Perspectives, 20 janvier 1973, samedi 20 janvier 1973
[" ye mont ve me as 53 = \"ps \u2014 [mS me a er mrt À sr.AER En CAT TIGER = UE Re = = Pps, ES iy 30 x Eres = = re i = nr us su A %, + 5 5 + ve i wT on A 3 A ss vis = D.oF, 5 À Nor F és 5 => ce + 5 4 re 5 > x] Ly y LE = = A se A 2 cal ot Se 4 is 3 = LE + > +15 ks LF i Sack D oR az ce = ve = = sr dis Fe 55 19 i oN ff i = = 15; Na Fe * 7 a a+ pe ve 3É dés A ry 4 dE ee FE XS Fr & = ig eS B 7 A ge Ve fa 5 3 = =, a pn pe a SE = Sn SEs rd ès = a a ver tod AY, i es À ps J.St 2 oF xr aus, WoL 7 a Wht a Le = + ä ce >= =.+ x RS ARS rt Ra 7 = A NES $ 2 Ke ¥ PR Lea wh ng LY, SE ot 5 X PE ei = La mi * + Rr) nr ATA # as HE ih x Hak: ee EX 5 + Be Te 33 = = 4 5 = TE fi wt É an Es: Tan Si 3 à Len Pre = a St = 5p i ne =.ve ay re BS pt ST EF if = 7 A, en Fe, ab i NE ns Te RE xo 3 E i > Ty =, po 2e, Ë 54 Le.Apt 3 ss Ë er \u201cx Xe raficagie à SE EY £0 £ 2: x es a ee sd 35 ns Le F a q+ ss a £ 5 2%; 2 ve à: DE Te = Z it 24, ox 4 2 a \u20ac > = SE ts ie Ts 337.ha, Wd _œ a * 2 STI PES = AE se x = 3 Bc) = x: ra 3 ne A is = oh od : + i 1 Le) 4 * a 3 oh ASS.I ve LA a1 Æ se Lo a £2 gs ye =, ee = A3 oe OF, = Ê & a {x 5 + = % eo 1 qe r = oof es 5 + SF Lat 3 ay Fy 5 Es LY fo 5 13; = x srl NE re.art + = 2 vs, 7 gt Ti by \u20ac, \u20ac À FF; 1% Ee Ts] + \\ 5 SFA; 5 ANE ce 3e À + RZ ss gi Wik oh or oS ec i = Fas iF, x.Pas \\ » SE (migus5 4 a , Lie 3 LA = ve 2 Pe 24; « Ss Es od, he Ie a \\ 33 % Tal re a La : = À £4 ps SEE À, IY 4 a \u2026 A a 3 D : 1e tel 5 a \u201c3 - KS 5, : 15 yoo #e x LA # ah a + A .AR Ny No Sd æ ox d WN > Pa Ë a A 2 7 1 i SIN Zs = oa - H & Ea! 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ils vérifient tes papiers de propriété et puis ils t'envoient une offre par la poste.Tu peux toujours re fuser, mais qu'est-ce que ça donnerait?Le mieux, c\u2019est d'accepter l'offre et de partir.\u201d Mais partir de l'île Verte, c'est quitter quoi?On ne quitte pas une île comme un appartement Vivre dans l'île, cela veut dire vivre l\u2019île selon son rythme un peu mystérieux.Quel est donc ce rythme?Très tôt, un Matin, dans une tempête de neige poussee par un vent de nord-est, nous sommes partis découvri l'ile.Gérard Ouellet, un des passeurs, est venu nous chercher avec son bac.Arc-bouté dans l\u2019embrasure de la porte de la cabine, il cherche les balises et les points de repère invisibles à notre ocil.Arrivés dans l'île Verte, nous lui demandons des ren seignements pour nous [aire conduire en haut et en bas de | ile.Il nous indique une grosse maison canadienne C'est une épicerie-restaurant, le seul lieu public, Elle est tenue par Ernest Fraser où plus exactement par Magella son épouse, femme d'une trentaine d'années, énerer que.Elle nous regarde, nous salue, examine nos appa reils photo .Nous lui demandons si elle peut nous aider.Elle ne répond ni oui ni non et poliment nous dit \u2018Qu'est-ce que vous êtes venus chercher à l'ile Verte?Les gens d'ici n'aiment pas trop les étrangers qui vien nent fouiner.\u201d Nous lui expliguons le but de notre visite Elle réplique, justifiant ainst l'attitude méfiante des insu ee mg es PEER ah teeny er nae am \u2014\u2014\u2014\u2014 lair qui no des co pas que no Find vre peti tal ¢ du | roul nou le litto L nom roiss 400 suit reste tion l\u2019urt pées don en p celu i de 4 cent indi diffi hau que Pc leau hart d\u2019ur nuit reau qu\u2019 can deh c\u2019es dire c'es mau Des on en améri- veaux bec et si sera GS un et ur sa 8 pro- ar les de ce ts de pche- rojet, eule- habi- PPuIs Bens à la ire!\u201d sde ente is ils 5 re- c\u2019est » ne lans peu see vrit ous de ints en bas ne est a ui da- pus [it te?\u2018 n défi- 3 Lo enr hn gas sa a mu mw st aay + laires: \u201cAvant, cela ne nous faisait rien.Mais il y en a qui sont venus et qui ont écrit toutes sortes de folies sur nous autres: on arrachait les dents de nos enfants avec des pinces à cheval .Si c\u2019est pour écrire des affaires comme ça que vous êtes venus ici, vous n'apprendrez pas grand-chose.On n'a pas encore oublié les sottises que les autres ont dites!\u201d Calés dans nos berçantes près d\u2019un bon poêle à bois, nous expliquons ce que nous savons déjà sur l\u2019île Verte.Finalement, le contact se fait: les insulaires ne nous livreront pas de secrets mais ils vont nous présenter leur petit pays.Magella Fraser appelle un de ses parents, Vital Caron justement, qui sera notre guide.Maintenant, du bas de l\u2019île, l'extrémité nord-est, nous remontons la route avec lui.Il nous parle de ce petit coin de terre, nous en présente les habitants, !l nous fait comprendre le rythme de cette communauté établie tout le long du littoral.L'île Verte fut colonisée vers 1760 par un Ecossais nommé Fraser.Elle se développa jusqu'en 1900.La paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs comptait alors 400 habitants.Cependant, la population diminua par la suite.ll n\u2019y avait que 300 habitants en 1940 et il n\u2019en reste plus aujourd\u2019hui que 119.Cette chute de population est commune a toutes les campagnes a la suite de l'urbanisation du Québec.Vital Caron nous décrit d\u2019une maison à l\u2019autre les labeurs de ces gens qui, limités sur leurs terres entrecoupées de rochers, se sont tournés en partie vers la mer dont ils vivent maintenant autant que de la terre.Ainsi, en plus d\u2019être soumis au rythme des saisons, ils le sont à celui des marées, Il nous montre les pêches à fascines, étranges clôtures de 4 à 10 pieds de hauteur, qui avancent de plusieurs centaines de pieds dans les battures, du côté sud.Il nous indique où est la sienne, une de ces sept pêches.\u2018Est-ce difficile?\u201d Caron nous regarde, esquisse un sourire et, haussant les épaules, il dit: \u201cJ'ai toujours fait cela depuis que je suis haut comme ça, j'en ai pas d'idée.\u2019 Pour lui, c'est de l'ouvrage: planter des pieux de bouleau d'une dizaine de pieds; tresser entre ces pieux des harts blancs \u2014 les meilleurs parce qu\u2019ils résistent plus d\u2019une saison à l\u2019eau salée \u2014; se lever à toute heure de la nuit, à marée basse, pour vider la pêche avec un tombereau ou un chaland; préparer selon la saison le hareng qu'on fume, trois mille douzaines à la fois, dans les bou- caneries, ces petites cabanes de six sur six sur 12 pieds de hauteur.Quand ce n\u2019est pas le hareng qu'on prépare, c'est la sardine qu\u2019on sale ou le flétan qu\u2019on gèle.\u2018Vous dire que c'est difficile, je ne sais pas.Une chose sûre, c\u2019est qu\u2019on travaille toujours dans l\u2019eau froide, c\u2019est maudit pour les rhumatismes .\u201d\u2019 La pêche a cependant diminué, il y a moins de prises.Des 36 boucaneries à harengs du début du siècle, il n\u2019en restait que huit en 1969 et, cette année, six seulement.Pour gagner mille dollars au bout de la saison, les gens sont moins intéressés aujourd\u2019hui, et c'est compréhensible, à patauger dans l\u2019eau froide une semaine de temps au printemps et une autre à l'automne pour monter et démonter les pêches et, entre-temps, y retourner pendant sept mois deux fois par jour.L'agriculture a diminué aussi.Des 181 acres cultivés en 1931, il n'yen a plus qu\u2018une cinquantaine.Mais cela s'explique, comme partout dans le Bas-Saint-Laurent, parce que trop de terres impropres à la culture avaient été ouvertes et se sont donc épuisées rapidement.L'élevage du bétail laitier a aussi décliné, à cause des quotas de production du gouvernement et des nouvelles normes de conservation et de réfrigération du lait à en- -voyer aux usines de Trois-Pistoles.\u2018\u2019On ne vend que la crème maintenant; le lait, on le donne aux animaux\u2019, nous dit Ernest Fraser qui a vendu presque toutes ses vaches et son quota de production.Comme deux ou trois autres insulaires, il a commencé l'élevage du mouton, pas pour la laine dont personne ne veut, mais pour l'agneau.\u2018\u2019Les moutons, c'est plus facile à garder, dit-il, moins de bâtiments et d'équipement.L'hiver, ça couche dehors, à côté de la bâtisse.Tu arrives pour les nourrir, le matin: tu vois un banc de neige se lever, ce sont tes moutons et ils mangent presque n'importe quoi.Le seul problème: si seulement l'agneau était plus gros! C'est pas beaucoup de livres à la fois.\u201d L'exiguïté de l\u2019île Verte entraîne parfois de drôles de problèmes.Ainsi, les liens de parenté sont complexes à un tel point qu\u2019un insulaire peut vous dire d'un de ses concitoyens qu'il est son beau-frère parce qu il a épousé en secondes noces la soeur de sa femme mais qu il est aussi son oncle parce qu\u2019il avait épousé en premières noces la soeur de sa mère et qu'il est en plus son cousin car tout le monde a des Fraser ou des Caron \u2014 souvent les deux \u2014 dans sa parenté.Ces liens familiaux étroits posent donc des problèmes pour le mariage au niveau de la famille.Il y a aussi le problème de l'héritage: à l\u2019île Verte, on n\u2019hérite pas de I'argent mais des terres.Or, ces dernières sont déjà petites; c\u2019est pourquoi un seul des enfants hérite, celui qui reste et qui travaille avec son père en attendant que celui-ci se donne\u201d à lui.Les autres, filles comme garçons, doivent quitter l'île ou épouser un insulaire pour y rester.Nous faisons remarquer à Vital Caron l'absence de services publics, cela le fait sourire.\u2018Il y a bien un cantonnier, dit-il, pour l'entretien de la route, l'été, mais la plupart du temps, de toute façon.on se promène sept mois par année en skidoo ou en snow, l'ancêtre de la motoneige.|| y a bien une garde-malade payée par le gouvernement mais qui ne peut remplacer le médecin ou l'hôpital.Dans ce temps-là, on traverse à terre.\u201d Des pompiers et de la police dans l\u2019île?Vital Caron sourit encore et reprend: \u2018Il n'y a pas eu de feu depuis 10 ans! La police?Vu qu'on se connaît tous comme il faut, je ne vois pas ce qu'elle viendrait faire ici.Quant aux accidents d'autos, avec 10 milles de route et une vingtaine d'autos qui roulent rarement, il n'y a pas de quoi se faire du mauvais sang.\u201d Avec un sourire à peine dissimulé, Magella, la femme d Ernest Fraser, nous a conté que la police vient bien deux ou trois fois par an pour vérifier si les automobiles sont enregistrées et si les gens ont des permis de conduire.\u2018L'enregistrement, vu qu\u2019on est dans une ile.ne coûte que cinq piastres.C\u2019est certainement pas cher, dit- elle.Des fois aussi, il y a des spotters de la police qui viennent pour voir s\u2019il y en a qui vendent de la boisson sans permis.Mais ils ne prennent pas grand monde pour la simple raison que.premièrement, il faut qu\u2019ils débarquent dans l\u2019île: s'ils traversent avec un gars d'ici, tout le monde le sait; s\u2019ils traversent avec un hors-bord, tout le monde le sait aussi .L'île n\u2019est pas grande.De toute façon, ils ne peuvent pas traverser avec des autos el puis, deux étrangers à pied, cela ne prend pas de temps à se voir.C\u2018est pas qu'on est pas en loi.mais on n\u2019a pas besoin de police.Qu'ils les gardent dans les villes!\u201d Même si l'absence ou la carence de services publics ne se fait pas sentir à certains niveaux, il y a cependant des lacunes.Au niveau de l'instruction, seul le cours primaire est dispensé dans l\u2019île Verte.Pour le cours secondaire, les jeunes doivent aller à terre, s'inscrire à la régionale de Rivière-du-Loup, ce qui implique la pension et le transport aux frais des parents.Vital Caron avait envoyé, l'an passé, ses trois enfants à la régionale; cette année, il les garde à la maison parce que cela lui coûtait trop cher: \u2018Quand ils seront assez vieux.ils pourront partir à terre pour gagner leur vie .L'absence de véritables services médicaux entraîne un autre exode, celui des vieillards.Autant les enfants doivent partir pour étudier, autant les vieux doivent quitter | île et s établir ailleurs pour avoir à leur dispos tion docteur, hôpital et médicaments.La dernière perte de l\u2019île Verte fui celle de son curé qui a pris sa retraite en 1971 et a quitté sa paroisse pour la terre.Le diocèse ne l'a pas remplacé et la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de l\u2019île Verte est maintenant desservie par le vicaire de la paroisse Décolla- tion-de-Saint-Jean-Baptiste de l\u2019isle-Verte (sur la rive), chaque dimanche.Vivre dans l\u2019île Verte veut dire être relié à la terre au gré des saisons, vents et marées.À cet effet, sept petits bacs carrés et à fond plat, tous construits sur le même modèle par les insulaires, se promènent à marée haute d'une rive à l\u2019autre.Pour ce service, on doit tenir compte de l'importance de la marée et de l\u2019heure de la suivante.Les charges ainsi transportées ne sont pas non plus les mêmes selon la direction et la force du vent.Suite page 4 ne os BANE & ed Traverse-t-on avec l'auto?On ne sait pas quel jour on pourra la ramener.Pour transporter une moissonneuse- batteuse, par exemple.il faut une journée sans vent, une mer d'huile: on attache deux bacs ensemble et voila l'engin au milieu du chenal, serpentant entre les balises plantées dans les battures pour aîder le navigateur.Mais, aussi étrange que cela paraisse, l'hiver facilite les communications avec la terre.Un pont de glace balisé, reliant l'île Verte à la terre sert alors de corridor aux motoneiges.Cependant, eñ début et en fin de saison, la traversée en est toujours hasardeuse.Au printemps dernier, un insulaire s\u2019y est noyé; l'année précédente, Gérard Ouellet lui-même y perdait un de ses snows.Ces divers modes de communication obligent la majorité des habitants à posséder à la fois une motoneige, un véhicule dans l\u2019île \u2014 camionnette ou automobile \u2014, un tracteur, un bateau, une autre camionnette ou une autre auto sur la terre ferme pour se rendre du quai au village.* l'ile Verte à la rive mais celui-ci avorta.Les insulaires n°y étaient pas tous favorables car ceux qui avaient des bacs auraient pe du | leur source de- reveny et certains we ad 5x of al priétaires de chalets de l'extérieur virent aussi ce projet d'un mauvais oeil.Finalement.le tout fut oublie.Au- .jourd\u2019hui, même plusieurs-qui étaient pour n\u2019en \\eulent plus: l'île n'aurait plus eté la même.Ernest l'raser explique: \u201cll serail arrivé toutes sortes de monde.On n'aurait - pas eu la paix.Dans le temps.l\u2019étais pour mais plus maintenant.\u201c Pour les gens de l'ile Verte, le gouvernement, Ça ne signifie rien, Hs n'ont jamais rien obtenu si ce n\u2019est des bouts de quai en périodes électorales.H y a bien l\u2019aide directe comme le Bien-être social et un pêu d'assuran- ce-chomage pour les pêcheurs mais est-ce une aide veritable ou des bonbons pour avoir la paix?Cette situation, on la retrouve d\u2019ailleurs dans toutes les paroisses rurales et un peu marginales du Bas-Saint-Laurent.Un savant fonctionnaire de l'Education permanente est venu dans l\u2019île, ll était tout fier de voir les gens as- Hemblés dans l'église et écoutant religieusement ses # ipfoposifions.Il en fut pourtant quitte pour un voyage En 1965.il y a bien eu un projet de jetée pour relier \u2018Blanc: personne ne voulut s'inscrire à ses cours, on \u201cn'avait pas le temps d'y assister et, de toute façon, il importe peu d'avoir une sixième où une huitième année : Pour Récheret culver.CL aie Pour sa part, le Bureau d'amenagement de l'est du Quebec de B.AEOQ a oublie l'île Verte dans son projet de planification economique et sociale.On n'a donc mème pas tenté d'aider les gens à + spécialiser, De concert avec le Bien-êtré social, on à seulement otfert des allacations et une aide à ceux qui voulaient quitter l'île et vendre leurs terres.Ce plan fut un échee.l'insu laire.habitué de vivre dans un espace limité, à pris ra cine dans l'île et fait corps avec elle.Vital Caron et son frère Marc-Aurèle.avec leur grand sourire calme, s'expliquent: \u201cQuand tu as toujours vecu ici, quand tu as ton train de vie, quand tu es parent ave tous ceux qui l'entourent, tu connais comme il faut ton terrain, ta pêche, ta route, ta Maison, bâtie par ton ancè- tre; lu ne peux pas partir, laisser tout Ça et vivre dans un petit lover à Montréal.Ici, on sait faire bien des choses.on vit bien, Mais là-bas en ville, qu'est-ce qu'on x ferait?Ici.personne ne te derange.Tu peux aller où tu veux mais, là-bas, lu n'as rien.Et puis, l'île, Cest beaut\u201d Pour un etranger, les insulaires peuvent paraître bien malheureux avec tous ces problèmes particuliers.Mais.pour sa part, une psychologue, Claire Mathieu-Fortin, conclut en ces termes une étude sur cette communauté Benin pa tiq pré ils lité qu Se to atte fac vill co tio da rep Eta Ca pad pro bier t du rojet lone De ffert ittor nsu- 5 ra and ecu ver ton NCé- sun ses, ait?eu ien ais, tin, ute 3 A a mie .KS Ry \u2014 LA particulière: \u2018Il n\u2019y a aucune évidence d\u2019anxiété névro-_ tique chez eux; ils sont optimistes et les sentiments d\u2019appréhension ou d'insécurité leur sont étrangers.De plus, ils ont un sens esthétique très affiné et un sens de la réalité très développé.\u201d Ces gens, qui vivent en harmonie dans leur milieu, que peuvent-ils faire devant ce projet de port pétro.ier?Selon eux, ce n\u2019est pas pour demain et pourtant .De toute façon, l\u2019idée de résistance n\u2019est pas la leur.lls vont attendre l\u2018expropriation et partir ailleurs: les vieux en face, à l'Isle-Verte, ou à Cacouna; et les jeunes dans les villes.Du point de vue environnement, des Etats américains comme le Maine et le Delaware s\u2019opposent à l'installation d\u2019un tel port pétrolier sur leurs côtes à cause des dangers que ces supergéants de 200 000 tonnes et plus.\u201d : représentent pour l'écologie et le panorama.Aussi les Etats-Unis incitent-ils à l'éclosion d'un tel projet au Canada.Et ici, on accepte! Faut-il croire que ce n'est pad dangereux chez nous ou qu\u2019on n\u2019a pas de paysage à protéger?Nous n\u2019irons, pus nous.bientôt peut-êtr \u201cAge pe AGE +4 a \u201c à mn 5 Sie ie promener dans l\u2018ilé.Verte, \u2018 x CN ah 9 Ce que toute femme devrait savoir.Etre femme aujourd'hui, : ce n'est plus uniquement avoir des enfants et les élever.C\u2019est aussi WA, s'intéresser aux problèmes de la vie, refuser la fausse sécurité, veiller soi-même au grain.La femme d'aujourd'hui se penche 3 de plus en plus sur les problèmes financiers.Pour elle-même et pour les siens.La femme qui travaille est aussi consciente de ses responsabilités.Son revenu venant à manquer, son mari seul pourrait-il faire face aux obligations?Ce que toute femme devrait savoir, c\u2019est que l\u2019assu- rance-vie lui apporte des solutions d'avenir sur le plan financier.Elle doit donc s\u2019y intéresser et déterminer avec son mari quel programme financier les mettra l\u2019un et l'autre à l'abri des len- 5:34 demains qui pleurent.> Pour vous y aider, l'Association canadienne des compagnies d'assu- rance-vie vous offre une intéressante brochure sur ce sujet.Commandez votre exemplaire à l'aide du bon ci-dessous.I! vous parviendra avec nos hommages.1 | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | J J'aimerais recevoir gratis votre brochure intitulée \u201cCe que toute femme devrait savoir.\u201d Cochez ici si vous désirez recevoir une liste de nos publications gratuites.Nom Adresse Ville Prov.L'Association canadienne des compagnies d'assurance-vie Case postale 9900, Montréal 101 [ | | I I I | | | | | I I I | I | | | | L 20 janvier 1973 \u2014 5 Cu at BE = EL Ce NES OOS easane UNE EQUIPE DE TOURNAGE, C'EST 25, 30 OU 100 PERSONNES QUI VIVENT ENSEMBLE DURANT 6 OU 7 SEMAINES, AVEC CE QUE CELA COMPORTE DE PROMISCUITE, DE FRICTIONS, par Pierre Turgeon Que le cinéma, plus qu'aucune autre forme d'art, donne l\u2018illusion de la réalité, du naturel, voilà qui fait souvent oublier à quel point il dépend totalement des artifices d\u2019un metteur en scène et d\u2019une armée de techniciens.Cigarette aux lèvres, la belle héroïne se penche vers son soupirant et lui demande s'il a du feu: aussitôt un briquet s'allume et, à sa lueur, les amoureux échangent un long regard.Entre ces deux plans, qui s'enchaînent parfaitement à l\u2018écran, des heures ont pu s'écouler dans le studio.De fait, il faut une journée entière de travail pour obtenir une séquence de deux mu- nutes dans un long-métrage de fiction.Comment vivent ces 50 ou 100 personnes qui forment une équipe de tournage durant les 6 ou 7 semaines nécessaires à la réalisation d'un film; que se passe-t-il derrière les caméras; en somme à quoi ressemble la vie quand elle s'offre sur un plateau?Selon M.François Chamberland, producteur à l'ON.F., le cinéma, dans sa pratique quotidienne, entraîne toujours des fictions à l\u2019intérieur de la fiction, c\u2019est-à- dire des haines, des amitiés, des passions qui naissent et meurent d'une manière aussi irréelle chez les personnages imaginaires du scénario que chez ceux qui jouent ces derniers ou les filment.Suite page 8 D\u2019AMITIE, D'HUMOUR pe 6\u2014 20 janvier 197 3 Un bon moment du tournage du film Réjeanne Padovani, de Denys Arcand, que l'on voit appuyé Nz IE à l'arrière du chariot.Photo Attila Dory aig toy Li Lop & = Fr sève ye \u2026.4.3 $.des Dé & Ln : mr >} KA } > % 4 1} Es » rer\u201d + of 2\u20ac + 4 4x x* Ÿ + a! oF v2 vy NA A = 4 à gr + a oY a 4 bogs , ri KS >, HE i + C$ oe +, + ns + ; 24 \u201c> 4 ~n, Aut : + Le ©», 20 CW.¢ 5 \u20ac 4; ; £5 # # a et A cel - Ay À sé\u201d lal, x = s x (Z/ i.\u201c« i hi Sa fie gr A es TTR oA PE or ve { x, i, Pa = 0 td = = 3 Po 3 e 2 A > = C4) AN 12357 % 8 x > A PQ NT AY Te & (Leh N fl b,=.BOUT FILTRE « BOUT UNI « MENTHOL si Es Avis: Le ministère de la Santé nationale et du Bien-être \\, a ; social considère que le danger pour la santécroît avecl'usage.~~ LA N of ne Ps ES TA LONE UN OCIEQU pda Gilles Carle, Ÿ au premier plan.entouré de comédiens, tourne la Vraie nature de Bernadette.Ji RER.de l'emploi : ; \u2014 Mais, pour bien com- certaine homogénéité.Ainsi une pudeur probablement et le prendre ce que représente les techniciens partagent le bien légitime, notre com- fier de une équipe de tournage goût de la précision, de la portement derrière les pro- ses va avec ses drames et ses co- discipline, tandis que les jecteurs reste aussi éloigné peut-é médies, explique M.Cham- machinistes doivent davan- de l'existence normale que dent, berland, il faut d\u2019abord sa- tage improviser et se fier a le jeu des acteurs.Voilà qui un I voir comment elle se divise leur imagination.Mais celui explique les dépressions qui aussi au point de vue des diffé- qui donnera ou non un es- suivent chaque tournage, que lc rentes tâches à accomplir.prit de corps à tout le pla- quand on replonge dans le vis à Il y a, premièrement, le teau, c\u2019est le réalisateur.climat un peu fade de sa duran groupe de la production, Selon qu'il se tienne à l'é- famille, quand on s'aperçoit rieur, lequel se charge des problè- cart, avec une petite clique, Que les amitiés d'hier ne chauf mes financiers et matériels: mangeant et se logeant reposaient que sur un fra- vent signature des contrats, loca- mieux que les autres, ou gile concours de circons- ment tion des sites, moyens de qu\u2019il accorde à chacun un tances.Certains ne sortent film.\" transport.Ensuite viennent mot d'encouragement et pas indemnes de leur expé- Pou le réalisateur et ceux qui qu'il traite aussi amicale- rience sur le plateau: ils y d'un dépendent directement de ment le commis quiapporte sont tombés amoureux berlar lui: script-girl, décorateur, les cafés que la grande ve- d\u2019une nouvelle femme, ou à Une costumier, maquilleuse, dette, la machine tombera bien ils ont éveillé tant de duran accessoiriste.La troisième en panne ou fonctionnera haines autour d'eux, à retran équipe est formée par les en douceur.cause de leur incompétence rieur, techniciens: cameramen, \u2014 En quoi la promiscuité ou de leur mauvais caracté- | sans ingénieur du son, éclaira- peut-elle influer sur les rela- re, qu'ils ne réussiront plus, sonne Pas étonnant que les giste.La dernière phalange tions de travail?à se faire embaucher.ques coton-tiges Q-Tips® soient se compose des comédiens, \u2014 Elle amplifie tous les \u201cA côté de ces empé- | Mais, en téte de liste.teils ainsi que pour appliquer ou Tous ces gens qui, trés sou- sentiments et les rend im- cheurs de danser en rond, métal enlever le maquillage.Et le petit vent, ne se connaissent possibles à dissimuler.Au des bouffons se manifestent capité coussinet exclusif de ouate à même pas de vue, qui ap- fil des confidences qui se presque toujours, heureuse- ment chaque bout rend les coton-tiges ; ; 4 ; Le | Q Tips idéals pour soigner les pe- partiennent à des classes multiplient dans les bars, ment pour le moral de l\u2019é- | genre tites coupures et éraflures.sociales différentes, vont se des heures creuses à atten- quipe: ils accumulent les son \u20ac Choisissez les coton-tiges côtoyer durant des semai- dre ensemble qu'on répare facéties et les blagues, forte- ! voir, Q-Tips.Gardez-en dans votre nes, parfois partager les une caméra, tous les mas- ment orientées sur les ques- ¢ M.J chambre à coucher, dans la salle mêmes repas, les mêmes ques, les attitudes derrière tions sexuelles.Même les t eur de bains, dans la chambre des hôtels, dans une promis- quoi on à voulu se protéger femmes les plus prudes de- \" de 1 enfants.Vous verrez que partout, cuité plus étroite encore sont vite percés a nu.Ainsi, vront accepter ce type d\u2018hu- k IXE-1 ils ont la tête de l'emploi.toute que celle des familles.Ce paradoxalement, au mo- mour, sinon elles devien- \u201c \u2014 qui empêche un ensemble ment même où les individus dront la cible de toutes les \" géné 8 aussi hétéroclite d'êtres créent des personnages des- plaisanteries.Ces dernières F brica \u2014 .humains de se désintégrer tinés à l'écran, ils se trou- ne doivent pas en revanche\" vers La tête des coton-tiges Q-Tips est immédiatement?D'abord le vent dépouillés de leurs rô- dépasser une certaine me-.\" «eux extra-confortable.Elle est sur- fait que chacun ait les habituel il 5 iens de ce \u20ac res n montée d'un coussinet de ouate ait q ait une les ha ituels, comme si les sure; je me souviens de ce res exclusif.fonction bien précise à plus grands mensonges technicien qui nous as- f mani De plus, grâce à leur forme remplir, et ce au sein d'un appelaient, en contrepartie, somma du récit de ses \" gine effilée, les coton-tiges Q-Tips des quatre groupes que j'ai la vérité la plus crue.Mais prouesses érotiques, jusqu'à, \u2018, que sont incomparables pour usage déjà mentionnés, dans les- puisque nous cachons cel- ce que trois maquilleuses, $ auci dans les oreilles ou entre les or- quels règne d'avance une le-ci en temps normal, par excédées, se jettent sur lui las 8 \u2014 20 janvier 1973 elle déculottent pour vérifier de visu le bien-tondé de ses vantardises.Vous jugez peut-être trivial cet incident, mais en réalité, durant un tournage.des délails dusst apparemment infimes que la qualité des repas servis à l'équipe, que le fait, durant les scènes à l\u2019exté- : rieur, de pouvoir se réchauffer à un bon feu, peuvent contribuer puissam ment à le réussite d'un film.\u201d s Pour résumer sa vision d'un tournage, M.Cham berland compare ce dernier ¥ , à Une croisière en bateau, \u201cdurant laquelle on se trouve » retranché du monde exté- = rieur, obligé de rencontrer Sans cesse les mémes personnes et de ne compter que sur les moyens du bord.Mais, pour prolonger la métaphore, que pense un Capitaine de navtre, autre ment dit un réalisateur, du genre d'existence que mène son équipage?Pour le sa VOIF, NOUS avons Interrogé M.Jacques Godbout, metteur en scène, entre autres, de Kid Sentiment \u20ac de IXE-13.\u2014 le public né saisit en général le processus de fa É hrication d'un film qu'a tra- | vers l'une ou Pautre de CHI \u2014 2 _\u2014 UA wm ee am ~~ deux theories contradic to \u20ac res mais également défor © mantes La première, d'ori- A gine américaine, stipule te, que les véritables créateurs \u20ac au cinéma sont les vedettes; la seconde, qui découle \u2014 d'une attitude plus latéraire, plus européenne, attribue toutes les qualités artistiques d\u2019un film au seul génie de son réalisateur.Dans les deux cas, on ignore La « réa- tion collective, peut-être parce qu\u2019elle choque notre respect pour la propriété privée.Une anecdote illustre assez bien la fausseté de cette opinion: Cecil B.De Mille tournait un colossal drame historique dans le désert égyptien.Vint le moment de sa grande scène: trois cents éléphants chargeant dix mille figurants, des ventilateurs géants provoquant une tempête dé sable, dix tonnes de ketchup pour éclabousser les combattants, quarante trirèmes à l'ancre sur la cote voisine el prêtes a se ture incendier, et Charlton Heston ui meme, sur le qui-vive, se préparant à dégainer son épée.De Mille donne le signal: Par- tezt l\u2019action se déchaimne durant une heure.Puis de Metteur en scène Commun que par radio avec son premier Cameraman, posté sur le sommet de la grande pyramide.\u2018l'électricité a manqué\u201d, lun répond on, On lut apprend que les cameras montées sur les éléphants se sont enrayées à cause de la tembète de sable, que celles installées pour filmer la bataille navale ont coulé à pic en méme temps que le bateau Suite page 10 Ad 5 aed ty e au Quebec tle plusen deman $e fi re SET Th ; /MPORTED ROMA ENGLAND ONDON DISTILL DRY GIN NES BURROUGH LIMITED LONDC CONTENTS 25 QUNCES 20 janvier 1973 \u2014 9 Sur le plateau de IXE-13, Jacques Godbout, mains dans les poches, dirige Louise Forestier (à dr).À qui les transportait.Mais tout n\u2019est pas perdu: un hélicoptère survolait le désert.De Mille demande au pilote ce qui se passe.\u201cTout va très bien, réplique ce dernier, nous n'attendons plus que le signal pour commencer à tourner.\u201cCette histoire, bien sûr fictive, n'en démontre pas moins ce que j'ai pu vérifier à maintes reprises sur le plateau:.je ne donne pas une semaine de survie au réalisateur qui exige une table à part durant les repas.La hiérarchie du pouvoir économique, des classes sociales ne s'applique plus au travail de production.Conformez- vous au principe de l\u2019égalité, sinon vous aurez une révolution sur les bras.Le prolétariat dispose de plusieurs moyens efficaces pour guillotiner le réalisateur.Ainsi un éclairagiste qui n\u2018approuvail pas ma disposition des projecteurs laissa tomber du haut d\u2019une échelle, à plusieurs reprises et,comme par hasard, une clef anglaise dont le fracas s'harmonisait plutôt mal avec les répliques des comédiens.Prenons le machiniste qui pousse le chariot de la caméra: au premier abord, cette tâche ne semble pas plus difficile que le jeu de l'enfant avec ses camions de plastique; en réalité, elle requiert le sens du mouvement, une quasi- symbiose avec les déplacements des acteurs et ceux de la caméra.On n'insistera jamais assez sur l\u2018importance de tous ces artisans anonymes qui, par leur compétence, leur bonne humeur, leur esprit de groupe vont créer, souvent bien davantage que les comédiens présents seulement au moment des scènes qui les réclament, le climat qui prévaudra sur le plateau.À quoi comparer la e micro-s formons A un d dront à penser | des séa rant lesq des dou turaux d du senti provoqu essentie cause e sacrifica commur choisissg pour qu dieux d cette v générale de l'éq dite, en gisseur, y boucs sion qui leur ple tension de trava 13, le André | presque sans lun naît à so dable n tes, une dresse.( pliant le quoi il ca-t-il | panneal tait alo doulour réussie longtem pas le Mais q niait, n inanimé humain rhanged por- sans leur nne vent les ule- nes mat pla- r la micro-société que nous formons durant le tournage?A un camp scout, répondront certains.Je préfère penser à une tribu, à cause des séances de magie durant lesquelles nous captons des doubles sonores et picturaux de la réalité, à cause du sentiment de fête rituelle provoqué par une activité essentiellement ludique, à cause enfin de la chèvre sacrificatoire que, d\u2019un commun accord, nous choisissons et _immolons pour qu'elle porte tout l\u2019odieux d\u2019une scène ratée: cette victime se recrute généralement à l'extérieur de l'équipe proprement dite, en la personne du régisseur, par exemple.\u201cIL y à également des boucs émissaires d'occasion qui servent, parfois de leur plein gré, à libérer la tension des longues heures de travail.Ainsi dans IXE- 13, le scénario obligeait André Dubois, ce myope presque aveugle, à jouer sans lunettes, ce qui donnait à son regard une insondable naïveté et à ses gestes, une irrémédiable maladresse, Combien de fois, en pliant le paravent derrière quoi il se cachait, se coin- ca-t-il le doigt entre deux panneaux; son visage revé- tait alors une expression douloureuse parfaitement réussie et qui durait aussi longtemps que je ne criais pas le fatidique: Coupez! Mais quand Dubois maniait, non plus des objets inanimés, mais des êtres humains, la souffrance thangeait de camp.le pense, ce baiser passionné qu'il plaqua sur Louise Forestier, impavide jusqu'a la fin de La scène mais qui aussitôt après, lâche un long cri de supplice: son partenaire, calculant une fois de plus très mal ses distances, l'avait mordue à la lèvre.\u2014 En quoi consiste votre recette pour maintenir une certaine cohésion sur le pla teau?\u2014 je crois, comme je l'ai déjà indiqué, que l'humour, en servant d\u2019exutoire à un stress inévitable, instaure une atmosphère détendue au sein de laquelle les gens oeuvrent avec UN surcroît d'efficacité.De plus, le réalisateur, quand il a confiance en ce qu\u2019il tait et dans les techniciens qui l'entourent, n'hésite pas à déléguer son autorité, il ne se pose pas en petit tyran harcelant les accessoiristes, les ingénieurs du son de ses conseils et de ses craintes.De cette manière, on désamorce tous les drames et les conflits qui pourraient paralyser un tournage.Pour assurer le bon fonctionnement de sa \u201ctribu\u201d cinématographique, Denys Arcand, réalisateur de Québec.Duplessis et après?, de On est au coton, de la Maudite Galette, et de Réjeanne Padovani, qui doit sortir au printemps, semble tompter davantage sur les affinités, les sympathies qu\u2019entraine une longue expérience de travail en commun.Voilà pourquoi Denys Arcand, d'un film à l'autre, garde les mêmes techniciens et les mêmes acteurs.\u2014 De cette façon, dit Denys Arcand, j'évite les tragédies habituelles.Sur mon plateau, les gens se connaissent assez bien pour que leurs relations soient établies une fois pour toutes.S'ils cherchent des aventures sentimentales, ils ne les trouveront pas ici, OÙ ne joue pas l'attrait de la nouveauté, où chacun éprouve de l'amitié non seulement pour ses \u20ac amara- des de travail mais aussi pour les conjoints de ces derniers.Quant à la question de l'autorité du réatisa- teur, je pense qu'il s\u2019agit d'un faux problème, qui ne se pose que quand on n\u2019a pas assez réfléchi sur son fil quand on fabrique à l\u2019aveuglette.Supposons qu'un éclairogiste vienne de Monter ses projecteurs au tour d\u2019un fauteuil et que, au moment où il s'apprête à se reposer, le réalisateur décide que la scène en défini tive doit se passer plutôt près de la fenêtre.On peut se permettre ce genre de pirouettes deux ou trois fois durant une production, Mais pas cinquante fois, Personnellement je tente de prévoir le plus minutieusement possible chacun de mes plans, et lorsque je me heurte à une quelconque difticulté, J'en discute avec l\u2019équipe et j'y découvre tou jours quelqu'un que imagine une solution probante.\u2018En outre, j'ai appris la patience; je sais que la préparation technique d'une scène ne peut se brusquer, qu'il faut attendre sans ré- crminer, Parmi mon équipe, J'ai des joueurs d'é checs, des tricoteuses, des collectionneurs de timbres, des dévoreurs de romans qui s'adonnent à leur violon d'Ingres en toute tranquillité, sans que je les bouscule.Bien sûr, je ne parle wi que du cinéma de fiction.te documentaire exige une attitude totalement différente: on n'y maîtrise plus les évé nements, on se laisse dominer par eux.Le temps de préparation est souvent réduit à quelques secondes.Le cameraman choisit les images de sa propre initia tive.\u201d Mais le documentaire, ce n'est déja plus la vie sur un plateau, celle qui se déroule en vase dos dans des cen tunes de studios à travers le monde, celle où l\u2019on tente de créer un monde imagt- naire en tromphant de toutes les vicissitudes de existence quotidienne.On a souvent accusé le cinéma de détourner notre attention des vrais problèmes en produisant des mythes trompeurs; peut-être qu\u2019une des solutions, face à cette im posture souvent involontai re, consiste à prendre conscience - au-delà du produit fini, des légendes sur les réalisateurs omnipuis- sants où sur les vedettes divinisées \u2014 des mécanismes de la création cinématographique.Ainsi compren drait-on que la vie ne se présente jamais sur un pla teau.@ Un étudiant au Collège militaire révise ses examens avec son professeur.Aux Collèges militaires l'attention individuelle Ça paie! Au niveau universitaire, l'attention individuelle c'est souvent ce qui fait la différence entre la réussite et l'échec.C\u2019est pourquoi les Collèges militaires ont si peu d\u2019étudiants par professeur.Vous bénéficiez ainsi de conseils précieux pour clarifier des sujets difficiles ou affronter vos examens.L\u2019attention individuelle, c'est ce qui fait que les Collèges militaires comptent parmi les meilleures universités du pays.Pour obtenir, sans obligation, des renseignements supplémentaires sur les Collèges militaires, téléphonez à 283-6518 (Montréal), 694-3636 (Québec), 374-3510 (Trois-Rivières), 543-1880 (Chicoutimi), 723-5271 (Rimouski), 565-4949 (Sherbrooke), 233-4030 (Ottawa), 472-3710 (North Bay), 546-4145 (Bathurst) ou bien remplissez et postez le coupon ci-dessous.Sont admissibles aux Collèges militaires, les étudiants ayant complété le Secondaire IV, ou V; le CEGEP |, ou Il.{2 Les Collèges 2e militaires canadiens Directeur du recrutement et de la sélection il faut Quartier général de la Défense nationale A Ottawa, Ontario K1A 0K2.etre Nom oo 0 _Age_ | \u2019 que qu un Adresse _ Lee pour en.ee .__Province____ ~ etre._ we._._Niveau scolaire __ 00 Pour plus de détails sans engagement de votre part, remplissez ce coupon et faites-le parvenir dans une enveloppe timbrée.P107 20 janvier 1973 \u2014 11 EH BIEN NON! PLACEZ-LE DANS UNE PAIRE DE PATINS PUIS LÂCHEZ-LE SUR LA GLACE, VOUS VERREZ, IL POURRA GLISSER, TOURNER COURIR, EN FAIT IL EST DANS SON ÉLÉMENT: C'EST UN JOVEUR DE HOCKEY ! REGARDEZ BIEN CET HOMNE IL SEMBLE TOUT À FAIT NORMAL, N'EST- CE-PAS ?he AL À ; a 1 TEXtE ET AY S DESSINS 6, ET COMME IL AVAIT DU TALENT, IL APPRIT VITE! C'EST AINSI! QUAPRES UN DUR APPREN: TISSAGE IL FIT DANS LES LIGUES MAJEURES Ci) JEUNE, BIEN SÛR ET DANS SON CAS ! UNE ENTREF TRÈS REMARQUEE.gl /L S'AGIT MÊME D'UN \u2018ENTRAÎNEMENT p P R ECOCE 4 Py \u201c Rel | 2 \\ Te a, > COMPTER SUR LA PRÉCISION DE SON TIR (QUE LES VRAIS AMATEURS DE HOCKEY SAURONT TOUWOURS APPRECIER).Fa n rr ET ENFIN COMPTER SUR SON 12 \u2014 20 janvier 1973 ESPRIT D'ÉQUIPE.SI TU ME FAIS PAS DE PASSE 1A PROCHAINE FOIS, BEN/ JYOUE PU JAMAIS AVEC TOE! ¢ > NS \u2014 g a *; EN FAIT UN HOCKEYEUR PROFESSIONNEL DOIT JOUIR DE TALENTS MULTIPLES, TEL QUE A BARBE: - OU ANNONCER DE LA CREME OU ENCORE DES PATINS: F7 DEPUIS QUE JE ME RASE RÉPONDRE AUX JOURNALISTES SPORTIFS : pay recevoir vos 2 CADEAUX | de 10iours ot je pourrai renvoyer ceux dont je ne désire pas enrichir ma bibliothèque.|| est entendu | reli a main de simili-cuir noir .a qu'il me suffira de vous prévenir n'importe quand pour arrêter l'envoi de ces volumes.Si je ne rainé et orné d'un /arge médaillon GRATUITS ainsi que désire pas garder le Livre des maitres du monde, je vous le renvoie dans les 10 jours et ne vous 9 étal doré i té dans la l'ouvrage LE LIVRE DES | devrai pas un sou.Je pourrai cependant conserver mes cadeaux.| en métal doré incrus ns couverture.Impression extrême- MAÎTRES DU MONDE! | | ment soignée sur papier bouffant, NOM abondamment illustrée de photos, | | croquis, plans, etc.une valeur de $1280 | ADRESSE APT.| FORMAT: 5%'x 8%\" pour $ 422 | VILLE ZONE PROV.Laffont Canada Ltée, 3333 est, boul.Métropolitain, seulement | | .Signature des parents si moins de 18 ans.À ÿ Montréal 455, Québec I GPC-20173 | "]
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