La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 août 1944, Août
[" UN LÉ Reovue ROMAN D'AMOUR AOÛT a Ÿ 5 Ex à > i oe , QUINZE CENTS / : Ww 99 Re > 9 hoch & We) \u201c vf y & f; : = ri 9 9h .Do ON zg 4 ae .< 5 À fh Nes TEC 7 oie 1 AA) &* A op =>) 0 I Pe GIRS LS Yall A 5 3 BTA J #* Les EE B® als © | Vas \u201c9 a 9 2: of) 2 Sa es A 1 ow NK et vas oh Wg vues \u2014\"m.ee (f wv ; La ws + ° EID so _ ar Ww £2 > © = = A) a CS To Votre marché ambulant, Madame.le cadeau des hommes qui FAR .pensent à demain fr LES PREVISIONS ET LES ACHATS POUR LES REPAS deviendront un plaisir plutôt qu\u2019un ennui 7 quand des épiceries ambulantes apporteront sans délai des provisions fraîches à la porte de la ménagère ! Des remorques géantes d'une propreté parfaite, à toiture de verre, s'arrêteront à chaque coin, ouvriront un côté qui formera plateforme et gradins .L'ART de tenir maison deviendra une aventure unique, passionnante, quand le temps sera venu de fabriquer, au lieu d'aéroplanes, des réfrigérateurs et des éviers.Vous verrez des malaxeurs d'aliments qui seront presque doués d'intelligence, des systèmes de climatisation qui préserveront la maison de poussière, des balayeuses électroniques qui nettoieront les tapis en un rien de temps.Voilà, sans compter une multitude d'autres merveilles domestiques, ce que projettent pour vous des HOMMES QUI PENSENT À DEMAIN! Mais nous ne pouvons espérer ces réalisations que si nous remplissons aæjourd'hui le devoir qui nous est confié.I] faut d'abord gagner la guerre.et le marché à provisions de Madame sera prêt à la servir.e En aucun temps de l\u2019histoire, les citoyens n'ont eu une si grande responsabilité quant à la victoire de leurs armées.C\u2019est notre guerre, à chacun de nous .C\u2019est notre tâche, à chacun, de maintenir la production, de participer aux programmes de récupération et de préservation et, par-dessus tout, d'aider de nos dollars à financer la guerre en achetant et en gardant des obligations de la victoire et des certificats d'épargne de guerre.e Demain nous appartient à #o#æs! Travaillons pour demain! Soyons fous des HOMMES QUI PENSENT À DEMAIN ! LA MAISON SEAGRAM Les distilleries Seagram au Canada et aux Etats-Unis travaillent à la production d'alcool à haute preuve pour fins de guerre.L'alcool à haute preuve sert à la fabrication de poudre sans fumée, de verre qui n'éclate pas, de plastique, de laques, de compas, de produits pharmaceutiques et de nombreux autres produits nécessaires en temps de guerre. - mme = ede AOUT 1944 - a.= ew = Autrefois, l'inflation et la Les produits étaient rares Et puis, un jour, Graduellement, les pro- guerre étaient plus ou .Les prix et les gages la guerre cessait.duits affluaient sur le moins inséparables.atteignaient un niveau marché.fantastique.Les gens cessaient d'acheter craignant que les prix ne baissent encore.Aussi les prix exagérés Le ressort de l'inflation se n'avaient plus cours.détendait subitement Les marchandises se dé- - : préciaient .les mar- Les usines étant fermées, Les fermes grevées d'hy- La détresse était générale chands faisaient banque- c'était le chômage général.pothèques se vendaient à et la déflation battait son route.- vils prix.\u2018 Voila pourquoi, dans cette guerre, les prix sont contrdlés afin de ne point ruiner les acheteurs durant une hausse ou les vendeurs durant une baisse de prix.Le plafond des prix\u2014le contrôle des salaires\u2014le rationnement\u2014les Obligations de la Victoire\u2014la majoration des taxes\u2014font partie de la grande stratégie qui empêche l'inflation, prévenant ainsi la déflation.PRÉVENIR L'INFLATION C\u2019EST SE PROTEGER CONTRE LA DEFLATION Cette annonce fait partie d'une série de messages du gouvernement canadien soulignant l'importance d'enrayer la hausse\u2018 * du coût de la vie et de prévenir le danger de la déflation. Quelques idées erronées sur le Erreur No 1 .LE CANCER % EST UNE MALADIE QUI NE PARDONNE PAS Bien au contraire! Des milliers de personnes s\u2019en sont guéries, et le nombre de guérisons est plus grand que jamais.Ceci est dû au développement incessant des connaissances et des procédés, dans le domaine médical .aux perfectionnements apportés au diagnostic et aux méthodes de traitements .et aussi, au fait que le public, en général, se rend plus nettement compte que /e succès du traitement dépend en grande mesure d'un dépistage précoce.Erreur No 2 .TOUTES LES X TUMEURS ET EXCROISSANCES SONT DES CANCERS C'est inexact.Les symptômes qui semblent indiquer le cancer sont souvent dus à d\u2019autres causes, et, seul, le médecin peut se prononcer.Une des grandes cliniques du cancer signale que, de toutes les femmes qui se sont fait examiner pour de soi-disant cancers, 1114 % seulement étaient atteintes du mal.Le point important, c'est que foxtes ces malades ont reçu des soins immédiats, et se sont évité des soucis inutiles.Erreur No 4 .LE CANCER X VOUS FRAPPE A L'IMPROVISTE Le cancer s'annonce d'avance ! \u2018Toute personne ayant passé la trentaine doit connaître ses signes prémonitoires les plus fréquents : ® Une excroissance ou une induration insolites, particulièrement sur les seins.© Des pertes de sang hors de saison, ou que rien ne justifie.® Une plaie qui refuse de guérir, particulièrement autour de la bouche, sur la langue ou les lèvres.® La perte de l\u2019appétit, ou une mauvaise digestion opiniâtre et que rien n\u2019explique.® Un changement notable dans la forme, la grosseur, ou la couleur d\u2019une verrue ou d\u2019une excroissance.® Un changement persistant dans les habitudes normales d\u2019élimination.> Erreur No 3 .LE CANCER A RX PEUT ETRE GUERI AU MOYEN DE MEDICAMENTS C\u2019est impossible! Méfiez-vous des charlatans qui vous promettent une guérison rapide par des méthodes qui n\u2019ont jamais fait leurs preuves.Les seuls moyens thérapeutiques efficaces qu'on connaisse, sont les rayons-X, le radium, et l\u2019intervention chirurgicale, soit seuls, soit associés.Grâce à ces méthodes, on soigne actuellement, avec succès, des cas qui, il y a quelques années encote, auraient été jugés incurables.Mais il est important de consulter le médecin de bonne heure.° Demandez à la Métropolitan sa brochure gratuite: \u201cUn Rayon d\u2019Espoir\u201d.Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) NEW-YORK Frederick H.Ecker Leroy A.Lincoln PRESIDENT DU CONSEIL PRESIDENT Direction Générale au Canada: Ottawa \u2014\u2014 = \u2014\u2014 Pp 4 À pu N a [&] : cé if b.A&A i \"a u £a \u2018 9 v oo +.æ* o \u2018 \u201c E # : % 7 > y >a pert LL PL Cy ie le I » 7, pre h - 5 a a A y a \u201c + 4 \u20ac PS ne A, a = Rr a a.> Se LY af\u201d = STE ted : = A \"oy 4 ox { Erange Mariage, ?5 = roman de Concordia Memel { Te ORTENSE FALKLAND descendit de la petite automobile grise, et courant, presque dansant, monta le sentier que traçait un tapis rouge partant du trottoir pour finir à la porte grande ouverte de la maison brillamment éclairée de lady Bella Macey.Et, bien qu\u2019Hortense ne pût s\u2019en douter, au bout de ce sentier, son destin l\u2019attendait.Comme elle franchissait le seuil, elle se retourna vers sa mère et sa sœur Ginesta, qui la suivaient : \u2014 Maman chérie, dit-elle avec une affectueuse contrition, je vous néglige.Mais mon cerveau est en ébullition, ce soir.Atteindre sa majorité est une affaire si importante ! ; Mme Falkland et Ginesta, jeune personne de dix-sept ans dotée d\u2019une chevelure de feu, la rejoignirent.Et toutes trois, guidées par une femme de chambre, furent conduites au premier étage.C'était le vingt et unième anniversaire de la naissance d\u2019Hortense, et lady Bella Macey avait prêté sa maison pour un bal costumé afin de fêter avec pompe cet événement.La maîtresse du logis, superbe dans son costume copié sur un portrait de la Du Barry, accueillit la mère et ses deux filles à la porte de son boudoir.Elle souriait: \u2014 Entrez d\u2019abord ici et venez prendre des forces pour la lutte.\u2014 Puis, regardant vers le fond de la pièce: \u2014 Venez, Rosalie, pour que je vous présente à l\u2019héroïne de la soirée.Ces paroles étaient adressées à une belle jeune fille au galke de statue, aux cheveux magnifiques et aux yeux qui paraissaient deux beaux joyaux bleus dans un ovale parfait.\u2014 Rosalie Constance, ma cousine, vous savez, continua lady Bella, et elle procéda à la présentation protocolaire.Miss Constance ne perçut évidemment aucune raison pour se montrer aimable au delà du minimum prescrit par la simple politesse.Elle inclina son corps souple dans une série de petits saluts, eut un sourire de convention, murmura quelques banalités et s\u2019en tint là.Puis elle donna toute son attention au reflet de sa séduisante personne dans un des grands miroirs du boudoir.Et, certainement, ce reflet produisait une image délicieuse, d'une beauté sans défaut, mais que gâtait peut- être l\u2019apparence de ne pas assez l\u2019ignorer.Rosalie Constance avait un de ces costumes composés de transparents et de perles, qualifié de la vague épithète de « costume de harem » et elle savait qu\u2019il lui seyait admirablement.Lady Bella s\u2019était retournée vers les Falkland : \u2014 Voyons, Hortense, avancez et sortez de ce manteau, afin qu\u2019on puisse vous regarder.Et elle rapprocha un fauteuil pour Mme Falkland.Hortense s\u2019avança au milieu de la pièce, laissa tomber son manteau sur le tapis et apparut la plus jolie Pierrette pour laquelle un Pierrot eût jamais soupiré.Des yeux gris clair, à l\u2019expression généralement sérieuse et réveuse, mais qu\u2019animait pour le moment une joyeuse excitation ; un petit nez droit et des lèvres faites pour le sourire, le menton rond enfoui dans une ruche de tulle blanc qui rivalisait d\u2019éclat avec la gerbe de roses blanches que tenait la petite main ; une taille mince qui disparaissait dans la jupe bouffante ; deux petits souliers à hauts talons dignes des pieds de Cendrillon ; fondez le tout ensemble, et vous avez Hortense Falkland telle qu\u2019elle se montra le soir de sa majorité.Lady Bella, inclinant sa tête poudrée, s\u2019exclama : \u2014 Quelle réussite! Je ne trouve pas d\u2019autres mots! Et ces roses! Des merveilles! \u2014 Vous m\u2019avez recommandé d\u2019apporter des roses, répondit Hortense, pirouettant sur son talon de satin.Comptez : il y en a juste vingt et une, comme vous le voulez, en commençant par cette mignonne à peine ouverte, pour arriver à celle-ci, la plus belle de toutes.C\u2019est maman qui les a groupées.N\u2019est-ce pas que l\u2019idée est exquise ?Qu\u2019allez-vous en faire, Bella ?termina-t-elle avec curiosité.\u2014 Attendez, vous verrez.Je vous ai préparé une petite surprise.Rosalie ! cessez, je vous en prie, de vous admirer ! Et regardez un peu la reine de la fête.Est-ce que je ne puis pas en être fière ?Miss Constance se retourna et examina Hortense, ses grands yeux bleus exprimant une froide admiration.\u2014 Trop belle! Moi non plus, je ne trouve pas d\u2019autres mots, prononca-t-elle, avec une légère nuance de dédain jaloux dans la voix.Et délibérément elle se détourna une seconde fois.Pour atténuer l\u2019effet de la mauvaise grâce de sa cousine, lady Bella, s\u2019amusant à prendre la mine de quelqu\u2019un qui révèle un secret d\u2019Etat, chuchota : \u2014 La pauvre chérie vient de se fiancer, pardonnez-lui si elle est un peu distraite.Et avec un rire taquin, elle ajouta : \u2014 A propos, Rosalie, l'homme unique n\u2019est pas encore là.J'espère pourtant qu\u2019il a l\u2019intention d\u2019arriver à l\u2019heure.\u2014 Si «l\u2019homme unique» c\u2019est Quentin, répondit Miss Constance avec sa froideur accoutumée, j'imagine qu\u2019il sera exact, parce qu\u2019il s'arrange toujours pour l'être chaque fois que lui est offerte l\u2019occasion de me rencontrer.Il n'y avait dans la voix de la jeune fille, pour dire cela, nulle trace d\u2019émotion, Elle tenait un homme sous son joug, elle le savail et ses paroles ne faisaient que constater un fait.\u2014 On murmure, reprit lady Bella sur un ton plaisamment ironique, que jamais dans l\u2019histoire du vaste monde on ne vit un fiancé aussi épris que Quentin Talbot.N\u2019est-il pas vrai, Rosalie ?La jene fille se contenta de répondre par un léger mouvement de ses blanches épaules.« Quelle banquise ! » pensa Hortense.Puis, charitablement : « Après tout, ce n'est peut-être qu\u2019une apparence.» Il y avait certainement un je ne sais quoi en Rosalie Constance qui déroutait l\u2019observateur ; un je ne sais quoi qui suggérait l\u2019idée de sentiments volontairement cachés et comme noyés au fond de ses yeux, masqués aussi par le sourire de convention parce que trop ardents, trop passionnés.Lady Bella continuait de plaisanter : \u2014 Je l\u2019ai taquinée pendant tout le dîner, sans miséricorde.Et je ne suis pas parvenue à faire rougir ses joues nacrées.Personne, à mon avis, n\u2019a le droit d\u2019avoir un tel empire sur soi-même quand on est fiancée.\u2014 Puis, changeant de ton: Cela me sera un grand plaisir, Rosalie, de voir tout à l'heure Quentin Talbot.Mais vous serez assez gentille pour vous priver de sa société pendant quelques instants, afin que je puisse faire moins superficiellement sa connaissance, Ces paroles furent prononcées avec la plus grande douceur et courtoisie, mais elles ne parurent faire aucun effet sur miss Constance, qui répondit avec indifférence, regardant le plafond : \u2014 Certainement.Autant de minutes que vous voudrez.Lady Bella étouffa un soupir.Et dans le cerveau d\u2019Hortense surgit la question : « Quel genre d\u2019homme peut bien être ce Quentin Talbot ?5 Et puis, très vite : «Bah! Ça ne me regarde pas.» A La première partie de la soirée s\u2019écoula si joyeusement qu\u2019Hortense ne remarqua rien en particulier, excepté que tout était joli et gai et que tout le monde se montrait charmant pour elle.Un peu plus tard, elle eut soudain conscience qu\u2019elle était frappée par deux choses : l\u2019une que l\u2019imposante Rosalie avait dansé plusieurs fois avec un très bel homme brun, dont les façons étaient dominatrices ; l\u2019autre, qu\u2019il y avait un grand jeune homme maigre, au visage bronzé, qui passait son temps debout, adossé nonchalamment à la tapisserie, la tête un peu penchée de côté et suivant des yeux Rosalie et son danseur avec une visible irritation.« Oh! naturellement, se dit-elle comme elle passait devant lui au bras de Jim Pelham, son danseur momentané, mais qui lui avait proposé de l\u2019accepter cemme partenaire pour la vie, le bel homme brun est le fiancé épris, et la décoration murale de mauvaise humeur quelque prétendant évincé.» A sa grande surprise, elle entendit Jim Pelham lui dire à l\u2019oreille : \u2014 Le pauvre vieux Talbot n\u2019a pas l'air d\u2019être à la fête, ce soir.\u2014 Talbot ?répondit-elle vivement.Oh! lequel est-ce ?\u2014 Le spectre à l\u2019aspect si lugubre et furieux qui s\u2019appuie contre la tapisserie, là-bas.Rosalie danse trop souvent avec Dick Sparling pour que son futur seigneur et maître soit content.Jim Pelham, étant très jeune, fut ravi de pouvoir paraître bien renseigné et il poursuivit avec aisance : \u2014 On dit que Talbot est emballé à fond pour Rosalie et aussi jaloux qu\u2019on peut l\u2019être.C\u2019est un aviateur, vous savez.Je crois qu\u2019il a une assez belle fortune, sans quoi Rosalie ne l\u2019aurait même pas regardé, Comme elle est attirante dans cette robe orientale ! \u2014 Très.fit Hortense avec distraction, car elle était absorbée par ses propres réflexions.Le connaissez-vous ?demanda-t-elle au bout d\u2019un moment.\u2014 Qui?Talbot?Je ne peux pas dire que je le connais.Mais, j'ai de la sympathie pour lui, Hortense, parce qu\u2019il aime.Et les jeunes yeux de Pelham exprimèrent, en plongeant leurs regards dans les yeux de sa danseuse, des choses inexprimables puisqu\u2019elle lui avait défendu de les formuler.\u2014 Ne soyez pas sot, Jim, dit-elle en le prenant par le bras et le secouant un peu.Cette question a été enterrée, il y a des siècles.[ Lire la suite page 21] 14 Les nymphes à robe blanche s'éveillent tôt, le matin.Dès l'aurore, elles s'offrent, ardentes, aux baisers du soleil, se laissant caresser par les brises matinales, fleurant la résine à laquelle se mêle leur parfum.Elles s'endorment tôt, le soir, avant lies crépuscules froids dont les feux s'aftardent sur les silhouettes de conifères.IS D'EAU! C\u2019est ainsi que les coureurs des bois, les colons, les disciples de Diane ont nommé ces plantes extraordinaires qui étalent sur les lacs, les étangs, les marécages, et leurs grandes feuilles flottantes et leurs fleurs, les unes blanches comme de frêles épousées, les autres couleur de soleil.Les savants qui sont souvent plus poètes que les poètes eux-mêmes, parce qu\u2019ils sont plus près de la nature, ont trouvé des noms plus doux, plus évocateurs: nymphéa et nymphozanthe qui signifient nymphe, fée, déesse des eaux.La langue française a créé ce mot léger comme un zéphyr : nénuphar.A prononcer ces simples vocables, même du sein des citées brûlées de soleil, surgissent, comme en un rêve, les fraîches solitudes où, s\u2019encadrant de pins, d\u2019épinettes, d\u2019aulnes, de cornouillers, des miroirs d\u2019eau s'étalent au pied de hautes montagnes, domaines de l\u2019orignal altier.C\u2019est sur ces eaux claires qu\u2019éclosent, comme par un caprice de la nature, les gracieuses déesses, les nymphes des lacs.Il y a deux déesses à jupon vert, les sépales, à jupes étagées toutes blanches, les pétales, au corsage jaune, les étamines et le pistil : le nymphéa ou nénuphar odorant, le nymphéa ou nénuphar tubéreux.On les distingue au parfum subtil du premier et à la coloration purpurine du revers de ses grandes feuilles plates et cireuses.Le nénuphar tubéreux n\u2019est pas odorant et ses feuilles sont vertes sur les deux faces.Les nymphes à robe blanche s\u2019éveillent tôt, le matin.Dès l\u2019aurore, elles s\u2019offrent, ardentes, aux baisers du soleil, se laissant caresser par les brises matinales, fleurant la résine à laquelle se mêle leur parfum.Elles s\u2019endorment tôt, le soir, avant les crépuscules froids dont les feux s\u2019attardent sur les silhouettes de conifères.Leurs trois cousines, les nymphozanthes, portent jupe jaune, les sépales, corsage jaune aussi, les pétales squamiformes et les étamines, piqués d\u2019un nœud vert, le pistil.Voici la cadette des cousines : le petit nénuphar jaune, l\u2019aînée : le grand nénuphar jaune et leur sœur: le nénuphar à disque rouge.Elles reçoivent beaucoup de visiteurs, en leur exquise retraite, nos cinq nymphes.Leur grâce attire de nombreux insectes qui, en retour des gâteries prodiguées, délicieuses offrandes [ Lire la suite page 59 ] Par Marcelle Lepage- MNibaudeau Licenciée ès sciences naturelles de l'Université de Montréal. LES AOUT 1944 L'ASTRONOMIE AU CANADA N DEHORS des observatoires officiels, il existe au Canada des postes d\u2019amateurs qui tendent à se faire de plus en plus nombreux et sont de nature à donner, au public, le goût de l\u2019astronomie, laquelle est la plus intéressante, pour ne pas dire la première des sciences.Aux Etats-Unis les postes de ce genre se chiffrent par plus de dix mille et quelques-uns d\u2019entre eux ont un équipement de nature à permettre des études et des recherches réellement sérieuses.Un élan de ce genre est donné au Canada depuis quelques années et, parmi les installations privées dignes d\u2019intérêt, on peut citer celle de MM.Delisle Garneau, John Vincelli et Miss Williamson qui fonctionne sous le titre d\u2019Observatoire Ville-Marie au No 4052 de l\u2019avenue Wilson à Montréal.Cette installation est pourvue de deux télescopes, l\u2019un de quatre pouces et l\u2019autre de six pouces, ce dernier pouvant donner un grossissement de quatre cent cinquante fois.Par les temps favorables, ces instruments permettent l\u2019observation fort intéressante de notre système planétaire ainsi que des principales nébuleuses.Lorsque, d'aventure, une comète se risque dans nos parages, il est possible également de la suivre dans sa marche jusqu\u2019à des distances auxquelles nous ne pouvons rien comparer sur notre planète elle-même.Les chiffres astronomiques ont en effet une envergure beaucoup plus grande encore que les chiffres budgétaires de notre époque, ils jouent communément avec les trillions, quatrillions de milles et bien au delà.On comprend bien que les mesures terrestres sont tout à fait inopérantes en matière astronomique et qu\u2019il a fallu trouver autre chose.On se sert de l\u2019année-lumière, laquelle vaut autant de fois 184,000 milles (en chiffres ronds) qu\u2019il y a de secondes dans une année.On emploie également le \u201cParsec\u201d, abréviation de parallaxe-seconde et qui vaut un peu plus de trois années-lumière.Le goût de l'astronomie est naturel à la plupart des gens qui se sentent attirés par le mystère des profondeurs infinies et il mérite fortement d\u2019être encouragé et développé parce que la science astronomique résume la plupart des autres et c\u2019est la seule qui ait autant de pouvoir pour nous élever l'âme et nous donner une juste notion des petitesses terrestres.; On peut dire sans hésiter que le monde serait meilleur s\u2019il avait davantage de connaissances astronomiques et, d\u2019autre part, bien des personnes seraient étonnées si elles savaient que de grandes découvertes terrestres ont été facilitées ou même n\u2019ont été possibles que grâce à l'astronomie, par exemple la fixation exacte des pôles géographiques terrestres.Nous souhaitons, en conséquence, à l\u2019Observatoire Ville-Marie, tout le succès qu\u2019il mérite, c\u2019est-à-dire le plus grand auquel il puisse rêver lui-même.F.de V.Quelques scènes prises à l'intérieur de l'Observatoire Ville-Marie situé à 4052 avenue Wilson, à Montréal.Photos Conrad Poirier. 16 LA REVUE POPULAIRE LS \u201c IL y eut de tout temps, chez nous, des femmes adroites et industrieuses qui ont su \u2019 Fo faire durer leurs vétements et ceux de leurs enfants, soit en les réparant, soit en les transformant.Pour ma part, je me souviens avoir, pendant mes jeunes années, hérité des toilettes de mes sceurs ainées et porté des robes allongées en décousant le bord ou encore un rempli, ce qui marquait: Pétoffe d\u2019une bande plus foncée parce que non décolorée, et croyez bien que je n\u2019en étais pas plus malheureuse.Depuis quelques années, les choses avaient un peu changé : les étalages attrayants des grands magasins, le bon marché des vêtements confectionnés et peut-être aussi la coquetterie fémi- ; nine qui semble se manifester plus tôt chez les enfants, tout cela nous avait fait reléguer la couture à l'arrière-plan.La nécessité de [conserver la main-d'œuvre pour les industries essentielles et de faire dûrer des vêtements qui ne sauraient être remplacés d\u2019une façon i.avantageuse a totalément modifié la situation.[Lire la suite page 49] Madame Anita Bélisle, présidente de section et Mlle Alice Lan- 1250 jeunes filles constituent | de \u201cI'Oe es Demoiselles , ry: .nl .a 50 jeunes filles u e noyau de l'Oeuvre des Dem ciault, secrétaire de section de l'Union nationale du vêtement des .en service\u201d, dirigée par le Père A.Laplante, C.S.C.La Commission - Lavée, pressée, remaillée, retaillée, la vieille robe de laine est des Prix a créé dans le local de l'œuvre (3,800, Chemin de la Reine- Marie, Montréal), un centre de couture qui tous les jeudis après- \u201c midi donne bien l'aspect d\u2019une ruche.Dans une atmosphère de camaraderie souriante, les jeunes filles dirigées par des professeurs bénévoles, mais expertes, travaillent à confectionner dans du matériel usagé, des toilettes plus jolies les unes que les autres.devenue, sous I'habile direction de Madame Elzéar Poirier,\" directrice.des Centres de Couture de Montréal, une jolie et pratique : petite robe qui n'a plus qu'à être égalisée.De gauche à droite: Mme Irène Gougeon, directrice adjointe nationale de la campagne : de- conservation des vêtements, Mme.Tancrède Jodoin, présidente - \u201cs.- tégionale du Service.des Consommateurs, Mme: Juliette.Dupont, \u2018secrétaire \u2018coordonnatrice du Service des Consommateurs, Mme.! .Charles Plourde, assistante de Mme Poirier.ee ect ES 5 Syndicats Catholiques, affiliée à la Confédération des Travailleurs Catholiques et toutes deux membres du Comité Consultatif du Service des Consommateurs des Prix.Au cours d\u2018une visite au Centre de couture de l\u2019Oratoire, elles examinent d\u2019un air dubitatif, une vieille robe de tricot, déformée, changée et rétrécie aux emmanchures, trouée à divers endroits par les mites.Comment utiliser cette ruine ?Mesdames Irène Gougeon, directrice adjointe nationale de la Con- _ _servation des vêtements, Elzéar Poirier, directrice des Centres de ~ Couture de Montréal, Tancrède Jodoin, présidente régionale du | \u2018 Service des Consommateurs, et Mme Charron, professeur bénévole, \u201cdans la salle-des machires.à coudre du Centre de Couture de ?> > l'Oratoire: St-Joseph.Sn ~ «(Photos News Pictures of Canada) - AOUT 1944 17 BON VOISINAGE Par Mme Rosario Lavallee L PLEUT.Quel désappointement pour les tout petits! Les mamans doivent renoncer a la promenade quotidienne et un autre aprés-midi s\u2019annonce terne et sans imprévu, lorsque l\u2019une d\u2019entre elles invite à son logis les mignons petits voisins qui persistent à regarder la pluie descendre le long des vitres.Les mamans, heureuses de faire diversion à cette grisaille, ne peuvent refuser l\u2019aimable invitation de se joindre à eux.Pendant que dans un coin de la pièce elles font un brin de causette, il leur est grandement profitable d'observer comment leurs petits enfants réagissent au contact les uns des autres.La petite Lise fait la moue.Pour la consoler, Antoine lui offre trés gentiment un des fichoirs de Daniel.Assise dans un grand fauteuil avec sa poupée, Andrée semble croire que son rôle est de personnifier la Sagesse.Le train déraille.Prestement, Daniel le remet sur la voie, tandis que Paphenuce, le bonhomme favori de Lise, assiste impassible à la catastrophe.Lise se lève, sourit à Andrée, flatte du bout des doigts sa belle poupée et lui offre son \u201cPaphenuce\u201d.Les deux petites filles s'essaient a des phrases puériles, mais leur babil ne distrait ni Daniel ni Antoine, emportes qu\u2019ils sont par l\u2019ardeur du jeu.Les mamans se rendent compte à quel point leurs enfants manifestent des personnalités différentes.Il se peut que l\u2019après-midi ne se passe sans qu\u2019elles soient témoins de légères querelles; mais, à moins d\u2019une absolue nécessité, elles se gardent bien d\u2019y intervenir.S'il vous est loisible, chères mamans, d\u2019observer vos petits enfants au milieu d\u2019un groupe, vous constaterez que tous ne jouent pas de la même façon, ne s\u2019arrogent pas le même rôle et qu\u2019il y a chez eux des inégalités d'initiative, de générosité, de maîtrise de soi, de dextérité et d\u2019esprit de coopération.Le sens social de l\u2019enfant commence à se développer quand il a l\u2019avantage de partager ses jeux avec des compagnons de son âge.Entre trois et quatre ans, il n\u2019est pas trop tôt pour que l\u2019enfant essaie de s\u2019adapter aux manières d\u2019agir des autres, puisque, sa vie durant, il ne sera pas seul à voyager sur le globe terrestre.Et pendant que cet après-midi, le photographe charmé fixe les fuyantes silhouettes et que les mamans font ample provision d\u2019observations, les petits enfants vivent des moments de bon voisinage, qui peu à peu en feront des adultes compréhensifs de l\u2019interdépendance des hommes.Demain, ils penseront avec le poète Sully Prud\u2019homme : \u201cEt qu\u2019au jour où nous sommes, Nul ne peut se vanter de se passer des hommes, Et depuis ce jour-là, je les ai tous aimés.\u201d + + + NOTRE COURRIER Q.\u20141.\u2014 J\u2019ai un enfant qui aura deux ans bientôt ; il est gros et grand pour son âge ; intelligent, il comprend à peu près tout ce qu\u2019on lui dit mais ne parle pas ; à peine s\u2019il prononce quelques mots.Quand il désire quelque chose, c\u2019est toute une histoire pour savoir ce qu\u2019il veut ; ce n\u2019est pas la voix qui lui manque, car il crie et essaie de chanter ou plutôt de fredonner.Cet enfant viendra-t-il à parler et que dois- je faire ?2.\u2014 Je voudrais me procurer un volume traitant de l\u2019éducation des enfants, afin de m\u2019aider à résoudre tous les petits problèmes quotidiens.3.\u2014 Je fais manger des jaunes d\u2019œufs à mes bébés.A quel âge puis-je leur faire manger le blanc ?UNE JEUNE MAMAN.R.\u2014 L\u2019espace me manque pour répondre à toutes vos questions dans le présent courrier.Si vous voulez bien lire celui du mois prochain, vous trouverez-là les réponses à vos trois autres questions.1,\u2014 I semble que votre enfant souffre d\u2019un certain retard du langage, mais ce retard ne devrait pas vous alarmer.Pourquoi ne pas consulter un pédiâtre qui examinerait attentivement votre enfant et rechercherait avec vous la cause de ce retard.On a trouvé au retard du langage plusieurs causes qui sont d'ordre physique, intellectuel ou affectif.Seulement une personne compétente pourra, après examen de l\u2019enfant, vous éclairer et vous conseiller sagement: 2.\u2014 Ecrivez au Conseil Canadien du Bien-Etre Social à Ottawa et demandez les séries de lettres traitant des questions prénatales, postnatales, préscolaires et scolaires.3.\u2014 Lorsque le bébé est habitué au jaune d\u2019œuf, on peut tenter, dit-on, de lui donner de petites quantités du blanc d\u2019œuf bien cuit.A partir du septième ou du huitième mois, on pourra lui donner, deux ou trois fois par semaine, un œuf complet cuit dans sa coquille et de façon que le blanc de l'œuf prenne une consistance de gelée.Q.\u2014 Pendant les chaleurs, dois-je continuer à donner des gouttes d'huile de foie de morue à mon bébé de six mois ?MAMAN HEUREUSE.R.\u2014 Plusieurs médecins recommandent de continuer à donner durant les chaleurs de huile de foie de morue au bébé qui n\u2019a pas un an.Après la pre- Titre année, on a l'habitude de la supprimer durant ete.Q.\u2014 A quel âge faut-il donner des bains de soleil au bébé et de quelle durée doivent-ils être ?MATERNELLE, R.\u2014 Voici les conseils que l\u2019on donne à ce sujet : \u201cDurant l\u2019été, dès que le bébé a atteint l\u2019âge d\u2019un mois, on peut lui donner des bains de soleil l\u2019avant-midi, entre 8 hres et 10 hres, ou l\u2019après-midi vers 4 heures.Installer l\u2019enfant en plein soleil mais à l\u2019abri du vent.Déshabiller complètement le bébé et faire une exposition d\u2019une minute le premier jour.Augmenter d\u2019une minute par jour, montre en main.Finalement, le bébé sera laissé au soleil durant une demi-heure.\u201d N.B.\u2014 Marie-Luce se fera un plaisir de répondre à toutes vos lettres, à tour de rôle.Adresser s.v.p.comme suit: Marie-Luce, La Revue Populaire, 975, rue de Bullion, Montréal.A MEDITER.\u201cPour triompher des difficultés nouvelles qui se présentent, que nos parents n\u2019ont pas connues et que nos grands-parents étaient incapables de soupçonner, pour nous affirmer individuellement et collectivement, il est donc évident que nous devons renoncer à mouler les enfants dans des formes désuètes, dans les formes d\u2019un âge qui n\u2019avait ni nos embarras ni nos inquiétudes.\u201d Victor BARBEAU, iON SALADE DE BROCOLI ET DE CHOU-FLEUR 6 fleurettes de chou-fleur 6 fleurettes de brocoli 1 tasse de fèves cuites 1e tasse de pois verts Par Mme Rose Lacroix DIRECTRICE CES ECOLES MENAGERES PROVINCIALES.L\u2019été nous apporte une variété de légumes qu\u2019il faut utiliser généreusement.Tous les soirs, surtout les Faire cuire le brocoli juste assez pour qu\u2019il soit tendre, ainsi que le\u2019 chou-fleur et séparer les fleurettes.Cuire les fèves en gousses et couper en petits bouts.Cuire également les pois verts.Mettre le tout dans un grand bol et faire macérer dans une sauce française faite avec Yj de tasse d\u2019huile, 2 c.à tb.de vinaigre, 1 c.à thé de miel ou de sucre.Laisser macérer le tout au moins 1 heure.Servir sur feuilles de laitue bien croquantes avec de la mayonnaise.SALADE DE LEGUMES AU FROMAGE 3 tasses de chou haché 1 tasse de carottes râpées Ya de tasse de piment vert jours chauds, servons une salade croquante et substantielle.Les recettes que je vous donne ce mois-ci vous aideront à varier vos menus sans aucune surcharge pour l\u2019estomac.Si vos gens ne sont pas encore habitués aux salades, ce serait le temps de les tenter et je suis certaine que personne ne résistera devant une assiette éclatante de coloris et reflétant toutes les merveilles estivales.Les légumes et les fruits sont aussi des pourvoyeurs de vitamines, substances reconnues indispensables à l\u2019assimilation des autres aliments.A l'oeuvre donc, mes chères lectrices, liguez-vous pour faire apprécier davantage les 1 paquet de fromage à la crème beaux légumes de chez nous.Ya de tasse de lait sel et poivre \u2018 i k Hacher finement du chou, râper des carottes et couper en minces filets le piment vert.Mettre dans un bol.D\u2019autre part, défaire en crème le fromage, ajouter le lait et battre au moussoir jusqu\u2019à consistance de crème fouettée.Bien mélanger avec les légumes.Mettre dans un grand plat à salade sur de belles feuilles de laitue croquantes et saupoudrer de chou-fleur râpé.Le chou-fleur cru et râpé donne un goût très fin aux salades.SALADE DE CONCOMBRES Trancher des concombres bien fermes auxquels on aura enlevé à tous les quart de pouce un filet de pelure.Ce qui peut se faire avec un petit coûteau ou avec une fourchette.Faire macérer ces tranches dans une sauce française et servir très froid.SALADE AUX ŒUFS FARCIS 6 œufs cuits durs 1% tasse de viande cuite 15 c.à thé de moutarde 1 c.à thé de sauce anglaise mayonnaise, laitue, céleri, concombre et percil frais Mettre des œufs dans une casserole remplie d\u2019eau froide.Porter à l\u2019ébullition, retirer la casserole du feu et laisser pocher les œufs 30 minutes.Retirer de l\u2019eau chaude et plonger dans l\u2019eau froide.Ecaler.Séparer en deux.Enlever les jaunes, mettre dans un bol, écraser, ajouter la viande cuite et hachée finement, la moutarde et la sauce anglaise.Remplir de nouveau les blancs.Garnir d\u2019une petite touffe de persil, déposer sur des feuilles de laitue croquantes, garnir de céleri et de concombres.TOMATES FARCIES grosses tomates tasse de céleri coupé finement œufs cuits durs HNHO tasse de concombre La tasse de mayonnaise sel et poivre Séparer en 2 des grosses tomates, retirer toute la pulpe, prenant bien soin de ne pas briser les tomates.Mettre de côté les graines et réserver la pulpe.Couper en petits morceaux, ajouter le céleri et le concombre coupés en petits dés.Prendre le blanc des œufs cuits durs et le couper finement.Bien mélanger avec la mayonnaise et remettre dans les tomates.Passer le jaune d\u2019œuf au tamis et en couvrir le dessus des tomates.Garnir de fleurettes de persil tout autour et servir très froid.h! les Belles Salades ! SALADE FLEURIE Tailler en tranche d\u2019un quart de pouce de la laitue \u201ciceberg\u201d.Découper une tomate en 7 ou 8 pétales et enlever toute la pulpe.Mettre la tomate à plat sur la laitue, imitant des pétales de fleur.Au centre, garnir d\u2019une rosace de fromage à la crème et saupoudrer le fromage de piment vert ou de persil frais haché finement.SALADE DE POMMES DE TERRE 2 tasses de pommes de terre 4 ceufs cuits durs 2 c.à tb.de cornichons hachés finement 1 c.à tb.d\u2019échalotes mayonnaise Faire cuire les pommes de terre et les couper en dés.TTailler les œufs en tranches minces.Ajouter les cornichons et les échalotes.Mettre le tout dans un [ Lire la suite page 44] SALADE DE PIQUE-NIQUE 1% tasse de blé d'Inde 12 tasse de fèves de Lima cuites 3 tomates 34 de c.à thé de sel Ya tasse de mayonnaise 2 petits piments verts 1/6 de c.à thé de poivre 1 c.à tb.d\u2019oignon râpé Faire cuire du blé d\u2019Inde en épis et couper les grains.Cuire également les fèves de Lima jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient tendres.Tailler les tomates en gros morceaux et hacher finement les piments verts.Mettre le tout dans un bol à salade avec les assaisonnements et la mayonnaise.Servir sur feuilles de laitue croquantes.SALADE \" BOUQUET\" 3 oranges pelées et tranchées 2 pommes 2 t.de fraises 1 paquet de fromage à la crème Noix hachéss Laitue et mayonnaise Peler et trancher les oranges.Enlever le coeur des pommes et tailler en rouelles d\u2019un !45 de pouce.Asperger de jus d\u2019oranges.Tailler à l\u2019emporte-pièce cannelé.Mettre au centre de chaque rouelle de pomme, une fraise.Façonner le fromage en petites boules et passer dans les noix hachées.Tapisser de belles feuilles de laitue croquante ou de chicorée un bol à salade.Disposer les rouelles d\u2019orange et de pommes en cercle.Mettre les fraises au milieu avec les petites boules de fromage.Servir avec mayonnaise, SALADE D'ETE EN MOULE 1 pag.de gelée au limon ou au citron 2 t.d'eau chaude % de c.à thé de sel 1/6 de c.à thé de poivre 2 c.à tb.d\u2019oignon finement haché 1 8.de concombre coupé en dés 2 p.tomates bien fermes 144 de pommes de terre cuites en dés.2 œufs cuits durs Mayonnaise et laitue Dissoudre la gelée dans l\u2019eau chaude.Ajouter le sel, le poivre et les oignons.Refroidir le mélange en brassant jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit à moitié pris.Ajouter le concombre et les pommes de terre.Passer un moule à pain à l\u2019eau froide, disposer tout autour des tranches de tomates.Remplir le moule avec le mélange de concombre et de pommes de terre et laisser prendre jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit ferme.Démouler sur un lit de laitue.Garnir de mayonnaise, de rouelles de tomates et d\u2019oeufs cuits durs.Ra TX TY Je * a a pe AOUT 1944 : 19 SALADE DU JARDIN DE LA VICTOIRE ET SOUPE AU POULET ET RIZ Gomplida.Qui, la soupe au poulet et riz est le genre de soupe ervir aux hommes ainsi qu\u2019aux femmes et jeunes fliers font, cet été, un travail d'homme.résente une nourriture excellente \u2014 poulet plein d'yeux, et beaucoup de let tendre -\u2014 viande noire et viande as gens, dont des mi Chaque bol rep : du bouillon de morceaux de pou blanche.§ Ë SALAD E DE FRUITS FRAIS ET SOUPE AU BOE OF Ems FT oe SANDWICHES D'ÉTÉ ET [ E AUX ASPERGES Écombles, souP euvent être vraiment bons quand binaisons comme celle-ci pour le La fraicheur des asperges de \u2014 \u2014 Car chaque Les repas d\u2019été p vous avez des com fh ou le souper lunc printemps vous réveille Vappéti cuillerée est délicieuse et nourrissante- Et, quand beaucoup soupe, VOUS Y trouvez mangez cette dres et savoureuses ! vous ges ten de pointes d\u2019asper RECHERCHEZ L'ÉTIQUETTE ROUGE-ET-BLANC De SES a A 20 LA REVUE POPULAIRE ECrascz CCAMOUSti uC DON S1 VOUS.êtes ts ad NX =\u201c # < men AE me ee rate ER ATe (rene 1MCEric\u20acz (#2 Dey ct SC LAPIg Ne Piqu Tad - el Let SQ vos us1i UCIT \u2018effondr air fo 0 rSat1lee dag Allah oJ - wo pen sg SRY Dé me SUCCES du LE Ahm By ese TR Çe \u201cral Motors est ficre ii Rad)-\u20ac jole bO1 Été Ou: eneral bl b lus Fa qu CREECH rc alfaiîre LA | ERAL EVROLET PONTIA OLDSMOBILE BUICK CADILLA CAMIONS CHEVROLET ET GMC = a-gb \"me Te AOUT 1944 POUR TOUJOURS [ Suite de la page 13] \u2014 Pas pour moi, Hortense.Est-ce que vraiment vous ne voulez pas m\u2019épouser ?\u2014 Voyons, Jim, je vous l\u2019ai dit au moins cinquante fois.\u2014 Oui.cependant je continue à espérer.\u2014 Eh bien! vous avez tort.\u2014 Mais je ne peux pas m\u2019en empêcher.Je suis si terriblement amoureux de vous!.\u2014 Alors, je n\u2019ai qu\u2019à changer de danseur.Vous savez bien que ce sujet-là est interdit.\u2014 Mais c\u2019est malgré mes résolutions que je recommence chaque fois à désobéir, protesta le pauvre prétendant.\u2014 Alors je vais être forcée de vous imposer une punition.\u2014 En tout cas, pas celle de vous voir danser avec un autre.Je vous avertis honnêtement que j'irai lui casser la figure, à cet autre, quel qu\u2019il soit.\u2014 Si vous tenez tant à continuer de danser avec moi, ne revenez donc plus sur le sujet prohibé.\u2014Je le promets, je le promets, mettez-moi à l\u2019épreuve.Riant tous deux, ils continuèrent à danser.Mais chaque fois qu\u2019ils passèrent à côté de Quentin Talbot, Hortense put constater qu\u2019il n\u2019y avait que tristesse dans ses yeux.Puis, elle ne le vit plus.Après le souper, quand l\u2019entrain fut a .son paroxysme, on débarrassa le milieu du salon et les invités furent repoussés contre les murs, pendant que lady Bella organisait une innocente farce en l\u2019honneur de la reine du bal.Elle conduisit la jeune fille, à qui on avait bandé les yeux, au centre de la pièce.On la fit tourner trois fois sur elle-même et on lui demanda de jeter au hasard les vingt et une roses blanches qu'elle tenait à la main, afin que les cavaliers s\u2019en emparent et, comme final, elle devait danser successivement avec chacun de ceux qui portaient une de ses roses blanches à la boutonnière.Le jeu commença au milieu des rires et des applaudissements et Hortense, entrant de cœur dans la plaisanterie, dispersa les fleurs au nord, au midi, à l\u2019est, à l\u2019ouest, jusqu\u2019à ce qu\u2019il n\u2019en restât plus qu\u2019une seule dans sa main.C\u2019était la plus belle de la gerbe, la plus épanouie, le symbole méme de sa fraiche et éclatante jeunesse, le soir de ses vingt et un ans.Elle la tint donc un moment immobile, puis la balançant au-dessus de sa tête, la lança devant elle.enleva lestement l\u2019écharpe qui lui bandait les yeux, demeura essoufflée et rieuse, suivant le parcours de la rose au-dessus des têtes levées.Le jeune homme qui était fiancé à Rosalie rentrait a l\u2019instant dans la salle du bal; la rose le frappa sur sa bouche amère.Surpris et contrarié, il saisit la fleur, la broya entre les longs doigts de sa main hâlée, puis regarda autour de lui, en complet désaccord avec l\u2019atmosphère d\u2019aimable frivolité qui l\u2019environnait, jusqu\u2019au moment où ses yeux rencontrèrent ceux de la jolie Pierrette qui se tenait au milieu de la salle de bal.Des voix en chœur lui expliquèrent rapidement la situation et une nouvelle règle de jeu fut inventée séance tenante.Quelqu\u2019un annonça : le premier sera désormais le dernier et le dernier sera le premier, ainsi avancez- vous pour être présenté à la reine.Et le jeune homme qui vénérait même la trace des pas de Rosalie Constance fut poussé en avant vers Hortense Falkland.Lady Bella commençait sa phrase : Hortense, permettez-moi de vous présenter ., lorsqu\u2019une femme de chambre surgit, pâle et hagarde, et cria : \u2014 Oh! Milady, venez tout de suite ! Oh! qu\u2019est-ce que je vais faire?.Mme Falkland est.très malade! Elle.elle.Le silence se fit.Un cri étouffé, et Hortense, les yeux agrandis par l\u2019épouvante, repoussa les personnes qui étaient devant elle, pour saisir l\u2019épaule de la femme de chambre : \u2014 Où est ma mère ?Vite, condui- sez-moi.\u2014 Mme Falkland m\u2019a dit qu\u2019elle se sentait faible.Je l\u2019ai accompagnée dans la chambre de Sa Seigneurie.Elle s\u2019est laissé tomber dans un fauteuil.J\u2019ai couru chercher un verre d\u2019eau.et quand je suis revenue près d\u2019elle.Oh! Miss!.Oh! Votre Seigneurie! Mais Hortense, lady Bella et Ginesta s\u2019étaient déjà élancées vers l\u2019escalier, précédant la femme de chambre ahurie.Quand Hortense pénétra dans la chambre et vit sa mère assise dans une attitude paisible, les mains croisées sur ses genoux, sa tête blanche appuyée au dossier du fauteuil, elle dit d\u2019une voix angoissée et qui sonnait faux : \u2014 Elle n\u2019est pas malade! Elle n\u2019est pas malade! Elle est seulement fatiguée et elle s\u2019est endormie ! Et la jeune fille avait raison, car c\u2019était sous la forme du sommeil que la mort était venue chercher cette douce créature.A Les jours qui suivirent furent un cauchemar affreux mais comme irréel pour Hortense.L\u2019enquête du médecin pour préciser la cause de la mort de Mme Falkland, les arrangements pour l\u2019enterrement, la douloureuse cérémonie, l\u2019émoi et les manifestations de sympathie des amis.tout passa devant Hortense comme les scènes d\u2019un mauvais rêve.Elle était passionnément attachée à sa mère.L'\u2019affection et la confiance qui régnaient entre elles avaient été d\u2019une qualité rare.Aussi, dans son atroce souffrance, se sentait-elle particulièrement isolée.Sa sœur, qui avait toujours été un peu jalouse, au lieu de venir pleurer avec elle, l\u2019évitait.Plus tard, on découvrit que Mme Falkland n\u2019avait pas laissé de testament, ou du moins il fut impossible d\u2019en trouver un.De sorte qu\u2019Hortense, en tant qu\u2019aînée, héritait de la fortune considérable de sa mère.Pour elle, écrasée par le chagrin, cela ne signifiait rien.Elle l\u2019accepta avec indifférence, mais il produisit sur sa sœur Ginesta un effet très différent.L\u2019adolescente était naturellement violente, rancunière et son caractère mal dompté pouvait l\u2019entraîner à commettre des actions parfois regrettables.Elle ressentit comme un outrage que tout ce que sa mère avait laissé appartint à Hortense.Il lui semblait que le simple fait d\u2019être l\u2019aînée ne devait pas donner ce droit à sa sœur.Turbulente et boudeuse comme une jeune sauvage, bientôt elle fut obsédée par le sentiment qu\u2019elle était victime d\u2019une grave injustice, Elle avait la conviction qu\u2019il existait un testament.Comment arriver à le découvrir ?Elle résolut de le chercher elle-même, ayant l\u2019intuition que ses efforts seraient ré- _ compensés.Elle ne se trompait pas.Un jour, s\u2019étant glissée sans bruit dans la chambre de sa mère, elle examinait UNE AUTRE DEBUTANTE WOODBURY LA \u201cLittle Church Around the Corner\u201d a New-York .Thelma Bertha Bowell de la Colombie Britannique et le Lieutenant Wilbert Kennith Carter ont prononcé leur \u201cOUI!\u201d La nouvelle mariée est petite, blonde, vive et charmante .son teint garde un aspect \u201cfleur de pécher\u201d grâce à Woodbury, le savon de beauté fait exprès pour la peau.1.Il est tombé amoureux à un bal d'Officiers de l\u2019Union de Langue Anglaise.Patriote, Thelma donne aussi généreusement de son temps au Club de la Cantine à La Feuille d\u2019Erable.3.\"En vue d'une idylle, rien ne vaut un Cocktail Woodbury,\u201d ajoute-t-elle.\u201c1.Une belle mousse Woodbury.2.Un rinçage à l\u2019eau claire chaude.3.Un bon rinçage froid.\u201d 2.Une promenade en métro fait parte des plaisirs du tourisme à New-York.De son teint exquis en voyage de noces, Thelma déclare : \u201cJe le protège en me servant du doux Savon Woodbury.\u201d POUR LA PTE ET A AR Ce 4.Pour un teint plus lisse, plus radieux, imitez les Débutantes Woodbury se mariant! Prenez le Savon Woodbury à l\u2019ingrédient lénitif coûteux qui donne une douceur extrême.Protégez votre guerrier \u2014 Achetez certificats d'épargnes et timbres *Fabrication Canadienne À (Qeclliny Brume HEDY LAMARR DANS \"THE HEAVENLY BODY\u201d, PRESENTATION METRO-GOLDWYN-MAYER.ND : + © Clétait ag Ny ) a de Hollywood ont aidé a CHAQUE type.Beauté chaude, vivantz ! Pour un teint basané.Pour l\u2019ivoire \u201cbaisé de soleil\u201d d\u2019une Hedy Lamarr.Miracle ?Les directeurs créer LA nuance idéale pour Votre nuance Woodbury s'applique en donnant un ton pur qui reste frais tout le temps.Pas de raies.Pas d\u2019effet \u201cpoudreux\u201d.Voilà la magie de notre seul et unique Ton Contrôlé.offre ba séduction d'unrteint Lisse \u2026 Autre attrait du Ton Contrôlé ! Il donne une teinte lisse d\u2019une douceur exquise \u2014 cache les moindres défauts.et adhère ! Mes chères ! Faites qu\u2019il jourd\u2019hui ayez votre nuance Woodbury : Windsor Rose, Brune.be CONTRÔLE .A TON VOTRE ASSORTIMENT DE FARD I.Fard Assorti Woodbury.vite! BOITES DE POUDRE WOODBURY 25¢, 1éc (D odQins Une carte Hollywood dans chaque boîte de Poudre indique rouge et bâton de lèvres assortis.Prenez votre s\u2019arrête, regarde, aime !.Au- Chair, Rachel, (Fabrication Canadienne) attentivement un vieux pupitre toujours fermé et elle toucha par hasard un petit ressort secret.Un étroit tiroir surgit soudain.Il contenait un papier plié.\u2014 Je savais, s\u2019écria-t-elle avec joie, qu\u2019il y avait un testament ! Mais ce n\u2019était pas un testament.quelque chose d\u2019inattendu qu\u2019elle lut avec des yeux égarés et fut obligée de relire avant de pouvoir y croire.Stupéfaite, étourdie, elle pressa le papier et comme elle se tenait ainsi, Hortense, qui venait accomplir son pieux pèlerinage quotidien, entra et la trouva figée sur place.Ginesta sursauta comme une coupable, et malgré elle, prit un drôle d'air, pressa encore davantage le papier contre elle pour le dissimuler à sa sœur.A la vue du pupitre ouvert et que sa mère avait toujours tenu soigneusement fermé, Hortense s\u2019étonna et dit avec indignation : \u2014 Ginesta! Ceci est impardonnable de ta part! Tu sais bien que maman nous avait défendu de toucher à son pupître ! Comment as-tu osé l\u2019ouvrir ?Sûrement, si notre chère disparue avait fait un testament, elle ne l\u2019aurait pas caché.Si tu es si agitée que ça au sujet de ma fortune, je veux te l\u2019apprendre tout de suite qu\u2019en ayant hérité par la mort de ma mère adorée, je n\u2019y tiens pas, elle m\u2019est même odieuse ! Ginesta ne pouvait jamais supporter les reproches et, devant l\u2019indignation d\u2019Hortense, sa violence prit le dessus.Elle fit ce qu\u2019elle n\u2019eût peut- être jamais fait, surtout après la déclaration d\u2019Hortense quant à la fortune maternelle.Jetant le document à la figure de sa sœur, elle dit : \u2014 Un testament, vraiment ?Elle tremblait de la tête aux pieds, tout son jeune visage décomposé : \u2014 Un testament ?.Je suis impardonnable ?Et la fortune, tu t'en moques ?Te moqueras-tu aussi de ça ?Hortense saisit le papier au vol et lut.Soudain elle pâlit, ses yeux s\u2019ouvrirent, grandis, terrifiés, incrédules.Car ce qu\u2019elle tenait en mains était une convention passée entre M.et Mme Falkland et le directeur d\u2019un asile d\u2019enfants trouvés, en Gloucestershire, pour l\u2019adoption d\u2019une petite fille de parents inconnus qui avait été abandonnée sur les marches de l'asile.Epinglé à ce papier, il y en avait un autre sur lequel Mme Falkland avait écrit de sa propre main : « À cette enfant innocente, sans nom, nous donnons celui d\u2019Hortense, et nous jurons que même si Dieu nous accorde la bénédiction d\u2019enfants à nous, de notre chair et de notre sang, nous ne ferons aucune différence entre eux et cette petite créature.Et nous prions Dieu d\u2019être dignes d\u2019en avoir la garde et que le nom que nous lui avons donné soit l'emblème de sa vie.» Suivaient la signature et la date.D\u2019une autre encore, ces mots, également signés mais datés de vingt ans plus tard: «Ce serment, fait avec amour, a été fidèlement observé.» Le coup fut terrible pour Hortense.«Cette enfant innocente et sans nom!.Sans nom!» Et comme le sens de ses mots se faisait plus précis, elle regarda Ginesta.Et ses yeux exprimaient une telle stupeur, une telle souffrance que la colère de sa cadette tomba immédiatement.\u2014 Oh! Hortense, s\u2019écria-t-elle, qu\u2019ai- je fait?Qu'\u2019ai-je dit?.Hortense! Hortense ! n\u2019aie pas ce visage torturé ! Et la pauvre enfant éclata en larmes, épouvantée des conséquences de son acte.Hortense continuait de la regarder sans la voir et elle dit à mi-voix : \u2014 Sans nom.Sans nom.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Oh! mais, ce n'est pas vrai! Ça ne peut pas être vrai! affirma l\u2019impulsive Ginesta, éperdue.Hortense reprit sa respiration avec peine.\u2014 Chut! dit-elle.C\u2019est fait maintenant.Tu ne peux pas le défaire.Je connais la vérité.Je ne peux plus l\u2019ignorer, quoi que tu dises ou que tu fasses.Elle parlait d\u2019une voix blanche, sans vie, comme si l\u2019étincelle de la jeunesse venait de mourir en elle.Ginesta sanglotait : \u2014 Oh! comment ai-je pu ?.Comment ai-je pu ?.Je n\u2019avais pas l\u2019intention.C\u2019est vrai, je jure que c\u2019est vrai.\u2014 Tu n\u2019as jamais l'intention de faire le mal, Ginesta; n\u2019empéche que tu le fais! Oh! dire que je pouvais ne jamais savoir .Je pouvais toujours ignorer Sa voix s\u2019était élevée comme un cri et puis s\u2019était brisée.Brusquement, par un violent effort de volonté, elle redevint en apparence maîtresse d\u2019elle- même et prononça vivement : \u2014 Non ! Non ! Je ne voulais pas dire cela! Je devais savoir la vérité.Sinon aujourd\u2019hui, peut-être plus tard, sinon par toi, par une autre.Ne pleure pas ainsi.Et maintenant, bien entendu, tout va être changé.J\u2019avertirai les hommes de loi.\u2014 Pour argent?Je veux que tu ne fasses aucune démarche a ce sujet.Je veux que les choses restent comme elles étaient.Je te veux pour ma sœur, comme tu l\u2019as toujours été.Je ne tiens pas, moi non plus, à l\u2019argent.\u2014 Tu y tenais assez pour apporter à la lumière ce document, dit Hor- tense avec une certaine amertume.A présent.Il est trop tard pour souhaiter ou vouloir l\u2019impossible.Je ne suis pas ta sœur.L\u2019atmosphère entre nous ne pourra plus jamais être la même.Tu as mis quelque chose en marche qu\u2019il n\u2019est plus en ton pouvoir d\u2019arréter.Puis, apris une courte pause: \u2014 Ne pleure plus, ma pauvre téte d\u2019or.Ne pleure plus.Les larmes sont si inutiles, si vaines!.Va.Laisse- moi réfléchir.Ginesta se leva, rejeta en arrière ses cheveux flamboyants, ses larmes coulant toujours, mais effrayée comme elle ne l\u2019avait jamais été, elle obéit et sortit de la pièce.Hortense demeura seule.Seule ! mot terrible dans sa réalité.«Je suis seule! Et sans nom! Sans parent! De père et de mère inconnus!.Je ne suis pas une Falkland ! » Elle se couvrit le visage de ses mains.Les paroles écrites avec tant d\u2019amour et de tendresse: « Innocente et sans nom.» résonnaient douloureusement à son oreille.Ce «sans nom»! par une cruauté mystérieuse, faisait d\u2019elle une épave du point de vue de son intransigeance affolée.A La semaine qui suivit ne fut pour Hortense que souffrances aiguës et humiliations.S\u2019entendre appeler miss Falkland lui était aussi douloureux qu\u2019un coup de fouet.Elle en éprouvait le retentissement dans toutes les fibres délicates de son être.Dans son état de surexcitation morale, les lettres de condoléances, au sujet de la mort de «sa mère» lui paraissaient écrites avec ironie.La vie lui devint un lourd fardeau à traîner.Elle ne pouvait plus dormir, même elle ne pouvait plus pleurer.Ses facultés émotives étaient tendues à se briser.Un matin, un billet affectueux de lady Bella Macey déclancha en elle une crise de désespoir et de révolte.Ginesta était partie la veille pour rentrer dans son pensionnat, près de TA th A AOUT 1944 Brighton, et Hortense se sentait plus que jamais solitaire et abandonnée.Le billet disait : «Un mot seulement, ma chère enfant, de la part d\u2019une vieille amie.Serrez les lèvres et ne laissez pas votre douleur prendre le dessus.Faites face à cette douleur comme elle l\u2019aurait voulu pour vous.Souvenez-vous que vous êtes une Falkland.» Hortense froissa le papier, faillit laisser échapper un cri: s\u2019entendre exhorter à témoigner le courage légendaire de la famille Falkland, qui n\u2019était justement pas la sienne, bouleversa tout son être sensitif et porta ses scrupules au paroxysme.Ayant à peu près perdu la tête, elle monta rapidement l'escalier, s\u2019habilla à la hâte et dégringola les marches au galop.Elle n\u2019avait qu\u2019une idée: fuir! Elle ne savait pas depuis combien de temps elle marchait dans les rues, quand une horloge sonnant dix heures lui rappela qu\u2019elle n\u2019avait pas encore pris son premier déjeuner.La jeune fille aperçut un petit restaurant tranquille, elle y entra pour boire quelque chose de chaud.Ce restaurant était d\u2019aspect assez original.La salle était divisée en un certain nombre de niches, dans chacune desquelles il y avait une table préparée pour deux ou quatre personnes.Ces tables semblaient être toutes occupées.Hortense regarda autour d\u2019elle, sans grand espoir de trouver une place.Mais son destin la conduisait.La table dans la niche la plus éloignée et la moins éclairée était occupée par un seul client qui était assis le dos tourné au public, ses larges épaules courbées et sa téte baissée vers la table.Aprés une seconde d\u2019hésitation, la jeune fille se dirigea vers la niche presque obscure.Comme elle s\u2019asseyait, l\u2019homme leva la tête d\u2019un air découragé et Hortense fut soudain figée d\u2019étonnement : c'était le fiancé de Rosalie Constance qui la regardait avec des yeux ironiques et désillusionnés.Hortense eut involontairement une expression de léger effroi, qui amena un mauvais sourire sur les lèvres de Quentin Talbot.I semblait dire : « Oui, vous êtes jolie et je le vois.Qui ne le verrait pas?.Mais de quoi avez-vous donc peur?Me prenez- vous pour un ogre?» A la vérité, il ne prononca pas une parole.Et elle comprit qu\u2019il ne la reconnaissait pas, quand il lui donna un dernier regard avant de détourner maussadement la tête.Hortense en fut contente ; elle se sentait le visage en feu et son cœur battait si fort que sa voix trembla lorsqu\u2019elle demanda au garçon une tasse de café.La vue de Quentin Talbot lié de si près dans son souvenir à la plus tragique soirée de sa vie, réveilla brusquement en elle la conscience de son terrible malheur.Et les larmes, qu\u2019elle ne pouvait plus verser, affluèrent soudain à ses yeux.Elle se rendit compte avec terreur qu\u2019elle perdait la maîtrise d\u2019elle-même.Elle cacha son pauvre visage décomposé dans ses mains crispées.Le garçon déposa la tasse de café en face d'\u2019elle, mais elle n'osa pas bouger.Pleurer ici, en public! Elle qui avait dit à Ginesta que les larmes étaient une inutile faiblesse! Elle se mordit violemment les lèvres, essaya de dominer son émotion, mais ses efforts furent vains.La nature, qu\u2019elle avait voulu étouffer, prenait sa revanche, et les larmes, comme une pluie brûlante, coulaient entre ses doigts.C\u2019est alors qu\u2019elle voulut sortir son mouchoir de son sac.Il n\u2019y était pas.Elle le chercha dans sa manche, fouilla nerveusement dans sa poche.Non, elle ne l\u2019avait pas pris, dans sa hâte à fuir la maison.Pleurer était déjà assez pénible, mais pleurer sans pouvoir essuyer ses larmes! Soudain, devant ses yeux baissés, une main longue et hâlée posa devant elle, sur la table, un grand mouchoir très blanc et non déplié.Elle était bien trop émue pour percevoir le comique de la situation, elle saisit le carré de toile fine comme un noyé aurait pu saisir une ceinture de sauvetage miraculeusement offerte et s\u2019en couvrit la figure.Elle resta immobile un moment, jusqu\u2019à ce qu'elle se sentit un peu plus calme.Puis elle murmura : \u2014 Merci.Talbot répondit à ce remerciement par un très léger salut et laissa sa tête retomber avec le même air absorbé et triste.\u2014 Dois-je vous le rendre ?se risqua- t-elle à demander d\u2019une voix hésitante.\u2014 Me le rendre?Si vous voulez! Que m\u2019importe! Talbot prononca ces mots si bas que la jeune fille ne les entendit pas bien, et ce qu\u2019elle crut comprendre la vexa.Elle reprit, le ton un peu changé : \u2014 Vous venez d\u2019être bon pour moi, mais cela ne vous donne pas le droit de me poser cette question.Le jeune homme leva vers elle des yeux étonnés : \u2014 Moi?barbota-t-il, quelle question m\u2019atrribuez-vous ?\u2014 Ne m\u2019avez-vous pas demandé la cause de mon chagrin ?\u2014 Non.Je ne vous ai rien demandé.\u2014 Ah! j'avais cru entendre.\u2014 Pourquoi me serais-je enquis ?.demanda-t-il brusquement sans achever sa phrase.\u2014 Vous pourriez.être.\u2014 Curieux ?ou simplement impertinent ?continua-t-il avec un pli d\u2019amertume aux lèvres.\u2014 Non, intéressé, allais-je dire lorsque vous m\u2019avez interrompue.Il eut un petit éclat de rire très bref.\u2014 Pleurer sur soi-même est une inutile perte de temps.La pauvre Hortense rougit.Son voisin de table rit de nouveau et son rire n\u2019avait rien de gai.Puis, la regardant, il dit avec embarras : \u2014 Peut-être, si je vous dis: Ne sommes-nous pas déjà rencontrés ailleurs ?que vous trouverez ma question impertinente.Elle vous obligera à vous lever en colère et à disparaître.Cette question interloqua la jeune fille, au point de lui donner la sensation qu\u2019elle était redevenue une écolière mise pour la première fois en présence d\u2019un jeune homme.Vous pourriez \u2014 I se trouve que je ne vais rien faire de semblable, répondit-elle, aussi froidement qu\u2019elle le pouvait en ce moment.\u2014 Non ?Eh bien! alors, j'ai raison.Nous nous sommes donc déjà rencontrés: constatation encourageante, mais ou?\u2014 Réellement, nous ne nous sommes pas rencontrés, mais vus, chez lady Bella Macey.Elle vit le sang vivement monter au visage de Quentin.\u2014 Alors, j\u2019y suis!.Pierrette!.Et une rose blanche lancée par vous, vint me frapper à la bouche, ajouta- t-il sans y attacher d\u2019importance.\u2014 Cette rose blanche n\u2019était pas destinée spécialement à vous ; toutes mes roses furent lancées au hasard.Elle s\u2019arrêta, ses pensées la ramenant à la scène du bal.Elle revoyait Rosalie Constance dansant avec le beau jeune homme brun.Quentin reprit : \u2014 Possible.En tout cas, celle-là me frappa comme méchamment à la bouche.\u2014Je répète que c\u2019est le fait du hasard.23 celle Gaule Gème rtzgnae Vous Su \u20ac ! Réveil à 6 heures du matin! Devant l'appareil toute la journée! Travail de guerre entre temps ! Et pourtant l\u2019exquise Donna Reed reste idéale, fraîche comme une fleur!.C\u2019est la Crème Woodbury \u2014 qui fait tout pour la peau, vite, sans effort.Donna Reed dans \u201cTHE PICTURE OF DORIAN GRAY\u201d Production de Metro-Goldwyn-Mayer TFaites que la créme de beauté de Donna Reed donne à votre peau ce charme de vedette.Cette crème satinée unique fournit des soins complets: Nettoie à fond.Rafraichit.Lisse.Adoucit la sécheresse rude et efface les petites rides.Retient la poudre pendant des beures.Et Stéricin, un ingrédient unique, purifie continuellement la crème en pot, brotégeant des germes qui causent les flétrissures.@ Soin et chaque soir mettez le fameux Masque Nocturne des vedettes: d\u2019abord, nettoyez avec la Crème Woodbury \u2014 puis mettez-en la nuit, pour radoucir la peau.Nettoyez-vous avec aussi pendant FABRICATION CANADIENNE le jour.Achetez aujourd\u2019hui votre pot de crème.50g, 25g.Crome (Qed un CREME INTEGRALE DE BEAUTE CREMES SPECIALES POUR CAS SPECIAUX.Si vous avez la peau normale Ou sèche, la Crème Woodbury vous suffit.TRES SECHE, mettez Woodbury Dry Skin Cream la nuit.GRASSE, nettoyez avec Woodbury Cleansing Cream.dans TOUS LES CAS, Woodbury Foundation Cream rendra votre fard plus lisse, plus durable.oe 24 JAM ON PKOBLEME À TES PARENTS SONT UN PROBLÈME P TA MAMAN ET SOMMES-NOUS PAS DE BONS MAIS.QUOI ?ALLONS, MA PETITE, DIS-MOI 9 JE LIS DANS ) CETTE REVUE QUE LES \u2018 PERSONNES QUI ONT MAUVAISE HALEINE DOIVENT CONSULTER LEUR DENTISTE ! ALORS.POURQUOI NE VOYEZ-VOUS PAS LE VÔTRE, MAMAN ET VOUS?_ LA MOUSSE ACTIVE DE COLGATE PENETRE DANS LES INTERSTICES CACHES ENTRE LES DENTS.DELOGE LES PARTICULES D'ALIMENTS.ENLEVE LES ODEURS DE SALIVE STAGNANTE ET FAIT DISPARAÎTRE CETTE CAUSE FRÉQUENTE DE MAUVAISE HALEINE ! F COLGATE FAIT L° RELUIRE VOS DENTS à ET DONNE PLUS .D'ÉCLAT KM A VOTRE SOURIRE POUR SE DEBARRASSER DE LA MAUVAISE HALEINE JE RECOMMANDE LA PATE A DENTS COLGATE ! IL EST SCIENTIFIQUEMENT PROUVE QUE 7 FOIS SUR 10 COLGATE ARRÊTE INSTANTANÉMENT LA MAUVAISE HALEINE ! MOI, NE PARENTS ?ES-TU CONTENTE DE TES PARENTS MAINTENANT MA PETITE ?PURIFIE VOTRE , 256 400.| \"Vosmeurs BROSSE A DENTS COLGATE EN NYLON ALES LES SOIES NYLON DE COLGATE NE PEUVENT SE RAMOLLIR 29° \u2014 Le hasard est responsable de bien des choses ! Le sourire du jeune homme exprimait une cruelle expérience.\u2014 Et il n\u2019a pas toujours le sens de chance.Il aurait plutôt celui de fatalité.Ne croyez-vous pas que cette rose, en venant tomber sur moi, a été guidée par la fatalité ?Il n\u2019aurait pas dû lui poser cette question et il devait le savoir.\u2014 Non ! Non! L\u2019indignation la fit protester plus vite qu\u2019elle n'aurait voulu.Elle se rendait compte qu\u2019elle prenait les paroles de Talbot trop au sérieux.De nouveau, elle se sentit gauche et gênée comme une petite fille.Elle était en colère qu\u2019il eût le pouvoir de la déconcerter et elle dit avec une irrésistible impulsion : \u2014 Vous avez pris un air très supérieur, tout à l'heure, au sujet de la pitié qu\u2019on éprouve parfois pour soi- même.mais si vous étiez une femme, vous seriez en train de verser toutes les larmes de vos yeux.Il la regarda avec vivacité : \u2014 Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?\u2014 Oh! c\u2019est très joli de prendre un petit air indépendant, mais vous êtes malheureux, terriblement malheureux ! Il demeura assez longtemps silencieux, puis, d\u2019un ton bref: \u2014 Je suis en enfer.Elle respira profondément, stupéfaite de sa propre audace et d\u2019avoir en outre si bien deviné.Elle ne savait plus que dire et le désir lui vint de s\u2019excuser.Mais avant qu\u2019elle ait entr\u2019ouvert la bouche, il reprit, tragique : \u2014 Elle m\u2019a signifié mon congé, à la première heure, ce matin.J'ai reçu une dépêche me disant qu\u2019elle avait \u2026 qu'elle avait épousé.l\u2019autre \u2026\u2026 hier ! \u2014 Le beau jeune homme brun ?dit Hortense, suivant naïvement sa pensée.\u2014 Ah! vous saviez ?.Elle rougit de nouveau, confuse.\u2014 Oh! je n\u2019ai pu m'empêcher de remarquer que.que.qu'elle a dansé avec lui trés.trés souvent.a cette soirée.\u2014 Alors, je suppose que je peux me féliciter.dit-il avec amertume.\u2014 Evidemment.Et cependant malgré les principes que vous avez énoncés quand je pleurais, vous vous complaisez à vous torturer vous-même.\u2014 C\u2019est vrai, mais je n\u2019ai pas encore eu le temps de m\u2019habituer à mon bonheur.Seulement, comme je ne pourrais pas supporter la pitié des autres, j'ai signé un engagement avec Peterson, l\u2019explorateur.Je vais donc faire partie d\u2019une expédition pour Dieu sait où, en avion.J\u2019ai rencontré Peterson, il y a une Heure, dans un état frénétique, parce que son pilote a la grippe.Il s\u2019est accroché à moi.Et je dois le rejoindre demain à Croydon.Et puis.Remercions Dieu d\u2019avance pour la tempête et le déchaînement des éléments qui nous attendent \u2026 Hortense se sentit frémir d\u2019une étrange excitation.\u2014 Oh! s\u2019exclama-t-elle, et il lui semblait que le vent lui frappait déjà la figure.\u2014 Je fuis.C\u2019est de la couardise, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Non.Pourtant.Peut-être.Je ne sais pas.Je.Je.je voudrais bien pouvoir en faire autant ! \u2014 Fuir quoi, vous?.Mais, pardon.\u2014 Certaines choses graves, douloureuses.Elle hésitait, avec le sentiment subit que l'intimité s\u2019établissait trop vite entre eux.Après tout, Talbot était un étranger pour elle.Comment pouvait- elle lui parler d\u2019une façon si confidentielle ?Elle dit : \u2014 I faut que je m\u2019en aille.Et elle avala à la hâte son café refroidi, comme si elle était vraiment LA REVUE POPULAIRE pressée.Puis elle se souleva un peu, pour prendre son sac, ses gants.Et, voyant le mouchoir prêté : \u2014 Oh! Et ceci ?fit-elle.Elle tendait le mouchoir à l\u2019aviateur.Il le prit, esquissant une espèce de sourire, le reposa sur la table, l\u2019aplatit et, avec un crayon, griffonna quelques mots sur un coin.Puis, il le rendit à la jeune fille.Celle-ci lut : « À Pierrette, en échange d\u2019une rose blanche.» Elle eut un petit rire involontaire.Quentin reprit : \u2014 Cette inscription, je le crains, causera un terrible scandale chez la blanchisseuse.Mais il serait encore plus terrible si j'avais écrit votre nom .que je ne connais pas encore.Ces paroles produisirent un effet qu\u2019il ne pouvait prévoir.L'expression de la figure d\u2019Hortense changea.Elle détourna les yeux.\u2014 C\u2019est vrai, reconnut-elle à voix très basse et avec amertume.Quentin attendit un instant qu\u2019elle se nommât, puis: \u2014Le mien est Talbot.\u2014 Je le savais.Elle se tut encore.\u2014 Alors, vous ne voulez pas que je sache le vôtre ?C\u2019est bien.\u2014 Non, ce n\u2019est pas cela.Il la regarda de son air détaché.Cette froideur même augmenta le désir de parler qui étouffait la jeune créature.Elle pensait : « Qu'est-ce que ça fait qu\u2019on sache ou ne sache pas la vérité à mon sujet, puisque, étant donné le caractère de celle que j'ai cru ma sœur jusqu'ici, je ne peux pas rester auprès d\u2019elle, ni accepter les avantages de la situation ?La vérité tôt ou tard sera connue.Il vaut mieux pour ma dignité que j'aie le courage de la révéler tout de suite.» Alors, ouvrant la bouche avec peine, elle accentua durement : \u2014 C\u2019est parce que.de nom! Mais si elle s'attendait à quelque marque de surprise chez Talbot, elle fut déçue.Tout ce qu\u2019il trouva à dire fut: \u2014 Ça vous gênera-t-il, si je fume ?Elle eut un geste négatif et il alluma une cigarette.\u2014 Je comprends.d\u2019un moment.Talbot, Quentin je n\u2019ai plus dit-il, au bout \u2014 Non, vous ne comprenez pas.Personne ne pourrait comprendre.\u2014 Cela a-t-il beaucoup d'importance qu\u2019on ne comprenne pas ?.Se sentant comme rejetée dans sa solitude, Hortense cria presque : \u2014I est trop visible que vous ne comprenez pas!.Toute ma vie, d\u2019aussi loin que je puisse me souvenir, j'ai été Hortense Falkland.Mais il y a une dizaine de jours, j'ai découvert que je ne suis.personne.que je ne suis qu\u2019une épave.une pauvre enfant que son père et sa mère ne voulaient pas et qu\u2019ils abandonnèrent sur les marches d\u2019un établissement de l\u2019Assistance publique! Elle eut un spasme nerveux.\u2014 Sans nom ! dit-elle les larmes au bord des paupières et en mettant dans cette exclamation toute la douleur, toute la désolation qu'elle éprouvait.\u2014 Oh! je ne sais pas pourquoi je vous dis tout cela a vous! protesta- t-elle.Il répondit comme si les mots lui étaient arrachés par une émotion trop violente pour qu\u2019il pût lui résister : \u2014 Parce que nous sommes tous les deux battus, vaineus, perdus.et que rien n\u2019existe plus pour nous.Parce que notre blessure est tellement à vif que rien ne peut augmenter notre souffrance.Voilà pourquoi ! [ Lire la suite page 26] wo Qe SAT gr A EE mt AOUT 1944 Sejour à Thopital, ser Francine UTREFOIS le mot hopital résonnait lugubrement aux oreilles d'un malade et quand le médecin suggérait à un patient de faire un séjour à l'hôpital le malheureux en concluait que sa dernière heure était proche.Cette opinion pessimiste s'est beaucoup modifiée et l'on a vu des gens se rendre à l'hôpital pour une cure de repos, pour s'éloigner des soucis des affaires ou des tracas domestiques, tout comme ils iraient passer quelques semaines à la campagne.ll est vrai, d'ailleurs, que plusieurs de nos hôpitaux sont admirablement situés et que tous sont pourvus du confort le plus moderne.Actuellement, les choses ont un peu changées.Le manque de domestiques se fait sentir là comme ailleurs.Les hôpitaux sont remplis.seuls les malades qui ont absolument bescin de soins y sont admis et cela pour un temps strictement limité.Les médecins et les infirmières ont été réquisitionnés par l'armée et le petit nombre de ceux qui sont restés doivent se partager une besogne considérable.Les malades doivent s'adapter à ces conditions nouvelles, renoncer à des exigences et à des caprices que l'on avait toujours cru légitimes.Peut-être les réflexions suivantes les aideront-ils à accepter de bonne grâce l'état de choses résultant des circonstances.CE QU'IL FAUT FAIRE : Laisser derrière soi tous les problèmes domestiques et ne pas s'obstiner à vouloir gouverner sa maison, de son lit d'hôpital.Accepter dès le premier jour les règlements de l'institution, qu'il s'agisse d'un paiement à l'avance, de l'heure fixée pour les visites et les repas, etc .S'habituer à la routine quotidienne de l'hôpital : refaire le lit, changer les draps, prendre la température ou le pouls, etc.Si vous n'êtes jamais prête au moment où passe l'infirmière, vous l'obligez à revenir et doublez ainsi son travail.Quand vous sonnez, tâchez de tout demander en une fois au lieu de répéter votre appel à chaque instant.S'appliquer à retenir le nom et le poste de chaque infirmière.Présen- tez-la à vos visiteurs si vous en avez l'occasion.Ne dérangez pas la garde en chef pour des questions sans importance.Obéir scrupuleusement aux instructions du médecin.S'il vous défend de fumer, soumettez-vous.Ne demandez pas à vos visiteurs de vous apporter des bonbons ou du vin si cela est contraire à votre régime.Ne pas oublier que vos voisins de chambre sont peut-être beaucoup plus gravement malades que vous et mettre votre radio très bas.Demander à vos parents et amis de téléphoner rarement et brièvement.Chacun peut le faire à tour de rôle et communiquer ensuite avec les autres intéressés.Recommander à vos visiteurs de ne venir qu'aux heures de visites et de se retirer, le soir, à l'heure réglementaire.Savoir remercier pour les petits services qu'on vous rend et louer gentiment ceux qui prennent soin de vous.Les médecins et les infirmières sont eux aussi des êtres humains et ils ne sont pas fâchés de voir leur dévouement apprécié.CE QU'IL FAUT EVITER : Chercher à échapper aux règlements qui vous semblent arbitraires, inu- tes ou sans importance.Vous ne tarderez pas à vous apercevoir qu'ils ont tous leur raison d'être.Ne pas protester avec indignation si vous ne pouvez vous procurer une chambre privée, dès que vous en faites la demande, et savoir au besoin vous contenter d'une chambre semi-privée.Se rappeler que les infirmières privées sont rares.En demander une seulement dans un cas grave et ne pas la garder plus longtemps qu'il n'est nécessaire.Ne pas insister pour garder vos bijoux dans votre chambre de malade.Cet enfantillage vaniteux peut amener des complications et causer du tort.Des bijoux sont déplacés en pareille circonstance, éparpillés entre les fioles et les boîtes de médicaments.À propos de remèdes, ne continuez pas à prendre à l'hôpital ceux auxquels vous aviez recours chez vous, sans avoir consulté votre médecin.Ne vous froissez pas des questions très directes et personnelles que le médecin a le devoir de vous poser.Ne cherchez ni à les éviter, ni à y répondre d'une façon évasive ou incomplète.Avouez franchement votre âge.Ne questionnez pas sur ce qui se passe chez les autres malades.Ne faites circuler aucune rumeur relative à leurs maladies ou à leurs défauts de caractère.Surtout si vous n'avez pas de garde privée, faites un effort pour vous suffire le plus possible, sans pour cela commettre d'imprudence.Arrangez- vous pour qu'une parente ou une amie vienne chaque jour passer quelques heures auprès de vous et vous rendre de menus services.Lorsque la convalescence commencera, que cela ne soit pas en même temps le début de vos imprudences, de vos plaintes, de votre mauvaise humeur.Ne vous imaginez pas qu'on vous garde de force à l'hôpital comme dans une prison.C'est tout le contraire qui est vrai.Il y a toujours quelqu'un qui a besoin de votre chambre et vous pouvez être assurée que l'on ne vous retiendra pas à l'hôpital plus longtemps qu'il n'est strictement nécessaire.Vous 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Il se leva comme pour partir.Mais Hortense, en proie à des impressions si fortes et si diverses, lui saisit la main et larréta.\u2014 Non! non! Ne partez pas encore ! Je suis désolée! Je vous ai mal jugé.Je ne voulais pas dire.Oh! je ne sais ce que je veux dire.Ce que je suis.ce que je pense.Faites la part des circonstances.Sa voix se brisait.L'expression du regard de Quentin Talbot s\u2019adoucit: au moins, il y avait cette parité entre eux, qu\u2019ils étaient battus, vaincus, perdus.\u2014 Supposons, dit-il, que nous fassions cette folie.Supposons que nous nous mariions pour nous séparer à la porte de l\u2019église.Vous suivrez votre chemin et moi le mien, ou plutôt, celui de Peterson.Quel sera le résultat ?Vous aurez un nom et moi, j'aurai eu ma noce.Hortense restait assise, immobile, haletante, les yeux agrandis et brillants dans son visage pâli.\u2014 Mais aprés ?.finit-elle par demander.\u2014 Après ?\u2014 Quand vous serez de retour de l'expédition.Il rit avec effort.\u2014 Ne vous tracassez pas.Je ne reviendrai pas.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Précisément ce que j\u2019ai dit.\u2014 Est-ce que vous allez.exprès ?\u2014 Cela n\u2019est pas nécessaire.L'\u2019expédition est la plus folle qu\u2019on ait jamais tentée.De plus, je sais que je ne dois pas revenir.\u2014 Comment pouvez-vous le savoir ?\u2014 Je le sens.\u2014 Bien des soldats, pendant la guerre, ont eu la méme sensation en partant.Cependant ils sont revenus.\u2014 Ils ne pouvaient pas avoir un sentiment aussi profond que le mien, aussi positif.\u2014 Mais si, du moins, ils croyaient l\u2019avoir.Devant l\u2019insistance de la jeune fille.il eut un mouvement d\u2019impatience : \u2014 Je suis persuadé que vous n\u2019avez rien à craindre de l\u2019avenir et que votre veuvage est certain.Hortense, les joues roses maintenant, dit avec une sorte de ferveur : \u2014 Je ne pensais pas à moi.\u2014 Vraiment ?C\u2019est bien gentil et délicat de votre part.\u2014 Pas du tout, parce qu\u2019il n\u2019y a pas la moindre chance que la chose puisse me toucher d\u2019une façon ou d\u2019une autre.L'idée en elle-même est absurde.impossible.fantastique.Subitement, elle se couvrit le visage de ses deux mains.\u2014 Oh! je ne sais pas.Supposons que je sois assez toquée.mais, naturellement, je ne le serai pas.je ne le pourrai pas.C\u2019est impossible.Quentin Talbot prononça lentement : \u2014 Cela pourrait l\u2019être, si quelque chose nous importait encore.Mais puisque rien ne nous importe plus.Alors.Il s\u2019arrêta.Elle leva la tête.Ils demeuraient assis, en silence, leurs regards se croisant, profonds et enveloppants.\u2014 Mais vous ne désirez pas m\u2019épouser ?dit-elle enfin.\u2014 Non, répliqua-t-il, du point de vue sentimental, je ne le désire pas, car ce point de vue m\u2019a trop mal réussi.Aussi, je crois que je ne le respecterai plus autant que je l\u2019ai fait.\u2014 Et moi, je ne désire pas vous épouser.\u2014 Mais vous souhaitez un nom.Elle eut un rire qui tremblait : \u2014 C\u2019est une telle folie déjà que d\u2019être assis à cette table, discutant sur une telle question.Je ne vous connais pas.Vous n\u2019êtes qu\u2019un étranger pour moi, aperçu dans une fête mondaine.\u2026.\u2014 Et je n'ai pas de lettre de créance à vous présenter, plutôt le contraire.Lorsqu'un homme a été repoussé par sa fiancée avec cette brutalité, il y a des chances pour que celle-ci ait eu de sérieuses raisons.\u2014 Non, je ne crois pas, releva-t-elle avec vivacité.\u2014 Vous dites ça probablement parce qu\u2019elle ne vous plaisait pas.C\u2019était vrai et Hortense le savait.\u2014 Oui, peut-être, dit-elle, je dois avouer avec franchise qu\u2019elle m\u2019avait déplu.Un silence.Elle reprit: Vous ne savez rien de moi qui soit à mon avantage ?\u2014 Non.D'autre part, je ne sais rien non plus qui soit contre vous.\u2014 Ne croyez-vous pas que j'aie été abandonnée, un pauvre petit enfant de l\u2019Assistance publique ?\u2014 En quoi ceci peut-il vous déconsidérer à mes yeux ?Vos pareats, seuls, sont coupables.Elle ne répondit pas tout de suite.Puis, en haussant les épaules.\u2014 Mais quelle piètre garantie pour un mariage de se contenter de ne LA REVUE POPULAIRE rien savoir de répréhensible l\u2019un de l\u2019autre.\u2014 II n\u2019est pas question d\u2019un mariage.Mais simplement du don d\u2019un nom.\u2014 En quoi cela vous intéresse-t-il que j'aie un nom ?\u2014 C\u2019est votre cas qui m'intéresse.\u2014 Mais supposons que je le déshonore, votre nom.J\u2019ignore quelle sorte de sang coule dans mes veines.Il peut.y avoir.Il l\u2019interrompit : \u2014 Un nom aristocratique et du sang bleu m\u2019ont fait «knock out» il y a moins de trois heures, c\u2019est pourquoi je n\u2019attache plus aucune importance aux titres et aux origines.Elle sentit qu\u2019elle obéissait à une impulsion irrésistible vers l\u2019acte qu\u2019elle jugeait insensé.Si, à ses objections, son interlocuteur opposait la moindre parole de mauvais vouloir ou le désir de se rétracter, elle aurait pu balayer la tentation et retrouver peut-être son équilibre mental.Mais au contraire, il les repoussait, ces objections, avec une indifférence presque impersonnelle et qui contribuait de donner à l\u2019étrange idée une sorte de pouvoir de suggestion.Elle reprit avec un petit rire gêné et répondant tout haut à sa propre pensée : \u2014Oh!.Je ne peux pas.Vous ne pouvez pas.Je ne sais d\u2019ailleurs pas ce que sont les permissions spéciales.\u2014 J\u2019arrangerai \u2018tout, dit-il.S\u2019entétant, se répétant, elle continua: \u2014 Mais pourquoi, une fois de plus, le feriez-vous ?Il n\u2019est pas possible que ce soit simplement pour que j'aie un nom.Un peu rouge, il avoua lentement : \u2014 Il se peut que j\u2019éprouve un plaisir sauvage à faire voir à la femme qui m\u2019a laché qu'une autre jolie femme.\u2014 Je vois, dit-elle rapidement.C\u2019est votre vanité qui est en jeu.Rougissant davantage, il dit: \u2014 Je le crains.Cet aveu parut rendre à Hortense un peu de son équilibre mental.I fit naître aussi dans son cœur quelque pitié pour celui qui lui parlait.Il avait été, sans aucun doute, cruellement blessé.\u2014 Vous rendez-vous compte, reprit- elle avec lenteur, de ce que «sans nom » peut signifier ?\u2014- Oui.\u2014 Que ma parenté peut être n\u2019importe quoi, que mes parents pouvaient n\u2019utre pas mariés.Sa sensibilité, tant mise à l\u2019épreuve depuis la mort de sa mère adoptive à de telles évocations, faisait chevroter sa voix.\u2014 Je ne vois là-dedans aucune raison pour que vous refusiez de m\u2019épouser.Les yeux durs et brillants d\u2019Hor- tense interrogèrent en même temps que sa voix.\u2014 Sincèrement, vous ne voyez aucune raison inquiétante ?Il répondit aussitôt : \u2014 Sincérement.A propos, j'ai oublié de vous apprendre que je ne mens Jamais.La jeune fille fit entendre encore une fois son petit rire nerveux.Ses yeux étincelèrent, ses joues s\u2019empourprèrent soudain et avec une intonation de défi, elle dit: \u2014 Alors, j'accepte.C\u2019est de la folie, mais j'accepte votre proposition.\u2014 Très bien, fit-il avec flegme.Si d\u2019ici là vous ne changez pas de résolution, et sauf avis contraire de ma part, trouvez-vous demain, à midi, à l\u2019église Saint-Gile, Pennington-Square.Flle entendit comme dans un rêve sa propre voix, qui lui parut être celle d\u2019une étrangère, répondant : \u2014 Très bien.J\u2019y serai.Puis elle s'enfuit. \u2014 dE + AOÛT 1944 CHAPITRE Il E RETOUR à la maison des Falkland, Hortense monta dans sa chambre, ôta son manteau, s\u2019assit sur son lit et essaya de réfléchir.Tout ce qui lui était arrivé dans la matinée lui paraissait être le souvenir d\u2019un cauchemar.Cependant n\u2019y avait-il pas là une évidente réalité ?Quentin Talbot et elle devaient se marier ensemble ! Quentin Talbot! Un jeune homme qu'elle avait vu au- jourd\u2019hui pour la seconde fois! Le jeune homme qu\u2019elle avait considéré comme appartenant à Rosalie Constance.N\u2019était-ce pas incroyable ?absolument impossible ?A Après le lunch, où elle s\u2019était efforcée de manger à cause des domestiques qui la servaient, elle erra dans la maison, essayant de se calmer par le mouvement et de trouver quelque chose qui l\u2019aiderait à tuer les heures, qui la distrairait de ses pensées angoissantes.Elle s'installa dans le salon avec un livre.Mais elle ne parvint pas à lire une ligne, car sur les pages elle ne voyait que les phrases qui dansaient dans son cerveau ! « Quentin Talbot! Je vais l\u2019épouser demain.demain!.» Elle sursauta, prise d\u2019une panique subite ; le livre tomba à terre et elle cria presque: \u2014Je ne le peux pas!.peux pas! Sous cette impression, elle se précipita vers le téléphone, prit le récepteur, le reposa aussitôt, chercha l\u2019Annuaire et ne le trouva pas.«L'homme que je dois épouser de- demeure.» Elle s\u2019appuya au mur.Petit à petit, sa panique se calma.Après tout, qu\u2019importait! Elle était malheureuse, sans nom, abandonnée.Tard dans la soirée, Hortense fut appelée au téléphone : \u2014 Allo ?fit-elle.\u2014 C\u2019est vous, Hortense ?C'était la voix de Talbot, et celui- ci l\u2019appelait simplement par son prénom! Comment osait-il?.Eh! oui, naturellement, il osait!'.Un instant, elle avait oublié qu\u2019il était son fiancé! \u2014 Oui, dit-elle, c\u2019est Hortense qui parle.\u2014 Et de ce côté-ci, c\u2019est Quentin.\u2014 J'ai reconnu la voix.\u2014 Je vous ai sonnée pour vous annoncer que j'ai tout arrangé pour demain, si les projets de ce matin tiennent bon; si.\u2014Si?.\u2014 Si vous n\u2019avez pas renoncé.\u2014 Désirez-vous renoncer, vous ?ré- pliqua-t-elle.\u2014 Non, mais je suis un homme.\u2014 Alors, il n\u2019y a que les femmes pour manquer à leur engagement.La réponse fut un rire, le rire un peu triste de Quentin.\u2014 Je ne suis pas disposé aujourd\u2019hui à jeter de fleurs aux femmes.\u2014 Parce qu\u2019une femme a été infidèle à sa parole, croyez-vous que toutes le sont ?Il ne répondit pas à la question, mais dit : \u2014 En tous les cas, j'en connais une qui ne manque pas de courage.Je commence à croire que j'en connais une qui est purement et simplement honnête.\u2014 Une autre ?\u2014 Non.La même.Un silence, et puis elle demanda : \u2014 Moi?\u2014 Oui, vous.Un nouveau silence.Brusquement, elle lança : \u2014 Vous êtes dans l\u2019erreur.\u2014 Vraiment ?Je ne le \u2014 Oui, je voulais vous appeler au téléphone il y a déjà un moment, pour vous dire que.que.\u2014 Pour reprendre votre parole ?\u2014Oui.\u2014 La frousse ?\u2014 Oui.\u2014 Ce qui prouve justement que vous êtes honnête.\u2014 Comment ?\u2014 Si vous ne l\u2019étiez pas, vous ne me l\u2019auriez pas dit.\u2014 Si je l\u2019avais été, je n\u2019aurais pas pensé à reprendre ma parole.\u2014 Mais si.Ce n\u2019était qu\u2019un peu d\u2019émotion bien compréhensible .Pen- sez-vous encore à retourner en arrière?\u2014 Non.\u2014 Vous le pouvez, si vous le voulez.\u2014 Je ne le veux pas.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je veux un nom.\u2014 J\u2019admire votre franchise.Nous n\u2019avons ni prétentions ni illusions.Un des avantages de ne pas être amoureux.Ainsi donc, je vous verrai demain.\u2014 Oui, du moins je le suppose.\u2014 Vous n\u2019avez pas lair bien sire.\u2014 Je.commença-t-elle.\u2014 Vous avez toujours peur ?Il y avait dans le ton un léger mépris.\u2014 Eh! bien.oui! \u2014 De quoi?Alors, adieu.\u2014 Non! Attendez un moment, ne vous éloignez pas.\u2014 Alors ?\u2014 Peur ?Pas de vous! Pour vous! \u2014 Pour moi ?\u2014 C\u2019est un peu effrayant, voilà tout.\u2014 Qu'est-ce qui est effrayant ?\u2014 Oh! rien!.Tout.Je ne sais plus.Le rire déplaisant de Quentin lui parvint.\u2014 Vous êtes un peu vague dans vos propos, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Je le sais.Mais c\u2019est si difficile à exprimer, balbutia-t-elle.\u2014 Pourtant, parlez ! \u2014 Est-ce que vraiment tout est arrangé ?Je veux dire, est-ce qu\u2019il n\u2019y a plus aucun espoir pour vous ?\u2014 Espoir de quoi ?Elle risqua le tout pour le tout : \u2014 Etes-vous sûr qu\u2019elle est mariée ?Etes-vous certain qu\u2019elle est réellement perdue pour vous?N'existe-t-il plus une chance que vous puissiez.Les paroles s\u2019arretérent sur ses lèvres.\u2014 L\u2019épouser ?Non, il n\u2019y a pas la moindre chance.Et je ne l\u2019épouserais pas, méme si elle faisait le pélerinage à genoux pour venir me demander de l\u2019épouser.\u2014 Oh! dit-elle d\u2019une voix faible et triste, cependan* vous l\u2019aimez toujours, n\u2019est-ce pas ?\u2014 L\u2019aimer ?Oh! Dieu! oui! oui! je l\u2019aime ! La voix de Quentin était subitement changée.Il s'arrêta net, s'étant aperçu qu\u2019il venait d\u2019avouer ses véritables sentiments.Puis, reprenant son ton de raillerie habituelle : \u2014 C\u2019est parce que j'ai perdu le sens du ridicule.Je vous l\u2019ai dit ce matin, que je ne l\u2019ai plus.\u2014 Oh! ne plaisantez pas, c\u2019est trop grave.Réfléchissez, je vous en supplie.Demain, il sera trop tard.\u2014 Je ne plaisante pas.Si j'étais en possession de toutes mes facultés, je me verrais comme le pauvre imbécile que je suis.Les Talbot n\u2019ont pas l\u2019habitude de la trahison.Voilà tout.\u2014 Je comprends.Oh! je suis si peinée pour vous! \u2014 Ne le soyez pas.Je dois être au contraire félicité.Et vous ?\u2014 Quoi?Moi?\u2014 Tirez le meilleur parti que vous pourrez de la situation.\u2014 Le meilleur?demanda-t-elle d\u2019une voix frémissante.27 Le Rouge a Levres Tangee au Fini-Satine vous fera attrayante, plus longtemps! Un récent portrait de CONSTANCE LUFT HUHN, par Maria de Kammerer Par CONSTANCE LUFT HUHN DIRECTRICE DE LA MAISON TANGEE Vos oeuvres de guerre et vos activités régulières reclamant toute votre attention et toutes vos énergies, vous accueillez évidemment avec plaisir les suggestions susceptibles de vous -sauver du TEMPS et des SOUCIS.En voici une: choisissez votre prochain rouge à lèvres parmi le \u201cquatuor\u201d Tangee au Fini-Satiné .Red-Red Tangee, Tangee Theatrical Red, Tan- gee Medium Red, Tangee Naturel.Quelque teinte que vous choisissiez, vous aurez une couleur magnifique, d\u2019une profondeur de ton et d\u2019un velouté de texture absolument incomparables.Grace au Fini-Satiné Tangee, vos lèvres resteront séduisantes.plus long-temps! Oui, un Rouge à Lèvres Tangee, au Fini- Satiné, vous épargnera un TEMPS très precieux en conservant vos lèvres impeccables\u2014en dépit des intempéries ou que vous vous mordiez les lèvres.Le PROBLÈME du maquillage se trouve réglé de la même manière .avec le Fard Tangee assorti et la nouvelle Poudre Faciale TANGEE au FINI-PETALE! Reuge à Loves TANGEE oi Sutine Séudhre pour & Hiage TANGEE 2577 Rotate VOTRE DENTIER PENSEZ - 9 \u2018 à , Pa Pourquoi le Double Risque Du brossage avec nettoyeurs inappropriés ?HALEINE DE DENTIER.MAUVAIS AJUSTEMENT En brossant son dentier avec des nettoyeurs inappropriés : pâtes, poudres dentifrices et savon, on peut égratigner les matières composantes qui sont 60 fois plus tendres que les dents naturelles.Ces égratignures causent taches malodorantes, pellicules et particules de nourriture qui adhèrent plus vite, plus obstinément \u2014 et qui dégénèrent en l\u2019Haleine de Dentier.D\u2019autant plus que ce même brossage peut user les délicates alvéoles et désajuster le dentier.Salil, ~ oe CHAQUE JOUR ! M + PAS DE RISQUE (OS, FAITES-LE TREMPER DANS POLIDENT.Dé- JA noser le dentier dans M la solution Polident durant 15 minutes ou plus, si possible.Rincer \u2014 et c'est tout Pos de brossage A FAIRE PAS DE BROSSAGE, conséquemment pas de risque en faisant tremper votre dentier dans Polident.Finies les inquiétudes d\u2019égratignures ou d\u2019usure.De plus, ce bain Polident quotidien donne a votre dentier, fraicheur et propreté.Polident est recommandé par plusieurs dentistes éminents et approuvé par les fabricants réputés d\u2019accessoires dentaires.= à Sr \u201cLA VIE EST BELLE.sortons et amusons-nous.\u201d Les admirateurs de Polident sont légion.Avec Polident, l\u2019Haleine de Dentier \u2014 les risques d\u2019usure et de mauvais ajustement ne sont plus à craindre.L'usage quotidien de Polident contribue à maintenir l'apparence naturelle de votre dentier pour moins d\u2019un sou par jour.Precurez-vous Polident dès aujourd\u2019hui dans toute pharmacie, bazar ou magasin à rayons.Format 3 oz.\u2014 40¢ ; Format 7 oz.\u2014 75¢.Employez POLIDENT Tous les jours CONSERVEZ PONTS ET DENTIERS PROPRES.ET INODORES ! Stafford-Miller (Canada), Limitée 172 rue John, Toronto 2, Canada.\u2014 Oui, puisque je peux vous donner ce que vous désirez le plus.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Et c\u2019est bien le meilleur parti, de l\u2019accepter \u2026 \u2014 En êtes-vous sûr ?\u2014 Pour le moment, du moins.\u2014Et pour d\u2019autres moments, ceux de l\u2019avenir ?\u2014 Ces moments plus ou moins lointains prendront soin d\u2019eux-mêmes.Bonsoir, Hortense.\u2014 Bonsoir, fit-elle, vaincue.\u2014 Bonsoir qui ?\u2014 Rien.Bonsoir.\u2014 Bon.Dites: « Bonsoir Quentin », à votre futur mari, s\u2019il vous plait.\u2014 Oh! non, je vous en prie.\u2014 Vous devriez cependant en faire l\u2019apprentissage.J\u2019ai fait celui d\u2019« Hor- tense » tout l\u2019après-midi.Et voyez comme votre nom me vient à présent facilement à l\u2019esprit.Elle ne put se défendre de rire, d\u2019un petit rire incertain cependant.Et reprit : \u2014 Eh bien! bonsoir, Quentin! et elle posa vivement le récepteur.A Le lendemain, il pleuvait à verse; le ciel était de plomb.« Mauvais signe, se dit la jeune fille en tirant ses rideaux pour regarder au dehors.Mais peut-être, en l\u2019occurrence, cela ne signifiie-t-il rien.» Elle s\u2019habilla avec le plus grand soin, même avec coquetterie.« Après tout, ajouta-t-elle, s\u2019adressant à son image dans le miroir, il faut paraître à son avantage, le jour de son mariage.» Sans doute avait-elle déjà pris un peu de l\u2019ironie de son fiancé.Une nuit blanche avait laissé son cerveau trop fatigué pour qu\u2019elle en reçût une réponse.Elle était dans l'impossibilité de formuler une pensée sérieuse.Rien ne semblait valoir la peine d\u2019un effort mental.Que les moments à venir « prennent soin d\u2019eux-mêmes ».Dans cet état d\u2019esprit, elle fit appeler un taxi et se mit en route.Cinq minutes suffirent pour la conduire à l\u2019église.En haut des marches, Talbot attendait.Il descendit aussitôt a sa rencontre, la salua comme si elle lui était indifférente, paya le chauffeur, puis la rejoignit sous le porche.\u2014 Le jour pleure.J\u2019aimerais pouvoir me figurer qu\u2019il pleure sur nous et nos peines.Cela nous donnerait de l'importance, n\u2019est-ce pas?\u2014 Et sans attendre de réponse, il ajouta: Puis-je vous dire que vous êtes extrêmement séduisante ?\u2014Je préfère que vous ne me le disiez pas, répondit-elle.\u2014 Voyons, pourquoi ?\u2014Je ne suis pas venue ici pour attirer l\u2019attention.\u2014 Des autres ou la mienne ?\u2014 Surtout pas la vôtre, fit-elle avec force.Il se mit à rire: \u2014 Et pourtant, si je vous disais qu\u2019il n\u2019y a pas pour moi le plus léger danger, vous seriez furieuse.Les yeux railleurs du jeune homme semblaient défier les yeux si limpides et si tristes de la jeune fille.Celle-ci supporta ses regards et parla, avec un rien de mécontentement dans la voix: \u20141I1 semblerait que quelqu\u2019un vous a donné une bien fâcheuse opinion des femmes.Il rougit.\u2014 Je mérite cette allusion et je vous présente toutes mes excuses.\u2014 Vous me les devez.\u2014 Pardonnez-moi.\u2014 Volontiers.\u2014 Eh bien! entrons nous marier ! \u2014 J'imagine que nous sommes ici pour cela.\u2014 Vous m'\u2019aviez répondu si sèchement tout à l\u2019heure que pendant une seconde, j'ai eu peur d\u2019être lâché.de nouveau.\u2014 Cependant, si vous l\u2019aviez été au- jourd\u2019hui, vous n\u2019en auriez pas eu le cœur brisé.Il la regarda a nouveau de ses yeux railleurs : \u2014 Ce serait malheureux, en tout cas, de perdre une bonne permission spéciale Encore une fois, les regards des deux bizarres fiancés se rencontrèrent.Puis, sans se parler davantage, Quentin et Hortense pénétrèrent dans l\u2019église.Ce qui suivit parut à Hortense un rêve.La cérémonie l\u2019énervait et elle balbutia ses réponses.Mais Talbot, un peu pâle cependant, parcourut le cycle des rites sans un accroc, mit l\u2019alliance de platine au doigt d\u2019Hortense, et prit sa main tremblante d\u2019une ferme étreinte qui, malgré tout, donnait une impression de réconfort et de confiance.Quand la jeune fille signa, dans la sacristie, sur le registre des mariages, du seul nom qu\u2019elle eût jamais connu, elle se dit à elle-même : « C\u2019est la dernière fois.J'ai un nom à moi, maintenant.» Et elle leva les yeux vers son jeune mari avec un sentiment de reconnaissance au cœur.Il lui offrit son bras qu\u2019elle prit.Ils descendirent lentement, religieusement, jusqu\u2019au porche.Là, ils s\u2019immo- bilisérent un instant à regarder tomber la pluie.Tout à coup, d\u2019épais nuages s\u2019écartèrent et un faible soleil toucha Hor- tense de son rayon doré.Elle leva la tête et son visage en fut illuminé.\u2014 Tiens, voilà le soleil qui se moque de nous.Avouons qu\u2019il y a quelque raison.Le jeune marié garda le bras de sa femme sous le sien jusqu\u2019au bas du perron, puis il la fit monter dans sa petite « conduite intérieure ».Quand il fut assis près d\u2019elle et eut mis la voiture en marche, Hortense demanda : \u2014 Où allons-nous ?\u2014 À la maison.\u2014 Ma maison ?\u2014 Non.La mienne.\u2014Oh!.mais.\u2014 Très bien.La nôtre, si vous voulez.\u2014 Non, non.Ce n\u2019est pas notre maison.Je n\u2019y ai aucun droit.Après un instant de silence : \u2014 J\u2019y ai préparé un repas, confessa- t-il en souriant légèrement.Un vrai repas de noce.Voilà.Hortense le regarda, horrifiée : \u2014 Des invités et.beaucoup de choses ?\u2014 Non, seulement pour nous deux.J'ai envoyé, hier soir, mon domestique chez ma meére, en Somerset.\u2014Oh!.mais.s\u2019exclama-t-elle encore.\u2014 C\u2019est parfaitement correct pour vous de déjeuner avec votre mari, vous savez.\u2014 Il cherchait à être grave.Puis, continua sur un ton nonchalant : Hortense Talbot, cela sonne assez bien, n\u2019est-ce pas ?La jeune fille se mit à rire.\u2014 Qu\u2019y a-t-il là de drôle ?fit-il.\u2014 Rien du tout, répondit-elle un peu nerveuse.Mais notre situation est tellement singulière ! \u2014 Eh bien! que décidez-vous pour le déjeuner ?\u2014 J'accepte.Ce serait dommage de laisser perdre un excellent repas de noce.Quentin se mit à rire à son tour.\u2014 Ils arrivèrent.L'appartement plut beaucoup à Hortense.Il avait un air « vivant » et très confortable.Le mobilier était familial et de vieux style.Une odeur de fin tabac flottait dans la douce atmosphère.Le repas fut un succès.L\u2019aimable mari avait choisi les LA REVUE POPULAIRE mets en connaisseur et tout était arrangé par lui avec élégance sur la table de chêne.Assis en face de sa femme, il lui servait toute une collection de hors-d\u2019œuvre.\u2014 Le déjeuner est-il bon ?demanda- t-il par coquetterie.\u2014 Très bon.\u2014 L\u2019appartement agréable ?Elle eut un regard circulaire : \u2014 Oui! oui! Ravissant ! \u2014 Alors, est-ce que vous n\u2019allez pas venir l\u2019habiter ?\u2014 Non.je vous l\u2019ai déjà dit: je ne le peux pas.\u2014 Pourquoi ?Pourquoi, voyons ?\u2014 Parce qu\u2019il vous appartient.\u2014 Mais je suis votre mari.\u2014 Sans doute.Mais dans notre convention, il n\u2019entrait que le don par vous et l\u2019acceptation par moi d\u2019un nom.\u2014 Bien! Bien!.Je ne propose aucun changement à cette convention.Est-ce que vous ne pouvez pas me croire ?prononça-t-il avec un certain dépit.\u2014 Je vous crois! Seulement je ne peux pas plus accepter de vous un «home » que de l\u2019argent ou n\u2019importe quoi.\u2014 Ah! voilà qui est fort ennuyeux.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que j'ai refait mon testament hier.\u2014 Oh! \u2014 Vous savez que j'ai pas mal d\u2019argent à laisser.Et le devoir d\u2019un mari n\u2019est-il pas d\u2019assurer le bien-être de sa future veuve ?\u2014 Je regrette que vous ayez été si prévoyant.D'abord, heureusement, je ne suis pas votre veuve.Et.je puis ne jamais le revenir.\u2014 Mais si, vous le serez.Dès ce soir, peut-être.Je quitte la station de Victoria à trois heures et demie, et il a bien des chances pour que je ne revienne pas.\u2014 Vous avez encore cette impres- sion-là ?\u2014 Plus que jamais.Je sens dans l\u2019air la menace d\u2019un accident.\u2014 Oh! Je souhaite.Non.Je suis simplement très triste pour vous.\u2014 Vous n\u2019avez pas besoin de.l\u2019être.Moi, je ne souhaite pas revenir.\u2014 C\u2019est cela qui m\u2019émeut le plus, dit-elle avec une nuance d\u2019attendrissement involontaire.Grave, il expliqua: \u2014 J'ai pris ça comme ma part dans notre arrangement.Si je n\u2019avais pas été aussi sûr de ne pas revenir, je crois que je n\u2019aurais pas osé vous proposer de m\u2019épouser.\u2014 Taisez-vous! Vous ne devez pas dire ces choses.D\u2019ailleurs, je ne les avais pas prises au sérieux, sans quoi je n\u2019aurais pas voulu accepter votre offre.\u2014 Ecoutez-moi, Hortense.Mettons de côté mes propres sentiments : toutes les chances sont contre moi, dans cette folle tentative de record.J\u2019aime donc à penser que, le cas échéant, c\u2019est vous qui.Elle l\u2019interrompit : \u2014 Je regrette que vous ayez fait ce testament.Vous n\u2019aviez pas le droit de croire que j'en accepterais le bénéfice.\u2014 Je ne pouvais avoir l\u2019idée que vous étiez aussi ombrageuse.\u2014 Peut-être même avez-vous pensé que votre fortune était une des raisons pour lesquelles je vous avais épousé.\u2014 Non, ça non plus ne m'\u2019est pas venu à l\u2019idée, répondit-il tranquillement.\u2014 Oh! pardon.Ce n\u2019est pas ce que je voulais dire, à vous, si généreux.Mais, je le répète, une fois sauvée par le don de votre nom, je ne dois rien accepter d'autre.Après un moment de silence, il murmura : - RE AOÛT 1944 \u2014 Permettez-moi de vous servir encore un peu de cette marmelade de fruits.N\u2019est-ce pas qu\u2019elle est bonne ?Et avec distraction, il recouvrit les fruits, mis dans l'assiette de la jeune fille d\u2019une quantité de crème fouettée, qui tombait comme des flocons de neige.Quelques minutes après, il reprit : \u2014 Bien que ça ne fasse pas partie de nos arrangements peu romantiques de nous témoigner l\u2019un l\u2019autre un affectueux intérêt, puis-je vous demander, sans insister, quels sont vos projets, même vagues ?Hortense hésita : \u2014 Franchement, des projets ?je n\u2019en ai pas encore.Je veux seulement gagner ma vie.\u2014 Où allez-vous habiter ?Dans votre ancien domicile ?\u2014 Oh! non! non! non! fit-elle vivement.Je ne le pourrais pas.Il faut que je cherche une chambre.\u2014 Mais vous comprenez bien qu\u2019il n\u2019y a pas la plus petite nécessité pour le faire?.\u2014 Je le sais et je vous remercie.\u2014 Bien entendu, vous êtes libre d\u2019agir exactement comme il vous plaît.Mais si, à un moment quelconque, il vous était commode de vous servir de cet appartement, il est à vous, vous le savez, et voici la clé.Il lui passa une petite clé de sûreté à travers la table.Elle la prit et la glissa dans son sac.Naturellement, elle ne s\u2019en servirait jamais.Seulement, comme il se montrait si bon, elle ne voulait pas la lui refuser.\u2014 Je ne sais vraiment pas ce que je peux faire, prononça-t-elle lentement.Si je le savais, je vous le dirais tout de suite.Mais je veux que vous soyez sûr, tout à fait sûr d\u2019une chose, c\u2019est que le nom que vous m'avez donné est en sûreté entre mes mains.\u2014 Jai de sérieuses raisons, vous le savez, pour avoir une piètre opinion des femmes, dit-il en la regardant, cependant, il y a des pensées dont je suis incapable.Il s'arrêta court, froissa sa serviette, et se leva.\u2014 Il faut que je parte.Je vais aller garer mon auto et je prendrai un taxi pour me rendre à la station, dit-il avec un brusque changement dans la voix.\u2014 S'il ne vous ennuyait pas de me laisser vous accompagner jusqu\u2019au train, c\u2019est moi qui rentrerais l\u2019auto, suggéra-t-elle en se levant aussi.\u2014 Oh! parfait! Venez alors et mille fois merci! Partons! Au méme instant, un coup de sonnette retentit a la porte d\u2019entrée.\u2014 Qui diable.commença Talbot.Et Hortense, avec le sentiment d\u2019être indiscrète et peut-être de trop, devint cramoisie.Sensible à cet émoi et bienveillant, il lui dit: \u2014 Si quelqu'un vous regardait avec des yeux surpris et choqués, montrez ostensiblement votre alliance, dit-il en riant, pendant qu\u2019il allait dans le hall ouvrir la porte.Hortense entendit Quentin s\u2019exclamer, étonné et gêné: \u2014 Mère ! Vous! Puis, une voix de femme lui répondre.Hortense, épouvantée, cherchait des yeux autour d\u2019elle un coin où se cacher.Talbot entra dans le salon avec sa mère, qui était petite, auréolée de cheveux blancs.Elle avait des yeux très doux, les joues légèrement rosées et une toilette blanche et noire d\u2019un goût exquis.La jeune mariée pensa qu\u2019elle était la plus délicieuse maman qu\u2019on pût voir.Celle-ci vint vers Hortense, les deux mains cordialement tendues.\u2014 Quentin m\u2019a envoyé un mot, hier soir, par son valet de chambre, m\u2019apprenant la grande nouvelle.Alors, me voici, pous vous souhaiter joie et bonheur, sans vous poser une seule question, en maman trés bien élevée, extra moderne, Hortense ne sut jamais ce qu\u2019elle répondit.Il lui sembla que tout tournait autour d\u2019elle.Quelle nouvelle complication et combien imprévue, cette arrivée ! La voix de Talbot fit diversion : \u2014 Il faut que je me sauve, petite mère.Vous allez venir à la gare avec nous.Le regard de Mme Talbot alla de l\u2019un à l\u2019autre.\u2014 Ne serai-je pas de trop?\u2014 Oh! Dieu, non! \u2014 Certainement non, approuva Hor- tense.Ils partirent dans la petite automobile, où ils avaient peine à tenir tous les trois, serrés les uns contre les autres.La charmante maman était pleine d\u2019entrain.Elle parla sans affectation, s\u2019accrochant calmement au bras de son fils et posa aussi peu de questions qu\u2019il était possible de l\u2019attendre d\u2019une mère aussi aimante.Mais Talbot ayant jugé qu\u2019il lui devait des explications, Hortense, en l\u2019écoutant, observa qu\u2019il dissimulait tout ce qu'il y avait à la fois de profondément généreux de sa part et d\u2019étrange dans leur union.Elle comprit que Quentin voulait épargner à sa mère de graves inquiétudes et qu\u2019il lui laissait croire qu\u2019il s'agissait d'un mariage d\u2019amour.Elle vit là quelque chose qui éclairait pour elle un nouvel aspect de son singulier mari, un fils affectueux et dévoué.Une vive émotion lui faisait battre le cœur.La petite Mme Talbot lui rappelait la seule mère qu\u2019elle eût jamais connue et qu\u2019elle pleurait pour tant de raisons.Ils arrivèrent à la station de Victoria, n\u2019ayant que quelques minutes devant eux et coururent au train.Talbot choisit son compartiment, y monta, ferma la portière, baissa la vitre, se pencha au dehors, et prit entre ses deux mains celles de sa mère, mais celle-ci se rejeta un peu de côté et fit approcher Hortense.\u2014 Je ne veux pas, chère enfant, l\u2019accaparer, dit-elle un peu tremblante.\u2014 Oh! c\u2019est très bien ainsi, balbutia Hortense.Talbot lui saisit aussi la main, et avec une expression presque suppliante dans le regard, il lui demanda d\u2019acquiescer à ce pieux simulacre au bénéfice de sa mère.Pendant un court instant, Hortense hésita, puis laissa sa main dans celle de l\u2019aviateur.Après tout, c\u2019était une petite chose à faire pour lui qui avait été si bon.Elle lui devait certainement un petit sacrifice.Comme le départ approchait, Quentin se pencha.\u2014Adieu, mère.La mère pressa le visage bronzé contre le sien.\u2014 Au revoir, mon petit, que Dieu te bénisse.Elle recula pour faire place à la femme de son fils.Hortense sentit qu\u2019on la rapprochait encore de son mari, le visage levé et ses yeux cherchant à pénétrer le regard de Quentin.Son cœur se remit à battre violemment lorsqu\u2019elle comprit ce que ce regard exprimait.Puis elle entendit que son mari murmurait avec trouble : \u2014 Pourriez-vous ?.Elle sera très malheureuse si elle devine qu\u2019il y a quelque chose d\u2019anormal entre nous.Nous avons toujours été, elle et moi, très unis.Encore une fois, le pourriez-vous ?Hortense donna un rapide regard à Mme Talbot et puis, le sang bourdonnant en ses oreilles, elle se tourna et tendit son visage à Quentin.Leurs lèvres se touchèrent.Elle ferma les yeux, se sentit rougir, la gorge serrée I MTT \"J NITY a Dr Le NE TI ry DANS LES USINES DE MUNITIONS, on a HA découvert un nouveau moyen de se Nx.protéger les mains contre la suie et les fines poussières sablonneuses qui pénètrent sous la peau des doigts et des jointures, et contre les effets corrosifs de ces nettoyeurs très forts dont on se sert souvent pour se laver les mains après la journée de travail.Avant de commencer à travailler, frottez vos mains avec un peu de Gelée de Pétrole \u2018Vaseline\u2019.Ceci formera une couche protectrice qui s\u2019opposera à ce que la poussière et la suie pénètrent sous la peau.Et, une fois le travail fini, il vous sera plus facile de vous laver les mains.La Gelée de Pétrole\u2018Vaseline\u2019aide aussi à assouplir les mains rugueuses et rouges, et facilite la guérison des gerçures et des 1Irritations.Servez-vous de la Gelée de Pétrole \u2018Vaseline\u2019 tous les jours.La marque VASELINE est pour vous la garantie d\u2019une pureté absolue.Chesebrough Manufacturing Co., Cons'd., 5520 ave Chabot, Montréal.Les préparations médicamentées \u2018Vaseline\u2019 peuvent constituer, à peu de frais, un nécessaire de premiers secours très utile à la maison ou en voyage.Essayez la Gelée de Pétrole Phéniqué \u2018Vaseline\u2019 pour les coupures, blessures et brilures légères; et la Gelée Boratée \u2018Vaseline\u2019 pour l\u2019enflammation des paupières ou l\u2019irritation des voies nasales.PTE T2 \u2018 GELÉE DE PÉTROLE 30 Bébé EXIGE UN SAVON DOUX \u201c Basys OWN est le seul savon qui puisse convenir à l\u2019épiderme délicat du bébé\u2014le seul savon qui contienne les ingrédients les plus purs et les plus doux.Baby's Own est un savon renommé.Il est doux, mousseux et contient aussi de la Ianoline.\u201d Le savon Baby's Own est garanti par 75 années de recherches scien- fifiques.Le contrôle rigoureux du laboratoire lui conserve sa pureté et sa douceur.Voilà pourquoi les mamans prudentes emploient le savon Baby's Own .« .et que médecins et gardes- malades le recommandent depuis plus de 75 ans.(CONTIENT DE LA LANOLINE) Baby\u2019s Own _ SAVON - HUILE + TALC The J.B.WILLIAMS CO., (CANADA) Limited comme si elle allait étouffer.Elle s\u2019éloigna, aveugle et étourdie, au moment où le jeune homme lui glissait : \u2014 Vous êtes crâne.Je vous remercie.Et ceci fut le premier baiser de Met Mme Quentin Talbot.Quand le train qui emportait l\u2019aviateur fut hors de vue, Hortense et Mme Talbot se tournèrent l\u2019une vers l\u2019autre et se regardèrent.Hortense sourit nerveusement.Mme Talbot lui sourit en retour et lui tendit la main.Elle attira sa bru et dit d\u2019une voix émue, à peine au-dessus du murmure : \u2014 Je puis disposer de quelques minutes.Allons prendre le thé ensemble et laissez-moi essayer de connaître la femme de mon fils.Oh! juste un petit peu!.Tout avait marché si vite qu\u2019Hor- tense n\u2019avait pas eu le temps de penser à Ce qui arriverait une fois Quen- tn parti.Mais ceci à ses yeux était bien ce qui pouvait lui arriver de pire.Comment parviendrait-elle à s\u2019en tirer si Mme Talbot l\u2019interrogeait avec insistance ?\u2014 Mes vieux amis, le docteur et Mme Merefield m\u2019ont amenée à Londres ce matin, dit la charmante belle- mère, Mme Merefield reste pour faire une visite à sa sœur, mais le docteur va me ramener à la maison très obligeamment.De sorte que je n\u2019ai plus beaucoup de temps.Hortense eut un soupir de soulagement.Peut-être, pour une vingtaine de minutes seulement, serait-elle capable de ne commettre aucune maladresse.Elle accepta l'invitation avec grâce.Mme Talbot la conduisit à un petit thé de la rue Victoria.La jeune fille s\u2019assit à côté de sa belle-mère et non en face delle, afin qu\u2019elle ne puisse pas trop l\u2019observer.Mme Talbot cependant la regarda et même se pencha un peu en avant pour mieux la voir, en disant avec un sourire de connivence : \u2014 Ça été étonnamment rapide, ce mariage, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oh! répondit Hortense très gênée, mais affectant la gaîté.L'heure est à la folie de la vitesse ! \u2014 Pour les vieilles personnes comme moi, cette folie est ahurissante.Mais le passé est le passé.Laissons le présent à son allure.La jeune Mme Talbot acquiesça de la tête et dit : \u2014 Ceci.ceci est ce qu\u2019il y a de plus sage, je suppose.\u2014 Mais Hortense, je suis si contente que cela soit vous.Si contente que cela soit vous! répéta-t-elle avec intention.Puis-je vous le dire ?\u2014 Merci, fit la jeune mariée, plus que jamais troublée.La mère de Quentin continua : \u2014 Je ne lui ai jamais rien dit, à lui, je ne l\u2019ai jamais critiqué, mais vous ne pouvez pas vous douter de ce que je ressentais pendant qu'il paraissait si amoureux de.Elle s'arrêta, rougit, consciente qu\u2019elle était en train de dire à la femme de son fils ce que celle-ci ne devait pas entendre.Mais la douce honnêteté du visage d\u2019Hortense l\u2019avait incitée à lui faire cette confidence.Hortense répondit : \u2014 Je suis au courant de tout ce qui concerne ses fiançailles avec Rosalie Constance.Quentin m\u2019a.Quentin ne m\u2019a rien dissimulé.Il en était incapable, n\u2019est-ce pas ?\u2014I est l\u2019homme le plus loyal du monde ! s\u2019écria Mme Talbot.\u2014 Oui, je le crois.\u2014 C\u2019est une loyauté égale à la sienne que j'ai vue sur votre visage, ma chère enfant et qui m\u2019a fait vous aimer tout de suite.\u2014 Merci, j'en suis heureuse.et je.je ne peux qu\u2019espérer de mériter cet éloge, balbutia la pauvre jeune fille, se considérant comme coupable parce que tromper quelqu\u2019un était tout à fait contraire à sa nature.Cependant, pouvait-elle avouer la vérité, puisque Quentin lui avait demandé le secret ?Après tout, cette dissimulation était excusable ayant pour raison d'éviter un chagrin à la douce mère de Quentin.Heureusement, Mme Talbot ne posa plus de questions.La charmante vieille femme était sire maintenant du bonheur de son enfant.Au premier abord, ce mariage si soudain aprés la rupture des fiançailles de son fils avec Rosalie Constance, l\u2019avait un peu inquiétée.Mais, au fond, Mme Talbot n\u2019avait jamais cru à la durée de l\u2019emprise de Rosalie sur Quentin.Elle n\u2019avait même jamais aimé cette jeune fille.Il ne lui semblait pas qu\u2019elle eût les qualités nécessaires pour entretenir l'amour dans le cœur d\u2019un homme, tandis qu\u2019elle avait été frappée par l\u2019expression de bonté, d\u2019intelligence, de dignité du visage d\u2019Hortense, et elle comprenait sans peine sa séduction sur le cœur de son fils.En tout cas, elle était bien tranquille à présent, et passa le peu de temps qui lui restait à raconter les petits faits et gestes de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence de son fils chéri.Si bien qu\u2019Hortense sentit qu\u2019elle connaissait mieux son singulier mari après dix minutes de cette conversation que peut-être après bien des mois en sa compagnie.Mais néanmoins elle soupira de soulagement dès que la délicate petite dame l\u2019eut quittée.Ce n\u2019est pas que l\u2019entrevue eût été aussi difficile qu\u2019elle l'avait craint.Cependant, elle n\u2019avait pas été facile.Elle se demandait comment elle aurait pu agir autrement.Quentin l\u2019avait soilicitée de l\u2019aider dans la circonstance et elle l\u2019avait aidé aussi longtemps qu\u2019ils avaient été ensemble.Maintenant qu\u2019il risquait sa vie, sans doute \u2014 elle en eut un frisson \u2014 pouvait-elle le trahir ?Incontestablement, avec le baiser d\u2019adieu qu\u2019elle venait d'accepter, elle avait scellé tacitement le pacte par lequel elle s\u2019engageait à continuer, pour Mme Talbot mère, les apparences de l\u2019amour conjugal.Ce baiser !.Comme ses joues brûlaient & son seul souvenir.Elle s\u2019occupa de Il'automobile pour tenir sa promesse, puis se mit à marcher pendant un certain temps, sans prêter grande attention aux rues qu\u2019elle suivait toute absorbée par l\u2019évocation des événements de cette mémorable journée.Maintenant il lui fallait organiser sa vie non seulement pour le gagne-pain et le domicile, mais afin que ne se reproduisent pas les complications dont elle venait de souffrir.Elles avaient été trop pénibles pour son extrême sensibilité.Elle rougissait encore au souvenir du contact de la bouche de son mari et, en toute candeur, se demandait s\u2019il l\u2019avait réellement embrassée.Par une sorte de pudeur, elle se répondait que non et elle lui en était reconnaissante.Mais n\u2019avait-elle pas raison de se dire que cette situation ne devait pas se renouveler ?Il lui fallait donc au plus vite trouver un home, avec une complète indépendance.Comme elle n\u2019était pas habituée à sortir seule, ni à se débrouiller dan: Londres, elle n\u2019avait pas la plus vague idée du quartier où il lui conviendrait, à elle, de trouver une chambre.Une petite pluie fine se mit à tomber et commença à la déprimer.Elle erra jusqu\u2019à six heures, allant à droite, à gauche, montant des étages, interrogeant de tous côtés, sans trouver la chambre souhaitée.Décidément, il y avait pénurie de chambres convenables.Passant devant un tea-room, Hortense entra pour se reposer un peu et reprendre des forces, en buvant une tasse de thé et en mangeant un œuf poché.LA REVUE POPULAIRE Elle n\u2019aurait jamais cru que trouver une chambre fit aussi compliqué et fatigant.Pouvait-elle se décider a retourner à son ancienne demeure, hantée à ses yeux de souvenirs atroces ?Stimulée par le thé, elle reprit courageusement ses recherches.Et il était huit heures et demie quand finalement elle renonça à les continuer.Un moment encore, elle marcha hésitante : où allait-elle se réfugier ?L\u2019habitude l'amena au bas des marches de la vieille maison familiale, mais en cherchant dans son sac son passe-partout, ses doigts rencontrèrent la petite clé de sûreté que Talbot lui avait donnée.Elle s'arrêta court et la regarda.Etre seule ?c\u2019est ce qu\u2019elle souhaitait le plus.Dans l\u2019appartement de Quentin, elle le serait et il l\u2019avait si amicalement incitée à se servir de cet appartement ! Après tout, elle ne serait pas importune, puisqu'il était loin, et, lorsqu\u2019il reviendrait, car elle le sentait bien, il reviendrait, elle ne serait plus là.Ces arguments lui venaient-ils à l\u2019esprit parce qu\u2019elle avait froid, était trempée et très malheureuse ?ou bien, parce que la pensée de ce petit logis si agréablement hospitalier et que Quentin lui avait affirmé être à elle, tentait son pauvre cœur désemparé ?Dans tous les cas, elle rebroussa chemin, et un quart d\u2019heure après, elle s\u2019introduisait dans l\u2019appartement.Un sentiment délicieux de paix l\u2019envahit en franchissant le seuil.Elle chercha le commutateur, ne sut pas le trouver et à tâtons, dans l'obscurité, traversa le hall et arriva à la porte du salon.Quand elle l\u2019ouvrit, un flot de lumière l\u2019éblouit et l\u2019épouvanta.Elle s'arrêta, en fermant les yeux.\u2014 AIlô! cria une voix familière qui venait des profondeurs d\u2019un fauteuil de cuir.Et la haute silhouette de Quentin se dressa.CHAPITRE 111 ORTENSE restait immobile et stupéfaite.Puis elle eut conscience que le bras droit de Quentin était en écharpe, tout blanc, entouré d\u2019un très important pansement, et que le visage du blessé était d\u2019une pâleur de cire, malgré le hâle.\u2014 Quentin ! s\u2019écria-t-elle enfin.\u2014 Je vous avais bien annoncé que mon nom vous viendrait tout naturellement aux lèvres, après un peu de pratique, dit-il en essayant d\u2019être nonchalant, narquois, mais en ne pouvant dominer une expression de souffrance aiguë.\u2014 Qu'est-il arrivé?Et comment êtes-vous déjà ici ?s\u2019écria-t-elle très émue.\u2014Je n'ai pas tenu ma part d\u2019engagement, répondit-il, son habituel sourire gouailleur tordant sa lèvre plus qu\u2019il ne le voulait, tant il souffrait.Mais je n\u2019ai pu l\u2019empêcher.Je ne voulais pas revenir.Nous nous sommes écrasés sur le sol, cing minutes après avoir décollé.Peterson est très gravement blessé.Moi, je m\u2019en suis tiré avec un bras cassé.La vie a de ces petites ironies.On l\u2019a gardé à l\u2019hôpital et on m\u2019a renvoyé chez moi\u2026 \u2014 Et vous voici là.balbutia la jeune fille, bouleversée.I resta un moment silencieux, puis : \u2014 Oui, je suis là.et vous aussi, vous êtes là, dit-il lentement.A travers la pièce, leurs regards se rencontrèrent.\u2014 Oui, reprit-elle, en s\u2019efforçant de rire, mais c\u2019est facile d\u2019y porter remède\u2026.\u2014 Âvez-vous réussi à trouver une chambre ?Elle détourna la tête, gênée, vexée, puis son menton se releva légèrement, \u2014 Non.mais.\u2014 Mais ?. AOUT 1944 \u2014Je puis retourner où j'ai vécu jusqu'ici.\u2014 Bien entendu, vous pouvez retourner dans votre vieux home.Nous sommes d\u2019accord.Puis, aprés un silence: \u2014 N\u2019aimeriez-vous pas mieux faire n\u2019importe quoi plutôt que cela ?Elle rougit et ses lèvres se mirent à trembler.\u2014 Presque n\u2019importe quoi, fut-elle -obligée d\u2019admettre.\u2014Méme ?.Et il esquissa un mouvement de téte «qui désignait l\u2019appartement.\u2014 Non ! riposta-t-elle durement.Et pourquoi, continua-t-elle avec un éclair d\u2019indignation dans ses yeux gris, pourquoi insistez-vous ainsi?.Ça ne peut rien vous faire que je parte ou que je reste, bredouilla-t-elle en pleine confusion.\u2014 Rien du tout.\u2014 Alors ?.A quoi bon ?.\u20141I1 me semble que je suis responsable.\u2014 Responsable ?reprit-elle étonnée.Mais c\u2019est absurde ! \u2014 Peut-être, reconnut-il sèchement.\u2014 Dans Jl\u2019arrangement que nous -avons fait.commença-t-elle.Nerveux, il l\u2019interrompit : \u2014 Je sais.Je sais tout ce que vous voulez dire, mais je m\u2019aperçois qu\u2019on ne peut pas épouser quelqu\u2019un même à la légère, sans se sentir.un peu marié ! \u2014 Et alors, vous vous sentez responsable de ce qui peut m\u2019arriver ?\u2014 Vous étes a moi, savez-vous, selon le Code.Et un homme est généralement porté a se considérer comme responsable de ce qui lui appartient.\u2014 Mais je ne vous appartiens pas! s\u2019exclama-t-elle indignée.\u2014En dehors de la question senti- \u2018ments, je crois bien que si.\u2014 Et alors.vous êtes à moi, vous ?\u2014 En faisant la même réserve, je le suis, du moins, j'en ai bien peur.Craignant toujours que Talbot se méprit quant à la sincérité de sa profonde reconnaissance et de son désintéressement, elle affecta une hauteur \u2018froide pour lui répondre : \u2014 Vous n\u2019avez pas besoin d\u2019avoir peur, Quentin! Il eut un petit rire sarcastique.\u2014 Cela signifie que vous n\u2019avez pas l\u2019intention d\u2019user jamais de vos droits ?Il s\u2019arrêta, en s\u2019efforçant de retenir un gémissement.Qui n\u2019a pas eu un bras cassé et n'en a donc pas connu \u2018les affreux élancements, ne peut même vaguement imaginer le supplice enduré par l\u2019aviateur.\u2018 Il voulut faire oublier son involon- \u2018taire plainte en disant d\u2019un ton dégagé : \u2014 Nous sommes tous deux arrivés au port, et nous avons laissé notre bagage à la consigne, avec, collée dessus, l\u2019étiquette : à garder jusqu\u2019au moment où l\u2019on viendra le reclamer.Hortense fit semblant de rire : C\u2019est à peu près ça! \u2014 Supposez, reprit -il lentement, qu\u2019un autre que moi vienne vous ré- -clamer.\u2014 Personne ne le peut, répliqua-t- -elle sèchement, nous avons le récépissé .Vous rappelez-vous ?D'un ton légèrement moqueur, il riposta : \u2014 Récipissé qui est notre acte de \u2018mariage.Elle approuva d'un signe de téte.\u2014 Oui, reprit-il, avec les lois et les règlements tels qu\u2019ils sont, nous pourrions être assez tranquilles.Mais il y a un élément avec lequel il faut -compter : les sympathies ou les antipathies, dont nous ne sommes pas les \u2018maîtres.Elle le regarda, les sourcils relevés \u2018interrogativement.\u2014 Je veux dire, expliqua-t-il, qu\u2019il peut y avoir quelque part une personne de volonté assez forte et de parole assez persuasive pour arriver à vous convaincre, en vous présentant tous ses arguments, bien qu\u2019il ne soit pas comme moi possesseur du récépissé en question, que le.paquet.laissé en souffrance doit lui appartenir.\u2014 Mais il me semble que votre supposition est offensante pour moi ?Ne serais-je pas en droit de vous la retourner ?\u2014 Non.Ma situation n\u2019est pas pareille à la votre.J'ai eu ma dure leçon.\u2014 Savez-vous si je n\u2019ai pas eu la mienne ?\u2014 Vous?Vous dormez profondément.\u2014 Qu\u2019en savez-vous ?\u2014 Sans cela, auriez-vous posé des conditions folles à notre union ?\u2014 Pourquoi les avez-vous acceptées ?Quentin eut un moment d\u2019embarras, réfléchit et lança nerveusement : \u2014 Parce que j'étais désespéré.Vaincu par la douleur physique, il devint livide.Hortense, effrayée, s\u2019écria : \u2014 Quentin! Votre bras! Il vous fait trés mal ?\u2014Il n\u2019est pas très agréable, mur- mura-t-il, la bouche contractée.Oubliant le duel verbal qu\u2019il venait d\u2019y avoir entre eux, la jeune fille, pleine de pitié, attendrie, dit en se rapprochant de lui: \u2014 II paraît que les moments les plus pénibles sont ceux où les os commencent à se souder.\u2014 Alors je devine.que voici un de ces moments, balbutia-t-il.Et, tout de suite après ces mots, il tomba en avant, évanoui, le visage contre le tapis.Affolée, Hortense courut sonner le domestique.Mais personne ne vint.Elle était seule, avec un homme blessé et ayant perdu connaissance.peut- être mort.Mais, se forçant aussitôt à agir avec sang-froid, elle s\u2019agenouilla tout près du jeune homme pour savoir s\u2019il respirait encore, et éprouva un grand soulagement en constatant qu\u2019il était seulement évanoui.Elle le retourna sur le dos.Il entr\u2019- ouvrit les yeux.C\u2019est avec beaucoup de difficulté qu\u2019elle parvint à soulever la tête et à la mettre sur ses genoux, le corps inerte étant trop lourd pour qu\u2019elle le changeât de place.Le malade la regarda, les yeux troubles, à peine conscient.\u2014 Rosalie ?prononça-t-il faiblement.\u2014 Non, c\u2019est Hortense.Ne bougez pas.Attendez que je vous glisse un coussin sous la tête.Elle allongea le bras, attrapa un coussin du canapé, qu\u2019elle substitua adroitement, délicatement, à son genou sous la tête de Quentin.L\u2019aviateur reprenait peu a peu ses esprits, mais il restait si faible qu\u2019il ne pouvait faire un mouvement.Néanmoins, il put prononcer : \u2014 L\u2019eau-de-vie est dans la salle à manger.\u2014 Je cours la chercher, répondit la jeune fille qui se relevait.Mais quand elle revint, avec la bouteille et un verre, son mari avait déjà refermé les yeux et semblait évanoui une seconde fois.Cependant, il eut la force de tendre sa main valide pour prendre le verre qu\u2019elle approchait de ses lèvres.Dans un souffle, il dit : \u2014 Donnez.non.soulevez-moi un peu, si vous pouvez.De nouveau agenouillée, elle le prit par les épaules et parvint à le soulever suffisamment pour qu\u2019il bût.La main du jeune homme tremblait et lè verre cognait contre ses dents.\u2014 Si j'allais au téléphone appeler votre médecin ?proposa-t-elle.\u2014 Non, merci.Vous voudrez bien seulement m'aider à me relever.Quand Hortense fut arrivée à bien l'installer sur le canapé, il referma les yeux et resta près de dix minutes au repos.La jeune fille voyait avec \u201cC\u2019est un chapeau miraculeux qu'il me faut, Louise, je n'ai plus aucun succes en amour!\u201d 1.\"S'il n'en tient qu'à un chapeau pour faire renaître tes succès, celui-ci est tout désigné.C\u2019est un amour de chapeau.Mais, Margot, permets-moi de te dire que pour faire sensation, cette petite calotte doit s\u2019harmoniser avec un sourire radieux.Et ton sourire n\u2019a plus l\u2019éclat d'autrefois.N\u2019aurais-tu pas remarqué dernièrement une teinte rosâtre sur les soies de ta brosse à dents ?Si oui, ne tarde pas à consulter ton dentiste!\u201d a\u201d 3.\"Comme je suis heureuse d\u2019avoir découvert à temps que les gencives exigent autant de soin que les dents.A l'avenir, j'emploierai régulièrement Ipana et son traitement-massage pour aider à conserver mes gencives fermes.Je constate déjà une amélioration ; c\u2019est sans doute l\u2019effet de cette stimulation provoquée par le massage de mes gencives avec Ipana.Comme mes dents, déjà, sont plus brillantes ! \u201d Commencez aujourd'hui 2.\"Oui, Mlle Margot.des gencives saines et fermes sont indispensables pour avoir des dents éclatantes et un sourire radieux.Voyez-vous, les aliments mous privent les gencives d\u2019une fonction primordiale, ce qui les rend si tendres.Pour les stimuler, je vous conseillerais de les masser.\u201d (Note: pour leur usage personnel, 2 dentistes contre 1 utilisent Ipana de préférence à tout autre dentifrice.) 4, (Des pensées joyeuses sous un chapeau gai) \u201cVoilà bien les hommes! Je porte un chapeau ravissant et Jean ne cesse de me parler de mon sourire et de me répéter qu\u2019il le voudrait pour lui seul.Venant de Jean, cette déclaration équivaut à une demande en mariage! J'aimerais écrire quelques lettres d\u2019appréciation ; je le dois bien à mon dentiste et à Ipana ! \u201d Un produit Bristol-Myers \u2014 Fabrication Canadienne.IPANA avec MASSAGE 32 Jai besoin d\u2019être changé\u2014et je voudrais de la poudre Z.B.T.! MES SESE LA Z.B.T.RESISTE MIEUX A L'HUMIDITE! 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Je n\u2019avais aucune idée que vous souffriiez à ce point.J\u2019avais bien entendu dire qu\u2019un bras cassé était très douloureux, mais je ne m\u2019imaginais rien d\u2019aussi violent.Jai.Jai cru d\u2019abord que vous étiez mort.\u2014 Non, pas mort.Mais, l\u2019imbécile c\u2019est moi, de n\u2019avoir pas su maîtriser ma souffrance.C\u2019est tout de même de la déveine pour vous que je n\u2019aie été qu\u2019évanoui.\u2014 La déveine, pour moi, c\u2019est que vous disiez des choses pareilles.\u2014 Ne me querellez pas, Hortense, je suis si fatigué!.L\u2019eau-de-vie, je crois, me monte à la tête.Il la regarda, en souriant un peu.Elle l\u2019interrogea : \u2014 Est-ce que vous êtes seul, ici ?N\u2019avez-vous pas de domestique ?N\u2019y a-t-il personne pour répondre à l\u2019appel de votre sonnette.\u2014 Si, Thomas, habituellement.Mais je l\u2019ai envoyé chez ma mère.À l\u2019heure des repas, je peux téléphoner pour qu\u2019on m\u2019envoie de la nourriture.\u2014 Quand Thomas doit-il rentrer ?\u2014 Je lui télégraphierai demain ma- Un et il pourra être là demain soir.\u2014 Maintenant, où est votre téléphone ?\u2014 Dans le coin, au-dessus de mon bvreau.Pourquoi ?Pour toute réponse, Hortense alla à l\u2019endroit indiqué et demanda le numéro des Falkland.Un instant après, Talbot entendit cette intéressante communication : \u2014 C\u2019est vous, Daley ?C\u2019est Mlle Hor- tense qui vous parle.Daley, j\u2019ai épousé, ce matin, M.Quentin Talbot.Vous avez bien entendu ?Un silence.Puis: \u2014 Oui.Ça va bien.Voici mon adresse.Inscrivez-la, s\u2019il vous plaît.Suivit l\u2019adresse de l\u2019appartement de Quentin.Puis : \u2014 Voulez-vous dire à Pitman que je passerai demain dans la journée prendre certaines de mes affaires.Oui.Quoi?.Oh! je vous remercie.Bonsoir, Dalev.Elle raccrocha le récepteur et revint lentement vers le canapé, le visage enflammé.La première question qui vint aux lèvres de Quentin ne fut pas celle qui lui vint à l\u2019esprit.Mais c'\u2019était davantage dans son caractère de les poser dans cet ordre : \u2014 Qui est Daley ?\u2014 Notre maître d\u2019hôtel.\u2014 A-t-il témoigné de quelque émotion à la nouvelle ?\u2014 Il m\u2019a répondu: « Très bien, madame », au lieu de «très bien, mademoiselle », dit Hortense avec un petit rire.Je ne sais pas si vous appelez ça un témoignage d\u2019émotion.\u2014 Quelle perle de maître d\u2019hôtel ! \u2014 Une pause.Et alors vint la véritable question : Alors, vous allez rester ?\u2014 Oui.\u2014 Pourquoi ?Parce que je suis amoché ?\u2014 Certainement.On ne laisserait pas.Il l\u2019interrompit : \u2014 Vous ne laisseriez pas un pauvre chien avec une patte cassée se tirer d\u2019affaire tout seul ?\u2014 Certainement non, mais je n\u2019allais pas dire cela, répondit-elle, avec des larmes dans la voix.Il posa sa main gauche sur la manche de la jeune fille.\u2014 Vous êtes épatante.Toujours à la hauteur.Allons, venez.Laissez- moi m\u2019appuyer sur votre bras pour que je vous mène à votre chambre.\u2014 Ma chambre ?Est-ce que j'ai déjà ,une chambre dans votre appartement ?\u2014 Je l\u2019ai préparée pour vous, avant la fameuse cérémonie de ce matin.Hortense l\u2019aida à se lever et lui offrit son épaule comme soutien.Relevant la tête vers lui, elle dit : \u2014 Que de choses vous avez su faire avant cette cérémonie ! Il la regarda avec un rien de sa vieille ironie : \u2014 Eh bien! c\u2019est qu\u2019on n\u2019a pas si souvent l\u2019occasion de recevoir chez soi sa propre épouse.La chambre de «l\u2019épouse » était la première à gauche en quittant le hall, et celle de Quentin, au fond du corridor à droite.Hortense accompagna son mari jusqu\u2019à la porte de sa chambre.\u2014 Vous êtes sûr de vous sentir tout à fait bien ?demanda-t-elle.\u2014 Tout à fait sûr.Ah! vous trouverez dans la penderie une espèce de blouse en laine angora très chaude.Je l\u2019ai rapportée de Mésopotamie.J\u2019espère qu\u2019elle vous sera utile.Il y a aussi un kimono en soie.J\u2019ai pensé qu\u2019il vous plairait.\u2014 C\u2019est bien gentil de votre part.\u2014 J\u2019ai acheté aussi divers objets.sans bien savoir ce qu\u2019il vous faudrait.S\u2019il vous manque quelque chose, promettez-moi de m\u2019appeler.\u2014 Je le promets.Merci et bonsoir, Quentin.\u2014 Bonsoir, épouse-amie, répondit-il.en souriant, content de son mot et de la façon dont Hortense avait pris tout cela.Entrée dans sa chambre, elle regarda autour d\u2019elle Evidemment, Talbot s\u2019était donné beaucoup de mal pour la lui faire aussi confortable.Ses regards, voyageant d\u2019un objet à l\u2019autre, s\u2019arrêtèrent à la coiffeuse dont elle s\u2019approcha.Un magnifique jeu en écaille inecrustée d\u2019or de brosses, de peignes, de petits plateaux, de baguiers, etc, s\u2019étalait sur la plaque de verre.Elle prit une brosse et l\u2019examina.Elle était neuve.Quentin avait-il acheté tout cela spécialement pour elle ?C\u2019était encore une des choses qu\u2019il devait avoir faites avant la fameuse cérémonie.Cette cérémonie ! elle lui paraissait en ce moment dater d\u2019un siècle.Et dire qu\u2019elle avait eu lieu ce matin même ! La pensée lui vint que peut- être ce beau cadeau d\u2019objets de toilette en écaille avait d\u2019abord été destiné à Rosalie Constance.Elle fronça les sourcils et remit la brosse à sa place, avec une petite moue de dépit.Continuant son inspection, elle admira les meubles.Ils étaient en vieux chêne, pourtant, ni lourds ni tristes.En cherchant un mot qui résumerait son impression, Hortense eut sur les lèvres celui de homeley (vrai home).Oui, c\u2019était bien ce que la pièce représentait, si gaie et si accueillante.Dans la penderie, elle trouva la blouse et le kimono, vêtements délicieux par la couleur et par la fine étoffe, si douce et si souple.Mais la même inquiétude ressentie devant les riches bibelots de la coiffeuse lui revint.A l\u2019origine, tous ces cadeaux n\u2019avaient-ils pas été achetés pour Rosalie ?Son sourire disparut et elle fronca encore les sourcils.Elle se secoua au bout d\u2019un moment.Et avec un peu de la froide indifférence de Talbot, elle se dit que les gens qui acceptent les mariages de ce genre ne peuvent pas être trop exigeants.Aussi, brossa-t-elle les boucles rebelles avec une brosse à dos d\u2019écaille, puis elle passa dans la salle de bains ou elle quitta ses vétements humides pour revétir la blouse en laine angora, ensuite se faufila dans LA REVUE POPULAIRE le lit, éteignit l\u2019électricité.Et exténuée par cette terrible journée d'émotions, elle s\u2019endormit d\u2019un sommeil de plomb.A La première chose qu\u2019elle entendit à son réveil fut la voix de Quentin, commandant par téléphone le petit déjeuner « pour deux ».Puis elle comprit qu\u2019il était retourné dans sa chambre, et que l\u2019heure de se lever était déjà passée.Elle expédia sa toilette rapidement et alla attendre dans la salle à manger.On monta le petit déjeuner, mais son mari n\u2019avait pas encore fait son apparition.\u2014 Quentin ?appela-t-elle.Le déjeuner est là.\u2014 Merci, cria-t-il.Je suis en retard bien que levé depuis longtemps.Il y avait de l\u2019agacement dans sa voix.Et il se présenta en bras de chemise, tenant son faux col et sa cravate de sa main gauche.\u2014 Excusez-moi, Hortense.J'ai pu arriver à faire ma toilette, sauf à mettre mon col et ma cravate.Que le diable les emporte ! Ils m\u2019ont vaincu.Sauriez-vous ?.Il souriait en tendant les coupables à sa femme, qui se leva vivement, souriant aussi, et répondit : \u2014 Essayons.Seulement, asseyez- vous, vous étes trop grand pour moi.Et puis, expliquez-moi bien ce qu\u2019il faut faire.Ah! j'ai compris! C\u2019est un col rabattu! Et elle passa la cravate dans le pli du col, boutonna le col et noua la cravate.Quentin étant allé se regarder dans une glace, déclara que ce n\u2019était pas mal du tout.Hortense lui remit le bras malade en écharpe, l\u2019aida à endosser son veston, entra le bas de la manche vide dans une poche, et reprit sa place à table.\u2014 C\u2019est bien heureux que je me sois marié avant d\u2019être infirme, observa-t- il gaiment, pendant que la jeune fille lui préparait ses ceufs et son « bacon » (lard frit).Ils mangèrent.Quentin reprit : \u2014 Eh bien! que pensez-vous maintenant des responsabilités dont je parlais hier ?Il me semble que vous en prenez votre part depuis mon évanouissement.\u2014 Oui, admit-elle par honnêteté.J\u2019en prends ma part.C\u2019est drôle, hein ?\u2014 Est-ce que vous agiriez de même si nous n\u2019étions pas mariés ?\u2014 Assurément, puisque vous êtes blessé.\u2014 Vous ne paraissiez ainsi avant mon malaise.\u2014 C\u2019est vrai, mais devant cette souffrance.\u2014FEt.dans la gare.quand je partais pour aller peut-être à la mort ?Si vous n\u2019étiez pas émue, vous avez été bien bonne de m\u2019embrasser.Elle rougit : \u2014 Oh! dit-elle vivement, c\u2019est vous qui avez été bien bon.de ne pas m\u2019embrasser.Quentin affecta la nonchalance : \u2014 Peut-être n\u2019y avait-il pas tentation.Rougissant de plus en plus, Hor- tense pensa: «Le voilà de nouveau à me lancer des pointes ».Et elle prononça froidement, haut : \u2014 J\u2019espère bien qu\u2019elle n\u2019existait pas.Il poursuivit, d\u2019un air détaché : \u2014 Et j'espère, moi, sincèrement, qu\u2019elle n\u2019existera jamais, car ça compliquerait terriblement les choses pour nous, n\u2019est-ce pas ?Il eut un sourire équivoque.Hor- tense, gênée, mécontente inconsciemment, approuva de la tête.Et lui, changeant de ton : \u2014 Comment avez-vous dormi ?Après un silence, pas penser tout > 4.4 .AOUT 1944 3 \u2014 Oh! très bien, merci.\u2014 N\u2019avez-vous manqué de rien ?\u2014 De rien.\u2014 Parfait.Avez.avez-vous pu vous servir de la blouse ?\u2014 Oui.\u2014 Et avec une certaine ré- sil.ah cdi oi serve dans la voix, elle poursuivit: Je dois aussi vous remercier de la façon dont vous aviez arrangé la chambre.Tout y était si gentiment prévu!.\u2014 Voilà une phrase digne d\u2019un dictionnaire du Savoir-Vivre, Pour toute réponse, elle lui posa une question qu\u2019elle s\u2019était bien juré de ne jamais lui poser : \u2014 Quentin.aviez-vous mis tous ces jolis bibelots sur la coiffeuse uniquement.pour moi?\u2014 Pour qui diable, sinon pour vous, aurais-je bien pu les mettre ?\u2014 Je veux dire, avez-vous vraiment acheté pour moi.les brosses.et tout le reste ?\u2014 Oui, hier matin.quelque chose ne va pas?\u2014 Oh! ce sont de pures merveilles ! Mais il n\u2019y avait pas de raison de les acheter pour moi.Pourquoi l\u2019avez- vous fait ?\u2014 Je voulais que la chambre vous plaise.Mais.pourquoi cette question ?Elle rougit encore davantage.\u2014 Je ne savais pas.si.ces merveilles avaient été.choisies.spécialement pour moi, ou.Il l\u2019interrompit : \u2014 Avez-vous pu croire que j'avais acheté ça pour Rosalie ?Tout à fait confuse, elle ne répondit pas.Mais il insista : \u2014 C\u2019était bien votre pensée ?Elle avoua: \u2014 Oui, mais si vague! \u2014 Même vague, c\u2019était me supposer bien peu délicat.\u2014 Mais je répète que je n\u2019étais pas bien sûre.\u2014 Vous avez bien voulu m\u2019accorder le bénéfice du doute ?Elle fit oui de la tête.\u2014 Au point de vous servir des?.Elle fit encore oui, sans parler.Puis, le regardant en face, elle ajouta rapidement : \u2014 Je suis bien fâchée, je m'excuse.Je n\u2019avais pas l'intention de rien vous dire de méchant.Vous ne le méritez certes pas.vous.Je trouve même que vous vous êtes conduit en vrai gentleman, en parfait galant homme.Quentin rit franchement, l\u2019expression de son visage tout à fait changée, radoucie.\u2014 Hortense ! Il faut que je sois rasé.Et ça aussi est au-dessus de mes possibilités.Et je ne crois pas pouvoir me fier à vous comme barbier.Amusée, la jeune fille riposta : \u2014 Vous faites bien ! \u2014 Alors, nous allons téléphoner pour l\u2019auto.Et vous me mènerez chez Trueffitt.\u2014 Avec plaisir.\u2014 Merci.Et aprés, si vous voulez, nous irons chez votre sceur, chercher vos affaires.Ça vous va-t-il ?\u2014 Certainement.Une heure et demie après, Talbot sortait de chez Trueffitt bien rasé, bien coiffé.Hortense l\u2019attendait dans la petite conduite intérieure et l\u2019aida à monter.Elle le regarda un moment avant de mettre le moteur en marche.Est-ce que \u2014 Vous avez un rude courage, dit- elle amicalement.\u2014 Pourquoi ?\u2014Je devine que votre bras vous fait beaucoup souffrir et que vous avez passé une très mauvaise nuit.\u2014 À quoi le devinez-vous ?\u2014A vos yeux creusés, pâleur.Il rougit et dit brusquement : \u2014 Ne parlons pas de ça.Partons.à votre Pendant que la voiture filait, et qu\u2019elle la dirigeait avec attention, Hor- tense pensait que son pauvre compagnon avait le cœur brisé comme le bras.La voiture remonta Bond-Street, longea Marble Arch, tourna dans le Parc, allant très lentement, suivant la file des voitures, et la jeune fille en profitait pour regarder autour d\u2019elle.\u2014 Très jolie matinée, dit-elle, n\u2019est- ce pas?Mais un coup d\u2019œil sur le visage de Talbot la fit s\u2019interrompre brusquement.Il avait pâli davantage.Elle suivit la direction de son regard fixe et dur, et elle vit une grande jeune femme blonde, venant de leur côté, au bras d\u2019un beau jeune homme.\u2014 Rosalie Constance ?demanda-t- elle à voix basse.D\u2019un signe de tête, il fit oui.\u2014 Dites-moi vite ce que je dois faire ?Elle vous a vu.Continuons-nous ?ou nous arrêtons-nous ?Je suis prête à faire ce que vous voudrez.\u2014 Préféreriez-vous continuer ?prononça la voix blanche.\u2014 Devons-nous avoir peur d\u2019eux ?\u2014 Grand Dieu! non! \u2014 Alors, j'arrête.\u2014 Vraiment, vous voulez bien ?\u2014 Je ne veux pas qu\u2019elle vous prenne pour un lâche.\u2014Et vous parlez du courage des autres ! Quelques instants après, ils s\u2019arré- tèrent, descendirent et marchèrent à la rencontre du couple.Si quelqu\u2019un fut déconcerté, ce fut Rosalie.Hortense paraissait magnifiquement calme.\u2014 AIlô! Rosalie! cria Talbot, les mots lui venant avec aisance, par l\u2019effort qu\u2019il faisait sur lui-même.Bonjour, Sparling! continua-t-il en s\u2019adressant au compagnon de la jeune femme.Quelle belle journée ! Bien que les lèvres peintes de Rosalie fissent des réponses adaptées, ses grands yeux étaient fixés sur Hortense.\u2014 Est-ce que nous ne nous sommes pas rencontrées quelque part ?dit-elle en essayant d\u2019être aimable.Attendez.Vous êtes miss.miss Falkland, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Je l\u2019étais, répondit Hortense avec un sourire suave.Mais aujourd\u2019hui.Elle regarda Quentin.\u2014 Laissez-moi vous présenter ma femme, Rosalie, Miss Falkland est maintenant Mme Quentin Talbot.CHAPITRE IV I VISAGE de Rosalie exprima une profonde stupéfaction, puis son regard incrédule alla de l\u2019un à l\u2019autre.\u2014 Mme Talbot?s\u2019écria-t-elle.Vous voulez dire.que.vous l\u2019avez épousée ?Hortense rit gaiement.\u2014 Nous nous sommes mariés, lui et moi, avec notre consentement mutuel ! Regardant son mari : \u2014 Quentin, je vais être obligée de porter autour du cou une chaînette d\u2019où pendra une étiquette émaillée, comme pour une liqueur fine, et sur laquelle sera inscrit : Hortense Talbot.Sans quoi, je cours le risque que tout le monde me prenne uniquement pour votre chauffeur.Rosalie, redevenant maitresse d\u2019elle- même, eut conscience qu\u2019Hortense, très gentiment, se moquait d\u2019elle, et elle ne pouvait pas le tolérer.\u2014 Pardonnez-moi, dit-elle en affectant la nonchalance.Mais, naturellement, cette nouvelle m\u2019a paru très étrange.surtout.pour moi.Il y a si peu de temps que.Elle appuya sur ces derniers mots.\u2014 Naturellement.riposta Horten- se.la surprise doit être grande pour vous.Et elle aussi appuya sur les derniers mots.Lu di Il faut remplacer Papa ! [eee mon mari qui avait l\u2019habitude de donner son bain à Pataud \u2014 mais il est maintenant \u201cquelque part en mer\u201d et c\u2019est moi qui doit le remplacer.Je suis la ménagère, la maman \u2014 et même le papa pour bien des choses! Je vous assure qu\u2019il faut de l'énergie pour arriver à tout faire\u2014 et je n'ai pas beaucoup le temps de me dorloter \u2014 même en \u201ccertains jours\u201d difficiles, comme aujourd\u2019hui.N.deux enfants se lèvent avec les oiseaux et ma journée commence de bonne heure.Ce matin, après le déjeuner, j'ai fait un peu de lavage puis je suis allé magasiner .après avoir réparé la balançoire dans la cour et fait un pansement à l\u2019un de mes petits qui s\u2019était écorché le doigt.Heureusement qu\u2019avec Modess je n\u2019ai rien à craindre.A le lunch, nous sommes allés faire un tour au parc, avec Pataud et les bicyclettes.Je ne suis pas aussi alerte qu\u2019autrefois sur la bicyclette, mais on s'amuse quand même.Et Modess est si souple, si douce, qu\u2019il n\u2019y a plus le moindre risque d\u2019irritation! J.vous avoue que ce soir je suis un peu fatiguée \u2014 j'ai eu tant de choses à faire aujourd'hui.Mais je le serais encore bien plus et je serais beaucoup plus énervée si je n'avais pas l\u2019intime conviction que Modess m'assure toute la protection supplémentaire dont j'ai besoin.C'est vraiment une serviette de toute confiance! Besognez avec le Sourire ! Jouissez du Confort assuré par Modess 34 (tz Crème Désodorisante Enraye la Transpiration CUITS N'irrite pas la peau ni n'abime les vêtements.RAPIDEMENT Agit en 30 secondes.Vous l\u2019appliquez, essuyez le superflu et vous vous habillez.SU IME Enraye la transpiration et l\u2019odeur.DURABLEMENT Garde les aisselles sèches et inodores pendant 3 jours.AGRÉABLEMENT Aussi agréable que votre crème préférée pour la figure \u2014 odorante, elle ne tache pas.Bi vous avez.PROPRIETE, TERRE ou TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR 9363 7494, rue St-Denis, Montréal Il n\u2019était jamais entré dans les prévisions de la belle Mme Sparling qu\u2019un homme qui avait subi le joug de son étonnante personnalité pût jamais s\u2019en libérer.Que Quentin se soit, selon toute apparence, si rapidement consolé, lui était une humiliation qu\u2019elle n\u2019accepterait pas.; \u2014 I] faut que vous veniez déjeuner avec nous, dit-elle, de son air le plus gracieux.Dicky, une carte, je vous prie, je n\u2019en ai pas.Sparling lui passa une carte de visite qu\u2019elle tendit à Hortense.\u2014 Merci beaucoup, dit celle-ci avec aisance.Nous serons charmés de venir quand le bras de Quentin lui permettra d\u2019aller dans le monde.Pour le moment, il n\u2019est pas présentable.Puis suivit une courte conversation artificiellement animée, sur l\u2019accident des aviateurs.Rosalie y mit fin en disant, le sourire aux lèvres : \u2014 Peut-être me permettrez - vous alors de venir vous voir ?\u2014 Mais certainement, répondit Hor- tense, jouant l\u2019indifférence, un jour de la semaine prochaine.Ils échangèrent des adieux courtois et Hortense reprit son volant.\u2014 Nous rentrons ?demanda-t-elle à son mari, soudain morose et silencieux.\u2014 Oui, fut sa brève réponse.Il ne parla plus jusqu'à ce qu\u2019ils fussent de nouveau dans leur salon.\u2014 Fâcheuse rencontre.jen ai peur.II ne la regardait pas en parlant.Mais elle savait ce qu\u2019il voulait dire.\u2014 Pas pour moi, fit-elle tranquillement.\u2014 Eh bien! pour moi, détestant de l\u2019avouer.Elle se fit très douce et compatissante pour répondre : \u2014 Oui, mais cependant vous êtes sorti de cette première épreuve avec les honneurs de la guerre et l\u2019on ne pouvait pas deviner ce que vous souffriez moralement.\u2014 Vous avez pourtant deviné.\u2014 Oui, mais je savais.\u2014 Et elle ?Ne savait-elle pas aussi ?Ou bien a-t-elle cru que j'avais si rapidement changé ?Hortense se détourna en silence.\u2014 Dites-moi, ordonna-t-il, ce que vous avez déduit de son attitude.Elle le regarda bien en face.\u2014 Si je le fais, vous m\u2019accuserez d\u2019étre mauvaise langue.\u2014 Néanmoins, dites-le-moi.\u2014 Eh bien ! vraiment, je crois qu\u2019elle ne pensait rien de spécial.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce qu\u2019il n\u2019y a rien, je crois, derrière ce beau visage.Il ne parla plus d\u2019un long moment.Puis : \u2014 Elle manque de cervelle, à votre avis ?\u2014 À peu près.Une autre pause.Il reprit : \u2014 Alors, pourquoi l\u2019ai-je aimée ?Hortense rougit : \u2014- Comment le saurais-je ?Il se tut encore.\u2014 Oh! reprit-il, poursuivant son idée, ce n'est assurément pas pour sa valeur morale que je m\u2019étais épris d\u2019elle.\u2014 Vous dites cela parce qu\u2019elle a eu le mauvais goût d\u2019aimer un autre homme ! Il eut un mouvement de dépit : \u2014 L\u2019aime-t-elle seulement ?Hortense, affirma-t-il, \u2014 Oui.\u2014 Vous le savez ?\u2014 Je l\u2019ai vu.Nouveau silence.Puis: \u2014 Cela aussi fait souffrir.\u2014 Je le crois.\u2014 A la vérité, on ne devrait pas souffrir.On devrait pouvoir pardonner à une femme qui vous abandonne loyalement, avant le mariage, pour en épouser un autre.Mais sa conduite à elle fut pleine de traitrise.\u2014 Je suis de votre avis.\u2014 Eh bien! malgré tout, je l'aime encore.puisqu\u2019elle peut me faire tant souffrir.Pourquoi ?\u2014 Parce qu\u2019elle est très belle, dit Hortense lentement.Le sang monta au visage de Quentin.\u2014 Ce n\u2019est pas un amour bien noble celui qui s\u2019enflamme à la seule beauté physique.\u2014 Peut-être vous figuriez-vous que le caractère était aussi beau que le visage ?\u2014 Je suis donc un imbécile ?\u2014 Peut-être.Une petite lumière amicale et malicieuse brilla dans les yeux gris d\u2019Hor- tense.Il essaya de rire: \u2014 Ne me taquinez pas, Hortense, je suis littéralement en lambeaux!.La voix de cet homme était presque un cri.\u2014 Pauvre cher vieux! dit Hortense avec douceur.\u2014 Voilà une phrase tout à fait conjugale, dit-il en s\u2019efforçant d\u2019être gai.A son tour, Hortense tenta de rire : \u2014 Tout à fait, n\u2019est-ce pas ?Il s\u2019approcha du divan où il s\u2019assit avec précaution à cause de son bras douloureux.\u2014 Mon être moral est encore plus blessé que mon bras.Et cela, pour un amour de qualité inférieure!.A quoi suis-je bon ?Je me le demande, finit-il par dire en grognant.Hortense changea d\u2019attitude et prononça en jouant l\u2019énergie : \u2014 Allons, mon gars, vous allez dormir, pendant que j'irai chercher quelques vêtements.Etendez-vous.Je vais ajuster le pupitre afin que vous puissiez lire si le cœur vous en dit.\u2014 Je ne peux jamais dormir dans la journée, protesta-t-il avec énervement.\u2014 Mais si, vous le pourrez, puisque, avec votre pauvre bras, vous avez passé une nuit blanche.Puis, elle ajusta le pupitre de la façon la plus commode pour le lecteur.Dix minutes après, elle sortit de l\u2019appartement, laissant Quentin étendu, une couverture sur les jambes, un livre à sa portée et jurant qu\u2019il ne pourrait pas dormir.A Bien entendu M.et Mme Talbot rendirent leur visite à M.et Mme Spar- ling.Et à ces échanges de politesse, des avances suivirent, des invitations à déjeuner, à dîner, au thé, et même une ou deux fois, des loges au théâtre.Hortense voyait aussi clairemen: les menues intrigues de Rosalie que si :a belle femme au petit cerveau eût eré faite en verre.Mais elle ne s\u2019aperçut pas des manèges de Sparling.Peut- être intriguait-il avec plus d\u2019habileté et de discrétion.Ou peut-être, justement toute l\u2019attention et l'intérêt d'T ci*ense étaient-ils concentrés à suivre ies manigances de Rosalie, ce qu \u2019empêcha de remarquer l\u2019ardeur contenue dans l'attitude de Sparling à son égard.Si, par hasard, elle rencontrait les yeux du beau Dicky, leur expression se modifiait si rapidement qu\u2019elle n\u2019avait pas le temps d\u2019y surprendre le je ne sais quoi qui ne doit pas exister dans les yeux d\u2019un honnête homme Jlorsqu\u2019il regarde la femme d\u2019un autre.Si la main de Sparling touchait incidemment la sienne, elle n\u2019y voyait qu\u2019un geste involontaire et sans importance.Dick Sparling était né séducteur.Il savait la manière de s\u2019insinuer lentement dans le cœur d\u2019une femme sans qu\u2019elle s\u2019en aperçoive à temps.Mais Hortense trouvait que Rosalie s\u2019affichait d\u2019une façon ridicule: elle essayait de reprendre Quentin sous son joug et Hortense se demandait comment Quentin était assez aveugle pour n\u2019en être pas frappé.Il parlait de l\u2019ami- LA REVUE POPULAIRE tié de Rosalie comme s\u2019il lui avait pardonné ses traîtrises.CHAPITRE V U cours des jours suivants, ils virent fréquemment le ménage Sparling.Les occasions de se rencontrer étaient toujours fournies par Rosalie.Hortense ne faisait aucune avance, mais les lois du protocole l\u2019obligeaient à la réciprocité.Elle remarqua avec satisfaction que les façons de Talbot vis-a-vis de son ex-fiancée avaient subi un réel changement.Assis près d\u2019elle, il restait immobile et muet, l\u2019observait, ses yeux exprimant tour à tour l\u2019ironie et une vive rancune.«Cela le fait encore souffrir, songeait Hortense.En tout cas, il la domine, maintenant ».La situation atteignit son point culminant à un bal donné par les Spar- ling.Le bras de Talbot était maintenant libéré.Et c'était sa première apparition dans la tenue d\u2019un homme civilisé, comme il le disait en plaisantant.Il était plus boute-en-train et plus farceur qu\u2019Hortense ne l\u2019avait jamais vu.Aussi s\u2019abandonna-t-elle sans arriére-pensée au plaisir de lheure.Dès qu\u2019ils furent à l\u2019entrée du salon: \u2014 Venez! dit Quentin en l\u2019enlevant et en la faisant vivement glisser avec lui sur le beau parquet.Ils entrèrent en riant dans le tourbillon des robes multicolures.\u2014 Quand nous arriverons au fond du salon, nous gouvernerons à gauche, dit-il.C\u2019est un vol plané ! Et l\u2019entraînant dans une audacieuse glissade, il la fit trébucher, la retint lestement et s\u2019amusa à faire encore l\u2019aviateur : : \u2014 Non, ma chère, ne piquez pas du nez! Allons, nous avons tout l'air d\u2019étre tombés dans un camp ennemi.Ils luttaient contre la foule compacte des danseurs prés des portes, se frayérent avec peine un passage et s\u2019échappèrent dans le jardin d\u2019hiver.La ils s\u2019effondrèrent, toujours riant, dans de vastes fauteuils cannés.\u2014 Un parfait atterrissage ! clama le jeune homme.\u2014 Mais, Quentin, il me semble que vous n\u2019avez pas la moindre idée de ce que c\u2019est que danser, remarqua Hor- tense en se tordant.\u2014 Vous ne me paraissez pas en souffrir, répondit-il en la regardant de côté, ou si vous en souffrez, vous le supportez gaîment ! Elle éclata de rire.\u2014 Vraiment, je me sens gaie, ce soir ! \u2014 Pourquoi ?\u2014 D'abord, parce que votre bras est libéré.\u2014 Et après ?\u2014 Oh! je ne sais pas!.Ou bien parce que j'aime à être avec vous! \u2014 C\u2019est singulier, n\u2019est-ce pas ?\u2014 C\u2019est une veine, en tout cas.\u2014 Oui, j'en conviens.Mais qu'\u2019est- ce qui nous a rendus si bons camarades ?\u2014 Peut-être essayons-nous de nous comprendre l\u2019un l\u2019autre, de trouver les raisons et les excuses de nos mauvaises humeurs.\u2014 Peut-être est-ce plus facile lorsque l\u2019amour n\u2019entre pas en jeu.\u2014 Beaucoup plus facile, j'imagine, parce que ce n\u2019est pas en notre pouvoir de nous blesser mutuellement comme nous ne le pourrions que trop dans le cas contraire.\u2014 Tout de même, ajouta-t-il en parlant lentement, vous pourriez me blesser.\u2014 Comment ?\u2014 Si je découvrais en vous quelque sentiment bas ou quelque dissimulation.\u2014 Mais vous croyez au moins qu\u2019il n\u2019y a aucun risque ?.\u2014 C\u2019est justement parce que j'en suis me Te es AOUT 1944 convaincu que je serais si douloureusement sensible à une déception de ce genre, \u2014 Je sens de méme pour vous.\u2014 Ne commettez pas l\u2019imprudence de m'\u2019idéaliser.Je ne suis pas fier du tout de mon caractère.Elle posa sa main sur le genou de son mari.\u2014 Je ne puis me défendre de croire en vous, Quentin, je l\u2019ai toujours fait, dit-elle doucement.\u2014 Toujours, depuis notre première rencontre ?La main du jeune homme couvrit celle d\u2019Hortense, la retourna et l\u2019étreignit paume à paume.\u2014 Toujours, affirma-t-elle, du moins je le crois, parce que je n\u2019aurais assurément pas pu vous épouser, quel que fût le degré de ma douleur d\u2019être sans nom, si je n\u2019avais pas eu foi en vous.Je n\u2019avais peut-être pas conscience de mes sentiments, mais, j'en suis certaine, ils étaient au fond de mon cœur.Il serra davantage la main d\u2019Hor- tense.\u2014 Vous êtes une loyale enfant et combien dévouée.\u2014 Oh! oui! Vous avez tout mon dévouement, s\u2019écria-t-elle dans un joli mouvement spontané.Il baissa les yeux vers leurs mains et au bout d\u2019un moment, eut un rire léger.\u2014 C\u2019est une chère petite main, camarade.Et se levant subitement, cette main.\u2014 Puisque je suis incapable de danser, reprit-il en changeant de ton, je vais essayer de vous nourrir.Que préférez-vous ?Du café glacé ?Une glace aux fruits?.Gardez mon fauteuil pendant que je vais combattre au buffet pour vous.\u2014 Quelque chose avec du fruit.Je défendrai en lionne votre fauteuil.Ne restez pas longtemps.Il le regarda et la quitta.il lâcha CHAPITRE VI ORTENSE écarta les souples tiges d\u2019une plante grimpante pour suivre Quentin des yeux: son expression trahissait une émotion dont elle ne mesurait peut-être pas elle-même l'intensité.Elle pensait : « Quel soulagement de voir le bras de Quentin enfin libéré de bandages et d\u2019éclisses ! » Elle admirait la haute taille, la tournure élégante du jeune homme qui représentait un beau spécimen de force virile.Il n\u2019était guère possible, en effet, de ne pas le remarquer tandis qu\u2019il se frayait un passage dans la foule des invités Au moment même où Hortense allait perdre Quentin de vue, celui-ci s\u2019arrêta brusquement.Rosalie était débout à côté de lui et le prenait par le bras.A cette vue, \u201cHortense sentit une colère presque sauvage s\u2019amasser au fond d\u2019elle-même.«Il ne mérite pourtant pas qu\u2019on joue avec ses sentiments!» se disait- elle en contemplant le petit drame qui se déroulait à distance, mais sous ses yeux.Elle éprouvait une sollicitude quasi maternelle.Il lui fallut faire un sérieux effort sur elle-même pour ne pas courir vers lui, l\u2019entourer de ses bras en disant : \u2014 Me voici, époux-ami, j'arrive à la rescousse ; partons ! Absorbée dans ses pensées, Hortense perdit conscience du monde extérieur jusqu\u2019au moment où une voix aux inflexions caressantes murmura à son oreille : \u2014 Is forment un beau couple, n\u2019est- ce pas?Elle se retourna vivement.Sparling était derrière elle.S\u2019efforçant de faire bonne contenance, elle répondit en riant : -\u2014 Quel est le couple que vous désignez a mon admiration ?\u2014 Celui que l\u2019on aperçoit à l\u2019autre extrémité du salon, dit-il, en soulignant son indication d\u2019un geste.\u2014 Ah! vous voulez dire votre femme et mon mari ?\u2014 Précisément.femme \u2014 Etant donné qu\u2019ils sont respectivement très décoratifs, il n\u2019est pas surprenant que, réunis, ils constituent un très beau couple.\u2014 C\u2019est juste.Vous permettez ?ajouta-t-il en s\u2019emparant du fauteuil vide.\u2014 J'ai reçu l\u2019ordre de réserver ce siège pour Quentin.\u2014 Vous avez donc l\u2019habitude de vous conformer strictement aux instructions de l\u2019excellent Quentin ?conti- nua-t-il en s\u2019asseyant délibérément.\u2014 Je m\u2019y applique.\u2014 Quelle humilité à l\u2019ancienne mode! Je croyais que le verbe obéir avait été rayé de la grammaire conjugale ! \u2014 C\u2019est possible ! mais quand ses ordres coïncident précisément avec mes désirs.quel sens cela aurait-il de les enfreindre ?Dois-je me punir moi- même pour faire preuve d\u2019indépendance ?reprit-elle sur le même ton indifférent.\u2014 Alors, vous tenez à réserver ce fauteuil pour Quentin ?Hortense acquiesça de la tête.\u2014 Mais comment faire, puisque je l\u2019occupe ?répondit-il en lui jetant un regard significatif.\u2014 Je vous en abandonne volontiers l\u2019usufruit jusqu\u2019à son retour, répondit- elle en feignant de ne pas s\u2019être aper- gue du regard.\u2014 Si nous nous en rapportons aux apparences, ce retour ne parait pas imminent ! Pour dissimuler sa contrariété, elle répondit en riant: \u2014 J\u2019en reste d\u2019accord.cela ne me surprend pas d\u2019ailleurs: il est bien capable d\u2019avoir oublié qu\u2019il m\u2019a quittée pour aller me chercher une glace ! \u2014 Rosalie excelle à faire perdre aux hommes la notion du temps! répondit- il en articulant chaque mot et en la regardant sous ses cils mi-clos.Vous envoyez vous-méme votre faible Ulys- se au-devant de périlleuses aventures.Regardez plutôt ! \u2014 Mais rappelez-vous qu\u2019au moment critique, Ulysse lui-même fait retour à son foyer.\u2014 C\u2019est possible, mais en attendant, vous vous morfondez dans l'attente d\u2019une glace.Voulez-vous me permettre d\u2019aller ?.\u2014 Ne prenez pas cette peine.Je vous assure que je ne désire rien.\u2014 Voulez-vous dire que ma présence vous suffit?demanda-t-il avec impudence.Hortense se mordit les lèvres, dépitée de lui avoir bénévolement fourni le prétexte de placer cette réplique.\u2014 Je prévois simplement que Quentin me ravitaillera abondamment, re- prit-elle tout en se rendant compte que la parade était faible.\u2014 S'il retrouve la mémoire, toutefois ! répondit-il sans cesser de la tenir sous son regard.Puis soudainement il démasqua ses batteries.Hortense, dit-il en approchant son visage tout près de celui de la jeune femme en lui prenant la main, nous savons de quoi il retourne, n\u2019est-ce pas ?Le moment est venu de mettre un terme aux escarmouches.Laissons Ulysse à sa Calypso et suivons notre route.Vous n\u2019ignorez pas que vous avez fait ma conquête, petite ensorceleuse.Vous le savez ?Hortense le regarda avec une telle expression de fureur concentrée qu\u2019il eut un moment d\u2019hésitation, mais habitué à des succès faciles, il se reprit aussitôt, persuadé qu\u2019il s'agissait d\u2019une feinte habile.Il se contenta en consé- Votre mari et ma Le rire peut vous donner meilleure santé! Avez-vous remarqué comme les gens qui rient beaucoup semblent toujours bien portants et pleins de vie?Il y a une bonne raison pour cela.Le rire exerce le diaphragme, dilate les poumons, de sorte qu\u2019il entre plus d\u2019oxygène que d\u2019habitude dans le sang.Le taux d\u2019exposition à l\u2019oxygène est au moins doublé quand vous riez de bon coeur, et il y a un regain d'énergie de la tête aux pieds.Ainsi, vous devriez rire tant que vous pouvez.Et rappelez- vous qu\u2019il faut avoir les dents propres quand on rit.Et la poudre Pepsodent rend les dents deux fois plus brillantes que toute autre grande marque\u2014sans exception! Les dents peuvent changer votre personnalité! Les dents croches et à l\u2019étroit font souvent plus que gâter l\u2019apparence d\u2019une personne.Elles rendent souvent cette personne gênée et contrainte, elles la rendent aussi timide.Mais cela peut être corrigé.Car l\u2019art dentaire moderne peut aujourd\u2019hui faire des merveilles dans le redressement des dents croches ou mal placées.Comme les vedettes de l\u2019écran, vous pouvez faire recouvrir vos dents brisées ou ébréchées.Votre dentiste vous dira ce qu\u2019il y a lieu de faire et le temps requis pour y arriver.Oui .c\u2019est la vérité .votre dentiste peut vous aider à posséder de belles dents saines; mais c\u2019est vous qu\u2019il incombe de les nettoyer et de les garder brillantes en les brossant soigneusement chaque jour! REA Exemple d'après un cas actuel Vous pouvez avoir des dents plus brillantes ! Des laboratoires impartiaux ont fait des centaines d\u2019épreuves.Des hommes de science ont vérifié leurs constatations au moyen d\u2019appareils de mesure photoélectriques et ils autorisent cette déclaration: lz poudre Pepsodent produit sur les dents un lustre deux fois plus brillant que la moyenne de toutes les autres grandes marques .plus brillant que m'importe quelle autre\u2014sans exception! \"Ces résultats ont été vérifiés par des jumeaux identiques qui ont fait des essais pratiques chez eux « « « par des techniciens de cliniques dentaires .par des dentistes dans leurs propres bureaux.Le résultat est toujours le même: la poudre Pepsodent rend les dents beaucoup plus blanches.Procurez- vous de la poudre Pepsodent pour rendre vos dents plus brillantes .aujourd'hui! LA PEPSODENT REND LES DENTS BEAUCOUP PLUS BRILLANTES à foutes {es pres of paudres à dents RENFERME DE L'IRIUM ! 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Si vous n\u2019avez aucun respect pour moi, la femme d\u2019un autre homme et en outre votre invitée, vous devriez au moins ne pas parler de votre femme avec cette légèreté et ce mépris.Les beaux yeux de Sparling semblèrent se rétrécir, et il y passa une lueur féroce, tandis qu\u2019il approchait son visage plus près encore de celui de Mme Talbot.\u2014 Vous ne pouvez pas jouer à cache- cache avec moi, Hortense, en vous dissimulant derrière votre nonchalant mari: il s\u2019occupe sans doute trop exclusivement de la femme qu\u2019il aime passionnément pour s\u2019apercevoir que vos yeux m\u2019ont regardé.nous dirons.avec quelque.bonté.\u2014 Regardé avec quelque bonté ?Je vous ai toujours considéré comme un individu peu recommandable ! s\u2019écria Hortense hors d\u2019elle-méme.\u2014 Nous savons tous que Talbot vous a épousée par dépit.Cette histoire est sur toutes les lévres et naturellement ca n\u2019arrive pas à vos oreilles ni aux siennes.C\u2019est la plaisanterie de tous les cercles.\u2014 Cela prouve que les membres de ces cercles sont bien à court de nouvelles ! \u2014 Ils sont de leur temps, comme nous, Hortense, et nous avons fait des mariages à la page, c\u2019est-à-dire interchangeables! Vous qui tenez de la nature des elfes, vous n\u2019étiez pas faite pour un pareil mariage.Vous êtes faite pour l\u2019amour, la lumière et le rire! Une céature si adorable ne peut pas se contenter de jouer les Péné- lopes pendént qu\u2019ÜUlysse la délaisse pour Calypso.C\u2019est d\u2019ailleurs dans la nature humaine de désirer ce qu\u2019on n\u2019a pas.Il en est pour lui comme pour moi.Et par conséquent.Tout en parlant, il la regardait avec des yeux ardents.Il ajouta très bas : \u2014 Laissez-moi vous embrasser.Hortense se rejeta en arrière et se leva d\u2019un bond.Instantanément, Spar- ling fut debout près d\u2019elle et l\u2019entoura de ses deux bras.Hortense luttait désespérément, mais elle fut vite réduite a l\u2019impuissance ; quand il eut réussi à l\u2019immobiliser complètement, il l\u2019embrassa ; au contact de cet insultant baiser, celle-ci eut la sensation de sombrer dans un horrible cauchemar, d'être comme plongée dans la honte.Enfin, il lâcha prise, fit quelques pas en arrière en riant de son triomphe.Hortense demeura immobile, comme pétrifiée.puis elle le dévisagea et dit d\u2019une voix tremblante et à peine perceptible : \u2014 Brute ! Un frisson la parcourut de la tête aux pieds et des larmes brûlantes lui montèrent aux yeux ; ses genoux fléchirent et elle retomba assise dans le fauteuil dont elle venait de s\u2019arracher.Se couvrant le visage de ses mains, elle sanglota et murmura à deux reprises : \u2014 Quentin ! Quentin ! Hortense ne se rendit pas compte du temps qu\u2019elle demeura abimée dans son désespoir.Quand elle rouvrit les yeux, elle fut agréablement surprise de constater que Sparling avait disparu.Elle sursauta et se dit : «Oh! il ne faut pas que je reste une minute de plus ici!.» Au moment où elle se levait, elle aperçut Talbot qui arrivait portant à bout de bras une coupe de fruits glacés.Il dit en riant : \u2014 Vous êtes enfin servie.Il se préparait à fournir des explications, mais Hortense ne lui en laissa pas le temps ; elle courut à sa rencontre, le prit par le bras et s\u2019écria à voix contenue : \u2014 Ah! Quentin, je suis si heureuse que vous soyez près de moi! Je vous en prie, partons, si vous ne voyez pas d\u2019objection à écourter la soirée.Non, merci, je ne veux rien prendre.Je désire seulement partir de suite.Il lui fallut faire un grand effort pour ne pas éclater de nouveau en sanglots.Quentin ne s\u2019attarda pas à demander des éclaircissements.Il dit simplement : i \u2014 Allez chercher votre manteau je vais de mon côté prendre l'auto et attendez-moi dans le hall.Soudain calmée : \u2014 Entendu, dit-elle.Dans l\u2019auto, ils ne parlérent pas.Quentin ne posa aucune question et Hortense, volontairement, ne donna aucune explication.En arrivant chez eux, elle remercia son mari avec reconnaissance et se dirigea aussitôt vers sa chambre.Quentin, un peu interloqué, réfléchit un instant.Il appela sa femme : \u2014 Hortense! puis-je faire quelque chose pour vous?Casser la figure a quelqu\u2019un ?Parlez-moi avec franchise.Elle répondit en riant nerveusement: \u2014 Merci bien.Je sais que je peux compter sur vous.Une fois couchée, Hortense ne put fermer les yeux.Elle réfléchissait à la conduite qu\u2019elle tiendrait.Evidem- ment ils ne pourraient pas rester en relations avec les Sparling.Mais Spar- ling chercherait peut-être à la revoir.Serait-elle contrainte de tout raconter à son mari?Alors, quels risques de batailles, quelles perturbations dangereuses dans leur vie! Le matin ne fit qu\u2019aggraver son angoisse.Sur le plateau, à côté de sa tasse à thé, elle trouva une lettre et reconnut aussitôt l\u2019écriture de Rosalie : elle se demanda avec terreur si celle- ci était déjà au courant.Elle déchira l\u2019enveloppe fébrilement.Le billet était laconique et précis : « Oeil pour œil, dent pour dent.et homme pour homme!.Vous comprenez bien ?\u2014 ROSALIE.» CHAPITRE VIN vindicatif billet.« Pauvre vieux Quentin! se dit- elle, voilà, si je ne m\u2019abuse, du tourment pour vous sur la planche ! » «Homme pour homme ! » Rosalie, après avoir quitté Quentin, avait donc assisté à l\u2019odieux incident de la serre ?En tout cas, elle savait ce qui s\u2019était passé : persuadée qu\u2019Hor- tense s\u2019efforçait de lui voler son mari, elle avait décidé de prendre sa revanche sur Quentin.Aucune équivoque Ja relut, non sans trouble, le LA REVUE POPULAIRE n\u2019était possible sur la portée des menaces de Rosalie! « Pauvre garcon! se dit Hortense en continuant son monologue, je me demande ce que je dois faire ?» Effectivement, elle se trouvait avoir à choisir.Alternative peu séduisante : chercherait-elle a faire comprendre a Rosalie qu\u2019elle n\u2019avait pas la moindre visée sur Sparling ni aucune responsabilité dans l'occurrence ?Elle prévoyait d\u2019ailleurs que ces assurances verbales ne modifieraient guère la situation.Il lui semblait bien que Rosalie aimait véritablement Sparling, autant du moins qu\u2019une nature superficielle peut aimer et, dans son rôle d\u2019épouse délaissée, elle déploierait certainement toutes ses ressources.Hortense envisageait, d\u2019autre part, de tout raconter à Talbot et de lui mettre la lettre menaçante sous les yeux.Mais elle hésitait beaucoup: Rosalie, en effet, pouvait fort bien avoir écrit ce billet sous l\u2019influence de la colère et de l\u2019humiliation ; peut- être maintenant était-elle calmée.Si Rosalie renonçait finalement à exécuter sa menace, Hortense courait le risque de mettre Quentin en garde contre un danger imaginaire.Ne la jugerait-il pas, elle, Hortense, tout pour le moins pusillanime ?De plus, Hortense craignait au-dessus de tout d\u2019avoir l\u2019air inspirée par une rancune personnelle.N\u2019avait-il pas été explicitement convenu entre elle et Quentin, au moment de la discussion de leur projet matrimonial, que chacun des contractants conserverait son entière liberté d\u2019action ?Quentin n\u2019avait cherché à dissimuler en aucune façon son amour pour Rosalie.Après avoir tout considéré, Hortense en vint à la conclusion qu\u2019elle devait demeurer sur l\u2019expectative.Elle prit le billet comminatoire, monta dans sa chambre et le serra dans son nécessaire de toilette avec l\u2019espoir que l'orage n\u2019éclaterait pas.A Une semaine plus tard, Hortense prit le train pour Brighton ou elle devait passer huit jours avec Ginesta : celle-ci quittait l\u2019école pour aller sur le Continent pour donner le « coup de filon» à son éducation.Hortense partait avec plaisir.Les derniers jours passés dans son intérieur avaient été plutôt difficiles.Ils se tenaient tous deux sur le quai, en attendant qu\u2019elle montât dans son wagon.Quentin se pencha vers elle et dit en la regardant avec des yeux taquins : \u2014 Est-ce par tactique que vous faites subir à mon cœur la dure épreuve de l\u2019absence ?Hortense s\u2019imaginant qu\u2019il jouait de ses sentiments, répondit avec dépit : \u2014 Certainement non! Dans le train, Hortense se rendit compte qu\u2019elle était en colère contre Quentin.Il ne peut rien prendre au sérieux ! se disait-elle, son humeur cynique n\u2019épargne aucun sujet et il tourne tout en ridicule.Eh bien! libre à lui: vexée, elle résolut de ne plus lui venir en aide, ni de chercher une solution aux difficultés de leur situation.Elle laisserait tout aller dorénavant à la dérive.Rosalie lui avait sagement conseillé de renoncer à se mêler des affaires de cœur de Quentin : elle se tiendrait à ce parti.Son humeur ne se modifia pas au début de son séjour à Brighton.Et elle trouva un véritable soulagement d\u2019être là avec Ginesta.Celle-ci délirait de joie de l\u2019avoir avec elle.Hortense se réjouissait d\u2019être délivrée de la continuelle contrainte que la vie commune avec Quentin lui imposait.Ses réflexions l\u2019amenèrent à conclure qu\u2019il n\u2019y avait aucun espoir de changer la nature de leurs relations, tant que AOUT 1944 Quentin persisterait à tout tourner «à la blague ».Dans la matinée, tandis que Ginesta était occupée à ses études, jusqu\u2019à l'heure du lunch, Hortense faisait de longues promenades solitaires.Un matin, en allant à la plage, elle se trouva soudain en face d\u2019un homme qui s\u2019arrêta brusquement et s\u2019écria : \u2014 Vous ?Hortense ! Ici ?Hortense ne reconnut Jim Pelham qu\u2019au bout d\u2019un instant : il avait beaucoup changé.Elle avait quitté un adolescent, elle retrouvait un homme.Même la voix était plus grave et dans les yeux clairs elle lisait de la tristesse.\u2014 Jim ! s'écria Hortense.Quelle surprise de vous rencontrer ! Est-ce que vous habitez Brighton ?Ils se serrèrent la main et le jeune homme répondit : \u2014 Seulement pour un jour ou deux.Et vous ?\u2014 Je suis venue passer une huitaine avec Ginesta : elle sera bien contente de vous revoir.Il faut que vous veniez prendre le thé.Etes-vous libre ?Pelham parut embarrassé et bredouilla une vague excuse, puis finalement il dit: \u2014 Au diable les cérémonies ! Oui, je puis venir, je viendrai, j\u2019en serai bien* heureux.Hortense ne parvint pas à s\u2019expliquer cette étrange attitude.Mais elle ne devina pas que cette incohérence était provoquée par son apparition.Elle avait toujours considéré les protestations d'amour de Jim Pelham comme des enfantillages sans conséquence.Qu\u2019est-ce que son vieil ami Jim pouvait bien avoir?Sans y attacher plus d'importance, ils combi- nérent pour l'après-midi un pique- nique à trois.Tout se passa bien.Pelham avait été pris au dépourvu le matin, mais dans l\u2019après-midi il réussit à se dominer et retrouva son ton de joyeuse camaraderie.\u2014 On se croirait revenus au bon vieux temps, dit Ginesta, quand ils furent assis sur la plage devant des sandwiches et du plum-cake, Jim, Hortense et moi! Pelham acquiesça avec conviction.\u2014 Tout à fait comme autrefois, dit- il, en jetant un regard du côté d\u2019Hor- tense, mais celle-ci affectait de contempler la falaise verdoyante.Au fond de son cœur, le mot « autrefois » avait un écho profond : Mme Falkland vivait; Honor ignorait le mystère de sa naissance, Tout paraissait facile, alors ! \u2014 Hortense n\u2019était pas mariée ! Pas de vieux Quentin pour tout bouleverser!.Tu sais, Hortense, je suis tombée amoureuse de lui bien avant toi.Le soir du bal de Bella.À quel moment as-tu commencé à perdre la tête ?Hortense répondit presque involontairement d\u2019un ton si sec que Ginesta en fut étonnée et blessée : \u2014 Ne dis pas de bêtises et ne pose pas de questions oiseuses.Ils changèrent de sujet et la conversation demeura impersonnelle jusqu\u2019aux adieux.Pendant les deux jours qui suivirent, Hortense passa une grande partie de son temps en compagnie de Jim Pel- ham.Elle éprouvait néanmoins un étrange sentiment de solitude et de tristesse et ne pouvait s'empêcher de se demander ce que faisait Talbot.Elle était préoccupée des détails de son intérieur: Pettigrew observait-il pour le dosage du café du premier déjeuner les proportions voulues.Quentin ne fatiguait-il pas trop son bras droit?Lui manquait-elle un peu ?Rosalie continuait-elle son encerclement prémédité ?A La veille de son départ, Hortense prit le chemin du retour, traversa la ville et ne se sentant pas d'aplomb, décida, avant de rentrer a 'hbtel, de se reposer un moment sur la plage.Le ciel d\u2019automne était parfaitement bleu et le soleil se reflétait dans la mer, mais Hortense demeurait insensible à la beauté du décor.Tout à coup, elle remarqua dans le lointain un homme qui venait dans sa direction; quelque chose dans la haute silhouette lui rappela la démarche aisée et élégante de Quentin.Ce ne pouvait être lui, se disait-elle, mais l\u2019impression fut si forte que son cœur se mit à battre violemment.Ça ne pouvait être lui.Comme ce serait beau si c\u2019était iui!.Mais, c\u2019est sûrement lui! il est impossible que deux personnes aient exactement la même démarche balancée avec la même silhouette.Soudain, elle le reconnut : c\u2019était Talbot en effet.Il levait le bras et la saluait de la voix.Hortense s\u2019arrêta aussitôt, incapable de faire un pas de plus! Elle aurait voulu rire, manifester extérieurement la joie profonde dont elle se sentait envahie \u2026 Le ciel bleu, le soleil, la mer semblèrent tourner autour d\u2019elle et une voix mystérieuse parla au fond d\u2019elle- même et prononca : « Pourquoi ?» Une seconde après Quentin était tout près d\u2019elle ; il avait pris la petite main tendue entre les deux siennes.leurs yeux se rencontrérent.et la réponse à la mystérieuse interrogation résonna au plus profond d\u2019elle-même : « Je suis amoureuse .J\u2019aime Quentin.Quentin a gagné!» CHAPITRE VIIT OMMENT cette transformation avait- elle pu sopérer en un moment ?Hortense n\u2019arrivait pas a trouver une explication satisfaisante.Mais n\u2019est-il pas vain de rechercher la cause d\u2019un miracle?Un miracle se produit spontanément.Ainsi l\u2019amour venait de naître dans son cœur! Elle se trouvait être amoureuse de Quentin Talbot, qu\u2019elle avait épousé pour avoir un état civil; amoureuse de l\u2019homme qu\u2019elle s\u2019était vantée de rendre amoureux d\u2019elle! Rosalie rirait bien si elle apprenait la vérité.« Amoureuse.amoureuse.» Les mots semblaient accompagner les battements de son cœur comme des roulements de tambour.Puis, à travers la confusion de ses pensées, elle entendit Quentin dire : \u2014 Comment allez-vous ?Hortense fit un effort pour que l\u2019émotion ne perçât pas dans sa voix et répondit : \u2014 Je vais très bien.Depuis quand êtes-vous arrivé ?\u2014 J\u2019arrive à l'instant! J\u2019ai essayé en vain de découvrir votre hôtel.Pourquoi n\u2019êtes-vous pas installée dans un de ces immeubles imposants comme le Métropole par exemple ?Pas moyen de passer devant un de ces mastodontes sans les remarquer.Hortense s\u2019efforça de rire, mais sa gêne était visible.Quentin continua : \u2014 Etes-vous libre en ce moment ?\u2014 Oui, jusqu\u2019à quatre heures.Je dois prendre le thé avec Ginesta.\u2014 Dans ce cas, nous pourrions aller nous promener bras dessus, bras dessous; et on nous prendra pour un couple d\u2019excursionnistes.Est-ce convenu ?\u2014 Certainement, répondit Hortense d\u2019une voix à peine perceptible.Malgré ses efforts, elle ne parvint pas à ajouter un commentaire aimable à son acceptation.\u2014 Ce projet ne vous sourit-il pas ?demanda Quentin, ou bien êtes-vous au-dessus de ces vulgaires divertissements ?\u2014 Au-dessus ?dit-elle en riant du même rire ému qui avait déjà troublé Quentin.Du tout! mais.seulement.\u2014 Mais quoi ?des aisselles.Protégez votre charme grâce a Mum! OUS SORTEZ du bain rafraîchie et, cependant, au même moment commence l'oeuvre néfaste de la transpiration.Les aisselles demandent un soin particulier et vous vous rendrez compte que les bains fréquents ne suffisent pas.Une baignade efface la transpiration déjà existante, Mais pour éviter l\u2019odeur à venir, pour conserver les aisselles frai- ches, employez Mum régulièrement.Mum est i-n-f-a-i-l-l-i-b-l-e ! Une demi- minute pour l'appliquer et vous préservez votre charme pour des heures ! Vous pouvez utiliser Mum en tout temps, même après vous être vêtue, car Mum ne saurait abimer les tissus les plus délicats.Il est inoffensif aussi pour la peau.Essayez-le, vous serez convaincue.De- mandez-le à votre pharmacien dès au- jourd\u2019hui.e e e Pour les serviettes sanitaires: Mum est doux et efficace.C\u2019est le déodorisant par excellence.Soyez prudente quant à l\u2019odeur 37 Le moyen le plus sur de conserver sa fraicheur \u2014 lItiliser Mum après chaque bain ! 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Comment pouvait-elle avouer qu\u2019elle éprouvait le besoin d\u2019être seule, de se recueillir, de discipliner ses émotions, de se composer une attitude ?Puis soudainement, elle dit : \u2014 Pour quelle raison êtes-vous ici ?Il répliqua par une autre question.\u2014 Le simple désir de vous revoir ne suffirait-il pas à expliquer ma présence ?\u2014 Non.Il y a tant d\u2019autres raisons ! répondit-elle en affectant un ton dégagé.\u2014 Ne serait-ce pas parce que vous me manquiez ?\u2014 Ce n\u2019est pas plus vraisemblable.\u2014 Je me demande alors quel peut bien être le but de ma visite ?Et il parut s\u2019absorber dans la solution de ce problème ! \u2014 Qui sait, ajouta-t-il un moment après, en la regardant de sec veus malicieux, si je n\u2019ai pas estime ;une serait pas équitable, étant donnée l\u2019entreprise où vous vous êtes lancée .\u2014 Equitable ?\u2014 Voyons, il n\u2019est guère possible que je devienne amoureux de vous, si vous résidez a Brighton et moi a Londres.\u2014 Non! interrompit-elle vivement.Pourquoi redevenez-vous méchant ! Il se mit à rire et reprit : - Je ne puis m'empêcher de vous.taquiner, Hortense.Mais devant l'expression des yeux de la jeune femme, il changea de tou et dit soudainement : \u2014 Etes-vous contente de me voi; ?« Contente ?5» se demanda Hortense, pouvait-on appeler contentement l\u2019intensité presque intolérable du plaisir qu\u2019elle éprouvait à se retrouver avec Quentin ?Elle fut sur le point de répondre que c'était plutôt une torture, mais à ce moment même elle comprit qu\u2019il s'agissait d\u2019une joie inconnue.Quoi qu\u2019il arrivât à l\u2019avenir, au prix de n\u2019importe quelle souffrance, elle voulait désormais jouir de ces mements délicieux.Elle chassa de sa persée toute crainte, toute prévoyance, leva des yeux radieux sur Quentin et dit gaiement : \u2014 Naturellement, je suis contente, époux-ami! Plus contente que je ne puis dire ! Quentin glissa vivement le bras d\u2019Hortense sous le sien et dit: \u2014 Bonne et obéissante petite femme! Mais je me rappelle maintenant pourquoi je suis venu ici! Mon but était d\u2019aller sur la jetée et d\u2019introduire des sous dans les appareils automatiques.Venez, nous allons tenter la fortune.Ils s\u2019éloignèrent ensemble en mêlant leurs rires.Hortense devait garder toute sa vie le souvenir de cette joyeuse matinée.Ils dépensèrent une somme folle en jetons métalliques et prirent part à tous les divertissements offerts aux passants: images cinématographiques de matches de football, de séances de boxe, de courses hippiques.Ils essayèrent leur force aux anneaux extensibles : l\u2019appareil restituait honnêtement le jeton si on réussissait à maintenir la prise jusqu\u2019au moment où une sonnerie retentissait.Quentin gagnait à chaque coup, mais Hortense, malgré des efforts persévérants, n\u2019arrivait jamais à rentrer dans ses débours.Elle décida de faire une dernière tentative: elle avait amené la poignée à mi-parcours quand elle vit la main brune de Quentin couvrir la sienne et l\u2019entendit dire : \u2014 Je parie que cette fois vous serez remboursée ! Quentin se tenait derrière elle, si proche que le moindre mouvement de tête en arrière eût amené Hortense contre l\u2019épaule du jeune homme.Elle demeura parfaitement immobile, osant à peine respirer, abandonnant sa main droite à la puissante emprise de \u2018son collaborateur.«Ding! ding!».et le jeton de cuivre tomba dans la coupe disposée a cet effri.\u2014 Voilà ! dit-il triomphalement.\u2014 Oui, mais ma main, Quentin ! cria- t-elle en secouant désespérément le membre inerte: je ne pourrai plus m\u2019en servir.Vous serrez terriblement fort.Quentin s\u2019empara de la petite main violacée et l\u2019examina soigneusement, puis il dit: \u2014Je suis vraiment désolé! Quel âne! Je n\u2019ai pas réfléchi aux conséquences ! Hortense était debout devant lui, les yeux brillants, les joues roses, et ses boucles brunes voltigeant dans le vent ; son visage était contracté, car sa main lui faisajt vraiment mal, et elle avait lapparene d\u2019une petite fille venant de se faire embrasser un bobo par sa maman.Quentin dut faire un grand fort sur lui-méme pour ne pas essayer l'efficacité de ce traitement en portant à ses lèvres la petite main enflée 'atmosphère de cette matinée ensr \u2018eillée était comme chargée de tendresse.Hortense, de son côté, regardait Quentin et se laissait aller à rêver.l'impossible, à imaginer ce qui ne serait jamais.Mais soudain, devant ses yeux, le beau visage de Rosalie se dessina avec la précision même de la réalité, et aussitôt son expression changea.Elle détourna la tête.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019il y a?demanda Quentin, d\u2019une intonation abrupte, étrange, troublée.\u2014 Rien, dit-elle vivement.\u2014 A quoi pensez-vous en ce moment ?Elle voulut dégager sa main et s\u2019éloigner, mais Quentin la maintint solidement.\u2014 Dites-moi ce que vous pensez ?insista-t-il.Hortense, habituée à faire preuve avec Quentin depuis le premier jour, d\u2019une entière franchise, finit par avouer : \u2014 Etes-vous venu ici autrefois avec Rosalie ?Quentin lâcha la petite man qu\u2019il tenait dans la sienne et se détournant, répondit : \u2014 Oui! Hélas! pourquoi ne pouvait-il répondre : « Non ?» Quant à Hortense, elle aurait voulu disparaître entre les poutres de la jetée et être engloutie dans la mer proche.Comment avait-elle pu poser cette question ?\u2014 Je n\u2019avais pas l'intention de vous interroger, Quentin, bégaya-t-elle en devenant écarlate.La question m\u2019est venue aux lèvres involontairement.Jusqu'à ce moment, j'avais oublié l'existence de cette femme.\u2014 Oubions-le, supplia-t-il.\u2014 Le pouvez-vous ?\u2014JIl le faut bien, n\u2019est-ce pas?.Et il ajouta en riant d\u2019un rire diffé- rent.si notre complot doit réussir.\u2014 Oh! mais il ne peut pas réussir ! Je veux dire que personne ne peut aimer « par ordre » .on aime ou on n\u2019aime pas.Nous n\u2019y pouvons rien.Il la regarda quelques instants en silence, puis il dit: \u2014 Alors, vous renoncez à me rendre amoureux ?\u2014 L\u2019amour vient soudainement, sans qu\u2019on s\u2019y attende, qu\u2019on le veuille ou non! N\u2019y pensons donc plus, Quentin.Je ne me rendais pas bien compte de la portée de mes paroles quand j'ai dit cela.\u2014 Et maintenant ?Il y avait quelque chose de dur dans cette question : Oui.maintenant.il me semble que je comprends.dit-elle d\u2019une voix presque inintelligible.Quentin contemplait la mer agitée, le regard perdu à l'horizon.I parut tout à coup morose et nerveux.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Très bien.Je comprends aussi.Venez, allons déjeuner, dit-il en se dirigeant vers l\u2019autre extrémité de la jetée.Ils marchèrent en silence, leur animation du début tombée soudain au- dessous de zéro! Même le soleil paraissait moins brillant et moins chaud.A Pendant le lunch, en dehors des questions relatives au menu, ils échangèrent de rares paroles.Vers la fin du repas, Quentin leva les yeux et dit : \u2014 Mon voyage à Brighton avait pour but principal de vous annoncer mon prochain départ.Hortense sursauta.\u2014 Votre départ ?Quand ?\u2014 Tout de suite.Hortense devint livide et son cœur défaillit, mais cela, Quentin ne pouvait le voir.\u2014 Voulez-vous dire aujourd\u2019hui ?finit-elle par prononcer avec difficulté.\u2014 Non.Mais demain.\u2014 Mais ce voyage n\u2019a-t-il pas été improvisé ?Vous ne m\u2019en aviez pas parlé avant ma venue ici.\u2014 J'ai été, depuis, passer deux jours chez ma mère.J'ai eu alors l\u2019occasion de constater que ses affaires sont mal conduites et j'ai décidé d\u2019aller m\u2019en occuper sur place.\u2014 Je comprends.fit Hortense, trop bouleversée pour pouvoir en dire davantage.\u2014 Ma mère, continua Quentin, a de très importantes propriétés au Da- marvaal, d\u2019où elle tire la plus grande partie de son revenu.Mon père, autrefois, dirigeait lui-même cette exploitation, et après sa mort son associé prit les affaires en main.Il y a quatre ans l'associé est mort à son tour et ma mère a confié ses intérêts à un régisseur.Depuis cette époque, tout a mal marché.Dernièrement, ledit régisseur a télégraphié à ma mère qu\u2019il a reçu une offre avantageuse pour la vente globale du domaine et il lui a conseillé d'accepter.Ma mère venait précisément, la veille de mon arrivée, de mettre à la poste une lettre, autorisant son représentant à vendre aux conditions proposées.Sur ma demande, ma mère m\u2019a communiqué toute la correspondance relative à ses propriétés; j'ai étudié le dossier depuis le début de la nouvelle gérance, et j'ai l'impression qu\u2019il y a quelque chose de louche.\u2014 Ah! je m\u2019explique maintenant la veritable raison de votre venue ici.Puis, changeant soudain d\u2019expression, elle dit : \u2014 Désirez-vous que je vous accompagne ?Pour conserver les apparences, ce serait peut-étre préférable, se hâta-t-elle d\u2019ajouter.Il la regarda en riant: \u2014 M\u2019accompagner ?Je n\u2019envisage pas cette possibilité, Le Darmavaal fait partie de la colonie du Cap! Ce n\u2019est pas précisément la porte à côté.\u2014 La colonie du Cap?Alors serez absent très longtemps ?\u2014 Assez longtemps évidemment.a-t-il beaucoup d\u2019importance ?Le ton de cette remarque modifia les sentiments d\u2019Hortense : \u2014 Peut-être pas.Je suis surpri- .Voilà tout.\u2014 Voilà tout?A un certain point de vue, les choses seront ainsi plus faciles pour vous.\u2014 Plus faciles ?Je ne vois pas bien de quoi il s\u2019agit, reprit-elle perplexe et chagrine.De toute l\u2019amicale et gaie camaraderie de la matinée, il ne restait donc rien ?Pourquoi avait-elle fait allusion à Rosalie ?Pourquoi ne s\u2019était-elle pas contentée de profiter de l'instant présent ?Elle dit enfin : \u2014 Vous me manquerez beaucoup, Quentin.vous Cela AOUT 1944 \u2014 Bien que je suis un infernal gêneur ?\u2014 Mais l\u2019êtes-vous ?Elle ne s\u2019expliquait pas encore le complet changement dans l'attitude de Quentin.\u2014 En tout cas, vous ne l\u2019êtes pas pour moi, époux-ami, ajouta-t-elle en faisant un timide effort pour retrouver le ton de bonne amitié.A ce moment, pour compliquer davantage la situation, Jim Pelham, encore tout meurtri de la scène du matin, les yeux gonflés d\u2019avoir pleuré, pénétra dans la salle du restaurant.Il ne s\u2019attendait pas à voir Hortense, il perdit contenance, s\u2019arrêta brusquement, regarda le couple avec stupeur.Quentin, qui lui tournait le dos, comme averti mystérieusement, se retourna et aperçut Pelham.Il reprit aussitôt après sa position normale et dévisagea Hortense.Celle-ci eut conscience qu\u2019elle rougissait de la naissance de ses cheveux jusqu'au cou.Pelham, inexpérimenté et trop ému pour agir avec présence d\u2019esprit, gita encore les choses par son manque de courtoisie.Il revint sur ses pas et sortit.Hortense attendit que Quentin parlât.Mais celui-ci garda longtemps le silence, puis finalement, fit quelques remarques insignifiantes.Au moment où ils allaient partir, il dit : \u2014 Hortense, regardez-moi.Elle leva les yeux aussitôt, et leurs regards se croisèrent : \u2014 Quelle arrière-pensée aviez-vous, quand vous m\u2019avez dit tout à l\u2019heure qu\u2019en me faisant part de votre projet à Londres, vous ne vous rendiez pas compte de sa portée, et que maintenant vous compreniez ?.Hortense, avez- vous depuis appris à aimer ?Hortense rougit encore et répondit en détournant les yeux: \u2014 Je vous en prie, Quentin, ne me posez pas cette question.\u2014 Est-ce qu\u2019il n\u2019est pas naturel que je sache à quoi m\u2019en tenir ?Hortense, rappelez-vous nos conventions.Vous voyez, ce n\u2019est pas une plaisanterie.Ne suis-je pas en droit de vous demander de me répondre ?\u2014 Je vous en prie.ne me le demandez pas.sinon.\u2014 Si! je vous le demande! insis- ta-t-il.\u2014Je vous répondrai, et avec des larmes dans la voix, comme une enfant fâchée, elle ajouta: Je ne puis pas m'empêcher de tout vous dire.\u2014 Ët vous ne désirez pas me le dire.\u2014 Non, pas cela.Je ne pourrais pas, bégaya-t-elle.Oserait-elle faire l\u2019aveu?lui dire qu\u2019elle l\u2019aimait ?Quentin se leva.\u2014 Bien, dit-il, je n\u2019insiste plus.C'est inutile d\u2019ailleurs.Je sais tout ce que j'ai besoin de savoir.Venez, je vous reconduirai à votre hôtel.Ils marchèrent en silence et arrivèrent devant la porte de l'hôtel.\u2014 Adieu, Hortense, dit-il.Je vais repartir.\u2014 Avez-vous la voiture ?\u2014 Non, je prendrai le train de quatre heures.\u2014 Quentin, avez-vous fait vos malles ?\u2014 Oui, j'ai porté mes valises dans ma cabine, hier.\u2014 Par quel paquebot partez-vous ?\u2014 Paquebot ! Je ne m\u2019embarque pas, je vais en avion.Le monde sembla soudain tournoyer autour d'Hortense.\u2014I faut que je sois là-bas avant l\u2019arrivée du courrier.Si, comme je le suppose, il y a quelque machination sous roche, Stedman signera l'acte de vente aussitôt qu'il aura la lettre de ma mère en main.\u2014 Evidemment.C'est juste.Je n\u2019y avais pas réfléchi.Est-ce très dangereux, Quentin ?: Son cœur battait à rompre et tout son corps tremblait.Quentin se contenta de lever les épaules et de faire un geste évasif, sans plus.Il dit simplement : \u2014 Adieu.Hortense eut la sensation que la vie soudain l\u2019enserrait comme un bloc de glace: Elle répondit : \u2014 Adieu, Quentin.A Le train pour Londres était déja en gare quand Hortense pénétra en courant sur le quai, suivie par un porteur chargé de sa valise.A la surprise générale, un homme de haute taille, qui se tenait debout à la portière ouverte d\u2019un wagon de première classe, ayant aperçu la nouvelle venue, jeta son cigare à terre, allongea le bras et la saisit littéralement au vol, au moment où elle arrivait près de lui.d\u2019un seul balancement, comme dans les ballets russes, il la déposa dans un coin de son compartiment, jeta le sac aux pieds de la voyageuse, gratifia d\u2019un généreux pourboire le porteur et sauta lui-même dans le train qui se mettait en mouvement : \u2014 A un fil près! dit-il en riant.Quentin, assis en face d\u2019Hortense, était perplexe, et pendant quelques instants celle-ci, essoufflée,e ne put fournir aucune explication.Finalement, elle dit d\u2019une voix entrecoupée : \u2014 Oh! quelle course! D\u2019abord, j'ai dû attendre un siècle avant d\u2019obtenir la communication avec Ginesta : toutes les lignes téléphoniques étaient occupées.Ensuite j'ai dû payer ma note, faire mes paquets, envoyer chercher une voiture.Enfin, j'y suis! \u2014 Vous y êtes, en effet! dit-il avec bonne humeur.Mais pourquoi ne m\u2019avez-vous pas averti que vous m\u2019accompagneriez ?Je vous aurais facilité le déplacement.\u2014 Je ne me suis décidée qu\u2019au dernier moment, presque trop tard.L'idée que vous alliez partir pour des siècles s\u2019est soudain présentée à moi avec une intensité pénible.J\u2019ai compris que je ne vous verrais plus pour des siècles et j'ai mis les bouchées doubles ! Il se pencha un peu et dit: \u2014 Alors, c\u2019est parce que je pars, parce que vous ne me verrez plus pour un peu de temps, que vous êtes ici ?\u2014 Oui! répondit-elle.Puis, craignant que cette unique syllabe eût trahi son émotion, elle ajouta: \u2014 Je désire vous voir partir demain.Voulez-vous me permettre.\u2014 Nous nous envolerons à six heures du matin.Croyez-vous pouvoir vous lever avant le jour ?Les yeux de Quentin la regardaient avec une affectueuse bienveillance et Hortense se sentit génée.N\u2019est-ce pas une situation délicate d'être amoureuse de son mari en sachant qu\u2019il aime ailleurs ?Elle ne savait trop que répondre et dit, après une hésitation : \u2014 Je crois que votre mère ne s\u2019expliquerait pas mon absence à ce moment critique.Quentin se rejeta contre le dossier de la banquette comme pour se garer d\u2019un choc.\u2014 Voilà donc le motif de votre sollicitude, dit-il en riant, d\u2019un air contraint.C\u2019est d\u2019ailleurs un motif aussi bon qu\u2019un autre.Puis, il se plongea dans la lecture de son journal et ne dit plus un mot jusqu\u2019à l\u2019arrivée.A Le lendemain, l\u2019aube commengait fraîche et pâle sur l\u2019aérodrome de Sannington quand Talbot, son pilote et un observateur rejoignirent les mécaniciens occupés autour de l'avion.Un peu à l\u2019écart les femmes, les sœurs [ Lire la suite page 41] NE = * V4 LAN 4 à À M i.ù À UNE BOÎTE DU D DUT e YEUR O! NETTO AMÉLIORÉ 50 9 NETTOIE VOTRE LAY S .97 FOIS DE PLUS |, 1 AUTRE BON Boite DE TOU 1# R\u2014 D'APRÈS DES ESSAIS RÉELS! QU'UNE NETTOYEU TANT RNY Essais scientifiquement contrôlés L'OLD DUTCH A NETTOYÉ .97 lavabos de plus que le Nettoyeur A Chases Dirt 296 \u201c 4 ww «wp 338 \u201c® a\u201c \u201c \u201c « « C L 360 \u201c « [3 \u201c « « D N A 364 « \u201c « « « « E « « «\u201c «\u201c « \u201c F \u201c G \u201c 42 KL pi \u201c 8 \u201c i\u201c «\u201c 503 \u201c \u201c «\u201c \u201c \u201c H Les nettoyeurs représentés ci-dessus par des lettres et le Nettoyeur Old Dutch constituent plus de 90% de fous les nettoyeurs qui sont vendus aux Etats-Unis et au Canada.C'est co que vous obtenez.et non pas ce que vous payez .qui signifie réelle économie.C\u2019est pourquoi plus de femmes emploient du nettoyeur Old Dutch de préférence à fout autrel me CLEANSER t Cru» re mo \u201cGuaranteed D Good Housekeeping mosrcuet QE 0 us sorranaen 1 39 Un seul pe Po [YL 2 peux acheter pour toute ma famille pren= Miles Laboratories ont mis les com- dre primés de vitamines à la portée de tous.et & es Médecins et les pharmaciens disent i ue les Comprimés de Vitamines ONE-\u2019 -DAY ont une haute teneur en vitamines; et UN par jour suffit .deux raisons pour lesquelles ils ne coiitent pas cher.Deux sortes: Comprimés de Vitamines A et D, marque ONF-A-DAY.30 comprimés 45c\u201490 comprimés $1.00\u2014180 comprimés $1.80.Comprimés ONE-A-DAY contenant des facteurs de la Vitamine B.30 comprimés $1.35\u201490 comprimés $3.25.Fabriqués par Miles Laboratories, Toronto payer Comprimés de Vitamines ONE J|pay DÉBILITÉ FAIBLESSE AN av S SIROP Deschiens Hémoglobine.\u2014 Régénérateur du Sang, prescrit par l'élite médicale, Supérieur à la viande crue et aux ferrugineux.\u2014 Admis dans les Hôpitaux de Parle. ©.© 40 LES MOTS CROISES DE \u201c LA REVUE POPULAIRE \u201c\u201d \u2014 GRANDE SERIE \u2014 Numéro 94 L 2 3 4 5 6 7 8 9 10, 11, 12, 13, 14, IS, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22 23 I.2.3, 4 S.6 7.it.12.13.4, 15 16.- 47, ia 19, tl 22, 23 HORIZONTALEMENT 1.Confiture de fruits cuits.\u2014 Habiller.\u2014 Attaché avec de la ficelle.n .Sorte de robe que portent les ecclésiastiques.\u2014 Instruction publique.\u2014 Pièce destinée à recevoir des visiteurs.3.Préfixe.\u2014 Carbonate de chaux blanc.\u2014 Chiffons pour la fabrication du papier.\u2014 Beignet soufflé.\u2014 Homme sale.4.Vaisseau de terre.\u2014 Espace de terre entouré d'eau.\u2014 Premier coup a certains jeux.\u2014 Arachnides qui vivent dans les fourrures.\u2014 Durée ordinaire de la vie.5.Prénom d\u2019une femme célèbre par sa beauté.\u2014 Mélange pâteux de pain pour certains animaux.\u2014 Mouton de race espagnol.\u2014 Conjonction.6.Guides.\u2014 Salicylate de phényl.\u2014 Boutique.\u2014 Mot arabe signifiant \u201cfils\u201d.7.Amener vers soi.\u2014 Tissu de lin.\u2014 Remarquer.\u2014 Unité de puissance électrique.8.Manceuvras l\u2019aviron.\u2014 Moyens adroits.\u2014 A toi.\u2014 Entrée, 9.Conjonction.\u2014 Aussi promptement.\u2014 Pronom.\u2014 Planète.10.Funeste.\u2014 Bouquet de fleurs.Fils d\u2019Hellen.\u2014 Configuration extérieure des corps.11.Câble auquel sont attachés la bouée d\u2019un ancre, le crapaud d\u2019une mine immergée.\u2014 Nom scientifique des \u201cmakis\u201d.\u2014 Réunion de plusieurs fils de caret.\u2014 Eux.\u2014 Moi.12.Partie d\u2019une voile.\u2014 Farine alimentaire.\u2014 Empereur romain de 54 à 68.\u2014 A travers.13.Petit cube.\u2014 Petite quantité.\u2014 Terme au jeu de piquet.\u2014 Superposer les poissons salés dans les casques.\u2014 Ville d\u2019Irlande.14.Pli d\u2019un feuillet.\u2014 Rendre impur.\u2014 Roi légendaire du pays de Galles.\u2014 Préfixe.15.Mollusque lamellibranche.\u2014 Chaussure grossière.\u2014 Canal qui conduit l\u2019eau de la mer dans les marais salants.\u2014 Préfixe.16.Tas de foin.\u2014 Fleuve de Suède.\u2014 Délicat.\u2014 Large sillon.17.Foyer de la cheminée.\u2014 Machine hydraulique formée de godets.\u2014 Les différentes parties d\u2019une habitation.\u2014 Marque d\u2019estime.18.A toi.\u2014 Sous-officier dans une compagnie d\u2019infanterie.\u2014 Bourg de l\u2019ancienne Phygie.\u2014 Roi d\u2019Ecosse de 1097 à 1107.19.Fille d\u2019Inachos.\u2014 Tranche de pain recouverte de beurre.\u2014 Principe de tout nombre.\u2014 Dieu des vents.20.Légumineuse.\u2014 Possédons.\u2014 Divisée en trois.\u2014 Triage.\u2014 A toi.21 Peu de chose.\u2014 Qui exprime une douleur physique.\u2014 Flétrie.\u2014 Ville de Pologne.\u2014 Note.22.Tous ceux qui sont.\u2014 Regarder en visant.\u2014 Petit piège.23.Race de chiens d\u2019arrêt à poil long.\u2014 Houilles menues.\u2014 Qui s\u2019oppose au mouvement des corps qui le traversent.VERTICALEMENT 1.Languir.\u2014 Vif reproche de la conscience.\u2014 Substances.2.Nigaud.\u2014 Mise à sec.\u2014 Fragment minéral qui nous vient des espaces interplanétaires.3.Possèdes.\u2014 Avoir à la main.\u2014 Liliacée.\u2014 Longueur d\u2019un fleuve.\u2014 Est au service de quelqu\u2019un.4, Masse de pierre, qui tient au sol.\u2014 Appartiendras.\u2014 Femelle du coq.\u2014 Poli.5.Rendu sage.\u2014 Terrain ensemencé.\u2014 Corps dur, brillant, nacré et rond.\u2014 Mesure algérienne.\u2014 Pronom.LA REVUE POPULAIRE 6.Exposé en vente.\u2014 Mammifère carnassier.\u2014 Adjectif indéfini.\u2014 Dressa les nerfs sur le dos d\u2019un livre.7.Route étroite, percée dans la forêt.\u2014 Plaques cornées formant le dessous des sabots des animaux.\u2014 Salle commune où sont les lits.8.Mammifère solipède domestique.\u2014 Terme du jeu d\u2019échec.\u2014 Bonbon laxatif.\u2014 Ecrit sur la marge d\u2019un livre imprimé.9.Préposition.\u2014 Petit aqueduc servant à l\u2019écoulement.\u2014 Pantoufles laissant les talons découvert.\u2014 Chaînes des prisonniers.\u2014 Milieu.10.Canonnière en sureau.\u2014 Nourriture que l\u2019on prend à certaines heures réglées.\u2014 Mammifère.\u2014 Extrémité.11.Orthoptère pseudonévroptère.\u2014 En Orient, riz au gras avec poivre rouge et viande rôtie.\u2014 Défectuosité morale.12.Couverte de poil.\u2014 Sort de l\u2019œuf.\u2014 Planche servant de but pour le tir des armes à feu.\u2014 Boîtes qui servent à recueillir les bulletins de vote.13.Tronc d\u2019arbre.\u2014 Conformément à.\u2014 Qui a le caractère de l\u2019habileté acquise par l\u2019habitude.14.Au bout de peu de temps.\u2014 Nom vulgaire de la larve du hanneton.\u2014 Historien français (1842-1906).\u2014 Hydrate de térébenthine.15.Préfixe.\u2014 Bout de cigare.\u2014 Ville d\u2019Espagne.\u2014 Fait son testament.\u2014 Ile de l\u2019océan Atlantique.16.Bandits qui courent les mers pour voler.\u2014 A nous.\u2014 Connue.\u2014 Vêtement.17.Défauts d\u2019intelligences.\u2014 Polie.\u2014 Gamin de Paris.18.Etre redevable.\u2014 Pronom.\u2014 Dégradation très grave d\u2019un bâtiment.Dépenses qu\u2019occasionnent des procès.19.Conjonction (inversement).\u2014 À lui.\u2014 Petit ornement de verre.\u2014 Tissu.\u2014 Petite île.20.Avant d\u2019un vaisseau.\u2014 Ville d\u2019Allemagne.\u2014 Attaque brusque.\u2014 Gros perroquet de l\u2019Amérique du Sud.21.Poème allégorique d\u2019Alfred de Vi- gny.\u2014 Longue pièce de fer.\u2014 Vase de terre.\u2014 Petit ongle pointu derrière le pied du coq.\u2014 Pronom.22.Petite lunette d\u2019approche portative.\u2014 Fâché.\u2014 Sculpteur français (I838- 1902).23.Rempart.\u2014 Machine à vapeur, à pression illimitée.\u2014 Revenu annuel.u|x|m M A c R z ) N E Ss »[c|r[a]»|=]0|- wlz|m™ E o|R | Solution du problème du mois dernier. AOUT 1944 POUR TOUJOURS [ Suite de la page 39] et les amis des trois hommes qui faisaient partie de l\u2019expédition, formaient un groupe compact.Les deux autres femmes, au moment de la séparation, embrassèrent leurs maris sans vergogne : le voyage en avion présente encore assez de risques pour justifier une émotion poignante.Hortense se tenait un peu en arrière, le cœur battant, se demandant comment Talbot allait prendre congé d'elle.Il s\u2019approcha, lui tendit simplement la main d\u2019un geste amical et leurs mains se serrèrent.Il souhaitait manifestement que leur adieu fût protocolaire.Puis les trois hommes engoncés dans leurs vêtements doublés de fourrure se dirigèrent à petits pas vers l\u2019aéroplane posé sur le sol comme un insecte monstrueux.Hortense, les mains jointes, suivait Quentin des yeux, Il partait, il la quittait, elle ne le verrait peut-être plus jamais! Elle regarda les femmes des deux autres aviateurs : leur visage était pâle aussi, mais sans doute, au fond de leur cœur, elles conservaient de tendres souvenirs de vie commune, qui, comme une provision d\u2019amour, les aideraient à supporter l\u2019absence .Mais elle n\u2019avait d\u2019autre souvenir que la froide étreinte de la main de Quentin.Soudain, on la vit se séparer du groupe des spectateurs et s\u2019élancer, courir sur le gazon dans la direction des trois hommes.Doutes, perplexités, Rosalie! Elle avait tout oublié.Elle savait seulement qu\u2019elle aimait son mari et qu\u2019il allait partir!.Elle arriva près de lui.Quentin se retourna.d\u2019un bond elle fut -dans ses bras, lui prit le visage entre ses mains et l\u2019amenant à sa hauteur posa ses lèvres frémissantes sur celles de Quentin ! D\u2019une voix assourdie par l\u2019émotion, elle murmura : \u2014 Adieu.bonne chance, époux- ami! Une imperceptible minute.Quentin serra sur son cœur le mince corps tremblant, puis il la repoussa presque brutalement et rejoignit à grandes enjambées ses deux compagnons qui avaient continué leur route.Hortense repartit en courant aussi vite qu\u2019elle était venue et reprit sa place à côté des autres femmes.L\u2019hélice fut mise en mouvement et le moteur ne tarda pas à ronfler.Hortense blémit.Elle tenait les yeux fixés sur l\u2019avion géant qui emportait dans ses flancs celui qu\u2019elle aimait.Les voix des femmes qui l\u2019entouraient s\u2019élevèrent pour pousser un dernier hourra.Hortense essaya de joindre son acclamation à la leur mais ce fut en vain ; elle ne put émettre un son.Elle demeurait comme pétrifiée, les deux mains autour de sa gorge sèche, le regard rivé à l\u2019avion qui s\u2019élevait graduellement.Ce ne fut bientôt qu\u2019un point de plus en plus petit dans le vaste ciel et qui disparut soudain.CHAPITRE IX ORTENSE éprouva une sensation aiguë de solitude et désolation en pénétrant dans l'appartement, après avoir été dire adieu à Quentin.Aussi, fut-elle ravie de recevoir une lettre de Ginesta lui demandant si elle pouvait venir passer un mois avec elle.Quelques jours après, Hortense oc- cueillait Ginesta à bras ouverts.Mais elle ne désirait pas que Ginesta fit la connaissance de Rosalie Sparling, mais la mauvaise chance voulut qu\u2019elles se rencontrassent.Toutes deux prirent maintes fois le thé, en tête à tête, et un beau jour, la malheureuse Gi- nesta fit des confidences à Rosalie, lui apprenant, bribe à bribe, toute l\u2019histoire d\u2019Hortense et la raison qui l\u2019avait poussée à épouser Talbot.Puis Ginesta prit le train pour Paris et Rosalie s\u2019absenta pour passer quelques jours chez des amis à la campagne.A Quinze jours s\u2019étaient écoulés sans qu\u2019Hortense eût reçu aucune nouvelle de Talbot.Enfin lui vint un télégramme disant qu\u2019il était arrivé sain et sauf.Si Ginesta, à ce moment, avait pu voir la figure d\u2019Hortense, transfigurée par le soulagement et la joie, elle n\u2019aurait plus ajouté foi aux affirmations de Rosalie.Pour Hortense soudain, le décor de sa solitude venait de s\u2019éclairer.Elle se.dirigea vers sa chambre et sentant que les larmes lui montaient aux yeux elle ouvrit un tiroir pour chercher un mouchoir : le hasard voulut qu\u2019elle trouvât sous sa main celui que Quentin lui avait donné le jour où, après avoir déjeuné dans le petit restaurant, ils avaient, obéissant à une impulsion folle, uni leurs deux destinées.Les mots que le donateur avait écrits au crayon sur l\u2019ourlet étaient encore visibles : « A Pierrette, en échange d\u2019une rose blanche ! » Avait-il conservé la rose?se de- manda-t-elle.«Non, sans doute! Un mouchoir, c\u2019était différent! Qui donc jetterait un joli mouchoir ?» Elle prit la toile fine et l\u2019appuya contre sa joue, essuyant les larmes qui coulaient de ses yeux brillants, en murmurant : \u2014 Dieu soit béni! il est arrivé au but sain et sauf! Naturellement, elle dut attendre assez longtemps une lettre explicative.Quand finalement la lettre arriva, Hor- tense demeura assez perplexe après l\u2019avoir lue.Toute la première partie avait trait aux affaires de Mme Talbot mère.Il avait constaté tout de suite, écrivait-il, que le régisseur, après avoir assuré à Mme Talbot que les propriétés n\u2019avaient ni valeur actuelle ni possibilités d\u2019en acquérir, s\u2019était arrangé, en sous-main, pour conclure une vente fictive.Il s\u2019agissait de pouvoir éventuellement disposer à son profit personnel de terrains où des gisements de pétrole avaient été découverts.«J'ai eu rapidement raison de lui d\u2019ailleurs, en employant les seuls moyens susceptibles d\u2019impressionner un individu de cette espèce, Si les devis et plans établis sont exacts, la petite maman sera bientôt multimillionnaire.J'ai eu beaucoup à faire depuis mon arrivée, comme vous pouvez l\u2019imaginer, pour débrouiller la trame de mensonges patiemment tissée par cette canaille.En même temps, je me suis essayé à dévider l\u2019écheveau de mes pensées et de mes émotions.Ici, sous un ciel qu\u2019on ne peut même imaginer à Londres, perdu dans ces immenses étendues où la solitude nous étreint de toutes parts, il semble que l\u2019on voit plus clair en soi-même ! Quand, à Londres, je vous demandais si vous vouliez faire quelque chose pour moi, vous répondiez toujours: « Naturellement», en appuyant votre acquiescement d\u2019un signe de tête que vos boucles amplifiaient ! Eh bien ! épouse- amie, je vais vous demander encore de faire quelque chose pour moi.Vous rappelez-vous que vous m'avez dit ou plutôt que vous avez refusé de me dire \u2014 tout en finissant par le laisser comprendre \u2014 que vous aviez de l\u2019af- \u201cJe vais montrer à cet enfant SR me ° eo 115 qui est le maître ici! 1.Je rentrais justement chez moi, venant de la Croix-Rouge, lorsque je fus témoin de cette scène disgracieuse.Mon mari, qui ne sort pratiquement jamais de son caractère, était là devant moi tenant une brosse à cheveux entre les mains, hors de lui, pendant que notre petit Jean, tout en larmes, répétait qu\u2019il ne voulait pas prendre le vilain 2.Je crus devoir intervenir.\u201cNous devrions peut-être nous enquérir de la raison du refus de cet enfant, avant de le battre ?\u201d dis-je.\u2018Je vais téléphoner à ma soeur Louise \u2014elle qui a élevé quatre enfants, elle devrait pouvoir nous renseigner.\u201d @ 4, \u201cVoilà In solution de notre propre problème!\u201d dis-je à mon mari.\u201cLe Castoria est préparé spécialement pour les enfants: il est doux, efficace, agréable au goût et ne contient rien qui soit susceptible de déranger le système, comme pourrait le faire un laxatif pour adultes.\u201d 7 6.Fh bien, vous auriez dû voir la différence dans l\u2019attitude de Jean, lorsque nous revinmes à la maison.Il prit son Castoria sans hésiter et lécha même la cuiller; mon mari n\u2019en croyait pas ses yeux et se déclara enchanté de la découverte que nous avions faite! CASTORIA Le laxatif SÛR préparé spécialement pour les enfants remède.\u201c\u201cTu vas prendre ça ou bien tu vas dire pourquoi!\u201d lui cria son père.Z À : A 3.Louise me parla comme une femme sensée.\u201cPourquoi ne pas faire plutôt ce que mon médecin me recommandait il y a des années: donner du Castoria, un laxatif agréable au goût et que les petits avalent avec satisfaction?\u201d hE isi of J 4 5.Et nous partîmes ensemble, chercher ce fameux Castoria.Même le pharmacien en fit l\u2019éloge.\u201cC\u2019est toujours ce que je recommande pour les enfants\u201d, dit-il \u201cdepuis la tendre enfance jusqu\u2019à l\u2019âge de 10 ans.Et je vous conseille de plus la grosse bouteille de famille\u2014elle est plus économique.\u201d Comme les membres de la Faculté le savent bien, le séné est le principal ingrédient dans le Castoria\u2014et il possède une excellente réputation en médecine.L'expérience a démontré que le séné fait surtout effet dans le gros intestin et, conséquemment, ne dérange pratiquement jamais l\u2019appé- titou la digestion.Bien dosé, il favorise l\u2019élimination et occasionne rarement coliques ou irritation. 42 Ne souffrez pas 'agonie quand vous faites des emplettes en supportant un cor qui vous lance continuellement.Pro- curez-vous des emplâtres anticors Blue Jay médicamentés.Blue Jay allège la pression de la chaussure et commence immédiatement à amollir le cor pour que vous puissiez l\u2019arracher, avec sa racine.Demandez Blue Jay aujourd\u2019hui chez votre pharmacien! 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Je n\u2019ai pas oublié et il est probable que je n\u2019oublierai jamais.» Hortense lut et relut cette lettre jusqu\u2019à ce qu\u2019elle la sût par cœur.L\u2019avertissement et la requête, dans les circonstances présentes, étaient vraiment ironiques et elle ne put s\u2019empêcher de sourire amèrement.«Ah! Quentin! dit-elle à mi-voix, si seulement vous saviez! Comme il me sera facile de faire ce que vous souhaitez ! » Elle porta la lettre à ses lèvres tremblantes d\u2019émotion.«Je n'oublie pas non plus et je n\u2019oublierai jamais ! » Et, en effet, leur adieu demeurait vivant dans sa mémoire.Elle se demandait comment elle avait eu le courage d\u2019oser.La douceur de l\u2019étreinte la pénétrait encore : Quentin n\u2019avait-il pas répondu en la pressant dans ses bras, par un baiser, au baiser qu\u2019elle lui avait donné ?Mais elle devait oublier ces baisers: parce que Quentin n\u2019avait mis dans le sien qu'une intention affectueuse.Elle s\u2019endormit tenant entre ses doigts la lettre de son mari et elle crut entendre la voix méme de Quentin répéter la formule d\u2019adieu : «Bonne nuit, épouse-amie ! » CHAPITRE X N MATIN, la jeune Mme Talbot fut toute surprise de voir arriver le vieux maître d'hôtel des Falkland, Daley.Daley ne laissait jamais paraître qu\u2019il était étonné ou agité.Il trouvait toute manifestation extérieure indigne d\u2019un maître d'hôtel bien stylé.Mais ce matin, en entrant dans le salon des Talbot, où Hortense était assise à lire les journaux, il ne pouvait dissimuler un trouble extraordinaire et méme, s\u2019adressant a Hortense, il l\u2019appela Mademoiselle au lieu de Madame.Hortense comprit tout de suite que quelque chose d\u2019anormal était arrivé.Quand elle lui eut demandé la raison de sa visite, il sortit de sa poche avec précaution une lettre et la lui faisant voir, il dit: \u2014 Avant de vous la donner, mademoiselle Hortense, je sens qu\u2019il est de mon devoir de vous prévenir que vous ne lirez pas sur l\u2019enveloppe votre nom, mais celui de votre défunte et vénérée mère.\u2014 Merci, Daley, dit la jeune femme, très touchée de cette prévenance.C\u2019est bien gentil de m\u2019avoir avertie.Et Hortense tendit la main pour recevoir le pli.Daley le lui remit en expliquant : \u2014 Des nouvelles comme ça, cela peut donner un choc dangereux à une jeune mariée.Et, d\u2019un ton pompeux, il ajouta : \u2014 Cette lettre paraît avoir beaucoup voyagé, mademoiselle.je veux dire Madame.Hortense fronça les sourcils, inquiète, et répondit : \u2014 En effet.Il y avait sur l\u2019enveloppe plusieurs adresses barrées.La lettre avait d\u2019abord été envoyée à Simond\u2019s Gate Village, première demeure qu\u2019Hortense se rappelât.Elle avait «suivi» sur Bedford Square, ou les Falkland avaient habité lors de leur première installation à Londres.De là, elle était allée à Mayfair House et enfin, cette lettre, Hortense la tenait entre ses mains.Elle la contempla quelques instants, rêveuse, perplexe ; avait-elle le droit de la lire, puisqu\u2019elle f\u2019était pas la véritable fille de celle qu\u2019elle avait pleurée et qu\u2019elle pleurait toujours dans son cœur ?Devait-elle l\u2019envoyer sans l\u2019ouvrir à Ginesta ?Non.C\u2019est elle qui avait jusqu'ici pris les responsabilités familiales, elle la lirait donc.Elle se leva, alla près d\u2019une fenêtre, remercia Daley, attendit pour en prendre connaissance qu\u2019il fût parti, avec son air d\u2019avoir accompli un grand devoir.Elle déchira l\u2019enveloppe et lut.À cette lecture, elle devint mortellement pâle, ses yeux exorbités et le cœur battant violemment.C\u2019était une communication du directeur des Enfants trouvés de Glouces- tershire pour aviser Mme Falkland qu\u2019une femme, disant s\u2019appeler Kenyon, affirmait être la mère du bébé abandonné autrefois et que Mme Falkland avait recueilli.Cette femme exprimait de son acte un profond repentir.Elle suppliait d\u2019être autorisée à revoir son enfant.Devant l\u2019exactitude des dates qu\u2019elle donnait, il semblait bien qu\u2019elle dit la vérité.Le directeur se croyait tenu d'informer Mme Falkland et de lui demander si elle consentait à recevoir la femme Kenyon.La chambre sembla tourner autour d\u2019Hortense.Elle se laissa choir sur le divan.Sa mère ! Etait-il possible qu\u2019elle ait retrouvé sa vraie mère ! Après tant d\u2019années! Comment serait-elle, celle qui avait pu avoir le courage d\u2019abandonner son petit enfant?Et cepen- LA REVUE POPULAIRE dant, de quel droit la jugerait-elle, cette malheureuse ?Soit comme Mile Falkland, soit comme Mme Talbot, avait-elle jamais connu la misère et les épreuves que sans doute sa mère avait eues à traverser ?À force de réfléchir sur ce sujet complexe et douloureux, Hortense arriva à se persuader non seulement qu\u2019elle avait le devoir de venir en aide à cette pauvre mère, quoi qu\u2019ait fait celle-ci autrefois, mais qu\u2019elle serait heureuse de la connaître et qu\u2019elle l\u2019aimait déjà.Elle répondit donc au directeur des Enfants trouvés que Mme Falkland était morte, qu\u2019elle-méme était au- jourd\u2019hui Mme Quentin Talbot et qu\u2019elle acceptait de recevoir Mme Kenyon tel jour de la semaine prochaine.Elle ne sut pas comment elle avait vécu en attendant le jour où elle verrait sa mère.Elle ne pensait qu\u2019à l'émotion qu\u2019elle allait avoir.Elle se rappelait la suave figure de Mme Falkland, celle, si charmante, de Mme Talbot.Mme Kenyon aurait-elle, même usée et fanée par la vie dure, elle aussi, un type de mère répondant à son idéal ?La dernière heure d\u2019attente fut pour Hortense presque intenable.Enfin, elle entendit la sonnette de la porte d\u2019entrée.Son cœur battait dans sa gorge.Elle était dans le vestibule avant Pettigrew et ouvrit la porte elle- même.Elle vit devant elle une petite femme vulgaire, boulotte, avec des cheveux teints en blond fadasse collés en bandeaux sur le front, un visage aux chairs molles et couperosées, aux yeux décolorés, inexpressifs, stupides et à la bouche déformée et édentée.Hortense ferma les yeux d\u2019épouvante, retint un cri d\u2019horreur.\u2014 Mme Talbot ?demanda la femme d\u2019une voix mielleuse et geignarde.Hortense ne put répondre qu\u2019en inclinant la tête.\u2014 Je suis votre mère, chérie ! Ces paroles furent dites avec emphase et un sourire qu\u2019elle voulait charmant.Hortense finit par pouvoir balbutier.\u2014 Oui.Entrez.Elle conduisit Mme Kenyon dans le salon et lui indiqua le divan.Mme Kenyon s'installa avec des mines qu\u2019elle croyait élégantes et qui eussent été comiques en d'autres circonstances.Voyant la stupéfaction d\u2019Hortense qui ne pouvait répondre à son sourire, elle soupira profondément.\u2014 La vie est une drôle d\u2019affaire ! dit- elle en clignant les yeux.Hortense acquiesça d\u2019une voix dé- timbrée : \u2014 Oui, la vie n\u2019est pas toujours très drôle.\u2014 Drôle, sans être amusante, suivant le dicton, compléta Mme Kenyon avec l\u2019air d\u2019avoir dit quelque chose de très intelligent et d\u2019original.Hortense resta muette.Un petit silence gêné suivit.On n\u2019entendait que la respiration oppressée et comme asthmatique de la grosse femme.Hortense se décida à parler : \u2014 Pourriez-vous me raconter les choses?Comment cela est arrivé?Oui.Mon abandon ?.Pourquoi vous m\u2019avez abandonnée .et le reste?\u2014 C\u2019est un sujet pénible, mignonne, C\u2019est un très pénible sujet, geignit Mme Kenyon en tirant d\u2019un vieux sac à main un mouchoir de couleur prêt à recevoir les larmes qui pourraient tomber.\u2014 Oui, c\u2019est un sujet très pénible, reprit Hortense, mais je crois qu\u2019il vaut mieux le traiter tout de suite.Ne croyez-vous pas ?\u2014 Tu as raison, chérie, il faut parler carrément.Ça toujours été mon idée, et je suis contente que tu aies le même sens de l'honneur, chérie.Tu es un morceau du vieux bloc de notre famille, je vois ça.Ça me va droit au cœur, AOÛT 1944 Le mouchoir de couleur entra en jeu: Mme Kenyon eut de petits sanglots et se moucha pendant une minute.Puis, le visage plus couperosé que tout à l\u2019heure, avoua : \u2014 J\u2019étais femme de chambre a.Elle s\u2019arrêta court: Qu'est-ce que les gens de l\u2019Assistance t\u2019ont dit ?\u2014 Ils m'ont écrit ce que vous leur aviez dit vous-même.\u2014Je n\u2019en étais pas sûre, chérie.Il y a tant de vilain monde qui vont dans ces bureaux, qu\u2019on ne sait jamais quelles histoires scandaleuses ils ne vont pas essayer de vous mettre sur le dos.Je te disais donc que j'étais femme de chambre chez les Buck- master, à Mayley Hall, Gloucestershire.\u2014 Oui, c\u2019est le nom et l\u2019adresse qui est dans la lettre administrative.\u2014Et Kenyon était deuxième jardinier.Il était beau comme un vrai diable, suivant le dicton.Et il m\u2019a enlevée.Mais nous avons été mariés pour de bon, tu n\u2019as rien à craindre de ce côté-là.Je ne suis pas venue pour que ta naissance te soit une honte.Mais Kenyon était un vaurien, s\u2019il en fut jamais.Il m\u2019a lâchée, chérie! Il m\u2019a lâchée ! La grosse mère plongea son visage dans son mouchoir et sanglota si bruyamment que ç\u2019aurait été comique, si, pour la pauvre Hortense, cela n\u2019avait pas été tragique.\u2014Il vous a abandonnée ?reprit Hortense, quand les sanglots se furent un peu calmés.\u2014 Oui, chérie, et avec moi, un pauvre petit bébé, chérie! J\u2019étais sans argent, sans rien.C\u2019est une femme qui a été bien maltraitée qui est devant toil Et, dans un geste pathétique, Mme Kenyon tendit de grosses mains qui faisaient craquer aux coutures des gants de peau trop étroits.\u2014 Est-ce que.Est-ce que.votre mari.est vivant?dit Hortense, la bouche séche.\u2014 Non, chérie! Que ton petit cœur innocent soit béni!.Oh! un mauvais sujet, chérie, un mauvais sujet s\u2019il en fut! Il but jusqu\u2019à en mourir.Je ne sais vraiment pas comment je me suis laissé prendre!.Je ne le sais vraiment pas ! Mais voilà, un beau garçon.Hortense put à peine balbutier : \u2014 Je.je le.suppose.\u2014 Et moi, j'étais jeune et innocente, chérie! Je l\u2019étais joliment, dans ce temps-là, je t\u2019assure! Mais depuis, la vie m\u2019a donné de dures leçons! Aucun homme ne pourrait me tromper longtemps, maintenant, si beau serait-il.Hortense ne pensa pas à rire.Elle s\u2019efforçait d\u2019être pitoyable, d\u2019être juste, de comprendre, mais son cœur et son âme se révoltaient à l\u2019idée d'accepter cette affreuse pensée.Elle répondit à la malheureuse : \u2014 Oui, j'en suis sûre.La vie a dû être bien pénible pour vous.\u2014 Pénible ! reprit Mme Kenyon, le mouchoir tout prêt à recevoir de nouvelles larmes.Personne ne peut se douter du calvaire qu\u2019a été ma vie! Le reste de l\u2019histoire, extrêmement confus et vague, fut conté entre des soupirs, des sanglots et des reniflades.Hortense fit un effort pour dire gentiment : \u2014 Est-ce que vous n\u2019auriez pas pu.me réclamer.beaucoup plus tôt ?Quand j'étais encore un petit enfant ?\u2014 Mais, chérie! je n\u2019en ai jamais eu les moyens.Kenyon m'\u2019a laissée sans un centime.J\u2019ai été obligée de travailler dans les théâtres, costumière, habilleuse.C'était juste de quoi ne pas mourir de faim.Mon cœur a soupiré bien des fois aprés toi.Hortense avait peine à le croire.Il lui semblait que ces paroles sonnaient faux et ça la mettait mal à l'aise, \u2014 Avez-vous de l'argent, maintenant ?demanda-t-elle.\u2014 Oh! rien qui vaille! avec les dépenses que j'ai faites pour aller à l\u2019Assistance, pour venir ici, je suis à sec, suivant le dicton.\u2014-Je comprends.\u2014 Ca n'est pas que ça ait la moindre importance pour moi, chérie.C\u2019est mon cœur de mère qui m\u2019a fait te chercher.Elle dit ces mots en pressant ses grosses mains sur sa volumineuse poitrine.Et soupira de nouveau.\u2014 Oui .oui .Naturellement, dit Hortense.Laissez-moi vous offrir le thé.Elle sonna, et Pettigrew, toujours imperturbable, apporta le plateau.Mme Kenyon eut un sourire avenant.\u2014 C\u2019est ton mari, chérie ?demanda- t-elle dans un murmure théâtral.\u2014 Le domestique de mon mari! répondit Hortense d\u2019une voix blanche.Et Mme Kenyon se blottit dans un coin du divan pour étouffer un petit rire.\u2014 J'ai fait erreur, reconnut-elle, avec une gaîté niaise.Mais je ne pouvais deviner que tu étais aussi chic, chérie, et que tu as un maître d\u2019hôtel.Ton mari a bien fait ses affaires, à ce que je vois.Mme Kenyon, sous l\u2019influence du confort, de l\u2019excellent thé, des gâteaux, devint de plus en plus loquace et parla bêtement sans arrêt, tandis qu\u2019il semblait à Hortense que son sang se figeait, et elle tombait dans un profond désespoir.Sa mère, cette impossible créature ! Et elle en serait désormais responsable ! Que dirait Quentin à son retour, car elle ne lui en parlerait pas dans ses lettres ?Aurait-elle dû agir autrement qu\u2019elle le faisait ?Mme Kenyon revenant sur son manque d\u2019argent, avoua à Hortense qu\u2019elle était aussi sans logis.Le jour de ses vingt et un ans, Mme Falkland avait ouvert un compte en banque à Hortense, assez substantiel.Jusqu'ici, la jeune femme n\u2019y avait presque jamais eu recours.Aujour- d\u2019hui, elle se réjouissait d\u2019avoir ce crédit en pensant qu\u2019il allait lui permettre de faire une pension à Mme Kenyon.Au fond d\u2019elle-même, quelles que fussent ses intentions charitables, elle souhaitait, depuis l\u2019arrivée de la vulgaire femme, surprendre dans ses propos ce qui lui prouverait qu\u2019elle n\u2019était pas sa mère.Hélas! nul doute n\u2019était plus permis.Hortense n\u2019avait plus qu\u2019à accepter l\u2019inévitable et à en tirer le meilleur parti possible.Pour le présent immédiat, malgré sa répugnance, Hortense proposa à Mme Kenyon de s'installer dans la petite chambre d\u2019ami qu\u2019avait occupée Ginesta.C\u2019est avec enthousiasme que Mme Kenyon accepta.Cependant, lorsqu\u2019elle vit la chambre de Quentin qui était grande et luxueuse, elle osa protester et dire que c\u2019est celle-là qu\u2019elle devrait habiter.Mais Hortense, pas pour un empire, n\u2019aurait admis que quelqu\u2019un, et encore moins Mme Kenyon, profanât cette chambre.Devant l\u2019inflexibilité d\u2019Hortense, Mme Kenyon se résigna.A A mesure que les jours passaient, elle devenait de plus en plus familiére et n\u2019essayait même plus de jouer la comédie d\u2019un peu de tenue.Son laisser- aller mettait Hortense à la torture.Toute la matinée, elle se promenait dans l'appartement en houppelande, des bigoudis à ses cheveux gris et jaunes et ses pieds sans bas dans de vieilles pantoufles de brocart, souvenir du théâtre.Après le déjeuner, il lui fallait un cocktail « bien tassé » qui, prétendait- elle, lui donnait de l\u2019énergie pour s'habiller.Avec son corset serré lui remontant les épaules, ses cheveux frisés, sa camelote de bijoux aux mains, au cou et au corsage, ses robes dé- 43 APPARTIENT À CEUX QUI S'Y PRÉPARENT L\u2019AVENIR Toutes les fourchettes de poulet, les chevaux blancs ou les chats noirs au monde ne peuvent décider de 'avenir de ceux qui vous sont chers.La chance est si capricieuse.Le moyen le plus sûr de savoir que l\u2019avenir sera bon pour eux\u2014ou tout au moins que les soucis financiers ne ruineront pas leurs rêves\u2014est de faire des plans d\u2019avance, pour les cas imprévus, de façon à ce que même la mort ne puisse jeter une ombre de désespoir sur la famille que vous laissez.L\u2019assurance-vie peut vous apporter maintenant la certitude que ceux qui vous sont chers auront les moyens nécessaires pour traverser la période d\u2019ajustement qui suivra la cessation de votre revenu .elle leur fournira des fonds pour vivre .peut-être aussi l\u2019occasion de faire se sal: A réaliser quelques-uns de leurs réves.Qu\u2019importe votre revenu, vous pouvez jouir des avantages d\u2019une Le grand choix de polices et de mode de paiement des primes met cette protection fondamentale à la portée de L'agent de la Prudential de votre quartier est entraîné à établir des méthodes au moyen desquelles vous assurance-vie Prudential.presque toutes les familles canadiennes.pouvez protéger votre famille suivant ses besoins.Laissez-le vous aider.&y THE PRUDENTIAL INSURANCE COMPANY OF AMERICA Une compagnie mutuelle d\u2019assurance-vie SIEGE SOCIAL NEWARK, NEW JERSEY SUCCURSALES DANS TOUTES LES PRINCIPALES VILLES CANADIENNES 44 modées et prétentieuses, elle avait un air équivoque effrayant et Hortense frissonnait chaque fois qu\u2019elle la voyait, mais se le reprochait amèrement et se répétait pour se -suggestionner : « Cette femme est ma mère ! » Quelques jours plus tard, Hortense, en rentrant d\u2019une promenade à pied, trouva Rosalie et Mme Kenyon en tête à tête.Il sembla a Hortense que Mme Kenyon avait l\u2019air mal à l\u2019aise.Elle simagina que peut-être les efforts faits par celle qui était sa mère, pour jouer à la « dame distinguée », pour être à la hauteur de l\u2019imposante Rosalie, avaient été trop grands et l\u2019avaient fatiguée.Mais Rosalie aussi lui parut un peu gênée.Elle eut l\u2019explication de ces attitudes au moment des adieux.Rosalie, seule avec elle dans le hall, lui saisit une main et la serra affectueusement : \u2014 Hortense, chère !.Je viens d\u2019apprendre !.Mme Kenyon vient de me dire!.Comme je suis attristée pour vous!.Pourquoi n\u2019avez-vous pas eu confiance en moi?Que ne m'\u2019avez- vous donné l\u2019occasion de vous témoigner ma profonde sympathie ?Le souriant visage de Mme Talbot s\u2019était rembruni ; comme elle eût préféré que Rosalie n\u2019eût pas à lui témoigner une aussi humiliante sympathie ! \u2014 Que vous a donc dit Mme Kenyon?demanda-t-elle avec hésitation.\u2014 Mais elle m\u2019a confié cette chose vraiment extraordinaire, invraisemblable, qu\u2019elle est votre mère !.Et puis, ma pauvre amie, quel choc cela a dû être pour vous d\u2019apprendre que vous n\u2019étiez pas la fille de Mme Falkland ! Mais ne croyez pas que ça change en rien mes sentiments pour vous.que ça diminue mon affection.Rien ne le pourrait.\u2014 Merci, Rosalie.Vous êtes bien bonne.Mais le choc de la première découverte est loin maintenant.Il y a longtemps que je sais n\u2019avoir été que la fille adoptive de Mme Falkland.Mais.Mme Kenyon.ça!.c\u2019est une découverte récente.Pour se sauver la vie, Hortense n\u2019au- Trait pas pu empêcher sa voix de trembler.Rosalie lui étreignit les deux mains avec effusion : \u2014 Pauvre petite chose ! Oh! je sais, chère, que votre merveilleux sens du devoir ne vous permettrait pas de dire ce que vous pensez de.Mme Kenyon.Ce que certainement vous ressentez .Mais je sais aussi qu\u2019avec votre nature si fine, si délicate, vous devez être courbée par la honte d\u2019avoir à l\u2019appeler « ma mère ».Vous ne pouvez pas me tromper, oh! Hortense chérie ! Je n\u2019ai été, de ma vie, désolée aussi du malheur d\u2019une amie.\u2026.Ces mots étaient prononcés avec une telle chaleur qu\u2019Hortense s\u2019en voulait du soupçon qui s\u2019imposait à elle, le soupçon que ces mots n\u2019étaient pas sincères, qu\u2019il y avait quelque chose de caché derrière qu\u2019elle ne pouvait pas comprendre.Il lui était impossible d\u2019oublier, en dépit de sa bonté naturelle et de son esprit de charité, ce que Rosalie lui avait fait.CHAPITRE XI N Jour, au début \u2018de l\u2019été, Mme Kenyon était assise paresseusement sur le canapé du salon d\u2019Hortense, lui débitant une longue tirade sur fes méfaits de sa femme de ménage et sur le prix effrayant de toutes les denrées.Elle termina ses doléances en demandant à Hortense de lui prêter de l'argent.\u2014 Mais vous avez votre pension et je ne peux pas faire davantage, car c\u2019est le seul argent dont je dispose.Mme Kenyon prit un ton patelin : \u2014 Voyons! Ton mari est très riche, bichette, il me semble donc.Hortense se révolta.\u2014 Mon mari n\u2019est pas ici et y serait- il que vous n\u2019auriez aucun droit de lui demander de l\u2019argent.\u2014 Un mari, une femme ne font qu\u2019un, mignonne ! Ce qui est à l\u2019un est à l\u2019autre! Tu ne devrais pas te monter comme ça contre moi, ta mère.\u2014 Je ne suis pas montée contre vous, mais j'ai fait un arrangement définitif avec vous pour vous payer une pension.Je tiens mon engagement, je le tiendrai toujours.À vous de tenir le vôtre, parce que je fais pour vous tout ce qu\u2019il m\u2019est possible de faire! Elle achevait ce dernier quand la porte s\u2019ouvrit: Quentin fit son apparition, plus svelte et plus hâlé que jamais, et avec l\u2019aspect du parfait sportif.La surprise d\u2019Hortense fut si grande que ses oreilles bourdonnèrent, que ses yeux se voilèrent: elle pouvait à peine croire que c\u2019était lui.\u2014 Eh bien! Hortense ?fit-il.\u2014 Quentin! cria-t-elle en s\u2019élancant vers lui, oubliant tout, excepté qu\u2019il était revenu.Il y avait une note si joyeuse dans son accueil que Quentin en fut étonné.Elle était devant lui, les mains tendues, répétant : \u2014 Quentin! Oh! comme je suis contente de vous revoir ! Il lui prit les mains, la tira contre lui, regardant son radieux visage et dit : \u2014 Et moi je suis tellement heureux de vous revoir, Hortense ! Leurs regards se pénétraient.Ils se seraient sans doute révélé la sublime vérité si une voix mieilleuse n\u2019avait pas fait retomber les deux jeunes gens sur terre.Hortense, effarée, se retourna brusquement.Mme Kenyon, levée et marchant vers eux, disait avec un obséquieux sourire : \u2014 Présente-moi à ton mari, beauté ! Quentin et Hortense, chacun avec son impression particulière, regardaient la femme qui parlait et s\u2019avançait à petits pas.Hortense, maintenant à la torture, désignant l\u2019intruse, balbutia : \u2014 Mme Kenyon.Ceci est.Elle allait dire: « Ma mère », mais ces mots ne purent sortir de sa gorge et elle reprit : \u2014 Ceci est Kenyon ! Talbot salua courtoisement, ne laissant rien voir de son étonnement et de son envie de rire.Mme Kenyon se préparait à s\u2019embarquer dans un de ces longs discours oiseux, sans intérêt, parfois stupides et qui, généralement, n\u2019avaient pas de fin.Mais Hortense, prévoyante, intervint avec vivacité.\u2014 Quentin, vous devez être affamé, poussiéreux et fatigué.Venez dans votre domaine.Littéralement, elle le tira hors de la pièce.Dans le hall, elle s\u2019arrêta et le regarda avec ces yeux attristés et remplis de larmes.Mais elle affecta d\u2019être gaie : \u2014 C\u2019est tout à fait fou de votre part et déconcertant de revenir ainsi sans m'avoir prévenue.\u2014 Mais je vous ai prévenue! Vous auriez dû recevoir ma lettre il y a au moins quinze jours.Puis, je vous ai télégraphié de Croydon, en descendant d\u2019avion.Au méme instant, le télégramme arriva.Hortense sourit : \u2014 Le meilleur est arrivé le premier.Quentin lui prit le bras: \u2014 Etes-vous réellement contente de me voir ?Très émue et la parole confuse, elle simplement Mme répondit : \u2014 Certainement.Naturellement.je le suis.Maintenant, allez vous faire beau.Je vais sonner pour que [ Lire la suite page 51 ] LA REVUE POPULAIRE h! les Belles Salades ! Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Méragère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POP LAIRE, du SAMEDI et du FILM, [ Suite de la page 18] grand bol.Faire mariner dans de la sauce frangaise.Servir sur feuilles de laitue croquante avec mayonnaise.SALADE DE POULET AUX TOMATES 3 tasses de tomates 1 oignon piqué de 3 clous de girofle 1 feuille de laurier 2 c.à tb.de gélatine 6 c.à tb.d\u2019eau froide 1 ce.à tb.de vinaigre 1 tasse de poulet cuit et coupé en dés lb tasse de riz ou de macaroni cuit Ya tasse de pois verts Faire cuire les tomates avec l\u2019oignon et la feuille de laurier 15 minutes.Passer et y ajouter la gélatine préalablement dissoute dans l\u2019eau froide 5 minutes puis le vinaigre.Laisser prendre à demi et y introduire tous les autres ingrédients.Faire prendre dans un moule à gâteau rond et à l\u2019épaisseur de 2 pouces.Quand la salade est bien ferme, démouler et servir avec de la mayonnaise.SALADE \"SURPRISE\" INDIVIDUELLE Tailler des tranches de pain d\u2019un quart de pouce d\u2019épaisseur et découper en rouelles de 3 pouces.Tartiner de beurre la première rouelle et garnir de jambon haché et bien assaisonné de moutarde.Couvrir d\u2019une autre rouelle beurrée et garnir d\u2019œufs durs hachés et assaisonnés de mayonnaise, couvrir d\u2019une 3e rouelle beurrée.Garnir le tour de fromage à la crème, passer dans le persil frais haché finement, garnir le dessus de fromage et de rouelles d\u2019olives.Servir sur feuilles de laitue, entourer de tranches de tomates et de concombres.Cette salade surprise ressemble plutôt à un petit gâteau et constitue un repas complet: pain, beurre, viandes et légumes.SAUCE CUITE À LA VINAIGRETTE 1 ce.à thé de sel à thé de moutarde c.à tb.de sucre c.à tb.de farine c.à tb.de beurre 1 œuf 1 tasse de lait 14 de tasse de vinaigre Mettre au bain-marie le sel, la moutarde, le sucre et la farine et le beurre.Battre l\u2019œuf légèrement avec le lait et délayer le mélange.Ajouter le vinaigre et faire cuire jusqu'à épaississement.Servir froid.MAYONNAISE À L'HUILE 1 c.à tb.rase de moutarde 1 ce.à thé de sucre 1 c.à thé de sel 1 œuf 2 tasses d\u2019huile à salade 2 à 3 c.à tb.de vinaigre Mettre dans un bol la moutarde, le sucre et le sel.Ajouter l\u2019œuf et, à l\u2019aide du moussoir, le mélanger aux ingrédients secs.Ajouter l\u2019huile lentement, LA c., à thé à la fois pour commencer et sitôt que l'huile est mélangée, continuer ainsi ajoutant plus d\u2019huile, jusqu\u2019à J4 de tasse à la fois.La mayonnaise doit se faire en 10 minutes.En dernier lieu, incorporer le vinaigre 2 ou 3 c.à tb., suivant que l\u2019on aime une mayonnaise douce et forte.VARIATION : Ajouter à cette mayonnaise de la ciboulette coupée finement ou des échalotes, un peu d'ail et de piment rouge ou vert, des olives, des cornichons.MAYONNAISE RUSSE a tasse de mayonnaise à l\u2019huile Va de tasse de sauce Chili Ya de tasse de marinade aux tomates SAUCE FRANÇAISE Ya de tasse d\u2019huile d\u2019olive 2 c.à tb.de vinaigre 15 c.à thé de sel La de c.à thé de poivre Mettre le tout dans un petit bocal fermé et agiter fortement avant de s\u2019en servir.VARIATION : Ajouter à la sauce française les ingrédients suivants : 1 c.à tb.d\u2019olives 12 c.a tb.de piment vert 1 ce.à tb.de blancs d\u2019œufs cuits durs 1 c.à tb.de cornichons hachés finement 1 c.à thé d\u2019échalotes 1 c.a tb.de persil frais 1 c.à tb, de tomates 1 c.à tb.de concombres hachés finement COTELETTES DE MACARONI 2 c.à tb.de graisse 4 c.à tb.de farine 1 tasse de lait 1 tasse de fromage râpé 1 tasse de macaroni cuit et coupé en petits bouts 1 c.à thé de sel 1 pincée de cayenne (poivre rouge) 1 œuf chapelure Faire une sauce blanche très épaisse avec la graisse, la farine et le lait.Ajouter le fromage puis le macaroni.Bien brasser le tout à chaleur douce pour faire fondre le fromage.Assaisonner de sel et de cayenne, Verser dans un plat beurré à l'épaisseur d\u2019un demi-pouce et laisser refroidir.Couper en rectangle et donner la forme d\u2019une côtelette.Passer dans l\u2019œuf battu puis la chapelure et faire frire à la poêle dans de la graisse chaude.Servir avec des tranches de tomates frites.POMMES DE TERRE FARCIES AU FROMAGE 4 pommes de terre 2 c.à tb.de beurre 1 ce.à tb.de jus d\u2019oignon 15 tasse de lait chaud sel et poivre Ja tasse de fromage râpé Faire cuire des grosses pommes de terre au four jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient .tendres.Enlever une tranche sur le dessus et retirer toute la pulpe à l\u2019intérieur de la pomme de terre, laissant juste la pelure.Passer cette pulpe en purée, ajouter le beurre, le lait, le jus d\u2019oignon, le sel et le poivre.Battre la purée pour qu\u2019elle soit plus légère.En remplir les coquilles de pommes de terre.Creuser au centre et y mettre du fromage râpé, remettre au four de 400° F.pour faire fondre le fromage, 8 à 10 minutes. AOÛT 1944 Utilisez tous les restes de VIANDE Cet article est le cinquième d\u2019une série d\u2019articles spéciaux préparés sous la surveillance de Martha LAVEANDE Logan, experte en Economie Ménagère de Swift.Dans cette série, Martha Logan a révisé, un par un, les cinq points principaux de la conservation de la viande.Dans son dernier article, Martha Logan résumera tout ce qui a été dit auparavant.APRES L\u2019AVOIR SERVI COMME VIANDE CHAUDE » à un repas et comme viande froide avec de la salade! à un autre repas .puis en avoir coupé quelques tranches pour des sandwiches .votre rôti aura \u201d peut-être cet aspect.C\u2019est alors que vous devez montrer votre habileté culinaire.C\u2019est /e moment de tirer au moins un repas de plus de ce rôti! \u2014 D\u2019ABORD L'OS! Avec I\u2019os vous faites du bouillon.Faites-le mijoter doucement 3 à 4 heures dans du bouillon de légumes.Passez.Laissez refroidir et dégraissez.Vous aurez un bon bouillon de viande pour les soupes, sauces et ragoûts.Gardez-le dans le réfrigérateur.A\\SERVEZ-VOUS DU HACHOIR, quand il vous semble qu\u2019il n\u2019y a pas assez de viande de reste pour un ragoût.Si vous avez un morceau de bacon ou de porc salé, passez-le également au hachoir.La viande ainsi hachée peut être employée de maintes façons: l tasse de viande passée au hachoir, 1 tasse de tomates cuites, !/ tasse d\u2019oignon haché, du sel, du poivre et un filet de sauce Worcestershire font une bonne Sauce à la Viande pour Spaghetti; 1 tasse de viande cuite, 2 tasses de fèves cuites, 1 tasse de tomates cuites, 1 tasse d\u2019oignons hachés, 2 \u20ac.à soupe ANEXCELLENTS RAGOUTS.Coupez le reste de viande maigre en cubes que vous saupoudrez de farine assaisonnée et faites rissoler dans la graisse chaude.Ajoutez-y du bouillon de viande, des assaisonnements et des légumes, et faites mijoter jusqu\u2019à ce que les légumes soient cuits.Servez.Des oignons coupés en rondelles et légèrement frits, des champignons, des carottes, des navets, des pois et des fèves de Lima sont d'excellents légumes pour ragoûts.de poudre chili et un peu de bouillon ou d\u2019eau feront un excellent Chili Con Carne; ou bien mélangez 2 tasses de viande cuite avec deux tasses de purée de pommes de terre, un petit peu d\u2019oignon haché menu et un oeuf pour lier, donnez la forme de petits pâtés, faites frire dans de la graisse chaude et vous aurez de délicieuses rzssoles, MARTHA LOGAN dit: \u201cSurveillez ces cing points pour tirer le plus possible de la viande\u201d ACHETEZ-LA SAGEMENT: Composez vos menus d\u2019avance, mais n'ayez pas d'idées fixes quand vous acheter.N\u2019achetez que la quantité qu\u2019il vous faut.GARDEZ-LA SOIGNEUSEMENT! Ne risquez pas de la laisser se gâter.Enveloppez la viande crue sans la serrer et mettez-la à l\u2019endroit le plus froid du réfrigérateur.FAITES-LA CUIRE CORRECTEMENT! Rappelez-vous qu\u2019une température de 325° suffit pour faire rôtir n\u2019importe quelle viande.Des essais ont prouvé qu'on épargne jusqu\u2019à 34 de livre sur un rôti de 4 livres en le faisant cuire à 325° au lieu de 450°, et la viande est plus juteuse.DÉCOUPEZ-LA CONVENABLEMENT! Surtout dans les grandes famil'es où les rôtis au four et les rôtis à l\u2019étuvée sont économiques, la bonne façon de découper avec un couteau bien affilé peut faire tirer un repas de plus du rôti.UTILISEZ TOUT! Le sujet de l\u2019article de ce mois-ci.Et peut-être le plus important de tous .prenez l'habitude de ne jæmais gaspiller de viande.SWIFT CANADIAN CO.LIMITED Une organisation, bien connue dans tout le pays, qui se consacre à la conservation et à la répartition efficace des ressources alimentaires du Canada 46 z= - -\u2014\u2014 _\u2014 \u2014- - none \u2018 mestique LES TISSOT \u2014vos reporters ambulants\u2014et comme ils voyagent! De Vancouver à Halifax, ils parcourent le pays en notant des faits intéressants\u2014esquissés pa | Tommy, relatés par Jeanne\u2014sur les \\ 8ens qu\u2019ils rencontrent.Cette fois, ils sont à Montréal, où ils visitent les Forest.Vrai Sy met, \u201cTaide nt quand Hélène éna cou aman < e.> éna 2 J enseign 8e à mes she Lpargne de temps.de travail.de combustible! «(est un bon 1i ue-t-il.exp x mere.rythme.23 se-ball > le base s\u2019exclama Si Bob bat les tapis avec ice pour exer PON mme he \u2019 lakes «Un bol de Kellogg s Com, akes ] jamais: NS e lui laisse P , il j »3 Corn Flakes et pas chers, © les Kellogg's \u201c9 veut.Et ave > er.oles a lav / n\u2019y a pas de casser saveur \u2014 les Kellogg\u2019s Corn Flakes! On les préfère dans la plupart des familles canadiennes parce qu\u2019ils sont bons\u2014et faciles à préparer.Prêts en 30 secondes! 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dit la prononciation correcte, l\u2019articulation distincte et la variété du vocabulaire ; enfin et surtout, les sujets d\u2019ordre général qui peuvent alimenter une conversation entre gens qui ne sont pas des intimes.Il semble, en effet, qu\u2019à ces derniers l\u2019on a toujours quelque chose à dire et qu\u2019on sache fort bien ce qui les intéresse davantage.Une voix agréable et persuasive est un don d\u2019un prix inestimable.C\u2019est également une qualité qui peut se cultiver si l\u2019on met une attention soutenue à parler d'une voix douce, sans cris ni sans éclats.Il en va de même pour acquérir l\u2019habitude d\u2019une énonciation distincte et sans affectation, un vocabulaire approprié et varié.Si l\u2019on a eu la bonne fortune d\u2019avoir des parents ou des maîtres qui s\u2019exprimaient ainsi, il est évident que cela facilite beaucoup notre tâche.Sinon, un effort constant, une attention soutenue, un esprit d\u2019observation perspicace de notre part ne tarderont pas à donner d\u2019excellents résultats.Personne ne mettra en doute que le troisième point mentionné plus haut est le plus important.Disons en passant, avant de l\u2019attaquer, que les personnes qui n\u2019ont qu\u2019un sujet de conversation, même si elles le traitent habilement, ne tardent pas à faire le vide autour d\u2019elles.Ajoutons que certaines expressions répétées à tort et à travers sont parfaitement ridicules.Les plus à la mode semblent être : c\u2019est amusant et c\u2019est formidable.C\u2019est ainsi qu'on entend dire qu\u2019une robe est amusante ou qu\u2019un bébé qui sourit est formidable.Mais ne nous arrêtons pas davantage à de pareilles sottises.De quoi peut-on parler ?L\u2019idéal serait de pouvoir deviner à première vue quel sujet plairait davantage à notre interlocuteur, chose à peu près impossible bien que son âge et son sexe nous soient des guides précieux et nous fournissent d\u2019utiles points de repaire.A un jeune garçon, on peut se risquer à parler sport et il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être qualifié pour aborder le sujet car s\u2019il l\u2019intéresse, il aimera mieux nous renseigner que nous écouter discourir.Les jeunes filles qui ont le goût de la lecture adorent raconter le dernier roman et se montrer ainsi à la page.Elles seront donc bien aises qu\u2019on leur en fournisse l\u2019occasion.D\u2019une façon générale, elles ont plaisir à parler de leur travail de bureau tandis que les jeunes gens préfèrent l\u2019oublier quand ils franchissent la porte d\u2019un salon.A des jeunes des deux sexes et aussi à de plus âgés, on peut, sans crainte de faire fausse route, parler d\u2019un film récent.Si l\u2019on est soi-même de la génération de ceux qui ont gardé un faible pour le théâtre, ce sera une occasion toute trouvée de placer ses théories sur les mérites respectifs de la scène et de l\u2019écran.Entre hommes, je veux bien supposer que l'on s\u2019entretient de problèmes économiques ou qui ont trait aux questions d\u2019ordre international, peut-être de golf, de bridge, de jardinage, de chasse ou de pêche.Entre femmes, le sujet le plus inépuisable n\u2019est pas la toilette, ainsi que des médisants l\u2019ont parfois laissé entendre, ce sont les enfants et surtout les petits-enfants.On cause aussi de concerts, de conférences, d\u2019œuvres de charité et autres organisations du même genre, de mode aussi, bien entendu.Les deux questions domestiques les plus ennuyeuses sont sûrement le manque de bonnes et les problèmes alimentaires que suscite le rationnement.Il faut se garder d\u2019en abuser.Les grand-mères feraient bien aussi de ne pas s\u2019étendre trop longuement sur les prouesses de leurs petits- enfants et les mamans seraient sages de laisser dans l\u2019ombre les brillants succès de leur fille débutante.Les voyages sont, sans contredit, ce qui alimente Te mieux une conversation, soit entre un petit groupe d\u2019interlocuteurs, soit à un dîner, et je crois que si on a eu l\u2019avantage de visiter certains pays dont les noms figurent actuellement sur les manchettes des journaux: la Chine, la Russie, le Japon, les Républiques de l'Amérique du Sud ou l\u2019Empire colonial français d'Afrique, etc, on devrait, sans fausse honte, aborder soi-même le sujet et prendre en mains la conversation.La maîtresse de maison vous en serait reconnaissante et ses invités y trouveraient profit.N\u2019oublions pas que la religion et la politique doivent être, autant que possible, écartées des conversations de salons.Mais ce ne sont pas là les seuls écueils redoutables.Ne cherchez pas à faire la loi, ne soyez pas trop catégorique dans vos opinions, ne prononcez pas de jugements sans appel, ne vous mettez pas dans la tête de persuader quelqu\u2019un contre son gré, ne vous obstinez pas si l\u2019on vous prouve que vous avez tort.N\u2019interrompez pas, ne parlez pas sans arrêt et laissez à chacun l\u2019occasion de placer sa petite histoire.Soyez plutôt gaie que sérieuse sans toutefois être bruyante.Soyez la première à admettre vos erreurs et à en rire de bonne grâce.Ne cherchez ni à faire de l\u2019esprit, ni à vous mettre de l\u2019avant, ni à éclipser les autres en les reléguant dans l\u2019ombre, Evitez les personnalités.Il y a neuf chances sur dix pour qu\u2019une remarque désobligeante soit répétée à l\u2019intéressé, sans compter qu\u2019il est bien difficile d\u2019être au courant des ramifications de parenté ou d'amitié des gens auxquels on s\u2019adresse.Le plus sage, comme le plus chrétien, est d\u2019être charitable.D'ailleurs, est-ce que de votre côté vous n\u2019avez pas aussi besoin que l\u2019on parle de vous avec quelque indulgence ?Veillez par-dessus tout à ce que la conversation soit générale et puisse être suivie par tous.Ne posez pas une foule de questions comme si vous étiez le grand inquisiteur.Elles sont souvent indiscrètes et parfois embarrassantes.Et pour terminer, un dernier conseil qui renferme tous les autres : réfléchissez avant de parler, AOUT 1944 re TT ce, 5 Ey + PREMIERS APERCUS DE LA MODE D'AUTOMNE 1055 \u2014 Robe deux-piéces, pour dames et jeunes filles, grandeurs 12 a 18.La grandeur 14 requiert: 3 v.3 de 39\u201d, 316 de 41\u201d, 244 de 54\u201d.Ceinture au goût.Prix, 254.1059 \u2014 Robe pour dames ou jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 20.La grandeur 16 requiert: 3 v.4 de 39\u201d, 234 de 41\u201d et 244 de 54\u201d.Prix, 20¢.47 1057 \u2014 Robe deux-pièces, pour dames et demoiselles, grandeurs 12 à 18.La grandeur 14 requiert: 3 v.de 39\u201d, 27 de 41\u201d et 214 de 54\u201d.Prix, 25¢.1061 \u2014 Robe pour dames, dans les grandeurs 34 à 46.La grandeur 40 requiert: 3 v.3% de 39\u201d, 31% de 41\u201d et 2% de 54\u201d.Prix, 20¢.Si vous ne pouvez frouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \u2018La Revue Populaire\", Dominion Patterns, L#d., 240 Richmond Ouest, Toronto, Ont.Si vous habitez les Etats-Unis, adressez-vous à Simplicity Patterns, 200 Madison Avenue, New York City, U.S.A. 48 Labhodetie Par Mme de Sellegeuille LA REVUE POPULAIRE POUR NOS JEUNES ELEGANTES ORTEZ ces charmants accessoires brodés et transformez ainsi une robe démodée en une toilette chic et neuve, La calotte est faite de six pointes.La ceinture a deux pouces de large et doit être doublée.Le sac, genre vagabond, est de 11 pouces par 14 Un nœud plat, fait du même tissu que le sac et posé à l'ouverture supérieure, lui donne sa forme.C\u2019est dire qu'il est facile à laver, à repasser et à draper de nouveau.Nous sommes en mesure de vous fournir ces jolis accessoires, avec modèle étampé, sur coton rose clair, bleu clair ou blanc.La broderie se fait avec le coton Matania, épais et brillant, d\u2019un ravissant effet.Les nuances ne se décolorent pas et le résultat d\u2019ensemble est de nature à plaire aux brodeuses qui recherchent les modèles originaux et d\u2019un goût délicat.Il est évident que nos lectrices savent qu\u2019elles peuvent reproduire, au moyen d\u2019un papier carbone, le dessin illustré dans notre magazine et cela sur n\u2019importe quel tissu de leur choix.Nous expliquons ici la manière de procéder qui est très simple. AOUT 1944 MODE DE REPRODUCTION Appliquer le patron bien ss en place sur un tissu.oc Introduire le papier car- CG.bone entre le tissu et le patron, le côté luisant du papier appliqué sur qu\u2019on ait soin de ne pas percer le papier en dessinant d\u2019une façon trop appuyée.l\u2019étoffe.Dessiner alors avec un crayon à mine uU ronde.Les modèles peu- 0 \u20ac 5- + 5 J vent servir maintes et Q 4 Son J s maintes fois pourvu CENTURE > D Es \u2018) D 2 Sd [7 = ROSE CORAIL , 2 CORAIL FONCE 3- JAUNE q4= BLEU S= VERT (Priére @ mes lectrices d\u2019inclure le prix du patron, plus la taxe de 4% ou de 2%, selon le cas, sous forme de bon postal, mandat d\u2019express ou argent sous plis recommandé.) d.NAA +28 CD HD 5 > D 167 BI 74 3 oO LISTE DES PRIX Mme DE BELLEFEUILLE 60, Bord du Lac, Valois, P.Q.Veuillez m\u2019envoyer les articles suivants : bleu [J rose [J blanc [J [J 728 \u2014 Béret étampé .en 25 cents Choix de couleurs: D 729 \u2014 Sac étampeé .coi rence canne 55 cents [J 730 \u2014 Ceinture étampée ; petite, moyenne ou grande \u2026\u2026\u2026 35 cents CO Coton Matania de couleur pour broder les trois morceaux 50 cents D 731 \u2014 Patron de papier des trois morceaux \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 25 cents [J Papier carbone, bleu ou jaune, pour dessiner le patron .10 cents OM oe eee eee enn AT@SSC ooo een Localité en, Province oe.La Revue Populaire \u2014 août 1944 LE COIN DU TADIS Patrons 415 et 416 DEUX MODÈLES DE TAPIS.\u2014 Ces patrons étampés sur papier à tracer avec indication des couleurs vous seront expédiés par la poste, au reçu de la somme voulue.Papier carbone pour tracer, 10 cents.Commandez en indiquant les Nos 415 et 416.415 \u2014 22\u201d x 34\u201d \u2014 15¢.416 \u2014 30\u201d diamètre \u2014 30.(Prière à mes lectrices d'inclure le prix du patron, plus la taxe de 4% ou de 2%, selon le cas, sous forme de bon postal, mandat d\u2019express ou argent sous pli recommandé.) Mme DE BELLEFEUILLE, 60, Bord du Lac, Valois, P.Q.CIVILISATION par Georges Duhamel de l'Académie Française Civilisation que viennent de publier Les Editions Variétés, est un grand roman.Duhamel y peint le visage sanglant, terrible, misérable de la guerre et le court extrait suivant montre bien les sentiments de l\u2019auteur en face du conflit terrible : \u201cLe train.1916.\u201cJe revenais de permission.J\u2019étais souffrant et allongé sur une banquette.En face de moi, trois officiers causaient.Leurs voix étaient celles de jeunes hommes, leur expérience militaire celle de vieillards.Ils rejoignaient leur régiment.\u201cUne voix mordante, juvénile, rieuse, dit presque bas: \u201cOh! on nous fera sans doute faire encore une bêtise avant ce printemps.\u201d Puis sans transition : \u201cCe sera la douzième fois que j'irai à l\u2019assaut.Mais j'ai de la veine : je n\u2019ai été blessé qu\u2019une fois.\u201d Ces deux phrases retentissaient encore à mes oreilles quand quelqu\u2019un fit flamber une allumette et se mit à fumer.La lueur éclaira furtivement un charmant visage.L'homme appartenait à un corps réputé.Les insignes des suprêmes récompenses que l\u2019on peut accorder aux jeunes officiers luisaient sur sa vareuse d\u2019ocre.Toute sa personne respirait un courage tranquille et raisonneur.\u201cLa nuit reprit possession de l\u2019espace.Mais y aurait-il jamais une nuit assez épaisse pour me ravir l\u2019image entrevue dans cet éclair ?\u201cJ\u2019y ai songé depuis, chaque fois que, comme ce soir-là plein d'angoisse et d\u2019amour, je me suis tourné tour à tour vers le passé et vers l\u2019avenir de ces Français qui, en si grand nombre, ont accepté de mourir, de ces Français dont le monde connaît trop mal et la grandeur d\u2019âme, et l\u2019indomptable intelligence, et la touchante naïveté.\u201d C\u2019est l\u2019explication que Duhamel donne à ce livre admirable où il raconte l\u2019histoire tragique de la guerre et de ses ravages dans le cœur d\u2019un homme ; la guerre ne détruit pas seulement les villes, ne brise pas seulement des vies, elle abrutit l\u2019esprit, elle fait souffrir l\u2019âme.(Un volume de 240 pages publié par Les Editions Variétés.Prix : $1.25, par la poste $1.35.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal, Canada.) ) ALFRED DE VIGNY par Bertrand de La Salle C\u2019est un beau livre que viennent de publier Les Editions Variétés et un livre important.L'histoire d\u2019Alfred de Vigny est peu répandue.La connaissance de ses années de jeunesse, de la correspondance du poète avec sa mère, avec Madame Ancelot, ses premières amours avec la belle Delphine Guay, telles que racontées par l\u2019auteur, permettent heureusement de reconstituer cette partie de sa vie, même si les vicissitudes de sa liaison avec l\u2019actrice Madame Dorval, restent encore partiellement obscures.Cet ouvrage servira d\u2019admirable guide à tous les lecteurs qui désirent approcher ce beau, fier, jeune et discret officier qui produisit avant trente ans des chefs- d\u2019œuvre glorieux.(Un volume de 320 pages publié par les Editions Variétés.Prix: $1.50, par la poste $1.60.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal, Canada.) CENTRES DE COUTURE :: Le Gouvernement canadien, dans le but d\u2019encourager de louables initiatives et d\u2019en faciliter la réalisation a ouvert des Centres de Couture gratuits, à Montréal ainsi que dans d\u2019autres localités importantes.Pour nous en tenir, faute d\u2019espace, à la région de Montréal, disons que depuis un an des classes de couture ont été organisées à la Fédération Nationale St-Jean-Baptiste, à St-Lambert, à St-Laurent, à Hochelaga, à Villeray et à la Côte-des-Neiges.Le Quartier Général est installé au numéro 680 ouest, de la rue Ste-Catherine.La dévouée et compétente directrice est Mme Elzéar Poirier ; son assistante est Mme Charles Plourde.L\u2019entraînement des professeurs qui doivent les seconder dans leur tâche se fait au Quartier Général.Il y a un ou deux cours par semaine, dont quelques-uns se donnent le soir, dans chaque Centre de Couture.On y donne parfois des cours d\u2019ensemble utiles à toutes : manière de faire une boutonnière, de poser une poche, etc, est plus souvent des leçons particulières puisque chacune des ouvrières apporte le vêtement qu\u2019elle veut transformer et que le cas de chacune est diffé- rent de celui de sa voisine.Bien entendu, on trouve dans les Centres de Couture des machines à coudre, des fers et planches à repasser, de grands miroirs devant lesquels se font les essayages, des patrons et tout ce qui est indispensable pour accomplir du travail soigné.Cette organisation, partie de Toronto grâce à l'initiative de Mme Aitken, se développe rapidement ; les Centres de Couture se multiplient à travers la Province et groupent des élèves de plus en plus nombreuses.Mme Poirier qui me remontait, tous feux éteints, dans la nuit d\u2019automne.C'\u2019était en [ Suite de la page 16 ] procure l\u2019avantage de visiter celui qu\u2019on a installé dans la salle des Pèlerins, voisine de l\u2019Oratoire St-Joseph, semble enchantée des progrès de ses élèves, de leur assiduité et de leur bonne volonté toujours souriante, quelles que soient les difficultés de leur tâche.Une exposition annuelle mettra le grand public au courant du travail accompli et des diverses transformations que peuvent subir les vêtements usagés.C\u2019est ainsi qu\u2019un complet d\u2019homme devient un tailleur, une robe maternité se transforme en un deux pièces, un costume est taillé dans des portières, dans des sous- vêtements de laine qu\u2019on a teints on coupe des chandails d\u2019enfants, et je n'en finirais plus si j'entreprenais d\u2019énumérer tous les prodiges d\u2019ingéniosité accomplis par des mains habiles.THÉRÈSE FOURNIER. LA REVUE POPULAIRE 1067 \u2014 Robe de jeune fille dans les grandeurs 8 à 14.La grandeur 10 requiert: 2 v.Ja de 35\u201d, 216 de 39\u201d ou de 41\u201d, 14 de 54\u201d.Ceinture au goût.Prix, 20¢.\u2019 1068 \u2014 \u201cJumper\u201d et Blouse d\u2019enfant, grandeurs 2 à 8.La grandeur 6 requiert: Blouse: 7 v.de 35\u201d, 34 de 39\u201d ou 41\u201d.1 v.de froncé large de 1\u201d.78 V.de ruban de 44\u201d de largeur pour boucles.\u201cJumper\u201d: 1 v.16 de 35\u201d ou 39\u201d, 13& de 41\u201d, 7% de 54\u201d.Prix, 25¢.4999 \u2014 Robe de jeunes filles dans les grandeurs 8 à 14.La grandeur 10 e requiert 2 v.56 de 35\u201d, 234 de 39\u201d ou de 41\u201d.35 v.de contrastant de 35\u201d ou 39\u201d pour empiècement et pochettes.Prix, 20g.4998 \u2014 Robe d\u2019enfant, dans les grandeurs 1 à 6.La grandeur 2 requiert : 1 v.44 de 35\u201d ou 39\u201d, 144 de 41\u201d, % de 54\u201d, 35 v.de 35\u201d ou 39\u201d de contrastant pour col, manchettes, ete.Prix, 20¢.Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de 1065 \u2014 \u201cJumper\u201d et Blouse d\u2019écolières, grandeurs 10 à 16.La grandeur 12 \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Ltd., 240 Richmond Ouest, Toronto, Ont.requiert: Blouse, 1 v.Ja de 35\u201d, 114 de 39\u201d, 1 de 41\u201d, Froncé, 1 v.44 de Si vous habitez les Etats-Unis, adressez-vous à Simplicity Patterns, 1\u201d de largeur.Ruban large de 1 v.de 34\u201d.Jumper: 2 v.56 de 35\u201d, 2% 200 Madison Avenue, New York City, U.S.A.de 39\u201d ou de 41\u201d, 116 de 54\u201d, Prix, 25ç.3 AOUT 1944 POUR TOUJOURS [ Suite de la page 44] Pettigrew vous aide.et ne revenez.que lorsque je vous appellerai.Sur ces mots surprenants, elle s\u2019enfuit, laissant son mari passablement intrigué.Elle retourna dans le salon et dit à Mme Kenyon, avec autorité : \u2014 Je désire que vous partiez ! Mme Kenyon, un peu vexée, tout en se levant du canapé, riposta avec hypocrisie : \u2014 Que je parte, moi ?Chérie ! Quand je souhaite depuis si longtemps faire la connaissance du mari de ma fille ?Que je parte, chérie ?\u2014 Oui, dit Hortense avec fermeté.Je désire expliquer moi-même les choses à Quentin.Je ne l\u2019ai pas vu depuis plusieurs mois.\u2014 Ah! je comprends! Deux font compagnie, un troisième est de trop.C\u2019est un dicton qui nous vient de la guerre.Ou bien, c\u2019est-il Platon qui a dit ça, mignonne ?Je n\u2019ai jamais pu déméler toutes ces histoires-la dans ma pauvre cervelle.Mme Kenyon parlota ainsi jusqu\u2019à la porte ou Hortense la conduisait avec impatience.La porte refermée, Hortense poussa un soupir de soulagement.Et elle courut appeler son mari.Quand il entra dans le salon, il vit qu\u2019Hortense était seule, qu\u2019elle avait un air bizarre et agité.Il s\u2019arrêta, la regarda et tout à coup il fut saisi de crainte.Hortense lui désigna un siège : \u2014 Votre propre chaise, Quentin, et le thé.Ne devrions-nous pas avoir un gâteau de fête ou quelque autre bonne chose pour célébrer votre retour ?Nerveuse, elle se mit à rire.C\u2019était si doux de le voir là de nouveau ! Elle ne savait à peine ce qu\u2019elle disait.Mais Quentin, ayant jeté un coup d\u2019œil autour de lui, demanda : \u2014 Où votre amie est-elle passée ?Hortense eut la présence d\u2019esprit de répondre : \u2014 Elle a eu assez de tact pour s\u2019en aller.\u2014 Qui est-elle?Je ne l\u2019avais pas encore vue, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Non.Mais ne parlons pas d\u2019elle en ce moment.Parlez-moi de vous, de tout ce qui vous touche.Comment allez-vous ?Avez-vous bien supporté le climat ?Etiez-vous terriblement mal logé ?Qui s\u2019occupait de vous?Il rit.\u2014 Je me suis bien porté et je me porte bien.Le climat ne m\u2019a pas éprouvé.Je n\u2019étais pas mal logé.Les « boys » me soignaient suffisamment.Et puis quoi ?Elle rit encore et joua la légèreté : \u2014 Rien .Vos affaires ont-elles marché comme vous le vouliez ?Elle était partagée entre la joie délirante de le revoir et l\u2019âpre chagrin d\u2019avoir à lui révéler qui était Mme Kenyon.Quentin répondait : \u2014 Mes affaires ont marché merveilleusement, comme je vous l'ai écrit.Je suis arrivé à temps pour empêcher Stedman de dépouiller ma pauvre maman et pour le mettre à la porte.Je ne suis pas habituellement sanguinaire, mais j'aurais aimer saigner le coquin.Au souvenir de sa victoire, les yeux du jeune homme brillèrent.Hortense riposta : \u2014 Il le méritait d\u2019être puni, ce coquin.Maintenant, tout est réparé ?\u2014 Oui, j\u2019ai mis a la place de Sted- man un homme de toute confiance, dont je suis sûr et qui est trés travailleur.J\u2019ai attendu, pour repartir, d\u2019avoir vu les choses en bonne voie.\u2014 Alors, ce voyage a été heureux ?\u2014 Tout à fait heureux.Voir Quentin, être assise près de lui, le servir de nouveau, était pour Hortense un enchantement.Elle l\u2019écoutait à présent lui raconter son difficile voyage.Tout à coup, il s\u2019arrêta, et demanda avec gentillesse : \u2014 Et vous, Hortense, comment vous étes-vous portée pendant mon absence ?Savez-vous, petite misérable, que dans vos lettres vous ne m\u2019avez presque jamais parlé de vous-même ?\u2014 Vraiment ?Oh! je croyais vous avoir écrit tout ce qui était susceptible de vous intéresser.Il rit: \u2014 Tout?Vous rendez-vous compte que vos lettres qu\u2019emplissaient des questions me touchant: « Comment allez-vous?Les affaires marchent- elles bien ?Qu\u2019avez-vous fait et vu ?» n'avaient que juste à la fin, comme un timide post-serptum: « Moi, je vais très bien».Pensiez-vous donc que c\u2019était la seule chose qu\u2019il me fallût savoir à votre sujet, bien que je fusse très content de l\u2019apprendre ?Elle rougit, voulut répondre, ne répondit pas.Il continua: \u2014 Je m\u2019étais imaginé que vous m\u2019écririez des lettres pleines de vous- même : toutes les choses qui vous arriveraient, toutes celles que vous penseriez.Elle n\u2019eut pas le courage de le regarder pour lui répondre : \u2014Je.Je.simplement, je ne pouvais pas vous raconter tout ce qui m\u2019arrivait, Quentin, de sorte que je ne vous ai rien dit du tout.Il y eut un moment de silence entre eux.Puis, Talbot demanda avec brusquerie : \u2014 Pourquoi, tout à l'heure, ne de- vais-je pas revenir avant que vous m\u2019ayez appelé ?\u2014 Parce que.oh'.Parce que.je souhaitais que Mme Kenyon s\u2019en allât d\u2019abord.\u2014 Vous vouliez vous d\u2019elle ?Elle fit oui de la téte.Le visage de Quentin se rembrunit un peu.Il se leva, hésita à parler, puis : \u2014 Et de quelqu\u2019un d\u2019autre?.La jeune femme le regarda avec un naïf étonnement : \u2014 Mais non, personne d\u2019autre! Qui aurait bien pu être là ?Il s\u2019éloigna de quelques pas et dit doucement : \u2014 Vous souvenez-vous de ce que je vous ai écrit quand j'étais là-bas ?Hortense le regarda encore, indécise.Ayant compris, elle rougit : \u2014 Quentin ! Vous ne me soupçonnez pas?.\u2014 Vous soupçonner ?Non.Seulement cela serait assez ennuyeux.peut-être.si nous nous rencontrions.moi.et l'autre.Il était géné, étrange.Hortense rit presque, toujours par nervosité.« Quelle ironie », pensa-t-elle, dans sa réflexion, sans qu\u2019il s\u2019en doute.Il se rapprocha d\u2019elle : \u2014 Avez-vous fait ce que je vous avais demandé ?\u2014 A propos?.\u2014 Hortense! vous n\u2019avez pas voulu me lavouer a Brighton, mais j\u2019ai deviné cependant.Je vous l'ai dit dans ma lettre, n\u2019est-ce pas?\u2014 Oui.\u20141Il y a un homme dans votre vie, un homme que vous aimez.\u2014 Oui, fit-elle encore.\u2014 Eh bien ! avez-vous fait ce que je vous ai demandé ?Très émue, elle dit : \u2014 Mais quoi ?De ne pas le voir ?\u2014 Oui.débarrasser La KOTEX* compte plus d\u2019usageres Étes-vous au courant?Qu'est-ce qui ne va pas dans cette photo ?O La rose est du mauvais côté [J Le lieutenant est allergique aux roses OJ Il lui est interdit de porter des décorations militaires Votre rose lui est peut-être aussi précieuse qu\u2019une décoration militaire, mais il ne saurait y avoir d\u2019ornements non militaires sur l\u2019uniforme d\u2019un officier.Soyez s#re de votre étiquette militaire ! Et soyez sûre de vous-même aux \u201cjours difficiles\u201d; choisissez la serviette périodique que vous pouvez porter sans crainte sous votre toilette la plus légère.Avec la Kotex, vous n\u2019avez pas à redouter les contours révélateurs, car les bouts de la Kotex sont plats et pressés \u2014 différents de ceux d\u2019autres serviettes parce qu\u2019ils ne sont pas volumineux.LT Quand vous vernissez vos ongles \u2014 J Commencez-vous par la main droite TNX [1 Ou bien par la main gauche?Te Vous pourriez croire que ce n\u2019est pas pratique \u2014 mais vous épargnerez du temps, vos bonnes dispositions et du vernis si vous commencez par la main droite! Si vous voulez éviter le gâchis, vernissez les ongles de la main droite en premier lieu.Posez confortablement vos bras sur la table.Votre fierté sociale exige que vos ongles soient bien faits, une bonne tenue.Votre propreté personnelle exige une poudre \u2014 la poudre Quest, le désodorisant Kotex \u2014 pour ne pas vous exposer à incommoder les autres aux jours où un désodorisant est doublement important.Employez la poudre Quest inodore sur vos serviettes périodiques et vous n'aurez pas à redouter les odeurs.\u2014 3 4 PUNE.Ÿ Ta TTT Diriez-vous qu'elle est en train de \u2014 [0 Senfuir de la maison paternelle [J Pratiquer le sauvetage [0 Profiler ses mollets C\u2019est en montant que vous atteindrez la beauté de la jambe ! La montée quotidienne des escaliers ou d\u2019une échelle profilera vos mollets un peu trop rondelets.Et essayez ceci: couchez-vous sur le côté droit, levez la jambe gauche de façon à toucher votre cheville de la main gauche.Tournez-vous de côté et faites de même avec la jambe droite.L'exercice, pourvu qu\u2019il ne soit pas violent, vous fera du bien aux \u201cjours problématiques\u201d.Et vous trouverez que la Kotex diffère des serviettes périodiques ordinaires.elle est beaucoup plus confortable.Elle ne semble pas molle qu\u2019au premier contact \u2014 la Kotex reste molle durant l'usage.Contrairement aux serviettes légères qui se tortillent ou se tamponnent, la Kotex est faite pour garder sa forme \u2014 pour vous donner un confort plus durable.Connaissez vos serviettes \u2014 que toutes les autres serviettes périodiques CONSEIL AUX JEUNES FILLES \u2014 Si vous ne voulez pas perdre de bon temps \u2014 si vous tenez à savoir exactement ce qu\u2019il faut faire et ce qu\u2019il faut éviter aux jours difficiles, demandez maintenant un exemplaire gratuit de la nouvelle édition de la brochure \u201cEntre femmes\u201d.Elle vous renseigne sur la tenue, les sports, les relations sociales.Ecrivez aujourd\u2019hui à: Canadian Cellucotton Products Co.Ltd, Dept.K4-9.330 University Avenue, Toronto 1, Ontario.\u201cMar.dép.au bur.can, des brev. 52 Vous obtiendrez toujours des beignes faits de pâte à gâteau, de grande valeur nutritive et d\u2019une saveur excellente, quand ce sceau se trouvera sur le paquet.I! garantit que les beignes sont préparés selon la formule scientifiquement contrôlée.Cherchez-le.2F ALIMENT SAIN et DELECTABLE QI @ de Caoutchouc Qualité avant tout \u201d | 35 Paires de Bas de Soie $2.69 3% livres (10 paires à la livre).Couleurs assorties.Seconds en rayonne pour dames.Rejets de la filature.Chaque paire a un ou deux manques, pouvant être réparés ou cousus à la machine à coudre.Faites dépôt de $1.00.Solde P.S.L.plus quelques cents de timbres.Garantie de remboursement.Ward\u2019s P 70, case postale 2523, Montréal.23-4 \u2014 N'\u2019est-il pas vraisemblable que je vous ai obéi?Je ne l\u2019ai pas vu du tout pendant votre absence.\u2014 Je l\u2019ai pensé, je l'ai espéré.\u2014 Qu'est-ce qui vous a fait douter, alors ?\u2014 La crainte qu\u2019il ne fût ici quand je suis arrivé.Vous aviez l\u2019air si drôle, Hortense.\u2014 Si je vous affirme qu\u2019il n\u2019y avait ici que Mme Kenvon et moi, me croi- riez-vous ?Il la regarda bien en face dans ses yeux gris, lumineux, limpides, et il sourit : \u2014 Pourriez-vous être autre que la droiture même ?\u2014 Je ne le crois pas, particulièrement avec vous.\u2014 Pourquoi particulièrement moi, Hortense ?\u2014 Pour une infinité de raisons.\u2014 Dites-moi au moins pourquoi vous étiez si pressée de vous débarrasser de cette femme ?\u2014Je ne voulais pas qu\u2019elle vous chose avec ennuie.De plus, je ne voulais pas qu\u2019elle.qu\u2019elle vous dise.\u2014 Quoi ?\u2014 Quelque chose qui ne concerne qu\u2019elle.et.et moi.Je vous le dirai moi-même.quand.Ses yeux se remplirent de larmes.Quentin se pencha sur elle avec une expression toute nouvelle de tendresse: \u2014 Ma pauvre petite.Je suis fa- ché.Je ne pensais pas vous causer du chagrin.C\u2019était dans votre inté- rét, ce que je vous ai écrit.Je vous assure que ce n\u2019était que dans votre intérêt.Hortense leva les yeux, saisit le revers de la jaquette de son mari et prononça avec angoisse : \u2014 J'ai quelque chose de terrible à vous avouer, mais il ne s\u2019agit pas de l\u2019homme.que j'aime.Il y eut comme de la détresse dans le cri de Quentin : \u2014 Hortense ! \u2014 C\u2019est vrai, Quentin, tout à fait vrai, croyez-moi.mon bien cher.Je fais toujours ce que vous me demandez de faire, toujours, toujours.Il ne s\u2019agit pas de l\u2019homme que j'aime.Elle avait lâché le revers de la jaquette.Quentin restait penché : \u2014 Parlez-moi de cet homme, Hor- tense ! \u2014 Je ne le peux pas.\u2014 Est-ce qu\u2019il est venu pour brouiller les choses entre vous et moi?\u2014 Oh! non.D'ailleurs, il ne pourra jamais se mettre entre nous.Nous resterons toujours, vous et moi, les excellents camarades que nous sommes.Redressé, raidi, il s\u2019éloigna en disant d\u2019un ton ambigu : \u2014 Mais cette situation est bien pénible pour vous, ma pauvre enfant! Supposons qu\u2019on puisse.vous,.libérer.vous rendre.votre liberté, ne croyez-vous pas que vous seriez plus heureuse ?Elle s\u2019était levée et le regarda avec de l\u2019_épouvante dans les yeux: \u2014 Non! non! s\u2019écria-t-elle.\u2014 Mais pourtant, vous l\u2019aimez, n\u2019est- ce pas?Il se retournait lentement : \u2014 Voyons, ce serait pour votre bonheur que vous reprendriez votre liberté ! Elle protesta encore, la voix étranglée.\u2014 Non! oh! non! Vivement, il tendit la main vers elle et la regarda, suffoqué.Hortense s\u2019enfuit en criant : \u2014-Non! Non! Non! Quentin l\u2019appela avec une chaude lueur dans les yeux.Hortense ne s\u2019arrêta pas et il la vit disparaître dans sa chambre.A diner, la situation fit un pas en avant, car Talbot demanda tout a coup: \u2014 Hortense, dites-moi.La jeune femme releva la tête : \u2014 Quoi ?\u2014 Est-ce l\u2019homme que vous aimez, celui qui est entré au restaurant de Brighton pendant que nous déjeunions et qui vous a salué avec tant d\u2019émotion ?Elle sourit en haussant les épaules : \u2014 Jim Pelham ?Non! \u2014JIl nous a regardés si drôlement ! \u2014 Oui, je le sais, mais ce n\u2019est pas lui.\u2014 Et vous, vous sembliez gênée par sa présence.\u2014 Alors, vous ne me croyez pas ?\u2014 Si, oh! si, ma chérie, je vous crois, mais qu\u2019est-ce qu\u2019il y a donc eu entre lui et vous?Elle mit quelques secondes à répondre : \u2014 Je vous ai bien confié, une fois, que deux ou trois jeunes gens m\u2019avaient demandée en mariage.Pelham était l\u2019un d\u2019eux.Et il m\u2019a dit avoir beaucoup souffert de mon refus.Je n\u2019avais pas pris ca au sérieux.Notre rencontre à Brighton est simplement le fait du hasard.\u2014 Et il venait de vous répéter, ce jour-là, combien il avait souffert ?\u2014 En effet.Et il souffre encore.\u2014 Que lui avez-vous répondu ?\u2014 Moi?Ai-je besoin de vous le dire?Je lui ai rappelé que je suis mariée.Il fut ému de nouveau par la lumière et la limpidité des yeux d\u2019Hor- tense.\u2014 Non, vous n\u2019avez pas besoin de me le dire.Et, sans raison apparente, il se mit a rire.Hortense lui retrouva l\u2019expression du Quentin qu\u2019elle connaissait si bien.\u2014 Ma première soirée a la maison, dit gentiment Talbot, est comme d\u2019habitude: j'ai à vous faire des excuses.Ils rirent tous les deux, mais d\u2019une façon un peu forcée.Hortense avait à lui révéler qui était Mme Kenyon, et elle ne savait pas trop comment s\u2019y prendre.La découverte de sa parenté avec cette femme lui avait été si pénible qu\u2019elle avait peur de ce qu\u2019allait éprouver Quentin.Pendant qu\u2019elle se tourmentait ainsi, Talbot sentait en lui un chaos d\u2019interrogations et de doutes.Il avait été tellement certain que le jeune homme de Brighton était l\u2019homme qui possédait le cœur d\u2019Hortense que d\u2019avoir été détrompé lui causait une grande perplexité et les réticences, les réponses bizarres d\u2019Hortense, le troublaient encore davantage.La soirée se passa presque silencieuse et ils se séparèrent de bonne heure.A Vers minuit, passant devant la porte de la chambre de sa femme, Quentin fut sûr qu\u2019il l\u2019entendait sangloter.Profondément impressionné, il frappa.Une voix étouffée l\u2019autorisa à entrer.Il entra.Enveloppée dans son kimono, ses boucles brunes en désordre, Hor- tense était recroquevillée sur son lit, le visage à moitié enfoui dans l\u2019oreiller.Il traversa rapidement la chambre et s\u2019approcha du lit.\u2014 Hortense ! Qu\u2019y a-t-il?pourquoi pleurez-vous ?Elle se releva brusquement et s\u2019assit sur le lit, la tête perdue de chagrin, ne sachant plus ce qu\u2019elle disait, s\u2019exagérant une situation déjà suffisamment compliquée, \u2014 Quentin! Je n\u2019aurais jamais dû vous épouser ! C\u2019était une vaine crainte de ma part, de me croire sans nom ! \u2014 Une crainte vaine ?s\u2019écria Quentin ahuri.\u2014 Oui, je ne le savais pas, mais j\u2019avais un nom, Quentin ! Pas votre nom, Quentin, un nom a moi.Mais ce qu'il y a de plus terrible, c\u2019est que ce nom me fait horreur et je souhaiterais maintenant ne pas en avoir du tout.\u2014 Mais qu\u2019est-ce que c\u2019est que toute cette histoire, Hortense ?LA REVUE POPULAIRE \u2014 Cette femme, Mme Kenyon.elle.elle est, paraît-il, ma mère, Quentin ! Et alors, elle lui révéla tout.Talbot l\u2019écoutait, et tentait de démêler le vrai du faux de ce qu\u2019on avait raconté à Hortense.La jeune Mme Talbot sauta du lit et courut à sa coiffeuse.Dans un tiroir, elle prit la lettre qu\u2019elle avait reçue de la direction des Enfants trouvés et la lui donna à lire.Flle s\u2019assit sur le bord de son lit, épiant avec anxiété le visage de Quentin pendant qu\u2019il lisait.Quand il eut fini de lire le papier administratif, son visage exprimait à la fois la surprise et la réflexion.Il cherchait en lui un souvenir, et il répéta presque machinalement: « Buck- master ?» \u2014 Vous connaissiez ce nom?demanda Hortense, vivement.Il ne répondit pas tout de suite, puis il dit, en hésitant : \u2014 Nnnon.nnon.je ne le connais pas.seulement.\u2014 Seulement quoi ?\u2014 TI me rappelle quelque chose.de vague, d'imprécis dans ma mémoire.C\u2019est d\u2019ailleurs un nom très commun.Après un silence, Hortense reprit : \u2014 Je vous avais bien dit que très probablement il n\u2019y avait pas de sang bleu dans mes veines.et il n\u2019y en a pas.Je ne suis pas snob, vraiment je ne le suis pas.mais réellement, elle est effroyable.J\u2019ai essayé de penser à elle avec pitié, avec sympathie.J'ai essayé de la supporter.J\u2019ai méme essayé de l\u2019aimer!.Mais ça mest simplement impossible!.Oh! maintenant, Quentin, comme je regrette que ma mère ne soit pas restée inconnue.Le jeune homme, à son tour, s\u2019assit sur le bord du lit, posa sa main sur I\u2019épaule de la jeune femme, attirant contre lui le triste et joli visage en larmes : \u2014 Pauvre petite brebis! dit-il, comme un frère aurait pu le dire.Et vous avez traversé cette épreuve toute seule! Pauvre petit enfant ! J\u2019en suis désolé ! Mais qu\u2019est-ce que ça peut bien faire, la couleur du sang de vos veines, du moment que votre âme garde sa noble blancheur ?Elle s\u2019appuya sur lui, attendrie, reconnaissante, et dit, entre ses sanglots: \u2014 Cela ne fait rien, oui, mais, Quentin, elle est tellement impossible! Oh! évidemment, une humble naissance ne m\u2019aurait ni étonnée, ni humiliée, mais elle! Elle me tape sur les nerfs!.Chacun de ses mots, chacun de ses regards !.Et, Quentin, mon père, ce vaurien, cet ivrogne!.Il en est mort.Et ça aussi vous est égal ?\u2014 Avez-vous pu croire un seul instant que ça ne me le serait pas ?Dans ce cas, Otez-vous vite cette idée de la tête! Je reconnais qu\u2019elle est, en effet, plutôt « impossible », ma « belle- maman » ! Et je comprends qu\u2019il vous ait été très pénible de vous découvrir, tout à coup, une mère pareille ! Mais en quoi ça peut-il vous changer, vous ?Allez-vous vous mettre à lui ressembler, parce qu\u2019elle serait votre mère ?Bien sûr que non.Vous resterez toujours une délicieuse petite personne, heureusement .Et rien ne peut contre cela.Elle releva la tête et le regarda, toute surprise et ravie du visage qu\u2019elle lui voyait; il n\u2019y avait plus aucune trace de la vieille dureté de ses yeux, de son ancien sourire ironique : \u2014 Hortense, murmura-t-il d\u2019une voix très douce, est-ce que ça vous réconforte de m'avoir de nouveau près de vous?.\u2014 Oh! oui!.Je.je.ne m\u2019étais jamais sentie si bien réconfortée, lorsque déjà j\u2019ai souffert.Fidèle au sentiment chevaleresque qui lui était habituel et avait plus AOUT 1944 d\u2019une fois fait hausser les épaules à Rosalie Sparling, il ne parla plus et il continua à l\u2019entourer de son bras compatissant et fort.Hortense, après quelques minutes de pleurs silencieux, poussa un profond soupir, se leva, relativement calmée et regarda Quentin avec des yeux timides et lourds de fatigue.\u2014 Merci, Quentin, dit-elle affectueusement.Je me sens mieux.Elle avait encore une de ses petites mains appuyée sur le bras du jeune homme.Quentin prit cette petite main, la porta à ses lèvres : \u2014 Bonsoir, chère, dit-il gravement.Il se leva et s\u2019en alla.CHAPITRE XII E LENDEMAIN matin, Talbot eut l\u2019occasion de faire davantage connaissance avec Mme Kenyon.Elle arriva, habillée d\u2019une façon excentrique, dans une robe de satin noir, mais beaucoup trop étroite pour elle, qui semblait prête à craquer à chacun de ses mouvements, et coiffée d\u2019un chapeau , à grands bords mous qu\u2019écrasait un énorme bouquet de roses rouges.Elle fut horriblement expansive, fa- miliére et affectueuse avec son gendre, lequel prit fort bien la chose, rit franchement à ses stupides saillies et, ainsi qu\u2019Hortense le dit plus tard, fut d\u2019une amabilité vraiment méritoire.Mme Kenyon eut -la conviction qu\u2019elle avait remporté un véritable succès.Elle fut donc d\u2019une gaîté opprimante et enchantée d\u2019elle-même.\u2014 Oh! Hortense, mon amour! Hier, j'ai dû oublier mon sac à main ici, sur quelque meuble.J\u2019ai beau le chercher partout, je ne peux le retrouver nufle part, chez moi.Va vite voir s\u2019il n\u2019est pas dans ta chambre, mignonne.Et Hortense alla à la recherche du sac.Seul avec Mme Kenyon, Talbot la regarda brusquement de la tête aux pieds, et lui dit: \u2014 Alors, vous êtes la mère d\u2019Hor- tense ?Mme Kenyon leva la tête, surprise, le regard fuyant, et répondit indirectement : \u2014 Je suppose que vous avez reçu un choc de me voir tout à coup sortir de terre ?\u2014 Au vingtième siècle, chère Madame, il n\u2019est pas permis de s\u2019étonner de quelque chose.\u2014 Je pense qu\u2019Hortense ne vous Pavait pas dit?\u2014 Pas dit quoi ?\u2014 Qu'elle n\u2019était pas vraiment miss Falkland.\u2014 Mais si, elle me l\u2019avait dit! \u2014 Avant de vous avoir attrapé dans ses filets?Alors, elle est plus bête que je ne croyais! Cette révélation de son vrai caractère lui échappa, tellement elle était étonnée que quelqu\u2019un puisse être si stupidement honnête.Talbot aurait ri s\u2019il n\u2019avait en même temps vu le côté tragique de l\u2019aventure : cette femme, Ja mère d\u2019Hortense! Hortense aurait donc à supporter toute sa vie le fardeau d\u2019une parenté avec cette basse créature ?Pauvre petite Hortense! Sa douleur d\u2019hier soir était bien compréhensible.Mme Kenyon prit un air mystérieux: \u2014 Mme F .\u2026.l\u2019a laissée bien pourvue de rentes, probablement ?Talbot répondit avec calme : \u2014 Mme Falkland avait à penser à sa propre fille, vous savez.La peu sympathique visiteuse parut méditer cette information.Puis, elle se pencha en avant et dit du ton confidentiel auquel elle tenait : \u2014 Naturellement, Hortense est pour nous une chère créature.Mais les meilleurs ont aussi leurs défauts, nous sommes obligés de l\u2019admettre.\u2014 Et après ?Elle baissa encore la voix.\u2014 Eh bien! un des défauts d\u2019Hor- tense \u2014 que son bon petit cœur soit béni! \u2014 est qu\u2019elle ne se rend pas compte que le prix des denrées monte tous les jours et de la somme qu\u2019il faut pour vivre en ce moment et.\u2014 Vous avez besoin d'argent?\u2014 Eh bien! entre gens du monde comme vous et moi, c\u2019est un fait: j'ai besoin d\u2019argent.Mme Kenyon prit un petit air enfantin et farceur, clignant ses yeux pleins de malice.\u2014 Combien ?dit Talbot, pressé d\u2019en finir.\u2014 Pourriez-vous me faire cinquante livres, se risqua-t-elle à demander, non sans crainte d\u2019un refus.\u2014 Avec plaisir, répondit Talbot en sortant d\u2019une poche son portefeuille et un carnet de chèques.Je n\u2019ai pas tout à fait cinquante livres sur moi.Si trente en billets de banque peuvent faire votre affaire avec un chèque de vingt livres, les voilà.Les yeux de la belle-mère brillèrent de cupidité satisfaite.C\u2019était de l\u2019argent vraiment facilement obtenu, de l\u2019argent pour les menus plaisirs! Elle se vit un avenir luxueux.\u2014 Oh! c\u2019est trop bon de votre part! Je crois bien que ça fait mon affaire ! dit-elle d\u2019un ton joyeux.Ce qui vous convient me convient ! Quentin prit sa plume-réservoir et remplit le chèque en s'appuyant sur la cheminée.Puis il le tendit avec les billets de banque à la mère d\u2019Hortense.Mme Kenyon prit l\u2019argent et se mit à compter soigneusement les billets.Tout à coup elle surprit la gaîté ironique des yeux de son gendre, Elle s\u2019excusa en hâte : \u2014 Oh! vous savez, les erreurs peuvent se produire dans les meilleures familles.\u2014 Parfaitement.Comptez vos billets, fit-il, aimablement moqueur.Ainsi vous serez sûre de la somme.\u2014 Le compte y est bien! annonça- t-elle.Croyez-moi, je vous suis bien obligée.Mais après tout, je suis la mère de cette chère créature et vous êtes son mari!.\u2014 Certainement ! Et chaque fois que vous vous trouverez dans l\u2019embarras, adressez-vous à moi.J\u2019espère que vous vous en souviendrez.Mme Kenyon eut, selon sa nature, tout de suite les larmes aux yeux.\u2014 Vous êtes un cher, cher garçon, dit-elle avec une émotion sincère.Je n\u2019oublierai jamais ces paroles de bonté.Jamais ! Talbot répondit en raillerie : \u2014 Je vous crois.Mme Kenyon était occupée a fourrer les billets dans son sac lorsque Hortense ouvrit la porte du salon.La jeune femme s\u2019arrêta soudain sur le seuil, rougissant de contrariété.Elle ne vit que trop clairement ce qui venait de se passer, et elle allait protester avec colère, mais un signe de Quentin l\u2019arrêta.Ils raccompagnèrent la mère indésirable jusqu\u2019à la porte.En revenant dans le salon, Hortense dit : \u2014 Quentin, c\u2019est elle qui vous a demandé de l\u2019argent ?\u2014 Oui.Elle paraissait en avoir grand besoin, répondit-il avec indifférence.\u2014 Cependant, elle ne devrait pas en avoir besoin, avec sa pension.\u2014 Où la prenez-vous ?\u2014 Sur la somme que mere.je veux dire celle qui sera toujours pour moi ma mère, m'avait donnée.Elle m'avait ouvert un compte en banque le jour de mes vingt et un ans.\u2014 Vous êtes trop indépendante, Hor- tense.Ça vous déplairait donc beaucoup de vous adresser à moi?.\u2014 Oh! non, maintenant pas pour ce qui me concerne, vous le voyez bien.\u2014 Qu'est-ce qui vous a changée à cet égard?.\u201cCésar se sent fier de contribuer à épargner la main-d'oeuvre.\u201d CIGARETTES SWEET CAPORAL \u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\u201d + } i I | \u2014 \u2014 _\u2014 ne, \u2014 \u2014__0 \u2014 EE en \u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014 te mr \u2014 \u2014 area \"ES I etre \u2014 \u2014\" \u2014 H\u2014\u2014 \u2014_\u2014\u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 me \u2014 A \u2014 \u2014 \u2014 wer il eh HAS x) 9 GS Une bouteille comme celle-ci .se trouve dans le cabinet l\u2019arme préférée pour combattre ou la salle d\u2019opération de pres- les infections puerpérales.Voici \u201cDettol\u201d, derne que votre pharmacien, que tous les médecins et chi- I\u2019antiseptique mo- rurgiens de Grande-Bretagne.Dans la plupart des grandes ici au Canada, vous offre au- maternités canadiennes, c'est jourd\u2019hui, 54 SHAVEMASTER Sera fabriqué de nouveau après la FLEXIBLE SHAFT CO.LIMITED L'usine travaille presque Usine et bureaux : ) SNIOW NI HENNE XN3IW 3SVY 3S TI 1930 DIAV IEEE victoire et garanti par la Manufacture et bureau : TORONTO, CANADA IE SdN3L 3d Modèle courant De réglage facile pour fonctionnement rotatif ou fixe.Arrosage en légère bruine ou grosse averse, exclusivement pour la guerre Fabriqué et garanti par FLEXIBLE SHAFT Co.Ltd.Weston Road, 8.Toronto 9 Elle ne répondit pas directement.\u2014 A cause de votre bras cassé, je suis restée et, peu à peu, j'ai compris que ne vous étant pas tout à fait inutile, je pouvais continuer à vivre chez vous.\u2014Et?.Elle le regarda en souriant : \u2014 Et.vous donnez d\u2019une façon si charmante, Quentin, qu\u2019on accepte avec joie.avec reconnaissance.\u2014 Elle s'arrêta un moment et reprit: Mais si vous voulez bien vous charger de mes dépenses personnelles, il n\u2019y a aucune raison pour que vous vous chargiez aussi de celles de Mme Kenyon.Ce fardeau doit être le mien et non le vôtre.\u2014 Mais je ne vois pas pourquoi.Pour moi, ce n\u2019est pas un fardeau.\u2014 Je ne veux pas qu\u2019on abuse de votre générosité.Cette femme n\u2019a aucun droit sur vous!.Quand je pense qu\u2019elle vous a vu vraiment ce matin pour la première fois! Quentin se mit à rire pour faire la remarque : \u2014 Je ne vous connaissais que depuis une demi-heure lorsque je vous ai demandé de m\u2019épouser.Hortense rit aussi en rougissant : \u2014 Néanmoins, je vous supplie de ne plus lui donner d\u2019argent.Accordez- moi cette faveur.'Je déteste d\u2019être la cause d\u2019un ennui pour vous.Vous êtes toujours tellement gentil pour moi, époux-ami.Content, Quentin répondit : \u2014 Ça m'est si facile ! \u2014 Je me sens comme coupable de vous avoir encombré d\u2019une belle-mère de cet acabit! Je vais, du reste, mettre tout de suite un terme à ses indiscrétions.Je lui parlerai comme il faut à ce sujet.\u2014 Chère enfant, si je vous demande de n\u2019en rien faire pour l'instant, m\u2019é- couterez-vous ?\u2014 Mais elle vous tapera toujours si elle voit que vous donnez si facilement! Je suppose que je ne devrais pas dire ça de ma mère.Mais c\u2019est tout à fait une de ces malheureuses à abuser de la bonté de ceux qui les secourent.Il réfléchit un moment.Puis il dit : \u2014 Laissez-la encore me taper pour un peu de temps.Patientez.\u2014 Me le demandez-vous sérieusement, Quentin, de patienter ?\u2014 Très sérieusement.Elle l\u2019observa un moment : \u2014 Très bien.Mais c\u2019est contre mon sentiment.\u2014 J'ai des raisons particulières pour agir.Elle le regarda de nouveau attentivement : \u2014 Bon.Je me soumets.Quentin, satisfait, sourit et demanda: \u2014 Faites danser vos boucles autour de votre douce figure.Elle secoua vivement la tête en riant.Quentin redevint grave : \u2014 Est-ce que vous pensiez vraiment ce que vous m\u2019avez dit hier ?\u2014 Qu\u2019ai-je dit?\u2014 Qu\u2019en principe, nos rapports continueraient d\u2019être ce qu\u2019ils étaient avant mon départ.\u2014 Assurément.Je le désire.\u2014 Sans nous préoccuper de l\u2019homme que vous aimez ?.Elle hésita une seconde avant de répondre, grave elle aussi: \u2014 Oui, sans nous préoccuper de lui.\u2014 Puis, tout à coup: Quentin, j'ai accepté de faire quelque chose que vous me demandiez.Voulez-vous faire, en retour, ce que je vais vous demander ?\u2014 Si je le puis?\u2014 Eh bien ! voici : voulez-vous cesser de parler de l\u2019autre homme et l\u2019oublier ?dit-elle un peu troublée.\u2014 L'oublier ?\u2014 Oui, absolument.\u2014 Supposez que je ne le puisse pas?.\u2014 En tout cas, essayez.Un silence.Puis: \u2014 Vous m'\u2019autorisez, au moins, à n\u2019avoir aucun respect pour lui ?\u2014 Aucun.Je préfère que vous n\u2019en ayez pas.\u2014 Alors, c\u2019est comme s\u2019il n\u2019existait pas.C\u2019est un pacte.Ils se donnèrent une franche poignée de main.Quentin serutait le petit visage enflammé, nerveux et pensait : \u2014 Maintenant.je me demande \u2026 je me demande.Mais ce qu\u2019il se demandait, il n\u2019osa pas le formuler même tout bas.A Une semaine plus tard, le jeune ménage alla en Sommerset, avec le projet de passer quelques semaines chez la mère de Quentin.Mme Talbot avait été fidèle à sa promesse de ne pas poser de questions.Bien qu\u2019elle fût toujours dans les meilleurs termes avec son fils, elle n\u2019avait jamais essayé de se mêler de ses affaires de cœur.Ce qu\u2019il avait désiré qu\u2019elle sache, il le lui avait dit de son plein gré.Elle le connaissait assez pour être certaine qu\u2019il suivrait toujours le droit chemin, Le lendemain, ils retournérent a Londres.Ils y arrivérent t6t dans la soirée.Le taxi qui les ramenait chez eux passa devant la maison où Mme Kenyon demeurait.Tout à coup, Quentin se pencha et commanda au chauffeur de s\u2019arrêter.Suivant la direction que prenaient les regards de Quentin, Hortense s\u2019apercut qu\u2019il observait Mme Kenyon elle-méme descendant d\u2019une élégante auto électrique.Mme Kenyon donna un ordre au chaufleur, puis disparut sous la voûte.Quentin se parla à lui-même, à voix basse : \u2014 Qu'est-ce que ça veut dire, ça, maintenant ?Dou.Hortense acheva vivement la phrase: \u2014 D'où.peut-elle bien tenir cette belle auto ?\u2014 Oui, reprit Quentin.D\u2019où ?je me le demande.\u2014 Alors ce n\u2019est pas vous qui la lui avez donnée ?\u2014 Oh ! non! Et elle n\u2019a pas reçu de moi suffisamment d\u2019argent pour s'offrir une auto de ce genre! \u2014 Peut-être la lui a-t-on prêtée.Talbot descendit du taxi, traversa la chaussée et s\u2019approchant du chauffeur du coupé électrique, demanda brusquement : \u2014 Cette voiture est à Mme Kenyon, n\u2019est-ce pas ?Pris de court, l'homme répondit affirmativement.\u2014 Vous attendez cette dame ?\u2014 Oui, monsieur.\u2014 Alors, quand elle redescendra, dites-lui, je vous prie, que nous sommes revenus de la campagne aujour- d\u2019hui.\u2014 Quel nom dois-je donner ?\u2014 Talbot.\u2014 Bien, monsieur.\u2014 Merci.Et le jeune homme retourna en courant au taxi, faisant signe à son chauffeur de démarrer, et il renseigna Hor- tense tout de suite : \u2014 C\u2019est bien à elle.\u2014 Alors, Quentin, elle se jette dans les dettes qui, un jour, retomberont sur vous! s\u2019écria Hortense bouleversée.\u2014 Ne vous tourmentez pas.J\u2019y aurai l'œil.\u2014Je ne peux pas m\u2019empêcher de me tourmenter.\u2014 Ma chère amie, dites-vous bien que je ne suis pas né d\u2019hier.Il ne parla plus.Une idée mûrissait dans son cerveau.Hortense respecta son silence et ne sollicita aucune explication.Le lendemain matin, Talbot fit une visite à Mme Kenyon, et après de courtoises salutations, dirigea l\u2019entre- LA REVUE POPULAIRE tien sur les automobiles en général et sur celle de son interlocutrice en particulier.En apparence, il ne semblait prêter attention à rien.Cependant, il était aux aguets des moindres jeux de physionomie de l\u2019antipathique créature.Il remarqua que dès les premiers mots sur les automobiles, Mme Kenyon fut tout de suite sur la défensive.\u2014 Oh! au jour d\u2019aujourd\u2019hui, mon cher garçon, il faut avoir une auto.Elle parlait en feignant l\u2019indifférence.Le jeune homme posa brusquement cette question : \u2014 La vôtre est-elle payée ?Surprise, elle répondit : \u2014 Payée ?Mais quelle impertinence ! Certainement, elle est payée ! Pour qui me prenez-vous ?\u2014 Je me demandais simplement si j'aurais à vous aider pour le règlement.C\u2019est tout.Elle se mordit les lèvres.Quelle occasion elle venait de perdre de faire une bonne affaire ! \u2014 Et moi qui vous traitais d\u2019impertinent ! Mais une femme a son amour- propre, mon cher garçon.Je croyais que vous me soupçonniez d\u2019être imprudente.Elle s\u2019arréta une seconde, puis elle reprit : \u2014 Oh! bien entendu, la dépense journalière pour une auto est considérable ! Elle laissa ces paroles faire leur chemin.Talbot fut tout de suite à la hauteur de la situation.\u2014 Cela ne doit pas vous inquiéter un instant.Il est certain \u2014 et il appuya fortement sur les mots \u2014 que la mère de® ma femme ne doit manquer de rien ! .Alors, dans les yeux stupides de la vieille, une fois encore, Quentin aper- cut expression de méfiance et de ruse qu\u2019il y avait déjà surprise et comme si elle se tenait sur ses gardes.En revenant chez lui, il tournait et retournait le problème : \u2014L'\u2019auto est certainement payée.Autrement, elle m\u2019aurait parlé du prix.La question est de savoir maintenant qui l\u2019a payée.A Une après-midi qu\u2019Hortense était chez Mme Kenyon, Rosalie vint faire une visite aux Talbot et trouva Quentin seul.Pettigrew la fit entrer dans le salon, l\u2019annonçant par son nom dès la porte ouverte.Quentin se leva du grand fauteuil de cuir où il était étendu, posa sur une table un gros traité d\u2019aviation qu\u2019il était en train d\u2019étudier.Et avec une parfaite politesse, mais sans cordialité : \u2014 Bonjour, Rosalie! Comment allez- vous ?Elle glissa vers lui, exquise en sa grâce maniérée, enveloppée d\u2019un nuage de crêpe Georgette bleu, et lui tendit la main.Il prit cette main, la serra selon le protocole et, visiblement, sans aucune émotion.Elle fut frappée de cette nouvelle manière de la recevoir et le regarda avec des yeux langoureux.\u2014 Hortense n\u2019est pas là ?soupira- t-elle.\u2014 Non, asseyez-vous, je vais dire à Pettigrew de nous servir le thé.Mme Sparling s\u2019assit.Pettigrew apporta le plateau du thé.Quentin parla d\u2019exploits d\u2019aviateurs, lut des extraits de journaux, montra des photographies, expliqua des choses techniques, jusqu\u2019à ce que Rosalie, prise d\u2019ennui, eût envie de pleurer.Mais elle se retint témoigner d\u2019une compréhension intelligente et déclara que tout ce qu\u2019il lui et s\u2019efforça de sourire, esseyant de racontait lui paraissait merveilleux.Pendant qu\u2019ils prenaient le thé, elle regarda Quentin à diverses reprises, avec d\u2019extraordinaires expressions dans ses beaux yeux et elle grignota déli- AOUT 1944 catement un biscuit, avec un air de mélancolie qui, jadis, aurait trompé son ex-fiancé.A l'heure présente, celui-ci fit mine de ne pas s\u2019en apercevoir et mangea avec un appétit scandaleux pour un homme qui était censé avoir le cœur brisé, et il fut de toute façon, exaspérant.Mais Rosalie n\u2019était pas femme à renoncer facilement à exercer son pouvoir sur un amoureux.Dès que le plateau du thé fut enfin emporté, elle dit, en affectant un air sérieux : \u2014 Mon cher Quentin, je viens de traverser des moments bien douloureux.Vous n\u2019ignorez pas que jai écrit à votre mère pendant qu\u2019Hor- tense et vous étiez auprès d\u2019elle.Vous en a-t-elle parlé?.Quentin, bien que passionnément intéressé, ne fit qu\u2019une réponse évasive : \u2014 Oui.je creis.Elle y a fait allusion.\u2019 \u2014 Depuis, reprit Rosalie, j'ai été malade de remords, parce que.parce que.jai parlé dans cette lettre de choses intimes quHortense m\u2019avait confiées.Quentin se redressa et demanda brusquement : \u2014 Qu\u2019Hortense vous avait confiées, dites-vous ?\u2014 Cher ami, je ne veux pas revenir sur un sujet.pénible, mais vous savez qu\u2019Hortense elle-même m\u2019a dit que votre mariage n\u2019était pas un mariage de.sentiment.Elle fit une pause et regarda Talbot.Mais le visage de celui-ci était indéchiffrable.Et c\u2019est comme avec indifférence qu\u2019il répondit : \u2014 Oui.peut-être.Jai été assez étourdie pour en faire mention dans ma lettre à votre mère.Ft ce n\u2019est qu\u2019après le départ de ma lettre que la terrible pensée s\u2019est présentée à mon esprit que sans doute, elle ignorait tout cela.\u2014 Cette pensée a dû vous être, en effet, terriblement pénible ! dit Quentin avec tant de gravité que Mme Sparling ne comprit pas qu\u2019il raillait.\u2014 Oh! certainement, cher! assura- t-elle.J\u2019ai été vraiment malheureuse ! Je vous en conjure, répondez-moi sincèrement : votre mère savait-elle ?Ceci fut débité avec une réelle inquiétude.Quentin se leva et alla s\u2019adosser à la cheminée devant le feu.Il répondit simplement : \u2014 Maintenant, je me le demande.\u2014 Ah! Alors elle ne vous en a rien dit?Mon cher ami, comme je suis contente ! J'avais tellement peur d\u2019avoir fait involontairement du grabuge ! surtout parce que vous êtes revenus si vite.Pendant votre absence, j'étais passée pour vous voir et Pettigrew m\u2019avait affirmé que vous étiez chez votre mère pour un temps assez long.De sorte que, en apprenant votre retour, j'ai été épouvantée à l\u2019idée que vous aviez eu avec elle peut-être une scène fâcheuse.Quentin demanda, jouant toujours la nonchalance : \u2014 Et comment avez-vous appris notre retour ?Rosalie hésita : \u2014 J'ai rencontré.par hasard.cette singulière Mme Kenyon.C\u2019est elle qui m\u2019a renseignée.\u2014 Je vois.La personne qui est censée être la mère d\u2019Hortense, dit-il d\u2019un air réfléchi.Rosalie ouvrit très grands ses yeux : \u2014 Censée être?Je ne croyais pas qu\u2019il y eût de doute là-dessus.I] y en a donc?\u2014 Il me parait presque incroyable qu\u2019elle soit la mère d\u2019Hortense, répondit Quentin.\u2014 Eh bien! mon cher ami, puisque vous m\u2019en parlez, je dois vous avouer que j'ai toujours eu l\u2019impression qu\u2019il y avait quelque chose chez Hortense qui n\u2019était pas.enfin.il faut le reconnaître.qui n\u2019était pas tout à fait de notre monde.Je ne le dirais pas si je ne savais que c\u2019est par compassion que vous avez épousé la pauvre petite.Quentin releva le mot : \u2014 Compassion.pour moi-même peut-être.Mais quoique son intonation affectât l'indifférence, il y eut une expression dans ses yeux que Rosalie interpréta comme l\u2019aveu tacite qu\u2019il n\u2019était pas parfaitement heureux.L'imagination de Rosalie prit le mors aux dents.Elle alla jusqu\u2019à supposer, malgré les réponses évasives de Quentin, qu\u2019il y avait eu queque scène violente quand Mme Talbot mère avait reçu sa fameuse lettre.Peut-être Mme Talbot était-elle vraiment ignorante des faits; peut-être, adorant son fils comme Rosalie savait qu\u2019elle l\u2019adorait, avait-elle déjà, avant d\u2019avoir été renseignée par la lettre, des préventions au sujet d\u2019Hortense.Peut-être ces complications avaient-elles fait sentir plus vivement à Quentin que son mariage bâclé était un fiasco.Peut-être Hortense et lui s\u2019étaient-ils disputés.Enfin, Rosalie croyait savoir d\u2019une façon certaine que Quentin n\u2019était pas heureux.Un homme est plus maniable quand il est malheureux.Et de nouveau elle transforma en décor de théâtre le salon des Talbot, faisant preuve d\u2019un véritable talent d\u2019actrice, se montrant suppliante et pathétique.\u2014 Vous m'\u2019aimerez encore, je le veux! proféra-t-elle avec passion.Quentin, embrassez-moi! Embrassez- moi ! \u2014 Certainement ! dit-il avec drôlerie.Et il déposa un gros baiser fraternel sur la joue de Rosalie.De plus en plus furieuse, Mme Sparling saisit entre ses mains la figure de Quentin et força celui-ci à rencontrer ses lèvres.\u2014 Maintenant, vous m'\u2019aimez ! clama-t-elle.\u2014 Non ! répondit-il froidement.Il y a déjà quelque temps que la dernière étincelle de mon amour pour vous s\u2019est éteinte.Rien ne peut en faire surgir d\u2019autres.Je ne vous aime ni même ne vous hais.Je reste complètement insensible à vos avances, Elle se révolta : \u2014 Ce n'est pas vrai! pas être vrai! Lentement, elle recula, comprenant enfin qu\u2019il était vraiment délivré du joug qu\u2019elle avait fait peser sur lui, et qu\u2019elle était vaincue.Son visage exprima la haine.Jamais elle ne s\u2019était sentie pareillement humiliée par Quentin.Lentement, elle ramassa ses gants, son écharpe et marcha vers la porte.Arrivée à la porte, elle se retourna : \u2014 Je suppose que c\u2019est d\u2019Hortense que vous êtes maintenant amoureux.Il ne répondit pas et elle continua : \u2014 Enfin permettez-moi de vous informer que vous perdez vojre temps.Vous savez, n\u2019est-ce pas, qu\u2019elle ne vous aime pas ?pro- Ce ne peut Il resta silencieux, le visage contracté et regardant le tapis.Elle eut l\u2019intuition d\u2019avoir mis le doigt sur la plaie et avec une satisfaction farouche, elle se dit que si elle ne pouvait conserver son ascendant sur lui, elle pouvait encore le faire souffrir.\u2014 Alors, vous l\u2019aimez ! avec une jalousie subite.Talbot s\u2019efforça de demeurer calme.\u2014 Vous partez?dit-il, faisant son intonation aussi banale que possible, toutefois sans y parvenir tout à fait.Laissez-moi vous reconduire, Rosalie, et merci du compliment que vous venez de me faire en me croyant digne d\u2019aimer une noble créature comme Hortense.Sa voix tremblait en prononçant ces derniers mots.\u2014Je me demande, lança Rosalie d\u2019une voix perfide, si vous serez le moins du monde contrarié de partager cria-t-elle QU'ELLE A DES VARICES! 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Il entendit la porte d\u2019entrée que Pettigrew fermait.« Serait-il possible que ce soit Dicky à qui elle tiendrait ?Grand Dieu ! Elle pourrait aimer Dicky ?.Et cependant.» Furibond, il cria tout haut: \u2014 Qu'il soit damné! Je le broierai ! Il se laissa tomber dans un fauteuil, la tête dans ses mains crispées.CHAPITRE XIII grâces Kenyon, Hortense trouva, l\u2019attendant au logis, un mari morose et grognon.Ils échangèrent quelques banalités.Cependant, au bout d\u2019un moment, Talbot demanda : \u2014 Comment se porte.Mme Kenyon ?\u2014 Elle paraissait bien, fut la brève réponse.\u2014 Ftait-elle seule ?\u2014 Non.Hortense allait ajouter autre chose, mais hésita.\u2014 Elle avait du monde alors.Qui connaît-elle ?\u2014 Non, pas exactement du monde.M.Sparling était là.Encore sous l\u2019impression désagréable que la vue de ce dernier lui avait causée, sa voix trahit un certain embarras, que Talbot surprit aussitôt.\u2014 Par Jupiter, il était là ?dit-il.Son visage s\u2019assombrit.Pourquoi fait-il des visites à Mme Kenyon ?\u2014 Je l\u2019ignore.\u2014 Et pourquoi vient-il faire une visite quand vous êtes là.Maintenant apparaissait, dans ses yeux, une expression étrange et déconcertante.Hortense dit timidement : \u2014 Peut-être est-ce le hasard ?\u2014 Croyez-vous que ce fût seulement le hasard ?Elle hésitait et avant qu\u2019elle eût le temps de parler, il dit : \u2014 C\u2019est singulier qu\u2019il ne soit jamais là quand je fais, moi, une visite à Mme Kenyon.F REVENANT de sa visite à Mme Il se détourna aussitôt, de sorte qu\u2019elle ne pouvait même pas voir son visage, Hortense pensa: « Quel orage se prépare ?» Elle regardait Quentin avec perplexité, mais avant qu\u2019elle pût l'interroger, il se tourna vers elle et dit brusquement : \u2014 Hortense, avez-vous confié à Rosalie que vous m'avez épousé sans avoir de l\u2019affection pour moi ?Elle rougit très fort.\u2014 Oui, fit-elle brièvement.\u2014 Pourquoi l\u2019avez-vous fait?N\u2019était- ce pas une chose d\u2019un caractère trop intime pour la lui confier ?\u2014 Je voulais l\u2019empêcher de continuer à vous poursuivre.\u2014 Comment cela pouvait-il y aider ?demanda-t-il.\u2014 J'ai cru qu\u2019elle essayait de.de.vous garder amoureux d\u2019elle parce qu\u2019elle voulait me blesser, moi.Malgré toutes ses protestations, je n\u2019ai jamais cru qu\u2019elle eût pour moi de la sympathie.\u2014 Je m\u2019en rends compte.\u2014 J'ai pensé que si elle pouvait acquérir la conviction que je n\u2019étais pas éprise de vous, elle arriverait à comprendre qu\u2019elle ne pouvait guère me blesser de ce côté-là.J\u2019espérais qu\u2019elle s\u2019arrêterait.\u2014 Je comprends.\u2014 Mais le plan ne valait rien, et elle n\u2019a pas désarmé.Hortense regarda Quentin en face, mais le visage de Talbot restait sombre et fermé.: \u2014 Je.je détestais lui dire ce que je croyais devoir.Il me semblait que c\u2019était lui donner quelque chose qui nous appartenait.et à nous seuls.même si ce n\u2019était pas quelque chose de très beau.Il inclina la tête en signe d\u2019adhésion.\u2014 Est-ce que vous m\u2019en voulez, Quentin ?Il ne répondit pas tout de suite, puis : \u2014 Je n\u2019aurais pas cru que vous lui auriez dit une chose comme celle-là.Après tout, je ne sais pas.et sans doute avez-vous fait pour le mieux.Lui avez-vous dit aussi que vous m'avez épousé pour un nom ?Elle secoua la tête : \u2014 Non, fit-elle.\u2014 Et pourtant, elle a pu l\u2019écrire à ma mère.\u2014 Cela m'\u2019intrigue aussi, Quentin.Oh! je voudrais bien aujourd\u2019hui n\u2019avoir pas joué au plus fin avec elle! \u2014 En tout état de choses, pourquoi souhaiterait-elle vous faire du tort ?Elle rougit.Il continua : \u2014 Oh! c\u2019est facile à deviner ! Il prononga ces paroles d\u2019une façon si significative qu\u2019Hortense sursauta.Etait-il possible qu\u2019il fût informé de l'engouement de Sparling pour elle ?Était-ce à cela qu\u2019il faisait allusion ?Et s\u2019il savait, comment avait-il su?Etait-ce le résultat de sa propre observation, ou.Elle demanda vivement : \u2014 Rosalie est-elle venue cet après- midi ?\u2014 Oui.\u2014 Vous a-t-elle dit quelque chose sur.et elle se troubla.\u2014Sur vous?dit-il rapidement.Oui.Elle.\u2014 Non, non, pas sur moi.Je veux dire.sur M.Sparling ?\u2014 Oui, aussi, sur M.Sparling.\u2014 Alors, vous.vous savez ?bal- butia-t-elle.\u2014 Oui, je sais.Il y eut un silence.\u2014 Je ne voulais pas que vous soyez ennuyé à ce sujet, dit-elle timidement.Talbot était si bizarre qu\u2019Hortense n\u2019arrivait pas à comprendre sa pensée.\u2014 Je veux dire que vous avez assez de vos propres tribulations, sans être tracassé par les miennes, ajouta-t-elle.Elle regarda, avec une sorte de regret, le visage maigre et grave de son mari, cherchant à lire sa pensée.Mais elle ne put qulacquérir la certitude qu\u2019il avait été profondément blessé.Elle supposa que Rosalie l\u2019avait harcelé à nouveau par jalousie et vengeance.Elle ne put se retenir de le plaindre tout haut: \u2014 Pauvre garcon! Mais Talbot se détourna et cria: \u2014 N\u2019ayez pas pitié de moi! Je ne puis tolérer qu\u2019on me plaigne ! \u2014 Mais qu'on vous tourmente ainsi me paraît une honteuse injustice ! \u2014Je crois qu\u2019on peut apprendre beaucoup par ce qui paraît injuste! Oh! pardonnez-moi, dit-il, la voix adoucie.J'ai eu un après-midi très pénible.Vous aussi, je le crains.Il regardait Hortense en face.\u2014 En effet, admit-elle, bien pénible ! Il songeait à Sparling, mais évidemment elle n\u2019y songeait pas, car elle dit : \u2014 Il m\u2019est impossible de faire comprendre à Mme Kenyon qu\u2019elle ne doit pas dépasser les limites de sa rente.\u2014 Elle les a donc déjà dépassées ?\u2014Et de beaucoup.Je ne sais vraiment pas comment agir avec elle.Quelque chose de l\u2019aspect boudeur de Talbot se dissipa un peu, quand il comprit qu\u2019Hortense était réellement malheureuse.\u2014 Hortense, reprit-il tout à coup, croyez-vous qu\u2019elle soit votre mère ?LA REVUE POPULAIRE Elle le regarda avec des yeux effrayés dans lesquels, néanmoins, apparaissait une lueur d\u2019espoir.\u2014 Quentin, dit-elle, d\u2019une voix tremblante, est-ce que vous ne le croyez pas ?Son trouble pathétique révélait la honte qu\u2019un pareil espoir lui causait.Une vague de pitié balaya la dernière ombre de l\u2019humeur noire de Quentin.Il s\u2019approcha d\u2019Hortense et, d\u2019un geste protecteur, lui enlaça la taille.\u2014 Chère, dit-il, souhaitez-vous donc tant qu\u2019elle ne soit pas votre mère ?Hortense rougit jusqu\u2019aux cheveux.\u2014 Je ne devrais pas l\u2019avouer, je le sais.Je ne devrais pas, mais je désire tellement, en effet, qu\u2019elle ne le soit pas! Oui, Quentin, c\u2019est vrai.C'était déjà assez triste de n\u2019avoir pas de mère, mais il est encore bien plus affligeant d\u2019en avoir une de cette sorte, qui m\u2019est complètement étrangère.Elle cacha son visage sur la manche de Talbot.\u2014 Ecoutez, Hortense.Je n\u2019ai rien pour appuyer mon impression, mais il m\u2019est impossible de croire qu\u2019elle soit votre mère.Je veux que vous me donniez l\u2019autorisation de m'\u2019informer à fond s\u2019il est prouvé qu\u2019elle est bien votre mère ; alors, au moins, nous serons délivrés du doute.Laissez-moi agir à ma guise, et d\u2019une façon ou d\u2019une autre, je découvrirai la vérité.Ce sera toujours ça, n\u2019est-ce pas ?\u2014- Oui, balbutia-t-elle, ce sera toujours ça.Ne me méprisez pas, Quentin, je vous en supplie.Il m'est impossible de modifier mes sentiments à l\u2019égard de celle qui se dit ma mère.\u2014 Mon opinion vous importe donc beaucoup ?lui murmura-t-il.\u2014 Oui, et vous le savez parfaitement, répondit-elle très émue.Pendant une seconde il resserra l\u2019étreinte du bras qu\u2019il avait passé autour de la taille d\u2019Hortense, puis aussi rapidement, il se dégagea et demeura immobile.\u2014 Nous sommes au moins amis ?dit-il en hésitant.\u2014 Toujours amis, Quentin, répondit- elle dans un souffle.\u2014 Et si je n\u2019arrive pas à prouver ce que nous voulons savoir sur Mme Kenyon, alors, chère, il faut vous rappeler que c\u2019est vous qui êtes en jeu.Il convient de vous rappeler également que je suis votre mari, et que vos inquiétudes sont les miens.Per- mettez-moi d\u2019agir envers cette femme comme je le trouverai bon.Et maintenant, laissez-moi partir avant que.Le langage et les manières de Talbot devenaient incohérents.\u2014 Je ne vous retiens pas, Quentin, répondit Hortense en riant doucement.C\u2019est vous qui.\u2014 J\u2019oubliais.dit-il soudain.Hortense se trouva seule.Elle étendit la main pour retenir son mari, mais il était déjà parti.Elle se couvrit les yeux de ses mains tremblantes.CHAPITRE XIV UELQUE TEMPS après, Quentin étant absent, Mme Kenyon téléphona à Hortense, la priant de venir la voir sans tarder.Une fois là, elle la supplia d\u2019aller chercher son médecin lequel, prétendait-elle, n\u2019avait pas le téléphone.Sans se méfier de rien, Hortense se rendit à l\u2019adresse désignée où elle trouva, l\u2019attendant, et seul, Dicky Sparling.C\u2019était un guet-apens.Avant de partir, elle avait heureusement dit à Pettigrew qu\u2019elle se rendait chez sa mère.Quentin rentra plus tôt qu\u2019il ne l\u2019avait prévu.Inquiet tout à coup de la longue absence d\u2019Hortense, il courut chez Mme Kenyon pour apprendre, en lui promettant de l\u2019argent, que sa femme était chez Sparling.Il y courut et quand il parvint à forcer la porte, Hortense était dans les bras de Dicky - + A AOUT 1944 qu\u2019elle cherchait de toutes ses forces à repousser.Mais Quentin avait-il compris l'affreuse situation dans laquelle elle se trouvait?Apres avoir ramenée a la maison, sans un mot, il la quitta brusquement pour aller tout droit chez Mme Kenyon.La, il forga celle-ci a lui avouer, sous la menace de poursuites judiciaires, qu\u2019elle n\u2019était pas la mère d\u2019Hortense, sa femme.Quentin n\u2019étant pas rentré pour le déjeuner, Hortense fut de plus en plus maheureuse et inquiète.Elle passa l'après-midi à guetter les bruits de l\u2019antichambre, trop désemparée pour s'attacher à un travail, à une lecture.En outre, les souvenirs affreux de la veille l\u2019emplissaient de fureur et de honte.A l'heure du thé, elle eut la surprise de voir arriver la mère de Quentin.Surmontant son émotion, elle parvint à faire un accueil extrêmement cordial et même joyeux à sa belle-mère.Pour un instant, elle oublia le nouvel obstacle qui s\u2019était levé entre Quentin et elle.Elle permit à l'espérance de l\u2019auréoler comme un arc-en-ciel.Mais vite, elle se souvint: l\u2019are-en- ciel s\u2019éteignit et l'horizon s\u2019assombrit de nouveau.Elle n\u2019avait pas eu le temps de répondre à sa belle-mère quand la porte s\u2019ouvrit pour livrer passage à Rosalie Sparling, suivie de Talbot.La méchante femme essayait en vain d\u2019avoir l\u2019air très à son aise.Mais elle jeta sur Hortense un regard plein d\u2019hostilité.Talbot \u2014 tellement préoccupé qu\u2019il n\u2019avait pas encore aperçu sa mère, perdue dans les profondeurs d\u2019un grand fauteuil de cuir \u2014 dit à Hor- tense : \u2014Je vous amène Rosalie, parce qu\u2019elle a à vous parler.Hortense se leva d\u2019un bond, avec le pressentiment qu\u2019il arrivait encore quelque chose de grave.Cependant, elle pensa à désigner d\u2019un geste Mme Talbot : \u2014 Vous ne voyez donc pas que votre mère est ici, Quentin ?La vieille dame s\u2019était levée.Son fils l\u2019accueillit avec effusion.Il la prit dans ses bras et, se baissant, l\u2019embrassa sur les deux joues, puis eut pour Hortense un regard profond et interrogateur.\u2014 Je crois qu\u2019il est bon que ma mère entende ce qui va se dire.Il y a des choses qu\u2019elle n\u2019a jamais pu bien comprendre.Et faire des mystères est une pauvre politique à fâcheuses conséquences.Il semblait parler pour Hor- tense.Il se tourna vers Rosalie : \u2014 Vous ne voulez pas vous asseoir ?La jeune femme ne répondit pas et resta debout, son élégante silhouette très droite et immobile, une main semblant contenir les battements de son cœur.Quentin revint à Hortense : \u2014 Mme Kenyon n\u2019est pas votre mère, j'en ai la preuve écrite dans ma poche.Mme Talbot s\u2019élança avec un cri de joie : .\u2014 Quentin ! Dis-tu la vérité ?\u2014 Je dis la vérité.Je l\u2019ai vue, elle.Elle m\u2019a tout avoué.Eh bien! Hor- tense ! Hortense était comme figée et le regardait.Maintenant que son espoir était réalisé, maintenant qu\u2019on possédait enfin la vérité, elle l\u2019acceptait avec calme.Elle n\u2019était pas vraiment surprise ; elle recevait simplement la confirmation de ce qu\u2019elle avait senti, dès le premier jour, par intuition.Elle se décida cependant à répondre, mais d'une voix frémissante : \u2014 Quentin, je.suis infiniment.soulagée ! Quentin continua : \u2014 C'était un coup monté contre nous deux.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Par haine et par rancune.\u2014 Par rancune?Quelle rancune Mme Kenyon pouvait-elle avoir contre moi ?Je ne l\u2019avais jamais vue, j'ignorais son existence !.\u2014 Bien entendu.Mais elle n\u2019a été qu\u2019un instrument dans les mains de Rosalie.\u2014 Rosalie ?s\u2019écria Hortense, les yeux exorbités.Comment! Rosalie était mêlée à cette histoire ?Rosalie releva la tête plus haut que jamais, comme si elle méprisait ce qui se disait autour d\u2019elle.Seule, sa main se crispait.\u2014 Mais de quelle façon ?Quel rôle a-t-elle joué ?\u2014 Tous les rôles, continua Quentin.Elle était possédée du désir de vous faire du mal.Seulement, comment elle a appris ce qui lui a permis d'agir, je ne le sais pas.Peut-être voudra-t-elle nous le dire?Il regarda ennemie.Celle-ci les fit attendre un instant avant de répondre, en affectant une complète indifférence et en prononçant du bout des lèvres : \u2014 Si vraiment ça vous intéresse, sachez que c\u2019est Ginesta qui m\u2019a donné tous les détails qui m\u2019étaient nécessaires.\u2014 Ginesta ! s\u2019écria Hortense horrifiée.\u2014 Oh! fit Rosalie, elle m\u2019a donné ces détails en toute bonne foi, sans aucune arriére-pensée.\u2014 Enfin, pour dire vulgairement la vérité, intervint Mme Talbot avec un a-propos inattendu, vous lui avez tiré les vers du nez!.Je suis honteuse, Rosalie, que vous soyez, vous aussi, comme nous, une femme ! Après cette sortie, Mme Talbot, toute émue, retomba dans son fauteuil.\u2014 Je crois que ma mère vient d\u2019exprimer l\u2019opinion générale, dit Talbot.Se tournant de nouveau vers Hor- tense : \u2014 Quoi qu\u2019il en soit, en possession des renseignements, elle s\u2019en servit avec habileté.Ensuite, Quentin raconta sommairement ce qu\u2019il savait, puis il lut la confession de Mme Kenyon.Lorsqu'il eut terminé, son regard sérieux alla de Rosalie à Hortense.Il y eut un long et pénible silence.Quentin le rompit : \u2014 Que devons-nous faire, Hortense ?\u2014 À quel sujet ?\u2014 Rosalie ?Hortense ouvrit des yeux surpris : \u2014 Je.je crois que j'aimerais ne plus la connaître.Cela vous con- trarierait-il ?\u2014 Me contrarier ?Il eut un rire amer.\u2014 Et c\u2019est tout ?Apres tout ce qu\u2019elle vous a fait ?\u2014 Quelle autre chose pourrais-je done vouloir ?\u2019 \u2014 La poursuivre en justice.Hortense se montra épouvantée.\u2014 Oh! non! Je ne veux pas la faire punir par les lois! Ce serait trop affreux ! \u2014 Voilà tout ce qui vous vient à l\u2019esprit contre la femme qui n\u2019a reculé devant rien pour vous nuire ?\u2014 Oh! je suis trop contente ! Je suis si contente que la grotesque Mme Kenyon n\u2019ait aucun droit sur moi, ne soit pas ma mère, que je ne peux même pas souhaiter du mal à Rosalie.interrogativement leur Quentin lui prit les mains et les écrasa dans les siennes.Pour un instant, la terrible scène d\u2019hier soir avec Sparling fut oubliée.Il était ému jusqu\u2019au fond de son être par la générosité de sa femme.Mais Rosalie, toujours haineuse et vaniteuse, perisant qu\u2019elle tenait encore un atout dans son jeu, entendait s\u2019en servir.\u2014 Je suppose, susurra-t-elle, la tête renversée et caressant nonchalamment un bibelot à sa portée sur une table, que je devrais être humble devant quetvez chez vous les HOMMES et les FEMMES des SERVICES ARM£, Si vous voulez de l'harmonie, quand vous avez des gars en uniforme, servez simplement une assiette de Ritz.Les Ritz sont croquants et leur bon petit goût de noisette fait que tout le monde en reprend.Avec eux, le fromage ou la confiture, ainsi que les breuvages chauds ou froids sont meilleurs.Demandez des Ritz à votre épicier \u2014 c'est le Cracker Favori au Canada.CHRICT'E, BROWN AND COMPANY, LIMITED des TIMBRES 4 7 cc; | PRENEZ SOIN DE VOTRE BÉBÉ VOUS-MÊME Par MEREDITH MOULTON REDHEAD, Ph.B.Conseiller sur l'Alimentation Infantil\u2014\u2014Heinz Home Institute © Les bébés ont besoin de beaucoup d\u2019affection! 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Suivre le mode d'emploi sur COMPOSÉ comrosé LYDIA E.PINKHAM Lisez chaque mois .Chez tous les dépositaires : 10 cents > Hortense et confondue par sa longanimité.Mais, il y a une chose que je désire dire d\u2019abord, avant que vous fassiez de notre chère Hortense une héroïne.Enfin, je désire lui poser une question.\u2014 Parlez.J\u2019écoute, fit Hortense froidement.Rosalie prit un air méchamment triomphant pour dire: \u2014 Est-ce vrai ou non que je vous ai vue, le soir de mon bal, seule avec Dicky dans la serre?.Hortense rougit et répondit avec simplicité : \u2014 Vous avez bien vu.Le visage de Talbot devint marmoréen, et il s\u2019éloigna brusquement de sa femme.Rosalie poursuivit : \u2014 Et il vous embrassait.\u2014 Oui, il essayait de m\u2019embrasser, il m\u2019embrassait donc malgré moi! \u2014 Vous savez, n\u2019est-ce pas, qu\u2019il vous aime ?Vous n\u2019ignorez pas, non plus, que tout le temps que vous avez joué la comédie de l\u2019épouse soumise à Quentin, vous me voliez mon mari ?La douce Hortense commençait à sortir de son caractère, Elle cria : \u2014 Moi?Quelle horreur! Vous voler votre mari?Je n\u2019y ai pas pensé une minute! Je n\u2019en ai pas eu la moindre intention ! Rosalie ne se démonta pas.Elle voulait gagner la partie : \u2014 Oh! cette réponse ! Est-ce qu\u2019une femme ne sait pas jouer avec un homme pour le rendre amoureux, sans avoir l\u2019air d\u2019y penser ?Hortense continua de parler haut et ferme : \u2014 Lorsque j\u2019ai compris, bien tardivement c\u2019est vrai, que Sparling me faisait la cour, j'ai tout tenté pour l\u2019éviter.Rosalie ricana : \u2014 Je ne m\u2019en suis pas aperçue, ni lui, ni personne d'autre, je crois!.Soudain, Talbot s\u2019approcha d\u2019Hor- tense et lui demanda avec une apparente froideur : \u2014 Est-ce vrai ce qu\u2019elle dit pour le soir du bal ?Hortense le regarda en face et protesta avec énergie : \u2014 Oui, Quentin, c\u2019est vrai, mais je le répète, malgré moi, bien malgré moi! J\u2019ai lutté, et si je n\u2019ai pas crié, c\u2019est par peur du scandale! Et.Quentin Vinterrompit pour dire comme à lui-même, avec amertume : \u2014 Il y a aussi longtemps que cela ?Et, de nouveau, il s\u2019éloigna d\u2019elle.Hortense le regardait et ses yeux se remplissaient de larmes.Rosalie, sentant quel avantage elle pouvait tirer de la jalousie trop visible de Talbot, éleva la voix et parla avec furie : \u2014 Oh! elle a joué un double jeu avec nous tous! Non seulement elle m\u2019a volé l\u2019amour de mon mari, mais elle l\u2019aime ! Flle l\u2019aime! Tout le monde en parle! Tout le temps que vous avez été absent, Quentin, elle lui a permis de rester de longues heures avec elle! Ils sont même sortis ensemble ! Des gens les ont vus et me l\u2019ont dit! Ne m\u2019interrompez pas, Hor- tense ! Je n\u2019ai pas fini d\u2019éclairer Quentin! Dernièrement, depuis votre retour, ils ont fait, de l\u2019appartement de Mme Kenyon, le lieu de leur rendezvous!.Quentin l\u2019arrêta avec dureté : \u2014 Alors, c\u2019est la raison pour laquelle vous avez manigancé ce qui pouvait le plus blesser Hortense ?C\u2019est l\u2019explication de tout ?C\u2019est parce que vous avez vu votre mari amoureux de ma femme ?.Il n\u2019acheva pas et il eut un profond soupir.Rosalie s\u2019était retournée de son côté et elle dit avec une étincelle de passion dans les yeux : \u2014 Dicky est le seul homme que j'aie jamais aimé, car vous, Quentin, je ne vous aimais pas! Pendant un temps, vous m'avez amusée.Et puis, vous étiez riche.Mais toutes vos théories, tout votre grand idéal, ont fini par m\u2019assommer, en moins d\u2019une semaine ! Il ny a au monde qu\u2019un homme dont je désire l'amour et elle me l\u2019a pris! Elle désignait Hortense, de son doigt tendu, magnifiquement dramatique sous l'impulsion du sentiment sincère qui l\u2019agitait.Elle continua : \u2014 1] l'aime! II me dédaigne pour elle! Il en est fou! Tellement qu\u2019il n\u2019essaie même pas de me le cacher! Mais, Quentin, ce que je veux que vous compreniez clairement, c\u2019est qu\u2019elle l\u2019aime aussi ! Elle s\u2019arréta enfin, haletante, le visage coloré, les lèvres tremblantes.Comme Rosalie prononçait ces dernières paroles, Hortense bondit, ne pouvant en supporter davantage.Que quelqu\u2019un pût s\u2019imaginer qu\u2019elle eût un faible pour un homme méprisable comme Sparling, n\u2019était pas tolérable ! Que Quentin pût continuer à croire qu\u2019elle aimait cet homme l\u2019affola.Elle perdait toute timidité, toute réserve : l\u2019heure des révélations était venue pour elle.Elle se retourna et regarda en face son mari: \u2014 Il est vrai qu\u2019il m\u2019a embrassée ! Il est parfaitement vrai qu\u2019il m\u2019a recherchée tout le temps que vous étiez en Afrique! Il est vrai aussi que depuis votre retour, il m\u2019a rencontrée plusieurs fois chez cette horrible Mme Kenyon.Celle-ci le tenait au courant de mes moindres faits et gestes.Hier soir, cette effroyable affaire, à laquelle vous ne pouviez rien comprendre, avait été préparée encore par elle et Sparling! C\u2019était un guet- apens ! Et d\u2019une voix défaillante, elle raconta l\u2019histoire du docteur Gray.C\u2019était la première fois que Quentin entendait parler du docteur Gray et il écouta Hortense avec une curiosité intense.\u2014 I est donc vrai aussi, reprit-elle, que Quentin m\u2019a trouvée hier soir séquestrée par M.Sparling et entre ses bras, en dépit de ma furieuse résistance ! Tout ceci est malheureusement vrai! Et Quentin devrait se souvenir qu\u2019à diverses reprises, je lui ai demandé de ne plus fréquenter votre ménage.J\u2019ai toujours détesté ce monsieur.C\u2019est un misérable, un traître ! Il est bien digne d\u2019être votre mari! Sa voix s\u2019étrangla, des larmes coulaient sur ses joues.\u2014 Ce qui m'est le plus douloureux, c\u2019est que Quentin croit ces infamies et pas ce que je dis! Talbot couvrit son visage de ses mains.Hortense voulut aller jusqu\u2019au bout: \u2014 La vérité, je veux la dire tout entière pour Quentin et pour sa mère : j'aime, j'aime avec la passion la plus profonde.Les mains de Quentin s\u2019abaissèrent.Ses yeux anxieux regardaient Hor- tense.Celle-ci chassait de la main les larmes qui l\u2019aveuglaient.Et en jetant un regard de défi autour d\u2019elle, elle eria en s\u2019enfuyant : \u2014 Jaime.J\u2019aime mon mari! CHAPITRE XV VANT qu\u2019elle eût atteint la porte de sa chambre, elle entendit Quentin éclater de rire, d\u2019un rire étrange, violent, comme ironique et fou.Elle s\u2019enferma, enfouit sa tête dans ses oreillers, mais ce rire retentissait sans interruption dans son cerveau.Quelle naïve elle venait d\u2019être! Pourquoi avait-elle trahi son secret ?A quelle impulsion insensée avait-elle cédé en criant ces derniers mots : \u2014 J\u2019aime mon mari! Quelle affreuse douleur de penser qu\u2019il se moquait d\u2019elle.et devant Rosalie I.LA REVUE POPULAIRE Elle appuyait son visage brûlant contre le linge frais des coussins, implorant la terre de s\u2019ouvrir subitement pour l\u2019engloutir.Le temps passait.Elle ne sut pas, lorsqu\u2019on frappa à la porte, si c\u2019étaient des minutes ou des heures qui venaient de s\u2019écouler.D\u2019une voix étouffée, elle cria : \u2014 Entrez ! Quentin s\u2019approcha d\u2019elle, et il dit doucement, en regardant avec émotion la pauvre petite figure pathétique couverte de larmes : \u2014 Hortense.\u2014 Que me voulez-vous ?murmura- t-elle.\u2014 Je veux vous parler.\u2014 Je vous écoute, répondit-elle sans changer d\u2019attitude.\u2014C\u2019est un généreux et bienfaisant mensonge que vous avez fait tout à l\u2019heure.Ne voulez-vous pas que je vous en remercie ?A ces mots, elle se leva, droite et rigide, ses boucles emmêlées, son visage coloré, ses yeux encore brillants de larmes.\u2014 Quentin, dit-elle en le regardant bien en face, croyez-vous vraiment que c\u2019est un mensonge ?Ça n\u2019en est pas un, je vous le jure! Elle le regardait avec l\u2019expression d\u2019une enfant en colère.\u2014 Rien ne pourrait me faire dire que je vous aime si je ne vous aimais pas! Jai donc dit la vérité absolue, solennelle ! Un silence suivit, si lourd entre eux, qu\u2019Hortense s\u2019en sentait oppressée.Ne pouvant le supporter plus longtemps, elle reprit avec ardeur, avec volubilité: \u2014 Oui, et vous vous êtes moqué de moi, vous avez ri après mon départ! Evidemment, je ne puis vous empêcher de me juger comme il vous plaît! Pourtant ce que j'ai dit est vrai, je le répète ! Je vous aime! Je vous aime depuis des éternités! Je l'ai compris quand j'étais à Brighton loin de vous, surtout quand vous m\u2019êtes apparu ce jour-là ! Maintenant que vous savez la vérité, je pense que je peux m\u2019en aller! Elle tourna sur elle-méme, se dirigeant vers son manteau et son chapeau.Quentin, souriant, merveilleusement heureux, la retint par un bras: \u2014 Vous en aller ?Où ?\u2014 Loin! Loin! N\u2019importe où! Loin de vous! La réponse de Quentin ne se rapporta pas directement à cette dernière phrase.\u2014 Moi, je me suis moqué de vous ?Mais, chère, je n\u2019aurais pas pu m\u2019empêcher de rire, même si ma vie en avait dépendu ! \u2014 Etait-ce.si.si drôle ?.in- terrogea-t-elle, hésitante.\u2014 Drôle ?Non, petite fille, ce n\u2019était que prodigieux, inattendu, extraordinaire.merveilleux! Voilà tout.Elle se tourna vers lui, furieuse : \u2014 Est-ce que vous me faites la cour?\u2014 Oui.\u2014 Vous m'avez dit autrefois qu\u2019avant de parler d\u2019amour à une femme, vous aviez besoin de vous imaginer.\u2026 \u2014 Amoureux de cette femme?\u2026 \u2014 Oui.Allez-vous prétendre maintenant que vous m\u2019aimez ?\u2014 Non, je ne prétends pas: je vous aime.\u2014 Quentin! Vous ne jouez pas franc jeu! Vous m\u2019aviez affirmé que rien au monde ne vous ferait dire cela.\u2014 Excepté dans un cas.celui où je vous aimerais.Et je vous aime.Elle le regarda avec anxiété: \u2014 Vous dites cela parce que j'ai avoué que.je vous aime, dit-elle lentement.Il lui saisit le bras et la rapprocha de lui.\u2014 Retirez ces paroles ! \u2014 Alors ?.Alors?.Il répondit gravement : Et Rosalie ? AOÛT 1944 \u2014 J'imagine, Hortense, qu\u2019il existe deux sortes d\u2019amour, celui qui enflamme les sens d\u2019un homme et celui qui s'empare de son cœur: l'un est une folie, une fièvre qui passe, l\u2019autre pardonne tout.\u2014 Mais.il y a eu.Rosalie?\u2014 Cui, répondit-il honnétement, il y a eu Rosalie, mais il y aura vous pour toujours.\u2014 Quelle douleur pour moi de ne pas être la première ! \u2014.Mais vous serez la dernière! Oh! ma chérie, si je pouvais, j'arracherais de l\u2019histoire de ma vie les pages où passe cette femme ! Je viendrais à vous avec le premier émoi de mon cœur, s\u2019il était en mon pouvoir de le faire! Mais je ne le puis.Je ne puis que vous dire que je vous aime comme je ne croyais pas qu\u2019il fût possible d\u2019aimer personne ! Vous avez pour jamais trouvé le chemin de mon cœur.Elle demeura un long moment silencieuse, les regards légèrement détournés, le visage extrêmement doux et pensif.Puis: \u2014 Quentin, depuis combien de temps savez-vous ?.Quand l\u2019avez-vous découvert ?\u2014 Que je vous aimais ?Elle fit un signe de tête affirmatif.\u2014 Un soir, la veille de mon départ pour Brighton.À dîner, j'étais seul, pensant à vous, naturellement.Un moment, j'ai oublié que j'étais seul, et j'ai levé les yeux, croyant vous voir en face de moi.Bien entendu, vous n\u2019y étiez pas.Et pendant une minute, la vie m\u2019a paru désolée, vide et ne valant pas la peine d\u2019être vécue.Je me suis mis en colère.J\u2019ai pris Petti- grew a partie.Je n'ai fait que grogner tout le reste de la soirée, jusqu\u2019au moment où, comme un éclair, j'ai compris que je vous aimais.Et je suis venu le lendemain à Brighton pour vous le dire.Mais une parole que vous avez laissé tomber m\u2019a fait croire que j'arrivais trop tard.\u2014 L'allusion à cet autre personnage ?\u2014 Oui.Elle eut un petit éclat de rire jeune, france, heureux : \u2014 Et pourtant, c\u2019était vous!.\u2014 Tout le temps ?\u2014 Tout le temps.\u2014 Je n\u2019ai commencé que plus tard à espérer.Quand je suis revenu d\u2019Afrique et que vous m\u2019avez dit que nous n\u2019avions pas à craindre qu\u2019il se mit entre nous et que vous ne l\u2019aviez vu une seule fois pendant mon absence.Elle leva les yeux vers celui qui parlait et dit sur un ton de léger reproche: \u2014 Quentin, n\u2019auriez-vous pas dû vous souvenir de cela tout à l\u2019heure quand la venimeuse Rosalie m\u2019accusait ?\u2014 Me souvenir de quoi?\u2014 De ce que vous venez de rappeler vous-même, que je n\u2019avais pas vu l\u2019homme.l\u2019homme que j'aimais, tout le temps de votre absence.Vous saviez que j\u2019avais vu l'odieux Sparling.parce que je vous l'avais écrit.Avez- vous vraiment cru, méme pendant une seconde, que je vous avais menti ?La main de Quentin lâcha le bras d\u2019Hortense.Il s\u2019éloigna d\u2019elle, la tête baissée, honteux et confus.\u2014 Mme Kenyon m\u2019avait dit que vous et Sparling étiez d\u2019accord, que vous étiez allée de votre plein gré chez lui.Ce n\u2019était que la confirmation de ce que m\u2019avait dit Rosalie.Je suis impardonnable, Hortense, mais j'avais été aveuglé par la jalousie et le désespoir.Ils m\u2019ont fait tout oublier de ce que vous m'\u2019aviez dit, hors l\u2019idée que vous aimiez Sparling ! Voulez-vous, une fois de plus, accepter mes excuses ?Vous devez cependant être fatiguée, depuis le temps que je vous en fais.Il termina par un sourire navré qui remplit de pitié le cœur de la femme aimante.Elle lui tendit la main et il la saisit avidement entre les deux siennes.\u2014 Quentin, dit-elle avec tendresse, pourquoi ne m\u2019avoir pas dit depuis longtemps que vous m\u2019aimiez?\u2014 Je voulais étre certain.\u2014 Ne pouviez-vous pas l\u2019être, le jour de votre départ pour l'Afrique, à l\u2019aérodrome, quand j'ai couru vous dire adieu.\u2014 Non.imitation.; Rêveuse, elle ajouta : \u2014 Mais c'est vrai, que l\u2019homme haissable m\u2019a embrassée chez lui, le soir du bal! \u2014 Le misérable! Je réglerai cela.et le reste.avec lui, plus tard! \u2014 Oh! non, je vous en prie! Pas Cela pouvait être.une de violences! Méprisons-les, l\u2019un et l\u2019autre ! Ils se puniront eux-mêmes! \u2026.Ne pensons plus qu\u2019à nous! Répétez- moi que vous m\u2019aimez et que je ne rêve pas, acheva-t-elle frémissante.\u2014 Je vous aime, répéta-t-il a voix contenue.Lentement, le visage de Quentin s\u2019abaissa jusqu\u2019à celui d\u2019Hortense.Elle se sentit enlacée par les bras de son mari et en même temps ses yeux, ses cheveux, son cou furent couverts de baisers passionnés.Tout à coup, elle s\u2019arracha de ses bras avec un rire joyeux et entrai- nant Quentin par une main vers la porte, elle cria : \u2014 Allons apprendre à votre chère mère notre bonheur ! ConcorpiAa MERREL LES NYMPHES DES LACS [ Suite de la page 14] de nectar, aideront le grand ceuvre de fécondation, en secouant sur les pistils nubiles le pollen accroché a leurs agiles pattes.Le soir, modulant leur sérénade, des grenouilles viennent s\u2019asseoir sur les grandes feuilles, fragiles nacelles dans lesquelles elles se laissent bercer, paupières closes.Il est, cependant, des rois brutaux que le charme, la beauté ne captivent point et dont la voracité fait trembler les nymphes, comme naguère petit Poucet et ses frères devant l\u2019ogre puissant.Quand tout se tait dans la forêt, on entend quelquefois des craquements épouvantables.Un panache énorme déchire le rideau d\u2019épinettes, une masse fauve plonge dans le lac, bouleversant les eaux limpides, un museau terrible fouille la vase et une à une les pauvres petites déesses tombent.Sur l\u2019onde salie, les robes blanches, les robes jaunes flottent, souillées de boue, pendant que, dans sa gueule, l\u2019orignal tient ce qui fait ses délices : la tige souterraine des nénuphars.Cette tige souterraine, appelée rhizome et sur laquelle s\u2019implantent les pétioles des feuilles et les pédoncules floraux des nénuphars est le réservoir de provisions des déesses des lacs.C'est là que s'accumulent toute leur nourriture, l\u2019eau dont elles ont besoin et même l\u2019air qu\u2019elles respirent.Qu\u2019on saccage le réservoir, qu\u2019on le pille comme le fait l\u2019orignal et les nymphes sont condamnées.Mais, pour une qui meurt victime du roi de la forêt, dix, vingt, cent autres naîtront, car les graines sont nombreuses qui tombent des fruits mûrs sur les fonds vaseux.C\u2019est pourquoi règneront toujours sur les lacs, les étangs, les marécages, les gracieuses déesses, les nymphes vêtues de blanc comme de frêles épousées, les nymphes en robe de soleil.MARCELLE LEPAGE-THIBAUDEAU.+ LES GLAÏEULS Toutes les fleurs de la création, les humbles fleurettes des bois et des champs, les fleurs des arbustes, celles des grands arbres, réalisent en elle- même un idéal de perfection propre à chacune d'elles.Cependant, des savants qui se sont penchés amoureusement sur leur existence se sont demandé si de certaines de ces beautés sauvages, on ne pourrait pas faire de grandes dames dont la garde-robe contiendrait des toilettes, des parures aux nuances infiniment variées.Et ils ont opéré ce que l\u2019on appelle des croisements.Qu\u2019une telle espèce de rose soit fécondée avec le pollen d\u2019une autre espèce et voilà une variété.La nouvelle fleur, tout en gardant ses lignes premières, sera quelquefois de taille moins grêle et d\u2019une couleur différente.C\u2019est ainsi que les tulipes, les narcisses, le lis, les iris, les pivoines sont devenus des familles d\u2019aristocrates dont les individus ambitieux rêvent de dépasser en faste et en splendeur ceux de la génération précédente.Depuis quelques années, le glaïeul captive particulièrement les hybrideurs.Des humbles glaïeuls pourpres ou rosés ou même blancs qui croissent spontanément dans les champs, dans le midi de l\u2019Europe, dans l'Ouest de l\u2019Asie et en Afrique, ils ont crée les merveilles qui font notre admiration et dont les couleurs vont du blanc au rouge très foncé, en passant par les gammes les plus nuancées des roses et des mauves.On a vu des bulbes de glaïeuls nouvellement crées se vendre jusqu\u2019à cent dollars l\u2019unité.Aujourd\u2019hui, ces belles variétés, à leurs débuts réservées aux riches amateurs, peuvent s\u2019obtenir au prix modique de cinq sous le bulbe.Tous les propriétaires devraient avoir un choix de beaux glaïeuls qui épanouissent leurs épis de cloches à la fin de l\u2019été, quand la gloire des pivoines, des iris, des lis est déchue.La culture en est relativement facile.Tl s\u2019agit de planter les bulbes à cinq ou six pouces de terre de bonne heure au printemps, dans une bonne terre légère.La multiplication se fait par les bulbilles, ou petits bulbes qui naissent sur le bulbe initial.Des bulbilles de deux ans donnent déjà des plantes solides qui porteront de beaux épis floraux.A l\u2019automne, on déterre les bulbes, on les range soigneusement dans des caissettes en bois qu\u2019on place dans l\u2019endroit le plus frais de la cave.Si les plantes sont infestées par l\u2019insecte destructeur du glaïeul, le Thrips, il est conseillé de saupoudrer sur les bulbes des flocons de naphtaline ou \u201cboules à mites\u201d à raison de une demi-once par cinquante unités.Le mot glaïeul vient d\u2019un mot latin \u201cgladiolus\u201d qui signifie glaive, rappelant la forme allongée et pointue des feuilles.Les Français ont trouvé des noms populaires inspirés d\u2019une part par les lignes de la fleur et son éclat: \u201cLis de la Saint-Jean,\u201d et \u201cPetite Flambe.\u201d Faut-il vous conseiller de cultiver telle variété de glaïeuls ?Il en existe une quantité innombrable dans tous les tons et tous les alliages de couleurs et chacune a son mérite et sa beauté propre.Nous citons, au hasard, des célébrités que le Père Léopold recommande dans son ouvrage [ Lire la suite page 61] 59 (Tampax n\u2019échauffe pas) AU TRAVAIL OU au jeu, l'été est une saison dure au point de vue de la protection hygiénique mensuelle , .et Tampax est apprécié alors parce qu'il se porte intérieurement, ne pouvant produire ni plis, ni renflement, ni irritation! Aucune épingle, bande ou ceinture\u2014aucune odeur.Tampax est peu encombrant et se change tres rapidement.NI CEINTURES NI ÉPINGLES LIN TTT 13 Ni ODEUR Tampax, créé par un médecin, est fait de pur coton hydrophile extrêmement absorbant, mais comprimé sous un faible volume.Chaque Tampax est présenté dans son propre tube-applicateur breveté, qui évite d\u2019y toucher avec les doigts.Le tout est si compact qu\u2019il est fort aisé de s'en défaire.En trois formats: Ordinaire, Super et Junior\u2014 présentant des absorprions différentes.Toutes pharmacies, bazars, etc.Paquet d'essai, 25c.La grosse boîte, qui dure 4 mois en moyenne, offre une réelle économie.Canadian Tampax Corporation Limited.3 FORMATS ORDINAIRE JUNIOR Publicité acceptée par le Journa I\u2019 Association Médicale Américaine SUPER CANADIAN TAMPAX CORPORATION LTD, 533, rue Collège, Toronto 4, Ontario.Envoyez-moi sous enveloppe privée le nouveau paquet-échantillon de Tampax, Ci-inclus 10c pour frais d'envoi.J'indique le format désiré: {) ORDINAIRE () suPER ( ) junior Nom Adresse Ville __Prov, 1-44-7B 60 DIFFÉRENTE SI VOUS PERMETTEZ La Canada Dry's Sparkling Water est très différente d'une eau gazeuse ordinaire.Faite d\u2019après une formule scientifique, elle possède des propriétés supérieures\u2014elle est meilleure pour les breuvages et pour vous, 3 MODÈLES COMMODES LITTÉRATURE \u201cLES ILES DE LA NUIT\u201d d'Alain Grandbois Un écrivain canadien-francais, connu surtout pour son talent de conteur et d\u2019historien, vient de publier un recueil de poésies qui se place d'emblée au sommet de notre littérature poétique.Les Hes de la Nuit, d\u2019Alain Grand- bois, sont, en effet, un grand livre.Aucun poète n\u2019a joué de son instrument, sauf peut-être Paul Morin, qui est surtout un musicien du mot, et le regretté Saint-Denis Garneau, qui nous a livré, avant sa mort prématurée, quelques-uns des plus beaux vers de la langue française, personne n\u2019a tiré \u2018u verbe des accents plus vrais que M.Grandbois.Voici une langue mûre, une langue, si intimement marée à la pensée qu\u2019elle en est, non pas le vêtement, mais la chair même.Il est rare et in- Éniment précieux de trouver un ins- (rument si magistral qu\u2019il s\u2019abîme et Cisparaît dans sa propre musique.On I't ces poèmes sans penser une seule fois au mot, a la syntaxe, aux sym- oles.Ou plutôt non, les poèmes d'Alain Grandbois ne sont point des poèmes qui se lisent, car justement, à la lecture, on resterait l\u2019esclave des conventions verbales auxquelles la coutume nous a pour toujours enchaînés.Ces vers se regardent, comme des pierres précieuses ; ils s\u2019aspirent, comme les parfums ; il s\u2019écoutent, comme des battements de cœur.Mais pour les aimer, il faut d\u2019abord s\u2019y faire, il faut forcer leur secret.La pensée, au moment où elle abandonne le cerveau éveillé, se réfugie cans une région si merveilleuse, que les mots tombent autour d\u2019elle qu\u2019ils sont impuissants à suivre, comme l\u2019eau s\u2019évanouissait en gouttelettes sur la chair radieuse d\u2019Astarté sortant de la mer.Les mots ordinaires, ceux qu\u2019on dit clairs et justes, n\u2019ont jamais de nrise sur les monstres qui peuplent l\u2019univers du songe ; leurs arrangements ; usuels ne parviennent plus à emprisonner ces images terribles où la conscience, enfin libérée, se soulage ; leur organisation traditionnelle s\u2019effare en présence de ces créations imprévues, Alors, on dirait que les mots arrachés à leurs voisinages naturels, reforment de nouvelles alliances, concluent entre eux des pactes imprévus pour attaquer de nouveau la pensée insaisissable et la réduire.Des alliances nouvelles.C\u2019est sans doute ce qui étonne dans ces poèmes.Lorsque les mots, au sortir du dictionnaire où ils sont inanimés comme en un tombeau, se réveillent et vont se placer dans des casiers préparés à leur intention par le mauvais écrivain, on dit qu\u2019ils composent des lieux-com- muns.Lorsque ces Lazares se lèvent, au contraire, au toucher d\u2019un dieu, ils ne trouvent plus les casiers à la même place et, comme s\u2019ils savaient la joie que leur réserve ce merveilleux changement d'asile, ils vivent d\u2019une vie nouvelle, et l\u2019on dit alors qu\u2019ils composent une phrase ou un vers immortel.Il est rare qu\u2019un rythme neuf ne choque point: cela prouve-t-il qu\u2019il soit mauvais?L\u2019œil humain serait également choqué s\u2019il percevait tout d\u2019un coup, sans la douce progression de l'habitude, les milliers de vibrations colorées qui existent dans la nature à son insu.Stavinski et Shostakovitch sont choquants au même titre, et Picasso, et Léger, et Pellan le sont aussi dans leur art.Blâmons-en, non pas leur audace, mais l\u2019exiguité de nos sens.Ils seront acceptés, ils devien - dront, comme nous disons, les classiques lorsque leurs inventions se seront installées dans notre vie.Songez que Debussy, si subtil et délicat au- jourd\u2019hui pour nos oreilles plus affinées, a remanié l\u2019ordre < ordinaire » des sons un peu comme Alain Grand- bois ou Breton repétrissent l\u2019ordre ordinaire des mots et des rythmes.Les Nes de la Nuit semblent la transposition d\u2019un rêve.Rien de plus diffi- LA REVUE POPULAIRE _ Illustration de Pellan pour \"Les Îles de la Nuit\" d'Alain Grandbois.cile que de raconter un rêve.Il semble que le vaste réseau de mots où nous croyions, dans le demi-sommeil, capturer tant d\u2019images fabuleuses, tout d\u2019un coup se déchire, élargit ses mailles, démesurément, et que seul un fluide insaisissable y passe.Pourtant, la mémoire s\u2019habitue aux rêves et une répétition constante de l\u2019effort que nous faisons en vain pour en conserver l\u2019empreinte au réveil finit toujours par réussir, comme si nous avions peu à peu modelé une coupe pour retenir le liquide précieux qui fuyait naguère entre nos doigts.C\u2019est un peu de cette manière qu'on shabitue aux vers d\u2019Alain Grandbois, en leur accordant une sympathie immédiate, en demeurant sur le seuil jusqu\u2019à ce qu\u2019enfin une porte s\u2019y ouvre et nous convie à des merveilles insoupconnées.Angoisse des fuyantes créations dit Grandbois.C\u2019est le premier vers des Iles de la Nuit.Désespoir de l\u2019homme qui, dans l\u2019univers prestigieux du sommeil ou du rêve, a caressé tant de formes inouïes, assemblé une mosaïque de couleurs et de sons et de parfums si ineffable, qu\u2019il est déchiré, rapetissé, par son impuissance a les rendre accessibles aux autres hommes.Et de n\u2019avoir pour révéler cette expérience splendide du soi, cette évasion insoupçonnée de la conscience, que des mots, des mots maigres ou gras, droits ou tremblants, des mots resplendissants de vertus ou de vices, mais tous aussi misérables que les cerveaux qui les formèrent et les accidents qui, au cours des âges, les ont peu à peu altérés ! Comment Dieu s\u2019exprime-t-il ?Voilà l\u2019interrogation insensée qui agite et bouleverse l\u2019homme s\u2019il est atteint de la maladie de créer.Car ses créations.tant qu\u2019elles sont en lui, sont d\u2019essence surhumaine ; dès qu\u2019elles en sortent, elles sont plus faibles que lui.Dans son rêve, Alain Grandbois a vu que Les lois éternelles Galopaient comme des chevaux fous mais il confesse aussitôt, comme s\u2019il pleurait sur son impuissance à les saisir : (.) les faiblesses vaincues [ achevaient de mourir Les Iles de la Nuit sont un double cri : Le cri que sa propre disproportion avec ses rêves arrache au poète et le cri parallèle que libère en lui la sensation affreuse de sentir la fuite vertigineuse du temps.Pourquoi ces hommes penchés sur la mer comme aux fontaines de soif Si les morts de la veille refusent de ressusciter Le temps va vite, et la création est lente.Mais le seul temps qui passe est le temps physiologique de homme, le temps que nos horloges mesurent et qui, chaque fois que I\u2019heure sonne, semble éclater comme une bulle et disparaître.Le temps d'Alain Grand- bois est mesuré contre ses créations (« Si je pouvais y travailler cent ans, .dit l'artiste, peut-être au bout de ce temps aurais-je enfin trouvé ce que je cherche ?»).Il le mesure aussi à Ja durée de ses bonheurs. 45 EN AOÛT 1944 Un grand livre, avons-nous dit.Nous ne croyons pas qu\u2019un événement plus important se soit produit dans nos lettres que la publication de cet ouvrage.Les planches de Pellan, qui ornent cette édition de luxe, auraient pu être fort belles si le traitement en avait été accordé aux exigences purement mécaniques de l'impression sur papier spongieux.Telles quelles, cependant, elles nous révèlent un aspect nouveau du grand talent de notre plus grand peintre, une orientation nouvelle de ses créations.Quant aux lecteurs que rebuterait l\u2019imprévu des poèmes de Grandbois et des dessins de Pellan, nous voudrions rappeler ces vers des Iles de la Nuit, qui en expliquent toute l\u2019étrangeté, toute la merveilleuse et insolite architecture : Rien n\u2019est plus parfait que ton songe.EcMONT LA CHARRUE TUERA-T-ELLE L'AGRICULTURE?[ Suite de la page 11] des millions d\u2019arpents de terre inutilisables par la pratique du labourage profond.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme M.Ed, Faulkner.Maintenant, de même qu\u2019il dénonce le mal, il indique le remède et celui-ci est très simple.Il consiste à ne plus labourer les champs en retournant la terre des sillons, mais simplement à en déchirer ou couper la surface par l\u2019emploi d\u2019appareils à disques ou à lames métalliques étroites appelées défricheuses.La terre ainsi traitée, quand l\u2019engrais a été déposé à sa surface, se trouve alors dans les meilleures conditions pour recevoir les semences et produire de bonnes récoltes.Elle se laisse facilement pénétrer par une humidité qui, ensuite, s\u2019évapore moins vite et les matières d\u2019engrais n\u2019étant plus enfouies peuvent enrichir le sol jusqu\u2019à sa surface ; de plus, elles s\u2019opposent à l\u2019action destructive du vent.C\u2019est réaliser ainsi la fumure du sol par l\u2019accumulation des déchets organiques à sa surface, ainsi que la nature elle-même l\u2019a toujours fait.Or, l\u2019homme a toujours intérêt à copier la nature et à en suivre les enseignements.Ed.Faulkner a fait un livre très lu et très discuté là-dessus ; il a des contradicteurs qui ne veulent à aucun prix renoncer au labourage profond mais, d\u2019autre part, il a une multitude de partisans pleins d\u2019enthousiasme et dont bon nombre, paraît-il, ont mis ses théories en pratique et s\u2019en trouvent fort bien.Si les résultats obtenus prouvent nettement que le labourage profond est une erreur, ne serait-il pas sage de faire des expériences de grande envergure qui, elles, établiraient définitivement la supériorité d\u2019un simple grattage superficiel du sol ?La chose est d\u2019importance, surtout à notre époque où la question des vivres devient chaque jour plus sérieuse.Et peut-être serait-il sage aussi de méditer ces mots de Faulkner: \u201cLa civilisation de ce pays est basée sur neuf pouces de bonne terre cultivable.Que cette mince couche indispensable disparaisse et toute notre civilisation disparaît avec elle.\u201d Il n\u2019y a peut-être pas d\u2019exagération dans ces paroles car ce ne serait pas la première fois que pareille chose arriverait.Sur la surface de notre globe il est maints endroits où ne subsistent plus que les ruines d\u2019anciennes civilisations qui sont mortes d\u2019avoir tué la terre qui les faisait vivre.LES NYMDHES DES LAG [ Suite de la page 59] Dans les variétés de rouge foncé, choisirez-vous le \u201cMoroco\u201d, \u201cThomas A.Edison\u201d, \u201cMontenegro\u201d?Dans les rouges plus clairs \u201cBill Sowden\u201d, \u201cCommander Koehl\u201d, les champignons de leur race ou \u201cRouget-de-I'Tle\u201d, \u201cKing George\u201d, \u201cGloriosa\u201d ?Les tons d\u2019or sont disputés entre autres par \u201cSpirit of St-Louis\u201d, \u201cMarnia\u201d, \u201cMexican Fire\u201d, \u201cMonte Carlo\u201d, pendant que \u201cGolden Dream\u201d, \u201cCanberra\u201d, \u201cTobersun\u201d, \u201cStar Lily\u201d, représentent les jaunes pâles.Les sommités blanches sont \u201cSolveig\u201d, \u201cPhipps\u201d, \u201cMadame Mounet-Sylly\u201d.\u201cPicady\u201d, \u201cSceur Dunn\u201d sont roses, de même que \u201cInspiration\u201d, à pétales découpés et \u201cMargaret Fulton\u201d.Il y a les lavandes: \u201cMenuet\u201d, \u201cOrchid\u201d, \u201cAméthyst\u201d, \u201cBird of Paradise\u201d Ajoutons les mauves: \u201cLibelle\u201d, \u201cBlue Moon\u201d, \u201cRhapsody in Blue\u201d.Quelle opulente jonchée! Tous ces noms évoquent pour nous un grand champ de glaïeuls contemplé déjà.Quelle incomparable féerie que de voir onduler doucement, sous l\u2019éclat du soleil d\u2019août, les beaux épis chargés des belles corolles campanulées qui se sont emparées de toutes les nuances de l\u2019arc-en-ciel ! C\u2019est une vision que l\u2019on r\u2019oublie pas et qui fait rêver de pouvoir, un jour, enfermer jalousement, dans un petit jardin bien à soi, au moins une parcelle d\u2019une semblable splendeur.MARCELLE LEPAGE-THIBAUDEAU.UNE NOUVELLE RECETTE PREPAREZ VOTRE PROPRE SIROP DE CHOCOLAT Mélangez, à sec, Ja tasse de Cacao Fry et 3 tasse de sucre.Ajoutez lentement 34 tasse d\u2019eau bouillante en brassant bien.Faites bouillir pendant une minute.Versez dans un pot de verre propre et sec.Couvrez et laissez refroidir.Placez dans la glacière et vous avez un sirop de chocolat délicieux, prêt à servir instantanément.IDEAL POUR LAIT AU CHOCOLAT, CREME GLACEE ET DESSERTS Voilà une recette que beaucoup de ménagères désire avoir depuis longtemps.Les multiples usages de ce savoureux sirop Fry et la façon merveilleuse dont il améliore les desserts vous enchanteront vous aussi.Par exemple, c\u2019est une excellente sauce, chaude ou froide, pour la crème glacée, les desserts, et il est idéal pour préparer le délicieux lait au chocolat.POURQUOI SONT-ILS TANT EN VOGUE?PARCE QUE.LE SAMEDI, avec ses chroniques documentaires, sa chronique médicale, ses reportages photographiques, son feuilleton, ses nouvelles, sa page humoristique, ses notes encyclopédiques, ses contes illustrés, demeure toujours le favori des jeunes comme des vieux.© PARCE QUE.LA REVUE POPULAIRE, dont la circulation ne cesse d'augmenter, s'impose particulièrement par ses chroniques variées, traitant de peinture, de botanique, d'artisanat, de littérature, de musique, etc.Un beau roman d'amour dans chaque numéro, diverses chroniques féminines.© PARCE QUE.LE FILM est le plus à la page des magazines canadiens de radio et de cinéma.Sa correspondante exclusive de Hollywood vous renseigne sur les derniers faits et gestes du monde cinématographique.Son supplément de radio abondamment illustré est unique en son genre.Un roman d'amour tous les mois.\u2014 \u2014 \u2014= \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 f\u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014 COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines: LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.IMPORTANT : Veuillez indiquer d'une croix { ) s\u2019il s'agit d'un renouvellement.Localité .[SUTTON Province .POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal fh \u20ac2 LE BAIN DU BEBE DEVIENT UN PLAISIR AVEC BATHABABE Cest en prenant son bain que Bébé est le plus gentil \u2014 et quelle joie pour le poupon et la mère, grâce à BATHABABE ! Tellement pratique \u2014 pochettes pour le nécessaire au bain de Bébé \u2014 panneau mobile pour terminer la toilette \u2014 courroie de sûreté \u2014 porte-serviettes \u2014 drain de caoutchouc.La baignoire est en toile caoutchoutée imperméable \u2014 les montants en bois solide.Procurez-vous BATHABABE aux magasins à rayons, de meubles ou de nouveauté pour bebés, ou envoyer mandat de poste de $10.95 à John Stuart Sales, 7, Duke Street, Toronto.BATHABABE sera expédié sans frais.BATHABABE Nos Solliciteurs d\u2019Abonnements v Tous Nos SOLLICITEURS D\u2019ABONNEMENTS sont munis de reçus officiels nom de Poirier, Bessette & imprimés au Cie, Limitée, et aussi d\u2019une lettre d\u2019introduction signée du chef du tirage, M.Odilon Riendeau.Nous mettons ainsi le public en garde contre les faux solliciteurs qui pourraient se réclamer de notre maison sans y avoir droit.Le Samedi La Revue Populaire Le Film sont édités par Poirier, Bes- sette & Cie.Ce sont les trois seuls magazines que nous possédons.ILS N'AVAIENT QUE $140.[ Suite de la page 7] La petite épicerie s\u2019était transformée en le premier établissement commercial de la Grande-Bretagne avec un chiffre d'affaires annuel d\u2019un milliard et quart de dollars.Cet établissement employait 325,000 personnes à qui il versait en salaire 208 millions.Ajoutant la production, la fabrication à la vente, il exploitait, en plus de sa propre banque (la deuxième en importance de l\u2019Angleterre) 150 usines, des plantations de thé, de café, des palmeraies, une flotte.Enfin, ce qui n\u2019est pas le moindre, en appliquant aux affaires les principes de justice et de charité, il avait distribué à ses membres 129 millions de dollars de bénéfices.L'histoire s\u2019arrêterait-elle là qu\u2019elle serait sans parallèle.Qu\u2019il y ait de par le monde des entreprises plus considérables tant par le volume des capitaux qui y sont engagés que par celui des affaires qu\u2019elles brassent, je le veux bien.Mais au bénéfice de qui jouent- elles avec les millions ?De qui sont- elles la propriété ?Celle dont je viens d\u2019esquisser les grands traits n\u2019est pas un trust, un monopole, une compagnie capitaliste.C\u2019est une société ouverte a tous ceux qui veulent en être.Il suffit d\u2019y souscrire une modeste mise de fonds.C\u2019est une société qui appartient à tous ses membres.C\u2019est une société qui, au lieu d\u2019être menée par une coterie, un groupe, l\u2019est par la totalité de ses sociétaires, tous égaux devant le scrutin puisque aucun ne saurait avoir plus d\u2019un droit de vote.C\u2019est une société qui associe des êtres humains et non des capitaux anonymes.Et, à cause de cela, c\u2019est une société qui cherche a satisfaire, dans les meilleures conditions et aux meilleurs prix, les besoins des consommateurs.C\u2019est, enfin, une société qui plutôt que de distribuer ses bénéfices au pro rata des actions que chacun y a souscrites, c\u2019est- à-dire verser beaucoup à ceux qui ont déjà beaucoup, les distribue en proportion des achats que chacun y a faits pendant l\u2019année.Et ce genre de société s\u2019appelle une coopérative de consommation.eo Le centenaire du coopératisme Il y aura donc cent ans, le 21 décembre 1944, que naissait, a Rochdale (Angleterre), la première coopérative.L'événement passa inaperçu ou presque.Aujourd\u2019hui, son action s\u2019étend à toute la terre.A la veille de la guerre, 102 pays possédaient 810,000 coopératives, lesquelles réunissaient un total de 143 millions de sociétaires.De ces sociétés, les unes (consommation) luttaient contre la vie chère, les fraudes ; les autres (crédit), contre l\u2019usure et le gaspillage.Les unes (production) assuraient aux ouvriers des conditions de travail uniques au monde et obligeaient les trusts à baisser leurs prix ; les autres (habitation) procuraient des logements sains et agréables à 8 millions et demi de familles.Les unes (artisanales et ouvrières) maintenaient trois millions de travailleurs industriels hors de la subordination du salariat ; les autres (électricité, téléphone) plaçaient entre les mains des usagers la gestion des services publics.En Australie, au Danemark, en Argentine, les coopératives agricoles fournissaient à l\u2019agriculture de 45% à 80% de ses besoins et assuraient l\u2019écoulement des récoltes dans une proportion de 30% à 80%.Proportion qui, dans la fabrication des produits laitiers, atteignait même, en Australie, au Danemark et en Suède, 92%.Comment le Canada français serait- il resté indifférent à une pareille doctrine et à de pareilles méthodes ?Outre l\u2019exemple de l\u2019étranger, il avait sous les yeux celui des Anglo-Cana- diens : coopérative des producteurs de blé dans les provinces de l\u2019ouest, coopérative de consommation des mineurs de la Nouvelle-Ecosse.Restait pourtant un domaine, entre plusieurs, où rien n\u2019avait été encore tenté : celui du crédit.C\u2019est un compatriote à nous, Alphonse Desjardins, qui introduisit en Amérique (je dis bien en Amérique) les caisses de crédit mieux connues chez nous sous le nom de Caisses Populaires.Le bien qu\u2019elles ont fait tant du point de vue social que du point de vue économique ne s'exprime pas en chiffres.Disons tout simplement pour les situer concrètement qu\u2019en 1942 leur actif global se chiffrait par au delà de 55 millions de dollars.Après le crédit, ce fut l\u2019agriculture.Au nombre de 500, les coopératives agricoles du Québec groupent 40,000 membres et ont réalisé, l\u2019an dernier, des ventes de $30,400,000.Il n\u2019y a pas d\u2019activité à laquelle elles ne se prêtent : beurrerie, fromagerie, linerie, tabac, sirop d\u2019érable, miel, couvoirs, conserves, lait, abattage des animaux, ete.Après avoir vécu depuis toujours sous la domination la plus complète des intermédiaires, les pêcheurs de la Gaspésie ont atteint, en quelques années, à un niveau de vie à peu près humain grâce à la Coopérative des Pêcheurs Unis.Fondées il y a sept ans seulement, les coopératives de consommation exercent déjà une action bienfaisante sur notre économie.L'an dernier, leurs ventes se sont élevées à près de trois millions.Elles ont un capital de $354,000 et ont partagé entre leurs membres $139,296 de bénéfices sans parler de ce qu\u2019elles ont porté à leurs réserves et de ce qu\u2019elles ont employé à des œuvres.Mentionnons également les mutuelles, vie et incendie, qui comptent 292,459 assurés pour une somme globale de $336,424,371, les coopératives d\u2019habitation d\u2019Asbestos, de Drummondville, de Québec.Soit, pour notre province, 1,500 coopératives avec un effectif total de 225,000 membres.Et nous sommes loin de notre but, notamment dans le secteur de la consommation si nous voulons nous libérer de notre vassalité, garantir aux nôtres un minimum de sécurité matérielle, une existence bella, propre et fructueuse.Or, tout cela et plus encore nous vient des modestes pionniers de Roch- dale.Ils n\u2019avaient que $140 et pourtant ils ont changé la face du monde.Certes la multiplication de ce capital a de quoi nous frapper d\u2019émerveillement.Mais combien plus, la multiplication des cœurs et des intelligences qui s\u2019emploient quotidiennement à mettre de l'amour et de la justice dans les relations des hommes.Rien de plus magnifique, de plus durable, de plus fécond n\u2019a jamais été accompli dans l\u2019ordre social et économique.Il nous appartient à nous et aux autres peuples de l\u2019étendre à l'infini pour que la paix règne chez les individus comme chez les nations.Victor BARBEAU.N.B.\u2014 Les chiffres relatifs à l\u2019expansion du mouvement coopératiste dans l\u2019univers nous ont été fournis par M.Maurice Colombain, du Bureau International du Travail.LA REVUE POPULAIRE Un abonnement au SAMEDI signifie : 52 carnets éditoriaux où l\u2019on est assuré de trouver hebdomadairement des commentaires et propos émaillés d'une fine philosophie.52 articles inspirés de sujets d'actualité, le tout abondamment illustré et présenté de façon attrayante.52 articles documentaires il- | lustrés qui vous instruisent en vous distrayant.52 articles de sport dont la rédaction est confiée à un spécialiste en la matière.52 chroniques humoristiques intitulées : \u201cRions, c'est l'heure .\u2018\u2019, ornées de caricatures amusantes et remplies d'un humour de bon ton.Font l'agrément des jeunes comme des vieux.Se lisent partout, entre les heures de travail, chez soi, en tram ou chez le coiffeur.52 pages humoristiques qui contribueront largement à conserver votre bon moral.52 chroniques culinaires vous tenant au courant des dernières recherches en ce domaine pour permettre aux cordons bleus de mieux s'adapter aux exigences des restrictions nouvelles.Tout ceci en plus d\u2018un feuilleton, de nouvelles et d'articles provenant de la collaboration extérieure, etc, etc.Coupon d'abonnement LE SAMEDI (Canada seulement) 1 an 6 mois .IMPORTANT.\u2014Veuillez indiquer d'une croix ( ) s'il s\u2019agit d'un renouvellement.NOM Lu.Lacees Loenreee LLeeeree ans ein an Adresse Ville 0000 nn Province _.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE.975, de Bullion, Montréal, P.Q., Can. AOÛT 1944 | HOSDITALITÉ, ur Frac E RATIONNEMENT est venu compliquer le problème de l'hospitalité, il ne doit pas cependant en faire une chose exceptionnelle et réservée pour les grandes circonstances.La pénurie de service domestique ajoute encore à la difficulté.\u2019 Les maîtresses de maison s\u2019étaient, depuis quelque temps déjà, résignées 0d recevoir simplement et a servir de préférence un menu froid, avec volaille ou jambon comme plat de résistance.Pour un souper buffet du dimanche soir, on y joignait de grandes assiettées de sandwiches, chose pratiquement impossible à cause du rationnement du beurre.Faut-il pour cela fermer sa porte au verrou et inviter exceptionnellement ses amis à prendre un médiocre repas dans un restaurant bondé de monde ?Pas du tout.On doit plutôt faire appel à son ingéniosité et à son sens pratique afin de composer un menu très acceptable et fait d\u2019aliments non rationnés.On peut aussi calculer à l\u2019avance et s'imposer au cours de la semaine d\u2019insignifiantes ivations ou simplement réaliser de petites économies qu\u2019on aurait toujours dû praüquer.De cette manière, on sera en mesure de recevoir, le dimanche venu, y sa famille ou ses amis.Lorsqu\u2019on invite souvent les mêmes personnes, par exemple pour un cercle de couture ou un club de cartes, on peut fort bien demander à ses invités d\u2019apporter, à tour de rôle, une contribution en nature : thé, café, beurre ou sucre.On peut aussi, entre intimes, s'arranger pour mettre ses provisions en commun.Deux amies peuvent ainsi partager les frais d\u2019une réception, l\u2019une fournissant la maison, le service, les fleurs, la porcelaine, l\u2019argenterie, etc, tandis que l\u2019autre achètera les provisions.Quand on est invité à séjourner chez des amis, il est évident que l\u2019on doit apporter sa carte de rationnement et la mettre à la disposition de son hôtesse, tout comme on le ferait si l\u2019on était dans un hôtel ou une pension.Les cadeaux utiles sont plus que jamais les bienvenus et la traditionnelle boîte de bonbons peut à l\u2019occasion être remplacée par un gâteau, un pot de confitures ou un panier de fruits.Avant la guerre, une maîtresse de maison se faisait gloire d\u2019offrir à ses invités des mets rares et abondants.Si elle tentait de le faire maintenant, elle s\u2019exposerait à des critiques sévères et méritées.Tout ce que l'on attend d\u2019elle d'est de savoir tirer le meilleur parti possible d\u2019une situation parfois délicate et compliquée.Il faut revenir à la simplicité et à l\u2019économie d\u2019autrefois, savoir tout utiliser, qu\u2019il s'agisse d\u2019alimentation aussi bien que de vêtement.Si on le fait sans affectation, sans récriminer ni s\u2019excuser longuement, mais comme si c\u2019était + la chose la plus naturelle du monde, les convives seront enchantés parce qu\u2019ils seront ainsi assurés que leur présence n\u2019est ni une gêne, ni un ennui.L'hospitalité est à la base des plus solides amitiés et fait le charme des relations sociales: on aurait grand tort d\u2019y renoncer.a Aa.ial NAP -\u2014e + ++ Comment faire durer une indéfrisable S\u2019adresser à un coiffeur dont la compétence est reconnue.* Lui permettre de couper le bout de vos cheveux, s\u2019il le juge à propos.Lui expliquer avant de commencer quel genre de coiffure vous désirez.Ne pas le presser, ni le bousculer.Laissez-lui tout le temps nécessaire pour bien faire son travail.Pendant au moins une semaine, remettez vos cheveux exactement dans les mêmes plis.Ce n\u2019est pas le moment d'essayer une coiffure nouvelle.Laver souvent vos cheveux, les rincer avec soin, les brosser et vous recoifier immédiatement.Ne pas mouiller vos cheveux en les coiflant.Si les bouts sont raides et ne veulent pas s\u2019enrouler, leur mettre un peu de crème appropriée pour les faire tenir en place.Avant de vous coucher, brossez vos cheveux avec le même soin que si vous alliez vous coiffer pour sortir.Couvrez-les d\u2019une résille pour les protéger.; Rappelez-vous qu\u2019une indéfrisable est la base d\u2019une coiffure et non pas une coiffure par elle-même.Quand votre indéfrisable est de date récente, ne pas vous servir le soir de bigoudis en métal qui resserrent trop les cheveux.Quand elle est assez ancienne, lavez souvent vos cheveux.Recoiffez-les en fixant les frisettes en avant au moyen d\u2019épingles et en arrière avec des bigoudis.Il n\u2019est pas nécessaire de faire de nombreuses frisettes : deux ou trois près des oreilles et autant sur le dessus de la tête sera bien suffisant.Faites éclaircir et couper vos cheveux de temps à autre.Le poids d\u2019une chevelure trop lourde tire la coiffure en arrière et défrise les cheveux.Si vos cheveux se défrisent vite, faire la mise en plis non pas le jour même où vous vous êtes lavé la tête, mais seulement le lendemain.Si vous ne réussissez pas bien, adoptez une coiffure plus simple jusqu\u2019à votre prochaine séance chez le coiffeur.+ ++ À propos de batterie de cuisine Ne pas ouvrir la clé du poêle à gaz toute grande : vous risqueriez de brûler et d\u2019abimer les casseroles.Après que vos ustensiles ont servi, les laisser refroidir, les remplir d\u2019eau et attendre pour les laver.Ils seront ensuite plus faciles à détacher.Rangez-les dans un endroit où ils sont facilement accessibles et d\u2019où ils ne risquent pas de dégringoler chaque fois que vous voulez les prendre.N'oubliez pas que certains ustensiles ne doivent pas être mis directement sur le feu et qu\u2019il ne faut pas les exposer à une chaleur trop vive.Assurez-vous que chaque objet est en bon état.Ne vous servez pas d\u2019une bouilloire dont la poignée tient mal, ni d\u2019une casserole écaillée ou légèrement percée.Déterminée à Sasner! IL NY À PAS DE MEILLEUR BREUVAGE GAZEUX \u201cPepsi-Cola\u2019\u2019 est la marque enregistrée au Canada de Pepsi-Cola Company of Canada, Limited (nayanvA OO ;\u2018 Co np AR 316 Ye RICOH, mo SE ontez pon ENROZEZ-VOUS DANS 4 RON - ee CW.A.C.Depuis l\u2019époque glorieuse de Madeleine de Verchères, la femme canadienne n\u2019a jamais eu plus belle occasion de servir le pays.Car on l\u2019accueille maintenant sous les drapeaux où l\u2019attendent un père, un mari, un frère.C\u2019est par milliers que nos jeunes filles,
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