s'échappa alors et se dirigea vers sa chambre, pour se mêttre en tenue de ville.CHapITRE IX ERRY était très nerveuse en pensant de se retrouvant le soir même en - compagnie de Tarrant : elle eut l'intuition, tandis que l'automobile la conduisait au théâtre, d'aller au- devant d'importantes révélations.Priscilla et Pontifex étaient seuls quand Terry fut introduite dans la loge.Le petit théâtre était encore à moitié vide mais le public spécial qui formait la clientèle ne devait pas tarder à occuper les places disponibles: \u2014Ils ont tous la mine d'avoir jeûné la journée entière pour affiner leur esprit et alléguer leur âme!.Je suis honteuse de me sentir si normale.Ft regarde Ponty! observa Priscilla.Pontifex avait décroisé ses longues jambes et s'était levé à l'entrée de Terry.Il portait maintenant un habit de coupe impeccable qui faisait resortir sa distinction naturelle.Néanmoins, Terry dut admettre que le jeune homme avait subi victorieusement l'épreuve du costume de sport défraîchi dont il était vêtu, à leur entrevue de l'après-midi.Priscilla saisit le bras de Terry et la fit asseoir de force sur l'autre chaise placée au premier rang puis se penchant vers son amie, elle dit gaiement : \u2014 Rien de définitif, après tout, n'est advenu pendant le dîner : Pon- ty est novice en matière de fiançailles et il ne sait par quel bout les prendre ! Avant de se déclarer, il tient à consulter l'Encyclopedia Britannica, à l'article : « Coutumes matrimoniales des races préaryennes ».Ces professeurs observent les traditions méme dans leurs aventures amoureuses ! L'orchestre composé de quelques musiciens, qui accordaient leur violon depuis deux minutes, attaqua les premières mesures d'une ouverture symphonique imprégnée d'une pesante tristesse ; les lumières s'éteignirent et, en même temps, le rideau se leva, précipitant, en quelque sorte, les spectateurs en pleine action scénique .Un silence attentif succéda instanément au brouhaha qui régnait jusqu'alors .Priscilla elle-même interrompit son babil.L'affabulation différait du tout au tout de la version que Priscilla avait improvisée au téléphone : le drame consistait en une étude très poussée de la jalousie chez la femme.\u2018Terry fut immédiatement intéressée : elle ne se rendit pas compte que, ressentant elle-même une jalousie aiguë au sujet de Kay et de la mystérieuse Opale, elle sympathisait d'autant plus intimement avec l'héroïne de la pièce.Des applaudissements nourris accueillirent la fin de l'acte.À ce moment, Tarrant fit son entrée dans la loge.Terry dut faire effort pour s'arracher à son rêve intérieur, avant de lui tendre la main ; à sa grande surprise, Priscilla émit un verdict défavorable sur les scènes dont elle jugeait les tendances exagérées.\u2014 Cette femme divague : se mettre dans un pareil état à cause d'une Juliette aux yeux bleus qui se profilent dans le lointain passé de son mari ! Tarrant approcha une chaise de celle de Terry et dit : \u2014 J'ai assisté à une partie de la représentation, debout au parterre et «les yeux bleus» me paraissent n'avoir pas, malgré les années, perdu leur éclat dans le ciel conjugal ! Cette femme, à mon avis, a de bonnes raisons d'être inquiète.\u2014 Je n'en vois aucune.Quand la source de l'amour tarit, c\u2019est pour toujours .Comme la mort! N'est- ce pas vrai, Ponty ?Après avoir réfléchi un instant, le jeune homme approuva : \u2014 J'estime, en effet, qu\u2019une passion éteinte s'apparente à un cadavre.\u2014 Quelle est votre opinion sur cette question, mademoiselle Sloane ?demanda T'arrant.Instinctivement, Terry dissimula son sentiment profond et elle déclara d'un ton impersonnel : \u2014 À mon avis, l'auteur a judicieusement décrit les souffrances de l'héroïne et les acteurs ont admirablement rendu toutes les finesses de cette analyse du cœur humain.\u2014 En effet, l'étude est concluante objecta Tarrant.«Les yeux Fabrication canadienne que si.Poulet en casserole \u201cMAGIC\u201d 1 gros poulet eau froide sel, poivre 2 c.à thé farine 2 c.à soupe beurre Pâte à biscuits Dépecez le poulet, couvrez d\u2019eau froide et laissez bouillir doucement jusqu\u2019à tendreté, Assaisonnez de sel et poivre et épaississez la sauce avec de la farine mélangée avec du beurre.Tenez prête une pâte à biscuits légère; roulez à un dermi-pouce d\u2019épaisseur, coupez au coupe- pâte et jetez dans la sauce bouillante.Couvrez bien la casserole afin d\u2019éviter que la vapeur AGIC« Du JOUR C Poulet en casserole Magic Pois et carottes Salade en gelée Comme Cuites au four ant Pour 6 Personnes SPproximatif; $1.8 6 s\u2019échappe.Laissez bouillir jusqu\u2019à ce que les biscuits soient cuits et prêts à servir (environ une demi-heure).Pour préparer la pâte à biscuits: 2 tasses farine; 4 c.à thé Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d; 14 c.à thé sel; 1 c.à soupe beurre; 1 c.à soupe graisse; 34 tasse lait froid ou moitié lait et moitié eau.Tamisez farine, poudre à pâte et sel.Incorporer shortening froid.Ajoutez liquide froid pour faire une pâte molle.Placez sur planche enfarinée et abaissez en tapotant.WoIcI une excellente façon d'utiliser le poulet\u2014une casserole de Poulet à l\u2019ancienne mode, préparée avec des ingrédients qu\u2019il est facile de se procurer.Et, faites avec la \u201cMagic\u201d, les pâtes sont légères comme la plume et fondent littéralement dans la bouche.C\u2019est bien là la \u201cMagic\u201d .une poudre à pâte de confiance.Pure et saine, elle assure des cuissons parfaites depuis trois générations.Ét de nos jours, la \u201cMagic\u201d aide a économiser parce qu\u2019elle protège les ingrédients précieux.Demandez toujours la Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d \u2014employez-la toujours.31 Ma qe te bleus » ont fait la conquête de cet homme autrefois.Comment être sûr que cette même femme n'a pas conservé son empire sur lui ?\u2014 Précisément parce qu'il la aimée autrefois, il ne doit pas pouvoir la supporter aujourd'hui, objecta Priscilla.\u2014 Voilà une des illusions auxquelles les femmes légitimes se raccrochent désespérément, poursuivit T'arrant.\u2014 En tout cas, la conduite des hommes confirme chaque jour leur versatilité ! \u2014 Mon expérience, au contraire, m'a appris que le type de femme dont un homme s'éprend dans sa jeunesse, garde son empire sur lui, jusqu'au bout ! \u2014 Mes observations personnelles.reprit Priscilla d\u2019un ton coupant, ne concordent pas avec les vôtres ; les jeunes gens qui s'amourachent des femmes blondés épousent généralement des brunes et vice versa.\u2014 Cette fin n'empêche pas les hommes de rester fidèles, à leur façon, aux élues de la première heure.Une femme aux cheveux noirs doit surprendre parfois, dans les yeux de son mari, les reflets d'une chevelure dorée ! Et réciproquement .\u2014 Imaginons aussi le cauchemar que doit traverser une épouse à la chevelure acajou ! riposta ironiquement Priscilla.Terry ne réussit pas à se mettre au diapason de son amie.Cette pièce l'avait bouleversée et les insinuations de Tarrant l'atteignaient au plus profond d'elle-même.Vers la fin du deuxième acte, Tar- rant jugea qu'il avait suffisamment préparé les\u2019 voies par ses insinuations successives et se décida à brû- ler ses vaisseaux.La dernière scène consistait en un dialogue entre les deux époux.La femme jalouse était sur le point de supplier son mari d'avouer la vérité : ses yeux fiévreux et l'expression torturée de son visage indiquaient clairement qu'elle ne pouvait plus supporter cet état d'angoissante incertitude ; les mains jointes se levaient déjà, dans un geste d'imploration ; la question fatale tremblait sur les lèvres.Au même instant.quand l'anxiété.de la salle atteignit son maximum, le rideau s'abaissa, interrompant brusquement ce drame muet et laissant la solution en suspens.Terry soupira profondément \u2026.Tarrant, se pencha en effleurant les cheveux de la jeune fille, et profita de la salve d'applaudissements pour dire d'une voix nette : \u2014 Demandez à Sheldon des explications au sujet de sa liaison avec Opale Rock.C'est votre droit! La lumière revint alors et les conversations éclatèrent de tous côtés.Terry sentit un frisson parcourir son dos, entre la large échancrure de sa robe.Flle devina que la porte de la loge venait de s'ouvrir pour livrer passage à un nouveau visiteur.En même temps, elle entendit Ponti- fex s'exclamer joyeusement : \u2014 Sheldon! Voila une bonne surprise ! : A quoi Kay répondait : \u2014 Ponty! Ah! par exemple! J'étais bien loin de m'attendre à te voir ici.C'est un grand plaisir pour moi, mon vieux ! Depuis notre dernière rencontre, tu as dû battre de nombreux records au cricket ! Les rires des deux hommes se mêlèrent.Terry tourna la tête et les vit échanger une cordiale poignée de main.Priscilla émit quelques notes aiguës : \u2014 Relevez ses railleries, Ponty! Montrez votre courage, mon cher.Lantez-lui une cinglante réplique, en \u2018langue grecque.Sheldon craint les Grecs et leurs présents ! A ce moment Tarrant fit demi-tour et se trouva face a face avec Sheldon .Soudain les rires et les lazzis prirent fin.Un morne silence leur succéda ; l'expression des yeux de Sheldon, quand il eut reconnu Tar- rant, avait suffi pour modifier complètement l'ambiance de la loge.Tar- rant rompit le charme en disant : \u2014 Bonsoir, Sheldon.\u2014 Bonsoir, Tarrant, répliqua Kay.Ni l'un ni l'autre n'esquissa un mouvement en avant .Comme s'ils se fussent concertés, ils ne se tendirent pas la main.Kay prit la chaise restée libre à côté de Terry et, Pontifex occupa une position identique par rapport à Priscilla.Terry eut immédiatement l'impression qu'un orage se préparait à éclater entre elle et Kay.La suite, sans doute, de l'orage qui s'était accumulé, toute la journée, avant l'arrivée de ce dernier, Elle se sentait en proie à une dualité d'influence, comme si deux électricités contraires s'opposaient : d'une part, la présence de Kay tout contre elle la troublait et d'autre part, le continuel rappel des insinuations de Tar- rant éveillait en elle une sorte de haine pour son fiancé.Eile pensait : « S'il me touche, s'il me prend la main.je.je.» sans parvenir toutefois à exprimer les décisions qui en découleraient.Finalement, elle ne fut pas appelée à opter, Kay n'ayant esquissé aucune manœuvre d'approche.Par une contradiction bien féminine, le ressentiment de Terry s'accrut en constatant l'attitude strictement réservée de son voisin.Profitant d'un passage particulièrement bruyant de musique moderne, elle dit sans le regarder : \u2014 Vous êtes de retour plus tôt que vous ne l'aviez prévu.Elle s'était appliquée à rendre son ton indifférent et Kay fit de même pour répondre : \u2014 En effet, mais je repars demain.Cette nouvelle surprit désagréablement Terrv.\u2014 Ah! vraiment .Je ne m'attendais pas à vous voir ce soir.\u2014 J'ai eu cette impression.L'intonation avec laquelle ces mots furent prononcés fit rougir violemment Terry.\u2014 Pour quelle raison importante êtes-vous revenu Ce soir si vous devez tepartir demain ?demanda-t- elle.\u2014 Expressément pour vous, répli- qua-t-il laconiouement.Mais quand j'ai téléphoné le domestique m'a appris que vous étiez au théâtre.Il se pencha alors vivement et murmura : \u2014 Pourquoi Tarrant est-il ici?Terry perçut la rage concentrée dont ces paroles étaient imprégnées et son cœur battit à se rompre.\u2014 Prissy l'a amené.Ÿ voyez- vous des inconvénients ?ajouta-t-elle après une silence embarrassé, en s'efforçant d'avoir l'air de poser une question sans importance.\u2014 Oui, répondit-il, beaucoup.Terry était trop émue pour continuer le dialoge et, de son côté, Sheldon se tut.Terry ne devait conserver aucun souvenir du dénouement de la pièce.Elle se réveilla soudain de son lourd cauchemar, au bruit des applaudissements ; les notes aiguës de la voix de Priscilla Sy mélaient pour la condamnation définitive.Enfin un appel bref de Kay domina le tumulte : \u2014 Je vais vous reconduire, Terry.Sheldon prit des arrangements avec Pontifex pour un prochain rendez-vous tandis que la compagnie se levait, en échiangeant vœux et adieux.Seuls, Tarrant et Sheldon se tinrent à une distance respectueuse l\u2019un de l'autre ; les yeux de Kay brillaient d'un étrange éclat et; en réplique, sur les lèvres de T'arrant se dessinait une moue méprisante.En auto, Sheldon se décida enfin à parler : ce fut une fâcheuse entrée en matière.\u2014 Que vous a raconté Leslie T'arrant sur mon compte ?\u2014 Diverses anecdotes.\u2014 À quel sujet ?La réponse l'atteignit comme un coup de poignard.\u2014 Opale Rock! \u2014 Ah! J'avais cru comprendre que vous vous désintéressiez de mes effusions amoureuses, antérieures à notre rencontre.\u2014 Cette comparaison implique donc que vous avez embrassé Opale?Sheldon fronça le sourcil, en constatant l'interprétation que Terry donnait à sa réponse .Son air embarrassé dissipa les derniers doutes de Terry.\u2014 Vous reconnaissez avoir embrassé Opale ?Poussé à bout, il confirma laco- \u2014 Non.\u2014 Combien de fois ?\u2014 Je ne tiens pas la comptabilité de mes baisers ! gronda-t-il.\u2014 Pas plus que des gouttes de la mer ! murmura-t-elle.\u2014 En prononçant ces mots, les lèvres de ferry se contractérent sous l'empire d'une profonde émotion.Si Sheldon avait remarqué cette expression douloureuse, peut-être se serait-il montré plus indulgent mais il était trop bouleversé pour s'attacher à ce détail.Il reprit avec une irritation accrue : \u2014 Cessez ces enfantillages ! \u2014 Est-elle jolie ?poursuivit Terry sans relever cette injonction.\u2014 C'est l'avis général.\u2014 Est-ce le vôtre ?\u2014 Oui, évidemment, elle est jolie dans son genre.\u2014 Elle me ressemble ?\u2014 Pas du tout.\u2014 Blonde ?\u2014 Non.Des cheveux d'ébène.\u2014 C'est le type de femme que vous admirez, alors ?\u2014 Vous savez mieux que personne, Où va mon admiration.\u2014 J'avais cette illusion ! répliqua-t- elle ironiquement.Je reconnais bien la tyrannie masculine : vous avez le droit de me faire subir un interrogatoire concernant mon passé et si, de mon côté, je vous pose des questions, vous les traitez d'enfantillages!/.Dès le début, vous exhalez vitre fureur.\u2014 C'est plutôt vous qui avez perdu tout contrôle sur vous-même ! \u2014 Je vous conseille de vous regarder dans la glace ! \u2014 Comme il arrive dans les disputes, un mot amenait une riposte et ni l\u2019autre ne voulait prendre l'initiative de s'arrêter.L'instant d'après, l'aumobile s'arrêtait devant le perron de Mille Broadbent et les deux jeunes gens se quittèrent sans aménité.Terry pénétra dans la maison avec la sensation qu'elle venait de traverser\u2018 une catastrophe sismique et Sheldon rentra à son hôtel, en répétant entre ses dents : « Voilà donc.voilà où nous en sommes ! » Le lendemain matin, il téléphona de bonne heure chez les Broadbent.Augusta se présenta, en personne, a l'appareil.\u2014 Puis-je parler à Terry ?deman- - da-t-il.Augusta remarqua aussitôt le ton conciliant de Sheldon.Elle répondit que Terry dormait encore et proposa de monter la réveiller.\u2014 Oh non, protesta-t-il, je ne peux pas la déranger.n'est pas urgent.Rien d'important ! Avez simplement l'obligeance de lui dire LA Revue PopuLAIRE que je repars ce matin pour Lorrie- ton.Merci d'avance, ajouta-t-il en raccrochant le récepteur.CHAPITRE X UGUSTA, de son côté, raccrocha le récepteur et une lueur pensive s'alluma dans ses yeux.Elle tira la conclusion de ses observations : « L'intonation à la fois craintive et inquiète de Kay est tout à fait anormale .D'autre part, l'attitude de Terry hier soir, en rentrant du théâtre, m'a paru assez étrange.Elle est montée directement dans sa chambre, sans nous dire un mot et elle a fermé sa porte à clé, sachant que Phébé viendrait, comme d'habitude, pour l'aider à se déshabiller .Les fiancés se seraient-ils querellés?Tout l'indique .La coïncidence du retour de Gregory Bent à Londres est sans doute fortuite ?.Il paraît toujours aussi dévoué à Terry.» Un peu plus tard, Augusta ayant entendu du bruit au premier étage, se dirigea vers la chambre de sa nièce\u2026.Phébé lui avait apporté son déjeuner mais, à la surprise d'Augusta, la plateau intact demeurait posé sur la table de chevet, tandis que Terry tenait le combiné téléphonique à la main.« Puis-je lui parler 7» demandait- elle.Après-une pose assez longue, elle répondit à un interlocuteur invisible : « H est déjà parti?.Oui, je comprends.Merci.» Elle remit alors brusquement l'appareil sur une planchette disposée à cet effet contre e mur.Son visage congestionné et son air boudeur indiquaient clairement son vif désappointement.Augusta, mise en éveil par cet phrase, s'informa : \u2014 Etais-tu en communication avec l'hôtel de Kay ?\u2014Je lui ai proposé de monter chez toi pour t'avertir .Il m'a alors assuré que ce n\u2019était pas la peine de te déranger .« Rien d'important, » a-t-il ajouté.\u2014 Rien d'important ! répéta Terry avec une intonation déchirante.\u2014 H m'a chargée, toutefois, de t'avertir qu'il repartait pour Lorrie- ton.\u2014 Tout va bien alors, reprit Terry qui avait retrouvé son calme.erci tante Augusta.Une fois seule, Terry se leva et passa dans la salle de bain.Pendant qu'elle s\u2019'habillait, les dernières paroles de Kay ne cessèrent de résonner à son oreille, comme un refrain : Rien d'important ! Rien d'important !.«Eh bien! on ne m'y prendra plus à me rendre malade à propos d'incidents sans importance!» gronda-t-elle à mi-voix.Pendant le reste de la semaine, Terry n'eut pas un instant de paix et son humeur s'en ressentit.Le vendredi elle reçut une lettre de Louise lui rappelant que celle-ci l'attendait le lendemain pour l'aider dans les préparatifs de la réception organisée en l'honneur de la pendaison de la crémaillère au « Manoir des Roses ».ainsi baptisé, selon le désir de M.Sheldon père.Par contre, à la grande déception de Terry, aucune nouvelle de Kay! A chaque courrier, elle examinait, - avec une anxiété croissante, les lettres posées sur la table du hall et - revenait toujours désappointée.Dans ces dispositions d'esprit, l'idée d'aller passer quelques jours chez les Sheldon ne lui souriait pas : « Au diable le bal de Louise !» ne put-elle s'empêcher de s\u2019exclamer.Le samedi matin, Terry espérait encore recevoir une lettre de Kay mais il n\u2019y avait rien au courrier! Cette marque d'indifférence blessa et humilia prafondément la ljeune fille :« 11 ne se croit pas tenu de me témoigner la moindre considéra- ny 5 JANVIER 1943 tion .: Je reste un simple item inscrit sur la liste de ses achats!» se répétait-elle.Néanmoins, comme elle avait promis formellement de venir, Terry téléphona ensuite à Louise pour annoncer son arrivée dans l'après-midi.Terry fit son entrée au « Manoir des Roses » à l'heure convenue.Elle ne tarda pas à constater les transformations que Louise avait fait subir au domaine : la décoration intérieure de la maison était remise en état; un mobilier neuf remplaçait avantageusement l'ancien ; des allées nouvellement tracées, des massifs admirablement entretenus donnaient au jardin une toute autre apparence.Après des paroles d'affectueux accueil, Louise dit : \u2014 J'ai eu ce matin une carte-postale de Kay.Il fera tout son possible pour arriver mardi : il compte parvenir à trouver une solution rapide à certaines difficultés techniques qui sont inopinément survenues, à l'usine.Vous devez, d'ailleurs, Terry, avoir de votre côté, des détails à ce sujet.uise, comme Terry le prévoyait.ne supposait même pas qu'il pût exister le moindre désaccord entre son frère et Terry : elle faisait allusion, avec sa placidité et son assurance habituelles, à un état de fait, selon elle indiscutable.Terry se demanda comment elle pourrait supporter, pendant quatre jours, ce perpétuel malentendu.En réalité, les choses se passèrent mieux que Terry ne l'espérait : les préparatifs de la fête l'absorbèrent au début et ensuite M.Sheldon père, ravi de lui faire les honneurs de sa roseraie, ne lui laissa pas le temps de méditer sur ses déboires.Le mardi arriva, amenant une recrudescence de nervosité chez T'erry.Elle s\u2019efforçait de paraître gaie, pleine d'entrain afin de masquer le souci qui la rongeait.Le soir du bal, Terry s'étant assise un moment, loin du monde, dans un kiosque fleuri, une ombre se profila devant l'entrée qui se trouva obstruée par une haute silhouette.La voix presque méconnaissable de Kay, tant elle était adoucie, demanda : \u2014 Qu'est-ce qui a provoqué cette fuite éperdue, Terry, est-ce moi ?\u2014 Je ne sais pas .C'est l'ensemble de la situation, je crois, répondit- elle, la gorge serrée par l'émotion.\u2014 Sortez maintenant .Je ne dis- tinque Tien et je désire vous voir, balbutia-t-il.Terry fit quelques pas en avant et s'arrêta sur le seuil : dans sa robe blanche elle faisait elle-même l'effet d'une apparition lunaire.Son trouble était si grand qu'elle se rendait a peine compte de ses sentiments.Kay murmura enfin : \u2014 Je suis désolé, Terry.Elle détourna les yeux, ne sachant que dire.\u2014 Je suis désolé de cette querelle, ajouta-t-il.Je regrette infiniment chaque mot blessant que j'ai prononcé.Terry leva la tête et reprit : \u2014 Pourquoi n'avez-vous pas écrit?Pourquoi avez-vous empêché tant Augusta de me réveiller, le lendemain matin, quand vous avez téléphoné pour m'annoncer votre départ.Rien d'important ! avez-vous spécifié.Vous êtes parti sans plus vous occuper de moi.Après avoir réfléchi aux propos qu'elle venait de tenir, Terry s'étonna de n'avoir pas mentionné Opale .Bien plus, elle ne lui donnait pas une pensée .Pourtant, en imaginant a l'avance son entretien avec Kay la première question qu'elle avait décidé de lui poser, d'un ton hautain, concernait précisément l'aventure avec Opale.Tout au contraire, depuis l'arrivée de Kay, Opale demeurait à la cantonade.Désormais, seuls les événements les touchant personnellement, lui paraissaient avoir de l'intérêt.Sheldon répondit à la dernière allégation de T'erry : \u2014 J'avais peur, sans doute.\u2014 Peur de quoi ?Après un moment d'hésitation, il poursuivit : \u2014 J'appréhendais qu'à cette occasion, vous ne repreniez cette pénible discussion.\u2014 Vous m'avez laissée sans nouvelles.\u2014 J'ai essayé de vous écrire, Terry.Je n'ai pas pu.\u2014 Vous avez trouvé le temps d'envoyer une carte à Louise.\u2014 Ce n'est pas le temps qui m'a manqué.\u2014 J'aurais cru qu'il y avait matière à une lettre.\u2014 Je n'ai pas voulu courir le risque d'en dire trop.\u2014 Je comptais absolument avoir de vos nouvelles ; j'en attendais à chaque courrier.Vous n'avez même pas pris la peine de m'adresser une carte.Votre silence persistant prouve clairement que vous n\u2019'attachez pas rande importance à ma personne .Comme c'est bien naturel quand il s'agit d'une femme qu'on a achetée ! \u2014 Terry ! s'écria-t-il avec un accent de désespoir.Ne parlez pas ainsi, Terry.Je vous en supplie ! \u2014 Comment puis-je m'empêcher de le proclamer puisque c'est vrai ?\u2014 Ce n'est pas vrai! Ah! Terry, si vous saviez à quel point.\u2014 Ce sont vos propres paroles.\u2014 Quand donc les ai-je prononcées ?\u2014 Au cours de notre discussion, le dernier soir, vous ne m'avez pas caché le fond de votre pensée ; vous avez dit textuellement : «Je commence à croire que vous ne serez jamais autre chose pour moi.» Ces propos ne prêtent à aucune équivoque.D'ailleurs, je l'ai toujours su.je me suis jamais fait d'illusions ! Dans cette exclamation, Sheldon discerna un son douloureux .Il se rapprocha vivement, saisit le bras nu de Terry, l'attira à lui et la regar- dadans les yeux.\u2014 Ne voulez-vous pas oublier, Terry ?\u2014 Comment pourrais-je oublier ?\u2026 Vous avez reconnu le fait, vous- même et de toutes façons la vérité est gravée ici.Terry s'efforca de libérer ses bras à demi immobilisés et elle réussit à porter sa main à sa poitrine.\u2014 Ici, répéta-t-elle, au plus profond de mon cœur.\u2014 Il faudra alors que je déterre cette conviction, lambeau par lambeau.Quoi qu'il advienne d- nous, vous ne continuerez pas a vous imaginer que j'ai une pareille opinion de vous .Je vais appliquer un traitement radical : je vous ai, en effet, achetée ! Les mots tombaient l'un après l'autre cruels, impitoyables.Un flot de sang monta au visage de Terry, elle fit une nouvelle tentative pour se dégager.mais en vain.\u2014 Kay.,.Kay, je vous défends _de me le dire.\u2014 Je formule simplement ce que vous avez pensé tant de fois ! ripos- ta-t-il.~ Taiseiz-vous, Kay, lachez-moi, vous me faites mal! \u2014 Vous ne m'avez pas épargné non plus, Terry.J'ai tout tenté pour éviter ce tragique débat, rien n'a pu vous fléchir.Eh bien ! nous le mènerons jusqu'au bout.Récapitulons, point par point.poursuivit-il en se penchant vers elle.Une nuit, vous m'avez demandé de vous ache- (Lire la suite page 35) 33 Plus alerte, plus vive, grace a l\u2019action rapide, intégrale de SAL HEPATICA Le Sal Hepatica soulage plus rapidement, plus intégralement, plus agréablement les effets de la constipation.ANS des milliers de foyers, à travers le Canada, les gens connaissent les bienfaits de Sal Hepatica.Dans plusieurs de ces foyers, c'est le seu! laxatif dont on 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supporter la voilure d\u2019un navire.\u2014 Insecte diptère.4.Matières noires.\u2014 Oiseau à plumage blanc.\u2014 Réunion d'animaux du même repaire.5.Au bout de peu de temps.\u2014 Fleuve de Suède.\u2014 Nom vulgaire de la moutarde des champs.\u2014 Habitude ridicule.\u2014 Trois fois.6.Danger.\u2014 Chemin bordé de maisons, \u2014 Joueur qui n'a pas fait de levée.7 Du verbe être.\u2014 Religieux de l'ordre de St-Frangois.\u2014 Dans Jes langues où les noms se déclinent, cas indiquant qu'on inter- .pelle.\u2014 Préfixe.8.Ennuyé.\u2014 Grosses moulures.\u2014 Poil des paupières.\u2014 Prix du louage d'une maison.\u2014 Instrument à vent.9.Evêque de Noyon (588-659).\u2014 Vaisseau de terre.\u2014 Promesses.\u2014 Adjectif possessif.\u2014 Orgz ermée.10.Sans tache.\u2014 Liquide organique.\u2014 Première figure de chaque couleur du jeu e cartes.11.Interjection.\u2014 Funeste.\u2014/Masse de pierre.\u2014 Inférieur, \u2014 Application des connaissances à la réalisation d'une conception.\u2014 Lac du Soudan.12.Rétractation de ce qu'on a dit.\u2014 Qui manque d'adresse.13.Préfixe.\u2014 Adjectif possessif.\u2014 Substance friable.\u2014 Monceau d'objets.\u2014 Liqueurs des plantes.\u2014 Indique la forme.14, Etat physiologique des animaux.\u2014 Côté d'un navire qui se trouve frappé par le vent.\u2014 Lettre de l'alphabet grec.15.Ville d'Espagne.\u2014 Seigneur, chez les anciens Arabes.\u2014 Batiste très fine.\u2014 Vase de terre.\u2014 Risquai.ÿ EF UNT8BE a i { 20.21 22, 23 16 17.19.20.21.22.23.L 2, 3 4 5 6 7 8 9 10, 1, 12, 13, 14, 15, 16, LA Revue POPULAIRE 17, 18, 19, 20, 21, 22 23 © © Nom Ah wn 7, â 9.Pronom relatif.\u2014 Homme d'une complaisance servile.\u2014 Saison.\u2014 Ville des Etats-Unis.\u2014 Action de lancer.Usages.\u2014 Sain.\u2014 Nom italien de la fièvre paludéenne.\u2014 Adverbe.Pronom démonstratif.\u2014 Camp- armée.\u2014 Obscure.Parole vide de sens.\u2014 Terme du jeu de tennis.\u2014 Prédicateur arabe.\u2014 Préfixe.\u2014 Vêtement.Se dit d'une figure de lauriers.\u2014 Nom vulgaire de la larve du hanneton.\u2014 Fameux démagogue, né en Suisse.Mis en cave.\u2014 Type représentatif du gouvernement des Etats- Unis.\u2014 Partie d'un canal.\u2014 Qui termine.Fille du frère.\u2014 Préfixe.\u2014 Pronom démonstratif.\u2014 Espèce de petite rave d'une saveur piquante.Crâne.\u2014 Qu'on peut généraliser.\u2014 Qui n'agit pas avec promptitude.VERTICALEMENT .Personnes, en général.\u2014 Acide résultant de l'acide chlorhydrique.\u2014 Dont l'effet ne se produit que progressivement.Coup, revers.\u2014 Spirituelle et piquante.\u2014 Le Vent de l\u2019est, chez les Grecs.\u2014 Habitude bizarre.3.10.11.12.Réunion d'hommes habitant un même territoires \u2014 Embarrassé.\u2014 Petit personnage d'un des contes de Perrault.Petit trait horizontal.\u2014 Qui résonne peu.\u2014 Empreinte.Venus au monde.\u2014 Terme du jeu d'échecs.\u2014 Pièce destinée à recevoir les invités \u2014 Ville de Hongrie.\u2014 Première femme.Endroit où l'on vend la Revue Populaire.\u2014 Plante textile.\u2014 Partie la plus basse des navires.- Indivisible.~ Garnitures de perles.\u2014 Médicament en petites boules.\u2014 Petit cube.Pieu aiguisé par un bout.\u2014 Permission, \u2014 Peigne qui garnit le métier de tisserand.\u2014 Premier Coup, à certains jeux.\u2014 Monnaie japonaise.Arme.\u2014 Fleur blanche.\u2014 Manières d'être.\u2014 Triage.\u2014 Ensemble des ascendants et des descendants d'une nation.Au niveau de.\u2014 Filament.\u2014 Vaste amas d'eau salée.Pronom personnel.\u2014 Préposition.\u2014 Ile de la mer Egée.\u2014 Souffrir une humiliation.\u2014 Unité principale de résistance électrique.\u2014 A moi.Qui s'attache aux détails.\u2014 Verge de métal.13 14.15.16.17.18.19.| 20.21.22.23.Conifére.\u2014 Mère de Seth.\u2014 L'un des quatre évangélistes.\u2014 Ecrivain anglais \u2014 Pour soutenir les tonneaux.\u2014 Ici.Rivière de Sibérie.\u2014 Selle grossière de bête de somme.\u2014 Adjectif possessif.Plateau de l'Asie.\u2014 Partie de la chemise.\u2014 Assemblage de poulies.\u2014 Saint, en espagnol.\u2014 Grande fête.Préfixe.\u2014 Véhicule démodé.\u2014 Tamis de crain.\u2014 Bêche étroite pour retitrer les vers.\u2014 Préfixe.Négation.\u2014 Soldats de l'Inde.\u2014 Grosse dent qui sert à broyer les aliments.\u2014 Lui.Os des parties latérales de la poitrine.\u2014 Port dans l'île de Ré.\u2014 Planète.Vase demi-sphérique.\u2014 Action de lancer.\u2014 Maladie infectieuse.\u2014 Partie intérieure du pain.\u2014 Commune rurale en Russie.Production des végétaux.\u2014 Habitude ridicule \u2014 Trivial.Petite moulure.\u2014 Conjonction.\u2014 Point cardinal.\u2014 Arrêt brusque d'un cheval.Rameau jeune.\u2014 Fermier.\u2014 Métal blanc.\u2014 Marais salant.Dernier repas de J.-C.avec ses apôtres.\u2014 Qui servent pour la torture.\u2014 Enveloppe calcaire. dd dBi 4 6 == ed ay ws - JANVIER 1943 * POURQUOI PAS MOI?(Suite de la page 33) ter.vous me l'avez demandé, Terry.J'ai accepté le marché.\u2014 Kay! protesta-t-elle dans un cri d'agonie.\u2014 Le lendemain matin, j'ai rendu visite à votre tante Augusta, conti- nua-t-il imperturbablement, sans prêter attention à l'appel de la jeune fille.Nous avons conclu l'affaire autour de la table de la salle à manger, comme s'il s'agissait d'une livraison de balles de coton.L'affreuse réalité dont si souvent Terry avait, en imagination, dessiné le croquis, prenait corps devant ses yeux.D'un mouvement brusque, elle dé- agea son bras et appliqua sa main Sar la bouche de Sheldon.\u2014 Je ne veux pas, Kay, ressasser ma honte !.C'est lâche de votre art.Sheldon n'eut pas de peine à rabattre le poignet de son interlocutrice : il lui maintint les deux mains dans les siennes, l'immobilisant complètement, afin d'achever son récit.\u2014 Sur le prix convenu, j'ai versé un acompte immédiat .La date de la cérémonie du mariage restant en suspens jusqu'à la liquidation de mon héritage.Je me suis engagé en outre à parfaire le solde le lendemain du mariage.Je vous ai donc régulièrement achetée, Terry, comme toute autre marchandise disponible.Vous m'appartenez, vous êtes ma propriété ! oudain, Sheldon rendit à Terry la liberté de ses mouvements ; il passa nerveusement sa main sur ses cheveux, en reculant de quelques pas.Accablée de honte, Terry, le visage livide sous la clarté lunaire, regardait le jeune homme, les yeux brillants de fureur.\u2014 Jamais je ne vous pardonnerai.C'est la fin de tout.Depuis le remier jour, d'ailleurs, j'ai mesuré \u2018abjection de ma conduite mais ce n\u2019était pas à vous de me le rappeler, balbutia-t-elle.Après quelques instants de silence, Sheldon poursuivit son monologue, mais cette fois d'une voix blanche, saccadée, comme brisée.\u2014 Et pourtant, vous ne m'avez rien abandonné de votre personne, même pas le bout de vos doigts, vous ne m'avez pas fait l'aumône d'un regard, d'un baiser.Croyez- vous que je m'illusionne ?J'ai désiré assionnément vous voir m'offrir vos èvres de bon gré .au lieu de me les laisser prendre quand je n'ai pas le courage de résister à leur attirance .Je vous aime tant, Terry, que je me suis abaissé à profiter e ce que vous ne me donniez pas .Vous détenez le pouvoir de m'écorcher vif!.Epargnez-moi autant que possible ! \u2014 Kay!.s'écria Terry, avec une intonation toute différente.Elle n'eut pas le temps d'en dire plus long.\u2014 Non, n'ajoutez rien, T'erry, je ne me sens pas la force de le supporter.Je deviens lâche, quand vous êtes en jeu: je l'ai déjà prouvé!.Ah! erry, si je disposais de la puissance de modifier le passé, je reviendrais sur mes pas et j'effacerais, d'un trait, toute la partie vénale de notre première rencontre : je me présenterais devant vous, non pas en acheteur, ou en sauveteur, mais simplement comme un homme qui vous aime de toutes les fibres de son être.À quoi rêver l'impossible! Je vous aime et vous ne m'aimez pas; malgré mes titres de propriété, vous n'êtes à moi ni de corps, ni d'âme.Il fit un mouvement comme pour s'éloigner, mais il se ravisa aussitôt.\u2014 Attendez, il faut que je vous explique : quand j'ai dit qu'effectivement vous resteriez sans doute pour moi une marchandise achetée, j'interprétais non pas ma pensée mais votre volonté de demeurer pour moi une étrangère.Dès l'instant où j'ai discerné les responsabilités respectives, je ne vous ai jamais considérée comme mêlée à cette tractation dont j'attribuais à votre tante Augusta toute la responsabilité.Dans mes sentiments à votre égard, il n'est jamais entré le moindre soupçon de ce genre; si parfois cette association me venait à l'esprit, c'était dans l'intention de trouver un moyen de vous empêcher d'y donner créance, ou tout au moins de vous la faire envisager sous son angle véritable.Peut-être aussi ai-je espéré que vous pourriez un jour m'aimer comme je vous aimais, annulant ainsi à jamais ce passé.Hélas ! il ne me reste plus qu'à abandonner ce dernier espoir.Allons, ma chérie, je vais vous reconduire dans la salle de bal.La danse n'est-elle pas le but de cette fête où nous sommes invités ?T'erry paraissait ne pas entendre ; elle murmura enfin : \u2014 Je ne savais pas que vous m'aimiez tant, Kay! \u2014 Et moi, je n'avais pas l'intention de vous l'avouer.Je regrette de compliquer encore la situation, répondit- il.\u2014 Bien au contraire : loin de compliquer, vous avez tout éclairci, tout redressé, tout embelli!.Si vous m'aviez révélé plus tôt combien vous m'aimiez, j'aurais sans doute découvert que je vous aimais tout autant ! Sheldon sursauta, lança un coup d'œil sur Terry et l'attira à lui puis il balbutia, en la regardant dans les yeux : \u2014 Quoi?.Vous auriez découvert quoi ?.Terry, ne le dites pas si vous ne le pensez pas.\u2014 Je ne songerais pas à vous faire cet aveu, Kay, s\u2019il n'exprimait pas la vérité.C'est une révélation pour moi: je suis amoureuse, Kay.amoureuse de vous!.Je suppose que cet amour existait depuis longtemps, mais je n'arrivais pas à le dépouiller de sa gangue mercantile.J'avais honte ; je me sentais dégradée.\u2014 Non, non ! interrompit-il, n'ayez jamais une idée pareille.Vous n'êtes responsable en rien du plan échafaudé par votre tante.Je n'ai pas cru un seul instant, Terry, qu'on pouvait vous acheter pour de l'argent.Celui que j'ai versé était votre rançon, vous êtes libre de disposer de vous-même.de m'écarter moi aussi s'il vous convient.Je vous l'affirme sincèrement, ma bien-aimée.\u2014 À force de concentrer mon attention sur ce même point noir, j'ai fini par projeter de l'ombre tout autour : je ne voyais rien au-delà ; même les moments heureux que j'ai passés avec vous se trouvaient contaminés par cette promiscuité.Car, malgré tout, n'est-ce pas, nous avons connu des moments heureux ?\u2014 Depuis que je vous ai rencontrée, Terry, j'ai atteint le fond du bonheur et de la souffrance !.si toutefois on peut associer ces deux extrêmes.Sheldon entoura graduellement la jeune fille de ses bras et elle se blottit contre lui, en le regardant.Dans les yeux d'azur, illuminés par {| 7 ue A ES Vu ÿ Distille er emboutaille au Canada sous la surveillance directe de JOHN de KUYPER & SON Distillateurs, Rotterdam, Hollande Maison fondée en 1695 354F GINdeKUYPER| CE PRODUIT SE RECOMMANDE D'UNE EXPERIENCE DE 245 ANS Maison fondee en l\u2019an 1695 AVIS IMPORTANT À noc Lecteurs et Dépositaires POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants : LE SAMEDI I LA REVUE POPULAIRE LE FILM Nous n\u2019avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre 36 les reflets de la lune, s'allumaient en même temps les rayons d'une aurore d'amour | \u2014 Je n'avais pas l'intention, murmura Terry de vous torturer.Je n'avais pas conscience que vous m'aimiez, je me berçais de l'idée absurde que nous pourrions continuer toujours des relations d'amitié.\u2014 J'ai essayé aussi, accorda-t-il, mais au bout d'une semaine j'ai dû renoncer : cette portion congrue ne me contentait pas.; \u2014 Pour moi, la question d'argent formait une barrière qui m'empêchait de lire en moi-même.; \u2014 Je prévoyais qu'il me faudrait un jour creuser en.pleine chair et arracher les racines de cette ivraie.Vouloir ignorer la raison qui vous avait rapprochée de moi, ne pouvait aboutir à une solution.Le malentendu ne faisait que s'aggraver, conclut Sheldon.\u2014 Quant# moi, j'ai détruit ce passé.Je n'y péserai plus, je crois.\u2014 Je veillerai à vous le rappeler de ternps à autre.Vous l'évoquerez encore et vous en parlerez.mais sans en souffrir ! insista-t-il.\u2014 Qui sait même si désormais je ne me complairai pas a ce souvenir.puisque vous y serez inclus ! Prenant la tête du jeune homme entre ses mains, Terry l'attira vers elle.\u2014 Ah! Kay! Tout mon étre.ame, corps, cerveau et cceur, vous appartient ! Je ne puis plus rien vous cacher.Sheldon souleva la jeune créaturd dans ses bras et le décor agreste, l'ombre de Tif, le sol sous leurs ieds, le ciel au-dessus de leur tête, four parurent emportés dans une ronde sans fin.Après une brève extase, ils repri- .rent leur place sur le banc.Sheldon contempla la gracieuse apparition chaude du visage qu'un afflux de sang colorait.\u2014 chérie! \u2026.murmura-t-il, en se chant pour porter à ses lèvres l'ourlet de la robe blanche.Des regards, des caresses, dès baisers échangés, des explications interrompues avant d'être formulées, se succédaient dans un bourdonnement de ruche.\u2014 Cettd nuit-la, après le théâtre, comment ai-jé pu blasphémer de la sorte ! soupira Kay d'un air contrit.\u2014 Je n'ai pas un poids moindre sur la conscience, mon chéri ! avoua- t-elle dans un souffle.\u2014 J'ai éprouvé une véritable fureur en vous voyant, au moment des adieux, sourire à T'arrant ! \u2014 Je suis sans excuse de lui avoir souri.et à ma plus grande honte.je dois ajouter que jai agi ainsi dans le seul dessein de vous exaspérer ! \u2014 Petite peste! riposta-t-il.En outre, la présence de Bent a provoqué chez moi une crise aiguë de jalousie.* \u2014 De mon côté, j'étais follement jalouse d'Opale.Après une hésitation à peine perceptible, Sheldon demanda : \u2014 Tarrant vous avait-il delle?\u2014 Oui : à force d'insinuations, de perfides racontars, il avait réussi à m'inquiéter et dans mon état de nervosité, il a suffi d'un mot pour m'en- trainer dans cette maudite querelle.\u2014 T1 dépendait de moi de ne pas l'envenimer, mais j'étais véritablement désespéré.Ne pouvant plus vivre sans vous voir, j'accourais .\u2014 Ft vous me trouviez, dans un endroit public, entourée d'hommes! \u2014 Ma déception a été complète ! dit-il en l'embrassant.C'est céleste de pouvoir.vous embrasser, sans arrière-pensée !.Avant, j'appréhendais toujours d'arriver mal à parlé - propos.La timidité me paralysait.\u2014 La timidité ?\u2014 Mais oui, on se sent gêné quand on donne.sans trouver de contre-partie.\u2014 Fh bien! à dater de ce soir nous repartirons sur un autre pied.Je vous rendrai, chaque fois, la monnaie de votre pièce! s'écria-t-elle avec tant de conviction qu'ils ne purent, ni l'un ni l'autre, s'empêcher de rire.- \u2014 Madone des neiges!.souf- fla-t-il en appuyant sa joue contre celle de Terry .Actuellement, avec vos cheveux en broussaille, vous ne ressemblez guère à cette incarnation.~ Il en sera toujours ainsi, Kay, si vous persistez & manifester votre amour, à la façon des bûcherons ! \u2014 C'est la bonne manière : il faut, de temps à autre reprendre contact avec la terre.Les effusions se prolongèrent encore longtemps mais finalement les deux jeunes gens jugèrent qu'il était l'heure de faire acte de présence au bal.Terry remit un peu d'ordre dans sa chevelure et ils sortirent du kios- ue, en se donnant le bras.Au ehors, le clair de lune brillait doucement.Se ravissant soudain, Kay s'arrêta et se penchant vers Terry, murmura: \u2014 En ce qui concerne Opale, Terry.Celle-ci l'interrompit et dit : \u2014 Ray, je ne désire aucune explication à ce sujet.Je sais que, là- bas, vous avez eu de nombreux flirts, le plus sérieux, sans doute, avec Opale.Mais maintenant, c\u2019est mon tour, et j'ai confiance que vous renoncerez à de nouvelles conquêtes.\u2014 Une autre femme.après vous ! Autant imaginer que mes poumons fonctionneraient malgré la privation d'oxygène ! chuchota-t-il à son oreille.Terry le regarda tendrement, en souriant, puis reprit : \u2014 Leslie Tarrant m'a assuré que vous aviez eu une intrigue avec Opale mais je n'en crois pas un mot.Il me suffit de savoir qu'Opale est la fille de M.Rock, pour écarter définitivement cette hypothèse.\u2014 Oui, confirma-t-il d\u2019une voix à peine perceptible.\u2014 Bien plus, je ne m'explique pas comment j'ai pu, un instant, accorder créance à une aussi basse insinuation.Vous estimer capable de compromettre sérieusement la fille de M.Rock, de trahir l'homme qui se reposait absolument sur vous ! M.Rock a prouvé qu'il vous aimait comme un fils.Je rougis d'avoir envisagé la possibilité d'une félonie de votre part .Soudain, Sheldon prit Terry dans ses bras et lui ferma la bouche d'un baiser : \u2014 Vous avez mille fois raison, ma cherie : c'était impossible, impossi- e! .Surprise par cette brusque protestation, Terry ne remarqua pas l\u2019étrange intonation dont Kay prononça ces paroles.Elle se dégagea doucement et poursuivit : \u2014 Vous pouvez avoir d'autres défauts, Kay, mais vous êtes certainement loyal.Je ne donnerai donc plus une pensée à à Opale.D'ailleurs, j'efface de ma mémoire tout votre passé amoureux .Nous commençons une page blanche.\u2014 Je n'oublierai jamais votre générosité de cœur, Terry .dit-il d'un ton ému.La jeune fille glissa son bras sous celui de Sheldon et murmura : \u2014 Dans ce cas, j'indulgence se confond avec la justice, mon chéri ! T'ai assez d'expérience pour me rendre compte que les femmes ont dû se jeter à votre tête ! CHAPITRE XI pour Kay et Terry la vie s'ouvrait radieuse : les préventions, les doutes avaient disparu, comme le brouillard du matin se dissipe, aux premiers rayons du soleil.Délivrée de sa perpétuelle angoisse, T'er- ry s'épanouisait à l'instar des roses \u201c primées de M.Sheldon père.Elle rendait, maintenant, amour pour amour avec un élan sans réticence : si, dans ie monde, elle continuait à mériter son surnom de «Madone des neiges», dans l'intimité elle n'était qu'une simple amoureuse.Les fiancés séjournèrent toute la semaine au Manoir des Roses, à la rande joie de Louise dont la con- iance dans le bonheur complet de son frère se trouvait confirmée.Priscilla et Pontifex acceptèrent avec plaisir, sur l'insistance de leur hôtesse, de rester aussi.Louise prit Priscilla en grande amitié et assura à Terry que, sous des dehors évaporés, Priscilla cachait de solides qualités de cœur.Quant à Pontifex, il gagna les suffrages de tous : il excellait à écouter et s'intéressait sincèrement aux faits et gestes de chacun, car sa curiosité s'étendait à tous les sujets.Quand il n'avait pas sous la main d'interlocuteurs pour approfondir des questions de philosophie ou de littérature, il cherchait avec la même ardeur à s'assimiler les principes de l'aviculture ou de la taille des rosiers ! M.Sheldon et Louise étaient ravis de l'entendre conclure, à la fin d'une démonstration technique : « J'ignorais ce détail: c'est fort curieux !» Au bout de deux jours, tout le monde I'appelait « Ponty», y compris M.Sheldon qui, en général, ne se départait pas de la réserve habituelle aux hommes de sa génération.La vieille amitié en Pontifex et Kay, remontant à leurs années de collège, ne paraissait pas avoir été entamée par leur longue séparation.Terry eut la sagesse de ne jamais témoigner de dépit, en voyant les rands amis s'éloigner ensemble, pour aire une promenade à pied ; Priscilla, de son côté, manifestait bruyamment sa joie, en constatant la parfaite entente qui régnait entre les deux hommes.TE voudrais rester indéfiniment au Manoir des Roses, déclara-t-elle, un matin od, en compagnie de Terry, elle suivait Louise qui distribuait la nourriture aux poules, réparties dans des enclos grillagés.q Terry se pencha vers Priscilla et it : \u2014 Tu espères, sans doute, dans ce paysage romantique, en te promenant sous les arcades de la roseraie avec Pontifex, amener celui-ci à se déclarer .\u2014 Ma chérie, interrompit Priscilla, tu parles comme une enfant!.Ponty et moi sommes fiancés depuis des semaines.\u2014 Vraiment, Prissy ! Pourquoi ne m'as-tu pas annoncé cette heureuse conclusion ?\u2014 Priscilla m'a déjà mise au courant parce qu'elle avait besoin d'une maîtresse de maison complice ! intervint Louise, en tournant la tête dans la direction des deux jeunes filles, tout en continuant la distribution du blé.\u2014 Vous nous avez comblés d'attentions, Louise, proclama Priscilla avec un enthousiasme débordant, et je vous en serai toujours reconnaissante.Depuis notre arrivée ici, j'ai limpresison d'avoir enfin atteint l'oasis, après une longue étape dans le désert !.Croirais-tu, Terry, que la parenté s'oppose à la publication des bans, sous prétexte que Ponty n'a pas de fortune, ou du moins pas une fortune conforme à l'étalon préconisé par la famille.J'ai donc été LA Revue PoOPULAIRE contrainte de me résigner à garder le secret.\u2014 Le secret ! riant.- \u2014 Ne sais-tu donc pas que plus on proclame urbi et orbi, une nouvelle de ce genre, moins les gens y ajoutent foi! .D'ailleurs, dans mes confidences, si j'ai laissé soupçonner que j'étais amoureuse de Pontifex, j'ai eu soin de ne pas révéler la vérité entière : il m'aime aussi.Je ne puis m'expliquer pourquoi, mais c'est ainsi ! Au grand étonnement de Terry, la voix perçante de Priscilla avait soudain acquis des notes d'une surprenante douceur.\u2014 Eh bien! reprit Terry, je suis maintenant heureuse pour toi.Kay et moi sommes d'accord pour faire l'éloge de Pontifex.\u2014 C'est un être délicieux ! Il n'y a pas la plus petite mesquinerie dans sa nature.Malgré son opposition à notre mariage, ma mère ne peut pas m'empêcher de fréquenter Ponty et je ne m'en prive pas ! \u2014 N'as-tu pas une fortune personnelle ?\u2014 Je n'en aurai la libre disposition qu'à ma majorité.Pour le moment, hélas ! je subis les caprices de ma famille.\u2014 Je m'imaginais que ta mère appréciait beaucoup Ponty dont les conférences, dans son salon, ont eu tant de succès.\u2014 Flle était ravie, au début, en voyant ses amis arriver en foule à ses réceptions mais, quand le conférencier s'est proposé en qualité de mari pour sa fille unique, elle a cessé de l'applaudir ! Patience ! Peu à peu, je grignote l'intransigeance maternelle.u peux te fier à moi pour lui mener la vie dure à la maison ! Quand elle se trouva seule avec Louise, Terry lui fit part de ses craintes relatives au projet de son amie.\u2014 Croyez-vous, Lou, que ce mariage puisse bien tourner ?deman- da-t-elle.\u2014 Ma chère, ce sera une union idéale ! répondit Louise.\u2014 Pourtant, Prissy est sujette à des lubies aussi violentes qu'éphémères ! \u2014 Ce n'est pas le cas aujourd'hui: elle aime pour la première fois et l'amour opère des transformations.Louise parlait sérieusement, mais elle ne pouvait s'empêcher de sourire, en constatant que Priscilla prenait figure d'héroïne de roman ! \u2014 J'ai remarqué que depuis leur arrivée ici, ils ne se sont guère quittés, observa Terry.\u2014 Je les ai surpris l'autre jour, poursuivit Louise : ils étaient assis, côte à côte, dans le grand champ qui s'étend derrière la roseraie ; Ponty corrigeait les épreuves de son livre et Prissy, sans faire plus de bruit qu'une souris, contemplait son fian- sé d'un air extatique.Je vous l'ai dit, Terry, ils filent le parfait amour ! Terry dut admettre que ce tableau idyllique lui paraissait confirmer les déclarations de Priscilla.Néanmoins, elle décida d'attendre de connaître la version de Pontifex avant de se former une opinion.Elle profita d'un tête-à-tête pour aborder ce sujet avec l'intéressé et à la suite de cette conversation, aucun doute ne subsistait dans son esprit.Pontifex ne se fit pas prier pour déclarer que Priscilla était douée de toutes les qualités physiques et morales : beauté, générosité de cœur, franchise, loyauté ; il ajouta que sous des apparences brillantes, elle cachait une intelligence avisée, un jugement droit, un esprit caustique et une énergie rare.Quant à l'amour réciproque des deux jeunes gens, il ne pouvait plus être mis en uestion, aprés les confidences de ontifex.s'écria Terry en JANVIER 1943 Dans la soirée, Terry raconta à Kay le roman dont elle avait eu la primeur.\u2014 C'est pour moi un mystère : deux êtres si dissemblables | remarqua Terry.\u2014 Qui sait si on n'en dit pas autant de nous ?commenta Sheldon.Terry fut sur le point de répondre ue c'était impossible, mais à la ré- lexion elle estima plus sage de ne pas prendre parti.\u2014 Oui, peut-être en est-il toujours ainsi, murmura-t-elle.L'amour, à une certaine profondeur, échappe à l\u2019observation superficielle.Les intéressés sont seuls en position de jeter la sonde.Le lendemain, Sheldon confirma à Terry le bien-fondé de leur interprétation.\u2014 Je viens de parler avec Priscilla: Je lui ai offert, avec mes félicitations, un poste de directeur pour Ponty à Lorrieton, en attendant qu'elle ait atteint sa majorité.Elle m'a beaucoup remercié, mais elle préfère qu'il puisse se consacrer à son travail littéraire.La cause est entendue ! \u2014 Les appointements ne l'ont pas tentée ?\u2014 Elle n'a pas eu une minute d'hésitation.\u2014 Elle l'aime!.conclut Terry.Dans une situation semblable, j'agirais de même.Après avoir fait le serment de garder le secret, M.Sheldon père fut mis au courant à son tour.La veille du départ de Priscilla et de Pontifex, Louise organisa un dîner d'apparat pour célébrer leurs fiançailles \u2014 en famille \u2014 ajouta-t-elle.À la fin du repas, M.Sheldon présenta à l'héroïne de la fête une gerbe de roses royales.Priscilla, les larmes aux yeux, remercia avec émotion.Au cours de la soirée, Louise aida son père à classer les notes qu'il accumulait en vue d'une monographie consacrée au « Puceron du rosier » ; Terry et Priscilla s'assirent au piano et chantèrent des duos, avec un entrain communicatif ; après avoir manifesté son intérêt pour le travail de M.Sheldon et applaudi les chanteuses, Kay proposa à Pontifex de passer au fumoir.Pontifex souhaitait précisément entretenir Sheldon en particulier, aussi suivit-il son ami avec empressement.Les deux hommes s'installèrent confortablement et allumèrent leurs pipes.Pontifex aborda aussitôt le sujet qui le préoccupait.\u2014 Notre rencontre au théâtre, Kay, le soir de votre retour inopiné, m'a suggéré des réflexions dont je désire vous faire part.C'est a propos de Tarrant.\u2014 Dans ce cas, répliqua vivement Sheldon d'une voix un peu rauque, il serait très opportun de me mettre dans la confidence.\u2014 Je le supposais bien !.Votre attitude respective, dans la loge, indiquait clairement que vous ne marchiez pas du même pas.\u2014 Vous avez vu juste.Tarrant n'a cessé de s'efforcer de me nuire auprès de M.Rock dont il était le cousin éloigné.Le vieillard se trouvait en butte aux sollicitations d'une nombreuse parenté fort peu recommandable.Il leur a prodigué les marques de sollicitude, sans jamais obtenir une collaboration efficace.\u2014 J'imagine que toute la clique a dû mener un beau tapage, à la lecture du testament vous instituant légataire universel, reprit Pontifex après un moment de silence.\u2014 Ils ont failli devenir enragés ! Non, pas que M.Rock les ait oubliés dans son testament : il leur a laissé à chacun un legs substantiel, mais, comme vous le savez, le gros de la fortune me revient.M.Rock m'a réservé la propriété exclusive des très importantes installations dont le siège est en Angleterre, à l'extrême dépit de ses parents du Canada.Je connais à fond les projets et les désirs de M.Rock et je les exécute scrupuleusement.Pour le reste, je me soucie fort peu de l'opinion des parents évincés.\u2014 Tarrant a fait allusion à une fille du testateur : est-elle particulièrement favorisée ?Sans regarder son interlocuteur, Sheldon répondit : \u2014 Son avenir est largement assuré.M.Rock d'ailleurs n'a pas eu à se louer d'elle.Quant à Tarrant, il a toujours eu une attitude ambigué: je ne suis pas parvenu a le prendre la main dans le sac ; il s'arrangeait à fournir un alibi quand je le soupçonnais d'un détournement de marchandises, mais je ne suis pas moins certain qu'il a commis de graves incorrections.À diverses reprises, des sociétés concurrentes soumissionnèrent juste au-dessous de nos prix et réussirent à nous supplanter pour des marchés importants.Je sais pertinemment d'où provenait la fuite.J'ai donc d'excellentes raisons pou rme méfier de Tarrant et le tenir à bout de bras! \u2014 J'en suis d'autant plus persuadé que vous n'avez jamais été porté à chercher noise à vos camarades.En ce qui me concerne, d'ailleurs, j'ai toujours éprouvé pour Tarrant une antipathie instinctive.\u2014 11 est tellement faux qu'on ne peut ni se départir d'observer à son égard une réserve absolue ni trouver l'occasion de lui dire son fait.\u2014 Je me demande d'où provient cette apparence inquiétante : Tarrant est-il trop joli garçon, trop insinuant, trop poli ?trop ?.La veille de mon départ pour le «Manoir des Roses», il est venu me faire une visite que rien dans nos relations antérieures ne paraissait imposer.\u2014 ll a un aplomb imperturbable.Il s'est probablement rendu compte que vous et moi, étions de vieux amis.\u2014 Peut-être ne se doute-t-il pas ue je me suis aperçu de votre froideur à son égard.Je passe généralement dans le monde pour être dénué d'esprit d'observation, mais il n'en est rien : tout en ayant l'air distrait, j'enregistre les images avec une précision d'objectif et vous n'ignorez pas que ma mémoire est fidèle.\u2014 Je suis bien placé pour en témoigner : n'ai-je pas maintes fois mis votre mémoire à contribution ?répliqua Sheldon en riant.\u2014 Etant, dès l'abord, prévenu contre lui, je me suis tenu sur mes gardes.Mais sa manière désarmerait un juge aux enfers ! \u2014 Je sais, par expérience, qu'il excelle à donner le change.Comment l'entrevue s'est-elle déroulée ?\u2014 J'ai préparé des boissons glacées et nous avons causé, à bâtons rompus.Mais après le départ de Tarrant, jai reconstitué logiquement la trame de notre conversation et il m'est alors apparu qu'il y avait incorporé un véritable questionnaire.\u2014 A mon sujet?\u2014 Précisément.Ma mémoire visuelle a besoin d'être développée, comme une plaque photographique.Au bout de quelques heures, parfois de quelques jours, après avoir évoqué les mots, les gestes, l'expression du visage, le sens et la portée de là conversation se dégagent.Dimanche matin, j'ai démêlé que toutes les questions posées par Tarrant convergeaient vers un même but : reconstituer, par fragments, mon opinion sur votre caractère moral.\u2014 Mon « caractère moral» ?.Il prétait à ces mots, je suppose, leur signification \u2018courante ?A » / a Meme dans les soirees d\u2019hiver\u2014 C\u2019est l\u2019ete pour vos aisselles! p ' Protégez toujours votre fraicheur avec Mum, siir et de tout repos EME lorsque vous n\u2019apercevez aucuna trace révélatrice de transpiration, les aisselles transpirent.Les vêtements plus lourds et les pièces surchauffées augmentent la menace chez la jeune fille qui, étourdiment, croit que, l'hiver, elle ne transpire pas! Tout le monde transpire! C\u2019est pourquoi il est si peu réfléchi de ne se fier qu\u2019à un bain pour se garder frais.Le bain ne fait que chasser la transpiration antérieure.Mais Mum, sans arrêter la transpiration, supprime le risque d\u2019une odeur d\u2019aisselle à venir.Mum a, de plus, les avantages que voici : Vitesse \u2014 30 secondes seulement pour son application \u2014 cependant, il protège l\u2019attrait pour la durée d\u2019une journée ou d\u2019une soirée.Sécurité \u2014 Mum ne saurait détériorer le @su le plus délicat.Pas plus qu\u2019il n\u2019affectera la peau la plus sensible, même après le rasage des aisselles.Certitude \u2014 Il chasse l\u2019odeur de la transpiration sans arrêter la trans- ration.On peut compter sur Mum.Pour les serviettes sanitaires \u2014 Mum, à cause de sa / douceur, sa sécurité, - sa flabilité est également idéal pour cet important usage.MUM Chasse l'odeur de la transpiration Un produit de Bristol-Myers \u2014 Fabrication canadienne Dédicioux vit \\ dap ant AFRICAIN Avant le Diner \u2014 le Sherry Sec Sud-Africain à la toujours populaire délicieuse diversion aux cocktails.(35% esprit de preuve) 26 onces - 954.Pour Éventualites \u2014 gardez toujours à la maison une bouteille de Brandy Sud-Africain.(78% esprit de preuve) 10 onces - $1.15 .26 onces - $2.80 .40 onces - $4.20.Les vins et brandies sud-africains ont acquis leur excellente qualité grâce aux procédés traditionnels de fabrication remontant à près de 300 ans.SUp- saveur de noix offre une 152NFR 38 x Av bi Hq RES sx à, W/ 7 MONTRE GARANTIE (0700 ARTIC TE IT RIT .DE VOUS Démangeaisen v Pour soulager promptement ~ ou Argent Remis la démangeaison causée par les boutons, eczéma, pled d\u2019athléte, gales, et autres affections cutanées provenant de causes externes, appliquez la Prescription liquide, rafraichissante, antiseptique D.D.D.Non graisseuse, non tachante.Calme l'Éritation et fait cesser promptement ls démangeaison même la plus Intense.Une bouteille d\u2019essai de 35c vous convaincra, ou argent remis.Demandez aujourd\u2019hui même à votre pharmacien la PRESCRIPTION D.D.D.36F Comment combattre un rhume de poitrine C'est un fait reconnu que la résistance nécessaire pour combattre un rhume est considérablement accrue lorsqu'on se tient au chaud et u'on active la circulation afin de aire éliminer les toxines par le moyen de la transpiration.Un bain de moutarde est tout indiqué pour arriver à cette fin.Mais pour que ce bain de moutarde soit Vraiment efficace, il importe de retenir la façon de procéder.Premièrement, on dilue la moutarde dans de l'eau froide ou tiède, ce qui prévient l'irritation.On peut, si l'on veut, prendre un bain de pieds ou un bain tout entier, ce qui a pour effet de raviver la circulation et d'ouvrir les pores de la peau, de sorte que la transpiration est facilitée.Dans les cas plus obstinés, on met le malade au lit, en le recouvrant de plusieurs couvertures chaudes, non sans y ajouter un sac ou une bouteille d'eau chaude.On prépare une mouche de moutarde qu'on appliquera sur la poitrine.Ce traitement simple et facile peut souvent enrayer des complications.C'est pourquoi il est sage d'agir ainsi dès les premiers symptômes d'une indisposition.- \u2014 Il appuyait particulièrement sur les relations féminines, mais en espaçant les questions avec tant de tact et d'habileté qu'il m'a fallu les mettre bout à bout, pour deviner son arrière-pensée.Kay réfléchit quelques instants, puis il dit : \u2014 Je ne vois pas bien ce qu'il espérait apprendre par votre intermédiaire ?Vous ne pouvez fournir aucun renseignement, sur mon compte, depuis l'époque où j'ai quitté l'Angleterre.\u2014 D'après certains recoupements, il me paraît avoir supposé que vous aviez déjà eu l'occasion de manifester vos penchants : de vagues allusions à des scandales, avec les jolies des villages attenant à Medover, confirment cette hypothèse.Bien entendu, tout ceci n'a pas été exprimé comme je le transcris maintenant: la visite a duré plus d'une heure et demie et ces diverses insinuations y étaient réparties, comme des grains de poivre.C'est en récapitulant que ce leit motiv a pris toute sa signification.Je ne suis pas sûr que le caractère tendancieux ressortant de notre conversation soit de nature à vous intéresser, mais j'ai cru bon de vous faire part de mon impression.\u2014 Je vous remercie beaucoup.Il est évident que Tarrant a prémédité son interrogatoire, mais, pour le moment, je ne m'explique pas son dessein.Il ne fait plus.partie de l'état- major de la société canadienne : ayant désormais toutes les responsabilités, j'ai jugé que je devais tenir seul la barre.v \u2014 M.Rock vous avait sans doute préparé à lui succéder ?\u2014 Oui, je sais maintenant que tel était son désir, mais jusqu'à la lecture du testament, je n'avais pas la moindre idée qu'il m'instituerait son héritier ; je n'ai même jamais envisagé le décès de mon patron : d'une constitution robuste et d'une énergie extraordinaire.Il paraissait devoir vivre très vieux.\u2014 D'ailleurs l'argent, si je ne me trompe, n'a jamais eu pour vous une importance capitale ?observa Pon- tifex.\u2014 Ma foi non ! Je me sentais tout aussi à l'aise avec un salaire raisonnable.\u2014 Déjà au cours de nos années d'école, vous donniez les preuves de votre nature désintéressée.\u2014 En toute franchise, je n'ai jamais accordé une pensée à la fortune de M.Rock, du moins par rapport à moi.Parfois je regrettais intérieurement qu'il n'y eût pas, parmi ses parents, une personne de valeur et je prévoyais qu'après la disparition du propriétaire, l'exploitation forestière et les affaires annexes péricliteraient rapidement.\u2014 Ces lourdes responsabilités pèsent aujourd'hui sur vos seules épaules, Kay.\u2014 Oui, mais je me sens de force à y faire face.J'ai découvert, à l'usa- e, que je n'étais pas dépourvu des acultés nécessaires à mener à bien une entreprise de cette envergure.D'autre part, je suis heureux d'avoir pu pourvoir aux besoins des miens, que j'aime beaucoup.\u2014 Votre père est charmant et votre sœur me fait l'effet d'une jeune fille accomplie.Vous les avez placés dans un cadre admirablement approprié.C'est une réussite ! \u2014 J'éprouve aussi une grande satisfaction de pouvoir assurer à Terry le genre de vie auquel elle est habituée.Personnellement je me contenterais de peu.\u2014 J'ai déjà conseillé à Terry de ne pas vous confiner trop longtemps entre les quatre murs de votre appartement de Londres.Sheldon rit de bon cœur et reprit, après un moment de réflexion : \u2014 C'est courir un assez gros risque, je crains, que de transplanter Terry dans les solitudes canadiennes.Mais nous n'y resterons que six mois au plus.\u2014 Je ne suis pas de votre avis, déclara Pontifex d'un ton décidé.Vous considérez sans doute Terry comme une princesse de conte de fées ?Vous la croyez fragile comme une porcelaine de Saxe ?.J'ai l'impression, au contraire, que nous avons affaire à un magnifique spécimen féminin où la grâce s\u2019incorpore à la force.\u2014 Je l'admire trop, confirma Sheldon, pour lui refuser les qualités que vous lui prêtez.Sheldon aborda ensuite la question de la situation financière de son ami et il fut un peu effaré quand Ponti- fex lui eut fourni des précisions.\u2014 Ma famille n'est pas responsable de notre ruine, eut soin de spécifier Pontifex : mon père avait des intérêts dans une fabrique qui paraissait très prospère mais, depuis un an, la Société ne paye plus de dividendes.\u2014 Vous pouvez toujours compter, Ponty, qu'un bureau vous est réservé à Lorrieton.\u2014 Merci, mon vieux, mais j'ai bien peur d'être dépourvu de capacités techniques.\u2014 Espérons alors, conclut Kay d'une voix où perçait une chaude sympathie, que la vente de vos volumes remplacera les dividendes.\u2014 Chut ! Priscilla et moi nous ne manquons jamais, avant d'envisager cette éventualité, de croiser nos doigts, de toucher du bois ou de saluer trois fois, dans la direction de la lune! Les deux hommes se levérent, en riant.Au moment d'entrer dans le salon, Sheldon murmura : \u2014 Je commence à croire que la dissection de votre entretien avec Tarrant va me fournir des éléments intéressants .Toutefois, Ponty, je préfère pour l'instant ne pas m\u2019étendre sur ce sujet.\u2014 Restons-en là, mon vieux ?Mon but était de vous apporter des éclaircissements et non pas d'en obtenir.Un peu plus tard, Sheldon, en causant, en téte a téte, avec Priscilla, lui demainda l'impression que Tarrant lui avait produite.La jeune fille répondit sans hésiter : \u2014 J'ai été frappée par son élégance physique : il est superlativement décoratif.La peau des serpents est somptueuse aussi.\u2014 Je ne vous attribuais pas, je I'avoue, un jugement, à ce point aiguisé.Mais alors, comment se fait.il que vous ayez présenté à Terry, un homme vous inspirant si peu de confiance ?\u2014 J'étais liée par un pacte secret : Terry et moi avions échangé le serment de nous présenter, réciproquement, les hommes qui nous faisaient la cour.D'ailleurs, il ne faut pas donner l'illusion à ces personnages avantageux qu'on redoute leurs sortilèges.\u2014 C'est de bonne guerre, dit Kay en souriant.\u2014 Deux ou trois doses d'esprit judicieux, par jour, et nul ne pourra vous en remonter, très cher ! Naturellement Tarrant aura essayé d'hypnotiser le pauvre petit oiseau a la façon des reptiles mais Terry a dû ouvrir les ailes, avant de succomber à ce charme.Ou bien s\u2019y serait- elle laissée prendre ?Etes-vous tourmenté à ce propos ?Indiquez les symptômes de l'intoxication au docteur ! Sheldon répliqua en riant : L.A Revue PoPuLAIRE \u2014 Actuellement, je ne prévois encore rien de tragique .Néanmoins, pour votre gouverne, je me permets de vous signaler qu'il existe un sérieux antagonisme entre Tarrant et moi : tout ce qu'il peut raconter sur mon compte ne doit être accepté qu'avec la plus extrême circonspection.\u2014 Vous savez, très cher, que la discrétion est ma principale qualité.Vous avez eu, n'est-ce pas, maintes occasions de l'apprécier ?Confiez- moi les détails du complot : Tarrant a-t-il cherché à vous nuire auprès de votre bien-aimée ?\u2014 J'ignore en réalité à quoi tend son: activité et je ne possède pas encore la preuve qu'il nourrit de noirs desseins.En tout cas, il me déteste plus que personne au monde.= C'est assez naturel, étant donné que la fortune de la famille vous est échue en partage ! \u2014 Pour se venger, il est très capable de colporter des histoires me concernant.\u2014 J'en conclus, dit Priscilla avec\u201d calme, qu'il est en possession de renseignements d'un certain intérêt.Sheldon rougit légérement.Priscilla le regardait bien en face, tout en parlant, mais il détourna la tête au ut d'un instant.\u2014 Je ne pense pas qu\u2019il s'agisse d'un secret redoutable poursuivit- elle.Tarrant se préparait a répandre des médisances à votre sujet s'il ne détenait rien de sérieux dans son sac.\u2014 Vous êtes une femme dangereuse, déclara sentencieusement Sheldon.Je ne m'en doutais pas ! \u2014 Dangereuse ?.Les femmes n\u2019ont pas besoin d'armes pour remporter la victoire : nous lisons à livre ouvert dans l'esprit des hommes.Je ne me trompe pas alors?.Ne renez pas la peine de confirmer.ous pouvez être parfaitement tranquille, en ce qui me concerne : je ne me laisse pas tenter par le serpent, emprunterait-il lé visage d'Adonis ! \u2014 Merci, Prissy, je me repose sur vous.Au moment où ils allaient se séparer, Priscilla lui toucha le bras et murmura avec une intonation que Sheldon ne lui connaissait pas : \u2014 Acceptez un conseil : prévenez Terry.Priscilla s\u2019éloigna ensuite.Au fond de son cœur, Sheldon reconnut que le conseil était bon .mais il ne le suivit pas.Ce n'était pas tant la lâcheté qui faisait hésiter Sheldon à formuler cet aveu, mais le merveilleux bonheur qu'il goûtait avec Terry ne devait, à son avis, être exposé à aucun risque.De plus, Terry malgré les révélations de T'arrant lui avait affirmé qu'elle rayait pour toujours Opale de sa mémoire.Le seul nuage qui persistait à l'horizon, pour Sheldon, était l\u2018aveugle confiance manifestée par Terry dans la rectitude des rapports de son fiancé avec la fille de M.Rock.Sans doute, cette confiance était effectivement justifiée ; Sheldon se rendait compte de la difficulté qu'il aurait à en démontrer le bien-fondé, par le récit véridique des circonstances réelles.Le souvenir de la déclaration de Terry, à ce sujet, lui faisait toujours monter le sang au visage.Tout bien pesé, il décida de passer outre au conseil de Priscilla et de considérer comme définitivement acquis le désistement de Terry.S'il devait v avoir une explication, il préférait la reporter sur l'avenir.Sheldon était heureux au-délà de toutes ses esnérances.La beauté physique de Terry lui procurait à chaque heure du jour un enchantement nouveau ; les yeux de la jeune créature brillaient des expressions les plus variées.allant de l'extrême vivacité aux touches délicates de la JANVIER 1943 tendresse ; parfois sa poignée de main impliquait une cam erie fraternelle, parfois ce simple attouchement constituait une caresse.Sur un terrain de tennis, elle déployait une énergie et une ténacité incroyables, parvenant parfois à battre son fiancé et toujours à lui tenir tête .Une demi- heure après, dans une élégante toilette, elle pénétrait au salon avec une imposante dignité.Dans leurs promenades à pied, Terry se montrait infatigable et cette résistance à la fatigue était pour Sheldon d'un grand prix : il n'aurait pu vivre en dehors d'un milieu de gens en pleine santé : s'il lui arrivait d'avoir mal à la tête, il allait et venait, en fronçant le front, ce qui indiquait chez lui non pas la souffrance mais un profond étonnement.Il aimait passionnément la vie et toutés les formes de la force et de l'énergie.Dans l'automobile qui les ramenait à Londres, Terry, après un assez long silence, pendant lequel elle avait évoqué les principaux événements de son séjour au Manoir des Roses, dit d'un ton triomphant : \u2014 Nous avons un beau programme dévant nous : six mois en pleine brousse, six mois à la ville.Toute l'année ensemble ! Les plaisirs de la campagne et les divertissements sociaux alternativement.\u2014 Je ne manquerai pas de travail non plus, ajouta Sheldon, soit au Canada, soit à Lorrieton.Cette perspective donna à penser à Terry ; elle répondit, au bout d'un moment : \u2014 Îl faudra que, de mon côté, j'apprenne un métier, sinon je ne tarderai pas à être affligée d'une maladie nerveuse.Sheldon s'empressa de la rassurer.\u2014 Pour votre part, les occupations ne vous feront pas défaut, ma chérie.Les enfants réclameront tous vos soins.Terry jeta un coup d'œil, à la dérobée, sur Kay et confirma, avec un léger embarras : \u2014 C'est bien vrai!.J'oubliais les enfants.\u2014 Ils seront probablement très exigeants et la difficulté consistera, non pas à éviter l'oisiveté mais à vous ménager quelques instants de répit ! \u2014 Vous voyez donc déjà une ribambelle de marmots à mes trousses, mon chéri ?\u2014 Qui! Ne partagez-vous pas cette espérance ?\u2014 Certainement.\u2014 Qu'est-ce qui vous fait .hésiter, alors ?\u2014 Je n'hésite pas mais j'envisage les crises de dentition, les maladies, les éruptions auxquelles les bébés sont sujets et je me demande comment vous supporterez tous ces désagréments ?\u2014 Nos petits échapperont à ces servitudes.Terry ne put s'empêcher de rire et répliqua : \u2014 Attention ! Vous faites des illusions : je ne participe aux privilèges des déesses que dans les comptes rendus de la presse mondaine : sur le plan humain, je mettrai au monde des enfants ordinaires ! \u2014 Je sais pertinemment qu'ils me donneront entière satisfaction à tous les points de vue, assura Sheldon.Ils abordèrent avec la même franchise enjouée les divers problèmes qu avaient provoqué leurs malenten- us.Ils réussirent même à résoudre, en grande partie, la question d'argent : au lieu de biaiser, ils regardèrent la réalité en face ; ils firent des pèlerinages à tous les endroits dont ils gardaient un pénible souvenir : Les restaurants, les magasins, les théâtres, les chaises du parc leur fournirent successivement l'occasion de reprendre les circonstances dont ils avaient tant souffert, afin d'en éliminer les piqûres empoisonnées.A la fin de ce périple, Terry se trouva complètement débarrassée du sentiment d'humiliation qui la poursuivait depuis la nuit du bal.L'éponge aurait même définitivement effacé ce assé si Terry avait été certaine que ay ne conservait pas une arrière- pensée sur l'influence de l'argent, Elle voulut en avoir le cœur net et interrogea Sheldon à ce propos : \u2014 Quel rôle attribuez-vous au facteur argent \u2018dans votre existence?\u2014 C'est à l'argent que je vous dois !.Vous pouvez donc deviner la place que je lui assigne dans la hiérarchie des valeurs.\u2014 Ce n'est pas à l'argent, riposta- t-elle vivement, c\u2019est à moi seule que vous me devez ! \u2014 L'argent a formé l'entrée en matière, rectifia-t-il, comment ne lui serais-je pas reconnaissant ?Terry réfléchit une minute et, renonçant à protester, finit par dire : \u2014 Je suis insatiable : je voudrais que vous fassiez remonter tout à moi seule.Malgré les explications et les assurances de Sheldon, Terry n'arrivait pas à chasser de sa mémoire la phrase « C'est à l'argent que je vous dois.» D'après l'opinion du solicitor, les formalités relatives à l'héritage de M.Rock touchaient à leur fin.En conséquence, les fiancés se consacrèrent à mener à bien l'ameublement de leur appartement : ils s'appliquaient à chercher un compromis entre leurs goûts respectifs.Un matin, Sheldon vint prendre Terry pour aller chez le tapissier : tandis qu'il l'attendait dans le hall, la jeune fille se pencha au-dessus de la rampe de l'escalier et l'appela.\u2014 Montez, cria-t-elle, je veux vous montrer ma chambre : vous Vous rendrez compte du genre d'ameublement qui me plaît car tante Augusta m'avait autorisée, il y a un an, à la décorer selon mes préférences.En un moment, Sheldon fut à côté de Terry.Il lui souhaita le bonjour et réclama des manifestations de bon accueil.Terry le conduisit dans sa chambre.Sur le seuil, Sheldon s'arrêta et murmura.en jetant autour de lui, un coup d'œil approbatif : \u2014 La chambre de Terry!.C\u2019est la première fois que je suis admis à la contempler.\u2014 Auparavant, les meubles provenaient de la maison de mes grands- parents, commenta-t-elle, et tante Augusta, jugeant que ce style ne convenait guère à une jeune fille d'au- jourd'hui, me donna carte blanche.\u2014 C'est gentil de sa part.\u2014 Elle craignait que mes amies et compagnes, en voyant ce décor suranné, ne me considérassent comme n'étant pas a la page, ajouta Terry d'une voix dure.Ma tante n'est jamais généreuse, sans de bonnes raisons ! L'aspect général de la pièce avait bien un caractère féminin mais sans afféterie ; dans l'ensemble une teinte grise et verte dominait avec quelques touches dorées ; la ligne des meubles conservait une élégance et en même temps une parfaite adaptation à leur usage ; au pied du lit, un peignoir de soie molle formait une tache claire ; sur la table à coiffer, les brosses, les poudriers, les flocons de parfum posés en désordre, indiquaient que ces objets venaient de servir.Sheldon résuma son impression : \u2014 Je vous retrouve dans le cadre de votre chambre, Terry: voici le lit où vous reposez, la chaise où vous prenez place ; c'est devant ce miroir à trois faces que vous tâtonnez, avant de sortir, pour fixer l'angle exact d'inclinaison de votre chapeau ; i EPUIS que \u201cBuddy\u201d, le petit gargon de Mme W.McMurchy, eu les bronches trés congestionnées, Mme McMurchy s\u2019est rendu compte du danger d\u2019un rhume négligé.Elle s\u2019est rendu compte aussi que la moutarde est très précieuse pour aider à surmonter les rhumes et certaines maladies de poitrine.Mme McMurchy dit que c\u2019est à son médecin et au traitement à la moutarde qu\u2019elle doit la guérison de \u201cBuddy\u201d.La famille McMurchy habite Regina, Sask., où les hivers sont longs, froids et venteux.Et Mme McMurchy voit à ce que les rhumes ne soient pas négligés.Quand l\u2019un ou l\u2019autre de ses fils ou son mari ont les symptômes d\u2019un rhume, elle leur fait prendre un bain de pieds à la moutarde pour aider à empêcher qu\u2019il ne se développe un gros rhume.La moutarde, ce remède longuement éprouvé, sauvegarde la santé de cette famille des prairies depuis des années.Une Femme de 1\u2019Alberta Fait l\u2019Eloge des Bains de Moutarde Il y a quelques années, Mme M.Harvey de Red Deer, Alberta, se remit, après une longue période de traitement, d\u2019une maladie de poitrine menaçante.Aujourd\u2019hui, c\u2019est une personne active et bien portante, mais elle doit encore surveiller le moindre rhume ou la moindre congestion.\u201cSi j'ai la poitrine oppressée\u201d, dit-elle, \u201cje prends un bain de moutarde juste avant de me coucher.Avec deux cuillerées à soupe combles de moutarde et un peu d\u2019eau froide je fais une pâte que j'ajoute à l\u2019eau du bain.Dès que je suis prête à me coucher, je me mets un cataplasme à la mou- \"MAMAN EMPLOYA LES \\ - BAINS DE MOUTARDE POUR AIDER À ENRAYER LES RHUMES DE PAPA, / or \u201cBUDDY\u201d MEMURCH) 39 tarde sur la poitrine, que je ne garde pas plus de 20 minutes.Ce traitement est trés utile.Il m\u2019aide à me débarrasser de l\u2019op- pression\u2014aide ma respiration à devenir normale, et mes anciens troubles de poitrine n\u2019ont jamais reparu.\u201d La meilleure preuve que l\u2019on peut se fier à la moutarde c\u2019est que des milliers de gens l\u2019emploient chaque année.Laissez la moutarde vous soulager quand vous avez un rhume, que vous vous sentez frileux et déprimé par la grippe ou une autre infection hivernale.Employez-la pour aider à soulager les douleurs névralgiques, rhumatismales et névritiques et les autres malaises de ce genre qui peuvent vous affecter.Si les symptômes sont graves, ne manquez pas de consulter votre médecin.Livret d\u2019Instructions Envoyé Gratis Ecrivez pour demander notre livret sur les usages médicinaux et les modes d\u2019emploi de la moutarde.Adressez-vous à: Reckitt 8 Colman (Canada) Limited, Montréal.Comme les qualités de moutardes varient, achetez toujours la meilleure qualité qui soit, la moutarde la plus pure et la plus forte\u2014la Moutarde Keen.= 4 i F353 2% A! 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\u2014 Vous lui ressemblez beaucoup.C'est sans doute pourquoi j'ai cru le reconnaître.Il est très beau, n'est-ce pas ?\u2014 Il l'était.Cette photographie date d'avant son départ, c'est-à-dire il y a dix-sept ou dix-huit ans.\u2014 Il n\u2019y a pas besoin de chercher d'où vous tenez votre physique.\u2014 Je devrais lui être reconnaissante de m'avoir transmis, avec le sang, un visage calqué sur le sien.Maintenant surtout, je suis heureuse que vous ayez motif de m'admirer.Quelle impression vous fait-il, Kay?Mauvaise ?Sheldon, sans lever les yeux de dessus la photographie, secoua la tête et répondit : \u2014 Non, chérie, pas mauvaise.\u2014 Pourtant, de toute manière, ce n'est pas ce même visage que vous seriez en mesure d'évoquer, objecta- t-elle : ce portrait date d'une vingtaine d'années, de l'époque où nous étions, vous, un petit garçon et moi, un bébé.\u2014 Quelqu'un a-t-il idée du pays où il réside ?\u2014 Non.Du moins c'est la version de tante Augusta et il paraît probable, en effet, qu'elle n\u2019a jamais reçu de nouvelles.\u2014 Il n'y a donc pas impossibilité à ce que j'aie rencontré, quelque part en Amérique.votre propre père ! \u2014 Essayez de vous rappeler, Kay, s'écria-t-elle.Si cette rencontre a effectivement eu lieu, je brûle de savoir, où, quand, comment ?\u2014 Il y a dix chances contre une que je ne retrouve pas le fil.C\u2019est probablement un effet de mon imagination.\u2014 Bien.Mais dans l'hypothèse contraire, promettez-moi de me tenir au courant.\u2014 Entendu, je vous dirai la vérité, même si elle est pénible.\u2014 Vous n'hésiterez pas, même si c'est une révélation scandaleuse, n'est-ce pas?.\u2018Trafic de stupéfiants, traite des blanches, commerce d'alcool! \u2014 Vous me paraissez avoir une vue étendue sur les aberrations humaines ! Dans ma carrière passablement mouvementée, il se trouve que je n'ai jamais approché ces milieux de corruption.\u2014 Il se peut, au contraire, que mon père s'y soit risqué.Dans ce cas aussi, vous me rendez compte de ce que vous avez vu ?\u2014 Je vous le promets.Terry répondit d'une voix émue : \u2014 Merci.Ils scellèrent leur pacte d\u2019un baiser.CHAPITRE XII Trors semaines seulement séparaient maintenant les habitants de l'hôtel Broadbent de la date fixée pour le mariage.Les préparatifs absorbaient l\u2019activité générale : Augusta veillait personnellement à l'exécution de chaque détail car elle savait par expérience que son entourage n'avait aucune capacité d'organisation.Ade- laïde se contentait de manifester son émotion à tout propos ; Sophie formulait, d'une voix mourante, des vœux platoniques pour le succès de la réception ; Charlotte clignait des yeux, en admirant les nombreux cadeaux disposés sur diverses tables, après avoir été sortis des cartons et débarrassés de leurs emmaillotte- ments de papier de soie.Terry elle-même ressentait, indirectement, les effets de cette atmosphère fébrile : elle ne pouvait paraître sur le perron sans devenir le point de mire des photographes et, pendant qu'elle était à la maison, le téléphone ne lui laissait pas un instant de répit.Les symptômes de ce surmenage n'avaient pas échappé à l'œil vigilant de Phébé ; un soir à l'heure du coucher, tout en brossant les magnifiques cheveux de Terry, elle demanda : \u2014 Tu es fatiguée ?\u2014 Pas vraiment fatiguée mais j'avoue que mon mariage n'est pas une petite affaire ! Pendant quelques minutes le silence ne fut rompu que par le bruit de la brosse glissant sur l'épaisse chevelure, puis Phébé observa à brûle- pourpoint : \u2014 Ce n'est pas elle qui te pousse à faire ce mariage ?\u2014 D'où tiens-tu tes renseignements confidentiels, ma précieuse ?\u2014 Une longue fréquentation de Mlle Augusta me permet de deviner ses intentions .Je sais aussi qu'elle doit avoir ton intérêt en vue.Tout en parlant, Phébé choisit sur la table une brosse plus douce et reprit son occupation.\u2014 J'épouse l'homme que j'aime, répondit Terry.Tu crois à l'amour, Phébé ?\u2014 Oui, certainement.\u2014 Tu dois avoir un préféré, à la cantonade ?\u2014 Mon fiancé est mort, il y a quarante ans.\u2014 Oh! ma bonne Phébé, quelle pitié ! N'as-tu pas été courtisée depuis ?\u2014 On n'aime qu'une fois ! \u2014 Eh bien ! Je n'imaginais pas que tu fusses demeurée aussi romantique!.Pour ma part, j'ai trouvé l'unique, ajouta Terry avec une sorte d'humilité.\u2014 Es-tu bien sûre que Mlle Augusta ne l'a pas mis sur ton chemin?\u2014 Tu es une fine mouche, Phébé! \u2014 Je ne puis le nier ! \u2014 Je n'userai donc pas de détours: quelle que soit l'origine de nos fiançailles, Kay et moi savons maintenant que l'amour seul nous unit.\u2014 Assure-toi que ton fiancé ne conserve aucune arrière-pensée.Quand Phébé se fut retirée, Terry, après avoir éteint la lampe, ne put s'empêcher de réfléchir aux dernières \u2018paroles de la fidèle servante : « Assure-toi que ton fiancé ne conserve aucune arrière-pensée.» Par une sorte d'intuition, la vieille femme, dans san tendre dévouement, avait posé le doigt sur le seul défaut de l'armure forgée par le bonheur.Terry se demanda : « Suis-je absolument certaine de la parfaite com- phéhension de Kay ?» Un léger doute en effet planait encore sur les éléments fondamentaux de leur intimité.T'erry désirait ardemment, selon la suggestion de Sheldon, remonter dans le passé, afin de détruire tout vestige de la nuit du bal : aveux, compromissions, marchandages ! Terry médita longtemps sur ces pénibles conjonctures et essaya d'en discerner les conséquences possibles dans l'avenir.Elle prit finalement une décision, appuya sur le bouton de l'électricité, s'empara de l'appareil téléphonique placé près de son lit, se souleva sur le coude et composa le numéro de Sheldon.La réponse arriva sous forme de question .La jeune fille répliqua d'une voix * posée : \u2014 C'est Terry.Etes-vous couché, Kay ?\u2014 Oui, mais je ne dormais pas.\u2014 Vous pensiez à moi ?\u2014 Dois-je jouer au parfait amoureux ou être sincère ?Elle se mit à rire doucement et répliqua : \u2014 Moi, en tout cas, je pensais à vous.\u2014 J'étais en train de combiner certaines innovations techniques concernant Lorrieton.J'implore mon pardon ! Terry ne tint pas compte de cette prière, tant elle était absorbée par le sujet qu'elle se proposait d'aborder.~ Kay, s'enquit-elle, à quelle date devez-vous prendre part à cette fête- surprise ?\u2014 Lundi en huit.Pourquoi?\u2014 Je craignais que ce ne fût à la veille de notre mariage.Une préface de ce genre ne m'aurait pas souri.De plus, pour dire la vérité sans fard, j'entends que vous me consacriez cette journée tout entière.Nous deux, en tête à tête ! \u2014 Sera-ce possible ?Je prévois de bruyantes protestations dans notre entourage.\u2014 Je suis prête à les affronter.\u2014 Mon rôle a été si effacé dans les préparatifs, arrangements, cérémonies, occasionnés par notre mariage que je n'aurais jamais espéré occuper, la veille, le premier plan.Où irons-nous ?\u2014 Peu m'importe, pourvu que ce soit la complète solitude.\u2014 La mer?Une plage déserte ?\u2014 Ce serait l'idéal.Venez me chercher, au lever du jour.\u2014 Ne me mettez pas au défi ! \u2014 N'oubliez pas, surtout ?\u2014 Oublier ?J'y penserai à chaque minute d'ici là.La perspective de vous contempler, pendant douze heures d'affilée, me sourit d'autant plus que c'est à peine, ces derniers temps, si je vous ai entrevue.\u2014 Dans ces conditions, il est naturel que les épaisses murailles de Lorrieton aient masqué mon souvenir.Je vous pardonne ! Après de tendres adieux, Terry raccrocha le récepteur.Cette conversation procura un sensible soulagement a Terry; la certitude de passer un jour entier en compagnie de Sheldon, l'aida à supporter la fébrile agitation des ultimes semaines.Elle refusa systématiquement tous les rendez-vous proposés à cette date, en ayant soin de dissimuler la joie profonde que cette seule pensée faisait chaque fois sourdre, au plus intime d'elle-même.Adélaïde ne manqua pas d'observer qu'en général la veille du mariage, était la journée la plus surchargée d'ocupations pour la fiancée, en raison des retards et omissions presque inévitables.\u2014 J'échapperai, par bonheur, à ce tourbillon ! se contentait de répondre Terry.Sophie manifesta son inquiétude que la robe de la mariée ne nécessitât au dernier moment un nouvel essayage.\u2014 Dans ce cas, tante chérie, je serai contrainte de paraître à l'église avec ma robe de voyage, répliquait Terry, en guise de solution.Enfin le jour de la trêve arriva : les coups de téléphone, les sonneries de la porte d'entrée, les visites hâtives prirent fin.Le matin, Terry se réveilla de bonne heure ; bientôt les rayons, encore pâles, du soleil péné- LA Revue POPULAIRE trèrent dans sa chambre : « H fait beau, grâce au Ciel, > fut sa première pensée.Elle s'étira et demeura quelques instants immobile.Cette nuit réparatrice succédait à une journée particulièrement chargée : il avait fallu reviser tout le programme et procéder à la répétition générale de la cérémonie.Louise, la principale demoiselle d'honneur, était présente.Pontifex avait accepté d'être le garçon d'honneur de Sheldon, non sans causer de graves préoccupations à Priscilla: celle-ci avoua l'idée de voir Pontifex apparaître dans son costume d'excursionniste ou encore marcher sur la traîne de la mariée ; elle redoutait aussi qu'il ne tombât amoureux d'une des demoiselles d'honneur.Mme Smith-Vane avait offert ses salons pour la réception et pour le lunch.La répétition terminée, Terry avait dû/ sur un appel téléphonique de Viviane, rejoindre celle-ci pour mettre au point certains détails d'organisation et en conséquence elle avait à peine entrevu Sheldon.Etendue dans son lit, elle se disait « Nous n'avons pas pu hier confirmer notre rendez-vous.L'aura-t-il oublié ?> ajouta-t-elle, avec un serrement de cœur.Elle regarda sa montre : il allait être sept heures.Si Sheldon venait la chercher, il arriverait sans doute entre huit et neuf.Elle sauta de son lit et s'approcha de la fenêtre pour observer le ciel.L'automobile de Sheldon était arrêtée en face de la maison.Ainsi Kay n'avait pas oublié ! La joie fit monter le sang aux joues de erry.Quand Terry fut prête, elle descendit dans le hall et Sheldon marcha à sa rencontre.La porte d'entrée se trouvait ouverte, une des femmes de chambre étant en train de laver les marches du perron.Un rayon du soleil matinal pénétrait par l'ouverture, traçant une ligne lumineuse sur le parquet.De dessous les bords souples d'un panama, Terry leva les yeux sur Kay.\u2014 Depuis combien de temps êtes- vous ici ?demanda-t-elle d'une voix émue.\u2014 Depuis six heures et demie.Vous m'aviez recommandé de venir vous chercher de bonne heure, ré- pliqua-t-il.erry tenait à la main un costume de bain jaune et un peignoir éponge.\u2014 Avez-vous découvert la plage idéale ?Sheldon répondit d'un signe de tête affirmatif et il suivit Terry qui se dirigeait vers l'automobile.Sur les coussins du coupé, il y avait panier de provisions, des couvertures empilées et les affaires de bain de Sheldon.Terry y jeta les siennes et prit place sur le siège.\u2014 Six heures et demie ! dit-elle gaiement tandis que la voiture démarrait .La pensée de cette longue attente me donne des remords ! \u2014 Je me suis réveillé à heures mais j'ai cru plus sage tienter jusqu'au jour.\u2014 Vous auriez pu, en arrivant, lancer du gravier contre ma fenêtre.\u2014 J'ai cherché en vain des petits cailloux sur le trottoir.Comme projectile, je n'avais à ma disposition qu'une clé anglaise ! L'automobile glissait sans bruit dans les rues désertes et ce fut seulement à la sortie de la ville que Terry s'informa du but de leur voyage.\u2014 Un peu au delà de Hampshire se découpe une baie solitaire qui remplit, il me semble, toutes les conditions voulues.À moitié chemin, nous nous arrêterons à une auberge provinciale pour notre premier déjeuner.uatre e pa- JANVIER 1943 \u2014 Le panier suffit-il pas ?\u2014 Le panier contient le lunch, le goûter et le souper.Vous avez spécifié qu'il s'agissait de la journée entière.Terry sourit joyeusement et glissa son bras sous celui de son voisin.Dès le début, l'excursion s'annonça bien.L'auberge devant laquelle la voiture stoppa vers huit heures et quart, répondait parfaitement aux aspirations de Terry : le portail à colonnettes, invitait au repos et la salle à manger, avec un plafond à caissons, avait une apparence vétuste à souhait.Le déjeuner terminé, les voyageurs s'attardèrent autour de la table.\u2014 Nous remontons le cours des siècles, observa Terry et la capitale s'enfonce dans le lointain ! \u2014 Dès que je franchis les faubourgs, la ville n'existe plus pour moi : je me replace dans mon élément, confirma Sheldon.\u2014 C'est pourquoi j'ai tenu a ce que nous nous évadions aujourd'hui, en pleine campagne : c'est comme un rafraîchissement, une sorte de baptême pour nous préparer à demain.\u2014 Un mariage élégant couronne dignement votre vie mondaine, ma chérie, mais vous pouvez imaginer mon désarroi : un homme des bois ! \u2014 Je regrette, pour ma part, que la cérémonie n'ait pas lieu dans une petite église de campagne, sans faste ni invités : vous et moi, seuls, pour entendre la parole de Dieu.\u2014 Nous aurions désappointé trop de monde et peiné nos amis, objecta Sheldon.Après tout, nous penserons surtout à nous, tandis que la cérémonie se déroulera dans la nef.Terry détourna la tête, avant de dire : \u2014 On ne peut pas s'abstraire complètement du milieu ambiant .Chaque partie de l'office renferme un sens profond.Je prévois que je serai émue.Sheldon mit sa main sur celle de Terry, posée sur la table et remarqua : \u2014 Je ne savais pas, Terry, que vous envisagiez cette cérémonie avec tant de gravité.\u2014 Je ne serais pas troublée à ce point, murmura-t-elle .si certaines circonstances .Elle interrompit brusquement sa phrase et reprit, en souriant : \u2014 J'espère néanmoins me comporter décemment.\u2014 Je vous soutiendrai de mon mieux.J'ai appris mon rôle par cœur et Ponty n'a rien laissé au hasard.Il m'a rappelé qu'au collège il m'a souvent tiré d'un mauvais pas et, pour cette occasion, il se fait fort de me sortir d'embarras.Sheldon prit alors la visage de Terry entre ses mains et le rapprocha du sien.Le soleil était déja haut dans un ciel d'azur quand ils quittèrent l'auberge pour continuer leur route.La chaleur se faisait sentir dans toute sa violence, au moment où ils arrivèrent à la côte : Sheldon amena l'automobile à l'extrémité de la falaise non sans cahots; ils descendirent alors et aperçurent une petite baie enserrée par un demi-cercle de rochers.La paroi de la falaise était sillonnée de crevasses, formées par des glissements de terrain, et aboutissait en pente douce sur le sable.À leur droi- de provisions ne - te, s'étendait une rangée de pins tordus par le vent.Aucun être humain n\u2019apparaissait à l'horizon ; un silence profond régnait alentour, à peine troublé par le clapotement des vagues se brisant sur la plage et le cri des mouettes.\u2014 Quelle paix délicieuse ! s'écria Terry.| La marée était haute et la nappe d'eau, baignant le pied de la falaise, avait un attrait irrésistible.\u2014 Allons prendre un bain, suggéra Sheldon .Déshabillez-vous dans l'automobile et j'en ferai autant, au rez-de-chaussée.Sheldon, en costume de bain, se tenait debout au pied de la falaise quand Terry s'engagea sur le sentier en pente.Moulée dans un maillot jaune, ses cheveux épandus, la blancheur de ses bras et de ses jambes se détachant contre le fond de verdure et de terre brune, elle donnait l'impression d'une statue d'or et d'ivoire plutôt que d'une créature vivante.Sheldon la contemplait avec admiration, sans songer à lui prêter une assistance d'ailleurs inutile : la jeune fille s'élança d'un pied sûr et l'instant d'après, elle arrêtait sa course devant son compagnon .D'un mouvement simultané, dès que Terry eut dissimulé ses cheveux sous son bonnet, ils plongèrent dans la mer.Ils se défilèrent en nageant, côte à côte, dans toute la largeur de la baie pour revenir ensuite se sécher au soleil, sur le sable et recommencer bientôt.Pendant les entr'actes, ils couraient et sautaient sur la plage, en jouant comme des enfants.Le seul signe rappelant, au milieu de cette fête champêtre, les mondanités du lendemain était le soin que prenait Terry, quand elle s'étendait sur le sable, de protéger son visage contre les morsures du soleil, en s'abritant sous les vastes bords de son panama.\u2014 Si je faisais demain mon entrée à l'église, dans ma somptueuse robe de satin blanc, avec un coup de soleil sur le nez, mon succès se trouverait bien compromis, dit-elle pour expliquer cette précaution.Un peu plus tard, s'ils s'installèrent sur une plate-forme recouverte de gazon, à mi-chemin de la falaise, pour déjeuner : Terry disposa, sur la nappe, le poulet froid, le jambon et des biscuits.Après avoir fait honneur au repas, Sheldon alluma sa pipe et ils conversèrent galement ; au out de vingt minutes, Terry réprima deux ou trois baillements et le jeune homme demanda : \u2014 Vous avez sommeil ?\u2014 Je sens que je vais m'abimer dans un nirvana délicieux, murmura- t-elle.\u2014 Moi aussi.Terry appuya sa tête sur le bras de Sheldon et ils s'endormirent, instantanément, d'un sommeil d'enfant.Quand ils rouvrirent les yeux, le soleil descendait à l'ouest et la mer dessinait une ligne brillante dans le lointain, laissant à découvert le sable parsemé de goémons et de mares d'argent.\u2014 Sommes-nous à- demain matin ?interrogea Terry, en s'étirant.Leurs rires se répondirent.Ils se rhabillèrent, prirent une tasse de thé et, après avoir remis la vaisselle dans le panier, regagnèrent l'automobile.Il était près de six heures : les ombres s'allongeaient ; des reflets pourpres glissaient entre les pins.Désireux de terminer la journée dans ce décor enchanteur, les deux jeunes gens suivirent le bord de la falaise et pénétrèrent dans le bois.\u2014 Un bois de pins, l'automobile, un pique-nique vous et moi!.remarqua Sheldon en riant .Le passé semble se reconstituer.\u2014 Cette première soirée, comme c'est loin! Ils évoquérent chaque détail de leur équipée, retrouvant les phrases mémes de leur conversation et constatèrent, avec satisfaction, qu'ils pouvaient évoquer sans émoi, ces heures tumultueuses.L'odeur balsamique des arbres embaumait l'air marin.Terry s'arrêta et murmura : \u2014 Kay.Un tête-à-tête qui dure douze heures ! \u2014 C'est l'épreuve du feu, déclara- t-il d'une voix un peu rauque.\u2014 Pour ma part, j'en sors indem- me ! dit-elle en le regardant en souriant.Et vous, Kay, comment l'avez- vous supportée ?\u2014 Je ne sais pas si j'aurais le courage de vous laisser échapper ! n même temps, il prit Terry dans ses bras et lui couvrit le visage de baisers.Dix heures sonnaient quand l'automobile stoppa, de nouveau, devant la maison Broadbent.\u2014 Je ne monterai pas ce soir, glissa Kay à l'oreille de Terry.je ne pourrais tolérer la présence de tiers après vous avoir eu, à moi seul, la journée entière.Debout sur le trottoir, Terry se pencha à la portière et répondit : \u2014 Il n'y a pas eu de plus belle journée depuis le commencement du monde ! .J'ai l'impression que ces heures sur la plage ont préludé à une nouvelle vie, comme si la marée, en se retirant, avait emporté le passé.Kay, vous êtes tout à fait sûr, n'est- ce pas, que l'argent n'a plus aucune part dans notre union?~ Jen ai la certitude absolue, Terry.\u2014 Vous savez que je vous épouserais demain, même si vous n\u2019aviez pas un sou vaillant ?\u2014 Je le sais.Terry soupira profondément, tout en souriant; puis murmurant un « bonsoir », elle le quitta.Le lendemain après-midi, les invités, placés au voisinage du chœur, racontèrent, en sortant de l'église, qu'au moment où Terry arrivait à leur häu- teur, son visage leur apparut transfiguré par l'irritation d'une lumière surnaturelle.Dans sa robe blanche, Terry marchait au bras d'un cousin Broadbent d'âge canonique.Elle sourit en prenant de Kay et fit preuve, durant toute la cérémonie, de tant d'assurance et de sérénité qu'Adélaïde ne put retenir ses larmes ; Sophie et Charlotte ne cachèrent pas leur émotion et Augusta elle-même adoucit son port majestueux.Louise parut troublée au point de commettre divers manquements à ses devoirs de demoiselle d'honneur ; Priscilla édifia tous ses voisins par son attitude recueillie.Pontifex se montra à la hauteur de sa charge et donna l'impression d'avoir derrière lui une grande expérience.Après la cérémonie, il insista pour user du privilège d'embrasser la mariée.\u2014 Ma fonction de garçon d'honneur me confère ce droit légal et je désire en profiter.Je ne prévois pas, en effet, que l'avenir me réserve une autre opportunité, fit-il remarquer gravement.Il avait été entendu officiellement que les mariés passeraient leur lune de miel en Ecosse, mais certaines modifications urgentes à apporter au lan primitif des aménagements à orrieton, leur firent remettre leur départ ; ils s'installèrent donc pour uelques jours dans l'appartement de ondres où Phébé se chargeait de leur service.Cette solution permettait à Sheldon d'être tenu journellement au courant.La réception se prolongea fort tard et Terry, après avoir changé de toilette, ne fut prête à partir que vers l'heure du dîner.Phébé qui s'était rendue directement de l'église à l'appartement, leur ouvrit la porte de son air renfrogné habituel.Bn compensation, il sutfi- sait de jeter un coup d'œil dans les lace à côté PB à Onglés CUTEX GAMME COMPLETE DE TEINTES ELEGANTES QUI DURENT DES JOURS ET DES JOURS Comment Soulager la Et s\u2019alder à obtenir la résistance contre elle! 81, comme tant de femmes et de jeunes filles, vous souffrez de crampes, de maux e tête et de dos, de l'ennui de l\u2019\u2018Arrégularité\u201d, de périodes de cafard: \u2014 à cause du désordre fonctionnel mensuel \u2014 Commencez 1mmédiatement \u2014 pha: nez le Composé Végétal Lydia E.- ham.Ce liquide bien connu ne fait pas que soulager les douleurs mensuelles, mais il soulage aussi de la fatigue, de la faiblesse et de l'état de nervosité.Ceci à cause du soulageant effet produit par ses herbes et racines efficaces sur UN DES PLUS IMPORTANTS ORGANES DE LA FEMME.Pris régulièrement \u2014 le Composé Lydia Pinkham alde à reconstituer une résistance contre de tels symptômes.Des milliers et des milllers de femmes en ont louangé de multiples bienfaits.Aussi, un excellent tonique pour l\u2019estomac.Vaut d\u2019être essayé / Pour avoir une bouteille d'essai, déchirez cette annonce et envoyez-là avec vos noms et adresse à Lydia E.Pinkham Medicine Co., 201 Tucker St, Lynn, Mass.Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre 42 Essentiel à l'hygiène de lo chevelure Tenir les cheveux parfaitement propres c'est en assurer l'hygiène.Une beauté durable et l'admiration en sont le résul- fat.Les propriétés hygiéniques du shampooing Evan Williams ont grandement contribué à son universelle popu- Cette merveilleuse aventure .la / Jeu nesse NE connaissez-vous pas dans votre entourage de ces femmes \u2014 peu importe leur âge \u2014 qui semblent douées d\u2019une jeunesse éternelle ?Leur regard exprime la joie de vivre, leur sourire a cette qualité indéfinissable des choses neuves, leur moindre geste remue de l'aurore autour d'elles.Ont-elles un secret ?une formule ! .Non pas, mais elles ont recours à FEMOL pour s'affranchir des malaises particuliers à leur sexe et peuvent traverser la vie, Un sourire aux lèvres.FEMOL n\u2019est pas un simple calmant : ce concentré végétal va à la source du mal, soulage la douleur, tonifie les organes et les rend plus aptes à remplir leurs fonctions naturelles.Ne souffrez plus inutilement tous les mois ou aux époques difficiles de votre vie.Demandez aujourd'hui même une boîte de FEMOL à votre pharmacien.ADOLESCENCE - MATERNITÉ - RETOUR D'ÂGE FEMOL CONCENTRE PUREMENT VEGETAL INSTITUT CAZO 637, rue Craig ouest, Montréal.Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre piéces pour avoir la preuve des multiples attentions de la fidèle servante : il y avait des fleurs dans tous les coins ; les fenêtres étaient ouvertes derrière les rideaux tirés qu'une brise légère agitait ; tous les bibelots auxquels Terry tenait, se trouvaient placés sur les différentes tables.Ils traversèrent la salle à manger \u2019 où le couvert, pour deux personnes, formait un ensemble élégant.Dans la chambre de Terry, la robe d'intérieur était préparée sur le lit et le somptueux nécessaire de toilette, présent de Viviane Smith-Vane, ornait la coiffeuse.Terry fut particulièrement touchée d'apercevoir, à leur place correspondante, les photo raphies de son père et de sa mère.Élle se retourna vers Phébé qui la suivait, en portant son manteau, et l'embrassa tendrement.\u2014 Tu as reconstitué ici le décor où j'ai vécu toute ma vie, ma précieuse, murmura-t-elle d'une voix émue.\u2014 Tu as besoin d'une bonne tasse de thé, déclara Phébé avec autorité, en s\u2019efforçant de demeurer imperturbable.Terry enleva son chapeau et l'envoya rouler sut un fauteuil à l'autre extrémité de la chambre.\u2014 Comment as-tu pu le deviner ?reprit Terry en riant ; le buffet était chargé des mets les plus délicats mais il m'aurait été impossible d'avaler un morceau de quoi que ce soit; je ne me suis jamais sentie nerveuse a ce point.Phébé disparut aussitôt.Terry s\u2019assit devant sa coiffeuse et lissa ses cheveux avec les brosses d'écaille, cerclées d\u2019or, du nécessaire.Le mi- moir lui renvoya une image inédite d'elle-même : son regard plus alangui, ses joues plus roses donnaient au visage une expression de douceur inaccoutumée : « C'est sans doute une transformation résultant du sacrement du mariage, pensa-t-elle, car je ne me reconnais pas!» Le fond devant lequel se détachait le visage de Terry, dans la glace, fut brusquement modifié quand Sheldon apparut dans l'entre-bâillement de la porte.Il s\u2019approcha et leurs re- ards se croisèrent .Les yeux de ay interrogèrent : « Tu m'aimes ?» et ceux de Terry répondirent : -« À la foie ! » Maintenant, Sheldon dont la silhouette se reflétait dans le miroir, se penchait pour embrasser la jeune femme.Soudain il s'immobilisa, laissant le baiser en suspens.Sa tête se trouvait presque au niveau de celle de Terry.La jeune femme put constater qu'il semblait hypnotisé par la photographie de M.Sloane.\u2014 Kay, vous l'avez reconnu ! Vous vous rappelez tout à coup où vous l'avez-vu s'écria-t-elle.Sheldon se redressa brusquement et se mit à marcher de long en large, d'un air égaré .Terry fit faire un demi-tour au tabouret mobile sur lequel elle était assise, de façon à se placer en face de son mari.\u2014 Vous m'avez promis de tout me dire, sans aucune restriction, pour- suivit-elle, le regard brillant d'impatience.\u2014 Je le sais bien ! répliqua-t-il en évitant de lever les yeux.\u2014 Sans tenir compte ni de l'endroit où vous l'aviez rencontré, ni de la situation sociale qu'il occupait.\u2014 Je ne le sais que trop ! répéta-t- il d'une voix rauque.Terry devint anxieuse et ajouta : \u2014 C'est donc que vous redoutez de me faire cet aveu, Kay!.Je veux tout entendre ! \u2014 Pas aujourd\u2019hui, Terry.Oh! pas aujourd'hui ! Terry fut fraopée de l'intonation tragique dont Sheldon formula cet anpel.Il lui tournait presque le dos et elle l'examina avec attention.\u2014 Vous l'avez donc surpris, exer- cant quelque métier honteux\u2019.N'hésitez pas à parler néanmoins : Ne me suis-je pas engagée à ne m'émouvoir d'aucune révélation ?Je tiendrai ma parole, d'ailleurs je ne m'attendais pas à ce qu'il vous donnât l'occasion de lui décerner un certificat de bonne conduite, \u2014 Non.non! Ce n'est pas le motif de mon hésitation.\u2014 Quelle autre raison pouvez- avoir de me cacher la vérité ?Après un long silence, il proféra: \u2014 Quelle fatalité ! Pourquoi faut- il que cette lamentable histoire coïncide avec cette journée lumineuse ?Il fit volte-face et reprit : \u2014 Ecoutez, Terry: laissons ce sujet de côté, pour aujourd'hui.\u2014 Mais pourquoi ?\u2014 C'est difficile à expliquer.\u2014 N'est-ce pas assez que je vous le demande ?Je ne comprends pas quel obstacle vous arrête.Je vous répète que je ne me fais aucune illusion.\u2014 Il ne s'agit pas d'une illusion, insista-t-il.\u2014 Est-ce à dire qu'il n'y a rien de dégradant dans la conduite de mon père ?\u2014 Rien.\u2014 Ai-je le droit d'espérer qu'il se comporte comme une personne respectable ?ajouta-t-il avec un Tire forcé.\u2014 Oui.\u2014 Étes-vous sûr de ne le jouet d'une ressemblance \u2014 Absolument certain .Ses yeux suffiraient à l'identifier.\u2014 Mais le reste du visage ?\u2014 Il porte maintenant la barbe C'est sans doute pourquoi je ne l'ai pas immédiatement reconnu sur la photographie .D'ailleurs le nom de famille, qui me revient aussi, apporte une nouvelle confirmation.\u2014 Il vit donc sous son véritable nom ?\u2014 Mais oui.Il dirige un hôtel.Je me suis souvenu, à l'instant, avoir lu sur une facture le nom du propriétaire : « Sloane.» Sheldon parlait lentement, «comme à regret.\u2014 Un bon hôtel, Kay?.de louche ?\u2014 Autant que j'ai pu en juger.rien.\u2014 À quelle époque, Kay, remonte votre rencontre ?\u2014 Il n'y a pas bien longtemps environ un an.guère plus.quinze mois peut-étre.Le temps passe si vite ! \u2014 Et il ne vous a pas fait mauvaise impression ?\u2014 Du tout.\u2014 Etait-ce au Canada ?\u2014 Oui.\u2014 Mais alors, Kay, pourquoi hésitiez vous à me faire part d'un souvenir aussi réconfortant?Si vous saviez dans quel abime de déchéance j'ai parfois imaginé que mon père état tombé ! Lui avez-vous parlé ?\u2014 Nous avons échangé quelques mots.Il a conservé l'accent anglais.\u2014 Vous avez remarqué ce détail ! Eh bien ! mon père commence à pren- pas être Rien dre corps : il porte la barbe.Il a mes yeux.Sa manière de parler évoque son origine.N'y avait-il pas, Kay, dans son apparence, quelque \u2018chose indiquant qu'il avait frôlé la prison ?\u2014 Non ; du moins cette idée ne me serait pas venue, à son sujet.\u2014 Il est difficile de deviner le passé d'un homme, après plusieurs années.\u2014 Je ne me doutais pas, à cette époque, qu'il eût un délit à se reprocher.\u2014 L'hôtel paraissait-il prospère ?La Revux POPULAIRE \u2014 L'hôtel était très bien tenu.Il se trouvait entre deux villes, en bonne situation pour servir de relais aux automobiles.\u2014 Quel aspect général a mon père: est-il grand, petit, maigre ?Les questions de Terry se succédaient rapidement, tant elle était avide d'obtenir des détails.Kay répondit de son mieux.\u2014 Votre père est grand et mince: ses cheveux et sa barbe grisonnent, si je ne me trompe ; ses manières sont réservées, un peu distantes.Je l'ai trop peu vu, Terry, pour pouvoir vous donner un signalement détaillé.Terry jeta un regard, à la dérobée, sur Sheldon et dit, au bout d'un moment : \u2019 \u2014 J'ai l'impression, Kay, que vous avez une arrière pensée.Il s'agit de mon père et je suis anxieuse de pouvoir me le représenter tel qu'il est.Kay s'éloigna de quelques pas, pour allumer une cigarette puis il reprit : \u2014 Puis-je lui écrire, Kay ?Savez- vous l'adresse de l'hôtel ?\u2014 Il ne me sera pas difficile de la reconstituer, au moins approximativement.\u2014 Alors, je vais lui écrire et quand nous serons au Canada, vous me conduirez lui faire une visite.J'entendrai peut-être- de sa bouche, une autre version de l'événement déplorable qui a provoqué sa fuite.N'est- ce pas merveilleux, Kay, que je vous doive, un jour, de connaître mon père ! Elle se rapprocha et appuya son visage contre celui de Sheldon.II l'embrassa tendrement et murmura : \u2014 Ne regrettez jamais que je vous aie amenée à lui! Elle se recula légèrement.afin de regarder son mari dans les yeux et poursuivit : \u2014 Pouvez-vous vous rappeler, Kay.quel a été le sujet de votre conversation avec mon père ?Sheldon Jada longtemps le silence et quand il le rompit enfin, ce fut d'une intonation décidée qui ne semblait pas en rapport avec un simple monosyllabe affirmatif : \u2014 Oui! En même temps, il desserra son étreinte et, de son côté, la jeune femme se recula instinctivement.Il fit alors quelques pas pour jeter sa cigarette dans un cendrier posé sur la cheminée puis il revint vers Terrv et, en la regardant bien en face, déclara : \u2014 Opale se trouvait avec moi, ce jour-là .\u2026.En entendant ce prénom, Terry sursauta .Sheldon continua : \u2014 Depuis le moment où vous m'avez questionné sur ma rencontre avec votre père, j'ai essayé de me persuader que ma promesse de vous faire part de tous mes souvenirs le concernant, ne m'obligeait pas à mentionner la présence d'Opale à l'hôtel.Après avoir bien réfléchi.je suis contraint d'admettre que je n'ai pas le droit de passer ce fait sous silence.La gravité du ton de Sheldon fit disparaître instantanément toute trace de sourire sur la physionomie de Terry.\u2014 Cette circonstance ocaupe-t-elle donc une place si importance dans le souvenir que vous a laissé mon père?squffla-t-elle, d'une voix mal assurée.\u2014 Je ne puis dissimuler la présence d'Opale à l'hôtel, simultanément à la mienne, sans commettre un mem- songe.Il s'arrêta brusquement, en constatant l'incroyable changement qui venait de se produire dans l'expression des yeux de Terry : celle-ci demeurait immobile, attendant manifestement qu'il parlât.Après une lé- pay eee a JANVIER 1943 gère hésitation, Sheldon secoua les épaules, comme s'il voulait s'élancer et murmura : \u2014 C'est précisément à propos d'Opale que votre père m'a adressé la parole.Lui et elle sont donc inséparables dans ma mémoire et je ne puis les rejoindre dans mon récit.erry ne fit aucun commentaire mais son regard continuait a questionner .Sheldon compléta son aveu: \u2014 Il faut tout dire: votre père m'a conseillé, quand il est resté seul avec moi, de ne pas fréquenter Opale.Il s'exprimait par a-coups et semblait obéir à une force supérieure à sa volonté.Terry finit par répon- re : \u2014 Avez-vous suivi son conseil ?Sans détourner la tête, il répliqua : \u2014 Non.L'attitude de la jeune femme ne prêtait à aucun équivoque : redressée de toute sa hauteur, déjà elle faisait figure d'accusatrice.\u2014 Ainsi, vous avez effectivement abusé de la confiance que M.Rock vous témoignait ?Sans baisser les yeux, Sheldon continua à voix basse : \u2014 C'est précisément le point qui est si difficile à expliquer.\u2014 Existe-t-il une explication ?de- manda-t-elle d\u2019un ton tranchant.\u2014 Il y en a une, Terry, si vous.Il interrompit sa phrase, en voyant la jeune fille se diriger vers la coiffeuse et prendre en main la photographic de son pére.Lair absor- é, Terry poursuivit, en scandant ses mots : \u2014 Ainsi, voilà donc le motif pour lequel vous étiez si bouleversé quand vous vous êtes rappelé les circonstances de votre rencontre avec mon père.Je m'imaginais que vous craigniez de me causer une émotion, en m\u2019apprenant la situation sociale de l'homme dont je porte le nom.\u2014 Je ne voulais pas qu'Opale occupât ma pensée, un seul instant, au- jourd hui.Il se rapprocha vivement de Terry et l'entoura de ses bras.Terry essayait en vain de se dégager.Elle balbutia enfin : \u2014 J'ignorais, quand j'ai décidé de passer l'éponge.l'aventure à laquelle vous venez de faire allusion.\u2014 Faites un effort pour comprendre, Terry.\u2014 Je ne crois pas que je puisse jamais comprendre la trahison.J'étais si profondément convaincue que vous étiez incapable d'une pareille félonie.Tout en parlant, Terry cherchait à rompre l'étreinte qui la retenait prisonnière .Sheldon se pencha vivement pour embrasser la petite main ornée de l'alliance neuve.\u2014 Je reconnais que les apparences sont contre moi mais en réalité je n'ai pas commis cette félonie.Is étaient si absorbés dans leur conversation qu\u2019ils sursautèrent, en entendant un bruit de voix provenant du hall.Sheldon rendit, instantanément, à Terry la liberté de ses mouvements.Phébé disait : \u2014 Veuillez entrer dans le salon, Mademoiselle .J'irai avertir Sheldon.Une voix aiguë, évidemment féminine, répondit : \u2014 Il est inutile de faire tant de cérémonies avec moi, ma bonne : je suis une vieille amie de M.Sheldon.Sheldon devint cramoisi.il s'\u2019avança et ouvrit la porte.Par l'en- tre-bâillement.Terry aperçut Phébé aux côtés de laquelle, se trouvait une jeune personne brune, de petite taille et habillée en rouge.Kay s'écria : \u2014 Opale ! La nouvelle venue déclara : \u2014 Oui, c'est moi-même, je vous apporte, en personne, mes vœux ! ous m'attendiez bien un jour ou l'autre, n'est-ce pas ?Tout en parlant, la visiteuse fit un pas en avant dans la direction du jeune couple mais Sheldon l'arrêta sur le seuil de la chambre, d'un geste décidé et pénétra avec elle dans le salon adjacent dont il referma la porte derrière lui.Phébé, restée seule dans le hall, manifestait une inquiétude inaccoutumée.\u2014 Votre thé est servi, Madame, annonça-t-elle.Terry, la tête haute, gagna le salon.CHAPITRE XIII Dux coup d'œil, Terry examina le groupe qui occupait le fond de la pièce : Opale était debout devant la cheminée et Sheldon lui faisait face.Sheldon fut extrêmement gêné, en voyant apparaître Terry et il hésitait sur le parti à prendre mais Opale ne lui laissa pas le choix : d'une allure timide, elle se rapprocha de Terry en disant : \u2014 Vous êtes aussi belle que je l'imaginais, d'après vos photographies dans les journaux.Les grands yeux sombres, brillant avec une intensité extraordinaire, démentaient ces manières de petite fille.\u2014 Vous êtes bien aimable, répli- ua Terry en se mettant sur la dé- ensive.Se tournant vers Kay, Opale demanda : \u2014 Ma visite, je suppose, ne vous a pas surpris ?\u2014 Rien ne me la faisait prévoir, répondit Sheldon.J'ignorais même que vous fussiez en Angleterre.\u2014 Vous saviez pourtant que Leslie s'y trouvait ?\u2014 Oui.\u2014 Vous avez deviné, n'est-ce pas, la raison qui m\u2019amène ici ?\u2014 L'expérience m'a appris, Opale, qu'avec vous on n'est jamais sûr de rien, riposta Sheldon.Il s'éloigna alors dans la direction de la fenêtre.\u2014 J'entrerai immédiatement en matière, déclara Opale avec assu- trance.Je me propose d'attaquer le testament.Sheldon ne put dissimuler sa surprise : il avait envisagé diverses hypothèses pour expliquer la présence d'Opale à Londres mais il ne s'attendait aucuriement à cette décision.Il se rapprocha des deux femmes et interrogea : \u2014 Quoi?Que voulez-vous dire, Opale ?\u2014 Je vais attaquer le testament de papa .Je le ferai annuler.Je vous empêcherai de profiter de mon argent.Est-ce clair ?\u2014 Le testament est parfaitement régulier.D'une part, votre père a disposé d\u2019une portion de sa fortune en ma faveur et pour le reste il m'a dicté ses intentions.Je suis en train d'exécuter ponctuellement le plan qu'il a tracé.Rien à tenter de ce côté ! \u2014 C'est ce que nous verrons.Consultez un homme de loi, riposta Opale d'un air triomphant.Vous avez abusé de votre influence sur mon père.\u2014 Vous vous trompez : je n'ai rien eu à faire avec la rédaction du testament et j'ai été aussi étonné que vous tous, quand j'en ai pris connaissance.Je ne me doutais même pas que votre père me ferait un legs.En écoutant les odieuses accusations formulées par Opale, des déductions cruelles se succédaient dans l'esprit de Terry : puisque Sheldon ne se révoltait pas, c'est donc qu'il ne pouvait opposer un démenti aux allegations d'Opales.Mlle Rock continua son réquisitoire : \u2014 Les usines de Lorrieton ont occupé l'activité de mon père pendant les dernières années de sa vie ; des capitaux très importants s'y trouvaient immobilisés.Vous étiez bien placé pour vous rendre compte du brillant avenir destiné à cette entreprise industrielle et vous n'avez eu de cesse que mon père ne vous en institue l'héritier !.Eh bien! aurait-il agi de cette façon, s'il avait su comment vous vous étiez comporté avec moi ?Il se reposait si aveuglément sur vous qu'il vous avait chargé d'aller me chercher au collège et de me ramener à la maison .\u2014 Vous abordez, je suppose, le point principal de la plaidoirie de votre avocat ?interrompit Sheldon.\u2014 Evidemment, c'est le pivot même du procès.Croyez-vous qu'un juge ou un juré pourrait ne pas être impressionné par une pareille conduite ?Ils seront fatalement contraints de conclure qu'aucun père ne choisirait pour héritier un homme capable de compromettre sa fille ! Terry jeta un regard à la dérobée sur Sheldon et constata qu'il rougissait violemment, en affectant d'observer, par la fenêtre, les passants dans la rue.Peu à peu les lumières s'allumaient dans les appartements d'en face.L'illumination générale fit comprendre à Terry que la journée finissait.Cette scène répugnante avait lieu le soir même de son mariage! À ce moment, Opale se tourna vers Terry et poursuivit : \u2014 Vous saisissez maintenant la raison qui poussait Sheldon à insister -pour ne pas laisser notre explication se dérouler en votre présence?Il aurait certainement préféré camoufler la vérité, à votre usage.Sheldon intervint vivement : \u2014 Le fait est que j'avais mis Terry au courant de cette aventure ; ainsi, si vous n\u2019avez rien à ajouter, il ne vous reste qu'à vous retirer.\u2014 Comment, vous lui aviez parlé de moi ?demanda Opale d'une voix moins assurée.\u2014 J'ai dit l'essentiel, répliqua Sheldon.Dans ces conditions.\u2014 Pas si vite ! Vous ne vous débarrasserez pas de moi à si bon compte.Avant de partir, je me propose de fournir à votre femme une version authentique des événements.\u2014 Il me semble que je suis suffisamment renseignée, murmura Terry dans un souffle.Mais Opale était décidée à aller jusqu'au bout.\u2014 Pas tout à fait! Vous ne connaissez pas encore les circonstances exactes : sur le chemin du retour, nous avons eu une panne d'automobile, selon les meilleures traditions du genre.Kay fit un geste brusque comme s'il se préparait à infliges un démenti à Opale mais, à la réflexion, il s'abstint.Elle continua : \u2014 Vous devinez ce qui s'ensuivit: il m'a annoncé que nous serions forcés d'aller à l'hôtel, pendant la réparation .Précisément l'hôtel se dressait à quelques pas: curieuse coïncidence, n'est-il pas vrai?s'écria t-elle d'un ton sarcastique.Malgré sa volonté de mettre fin à cet entretien, Terry ne pouvait s'empêcher de souhaiter apprendre tous les détails, de la bouche même de l'intéressée.Déjà il était trop tard pour reculer.Opale reprit : \u2014 Devant l'inévitable, que pou- vais-je faire ?Je dus me résigner à l'accompagner.Nous étions dans un pays perdu, sans possibilité de nous (Lire la suite page 52) i 43 Pa de baisers?ALORS SOUCIEZ-VOUS DE VOTRE HALEINE! 767, de tous les adultes ont mauvaise haleine.Cest pour cela qu'il est bon d'employer la POUDRE À DENTS COLGATE Des épreuves scientifiques prouvent à l'évidence que dans 7 cas sur 10 la Poudre à Dents Colgate enraye instantanémentlamauvaise haleine orale.ÉCONOMIQUE ! Comparée à d\u2019autres grandes marques, une grosse boîte de Colgate vous donne jusqu\u2019à 30 brossages en plus; une boîte géante, jusqu\u2019à 40 brossages en plus\u2014 sans qu\u2019il vous en coûte un cent de plus.CONSEIL AUX FUMEURS! La Poudre à Dents Colgate est un des moyens les plus rapides et les plus faciles de se protéger contre les taches et l\u2019haleine de tabac! 1214c 25¢ 40c PURIFIE L'HALEINE TOUT EN NETTOYANT Cy 3 LAVABLE ET INDELEBILE FAITES VOUS-MEME VOTRE ROBE ® Viyella est un tissu à la fois chaud et léger \u2014 et votre robe faite avec Viyella se lavera sans se décolorer ni perdre sa forme.Le chic tissu anglais qui dure indéfiniment GARANTI LAVABLE ET INDELEBILE Largeur, 36 ou 54 pouces.Dans tous les magasins ou écrivez à Geo.L.Holland, 1011, édifice New-Birks.Montréal Coupon d'abonnement aux trois magazines Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines: LE SAMED LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom Adresse Ville = POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée 975, rue de Bullion, Montréal, Canada 44 La Revux PoPuULAIRE Mon Cours d'Urt Culinaire Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM.QU'ENTEND-ON PAR ALIMENTATION RATIONNELLE ?Un rapport soumis récemment au Conseil canadien de nutrition sur le problème de l'Alimentation a révélé que le régime des Canadiens est surtout déficitaire en vitamines B et C, en calcium, en fer et en vitamine À dans l'ordre de leur énumération.Des enquêtes minutieuses prouvent que nous pouvons ici au pays, mal- grés certaines restrictions imposées par la guerre, corriger par nos aliments toutes les déficiences signalées.Il s'agit pour les ménagères qui n'ont pas fait des études spécialisées sur la composition des aliments et leur teneur en vitamines et en sels - minéraux de savoir dans quels aliments, elles peuvent trouver toutes les substances nécessaires à une alimentation rationnelle en tenant compte de l'économie.Les principales sources de vitamines dans le régime canadien sont les pommes de terre, les céréales et le lait, trois aliments bien canadiens et qui figurent dans tous nos menus.Pour retirer de la pomme de terre toute sa valeur nutritive et sa teneur en vitamine B, il s'agit de la faire cuire avec la pelure ou encore de conserver l'eau de cuisson des pommes de terre qui ont été pelées et bouillies dans le moins d'eau possible.Les pommes de terre cuites en robe des champs, c\u2019est-à-dire non pelées sont meilleures au goût que celles qui sont pelées et si les premières fois, on semble ne pas les aimer autant, il s'agit, pour les ménagères en charge de la cuisine, de faire l'éducation du goût.Rappelez- vous de votre indifférence d'il y a à peine vingt-cinq ans au sujet du céleri et des olives ou encore des belles tomates qu'on cultivait dans nos jardins comme ornement ; c'est donc affirmer qu'il est facile de faire relativement vite l'éducation du goût.Les céréales, productrices de vitamine «B» sont la farine d'avoine, le blé soufflé, les germes de blé, le pain de blé entier ou le pain blanc vitaminé B, qu'il soit consommé naturel:comme breuvage ou comme base des soupes ou des desserts.La mélasse foncée, les arachides ou beurre d'arachides (beurre de peanuts), le foie, le porc, les légumes secs, pois et fèves sont d'excellentes sources de vitamine B Pour obtenir suffisamment de vitamine «C», on aurait à consommer plus de fruits, de tomates fraîches ou en conserve, pomme de terre, légumes (feuilles) frais, navets, choux, carottes.Tout genre de cuisson détruisant partiellement la vitamine C devrait être opéré avec le moins d'eau possible et en casserole couverte et, tout comme pour la vitamine B, il est recommandé fortement d'utiliser l'eau de cuisson.Rappelez-vous que les tuyaux d'évier se passent de vitamine et ne s\u2019en portent que mieux tandis que nous, pauvres humains, en avons un besoin urgent pour tenir en équilibre toutes nos fonctions vitales.Nous manquons de calcium ; consommons plus de lait ou de fromage.Les viandes, les abats, foie, cœur, boudin sont riches en fer, le pain de blé entier, la mélasse pour ne parler que d'aliments bien à notre portée.La vitamine « À » dont la déficience a des répercussions graves dans l'organisme se rencontrent abondam- - ment dans les légumes verts ou jaunes, épinards, carottes, blé d'Inde jaune, citrouille, tomates.Résumons en conseillant aux ménagères de faire entrer fréquemment les produits suivants dans les menus quotidiens : haricots verts, carottes, céréales complètes, fruits acides, fromage, légumes verts et jaunes, foie, lait, mélasse foncée, pommes de terre, tomates.La pénurie de domestiques oblige les maîtresses de maison à préparer des réceptions très simples et exigent le moins possible de déploiement.L'hospitalité qui caractérise nos bonnes familles canadiennes-françaises doit-elle en souffrir pour cela ?Non, recevons dans l'intimité et de façon à ne pas gêner nos invités qui savent que le service se fait de plus en plus rare.Voici un menu simple à préparer et qui n'oblige pas la maîtresse de maison à se tenir à la cuisine à la dernière heure.Pendant que les invités dégustent au salon le cocktail traditionnel et croquent les petits canapés bien garnis de fromage, de sardines ou toute autre garniture au choix, du moment que le tout est délicat et joliment décoré, la maîtresse de maison place sur la table des 14 pamplemousses ou une coupe aux fruits glacée.Elle s'assure également que le potage est bien chaud.Pour éviter des pas inutiles, il est bon d'avoir une petite table dans la salle à manger sur laquelle on dépose la soupière et les différents services.Le service du potage se fait ainsi plus vite.Si l'on possède un grand bol, rien n'empêche de mettre cette soupière sur la table pour servir.Le service du potage terminé, on apporte sur la table un pâté chaud au poulet.Pourquoi ce mets plutôt qu'un autre?Parce que ce pâté pourra être mis au four juste avant l'arrivée des invités et qu'il sera ainsi bien à point.Si pour une raison ou une autre, il y a quelque retard, le pâté n'en souffrira nullement; on n'a qu'à diminuer la chaleur et attendre le moment de le servir.Un plat de légumes couvert dans le four peut attendre également.Une salade croquante : céleri, carottes, chou, arrosée d'une vinaigrette accompagnera le service du fromage.Et le dessert, où le prendrons-nous avec toutes les restrictions imposées?Les pommes sont là pour nous tirer d embarras.Une bonne tasse de café et nul doute que vos invités garderont un charmant souvenir de leur dîner.Surtout, Mesdames, soyez calmes, ne vous énervez pas car le meilleur dîner perdrait tout son charme.Voici les recettes de ce diner simple mais tout de même appétissant et agréable : Cocktail Consommé aux légumes Pâté chaud au poulet Jardinière de légumes Salade croquante Pommes royales CANAPÉS ASSORTIS : Garniture au fromage canadien : Tailler des tranches de pain de formes variées, les beurrer légèrement et les faire griller au four ou à la poêle; couvrir d'une mince tranche de fromage ayant la forme de la tranche de pain.Garnir d'une tondelle d'olive ou de cornichons.Garniture au fromage à la crème : LA de tasse de fromage à la crème auquel on mêle 14 c.a thé d'oignon râpé.Beurrer les petites tranches de pain et garnir d'une petite étoile de piment rouge.Garniture au foie gras: V4 de tasse de foie gras, quelques grains de cayenne (poivre rouge) : beurrer les tranches de pain et garnir d'un filet de cornichons.Garniture aux sardines: Ecraser 6 sardines, les réduire en pâte, en beurrer les canapés, arroser de jus de citron et garnir d'un filet de betterave vinaigrée.Vous voilà avec un assortiment de canapés qui peuvent se préparer la veille ; pourvu qu'ils soient recouverts soigneusement, ils conserveront leur fraîcheur.CONSOMMÉ « JULIENNE » 2 Ibs de jarret de bœuf 2 Ibs de jarret de veau 1 Ib d'agneau si possible 1 cignon piqué de 3 clous de girofle 1 feuille de laurier Quelques feuilles de céleri ou autres fines herbes 3 pintes d'eau froide 1 c.à tb.de sel Faire couper chez le boucher la viande en petits morceaux pour en extraire le plus de jus possible.Si l\u2019on veut colorer le bouillon, on fait gratiner la viande dans le fond de la casserole avant d'y ajouter l'eau.Monter à l'ébullition et laisser mijoter 4 à 5 heures.Si possible, laisser refroidir les viandes dans le bouillon avant de couler ; il aura ainsi plus de goût.Quand le consommé est refroidi, enlever la couche de graisse à la surface et couler.Faire chauffer 1 pinte de ce bouillon et y faire cuire 1 tasse de légumes coupés en filets fins : carottes, navets, céleri, c'est ce que l\u2019on appelle une julienne.Les consommés nécessitent surtout des garnitures légères.Cette quantité est suffisante pour 6 services.PâTÉ Cxuaup au PouzET Préparer un gros poulet, c'est-à- dire plumer, flamber et vider.Découper en morceaux.Mettre dans une marmite avec 1 petit oignon, 1 carotte, 1 c.à tb.de sel et 14 de c.a thé de poivre.Couvrir d'eau chaude, 1 pinte environ et laisser cuire 1 heure.Au-bout de ce temps, ajouter 1 1b de viande de porc bien assaisonnée et façonnée en boulettes de la grosseur d'un pouce environ.Laisser cuire encore 1 heure.Retirer du feu, couler, désosser le poulet.Mettre la viande et les boulettes dans un plat allant au four.Prendre 2 tasses de bouillon de poulet et y joindre 1 tasse de crème, faire jeter un bouillon et épaissir avec 6 c.à tb.de farine délayée avec 6 c.à tb.d'eau froide.Quand la sauce est épaissie et bien lisse, verser sur le poulet et recouvrir d\u2019une pâte fine.Faire cuire à four chaud, 450° F.L4 d'heure, ensuite diminuer la chaleur à 350° F.et laisser cuire jus- qua ce que la pâte soit bien dorée.n badigeonne la pâte d'un jaune d'œuf battu avec 1 c.à tb.de lait avant de mettre au four.PÂTE BriséE FINE 1V2 tasse de farine V2 tasse de graisse Va ce.à thé de sel 2 c.à tb.de beurre Eau glacée Bien mélanger la farine avec la graisse et délayer avec juste assez d'eau froide pour lier la pâte qui ne doit pas coller.Etendre cette pâte et y mettre sur le tiers de l'abaisse au milieu 1 c.à tb.de beurre divisée en petites noisettes, replier la pâte sur le milieu en commençant par le bout le plus éloigné puis terminant par le bout le plus rapproché de vous.T'ourner la pâte dans l'autre sens et l'étendre de nouveau tout comme la première fois.Mettre l'autre c.à table.de beurre et replier la pâte tel qu'indiqué plus haut.Laisser reposer la pâte !5 heure.L'étendre plus épaisse que pour une tarte ordinaire et en couvrir la pâte.Faire des incisions sur le dessus à l'aide de ciseaux pour l'échappement de la vapeur, humecter d'eau froide le tour de la pâte et remettre une autre bande de pâte tout autour.JARDINIÈRE DE LÉGUMES 2 tasses de pommes de terre 2 tasses de navets 2 tasses de carottes 1 oignon 4 c.à tb.de beurre ou de graisse 1 tasse d'eau chaude Couper en dés d'un pouce les pommes de terre et les navets, tailler les carottes en filets.Faire roussir le beurre, y faire revenir l'oignon haché finement.Ajouter tous les autres légumes puis l'eau chaude.Couvrir la casserole et faire cuire au four au moins l heure.Cette façon de faire cuire les légumes en casseroles est délicieuse.SALADE CROQUANTE Mettre dans un bol rempli d'eau glacée des filets de céleri d'un 44 de pouce de largeur, des tranches de carottes taillées très minces pour qu'elles puissent rouler en les mettant dans l'eau froide et du chou haché très finement.Quand ces légumes ont trempé dans l'eau quelques heures, on peut les mettre dans un plat à salade ou à hors-d'œuvre, les couvrir d'un linge humide et les tenir au frais.Servir avec une vinaigrette.SAucE VINAIGRETTE Ya de tasse d'huile à salade 3 e.à tb.de vinaigre 1 e à tb.de miel 1 c.à thé de se: Ya de c.à thé de poivre Mélanger le tout en agitant fortement juste au moment de servir. JANVIER 1943 .45 emarguey la valewr nutritive de ce neppad économique - comprenaut dæ FOIE et des SAUCISSES BROOKFIELD SWIFT! 1, C\u2019est merveilleux ce qu\u2019une bonne soupe peut être nourrissante! Cette Soupe Crème de Blé d\u2019Inde, faite avec du lait complet, est riche en calcium \u2014le sel minéral qui fait le plus souvent défaut dans les régimes alimentaires ordinaires.2.Le Foie (braisé pendant 20 minutes) avec des Saucisses Brookfield, fait une combinaison qu\u2019il est difficile de surpasser au point de vue de la nutrition, de l\u2019économie et de la saveur.Vous obtenez des protéines de haute qualité et des matières grasses productrices d\u2019énergie.De plus, le foie est extraordinairement riche en fer et en Un repas nourrissant pour une famille LOGAN pe en Economie Ména- > i ils de gère de Swift, suivant Les come are i » Alimentation du ervices d\u2019Alim t d score oe Pensions et del Hygiene, Ot A, Vo\u201d Vitamine À.Les Services d\u2019Alimentation du Gouvernement disent que nous devrions manger du foie, du coeur ou des rognons au moins une fois par semaine, et quelle délicieuse saveur ont les Saucisses Brookfield Swift! 3, N\u2019aimez-vous pas le bel aspect de ces petites carottes avec leur garniture de persil?Les Services d\u2019Alimentation approuveraient cette combinaison\u2014car ils recommandent au moins un légume jaune ou vert par jour.4.5,Les pommes de terre et tout ce que vous faites avec la farine approuvée par le Canada *MANGEZ CES ALIMENTS TOUS LES JOURS!\u201d contribuent largement à fournir la Vitamine B,.Vous devez en servir aussi car ce sont des aliments qui fournissent de l\u2019énergie, et l\u2019on en a besoin par ces temps critiques.6, Ce mélange d'orange et de pamplemousse est tres rafraichissant! Il fournit beaucoup de Vitamine et est également important pour le \u2018volume\u2019 et la réaction alcaline qu\u2019il produit.Avec ce diner, servez toujours du lait aux enfants.Les grandes personnes en ont besoin d\u2019une demi- chopine par jour, mais la soupe-crème le leur fournit.SWIFT CANADIAN CO.LIMITED disent les Services d\u2019 Alimentation du Gouvernement Fédéral.VIANDE, POISSON, etc.\u2014 Une portion par jour de viande, poisson, ou succédané de viande.Foie, coeur ou rognons une fois par semaine.FRUITS\u2014 Une portion par jour de tomates ou d'un fruit du genre citrus, ou du jus de tomate ou de fruits du genre citrus, ef une portion d\u2019autres fruits, frais, de conserve ou secs.A CELA, AJOUTEZ TOUT CE QUE VOUS VOULEZ , LEGUMES (ainsi que des pommes de terre dont il vous faut une portion) \u2014 Deux portions par jour, de préférence des légumes feuillus et verts, ou jaunes, et souvent Crus.PAIN \u2014 Quatre 3 six tranches de Pain Approuvé par le Canada.Pain bis ou pain blanc.NOUVEAU! \u201cVIANDES!\u201d Parmi les caractéristiques principales du livre de Martha Logan \u2014un Manuel pour la Cuisson des Viandes \u2014 se trouvent des tableaux qui vous permettent de voir facilement si vous équilibrez bien vos repas.Quatre-vingt une recettes de viande, chacune étant répertoriée suivant le temps de la cuisson.Envoyez 10c, avec vos nom et OEUFS \u2014 Au moins trois ou quatre oeufs par semaine, adresse, à Martha Logan, Dept.E1, Swift Canadian Co., Limited, Montréal.MANGEZ CE QU'IL FAUT POUR VOUS PORTER COMME IL FAUT La Revur POPULAIRE 46 ps EE Ci-dessus : \u2014 Mme Yves Chaput (Françoise Poliquin).Photo Garcia.Mme Wilfrid Major (Marcelle-Andrée Champagne).Photo Notman.Deuxième rangée, de gauche à droite : \u2014 Mme Jean Saint-Pierre (Madeleine Cusson).Photo Garcia.Mme Jacques-R.Saucier (Aline Hurtubise).Photo Garcia.Troisiéme rangée, de gauche a droite : \u2014 Mme André Leman (Josette Dupuis).Photographie La Rose.Mme James Mclaughlin (Clotilde Beaudoin).Photo Garcia.Ci-dessous, de gauche à droite \u2014 Mme Ernest Bousquet (Louise Hurtubise).Photo Garcia.Mme Yves de Coriolis Pelletier (Thérèse Mercier).Photo Garcia. JANVIER 1943 CONSEILS PRATIQUES D POAT AAR ¥ i NA oN WW LE FER | Tous les objets en général doivent être mis en contact pendant trente à quarante minutes avec Um mélange de deux tiers de pétrole et d'un tiers d'huile comestible.Essuyez ensuite avec une flanelle chaude ou frottez-les avec un mélange d'huile d'olives et de suie.LES CHAINES DE FER Les chaînes de fer se nettoient parfaitement par simple passage dans les flammes claires d'un feu de bois sec.A deux, le travail est simplifié, chaque personne tenant, à l'aide de pincettes, les extrémités des chaînes.LES FERS À REPASSER Les fers à repasser se nettoient à chaud.On peut, soit les enduire de cire blanche qu'on enlève à l'aide de sel fin, soit enfermer dans un sachet cire et sel fin et en frotter le fer chaud.On essuie ensuite soigneusement avec une flanelle sèche.LE FER-BLANC ET L'ETAIN Le fer-blanc et l'étain se nettoient par immersion d'une demi-heure à une heure dans un bain d'eau chaude et de cristaux de soude, suivi d'un frottage énergique au sable tamisé très fin ou au sel fin très sec.On peut encore employer une pâte formée de craie et d'eau-de-vie, ou bien les plonger dans de l'eau douce contenant quelqus oignons coupés en morceaux, qu'on porte à l'ébullition.LES OBJETS LISSES Ls objets lisses en fer se peuvent dérouiller à l\u2019aide d\u2019un bouchon trempé dans une poudre composée de deux parties de tripoli pour une partie de fleur de soufre.N'employez que dans les cas résistant le papier de verre qui détruit le poli du fer.LES LAMES DE COUTEAUX Les lames de couteaux rouillés se trouvent bien d'un astiquage avec un oignon coupé en deux, suivi du polissage habituel au bouchon et à la poudre.L'ARGENT Les taches de rouille sur l'argenterie disparaissent après un lavage au vinaigre chaud.Rinçage à l'eau pure et séchage à la sciure de bois.L'ACIER Plusieurs procédés peuvent être employés pour chasser la rouille des objets d'acier.On peut se servir d'une pâte formée d'huile alimentaire et de suie ; on recommande aussi un bain dans deux volumes d'huile pour un de pétrole.(Ceci convient aux petits objets : aiguilles, etc.).Durée : plusieurs heures.On peut recourir à un bain de pétrole, suivi de friction à la cendre de charbon de terre.LE CUIVRE Les objets en cuivre se nettoient parfaitement, soit avec de la cenare de cigare, ou du sel mouillé avec du vinaigre, ou une très faible solution d'ammoniaque.LE NICKEL Les objets en nickel retrouvent leur brillant après un nettoyage avec de l'oseille fraîche mêlée avec du blanc d'Espagne.Pas d'eau.Agir à sec.Ou encore on emploie, soit de la farine de pommes de terre.Pour dérouiller le guidon et les rayons nickelés d\u2019une bicyclette, enduire le métal de graisse de bœuf ou de saindoux.Au bout de quelques jours, enlever la graisse avec un chiffon imbibé d'alcali.Si des taches tenaces persistaient, touchez-les au pinceau avec de l'eau additionnée de son égal volume d'acide chlorhydrique.Rincez et frottez avec pâte de tripoli et d'huile.L'ENTRETIEN DES PATINS Il faut les essuyer et les sécher soigneusement après chaque usage, pour éviter la rouille.Au cas où celle-ci aurait apparu, les dérouiller avec du pétrole, du sel de cuisine, voire, en dernier ressort, du papier de verre très fin.Les vis, qui sont les premières attaquées par la rouille, seront frottées avec de la craie pulvérisée.On graissera toujours les patins à l'huile, entre deux promenades, et, pour les conserver, entre deux saisons, il faudra les recouvrir d\u2019une couche de vaseline fondue avant de les envelopper de papier huilé et de chiffons de laine secs.POMMADE CONTRE LA ROUILLE Cette préparation préserve de la rouille : 150 grammes de saindoux fondu mélangé à 20 grammes de résine.En enduire les objets à préserver.Au moment de l'emploi, les dégraisser à l'essence ou à la benzine.Enfin, règle générale : pour protéger de la rouille tous les métaux, les enduire d'une couche de vaseline.CONTRE LES ENGELURES Voici un moyen simple, rapide et peu coûteux de vous débarrasser de vos engelures : dans un bol d'eau saturée de sucre autant que vous pourrez, trempez vos mains pendant un bon moment et mettez des gants pour la nuit.Le lendemain soir, recommencez l'opération, Il est probable que vous n'aurez pas à le faire une troisième fois.CONTRE LES GERÇURES Si vous avez des gerçures, mélangez, par parties égales, de l'eau oxygénée, de l'ammoniaque et de la glycérine.Lorsque vous avez lavé vos mains et qu'elles sont encore humides, enduisez-les de ce produit ; c'est un peu douloureux sur le moment, mais très rapide comme résultat.Vous pouvez également utiliser ce mélange pour nettoyer vos mains, lorsqu'elles sont un peu abimées à la suite d'un ménage.ETIQUETTE L'étiquette qu'on appose sur un sac de voyage peut être rendue imperméable si on la frotte avec de la cire chaude après avoir écrit lisiblement le nom et l'adresse et donné à l'encre le temps de sécher.ARETE DE POISSON Pour déloger une arête qui s'est accrochée au passage dans la gorge ou introduite dans les cavités d'une dent, sucer un citron.L'acidité du jus de citron parviendra presque toujours à amollir ou même à dissoudre l'arête.Plus que jamais, en ces temps de guerre, il importe de conserver ses ustensiles et bibelots à base métallique.La rouille, comme chacun sait, est un ennemi insidieux autant que destructeur.C'est à l'intention des ménagères canadiennes que Francine a préparé les petits conseils pratiques de cette page, conseils que l'on saura sûrement mettre à profit.(Photo \u201cLa Revue Populaire\u201d) 47 48 MODE DE REPRODUCTION Appliquer le patron bien en place sur un tissu.Introduire le papier carbone entre le tissu et le patron, le côté luisant du papier appliqué sur l'étoffe.Dessiner alors avec un crayon à mine ronde.Les modèles peuvent servir maintes et maintes fois pourvu qu'on ait soin de ne pas percer le papier en dessinant d'une façon trop appuyée.(La suite page 51) a LA RevuE POPULAIRE e Lifhodesic Par Mme de Bellefeuille SOYEZ VOTRE PROPRE DECORATEUR Maintenant, plus que jamais, nous avons le désir de faire de notre foyer un abri heureux, où ceux que nous aimons peuvent travailler et jouer en paix.Pour qu'il en soit ainsi, il est bon de renouveler, de temps a autre, certains objets.Il suffit parfois pour transformer l'aspect d'une pièce d'en déplacer le mobilier, d'ajouter une nouvelle gravure ou de suspendre d'autres rideaux à la fenêtre.C'est précisément ce que nous vous suggérons de faire ce mois-ci. JANVIER 1943 4496 \u2014 Blouse et jupe pour dames et jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 20.Tissu requis pour la grandeur 16.Blouse à manches longues et avec poche : 214 v.de 35\u201d, 2 v.de 39\u201d, 1% v.de 54\u201d.La jupe : 134 v.de 357-397, 154 v.de 54\u201d.35 v.de 35\"- 39\u201d de contrastant pour la poche de la jupe.Fermeture de 7\u201d pour la jupe.Prix : 20 cents.4500 \u2014 Jumper et blouse pour fillette, dans les grandeurs 2 à 8.Tissu requis pour la 4481 \u2014 Robe pour fillette, dans les gran- andeur 6, blouse : 144 v.de 35\u201d, 1g de deurs 6 a 14.Tissu requis pour la gran- , or \u201d deur 10 : 214 v.de 35\u201d, 1% v.de 39\u201d, 3% 19, Jumper à, 174 ve 9: 20 ents.v.de galon ondulé.Prix : 20 cents.4482 \u2014 Robe pour jeunes filles et adolescentes, dans les grandeurs 11 à 18.Tissu requis pour la grandeur 12 : 314 v.de 35\u201d, 234 v.de 39\u201d.5J v.de galon ondulé.Prix : 15 cents.4484 \u2014 Blouse et jupe pour fillettes, dans les grandeurs 2 à 8.Tissu requis pour la grandeur 4, blouse à manches longues et _\u2014 jupe avec poche : 1 v.de 35\u201d, 1 v.de 4 4 er / oy 7\u201d : .\u201d 1 \u201d MY rm a 39\u201d.La jupe : 7% v.de 357-39, LA v.de 54\u201d.4500 Ç A 5 a Prix : 20 cents.SI vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Lid., 489 College St., Toronto, Ont. 50 La Revue POPULAIRE POUR LA FEMME AFFAIREE 4491 \u2014 Robe deux-pièces pour jeunes filles et adolescentes, dans les grandeurs 11 a 18.Tissu requis pour la grandeur 12: 4 v.de 35\u201d, 314 v.de 39\u201d, 234 v.de 54\u201d.54 v.de 35\u201d-39\u201d pour la chemisette.Prix : 15 cents.4492 \u2014 Robe pour dames et jeunes filles, dans les grandeurs 34 à 44.Tissu requis pour la grandeur 40 : 473 v.de 35\u201d, 444 v.de 39\u201d, 3 v.de 54\u201d.34 v.de 35\u201d-39\u201d pour le col.Prix : 25 cents.FR EE a PN 4483 \u2014 Robe pour dames et jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 40.Tissu requis pour la grandeur 14 : 234 v.de 39\u201d, 174 v.de 54\u201d.Prix : - 25 cents.4486 \u2014 Robe pour dames, dans les grandeurs 34 à 44.Tissu requis pour la grandeur 38 : 354 v.de 39\u201d, 254 v, de 54\u201d.3% v.de 357-39\u201d pour le col.Prix : 25 cents.4492 SI vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité.commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \u201cLa Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Lid., 489 College St., Toronto, Ont. JANVIER 1943 © CENTRE Dés.FEN degré _\u2014e 0
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